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Full text of "Dictionnaire universel de philologie sacrée : suivi du Dictionnaire de la langue sainte"

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in  2010  with  funding  from 

University  of  Ottawa 


http://www.archive.org/details/v5dictionnaireuniv1846hur 


ENCYCLOPEDIE 

THEOLOGIQUE, 


ou 


SERIE  DE  DICTIONNAIRES  SUR  CHAQUE  BRANCHE  DE  LA  SCIENCE  IIELIGIGISE, 


OFFRANT    CM    FRANÇAIS 

LA  PLUS  CLAIRE,  LA  PLUS  FACILE,  LA  PLUS  COMMODE,  LA  PLUS  VARIÉE 
ET  LA  PLUS  COMPLÈTE  DES  THÉOLOGIES  ; 

CES   DICTIONNAIRES  SONT  : 

DÉCBITUBR    SAINTE,    DE     PHILOLOGIE    SACRÉE,    DE    LÎTCRGIE  ,    DE     DROIT    CANOX,    DE    RITES    ET 
CÉRÉMONIES,    DE    CONCILES,    d'HÉRÉSIES    ET    DE    SCHISMES,  DE    LÉGISLATION!    RELIGIEUSE,    DE 
THÉOLOGIE   DOGMATIQUE   ET   MORALE,    DES   PASSIONS,   DES   VERTUS  ET   DES   VICES,    DE    CAS 
DE    CONSCIENCE,    d'uISTOIRE    ECCLÉSIASTIQUE,    DORDRES     RELIGIEUX    (HOMMES    ET 
femmes),    d'archéologie    SACRÉE,  de    MUSIQUE    RELIGIEUSE,  DE    GÉOGRAPHIE 
SACRÉE    ET    ECCLÉSIASTIQUE,    d'hÉRALDIQUE    ET   DE   NUMISMATIQUE    RELI- 
GIEUSES,   DES   LIVRES    JANSÉNISTES    ET   MIS   A    l'iNDEX  ,   DES    DIVERSES 
RELIGIONS,    DE     PHILOSOPHIE,     DE    DIPLOMATIQUE     CHRÉTIENNE 
ET    DES    SCIENCES  OCCULTES, 

PUBLIÉE 

PAR  31.  L'ABBÉ  MIGNE  , 

EDITKUn     DES    f.OUHS     COMPIJCTS     SUR     CHAQUE    BRANCHF.     DE     LA     SCIEME     nELir.IttJSE. 


50  VOLUMES  IN-r. 


l'RFK   :   6  FR.   LR  VOL.   l'Ol  R    I.F.  SOI  SCRICTEIR  A   LA    COLLECTION    ENTIÈRE,   7  FR.,   8    FR.,   ET    MÊME   10    FR.   TOI  R  I  i; 
SOLSCRIl'TELK   A    1  KL  OU  TEL   DICTIONNAIRE   l'AKTICl  LIER. 


TOME  CINQUIEME. 

DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SAGK.ÈE. 

TQME    PREMIER. 

4  VOL.,  PRIX  :  "28  fkancs. 

CHF.Z   L'ÊDITELR, 

AUX  ATELIERS  CATHOLIQUES  DU  PETIT-MONTHOUGE , 

RUK    CAMBOISF  ,    BARRIÈRE    d'eNVER    DE    Pih/S. 


DICTIOIAIRE  INIYËRSEL 


DE 


PHILOLOGIE 


SACRÉE, 


IFS  DIFFÉRENTES  SIGNIFICATIONS  DE  CHAQUE  MOT  DE  l'ÉCRITLRE  ,    SON    ÉTYMOLOGIE  ,    ET   TOGTES   LES   DIFFICCLTÉS 

QCE  PEUT  FAIRE  UN  MÊME  MOT  DANS  TOUS  LES  DIVERS  ENDROITS  DE  LA  BIBLE    OU    IL    SE    RENCONTRE",    OU    l'O^ 

EXPLIQUE  LES  HÉBR\ÏSSIES  OU   FAÇONS    DE   PARLER  PARTICULIÈRES  DU   TEXTE  SACRÉ,    LES  CONTRAHICTIONS 

APPARENTES,    LES    DIFFICULTÉS   DE    CHRONOLOGIE,    l'hISTOIRE    SALNTE  ,    LA    GÉOGRAPHIE,    LES    NOMS 

PROPRES    DES   HOMMES,   DES    VILLES,     l'aRCHÉOLOGIE    SACRÉE,    LA    THÉOLOGIE     DOGMATIQUE    ET 

MORALE   ,     ETC.  .    AVEC    TOUT     CE    QUI     PEUT     FAIRE     ENTENDRE     LE     SENS    LITTÉRAL     ET 

MÉTAPHORIQUE,     EN    SORTE   QUE   RIEN   NE    P^1^SE    ARRÊTER    LE    LECTEUR    QUI  \  AUHA 

recours;  on  y  voit  aussi,  entre  parenthèses,   le  MOT  GREC  DES  tEPTANTE, 

QUI  RÉPOND  A  LA  SIGNIFICATION  DE  CHAQUE  MOT   LATIN,  AA  EC  LEXPLICATION 

DE   CE    QUE   PORTE    LE   SENS    DE    l'HÉBREU   ET   DU  GREC  QUAND    IL    E^T 

DIFFÉRENT    DE    CELUI    DU    I  AllN    DE.    LA   VULGATE, 

Suivi  du 

DICTIONNAIRE    DE    LA    LANGUE    SAINTE, 

CONTENANT    TOUTES    SES    ORIGINES    OU    LLS    IKiTâ    HÉBREUX    TANT    PRIMITIFS    QUE    DÉim  ES  .   AVEC    DES   ODSFR VATIO.NS 

PHILOLOGIQUES    ET    THÉuLOGIQU  E>  ; 

LIVRE    TRES  CUniEL  \    ET  >ÉCESSA1RE    A  i.ECX  QUI    S  EME^DEST   PAi   La  LaNGLE  lltiHAÎyUE, 

Ecrit  ea  anglais  par  le  clievaller  Leigh,   Iraduit  en  français  el  auguienlé  Je  diverses  remarques 

PAR  LOUIS  DL  WOLZOGUE. 

^>ublié  par  m,   l'abbc  mi^m , 

ÉDITEUR    DES    COURS  COMPLETS    sUH    CHAOLE    BRaNCUS    DE    LA    SC  E.NCE    REI.GIEUSE. 

ŒS  DIFFÉRENTtS  PROPRIÉTÉS  FONT,  DE  CES  DEUX  OUVR.\GtS,  TOUT  A  LA  FOIS, 

UN  DICTIONNAIRE,  UNE  CO.XCORD.WCE,  L\E  P.\R.\I'1IIV\SE  ET  U.\  COMMENTAIRE, 

k  VOLUMES  lN-i°.  —  PRIX  :  28  FRANCS. 


TOME    PREMIER. 


CHEZ    L'ÉDITEUR  , 

AUX  ATELIERS  CATHOLIQUES  DU  PETIT-MONTROUGE 
BARRIKRE  D  ENFER  DE  PARIS. 


l'aris.  —  lu, pi  m.erie  de  N  nwr.t  uk  Si  nu,  nie  du  ?evie*,  o7. 


DICTIONNAIRE  IMYEBSEL 


t)E 


PHILOLOGIE  SACREE. 


Si^£^3SC»i 


A 


A,  ÀB,  ou  ABS.  à-ô.  Celle  f)icposilit)n  mar-  Jériisfilcm   nvail  trois    pnrles   à  l'Oricnl    ot 

r\ue  ordinairement  le  terme   d'où   la   chose  trois  du  côlé  de   chacune  des  autres   r)arîies 

prend  son    origine;  par  qui  elle  se   fait;  p;ir  du  monde.  Ezcch.  1.   10.  M.irc.   13.  27.  Luc. 

ruelle   commence,  et   d'où   elle  part   :  mais  1.  ll.elc. 

dans  TEcrilure  sainte,  qui  est   pleine  dhé-  k"  Elle    signifie    le    temps    depuis    loqurl 

braïsmes ,  elle   a  beaucoup   plus   détendue,  quelque  chose  a    commencé.    Thnn.  ,3.  27, 

parce  que  les  Hébreux  ayant  pou  de  prépo-  Bonumest  viro  ciau  p  irlaveril  jngumab  acio- 

sillons,  chacune  a  un  plus  grand  nombre  de  lescenda  sua  :  Il  (st  bon  à  l'homme  de  por- 

^^glIificalioils  différentes.    Ainsi   la    préposi-  ter  le  joug  du  Seigneur  dès  sa  jeunesse.  Ps. 

lion    a   qui    répond   au   min   des   Hébreux,  ol.  h-.  Alienati  snnl  peccntorcs  a  vulva    crra^ 

outre  les  significations  communes   qu'elle  a  venint  ah  utero:  Les  péeheurs    se  sont  éloi- 

selon  l'usage  du  lalin,  en  a  encore  quelques-  gués  de  la  justice  dès   leur   naissance   et  ils 

unes   extraordinaires  selon  l'usage  de  l'Hé-  se  sont  égarés  dès  qu'ils  sont  sortis  du  sein 

breu.  de  leur  mère.   1    Par.   13.  13.  Matlh.  11.  12. 

Sigiiificalioiiscomiiiaiios  iTA  on  AB,  clconforni  s  à  riis:ige  Joan.  9.1.  etc. 

de  la  laiiuiié.  5"  Elle  marque    la  patrie  ou   le  lieu  de  \i\ 

1°  Celte  préposition  marque  l'agent  ou  la  naissance.  Mallh.  21.  10.  Hic  est  Jésus  pro^ 

cause  efficiente,  soit  après  les  verbes  passifs,  phela  u  Nazareth  Galilœœ  :  C'est  Jésus  lu 

comme,  Prov.  19.  14-  A  Domino  proprie  uxor  Prophète,   qui  e»t  de  Nazareth  en    Galilée. 

/5ruf/en*  ;  C'est  proprement   le  Seigneur  qui  Marc.     15.     43.    Ycnit    Joseph    ob    Arima- 

donne  à  l'homme  une  femme  sage.    I*s.    117.  thœa    :  Joseph  d'Arimathie  vint  trouver  Pi - 

23.  A  Domino  factam  est  istud.   Luc.  10.  22.  late.  Matt.  27.  57.  Joan.   1.  v.  kk.  43.  c.  11. 

Kom.  12.  21.  etc.;  soit  après  les  verbes  neu-  1.  c.  21.  2.  etc. 

1res,  l.Cor.  10.  V.  9.  10.  <)««rfr/?nasfrpe»//6its  6'  Elle   est   mise  avec   le  nom  d'une  per^ 

perierunt  :   Quelques-uns   furent   tués    par  sonne  pour   marquer  qu'une  chose  vient  do 

les  serpents.  2.  Tim.   3.  14.   elc;  soit    enfin  sa  p;irt  ,    se  fait  par  son  ordre  ou  par   son 

après  les   verbes  actifs.    Gen.   19.  24-.  P/ut'i  moyeu.  Ps.Siî.  3d.  Salus  jusloruma  Domino  : 

Dominus  sulphur  et    ignem  a  /Jomino  :l)'\c[i  C  est   du    Seigneur   e,ue   vient  le  salui    des 

fil  pleuvoir   du  soufre  et    du  feu  du  ciel  sur  justes.  Eccli.   16.3.   Ab  une  scnsato  inhahi^ 

Sodome  el  Gomorrhe;  Dominus  a  Domino,  i.  inbilur  palria  :  Un  seul  homme  de  bon  sens 

e.  Le  Fils  de  la  part  du  Père  ;  ou  Dominus  a  fera  peupler  toute  une  ville.  2. Tim.  ,3.  7.  etc. 

seipso;  hébra'isme.  Joan.  5.  19.  etc.  Elle  marque  aussi  quelquefois  le  logis  delà 

2°  Elle  signifie  lé  terme  du  départ.  Mallh.  personne.  Joan.  18.   2^.  Adducunt  Jesum  a 

2. 1.  Ecce  Magi  ab   Oriente  veneruni  Jeroso-  Caipha  :  Es  menèrent  Jésus  de  chez  Caïphe. 

lymam  :  Des  Mages  vinrent  d'Orient  à  Jéru-  Marc.  3   33.  etc. 

salem.  Jerem.  1.  H.    Ab  Aquilone  pandetur  7'  Elle  snarque   l'office  ou  le  rang  qu'un 

mal um  super  omnes  habilalores    tcrrœ  :  Ces  serviteur  lient  auprès  de  son  maître.  2.  Beg. 

maux  viendront  fondre  du  côlé  de  l'Aquilon  8.  IG.   Josapkal  erat  a  commcntariis  ;  Josa- 

sur  tous  les  habitants  de  la  terre,  i.  e.    Du  phat  avait   la   charge  des  reqtiéles.    2.  Par. 

rôle  de  Bibvlonesur  toute  la    Julée.    Aet.  34.  8.  Is.  30.  3.  elc. 

18.  1.  2.  Cor.  1.  15.  Philip.  4-.  13.  etc.  8'  Elle  marque  la  ehose  dont  on  se  doit 

3^  Klle  marque  le  côié.  l'a.^pecl.  la  partie.  garder  ou  défier.  Malt.  7.  13.  Ailcnditc  a  fal- 

Ps.l'*.  T.  Neque  ab  Oriente,  nei/ne  ab   Occi-  sis  pro/jAr/js  .•  Gardez-vous  des    faux   pro- 

denle,nc(iueadeserlismontibus:\\v\c\\c\uWi\  phèles.  Eecli.  9.  21.  Cave  (c  a  proximo  (uo  , 

(le  secours,  ni  de  l'Orient,  ni   de  l'Occident,  Défiez-vous  de  ceux  qui   vous   approciient. 

ni  du  côlé  des  déserts  des  montagnes.  Apoc.  P<.  17.  24.  Malt.  IG.  G.  elc. 

21.  13.  Ab  Oriente  porlœ  très,  elc.  La  sainte  9'  Elle  se  met  après  les  verbes  qui  signi- 

DlCTIONN.    UK    PniI.OL.    SâCRhl'.    1  1 


n 


DICTIONNA'RE  DE  THILOLOGIE  SACREE. 


Vi 


fient  cesfer,  dcsislrr,  s'.ibstonir  de  quelque 
<hose,  pour  exprimer  la  phrase  des  Grecs, 
qui  mcticnt  le  pénilif  nprès  ces  sortes  de 
verbes.  Jos.  Ik.  15.  Cessabit  lerraa  prœliis  : 
11  n'y  eut  plus  de  guerre  dans  le  pays  do 
Chanaan.  Ps.  36.  8.  Desine  ab  ira  :  Quittez 
tous  ces  mouvements  de  colère  et  de  fureur. 
Jcrem.31.  16.  1.  Cor.  9.25.  1.  Thess.  5. 
22.  etc. 

10"  Elle  se  met  après  les  verbos  d'éloigner, 
séparer,  rejeter,  détourner,  cacher.  Matl. 
25.  il.  Biscedite  a  me,  maledicti,  in  ignem 
œternum  :  Relirez-vous  de  moi,  maudits,  etc. 
Ps.  50.  11.  Averte  faciem  tuam  apeccatis  mcis: 
Détournez  votre  face  de  dessus  mes  péchés. 
V.  13.  Ne  projicias  me  a  fade  tua  :  Ne  nis 
rejetez  pas  de  devant  votre  face.  Matt.  11. 
25.  Abscondisti  hœcasapienlibus  .-Vous  avez 
caché  ces  grands  mystères  aux  sages  et  aux 
prudent';.  Ps.  72.  27.  Luc.  22.  42.  Jean.  12. 
36.  AcI.  1.  11.  etc. 

Il"  Elle  se  met  après  les  verbes  de  déli- 
vrer, sauver,  tirer  d'entre  les  mains  de  quel- 
qu'un. Tob.  12.  9.  Eleemosyna  a  morte  libé- 
rât :  L'aumône  délivre  de  la  uiort.  Act.  2. 
kO.  Sulvamini  a  generalione  isla  :  Sauvez- 
vous  de  cette  race  corrompue.  Ps.  139.  1. 
llom.  7.  6.  1.  Thess.  1.  10.  elc. 

12"  Elle  se  met  après  les  verbes  de  de- 
mander ,  apprendre,  recevoir,  s'enquérir. 
Matt.  20.  20.  Accessit  ad  eum  mater  filioriim 
Zebedœi,  adorans  et  pelens  aliquid  ab  eo  :  La 
mère  des  enfants  de  Zébédée  s'approcha 
de  lui  et  l'adora,  en  lémoignant  qu'elle  vou- 
lait lui  demander  quoique  chose.  Colos.  1.7. 
Sicnt  didicislis  ab  Epaphra  :  Comme  vous 
on  avez  été  instruits  par  noire  cher  Epa- 
pbras.  Joan.  5.  3i.  Ego  non  ab  homine  tes- 
limonium  accipio  :  Pour  moi  ,  ce  n'est  pas 
d'un  homme  que  je  recois  le  témoignage. 
Exod.  3.  2.  22.  Tim*.  2.  2.  Apoc.  1. 
28    elc. 

Tous  les  autres  verbes  après  lesquels 
celle  préposition  est  mise,  se  verront  cha- 
cun dans  leur  lieu,  comme  parcere ,  mun- 
(lare,  elc. 

Sigiiificjiioiis  d'A  ou  AI)  moins  ordinaires. 

A  ou  AB  ,  pour  propter,  à  cause  ,  etc. 
Celle  préposition  a  celle  signification  partout 
où  elle  selronvc  (lovant  les  mots  : 

A  voce  Isa.  33.  3-  .4  voce  Angcli  fugerunt, 
et  en  plusieurs  aulres  endroits. 

Ab  increpalioric  2.  Rcg.   22.    16.   lievelafa 
sunt  fundamcnta  orbis  ab  increpnlione  Do- 
mini.  Ps.  17.  16.  Ps.  75.  7.  Ps.  79.  17.  Ps.  103 
7.  etc. 

A  facic  Ps.  43.  7.  Confnsio  faciei  mcœ 
coopcrnit  me  a  facie  inimici  cl  prrs"(iu€n- 
lis.  Voy.  Facirs ,  où  l'on  distingue  cette 
signification  des  deux  aulres  ,  qu'a  encore 
<i  facie. 

A  vino  Isa.  28.  1.  Errantes  a  vino.  Ezech. 
10.  7.  L(pial)ilur  cor  eorum  quasi  a  vino.  Os. 
7.  5.  Fur  ère  a  vino. 

Celle  même  préposilion  ,  se  trouvant  de- 
vant plusieurs  autres  mois,  signifie  aussi, 
n  cai/se,  P.  108.  24.  (icnua  mea  infirma^ 
ta  sant  a  jcjnmo;  à  cause  du  jeûne,  cl  c:tro 


—  Eccli.  23.   10.  A^on  eris  im~ 
Vous  ne  serez  pas  exempt  de 


mea  îmmutata  est  propter  oîenm  ,  i.  e.  defec- 
tnm  olei ,  Heb.  a  pingxiedine.  v.  oleum.  Ps. 
106.  34.  Posnit  lerram  fructiferam  in  salsu- 
gincm  a  malilia  inhabitanlium  in  ea  ,  id  est, 
propter  malitiam.  v.  39.  Vexati  sunt  a  Iribu- 
latione  malorum.  3.  Reg.  1.  40.  Ps.  6.  8.  Ps. 
37.  9.  Ps.  38.  12.  Ps.  87.  19.  Thren.  4.  9. 
Ezech.  45.  2.  Os.  4.  19,  c.  7. 16.  Mich.  2.  12. 
Matt.  18.  7. 

Il  y  en  a  plusieurs  exerAples  d.ins  les  au- 
teurs latins  ,  comme  dans  Térence,  caput  a 
sole  clolel. 

A,  pour  in. 
munis  ab  eis  : 
faute  en  cela. 

A  ou  AB ,  pour  prœ,  au  prix,  en  comp.i- 
raison. 

Marque  la  préférence  ou  l'excellence  d'une 
chose  ou  d'une  personne  au-dessus  d'une 
autre;  car  les  Hébreux,  n'ayant  point  de 
comparatifs,  ise  servent  de  leur  prépositive 
min  pour  exprimer  cette  préférence.  En  ce 
sens  elle  signifie  : 

1°  Au-dessus,  en  comparaison.  Luc.  18. 
14.  Descendit  hicjustificatus  ab  illo  :  Le  Pu- 
blicain  s'en  retourna  justifié,  préférablement 
au  Pharisien.  Ps.  17.  52.  Ps.  102.  11.  Is.  55. 
9.  Ezech.  10.  19.  c.  16.  52.  c.  42.  6.  Joan.  12. 
32. Ce  qui  se  rencontre  quelquefois  en  latin. 
Térence,  Ab  illo  friget  :  Ce  n'est  rien  au  prix 
de  lui. 

2'  Plus  que.  Eccli.  24.  39.  A  mari  eniin 
abundavit  cogitatio  ejiis ,  et  consiliiim  ab 
abysso  magna:  Les  pensées  du  Seigneur  sont 
plus  vastes  que  la  mer,  et  ses  desseins  plus 
profonds  que  les  abîmes.  Quelquefois  Is 
préposition  est  sous  -  entendue.  Ps.  67.  31. 
Probati  sunt  argento  ;  i.  e.  prœ  argento. 

3°  Que  ,  après  le  comparatif.  Ps.  8.  6. 
Minuisti  eum  paulo  minus  ab  Angelis  :  Sei- 
gneur,  vous  ne  l'avez  abaissé  qu'un  peu 
au-dessous  des  anges.  3.  Reg.  1.  37.  Ec- 
cli. 6.  8.  Ezech.  16.  52.  2.  Cor.  11.  5. 
Hebr.  2.  7. 

A  ou  AB,  pour  prœter,  absque ,  hormis.  — 
Mar(|ue  un  attachement  à  quebjue  objet, 
préférablement  à  toute  autre  cliose.  Ps.  72. 
25.  A  te  quid  volui  super  terram?  Que  dési- 
ré-jesur  la  terre,  sinon  vous?  dit  David  à 
Dieu. 

A  ,  pour  inter,  e  numéro  ,  du  nombre.  — 
Marque  la  séparation  que  l'on  fait  de  quel- 
que personne  ou  de  quelque  chose,  en  la 
séparant  du  nombre  des  autres.  Num.  8.  v. 
11.  15.  Dono  donali  sunt  mihi  a  filiis  Israël  : 
Les  lévites  m'ont  été  donnés  comme  une  élito 
du  peuple  dlsrael.  c.  31.28.Ecc!.  45.  20.  c.  47. 
2.PS.29.4.  Sap.9.  4.  Noii  mereprobareapue- 
ris  luis  :  Ne  me  rejetez  pas  du  nombre  de  vos 
enfants,  dit  S;ilomon  à  Dieu.  Ps.  11.  1.  Ps. 
20.  11.  Dan.  4.  22.  Ce  qui  s'exprime  sou- 
vent par  de,  comme,  Exod.  30.  38.  Peribit 
de  populis  suis  :  11  périra  du  milieu  de  son 
peuple.  Dans  le  Léviiique  et  ailleurs.  Ps.20. 
11.  Fructum  eorum  de  terra  perdes  et  semen 
eorum  a  filiis  honiinuin  :  Vous  exterminerez 
leurs  enfants  de  dessus  la  terre,  et  leur  rdco 
du  milieu  des  hommes. 


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AB 


A,  pour  prœ ter,  on  u!lra,  scursim.  —Sé- 
parément cl  hors  du  nomhre. 

Nuin.  3.4-9.  Tnlit  igilur  Moysea  pecnniam 
eorum  qui  f itérant  umplms,et  quos  redemerant 
a  Levilis  :  Moïse  prit  l'argent  de  ceux  qui 
pass;iienl  ce  nombre,  et  qu'ils  avaient  ra- 
chetés coiiime  surnuméraires  au  nombre  des 
lévites.  Dieu  avait  ordonné  à  Moïse  do  pren- 
dre les  lévites  pour  les  premiers-nés  des  en- 
fants d'Israël  ;  le  dcnombreipent  des  enfants 
de  Lévi,  depuis  un  mois  et  au-dessus,  ajant 
été  fait,  il  se  trouva  plus  de  premiers-nés  par- 
mi les  Israélites,  qu'il  n'y  avait  d'enfants  de 
Lévi  qui  pussent  lenir  leur  place;  ainsi  il  or- 
donna que  les  soixante  et  douze  qui  se  trou- 
vaient surnuméraires  fussent  rachetés,  en  don- 
nant cinq  sicl'S  pour  chaque  tétc.C'estce  que 
signifie  quos  redemerant  a  Levilis,  c'est-à-dire 
e  Levilarum  numéro,  qu'ils  avaient  rachetés, 
afin  qu'ils  ne  ftissi-nt  pas  du  nombre  des  Lé- 
viles,  parce  qu'ils  se  trouvaient,  par  leiirqua- 
lité  de  primiers-nés,  eng;igés  cl  consacrés  au 
ministère  et  au  service  de  Dieu,  comme  les 
Lévites.  Heb.  Prœter  redemptos  Letitarum. 
V.  redimere.  Eccli.  46.  10.  Et  ipsi  duo  consti- 
t\i(i  a  periculo  liberati  sunt  a  numéro  sexcen- 
torum  millium  pediliim  :  Josué  et  Caleb  fu- 
rent tous  deux  choisis  de  Dieu  pour  être 
délivrés  du  péril  de  la  mort,  oij  tombèrent  six 
cent  mille  hommes  de  pied. 

A,  pour  apud,  auprès  ,  en  présence.  — 
Marque  ce  qui  est  ou  qui  se  fait  en  présence 
cl  à  la  vue  de  quelqu'un.  Ps.  138.  12.  Quia 
tenebrœ  non  obscur abxintur  a  te  :  Les  ténè- 
bres n'ont  aucune  obscurité  pour  vous,  mon 
Dieu.  v.  14.  Ercli.  21.  25.  c.  ki.  v.21.22. 
23.  25.  et  28.  V.  Faciès.  Ainsi,  la  préposition 
blindes  Hébreux,  qui  répond  à  a  ou  ab,  est 
exprimée  ]}ar  apud.  Num.  32.  22.  et  ailleurs. 

A,  pour  contra.  —  1"  Marque  la  protec-^ 
lion  qui  nous  garantit  de  quelque  mal.  Ps. 
18.  H.  Ab  alicnis  parce  servo  tuo  :  Préservez 
votre  serviteur  de  la  corruption  des  étran- 
gers. V.  Alienus.  Ps.  31.  7.  Ps.  93.  13.  Ps. 
140.  9.  Isa.  2.  10.  c.  k.  8.  c.  25.  k.  Spes  a 
turbine,  iimbracidum  ab  œstu  :  Seigneur, 
vous  êtes  devenu  le  refuge  du  pauvre  contre 
la  lempôle,  son  rafraîchissement  conlre  la 
chaleur.  Ce  qui  se  trouve  aussi  dans  les  au- 
teurs latins.  V'irg.  Eclog.  Tenrras  defendo  a 
frigore  myrtos,  contre  le  froid. 

2°  Celte  préposition  marque  simplement 
une  opposition.  Ps.  17.  22.  Nec  impie  gcssi  a 
Dec  meo  :  Je  n'ai  point  commis  d'impiété 
contre  mon  Dieu.  2.  Rog.  22.  22.  Ps.  139.  9. 
Num.  17.  10. 

A  ou  AB,  pour  ad  ou  versus.  —  1°  Marque 
un  mouvement  pour  aller  quelque  part; 
comme,  Gen.  13.  11.  Lotlirecessil  ab  Oriente, 
id  est,  ad  Orientem  :  Loth  alla  du  côté  de 
rOrif  ni,  ce  qui  paraît  par  la  situation  du 
lieu  d'où  il  partit  pour  aller  à  Sodome.  v. 
Fullerum,  lib.  1,  Misccll.  Sacr.  c.  4.  Jiarus 
est  hic  usus,  dit-il,  particulœ  istius,  min,  m 
Hebrœa  quidem  lingua;  in  Arabica  vero  fre- 
quens,  prœsertim  in  vnbis  appropinquandi  et 
accedendi  conjunctœ. 

2"  La  proximité  de  quelque  lieu.  Kxod. 
33.  G.  DeposHcrunt  crgo  [ilii  Israël,  ornatum 


AB  1* 

sunm  a  monte  Iloreb  :  Les  enfants  d'Israël 
quittèrent  donc  leurs  ornements  au  pied  de 
la  montagne  d  Horob.  P.  15.  8.  A  dextris  est 
mihi  ne  commovear,  i.  e.  juxta  me  est  :  Le 
Seigneur  est  à  mon  côté  droit,  pour  empê- 
cher que  je  ne  sois  ébranlé;  il  est  auprès  de 
moi. 

3"  La  situation  d'une  chose  vers  quelque 
côté.  Jos.  16,  1.  Cecidii  quoque  sors  Jiliorum 
Joseph  ab  Jordane  contra  Jéricho,  et  aquas 
ejus  ab  Oriente  :  Le  partage  échu  par  sorli. 
aus  enfants  de  Joseph  fut  depuis  le  Jourdain 
vis-à-vis  de  Jéricho,  et  des  eaux  de  ce  fleuve 
vers  l'Orient,  c.  14-.  a  Libano.  Gen.  2.  8.  a 
principio,  heb.  ab  Oriente  ,  id  est,  ad  Orien- 
tem :  du  côté  de  l'Orient,  etc.,  à  quoi  se 
rapporte  ce  passage  pris  figurémenl.  Marc. 
16.  19.  Sedet  a  dextris  Dei  :  Le  Seigneur 
Jésus  est  assis  à  la  droiJe  de  Dieu. 

A,  pour  ante.  —  Dans  ces  passages-ci  : 

A  principio  :  Avant  le  commencement  de 
toutes  choses.  Prov.  8.  22.  Antequam  quid- 
qurim  facerel  e  principio  :  Le  Seigneur  a  pos- 
sédé la  sagesse  avant  qu'il  créât  aucune 
chose.  Habac.  1.  12.  Nnmquid  non  tu  a  prin- 
cipio, Domine  Deics?  N'est-ce  pas  vous.  Sei- 
gneur mon  Dieu,  qui  êtes  avant  le  commen- 
cement de  toutes  choses?  v.  Principium. 

Ab  initia.  Eccli.  24.  14.  Ab  initio  et  ante 
sœcula  creala  sum  ;  J'ai  été  avant  le  commen- 
cement du  monde,  c.  43.  35.  Is.  43.  13.  Mich. 
5.  2.  1.  Joan.  1.  1.  c.  2.  13.  v.  Initium. 

A  constitutione  mundi  :  Avant  la  création 
du  monde.  Matlh.2o.  34.  Apoc.  17.  8.  signi- 
fie le  même  que,  Ante  constitutionem  mundi. 
Joan.  17.  24.  Eph.  1.  4.  1.  Petr.  1.  20. 

A  sœculo  :  Avant  les  siècles.  Ps.  92.  2.  A 
sœculo  tu  es  :  0  Dieu,  vous  êtes  de  toute  éter- 
nité. Ps.  105.  48.  Eccli.  39.  25.  c.  44.  2.  Is 
63.  16.  Ad.  15.  18.  v.  Sœcidum. 

Ab  œvo  :  Avant  tous  les  temps.  Eccli.  1. 
14.  Prior  omnium  crcata  est  sapienlia  et  in- 
teltectus  prudentiœ  ab  œvo  :  La  sagesse  a  été 
créée  avant  tout,  et  la  lumière  de  l'intelli- 
gence est  avant  tous  les  temps. 

A.  pour  post.  —  Signifie,  après,  Eccli.  34, 
30.  Qui  baptizalur  a  mortuo  :  Si  celui  qui  se 
lave  après  avoir  touché  un  mort,  le  touche 
de  nouveau,  de  quoi  lui  sert-il  de  s'être  lavé? 
c.  33.  12.  c.  43.  24.  Ps.  48.  15.  Ezech.  12. 
16.  Act.ll.  19.  Luc.  2.  36. 

A  pour  dès  ou  drpuis.  —  Il  sert  pour  mar- 
quer une  distribution  qui  se  fait  depuis  un 
terme  jusqu'à  un  autre,  et  pour  signifier 
ce  qui  est  renfermé  dans  les  extrémiiés.  1. 
Reg.  5.  9.  A  purvo  usque  ad  magnum  :  Depuis 
les  petits  jusqu'aux  plus  grands,  c'est-à-dire, 
petits  et  grands.  Is.  -10.  18  Àb  anima  usque 
ad  carncm  consumetur  :  Depuis  l'âme  jus- 
qu'au corps,  c'est-à-dire,  le  corps  et  l'âme, 
tout  périra.  Le  Prophète  parle  des  Assyriens, 
exterminés  par  un  ange.  Gen.  14.  23.  .4  fila 
subtegminis  ad  corrigiam  caligœ  non  acci- 
piam  :  Je  ne  recevrai  rien  de  tout  ce  qui  est 
à  vous,  deptiis  le  nioindre  fil  jusqu'à  un  cor- 
don de  soulioi.  Jer.  9.  10.  A  volucre  cœli 
usque  ad  pecora.  Il  n'est  rien  resic  drpui^ 
Us   oiseaux  du  ciel  jusqu'aux   bêles  do  la 


^^  DICTIONNAIRE  DE  miLOiOCIE  SACREE 

lerro,  dit  Jérémic  do  la  ruine  de  Jénisalcm 


Kum.  G.  k.,  e(c.  . 

\  avec  lablatif,  pour  le  génitif.  —  Ln 
Vul'^nte  latine  rend  (jnelquefois  par  A,  avec 
rabfalif,  des  noms  qui  devraient  èlre  au  ge- 
niiifconinie  ils  sont  en  hébreu.  Ecc:i.  15.  2. 
Mulicr  a  virginitale ,  i.  virginitalis ,  lixor 
virgo  :  Une  épouse  vierge.  Isa.  5'i-.  6.  c.  U. 
8.  jnfnns  cib  ubere,  i.  laclens,  à  la  mamelle. 
Baru'ch.  2.  23.  Eril  sinevestijo  ab  inhabi- 
tnnlibus,  i.  inhobilunlium  :\\  ne  restera  plus 
de  trace  d.Mis  toute  votre  terre  qu'elle  ait  ja- 
mais été  liabi:éc.  Jerem.  lo.  12.  Numqnid 
fœderubilur  ferriim  ferro  ab  (iqmhneî'i.  nqui- 
lonis,  ou,  ferro  aquilonciri  :  Le  fer  peut-il 
s'allier  avec  le  fer  qui  vient  d'aquilon?  Fer- 
rwn  nqiiiJonis  marque  les  Chaldéens.  v. 
Aqnilo.  A  quoi  se  peut  rapporter, 

AB  aliquo  esse.  —  \°  Pour,  Alicujtis  esse  : 
Dépendre  de  quelqu'un  et  lui  appartenir. 
Ps.  11.  5.  Labia  noslra  a  nobis  sunt ,  Hebr. 
nobi^cum  .-Nous  sommes  les  maîtres  de  nos 
discours.  Mais  celle  expression  se  trouve 
quel(|uefois  dans  les  auteurs.  Ciecron,  Inire 
grat'nivi  ab  aliquo,  pour  olicujus;  et ,  comme 
dit  Donaî.Térence  s'en  sert  souvent,  comme 
dans  l'Andrienne,  Hœc  primiim  anbnadver- 
tendaab  co  injuria  est,  i.  ejus  injuria  :  11  le 
faut  punir  pour  cet  outrage. 

2"  Venir  ou  être  de  la  part  de  quelqu'un. 
Ps.  83.  6.  Cujus  est  aaxilium  obs  te  :  Heu- 
reux l'homme  qui  attend  de  vous  son  se- 
cours, .loan.  17.  7.  Omnia,quœ  dedisli  mihi, 
(d)s  te  sunt  :  Tout  ce  que  vous  m'avez  donné 
\  icnt  de  \ous. 

A,  pour  €  ou  ex.  —  i"  A\ec  les  noms  de 
pays  ou  mên-.e  de  \ille  qui  devraient  être 
sans  picposition.  Act.  18.  1.  Egressus  ab 
Alfipnis.  AcI.  11.  11.  Missi  a  Cœsarca.  c.  12. 
19.  JJaccndcns  a  Juda'u;  et  presque  partout 
ailleurs,  où  il  y  a  <n  grec  ,  à-ô.  Ps.  41.  8.  ce 
qui  se  trouve  aussi  quelquefois  en  latin. 

2'  Dans  les  endroits  suivants.  Ps.  30.  13. 
(jblivioni  ilatus  sutn ,  taniquam  mortuus  a 
corde  :  J'ai  été  mis  en  oubli  el  eff.icé  «le  U  ur 
cœur.  Ps.  G7.  30.  a  tewplo  tua  :  du  milieu  de 
votre  temple.  Ps.  118.  104.  Mallh.  5.  18. 
Luc.  5.  3.  Ad.  1.  12.  c.  5.  41.  c.  28.  3.  2. 
Cor.  3.  5.  etc. 

A  ou  AB,  superflu.  —  Il  se  trouve  princi- 
palement d.ins  rEc(lésiasti(|ue.  c.  14.  14. 
Aon  defraudcris  a  die  bono  :  Ne  vous  pri\ez 
pas  des  avantages  du  jour  In  ureux,  d'un 
jour  de  fête.  c.  1.  20.  c.  19.  24.  etc.  Apoe. 
14.  8.  Qiiœa  vino  irœ  suœ  polavit  omnes  gén- 
ies :  \\,iUy\oUG  a  fait  boire  à  toutes  les  na- 
tions !e  \in  de  sa  |)rosli(ulion  qui  a  irrité 
]»ieu.  Ce  qui  n'est  uas  sans  exemple  dans  la 
langue  latine. 

Les  autres  manières  se  trouveront  a^ec 
les  verbes  dont  ils  dépendent. 

A  A  A  exprime  la  particule  liêbraïquc 
nnN  alla,  ou,  nn  /'«,  qui  signifie  heu,  et  repré- 
sente la  voix  d'une  personne  qui  se  plaint 
de  qnchiue  chose,  comme  Jerêmic  qui,  dans 
ce  [laïsage  chap.  1.  G.  El  di.xi,a  a  a  Domine 
JJeus,  ncsiio  loqui,  se  plaint  qu'étant  trop 
It'um-,  il  ne  i)eut  parler  avec  l'autorité  d'un 


!0 

prophèie.  c.  14.  13.  Ezech.  4.  14.  c.  20.  49. 
Joël.  1.  15.  A  a  a  dici  !  O  jniir  funeste  !  Cet 
A  a  a  se  rend  par,  fieuheu  lieu!  4  Ueg.  3.  10. 
el  ailleurs.  Ainsi  ce  n'est  [)oinl,  comme  (juel- 
qtus-uus  ont  cru,  un  bégaiement,  ou  la 
difficullé  de  parler  d'un  enfiint. 

AAUON,  heb.  inontanus,  fils  d'Anuam  cl 
de  Jocabcd.  leîil-nevcu  de  Lévi,  naquit  l'an 
du  monde  2430.  Il  était  frère  de  Moïse,  et 
plus  âge  que  lui  de  trois  ans.  Dieu  l'associa 
à  IMoï^c,  son  frère,  pour  délivrer  le  peuple 
d'I-raël,  pour  en  être  le  conducteur  et  l'in- 
terprète de  ses  saintes  volon  es  :  mais  quoi- 
que x\aron  portât  la  parole,  et  qu'il  fût  lo 
l)roplicle  de  Moïse,  Exod.  7.  1,  néanmoins 
la  principauté  résidait  dans  Moïse,  el  le  mi- 
nislèie  dans  Aaron.  H  lut  établi  et  sacré 
grand-prêtre  et  premier  pontife  des  Juifs,  et 
Dieu  voulut  que  celte  dignité  fût  renfermée 
dans  la  seule  famille  d'Aaron,  Exod.  28.  Les 
habits  sacrés  du  grand  prêlre  et  ceux  des 
autres  prêtres  sont  décrits  dans  ce  même 
chapitre,  et  les  cérémonies  de  so.i  sacre,  et 
de  ses  enfanls  ,  avec  les  sacrifices  que  l'on 
offrait  pour  eux,  soni  rapportés  au  chapitre 
29.  Moïse  différ.int  longtemps  à  dcscendic 
de  la  monlagn(>  de  Sinaï,  le  peuple  tbligea 
Aaron  de  lui  f.iiie  un  veau  d'or  pour  l'ado- 
rer, à  l'exemple  des  Egyptiens,  qui  ador..ient 
leur  Apis  sous  une  forme  semblable,  Exod. 
32.  Lorsque  Coré  et  ses  complices  se  soule- 
vèrent contre  Aloïse  et  Aaron  pour  leur  dis- 
puter la  grande  sacrificature,  Ditu  ayant 
ordonné  de  prendre  douze  verges,  une  pour 
ciiaque  tribu,  la  verge  d'Aaron  fleurit,  pour 
confirmer  le  cfioix  (ju'il  avait  fait  de  lui, 
Num.  18.  Ce  grand  pontife  ayant  été  exclus 
de  la  terre  promise  a  cause  de  son  inciédu- 
litc,  c.  20.  12,  Mo'ise  le  dépouilla  des  orne- 
ments de  grand-prêtre  et  en  revêtit  son  fils 
Eléazar,  en  suite  de  quoi  il  mourut,  c.  20. 
24,  âgé  de  123  ans ,  après  avoir  exercé  cette 
dignité  l'esp-ace  de  38  ans. 

AARONIT.IL,  ARUM,  les  descendants  d'Aa- 
ron. 1.  Par.  27    17. 

AASBAI,  Heb.  confisus  milti,  fils  de  Ma- 
chali  ,  et  f>èie  d'Eliphelet,  un  des  trente 
vaillants  hommes  de  l'armée  de  David.  2. 
Reg.  23.  34. 

ABADDON,  Heb.  deslruens,  du  verbe  Hé- 
breu, a  bail,  perire. 

1"  Mot  Hébieu  qui  signifie  perte  et  des- 
truclion,  autiuel  répondent  d.ms  les  passag«'s 
suivants  perdilio^  inlerfcclio,  plaga.  Job.  28. 
22.  Perdilio  (Héb.  ab..ddon)  el  mors  dixe- 
runt.  c.  31.  12.  Ps.  87.  12.  AinsiEsth.8.  2G. 
c.  9.5.  Prov.  17.  20.  c.  15.  1!. 

2"  Exterminateur,  c'est  le  nom  de  l'ange 
de  l'abîme.  A]  oc.  9.  11.  Cui  nomen  Hebraice 
Abaddon  {i.  e.  la  ruine  et  la  perte  même). 
Grevée  aulcin  Apollyon  ,  Latine  nomen  liubens, 
Exlerminans  :  sii'iul  Jean  a  rendu  ce  non» 
parce  participe  qui  revient  au  même  sens  ; 
comme  quand  on  dit,  c'est  l'orgueil  même, 
pour  dire  c'est  un  orgueilleux  ;  car  le  nom 
substantif  est  mis  pour  le  participe. 

ABALlENAllE,  Gr.  à-cJloTf,iov-j,  aliéner  du 
bien,  le  vendre,  s'en  défaire. 

1°  Chasser,  déposséder.  Eccli.  11.  30.  Ad^ 


17 


Alîlî 


ABD 


i? 


mitt  ad  te  alienigennm,  et  abalienabit  te  a 
titis  proprîis  :  Donnez  entrée  chez  vous  à 
l'étranger,  el  il  vous  chassera  de  votre  pro- 
pre maison. 
2°  Séparer,  désunir;  d'où  se  fait  : 
Abadenare  se:  Se  détacher  de  quelqu'un, 
renoncer  à  son  amitié.  1  Mach.  11.  53.  Ab- 
nllenavit  se  a  Jo/iar/io. -Démétrius  s'éloiçn,i  de 
Jonathas.  Ainsi,  Abndenari  a  Deo  :  S'éloi- 
gner de  Dieu  ;  ne  le  connaître  poiiit  pour  son 
seigneur  el  pour  son  maître.  Isa.  1.  '4-.  Ab- 
atienali  sunt  retrorsum.  Ose.  9.  10.  Voy. 
Alienare. 

ABANA.  Heb.  lapideus,  Voy.  Amaxa.Ji'uvo 
Ac  Syrie  qui  sort  du  Liban,  k  Reg.  5.  12. 
Nnmqiiid  non  meliores  sunt  Abana  et  Phar- 
phar,  fluvii  Damasci,  omnibus  aquis  Israël  ut 
laver  in  eis  et  munder?  N'avons-nous  pas  à 
Damas  les  fleuves  d'Abana  et  de  Pharpbar, 
qui  sont  meilleurs  que  tous  ceux.  d'Israël? 

ABARIM,  Heb.  transeuntes,  montagnes  dos 
Moabites,  d'où  Miùse  ennsidéra  la  terre  de 
Chanaan  et  y  mo'.irut.  Num.  33.  hl.  Vene- 
riint  ad  montes  Abarim  contra  Sebo.  Cette 
montagne  est  vis-à-vis  de  Jéricho  au-des- 
sous du  Jourdain,  au  milieu  du  la  tribu  de 
Ruben,  et  sépare  le  p.iys  des  Ammonites  et 
des  Moabites  d'avec  celui  de  Chanaan.  v.  13. 
14.  Voy.  Jeabarim. 

ABARON,  Heb.  fortitudo,  surnom  d'É'éa- 
zir,  quatrième  fils  de  Mathalhias.  1.  Mach. 
2.  5. 

ABBA,  Heb.  pater,  mol  Syriaque  formé 
du  mot  Hébreu  «6,  qui  signifie:  père.  Marc. 
ik.  36.  Abba,  Pater.  Rom.  8.  15.  Gai.  «».  6. 
Dans  ces  trois  endroits,  le  nom  Latin  l'y 
trouve  ajouté,  soit  pour  en  expliquer  la  si- 
gnificalioi)  ,  soit  pour  marquer  une  plus 
grande  affection.  Ce  mol  n'a  été  en  usage 
pour  signifler  les  Pères  dos  moines,  que  du 
temps  de  saint  Benoît  el  de  saint  Grégoire. 
Voy.  Pater  1". 

ABBREVIARE,  (7JVTîy.v:tv,  ce  verbe,  peu 
usité  (liez  les  Latins,  siguiûe  abréger,  rac- 
courcir. Mais  dans  l'Ecriture  il  signifieaussi, 
1"  Retrancher,  réduire  à  un  petit  nombre. 
Isa.  10.  22.  Cons:ummotio  abbreviata  ininida- 
bit  justitiam  :  Le  reste  des  Juifs  qui  sera  ré- 
duit à  un  petit  nombre  répandra  la  justice 
avec  abondance;  ou,  La  justice  se  répandra 
comme  une  inondation  d'eaux  sur  le  peu  de 
Juifs  qui  sera  resté.  Rom.  9.  28.  Verbnni 
cunsummans  etabbrevians  inœquitale  (siipple, 
eril)  :  Dieu  dans  sa  justice  consumera  el  rc- 
Irancliera  son  peuple. 

2"  Fixer,  déterminer.  Dan.  9.  2i.  Sejjtai- 
(jinta  hcbdomades  abbrevialœ  sunt  super  po- 
pulum  tuum:  Dieu  qui  pouvait  prolonger  le 
temps  de  la  délivrance  de  son  peuple  ,  l'a 
réduit  et  déterminé  à  soixaiile-dix  semai- 
nes d'années  ,  qui  font  WO  ans. 

3°  Raccourcir.  Isa.  50.  2.  Xnmijnid  abbre- 
viata el  pnrvula  (acta  est  mniius  inea  ut  non 
possimredimere?  Ma  main  s'cst-clle  raccour- 
cie? est  elle  devenue  plus  petite,  et  n'ai-je 
plus  le  pouvoir  de  vous  racheter?  Ci;  qui  est 
raccourci  est  ordinairement  moins  fort  quo' 
ce  qui  a  toute  son  étendue;  ainsi  oobrnviari, 
qui  dans  plusieurs  endroits  signifie  cire  rac- 


courci, èlre  moins  étendu,  veutdiie,  être 
moins  fort,  être  moins  puissant.  Isa.  59.  1. 
Jîcce  non  e.s/  abbreviata  manus  Dontini  :  La 
main  du  S'igneur  n'est  point  raccourcie,  i.  e. 
Dieu  n'est  pas  moins  puissant  qu'il  1'.»  été. 
Mich.2  7.  iSumquid  ubbrevialus  est  Spiritua 
Domini?  L'esprit  du  Seigneur  esl-il  devenu 
moins  étendu  ?  i.  e.  Dieu  a-l-il  moins  de  pou- 
voir d'envoyer  des  proplièles  ?  Car  cela  sem- 
ble avoir  élé  dit  sur  ce  que  les  Juifs  impo- 
saient silence  aux  prophètes,  comme  si  Dieu 
n'eût  pas  pu  en  envoyer  d'autres.  Quebjues- 
uns  néanmoins  expliquent  cet  endroit  de  la 
bonté  et  de  la  miséricorde  de  Dieu  qui  ne  se 
diminuent  point  avec  le  temps. 

ABBRLVIATIO,  ms.  Retranchement  ou 
réduction  à  un  petit  nombre  ( /ôyoc  n-j-j-zî-uri- 
y.ho;)  verbwn  u[jbreviatum).ls:i.,\0,^2:  Con- 
summationem  et  abbreviationem  Dominus  Deus 
faciet  inmedio  o)nnislerrœ  :  Le  Seigneur  Dieu 
fera  un  retranchement  ea  réduisant  le  peu- 
ple Juif  à  un  petil  nombre  de  gens  qu'il  a 
sauvés  parmi  (oui  c  peuple,  v.  22.  c.  28.  v. 

CON'SL'MMATIO. 

ABDAjHeb.  servus.  1°  Chantre  célèbre, 
descendant  dMithun.  2.  Esd,  11.  17.  v.  Ob- 

DIAS. 

2°  Père  d'Adoniram,  du  tem,)S  de  Saloraoa. 
3.  R  g.  i.  6. 

ABDEEL  ,  Heb.  servus  Dei ,  père  de  Sele- 
rr.ias,qui  ri  eut  ordre  d'arrêter  Jérémie  et 
Barui  h.  Jerem.  3G.  26. 

ABDEMELECH,  Heb.  servus  régis  ,  eunu- 
que OU  officier  du  roiSedecias,  Ethiopien  de 
naissance,  qui  marqua  beaucoup  de  douceur 
et  d'humanité  pour  Jérémie.  c.  38.  v.  7.  8.9. 

ABDENAGO,  Heb.  servus  claritatis  ,  c'est 
le  nom  qui  fui  donné  à  Azarias,  jeune  prinie 
de  Judée,  et  proche  parent  de  Sedecias  ,  le- 
quel fut  mené  captif  on  Babylone  avec  le  roi 
Joakim  ,  Daniel,  Misaël  et  Ananias.  Asphe- 
nez  ,  l'inlendanl  dos  eunuques, changea  leur 
nom,  et  nomma  celui-ci  Abdenago.  Dan.  1. 
7.  c.  2.  49.  c.  3.  Y.  12.  16.  etc.  Ce  change- 
ment de  nom  se  faisait ,  soit  pour  faire  voir 
l'empire  que  le  roi  s'était  acquis  sur  ces 
étrangers;  soit  à  cause  de  la  haine  que  les 
Chaldéens  portaient  aux  Hébreux;  soit  pour 
inaïquer  les  minislères  mêmes  auxquels  ou 
les  destinait. 

ABDI,  Heb.  servus  meus ,  1°  un  Lévite  de 
1,1  famille  de  Merari ,  qui  fut  ra'icul  d'Ethan, 
cl  père  de  Chusi.  1.  Par.  6.  kï. 

2"  Un  autre  Lévite,  père  de  Cis,  qui  tra- 
vai  la  par  Tordre  d'Ezéciiias  à  purifier  le  tem- 
ple de  la  profanation  des  As>yricns.  2.  P.ir. 
29.  12.  Voyez  v.  5. 

3°  Le  fi  silElamquisesépara  desafenune  , 
parce  qu'elle  élait  étrangère.  1.  Esd.  10.  26. 
>'oyez  V.  19. 

ABDIAS,  Heb.  sercus  Z;o//u'/ii,  1"  un  inten- 
dant de  la  maison  d'Achab,  qui  cacha  dans 
des  cavernes  cent  Prophètes,  et  qui  les  y 
noutril  pour  les  sauver  do  la  fureur  de  Jcza- 
bel.  3.   R.'g.  18.  3. 

2"  Un  homme  de  1 1  tribu  de  Zabulon,dont 
le  fils,  nommé  Jesmaias,  élait  le  premier  do 
cette  tribu  du  temps  de  David.  1.  Par.  27.  19. 
/abuloiiit's  [prœcrat]  J'-smui  f.  [ilin-  Abdiic. 


19 


DICTIONNAIUE  bE  P.llLOLuGIE  SACKLE 


30 


3"  Un  Lévile  de  la  race  de  Mcrari,  qui  fut 
pominis  potir  faire  travailler  les  ouvriers,  lors- 
(luc  le  Temple  fut  réiabli  sous  le  règne  de 
Josi.is.  2.  Par.  34.  12. 

k"  Un  des  douze  petils  prophèles  ,  auteur 
du  livre  de  l'Ecriture  sainte  qui  porte  son 
nom,  Abd.  v.  1.  Visio  Abdice:  Prophétie  d'Ab- 
dias.  Cette  prophétie  ne  contient  qu*un  seul 
chapitre  ,  dans  lequel  le  prophète  prédit  les 
maux  qui  doivent  arriver  aux  Iduméens.On 
ne  sait  rien  du  pays  ni  des  parents  de  ce  pro- 
phète; il  est  même  fort  incertain  dans  quel 
temps  il  a  vécu;  on  croit  néanmoins  coramu- 
ncmcnt  qu'il  a  éé  contemporain  d'Osée  ,d'A- 
inos  et  d'I^aïe,  et  qu'il  a  prophétisé,  comme 
eux,  environ  800 ans  avant  Jésus-Christ.  Les 
Hébreux,  au  rapport  de  saint  Jérôme,  croient 
«jue  c'est  le  même  que  cet  intendant  d'Achab, 
dont  il  est  parlé  3.  Reg.  18.  3.  qui  nourrit 
les  cent  prophètes  qu'il  avait  cachés  dans 
des  cavernes  pour  les  sauver  des  mains  do 
Jezabe!,  qui  voulait  les  faire  mourir. 

ABDICARE  ,  de  ab  et  de  dicare. 

Le  verbe  dicare  signifie,  donner  pour  tou- 
jours, dédier,  abandonner  entièrement;  au 
contrai.fe  abdicare  ,  c'est  proprement  , 

Rejeter,  renoncer  à  quelquechose{i-i£-«o-6«t) 
2.  Cor.  k.  2.  Abdicamus  occulta  dedecoris  : 
Nous  rejetons  loin  de  nous  les  passions  que 
la  honte  fait  cacher,  occulta  dedecoris,  i.  e. 
dtdecorosa  ;  des  crimes  cachés  et  infâmes. 
Saint  Paul  njarque  les  faux  apôtres  qui  ca- 
chaient sous  de  belles  apparences  des  cri- 
mes honteux.  D'autres  l'entendent  de  leurs 
intrigues  cl  de  leurs  artifices  bas  et  honteux, 
pour  gagner  l'affection  des  peuples 

ABDIEL,  Heb.  serius  Dei,  fils  de  Guni,de 
la  tribu  de  Gad  ;  il  fut  le  chef  de  sa  maison. 
1.  Par.  5.  15. 

ABDITUM.  1.  Ce  nomsubstanlif  inusité  si- 
gnifie, dans  l'Ecriture: 

Un  lieu  caché,  une  tanière  («Ttôx^y^ov).  Ps. 
16. 12.  Sicul  catulus  leonis  habitans  inabdilis. 
Saù!  était  à  l'égard  de  David  comme  un  lion- 
ceau qui  se  tient  en  embuscade  dans  les  lieux 
cachés.  1.  Rig.  13.  6.  1.  Mac.  1.  56. 

ABDON  ,  Heb.  servus.  1°  L'un  des  juges 
d'Israël ,  qui  fut  le  douzième  depuis  Josué,  et 
(jui  eut  une  nombreuse  postérité,  s'6  anl  vu 
quarante  fils  et  trent(>  piMits-fils.  Jud.  12.13. 
judicavit  Israël  Abdon  jîlius  Illcl  Pliaralhoni- 
les  ,  tjui  habuit  ((uadraijinta  filios  et  tri(jinta 
ex  eis  nepotcs,  et  judicavit  Israël  octo  annis. 

2'  Un  homme  de  la  tribu  de  Rcujan)in,li.3 
deSesac.  1.  P.ir.  8.  23. 

3°  Un  autre  homme  de  la  niême  tribu  ,  fils 
aîné  d'.M)igabaon  ou  de  Jehiel,  et  île  Maacha. 
J.  Par.  8.  30.  c.  9.  30. 

k"  Uii  fils  de  .Micha  ,  iini  fut  en  grande  con- 
sidération du  tenips  de  Josias,  et  l'un  de  ses 
premiers  officiers.  2.  P.ir.  3ï.  20.  C'est  le  mê- 
me qui  est  nommé  Achobor.  k.  Reg.  22.  v, 
12.  IV.  Jerem.  26.  22.  c.  36.  12. 

5'  Ville  donnée  aux  Lévites  dans  la  tribu 
d'Asrr.  Jos.  21.  30.  2.  Par.  G.  1k. 

AUDIJCIMIE  {r/.i/txu/.'oTi-jw).  1"  Emmener  en 
captivité.  Ps.  136.  3.  Qui  abduxerunt  nos: 
Ceux  (jui  nous  ont  enimcnés  captifs.  2.  Parai. 
30.  k.  2.  Ebd.  1.  9.  Judith.  2.  Ki    etc. 


2"  Tirer  à  part, mener  à  l'écart  èz/iîvetv,  de- 
clinarc).  2.  Reg.  3.  27.  Cum  rcdiisset  Abner 
in  JJebru7i,seorsuin  nbdaxit  eum  Joab  ut  lo^ 
querelur  ei  in  r/o/o;  Joab  tira  à  part  Abner 
pour  lui  parler  en  trahison. 

3"  Gagner,  attirer  à  soi  ,  engager  dans  son 
parti  (à-oo-TTâv,  ubstrnhere).  Act.  20.  30.  Ex  vo- 
bis  ipsis  exsurgent  viri  loquentes  perversa,  ut 
abdncant  discipulos  post  se  :  Il  s'é.èvera  d'en- 
tre vous-mêmes  des  gens  (|iii  publieront  des 
doctrines  corrompues  ,  afin  d'attirer  des  dis- 
ciples après  eux. 

De  celte  signification  vient  celle  du  passif 
abduci,  se  laisser  persuader,  se  laisser  aisé- 
ment emporter.  Heb.  13.9.  Doctrinisvariis  et 
pfregrinis  nolite  abduci  :  Ne  vous  laissez  point 
emporter  à  une  diversité  d'opinions  et  à  des 
doctrines  étrangères.  C'est  ce  que  saint  P.ml 
dit  ailleurs  en  d'autres  termes,  Ephes.  4.  14. 
Uljain  non  simus  parvuli  fluctuantes  et  cir^ 
cainferamur  omnis  venta  doctrinœ. 

ABDUCTIO,  (à~t/.ywyyi).Cc  uiol  qui  marque 
l'actiun  de  détourner  ,  et  de  tirer  à  part,  si- 
gnifie, dans  le  seul  endroit  où  il  se  trouve  , 
le  déiouragement  qui  fait  qu'on  se  détourne 
de  la  considération  de  toutes  ks  choses  qui 
pourraient  nous  donner  de  la  consolation. 
Eccli.  38.  20.  In  abductione  pennanet  tristi- 
lia:  La  tristesse  que  nous  cause  la  perte  de 
nos  proches  s'entretient  dans  la  solilude  ,  il 
faut  recevoir  volontiers  la  consolation  de  ses 
amis. 

ABED,  Heb.  servus,  fils  de  Jonathan  ,  de  la 
famille  d'Adan  :  il  revint  avec  Esdras  de  la 
captivité  ,  avec  50  hommes  de  sa  famille.  1. 
Esd.  8.  6. 

ABEL ,  Heb.  vanitas  [Vapor  ,  vanité',  va- 
peur) ,  second  fils  d'Adam  et  d'Eve  ,  doux  , 
simple  et  craignant  Dieu:  il  lui  donnait  des 
témoignages  de  sa  vénération  ,  en  lui  offrant 
en  sacrifice  ce  qu'il  avait  de  meilleur  ;  aussi 
Dieu  témoigna  par  quelque  signe  visible  qu'il 
avait  agréables  ses  présents.  Gain,  sou  frère, 
en  conçut  contre  lui  une  si  cruelle  jalousie, 
que  l'ayant  tiré  à  l'écart,  il  massacra  cette 
innocenle  victime  ,  donl  le  sang  cria  au  ciel 
pour  dem.uider  la  vengeance  de  ce  meurtre. 
Jésus-Christ  lui-même  a  fait  son  éloge  en 
rappelant  juste,  Matih.  23.  35.  Hebr.    11.  k. 

2"  (Heb.  luctus,  deuil),  ville  des  Ammo- 
nites dans  la  Pérée ,  qui  fut  ravagée  par 
Jephlé.  Judic.  11.  33.  appelée  Abelmehula.  c. 
7.  23.  3.  Reg.  4.  12.  c.  19.  16. 

3"  (Heb.  planctus  magiius  ,  grand  deuil)  , 
Abelmagnum  ,  lieu  ,  ou  rocher  ,  où  s'ancla 
le  chariot  qui  portait  l'Arche,  lorsque  les  Phi- 
listins la  renvoyèrent.  On  croit  que  c'étaient 
les  limites  du  pays  des  Israélites  et  des  Phi- 
listins. 1.  Reg.  6.  18.  Ce  lieu  fut  appelé  deuil, 
à  cause  de  la  plaie  des  Belhsamites.  Quel- 
ques-uns veulent  qu'on  lise  Abcn  ,  qui  signi- 
fi(!  piirre  ,  au  lieu  d'Abel. 

ABELA,  .E.  Heb.  planctus  ,  ville  située  au 
milieu  de  la  tribu  de  Nephthali,  célèbre  par 
le  siège  que  Joab  en  fil  pour  se  saisir  de  Seba. 
2.  Reg.  20.  18.  Ce  mol  se  joint  avec  Belb- 
maacha,  parce  que  c'étaient  deux  lieux  qui 
ne  laisaitnl  qu'une  ville. 

ABEL-DO.MUM-MAAGHA,  la  môme  ville 


il 


ABU 


qu'Abela.  Belh  signifie  domm.  3.  Rois.  15. 
20.  4.  Ih-cr.  15.  29. 

ABElL-MAi.M  ,  Hob.  luctus  aquarum  ,  la 
même  \iile  encore  qu'Abela.  2.  Par.  16.  i.  v. 
3.  V.  3.  Reg.  15.  20. 

ABEL-MEHULA  ,  Heb.  Inclus  infirmiiatis, 
ville  des  Arntnoniles  dans  la  tribu  de  Ma- 
nassé,  près  du  Jourdain.  Judic.7.  23.  3.Reg. 
h.  12.  C'était  le  pays  d'Elisée,  c.  19.    16.   v. 

A  BEL  2  . 

ABELSATIM.Hob.  luclus  spinarum,  grande 
plaine  dans  la  tribu  de  Ruben  ,  où  se  fil  le 
quaranle-qualrième  campement  des  Hébreux. 
Num.  33.  49.  Ce  lieu  est  appelé  Settim,  Num. 
25.  1.  V.  Sttlim.  11  est  dans  le  pays  des  Moa- 
biles  ,  et  fut  appelé  Abelsatim,  à  cause  du 
deuil  du  peuple  qui  y  fut  puni  rigoureuse- 
ment pour  les  crimes  marijués.  Niiin.  25.  25. 

ABENBOEN,Heb.  lapis  pollicis ,  ville  de  la 
Iribu  de  Benjamin.  Josue  8.  18.  Ce  lieu  est 
près  de  la  mer  Morte. 

ABERRARE  .  «tto/îîv.  Ce  verbe  marque 
proprement,  s'écarlcr  de  son  sujet;  mais  ici 
il  signifie,  selon  le  sens  du  Grec  ,  se  détour- 
ner du  but  où  l'on  vise  ,  d'où  vient,  aberrans  ; 
qui  s'égiire  et  qui  se  détourne  de  la  voie  qui 
conduit  droit  au  but  où  l'on  doit  tendre.  1. 
Tim.  1.6.  A  qiiibus quidam  aberrantes conversi 
san[  i>i  laniloquium:  Quand  on  n'a  point  de- 
vant les  yeux  en  tout,  ce  cju'en  dit  Jésus- 
Cliiisl  el  son  EvangilL*  ,  on  ne  peut  que  s'é- 
garerçl  se  répandre  en  discours  vains  el  peu 
édifiants. 

ABES,  Heb.  ovnm,  ville  de  la  tribu  d'Is- 
sachar.  Josue  19.  20. 

ABESALOM,  Heb.  pater  pacis ,  ambassa- 
deur de  Judas  Machabée  \ers  Lysias,  général 
des  armées  d'Anliochus  Eupator.  2.  Macli. 
11.  17. 

ABESAN  ,  Heb.  palris  scutum  ,  huitième 
juge  des  Hébreux  qui  succéda  à  Jepbté  ,  el 
gouverna  le  peuple  sept  ans  :  il  était  de  Be- 
thléem ,  et  eut  trente  fils  et  trente  filles.  Ju- 
d;c.  12.  8. 

ABESSALOM,  Heb.  paler  pacis  .  père  de 
Maacha  ouMichaia,  mère  d'Abias,roi  de 
Juda.  3.  lU'g.  15.  v.  2.  10.  Maacha  fdia  Ahss- 
salom.W  élail  de  Gabaa,  el  s'appelail  aussi 
Uriel.  2.  Par.  13.  2. 

ABGATHA ,  Heb.  po^ris  torcular ,  un  des 
sept  premiers  eunuques  d'Assuérus.   Eslh. 

1.  10. 

.\HHORUEBE,  v.  horror.  f -ooTo/ÇiÇetv  ) 
avoirde  l'aversion  pour  quelquecïiose.EccIi. 
38.  4.  AUissimus  creavit  mcdicamentade  terra^ 
et  vir  prudens  non  ahliorrehil  illa  :  C'est  le 
Très-Haut  qui  a  produit  les  médicaments,  et 
l'homme  sage  n'en  aura  point  d'éloignement. 

ABHOKKESCUKE,  Gr.  7V7-a),£70«t ,  con- 
trahere.  Ce  verbe  qui  ^ignilie,  comme  ablior- 
rere y  avoir  en  horreur,  signifie  ici,  suivant 
le  sens  du  Grec,  se  rebuter,  se  décourager. 

2.  Mach.  6.  12.  Ne  abhorrescant  propler  ad- 
vcrsos  casus  :  Bien  loin  d'avoir  moins  de  con- 
sidération pour  les  personnes  affligées  ,  on 
doit  les  aimer  plus  tendrement  ,  parce  que 
Dieu  les  alfl  ge.  Ainsi  l'auteur  prie  les  lec- 
teurs de  ne  se  point  scandaliser  des  maux 
dont  il  fait  mention. 


ABI  22 

ABI,  Heb.  pater  meus  ,  fille  de  Zacharie  , 
et  mère  d'Ezéchias  ,  roi  de  Juda.  k.  Reg.  18. 
2.  V.  Abia  ,  n.  6. 

ABIA,  Heb.  paler  Domini ,  1"  Le  second 
fils  deSamuël,  juge  d'Israël.  1.  R^'g.  8.  2.  Cuin 
senuisset  Samuel,  posait  filios  suosjudices  Is- 
raël; fiiitque  nomen  filii  ejus  primoqenili  Joël, 
et  nomen  secundi  Abia  judicumin  Bersabee.  1. 
Par.  6.  28. 

2°  Un  roi  de  Juda,  qui  fui  fils  et  succes- 
seur de  Roboam,  el  petit-fils  de  Salomon.  1. 
Par.  3.  10.  2.  Par.  13.  v.  1.  et  suivants. 
Matth.  1.7.  Il  défit  Jéroboam,  et  lui  lua  cinq 
cent  mille  hommes  dans  un  seul  combat.  Il 
ne  régna  que  trois  ans,  pendant  lesquels  il 
imita  lous  les  dérèglements  de  Roboam,  son 
père.  11  laissa  en  mourant  vingt-deux  fils  et 
seize  filles.  C'est  le  même  qui  est  appelé 
Abiam.  3.  Reg.  14.  31.  c.  15.  v.  1.  7.  8.  Il 
mourut  l'an  du  monde  3048.  la  20^  du  règne 
de  Jéroboam,  el  la  956"^  avant  Jésus-Christ. 

3°  Un  fils  de  Jéroboam,  roi  d'Israël  ,  au 
sujet  do  la  maladie  duquel  ce  prince  envoya 
sa  femme  à  Silo,  consulter  le  prophète 
Ahias.  3.  Reg.  14.  1.  In  lempore  illo  œgrola- 
vit  Abia  filius  Jéroboam. 

4°  Le  chef  d'une  des  vingt-quatre  famille» 
Sacerdotales,  qui  s'acquittaient  de  leur  mi- 
nistère du  temps  de  David.  1.  Par.  24.  10. 
C'est  de  cette  famille  qu'était  Zacharie,  père 
de  saint  Jean-Baptisle.  Luc.  1.  5. 

5"  Un  homme  de  la  tribu  de  Benjamin  fils  de 
Bechor,  el  pelit-fils  de  Benjamin.  1.  Par.  7.8. 

6°  Deux  fenmics  de  ce  nom  :  l'une,  la  femme 
d'Hesron,  fils  de  Phares  et  petit-fils  de  Juda. 
1.  Par.  2.  24.  Habuil  quoque  Hesron  iixorem 
Abia;  l'autre,  fille  de  Zacharie,  pontife,  que 
Joas  fil  tuer,  el  mère  du  roi  Ezéchias.  2.  Par. 
29.  1.  Ezéchias  regnare  cœpit:  nomen  malris 
ejus  Abia  filia  Zachariœ.  Elle  csl  nommée 
Abi.4.  Reg.  18.  2. 

ABl-ALBON,  Heb.  pater  superinlelligens, 
un  dos  trente  vaillants  hommes  de  l'armée 
de  David.  2.  R«g.  23.  31.  11  est  appelé  Abiel. 
1.  Par.  11.32. 

ABIASAPH,  Hrii.  pater  congregnns,  (ils  de 
Coré,  el  pelit-fiis  d  I>aar.  1.  Par.  6.  37.  c.  9. 
19.  H  élail  frère  dElcani  et  d'Aser.  Exol.  6. 
24.  Filii  Core:  Aser  et  Elcana  et  Abiasaph. 
Ainsi  1.  Par.  6.  23.  Asir  filius  rjus,  Elcana 
filius  ejus,  Abiasaph  filius  cjUs;  ce  sont  les 
trois  fils  de  Coré;  et  au  lieu  du  pronom  ejus, 
il  faudrait  lire,  ejusdem;  du  même  Coré  fils 
d'Isaar,  qui  élail  petit-fils  de  Lévi. 

ABIATHAR,  Heb.  paler  excellens,  l'  grand 
prêtre  ,  fils  d'Achimelech.  2.  Reg.  8.  17. 
Marc.  2.  20.  Sub  Abialhar  principe  sacerdo- 
tnm.  Il  s'appelait    aussi  Acliimélcch.  1.  Reg. 

21.  V.  1.  8.  Voy.  AcuiMELEcn. 

2°  Le  fils  de  ce  premier  Abialhar  ou  Achi- 
melech,  qui  se  réfugia  vers  David.    1.  Reg. 

22.  22.  Il  lut  toujours  fidèle  à  David;  mais 
ayant  suivi  le  parti  d'Adonias  contre  Salo- 
mon. il  fui  dégradé  et  mis  après  Sadoc.  2. 
Reg.  20.  25.  3.  Reg.  4.  4.  etc.  On  croit  iiue 
ces  deux  noms  Achimelech  et  Abialhar 
étai'Mil  cominuns  au  père  et  au  fils,  comuif' 
il  puraîll.  Par.  18.  10.  c.  24.  C. 


23 


niCTIONNAlKK  DK  l'IîiLULOGIE  SACIiEG. 


04 


ABîB.  Heb.  Spira,  mois  des  Hébreux.  Voy. 

NlSAN. 

ABIDA,  Heb.  pa!cr  scienHœ,  fils  de  Ma- 
dian,  do-cendini  d'Abr.iham  et  de  Célhura. 
Gen.'-2o.  i.  1.  Par.  1.  33. 

ABIDAN.  Heb.  paler  judicii,û\s  de  Gédéon 
l'ancien.  Celait  le  prince  et  le  cbef  de  la 
tribu  de  Benjamin,  qui  sortit  de  lEgypte 
avec  les  siens  au  nombre  de  trente-cinq 
mille  quatre  cents  combattants.  Num.  1.  II. 
c.  2.  22.  c.7.60.  etc. 

ABIEL,  Heb.  pater  meus  Deus.  1°  Père  de 
Gis  et  de  Ner  de  la  tribu  de  Benjamin,  aïeul 
de  Saiil,  pre:!:ier  roi  des  Juifs.  1.  Reg.  9.  1. 
Voy.  JeniEL. 

2°  Un  des  raillants  hommes  de  l'armée  de 
David.  l.Par.  11.  32.  Abiel  Arbalhiles;  qui 
était  d'Arbath.  Voy.  Abi-Albo^. 

ABIES,  ETis.  Gr.  l/.y-r,.  Ce  mot,  à  ce 
qu'on  croit,  vient  d'abeo,  comme  de  facio  fa- 
ciès, de  specio  species, parce  qu'entre  tous  les 
autres  arbres,  celui-ci  s'élève  fort  haut. 

1°  Un  sapin,  arbre  qui  croît  fort  haut  et 
fort  droit.  Is  1.  V*.  8.  Ahietes  qnoque  lœtatœ 
sunt  :  Les  sapins  et  les  autres  arbres  du  Li- 
ban se  sont  réjouis  de  ta  mort,  parce  que  tu 
en  abusais  à  la  fantaisie  pour  entretenir  le 
luxe  de  tes  bâtiments  magnifiques.  Le  pro- 
phète décrit  flgurémenl  la  mort  du  roi  de  Ba- 
bylone. 

2°  Un  bel  arbre,  grand,  élevé,  parce  que  le 
sapin  est  tel.  V.  Reg.  19.  23.  Isa.  37.  24.  Sur- 
cidi  sublimes  cedros  ejus  et  electas  abietes  il- 
lius  :  Sennachérib  se  vantait  d'avoir  fait 
couper  les  plus  beaux  arbres  du  Liban,  pour 
donner  passage  à  ses  chariots  et  à  ses  trou- 
pes. 

Ponere  in  deserto  abielem  :  Faire  croître  les 
sapins  dans  la  solitude,  changer  la  face  de  la 
terre,  ce  (jui  s'est  fait  par  rétablissement  de 
la  loi  nouvelle  et  la  prédication  des  apôtres. 
Isa.  il.  19.  Ce  qui  est  aussi  exprimé  par  ces 
autres  paroles,  c.  00. 13.  Pro  saliunca  ascen- 
det  abies  :  Le  sapin  s'élèvera  au  lieu  des  her- 
bes les  plus  viles.  Voy.  Saliunca. 

3"  Les  grands  du  monde,  les  rois  et  les 
princes.  Isa.  60.  13.  Abies  et  buxus  et  pinus 
siinul  (venient)  :  Les  hon)mes  de  tous  étals 
s'assembleront  pour  composer  l'Eglise.  Ainsi 
les  rois  puissants  sont  compares  à  des  sapins 
élevés.  Eïccb.  31.  8.  Abieles  non  adœquave- 
runt  suminiialem  ejus  :  Les  sapins  ne  l'éga- 
laient point  dans  sa  hauteur.  11  parle  du  roi 
d'Assyrie.  N'oy.  Cedrls. 

k"  Les  perionnvs  et  les  villes  moins  consi- 
dérables. Z.uh.  1 1.  2.i'lul(i,ubies,  quia  cccidit 
cet//»s  ;  Hurlez  de  douleur,  sapin,  i.  e.  vous 
qui  êtes  dune  condition  moins  élevée,  puis- 
que les  plus  puissants,  figurés  par  le  cèdre, 
sont  tombés.  Le  prophète  prédit  la  désola- 
tion di'  la  Judée. 

ABIEfiNUS,  A ,  (  M.  Ce  nom  adjectif,  qui 
vient  li'abics,  signifie  : 

^Qiii  est  desapin  (rEjztvc,-,  pineus].3.  Reg. G. 
15.  Tcsit  paviinentutn  tubulis  (ihirqnis  :  Salo- 
mon  fil  couvrir  le  plancher  du  Temple  d'ais 
de  sapin,  v.  3V.  c.  9.  11.  etc. 

ABIET.MUUS,  (jui  coupe  des  sapins  ou  au- 
tre bois,  charpcnlier.  E\od.3o.  35.  Ulfnciant 


opéra  abietarii,  Heb.  arlificis  ou  fabri  :  Dieu 
avait  suscité  Beseléel  et  Oliab  pour  fairo 
toutes  sortes  d'ouvrages  qui  se  peuveni  fairo 
on  bois.  Ce  qui  se  rapporle  à  ces  mots  du  v. 
33.  Opère  carpentario  :  Dans  tous  les  ouvra- 
ges de  menuiserie.  C'était  pour  la  construc- 
tion du  tabernacle. 

ABIEZER,  Heb.  patris  adjutorium.  1°  Un 
des  vaillants  hommes  de  David.  2.  Reg.  23. 
27;  1.  Par.  11.  28.  c.  27.  12. 

2'  Un  des  dercendants  de  .Manassé.  Josuc 
17.  2.  1.  Par.  7.  18.  De  qui  vient  la  famille 
des  Abiezcrites,  d'où  était  sorti  Gédéon  et  son 
père.  Judic.  6,  3i.  c.  8.  2   Voy.  Ezri. 

ABIGABAON,  1.  pater  Gabaon,  prince  et 
fondateur  des  Gabaonites,  descendant  de  Ben- 
jamin. Son  nom  propre  n'est  pas  Abigabaon, 
mais  Jehiel.  1.  Par.  8.  29.  c.  9.  35.  Voy.  Je- 

HIEL. 

ABIGAIL,  Heh. patris  exsuftatioA"  Femm«3 
de  Nabal,  (jui  épousa  David  après  la  mort 
de  Nabal,  son  mari.  1.  Reg.  25.  v.  3.  42.  etc. 

2   Sœur  de  David  et  mère  d'Amasa.  1.  Par. 

2.  V.  10.  et  17.  2.  Reg.  17.  25.  Elle  est  aussi 
appelée  fille  de  Naas.  Voy.  Naas. 

ABiGERE  ,  x-xy-tj,  de  ab  et  d'agere,  chas- 
ser, repousser,  éloigner  de  soi,  soit  ce  qui  est 
incominode.  Exod.  8.9.  Deut.  28.  26.  Jerem, 
7.  33.  Ainsi  Dalila,  après  ayoirfail  raser  les 
cheveux  de  Samson,  commença  à  le  chasser 
et  à  le  repousser   d'auprès   d'elle.  Judic.  16. 

19.  Cœpit  abiqere  eum.  Soit  des  ennemis  qui 
attaquent.  Num.  22. 11.  Maledic  ei  si quomodo 
possimpugnans  abiqere  eum  :  Venez  maudire 
ce  peuple,  afin  que  je  trouve  quelque  moyen 
de  le  combattre  et  de  le  chasser,  dit  Balac  à 
Balaam. 

ABIHAIEL,  Heb.  pnter  fortiludinis ,  père 
de  Suricl,  chef  des  deux  familles  issues  do 
Merari,  savoir  les  Mohuliles  et  les  Musites. 
Num.  3.  35.  N'oy.  Slriel. 

ABIHAIL,  Heb.  pater  luminis.  1"  Fils  de 
Huri,  L't  père  de  plusieurs  fils  considérables. 
1.  Par.  5.  14. 

2^  Le  père  d'Eslher,  et  frère  de  Mardochée. 
Esth.  2.  15.  c.  9.  29.  Filia  Abihail. 

3'  La  femme  d'Abisur.  1.  Par.  2.  29.  Voy. 
A  BIS  un. 

4°  Fille  d'Eliab,  et  nièce  de  David,  laquelle 
épousa  Roboam.  2.  Par.  il.   18. 

ABJICERE,  i-oTt6iv5(t,  de  (//j  et  dejacere,  1° 
quitter,  jeler,  se  défaire  d'une  efiose  dont  on 
ne  veut  plus  se  servir,  y  lenoncer  entière- 
ment («l'onv,  lollcre..  Gen.  35.  2.  Abjicite  deos 
aliénas  de  média  vestri  :  ^doz  loin  de  vous 
les  dieux  étr.ingers  (jue  voiis  adorez.  Eccles. 

3.  6.  Isa.  31.  7.  Ez  ch.  20.  7.  De  là  viennent 
ces  fiçons  de  parler  métaphoriques  :  Abjicere 
opéra  tenebrarum  :  Quitl<r  les  œuvres  de  té- 
nèbres. Rom.  13.  12.  Abjicere  omnem  immun- 
diliam  :  Kejeter  de  soi  toutes  Içs  productions 
impures  du  péché.  Jac.  1.  21. 

2  Laisser  une  ch  )se  ,  la  quitter  pour  un 
temps  {Tz-pixipiî-j,  an  ferre).  Jouas.  3.  6.  Abje- 
cit  vcslimentum  suuin  a  se  et  indtitus  est  sacco  : 
Le  roi  de  Ninive  (luilta  son  vêtement  royal, 
et  se  couvrit   d'un  sac.  Gen.  21.   15.  Ezech. 

20.  10. 

3  Rejelcr,  réprouver   quelqu'un,  no  voU' 


25 


ABI 


ABI 


26 


loir  point  se  servir  de  lui,  ni  avoir  commerce 
avec  lui  (tçoy^svoOv,  nihiti  facere).  1.  Rcg.  15. 
i>3.  Abjecit  te  Dominus  ne  sis  rex  :  Le  Sei- 
gneur vous  a  rejeté,  et  il  ne  veut  plus  que 
TOUS  «oyez  roi.  (ExÇiÂXïtv,  ejicere)  2.  Pijr.  11. 
14.  Eo  quod  abjecisset  eos  Jéroboam  ne  Sa- 
cerdotio  Dumini  fangerentar  :  Jéroboam  les 
rejeta,  afin  qu'ils  ne  fissent  aucune  fonction 
«lu  sacerdoce  du  Seigneur.  ('Ayearàvat)  Eecli. 
27.  25.  Netno  eum  nbjicieC  :  Personne  ne 
pourra  s'en  défaire.  (ai<rîtv,  odisse)  Isa.  5i. 
6.  Vocavit  te  Dominus  uxorem  ab  adolescentia 
abjectam  :  Le  Seigneur  vous  a  appelé  à  lui, 
comme  une  femme  qui  a  été  répudiée  dès  sa 
jeunesse.  1.  Reg.  8.  7.  c.  16.  7.  Job.  30.  5. 
Isa.  41.  9.  c.  66.  5.  Jerem.  22.  28.  c.  33.  24. 
Tliren.  3.  v.  32.  33.  Ose.  9.  17.  v.  n.  5. 

4°  Delà  sser,  ;ibandonner  quelqu'un,  ne  lui 
pas  donner  le  secours  qui  lui  serait  néces- 
s'iire  (è;o/).v£tv,  perdere).  Prov.  11.  17.  Qui 
criidelis  est  etiam  propinqnos  abjicil  :  Celui 
qui  est  cruel,  rejoiio  ses  proches  mêmes,  i.  e. 
refuse  de  les  assister  dans  leur  besoin,  Isa.  27. 
8.  Jn  mensura  contra  men^uram,  cum  objecta 
fueril ,  judicabis  eam  :  Lors  mêcne  qu'Israël 
sera  rejeté,  Dieu  le  jugera  avec  modération 
et  avec  mesure.  Le  Prophète  en  cet  endroit 
compare  le  peuple  d'Israël  à  une  vigne  lais- 
sée en  friche  et  abandonnée.  Levii.  26.  v.  11. 
44.  2.  Reg.  14.  14.  Jerem.  31.  37.  Ezech.  32. 
4.  2.  Mac.  5.  10. 

5'  Rejeter,  mépriser,  négliger  (è^ovôcvoûv,  ni- 
hili facere] .  1.  Reg.  15.  23.  Pro  co  quod  abjrcisti 
sermonein  Domini  :  Puis(jiie  vous  avez  rejeté 
la  parole  du  Seigneur,  Sap.  3.  11.  Sapientiam 
et  disciplinam  qui  abjicit,  infelix  est  :  Celui 
qui  rejette  (Gr.  qui  méprise)  la  sagesse  et  lin- 
struciion,  esl  malheureux.  {iio-jOi-j-J-j,  àOz^sa, 
irritiim  facere  !  Gai.  2.  21.  Noîi  abjicio  gratiam 
Dei  :  Je  ne  suis  pas  si  injjrat  que  de  mépri- 
ser la  grâce  de  Dieu  et  l<i  rendre  inutile.  Le- 
\it.  26.  43.  4.  Reg.  17.  15.  Prov.  3.  11.  c.  8. 
33.  c.  15.  32.  Eccli.  44.  c.  6.  24.  Isa.  5.  24.  c. 
8.  6.  Atnos  2.  4.  V.  n.  3. 

6'  Traiter  avec  mépris  ou  dune  manière 
\ifu Ci)\\\ Qnn\)\Q ['fry.^AiCji-j , vilipender e) .  Judith. 
1.  11.  Ucmiserunl  eos  (nunlius)  vacuos  et  sine 
lionure  abjecerani  :  Nabuchodonosor  envoya 
des  ambassadeurs  à  tous  ces  peuples,  qui  les 
renvoyèrent  sans  leur  rien  accorder,  et  les 
tr,i lièrent  avec  mépris.  {îtzlQ.:-;^,  inspicere. 
Heb.  bagliat,  calcilrare)  1.  Reg.  2.  29.  Quure 
calce  abjecistis  victimam  meam?  Pourquoi 
avcz-vous  foulé  aux  pieds  mes  victimes?  i.  e. 
Pourquoi  ies  avez-vous  traitées  comme  une 
chose  profane,  en  prenant  le  meilleur  pour 
vous,  et  ne  me  laissant  que  votre  reste? 
■ncpctpôiTrzsi'j)  2.  Reg.  1.21.  Ps.  83.  11.  Elegi  ab- 
jeclus  esse  (Heb.  linim  lenere)  in  domo  Dei 
met,  magis  qunm  habilare  in  tabernaculis  pcc- 
caturum  :  J'ai  mitux  aimé  èire  le  dernier 
dans  la  maison  de  Dieu,  que  d'habiter  dans 
les  lentes  des  pécheurs. 

7  Chasser, éloigner,  séparer  (ot«TT£'/).£tv,  di- 
vtdere).  1  Esdr.  10.  8.  El  ipse  abjicielur  de 
cœtu  iransmigrationis  :  On  fit  publier  dans 
Jérusalem  que  quicontjue  de  ceux  qui  étaient 
revenus  de  captivité  ne  se  trouverait  pas 
dans  trois  Jours  à  Jérusalem,  serait  chassé 


de  l'assemblée  de  ceux  qui  étaient  revenus 
dans  leur  pays.(£/.'5iwzav,  expeUere)  Dan.  4.30. 
Ex  hominibus  objectas  est  :  Nabuchodonosor 
fut  chassé  de  la  compagnie  des  hommes.  Jon. 
2.5. 

8'  Abattre,  faire  tomber (Tr^avâuGat,  errare). 
Ezech.  34.  4.  Quod  abjectam  erat  (Heb.  dcjec- 
tum)  non  reduxislis  :  Vous  n'avez  point  re- 
levé les  brebis  de  mon  troupeau,  qui  étaient 
tombées,  v.  16.  Quod  abjectam  erot  reducam  : 
Je  relèverai  celles  qui  étaient  tombées. 

9'  Baisser,  tenir  bas  (-/aTâyetv,  deprimerr). 
Thren.  2. 10.  Abjecerunl  interram  capila  sua  : 
Les  filles  de  Jérusalem  tiennent  leurs  télés 
baissées  vers  la  terre. 

ABJECTIO,  Nis.Èçou^svrî  txK,  lâcheté,  bassesse. 
1°  R .but,  chose  rejelée  et  rebulée.  Ps.  21.  7. 
Ego  aulem  suni  ver  mis  et  non  homo,  oppro- 
brium  hominum  et  abjeclio  plebis  :  Mais  pour 
moi,  je  suis  un  ver  de  terre  et  non  un  homme; 
je  suis  l'opprobre  des  hommes  et  le  r<'but  du 
peuple.  (à77W70ïjvKi,  ad  ahjiciendum)  Thren.  3. 
45.  Eradicaiionem  et  abjectiunein  posuisli  me 
in  medio  populorum  :  V^ous  m'avez  mis  au 
milieu  des  peuples  comme  une  plante  que 
vous  ayez  arrachée  et  rejetée. 

2*^  Abandon,  mépris  d'une  chose  {^-/.oliôrnç, 
praiilas).  Ezech.  16.  5.  Projecla  es  super  fa- 
ciem  terrœ  in  abjectionem  animœ  tuœ  :  Vous 
avez  été  jetée  sur  la  terre  comme  une  chose 
abandonnée  et  destinée  à  perdre  la  vie. 
Anima  est  mis  pour  vila.  Ou  bien,  vous  avez 
été  jetée  sur  la  terre  comme  une  personne 
pour  qui  l'on  n'avait  que  du  mépris. 

ABILINA,  M,  Hi'b.  (ugcns.  Abilène,  ville 
capitale  d'unelélrarchiede  mèioe  nom, qui  est 
au  mont  Liban,  dont  Lysanias  était  le  tétrar- 
que.  Luc.  3.  1.  Voy.  Lysanias. 

ABLM  AEL,  Heb.  paicr  a  Dec,  fils  de  Jectan. 
r,en.  10.  28.  1.  Par.  1.22.  On  croit  qu'il  a 
habité  celle  partie  de  l'Arabie  Heureuse  qui 
est  fertile  en  myrrhe,  dans  le  pays  des  Mi- 
niens. 

ABIMELECH,  Heb.  pater  rex,  i  Un  roi  de 
Gérare,  dans  le  pays  des  Philistins,  tjui  , 
ayant  enlevé  Sara,  femme  d'Abraham,  la  lui 
rendit  [>ar  l'ordi-e  de  Dieu  sans  l'avoir  tou- 
chée, et  (jui  fil  alliance  avec  Abrah.nn.  Gcn. 
20.  V.  23.  4.  14.  c.  21.  v.  22.  23.  et  suiv.  Abi- 
melech  était  un  nom  commun  aux  rois  de  la 
Palestine,  comme  le  nom  de  Cœsar  aux  em- 
pereurs Romains,  et  celui  de  Pharaon  aux 
rois  d'Egyple 

2^  Un  autre  roi  do  (jéraro,  qui  régnait  en- 
viron cent  ans  après  celui  dont  nous  venons 
de  parler,  et  (jui  fil  alliance  avec  Isaac  (|ui 
s'était  réfugié  dans  son  pays  dans  un  temps 
de  famine.  Gen,  26.  v.  1.  8.  26. 

3°  Un  autre  roi  du  même  pays, que  la  ^  ul- 
gale  de  la  coi  rec  lion  de  Sixle  V  nomme  Achi» 
melech, quoiqu'il  soil  nommé .Mùnielech  dans 
le  Grec,  l'Hébreu,  cl  dans  plusieurs  autres 
exemplaires  de  «loire  Vulgale  même.  Ps.  33. 
1.  Pualmus  David,  cum  iinmutavil  vultum 
suum  coram  Abimrlecli  :  ce  Psaume  33,  dont 
ces  paroles  sont  le  litre,  a  élé  composé  par 
David,  non  pas  quand  il  eul  élé  trouver  lo 
grand  piètre  Achimelech  pour  lui  demander 
des  i)ains  et  des  armes;  mais  après  qu'il  cuî 


27  DICTIONNAÏKE  DK 

ContrefaiU'insensé devant  Achis.roideGcih, 
surnommé  Abimelech.  du  nom  commun  aux 
rois  des  Pliilislins.  v-  1.  Keg.  2L  i*. 
'  k'  Un  fils  naturel  de  Gédéon,  qui,  ayant 
tué  Ions  ses  frères  qui  étaient  au  nombre  de 
soixante  et  dix,  lui  succéda  dans  la  judica- 
lure  d'Israël,  et  qui,  l'ayant  exercée  pendant 
troicans,  fut  (ué  au  siège  de  Thèbes  par  un 
éclat  d'une  meule  de  moulin  qu'une  lemme 
lui  jeta  sur  la  tête  du  haut  d'une  tour.  Judic. 
9.  V.  1.  et  suiv. 

ABINADAB,  Heb.  pater  magnificus.  P  Ce- 
lui dans  la  maison  de  qui  reposa  l'Arche.  1. 
Reg.  7.  1.  2.  Reg.  6.  v.  3.  4.  1.  Par.  13.  9.  II 
était  de  Cariaihiarim ,  du  nombre  des  Lévi- 
tes en  grande  réputation  de  vertu.  Voyez  v.6. 

2"  Le  second  fils  d'Isaï,  frère  de  David.  1. 
Reg.  16.8.  c   17.  13.  1.  Par.  2.  13. 

3°  Un  fils  deSiul.  1.  Reg.  31.  2.  1.  Par.  8. 
33.  c.  9.  39.  c.  10.  2.  où  il  est  nommé  Ami- 
nadab. 

A BINOE.NL  Heb.  pafer  pulchritudinis,  père 
de  Barac  de  la  tribu  de  Nephthali,qui  etaitde 
Cédés.  Judic.  4.  v.  6.  12.  c.  5.  v.  1.  12.  V. 

BlRiC. 

ABlRAiM,  Heb.  pater  celsihKÎinis,  fils  aîné 
d'Hicl,  qui  fit  rebâtir  Jéricho  contre  la  dé- 
fense de  Josué.  3.  Reg.  16.  34.  V.  Hiel. 

ABIRE.  xTiépyj'jBcf.i,  TTo/jeÛEc-Sat.  Ce  verbe  a 
des  significations  différentes;  les  unes  par 
rapport  au  terme  d'où  l'on  part;  les  autres 
par  rapport  à  celui  où  l'on  tend. 

1"  Se  retirer,  s'en  aller  {ù'^i7z«aQc/.i.).  Jcr. 
49.  30.  Fuyite  ,  abile  De/(emen<er  ;  Retirez- 
vous,  habitants  d'Asor,  le  plus  loin  que  vous 
pourrez.  Thren.  4.  15.  Mallh.  II.  7.  c.  13. 
25.  c.  16.  4.  c.  19.  22.  etc.  Ainsi  Jer.  37.  8. 
£untes  abibunt,  i.  omnino  abibunl  :  Les  Ghal- 
déens  se  retireront  et  ne  reviendront  plus  ; 
c'est  de  quoi  les  Juifs  se  fiattaietit. 
Phrase  tirée  de  celle  siguiGcaiioii. 

Inultum  abire  :  Demeurer  impuni.  Job.  24. 
12.  Deus  inullum  abire  non,  palitur  :  Dieu  ne 
laisse  point  impunis  les  désordres  des  usur- 
pateurs du  bien  d'autrui  et  des  injustes. 

2°  Se  retirer  du  parti  ou  de  l'obéissance  de 
quelqu'un,  quitter,  abandonner  (ÛTrâyetv). 
Joan.  6.  68.  Nitmquid  et  vos  vullis  abire:  Ne 
vt»ulez-vous  point  aussi  me  quitter?  Jerem. 
5.23. 

Phrases  de  même  sigiiificalioo. 

Abire  rétro,  relrorsum,  on  a  facie.  —  Avec 
rctrorsum.  Isa.  50.  5.  Jerem.  15.  6.  Avec  re- 
ira,  Joan.  18.  6.  («noi/jadat).  Ainsi  Osée.  11. 
2.  Vocaverunl  eos,sic  abierunt  a  facie  corum: 
Plus  mes  prophètes  ont  fait  d'efforts  pour  les 
détourner  de  l'idolâtrie  et  les  rappeler  à  moi, 
plus  ils  s'en  sont  éloignés.  V.  Rëtro  et  Re- 

TRORSUM. 

3°  Se  retirer,  passer,  disparaître.  Cant.  2. 
II.  Imber  abiil  et  rccessit  :  L'hiver  est  passé. 
Apoc.  21.  4.  Quia  prima  abierunt:  Parce  que 
le  premier  temps,  qui  est  celui  des  persécu- 
tions.  sera  passé.  Isa.  26.  3.  Eccl.  3.  14. 
Apoc.  9.  12.  c.  11.  14. 

l"  Abire  ,  mourir.  Ps.  38.  17.  Réfrigérer 
nriusquain  abeum:  donnez-moi  quelque  re- 
lâche avant  que  je  ujcurc,  dit  David. 


PHILOLOGIE  S.^CHhE.  28 

2"  Se  retirer  du  monde.  Joan.  14.  3.  Et  si 
aôiero:  Lorsque  je  me  serai  retiré  du  monde, 
je  reviendrai  vous  trouver,  c.  16.  7. 

4°  Aller  ,  partir  ,  marcher  ,  ce  qui  répond 
au  verbe  hébreu,  halak  ou  jalnk,  ambnlare; 
soit  sans  rapport  au  terme  où  l'on  va,Matlh. 
12. 1.  Abiit  Jésus  per  sala  sabbalo  .-Jésus  pas- 
sait le  long  des  blés  un  jour  de  sabbat.  Jerem. 
52.  7.  ;  soit  par  rapport  au  terme  où  l'on  va, 
Luc.  1.  39.  Abiil  in  montana  :  Marie  s'en  alla 
au  pays  des  montagnes,  c.  4.38.  c.  5.25.  etc. 

De  cette  signification  viennent  ces  façons 
de  parler  :  Abire  ad  aliquem :  i"Di'iu;tnder  se- 
cours à  quelqu'un.  Ose.  5.  13.  c.  7.  11.  AU 
Assîjrios  abierunt  :  Ih  ont  eu  recours  aux  As- 
syriens. 1.  Mach.  1.  14.  c.  6.  22.  etc.  2°  Mar- 
cher contre  quelqu'un.  Judic.  1.11.  Abiit  ad 
hahilatores  Dabir:  Juda  marcha  contre  les 
h^.bitants  de  Dabir.  3°  Se  réfugier  vers  quel- 
qu'un. 2.  Reg.  13.  37.  Absalom  abiit  ad  Tho- 
lomai  :  Absalom  se  retira  chez  Tholoma'i,  roi 
de  Gessur.  Jerem.  41.  v.  14.  15.  Abire  relror- 
^j<m;Tomber  en  arrière, êlre  renversé.  Joan. 
18.  6.  Abire  post  :  Aller  près  ,  suivre.  Cant. 
1.  8.  4.  Reg.  7.  15.  Joan.  12.  19.  1.  Mach.  2. 
31.  V.  PusT.  Abire  in  confusionem  :  Tomber 
dans  l'opprobre  et  la  confusion.  Isa.  45.  16. 

5°  Se  conduire  ,  vivre;  ce  qui  répond  à  la 
signification  métaphorique  du  verbe  ambu- 
lare,  d'où  viennent  ces  expressions  figurées. 

Abire  cum  a/jçuo;  Converser  avec  quel- 
qu'un. Eccli.  22.  14.  Cum  insensalo  ne  abie- 
ris. 

Abire  in  aligna  re  et  in  aliquid  :  Se  laisser 
aller  à  quelque  chose  ,  la  suivre  avec  atta- 
chement. Isa.  57.  17.  Abiil  vngus  in  via  cor- 
dis  sui  :  Mon  peuple  s'en  est  allé  comme  un 
vagabond  en  suivant  les  égarements  de  son 
cœur.  Baruch.  1.  22.  Jude.  v.  11.  Ps.  1.  1. 
Beutus  vir  qui  non  abiit  in  consilio  impiorum: 
Heureux  l'homme  qui  ne  s'est  point  laissé 
aller  à  suivre  le  conseil  des  impies. 

Abire  post  aliquid:  Pour  signifier  la  même 
chose.  Ose.  5.  il.  Cœpit  abire  post  sordes: 
Ephraim  s'est  abandonné  à  l'idolâirio.  V. 
SoRDEs.  Eccli.  31.  8.  Jerem.  9.  14.  c.  11.  10. 
c.  13.  10.  ,  etc. 

Abire  sibimei  :  S'abandonner  à  soi-même  , 
à  son  propre  mouvement.  Jerem.  3.  6.  Abiit 
sibimet,  Heb.  abiit  ipsa  :  La  fille  d'Israël  s'en 
est  allée 

6"  Commencer  ,  se  préparer  à  quelque 
chose.  Matth.  13.  46.  Deut.31.  1.  Abiit  Moy- 
ses  {avvzrélztrs,  C07isiim7navil),  et  locutus  est: 
Mo'ise  commença  donc  à  parler.  Gen.  35.  22. 
Judic.  9.  6.  3.*  Reg.  15.31.  Luc.  15.  15.  et 
ailleurs.  Car  les  Hébreux  se  servent  des  ver- 
bes a6/re,  egredi,  surgere,  et  autres  sembla- 
bles ,  comme  d'ornement  pour  accompagner 
les  verbes  qui  signifient  faire,  ou  entrepren- 
dre quelque  chose.  Ce  qui  est  ordinaire  en 
français  :  Je  m'en  vais  lire,  je  viens  d'écrire. 

7''*Se  répandre.  Matth.  4.  24.  Et  abiit  opi- 
nio  ejus  :  La  réputation  de  Jésus-Christ  so 
répandit  par  toute  la  Syrie. 

8'  Couler,  s'écouler.  Ps.  104.  41.  Abierunt 
in  sicco  flumina  :  Des  fleuves  se  répandirent 
dans  un  lieu  sec  et  aride  ,  lorsque  Mot'so 
frappa  le  rocher  de  sa  verge. 


i9  ADL 

ABIRON  ,  Heb.  pater  cehiiudinis,  fils  d'E- 
liab  ,  de  la  tribu  de  Uuben  ,  qui  se  joignit  à 
Coré  cl  à  Dalhan.dans  la  sédition  qu'ils  ex- 
citèrent contre  Moïse  et  Âaroii,  pour  la  sou- 
veraine sacrificature  ,  et  fut  englouti  dans 
les  entrailles  de  la  terre.  Deut.  11.  6.  Num. 
16.  25.  Ps.  103.  17.  Ecdi.  45.  22. 

ABISAG  ,  Heb.  patris  ignoratio ,  une  fille 
de  la  ville  de  Sunam  ,  en  la  tribu  d'issachar. 
On  la  donna  pour  épouse  à  David  ,  lorsqu'il 
ciail  âgé  de  70  ans,  et  tout  cassé  de  fatigues; 
mais  il  ne  la  connut  pas.  3.  Reg.  1.  v.  2.  3. 
V.  Adomas. 

ABISAI.Heb.  Patris  munus,  fils  de  Sarvia, 
et  frère  de  Joab,  un  des  grands  capitaines  de 
l'armée  de  David  ,  qui  tua  de  sa  main  trois 
cents  Phi'ivlins  dans  un  combat.  1.  Reg.  2G. 
6.  2.  Reg.  2.  18.  c.  3.  v.  10.  30.  etc. 

ABISUE  ,  Heb.  palef  salatis.  1"  Dixième  fils 
de  Phinées  ,  qui  succéda  à  son  père  dans  la 
charge  de  souverain  sacrificateur.  1.  Par.  6. 
v.i.  5.  50.  Voyez  v.  3.  1.  Esd.  7.  5. 

2°  Fils  de  Balé  ,  petit-fils  de  Benjamin.  1. 
Par.  8.  4. 

ABISUR  ,  Heb.  pater  viuri,  fils  de  Séméi  et 
marid'Abihail.    1.  Par.  2.  v.  28.29.  V.  Se- 

MEI. 

ABITAL,  Heb.  paCer  roris,  une  des  fem- 
mes de  David  ,  de  (jui  elle  eut  Saphalias  à 
Hebron.  2.  Reg.  3.  k.  1.  Par.  3.  3. 

ABITOB  ,  Heb,  pater  bonitatis,  le  fils  de 
Mehusim.  1.  Par.  8.  11.  V.  ^Iehusim. 

ABIU  ,  Heb.  pater  ipse,  fils  d'Aaron  ,  qui 
fut  consumé  du  feu  du  ciel  ,  avec  son  frère 
Nadab  ,  pour  avoir  voulu  offrir  à  Dieu  un 
feu  étranger.  Levil.  10.  1.  Num.  3.  v.  2.  4.  c. 
28.  V.  60.  61.  etc.  Voy.  Ignis. 

ABIUD,  Heb.  pater  laudis.  1°  Fils  de  Balé, 
et  petit-fils  do  Benjamin.  1.  Par.  8.  3. 

2"  FilsdeZorobabel.  Mallh.  1.  13.  Zoroba- 
bel  genuit  Abiud.  v.  1.  Par,  3.  19.  Voy.  Zoro- 

BABEL. 

ABLACTARE,  àrroyK/a/.Tiïïiv.  Ce  mol  se  fait 
de  ab  et  de  lac,  l.iil,  et  signifie,  1"  sevrer.  Ps. 
130.  2.  Sicul  ablactatus  est  super  maire  sua  , 
ita  retributio  in  anima  mea  (suppie.  sit ,  Gr.  in 
animam  meam  :  Q{\L' ie  sois  réduit  au  même 
état  que  l'est  un  enfant  que  la  mère  sèvre  de 
son  lait  avant  le  temps.  Gen.  21.  8.  1.  Reg. 
1.  22.  Isa.  11.8.  In  caverna  reguli  gui  ablac- 
tatus fuerit  manumsuam  millet:  L'enfant  (jui 
aura  été  sevré  portera  sa  main  dans  la  ca- 
verne du  basilic  (vri-to,-,  infans).  Le  pro- 
phète marque  qu'au  temps  du  Messie  ,  le 
moindre  de  ses  disciples  r.e  craindra  point  de 
converser  avec  ceux  dont  les  cœurs  étaient 
le  plus  envenimés  avant  leur  conversion. 

2"  Détacher,  faire  relirer.  Isa.  28.9.  Qaem 
docebit  scientiam?  Ablactalos  a  lacté  :  D'wxx 
n'enseigne  que  ceux  qui  se  reliienl  de  leurs 
délices  et  de  leurs  imperfections.  Voy.  Lac. 

ABLACTATlOjOMs,  nom  verbal  d'ablactn- 
re,  qui  signifie  l'action  de  sevrer.  Gen.  21.8. 
Fecilgue  Abraham  grande  contivium  in  die 
abluclulionis  ejiis :  Abruhiiin  Va  un  grand  fi  s- 
tiii  au  jour  (lu'Isaac  fut  sevré. 

ABLUERK  ,  Gr.  «-o?:/ Jvitv,  1°  laver,  net- 
toyer. Heb.  10.  22.  Abliiti  corpus  aqua  mun- 
da:  Notre  coij)s  a  été  n€l!oyé  par  l'eau  pure 


ABN 


ûd 


et  sacrée  du  baptême,  qui  a  bien  une  autre 
force  que  l'oau  des  purifications  légales; 
puisqu'il  purifie  l'âme  des  souillures  du  pé- 
ché. A  quoi  se  rapporte  la  signification  sui- 
vante. 

2°  Laver,  purifier  l'âme  du  péché.  1  Cor. 
6.  11.  abluli  estis  :  Vous  avez  été  nettoyés  au 
baptême.  Isa.  4.  4. 

3"  Effacer ,  abolir  en  nettoyant  (i7ro).oû-tv). 
Act.22.16.  Ablue  peccata  fua;Oblenez  la  ré- 
missionde  vos  péchés  parle  baptême, dit  Ana- 
lîie  à  Saii!.  L'ancienne  édition  latine  avait 
abluere^  passif,  comme  baplizare  :  ce  qui  con- 
vient au  Grec,  en  souseniendant  zKrà. 

4'  Se  justifier  de  quelque  crime.  Act.  25. 
16.  Ad  abluenda  crimina.  Gr.  Super  crimina- 
ifone  ;  L'accusé  doit  avoir  la  liberté  de  se 
justifier  du  crime  dont  on  l'accuse. 

ABLUTIO.  oMs,  {  fx-j-LTuiç).  Nom  ver- 
bal qui  signifie  l'action  de  purifier,  de  net- 
toyer. Zach.  13.  1.  In  die  illa  erit  fous  païens 
domui  David  et  hubilantibus  Jérusalem  in 
ablutiunem  peccatoris  :  En  ce  jour-là  il  y 
aura  une  fontaine  ouverte  à  la  maison  de 
David  et  aux  habitants  de  Jérusalem,  pour 
y  laver  les  souillures  ilu  pécheur.  Cette  fon- 
taine marque,  dans  l'Eglise,  le  baptême  et  la 
pénitence,  qui  sont  établis  pour  purifier  l'âme 
de  ses  péchés. 

ABNEGARE,  ÙTzao-Jîï^^xi,  à^sv^Tcreaf.  1"  NiCF  , 

dénier,  soutenir  qu'une  chose  n'est  pas.  Luc. 
22.  34.  Non  cantabit  hodie  gallus,  donec  1er 
abneges  nosse  me  :  D'aujourd'hui  le  co(j  ne 
chantera  que  vous  n'ayez  nié  par  trois  lois 
que  vous  me  connaissiez. 

2  Renoncer  à  quelque  chose,  n'y  avoir 
plus  aucune  attache.  Matlh.  16.  24.  Si  quis 
vult  posl  me  venirc,  abneget  semetipsum  :  Si 
(juehiu'un  veut  venir  après  moi,  qu'il  re- 
nonce à  soi-même,  i.  e.  sa  propre  volonté  ; 
en  sorte  qu'il  n'ait  nul  égard  à  quoi  que  ce 
soit  qui  le  regarde,  qui  puisse  le  détourner 
de  ce  qu'il  doit  à  Dieu.  Luc.  9.  23.  Tit.  2. 
12.  Abneganles  impielalenx  et  sœcularia  desi- 
deria  :  Renonçant  à  l'impiété  et  aux  pas- 
sions mondaines.  Le  verbe  ahnegare,  en  ce 
sens,  répond  au  mol  latin  abdicare,  et  à  ce 
qui  est  dit  Rom.  13.  12.  Abjiciamus  opéra  te- 
nebrarum  ;  et  Jac.  1.  21.  Abjicientes  umnem 
immunditiam,  etc. 

3°  Démentir,  réfuter.  2.  Tim.  3.  5.  Hahen- 
tes  quidem  speciem  pietatis,  virtutem  autem 
ejus  abneganles  :  Qui  auroni  une  apparence 
de  piété;  mais  qui  en  démentiront  la  vérité, 
et  qui  en  ruineront  l'esprit  par  leurs  ac- 
tions. 

ABNER,  Heb.  patris  lucerna,  fils  de  Ner, 
général  des  armées  de  §aiil,  et  son  cousin 
germain.  Il  fil  couronner  Isboselh  après  la 
mort  de  Saùl  son  père,  et  lui  conserva  la 
couronne  durant  sejit  ans.  Il  prit  ensuite  le 
parti  de  David,  et  Joab  le  tua  par  trahison. 
1.  Reg.  14.  50.  c.  17.  55.  etc. 

ABNUERE,  de  ab,  et  du  vieux  mot  nuere , 
faire  signe  de  la  tèie.  .\insi  abnuere  signifie 
hocher  la  tête,  en  marquant  (ju'on  refuse  ou 
qu'on  n'agrée  pasquelquechose  :dans  l'Ecri- 
ture. 

r  Refuser  quehiuc  chose  (à-ox^Avn»).  3 


He^  -'0.  7.  Aon  ubnui  :  Ailiab  no  refusa  rien 
dcloules  les  choses  que  Bonadad  lui  voulut 

2=  Disconvenir,  ne  pas  tomber  d  accord. 
Ru*îh.  3.  12.  Nec  abnuo  me  propinquum  :  Je 
ne  désavoue  pas  que  je  sois  votre  parent,  dit 
Bjoz  à  Rulh. 

AROBI.  Heb.  pater  incantalionis,  le  père 
du  irailre  Plolumée,  qui  fit  égorger  son  beau- 
père  Simon  Maehabée,  avec  ses  deux  Gis, 
Mjlaihias  et  Judas.  1.  Mach.  16.  11. 

ABOLERE,  de  ab  et  à'olere,  inusité,  qui 
lient  du  grec  ôUï-j,  et  signifie  . 

1°  Abolir,  anéantir  ,  effacer  (àsavîrnv,  de- 
1ère).  Eccli.  45.  31.  Ne  abolerentur  bona  ipso- 
rum  :  Dieu  ne  voulait  pas  que  ni  la  dignité 
royale  pronii«e  à  David  ,  ni  le  sacerdoce 
donné  à  Aaron  et  à  ses  descendants,  fussent 
abolis  ;  mais  cela  n'a  eu  son  effet  qu'en  Jé- 
su-^ -Christ. 

2°  Rompre,  enfreindre,  violer  {y.y-xVjsiy, 
(lissolvere  .  2  .Mich.  2.  23.  il  leges,  qiue  abo- 
lendœ  eranl,  re.slilaerpnlur  :  Pour  rétablir 
les  lois  qui  allaient  être  loul  à  fait  abolies 
par  l'infraction  qu'on  en  faisait  impuné- 
jnent. 

3*  Rendre  inu'.ile  et  sans  effet  (  v.y.rxpyzb, 
inilximreddere).  Rum.  4.  li.  5/  enim  qui  ex 
lege,  hœredes  suint,  abulita  est  proinissio  ;  Si 
ceux  qui  appartiennent  à  la  loi  étaient  les 
liéiiiiers,  la  pronaesse  de  Dieu  serait  vaine 
cl  sans  effet. 

ABO.MINABILIS,  e.  1°  Exécrable  à  cause 
de  (luelque  grande  inéchancelé  [^or/Js-c-is-^Kt, 
aboviiitatiani  esse  ).  Ps.  13.  7  et  Ps.  52.  2. 
Abominabiles  fucti  siint  in  studiis  suis  :  Ils 
sont  devenus  ahominablos  dans  leurs  incli- 
nalons   Job.  15.  16. 

2°  Abominable,  à  cause  de  quelque  impu- 
reté lég.ile  (  ^oi'r-jyuu].  Levil.  11.  v.  41.  42. 
Omne  quod  replat  super  terrain,  abominabile 
erit  :  Tout  ce  qui  rampe  sur  la  terre  sera 
abominable,  v.  10.  20. 

3°  Détestable,  haï,  digne  déire  haï  (Soi- 
'j.-jyuu).  Deul.  24.  4.  Abominabilis  facta  est  : 
Une  tell"  femine  est  devenue  abominable 
devant  Dieu.  Heb  Abominatio  est  :  C'est  une 
<hose  odieuse,  c.  22.  5.  Job.  33.  20.  et  par- 
tout où  ce  mol  se  Iroiive  dans  les  Proverbes, 
comme  0.  lo.  8.  Victimœ  impiorum  abomina- 
biles :  Les  victimes  des  imj)ies  sont  abomi- 
nables. 

4°  Abominable,  à  cause  de  son  idolâtrie 
{ihï-Jrr^-yjv.i).  Ose.  9.  10.  Facti  sunt  abomina- 
biles,  sicnt  ea,  quœ  dilexerunl  :  Les  enfants 
ues  Israélites  et  leurs  pères  sont  devenus 
abominables,  roii>mc  les  choses  qu'ils  ont 
uimccs.  3.  Rcg.  21.  20.  Ezech.  16.  2o. 

ABO.MLNARI,p5fA:75£70s<t.  Ce  verbe  vient 
•1  id)  el  fïominari,  qui  signifie  tirer  quelque 
aiiguic  ou  présage  de  quelque  chose  ;  ainsi, 
oboininari  t'i[  la  même  chose  que  maie  omi- 
nan  ;  rejeter  avec  aversion  ce  qui  est 
Comme  une  chose  de  mauvais  augure,  ou 
qui  porte  malheur.  Dans  TEcrilure,  ce  mol 
sigiiitie  : 

Avoir  en  horreur,  en  abominalion,  déles- 


DlCTIONNAIRt:  DE  PHILOLOGIE  S.\CIiEE.  3â 

Abominantur  justi  virum  impium,  cl  ubomi- 
nantur  impii  eos  qui  in  recta  sunt  via  :  Les 
justes  ont  en  abominalion  les  méchants,  cl 
les  méchants  ont  en  abomination  ceux  qui 
marchent  par  la  droite  voie.  Ps.  5.7.  Virum 
sanguinum  et  dotosum  abominabilur  Donii^ 
nus  :  Le  Seigneur  aura  en  abomination 
l'homme  sanguinaire  et  trompeur.  Deul.  18. 
12.  Eslh.  14.  16.  Amos.  5.  10,  etc. 

Ce  mot  n'a  point  d'autres  explications. 

ABO.UINATIO  ,  OMS  ,  'poi\-jyiJiu.  Ce  nom 
verbal,  pi  u  usité  chez  les  Latins,  signifie, 
dans  l'Ecriture  : 

1"  Toul  péehé,  toute  action  criminelle  en 
général.  Apoc.  21.  27.  Non  intrabit  in  eam 
aliquod  coinquinalum  aul  abominationem  fa- 
ciens  :  Il  n'y  entrera  rien  de  souillé,  ni  au- 
cun de  ceux  qui  commeilent  l'abomination. 
Levil.  18.  V.  22.  28.  29.  Omnis  anima  quœ 
fecerit  de  abominalionibus  liis  quidpiam  : 
Toul  homme  qui  aura  commis  quelqu'une 
de  ces  abominations.  I^a.  41.  24.  Abominatio 
est,  qui  elegit  vos  .-C'est  l'abomination  même 
qui  VOUS  a  faits  dieux,  c.  06.  3.  Jerero.  6. 
15.  c.  7.  10.  Ezech.  5.  v.  9.  11.  et  en  beau- 
coup d'autres  endroits  de  ce  prophète.  Ma- 
lach.  2.  11.  l.Mach.  1.  51. 

2"  Le  péché  d'idolâtrie  en  particulier,  la 
prostitution  au  culte  des  Idoles,  et  les  céré- 
monies pralitiuées  par  rapport  à  ce  culte.  2. 
Par.  33.  2.  Fecit  maJum  coram  Domino  juxta 
aboutinationes  gentium  :  Manassé  fil  le  mal 
devant  le  Seigneur,  suivant  les  abomina- 
lions  des  peuples,  i.  e.  en  se  prosliluant, 
comme  eux,  au  culte  des  idoles.  Apoc.  17. 
v.  4.  5.  Babglon,  magnamater  fornicalionum 
et  iibuminalionum  terrœ  :  Lu  grande  Biby- 
lone,  mère  des  fornications  et  des  abomina- 
tions de  la  terre^  i.  e.  de  l'idolât:  io  et  dos 
infâmes  cérémonies  pratiquées  pour  hono- 
rer les  faux  dieux.  Dent.  12.  31,  Omnes  abo- 
minationes,  quas  aversatur  Dominns,  fecerunl 
diis  suis  :  Les  nations  ont  fait  pour  honorer 
leurs  dieux  toutes  les  abomiaalions  que  lo 
Seigneur  a  en  horreur. 

3'  Idole,  fausse  divinité  ,  ou  chose  servant 
à  son  culte.  1.  Mach.  6,  7.  Diruerunt  abomi- 
nationem quam  œdificaveral  super  allare  : 
Aiitiochus  reçut  la  nouvelle  que  les  Juils 
a\ aient  renversé  l'idole  abominable  qu'il 
avait  fait  élever  sur  l'autel  de  Jérusalem.  4. 
Reg.  23.  13.  Excelsa  quœ  œdificaterat  Salo- 
mon  Melcliom  abominatiuni  fdioruin  Amman: 
Les  hauts  lieux  (lue  Salomonavail  fait  l)àtir 
à  Melchom,  idole  des  enfants  o'Ammon.  Exod. 
8.  28.  Abominaiiones  jEgypliorum  immola- 
bimus  Domino  :  Nous  sacrifierons  au  S"i- 
gneur  ce  que  les  Egyptiens  prennent  pour 
Teuis  dieux.  E(cli.  49.  3.  Tulit  abominaiio- 
nes impielalis  :  Josias  a  exterminé  h  s  abomi- 
nations de  l'impiété  ,  i.  c.  les  idoles  cl  les 
hauts  lieux  où  on  leur  sacrifiait.  Z  ich.  9.  7. 
Aaferam  abominaiiones  ejus  de  média  den- 
lium  ejus  :  J'ôlerai  d'enlre  les  dénis  de  ce 
peuple  les  abominalions ,  i.  e.  la  chair  des 
viclimes  off-rtcs  aux  idoles.  Deul.  29.  17. 
Ezech.  7.  20.  c.  II.  v.  18.  21.  c.  20.  En  plu- 
sieurs   endroits    où   le   iirec  porte  ^oi'xvy^ua. 


«LT ,  rejclcr  uvec  aversion.    Prov.    29.  27.      abominatio ,  rin'.orprèlO  latin  l'a  rendu  pur 


53 


ARO 


AGR 


31 


deus  ou  dea,  iclolum.  v.  3.  Rcg.  11,  v.  3,  7.  el 
ailleurs. 

4°  Prof.'uialion  de  quelque  clinse  sainte. 
Mnlth.  24.  15.  Cum  vidcrilis  abominalionem 
desolalionis  slunlem  in  loco  snncto:  Quand 
vous  terrez  que  l'ahouiinaliou  de  la  désola- 
lion  sera  dans  le  (eniplo,  i.  e.  quand  vous 
tenez  une  horrible  profanation  du  lomple, 
(|ui  sera  la  marque  de  sa  prochaine  désola- 
lion.  Dan.  9,  27.  c.  11.  31.  c.  12.  1!.  Marc. 
13.  H.  D'autres  enlendeul  f)ar  le  mot  d'abo- 
iitinntion,  dans  tous  ces  endroits  que  nous 
venons  de  filer,  l'idole  même,  ou  la  statue 
de  Jupiter  Olympien,  ({u'Anliocliiis  fil  placer 
sur  l'autel  de  Dieu;  comme  il  est  dit  1. 
Mach.  1.  57.  Mdificavit  n-x  Antioclius  <ibo- 
minandum  idoluin  desolatiunis  siipej'  altare 
Dei.  V.  1.  Mach.  6.  7. 

5"  Chose  abominable,  objet  d'horreur  et 
d'aversion.  Ps.  87.  9.  Posueninl  me  nbomi- 
vationem  sibi  :  Ils  m'ont  cm  en  abomination. 
Luc.  16.  15.  Quod  hominibus  alluin  (!Sl,abo- 
viinalio  est  ante  Deum:Cc  qui  est  grand  aux 
yeux  des  hommes ,  est  en  abomination  de- 
vant Dieu.  Eccli.  ki.  8.  Filii  abominalionum 
puni  pu  peccalonim  :  Les  enfants  des  pé- 
cheurs sonl  des  enfants  d'abomination,  i.  e. 
des  sujets  d'abomination,  parce  qu'ils  imi- 
tent d  ordinaire  la  méchanceté  de  leurs  pè- 
res. Dent.  7.  V.  25.  26.  c.  17. 1.  c.  23.  18.  c. 

27,  15.  Prov.  3.  32.  Ce  mol  n'a  point  d'autre 
sens  dans  tous  les  endroits  des  Proverbes  où 
il  se  trouve.  Eccli.  13.  2i.  Isa.  1.  13.  c.  kl. 
24.  c.  66.  17. 

6°  Douleur,  indi|çnaliou,  désespoir  (à77'j/£tK, 
perdilio).  Joh.  11.  20.  Spes  illoruin  abo- 
minatio  oniviœ  :  Les  espérances  des  impies 
deviendront  le  sujet  de  leur  indignation, 
i.  e.  ils  seront  au  ilésespoir  de  se  voir  frus- 
trés de  leurs  esjéranccs.  Gr.  Ils  n'ont  rien  à 
attendre  que  la  [)erte  do  leur  âme. 

ABOMINATLS,  a,  um.  1°  Haï,  détesté. 
Isa.  49,7.//œc  dicil  Dominus  nd  coutempti- 
bilem  animam  ,  ad  abominatam  gentem  :  A  ce 
peuple  haï.  Gr.  Aboiuinaliim  n  gentibus  :  ce 
(|ui  s'entend  de  Jésus-Christ,  qui  a  été  (  n 
bulle  à  la  contradiction  des  hommes.  2. 
Mach.  1.  27. 

2"  Détestable,  exécrable  { ^hhjy-o,-).  TU. 
1.  16.  Abominati  incredibiles  :  Déleslables 
par  l'impureté  de  leurs  mœurs  el  de  leur 
vie;  rebelhs  par  leur  opiniâtreté  à  ne  point 
croire. 

3"  Chose  illirite  cl  défendue  c.minio  abo- 
minable  («Sé^iTov,  quod  nefas  est  ).  Ael.  10. 

28.  Vos  scitis  quomodo  abominalum  sit  vira 
Judœo  accedere  ad  alienigennin  :  Vous  savez 
que  les  Juifs  ont  en  grande  horreur  d'avoir 
quelque  liai>on  avec  un  étranger. 

ABORTIRE,  wy-oTozEiv.  Ce  verbe,  inusité 
chez  les  Latins,  vientd'rt6or/rj, avorter,  naître 
avant  terme, doù  se  fait  l'actif  a&o//ùc,  avor- 
ter, enfanter,  se  délivrer  de  son  fruit  avant 
terme.  Job.  21.  iO.  Dos  eonitn  concepit  et 
non  aburlivit  :  L(  s  vaches  de»  impies  sont 
devenues  pleines,  et  n'onl  point  avorlc.  La 
fécondité  f.iii  la  meilleure  partie  des  riches- 
ses de  la  campagne  :  Job  décrit  la  prospérité 
(les  méchants. 


.\BOUTIVUS,  A,  LM.OU  AboRTIVUM,  £xr/:w^a, 

Un  avorton,  un  fruilqui  naît  avant  lorme, 
soii  qnil  tombe  mort  du  sein  de  la  mère. 
Num.  12.  12.  Ne  fint  hœc  quasi  morlua  el  ut 
aboriivum  quod  projicitur  de  vulva  mulris 
suœ  :  Je  vous  prie  que  notre  sœur  ne  de- 
tienne  poinl  comme  morte,  et  comme  un 
fruit  avorté  qu'on  jette  hors  du  sein  de  la 
mère.  Aaron  parle  de  sa  sœur,  qui  venait 
d'être  frappée  de  lèpre.  Exod.  21  22.  Soit 
qu'il  demeure  dans  le  sein  de  la  mère,  sans 
être  tout  à  fait  formé.  Job.  3.  16.  Aut  sicuc 
aboriivum  absconditum  non  siiOsisterem :iob, 
pressé. de  ses  maux,  souhaitait  n'être  poinl, 
ou  être  comme  une  masse  informe  qui  de- 
meure cachée  dans  le  sein  d'une  femme,  ou 
qui  sort  du  sein  de  la  mère;  ce  qui  revient 
à  la  notion  du  mot  avorton;  soit  enfin  qu'il 
naisse  en  vie  avant  ferme,  et  demeure  tou- 
jours faibie  et  imparfait.  1  Cor.  15.  8.  No- 
vissime  omnium  tamqnam  nburtivo  visus  est 
cl  mihi  :  J'ai  été  celui  à  qui  le  Seigneur  est 
apparu  le  dernier,  comme  à  celui  qui,  sem- 
blable à  un  avorlon,  était  le  plus  imparfait 
de  tous. 

ABR.\,  JE,  y'Ç/:«mots}r.  signifiant  une  jeune 
servant!',  une  demoiselle  suivante.  Judilh. 
8.  32.  lujo  excam  cum  abra  mea  :  Je  sorti- 
rai avec  ma  servante,  c.  10.  v.  2.  5.  10.  c. 
16.  28. 

ABRAHAM,  Heb.  pater  mulliludinis ,  fa- 
meux Patriarche,  fils  de  Thaié,  de  la  viilo 
d'Ur, dans  le  pays  des  Chaldécns,  qui  s'ap- 
pela dabord  Abram,  du  mol  hébreu  ab,  pnler, 
père;  et  de  rnm,  excelsus,  élevé;  mais  Dieu 
l'ayant  fait  sortir  de  son  pays,  lui  promit,  à 
lui  et  à  sa  postcrilé,  la  terre  de  Chanaan,  où 
il  demeurait  comme  étranger;  cl  pour  mar- 
quer qu'elle  serait  nombreuse,  il  changea 
son  nom  d'ylôram,  en  celui  d\ibruliani,  qui 
signifie /*rt^er  mulliludinis,  pèvc  de  la  multi- 
tude, du  mol  «6 ,  pa^e?-,  père,  et  de  raham  . 
muliitudo,  multitude.  Geu.  17.  5.  Nec  ultra 
vocabitur  nomcn  tuum  Abram,  sed  oppeUaht- 
ris  Abraham,  quia  patrein  mullarum  genlium 
constitui  te  :  Vous  ne  vous  appellerez  plus 
Abram;  mais  vous  vous  appellerez  Abraham, 
parce  que  je  vous  ai  établi  pour  être  le  père 
de  plusieurs  nati  ms  :  ee  qui  s'enlend,  non- 
seulement  des  Juifs,  des  Sarrasins,  des  Mu- 
niéens,des  Madianites  el  de  toute  sa  postériié 
charnelle;  mais  aussi,  selon  saint  Paul,  qui  a 
pénétré  plus  avant  dans  le  sens  de  cet  en- 
droit, Rom.  4.  v.  16.  c.  9.  7.  Gai.  3.  7.  de 
tous  les  peuples  régénérés  en  Jésus-ChrisI, 
qui  sont  devenus  les  vrais  enfants  d'Abra- 
ham el  de  la  promesse,  par  l'imitation  de  sa 
foi.  On  croit  qu'il  était  le  puîné  de  ses  trois 
frères,  et  qu'Aran  était  l'aîné  :  de  sorte  que 
si  Abraham  est  toujours  nommé  le  premier, 
c'est  par  l'ordre,  non  de  la  naissance,  mais 
de  la  dignité  ,  ayant  été  le  plus  illustre  des 
trois.  Saint  Paul  s'est  a|)pliqué.  dans  ses 
épîtrcs  aux  Romains  et  aux  Galates,  eldans 
celle  aux  Hébreux,  à  relever  sa  foi  et  si 
soumission  parfaite  aux  ordres  de  Dieu  :  il 
l'y  |)roposccommc  un  moilèle  rare  de  la  ferme 
confiance  qu'on  doit  avoir  en  ses  prom  s- 
ses.  Il  cul,  à  l'âge  de  cenl  ans,  de  Sara,  sa 


se 

fpmme  un  fils,  nommé  Isaac  ;  cl  Dieu  lui 
ny^n  o'rdonné  de  le  lui  immoler,  ^  le  r,  cou- 
Vrl  comme  dVntre  ios  morls  D.eu  epar- 
gnanl  ce  fils  unique,  qu  il  n  nvavl  pas  epar- 
cné  lui-même,  el  qu  il  avait  e  e  sur  le  point 
de  lui  offrir,  pour  lui  obéir  II  mourut  dans 
la  Icrro  de  Chanaan,  1  an  d-u  monde  21S.J, 
avant  Jésus-Christ  1821,  âgé  d.-  175  ans, 
avant  toujours  vécu  comme  un  étranger  et 
un  voyageur,  dans  rallcnte  de  la  patrie  cé- 
Icsîe.  Isaac  et  Ismaël,  ses  enfants,  l'inler- 
rèrent  auprès  de  Sara,  dans  la  caverne  dou- 
ble qu'il  avait  achetée  des  enfants  de  Helh. 

ABR\N,  Heb. /ransî/as,  ville  de  la  tribu 
d'Aser.  Jos.  19.  28.  Voy.  Hébron. 

ABRUMPERE.  Voy.  Rcmpere.  Ce  verbe 
signifie  proprement,  comme  son  simple, 
rompre  quelque  chose,  comme  une  corde, 
un  lien;  interrompre,  en  parlant  d'un  dis- 
cours ;  dans  l'Ecrilure, 

1°  Rompre,  arracher  [otv.ipivj  ).  Lcvit.  5. 
8.  lia  ui  collo  hœreat  el  non  penilus  ahrum- 
patur  :  Il  ne  fallait  point  arracher  la  tête  de 
la  lourtcrelle,  ou  du  petit  de  la  colombe,  qui 
était  offert  pour  le  péché,  mais  la  lonlre 
seulement,  et  la  lui  faire  retourner  du  côlé 
des  ailc&, 

2°  Déchirer  (àrropyvûvKj  ;.  Le^it.  13.  56. 
5m  nulem  obscunor  fueril  locus  leprœ, 
abnmpet  eum  :  Si,  après  qu'un  vêlement  in- 
fecté do  lèpre  aura  été  lavé  par  l'ordre  du 
prêtre,  l'endroit  de  la  lèpre  se  trouve  plus 
obscur  que  le  reste,  le  prêtre  le  déchirera  cl 
le  sépar«  ra  du  reste. 

ABRUPTUS,  A,  UM,  rompu,  désuni,  séparé, 
arraché,  raide,  e-carpé,  d'où  vient  abrnpds- 
simus,a,  um,  très-raidc,  fort  escarpé.  1.  Reg. 
24.  3.  Super  abruptissimas  pelras  :  Saùl  allait 
chercher  David  jusque  sur  les  rochers  les 
plus  escarpés. 

ABS.  Voy.  A  ou  Ab. 

ABSALON,  Heb.  paler  pacis,  troisième  fils 
de  David  et  de  Maacha,  sa  quatrième  fem- 
me. Ce  prince,  très-beau  et  très-bien  fait, 
mais  fier  et  ambiiioux,  causa  à  son  père  de 
grands  sujets  d'aflliclion,  et  se  procura  à  lui- 
même  une  fin  funeste.  Il  tua  son  frère  Am- 
non,  pour  venger  l'affront  qu'il  avait  fait  à 
sa  sœur  Thamar.  2.  Reg.  13,  Il  se  révolta 
contre  son  père,  qui  l'aimait  tendrement, 
pour  le  dépouiller  de  son  royaume;  mais 
son  armée  fut  défaite ,  et  ce  malheureux 
prince  ayant  passé  en  fuyant  sous  un  clicne 
fort  épais,  sa  grande  chevelure  l'ciiibarrassa 
dans  les  branches  de  cet  arbre,  et  la  mule 
sur  laquelle  il  courait  l'y  laissa  attaché  el 
suspendu,  sans  qu'il  pût  jamais  se  dégager. 
Joab  l'ayant  su,  il  alla  le  percer  de  trois 
dards  :  ce  qui  arriva  l'an  du  monde  3009.  2. 
Rog.  3.  3.  c.  13.  c.  U.  c.  15.  etc. 

2"  Le  père  de  Malhathias.  1.  Mach.  U.c. 
13. 11. 

ABSCKDERE,  se  retirer,  s'en  aller  (ù-ipyj- 
arOai).  Tob.  1!|..  \k.  T(A)ins  (tbscessil  ex  Niim  c  : 
Le  jeune  Tobic  se  retira  de  Ninive  par  l'a- 
vcrlisseniCMt  de  son  jère.  qui  lui  en  prédit  la 
ruine.  De  ce  verbe  vient  celte  façon  de  par- 
ler. Judith.  6.  5.  Pallur  nbscedal  a  te  :  Cessez 


DI(:T10^^'AIRE  i^e  philologie  sacrée. 


36 
C'est  Hoio- 


de   pâlir,   ne   craignez    point, 
pherne  qui  parle  à  Acliior. 

ABSCESSUS,  us,  dépari,  sortie,  abcès, 
apnstume  dans  l'Ecriture. 

Retraite,  éloignement.  Ruth.  3.  14.  Usque 
ad  noclis  abscessum  :  Ruth  dormit  aux  pieds 
de  Booz  jiis(|u'à  ce  qu'il  fît  jour  et  que  la  nuit 
se  retirât.  Gr.  î'mç  tt/swi,  usque  mane.  i 

ABSCIDERE,«7To-/.ô-r:rj,(le  o^sel  de  cœdereA 

Couper,  trancher.  Malth.  5.  30.  5t  dextra 
manus  hic  scandùlizot  te,  abscide  eam  :  Si  vo- 
tre main  droite  vous  est  un  sujet  de  chute  el 
de  scandale,  coupez-la.  Ce  retranchement  ne 
se  doit  point  faire  à  la  lettre,  mais  il  marque 
la  disposition  du  cœur  à  faire  ou  à  souffrir 
tout  plutôt  que  de  permettre  que  notre  main 
nous  fût  un  sujet  de  scandale  et  de  chute,  c. 
18.  8.  Dent.  25.  12.  Voy.  Amputare. 

ABSCINDERE  ,  àrzovonniv.  V  Couper,  tran- 
cher ,  retrancher.  Gal.^5.  12.  Uiinam  el 
abscindantiir  qui  vos  conliirbant  :  Plût  à  Dieu 
que  ceux  qui  vous  troublent  fussent  tout  à 
fail  retranchés  du  milieu  de  vous.  D'autres 
expliquent  :  Plût  à  Dieu  que  tous  ceux  qui 
vous  troublent  fussent  non-seulemenl  cir- 
concis, mais  plus  que  circoncis,  i.  c.  que 
l'on  leur  retranchât  plus  que  le  prépuce  mê- 
me. Math.  5.  30.  Deut.  23.  1. 

2°  Retirer,  cesser  de  faire  paraître.  Juilil. 
7.  24.  Jndignalionem  suann  abscindel.  Ps.  76, 
9.  Miscricordiam  suam  abscindel  :  Comme  il 
est  Irès-avanlageux  que  Dieu  retire  son  indi- 
gnation, il  est  très-dangereux  qu'il  ne  retire 
pas  sa  miséricorde. 

3°  Séparer  (àTroTjfzveev.  Eccli.  25.  36.  A 
carnibus  tuis  abscinde  illam,  ne  semper  le  abu' 
lalur  :  Si  votre  femme  se  retire  de  votre  con- 
duite et  qu'elle  vous  fasse  confusion  par  sa 
désobéissance,  séparez-vous  d'elle  et  qu'elle 
nhabile  plus  avec  vous.  Il  paraît  par  ces  pa- 
roles que  le  divorce  élait  non-seulement  per- 
mis aux  Juifs,  mais  qu'il  leur  était  accordé; 
en  sorte  qu'ils  pouvaient  sans  péché  se  sé- 
parer de  leurs  femmes,  hors  même  le  cas  de 
la  fornication. 

4°  Détacher  («Tro-rÉpivsiv),  Dan.  2.  34.  et 
45.  Abscissus  est  lapis  de  inonle  :  Une  pelile 
pierre  s'est  détachée  de  la  montagne.  Colle 
petite  pierre  marque  Jésus-Christ.  Voyez 
Lapis. 

5^  Oler,  enlever.  Habac.  3, 17,  Abscindetur 
de  avili  pecus  :  Les  bergeries  seront  sans 
brebis  et  seront  enlevées  par  les  ennemis. 

6"  Retirer  du  monde,  retrancher  du  nom- 
bre des  hommes.  Ezcch.  37.  11.  Abscissi  sii- 
nius  :  Nous  sommes  retranchés  du  nombre 
des  hommes.  Ainsi,  Abscindere  de  lerra  vi~ 
venlium  signifie  la  même  chose.  Isa,  53.  8. 
Abscissus  est  de  terra  vivenlium  :  11  a  élé  re- 
tranché de  la  terre  des  vivants,  i.  c,  d'entre 
les  liommes  par  la  mort. 

ABSLONDERE,  xpÛ77Tctv  ,  •/.a.zuy.pvKTtiii,    ùno- 

1°  Cacher,  celer  ,  couvrir  (i-£/.«).û-Teiv). 
Prov.  28.  13.  Qui  abscondil  scelcra  sua  non 
dirifjctur  :  Celui  qui  cache  ses  crimes  ne 
réussira  pas,  i.  e.  il  se  perdra  en  rendant  in- 
curable le  mal  qu'il  ne  veut  pas  découvrir. 
Gen.  3.  v.  8. 10  Malth.  5, 14.  etc.  On  voit  aussi 


57 


ABS 


absccndere  sans  régime,  pour  signifier  se  ca- 
cher ()«Tax/)W7rT£tv).  Ps.  55.  7.  Jnhabilabunt 
et  abscundenl  :  Ils  (lemeurenl  cnsemb'e  et  se 
cnchenl.  De  ce  mot  vicnnenl  ces  façons  de 
p.irler,  abscondere  se,  faciem  suam,  ou  ab- 
scondi  ab  idiquo  :  Détourner  son  visage,  ou 
se  détourner  de  quelqu'un,  c'est  le  négliger, 
l'abandonner,  élre  fâché  contre  lui  (à-oTr^i- 
f£tv,  avertere).  Isa.  8.  17.  Exspcclabo  Domi- 
nttm  qui  abscondit  faciem  suam  a  donio  Ja- 
cob, c.  40.  27.  c.  5i.  8.  c.  57.  17.  etc.  Ainsi, 
Gen.  k.  ik.  A  facie  tua  nbscondar  :  V^ous 
m'abandonnerez. 

Abscondere  se,  ou  abscondi,  disparaître, 
périr,  être  anéanti.  Isa.  29.  14.  Inlelleclus 
prudentium  abscondetur  :Tou[e  l'inlelligcnce 
des  sages  s'évanouira.  Ps.  28.  28. 

Abscondere  in  pulvere,  id  est,  in  sepulcro. 
Abattre,  délruire.  Job.  40.  8.  Absconde  eos 
in  pulvere  simul  :  Humiliez  tous  les  superbes 
et  les  enfoncez  dans  la  poussière. 

Abscondere  mnnum  sub  ascella  èy/.pû-zeLv), 
Cacher  sa  main  sous  son  aisselle;  ce  qui 
se  dit  du  paresseux  ,  qui  ne  veut  pas 
prendre  la  peine  de  travailler,  mê  ne  pour 
vivre.  Prov.  11).  24.  c.  26.  15.  Voy.  Ascella. 
2°  Sauver,  garantir.  Ps.  2G.  5.  Abscondit 
me  in  tabernaculo  suo  :  Le  Seigneur  m'a  ci- 
ché  dans  son  (abernacle.  David  fait  allusion 
à  un  berger  qui  retire  son  troupeau  du  loup 
ou  du  mauvais  temps.  Ps.  30.  31.  Abscondts 
eos  in  abscondilo  faciei  tuœ  a  conlurbaliotie 
liominum.  Exod.  2.  2.  Jos.  2.  4   Jil).  5.  22. 

3°  Taire  et  ne  point  déclarer.  Job.  15.  18. 
Non  abscondunt  patres  suos  :  Les  sages  ne 
cèlent  point  ce  qu'ils  ont  appris  de  leurs  pè- 
res. Matlh.  11.  25.  Abscondisli  liœc  a  sapien- 
tibus  :  Vous  avez  c.iché  ces  choses  aux  sa- 
ges. Ainsi  Abscondi  ab  alirjuo,  a  facie,  ou  ab 
oculis  alicujus  .'C'cs'i  ce  qu'il  ne  sait  pas,  ou 
ne  connaît  pas,  et  quelquefois  ce  qu'il  n'a 
point  et  dont  il  est  privé.  Ose.  13.  14.  Conso- 
latio  abscondita  est  ab  oculis  meis  :  Mes  yeux 
ne  voient  rien  qui  console  ma  douleur.  Luc. 
19  42.  1.  Cor.  2.  27.  Eph.  3.  9.  Coloss.  1.  26. 
4°  Garder  ou  réserver  quelque  chose  pi)ur 
le  faire  paraîire  en  son  temps,  et  se  prend 
en  bonne  ou  en  mauvaise  part. 

En  bonne  part.  Ose.  13.  12.  Colligala 
est  iniquilas  Ephraim  et  abscondilum  pecca- 
fum  :  Je  tiens  les  iniquités  d'Ephraïm  liées 
ensemble,  son  péché  est  réservé  dans  mon 
secret,  i.  e.  La  peine  de  son  péché.  Job.  20. 
26.  Ps.  9  16.  Ps.  30.  5   Ps.  3i.  v.  7.  8.  etc. 

En  mauvaise  part.  Ps.  30.  Qicam  magna 
mullitudo  dulcedinis  tuœ.  Domine,  quam  ab- 
scondisli timenlibus  te  :  Combien  est  grande, 
Seigneur,  l'abondance  de  votre  douceur  inef- 
fable, que  vous  avez  cachée  et  réservée  pour 
ceux  qui  vous  craignent  I  Ps.  118.  11.  Job. 
23.  12.  c.  36.  32.  Prov.  2.  1.  Eccli.  1.  30.  Isa. 
49.  2.  Matlh.  13.  44.  etc. 

5"  Obscurcir,  abolir.  Eccli.  17.  17.  Non 
$unt  absconsa  leslamenta  per  iniquitalcm  il- 
lorum  .-Les  promesses  de  Di(  u  n'ont  point 
été  anéanties  par  les  offenses  de  ceux  à  qui 
H  les  a  faites.  Gr.  Leurs  péchés  n'ont  pas  c!é 
cachés  à  Dieu.  Voy.  Uom.  3  3. 


ABS  38 

Voy.  Absc  )NDiTA,  Abscondite,  et  Abscoîi-. 

DITUM,  I. 

ABSCONDITUS,  i,  um,  x^tt-ô?. 

1°  Caché,  couvert,  retiré,  secret.  1.  Petr. 
3.  4.  Abscondilus  cordis  homo  :  L'homme  in- 
visible caché  dans  h;  cœur,  l'homme  inté- 
rieur. Prov.  21.  14.  Munus  absconditum  ex- 
stinguit  iras  :  Un  présent  fait  dans  le  secret 
éteint  la  colère  {làOpioç,  al.  ),«Go«tbç  ).  Ainsi 
Eccli.  42.  9.  Filia  palris  (Gr.  p'alri)  est  abs- 
condita vigilia  (  «r.ôzp-jyoj  )  :  La  fille  est  à 
son  père  un  sujet  secret  de  veiller  toujours 
c.  41.  17.  c.  43.  36.  c.  48.  28.  Isa.  45.  3.  etc. 

2°  Inconnu,  qu'on  n'a  point  éprouvé  (xs- 
y.pviMuévoç).  Apoc.  2.  17.  Vincenti  dabo  man- 
na  abscondilum  :  Je  donnerai  au  victorieux 
la  manne  cachée.  Gr.  à  manger.  Celte  manne 
est  la  douceur  des  consolations  secrètes  dont 
Dieu  soutient  ses  enfants  dans  le  pèlerin.ige 
de  cette  vie.  C'est  une  nourriture  inconnue 
au  monde. 

3"  Rare,  exquis  {éy.-/.z/yu.i-joç]-  Eccli.  30.  18. 
Bona  abscondita  in  aure  clauso,  quasi  appo- 
siliones  epularum  circumposilœ  seputcro  ;  Gr. 
Bona  offusa  ori  clauso  :  Des  viandes  délicates, 
présentées  à  la  bouche  d'un  malade  ou  d'un 
homme  dégoûté,  sont  comme  un  grand  festin 
autour  d'un  sépulcre;  les  viandc^s  rares  sont 
comme  cachées,  parce  qu'elles  ne  sont  pas 
communes.  Voy.  Clausus. 

4°  Celui  qui  se  cache.  Isa.  45.  15.  Vere  lu 
es  Deus  absconditns  :  Vous  êtes  vraiment  un 
Dieu  qui  ne  vous  êtes  fait  connaître  qu'à  vo- 
tre peuple  choisi,  c.  53.  3.  Quasi  abscondilus 
vullus  ejus.  Gr.  «TriiTT^arrrat.  il  se  détourne 
le  visage  comme  un  lépreux  qui  se  cache. 

ABSCONDITUM,  1,  «rô/ovyov.  1"  Un  lieu 
caché,  secret,  ol)scur.  Dan.  10.  7.  Fugerunl 
in  abscondilum,  h  ©igw.  Ceux  qui  étaient 
avec  Daniel  s'enfuirent  dans  des  lieux  obs- 
cuis.  Luc.  11.  33.  Nemo  lucernam  accendit  et 
in  abscondita  potiit  :  l\  n'y  a  personne  qui, 
ayant  allumé  une  lanipe,  la  mette  en  iiu  lieu 
caché  (z/oun-Trj,  crypta  cavea).  Ps.  30.  21.  .4/;s- 
condes  eos  in  abscondilo  faciei  tuœ  :  Vous  les 
cai  herez  dans  le  secret  de  votre  face.  i.  e. 
de  votre  présence,  pour  les  mettre  en  sûielé. 
Ps.  80.  8.  Exaudivi  te  in  abscondilo  lempe- 
stulis  :  Je  vous  ai  exaucé  au  mili(>u  de  la 
tempête.  Ce  fut  lorsque  Dieu  excita  tout  d'un 
coup  contre  les  Egyptiens  une  leuipéte  lors- 
qu'ils poursuivaient  les  Israélites  dans  la 
mer  Uouge,  étant  comme  caché  dans  la  nuée 
et  invisible  à  ses  ennemis.  D'autres  enten- 
dent par  ces  paroles,  non  que  Dieu  même  se 
cacha,  mais  qu'il  cacha  les  Israélites  au  mi- 
lieu de  la  tempête,  en  les  mettant  à  couvert 
de  la  fureur  de  leurs  ennemis.  Ps.  26.  5. 
Deut.  17.  15.  Jerem.  23.  24.  Thren.  3.  12. 
Ezech.  8.  12.  Voy.  Tempestas.  De  là  vient 
cette  expression, 

ABSCONDITO  (in),  èv  x^tt-w.  1°  .Secrète- 
ment, en  secret,  en  cachette.  Jos.  2.  1.  Misit 
Josue  duos  viros  exploralorcs  in  abscondilo  : 
Josué  envoya  secrètement  deux  espions. 
Miilth.  6.  18.  Pater  tuus  qui  vidct  in  a()Scon- 
dilo  rcddct  libi  :  Votre  Père,  qui  voit  ce  qui 
se  passe  dans  le  secret,  vous  en  rendra  la 


récomppnso.  Job.  31 

19.  c.  48.  16.  Jercm.  13.  17.  H.ibac 

cœur 


DICTIONNAIHE  DE  PHILOLOGIE  S.\CliEE 
27.   Ps.  9.  30 


40 


Isa.    4D. 

3.  U. 

Inlériourpment,  au  /'''«'i";.;  ^'j'"?  '^ 
Rom  2.  29.  Ç«i  2«  abscondito  Judœus 
est  •  Le  vr;'i  Jnif  n'est  pas  celui  qui  Tesl  au 
dehors,  mais  celui  qui  l'est  iiitérieuremeiU. 
De  là  vient  celle  phrase  : 

VcciPEKE  FACIEM  ALICUJUS  IN  ABS- 
CÔNDITO.  Respecter,  considérer  quelqu'un 
par  dissimulation  (xojsij  .  Job.  13.  10.  In 
abfcondilo  faciem  ejiis  accipitis  :  Ce  n'est  que 
par  dissimulation  que  vous  défondez  les  in- 
térêts de  Dieu. 

ABSCONDITA,  ou  ABSCONSA,  orum  ,  rà 
x/ju-rà,  rv.  y.f/.p-jiiuha.  —  1°  Choses  cachées 
et  secrètes  (  piOii.  profunda  ).  Job.  28.  11. 
Abscondita  in  lucem  produxit  :  L'homme  a 
produit  au  jour  les  choses  les  plus  secrètes, 
en  perçant  le  fond  de  la  terre  et  des  fleuves, 
pour  ei)  tirer  ce  qui  peut  lui  être  utile.  Ps. 
/^3.  22.  Ainsi,  Deul.  27.  29.  Abscondita  Do- 
mino Deo  ïjos/ro;  Ces  secrets  étaient  cachés 
dans  le  Seigneur  notre  Dieu;  i.  e.  Dieu  a 
exercé  une  sévérité  épouvantable  contre  ceux 
qui  s'étaient  détournés  de  lui  pour  s'attacher 
à  d'autres  dieux,  afin  que  nous  ne  suivis- 
sions point  leur  impiété;  c'est  un  secret  qu'il 
nous  a  découvert.  Selon  d'autres  :  U  y  a  des 
secrets  que  Dieu  lient  cachés,  mais  il  nous 
en  a  découvert,  afin  que  nous  pratiquions  sa 
loi. 

2' Cavernes,  lieux  secrets  et  cachés.  Je- 
rem.  49.  10.  Reveluvi  abscondita  ejiis,  et  cc- 
Inri  non  ;)o/eri<  :  J'ai  découvert  les  endroits 
où  il  s'était  retiré.  Il  y  avait,  dit  Théodoret, 
près  de  l'idumée,  de  grandes  montagnes  fort 
élevées,  et  dans  ces  iiiOntagnes  des  cavernes 
où  les  peuples  se  retiraient  pour  se  dérober 
à  la  vue  de  leurs  ennemis  ;  mais  Dieu  les  me- 
nace de  les  découvrir.  Abd.  v.  6.  Jnvesliga- 
verunt  abscondita  ejus  :  Ils  ont  fouillé  dans 
les  endroits  les  plus  cachés.  Jerem.  23.  2i. 

3°  Les  biens  que  l'on  réserve,  les  trésors 
que  l'on  cache.  Ps.  16.  14.  De  absconditis  luis 
adimpletus  est  venter  eorum  .  Leur  ventre  est 
rempli  des  biens  qui  sont  renfermés  dans 
vos  tré>ors;  les  biens  temporels  sont  appelés 
des  trésors  de  Dieu,  parce  qu'ils  dépendent 
de  lui  et  qu'il  les  donne  à  qui  il  lui  plaît. 
Voy   Venter. 

k"  Enigmes,  paraboles,  pensées  sérieuses, 
qui  ne  sont  pas  communes.  Mallh.  13.  35. 
Eruclnbo  abscondita  a  conslituiione  ynundi  : 
Je  publierai  des  choses  qui  ont  été  cachées 
dcpui-  la  création  du  monde.  Ceci  est  tiré  du 
Ps.  77.  2.  où  le  Grec  porte  TTûoÇ/ïiuaTa.  Lat. 
proposiiiones.  Voy.  Proiositio.  Eccli  4.21. 
Denudabit  abscotisa  sua  illi  :  La  Sagesse  dé- 
couvrira ses  pensées  secrètes  à  celui  qui 
aura  co-ifiance  en  elle.  Ce  qui  est  exprimé 
[inr  Abscondita  pnrobolarum.  Eccli.  39.  3.  In 
absconditis  parabolarunx  conversabitiir  [v.l/i- 
•ftiKTu  )  :  Le  sage  se  nourrira  de  ce  (ju'il  y  a 
oe  (dus  r;ichc  dans  les  paraboles,  c.  14.  23. 
c.  39.  10. 

ABSCONDITE.  1°  Secrètement,  en  secret 
(xû^ef;.  2.  Keg.  12.  12.  Tu  fccisti  nbscon- 
dlle,  ego  nutein  f(tciai)i  viihum  istud  in  con- 
sijectu  ovtnis  Israël  et  m  conspectu  solis  :  Pour 


vous,  vous  avez  fait  celle  nclion  en  S(crei; 
r!iais,  pour  moi,  je  la  ferai  par  Absalon,  vo- 
tre nis,  à  la  vue  de  tout  Israël  et  à  la  vue  du 
soleil. 

2°  Doucement  et  sans  bruit  U'jvyf,).  Ju- 
dir.  4.  21.  J'ahel  ingressn  est  abscondite  :  ia- 
hel  enira  tout  doucement  dans  la  lente  où 
dormait  Sisara  pour  le  tuer.  Ilulh.  3.  7,  Ve- 
nit  abscondite  :  Ruth  vint  tout  doucement 

[i'jy.ù-JY^i  '. 

ABSCONSE,  y.p-JYfi.  En  secret,  en  cachette. 
Sap.  18.  9.  Absconse  sacrificabant  justi  pueri 
bonoruni  :  Les  justes  enfants  des  saints,  i.  e. 
des  patriarches,  offraient  en  secret  leur  sa- 
crifice, savoir,  l'Agneau  pascal. 

ABSCONSIO,  ONis.K-o/ov-Tov.  Ce  mot  vient 
à'abscondere  quand  il  signifie  protéger,  sau- 
ver, garantir.  Ainsi,  c'est  protection,  dé- 
fense. Isa.  4.  6.  Tabernacnlum  erit  in  umbra- 
ciilum  diei  ab  œstu,  et  in  securilatem  et 
absconsionem  a  turbine  et  a  pluiia  :  Le  taber- 
nacle de  Dieu  défendra  ses  élus  par  son  ombr!- 
contre  la  chaleur  pendant  le  jour,  et  il  sera 
une  retraite  assurée  pour  les  mettre  à  cou- 
vert (h;s  tempêtes  et  de  la  pluie.  Ce  qui  re- 
vient à  cet  endroit  du  Ps.  26.  5.  Abscondit  me 
in  tabernacuto  suo,  in  die  v^alorum  protexit 
me  in  abscondito  tabernaculi  sui. 

ABSENS,  Tis ,  KT7WV,  ovTo,-.  Cet  adjectif, 
qui  vient  iVabsum,  signifie  proprement  celui 
qui  est  éloigné  de  sa  résidence  ordinaire; 
mais  il  signifie  ordinairement  :  1"  celui  qui 
n'est  point  présent  où  on  le  demande  (an  wv 
ajT«,  qui  non  est  cum  aliquo).  Gen,  44.  v. 
26.  34.  Non  pos.yum  redire  ad  patrem  absente 
puero  :  Je  ne  puis  retourner  vers  mon  père, 
dit  Judas,  sans  que  l'enfant  soil  avec  nous, 
c.  34.  5.  1.  Cor.  0.  3.  2.  Cor.  13.  v.  2.  10.  c. 
10.  v.  1.  11.  Philip.  1.  27.  Colos.  2.  5. 

2"  Qui  n'est  point  avec  ou  dans  la  présence 
d'un  autre.  Sap.  11.  12.  Absentes  et  prœsentea 
similiter  torquebantur  :  Les  Egyptiens  étaient 
également  tourmentes,  soit  dans  l'absenc*, 
soit  dans  la  présence  des  Hébreux. 

3'  Absent  de  Dieu,  étranger,  qui  demeure 
dans  ce  corps  misérable  (ivô>;|:;tâ.v),  manen.^ 
cum  populo).  2.  Cor.  5.  9.  Contendinuis,  site 
absentes,  sive  prœsentes,  placcre  illi  :  Toute 
notre  ambition  est  d'être  agréables  à  Dieu, 
soit  que  nous  habitions  dans  le  corps,  soit 
(jue  nous  en  sortions  pour  aller  à  lui.  Voy. 
Pr^sexs 

4°  Qui  n'est  point  encore  né  (ut,  ojv  u-iù). 
.  Deut.  29.  15.  Nec  vobis  solis  hoc  f'œdus  frrio, 
sed  cunctis  prœsentibus  et  abscntibus  :  Celle 
alliance  que  je  fais  aujourd'hui,  n'est  pas 
pour  vous  seuls,  mais  c'est  pour  tous  ceux 
qui  sont  présents  et  qui  viendront  après 
nous. 

ABSENTL\,  JE,  «TTouTïa.  Absence,  éloi- 
gncrni'nt  de  la  i)résence  des  autres.  Philip.  2. 
12.  Non  ut  in  prœscntia  lantum,  sed  mullo 
mayis  nunc  in  absentia  mea,  cum  melu  tt 
tremore  vestram  salutem  operamiîii  :  A}<z 
soin  non-seul'jn  ent  lorsque  je  suis  présciit 
parmi  vous,  mais  encore  plus  lorsque  jo 
suis  absent,  d'opérrr  votre  salut  avec  crainte 
et  Iremblemenl. 

ABSOLVEKE,  à-o,.Juy.  1°  Dégager,  délj. 


41 


AlîS 


ABS 


41 


vrer,  exempter.  Toi).  3.  15.  Peto,  Domine, 
■J  \U  de  vincuto  improperii  hujus  absolvas  me  : 
>'■  Je  vous  prie,  Seigneur,  de  me  tirer  de  la 
peine  où  me  jette  ce  reproche  ignominieux, 
d'avoir  tué  sept  maris.  Quelques-uns  ont  re- 
marqué que  ce  reproche  lui  fut  si  sensible, 
qu'elle  en  tomba  dans  une  espèce  d'agonie. 
1.  Mach.  10,  29.  Nunc  absolvo  vos  et  omnes 
Judœos  a  tributis  :  Dès  à  présent ,  je  vous 
remets ,  à  vous  et  à  tous  les  Juifs  ,  les  tributs 
que  vous  aviez  accoutumé  de  payer. 

2"  Absoudre,  justifier.  2,  Mach.  4.  47. 
Menelaum  quidem  universœ  malitiœ  reum, 
criminibus  absolvit  :  Antiochus  déclara  Mé- 
nélaiis  innocent,  quoiqu'il  fût  coupable  de 
toutes  sortes  de  crimes. 

3°  Décider,  terminer  (£7T£).Û£tv  dissolvere). 
Act.  19,  39.  Si  qiiid  alterius  rei  quceritis ,  in 
légitima  Ecclesia  polerit  cibsolvi  :  Si  vous 
avez  quelque  autre  affaire  à  proposer,  elle 
se  pourra  terminer  dans  une  assemblée  lé- 
gitime :  c'est  ce  que  dit  un  greffier  au  peuple 
d'Ephèse ,  pour  apaiser  la  sédition  causée  par 
Démétrius. 

ABSORBERE  ,  -/aTKTi-îvstv.  Ce  verbe,  qui 
répond  au  mol  hébreu  Balagh ,  signiOe  en- 
gloutir, avaler,  dévorer,  et  par  métaphore  , 
à  la  ressemblance  des  choses  qu'on  avale 
et  qui  tombent  dans  le  ventre  où  elles  se 
corrompent,  il  signifie  perdre,  défaire,  dé- 
truire, et  quelquefois  précipiter  :  c'est  pour- 
quoi il  est  souvent  rendu  dans  la  Vulgate 
par  perdere  ou  prœcipitare.  Ainsi  il  signifie  : 

1°  Asorber ,  engloutir,  dévorer,  avaler 
[■nlrt[i[iv^aL,  inufidatio).  Job.  40.  18.  Ecce  ah- 
sorbebii  fluvium  et  non  mirabitur  :  L'éléphant 
boit  et  avale  les  fleuves  entiers  sans  se 
presser  et  sans  s'étonner.  Les  auteurs  qui 
ont  parlé  de  cet  animal  rapportent  qu'il 
boit  beaucoup.  Voy.  Plin.  1.  8.  c.  19.  ^Elien. 
L  17.  c.  7.  Ce  qui  se  dit  de  la  terre.  Deut.  11. 
6.  Quos  aperlo  ore  terra  absorbait  :  La  terre 
s'élant  entr'ouverte  ,  engloutit  Dalhan  et 
Abiron.  Apoc.  12.  16. 

2"  Epuiser,  boire  jusqu'au  fond.  Abd.  v. 
16.  Bibent  omnes  gentes  jugitcr,  et  bibent, 
et  absorbebunt  :  Toutes  les  nations  qui  ont 
ruiné  Jérusalem  boiront  jusqu'au  fond  du 
calice  de  la  colère  de  Dieu,  i.  e.  seront  pu- 
nies très-rigoureusement.  Voy.  Bibehe  et 
Fex. 

3°  Perdre,  défaire  ,  détruire.  2.  Reg.  17. 
16.  A^e  moreris,  ne  forte  absorbeatur  rex  et 
otnnis  populus  qui  cum  eo  est  :  Ne  tardez 
point,  de  peur  que  le  roi  ne  périsse,  lui  et 
tous  ses  gens.  C'est  l'avis  que  donna  Chusaï 
à  David.  Ps.  57.  10.  Ps.  68.  16.  etc.  Ainsi,  1. 
Cor.  15.  54.  Absorpta  est  mors  in  Victoria  : 
La  mort  a  été  absorbée  ou  détruite  par  la 
victoire,  i.  c.  Quand  notre  nature  corruptible 
sera  rcvéïue  de  l'immortalité,  la  mort  sera 
entièrement  vaincue  ,  cl  il  ne  restera  plus  de 
n)arque  de  son  pouvoir  :  ce  (jui  a  rapport  à 
cet  autre  endroit,  2.  Cor.  5.  4.  Ut  absorbea- 
tur, quod  morlale  est,  a  vita  :  Nous  ne  désirons 
pas  d'être,  dépouillés  de  notre  corps,  mais 
(lélrc  revêtus  .par-dessus  ;  en  sorte  que  ce 
qu'il  y  a  de  mortel  en  nous  soit  absorbé 
jjar  la  vie,   et  que  la   corruption  en  étant 

DiCTIONN    PE  P^ILOL.  gACRiÎE.  I, 


entièrement  abolie,  le  corps,  de.mortel  qu'il 
est,  devienne  immortel. 

ABSQUE,  àv£ù,  x^P'-^f  ce  qui  est  souvent 
exprimé  en  grec  par  ixà  é'xstv,  oùz  u-jui.  Cette 
préposition  se  fait  d'ab  et  de  que  y  qui  n'a- 
joule  rien  à  la  signification  d'abs. 

i"  Sans,  particule  exclusive,  qui  se  dit 
de  ce  qui  n'accompagne  point  quelque  chose 
ou  quelque  personne.  Isa.  130.  Ciim  fueritis 
velut  hortus  absque  aqua  :  Vous  deviendrez 
comme  un  jardin  sans  eau  ,  en  punition  de 
votre  idolâtrie.  2.  Par.  18.  16.  Sicut  oves 
absque  pastore  :  Vous  serez  comme  des  brebis 
sans  pasteur.  Gen.  15.  2.  c.  43.  14.  Prov.  1. 
33.  c.  28.  1.  Hebr.  4.  15.  etc. 

2"  Hormis,  sinon,  excepté.  Gen.  31.  50. 
Nullus  sermonis  noslri  testis  est  absque  Deo  : 
Nul  n'entend  nos  paroles  que  Dieu  qui  en 
est  témoin.  Isa.  43.  11.  Non  est  absque  me 
Salvator  :  Hors  moi,  il  n'y  a  point  de  Sau- 
veur, dit  le  Seigneur,  c.  44.  6.  c.  45.  v.  14. 
21.  Non  est  ultra  Beus  absque  me  :  11  n'y  a 
point  d'autre  Dieu  que  moi.  En  ces  endroits, 
et  en  plusieurs  autres,  absque  répond  au 
mot  Hébreu  bilehad,  qui  est  souvent  rendu 
ailleurs  par  prœter.  2.  Reg.  22.  32.  Quis  Deus 
prœter  Dominum,  et  quis  fortis  prœter  Deum 
nostrum? 

3°  Cette  préposition  avec  un  nom  sub- 
stantif est  quelquefois  mise  pour  l'adjectif 
exsors,  qui  n'a  point  de  part.  Joan.  16.  2. 
Absque  synagogis  facient  vos  :  Ils  vous  chas- 
seront des  synagogues;  Gr.  ùnoawuyûyovç  ^ 
exsortes  synagogœ,  excommuniés.  Rom.  1. 
31.  Absque  /œrfere  ;  Sans  foi,  Gr.  «o-Trôvoouf 
perfides  ou  irréconciliables.  Ose.  9. 12.  Absque 
liberis  eos  faciam,  i.  e.  Orbos  faciam  :  Je 
leur  ôterai  leurs  enfants.  Gen.  15.  2.  c.  42 
36.  Jerem.  18.  21.  etc. 

ABSTERGERE.  Ce  verbe  signifie  essuyer, 
purger,  nettoyer,  et  par  métaphore,  ôter, 
effacer,  guérir,  corriger  :  dans  l'Ecriture. 

1°  Essuyer,  nettoyer  {«fxipsOxi,  auferre). 
3.  Reg.  20.  41.  lUe  statim  abstersit  pulverem 
de  facie  sua  :  Le  prophète  essuya  inconti- 
nent la  poussière  qui  lui  couvrait  le  visage, 
pour  se  faire  voir  à  Achab.  De  là  vient  cette 
phrase  : 

Abstergere  lacrymas  ab  oculis  alicujus  : 
essuyer  les  larmes  des  yeux  de  quelqu'un, 
c'est  arrêter  et  faire  cesser  tous  les  maux 
qui  sont  cause  des  lar.mes  (éçaXsî'^etv ,  abo- 
lere).  Apoc.  7.  17.  c.  21.  4.  Absterget  Deus 
omnem  lacrymam  ab  oculis  eorum  :  Dieu  abo- 
lira tous  les  maux  de  celte  vie  dans  ceux 
qu'il  rendra  heureux  ÇAfxipsiOat).  Isa.  25. 
8.  Auferet  Dominas  Deus  lacrymam  ab  omni 
facie  :  Le  Seigneur  Dieu  séchera  les  larmes 
de  tous  les  yeux,  savoir  :  de  son  peuple. 

2"  Corriger,  guérir  (o-uvavTâv,  al.  «Travrâv, 
occurrere).  Prov.  20.  30.  Livor  vutnchs 
absterget  mala  :  Les  meurtrissures  livides 
guériront  le  mal;  ou,  selon  l'Hébreu,  cor" 
rigcront  les  méchants  :  cela  s'entend  des  (  hâ- 
tiinenls  qu'on  emploie  pour  corriger  les  pé- 
cheurs endurcis. 

ARSTINKKE,  ÙTzé/ji.v,  ÙKi'Xi'yOKt.  Ce  verbe 
se  fait  ù'abs  ol  de  Icncre.  Il  esl  «iclif  ou  neutre , 
Cl  l'on  d\iabslinere  ouabslinere  sfi.-maisea 

2 


IS 

français,  il  est  neutre, et  ne  se  dit  qu'avec  le 
pronom  personnel,  s'abstenir,  se  défendre 
l'usage  de  quelque  chose  ,  ou  s  empêcher  de 
faire  Num.  6.  3.  A  vino  et  omni  quod  ine- 
hriarepolest  abstinebunl  :  ils  s'abstiendront 
de  vin  et  de  tout  ce  qui  peut  enivrer.  Voy. 
Nazar^ds.  1.  Thess.  5.  22.  Ab  omni  speae 
vicila  abstinete  vos  :  Abstenez-vous  de  tout 
ce  qui  a  apparence  de  mal.  Eccli.  28.  10. 
Abstine  te  a  lite,  et  minues  peccala  :  Evitez  les 
disputes  et  les  procès,  et  vous  diminuerez 
les  péchés.  Judic.  13.  13.  Tob.  1.  10.  Sap.  2. 
16.  Eccli.  3-  32.  etc. 

ABSTINENS,  tis,  prévenu,  modéré,  qui 
sait  se  commander.  Abstinent,  tempérant  à 
l'égard  du  boire  et  du  manger.  Eccli.  37.  34. 
Qui  abstinens  est,  adjiciet  vitam  :  Vhomme 
sobre  et  retenu  en  vit  plus  longtemps.  Gr. 
Tzpoaiya-j,  qui  veille  sur  lui. 

ABSTINENTIA,  m,  retenue,  modération. 
—  1°  Abstinence,  morliGcation ,  retranche- 
ment de  quelque  chose  agréable.  Num.  30. 
li.  Si  voverit  et  juramento  se  constrinxerit , 
ut  perjejunium  vel  cœterarmn  renwiabstincn- 
tiam  affligat  animam  suam,  in  arbitrio  viri 
erit  ut  faciat  sive  non  faciat  :  Si  une 
femme  a  fait  vœu,  et  si  elle  s'oblige  par 
serment  de  s'affliger,  ou  par  le  jeûne,  ou 
par  d'autres  sortes  d'abstinences,  il  dépend 
de  son  mari  qu'elle  le  fasse  ou  qu'elle  ne  le 
fasse  point. 

2°  Abstinence  ou  tempérance,  vertu  mo- 
rale, par  laquelle  on  se  défend  l'usage  des 
plaisirs  et  des  satisfactions  non  nécessaires 
pour  le  soutien  de  la  vie  (Èyxparsîa,  conti- 
nentia). 2.  Petr.  \.6.  In  scientia  abstinentiam; 
in  abslinentia  palientiam  {ministrate)  :  Joi- 
gnez à  la  science  la  tempérance,  à  la  tem- 
pérance la  patience.  Il  ne  faut  pas  seulement 
qu'un  chrétien  soit  instruit  de  son  devoir, 
mais  il  faut  aussi  qu'il  s'abstienne  des  plai- 
sirs, et  supporte  les  maux  qui  pourraient  le 
détourner  de  s'en  bien  acquitter. 

ABSTRAHERE,  «Tvocr-âv.  Ce  verbe  signi- 
fie proprement,  entraîner,  emporter  avec 
violence,  tirer  de  force,  arracher,  et  se  dit 
aussi  figurémcnt  en  choses  spirituelles  et 
morales. 

1"  Arracher,  ôter  avec  violence.  2.  Mach. 
7.  V.  k.  7.  Cute  capitis  ejus  cum  capiUis  abs- 
tracta  :  Après  lui  avoir  arraché  la  peau  de 
la  tête  avec  les  cheveux.  Ce  fut  contre  l'aîné 
des  sept  frères  qu'Antiochus  exerça  celte 
cruauté. 

2°  Détacher  ,  séparer,  soit  du  parti  de 
quelqu'un  et  de  l'attachement  qu'on  doit 
avoir  pour  lui  («'^laTavat,  avertere).  Dcui.  i3. 
10.  Lapidibus  obrutus  necabiCur ,  quia  voluit 
le  abstrahere  a  Domino  tico  :  Qu'il  soit  puni 
de  mort  étant  lapidé,  parce  qu'il  a  voulu 
vous  arracher  du  culte  du  Seigneur  votre 
Dieu.  Soit  de  la  compagnie  d'un  ami.  Act. 
21,  1.  Cum  faclum  esset  ut  navigaremus  abs- 
tracti  ab  cis  :  Après  que  nous  nous  fûmes 
.séparés  d'eux  avec  beaucoup  de  peine.  Saint 
Piiul  parle  des  prêtres  d'Ephèse ,  qu'il  quitta 
fort  aifligcs  de  s(hi  départ. 

3"  Tirer  de  quelque  p.irt,  en  éloigner  par 
adresse  (èxoTrâv,  extrahere),  Judic.   20.   32. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE.  44 

Qui  fugam  arte  simuld^tes  inieruni  consi- 
lium,  ut  abstraherent  eos  de  civitate  .-Les 
Israélites  feignirent  adroitement  de  fuir,  à 
dessein  de  les  engager  plus  loin  de  la  ville 
de  Gabaa. 

4"  Emporter,  entraîner,  en  parlant  de  la 
violence  des  passions  de  l'âme  (è^îÀxetv). 
Jac.  1.  14.  Unusquisque  tentatur  a  concu- 
piscentia  sua  abslractus  :  Chacun  est  tenté 
par  sa  propre  concupiscence  qui  l'emporte 
et  qui  l'attire  dans  le  mal  (  n),«vâv,  sedu- 
cere).  Prov.  7.  25.  Ne  abstrahatur  in  viis 
illius  mens  tua  :  Que  votre  esprit  ne  se  laisse 
point  emporter  dans  les  voies  d'une  femme 
qui  cherche  à  vous  séduire 

ABSTRUDERE,  pousser  à  force,  cacher, 
enfoncer.  1.  Reg.  23.  23.  Quod  si  etiam  in 
terram  se  abstruserit  ,  perscrutabor  eum  : 
Quand  il  serait  caché  au  fond  de  la  terre  , 
j'irai  l'y  chercher.  C'est  Saiil  qui  parle  de 
David. 

ABSUM,  abesse,  «Trcïvat,  KT:i-^zLv.  Ce  verbe 
marque  une  absence  ou  un  éloignement , 
soit  dans  le  sens  propre,  soit  dans  le  figuré. 
—  1°  EUre  éloigné,  y  avoir  de  la  dislance 
entre  deux  choses  ou  deux  personnes.  2. 
Mach.  12.  29.  Inde  ad  civitatem  Scytharwn 
abierunt ,  quœ  ab  Jerosolymis  sexcentis  sta~ 
diis  aberat  :  De  là  ,  Judas  et  ses  gens  allèrent 
à  la  ville  de  Scythopolis,  éloignée  de  six 
cents  stades  de  Jérusalem.  Ecli.  9.  18.  Longe 
abesto  ab  fiomine  potestatem  habente  occi- 
dendi  :  Tenez-vous  bien  éloigné  de  celui  qui 
a  le  pouvoir  de  faire  mourir.  Cela  s'entend 
des  tyrans  et  des  princes  qui  abusent  de 
leur  pouvoir;  d'où  vient  longe  abesse,  pour 
marquer  une  chose  qu'on  ne  peut  atteindre 
ou  recouvrer  ('Asto-rao-eat ,  secerfere).  Eccli. 
27.  22.  Non  illum  sequaris,  quoniam  longe 
abest  :  En  vain  vous  irez  après  lui,  car  il 
est  déjà  bien  loin.  Le  Sage  parle  d'un  ami 
que  l'on  a  choqué,  et  dont  on  a  perdu  l'a- 
mitié. Ainsi  c.  15.  7.  Longe  abeU  a  superbia 
et  dolo  :  Les  hommes  insensés  ne  verront 
point  la  sagesse,  parce  qu'elle  se  tient  bien 
loin  de  l'orgueil  et  de  la  tromperie. 

2°  Etre  absent,  n'être  point  présent  quel- 
que part.  Sap.  14.  17.  Ut  illum,  qui  aberat^ 
ianquam  prœssntem  colerenl  sua  sollicitu- 
dine  :  Pour  révérer  avec  une  soumission 
religieuse,  comme  présent,  celui  qui  était 
absent.  Il  parle  d'un  prince  qui  est  éloigné, 
et  dont  on  fait  venir  le  tableau  pour  lui 
rendre  les  honneurs  divins,  comme  s'il  était 
présent.  De  cette  signification  vient  cette 
expression  figurée  : 

Abesse  ab  aliquo  ,  qui  signifie  n'être  point 
dans  quelqu'un,  pour  marquer  une  chose 
dont  quelqu'un  est  privé.  Sap.  9.  6.  Si  af>  illo 
abfuerit  sapienlia  tua,  in  nifiilum  computa- 
bitur  :  Encore  que  quelqu'un  paraisse  con- 
sommé parmi  les  enfants  des  hommes,  il 
sera  néanmoins  considéré  comme  rien ,  si 
votre  sagesse,  ô  Dieu,  n'est  point  en  lui 
{an  é'aznv,  defeci).  Eccli.  15.  11.  Nondixeris, 
per  Deum  abest  x^e  dites  point,  Dieu  est 
cause  que  je  n'ai  point  la  sagesse;  Dieu  ne 
jette  point  les  pécheurs  dans  l'égarement, 
lui  qui  seul  en  tire  les  hommes  quand  il  lui 


Â^ 


ABS 


ABU 


tô 


plaît  :  c'est  l'orgueil  de  l'homme,  qui  est  la 
première  et  la  véritable  cause  de  ses  déré- 
g«!emenls. 

ABSIT.  Ce  mot  marque  l'cloigneraent  et 
l'aversion  que  nous  avons  pour  quelque 
chose,  et  répond  au  mot  hébreu  halilah , 
prohibition  qui  se  rend  ordinairement  en 
grec,  pÀ^évotTo ,  quelquefois  par  aXsw?  croi 
propitius  tibi  sis,  ou  sit  Deus;  comme  si 
l'on  disait  :  Cela  ne  vous  est  pas  permis  : 
dans  l'Ecriture  : 

1°  C'est  une  interjection ,  qui  sert  de  ré- 
ponse à  des  interrogations  de  choses  im- 
pertinentes ou  impossibles.  Rom.  3.  v.  h.  6. 
31.  Legem  ergo  destriiimus  per  fidem  ?  Absit  : 
Détruisons-nous  donc  la  loi  par  la  foi?  A 
Dieu  ne  plaise,  c.  6.  2.  c.  7.  v.  7.  13.  c.  9. 
14.  c.  11.  1.  etc. 

2°  Hors  le  rapport  qu'elle  a  à  l'interro- 
gation, c'est  un  terme  qui  marque  que  nous 
détestons,  comme  injuste  ou  impie,  ce  que 
nous  ne  voulons  pas  qu'on  croie  de  nous  ou 
d'un  autre.  Gai.  6.  ik.  Mihi  absit  gloriari 
nisi  in  cruce  Domini  nostri  Jesu  Christi  :  A 
Dieu  ne  plaise  que  je  me  glorifie  en  autre 
chose  qu'en  la  croix  de  Noire-Seigneur  Jé- 
sus-Christ. Gen.  18.  25.  c.  W.  17.  Jos.  22. 
29.  c.  24.  16.  1.  Reg.  2.  30.  etc.  Ainsi  Matlh. 
16.  22.  Absit  a  te,  Domine  :  Ah!  Seigneur,  à 
Dieu  ne  plaise,  cela  ne  vous  arrivera  point. 
Gr.  propitius  tibi;  on  sous-entend  sis  ou  sit 
Deus. 

ABSINTHIUM,  ii.  Ce  mot  vient  du  grec 
«ifivGiov  ',  indelectabile ,  désagréable  ,  de  l'a 
privatif  et  de  i|/tveo?,  delectatio,  plaisir,  agré- 
ment. L'absinthe  est  une  herbe  fort  amère, 
et  celte  amertume  donne  lieu  à  plusieurs 
expressions  métaphoriques  dans  l'Ecriture. 
Ainsi  elle  signifie  : 

1°  Ce  qui  est  fâcheux,  amer  et  affligeant 
(nty.pioi,  amaritudo).  Thren.  3.  19.  Recordare 
pauperlatis  et  transgressionis  meœ  et  absin- 
tfiii  et  fellis  :  Souvenez-vous  de  la  pauvreté 
où  je  suis,  de  l'excès  de  mes  travaux,  de 
l'absinthe  ou  du  fiel  où  je  suis  plongé.  Celte 
absinthe  et  ce  fiel  marquent  les  maux  insup- 
portables que  le  peuple  juif  souffrait  de  la 
part  de  ses  ennemis  ,  ou  plutôt  de  la  part  de 
Dieu  même,  qui  l'a  nourri  et  enivré  d'ab- 
sinlhe,  i.  e.  qui  l'a  accablé  de  maux  et  d'af- 
lliclions  pour  punir  ses  crimes  (o50vv5,  dolor). 
Jercm.  9.  15.  c.  23.  15.  Ecce  ego  cibnbo  eos 
absinlliio  :  h'  les  nourrirai  d'absinlhe.  ïhrcn. 
3.  15.  Jnebriavit  me  absinlhio  {Tziy.pia)  :  Il  m'a 
enivré  d'absinlhe.  V.  Inebriarb.  Ainsi  : 

Amarum  esse  quasi  absinlhium  :  Etre  amer 
comme  l'absinlhe,  c'est  causer  des  douleurs 
et  des  affliclions  très-sensibles  {xoU ,  fcL). 
l'rov.  5.  4.  Novissima  illius  amara  quasi  ab- 
sinthium  :  La  conversation  que  l'on  a  avec 
la  femme  prostiluéi;  paraît  d'abord  agréable; 
mais  elle  se  termine  à  des  maux  incroyables, 
à  la  dcslruclion  de  la  santé  du  corps,  à  la 
perle  des  biens  et  de  la  réputation  et  à  la 
dainnation  élernclle. 

Converti  in  absinlhium  :  Se  changer  en  ab- 
sinlhe,  signifie  la  même  chose ,  causer  de 
grands  maux  (^ivboç).  Apoc.  8.  11.  Fada 
est  terlia  pars  aquarum  in  absinlhium  :  La 


troisième  partie  des  eaux  fut  changée  en  ab- 
sinthe ,  i.  e.  en  une  amertume  qui  causait  de 
grandes  douleurs. 

2°  Le  nom  d'une  étoile  ("Ail/tveoç).  Apoc.  8. 
11.  Nomen  stellœ  dicitur  Absinthium  :  Cetta 
grande  étoile  est  un  faux  Christ,  que  l'on 
croit  être  ce  Barchochebas  ,  dont  le  nom  si- 
gnifie étoile,  et  qui  disait  avoir  été  envoyé 
du  ciel  pour  secourir  le  peuple  juif  dans 
l'oppression  où  il  se  trouvait;  mais  cet  héré- 
siarque fut  cause  de  la  ruine  entière  des 
Juifs  :  il  est  ici  appelé  Absinthe,  à  cause  de 
l'effot  funeste  qu'il  produisit  en  jetant  son 
peuple  dans  des  malheurs  incroyables. 

ABSUMERE,  consumer,  abolir,  dépenser. 
—  1°  Consumer,  abolir  (xaraxaîetv,  comburere). 
Levit.  8.  32.  Quidquid  reliquum  (uerit  de 
carne  et  de  panibus ,  ignis  absumet  :  Tout  ce 
qui  restera  de  cette  chair  et  de  ces  pains  , 
sera  consumé  par  le  feu.  c.  7.  17.  V.  Devo- 

RARE. 

2°  Perdre,  gâter,  corrompre  (o-uvaTroXsîv,  si- 
mul  perdere).  Deut.  29.  19.  Ne  absumat  ebria 
sitientem  :  De  peur  que  cette  personne  eni- 
vrée de  cette  erreur  ne  corrompe  les  inno- 
cents et  ne  les  entraîne  avec  elle;  c'est  une 
sorte  de  proverbe  hébreu  qui  marque,  selon 
quelques-uns  ,  que  la  partie  inférieure  eni- 
vrée de  ses  passions  entraîne  la  partie  supé- 
rieure, ou,  selon  d'autres,  que  le  coupable 
entraîne  les  innocents  avec  lui.  Voy.  Ebria 

et  SiTIENS. 

ABUNDARE.  Ce  verbe  est  composé  d'a6  et 
à'unda,  et  se  dit  en  premier  lieu  des  rivières 
quand  elles  sont  grosses, et  ensuite, par  rap- 
port, de  toutes  les  choses  qui  sont  en  grande 
quantité.  Il  a  plusieurs  significations,  parce 
qu'il  répond  aux  verbes  grecs,  TrXeovâÇeiv, 
avoir  abondamment,  regorger;  TTs^t^o-EÛeiv, 
regorger  ou  être  superflu  ,  et  TzlnBvvEiv,  croî- 
tre, s'augmenter;  quoique  ces  verbes  se 
prennent  souvent  l'un  pour  l'autre  ;  mais  , 
en  général ,  le  verbe  abundare  se  peut  con- 
sidérer par  le  rapport  qu'il  a  avec  le  verbe 
hébreu  jatar,  qui  signifie 5w/)e?«6uwrfare,  re- 
liquum esse,  ou  excellere,  pour  marquer  ou 
la  quantité  ou  la  qualité. 

§  l".  —Abundare,  pour  signifier  une  grande  quanliiéde 
quelque  chose. 

1°  Abonder,  avoir  beaucoup  de  quelque 
chose,  soit  de  biens  corporels,  soit  d(>  biens 
spirituels  {■KlnB^ivziv).  Deul.  28.  11.  Abundare 
tpfaciet  Dominus  omnibus  bonis  :  Le  Seigneur 
vous  mettra  dans  l'abondance  do  loules  sor- 
tes do  biens,  c.  30.  9.  Ps.  64.  14.  Vallès  abun- 
dabunt  frumento  :  Les  vallées  seront  [iloinos 
de  froment  (Tre/sto-asOEtv).  Matlh.  13. 12.  Qui  ha~ 
bel,  dabitur  ei,  et  abundabit  :  Quiconque  a 
déjà  ,  on  lui  donnera  encore,  et  il  ser<;  dans 
l'abondance.  Celui  qui  a  la  foi  reçoit  encore 
une  infinité  d'autres  grâces,  lorsqu'il  fait  bon 
usage  de  ce  don.  c.  25.  29.  Judic.  1.  19.  2. 
Esdr.  9.  25.  Sap.  11.  5.  Philip.  4.  v.  12.  18. 
Scio  abundare  :  Je  sais  vivre  dans  l'abon- 
dance sans  qu'ollo  me  cause  du  relâchemenl. 
Ce  qui  so  dit  aussi  quelquefois  on  mauvaise 
part  (likovaÇeiv!.  Ps.  49.  19.  Os  tunm  ubunda-^ 
vil  malitia  :  Votre  bouche  élait  toute  remplie 
de  malice,  i.  c.  de  médisance  et  de  tromperie, 


Heb.  Os  tuutn  laxcsti  ad  maUtiam  :  Vous  avez 
ouvert  votre  bouche  pour  la  faire  servir  a 
l'iniuslice  et  à  l'iniquité.  Eccli.  11.  13.  Ahun- 
dans  paupertate:  Qui  est  dans  une  extrême 
pauvreté.  Eccli.  21.  15.  Est  snpientia  quœ 
ahundat  in  malo  ;  Il  y  a  une  sagesse  qui  est 
habile  dans  le  mal,  Gr-rr/ïi^yvovc-a  7rr/,&îav,  mul- 
iiplicans  acerbitatem. 

2°  Abonder,  être  abondant,  regorger,  se 
répandre  avec  effusion  {■r^zot'jaivti-j).  2.  Cor.  9. 
8.  Potens  est  Deus  omnem  graliam  abundare 
facere  in  vobis,  Gr.  in  vos  :  Dieu  est  tout- 
puissant  pour  verser  sur  vous  toutes  sortes 
de  grâces  en  abondance  et  pour  vous  rendre 
avec  usure  toute  la  charité  que  vous  aurez 
laite  aux  autres,  v.  12.  Minislerium  fmjus 
officii  non  solum  supplet  eaquœ  desunt  sanc- 
tis,  sed  etiam  ahundat  per  multas  gratiarum 
acliones  in  Domino  :  Cette  oblation  dont  nous 
sommes  les  ministres  ne  supplée  pas  seule- 
ment aux  besoins  des  saints  ,  mais  elle  est 
riche  et  abondante  envers  Dieu  par  le  grand 
nombre  d'actions  de  grâces  qu'elle  lui  fait 
rendre.  Marc.  12.  44.  Omnes  ex  eo ,  quod 
abundabat  iliis,  miserunt  :  Tous  les  autres 
ont  donné  de  leur  abondance.  Luc.  21.  4. 
Eccli.  15.  10.  c.  21.  16.  etc. 

3"  Avoir  davantage,  avoir  plus  qu'un 
autre  [ttIîo-juÇu-j).  2.  Cor.  8.  15.  Qui  mul- 
tum,  non  abundavit  :  Celui  qui  en  recueillit 
beaucoup  n'en  eut  pas  plus  que  les  autres  ; 
€t  celui  qui  en  recueillit  peu  n'en  eut  pas 
moins.  L'Apôtre  parle  de  la  manne.  Voy.  Mi- 

NORARE. 

h°  S'accroître,  s'augmenter  (77).r,6vv£(r5«£}. 
Matth.  24.  12.  El  quoniam  abundavit  iniqui- 
las,  refrigcscet  charitas  multorum  :  Et  parce 
que  l'iniquité  sera  accrue,  la  charité  de  plu- 
sieurs se  refroidira  dans  toute  la  suite  des 
temps. 

5°  Etre  fort  utile,  procurer  quelque  grand 
avantage.  Eccli.  6.  5.  Lingua  eucharis  in  bono 
liomine  abundal  :  Un  homme  vertueux  qui 
parle  civilement  se  procure  de  grands 
avantages,  Gr. -Ir/jv-jù 
eut  sermones  affabiles 
des  autres. 

§  2. — Abundare,  pour  marquer  la  qualité,  l'excellence. 

1°  Etre  plus  parfait  et  plus  accompli  {-spirr- 
cvkiv).  Malth.  5.  20.  Nisi  abundavcril  justi- 
tia  veslra  plusquani  Scribarum  et  Phari&œo- 
rum  ,  non  inlrabitis  in  regnum  cœloruin  .-  Si 
voire  justice  n'est  plus  pleine  et  plus  par- 
faite que  celle  des  docteurs  de  la  loi  et  des 
Pliarisiens,  vous  n'entrerez  pas  dans  le 
royaume  du  ciel.  La  justice  des  Pharisiens 
était  tout  extérieure  et  se  terminait  à  pa- 
raître» juste  aux  yeux  des  hommes.  Luc.  IG. 
15.  mais  la  justice  de  ceux  qui  doivent  en- 
trer dans  le  royaume  du  ciel  s'étend  jusqu'à 
arrêter  les  mouvements  déréglés  du  cœur. 

2°  Etre  plus  excellent,  l'emporter  au  des~ 
sus  [vî(ji(j(7îvzL'j).  2.  Cor.  8.  9.  Si  ministralio 
damnalionis  (jlorinpst,  mullo  maijis  abundat 
viinistcrium  justitiœ  in  gloria  :  Si  le  minis- 
tère de  la  contlamnalion  a  été  accompagné 
de  gloire,  le  minibière  de  la  justice  en  aura 
incomparablemcul   davaulage.    Saint    Paul 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  S.ACREE.  48 

montre  l'excellence  de  la  loi  nouvelle  sur  la 
loi  ancienne ,  en  ce  qui  regarde  le  ministère. 
Voy.  MiMSTRATio.  2°  (ulrjOv^tfjOuL).  Eccli.  24. 
39.  A  mari  enini  abundavit  cogitalio  illiiis  : 
Les  pensées  de  la  sagesse  sont  plus  vastes 
que  la  mer  et  plus  profondes  que  les  abîmes. 
L'Apôtre  explique  ce  passage.  Rom.  11.  33. 
0  altitude  divitiarum  sapientiœ  et  scientiœ 
Dei.  Voy.  Altitudo  {n.îrjtGatvzi'j).  2.  Cor.  8.  7. 
Sicut  in  omnibus  abundatis...  ut  et  in  hac 
gratia  abundelis  :  Afin  que,  comme  voiis 
excellez  dans  les  autres  dons,  vous  excel- 
liez aussi  en  cette  grâce  de  libéralité  envers 
vos  frères. 

3°  Etre  meilleur  et  plus  agréable  à  Dieu 
(7r£pi(7o-£-Jîiv).  1.  Cor.  8.  8.  Neque  si  manduca- 
verimus  abundabimus  ;  neque  si  non  niandu- 
caverimus ,  deficiemus  :  Si  nous  mangeons 
nous  n'en  aurons  rien  davantage  devant 
Dieu,  ni  rien  de  moins  si  nous  ne  mangeons 
pas.  C'est  ce  que  l'Apôtre  explique  plus  am- 
plement. Kom.  14-.  17.  Non  est  regnum  Dei 
esca  et  potus ,  elc.  Le  royaume  de  Dieu  ne 
consiste  pas  dans  le  boireet  le  manger,  mais 
dans  la  justice,  dans  la  paix  et  dans  la  joie 
que  donne  le  Saint-Esprit. 

4°  Avancer  de  plus  en  plus,  se  perfection- 
ner (t:îolt<7î\)si'j).  1.  Cor.  15.  58.  Abundantes 
in  opère  Domini  semper  :  Travaillez  sans  cesse 
de  plus  en  plus  à  l'œuvre  de  Dieu.  1.  ïhess. 
4.  v.  1. 10.  Rogamus  vos  ut  abundetis  magis  : 
Je  vous  exhorte  de  vous  avancer  de  plus  en 
plus  dans  la  charité  fraternelle 

5°  Etre  assuré  de  quelque  chose,  en  être 
bien  persuadé  {Tzlnpooopîî'jQai,  plene  persua- 
deri).  Rom.  14.  5.  tfnusquisque  in  siio  sensu 
abundet  :  Que  chacun  n'agisse  que  selon 
qu'il  est  pleinement  persuadé  dans  son  es- 
prit. Gr.  77).>3  6oyoc£ic-9w ,  Pleutt  fide  credat  : 
Que  nul  n'agisse  contre  sa  conscience  ou  en 
doutant  que  ce  qu'il  fait  soit  bien.  Lit.  que 
chacun  abonde  en  son  sens  :  ce  qui  peut  si- 
gnifier qu'on  laisse  agir  chacun  selon  sa 
conscience,  comme  si  l'Apôtre  ne  voulait 
point  qu'on  troublât  \)ersonne  sur  le  sujet 
des  viandes  et  des  jours  ;  car  c'est  la  matière 
dont  il  s'agit  en  cet  endroit. 

6  Exceller  en  libéralité,  en  magnificence 
{■nîpL(j(jz<jîfj).  1.  Mac.  3.  30.  Et  abundaverat 
super  reges  qui  ante  eum  fuerant  :  Antio- 
chus  avait  été  magnifique  plus  que  tous  les 
rois  qui  l'avaient  précédé. 

§  3.  — Abundake  in  rein  aliquam,  ittfioffcimv  -mi. 

Cette  phrase  marque  une  abondance  et 
une  plénitude  qui  se  décharge  et  se  répand 
sur  quelque  chose;  mais  elle  s'exprime  dif- 
féremment selon  la  différence  des  choses  sur 
lesquelles  se  fait  cet  épanchemenl. 

1"  Abundare  in  gloriam  Dei  (TT/sovàÇeiv)  : 
Faire  éclater  davantage  la  gloire  de  Dieu. 
Rom.  3.  7.  Si  Veritas  Dei  in  meo  mendacio 
abundavit  in  gloriam  ipsius  :  Si  par  mon 
mensonge  la  vérité  de  Dieu  a  éclaté  pour  sa 
gloire.  2.  Cor.  4.  15.  Ut  gratia  abundans  per 
vxullos  in  gratiarum  actiune  abundet  in  glo- 
riam Dei  •  Afin  que  plus  la  grâce  se  répand 
avec  abondance,  il  en  revienne  aussi  à  Dieu 
plus  de  gloire  pur  les  témoignages  de  recou- 


j-oooY/yoca,    VlultipH^ 

s'attire   les  civilités 


49  ABU 

naissance  qui  lui  en  seront  rendus  par  plu- 
sieurs. 

2°  Jn  diviiia^implicitatis ,  i.  e.  in  amplam 
et  copiosam  libcralitatem.  2.  Cor.  8.  2.  Altis- 
sima  paiipertas  eorum  abundavit  in  divitias 
simpHcitaiis  eorum  :  Leur  profonde  pauvreté 
a  répandu  avec  abondance  les  ricliesses  de 
leur  charité  sincère,  c.  9.  11.  Ut  abundetis  in 
omnem  simplicitatem  :  Pour  exercer  avec  un 
cœur  simple  toute  sorte  de  charité.  C'est  ce 
qu'on  appelle  :  être  fort  charitable,  faire  de 
grandes  aumônes.  Voy.  Simplicitas. 

3°  In  omne  opus  bonum  :  Exercer  toutes 
sortes  de  bonnes  œuvres.  2.  Cor.  9.  8.  Ut 
abundetis  in  omne  opus  bonum. 

h°  Abundare  {-IvO-j-^-.t-j) ,  avec  la  conjon- 
ction Mï,  signifie  :  faire  souvent  ou  beaucoup 
quelque  chose.  Ps.  77.  39.  Et  abundavit  ut 
averteret  iram  suam  :  Dieu  détourna  souvent 
sa  colère,  ou,  arrêtait  beaucoup  les  effets  de 
sa  fureur.  Hebr.  multiplicavit  avertere.  Voy. 

MULTIPLICARE. 

ABUNDANS ,  ris ,  adjectif.  7r),£ovKÇojv,  ouo-a. 
Abondant,  qui  est  en  abondance  ou  quantité. 
Prov.  15.  5.  In  abundanti  justitia  virtus  ma- 
orima  est:  ha  fermeté  et  l'intrépidité  d'une  âme 
est  grande  à  proportion  que  la  justice  de  la 
cause  qu'elle  défend  est  abondante  (nXïjGûvwv, 
ouo-a).  Ps.  143.  13.  Oves  eorum  fœtosœ.  abun- 
dantes  in  egressibus  suis  :  Les  brebis  des  mé- 
chants sont  fécondes  et  leur  multitude  se  fait 
remarquer  quand  elles  sortent;  ce  qui  mar- 
que leurs  richesses.  Voy.  Egressus.  Esth.  1. 
8.  Sap.  11.  8.  1.  Cor.  12.  v.  23.  24.  2.  Cor.  4. 
15.  Eph.  2.  5.  Philip.  4.  17.  Requiro  fructum 
abundantem  in  ratione  veslra,  Gr.  in  ralio- 
nem  vestram  :  Je  désire,  non  vos  dons,  mais 
le  fruit  abondant  que  vous  en  tirez  et  qui 
entre  dans  vos  comptes  à  votre  avantage. 
Voy.  Ratio. 

ABUNDANS,    TIS,    SUbst.    eOÇ/îvwv,   oOira.  1° 

Un  homme  riche,  opulent,  qui  est  dans  l'a- 
bondance des  biens  de  ce  monde.  Ps.  72.  12. 
Ecce  ipsi  peccatores  et  abundanles  in  sœculo 
oblinuerunt  divilias  :  Voilà  les  pécheurs  eux- 
mêmes  et  ceux  qui  sont  dans  l'abondance  qui 
ont  acquis  de  grandes  richesses.  Ps.  122.  4. 
Opprobrium  abundantibus  et  despectio  super- 
bis  :  Nous  sommes  un  sujet  d'opprobre  à  ceux 
qui  sont  dans  l'abondance  ,  et  de  mépris  aux 
superbes,  disent  les  Juifs  maltraités  dans  la 
captivité. 

2^  Ce  qui  est  fécond,  fertile,  qui  porte 
beaucoup  de  fruit.  Ps.  127.  3.  Uxor  tua,  sic- 
ut  vitis  abundans ,  in  lateribus  domus  tuœ  : 
Votre  femme  sera  dans  le  secret  de  votre 
maison  comme  une  vigne  qui  porte  beau- 
coup de  fruit.  C'était  en  quoi  consistait  prin- 
cipalement le  bonheur  de  l'ancienne  loi  d'a- 
voir beaucoup  d'enfants. 

3  Ce  qui  est  de  plus;  ce  qui  est  superflu 
et  inutile  (7r£fj7crôv).  Matlh.  5.  37.  Quod  au- 
tem  his  abundantius  est  a  malo  est  :  Ce  qui 
eSt  de  plus  vient  du  mal.  Gr.  Quod  supra  hœc 
esf  :  tle  que  l'on  ajoute  pour  assurer  davan- 
t.ige  vient  de  la  faiblesse  de  ceux  à  qui  l'on 
est  obligé  de  persuader  ce  qu'on  dit.  Celle 
mauvaise  disposition  rend  conmie  nécessaire 
le  serment  que  l'on  ajoute,  qui  d'ailleurs  se- 


ABU 


50 


rait  superflu.  2.  Cor.  9.  1.  Ex  abundanti 
mihi  est  scribere  vobis,  Gr.  Supervacaneum 
mihi  est  :  Il  serait  superflu  de  vous  écrire  da- 
vantage. 

ABÙNDANTER  ,  ABUNDANTIUS  ,  ABUN-  ** 
DANTISSIME.  Cet  adverbe  répond  au  grec  "* 
■mpi(7(7âç,  et  quelquefois  aux  mots,  xktk  t:)^'?»?, 
pour  marquer  ce  qui  se  fait  avec  abondance, 
ou  avec  quelque  excès  qui  surpasse  l'usage 
ordinaire. 

1°  Abondamment,  pleinement,  amplement. 
Tob.  4.  9.  Si  mullum  tibi  fuerit ,  abundan- 
ter  Iribue :  S)i  vous  avez  beaucoup  do  bien, 
donnez  largement,  dit  Tobie  à  sou  fils.  1.  Par. 
29.  2.  Prœparavi  omnem  preliosum  lapidem 
et  marmor  parium  abundantissime:  David 
avait  préparé  pour  la  construction  du  Tem- 
ple toutes  les  choses  nécessaires  en  grande 
abondance.  Esth.  5.  6.  Ps.  30.  24.  Philip.  1. 

14.  Coloss.  3.  16.  2.  Petr.  2.  11.  Ainsi  Joan. 
10.  10.  Ego  veni  ut  vitam  habeant,  et  abun- 
dantius habeant:  Pour  moi  je  suis  venu  afin 
que  mes  brebis  aient  la  vie,  et  qu'elles  l'aient 
abondamment.  Gr.  Trs/jto-o-ôv,  qui  signifie  d&un- 
danler,  s'il  est  pris  au  neutre;  s'il  est  à  l'ac- 
cusatif, il  signifie  abundantem,  et  se  rapporte 
k  vitam.  Celle  abondance  marque  l'éternité 
bienheureuse  et  la  jouissance  du  royaumo 
de  Dieu.  2.  Cor.  7.  13.  Abundantius  magis 
gavisi  sumus  :  Ma  joie  s'est  beaucoup  re- 
doublée. Ce  redoublement  s'exprime  par  ce 
double  comparatif,  v.  15.  Viscera  ejus  abun' 
dantius  in  vobis  sunt,  Gr.  in  vos,  sup.  affecta 
sunt.  Voy.  Esse. 

2°  Plus,  davantage,  beaucoup  plus.  1.  Cor. 

15.  10.  Abundantius  illis  omnibus  laboravi: 
J'ai  travaillé  plus  que  tous  les  autres,  i.  e. 
plus  qu'aucun  autre.  Saint  Paul  a  parcouru 
plus  de  pays,  et  a  soulïerl  plus  de  maux  et 
de  fatigues  qu'aucun  des  autres  apôtres,  v. 
2.  Cor.  11.  V.  23.  et  suiv. 

3"  Particulièrement.  2.  Cor.  1.  12.  Abun- 
dantius autemadvos,  Gr.opwrft'os:  Jeme  suis 
conduit,  surtout  à  votre  égard,  dans  la  sim- 
plicité et  la  sincérité  de  Dieu.  C'était  princi- 
palement parce  que  saint  Paul  n'avait  rion 
voulu  recevoir  dos  Corinthiens  en  travail- 
lant pour  eux.  c.  2.  4.  Ut  scialis  quam  cha- 
ritatem  habeam  abundantius  j'n  vobis,  Gr.  in 
vos:  Je  vous  ai  écrit  pour  vous  faire  con- 
naître la  charité  toute  particulière  que  j'ai 
pour  vous.  1.  Thess.   5.  13. 

4°  Excessiyement,  démesurément.  Gai.  1. 
14.  Abundantius  œmulator  existens  pater- 
narum  mearum  tradilionum  :  Ayant  un  zèle 
démesuré  pour  les  traditions  do  mes  pères. 

5°  Fort,  beaucoup,  grandement,  avec  em- 
pressement. 1.  Thess.  2.  17.  Abundantius 
festinavimus  faciem  vestram  videre  :  Nous 
avons  désiré  avec  d'autant  plus  d'ardeur  et 
d'empressement  de  vous  revoir,  c.  3.  10. 
( 'YTrspExre^eaaoû).  Nocte  OC  dic  abundantius 
crantes,  ut  videamus  faciem  vestram:  La  joie 
que  votre  foi  nous  donne,  nous  porte  à  le 
conjurer  jour  et  nuit  avec  une  ardeur  ex- 
trême, de  nous  permettre  de  vous  aller  voir, 
c.  o.  13.  Ut  habealis  illos  abundantius  in  clia- 
ritate:  Nous  vous  supplions  d'avoir  pour  vos 
Supérieurs  une   très-grande  vénération  par 


SI 

un  sentiment  de  charité,  Gr.  super  ex  abun- 

donti,  i.  e.  quom  maxime,  Heb.  2.  1. 

6°  Plus  certainement,  dune  façon  plus 
Sûre  et  plus  convaincante.  Heb.  6.  H.  Jn 
Quo  abundantius  volens  ostendere  policita- 
tionis  hœredibus  immobilitatem  consiiii  sui 
interposuit  jusjurandum  :  Dieu  voulant  faire 
voir  avec  plus  de  certitude  aux  héritiers  de 
la  promesse  la  fermeté  immuable  de  sa  ré- 
solution, a  ajouté  le  serment  à  sa  parole. 

ABDNDANTIA,  m.  Ce  mot  qui  répond  or- 
dinairement aux  termes  Grecs  eùe^vîa  et  -Kepiov- 
cia,  signiûe  en  général  une  grande  quantité 
de  quelque  chose,  opulence  ou  satiété  ;  mais 
il  marque  souvent  une  abondance  de  biens 
corporels. 

1'  Abondance,  grande  quantité  de  biens 
(tô  7rc/)i(7C7£Ûav).  Luc.  12. 15.  Non  in  abundantia 
cujusquam  vita  ejus  est,  ex  his  quœ  possidet  : 
En  quelque  abondance  qu'un  homme  soit, 
S.1  vie  ne  dépend  point  des  biens  qu'il  pos- 
sède. Gen.  27.  28.  Deul.  8.  9.  Ps.  121.  2. 
Prov.  1.  33.  Eccli.  18.  25.  2.  Cor.  8.  ik.  etc. 
(E06>3vt«).  Ainsi  Ezech.  16.  49.  Ecce  hœc  fuit 
iniquitas  Sodomœ  superbia,  saturitas  panis, 
et  abundantia,  et  otium:  Ce  qui  a  rendu  cri- 
minelle Sodome,  a  été  l'orgueil,  l'excès  des 
viandes,  l'abondance  de  toutes  choses  et 
l'oisiveté. 

2"  Abondance,  grandeur,  ou  plénitude  de 
quelque  chose  {nlveoç,  multitudo).  Ps.  32. 17. 
In  abundantia  virtutis  suœ  non  salvabitur  : 
Toute  la  force  du  cheval,  quelque  grande 
qu'elle  soit,  ne  sauvera  point  l'homme.  Ps. 
71.  7.  Orietur  in  diebus  ejus  justitia  et  abun- 
dantia pacis  :  La  justice  paraîtra  de  son 
temps  avec  une  abondance  de  paix,  i.  e. 
avec  une  paix  abondante,  qui  nous  a  été 
procurée  par  la  réconciliation  que  Jésus- 
Christ  nous  a  méritée  en  mourant  pour  nous. 
Ps.  lU.  7.  Rom.  5.  17.  c.  15.29.  2.  Cor.  8. 
2  (llE/jtao-sufAw).  Ainsi  Matlh.  12.  3k.  Ex  abun- 
dantia cordis  os  loquitur:  La  bouche  parle 
de  la  plénitude  du  cœur.  C'est  ce  qui  est  ex- 
primé v.  35.  selon  le  Grec  qui  porte,  de  the- 
sauro  cordis,  qui  marque  que  l'on  tire  du 
fonds  de  son  cœur  ,  par  la  parole,  ce  qui 
phitt  le  plus. 

3"  Prospérité,  contentement ,  tranquillité 
{fiJO\Jij.iy.,  tranquillitas).  Ps.  29.  7.  Ego  aulcm 
dixi  in  abundantia  mea,Non  movebor  in  œter- 
num.  Mais  pour  moi,  dit  David,  j'ai  dit,  étant 
dans  l'abondance  (Heb.  tranquillité,  pro- 
spérité) :  Je  ne  déchoirai  jamais  de  cet  état  de* 
prospérité.  Ps.  121.  6.  Abundaiitia  diiifjenti- 
bus  le,  Heb.  prosperentur  diligentes  te. 

k"  Ht  ureuse  vieillesse,  pleine  et  entière 
(duvTsÀeta,  consummalio).  Job.  5.  26.  Ingre- 
dieris  in  ubundarNia  scpulcrum  :  Vous  en- 
trerez au  tombeau  dans  une  vieillesse  pleine 
et  entière. 
5"  Productions  superflues    {nîfHaaib.).  Jac. 

1.  21.  Abjicientes  abundantiam  malitiœ:  Re- 
noncez aux  vices,  qui,  comme  de  mauvaises 
herbes,  croissent  toujours,  si  on  ne  les  re- 
tranche. 

G"  Augmentation,  accroissement  {-rspiaciM). 

2.  Cor.  10.  15.  Spcm  habentes  in  vobis  magni- 
ficari  in  abundantiam:  Nous  espérons  acqué- 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE.  5« 

rir  de  la  gloire  par  votre  moyen   de  plus  en 
plus. 

7°  Nom  d'un  puits  [opy.oç,  juramcntum).  Gen. 
26  33.  Appellavit  eum  AbunMantiam:  Lsaac 
appela  ce  puits  Abondance,  à  cause  de  l'eau 
qu'il  y  trouvait  en  abondance  pour  ses  trou- 
peaux. Voy.  Latitudo.  C'est  le  même  qui 
avait  été  appelé  le  puits  du  Serment.  Gen. 
21.  31.  Voy.  Bersabée. 

ABUNDE.  Cet  adverbe  se  fait  comme  abun- 
dure,  du  mot  unda,  et  d'ab,  et  signifie  abon- 
damm.nt,  assez,  suffisamment;  et  dans  l'E- 
criture : 

Abondamment,  avec  abondance  (TrXouo-îwç , 
largiler,  copiose),  1.  Tim.  6.  17.  Qui  prœstat 
nobis  omnia  abunde  ad  fruendum:  Dieu  nous 
fournit  avec  abondance  ce  qui  est  nécessaire 
à  la  vie.  Tit.  3.  6.  Quem  effudit  in  nos  abunde: 
Dieu  a  répandu  sur  nous  avec  une  riche  ef- 
fusion son  Saint-Esprit, 

ABUTI ,  yMr(AypSL(TB(/.t.  i°  Abuser,  faire  un 
mauvais  usage  de  quelque  chose.  1.  Cor.  9, 
18.  Ut  non  abutarpolestate  mea  in  Evangelio  : 
Saint  Paul  avait  droit  de  vivre  aux  dépens 
de  ceux  à  qui  il  prêchait  l'Evangile:  mais  il 
aurait  abusé  de  ce  pouvoir,  s'il  en  avait  usé 
au  préjudice  de  l'avancement  de  l'Evangile. 
Eslh.  13.  2.  c.  16.  2.  Job.  24.  33.  Eccli.  25. 
3Q.  Ne  semper  teabutatur:  De  peur  qu'elle 
n'abuse  de  votre  patience.  Voy.  Apsindere. 
2°  Abuser  d'une  personne,  la  corrompre 
{ypûcOcii,  uli).  Gen.  19.  8.  Habeo  duas  filias^ 
abutimini  eis  sicut  placuerit:  S'a\  deux  filles, 
ditLoth,  usez-en.  comme  il  vous  plaira,  c. 
34.  31.  Judic.  19.  V.  22.  25.  ïhren.  5.  13. 
Adolescentibus  impudice  abusi  sunt  :  Ils  ont 
abusé  des  jeunes  hommes  par  un  crime  abo- 
minable, Heb.  Us  ont  fait  travailler  les  jeunes 
hommes  au  moulin  ;  et  en  ce  sens,  il  se  rap- 
porte à  la  signification  suivante. 

3'  Traiter  avec  rigueur  et  sévérité  {ttoislvsv 
rivi,  agere  contra  aliquem)  Jerem.  18.  23.  In 
tempore  furoris  tui  abutere  eis:  Traitez-les 
selon  votre  sévérité  au  temps  de  votre  fureur. 
Dan.  11.7.  Abutetur  iis,  i.  c.  aget  cum  eis  sum- 
mo  jure  :  Le  roi  du  Midi  en  usera  avec  la 
dernière  rigueur  contre  le  roi  du  Nord. 

4"  Se  servir  de  quelque  chose  {ùvoù.iny.ttv, 
impenderc).  Sap.  13.  12.  Si  reliquiis  ejus  ope- 
ris  ad  prœparationem  escœ  abutatur:  S'il  se 
sert  du  bois  qui  lui  est  demeuré  pour  se 
préparer  à  manger.  Abuti  pour  uti  se  dit 
quelquefois  dans  Térence  et  d'autres  au- 
teurs; comme  iiti  pour  abuti  se  trouve  aussi 
quelquefois,  comme,  Eccli.  26.  13.  Ne  inven- 
ta occasione  utatur  se.  Voy.  Un. 

ABUSIO,  Nis,  abus,  mauvais  usage. —  Mé- 
pris, dédain  (è^oySivwo-tç,  contemptus)  :  Ps.  30. 
19. /n  superbia  et  in  abusionc:  Avec  un  or- 
gueil plein  de  mépris. 

ABYSSUS,  I.  «gya<To,-,de  «  privatif  ctde/3û(T- 
o-oj,  pour  pûQoj;  fundus^snns  fond.  Ainsi  abîme 
signifie  un  goulïre  profond,  où  l'on  se  perd, 
d'où  on  ne  peut  jîortir  ;  mais  il  marque  prin- 
cipalement un  abîme. 

1°  Un  abîme  d'eau.  Exod.  15.  5.  Abyssiopc- 
rucrunt  eos:  Les  Egyptiens  ont  été  ensevelis 
dans  les  eaux  de  la  mer  Rouge,  v.  8.  CoU' 
gregatœ  sunt   abyssi  in  medio  mari  :  Deux 


B3  ABY 

montagnes  de  flots  se  sont  élevées  au  mi- 
lieu de  la  mer,  pour  donner  passage  aux 
sraéliles  et  pour  engloutir  les  Egyptiens. 
Judith.  9. 8.  Ps.  76.  17.  Ps.  105.  9.  Isa.  51. 10. 
c.  63. 13.  etc.  Ainsi  il  signifle  : 

Soit  la  mer  en  général.  Ps.l03.  6.  Ahyssus 
sicut  vestimentum  amictus  ejus:  La  mer  en- 
vironne toute  la  terre,  et  lui  lient  lieu  com- 
me de  manteau.  D'autres  expliquent  cet 
endroit  des  eaux  qui  couvraient  toute  la 
terre.  Eccli.  1.  2.  c.  16.  18.  c.  43.  25.  Job. 
28.  14.  c.  38.  16.  c.  M.  23.  etc.  et  en  particu- 
lier la  mer  Rouge.  Voy.  ci-dessus. 

Soit  quelque  grand  amas  d'eaux  que  ce 
soit.  Ps.  134.  6.  Omnia ,  quœcumque  voluit, 
Dominus  fecit  in  cœlo  et  in  terra,  et  in  omni- 
bus ubyssis  :  Le  Seigneur  a  fait  tout  ce  qu'il 
a  voulu  dans  le  ciel,  dans  la  terre,  dans  la 
mer  et  dans  tous  les  abîmes,  i.  e.  ou  dans 
l'Océan  et  dans  les  autres  mers ,  ou  dans  la 
mer  en  général,  et  peut  s'entendre  même  des 
enfers.  Job.  38.  30.  Ps.  148.  7.  Eccli.  24.  39. 
Jonas.  2.  6.  Habac.  3.  10. 

Soit  quelque  grand  fleuve.  Ps.  77. 15.  Ada- 
quavit  eos  velut  in  ahysso  multa  :  Dieu  leur 
donna  à  boire,  comme  s'il  y  avait  eu  là  des 
abîmes  d'eau,  i.  e.  un  grand  fleuve. 

Soit  cette  prodigieuse  quantité  d'eau  cachée 
sous  la  terre,  d'où  sourdent  les  fontaines  et 
les  rivières.  Gen.  7.  11.  c.  8.  2.  c.  49.  25. 
Deut.  8.  7.  c.  33.  13.  Prov.  3.  20.  Sapientia 
ejus  eruperunt  abyssi  :  C'est  par  sa  sagesse 
que  les  eaux  des  abîmes  se  sont  débordées, 
c  8.  24.  Ps.  32.  4.  Job.  28.  14. 

Soit  enfin  ce  grand  amas  d'eaux  qui,  à  la 
création  du  monde,  couvrait  la  terre  avant 
qu'elle  parût  au  dehors.  Gen.  1.  2.  Tenebrœ 
erant  super  faciem  abyssi  :  en  cet  endroit, 
abîme,  marque  ces  vastes  corps  du  ciel  et 
de  la  terre  qui  étaient  encore  dans  la  confu- 
sion. Ps.  103.  6.  Prov.  8.  27.  Quando  eerta 
lege  et  gyro  vallabat  abyssos  :  La  Sagesse 
était  présente,  lorsque  Dieu  environnait  les 
abîmes  de  leurs  bornes,  et  qu'il  leur  prescri- 
rait une  loi  inviolable. 

2'  Abîme  profond,  lieu  caché  très-profond, 
soit  d'eau  ,  soit  de  terre.  Eccli.  23.  28.  c.  24. 
8.  Profundum  abyssi  penetravi  :  La  Sagesse 
divine,  qui  comprend  tout  par  son  immensi- 
té, pénètre  ce  qu'il  y  a  do  plus  profond  dans 
lo  terre  et  la  mer.  Dan.  3.  55.  Benedictus  es 
qui  intueris  abyssos.  Ps.  106.26.  De  là  viennent 
ces  expressions  figurées  : 

De  abyssis  terrœ  reducere  :  Retirer  des 
abîmes  de  la  terre,  i.  e.  des  grandes  afflic- 
tions dont  on  est  accablé.  Ps.  70.  20.  De 
abyssis  ilerum  reduxisti  me. 

3"  Lieux  souterrains,  soit  les  Limbes.  Rom. 

10.  7.  Quis  descendet  inabyssum?  Qui  pourra 
descendre  au  fond  de  la  terre?  C'est  où  les 
prédestinés  attendaient  la  venue  du  M«"ssie: 
soit  l'enfer  des  damnés.  Luc.  8.  31.  Rogn- 
bant  illum.  neimpcrarel  ut  in  abyssum  irent: 
Les  démons  le  suppliaient  qu'il  ne  leur  com- 
mandât point  d'aller  dans  l'abîme.  Apoc.  9. 

11.  c.  11.  7.  C.17.  8.  c.  20.  v.  1.  3. 

— l'Graiuleopulencede  biens  marquée  par 
un  grand  amas  d'eaux.  Ezech.  31.  4.  Abys- 
sus  exaltavit  illum  :  Un  grand  amas  d'eau 


ACC 


54 


arrosant  ce  cèdre, l'avait  fait  pousser  en  haut. 
Cet  amas  d'eaux  signifie  grande  prospérité 
et  l'abondance  des  biens  dont  jouissaient  les 
Assyriens. 

2°  Profondeur  impénétrable,  ou  abîme  de 
choses  que  la  connaissance  de  l'homme  ne 
peut  sonder.  Ps.  35.  7.  Judicia  tua  abyssus 
multa  :  Les  jugements  de  Dieu  sont  impéné- 
trables. Eccli.  42.  18.  Abyssum  et  cor  homi- 
nis  investigavit.  i.  e.  Abyssum  cordis  liomi- 
nis  :  Dieu  sonde  la  profondeur  du  cœur  hu- 
main. 

3°  Abîme  de  malheurs  et  d'afflictions,  qui 
sont  souvent  marqués  par  les  eaux  et  par 
les  torrents.  Ps.  41.  8.  Abyssus  abyssum  in- 
vocat  .-Un  malheur  en  attire  un  autre,  et  ils 
se  succèdent  les  uns  aux  autres  comme  des 
flots.  Ezech.  31.  15.  c.  26.  19. 

4°  Une  grande  quantité  d'hommes  en  ar- 
mes, marquée  par  une  mer  qui  engloutit. 
Ezech.  26. 19.  Cum  addiixero  super  te  abys- 
sum :  Lorsque  j'aurai  fait  fondre  sur  vous 
un  grand  nombre  d'ennemis.  Ce  sont  les 
troupes  des  Chaldéens.  Amos.  7.  4.  Devora- 
bit  ignis  abyssum  multam  :  Ce  feu  dévorera 
un  peuple  nombreux.  Ce  feu  marquait  Thé- 
glatphalasar  qui  devait  emmener  en  Assyrie 
la  moitié  des  dix  tribus.  Voy.  Aqua. 

AC  ,  Gr.  YMu  Cette  particule  se  fait  par 
transposition  de  xaî,  comme  et  de  ts  ;  mais 
d'autres  le  font  venir  de  l'Hébreu,  ach,  qui  a 
presque  les  mêmes  sens  que  cette  particule. 

1°  Et,  aussi.  Luc.  8.  35.  Invenerunt  homi- 
nem  vestitum  ac  sana  mente  :  Les  Géraséniens 
trouvèrent  cet  homme  habillé  et  en  son  bon 
sens.  c.  14.  21.  Hebr.  5.  14.  Job.  1.  v.  1.  10. 
Gen.  1.  V.  14.  18.  c.  31.  v.  16.  17.  etc. 

D'où  vient  cette  façon  de  parler,  Nocteac 
die  :  Nuit  et  jour,  ou.  Die  ac  nocte  :  Jour  et 
nuit,  pour  signifier  toujours.  Ps  41.  4.  Fue- 
runt  mihi  lacrymœ  meœ  panes  die  ac  nocte . 
Mes  larmes  m'ont  servi  de  pain  le  jour  et  la 
nuit.  Isa.  60. 11.  Die  ac  nocte  non  claudentur. 
Les  portes  seront  toujours  ouvertes.  Il  parlo 
de  la  vocation  des  gei'.tils  dans  l'Eglise.  Jos. 
1.  8.  2.  Esdr.  4.  9.  2.  Tim.  1.  3.  etc. 

Ainsi,  Magis  ac  magis :  De  plus  en  plus, 
Philip.  1.  9.  Oro  ut  charitas  vestra  magis  ac 
magis  abundet  ;  Ce  que  je  demande  à  Dieu , 
est  que  votre  charité  croisse  de  plus  en 
plus. 

2°  Après,  ensuite.  Gen.  50.  5.  Sepeliam  pu- 
trem  meum  ac  revertar  :  J'irai  ensevelir  mon 
père;  après  cela  je  reviendrai  au  plus  tôt,  dit 
Joseph  à  Pharaon.  Matih.  26.  26.  Benedixit 
ac  freqit  :  Il  le  bénit  et  le  rompit  ensuite. 
Gen.  40,  19.  c.  41.  14.  c.  42.  34. 

3°  Que,  pour  marquer  une  comparaison. 
1.  Cor.  11.5.  Unum  enim  est  ac  si  decalvelur  : 
Car  c'est  de  même  que  si  elle  était  rasée.  Il 
parle  d'une  femme  qui  prie ,  la  tête  décou- 
verte. 

ACAN ,  Heb.  tribulatio ,  fils  d'Eser,  qui 
était  fils  de  Seïr,  H(jrréen.  Gen.  36.  28. 

ACAR,  Heb.  tribulatio,  fils  de  Ram,  qui 
était  fils  aîné  de  Jéraméol.  i.  Par.  2.  27. 

ACCAIN,  Heb.  possessio ,  ville  de  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  57. 

ACGARON,  Heb.  sterilitas,  une  des  villei 


65 

capitales  des  cinq  Pi:o^'"^^^.^îf  .fj''^i''^'?8 
ioï.  13.  3.  c.  15.  V,  11.  45.  46.  Jiidic  1.  18. 
Celle  ville  est  allribuée  à  la  Iribii  de  Juda. 
Jos  13  kri.Accaron  cumvicis  etvillulis  suis  : 
Accaron.  avec  ses  bourgs  et  ses  villages.  Ju- 
»lic  1  18.  Cepitque  Judas  Gazam  cim  finibiis 
suis  et  Ascalonem  atque  Accaron  cim  termi- 
nis  suis  :  Néanmoins,  ces  villes  qui  sont  cé- 
lèbres dans  l'Ecrilure  et  dans  les  auteurs 
profanes,  étaient  toutes  depuis,  entre  les 
iDains  des  Philistins,  et  l'on  ne  voit  pas  même 
qu'elles  aient  jamais  été  habitées  par  les  en- 
fants d'Israël,  qui  se  contentèrent  apparem- 
ment de  les  rendre  tributaires,  et  qui  ne 
jouirent  pas  même  longtemps  du  tribqt  qu'ils 
leur  avaient  imposé,  puisqu'elles  secouèrent 
hienlôl  leur  joug  et  eurent  même  sur  eux 
i'avanlage.  Voy.  Eslius  sur  cet  endroit  des 
Juges.  1.  Reg.  5.  10.  c.  6.  v.  16.  17.  Jérém. 
25.  25.  Amos.  1.  8.  Soph.  2.  4.  elc. 

ACCARONITiE,  arum.  Les  habitants  d'Ac- 
caron.  1.  Reg.  5.  iO.  Exclamuverunt  Acca- 
ronitœ  :  Ceux  d'Accaron  commencèrent  à 
crier  :  Us  nous  ont  amené  l'Arche  du  Dieu 
d'Israël,  afin  qu'elle  nous  lue,  nous  et  tout 
notre  peuple. 

ACCEDERE,  irpoGipyjaBai.  Ce  verbe  signifie 
proprement  s'avancer,  s'approcher;  mais  il 
a  plusieurs  significations  différentes,  selon 
les  personnes,  ou  les  choses  avec  lesquelles 
il  se  met,  ou,  selon  la  fin  qu'on  se  propose, 
en  s'adressant  à  quelqu'un.  Ainsi ,  Num.  27. 

I.  c.  36. 1.  Accesserunt ,  les  filles  de  Salphaad 
s'adressèrent  à  Moïse,  pour  le  prier  de  leur 
accorder  le  droit  de  succession. 

Avancer,  approcher  (è^yîÇetv).  Gènes.  27, 
^[.Accède  hue  ut  tan  g  am  fe:  Approchez-vous 
de  moi ,  afin  que  je  vous  tâte  ;  c'est  Isaac  qui 
parle  à  Jacob,  oui  s'était  revêtu  des  habits 
d'Esaù.  v.  22.  26.  27.  c.  33.  7.  Matth.  4.  v.  3. 

II.  c.  5.  1.  C.8.  V.  5.  19.  25.  etc.  Dans  le  s,ens 
iînpropre.  Ps.  90.  10.  Non  accedet  ad  te  ma- 
lum  :  Le  mal  ne  viendra  point  jusqu'à  vous. 
Ainsi  : 

1°  Accedcre  ad  Dominum,  ad  altare  Domini, 
ad  viinisternivi,  ad  sancluarium  :  Exercer  les 
fondions  du  sacerdoce  {èyyiCji-j).  Exod.  19. 
22.  Sacerdotes,  qui  accedunt  ad  Dominnm , 
sanclificentur  :Q[ie  Icsprêlres  qui  approchent 
du  Seigneur  [lour  faire  leurs  fondions  soient 
aussi  sanclifiés,  dit  Dieu  à  Moïse,  c.  30.  20. 
c.  40.  30.  Levil.  9.  v.  7.  8.  c.  21.  18.  Ce  qui 
se  dil  aussi  du  ministère  des  lévites.  Num.  1. 
51  {npoaKopéveTOxi).  Quisquis  extemorum  acces- 
serii  occidetur  :  Si  quelque  étranger  se  joint 
aux  lévites,  il  sera  puni  de  mort.  Il  appelle 
étrangers  tous  ceux  qui  n'étaient  pas  de  la 
tribu  deLévi.  c.  8.  19.  c.  16.  10. 

2"  Accedcre  ad  mulierem,  aduxorem  :  Ap- 
procher d'une  femme,  c'est  une  façon  de  par- 
ler honnête  pour  exprimer  l'usage  du  ma- 
riage. Isa.  8.  3.  Accessi  ad  PropUelissam,  et 
concepit .-  M'élant  approchéde  la  Prophélcsse, 
ellfi  conçut;  le  Prophète  parle  de  sa  femme. 
Lcvil.  18.  v.  ().  li.  19.  Ezocli.l8.  6. 

3"  Accedcre  ad  atiqucm  .Converser  fami- 
lièrement avec  quelqu'un.  Ad.  10.  28.  Vos 
scitis  quvinodo  ahominaium  sil  Judœo  covjun- 
gi  aut  accedcre  ad  alienirjenam  :  Vous  savez, 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE, 
des 


S6 


dit  saint  Pierre  à  Corneille,  que  les  Juifs  ont 
en  grande  horreur  d'avoir  quelque  liaison 
avec  un  étranger,  ou  de  l'aller  trouver  chez 
lui.  Eccli.  9.  19.  Si  accesseris  ad  illum  :  Si 
vous  approchez  de  celui  qui  a  le  pouvoir  de 
faire  mourir,  prenez  garde  de  ne  rien  faire 
mal  à  propos,  de  peur  qu'il  ne  vous  ôte  la 
vie. 

4°  Accedcre  in  judicio .-Venir  pour îa^cr,  i. 
e.pourpunirlescrimes  {TrpoTàytu  al.Trpoo-ïizetv). 
Malac.  3.  ^.Accedamad  vos  injudicio  :  Je  me 
hâterai  de  venir  pour  vous  juger  ;  Dieu  parle 
aux  Juifs,  qu'il  menace  de  punir  avec  toute  la 
sévérité  de  sa  justice. 

b'  Accedere  ad  aliquem  :  Se  joindre  à  quel- 
qu'un, se  liguer  avec  lui ,  entrer  dans  son 
parti.  1.  Mach.  8.  1.  Quicumque  accesserunt 
ad  eos  statuerunt  cum  eis  amicitias  :  Les  Ro- 
mains ont  fait  amitié  avec  tous  ceux  qui  se 
sont  venu  joindre  à  eux.  C.  10.  26.  Non  ac- 
cessistis  ad  inimicos  nostros  :  Vous  ne  vous 
êtes  point  unis  à  nos  ennemis  {nporj/jjùptïv). 
Démélrius  tâche  de  gagner  les  Juifs  contre 
Alexandre,  fils  d'Antlochus. 

Accedere  adDeum,  ou  coram  Deo. —  1* 
Recourir  à  Dieu  et  rechercher  sa  faveur.  Heb. 
7.  25.  Salvare  in  perpeluum  potest  accedentes 
per  semelipsum  ad  Deum  :  Jésus-Christ  peui 
sauver  pour  toujours  ceux  qui  s'adressent  à 
Dieu  par  son  entremise,  c.  10.  22.  c.  11.  6.  1. 
Pelr.  2.  4.  Ps.  33.  6.  Ecdi.  1.  v.  36.  40. 

Ainsi,  Accedere  ad  sapientiam,  rechercher 
à  s'instruire.  Eccli.  6.  19.  Quasi  is  qui  arat 
et  seminat  accède  ad  eam  :  Approchez-vous 
de  la  sagesse,  comme  celui  qui  laboure  et 
qui  sème. 

2°  Offrir  des  sacrifices  à  Dieu.  Heb.  10.  1. 
Nunquam  potest  accedentes  perfectos  facere. 
La  loi  ne  peut  jamais  rendre  justes  et  parfaits 
ceux  qui  s'approchent  de  Dieu  pour  lui  offrir 
des  sacrifices. 

3*  Consulter  Dieu.  1.  Reg.  14.  16.  Accéda- 
mus  hue  ad  Deum  :  Le  prclre  dit  à  Saiil  :  Al- 
lons ici  consulter  Dieu. 

A  quoi  peut  se  rapporter  cette  phrase,  .4c- 
cedere  ad  servitutem  JDei  :  Enirei'  au  service 
de  Dieu,  commencer  à  le  servir.  Elccli.  2.  1. 
Fili,  accedens  ad  servitutem  Dei,sta  in  justi- 
tia  :  Lorsque  vouà  entrerez  au  service  de 
Dieu,  demeurez  ferme  dans  la  justice. 

Autres  significations  de  ce  verbe. 

1°  Arriver,  échoir.  Eccli.  32.  [v.  9. 14.  Pro 
reverentia  accedet  tibi  bona  gratia  :  La  rete- 
nue à  écouter  en  silence,  vous  acquerra 
beaucoup  de  grâce. 

2°  Enlrer,  pénétrer.  Ps.  63.  7.  Accedet  Ho- 
mo ad  cor  altum  :  L'homme  entrera  dans  le 
plus  profond  de  son  cœur,  croyant  s'y  cacher, 
et  se  llattant  d'y  pouvoir  trouver  des  moyens 
très-assurés  pour  accabler  l'innocent. 

ACCESSUS,us,7r/>o«7«7W7>i.  Ce  moïse  prend, 
ou  proprement,  ou  figurémenl.  —  1°  Appro- 
che, accès,  dans  la  signification  propre.  2. 
Mach.  12.  21.  Jj^rat  inexpugnabile  et  accessu 
difficile  propler  locorum  angustias  :  La  place 
appelée  Camion,  était  imprenable,  et  l'accès 
en  paraissait  fort  difficile,  à  cause  des  lieux 


57 


ACC 


A  ce 


58 


très-étroits,  par  lesqaels   il   fallait   passer 
[BvvTpô'rno;,  occessu  (Ufficiiis). 

De' celle  signiflcalion  propre  vient,  Acces- 
sus  ad  altare  :  L'accès  à  l'aulel ,  c'est-à-dire 
l'entrée  dans  les  fondions  du  sacerdoce.  2. 
Mach.  li.  3.  Considerans  nullo  modo  sibi  esse 
salutem  ,  neque  arcessum  ad  altare  :  Alcime. 
considérant  qu'il  n'y  avait  plus  aucune  res- 
source pour  lui  et  qu'il  ne  pourrait  plus  ar- 
river à  la  grande  sacrificature  tant  que  Judas 
Machabée  jouirait  paisiblement  de  la  princi- 
pauté, vint  trouver  le  roi  Démétrius  pour  se 
faire  rétablir  (-ûÔTooor). 

2"  Accès,  entrée,  prise  figuréraent.  Rom. 
5.  2.  Per  quem  et  habemus  accessiim  per  fidem 
in  gratiam  istam : C'esi  Jésus-Christ  qui  nous 
a  donné  aussi  entrée  par  la  foi  à  la  grâce 
de  la  justification.  Ephes.  2.  18.  Per  ipsum 
habemus  accessiim  ambo  ni  uno  spiritu  ad  Pa- 
trem  :  C'est  par  lui  que  nous  avons  accès  les 
uns  et  les  autres  vers  le  Père,  par  le  même 
esprit,  c.  3.  12.  c'est-à-dire  que  c'est  Jésus- 
Christ  qui  nous  a  mérité  par  ses  souffrances 
notre  réconciliation  avec  Dieu,  et  la  partici- 
pation de  ses  grâces. 

ACCELERARE,  t«/vvs«v.  Ce  verbe,  qui  est 
composé  de  la  préposition  ad,  et  de  l'adjectif 
celer,  est  quelquefois  neutre  et  quelquefois 
actif.  Ainsi,  il  signifie  : 

1°  Se  hâter,  s'empresser.  Ps.  15.  3.  Mulli- 
plicatœ  sunt  infirmitates  eorum,  postea  acce- 
leraverunt  :  Les  impies  ont  multiplié  leurs 
idoles  ,  faibles  et  incapables  de  les  aider,  et 
ensuite,  se  sont  empressés  pour  les  adorer. 
Isa.  8.  3.  Accéléra  spolia  detrahere  :l\âilez- 
vous  de  prendre  les  dépouilles;  c'est  le  nom 
que  le  Prophète  donne  à  son  fils,  par  l'ordre 
de  Dieu.  Heb.  Maher  Schadal  :  ce  nom  mar- 
que visiblement  Jésus-Christ,  qui  a  terrassé 
le  Fort  armé,  et  a  distribué  ses  dépouilles. 
Gen.  18.  6.  2.  Par.  26.  20.  Ps.  30.  3.  1.  Mach. 
13.  10. 

2°  Accélérer,  diligenter,  presser  une  af- 
faire (x'/.TKTTTsvoîev).  Eccii.  43.  li.  Imperio  suo 
acceleravit  nivem  :  Le  Seigneur  commande, 
et  la  neige  tombe  aussitôt.  Esth.  2.  9.  2. 
Mach.  9.  7. 

ACCENDERE  ,  xaîstv.  Ce  verbe  vient  d'arf 
et  de  l'ancien  cando,  candeo  ;  ainsi ,  il  signi- 
fie proprement,  rendre  blanc,  luisant,  res- 
plendissant, et  dans  un  sens  moins  propre, 
enflammer,  parce  que  la  (lammc  n'est  point 
sans  lumière;  et  par  métaphore,  rendre  il- 
lustre, célèbre  et  glorieux. 

1°  Allumer,  produire  de  la  lumière  en  atta- 
chant du  feu  à  quelque  matière  combustible, 
qui  est  capable  de  donner  de  la  clarté.  Malth. 
5.  15.  Luc.  8.  16.  c.  11.  33.  Nemo  lucernam 
accendit  et  in  abscondito  ponil  :  Il  n'y  a  per- 
sonne qui  ayant  allumé  une  lampe,  la  mette 
en  un  lieu  caché  (aTrrîtv).  Voy.  Lucerna.  2. 
Par.  13.  11.  Judith.  13.  16.  Job.  41.  10.  Ba- 
ruch.  6. 18.  1.  M.ich.  k.  50.  c.  12.  28,  etc.  De 
cotte  signification  viennent  ces  expressions 
figurées  : 

Accendere  irjnem  :  allumer  un  feu,  soit  de 
la  colcr(;  de  Dieu.  Isa.  50.  11.  Ecce  vos  omnes 
accendentes  ir/nem  :  Vous  avez  tous  allumé 
un  feu  qui  vous  brûle.  Ce  feu  est  celui  des 


persécutions  et  des  afflictions  qu'ils  s'étaient 
attirées  par  leurs  crimes.  Num.  11.  1,  Ps.  77. 
21.  Judic.20.  38.  Dan.  7.  9.  Luc  22.  55. 

Soit  celui  delà  charité  (ivâ— etv).  Luc.  12. 
49.  Ignem  veni  miltere  in  terram,  et  quid  vola 
nisi  ut  accendatur?  Je  suis  venu  pour  jeter 
le  feu  sur  la  terre,  et  que  désirai-je  ,  sinon 
qu'il  s'allume?  Ce  feu  est  celui  de  la  charité, 
que  le  Saint-Esprit  a  répandu  dans  les  cœurs 
des  fidèles.  Les  nouveaux  interprètes  l'ex- 
pliquent du  feu  des  persécutions,  qui  se  font 
à  cause  de  l'Evangile,  qui  est  exprimé  par 
l'épée.  Mallh.  10.  3i. 

Accendere  incensum  ,  thura  ,  thymiamn  : 
Brûler  de  l'encens  ,  c'est  offrir  des  sacrifices 
ou  de  l'encens,  soit  au  vrai  Dieu  {^-juti-j).  3. 
Reg.  3.  3.  Excepta  quod  in  excelsis  immolahat 
et  accendebat  thymiama  :  Salomon  aimait  Dieu 
et  observait  les  ordonnances  de  David,  son 
père,  hormis  qu'il  sacrifiait,  par  le  ministère 
des  prêtres,  sur  les  hauts  lieux.  Ce  qui  se  to- 
lérait néanmoins,  parce  que  le  tabernacle 
était  à  Gabaon,  un  peu  trop  loin  de  Jérusa- 
lem.   Voy.  EXCELSA. 

Soit  aux  idoles  (eOstv,  immolare).  Ose.  2. 
13.  c.  4.  13.  Super  colles  accendebant  thymia- 
ma :  Les  Israélites  brûlaient  de  l'encens  sur 
les  collines.  Ezech.  6.  13.  1.  Mach.  2.  15. 

2^  Allumer,  enflammer,  exciter,  animer 
(îxxxiîtv).  Ps.  77.  38.  Non  accendit  omnem 
iram  :  Dieu  n'allumait  pas  contre  les  Israé- 
lites toute  sa  colère.  Judith.  8.  12.  Ps.  78.  5. 
1.  Mach.  13.  7.  2.  Mach.  4.  38.  c.  7.  39.  c.  10. 
35.  c.  14.  45. 

3'  Faire  briller,  faire  éclater,  dans  le  figu- 
ré. Isa.  62.  1.  Donec  Saltator  ejus,  tit  lampas 
accendatur  :  Jusqu'à  ce  que  le  Sauveur  de 
Jérusalem  brille  comme  une  lampe  allumée. 
Le  Prophète  soupire  après  l'établissement 
de  l'Eglise  qui  est  la  véritable  Jérusalem, 
dans  laquelle  le  S.iuveur  du  monde,  qui  en 
est  la  lumière,  doit  éclater  par  sa  puissance 
et  ses  merveilles.  Eccli.  32.  20.  Justitias 
quasi  lumen  accendent  :  Les  justes  font  bril- 
ler leurs  vertus  comme  un  feu  et  une  lu- 
mière  qui  les  éclaire   dans  la  droite   voie 

ACCENSIBILIS,  e.  Si  ce  mot  était  en  usa- 
ge, il  signifierait ,  (fui  peut  être  allumé  ou 
enflammé;  mais  il  se  met  ici  pour  le  parti- 
cipe acce7isus,  a,  um,  /r/'/vuc'vo,-.  Heb.  12.  18. 
Non  uccessistis  ad  tractabilem  montem  et  ac- 
censibilem  ignem  :  Vous  ne  vous  êtes  pas 
maintenant  approchés  d'une  montagne  sen- 
sible et  d'un  feu  brûlant,  i.  e.  Vous  n'avez 
point  reçu  une  loi  comme  les  Juifs,  parmi 
les  feux  et  le  bruit  des  tonnerres. 

ACCERSERE,  77ûO!7/'/>.Erv.  Ce  verbe  vient 
à'accio,  autrefois  arcio;  d'où  se  fait  a/resic/o, 
qui  signifie  : 

i'  Appeler,  faire  venir  [utzu-A'Aîi-j).  Act.  7. 
14.  Accersivit  Jacob  patrem  suum  ;  Joseph 
envoya  quérir  Jacob  son  père  et  toute  sa  fa- 
mille, c.  10.  5.  c.  11.  13.  c.  13.  7.  Marc.  15. 
44.  Gen.  20.  9.  c.  41.  8.  c.  44.  4.  etc. 

2  Attirer  sur  soi.  S;ip.  1.  10.  Jmpii  mani- 
bus  et  verbis  accersierunt  illam  :  Les  mé- 
chanta  c-nt  appelé  la  mort  à  eux,  |'ar  leurs 
(L'uvres  et  par  leurs  paroles.  Les  premiers  de 


DICTIONiNAiRE  DE  PHILOLOGIE  SACUEF^. 


59 

ces  méchants  ont  été  Adam  et  Eve,  qui  sonl 
la  source  el  le  principe  de  tous  les  autres,  et 
c'est  par  eux  que  le  pèche  est  entre  dans  le 
monde,  et  la  mort  par  le  pèche. 

vrrÈS  Heb.  perversus,  père  d  Hira,  de  la 
viltede  rhecua.^2.  Reg.  23^  26.  1.  Par.  11. 
28.  c.  27.9. 

ACCHO,  us,  Heb.  Compressus,  ville  dans 
la  tribu  d'Aser,  dont  les  Israélites  ne  vou- 
lurent pas  exterminer  les  hnbitanis.  Judic. 
I.  31.  Aser  non  delevit  habitntores  Acclio  et 
Sidonis  :  Celte  ville  a  depuis  été  appelée  Pto- 
lémaïde. 

ACCIDERE  ,  yhtGecr.i,  (rvaSv-utu.  Ce  verbe  , 
composé  d'ad  et  de  cadere  ,  signifie  arriver  , 
en  parlant  des  rencontres  de  toutes  les  choses 
qui  se  font  dans  le  inonde,  soit  par  hasard  , 
soit  dans  le  cours  ordinaire  de  la  nature. 

Arriver,  échoir.  Eccli.  5.  k.  Ne  dixeris  : 
Peccavi  et  quid  mihi  accidit  triste?  Ne  dites 
point  :  J'ai  péché  ,  et  que  m'en  est-il  arrivé 
de  mal?  Dieu  suspend  longtemps  l'arrêt  de 
sa  vengeance,  parce  qu'il  est  terrible  et  ir- 
révocable; il  est  palient,  parce  qu"il  est  éter- 
nel. Marc.  6.  21.  Cum  dies  apport unus  acci- 
disset:U  arriva  un  jour  favorable  au  des- 
sein d'Hérodiade,  pour  faire  mourir  saint 
Jean.  c.  9.  21.  c.  2i.  14.  Ad.  k.  21.  c.  20. 19. 
Gen.  24.  67.  c.  26.  v.  1.  20.  etc.  Luc.  10. 
31.  Accidit  autem.  Gr.  xxTà  (jvyy.\)piv.'j ,  casa. 

ACCINGERE,  Tr^ctÇwwjetv,  ÇojvvOc-r.'.  Ce  verbe 
signifie  ceindre,  mettre  autour  des  reins  quel- 
que chose  qui  lie  et  qui  serre  ;  mais  il  mar- 
que aussi  se  préparer. 

Cette  signification  vient  de  la  coutume  des 
Orientaux,  qui  portaient  des  habits  longs, 
et  les  relevaient  autour  d'eux  avec  une  cein- 
ture, lorqu'ils  se  disposaient  à  faire  quelque 
chose  de  difficile. 

1°  Se  ceindre.  Exod.  12.  11.  Renés  vestros 
accingetis  :  Vous  ceindrez  vos  reins.  Les 
Juifs  étaient  obligés  de  ceindre  leurs»  reins 
et  d'être  debout  ,  quand  ils  mangeaient  l'a- 
gneau pascal.  Levit.  8.  7.  c.  16.  h.  4.  Reg. 
1.  8.  etc.  Ainsi,  Ezech.  44.  18.  Non  accin- 
(jentur  in  sudore  :  Les  prêtres  et  les  lévites 
ne  se  ceindront  point  d'une  manière  qui 
leur  excite  la  sueur. 

De  là  viennent  ces  phrases  : 

Accingere  lumbos  suos  :  Ceindre  ses  reins  ; 
c'est,  1°  se  tenir  prêt  pour  aller  quelque 
part.  4.  Reg.  4.  29.  c.  9.  1.  Jerem.  1.  17  ; 
2°  prendre  courage,  et  se  revêtir  de  nou- 
velles forces.  Job.  38.  3.  Accinge,  sicut  tir, 
lumbos  /uos:  Ceignez  vos  reins  comme  un 
homme,  c.  40.  2.  Prov.  31.  17.  V.  Lumbus, 
et  parce  qu'autrefois  l'épée  se  pendait  à  la 
ceinture,  on  dit: 

Accingi,  ense ,  gladio ,  armis  bellicis  :  Etre 
ceint  de  son  épée  ou  de  ses  armes,  j,  e,  être 
prêt  de  combattre.  1.  Reg.  25.  13,  Accinga- 
tiir  unusqnisque  gladio  suo  :  Que  chacun 
prenne  son  épée;  et  accincti  stint  singuli  gla- 
diis  suis;  nccinctusque  est  et  David  ense  suo  : 
Tous  prirent  leurs  épées,  et  David  pril  aussi 
la  sienne,  pour  se  venger  de  l'ingratitude  de 
Nabal.  c.  17.  38.  2.  Reg.  20.  8.  V.  Desu- 
PER.  c.  31.  16.  Judic.  18.  11.  2.    Esdr.   4. 


GO 

18.  etc.  On  dit  aussi  simplement  accingi,  être 
armé,  être  préparé  à  combattre.  Gen.  49. 
19  :  Gad  accinctus  prœliabitur  ante  eum  et 
ipse  accingetur  retrorsum  :  Gad  combattra 
tout  armé  à  la  tête  d'Israël ,  et  il  retournera 
ensuite  couvert  de  ses  armes.  Cela  se  rap- 
porte à  la  fermeté  avec  laquelle  cette  tribu 
marcha  avec  celle  de  Ruben  et  de  Manassé  , 
à  la  têie  de  toutes  les  autres,  pour  combattre 
leurs  ennemis,  jusqu'à  ce  qu'ils  se  fussent 
rendus  maîtres  de  la  Terre-Sainte,  ou  bien 
à  quelques  guerres  qu'ils  ont  eues  avec 
leurs  voisins.  Num.  32.  17.  Isa.  8.  9.  Accin- 
gitevos  :  Prenez  vos  armes.  1.  Mach.  3.  58. 
Accingimini  :  Vi'enez  vos  armes  pour  mar- 
cher contre  Antiochus. 

2°  Vêtir,  revêtir,   couvrir,    environner. 

1.  Reg.  2,  1.  18.  Samuel  ministrabat  ante  fa- 
ciem  Bomini,  puer  accinctus  Ephod  Uneo  : 
L'enfant  Samuel  servait  devant  le  Seigneur, 
revêtu  d'un  éphod  de  lin.  2.  Reg.  6.  14.  Isa. 
50.  11.  Accincti  flammis  :  Vous  êtes  environ- 
nés de  flammes  de  la  colère  de  Dieu.  Jésus- 
Christ  menace  ici  les  méchants  de  les  punir, 
s'ils  ne  font  pénitence. 

Ainsi  ,  Accingi  ou  accingere  se  saccis,  ou 
ciliciisj  être  revêtu  de  sacs  et  de  cilices  ;  ce 
qui  marque  ordinairement  un  état  de  deuil 
et  d'affliction.  Isa.  15.  3.  In  triviis  ejus  ac- 
cincti sunt  sacco  :  Les  Moabites  ruinés  iront 
dans  les  rues  revêtus  de  sacs.  2.  Reg.  3.  31. 
Accingimini  saccts  ;  Couvrez-vous  de  sacs, 
dit  David,  pour  pleurer  Abner.  Isa.  32.  11. 
Jer.  4.  8.  c.  6.  26.  c.  49.  3.  Thren.  2.  10. 
Ezech.  7.  18.  c.  27.  31.  Joël.  1.  v.  8.  13. 
V.  Saccds. 

C'est  de  cette  signification  que  se  foui  ces 
expressions  figurées  ; 

Accingere  exsultatione :'R.einp\'ir  de  joie.  Ps. 
64.  13.  Esxullatione  colles  accingentur  :  Les 
collines  deviendront  riantes  par  la  multi- 
tude des  biens  dont  elles  seront  couvertes  au 
retour  de  la  captivité  ;  ce  qui  a  rapport  à 
cette  phrase,  Ps.  29.  12  :  Circumdedisti  m<i 
lœlitia  :  Vous  m'avez  tout  environné  de 
joie. 

Accingere  specie  et  pulchritudine  :  Revêtir 
et  orner  de  beauté  el  de  majesté.  Ps.  44.  5. 
Specie  tua  et  pulchritudine  tua,  sup.  accin- 
gere :  Servez-vous  de  voire  beauté  el  de, 
votre  majesté.  L'éclat  de  la  majesté  du  Fils 
de  Dieu,  est  celte  force  toute  divine  que  le 
prophète  exprime  par  cette  épée  qu'il  le  prie 
de  ceindre  sur  sa  cuisse  ,  i.  e.  dont  il  prédit 
que  sa  sainte  humanité  sera  revêlue.  Voyez 
Gladius. 

3"  Proléger,  munir,  fortifier.  Isa.  45.  5. 
Accinxi  te,  et  non  cognovisli  me  :  Je  vous  ai 
rempli  de  forces,  sans  que  vous  me  connus- 
siez. Dieu  parle  à  Cyrus,  qu'il  devail  rendre 
victorieux  des  rois  el  des  peuples  ,  surtout 
des  Babyloniens,  pour  rendre  aux  Juifs  leur 
liberté.  Ainsi  : 

Accingere  robore,  forliludine  :  Remplir  de 
force,  revêtir  de  force  el  de  puissance.  l.Reg. 

2.  4.  Infirmi  accincti  sunl  robore  :  Les  fai- 
bles ont  été  remplis  de  force.  2.  Reg.  22. 
v.33.40.  Accinxisli  me  forlitudine  :  Seigneur, 
vous  m'avez  revêtu  de  force  pour  combattre, 


61 


ACC 


ACG 


62 


dit  David.  Prov.  31.  17.  Ainsi,  Dieu  est  re- 
vêtu et  comme  environné  de  force  et  de  puis- 
sance. Ps.  6V.  7.  Accinctus  potentia.  Celte 
expression  vient  de  ce  que  ceux  qui  ont  les 
reins  ceints  semblent  plus  lestes  et  plus  dis- 
posés à  agir  avec  force  et  vigueur. 

4°  Lier  par-dessous  (iJToÇwvvûjtv).  Act.  27. 
17.  Adjutoriis  utebantur  accingentes  na- 
vem  :  Les  matelots  employèrent  toutes  sor- 
tes de  moyens,  et  lièrent  le  vaisseau  par-des- 
sous. 

ACCINCTUS,  A,  UM.  1°  Troussé,  qui  a  sa 
robe  relevée  et  ceinte,  pour  être  prêt  à  tout. 
Jos.  3.  17.  Sacerdotes  stabant  in  medio  Jor~ 
demis  accincti  :  Les  prêtres  qui  portaient 
l'arche  d'alliance  du  Seigneur  se  tenaient 
toujours  au  même  état  sur  la  terre  sèche  , 
au  milieu  du  Jourdain.  Habac.  3.  16.  Ut  as- 
cendam  ad  populum  accincium  noslrum  : 
Que  je  me  joigne  à  notre  peuple  pour  mar- 
cher avec  lui. 

2°  Qui  est  armé,  prêt  à  combattre.  3.  Reg. 
20.  11.  Ne  glorietur  accinctus  œque  ut  dis- 
cinctus  :  Que  celui  qui  est  prêt  à  combattre 
ne  se  glorifle  point,  comme  s'il  avait  déjà 
remporté  la  victoire,  dit  Achab  à  Benadab. 
V.  DisciNCTUS.  Gen.  49.  19.  Num.  32.  17.  2. 
Reg.  22.  30. 

ACCIPERE,  ).a|:xg«v££v.  Ce  verbe  renferme  les 
signiflcations  des  verbes  hébreux  lakach , 
capercy  accipere,  sumere,  assumere ,  qui  se 
prend  en  bonne  et  en  mauvaise  part,  et  de 
nasa,  qui  signifie  ferre,  sustinere,  attollere, 
sumere,  tollere,  auferre.  Ainsi  ,  il  a  un  grand 
nombre  de  significations  différentes,  qui  se 
peuvent  réduire  à  trois  ou  quatre  chefs  : 
recevoir,  prendre  en  main,  et  prendre  par 
force. 

§  1.  —  1°  Recevoir,  accepter  ce  qu'on  nous 
donne  ,  ou  qu'on  nous  met  en  main  ,  pour 
quelque  cause  que  ce  soit.  Matth.  7.  8.  Om- 
nis  qui  petit,  accipit  :  Quiconque  demande  , 
reçoit  ;  on  ne  reçoit  pas  toujours  des  hom- 
mes ce  qu'on  leur  demande,  mais  on  reçoit 
toujours  de  Dieu  ce  qu'on  lui  demande,  ou 
quelque  chose  de  meilleur,  si  l'on  demande 
bien.  Jac.  h.  3.  Petitis  et  non   accipitis  eo 
quod  maie  petatis  :  Vous  demandez  et  vous 
ne  recevez  point,  parce  que  vous  demandez 
mal.  Joan.  16.  24.  Matth.  10.  8.  c.  19.  29.  c. 
20.  V.  9.  10.  11.  c.  25.  V.  16.  17.  18.  etc.  Act. 
20.  35. 
De  là  viennent  ces  phrases  : 
Accipere  munera  ,  Recevoir  des  présents  , 
c'est    se    laisser    corrompre   par   présents. 
Exod.  23.  8.  Necuccipies  munera  quœ  excœ- 
^  cant  prudentes  :  Vous  ne  recevrez  point  de 
présents,   pnrce    qu'ils    aveuglent    les  plus 
sages.  Les  juges  qui  sont  vraiment  sages, 
considèrent  les  présents  comme  des  pièges 
très-dangereux  qu'on  leur  tend.   Deut.  16. 
19.  c.  27.  25.    1.  Reg.  8.  3.  Job.  15.  34.  Ps. 
14.  5.  Prov.  17.  23.  Ezech.  22.   12.  Amos. 
5.22. 

Accipere  mutuum,  emprunter,  prendre  à 

intérêt.  Prov.  22.  7.  Qui  accipit  mutuum  ser- 

vus  est   fœnerantis  :  ilciui  qui  emprunte  est 

assujetti  à  celui  qui  prêle.  Isa.  24.  2. 

2°  Recevoir  pour  donner.  Ps.  67.  19.  Acce- 


pisti  dona  in  hominibus  :  Vous  avez  reçu  des 
présents  pour  les  distribuer  aux  hommes. 
Saint  Paul  expliquant  ce  passage,  dit,  Ephes. 
4.  8.  Dédit  dona  hominibus.  Selon  la  pen- 
sée de  saint  Jérôme  ,  le  prophète  dit  que  le 
Fils  de  Dieu  avait  reçu  ces  présents  et  ne  les 
avait  pas  encore  distribués  ;  mais  lorsque 
l'Apôtre  écrit,  il  les  avait  distribués.  Ainsi 
saint  Paul  ne  dit  pas  qu'il  les  avait  reçus  , 
mais  qu'il  les  a  donnés;  d'ailleurs,  celui 
qui  doit  faire  un  présent  le  prend  ordi- 
nairement en  ses  mains  pour  le  donner  en- 
suite ;  ainsi  : 

Accipere  alicui  uxorem  ,  Prendre  une  fem- 
me pour  quelqu'un,  c'est  la  choisir  et  la  lui 
faire  épouser.  Gènes.  21.  21.  c.  24.  7.  Exod. 

34.  16.  Deut.  7.3.  Judic.  14.  v.  2.3.2.  Par. 
24.  3.  etc. 

3^  Recevoir,  obtenir,  acquérir.  Apoc.2.  28. 
c.  4.  11.  c.  5.  12.  Dignus  est  Agnus,  gui  oc- 
cisus  est ,  accipere  virtutem  et  divinitatem  : 
L'Agneau  qui  a  souffert  la  mort  est  digne  de 
recevoir  la  puissance,  la  divinité,  Gr.  les  ri- 
chesses, V.  DiviNiTAS.  Jésus-Christ,  comme 
homme ,  a  reçu  toute  la  gloire  qu'il  avait 
méritée  par  ses  souffrances.  Ps.  108.  8.  Act. 
1.  20.  2.  Petr,  1.  20.  etc. 

4'  Recevoir,  admettre,  agréer.  Gènes.  37. 

35.  Noluit  consolationem  accipere  :  Jacob  ne 
voulut  point  recevoir  de  consolation  en 
voyant  la  robe  de  Joseph  teinte  de  sang.  Ose. 
14.  3.  Accipe  bonwn  :  Recevez  nos  vœux. 
V.  BoNUM.  Jerem.  5.  3.  Renuerat  accipere 
disciplinam  :  Les  habitants  de  Jérusalem 
n'ont  point  voulu  se  soumettre  au  châtiment, 
c.  17.  23.  c.  25.  28.  c.  32.  33.  Prov.  8.  10 
Matth.  10.  38.  Joan.  13.  20.  c.  5.  43.  c.  3. 
V.  11.  32.  etc.  d'où  vient  Dextras  accipere  . 
Recevoir  une  composition.  1.  Mach.  11.  66. 
c.  13,  50.  V.  Dextra.  Ainsi ,  recevoir  avec 
docilité  ,  apprendre.  1.  Cor.  11,  23.  Ego  ac- 
cepi  a  Domino  quod  et  tradidi  vobis  :  C'est 
du  Seigneur  même  que  j'ai  appris  ce  que  je 
vous  ai  aussi  enseigné,  c.  15.  v.  1.3.  Gai.  1.  v. 
9.  12.  Philipp.  4.  9.  Coloss.  2.  6.  1.  Thess.  2. 
13.  c.  4.  1.  Apoc.  3.  3.  etc. 

5°  Recevoir,  prendre  en  sa  garde,  en  sa 
défense.  Ps.  48.  16.  Deus  redimet  animam 
mcam  de  manu  inferi,  cum  acceperit  me  :  Dieu 
délivrera  mon  âme  de  la  puissance  de  l'en- 
fer, lorsqu'il  m'aura  pris  en  sa  défense.  Ps. 
17.  17.  Tob.4.  3. 

6°  Recevoir,  introduire,  prendre  avec  soi 
ou  chez  soi.  Joan.  6.  21.  Votuerunt  accipere 
eum  in navim  :  Les  apôtres  voulurent  pren- 
dre Jésus  dans  leur  barque,  c.  19.  27.  Ex 
illa  hora  accepit  eam  discipulus  in  sua  :  De- 
puis cette  heure-là  ce  disciple  la  pril  ehoz 
lui  V.  Suus.  Saint  Jean  prit  avec  lui  la  sainte 
Vierge  comme  sa  mère.  c.  14.  3. 

7°  Endurer,  souffrir,  supporter  {^iyjaOui). 
2.  Cor.  11.  16.  Velut  insipientcm  accipite  me: 
Souffrez-moi ,  dit  saint  Paul  ,  comme  impru- 
denl.  Matth.  23,  14.  Majus  judiciuni  accipie- 
tis  :  C'est  pour  cela  que  vous  recevrez  une 
condan)nation  plus  rigoureuse.  Marc,  12, 
40.  Luc.  20.  47.  2.  Cor.  11.  24.  Apoc.  18,4. 
2.  Parai.  22.  6.  etc.  d'où  vient  accipere  op- 
probrium  adversus  aliquem  :  Souffrir  les  me- 


DfCTIONNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 
font  contre  le  prochain.  Ps. 


Gi 


Aisance?  qui  se  , 

14   3   V.  Opprobrium.  Ainsi  : 

Dure,  moleste,  graviter  accipere;  suppor- 
leravecpeine.  Gènes.  21.  11.  c   i8.  17 

8-  Porter,  se  charger  de  quelque  chose. 
Millh  8  17.  Jpse  infîrmilates  nosiras  acce- 
vit  •  Il  a  pris  lui-même  nos  lan^îueurs  ,  et 
ses't  chargé  de  nos  maladies.  V.  .'Egrotatio. 
Ceci  est  pris  d'Isaïe.  c.  53.  4.  Vere  lamjuores 
nostros  ipse  tulit  :  comme  les  Hébreux  se 
servent  de  lakach,  accipere,  pour  nasa,  tôl- 
ière, et  les  Septante  de  Çy,uê«v-r;  pour  oépuy. 
Lcvit.  17.  16.  c.  28.  9.  et  ailleurs  ;  ainsi , 
accipere  se  prend  quelquefois  pour  ferre,  fo/- 
/ere.  Saint  Pierre  citant  le  passage  d'Isaïe,  dit, 

I.  Petr.  2.  24-.  Qui  peccata  nostra  ipse  pertu- 
lit  in  coTpôre  siio  :  C'est  lui  qui  a  porté  nos 
péchés  en  son  corps.  Celui  qui  a  pris  sur  soi 
nos  péchés,  s'est  aussi  chargé  de  nos  mala- 
dies,  qui  représentent  les  péchés,  et  qui 
en   sont  des  effets  et  des  suites.  V.  Infir- 

MITAS. 

9"  Recouvrer  (•/oaiÇîtv,  recuperare).  Heb. 

II.  19.  Ewn  in  paràbolam  accepit  :  Abraham 
recouvra  son  fils  Isaac  d'entre  les  morts  , 
en  figure  de  la  résurrection.  V.  Parabola. 

§2. —  1°  Prendre,  empoigner,  avoir  à  la 
main.Matlh.26.26.i4cce/)i7Jesitspane7?!;  Jésus 
prit  du  pain  en  instituant  l'eucharistie,  v.  27. 
£t  nccipiens  calicem  :  Et  prenant  le  calice. 
V.  52.  Qui  acceperint  gladium,  gladio  peri- 
bunt  :  Tous  ceux  qui  prendront  l'épée  pour 
s'en  servir  périront  par  l'épée.  Cela  s'en- 
iend  de  ceux  qui  la  prennent  d'eux-mêmes, 
sans  la  permission  d'une  puissance  supé- 
rieure et  légitime,  c.  27.  v.  24-.  30.  48.  c.  13. 
v.  31.  33.  c.  25.  3.  Eccli.  37.  5.  Ps.  115.  3. 
Ephes.  6. 13.  etc. 

2°  Prendre,  choisir.  Ps.  77.  71.  De  post 
fœtnntes  accepit  eum  :  Dieu  a  pris  David  pour 
le  faire  roi,  lorsqu'il  suivait  les  brebis.  Ps. 
74.  3.  Cum  accepero  tempus,  ego  justilias  ju- 
dicabo  :  Lorsque  j'aurai  pris  mon  temps  ,  je 
jugerai  et  rendrai  justice.  V.  Justitia.  2 
Mach.  4.  32.  Ainsi  : 

Consilium  accipere  :  Prendre  conseil,  déli- 
bérer. iMatth.  28.  12.  Consilio  accepta:  Après 
avoir  délibéré.  On  peut  aussi  rapporter  à 
cette  signification,  Uxorem  accipere  :  Se  ma- 
rier. Gènes.  4.  19.  Accepit  duas  uxores  :  La- 
ntech eut  deux  femmes.  C'est  Lamech  qui  a 
introduit  la  polygamie  contre  la  première 
loi  que  Dieu  donna  au  premier  homme  dans 
le  paradis;  elle  a  néanmoins  été  depuis  per- 
mise aux  hommes  après  le  déluge  ,  pour  ré- 
parer le  genre  humain,  et  aux  Juifs  pour 
multiplier  le  peuple  de  Dieu  dont  le  Messie 
devait  naître.  Mais  Jésus-Christ  établissant 
la  loi  nouvelle,  a  rétabli  la  sainteté  du  ma- 
riage telle  qu'elle  était  dans  son  origine, 
c.  G.  2.  c.  19.  14.  c.  21.21.  c.  24.  V.  3.  4.  7. 
37.  38.  40.  etc. 

3'  Prendre  possession,  obtenir,  posséder. 
Luc.  19.  12.  Homo  quidam  nobilis  abiit  in  re- 
(jionem  lonainqunm  accipere  sibi  reqnum  :  Un 
homme  de  grande  naissance,  dit  Jésus-Christ, 
s'en  alla  dans  un  pays  fort  éloigné  pour  y 
prendre  possession  d'un  royaume,  v.  15. 
Apoc.  11    17.  Gralias  aijimus'Ubi,  quia  acce^ 


pisti  virtutem  tuam  magnam.  Nous  vous  ren- 
dons grâces  de  ce  que  vous  êtes  entre  eu 
possession  de  votre  grande  puissance.  Ce 
sont  les  vingt-quatre  vieillards  qui  parlent 
au  Fils  de  Dieu. 

4"  Prendre,  saisir,  occuper,  ce  qui  s'entend 
figurément  des  passions.  Luc.  7.  16.  Accepit 
omncs  timor,  pour  cepil  :  Tous  ceux  qui 
étaient  présents  furent  saisis  de  frayeur.  Sap. 
11.  13.  Duplex  illos  acceperat  tœdium  :  Ils 
trouvèrent  un  double  sujet  de  peine.  Voy. 
Capere. 

5°  Employer,  appliquer.  Ps.23.  4.  Qui  non 
accepit  in  vano  animam  sua>7i  :  Qui  n'a  point 
appliqué  son  âme  en  vain,  t.  e.qui  n'emploie 
point  sa  vie  en  des  choses  vaines  et  inutiles; 
mais  il  semble  qu'en  cet  endroit,  prendre 
son  âme  en  vain,  c'est  jurer  faussement,  soit 
par  le  jurement  exécraloire  ,  par  son  âme; 
soit  au  même  sens  que  l'on  dit,  prendre  en 
vain  le  nom  de  Dieu  en  jurant,  alors  il  faut 
prendre  le  pronom  réciproque  pour  le  rela- 
tif ejus,  en  le  faisant  rapporter  à  Dieu.  Voy. 
Vanus. 

§  3. —  1°  Prendre  par  force,  ôter,  ravir.  Ps. 
30.  ik.  Accipere  animatn  meam  consiliati  sunt. 
Mes  ennemis  ont  résolu  de  m'ôler  la  vie.  1. 
Mach.  1.  V.  23.  24.  Accepit  al  tare  aureum  : 
Antiochus  prit  dans  le  temple  l'autel  d'or. 
Accepit  argentum  et  aurum  :  Il  prit  l'argent 
et  l'or,  et  les  trésors  cachés  qu'il  trouva. 
Ainsi  l'on  dit  :  Accipere  spolia,  en  plusieurs 
endroits  des  livres  des  Machabées.  Ezech. 
29.  19.  c.  46.  18.  etc.  d'où  vient  le  mol  acci- 
piter,\iïi  épervier.  D'autres  le  font  venir  du 
verbe  accipere,  prendre,  empoigner. 

2°  Oter,  tirer,  séparer.  Baruch.  2.  17.  Non 
mortui  qui  sunt  in  inferno,  quorum  spirilus 
acceptus  est  a  visceribus  suis^  dabunt  honorem 
et  jiistifîcationem  Dotmno  :  Ce  ne  sont  point 
les  morts  qui  sont  sous  la  terre,  dont  l'esprit 
a  été  séparé  de  leurs  entrailles,  qui  rendront 
l'honneur  et  la  gloire  à  la  justice  du  Sei- 
gneur. Sap.  15.  8. 

3*  Prendre,  tirer  par  adresse,  escroquer. 
2.  Cor.  11.  20.  Si  quis  accipit  :  Vous  souffrez 
qu'on  prenne  votre  bien  par  surprise.  Il 
semble  que  cela  se  doit  entendre  plutôt  de 
cette  sorte  ,  que  de  la  subsistance  qu'ils 
recevaient  de  ceux  à  qui  ils  prêchaient. 
§  4.  —  Autres  signilications  de  ce  verbe. 

1°  Considérer,  respecter,  honorer,  avoir 
égard.  Deut.  16.  19.  Non  accipies  personam 
nec  jnunera  :  Vous  n'aurez  point  d'égard  à  la 
qualité  des  personnes,  et  vous  ne  recevrez 
point  de  présents,  c.  1.  17.  c.  10.  17.  Job. 
32.  21.  c.  34.  19.  Prov.  18.  5.  Eccli.  35.  16. 
c.  42.  1.  Isa.  42.  2.  Luc.  20.  21.  Gai.  2.  G. 
Jac.  2.  9.  etc.  Ce  verbe  en  C2  sens  répond  au 
verbe  hébreu  nasa,  qui  signifie,  entre  autres 
choses,  élever,  honorer.  Voy.  Persona. 

2"  Ce  verbe  accipere,  se  met  avec  un  nom 
par  périphrase,  pour  signifier  le  verbe  qui 
répond  à  ce  même  nom.  2.  Mach.  12.  45. 
Considerabat  quod  hi  qui  cum  pietate  dormi- 
tionem  acceperant  (i.  e.  dormierant)  optimam 
huberent  repositam  gratiam  :  Judas  considé- 
rait qu'une  grande  miséricorde  était  réservée 
à  ceux  qui  étaient  morts  dans  la  piété.  Voy. 


65 


ÂCC 


t^ 


ACC 


ce 


DoRMiRE.  Ainsi  accipere  giistum  ^powrgustare. 
c.  13.  18.  Voy.  GusTus.  Accipere  oblivionem, 
pour  obliiisci.  2.  Pelr.  1.  9.  Voy.  Oblivio. 
Accipere  recordationem,  pour  meminisse.  2. 
Tim.  1.  5.  Re-sponsitm  accipere  :  Avoir  une 
révélation  de  la  pari  de  Dieu.  Yoy.  Respon- 

SUM. 

ACCEPTABILIS,  e,  o-y-ô;.  Cet  adjectif  peu 
usilé  vient  du  verbe  acceptare,  fréquentatif 
d'accipere,  et  signiûe,  comme  acceptus  : 

1°  Agréable,  bien  reçu.  1.  Petr.  2.  5.  Et 
ipsi  tanquam  lapides  vivi  superœdificaniini  ^ 
domus  spiritualis ,  sacerdotium  sanclwn ,  of- 
ferre  spiriluales  hostias  acceptabiles  Deo  per 
Jesum  Christum  :  Entrez  vous-mêmes  dans  la 
structure  de  l'éditice,  comme  étant  des  pierres 
vivantes,  pour  composer  une  maison  spiri- 
tuelle et  un  ordre  de  saints  prêtres  ,  afin 
d'offrir  à  Dieu  des  sacrifices  spirituels  qui 
lui  soient  agréables  car  Jésus-Christ.  Levit. 
1.  k.  c.  22.  V.  20.  2L  c.  23.  11.  Esth.  10.  3. 
Isa.  58.  5.  Agg.  1.  8. 

2"  Favorable,  salutaire,  et  digne  d'être  reça 
avec  joie  (îù-goo-oîxto?,  acceptus).  2.  Cor.  6.  2, 
Ecce  nunc  tcmpus  acceptabile  .-Voici  mainte- 
nant le  temps  favorable;  c'est  le  temps  de 
l'avènement  de  Jésus-Christ,  que  l'on  atten- 
dait depuis  si  longtemps. 

3°  Particulier,îchéri  particulièrement  (-sot- 
o-j<7io,-,  peculiaris).  Til.  2.  14.  Ut  mnndaret 
sibi  populum  acceptabilem  :  Pour  se  faire  un 
peuple  particulièrement  consacré  à  son  ser- 
vice. V^oy.  AcQUisiTio. 

ACCEPTARE.  Ce  verbe  est  fréquentatif 
\i\iccipere,  et  signifie, 

Accepter,  agréer  (giioo/uv).  Ps.  50.  21.  Tune 
acceptabis  sacrificium  justitiœ  :  Lorsque  les 
murs  de  Jérusalem  seront  rebâtis,  alors  vous 
agréerez  un  sacrifice  de  justice.  Ce  sacrifice 
consiste  principalement  dans  les  bonnes 
œuvres  que  l'on  offre  à  Dieu  avec  un  cœur 
contrit  et  humilié. 

ACCEPTIO,  Nis.  Nom  verbal  d'accipere,  et 
signifie  l'action  de  recevoir  ;  mais  il  signifie 
plus  souvent  dans  l'Ecriture  : 

l'Acception,  considération  qu'on  a  pour 
quelqu'un  plutôt  que  pour  un  autre  (;ypoj'ij-o— 
M^cK,  persotiarum  acceptio).  Rom.  2.  11.  Non 
est  acceplio  personarum  apud  Deum  :  Dieu  ne 
fait  point  acception  de  personne*,  il  n'a  point 
d'égard  à  la  qualité  des  personnes.  2.  Par. 
19.  7.  Ephes.  6.  9.  Colos.  3.  25.  Jac.  2.  1.  Ec- 
cli.  20.  2V.  'Voy.  Accipere,  §  4. 

2"  Approbation,  témoignage  de  l'estime 
qu'un  lait  d'une  chose  («-ocjo/ri).  1.  Tim.  4, 

9.  Fidelis  sermo  et  omni  acceplione  dignus  : 
Ce  que  je  vous  dis  est  une  vérité  cert.iine 
et  digne  d'être  reçue  avec  une  entière  défé- 
rence. 

ACCEPfOK,  is.  Ce  nom  peu  usilé  signifie 
proprement  qui  reçoit,  qui  prend;  mais  il 
marque  dans  l'Ecriture  : 

Celui  qui  considère,  qui  a  égard  ;  d'où 
y'M'nlAcceptor persoîiarum :  Gr.îri-.oo-wTroXïiTrTy/»  ; 
Qui  a  ég.ird  à  la  qualité  des  personnes.  Act. 

10.  34.  Jnverilale  comperi  quianon  est  perso— 
varum  acccplor  Dcus  :  En  vérité,  je  vois  bieix 
que  Dieu  n'a  point  d'égard  aux  diverses  con-^ 


diilons  des  personnes,  dît  saint  Pierre  chez 

Corneille. 

ACCEPTUM,  1.  wltç,  sw?,  chose  reçue  ou 
recelte  ;  d'où  viennent  ces  mots  réciproques  : 
Datum  et  acceptum  :  La  dépense  et  la  recette. 
Et'cli.  41.  24.  c.  42.  7.  Datum  vero  et  accep- 
tum omne  describe  :  Ne  manquez  pas  d'écrire 
ce  que  vous  aurez  donné  cl  reçu.  Philipp.  4. 
5.  Nulla  milii  Ecclesia  communicavit  in  ra^ 
tione  dali  et  accepti,  Gr.  dalionis  et  acceptio- 
nis,  nisi  vos  soli  :  Nulle  autre  Eglise  ne  m'a 
fait  part  de  ses  biens,  et  je  n'ai  reçu  que  de 
vous  seuls  rien  que  je  puisse  mettre  sur  mes 
comptes.  L'Apôtre  fait  allusion  aux  comptes 
dont  les  receveurs  se  chargent  dans  lesquels 
il  y  a  les  chapitres  de  dépense  et  de  recette. 
Les  autres  églises  avaient  reçu  de  lui,  sans 
lui  rien  donner.  Voy.  Ratio.  De  là  vient 
aussi  : 

Accepta  ferre  {loyi;taOcr.i)  :  Tenir  pour  reçu, 
approuver,  imputer  comme  bon.  Rom,  4.  6. 
David  dicit  beatitudinem  hominis,  cui  Deus 
accepta  fertjustitiam  sine  operibus  :  David  dit 
qu'un  homme  est  heureux  à  qui  Dieu  impute 
la  justice  sans  les  œuvres  ,  c'est-à-dire  que 
Dieu  reçoit  et  agrée  comme  juste  sans  parler 
des  œuvres.  Accepta  ferre,  c'est,  in  acceptum 
referre  :  Mettre  sur  ses  comptes  comme  reçu. 
Cette  façon  de  parler  vient  des  jurisconsultes 
qui  appellent  acceptilation  une  quittance  que 
le  créancier  donne  à  son  débiteur  pour  une 
dette  dont  il  n'a  pas  été  payé  ;  ainsi  Dieu 
donne  la  justice  sans  qu'on  l'ait  méritée  par 
les  œuvres. 

ACCEPTUS,  A,  LM,   Str-ôç,   «rooiXTÔ,-. 

1°  Agréable,  bien  reçu.  Luc.  4.  2*.  Ncmo 
prophcla  acceptus  est  in  patria  sua  :  Nul  pro- 
phète n'est  bien  reçu  en  son  pays.  Tob.  12. 
13.  c.  14.  17.  Prov.  14.  35.  Eccli.  35.  9.  Jerem. 
0.  20.  Act.  10.  35.  Rom.  15.  v.  16.  31.  2.  Cor. 
8.  12.  Phil.  4,  18.  d'où  vient  celte  phrase  : 
Acceptum  esse  in  oculis ,  coram  aliquo,  ou 
apud  aliquem{i'.fjiGXîL-j,p[acerej  :  Etre  agréable 
à  quelqu'un  ,  être  reçu  favorablement.  1. 
Reg.  18.  5.  Prov.  16.  5.*Sap.  9.  10.  1.  Tim.  2. 
4.  c.  5.  4.  d'où  vient  encore  celte  phrase  ;  Ac' 
ceptum  liabcre  :  Avoir  pour  agréable,  rece- 
voir volontiers.  Tob.  12.  5.  Rogare  cœperunt 
ut  dignaretur  dimidiam  partem  omnium  quœ 
attuleranty  acceptum  habere  :  Les  deux  Tobie 
supplièrent  l'ange  de  vouloir  bien  recevoir  et 
d'avoir  pour  agréable  la  moitié  de  tout  co 
qu'ils  avaient  api)orlc. 

2'  Favorable,  qui  mérite  d'être  reçu  avec 
joie.  Luc.  4.  19.  2.  Cor.  0.  2.  l'empore  accepta 
exaudivi  te  :  Je  vous  ai  exaucé  au  temps  1.!- 
vorable  ;  ce  temps  est  celui  de  la  venue  de  Jé- 
sus-Christ. \'oy.  ACCEPTABILIS. 

3'  Agréable,  qui  donne  du  pl.iisir  et  de  la 
joie  (O-ju/io,;,-,  o/a'mo  gratus).  Sap.3.  14.  Dabi- 
lur  illi  fidei  donum  elcctum  ci  sors  in  ternplo 
Dei  acceplissima  :  Sa  fulélité  recevra  un  don 
précieux  et  une  très-grande  récompense  au 
Icmple  de  Dieu  :  le  mot  grec  est  au  compara- 
tif cl  se  met  pour  le  superlatif  delectabilis" 
sinid.  (Ici  endroit  a  grand  r.ipporl  avec  ce 
que  (lit  Isaïe.  c.  56.  v.  4.  5.  Dabo  eis  in  domo 
inea  et  in  maris  mcis  locum  et  namen  meiius  a 
lUiis  et  filiabus  :  Je  leur  donnerai  dans  uia 


67 

maison  et  dans  l'enceinte  de  mes  murs  une 
place  avantageuse  et  un  nom  qui  leur  sera 
meilleur  que  des  fils  el  des  filles.  Le  Pro- 
phète et  le  Sage  parlent  de  ces  eunuques  vo- 
lontaires qui  se  sont  fait  une  sainte  violence 
pour  devenir  rois  dans  le  ciel,  et  non  pas  de 
ceux  que  la  Loi  excluait  des  fondions  du  sa- 
cerdoce dans  le  temple.  Voy.  Deut.  "23.  1. 

ACCIPITER,  TRIS,  t'-ii'/H.  Ce  mot  vient  d'ac- 
cipere  pour  rapere. 

Un  éprevier  ou  épervier,  oiseau  de  proie. 
Levit.  IL  16.  Dent.  li.  15.  Accipitrem  juxta 
genus  suwn  :  L'épervier  et  tout  ce  qui  est  de 
la  même  espèce.  Il  n'était  pas  permis  d'en 
mane^er  dans  l'ancienne  Loi.  Job.  39.  v.  13. 
26.  Numquid  per  sapientiam  tuam  plumescit 
accipiter  expandens  alas  suas  ad  austrum? 
Est-ce  vous  qui  avez  donné  à  l'épervier  le 
sentiment  qui  le  porte  à  chercher  les  pays 
chauds  pour  changer  de  plumes?  On  dit  que 
cet  oiseau  change  tous  les  ans  de  plumes  en 
étendant  ses  ailes,  selon  quelques-uns,  vers 
le  midi  avant  les  jours  caniculaires,  et  qu'il 
lui  en  renaît  de  nouvelles  en  la  place  de 
celles  qui  tombent. 

ACCIRE ,  d'acf  et  de  cieo ,  voco  :  Appeler, 
faire  venir,  mander.  Esth.  8.  9.  Accitis  scri- 
bis  et  librariis  rcgis,  scriptœ  sunt  epislolœ,  lit 
Mardochœus  voluerat  :  Le  roi  ayant  fait  vc- 
.nir  SOS  secrétaires,  il  fît  écrire  des  lettres  tel- 
les que  Mardochée  les  voulut.  Judic.  4.  10. 
2.  Mach.  3.  7. 

ACCLAMARE,  è-ifo,-jBïv. 

1"  Applaudir,  témoigner  sa  joie  sur  quel- 
que chose.  Àcl.  12.22.  Populus  acclamabat : 
Dei  voces  et  non  liominis  ;  Le  peuple  de  T}r 
criait  dans  ses  acclamations  à  Agrippa;  c'est 
la  voix  d'un  Dieu  et  non  pas  d'un  homme; 
d'où  vient  cette  phrase  :  Fausta  acclamare  : 
Marquer  son  estime  par  des  acclamations  de 
joie.  l.Mach.  5.  6i. 

2' Crier  haut,  s'écrier  (ÈTrtSoâv).  Act.  23. 
24.  Omnis  multitudo  Judœorum  interpellavit 
me  Jerosolymis  petentes  et  acclamantes  non 
oportere  eumvivere  amplius  :  Vous  voyez  cet 
homme  contre  lequel  tout  le  peuple  juif  m'est 
venu  trouver  dans  Jérusalem  (Gr.  et  ici),  me 
représentant  avec  de  grandes  instances  et  de 
grands  cris  qu'il  n'était  pas  juste  de  le  lais- 
ser vivre  plus  longtemps.  Fcstus  parle  de  S. 
Paul  à  Agrippa.  D'oùvient,  Acclamare  alicui: 
Crier  contre  quelqu'un,  c.  22.  24. 

ACCOLA,  AE,  7r«|ooizo?,d'nrf  cl  décolère  pour 
habilarc,  et  signifie  proprement  celui  qui 
habite  auprès,  qui  est  voisin  de  quelque  lieu  ; 
mais  il  signifie  aussi  un  habitant  du  pays, un 
citoyen. 

1"  Habitant  d'un  pays.  Levit.  18.  27.  Omnes 
execrationes  istas  fecenmt  accolœ  terrœ,  Gr. 
homitics  terrœ  :  Tous  ceux  qui  ont  habité 
celte  terre  avant  vous,  ont  commis  ces  infa- 
niu's  exécrables.  Ps.  104.  23.  Act.  7.  6.  Voy. 

LxECnATIU. 

2°  Kl  ranger,  habitant  venu  d'un  autre 
pays  (7r/i05Tfi).-jTo;.  «(/i-fna).Isa.  54.  15.  Eccc  ac- 
cola veniet,  qui  non  erat  mecum  :  U  vous 
viendra  des  habilnnts  qui  n'étaient  point 
avec  moi.  Cesélrunjjersuiurqueulles  Gentils 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE.  68 

convertis  à  la  Foi,  et  le  Prophète  s'adresse  à 

l'Eslise. 

ACCO-MMODARE.  Ce  verbe  signifie  propre- 
ment, adapter,  ajuster,  faire  rapporter  une 
chose  avec  une  autre;  mais  étant  joint  avec 
les  mots,  cor,  animus,  ou  anima  il  signifie  : 

S'appliquer,  appliquer  son  esprit,  se  ren- 
dre attentif  à  quelque  chose  (rtSivat,  ponere). 
Eccl.  7.  22.  Cunctis  sermonibus  qui  dicuntury 
ne  accommodes  cor  tinnn  :  Ne  vous  rendez 
point  attentif  à  toutes  les  paroles  qui  se  di- 
sent; nous  ne  devons  pas  nous  mettre  en 
peine  de  ce  que  les  hommes  pensent  de  nous, 
lorsque  nous  ne  leur  avons  donné  aucun  lieu 
d'être  mal  satisfaits  de  notre  conduite.  Eccli. 
6.  33.  c.  38.  39. 

ACCOS,  Heb.  Spina.  P  Le  chef  de  la  fa- 
mille sacerdotale  à  qui  échut  le  septièrne 
sort.  1.  Par.  24.  10. 

2°  Un  homme  de  la  race  des  prêtres.  1.  Esd. 
2.  61.  2.Esd.  7.63. 

ACCRESCERE,  «{;;£70«j.  Croître,  s'étendre, 
se  multiplier.  Gènes.  49.  22.  Filius  accrescens 
Joseph,  filius  accrescens  et  dccorus  aspectu  : 
Joseph  croîtra  et  se  multipliera  toujours  de 
plus  en  plus.  Joseph  vient  du  mot  hébreu  ja- 
saph,  addere  :  ainsi  Jacob  faisant  allusion  au 
nom  de  Joseph,  se  sert  de  ce  terme  dans  la 
bénédiction  qu'il  lui  donne,  et  le  répèle  deux 
fois  pour  marquer  l'accroissement  de  la  po- 
stérité de  ce  fils  bien-aimé,  dont  les  deux  fils 
Ephraïm  et  Manassé  ont  fait  deux  tribus  con- 
sidérables ;  mais  surtout  celle  d'Ephraïm  a 
été  fort  nombreuse  et  illustre  par  sa  dignité 
royale. 

ACCUR,  Heb.  Supplantatio.  i^Fils  d'Eiioe- 
nai.  1.  Par.  3.  24.  —  2°  Un  lévite  qui  faisait 
la  fonction  de  portier,  c.  9,  17.  1.  Esd.  2. 
42.  2.  Esd.  7.  46.  c.  8.  7.  c.  11.  19.  —  3'  Un 
chef  dos  Naihinéens.  1.  Esd.  2.  45. 

ACCURARE  ,  zoi/*«(7eat.  1°  Se  coucher  au- 
près. Genos.  19.  33.  Itle  non  sensit,  nec 
quando  accubuit  filia,  nec  quando  surrexit  : 
Loth  ne  sentit  point  ,  ni  quand  sa  fille  aînée 
se  coucha,  ni  quand  elle  se  leva. 

'2"  Se  coucher  ,  se  reposer.  2.  Reg.  13.  6. 
Accubuit  Amnon  et  quasi  œgrotare  cœpil  : 
Amnon  se  coucha  et  commença  à  faire  le 
malade  ,  pour  surprendre  Thamar.  Gones. 
29.  2.  Deut.  11.  19.  Is.  27.  10.  Soph.  2.  14. 
De  là  vient  cette  phrase  métaphorique  : 

Accubare  cum  aliquo  :  Se  reposer  auprès  , 
c'est-à-dire  s'accorder  bien  ,  être  en  bonne 
intelligence  [(j-j-jy.-jv.-a\)zG^7.t ,  simul  quiescere). 
Isa.  11.  6.  Pardus  cum  hœdo  accubabil  :  Le 
léopard  se  couchera  auprès  du  chevreau. 
L'accomplissement  de  cette  prophétie  est  ar- 
rivé par  la  conversion  des  infidèles.  Voy. 
Pardus. 

'6°  Vivre  dans  un  grand  repos  et  dans  une 
grande  sécurité.  Gènes.  49.  9.  Catulus  leonis 
Jtidn;  requiescens  accubuisti  ut  leo  :  Juda  est 
un  jeune  lion;  vous  vous  êtes  levé,  mon  fils, 
pour  ravir  la  proie  ;  en  vous  reposant  vous 
vous  êtes  couché  comme  un  lion.  Jacob  com- 
pare la  tribu  de  Juda  à  un  lion  qui  ,  après 
s'être  jeté  sur  sa  proie  ,  se  repose  sans  rien 
craindre  en  la  dévorant  :  ainsi  cette  tribgu  a 
été  redoutable  et  illustre  par  ses  victoires, 


69 


ACC 


ACC 


70 


surtout  au  temps  de  David.  Co  qui  est  expri- 
mé num.  23.  2i  :  Ecce  popuhis  ut  leœna  con- 
surget  ,  et  quasi  leo  erigetur;  non  accubabit 
donec  devoret  prœdam.  c.  24.  9.  Accubans 
dormivit  ut  leo.  Cela  s'explique  du  temps 
où  le  peuple  de  Dieu  a  été  le  plus  puissant 
et  le  plus  heureux  ,  comme  sous  les  règnes 
de  David  et  de  Salomon  {■/Mrv.yyivîaOv.i) .  Gè- 
nes. 49.  H.  Ezech.  34.  15.  Soph.  3.  13. 

k"  Faire  coucher,  faire  reposer  (zojtkÇeiv). 
Jerem.  33.  12  :  Adhuc  erit  in  loco  isto  habi- 
taculum  pastorum  accubantium  gregem  :  Il  y 
aura  encore  dans  la  Judée  des  cabanes  de 
pasteurs  ,  qui  y  feront  reposer  leurs  trou- 
peaux. Le  Grec  et  l'Hébreu  font  accubare 
actif;  ainsi  il  faudrait  dans  notre  Vuigate, 
gregem,  ou  grèges,  comme  il  semble  que  l'in- 
terprète avait  traduit,  au  lieu  de  gregum; 
mais  on  lit  présentement ,  pastorum  et  accu- 
bantium gregum. 

ACCUBITUS,  us.  Ce  mot,  soit  qu'il  vienne 
du  verbe  accubare ,  ou  d'accumbere,  signifie 
ou  la  posture  de  celui  qui  est  couché  au- 
près d'un  autre  ,  ou  la  séance  à  table  avec 
d'autres. 

Séance  à  table  ,  ou  place  que  l'ou  y  tient 
(«v«z),£a£?).  Gant.  1.  11.  Dum  esset  rex  in  ac- 
cubilu  sua,  nardus  mea  dédit  odorem  suum  : 
Lorsque  mon  roi  était  à  table  ,  l'odeur  des 
parfums  que  j'ai  versés  sur  lui  s'est  répan- 
due. C'était  la  coutume  dans  l'Orient  de  ré- 
pandre à  table  des  parfums  sur  la  tête  et  sur 
tout  le  corps  des  personnes  à  qui  on  voulait 
témoigner  de  l'estime  et  de  la  vénération 
{Voy.  Luc.  7.  V.  37.  38.  Joan.  12.  v.  2.  3). 
Luc.  14.  7.  Vicebat  et  ad  invitatos  parabo- 
lam ,  intendens  quomodo  primas  accubitus 
eligerent  :  Jésus  considérant  comme  les  con- 
viés choisissaient  les  premières  places  ,  il 
leur  proposa  cette  parabole.  Tob.  2.  3. 

ACCUMBERE ,  Voy.  Regumbere  ,  de  ad  et 
de  cubo  ,  ou  plutôt  de  cumbo  ,  qui  était  au- 
trefois usité. 

1'  Se  reposer  (-/otp.îÇ£tv).  Gènes.  24.  11. 
Cum  camelos  fecisset  accumbere  :  Le  ser- 
viteur d'Abraham  ayant  fait  reposer  ses  cha- 
meaux. 

2*  Se  mettre  à  table  ,  manger  à  la  façon 
des  Orientaux  ( -/y.Taxsto-eat  y.aTax)iîv£iv  ).  Ju- 
dith. 12.  17.  Accumbe  injucunditate  :  Mettez- 
vous  là,  et  mangez  avec  joie,  dilHolophcrne 
à  Judith.  Eccli.  9.  12.  Amos.  2.  8.  Marc.  2. 
15.  c.  6.  39.  Luc.  7.  v.  37.  49.  Ce  qui  se  dit 
dune  manière  figurée  pour  marquer  le  bon- 
lirur  des  bienheureux  dans  le  ciel  (àva/XtvsG- 
O'ji).  Luc.  13.  29.  Venient  ab  Oriente,  et 
accidente,  et  aquilone,  et  austro  ,  et  acciim- 
hcnt  in  regno  Dei  :  Il  en  viendra  d'Orient, 
d'occident,  du  septentrion  et  du  midi,  qui 
seront  à  table  dans  le  royaume  de  Dieu. 
Celle  coutume  de  se  coucher  pour  manger 
n'a  pas  toujours  été  en  usage  chez  les  Hé- 
breux ;  ils  étaient  assis  à  lible ,  comme  il 
paraît.  Gènes.  27.  19.  c.  37. 25.  ce  qui  est  évi- 
dent.c.  43.33.  Maisensuiteilssuivirent, aussi 
bien  que  les  Grecs  et  les  Romains,  la  coutu- 
me des  Perses  et  des  autres  Orientaux,  de 
laquelle  lEciiture  commence  à  parler  dans 
les  livres  do  Judith  et  d'Eslhcr. 


ACCURRERE,  Tr^oaToéx^tv.  1°  Accourir, 
venir  en  hâte  à  quelqu  un  ou  quelque  part. 
Marc.  9.  14.  Accurrentes  salutabant  eum  : 
Tous  accouraient  pour  saluer  Jésus-Christ. 
Luc.  15.  20.  Act.  8.  30.  Dan.  13.  19. 

2°  Surprendre  ,  venir  fondre  {xo/jm,  ve- 
lox  ).  Jerem.  48.  IG.  Prope  est  interitus 
Moab  ut  veniat ,  et  malum  ejics  velociter  ac- 
curret  nimis  :  La  destruction  de  Moab  est 
proche  ,  et  sa  ruine  va  venir  très-prompte- 
ment. 

ACCUS,  Heb.  Spina  ,  nom  d'homme,  père 
d'Urie.  2.  Esd.  3.  3.  Voy.  Haccus. 

ACCUSARE,  ■xr/.znyopsïv ,  èy/.ylsïv.  Ce  verbe 
vient  de  causa,  causare,  et  de  la  préposition 
ad,  comme  qui  dirait  :  Vocare  aliquem  in  eau- 
sam  ,  in  jus  :  Appeler  quelqu'un  en  justice, 
ou  le  déférer  au  juge. 

1°  Accuser,  appeler  en  justice  ,  intenter 
une  action  criminelle  contre  quelqu'un. 
Act.  19.  38.  Conventus  forenses  aguntur  et 
proconsules  sunt ,  accusent  invicem  :  On  tient 
l'audience  ,  et  il  y  a  des  proconsuls  ;  qu'ils 
s'appellent  en  justice,  c.  22.  30.  c.  23.  29. 
c.  24.  2.  etc.  Malt.  12.  10.  c.  27.  12.  Marc. 
3.  2.  etc.  D'où  vient  :  Accusare  adversus  ali- 
quem .-Accuser  quelqu'un.  Rom.  8.  33.  Quis 
accusabit  adversus  electos  Dei  ?  Qui  ac- 
cusera les  élus  de  Dieu?  c'est  Dieu  même 
qui  les  justifie. 

2'  Accuser,  reprocher.  Rom.  2.  15.  Tes- 
timonium  reddente  illis  conscientia  ipso- 
rum,  et  inter  se  invicem  cogitationibus  accu- 
santibus,  aut  eliam  defendentibus  :  La  con- 
science des  Gentils  Issur  rend  témoignage,  par 
la  diversité  des  réflexions  et  des  pensées 
qui  les  accusent  ou  qui  les  défendent; 
que  ce  qui  est  écrit  dans  la  Loi  est  écrit 
dans  leur  cœur  :  les  reproches  de  la  con- 
science sont  des  accusations  de  la  loi  natu- 
relle. Act  28.19. 

ACCUSATIO  ,  Nis,  xrxThyopiK.  1°  Accusa- 
tion, délation  en  justice  pour  quelque  crime. 
1.  Tim.  5.  19.  Adversus  presbyterum  accusa- 
tionem  noli  recipere.  Ne  recevez  point  d'ac- 
cusation contre  un  prêtre,  que  sur  la  déposi- 
tion de  deux  ou  trois  témoins.  Joan.  18.  29. 
l.Esdr.  4.  V.  6.7.  18. 

2°  Blâme  ,  reproche.  Tit.  1.  G.  flabens  fi-^ 
lios  fidèles  ,  non  in  accusatione  luxuriœ  aut 
non  subditos  :  Choisissez  pour  ministres  de 
l'Eglise  celui  dont  les  enfants  seront  fidèles, 
non  .iccusés  de  débauche  ni  désobéissants. 
Ainsi,  Eccfi.  41.  7.  Non  est  in  inferno  accu- 
satio  vitœ  :  Gr.  é'hypLoç ,  Incusatio ,  repre- 
hensin  :  On  ne  compte  point  les  années  de 
la  vie  parmi  les  morts  ,  et  personne  ne  se 
plaint  d'avoir  pou  ou  longtemps  vécu,  mais 
d'avoir  mal  vécu  :  c'est  ce  qu'on  a  sujet  de 
blâmer,  et  non  point  la  brièveté  ni  la  lon- 
gueur de  la  vio. 

ACCUSATOR,  is  ,  x^x^yopo?  —  1"  Accu- 
sateur, qui  poursuit  quelqu'un  en  justice 
pour  quelque  crime.  Act.  35.  \G.Non  est  Ro- 
manis consuetudo  damnarc  aliquem  homincm 
priusquam  is  qui  accusatur  prœsentes  habeat 
accnsatorcs,  locumque  defcnùendi  nccipiat  ad 
ublucnda  crimina  :  Ce  n'est  point  la  coutume 
des  Romains  de  condamner  un  homme  avant 


?l 


DICTIONNAIRE  DE 


Mue  l'accusé  ail  ses  accusateurs  présents  de- 
vant lui,  et  qu'on  lui  ait  donne  la  liberté  de 
se  justifier  du  crime  dont  on  l'accuse,  c.  2J. 
V.  30.  33.  c.  24.  8.  2.  Mach.  4.  5.  Ainsi  le 
diable  est  appelé  Accusaleur.  Apoc.  12.  10. 
Projeclus  est  accusator  fratrum  nostrorum, 
nui  accusahat  illos  unie  conspectum  Dei  no- 
siri  die  ac  nocle  :  L'accusateur  de  nos  frères, 
(|ui  les  accusait  jour  et  nuit  devant  notre 
Dieu,  a  été  précipité  du  ciel  :  le  diable  accuse 
auprès  de  Dieu  les  fidèles  ,  et  les  charge  de 
faux  crimes,  comme  il  a  calomnié  le  saint 
homme  Job;  aussi  est-il  appelé  diable,  c'est- 
à-dire  calomniateur. 

2°  Accusateur  ,  qui  déclare  et  confesse 
quelque  chose.  Prov.  18.  17.  Justus  prior 
est  accusator  sut  :  Le  juste  s'accuse  lui- 
même  le  premier,  c'esl-à-dire  déclare  et 
confesse  ses  fautes. 

AGEDIAUI ,  àz»iSt«v.  Ce  mot  est  formé  du 
Grec  y.ôooç,  cura,  d'bù  vient  acef/w,  paresse; 
ày.noii'j,  être  dans  la  nonchalance  et  dans 
l'abattement  ,  dont  le  chagrin  et  la  tristesse 
sont  inséparables.  Ainsi ,  acediari  signifie 
s'ennuyer,  être  chagrin.  Eccli.  22.  16.  Dé- 
ficelé ab  illo  (stulto)  et  invenies  requiem  ,  et 
non  acediaberis  in  stultilia  illius  :  Détour- 
nez-vous de  l'insensé,  et  vous  trouverez  du 
repos,  et  sa  folie  ne  vous  accablera  pas  de 
chagrin,  c.  6.  26.  Ne  acedieris  vinculis  ejus  : 
Ne  vousennuyez  point  des  liens  de  la  sagesse 
(TTpoGO'/Jii^cti),  moleste  ferre). 

ACliLDAMA.  Voy.  Haceldama. 

ACERBUS  ,  A ,  UM  ,  «wpo,-.  Cet  adjectif 
vient,  selon  quelques-uns,  du  nom  grec  ùy.lç, 
acies ,  acumen;  parce  que  ce  qui  est  aigre 
au  goût  pique  la  langue  ;  selon  d'autres,  du 
latin  acer  ;  mais  il  signifie  : 

1°  Apre  au  goût,  vert,  aigre,  amer  (o/xya?, 
uvaimmatura).  Jerem.  31.  v.  29.  SO.Èzech. 
18.  2.  Patres  comederunt  uvam  acerbam  .-Les 
pères  ont  mangé  des  raisins  verts.  Voy.  Uva. 
Sap.  4.  5.  Fructus  acerbi  ad  manducandum  : 
Les  fruits  des  méchants  seront  des  fruits 
âpres  au  goût.  Voy.  Fructus.  3°. 

2'  Affligeant,  fâcheux,  sensible.  Sap.  14. 
15.  Accrbo  luctu  dolens  pater,  cito  sibi  rapti 
fdii  fccit  imaijinem  :  Un  père,  affligé  de  la 
ir.orl  de  son  fils,  fil  faire  l'image  de  celui  qui 
lui  avait  été  ravi  sitôt  :  c'est  là  le  commen- 
cement de  l'idolâtrie. 

ACERVATIM  ,  Gr.  (7wpv,3àv.  Voy.  Acer- 
vus.  Par  monceaux,  pêle-mêle.  Sap.  18.  23. 
Cumjam  acervalim  cecidissent  super  alteru- 
irum  morlui  interstitit :hovsi\\x"\\  y  avait  déjà 
des  monceaux  de  morts  qui  étaient  tombés 
les  uns  sur  les  autres,  Aaron  se  mit  entre 
deux  pour  apaiser  la  colère  de  Dieu. 

ACERVARE.  (juvâyetv.  Entasser,  amasser. 
Eccli.  14.  4.  Qui  acervat  ex  animo  suo  injuste 
(Gr.  Ex  anima  sua;  en  se  l'ôianl  à  lui-même, 
et  se  plaignant  sa  propre  vie),  uliis  conyre- 
(jat  et  in  bonis  illius  alius  luxuriubitur  :  Ce- 
lui qui  amasse  injusiemcnt  des  richesses,  les 
amasse  pour  d'autres;  et  il  en  viendra  un 
qui  prodiguera  tout  son  bien. 

ACERVUS,  1.  aojoô;,  du  verbe  grec  ùyeif>eiv, 
colli(jere. 

i"  Tas,  monceau,  amas.  Jub.  5.  26.  Ingre^ 


PHILOLOGIE  SACREE.  78 

dieris  in  nbundanlia  scpulchrum,  siciit  infer- 
tur  acervus  tritici  in  tempore  suo  :  Vous  en- 
trerez dans  le  tombeau  en  un  âge  mûr  et 
fort  avancé,  comme  au  temps  que  le  blé  est 
mûr  ;  on  en  porte  des  las  dans  le  grenier. 
Voy.  Abundantia.  Exod.  22.  6.  Ruth.  3.  7. 
4.  Reg.  10.  8.  2.  Par.  31.  v.  6.  7.  8.  9.  2.  Esd. 
4.  2.  Numquid  œdificare  poterunt  lapides  de 
acervis  pulveris  qui  combusti  sunt  ?  Les  Juifs 
bâtironl-ils  avec  des  pierres  que  le  feu  a  ré- 
duites en  un  grand  monceau  de  poudre ?;^<i- 
pt«.  Job.  8.  17.  c.  24.  11.  Prov.  26.  8.  Cant. 
7.  2.  Voy.  Triticum.  Eccli.  20.  30.  Agg.  2. 17. 
De  ce  mol  se  foni  ces  expressions  figurées  : 

Essesicut  acervum  /aptrftwn.-Etrecomme  uu 
tas  de  pierres, c'esl-à-dire  être  toulà  fait  ruiné. 
Isa.  17.  i.EcceDamascus  desinet  esse  civitas, 
et  erit  sicut  acervus  lapidum  in  ruina  :  Damas 
va  cesser  d'être  ville,  et  elle  deviendra  comme 
un  monceau  de  pierres  d'une  maison  ruinée. 
Jerem.  26.  18.  Jérusalem  in  acervum  lapidum 
erit  :  Jérusalem  sera  réduite  en  un  monceau 
de  pierres.  Mich.  1.  6.  c.  3.  12.  (û7rwpoyu>«xtov, 
tugurium  ad  fructus  custodientes  erectum). 
Ainsi  : 

Dare  in  acervos  arenœ  :  Réduire  à  n'être 
plus  qu'un  amas  de  sable;  c'est  ruiner  en- 
tièrement. Jerem.  9.  11.  Èabo  Jérusalem  in 
acervos  arenœ  :  Je  ferai  de  Jérusalem  un  amas 
de  sable  {nezouia.,  deportatio). 

Redigere  lapides  in  acervos  :  Faire  des 
monceaux  de  pierres  pour  rendre  les  che- 
mins plus  libres,  en  faciliter  le  passage.  Je- 
rem. 50.  26.  Tollite  de  via  lapides  et  redigile 
in  acervos  :  Otez  les  pierres  des  chemins,  et 
mettez-les  en  monceaux  ;  le  Prophète  mar- 
que par  ces  expressions  la  venue  des  enne- 
mis qui  devaient  ruiner  Babylone. 

Esse  ut  acervos  salis  :  Etre  comme  des 
monceaux  de  sel  ;  c'est  une  expression  qui 
marque  la  stérilité  et  la  désolation  d'un  pays 
(6/3^wvta).  Soph.  2.  9.  Moab  ut  Sodoma  erit, 
siccitas  spinarum  et  acervi  salis.  Moab  de- 
viendra comme  SoJome,  sa  terre  ne  sera  plus 
qu'un  amas  d'épines  sèches,  que  des  mon- 
ceaux de  sel.  Voy.  Sal.  Mais  ces  mots,  acer- 
vus  lapidum,  tas  de  pierres  s'expliquent  di- 
versement, selon  l'usage  qu'on  en  faisait. 

1°  Pour  servir  de  monument, comme  ce  tas 
de  pierres,  que  Jacob  et  Laban  avaient  dressé 
pour  être  un  monument  de  leur  traité,  qui 
est  appelé  Acervus  testimonii  (poyvôf)  ;  en  Hé- 
breu Galaad.  Gen.  31.  47.  Quem  vocavit  La- 
ban, tumulum  testîs,  et  Jacob  acervum  testi- 
monii :  Laban  appela  ce  monceau  de  pierres, 
le  monceau  du  témoin  ;  et  Jacob,  le  tnonceau 
du  témoignage.  Voy.  Testîs. 

2°  Pour  servir  d'une  marque  d'infamie,  et 
comme  un  supplice  honteux  dont  on  punis- 
sait quelques  coupables  après  leur  mort , 
comme  Achan.  Jos.  7.  26.  comme  le  roi  de 
Haï,  c.  8.  29.  comme  Absalon,  2.  Reg.  18.  17. 
Comportaverunt  super  eum acervum  lapidum: 
On  éleva  sur  lui  un  grand  monceau  de  pier- 
res. Jos.  8.  28.  lumulus. 

3"  Pour  reconnaître  les  chemins,  tels  qu'é- 
talent  les  tas  de  pierres  que  les  Juifs  dressè- 
rent quand  ils  allèrent  en  captivité,  comme 
claul  assurés  qu'ils  en  rcvieudr«|ienl.  Jerem. 


75  ACE 

31.  21.  Porte  tibi  amaritiidines  (Heb.  Pijra- 
midas  seu  acervos  (apidum)  :  Dressez -vous  des 
monceaux  de  pierres  en  pyramides  pour 
marqu<>r  les  chemins  par  où  vous  devez  re- 
venir de  Babylone  (  Tt,ixw^î«,  liictus).   Voy, 

.\MiRITUBO. 

4"  Pour  neltoyer  un  champ  où  il  y  a  beau- 
coup de  pierres  que  les  laboureurs  ont  soin 
do  meltre  en  monceaux  pour  le  rendre  plus 
propre  à  élre  labouré  f/e/wvyj,  testudo).  Ose. 
12.  11.  Ail  afin  eorum  quasi  acervi  super  sul- 
cos  ugri  :  Leurs  autels  ne  sont  plus  aujour- 
d'hui que  des  monceaux  de  pierres,  comme 
ceux  que  l'on  trouve  dans  les  champs,  c'est- 
à-dire  les  autels  que  les  habitants  de  Galaad 
avaient  élevés  sont  maintenant  renversés. 

Acervus  novaruiu  frugum  (f/îréw^oo,)  :  Un  tas 
de  b'é  qui  vient  d'être  coupé.  Ezoch.  3.  15. 
Veni  ad  (ransmigrationem,  ad  acervum  nova- 
rum  frugum  :  Je  vins  au  lieu  où  étaient  les 
captifs,  près  d'un  tas  de  blé  qui  venait  d'être 
coupé;  ce  qui  marque  le  temps  de  leur  dé- 
part; mais  d'autres  prennent  ces  mots  pour 
un  nom  de  lieu;  Heb.  Thel-abib;  ce  qui  est 
rendu  par  ce  qu'ils  signifient,  savoir,  acer- 
vus novarum  frur/um. 

ACETABULUM,  1,  ô|Ogayov  ,  espèce  de 
mesure,  qui  prend  son  nom  du  vinaigre  ace- 
tum^  oço,-,  parce  que  ce  mot  signifiait  d'abord 
le  vase  où  Ion  mettait  du  vinaigre;  mais  il 
signifie  dans  l'Ecriture, 

1"  Plat  ou  écuelie  (x/ivêXiov),  telle  qu'étaient 
celles  ou  l'on  mettait  les  pains  exposés,  ou 
la  farine  qui  servait  aux  sacrifices,  ou  celles 
où  l'on  recevait  les  gâteaux  offerts  en  sacri- 
Oce,  que  l'on  f.iisait  faire  ou  cuire  dans  le 
four.  Exod.  25. 29.  Parabis  et  acetabula,  c.  37. 
16.  Et  vasa  ad  diversos  usus  mensœ,  aceta- 
bula, phialas,  in  quibus  off'erenda  sunt  liba- 
wtna.-Pour  les  différents  usages  de  cette  table, 
Beseléel  fit  des  petits  vases  d'un  or  très-pur, 
des  coupes,  des  encensoirs  et  des  tasses, 
pour  y  mettre  les  oblations  de  liqueur  qu'on 
offrait  à  Dieu. 

2°  Grand  vase  d'argent  en  forme  de  plat 
(t/3u6)iîov)  ,  qui  pesait  cent  trente  sicles.  Cha- 
que chef  de  famille  du  peuple  d'Israël  en  of- 
frit un  pour  être  employé  aux  oblations  qui 
se  faisaient  dans  le  Tabernacle.  Nura.  7.  13. 
Fuerunt  in  ea,  acetabulum  argenteum  pondo 
ceniu7n  triginta  siclorum  :  Son  présent  fut  un 
plat  d'argent  du  poids  de  cent  trente  sicles  : 
ce  qui  est  souvent  répété  dans  ce  même  cha- 
pitre. V.  25.  31.  etc. 

ACETUM,  1 ,  o;o,-,  du  verbe  aceo  ou.  acesco, 
devenir  aigre  et  signifie: 

1""  Du  vinaigre,  vin  qui  s'est  aigri,  ou 
qu'on  a  fait  aigrir  exprès  (  ou-fv-z  ,  uva 
acerba).  Prov.  10.  26.  Sicut  acelum  dentibus 
et  fumus  oculis,  sic  piger  his  qui  rniserunt 
eum  :  Ce  qu'est  le  vinaigre  aux  dents  et  la 
fumée  aux  yeux;  tel  est  le  paresseux  à  l'é- 
gard de  ceux  qui  l'ont  envoyé,  c.  25.  20. 
Num.6.3.  Ainsi,Huih.2.14.  intuigebuccellam 
tuum  in  aceto  :  Trempez  votre  morceau  dans  le 
vinaigre;  les  gens  de  travail  chez  les  anciens 
se  servaient  de  vinaigre  ou  pur  ou  mêlé 
avec  de  l'eau,  pour  se  rafraîchir  dans  les 
grandes  chaleurs  ou  dans  les  travaux  rudes 

DlCTlOMN.  DE  PhILOL.  SaCRÉB.    I. 


ACH  74 

et  pénibles,  tels  que  sont  ceux  de  la  mois- 
son. 

2°  Traverses,  afflictions.  Ps.  68.  22.  Insid 
mea  potaverunt  me  aceto  :  Mes  ennemis  m'ont 
présenté  du  vinaigre  à  boire.  C'est  une  façon 
de  parler,  familière  aux  prophètes,  de  mar- 
quer des  afflictions  par  des  aliments  et  des 
breuvages  amers,  tels  que  l'absinthe  et  le 
fiel.  Jer.  8.  14.  {Deiis)  potum  dédit  nobis 
aquam  fellis  :  Dieu  nous  a  donné  à  boire  de 
l'eau  de  fiel.  c.  9.  15.  c.  28.  13.  Thr.  3.  15. 
Ce  qui  ne  se  peut  dire  de  David,  selon  le 
sens  propre  de  la  lettre  :  car  en  ne  voit  point 
que  ses  ennemis  lui  aient  présenté  du  vinai- 
gre à  boire  et  du  fiel  à  manger;  mais  cela 
s'est  accompli  à  la  lettre  dans  la  personne 
de  Jésus-Christ.  Matth.  27.  48.  Marc.  15.  38. 
Luc.  23.  36.  Joan.  19.  30.  Cum  ergo  accepis- 
set  Jésus  acetiim  :  Jésus  ayant  pris  le  vinai- 
gre. 

ACHAB,  Heb.  fraler  patris.  Ce  prince,  qui 
a  été  le  septième  roi  dTsraëL  fut  fils  et  suc- 
cesseur d'Amri  :  il  surpassa  ses  prédéces- 
seurs en  impiété  et  en  superstition.  Il  fut  le 
premier  qui  dressa  des  autels  à  Baal,  par  la 
persuasion  de  Jésabel,  sa  femme,  qui  Te  por- 
tait à  des  excès  épouvantables.  Ce  fut  à  sa 
sollicitation  qu'on  employa  une  calomnie 
horrible  pour  faire  condamner  à  être  lapidé 
l'innocent  Nabolh,  parce  qu'il  ne  voulut  pas 
lui  vendre  Ihéritage  qu'il  avait  reçu  de  ses 
pères.  Quoiqu'il  fût  si  méchant.  Dieu  ne 
laissa  pas  de  le  favoriser  d'un  secours  et 
d'une  protection  extraordinaire  en  plusieurs 
rencontres  contre  le  roi  de  Syrie;  parce  qu'il 
s'était  humilié  et  avait  imploré  son  assi- 
stance; mais  enfin  Dieu  voulant  le  punir  de 
ses  impiétés,  il  permit  qu'il  entreprît  une 
guerre  contre  le  même  peuple,  où  ayant  été 
blessé  d'un  coup  de  flèche  tirée  à  tout  hasard, 
il  expira  dans  son  char,  et  fut  porté  à  Je- 
zraël,  où  les  chiens  léchèrent  son  sang  qui 
coulait  de  son  chariot,  comme  l'avaient  pré- 
dit Eiie  et  Michée.  11  régna  à  Samarie  l'an 
du  monde  3806,  et  son  règne  dura  vingt-deux 
ans,  étant  mort  l'an  3107.  v.  3.  Reg.  16.  v.  28. 
29.  et  suivants,  et  c.  22.  v.  37.  38. 

2°  Un  faux  prophète  que  le  roi  de  Baby- 
lone fit  brûler  avec  Sédécias,  son  compa- 
gnon. Jerem.  29.  v.  21.  22.  Quos  frixit  rex 
Babylonis  in  igné  :  Que  le  Seigneur  vous 
traite  comme  il  traita  Sédécias  et  Achab, 
que  le  roi  de  Babylone  fit  brûler  dans  la 
poêle  ardente.  Heb.  fit  brûler  à  petit  feu. 
Voy.  Friqere. 

ACHAD ,  Heb.  Amphora,  grand  vase  à 
deux  anses.  Ville  de  la  Mésopotamie,  où  ré- 
gna Nemrod.  Gènes.  10.  10.  Fuit  principiuin 
regni  ejus  Babylon,  et  Arach  et  Aciutd  :  La 
ville  capitale  de  sou  royaume  fut  Baby- 
lone, Arach  et  Achad  :  on  croit  que  c'est  la 
ville  célèbre  de  Nisibc. 

ACHAIA,  JE,  Gr.  Douleur  ou  tristesse. 
1"  Achaïe,  province  de,  la  Grèce,  dont  la  ca- 
pitale était  Corinlhe.  1.  Cor.  16,  15.  Sunt 
primitiœ  Acliaiœ  ;  Sti'phanas.  Forlunal  et 
Achaique  sont  les  prémices  de  l'Achaie, 
c'est-à-dire  les  premiers  convertis.  Voy.Pai- 

a 


t5 

MiTi^.  Ad.  18.  27   c.  19.  21.  2.  Cor.  1.  1.  c. 

11   10.  1.  Thess.  1.  T.  7.  8. 

2°  Les  habitants  de  l'Achaïe.  Rom.  15.  26. 
Probaverunt  Macedonia  et  Achaia  collatio- 
nem  aliquamfaccre  in  pauperesSanclorum  qui 
sunt  in  Jérusalem  :  Les  Eglises  de  Macédoine 
et  d'Achaïe  ont  résolu  avec  beaucoup  d'af- 
fection de  faire  quelque  part  de  leurs  biens 
à  ceux  d'entre  les  saints  de  Jérusalem  qui 
sont  pauvres.  2.  Cor.  9.  2. 

3°  Toute  la  Grèce  marquée  par  sa  princi- 
pale partie.  Act.  18.  12.  Gallione  proconsule 
Achaiœ  :  Gallion  étant  proconsul  d'Achaïe; 
c'était  une  province  consulaire,  qui  compre- 
nait toute  la  Grèce.  Les  Romains  l'appe- 
laient du  nom  d'Achaïe,  parce  que  c'était 
par  le  moyen  des  Achéens  qu'ils  avaient  ré- 
duit sous  leur  obéissance  la  Grèce  tout 
entière  {Pausan.)  ;  mais  Homère  et  les  autres 
poètes  marquent  souvent  les  Grecs  par  le 
mot  à' Achéens  :  c'est  ainsi  que  quelques-uns 
prennent  ces  autres  passages.  1.  Cor.  16.  15. 
2.  Cor.  9.  2.  1.  Thess.  1.  v.  7.  8. 

ACHAICUS  ,  1.  «x°^tM;,  homme  d'Achaïe. 
—  AcHAïQUE ,  nom  d'homme ,  disciple  de 
saint  Paul,  que  cet  apôtre  recommande  très- 
particulièrement  aux  Corinthiens.  1.  Cor. 
16.  V.  15.  17.  Gaudeo  in  prœsentia  Stephanœ, 
Forîunati  et  Achaici  :  Je  me  réjouis  de  l'ar- 
rivée de  Stephanas,  de  Fortunat  et  d'A- 
chaïque. 

ACHAN,  Heb.  Conturbans.  Achan,  flis  de 
Charmi,  de  la  tribu  de  Juda,  qui  fut  lapidé 
pour  avoir  pris  un  manteau  d'écarlate  et  un 
lingot  d'or,  des  dépouilles  de  la  ville  dq  Jé- 
richo, contre  la  défense  que  Dieu  en  avait 
faite.  Jos.  7.  v.  1.  17.  c.  22.  20.  Nonne  Achan 
filius  Zare  prœteriit  mandatum  Domini  ? 
N'est-ce  pas  ainsi  qu' Achan,  fils  de  Zaré, 
viola  le  commandement  du  Seigneur?  Il  est 
appelé  fils  de  Zaré,  parce  que  Zaré  était  le 
chef  de  cette  famille;  il  est  aussi  nommé 
Achar.  1.  Par.  2. 7.  Achar  qui  turbavit  Israël  y 
et  peccavit  in  furto  anathematis  :  Achar 
troubla  Israël,  et  pécha  par  un  larcin  de  l'a- 
nathème.  Voy.  Anathema. 

ACIÎAR.  Voy.  Achan. 

ACHARIS,  ax«pt?,  illepidusj   nom   grec, 
qui  signifie  ingrat  ou  désagréable.  C'est  en 
ce  dernier  sens  qu'il  se  prend  pour  un  homme 
dont  l'entretien  est  sans  agrément,  fade  et 
insipide.  Eccli.  20.  21.  Homo  acharis  quasi 
fabula  vana  :  L'homme  sans  grâce  est  comme 
un  méchant  conte  qui  est  toujours  en  la  bou- 
che des  gens  imprudents. 
'     ACHATES,  JEy  K^ôirn;,  agate,  pierre  pré- 
cieuse de   diverses  couleurs,   qui   tire  son 
nom  du  fleuve  Achate  en  Sicile,  où  l'on  com- 
mença d'en  découvrir,  dit  Pline,  1.  37.  c.  10. 
Dieu  commanda  à  Moïse  d'en  mettre  une  au 
troisième  rang  du  Ralional,  dans  laquelle  on 
avait  fait  graver  le  nom  d'Aser,  huitième  fils 
deJacob.dansl'ordre  des  tribus.  Exod.28.  19. 
c.  39. 12.  In  tertio  Ligurius,  Achateset  Ame- 
thystus  :  Cette  pierre  précieuse  est  rouge  on 
dedans   comme  du  sang  ,  et    transparente 
romme  du  cristal  :  on  ;dit  qu'elle  dissipe  les 
vapeurs  que  cause  la  mélancolie,  et  qu'elle 
touipère  les  ardeurs  de  la  fièvre. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


n 

ACHAZ,  Heb.  Possessio,  fils  et  successeur 
de  Joathan,  fut  l'onzième  roi  do  Juda  :  il  se 
signala  par  ses  impiétés,  ayant  imité  en  tout 
les  idolâtries  de  Jéroboam  et  d'Achab  ;  il  fit 
fermer  le  temple  de  Dieu,  et  en  fit  bâtir  d'au- 
tres en  l'honneur  de  diverses  divinités,  aux- 
quelles il  sacrifia,  et  leur  consacra  son  fils, 
en  le  faisant  passer  par  le  feu,  selon  la  cou- 
tume des  nations  idolâtres.  Etant  à  Damas, 
il  vit  un  autel  dans  un  temple,  dont  il  fit 
prendre  la  mesure  et  en  envoya  le  modèle 
au  pontife  Urie  pour  en  bâtir  un  semblable. 
Dieu  l'abandonna  dans  les  guerres  qu'il  eut 
contre  ses  ennemis,  et  ne  put  s'échapper 
de  leurs  mains,  qu'en  leur  donnant  tout  l'or 
et  l'argent  qu'il  trouva  dans  le  temple.  Il 
mourut  âgé  de  trente-six  ans,  en  ayant  régné 
seize.  Il  commença  à  régner  l'an  du  monde 
3263.  Il  a  eu  Ëzéchias,  son  fils,  à  l'âge  de 
douze  ans,  car  il  a  commencé  de  régner  à 
l'âge  de  vingt  ans,  et  a  régné  seize  ans.  4. 
Reg.  16.  2.  Ëzéchias  avait  vingt-cinq  ans 
quand  il  a  succédé  à  son  père.  c.  18.  2.  Achaz 
n'avait  donc  qu'onze  ans  quand  il  l'a  eu;  ce 
qui  n'est  pas  sans  exemple,  dit  saint  Jérôme. 
Voy.  HiERON.  Ep.  ad  Vitalem;  mais  d'autres 
croient  qu'il  faut  entendre  de  Joatham,  et 
non  pas  d'Achaz,  cet  endroit  du  quatrième 
des  Rois.  16.  2.  Viginti  annorum  erat  Achaz 
ciim  regnare  cœpisset  sciL  Joathan.  Achaz 
avait  vingt  ans  lorsque  Joathan  commença  à 
régner. 

ACHAZIB,Heb.i)ifendactMm,  nom  d'une  ville 
danslatribu  d'Aser,  d'où  ceux  de  cette  tribu  ne 
chassèrent  point lesChananéens.  Judic.  1. 31, 
Aser  non  delevit  habitatores  Accho  et  Sidonis 
et  Achazib.  Elle  est  aussi  appelée  ^c/izi6a. 

ACHIAS,  JE,  ou  ACHIA,  Heb.  Frater  Do- 
mini, Frère  du  Seigneur.  1°  Un  grand  prê- 
tre, fils  d'Achitob,  petit-fils  d'Héli.  1  Reg.  14. 
Y.  3.  8. 

2°  Un  fils  de  Jéraméel,  et  petit-fils  d'Es- 
ron.  1.  Par.  2.  25. 

3°  Un  descendant  de  Benjamin.  1.  Par. 
8.7. 

4°  Un  lévite.  1.  Par.  26.  20. 

ACHIM,  Heb.  Prœparabo,  fils  de  Sadoc  et 
père  d'Eliud.  Matth.  1.  14. 

ACHIMAAS,  Heb.  Frater  consiliarms.  — 
1°  Fils  du  grand  prêtre  Sadoc.  2.  Reg.  15. 
27.  Dixit  rex  ad  Sadoc  sacerdotem,  revertere 
in  pace  et  Achimaas,  filius  tuus  :  Le  roi  dit 
encore  au  grand  prêtre  Sadoc  :  Retournez  à 
Jérusalem  avec  Achimaas,  votre  fils.  v.  36.  Il 
avertit  David  de  la  part  de  Chusaï,  du  conseil 
qu'Achitophel  donnait  à  Absalon.  2.  Reg.  17. 
V.  17.  20.  etc.  —  2°  Le  beau-père  de  Saul.  1. 
Reg.  14.  50.  Voy.  Achinoam.  —  3»  Le  gen- 
dre de  Salômon.  3.  Reg.  4.  15.  Achimaas  in 
Nepthali  :  Achimaas  était  intendant  de  la 
maison  de  Salomon  en  Nephthali. 

ACHIMAN,  Heb.  Frater  prœparatus.  Achi- 
man,  fils  d'Enac,  c'est-à-dire  de  ses  descen- 
dants, de  la  race  des  géants  en  Hébron.  Num. 
13.  23.  il  est  appelé  Ahiman.  Jos.  15.  14. 

ACHIMELECH,Hcb.  Frater  meus  rex.  l-Un 
Hétéen,  qui  était  officier  de  David.  1.  Reg. 
26.  6.  Alt  David  ad  Achimelech  Ilelhœum  et 
Àbiaai  (ilium  Sarviœ.  —  2°  Le  grand  prêtro 


n 


ACH 


AGI 


78 


qai  donna  à  manger  à  Da?id  et  à  ses  gens 
les  pains  de  proposition,  c'est-à-dire  les 
pains  exposés  devant  l'Arche.  1.  Reg.  21.  1. 
Venit  David  in  Nobe  ad,Achimelech.  Ps.  51.  1. 
Venit  David  in  domum  Achimelech  :  11  est  ap- 
pelé Abiathar.  2.  Reg.  8.  17.  Marc.  2.  26.  et 
Achias  1.  Reg.  14.  3.  —  3»  Le  fils  de  ce 
même  grand  prêtre.  2.  Reg.  8.  17.  que  l'on 
appelait  aussi  Abiathar. 

ACHIMOTH,  Frater  mortis,  fils  d'Elcana. 
l.Par.  6.  25. 

ACHINOAM,  Heb.  Fratris  pulchritudo.  — 
1°  Femme  de  Saiil.  1.  Reg.  14.  50.  —  2"  Femme 
de  David,  de  Jezrael.  1.  Reg.  25.  43.  c.  27. 
3.  etc. 

ACHIOR.  Fratris  lumen.  —  1°  Un  capitaine 
ou  chef  des  Ammonites,  qui  fut  rejeté  par 
Holopherno,  parce  qu'il  lui  avait  parlé  en 
faveur  des  Israélites.  Judith.  5,  v.  5.  26.  28. 
Achinr,  dux  omnium  filiorum  Ammon.  c.  6. 
v.  17.  9.  etc.  —  2"  Un  parent  de  Tobie.  Tob. 

11.  20.  Veneriintque  Achior  et  Nabath  conso- 
brini  Tobiœ.  On  croit  que  c'est  cet  Achiacarus 
que  le  Grec  dit  avoir  été  son  neveu,  fort 
chéri  d'Assarhadon. 

ACHIRAM,  Heb.  Fratris  celsitudo,  fils  de 
Benjamin.  Num.  26.  38.  A  otio  familia  Achi- 
ramitarum  :  Achiram,  chef  Ue  la  famille  des 
Achiramites.  Voy.  Ahiran. 

AGHIS,  Heb.  sic  est,  roi  de  Geth,  qui  reçut 
David  dans  ses  Etats  ,  lorsqu'il  fuyait  Saiil  , 
et  lui  donna  la  ville  de  Siceleg  pour  lui  ser- 
vir de  retraite.  1.  Reg.  21.  v.  10.  11.  12.  etc. 
Il  est  appelé  fils  de  Maoch.  c.  27.  2.  C'est 
peut-être  le  même  qui  est  appelé  fils  de 
Maacha.  3.  Reg.  2.  39.  Voy.  Semei. 

ACHISAMECH,  Heb.  frater  firmitatis,  père 
d'Ooliab,  de  la  tribu  de  Dan.  Exod.  31.  6.  c. 

35.  34.  c.  38.  23.  Voy.  Ooliab. 
ACHITOB,    frater  oonitatis.  —  1°  Le  père 

du  grand  prêtre  Achimelech  ou  Achias,  que 
Doëg  tua  par  l'ordre  de  Saiil.  1.  Reg.  14.  3. 
c.  22.  V.  9.  11. 12.  20.  —  2»  Le  père  de  Sadoc, 
grand  prêtre.  2.  Reg.  8.  17.  1.  Par.  6.  v.  7. 
8.  11.  12.  1.  Esd.  7.  2.  —  3"  Un  autre  grand 
prêtre.  1.  Par.  9.  11.  2.  Esd.  11.  11.  père  de 
Merajolh.  —  4°  Un  des  ancêtres  de  Judith  , 
fils  de  Melchias.  Judith.  8.  1. 

ACHITOPHEL,  frater  ruinœ,  conseiller  de 
David ,  qui  ayant  conspiré  avec  Absalom con- 
tre David,  se  pendit  lui-même  ,  parce  qu'on 
n'avait  point  suivi  son  conseil.  2.  Reg.  15.  v. 

12.  31.  34.  c.  16.  v.  15.  20.  23.  c.  17.  v.  1.  6. 
etc.  1.  Par.  ^7.  v.  33.  34.  C'est  apparemment 
le  même  qui  est  appelé  père  d'Eliam.  2.  Reg. 

23.  34. 

ACHOBOR  ,  Heb.  comprimens  puteum.  — 
1°  Le  père  de   Balanan  ,  roi    d'Edom.  Gcn. 

36,  38.  1.  Par.  1.  49.  —  2°  Un  des  premiers 
officiers  de  Josias,  fils  de  Micha,  et  pèro  d'Kl- 
nathan.  4.  Reg.  22.  v.  12.  14.  Jerom.  26.  22. 
c.  36.  12.  Il  est  nommé  Abdon.  2.  Par.  34. 
20.  Voy.  Micha. 

ACHOR,Heb.  turbatio.  Une  vallée  ,  ainsi 
nommée ,  à  cause  du  trouble  que  causa  le 
vol  d'Achan,  qui  signifie  trouble.  Jos.  7.  v. 

24.  26.  Vocalumque  est  nomenloci  illius,  Val- 
lis  Achor  us(fue  hodie.  On  a  nommé  jusqu'à 
ccjour  ce  lieu-là, /a  Vallée  d' Achor.  c.  15.  7. 


Is.  65.  10.  La  possession  de  cette  vallée  fut 
aux  Israélites  un  commencement  de  bonne 
espérance,  de  jouir  du  pays  de  Chanaan.  Os. 
2.  15.  Dabo  et  Vallem  Achor  ad  aperiendam 
spem. 

ACHSA,  JE  ,  Heb.  adornata,  fille  de  Caleb, 
donnée  en  mariage  à  Olhoniel.  1.  Par.  2.  49. 
Elle  est  appelée  Axa.  Jos.  15.  16.  Jud.  1.  12. 
Voy.  Axa. 

ACHSAPH,  veneficus,  ville  de  la  tribu  d'A- 
ser,  laquelle  a  été  depuis  appelée  Ftolémaï- 
de,  et  présentement  Acre.  Jos.  11.  1.  c.  12 
20.  Voy.  AxAPH.  c.  19.  25. 

ACHZIB,  Heb.  mendax ,  ville  dans  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  44.  et  Ceïla  et  Achzib. 

ACHZIBA,  Heb.  mendacium  ,  ville  dans  la 
tribu  d'Aser.  Jos.  19.  29.  de  laquelle  les  Ca- 
nanéens ne  furent  point  chassés.  Judic.  1. 
31.  où  elle  est  appelée  Achazib.  Voy.  Men- 

DACIUM. 

ACIDE.  Cet  adverbe,  qui  signifie  avec  en- 
nui ,  avec  dégoût,  vient  du  nom  grec  acedia, 
négligence,  découragement,  et  répond  à  l'ad- 
verbe grec  àx/i^w?,  acide.  Eccli.  4.  9.  Libéra 
eum  qui  injuriam  patitur  de  manu  superbi  et 
non  acide  feras  in  anima  tua  ;  Gr.  /*«  àliyo^pv- 
xndtiç  ;  ne  pusillo  animo  sis:  Délivrez  celui 
qui  souffre  l'injustice  de  la  main  de  celui  qui 
la  lui  fait,  et  ne  vous  découragez  point,  ^wïr. 
Ne  soyez  point  paresseux,  lorsque  vous  au- 
rez à  rendre  justice. 

ACIES,  El.  «f/ovr,  Kixuri.  Ce  mot  vient  du 
Grec  «y.iç,  pointe,  aiguillon,  et  signifie  trois 
choses  :  1°  La  pointe  ,  ou  le  tranchant  d'une 
épée,  ou  d'autre  chose; 2°  Une  armée  rangée 
en  bataille  ;  3'  La  vivacité  de  l'œil  ou  de  l'es- 
prit; parce  qu'en  ces  choses  il  y  a  quelque 
sorte  de  pointe.  Dans  le  sons  propre  ou  figu- 
ré, 1°  La  pointe  ou  le  tranchant  d'une  épée, 
ou  d'autre  chose.  1.  Reg.  13.  21.  Retusœ  ita- 
que  erant  acies  vomerum  et  ligonum:  Gomme 
il  n'y  avait  point  de  forgerons  en  Israël,  le 
tranchant  des  socs  de  charrue  et  des  boyaux 
était  tout  usé.  Heb.  et  ils  se  servaient  de  li- 


est  prêt  de  porter  par  l'épée.  Gr.  os  gladii. 
Les  Hébreux  donnent  le  nom  de  bouche  à  la 
pointe  de  l'épée,  parce  que  c'est  par  là  qu'elle 
mord.  2"  Armée  rangée  en  bataille.  Dont.  20. 
2.  Stabit  sacerdos  ante  aciem  {■KupKxa.Ziç)  : 
Quand  l'heure  du  combat  sera  venue  ,  le 
pontife  se  présentera  à  la  tête  de  l'armé",  et 
parlera  ainsi  au  peuple,  i.  Reg.  17.  26.  1. 
Par.  12.  V.  33.  36.  et  parce  qu'une  annéo 
rangée  en  bataille  est  terrible.  L'Eglise  lui  est 
comparée.  Canl.  6.  v.  3.  9.  Terribilis  ut  ca- 
strorumacies  ordinata  {TeTay/xsv/j):  L'Eglise  est 
redoutable  aux  démons,  comme  une  armée 
rangée  en  ordre  de  bataille. 

Phrases  qui  viennent  de  celte  seconde  signi- 
ficalion.  —  Dirii/ere  aciem  (  ■na.puTà.aattjBai  )  : 
Ranger  une  armée  en  bataille.  Gencs.  14.  8. 
Judic.  20.  22.  1.  Reg.  17.  v.  2.  21.  2.  Reg.  10. 
V.  8. 10.  17.  etc.;  mais  dirigere  aciem,  signifie 
quelquefois  conduire  une  armée  vers  quel- 
que lieu.  Jos.  8.  14.  Direxit  aciem  contra  de 


79 

sertum  -Le  roi  de  Haï  conduisit  ses  troupes 
vers  le 'désert.  Voy.DiRiGEBE. 

Inslniere  aciem  ;  icndere  aaem  {Trupazu^crs- 
cel)  sisMifle  aussi  mettre  une  armée  en  or- 
dredVbalaiUe  Judic.  20.  33.  1.  Reg.  i.  2.2. 
Reg.  10.  9.  2.  Par.  13.  3. 

Ainsi  prima  acies  {■K^Mm  rr-Bïpa.,  P^'^'^f^^" 
Aors),  c'est  la  tête  de  l'armée.  2.  Mach.  8.23./n 
prima  acie  ipse  dux  commisit  cum  ^lcanore  : 
Machabée  se  mit  lui-même  à  la  tête  de  1  ar- 
mée, et  marcha  contre  Nicanor. 

3°  Une  bataille,  un  combat  [Tzaf.ûzu'^Lç).  1. 
Roe  4-.  V.  12.16.  Ego  qui  de  acie  [agi  hodie  : 
C'est  moi  qui  me  suis  échappé  du  combal.  2. 
Par.  18.  33.  Educ  me  de  acie  (tioIsixoç)  :  Tire- 
moi  du  combat,  car  je  suis  blessé,  dit  Achab 
à  son  cocher,  étant  blessé  à  mort. 

ACINUS,  1.  viyao-ov.  Ce  mot  vient,  à  ce 
qu'on  croit,  du  verbe  acuere ,  et  signifie  un 
grain  de  raisin,  ou  d'autre  fruit  menu.  Un 
grain  de  raisin.  EccH.  33.  16.  Ego  novissi- 
mus  evigilavi  piasi  gui  colUgit  octnos  post 
vindemialores  (>!«).K//wpHvoâj  :  Je  suis  venu,  dit 
l'Ecclésiastique,  ie  dernier  de  tous ,  comme 
ceux  qui  ramassent  les  grains  de  raisin  après 
ceux  qui  ont  fait  vendange  :  cet  auteur  n'est 
venu  qu'après  tous  les  prophètes  ,  environ 
deux  cents  ans  avant  Jésus- Christ.  Voy.  No- 
viS'^iMUS.  De  ce  mot  vient  cette  phrase,  Num. 
6,  k.  Ab  uva  passa  usque  ad  ocinum  :  Les  Na- 
zaréens ne  mangeront  point  de  tout  ce  qui 
peut  sortir  de  la  vigne  ,  depuis  le  raisin  sec 
jusqu'à  un  pépin. 

ACQUIESCERE.  Ce  verbe  signifie  propre- 
ment s'appuyer  sur  quelque  chose  pour  s'y 
reposer  :  ce  qui  a  quelque  étendue,  et  qui 
donne  lieu  à  d'autres  significations  qui  s'y 
rapportent  dans  l'Ecriture. 

1°  Acquiescer,  condescendre  ,  se  rendre  , 
obéir  ((5o0)i£<76«i).  Prov.  1.  iO.  Si  te  lactaverint 
peccalores,  ne  acquiesças  eis  ;Si  les  pécheurs 
vous  attirent  par  leurs  caresses,  ne  vous  lais- 
sez point  aller  à  eux.  Gen.  16.  2.  c.  27.  8.  c. 
29.  28.  Exod.  6.  9.  etc.  Ainsi,  Acquiescere  ad 
omnia  quœ  poslulantur  (îùSoxcîv)  :  Accorder 
tout  ce  qu'on  demande.  1.  Mach.  8.  1.  Ac- 
guicscunt  ad  omnia  quœ  poslulantur  ab  eis  : 
Les  Romains  étaient  toujours  prêts  d'accor- 
der toutes  les  demandes  qu'on  leur  faisait. 

2°  S'appliquer  à  quelque  chose,  y  faire  une 
attention  sérieuse  (//e^epâv,  so^fîCî7um  C5se), 
Exod. .5.  9.  Opprimantur  operibus  ut  non  ac- 
quiesçant verbis  mendacibus  :  Qu'on  les  acca- 
ble de  travaux,  afin  qu'ils  n'aient  pas  le  loi- 
sir de  faire  attention  aux  paroles  de  men- 
songe qu'on  leur  suggère.  Pharaon  parle 
ainsi  des  ordres  que  Moïse  donnait  au  peu- 
ple de  la  part  de  Dieu. 

3"  S'attacher  à  quelqu'un,  demeurer  atta- 
ché à  lui  (-/ooo-pévEiv,  adhœrere).  S;ip.  3.  9.  Qui 
confidunt  in  illo  intelligent  veritutem  et  fidè- 
les in  dileclione  acquitscent  illi  :  Ceux  qui 
mettent  leur  confiancf  en  Dieu,  auront  l'in- 
Iclligcnce  de  la  vérité,  et  ceux  qui  lui  sont 
fidèles  dans  son  amour,  demeureront  atta- 
chés à  lui. 

i"  Prendre  conseil ,   conférer  avec  quel- 
qu  un  (npoTavaTiGeaGai,  adfiibere  in  consilium) 
Galat.  1.  16.  Non  acquievi  carni  et  sanguini  : 


DICTIONNAIRE  DE  PlilLoLOGlK  SACREE. 


Je  n'ai  point  pris  avis  d'aucun  homme  mor- 
tel dans  mon  ntinislère;  le  mot  grec  signifie 
se  décharger  dans  le  sein  de  son  ami  de  ses 
soins  et  de-ses  secrets. 

ACQUIRERE,  TzepL-outcBat.  De  la  préposi- 
tion ad  et  de  guœrere^  et  signifie  proprement 
acquérir,  c'est-à-dire  ,  obtenir  un  litre  qui 
donne  droit  de  jouir  d'une  chose,  ou  en  pro- 
priété ou  en  usufruit. 

1°  Acquérir.  Eccli.  3.  6.  Tempus  acquirendi 
et  tempus  perdendi  ;  Il  y  a  un  temps  d'acqué- 
rir et  un  temps  de  perdre,  c'est-à-dire  de 
dépenser.  Chaque  chose  a  son  temps  et  ses 
règles.  Gènes.  31.  18.  Ps.  77.  54.  Luc.  19.  16. 
Ainsi  Jésus-Christ  a  acquis  son  Eglise  par 
sou  propre  sang,  c'est-à-dire  qu'étant  mort 
pour  nous  racheter  el  nous  délivrer  de  la  ty- 
rannie du  démon  ,  il  a  droit  de  disposer  de 
nous,  comme  étant  notre  souverain  Seigneur. 
Act.  20.  28. 

2"  Posséder,  jouir  d'une  chose;  d'où  vient 
hœreditate  acquirere,  Gr.  ■A-np'ivoy.ît^,  posséder 
comme  son  héritage  ,  recevoir  en  partage. 
Ps.  68.  36.  Hœreditate  acquirent  eam  •  Ils 
posséderont  Sion  comme  leur  héritage: 
cette  Sion  s'entend  de  lEglise,  dont  les  habi- 
tants et  les  possesseurs  sont  les  fidèles  ,  qui 
en  sont  les  membres.  Ps.  118.  111.  Hœredi- 
tate acquisivi  tcstimonia  tua  :  J'ai  pris  vos 
préceptes  pour  être  à  jamais  mon  partage  ; 
le  patrimoine  et  l'héritage  des  justes  est  la  loi 
de  Dieu.  Voy.  H^reditas.        I 

3"  Acquérir,  obtenir,  remporter.  1.  Tira. 
3.  13.  Qui  bene  ministraverint ,  gradum  bo- 
num  sibi  acquirent  :  Le  bon  usage  qu'ils  feront 
de  leur  ministère,  leur  acquerra  un  droit  lé- 
gitime pour  monter  plus  haut.  Saint  Paul 
parle  des  diacres.  Prov.  22.  9.  Victoriam  et 
honorem  acquiret  qui  dat  munera:  Celui  qui 
fait  des  présents  remportera  la  victoire  et 
l'honneur;  les  dons  ont  un  grand  pouvoir.  1. 
Mach.  6.  U. 

4°  Tâcher  d'obtenir,  travailler  pour  ac- 
quérir ou  posséder  quelque  chose  (y.Tâa6«t) 
Prov.  4".  7.  In  omni  possessione  tua  acquire 
prudenliam  :  Travaillez  à  acquérir  la  pru- 
dence aux  dépens  de  tout  ce  que  vous  pou- 
vez posséder,  c.  16.  16. 

5'  Attirer  sur  soi  (^a/xgâvso-ôat).  Rom.  13. 
2.  Quiautem  résistant  ipsi  sibidamnationem  ac' 
quirunt  :  Ceux  qui  résistent  aux  puissances, 
attirent  la  condamnation  sur  eux  -mêmes. 
Sap.  1.  12. 

ACQUISITIO,  Nis,  TzeptTTointTt?.  —  1"  Acqui- 
sition, action  par  laquelle  on  acquiert  quel- 
que chose,  gain,  acquêt.  Baruch.  3.  18.  Non 
est  finis  acquisilionis  eorum  :  Les  hommes  ne 
mettent  point  de  bornes  à  l'acquisition  qu'ils 
font  des  biens.  Eccli.  kl.  k.  De  acquisitions 
multorum  et  paucorum  {ne  confundaris)  :  Ne 
rougissez  point  d'être  équitable  ,  lorsqu'il 
s'agit  (l'acquérir  peu  ou  beaucoup,  ou,  selon 
d'autres,  de  ce  que  vous  acquérez  peu,  lors- 
que d'autres  deviennent  si  riches.  Act.  19.  25. 

Acquisition,  se  dit  aussi  figurément  des 
choses  spirituelles.  Prov.  3.  H.  Mclior  est 
acquisitio  ejus  (Heb.  negotialio)  negotiatiune 
argenti  :  Le  trafic  de  la  sagesse  vaut  mieux 
que  celui  de  l'argent.  1  Thess.  5.  9.  IS'onpo- 


91 


ACT 


ACU 


Si 


suit  nos  Deus  in  iram,  sed  in  acquisitionem 
salulis  :D\e\i  ne  nous  a  pas  choisis  pour  être 
des  objets  de  sa  colère,  mais  pour  nous  faire 
acquérir  le  salul.  2  Thess.  2.  ik.In  acquisi- 
tionem gloriœ. 

2"  Possession,  jouissance.  Hcb.  10.  39.  Non 
sumiis  subtractionis  filii  in  perdilionem  ,  sed 
fidei  in  acquisitionem  aniinœ  :  Nous  ne  som- 
mes point  des  personnes  à  nous  retirer  de 
Dieu,  ce  qui  serait  notre  perle;  mais  nous 
demeurons  fermes  dans  la  foi  pour  le  salut 
de  nos  âmes  ;  posséder  son  âme,  c'est  la  sau- 
ver. Luc.  21.  19.  In  patient  in  vestra  posside- 
bitis  animas  vestras  :  Vous  vous  sauverez  par 
la  patience.  Voy.  Possidere. 

3°  Acquisition  se  dit  aussi  de  la  chose  ac- 
quise ;  ainsi  les  chrétiens  que  Dieu  s'est  ac- 
quis par  le  prix  de  sa  mort  et  de  son  propre 
sang,  sont  appelés  son  acquisition  ,  ou  son 
peuple  acquis.  Eph.  1. 14.  Qui  est  pignus  hœ- 
reditatis  nostrœ  in  redemptionem  acquisitio- 
nî'v  L'Espril-Saint  est  le  gage  et  les  arrhes 
de  notre  héritage  ,  jusqu'à  la  parfaite  déli- 
vrance du  peuple  que  Jésus-Christ  s'est  ac- 
quis. 1.  Pelr.  2.  9.  Vos  autem  gens  sancla, 
populus  acquisilionis  :  Quant  à  vous  ,  votis 
êtes  la  nation  sainte,  le  peuple  conquis; 
cette  conquête  s'est  faite  en  revendiquant 
sur  le  démon  ce  peuple,  pour  se  le  rendre 
propre  et  particulier  ;  ce  qui  est  marqué  par 
le  mot  grec  mpiovaiK,  acquisitio  peculiaris. 
Voy.  AccEPTABiLis.  Tit.  2.  14. 

ACRABATHANE,  es,  Hob.  Montis  ascen- 
sus.  Ce  mot,  qui  vient  de  l'adjectif  ax/^o,-, 
summus,  et  du  verbe  /Satvjiv  ;  ascendere,  mar- 
que un  lieu  élevé  où  l'on  monte,  et  signiQe: 
L'Acrabalhanc  ,  c'est  une  partie  de  lldu- 
mée,  que  lEcriture  nomme  ,  Num.  34.  4.  la 
montée  des  scorpions  ,  à  cause  qu'il  y  avait 
beaucoup  de  ces  serpents.  Voy.  Ascensus. 

C'était  la  troisième  des  dix  toparchies  de 
la  Judée,  selon  Pline.  1.  5.  c.  14.  Judas  Ma- 
chabce  en  extermina  les  habitants,  parce 
qu'ils  suivaient  le  parti  des  Macédoniens.  1. 
Mach.  5.  3.  Eos  qui  erant  in  Acrabathane 
percHssit  plaga  magtia  :  Judas  battit  ceux  des 
enfants  d  E->aù  qui  étaient  dans  Acrabathane, 
et  en  fit  un  grand  carnage  j  d'autres  lisent 
Arabatliane. 

ACRITER,  du  nom  acer,  acris,  acre,  aigre, 
vif,  prompt ,  violent.  —  1"  Vivement,  d'une 
manière  pressante.  Jud.  11.  5.  Quibus  acriler 
instantibus  :  Comme  les  Amiiionilespressaient 
les  Israélites  dans  les  combats  qu'ils  leur  li- 
vraient :  ceux-ci  prirent  Jeplité  pour  leur 
chef.  —  2°  Aigrement,  d'une  manière  aigre  , 
rebutante,  et  désagréable  {ù/urAi-oi; ,  ingra- 
te). Eccli.  18.  18  Slultus  acrUcr  improperal  : 
L'insensé  fait  des  reproches  aigres  ;  c'est  être 
insensé  que  de  gâter  par  des  reproches  dés- 
obligeants le  bien  qu'on  fait  à  quehju'un. 

ACRON,  is,  Heb.  SterHHas^\\\\Q  située 
sur  les  confins  de  la  tribu  de  Dan  et  de  celle 
de  Ju<la.  Jos.  19.  43.  Elon,  Themna,  Acrou; 
quelques-uns  croient  (lue  c'est  la  même 
qu'Accaron.  Voy.  Accaron. 

ACTIO,  Piis,  (lu  verbe  agere,  action,  opéra- 
tion, une  œuvre,  un  fait,  doù  vient  gratia- 
rum  aclio,  action  de  grâces,  qui  signifie  un 


renaerctment,  un  témoignage  de  reconnais- 
sance pour  un  bienfait  reçu  {c\)x*çpi-<jTix).  1, 
Tim.  4.  4.  Nihil  rejiciendum  quod  cum  gra- 
tiarum  actione  percipitur  :  Tout  ce  que  Dieu 
a  créé  est  bon,  et  on  ne  doit  rien  rejeter  de 
ce  qui  se  mange  avec  action  de  grâces.  On 
doit  remercier  Dieu  de  l'usage  des  créatures 
que  Dieu  nous  donne.  Voy.  Sanctificare. 
Act.  24.  3.  2.  Cor.  4.  lo.  Epbes.  5.  4.  Phil.  4. 
6.  etc.  A'n\si,  g ratinrum  actio ,  c'esi  la  recon- 
naissance que  l'on  rendait  à  Dieu  dans  l'An- 
cien Testament,  par  l'hostie  pacifique  qur^ 
l'on  offrait  pour  toutes  les  grâces,  ou  que 
l'on  avait  reçues  de  Dieu,  ou  que  l'on  (le- 
mandail  à  Dieu.  Levit.  7.  12.  Si  pro  actione 
gralinrum  oblalio  fuerit,  offerent  panes  abs^ 
que  fermenta  :  Si  c'est  une  oblaliou  pour 
l'action  de  grâces,  on  offrira  des  pains  sans 
levain,  mêlés  d'huile.  Levit.  22.  29. 

ACTOR,  is,  du  verbe  agcre.  C'est  propre- 
ment celui  qui  fait  quelque  alïaire;  mais, 
surtout  en  matière  de  procès,  c'est  le  de- 
mandeur. 

Un  curateur  qui  a  soin  du  bien  d'un  pu- 
pille (ojzovoaoj).  Gai.  4.  2.  Sub  tutoribus et 
actoribus  est  usque  ad  prœfinitum  lempus  a 
Pâtre  :  Un  enfant  est  sous  la  puissance  des 
tuteurs  et  des  curateurs  jusqu'au  temps 
marqué  par  son  père. 

ACTUS,  us,  ■npuqiç.  Acte,  action,  œuvre; 
ce  qui  se  fait  de  bien  ou  de  mal  ;  ce  qui  est 
différent,  selon  la  diversité  des  fins,  des  ob- 
jets et  (les  circonstances.  —  1°  Action,  œu- 
vre, bonne  ou  mauvaise.  Eecli.  35.  24.  Do- 
nec  reddat  hominibus  secundum  actus  suos  : 
Le  Seigneur  se  vengera  des  nations,  jusqu'à 
ce  qu'il  rende  aux  hommes  selon  leurs  ac- 
tions. Prov.  14.  15.  Act.  19.  18.  Co'.oss.  3.  9. 
Ainsi,  Eccli.  37.  20.  1.  Mach.  13.  34.  Luc.  23. 
51.  —  2^^  Action  extérieure,  opposée  au  re- 
cueillement. Eccli.  11.  10.  Fili,  ne  in  mullis 
sint  actus  tui:  Mon  fils,  ne  vous  engagez  pas 
dans  une  multiplicité  d'actions,  c.  38.  25, 
Qui  minoratiir  aclu  sapientiam  percipiel  :  Ce- 
lui qui  s'applique  peu  aux  actions  extérieu- 
res acquerra  la  sagesse.  Voy.  Minorare.  — 
3"  Fonction  ,  opération.  Rom.  12.  4.  Omuiu 
membra  non  eumdeni  actum  habent  :  Tous  les 
membres  du  corps  n'ont  pas  la  même  fon- 
ction.—  4°  Action  hardie,  dessein, entreprise. 
Judith.  8.  33.  Nolo  ut  scrutemini  actuni 
meum.-ic  ne  veux  point  (jue  vous  approfon- 
dissiez mon  dessein.  Judith  parle  aux  an- 
ciens du  peuple.  —  5"  Actions  illustres,  con- 
duite glorieuse (-i7T£,-,  fides).i.  Mach.  14.  35. 
Vidit  poputus  actum  Simunis  :  Le  peuple  a 
vu  la  conduite  de  Simon,  et  ils  l'ont  établi 
leur  chef.  —  6"  L'histoire  et  les  actions  de 
quelqu'un;  les  actes  qui  se  conservent  à  la 
postérité,  tel  est  le  livre  qui  porte  pour  litre  : 
Actus  apostolorum,  les  Actes  des  apôtres, 
écrit  par  saint  Luc,  dont  la  matière  se  peut 
réduire  à  trois  chefs  :  l'ascension  de  Jésus- 
Christ,  la  descente  du  Saini-Esprit  sur  les 
apôtres,  et  l'établissement  des  Eglises  chré- 
tiennes, par  le  succès  de  la  prédication  des 
apôtres. 

ACUERK,  oîvvet'v,  «xovsrv,  du  nom  acies,  ai- 
guiser; ei  dans  le  figuré,  exciter,  irriter 


hr. 


DICTIONNAiRr:  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


!•  Ai'^uiser,  rendre  piqaant  et  tranchant 
(TrapaT/evàrs^v).  Jer.  51.  11.  Acuite  sagittas  : 
Aiguisez  vos  flèches.  Le  prophète  parie  aux 
Babyloniens  avec  ironie,  pour  leur  faire 
comprendre  le  péril  où  ils  seraient  et  l'inuti- 
lité de  leurs  préparatifs  contre  Darius,  roi 
des  Mèdes,  d'oîi  vient  acuere  gladiiim  :  Aigui- 
ser son  épée,  menacer  de  perdre.  Deut.  32. 
41.  Si  ncuero  ut  fulgur  gladium  meum  [rvapo- 
Çûvstv)  :  Si  j'aiguise  mon  épée,  et  la  rends 
aussi  pénétrante  que  les  éclairs,  je  me  ven- 
gerai de  mes  ennemis.  Dieu  se  représente 
lui-même  comme  un  homme  armé  d'épées 
foudroyantes,  qui  mettra  tout  à  feu  et  à  sang 
pour  yenger  la  mort  de  ses  serviteurs.  C'est 
ainsi  qu'il  dit  qu'il  aiguisera  sa  colère  com- 
me une  lance  perçante.  Sap.  5.  21.  Acuet 
duram  iram  in  lanc'eam  :  11  aiguisera  sa  co- 
lère inflexible;  la  colère  de  Dieu  sera  comme 
une  lance  qui  pénétrera  jusqu  au  fond  de 
l'âme  des  méchants,  parce  que  la  terreur  de 
la  puissance  irritée  qu'il  répandra  dans  leur 
cœur,  sera  leur  plus  grand  supplice. 

Acuere  linguam  suam  sicut  serpentis  :  Ai- 
guiser sa  langue  comme  celle  d'un  serpent. 
C'est  médire  de  quelqu'un  par  des  discours 
piquants  et  empoisonnés,  comme  faisaient 
auprès  de  Saùl  les  ennemis  de  David.  Ps. 
139.  3.  Ils  ont  aiguisé  leurs  langues  comme 
celle  du  serpent,  qu'on  dit  aiguiser  sa  lan- 
gue avant  que  de  piquer  :  Acuerunt  linguas 
suas,  etc.  Voy.  Exacuere.  Ps.  63.  4. 

2°  Exciter,  animer,  encourager  {T:a.pi<T-ù- 
v«i).  1.  Mach.  6.  34.  Et  elephantis  ostende- 
runt  sanguinem  tivœ  et  mori  ad  acuendos  eos 
in  prœliiim  :  Les  ennemis  montrèrent  aux 
éléphants  du  jus  de  raisin  et  de  mûres,  afin 
de  les  animer  au  combat  par  la  couleur  de 
ce  jus,  semblable  au  sang. 

ACULEUS,  I,  xivToov,  du  nom  acus,  us,  ai- 
guille, aiguillon,  ce  qui  est  piquant,  en  ma- 
nière d'aiguille.  Apoc.  9.  10.  Aculei  erant  in 
caudis  earum  :  Ces  sauterelles  avaient  un  ai- 
guillon à  la  queue.  Voy.  Locusta.  • 

ACULEATDS,  a,  um,  piquant ,  hérissé  (ûç 
«xstSwv  TÔMoç ,  ut  locustarum  multitudi- 
nem).  Jerem.  51.  27.  Adducite  equum  quasi 
hruchum  aculeatum  :  Faites  venir  les  che- 
vaux en  foule,  comme  des  chenilles  héris- 
sées de  toutes  parts.  Le  prophète  parle  des 
troupes  qui  devaient  venir  contre  Babylone  ; 
il  peut  bien  marquer  par  ces  chevanx  ceux 
des  Perses,  qui  étaient  fiers  aux  combats  et 
qui  avaient  les  crins  hérissés. 

ACUS,  us,  poLfi;,  du  mot  grec  «x^ ,  ou  ày.iç, 
qui  signifie  pointe.  —  1"  Aiguille,  petit  fer 
pointu  et  délié,  qui  sert  à  coudre,  a  broder 
et  à  faire  d'autres  ouvrages.  Matth.  19.  21. 
Marc.  10.  25.  Luc.  18.  25.  Facilius  est  came- 
lum  per  foramen  acus  transire,  quam  divitem 
inlrure  in  regnum  Dci  :  Il  est  plus  aisé  (ju'un 
chameau  passe  par  le  Irou  dune  aiguille, 
que  non  pas  qu'un  riche  entre  dans  le 
royaume  de  Dieu.  Vov.  Camelus.  —  2°  Ai- 
guille, ornement  de  têie.  Isa.  3.  22.  Lintea- 
imna  et  acus  et  spécula  :  Le  Seigneur  ôtera 
aux  filles  de  Sion  leurs  beaux  linges,  leurs  ai- 
guilles de  tête  ou  leurs  poinçons  de  diamant, 
leurs  miroirs,  etc.  Le  mol  hébreu,  qui  ré- 


84 

pond  à  acus  se  peut  expliquer  diversement. 
ACUTUS,  a,  um,  oÇt?,  îï(x ,  ù.  1"  Aigu,  qui 
se  termine  en  pointe  et  qui  est  perçant  ou 
tranchant.  Exod.  4.  25.  Tulit  illico  Sephora 
acutissimam  petram  :  En  même  temps,  Se- 
phora prit  une  pierre  très-aiguë  et  circoncit 
la  chair  de  son  fils  :  elle  prit  au  plus  tôt  ce 
qu'elle  rencontra  propre  à  couper,  pour  évi- 
ter la  colère  de  Dieu.  Ezech.  5.  1.  Sume  tibi 
gladium  acutum  :  Prenez  un  rasoir  tran- 
chant; Gr.,  un  glaive  plus  tranchant  qu'un 
rasoir.  Voy.  Gladius. 

Phrases  et  façons  de  parler  figurées,  qui  viennent  de 
ce  mot. 

Faix  acuta,  une  faux  tranchante,  qui  mar- 
que le  jugement  de  Dieu,  irrévocable  conlre 
les  méchants.  Apoc.  14.  v.  14.  17.  18.  i9. 
Voy.  Falx. 

Gladius  acutùs  ,  une  épée  perçante  ou 
tranchante,  marque  plusieurs  choses  :  1"  une 
chose  très-pernicieuse,  comme  la  médisance. 
Ps.  56.  5.  Lingua  eorum  gladius  acutus.  Voy. 
Gladius.  2°  Ce  qui  est  invincible  et  efficace. 
Sap.  18.  16.  Gladius  acutus  insimulatum  im^ 
perium  tuum  portans  :  La  parole  toute-puis- 
sante de  Dieu  est  comme  une  épée  tran- 
chante, qui  porte  ses  arrêts  irrévocables  et 
qui  les  exécute  invinciblement.  Isa.  49.  2. 
Posuit  os  meum  quasi  gladium  acutum  :  Dieu 
a  rendu  ma  bouche  comme  une  épée  per- 
çante; la  parole  de  Jésus-Christ  a  pénétré 
jusque  dans  le  fond  des  cœurs,  avec  une 
vertu  toute-puissante.  Apoc.  1.  16.  c.  19.  15. 
Voy.  Gladius.  3"  Ce  qui  est  rigoureux  et 
inexorable.  Ezech.  21.  15.  In  omnibus  po)-lis 
eorum  dedi  conturbationem  gladii  acuti  :  Je 
jetterai  l'épouvante  à  toutes  leurs  portes  de- 
vant cette  épée  perçante.  Cette  épée  était  la 
justice  et  la  puissance  de  Dieu,  entre  les 
mains  de  Nabuchodonosor,  qui  devait  exer- 
cer contre  les  Juifs  des  châtiments  très-ri- 
goureux. Voy.  Gladius 

Novacula  acuta  (  ijxovïjuévo?  )  ,  un  rasoir 
affilé,  qui  marque  une  malignité  prompte  à 
nuire.  Ps.  51.  4.  Sicut  novacula  acuta  fecisli 
dolum  :  Vous  avez,  comme  un  rasoir  affilé, 
fait  passer  insensiblement  votre  tromperie. 
David  parle  du  rapport  que  Doëg  fit  à  Saùl. 

Rlioinphœa ,  bis  acuta,  ou  utraque  parle 
acuta  :  Une  épée  à  deux  tranchants,  qui  si- 
gnifie ou  ce  qui  est  perni(ieux.  Eccli.  2-.  4. 
Quasi  rhomphœa  bis  acula  omnis  iniquilas  : 
Tout  péché  est  comme  une  épée  à  deux  tran- 
chants. Voy.  RuoiMPHyEA.  Ou  cc  qui  est  ri- 
goureux et  inexorable.  Apoc.  2.  12.  ïlœc  di- 
cit  qui  habet  rhomphœam  utraque  parte  acu- 
tum :\o\q\  ce  que  dit  (elui  qui  porte  en  sa 
bouche  lépée  qui  coupe  dos  deux  côtés  [^Ito-^ 
f,o;,  liabcns  duo  ora).  Voy.  Rhomphjîa. 

Sagitta  acuta,  une  flèche  perçante.  Elle 
marque  ce  qui  lait  une  vive  impression,  en 
bonne  ou  mauvaise  part.  Voy.  Sagitta. 

2'  Pénétrant,  efficace.  Sap.  7.  22.  Est  in  illa 
spiritus  intelligenliœ  aculus,  quem  nihil  ven- 
tât :  Il  y  a  dans  la  sagesse  un  esprit  d'intel- 
ligence pénétrant,  que  rien  ne  peut  empê- 
cher d'agir. 

3  Spirituel,  subtil.  Sap.  8.  11.  Et  acutus 
inveniar  in  judicio  :  On  reconnaîtra  la  péoé- 


85 


ÂD 


AD 


80 


tratiun  de  mon  esprit  dans  les  jugements. 
C'est  l'auteur  de  ce  livre  qui  parle. 

k"  Nuisible,  pernicieux  (>3xov73/iÉvoç).  Prov. 
5.  4.  Novissima  illius  acuta  quasi  gladius  bi- 
ceps :  La  fln  du  péché  en  est  perçante  comme 
une  épée  à  deux  tranchants  ,  c'est-à-dire 
pernicieuse  et  mortelle. 

AD,  it(,q;,  etc.  Cette  préposition  vient  de 
l'hébreu  had  et  se  met  toujours  avec  l'accu- 
satif, pour  marquer  un  mouvement  vers 
quelque  objet;  mais  elle  en  marque  propre- 
ment le  voisinage  et  la  proximité.  Outre  les 
significations  qu'elle  a  selon  l'usage  du  la- 
lin,  elle  en  a  encore  d'autres  dans  1  Ecriture, 
parce  qu'elle  répond  aux  particules  hébraï- 
ques had  ,  hal  et  autres.  Ainsi  ,  outre  ce 
qu'elle  signifie  ordinairement  en  latin,  elle 
signifie  : 

1°  Près,  auprès,  pour  marquer  la  proxi- 
mité {Apud,  prope).  Joan.  18.  16.  Petrus  au- 
tem  stabat  ad  ostium  :  Pierre  demeurait  à  la 
porte  du  pontife,  où  Jésus-Christ  avait  été 
conduit,  c.  6.  21.  c.  20.  11.  Matth.  21.  1.  Ad 
montem  Oliveti  :  Près  de  la  montagne  des 
Oliviers.  Act.  25.  10. 

On  peut  rapporter  à  cette  signification  ces 
phrases.  Ad  auriculam  esse  :  Etre  confident. 
1.  Par.  11.  25.  Voy.  Auricdla.  Ad  manum 
esse  :  Etre  sous  la  main,  auprès  de  quelqu'un. 
Voy.  Manus.  Elle  marque  aussi  que  l'on  est 
en  présence  d'une  chose  ou  d'une  personne* 
Matth.  10.  18.  Ad  prœsides  et  ad  reges  duce- 
mini  :  Vous  serez  présentés  aux  gouverneurs 
et  aux  rois.  Marc.  k.  1.  Congregata  est  ad 
eum  turba  multa  :  Une  grande  multitude 
de  personnes  s'assembla  autour  de  Jésus- 
Christ,  etc. 

2°  Cette  préposition  se  met  quelquefois 
pour  in  devant  un  nom  de  lieu.  Sap.  8.  20. 
Veni  ad  corpus  in  coinquinatum  :  Je  suis  venu 
dans  un  corps  qui  n'était  point  souillé.  Act. 
20.  2.  Venit  ad  Grœciam  :  Saint  Paul  vint  en 
Grèce.  4.  Reg.  10.  8.  1.  Thess.  1.  8.  Malach. 
3.  1.  Stalim  veniet  ad  Templum  suum  :  Il 
viendra  dans  son  Temple,  Amos.  h-.  4. 

Quelquefois,  ad  signifie  chez  les  person- 
nes. Joan.  20.  10.  Abierunt  ergo  itenim  disci- 
puli  ad  semetipsos  :  Saint  Pierre  et  saint  Jean 
retournèrent  chez  eux.  Matth.  26.  57.  Duxe- 
runt  ad  Caiphatn  :  Les  Juifs  emmenèrent 
Jésus  chez  Caïphe.  Mais  il  n'y  a  rien  de  si 
ordinaire,  dans  le  Nouveau  Testament  et 
dans  les  Septante,  que  de  mettre  une  prépo- 
sition pour  l'autre  :  ainsi  zlç  et  Trpà,-,  in  et  ad 
se  mettent  l'un  pour  l'autre. 

3'  Elle  marque  la  fin  qu'on  se  propose  ou 
à  laquelle  quelque  chose  tend.  Sap.  6.  15. 
Qui  de  luce  vigilaverit  ad  illam,  non  labora- 
bit  :  Celui  qui  veille  dès  le  matin  pour  pos- 
séder la  sagesse  n'aura  pas  de  peine.  Eccli. 
48.  19.  JEdificavil  ad  aquam,  puteum  :  Ezé- 
thias  a  bâti  un  puits,  pour  conserver  l'eau, 
c.  4.  13.  Matth.  3.  7.  Rom.  4.  3. 

A  quoi  se  peut  rapporter  ad  brève  :  Pour 
un  peu  de  temps.  Act.  5.  34.  Voy.  Foras. 

4°  Le  côté,  l'aspect,  la  partie  vers  laquelle 
on  est,  où  l'on  tend  {Versus).  Gen.  13.  9.  Si 
ad  sinistram  ieris,  ego  dexteram  tencbo  :  Si 
vous  choisissez  la  gauche,  je  prendrai  la 


droite,  dit  Abraham  à  Loth.  Ps.  5.  8.  Ado- 
rabo  ad  Templum  sanctum  tuum  :  Rempli  de 
votre  crainte,  je  vous  adorerai  en  me  tour- 
nant du  côté  de  votre  sanctuaire.  Le  peuple 
se  tournait  du  côté  du  sanctuaire. 

5"  La  même  chose  que  de,  touchant.  2. 
Reg.  3. 18.  Dominus  locuhis  est  ad  David.  Joan 
10.  35.  Rom.  10.  21.  Hebr.  1.  7.  c.  4.  13.  Isa. 
16.  13.  Jerem.  48.  1.  Ce  qui  est  quelquefois 
exprimé  par  le  datif.  Ps.  3.  3.  MuUi  dicunt 
animœ  meœ  :  Plusieurs  disent  de  moi,  i.  e.  ad 
me,  pour  de  me.  Ps.  40,  6.  Jerem.  14.  10. 
Bixit  Dominus  populo  huic  :  Voici  ce  que  le 
Seigneur  dit  touchant  ce  peuple. 

6'  Elle  signifie  le  même  que,  inter.  Joan. 
7.  35.  Dixerunt  ad  semetipsos  :  Les  Juifs  di- 
saient entre  eux.  c.  12.  19.  Gen.  9.  12. 

7°  A  cause  [propter).  Matth.  19.  8.  Marc. 
10.  5.  Ad  duritiam  cordis  vestri  scripsit  : 
C'est  à  cause  de  la  dureté  de  votre  cœur, 
que  Moïse  vous  a  permis  de  quitter  vos 
femmes.  Deut.  28.  v.  32.  34.  c.  31.  6.  Jud. 
4.  15.  Judith.  4.  15.  c.  12.  20.  Esth.  14.  11. 
Job.  31.  29.  Is.  16.  11.  c.  15.  5.  Jerem.  48.  v. 

31.  36.  Osée.  3.  5.  Luc.  11.  32.  Dan.  8.  27. 
8°  Pour  cum,  avec  Eccli.  13.  3.  Qiiid  com- 

municabit  cacabus  ad  ollam?  Quelle  union 
peut-il  y  avoir  entre  un  pot  de  terre  et  un 
pot  de  fer?  Le  pauvre  trouve  sa  perte  dans 
l'union  qu'il  fait  avec  le  riche,  v.  22.  Jer. 
23.  28.  Quid  paleis  ad  triticum  ?  Quelle  com- 
paraison y  a-t-il  entre  la  paille  et  le  blé? 
Entre  la  bonne  et  la  mauvaise  doctrine? 
Rom.  5.  1.  Pacem  habeamus  ad  Deum  :  Ayons 
la  paix  avec  Dieu.  Voy.  Pax.  Gen.  17.  21. 
Sap.  1. 16.  1.  Reg.  23.  23.  2.  Cor.  6.  15.  Jer. 

15.  12.  etc. 

9°  Pour  contra,  contre.  Eccli.  22.  26.  Ad 
amiciim  etsi  produxeris  gladium  :  Quand 
vous  auriez  tiré  l'épée  contre  votre  ami  ,  il 
y  a  encore  du  retour.  2.  Par.  20.  37.  Isa.  66. 

16.  Jerem.  50.  v.  35.  36.  37.  Ezech.  21.  v.  2. 
4.  C.29.  10.  Ose.  12.  4.  c.  6.  11.  1.  Cor.    15. 

32.  Apoc.  13.  6. 

10"  Pour,  en  considération  {pro).  Ezech. 
13. 16.  Prophetant  ad  Jérusalem  :  En  faveur 
de  Jérusalem.  1.  Reg.  30. 7.  ApplicavitEphod 
ad  David  •  Abialhar  se  revêtit  de  l'Ephod 
pour  David,  c'était  afin  qu'il  y  reconnût  la 
volonté  de  Dieu. 

11°  Pour  erga,  envers,  à  l'égard.  Gai.  6. 10. 
Operemur  bonum  ad  omnes,  maxime  autem  ad 
domesticos  fidei  :  Faisons  du  bien  à  tous.  2. 
Reg.  16.  17.  2.  Mach.  9.  26.  Eph.  5.  14.2. 
Tim.  2.  24.  Heb.  2.  17.  1.  Joan.  5. 14. 

12  Pour  super,  sur.  4.  Reg.  6.  30.  Vidit 
omnis  populus  ciliciiim  quo  Joram  vestitus 
erat  ad  carncm  :  Tout  le  peuple  vit  le  cilice 
dont  le  roi  était  revêtu  par-dessous.  Exod. 
39.  19.  Stricta  ad  balleum  :  L'Ephod  d'Aa- 
ron  était  resserré  par  la  ceinture.  Voy.  Striv- 

GERE. 

13  Pour  le  datif.  Ezech.  33.  9.  Si  annun- 
tiat^le  te  ad  impium  :  Si  vous  avertissez  l'im- 
pie qu'il  se  convertisse,  et  que  lui  néanmoins 
ne  se  convertisse  point,  il  mourra  dans  son 
péché.  V.  10.  et  avec  les  verbes  dico,  aio.  lo~ 
quor,  respondeo,  et  semblables.  Rom.  4  3. 
Credidit  Abraham  Deo   et  reputalum   est   illi 


87 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 
c.justitiœ:  Abraham   crut      pays  d'Edom  n'eut  plus  de   rois, 


88 


ad  justitiam, 

ce  que  Dieu  lui  avait  dit,  et  sa  foi  lui  fut  im- 
putée à  justice,  Gr.  elç,  pour  être  une  vraie 
justice,  et  non-seulement  une  justice  impu- 
lalivc. 

14°  Pour  r.^blatif.  Ps.  29.  6.  Ad  vesperum 
demorabitnr  flelus,  et  ad  matutinum  lœtitia  : 
La  colère  de  Dieu  comme  pèie  dure  si  peu, 
que  si  on  en  souffre  le  soir  ou  la  nuit,  on  se 
lève  le  malin  dans  la  joie.  Gen.  38.  18.  Job. 
11.  17.  AcI.  9.8. 

15".  Vouropud,  coram;  devant,  auprès.  1. 
Joan.  3.  21.  Si  cor  nostrum  non  reprehenderit 
nos.  fiduciam  habemus  ad  Deum  :  Nous  avons 
de  l'assurance  devant  Dieu.  4.  Reg.  5.  3.  Act. 
24.16.  Rom.  15. 17.2.Cor.3.  4.C.4.2.C.7.14. 
Sap.  8.  10.  Job.  37.  22.  Ad  Deum  formidolosa 
laudatio  :  La  louange  que  l'on  donne  à  Dieu, 
doit  être  accompagnée  de  tremblement.  Ad 
est  niis  pour  apud.  Voyez  Formidolosus. 
Ainsi,  Ad  manum  alicujus  :  Sous  la  main  de 
quelqu'un,  signifieaussi,  auprès.  Eccli.  14. 
ï5.  Statuet  casulam  suam  ad  manus  illitis  : 
Heureux  celui  qui  se  bâîitune  petite  cabane 
proche  la  sagesse.  Voy.  Casula. 

16°  Pour  prœ,  au  prix,  en  comparaison. 
Ps.  119.  3.  Quid  detiir  tibiaut  quidapponatur 
tibi  ad  linguam  dolosam?  i.  e.  prœ,seu  pejus 
lingiia  dolosa  :  Que  pourra-ton  ajouter  à  la 
grandeur  du  mal  que  vous  cause  la  langue 
trompeuse?  Ps.  138.  6.  Confortata  est  et  non 
polero  ad  eam,  i.  e.  prœ  ea,  ut  eam  assequar  : 
Seigneur,  votre  science  est  si  élevée,  que 
je  n'y  puis  atteindre.  Rom.  S.  18.  Non  sunt 
condignœ passiones  hujus  temporis  ad  futtiram 
gloriam  :  Je  trouve  que  les  souffrances  de 
cette  vie  n'ont  point  de  proportion  avec  la 
gloire  de  la  vie  future. 

17' Pourtecundam,  selon,  conformément. 
Galat.  2.  14.  Cum  vidisset  quod  non  recte  am- 
bularent  ad  veritatem  Evangelii:  Quand  je 
vis  qu'ils  ne  marchaient  pas  droit  selon  la 
vérité  de  l'Evangile.  Gen.  1.  v.  26.  27.  c.  5. 
3.  c.  9.  6.  Sap.  2.  23.  c.  19.  6.  Eccli.  27.  17. 
Ad  animum  suum  :  Selon  son  cœur. 

18°  ^d,  superflu,  qui  n'ajoute  rien.  Heb. 
i2.  1.  Curramus  ad  propositum  nobis  certa- 
men  :  Courons  dans  celte  carrière  qui  nous 
est  ouverte.  Le  Grec  omet   cette  préposition. 

AD  A,  M,  Ornata.  i"  Une  des  deux  femmes 
de  Lamech.  Gen.  4.  19.  Qui  nccepit  duas  uxo- 
res,nomenuniAda:  Lamech  eut  deux  femmes, 
une  s'appelait  Ada  et  l'autre  Sella. 

2"  Une  des  femmes  d'Esaù.  Gen.  36.  v.  2. 
*■.  Esaii  accepit  uxores  de  filiabus  Chanaan, 
Adafiliam  Elan  Hethœi:  Esaù  prit  ses  fem- 
mes entre  les  filles  de  Chanaan  ;  Ada,  fille 
d'Hélon  héthéen.  v.  10. 16.  Elle  s'appelait 
aussi  Basemail).  Gen.  26.  34. 

ADAD,  Interitus,  ou  sonitus.  1"  Un  roi  d'I- 
dumée  qui  a  défait  les  Madianiles.  Gen.  36. 
35.  Regnnvil  pro  eo  Adad  filius  Badad 
qui  percussit  Madian.  Husan  étant  mort, 
Adad  ,  fils  de  Badad,  régna  après  lui.  Ce 
fut  lui  qui  défit  les  Madianites.  1.  Par.  1.  v. 
47.  46. 

2°  Un  antre  roi  d'Idumée.  1.  Par.  1.  v.  50. 
51 .  Adad  mortiw,  Duces,  pro  rcgibus  in  Edom 
esse  ccepcriint  :    Après   la  mort  d'Adad.  l« 


mais  des 
gouverneurs.  Il  est  appelé  ^dar.  Gen.  36.  39. 
Voyez  Adar. 

3'  Un  de  la  race  des  rois  d'Idumée,  que 
Dieu  suscita  pour  ennemi  de  Salomon.  3. 
Reg.  11.  14.  Suscilavit  autem  Dominus  adver^ 
sarium  Salomoni  Adad  Idumœum  de  semine 
regio.  v.  17.  19.  21.  25. 

ADADA,  M,  Testimonium  cœtus,  ville  de  la 
tribu  de  Juda.  Jos.  15.  22. 

ADADREMMON  ,  is,  Decus  malogranatiy 
ville  de  la  tribu  de  Manassé  deçà  le  Jour- 
dain, proche  de  Jezraël,  célèbre  par  la  vic- 
toire que  Pharaon  Néchao  remporta  contre 
Josias.  Zach.  12.  11. /n  c?«eî7/o  magnus  erit 
planctus  in  Jérusalem,  sicut  planctus  Ada- 
dremmon  in  campo  Mageddon  :  En  ce  temps- 
là,  il  y  aura  un  grand  deuil  dans  Jérusalem, 
comme  fut  celui  de  la  ville  d'Adadremmon, 
dans  la  plaine  de  Mageddon.  Tout  le  peuple 
juif  ressentit  avec  grande  douleur  la  mort 
d'un  prince,  aussi  saint  et  aussi  aimé  qu'é- 
tait Josias.  Il  y  a  apparence  que  ce  deuil 
commença  dans  celle  ville,  comme  étant  pro- 
che de  la  campagne  de  Mageddon  où  ce  prince 
avait  été  blessé.  Elle  porte  le  nom  d'Ada- 
dremmon, à  cause  de  la  quantité  des  grena- 
des que  Ton  y  cueille,  en  chaldéen,  l'hon- 
neur des  grenades. 

AD^QUARE  ,  hovv.  Ce  verbe  signifie 
comme  son  simple  :  1°  Egaler,  rendre  égal 
(7r),covaǣtv).  1.  Par.  4.  27.  Universa  cognatio 
non  potuit  adœquare  summam  filiorum  Juda  : 
Toule  la  poslériié  de  Siméou  ne  put  point 
égaler  celle  de  Juda  (La  tribu  de  Siinéon  se 
trouva  la  moindre  de  toutes  dans  le  dénom- 
brement qui  s'en  fit.  Num.  1.  22.  et  c.  26. 
14).  Ezech.  31.  8.  Ainsi,  Ose.  10,  1.  Vitis 
frondosa  Israël,  fructus  adœquutus  est  et  ;  Is- 
raël était  une  vigne  qui  poussait  de  grandes 
branches,  et  ne  portait  pas  moins  de  raisin 
(£Ù9»îV£tv,  fructus  ferre).  Dieu  reproche  à  Is- 
raël son  ingratitude  de  s'être  abandonné  à 
l'idolâtrie,  après  avoir  été  comblé  de  biens 
de  sa  part. 

2'  Egaler,  aplanir,  rendre  uni  (ô/i/a^tÇïiv). 
Isa.  28.  25.  Nonne  cum  adœquaverit  faciem 
ejus  seret  gith?  Lorsque  le  laboureur  a  aplani 
la  terre  et  l'a  égalée,  n'y  sèuie-t-il  pas  du 
gith?  D'où  vient  : 

Adœquare  lerrœ  yOxipulveri  :EQa\er  k\alerre 
ou  à  la  poussière,  c'est  raser,  détruire  de 
fond  en  comble  (è^Tpénsi-j,  pudore  suffundere). 
Jerem.  50.  12.  Adœquata  pulveri  quœ  genuit 
vos  :  Cette  ville  où  vous  êtes  nés  sera  rasée. 
Ezech.  13.  14.  Adœquabo  eum  terrœ  :  J'éga-» 
lerai  la  muraille  que  vous  avez  enduite  à  la 
terre.  Voy.  Paries. 

3°  Egaler,  rendre  pareil,  comparer  (rteévat 
ènirYivyfiv,ponere  in  ïerram).  Job. 28.  v  17. 19. 
Non  adœquabitur  ei  topazius  :  La  sagesse 
est  plus  excellente  que  les  pierres  précieu- 
ses qui  ne  méritent  pas  de  lui  être  compa- 
rées. Isa.  40.  25.  c.  46.  5. 

ADAIA,  ou  ADAIAS,  je,  Testis  Domini^ 
nom  de  plusieurs  hommes.  —  1°  Le  Ois  d'E- 
than,  et  père  de  Zara,  de  la  tribu  de  Lévi.  1. 
Par.  6.  41.  —  2°  Un  fils  de  Sâmei,  de  la  tribu 
de  Benjamin,  c.  8.  21.  —  3°  Un  descendant  da 


80 


ADA 


ADA 


90 


Bani,  qui  avait  épousé  une  femme  e(ran- 
gère.  1.  Esd.  10.  29.  —  4°  Le  fils  de  Jéroham, 
de  la  race  des  sacrificateurs.  l.Par.  9.  12.  2. 
Esd.  11. 12.— 5°Le  père  de  Maasias.2. Par. 23.1. 

ADALl,  Heb.  Temporaîis,  le  père  d'Amasa, 
du  temps  d'Achaz.  2.  Par.  28.  12. 

AD  ALI  A,  Hauriens,  ou  paiipertas,  fils  d'A- 
man, qui  fui  tué  avec  ses  autres  frères.  Eslh. 
9.8. 

ADAM,  homo,  ou  terrenus,  du  mot  hébreu 
Adama,  qui  veut  dire  terre  ronge,  parte  que 
ce  fut  d'une  semblable  terre  que  le  premier 
homme  fut  formé  de  la  main  de  Dieu. 

1°  Adam,  le  premier  homme  qui  fut  créé 
avec  Eve  le  sixième  jour,  et  tous  deux  enri- 
chis de  tous  les  dons  naturels  et  surnaturels 
qui  convenaient  à  une  créature  excellente; 
mais  qui  perdit  tous  ces  avantages  et  fut 
chassé  du  jardin  de  délices,  pour  avoir  déso- 
béi à  Dieu  en  mangeant  du  fruit  défendu,  à 
la  sollicitation  d'Eve,  sa  femme,  séduite  par 
le  serpent,  et  qui  a  attiré  par  sa  désobéis- 
sance, sur  lui  et  sur  loute  sa  postérité,  la 
mort  dont  il  était  menacé,  et  un  déluge  de 
maux  qui  sont  la  peine  de  ce  péché.  La 
sagesse  le  tira  de  son  péché,  Sap.  10;  1. 
et  le  releva  après  sa  chute.  Sa  pénitence  qui 
aété  de  930 ans,  est  quelque  chose,  si  on  ose 
parler  ainsi,  d'aussi  incompréhensible  que 
son  péché.  LEglise  a  toujours  regardé  sa  ré- 
paration comme  un  des  plus  grands  effets 
de  la  grâce  du  second  Adam,  et  elle  a  sou- 
tenu sa  délivrance  comme  une  vérité  catho- 
lique contre  quelques  hérétiques,  qui  pré- 
tendaient qu'il  était  mort  dans  son  péché 
avec  Eve,  sa  femme. 

2''Nom  appellatif,  qui  signifie  homme  ou 
femme  en  général.  Gen.  5.  2.  Vocavit  nomen 
eorum  Adam  :  Dieu  leur  donna  le  nom  d'A- 
dam, c'est-à-dire  d'homme,  ce  qui  convient 
aussi  à  Eve  {oLvQpfa-rzo?,  homo<  c.  11.5.  Des- 
cendit Dominus  ut  vide7'et  civitatem  et  turrim 
quam  œdificubant  fitii  Adam  :  Le  Seigneur 
descendit  pour  voir  la  ville  et  la  tour  que 
bâtissaient  les  enfants  d'Adam,  Gr.  les  en- 
fants des  hommes.  Deut.  32.8.  Quando  sepa- 
rabat  filios  Adam  :  Quand  le  Très-haut  a  sé- 
paré les  enfants  des  hommes.  2.  Reg.  7.  19. 
Jsta  est  lex,  i.  e.  consueludo  Adam:  C'est  la  loi 
d'Adam,  c'est-à-dire  de  l'homme.  Dieu,  en 
établissant  la  maison  de  David,  en  a  usé 
comme  un  homme  à  l'égard  de  son  ami. 
Eccl.  3.  21.  c.  35.  2k.  c.  40.  1.  Ainsi,  Jos.  U. 
15.  Adam  maximus  ibi  inter  Enacim  sifus  est  : 
Il  y  avait  eu  en  ce  lieu-là  un  grand  homme 
célèbre  parmi  les  géants  mêmes.  Ose.  11.  4. 
In  funiculis  Adam  traham  eos  :  J'ai  attiré  les 
Israélites  à  moi  par  tous  les  attraits  qui  ga- 
gnent les  hommes. 

3"  Le  Messie,  ou  Jésus-Christ  notre  Sei- 
gneur, qui  estappelé  le  second  Adam.  l.Cor. 
15.  45.  Novissimus  Adam.  Voy.  Rom.  o.  14. 
Le  premier  était  la  figure  du  second  par  op- 
position ;  l'un  pour  perdre,  l'autre  pour  sau- 
ver, comme  montre  saint  Paul  en  ces  en- 
droits; et  même  le  premier  Adam  est  pris 
pour  le  péché  même,  et  la  corruption  dont 
il  est  la  source,  c'est  ce  qui  fait  qu'il  faut 
détruire  en  nous  le  vieil  homme. 


ADAMA,  Heb'  Terra  rubra.  ville  de  la 
contrée  de  la  Pentapole,  autrefois  capitale 
de  la  province.  Elle  fut  ruinée  avec  Sodome 
et  les  autres  par  le  feu  du  ciel.  Ose.  11.8. 
Dabo  te  sicut  Adarna  ?  0  Ephraïni,  vous 
abandonnerai-je  comme  Adama?  H  semble 
que  Dieu  délibère  s'il  ne  doit  point  modérer 
en  quelque  chose  la  rigueur  de  sa  justice. 
Gen.  10.  19.  c.  14.  2.  Dent.  29.  23. 

ADAMARE,  Gr.  «^«-âv,  aimer  avec  pas- 
sion. 3  Reg.  11.  1.  Rex  Salomon  adamavit 
mulieres  alienigenas  multas  :  Le  roi  Salomon 
aima  passionnément  plusieurs  femmes  étran- 
gères (cj>LkQy\)\)Kio;,  erat  amator  mulierum). 
Gènes.  34.  2.  Deut.  21.  11.  2.  Reg.  13.  1. 
Eslh.  2.  n.  Jerem.  2.  25. 

ADAMAS,  ANTis,  Gr.  àSanàç.  Ce  mot  vient 
d'a).(f)«  privatif,  et  de  5«,a«Çw,  rfomo,  quasi  in- 
domabilis,  indomptable,  parce  qu'on  croyait 
autrefois  quelediamantrésistait  au  marteau. 
Diamant  espèce  de  pierre,  la  plus  dure,  la  plus 
brillante  et  la  plus  précieusede  toutes.  Sa  du- 
reté a  donné  lieu  à  ces  manières  de  parler  de 
l'Ecriture  :  Dare  faciem  alicujus  ut  adaman- 
tem  :  Donner  à  quelqu'un  un  front  de  pierre 
et  de  diamant  ;  c'est  lui  donner  la  force  de 
résister  à  l'impudence  et  à  l'insolence  des 
impies.  Ez^ch.  3.  9.  Ut  adamantem  et  ut  sili- 
cem  dedi  faciem  tuam  :  Je  vous  ai  donné  un 
front  de  pierre  et  de  diamant.  11  fallait  être 
tel  avec  le  peuple  juif  qui  avait  une  tête 
dure,  et  était  porté  à  la  révolte  et  à  l'inso- 
lence. 

Ponere  cor  suum  ut  adamantem  :  Rendre 
son  cœur  dur  comme  le  diamant  ;  c'est  s'en- 
durcir et  refuser  opiniâtrement  d'écouter  les 
avis  qui  sont  donnés.  Zach.  7. 12.  Cor  suum 
posuerunt  ut  adamantem,  ne  audirent  legem  : 
Les  Juifs  se  sont  opiniâtres  à  ne  point  écou- 
ter la  loi  ni  les  ordres  de  Dieu  [insiBriç,  in- 
obediens). 

ADAMANTINUS,  a,  um,  à5«fiâvTtvo,-,  qui  est 
fait  de  diamant,  dur  comme  le  diamant  (et 
fugurément,  inflexible,  inexorable).  Jerem. 
17. 1.  PeccatumJuda  scriptum  est  stglo  ferreo 
inungue  adamantino  :  Le  péché  de  Juda  est 
écrit  avec  une  plume  de  fer  et  une  pointe  de 
diamant  ;  selon  saint  Jérôme,  avec  une  plume 
de  fer  sur  le  diamant  :  ce  qui  marque  que 
le  péché  des  Juifs  était  comme  ineffaçable. 

ADAMI,  Terrenus,  ou  rufus,  ville  de  la 
tribu  de  Nephtali.  Jos.  19.  33.  Adami  quœ  est 
Neceb.  Voy.  Neceb. 

ADAN,  Deliciosus.  Voy.  Adin,  nom  d'hom- 
me, chef  de  famille.  1.  Esd.  8.  6.  Ses  descen- 
dants revinrent  de  la  captivité  au  nombre  de 
cinquante  hommes. 

ADA  PEU  IRE,  StKvitystv.  Voy.  Aperire.  Ce 
verbe  signifie  proprement,  ouvrir  entière- 
ment, montrer  évidemment  :  dans  lEcriture 
il  a  la  signification  de  son  simple. 

1°  Ouvrir.  D'où  viennent  ces  phrases  dans 
un  sens  moins  propre  et  figuré. 

Adaperire  anrem  :  Ouvrir  l'oreille;  c'est 
ôler  la  surdité,  donner  l'ouïe.  iMarc.  7.  34. 
Ail  illi,  Ephpiiela,  quod  est,  adaperire,  et 
statiin  (tpertw  snnt  mires  ejus  :  Jésus  dit  à  cet 
homme  sourd  et  muet,  Kphpheta,  c'est-à-dire 


B\ 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


ourrei-Tous,  aussitôt  ses  oreilles  furent  ou- 
vertes et  sa  langue  fut  déliée. 

Adaperire  vulvam  :  Ouvrir  le  sein  de  la 
mère;  c'est-à-dire  naître  le  premier,  être 
premier-né.  Luc.  2.  23.  Omne  masculinum 
adaperiens  vulvam  sanctum  Domino  vocabi- 
liir.  Tout  enfant  mâle  premier-né  sera  con- 
sacré au  Seigneur. 

Adaperire  cor  ;  Ouvrir  le  cœur;  c'est  le 
rendre  docile  et  susceptible  des  impressions 
de  la  grâce.  2.  Mach.  1.  i.  Adaperiat  cor 
vettrum  in  Lege  sua.  Que  Dieu  ouvre  votre 
cœur  à  sa  loi,  disent  les  Juifs  de  Jérusalem  à 
ceux  d'Egypte. 

2"  Découvrir,  expliquer.  Act.  17.3.  Disse- 
rebat  eis  de  Scripturis,  adaperiens  et  insinuans 
quia  Chrislum  oportuit  pati  et  resurgere  a 
niortuis  :  Pàul  entretint  durant  trois  jours 
de  sabbat  les  Juifs  qui  étaient  à  Thessalo- 
nique,  leur  découvrant  par  les  Ecrilures,  et 
leur  faisant  voir  qu'il  avait  fallu  que  le 
Christ  souffrît  et  qu'il  ressuscitât  d'entre  les 
morts. 

ADAPERTIO,Nii,  Ouverture,  l'action  d'ou- 
vrir. De  là  vient  cette  phrase  hébraïque, 
Aduperlione  pandere  :  Ouvrir  tout  à  fait. 
Nah.  3.  13.  Inimicis  tuis  adapertione panden- 
tur  portée  terrœ  tuœ  :  Vos  portes  et  celles  de 
tout  le  pays  seront  ouvertes  à  vos  ennemis. 
Voy.  Pandere.  Le  prophète  prédit  la  raine 
de  Ninive. 

ADAPTARE.  Voy.  Aptare.  Accommoder, 
ajuster,  joindre  une  chose  à  une  autre. 
Exod.  26.  5.  Ut  ansa  contra  unsam  venint,  et 
altéra  alteri  possit  adaptari  :  Afin  que  les  cor- 
dons de  l'un  répondent  à  ceux  de  l'autre,  et 
qu'on  les  puisse  attacher  ensemble.  Plu- 
sieurs éditions  ont  en  cet  endroit,  aptari^  au 
lieu  du  composé.  On  ne  peut  point  connaître 
par  la  langue  originale  si  ce  doit  être  le 
simple  ou  le  composé. 

ADAQUARE,  îtotiÇsiv.  Ce  verbe  signifie  pro- 
prement, donner  à  boire  aux  chevaux  et  au 
bétail.  —  1°  Abreuver  le  bétail.  Gen.  2i.  i6. 
Sibi  et  adaquavit  camelos  :  Rebecca  m'a 
donné  à  boire,  et  elle  a  donné  aussi  à  boire 
à  mes  chameaux,  dit  le  serviteur  d'Abraham, 
c.  29.  11.  Exod.  2.  V.  16.  17.  Luc.  13.  15. 
—  2*  Donner  à  boire  à  quelqu'un.  Ps.  77. 15. 
Adaquavit  eos  vclut  in  abijsso  mulla  :  Dieu 
fendit  la  pierre  dans  le  désert,  et  donna  à 
boire  aux  Israélites  comme  s'il  y  avait  eu  là 
des  abîmes  d'eau. 

ADAR,  Pulchritado,  —  1»  C'était  le  der- 
nier mois  des  Hébreux  qui  répond  en  partie 
a  notre  mois  de  février,  et  en  partie  à  celui 
de  mars.  Celui-ci  s'appelait  proprement 
Adar,  ou  premier  Adar,  pour  le  distinguer 
du  second  Adar  intercalaire,  qui  se  faisait 
tous  les  trois  ans  ;  car  comme  l'année  du 
soleil  est  plus  grande  que  l'année  lunaire 
u  onze  jours,  ces  onze  jours  on  trois  ans  fai- 
saient trente-trois  jours  ;  ainsi  il  y  avait  tous 
|<'s  trois  ans  treize  mois,  en  prenant  trente 
jours  pour  faire  un  mois  intercalaire;  les  au- 
tres trois  jours  qui  restaient  faisaient  un 
autre  mois  eu  trente  ans.  Voy.  Mensis. 
1.  Esd  6  15.  lislh.  9.  21.  Ut  quarlam  deci- 
tnam  et  decimam  qumiam  aum  menais  Adar 


pro  Festis  susciperent  :  Mardochée  écrivit  à 
tous  les  Juifs  pour  les  exhorter  à  recevoir 
pour  fêtes  solennelles  le  14  et  le  15  du  mois 
Adar. — 2°  Le  huitième  roi  des  Iduméens, 
fils  d'Achobor.  Gen.  36.  39.  qui  est  appelé 
Adad.  1.  Par.  1.  50.  —  3'  Un  nom  de  lieu  qui 
borne  la  terre  de  Chanaan  vers  le  midi. 
Nu'îî.  34.  4.  qui  est  appelé  Addar.  Jos.  15.  3. 

ADAREZER,  Pulchritudo  auxilii.  C'était 
le  fils  de  Rohob,  roi  de  cette  partie  de  la 
Syrie,  dont  la  capitale  est  Soba  ou  Sobal.  Ce 
prince  fut  défait  et  réduit  sous  lobéissance 
de  David.  2.  Reg.  8.  v.  3.  12.  Perciissit  David 
Adarezer  filium  Rohob  Regem  Soba.  c.  10. 
V.  16.  19.  1.  Par.  18.  3.  etc.  Voy.  Soba. 

ADARSA,  Testifîcans  solem,  nom  de  lieu 
dans  la  tribu  d'Ephraïm,  à  trente  stades  de 
Bethoron.  1.  Mach.  7.  40.  Judas  applicuit  in 
Adarsa  :  Judas  alla  camper  près  d'Adarsa. 

ADAUGERE,  -npo^yri^hoLi.  Augmenter,  ac- 
croître. Luc.  n.  5.  Adauge  nobis  fidem  :  Aug- 
mentez-nous la  foi,  disent  les  apôtres  à  Jé- 
sus-Christ. De  là  vient  : 

Adaugere  ad  aliquid  :  Multiplier  linéique 
chose.  2.  Reg.  24.  3.  Adaugeat  Dominus  Deus 
tuus  ad  populum  tuum:  Je  prie  le  Seigneur 
votre  Dieu  de  multiplier  votre  peuple. 

ADAZER,  Testis  auxilii,  nOm  de  ville  où 
se  donna  la  bataille  où  Nicanor  fut  défait. 
1.  Mach.  7.  45.  Persecuti  sunt  eos  viam  unius 
diei  nb  Adazer  usque  dum  veniutur  in  Gazara  : 
Les  gens  de  Judas  poursuivirent  Nicanor 
une  journée  de  chemin,  depuis  Adazer  jus- 
qu'à l'entrée  de  Gazara.  Il  est  vraisemblable 
que  les  mots  Adarsa  et  Adazer  ne  sont  que 
le  même  lieu.  Le  Grec  ne  les  distingue  point. 

Gr.  *A5aT«. 

ADBEEL,  Nubes  cum  Deo,  troisième  fils 
dlsmaël.  Gen.  25.  13.  1.  Par.  1.  29. 

ADDAR,  Pallium.  —  1°  Nom  de  lieu  dans 
la  tribu  de  Juda.  Jos.  15.  3.  Voy.  Adar  ci- 
dessus.  —  2°  Un  autre  nom  de  lieu,  appelé 
Ataroth-addar.  c.  16.  5.  Usque  Belhoron  su- 
periorem  :  La  frontière  de  la  terre  que  pos- 
sèdent les  enfants  d'Ephraïm  est  vers  l'Orient 
Ataroth-addar,  jusqu'à  la  contrée  supérieure 
de  Bethoron.  — 3^  Un  fils  de  Balé,  fils  de 
Benjamin.  1.  Par.  8.  3. 

ADDECIMARE,  7r/>o(7d£xaToûv.Ce  verbesigni- 
fie  comme  le  simple,  mettre  à  la  dîme,  faire 
payer  la  dîme.  1.  Reg.  8.  v.  15.  17.  Grèges 
quoque  vestros  addecimabit  :  Le  roi  vous  fera 
payer  la  dîme  de  vos  blés  et  du  revenu  de 
vos  vignes,  il  mettra  aussi  vos  troupeaux  à 
la  dîme.  Voy.  Decimare. 

ADDERE,  TT/joTTtôÉvat,  de  ad  et  de  dare,  — 
1°  Ajouter,  joindre  quelque  chose  à  une  au- 
tre. Eccl.  1.  18.  Qui  addit  scientiam,  addit  et 
laborem  :  Plus  on  a  de  science,  plus  on  a  de 
peine;  parce  que  plus  on  sait,  plus  on  veut 
savoir.  Deul.  1.  11.  Dominus  Deus  patrum 
vestrorum  addat  ad  hune  numerum  multa 
millia:  Que  le  Seigneur  le  Dieu  de  vos  pères, 
dit  Moïse,  en  ajoute  encore  à  ce  nombre 
mille  et  mille.  Gen.  30.  24.  c.  45.  23.  Exod. 
30.  15.  Levit.  7.  17.  c.  22.  14.  etc.  Ainsi, 
Addi  inimicis  :  Se  joindre  aux  ennemis,  se 
liguer  avec  eux.  Exod.  1.  10.  Ne  addatur 
inimicis  noslris  :  Opprimons  les  Israélites, 


93 


ADD 


ADD 


114 


de  peur  qu'ils  ne  se  joigneni  à  nos  ennemis. 
1.  Mach.  2.  43.  c.  3.  41. 

Ces  phrases-ci  viennent  de  ce  mot, 

Hœc  facial  Deus  et  hœc  addat  :  Je  veux  que 
Dieu  me  punisse,  et  qu'il  ajoute  châtiment 
sur  châtiment;  c'est  une  imprécation  qu'une 
personne  fait  contre  elle-même  pour  dire, 
que  Dieu  me  traite  dans  toute  sa  rigueur,  si 
cela  n'est.  Rulh.  1.  17.  Hœc  mihi  faciat  Do- 
minus  et  hœc  addat.  1.  Reg.  3.  17.  c.  14.  44. 
c.  25.  22.  2.  Reg.  3.  v.  9.  35.  etc. 

Addere  super  :  Ajouter  à  quelque  chose, 
augmenler.  Ps.  68.  27.  Super  dolorem  vulne- 
rum  meoriim  addiderunt  :  Mes  ennemis  ont 
ajouté  à  la  douleur  de  mes  plaies  des  dou- 
leurs nouvelle?.  3.  Reg.  12.  11.  1.  Esdr.  10. 
10.  Job.  34.  37.  Isa.  30.  1. 

Addere  gratiam  capiti  :  Orner  et  parer  la 
léte.  Prov.  1.  9.  Voy.  Capdt. 

Addere  lœtitiam  :  Se  rejouir  de  plus  en  plus. 
Isa.  29.  19.  Et  addent  mites  in  Domino  lœti- 
tiam :  Ceux  qui  sont  doux  et  humbles  se  ré- 
jouiront de  plus  en  plus  dans  le  Seigneur. 

Addere  forlitudinem  :  Se  fortifier  de  plus 
en  plus.  Job.  17.  9.  Mundis  manibus  addet 
forlitudinem  :  Celui  qui  a  les  mains  pures, 
ne  laissera  pas  de  prendre  de  nouvelles 
forces. 

Addere  iracundiam  :  Attirer  de  plus  en 
plus  la  colère  de  Dieu.  2.  Esd.  13.  18.  Et  vos 
additis  iracundiam  super  Israël  violando 
Sabbatum  :  Vous  allumez  de  plus  en  plus 
la  colère  de  Dieu  sur  Israël  en  violant  le 
sabbat. 

Addere  prœvaricationem  :  Ajouter  péché 
sur  péché.  Isa.  1.  5.  Super  quo  percutiam  vos 
ultra,  addentes  prœvaricationem  :  A  quoi  ser- 
virait de  vous  frapper  de  nouvenu,  vous  qui 
ajoutez  sans  cesse  péché  sur  péché. 

Addere  ad  verbum,  ou  minuere,  ou  auferre; 
c'est, —  1°  Ne  point  pratiquer  exactement  la 
loi  de  Dieu.  Dcui.  4.  2.  c.  12.  32.  Quod  prœ- 
cipio  tibi,  hoc  tantum  facito  Domino,  non  ad- 
das  quidquam  nec  minuas  :  Honorez  le  Sei- 
gneur en  la  manière  seulement  que  je  vous 
l'ordonne,  sans  y  rien  ajouter  ni  en  rien 
ôter;  c'esl-à-dire  que  toute  la  loi  devait  être 
observée  exactement  par  le  peuple  de  Dieu- 
Ajouter,  c'est  faire  autrement  que  la  loi 
prescrit  ;  diminuer,  ou  en  ôter,e'est  ne  point 
faire  ce  qu'elle  ordonne.  2°  FalsiGer  l'Ecri- 
ture, et  l'accommoder  à  ses  préjugés.  Prov. 
30.  6.  Ne  addas  quidquam  vcrbis  î7/iu.«;  N'a- 
joutez rien  à  ses  paroles;  interprétez  l'Ecri- 
ture p.ir  elle-même,  et  n'avancez  rien  qui 
lui  soit  contraire,  comme  font  les  hérétiques, 
que  le  Saint-Esprit  menace.  Apoc.  22.  v. 
18.  19.  Si  quis  apposuerit  ad  hœc,  apponet 
Deus  super  illum  plagas  scriplas  in  lihro  islo  : 
Si  quelqu'un  ajoute  quelque  chose  aux  pa- 
roles de  cette  prophétie,  Dieu  le  frappera  des 
plaies  qui  sont  écrites dansce  livre  (î-jrtOîvat). 

2"  Multiplier,  augmenter.  Levit.  26.  v.  18. 
21.  Si  ambulaverilis  ex  adverse  mihi,  nec  vo- 
lueritis  audire  me,  addam  pluqas  vestras  in 
scpluplum  :  Que  si  vous  vous  opposez  encore 
a  moi,  et  si  vous  ne  voulez  point  m'écoutcr, 
je  iiiultiplierai  vos  plaies  sept  lois  davanlage, 


à  cause  de  vos  péchés.  Eccli.45.  25.  c.  48.  26. 
à  quoi  se  peut  rapporter  cette  imprécation 
ordinaire  aux  Hébreux,  Hœc  mihi  faciat  Deus 
et  hœc  addat.  Voy.  ci-dessus. 

3"  Continuer  de  parler.ou  répliquer.  Job.  27. 
1.  Addidit  quoque  Job  :  3oh  répartit  encore, 
c.  29.  1.  c.  36.  1.  c.  39.  35.  Gen.  15.  3. 
Addiditque  Abram  :  Abram  continua  son  dis- 
cours, c.  24.  25.  c.  32.  20.  Deut.  20.  8.  etc. 

4°  Continuer  de  faire  quelque  chose,  ou  re- 
commenceràfaire, réitérer.  Luc. 20.  v.ll.  12. 
Et  addidit  allerum  servum  mittere  :  Le  maître 
delavigneleurenvoya  ensuite  un  second  aer- 
\\leur. l.yiach.iO.SS.  Addidit  adhucglorifica- 
re  Jonathan: A\e%andrc  éleva  encore  Jonalhas 
en  plus  grande  gloire  Judic.  3.  12.  c.  4.  1. 1. 
Reg.27.4.  etsouventailleursavecl'infinitifdu 
verbe  ;  mais  il  semet  souvent  aussi  avec  ut,  en 
ce  sens,  Judic.  10,  13.  Non  addam  ut  ultra  vos 
liberem:  Je  ne  penserai  plus  à  l'avenir  à  vous 
délivrer,  dit  Dieu  aux  Israélites.  1.  Reg.  3. 
21.  Addidit  Dominus  ut  appareret  in  Silo  : 
Le  Seigneur  continua  à  paraître  à  Samuel 
dans  Silo.  2.  Reg.  5.  22.  c.  7.  10.  c.  14.  10.  4. 
Reg.  24.  7.  etc.  Ainsi,  3.  Reg.  16.  33.  Et  ad- 
didit Achab  in  opère  suo  :  Heb.  et  Gr.  ut  fa- 
ceret,  scil.  pessime  :  Achab.  continua  tou- 
jours de  mal  faire, 

ADDITAMENTUM  ,  tt^o^ô/î/w.  Augmenta- 
tion, surcroît.  Isa.  15.  9.  Ponam  enim  super 
Dibon  additamenta:  renverrai  à  Dibon  un 
surcroît  d'affliction.  J'ajouterai  affliction  sur 
affliction  contre  les  Moabiles  qui  serontreslés 
du  carnage.  Voy.  Dibon. 

ADDI,  Testis,  Gis  de  Cosan,  et  père  de 
Melchi  dans  la  généalogie  de  Jésus-Christ. 
Luc.  3.  28. 

ADDICERE,  -xaTaStxâÇeiv.  Ce  verbe  est  pro- 
pre aux  juges  qui  accordent  et  adjugent  à 
quelqu'un  par  sentence  ce  qui  lui  est  dû  ; 
il  signiGe  aussi  délivrer  au  plus  offrant,  des- 
tiner, consacrer;  mais  il  signiGe  aussi  con- 
damner au  supplice,  à  la  mort,  quelquefois 
absolument  et  sans  exprimer  le  cas 

Condamner.  Jac.  5.  6.  Addixistis  et  occi- 
distis  Justum:  Vous  avez  condamné  et  tué  le 
Juste,  sans  qu'il  vous  ait  fait  de  résistance. 
L'Apôtre  parle  aux  riches. 

ADDO,  Testis.— i"  Aïeul  du  prophète  Za- 
charie.  c.  1.  1.  1.  Esd.  5.  1.  c.  6.  14.— 2Uu 
lévite,  Gis  de  Johalh  ,  descendant  de  Gerson. 

1.  Par.  6.  21.— 3  Un  prophète  du  temps  do 
Roboam.  2.  Par.  9.  29.  c.  12.  15.  c.  13.  22.  11 
a  écrit  les  actions  de  Jéroboam,  de  Roboam 
et  d'Abia.  Voy.  Oded.— 4"  Le  père  d'Abina- 
dab,  que  le  roi  Salomon  établit  son  inten- 
dant dans  la  prévôté  de  Manaïm.  3.  Reg-  4. 
14.-5°  Un  prêtre  de  ceux  qui  retouruèrenl 
de  la  captivité  de  Babylone.  2.  Esd.  12,  4. 

ADDON,  Dominus,  un  de  ceux  qui  ne  pu- 
rent prouver  d'où  ils  tiraient  leur  origine. 

2.  Esd.  7.  61.  Il  est  nonunc  Adon.  1.  Esd.  2. 
59.  Voy.  Cherl'b. 

ADDUCEUE.  nyîi-J,   èitâytiv. 

1"  Amener,  faire  venir.  2.  Reg.  14.  10. 
Adduc  cwn  ad  me:  Amenez-le  moi.  dit  David 
à  la  femme  de  ïhécua.  Mallh.  21.  2.  Soivite 
et  udducilc  mihi  :  Déliez  l'ânessc  et  me  l'auie- 


DICTIOiNNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


22.  Gènes.  2. 


9S 

«62.  c.  27.  2.  Marc.  7.  32  c.  8 

V   19.  22.,  etc.  delà  vient:  . 

idducere  super,  ou  contra  ahquem ,  faire 
venir  contre  quelqu'un  un  peuple  des  pays 
les  plus  reculés.  Ezech.  29.  8.  Adducam  su- 
perte  gladlwn  :  Je  vais  faire  tomber  la  guerre 
Lr  vou..  c.  2G.  19.  c.  30.  11.  Jerem.  15.  ik 
c  50.  9.  Ainsi,  Adducere  mnla,  xdtionem,  af-- 
fiictionem.  Isa.  7.  17.  c.  8.  7.  c.  31.  2.  c.  3o. 
it.  et  souvent  dans  Jérémie,  au  conti-aire. 

Adducere  bonum  super  (diquem  :  Faire  du 
bien  à  quelqu'un.  Jereti).  32.  42.  Sicut  ad- 
duxi  super  populum  istum  omne  malum  hoc 
grande  ;  sic  adducam  super  eos  omne  bonum 
quod  ego  loquor  ad  eos  :  Comme  j'ai  affligé  ce 
peuple  de  tous  ces  grands  maux,  je  le  com- 
blerai de  mêine  de  tous  les  biens  que  je  leur 
promets  maintenant.  Ainsi,  Thren.  1.  21. 
Adduxisti  diem  consolationis,  et  fient  similes 
mei  :  Quand  le  jour  sera  arrivé  auquel  vous 
devez  me  consolt'r,mes  ennemis  deviendront 
semblables  à  moi  :  c'est  ce  que  les  Juifs  di- 
sent des  Babyloniens. 

Adducere  in  judicium  :  Faire  venir  en  ju- 
gement, plaider  contre  quelqu'un,  lui  faire 
rendre  compte.  Job.  14.  3.  Dignnm  ducis  sU' 
per  hujusceniodi  aperire  oculos  tuos  et  addu- 
cere eum  tecum  in  judicium?  Vous  daignez- 
bien  jeter  la  vue  sur  une  vile  créature,  et 
entrer  en  contestéition  avec  elle?  Eccli.  11. 
9.  Scito  quod  pro  omnibus  his  adducet  te  Deus 
in  judicium  :  Sachez  que  Dieu  vous  fera 
rendre  compte  en  son  jugement  de  toutes  ces 
choses,  c.  12.  14.  Adducere  in  gloriam  :  Con- 
duire à  la  gloire  .  Heh.  2. 10.  Multos  filios  in 
gloriam  adduxerat  :  Dieu  voulait  faire  venir 
plusieurs  enfnnts  dans  sa  gloire  pour  les 
faire  cohéritiers  de  Jésus-Christ. 

Adducere  ad  perfectum  ^■zsIsloû-d)  :  Conduire 
à  la  perfection,  y  fairearriver.Heb.7. 19.  Ni- 
hil  ad  perfectum  adduxit  lex  :  La  loi  ne  con- 
duit personne  à  une  parfaite  justice. 

Adducere  in  stultum  fincm  et  in  stuporem 
(Stiysiv)  :  Rendre  fous  et  slupides.  Job.  12.  17. 
Adduxit  consiliarios  in  stultum  finem  et  ju- 
dices  in  stuporem  :  Dieu  ôte  quand  il  veut 
aux  conseillers  et  aux  juges  leur  sagesse  et 
leur  prudence. 

2°  Conduire,  mener,  faire  marcher.  Deut. 
8.  2.  Adduxit  te  Dominus  quadraginta  annis 
per  desertiim  :  Le  Seigneur  votre  Dieu  vous 
a  fait  marcher  dans  le  désert  pendant  qua- 
rante ans.  c.  29.  5.  2. Parai.  28.  5.  Jer.  31.  9. 
D'où  vient  cette  sigiiificalion  Ggurée,  élever 
quelqu'un,  le  faire  arriver  à  un  dî  gré  d'hon- 
neur élevé.  2.  Keg.  7.  18.  Quis  ego  quia  ad- 
duxisti me  hue  tisquc?  Qui  suis-je,  ô  mon 
Diou,  pour  m'avoir  fait  venir  jusqu'au  point 
où  je  me  trouve? 

3"  Kmmener  une  personne  ou  une  chose 
en  un  autre  lieu  (jue  celui  où  elle  est 
(j;«7-tv)  Ezech.  17.  12.  Adducet  eos  ad  semet- 
ipsum  in  Babyloncm  :  Nabuchodonosor  em- 
mena avec  lui  Sédécias  et  le  peuple  en  Ba- 
bylono.  0.  19.  4.  2.  Parai.  28.  11.  Jerem.  24. 
1.  c.  52.  11.  Ezech.  19.  9. 

^^  T'';<^r,  attirer,  allonger  [èKt^Tzâ-j)  1.  Cor. 
7.18.  Circumcisus  aliquis  vocalus  est,  non 
adducatprœputium  .-Si  un  homme  est  appelé 


1J6 

à  la  foi  étant  circoncis,  qu'il  n'affecte  point 
de  paraître  incirconcis,  en  retirant  le  pré- 
puce pour  le  remettre  de  la  manière  que  l'en- 
seigne Cornel.  Celsus,  1.  7.  c. 25. C'est  ceque 
faisaient  ceux  qui,  renonçant  à  la  religion 
des  Juifs, ne  voulaient  point  paraître  circon- 
cis, comme  firent  ceux  qui  sont  marqués.  1. 
Mach.  1.  16.  Fecerunt  sibi  prœputia  :  Quel- 
ques Israélites  ôtèrent  de  dessus  eux  les 
marques  de  la  circoncision  ;d'antres  ne  vou- 
lurent plus  de  circoncision,  c'est-à-dire,  dans 
leurs  enfants. 

5°  Introduire,  conduire  dans  un  lieu.  Ps. 
44.  16,  Adducentnr  in  templum  régis  :0n  con- 
duira les  épouses  de  Jésus-Christ  jusque  dans 
le  temple  du  roi,  c'est-à-dire  dans  son  pa- 
lais, qui  marque  le  ciel  où  elles  sont  présen- 
tées à  Jésus-Christ  leur  époux.  2.  Èsdr.  9. 
23. 

6' Joindre, associer.  Jean.  10.  lô.AIiasoves 
habeo  quœnon  sunt  ex  hoc  ovili  ,et  illas  oportet 
me  adducere  :  J'ai  encore  d'autres  brebis  qui 
ne  sont  pas  de  celte  bergerie;  il  faut  aussi 
que  je  les  amène  pour  n'en  faire  qu'un  trou- 
peau; des  Juifs  et  des  Gentils.  Isa.  66.20. 
Et  adducent  otnnes  fratres  vestros  de  cunctis 
gentibus  :  Ils  feront  venir  tous  vos  frères  de 
toutes  les  nations.  Ceci  a  été  accompli  par 
les  apôtres  dans  la  conversion  des  Gentils. 
Voy.  c.  56.  7.  Sap.  8.  9.  Proposui  hanc  ad' 
ducere  mihi  :  J'ai  résolu  de  prendre  la  sa- 
gesse avec  moi  :  ainsi,  adducere  aliquem  cum 
aliquo  :  mettre  quelqu'un  au  même  état.  Ps 
124.  5.  Déclinantes  in  obligationes,  etc.  Voy. 
Obligatio.  1  Thess.  4.  14.  Deus  eos  qui  dor- 
mierunt  per  Jesum  adducet  cum  eo  :  Dieu 
ainènera  avec  Jésus  ceux  qui  se  seront  en- 
dormis en  lui  du  sommeil  de  la  mort. 

7°  Offrir,  présenter  ,  apporter  (-poaâyEtv). 
Ps.  71.  10. Reges  Arabum  et  Sabu  dona  addu- 
cent :  Les  rois  d'Arabie  et  de  Saba  lui  offri- 
ront des  présents. 

8"  Retirer,  f;iirc  revenir  ^iMSTonréunEiv).  Ge» 
nés.  27.  46.  Adducam  te  inde  :  Je  vous  ferai 
revenir  de  chez  Laban,  dit  Rébecca  à  Jacob. 
Eccli.  3.  22.  Quis  eum  adducet  ut  post  se  fu- 
tura  cognoscat  :  Fera-t-on  revenir  ce  riche 
de  l'autre  mondt-,  pour  reconnaître  quel  bé- 
lier il  aura  ?  Gen.  46.  4.  Jerem.  23.  8.  Ezech. 
11.  24.  c.  37.  21.  Zach.  8.  8. 

Ainsi,  Adducere  iler  aliquo,  revenir  quel- 
que part  (i7T«v/j-/.ctv,  reverti).  Eccli  4.  20.  Jter 
adducet,  directum  ad  illum  :  La  sagesse  re- 
tournera par  un  chemin  droit.  Gr.  Elle  re- 
viendra droit  à  celui   qu'elle  aura  éprouvé. 

9"  Susciter,  faire  naître.  Zach.  3.  8.  Eccs 
ego  adducam  servum  uieum  Orientem:  Je  m'en 
vais  faiio  venir  un  soleil  levant  qui  est  mon 
servi'cur.Heb.  Un  germe  qui  s'élèvera.  Voy. 
Oriens.  Dan.  9.  24.  Et  adducatur  justitia 
sempilerna  :  Afin  que  la  justice  éternelle 
vienne  sur  la  terre. 

10'  Attirer,  fiire  venir,  causer  quohiue 
chose.  Eccli.  30.  26,  Anle  Icmpus  seneclani 
adducit  coi^i/fl^/ts  ;  L'inquiétude  fait  venir 
la  vieillesse  avant  le  teuips.  c.  1.  38.  Ne  forte 
cadas  et  adducas  animœ  tuœ  inhnnorationem  : 
Soyez  attentifà  vos  paroles, d»^  peur  que  vous 
ne  tombiez,  et  que  vous  sie  vous  attiriez  du 


97  ADE 

déshonneur,  c.  4.  :i5.  Est  confusîo  odducens 
peccotuni,  et  est  confusio  adducens  gloriam 
et  gratiam  :  l\  y  a  une  confusion  qui  fait 
îomlier  dans  le  péché;  (4  il  y  en  a  une  autre 
qui  attire  la  gloire  et  la  grâce.  Voy.  Confu- 
sio. c.  23.  21.  c.  28.  13.  c  31.  25. 

11"  Pousser,  porter,  excil<'r(7rpo«y£iv).  Sap. 
19.  11.  Adducti  coticupiscenlin  po&lulnverunt 
escas  cpulationis  :  Los  Israélites  ayant  un 
grand  désir  de  manger  des  viandes  délicieu- 
ses, ils  en  demandèronlà  Dieu.  Ainsi,  porter, 
inviter.  Rom.  2.  k.  Jçjnoras  quoniam  benigni- 
tas  Dei  ad  pœnitentinm  le  af/rfact7?  Ignorez- 
vous  que  la  bonté  de  Dieu  vous  invite  à  la 
pénitence? 

12° Réduire,  contraindre,  soumettre  {s^yja- 
6«£,  venir e],  Isa.  hi  25.  Adducet  mayistraius 
quasilutuni:ie  traiterai  les  grands  du  monde 
comme  la  bouc.  Heb.  Venicns  proculcabit. 

Adducere  ad  omaritudinem  :  Plonger  dans 
dé  grandes  inquiétudes  {•Ki.y.f^uiv-.iv).  Job.  27, 
2.  Vivit  Deus  qui  ad  amnritudincm  adduxit 
animam  mcam  :  Je  prends  à  témoin  le  Dieu 
vivant  qui  a  rempli  mon  âme  d'amertume, 
que  je  ne  prononcerai  rien  d'injuste. 

Adducere  ad  œmulationem  :  Rendre  jaloux 
[Trupc/Xvlovv).  Rom  10.  19.  Ego  ad  œmulatio- 
nem vos  odducam,  in  non  gentem  :  Je  vous 
rendrai  jaloux  d'un  peu|)le  qui  ne  mérite 
pas  dêlre  appelé  peuple.  Dieu  pique  les  Juifs 
de  jalousie  contre  les  Gentils. 

ADDUS,  heb.  Novitas,  nom  de  lieu;  on 
croit  que  c'est  cette  ville  que  Jonathas  avait 
bâtie  etqui  est  nommée  Adiada.  1.  Mach.  12. 

18.  Joseph  l'appelle  Addida,  et  Adrichomiiis 
la  place  dans  la  tribu  d'Ephraïm.  1.  Mach. 
13.  13.  Simon  autem  appUcuit  ad  Addus  con- 
trafaciem  campi:S\inoi\  se  campa  près  d'Ad- 
dus,  vis-à-vis  de  la  plaine  :  c'est  la  même 
plaine  qui  est  nomaiée  Sephela.  c.  12.  38. 
V'^oy   Adiada. 

ADEODATUS,  Gr.  è>e«v«v.  Ce  nom  vient 
du  verbe  dure,  donner,  et  de  Deus,  Dieu,  et 
signifie  qui  est  donné  de  Dieu,  en  un  seul 
mot,  Dieudonné  :  c'a  été  le  surnom  de  quel- 
ques princes  dont  la  naissance  a  été  inespé- 
rée, et  que  Dieu  a  accordé  aux  prières  do  son 
peuple;  dans  l'Ecriture,  Adéodat  ou  Dieu- 
donné,  c'est  le  surnom  d'un  homme  vaillant 
qui  tua  un  géant  uommé  Goliath.  2.  Rcg.  21. 

19.  Tertium  fuit  beUum  inGob  contra  Philis- 
thœos,  in  quo  percussit  Adeodatus  filius  saltus 
Polymilarius  Bethleemiles  Goliath  Gethœum: 
Il  y  eut  aussi  une  troisième  guerre  à  Gob 
contrôles  Phflistins,  en  laquelle  Dieudonné 
fils  du  Bois,  brodeur  de  Belhleem,lua  Goliath 
de  Gel  h.  Ces  noms  Adeodalus,  Saltus,  Poly- 
milarius,sont  des  noms  traduits  de  l'Hébreu: 
au  lieu  de  dire,  en  laquelle  Elhanari  fils  de 
Zaare,  surnommé  Orgim  de  Bethléem  tua 
Goliath  ;  les  P  iralipomènes  disent  le  frère  de 
Goliath  de  Geth  ;  c'est-à-dire,  un  second  Go- 
liath, aussi  fort  que  celui  qui  fut  tué  par 
David.  1.  Par.  20.  5. 

ADEPâ  ,  ipis ,  Gr.  cTTêa?,  «TOf  ,  graisse.  Ce 
nom  vient  ou  de  daps  qui  était  le  festin  d'un 
sacrifice,  ou  plus  simploment,  de  l'ancien 
uomudapisy  qui  vient  û'adapio,  conjungo; 
parce  que  la  graisse  lient  à  la  chair. 


ADE 


98 


1"  Graisse.  Lcvit.  3.  16.  Omnis  adeps  Do- 
mini  erit  :  Toute  la  graisse  appartiendra  au 
Seigneur; elle  lui  est  consacrée, et  étant  brû- 
lée au  feu,  c'est  une  oblation  d'agréable 
odeur  qui  le  rend  favorable,  v.  3.  4-.  9.  10. 
li.  17.  c.  4.  v.  8.  9   etc. 

2"Les  entrailles  auxquelles  tient  la  graisse. 
2.  Reg.  1.  22.  A  sanguine  interfectoriim,  ab 
adipe  fortium  sagittn  Jonathœ  numquam  re- 
diit  retrorsum  :  La  flèche  de  Jonathas,  teinte 
du  sang  des  morts  et  du  carnage  des  plus 
vaillants,  n'est  jamais  retournée  en  arrière, 
ou  n'a  jamais  porté  de  coups  en  vain.  Isa. 
34.  V.  6.  7.  Inebriabitur  humus  eorum  adipe 
pinguium:  Les  champs  s'engraisseront  de  la 
graisse  de  leurs  corps,  c'est-à-dire,  des  en- 
trailles des  ennemis  du  peuple  de  Di<'u. 

3'  Ce  qui  est  de  meilleur,  de  plus  excellent 
et  de  plus  délicat  en  chaque  chose,  parce  que 
la  graisse  passe  pour  tel  dans  un  animal; 
c'est  pour  cela  qu'elle  était  toute  réservée 
pour  Dieu,  et  qu'il  est  dit  que  David  excel- 
lait parmi  les  enfants  d'Israël,  comme  la 
graisse  der4ioslie  que  l'on  séparedela  chair. 
Eccli.  47.2.  Ainsi,  ce  mot  signifie  non-seu- 
lement ce  qui  est  de  m(  illeur  parmi  les  ani- 
maux. Gen.  4.  4  Deut.  32.  14.  Isa.  1.  11.  c. 
43.  24.  1.  Reg.  15.  22.  mais  encore  le  meil- 
leur blé,  le  meilleur  vin,  la  meilleure  huile. 
Ps.  80.  V.  15.  Cibavit  eos  ex  adipe  frumenli  : 
Dieu  a  nourri  les  Israélites  de  la  fleur  du  plus 
pur  froment;  c'est  à-dire  qu'il  fos  a  comblés 
de  biens  dans  la  terre  promise.  Ps.  147.  3, 
Ce  qui  est  exprimé  par  le  mot  medulla  ,  la 
moelle.  Num.  18.  12.  Deut.  32.  14.  Ainsi,  co- 
medere  adipem.  Deut.  32.  38.  Ezech.  39.  19. 
Adipe  frumenli  cibari  et  satiari.  Ps.  80.  eî  147. 
C'est  être  nourri  de  viandes  les  plus  délica- 
tes :  ce  qui  s'entend  dans  le  sens  figuré  de 
la  chair  sacrée  de  Jésus-Christ. 

4"  La  grâce  de  Dieu  et  les  consolations  spi- 
rituelles. Ps.  C2.  C.  Sicut  adipe  et  pinguedine 
replealur  anima  mea  :  Que  mon  âme  soit  rem- 
plie et  comme  engraissée  de  viandes  délicieu- 
ses; notre  âme  a  sa  graisse  aussi  bien  que 
notre  corps  ;  la  sagesse  de  Dieu  est  pour  elle 
une  nourriture  spirituelle  qui  la  rassasie 
parfaitement. 

5"  La  victime  offerte  à  Dieu,  parce  que 
c'était  la  coutume  de  lui  en  offrir  la  graisse. 
1.  Reg.  15.  22.  Melior  est  obedientia,  quam 
offcrre  adipem  arietum  :  L'obéissance  est 
meilleure  que  les  victimes,  et  il  vaut  mieux 
se  rendre  à  sa  voix  que  de  lui  offrir  des  bé- 
liers les  plus  gras.  Ezech.  44.  v.  7,  15.  3. 
Reg.  8.  64.  2.  Par.  7.  7.  c.  29.  35.  c.  35.  14. 

0^  Abondance  de  biens,  grande  prospérité 
accompagnéed'orgueil  et  de  fierté.  Ps.  72.  7. 
Prodiit  quasi  ex  adipe  iniquilas  eorum  :  c'est 
de  l'abondance  de  leurs  biens  qui  les  enfle 
d'orgueil  que  sort  leur  iniquité. 

7°  Entrailles  de  compassion  et  de  miséri- 
corde. Ps.  16.  11.  Adipem  suum  concluserunt  : 
Mes  ennemis  ont  lérmc  leur  cœur  et  leurs  en- 
trailles parleur  inhumanité, comme lagraisso 
renfermeles  entrailles  des  animaux;  ce  qui  est 
conforme  à  ce  que  dit  saint  Jean,  1.  Ep.  3.  17. 
Qui  clauserit  viscera  sua  ab  eo  :  Si  (luelqu'un 
ferme  à  son  frère  ses  entrailles. 


d9 


OICTIONiNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRLE. 


8^  Pâte  (ffT«r?),  dans  laquelle  il  entrait  de 
la  graisse  pour  en  faire  des  gâteaux.  Jer.  7. 
18  Mulieres  consperseritnt  adipem  :  Les  fem- 
'  mes  ont  pétri  la  pâte  dont  on  faisait  les  gâ- 
teaux qu'ils  offraient  à  la  reine  du  ciel, c'est- 
à-dire  à  la  lune.  Hebr.  Posuerunt  consper- 
sionem. 

ADESSE,  nuo^axi.  —  1^  Etre,  être  présent. 
Joan.  11.  28.  Magister  adest  :  Le  Maître  est 
ici,  et  il  vous  demande.  Exod.  2.  12.  Luc.  13. 
1.  c.  23.  48.  Act.  25.  2i.  Job.  39.  33.  Ps.  138. 
8.  etc.  Ainsi,  Adesse  ciim  aliquo  :  Etre,  se 
trouver  dans  quelqu'un  (û-«o/Eiv).   2.  Petr. 

I.  8.  Hœc  enim  si  vobiscum  adsint  :  Si  ces 
grâces  se  trouvent  en  vous. 

2''Etre  prêt,  se  présenter  pour  faire  quel- 
que chose.  Act.  10.  33.  Nunc  er go  opines  nos 
in  conspectutuo  adsumus  :  Nous  voilà  main- 
tenant tous,  dit  Corneille  à  saint  Pierre, 
prêts  devant  vous.  Gr.  devant  Dieu.  Esth.  1. 
13.  Ainsi,  en  plusieurs  endroits,  adsum  ou 
ecce  adsum,  me  voilà,  marque  une  prompte 
obéissance  ou  acquiescement.  Gen.  22.  11. 
c.  27.  1.  c.  31.  11.  c.  46.  2.  Exod.  3.  4.  Num. 
22.38.  etc.  Mais  Eccll.  19.  9.  Aderit  iibi  sem- 
per,  signifie,  il  sera  toujours  pjêt  à  vous 
nuire  (  lo-rj  èyw,  Ecce  ego  ;  ri  êara,  Quid 
est?). 

S'  Venir,  être  près  d'arriver.  Deut.  32.35. 
Adesse  festinant  tempora  :  Le  temps  que  j'ai 
marqué,  dit  Dieu,  s'avance  à  grand  pas.  Marc. 
4.  29.  Adest  messis  :  Le  tenips  de  la  moisson 
est  venu  {Truphrny.vj) .   2.  Mach.  15.  v.   7.  8. 

De  là  vient  cette  phrase,  Adesse  in  foribus  : 
Etre  comme  à  la  porte ,  être  prêt  à  surpren- 
dre. Gènes.  4.  7.  Sin  auiem  maie,  slatim  in 
foribus  peccalum  aderit  :  Si  vous  faites  mal, 
dit  Dieu  à  Caïn,  la  punition  de  votre  faute 
vous  suivra  de  près.  Voy.  Janua. 

4'Servir  quelqu'un,  l'assister,  le  soutenir, 
le  défendre  ((7v;x:7«f«ytv£C76«i)-  2.  Tim  4.  16. 
Jn  prima  mea  defensione  nemo  tnihi  adfait  : 
La  première  fois  que  j'ai  défendu  ma  cause, 
nul  ne  m'a  assisté.  Gones.  31.  42.  Nisi  Deus 
patris  met  et  limor  Isaacadfuisset  7nilii  {shu.i): 
Si  le  Dieu  de  mon  père,  et  le  Dieu  qui  fait 
l'objet  de  la  crainte  respectueuse  d'Isaac  ne 
m'eût  assisté,  etc.  Sap.  10.  11. 

ADHvERERE,  y.olU<7bui.  1°  Tenir  ou  être 
attaché  à  quelque  chose,  s'y  attacher  (7ri:ptTr).s- 
xe7&«t).  2.  Reg.  18.  9.  Adhœsit  caput  ejui  quer- 
cui;  La  tête  d'Absalom  s'attacha  à  un  chêne 
et  s'embarrassa  dans  ses  branches.  Luc.  10. 

II.  Pulverem  qui  adhœsit  nobis  de  civitate 
veslra,  extergimus  in  vos  :  Nous  secouons 
contre  vous  la  poussière  même  de  votre  ville, 
qui  s'est  attachée  à  nos  pieds.  Voy.  Pulvis. 
Levit.  1.  V.  8.  12.  c.  5.  8.  c.  15.  3.  Job.  41. 
8.  etc.  Ainsi  l'on  dit  Ogurément  : 

Linguam  adhœrere  fuucibus  ou  palato  :  Que 
la  langue  est  allachéo  au  palais  ou  à  la  gorge 
soit  pour  marquer  une  extrême  soif.  Ps.  21. 
10.  Lingua  mea  adhœsit  faucibus  meis  :  Ma 
langue  est  demeurée  attachée  à  mon  palais  ; 
c'est  Jésus-Christ  qui  parle,  dont  David  était 
la  figure.  Thren.  4.  4.  Adhœsit  lingua  lacten- 
its  adpahtum  ejui  in  siti  :  La  langue  de  l'en- 
fant qui  était  à  la  mamelle  s'est  attachée  à 
»0D  palais,  au  siège  de  Jérusalem;  soit  pour 


100 

marquer  un  silence  respectueux.  Job.  29. 
10.  Lingua  eorum  gutturi  suo  adhœrebat  : 
Lorsque  je  parlais,  la* langue  des  plus  puis- 
sants demeurait  attachée  à  leur  palais.  Job 
dit  cela  du  temps  de  sa  prospérité;  ou  une 
impuissance  de  parler.  Ezech.  3.  26.  Linguam 
tuam  adhœrere  faciam  palato  tuo  (o-yvSstv,  col- 
ligare)  :  Je  ferai  que  votre  langue  s'attachera 
à  votre  palais  envous  empêchant  de  repren- 
dre mon  peuple,  parce  qu'il  ne  cesse  de  m'ir- 
riter.  Ps.  136.  6.  Adhœreat  lingua  mea  fauci- 
bus meis  :  Que  je  demeure  sans  voix  et  sans 
parole  si  je  ne  me  souviens  de  toi,  ô  Jérusa- 
lem, disaient  les  Juifs  dans  la  captivité. 

Ossa  pelli  ou  cutim  ossibus  adhœrere  :  Que 
la  peau  est  collée  sur  les  os  ,  pour  marquer 
une  maigreur  qui  ait  desséché  tout  le  corps. 
Job.  19.  20.  Pelli  meœ  consumptis  carnibui, 
adhœsit  os  meum  :  Mes  chairs  ont  été  réduites 
à  rien,  et  mes  os  se  sont  collés  à  ma  peau. 
Thren.  4.  8.  Ainsi,  Ps.  101.  6.  Adhœsit  os 
meum  carni  meœ  :  A  force  de  gémir,  je  n'ai 
plus  que  la  peau  collée  sur  les  os. 

Animam  adhœrere  pavimento  :  Que  l'âme 
ou  la  vie  est  attachée  à  la  terre,  ou  touche  au 
sépulcre  ,  pour  marquer  que  Ton  est  proche 
de  la  mort  et  du  tombeau.  Ps.  118.  25.  Adhœ- 
sit pavimento  anima  mea  :  David  parle  des 
grands  périls  où  il  s'était  trouvé  par  la  per- 
sécution de  ses  ennemis.  Voy.  Venter. 

Maculam  adhœrere  manibus  :  Que  quelque 
souillure  s'est  attachée  aux  mains,  c'est-à- 
dire  qu'on  s'est  souillé  par  quelque  crime. 
Les  mains  signiûent  les  œuvres.  Job.  31.  7. 
Si  manibus  meis  adhœsit  macula  :  Si  j'ai  eu 
les  mains  souillées  de  quelque  action  hon- 
teuse. La  métaphore  est  tirée  des  choses  sales 
qui  gâtent  les  mains.  Ainsi,  Deut.  13. 17.  Non 
adhœrebit  de  illo  analhemate  quidquam  in  manu 
tua  [TzpotTxollâv)  :  Il  ne  demeurera  rien  dans 
vos  mains  de  cet  anathème  :  vous  brûlerez 
tout. 

2"  S'attacher  pour  ne  point  quitter ,  tenir 
inséparablement  à  quelqu'un.  4.  Reg.  5.  27. 
Lepra  Naaman  adhœrebit  tibi  et  semini  tuo,  in 
sempiternum  :  La  lèpre  de  Naaman  s'atta- 
chera à  toi  et  à  toute  ta  race  pour  toujours. 
Deut.  28.  60.  Jerem.  42.  16.  Baruch.  1.  20. 

3"  Etre  attaché  à  quelqu'un  par  une  liaison 
très-étroite  soit  pour  ne  faire  qu'un  corps 
et  être  membre  l'un  de  l'autre  par  une  union 
légitime.  Gènes.  2.  24.  Relinquet  homo  patrem 
suum  et  matrem ,  et  adhœrebit  uxori  suœ  : 
L'homme  abandonnera  son  père  et  sa  mère, 
et  demeurera  attaché  à  sa  femme  ,  et  ils  ne 
feront  tous  deux  qu'une  seule  chair.  Matth. 
19.  5.  Marc.  10.  7.  Ephes.  5.  31  ;  soit  par  une 
union  illégitime  et  criminelle.  1.  Cor.  6.  16. 
Qui  adhœret  tneretrici  unum  corpus  efficitur  • 
Celui  qui  se  joint  à  une  prostituée  ,  est  un 
même  corps  avec  elle;  soit  pour  ne  faire 
qu'un  même  esprit  ensemble,  v.  17.  Qui  au- 
tem  adhœret  Domino  iinus  spiritus  est  :  Celui 
qui  demeure  attaché  au  Seigneur,  est  un 
même  esprit  avec  lui  par  la  foi  et  la  charité, 
qui  unit  son  esprit  avec  celui  de  Jésus-Christ 
Ps.  72.  28.  Mihi  autem  adhœrere  Deo  bonum 
est  (Trpoo-xoXXâv)  :  Pour  moi,  tout  mon  bien 
(Si  de  me  tenir  uni  à  Dieu.  Ps.  62.  9.  Ce  «lui 


iOl 


ADH 


ADII 


iOZ 


se  dit  aussi  des  Israélites  qui  se  sont  attachés 
au  service  de  Dieu  dans  l'Ancien  Testament. 
Deut.  4.  4.  c.  10.  20.  c.  11.  22.  Jos.  22.  5.  etc. 

k°  Etre  attaché  ,  avoir  de  l'attache  soit  à 
quelque  personne  [ùy.olovS-ïv).  Gènes.  34.  8. 
Filii  mei  adliœsit  anima  filiœ  veslrœ  :  Mon  flls 
a  pour  votre  GUe  une  forte  attache,  dit  Hémor 
à  Jacob.  Ruth.  1. 14.  Ruth  adhœsit  socnii  suœ  : 
Rulh  s'attacha  à  Noémi  sans  la  vouloir  quit- 
ter. Isa.  2.  6.  Pueris  alienis  adhœserunt  :  Les 
Israélites  se  sont  attachés  à  des  étrangers. 
Voy.  Alienus. 

Soit  à  quelque  chose  {-poirriBetiBai).  Jos.  23. 
12.  Quod  si  volueritis  gentium  erroribus  ad~ 
hœrere  :  Que  si  vous  voulez  vous  attacher 
aux  erreurs  des  peuples  profanes.  4  Reg.  3. 
3.  In  peccatis  Jéroboam  adhœsit  :  Joram  sui- 
vit les  dérèglements  de  Jéroboam;  au  con- 
traire, David  sattachait  à  la  loi  de  Dieu.  Ps. 
118.  31.  Adhœsi  testimoniis  tuis  ,  Domine. 
Rom.  12. 9.  Odientes  malum,  adhœrentes  bono  : 
Ayez  le  mal  en  horreur,  et  attachez-vous 
fortement  au  bien. 

5°  S'attacher  à  quelqu'un  ,  aemeurer  tou- 
jours auprès  de  lui.  Judic.  16.  16.  Cum  mo- 
lesta esset  ei,  et  per  multos  dies  jugiter  adhœ- 
reret  •  Comme  Dalila  importunait  sans  cesse 
Samson  et  se  tenait  plusieurs  jours  attachée 
auprès  de  lui ,  c'était  pour  tirer  de  lui  son 
secret. 

6"  S'attacher  à  quelqu'un,  s'engager  avec 
lui  soit  pour  suivre  son  parti  et  ses  intérêts. 
2  Reg.  20.  2.  Viri  Juda  adhœserunt  régi  suo  : 
Ceux  de  Juda  demeurèrent  attachés  à  leur 
roi.  Ps.  24. 21.  Innocentes  et  recti  adhœserunt 
mihi  .'Les  innocents,  et  ceux  dont  le  cœur  est 
droit ,  sont  demeurés  attachés  à  moi.  David 
marque  à  Dieu  sa  reconnaissance  de  ce  que 
les  gens  de  bien  n'avaient  point  suivi  son  fils 
et  ne  s'étaient  point  détournés  de  leur  devoir 
par  l'exemple  des  rebelles.  Luc.  16.  13;  soit 
pour  lui  rendre  service  en  qualité  de  servi- 
teur. Luc.  15.  15.  Abiit  et  adhœsit  uni  civium 
regionis  illius  :  L'enfant  prodigue  s'en  alla 
et  s'attacha  au  service  d'un  des  habitants  du 
pays.  Ainsi,  David  dit,Ps.  100.  5.  Non  adhœ- 
sit mihi  cor  pravum  :  Celui  dont  le  cœur  était 
corrompu  ,  n'avait  aucune  société  avec  moi 
ni  pour  me  rendre  service  ni  pour  converser 
familièrement  avec  moi. 

Soit  pour  en  être  instruit  ou  pour  avancer 
dans  la  voie  du  salut  {-Kpo^yM^tepû-j ,  perdu- 
tare).  Act.  8.  13.  Et  cum  baptizatus  esset  ad- 
hœrebat  Philippo  :  Après  que  Simon  le  Magi- 
cien eut  été  baptisé,  il  s'attachait  à  Philipp<;  ; 
c'était  par  hypocrisie.  Ainsi,  c.  17.  34.  Qui- 
dam viri  adhœrentes  ei  crediderunt  :  Quelques- 
uns  des  Athéniens  se  joignirent  à  saint  Paul 
et  embrassèrent  la  foi  {■Kpo^riBîTOai).  Isa.  14. 
1.  Adhœrebit  domui  Isra  l  :  Les  étrangers 
s'attacheront  à  la  maison  de  Jacob  ;  c'est  une 
prédiction  de  la  vocation  des  gentils. 

7"  Tenir  à  quelqu'un  ,  être  ou  se  trouver 
en  quelqu'un  (<rv//7:/iocreîvai).  Ps.  93.  20.  Num- 
quid  udhœrel  txbi  sedcs  iniquilads  :  Le  tribu- 
nal de  la  justice  peut-il  avoir  quoique  union 
avec  vous  lorsque  vous  nous  faites  des  com- 
mandements pénibles?  Le  prophète  parle  à 
Dieu-. 


ADHIBERE,  7T«ûa),a|^e«v£iv.  Ce  verbe  signi- 
fie proprement  employer  quelque  chose  ou 
quelque  personne,  la  prendre,  s'en  servir  ; 
mais  il  a  diverses  signitications  selon  les  mots 
auxquels  il  se  trouve  joint. 

1°  Prendre,  admettre,  recevoir.  Matth.  18. 
16.  Si  te  non  audierit ,  adhibe  tecum  adhuc 
unutn  tel  duos  :  Si  votre  frère  ne  vous  écoule 
point,  prenez  encore  avec  vous  une  ou  deux 
personnes  pour  vous  aider  à  le  faire  entrer 
dans  les  sentiments  d'un  vrai  repentir ,  et 
pour  être  témoins  de  la  charité  avec  laquelle 
vous  travaillez  à  son  salut  (  noua  ).  Ainsi 
l'on  dit  :  Adhibere  testes  :  Prendre  des  témoins. 
Isa.  8.  2.  Adhibui  mihi  testes  fidèles.  Jcrem. 
32.  V.  10.  25.  44. 

2''Prendre  conseil  de  quelqu'un  {avitirovUveu- 
6v.i).  3  Reg.  12.  8.  Adhibuit  adolescentes  (sci- 
licet  in  consilium)  :  Roboam  prit  le  conseil 
des  jeunes  gens.  Voy.  Adolescens. 

3°  Employer  quelque  chose  ,  s'en  servir 

(9:|5arre0e'76at,  CUrare',  nspiTii-Tz-si  iTvniiJ.ioiç,  inci— 

aerein  supplicia). Eccli.  18. 20.^n/e  tanguorem 
adhibe  medicinam  :  Usez  de  remèdes  avant  la 
maladie.  2  Mach.  6.  13.  Multo  tempore  non 
sinere  peccatoribus  ex  sentenlia  agere,  sed  sta- 
lim  ultiones  adhibere,  magni  beneficii  est  indi- 
cium  :  C'est  la  marque  d'une  grande  miséri- 
corde de  Dieu  envers  les  pécheurs,  de  ne  les 
pas  laisser  longtemps  vivre  selon  leurs  dé- 
sirs, mais  d'employer  à  leur  égard  un  prompt 
châtiment.  On  dit,  en  ce  sens  :  Adhibere  cu- 
ram  ou  diligentiam  :  Employer  ou  donner  ses 
soins,  son  application.  2.  Mach.  11 .  23.  Volen- 
tes  eos  qui  sunl  in  regno  nostro,  sine  tumuUu 
agere  et  rébus  suis  adhibere  diligentiam  :  Dési- 
rant que  ceux  qui  sont  dans  notre  royaume 
vivent  en  paix  pour  pouvoir  s'appliquer  avec 
soin  à  leurs  âiïaires  {y Lvîcj^ui  Tzpôç  è-iiié'keiu-jyin- 
cumbere  in  procurationem).  2.  Par.  28.  15. 

ADHORTARI  ,  izutiK-mlta  ,  exhorter  ,  en- 
courager, animer.  Hebr.  3.  13.  Adhortamini 
vosmetipsos  per  singulos  dies  :  Exhortez-vous 
chaque  jour  les  uns  les  autres.  Exod.32.  18. 
1.  Mach.  13.  3.  2.  Mach.  11.7. 

ADHUC  ,  £-£,  irpo^îTi.  Cet  adverbe ,  qui 
marque  ordinairement  le  temps,  se  fait  d'ad 
et  de /toc  ou  hœc  en  sous-cnlcndant  tempus 
ou  tempora,  et  signifie  proprement  jusqu'ici, 
jusqu'à  présent,  jusqu'à  maintenant;  néan- 
moins il  se  met  avec  le  présent ,  le  passé  et 
l'avenir  ,  et  marque  la  continuation  d'une 
chose  jusqu'à  ce  temps. 

1"  Encore,  soit  qu'il  signifie  alors,  pour  le 
temps  passé.  Rom.  5.  8.  Cum  adhuc  peccato- 
res  essemus  ,  Christus  pro  nobis  mortuus  est  : 
Lorsque  nous  étions  encore  pécheurs,  Jésus- 
Christ  n'a  pas  laissé  de  mourir  pour  nous. 
Matth.  27.  63.  Dixit  adhuc  vivens  :  Cet  im- 
posteur a  dit,  lorsqu'il  était  encore  vivant.  Les 
Juifs  parlent  à  Pilate  de  Jésus-Christ,  c.  12. 
46.  c.  17.  5.  c.  26.  47.  Marc.  11.  2.  Joan.  2. 
10.  ctc;  suit  qu'il  signifie  jusqu'ici ,  jusqu'à 
maintenant  pour  le  temps  présent  («x/x/jvj. 
Mallli.  15.  16.  Adhuc  rt  vos  sine  intellectu 
eslis  ?  Avcz-vous  encore  vous  même  si  peu 
d'intelligence,  dit  Jésus-Christ  à  ses  apôtres? 

1.  Cor.  3.  3.  c.  15.  v.  6.  17.  Galal.5.  ll.Goloss. 

2.  20.  etc.  ;  soit  qu'il  signifie  à  l'avenir,  doré* 


DICTIONNAJRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


105 

navaiit  pour  le  temps  futur.  2.  Cor.  1.  10. 
Oui  de  tfintis  pericidis  nos  eriputt  et  eruif,  tn 
QHem  speramus  guoniam  et  adhuc  enpiet  : 
Dieu  qui  nous  a  délivrés  de  si  grands  périls, 
nous  en  délivre  encore  ,  et  nous  en  delivrca 
à  lavenir  comme  nous  l'espérons  de  sa  bonté. 
Rom.  6.  2.  Hebr.  11.  32.  Jerem.  31.  v.  4.  5. 
20.  c  32.  15.  etc.  au  prése  U  et  au  futur.  Cet 
adverbe,  avec  le  futur,  marque  ordinairement 
ce  qui  continue  de  se  faire.  Eccii  2i.  29.  Qui 
edunt  me  adhuc  esurienl  :  Ceux  qui  me  man- 
gent, dit  la  Sages,-e,  auront  encore  faim.  Dan. 
10.  14.  Adhuc  Visio  :  Il  y  aura  encore  des 
prophéties.  Habac.  2.  3.  Zach.  1.  17.  etc. 
2"  Outre  cela  ,  de  plus  ,  davantage.  Luc. 

14.  26.  Si  quis  venit  ad  me  et  non  odil  patrem 
suum  ,  et  matrem,  et  uxorem  adhuc  aulem  et 
animam  suam  :  Si  quelqu'un  vient  à  moi  et  ne 
hait  pas  son  père  et  sa  n.ère  ,  sa  femme ,  et 
outre  cela  sa  propre  vie  ,  ne  peut  être  mon 
disciple,  v.  22.  Gen.  45.  v.  6.  11.  Jos.  23.  4. 
l.Cor.  12.  31.  Hebr.  12.26.  Apoc.9.  12.  Agg. 
2.  7.  M<itth.  19.  20.  Quid  adhuc  mihi  deest? 
Que  me  resle-t-il  encore  à  faire?  Luc.  18.  22. 
c.  26.  65.  Marc.  14.  63. 

3»  EnGn.  Marc.  12.  6  Adhuc  ergo  unum 
habens  fjium  charissimum  :  EnGn ,  le  maître 
de  la  vigne  ayant  un  Gis  qu'il  aimait  tendre- 
ment, ren\oya  à  ses  vignerons. 

k°  Cet  adverbe  est  quelquefois  superflu. 
Isa.  29. 17.  Nonne  adhuc  in  modico  et  in  brevi 
convertetur  Libnnus  in  Charmel?  Ne  verra-t- 
on pas,  dans  très-peu  de  temps,  le  Liban  de- 
venir une  plaine?  Voy.   Charmel.   Luc.   1. 

15.  Spiritu  sancto  replebitur  adhuc  ex  ulero 
malris  suœ  :  Cet  enfant  sera  rempli  du  S  iiiit- 
Esprit  dès  le  ventre  de  sa  mère.  Col.  2.  20. 

5°  Quand  il  est  suivi  de  la  conjonction  et; 
il  marque  un  espace  de  temps  apiès  lequel 
une  chose  se  doit  faire,  ce  qui  s'exprime  par 
les  prépositiiins  dans  ou  après.  Joan.  3.  4. 
Adhuc  quadra(jin(a  dies  et  Ninive  subverletur: 
Dans  quarante  jours  Ninive  sera  délruile. 
Gènes.  7.  4.  Adhuc  enim  el  post  dies  septem 
egopluam  :  Je  n"atli  ndrai  plus  que  sept  jours, 
après  cela  je  ferai  pleuvoir.  Dan.  11.  27. 
Adhuc  finis  in  aliud  tcmpus  :  Daniel  marque 
que  l'accomplissement  des  prophéties  sera 
différé  à  un  autre  temps  (Gr.  ort;.  Joan.  14, 
19.  c.  4.  35.  etc. 

ADJ  ACERE,  Tzv.cu-Aù'jfjxi.  Ce  verbe  signiGe 
proprement  être  couché  auprès,  de  plus  :  — 
1'  Etre  situé  auprès.  Dcut.  2.  37.  Quœ  ad- 
jacent lorrenli  Jeboc  :  Tout  ce  qui  est  aux 
environs  du  torrent  deJéboc.  2.  Mach.  12.  16. 
Ita  tit  adjacens  slagnum  sanguine  inierfcclo- 
rum  fîucrciiUeretur  :ï)csor[o  que  létang  d'au- 
près semblait  tout  rouge  du  sang  des  morts. 
—  2'  Eire,  se  trouver  ou  résider  en  quelqu'un. 
Rom.  7.  18.  Nam  veKe,  adjacet  niihi,  perficcre 
aulem  bonum  7ion  invenio  :  Je  trouve  en  moi 
(par  la  grâce  de  Dieu)  la  voioutc  de  faire  le 
l)icn  ;  mais  je  ne  trouve  point  le  moyeu  de 
raccomplir.  Quoniatn  mihi  malum  adjacet  : 
l*arce  que  l'incliualion  au  mal  réside  dans 
moi.  V.  21. 

ADJADA,  M.  11.  br.  l'estimonium  ou  prœda 
mnnus  ,  forteresse  de  la  tribu  de  Dan  ,  bâtie 
par  Simon    Macliabée    pour    empêcher    les 


\Q'k 


courses  des  ennemis.  1,  Mach.  12.  38.  Simon 
œdificavit  Adjada  in  Sephela,  el  muniiit  eam  ; 
Simon  bâtit  aussi  Adjada  dans  la  plaine,  et  la 
forliGa.  Voy.  Addos,  Sephela. 

ADIAS,  JE,  testimonium  Dei ,  flls  de  Bani, 
qui  avait  épousé  une  femme  étrangère.  i.Esd 
10.  39. 

ADIEL,  Testimonium  Dei. —  1°  Fils  d"Asiel, 
de  la  tribu  de  Siméon.  1.  Par.  4.  36.  —  2°  Le 
père  de  Maasaï,  et  Gis  de  Jezra  ,  de  la  tribu 
de  Benjamin.  1.  Par.  9.  12.  Il  est  appelé  Az- 
réel  ,  Gis  de  Ahazi.  2  Esd.  11.  13.  —  3  Le 
père  d  Azmoth   1.  Par.  27.  25.  Voy.  Azmoth. 

ADJICERE,  TT^oc-Ttôio-ôat.  Ce  verbe  signiGe 
proprement  jeter  à,  pousser,  envoyer  jus- 
qu'à ;  mais  il  signifie  souvent  aussi  ajouter  , 
mettre  avec. 

1°  Ajouter,  augmenter.  Matth.  6.  27.  Quis 
veslrum  cogitans  potest  adjicere  ad  staturam 
suam  cubitum  unum?  Qui  est  celui  d'entre 
vous  qui  puisse,  avec  tous  ses  soins,  ajouter 
à  sa  taille  la  hauteur  d'une  coudée?  Luc.  12. 
25.  2.  Reg.  12.  8.  Eccli.  15.  15.  c.  18.  5.  c. 
42.  21.  Ainsi  ,  l'on  dit  ajouter,  dire  encore 
quelque  chose.  Gen.  24.  19.  Cumque  ille  bi- 
bisset,  adjecit  :  Après  que  le  serviteur  d'A- 
braham eut  bu,  Rebecca  ajouta,  Luc.  19.  11. 
Adjiciens  dixit  :  Jésus -Christ  ajouta  en- 
core. 

2»  Donner  comme  par  surcroît,  ajouter  le 
pnr-dessus.  MaUh.  6.  33.  Hœc  omnia  adji- 
cienlur  vobis  :  Toutes  ces  choses  vous  se- 
ront données  comme  par  surcroît  :  Dieu 
qui  donne  un  bonheur  éternel  ne  manquera 
pas  de  donner  les  biens  périssables,  qui 
sont,  par  le  bon  usage  qu'on  en  fait,  des 
moyens  pour  y  parvenir,  et  qui  sont  l'ac- 
c.ssoire  du  sort  priiicipal.  Marc.  4.  24.  In 
qua  mensura  mensi  fueriiis,  remelielur  vobis^ 
et  udjicietur  vobis  :  On  se  servira  envers 
vous  de  la  mésne  mesure  dont  vous  vous  se- 
rez servis  envers  les  autres,  et  il  vous  sera 
donné  encore  davantage.  Gr.  à  vous  qui 
écoutez  ;  comme  si  Dieu  ajoutait  à  la  récom- 
pense qu'on  mérite  un  surcroît  de  biens, 
pour  marquer  qu'il  sera  libéral  et  magnifi- 
fique,  pour  répandre  avec  abondance  de 
nouvelles  grâces  sur  ceux  qui  recevront 
sa  parole  avec  beaucoup  d'atlenlion  et  de 
travail. 

3°  Prolonger,  rendre  la  durée  d'une  chose 
plus  longue.  Eccli.  37.  34.  Qui  abstinens  esty 
adjiciet  vitam  :  L'homme  sobre  en  vit  plus 
longtemps,  au  lieu  que  l'intempérance  eu 
tue  plusieurs. 

4°  Appliquer,  employer.  Eccli.  21. 18.  Ver-^ 
bum  sapiens  ad  se  adjiciet  :  Que  l'homme  ha- 
bile entende  une  parole  sage,  il  se  l'appli- 
quera. Eccli.  12.  il.  Adjice  animum  tuum  et 
cuslodi  te  ab  iUo  :  Soyez  vigilant  et  donnez- 
vous  de  garde  d'un  ennemi  qui  s'humilie 
devant  vous. 

5°  Entreprendre,  lâcher  de  faire.  Eccli.  IB. 
4.  Quis  adjiciet  enarrare  misericordiam  ejus? 
Qui  entreprendra  de  publier  toutes  les  misé- 
ricordes du  Seigneur? 

6°  Etendre,  allonger,  d'où  se  (àilf  Adjicere 
manum  :  Etendre  la  main  pour  marquer 
quelque  entreprise.  Isa.  il.  11.  Adjiciet  Do^ 


105 


ADI 


ADl 


106 


minus  secundo  manum  suam  ad  possidendum 
residuum  populi  sui:  Le  Seigneur  étendra  en- 
core sa  main,  pour  posséder  les  restes  de 
son  peuple;  c'est-à-dire,  qu'il  usera  encore 
de  sa  puissance.  Voy.  Extendere. 

Phrases  Urées  de  la  première  significaiion. 

1°  Adjicere  super  :  Augmenter,  multiplier, 
ajouter  quelque  chose  de  nouveau.  Ps.  60. 
7.  Dies  super  dies  régis  adjicies  :  Vous  mul- 
tiplierez les  jours  du  roi.  Quoique  ce  roi 
se  puisse  entendre  à  la  lettre  de  David,  lui- 
même  et  les  saints  interprètes  après  lui  ont 
entendu  par  ce  roi  Jésus-Christ,  dont  le  rè- 
gne n'aura  point  de  fin.  Ps.  70.  li.  Adjiciam 
super  omnem  laudem  tuam  :  Je  vous  donne- 
rai toujours  de  nouvelles  louanges.  2.  Par.  28. 
13.  Isa.  38.  5.  Ps.  113.22.  Adjiciat  Dominus 
super  vos,  suppl.  benediclionem  :  Que  Dieu 
vous  comble  de  nouveaux  biens,  vous  et  vos 
enfants;  comme  s'il  disait  :  Que  Dieu  répande 
sur  vous  et  sur  vos  enfants  bénédiction  sur 
bénédiction,  c'est-à-dire,  de  nouveaux  biens. 
Quelquefois  ad  est  mis  pour  super.  Eccli.  2. 
29.  Peccator  adjiciet  ad  peccandum  :  Le  pé- 
cheur d'habitude  ajoutera  péché  sur  péché, 
c.  5.  3.  Neque  adjicias  peccatum  super  pec- 
catum  :  N'ajoutez  pas  péchés  sur  péchés. 

2°  Adjicere,  suivi  d'un  infinitif  ou  û'ut  avec 
un  subjonctif,  ou  de  la  conjonction  et,  si- 
gnifie, continuer  de  faire,  ou  faire  encore 
quelque  chose.  1.  Reg.  3.  v.  6.  8.  Et  adjecit 
Dominus  rursum  vocare  Samuelem  :  Le  Sei- 
gneur appela  encore  une  fuis  Samuel.  Job. 
39.  3^1".  £c  adjecit  Dominus,  et  locutus  est  ad 
Job:  Le  Seigneur  parla  encore  à  Job.  3.  Reg. 
11.6.1sa.7.10.c.8.D.c.lO.  20.  C.23.  12.  51.  22. 
c.  52.  1.  etc.  Quelquefois  ce  verbe  semble 
superflu  et  n'ajoute  rien  au  sens.  Isa.  2k.  20. 
Corruet  et  non  adjiciet  (Gr.  //^  Sùvï-^rat  non 
possil)  ut  resurgat  :  La  terre  tombera  s;ins 
que  jamais  elfs  s'en  relève.  Amos,  5.  2.  Non 
adjiciet  ut  resurgat  :  La  maison  d'Israël  est 
tombée,  elle  ne  pourra  plus  se  rétablir,  i.  e. 
Non  resurget.  Ainsi,  Ps.  40.  9.  Numquid  qui 
dormit  non  adjiciet  ut  resurgat?  Celui  qui 
dort  ne  pourra- t-il  donc  pas  ressusciter?  An 
non  resurget?  Cela  se  peut  entendre  ou  de  Da- 
vid ou  de  Jésus-Christ, ou  des  ennemis  de  Da- 
vid :  Si  c'est  David  qui  parle,  selon  la  lettre, 
il  dit  :  Ne  se  pourra-t-il  pas  faire  qu'étant 
grièvement  malade,  il  relèvera  de  sa  mala- 
die? Si  c'est  Jésus-Christ,  il  dit  :  Qu'il  res- 
suscitera du  tombeau.  Si  ce  sont  les  enne- 
mis de  David,  ils  disent  :  Se  pourra-t-il  faire 
qu'il  en  relève?  La  négation  est  quelquefois 
superflue,  ou  bien,  selon  l'Hébreu,  sans  in- 
terrogation, il  n'en  relèvera  plus. 

ADIMPLERE,  irlnpox)^),  «v«7r>>}|ooûv.  Ce  vcrbc 
signifie  proprement,  remplir  tout  à  fait.  Dans 
IHcriturc  il  signifie  : 

1°  Emplir,  remplir,  rendre  plein.  Eccli.  50. 
3.  Quasi  mare  adimpleli  sunt  supra  modum  : 
Les  canaux  se  sont  remplis  exlraordinaire- 
ment  comme  une  mer.  Il  parle  du  grand  pon- 
tife Simon, qui  fit  raccommoder  les  aqueducs 
pour  conduire  l'eau  dans  la  ville.  Ainsi,  c. 
1.  33.  Et  adimplebit  ihesauros  illius  :  Dieu 
con»blora  les  trésors  de  celui  en  qui  la  foi  et 
la  douceur  se  trouvent.  Voy.  Tuesalrus. 

DlCTlOISN.  DE  PQILOL,    JSJICHUE.    I. 


Et  se  dit  aussi  figurément  en  choses  mo- 
rales ou  spirituelles.  Eccli.  15.  3.  Adimplebit 
illum  spiritu  sapientiœ  et  intellect  us  :  La  sa- 
gesse remplira  de  l'esprit  de  sagesse  et  d'intel- 
ligence celui  qui  est  affermi  dans  la  justice. 
Jerem.  31.  14.  et  même  en  mauvaise  part. 
Eccli.  10.  15.  Qui  tenuerit  illam  adimplebitur 
malediclis,  Gr.  abominatione  :  Celui  qui  de- 
meure allaché'au  péché  de  l'orgueil,  sera 
rempli  de  malédiction  (  èlof^gp^fv  :  Di/fun^ 
dere  ). 

2°  Remplir,  rassasier,  contenter,  satisfaire 
(  -kI-oOelv  ).  Ps.  16.  14.  De  absconditis  luis  ad~ 
implelus  est  venter  eorum  :  Le  ventre  de  vos 
ennemis  est  rempli  des  biens  qui  sont  ren- 
fermés dans  vos  trésors,  c'est-à-dire,  que 
leurs  désirs  en  sont  pleinement  satisfaits. 
Voy.  Venter.  Habacuc.  2.  5.  Dilatavit  quasi 
infernus  animam  suam,  etnon  adimpletur  (èjiA- 
■klil-kIû^oll)  :Ses  désirs  sont  vastes  comme  l'en- 
fer, et  il  est  insatiable.  Le  prophète  reproche 
aux  rois  des  Chaldéens  leur  avidité  insatia- 
ble de  s'assujettir  tous  les  peuples.  Ps.  15. 11. 
Ose.  13.  6.  Àct.  2.  28. 

3°  Accomplir,  perfectionner.  Matlh.  5.  17. 
Non  veni  soivere  Legem,  sed  adimplere  :  Je  ne 
suis  point  venu  détruire  la  Loi  ou  les  pro- 
phètes, mais  les  accomplir.  Jésus-Christ  a 
accompli  la  loi  en  la  faisant  observer,  non- 
seulement  exlérieurenient  et  à  la  lettre,  mais 
encore  p.ir  les  sentiments  du  cœur  et  selon 
l'esprit.  Eph.  1.  23.  Qui  omnia  in  omnibus 
advnpielur,  i.  e.  qui  quoad  omnia  in  omnibus 
membris  suis  perficilur  :  Jésus-Christ  trouve 
dans  l'Eglise  l'accoiuplissoment  de  tous  ses 
membres  ;  ou  bien  adimpletur  est  mis  pour 
adimplet,  le  mot  grec  souffre  l'un  et  l'autre 
sens.  Col.  1.  24.  Adimpleo  ea  quœ  desunt  pas- 
sionum  Christi  in  carne  mea  («vT«va7r)>}poûv). 
J'accomplis  dans  ma  chair  ce  (|u  il  me  rcbt.'  à 
souffrir  à  l'imitation  des  souffrances  d(^  J.  C. 

La  passion  du  Sauveur  esl  sural)Oiidaiiinifnl  suflisante 
pour  la  rédem(iliou  ;  mais  il  esl  néccss.ii  e  qwe  les  Justes 
coiitiuueiil,  on  uelque  sorte,  ses  souffr.uices,  àQn  d'aug- 
menter le  trésor  des  niorltes  de  l'Esilise.. 

4»  Accomplir,  observer,  pratiquer.  G..1I.  6. 
2.  Aliter  alterius  onera  porlate,  et  sic  adim- 
plebitis  legem  Christi  :  Portez  les  fardeaux 
les  uns  des  autres,  et  vous  accomplirez  ainsi 
la  loi  de  J.-C. 

5°  Accomplir,  vérifier  ce  qui  a  été  prédit  ou 
promis.  Mallh.1.22.  floc  autem  tolum  faclum 
est  ut  adimpleretur  quod  diclum  est  a  Do- 
mino :  Tout  ceci  s'est  fait  pour  accomplir 
ce  que  le  Seigneur  avait  dit.  c.  2.  v.  15.  17. 
23.  c.  4.  14.  etc.  Act.  13.  33.  flanc  Deus  ad- 
implevit  filiis  nostris,  Gr.  nobis  :  Dieu  nous 
a  fait  voir  l'effet  de  la  promesse  qui  a  été 
faite  à  nos  pères,  à  nous  qui  sommes  leurs 
enfants  (è/Tr^/jooGv).  Judith.  13.  18.  Jn  me  an- 
cilla  Sun  adimplevit  misericordiam  suam  quam 
promisit  domui  Israël.  Dieu  a  accompli  par 
le  ministère  de  sa  servante  les  desseins 
de  miséricorde  qu'il  a  eus  pour  son  peu- 
ple. 

6"  Multiplier,  augmenter  {nUOûveiv).  2  Pctr. 
1.  2.  Gratia  vobis  et  pax  adimpleatur  :  Que  la 
grâce  et  la  paix  croissent  en  vous  de  plus  en 
plus.  Jud.  V.  2. 

7'  Répondreavec  abondance  {■kUOùvziv).  Ec-» 


i07 

cli.  24.38.  Qui  aâùnplet  quasi  Euphrates  sen- 
sum.  Qui  répand  l'intelligence  comme  l'Eu- 
phrate.  L'auteur  parle  de  Dieu,  qui  répand 
libéralement  l'intelligence,  avec  la  même 
abondance  que  l'Euphrate  fait  couler  ses 
eaux.  c.  18.  11.  Adimplevit  propiliaiionem 
suam  mis  :  Dieu  traite  les  hommes  dans  la 
plénitude  de  sa  douceur,  comme  v.  9.  Eff un- 
dit  super  eos  misericordiam  suam  :  Dieu  ré- 
pand sur  eux  sa  raiséric  rde. 
8"  Continuer  de  faire,  persévérer.  3.  Reg. 

11.  6. Non  adimplevit  ut  sequeretur  Dominum: 
Salomon  ne  continua  point  de  suivre  parfai- 
tement le  Seigneur;  c'est  un  hébraïsme  qui 
se  prend  ,  selon  quelques-uns,  pour  plene  et 
perfecte  sequi  :  Salomon  ne  s'est  poFnt  parfai- 
tement attaché  à  suivre  le  Seigneur,  comme 
David  son  père ,  Gr.  oOx  sTtopzvBv  ô-îo-w  Kvpîov. 
JVonabiitpost  Dominum, Reb.nonimplevitpost 
Dominum  :  implere  post,  signifie,  suivre  de 
tout  son  cœur.  Cet  hébraïsme  se  trouve  Num. 
14.  24.  c.  32.  v.  11.  12.  Deut.  1.  36.  Jos.  14. 
T.  8.  9.  14.  etc. 

ADlN,Héb.  Voluptuosus,  nom  d'homme, 
chef  de  famille  dont  les  enfants  retournèrent 
de  Babylone  au  nombre  de  450. 1  Esdr.  2.  15. 
et  au  nombre  de  655.  2.  Esdr.  7.  20.  C'est 
peut-être  le  même.  c.  10.  16. 

ADINA,  Héb.  Deliciosus ,  un  chef  des  Ru- 
bénitps  très-brave.  1.  Par.  11.  42.  Adina  fi- 
lius  Siza. 

ADINCRESCERE,  lA-oBi-^st-j  ,  de  ad,  d'm 
etdecrescere,  s'accroître,  s'augmenter.  Eccli. 
23.  3.  Ne  adincrescant  ingnorantiœ  meœ  : 
De  peur  que  mes  ignorances  ne  s'accrois- 
sent. 

AD  INSTAR,  à  la  façon,  à  la  ressem- 
blance, de  même  que  Job.  20.  5.  Hoc  scia 
quod  laus  impiorum  brevis  sit  et  gaudium  liy- 
pocrilœ  ad  instar  puncti  :  Ce  que  je  sais, 
c'est  que  la  réputation  des  impies  est  de 
courte  durée,  et  que  la  joie  de  l'hypocrite 
n'est  que  d'un  moment.  2.  Par.  17.  12.  Job. 
36.  27. 

ADINVENIRE,  inventer,  imaginer  ((Tuvtsvw). 
Exod.  35.  32.  Quidquid  fahre  adinveniri  po~ 
test,  dédit  in  corde  ejus  :  Dieu  mit  dans  l'es- 
prit de  Bésélcel  tout  ce  que  l'on  peut  inven- 
ter, 2.  Par.  2.  14.  Ce  mot  inventer  se  dit  fi- 
gurément  de  Dieu,  de  qui  il  est  dit  qu'il  a 
trouvé  la  sagesse  et  toutes  los  voies  de  la 
•vraie  science.  Baruch.  3.  32.  Qui  scit  omnia, 
noviteam  et  adinvenit  eam  prudcntia  sua  [ilzD- 
fAcr/.su)  :  Celui  qui  sait  tout,  connaît  la  sa- 
gesse et  l'a  trouvée  par  sa  prudence,  v.  -37. 
Pour  marquer  que  la  sagesse  vient  de  Dieu, 
et  que  c'est  par  un  excès  de  bonté  qu'il  nous 
l'a  communiquée. 

ADINVENTIO,  nis.  Ce  mot  n'est  point  en 
usage,  mais  dans  l'Ecriture  il  signifie  : 

1"  Invention  (tû/jecri?),  institution  nouvelle, 
ou  établissement  de  quelque  chose.  Sap.  14. 

12.  Adinvenlio  illorum  corruptio  vitœ  est  : 
L'établissement  des  idoles  a  été  la  corrup- 
tion de  la  vie  humaine. 

^"  '^c'iuisiiion  ,  gain  (xaOetipe^«).  Eccli.  35. 
1-.  Jn  buno  oculo  adinventionem  facilo  ma- 
nuum  tuarum  :  Faites  votre  offrande  de  bon 
cœur,  à  proportion  du  gain  que  vous  faites 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACUÉE. 


108 


du  travail  de  vos  mnins.  Adinventio  manuum: 
C'est  le  gain  que  l'on  tire  de  son  travail.  Il 
semble  qu'en  grec  et  en  latin  on  n'a  fait 
qu'un  mot  des  deux,  adinventionem,  pour 
ad,  ou  secundum  inventionem,  Gr.x«5'  eûpsiix. 

3-  Dessein,  entreprise,  conduite,  manière 
d'agir  (£7rtT«5=ypt« ,  institutum)  ;  1°  en  mau- 
vaise part.  Deut.  28.  20.  Propier  adinventio- 
nes  tuas  pessimas  :  Vous  serez  maudits  à 
cause  de  la  malice  de  vos  actions.  Ps.  27.  4. 
Ps.  80.  13.  et  souvent  ailleurs;  2"  en  bonne 
part.  Ps.  76.  13.  In  adinventionibus  tuis  exer- 
cebor  :  Je  considérerai  tous  les  secrets  de  vo- 
tre conduite.  Isa.  12.  4. 

4°  Pensée,  réflexion  {ènboiK  ,  opinio,  exco- 
gitatio).  Eccli.  40.  2.  Adinventio  expectatio- 
nis  :  Les  réflexions  qui  tiennent  en  suspens 
dans  la  crainte  des  maux  dont  les  hommes 
sont  menacés,  les  troublent. 

AD  INVICEM,  Voy.  Invicem.  L'un  l'autre, 
réciproquement,  mutuellement  {[xtrull-ôltav). 
1  Joan.  1.7.  Societatem  habemus  ad  invicem  : 
Si  nous  marchons  dans  la  lumière,  nous 
avons  ensemble  une  société  mutuelle. 

ADIPISCI.  Ce  verbe,  composé  de  la  pré- 
position ad  et  du  verbe  apisci  qui  lui-même 
n'est  qu'une  forme  dérivée  et  fréquentative 
du  primitif  apio,  a  dans  l'Ecriture  comme 
chez  les  auteurs  profanes,  les  significations 
suivantes. 

Acquérir,  gagner,  obtenir  {èiri.'zvxeZ-j,  acquit 
rere).  Jac.  4.  2.  Zelalis  et  non  potestis  adi- 
pisci  :  Vous  êtes  envieux  et  jaloux,  et  vous 
ne  pouvez  obtenir  ce  que  vous  voulez.  Eccli. 
44.  7.  c.  46.  3.  c.  49.  19.  c.  50.  5.  Heb.  6.  15. 
c.  11.  33. 

ADIRE.  Aller  trouver  ,  aller  voir  quel- 
qu'un. {èv7vy-(_àvsiv).  2.  Mach.  4.  36.  Regem 
adierunt  Judœi  :  Les  Juifs  allèrent  trouver  le 
roi  à  Antioche.  v.  8.  Adito  rege  :  Etant  venu 
trouver  le  roi.  v.  46.  c.  11.  29.  1.  Mach.  8. 
32.  Luc.  8.  19.  Gr.  amzvyjï-j,  Act.  24.  1.  c.  25. 
V.  2. 15.  £|:/yavîÇ.tv.  De  là  viennent  ces  phrases  : 

Adiré  Dominum  :  S'adresser  au  Seigneur. 
Sap.  8.  21.  Adii  Dominum  :  Je  me  suis 
adressé  au  Seigneur  par  la  prière  ,  pour  en 
obtenir  la  continence.  Ainsi,  Heb.  4.  16. 
Adeamus  ergo  cum  fiducia  ad  thronum  gratiœ 
{■KpofjépyjaOai  )  :  Allous  donc  nous  présenter 
avec  confiance  devant  le  trône  de  la  grâce 
de  Jésus-Christ. 

Adiré  mare  :  Se  mettre  sur  mer.  Sap.  14. 
4.  Potens  es  ex  omnibus  salvare,  etiamsi  sine 
arte  aliquis  udeat  mare  {èirtoubety)  :  Vous  pou- 
vez sauver  de  tous  les  périls,  quand  ou  s'en- 
gagerait même  sur  la  mer,  sans  le  secours 
d'aucun  art. 

ADITUS,  us.  1°  Entrée,  chemin  pour  arri- 
ver en  un  lieu.  Judith.  10,  13.  Vadam  ut  in- 
dicem  ilii  sécréta  illorum  et  ostendam  illi  que 
adilu  possit  obtinere  eos  :  Je  m'en  vas  trou- 
ver le  prince  Holopherne,  pour  lui  déclarer 
les  secrets  des  Hébreux,  et  pour  lui  décou- 
vrir par  quel  endroit  il  pourra  s'en  rendre 
maître;  c'est  ainsi  que  parle  Judith  aux  gar- 
des avancées  d'Holopheriie.  —  2°  Ouverture, 
porte,  entrée  [Qvpot.  Janua).  2.  Mach.  1,  16. 
Aperto  occulta  adilu  templi  :  Les  prêtres  de 


100 


AW 


ÂDJ 


UO 


Nanée,  ouvrant  une  lucarne  secrète  qui  re- 
gardait sur  le  temple,  assommèrent  Antio- 
clius  à  coups  de  pierres,  et  ceux  qui  étaient 
avec  lui. 

ADITHAIM,  Heb.  Congregationes,  nom  de 
ville  de  la  Iribu  de  Juda,  sur  les  conflns  d'E- 
dom.  Jos.  i5.  36. 

ADJUDICARE.  Ce  verbe  signifie  propre- 
ment adjuger  une  chose  à  quelqu'un  par 
ordonnance  de  juge. 

1°  Juger,  ordonner,  être  d'avis  {ènr/.phîiv). 
Luc.  23.  24.  Pilatus  adjudicavit  fieri  petitio- 
nem  eorum  :  Pilale  ordonna  que  ce  que  les 
Juifs  demandaient  fût  exéculé.  D'où  vient  : 
Adjudicare  morti  :  Juger  à  mort,  condam- 
ner à  mort.  Deul.  21.  23.  Adjudicatus  morti  : 
Qui  a  reçu  son  arrêt  de  mort. 

2"  Déclarer,  prononcer  (pttaîvsty,  contami- 
nare)  (hors  les  jugements).  D'où  vient  :  Ad^ 
j'udicare  oliquem  leprœ  :  Déclarer  qu'un 
homme  est  lépreux.  Levit.  13.  22.  Adjudica- 
bit  eum  leprœ  :  Le  prêtre  jugera  qu'il  est  lé- 
preux. 

ADJUNGERE.  —  1"  Joindre  ensemble,  ac- 
coupler, allier  avec  ((r^vaTTreiv).  Ezech.3T.  17. 
Adjunge  illa,  %mum  ad  alterum  tibi  in  lignum 
unum  :  Approchez  ces  deux  morceaux  de 
bois  l'un  de  l'autre  pour  les  unir;  ce  qui  mar- 
quait la  réunion  de  Juda  et  d'Israël.  Voy. 
Lignum.  Ainsi  joindre  ou  allier  se  dit  en  mo- 
rale. Judith,  16.  26.  Erat  virtuti  castitas  ad- 
iuncta  :  La  vertu  de  Judith  était  accompa- 
gnée d'une  chasteté  particulière. 

2°  Adjoindre,  donner  un  compagnon  à 
quelqu'un  pour  lui  servir  d'aide,  de  conseil 
(o-uvto-TKvat).  2.  Mach.  8.  9.  Adjuncto  ei  etGor- 
gia  viro  militari  :  Ptolomée  joignit  avec  Ni- 
canor,  Gorgias,  grand  capitaine. 

3°  Joindre,  unir,  associer,  soit  pour  pro- 
fesser la  même  religion  {-npoivilripoïi-j).  Act.  17. 
k.  Quidam  ex  eis  credidenint,  et  adjuncti 
sunt  Paulo  et  Silœ  :  Quelques-uns  des  Juils 
de  ïhessalonique  crurent  et  se  joignirent  à 
Paul  et  à  Silas  {■Kpo'jTiQhui),  Isa.  14.  1.  Adjun- 
gelur  advena  ad  eos  :  Les  é;  rangers  se  join- 
dront aux  Israélites,  c.  54.  15. 

Soit  pour  se  liguer  et  se  fortifier  (/oV/âv). 
1.  Mach.  6.  21.  Adjunœerunt  se  iUis  oliqui 
impii  ex  Israël  :  Quelques  impies  des  en- 
fants d'Israël  se  joignirent  aux  apostats 
juifs. 

Soit  pour  vivre  sous  les  mêmes  lois  et 
habiter  dans  le  même  pays.  Ezech.  37. 
19.  Tribus  Israël  quœ  sunt  ei  adjunctœ  : 
Ephraïm  et  les  tribus  d'Israël  qui  lui  sont 
unies. 

4°  Ajouter,  joindre  quelque  chose  à  une 
autre  {Trpofr-xoXkv.^).  Deut.  28.  21.  Ajmigat  libi 
Dominus  peslÙenliam,  donec  consumât  te  : 
Si  vous  n'écoutez  point  la  voix  du  Seigneur, 
outre  les  autres  maux,  le  Seigneur  vous 
frappera  de  peste,  jusqu'à  ce  qu'il  vous  ait 
fait  périr. 

5"  Tenir  près,  approcher  (xoXXâv).  Act.  8. 
29.  Accède  et  adjunge  le  ad  currum  istum  : 
Avancez  et  approciiez-vous  de  ce  chariot, 
dit  !  Esprit  à  Philippe. 

AOJURARE,  ô/)xiÇstv,  è^opîÇetv.  Ce  verbe  si- 
gnifie jurer,  protester  avec  jurement,  et  sou- 


vent conjurer,  prier  avec  instance,  au  nom 
de  ce  que  l'on  respecte  le  plus.  Dans  l'Ecri- 
ture, il  signifie  ordinairement  conjurer,  c'est 
à-dire  : 

1°  Obliger  quelqu'un  à  faire  ou  à  dire 
quelque  chose  ou  à  s'en  abstenir,  par  la 
crainte  de  violer  le  respect  qu'il  doit  à  Dieu, 
ou  d'encourir  la  vengeance  ou  la  malédiction 
de  sa  divine  majesté.  Prov.  29.  24.  Adjuran- 
tem  audit  et  non  indicat  :  Le  complice  entend 
qu'on  le  conjure  de  déclarer  ce  qu'il  sait,  et 
il  ne  le  décèle  point.  Matth.  26.  63,  Adjura 
te  per  Denm  vivum  :  Je  vous  commande  par 
le  Dieu  vivant,  dit  le  grand-prêtre  à  Jésus- 
Christ.  3.  Reg.  18.  10.  c.  22.  16.  2.  Par.  18 
15.  4.  Reg.  11.  4,  Cant,  2.  7.  c.  3.  5.  c.  5.  v.  8 
9.  c,  8.  4.  Act.  19.  13. 1.  Thess.  5.  27.  On  peut 
aussi  remarquer  que  l'Eglise  conjure,  de  la 
part  de  Dieu,  des  choses  inanimées,  comme 
quand  on  fait  la  bénédiction  de  l'eau  :  Exor- 
cizo  te,  creatura  salis  ;  exorcizo  te,  creatura 
aquœ  :  Je  l'exorcise,  créature  de  sel  ;  je  t'exor- 
cise, créature  d'eau,  pour  purifier  ces  créa- 
tures par  les  prières  et  les  conjurations 
que  l'on  fait,  au  nom  de  Dieu,  contre  le  dé- 
mon. 

2°  Prendre  à  serment,  obliger  par  serment 
à  faire  ou  à  ne  pas  faire  quelque  chose,  sous 
peine  de  malédiction.  Gènes.  24.  v.  3.  37. 
Pane  manum  tuam  subter  fémur  meum,  ut  ad- 
jurem  te  :  Mettez  votre  main  sur  ma  cuisse, 
et  jurez-moi  par  le  Seigneur,  dit  Abraham  à 
son  serviteur.  Voy.  Femdr.  c.  50.  v.  5.  6. 
Exod.  13.  19.  Jos.  2.  v,  17.  20,  etc. 

3°  Protester  contre  quelqu'un,  faire  des 
imprécations  pour  faire  tomber  la  malédic- 
tion de  Dieu  sur  quelque  personne.  Num.  5. 
19.  Adfurabitque  eam  :  Le  prêtre  prolestera 
Contre  la  femme  accusée  d'adultère  par  son 
mari. 

ADJURAMENTUM,  1.  Conjuration,  prière 
instante.  Tob.  9.  6.  Vides  quomodo  adjura^ 
vit  me  Raguel,  eujus  adjuramentum  spernere 
non  possum  :  Vous  savez  avec  quelles  ins- 
tances Raguel  m'a  pressé  de  demeurer  ici,  je 
ne  puis  pas  m'empêcher  de  me  rendre  à  ses 
prières,  dit  Tobie  à  l'ange  Rajihaël. 

ADJUTOR,  RIS,  ^onOoç.Ce  nom  signifie  en 
général  cc(ui  qui  aitle  ou  qui  sert  à  quehiu'un 
en  quelque  chose;  mais  ce  secours  est  dift'é- 
rent,  selon  les  besoins  différents;  ainsi  il 
marque  : 

1"  Celui  qui  aide  et  assiste  dans  l'indigence 
et  l'affiiction.  Rs.  71.  12.  Liberavit  paupcrcm 
a  patente  et  pau^perem  cui  non  erat  adjutor  ; 
Il  délivrera  le  pauvre  d'entre  les  mains  du 
puissant,  le  pauvre  qui  n'avait  personuf^  qui 
l'assistât.  Ce  roi  est  Jesus-Christ,  qui  devait 
délivrer  l'homme  misérable  de  la  tyrannie  du 
démon,  de  laquelle  nul  autre  ne  le  pouvait 
délivrer.  Deut.  83.  7.  Job.  26.  2.  c.  29.  12. 
Ps.  108.  12. 

2"  Qui  défend  quelqu'un  et  prend  son  parti. 
1.  Par.  12.  18.  Fax  xsijutorihus  tuis  :  Que 
tout  soit  en  paix  pour  ceux  qui  vous  soutien- 
nent. 1,  Mach.  7.  7. 

3"  Qui  entre  en  société  avec  un  autre  pour 
s'entr'aider  mutiirllemenl,  Gen.  2.  20.  Adœ 
vcro  non  invcniebatur  adjutor  similis  ejus  :  Il 


m 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


){2 


n«-  se  trouvait  point  d'aide  pour  Adam  qui 
fût  semblable  à  lui.  Vov.  Adjutoiuum. 

4°  Qui  aide  et  travaille  avec  un  autre  au 
salut  des  peuples  {G^-J3pyk).^om.  16.  21. 
Timotheus  adjulor  meus  v.  3.  et  v.  9.  du 
même  chapitre.  2.  Cor.  8.  23.  Phil.  h.  3.  Col- 
joss  h.  11.  Philem.  v.  24.  Dan.  10.  21.  Nemo 
fist  adjulor  meus,  nui  Michael  :  Nul  ne  m'as- 
siste, sinon  Michel,  dit  à  Daniel  celui  qu'il 
voyait  sous  la  figure  d'un  homme  («vTsxôf^s- 
voç,  qui  resislit). 

5°  Ministre  de  Dieu  dans  l'œuvre  du  salut 
des  hommes.  1.  Cor.  3.  9.  Dei  etiiin  siimus  ad- 
jutures  :  l.es  pasteurs  aident  Dieu  de  telle 
sorte,  qu'ils  ne  sont  que  de  simples  instru- 
ments dont  il  se  sert  pour  ses  desseins,  et  qui 
reçoivent  toute  leur  force  de  Dieu. 

6^  Qui  contribue  à  quelque  chose.  2.  Cor. 
1.  24.  Adjutores  sumus  gaudii  vestri  :  Nous 
lâchons  de  contribuer  à  votre  joie  par  la 
vertu  que  Dieu  nous  donne. 

7"  Protecteur,  soutien;  c'est  le  nom  que 
l'Ecriture  donne  à  Dieu  dans  les  Psaumes 
et  ailleurs.  Heb.  rupes  ou  petra.  Gen.  49.  25, 
Exod.  2.  22.  c.  18.  4.  Ps.  9.  v.  10.  35.  Ps.  17. 
3.  Ps.  18.  15,  elc. 

ADJUTORIUM,  11.  /3o/i9£t«.  Ce  nom  signifie 
en  général  aide,  secours,  dont  il  peut  y  avoir 
plusieurs  espèces. 

1°  Aide,  secours,  assistance  qu'on  donne  à 
quelqu'un  dans  ses  besoins  [ènt^ovpLK).  Sap. 
13.  18.  Jn  adjutorium,  inutilem  invocat  :  Ce- 
lui qui  s'adresse  à  une  idole  ,  appelé  à  son 
secours  celui  qui  ne  peut  se  secourir  lui- 
même.  Eccli.  40.  24.  Fratres  in  adjutorium 
in  teiiipore  tribulationis  :  Les  frères  sont  un 
secours  au  temps  de  l'affliction.  Gr.  les  frè- 
res cl  le  secours  des  amis  servent  beaucoup 
au  temps  de  l'affliclion.  v.  27.  c.  51.  v.  10. 14. 
Sap.  16.  11.  Ps.  7.  11.  Ps.  34.  2.  Ps.  123.  8. 
elc.  Delà  viennent  ces  phrases  : 

Intendere  in  adjutorium  alicujus  :  Penser  à 
secourir  quelqu'un,  se  hâter  de  le  secourir. 
Ps.  37.  23.  Intende  in  adjutorium  meum  :  Hâ- 
tez-vous de  me  secourir.  Ps.  69.  2. 

Vcnire,  esse,  ou  fieri  in  adjutorium  alicui  ; 
Venir  au  secours  de  quelqu'un  {i>vzil-n^iç).  Ps. 
82.  9.  Facd  sunt  in  adjutorium  fiiiis  Loth  : 
Les  Assyriens  sont  venus  au  secours  des  en- 
fants de  Loth  ,  savoir  des  Moabites  et  des 
Ammonites.  2.  Reg.  10.  11.  Dan.  10.  13.  1 
Mach.  10.  24.2Mach.l5.  7. 

Adjutorium  casus  :  Assistance  contre  la 
chute  ;  c'est  ainsi  que  Dieu  est  appelé.  Eccli. 
liï.  20.  Deprecatio  offensionis  ,  et  adjutorium 
casus  :  Dieu  soutient  ceux  qui  le  craignent, 
afin  qu'ils  ne  tombent  pas  ,  et  il  les  assiste 
(]uaiid  ils  sont  tombés.  Adjutorium  spei  :  Le 
secours  et  l'appui  sur  lequel  on  met  sa  con- 
fiance. Ps.  93.  22.  Factus  est  Deus  in  adjuto- 
rium  spei  meœ  :  Dieu  est  devenu  l'appui  de 
mon  espérance.  Jlabitare  in  adjutorio  alicu- 
jus :  Demeurer  ferme  et  avec  confiance  sous 
l'assistance  et  l'appui  de  quelqu'un.  Ps.  90. 
1.  Qui  habitat  in  adjutorio  AUissimi  :  Celui 
(|ui  demeure  ferme  sous  l'assistance  du  Très- 
Haut  se  reposera  sûrement  sous  la  protec- 
tion du  Dieu  du  ciel.  Héb.  in  latibulu  :  dans 
l'asilçi  secret.  Voy.  Uabitaue, 


Lapis  adjutorii  :  la  pierre  du  secours,  nom 
de  lieu  entre  Masphalh  et  Sen,  ainsi  nommé 
à  cause  du  secours  que  Dieu  y  donna  aux 
Israélites  contrôles  Philistins  (|3o"ï3eà,-,of/yM/or) 
1  Reg.  7.  12.  Tulit  autem  Samuel  lapidem 
unum  ,  et  posuit  eum  inter  Masphalh  et  inter 
Sen,  et  vocavit  nomen  loci  illius,  lapis  adjuto- 
rii ,  dixilque  :  Hucusque  auxiliatus  est  nobis 
Dominus  :  Samuel  prit  une  pierre  ,  qu'il  mit 
entre  Masphalh  et  Sen  ,  et  il  appela  ce  lieu  , 
La  pierre  du  secours,  en  disant  :  Le  Seigneur 
est  venu  jus(ju'ici  à  notre  secours.  Ce  même 
lieu  est  appelé  lapis  adjutorii,  par  anticipa- 
tion. 1  Reg.  4.  1.  c.  5.  1.  Voy.  Lapis. 

Adjutorium  Dei  :  Le  secours  de  Dieu  ;  c'est 
le  mot  du  guet  ,  que  Judas  donna  à  son  ar- 
mée. 2  Mach.  8.  23.  Signo  dato  :  Adjutorii 
Dei  ;  Judas  Machabée,  ayant  donné  pour  si- 
gnal :  Le  secours  de  Dieu,  etc. 

2°  Aide,  secours  donné  à  l'homme,  savoir 
la  femme  [pon^hc).  Gen.  2.  18.  Faciamus  ei 
adjutorium  simile  sibi  •  Faisons  à  l'homme 
une  aide  semblable  à  lui.  Eccl.  17.5.  Creavit 
ex  ipso  adjutorium  simile  sibi  :  Dieu  a  créé 
de  la  substance  de  l'homme  une  aide  qui  lui 
est  semblable.  Tob.  8.  8.  Dedisti  ei  adjuto^ 
rium  Evam  :  Vous  avez  donné  à  Adam 
Eve,  pour  lui  servir  d'aide  :  cette  aide  n'est 
point  comme  les  bêtes  le  sont,  qui  soulagent 
l'homme  en  certaines  choses,  mais  une  aide 
semblable  à  lui ,  qui ,  étant  de  la  même  na- 
ture et  d'un  autre  sexe  ,  deviendra  avec  lui 
le  principe  de  la  génération  de  tous  les  hom- 
mes :  ce  qui  s'entend  aussi  de  tous  les  autres 
hommes  mariés.  Eccli.  36.  26.  Adjutorium  se- 
cundum  illum  est  :  L'homme  a  dans  la  femme 
un  secours  qui  a  rapport  à  lui. 

3°  Force.  Ps.  88.  20.  Posui  adjutorium  in 
patente:  J'ai  mis  ma  force  dans  un  homme 
puissant  :  cet  homme  puissant  est  David,  se- 
lon la  lettre,  que  Dieu  a  rempli  de  force  pour 
gouverner  son  peuple;  cela  se  dit  aussi  de 
ceux  que  Dieu  suscite  pour  le  bien  de  sou 
Eglise  et  qu'il  fortifie  contre  les  ennemis  do 
sa  gloire;  mais  cela  s'entend  principalement 
de  Jésus-Christ,  qui  est  véritablement  ce  fort 
et  ce  puissant  dans  lequel  il  a  renfermé  toute 
la  gloire  et  tout  le  secours  qu'il  voulait  don- 
ner aux  hommes,  v.  44.  Avertisti  adjutorium 
gladii  ejus,  Heb.  petram  :  Vous  avez  relire  la 
force  que  vous  donniez  à  ses  armes.  Le  mot 
hébreu  signifie  aussi  la  pointe  de  quelque 
chose  :  Vous  avez  fait  rebrousser  la  pointe 
de  son  épée. 

4°  Moyen,  ou  instrument  que  l'on  emploie 
pour  venir  à  bout  de  quelque  chose.  Act.  27. 
il.Qua  sublata,  adjutoriis  utebantur  :  Ayant 
enfin  tiré  à  nous  l'esquif,  les  matelots  em- 
ployèrent toutes  sortes  de  moyens  :  ce  fut 
dans  le  naufrage  de  saint  Paul. 

ADJUVARE,  po^e^ïv.  1"  Aider,  assister,  se- 
courir (iV^yeiv,  valere).  2  Par.  25  8.  Dei  est 
adjuvare  :  C'est  Dieu  proprement  qui  aide. 
Matlh.  15.  25.  Domine,  adjura  me  .-Seigneur, 
assistez-moi,  dit  la  Chananéeuiie  à  Jésus- 
Christ.  Deut.  28.  31.  Marc.  9.  v.  22.  24.  Luc. 
5.  7.  c.  10.  40.  etc.  De  là  vient  : 

Adjuvare  7nanus  a/«cj/Jus;  Aider  quelqu'un 
dans  quelque  entreprise  (z^oc>;f«tQûv,  corrobo-» 


113 


ADM 


rare),Heb.  Corroborare  manits.  1.  Esd.  1.  6. 
c.  0.  22.  Converterat  cor  régis  Assur  ad  eos; 
ut  adjuvaret  manus  eorum  :  Dieu  avait  tourné 
le  cœur  du  roi  des  Assyriens  pour  favoriser 
l'entreprise  des  Israélites  dans  le  rétablisse- 
ment du  temple  de  Jérusalem. 

AdjHvare  in  malum  :  Etendre  et  augmenter 
la  peine  dont  Dieu  veut  punir  les  siens  fo-yv;. 
TznieîTBxi,  aggredi  ;  Heb.  Ghazar,  adjuvare). 
Zach.  1.  15.  Ego  iratus  siim  parum,  ipsi  vero 
adjuverunt  in  malum  :  J'étais  un  peu  en  co- 
lère contre  Jérusalem;  les  nations  l'ont  affli- 
gée avec  excès,  et  plus  qu'il  n'était  raison- 
nable. 

2"  Favoriser  quelqu'un,  soutenir  son  parti 
(xaTt(7/vîJv,  roborare).  1.  Par.  11.  10.  Hi  prin- 
cipes virorum  fortium  qui  adjuverunt  eum  : 
Ce  sont  là  les  plus  braves  de  ceux  qui  prirent 
le  parti  de  David.  Judic.  9.  2i.  1.  Par.  22.  17. 
1.  Mach.  8.  V.  27.  28.  c.  12.  oï.  Apoc.  12.  16. 
Ainsi  :  Adjuvare  partes  alicujus  :  Soutenir  le 
parti  de  quelqu'un.  .3.  Reg.  1.  7.  Adjuvabant 
partes  Adoniœ  :  Joab  et  Abiathar  soutenaient 
le  parti  d'Adonias. 

ADJUVANS,  Tis,  /3o>35wv.  —  1»  Protecteur, 
qui  assiste  et  défend  quelqu'un.  1.  Mach.  12. 
5i,  Non  habent  principem  et  adjuvantem  : 
Les  Juifs  n'ont  ni  chef,  ni  protecteur,  disaient 
leurs  ennemis  après  la  mort  de  Jonaihas.  — 
2"  Ministre  de  Dieu  pour  l'œuvre  du  salut 
Uvj-pyûy).  2.  Cor.  6.  1.  Adjuvantes  autem  ex- 
hortamur,  ne  in  vacuum  graliam  Dei  recipia- 
tis  :  Etant  donc  les  coopérateurs  de  Dieu , 
nous  vous  exhortons  de  vous  conduire  de 
telle  sorte  que  vous  n'ayez  pas  reçu  en  vain 
la  grâce  de  Dieu. 

ADLI,  testis  mihi,  nom  d'homme,  père  de 
deSaphat.  1.  Par.  27,  29.  Voy.  Saphat. 

ADMATHA,  nubes  mortis,  un  des  sept  prin- 
cipaux officiers  de  la  cour  d'Assuérus.  Esth. 
l.U. 

ADMINICULUM,  1. 

Ce  mot,  qu'on  croit  venir  de  la  préposition 
ad  et  de  manus,  pour  marquer  ce  qui  se 
prend  à  la  main,  signifie  proprement  un 
bâton,  ou  un  échalas  qui  sert  pour  étayer  et 
soutenir  la  vigne,  et  dans  un  sens  figuré, 
un  appui,  tout  ce  qui  sert  pour  appuyer. 

Aide,  appui,  secours.  Esth.  16.20.  Quibus 
debetis  esse  adminiculo  :  Vous  devez  appuyer 
les  Juifs,  et  les  aider  à  se  venger  de  leurs 
ennemis. 

ADMINISTRARE,  Sryy.ovîfv.  1°  Bailler,  four- 
nir {èniyjjprr/za,  subministrave).  2.  Cor,  9. 10. 
Qui  administrât  semen  seminanli,  et  paneni 
ad  manducandum  prœstabit  :  Dieu,  qui  donne 
la  semence  à  celui  qui  sème  par  ses  aumônes, 
vous  donnera  le  pain  dont  vous  avez  ijesoin 
pour  vivre.  1.  Petr.  4.  11.  Si  quis  ministrat, 
tamquam  ex  virtute  quam  administrât  Deus  : 
Si  quelqu'un  sert  dans  quelque  saint  minis- 
tère, qu'il  y  serve  comme  n'agissant  que  par 
la  vertu  que  Dieu  donne  {y^o^ir/ii-j). 

2°  Employer,  faire  servir.  1.  Petr.  k.  10. 
Sicul  accepit  graliam,  in  alterutrum  illam  ad- 
ministrantes :  Que  chacun  emploie  pour  le 
service  des  autres,  le  don  qu'il  a  reçu. 

3°  Servir,  rendre  service  (vn-npi-^^ïv,  subser- 
vire).  Act.  13.  36.  David  cnim  in  sua  genera- 


ADM  lU 

tione  cum  administrasset  vohintati  Dei,  dor- 
mivit  :  Car  pour  David,  après  avoir  servi  en 
son  temps  aux  desseins  de  Dieu,  il  s'est  en- 
dormi et  a  éprouvé  la  corruption.  On  peut 
lire  selon  le  Grec  :  Car  David  ayant  rendu 
service  à  ceux  de  son  temps,  il  est  mort  se- 
lon l'ordre  de  Dieu, 

4.°  Faire,  administrer,  conduire,  gouverner 
{l'.trovpyù-j, 7ninistrare. Heb.  Habad.). '^um.iS. 
7.  Omnin  quœ  ad  cultum  altaris  pertinent,  et 
intra  vélum  sunt  ,  per  sacerdotes  administra- 
buntur  :  Tout  ce  qui  appartient  au  culte  de 
l'autel,  et  ce  qui  est  au  dedans  du  voile,  se 
doit  faire  par  le  ministère  des  prêtres.  D'où 
vient,  administrare  betlum  :  faire  la  guerre, 
en  avoir  la  condui'e  et  le  maniement.  2.  Reg. 
11.  7.  Quœsivit  David  quomodo  administra- 
retur  bellum  :  David  demanda  à  Urie  ce  qui 
se  passait  à  la  guerre. 

ADMINISTRATIO,  ms.  Ce  nom  verbal 
signifie  proprement,  administration  ,  con- 
duite, gouvernement  (5««xovta,  ministerium)  : 
dans  l'Ecriture,  il  signifie  ministère,  charge, 
fonction.  2.  Cor.  4.  1.  Ideo  habentes  admini- 
stralionem,  juxta  quod  misericordiam  conse^ 
cuti  sumus,  non  deficimus  :  C'est  pourquoi, 
ayant  reçu  un  tel  ministère,  selon  la  misé- 
ricorde qui  nous  a  été  faite,  nous  ne  perdons 
point  courage,  dit  S.  Paul. 
ii^ADMINISTRATORlUS,  a,  um.  Ce  nom  est 
mis  ici  pour  miriistratorius,  et  signifie  propre 
à  servir,  destiné  à  servir  [lîLrovpyiy.'o;].  Heb. 
1.  li.  Nonne  omnes  sunt  admini'stratorii  spi- 
ritus?  Tous  les  anges  ne  sont-ils  pas  des  es- 
prits qui  tiennent  lieu  de  serviteurs  "? 

ADMIRARI,  eayizàÇîtv.  Foy.MiRARi.  Ce  verbe 
est  déponent,  mais  il  se  trouve  quelquefois 
passif  dansquelques  anciens  auteurs, comme 
aussi  dans  l'Ecriture.  Eccli.  2i.  3.  In  pleni^ 
tudine  sancta  admirabitur  :  La  sagesse  se 
fera  admirer  dans  les  saintes  assemblées. 

1°  Admirer,  avoir  en  admiration,  regarder 
avec  étonnement  quelque  chose  de  grand  et 
de  surprenant.  Luc.  11.  H.  Cum  ejecisset  dœ- 
rnonium,  locutus  est  mutus,  et  admiratœ  sunt 
turbœ  :  Le  démon  ayant  été  chassé,  le  muet 
parla,  et  tout  le  peuple  fut  ravi  en  admira- 
tion. Act.  4.  13.  c.  7.  31.  Eccli.  27.  26.  c.  43. 
20,  etc.  D'où  vient  cette  phrase  : 

Admirari  post  aliquem  :  Suivre  quelqu'un 
avec  grande  admiration.  Apoc.  13.  3.  Admi- 
rata  est  universa  lerrapost  besliatn  :  Toute  la 
terre,  étant  dans  une  grande  admiration,  sui- 
vit la  bêle. 

Admirari  ad  aîiquid  :  Etre  surpris  de  quel- 
que chose  (5cro9avp.àÇ£tv).  Eccli.  40.  7.  Admi- 
rans  ad  nullum  terrorem  :  Celui  qui  s'éveille 
après  un  songe,  s'étonne  d'avoir  été  effrayé 
sans  sujet.  Voy.  Ad. 

2°  Etre  fort  surpris,  être  frappé  d'étonne- 
ment  (izTr)iri77£aOKj).  Marc.  7.  37.  Ko  amplius 
admxrabantur ,  diccntes  :  Bene  omnia  fecit  : 
Ceux  qui  avaient  présenté  à  Jésus-Chrisl  cet 
homme  sourd  et  muet,  pour  lui  imposer  les 
mains,  disaient,  dans  l'admiration  et  le  ra- 
visscmonl  extraordinaire  où  ils  étaient  :  Il  a 
bien  fait  toutes  choses,  c.  10.  26.  Luc.  2.  48. 
Act.  8.  13.  c.  13.  41.  Habac.  1.  5.  Ps.  47.  6. 
Ce  mot,  en  ce  sens,  se  met  quelquefois  avec 


H5 


les  prépositions  super  ou  m. 
Admirabantur  turbœ  super  doctnna  ejus  : 
Le  peuple  él.iit  ravi  en  afimiralion  de  la 
doclrine  de  Jésus-Christ.  Marc.  6.  2.  Multi 
audientes  admirabantur  in  doctrina  ejus  : 
Plusieurs  de  ceux  qui  écoutaient  Jésus-Christ 
étaient  extraordinairemenl  étonnés.  Act.  13. 
12.  Tob.  5.  10,  etc.  Ainsi  Sap.  U.  14.  Admi- 
rantes in  finem  exitns  :  Les  Egyptiens  consi- 
dérant avec  étonneraent  la  On  de  ces  choses; 
ces  mots  ne  sont  point  dans  le  Grec  et  sont 
pris  du  verset  suivant,  où  le  Grec  porte,  m 
fine  eventuum. 

3»  Etre  surpris,  trouver  étrange  (ÇsviÇeTSaj). 
l.Pct.  4.  4.  In  9^0  admirantur,  non  con- 
currentibus  vobis  in  eamdem  luxuriœ  confu- 
sionem  :  Les  païens  trouvent  maintenant 
élrangeque  vous necouriez plus,  comme  vous 
faisiez,  à  ces  débordements  de  débauche  et 
d'intempérance. 

ADMIRATIO,  NIS.  Saûf^a. 

1°  Admiration,  action  par  laquelle  on  re- 
garde quelque  chose  avec  étonnement.  Apoc. 
17.  6.  Miratus  sum  admiratione  magna  :  Je 
fus  saisi  d'un  grand  étonnement  en  voyant 
cette  bête  enivrée  du  sang  des  saints.  2.  Mach. 
7.  18.  D'où  vient  ; 

Àdmirationem  facere  alicui  :  Se  faire  admi- 
rer de  quelqu'un.  Isa.  29.  14.  Ecce  ego  ad- 
dam  ut  àdmirationem  faciam  populo  huic  mi' 
raculo  grandi  et  stupendo  :  Je  ferai  encore 
une  merveille  dans  ce  peuple,  un  prodige 
étrange  qui  surprendra  tout  le  monde. 

2»  Etonnement,  à  cause  des  fantômes  et 
des  visions  effrayantes  (tvSaiaa).  Sap.  17. 
3.  Paventes  horrende  et  cum  admiratione  ni- 
mia  perturbnti  :  Les  Egyptiens  étaient  saisis 
d'un  horrible  effroi  et  frappés  d'un  profond 
étonnement,  étant  épouvantés  par  des  spec- 
tres. 

ADMIRABILIS,  e.  eaupàcrto?,  Bx'jua'jzoç,  ad- 
mirable, merveilleux,  qui  est  surprenant, 
qu'on  ne  peut  comprendre.  Eccli.  43.  2.  Vas 
admirabile,  opus  excelsi  :  Le  soleil  est  un  chef- 
d'œuvre  merveilleux  de  la  puissance  duTrès- 
Haut.  1.  Petr.  2.  9.  De  tenebris  vos  vocavit  in 
admirabile  lumen  suum  :  Dieu  vous  a  appelés 
des  ténèbres  à  son  admirable  lumière,  de  la 
foi  chrétienne  et  de  l'Evangile.  Ps.  41.  5.  Mais 
ce  qui  est  admirable  par  excellence,  c'est  la 
puissance  et  la  majesté  de  Dieu.  Ps.  8.  v.  2. 
10.  Eccli.  43.  32.  Ainsi,  c'est  le  nom  qui  est 
donné  au  Messie.  Isa.  9 ,  6.  Vocabilur  no- 
men  ejus,  Admirabilis  :  11  sera  appelé  l'Admi- 
rable, tant  à  cause  de  ce  qu'il  est  en  lui- 
même,  qu'à  cause  de  ses  œuvres  merveilleuses, 
surtout  à  cause  des  effets  de  sa  grâce  ;  d'où 
vient  cette  phrase,  admirabilem  esse  ou  fi^eri  : 
Etre  admiré,  se  faire  admirer.  Sap.  8.  11.  In 
conspcctu  potenlium  admirabilis  ero  :  Les  plus 
puissants  seront  surpris,  lorsqu'ils  me  ver- 
ront. 2.  Thess.  1.  10.  Cum  venerit  admirabi- 
iis  fieri  in  omnibus  :  Lorsque  Jésus-Christ 
viendra  se  faire  admirer. 

ADMISCEIIE,  signiûe  mêler  ensemble, 
faire  un  mélange;  d'où  vient  Admisceri  : 
JStre  mêlé  ou  brouillé;  et  dans  l'Ecriture,  il 
si'gnifie,  —  1"  S'accoutumer  (r^jvceiÇEo-eaf).  Ec- 
cli. 23.  10.  NominiOus  sanctorum  (Gr.  JSomi- 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 

Matt.   7.  28.      nationi  sanctiyne  admiscearis 


Ht> 


Ne  vous  ac- 
coutumez point  à  prononcer  le  nom  de  Dieu 
ou  des  choses  saintes.  — 2°  Etre  joint,  uni, 
et  comme  incorporé  ((ruy/.eisâvvuo-eae).  Heb.  4. 
2.  Non  profuit  illis  sermo  auclitus ,  non  ad- 
mixtus  fidei  ex  iis  quœ  audierunt  ;  La  parole 
que  les  Israélites  avaient  entendue  ne  leur  a 
point  servi,  n'étant  pas  jointe  à  la  foi  dans 
ceux  qui  l'avaient  entendue.  Gr.  Non  con- 
temperatus  fide  iis  qui  audierunt  :  N'étant 
point  entrée  par  la  foi,  qui  en  aurait  fait  la 
nourriture  de  leur  âme,  comme  une  viande 
ne  sert  à  rien  si  elle  n'est  incorporée,  et  si 
elle  n'entre  dans  la  substance  de  celui  qui  la 
reçoit. 

ADMISTIO,  Nis.  Ce  nom  verbal  vient  du 
supin  of/mis^wm,  et  signifie  mélange,  mixtion. 
Levit.  7.  12.  Colhjridas  olei  admislione  con- 
spersas  :  des  petits  tourteaux  de  farine,  arro- 
sés d'huile. 

ADMIÏTERË.  1°  Admettre,  recevoir,  don- 
ner eiitrée.  Tob.  7. 13  Non  dubito  quod  Deus 
preces  et  lacrymas  meas  in  conspeclu  sua  ad- 
miserit  :  Je  ne  doute  point  que  Dieu  n'ait 
agréé  mps  larmes  et  mes  prières,  c.  6.  20.  Ec- 
cli. 11.36.  —  2°  Commettre  (irpàrT-iv).  Act. 
25.  25.  Comperi  nihil  dignum  morte  eum  ad- 
misisse  :  J'ai  trouvé,  dit  Festus,  que  Paul 
n'avait  rien  fait  qui  fût  digne  de  mort.  2. 
Mach.  6.  20.  —  3^  Permettre  àoUiiai.  (Marc.  5. 
37.  Et  non  admisit  quemquam  se  sequi  :  Et  il 
ne  permit  à  personne  de  le  suivre,  v.  19.  Et 
non  admisit  eum:  Et  il  ne  le  lui  permii  pas. 

ADMISSURA,  M.  Ce  mot  \\eni  d'udmittere 
quand  il  signifie  donner  le  mâle  à  la  fe- 
melle. —  Le  temps  de  faire  couvrir  les  fe- 
melles. Gen.  30.  42.  Quando  serotina  admis- 
sura  erat  et  conceptus  extremus,  non  ponebat 
eas  :  Lorsque  les  brebis  devaient  concevoir 
en  automne,  Jacob  ne  mettait  point  les  bran- 
ches de  diverses  couleurs  devant  elles.  Voy. 

ASCENDERE. 

ADMONERE,  voyesTEfv.  —  1°  Avertir,  faire 
ressouvenir.  Eccli.  7.  3.  In  illa  finis  cuncto- 
rutn  admonetur  hominum  :  Dans  une  maison 
de  deuil,  on  est  averti  de  la  fin  de  tous  les 
hommes.  Sap.  12.  2.  2.  Mach.  8.  19.  c.  9. 
11.  c.  15.  9.  —  2°  Déclarer  de  la  part  deDieu 
{x,p-']ij.ocTi^£Lv).  Matth.  2.  22.  Admonitus  in 
somniis  secessit  in  partes  Galilœœ  :  Joseph 
ayant  reçu  en  songe  un  avertissement  du 
ciel,  il  se  retira  dans  la  Galilée  :  le  mot  grec 
est  rendu  par  responsnm  accipere,  dans  saint 
Matth.  2.  12.  Luc.  2. 16.  où  il  signifie  propre- 
mement,  recevoir  de  Dieu  un  avertissement, 
comme  un  oracle  ou  une  révélation  parti- 
culière. 

ADMOVERE  ,  nporrûysi-j ,  —  1°  Approcher, 
mettre  auprès,  appliquer.  2.  Mach.  7.  5. 
Jussit  ignem  odmoveri  :  Antiochus  fi!  appor- 
ter du  feu.  Gr.  fit  approcher  du  feu  le  premier 
des  sept  frères,  c.  14.  41.  Turbis  ignem  admo- 
vere  cupientibus  :  Les  troupes  de  Nicanor 
s'elTorçaient  de  mettre  le  feu  à  sa  maison, 
c.  7.  15.  Cum  admovissent  quinlum  :  Ayani 
pris  le  cinquième  frère,  c'est-à-dire  l'ayant 
fait  approcher  pour  le  tourmenter;  de  là  vi(  n-? 
lient  ces  phrases  : 

Admovçrç  mcims:  Mellre  la.  mmx  à  l'oçu-  . 


P 


in 


ADO 


ADO 


118 


vre,  faiî-e  avancer.  1.  Mach.  15.  25.  Voy. 
Mands.  Ainsi,  admovere  exercitum  :  Faire 
av;mcer  une  armée.  2.  Mach.  13.  1.3.  Prius- 
quamrex  admoveret  exercitum  ad  Judœam: 
Judas  résolut  de  marcher  contre  Antiochus, 
avant  qu'il  eût  fait  entrer  ses  troupes  d;ins  la 
Judée  (etVêK/Xïiv ,  inducere).  1.  Mach.  10.77. 
Admovit  Iriamillia  equitum  et  exercitum mul- 
tum  :  Apollonius  fit  avancer  contre  Jonathas 
trois  mille  chevaux  et  beaucoup  de  troupes, 
c'est-à-diie  qu'il  les  priJ  avec  lui  et  se  mit  à 
leur  tête  (-rup^iMëvllscj)  ;  de  même  ,  admovere 
castra  :  c'est  faire  marcher  ses  Ironpes  contre 
l'ennemi.  1.  Mach.  10.  48,  c.  16.  6.  2.  Mach. 
13. 19. 

2"  Marcher,  avancer.  2.  Mach.  15.  25.  Ni- 
canor  autem  et  qui  cum  ipso  erant,  cum  tubis 
et  canticis  admovehant  :  Cependant  Nicanor 
marchait  contre  Judas,  au  son  des  trompettes, 
avec  son  armée  et  au  bruit  des  voix  qui  s'a- 
nimaient au  combat;  le  verbe  grec  Tr/ioc-âyïtv 
est  neutre. et  actif. 

ADNAVIGARE.  Ce  verbe  signifie  aborder, 
venir  en  quelque  lieu  par  mer  :  dans  l'Ecri- 
ture, 

Côtoyer,  naviguer  le  long  d'une  côte 
(ÛTTOTi-Xeiv).  Act.  27.  7.  Adnavigavimus  Creiœ : 
Nous  côtoyâmes  l'île  de  Crète. 

ADOLEkE,  yMîi-^.  Voy.  Olere.  Brûler, 
enflammer.  Levit.  1.  9.  Adolebit  ea  Sacerdos  : 
Le  prêtre  y  mettra  le  fou  sur  l'autel,  c.  h.  26. 
Adipem  adolebit  :  Il  fera  brûler  la  graisse. 
c.  5.  10.  c.  6.  v.  12.  15,  etc. 

Mais  ce  mot  se  met  souvent  avec  incenswn 
on  thymiama,  brûler  de  l'encens.  C'était,  dans 
l'Ancien  Testament, ofîrir  de  l'encens  à  Dieu 
devant  l'arche;  ce  qui  était  une  fonction 
particulière  aux  prêtres  de  la  tribu  de  Lêvi. 
1.  Par.  6.  49.  Aaron  et  filii  ejiis  adolebant  in- 
censum  :  Aaron  et  ses  flis  offraient  tout  ce 
qui  se  brûlait  sur  l'autel  des  holocaustes  et 
sur  l'autel  des  parfums  {Ovixiv.y).  Cola  s'est 
fait  aussi  par  les  Israélites,  en  Ihonneurdes 
faux  dieux.  2.  Par.  30.  14.  Idolis  adolebatur 
incenswn.  Ceux  dos  Israélites  qui,  étant  rap- 
pelés par  Ezéchias,  revinrent  de  l'idolâtrie 
de  Jéroboam,  pour  célébrer  la  fêle  de  Pâques, 
mirent  en  pièces  tout  ce  qui  servait  à  offrir 
de  l'encens  aux  idoles.  3.  Reg.  11.  8.  4.  Reg. 
35.  5.  Voy.  Incensum  ;  Thymiama. 

ADOLESCENS,    TIS,    vsavîa?,    veavio-xoç.    Ce 

mot  vient  du  verbe  olere  quand  il  signifie 
croître,  et  marque  un  jeune  homme  qui 
croît  ;  mais  ces  mots  adolescens,  puer,  juve- 
nis,  sont  souvent  confondus  dans  l'Ecriture. 
Act.  20.  9.  Adolescens  nomine  Eutyclius  :  Un 
jeune  homme,  nommé  Eutyque,  que  S.  Paul 
ressuscita  :  il  est  aiipelc  puer,  v.  12.  Adduxe- 
runt  autem  puerum  viventcm,  Gr.  TrarSa.  Voy. 
Puer.  Au  contraire,  en  plusieurs  endroits,  il 
se  met  pour  un  homme  qui  est  dans  la  fleur 
de  son  âge. 

1°  Un  J(!une  garçon,  un  jeune  homme  de- 
puis douze  ans  jusqu'à  vingt-cinq  ,  qu'on 
cesse  de  croître  {naïç^Sôç).  Prov.  1.  4.  Ut 
detur  parvulù  astutia,  adolcsccnti  scienlia  et 
inlcUeclus  :  Pour  df)nno^-  de  la  discrétion  aux 
simples  ,  la  scicnct»  et  l'inlcUigence  aux 
jeunes  hommes,  c.  2.1.  6.  Adolescens  juxla 


viam  suam,  etiam  cum  senuerit,  non  recedet 
ab  ea  :  Le  jeune  homme  suit  sa  première 
voie,  dans  sa  vioillesse  même  il  ne  la  quit- 
tera point  {tzuiBLqv).  Il  semble  que  l'Inter- 
prète de  la  Vulgate  ait  pris  adolescens  pour 
un  participe,  is  qui  adolescit  ;  mais  le  Grec 
porte,  TratStov,  puer.  Gen.  34.  19.  c.  39.  10. 
1  Reg.  14.  6.,  etc.  Ainsi,  Jerena.  15.  8.  Induxi 
eis  super  i7iatrem  adolesccntis ,  vastalorem  me- 
ridie  :  J'ai  fait  venir  un  ennemi  pour  les 
perdre,  qui  a  tué  en  plein  midi  les  jeunes 
gens  entre  les  bras  de  leurs  mères  :  le  singu- 
lier adolescentis  se  prend  ici  pour  le  pluriel. 
Eccli.4.  15.  Vidi  cunctos  vivenles,  qui  ambu- 
lant sub  sole,  cum  adolescente  secundo  :  J'ai 
vu  tous  les  hommes  vivants  qui  marchent 
sous  le  soleil  avec  le  second  jeune  homme  ; 
c'est-à-dire  que  les  peuples  aiment  plutôt  ua 
jeune  prince  qui  doit  succéder  à  la  couronne. 
Voy.  Secundus. 

2°  Jeune  homme  au-dessus  de  vingt-cinq 
ans.  Act.  7.  57.  Testes  deposuerunt  vestimenta 
sua  secus  pedes  adolescentis  :  Les  témoins 
mirent  leurs  vêtements  au  pieds  d'un  jeune 
homme,  nommé  Saul  :  on  croit  que  Saul 
avait  alors  plus  de  trente  ans.  3  Reg.  12.  8. 
Adhibuit  adolescentes  :  Roboam  prit  conseil 
des  jeunes  gens  qui  avaient  été  avec  lui 
(Tr«tSâ|0£ov).  Ce  prince  avait  bien  quarante  ans 
quand  il  commença  à  régner  ;  mais  ceux-ci 
sont  appelés  jeunes,  en  les  comparant  aux 
vieillards  qu'il  avait  consultés.  Judic.  19.  9. 
1.  Reg.  30.  17.  et  ailleurs.  Ce  mot  se  prond 
de  même,  dansCicéron  et  ailleurs,  pour  un 
homme  de  trente  à  quarante  ans. 

ADOLESCENTIOR,  gris,  vsi^xepoç. 

Ce  mot  ne  signifie  quelquefois  que  le  posi- 
tif adolescens,  et  quelquefois  il  marque  le 
comparatif,  et  a  quelquefois  la  signification 
du  superlatif. 

1°  Un  jeune  homme  ou  une  jeune  femme. 
Ps.  118.  9.  In  quo  corrigit  adolescentior  viam 
suam  ?  Comment  celui  qui  est  jeune  corri- 
gera-l-il  sa  voie?  ce  sera  en  gardant  la  pa- 
role de  Dieu.  1.  Tim.  5.  11.  Adolescenliores 
viduas  devita:  N'admettez  point  au  rang  des 
veuves  les  jeunes  veuves. 

2°  Comme  comparatif,  le  plus  jeune  des 
deux.  Luc.  15.  v.  12.  13.  Adolescentior  filius 
peregre  profectus  :  Le  plus  jeune  s'en  alla 
dans  un  pays  étranger. 

3°  Comme  superlatif,  2.  Mach.  7.  24.  Cum 
adhuc  adolescentior  superesset  :  Le  plus  jeune 
des  sept  frères  étant  resté. 

ADOLESCENTULUS  ,  i.  vz6,7Epoç.  Ce  dimi- 
nutif d'arfo/escens  signifie  :  —  1*  Comme  ado- 
lescens :  Jeune  garçon  (veavîo-xoc).  Ezech.  9.  6. 
Senem,  adolescentulum  et  virginem  interficite: 
Tuez  tout ,  vieillards  ,  jeunes  honuues  et 
vierges.  Nabuchodonosor,  3  Parai.  36.  17.  a 
accompli  cette  prophétie.  Gen.  4.  23.  Isa.  9. 
17.  —  2"  Petits  en  nombre.  Ps.  67.  28.  Ibi 
Benjamin  adolescenlulus  :  ce  mot  est  pris  en 
cet  endroit  pour  la  tribu  qui  était  la  moins 
nombreuse  de  toutes;  là  se  trouve  le  petit 
Benjamin,  c'est-à-dire  la  tribu  de  Benjamin, 
qui  était  le  plus  petit  de  tous  les  enfants  de 
Jacob.  —  3'  Qui  est  considéré  comme  pciil  rt 
jeune ,  dont  un  ne  fait  point  de  cas.  Vs.  11& 


119 

141.  Adolescentulus  sum  ego  et  contemptus  : 
Je  suis  petit  el  méprisé.  Ce  mot  en  cet  endroit 
ne  marque  point  lâge,  disent  les  interprètes, 
-aiais  l'état  et  l'abaissement. 

ADOLESCENTULA,  véavt,-.  —  Ce  nom  si- 
gnifie :  —  1°  Jeune  fille  ou  femme.  3.  Reg.  1. 
2.  Quœramus  Domino  nostro  régi  virginem 
adolescentulam  :  Cherchons  pour  notre  maî- 
tre quelque  jeune  fille  vierge,  v.  3.  Tit.  2. 
k.  Ut  prudentiam  doceant  adolescetitulas  : 
Apprenez  aux  femmes  avancées  en  âge  à 
inspirer  la  s;igcsse  aux  jeunes  femmes  (vîk). 
—  2"  Les  âmes  fidèles  marquées  par  des 
jeunes  filles.  Cmt.  1.  3.  c.  6.  7. 

ADOLESCENTIÂ,  m.  v-.ôznç.  Ce  mot  marque 
le  temps  de  la  jeunesse,  et  l'âge  de  l'adoles- 
cence avec  quelque  étendue.  Voy.  Adoles- 
CENs.  1°  Jeunesse,  jeune  âge.  Eccli.  11.  10. 
Adolescenlin  et  voluptas  vonn  sxint  :  La  jeu- 
nei.se  et  la  volupté  ne  sont  que  vanité.  Ec- 
cli. 4-2.  9.  1.  Tini.  k.  12.  Prov.  5.  18.  Lœlare 
cum  midiere  adolescenliœ  tiiœ  :  Vivez  dans  la 
joie  avec  la  femme  que  vous  avez  épousée 
dans  votre  jeunesse.  Mal.  2.  15.  Uxorem 
adolcscendœ  tuœnoli  despicere  :  Ne  méprisez 
pas  la  femme  que  vous  avez  prise  dans  votre 
jountvsse.  Gcn.  48.  15.  1.  Reg.  12.  2.  c.  17. 
33.  etc.  —2"  L'enfance,  l'âge  et  l'état  de  l'en- 
fance. Gen.  8.  21.  Seihfjis  et  cogitalio  Inimani 
cordis  in  mcdum  prona  siint  ab  adolescenlia 
sïin,  i.  e.  a  puerilia  seii  infanlia  :  La  pente  au 
mal  est  naturelle  à  l'homme,  qui  naît  avec 
cette  maudite  inclination.  —  3°  Los  premiers 
temps  de  rétablissement  d'un  état  ou  d'une 
république  ,  parce  que  l'Ecriture  compare 
souvent  un  peuple  à  une  personne  ;  le  peu- 
ple juif.  Isa.  54.  4.  Confusionis  adolescentiœ 
tuœ  oblivisceris  :  Vous  oublierez  vos  premiers 
désordres  :  ce  qui  s'entend  des  péchés  pour 
lesquels  les  Juifs  furent  emmenés  captifs  en 
Egjpte.Jer.2.2.  c.  22.21.c.31.19.Ezech.23. 
V.  3.  et  8.  liabylone.  Isa.  47.  v.  12  ei  15.  Les 
Moabiles.  Jerem.  48.  11.  Fertilis  fuit  Moab  ab 
adolescenlia  $ua  :  Moab  dès  sa  jeunesse  a  été 
dans  l'abondance  [iv.  7:«toK^otou).  —  4"  Prospé- 
rité, santé,  parce  qu'ordinairement  la  jeu- 
nesse est  dans  la  joie  ou  dans  la  vigueur. 
Job.  29.  4.  Sicut  fui  in  diebiis  adolescentiœ 
meœ  :  Dans  le  temps  de  ma  prospérité,  c.  33. 
25.  Revertatur  ad  dies  adolescentiœ  suœ  : 
Ou'il  recouvre  sa  santé  et  son  einbonpoint. 

ADOM,  horno  ou  ru  fus,  ville  de  la  tribu  de 
Kuben,  près  de  laquelle  les  eaux  du  Jour- 
dain s'ouvrirent  pour  faire  un  passage  aux 
Israélites.  Jos.  3.  16. 

ADOMMIM,  héb.  terreni,  rxtfi,  montagne 
dans  la  tribu  de  Benjamin,  entre  Jérusalem 
cl  Jéricho,  au  pied  de  laquelle  est  une  ville 
du  même  nom.  Jos.  18.  18.  c.  15.  7.  Voy.  As- 

CENSUS. 

ADON,  dominus,  un  homme  qui  revint  de 
'a  captivité,  du  nombre  de  ceux  qui  ne  pu- 
rent faire  voir  leur  origine.  1  Esdr.  2.  59. 

ADONAl,  Héb.  Bominus  meus,  c'est  un  dos 
noms  de  Dieu,  du  mol  hébreu  [Adan)  d'où 
vient  Adon  ,  Vouxinus  et  Adonaï ,  Dominus 
meus  :  ce  nom  se  mot  à  la  place  du  nom 
ineffable  de  quatre  lettres,  qu'on  appelle  or- 
«luiaircmenl  Jehom,  qui  signifie,  Celui  qui 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE.  120 

est.  L'on  ne  sait  plus  quelle  est  sa  vraie 
prononciation.  Notre  Vulgate  l'exprime  par 
Dominus,  à  l'imitation  des  Septante.  Néan- 
moins l'Interprète  a  laissé  le  mot  Adonai  en 
deux  endroits  remarquables  ,  pour  marquer 
qu'il  se  prend  pour  le  nom  ineffable,  Judith. 
16.  16.  Adonai  Domine;  vtExod.  3.  6.  Etno^ 
men  meum  Adonai  non  indicavi  eis  :  Je  ne  leur 
ai  pas  donné  une  connaissance  si  claire  de 
mon  nom  et  de  mon  essence  divine,  qu'à 
vous.  Ce  mot  Adonai  marque  la  puissance 
et  la  domination  souveraine  de  Dieu,  comme 
celui  de  Jehova,  au  lieu  duquel  on  met  Ado- 
nai, marque  son  essence;  ainsi  le  premier 
convient  mieux  au  Fils  ,  et  ce  dernier  au 
Père.  C'est  pourquoi  on  les  met  souvent  l'un 
avec  l'autre  dans  les  prières  ardentes,  Adonai 
Domine  ou  Domine  Deus. 

ADONIAS ,  Héb.  Dominator  Dominus.  — 
1°  Quatrième  fils  de  David,  qui  lâcha  de  s'em- 
parer du  royaume  de  Juda  ,  au  lieu  de  Salo- 
mon,  duvivant  même  de  son  père.  Bethsabée, 
mère  do  Salomon  ,  en  ayant  eu  avis  ,  en 
avertit  David,  qui  donna  ordre  de  faire  sacrer 
roi  Salomon,  son  fils.  Adonias  et  ceux  de  son 
parti,  voyant  le  danger  où  les  jetait  leur  en- 
treprise, se  retirèrent  en  confusion.  Adonias 
se  réfugia  dans  le  temple  ;  s(>n  frère  lui  ac- 
corda le  pardon  el  la  vie,  pourvu  qu'il  n'en- 
Ireprîl,  dans  la  suite,  riendesemblable  ;  mais 
ce  prince  lui  ayant  fait  demander  en  mariage 
la  Sunamite  qui  avait  été  la  dernière  femme 
de  son  père  ,  Salomon  croyant  que  celle 
recherche  tendait  à  lui  usurper  la  couronne, 
il  cnvova  Bauaïas  pour  le  tuer,  quelque  part 
qu'il  fut,  l'an  3020.  2  Reg.  3.  4.  3.  Reg.  1.  5. 
c.  2.  13.  1.  Par.  3.  2.  etc.  Voy.  Haggith.  ~ 
2°  Un  lévite  ,  député  par  Josaphal  pour  ins- 
truire le  peuple.  2.  Par.  17.  8.  —  3"  Un  des 
chefs  du  peuple.  2.  Esdr.  10,  16,  Capita  po- 
puli,  Adonia,  Begaï,  Adin. 

ADONIBLZEG,  Domini  fulgur,\e  plus  puis- 
sant prince  des  Ghananéens,  qui  fut  pris  par  les 
enfants  de  Juda,  qui  lui  coupèrent  les  extré- 
mités des  pieds  et  des  mains.  Judic.  1.  v.  5. 
6.  7.  Fugit  Adonibezec  ,  quem  persecuti  com- 
prehenderunt :  Adonibezec  ayant  pris  la  fuite, 
les  Hébreux  le  poursuivirent  et  le  prirent 
Ce  prince  fut  traité  de  la  même  façon  qu'il 
avait  traité  soixante-dix  rois  ,  à  qui  il  avait 
fait  couper  les  extrémités  des  pieds  el  des 
mains,  et  les  faisait  manger  sous  sa  table  les 
restes  de  ce  que  l'on  lui  servait. 

ADONICAM,  Dominus  surrcxit,  chef  de  fa- 
mille, dont  les  enfants  revinrent  de  la  capti- 
vité au  nombre  de  six  cent  soixante-six.  1. 
Esdr.  2.  13.  c.  8.  13.  et  au  nombre  de  six 
cent  soixante-sept.  2.  Esdr.  7.  18, 

ADONIRAM,  Dominus  excelsus,  fils  d'Abda, 
intendant  des  finances,  sous  le  roi  Salomon. 
3.  Reg.  4.  C.  et  chef  de  trente  mille  ouvriers, 
que  ce  prince  envoyait  au  Liban,  pour  cou- 
per des  cèdres  el  d'autres  arbres  pour  la 
construction  du  temple,  c.  5.  14. 

ADONIS,  iDis.  Héb.  Thammuz,  1,  Consum- 
ptus  sive  incendium.  Adonis  était  un  jeune 
homme  aimé  de  Vénus,  selon  la  fable.  Il  fut 
tué  par  un  sanglier  et  beaucoup  pleuré  par 
celle  déesse,  qui  ensuite  le  recouvra  en  vie. 


121 


ADO 


ADO 


122 


Ezccb.  8.  14.  "Ecce  ihi  muUeres  plangentes 
Adonidem  :  Ces  femmes  idolâtres  honoraient 
Vénus  par  ces  pleurs  comme  par  leurs  dé- 
bauches. D'autres  veulent  que  ces  femmes 
aient  été  des  prêtresses  d'isis  ,  qui  avait  or- 
donné de  pleurer  la  mort  d'Osiris,  son  mari, 
à  qui  ces  femmes  rendaient  des  honneurs  di- 
vins, avec  des  cérémonies  infâmes  et  hon- 
teuses. 

ADONISEDECH,  Héb.  Domini  justitia,  roi 
de  Jérusalem,  qui  souleva  les  autres  rois 
chananéens  contre  Josué.  Jos.  10.  v.  1.  3.  Ce 
fut  alors  que  Josué  arrêta  le  soleil  pour  avoir 
le  temps  de  les  défaire. 

ADOPTARE,  élire,  choisir  et  adopter,  qui 
est  choisir  quelqu'un. 

Adopter,  prendre  quelqu'un  pour  son  en- 
fant. Exod.  2.  10.  Quemilla  adoptavit  in  îo- 
cum  filii  :  La  fille  de  Pharaon  adopta  Moïse 
pour  son  fils.  Eslh.  2.  v.  7.  15.  Quam  sibi 
adoptaverat  in  filiam  :  Mardochée  avait 
adopté  Esther  pour  sa  fille  {■k</.i§îvziv). 

ADOPÏIO,  Ms  ,  l'action  par  laquelle  on 
adopte  ;  mais  dans  l'Ecriture  ,  outre  l'adop- 
tion civile,  il  est  souvent  fait  mention,  dans 
saint  Paul,  d'une  adoption  spirituelle  ,  par 
laquelle  Dieu  adopte  les  hommes  pour  ses 
enfants.  —  1"  Adoption  civile  ,  telle  qua  été 
non-seulement  celle  de  Moïse  et  d'Esther, 
m;iis  encore  celle  des  enfants  nés  des  ser- 
vantes de  Lia  et  Rachel.  Gen.  30.  v.  3.  6. 
Voy.  c.  16.  2.  et  celle  d'Ephraïm  et  Manassé, 
c.  48.  5.  Mei  erunl  :  Les  deux  fils  que  vous 
avez  eus  en  Egypte  seront  à  moi.  Jacob  parle 
à  Joseph.  —  2"  Adoption  divine  ou  spirituelle, 
vto5i(Tia, par  laquelle  Dieu  a  faitl'honneuraux 
Israélites,  préférablement  à  toutes  les  autres 
nations,  de  les  prendre  pour  son  peuple  par- 
ticulier. Rom.  9.  h.  Quorum  adoplio  est 
filiorum  :  Ce  sont  les  Israélites,  à  qui  appar- 
tient l'adoption  des  enfants  de  Dieu.  Ainsi,  il 
appelle  ce  peuple  son  fils  aîné.  Exod.  4.  22. 
Filius  meus  primogenitus  Israël  :  Israël  est 
mon  fils  aîné.  Matlh.  15.  26.  Mais  cette 
adoption  n'était  que  la  figure  de  l'adoption 
excellente  qui  s'est  faite  par  Jésus-Christ, 
expliquée  dans  le  nombre  suivant.  —  3^ 
Adoption  plus  particulière,  par  laquelle  nous 
sommes  fails  enfants  adoptifs  de  Dieu,  ses 
héritiers  et  les  cohéritiers  de  Jésus-Christ , 
par  la  grâce  de  Dieu  et  par  celte  charité  que 
le  Saint-Esprit  répand  dans  nos  cœiirs. 
Rom.  8.  15.  Accepistis  spiritum  adoptionis 
filiorum  :  Vous  avez  reçu  l'esprit  d'adoption 
des  enfants  de  Dieu.  Eph.  1.  5.  Qui  prœdcsti- 
navil  nos  in  adoplionem  filiorum  :  Dieu  le 
Père  nous  a  prédestinés  par  un  pur  effet  de 
sa  bonne  volonté  ,  pour  nous  rendre  ses  en- 
fants adoplifs  par  Jésus-Christ,  etc.  Galat.  k. 
5.  Dans  tous  ces  endroits  l'Interprète  latin 
a  toujours  mis  adoptio  filiorum,  parce  que  le 
Grec  porte  uîoOjTta.  Celte  adoption  se  com- 
mence dans  cette  vie  et  s'accomplit  dans 
l'autre.  Rom.  8.  23.  Adoplionem  filiorum  Dci 
expectanles  :  Nous  attendons  l'effet  de  l'adop- 
tion divine.  En  cet  endroit  ce  mol  signifie 
l'hérédité  que  l'on  obtient  en  vertu  de  l'adop- 
tjon. 

ADOR,  Testimonium  lucis,  ville  de  la  Iribu 


d'Aser.'l  Mach.  13.  20.  Gyraverunt  per  viam 
quce  ducit  Ador  :  Tryphon  avec  ses  Iroupes 
tournèrent  parle  chemin  qui  mène  à  Ador. 

ADORAM,  Décor  eorum.  Voy.  Aduram.  — 
1°  Fils  de  Jeclan.  1.  Par.  1.  21.  Il  est  nommé 
Aduram.  Gènes.  10.  27.  —  2"  Fils  de  Thoii, 
roi  d'Hemath,  qui  vint  de  la  part  de  son  père 
pour  féliciter  David  de  la  victoire  qu'il  avait 
remportée  sur  Adarezer.  1  Par.  18.  20. 

ADORARE  ,  Tzpo^y.vvEtv.  Héb.  Sachah.  — 
1°  Se  prosterner  devant  quelqu'un  ,  lui  faire 
une  profonde  révérence,  soit  pour  le  saluer. 
Exod.  18.  7.  Egressus  in  occursum  cognali  sui 
adoravit  :  Moïse  étant  allé  au  devant  de  son 
beau-père  ,  se  baissa  profondément  devant 
lui.  Gen.  18.  2.  Nomb.  22.  3i.  Jos.  5.  15. 
Rulh.  2.  10.  2.  Rois  18.  v.  21.  28.  etc.  Soit 
pour  demander  quelque  grâce  à  quelqu'un. 
Exod.  11.  8.  Descendent  omnes  servi  tui  isti 
ad  me,  et,  adorabunt  me ,  dicentes  :  Egredere, 
etc.  Tous  vos  serviteurs,  que  vous  voyez  ici, 
viendront  à  moi,  et  ils  m'adoreront,  en  di- 
sant :  Sortez,  vous  et  tout  le  peuple  qui  vous 
est  soumis  ;  i.  e.  ils  viendront  à  moi  et  ils  me 
supplieront  bien  humblement  de  vouloir  bien 
sortir,  c.  34.  8.  2.  Rois.  14.  4.  2.  Par.  24.  17. 
Soit  pour  remercier  quelqu'un  d'une  grâce 
reçue.  2.  Rois.  14.  22.  Joab  adoravit  et  bene- 
dixil  Régi  :  Joab,  qui  venait  d'obtenir  le  re- 
tour d'Absalom,  adora  et  bénit  le  roi  ;  i.  e. 
le  remercia  en  se  prosternant  devant  lui.  4. 
Rois.  4.  37.  Venit  illa,  et  adoravit  super  ter- 
ram,  tulitque  filium  suum  :  La  Sunamite  vint, 
et,  se  jetant  aux  pieds  d'Elisée,  elle  l'adora; 
i.  e.  elle  le  remercia  de  la  faveur  qu'elle 
venait  de  recevoir.  Cette  manière  de  saluer 
en  se  prosternant  devant  quelqu'un,  était 
pratiquée  par  les  Orientaux  à  l'égard  de  ceux 
à  qui  ils  voulaient  témoigner  un  grand  res- 
pect ;  et  c'est  en  ce  sens  que  se  prend  le  mot 
d'adorer,  dans  tous  les  endroits  où  l'Ecriture 
dit  qu'on  a  adoré  des  hommes  ou  des  anges. 

2"  Se  baisser,  ou  se  courber  simplement 
sans  marquer  de  respect.  4.  Rois.  5.  8.  Si 
adoravero  in  templo  Remmon,  adorante  eo  in 
eodem  loco  :  Si  j'adore  dans  le  temple  de 
Remmon ,  lorsque  le  roi  mon  maître  ado- 
rera lui-même;  i.  e.  si  je  me  baisse  pour  sou- 
tenir le  roi,  appuyé  sur  ma  main  ,  lorsqu'il 
adorera  les  idoles  dans  le  temple  de  Remmon . 

3^  Rendre  hommage  à  quelqu'un  ,  en  le 
reconnaissant  conjme  son  maître  et  son  sou- 
verain, Gen.  49.  8.  Adorabunt  le  filii  patris 
tui  :  Les  enfants  de  votre  père  vous  adore- 
ront; i.  c.  \ous  seront  soumis.  Matlh.  2.  v. 
2.  8.  11.  Vidimus  stellam  ejus  in  Oriente  ,  et 
venimus  adorarc  eum  :  Nous  avons  vu  sou 
étoile  en  Orient,  et  nous  sommes  venus  l'a- 
dorer; i.  c.  lui  rendre  nos  hommages,  comme 
à  notre  Roi  et  à  notre  Souverain.  Gen  37, 
v.  7.  9.  10.  c.  50 ,  18.  Tob.  14.  9.  Eslh.  16.  IL 

k"  Adorer,  rendre  un  culte  souverain  qui 
n'est  dû  qu'à  la  Divinité.  Matlh.  4.  10.  Do- 
minum  Ueum  tuum  adornbis  ,  et  Hli  soli  ser- 
ties :  Vous  adorerez  le  Seigneur  votre  Dieu, 
et  vous  ne  servirez  que  lui  seul.  1.  Par.  16. 
19.  Adorule  Dominum  in  décore  sancto  : 
Adorez  le  Seigneur  dans  un  saint  respect. 


Î23 

Ps.  5.  8.  Ps.  28.  2.  Ps.  137.  2.  et  en  une  inû- 

nité  d'autres  endroits. 

5°  Bénir  Dieu,  lui  remire  gloire,  le  remer- 
cier de  quelque  faveur  reçue.  2.  Parai.  7.  3. 
Omnes  filii  Israël,  adoraverunt  et  Inudave- 
runt  Dominum  :  Tous  les  enfants  dlsraël , 
voyant  descendre  le  feu  et  la  gloire  du  Sei- 
gneur sur  le  Temple  ,  adorèrent  Dieu  «l  le 
louèrent.  Job.  1.  '2.0.  Suirexit  Job,  et  tonso 
capite  corruens  in  terram,  adoravit  et  dixit  : 
Nudus  egressus  sum,  etc.  Job  se  leva,  et  s'é- 
tant  rasé  la  tête ,  il  se  jeta  par  terre,  et  adora 
Dieu,  en  disant  :  Je  suis  sorti  nu  du  ventre 
de  ma  mère,  et  jy  retournerai  nu.  Gen.  47. 
31.  Exod.  12.  27.  3.  Rois.  1.  i7.  2.  Esdr.  8. 
6.  Judit.  13.  22.  c.  16.  22.  1.  Macli.  4.  oo. 

6'  Prier,  faire  sa  prière  {  7Tpo7z'jyîi70y.i, 
orare).  Ps.  71.  15.  Âdorabunt  de  ipso  semper  : 
Ils  prieront  sans  cesse  pour  sa  prospérité. 
De  ipso;  1.  e.  pro  ipso.  Voy.  De.  Ce  qui  ne  se 
peut  appliquer  qu'à  Salomon,  et  ce  qui  fait 
voir  qu'il  y  a  des  versets  qui  ne  s'entendent 
à  la  lettre  que  de  lui,  quoique  le  psaume 
soit  une  prophétie  de  Jésus-Christ.  Le  Grec, 
l'Hébreu  et  les  autres  langues  originales 
s'accoraent  dans  la  signiGcation  de  ce  mot. 
1.  Reg.  I.  3.  19.  28.  Ascendebat  vir  ille  de 
civitate  sua  statulis  diebus,  ut  adoraret  et  sa- 
crificaret  Domino  exercituuminSilo  ;Elcana 
allait  de  sa  ville  à  Silo ,  aux  jours  solennels, 
pour  adorer  le  Seigneur  des  armées,  et  pour 
lui  offrir  des  sacrifices.  Deut.  26.  10.  1.  Reg, 
15.  v.  25.  30.  31.  2.  Reg.  12.  20.  c.  15.  32.  4. 
Reg.  18.  22.  2.  Par.  6.  v.  32.  34.  c.  29.  v.  28. 
29.  30.  c.  32.  12,  2.  Esd.  9.  3.  Tob.  11.  v.  7. 
12.  Judit.  6.  14. 

7°  Offrir  un  sacrifice.  Joan.  4.  20.  Jeroso- 
lymis  est  locus  ubi  adorare  oporlet  ':  Vous 
dites  que  c'est  dans  Jérusalem  qu'est  le  lieu 
où  il  faut  adorer.  Il  était  permis  de  prier 
Dieu  en  tous  lieux;  mais  la  loi  ordonnait 
qu'on  n'offrît  des  sacrifices  que  dans  la  ville 
de  Jérusalem.  Gen.  22.  5.  Expectate  hic;  ego 
et  puer,  postquam  adorareritnus ,  revertemur 
ad  vos  :  Attendez-moi  ici;  nous  ne  ferons 
qu'aller  jusque-là ,  mon  fils  et  moi,  et  après 
avoir  adoré,  nous  reviendrons  aussitôt  à 
vous  ;  t.  e.  après  que  nous  aurons  offert 
notre  sacrifice. 

8^  Respecter,  regarder  quelque  chose  avec 
respect.  Ps.  98.  5.  Adorate  scabellum  pedum 
ejus ,  quoniam  sanclum  est  :  Adorez  l'esca- 
beau de  ses  pieds,  parce  qu'il  est  saint.  Par 
cet  escabeau  des  pieds  du  Seigneur,  le  pro- 
phète entend  l'arche,  sur  laquelle  il  se  ren- 
dait présent  à  son  peuple.  Hebr.  11.  20.  Fide 
Jacob  tnoriens  singulos  filiorum  Joseph  bene- 
dtxit ,  et  adoravit  fustigium  virgœ  ejns  :  C'est 
par  la  foi  que  Jacob,  mourant ,  bénit  chacun 
des  enfants  de  Joseph,  et  qu'il  s'inclina  pro- 
londément  devant  le  bâlon  de  commande- 
ment que  portait  son  fils.  Jacob  révérait , 
dan-  '     •    • 


s  la  marque  de  la  grandeur  de  son  fils  , 
le  règne  de  Jésus-Curist,  dont  il  était  la  fi- 
gure. Tob.  l.'i.  13.  Is.  60.  14. 

ADORATOR,  is.  Trporrxvvrlr»,,-.  Cc  uom  ,  qui 
vient  da(/or«re.  signifie  adorateur,  celui 
ou  celle  qui  adore.  Joan  4.  23.  Vcnit  h'>ra  , 
et  nunc  est,  ^mndo  veri  adoratores  adora- 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE.  12i 

bunt  Patrem  in  spiritu  et  veritate  :  Le  temps 
vient,  et  il  est  déjà  venu,  que  les  vrais  ado- 
rateurs adoreront  le  Père  en  esprit  et  en  vé- 
rité, dit  Jésus-Christ  à  la  Samaritaine. 

\DORNATUS,  A,  UM.  S[Kxr/o7p.>7iiisvo?.  Ce 
participe,  composé  d'ad  et  6'ornare,  si- 
gnifie paré,  orné,  ajusté.  2.  Marh.  3.  25. 
Apparuit  illis  quidam  equus ,  (erribitem  ha- 
iens  sessorem  ,  optimis  operimentis  adorna- 
tus  :  Ceux  qui  suivaient  Héliodore  virent 
paraître  un  homme  terrible,  monté  sur  un 
cheval  magnifiquement  pTré. 

ADRAMELECH,  Héb.  Rex ,  sive  Deus  ma- 
gnifîcus.  —  1°  Adraraeicch,  fils  de  Sennache- 
rib,  qui  tua  son  père.  4.  Reg.  19.  37.  Cumque 
adoraret  in  templo  Nesroch  deum  suum,  Adra- 
melech  et  Sarasar,  filii  pjus,  percusseriint  eum 
gladio  :  Lorsque  Sennachérib  adorait  Nes- 
roch, son  dieu,  dans  son  temple,  ses  deux 
fils  ,  Adramelech  et  Sarasar  ,  le  tuèrent  à 
coups  d'épée.  Isa.  37.  38. — 2'  Idole  ou  dieu  de 
Sepharvaïm,  en  l'honneur  de  qui  ceux  de  ce 
pays  brûlaient  leurs  enfants.  4.  Reg.  17.  31. 
Hi  autem  qui  erant  de  Sepharvaim  combure- 
bant  filios  suos  igni  Adramelech  et  Anamelech 
diis  Sepharvaim  ;  Ceux  de  Sepharvaïm  fai- 
saient passer  leurs  enfants  par  le  feu  ,  et  les 
brûlaient  pour  honorer  Adramelech  et  Ana- 
melech, dieujx  de  Sepharvaïm. 

ADRIA  ,  M.  Adria,  ville  sur  les  côtes  de 
rillyrie  ou  de  Dalmatie  ,  qui  a  donné  son 
nom  à  la  mer;  ainsi  ce  nom  se  prend  pour 
la  mer  Adriatique.  Act.  27.  27.  Naviganlibus 
nobis  in  Adria  :  Lorsque  nous  étions ,  dit 
saint  Paul,  sur  la  mer  Adriatique.  Voy.  Na- 
VIGARE  ,  2°. 

ADRUMETINUS,  a,  um,  qui  est  d'Adru- 
mète,  ou  appartient  à  la  ville  d'Adrumète 
en  Afrique ,  située  sur  la  côte  de  la  mer 
{«Spaiiv-cTn-joç).  Act.  27.  2.  Ascendentes  navctn 
Adrumelinam ,  nous  montâmes  sur  un  vais- 
seau d'Adrumète.  Mais ,  selon  le  Grec ,  ce 
fut  sur  un  vaisseau  d'Adramytte  ,  ville  de 
Mysie ,  dans  l'Asie  .Mineure;  ce  qui  est  bien 
plus  probable,  parce  que  ce  vaisseau  devait 
aller  côtoyer  l'Asie,  et  non  pas  prendre  la 
route  d'Afrique. 

ADSCRIRERE.  Ce  verbe  signifie,  selon  la 
force  du  mot,  ajouter  en  écrivant  :  dans  l'E- 
criture ,  Attribuer  ,  donner  (  ùva.a-zpi^îvj  ). 
Eccli.  29.  -22.  Bona  repromissoris  sibi  ascribit 
peccator,  le  pécheur  s'attribue  le  bien  de  sou 
répondant.  Voy.  Repromissor, 

ADSTARE  ,    TtupirrzK^eui.    Voy.   Stare.  Ce 
verbe  signifie, — 1"  Se  tenir  devant  ou  auprès, 
être  présent,  se  présenter,  paraître  devant 
quelqu'un.    Ps.    44.    iO.    Astitit   Regina    a 
dexiris  tuis  :  la  reine  s'est  tenue  à   votre 
droite.  Cette  reine  est  l'Eglise  ,  figurée  par  l.i 
femme  de  Salomon.  Ps.  5.  5.   Mane  aslaba 
tibi  :  Je  me  présenterai  dès  le  matin ,  devan 
vous,  pour  vous  prier.  2.  Mach.  3.  33.  Act 
1.  10.  c.  10.  17.  c.  11.  11.  c.  12.  7.  c.  22.  12 
c.  27.  24.-2"  Etre  toujours  prêt  pour  assis 
ter  on  rendre  service.  Ps.  108.  31.  Astitit  a 


dcxtris  paitperis  :  Le  Seigneur  s'est  tenu  à  la 
droite  du  pauvre.  Voy.  Pauper.  Tob.  12.  15. 
Luc.  1.  19.  c.  19.  -24.  Ad.  23.  2.  etc.— S''  S'é- 
lever contre  quelqu'un.  ?s.'2>.±  Astiterunt 


125 


ADV 


ADV 


126 


refjos  térrœ  :  Les  rois  de  la  terre  se  sont  op- 
posés à  l'établissement  de  lIEglise.  Act.  4.  26. 
Eccli.  51.  S.  —  k".  Accompagner,  se  trouver 

1  avec  (p'îtv,  seu  i'pîvj,  dicere).  Eccli.    15.   10. 

'  Sapienliœ  Dei  astabit  laus  :  La  louange  est 
inséparable  de  la  sagesse  que  Dieu  donne, 
c'est-à-dire  la  vraie  sagesse  est  digne  de 
toute  louange.  Le  Grec  porte  :  Jn  sapientia 
dicetur  laus,  la  Louange  doit  être  prononcée 
avec  sagesse.  1.  M;ich.  6.  35.  Astiterunt  sin- 
gulis  elephantis  mille  viri  :  Mille  hommes  de 
l'armée  d'Antiochus  accompagnaient  chaque 
éléphant  ,  pour  marcher  contre  Judas.  — 
5°  S'arrêter  à  quelque  chose.  Ps.  35.  5.  As- 
titit  omni  vice  non  bonœ  :  L'injuste  s'est  ar- 
rêté à  toute  mauvaise  voie. 

ADVEHERE  ,  apporter,  transporter,  si- 
gnifie, dans  l'Ecriture,  amener  par  eau, 
transporter  par  mer.  Ezech.  27,  19.  Manci- 
pia  et  vasa  œrea  advexerunt  populo  tuo  :  Ils 
amenaient  à  votre  peuple  des  esclaves  et  des 
vases  d'airain  (  SjSovat  ).  Le  prophète  parle 
des  peuples  qui,  pnr  leur  commerce,  con- 
tribuaient à  la  magnificence  de  la  ville  de 
Tyr. 

ADVENA,  JE.  Voy.  Peregrinds.  Ce  nom, 
dérivé  d'ad  et  de  venire,  répond  au  mot  hé- 
breu ger,  étranger;  mais,  dans  lEcriture, 
advenu,  incola  et  colonus,  sont  souvent  con- 
fondus. Il  signifie  , 

1°  Etranger,  qui  est  d'un  autre  pays  ou 
qui  habile  dans  un  pays  dont  il  n'est  pas 
(TTfOTrjXyToç).  Exod.  23,  9.  Scitis  advenarum 
animas  :  Vous  ne  ferez  point  de  peine  à  l'é- 
tranger; car  vous  savez  quelle  est  la  dispo- 
sition de  ceux  qui  sont  hors  de  leur  pays. 
G.  22.  21.  Levit.  25.  23.  Advenœ  et  coloni  met 
eslis  :  Vous  n'êtes  point  les  propriétaires  de 
la  terre  que  je  vous  ai  donnée,  elle  m'appar- 
tient. V.  35.  W.  Exod.  12, 19.  Tarn  de  aâvenis 
quam  de  indigenis  terrœ  :  Dieu  défendait  de 
manger  du  pain  levé  à  la  fête  de  Pâques ,  et 
les  étrangers  étaient  obligés  de  s'accom- 
moiler  à  la  police  et  aux  fêtes  du  peuple  de 
Dieu  ,  pour  éviter  la  confusion.  Gen.  19.  9. 
c.  21.  23.  Num.  9.  U.  Deut.  15.  3.  c.  16.  11. 
G.  26.  12.  Ps.  U5.  9.  etc. 

2"  Prosélyte,  qui,  étant  né  parmi  les  Gen- 
tils, était  venu  parmi  les  Juifs,  pour  faire 
profession  du  judaïsme  et  de  la  loi.  Act.  6.  5. 
Nicolaum  advenam  Anliochenum  :  Nicolas  , 
prosélyte  dAntioche,  c.  13,  43.  Seculi  sunt 
muUi  Judœorum  ,  et  colenlium  advenarum 
Paulum  et  Barnabam  :  plusieurs  des  Juifs  et 
des  prosélytes, craignant  Dieu,  suivirent  Paul 
et  Barnabe.  Ce  fut  après  la  prédication  de 
saint  Paul  à  Anlioche  de  Pisidie. 

3"  Ceux  qui,  étant  en  ce  monde  comme 
n'en  étant  point,  se  regardent  ici  (omme  des 
étrangers  et  des  pèlerins  {7r«potzo?) ,  ainsi 
se  nomment  ordinairement  les  vrais  fidèles, 
et  alors  se  trouve  ordinairement  joint  au  mot 
advena  celui  do  peregrinus.  1.  Petr.  2.  11. 
Ohsecro  vos,  tamquam  advenas  et  peregrinos, 
abslinere  vos  a  carnalibus  dcsideriis  :  Jc  vous 
conjure  de  vous  abstenir  ,  comme  étant 
étrangers  et  voyageurs  en  ce  monde,  des 
passions  charaelles  qui  combatlent  contre 


l'âme.  1.  Par.  29.  15.  Ps.  38.  13.  Eph.  2.  19 
Voy.  Hébr.  11.  13. 

k°  Les  Juifs  retournés  dans  le  pays  dont 
ils  avaient  été  chassés  (k/jve?  ,  agni).  Isa. 
5,  17.  Déserta  in  ubertatem  versa  advenœ  co- 
medent  :  Les  étrangers  viendront  se  nourrir 
dans  les  déserts  devenus  fertiles.  Ces  étran- 
gers étaient  les  pauvres  qui  ,  ayant  été 
chassés  du  temps  de  Nabuchodonosor ,  re- 
vinrent jouir  des  fruits  laissés  par  les  Juifs. 

5°  Les  mêmes  Juifs  dispersés  par  tout  le 
monde  (  TTxp-mhiMo;  ).  Act.  2.  10.  Advenœ 
Romani  :  Ceux  qui  sont  venus  de  Rome. 
1.  Petr.  1.  1.  Advenis  dispersionis  Pond  : 
Aux  fidèles  qui  sont  étrangers  et  dispersés 
dans  les  royaumes  du  Pont. 

ADVEiNIRE  ,  sp/jaBui.  Ce  verbe  se  dit  des 
personnes  et  des  choses. 

1°  Venir,  arriver.  Eccl.  1.  k.  Generatio 
prœterit,  et  generatio  advenit  :  Une  race 
passe,  une  autre  vient  qui  lui  succède  {~U~ 
povtjOi/.i,  impleri).  Gen.  25.  24.  Jam  tempus  pa- 
riendi  advenerat  :  Le  temps  des  couches  de 
Rebecca  était  venu.  c.  30.  33.  c.  31.  10.  Act. 
5.  V.  21.  25.  c.  9.  39.  c.  28.  21.  etc.  Ainsi 
Eccli.  26.  25.  Jracundia  mihi  advenit  :  Il 
m'est  venu  de  l'indignation  ,  c'est-à-dire  : 
J'ai  un  sujet  d'indignation  contre  quelque 
chose  [èTzipyjaSai].  Voy.   Iracundia. 

2' Entrer,  s'introduire  {ei(7 i pyjaOut).  Sap. 
14.  14.  Supervacuitas  enim  hominum  hœc  ad- 
venit in  orbem  terrarum  :  cette  vanité  est 
entrée  dans  le  monde,  il  parle  des  idoles. 
D'autres  lisent  :  Adinvenit ,  c'est  la  vanité 
des  hommes  qui  les  a  inventées.  Voy.  Su- 
pervacuitas. 

3°  Survenir  ,  venir  au  secours  de  quel- 
qu'un. Eccli.  21.  6.  Judicium  festinato  ad- 
veniet  illi  :  La  vengeance  que  Dieu  tirera  du 
superbe  viendra  promptement  au  secours  du 
pauvre.  Sap.  16.  10. 

4"  Surprendre ,  venir  fondre  tout  d'un 
coup  (èTzépyj'jOxi).  Prov.  1.  16.  Cum  vobis 
id  quod  timebalis  advenerit  :  Je  vous  insul- 
terai ,  'lorsque  ce  que  vous  craignez  vous 
arrivera  à  l'heure  de  votre  mort.  Jac.  5.  1. 
Agile  nimc,  divites;  plorate  ululantes  in  mi- 
seriis  vestris  quœ  advenient  vobis  :  Riches, 
pleurez,  poussez  des  soupirs  et  des  cris,  dans 
la  vue  des  misères  qui  doivent  fondre  sur 
vous.  Eccli.  27.  30.  Act.  2.  2.  2.  Pet.  3.  10. 

5°  S'accomplir.  Matth.  6.  10.  Luc.  11.  2. 
Adveniat  regnum  tuum  :  Que  votre  règne 
arrive ,  c'est-à-dire  qu'il  s'établisse  et  s'ac- 
complisse. On  demande,  par  ces  par(jlrs, 
l'accomplissement  du  règne  de  Dieu.  Or,  ce 
règne  commence  par  la  prédication  et  la  foi 
de  l'Evangile;  mais  il  ne  sera  parfaitement 
accouipli  qu'après  la  résurrection,  lorsque 
le  règne  du  péché  et  du  diable  sera  entière- 
ment détruit  {Voy.  Apoc.  12.  10).  Dan.  7.  22. 
Ainsi,  Apoc.  11.  18.  Advenit  ira  tua  :  Le 
temps  de  votre  colère  est  arrivé. 

ADVEiNTUS,  us.  1°  Arrivée,  venue  dune 
personne  (êOEUfri,-).  Judic.  6.  18.  [Ego  prœ~ 
stohibor  advenlîim  tuum  :  J'attendrai  votre 
arrivée,  dit  l'ange  à  Gédéon.  Num.  22.  37. 
An  quia  mercedem  adventiii  tuo  reddere  ne- 
queo  ?  Esl-cc  que  je  ue  puis  pas  vous  récom- 


«27 

censcr  à  votre  arrivée?  dit  Balac  à  Balaam. 
Judic  9  V.  23.  26.  k.  Reg.  20.  13.  2.  Par. 
18   2  c.  28.  3.1.  Esd.  3.  8.  etc. 

â^bépart,  sortie  {el'^oSo?).  Jerem.  8.  7.  Tiir- 
tur  et  hirundo,  et  ciconia  custodierunt  tem- 
j)us  advetitiis  sui  :  La  tourterelle  ,  l'hiron- 
delle et  la  cigogne  savent  discerner  la  sai- 
son de  leur  passage.  Ces  oiseaux  vont  dans 
les  pays  chauds  quand  il  est  temps,  et  sa- 
vent quand  il  faut  partir  pour  y  aller. 

L'Ecriture  fait  mention  de  plusieurs  avè- 
nements de  Jésus-Christ  ;  mais  il  y  en  a  deux 
principaux. 

Le  premier  est  celui  par  lequel,  étant  venu 
en  ce  monde,  il  a  pris  une  chair  comme  la 
nôIre,  pour  racheter  les  hommes.  C'est  de 
ce  premier  dont  il  est  parlé  (eÏtoBoç).  Malach. 
3.  2.  Quis  poterit  cogitare  diem  adventus 
ejus?  Qui  pourra  penser  au  jour  de  son 
avènement,   ou,  qui   en  pourra  soutenir  la 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


vue 


?  Act.  7.  52.  c.  13.  24. 


Le  second  avènement  de  Jésus-Christ  est 
celui  qui  arrivera,  à  la  fin  du  monde  ,  lors- 
qu'il viendra  juger  les  vivants  et  les  morts. 
C'est  de  cet  avènement  dont  il  est  parlédans 
saint  Matthieu.  2i.  3.  Quod  signum  adven- 
tus lui?  Dites-nous  quel  signe  il  y  aura  de 
votre  avènement?  v.  27.  37.  39.  et  dans  les 
Epîlres  des  apôtres.  Dans  tous  ces  endroits, 
adventus  répond  au  Grec  7r«pou(7î«,  de  Ti-apstvat, 
adesse,  pour  advenire  :  ainsi  Tavénement  de 
l'Antéchrist  est  rendu  par  le  même  terme.  2. 
Thess.  2.  9.  Cujus  est  adventus  secundumope- 
raiionein  Satanœ  :  Qui  doit  venir  avec  la 
puissance  de  Satan. 

ADVERSARI.  Ce  verbe  vient  &ad  et  du  su- 
pin de  vertere,  versum,  et  signifie, —  1°  s'op- 
poser, contrarier,  résister  {elç  Si«§o>«v  com). 
Num.  22.  32.  Veni  ut  adversarer  tibi,  Gr.  in 
accusationem  tui  :  Je  suis  venu  pour  m'uppo- 
ser  à  vous,  dit.  l'ange  à  Balaam.  Deut.  1. 
43.  Rulh.  1.  V.  16.  18.  etc.  —  2°  Affliger, 
maltraiter  (jotao-riyoûv).  Job.  30.  21.  in  duritia 
manus  tuœ  adversaris  mihi  :  Vous  employez 
vos  forces  pour  m'afflig^r.  Num.  33.  53. 
Ezech.  28.  v.  2i.  26.  —  3°  Haïr,  être  enne- 
mi (èvKVTio,-).  1.  Thess.  2.  15.  Omnibus  homi- 
nibus  adversantur  :  Les  Juifs  sont  ennemis 
de  tous  les  hommes.  Ps.  3.  8.  Ps.  3i.  19.  — 
h"  S'excuser,  se  défendre  de  quelque  chose. 
Eccli.  29.  7.  Si  aulempotuerit  reddere^  adver- 
sabitur  :  Si  celui  qui  a  emprunté  peut  ren- 
dre, il  s'en  défendra  d'abord.  —  5°  S'opposer 
à  Dieu  même,  ce  qui  est  le  propre  de  l'An- 
téchrist, qui  est  exprimé  dans  l'Ecriture  par 
le  mol  Grec  :  «vxr/aasvo? ,  adversarius ,  que 
l'interprète  latin  a  rendu  par  qui  adversa- 
tur.  2.  Thess.  2.  k.  Qui  adversatur  et  extol- 
lilur  supra  omnequod  est  Deus  :  Qui,  s'oppo- 
sant  à  Dieu,  s'élèvera  au-dessus  de  tout  ce 
qui  est  appelé  Dieu. 

ADVERSARIUS,  L  ÛTr£VKVTto?.  Ce  nom  vient 
•lu  verbe  adversari,  cl  signifie,  —  1"  adver- 
saire, ennemi.  Jos.  5.  13.  Noster  es,  an  ad- 
vcrsariorumY  Eles-vous  pour  nous,  dit  Jo- 
sué,  ou  pour  nos  ennemis?  Exod.  15.  7. 
D.'ut.  21.  1.  Luc.  13.  17.  c.  21.  15.  etc.  — 
2°P,irlieadversc,avccquion  plaide (àv-i5txo,-)- 


128 

Malth.  5.  25.  Luc.  12.  58.  Cum  vadis  cum 
adversario  tuo  :  Lorsque  vous  allez  avec  vo- 
tre adversaire  devant  le  magistrat,  tâchez 
de  vous  dégager  d'entre  ses  mains.  Luc.  18. 
3.  Ce  mot,  en  cet  endroit,  se  prend  métapho- 
riquement pour  quelque  ennemi  que  ce  soit, 
avec  qui  nous  devons  nous  réconcilier  avant 
la  mort.  Is.  50.  8.  Quis  est  adversarius  meus  ? 
Qui  est  mon  adversaire?  [xpi-joixvjoç ,  disceptu' 
toî'). — 3"  Ennemi  de  Dieu,  qui  pèche  de  gaîté 
de  cœur,  après  avoir  reçu  la  connaissance 
de  la  vérité.  Heb.  10.  27.  Ignis  œmulatio  quœ 
consumptura  est  adversarios  :  Il  ne  reste  que 
l'ardeur  du  feu  qui  doit  dévorer  les  ennemis 
de  Dieu.  Voy.  v.  26.  —  k"  Le  démon,  qui  est 
l'ennemi  juré  du  genre  humain  (àvrtStxof).  1. 
Pelr.  5.  8.  Adversarius  vester  diabolus  :  Le 
démon,  votre  ennemi. 

ADVERSUS,  A,  UM.  C'est  de  cet  adjectif 
que  se  forme  cette  manière  de  parler  adver- 
biale ex  adverso  :  qui  signifie,  —  1°  vis-à- 
vis,  à  l'opposile  (èçEvavTtKç).  2.  Reg.  11.  15. 
Ponite  Vriam  ex  adverso  belli,  ubi  fortissi- 
mum  est  prœlium  :  Mettez  Urie  à  la  tête  de 
vos  gens,  et  vis-à-vis  le  lieu  où  le  combat 
sera  le  plus  rude.  Ce  fut  l'ordre  que  David 
donna  à  Joab  par  Urie  même.  Marc.  15.  39. 
Videns  centurio  qui  ex  adverso  stabat  :  Le 
centenier  qui  était  là  présent  à  la  passion, 
et  vis-à-vis  de  Jésus-Christ,  le  reconnut  Fils 
de  Dieu.  Exod.  25.  37.  Jos.  15.  7.  1.  Reg. 
14.  5.  c.  26.  V.  1.  3.  13.  2.  Reg.  2.  24.  c.  5. 
23.  c.  10.  9.  etc.  —  2°  Contre,  à  rencontre. 
Tit.  2.  8.  ut  îs  qui  ex  adverso  est,  vereatur  : 
que  vos  paroles  soient  irrépréhensibles,  afin 
que  nos  adversaires  rougissent,  n'ayant  au- 
cun mal  à  dire  de  nous.  1.  Reg.  17.  v.  21. 
48.  2.  Reg.  10.  17.  3.  Reg.  20.  27.  —  3"  A 
la  rencontre,  au  devant  {elç  o-uvKvryjo-tv).  Exod. 
5.  20.  Occurreruntque  Moisi  et  Aaron  qui 
stabant  ex  adverso  cgredientibus  a  Pharaone  : 
Les  Israélites  intendants  des  ouvrages,  ren- 
contrèrent Moïse  et  Aaron,  qui  se  trouvè- 
rent au-devant  d'eux ,  lorsqu'ils  sortaient 
d'avec  Pharaon.  —  4*^  Devant  [ùTzéw.-Dzi).  2. 
Esd.  13,  21.  Quare  manetis  ex  adverso  mûri? 
Pourquoi  vous  tenez-vous  devant  le  mur  ? 
dit  Néhémie  aux  marchands  qui  avaient 
étiilé  le  jour  du  sabbat.  2.  Par.  6.  12.  c.  13. 
15. 

ADVERSUS,  ou  ADVERSUM,  préposition 
qui  signifie,  —  1°  Contre,  à  l'enconlre  (x^rà, 
genit).  Ps.  74.  6.  NoUte  loqui  adversus  Deum 
iniquitatem  .-Méchants,  cessez  de  parler  con- 
tre Dieu,  et  de  proférer  des  blasphèmes.  Ps. 
31.  5.  Confitcbor  adversum  me  injustitiam 
îneam  Domino  :  Je  déclarerai  au  Seigneur, 
et  confesserai  contre  moi-même  mon  injus- 
tice. Gen.  4.  8.  c.  14.  9.  Matth.  5.  v.  11.  23 
c.  10.  35.  c.  12.  14.  —  2°  Vis-à-vis,  devant 
(k«t«,  acc).  Job.  33.  5.  Adversus  faciem  meam 
fonA«s/e  ;  Paraissez  devant  moi,  dit  Eliu  à 
Job.  Ps.  37.  12.  Ps.  38.  2.  —  3"  En  présence, 
à  la  vue  (èç  iw.-j-'iv.;).  Ps.  22.  5.  Adversus  eos 
qui  tribulant  me  :  Vous  avez  préparé  une 
table  devant  moi,  à  la  vue  de  ceux  qui  me 
persécutent.  Ce  qui  s'entend  de  David  dans 
le  sens  littéral  ;  mais  si  on  l'eniend  de  l'eu- 
charistie, et  dans  le  sens  spirituel,  cela  si- 


1^29 


ADU 


ADU 


130 


gnifie  :  Vous  avez  préparé  une  table  contre 
ceux  qui  me  perséculent. 

ADVESPERASCERE.  Ce  verbe  composé 
d'arf  et  de  vespera,  se  faire  tard  (  T^pàç  éaTzépc/.-j 
thaï],  Luc.  24.  29.  Mane  nobiscum.  Domine^ 
quoniam  advesperascit  (sup.  dies)  :  Demeurez 
avec  nous,  parce  qu'il  est  déjà  tard,  disent  à 
Jésus-Christ  les  disciples  à  Eramaùs.  Prov. 

7.  9.  Advesperascente  die  :  A  la  fin  du  jour. 
ADVIVERE,  ç^v.  Vivre,  être  tn  vie.  Jos. 

4.  14.  Dum  adviveret  :  Lorsque  Moïse  vi- 
vait. 

ADULATIO  ,  Nis,  y.olciy.îia.  Flatterie.  Ec- 
cli..7.  6.  Melius  est  a  sapiente  corripi  quam 
stultorum  adulatione  decipi  ;  Il  vaut  mieux 
être  repris  par  un  homme  sage,  que  d'être 
abusé  par  la  flatterie  des  imprudents.  1. 
Thess.  2.  5.  Neque  enim  aliqiiando  fuimiis  in 
sermone  adulationis  :  Nous  n'avons  point  usé 
de  paroles  de  flatterie  dans  la  prédication  de 
l'Evangile. 

ADULLAM,  Héb.  Testimonium  iîlis,  ville 
de  la  tribu  de  Juda ,  rebâtie  par  Roboam. 
Jos.  12.  15.  Rex  Adullam  uniis  :  Celte  ville 
fut  prise  par  Josué,  et  son  roi  fut  attaché 
au  gibet,  c.  15.  35.  C'est  le  même  que  Odol- 
lam. 

ADULTER,  A,  UM,  Gr.  i^/oîxo?,  iJ-oi^n.  Ce 
nom  se  forme  à'ad  et  d'alter,  ou  altéra,  quasi 
ad  alterum  ou  alteraïii,  qui  s'approche  dun 
autre. 

1"  Adultère,  qui  viole  la  foi  du  mariage 
par  un  adultère.  Deut.  22.  22.  Si  dormierit 
vir  cum  uxore  alterius,  uterque  morietur,  i. 
e.  adulter  et  adultéra  :  Si  un  homme  dort  avec 
la  femme  d'un  autre,  l'un  et  l'autre  mourra, 
l'adultère  et  la  femme  adultère.  Ps.  49.  18. 
Ctim  adulteris portionem  tuam  ponebas  :  Vous 
faisiez  alliance  avec  les  adultères,  dit  Dieu 
au  pécheur.  Job.  24.  15.  Prov.  6.  32.  Sap.  3. 
16.  Luc.  18.  11.  1.  Cor.  6.  9.  etc. 

2'  Grand  pécheur,  infidèle,  qui  rompt 
l'alliance  qu'il  a  faite  avec  Dieu  ,  pour  s'a- 
bandonner au  culte  des  idoles.  Isa.  57.  v.  3. 

8.  Suscepisti  adulterum  :  Vous  avez  reçu  les 
adultères.  Jerem.  9.  2.  Omnes  adulteri  simt, 
cœtus  prœvaricatorum  :  Ils  sont  tous  des 
adultères,  c'est  une  troupe  de  violateurs  de 
la  loi.  c.  23.  10.  Adulteris  replela  est  terra  : 
La  terre  est  remplie  d'adultères.  Ezech.  23. 
45.  Ose.  3.  1.  c.  4.  13.  Ainsi  les  Juifs  sont 
appelés  une  nation  adultère,  parce  que ,  par 
la  corruption  de  leurs  mœurs  ,  ils  avaient 
dégénéré  de  la  piété  d'Abraham,  leurpère,  et 
avaient  abandonné  le  traité  que  Dieu  avait 
fait  avec  eux.  Matih.  12.  39.  c.  16.  4.  Marc. 
8.  38.  On  peut  prendre  ici  generatio  adul- 
téra,  pour  adulterina  y  illégitime,  comme 
adulter  est  mis  "poxxr  adulterinus.  Héb.  12.  8. 
Erqo  adulteri  eslis  :  Si  vous  n'êtes  point  châ- 
tiés, tous  les  autres  l'ayant  été,  vous  êtes 
donc  bâtards  ;  Gr.  vodot,  spurii.  Ceux  qui 
préfèrent  à  l'amour  de  Dieu  le  monde  et 
ses  plaisirs,  qui  s'y  abandonnent  entière- 
ment, sont  appelés  adultères.  Jac.  4.  k-.  Adul- 
teri, nescitis  quia  amicilia  hujus  mundi  ini~ 
mica  est  Dei?  Ames  adultères  et  corrompues, 
ne  savcz-vous  pas  que  l'amour  de  ce  monde 
est  une  inimitié  contre  Dieu? 


ADULTERIUM,  {lor/^ùci.  —  i°  Adultère,' 
crime  commis  contre  la  foi  du  mariage 
Matlh.  15.  19.  De  corde  exeunt  cogitationes 
malœ,  adulteria  :  C'est  du  cœur  que  partent 
les  mauvaises  pensées,  les  meurtres,  les  adul- 
tères. Marc.  7.  21.  c.  10.  11.  Joan.  8.  v.  3.  4. 

—  2°  Violement  ou  corruption  d'une  femme 
ou  d'une  fille  (fiO£x«^.tf,  5oj,  adultéra). Ose.  i. 2. 
Furtuin  et  adulterium  inundaverunt  :  Le  lar- 
cin et  l'adultère  se  sont  répandus  comme  un 
déluge  parmi  les  hommes.  2.  Petr.  2.  14. 
Oculos  habentes  plenos  adulterii  :  Les  faux 
docteurs  qui  sont  parmi  vous  ont  les  yeux 
pleins  d'adultère;  c'est-à-dire,  leurs  regards 
lascifs  font  connaître  l'impureté  de  leur 
cœur,  Gr.  le  désir  des  femmes  adultères.  — 
3°  Idolâtrie,  abandonnement  au  culte  des 
idoles.  Ezech.  23,  43.  Et  dixi  ei  quœ  attrita 
est  in  adulteriis  :  Je  dis  alors  de  cette  femme 
qui  a  vieilli  dans  l'adultère.  (Cette  femme 
marque  Jérusalem  idolâtre.)  Jerem.  13.  27. 
Ose.  2.  2. 

ADULTERARE .  ADULTERARI.  iMor/jvecv. 
Voy.  MoECHARi,  FoRNiCARi.  —  i"  Commettre 
adultère.  Ose.  4.  14.  Non  visitabo  super 
sponsasvestras  cumadulteraverint:Je  ne  pu- 
nirai point  vos  femmes  de  leurs  adultères. 
Sap.  14.  24.  Matth.  5.  32.  —  2"  Commettre 
toute  sorte  de  péché  de  luxure.  Matlh.  19. 
18.  Non  adulterabis  :  Vous  ne  commettrez 
point  d'adultère.  Marc.  10.  19.  Rom.  13.  9. 

—  3°  Commettre  idolâtrie.  Ose.  4. 14.  c.  7. 
4.  Omnes  adultérantes  quasi  clibanus  succen- 
sus  a  coquente:  Les  Israélites  sont  tous  des 
adultères,  semblables  à  un  four  où  l'on  a 
déjà  mis  le  feu.  Voy.  Clibanus.  Jerem.  23. 
14.  Ezech.  23.  37.  —  4"  Altérer,  corrompre 
[yM-niE-Jzfj,  cauponari).  2.  Cor.  2. 17.  Nonsu- 
mus  sicut  plurimi  adultérantes  verbum  Dei: 
Nous  n'altérons  point  la  parole  de  Dieu  par 
de  fausses  interprétations,  ni  en  mêlant  l'er- 
reur avec  la  vérité,  comme  font  plusieurs, 
de  même  que  quelques  cabaretiers  falsifient 
le  vin  pour  en  tirer  du  gain.  c.  4.  2.  Neque 
adultérantes  verbum  Dei,  Gr.  dolo  tractâmes^ 

ADULTUS,  A,  UM.  Participe  formé  du  verbo 
adolescere,  —  1°  Qui  est  dans  son  adolescen- 
ce, dans  son  âge  tendre  (âS/juvîsij-,  grandis 
faclus).  Exod.  2.  9.  Nutrivit  puerum,  adul- 
tumque  tradidit  filiœ  Pliaraonis:  La  mère  pri 
l'enfant  et  le  nourrit,  et  lorsqu'il  fut  assez 
fort,  elle  le  donna  à  la  fille  de  Pharaon.  — 
2"  Adulte,  qui  est  dans  sa  jeunesse,  qui  est 
cru  en  âge  {uù^r)6£iç).  Gènes.  25.  27.  Quibus 
adultis  factus  est  Esau  vir  gnarus  venandi  : 
Quand  Esaii  et  Jacob  furent  grands,  Esaii 
devint  habile  à  la  chasse.  Il  semble  que  ce 
mot,  en  cet  endroit,  s'entend  d'un  âge  pins 
avancé  que  celui  de  l'adolescence.  Eccli.  42. 
9.  Ne  forte  in  adolescentia  sua  adulla  efficia- 
tur  :  Le  soin  qu'une  fille  cause  à  sou  père, 
lui  ôl(;  le  sommeil,  de  peur  qu'elle  uc  passe 
la  fleur  de  son  âge  sans  être  mariée  (77«^c<xa«- 
Çsiv,  exolescere). 

ADUNARE,  (7uv«/£tv.  —  1°  Mettre  ensem- 
ble, amasser.  2.  Piir.  24.  27.  Summa  pccunice 
quœ  adunata  erat  :  L'argent  qu'on  avait 
amassé  sous  Joas  est  décrit  plus  eu  délail 


!!51 

dans  le  livre  des  Rois.  —  2°  Assembler,  réu- 
nir Ezech.  11.  17-  Congregabo  vos  de  popu- 
lis  'et  adunabo  de  terris  :  Je  vous  rassemble- 
rai du  milieu  des  peuples,  et  vous  réunirai 
des  pays  uù  vous  avez  été  disperses.  2.  Par. 
99    W.  Judith.  3.  15.  c.  5.  23.  c.  15.  4. 

'aDVOCARE,  TToo^yicùsu.  —  i"  Appeler  à 
soi,  faire  venir,  mander.  Malth.  18.  2.  Advo- 
cans  Jésus  parvulum  :  Jésus  appela  un  petit 
enfant,  Isa.  40.  2.  Advocate  eam  :  Appelez 
Jérusalem  pour  lui  annoncer  cette  heureuse 
nouvelle.  Eccli.  13.  12.  Advocatus  a  poten- 
liore,  discede  :  Si  un  homme  puissant  vous 
invile  à  le  venir  voir,  retirez-vous.  Hoc  enini 
magis  te  advocabit  :  car  il  sera  plus  porté  à 
vous  appeler.  Marc.  7.  14.  —2"  Prendre  à  té- 
moin. Ps.  49.  4.  Advocabit  cœliim  desursum 
et  terrain,  discernere  populum  suum  :  Dieu 
appelera  le  ciel  et  la  terre  pour  être  témoins 
de  sa  justice,  et  de  la  juste  vengeance  qu'il 
tirera  de  ceux  qui  auront  abusé  des  grâces 
qu'il  leur  aura  faites  :  or,  cette  prosopopée 
d'appeler  le  ciel  et  la  terre  est  familière  à 
lEcriture.  —  3"  Appeler  à  la  foi  de  Jésus- 
Christ  et  au  salut.  Act.  2.  39.  Quoscumque 
advocaverit  Dominus  Deus  noster  :  La  pro- 
messe a  été  faite  à  autant  de  personnes  que 
le  Seigneur  notre  Dieu  en  appellera. 

ADVOCATUS,  I.  Celui  qui  assiste  de  ses 
lumières,  de  son  crédit  el  de  sa  présence 
son  ami  dans  le  jugement  d'un  procès,  dans 
l'Ecriture. 

Un  avocat,  un  intercesseur,  celui  qui  prie, 
qui  intercède,  c'est  la  qualité  qui  est  donnée 
à  Jésus-Christ,  qui  intercède  pour  nous  au- 
près de  son  père  (rafc>:x)./3To?).  1.  Joan.  2.  1. 
Advocatum  habemus  apud  Patrem,  Jesum 
Christum  justum: '^^ou.s  avons  pour  avocat 
envers  le  Père ,  Jésus-Christ  qui  est  juste. 

ADVOLVERE,  Too^y.vïUrj.  Rouler.  Malth. 
2f7.  60.  Marc,  15.  46.  Advolvit  lapidem  ad  os- 
tium  monumenti  :  Joseph  roula  une  pierre  à 
l'entrée  du  sépulcre,  pour  le  fermer. 

ADURAM ,  Décor  eorum.  —  1°  Un  fils  de 
Jectan.  Gen.  10.  27.  Il  s'établit  aux  extrémi- 
tés de  l'Arabie,  près  du  golfe  Persique.  Bo- 
chart.  I.  2.  c.  20.  Voy.  Adoram,—  2°  Un  sur- 
intendant   des  tributs  sous  David,  2,  Reg. 

20.  24.  —  3°  Un  surintendant  des  tributs  sous 
Roboam.  3.  Reg,  12.  18.  Misit  rex  Roboam 
Aduram  qui  erat  super  tributa;  et  lapidavit 
eum  omnis  Israël  :Le  roi  Roboam  envoya 
Aduram  l'intendant  de  ses  tributs;  mais  tout 
le  peuple  l'accabla  de  pierres.  2.  Par.  10.  18. 
11  semble  que  c'est  le  même  qui  est  appelé 
Adoniram.  3.  Rog.  4.  6,  —  4°  Une  ville  forte 
bâtie  par  Roboam.  2.  Par.  11.  9.  Il  lui  donna 
ce  nom  pour  honorer  la  mémoire  de  l'inten- 
dant de  ses  finances,  qui  avait  été  tué  à  coups 
de  pierres  à  son  occasion. 

ADURERE.  —  Brûler.  Dont.  8.  15,  Ser- 
pens  flatu  adurens  ;  Gr.  S«/vwv,  mordetis  :  11  y 
avait  dans  le  désert  dos  serpents  qui  brû- 
laient par  irur  souffle.  Dan.  3.  94, 

ADUSnO,  Nis ,  -/«rix'y/jvc/:,  Brûlure.  Exod. 

21.  25.  Reddet  adustionem  pro  aduslione  :  Il 
rendra  brûlure  pour  brûlure:  c'était  la  loi 
du  talion. 

ADYTUM,  1,  Ce  nom  se  forme  d'à  priva- 


DlCTIONiNAÎRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


154 

lif,  et  de  SOw  subeo;  parce  qu'il  signifie  un 
lieu  où  il  n'était  permis  d'entrer  qu'aux 
prêtres  ;  c'était  le  lieu  où  se  rendaient  les 
oracles  chez  les  pa'ïens  ;  dans  l'Ecriture,  c'est 
un  lieu  secret  et  retiré.  1.  Par.  28.  11.  Dédit 
descriplionem  cubiculorum  in  adytis  :  David 
donna  à  Salomon  le  modèle  des  cabinets  ou 
des  chambres  retirées  :  cubiculorum  iri adytis, 
pour  cubiculorum  interiorum  :  Gr.  èau-ip^v. 

jEDES,  is,  ohoç.  Ce  motest  fditdu  grec  «îroj, 
qui  signifie  la  même  chose  ;  el  il  se  prend 
ordinairement  pour  un  temple,  ou  un  lieu 
saint,  au  singulier,  et  au  pluriel,  pour  une 
maison,  un  logis.  —  1°  Un  temple  consacré, 
soit  au  vrai  Dieu.  Luc.  11.  51.  Periit  inter 
altare  et  œdem  :  Zacharie  a  été  tué  entre  l'au- 
tel et  le  temple.  4  Reg.  11,  11.  1.  Par.  29.  v. 
3.  19.  2.  Esd.  6.  10,  Ezech.  42.  1.  1.  Mach.  4. 
48.  Mais  ce  mot  se  trouve  au  pluriel  dana 
cette  signification.  2,  Mach.  6.  4.  Sacratis 
œdibus  mulieres  se  ultra  ingerebant  :  Des 
femmes  entraient  insolemment  dans  ces  lieux 
sacrés  ;  soit  à  quelque  idole.  4.  Reg.  10.  27. 
Lestruxerunt  quoque  œdem  Baal  :  Les  sol- 
dats de  Jéhu  ruinèrent  aussi  le  temple  de 
Baal.  11  est  pris  encore  pour  la  figure  d'un 
temple  de  fausse  divinité.  Act.  19,  24,  Fa~ 
ciens  œdes  argenteas  Dianœ  :  Démétrius  faisait 
des  petits  temples  d'argent  de  la  Diane  d'E- 
phèse  (vaô?).  2°  Maison,  logis,  oîxîa.  Exod.  12. 
13.  Erit  sanguis  vobis  in  signum  in  œdibus  in 
quibus  eritis  :  Ce  sang  qui  sera  marqué  à 
chaque  maison  où  vous  demeurerez,  vous 
servira  de  signe.  Gènes.  39,  5.  Levit.  14.  34. 
c.  25.  32,  Deut.  19.  1.  Judic.  18.  22. 1.  Mach. 
13,  47. 

3°  Clôture,  lieu  de  retraite  {avyàîKTiiô:). 
Mich.  7.  17,  Veluli  reptilia  terrœ  perturba^ 
buntur  in  œdibus  suis  :  Héb.  in  clausuris:Les 
peuples  seront  épouvantés  dans  leurs  de- 
meures, comme  les  bêles  qui  rampent  sur 
la  terre. 

4°  Palais  j  maison  magnifique  (d^y/^wf^a). 
Prov.  30.  28.  Stellio  moratur  in  œdibus  régis  : 
Le  lézard  demeure  dans  le  palais  du  roi.  Voy. 
Stellio.  Eslh.  2,  14,  Isa.  13.  22.  Amos.  1. 
7.  12.  c,  2.  V.  2.  5.  c,  3.  v.9.  10.  11.  15. 
'^..  J^IDICULA,  M, ohoç.  Nom  diminutif  du  mot 
œdes,  et  signifie,  —  1°  petite  chapelle.  Jud. 
17.  5,  ^diculam  quoque  in  ea  Deo  separavit  : 
Michas  fit  aussi  une  petite  chapelle  pour  le 
dieu,  Héb.  diis  :  C'était  une  image  taillée,  et 
une  jelée  en  fonte,  v.  4. — 2"  Petits  loge- 
ments. 4.  Reg.  23.  7.  Destruxit  quoque  œdi- 
culas  effemiyiatorum  :  Le  roi  Josias  fit  aussi 
abattre  des  logements  qui  étaientdes  lieux  de 
débauche  ,  où  l'on  proslituait  des  jeunes 
gens;  le  mot  œdiculœ,  au  pluriel,  ne  se  dit 
guère  que  pour  marquer  quelque  maison. 

,^DIF1CARE,  oiVoôo,a£fv.  Ce  verbe  est  com- 
posé A'œdes  et  de  facere,  faire  une  maison  ; 
mais  dans  l'Ecriture  il  se  prend  souvent  dans 
le  sens  figuré,  pour  marquer  un  édifice  spi- 
rituel. 

Edifier,  bâlir,  construire.  Eccli.  3.  3.  Tem- 
pus  destruendi,  et  tempus  œdificandi  :  liy  a 
un  temps  de  détruire,  et  un  temps  de  bâlir.     j 
Ps,  121,  9.  Jérusalem  quœ  œdificotur  ut  civi- 
tas  :  Jérusalem  que  l'on  bâtit  comme  une 


i55 


iEDl 


JEm 


134 


ville,  lorsque  CyrusetDarius  eurent  ordonné 
qu'on  la  rétablît;  on  la  vit  alors  se  rebâtir 
comme  une  ville  parla  liaison  de  ses  édifi- 
ces, et  par  l'union  de  ses  habitants.  Ps.  78. 
67.  Gènes.  4.  17.  c.  8.  20.  c.  10.  11.  c.  11. 
V.  5.  8. 

Plirases  impropres  de  ce  verbe. 

jEdificare  in  gijro  :  Bâtir  tout  autour,  en- 
fermer {ùvof/.odouBï-j).  Thren.3. 5.  /Edificavit  in 
gyro  meo  :  Le  Seigneur  a  bâti  autour  de  moi  ; 
ces  paroles  marquent  l'extrémité  où  se  trou- 
vaient les  habitants  de  Jérusalem  réduits  en 
captivité,  oîi  ils  se  croyaient  aussi  resserrés 
que  s'ils  avaient  été  entre  quatre  murailles. 

^dificare  parîetem  :  Bâtir  une  muraille, 
c'est  travailler  à  sa  sûreté.  Ezech.  13.  10. 
Jpse  œdificabat  parietem  :  Le  peuple  se  bâtis- 
sait une  muraille;  cette  muraille  marque 
l'assurance  qu'ils  mettaient  dans  la  force  de 
leur  ville  contre  les  Chaldéens,  et  se  promet- 
taient une  fausse  paix  etunesécurité,  en  quoi 
les  faux  prophètes  le  séduisaient  contre  la 
prophétie  de  Jérémie.  Voy.  Limre. 

Jiidificare  in  sanguinibus  :  Bâtir  avec  le 
sang,  c'est-à-dire,  en  opprimant  les  pau- 
vres. Mich.  3.  10.  Mdijicatis  Sion  in  sangui- 
nibus et  Jérusalem  in  iniquilate  :  Vous  bâtis- 
sez Sion  du  sang  des  hommes,  et  Jérusalem 
du  fruit  de  l'iniquité;  le  prophète  parle  aux 
personnes  puissantes  qui  faisaient  bâtir,  dans 
Jérusalem,  des  maisons  magnifiques  aux  dé- 
pens des  pauvres,  et  en  leur  ôtant  même  les 
chrDses  nécessaires  à  la  vie.  Habac.  2.  12. 
Vœ  qui  œdijicat  civitatem  in  sanguinibus  : 
Malheur  à  celui  qui  bâtit  une  ville  du  sang 
des  hoiiimes. 

JSDlFiCARE  DOMUM,  bâtir  une  maison. 
Cette  phrase,  dans  le  sens  figuré,  a  plusieurs 
significations. 

1°  Etablir  la  famille  de  quelqu'un,  lui 
donner  une  postérité  nombreuse  et  heu- 
reuse [TToidy).  Exod.  1.  21.  ^dificavit  eisdo- 
mos  :  Dieu  établit  les  familles  des  sages- 
femmes  qui  accouchaient  les  femmes  des  Hé- 
breux en  Egypte.  Il  était  bien  raisonnable, 
dit  saint  Ambroise,  que  Dieu  multipliât  et 
conservât  les  enfants  de  celles  qui  s'étaient 
exposées  pour  sauver  les  enfants  du  peuple 
de  Dieu.  1.  Reg.  2.  33.  Mdificabo  ei  domum 
fidelem  :  J'établirai  à  Sadoc  une  maison  sta- 
ble, au  lieu  d'Abiathar;  par  le  nombre  des 
enfants,  et  la  chnrge  de  la  grande  sacrifica- 
ture.  2.  Reg.  7.  27.  3.  Reg.  11.  38.  1.  Par.  17. 
V.  10.  25.  C'est  ainsi  que  quelques-uns  en- 
tendent le  Ps.  126,  1.  Nisi  Dominus  œdificn^ 
verit  domum: Si  le  Seigneur  ne  bâtit  une 
maison,  c'est  en  vain  que  travaillent  ceux 
qui  la  bâtissent  :  en  effet,  le  mot  hébreu  ben, 
filius,  signifie  œdificntio,  c[  œdificari  se  prend 
pour  avoir  des  entants.  Eccli.  3.  17.  In  jus- 
tilin  œdificabitur  tibi  :  Dieu  établira  votre 
maison  à  cause  de  votre  justice. 

2'  Conserver  le  nom  et  la  famille.  Deut. 
25.  9.  Sic  fiet  homini  qui  non  œdificnt  domum 
fralris  sui  .-C'est  ainsi  que  sera  traité  celui 
qui  ne  veut  pas  établir  la  maison  de  son 
frère,  c'est-à-dire,  conserver  son  nom  par 
les  enfants  qu'il  aurait  de  sa  femme.  Ruih. 
4.  11.  Quœ  œdificaverunt  domum  Israël  :  Ra- 


chel  et  Lia  ont  perpétué  la  postérité  du  peu- 
ple d'Israël,  par  les  enfants  qu'elles  ont  eus 
de  Jacob. 

3'  Faire  une  bonne  maison  ,  établir  sa 
maison,  lui  procurer  des  commodités.  Prov. 
14.  1.  Sapiens  mulier  œdificat  domum  suam  : 
La  femme  sage  bâtit  sa  maison,  c.  24.  v. 
3.  27. 

4"  Former  de  quelque  matière.  Gènes.  2. 
22.  JEdificavit  Dominus  Deus  costam  quam 
tuleral  de  Adam,  in  mulierem  :  Le  Seigneur 
forma  la  femme  d'une  côte  qu'il  avait  lirée 
d'Adam  :  il  semble  que  comme  Eve  était  la 
figure  de  l'Eglise,  Moïse  s'est  servi  du  mot 
d'édifier,  pour  en  marquer  l'édifice  spiri- 
tuel. 

5°  Remettre,  rétablir  en  son  premier  état. 
2.  Esd.  4.  2.  Numquid  œdificare  poterunt  la- 
pides de  acervis  pulveris  qui  combusti  sunt? 
Les  Juifs  pourront-ils  relever  ces  pierres  con- 
sumées par  le  feu,  en  les  tirant  des  amas  de 
poussière  où  elles  sont? dit Sanaballat.  Marc. 
14.  38.  Ego  dissolvam  templum  hoc  manufac- 
tum,  et  per  triduum  aliud  non  manufactum 
œdificabo  ;3e  détruirai  ce  temple  bâti  par  la 
main  des  hommes,  et  j'en  rebâtirai  un  autre 
en  trois  jours  :  c'est  ce  que  disaient  les  faux 
témoins  contre  Jésus,  qui  dit,  dans  saint  Jean, 
c.  2.  19.  Excitabo  :ce  rétablissement  mar- 
quait sa  résurrection.  Dan.  4.  27.  Jerem.  12. 
16.  4.  Reg.  14.  22.  c.  15.  35.  1.  Par.  c.  8.  v. 
12.  2.  Par.  26.  2.  et  souvent  ailleurs,  surtout 
dans  les  livres  dEsdras,  en  parlant  du  réta- 
blissement de  Jérusalem  et  du  temple.  Mais 
ce  mol,  dans  cette  signification, se  prend  sou- 
vent aussi  dans  le  sens  figuré.  Job.  22.  23. 
Si  reversus  fueris  ad  omnipotentem,  œdifica- 
beris  :  Si  vous  retournez  au  Tout-Puissant, 
vous  serez  rétabli;  c'est-à-dire  ,  vous  serez 
rétabli  dans  le  premier  éclat  de  votre  for- 
tune. Prov.  27.  5.  Destrues  eos,  et  non  œdifi- 
cabis  eos  .-Vous  détruirez  les  pécheurs,  et  ne 
les  rétablirez  plus  ;  vous  les  perdrez  sans 
ressource.  Jerem.  12.  16.  c.  24.  6.  c.  31.  28. 
c.  33.  7.  etc.  Ainsi,  Gai.  2.  18.  Si  enim  quœ 
destruxi,  iterum  hœc  œdifico,  prœvaricalorem 
me  constiluo  :  Si  je  voulais  rétablir  ce  que 
j'ai  détruit,  c'est-à-dire,  si  je  voulais  faire 
revivre  par  mes  paroles  et  par  mon  exemple 
les  cérémonies  de  la  loi,  que  j'ai  lâché  de  dé- 
truire, je  me  ferais  voir  moi-même  prévari- 
cateur. 

6' Etablir,  fonder,  rendre  heureux.  Jerem. 
45.  5.  Ecce  quos  œdipcavi,  ego  deslruo  :  Je 
vais  détruire  ceux  que  j'ai  édifiés;  c'est-à- 
dire,  les  Juifs  que  j'avais  établis  dans  ce  pays. 
c.  12.  16.  c.  18.  9.  c.  24.  6.  c.  31.  28.  c.  42. 
10.  etc.  Jerem.  1.  10.  Ul  œdifices  et  plantes: 
Je  vous  établis  aujourd'hui  sur  les  nations 
pour  édifier  et  pour  planter;  c'est-à-dire, 
pour  déclarer  prophétiquement  l'ct.iblisse- 
ment  des  peuples  en  quelques  pays  («votxoîo- 
f/£rv).Voy.  EvELLERE.  5°  M.iith.  23.  29.11  est  à 
remarquer  que  dans  plusieurs  endroits  de 
l'Erriturc,  et  particulièrement  dans  les  pro- 
phètes, lorsqu'il  est  p.iric  du  rétablissement 
de  Jérusalem  et  du  peuple  d'Israël,  il  en  est 
parlé  conmic  d'une  figure  cl  d'une  prophétie 
de  l'établissement  de  l'Eglise  chrétienne,  sur 


4SS 

les  ruines  de  l'idolâtrie  et  de  la  synagogue, 
comme  il  paraît  par  les  passages  suivants. 
Tob  13.  16.  Benedicti  erunt  qui  œdificave- 
rini  le  :  Ceux  qui  édifieront  Jérusalem  se- 
ront bénis.  V.  21.  Portœ  Jérusalem  ex  sap- 
phiro  et  smaragdo  œdificabantur  :  Les  portes 
de  Jérusalem  seront  bâties  de  saphirs  et  d  é- 
moraudes.  Isa.  44.  v.  26.  28.  Qui  dico  Jéru- 
salem: Jidificaheris  :  C'est  moi  qui  dis  à  Jéru- 
salem :  Vous  serez  habitée.  Jcrem.  31.  4. 
jEdificubo  te  et  œdificaberis,  vinjo  Israël  :  Je 
vous  édifierai  encore,  et  vous  serez  édifiée 
de  nouveau,  Vierge  disraël,  Ps.  121.  3.  Ps. 
146.  2.  elc.  Ce  qui  est  exprimé  plus  ouver- 
tement dans  le  Nouveau  Testament ,  où  Ton 
voit  raccomplissement  de  ces  prophéties. 
Matlh.  16.  18.  Super  Iiatic  petram  œdificabo 
Ecclesiam  meam  :  Vous  êtes  Pierre,  et  sur 
cette  pierre  je  bâtirai  mon  Eglise,  c.  21.  42. 
Marc.  12.  10.  Luc.  20.  17.  Act.  4.  11.  c.  9. 
31.  c.  20.  32.  Rom.  15. 20.  1.  Cor.  3.  9.  Ephes. 
2.  V.  20.  21.  22.  Col.  2.  7.  1.  Petr.  2.  v.  5.  7. 
Jud.20.  Voy.  Hebr.  3.  3. 

7°  Affermir,  rendre  inébranlable,  perpé- 
tuer. Ps.  88.  3.  Jnœternum  misericordiaœdi- 
fîcabitur  in  cœlis:  La  miséricorde  s'établira 
pour  jamais  dans  les  cieux,  et  votre  \érilé  y 
demeurera  ferme;  Dieu  avait  dit  et  promis 
par  pure  miséricorde  à  David,  son  serviteur, 
qu'il  établirait  pour  toujours  son  trône;  la 
miséricorde  et  la  vérité,  dans  l'Ecriture,  si- 
gniflentla  certitude  des  promesses  que  Dieu 
lait  par  une  bonté  toute  gratuite  ;  le  prophète 
compare  cette  vérité  et  celte  miséricorde  à 
un  édifice  qui  se  bâtit  dans  le  ciel,  et  qui  a 
un  fondement  inébranlable,  v.  5.  JEdificabo 
sedem  tuam  :  J'affermirai  votre  trône  pour 
durer  dans  la  suite  de  tous  les  âges  en  Jésus- 
Christ.  Amos.  9.  6. 

8'  Edifier,  porter  à  la  piété  par  les  bons 
discours  ou  par  les  bons  exemples.  1.  Cor. 
8.  1.  Scientia  inflat,  charitas  vero  œdificat  : 
La  science  enfle,  et  la  chanté  édifie.  1. 
Thess.  5.  11.  jEdificate  alterutrwn  :  Edlûez- 
vous  les  uns  les  autres.  1.  Cor.  10.  23.  c. 
14.  V.  4.  17.  Celte  phrase,  dans  saint  Paul, 
renferme  tous  les  devoirs  que  l'on  doit  ren- 
dre au  prochain,  pour  ne  faire  qu'un  même 
corps  avec  Jésus-Christ,  ou  pour  l'y  entre- 
tenir; c'est  de  là  que  les  fidèles  sont  appelés 
le  temple  de  Dieu,  et  toute  l'Eglise  une  ville  ; 
cette  expression  est  tirée  des  Hébreux,  selon 
ce  qui  est  dit,  Jerem.  31.  4.  Rursumque  œdi- 
ficabo te,  et  œdificaberis,  virgo  Israël  :  Je  vous 
édifierai  de  nouveau,  en  vous  rassemblant  en 
un  seul  corps,  comme  auparavant.  Isa.  44. 
V.  2G.  28.  et  se  prend  aussi  en  mauvaise  part 
pour  porter  au  mal.  1.  Cor.  8.  10.  Nonne 
consrientiu  ejus  cum  sit  infirma,  œdificabitur 
ad  manducandum  idolothyta?  Ne  sera-t-il 
pas  porté,  lui  qui  est  encore  faible,  à  manger 
de  ces  viandes  sacrifiées,  avec  cette  persua- 
sion qu'il  a  qu'elles  ont  été  souillées  par  les 
idoles?  M;j1.  3.  15.  yEdificali  sunt,  facientes 
v\*pieiatem  :  Les  superbes  s'établissent  en 
>iv;inl  dans  l'impiélé. 

iEDIFICANS,    Tis.    Voy.   Nouv.    Të&tam. 

\  »*'•  .^-  ^-  P'ig-  242.-CC  participe  du 
Ycrbe  œdtficare,  qui  se  met  pour  ie  nom  vcr- 


DICTIO.NNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


130 

bal  œdificator,  signifie,  dans  l'Ecriture,  en 
un  sens  figuré: 

Qui  exerce  dans  l'Eglise  une  fonction  pu- 
plique,  qui  gouverne  (ot/.oSo;:^^-.').  Ps.  117.  22. 
Lapidem  quem  reprobaverunt  œdificantes,  hic 
factus  est  in  caput  unguli  :  La  pierre  que 
ceux  qui  bâtissaient  ont  rejetée,  a  été  placée 
à  la  tète  de  l'angle.  Ces  architectes,  dans  le 
sens  figuré,  étaient  les  docteurs  de  la  loi ,  et 
les  princes  des  prêtres,  comme  Jésus-Christ 
et  les  deux  apôtres  saint  Pierre  et  saint 
Paul  l'ont  interprété.  Act.  4.  11.  Hic  est  la- 
pis qui  reprobatus  est  a  vobis  œdificantibus  : 
Jésus-Christ  est  cette  pierre  que  vous,  ar- 
chitectes, avez  rejetée.  Matth.  21.  42.  Marc. 
12.  10.  Luc.  20.  17.  1.  Petr.  2.  7.  L'Eglise  est 
comparée  à  un  édifice,  les  architectes  sont 
les  pasteurs.  Voy.  Architectus. 

jÈDIFICATIO,  ms  ,  oi'/.ooo,v./7.  Ce  mot  qui 
signifie  l'action  de  bâtir,  signifie  aussi  Tédi- 
fice  même. — 1°  Bâtiment,  édifice.  Eccli.  4. 
19.  Filii,  et  œdifîcalio  civitatis  confinnabit 
nomen  :  Les  entants  et  le  bâtiment  d'une 
ville  sont  deux  choses  qui  donnent  de  la  ré- 
putation dans  la  postérité.  2.  Par.  16.  6.  1. 
Esdr.  5.  4.  Matth.  24.  1.  Marc.  13.  2.—  2"  Le 
corps,  parce  qu'il  est  la  maison  et  le  domi- 
cile de  l'âme.  2.  Cor.  5.  1.  Si  terrestris  do- 
inus  nostra  dissolvatur,  œdifîcationem  ex  Deo 
habemus  domum  non  manufactam  :  Dieu  nous 
donnera  dans  le  ciel  une  autre  maison  ,  qui 
sera  ce  même  corps  ressuscité  et  renouvelé. 
— 3"  Edifice  spirituel.  1.  Cor.  3.  9.  jEdificatio 
Dei  estis  :  Vous  êtes  l'édifice  que  Dieu  bâtit. 
Eph.  2.  21.  4.  16,  1.  Tim.  1.  4.  Quœ  quœs^ 
tiones  prœstant  magis  quam  œdifîcationem 
Dei  :  Les  discours  sans  fin  servent  plutôt  à 
exciter  des  disputes  quà  fonder  par  la  foi 
l'édifice  de  Dieu  dans  les  âmes. — 4°  Avance- 
ment spirituel ,  édification.  Rom.  14.  19. 
c.  15.  2.  Unusquisque  proximo  placeat  ad 
œdifîcationem  :  Que  chacun  de  vous  tâche  de 
satisfaire  son  prochain  en  tout  ce  qui  le  peut 
édifier.  1.  Cor.  14.  v.  3.  o.  12  et  26.  2.  Cor. 
10.  8.  c.  12.  19.  c.  13.  10.  Eph.  4.  12  et  29. 
Ad  œdifîcationem  fidei  :  Pour  l'avancement 
de  la  foi  ,  pour  l'édification  ,  selon  les  divers 
besoins. 

.EDIFICATOR,  is,  olv.ooiuo;.  Celui  qui  bâ- 
tit; mais  dans  lEcriture  il  signifie  celui  qui 
rebâtit  ou  remet  en  état.  Isa.  58.  12.  Et  vo- 
caberis  (i.  e.  eris)  œdificator  sepium  :  On  dira 
de  vous  ,  que  vous  réparez  et  replantez  les 
haies  :  ce  qui  s'entend  du  peuple  revenu  de 
captivité,  qui  réparait  les  ruines  faites  par 
les  Chaldéens. 

yEDIFlCIUM  ,  n,  otxoôoyv;.  Bâtiment,  édi- 
fice. 3.  Reg.  9.  1.  Cum  perfecisset  Sulomon 
œdifîcium  domus  Domini  :  Lorsque  Salomon 
eut  achevé  le  bâtiment  du  temple.  2.  Par. 
34.  11.  Ezech.  40.  v.  2.  5.,  etc. 

yEDITUUS,  I.  Ce  n;ot  vient,  selon  quel- 
ques-uns, ii'œdiliinus,  en  ôtant  Vin,  par  syn- 
cope ;  si'lon  d'autres.  Ab  œdibus  tuendis  ;  Ce 
qui  a  rapport  à  sa  signification  dans  l'Ecri- 
ture. 

1'^  Gardien  ou  trésorier  du  tem pie ().££Tovsywv), 
Ezcch.  44.  11.  Et  erunt  in  sanctuario  meo 
œditui ,  Hébr.  ministri  :  Ils  feront  simple- 


437 


iEGl 


JELA 


15b 


ment  la  fonction  de  trésoriers  dans  mon 
sanctuaire;  il  parle  de  quelques  prêtres,  qui 
étant  exclus  du  sacerdoce  ,  à  cause  de  leur 
idolâtrie,  n'étaient  plus  employés  qu'à  ser- 
vir les  prêtres  en  qualité  de  trésoriers ,  de 
portiers  ou  d'autres  ministres  inférieurs  ,  et 
étaient  ainsi  dégradés  en  punition  de  leur 
impiété. 

Ce  nom  se  donne  aux  ministres  des  idoles  : 
soit  aux  gardiens  de  leurs  temples.  Ose.  10. 
5.  JEditui  ejus  super  eum  exsultaveruntin  glo- 
ria  ejus  :  Les  gardiens  du  temple  du  veau 
d'or  adoré  à  Bélhel  avaient  fait  leur  joie  de 
la  gloire  de  cette  idole;  soit  aux  ministres 
inférieurs  à  leurs  prêtres  (t=^£v,',  sacerdos). 
Soph.  1.  h.  Disperdam  nomina  œdituorum 
cum  sacerdotihus  :  J'exterminerai  de  ce  lieu 
les  restes  de  Baal,  les  noms  de  ses  ministres 
avec  les  prêtres. 

^GER,  A,  L'M.  Cet  adjectif  vient  du  grec 
«£|0'/ô,- ,  iners  ;  parce  que  la  maladie  prive 
de  toute  occupation  ,  et  signifie  celui  qui 
est  indisposé  de  corps  ou  d'esprit ,  comme 
abatlu  de  chagrin  et  de  tristesse  ;  dans  l'Ecri- 
ture il  signifie  : 

Malade  de  corps  {uppcù<7Toç).  Marc.  6.  13. 
Vngebant  oleo  nniltos  œgros  :  Les  douze  Apô- 
tres oignaient  d'huile  plusieurs  malades,  et 
les  guérissaient  :  c'était  une  figure  du  sacre- 
ment de  l'Extrêrae-Onction.  c.  16.  18.  Super 
œgros  manus  imponent  :  Les  fidèles  impose- 
ront les  mains  sur  les  malades,  et  les  mala- 
des seront  guéris.  Act.  5.  16. 

yEGROTARE.  Etre  malade,  être  indisposé 
de  corps  (/^a/aziÇeo-^at).  Dan.  8.  27.  Langui  et 
œgrotcni  :  Moi  Daniel,  je  tombai  dans  la  lan- 
gueur, et  je  fus  malade  quelques  jours  ;  ce 
lut  par  la  compassion  qu'il  avait  pour  les 
Juifs,  qu'il  voyait  menacés  de  tant  de  mal- 
heurs. Gen.  k8.  1.  1.  Reg.  19.  ik.  c.  30. 
13.  etc. 

iEGROTAÏlO,  Nis  ,v(i<7or.—  1"  Maladie  de 
corps.  Jer.  16.  #.  Mortibus  œgrotalionum 
(i.  e.  œgrolationibus  mortiferis)  morienlur  : 
Tous  les  Juifs  seront  affligés  el  punis  de  ma- 
ladies mortelles. — 2^ Maladie  do  l'âme.  Matlh. 
8.  17.  Mgrotaliones  nostras  ipse  portavii  : 
Jésus-Chrisl  s'est  chargé  de  nos  péchés,  non 
pour  les  commettre,  mais  pour  les  expier. 
Saint  Pierre,  Ep.  2.  24.  et  les  Septante  ont 
entendu  cet  endroit  des  maladies  de  l'âme, 
qui  sont  la  cause  de  celles  du  corps  :  ainsi 
Jésus-Christ  se  chargeant  des  péchés  ,  il  est 
entré  en  droit  de  guérir  toutes  sortes  de  ma- 
ladies qui  en  sont  les  effets. 

iEGROïUS,  A,  UM,  upf,r,>(jToç.  —  Malade  ou 
indisposé.  Ezec  3'*.  k.  Quod  infirmum  fuit 
non  consoUdaslis ,  el  quod  œgrotum  non  sii- 
naslis  :  Vous  n'avez  point  travaillé  à  fortifier 
les  brebis  qui  étaient  faibles,  ni  à  panser  el 
à  guérir  celles  qui  étaient  malades.  Dieu 
parle  aux  pasteurs  lâches  et  négligents  ,  qui 
ne  prennent  point  de  soin  de  leurs  ouailles, 
sous  la  figure  d'un  berger,  qui  abandonne- 
rait son  troupeau.  2.  Esd.  2.  2. 

iEGYPTUS  ,  1.  Aïy\)izroç,  Angusliœ.  —  Ce 
mot  est  grec,  et  signifie  proprement  ce  grand 
fleuve  ,  qui  s'appelle  aussi  le  Nil ,  d'où  le 
pays  qui  en  est  arrosé  a  tiré  son  nom  ;  d'au- 

DlCTlONN.    DE  PHILOL.    SACRÉE,    h 


très  disent  que  le  fleuve  et  ce  grand  pays 
ont  été  appelés  de  la  sorte,  d'Egypte  ,  frère 
de  Danaiis  ;  les  Hébreux  l'appellent  Mitz^ 
raim,  du  fils  de  Cham,  petit-fils  de  Noé,  dont 
les  descendants  ont  habité  ce  pays.  Il  a  au 
septentrion  la  mer  Méditerranée  ,  au  levant 
l'Arabie  Pétrée  et  le  golfe  Arabique,  au  midi 
la  Nubie  et  l'Ethiopie,  au  couchant  la  Bar- 
barie et  le  désert  de  Barca. 

1°  Egypte,  province,  que  les  uns  mettent 
en  Asie,  les  autres  en  Afrique,  ou  plutôt,  qui 
est  située  entre  l'une  et  l'autre.  Ce  nom  se 
trouve  souvent  dans  le  Pentateuquo  et  les 
autres  livres  ,  à  cause  de  la  captivité  que  les 
Israélites  y  ont  soufferte  pendant  plusieurs 
siècles,  et  que  c'était  un  pays  voisin  delà 
Palestine. 

2°  La  ville  de  Rome,  dans  le  sens  figuré , 
laquelle  a  été  autant  engagée  dans  l'idolâ- 
trie, que  l'était  autrefois  l'Egypte.  Apoc.  11. 
8.  Vocatur  spirilualiter  Sodoma  et  ALgyptus  : 
Cette  grande  ville  est  appelée  spirituellement 
Sodome  et  Egypte.  Voy.  Spiritualiter,  1°. 

jEGYPTIIJS  ,  a.  Egyptien  ou  Egyptienne, 
qui  est  originaire  ou  habitant  du  pays  d'E- 
gypte. Gen.  12.  ik.  Viderunt  JEgyptii  mulie- 
rem  quod  esset  pulchra  nimis  :  Les  Egyptiens 
virent  que  Sara  était  parfaitement  belle, 
c.  25.  12.  Agar  Mgyptia,  famuia  Sarœ  :  Agar 
Egyptienne,  servante  de  Sara.  c.  16.  1.  c 
21.  9.  etc. 

^GYPTIACUS,  A,  DM.  Qui  appartient  à 
l'Egypte,  qui  concerne  ce  pays.' Gènes,  ki. 
ko.  Vocavit  eum  lingun  Mgyptiaca  Salva- 
torem  miindi  :  Pharaon  appela  Joseph  en 
langue  égyptienne,  le  Sauveur  du  monde. 
Voy.  Salvator.  Exod.  7.  11. 

JELAM  ou  ELAM.  Ce  mot,  selon  le  Grec , 
s'écrit  plutôt  par  un  E,  et  signifie  en  Hébreu 
adolescens  ou  occultus. — 1°  Elam,  fils  aîné  de 
Sem.  Gen.  10.  22.  Filii  Sem  ,  Elam  et  As- 
sur  :  Les  fils  de  Som  furent  Elam  el  Assur. 
1.  Par.  1.  17.-2°  Province  ou  peuple  de  la 
Perse  appelé  Mlam,  du  fils  de  Sem,  dont  les 
descend.Mits  s'y  sont  établis.  Isa.  21.  2.  As- 
cende,  Jilam  ;  obside,  Mede  ;  Marche,  Elam  ; 
c'est-à-dire,  armée  des  Perses,  avancez;  Mède, 
assiège  la  ville  de  Babylone.  c.  U.  11.  c.  22. 
6.  Jerem.  25.  25.  c.  W  v.  3i.  35.  36.  Ce  mol 
est  pris  pour  toute  la  Perse,  p.irte  que  les 
Perses  en  sont  sortis. — 3'  Un  lévite  descen- 
dant de  Coré,  désigné  par  D;tvid  ,  pour  être 
le  cinquième  portier  du  temple.  1.  Par.  26. 
3. — k"  Un  chef  de  (aniille  ,  dont  les  doscen-. 
dants  revinrent  de  Baliylone  au  nombre  de 
1254.  1.  Esdr.  2.  7.  2.  Esdr.  7  12.— o°  Un 
autre  de  même  nom  qui  en  revint  avec  un 
pareil  nombre.  1.  Esdr.  2.  31.  2.  Esdr.  7.  3i. 
—  6"  Un  chef  de  famille  de  la  tribu  de  Benja- 
min. 1.  Par.  8.  2V. 

yEL.\MITyE.  Voy.  Elamit>e.  — 1  Habitants 
d'une  province  de  Perse.  Gen.  Ik.  v.  1.  9. 
Adversus  Chodorlahomor  regem  Elamilnrum: 
Les  rois  de  Sodome  et  de  (iomorrhc  marchè- 
rent contre  le  roi  des  Elamites.  Act.  2.  9. 
Medi  et  JElamitœ  :  Les  Mèdes  sont  distingués 
des  Elamites,  qui  sont  les  Perses,  ou  ceux 
de  la  Susiane,  province  de  Perse.  Dan.  8. 
2.-2   Les  habitants  de  Samarie,  qui  étaient 


439 


DlCnONNAlUE  DE  BHILOLOGIE  SACRÉE. 


140 


une  colonie  de  cette  province  de  Perse.  1. 
Esdr.  4.  9.  Dievi  et  JElamitœ  :  Les  Dievéens 
et  les  Elamites. 

iEl.ATH,  Fortiludo.  Voy.  Ailath.— Ville 
de  ri.lijmée.  4.  Reg.  14-.  22.  Jpse  {Azarias) 
cpdificavit  Mlalh.  Ce  fut  Azarias  qui  bâtit 
ÎElatli.  Cette  viile  ;iyant  été  conquise  et  sou- 
mise au  royaume  do  Juda,  elle  s'élait  révol- 
léo  depuis,  et  fut  reconquise  par  ce  roi  :  ol!e 
s'appelle  Elath.  Deut.  2.  8. 

iEMULARI,  rr/zoOv.  Voy.  yEMULATio.  —  Ce 
Terbe  vient  du  Grec  ku.ùj.û.v  ,  certare,  conten- 
dere,  disputer,  et  signifie,  selon  la  force  du 
mot  ÇiîÀoCv,  auquel  il  répond,  aimer  ou  désirer 
fortement  une  chose,  et  travailler  avec  soin 
à  l'acquérir  ou  la  conserver  ;  de  Id  viennent 
les  passions  différentes,  ou  de  colère  contre 
ceux  qui  veulent  nous  la  ravir,  ou  de  dépil, 
si  on  la  perd,  ou  d'envie,  de  voir  d'autres 
que  nous  qui  la  possèdent  :  ce  qui  donne  lieu 
ici  aux  diverses  signiûcations  de  ce  verbe  : 

1°  Aimer  quelqu'un  ou  quelque  chose  , 
d'un  aniour  de  jalousie,  s'y  attacher  forte- 
ment. 2.  Cor.  11.  2.  JEmvlor  vos  Déi  œmula- 
tione .  J'ai  pour  vous  un  amour  de  jalousie. 
Saint  Paul  appréhendait,  comme  il  le  dit  en- 
suite, que  les  Corinthiens,  qu"ii  avait  con- 
vertis, ne  fussent  pervertis  par  les  faux  apô- 
tres, qu'il  considérait  comme  de  dangereux 
rivaux.  Galat.  k.  17.  Mmulanl*ir  vos  non 
bene,  sed  cxcludere  vos  volunt,  ut  illos  œmii- 
lemini  :  Les  faux  docteurs  s'attachent  forte- 
ment à  vous  ;  mais  ce  n'est  pas  d'une  bonne 
affection,  puisqu'ils  veulent  vous  séparer  de 
nous,  afln  que  vous  vous  attachiez  fortet'.ient 
à  eux.  V.  18.  Bonum  autem  œmulamini  in 
ho7io  semper  :  Attachez-vous  d'affection  au 
bien  en  tout  temps  ;  ou  plutôt,  selon  le  Grec, 
il  est  bon  de  s'attacher  d'affection  au  bien 
en  tout  temps  ;  ou  plutôt,  il  est  bon  de  s'at- 
tacher d'affection  aux  personnes,  quand  c'est 
pour  le  bien.  Num.  11.  29.  Quid  œmuiaris 
pro  mef  Pourquoi  l'affection  que  vous  me 
portez  vous  rend-elle  ainsi  jaloux  ?  Moïse 
reprend  Josué  du  déplaisir  qu'il  témoignait 
de  voir  prophétiser  Eldad  et  Meldad. 

2"  Porter  envie,  avoir  de  la  jalousie  en 
mauvaise  part.  1.  Cor.  13.  h.  Charilas  non 
œmulalur  :  La  charité  n'est  point  jalouse. 
Prov.  3.  31.  Ne  œmuleris  hominem  injustum  : 
Ne  portez  point  envie  à  l'injuste,  c.  23.  17. 
c.  24.  v.  1.  19.  Eccli.  37.  12.  Isa.  11.  13.  2. 
Mach.  4.  16.  Act.  7.  9. 

3"  Piquer  de  jalousie,  donner  de  l'émula- 
tion en  bien  ou  en  mal  :  en  bien  {TTKpy.'Çfilov'j). 
Rom.  11.  11.  Illorum  delicto  salus  est  Gcnti- 
bus,  ut  illos  œmulentur  :  La  chute  des  Juifs 
est  devenue  une  occasion  de  salut  aux  Gen- 
tils, aûn  que  l'exemple  des  Gentils  leur  don- 
nât de  l'émulation  pour  les  suivre  :  en  mau- 
vaise part.  1  Cor.  10.  22.  An  œmulamur  Do- 
minum?  Est-ce  que  nous  voulons  irriter  Dieu 
et  comme  le  piquer  de  jalousie  ?  Ce  verbe 
grec  est  rendu  dans  le  même  sens  par  pro- 
vocare  ad  œmulationem.  Rom.  11.  ik,  Ps.  77. 
B8.  Deut.  32.  16. 

V  Désirer  avec  ardeur.  1.  Cor.  12.  31. 
£mulamini  chahsmata  meliora  :  Entre  les 
dons  du  Saint-Esprit  désirez  les  plus  excel- 


lents. Galat.  k.  18.  Bonum  œmutamini  :  Atta- 
chez-vous d'affection  au  bien  1.  Cor.  ik. 
v.  Î.39. 

5^  Travailler  avec  soin,  se  porter  à  quel- 
que chose  avec  ardeur.  Apoc.  3.  19.  ^mu- 
lare  ergo  et  pœnitentiam  âge  :  Animez-vous 
de  zèle,  et  faites  pénitence,  dit  Dieu  à  l'ange 
de  Laodicée. 

6°  Etre  irrité,  avoir  de  l'indignation  contre 
quelqu'un  (7r«/>at)5).oOv) .  Ps.  36.  v.  1.  6.  8. 
Noli  œmulari  in  malignanlibiis  :  N'ayez  point 
d'aigreur  contre  les  méchants;  les  justes  ne 
doivent  point  se  fâcher  de  voir  les  méchants 
dans  la  prospérité.  Dieu  sait  pourquoi  il  les 
souffre. 

.^MULATIO,  MS.  Gr.  i;r,loç.  Ce  nom  verbal 
signiûe  émulation,  désir  de  faire  aussi  bien 
qu'un  autre,  jalousie,  tristesse  qu'on  a  de  ce 
qu'un  autre  a  ce  que  nous  n'avons  pas  ;  dans 
l'Ecriture  : 

1°  Zèle  ou  ardent  amour  que  l'on  a  pour 
les  personnes  ou  pour  les  choses,  et  se  peut 
prendre  en  bonne  ou  mauvaise  part.  Rom. 
10.  2.  Œmulationem  Dei  habent,  sed  non  se- 
cundiim  scientiam  :  Les  Juifs  ont  du  zèle  pour 
Dieu,  mais  c'est  un  zèle  qui  n'est  point  selon 
la  science.  2.  Cor.  11,  2.  Mmnlor  vos  Dei 
œmulatione  :  J'ai  pour  vous  un  zèle  et  une 
jalousie,  qui  non-seulement  est  selon  Dieu, 
mais  qui  est  celle  de  Dieu  même,  qui  est  ja- 
loux de  la  pureté  de  vos  âmes.  2.  Cor.  7.  v. 
7.  11.  c.  9.  2.  Philip.  3.  6.  Ainsi,  Cant.  8,  6. 
Dura  sicut  infernus  œmulalio  :  L'amour  ar- 
dent que  j'ai  pour  vous  est  aussi  insurmon- 
table que  la  mort  :  c'est  Jésus-Christ  qui 
parle  à  son  Eglise. 

2°  Envie,  jalousie,  qui  est  un  déplaisir  de 
n'avoir  pas  le  bien  que  nous  voyons  dans  un 
autre,  ou  un  amour  passionné  d'une  chose  à 
laquelle  nous  ne  pouvons  souffrir  qu'un  au- 
tre ait  part.  Rom.  13. 13.  Non  in  contentione 
el  œmulatione  :  Ne  vous  laissez  point  aller 
aux  querelles  et  aux  envies.  2.  Cor.  12.  20. 
Gai.  5.  20.  d'où  vient  Ad  œmulationem  addu- 
cere,  ou  pro l'ocaï^e  ;  Piquer  de  jalousie.  Ps. 
77.  58.  Ezec.  8,  3. 

3°  Indignation,  vengeance.  Heb.  10,27. 
Terribilis  quœdam  exspectatio  judiciiet  ignis 
œnnilatio:\\  ne  reslequ'uneallenleeffroyab'e 
du  jug(>menl,  et  l'ardeur  d'un  feu  jaloux  de 
la  gloire  de  Dieu,  pour  ceux  qui  pèchent, 
après  avoir  connu  la  vérité. 

iEMULATOR  ,  is,  tvlônriç.  Ce  nom  verbal 
marque  celui  qui  lâche  à  imiter  quelqu'un. 
—  1°  Jaloux,  qui  ne  peut  souff.-ir  qu'un  autre 
ait  part  à  la  chose  qu'il  aime  :  ainsi  Dieu,  en 
un  sens  figuré,  est  jaloux  de  sa  gloire.  Exod. 
34.  14.  Dominus,  zeloles  nomen  ejus ,  JJetis 
est  œmulator  :  Le  Seigneur  s'appoile  le  Dieu 
jaloux,  le  Dieu  qui  veut  étie  aimé  unique- 
ment, et  qui  ne  |  eut  souffrir  qu'on  adore  un 
Dieu  étranger.  Deut.  4.  24.  c.  5.  9.  c.  6.  15. 
Jos.  24.  19.  Nah.  1.  2.  La  jalousie  de  Dieu 
n'est  pas  une  passion  qui  l'agite;  mais  une 
justice  et  une  volonté  toute  tranquille,  par 
laquelle  il  ne  souffre  pas  qu'une  ân)e  soit 
heureuse,  quand  elle  chei  cUe  hors  de  lui  son 
bonheur.  — 2°  Qui  désire  quelque  chose  avec 
ardeur.  1.  Cor.   14    19.  Qucniam  csiis  œmu* 


i'i\ 


jEm 


latores  spirituum,  ad  œdificationem  Ecclesiœ 
quœrite  ut  abundetis  :  Puisque  vous  avez  tant 
d'ardeur  pour  ces  dons  spirituels,  désirez 
d'en  être  enrichis  pour  l'édiflcalion  de  l'E- 
glise.—  3"  Qui  se  porte  à  quelque  chose  [y-iu-v- 
rr,ç).  1.  Petr.8.  13.  Quis  est  qui  vobis  noceat,  si 
boni  œmulatores  fneritis?  Qui  vous  fera  du 
mal,  si  vous  ne  pensez  qu'à  faire  du  bien? 

jEMULUS,  a,  um.  Ce  rr:ot,qui  vient  d'afii)).»:, 
certamen,  débat,  dispute,  signifie  émulateur, 
qui  tâche  dimiter  ou  qui  aime  et  poursuit 
une  même  chose  ,  et  qui  la  dispute  avec  un 
autre;  dans  l'Ecriture: 

l°Jaloux,rival(àv-iç»î),oç).l.Rep;.  1.6.  Affli- 
gebat  quoque  eam  œmula  ejus  :  Phenenna,  qui 
avait  de  la  jalousie  contre  Anne,  qui  était 
plus  aimée  d'Elcana  leur  mari  qu'elle,  l'af- 
fligeait, en  lui  disant  que  le  Seigneur  l'avait 
rendue  stérile. 

2°  Concurrent ,  qui  est  l'objet  de  l'envie 
d'un  autre,  j.  Reg.  2.  32.  Videbis  œmuhim 
tuwn  in  Templo  :  Vous  verrez  dans  le  temple 
un  homme  qui  sera  Tobjet  de  votre  envie; 
c'est-à-dire,  Sadoc,  qui  fut  premièrement 
grand  prêtre, avec  Abiathar,  descendu  d'Héli, 
elle  premier  des  deux,  et  qui  enfin  demeura 
seul,  Abiathar  étant  déposé  :  le  prophète  dit 
à  Héli ,  qu'il  verrait  ce  que  ses  enfants  de- 
vaient voir.  c.  28.  16. 

AEN,  Héb.  Oculus,  aut,  fons.  Aën,  ville  de 
la  tribu  de  Juda.  Jos.  15.  32.  1.  Par  4.  32. 
Voy.  Ain. 

.^NEAS  ,  Laudatus  ,  du  Grec  «Tvof,  laus. 
Enée,  habitant  de  Lydde  ,  Paralytique  guéri 
par  saint  Pierre.  Acl.  9.  v.  33.  S'*.  Jnvenitibi 
hominem  quemdam  nomine  Mneam,  ab  annis 
oclo  jacentcm  in  qrabato,  qui  erat  Parolyti- 
cus,  et  ait  illi  Petriis;  Mnea,  sanat  le  Domi- 
nus  Jésus  Chris  tus. 

iENEUS ,  à.  ,  LM.  Voy.  iES ,  yoàY.sioç.  Cet 
adjectif  est  formé  du  nom  œs,  œris,  et  se  fait 
par  syncope  de  l'ancien  mol  œrineus,  œneus. 

1"  Qui  est  d'airain,  de  bronze,  de  cuivre. 
Job.  6.  12.  Nec  caro  mea  œnea  est  :  Je  n'ai  pas 
un  corps  de  bronze,  pour  résister  à  tant  de 
maux.  Exod.  26.  v.  11.  37.  c.  27.  4.  etc.  Sou- 
vent dans  ce  livre,  où  il  est  parlé  des  vases 
et  des  ustensiles  d'airain ,  qui  servaient  au 
tabernacle  par  dehors. 

2"  Dur  et  sec  comme  l'airain.  Lcvit.  26. 19. 
Dabo  vobis  cœlum  sicut  ferrum,  cl  lerram 
(e« eam  ;  Si  vous  n'exécut(Z  point  tous  mes 
commandements,  je  ferai  que  le  ciel  sera 
pour  vous  un  ciel  de  fer,  et  la  terre  une  terre 
d'airain.  Deut.  28.  23.  Sil  cœlum  quod  super 
te  est  œneum,  et  (erra  quam  adcas  ferrea  :  Ce 
ciel  d'airain  marquait  une  prodigieuse  sé- 
cheresse, et  celte  terre  de  fer  une  effroyable 
fetérUitc,  manque  de  pluie. 

iENIG.MA  ,  Tis,  «tvr/f/K.  Ce  mol  vient  du 
grec  atviTTeo-dat,  Obscure  innuere,rem  involucris 
leijere,  et  signifie  une  parabole,  ou  une  allé- 
gorie obscure  et  difficile  à  comprendre;  ainsi 
loute  parabole  ou  allégorie  n'est  ]ias énigme; 
mais  tout(î  énigme  est  allégorie  :  ainsi  les 
prophéties  de  l'Ancien  Testament  qui  se  di- 
saient de  Jésus-Christ  et  de  son  règne,  étaient 
des  énigmes  rommo  Gcn.  i.9.  10.  Son  aufe- 
tetur,  etc.  Isa.  11.  î .  Egredielur  virga  de  ra- 


dice  Jesse  :  II  sortira  un  rejeton  de  la  lige  de 
Jessé.  Voy.  saint  Aug.  I.  15.  de  Trinit.  c.  9. 

1°  Discours  figuré  dont  le  sens  est  caché 
sous  l'obscurité  des  paroles.  3.  Reg.  10.  1. 
Venit  tentare  eum  in  œnigmadbus  :La  reine 
de  Saba  vint  éprouver  la  sagesse  de  Salomon, 
par  les  questions  obscures  qu'elle  lui  pro- 
posa. 2.  Par.  9.  1.  Ezech.  17.  2.  Habac.  2.  6. 
Ce  qui  renferme  aussi  les  maximes  de  morale 
exprimées  par  certaines  paroles  allégori- 
ques ,  pour  les  faire  goûter  et  respecter  da- 
vantage. Prov.  1.  6.  Animadvertet  verba  sa- 
pientum  et  œnigmata  eorum  :Le  S  ge  péné- 
trera les  paroles  des  sages,  et  leurs  énigmes. 
Job,  13.  17. 

2^  Vision  obscure,  connaissance  impar- 
faite. 1.  Cor.  13.  12.  Videmus  mine  per  spé- 
culum, in  œni gtnat e  :'^ous  ne  voyons  main- 
tenant que  comme  en  un  miroir  et  en  des 
énigmes;  c'est-à-dire,  obscurément.  Nuui. 
12.8. 

vENNON,  Heb.  Nubes.  Voy.  Enon.  —  Ville 
voisine  de  Salim  près  du  Jourdain,  où  saint 
Jean  baptisait.  Joan.  3.  23. 

iEQUALIS,  E,  ?<7o?.  Cet  adjectif  vient  du 
nom  œquus;  c'est  un  terme  relatif,  qui  si- 
gnifie : 

1"  Qui  est  de  même  grandeur  qu'un  autre, 
pareil  en  quantilé  ou  en  qualité.  Exod.  30. 
3k.  ^qualis  ponderis  erunt  omnia  :  Que  le 
tout  soit  de  même  poids,  tout  ce  qui  entre 
dans  la  composition  du  parfum.  Num.  35.  5. 
Deut.  19.  7.  c.  25.  15.  Ezech.  45.  11.  Apoc. 
21.  10.  etc. 

2°  Egal,  plain,  uni.  Lcvit.  13.  v.  31.  32. 
Si  locus  plagœ  est  cnrni  reliquœ  œqualis:Si 
l'endroit  du  mal  est  égal  à  tout  le  reste  de  la 
chair,  il  n'y  a  pas  de  lèpre. 

3"  Egal  ou  semblable  en  choses  spiri- 
tuelles, avoir  quelque  rapport  en  mérite,  ou 
en  pureté,  ou  en  dignité  ,  ou  en  puissance. 
Job.  15.  3.  Arguis  verbis  eum  qui  non  est 
œqualis  tibi  :  Vous  accusez  dans  vos  discours 
Dieu  même,  qui  n'est  nullement  comparable 
à  vous.  Luc.  20.  36.  Mquales  Angelis  sunt  : 
Ceux  qui  seront  jugés  dignes  d'avoir  part  au 
siècle  à  V(  nir,  deviendront  égaux  aux  anges, 
en  ce  qu'ils  seront  immortels  comme  eux. 
Phii.  2.  6.  Non  rupinam  arbitratus  est  esse 
se  œqualem  Z)eo  ;  Jesus-Chrisl  n'a  point  cru 
que  ce  fût  pour  lui  une  usurpation  dêlre 
égal  à  Dieu;  cette  égalité  est  pleine  ,  entière 
et  parfaite.  Joan.  5.  18.2.  Mach.  9.  15. 

iîlQUALITAS,  TIS,  icrô-nç  —  i''  Egalité,  pa- 
rité, ÙY.pi^eiK  ;  ce  qui  rend  égal  en  quanlitc 
ou  en  qualité.  Eccli.  42.  4.  Ne  confundari.^ 
de  œqualitate  slaterœ  et  ponderum  :  Nayez 
point  de  honte  de  faire  garder  l'égalité  do  la 
balance  et  des  poids  ;  c'est-à-dire  de  procurer 
de  bon.s  poids  et  de  bonnes  mesures.— 2* 
Egalité,  ce  qui  rend  éiial,  en  parlant  d'une 
place,  ô^'AirT[jiôç.  Baruch.5.  7.  Constiluit  Dtus 
convalles  replere  in  œqualitatem  terrœ  :  Le 
Seigneur  a  résolu  d'abaisser  toutes  les  mon- 
tagnes élevées,  et  de  remplir  les  vallées,  en 
les  égalant  à  la  terre  unie;  ce  discours  est 
figuré  et  marque  que  Dieu  promettait  de  le- 
ver tous  les  obstacles  au  retour  des  Israélites 
de  Babylone,  et  de  leur  faciliter  leur  uiarchc. 


i« 


DICTIONNAIKE  Ut  MIILOLOGIE  SACKtK. 


lU 


afin  de  faire  éclater  par  là  la  gloire  de  sa 
puissance.  -  3'>  Egalité  de  proportion  uni- 
forniilé.  2.  Cor.  8.  v.  13.  14.  Fiat  œqualilas: 
Que  lout  soit  réduit  dans  l'égalité  ;  celle  éga- 
lité consiste  en  ce  que  tous  ont  également  ce 
qui  suffit,  quoique  les  uns  aient  plus,  les 
autres  moins;  ceux  qui  ont  plus  suppléant 
à  fc  qui  manque  au  besoin  des  autres. 

JSQUALITER,  tffw.'.—  1  Egalement,  à  une 
distance  égale.  Deut.  19.  3.  In  très  œqualiter 
parles  tolam  terrœ  tiiœ  provinciam  divides: 
Vous  mettrez  ces  villes  en  une  distance,  qui 
réponde  également  à  tous  les  endn>il:s  de  votre 
pays,  divisé  en  trois  parties.  Voyez  Effv- 
j,,j;5j._ 2' Egalement,  sans  préférence,  ou 
acception  de  personnes.  1.  Par.  24.  31.  Tarn 
majores  quam  minores,  omnes  sors  œqualiter 
dividebal  :  Les  fonctions  des  prêtres  et  des 
Lévites  leur  étaient  distribuées  également 
par  le  sort;  ainsi  Dieu  a  soin  de  tous,  sans 
avoir  égard  à  la  qualité  des  personnes.  Sap. 
6.  8.  JÈquaiifer  cura  est  illi  de  omnibus  :Dieu 
a  également  soin  de  tous  {àiJ.oioiç,  similiter). 
./EQUAIlE,  t(7oûv.  Egaler,  rendre  égal  ou 
pareiî,  unir,  aplanir  ;  dans  l'Ecriture: 

Egaler,  estimer  aussi  grand.  Job.  32.  21. 
Veum  homini  non  œquabo:ie  n'ai  garde  de 
croire  que  Ihomme  puisse  entrer  en  compa- 
raison avec  Dieu  ;  il  semble  que  Job  veut  se 
justifier  du  reproche  qu'on  lui  faisait,  qu'il 
voulait  contester  avec  Dieu  même.  Ps.  88.  7. 
Quis  in  nubibus  œquabitur  Domino  ?  Qui  dans 
les  cieux  sera  égal  au  Seigneur?  Les  anges 
qui  ont  voulu  s'égaler  à  Dieu  dans  les  cieux 
éprouvèrent  par  une  triste  expérience,  com- 
bien Dieu  était  plus  grand  et  plus  redoutable 
que  tous  ceux  qui  l'environnaient. 

jEQUE,  i(7W!,.  —  1° Egalement,  aussi  bien 
que,  comme.  Eccl.  9.  2.  Eo  quod  iiniversa 
œque  eveniant  justo  et  impio  :  Tout  arrive 
également  au  juste  et  à  l'injuste,  si  l'on  ne 
consulte  que  les  sens  et  les  apparences. Exod. 
aS.v.ll.  15.  Levil.  2.  7.  3.  Ueg.  20.  11.  Ezech. 
V7.  14. — 2°  Autant,  avec  la  même  propor- 
tion. Eccli.  G.  17.  Qui  timet  Deum  œque  ha- 
bebit  umiciliam  bonatn,  id  est,  amicos  bonos; 
Gr.,  diriget  amicitium  suam  :  Cq\u\  qui  craint 
Dieu  ,  trouvera  de  sincères  amis  ,  à  propor- 
tion qu'il  sera  sincère  et  fidèle  à  Dieu. 

.^QUITAS,  Tis.  Ce  mot  signifie  ordinaire- 
ment équité,  Gr.  ïinzb/.tiv.,  qui  est  une  vertu 
(jui  tcnipère  la  rigueur  du  droit ,  par  la  con- 
sidération des  circonstances  particulières; 
mais  dans  l'Ecriture  il  signifie  une  égalité, 
ou  une  proportion,  ou  conformité,  telle 
qu'est  celle  qui  se  trouve  dans  la  rectitude 
dune  mesure  ,  selon  laquelle  on  doit  régler 
toutes  les  autres  choses.  Or,  la  loi  est  la  me- 
sure de  la  droiture  de  nos  actions;  c'est 
pourquoi  elle  a  une  égalité  (|ue  l'iniquité 
viole  quand  elle,  transgresse  la  loi ,  parce 
<iue  c'est  une  difl'ormité  q\ii  se  détourne  de 
la  rectitude  de  la  loi;  aussi  ce  mot  répond 
au  terme  grec  eùOÛTr,;,  rccliludo,  et  ù  l'Hébreu 
miisor,  q»n  vient  de  Jasar,  rcctutn  esse;  et  l'E- 
niturc  ne  met  prcsiiue  point  de  différence 
entre  ces  trois  mois,  rccliludo,  œquilas  et 
iustilia. 

1"  E<iuité,  droiture,  justice  li<jO-jzr,ç).  IK-br. 


1.  8.  Virga  œquilalis  virqa  regni  tut  :  Le 
sceptre  de  votre  empire  sera  un  sceptre  d'é- 
quité et  de  justice  ,  ou  de  rectitude,  comme 
porte  le  texte  du  Ps.  44.  7.  Virga  direclionis, 
virga  regni  tui:  Celai  s'entend  du  règne  de 
Jésus- Christ.  Ps.  16.  3.  Oculi  tui  videant 
œquitates  :  Que  vos  yeux  regardent  ce  qu'il 
y  a  d'équitable  et  de  juste  dans  ma  cause. 
Eccli.  7.  6.  Ne  ponas  scandalum  in  œquitate 
n<rt:  Prenez  garde  que  par  votre  faiblesse 
vous  ne  soyez  à  vous-même  une  pierre  d'a- 
choppement, qui  vous  empêche  d'exercer  la 
justice.  Ps.  9.  9.  Ps.  64.  6.  Ps.  66.  5.  Ps.  95. 
V.  10.  13.  etc.  En  plusieurs  endroits  le  mot 
œquilas  est  rendu  par  Siy.v.i'j(7Ù'jn,  justitia. 

2°  Equité,  qui  modère  la  rigueur  de  la  jus- 
lice.  Job.  23.  7.  Proponat  œquitatem  conlra 
me;  Je  souhaiterais  que  Dieu  ne  proposât 
contre  moi  que  l'équité  et  la  justice. 

3°  Equité,  bonté,  sincérité.  Job.  33.  23.  Si 
fuerit  pro  eo  Angélus  loquens  ut  anmmtiet 
hominis  œquitatem  :  ë>''û  se  trouve  quelqu'un 
des  saints  esprits  qui  parle  pour  lui ,  et  re- 
présente sa  sincérité.  Gr.  ^six-^tv,  querelam; 
Heb.  Jaschar,  reclitudo. 

4"  Vérité,  ce  qui  est  vrai  {or/.y.toav-Dfi).  Ps. 
51.  5.  Dilexisli  iniquitatem  magis  quam  loqui 
œquitatem  :  Vous  avez  mieux  aimé  faire  le 
mal  que  de  dire  la  vérité.  David  parle  de 
Doëg. 

5"  Jugement,justesse,  exactitude ((ttkôiizôj). 
Eccli.  16.  24.  Dicam  in  œqnilate  disciplinam: 
Je  n'enseignerai  rien  que  je  ne  l'aie  bien 
examiné,  v.  25.  Jn  œquitalc  spiri tus  :  Avec 
une  mûre  délibération. 

jïlQOUS  ,  A,  UM,  tVoî  Voy.  iEguiTAS.  Du 
mot  grec  ei/.ôg,  ôzog  par,  decens,  consenta- 
neum  ;  ce  qui  est  juste  cl  raisonnable,  et  si- 
gnifie égal,  plain,  uni;  dans  le  sens  moral, 
juste,  équitable;  mais  dans  l'Ecriture:  —  1° 
Egal,  en  même  quantité.  2.  Mach.  8.  30. 
jEquam  porlionem  debilibus ,  pupillis ,  et  vi- 
duis  facicntes  :  iuiias  et  ses  gens  partagèrent 
également  entre  les  malades,  les  orphelins 
et  les  veuves  ,  le  butin  qui  avait  été  fait  sur 
Timolhée  et  Bacchide.  Lcvit.  7.  10.  1.  Reg. 
30.  24.  — 2"  Egal,  juste,  en  matière  depoidset 
mesure  (Stzaroi).  Levit.  Id.'Siî.  Siatera  justa  et 
œqua  siht  pondéra  :Q\ic  la  balance  soit  juste 
et  les  poids  égaux.  Prov.  11.  1.  —  3"  Juste, 
droit  (sùOùj).  Ezech.  33.  Î7.  Non  est  œqui  pon- 
dcris ;  (Gr.,  rccla)  via  Bomini  :  La  voie  du 
Seigneur  n'est  pas  juste  et  équitable.  Job. 
19.  6.  Sallem  nunc  inlelligite  quod  Deus  non 
œquo  judicio  afflixerit  me  :  Comprenez  donc 
que  Dieu,  en  m'affligeant  de  la  sorte,  ne  le 
fait  point  justement,  eu  égard  aux  crimes 
que  vous  m'imputez,  puisqu'il  me  punirait 
pour  des  crimes  que  je  n'ai  point  commis,  c. 
35.  2.  Prov.  8.  9.  Ezech.  18.  v.  25.  29.-4" 
Egal, de  même  façon, sans  distinction  [tlç,it.iu, 
h).  Levil.  24.  22.  jEquuin  judicium  sit  inter 
vos  :  Que  la  justice  se  rende  également 
parmi  vous.  Eccl.  3.  19.  Mqua  utriusque 
condilio  :  La  condition  de  l'homme  n'est 
pas  meilleure  que  celle  des  bêtes  ,  quant 
au  corps  ,  et,  selon  les  a|)parenccs  ,  il  naît 
comme  elles,  il  respire  comme  elles  ,  il  meuri 
cojnme    elles.  —  '■>'  Equitable j,  raisonnable 


141» 


A,KA 


jfAlE 


14a 


(«/iso-TÔv).  AcI.  G.  2.  A'on  fs/  œquum  nos  dere- 
linquere  verbiun  Dei  et  ministrare  mensis  :  Il 
n'est  pas  juste,  disent  les  apôtres,  que  nous 
quittions  la  prédication  de  la  parole  de  Dieu, 
pour  avoir  soin  des  tables.  Col.  k.  1.  —  G° 
Commode,  avantageux.  Eccli.  31.  32.  ^qiia 
vita  hominibus  vinum  in  sobrietate  ;œqua  vila, 
selon  le  grec,  l-irro-^  Çw/j,-,  c'est  une  seconde 
vie  que  le  vin  pris  avec  tempérance. 

jEQUO  animo  esse.  —  1°  Prendre  courage  , 
se  rassurer.  3.  Rcg.  21.  7.  JEquo  animo  esto: 
Ayez  l'esprit  en  repos,  dit  Jézabel  à  Achab  ; 
Gr.  c-ea^Toû  7=voû,^ujesfo.  Judith.  7.23.C.  11.1. 
—  2°  Etre  dans  la  joie  et  de  bonne  humeur 
Uvdvfisïv).  Jac.  5.  13.  Mquo  animo  est?  psal- 
lat,  etc.  Quelqu'un  est-il  dans  la  joie?  qu'il 
chante  de  saints  cantiques. 

Ex  JEQUO.  —  1"  Egalement,  autant  aux 
uns  qu'aux  autres.  Num.  31.  27,  Dividesque 
ex  œquo  prœdam  in  ter  eos  qui  pugnaverunt  : 
Partagez  le  butin  également  entre  ceux  qui 
ont  combattu  :  ce  qui  arriva  après  l'entière 
défaite  des  Madianites  par  douze  mille  Hé- 
breux, etc.  1.  Par.  25.  8.  c.  26.  13.  Missœ 
sunt  ergo  sortes  ex  œquo  et  parvis  et  magnis  : 
L'on  jeta  au  sort  avec  une  égalité  entre  cha- 
que famille,  soit  grands  ou  petits,  pour  con- 
naître ceux  qui  seraient  de  garde  à  chaque 
porte  du  temple.  —  2°  Egalement,  comme 
avec  son  égal.  Eccli.  13.  10.  Ne  relineas  ex 
œquo  loqui  cum  illo  :  N'entretenez  pas  long- 
temps un  grand,  comme  si  vous  étiez  son 
égal.  Job.  9.  32. 

AER,  Bis,  àop,  àipo;.  Air,  élément  liquide 
et  léger  qui  environne  la  mer  et  la  terre.  1, 
Thess.  k.  17.  Simid  rapiemiir  cum  illis 
obviam  Cfiristo  in  aéra:  Nous  serons  em- 
portés avec  eux  dans  les  nuées,  pour  aller 
au-devant  de  Jésus-Christ  au  milieu  de  l'air. 
Num.  11.  31.  Deul.28.  2.  Job.  37.  21.  Ps.  17. 
12.  Act.  22.  23.  Eph.  2.  2.  etc. 

D'où  viennent  ces  phrases  métaphoriques: 
Aerem  verderare:  Donner  des  coups  en 
l'air,  travailler  en  vain.  1.  Cor,  9.  2().  Sic 
pugno,  non  quasi  aerem  verberans  :  Je  com- 
bats, et  je  ne  donne  point  des  coups  en  l'air; 
je  ne  travaille  pas  inutilement.  La  métaphore 
se  tire  des  atlilèles,  qui  se  ballaient  à  coups 
de  poing.  \  oy.  Vkrberare.  Ainsi  Jn  aéra  lo- 
qui :  parler  en  l'air  ;  c'est  parler  inulilenient, 
sans  qu'on  nous  entende.  1.  Cor.  ik.  9.  Eri- 
tis  in  aéra  loqucntcs  :  Si  la  langue  que  vous 
parlez  n'est  intelligible,  vous  ne  parlerez 
qu'en  l'air. 

AERIUS,  A,  UM,  d'air,  qui  est  en  l'air,  qui 
est  haut  et  élevé;  dans  lEcriture  : 

Aerius  color  :  Couleur  d'air  ;  c'est  comme 
on  croit,  une  couleur  de  bleu  céleste,  Esth. 
1.  6.  c.  8.  15.  Mardochœas  fulgebat  vestibus 
regiis,  hyacinlliiuis  vidclicel  et  aeriis;  Hcb. 
co/u/(V/i.s;  Mardochéc  sortant  d'avec  le  roi, 
parut  dans  un  grand  éclat,  portant  une  robe 
royale  de  couleur  d'hyacinthe  et  de  bleu 
céleste  (BxttJTrjoç). 

^KA.NIENTUM  ,  1.  ///),/.iov.  Ce  mot  qui 
vient  dVc5,  signifie,  ouvrage  de  cuivre  ou 
d'airain,  batterie  de  cuisine;  dans  l'Ecriture  : 
—  1°  Cuivre,  airain  {/u/.y.ô;).  Apoc.  18.  12. 
Omnia  vasa  de  lapide  pretioso ,  et  (pramenfo 


et  ferro  :  Des  meubles  de  pierres  précieuses, 
d'airain,  de  fer  et  de  marbre.  Eccli.  12.  10. 

—  2""  Vaisseaux  d'airain,  comme  chaudières, 
marmites.  Marc.  7.  k.  Bapdsmata  cnlicum, 
et  urceorum  et  œramentorum  :  Les  Juifs  la- 
vent leurs  coupes,  leurs  vaisseaux  d'airain, 
et  leurs  bois  de  lit. 

iERARIUM,  1.  Ce  mot  qui  vient  d'fp.«,  œris, 
signifie,  —  1°  L'épargne,  les  finances,  le 
trésor  public  (ohoç).  Gen,  kl.  iï.  Inlu- 
lit  eam  in  œrarium  Régis  :  Joseph  porta  au 
trésor  du  roi  l'argent  du  blé  qu'il  av.iil  ven- 
du aux  Egyptiens.  Jos,  6.  2V.  1.  ^lach.  3.28. 

—  2°  Trésor,  lieu  où  se  gardent  les  litres 
publics  (yc^o'^y/K/iov),  1.  Mach.  14.  49.  Dixe- 
runt  exemplum  eorum  ponere  in  œrario  :  Il 
fut  ordonné  qu'on  mettrait  une  copie  de  la 
déclaration  des  Romains,  faite  en  faveur  de 
Simon,  dans  le  trésor  du  Temple. 

jïlRARIUS,  I,  adject.  Ce  nom  qui  vient 
d'ces,  est  pris  substantivement,  quoiqu'il  soit 
adjectif,  en  sous-entendant  faber  [yjÀiy.v^;). 

Ouvrier  en  cuivre.  2.  Tim.  h.  li.  Ahxan- 
der    œrarius    multa    mala    mihi    ostendit  : 
Alexandre  l'ouvrier  en  cuivre  m'a  fait  beau- 
coup de  maux,  3.  Reg.  7.  14.  Sap.  15.  9.  Isa 
41.  7.  Jerem.  10.  9. 

iEREUS,    A,    CM,    y^vlv.ovç,  yjjl/.itrj;^  «,  ov.  — 

1°  Qui  est  d'airain  ou  de  cuivre.  3.  Reg.  7. 
15.  Finxit  duas  columnas  Mreas  :  Hiram  fii 
deux  colonnes  d'airain.  1.  Reg.  17.  5.  Cassis 
œrfa;  un  casque  d'airain,  v.  6.  clypcusœrcus  : 
un  bouclier  d'airain.  2.  Reg.  8.  10.  3.  Reg. 
4.  1.3.  c.  8.  G4.  c.  14.  27.  etc.  —  2  Ce  qui 
est  extrêmciuenl  dur,  fort  et  solide.  D'où 
viennent  ces  phrases  métaphori(H!cs  : 

Arcus  œreus  :  Un  arc  d'airain,  qui  mai'que 
une  force  cxijaordinaire.  Ps,  17,  35.  Posiii- 
sti  ut  arcum  œreumbrachia  mea:  Vous  avez 
fait  de  nus  bras  co.mme  un  arc  d'airain. 
Dieu  avait  assisté  David  d'une  grande  force 
contre  les  ennecnis  du  peuple  d'israi'l,  2.  Reg 
22,  35.  Ainsi,  Job.  20.  24.  Fugiet  arma  fer- 
rea,  et  irruet  in  arcum  œreum  :  Si  limpie 
fuit  d'un  côléles  pointes  de  fer,  il  sera  percé 
par  un  arc  d'airain.  C'est  une  espèce  de  pro- 
verbe, pour  marquer  qu'un  impie  ne  peut 
éviter  les  châliments  de  Dieu.  La  raison 
de  celle  expression  vient  de  ce  que  les 
armes  étaient  faites  de  cuivre,  (jui  élait 
alors  d'une  aussi  bonne  trempe  que  le  fer  et 
l'acier  dont  on  se  sert. 

Fronsœrcn:  []i\  front  d'airain,  (jui  mar- 
que l'impudence  et  l'opiniâtreté.  Isa.  48.  4, 
Frons  tua  œrea  :  Vous  avez  un  front  d'ai- 
rain. Dieu  parle  aux  Israélites ,  et  leur 
reproche  leur  opiniâtreté  cl  leur  effionterie. 

Mons  œreus  :  Une  monlagnc  d'airain,  qui 
marque  ()uel(iue  chose  de  iixe  cl  d'immua- 
ble. Zaeli.  G.  1.  Et  montes,  montes  œrci:  Ces 
montagnes  que  je  voyais  étaient  des  monta- 
gnes d'airain.  Ces  deux  montagnes,  d'entre 
lesquelles  st)rlaient  les  quatre  chariots,  re- 
présentaient les  décrets  immuables  de  la 
sagesse  et  de  la  providence  de  Dieu  qui  fait 
régner  les  rois  de  la  lerrc,  selon  l'ordre  im- 
niuable  de  ses  desseins  éternels. 

Murus  œreus  :  Un  mur  d'airain,  qui  mar- 
que une  force  çl  une  constance  invineibles. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


i47 

Jerem  i.  18-  Dedi  te  hodie  in  mitriim  œreum: 
Je  vous  élabiis  aujourd'hui,  dit  Dieu  à  Jéré- 
mie  comme  un  mur  d'airain  sur  loute  la 
terre',  c.  15.  20.  Babo  te  populo  huic  in  mu- 
rum œreum:  Je  vous  rendrai  à  l'égard  do  ce 
peuple  comme  un  mur  d'airain.  Voyez  Mu- 

RUS,  3". 

Porta  œrea  :  Une  porte  d  airain  qm  signi- 
fle  une  très-forlo  résistance.  Ps.  106. 16.  Con- 
trivit  portos  œreas  :  Dieu  a  brisé  les  portes 
d'airain;  c'est-à-dire  les  prisons  les  plus 
fortes  et  les  plus  resserrées  où  étaient  ren- 
fermés les  Israélites.  Isa.  45.  2.  Portas  œreas 
conleram:  Je  romprai  les  portes  d'airain. 
Dieu  promet  à  Cyrus  qu'il  forcera  la  plus 
grande  résistance  que  ses  ennemis  pour- 
raient lui  faire. 

Regnum  œreum  :  Un  royaume  d'airain  , 
marque  la  force  et  la  puissance  d'un  règne 
qui  brise  tout  par  la  force  de  ses  armés. 
Dan.  2.  39.  Regnum  terlium  aliud  œreum 
quod  imperabit  universœ  terrœ  :  Il  s'élèvera 
encore  un  troisième  royaume  qui  sera  d'ai- 
rain, et  qui  commandera  à  toute  la  terre. 
Ce  troisième  empire  est  celui  d'Alexandre  le 
Grand,  qui  s'est  rendu  maître  en  peu  de 
temps  de  la  plus  grande  partie  du  monde  qui 
était  connu  en  ce  temps-là. 

Vinculum  œreum  :  Une  chaîne  forte  et 
pesante.  Dan.  kA2.Alligetur  vinculo  ferreo  et 
œreo:  Qu'elle  soit  liée  avec  des  chaînes  de  fer 
et  d'airain.  Héb.  d'acier.  Daniel  parle  de  Na- 
buchodonosor,  représenté  par  la  lige  d'un 
arbre,  lequel  devait  être  rejeté  de  la  compa- 
gnie des  hommes,  et  vivre  parmi  les  bêtes, 
enchaîné  comme  une  des  plus  farouches. 
Dans  le  sens  figuré,  Vinculum  œreum ,  est 
une  chaîne  pesante,  fâcheuse  et  difficile  à 
porter.  Eccli.  28.  2i.  Vinculum  illius  vincu- 
lum œreum  :  La  pesanteur  de  ses  chaînes  est 
aussi  insupportable  que  celle  de  l'airain.  II 
parle  de  la  langue  médisante  qui  opprime 
quelquefois  ceux  qu'elle  attaque, 

Ungula  œrea  :  Un  ongle  d'airain  ,  qui 
marque  une  grande  force  pour  réduire  ses 
ennemis  et  les  fouler  aux  pieds.  Mich.  '<•.  13. 
Ungulas  tuas  ponam  œreas  et  comminues 
populos  :  Je  vous  donnerai  des  ongles  d'ai- 
rain, et  vous  briserez  plusieurs  peuples.  Le 
Prophète  prédit  la  victoire  de  l'Eglise  sur  les 
peuples  convertis  à  Jésus-Christ.  "Voy.  Un- 

•  ULA. 

vEUUGO,  GiNis,  —  1°  La  rouille  de  cuivre 
ou  d'airain  (p^ûo-iç).   Mallh.  6.  v.    19.   20. 
Mrugo   et  tinea  demolitur:  Les   vers  et  la 
rouille  mangent  les  trésors  dans  la  terre. 
Jac.  5.  3.  Mrugo  eorum  in  testimonimn  vo- 
bis  erit  :  La  rouille  de  l'or  cl  de  l'argent 
que   vous  cachez,  s'élèvera  en   témoignage 
contre  vous.  Baruch.  6     v.   11.   23.    —  2° 
Nielle  de  blés  qui  les  ronge  comme  la  rouille 
^  fait  le  cuivre  {ip^J(!ien).  3.  Reg.  8.  37.  5» 
fucril  œrugo  :   Lorsque  la   nielle  gâtera  les 
blés.  2.  Par.  6.  28.  Ainsi,  Ps.  77.  kQ.   Dédit 
œrugini  fruclus  eorum  :  Dieu  a  fait  consumer 
les   fruits  ou  les  blés  des  Egyptiens  par  la 
nielle.  Néanmoins  la  plupart  des   interprè- 
tes expliquent  cet  endroit  des  petits  animaux 
nui  rongent  les  fruits  :  le  Grec  et  l'Hébreu 


148 

portent  brnchus,  une  espèce  de  chenille;  en 
effet,  il  n'est  point  fait  mention  de  nielle  ou 
de  rouille  de  blé  dans  l'Exode. 

iERUGINARE,  xartoOTÔat,  Rubigine  inâci. 
Ce  verbe  qui  se  forme  d'œrugo  est  inusité,  et 
se  prend  ici  passivement  pour  signifier,  — 
Etre  rouillé,  être  gâlé  de  la  rouille.  Jac.  5. 
3.  Argentîim  vestrum  œruginavit  :  La  rouille 
gâte  l'or  et  l'argent  que  vous  cachez.  Eccli. 
12.  10.  Sicut  œramentum  œruginat  nequilia 
illius  :  Souvent  la  malice  d'un  ennemi  même 
réconcilié  revient  comme  la  rouille  sur  le 
cuivre  après  l'avoir  nettoyé. 

.^RUMNA,  M.  Ce  mot  vient  ou  d'œs,  œris,  à. 
cause  de  la  ftitigue  que  l'on  a  de  tirer  le 
métal  de.s  mines;  ou  du  grec  uépiiiMOLy  anxietas, 
et  signifie  proprement  une  fourche  qui  sert 
à  élever  et  porter  les  fardeaux  sur  les  épau- 
les; ensuite  il  a  été  pris  pour  des  travaux 
pénibles.  —  1°  Fatigue ,  travail  pénible 
(  [lôyjoç  ).  2.  Cor.  11.  27.  Fui  in  labore  et 
œrumna  :  J'ai  souffert  toute  sorte  de  tra- 
vaux et  de  fatigues.  Ce  même  mot  grec  est 
rendu  par  fatigatio.  2.  Thess.  3.  8.  —  2° 
'Peine,  douleur,  affliction,  inquiétude  (,a£|ot|x- 
va  .  Marc.  4.  19.  jErumnœ  sœculi  •  Les  in- 
quiétudes de  ce  siècle.  Gènes.  3.  16.  Mulli- 
plicabo  œrumnas  tuas  et  conceptus  tuos,  i.  e. 
œrumnas  conceptuum  :  Je  vous  affligerai  de 
plusieurs  maux  pendant  votre  grossesse , 
dit  Dieu  à  Eve  [Iv-kv].  Ps.  31.  4.  Conver- 
sus  sum  in  œrumna  mea  :  Je  me  suis  tour- 
né de  tous  côtés  dans  mon  affliction,  comme 
un  malade  qui  souffre  de  grandes  douleurs 
(TKÀatTTwpéw).  Eccl.  2.  23.  c.  5.  16. 

^S,  œris,  -/^uKy.oç  Tétymologie  de  ce  mot  esl 
fort  incertaine;  il  peut  venir,  selon  Vossius, 
de  l'Hébreu,  esch,  ignis. 

1°  Airain,  cuivre.  Job.  28.  2.  Lapis  solU' 
tus  colore  inœs  vertitur  :  La  pierre  dure  que 
l'on  tire  des  mines  se  met  dans  la  f^>rge,  et 
se  change  en  airain,  c.  37.  18.  Solidissimi 
quasi  <ere  fusi  sunt  :    Les  cieux    sont  aussi 
solides  que  s'ils  étaient  d'airain.  Voy.  Soli- 
DDs,4\  Exod.  35.5.  Jerem.  52.  v.  17.  20.  etc. 
2°  Ouvrage  ou  vase  d'airain  ou  de  cuivre 
1.  Cor.  13.    1.  Factus  sum  velut  œs  sonans  : 
Je  ne  suis  que  comfiie  un   airain   sonnant. 
Une  trompette  est  aussi  marquée  par  le  mot 
œs ,    eris,   Jerem.    i6.    22.    Vox  ejus  quasi 
œris  sonabit  :  La  voix  des  Chaldécns,  enne- 
mis de  l'Egypte,  retentira  comme  le    bruit 
de  la  trompette.  Hcb.  et  Gr.  Vox  ejus  ut  ser- 
pentes sibilabit  :  Sa    voix    ne   s'élèvera  pas 
plus   que   celle    d'un    serpent:  c'est-à-dire 
que  l'Egypte  abbaissera   sa    voix  :    ce  qui 
marque    l'abbattement  oîi  elle    devait  être 
réduite  sous  la  domination  des  Babyloniens. 
3°  Monnaie    de   cuivre,  el  généralement 
monnaie  de  quelque  métal  que  ce  soit,  parce 
qu'autrefois  il  n'y  en   avait  que   de   cviivro 
{y.ipij.y.).  Joan.  2.  15.  Nummulariorum  effudit 
œs:  Jésus-Christ  jeta  par  terre  l'argent  des 
changeurs.  Marc.  6.  8.  Ezech.  16.  36.  Ainsi, 
Luc.  21.  2.  Mra  minuta  duo,  \î-xù,  sont  deux 
petites  pièces  de  monnaie.  Voy.  Minutum. 

§  1°  Qui  est  dur,  opiniâtre  et  inflexible. 
Jerem.  6.  28.  Omnes  isti  Principes,  œs  et  fer' 
rum:  Tous  ces  princes  ne  sont  (juc  de  Tairâin 


I 


149 


iEST 


et  du  fer  ;  c'esl-à-dire,  rebelles  et  opiniâtres 
à  demeurer  dans  leur  impiété. 

2°  Ce  qui  est  vil  et  méprisable,  comme  est 
ce  métal  au  prix  de  l'or  et  de  l'argent.  Isa. 
CO.  17.  Pro  œre  afferam  aurum:  Je  vous  don- 
nerai de  l'or  nu  lieu  d'airain:  te  qui  m.'ir- 
que  les  richesses  spirituelles  de  l'Eglise, 
qui  ont  succédé  à  l'indigence  de  la  Synago- 
gue.Ezecb.  22.  18.  Omnes  istiœs  et  stannum: 
Les  Israélites  sont  tous  devenus  comme  l'ai- 
rain et  l'étain,  et  se  sont  changés  en  écume. 
Voy.  ScoRiA. 

Phrases  tirée  de  ce  mot. 

JEs  alienum:  Dettes  que  nous  devons,  ou 
qu'on  nous  doit.  2.  Esd.  o.  10.  jEs  alienum 
concedamus :  Remettons  ce  (ju'on  nous  doit. 
D'où  vient,  Opprimi  œre  aliéna:  Etre  acca- 
blé de  dettes.  1.  Reg.22.  2.  Oppressi  œre  alic- 
no  {ù-cii-r,'7L;,repetitio  debili). 

ÀISTAS,  ATis,  ôspoç.  Du  mot  œs^us,  Eté, 
une  des  quatre  parties  de  l'année.  Prov.  20. 
h.  Mendicabit  œstate:  Le  paresseux  mendie- 
ra pendant  l'Eté,  c.  6.  8.  Parât  in  œstate  ci- 
bumsibi:  La  fourmi  fait  sa  provision  durant 
l'Eté,  c.  10.  4.  c.  26.  1.  Malth.  24.  32.  Marc. 
13.  28.  Luc.  21.  30.;  mais  comme  l'année 
n'avait  autrefois  que  deux  parties,  hyems  ou 
ver  signiOe  quelquefoisl'autre  partie.  Gènes. 
8.  22.  Mslas  et  hyems:  L'Eté  et  l'Hiver  mar- 
quent toule  l'année.  Ainsi,  Zach.  14.  8.  Isa. 
18.  6.  Ps.  73.  n.jEstatemet  ver  tu  plasmasli 
ea:  C'est  Dieu  qui  a  foriné  les  saisons  de 
l'année. 

iESTIMARE,  Tt/iôtv.  Ce  verbe  vient  ou  d'œs 
et  de  Tiuâ-j ,  priser  ,  estimer;  ou  d'èzTtjyiâv  , 
qui  signifie  la  même  chose. 

1"  Estimer,  priser,  apprécier,  taxer.  Levit. 
27.  8.  Quantum  ille  œstimaverit,  tantum  da- 
bit:Lc  pauvre  donnera  pour  son  vœu  le  prix 
que  le  prêtre  taxera,  v.  16.  17.  19.  27. 

2  Estimer,  juger,  avoir  une  certaine  esti- 
me ou  pensée  de  quelque  chose  [loyiCi'jGc/.t). 
Eccl.  10.  3.  Cum  ipse  insipiens  sit,  otnnes  stul- 
tos  œstimat:  Comme  l'imprudentest  insensé, 
il  estime  que  tous  les  autres  le  sont  aussi. 
Prov.  23.1.  jEslimat  quod  ignorât :\]n  en- 
vieux juge  de  ce  qu'il  ignore.  Luc.  7.  43. 
Act.  2.  15.  c.  16.  27.  etc.  Ainsi,  Ps.  43.  22. 
Rom.  8.  .36.  JEslimati  sumus  sicut  oves  occi- 
sïo?)js.- On  nous  regarde  comme  des  brebis 
destinées  à  la  boucherie.  Ps.  87.  5.  JEstima- 
tns  sum  cum  descendentibus  in  lacum:  On 
me  met  au  rang  de  ceux  qui  descendent  sous 
la  terre. 

3"  Estimer,  censer,  réputer  pour  tel  (XoyîÇecr- 
Oai).  Rom.  9.  8.  Qui  filii  sunt  promissionis 
œstimantur  in  sejnine,  Or.  in  semen:  Ce  sont 
les  enfants  de  la  promesse  qui  sont  réputés 
entre  les  enfants  d'Abrah.im,  et  qui  doivent 
passer  pour  tels.  1.  Cor.  4. 1. 

4"Esliiner  autant,  comparer.  Baruch.  3. 
30.  /lie  est  Dcus  noster,  et  non  œstimabitur 
alius  adversus  eum:  C'est  lui  qui  est  noire 
Dieu,  et  nul  autre  ne  subsistera  devant  lui, 
si  oti  le  compare  avec  ce  qu'il  est  ;  ainsi 
simile  œi'timnre,  Gr.  h^rjir^-^^  c'est  comparer. 
Matlh.  11.  16.  Cui  similem  œstimabo  ycnera- 
tionan  istamf  A  qui  comparerai-je  ce  peu- 
ple-ci ?  Luc.  13.  V.  18.  20. 


/EST  m 

5°  Compter,  nombrer.  1.  Par.  22.4.  Ligna 
quoque  cedrina  non  poterant  œsiimari:  Le 
bois  de  cèdre  y  était  en  si  grande  quantité, 
qu'on  ne  le  pouvait  nombrer,  Gr.  oùx«vapj9- 

6'  Savoir  par  conjecture,  arriver  à  la  con- 
naissance de  quelque  chose,  '7zoy_<x'^-.fTBai.  Sap. 
13.  9.  Si  tantum  potuerunt  scire  ut  possent 
œstimare  sœculum?  Si  les  infidèles  ont  pu 
avoir  assez  de  lumière  pour  connaître  l'or- 
dre du  monde,  comment  n'ont-ils  pas  décou- 
vert plus  aisément  celui  qui  en  est  le  Domi- 
nateur? 

TESTIMATIO,  Nis,  T£//.À.  —  1°  Estimation, 
taxe,  prisée.  Exod.  22.  5.  Quidquid  optimum 
habuerit ,  pro  damni  œstimatione  restiluet: 
Si  un  homme  fait  quelque  dégât  dans  un 
champ  ou  dans  une  vigne,  il  donnera  ce 
qu'il  aura  de  meilleur  dans  son  champ  ou 
dans  sa  vigne,pour  payer  le  dommage,  selon 
l'estimation  qui  en  sera  faite.  Levit.  5.  18. 
c.  6.  6.  c.  27.  V.  2.  8.  13.  15.  25.  27.— 2"Com- 
pte, supputation.  3.  Reg. 8. 5. /mmo/o^o/i^  oves 
et  boves  absqiie  œstimatione  et  numéro:  Ils 
sacrifiaient  des  bœufs  et  des  brebis  sans  prix 
et  sans  nombre,  Gr.  xvupiBunru. 

iESTlVUS,  A,  LM,  Qspivfjç.  Qui  est  d'Eté,  qui 
appartient  à  l'Elé.  Ainos.  3.  15.  Percutiam 
domumhiemalem  cum  domo  œstiva:  Je  renver- 
serai le  palais  d'Hiver  et  le  palais  d'Eté. 
Judic.  3.  V.20.  24.  De  !à  vient,  JEstiva  area: 
L'aire  où  se  vanne  le  blé  pondant  l'Eté. Dan. 
2.  3o.  l^unc  contrila  sunt  pariter  et  redacta 
quasi  in  favillam  œstivœ  areœ:  Alors  le  fer, 
l'argile,  l'airain,  l'argent  et  l'or  se  brisèrent 
tout  ensemble,  et  devinrent  comme  la  menue 
paille  que  le  vent  emporte  hors  de  l'aire 
pendant  l'Eté:  d'autres  disent  que  l'aire  en 
cet  endroit  s'appelle  aire  d'Eté,  parce  que 
c'est  en  Eté  qu'elle  se  préparait.  Voy.  Fàvil- 
la,  3°. 

JiSTHARE,  zaupa-iÇeo-eat.  Ce  verbc  qui  vient 
d'cPAfus,  se  dit  ou  de  l'agitation  que  fait  le 
feu,  ou  de  celle  de  la  mer,  et  dans  le  sens 
figuré,  de  l'incertitude  et  de  l'agitation  de 
l'esprit  ;  dans  l'Ecriture: 

1°  Etre  échauffe  ou  brûlé  par  l'ardeur  du 
soleil  ou  du  feu.  Matth.  13.  Q.  Solcortoœstua- 
verunt:  Une  partie  de  la  semence  qui  était 
tombée  dans  les  lieux  pierreux,  fut  brûlée 
par  lardeur  du  soleil,  v.  20.  21.  Jon.  4.  8. 
jEstuabat  :  Jonas  se  trouvait  comme  étouffé 
par  l'ardeur  d'un  vent  chaud  et  brûlant  oÀt- 
'fo^vyjl-j^  Animo  deficere)  :  Apoc.  16.  9.  Ainsi, 
Vino'œstuare  :  Elrc  éehaulTé  de  vin.  Isa.  5. 
il.  Vœ  qui  cunsurgitis  mane  ad  ebrietatem 
sectandam ,  et  polandum  usque  ad  vespcram 
ut  vino  œstuetis  :  Malheur  à  vous  qui  vous 
levez  dès  le  malin,  pour  vous  plonger  dans 
les  excès  de  la  table,  jjour  boire  jusqu'au 
soir,  jusqu'à  ce  que  le  vin  vous  échauffe  par 
ses  fumées. 

Ce  verbe  est  pris  activement  (èxxkisiv).  Ec- 
cli.  51.6.  Inmedio  ignisnon  sum  œstualus:ie 
n'ai  point  été  consumé  par  le  feu.  On  croit 
que  l'auteur  de  I  Eerlési;isti<iue  fut  mis  au 
feu  pour  être  brûlé,  maisciue  Dieu  l'en  tira: 
d'autres  croient  que  cela  se  dit  par  allégorie, 


m 


WCTIONXAIKE  DE  PHILOLOGIE  SACItftfc. 
de  la  penécatîoD 


154 


-     Job.   20.  22. 

,.ur ,    œstuabit: 

:  eie  ràsiâiié  de  biens, 

.     -       daDS  i  agitation  el  dans 

en  détaillaiice  (Izi.v£!r6at,  dt«- 

; .  29.  M$tuatit  amima  ejus  : 

:.  défaillance,  Toyaot  la  léle 


noe 


Du  mot  Hébrea   enh, 

as-itation  dans  le  feu. 

-':-'•     '.T,  comme 

r,  il  sitroi- 


L=  -i 


*-l  . 

'v 

ï- 

laod,  rardeordo  i 
-    __    Frigus  et  «tstui 
.  el  le  cbaad  i 
.rré  pour  jamais 

îOleil   ou 

■    ,'  -  j  1  - 

de  cbale .  : 

.nt  lanui'.. 

'  ,      .'    - 

LitEEE.  Job.  38. 

2  + 

-    -htm   fuptr 

îf 

;«  ^ 

soleil    répai  d    ià 

25.  5.   c. 
,  8.  c.  :i;6.                      8   >! 

i9.    10. 

17. 

.  Dan.  .3. 

"  - 

.-    '.A    'r,    ^       ...  _'j.  12.  e 

le. 

- 

Ose.  12. 
«■  œstum: 

. 

^  :     h  "t/  1*1  i  ft 

suit  une  cba- 

p  : 

- 

.   son 

avec  l 

malheur 
esEgjp- 

(. .  ' 

.    L  n 

^  .    ■  ,                       ■•-.-,•. 

'^•n:  Le 

^  - 

i  '  '  " 

-  ^  ;       .  - 

ans  la 

P: 

Ira.  27. 

6. 

'i 

n 

Dans 

le 

:.  cest- 

a- 

.-ance  , 

I' 

.  '   a 

..,,-:,    .-..-    ...  .;  --C:     bt    ;-.^ 

;.f.erer  sa 
',  figu- 

]■ 

-  .liie,  el    -  -  .; 
aCCLCM.   1 

.  .•  Dieu 

r'Jeurs 

.x. 

il  AS, 

TIS,  iiJcria. 

.r  «vn- 

- 

'  :  ■' 

j 

,  àuft 

,,ui    vient 

1 

Agé 

ypt^vc?;. 

Dan 

.   2.: 

il.  7; 

liâtes  : 

C 

'.'ts 

lies 

eieneur  qui  tij     . 

b  el  les 

siècles 


1.  LV 


bazar. 
.  ttatta- 

'  ire  qu  il 
jonnail  oe 


2'  Le  teari{>5  de  la  vie.  Dan.  5. 

qu€  $uwMi\im  tuwn  ?     -  f    •  "  ■  »  ■ 

Tait  selon  son  âge  a . 

Luc.  2.  52.  Jetus  pr 

/e:  Jésus  avançait  t:       . 

avançait  en  âge;  c  tsi-a-aire 

jour  en  jour  dés  marques  de  celle  plénitude 

ée  sagesse  quil  avait  reçue  au  momeqt  de 

^  conception.  Gen.  18.  li.  c.  21.  5.  c.  25.  8. 
t.  'iô.  29. c.  V3.  33.  etc.  D  où  vient  atm  flori- 
d^:La  fleur  de  Tàge,  qui  marque  lembon- 
point  el  la  bonne  sanlé.  Prov.  17.  22.  Am- 
muigaudens  atcilem  flortdam  facil  :  La  joie 


de  l'esprit   rend  le  corps  plein  de   ligueur. 
^'oy.  Flobidls,  2  . 

•3'  Age  mûr,  dans  lequel  on  a  le  jugement 
formé.  Joan.  9.  v.  21.  23.  jEtatem  habel  :  Il  a 
de  l  âge,  interrogez-le,  disent  le  père  el  la 
mère  de  l'Avengle-né  aux  Juifs.  Eccli.  26. 
22.  Specxtt  faciei  tuper  œtatern  $tabilem:  La 
beauté  dune  femme  bien  sage  est  très-esti- 
mable, lorsqu'elle  se  trouve  dans  un  âge 
mûr,  qui  la  rend  capable  de  bien  conduire  sa 
famille. 

-ETERN  aLIS,  e,  Ktwvtsf,  adjectif  peu  usité. 
Eternel,  qui  doit  durer  longtemps,  ou  qui 
représente  une  chose  qui  doit  toujours  durer. 
Ps.  23.  7.  el  9.  Elttamini,  porta:  œtemales  : 
Portes,  levez-vous.  Les  portes  du  lemple, 
comme  le  temple  même  ,  sont  appelées 
éternelles;  soil  par  opposition  au  Taberna- 
cle de  Moïse,  qui  avait  incessamment  changé 
de  lieu;  soit  a  cause  que  le  temple  élail  la 
figure  dfe  l'Eglise,  qui  doit  durer  jusqu'à  la 
fin  des  siècles.  Héb.  Portes,  levez  vos  lêles; 
.esl-a-dire  exhaussez-vous  ,  pour  donner 
d!us  libre  entrée. 
LTEB.MTaS,  atis,  5CWV.  De  l'adjeclif  œrer- 
rrui. 

1"  Eternité,  durée,  qui  n'a  ni  commence- 
ment ni  6n.  Isa.  57.  15.  Hœc  dicil  excelsut, 
et  iublimis  habitans  œternilatem:  Voici  ce 
que  dit  le  Très-Haut,  le  Dieu  sublime  qui 
habile  en  soi,  lui  qui  est  l'éternité  même. 
Mich.  5.  2.  Egressus  ejus  a  diebus  œlernila- 
tif^  :  La  génération  de  Jésus-Chrisl  est  de 
toute  éternité,  qui  est  marquée  par  /a  plu- 
ralité des  jours,  pour  en  exprimer  la  durée 
qui  ne  finit  point. Habac.  3.  Q.Incurtali  tunt 
collti  mundi  ah  ilineribus  œternitalis  ejus  : 
Les  collines  se  sont  abaissées  sous  les  démar- 
ches du  Dieu  éternel. 

2  Eternité  qui  a  eu  un  commencement; 
mais  qui  n'aura  pas  de  Gn.  Dan.  12.  3. 
Qui  ad  justiliarn  crudiunt  multos  fulgebunt 
qaaii  stellœ  in  perpétuas  œternilales:  Ceux 
qui  en  auront  instruit  plusieurs  dans  la  voie 
de  la  justice,  luiront  comme  des  étoiles  dans 
toute  1  élernité.  Gr.  In  œternum  et  ulira, 
comme  porle  le  Lalin,  Exod.  15.  18.  Non 
pas  qu'il  j  ail  rien  au  delà  de  l'élernité; 
mais  c'est  une  expression  hyperbolique, 
pour  donner  une  plus  forte  idée  de  l'élernité. 
2.  Petr.  3.  18.  Jpsi  gloria  el  nunc  et  in  diern 
œternitatis:  A  lui  soil  gloire,  et  maintenant 
el  jusqu'au  jour  de  l'élernité;  l'élernité  est 
marquée  par  un  seul  jour,  parce  quelle  est 
sans  succession  d  un  jour  à  un  autre. 

3  Longue  durée  de  temps,  soil  qu'elle  ait 
une  fin,  soil  qu'elle  entre  dans  l'éternité; 
c'est  pour  cela  que  le  sépulcre  est  appelé, 
maison  d'éternité.  Eccli.  12.  5.  Ibit  fiomo  in 
domurn  œlernitatis  suœ  :  L'homme  s'en  ira 
dans  la  maison  de  son  éternité.  Voy.  .£teb- 
.'«cs,  n.  3. 

.tTERNUS,  ji,  LM,  Ktwvio,-.  De  l'ancien 
mot  œixternas  ,  s'est  ià\{  Œternus ,  qui  se 
prend  ordinairement  pour  ce  qui  n'a  jamais 
commencé,  el  qui  ne  unira  jamais;  mais  il 
se  dit  aussi,  même  dans  les  auteurs,  des  cho- 
ses qui  ont  commence,  et  dont  on  ne  ^oit 
pas  la  fin;  la  raison  de  celle  signification 


153 


j:te 


.€TH 


IM 


vient  de  ce  que  les  Hebrea\  se  servent  du 
mol  holam,  seculum.  pour  marquer  la  dorée 
des  choses  qui  subsistent  longtemps,  que 
1  intei  Dfèle  latin  a  souvent  rendu  par  le  mot 
œtemus. 

l"  Ce  qui  n'a  ni  commencement  nihn.  Dan. 
6.  23.  Jpse  est  Deus  tivens  et  œtemus  .Le 
Dieu  de  Daniel ,  dit  Darius  ,  est  celui  qui  est 
le  Dieu  vivant  et  éternel,  qui  vit  dans  tous  les 
siècles,  c.  T.  li.  Potestas  ejus,  potestas  œter- 
na  :  Sa  puissance  est  une  puissance  éternelle. 
Gen.  -21.  33.  Sap.  7.  16.  1.  Petr.  5.  10.  2. 
Petr.  1.  11.  1.  Joan.  1  2.  c.  5.  20.  Hic  est 
rerus  Deus  et  vita  œterna  :  Il  n'y  a  propre- 
ment que  Dieu  et  ses  attributs  qui  soient 
éternels  de  la  sorte. 

2°  Ce  qui  a  eu  un  commencement .  mais 
qui  n'aura  jamais  de  fin.  Hebr.  9.  12.  .Eter- 
na  redemptione  inventa  .^ous  ayant  acquis 
une  rédemption  élernelte  :  Matth.  18.  8.c.  23. 
il.  Discedite  in  ignem  œternum  :  Retirez-Tous 
de  moi,  maudits,  et  allez  au  feu  éternel.  Ps. 
104.  10.  Ps.  110.  S.  Ps.  111.  6.  Malth.  19.  v. 
16.  29.  etc. 

3"  Ce  qui  a  commencé  et  qui  doit  finir.  Ps. 
76.  6.  Annos  ceternos  in  mente  hùbui  :  J'ai 
médité  sur  les  siècles  passes.  Ce  sens  parait 
par  la  suite  du  psaume  :  ainsi  les  montagnes 
et  les  collines,  qui  sont  depuis  le  commen- 
cement do  monde ,  s'appellent  éternelles. 
Gènes.  +9.  2tî.  Deut.  33.  15.  De  pomis  collium 
ϔernorum.  Vor.  Pomum.  La  terre  est  aussi 
éternelle  en  ce  sens.  Baruch.  3.  -32.  Pararit 
terram  in  ceterno  tempore  :  Gr.  in  œiernum 
tanpus  :  Dieu  a  affermi  la  terre  pour  jamais. 
2.  Reg.  7.  16.  Regnum  tuum  usque  in  œter- 
mtm  :  Votre  royaume  subsistera  éternelle- 
ment. Ainsi  1.'  Par.  17.  12.  c.  28.  7.  Le 
royaume  de  David  n'a  pas  subsisté  long- 
temps ;  mais  il  était  vraiment  éternel,  en 
tant  qu'il  était  la  figure  de  celui  de  Jésus- 
Christ,  dont  parle  saint  Luc.  1.  -33.  Regni 
ejus  non  erit  finis  .  Son  règne  n'aura  point 
de  fin.  Sur  quoi  l'on  peut  remarquer  que 
souvent  l'Ecriture  appelle  étemel  ce  qui  de 
soi  doit  finir,  mais  qui  représente  une  chose 
vraiment  éternelle,  comme  la  terre  de  Cha- 
naan,  Gen.  17.  8.  parce  qu'elle  est  la  figure 
de  la  demeure  éternelle  des  bienheureux. 
Joël.  3.  20.  Judtpii,  in  iTternum  habitabitur  : 
La  Judée  sera  habitée  éternellement.  Cela  ne 
peut  s'enleudre  que  dans  le  sens  figuré.  Voy. 
Sempiternus. 

'*'  Ce  mot  se  dit  aussi  des  choses  dont  on 
ne  sait  point  la  durée,  mais  qui  doivent.du- 
rcr  longtemps  .  comme  le  souvenir  qu'on 
aura  du  juste.  Ps.  111.  7.  [n  memoria  irtema 
erit  Justus  :  La  mémoire  du  juste  sera  éter- 
nelle parmi  les  hommes.  Sap.  8.  13.  c.  10.  li. 
Eccli.  i3.  31.  Jerom.  -20.  17.  c.  23.  iO.  Pa- 
ruch.  3.  2.  c.  '*.  2V.  !  Mach.  2.  31.  c.  6.  iV. 
.\insi  Ton  dit.  In  aternum  :  pour  toujours, 
sans  que  le  temps  soit  défini.  Joan.  13.  8. 
Mon  latiibis  mihi  pedes  in  œte'nnm  :  Jamais 
vous  ne  me  laverez  les  pieds,  dit  saint  Pierre 
à  Jésus-Christ. 

5'  Ce  qui  dispose  à  ce  qui  est  éternel, 
comme  la  pratique  de  la  vertu  qui  conduit  à 
la  vie  olernoUe.  Ps.  138.  2i.  Deduc  me  in  vin 


œterna  •  Conduisez-moi  par  la  voie  qui  dure 

éternellement. 

-ETHER,  is,  xi^s.  Du  rerbe  x^r.-r»,  brùier. 
parce  qu'il  se  prend  pour  la  région  du  feu 
élémentaire.  Qui  constat  ex  altissimis  igni- 
bus  .  dit  Cicéron. 

Le  ciel,  le  haut  de  l'air  (riz^i*  iȣ?^)-  Prov. 
8.  28.  Quando  cethera  firmabat  sursum  :  Lors- 
qu'il affermissait  la  partie  supérieure  de  l'air. 
Héb.  les  nuées.  Job.  33.  5.  Contemplare  œtke- 
ra  :  Regardez  le  ciel. 

-ETHIOPIA  .  £.  du  Grec  xîBir. .  brûler. 
Parce  que  ce  pays  est  expose  aux  ardeurs  du 
soleiî:  et  du  mot  ô-j,  le  visage. —  1'  Ethiopie 
occidentale  au  delà  de  l'Egypte.  Ps.  67.  32. 
^tkiopia  prœveniet  manus  ejus  Deo  :  Elle  se 
bâtera  de  tendre  ses  mains  à  Dieu  pour  l'ado- 
rer. Cela  s'est  accompli  sous  le  règne  de  Sa- 
lomon.  dont  la  gloire  et  la  puissance  jointes  à 
l'éclat  du  temple  de  Jérusalem,  V  attiraient  tous 
les  peuples,  i  Reg.  19.  9.  Es'th.  8,  9.  c.  13. 
1.  etc. — '2  Ethiopie  orientale,  qui  est  le  pays 
d'Arabie  où  habitaient  les  Ismaélites  .  les 
Amalecites,  les  Madianites.  etc.  Gènes.  2.  13. 
Ps.  86.  ♦.  Habile.  3.  7.  Pro  iniquitate  vidi 
tentoria  ^thiopioe.  Voy.  Textorium.  Ainsi  la 
femme  de  Moïse,  qui  était  Madianite.  est  ap- 
pellee  Ethiopienne.  Num.  12.  1.  Voy.  -Ethio- 

PISSA. 

-ETHIOPISSA.  JE.  Gr.  xiSto-i-'n:.  Nom  fé- 
minin du  mot  ifthiops.  Ethiopienne  .  du  pays 
d'Arabie.  Num.  12.  1.  Locu:a  est  3faria'et 
Aaron  contra  Aloisen.  propter  uxorem  ejus 
.£thiopissnin  .Marie  et  Aaron  parlèrent  con- 
tre Moïse  ,  à  cause  de  sa  femme  qui  était 
Ethiopienne  :  elle  elait  du  pays  de  Madian. 

^THIOPS,  is.  Voy.  Bochard,  1.  3.  c.  2. 
— 1  Ethiopien,  qui  est  d'Ethiopie,  pays  d'A- 
frique. 2  Par.  12.  3.  Libyes  .  scilicet  et  Jra- 
glodyt'.T  et  J!thiopes  :  Ces  peuples  sont  en 
Afrique,  c.  U.  v.  9.  12.  13.  c.  16.  8.  etc.  Les 
habitants  de  ce  pays  ont  la  peau  toute  noire  ; 
ce  qui  fait  dire  à  Jeremie.  c.  13.  23.  5i  mu- 
tare  potest  jEthiops  pellem  suam  :  Si  un  Ethio- 
pien peut  changer  sa  peau,  vous  pouvez 
aussi  faire  le  bien  ,  vous  qui  vous  êtes  étu- 
dies à  faire  le  mal  r  c'était,  dit  saint  Jérôme, 
par  une  alliche  très-forte  au  pèche,  que  les 
Israélites  s'étaient  mis  en  cet  état  de  ne  pou- 
voir plus  faire  le  bien.  Voy.  Mutire,  1". 

2^  Ethiopien,  qui  est  de  l'Ethiopie  orientale. 
2  Par.  21.  16.  Qui  confines  sunt  JEthiopibus  : 
Les  Arabes  sont  voisins  des  Ethiopiens,  c.  14. 
T.  9.  12.  Ps.  73.  li.  Dedisti  ntm  escam  popu- 
lis  .Ethiopum  :  Vous  avez  donne  Pharaon  en 
proie  aux  peuples  d'Ethiopie  ;  c'est-à-dire 
aux  Arabes  qui  habitent  le  long  de  la  mer 
Rouge  :  ils  étaient  appelés  Icihyophnges  ; 
mais  depuis  ils  ont  été  nommes  5(irra.<iN>-  ; 
c'est-à-dire  voJeurs  :  ce  sont  chez  les  auteurs, 
Scenitir  .  Arjbfs.  Vov.  Bochard.  lib.  i. 
c.  29. 

3"  BarKue  ,  étranger,  d  un  pays  éloigné. 
Ps.  71.  9.  Coram  illo  procidenl  .Éthiop^s  :  Los 
Ethiopiens  se  prosterneront  devant  Silonion, 
c'est-à-dire  le»;  peuples  les  pIhn  ,  "  -;5ji;e>.  P<î. 
8t'>.  4.  Amos,  9.  7.  Ct  /l/ù  .  ■  vos  estis 

'"''''.    '^/•■«    fsr.T^i   ■    r.        ..    ,  ..iiMdèrerAi 


15? 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 


156 


comme  des  Ethiopiens  ,  c'est-à-dire  comme 
des  barbares. 

JEVVM.  «iwv.  Du  mot  Grec  «twv,  comme  si 
c'cUnt  à£t  wv,  semper  existens  :  ce  qui  n'a 
ni  commencement  ni  fin  ;  néanmoins  ,  dans 
l'usage  il  signifie  :  —  1°  Le  temps  ou  quelque 
durée  de  temps  que  ce  soit.  Eccli.  1.  i.  Et  est 
an  te  œviim  :  Toute  sagesse  est  avec  Dieu  a  vaut 
tous  les  siècles,  c.  42.  19.  Inspexit  in  signutn 
œvi  :  Le  Seigneur  voit  les  signes  de  chaque 
temps  à  venir  :  ainsi  la  lune  marque  les  diffé- 
rents changements  du  temps.  Eccli.  43.  6.  Est 
oslensio  temporis  et  signum  œvi  :  La  lune  est 
la  marque  des  temps  et  le  signe  des  change- 
ments de  l'année.— 2°  L'éternité.  Eccli.  14. 
25.  c.  18.  8.  Exigui  anni  in  die  œvi  :  Cent 
ans  au  prix  de  l'éternité  sont  peu  de  chose, 
c.  41.  16.  Baruch.  3.  3. 

AFFABILIS,  E,  adjectif,  izpocmrtç.  Du  verbe 
affariy  qui  parle  avec  accueil  et  familiarité. 
Affable,  civil,  obligeant.  Eccli.  4.  7.  Congre- 
gationi  pauperum  affabilem  le  facito  :  Uen- 
dez-vous  affable  à  l'assemblée  des  pauvres  ; 
Il  faut  soulager  la  misère  des  pauvres,  du 
moins  par  le  bon  accueil  qu'on  leur  doit 
faire. 

AFFARI ,  de  la  préposition  ad  et  du  verbe 
/br«,  parler.  Parler  à  quelqu'un  (|3o«v).  Dan. 
6.  20.  Affalus  est  euni  .  Le  roi  étant  près  de  la 
fo-sse  ,  appela  Daniel  ,  et  lui  parla,  pour  voir 
s'il  n'avait  point  été  dévoré  des  lions. 

AFFECTIO,  Nis.  Nom  verbal  du  verbe  affi- 
cere,  qui  signifie  proprement,  disposition,  al- 
tération ou  émotion  qui  arrive  au  corps  ou 
à  l'esprit  ,  que  l'on  nomme  passion  :  dans 
l'Ecriture  : 

Affection  ,  amitié,  inclination  ,  tendresse 
pour  quelqu'un.  Rom.  1.  31.  Sine  affectiorie  : 
Ils  sont  sans  affection.  Gr.  «a-opyot,  dénatu- 
rés. Philipp.  2.  20.  2.  Tim.  3.  3. 

AFFECTUS,  us.  Ce  nom  vient  du  verbe  affi- 
cere ,  comme  affcctio  ,  et  signifie  la  même 
chose,  passion,  affection  de  l'esprit,  qui  ré- 
pond au  Grec  tzûOo;  ,  passiu. 

i"  Affection  ,  incli-Jiation  ,  passion,  Ezech. 
25.  G.  Gavisa  es  ex  toto  affectu  saper  terrain 
Israël  :  Vous  vous  êtes  réjouis  de  tout  voire 
cœur,  en  voyant  les  maux  de  la  terre  d'Israël  : 
ainsi  affeclns  cordis  :  c'est  la  passion  du 
cœur  ,  ce  que  l'on  désire  le  plus.  Ps.  72.  7. 
Tra7isierunl  in  affectum  cordis  :  Ils  se  sont 
abandonnés  à  toutes  les  passions  de  leur 
cœur.  Gr.  otàOeonv,  disposition. 

2°  Affection,  amour,  tendresse  pour  quel- 
qu'un {e'jvotoc).  2  Mach.  14.  37.  Qui  pro  af- 
fcctu  pater  Judœorum  appeUabatur  :  On  ap- 
jielait  Kazias  le  père  des  Juifs,  à  cause  de 
l'affection  (ju'il  leur  portail. 

AFFEURE,  fépeiv.  Ce  verbe  signifie  pro- 
prement ,  porter  à  quelqu'un  ou  quelque 
|)arl  :  il  répond  dans  l'Ecriture  aux  verbes 
hébreux  en  hiphil,  qui  marquent  faire  ve- 
nir, l'aire  approcher,  et  se  dit  non-seulement 
de  ce  qu'on  apporte,  mais  aussi  de  ce  qu'on 
amène,  de  ce  qu'on  conduit,  etc. 

i  Apporter,  prendre  une  chose  pour  ta 
porter  à  quehiu'un  ou  quelque  part.  Gènes. 
27.  4.  Afl'er  m<  lujncdam  :  Vous  m'apporterez 


ce  que  vous  aurez  pris,  afin  que  j'en  mange  : 
c'est  Isaac  qui  parle  à  son  fils  Esau.  v.  7.  0. 
13.  14.  25.  Marc.  6.  27.  Joan.  4.  33.  c.  21.  10. 
2  Tim.  4.  13.  etc.  à  quoi  se  rapporte  : 

yl/ferre,  emporter,  transporterd'un  lieu  à  un 
autre(/o|;Aiǣiv).l.  Esdr.  6.  5.  Attulerat  ea  inBa- 
6<//onem;Nabuchodonosoravaitfait  emporter 
en  Babylone  les  vases  du  temple.  1  Par.  13. 
6.  c.  15.  V.  3.  12.  Dan.  5.  2.  3.  etc.  Ainsi, 
Afferre  vocem  :  Faites  entendre  une  voix  de 
quelque  lieu.  2  Petr.  1.  18.  Audivimus  vo- 
cem de  cœlo  allatam  :  Nous  entendîmes  une 
voix  qui  venait  du  ciel,  dit  saint  Pierre. 
Afferre  prophetiam  :  Faire  passer  une  pro- 
phétie de  siècle  en  siècle.  2  Petr.  1.  21.  Non 
voluntate  humana  allata  est  aliquando  pro- 
pfietia  :  Ce  n'a  point  été  par  la  volonté  des 
hommes  que  les  prophéties  nous  ont  été  an- 
ciennement apportées. 

2°  Présenter,  offrir  {h.fêpnv).  Ps.  28.  2.  Af- 
ferte  Domino  fiUos  arietum  :  Présentez  au 
Seigneur  les  petits  des  béliers.  Ps.  44.  15. 
Afferentur  Régi  virgines  post  eam  ,  proximœ 
ejus  afferentur  tibi  :  L'on  vous  présentera 
celles  qui  sont  les  plus  proches  {àirofépstv). 
Afferentur  in  lœtitia  et  exultatione  :  Elles  se- 
ront présentées  avec  des  transports  de  joie. 
Voy.  ViRGo,  3°.  2.  Esdr.  10.  20.  35.  37.  etc. 
Ainsi  ,  Afferre  Domino  gloriam  et  honorem  : 
Présenter  au  Seigneur  la  gloire  et  l'honneur  ; 
c'est  lui  rendre  la  gloire  et  l'honneur  qui  lui 
sont  dus.  P.  28.  2.  Afferle  Domino  gloriam  et 
honorem  :  Hebr.  Rendez  au  Seigneur  la 
gloire  et  la  force  que  vous  avez  reçues  de  lui. 
Apoc.  21.  24.  Reges  terrœ  affereni  gloriam 
suam  in  iUum  :  Les  rois  de  la  terre  apporte- 
ront leur  gloire  et  leur  honneur  dans  la  Jé- 
rusalem céleste,  et  v.  26.  Afférent  gloriam  et 
honorem  gentium  :  Ils  y  apporteront  l'hon- 
neur et  la  gloire  des  nations  ;  c'est-à-dir€! 
qu'ayant  méprisé  ici-bas  cet  honneur- là 
même  ,  ils  le  retrouveront  avantageusement 
dans  le  ciel  ,  et  en  recevront  une  ample  ré- 
compense :  Ceci  est  tiré  d'Isaïe,  c.  60.  11.  où 
le  prophète  dit  de  l'Eglise  militante  ce  que 
l'Apocalypse  explique  de  la  triomphante. 

3"  Mener,  faire  venir.  Marc.  9.  16.  Alluli 
filium  meum  ad  te  :  Je  vous  ai  amené  mon 
fils.  V.  18.  Afferte  illum  ad  me:  Amenez-le- 
moi  ,  dit  Jésus-Christ.  P.  44.  v.  J5.  16.  Isa. 
43.  6.  ch.  60.  11  ;  et  dans  le  sens  figuré,  Af- 
ferre mala  :  Faire  venir  ou  faire  tomber  des 
maux  sur  quelqu'un.  Jerem.  23.  12.  Afferam 
super  eas  mala  :  Je  les  accablerai  de  maux 
(ir.âyEtv,  inducere).  c.  42.  17. 

Afferre  mortem  :  Faire  mourir.  Job.  6.  6. 
Potest  aliquis  gustare  quod  gustalum  afferi 
mortem  ?  Se  porte-t-on  à  manger  ce  qui  fait 
mourir?  Ose.  4.  18.  Afferre  ignominiam  : 
Couvrir  de  confusion.  Amos.  5.9.  Depopula- 
lionem  afferre:  Exposer  au  pillage  {ènûysi-j). 

k"  Porter  ,  produire  (eùijjopeîv).  Luc.  12.  16. 
Uberes  fructus  ager  atlulit  :  La  terre  a  porté 
beaucoup  de  fruits.  Jean.  12.  24.  Apoc.  22. 

2.  Ezech.  36.  8.  c.  47.  12.  Joël.  2.  22.  Habac. 

3.  17.  Matth.  13.  23.  etc.  et  dans  le  sens  mo- 
ral :  Fructum  afferre  :  Porter  du  fruit  ; 
c'est-à-dire  de  bonnes  œuvres.  Luc.  8.  15. 
Fructum  afferunt  inpatientia  :  Ils  portent  du 


ÎB7 


AFF 


AFF 


158 


fruit   parla  patience.  Joan.  15.  v.  1.  8.  16. 
(-/«orotpo/iïtv).  Voy.  Fructus. 

t  Alléguer,  produire  ,  avancer ,  mettre  en 
avanl.  Joan.  18.  29.  Quam  accusationem  af- 
fertis  adversus  hominem  hune  ?  Quel  est  Je 
crime  dont  vous  accusez  cet  homme  ?  quel 
reproche  lui  faites-vous  ?  2  Joan.  v.  10.  Si 
quis  venit  ad  vos  ,  et  hanc  doctrinam  non 
offert:  Si  quelqu'un  vient  à  vous ,  et  ne  fait 
pas  profession  de  celte  doctrine,  ne  le  rece- 
vez pas. 

6"  Avancer  ,  approcher.  Joan.  20.  27.  Af- 
fer  monum  tuam:  Approchez  voire  main,  dit 
Jésus-Christ  à  Thomas. 

1"  Donner,  accorder,  procurer,  mettre  en- 
tre les  mains.  Ps.  77.  29.  Desiderium  eorum 
attulit  eis  :  Dieu  leur  accorda  ce  qu'ils  dési- 
raient. Sap.  10.  14.  Donec  afferret  illi  scep- 
trmn  Rtgtii  :  La  sagesse  n'a  point  quitté  Jo- 
seph dans  ses  chaînes,  jusqu'à  ce  qu'elle  lui 
ail  mis  entre  les  mains  le  sceptre  royal.  A 
quoi  se  peut  rapporter  ce  qui  est  dit.  Prov. 
,H0.  \^.  Affer  ,  affer  :  Apportez,  apportez; 
c'est  la  convoitise  et  les  passions  qui  parlent, 
et  qui  demandent  toujours  d'autant  plus 
qu'on  leur  accorde. 

AFFICERE ,  SiKriOévrxi.  C'est  proprement 
faire  et  produire  une  chose  dans  une  autre  ; 
mais  c  est  ordinairement  quelque  mouve- 
ment ou  quelque  passion,  soit  dans  le  corps, 
soit  dans  l'esprit  ;  mettre  en  telle  ou  telle 
disposition,  bonne  ou  mauvaise  ;  dans  notre 
VuJgate  il  n'est  mis  qu'en  mauvaise  part. 
Abattre,  affliger.  Num  11.  15.  Obsecro  ut 
interficias  me,  ne  tantis  afficiar  matis  :  Je 
vous  conjure,  dit  Moïse,  de  me  faire  mourir, 
pour  n'être  point  accablé  do  tant  dv'  maux 
(ïtSiiv  x«xw<r£v,  videre  afflictionem);  ainsi,  mo/7e 
o/'/tc^re,  faire  mourir  (iSav^roûv).  Matlh.  10.  21, 
Marc.  13.  12.  Luc.  2i.  16.  et  en  plusieurs  en- 
droits :  Conlumeliis  officere :  Faire  outrage, 
traiter  oulrageusemenl.  Voy.  Gontumelia. 
AFFIGERE.  —  1°  Ficher  ou  iiltacher  à 
quelquechose  (TreptTiôsvae).  Num.  16.  v.  38.39. 
Èleazar  produait  sa  in  lamina>i ,  offifjens  al- 
tuj'i  :  Le  prêtre  Eléazar  prit  les  encensoirs 
d'airain  ,  dans  lesquels  ceux  qui  furent  dé- 
vorés par  l'eiiibrasement  ,  avaient  offert  de 
l'encens  au  Seigneur,  et  les  ayant  fait  réduire 
en  laines  ,  il  les  attacha  à  l'autel.  3.  Reg.  6. 
21.  k.  Reg.  18.  16. 1  Par.  iO.  10.  2.  Par.  3.  5. 
Ainsi ,  affiyere  cruci  ou  palibulo ,  ou  simple- 
ment «//jt/ere,  c'est  attacher  en  croix  ou  au 
gibet,  soit  avec  des  clous  ou  avec  des  cordes. 
2.  Reg.  21  13  Eslh.  6.  k.  c.  8.  7.  c.  9.  25.  et 
dans  un  sens  figuré  Affirjere  cruci:  c'est 
r'iholir  entièrement ,  anéantir.  Coloss.  2.  IV. 
Jpsuin  tulit  de  medio  affujens  illud  cruci  :  Jé- 
sus-Christ a  enlièrcmenl  aboli  par  sa  doc- 
trine la  cellule  qui  nous  était  contraire  ,  en 
l'atlaehant  à  la  croix  :  celte  cédule  éîail  la 
loi  écrite  que  les  Juifs  avaient  comme  signée 
en  l'arceplanl. 

2*0utrager,affliger(-T£/->v[Ç£tv,su/)/)/flnfare). 
Malach.  3.  8.  Si  uffifjct  homo  Dcum  ,  (/uia  vos 
coiifiyilis  me  ?  Un  homme  doit-il  outrager  son 
Dieu  coin:ne  vous  in  avez  outragé  ?  Le  verl)o 
hébr(  u  signifie  ordinairement  prendre,  enic- 
Ycr^  dépouiller,  comme  si  Dieu  disait  :  Fuul-il 


qu'un  homme  vole  Dieu  même,  et  ravisse  ce 
qui  lui  appartient  ?  en  ne  lui  payant  pas  les 
dîmes  et  les  prémices  qui  lui  sont  dues  ?  Voy. 

CONFIGERE. 

AFFINIS  ,  is.  E.  De  la  préposition  ad  et  C3 
finis,  proprement,  allié  par  mariage  ;  parce 
que  les  deux  parentés  différentes  se  réunis- 
sent par  le  mariage  :  il  signifie  aussi  ce  qui 
est  voisin  ,  ce  qui  approche,  ce  qui  a  du  rap- 
port et  de  la  convenance  avec  quelque  chose. 
Allié  par  mariage  {h.  rri?  yu/Yïç,e  tribu).  Le- 
vit.  25.  4-9.  Consanyuineus  et  affinis:C(i\m  qui 
lui  est  uni  par  le  sang  ou  par  l'allianco. 

AFFINITAS,  Tis.  —  i  Affinité,  alliance 
par  mariage.  Lévit.  18.  14-.  Non  accèdes  ad 
uxorem  patrni  tui  qnœ  tibi  affinitale  conjun- 
gitur,  (Tvyysv/t;  Ècrtv:  Vous  ne  vous  approche- 
rez point  (le  la  femme  de  votre  oncle  pater- 
nel ;  c'est-à-dire,  vous  ne  l'épouserez  point, 
parce  qu'elle  vous  est  unie  par  alliance.  3. 
Reg.  3.  1.  2.  Par.  18.  1.  On  peut  voir  les 
degrés  d'affinité  qui  empêchaient  les  ma- 
riages chez  les  Juifs.  Lévit.  18.  et  20.  — 
2^  Famille,  parenté  (Trc-rptà,  Familia).  1.  Par. 
h.  38.  In  domo  affinilatum  suarum  rnuUipli- 
cati  sunt  vehementer  :  Ils  s'accrurent  extrê- 
mement dans  leurs  familles;  Héb.  In  domo 
patrum  suorum  :  dans  la  maison  de  leurs  an- 
cêtres. 

AFFIRMARE.  St«<5-€«ioO!79«i.—  1°  Affirmer, 
assurer,  confirmer.  l.Tim.  1.  7.  Volenlesesse 
Legis  Doctores,  non  intelligentes ,  nerjue  quœ 
loquuntur,  neque  de  quibus  affirmant  :  Ils 
veulent  être  les  docteurs  de  la  loi,  sans  qu'ils 
sachent  ni  ce  qu'ils  disent,  ni  ce  quils  assu- 
rent si  hardiment.  2.  Par.  32.  11.  2.  Mae.  7. 
24.  Lue.  22.  v.  59.  Act.  12.  15.  c.  25.  19. 

2"  Montrer  par  Y)veuves{Tx)u.Si^c/.^siv,collalis 
teslimoniis  probarcj.  Act.  9.  22.  Saulus  con- 
fundebat  Judœos  affirmans  quoniam  hic  est 
Christus:  Saul  confondait  les  Juifs  qui  de- 
meuraient à  Damas,  leur  montrant ,  par  des 
témoignages  de  l'Ecriture,  qu'il  comparait 
les  uns  avec  les  autres,  que  Jésus  était  le 
Christ. 

AFFLlGERE,eAtge£v.  Ce  mot  vient  d'ad  .  et 
du  vieux  Latin  fligere ,  qui  représente  le 
bruit  que  font  les  coups  de  main  et  de  fouet, 
et  signifie  ausii  abattre,  opprimer,  renver- 
ser par  terre,  mettre  sous  les  pieds  :  ainsi , 
le  mol  (tffligere  marque  : 

Affliger,  tourmenter,  abattre,  faire  souf- 
frir quelque  chagrin,  quelque  peine,  ou 
quelque  douleur.  Exod.  23.  22.  Affligam 
affligentes  te  :  J'affligerai  ceux  qui  vous  mal- 
traiteront (xoTOJv).  Eccl.  10.  15.  Labor  stul- 
torum  affligée  eus  :  Le  travail  des  insensés 
les  accablera  ;  les  insensés  qui  ne  travaillent 
que  pour  ce  qui  passe,  et  non  pour  l'éter- 
nité, après  avoir  beaucoup  travaillé,  se 
trouveront  n'avoir  rien  avancé  que  leur 
propre  perte.  Prov.  10.  3.  Act.  12.  1.  etc. 
Ainsi,  Affliycre  cor,  ou  animam ,  Affiiger, 
chagriner,  allristcr.  1.  Reg.  1.  18.  Quamob- 
rem  affîigilur  cor  ntu?/i?  Pourquoi  vous  af- 
lligez-vous?  2.  Keg.  13.  20.  Prov.  13.  12. 
Spcs  quiediffcrtur  affliglt  aninuiin  :  Le  retar- 
deiiKMii  de  ce  que  l'on  espère  cause  de  l'in- 
quiétude. Job.   19.  2.  c.  31.  39.  De  là  vient 


459 


DICTIONNAIRE  DK  PHILOLOGII-]  SACRriC. 


cette  phrase  :  Afftigere  unimam  :  Se  morti- 
fler  par  les  jeûnes  et  les  autres  exercices  de 
la  pénitence,  pour  apaiser  la  colère  de  Dieu, 
Lévit.  16.  29.  31.  Afflige tis  animas  vestras. 
c.  23.  V.  27.  29.  Omnis  anima  quœafflictanon 
fuerit  die  hac,  peribit  de  populis  suis  :  Dieu 
montrait  ainsi  aux  Juifs  la  nécessité  du  jeûne 
et  de  la  pénitence,  pour  l'expiation  des  pé- 
chés ,  leur  commandant  de  s'alfliger,  sur 
peine  de  la  vie.  v.  32.  Num.  29.  7.  c.  30.  14. 

AFFLICTIO,  Nis.  Voy.  Affligere.  Ce  mot, 
qui  est  fort  peu  en  usage  chez  leâ  Latins, 
signifie  proprement  l'action  ou  le  coup  par 
lequel  on  est  abattu  ou  renversé  par  terre  ; 
mais  dans  l'Ecriture  il  signifie  : 

AFFLICTIO,  y.àyM(jiç.  i"  Affliction,  misère, 
désolation.  Sap.  3.  2.  jEslimnta  est  affliclio 
exitus  illoriim  :  Leur  sortie  du  monde  a  passé 
pour  un  comble  d'affliction.  Prov.  10.  22. 
Jer.  28.  8.  c.  29.  11. 

2"  Douleur  corporelle,  plaie  sensible,  mau- 
vais traitement,  oppression.  Exod.  3.  v.  7. 
17.  Vidi  affliclionem  eorum  qui  ab  jEgtjpliis 
opprimuntur  :  J'ai  vu  leur  affliction,  et  de 
quelle  manière  ils  sont  opprimés  par  les 
Egyptiens,  c.  k.  31.  Deut.  31.  v.  17.  21. 
Thren.  1.  v.  3.  7.  etc.  Ainsi,  le  pain  sans  le- 
vain que  le  peuple  d'Israël  mangea  à  la  sor- 
tie d'Egypte  est  appelé  Pain  d'affliction,  à 
cause  qu'il  était  fade  et  pesant,  et  qu'ils  fu- 
rent obligés  (le  s'en  servir  dans  un  temps  de 
peine  et  d'affliction;  outre  que  Dieu  impo- 
sait aux  Israélites  cette  obligalion  rigou- 
reuse pour  les  faire  souvenir  des  afflictions 
qu'ils  avaient  souffertes  dans  l'Egypte,  et 
dont  ilJes  délivrait.  Voy.  Azymus. 

3°  Jeûne,  mortification (TKTreîvMcrts-}.  1.  Esdr. 
9.  5.  Surrexi  de  afflictione  mea  :  Je  me  levai, 
et  je  cessai  de  m'alflig(M-. 

4.°  Peine  d'esprit,  inquiétude  (7Tî|Ot<r77«(T/xôc). 
Eccli.  3.  10.  Vidi  affliclionem  quatn  dédit 
Deus  filiis  hominum  :  J'ai  vu  l'occupation  pé- 
nible que  Dieu  a  donnée  aux  hommes  :  ils 
se  tourmentent  inutilement  pour  se  procu- 
rer des  biens  périssables,  qui  les  rendent 
toujours  plus  malheureux,  c  2.  26.  etc.  De 
là  vient  cette  expression,  Affliclio  spirilus, 
qui  se  met  souvent  dans  ce  livre. 

AFFLUERE,  inif,pîî-».  Couler  vers  quelque 
chose;  ce  qui  se  dit  de  l'eau  et  des  autres 
liqueurs;  et  par  rapport,  se  dit  aussi  des 
choses  qui  sont  en  grande  quantité.  Ainsi  il 
signifie  • 

1'  Abonder,  avoir  beaucoup  de  quelque 
chose.  Jerem.  30.  10.  Jacob  candis  affluet 
bonis  :  Jacob  sera  dans  l'abondance  de  toute 
sorte  de  biens.  Job.  22.  2G.  Eccli.  2.  v.  1. 
25.  2.  Petr.  2.  13.  etc.  Ainsi,  Prov.  3.  13. 
liealus  liomo  qui  afflucl  prudcnlia  :  Heureux 
celui  qui  est  riche  en  prudence. 

2'  Etre  en  abondance,  venir  en  grande 
quantité  (^•i£,.v).Ps.  61.  11.  IJiviliœ  si  affluant, 
notite  cor  apponerc  :  Si  vous  avez  beaucoup 
de  richesses,  gardez-vous  bien  d'y  attacher 
"votre  cœur.  Lettr.  Si  les  richesses  vous  vien- 
nent on  abondance. 

AFFLUENTEK.  Abondamment,  en  grande 
abondance,  en  grande  quantité;  ainsi  il  si- 
gniljc  aussi  libéralement  («ttaw.-).  Jac.  1.  5. 


m 

donne  à 


Qui  dat  omnibus' afflaenler  :  Dieu 
tous  libéralement,  sans  reprocher  ce  qu'il 
donne  :  cela  s'entend  de  ceux  qui  lui  de- 
mandent comme  il  faut  demander.  Gr.  sim- 
pliciter  :  Ceux  qui  donnent  siniplement  et 
Sctns  y  prendre  garde  de  si  près,  donnent  li- 
béralement. Voy.  SlMPLICITAS. 

AFORIS,  rçwQsv.  Par  dehors.  Malth.  23. 
27.  Aforis  parent  hominibus  speciosa  :  Les 
sépulcres  blanchis  paraissent  beaux  au  de- 
hors aux  yeux  des  hommes,  v.  28.  Baruch. 
2.  22.  Cet  adverbe  se  trouve  dans  les  auteurs 
latins;  mais  plusieurs  croient  qu'il  faudrait 
séparer  la  préposition  a,  de  foris,  et  l'écrivent 
ainsi. 

AFRICA,  M.  Ce  mot  vient  de  l'a  privatif, 
et  de  (i'pi/.n,  frigus ,  comme  qui  dirait,  sine 
frigore;  parce  que  ce  grand  pays  est  exposé 
au  midi. 

L'Afrique  ,  une  des  quatre  parties  du 
monde,  laquelle  se  divise  en  sept  parties, 
savoir  :  l'Egypte,  la  Barbarie,  la  Numidie, 
la  Libye,  le  pays  des  Nègres,  le  royaume  de 
Congo  et  l'Ethiopie.  Isa.  66.  19.  Mittam  ex 
eis  qui  salvati  fuerint  ad  génies,  in  mare,  in 
Africam  :  J'enverrai  ceux  d'entre  eux  qui  au- 
ront été  sauvés,  vers  les  nations ,  dans  les 
mers,  dans  l'Afrique,  etc.  Gela  s'entend  do 
la  prédication  de  l'Evangile  portée  par  les 
Apôtres  dans  tout  l'univers. 

Bochart  croit  que  le  mot  Afriea,  en  cet  en- 
droit, qui  répond  à  l'Hébreu  phul,  est  le  pays 
qui  est  entre  l'Egypte  et  l'Ethiopie,  appelé 
Elephanline,  et  Phila ,  dans  les  auteurs;  et 
que  la  ville  de  ce  nom  est  sur  le  Nil,  cent 
stades  au-dessus  de  Syène. 

AFRICUS,  I.  Suppl.  Fcwius.  Voy.ApHRicus. 
Ce  mot  vient  de  la  même  racine  (\\i  Afriea,  et 
signifie  1"  le  vent  du  couchant  d'hiver,  entre 
le  midi  et  l'occident  ().r^,  ).i§ô,-).  Ps.  77.  29. 
Induxit  in  virtute  sua  Africum  :  Il  fit  venir 
par  sa  puissance  le  vent  du  couchant.  Isa. 
21.  1.  Act.  27.  12. 

2"  La  partie  du  midi  (Saywv ,  Héb.  Meri- 
dies).  Ezech.  20.  46.  Stilla  ad  Africum  :  Par- 
lez vers  le  vent  d'Afrique;  c'est-à-dire  pro- 
phétisez contre  la  Judée;  elle  était  du  côté 
du  midi,  à  l'égard  de  la  Chaldée,  où  était  le 
prophète.  Jos.  18.  14. 

AGABUS,  ].  Héb.  Locusta.  Agabe,  pro- 
phète, (jui  prédit  la  famine  qui  arriva  sous 
l'empire  de  Claude.  Act.  11.  28.  Super  véné- 
rant ab  Jerosolymis  propfietœ  Anliochiam,  et 
surgens  unus  ex  eis  nomine  Agabus  significa- 
hat  pcr  spirilum  famem  magnam  fuluram  in 
itniverso  orbe  terrarum  quœ  fada  est  sub 
Claudio  :  Il  prédit  aussi  que  saint  Paul  se- 
rait mis  dans  les  chaînes  à  Jésuralem.  c.  21. 
10.  Supervenit  quidam  a  Judœa  propheta  no- 
mine Agabus  .-Un  prophète,  nommé  Agabus, 
arriva  de  Judée. 

AGAG,  Héb.  Teclum.  Un  roi  des  Amalé- 
cites  que  Saiil  fit  prisonnier,  sans  le  tuer.  1. 
Reg.  15.  V.  8.  9.  Apprehendit  Agag  regem 
Amalec  vivum  :  Il  prit  vif  Agag,  roi  des  Ama- 
lécites  ;  El  pepercil  Saul  et  populus  Agag  : 
Mais  Saiil  avec  le  peuple  épargna  Agag;  ce 
prince  fit  cela  contre  Tordre  de  Dieu,  ce  qui 
fut  cause  de  sa  réprobation ,  comme  le  pro- 


m 


AGA 


phète  Balaani  l'avait  prédit.  Num.  24.  7. 
Tolletur  prop(er  Agag  rex  ejus  :  Le  roi  d'Is- 
raël sera  rejeté  pour  avoir  épargné  Agag  : 
ce  nom  était  commun  aux  rois  des  Amalé- 
cites;  Samuel  commanda  qu'on  lui  amenât 
Agag,  et  le  mit  en  pièces  sur-le-champ.  1. 
Reg.  15.  33. 

AGAGITES,  JE.  Qui  est  Amalécite.  Eslh. 

8.  3.  Procidit  ad  pedes  régis,  ut  malitiam 
Aman  Agagitœ  et  machinaliones  ejus  pessimas 
juberet  irritas  fieri  :  Eslher  alla  se  jeter  aux 
pieds  du  roi,  et  le  conjura  d'arrêter  les  mau- 
vais effets  de  l'entreprise  pleine  de  malice 
qu'Aman  avait  formée  contre  les  Juifs,  c.  9. 
6.  Mais  d'autres  croient  qu'Aman  est  appelé 
Agagite ,  parce  qu'il  était  descendant  du  roi 
Agag,  €omme  en  effet  il  est  marqué.  Esth. 
3.  1.  Qui  erat  de  stirpe  Agag.  et  v.  10.  et  c. 

9.  '2k-.  Voy.  Amon. 

AfiAR,  Héb.  Advena.  Femme  égyptienne 
de  nation,  servante  de  Sara;  Abraham  la 
prit  pour  sa  seconde  femme,  à  la  prière  de 
Sara  même,  qui  était  stérile,  et  par  une  se- 
crète inspiration  de  Dieu.  Gènes.  16.  13  At- 
tulit  Agar  anciUam  suam ,  et  dédit  eam  viro 
suo  uxorem  :  Sara  prit  sa  servante  Agar,  et 
la  donna  pour  femme  à  son  mari.  Celte  es- 
clave égyptienne,  se  voyant  enceinte,  mé- 
prisa sa  maîtresse,  croyiint  que  son  fils  se- 
rait l'héritier  des  grands  biens  que  possédait 
Abraham.  Sara  s'en  plaignit  à  Abraham, 
qui  l'abandonna  à  sa  discrétion;  Agar,  ap- 
préhendant d'être  châtiée,  s'enfuit  dans  le 
désert,  oh.  un  ange  lui  ordonna  de  retourner 
vers  sa  maîtresse,  et  de  s'humilier  devant 
elle.  Sa  maîtresse,  la  yoyant  soumise,  lui 
accorda  le  pardon  qu'elle  demandait..  Elle 
accoucha  ensuite  d'un  fils  qui  fut  nommé 
Ismaè'l ,  l'an  209i.  Treize  ans  depuis,  Abra- 
ham eut  de  Sara  un  fils  qu'il  appela  Jsaac  ; 
quand  il  lui  devenu  un  peu  grand,  Sara 
ayant  aperçu  qu'Ismaël,  qui  était  plus  âgé, 
le  mallrailail  quelquefois,  elle  fil  congédier 
la  mère  ei  l'enfant;  celle  mère  infortunée  se 
relira  encore  dans  le  désert,  où  un  ange  la 
consola,  et  lui  promit  que  son  fils  serait 
père  d'un  très-grand  peuple. 

Agar,  servante  de  Sara  ,  marque  l'An- 
cien Testament,  qui  ne  faisait  que  des  es- 
claves. Gai.  4.  2i.  Quœ  est  Agar  :  L'ancienne 
loi  établie  sur  le  mont  Sina  était  figurée  par 
Agar;  la  crainte  scrvile  était  une  propriété 
essenlielle  de  l'Ancien  Testament. 

AGARAI,Héb.  Peregrinus.  ^om  d'homme, 
qui  fut  père  de  Mibahar.  1.  Par.  11.  38.  Voy. 

MlHAUAR. 

AGAKyEÏ,  Ismaélites  descendus  d'Agar, 
mèrcdlsmaël,  (jui,  du  temps  de  Saùl,  furent 
chassés  de  leur  pays  par  ceux  de  la  tribu  de 
Uuben.  1.  Par.  5.  v.  10.  19.  -20.  c.  27.  :i\. 
J.iziz,  qui  avait  la  charge  des  bicbis  do 
David,  était  Agaréen,  descendu  d'Agar  par 
Ismaël  :  ils  sont  appelés  eiifants  d'Agar. 
iJaruch.  3.  2.3.  Fitii  quoqne  Agar  :  C'étaient 
les  habitants  de  l'Arabie  Heureuse. 

AGAKENI.  Les  Agaréniens,  descendus  de 
la  même  Agar,  mais  non  d'Abrahairi.  Ps.82. 
0.  Moab  et  Agareni  :  Les  .Moabiles  et  les 
Agaréniens  :  ceux-ci  habilaiciit  l'Arabie  dé- 


AGE  162 

série,  et  ont  mieux  aimé  s'appeler  5arrflsm*, 
de  Sara,  pour  se  faire  honneur,  q\ïAgaré' 
niens,  d'Agar,  leur  mère.  Ce  qui  oblige  à 
distinguer  ceux-ci  des  premiers  enfants  d'A- 
gar, c'est  qu'ils  sont  ici  distingués  des  Ismaé- 
lites :  Jsmaelilœ,  Moab  et  Agnreni.  D'autres 
néanmoins  croient  que  ce  sont  les  mêmes  , 
mais  que  les  Ismaélites  sont  ceux  qui  n'a- 
vaient point  été  réduits  sous  la  puissance 
des  Israélites,  et  que  les  Agaréniens  sont 
ceux  qui  leur  avaient  été  soumis,  soit  au 
temps  de  Saùl,  soit  au  temps  de  Jéroboam 
second. 

AGATE.  Voy.  Achats. 

ÂGÉ,  Héb.  Vallis.  Non  d'homme,  qui  fut 
père  de  Semma.  2.  Reg.  23.  11.  Voy.  Semma. 

AGER,  1.  Du  Grec.  «y/sô,-. 

1"  Un  champ,  une  pièce  de  terre,  propre 
à  être  cultivée  et  semée  de  grains.  Prov.  24. 
27.  Diligenter  exerce  agrum  tuum  :  Ayez  soin 
de  bien  cultiver  votre  champ  :  chacun  a  son 
champ  à  culliver,  c'est-à-dire  son  emploi  à 
bien  remplir,  v.  30.  ch.  23.  10.  c.  27.  26.  c. 
31.  16.  De  là  vient,  Agrum  agro  copulare  ; 
Ajouter  les  terres  aux  terres  :  ce  qui  se  dit 
de  ceux  qui  ne  pensent  qu'à  acquérir  du 
bien,  et  à  s'agrandir  toujours.  Isa.  5.  8.  Vœ 
qui  conjungitis  domum  ad  domum  et  agrum 
agro  copulatis  :  Une  vigne.  Levit.  19.  9.  Gr. 
«f/TyfXwv,  Vinetum.  Voy.  Deut.  22.  9. 

2"  Un  champ,  une  place  dans  les  champs. 
Jos.  6.  13.  Cum  esset  Josuc  in  agro  urbis  Jé- 
richo ;  Josué  étant  dans  un  lieu  près  de  la 
ville  de  Jéricho.  Judic.  13.  9.  1.  Reg.  30. 
J 1.  etc.  De  là  vient  Ager  Fullonis  :  Le  champ 
du  Foulon;  c'était  un  lieu  près  de  Jérusa- 
lem, où  les  foulons  étendaient  leurs  draps, 
et  les  lavaient  dans  le  canal  qui  était  en  ce 
lieu-là.  4.  Reg.  18. 17.  In  via  agri. Fullonis  ;  sur 
le  chemin  du  champ  du  Foulon.  Isa.  7.  3.  c. 
36.  2.  Ager  Robustorum  :  le  champ  des  Vail- 
lants, où  douze  jeunes  gens  d'un  côlé,  et 
douze  de  l'autre,  se  ballircnt  et  se  tuèrent 
les  uns  les  autres.  2.  Reg.  2.  16.  Vocatum 
est  nomen  loci  illius,  ager  robustorum  ?n 
Gabnon. 

3'  Le  monde  ou  l'Eglise  visible,  répandue 
par  tout  le  monde.  Malt  h.  13.  38.  Ager  est 
mundus  :  Le  champ  où  Jésus-Christ  sème  sa 
parole,  c'est  le  monde.  La  parole  de  Dieu  a 
été  répandue  par  les  apôtres  dans  tout  le 
monde  ,  c'est  l'application  de  la  parabole  qui 
est  proposée,  v.  24.  et  suiv.  Luc.  lo.  25. 

AGKRE.  Ce  verbe  qui  vient  du  grec  «ystv, 
a  plusieurs  sortes  de  significations,  qui  ré- 
pondent en  partie  au  verbe  r^rjU-v^iu,  gerere,  et 
à  77otïrv,  facere. 

i"  Faire  (-/s«tt£iv).  Prov.  13.  16.  Aslutus 
omnia  agit  cum  consilio  :  L'homme  habile 
fait  tout  avec  conseil.  Rom.  7.  15.  Non  quod 
vola  honum,  hoc  ago  ;  sed  quod  odi  malum^ 
illud  facio  :  ia  ne  fais  pas  ce  (|uc  je  veux, 
mais  je  fais  ce  que  je  condamne  ;  il  s'agit  ici 
des  premiers  mouvements  (jui  préviennent 
la  raison.  1.  Thcss.4.  1.1.  Mac.  2.  06.  Rulh. 
3.  13.  etc.  Ce  verbe  se  met  avec  plusieurs 
sortes  d'adverbes  en  celle  signification  :  ainsi, 
bene  agcre,  signifie  faire  le  bien.  Gen.  4.  7. 
Ps.  35.  4.  Ad.  15.  :'9.  Mais  beiie  agerc,  signi» 


165 
fie 


dictionnairk.de  philologie  sacrée. 


HP  être  libéral  et  bienfaisant.  1.  Tim.  6.18. 
Divmmhljus  sœculi  prœcipe  bene  agere  : 
Ordonnez  aux  riches  de  ce  monde  d'elre  cha- 
ritables et  bienfaisants,  ùyuBo^jf^yea. 

2°  Faire  paraître ,  témoigner  : 

A  uuoi  se  rapportent  ces  phrases,  Agere 
pœnitentiam  :  Faire  pénitence  t«r;^o>gnor 
son  repentir  (^sxavo.tv,  mîpîsce-e).  Jerem.  18. 
8  Si  eqerit pœnitentiam  gens  illa  a  malo  siio  ; 
aaam  et  eqo  pœnitentiam  super  malo  quodco- 
Qitavi  utfaceremei:Si  cette  nalion  fait  péni- 
tence des  maux  pour  lesquels  je  1  avais  me- 
nacée je  me  repentirai  aussi  moi-même  du 
mai  que  j'avais  résolu  de  lui  faire.  Ici  on 
attribue  à  Dieu  le  repentir,  pour  marquer  le 
changement  qui  se  fait  dans  l'homme  même  : 
car  en  Dieu  ,  il  n'y  a  ni  regret  ni  repentir, 
ni  aucun  changement.  Voy.  Poenitere.  Job. 
21  2.  Agite  pœnitentiam  .-Changez  de  senti- 
ments. Voy.  PoENiTENTiA.  Ainsi ,  Grattas  age- 
re signifielémoigner  sa  reconnaissance (^âf^t- 
T«l  ê'yetv,  Evyapi^reh).  2.  Mac.  3.  33.  Oniœ  sa- 
cerdotigratias  âge,  Luc.  17.  16.  c.  18. 11.  etc. 
Matlh.  26.  27.  Et  accipiens  calicem,  grattas 
egil  :  kt  prenant  le  calice,  il  rendit  grâces. 
Jésus-Christ  en  instituant  le  sacrement  ado- 
rable de  son  corps,  rendit  grâces  à  Dieu  son 
Père, et  c'est  de  là  que  le  nom  à' Eucharistie, 
qui  signifie  action  de  grâces,  a  clé  donné  au 
sacrement  même ,  et  l'Eglise  ne  ie  célèbre 
qu'après  cette  action  de  grâces  solennelle 
qu'elle  fait  à  la  préface  delà  messe,  après 
en  avoir  averti  le  peuple  par  ces  paroles  : 
Rendons  grâces  au  Seigneur  notre  Dieu.  Marc. 
ik.  23.  Luc.  22.  V.  17.  19.  1.  Cor.  11.  24.  Il 
semble  que  cette  phrase  se  dit  de  ce  que  le 
verbe  agere,  signifie  quelquefois  pousser, 
faire  avancer;  néanmoins,  on  croit  commu- 
nément que  gratias  agere,  signifie  propre- 
ment remercier  de  paroles,  parce  qu'agere 
signifie  quelquefois  dicere.  Tercnt.  Adelph. 
1.  1.  Estne  ipsixis  de  quo  agebam?  c'est-à- 
diro  dicebam. 

3' Conduire,  pousser  par  un  mouvement 
intérieur  (aystv).  Luc.  k.  1.  Agebatur  a  Spi^ 
ritu  in  desertum  :  ï\  fut  poussé  par  l'Esprit 
dans  le  désert.  Saint  Marc  dit  £'a'pu///,  pour 
marquer  la  force  du  mouvement  de  l'Esprit 
de  Dieu  qui  le  poussait;  mais  saint  Mallhieu 
dit  Ducats  est,  pour  faire  voir  que  c'était  li- 
brement et  sans  violence.  Uom.  8.  14.  Qui- 
Clinique  Spirilu  Deiaguntur:  Tous  ceux  qui 
sont  poussés  et  conduits  par  l'Esprit  de  Dieu, 
sont  enfants  de  Dieu. 

4-"  Agiter,  pousser  avec  violence  (s^cûvstv). 
Luc.  8.  29.  Agebatur  a  dœmonio  in  déserta  : 
Cet  homme  était  poussé  dans  le. désert  par  le 
démon,  qui  l'agitait ,  comme  un  cavalier  qui 
pousse  son  cheval  à  coups  d'éperon. 

5"  Chasser  devant  soi;  d'où  vient  Agere 
prœdnm  :  Faire  butin.  Judic.  9.  25.  Eocerce- 
bant  Inirocinid,  agcnles  prœdas  de  prœtereun- 
iibus  :  Ils  s'exerçaient  à  des  brigandages,  et 
volaient  tous  les  passants.  1.  Rog.2.  8.  Agere^ 
en  cet  endroit,  est  mis  pour  abigere;  p;;rce 
qu'ordinairement  ou  fait  aller  devant  soi  le 
butin  ^uc  l'on  fait. 

G°  Exe|-£er,  adminislrcr  (roX£|/£rv7TÔ)ç;/ov).  1. 
Mac.  2.  66.  Jp$e  aget  bdlim  populi  :  Judas 


4C4 

Machabée  conduira  le  peuple  dans  la  guerre; 
il  exercera  la  charge  de  la  guerre  pour  la  dé- 
ifense  du  peuple. 

7"  Faire,  célébrer  {■mpi  tÔ  actêgarov  ■yheTecu.). 
TohA3.iO.Agitedieslœtitiœ:\\é}ou'.ssvz-\ous 
dans  le  Seigneur  tous  les  jours.  2.  Mac.  8. 
27.  Sabbatum  agebant  :  Ils  célébraient  le  sab- 
bat. 2.  33.  c.  10.  v.  6.  8.  c.  12.  38.  c.  15.  v. 
3.4-.  Ps.  75. 11.  Voy.  Reliqui^ 

8'  Agir,  se  conduire  bien  ou  mal  (auvtevat). 

I.  I\eg.  18.  5.  Prudenter  seagebat.  v.  ik.  Pru- 
denter  agebdt  :  David  se  conduisait  avec 
beaucoup  de  prudence.  Ps.  93. 1.  Libère  egit  : 
Il  a  agi  avec  une  entière  liberté,  k.  Reg.  18. 

7.  [TTCf.pp-o<7tài^S(jOai). 

9'  Traiter,  en  user  avec  quelqu'un  bien  ou 
mal  {tzouïv).  JudicI  9.  16.  Si  bene  egistis  cum 
Jerobaal  et  cum  domo  ejus  :  Considérez  si 
vous  avez  bien  traité  Jérobaal  et  sa  maison. 
Ezech.  23.  29.  2.  Mac.  14.  42.  c.  9    27.  Sap. 

II.  V.  6.  14.,  etc. 

10^  Etre,  vivre,  se  trouver  en  tel  ou  tel  état 
(èTZLTDyy^c'.-jF.tv).  Gen.  39.  2.  Erat  in  cunctis 
prospère  agens  :  Tout  réussissait  heureuse- 
ment à  Joseph.  Luc.  14.  3-2.  JUo  longe  agente: 
Lorsqu'il  est  encore  bien  loin.  Act.  24.  2. 
Cu)7i  in  multa  pace  agamus  per  te  :  Comme 
c'est  par  vous  que  nous  vivons  dans  une  pro- 
fonde paix.  Tit.  3.  3.  Ainsi,  Recte  agere  :  Se 
porter  bien,  être  en  bonne  disposition.  1. 
Reg.  17.  v.  18.  2.  Reg.  11.  7.  On  dit  aussi, 
recte  agi,  en  ce  sens,  1.  Reg.  17.  22  (sî?  zh-ffuni», 
ad  pacem).  Jnterrogabat  si  omnia  recte  âge- 
rentur  erga  fratres  suos  :  Il  demanda  com- 
ment ses  trèresseportaient.4.Reg.  4. 26.,  etc. 
A  quoi  on  peut  rapporter,  agi  de  re  aligna^ 
pour  marquer  qu'il  s'agit  de  quelque  chose. 
l.Reg,  21.  5.  Si  de  mulieribus  agitur  :S'\i  s'a- 
git des  femmes 

Enfin  le  verbe  agere  a  plusieurs  autres  si- 
gnifications, (jui  ne  sont  déterminées  que 
par  les  mots  avec  lesquels  il  est  joint  ;  comme 
ugerc  vilain, c'esl  \i\ie;  agere ciiram,  curare; 
agere  iter,ive  ;  agere  consilium^  cousu Itare,  etc. 

AGITE,  aysvùv;  c'esl  une  espèci'  d'adverbe, 
qui  se  fait  de  l'impératif  du  verbe  agere,  et 
ne  se  met  qu'au  pluriel,  comme  âge  au  sin- 
gulier; mais  agedum  se  met  avec  l'un  et 
l'autre  nombre  :  on  s'en  sert  ordinairement 
pour  exciter  et  pour  exhorter.  Jac.  5.  1. 
Agite  nunc  ,  divites  :  Or  ça,  riches;  après 
avoir  repris  l'avaricti  et  l'orgueil  des  riches, 
il  les  excite  à  considérer  les  maux  dont  ils 
sont  menacés. 

AtîGER,  is,  ce  mot  vient  du  verbe  agge- 
rerc,  entasser,  d'«d  et  àcgero,  cl  signifie  : 

1"  Un  tas,  un  amas  de  (juelque  chose  (6>}j;xw- 
vî«).  Exod.  8.  \k .  Congrcgavcrunt  cas  in  im- 
mensos  aggercs  :  Ou  amassa  ces  grenouilles 
mortes  eu  de  grands  monceaux,  et  la  terre 
en  fut  inleclée. 

2"  Une  levée  de  terre,  une  chaussée  (5iwpu$). 
Isa.  19.  6.  Siccabuntur  rivi  aggcrum  ;Les  ri- 
vières retenues  par  deschaussées  tariront,  c 
37.  25.  Ces  rivières  s'appellent  aquœ  clausœ, 
des  eaux  fermées.  4,  Reg.  19.  24,  parce  (|ue 
les  chaussées  empècheiil  (juc  tes  rivières  ne 
se  débordent  dans  des  lieux   plus  bas. 

3'  Un  rempart,   une  levée  de  terre  qu'on 


IC5  AGG 

fait  autour  d'une  place  pour  la  prendre  ou 
pour  la  défendre  ixàpai).  Isa.  29.  3.  Faciam 
contra  te  aggerem  :  J'élèverai  des  forts  con- 
Ire  toi  :  le  Prophète  prédit  la  ruine  de  Jéru- 
salem. De  là  viennent  ces  expressions  figu- 
rées : 

Comportare  aggerem  :  Faire  des  remparts 
et  élever  des  forts  autour  des  villes,  en  y 
portant  de  la  terre.  Ezech.  k.  2.  Comportahis 
f/gr/erem  :  Faites  des  levées  pour  l'assiéger. 
Dieu  ordonne  au  Prophète  de  représenter  le 
siège  de  Jérusalem,  en  portant  de  la  terre 
pour  faire  des  terrasses,  c.  21.  22.  c.  26.  8. 
Dan.  11.  15.  Habac.  c.  10. 

Fundere  aggerem  :  Etendre  et  mettre  au- 
tour d'une  place  des  levées  de  terre  [ly.yzrj 
oûvaaiv).  Jereni.  6.  6.  Fundite  circa  Jérusalem 
aggerem  :  Faites  un  rempart  autour  de  Jéru- 
salem. Fundere  est  mis  pour  diffundere  ;  Ja- 
cere,  ou  mittere  aggerem,  pour  ponere;  mettre 
des  levées  de  terre  autour  d'une  place.  Isa. 
37.  33.  Non  mittet  in  circiiitu  ejus  aggerem 
[y.-jylovv  '/Kpay.v)  :  Le  foi  dcs  Assyriens  n'élè- 
vera point  des  terrasses  autour  de  Jérusalem, 
c.  29.  3.  D'où  vient,  Jactus  aggeris  :  L'éléva- 
lion  d'une  terrasse  (x«o«>'.o§o).t«).Ezech.l7.17. 
AGGESTUS,  us,  du  verbe  aggerere,  amas- 
ser, entasser,  et  signifie  un  tas  ou  un  amas 
de  quelque  chose.  2.  Mach.  13.  5.  Erat  in  w- 
dem  loco  turris  quinquaginta  cubitorum  ag- 
gestwn  undique  habens  cineris  :  Il  y  avait  en 
cet  endroit  une  tour  de  cinquante  coudées  de 
haut,  qui  était  environnée  de  toutes  paris 
d'un  grand  monceau  de  cendre.  C'est  de 
cette  tour  que  l'impie  Menelaiis  fut  préci- 
pité. 

AGGiEUS,  Heb.  festivm.  Aggée  est  un  des 
douze  petits  prophètes,  qui  excita  les  Juifs  à 
rebâtir  le  temple  :  on  ne  sait  point  d'où  il 
était.  Agg.  1.  V.  1.  3.  F nclum  est  verbum  Do- 
mini  in  manu  Aggœi  prophetœ  :  Le  Seigneur 
adressa  sa  parole  au  prophète  Aggée.  v.  12. 
13  etl.  Esdr.  5.  1.  c.  G.  14.  Ps.  111.  v.  1. 
Voy.  Cyrcs. 

AGGI ,  Héb  Festivus,  Aggitje,  arum.  Aggi, 
filsdcGad,  et  pelit-fils  de  Jacob.  Num.  26. 
15.  Aggi,  ab  hoc  familia  Aggitarum  :  Aggi ,  de 
qui  vient  la  famille  des  Aggiles.  Voy.  Haggi. 
AGGITH,  Héb.  Festiva.  Aggith,  fut  une  des 
femmes  de  David,  qui  eut  d'elle  Adonias.  1. 
Par.  3.  2.  Quartum  habuit  Adoniam  filium 
Aggith  :  Le  quatrième  fils  de  David  fut  Ado- 
nias, fils  d'Aggith.  Voy.  Uâggith. 

AGtiLUÏINARE,  Troorrr.o^âv,  xo))âv,  coUcr  à 
qu  Ique  chose,  et  dans  le  sens  figuré  : 

1°  Joindre  avec  quelque  chose.  Ezech.  29. 
k.  Agglulinabo  pisces  fl^iminumtuorum  squa- 
mis  luis  :  J'attacherai  à  vos  écailles  les  pois- 
sons de  vos  fleuves.  Dieu  qui  compare  le  roi 
d  Egypte  à  un  grand  poisson,  menace  de 
faire  périr  avec  lui  tous  les  grands  de  son 
royaume,  et  tous  ses  sujets,  qui  sont  comme 
les  poissons  de  ses  fleuves  ,  et  dont  la  perte 
était  attachée  à  la  sienne.  Eccli.  25.  10.  Fi- 
dfi  initium  agglulinandiim  est  limori  :  on 
doit  joindre  inséparablement  à  la  crainte  de 
Dieu  un  commencement  de  la  foi.  Pour  ai- 
mer Dieu,  il  faut  commencer  par  le  craindre; 
mais  cettccraintedoit  être  un  fruit  de  la  foi. 


AGG 


leo 


Ainsi,  Baruch.  3.  4.  Aggîutinata  sunt  nobis 
m«/a; Les  maux  que  nous  nous  sommes  atti- 
rés se  sont  attachés  à  nous  inséparablement, 
sans  qu'il  y  ait  aucun  moyen  de  nous  en  ga- 
rantir. 

2°  Associer  quelqu'un,  se  l'unir  par  une 
étroite  affection.  Jerem.  13.  11.  Sicut  adhœrct 
lumbare  ad  lumbos  viri,  sic  agglutinavi  mihi 
omnem  domiim  Israël  :  Comme  une  ceinture 
s'attache  autour  des  reins  d'un  homme, 
ainsi  j'avais  uni  étroitement  à  moi  toute  la 
maison  d'Israël.  Dieu  par  un  effet  de  son  in- 
finie miséricorde,  s'était  uni  très-étroitement 
le  peuple  d'Israël,  et  l'avait  consacré  à  son 
service  par  une  alliance  toute  sainte.  Voy. 
Lumbare. 

AGGRAVARE,  ^apûvstv.  —  1°  Appesantir, 
accabler  sous  le  poids,  charger.  2.  Reg.  3. 
34.  Pedes  tui  non  sunt  compedibus  aggravali: 
Vos  pieds  n'ont  point  été  chargés  de  fers. 
Sap.  2.  3.  Vita  nostra  sicut  nebula  dissolvc- 
tur  calore  solis  aggravata  '  Notre  vie  dispa- 
raîtra comme  un  brouillard  qui  tombe  étant 
appesanti  par  la  chaleur  du  soleil.  De  là 
viennent  ces  expressions  figurées  : 

Aggravare  manum  :  Appesantir  sa  main 
sur  quelqu'un,  c'est  l'accabler  de  maux.  1. 
Reg.  5.  6.  Aggravata  estmanus  Domini  super 
Azotio  :  La  main  du  Seigneur  s'appesantit 
sur  ceux  d'Azot.  Aggravare  jugum  :  Appe- 
santir le  joug,  le  rendre  très-pesant ,  réduire 
sous  une  dure  servitude.  3.  Reg.  12.  10. 
Pater  t uns  aggravavil  jugum  nostrum.  y.  ik. 
12.  Par.  10.  iÔ.  Isa.  47.  6.  Voy.  Jcgum.  Ag- 
gravare  prœlium  contra  aliquem  :  Faire  tom- 
ber tout  le  fort  du  combat  sur  quelqu'un.  1. 
Par.  10.  3.  Aggravalum  est  prœlium  contra 
SauL 

De  là  viennent  aussi  ces  manières  de  par- 
ler métaphoriques,  Aggravare  cor;  Appe- 
santir son  cœur,  pour  marquer  l'endurcisse- 
ment d'un  cœur  qui  ne  se  laisse  point  flé- 
chir pour  obéir  à  Dieu.  1.  Reg.  6.  6.  Qunre 
aggravatis  corda  vestra?  Pourquoi  appesan- 
tissez-vous vos  cœurs,  comme  Pharaon  ap- 
pesantit son  cœur?  Aggravare  aures  :  Appe- 
santir ses  oreilles;  se  boucher  les  oreilles 
pour  ne  point  écouter  ce  qu'il  faut  faire. 
Zach.  7.  11.  Aures  suas  aggravavcrunt  :  Ils 
ont  appesanti  leurs  oreilles.  Isa.  59.  1.  Ne- 
que  aggravata  est  auris  ejus  ut  non  exaudial  : 
L'oreille  du  Seigneur  n'est  point  devenue 
plus  dure,  pour  ne  pouvoir  plus  écouter; 
I)ieu  a  toujours  été  prêt  d'écouler  ceux  qui 
lui  adressent  leurs  prières.  Cet  endurcisse- 
ment d'oreille  qui  marque  l'opiniâtreté  d'un 
esprit  rebelle  à  Dieu,  semble  cire  ordonné  <!c 
Dieu  même.  Isa.  6.  10.  Excœca  cor  populi 
hujus,  et  aures  ejus  aggrava  :  Aveuglez  le 
cœur  de  ce  peuple,  et  bouchez  ses  oreilles; 
ce  n'est  pas  que  Dieu  ait  aucune  part  à  la 
malice  des  hommes,  mais  il  prédit  l'elTet  que 
s;i  parole  devait  produire  dans  le  cœur  des 
J  u  i  f s . 

Aggravare  animam  :  Appesantir  l'âme.  Sap. 
9.  15.  Corpus  quod  corrnmpilur  aggravât  ani' 
mum  :  Le  corps  qui  se  corrompt  appesantit 
l'âme ,  parce  que  la  convoitise  qui  est  en 
nous  une  5>oiiicc  de  corruption,  obscurcit 


167 

l'âme  par  les  ténèbres  des  passions.  Ainsi , 
ces  expressions  marquent  dans  ces  différen- 
tes choses,  une  espèce  d'appesanlissement 
qui  empêche  qu'on  n'en  fasse  1  usage  qu  on 
en  devrait  faire. 

Aonravari  alicui  :  Ne  supporter  qu  avec 
peine  Eccli.  25.  3.  Aggravor  valde  ammœ  il- 
lorum  :  Leur  vie  m'est  insupportable;  ils  me 
chargent  comme  d'un  grand  poids;  Gr.  Trpod- 
wyet^a,  infensus  snm  valde  vike  tllorum. 

2°  Rendre  plus  grief,  augmenter  le  mal. 
Gen  18.  20.  Peccaium  eorum  aggravatum  est 
nim'is  :  Le  péché  de  Sodome  et  de  Gpmorrhe 
est  monté  jusqu'à  son  comble.  Job.  23.  2. 
Manus  plagœ  meœ  aggravata  est  super  gemi- 
tiimmeum:  La  violence  de  ma  plaie  est  beau- 
coup au-desfus  de  mes  géaiissements  et  de 
mes  soupirs.  Ainsi ,  Isa.  9.  1.  Novissimo 
aggravata  est  via  maris  trans  Jordanem  : 
Le  pays  qui  est  au-delà  du  Jourdain ,  le  long 
de  la  mer  Tibériade,  a  été  plus  maltraitéque 
les  tribus  de  Zabulon  et  de  Nephtalim.  Voy. 
Alleviare. 

3^  Amasser,  multiplier.  Habac.  2.  6.  Us- 
quequo  aggravât  contra  se  densum  lutwn? 
Jusqu'à  quand  amassera-l-il  contre  lui-même 
des  richesses  qui  ne  lui  serviront  non  plus 
que  des  monceaux  de  boue,  quand  Dieu  aura 
résolu  de  le  perdre? 

AGGREDI.  Ce  verbe  se  fait  de  la  préposi- 
tion ad  et  de  gradior,  comme  si  l'on  disait  : 
avancer  vers  quelqu'un  ou  vers  quelque 
chose;  ainsi  il  signifie  : 

1° Entreprendre,  ou  commencer  à  faire 
quelque  chose  {slay.vylsï'jOcti  versari  in).  2. 
Mach.  2.  25.  Considérantes  multitudinem  li- 
broriim  et  difficultalem  volentibus  aggredi 
narrationes  historiarum  :  Ayant  considéré 
que  la  multitude  des  livres  rend  l'histoire 
difficile  à  ceux  qui  veulent  entreprendre  de 
la  lire.  c.  10.  36.;  d'où  vient  :  Aggredi  iter  : 
Se  mettre  en  chemin.  2.  Mach.  3.  8. 

2"  Attaquer  {upyjaOui).  2.  Reg.  18.  14.  Ag- 
grediar  eum  coram  te  :  .le  l'attaquerai  moi- 
même  devant  vous.  3.  Reg.  2.  34.  2.  Mach. 
5.  5.  c.  12.  13.  c.  13.  15. 

AGITARE,  (Ta/sLiîiv,  èlttvvîLv.  Ce  verbe,  qui 
se  fait  d'ancre  et  en  est  fréquentatif,  signifie  : 

1°  Agiter,  ébranler,  remuer.  Matlh.  11.  7. 
Quid  existis  in  desertum  videre  ?  Arundinem 
vento  agilatam?  Un  roseau  agité  du  vent?  De 
là  vientcette  expression  métaphorique  :  Agi- 
tare  manum  :  Menacer  (  ■K^u.y.alza  ).  Isa.  10. 
32.  Agilabil  manum  super  montem  filiœ  Sion: 
Le  roi  d'Assyrie  menacera  de  la  main  la  mon- 
tagne de  Sion.  Les  menaces  se  font  souvent 
en  remuant  la  main. 

2"  Pousser,  faire  avancer.  Eccli.  38.  36. 
Slimulo  boves  agitât  :  Il  pousse  les  bœufs  en 
les  piquant  avec  l'aiguillon.  2.  Mach.  9.  k. 
Jussil  agilari  currum  suum  :  Anliochus  com- 
manda à  celui  qui  conduisait  son  chariot  de 
toucher  sans  cesse. 

3>  Agiter,  troubler.  Judith.  15.  1.  Solo  tre- 
more  et  meiu  agiiaCi  :  Les  Assyriens  n'étaient 
poussés  que  par  la  frayeur  dont  ils  étaient 
saisis  après  la  mort  d'Holopherne.  Isa.  24. 

k"  Traiter  do  (luelque  chose,  d'où  vient  : 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


les 


Agiiare  judicium  :  Instruire  un  procès.  2. 
Mach.  4.  43.  De  fus  ergo  cœpit  judicium  ad- 
versus  Menelaum  agitari  :  On  commença  donc 
à  accuser  Menelaùs  de  tous  ces  désordres 

[èvéuvn  y.piiTtç). 

AGITATIO  ,  Nis ,  agitation,  secousse, 
ébranlement  {(yàloç).  Isa.  24.  20.  Agitaiione 
agitabitnr  terra  :  La  terre  sera  agitée  et 
ébranlée  par  de  violentes  secousses  au  juge- 
ment dernier.  Cette  expression  marque  le 
trouble  universel  de  tout  le  monde;  mais  ce 
trouble  et  cette  agitation  regarde  plutôt  les 
hommes  qui  demeurent  sur  la  terre,  que 
la  terre  même.  Hcb.  Nutando  nutahit  sicut 
ebrius  :  Elle  chancellera  comme  un  homme 
ivre. 

AGIÏATOR,  is,  qui  conduit  des  che- 
vaux ou  un  chariot,  un  cocher  in-neùç).  Na- 
hum.  2.  3.  Agitatores  consopiti  sunt  :  Ceux 
qui  conduisent  les  chariots  de  guerre  du  roi 
des  Chaldéens  sont  furieux  comme  des  gens 
ivres  ;  Heb.  leurs  dards  sont  empoisonnés. 

Voy.  CONSOPIRE. 

AGMEN,  iNis,  aywpta.  Ce  nom  est  formé 
du  verbe  a^o,  comme  qui  dirait  a^'imen,  et 
signifie  proprement  l'action  par  laquelle  on 
se  meut  en  avant,  qui  s'appelle  marche; 
mais  il  se  dit  plutôt  des  corps  ou  des  person- 
nes attroupées,  que  des  particuliers, et  signi- 
fie ordinairement  une  troupe  de  gens  de 
guerre  en  marche  (  àvTt)ia|:;L6«vo//evo? ,  aiixi- 
liator).  Ezech.  12.  14.  Agmina  ejus  di- 
spergam  inomnem  ventum  :  Je  disperserai  ses 
troupes  dans  tous  les  climats. Le  prophète  parle 
de  Sédécias,  roi  des  Juifs.  Dent.  25.  18.  1. 
Reg.  17.  1.  etc.  Ainsi,  Judith.  15.  4.  Filii  Is- 
raël uno  agmine  persequentes  debilitabant 
quos  invenir e potuissent  :  Les  Israélites,  après 
la  mort  d'Holopherne,  lous  ensemble  et  en 
bon  ordre,  poursuivaient  les  Assyriens  et 
taillaient  en  pièces  tout  ce  qu'ils  rencon- 
traient. 

AGNA.  Voy.  Infra. 

AGNITIO.  Voy.  Infra. 

AGNITOR  ^  Voy.  Infra. 

AGNOSCERE  ,  ytvw(T/.£tv  ,  è 7:17 tvw axe tv.  Ce 
mot  qui  vient  de  ad  et  de  noscere,  ou  plu- 
tôt de  l'ancien  verbe  gnoscere ,  signifie  : 

1  Reconnaître,  trouver  qu'une  personne 
ou  une  chose  est  la  même  qu'auparavant. 
Gen.  38.  15.  Operuerat  vultum  suum  ne  agno- 
sceretur  :  Thamar  avait  couvert  son  visage  , 
de  peur  d'être  reconnue  de  son  beau-père, 
v.  26.  Qui  agnitis  muneribus  ait  :  Qui  ayant 
reconnu  les  gages  qu'il  lui  avait  laissés,  il 
dit.  c.  42. 7.  Judic.  18.  3.  Tob.  11.  6.  Luc.  24. 
16.  elc.  I 

'1'  Connaître,  avoir  une  idée  dans  l'esprit 
que  quelque  objet  présent  rappelle.  Matth. 
12.  33.  Ex  fructu  urbor  agnoscilur  :  C'est  par 
le  fruit  qu'on  connaît  l'arbre.  Act.  27.  39. 
Job.  4.  16. 

3'  Connaître,  savoir.  Sap.  2.  1.  Non  est  qui 
agnitus  sit  reversas  ab  inferis  :  On  ne  sait 
personne  qui  soit  revenu  des  enfers.  Eph.  3. 
5  Quod  aliis  gcneralionibus  non  est  agnilum, 
fiiiis  hominum  :  Le  mystère  de  la  vocation 
des  Gentils  a  été  inconnu  aux  enfants  des 
hommes  dans  les  autres  temps 


ifj  ÀGN 

V  Reconnaître  ,  avouer.  2.  Rog.  19,  20. 
Agnosco  serviis  tuuspeccalummcum  :  id  rccon- 
ti.iislc  crime  que  j'ai  commis.  C'est  Scmeï  qui 
parle  à  David.  Sap.  12.  27.  Quem  oliin  nega- 
hitnt  se  nossefVerum  Deum  agnoverunt.  cA3J . 

5^  Reconnaître  quelqu'un  pour  ce  qu'il  est, 
lo  traiter  selon  sa  qualité.  Deut.  21.  17.  Fi- 
lium  odiosœ  agnoscet  primogenitiim  :  Si  un 
homme  a  deux  femmes,  dont  il  aime  l'une 
plus  que  l'autre,  il  reconnaîtra  pour  son  aîné 
le  fils  de  celle  qu'il  n'aime  pas,  et  lui  dounera 
le  double  de  ce  qu'il  possède,  parce  que 
c'est  lui  qui  estle  premier  de  ses  enfants  et  que 
Je  droit  d'aînesse  lui  esldû,Eccli.4'i'.2G.yl.7«o- 
vit  euni  in  henediclionibus  cluUcdinis  :  Dieu 
a  traité  Jacob  comme  une  personne  qu'il 
chérissait, en  le  comblant  de  sesbénédictions. 

6' Reconnaître,  discerner.  1.  Esdr.  3.  13. 
Nec  poterat  quisquam  agnoscere  vocem  cla- 
moris  lœtantium,  et  vocem  fletus  populi  :  On 
ne  pouvait  discerner  les  cris  de  joie  de  ceux 
qui  voyaient  les  fondements  du  nouveau 
temple ,  d'avec  les  plaintes  de  ceux  qui  pleu- 
raient après  avoir  vu  le  premier  temple. 
Eccîi.  16.  17. 

7"  Reconnaître,  remarquer  de  près.  Prov. 
27,  23.  Biligenter  agnosce  vulturn  pecoris 
lui  :  Remarquez  avec  soin  l'état  de  vos  bre- 
bis. Ce  précepte  regarde  les  pasteurs ,  qui 
doivent  s'appliquer  avec  grand  soin  au  salut 
des  âmes.  Dieu  veut  qu'ils  considèrent  leurs 
ouailles  de  près  et  non  de  loin;,  par  eux- 
mêmes  et  non-seulement  par  d'autres,  avec 
une  exactitude  de  vrais  pasteurs  et  non  avec 
une  indifférence  de  mercenaires. 

8°  Reconnaître  ,  juger  de  quelque  chose 
après  lavoir  examinée.  Eccli.  1.  17.  Agnovi 
quod  in  his  quoque  esset  labor  et  afflictio  spi- 
ritus  :  J'ai  reconnu,  dit  Salomon ,  après 
m'étre  appliqué  à  la  connaissance  du  bien 
et  du  mal ,  qu'en  cela  même  il  y  avait  bien 
de  la  peine  et  de  l'affliction  d'esprit.  Judith. 

5.  28.  c.  9.  19.  c.  10.  12.  Eccli.  1.  16.  c.  11. 
30.  etc. 

9°  Connaître  parfaitement.  Joan.  10.  15. 
Sicut  novit  me  Pater,  et  ego  agnosco  Patrem  : 
Comme  mon  Père  me  connaît,  je  connais 
aussi  mon  Père.  Cette  connaissance  du  Père 
et  du  Fils  vient  de  l'union  intime  dont  le  Saint 
Esprit,  qui  est  éternellement  l'amour  du  Père 
et  du  Fils  est  le  lien  divin,  et  cette  union 
ineflable  est  un  modèle  parfait  de  l'union  du 
pasteur  et  de  ses  brebis,  dont  le  Saint-Esprit 
est  aussi  le  lien.  Voy.  Cognoscere.  Eccli.  1. 

6.  Astulias  illius  quis  ngnovit?  Qui  a  pénétré 
cl  approfondi  les  arlilices  divins  de  la  Sa- 
gesse et  son  adresse  toute  divine?  Voy,  Astu- 
riA.  Eccli.  15.  20.  c.  23.  29. 

AGNITIO,  Nis,  £7riyvw7«,- ,  '/vwo-tf.  Ce  mot 
signifie  proprement  l'action  de  reconnaître  , 
ou  la  reconnaissance  d'une  personne  ou 
dune  cho-e.  Gen.  45.  1.  Prœcepit  ut  egrede- 
rcnlur  cuncti  foras,  et  nullus  interesset  agni- 
tioni  muluœ  .-Joseph  commanda  que  l'on  fît 
sortir  tout  le  monde,  afin  que  nul  étranger 
ne  fût  présent  lorsqu'il  se  ferait  reconnaître 
à  ses  frères  {ccjv.yjMf,iCjiv). 

2°  La  science,  ou  la  connaissance  d'une 
chose.  Soit  que  cette  connaissance  soit  nalu- 

DlCTION.   DE   PlIILOL,    SaCUÉE.   I, 


AGN 


170 


relie.  Eccli.  1.  15.  Diligunt  enm  in  visione  ei 
agnilione  magnaliiim  suorum  :  Ceux  qui  ont 
vu  et  ont  connu  la  magnificence  des  ouvra- 
ges de  la  Sagesse,  l'aiment  aussitôt;  c'est  ce 
qui  a  rendu  inexcusables  tous  ceux  qui , 
ayant  connu  ce  qui  peut  se  découvrir  de 
Dieu  par  les  créatures,  ont  retenu  la  vérité 
de  Dieu  dans  l'injustice  et  ne  l'ont  point 
glorifié  comme  Dieu.  c.  38.  G.  Ad  agnitionem 
hominum  virtus  illorum  :  Dieu  a  fait  con- 
naître aux  hommes  la  vertu  des  plantes; 
soit  qu'elle  regarde  le  salut  éternel.  1.  Tim! 
2.  4.  Omnes  homines  vult  salves  fieri  et  ad 
agnitionem  verilatis  venir e  :  Dieu  veut  que 
tous  les  hommes  soient  sauvés  et  qu'ils  vien- 
nent à  la  connaissance  de  la  vérité.  Eph.  1. 
17.  c.  4.  13.  et  dans  tous  les  endroits  du 
Nouveau-Testa.ment.  Ainsi,  Eccli.  24.  24. 
Ego  mater  pulchrœ  dilectionis  ,  et  timoris ,  et 
agnitionis ,  et  sanctœ  spei  :  La  sagesse  qui 
inspire  le  pur  amour,  la  crainte  de  Dieu  et 
une  sainte  confiance  en  lui,  donne  aussi  la 
science  du  salut,  v.  32. 

3°  La  connaissance  de  soi-même.  Eccli.  51. 
27.  ]n  agnitione  inveni  cam  :  C'est  dans  la 
connaissance  de  moi-même  que  j'ai  trouvé 
la  sagesse.  Toute  la  piété  consiste,  dit  saint 
Augustin,  à  nous  connaître  nous-mêmes,  et 
notre  indignité  pour  nous  haïr,  et  à  connaî- 
tre Dieu  pour  l'aimer.  Le  Gr.  porte  :  In  pu- 
rificatione  inveni  enm  :  C'est  en  se  purifiant 
de  ses  taches  que  l'on  acquiert  la  sagesse  et 
il  suffit  de  se  connaître  bien  soi-même  pour 
travailler  à  se  purifier. 

4°  Le  discernement  qui  se  fera  des  bons  et 
des  méchants  au  Jugement  dernier  (Stiyvw- 
Giç  ).  Sap.  3.  18.  Si  celerius  defimcti  fuerint^ 
non  habebunt  spetn ,  nec  in  die  agnitionis  al- 
locutionem  :  Que  les  enfants  des  adultères 
meurent  jeunes,  ils  seront  sans  espérance  et 
au  jour  où  tout  sera  connu ,  ils  n'auront  per- 
sonne qui  les  console.  Le  Sage  parie  de  la 
sorte  des  enfants  bâtards,  parce  que  les  dés- 
ordres des  pères  et  des  mères  passent  or- 
dinairement aux  enfants,  et  que  souvent  ces 
sortes  d'enfants  sont  fort  mal  élevés.  Ecclr. 
27.  9.  In  die  agnitionis  inventes  firmamentum: 
Si  vous  suivez  la  justice ,  vous  trouverez  un 
ferme  appui  au  jour  de  la  révélation  de  tou- 
tes choses.  En  cet  endroit,  il  n'y  a  rien  dans 
le  Grec  qui  réponde  à  ce  mot. 

5°  La  vue  d'une  personne,  son  air,  sa 
mine  («jctxûvvî,  piidor).  Isa.  3.  9.  Agnitio  vul^ 
tus  eorum  respondit  eis;  Heb.  habitus,  dispo- 
sitio  :  Leur  air  et  leur  manière  qui  se  remar- 
que sur  leur  visage,  rend  témoignage  contre 
eux.  On  connaîtaisément  sur  le  visage  quelle 
est  la  disposition  du  cœur.  Le  prophète  parle 
des  Juifs  qui  étaient  très-déréglés. 

AGNITOR,  is,  celui  qui  reconnaît.  Ce  mot 
se  prend  pour  celui  qui  connaît ,  dans  celte 
expression  :  Agnitor  cordis  :  Celui  qui  con- 
naît le  fond  du  cœur.  Eccli.  7.  5.  Non  te  jus 
tifices  anle  Deum  y  quoniam  agnitor  cordis 
ipse  est  :  Ne  vous  justifiez  pas  devant  Dieu  , 
parce  que  c'est  lui  qui  connaît  le  fond  du 
cœur.  Le  Grec  ne  f.iit  qu'un  mot  de  ces  deux; 
yMf.ôioyjô)(j-ri;  ,  Cordis  cognilor.  Voy.  Acl. 
1.  2*. 


,7j  DICTIONNAIRE  DE 

AGNA  M,  à^vri.  Voy.  Agnus.  Une  jeune 
brebis  Gen.  21.  V.  28.  29.  30.  Septem,  xnqmt, 
■agnas  'accipias  de  manu  mea  :  Vous  recevrez, 
dit\braham,  ces  sept  jeunes  brebis  de  ma 
main.  Ce  fut  pour  faire  alliance  avec  Abime- 
lech  Levit.  5.  6.  Offerat  de  gregibiis  agnam  : 
Quii  prenne  d'entre  les  troupeaux  une  petite 
brebis.  Ce  qui  est  ajouté,  de  gregibus ,  d'en- 
tre les  troupeaux ,  marque  le  choix  qu  on  en 
faisait.  C'est  ainsi  qu'Amos,  reprochant  aux 
crands  d'entre  les  Juifs  leur  délicatesse,  dit 
qu'ils  mangeaient  les  agneaux  les  plus  ex- 
cellents et  les  veaux  choisis  de  tout  le  trou- 
peau, c.  6.  h.  Qui  comedilis  agnum  de  grege 
et  vitulos  de  medio  annenti.  C'est  de  là  que 
vient  ce  mot  egregius  ,  exquis,  excellent. 

AGiNUS,  1.  àa-jbç,  oip;,  vi,-.  Ce  mot  vient 
du  grec  à,uvôç,  ou  du  génitif  à&vàr,  qui  si- 
gnifle  la  même  chose,  ou,  selon  d'autres,  de 
l'adjectif  anniculus  ,  qui  est  d'un  an  ;  car  l'a- 
gneau perd  sou  nom  dès  qu'il  a  passé  l'an- 
née. Ce  terme  a ,  dans  l'Ecriture ,  plusieurs 
significations  métaphoriques;  soit  à  cause 
que  cet  animal  est  offert  en  sacrifice,  soit  à 
cause  de  sa  douceur.  Il  signifie  donc  : 

l-'Un  agneau,  jeune  animal  engendré  d'une 
hrebis  et  d'un  bélier.  Exod.  12.  v.  3.  h.  5. 
Erit  agnus  absque  macula  ,  tnasculus ,  anni- 
culus :  Cet  agneau  sera  sans  tache  ;  ce  sera 
un  mâle  et  il  n'aura  qu'un  an  ;  ce  sont  les 
qualités  de  l'Agneau  Pascal ,  qui  était  im- 
molé le  soir  du  quatorzième  jour  du  premier 
mois,  avec  les  cérémonies  rapportées  dans 
ce  même  chapitre,  c.  29.  v.  38.  39.  Agnos 
anniculos  duos  faciès  per  singulos  dies  jugiter^ 
iinum  agnum  mane,  etalterumvespere  :  Vous 
sacrifierez  chaque  jour  deux  agneaux  d'un 
an ,  un  le  matin  et  l'autre  le  soir.  Ce  mot 
est  souvent  répété  dans  le  Lévitique  et  dans 
les  Nombres. 

Il  se  prend  aussi  bien  souvent  pour  les 
brebis.  Prov.  27.  26.  Agni  in  vestimentum 
tuum  :  Les  agneaux  vous  suffisent  pour  vous 
vélir.  C'est  la  règle  que  saint  Paul  donne  à 
toute  l'Eglise.  1.  ïim.  6.  8.  Habentes  alimenta 
ri  quibus  tegamur  his  contenti  simus  :  Ayant 
de  quoi  nous  nourrir  et  de  quoi  nous  vêtir, 
Nous  devons  être  contents.  Luc.  10.  3.  Isa. 
30.  23.  c.  5.  17.  c.  li.  6.  c.  40.  11.  etc. 

Lorsque  le  mot  ovium  est  ajouté,  il  mar- 
que les  plus  tendres  agneaux,  qui  sont  en- 
core sous  la  mère.  Ps.  113.  4.  6.  Eccli.  47. 
3.  In  ursisiimiliterfecit  sictit  in  agnis  ovium  : 
David  a  traité  les  ours  comme  il  aurait  fait 
les  petits  des  brebis. 

Ces  jeunes  animaux  sont  vifs  et  bondissent 
dans  les  campagnes.  Ainsi  on  compare  un 
jeune  homme  qui  court  à  sa  perte  en  recher- 
chant les  plaisirs ,  à  un  agneau  qui  va  à  la 
mort  en  bondissant.  Prov.  7.  22.  Quasi  agnus 
lascivicns  :  Le*  Israélites  étant  sortis  des 
eaux  de  la  mer  Rouge,  sont  comparés,  dans 
le  transport  de  leur  joie,  à  des  agneaux  qui 
bondissent  dans  leurs  pâturages.  Sap.  19.  9. 
'J'anqunm  agni  exuUaverunt,  mngnificantes  te. 
Domine,  qui  liberasti  itlos.  On  compare  en- 
core au  bondissement  des  agneaux  le  trem- 
blement des  montagnes  et  des  collines  ,  que 
I)icu  fait  par  lu  terreur  que  sa  présence  im- 


PHILOLOGIE  SACRÉE. 


472 


prime.  Ps.  113.  v.  4.  6.  Montes  exuUaverunt 
ut  arieles,  et  colles sicut agni  ovium:  Les  mon- 
tagnes et  les  collines  sautèrent  ;  c'est-à-dire, 
furent  agitées  fortement  et  tremblèrent  par 
la  présence  du  Seigneur,  comme  on  le  vit  au 
mont  Sina,  qui  parut  tout  ébranlé  par  les 
tonnerres  et  les  tempêtes  qu'il  y  excita  en 
donnant  sa  loi;  mais  ce  fut  par  un  efîet  de 
crainte,  tel  qu'est  celui  qu'on  peut  remar- 
quer dans  les  troupeaux  de  brebis  et  d'a- 
gneaux, lorsqu'une  frayeur  subite  les  fait 
bondir. 

Comme  cet  animal  est  fort  doux  et  qu'il  ne 
fait  point  de  résistance,  on  lui  compare  un 
peu  pie  docile  et  qui  suit  avec  soumission  les  or- 
dres de  son  prince.  l.Keg.  l^.k.PrœcipitSaul 
populo  et  recensuit  eos  quasi  agnos,  ducenta 
mil  lia  peditum  et  decem  millia  virorum  Juda: 
Saiil  commanda  au  peuiXe  de  prendre  les 
armes;  il  se  trouva,  dans  la  revue  qu'il  en 
fit,  deux  cent  mille  hommes  de  pied  ,  et  di^r 
mille  hommes  de  la  tribu  de  Juda.  C'est  pour 
cela  qu'on  compare  aux  agneaux  ceux  qui 
sont  exposés  à  la  fureur  des  méchants, comme 
Jésus-Chrisl,  Âct.  8.  32,  qui  dit  de  lui-même. 
Jerem.  11.  19.  Ego  quasi  agnus  mansuelus qui 
portatur  ad  victimam  :  Pour  moi,  j'étais 
comme  un  agneau  plein  de  douceur  qu'on 
porte  pour  en  faire  une  victime;  et  qui  dit  à 
ses  apôtres,  qu'il  les  envoie  comme  des 
agneaux  au  milieu  des  loups.  Luc.  10.  3. 
Ecce  ego  mitto  vos  sicut  agnos  inter  lupos. 
Voy.  Lupus. 

Mais  comme  cet  animal  est  étourdi  et  sans 
prévoyance,  on  lui  compare  les  méchants  qui 
sont  destinés  à  périr  sans  le  savoir.  C'est  ainsi 
que  Dieu,  par  son  prophète,  dit  qu'il  con- 
duira les  Babyloniens  à  leur  ruine,  comme 
des  agneaux  qu'on  va  égorger.  Jer.  51.  40. 
Deducam  eos  quasi  agnos  ad  victimam  :  De 
même  aussi,  il  menace  les  Israélites  de  les 
traiter  comme  un  agneau  qu'on  fait  paître 
dans  une  large  campagne  et  qu'on  destine  à 
la  boucherie.  Ose.  4. 16.  Pascet  eos  Dotninus 
quasi  agnum  in  latitudinem.  Le  Prophète 
parle  des  Israélites  des  dix  tribus. 

l°Uno  pièced'argent  sur  laquelle  un  agneau 
est  gravé.  Gen.  33.  19.  Emit  partem  agri  in 
qua  fixerat  tabernacula  a  filiis  Hemor  patris 
Sichem,  cenlum  agnis  :  Jacob  acheta  une  par- 
tie du  champ  dans  lequel  il  avait  dressé  ses 
tentes,  et  en  paya  aux  enfants  d'Hémor, 
père  de  Sichem,  cent  agneaux,  c'est-à-dire 
cent  pièces  de  monnaie,  sur  lesquelles  un 
agneau  ou  un  mouton  était  gravé;  ce  qui  se 
peut  autoriser  par  un  passage  des  Actes,  où 
il  est  dit  que  ce  fut  à  prix  d'argent  que  ce 
champ  fut  acheté  des  enfants  d'Hémor.  Mais 
d'autres  Interprètes  soutiennent  que  ce  pas- 
sage des  Actes  ne  doit  point  s'entendre  de  la 
sorte,  et  que  ce  nom  d'or^Tieai^a;  signifie,  en  ce 
lieu  et  en  d'autres  encore,  de  véritables 
agneaux,  selon  que  l'enseigne  S.  Jérôme. 
Voy.  ce  passage  des  Actes,  expliqué  sur  lo 
mot  de  Hemor. 

2°  Le  tribut  que  l'on  payait  autrefois,  est 
désigné  par  le  mot  A'agneau,  parce  qu'on  en 
donnait  au  lieu  d'argent,  un  c^riain  nombre. 
k.  Reg.  3.  4.  Porro  Mesa  rex  Moab  nutriebat 


173 


AGN 


AGO 


174 


pecora  miUta,  et  solvebat  régi  Israël  centum 
milita  agnorwn,  et  centum  millia  arietum  cum 
velleribus  suis  :  Or  Mesa,  roi  de  Moab,  nour- 
rissait de  grands  troupeaux,  et  il  payait  au 
roi  d'Israël  cent  mille  agneaux  et  cent  mille 
moutons  avec  leur  toison.  C'est  en  ce  sens 
que  l'on  explique,  selon  l'Hébreu,  ce  pas- 
sage d'Isaïe.  16.  1.  Emilte  agnum.  Do- 
mine, etc.  Heb.  mittite  agnum,  id  est  agnos, 
Dominalori  terrœ,  scil.  Régi  Ezechiœ  in  tri- 
butum  (wf  épTrerà,  tamquam  reptilia).  Mais 
cela  s'entend  plutôt  de  Jésus-Ciirist;  et  le 
Prophète  s'adressant  au  Seigneur,  lui  dit  : 
Envoyez  l'Agneau  dominateur  de  la  terre, 
c'est-à-dire  le  Sauveur  Dieu-Homme  ,  de 
Petra  deserti ,  parce  qu'il  devait  naître  de 
Ruth,  du  pays  de  Moab,  dont  la  capitale  était 
Petra.  Voy.  Petra. 

3°  Les  plus  riches  et  les  plus  considérables 
d'un  pays,  sont  marqués  par  des  agneaux 
gras.  Ezech.  39.  18.  Carnes  furtium  comede- 
lis,  et  sanguinem  principum  terrœ  bibetis  ; 
arietum^  et  agnorum,  et  pinguium  omnium  : 
Vous  mangerez  la  chair  des  forts  et  vous 
boirez  le  sang  des  princes  de  la  terre;  des 
béliers,  des  agneaux  et  de  tout  ce  qu'il  y  a  de 
plus  délicat.  Le  Prophète  invile  les  oiseaux 
du  ciel  et  les  bêtes  de  la  terre,  à  venir  se 
soûler  de  la  chair  des  capitaines  et  des  ofû- 
ciers  d'armée,  pour  marquer,  d'une  manière 
poétique,  un  grand  carnage  d'ennemis  que 
Dieu  devait  immoler  à  sa  justice. 

^"  Les  justes  et  les  gens  de  bien  sont  aussi 
marqués  par  cet  animal,  à  cause  de  leur  dou- 
ceur et  de  leur  docilité.  Isa.  5.  17.  Pascentur 
agni  juxta  ordinem  suum,  Heb.  juxta  cau- 
lus  suas  :  Les  agneaux  paîtront  à  leur  ordi- 
naire. Le  Prophète  marque  la  paix  de  l'Eglise 
et  le  repos  des  âmes  fldèles  qui  y  vivent  dans 
la  crainte  et  l'amour  de  Dieu.  C'est  ce  qui  est 
encore  marqué  par  ces  expressions.  Isa.  11. 
6.  Uabitabii  lupus  cum  agno,  et  Isa.  63.  25. 
Lupus  et  agnus  pascentur  simul.  Voy.  Lupus. 
Jésus-Christ  promet,  par  son  Prophète,  de 
rassembler  ses  petits  agneaux  qui  étaient 
dispersés  par  la  violence  du  démon  ;  c'est  ce 
qu'il  a  fait  par  la  prédication  de  l'Evangile. 
Isa.  40. 11.  In  bracliio  suo  congregabit  agnos  : 
Le  Seigneur  rassemblera  par  la  force  de  son 
bras  les  petits  agneaux.  11  a  aussi  ordonné  à 
S.  Pierre  et  aux  pasteurs,  dans  la  personne 
de  cet  apôtre,  de  paître  ses  agneaux.  Joan. 
21.  V.  15.  16.  Pasce  agnos  meos  :  Paissez  mes 
agneaux;  rcpaissez-les  de  la  parole  de  Dieu 
par  les  exhortations,  et  des  autres  secours 
spirituels  et  temporels.  Voy.  Pascere. 

5°  Jésus-Christ,  noire  Sauveur,  de  qui 
S.Jean-Baptiste  a  dit,Joan.  1.  v.  29.  36.  Ecce 
Agnus  Dei,  ecce  qui  tollit  peccatum  mundi  : 
Voici  l'Agneau  de  Dieu,  voici  celui  qui  Ole 
le  péché  du  monde.  Il  faisait  allusion  à  l'A- 
gneau pascal  que  l'on  devait  immoler,  se- 
lon la  loi  de  Moïse.  Exod.  12.  5.  Erit  Agnus 
sine  macula  :  Cel  Agneau  sera  sans  tache; 
aussi  est-ce  lui  que  S.  Pierre  appelle  V Agneau 
sans  tache  et  sans  défaut,  deslinc  à  effacer  par 
son  sang,  toutes  les  taches  des  âmes  et  lous 
les  péchés  du  monde.  1.  Pi«lr.  1.  19.  Pretioso 
Sanguine  guasi  Agni  itnmacu(ali  cl  inconla- 


minali.  Jésus-Christ  qui  est  noire  Agneau 
Pasc;il,  dit  S.  Paul,  a  été  immolé  pour  nous. 
1.  Cor.  5.  7.  Pascha  nostrum  immolatus  est 
Christus.  Il  désignait  aussi  ce  que  le  Prophète 
avait  dit  de  lui,  qu'il  serait  mené  comme  une 
brebis,  pour  être  égorgé,  et  qu'il  demeurerait 
dans  le  silence,  comme  un  agneau  est  muet 
devant  celui  qui  le  tond.  Isa.  53.  7.  Sicut 
ovis  ad  occisionem  ducetur,  et  quasi  agnus  co- 
ram  tondente  se  obmntescet.  Ad.  8.  32.  C'est 
aussi  ce  qu'il  dit  de  lui-même,  sous  la  per- 
sonne de  Jérémie.  11.  19.  Et  ego  quasi  Agnus 
mansuetus,  qui  portatur  ad  viclimam.  C'est 
pour  cela  qu'il  est  appelé  l'Agneau  de  Dieu, 
parce  que  c'était  l'Agneau  qui  seul  était 
digne  d'être  offert  à  Dieu  pour  satisfaire  à 
sa  justice,  et  que  tous  les  autres  agneaux 
qui  avaient  été  immolés  à  Dieu  depuis  le 
commencement  du  monde,  n'avaient  pu  lui 
être  agréables,  qu'en  tant  qu'ils  représen- 
taient cet  Agneau  divin  destiné  pour  récon- 
cilier toutes  choses  ;  aussi  est-il  appelé  l'A- 
gneau égorgé  depuis  le  commencement  du 
monde  ,  Apoc.  13.  8.  Qui  occisus  est  ab 
origine  mundi  ;  à  cause  que  la  vertu  et  l'ef- 
ficace de  son  sang  s'étend  sur  tous  les 
siècles,  depuis  le  commencement  jusqu'à  la 
fin  du  monde. 

Cette  qualité  d'Agneau  de  Dieu  est  si  pré- 
cieuse à  Jésus-Christ,  que  son  disciple  bien- 
aimé  ne  le  nomme  presque  point  autrement 
dans  l'Apocalypse  qui  lui  a  été  révélée  par 
son  ordre. 

AGON,  is,  àywv.  Ce  mot  qui  est  tout  grec 
et  qui  n'est  point  en  usage  chez  les  Lalins,* 
signifie  proprement  un  combat  ou  une  dis- 
pute qui  se  fait  avec  effort  et  avec  peine  : 
dans  l'Ecriture,  il  marque  : 

1°  Un  combat  ou  un  exercice  public,  tels 
qu'étaient  les  quatre  sortes  de  jeux  publics 
qui  se  célébraient  dans  la  Grèce.  2.  Mach. 
k.iS.  Cum  quinquennalis  agon  Tyri  celebrare- 
tur:  Comme  on  célébrait  à  Tyr  les  jeux  qui 
se  font  de  cinq  ans  en  cinq  ans.  1.  Cor.  9.  25. 
Omnisqui  in  agone  coniendil,  ab  omnibus  se 
abstinct:  Toas  les  athlètes  gardent  en  toutes 
choses  une  exacte  tempérance.  2.  Tim.  2.  5. 
Quicertatin  agone  noncoronaturnisi  légitime 
cerlayerit  :  Celui  qui  combat  dans  les  jeux 
publics,  n'est  couronné  qu'après  avoir  com- 
battu selon  l'ordre  et  la  loi  de  ces  combats. 

2"  Inquiétude,  affliction.  2.  Mach.  3.21. 
Erat  misera  commistœ  multiludinis,  et  magni 
Sacerdotis  in  agone  constituti,  (îtaywviwvroî , 
expectatio  :  C'était  vraiment  un  speclaclc 
digne  de  pitié  de  voir  toule  celte  mullitude 
confuse  de  peuple  et  le  grand  prêtre  acca- 
blés d'affliction,  dans  l'atlente  où  ils  étaient 
de  ce  qui  arriverait. 

AGONIA,  M,  «'/ojviK ,  agonie.  Du  mol  grec 
à/wv  ,  certamen.  Agonie,  en  français,  signifie 
rextrcmitc  de  la  maladie  où  la*  iwiture  fait 
son  dernier  effort  contre  le  mal  qui  menace 
de  mort;  mais  c'est  aussi  un  combat  et  une 
cxlrême  affliction  d'espril.  Luc.  22.  kS.  Et 
factus  in  agonia  prolixius  orabat  :  Et  Jésus- 
Christ  étant  lombé  en  agonie,  redoublait  ses 
prières.  Ce  combat  et  celte  Irislcsse  extraor- 
dinaire, était  la  frayeur  qu'il  resscnlail  aii^ 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACR11.E. 


176 


suielli  à  mourir  pour  nous;  mais  comme  il 
s'était  chargé  de  nos  faiblesses  par  un  excès 
d'amour,  pour  nous  en  guérir  nous-mêmes, 
il  a  voulu  représenter  en  sa  personne  la  fai- 
blesse de  ses  membres  pour  leur  consolation, 
et  il  nous  aurait  donné  moins  de  témoignages 
de  son  amour,  s'il  ne  s'était  revêtu  de  nos 
sentiments  aussi  bien  que  de  notre  nature. 
Voy.  Hebr.  5.  7. 

AGONIZARI,  «'/wviÇstv.  Combattre  avec  vi- 
gueur et  avec  grand  effort.  Eccli.  i.  33.  Pro 
■iustitia  agonizare  pro  miima  tua  :  Prenez  la 
défense  de  la  justice  pour  sauver  votre  âme. 
C'est  la  même  chose  que  ce  qui  suit  :  Usque 
ad  mortem  cerla  pro  justitia  :  Combattez  jus- 
qu'à la  mort  pour  la  justice  ;  car  ces  deux 
phrases  latines  se  sont  faites  d'une  seule 
grecque.  Cet  avis  regarde  ceux  qui  doivent 
résister  aux  grands  du  monde,  lorsqu'ils  exi- 
gent d'eux  quelque  chose  d'injuste;  et  qui 
perdent  leur  âme,  s'ils  négligent  de  prendre 
contre  eux  la  défense  de  la  justice  et  de  la 
vérité. 

AGRARIDS,  A,  UM.  Cet  adjectif  vient  du 
mot  ager,  champ,  campagne,  et  signifie  : 

Ce  qui regardeles  terres  labourables.  Ainsi, 
operarius  a§rarius  est  celui  qui  est  occupé  au 
travail  de  la  campagne.  Eccli  37.  13.  [Tra- 
cta) cwn  operario  ugrario  de  omni  opère  .-Con- 
sultez celui  qui  travaille  aux  champs,  sur  ce 
qui  regarde  son  travail.  Gela  se  dit  par  iro- 
nie de  ceux  qui  voudraient  demander  l'avis 
d'une  personne  qui  ne  répondrait  que  selon 
ses  intérêts. 

AGRESTIS,  E.  uypio;,  a,  ov.  Champêtre,  ce 
qui  est  des  champs  ou  de  la  campagne.  Ainsi 
il  marque  : 

1°  Ce  qui  est  sauvage,  à  l'égard  des  plantes 
qui  croissent  naturellement  dans  les  bois  ou 
à  la  campagne,  par  opposition  aux  plantes 
qui  sont  dans  les  jardins,  entées  et  cultivées, 
Exod.  1-2.  8.  Et  edent  azymos  panes  aim  la- 
ctucis  agrestibus  :  Ils  mangeront  des  pains 
sans  levain,  avec  des  laitues  sauvages  ;  Hebr. 
avec  des  herbes  amères;Gr.  us^à  -r/;pto'.jv,;ifin 
que  celle  amertume  les  fît  ressouvenir  de  la 
misère  extrême  qu'ils  avaient  éprouvée  dans 
leur  esclavage  d'Egypte.  Num.  9.  11.  Deut. 
iiO.  20.  Si  qua  autem  ligna  non  siint  pomi- 
fera,  sed  agrestia,  succide  :  Que  si  ce  ne  sont 
point  des  arbres  fruitiers,  mais  des  arbres 
^auvages,  vous  les  abattrez  et  vous  en  ferez 
des  machines  pour  prendre  la  ville.  4.  Reg. 
k.  .']9. 

2'  Terrestre  ,  en  parlant  des  animaux 
(xc^crato,-).  Sap.  19.  18.  Agrcstia  in  aquatica 
convertebanlur :  Les  animaux  de  la  terre  pa- 
raissaient changés  en  ceux  de  l'eau,  lorsque 
les  Israélites  passèrent  au  travers  de  la  mer  ; 
et  ceux  qui  nageaient  dans  les  eaux  parais- 
saient sur  la  terre,  savoir,  lorsque  les  gre- 
nouilles se  trouvèrentdans  toutes  les  maisons 
d'Egypte. 

AGRICOLA,  JE,  yv.,f,yrjc.  Ce  mot  qui  vient 
d'dyer  et  do  co/o,  se  prend,  ou  en  particulier 
pour  un  laboureur  qui  cultive  la  Icrie,  ou  en 


général  pour  tous  ceux  qui  travaillent  à  la 
terre,  comme  sont  aussi  les  vignerons  et  le» 
jardiniers  ;  c'est  l'usage  qu'en  fait  l'Ecriture 
qui  dislingue  quelquefois  les  laboureurs  des 
vignerons,  et  quelquefois  les  confond. 

1°  Un  laboureur  qui  cultive  la  terre;  ce 
qui  comprend  aussi  les  vignerons  et  les  jar- 
diniers. Gènes,  i.  2.  Fuit  Âbel  pastor  ovium, 
et  Cain  agricola  :  Abel  fut  pasteur  de  brebis, 
et  Ca'ïn  laboureur,  c.  9.  20.  Cœpitque  Noe 
vir  agricola  exercere  terram,  et  planêavit  ri- 
neam  :  Noé  étant  laboureur  commença  à 
cultiver  la  terre,  et  il  planta  la  vigne.  V'oy. 
ViXEA.  C.  25.  27.  Factus  est  Esau  vir  gnarus 
venandi  et  homo  agricola  :  Esaii  devint  ha- 
bile à  la  chasse,  et  il  s'appliquait  à  cultiver 
la  terre.  Heb.  vir  agri. 

'2"  Un  laboureur  qui  cultive  la  terre,  dis- 
tingué des  vignerons.  1.  Par.  27.  26.  Operi 
rustico  et  agricolis  qui  exercebant  terram 
prœerat  Ezri  :  Ezri  avait  l'intendance  sur  les 
ouvrages  de  l'agriculture,  et  sur  les  labou- 
reurs qui  travaillaient  à  la  campagne.  Ici 
les  laboureurs  sont  distingués  de  ceux  qui 
travaillaient  aux  vignes,  comme  il  paraît 
dans  le  verset  suivant.  4.  Reg.  25.  12.  Et  de 
pauperibus  terrœreliquitvinitores  etagricolas: 
Il  laissa  seulement  les  plus  pauvres  du  pays 
pour  labourer  les  vignes  et  pour  cultiver 
les  champs.  Jer.  52.  16.  Joël.  1.  11.  Jac.  5.  7. 

3°  Ce  mot  signifie  un  vigneron.  1°  Dans  la 
parabole  où  Jésus-Christ  se  compare  à  une 
vigne,  et  son  Père  à  un  vigneron.  Joan.  15. 
1.  Ego  sum  vitis  vera  ,  et  Pater  meus  agricola 
est  :  Je  suis  la  vraie  vigne  ,  et  mon  Père  est 
le  vigneron.  Jésus-Christ  est  à  notre  égard 
ce  qu'est  la  racine  à  l'égard  des  branches  de 
la  vigne;  il  est  la  vie  en  lui-même  ,et  le  prin- 
cipe de  la  vie  dans  les  âmes.  Voy.  Vitis.  Il 
dit  que  son  Père  est  le  vigneron  ;  car  quoique 
les  trois  personnes  divines  travaillent  con- 
jointement à  perfectionner  l'Eglise  ,  le  Père  , 
qui  est  le  principe  éternel  des  deux  autres 
personnes  divines,  est  regardé  comme  fai- 
sant par  le  Fils  et  le  Saint-Esprit,  ce  que  le 
Fils  etl'Espril-Saint  font  également  avec  lui  ; 
et  d'ailleurs,  le  Fils  s'étant  incarné,  il  par- 
lait souvent  aux  Apôtres  et  aux  autres  Juifs, 
comme  étant  soumis  à  son  Père  dans  la  sainte 
humanité.  2°  Dans  la  parabole  où  Dieu  est 
représenté  comme  un  père  de  famille  qui  loue 
sa  vigne  à  des  vignerons  (Marc.  12.  2. 
Luc.  20.  9.)  Matlh.  21.  33.  Homo  erat  pater- 
familias,  qui  plantavit  vineam...  et  locaviteam 
agricolis;  ces  vignerons  sont  les  princes,  les 
prêtres  ,  les  docteurs  et  les  magistrats  du 
peuple  Juif,  qu'il  avait  chargés  du  soin  de 
cultiver  sa  vigne  et  de  la  garder  ;  c'est-à-dire 
de  conduire  et  de  gouverner  ce  peuple  dans 
l'observation  de  sa  sainte  loi.  Voy.  Vinea. 

AGRICULTURA  ,  je,  ye'^pyiu.  1-  Agricul- 
ture, l'art  de  cultiver  la  terre,  de  la  rendre 
fertile,  de  faire  venir  les  fruits  et  les  plan- 
tes {■.ù.oy-'.iÇ'/6;)  2.  Par.  26.  10.  Erat  homo 
agriculturcè  deditus  :  Osins  se  plaisait  fort  à 
l'agriculture.  2.  Mach.  12.  1.  Judœi  agricul- 
turcè uperam  dabanl  :  Les  Juifi  s'occupaient 
alors  à  cultiver  leurs  champs. 

2  Le  champ  même  que  l'on  cultive  (yewp- 


I 


!77 


ÂRI 


AHO 


ns 


ytov,  agricolatio)  1.  Cor.  3.  9.  Dei  agricuUura 
estis  .-Vous  êtes  le  champ  que  Dieu  cultive. 
Les  fldcles  sont  ce  champ  que  Dieu  cultive 
par  les  pasteurs  et  les  docteurs  qu'il  emploie 
à  ce  saint  exercice  :  ceux-ci  plantent  et  arro- 
sent ,  mais  c'est  Dieu  qui  donne  l'accroisse- 
ment. 

AGRIPPA , lE.  Cemot  vient ,  selon  Vossius, 
du  verbe  «7/>£ïv,  venari,  et  de  ïttttoç,  equus  , 
qui  chasse  à  cheval  :  néanmoins  les  autres 
élymologistes  le  font  ycnir  ah  œgro  partu  , 
d'un  accouchement  difficile  ,  parce  que  ce 
mot  signifie  ,  celui  qui  est  sorti  du  ventre  de 
sa  mère  les  pieds  les  premiers  ,  ce  qui  rend 
l'enfantem^t  très-dangereux  et  très-difficile 
('Ay/stTTTra?).  Dans  l'Ecriture  c'est  un  nom  pro- 
pre. Agrippa  le  Jeune,  dernier  roi  des  Juifs  , 
et  fils  d'Agrippa  le  Grand,  que  l'Ecriture  ap- 
pelle Hérode:  il  vint  à  Gésarée  pour  saluer 
Festus,  et  là  il  entendit  saint  Paul.  Act.  25. 
13.  Agrippa  Rex  et  Bérénice  descenderuntCœ- 
saream  ad  salutandum  Festum:  Agrippa  et 
Bérénice  vinrent  à  Gésarée  pour  saluer  Fes- 
tus. v.  22.  23.  24.  26.  etc. 

AHALAB,  Heb.  Frafer  corcfis  ,  une  ville 
de  la  tribu  d'Aser.  Judic.  1.  13. 

AHARA,  Frater  redolens  ,  un  troisième 
fils  de  Benjamin.  1.  Par.  8.  1.  Il  est  nommé 
Ahiram.  Nu  m.  26.  38. 

AHAREHEL  ,  Heb.  Aller  exercitus  ,  fils 
d'Arum.  1.  Par.  4.  8. 

AHASTHARI,Heb.  Cursor  ,  fils  d'Assur  , 
el  de  Naara  sa  seconde  femme.  1.  Par.  k.  6. 
AHAVA,  Heb.  Essenlia,  nom  de  fleuve  au 
pays  des  Babyloniens.  1.  Esd.  8.  15.  Congre- 
gavi  eos  ad  fluvium  qui  decurrit  ad  Ahava  ; 
J'assemblai  ceux  qui  devaient  partir  avec 
moi  de  Babylone ,  auprès  d'un  fleuve  qui  se 
décharge  dans  celui  d'Ahava.  v.  21.31. 

AHAZ  ,  Heb.  ApprehendenSj  fils  de  Micha, 
de  la  tribu  de  Benjamin  ,  ei  père  de  Joada  , 
autrement  Jara.  1.  Par.  8.  36.  c.  9.  42. 

AHER,  Heb.  Aller  ,  un  homme  de  la  tribu 
de  Benjamin.  1.  Par.  i.  12. 

AHl ,  Heb.  Frater  meus ,  un  homme  de  la 
tribu  d'Aser,  fils  de  Somcr.  1.  Par.  7.  34. 

AHIA,  AHIAS,  AHIAM,  Heb.  Fraler  Do- 
mini  ,  1°  Un  des  trente  braves  officiers  de  Da- 
vid. 2.  Reg.  23.  33.  1.  Par.  11.  34.  Ahiam  fi- 
liusSachar  Ararites. — 2"  Un  autre  de  ce  nom- 
bre du  même  nom.  1.  Par.  11.  36.  Ahia  Phe- 
loniles:  Ahia  de  Pheloni.— 3"  Un  secrétaire 
du  roi  Salomon,  fils  de  Siza.  3  Reg.  4.  3. — 
k"  Un  prophète  de  la  ville  de  Silo,  envoyé  de 
Dieu  à  Jéroboam,  pour  lui  assurer  le  royau- 
me des  dix  Tribus  ,  en  déchirant  son  man- 
teau en  douze  parties  ,  dont  il  lui  en  donna 
dix, pour  lui  marquer  la  division  du  royaume 
de  Salomon.  3.  Reg.  11.  v.  29.  30.  el  buiv.  2. 
Par.  9.  29.  c.  10.  15.-5'  Le  père  de  l'impie 
Baasa,  roi  d'Israël.  3.  Reg.  15.  v.  27.  33.  c. 
21.  22.  4.  Reg.  9.  9. 

AHIGAM,  Heb.  Fraler  resurgens  ,  Cih  de 
Saphan  ,  et  père  de  Godolias.  4.  Reg.  22.  v. 
12.  14.  c.  25.  22.  2.  Par.  34.  20.  Jerem.  26. 
24.   etc. 

AHlEZER,Heb.  Frayer  od/M<ont,  fils  d'Am- 
niis,id;ii,  chef  de  la  tribu  de  Dao.  Num.  1.12. 
c.  7.  66.  etc. 


AHILUD,  Heb.  Fraler  unilatis ,  secrétaire 
de  David,  et  père  de  Josaphat  el  de  Ban  a  2. 
Reg.  8.  16.  c.  20.  24.  3.  Reg.  4.  v.  3.  12. 

AHIMAN ,  Heb.  Frater  prœparalus  ,  i'  Un 
homme  de  la  race  des  Géants,  qui  fut  chassé 
de  son  pays  avec  Sesaï  el  Tolmaï,  après  la 
prise  de  Hebron  par  Galeb.  Jos.  15.  14.  Judic. 
1.  10.  Voy.  Enac— 2^  Un  lévite  ;  portier  du 
temple.  1.  Par.  9. 17. 

AHIMELEGH.  Voy.  Achimelech.  Heb.  Fra- 
ter meus  Rex,  grand  prêtre,  fils  d'Abiathar. 
1.  Par.  18.  16.  c.  24.  v.  3.  6.  31. 

AHIN ,  Heb.  Fraler  vini ,  fils  de  Semida. 
1.  Par.  7.  19.  Voy.  Semida. 

AHINADxVB,  Heb.  Frater  spontaneus ,  fils 
d'Addo ,  que  Salomon  envoya  intendant  en 
Manaïm.  3.  Reg.  4.  14. 

AHIO,  Heb.  Frater  ejiis ,  i°  Fils  d'Abina- 
dab,  et  frère  d'Oza,  qui  était  chargé  avec 
lui  de  conduire  l'arche  du  Seigneur,  lorsque 
David  la  fil  transporter  à  Jérusalem.  2.  Reg. 
6.  V.  3.  4.  Voy.  Oza.— 2"  Fils  d'Abigabaon,  ot 
de  Maacha.  1.  Par.  8.  31.  c.  9.  37.  —  3"  Un 
autre  de  la  tribu  de  Benjamin.  1.  Par.  8.  14. 
AHION,  Heb.  Intuitus,  ville  de  la  tribu 
d'Ephraïm  que  Benadab  prit  sur  Baasa,  roi 
d'Israël.   3.  Reg.  15.  20.  2.  Par.  16.  4. 

AHIRA,  Heb.  Frater  iniquitalis ,  fils  d'E- 
nan,  chef  delà  tribu  de  Nephlhalim.  Num.  1. 
15.  c.  2.  29.  c.  7.  78.  c.  10.  27. 

AHIRAM.  Heb.  Frater  meus  sublimis,  de 
la  tribu  de  Benjamin,  prince  el  chef  de  la  fa- 
mille des  Ahiramiles.  Num.  26.  38. 

AHISAHAR ,  Heb.  Frater  aurorœ  ,  fils  de 
Balan,  de  la  tribu  de  Benjamin.  1.  Par.  7. 
10. 

AHISARjHeb.  Frater  prmcipis,  intendant 
de  la  maison  de  Salomon.  3.  Reg.  4.  6. 

AHIUD,  Heb.  Frater  lundis,  1"  Fils  de  Sa- 
îomi ,  de  la  tribu  d'Aser,  qui  fui  choisi  pour 
travailler  au  partage  de  la  terre  deChanaan. 
Num.  34.  27. 

2°  Fils  de  Naaman  et  frère  d'Oza,  de  la 
tribu  de  Benjamin.  1.  Par.  8.  7. 

AHOBBAN,  Heb.  Frater  filii,  fils  d'Abisur 
et  d'Abihaïl.  1.  Par.  2.  29. 

AHOD,Heb.  (/rJîfas.— 1°  Troisième  fils  de 
Siméon.  Gènes.  46.  10.— 2°  Un  descendant  de 
Benjamin.  1.  Par.  8.  6. 

AHOE,  Heb.  Tribulus,  sixième  fils  de  Balé 
et  pelil-fils  de  Benjamin.  1.  Par.  8.  4. 

AHOHIMAN,  Heb.  Perlurbalor,  fils  de  Lo- 
tan.  1.  Par.  1.  39. 

AHOHITES,  E.  Heb.  Spinosus,  descendant 
de  Ahohé,  fils  de  Balé;  il  se  Irouve  plusieurs 
braves  hommes  de  celte  fcimille.- 1°  Eléazar, 
fils  de  Bodi,  qui  élail  le  second  entre  les  Irois 
plus  vaillants  de  l'armée  de  David;  ce  fut 
lui  qui  tint  ferme  contre  les  Philistins,  qui 
avaient  mis  en  fuile  les  Israéliles,  cl  battit 
les  ennemis,  ne  cessant  de  les  tuer  jusqu'à 
ce  que  sa  main  se  lassa  de  tuer  et  qu'elle 
demeura  attachée  à  son  sabre,  tant  à  cause 
du  sang  qui  s'y  était  figé,  qu'à  cause  que  les 
nerfs  s'étaient  retirés.  2.  Reg.  23.  v.  4.  10. 
Donec  deficercl  manus  ejus  cl  obrigcsccrel  ctim 
gladio  ;  populus  qui  fngcrat  rcvcrsus  est  ad 
cœsorum  spolia  delralicnda.  —  2°  Selmon.  2. 
R»'g.  23.  28.  C'était  un  dos  trente  braves  de 


179 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SÂOftËE. 
—  3"  Haï.  1.  Par.  11.  29,      ses  prophètes,  ait  Domimis.  Isa 


18Q 


l'armée  de  David 

C'était  encore  un  des  plus  vaillants.— v  Du- 
tlia,  meslrede  camp,  qui  commandait  vintçt- 
qua'lre  mille  hommes  des  troupes  de  Salo- 
mon,  et  entrait  en  service  le  second  mois.  1. 
Par.  27.  4.  Secimdi  mensis  habebat  turmam 
Biidia  Ahohites. 

AHUMAI,  Heb.  Frater  aquarum,  ûls  de  Ja- 
hath,  de  la  tribu  de  Juda.  1.  Par.  4.  2. 

AIA,  Heb.  Vultus.  —  1°  Fils  de  Sébéon,  de 
la  race  d'Esaù.  Gen.  36.  2i.  1.  Par.  1.  kO.  — 
2'Mère  de  Respha,  femme  d'Esaii.  2.  Rej?. 
21.8.  c.  21.  V.8.  10.  11. 

AIALON,  Heb.  Jlex.—  T  Ville  de  la  tribu 
de  Dan,  donnée  aux  lévites  de  la  famille  de 
Caalh.  Jos.  10.  12.  c.  19.  42.  Sol  contra  Ga- 
biion  ne  movearis  ,  et  luna  contra  vallem  Aia- 
/o?i;Soleil,  arrête-toi  sur  Gabaon  ;  lune,  n'a- 
vance point  sur  la  vallée  d'Aïalon.  Jonathas 
y  remporta  une  belle  victoire  contre  les  Phi- 
listins. 1.  Reg.  14.  31.  Elle  avait  d'abord  été 
habitée  par  les  Amorrhéens.  Jud.  1.  35.  — 
2°  ville  de  la  tribu  de  Benjamin,  qui  fut  re- 
bâtie parRoboam,  et  entièrement  ruinée  par 
les  Philistins  du  temps  d'Achaz.l.  Par.  S.  13. 

2.  Par.  11.  10.  c.  28.  18.—  3°  Ville  de  refuge 
donnée  aux  lévites.  Jos.  21.  24.  Appelée  Hé- 
lon.  1.  Far.  6.  69.  Voy.HELON. 

AIATH,Heb.  Hora.  Pays  autour  d'Haï. 
Isa.  10.  28.  Veniet  in  Aiath  :  H  viendra  à 
Aïath.  Le  Prophète  parle  du  roi  des  Assy- 
riens. 

AIL.A,  M.  Ville  et  pays  d'Idumée.  4.  Reg. 
16.  6.  In  tempère  illo  restiluit  Rasin  rex  Sy- 
riœ  Ailam  Syriœ  :  En  ce  même  temps,  Rasin, 
roi  de  Syrie,  reconquit  Elam  pour  les  Sy- 
riens. 

AILATH.  Voy.  JElath.  Heb.  Ilices.  Ville 
d'Idumée,  sur  le  rivage  de  la  mer  Rouge. 

3.  Reg.  9.  26.  Classem  fecit  rex  Salomon  in 
Asiongaber,  quœ  est  juxta  Ailath  in  liltore 
maris  Rubri  in  terra  Idmneœ.  2.  Par.  8.  17. 
Le  roi  Ozias  l'avait  bâtie.  2.  Par.  26.  2. 

AIN  ou  AEN,  Heb.  Ociilus.  Ville  de  la  tri- 
bu de  Juda.  Jos.  15.  32.  c.  19.  7.  c.  21. 16. 

AION,  ville  de  la  tribu  d'Aser.  4.  Reg.  15. 
29. 

AIO,  Aïs,  AIT,  e"n£fj,léyBfj.  Ce  vcrbe,  qui 
vient  ou  de  fâa, die o, selon  quelques-uns,  se- 
lon d'autres  de  l'hébreu  hajdh,  fuit,  est,  erit, 
a  les  mêmes  significations  que  dico,  et  se 
voit  très-souvent  dans  l'Ecriture  à  la  troi- 
sième personne. 

1*  Dire,  parler  à  quelqu'un,  soit  que  ce 
soit  Dieu  qui  parle,  ou  plutôt  qui  se  fasse 
entendre,  de  quelque  façon  que  ce  soit  :  car 
Dieu  n'a  point  de  corps  ni  de  langue;  il  ne 
oarle  point  par  des  paroles  qui  frappent  l'air 
"l  qui  passent  avec  le  temps.  Gen.  3.  iï.  c. 
4.  9.  etc.,  soit  que  ce  soient  les  créatures. 

2°  Commander,  ordonner,  comme  Dieu 
f;>it  avec  une  autorité  souveraine  aux  créa- 
tures. Gon.  1.  11.  Et  ait  :  rjerminet  terra  her- 
bam  virentem  :  Que  la  ttrre  pousse  do  l'herbe 
verte.  Depuis  que  Dieu  a  ordonné  à  la  terre 
lie  porter  des  herbes  et  des  plantes,  elle  n'a 
point  cessé  de  le  faire  pour  obéir  à  son 
Créateur.  Voy.  Diceue. 
C'est  avec  la  même  autorité  qu'il  parle  par 


19.  4.  Ait 
Dominus,  Deiis  cxercituum:  C'est  le  Seigneur, 
le  Dieu  des  armées,  qui  parle.  Jerem.  1.  15. 
c.  8.  V.  1.  13.  17.  etc.  Ce  verbe  a  plusieurs 
autres  significations,  comme  répondre,  pro- 
poser, assurer,  etc.,  qui  se  connaissent  assex 
par  la  suite  du  discours. 

ALA,  M,  Tvrépy^.  Ce  mot  vient  par  contrac- 
tion d'axilla,  aisselle;  parce  que  c'est  propre- 
ment la  partie  de  l'oiseau  qui  l'élève  ou  qui  le 
soutient  en  l'air,  quand  elleest  étendue,  et  ses 
deux  ailes  lui  tiennent  lieu  de  bras.  L'aile 
de  l'oiseau,  soit  à  cause  de  sa  ressemblance 
ou  de  son  visage,  marque  plusieurs  sens  fi- 
gurés dans  l'Ecriture,  comme  iLse  voit  ci- 
dessous. 

1°  L'aile  d'un  oiseau.  Exod.  19.  4.  Vidistis 
quotnodo  porlaverim  vos  super  alas  aquiki' 
rum  :  Vous  avez  vu  vous-mêmes  de  quelle 
manière  je  vous  ai  portés,  comme  l'aigle 
porte  ses  aiglons  sur  ses  ailes  :  celle  expres- 
sion latine  est  abrégée;  l'aigle  ne  porte  point 
ses  petits  dans  ses  serres,  comme  les  autres 
oiseaux;  mais  elle  les  met  sur  ses  ailes. 
Malth.  23.  37.  Job.  39.  y.  18.  26.  Parce  que 
les  ailes  sont  données  pour  voler  et  aller 
plus  vile,  lEcriture  les  attribue  à  plusieurs 
choses,  pour  en  marquer  la  vitesse;  comme 
lorsque  Zacharie,  5.  9.  représente  les  deux 
femmes  dont  il  parle,  avec  des  ailes  enfiées 
de  vent,  pour  aller  encore  plus  vite  :  Etspi^ 
rilus  in  alis  earum  :  Le  vent  soufflait  dans 
leurs  ailes. 

Ainsi  on  donne  deux  ailes  à  la  femme  , 
qui  signifie  l'Eglise.  Apoc.  12.  14.  pour 
échapper  et  se  sauver  au  plus  vile. 

Les  sauterelles  de  l'Apoc.  9.  9.  ont  dés  ai- 
les, pour  marquer  que  les  ministres  de  l'Aii- 
lechrist,  qu'elles  représentent,  exécuteront 
ses  ordres  avec  grande  diligence. 

Cette  première  bêle  mystique  qui  repré- 
sente l'empire  des  Babyloniens.  Dan.  7.  4.  a 
aussi  des  ailes,  pour  marquer  la  vitesse  avec 
laquelle  elle  a  conquis  ses  états. 

La  troisième,  qui  représente  le  royaume 
de  Macédoine,  sous  Alexandre,  en  a  aussi 
pour  la  même  raison,  v.  6. 

Les  vents  ont  aussi  des  ailes,  pour  mar- 
quer leur  vitesse.  Ose.  4.  19.  Ligavit  eum 
spiritus  in  alis  suis  :  Un  vent  impétueux 
l'emportera  comme  lié  sur  ses  ailes  :  le  pro- 
phète prédit  la  captivité  des  dix  tribus. 

Enfin  l'EcTiture  donne  des  ailes  aux  an- 
ges et  aux  animaux  mystiques,  pour  mar- 
quer avec  quelle  diligence  ils  exécutent  les 
ordres  de  Dieu.  Exod.  25.  20.  Expandentes 
alas,  et  souvent  ailleurs.  Voy.  Penna. 

2°  Armées  ou  troupes  de  gens  de  guerre, 
dans  lcs(iuelles  la  cavalerie  placée  à  droite 
et  à  gauche,  est  comme  les  ailes  d'un  oi- 
seau. Isa.  8.  8.  Erit  extensio  alarum  cjusim- 
plens  latitudinem  tcrrœ  tuœ  :  Le  roi  des  Assy- 
riens étendra  ses  ailes,  et  couvrira  toute  l'é- 
tendue de  votre  terre  (««ps,(/<?o).vi ,  castra).  Jer. 
48.  40.  c.  49.  22.  Dans  ces  endroits  ces  ailcï 
étendues  sur  quelque  pays,  marquent  uno 
grande  multitude  d'ennemis  qui  en  couvrent 
l'étendue.  Ainsi,  Ezcrh.  17.  v.  3.  7.  Nabu- 
chodonosor  et  le  roi  d'Egypte,  sont  comparés 


181 


AL.\ 


ALB 


182 


à  des  aigles,  qui  ont  de  grandes  ailes,  à 
cause  de  leurs  armées  nombreuses.  Aquila 
grandis  magnarum  alarum  :  Un  aigle  puis- 
sant qui  avait  de  grandes  ailes. 

3"  Voiles  de  vaisseaux.  Isa.  18.  1.  Vçe  ter- 
rœ,  cymbalo  alarum:  Malheur  à  la  terre  qui 
fait  du  bruit  de  ses  ailes,  Gr.  navium  aiis, 
Hebr.  utnbrœ  alarum:  Le  Prophète  marque 
les  vaisseaux  de  guerre  de  l'Egypte,  dont 
les  voiles  faisaient  beaucoup  d'ombre  ,  et 
l'attirail  grand  bruit  sur  la  mer.  Voy.  Cïm- 

BALUM. 

4."  Le  soin  que  l'on  prend  de  la  conserva- 
tion de  quelqu'un;  comme  quand  il  est  dit 
que  Dieu  porte  son  peuple  sur  ses  ailes. 
Exod.  19.  k.  Deut.  32. 11.  Ainsi  la  défense  et 
la  protection  qu'il  donne.  Ps.  16.  8.  Sub  um- 
bra  alarum  tuarum  protège  me.  Ps.  35.  8.  Ps. 
56.  2.  Ps.  60.  5.  Ps.  62.  8.  Rulh.  2.  12.  Ps. 
70.  k.  La  métaphore  est  tirée  des  oiseaux, 
et  surtout  des  poules,  qui  cachent  leurs  pe- 
tits sous  leurs  ailes,  pour  les  défendre  et  les 
échauffer,  comme  Jésus-Christ  le  dit  de  soi- 
même.  Matlh.  23.  37.  Luc.  13.  3i.  Voy. 
Pen\a. 

5°  Les  bords  de  la  robe  ou  du  manteau. 
Jerem.  2.  34.  In  alis  tuis  inventus  est  san- 
giiis  innocentum  ;  Ce  qui  marque  que  le 
meurtre  est  évident,  et  qu'il  ne  se  peut 
point  cacher  :  cela  se  dit  du  peuple  Juif  à 
l'égard  des  prophètes,  v.  30.  Quelques-uns 
croient  que  ces  paroles  de  Jérémie  s'enten- 
dent des  mains  du  peuple  Juif,  en  le  compa- 
rant à  l'épervier,  qui  a  ordinairement  les 
ailes  pleines  de  sang  {x,^tp,  manus)  :  ainsi  ce 
serait,  In  alis  tuis  inventus  est  sanguis  ani- 
marum  pauperum  et  innocentum  ;0u  a  trouvé 
dans  vos  mains  le  sang  des  âmes  pauvres  et 
innocentes. 

Ala  vestis  se  dit  dans  l'Hébreu  pour  le  bord 
de  la  robe  en  plusieurs  endroits. 

ALABASTRUM ,  i.  «^«eacrTjûov.  Ce  mot  si- 
gnifie proprement  un  vase  fait  d'une  pierre 
nommée  Alabastrites ,  qu\  esl  iorl  blanche, 
et  aisée  à  tailler,  propre  pour  faire  des  sta- 
tues et  de  petits  vases;  quelques-uns  font 
venir  ce  mot  du  latin  albus,  à  cause  de  la 
blancheur  de  celte  pierre;  d'autres  du  grec 
«),«Çc<(77/ioy,(iu'ils  tirent  d'à,  privatif,  et  de 
/«poKvw  ,  cupio;  parce  que  cette  pierre  est  si 
unie,  que  les  mains  glissent  dessus  sans 
pouvoir  s'y  attacher:  c'est  pour  cela  que  ce 
vase  d'albâtre  est  appelé  onyx,  qui  signifie 
l'ongle  de  l'homme.  Malth.  26.  7.  Accessit  ad 
eum  mulier  linbens  alabastrum  unguenti  pre~ 
tiosi  :  Une  femme  vint  à  lui  avec  un  vase 
d'albâtre  plein  d'une  huile  de  parfums  de 
grand  prix  :  celle  femme  était  Marie,  sœur 
de  Lazare,  laqu -lie  rompit  même  le  vase,  et 
répandit  lo  parfum  sur  la  lôlo  de  Jésus- 
Christ.  Marc.  IV.  3.  La  pécheresse  dont 
parle  saint  Luc.  c.  7.  37.  ayant  aussi  un  vase 
d'albâtre  plein  d'huile  de  parfum,  l'avail  ré- 
pandu sur  les  pieds  de  Jésus-Chrisl,  quel- 
ques année»  auparavant  dans  la  Galilée,  chez 
un  pharisien  nommé  Simon. 

ALACEK,  CRIS,  E.  Ce  mot  vient,  selon 
quelques-uns,  d.'  alis  nccr  :  mais  la  quantité 
y  répugne;  d'autres  du  grec  «Sa/ovc,  <iui  ne 


pleure  paint,  qui  a  toujours  l'œil  riant; 
d'autres  enfin  croient  qu'Use  dit  comme  non 
lacer,  entier,  qui  n'est  point  inutile,  et  si- 
gnifie. 

Allègre,  délibéré,  dispos, gai  (àyaQôç). 3. Reg. 
8.  66.  Profecti  sunt  in  tabernacula  sua  lœtan- 
tes  et  alacri  corde  :  Ils  s'en  retourneront  en 
leurs  maisons  avec  une  allégresse  publique, 
ayantle  cœurplein  de  joie.  Esth.  5.  9.  Aman 
lœtus  et  alacer. 

ALACRITAS,  tis,  TrpQypiîa.  Allégresse,  ar- 
deur avec  laquelle  on  se  porle  à  quelque 
chose.  Eccli.  45.  29.  In  bonitate  et  alacritate 
animœ  suœ  placuit  Deo  pro  Israël  :  Phinées 
apaisa  la  colère  de  Dieu  contre  Israël  par 
sa  bonté,  et  le  zèle  ardent  avec  lequel  il  se 
porta  à  venger  sur  ses  proches  mêmes  les  of- 
fenses qu'ils  commettaient  contre  Dieu.  Voy. 
Num.  25.  11. 

ALAM,  Heb.  Occultatio.  Un  chef  de  fa- 
mille, dont  les  enfants  retournèrent  de  Ba- 
bylone,  au  nombre  de  soixante-dix.  1.  Esdr. 
8.  7. 

ALAMATH,  Heb.  Idem.  Fils  de  Joada,  au- 
trement dit  Jora,  delà  tribu  de  Benjamin. 
1.  Par.  8.  36.  c.  9.  42. 

ALAPA,  M.  Ce  mot  vient,  selon  Vossius, 
ou  de  l'Hébreu  al-aph,  super  faciem,  ou  du 
Grec  «XarràÇw,  vacuo,  vasto,  et  signifie, 

Un  soufflet,  un  coup  donné  du  plat  de  la 
main  sur  la  jouedsâTrtT/xa).  Marc.  14.  65.  Mi- 
nistri  alapis  eum  cœdebant  :  Les  valets  don- 
naient à  Jésus-Christ  des  soufflets.  Joan.  18. 
22.  c.  19.  3.  Le  mot  grec  signifie  plutôt  un 
coup  de  verges  ou  de  canne,  et  ne  signifie 
que  par  abus  un  soufflet;  quelques-uns 
veulent  que  le  mot  alapa  signifie  la  même 
chose  que  colaphus;  mais  si  alapa  signifie 
ici  un  soufflet,  saint  Marc  le  distingue  visi- 
blement de  colaphus,  dans  ce  même  verset 
65. 

ALBUS,  A,  UM  ,  IzvMç.  Cet  adjectif  vient 
du  Grec  «^yôr  ,  qui  signifie  la  même  chose. 

Blanc  ou  blanche,  qui  réfléchit  la  lumière 
en  toutes  ses  parties.  Luc.  23.  11.  Illusit  in- 
dutum  veste  alba  .  Hérode  traitant  Jésus  avec 
moquerie,  le  revêtit  d'une  robe  blanche.  Gr. 
éclatante.  Gènes.  30.  v.  35.  40.  c.  31.  8. 
Exod.  16.  31.  etc.  dans  le  sens  figuré,  le 
blanc  marque  : 

i"  La  pureté  et  l'innocence.  Isa.  1.  18.  Si 
fucrint  peccata  veslra  utcoccinum,  quasi  nix 
dealbabuntur,  et  si  fuerint  rubra  quasi  ver- 
miculus,  velut  lana  alba  erunt  :  Quand  vos 
péchés  seraient  comme  l'écarlate,  ils  devien- 
dront blancs  comme  la  neige  ;  cl  quand  ils 
seraient  rouges  comme  le  vermillon,  ils  se- 
ront blancs  comme  la  laine  la  plus  blanche  : 
on  ne  peut  assez  admirer  la  miséricorde  de 
Dieu,  qui  guérit  l'âme  lorsqu'elle  était  tout 
ensanglantée  de  ses  blessures,  et  qui,  après 
qu'elle  a  été  souillée  en  tant  de  manières, 
lui  donne  des  vêlements  blancs  comme  la 
neige  :  c'est  ce  qui  est  aussi  marqué  par  ces 
vêtements  blancs  dont  il  est  parlé.  Apoc.  3. 
18.  Suadeo  tibi  emere  a  me  aurum  ignitum 
probatnm  ut  locuples  fias,  et  vestimentis  albis 
indunris  :  Je  vous  conseille  d'acheter  de  moi 
de.  l'or  purifié  par  le  feu,  pour  vous  enri- 


!83 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


184 


chir,  et  des  vêtements  blancs  pour  vous  ha- 
biller :  c'est  encore  pour  marquer  la  pureté 
(les  anses  qu'ils  paraissent  vêtus  de  blanc. 
Joan.  iO.  12.  Act.  1.  10.  Ainsi,  Apoc. 
6.  2.  equus  albus,  la  blancheur  de  ce  cheval 
marque  la  pureté  et  l'intégrité  des  prédica- 
teurs de  l'Evangile,  qu'il  représente,  c.  19. 
11.  La  blancheur  du  cheval  sur  lequel  Jé- 
sus-Christ est  assis,  marque  sa  pureté  et  son 
innocence  dans  son  humanité.  1.  14-.  Il  est 
suivi  des  armées  de  ses  élus,  montés  aussi 
sur  des  chevaux  blancs,  qui  marquent  la 
même  pureté  ;  et  le  fin  lin  blanc  et  pur  dont 
ils  sont  revêtus,  représente  leurs  bonnes 
œuvres  qu'ils  ont  faites  avec  une  intention 
pure  et  droite. 

2°  La  gloire  et  l'immortalité  est  marquée 
par  l'éclat  de  la  blancheur.  Apoc.  .3.  k.  Am- 
hulabunf  mecum  in  albis  :  Ils  marcheront 
avec  moi  habillés  de  blanc,  v.  5.  Qui  vice- 
rit,  sic  vestielur  vestimenlis  albis  :  Celui  qui 
sera  victorieux,  sera  ainsi  vêtu  d'habits 
hiancs.  c.  i.  i.  c.  6.  11.  Voy.  Stola. 

3^  La  prospérité  et  la  paix.  Zach.  1.  8. 
7*05^  eum  equi  rtifi,  varii,  et  albi  ;  Il  y  avait 
après  lui  des  chevaux,  dont  les  uns  étaient 
roux,  d'autres  marquetés,  et  les  autres 
blancs.  Ces  chevaux  de  différentes  couleurs 
représentent  les  anges  qui  présidaient  aux 
nations,  qui  tinrent  une  conduite  différente 
à  l'égard  des  Juifs;  les  chevaux  roux  mar- 
quent ceux  qui  présidaient  aux  Chaldéens 
et  aux  Assyriens,  nations  ennemies  des 
Juifs;  les  chevaux  blancs  signifiaient  les 
anges,  qui  présidaient  aux  nations  pacifiques 
et  amies  des  Juifs,  tels  qu'ont  été  les  Mo- 
des et  les  Perses,  et  ensuite  les  Grecs,  sous 
la  conduite  d'Alexandre  ;  les  marquetés  si- 
gnifient ceux  qui  les  ont  traités  différem- 
ment. Ainsi,  c.  6.  v.  3.  Et  in  quadriga  tcrlia 
equi  albi.  Ces  chevaux  blancs  marquent  la 
bonté  avec  laquelle  Alexandre  traita  les 
Juifs  :  car  en  cet  endroit  Dieu  fait  voir  à  Za- 
charie  sous  ces  figures  les  quatre  monar- 
chies qu'il  avait  fait  voir  à  Daniel,  sous  la 
figure  de  différentes  bêtes,  v.  6.  Ces  mêmes 
chevaux  blancs  suivirent  les  chevaux  noirs 
tlu  côté  de  l'aquilon;  parce  que  les  Grecs, 
sous  la  conduite  d'Alexandre  ,  s'assujetti- 
rent après  les  Mèdos  et  les  Perses  sous  celle 
de  Cyrus,  la  terre  de  Babylone,  qui  est  ap- 
pelée  dans  l'Ecriture,  la  terre  de  l'Aquilon. 

V'  La  sécheresse  et  la  stérilité.  Joël.  1.  7. 
Albi  fncli  sunt  rami  ejiis  :  Leurs  branches 
demeurèrent  toutes  sèches  et  touies  nues  :  il 
parle  des  figuiers  dont  les  sauterelles  ron- 
gent l'ccorce  des  branches,  qui  par  là  môme 
deviennent  sèches. 

ALBOR,  is.  Blancheur  (àV^ôc).  Levil.  13. 
39.  Vir,  sive  mulier,  in  ciijùs  cutc  candor 
npparuerit ,  intaebilur  cos  Sacerdos  ;  si  de- 
prchenderit  subobscurum  alborcm  lucere  in 
exile,  scinl  non  esse  lepram  :  S'il  paraît  une 
blancheur  sur  la  peau  d'un  homme  ou  d'une 
lenune,  le  prêtre  les  considérera;  cl  s'il  re- 
connaît que  cette  blancheur  paraît  sur  la 
peau,  étant  un  peu  obscure,  qu'il  sache  que 
ce  n'est  point  la  lèpre.  De  ce  mol  se  fait 
celle   phrase,    Vcrii   in    alborcm   ;   devenir 


blanc  Levit.  13.  v.  16.  2o.  Quod  si  rurswn 
versa  fûerit  in  alborem  :  Que  si  la  lèpre  de- 
yient  encore  toute  blanche,  etc. 

ALBUGO,  iNis,  IsvYMux.  Une  tache  blan- 
che dans  l'œil,  une  laie  qui  se  forme  par  une 
pellicule  blanche  qui  couvre  la  prunelle,  et 
qui  empêche  la  vision  {tttLIIoç  ,  lusciosus  ). 
Lev.  21.  20.  Si  albuginem  habens  in  oculo  : 
S'il  a  une  taie  sur  l'œil  :  c'était  un  défaut  qui 
excluait  de  la  prêtrise  dans  l'ancienne  loi  ; 
mais  ce  défaut  et  tous  les  autres  qui  sont  ici 
rapportés,  marquent  les  défauts  spirituels 
qui  devraient  dans  la  loi  nouvelle  rendre 
incapables  du  ministère  sacré.  [Voyez  saint 
Grégoire,  in  Pastorali),  Tob.  6.  9.  c.  H.  li. 
Cœpit  albugo  ex  oculis  ejus  quasi  membrana 
ovi  egredi  :  Une  petite  peau  blanche  ,  sem- 
blable à  celle  d'un  œuf,  commença  à  sortir 
de  ses  yeux.  Voy.  Fel. 

ALCIMUS,  I.  Fortis,di\  grec  vj.y.oç ,  For- 
titudo.  Alcime,  grand  sacrificateur,  traître  à 
sa  patrie.  1.  Mach.  7.  5.  Venerunt  ad  eum 
viri  iniqui  et  impii  ex  Israël,  et  Alcimus  dux 
eorum,  gui  volebat  fieri  Sacerdos  :  Des  hom- 
mes d'Israël,  méchants  et  impies,  vinrent 
trouver  Démétrius,  ayant  à  leur  tête  Alci- 
me, qui  aspirait  à  être  établi  grand  prêtre, 
y.  9.  Alcimum  impium  constituit  in  Sacerdo- 
fmm  ;  Bacchides  établit  grand  prêtre  l'im- 
pie Alcime  :  il  en  est  souvent  parlé  dans  ce 
chapitre,  et  dansle  chapitre  9.  et  2.  Mach. 
U.  3. 

ALERE,  Tpé'ftrj.  Ce  verbe,  qui  se  fait  du 
Grec  «),$£Ko,  Farina  friimenti,  signifie, 

1'  Nourrir,  fournir  les  aliments  nécessai- 
res pour  entretenir  la  vie.  Tob.  1.  20.  Esu- 
rientes  alebat  ;  11  nourrissait  ceux  qui  n'a- 
vaient pas  de  quoi  manger.  Exod.  16.  v.  32. 
3o.  Hoc  cibo  cditi  sunl  quadraginla  annis  : 
Les  Israélites  furent  nourris  de  la  manne 
pendant  quarante  ans.  Levit.  22.  13.  2. 
Mach.  7.  27.  Act.  12.  20.  De  là  vient,  Alere 
aniinam  suam  :  Se  nourrir.  Eccli.  40  30. 
Ainsi,  alere  grcges,  élever  des  bestiaux  pour 
le  ménage  de  la  campagne.  Gènes.  46.  32. 
Sunt  viri  Pastores  ovium,  curamque  fiabent 
alcndorum  grcgum  :  Ce  sont  des  pasteurs  de 
brebis  qui  s'occupent  à  nourrir  des  trou- 
peaux. Nu  m.  32.  1. 

2"  Nourrir  spirituellement  de  la  parole  de 
Dieu,  et  des  autres  secours  spirituels.  Apoc. 
12.  14.  Datœsunt  mulieri  alœ  duœ  aquilœ  ma- 
gnœ,  ut  volaret  in  desertum  in  locum  suum, 
ubi  alitur  per  tempus  et  tempora  et  dimidium 
temporis  :  On  donna  à  la  femme  deux  ailes 
d'un  grand  aigle,  afin  qu'elle  s'envolât  au 
désert  en  son  lieu,  où  elle  est  nourrie  pen- 
dant trois  ans  et  demi.  Cette  femme  nous  re- 
présente l'Eglise  dans  la  persécution,  sur- 
tout celle  de  l'Antéchrist,  (jui  durera,  à  ce 
qu'on  croit,  comme  celle  d'Anliochus,  trois 
ans  et  demi  :  Dieu  donnera  aux  fidèles  le 
moyen  de  se  retirer  quelque  part,  où  ils  se 
nourriront  de  la  parole  de. Dieu. 

ALEXANDEK,  oui,  Virorum  adjutor,  du 
Grec  à).£;oj  ,  et  d'àv/jp.  Nous  trouvons  dans 
l'Ecriture  cini]  hommes  de  ce  nom. 

1'  Alexandre  le  Grand,  fils  de  Philippe, 
roi  de  Macédoine.  1.  Mach     1.  8.  RegnavH 


iSo 


ALE 


ALI 


186 


Alexander  annis  duodecim,  et  mortmis  est  : 
j^lexandrc  régna  douze  ans,  et  après  cela  il 
mourut.  V.  1.  c.  6.  2.  Alexander  PhilippiRex 
Macedo,  qui  regnavit  primus  in  Grœcin  : 
Alexandre,  roi  de  Macédoine,  fils  de  Phi- 
lippe, qui  établit  le  premier  la  monarchie 
des  Grecs.  Il  en  est  fait  mention  dans  Da- 
niel, c.  7.  6.  c.  8.  V.  8.  21.  c.  10.  20.  c.  12. 
3.  Ce  prince  fut  élu  capitaine-général  de 
toute  la  Grèce  à  Tâge  de  22  ans,  et  entre- 
prit la  conquête  de  l'Asie  avec  une  armée 
composée  seulement  de  trente  mille  hom- 
mes ;  il  mourut  âgé  de  32  ans,  l'an  3680, 

2'  Alexandre  Balé,  fils  du  roi  Antiochus 
Epiphane,  qui  défit  Démétrius.  11  en  est  sou- 
vent parlé  dans  les  chapitres  10.  et  11.  du 
premier  livre  des  Machabées.  Il  succéda  à 
son  père  l'an  du  monde  3850. 

3^  Fils  de  Simon  le  Cyrénéen,  qui  porta  la 
croix  de  Noire-Seigneur.  Marc.  15.  v.  21. 

4"  Un  de  la  race  Sacerdotale ,  qui  fut  de 
ceux  qui  défondirent  aux  apôtres  de  prêcher. 
Acl.  4.  V.  6.  18.  On  croit  que  c'est  lui  qui  fut 
Alabarche  d'Alexandrie,  c'est-à-dire  inten- 
dant des  Salines,  première  dignité  de  ma- 
gistrature dans  Alexandrie. 

5'  Celui  que  les  Juifs  produisirent  pour 
apaiser  le  peuple  dEphèse.  Act.  19.  v.  33. 
34.  Il  semble  que  ce  soit  cet  ouvrier  en  cuivre 
dont  saint  Paul  se  plaint.  2.  Tim.  4. 14.  qui 
avait  été  fiilèle.  1.  Tim.  1.  20. 

ALEXANDRIA,  m.  Gr.  Adjutorium  viro- 
rum;  Rch.  No.  Iiritatio.  Alexandrie,  ville 
capitale  de  l'Egypte,  bâtie  par  Alexandre 
le  Grand;  elle  s'appelait  auparavant  No. 
Jerem.  40.  25.  Ecce  ego  visitabo  super  tu- 
viullum  Alexainlriœ  :  Je  vais  visiter  dans  ma 
colère  le  tumulte  d'Alexandrie;  c'est-à-dire 
le  grand  peuple  ou  la  multitude  tumultueuse 
d'Alexandrie.  Le  mot  hélireu  no,  est  ordinai- 
rement suivi  ou  précédé  du  mot  Amon  ,  qui 
est  rendu  par  populus,  tumiiUus  ou  mulli- 
tudo;  parce  que  cette  ville  est  fort  peuplée. 
Jérémie  parle  de  la  conquête  de  l'Egypte  par 
Nabucliodonosor,  qui  la  désola.  Ezech.  30. 
14.  Faciam  judicia  in  Alexandrin  :  J'exer- 
cerai mes  jugements  dans  Alexandrie,  v.  15. 
InlerficiaminulliludinemAlcxandriœ:  Je  ferai 
mourir  cette  multitude  de  peuple  d'Alexan- 
drie. Heb.  No  Amon  ;  No  populosani.  v.  IG. 
Alexandrin  erit  dissipata  :  Alexandrie  sera 
ravagée.  Nabuchodonosor  ravagea  toute 
l'Egypte.  Nahum.  3.  8.  Xuniquid  melior  es 
Alexandria  populorum,  i.  e.  populosa;  Heb. 
No  Amon  :  Eles-vous  plus  considérable  que 
la  ville  d'Alexandrie,  si  pleine  de  peuple? 
Le  prophète  parle  à  Ninive,  détruite  par  les 
Chaldéens,  sous  la  conduite  deNabopolassar, 
mais  dans  ces  prophètes,  le  mot  Alexandrin 
a  été  mis  par  linlerprèle  lalia,  au  lieu  de 
No,  située  dans  l'Egypte,  en  la  [)lacc  de  la- 
quelle Alexandre  a  bâti  depuis  la  ville  d'A- 
lexandrie ;  mais  Bochard ,  dans  son  Phaleg  , 
écrit  que  No  était  plutôt  Diospolis,  qui  avait 
clé  ruinée  par  Nabuchodonosor,  et  que  le  lieu 
où  Alexandrie  a  été  bàlie  i»'élait  (|uun  petit 
lieu  appelé  liacotis  ,  qui  ne  méritait  pas  être 
comparé  avec  Ninive. 

ALEXANDKINUS,  a  ,  um,  'a>.-;xvo/->£  j; ,  gr. 


Adjutor  virofum.  Alexandrin,  qui  est  d'A- 
lexandrie, qui  appartient  à  cette  ville.  Act. 
18.  24.  Judœus  quidam,  Apollo  nomine , 
Alexandriniis  génère  :  Un  juif  nommé  Apol- 
lon, originaire  d'Alexandrie,  c.  6.  9.  c.  27. 
G.  c.  28.  11. 

ALIAN,  Heb.  Excelsns,  premier  fils  de 
Sobal.  1.  Par.  1.  40. 

ALICARNASSUS ,  1.  Halicarnassus.  Ce  mot 
est  grec,  composé  d'y./?  mare,  de  y.ypy.,  ca- 
put ,  et  de  vioj  ,  hahito  ;  ainsi  c'est  caput  ma- 
rilimœ  hnbitationis. 

Alicarnasse,   ville  capitale  de   la    Carie, 

province  de  l'Asie  Mineure.  1.  Mach.  15.  23. 

ALIAS,  oôlozt.    Cet   adverbe  vient  du  mot 

alius,  et  signifie  une  autre  fois,  en  un  autre 

temps:  dans  l'Ecriture: 

1"  Ailleurs,  en  un  autre  endroit  {h  ï-tp',^  , 
alio  loco).  Act.  13.  35.  Ideoque  el  alias  dixit  ; 
et  il  dit  encore  en  un  autre  endroit  : 

2^  D'ailleurs,  outre  cela  (  /'/'.  -^v.p  ,  eliam, 
prœterea).  (lenes.  20.  12.  Alias  et  vere  soror 
mea  est  :  D'ailleurs  elle  est  véritablement  ma 
sœur.  Voy.  Soror. 

ALIBI,  de  l'adjectif  aliun,  et  d'ubi,  pour 
aliubi. 

Ailleurs,  d'un  autre  côté  (  à/./K/.^  ).  Sap. 
18.  18.  Et  alius  alibi  projechis  semivivus  : 
Et  l'un  étant  jeté  à  demi  mort  d'un  côté ,  et 
l'autre  de  l'autre.  Le  Sage  parle  des  fils  aînés 
des  Egyptiens  qui  furent  frappés  par  l'Ange 
exterminateur. 

ALIENARE,  à>.),orsiovv.  De  l'adjectif  alienns, 
et  signifie  proprement  aliéner,  transférer  la 
propriété  d'une  chose  en  quelque  manière 
que  ce  soit  :  dans  l'Ecriture  : 

1°  Aliéner,  détacher,  séparer.  Ephes.  2. 12. 
Eratis  sine  Christo,  alienati  a  conversaiione 
Israël  :  Vous  n'aviez  point  alors  de  part  au 
Messie;  vous  étiez  entièrement  séparés  du 
peuple  d'Israël.  Voy.  Conversatio.  Ephes.  4. 
18.  Alienati  a  vita  Dei  :  Entièrement  éloignés 
de  la  vie  de  Dieu.  Coloss.  1.  2t.  Et  vos  cuni 
essetis  aliquando  alienati  :  Vous  étiez  vous- 
mêmes  autrefois  éloignés  de  Dieu.  Ps.  57.  4. 
Alienali  sunt  peccalores  a  vulva  :  Les  pé- 
cheurs se  sont  éloignés  de  la  justice  dès  leur 
naissance.  Ezech.  14.  7. 

2"  Aliéner  se  dit  aussi  figurément  de  l'af- 
fection. 1.  Mach.  6.  2'*.  Filii  populi  noslri 
propter  hoc  alienabant  se  a  nobis  :  Ceux  de 
notre  peuple  nous  ont  pris  en  aversion  pour 
ce  sujet,  c.  11.  12.  c.  15.  27. 

Aliéner  se  dit  aussi  de  l'esprit  et  du  bon 
sens  (y.zrzjif^iU'y'Jv.i,  efferri);  ainsi,  Alienalus 
mente  ;  C'est  celui  qui  a  l'esprit  troublé,  qui 
est  hors  de  son  sens.  2.  Mach.  5.  17.  lia  alie- 
nalus  mente  Antiochus  fuit  :  Ainsi,  Aniiochus 
ayant  perdu  toute  la  lumière  de  l'esprit. 

ALIENATIO,  Nis.à7T«"A).or/5i',j7tr.  Aliénation , 
action  d'aliéner  quelque  chose,  translation 
de  propriété  (Heb.  Necher;  rejectio,  able- 
gatio)  :  dans  l'Ecriture  : 

Aliénation, retranchement,  éloigncment  de 
la  société  civile.  Job.  31.  3.  Numquid  non 
perdilio  est  iniquo,  et  alienatio  operanlibus 
iniquitatcm?  Dieu  ne  perdra-t-il  p5s  le  mé- 
chant et  ne  rejcUera-t-il  pas  celui  qui  com- 
met l'injustice'/ 


187 

ALIENIGENA  ,  m.  càlôfvloç,  àXXoy^vôç.  D'a- 
lienus  et  de  genus,  alieni  generis,  propre- 
ment  celui  qui  est  d'un  autre  pays;  mais  il 
8'étend  aussi  à  ceux  qui  sont  d'une  autre 
maison  et  d'une  autre  famille,  et  se  dit  même 
de  ceux  qui  liennent  un  parti  contraire. 

1°  Un  étranger  qui  est  d'un  autre  pays  que 
nous.  Gènes.  IT .  21 .  Omnes  viri  do  mus  illius, 
tam  vernaculi  quam  emptitii,  et  alienigenœ 
pariter  circumcisi  sunt  :  Kt  en  ce  même  jour 
encore  furent  circoncis  tous  les  mâles  de  la 
maison  d'Abraham,  tant  les  esclaves  nés  chez 
lui,  que  ceux  qu'il  avait  achetés  et  qui 
étaient  nés  en  des  pays  étrangers  3.  Reg. 
11.  V.  1.  8.  2.  Esdfc  c.  9.  2.  c.  13.  y.  3. 
26.  30. 

2"  Celui  qui  n'est  point  de  la  race  d'Abra- 
ham et  du  peuple  d'Israël,  qui  n'avait  point 
de  part  à  l'alliance  que  Dieu  avait  faite  avec 
lui.  Exod.  12.  43.  Omnis  alienigena  non  co- 
medet  ex  eo  :  Nul  étranger  ne  mangera  de  la 
Pâque.  Levit.  22.  25.  De  manu  alienigenœ  non 
offeretis  :  Vous  n'offrirez  point  à  votre  Dieu 
des  pains  de  la  main  d'un  étranger.  Luc.  17. 
v.  i8.  Act.  10.  V.  28.  etc. 

3°  Celui  qui  n'était  point  de  la  famille 
d'Aaron,  quoique  lévite.  Exod.  29.  33.  Alie- 
nigena non  vescetur  ex  eis.  Levit.  22.  v.  10. 
13.  Num.  16.  40.  c.  18.  4.  Eccli.  46.  16.  Voy. 

AtlENUS,  EXTERNUS. 

4°  Les  Philistins  qui,  étant  sortis  de  la 
Cappadoce ,  avaient  chassé  les  Evéens  du 
pays  que  l'on  appelle  la  Palestine,  où  ils  se 
sont  établis.  Gènes.  17.  27.  Deut.  2.  23. 11  en 
est  fait  mention  sous  ce  nom,  principalement 
dans  les  Psaumes.  Psalm.  59. 10.  Ps.  82.  8. 
Ps.  86.  4.  Ps.  107.  10.  et  sont  appelés  parti- 
culièrement alienigenœ ,  parce  que  les  autres 
nations  étant  éloignées ,  les  Philistins,  non 
seulement  étaient  voisins,  mais  même  habi- 
taient parmi  les  Israélites,  el  leur  faisaient 
une  guerre  continuelle;  c'est  peut-être  pour 
cela  que  les  Hébreux  appelaient  allophylos, 
i.  e.  alienigenas,  leurs  autres  ennemis. 

5°  Les  ennemis  du  peuple  d'Israël,  et  par 
conséquent  du  peuple  de  Dieu,  s'appelaient 
alienigenœ.  Saint  Ambroise,  1.  1.  des  Offices, 
c.  29.  Adversarios  suos  Hebrœi  allophylos  se. 
alienigenas  appellabant.  1.  Mach.  4.  v.  12.  22. 
26.  30.  c.  10.  V.  12.  Et  fugerunt  alienigenœ. 
c.  11.  V.  68.  74.  Ceciderunt  de  alienigenis  in 
die  illa  tria  millia  virorum:  Il  demeura  sur 
la  place  en  ce  jour-là  trois  mille  hommes  de 
l'armée  des  étrangers. 

6'  Etranger  qui  n'est  point  ou  du  pays,  ou 
de  la  maison  où  il  est.  Eccli.  11.  36.  Admilte 
ad  te  alienigenam  :  Si  vous  donnez  entrée 
chez  vous  à  l'étranger,  il  excitera  un  trouble 
qui  vous  renversera.  Il  faut  faire  un  grand 
choix  de  .  ceux  qu'on  introduit  dans  sa 
maison. 

ALIENUS,  A,  vu,  ùXkorptoç.  De  l'adjoctif 
alius,  a  plusieurs  significations,  parce  qu'il 
y  a  plusieurs  manières  d'être  ou  d'apparte- 
nir à  autrui. 

1'  Ce  qui  est  ou  appartient  à  aulrui.  Eccli. 
21.  9.  Qui  œdificnt  domum  suam  impendiis 
alimis  :  Celui  qui  bâtit  sa  maison,  c'esl-à- 
dirc  qui  se  fait  riche  aux  dépens  d'aulrni  , 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


188 

est  comme  celui  qui  amasse  ses  pierres  pour 
bâtir  durant  l'hiver,  dont  l'édifice  tombera 
en  ruine,  parce  que  les  biens  mal  acquis 
portent  avec  eux  une  malédiction  qui  accable 
ceux  qui  en  sont  chargés,  c.  40.  30.  Vir  re- 
spiciens  in  mensam  alienam,  non  est  vita  ejus 
in  cogilatione  victus  :  alit  enim  animam  suani 
cibis  alienis  :  La  vie  de  celui  qui  s'attend  à 
la  table  d'aulrui,  n'est  pas  une  vie,  parce 
qu'il  se  nourrit  des  viandes  des  autres.  Exod. 
21.  35.  c.  22.  5.  etc.  Ainsi  les  biens  de  la  for- 
tune sont  appelés  un  bien  qui  n'est  point  à 
nous.  Luc.  16.  12.  Si  in  aliéna  fidèles  non 
fuistis,  quod  vestrum  est  quis  dabit  vobis  ?  Si 
vous  n'avez  pas  été  fidèles  dans  un  bien  étran- 
ger, qui  vous  donnera  le  vôtre  propre?  Les 
biens  extérieurs  et  périssables  sont  étrangers 
à  noire  égard,  et  ne  sont  pas  proprement  à 
nous  ;  soit  parce  qu'étant  hors  de  nous ,  ils 
ne  peuvent  nous  rendre  heureux;  soit  parce 
qu'ils  peuvent  à  tous  moments  nous  être 
enlevés;  soit  enfin  parce  qu'étant  périssa- 
bles, il  faut  que  nous  les  quittions  ou  qu'ils 
nous  quittent  :  les  seuls  biens  qui  nous  sont 
propres,  ce  sont  les  biens  de  la  grâce  et  les 
dons  de  l'Esprit  de  Dieu;  soit  parce  qu'ils 
peuvent  seuls  nous  contenter  et  remplir  no- 
tre cœur,  soit  parce  qu'ils  sont  au  dedans  de 
nous  el  l'ornement  de  notre  âme  ;  soit  enfin 
parce  que  nul  ne  saurait  nous  les  ravir  mal- 
gré nous.  Voy.  Vestbum. 

C'est  à  cette  signification  que  se  rapporte 
Aliéna  mulier  :  Vne  femme  étrangère;  pour 
marquer  une  prostituée,  qui  n'étant  point 
fidèle  à  son  mari,  à  qui  elle  appartient,  se 
prostitue  à  d'autres  (  ulloç  ).  Prov.  5.  9.  Ne 
des  alienis  konorem  tuum  :  Ne  prostituez  point 
votre  honneur  à  des  étrangers;  c'est-à-dire 
à  des  femmes  de  mauvaise  vie  et  à  tous  les 
débauchés  qui  les  accompagnent  :  un  homme 
qui  s'y  abandonne  perd,  non  seulement  sa 
réputation  qui  vaut  mieux  que  les  richesses, 
mais  encore  son  âme  qui  a  l'honneur  d'être 
créée  à  l'image  de  Dieu.  Prov.  2.  16.  c.  5.  20. 
c.  7.  5.  etc.  Ainsi,  Species  aliéna  :  La  beauté 
d'une  femme  étrangère.  Eccli.  9.  8.  Ne  cir- 
cttmspicias  speciem  alienam,  v.  11.  speciem 
mulieris  alienœ:  L'Ecriture  appelle  en  général 
une  prostituée,  femme  étrangère;  soit  celle 
qui  étant  mariée  s'abandonne  à  celui  qui 
n'est  point  son  mari;  soit  celle  qui  n'étant 
point  mariée  s'abandonne  à  celui  à  qui  elle 
n'appartient  pas. 

On  appelle  aussi  alieni  les  hommes  adul- 
tères, parce  qu'ils  sont  étrangers  à  l'égard 
de  celles  qu'ils  séduisent.  Ezech.  16.  32. 
Fada  es  quasi  niulier  adultéra,  quœ  super 
virum  suum  induet  aliénas  :  Vous  êtes  deve- 
nue comme  une  femme  adultère  qui  cherche 
des  étrangers  en  se  retirant  de  son  mari. 

On  appelle  encore  de  la  sorte  les  enfants 
illégitimes  ou  les  enfants  des  femmes  étran- 
gères. Ose  5.  7.  Fiiios  aliénas  genuerunt  : 
Ils  ont  violé  la  loi  du  Seigneur,  parce  qu'ils 
ont  engendré  des  enfants  bâtards. 

2"  Celui  à  qui  une  chose  n'appartient  p<îs 
et  qui  en  est  usurpateur,  s'appelle  étranger. 
Joan.  10  5.  Alienum  non  sequunlur  :  Lts 
brebis  ne  suivent  point  ua  pasteur  élrangei' 


189 


ALI 


ALI 


190 


dont  elles  n'entendent  point  la  voix.  Ceux 
qui  sont  devenus  les  propres  brebis  du  vrai 
Pasteur  Jésus-Christ,  ne  s'atlachent  qu'aux 
pasteurs  qu'il  leur  donne  lui-mêtne.   Voy. 

PROPRIUS. 

C'est  en  ce  sens  que  les  faux  dieux  elles 
idoles  sont  appelés  dieux  étrangers,  parce 
qu'on  leur  rend  un  honneur  qui  n'est  dû 
qu'au  vrai  Dieu  {hepoç).  (Matth.  4.  10.  Luc. 
k.  8.  Dominum  Deum  tuum  adorabis  et  illi  soli 
servies.)  Exod.  20.  3.  Non  habebis  deos  alie- 
nos  coramme  :  Vous  n'aurez  point  d'autres 
dieux  que  moi.  Dieu  est  jaloux  de  l'honneur 
qui  lui  est  dû.  Gènes.  35.  v.  2.  k.  Deut.  5.  7. 
c.  6.  14.  G.  7.  k.  c.  8.  19.  etc.  Quelquefois  le 
mot  dii  est  sous-enlendu.  Isa.  43.  12.  Non 
fuit  in  vobis  alienus  :  Il  n'y  a  point  eu  parmi 
vous  de  dieu  étranger.  Jerem.  2.  25  Adamavi 
aliénas  :  J'aime  les  dieux  étrangers  avçc 
passion,  c.  3.  13.  c.  8.  19. 

3°  Etranger,  opposé  à  domestique  ,  qui  ne 
nous  touche  point.  Gènes.  31.  15.  Nonne 
quasi  aliénas  reputavit  nos?  Notre  père  ne 
nous  a-t-il  pas  traitées  comme  des  étran- 
gères? c.  42.  7.  Quasi  ad  aliénas  durius  lo- 
quebatur .  Joseph  parla  à  ses  frères  assez 
rudement  ,'les  traitant  comme  des  étrangers. 
Deut.  22.  3.  Job.  19.  v.  13.  15.  Ose.  8. 12.  1. 
Mach.  12.  10.  Isa.  61.  5. 

4°  Etranger,  qui  n'est  point  lié  de  parenté 
avec  nous  ,  qui  n'est  ni  notre  allié,  ni  notre 
parent.  Exod.  21.  8.  Populo  alieno  vendendi 
non  habebit  potestatem  :  Si  une  femme  du 
second  rang  déplaît  à  celui  qui  l'a  achetée 
pour  l'épouser,  il  la  laissera  aller  et  souffrira 
qu'on  la  rachète  ;  mais  il  n'aura  pas  la  liberté 
de  la  vendre  à  un  étrange^;  qui  ne  soit  point 
parent  de  celui  qui  la  doit  acheter,  selon  la 
loi  du  Lévitique.  25.  v.  48.  49.  Qui  voluerit 
ex  fratribus  suis  redimet  eum  :  Celui  de  ses 
parents  qui  voudra  le  racheter,  le  pourra 
faire;  c'est  le  même  cas  de  cette  femme. 
Matth.  17.  v.  24.  25.  ab  alienis  :  C'est  des 
étrangers  que  les  rois  reçoivent  des  tributs 
et  des  impôts  ;  les  enfants  en  sont  exempts. 

5  Un  étranger,  qui  est  de  quelque  pays 
éloigné  de  nous  ou  d'une  autre  nation  que  la 
nôtre.  Deut.  23.  19.  Non  fenerabis  fratri  luo 
ad  usuram,  sed  alieno  :  Vous  ne  prêterez 
point  à  usure  à  votre  frère,  mais  seulement 
aux  étrangers.  Dieu  commandait  aux  Israé- 
lites de  prêter  gratuitement  à  leurs  frères, 
c'est-à-dire  à  ceux  de  leur  nation  qui  étaient 
dans  le  besoin;  mais  il  permettait  l'usure  à 
l'égard  d«s  étrangers.  Quoique  cette  permis- 
sion fût  d'une  chose  non  licite,  saint  Am- 
broise  a  cru  néanmoins  que  celte  permission 
était  légitime  et  sans  défaut;  mais  ce  senti- 
ment n'est  pas  sans  difficulté.  Isa.  2.  G.  Pue- 
ris  alienis  adhœserunt  :  Les  Israélites  se 
sont  attachés  à  des  enfants  étrangers.  Ils 
.ichclaicnl  de  jeunes  esclaves  pour  en  abu- 
ser. Judic.  19  12.  Eslb.  IG.  10.  Eccli.  30.  3. 
Ezccb.  44.  9. 

G  Les  méchants  et  les  impics  qui  suivaient 
Us  mœurs  déréglées  des  nations  profanes, 
quoiqu'ils  fussent  nés  selon  la  chair  du  peu- 
ple de  Dieu.  Ps.  18.  14.  Ah  alienis^  parce  servo 
tv.o  :  Défendez  votre  serviteur  contre  l'inso- 


lence des  méchants  ;  Hebr.  superhis,  dos  su- 
perbes, ou  des  péchés  de  l'orgueil.  Ps.  53.  3. 
Alicni  insurrexej'unt  adversum  me:  Des  étran- 
gers se  sont  élevés  contre  moi.  Ces  étrangers 
dont  il  parle  étaient  ceux  de  Ziph,  qui  chor- 
chaient  à  le  faire  périr.  Eccli  32.  22.  c.  45. 
22.  etc.  Ainsi,  Filii  alieni,  Heb.  bene  necar. 
Enfants  étrangers;  chez  les  Hébreux  ce  sont 
ceux  qui  dégénèrent,  et  qui,  au  lieu  d'imiter 
la  bonté  de  Dieu,  leur  Père,  en  sont  diffé- 
rents, comme  sont  ordinairement  les  bâ- 
tards. Ps.  17.  49.  Filii  alieni  menlili  sunt 
mihi  :  Des  enfants  étrangers  ont  agi  avec 
dissimulation  à  mon  égard.  Ps.  143.  v.  8.  12. 
Ezech.  44.  v.  7.  9.  Joël.  3.  17.  Ainsi  le  peu- 
ple juif,  qui  s'était  détourné  du  culte  de  Dieu, 
est  appelé  une  vigne  étrangère,  qui  dégénère 
et  qui  devient  sauvage.  Jerem.  2.  21.  Quo- 
modo  conversa  es  mihi  in  vineam  alienam? 
Comment  êtes-vous  devenu  pour  moi  un  plan 
bâtard?  Voy.  Vinea. 

7°  Ennemi,  mal  affectionné.  Isa.  1.  7.  Re- 
gionem  vestram  alieni  dévorant  :  Les  étran- 
gers dévorent  votre  pays  devant  vous.  Les 
peuples  qui  environnaient  la  Terre  sainte 
étaient  ennemis  des  Juifs  ou  du  peuple  de 
Dieu.  Levit.  26.  8.  Persequentur  quinque  de 
vestris  centum  aliénas  :  Cinq  d'entre  vous  en 
poursuivront  cent.  Job.  15.  19.  Ps.  108.  lî. 
Isa.  25.  V.  2.  5.  c.  62.  8.  Jerem.  30.  8.  c.  5!. 
51.  Thren.  5.  2.  Ezech.  28.  v.  7.  10.  c.  30. 
12.  c.  31. 12.  etc.  Ainsi,  Isa.  61.  1.  Et  slabunt 
alieni  :  Les  étrangers  viendront.  Ces  étran- 
gers sont  les  Juifs  et  les  Gentils  persécuteurs 
des  chrétiens. 

8°  Etranger,  opposé  à  celui  qui  est  consa- 
cré au  service  de  Dieu  (  àXkoji-jn;  ).  Exod. 
30.  33.  Quicumque  taie  composuerit,  et  dederit 
ex  eo  alieno,  exterminabitur  de  populo  suo  : 
Quiconque  composera  de  semblable  parfum 
et  en  donnera  à  un  étranger,  qui  ne  sera 
point  de  la  race  sacerdotale,  sera  exterminé 
du  milieu  de  son  peuple.  Num.  3.  38.  Quis- 
quis  alienus  accesserit,  morielur  :  Tout  étran- 
ger qui  approchera  du  sanctuaire  sera  puni 
de  mort.  Il  appelle  étranger  celui  qui  n'était 
point  lévite  et  destiné  au  service  de  Dieu 
dans  son  sanctuaire.  Levit.  10.  1.  c.  16.  1. 
Offerentes  ignem  alienutn  inlerfecli  sunt  :  Na- 
dab  et  Abiu  furent  tués,  pour  avoir  offert  un 
feu  étranger,  qui  n'avait  pas  été  pris  sur 
l'autel  (  KTToùloTpioïiv,  alienum  facere).  Ainsi, 
Alienum  facere  locum  sanctum  :  C'est  profaner 
un  lieu  sacré.  Jerem.  19.  4.  Eo  quad  alienum 
fecerint  locum  istum  :  Parce  que  les  Israéli- 
tes ont  rendu  ce  lieu  profane  en  sacrifiant  à 
des  dieux  étrangers  ;  je  ferai  tomber  sur  Jé- 
rusalem de  très-grandes  afllictions. 

9  Etranger,  extraordinaire,  nouveau,  in- 
connu. 4.  ileg.  19.  24.  Bibi  aquas  aliénas  : 
J'ai  bu  des  eaux  élraiigôros,  qui  avaient  été 
inconnues  jusqu'alors.  Sennachcrib  avait  fait 
creuser  la  terre  pour  trouver  des  eaux  qui 
avaient  été  cachéos  jusqu'alors.  Isa.  17.  10. 
Germen  alienum  seminabis  :  Vous  sèmerez 
des  graines  étrangères,  qui  viennent  de  loin, 
et  inconnues  en  ce  pays. 

10'  Exempt,  dégafié  de  quelque  chose,  qui 
n'y  a  point  de  part  (  àOo.oç  ).  Jos.  2.    19.  Qui 


191 


DICTIONNAIRE  DR  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


192 


ostium  domus  tuœ  egressus  fuerit,  sanguis 
ipsius  erit  in  caput  ejus,  et  nos  erimus  alieni  : 
Si  ensuite  quelqu'un  sort  de  la  porte  de  votre 
maison,  il  sera  coupable  de  sa  mort,  et  nous 
en  serons  innocents.  Dcut.  22.  9.  1.  Mach.  6. 
13.  c.  12.  10.  c.  15.  33.  Voy.  Alter. 

11°  Contraire,  opposé,  qui  n'est  point  na- 
turel. Prov.  21.  8.  Perversa  via  viri  aliéna 
est .  La  voie  corrompue  de  l'homme  est  une 
voie  étrangère;  c'est-à-dire  contraire  à  !a 
nature  de  l'homme,  car  naturellement  l'hom- 
me doit  vivre  selon  la  droite  raison  et  la  jus- 
lice.  Ainsi,  Isa.  28.  21.  Jrascitur,  ut  fiât  opus 
5UMm,  alieniim  opus  ejus  :  Dieu  va  se  mettre 
en  colère  contre  vous,  et  il  fera  son  œu- 
vre de  votre  punition,  qui  est  une  œuvre 
étrangère  à  sa  volonté. 

12°  Autre,  par  exclusion  [ô  r.ilaç,  propin- 
quus).  Prov.  27.  2.  Laudet  te  alienus,  et  non 
os  tuum  :  Qu'un  autre  vous  loue,  et  non  vo- 
tre bouche,  c.  5.  17.  Gènes.  45.  1.  Ilulh.  2. 
22.  Eccli.  41.  27.  Rom.  15.  20. 

ALIMENTUiM,  i,  zpoo-n.  Aliment,  nourri- 
ture, ce  qui  sert  à  nourrir  l'homme.  1.  Tim. 
6.  8.  Habentes  alimenta  et  quibus  tegamur,  liis 
conlenti  simiis  :  Ayant  de  quoi  nous  nourrir 
et  de  quoi  nous  couvrir,  nous  devons  être 
contents.  Deut.  2.  28.  Alimenta  pretio  vende 
nobis,  ut  vescamur  :  Vendez-nous  tout  ce  qui 
nous  sera  nécessaire  pour  manger.  2.  Reg. 
19.  32.  c.  20.  3.  etc.  Ainsi  le  blé  est  appelé 
alimentum.  Gènes.  41.  1.  Audiens  Jacob  quod 
alimenta  venderentur  in  .Egypto :iacoh  ayant 
ouï  dire  qu'on  vendait  du  blé  en  Egypte,  c. 
47.  17. 

ALIMONIA,  JE,  rpryj>n.  Aliment,  nourri- 
ture. 1.  Mach.  14.  10.  Civitatibus  tribuebat 
alimonias  :  Simon  distribuait  des  vivres  dans 
les  villes,  c.  13.  21.  2.  Mach.  12.  14.  De  là 
vient,  dans  le  sens  figuré,  Alimonia  ignis  : 
La  nourriture  du  feu,  ce  qu'on  met  dans  le 
feu  pour  y  être  consumé.  Levil.  3.  16.  Ado- 
lebit  ea  super  altare  sacerdos,  in  alimoniam 
ignis  :  Le  prêtre  fera  brûler  sur  l'autel  la 
graisse  du  foie  avec  les  deux  reins,  aûn  qu'ils 
soient  la  nourriture  du  feu.  C'est  de  l'hostie 
pacifique.  Voy.  v.  11.  14. 

ALLMIS,  Heb.  Vestibulum,  ville  de  la  tribu 
de  Gad.  1.  Mach.  5.  26.  In  Alimis  :  Dans 
Alimas. 

ALIOQUI  ou  AL10QU1N,  —  1°  autrement, 
sans  cela,  si  cela  n'était  (d!iiij.-nyz).  Gen.  30. 
1.  Da  mi/ii  liberos,  alioquin  moriar  :  Rachel 
dit  à  son  mari  :  Donnez-moi  des  enfants,  ou 
je  mourrai.  Hebr.  9.  26.  Alioquin  oporlebat 
eum  fréquenter  pati  ab  origine  mundi  :  Autre- 
ment il  eût  fallu  qu'il  eût  souffert  plusieurs 
fois  depuis  la  création  du  monde.  Gènes.  42. 
16.  c.  44.  26.  Levit.  10.  7.  etc. 

2'  Puisque,  parce  que  {èmi  ,  quoniam). 
Hebr.  9.  17.  Alioqui  nondum  valet,  dum  vivit 
qui  testalus  est  :  Le  testament  n'a  point  de 
lorcc  tant  que  le  testateur  est  encore  en  vie. 
^  3'  Mais  (kùù  ,  sed).  Job.  2.  5.  Alioquin 
mitte  manum  tuam:  Mais  étendez  votre  main 
et  frappez  ses  os  et  sa  chair:  Salan  parle 
ainsi  à  Dieu  de  Job. 

4  Au  moins.  Joan.  14. 11.  Alioquin  propler 
opéra  ipsa  crédite  :  Croyez -le  au   moins  à 


cause  des  œuvres  que  je  fais.  2.  Cor.  11.  16. 
ALIQUANDO,  rrori.    De  l'ancien  adjectif 
alis  pour  alius ,  et   signifie  , 

1°  quelquefois,  parfois.  Eccli.  37. 18.  Ani- 
ma viri  sancti  enuntiat  aliquando  vera,  quam 
septcm  circumspectores  sedenlesin  excelso  ad 
s/;eci//anrfwm;  L'âme  d'un  homme  saint, gr.  (no- 
tre propre  conscience), découvre  quelquefois 
mieuxla  vérilcquesoptsentinellesqui  sont  as- 
sises dans  un  lieu  élevé,  pour  contempler  tout 
ce  qui  se  passe.c.l3.21.Voy.CiRcuMSPECTOR. 
2°  Autrefois,  anciennement,  ou  ci-devant 
(olim).  Eph.  5.  8.  Eratis  aliquando  tenebrœ  : 
Vous  n'étiez  autrefois  que  ténèbres.  Gènes. 
42.  3.  Rom.  7.  9.  c.  11.  30.  Gai.  1,  v.  13.  23. 
c.  2.  6.  etc. 

3°  Jamais,  en  parlant  du  temps  passé  ou 
du  futur  {-o-é,  umquam).  Deut.  4.  32.  Si  fa- 
cta  est  aliquando  hujuscemodi  res  :  Considé- 
rez s'il  s'est  jamais  rien  fait  de  semblable.  1. 
Reg.  25.  V.  7.  15.  3.  Rog.  1.  6.  etc.  Tob.  4.  6. 
Cave  ne  aliquando  peccato  consentias  :  Gar- 
dez-vous de  consentir  jamais  à  aucun  péché. 
V.  16.  Quod  ab  alio  oderis  fieri  tibi,  vide  ne 
tu  aliquando  alleri  facias  :  Prenez  garde  de 
faire  jamais  à  un  autre  ce  que  vous  seriez 
fâché  qu'on  vous  fît.  Jerem.  17.  8.  2.  Pelr. 
1.  10.  Eccli.  13.21. 

4°  Un  jour,  à  quelque  heure,  pour  mar- 
quer l'avenir.  Luc.  22.  32.  Et  tu  aliquando 
conversus,  confirma  fratres  tuos  :  Lors  donc 
que  vous  serez  converti,  fortifiez  vos  frères. 
Voy.  CoNVERTERE.  1.  Reg.  25.  29. 

5°  Enfin.  Gènes.  30.  30.  Jiistum  est  ut  ali- 
quando provideam  domui  meœ  :  Il  est  juste 
enfin  que  je  prenne  quelque  soin  de  mon 
établissement.  1.  Reg.  27.  1.  Ps.  93.  8.  Rom. 
1.  10.  Phil.  4.  10. 

On  peut  remarquer  sur  ce  mot  que  toutes 
ces  différences  sont  plutôt  de  différentes  ma- 
nières de  parler  que  de  différentes  significa- 
tions; car,  hors  la  première  signification,  ce 
mot  ne  marque  autre  chose  que  le  passé  ou 
l'avenir. 

ALIQUANTUM.  Voy.  Aliquantds.  Ce  mot 
dans  les  auteurs  est  quelquefois  adverbe,  et 
signifie  un  peu,  quelque  peu;  mais  le  plus 
souvent  c'est  un  adjectif  neutre  pris  substan- 
tivement, et  se  met  avec  un  génitif  et  signifie, 
Un  peu  de  quelque  chose  (£c-;^a-ov,  denique). 
Levit.  27.  18.  Sinautem  post  aliquantum  tem- 
poris  :  S'il  donne  son  champ  quelque  temps 
après  le  jubilé. 

ALIQÛANTUS,  a,  um.  Cet  adjectif  inusité 
se  fait  d' alius  et  quantus,  et  signifie  quelque, 
sans  déterminer  la  quantité  de  la  chose.  Act. 
15.  33.  Facto  ibi  aliquanlo  tempore  :  Après 
avoir  passé  là  quelque  temps,  c.  18.  2.3.  c. 
28.  3.  3.  Reg.  17.  7. 

ALIQUANTULUM,  i.  Ce  mot  signifie  la 
même  chose  que  aliquantum,  pour  marquer 
une  quantité  ou  un  espace  indéterminé  {ôfii- 
puç,  dies;  u-z'^rtaipoLç,  post  dies).  Gènes.  40.  4. 
Aliquantuium  tcmporis  fluxerat  :  Quelque 
temps  s'était  passé  pendant  lequel  le  grand 
échanson  et  le  grand  pannetier  de  Pharaon 
demeuraient  prisonniers;  il  y  avait  bien  un 
an  tout  entier.  Judic.  15.  1.  Post  aliquantu- 
ium lemporis  :  Peu  de  temps  après.  1.  Cor. 


m 


ALI 


ALI 


191 


16.  7.  Spero  me  oîiquantidum  temporis  ma- 
tière apud  vos  :  J'espère  que  je  demeurerai 
assez  longtemps  chez  vous  ;  gr.  /côvov  zrjà. 
De  là  vient  :  Modicum  aliquantitlum  :  Fort 
peu  de  temps.  Heb.  10.  37.  Adhuc  modicum 
aliquanlulum.  Gr.  aiv.c^ryj  ôc-ok  ôtov.  Celle  ré- 
pétition, à  l'imitation  des  Hébreux,  marque 
une  grande  brièveté.  Voy.  Modicum.  Les 
apôtres  regardaient  comme  un  temps  fort 
court  ce  qui  reste  à  passer  jusqu'au  second 
avènement  de  Jésus-Christ.  Voy.  Hora. 

ALIQUIS,  ALIQUID,  rt?,  ri.  Ce  pronom 
vient  de  alius  quis.  —  1°  Aucun,  quelque, 
quelqu'un.  Luc.  8.  i6.  Tetigit  me  aliqxds  : 
Quelqu'un  m'a  touché.  Malth.  5.  23.  c.  12. 
19.  c.  18. 12.  c.  20.  20.  c.  21.  3.  c.  22. 16.  Luc. 
7.  iO.  Habeo  aliquid  tibi  dicere  :  J'ai  quelque 
chose  à  vous  dire.  —  2°  Grand,  excellent. 
Act.  5.  36.  Dicens  se  esse  aliquem  :  Théodas 
prétendait  être  quelque  chose  de  grand,  c  8. 
9.  1.  Cor.  3.  7.  c.  10.  9.  Gai.  2.  6.  c.  6.  3.  — 
3°  Quelque  chose  de  solide  et  d'assuré.  Jac.  1. 
7.  Non  ergo  œstimet  horno  ille  qiiod  accipiat 
aliquid  a  Deo  :  Il  ne  faut  donc  pas  que  celui- 
là  s'imagine  qu'il  obtiendra  quelque  chose 
du  Seigneur,  c'est-à-dire  quelque  chose  qui 
regarde  le  salut;  car  il  n'y  a  que  cela  qui 
mérite  d  être  appelé  quelque  chose  :  Dieu 
donne  tout  le  reste  sans  qu'on  le  lui  de- 
mande, et  ce  reste  peut  passer  pour  rien  en 
comparaison  de  ce  bien  solide. 

ALIQUOT,  Ttvî;.  Ce  pronom,  qui  est  in- 
déclinable et  de  pluriel,  signifie  quelques, 
quelques-uns,  en  parlant  d'un  nombre  indé- 
terminé qui  est  médiocre.  Judic.  li.  8.  Post 
aliquot  rfje*  :  Quelques  jours  après.  Act.  9. 
19.  c.  10.  48,  c.  15.  36.  etc. 

ALIQUOTIES,  è-^i^zî.  Adverbe  qui  se  fait 
A'aliquot,  quelquefois,  un  nombre  indéter- 
miné. Eccli.  3ï.  13.  Aliquoties  nsque  ad  mor- 
tem  periclitatus  sum  :  Je  me  suis  vu  quelque- 
fois en  danger  de  perdre  la  vie.  1.  Mach. 
16.2. 

ALITER,  «),Awç.  Adverbe  qui  vient  d'a- 
lius,  autrement,  d'une  autre  manière.  Gen. 
42.  12.  Aliter  est  :  Cela  n'est  pas.  Num.  11. 
15.  c.  35.  .3.3.  etc. 

ALIUNDE  ,  uù.uyj/jfj.  Adverbe  d'alius  et 
d'unde,  qui  signifie  d'ailleurs,  d'un  autre  en- 
droit; et  dans  l'Ecriture,  par  un  autre  en- 
droit. Joan.  10.  1.  Quiascendit  alitinde  :  Celui 
qui  monte  dans  la  bergerie  par  un  autre  en- 
droit que  par  la  porte  est  un  voleur  et  un 
larron. 

ALIUS,  ALIUD,  a/.Ao,-.  Cet  adjectif  vient 
de  l'ancien  mot  alis,  et  signifie  1°  autre,  un 
autre,  différent.  Act.  12.  17.  Ahiit  in  alium 
tocum  .  Saint  Pierre,  étant  sorti  de  prison, 
s'en  alla  en  un  autre  lieu;  ce  fut  à  Rome, 
selon  la  pensée  des  anciens.  1.  Cor.  15.  41. 
Alin  est  claritas  salis,  nlin  daritas  lunœ  :  Le 
soleil  a  son  éclat,  et  la  lune  le  sien.  Num.  IV. 
24.  Plenns  alio  spiritu  :  Caleb  était  animé 
d'un  autre  esprit  que  les  autres  Juifs,  qui 
étaient  incrédules  et  rebelles  aux  ordres  de 
Dieu.  1.  Rrg.  10.  6.  Mulnhrris  in  vinun 
alium  :  Vous  serez  ch;mgé  en  un  autre  liom- 
ine;  Dieu  changea  le  cœur  de  S.iùl  et  lui  en 
donna  un  autre,  y.  9.  Jmmutavit  ci  Deus  cor 


aliud  :  Ce  changement  se  fit  en  lui  donnant 
des  pensées  dignes  du  haut  rang  où  il  l'avait 
fait  monter  et  une  grandeur  d'âme  vraiment 
royale.  Matth.  2.  12.  c.  4.  21.  c.  8.  21.  etc. 

2^  Tout  autre,  plus  parfait,  plus  excellent . 
2.  Cor.  11.  4.  Si  is  qui  venit,  alium  Cliristum 
prœdicat  :  Si  celui  qui  vous  vient  prêcher 
vous  annonçait  un  autre  Christ,  ou  s'il  vous 
faisait  recevoir  un  autre  esprit  que  celui  que 
vous  avez  reçu.  Aut  alium  spiritum  accipi- 
fis,  quem  non  qccepistis:  Ou  s'il  vous  prêchait 
un  autre  Evangile  que  celui  que  vous  avez 
embrassé  :  Aut  aliud  Evangelium  quod  non 
recepistis;  rectc  pateremini  :  Vous  auriez  rai- 
son de  le  souffrir. 

3^  Nouveau  qui  n'a  point  encore  paru, 
(■/.«£vo,- .  Isa.  65.  ïo.  Servos  suos  vocabit  no- 
mine  alio  :  Dieu  donnera  à  ses  serviteurs  un 
autre  nom;  c'est  le  nom  de  chrétien.  Act.  7.  18. 
Alius  rex  :  Un  autre  roi  ;  ce  même  roi  est  ap- 
pelé, Exod.  1.  8.  Surrexit  novus  rex  :  Il  vient 
un  autre  roi,  gr.  ?T.-ior.  Ainsi,  Ad.  2.  4.  Cœpe- 
runt  loquivariis  linguis;  gr.  izipcri;.  Marc.  16. 
17.  Novis  linguis  :  gr.  -/KivatV.Ils  parlèrent  de 
nouvelles  langues. Heb.  7.  11.  Judic.  2.  10. 

4°Aulre,  quant  à  la  manière  de  subsister. 
Joan.  5.  32.  Alius  est  qui  testimonium  perhi- 
bet  de  me  :  Il  y  en  a  un  autre  qui  rend  té- 
moignage de  moi;  cet  autre  est  le  Père  éter- 
nel. V.  37.  qui  est  autre  que  le  Fils,  quant  à 
la  manière  de  subsister,  et  non  pas  quant  à 
la  manière  d'être  :  car  dans  les  personnes 
de  la  sainte  Trinité,  le  Père  est  autre  que  le 
Fils,  le  Fils  est  autre  que  le  Saint-Esprit, 
quoiqu'ils  aient  la  même  essence  et  la  même 
nature;  mais  ou  ne  peut  pas  dire  que  dans 
la  sainte  Trinité  le  Père  soit  autre  chose  que 
le  Fils  :  Aliud  quam  filius  :  Bien  qu'il  soit  au- 
tre, alius.  ' 
'  5"  Autre,  qui  succède  à  quelqu'un  pour 
remplir  sa  place.  Joan.  14.  16.  Alium  Para- 
clelum  dabit  vobis  :  Mon  Père  vous  donnera 
un  autre  consolateur  ;  savoir,  le  Saint-Es- 
prit qui  devait  consoler  les  disciples  au  lieu 
de  Jésus-Christ. 

6"  Autre  par  exclusion,  et  qui  n'est  point 
de  même  nature.  jMarc.  12.  32.  Non  est  alius 
prœter  eum  :  Il  n'y  a  qu'un  seul  Dieu,  et  il 
n'y  en  a  point  d'autre  que  lui.  Douter.  3.  24. 
c.  4.  V.  35.  39.  etc.  Il  ne  peut  y  avoir  qu'un 
Dieu  ;  tout  hors  lui  est  créature. 

7  Autre,  qui  n'est  point  de  même  nation. 
Joan.  10.  16.  Alias  oves  habeo  :  J'ai  encore 
d'autres  brebis,  i.  e.  des  élus  qui  n'étaient 
point  de  la  nation  des  Juifs,  .\insi,  alius  mar- 
que un  étranger  qui  n'est  point  de  même  fa- 
mille. Prov.  13.  23.  Atiis  congregautur  :  On 
amasse  des  biens  pour  d'autres  qui  sont 
étrangers  à  notre  égard. 

8'  Alius  pour  aller,  quand  il  ne  s'agit  que 
de  deux.  Levit.  14.  6.  Alium  autem  virum  tin- 
get  :  Il  tciiidrii  laulrc  passereau  qui  est  vi- 
vant dans  le  sang  du  passereau  qui  aura  été 
in)molé. 

9'  Alius  pour  alienus,  contraire,   opposé. 
Joan.  5.  43.  Si  alius  vcncrit  in  nomine  suo  : 
Si  un  aulri!  vient  en  son   propre  nopi,  quel- 
que faux  prophète,  vous  le  recevrez. 
10"  AliuSf  pour  marquer  un  ennemi  ou  ua 


«95 

bourreau.  Joan.  21  18.  Mu^  te  cinget:\]n 
autre  vous  ceindra,  vous  enchaînera  de 
liens  pour  vous  conduire  à  la  mort  ;  c  est  ce 
que  Jésus-Christ  prédit  à  saint  Pierre. 

De  ce  mot  alius,  vient  cette  phrase  :  Altus 
nd  alium  ou  alterum;  l'un  à  l'autre  pour  ad 
invicem.  1.  Reg.  10.  12.  Responditque  altus 
ad  alterum  :  Les  uns  disaient  aux  autres 
(  Ttj,   aliquis).  Voy.  Alter. 

ALLEGARE,  -/opiÇ=-tv.  Envoyer  vers  quel- 
qu'un, adresser  à  quelqu'un,  ou  alléguer,  citer 
comme  un  exemple;  il  se  prend  dans  la  pre- 
mière signiGcation  :  Sap.  18.  21.  Proferens 
servitutis  suce  scututn,  orationem,  et  per  in- 
censum  deprecationem  allegans  :  Aaron  em- 
ploya la  prière  comme  le  bouclier  de  son 
ministère  saint,  et  faisant  monter  sa  prière 
avec  l'encens  qu'il  vous  offrait,  il  s'opposa 
à  votre  colère. 

ALLEGORIA,  àn-nyopix.  Ce  mot  vient  de  «XXo 
aliud,  et  d'àyopsûw  dico. 

i°  C'est  une  figure  par  laquelle  on  dit  une 
chose,  et  l'on  en  signifie  une  autre  :  elle 
consiste  dans  une  continuation  de  méta- 
phores, comme  Gai.  4.  19.  Filioli  mei,  quos 
ilerum  parturio,  donec  formetiir  Cliristus  in 
vobis:Mes  petits  enfants,  pour  qui  je  sens 
de  nouveau  les  douleurs  de  l'enfantement, 
jusqu'à  ce  que  Jésus-Christ  soit  formé  dans 
vous.  Celte  première  sorte  d'allégorie,  qui 
consiste  dans  les  paroles  ,  est  commune  aux 
auteurs  sacrés  et  aux  profanes. 

2°  L'allégorie  qui  consiste  dans  les  choses, 
est  particulière  à  l'Ecriture  sainte;  quand 
on  rapporte  une  histoire  ou  quelqu'autre 
chose  qui  est  vraie  à  la  lettre;  mais  dans  ce 
récit  il  y  a  une  signification  cachée  de  quel- 
que chose  plus  relevée;  par  exemple,  l'his- 
toire des  deux  fils  d'Abraham,  qui  est  rap- 
portée, Galat.  k.  22.  renferme  une  significa- 
tion mystérieuse  de  quelqu'autre  chose  plus 
importante  :  ce  sont  les  deux  alliances  de 
l'ancienne  et  de  la  nouvelle  loi,  qui  sont  re- 
présentées par  cette  allégorie  :  Quœ  sunt  per 
nllegoriam  dicta  .-L'ancien  Testament  est  une 
perpétuelle  allégorie  des  mystères  contenus 
dans  le  nouveau.  Comparez,  Deut. 25. 4-. iVon 
alligabis,  etc.,  expliqué  par  saint  Paul,  1. 
Cor.  9.  9.  comparez  Exod.  34.  29.  et  2.  Cor. 
3.  V.  7.  13.  14.  Ps.  18.  5.  et  Rom.  10.  18. 
Gènes.  2.  24.  et  Ephes.  5.  31.  32.  Exod.  12 
15.  17.  et  i.  Cor.  5.  v.  7.  8. 

ALLELUIA,  ôàlnlovia.,  Alleluiah,  mot  hé- 
breu, qui  signifie  louez  le  Seigneur  :  il  est 
composé  du  verbe  lialal  que  l'on  emploie 
dans  les  Ecritures  ,  principalement  pour 
marquer  les  faveurs  que  l'on  reçoit  de  lui  ; 
c'est  pour  cela  que  l'on  commence  ou  l'on 
finit  par  le  mot  Allclu-juh,  plusieurs  psau- 
mes (Pss.  103.  105.  110.  111.  112.  113.  150), 
dans  lesquels  on  publie  les  grâces  quil  a 
faites  à  son  peuple:  et  parce  que  l'occupa- 
tion des  bienheureux  sera  de  louer  Dieu,  et 
le  remercier  de  ses  grâces;  quelques-uns 
croient  que  les  bienheureux  feront  retentir 
ce  mot  dans  le  ciel,  pour  témoigner  leur 
joie;  aussi  se  chantc-t-il  dans  l'Eglise  seule- 
inenl  dans  le  temps  de  joie,  comme  à  Pâques, 
dès   le  temps  des  apôlrcs,  et  même  dès  le 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE.  196 

temps  des  prophètes;  car  saint  Epiphane 
assure  que  l'usage  de  le  chanter  dans  l'E- 
glise vient  du  prophète  Aggée,  qui  le  chanta 
le  premier,  d'abord  qu'il  vit  le  temple  nou- 
vellement bâti  :  ce  que  Tobie  avait  prédit, 
c.  13.  22.  Per  vicos  ejus  alléluia  cantabitur  : 
On  chaulera  le  long  des  rues  de  Jérusalem, 
alléluia.  C'est  pourquoi  nos  pères  ont  mieux 
aimé  retenir  le  terme  original  que  de  ne  le 
pas  exprimer  en  un  seul  mot  avec  assez  de 
majesté;  car  il  ne  signifie  pas  seulement 
louez  Dieu;  mais  il  signifie  le  louer  avec  des 
transports  de  joie. 

Ce  mot  alléluia  a  passé  des  premiers  Juifs 
chrétiens  aux  Grecs  et  aux  Latins,  qui  l'ont 
retenu  dans  leurs  langues,  pour  s'accommo- 
der à  l'Eglise  des  Juifs  ;  mais  depuis  que 
l'Evangile  s'est  étendu  par  toutes  les  nations, 
on  n'a  pu  changer  ce  mot  hébreu,  dont  l'u- 
sage était  reçu  partout,  comme  dit  saint  Jé- 
rôme, Ep.  ad  Marcell. 

Dans  l'apocalypse,  les  anges  et  les  autres 
bienheureux  dans  le  ciel,  font  retentir  ^//e- 
luia,  pour  marquer  la  joie  de  l'Eglise  triom- 
phante, et  les  louanges  qu'elle  donne  à  Dieu 
de  la  ruine  du  paganisme,  et  de  l'établisse- 
ment de  la  religion  chrétienne,  c.  19.  v.  1. 
3.  4.  6. 

ALLEV^ARE,  £7r«t|!3££v.  Ce  verbe  est  composé 
à'ad  et  de  levare. 

1°  Soutenir,  empêcher  de  choir  {ÛTroaTiQ/otÇsiv) 
Ps.  144.  14.  Allevat  Dominus  omnes  qui  cor- 
ruunt  :  Le  Soigneur  soutient  tous  ceux  qui 
sont  près  de  tomber. 

2°  Lever  de  terre,  faire  soutenir.  Act.  3. 
7.  Apprehensa  manu  ejus  dexlera  allevavit 
eum  :  Saint  Pierre  ayant  pris  le  boiteux  par 
la  main  droite,  il  le  leva. 

3°  Elever.  Ps.  72.  18.  Dejecisti  eos  dum  al- 
levarentur  :Yous  les  avez  fait  tomber  au  mo- 
ment même  qu'ils  s'élevaient  :  de  là  vient, 
Allevare  »7ianwm  ;  Etendre  sa  main,  c'est-à- 
dire,  faire  éclater  sa  puissance.  Eccli.  36.  3. 
Alleva  manum  tuam  super  gentes  :  Etendez 
votre  main  sur  les  peuples  étrangers;  quand 
Dieu  fait  éclater  sa  puissance  par  des  pro- 
diges, l'Ecriture  dit  qu'il  élève  sa  main,  et 
qu'il  agit  avec  uu  bras  élevé.  Voy.  Levare. 

ALLKVlARE,xouç^iÇ£iv.Ce  verbe  est  composé 
de  la  préposition  ad,  et  du  nom  levis,  léger, 
et  signifie, 

1"  Rendre  léger,  soulager.  Joan.  1.  5.  Act. 
27.  38.  Alleviabant  navem,  jactantes  Irilicum 
in  mare  :  Ils  soulageaient  le  vaisseau  en  je- 
tant le  blé  dans  la  mer. 

2°  Soulager  un  malade,  lui  donner  de  la 
force  et  du  courage  {iysipsiv).  Jac.  5.  15.  Al- 
leviabit  eum  Dominus:  La  prière,  qui  est  la 
forme  du  Sacrement  de  l'exlrême-onction, 
soulagera  le  malade,  soit  en  le  délivrant  des 
peines  d'esprit,  soit  en  lui  rendant  les  forces 
du  corps  pour  soutenir  le  mal. 

3"  Traiter  plus  doucement,  avec  moins  de 
rigueur  (Ta;)iy  rzoUt,  citofac).  Isa.  9.  1.  Alle- 
viata  est  terra  Zabulon  :Ce  pays  ne  fut  pas 
si  maltraité,  quand  Thcglal  Phalassar  n'em- 
mena qu'une  partie  de  ses  habitants  en  cap- 
tivité; mais  il  fut  bien  plus  maltraité  cn^ 
sniic:  Novissimotemporeaggravataest:Qn'àïi^ 


197  ALi 

Salmanasar  ruina  tout  le  pays,  et  emmena 
captifs  dans  l'Assyrie  le  reste  des  habitants, 
avec  ceux  des  autres  tribus  d'Israël,  c'est-à- 
dire,  les  dix  tribus. 

ALLICERE.  Ce  Ferbe,  composé  de  la  pré- 
position ad,  et  de  l'ancien  verbe  lacère,  si- 
gnifie, 

Attirer,  tirer  à  soi,  comme  l'aimant  attire 
le  ïer{u.sOiaTO'.vxi,(ransfcrre);  d'où  vient  allicere 
animum  :  Gagner  le  cœur  de  quelqu'un,  at- 
tirer ses  bonnes  grâces.  Deut.  17.  17.  Non 
habehit  iixores  pliirimas  quœ  alliciant  animum 
ejtts  :  Le  roi  que  vous  choisirez  n'aura  point 
une  multitude  de  femmes  qui  attirent  son 
esprit  par  leurs  caresses. 

ALLIDERE.  De  la  préposition  ad,  et  du 
verbe  iœdere. 

1°  Froisser,  briser,  écraser  (èSayîÇstv).  Ps. 
i.36.  9.  Beatus  qui  tencbit  et  allidet  parvulos 
tuos  ad  petram  :  Heureux  celui  qui  prendra 
les  petits  entants  et  qui  les  brisera  contre  la 
pierre  :  David  prédit  les  mauvais  traitements 
que  Babylone  devait  recevoir  de  la  part  de 
Darius  et  de  Cyrus,  rois  des  Mèdes  et  des 
Perses,  qui  détruisirent  l'empire  des  Baby- 
loniens; mais  le  Prophète  n'appelle  heureux 
ces  conquérants  que  d'un  bonheur  tempo- 
rel, qui  consistait  dans  l'établissement  pai- 
sible de  leur  empire.  "V.  Beatus.  Isa.  13.  16. 
Infantes  eorum  allidentur  in  ociilis  eorum  ' (yr,- 
'fjvjKi,frange7'e):  Les  enfants  des  Babyloniens 
seront  écrasés  contre  terre  à  leurs  yeux. 
Ose.  10.  li.  Matre  super  filios  allisa  ;  La 
mère  sera  écrasée  sur  les  enfants;  Osée  pré- 
dit les  maux  que  les  dix  tribus  devaient 
souffrir  de  la  part  des  Assyriens  en  punition 
de  leurs  crimes.  Marc.  9.  17.  Allidit  illum. 
Cet  esprit  malin  muet  jette  mon  enfant  con- 
tre terre  (p'/î/vOvaj).  Isa.  29.  7.  Delà  viennent 
ces  expressions  figurées. 

Allidere  manum  :  Se  blesser  rudement  la 
main,  pour  marquer  un  événement  fâcheux 
{^lniy.f,o\jEi-j).  JcremÂ8.2Q.  Allidet  manum  Moab 
in  vutnitu  suo  :  Moab  se  blessera  la  main  en 
tombant  sur  ce  qu'il  avait  vomi  ;  c'est-à-dire, 
que  la  chute  des  Moabites  devait  être  accom 
pagnée  de  toutes  les  circonstances  les  plus 
fâcheuses. 

Allidere  pedem  :  Battre  du  pied  contre  terre 
{^ofii-j  ),  Ezech.  6.  11.  Allide  pedem  luum, 
heb.  plaude,  ou  pavi  {lerram)  pedc  tuo. 
Dieu  ordonne  au  prophète  de  donner  des 
marques  de  sa  douleur,  en  battant  du  pied 
contre  terre  à  cause  des  grands  maux  dont 
les  Israélites  étaient  menacés. 

2"  Abattre,  ruiner,  perdre  (  z«T«/-.»5yvyv«t  ), 
Ps.  101.  11.  Elevans  allisisli  me  ;  Vous  m'a- 
vez afdigé  et  humilié  après  m'avoir  élevé. 
Le  peuple  d'Israël,  dans  sa  captivité,  se 
plaint  d'être  si  maltraité,  après  avoir  été  si 
favorisé  de  Dieu.  Judith.  9.  11.  Isa.  30.  30.  c. 
6V.  7. 

ALLISIO,  Nis.  Brisement  ;  d'où  vient  Alli- 
«0  tnarjuum  ;  Ecrasement  de  mains  dans  le 
sens  figuré,  pour  marquer  l'abaltement  du 
pouvoir  de  quelqu'un.  Isa.  25.  11.  Ilumiliavit 
gluriam  ejus  cum  allisionc  manniim  ejus  : 
Dieu  détruira  l'orgueil  de  Moab,  en  écrasant 


ALL  i98 

ses  mains,  c'est-â-dire,  en  rendant  ses  efforts 
inutiles  (èTn^.àllsiv  /jïpcç,  injicere  manus). 

ALLIGARE,  B-a]  SsTiJisveiv.  1»  Lier,  atta- 
cher. Job.  39.  10.  Numquid  alligabis  rhino- 
cerota  nd  arandum?  Pourrez-vous  attacher 
au  joug  le  rhinocéros  pour  labourer  la  terre? 
Dieu  veut  faire  comprendre  à  Job  qu'il  ne 
faut  pas  qu'il  prétende  approfondir  les  se- 
crets de  sa  conduite  dans  le  gouvernement  de 
l'univers.  Gènes.  22.  9.  k.  Reg.  7.  10.  elc. 
D'où  viennent  ces  phrases  métaphoriques. 

Alligare  manipulas  .-Lier  des  gerbes,  c'est-à- 
dire,  travailler  à  la  moisson.  Judith.  8.  3. 
Jnstabat  super  alligantes  manipulas  ;  Le  mari 
de  Judith  mourut  au  temps  de  la  moisson, 
lorsqu'il  faisait  travailler  les  moissonneurs. 

Alligare  onera  gravia  :  Lier  sur  quelqu'un 
des  fardeaux  pesants;  c'est  faire  pratiquer 
à  la  rigueur  des  lois  pénibles,  qu'on  ne  se 
met  pas  en  peine  d'observer.  Matth.  23.  k. 
AUigant  onera  gravia  etimportabilia,  et  im~ 
ponunt  in  humeros  hominum  ,  digito  autem 
suo  nolunt  ea  movere.  Jésus-Christ  blâme 
dans  les  pharisiens  et  les  docteurs  de  la  loi, 
la  rigueur  excessive  avec  laquelle  ils  exi- 
geaient du  peuple  de  Dieu  qu'il  observât  une 
infinité  de  traditions  très-onéreuses,  en 
même  temps  qu'ils  s'en  exemptaient  eux- 
mêmes.  Voy.  Luc.  11.  46. 

Alligare  os  bovi  trituranti  ;  Voy.  Tritd- 

RARE. 

Alligare  peccata  :  Serrer  le  nœud  du  péché 
en  ajoutant  péché  sur  péché,  les  multiplier 
(zKTaSecrii^àOav)  :  car  la  continuation  dans  le 
péché  s'exprime  dans  l'Ecriture  par  les  ter- 
nies de  liens  et  de  chaînes  d'iniquité.  Isa.  5. 
18  Vœ  qui  trahilis  iniquitatem  in  funiculis 
vanitatis  :  Malheur  à  vous  qui  vous  servez 
du  mensonge  comme  de  cordes.  Voy.  Funi- 
cuLus.  Ainsi,  Eccli.  7.  8.  Neque  alliges  du- 
plicia  peccata  :  Ne  vous  engagez  point  à  un 
double  péché  ;  c'est-à-dire,  ne  continuez  pas 
de  pécher:  il  semble  néanmoins,  selon  la 
Vulgate,  que  ce  verset  se  rapporte  au  pré- 
cédent :  Nec  te  immittas  in  populum  :  Ne 
vous  jetez  point  dans  la  foule  pour  vous  char- 
ger du  gouvernement  du  peuple;  car  celui 
qui  s'engage  est  chargé  de  ses  péchés  et  de 
ceux  des  nuires  :  Duplicia  peccata. 

2°  Enchaîner,  mettre  en  prison.  Act.  20.  22. 
Alligatus  ego  Spiritu  :  Lié  par  l'Esprit  de 
Dieu;  je  prévois  par  l'Esprit  de  Dieu  mes 
liens  et  ma  prison.  Ps.  149.  8.  Ad  alligandos 
reges  eorum  :  Pour  mettre  leurs  rois  à  la 
chaîne.  Voy.  Compedes.  Malth.  12.  19.  c.  14. 
3.  Marc.  3.  27.  et  souvent  dans  les  Actes; 
mais  Act.  21.  11.  al ligabunt  ;  c'esl-à-dirc  don- 
neront occasion  aux  gentils  de  l'enchaîner. 
Ainsi,  arrêter,  tenir  attaché  en  quelque  lieu, 
se  dit  quelquefois  des  anges,  qui  sont  liés  ou 
par  la  vertu  de  Dieu  mêtne,  ou  par  l'opéra- 
tion des  bons  anges,  comme  Apec.  9.  14. 
Salve  quatuor  angelos  qui  allignli  sunt  :  Dé- 
liez les  (|uatre  anges  qui  sont  liés  sur  l'Eu- 
phi-ate,  et  Tob.  8.  3.  Asmodée  avait  été  lié 
par  Raphaël  dans  un  désert.  Voy.  Ligark. 
Cela  se  dit  aussi  de  Nabuchodonosor,  retenu 
comme  une  bête  attachée  dans  les  champs. 
Dan.  4.    12.  Alligelur  vinculo  ferreo  :  Quq 


499 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE.  200 

l  liée  avec  des  chaînes  de  fer  et      ânes  chargés  de  deux  ccnls  pains,  de  cent  pa- 


naroie  ae  uieu  u  csi  ^-v......  ....v...«...w^ 

niains  et  les  pieds  sont  enchaînes,  la 
De  le  doit  pas  élre,  lorsqu'il  s'agit  de 


la  langue 
rendre 


Luc.  10. 
Samaritain 


prk<||i  (lorg   SOI 

d'airain.  Vov.  Germex.  Ce  mot,  en  ce  sens 
sP  dit  figurement  de  la  parole  de  Dieu.  :>. 
Tin»  •>  9-  Verbum  Dei  non  est  alltgatum  :  La 
parole  de  Dieu  n'est  point  enchaînée;  si  les 

m 

De  le  doit  pa 

témoignage  à  la  vérité  (-/.«tkScîv 

3^  Bander,  lier  avec  une  bande 
34.  Alligavit  vulnera  ejas  :  Le 
handa  les  plaies  du  Juit  laissé  a  demi-mort; 
dans  le  sens  figuré,  Alligare  contriliones  : 
Bander  les  plaies;  c'est  soulager  les  maux 
et  les  afnictions.  Ps.  140.  3.  Qui  alligat  con- 
triliones eorum  :  Gela  s'entend  de  ce  que  Dieu 
avait  fait  pour  tirer  son  peuple  de  l'état  mi- 
sérable où  il  s'était  vu  tant  de  siècles.  Voy. 
CoNTRiTio.  Ainsi,  Ezech.  34.  h.  16.  Quod 
confractum  fuerat  non  cdligastis  :  Vous  n'avez 
point  isoulagé  les  peines  et  les  afflictions  de 
vos  ouailles.  Is.  30.  26.  In  die  quu  cdligave- 
ric  vulnus  populi  sui  :  Lorsque  le  Seigneur 
aura  bandé  la  plaie  de  son  peuple,  c'est-à- 
dire  qu'il  aura  guéri  ses  maux  :  ce  qui  n'ar- 
rivera entièrement  qu'au  dernier  jour,  lors- 
qu'il guérira  en  nous  toutes  nos  plaies.  Je- 
reni.  30.  13.  \on  est  qui  judicet  judiciwn 
tuwn  ad  alligandum  :  Il  n'y  a  personne  qui 
juge  comme  il  faut  de  la  manière  dont  votre 
plaie  doit  être  bandée.  Voy.  Fractura. 
>  hr"  Lier,  retenir  dans  le  devoir  et  dans  l'or- 
dre. Matlh.  18.  18.  Quœcumque  alligaverilis 
super  terrain,  erunt  ligata  et  in  cœlo  :  Tout  ce 
que  vous  lierez  sur  la  terre  sera  aussi  lié  dans 
le  ciel.  Les  ministres  de  Jésus-Christ  ont 
reçu  le  pouvoir  ou  de  lier  les  pécheurs  par 
l'excommunication,  ou  de  retenir  les  péchés 
dans  le  tribunal  de  la  pénitence.  Voy.  Ligare 

et  SOLVERE. 

5'  Lier,  engager.  1.  Cor.  7.  27.  AlUgatus  es 
uxori?  noli  quœrere  solutionem  :  Etes-vous 
lié  avec  une  femme,  ne  cherchez  point  à  vous 
délier.  Le  lien  du  mariage  est  indissoluble  et 
ne  se  rompt  que  par  la  mort  de  l'un  ou  de 
l'autre  des  deux  parties,  llom.  7.  2.  Quœ  sub 
viro  est  mulier,  vivente  vira  alligata  est  legi  : 
Une  femme  mariée  est  liée  par  la  loi  du  ma- 
riage à  son  mari,  tant  qu'il  est  vivant. 

G  Tenir  dans  la  servitude  et  dans  l'oppres- 
sion. Luc.  m.  iG.  Hune  filiam  Abrahœ  quam 
alligavit  Salanas,  non  oportuit  solvi?  Pour- 
quoi ne  fallail-il  pas  délivrer  de  ces  liens  celle 
lille  d'Abraham  que  Satan  avait  tenue  liée 
durant  dix-huil  ans.  On  peut  expliquer  en  ce 
sens  ces  paroles  de  saint  Matthieu.  12.  29. 
Nisi  prius  aUignverit  fortem.  Voy.  Fortis. 

ALLIGATUUA.  x..  —  1  Ligature,  bandage 
(/AojT/xa,  vitla).  Eccli.  6.  31.  Vincula  illius 
nlligatura  salutaris  :  Les  liens  par  lesquels 
la  sagesse  relient  dans  le  devoir  sont  des 
bandages  qui  guérissent;  c'est  une  heureuse 
nécessité  qui  engage  à  mieux  faire.  Gr.  Ses 
liens  sont  des  cordons  d'hyacinthe,  qui  sont 
beaux  et  qui  doivent  élre  agréables.  —  2  Un 
paquet  de  quelque  chose.  2.  Ueg.  16.  1.  One- 
rali  erunt  ducentis  panibus  et  ccntutn  alliga- 
turis  %ivœ  passœ  :  Siba,  serviteur  de  Miphi- 
boselh,  vint  au-dcvanl  de  David  avec  deux 


quels  de  raisin  sec. 

ALLIU-M,  1,  (T/.opoSov.  Ce  mol  peut  venir  du 
grec  v.yli;  qui  signifie  la  tête  de  l'ail. 

L'ail,  plante  de  la  nature  de  l'oignon,  qui 
a  une  odeur  très-forte.  Num.  11.  5.  In  menlem 
nobis  veniunt....  porri  et  cèpe  et  allia  :  Les 
poireaux,  les  oignons  et  les  aulx  nous  re- 
viennent dans  l'esprit;  les  Israélites  étaient 
si  charnels  et  si  ingrats,  qu'ils  avaient 
du  dégoût  et  du  mépris  pour  une  viande 
aussi  délicieuse  qu'était  la  manne,  et  regret- 
taient les  oignons  et  les  aulx  qu'ils  avaient 
mangés  en  Egypte. 

ALLON  ,  hcb.  Quereus.  Allon,  fils  d'Idaïa, 
et  père  de  Sephaï,  de  la   tribu  de  Siméon. 

1.  Par.  4.  37. 

ALLOPHYLI,  d'uùo;  et  de  ^j^U,  tribus.  Nom 
grec,  qui  signifie  étranger  ou  d'une  autre 
nation.  Les  Hébreux  appelaient  de  ce  nom 
tous  ceux  qui  n'étaient  ni  de  leur  nation,  ni 
de  leur  religion. 

Par  ce  mot  on  entend  les  Philistins.  Ps. 
55.  2.  Cum  tenuerunt  eum  Allophyli  in  Geth. 
(I  Reg.  21.  12).  Lorsque  des  étrangers  l'eu- 
rent arrêté  dans  Geth.  Voy.  Alienigen-b. 

ALLOQUI ,  hAù'j.  —  1°  Parler  à  quelqu'un. 
Judith.  4.  12.  Allocutus  est  eos  :  Eliachim,  le 
grand  prêtre,   parla    au  peuple   (-^oq^'jwvsiv). 

2.  Reg.  19.  7.  —  2^  Parler  en  pubiic.  Act.  21. 
40.  Allocutus  est  lingua  Hebrœa:  Saint  Paul 
leur  parla  en  langue  hébraïque,  c'est-à-dire 
en  syriaque.  Ad.  20.  11.  —  3"  Faire  ressou- 
venir [■ÔTToy.ii/.-jri'jy.îL'j).  Sap.  12.  2.  Admones 
et  alloqueris  :  Vous  avertissez  et  instruisez 
ceux  qui  s'égarent,  afin  que  se  séparant  du 
mal,  ils  croient  en  vous,  ô  Soigneur. —  4° En- 
tretenir, parler  d'affaire.  Canl.  8.  8.  Quid  fa- 
ciemus  sorori  nostrœ  in  die  quando  alloquenda 
est:  Quand  on  lui  parlera  de  ses  noces,  ou 
passivement,  selon  le  grec,  quand  on  parlera 
de  la  marier;  ce  mariage  s'entend  de  la  vo- 
cation dos  gentils  à  l'Eglise. 

ALLOGUTIO,  Aïs,  7:upuu.vOlrx.  Nom  verbal 
à'alloqui,  qui  signifie  proprement  l'action  de 
parler  ou  d'adresser  sa  parole  ou  son  dis- 
cours à  quelqu'un  :  dans  l'Ecriture, 

Consolation,  discours  qui  sert  à  alléger  la 
douleur  d'un  affligé.  Sap.  3.  18.  Nec  hobebunt 
in  die  agnitionis  allocutionem  :  Les  enfants 
des  adultères,  au  jour  où  tout  sera  connu, 
n'auront  personne  qui  les  console.  Voy.  Agm- 
Tio.  c.  8.  9.  Erit  allocutio  cogitationis  :  La 
sagesse  sera  ma  consolation  dans  mes  pei- 
nes, c.  19.  12.  In  allocutione  desiderii  :  Pour 
contenter  leur  convoitise. Horal.  Dulcibus  al- 
loquiis. 

ALLUV'IO,  Nis.  Du  verbe  alluere,  qui  se 
dit  des  rivières  ou  de  la  mer,  dont  les  eaux 
passent  près  de  quehiue  lieu  ou  arrosent  un 
pays,  et  signifie  proprement  un  accroisse- 
ment qui  se  fait  peu  à  peu  de  ce  que  la  ri- 
vière ajoute  dun  côlé,  en  étant  de  l'autre. 
Ainsi,  Job.  14.  19.  Lapides  excavant  uquœ,  et 
alluvione  terra  consumitur  :  Comme  les 
eaux  cavenl  les  pierres,  et  comme  l'eau  qui 
bat  contre  la  terre  la  consume  peu  à  peu, 
ainsi  vous  perilez  l'homme,  et  il  disparaît. 

AL.MATH,  lleb.  Occulludo.  —  1"  Neuviè- 


^01 


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ALT 


20-2 


me  fils  (le  Béchor,  fils  de  Benjamin.  1.  Par. 
7.  8.  —  2°  Une  ville  de  la  Iribu  de  Benjamin. 
1,  Par.  6.  60.  On  croit  que  c'est  la  même 
qu'Almon. 

ALMON.  Ueb.  Occultum.  Ville  de  Benja- 
min, donnée  aux  enfants  d'Aaron.  Jos.  21. 
18. 

ALOE,  ES,  àlori.  Ce  root  vient  de  l'hébreu 
ahaloth,  (lue  les  Grecs  ont  traduit  : 

Aloès,  herbe  très-amère,  dont  le  suc  s'ap- 
pelle du  même  nom.  Cant.  i.  li.  Myrrha  et 
aloe  cum  omnibus  primis  unguentis  :  La 
myrrhe,  l'aloès  et  tous  les  parfums  les  plus 
excellents  se  trouvent  dans  le  jardin  de  l'E- 
pouse. Cette  plante  rend  une  fort  bonne 
odeur  {-/.prr/.o;  ,  crocus).  Prov.  7.  17.  Aspersi 
cubile  meum  myrrha  et  aloe  :  J'ai  parfumé 
mon  lit  de  myrrhe  et  d'aloès.  L'aloès  résiste 
aux  vers  et  à  la  pourriture;  c'est  pourquoi 
Nicodème  s'en  servit  pour  embaumer  le  corps 
sacré  de  Jésus-Christ.  Joan.  19.  39.  Ferens 
mixturam  myrrtiœ  et  aloes  :  Nicodème  y  vint 
aussi  avec  environ  cent  livres  d'une  mixtion 
de  myrrhe  et  d'aloès.  Voy.  Myrrha.  Il  faut 
distinguer  l'aioé,  arbre,  et  l'aloès,  herbe. 

ALOHES,  Heb.  Incantator,  père  de  Sel- 
lum.  2.  Esdr.  3.  12.  Voy.  Sellum. 

ALPHA  et  OMEGA.  Ces  deux  lettres  signi- 
fient en  grec  le  premier  et  le  dernier,  par 
manière  de  proverbe,  comme  chez  les  La- 
lins,  prora  et  puppis;  Martial,  E[)igr.  1.  2. 
Alpha  penulatorum  :  Le  premier  entre  les 
pauvres  gens. 

1°  Alpha  et  Oméga  sont  la  première  et  la 
dernière  lettre  dans  l'alphabet  grec.  Jésus- 
Christ  est  appelé  A  et  ci,  c'est-à-dire  le  prin- 
cipe et  la  fin  de  toules  choses.  Apoc.  1.  8.  r. 
21.  6.  c.  22.  13.  Ego  sum  Alpha  et  Oméga  : 
car  c'est  lui  par  qui  toutes  choses  ont  été 
faites,  el  à  qui  toutes  choses  doivent  se  rap- 
porter. Ilom.  11.  35. 

2°  Jésus-Christesl  encoreappelé  «  etw,  pre- 
mier el  dernier.  Apoc.  1.  11.  c.  2.  8.  c.  22. 
13.  parce  qu'il  n'a  jamais  commencé,  et  ne 
cessera  jamais  d'êire.  Celte  façon  de  parler 
marque  la  divinité  de  Jésus-Christ  et  son 
élcrnilé.  Voy.  Novi-isimus. 

ALPHJilUS,  Heb.  Millesimus.  —  i  Père  de 
saint  iMatthieu.  Marc.  2  14.  Vidit  Levi  Al- 
phœiifilium)  serfen^em;  Jésus-Christ  vitLévi, 
fils  d'Alphée,  assis  au  bureau  des  impôts. 

2"  Père  de  saint  Jacques,  apôtre,  lequel 
fut  premier  mari  de  M.irie,  sœur  de  la  sainle 
Vierge.  Matlh.  10.  iï.  Jacobus  Alphœi  :  iar- 
ques,  fils  d'Alphée.  Marc.  3.  18.  Luc.  6.  15. 
Act.  1.  13.  Voy.  Cleophas. 

ALTAUK,  is,  6j(rta(7T/i&tov.  Ce  mot  vient  de 
l'adjectif  a//«s,  haut,  élevé,  et  signifiait  pro- 
prement, chez  les  Latins,  les  autels  cons  i- 
crés  aux  dieux  d'en  haut;  c'est  pourquoi  on 
le-*  bâtissait  sur  des  lieux  élevés;  mais  dans 
l'Ecrilure  il  inar(|ue  ; 

1°  Autel  sur  lequel  on  offrait  des  virlimes, 
«oit  au  vrai  Dieu.  Exod.  29.  36.  .'J7.  Seplem 
Uiebiis  expiabis  allare  :  Vous  expierez  et  vous 
•.anclifierez  l'auiel  pendant  sept  jours.  Gè- 
nes. 8.  20.  c.  12.  7.  Matlh.  5.  2V.  c.  23.  18. 
J9.  20.  etc.  Soit  aux  faux  dieux.  3.  Ucg.  13. 
V  1.2.  3.  Allure,  allare,  hœc  diril  bominus. 
Dictionnaire  de  Puilol.  Sacrée,  I. 


Ce  prophète  prédit  que  Josias  immolerait 
sur  cetaulel  que  Jéroboam  avait  fait  bâtir,  les 
prêtres  mêmes  qui  y  brûlaient  des  parfums, 
et  qu'il  y  brûlerait  des  os  de  corps  morts  ; 
car  les  lieux  sacrés  étaient  souillés  par  les 
ossements  dos  morts;  c'est  ce  que  Josias  fit. 
2.  Par.  3i.  5.  4.  Reg.  23.  v.  U.  15.  16.  20. 
2°  La  victime  que  l'on  offrait  sur  l'autel. 

1.  Cor.  9.  13.  Qui  altari  deserviunt,  cum  al- 
tari  participant  :  Ceux  qui  servent  à  l'autel 
ont  part  aux  oblations  de  l'autel,  sur  lequel 
on  brûlait  une  partie  de  la  victime,  et  l'au  - 
tre  appartenait  aux  prêtres.  Hebr.  13.  10. 
Habemus  allare  :  Nous  avons  un  autel,  sa- 
voir, Jésus-Christ  immolé  sur  l'autel  de  ia 
Croix,  comme  il  paraît  par  le  verset  12. 
Néanmoins  saint  Je  m  Chrysostome  et  quel- 
ques autres  Pères  l'ont  entendu  de  l'autel  où 
se  fait  le  sacrifice  de  lEucharislie.  Jésus- 
Christ  est  encore  marqué  par  l'autel  sous  le- 
quel saint  Jean  vit  les  âmes  des  marlyrs. 
Apoc.  6.  9.  V^oy.  Subtus;  el  par  l'autel  d'or 
qui  est  devant  le  trône  de  Dieu.  c.  8.  3.  c.  9. 
13.  et  par  celui  d'où  sortit  l'Angç.  c.  li.  18. 

3°  L'auiel  avec  le  culte  et  l'exercice  de  la 
religion  des  Juifs,  établi  de  Dieu  sous  1  i 
Loi.  3.  Reg.  19.  v.  10.  li.  Altaria  tua  dc~ 
struxerunt ,  Rom.  11.  3.  snffoderunt.  Ces 
autels  étaient  dressés  en  l'honneur  du  vrai 
Dieu  sur  les  lieux  élevés,  par  la  dévotion  de 
ceux  qu'on  empêchait  d'aller  en  Jérusalem  ; 
ce  qu'ils  faisaient  toutefois  contre  la  défense 
de  la  Loi.  Jos.  22.  29.  Ainsi  Ezécliias  et  Jo- 
sias ont  bien  fait  de  les  détruire,  et  non  pas 
Achab  et  Jézabel,  qui  le  faisaient  en  hainiî 
du  culte  que  l'on  rendait  au  vrai  Dieu.  1.  Reg. 

2.  33.  Non  auferam  penilus  virum  ex  te  ah  a,~ 
tari  meo  :  Je  n'éloignerai  pas  entièrement  de 
mon  autel  t.us  ceux  de  votre  race.  Cela  s'en- 
tend (lu  sacerdoce  qui  a  demeuré  dans  la  fa- 
mille d'Héli  jusqu'à  Salomon.  Accedere  et 
ascendere  ad  allare  :  Fiùre  les  fonctions  du 
sacerdoce. V^oy.  Accedere  et  Ascendere. 

k°  Le  lieu  même  où  se  faisaient  les  sacri- 
fices.   Ps.   83.   k.  Allaria  tua,   Domine  :  se 
L'autel  des  holocaustes,  et  l'autel  des  par- 
fums. 

5°  L'autel  avec  le  culte  que  les  Juifs  ren- 
daient à  Dieu  sur  l'autel,  après  l'abolition  du 
sacerdoce  dans  la  tritiu  de  Lévi.  1.  Cor.  10. 
18.  Nonne  gui  edunt  hostias,  participes  siint 
allaris  •  Ceux  qui  mangent  de  la  victime  iui- 
mo'ée,  ne  prennent-ils  pas  part  à  l'autel,  et 
ne  font-ils  pas  profession  d'être  unis  do 
religion  avec  les  Juifs? 

6'  L'auiel  et  le  culte  que  l'on  rend  à  Dieu 
en  général.  Ainsi  Ps.  25.  6.  Circumdare  al- 
lare Dei  :  S'approcher  de  l'autel  de  Dieu. 
Ps.  42.  V.  Introirc  ad  allare  Dei  :  S'appro- 
cher de  l'auiel  de  Dieu.  Matth.  5.  23.  Ojferre 
munus  suum  ad  allare,  c'est  assister  aux  as- 
semblées des  fidèles  pour  faire  sacrifice  à 
Dieu.  Isa.  19.  19.  Jîril  allare  Doiniuiin  médit» 
lerrœ  Mgypli,  marque  la  coa version  de  l'E- 
gypte par  la  prédication  de  l'Kvangile. 

"i'  La  partie  du  rocher  où  était  1  holo- 
causte (jue  M.inué  et  sa  femme  présentèient 
à  Dieu,  s'appelle  autel.  Judic.  13.  20.  Cuii% 
afcenderet    flamma   allaris   in    cœlum   :   Lii 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRCE. 


205 

namme  de  l'autel  montant  vers  le  ciel;  l'Ange 
rlu   Seiffneur  y  monta   aussi  au  milieu  des 

Ilammes.  ,  ,  .  •       u  * 

Outre  les  autels  que  les  patriarches  ont 
élevés  avant  la  Loi ,  il  y  en  a  deux  fort  mé- 
morables que  Dieu  a  commande  que  Ion 
bâlît  au  temps  de  la  Loi,  savoir  : 

i  Laulel  des  holocaustes,  qui  est  décrit, 
Exod.  27.  Cet  aulel,  fait  de  bois  de  séthim  et 
couvert  d'airain,  avait  été  fait  par  l'ordre  de 
Dieu,  pour  brûler  les  holocaustes  et  les  au- 
tres victimes  qu'on  offrait;  il  était  posé  dans 
le  parvis  et  à  lair,  près  de  la  porte  :  c'est  de 
cet  autel  qu'il  est  fait  mention,  3.  Reg.  3.  oi. 
Surrexit  (Salomon)  de  conspeclu  allarxs  Do- 
mini  ■  Salomon  s'éleva  de  devant  l'autel  du 
Seif^neur;  et  Exod.  20.  26.  .Yon  ascendes  per 
nradus  ad  altare  :  Vous  ne  ferez  point  de  de- 
grés à  mon  autel.  C'était  de  peur  de  quelque 
indécence.  Exod.  29.  16.  Levit.  1.  y.  5.  15.  et 
souvent  ailleurs,  où  le  mot  A'aulel  est  n  is 
sans  addition.  11  n'était  point  permis  d'offrir 
des  sacrifices  ailleurs  que  sur  cet  aulel,  Jos. 
22.  29.  1.  Par.  21.  v.  22.  26,  si  ce  nélait  par 
un  ordre  particulier  de  Dieu,  3.  Reg.  18.  30, 
ce  qui  s'entend  depuis  que  le  temple  a  été 
bâti  ;  car  auparavant  il  avait  été  permis  d'en 
bâtir  d'autres,  hors  celui  qui  était  à  l'entrée 
du  tabernacle,  comme  il  paraît,  Jos.  8.  30. 
Judic.  6.  V.  2i.  26.  1.  Reg.  T.  17.  c.  2.  33,  etc., 
mais  à  ces  deux  conditions,  que  ces  autels 
seraient  faits  de  terre  ou  de  pierres  nouvel- 
lement taillées,  et  qu'on  ne  les  bâtirait  point 
ailleurs  qu'où  larche  se  trouverait,  Jos.  8. 
31,  si  ce  n'est  par  un  ordre  particulier  de 
Dieu.  Judic.  6.  v.  2i.  26. 

2°  L'autel  des  parfums  était  destiné  à  por- 
ter les  parfums  qu'on  y  brûlait  (^vatarriûtcv)  ; 
il  était  aussi  de  bois  de  sélhim,  couvert  dun 
or  très-pur.  La  forme  en  était  carrée;  il  était 
posé  auprès  du  voile,  au  dehors  du  san- 
ctuaire, dans  le  lieu  qu'on  appelait  sai■?^^  où 
étaient  la  table  d'or  et  le  chandelier  d'or. 
Exod.  30.  1.  etc.  Faciès  altare  ad  adolendum 
thymiama,  etc.  c  -37.  25.  Fecit  et  altare  thy- 
tniamatis  de  lirjnis  setim  :  Beseléel  fit  aussi 
l'autel  des  parfums  de  bois  de  sélim,  etc. 
Levit.  i.  7.  1.  Parai.  6.  W.  c.  28.  18.  Luc.  1. 
11.  Apparuit  Hli  angélus  Domini  stans  a  dex- 
îris  allaris  incensi  :  Un  ange  du  Seigneur 
apparut  à  Zacharie,  se  tenant  debout  à  la 
droite  de  l'autel  des  parfums;  les  prêtres, 
chacun  à  leur  tour,  olTraient,  le  matin  et  le 
soir,  l'encens  sur  cet  aulel  :  Zacharie  était 
dans  celte  fonction  quan  I  l'ange  lui  appa- 
rut. Il  est  nommé  autel  d'or.  Num.  ».  11. 
Aec  non  et  altare  aureum  involvent  hyacin- 
tfiino  vestimento  :  Aaron  et  ses  fils  envelop- 
peront aussi  laulel  d'or  d'un  drap  d'hyacin- 
the. Exod.  iO.  5.  Et  altare  aureum  :  El  l'au- 
lel  d'or  qui  est  devant  le  Seigneur.  Levit.  i. 
18.  Ponetque  de  eodcm  sanguine  in  cornibus 
nltaris  quod  est  coram  Domino  in  tabcrnaculo 
testimonii  :  Le  prêtre  mettra  du  même  sang 
Bur  les  cornes  de  l'aulel  qui  est  devant  le 
Seigneur,  dans  le  tabernacle  du  témoignage. 

Voy.   TULRIBLLUM. 

Il  se  trouve  dans  lEcrilure  cinq  sortes 
d'autels. 


204 

1'  Un  autel  fait  de  terre.  Exod.  20.  2'*.  Al' 
tare  de  terra  fncielis  mihi  :  Vous  me  dresse- 
rez un  autel  de  terre  simple  ou  de  gazon, 
sans  ornements  affectés. 

2"  De  pierres  non  taillées.  Exod.  20.  25. 
Quod  si  altare  lapideum  feceris  mihi ,  non 
œdificabis  illud  de  seclis  lapidibus ,  si  enim 
letaveris  cultrum  super  eo  polluetur  :  Que  si 
vous  me  faites  un  autel  de  pierre,  vous  ne 
le  bâtirez  point  de  pierres  taillées,  car  il  sera 
souillé,  si  vous  y  employez  le  ciseau. Dieu  ne 
voulait  pas  qu'on  lui  fit  un  autel  de  pierres 
taillées  ,  pour  éviter  les  embellissements 
qu'affectaient  les  idolàffes,  qui  méprisaient 
la  simplicité  naturelle,  qui  semble  plu3 
agréable  à  Dieu. 

3'^  De  bois  de  sélhim  couvert  de  cuivre. 
Exod.  27.  1.  Faciès  et  altare  de  lignis  setim  : 
Vous'  ferez  aussi  un  aulel  de  bois  de  séthim. 
V.  2.  Et  operies  illud  œre  :  El  vous  le  cou- 
vrirez d'airain,  v.  8.  Non  solidum,  sed  inane 
et  caium  :  Vous  ne  ferez  point  l'autel  solide, 
mais  il  sera  vide  et  creux  au  dedans.  C'était 
l'autel  des  holocaustes. 

i°  De  bois  de  séthim  couvert  d'or  très-pur. 
Exod.  30.  1.  Faciès  quoque  altare  ad  adolen- 
dum thymiama  de  lignis  setim  :  Vous  ferex 
aussi  un  autel  de  bois  de  séihim,  pour  y  brû- 
ler des  parfums,  c.  37.  25,  etc.  3.  Reg.  6.  20. 
22.  c.  7.  i8.  etc. 

5'=  Autel  d'or.  Apoc.  8.  3.  Data  sunt  illi 
incensa  multa,  ut  dartt  de  orationibus  san- 
ctorum  super  altare  aureum  :  On  donna  à 
l'ange  une  grande  quantité  de  parfums,  afin 
qu'il  offrît  les  prières  de  tous  les  saints  sur 
l'autel  d'or  qui  est  devant  le  trône  de  Dieu. 

ALTER,  A,  UM,  ÉTc-sor.  Cet  adjectif  est  for- 
mé de  deux  mots  grecs,  k//oç,  £7=^0,-;  car  on 
disait  autrefois  alterius  .  ou,  selon  d'autres, 
du  mot  éolique  àXkôzepfoÇf  pouràXXÔTpto,-.  Il  si- 
gnifie : 

1"  Un  autre  ou  l'autre,  quand  on  ne  parle 
que  de  deux  personnes  ou  de  deux  choses 
(a>.)T>r).  Mallh.  5.  39.  Si  quis  te  percusserit  in 
dextram  maxillam  tuam,  prœbe  illi  et  alte- 
ram  :  Si  quelqu'un  vous  donne  un  soufflet 
sur  la  joue  droite,  présentez-lui  encore  l'au- 
tre, plutôt  que  de  vous  venger  ou  de  le  haïr, 
c.  6.  2+.  Nemo  potest  duobus  dominis  servire; 
aut  enim  unum  odio  habebit,  et  alterum  dili- 
gel ;  aut  unum  sustinebit,  et  alterum  contem- 
net  :  Nul  ne  peut  servir  deux  maîtres;  car 
ou  il  haïra  l'un  et  aimera  l'autre,  ou  il  s'at- 
tachera à  l'un  et  méprisera  l'autre.  Gènes, 
i.  19.  c.  25.  25.  c.  38.  29.  c.  iO.  v.  2.  21. 
Luc.  17.  V.  3i.  35.  etc. 

Différentes  expressions  qui  vienneol  de  ceuc  sigai- 
ticaliou. 

Unum  et  alterum  :  L'un  et  l'autre;  ce  qui 
marque  une  comparaison  d'une  chose  avec 
une  autre.  Eccl.  7.  28.  Ecce  hoc  inveni  unum 
et  alterum,  ut  invenirem  rationem  :  Voici  ce 
que  j'ai  trouvé,  dit  lEcclésiaste,  après  avoir 
comparé  une  chose  avec  une  autre,  pour 
trouver  une  raison;  c'est-à-dire  pour  trou- 
ver la  vérité  de  celte  pensée  :  S'il  se  peut 
trouver  une  femme  vertueuse.  Cela  a  nu 
rapport  particulier  à  Salomon  et  à  ce  qui  lui 
est  arrivé,  ^'oy.  AIulier. 


20B 


ALT 


ALT 


206 


Aller  sermo  :  Discours  rapporté;  rapport 
qtie  l'on  fait  à  un  autre.  Prov.  17.  9.  Qui  nl- 
tcro  sermone  repetit,  séparât  fœderatos,  :  Celui 
qui  a  fait  dos  rapports  sépare  ceux  qui 
étaient  unis.  Ces  mots,  altero  sermone,  mar- 
quent, ou  qu'on  découvre  mal  à  propos  ce 
qui  a  été  dit,  ou  qu'on  le  rapporte  autre- 
ment. 

2°  Second  ,  deuxième  [Seùrspoç).  Gènes.  27. 
£6.  Supplantavit  me  in  altéra  vice  :  Voici  la 
seconde  fois  qu'il  m'a  supplanté.  Jacob  si- 
gnifie supplantaleur.  c.  30.  v.  7.  11.  24.  Vo- 
cavit  nomen  ejus  Joseph,  dicens  :  Addat  mifii 
Dominus  filium,  alterum  :  Rachel  appela  son 
fils,  Joseph,  en  disant  :  Que  Dieu  me  donne 
encore  un  second  fils.  Voy.  Joseph.  Num.  11. 
26.  c.  29.  17.  Judic.  16.  29.  2.  Par.  35.  2V. 
Luc.  li.  19.  etc. 

3°  Suivant,  qui  vient  immédiatement  après  ; 
ce  qui  ne  se  dit  guère  que  du  temps.  Gènes. 
19.  34.  Altéra  die  :  Le  lendemain  {-n  liza-opim). 
Matih.  27.  62.  Altéra  autem  die  :  Mais  le  len- 
demain. Levit.  23.  11.  16.  Numerabitis  ab  al- 
tero die  sabbati...usque  ad  aller am  diem  exple- 
tionis  hebdomadœ  septimœ  :  Vous  compterez 
depuis  le  lendemain  du  sabbat  jusqu'au  len- 
demain du  dernier  jour  de  la  septième  se- 
maine. Gènes.  17.  21.  In  anno  altero  :  L'an- 
née suivante,  c.  19.  34.  Exod.  2.  13.  c.  9.  6. 
c.  18.  13.  etc. 

4°  Ce  qui  est  à  venir,  ce  qui  sera  dans  la 
suite  des  temps.  Ps.  47.  14.  In  progenie  al- 
téra :  A  la  postérité.  Ps.  77.  v.  4.  7.  Ut  co- 
(jnoscat  generatio  altéra  :  Afin  que  les  autres 
races  en  aient  aussi  la  connaissance.  Ps.  101. 
19.  Joël.  1.  3. 

5°  Autre,  autrui,  le  prochain.  Rom.  2.  1. 
In  quo  judicas  alterum,  te  ipsum  condemnas  : 
En  condamnant  votre  prochain,  vous  vous 
condamnez  vous-même.  Tob.  4.  16.  Vide  ne 
tu  uliquando  alteri  facias  :  Prenez  garde  de 
ne  faire  à  un  auire  ce  que  vous  seriez  fâché 
qu'on  vous  fît.  Num.  35.  33.  Prov.  17.  5.  1. 
Cor.  6.1.  c.  10.  v.  24.  29.  c.  14.  17.  etc. 

6"  Autre,  quand  on  parle  de  plus  de  deux 
personnes  ou  <loux  choses,  alter  pour  alius. 
Gones.  .36.  6.  Abiil  in  alteram  regionem  :  Esaù 
s'en  alla  dans  un  autre  pays,  en  Seïr,  où  il 
avait  dès  auparavant  choisi  sa  demeure. 
Luc.  9.  29.  /if  facta  est  dum  oraret,  spccirs 
vidtus  altéra:  Pendant  que  Jésus-Christ  fai- 
sait sa  prière,  son  visage  parut  tout  autre, 
quant  aux  qualités  et  à  la  disposition  exté- 
rieure. Amos.  4.  3.  Per  apcrturas  cxibitis  al- 
téra contra  alteram  :  L'on  vous  fera  passer 
par  les  brèches  des  murailles,  l'une  d'un  côîé 
et  l'autre  de  l'autre.  Le  Prophète  prédit  la 
désolation  des  personnes  riches  d'entre  les 
Israélites  ,  sous  le  nom  de  vaches  (/rnsses  , 
lorsque,  pour  échapper  à  la  fureur  de  leurs 
ennemis,  ils  devaient  s'enfuir  par  les  brèches 
des  murailles.  Exod.  21.  v.  18.  X).  Num.  .'{Q. 
15.  !.•  Cor.  12.  9.  Galat.  6.  4.  etc.  Ainsi,  altrr 
allerius  pour  alii  aliorum.  Gai.  6.  2.  Aller 
nllerius,  oncra  portale  :  Portez  les  fardeaux 
les  uns  des  autres.  Gr.  «)i).>i)iwv. 

Expressions  fi^uréos  qui  vifiineiil  de  ccKe  si^'uificalion. 
Aller  ad  alterum,  pour  alias  ad  alium  : 


L'un  à  l'autre,  signifie  la  liaison  ou  l'entre- 
tien qu'on  a  avec  d'autres.  Num.  14.  4.  Dixe- 
runl  alter  ad  alterum  :  Ils  se  dirent  les  uns 
aux  autres.  Isa.  34.  15.  Illuc  'congregati  sunt 
milvi  alter  ad  alterum  :  C'est  là  que  les  mi- 
lans s'assemblent  et  qu'ils  se  joignent  l'un  à 
l'autre.  Gènes.  11.  3.  Dixit  alter  ad  proxi- 
mum  suum  :  Ils  se  dirent  l'un  à  l'autre.  1. 
Reg.  10.  12.  Alius  ad  alterum  :  Ezech.  33. 
30.  Unus  ad  alterum  :  Zach.  8.  21. 

Altéra  via  :  Le  chemin  qui  n'est  pas  droit 
et  qui  détourne  de  côté  ou  d'autre,  1.  Mach. 
2.  22.  Nec  sacri (icabimus  transgredientes  legis 
mandata  ut  eamus  altéra  via  :  Nous  ne  pren- 
drons point  une  autre  voie  que  celle  que 
nous  avons  suivie,  pour  offrir  des  sacrifices 
en  violant  les  ordonnances  de  notre  loi. 

Le  mot  aller,  pour  alius,  ne  se  prend  pas 
quelquefois  dans  toute  l'étendue  de  sa  signi- 
fication, pour  tout  autre,  mais  il  est  re- 
streint. Comme  Isa.  42.  8.  et  48.  11.  Gloriam 
nieam  alteri  non  dabo  :  Je  ne  donnerai  point 
ma  gloire  à  un  autre  Le  Fils  de  Dieu  et  le 
Saint-Esprit  sont  autres  que  le  Père ,  qui 
leur  a  communiqué  sa  gloire  en  l€ur  com- 
muniquant de  toute  éternité  sa  nature  divi- 
ne. Isa.  45.  6.  Ego  Dominus,  et  non  est  alter  : 
Je  suis  le  Seigneur,  et  il  n'y  en  a  point  d'au- 
tre. C'est-à-dire  d'autre  Dieu  que  le  Père,  le 
Fils  et  le  Saint-Esprit.  Il  exclut  les  faux 
dieux,  comme  il  paraît  c.  42.  8.  Ainsi  B.iby— 
lone  dit  qu'il  n'y  en  a  point  d'autre  qu*clle, 
c'est-à  dire  qui  soit  souveraine.  Isa.  47.  10. 
Ego  sum,  et  prœter  me  non  est  altéra  ■  Je  suis 
souveraine,  et  il  n'y  en  a  point  d'autre  quo 
moi.  Rome.  7.  4.  Ut  sitis  allerius  :  Pour  êiro 
à  un  autre;  c'est-à-dire  à  un  autre  mari. 

7°  Etranger,  qui  appartient  à  un  autre 
{ù.llÔTpio;).  Prov.  5.  20.  Quare  seduceris  fili 
mi,  et  foveris  in  sinu  allerius?  Pourquoi  vous 
laissez-vous  séduire  à  une  étrangère ,  et 
pourquoi  reposercz-vous  dans  le  sein  d'une 
autre?  c'est-à-dire  d'une  créature  qui  n'est 
point  à  vous.  Voy.  Aliuna.  Ainsi  Judic.  11. 
2-  De  altéra  maire  natus  es  :  Vous  êtes  né 
d'une  femme  non  légitime. 

8"  Etranger,  qui  n'est  point  ou  de  la  mémo 
famille,  ou  du  même  peuple  (  ô  f^V.j  ).  Deut. 
25.  5.  Uxor  defuncti  non  nubct  alteri  :  Lors- 
que de  deux  frères  l'un  sera  mort  sans  en- 
fants, la  fenmie  du  mort  n'en  épousera  point 
d'autre  que  le  frère  de  son  mari  ou  le  plus 
proche  parent,  c  17.  15. 

9'  Etranger,  nouveau,  inconnu.  Isa.  28. 11. 
Lingua  altéra  loquetur  ad  populum  islum  : 
Le  Seigneur  parlera  désormais  d'une  autres 
manière  à  ce  peuple.  Soit  que  Dieu  les  me- 
nace de  leur  parler  d'une  manière  qui  no 
leur  plairait  pas;  soit  que,  selon  l'Hébreu,  i| 
dût  leur  parler  par  des  prophètes  qui  bé- 
gaieraient d'ivresse  et  qu'ils  n'entendraient 
pas.  Haruch.  4.  15. 

10"  Etranger,  qui  n'est  point  naturel,  qui 
est  contre  l'ordre  établi.  Jud.  7.  Abeuntrs 
post  carnem  alteram  :Cps  villes  s'étaient  por- 
tées à  abuser  d'une  chair  étrangère.  Il  parlo 
du  crinje  abominable  de  Sodotnie. 

Il"  Etranger,  ennemi.  Eccli.  11.  6.  Mulii 
potcnlcs  opprcssi  sunl  valide,  et  gloriosi  tra-f^ 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


207 

dili  siint  in  mnnus  alleromm  :  Beaucoup  de 
unissants  princes  ont  été  enlièienienl  ruinés, 
'•t  ceux  qui  élaient  dans  la  gloire  ont  été  li- 
vrés eiilre  les  mains  des  autres;  c'est-à-dire 
sont  ioit.bés  en  la  puissance  de  leurs  enne- 
;„is.Jorem.6.  12.  Deut.  28.'32. 

ALTERCAUÎ,  èciÇît^.  Ce  verbe  vient  du 
niot  citer,  et  signifie  :  ,     ,       ,^ 

1°  Contester,  disputer  avec  quelqu  un  [Siu- 
léytaOc^i)-  Jud.  V.  9.  Cwn  Michael  archangelus 
cum  diabolo  disputans  altcrcarctur  de  Moysi 
cornore  :  L'archange  Michel,  dans  la  conles- 
lali'on  qu'il  eut  avec  le  diable,  au  sujet  du 
corps  de  Moïse.  Le  sujet  de  cette  contesta- 
tion fut  que  le  démon,  qui  feignait  vouloir 
honorer  Moïse,  entreprenait  de  le  faire  en- 
.sevelir  publiquement,  quoiqu'il  n'eût  point 
d'autre  dessein  que  de  lui  faire  rendre  des 
honneurs  divins  par  les  Juifs,  qu'il  savait 
fort  portés  à  l'idoiâlrie  :  saint  Michel,  au 
contraire,  voulut  qu'il  fût  enseveli  secrète- 
ment et  que  son  corps  fût  caché. 

2°  Folâtrer,  disputer  pour  se  divertir.  Ec- 
cli.  9. 13.  Non  alterceris  cum  illa  in  vino  :  Ne 
disputez  point  avec  la  femme  d'un  autre  en 
buvant  du  vin;  Gr.  dutAgo/o/oTr^tv.  Ce  mot 
grec,  qui  signifie  payer  son  écot ,  signifie 
;iussi  se  débaucher,  faire  des  repas  dissolus, 
comme  il  e>t  rendu  Deut.  21.20.  Comessa- 
iiunibus  vacal  :  Cet  enfant  passe  sa  vie  dans 
les  débauches  : 

ALTEKMS,  sup.  vicibus.  Cette  sorte  d'ad- 
verbe, qui  vient  de  l'adjectif  allernus,  signi- 
fie alternativement,  l'un  après  l'autre.  Dans 
notre  Yuigale,  il  signifie, 

L'un  avec  l'autre.  2.  Mach.  15.  iO.  Sicut 
vinum  semper  bibere ,  aut  semper  aquam 
conirarium  est ,  alternis  autem  u(i  delecta- 
bile  :  Comme  on  a  de  l'éloignement  d3 
boire  toujours  du  vin,  ou  de  boire  toujours 
de  l'eau,  il  paraît  plus  agréable  d'user  de 
lun  et  de  l'autre;  Gr.,  le  vin  mêlé  d'eau  est 
iîgréable. 

ALTILIS,  E,  (7tTi(7Tèc.  Cet  adjectif  qui  vient 
(lu  verbe  alere,  nourrir,  signifie  : 

Ce  que  l'on  nourrit  avec  soin  pour  le  man- 
ger,en  parlant  de  la  volaille  et  d'autres  ani- 
liiaux.  Matth.  22.  k.  Altilia  occisa  simt  :  J'ai 
l'ait  tuer  tout  ce  que  j'avais  fait  engraisser. 
3.Ueg.  k.  23.  Ezech.  39.18. 

ALTlTUDO.iMs.  Ce  nom  a  plusieurs  si- 
gnifications :  il  marque  ou  la  hauteur,  ou  la 
profondeur,  tant  dans  le  sens  littéral ,  que 
dans  le  sens  figuré. 

§  1".  — Iluuleur,  d;ins  le  sens  liuérai,  ûi-.j. 
1"  La  hauteur  d'un  corps,  considérée  l'é- 
gard de  son  élévation  au-dessus  du  rez-de- 
chaussée.  Gènes.  G.  15.  Triginta  cubitoruni 
(dlitudo  illius  :  La  hauteur  de  l'ardie  était 
ilctrenle  coudées.  Ps.  94^.  't.  Eccli.  1.  2.  Dan. 
k.  v.7.  17.  Apoc.  21.  16.  cl  souvent  ailleurs. 
Ainsi,  Ps.  102.  11.  Secunduin  ailitudincm 
cali  a  terra  .-Autant  que  le  ciel  est  élevé  au- 
dessus  do  la  terre.  Vjle  Isa.  55.  9.  Job. 
35.5. 

2"  Grandeur,  hauteur  de  taille,  1.  Reg.  16. 
7.  €.  17.  k.  Golialfiy  allitudinis  scx  cubitorum 
e<  pa/mî  ;  Goliath  avait  six  coudées  cl  une 
palme  de  haut.  Amos.  2.  9, 


208 


3°  Bâtiments  fort  élevés.  Eccli.  50.  2.  Tem- 
pli  eliam  alliludo  ab  ipso  fundata  est  :  Simon, 
fils  d'Onie,  a  jeté  les  fondements  des  édifices 
élevés  autour  du  temple;  Gr.  ini  «Otw,  c'est 
sous  lui  qu'on  a  jeté  les  fondements  de  deux 
édifices  élevés  autour  du  temple  pour  lui 
servir  de  rempart.  1.  Mach.  12.  36.  Co'jitavit 
exaltare  allitudinem  magnum  inter  médium 
arcis  et  civitatis  :  Joniiihns  résolut  défaire 
élever  un  mur  dune  très-grande  hauteur 
entre  la  forteresse  et  la  ville  de  Jérusalem. 
Ezech.  il.  8.  Yidi  in  domo  altitudinem  :  Ju 
considérai  les  chambres  hautes  qui  étaient 
autour  de  cet  édifice. 

h-"  Terre,  ou  pays  plein  de  montagnes 
élevées  {£f,ni/.ov  ).  Ezech.  .:6.  2.  Euge  alti- 
tudines  sempiternœ  in  liœreditatem  dalœ  siint 
nobis  :  Ces  hauteurs  éternelles  des  monts  d'I- 
sraël ni»us  ont  été  données  pour  notre  héri- 
tage. Le  Pi0|ihète  parle  de  la  Judée  qui  était 
pleine  de  montagnes,  qui  est  appelée,  Deut. 
32.  13.  une  terre  haute  et  élevée.  F.  c.  33. 
15.  Gènes.  i9.  '16.  Habacuc.  3.  6. 

5°  Le  ciel,  ou  ce  qu'il  y  a  de  plus  élevé 
({;i/wpi«).  Rom.  8.  39.  Neque  altitudo ,  neque 
profundum  :  Ni  tout  ce  qu'il  y  a  au  plus 
haut  des  cieux,  ni  au  plus  profond  des  en- 
fers; ni  l'élévation  de  la  pros[)érité,  ni  l'a- 
baissement de  la  misère.  Eccli.  43.  1.  Altitu- 
dinis  Firmamcntum  pulchritudo  ejiis  est  : 
Le  Firmament  est  la  beauté  du  ciel,  ou  des 
corps  les  plus  hauts.  F.  Ejus. 

§  2.  —  Hauteur,  élévalion,  (l:ins  le  sens  figuré. 
1°  O'gueil,  arrogance,  élévation.  Ps.  55. 
k.  Ab  altitiidine  diei  limebo?  Craindrai -je 
l'arrogance  de  mes  ennemis,  que  leur  pro- 
spérité rend  insolents?  F.  Dies.  L'Hébreu  et 
quelques  éditions  grecques  joignent  ab  alti^ 
tudine  avec  le  verset  préfédcnt  :  Multi  bel-' 
lanl<:s  odversumme,  àrzô  Z-Lov;,  desuper  :  Mes 
ennemis  viennent  en  foule  m'allaquer  par 
en  haut.  Isa.  2. 17.  Altitudo  virorum:  L'élé- 
vation des  grands,  c.  10.  12.  c.  37.  23.  Jerem. 
i8.  29.  Ezech.  31.  iO.  A  quoi  se  rapporte 
l'orgueil  de  la  science  humaine.  2.  Cor.  10. 
5.  Et  omncm  altitudinem  extollentem  se  ad~ 
versus  scienliam  Dei  [  ûi^&jpia  )  :  Nous  détrui- 
sons les  raisonnements  humains,  et  toute  la 
vanité  de  la  sagesse  qui  s'élève  contre  \n 
science  de  Dieu. 

2"  Puissance,  autorité,  rang  élevé  (  ûi^ïjXoi, 
sublimes).  Isa.  2'i-.  k.  Infirmata  est  altitudo 
populi  terrœ  :  Tout  ce  qu'il  y  a  de  grand 
parmi  le  peuple  est  dans  l'abaissement,  c. 
58.  IV.  Suslollam  te  super  alliludines  terrœ  : 
Je  vous  élèverai  au-dessus  de  ce  qu'il  y  a  de 
plus  élevé  sur  la  terre  (  àya-Où  bona).  Ps.  11. 
9.  Ezech.  19.  11.  c.  31.  v.  3.  5.  Rom.  8.  39. 
Ainsi ,  Jerem.  17.  12.  Solium  gloriœ  altitudi- 
nis  à  principio  ;  Le  trône  de  la  gloire  du  Sei- 
gs^.cur  est  élevé  dès  le  commencement;  l'élé- 
vation du  trône  de  Dieu  marque  sa  souve- 
raine puissance. 

§  3.— i'iofondeur,  clans  le  sens  liUéral,  pàOoî. 
Profondeur,  la  troisième  dimension  dos 
corps,  quand  on  la  regarde  au-dessous  du 
rez-de-chaussée.  Malf.  13.  6.  Non  habebat  al- 
titudincm  terrœ  :  La  terre  où  était  la  se- 
mence n'avait  pas  de  profondeur  Marc.  h.  5. 


203  ALT 


ALT  2i0 


San    10  19    Ab  aUiludinc  infcrorum   edaxit  AUior  fait  universo  popido  ah  humera  et  sur- 

ilhs:  La  sagesse   a   retiré  les  Israélites  du  sum  :  Saiii  parut  plus  grand  que  tous  les  au- 

fond  des  abhnes  au  passage  de  la  mer  Pxougo;  1res  de  toute  la  léle,  Gr.  ôyôj^rj. 

Gr  elle  a  rejeté  morts  l.urs  ennemis  du  fond  3    Haut,  élevé,  ce  qui    a  quelque  degré 

des  abîmes.  Habac.    3.   10.  Allitudo   manus  d'excellence  et  d'élévation  en  quelqu;^  cho>e 

siuis   levnvit  :  L"abîme    a    ékvé    ses    bras;  que  ce  soit.  Job.  -So.  o.  Conlemplare  œtheyn 

c'est-à-dire,  ses   eaux,    pour    donner   pas-  (/uod  ultior  te  sil  :  Cou[emp\ez  combien   les 

sage  aux  Israélites.  cieux  soûl  plus  hauts  qu3  vous.  Elm  lemoi- 

De  là  vient  cette  expression   mélaphori-  gne  à  Job  que  s'il  veut  considérer  combiou 

qye  .  le  ciel  est  plus  élevé  qu  >  lui ,  il  jugera  aise- 

v'cnire  in  allitudinem  maris  :  Tomber  dans  ment  que  Dieu  étant  sans  comparai.soii  plus 

la  profondeur  de  la  mer;    c'est-à-dire  dans  élevé  que  tous    les  cieux  ,  la  i>iele,  m  1  im- 

un  abîme  de  misère.  Ps.  68.  3.  Veni  in  alti-  piété  des  hommes  ne  peut  m  nuire  m  sernr 

tudinem  maris.  à  Dieu,  dont  l'Etre  infini  est  absolument  in- 
dépendant des  crealure«. 

§4.-Profondeur,  dans  le  sens  figure,  E.9o;.  ^o   {j^^.j.^    escarpé    («/.oiTouo,-).  Sap.    H.    V. 

1°  Profondeur  des  iugeme:ils  et  des  se-  Jnvocaverunt  te,ei  data'esl  illis  nqua  de  pelra 
crets  de  Dieu.  Rom.  11.  33.  0  altiludo  divi-  altissima  :  11  vous  ont  invoqué,  et  vous  leur 
tiariim  sapienliœ  et  scienliœ  Dei  :  O  profon-  avez  fait  sortir  de  î'eau  du  haut  d'un  rocher, 
deur  des  trésors  de  la  sagesse  et  de  lasience  Le  mot  grec  ùy.pozouo;  signifie  escarpé,  sec, 
de  Dieu.  On  explique  onlinairemenl  en  ce  fort  dur;  c'est  pourquoi  il  est  rendu  dans 
si'us  le  passage  du"  psaume  11.  9.  Srcundum  cette  signification ,  Deut.  8.  15.  Edaxit  rivos 
altitudinem  tuam  multiplicasli  fdios  homi-  c?e  pe/ra  du/Kssjma  ;  Il  a  fait  sortir  drs  ruis-: 
num  :  Vous  avez,  selon  la  profondeur  de  seaux  de  la  pierre  la  plus  dure.  11  semble 
votre  sagess  '.multiplié  les  enfanls  des  hom-  que  Moïse  veut  relover  le  miracle  par  la  dû- 
mes; c'est-à-di-e  le  grand  nombre  de  mé-  reté  de  la  pierre  d'oîi  l'eau  est  sortie. 
chants  dont  les  justes  sont  environnés  :  né-  o""  Sublime,  relevé,  difficile  à  comprendre 
an!i;oins  le  Grec  porte  -Z-lo;  hauteur,  ce  qui  (  xa/s-ô,-  ).  Etcli.  3.  22.  Altiora  te  ne  quœsie- 
significrait  que  Dieu,  par  la  grandeur  de  sa  ris  :  Ne  recherchez  point  ce  qui  est  au-des- 
puissance  et  de  sa  bonté,  a  soin  de  conser-  sus  de  vous  ;  la  curiosité  et  le  désir  excessif 
ver  ceux  qui  lui  appartiennent.  V.  Mllti-  de  savoir,  est  tout  à  fait  contraire  à  l'Esprit 
PLiCARE.  de   Jésus-Christ.  Le  Sauveur  est  venu  dans 

2"  Science    profonde,   en    mauvaise  part,  le  monde,  non  pour  éclairer  Pespril  par  de 

Apoc.   2.   2i.  Altitudines  Satanœ  :  Connah-  hautes  connaissances,   mais  pour  les  assu- 

sa'nces  secrètes  et  cachées  venant  de  Satan,  jettir  à  l'obéissance  de  la  foi.  Rien  ne  suffit  à 

que  ses  ministres,  tels  qu'étaient  les  gnosti-  l'avidité  de  la  sience  ;  mais  peu  suffit  à   une 

ques,  appelaient  sciences  pro/bnf/cs.   Qui  non  âme   humble  qui   ne    demande    de  lumière 

cognoverunt    altitudines    Satanœ  ,    quemad-  qu'autant  qu'il  en  faut  pour  discerner  le  bien 

modum  dicunt  :  Qui  ne  connaissent  point  les  d'avec  le  niai ,  et  pour  conduire  ses  pas  dans 

profondeurs  de  Satan,  qu'ils  appellent  une  la  voie  de  Dieu. 

profonde  science.   Ces  faux  prophètes  appe-  6"    Grand,   élevé,  selon  le  monde,  ce  qui 

laient  leurs  prétendus  mystères,  des  profon-  paraît  au-dessus   du  commun.  Luc.  IG.  15. 

deurs;  mais  l'Esprit  de  Dieu  ajoute  que  c"é-  Quod  hominibus   altum    est,  abominatio   est 

laient  des  profondeurs  de  Satan.  antc  Deum  :  Ce  qui  e;-t  grand   aux  jeux  du 

ALTRINSECUS  ,  hip'j>hvj.  Cei  adverbe  est  monde,   est    en    abomination   devant   Dieu, 

composé   de    l'adjectif  alter,  et   signifie,  de  Rom.  12.  16  iS^on  alla  sapientes,  sed  humili- 

l'autre  côté,  ou  des  deux  côtés  :  dans  l'Ecri-  bus  consentienles  :  N'aspirez   [  oint  à  ce  qui 

lure  il  signifie:  est  élevé;   mais   accommodez- vous  à  ce  qui 

De  côte  et  d'autre,  vis-à-vis  l'un  de  l'autre,  est  de  plus  bas  et  de  plus  humble.  Ps.  137. 

Gènes.  15.  10.  Utrasque  partes  contra  se  al-  6.    Humilia   respicit  ,    et    alla    a  lonije    co- 

trinsecus  posuit:  Abraham  mit  les  deux  par-  gnoscit  :  Le  Seigneur  regarde  favorabiement 

ties  qu'il  avait  coupées  vis-à-vis   lune  de  ce  qu'il  y  a  de  plus  rabaissé  et  de  plus   petit 

l'autre;  en  laissant  un  espace  pour  passer  dans  le  monde,  comme  il  en  avait  u-é  à  l'é- 

entre  deux,    selon    l'.incicnne    manière    de  gard  de  Daviil,  en  le  retirant  de  la  garde  di-s 

jurer  une  alliance.  Levil.  2'i-.  6.  Senos  altrin-  troupeaux  pour  le  placer  sur  le  trône,  ilii  rc- 

fecus  super  mensam  statues  :  Vous  exposerez  jette  au  contraire,  et  regarde  comme  de  loin 

les   pains   l'un   sur  l'autre  sur  la  table,  six  ce  qui  parait  grand,  et   les   personnes    les 

d'un  côté  et  six  de  l'autre.  3.  Reg.  6.  3i.  i.  plus  élevées;  ainsi  qu'il  en  avait  usé  envers 

t^ar.  9.  18.  i^aiil,  roi  d'Israël.  Rom.  11.2).  Nolinltumsa- 

ALTUS,  A,  LM,    jf-fM;.  Ce    nom   adjectif  pe/c,  serf  rj/;ie  .■  Piencz  garde  de  vous  élever, 

vient  de  l'Hébreu  j//ia/a/i,  monter,  s'élever,  cl  mais  tenez-vous  dans   la  crainte,  ^'oy.   Sa- 

^igni^e  :  père.  De  là  viennent  ces  phrases   qui   mar- 

1  Haut,  élevé,  ce  qui  se  dit  d'un  corps  quenl  ce  qui  est  haut,  fier,  orgueilleux  : 
considéré  selon  son  élévation.  Prov.  17.  16.  Exlollcr.c  in  altum  cornu  .<;j<»m  ;  Elever  sa 
Qui  altnm  facit  dnmum  suam,  quœrit  rui-  tcle  avec  insolence.  Ps.  7V.  6.  .\ alite  extol" 
unm  :  Celui  qui  élève  sa  maison  bien  haut,,  Icre  in  altum  cornu  testrwn  :  Ne  vous  élevez 
en  cherche  la  ruine.  Gènes.  7.  20.  Exod.  2").  f.oint  insolemment  contre  le  ciel. Voy.  Cornu. 
25.  1,  Machab.  V.  60.  c.  13.  27.  elc  Ainsi  :  l'alpebrœ  in  alla  surreclœ.  Les  paii- 

2  Grand,  de  haute  taille.   1.  Reg.   10.23.  pières  élevées  marinent   la  fierté  cl  l'iiis^'- 


2H 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


212 


lence  de  ceux  qui  ivg.irdenl  les  autres  avec 
hauteur.  Prov.  30.  13.  Voy.  SuiiKECTus. 

ALTISSIMUS,  I,  le  Très-Haut  ,>rtTro;.  Ce 
nom  pris  substanlivement  est  un  des  noms 
«le  Dieu,  qui  ré'pood  à  IHchreu  Elion,  dont 
les  Grecs  ont  faitw/to,-,  le  soleil,  que  les 
jiaïens  adoraient  comme  le  dieu  souverain. 

1°  Un  Dieu  en  trois  personnes.  Gènes,  li, 
iS.  Eral  sacerdos  Dei  Altissimi  :Me\ch\sé- 
<ii'ch  était  prêtre  du  Très-Haut,  non  pas  selon 
l'ordre  d'Aaron  ,  parce  que  le  sacerdoce  de 
l'ancienne  loi  devait  être  aboli  par  celui  de 
Jcsus-Christ,donlMelchisédechét.iil  la  figure, 
comme  saint  Paul  le  montre,  Heb.  7.  1.  et 
suiv.  Isa.  li.  14.  Similis  eru  AUissitno  :Se 
serai  semblable  au  Très-Haut.  Voy.  Lucifer. 
Num.  2Ï.16.  DeuL  32.  8.  Job.  31.  28.  et  sou- 
vent dans  les  Psaumes  et  dans  l'Ecclésiasti- 
que. Ps.  98.  9.  Altissimum  posuisti  refugium 
tuum  :  Vous  avez  choisi  le  Très-Haut  pour 
votre  refuge.  Dan.  i.  21.  31.  Luc.  6.  35.  etc. 
2°  Dieu  le  Père.  Luc.  1.  32.  Filius  Allissimi 
vocabitur:  Il  sera  appelé  le  Fils  du  Très- 
Haut;  Jésus-Christ  étant  fait  homme,  devait 
être  Fils  de  Dieu  le  Père  par  nature  , 
comme  il  l'a  été  de  toute  éternité,  v.  33.  Vir- 
tus  allissimi  obumbrabit  tibi  :La  vertu  du 
Très-Haut  vous  couvrira  de  son  ombre.  Le 
Père  qui  a  engendré  son  Fils  dans  lui- 
même  ,  l'engendre  comme  homme  dans  le 
sein  de  la  Vierge  Marie,  c.  8.  28. 

3°  Jésus-Christ,  Fils  de  Dieu.  Luc.  1.  76. 
Proplieta  Allissimi  vocaberis  :  V^ous,  petit  en- 
fant, vous  serez  appelé  h  prophète  du  Très- 
y/auf .Saint  Jean  a  été  proprement  le  pro- 
phète du  Fils  de  Dieu  fait  homme  ;  car  il  est 
venu  pour  prédire  sa  venue,  et  pour  prépa- 
rer les  esprits  à  le  recevoir;  néanmoins,  la 
plupart  des  interprètes  rentcndcnt  de  Dieu 
l'n  trois  personnes,  qui  l'a  envoyé  pour  pré- 
parer les  voies  du  Seigneur.  Jésus-Christ  est 
véritablement  dit  prophète  du  Très-Haut  en 
ces  deux  s^ns.  Malach.  3.  1. 

\LTLM,  I.  u^oj.  Ce  mot  pris  substantive- 
ment, signifie: 

1"  L'air.  Job.  39.  18.  In  altam  alas  erigil  : 
Lorsqu'on  vient  pour  prendre  l'autruche, 
elle  élève  en  haut  ses  ailes,  non  pour  voler, 
niais  pour  courir;  car  elle  ne  se  sert  de  ses 
ailes  que  pour  courir  quand  le  vent  lui  est 
favorable.  Judic.  20.  38.  Prov.  2G.  2.  Eccli. 
27.  28, 

2°  Le  ciel.  Ephcs.  i.  8,  Aseendens  in  allum, 
eaptivam  duxit  caplivilalem  :  Jésus-Christ 
étant  monté  au  ciel,  il  a  mené  captive  une 
grande  multitude  de  captifs.  Voy.CAPTiviTAS. 
Ps.  Ii3. 7  Emilie  manum  luam  de  alto  :  Faites 
éclater  du  haut  du  ciel  voire  main  toute- 
puissante.  Ps.  112.  5.  Ps.  92.  4.  Mirabilcs 
elaliones  maris,  mirabilis  in  allis  Dominus  : 
Les  soulèvements  de  la  mer  sont  admirables  ; 
mais  le  Seigneur  qui  est  dans  les  cieux,  est 
encore  plus  admirable.  Ps.  1V3.  8.  Luc.  1. 
78.  c.  24.  49.  Ainsi  :  Extendere  manus  in  al- 
ï"m  ;  C'est  élever  ses  mains  vers  le  ciel.  Ec- 
cli. 51.  26.  Voy.  Exlcndcrc.  De  là  vient  aussi 
(dlissimu,  orum  :  Le  plus  haut  des  cicux. 
Matlli.  21.  9.  Ilosunna  in  (dlissimis :'6a\[ii  et 
gloire,  soit  au  Fils  de  David,  au  plus  haut 


des  cieux;  ces  peuples  reconnaissaient  que 
celui  à  qui  ils  rendaient  ces  honneurs  était 
levrairoidesJuifs.  Luc. 2. 14.  Voy.  Excelsa  ; 
ainsi,  Ps.  70.  19.  Polenliam  tuameljustiliuin 
tiHim,  Deus,  usque  in  altissima:  Et  que  j'élève 
jusqu'aux  cieux  votre  puissance  et  votre 
justice  dans  les  grandes  choses  que  vous 
avez  faites.  Sap.  9.  17.  Eccli.  24.  7.  c. 
26.  22. 

3  Un  char  de  triomphe.  Ps.  67. 19.  Ascen- 
disli  in  altum,  cepisti  captivitatem  :  Vous 
êtes  monté  en  haut  sur  un  char  élevé;  vous 
avez  emmené  un  grand  nombre  de  captifs. 
Le  Prophète,  selon  le  sens  liltéral,  représente 
Dieu  coma;e  un  victorieux,  qui  triomphe,  et 
qui  mène  après  lui  un  grand  nombre  de  cap- 
tifs; c'est-à-dire  tous  les  peuples  qui  avaient 
clé  vaincus  par  la  présence  de  l'arche;  mais 
ce  triomphe  était  la  figure  des  mystères  que 
saint  Paul  explique,  Ephes.  4.  v.  1.  8.  9.  10. 

4"  Un  trône  élevé.  Ps.  7.  8.  Propter  lianc^ 
in  allum  regredere  :  En  considération  de  cette 
assemblée,  remontez  en  haut  sur  votre  trône 
élevé,  pour  juger  ma  cause  conire  mes  enne- 
mis :  dans  la  vue  de  cette  assemblée  des 
peuples  qui  doivent  un  jour  chanter  Vi)s 
louanges,  lorsque  l'innocent  sera  délivré  des 
mains  de  celui  qui  le  voulait  opprimer,  re- 
montez sur  le  tribunal,  d'où  il  semblait  que 
vous  fussiez  descendu,  et  faites  connaître  que 
vous  êtes  le  Seigneur  universel,  et  le  Juge 
do  tous  les  peuples. 

ALTUS,  A,  L'M,  j3a9j,-  ,  profond.  Ce  nom 
adjectif  a  une  autre  signification,  qui  paraît 
tout  opposée,  quoiqu'elle  ne  le  soit  pas;  car 
ce  qui  est  profond  à  l'égard  de  ceux  qui  sont 
au-dessus,  esi  haut  à  l'égard  de  ceux  qui  sont 
en  bas. 

1°  Profond.  Joan.  4.  11.  Puteus  altus  est  : 
Le  puits  est  profond.  Sip.  4.  3.  c.  16.  11.  2. 
Macb.  1.  19.  d'où  viennent  ces  expressions, 
Defigere,  ou  fodere  in  altum  :  Enfoncer  ou 
creuser  avant  dans  la  terre.  Eccli.  12.  11. 
Luc.  6.  48.  et  dans  le  sens  moral,  ce  qui  est 
profond,  impénétrable.  Ps.  63. 8.  Accedet  homo 
ad  cor  altum  :  L'homme  entrera  dans  le  plus 
profond  de  son  cœur;  ce  cœur  profond  mar- 
que une  malice  cachée.  Gr.  et  pour  ad  ;  Accc' 
det  homo  et  cor  allum  :  suppl.  illi  eral.  Eccl. 
7.25.  Altaprofundilas,quisinveniet  eam?  Oh! 
combien  est  grande  la  profondeur  de  la  sa- 
gesse, et  qui  la  pourra  sonder?  Voy.  profun- 
uiTAS.  Sap.  4.  3.  c.  16.  11.  Ainsi,  Allissima 
paupertas  ;  C'est  une  pauvreté  épuisée  et 
poussée  à  bout  ;  c'est-à-dire  une  très-grande 
pauvreté.  2.  Cor.  8.  2.  La  métaphore  se  tire 
d'un  vase  épuisé  jusqu'au  fond. 

2"  Profond,  caché,  obscur.  Isa.  33.  19.  Po~ 
pulum  impudentem  non  videbis,  populum  alli 
sermonis  :  Vous  ne  verrez  plus  un  peuple  im- 
pudent, un  peuple  obscur  dans  ses  discours  : 
ce  peuple  sont  les  Assyriens,  dont  les  Juifs 
n'entendaient  pas  le  langage. 

ALTUM,  1.  ^xOoç.  La  haute  mer.  Luc.  5. 
4.  Duc  in  altum  :  Avancez  en  pleine  eau.  2. 
Mach.  12.  4.  Cuni  in  allum  processissenl , 
submcrscrunt  non  minus  duccnlos  :  Lors- 
qu'ils furent  avancés  en  pleine  mer,  ceux  de 
J'»ppé  on  noyèrent  environ  deux  cents. 


sj: 


AlV 


.AM\ 


Zli 


'VLVA  ou  ALVAN  ,  Heb.  Ascensus  ejus. 
Premier  fils  de  Sobal,  de  la  race  d'Esaii.  II 
tut  le  second  duc  d'Idumée,  et  succéda  à 
ïhamna.  Gen.  36.  v.  23.  kO.  2.  Par.  1.  51. 

ALVEUS,  1.  xÙTo?.  Ce  mot  qui  vient  d'a/- 
vus,  parce  que  le  lit  d'une  rivière  en  est 
comme  le  ventre,  signifie, 

1"  Un  canal,  le  lit  d'une  rivière.  Jos.  3.  17. 
Omnis  populus  per  arentem  alveutn  transibat  : 
Tout  le  peuple  passait  au  travers  du  canal 
qui  était  à  sec  (Hrj^à,  «?).  k.  Reg.  3.  16.  Fa- 
cite  alveum  torrenlis  hujus  fossas  el  fossas,  i. 
c.  in  alveo  torrentis  multas  fossas  :  Faites 
plusieurs  fossés  le  long  du  lit  de  ce  torrent  : 
ainsi,  v.  ll.Alveus  iste  replebitur  aquis  :  Ce 
canal  sera  rempli  d'eau  {yjiuv.àfov;).  Isn.  19. 
7.  Nudabilur  alveus  rivi  a  fonte  suo  .  Le  lit 
des  ruisseaux  sera  sec  à  sa  source  même.  Les 
prairies  qui  sont  le  long  de  la  rivière,  et  à 
son  embouchure  sécheront  :  le  prophète  dé- 
crit d'une  manière  poétique,  la  désolation  de 
l'Egypte.  Jos.  3.  15.  c.  k.  v.  3.  8.  9.  18.  20. 
Isa.  27.  12.  Ezech.  39.  12. 

2"  L'eau  de  la  rivière,  ou  la  rivière  même 
(tzozxuôç).  Exod.  2.  5.  Puellœ  ejus  gradiiban- 
iur  per  crepidinem  alvei  :  Ses  filles  allaient  le 
long  du  bord  de  l'eau  :  il  parle  de  la  prin- 
cesse, fille  de  Pharaon. 

ALVEOLUS,  I.  TZK'^yj,  Vas  ligneum  conca- 
vum.  Ce  mot,  qui  est  un  diminutif  d'alveus, 
signifie  dans  les  auteurs  latins,  une  auge,  un 
damier,  et  d'autres  vases  creux  :  ainsi  dans 
l'Ecriture  c'est  un  vase  creux,  propre  à  faire 
cuire  de  la  viande.  Dan.  i'*.  32.  Inlriverut 
panes  in  alveolo  :  Le  prophète  Habacuc  avait 
apprêté  du  potage  qu'il  mit  dans  un  vase  ; 
si  ce  vase  n'était  point  le  pot  où  il  avait  fait 
le  potage,  ce  pouvait  être  un  plat,  un  bassin, 
ou  un  chaudron  :  mais  le  mot  Grec  signifie 
un  vaisseau  creux  qui  est  de  bois. 

ALUMNUS,  I.  zrA-^iuo;.  Ce  mol  qui  vient 
du  verbe  alere,  nourrir, signifie  un  nourrisson 
ou  un  élève,  qui  est  nourri,  instruit  et  élevé 
par  quelqu'un.  Num.  32.  l'i.  Vos  surrexistis 
pro  patribus  veslris,  incremenla  et  alumni  ho- 
minum  peccatorum  :  Vous  avez  succédé  à  vos 
pères,  comme  des  enfants  et  des  rejetons 
d'hommes  pécheurs  :  c'est  un  reproche  que 
Moïse  faisait  aux  Juifs  {'jîjdz^-iiij.v.,  turba). 

ALUS,  Heb.  Commistio.  Un  lieu  dans  le  dé- 
sert d'Arabie,  où  les  Hébreux  firent  leur 
dixième  campement,  ^'um.  33.  v.  12.  13. 

ALVUS,  y.'jàiy..  Ce  nom  vient  du  verbe 
e/uere,  laver  ,  nettoyer  ,  parce  que  c'est  du 
ventre  que  les  excréments  s'écoulent. 

Le  ventre,  la  partie  de  l'animal,  qui,  dans 
sa  capacilé,  enferme  les  entrailles  (  t  les  in- 
testins. 2.  Par.  21. 18.  Percnssit  euin  Dominiis 
(dyi  lanfjuore  insanabili  :  Dieu  frappa  Jorani 
d'une  maladie  incurable  dans  les  entrailles. 
Judic.  3.  22.Voy.SECRETUM.  De  là  vient />t<r- 
(jare  alvum,  qui  signifie  on  latin,  se  purger, 
|)rendre  médecine;  mais  dans  rE<  ritnre,  il 
inar(|ue  simplement,  aller  à  la  selle.  Juilic. 
3.  2V.  Forsilan  purijnt  nlvian  :  Le  roi  a  pi  ut- 
être  quelque  besoin  :  ce  que  les  Hébreux  ex- 
priment par  tcfjere  pcdcs  :  Couvrir  ses  pieds  ; 
expression  honnête  pour  signifier  la  niêinci 
chose  (  -T/iof  ôi'fpo'jç  AùOrtxv.'f  ad  sellas  scdct). 


AMAAD,  H'-b.  Populus  testimonii.  Ville  et 
forteresse  delà  tribu  dAser,  bâtie  par  Ama- 
thus,  fils  de  Chanan.  Jos.  19.  26.  Saint  Jérôme 
l'appelle  Amnth. 

AMADATH,  Heb.  Conturbans  legem.  Père 
d'Aman,  de  la  race  des  Amaléciles.  Esth.  3. 
V.  1.  10.  c.  9.  2i.  etc. 

AMAL,  Heb.  Labor.  Quatrième  fils  d'He- 
lem.  1.  Par.  7.  'J5. 

AMALEC,  Hebr.  Populus  lambens.  1°  Le 
fils  d'Eliphaz,  fils  d'Esaii,  qu'il  eut  d'une 
femme  nommée  7'/ia»ma.  Gènes.  36.  12.  Erat 
autem  Thamna  concubinaJEliphaz,  filii  Esaii, 
quœpeperit  Amalec.  v.  16.  1.  Par.  i.  36.  C'est 
de  lui  que  viennent  les  Amalécitrs. 

2"  Les  Amalécitps,  peuple  qui  habitait  au 
midi  de  la  terre  de  Chanaan.  Num.  2i.  20. 
Principium  gentium  Amcdec  ;  Amalec  a  été 
le  premier  des  peuples  qui  ont  attaqué  les 
Israélites  à  leur  sortie  de  l'Egypte.  Exod.  17. 
V.  8.  3.  20.  etc.  ainsi,  v.  12.  Fugavitque  Jo- 
sue  Amalec ,  et  populum  ejus  in  ore  gladii  : 
Josué  mit  en  fuile  les  Amaléciles  el  les  trou- 
pes qui  étaient  venues  à  leur  secours,  et  les 
fit  passer  au  fii  de  Tépée.  C'est  dans  celle  oc- 
casion que  Moïse,  en  levant  les  mains  au 
ciel,  rendait  les  Israélites  victorieux;  mais 
lorsqu'il  les  abaissait  un  peu,  les  Amaléciles 
avaient  l'avanlage. 

AiMALEClTES,  x.,  Idem.  Un  Amalécile  qui 
est  du  pays  des  Amalceites.  Gènes.  lY.  7. 
Percusserunt  omnem  regioncm  Amnlccilurum  : 
Chodorlahomor  et  les  rois  de  son  parti,  ra- 
vagèrent lout  le  pays  des  Amaléciles.  Num. 
H.  v.  23.  i3.  45.  eic. 

AMAN,  Hebr.  Mater  ou  limor  corum.  Nom 
de  lieu  de  la  tribu  de  Juda  Jos.  15.  26. 

AMAN,  Heb.  Conturbans.  Aman  fils  d'A- 
madalh,  premier  ministre  d'Assuérus,  cl  son 
plus  grand  favori,  éiail  de  la  race  d'Agag,  ce 
roi  des  Amaléciles  qui  fut  mis  en  pièces  par 
Samuel,  cl  Ma<édonien  d'origine  :  ce  qui 
n'est  pas  incompatible,  parce  (ju'ii  s'est  pu 
faire  qu'Aman  élail  descendu  d'Agag,  du  côté 
de  son  père  ou  de  sa  mère,el  qu'il  ét.iil  Ma- 
cédonien de  l'autre  côté  :  d'ailleurs  il  peut 
être  arrivé  fort  aisémenl  que  les  restes  des 
Amaléciles,  après  celle  défaite  générale,  el 
ce  grand  carnage  qui  en  fui  fait  sous  le  rè- 
gne de  Saùl,  s'élaiit  enfuis  et  dis[)erscs  de 
toutes  parts  dans  les  provinces,  ceux  qui 
étaient  les  ancêtres  d'Aman  soient  venus  s'é- 
tablir dans  la  IMacédoine.  Son  histoire  est 
rapportée  au  long  dans  le  livre  d'Eslher,  de- 
puis le  chapitre  3.  jusqu'à  la  fin. 

AMANA,  Heb.  Fides  ou  veritas.  Nom  d'une 
montagne,  (jue  plusieurs  croientêire  la  même 
que  le  mont  Amanus ,  qui  sépare  la  Syrie 
de  la  Cilicie;  mais  d'autres  croient  que  c'est 
une  des  montagnes  (jui  compuscnl  le  mont 
Liban,  Cant.  k.  8.  Veni  de  Libano,  reni,  co- 
ronaberis  de  capite  Amann  :  Venez  ,  mon 
l'épouse,  venez  du  mont  Liban,  vous  serez 
couronnée  de  fleurs,  qui  seront  cueillies  sur 
le  mont  Amaiia;  d'autres  niellent  les  deux 
points  après  coron<d)cris ,  cl  sous  entendent 
tcni,  venez  de  la  pointe  du  mont  Amana  : 
ces  paroles  s'entendent  figurcmcnt  de  la  vo- 
cation des  Juifs  cl  des  gealils  à  la  foi  de  Je- 


il; 


DiCTIONN-NAïaE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


216 


"1  sus-Christ,  qui  appolle  son   Epouse,  qui  esl 
l'Eglise,  composée  de  ces  deux  peuples. 

AMARE,  (pàtâ,  àyarâv.  Ce  Verbe  peut  être 
lire  du  Grec  «u«w  ,  Congrcgo  ;  parce  que  l'a- 
luilié  n'est  autre  chose  qu'une  union  de 
cœur,  et  signifie  aimer  passionnément,  dans 
les  bons  auteurs  latins",  qui  le  distinguent 
(le  diligere,  pour  marquer  le  plus  el  le  moins, 
quoique  Térence  semble  dire  le  contraire; 
mais  dans  l'Ecriture,  ces  deux  mots  sont 
synonymes. 

1°  Aimer,  avoir  de  l'affi  clion  pour  quel- 
que chose.  Matlh.  10.  37.  Qui  amai patrem  aut 
matrem  plusquam  me,  non  est  me  dignits  :  Ce- 
lui qui  aime  son  père  ou  sa  mère  [lus  que 
moi,  n'est  pas  digne  de  moi.  Vi)y.  Supkr. 
Apec.  3.  19.  Ego  quos  amo,arguo,  el  castigo  : 
Je  reprends  et  cliàlie  tous  ceux  que  j'aime. 
Gènes.  25.  28.  c.  29.  32.  c.  37.  i.  eic.  Ainsi 
Oeut.  11.  1.  Ama  ilaque  Dominum  Deum 
luum  :  Aimez  donc  le  Seigni-ur  votre  Dieu. 
Phrases  liiées  de  celle  sigiiificatioii. 

Amare  animam  suam  :  Aimer  sa  vie;  c'est- 
à-dire  les  coujmodilés  de  la  vie,  el  les  pré- 
férer à  son  salut,  el  à  l'amour  qu'on  doit  à 
Dieu.  Jean.  12.  25.  Qui  amat  animam  suam, 
jierdet  eam  :  Celui  qui  aime  sa  vie  la  perdra. 
Voy.  Diligere. 

2°  Aimer  quelque  chose  passionnément,  et 
d'une  manière  déréglée.  Eccli.  10.  10.  Ni/iil 
est  iniquius  quam  amare  pecuniam  :  Il  n'y  a 
rien  de  plus  injuste  que  d'aimer  l'argent; 
rattachement  au  bien  est  un  vice  détestable, 
qui  est  la  source  do  tous  les  maux.  2.  Reg. 
13^.  k.  Thamar  sororem  fralris  met  amo  :  J'ai 
pourïbaraar,  sœur  de  mon  frère  Absaloni, 
une  passion  ardente.  Judie.  16.  k.  Prov.  21. 
17.  Eccl.  5.  9.  I>a.  oG.  10.  Voy.  Sommum.  2. 
Petr.  2.  15.  Voy.  Adamare.  On  peut  rappor- 
ter à  celte  signification  l'amour  qu'on  a  pour 
des  choses  nuisibles  et  pernicieuses.  Eccli. 
.*J.  27.  Qui  amat  pcriculum,  (rem  periculosam) 
peribil  in  illo. 

3°  .\fFecter  quelque  chose,  la  souhaiter  avec 
«•mpressementet  avec  ostentation.  Matlh.  23. 
6.  Amant  primas  recubitus  in  cœnis  :  Les  do- 
cteurs de  la  Loi,  elles  pharisiens  aiment  les 
premières  places  dans  les  festins,  el  à  être 
salués  dans  les  places  publiques,  c.  6.  5.  Luc. 
20.46.  3.  Joan.9. 

AMABILIS,  E.  Iw.Tu.irj;.  1°  Aimable,  qui  a 
des  qualités  qui  attirent  l'amilic;  digne  d'è- 
Ire  aimé  (riyarrfl^-Évo,-).  2.  Reg.  1.  23.  Saul  et 
Jonalhas  amabiles  :  C'était  des  personnes  si 
aimables,  v.  26.  Amnbil  s  super  amorem  mu- 
lierum  :  Jonalhas  méritait  d  être  aimé  de  l'a- 
mour le  plus  passionné.  Eslh.  2.  15.  Eccli. 
20.  13.  Ainsi,  Soph.  2.  1.  Gens  non  amabilis  : 
Peuple  indigne  d'élre  aimé,  Heb.  sans  affec- 
tion. Gr.  (xnuLOc-Jroç)  sans  règle  et  sans  dis- 
cipline :  de  là  vient  cette  phrase. 

yir  amabilis  ad  societatem  :  Un  homme 
dont  la  compagnie  est  agréable,  et  qui  esl 
propre  à  entretenir  l'amitié  (èrulf^o;).  Prov. 
18.  '2k.  Tir  amabilis  ad  societatem  vuigis  ami- 
Ciis  erit  quam  frater  :  L'houjinc  dont  la  so- 
ciélô  est  agréable,  sera  plus  aimé  que  le 
frère  :  Hobr.  L'homme  qui  a  des  amis,  doit 
bien  tuUivcr  leur  amitié;  car  il  y  a  tel  ami 


qui  vaut  mieux  qu'un  frère 

2'  Ce  qui  rend  aimable,  ce  qui  est  bien 
reçu  el  approuvé  [-oo^rcfà-^;).  Phil.  4.  8.  De 
cœtero,  fratres,  quœcunque  sunt....  amabilia... 
hoc  cogitate  :  Enfin,  mes  frères,  que  tout  ce 
qui  vous  peut  rendre  aimables  soit  l'entre- 
tien de  vos  pensées.  Eccli.  15. '13. 

3°  Qui  esl  aimé  de  quelqu'un  ;  ainsi  Salo- 
mnn  était  appelé,  amabilis  Domino;  parce 
qu'il  était  aimé  de  Dieu.  2.  Reg.  12.  25.  Et 
vocavit  nomen  ejus,  Amabilis  Domino,  eo  quod 
diligeret  eum  iJominus  :  Le  Seigneur  donna  à 
l'enfant  le  nom  d'Aimable  au  Seigneur,  parce 
que  le  Seigneur  l'aimait.  Heb.  Jedidiah,.lma- 
tus  Deo. 

AMANS,  Tis.  Ce  participe  actif  signifie  qui 
aime,  qui  a  de  l'amilié;  mais  il  devient  nom  ; 
outre  sa  signification  ordinaire,  il  marque 
dans  I  Ecriture  :  1"  Un  amant, ou  une  amante, 
qui  eslmariabie  (xa-a).-jwv  ,  delicatus).  Ezech. 
16.  8.  Eccc  tempus  tuiim,  tempus  amanlium  ; 
Heb.  Icmpusanwrum  :  yai  vu  que  le  lemps 
où  vous  étiez,  était  le  temps  d'être  aimée.  Le 
Prophète  compare  Jérusalem  à  une  pauvre 
(llle  toute  sale  el  vilaine;  c'est-à-dire  plon- 
gée dans  le  péché,  que  Dieu  néanmoins,  sous 
la  figure  dun  auiant ,  choisit  pour  son 
épouse.  Voy.  Sanguis. 

2'  Cher,  chéri,  bien-aimé  (r;y«7r/3|7.£vo?).Deul. 
33.  12.  Anianlissimus  Domini  habitabit  confi- 
denter  in  eo  :  Benjamin  est  le  bien-aimé  du 
Seigneur,  il  habitera  en  lui  avec  confiance  ; 
c'est  la  bénédiction  que  Moïse  donne  à  celte 
tribu  :  car  comme  Benjamin  fut  aimé  tendre- 
ment de  Jacob;  Moïse  témoigne  que  celte 
tribu  sera  très-particulièrement  aimée  de 
Dieu,  et  qu'il  y  établira  sa  demeure  :  ce  qui 
s'entend  du  temple  si  fameux  de  la  ville  de 
Jérusalem.  Isa.  44.  9.  Amantissima  eorum  not% 
proderunt  eis;  Heb.  desiderabilia  eorum  :  Ce 
qu'ils  chérissent,  leurs  ouvrages  les  plus  es- 
timés ne  leur  serviront  de  rien.  Ce  prophète 
parle  des  artisans  d'idoles.  Osée,  9.  16.  Inter- 
ficiam  amantissima  uteri  eorum;  Heb.  deside- 
ria  :  Je  ferai  mourir  leurs  enfants  pour 
qui  ils  auront  le  plus  de  tendresse,  ri/.-^a 
Voy.  Utérus. 

3°  Excellent ,  très  -  agréable  {èTzi(tj;jLvrô;). 
Amos.  5.  11.  Vineas  plantabilis  amantissimas 
(Heb.  amœnissimas),  et  non  bibetis  vinum  ea~ 
rum  :  Vous  ne  boirez  point  du  vin  de  ces 
excellentes  vignes  que  vous  avez  plantées. 

AMARIAS,  JE.  Heb.  Dicit  Dominus.  Nom 
propre  de  plusieurs  hommes  qui  ont  été  — 
l"Un  grand  prêtre,  fils  de  Mérajolh,  et  père 
d'Achitob.  1.  Par.  6.7.52.-  2^  Un  autre 
grand-prêtre,  fils  d'Azarias  el  père  d'un  au- 
tre Acbilob.   1.    Par.  6.  11.  1.  Esdr.  7.  3.  — 

3  Un  lévite,  fils  d'Hébron.  1.  Par.  23.  19.  — 

4  Un  autre  lévite,  fils  de  Jériau  1.  Par.  24. 
23.  —  5"  Un  grand-prêtre  du  lemps  de  Josa^ 
phat.  2.  Par.  19,  11.  —  6"  Un  lévite  du  temps 
d'Ezéchias.  2  Par. 31. 15.  —  7''Undeceux  qui 
avaient  épousé  des  femmes  étrangères.  1. 
Esdr.  10.  42.  —  8'  \]i\  de  ceux  qui  signèrent 
l'alliance  du  temps  de  Néhémias.  2.  Esdr. 
10.  3.  —  9'  Un  habitant  considérable  de  Jéru- 
salem, fils  de  Sapbatias,  de  la  tribu  de  Juda. 
2.  Esdr.  11.  4.  —  10  Un  prêtre,    chef  de  sa 


in? 


AMA 


AMA 


2>ffï 


f.imille,  qui  revint  avec  Zorobabel  à  Jérusa- 
lom.  2.  Esdr.  12.2.—  11°  Le  bisaïeul  de 
Sophonie.  Soph.  1.  1. 

AMARUS,  A,  UM  Tziy.pô;,  «,  ôv.  Cc  uotn  ad- 
jectif vient  de  l'Hébreu  mara,  amer,  amer- 
tume, d'où  se  forment  plusieurs  significa- 
tions métaphoriques,  par  rapport  à  ce  qui 
est  amer  au  goût. 

1-^  Amer,  âpre  au  goût.  Prov.  27.  7.  Ani- 
ma esuriens  etiam  amarum  pro  dulci  sitmet  : 
Celui  qui  est  pressé  de  la  faim,  trouvera 
même  doux  ce  qui  est  amer  :  l'appétit  fait  le 
meilleur  assaisonnement  des  viandes.  Exod. 
15.  23.  2.  Reg.  19.  35.  Judith.  5.  15.  etc. 
Ainsi,  Jac.  3.  11.  Aquaamara,  de  l'eau  salée. 
Voy.  Emanare. 

Phrase  Urée  de  celle  première  significaiion. 
Bibere  potidnemamnram  :  Boire  un  breu- 
vage amer  :  c'est  soulfrir,  être  affligé.  Isa. 
2i.  9.  Amai'a  erit  polio  hibcnlibus  illam  : 
Ceux  qui  boiront,  trouveront  de  l'amertume 
dans  leur  breuvage  ;  ceux  qui  sont  dans 
l'affliclion  ne  goûlent  point  ce  qu'ils  man- 
gent et  ce  qu'ils  boivent. 

Ponere  nmarum  in  dulce,  et  dulce  in  ama- 
rum :  Faire  pns^er  pour  doux  ce  qui  est 
amer.  Isa.  5.20.  Ponenles  amnrum  in  dulce^ 
et  dulce  in  amarum  :  faisant  passer  pour  doux 
ce  qui  est  amer,  et  pour  amer  ce  qui  est 
doux:  le  prophète  reprend  la  corruption  du 
cœur  de  ceux  qui  rendent  le  vice  agréable  et 
la  vertu  odieuse. 

Esse  amarum  quasi  absynthium  :  Etre  amer 
comme  de  l'absj  nlhe  :  c'est  être  pernicieuK 
et  affligeant.  Prov.  5.  k..Novissitna  illius 
amara  quasi  absynthiuyn  :  La  compagnie  de 
la  prostituée  paraît  d'abord  agréable;  mais 
cette  satisfaction  est  suivie  dcdouleurs  aniè- 
reset  de  regrets  cuisants. 

Dans  le  sens  figuré. 
1*  Amer,  fâcheux,  désagréable.  Eccli.il. 
1.  0  mors  quam  amara  est  memoria  tua  ho- 
inini  pacem  liabenti  in  substanliis  suis  :  0 
mort,  que  ton  souvenir  est  amer  à  un  hom- 
me qui  vil  en  paix  au  milieu  de  ses  biens  1 
1.  Reg.  15.  32.  k.  Reg.  U.  26.  etc.  ainsi, 
Eccli.  29.  32.  ilmaro  audire  :  Entendre  des 
discours  désagréables  :  Potabit  ingrates  et 
ad  hœc  amara  audiet  :  Il  donnera  à  boire  et 
à  manger  à  des  ingrats,  et  après  cela  même 
il  entendra  des  discours  désagréables. 

2°  Amer,  misérable,  affligeant.  Eccli.  30. 
17.  Melior  est  mors  quam  vita  amara  :  La 
mort  vaut  mieux  qu'une  vie  amère  ;  ceux  qui 
n'écoulent  que  les  sentiments  de  la  nature, 
aiment  mieux  mourir  que  de  traîner  une 
vie  languissante;  au  lieu  que  cet  état  d'af- 
lliclion  serait  pour  eux  le  plus  grand  des 
biens,  s'ils  s'en  servaient,  comme  la  foi  le 
leur  devrait  apprendre,  pour  faire  pénitence 
de  leurs  péchés,  pour  apaiser  la  colère  de 
Dieu  et  pour  prévenir  ses  jugements  :  ce  sont 
les  sentiments  de  ces  personnes  que  le  Sage 
représcnle.  Jer.2. 19.  Videquia  malum et  ama- 
rum est  reliquisse  iJominum  IJcum  tuum:  Com- 
prenez quel  mal  c'est  pour  vous,  et  combien 
il  vous  est  amer  d'avoir  abandonné  le  Sei- 
iieur  votre  Dieu  ;  c'est-à-dire,  combien  c'est 
pour  vous  une  source  de  malheurs,  c.  '•.  18. 


Ista  malilia  tua  quia  amara,  quia  tetigit  cor 
tuum  :  C'est  là  le  fruit  de  votre  malice,  parce 
qu'elle  est  pleine  d'amertume;  c'est-à-dire 
parce  qu'elle  a  attiré  sur  vous  des  afflictions 
cuisantes,  qui  ont  pénétré  jusqu'au  fond  de 
votre  cœur.  c.  6.  26.  Isa.  38.  17.  Amos  8.  10. 
Ezech.  27.  31.  Soph.  1.  U.  2.  Mach.  6.  7.  c. 
9.  5.  Ainsi  :  Aquœ  amarissimœ  :  Ces  eaux 
Irès-amères  dont  il  est  parlé  dans  les  Nom- 
bres, sontappelées delà  sorte,  à  causede leur 
effet;  parce  qu'elles  causaient  une  grande 
douleur  à  la  femme  qui  se  trouvait  coupa- 
ble d'adultère.  Num.  o.  v.  18.  19.  23.26.  Gr. 
ûrjwp  T>>'j  ilî'/iJLoï),  Aqua.  redargutionis. 

3°  Triste,  chagrin,  fâché,  irrité  (-/.«twSuvo?), 
l.Reg.  30.  6.  Volebat  eum populus  lapidare, 
quia  amara  erat  anima  uniuscuju>ique  viri  su- 
per filiis  suis,  et  filiabus  ;  Ce  peuple  voulait 
lapider  David,  étant  tous  outrés  de  voir  leurs 
enfants  enlevés  par  les  Amalécites.  Ezech.  3. 
li.  Abu  amarus  in  indignatione  spiritus  mei: 
Je  m'en  allai  plein  d'amertume  et  mon  es- 
prit rempli  d'indignation;  soit  que  le  pro- 
phète fût  indigné  contre  l'endurcissement  de 
ce  peuple  ingrat,  à  qui  sa  captivité  ne  faisait 
point  ressentir  la  vengeance  de  Dieu  irrité 
contre  leurs  crimes;  soit  qu'il  fût  affligé  de 
voir  tous  les  maux  qui  étaient  près  de  tom- 
ber sur  Jérusalem  :  ainsi,  amaro  anima  esse 
C'est  êlre  triste  et  affligé,  et  avoir  le  cœur 
dans  l'amertume  (  -coi;  h  Vjtvxi;  ).  Prov.  31. 
6.  Datevinum  liis  qui  amaro  sunl  animo  :  Don- 
nez du  vin  à  ceux  qui  sont  dans  l'amerlume 
du  cœur;  il  faut  craindre  que  ceux  qui  sont 
affligés  ne  tombent  dans  l'abattemeRtet  dans 
une  tristesse  excessive.  1.  Reg.  1.  10.  c.  22. 
2.  2.  Reg.  17.  8.  C'est  en  ce  sens  que  Noëmi 
dit  qu'elle  est  amère,  c'est-à-dire  remplie 
d'amertume  et  de  tristesse.  Ruth.  1.  20.  Voy. 
Mara. 

i°  Nuisible,  dangereux,  pernicieux.  Eccli. 
17.  27.  Inveni  amariorem  morte  mulierem  : 
J'ai  reconnu  que  la  femme  est  plus  amère 
que  la  mort  ;  c'est  Salomon  qui  parle,  et  qui 
parle  avec  indignation  contre  les  femmes 
qui  l'avaient  séduit  ;  maison  peut  dire  qu'il 
remonte  à  la  source  des  maux  qui  ont  inondé 
toute  la  terre  ;  ainsi  il  déclare  que  la  femme 
qui  a  été  l'instrument  du  démon  pour  faire 
tomber  le  premier  homme,  l'est  encore  pour 
perdre  les  hommes;  et  que  la  douceur  appa- 
rente par  laquelle  elle  les  attire,  est  plus 
amère  et  plus  dangereuse  que  le  poison. 
Deut.  32.  32.  Uva  eorum,  uva  fellis,  et  botri 
amarissimi  :  Leurs  raisins  sont  des  raisins 
de  fiel  qui  donnent  la  mort  par  leur  amer- 
tume ;  ces  raisins  amers  marcjucnt  les  mé- 
chantes actions  et  la  corruption  des  Juifs. 
Voy.  Uva. 

5°  Malin,  méchant.  Ps.  03.  i.  Intenderunl 
arcum,  remamaram;  Heb.  Verbum  amaruien- 
tum,  i.c.  virulcntum  :  Ils  ont  lancé  coniro 
moi  leurs  paroles  malignes  et  médisantes 
comme  des  traits  empoisonnés.  Voyez 
Res. 

6'  Cruel,  impiloyable.  Dent.  32.  2V.  DcrO' 
rabunl  cos  avcs  morsu  amarissimo  :  Des  ci- 
seaux de  carnage  les  déchireront  par  leur» 
morsures   cruelles.  Habac.    1.  6.    Lccc  eqo 


219 

suscilubû  Chdldœos,  genlem  amaram  :  Je  vas 
susciter  les  Chaldéens,  cette  nation  en. elle. 
,  T  Aigre,  rude.  <Joloss.  3.  19.  Viri  diligite 
uxores  vestras,  et  nolile  amari  esse  ad  illas  : 
Maris,  aimez  vos  femmes,  et  ne  les  traitez 
point  avec  aigreur  et  avec  rudesse.  Jac.  3. 
iï.  Quod  si  zeliim  amariim  hobetis  :  Si  vous 
avez  dans  le  cœur  un  zèle  amer  et  un  esprit 
de  contention,  ne  vous  glorifiez  point  fausse- 
ment d'être  sages. 

AMARE,  nv.pôjç.  Cet  adverbe  se  prend  or- 
dinairement dans  le  sens  figuré,  et  signifie 
chez  les  auteurs  latins,  aigrement,  avec  ai- 
greur: dans  lEcriture  : 

Amèrement,  d'une  manière  amère  et  dou- 
loureuse, avec  un  grand  ressentiment  de  tris- 
tesse et  d'affliction.  Ezech.  27.  30.  Ciamahunt 
amure  :  Ils  crieront  dans  leur  douleur  amère  : 
le  prophèteparledesgensdemerquidevaient 
déplorer  la  ville  de  Tyr.  Ainsi ,  amare  flere  : 
Pleurer  amèrement,  avec  une  douleur  amère 
et  sensible.  Isa.  33.  7.  Angeli  pacis  amare  fle- 
bunt  :  Les  députés  qui  seront  envoyés  à 
Rabsacès  pour  demander  la  paix,  pleureront 
amèrement,  c.  22.  i.  Mallh.  26.  75.  Luc.  12. 
62.  Flevil  amare  .  Pierre  pleura  amèrement  ; 
de  uiême,  Amare  ferre  luctum  alicujus  : 
Faire  un  grand  deuil  de  la  mort  de  quelqu'un. 
Eccli.38.  17.  Voy.  Delatura. 

AMAlUCARi,  -r/.p«tv£(70«t.Elre  amer  et  dés- 
agréable, dans  le  sens  figuré,  Apoc.  10.  9. 
10.  Eralin  ore  meo  tanquam  mel  dulce  ;  et 
cum  devorassem  eum  amaricatus  est  venter 
meus  :  Ce  livre  était  dans  ma  bouche  doux 
comme  du  miel;  mais  layanl  avalé,  il  me 
causa  de  l'amertume  dans  le  ventre.  La  con- 
naissance des  mystères  qui  furent  révélés  à 
saint  Jean,  lui  fut  douce  et  agréable;  mais  la 
vue  des  persécutions  de  l'Eglise  lui  était 
amère  et  désagréable. 

AMARITUDO  ,  inis  ,  7rtz/>t«.  Amertume, 
qualité  piquante  qui  rend  amer  (-ovr;pôv).  i. 
Reg.  '*.  kl.  Non  fuit  amplius  quidquam  ama- 
riludinis  in  oUa  :  11  n'y  eut  plus  ensuite  au- 
cune amertume  dans  le  pot,  lorsque  Elisée 
y  eut  répandu  de  la  farine.  Voyez  Mors.  Os. 
10,  h.  Germinabit  quasi  amariiudo  judicium 
super  sulcos  aqri  :  Les  jugemi  nts  de  Dieu 
vous  accableront,  comme  ces  herbes  amè- 
rcs  qui  étouffent  le  blé  dans  les  champs  ; 
c'est-à-dire  que  comme  les  méchantes  her- 
bes croissent  en  grande  quantité  dans  les 
champs,  de  même  aussi  les  maux  se  multi- 
plieront dans  Israël. 

1"  Amertume,  douleur,  chagrin,  dépl.iisir. 
Isa.  38.  17.  Ecce  in  pace  amaritudo  mea  ama- 
rissima  :  Cette  affliction  si  cuisante  m'est  sur- 
venue lorsque  j'étais  dans  la  .>aix.  Ezécbias 
parle  de  la  maladie  (ju'il  eut  après  la  défaite 
des  Assyriens.  Ruth.  1.  20.  Job.  9.  18.  c.  17. 
2.  c.  23.  2.  etc.  Ainsi  lùcli.  31.  39.  Amari- 
tudo animœ  vinum  muUum  potatum  :  Le  \in 
bu  avec  excès  cause  de  la  tristesse  et  de  ra- 
battement (>u7t>2cô,-).  Prov.  IV.  10.  Cor  quod 
novit  amariluainem  animœ  suœ,  in  gaudio 
ejus  non  miscebitur  exlrancus  :  Lorsque  le 
cœur  connaîtra  bien  l'amertume  de  son  Ame, 
l'étranger  ne  se  n)êlera  point  dans  sa  joie. 
Ileb.  Cor   noiit    amaritudincm  animœ   suœ. 


DICT  ON.N.UUE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


22C 


et  in  gaudio  ejus  nifiil  alienum  se  immiscet  . 
Le  cœur  de  chacun  connaît  l'amertume  de 
son  âme,  et  sa  joie  ne  sera  point  comprise 
par  un  étranger  (/aTwSuvo?).  4.  Reg.  i.  27. 
De  là  viennent  ces  phrases  : 

Adducere,  ou  perducere  ad  amaritudincm: 
Rendre  triste,  rendre  ennuyeux.  Exod.  1. 
14.  Ad  amariludinem  perducebant  vitam  eo- 
rum  :  Les  Egyptiens  rendaient  aux  Israéli- 
tes la  vie  ennuyeuse  par  des  travaux  péni- 
bles (77r/^o«iv£iv).  Job.  27.  2.  Vivit  Deus.... 
qui  aa  amariludinem  adduxit  animam  meam  : 
Je  prends  à  témoin  le  Tout-Puissant  qui  a 
rempli  mon  âme  d'amertume. 

Habitare  in  amaritudinibus  :  Etre  plongé 
dans  l'amertume.  Mich.  1.  i^.Quœ  habitat  in 
amaritudinibus  ;  H.eb.  m  Marath  :  Jérusalem 
est  plongée  dans  l'amertume;  Gr.  xktoizzîv 
orS-JvKj.  Quelques-uns  croient  que  c'est  un  nom 
de  ville  appelée  Marath   Jos.  15.  59. 

2"  Impiété,  malice,  méchanceté.  Deut.  29. 
18.  Ne  sil  in  vobis  radix  germinans  fel  et 
amaritudincm  :  De  peur  qu'il  ne  se  forme 
parmi  vous  une  racine  el  un  germe  de  fiel 
et  d'amertume.  Hebr.  12.  15.  Voy.  Radix. 
Eccli.  21.  15.  Non  est  sensus  ubi  est  amari- 
tudo :  La  prudence  ne  se  trouve  point  où  est 
l'amertume  du  péché  et  des  passions,  qui 
empoisonnent  le  cœur.  Voy.  Sensus.  Ps.  10. 
7.  Ps.  13.  4.  Rom.  3.  14.  Ainsi,  Fel  amaritu- 
dinis,  fiel  amer,  signifie  le  poison  mortel  de 
l'iniquité.  Àct.  8.  23.  In  felle  amaritudinis 
video  te  esse  .-Je  vois  bien  que  vous  avez  dans 
le  cœur  un  fiel  amer.  A  quoi  se  rapporte  ce 
qui  est  dit,  Amos.  6.  13.  Cunvertistis  in  ama- 
ritudincm judicium;  Heb.  in  fel.  Vous  avez 
changé  en  amertume  et  en  poison  les  juge- 
ments que  vous  deviez  rendre  ;  et  au  lieu  du 
doux  fruit  de  la  justice,  vous  ne  produisez 
que  l'amertume  de  la  violence  et  l'absinthe 
de  l'injustice  (Qufxô,- ,  Ira,  vcnenum). 

3° Aigreur,  pique,  jalousie  [~f^(oçici,  luclus). 

Ephes.    4.   31.    Omnis  amaritxido   et  ira 

tollatur  a  vobis  :  Que  toute  aigreur  et  tout 
emportement  soit  banni  d'entre  vous;  d'où 
vient.  Ad  amaritudinetn  concitare  :  Irriter,  ce 
qui  se  dit  de  Dieu,  Ose.  14.  1. 

4°  Douleur  amère,  vif  repentir  de  ses  pé- 
chés. Jerera.  31.  21.  Pone  libi  amaritudines  : 
Pleurez  amèrement;  Heb.  Pyramidas,  seu 
columnasfastigiatas,autacervoslapidum. Dieu 
exhorte  les  Israélites  à  dresser  des  colonnes 
ou  des  tas  de  pierres ,  pour  reconnaître  le 
chemin  par  lequel  ils  étaient  allés  en  capti- 
vité; l'Hébreu,  tamurim,  signifie  amaritudi- 
nes et  hcrmœ,  ou  columnœ  ,  pour  marquer  le 
chemin. 

5°  Mal,  peine, traitement  rigoureux  (x«xôv). 
Job.  13.  2t).  Scribis  contra  me  amaritudines  : 
\'ous  donnez  contre  moi  des  arrêts  très-sc- 
\ères;  Heb.  offensas:  Vous  m'imputez  des 
crimes  qui  me  causent  bien  de  la  peine. 

6"  Rigueur,  cruauté.  Job.  20.  25.  Fulgu- 
rans  {erit  gladius)  in  amaritudine  sua  :  L'épée 
qui  percera  l'hypocrite,  sera  toute  brillante, 
el  terrible  par  sa  cruauté.  Heb.  brillera  de 
son  fiel;  amaritudine  sua,  pour  felle  ejus. 

7  Obscurité  fâcheuse  el  incommode  (yvo- 
foi).  Job.  3  5.  Dies  ille  invotvatur  amarilu- 


22! 


AMA 


AMB 


22Ï 


dine  :  Que  le  jour  auquel  je  suis  né,  soit 
plongé  dans  l'amerlume  ;  Heb.  œslii  diei  :  soit 
couvert  de  vapeurs  chaudes  et  épaisses,  qui 
obscurcissent  la  lumière  du  jour.  Voy.  Male- 

UICERE. 

AMASA  ,  Heb.  populus  parcens.  —  1°  Fils 
de  Jother  et  d'Abigaïl,  sœur  de  David,  lequel 
lut  tué  par  Joab.  1.  Par.  2.  17.  2.  Keg.  17.  25. 
11  avait  pris  le  parti  d'Absalom  contre  David; 
mais  il  en  obtint  le  pardon  de  ce  bon  prince, 
qui  même  le  conGrma  dans  sa  charge  de  gé- 
néral :  ce  qui  lui  attira  l'envie  de  Joab. 

2"  Un  Ephaïmile,  ûls  d'Adali.  2.  Par.  28. 
12.  11  Ut  mcltre  en  liberté  les  prisonniers  que 
les  Israélites  avaient  faits  sur  les  tribus  de 
Juda  et  de  Benjamin. 

AMASAl ,  Heb.  fortis^  ou  popuU  munus. — 
1^  Un  lévite  ,  fils  d'Elcana  ,  descendant  de 
Caalh.  1.  Par.  C.  V.  25.  35. —2' Un  lévite, 
descendant  de  Mérari.  1.  Par.  6.  46.  —  3  Un 
autre  lévite,  chef  des  trente  vaillants  hommes 
qui  se  joignirent  à  David,  lorsqu'il  fuyait  la 
persécution  de  Saùl.  1.  Par.  12.  18.  — 4'  Un 
prêtre  qui  jouait  de  la  trompette  devant  l'ar- 
che. 1.  Par.  15.  24.  —  5"  Un  lévite,  père  de 
Mahalh.  2.  Par.  29.  12.  Voy.  Mahath. 

AMASIAS,  Heb.  Fortitudo  Domini.  —  1° 
Roi  de  Juda,  fils  de  Joas,  pris  et  tué  par  Joas, 
ri)i  d'Israël.  4.  Rcg.  12.  22.  c.  14.  1.  etc.  Ce 
prince  fut  au  commencement  fort  rel  gieux  ; 
mais  ayant  gagné  une  victoire  signalée  con- 
tre les  Iduméens,  il  en  devint  si  superbe  qu'il 
abandonna  entièrement  le  culte  de  Dieu  ,  et 
dressa  des  autels  aux  idoles  des  nations  quil 
avait  vaincues.  —  2  Un  grand  capitaine  sous 
Josaphal.  2.  Par.  17.  16.  —  3°  Un  prêtre  ido- 
lâtre de  Bélhel ,  qui  s'opposait  au  prophète 
Amos.  c.  7.  V.  10.  12.  14.  11  vivait  du  temps 
de  Jéroboam  11,  qui  fut  mené  captif  en  Assy- 
rie par  Salmanasar  avec  les  dix  tribus  , 
ainsi  que  Amos  avait  prédit.  Voy.  Amos.— 4" 
Père  de  Josa,  de  la  tribu  de  Siméon.  1.  Par. 
4.  34.  —  5"  Fils  d'Helcias,  lévite,  descendant 
de  Mérari.  1.  Par.  6.  45. 

AMASSAI,  Heb.  populi  concuîcalio.  Amas- 
siï,  fils  d'Azréel,  de  la  tribu  de  Benjamin.  2. 
Esdr.  11.  13. 

AMATHiEUS,  Heb.  verax.  Amathœus,  pre- 
mier fils  de  Chanaan,  de  qui  viennent  les 
habitants  de  la  ville  d'Emalh.  Gènes.  10.  18. 
Il  y  en  a  deux  dans  l'Ecriture;  la  grande 
Einath.  Amos  G.  2.  qui  est  Antioche  ;  et  la 
petite  Emalh,appeIceJE'pip/t««îe.  Voy.  Emath. 

AMATHI ,  Heb.  Veritas  mca.  Père  du  pro- 
phèle  Jonas.  4.  Reg.  14.  25.  de  la  ville  de 
Getu.  Voy.  JoNAS,  1. 

AMATHES,  is,  Heb.  Idem.  Pays  de  Syrie  , 
sur  les  frontières  de  la  Chananée,  près  du 
mont  Liban.  1.  Mach.  12.  25.  Voy.  Emath. 

AMATOll ,  is,  èp«TTÀ?.  — 1'  Amateur,  qui 
aime  quelque  chose  :  il  se  prend  en  bonne  ou 
mauvaise  part  (^i),^3ovoç).  2.  Tim.  3.  4.  Vo(u- 
ptutum  amatores  magis  quam  Dci  :  Plus  ama- 
teurs de  la  volupté  que  do  Dieu.  Sap.  8.  2. 
Amulor  foetus  sum  formœ  illius  :  Je  suis  de- 
venu amateur  de  la  beauté  de  la  sagesse,  c. 
15.  C.  2.  Mach.  IV.  37.  c.  15.  1'». 

2"  Amant,  celui  qui  aime  d'une  passion 
violcnlc  cl  anjourcusc    (awîiv,  to?}.    Jerem. 


3.  20.  Quomodo  si  contemnaf  mulier  amatorem 
suum,  sic  contempsit  me  domiis  Israël  :  La 
maison  d'Israël  n'a  eu  que  du  mépris  pour 
moi  (dit  le  Seigneur) ,  comme  une  femme  qui 
dédaigne  un  homme  qui  l'aime,  c  5.  8.  Equi 
amatores  et  emissarii  facti  sunl  ;  Les  princes 
du  peuple  sont  devenus  comme  des  chevaux 
qui  courent  et  qui  hennissent  après  les  cava- 
les (9v2)iyf>tavîji- ,  insanus  amator  feminarum). 

LEcrilure  ,  dans  les  prophètes,  appelle  de 
la  sorte  ceux  à  qui  le  peuple  juif  s'allachail 
en  abandonnant  Dieu  ,  et  avec  lesquels  il 
commettait  un  adultère  spirituel  :  tels  élaienl: 

1°  Les  peuples  profanes  et  idolâtres,  avec 
lesquels  les  Israélites  faisaient  alliance  ,  et 
dont  ils  imitaient  l'idolâtrie.  Ose.  2.  5.  Vadam 
post  amatores  meos  qui  dant  panes  mihi  :  J'i- 
rai après  les  Assyriens  et  les  Egyptiens,  dont 
je  révère  les  idoles  ,  et  qui  m'aiment  comme 
attaché  à  leurs  dieux,  par  le  secours  desquels 
j'ai  reçu  tout  ce  qui  contribue  à  ma  subsis- 
tance et  au  repos  de  ma  vie.  v.  7.  10.  12.  13. 
c.  8.  9.  Jerem.  3.  1.  Fornicata  es  ciim  amato- 
ribus  miUtis ,  tamen  revertere  ad  «je  ;  Vous 
vous  êtes  corrompue  avec  plusieurs  qui  vous 
aimaient,  et  néanmoins  retournez  à  moi ,  dit 
le  Seigneur,  et  je  vous  recevrai  {-oiy-à-^,  dux, 
reclor).  On  voit  dans  cetie  figure  dont  Dieu 
se  sert ,  son  amour  incomparable  pour  les 
hommes,  c.  4.  30.  c.  22.  20.  c.  30.  14.  Ezecb. 
16.  V.  33.  36.  37.  c.  23.  v.  5.  9.  22. 

2"  Les  princes  juifs  ,  et  les  prophètes  qui 
les  entretenaient  dans  la  désobéissance.  Je- 
rem. 22.  22.  Amatores  lui  in  captivitateni 
ibunl  :  Tous  ceux  qui  vous  aimaient  ,  vos 
princes,  vos  prêlres  et  vos  prophètes,  seront 
emmenés  captifs. 

AMBIGERE.  Ce  verbe  qui  vient  d'«w,  ou 
ùfifi,  circum  et  d'a^ere,  signifie  proprement 
circumayere,  circumdare,  tourner  à  l'entour, 
environner  :  il  signifie  aussi  contester,  être 
en  dispute,  plaider  ;  mais  il  marque  aussi , 
être  en  doute,  hésiter,  ne  savoir  que  faire. 
Act.  5.  24.  Ambigebant  de  illis  qiiidnum  fieret: 
Le  grand  prêtre  et  les  sénateurs  se  trouvaient 
en  grande  peine  de  ce  qu'ils  feraient  des  apô- 
tres, ne  sachant  ce  que  deviendrait  cette  af- 
faire (oiK-o&atv). 

AMBIGUUS,  A,  UM.  Cet  adjectif  vient  d'fim- 
bigere,  et  signifie,  ambigu,  équivoque,  qui  a 
plusieurs  sens.  De  plus, 

1°  Ce  qui  est  douteux  cl  incertain  (  «Suva- 
xerv  ,  difficile  esse).  Dcût.  17.  8.  Si  difficile  et 
ambiguum  apud  le  judicium  esse  perspexcris  : 
S'il  se  trouve  une  affaire  embrouillée,  et  où 
il  soil  difficile  de  juger...  v.  9.  adressez-vous 
aux  prêtres  de  la  race  de  Lévi.  Le  grand 
prêtre,  assisté  des  autres  prêtres  dont  il  était 
1-e  chef,  était  établi  juge  souverain  de  toutes 
les  causes  difficiles  à  décider,  de  quebine  na- 
ture qu'elles  fussent.  Ezech.  12.  2V.  Non 
crit  ultra  omnis  visio  cassa  ,  ncquc  divinatio 
ambigua :  Lqs  visions  à  l'avenir  ne  seront 
point  vaines  ,  et  les  prédictions  ne  seront 
point  incertaines,  ni  ambiguës  ,  au  milieu  des 
enfants  d'Israël.  Heb.  Divinatio  blandicnli's  : 
Les  prédictions  ne  se  feront  plus  pnr  11  literie 
et  par  complaisance  (t^c^,-  /r>fAj,nd  gratiam). 

AMBIGUITAS,  iis,  ambiguïté,  diversité  do 


225 


DiCTIONNAir.E  DE  PHILOLOGIE  SACRcE. 


22  V 


sons,  doute,  incerlilude.  1.  Rcg.  9.  6.  Omne 
qnocl  loquitur  sine  amhigiiilate  vrnit  {TTCf.puyt- 
Ko-zEvov  77«s£o-rKt)  ;  Hcb.  veuienclo  véniel  :  Tout 
Ce*  que  ce  prophète  prédit  arrive  indubita- 
biinient.  très-assurément. 

AMBIRE ,  y.-jyj.o-Z'j.  Ce  verbe  qui  se  fait 
d'am  ,  circum ,  et  du  verbe  ire,  circuin  ire, 
signifie  : 

1°  Environner,  entourer.  3.  Reg.  7.  15. 
Linea  duodecim  ciibilorum  ambiebat  colum- 
nam  utramque:  Un  réseau  de  douze  coudées 
entourait  chaque  colonne,  v.  2V.  2.  Par.  i.  2. 

2°  Investir.  2.  Par.  13.  i3.  Ignorantem  Jii- 
dam  suo  ambiebat  exercitu  :  Jéroboam  qui 
lâchait  de  surprendre  Juda,  l'enfermait  avec 
son  armée  sans  qu'il  s'en  aperçût. 

3'  Environner,  être  autour  pour  garder. 
Cant.  3.  7.  En  lectulum  Salomonis  sexûginla 
fortes  ambiant  :  Voici  le  lit  de  Salomon  envi- 
ronné de  soixante  hommes  des  plus  vaillants 
d'entre  les  forts  d'Israël  ;  ils  gardaient  ce 
prince  lorsqu'il  était  dans  son  lit. 

k"  Etre  situé  autour  {--pii/jtv).  Ezech.  16. 
57.  Qiiœ  ambiant  te  per  gyrum.  Le  Prophète 
parle  à  Jérusalem,  qui  était  devenue  un  ob- 
jet d'insulfes  aux  filles  de  Syrie  et  aux  filles 
de  la  Palestine  qui  l'environnaient  de  toutes 
parts. 

5°  Briguer,  ambitionner  (j-ovoÇrJ^iv ,  per 
dolum  ambire).  2.  Mach.  i.  7.  Ambiebat  Jason 
(rater  Oniœ  summum  sacerdotium  :  Jason  , 
frère  d'Onias,  lâchait  d'usurper  le  souverain 
sacerdoce. 

AMBITIO,  >is.  Ce  mot  qui  vient  du  verbe 
«m&ire,  signifie  tour,  circuit;  et  figurément 
brigue,  poursuite,  recherche  des  honneurs. 
De  plus  il  signifie  : 

Eclat,  faste,  grand  appareil  (-.avrao-iK  ,  os- 
tentatio],  Act.  25.  23.  Altéra  die  cum  venisset 
Agrippa  et  Bérénice  cum  multa  ambitione  : 
Le  lendemain  Agrippa  et  Bérénice  étant  venus 
avec  grande  pompe...  Paul  fut  amené  parle 
commandement  de  Feslus.  2.  Par.  16.  li. 
Combusserunt  aromata  super  eum  ambitione 
nimia  :  Ils  biûlèrenl  sur  le  sépulcre  d'Asa  des 
parfums  avec  beaucoup  de  faste  et  de  vanité 

{iy.f'jpà  iiîy'Ao,  Tzc/.oy.-ou-i).  1.   Mach.  9.  37. 

AMBITIOSUS,  A,  CM,  nom  adjectif  qui  si- 
gnifie ce  qui  a  un  grand  circuit  ;  et  dans  le 
S'.>ns  figuré,  ambitieux,  fastueux  :  dans  l'E- 
criture: 

Dédaigneux,  qui  craint  de  s'abaisser  pour 
rendre  service.  1.  Cor.  13.  5.  Non  est  ambi- 
tiosa  •  La  charité  n'est  point  dédaigneuse. 


Gr. 


ou/.  WT/riU'yjti. 


Non  agit  indecore  ;  ce  qui  peut  signifier 
aussi  :  Elle  ne  fait  rien  de  déshonnéle  ni  de 
malséant. 

AMBITUS,  us.  Ce  nom  de  la  même  racine 
qui  signifie  figurément  brigue,  intrigue  ,  si- 
gnifie proprement  : 

Tour,  circuit, enceinte  («tci/itto,-,  sine  ma- 
ris). Prov.  25.  28.  Sicut  urbs patens  et  absque 
mnroriitn  ambitii ,  ila  tir  qui  non  potcst  in 
loquendo  cohibere  spiritnm  suum  .-Celui  qui 
ne  peut  retenir  son  esprit  en  parlant,  Heb. 
(sa  colère,  ses  passions)  est  comme  une  ville 
toute  ouverte,  qui  n'est  point  environnée  de 
murailles.  Esth.  l'i.  10.  2   Mach.  1.  l-'j. 


AMBO,  AMB^,  AMBa,à!/i.ÔTîr,o«,  «t,«.  Cc  mo» 
vient  du  Grec  à^sw  ,  et  ne  se  dit  que  de  deux 
dont  on  a  déjà  parlé  : 

Tous  deux,  l'un  et  Tautrv?,  les  uns  et  les 
autres.  Malth.  15.  li.  Luc.  6.  39.  Numquid 
potest  cœcus  cœcum  ducere  ?  nonne  ambo  in 
foveam  cadunt?  Un  aveugle  peut-il  conduire 
un  autre  aveugle?  ne  tomberont-ils  pas  tous 
deux  dans  le  précipice?  Eph.  2.  v.  16.  18.  Per 
ipsum  hnbemus  accessum  ambo  in  imo  spirita 
ad  Palrem  :  C'est  par  Jésus-Christ  que  nous 
avons  accès  les  uns  et  les  autres  (les  Juifs  et 
les  Gentils)  vers  le  Père  dans  un  même  es- 
prit. Gènes.  3.  7.  c.  18.  11.  c  21.  27.  etc. 

AMBULARE  ,  Tztpnzxz-u  ,  ttipe-j-tOui  ).  Ce 
verbequi  vientdu  Grec  ù-jv-tto).- a,  puis àtM-oleiv, 
ire,  redire,  signifie  aller,  marcher,  se  prome- 
ner ;  mais  dans  l'Ecriture,  où  il  répond  au 
verbe  hébreu  halac,  il  signifie  souvent  agir, 
vivre,  se  conduire  bien  ou  mal ,  d'une  ma- 
nière ou  d'une  autre. 

1°  Aller,  marcher,  se  promener.  Matth,  11. 
5.  Claudi  ambulant  :  Les  boiteux  marchent. 
Marc.  12.  38.  Cavete  a  scribis  qui  volant  in 
stolis  ambulare  :  Gardez-vous  des  docteurs  de 
la  loi  qui  aiment  à  se  promener  avec  de  lon- 
gues robes.  Gènes.  28.  20.  c.  33.  13.  Exod. 
15.  22.  Levit.  11.  v.  21.  27.  Matih.  k.  18.  c. 

9.  5.  etc.  ce  qui  s'attribue  improprement  à- 
Dieu  et  à  la  Sagesse  divine.  Eccli.  24.  8.  Jn 
fluctibus  maris  ambulavi  :  J'ai  marché  sur  les 
flots  de  la  mer  ;  ces  paroles  marquent  que  la 
Sagesse  gouverne  tout,  depuis  le  plus  haut 
des  cieux,  jusqu'au  profond  des  abîmes.  De 
là  viennent  ces  façons  de  parler  : 

Ambulare  in  atriis  Dei  :  Entrer  dans  le  tem- 
ple ,  et  marcher  dedans  (ravstv).  Isa.  1.  12. 
Quis  quœsivit  hœc  de  manibus  vestris,  ut  am~ 
bularetis  in  atriis  Dei?  Qui  vous  a  demandé 
que  vous  eussiez  ces  dons  dans  les  mains 
pour  venir  dans  mon  lemple,  sans  que  votre 
cœur  y  ait  de  part? 

Ambulare  in  via  :  Marcher  à  pied.  Judic.  5. 

10.  Qui  ascenditis  super  nitentes  asinos  ,  et 
ambulatis  in  via  :  Vous  qui  montez  sur  des 
ânes  d'une  beauté  singulière;  et  vous  qui 
marchez  dans  la  voie.  Débora  s'adresse  aux 
personnes  de  qualité,  qui  montaient  alors 
sur  des  mulets  et  sur  des  ânes,  et  les  oppose 
à  ceux  du  commun  du  peuple,  qui  marchent 
à  pied  dans  les  chemins. 

Ambulare  pedibus  suis  :  Marcher  à  pas  me- 
surés. Isa.  3.  16.  Ambulabant  pedibus  suis,  et 
composito  gradu  incedebant  .-Les  filles  de  Sion 
ont  mesuré  tous  leurs  pas,  el  étudié  toutes 
leurs  démarches. 

Ambulare  super  aspidem  et  basiliscum  : 
Marcher  sur  l'aspic  et  le  basilic;  c'est  sur- 
monter de  grandes  difficultés  sans  dangi-r. 
Ps.  90.  13.  Super  aspidem  cl  basiliscum  am- 
bulabis  :  Vous  marcherez  sur  l'aspic  et  sur  le 
basilic. 

2'  Senaller,  se  retirer  (|5a5t?£tv).  Barncli. 
i.  19.  Ambulate  ,  filii  ,  ambulale  :  Marchez  , 
mes  fils  ,  marchez  où  Dieu  vous  envoie.  La 
Synagogue,  sous  le  nom  de  Jérusalem,  parle 
aux  Juifs  emmenés  captifs. 

3  Séjourner, demeurer.  Joan.  7.  1.  Ambu^ 
labat  Jcsus  in  Gililœam  (Gr.  in  Galilœn)  ;  nur^ 


225  ^MD 

enimvolebiit  in  Jufiœam  amhuhire;  Gr.  inJu- 
dea  .Jésus  demeurait  en  Galilée,  ne  voulant 
pas  demeurer  en  Judée. 

k''  Etre,  se  trouver.  Ps.  137.  7.  Si  amhula- 
vero  in  medio  tribulationis  :  Si  je  me  trouve 
d;jns  de  grandes  afflictions.  Ps.  22.  i.  ]n 
medio  umbrœ  mortis  :  Dans  un  danger  de 
mort.  Isa.  W.  2.  Job.  18.  8.  Ezech.  28.  li.  In 
medio  lapidum  ignitorum  ambulasli  :  Vous 
avez  marché  au  milieu  dos  pierres  brûlantes 
(7Îv£7T«j).yoy.  Lapis.  Cela  se  dit  en  figure  du 
roi  de  Tyr,  qui  semble  être  comparé  au 
grand  prôlre  par  l'éclat  de  ses  vêlemcn(s  ; 
cela  s'entend  aussi  du  premier  ange  apostat. 
5^  Vivre  ,  parce  qu'une  des  principales 
fonctions  de  la  vie,  c'est  de  marcher,  et  que 
cette  vie  n'est  qu'un  voyage.  2.  Cor.  5.  7.  Pcr 
fidem  ambulamus ,  et  non  per  speciem  :  Nous 
marchons  vers  le  Seigneur  par  la  foi,  et  nous 
n'en  jouissons  pas  encore  par  la  claire  vue. 
2.  Cor  10.  3.  In  carne  andnilantes  :  Nous  vi- 
vons dans  la  chair.  Ps.  88.  16.  Eccl.  i.  15. 
Job.  2.  2.  Isa.  60.  3.  Apoc.  21.  2'k  Voy.  Lu- 
men. Rom.  13.  13.  1.  Pelr.  k.  3.  Ce  mot  no 
signifie  pas  ordinairement  un  avancement , 
mais  seulement  une  continuation  d'aclions  , 
et  on  mouvement  continuel  ;  autrement  il  ne 
se  dirait  pas  de  Jésus-Christ,  qui  ne  pouvait 
avancer. 

6"  Se  conduire  d'une  telle  ou  telle  manière. 
Eph.  4-.  17.  Utjam  non  ambulelis  sicu(  et  gén- 
ies ambulant  :  Je  vous  conjure  de  ne  vivre 
et  ne  vous  conduire  plus  comme  les  autres 
gentils;  et  presque  partout  où  ce  verbe  se 
trouve  dans  saint  Paul  ;  souvent  dans  les  Pro- 
verbes, c.  10.  9.  Qui  ambidal  simpliciler,  am- 
bulat  conjidenter.  Marc.  7.  5.  Joan.  2.  6.  2. 
Joan.  4,  3.  Joan.  3.  k.  etc. 

7"  Agir,  travailler,  continuer  de  faire  quel- 
que chose.  Luc.  13.  33.  Oporlet  me  liodie,  et 
cras,etsequenlidie ambulare: Il  fautquejecon- 
linue  à  marcher  aujourd'hui,  et  demain,  et  le 
jour  d'après.  Joan.  8.  12.  c.  12.  35.  Rom.  8. 
4.  etc. 

8"  Avancer  toujours  de  plus  en  plus  dans  la 
piété.  Joan.  12.  35.  Ambulale  dum  luccm  ha- 
hetis  :  Marchez  pendant  que  vous  avez  la  lu- 
mière. Rom.  6.  4.  c.  14.  15.  Eph.  5.  2.  Col. 
2.  6.  Isa.  26.  7.  Jer.  10.  23.  Nec  viri  est  ut 
ambxdel,  et  dirigat  gressus  suos  :  L'homme  ne 
marche  point  et  ne  conduit  point  ses  pas  par 
lui-mêni'^. 

9"  S'ingérer  ,  se  mêler  de  quelque  chose. 
Coloss.  2,  18.  Quœ  non  vidit  ambulans  :  Se 
mêlant  de  parler  des  choses  qu'il  ne  sait 
point.  Gr.    éu^v-fM..-,. 

Inambulans ,  invaden.'i ,  se  jetant  dessus. 
Phrases  lirécs  de  ce  verbe  dans  le  sens  ligure. 

Ambulare  in  viis  ,  in  semilis  Dei  :  Faire  les 
rommandemonts  de  Dieu ,  vivre  selon  sa  loi. 
Isa.  2.  3.  Ambulabunt  iu  srmilis  rjus  :  Plu- 
sieurs peuples  marcheront  dans  les  senli.rs 
du  Seigneur.  Exod.  16.  4.  4.  Reg.  10.  31 
2.  Par.  6.  16.  Ps.  118.  l.etc. 

Ambulare  in  viis,consiliis,pcccalis  alicujus  .- 
Suivre  et  imiter  la  con  Juite  ou  la  méchanceté 
de  quelqu'un.  1.  Reg.  8.  v.  3.  5.  Filii  lui  non 
ambulant  in  viis  tuis.  3.  R.g.  15.  3.  Ambula- 


AMD 


226 


vilque  in  omnibus  peccatis  patris  sui  :  Abiam 
marcha  dans  la  voie  et  dans  tous  les  péchés 
que  son  père  avait  commis,  v.  26.  34. 

Ambulare  post  :  Suivre  quelqu'un  ,  s'atta- 
cher à  lui.  Ose.  11.  10.  Post  Dominum  ambu- 
labunt :  Ils  iront  après  le  Seigneur,  i.  c,  ils 
s'attacheront  à  lui. 

Ambulare  in  marjnis  et  mirabilibus  super  se  : 
Se  porter  à  ce  qui  est  grand  et  éclatant.  Ps. 
130.  1.  Neque  ambulavi  in  magnis  ,  neque  in 
mirabilibus  super  me  :  Je  ne  me  suis  point 
porté  de  moi-même  à  ce  qui  est  grand,  ni  à 
des  choses  éclatantes  qui  fussent  au-dessus  de 
moi. 

AMBULARE  cum  aliquo.  —  1°  Converser 
familièrement  avec  quebiu'un.  Joan.  6.  67. 
Jamnon  cum  illo  ambulabant  :  Plusieurs  des 
disciples  de  Jésus-Christ  n'allaient  plus  avec 
lui.  Prov.  1.15.  Ne  ambules  cum  eis  :  N'alb  z 
plus  avec  les  pécheurs,  c,  22.  24.  Job.  34.  8. 
—  2°  Prendre  part  au  bien  ou  au  mal  de  quel- 
qu'un. Eccli.  7,  .';8.  Cum  lugenlibus  ambuln^ 
77:V7»i7ov  :  Pleurez  avec  ceux  qui  pleurent. 
Apoc.  3.  4.  Ambulabunt  mecum  in  albis  :  Ils 
jouiront  du  même  bonheur  que  moi.  — 
3"  Proléger,  assurer  par  sa  protection  (i^ars- 
ot-'j.Tzh),  Eccli.  4.  18.  Qunniam  in  tentatione 
ambulat  cum  eo  :  La  sagesse  marche  dans  la 
tentation  avec  celui  qui  a  confiance  en  elle. 
Levit.  26.  22.  Ambulabo  inter  vos  :  Je  mar- 
cherai parmi  vous.  Zach.  3.  7.  Deut.  23.  14. 

AMBULARE  cum  Deo  ou  coram  Deo.  — 
1"  Vivre  selon  la  volonté  de  Dieu,  tâcher  de 
lui  plaire  comme  s'il  était  présent  (eOaû^cn.tv, 
placerez  Gènes.  5.  22.  Ambulavit  Henoch  cum 
Deo  :  Hénoch  marcha  avec  Dieu.  c.  6.  9.  Nos 
cum  Deo  ambulavit.  Gènes.  17.  1.  Ambula  co- 
ram me ,  et  esta  perfectus  :  Marchez  devant 
moi,  et  soyez  parfait,  c.  21..  40.  c.  48.  15. 
3  Reg.  8.  V.  23.  25.  2.  Par.  6.  14.  etc.  Pers. 
Salyr.  5.  Vivere  cum  Jove  :  Vivre  sainte- 
ment. —  2'  Servir  Dieu  dans  le  ministère  ec- 
clésiastique {'HéyjrrOxi,  prœterire).  1.  Reg.  2. 
35.  Ambulabii  coram  Christo  meo  cunctis  die- 
bus  :  Je  susciterai  un  prêtre  fidèle  qui  mar- 
chera toujours  devant  mon  Clirist.  Malach. 
2.  6.  In  pace  et  œquitnte  ambulavit  mecum  :  Il 
a  marché  avec  moi  dans  la  paix  et  dans  Vé- 
quité.  Il  parle  des  prêtres  qui  étaient  de  la 
tribu  de  Lévi  ,  à  laiiuello  Dieu  avait  attribué 
son  sacerdoce. 

AMBULARE  in  nomiuc  Dei.  —  1°  Rendre  à 
Dieu  le  culte  et  l'honneur  qui  lui  sont  dus. 
Mich.  4.  5.  Ambulabunt  unusquisquc  in  nn- 
mine  Dei  sui,  nos  aulem  ambulabimus  in  no~ 
mine  iJomini  Dei  noslri  :  Nous  marcherons  au 
nom  du  Seigneur  notre  Dieu,  nous  l'invo- 
querons avec  confiance.  —  2' Etre  assuré 
sous  la  conduite  ou  la  protection  de  Dieu 
{y.cizv.y.j/K'^Oui,  gloriari).  Zach.  10.  12.  In  no- 
mine  ejus  ambulant  :  Les  Machabées  vivront 
sous  la  protection  de  Dieu. 

AMBULARE co»/rrj,  rxadvrrso.  —  l"Quan(i 
il  se  dit  des  hommes  contre  Dieu,  c'est  s'op- 
poser, être  rebelle  et  désobéissant.  Lcvil.  26. 
V.  21.  23.  27.  '»0.  Auibulnverunl  ex  advcrso 
mifii.  —  2  Quand  il  se  dit  de  Dieu  contre  les 
hommes  ,  c'est  ]iunir  ,  traiter  avec  sévérité. 


227 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


225 


Levil  -^6  il.  Ambuhiho  et  ego  contra  cos  :  Je 
les  traiTerai  dans  toute  ma  sévérité. 

AMÉLECH  :  —  1'  Pèic  de  ce  Joas  qui  re- 
riit  ordre  d'Achab  de  se  saisir  du  prophète 
ÂJichee.  3  Reg.  22.  26.  2.  Par.  18.  2o.~2>  Père 
de  Jérémiel.  Jer.  36.  26.  —  3°  Père  de  Mel- 
chias.  Jer.  38.  6. 

AMtN,  «ftijv,  mot  hébreu  qui  est  en  celte 
langue  ou  adverbe  ou  nom,  et  signiûe  la 
même  chose  qu'en  latin  vere  ou  veritas  ;  mais 
dans  l'Ecriture  il  a  différentes  signiCcations 
qui  ne  peuvent  pas  bien  être  rendues  par  un 
seul  mot  latin. 

Ce  mot  a  deux  usages  :  l'un,  pour  assurer 
ce  que  l'on  a  déjà  dit ,  comme  Num.  5.  22. 
Deul.  27.  26.  1.  Cor.  li.  16;  l'autre,  pour  as- 
surer ce  que  l'on  veut  dire  ,  comme  Matth. 
5.  18,  et  en  beaucoup  d'autres  endroits  du 
Nouveau  Testament.  Le  premier  usage  est 
fréquent  dans  l'Ancien  Testament,  et  rare 
dans  le  Nouveau  ;  le  second  ,  très-fréquent 
dans  le  Nouveau,  et  très-rare  dans  l'Ancien, 
ou  peut-être  ne  se  Irouve-t-il  point.  La  rai- 
son en  est  que  les  écrivains  de  l'Ancien  Testa- 
ment parlaient  hébreu  et  non  syriaque  :  or, 
ce  mot,  en  hébreu,  sert  plutôt  pour  confirmer 
que  pour  affirmer  ;  au  lieu  qu'en  syriaque, 
il  sert  plutôt  d'affirmation  que  de  preuve. 
Ainsi,  les  interprètes  grecs  et  latins  ont  re- 
tenu le  mot  qui  était  en  usage,  quoique 
les  Septante  l'aient  rendu  par  yhoL7o,  fiât. 
Ainsi  : 

1°  Il  sert  pour  assurer  fortement  quelque 
chose,  comme  quand  nous  disons  :  en  vérité, 
cela  est  ainsi  ('Aar,;,  «),r,&w,-  ,  vere);  c'est  en 
ce  sens  que  notre  Sauveur  s'en  est  souvent 
servi  dans  l'Evangile.  Ainsi,  Marc.  12.  i3. 
Amen  dico  vobis  se  rend  par  vere  :  Je  vous  dis 
en  vérité.  Luc.  21.  3.  Vere  dico  vobis ,  où  il 
s'agit  de  la  même  chose  que  dans  cet  endroit 
de  saint  Marc.  Ainsi,  dans  le  même  saint  Luc, 
c.  9.  27.  c.  12.  ii,  il  y  a  vere  au  lieu  d'amen 
dico  vobis  ;  et  c.  'i-.  25.  In  veritate.  Amen  ne 
se  trouve  nulle  part  que  dans  l'Evangile  en 
ce  sens,  encore  est-ce  au  commencement  de 
la  période. 

2°  Quoiqu'il  signifie  proprement  cela  est 
ainsi ,  en  vérité  (yÉvotTo,  fiât)  ;  toutefois  ,  par 
le  consentement  que  l'on  donne,  il  marque 
souvent  un  souhait ,  et  signifie  le  même  que 
fiât ,  que  cela  soit  ainsi,  ainsi  soit-il.  Deut. 
27.  15.  Rcspondebit  omnis  populus,  et  dicct 
Amen  :  Et  tout  le  peuple  répondra  et  dira 
Amen.  11  y  est  douze  fois  pour  approuver  l^s 
malédictions  qui  se  prononcent  contre  ceux 
qui  n'observeront  pas  ce  qu'on  leur  y  prescrit. 
11  se  prend  en  ce  sens  dans  tous  les  autres 
endroits  de  l'AncienTcslamcntoù  il  se  trouve, 
excepté  dans  Isaïe  :  il  est  aussi  en  plusieurs 
endroits  des  Epîlres  desaint  Paul  etdcsautrcs 
apôtres,  et  dans  l'Apocalypse  ,  par  exemple, 
c.  19.  4  :  Viginli  quatuor  seniores  et  quatuor 
animalia  adoraverunt  Deum,  dicenles,  Amen, 
Alléluia:  Atnen,  wou»  consentons  volontiers, ô 
mon  Dieu,  queccla  soit  ainsi,  puisque  vous  le 
voulez  ;  Alléluia^  nous  vous  en  louons  et  vous 
en  remercions. 

L'Eglise  a  emprunté  des  Juifs  la  coutume  de 
donner  son  consentement,  par  le  mot  anie», 


aux  prières  publiques,  aux  actions  de  grâces 
et  aux  louanges  de  Dieu.  Mallh.  6.  13.  Sed 
libéra  nos  a  jnalo,  amen  :  Mais  délivrez-nous 
du  mal,  ainsi  soit-il.  1.  Cor.  IV.  16.  Quomodo 
dicet  amen  super  tuam  benedictionem?  Com- 
ment répondra-t-il  amen  à  votre  action  de 
grâces,  s'il  ne  vous  entend  pas? 

3^  Il  se  prend  pour  un  nom  ,  et  marque  ce 
qui  est  ferme,  constant  et  véritable,  ou  la  Vé- 
rité même  («).À5tvo,-  ,  verus).  Isa.  63.  16.  In  quo 
qui  benedictus  est  super  terram,  benediretur  in 
Deo  amen  :  Celui  qui,  en  ce  nom  ,  se  verra 
heureux  sur  la  terre ,  le  sera  par  le  Dieu  de 
vérité  ou  le  vrai  Dieu.  Apoc.  3.  li.  Hœc  dicit 
Amen  :  Voilà  ce  que  dit  la  Vérité  même.  Isa. 
23.  1.  Quoniam  fecisti  mirabilia  cogitationes 
antiquas  fidèles  ,  amen  :  Vous  avez  fait  voir 
la  vérité  de  vos  desseins  éternels  ,  qui  sont 
immuables.  Celte  immutabilité  est  marquée 
par  le  mot  amen  ,  comme  s'il  y  avait  veritas 
sunt  ou  quœ  firmœ  sunt.  Amen  se  peut  néan- 
moins expliquer,  selon  le  Grec,  par  la  seconde 
significalion.2.Cor.  1.20.  Quotquot  enimpro- 
i7iissiones  Dei  sunt,  in  illo  est  (supple  sunt)  ; 
ideo  et  pcr  ipsum  amen  Deo  ad  gloriarn  nostram 
[amen,  c'est-à-dire  firmœ  sunt)  :  Car  c'est  en 
lui  que  toutes  les  promesses  ont  leur  vérité  ; 
c'est  aussi  par  lui  qu'elles  ont  leur  accom- 
plissement à  l'honneur  de  Dieu,  ce  qui  fait  la 
gloire  de  notre  ministère  ;  selon  le  Grec,  Deo 
ad  yloriam  per  nos  :  A  la  gloire  de  Dieu  ce 
qui  s'exécute  par  notre  minisière. 

AMENTIA  ,    M,  Ey.770i.'7i;,  r.uoa.oprji)-o(7i;,   folie, 

frénésie,  manie  (jV.crTKcrt,- ot«vot«î).  Deut.  28. 
28.  Percutiat  te  Dominus  amenlia  :  Le  Sei- 
gneur vous  frappera  de  frénésie.  Mo'ïse  pro- 
nonce les  malédictions  qui  devaient  tomber 
sur  le  peuple  juif.  Ose.  9.  7.  Ainsi,  percutere 
in  amentiam,  c'est  encore  frapper  de  frénésie. 
Zach.  12.  4.  Voy.  Ascensor. 

AMETHYSTUS,  i,  «aiOv^ro,-.  Ce  nom  vient 
d'à  privatif  et  de  ix-Ovay-za,  inebriari ,  parce 
que  cette  pierre  précieu-e  empêche  de  s'eni- 
vrer; mais  Plutarque  dit  que  ce  nom  vient 
plutôt  de  ce  que  sa  couleur  ressemble  au  vin 
trempé  d'eau,  et  non  pas  à  cause  qu'elle  em- 
pêche de  s'enivrer,  comme  plusieurs  l'ont  cru 
fort  légèrement. 

Améthyste,  pierre  précieuse  qui  est  la  plus 
belle  après  l'émeraude.  Il  y  en  a  de  plusieurs 
sortes  de  couleurs  ;  mais  la  plus  com- 
mune est  d'un  violet  clair.  Exod.  28.  19. 
7/1  tertio,  ligurius  ,  achates  et  amcthystus  : 
Dieu  ordonne  de  mettre  sur  le  rational  au 
troisième  rang  ,  le  ligure,  l'agathe  et  l'amé- 
thyste, c.  39.  12.  Dans  l'Apocalypse,  le  dou- 
zième fondement  de  la  sainte  Jérusalem,  est 
d'aniélhysle.  Apoc.  21.  20.  Duodecimum, 
amelhgslHS. 

AMI,  Hcb.  Mater,  nom  d'homme  qui  était 
chef  des  Nathinéens.  1.  Esdr.  2.  57. 

AMICIRE,  couvrir,  voiler,  envelopper.  Jer. 
k'3.  12.  Amicietur  terra  Eqypti,sicut  amicitur 
pastor  pallio  suo  .  Nabuchodonosor  se  revê- 
tira des  dépouilles  de  l'Egypte  comme  un 
berger  se  couvre  de  son  manteau.  Toute  la 
terre  de  l'Egypte  devait  être  à  l'égard  de 
Nabuchodonosor,  pour  l'enrichir,  ce  qu'est  l« 
manteau  à  un  berger  pour  le  couvrir  :  cela 


829 


AMI 


AMI 


230 


marque  qu'il  devait  la  dépeupler  avec  une 
promptitude  et  une  facilité  incroyables  {^Ou- 
firav,  depopulari). 

AMICTUS  ,  A,  UM,  -£6iÇîo>r;_aivor,  couvert, 
vêtu,  revêtu  [i-rnpiiho;,  clarus).  Marc.  li.  51. 
Amictus  sindone  super  nudo  •  Ce  jeune  homme 
était  couvert  seulement  d'un  linceul.  Voy. 
SixDOX.  Thren.  i.  2.  Âmicti  auro  primo  :  Les 
ei>îants  de  Sion  emmenés  captifs,  étaient  cou- 
verts de  l'or  le  plus  pur.  1.  Reg.  28.  li.  Esth. 
8.  15.  2.  Mach.  3.  33.  etc.  ^ 

Et  dans  le  sens  figuré,  Ps.  103.  k.  Amictus 
lumine  sicut  veslimento  (àvaô«//ooiîv'i,-)  :  Dieu 
se  revêt  de  la  lumière  comme  d'un  vêtement, 
parce  que  sa  gloire  et  sa  m.ijesté  éclatent 
principalement  par  la  lumière  qu'il  a  créée, 
comme  le  rang  et  la  dignité  d'un  homme  se 
connaît  par  l'éclat  de  ses  habits. 

Apoc.  10.  1.  Et  vidi  alium  angelum  fortem 
descendentem  de  cœlo  amictum  nube  :  Cet  ange 
revêtu  dune  nuée  éclatante,  c'est  Jésus-Christ 
qui  descend  du  ciel ,  plein  de  majesté  ,  pour 
secourir  son  Eglise  affligée.  Ezech.  21.  15. 
Dedi  conturbationem  gladii  acuti  et  limati  ad 
fulgendum,  amicti  ad  cœdem  :  Je  jetterai  lé- 
pouvante  devant  cette  épée  perçante  ,  polie 
pour  briller,  et  affllée  pour  tuer  (  £>/Éyov£v, 
heu,  foetus  est].  Cette  épée,  dont  Dieu  veut  se 
venger  d'une  manière  terrible,  est  toute  prêle 
pour  faire  le  carnage,  mais  encore  dans  son 
fourreau.  D'autres  expliquent  l'Hébreu  par 
le  mot  acuti,  qui  est  répété,  au  lieu  A'aynicli. 

Apoc.  c.  7.  V.  9.  13.  Amicti  stolis  albis  : 
"N'êtus  de  robes  blanches,  sont  ceux  qui  jouis- 
sent du  bonheur  éternel, marqué  par  la  blan- 
cheur éclatante  de  ces  robes.  Voy.  Stola. 

Apoc.  12.  1.  Mulier  amicta  sole  :  Celle 
femme  c'est  l'Eglise,  dont  les  enfants  qui  la 
composent  sont  revêtus  de  Jésus-Christ  Jans 
le  baptême,  qui  les  enlrelient  par  le  feu  de  sa 
grâce  et  la  lumière  de  sa  doctrine. 

AMICTUS,  us,  T-rt'ir,,     ly-o'wyuo;,  tOUt  CC  qui 

sert  à  couvrir,  habillement,  vêlement.  Eccli. 
50.  12.  Glorinm  dédit  sanclitalis  amictum,  Gr. 
(jlorificavit  :  Simon  ,  grand  pontife,  honora 
par  ses  mérites  les  saints  ornements  dont  il 
était  revêtu  en  montant  à  l'autel,  c.  19.  27. 
At7iictus  corporis,  et  risiis  dentium,  et  ingres- 
sus  fwminis  enuntiant  de  illo  :  Le  vêtement  du 
corps,  le  rire  des  dents  et  la  démarche  de 
l'homme  ,  font  connaître  quel  il  est.  Isa.  22. 
17.  Voy.  Slblevare.  Ezoch.  2i.  v.  17.  22. 
2.  Mach.  3.26. 

Dans  le  sons  Oguré  (-^oiei/atov).  Ps.  103.  6. 
Abyssus  sicut  vestimentùm  amidus  ejus  :  La 
mer  sert  comme  de  manteau  à  la  terre,  parce 
qu'elle  l'environne.  Ezech.  16.  8.  Expamli 
amictum  meum  super  te  :  J'ai  étendu  sur  vous 
mon  vêlement  (77T£,ojy.:-,  a/ff).  Dieu  marque, 
sous  la  figure  d'un  époux  qu'il  a  fait  rentrer 
dans  ses  bonnes  grâces  Jérusalem,  c'est-à- 
ilire  la  Synagogue  qui  l'avait  abandonné. 
Hebr.  1. 12.  Velut  amictum  mutabis  eos  :  Vous 
les  changerez  comme  un  manteau  (-j^tCô- 
i-cifj-j  ;  Gr.  é'ùî,iiç ,  convolves  :  Au  jugement 
dernier.  Dieu  pliera  les  cicux  comme  on  fait 
un  manteau. 

AMICUS,  I,  oO.o;.  Ce  nom  vient  de  l'an- 
cien mol  amecus,  fait  par  contraclion  û'avi- 


mœcus ,  formé  A'animus  el  d'cpquus  :  c'est  ce 
que  marque  Feslus,  ob  antiquis  ameci,  ame- 
cœ,  per  e  lilteram  efferebnntur  :  Les  anciens, 
dil-i! ,  écrivaient  ameci  et  amecœ  par  la  letlre 
e,  et  non  par  i,  il  signifie  : 

Ami,  qui  aime  quelqu'un,  qui  a  de  l'afTee- 
tion  pour  lui  ;  il  y  a  plusieurs  sortes  d'amis, 
peu  de  vrais  et  beaucoup  de  faux. 

1"  Ami  véritable.  Prov.  17.  17.  Omni  tem- 
pore  diligit  qui  amicus  est  :  Celui  qui  est  ami, 
aime  en  tout  temps,  non-seulement  dans  le 
temps  de  l'adversité  ,  mais  lors-même  que 
par  son  ingratitude  il  a  cessé  de  l'aimer  ;  et 
c'est  le  caractère  d'un  ami  chrétien.  C'est 
ainsi  que  Jésus-Christ  nous  a  aimés.  Joan. 
15.  13.  Majorem  hac  dileclionem  nemo  habet^ 
ut  animam  suam  ponat  quis  pro  amicis  suis  : 
Personne  ne  peut  avoir  un  plus  grand  amour 
que  de  donner  sa  vie  pour  ses  amis  ;  la  cha- 
rité y  engage  tous  les  chrétiens  pour  leur 
prochain,  et  surtout  les  pasteurs  pour  les 
âmes  qui  leur  sont  confiées,  lorsque  l'occa- 
sion se  présente  de  le  faire  :  tels  sont  ceux 
que  Jésus-Christ  appelle  ses  amis.  Joan.  15. 
14.  Vos  amici  mei  estis,  si  feceritis  quœ  prœci- 
pio  vobis  :  Vous  serez  mes  amis,  si  vous 
faites  ce  que  je  vous  commande,  v.  15.  Vos 
dixi  amicos  :  Je  vous  ai  appelés  mes  amis, 
parce  que  je  vous  ai  fait  savoir  tout  ce  que 
j'ai  appris  de  mon  Père.  Luc.  12.  i.  Joan.  11. 
11.  Tels  sont  enfin  ceux  qui  sonl  amis  d'une 
amitié  chrétienne.  Luc.  16.  9.  Facile  vobis 
amicos  de  mammona  iniquitatis  :  Employez 
les  richesses  injustes  à  vous  faire  des  amis. 
Voy.  Mammo.na.  Acl.  27.  3.  3.  Joan.  v.  15.  On 
peul  encore  compter  parmi  ces  amis  ,  les 
vrais  et  fidèles  amis  dont  il  est  parlé  dans  les 
Prov.  et  dans  l'Ecclésiastique  en  plusieurs 
endroits.  Voy.  Amicitia. 

2"  Ami,  d'une  amitié  commune,  fondée  sur 
l'honnêtelé  civile.  Eccli.  6.  5.  Verbum  dulce 
tnultiplicat  amicos:  La  parole  douce  acquiert 
beaucoup  d'amis;  les  paroles  douces  édifient 
les  plus  méchants,  et  les  paroles  aigres  scan- 
dalisent les  plus  justes,  c.  22.  25.  Qui  convi^ 
cialur  amico  dissolvet  amicitiam  :  Celui  qui 
dit  des  injures  à  son  ami  ,  rompra  l'amitié. 
V.  26.  Ad  amicum  et  si  produxeris  gladium, 
non  desperes,  est  enim  régressas  :  Quand  vous 
auriez  lire  l'épée  contre  votre  ami,  ne  déses- 
pérez pas,  car  il  y  a  encore  du  retour,  v.  27. 
Ad  amicum  si  aperueris  os  triste,  ne  timeas, 
est  enim  concordatio  :  excepta  convicio,  et 
improperio,  et  superbin,  et  mysterii  révéla- 
tione,  et  plaga  dolosa,  in  his  omnibus  effugiel 
amicus  :  Quand  vous  auriez  dit  à  votre  ami 
des  paroles  fâcheuses,  ne  craignez  pas,  car 
vous  pouvez  encore  vous  remettre  bien  en- 
semble ;  pourvu  que  cela  n'aille  point  jus- 
qu'aux injures,  aux  reproches,  à  l'insolence, 
à  révéler  le  secret,  et  à  la  blessure  faite  en 
trahison  :  car  dans  toutes  ces  rencontres 
votre  ami  vous  échappera.  Exod.  22.  7.  Ps. 
37.  12.  et  ailleurs,  surtout  dans  les  Proverbes 
et  l'Ecclésiastique. 

3"  Faux  ami,  qui  ne  s'aime  que  lui-même. 
Prov.  1 V.  20  Amici  divitum  mulli  :  Les  riches 
ont  beaucoup  d'amis,  c.  9.  Ik.  Divitiœaddnnt 
ainicos    plurimos  ;    Les    richesses   donnent 


251 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE.  ÔS2 

beaucoup  d'amis.   Eccli.   6.   8.    Est  amicus  ses  amis   à   se  réjouir,  en  faisant  peul-êire 

secundutn  tempus  suum  :  Il  y  a  un  ami  qui  ne  allusion  à  ce  qui  se  pratiquait  alors,  et  qu'on 

l'est  que  lant  qu'il  y  trouve  son  avanlage.  voit  encore  se  pratiquer  aujourd'hui  en  ces 

9   Est  amicus  qui  convertitur  ad  inimici-  pays-là.   Après   que  l'époux  esl  entré  avec 

tiatri  :    Il    y   a   un   ami   qui    se   change   en  Jépouse  dans    la    chambre  nuptiale,    leurs 

ennemi  ;  qui  se  pique  et  qui  rompt  l'amilié  amis  se  rcmellcnl  de  nouveau  à  table  ,  pour 

nour  très-peu  de  chose,  v.  9.  Et  est  amicus  faire  honneur  au  festin  et  aux  noces  ;  ei  l'é- 

Qui  odium  et  rixam,  et  convicia  denudabil  :  poux  sortant  (;aieIquefois,  vienl  se  faire  voir 

El  il  y  a  un  ami  qui  découvre  sa  haine  ,  et  aux  conviés  ,  pour  leur  applaudir  :  le  Sainl- 

qui  se  répand  en  querelles   et  en  injures  ;  Esprit   n'apprduve   point  ces  coutumes  hu- 

c'cst- à-dire  traître  et  violent,  qui  passe  tout  maints,  lorsqu'il  s'en  sert  seulement  comme 

d'un  coup  de  l'amour   à  la  haine,  et  qui,  d'un  langage    figuré    pour  exprimer  ce  qui 

après  avoir  quitté  son  ami ,  le  traite  outra-  regarde  le  grand  sacrement,  qui  est  le  mys- 

eeusement  et  se  déclare  son  ennemi.  Il  y  a  1ère  de  son  alliance  toute  divine  avec  son 

im  ami  qui  l'est  pour  la  table,  et  qui  ne  le  épouse,  la  sainte  Eglise,  c.  8.  13.  C'est  encore 

sera  plus  au  jour  de  l'altliclion  :  Amicus  so-  en  ce  sens  que  saini  Jean-Baptiste  esl  appelé 

dus  mensœ    et  non  permanebit  m  die  necessi-  VAmi  de  l'Epoux.  Joan.  3.  29.  Atnicus  sponsi 

tatis.  c.  37'  Est  amicus  solo  nomine  amicus  :  qui  stat  et  audit  eum,  gaudio  gaudet  propter 

Il  V  a  un  ami ,   qui  n'est  ami  que  de  nom.  vocem  sponsi  :  L'Epuux  est  celui  à  qui  est 

Enfin    Prov.  13*.  20.  Amicus  stultorum  similis  lEpouse  ;  mais  l'ami  de  l'Epoux  qui  se  lient 

efficiètur  :  L'ami  des  insensés  leur  ressem-  debout  et  qui  l'écoute,  esl  ravie  de  joie,  à 

blera.  Voy.  Stultus.  Prov.  19.  v.  6.  7.  etc.  cause  qu'il  entend  la  voix  de  l'Epoux   :  ces 

4°  Ami   qui  aime  son  épouse  et   qui  est  amis  de  l'Epoux  mystique  ,   qui  esl  Jésus- 

aimé  d'elle.   Canl.  5.    16.  Talis  est  dileclus  Christ,  sont  les  pasteurs  et  les   ministres  de 

meus,  et  ipse  est  amicus  vieus  :  Tel  esl  mon  l'Eglise. 

bien-aii;ié  et  celui  qui  esl  véritablement  mon  8"  Les  voisins  et  les  habitants  d'un  même 

ami"  cette  Epouse  qui  parle  c'est  l'Eglise,  lieu  s'appellent  amis  (  «vSp?  tov  tôttou, /ocj  ). 

qui  est  aussi  appelée  amie  de  son  Epoux  qui  Gènes.  29.22.  Vocatismultis  amicorum  turbis, 

est  Jésus-Christ.  Gant.  1.  v.9.  15.  et  ailleurs,  fecit  nuptias  :  Laban  fil  les  noces,  ayant  in- 

Voy.  Amica.  V'^^  3u  festin  ses  amis,  qui  étaient  en   fort 

5"  Ami  se  dit  aussi  d'un  amant  qui  aime  et  grand  nombre  (ô  Tzï-naio-j,  propinquus  ).  Exod. 

qui  débauche  la  femme  d'un  autre.  Ose.  3.  il.  2.  Postulet  vir  ab  amico  suo,  et  mn- 
1.  Dilige  mulierem  dilectam  amico  et  adulte- 
ram  :  Aimez  une  femme  adultère,  qui  est  ai- 
mée d'un  autre  que  de  son  mari.  Gel  ordre 
que  Dieu  donne  au  Prophète  ,  marquait 
l'amitié  que  Dieu  avait  pour  la  Synagogue, 
après  même  qu'elle  l'avait  abandonné  en  se 


prostituant  aux  idoles  par  un  adultère  spiri- 
tuel. 

G"  Ami,  qui  esl  dans  les  bonnes  grâces  de 
son  seigneur.  Jac.  2.  23.  Abraham  amicus 
Dei  appcliutus  est  :  Abraham,  par  la  gran- 
deur de  sa  foi,  fut  appelé  ami  de  Dieu. 
2.  Par.  20.  7.  Judith.  8.  22.  Isa.  41.  8. 
Ps.  1:^8.  17.  Ainsi,  Prov.  22.  11.  Qui  diliyit 
cordis  munditiam  habebit  amicumregeyn  :  Ce- 
lui qui  aime  la  pureté  du  cœur,  aura  le  roi 
pour  ami,  et  surtout  le  îoi  souverain  qui  est 
Jésus-Christ.  Joan.  19.  12.  Si  liunc  dimittis, 
non  es  amicus  Cœsuris  :  Si  vous  délivrez  cet 
homme  ,  vous  n'êtes  point  ami  de  César. 
Voy.  Gratia. 

Les  conseillers  et  les  confidents  des  princes 
sonl  aussi  appelés  leurs  amis  ;  c'est-à-dire 
leurs  favoris.  Gen.  2G.  26.  Ochozalh  amicus 
illius.  Ochozalh,  favori  du  roi.  2.  Keg.  V6. 
37.  3.  Reg.  4.  5.  c.  16.  11.  Eslh.  5.  v.  10.  14. 
c.  16.  13.  etc.  ce  qui  est  commun  dans  les 
auteurs  profanes. 

7"  Ceux  que  l'époux  choisissait  entre  ses 
égaux,  pour  assister  à  ses  noces,  s'appelaient 
ses  amis.  Judic.  14.  IQ.  Uxor  ejus  accepit 
maritum  unum  de  amicis  ejus  et  pronubis  : 
Dalila,  fi  mme  de  Samson  ,  épousa  un  de  ces 
jeunes  hommes  cl  de  ses  amis,  qui  l'avaient 
accompagné  à  ses  noces,  c.  15.  2.  Ainsi  , 
canl.  5.  1.  Comedite,  nmici,  et  bibite  :  Man- 
gez, luos  amis,  et  buvez;  l'époux  exhorte 


lier  a  vicina  sua,  vasa  argentea  et  aurea  :  Que 
chacun  demande  à  son  ami,  ei  chaque  femme 
à  sa  voisine,  des  vases  d'or  et  d'argent.  Les 
Israélites  avaient  un  prétexte  spécieux  pour 
demander  toutes  ces  choses  aux  Egyptiens  ; 
parce  qu'ils  se  préparaient  à  aller  dans  le 
désert ,  comme  pour  faire  un  sacrifice  à 
Dieu  et  pour  célébrer  en  son  honneiir  une 
grande  fête.  Tob.  8.  22.  Jerem.  29.  23.  Zach. 
3.  10.  Luc.  11.  5.  c.  15.  9.  Voy.  Spoliaïie. 

9"  Les  confédérés  qui  font  entre  eux  des 
traités  d'alliance  et  de  paix  ,  sont  appelés 
amis.  Ps.  107.  10.  Milii  alienigenœ  amici  facti 
sunt  :  Les  Philistins  sonl  devenus  mes  amis; 
Gr.  v-KEZKynTuv,  subditi  sunt,  m'ont  été  assu- 
jettis, comme  le  porte  le  texte  du  ps.  59.  10. 
3.  Reg.  5.  1.  1.  Mach.  14.  40.  c.  15.  17. 

10'  Ceux  qui  font  les  mêmes  fonctions 
(ô  Tzlnaio-i)).  Zach.  3.  8.  Audi,  Jesu,  sacerdos 
magne,  tu  et  amici  tui  ;  Ecoutez,  ô  Jésus, 
grand  prêtre,  vous  et  vos  amis  ;  ces  amis  ce 
sonl  les  autres  prêtres,  dont  il  était  le  chef. 
Job.  40.  25. 

11"  Tout  homme  à  qui  nous  avons  affaire, 
et  qui  s'appelle  notre  prochain  (  ô  -rlrjfTlo»  ). 
Levit.  19.  18.  Diliges  amicum  tuum  sicut  te 
ipsicm  :  Vous  aimerez  votre  ami  comme  vous- 
même.  Exod.  11.  2.  c.  22.  7.  c.  32.  27.  Deut. 
19.  5.  c.  23.  25.  Job.  31.  9.  Zach.  8.  17. 

AMICE,  mon  ami.—  i°  Ce  mot,  au  vocatif, 
se  dit  sérieusement  et  par  amitié  [fàs];- 
quand  on  s'adresse  à  des  amis  familiers. 
Luc.  11.  5.  Amice,  commoda  mi/ii  très  panes  : 
Mon  cher  ami,  prêtez-moi  trois  pains.  Luc. 
14.  10.  Amice,  ascende  supcrius  :  Mon  ami  , 
montez  plus  haut.  —  2''  Quelquefois  on  s'en 
sert  par  ironie,  comme  pour  marquer  qu'où 


233 


AMI 


est  indigne  du  nom  d'ami.  MaUh.  26.  50. 
Amice  [hv-lps],  ad  quid  venisti  ?  Qu'étes-vons 
venu  fnireici  ?  Saint  Luc  dit,  c.  22.  48  :  Juda, 
osculo  Fiiium  hominis  tradis  ?  Vous  trahissez 
le  fils  de  l'homme  par  un  baiser  ?  —  3°  C'est 
une  façon  de  parler  dont  on  se  sert  presque 
dans  toutes  les  langues,  en  s'adressant  à  des 
personnes  qu'on  ne  connaît  pas.  Matlh.  20. 
13.  Amice  (ÉTat/oe),  non  facto  tibi  injuriam  : 
Mon  ami,  je  ne  vous  fais  point  de  tort.  c.  22. 
12.  Amice,  quomodo  hue  inlrasti  non  habens 
veslcm  nuptialem  ?  Mon  ami ,  comment  êles- 
vous  entré  en  ce  lieu,  sans  avoir  la  robe 
nuptiale  ? 

AMICA,  £,  fiU.  Ce  nom,  pris  substanti- 
vement, est  une  amante  {yjoipiiJio; ,^  fa7niliaris , 
domestica).  Dans  l'Ecriture  il  signifie  : 

1°  Amie  familière,  avec  qui  on  s'entretient, 
comme  avec  sa  proche  parente.  Prov.  7.  4. 
Die  sapientiœ,  Soror  mea  es,  et  prudentiam 
voca  amicam  tuam.  Hebr.  cognatam  :  Dites  à 
la  sagesse  :  Vous  êtes  ma  sœur,  et  appelez  la 
prudence  votre  amie  :  la  sagesse  éternelle, 
qui  était  notre  souveraine,  est  devenue  notre 
sœur  et  notre  amie  ,  en  se  revêtant  de  notre 
chair,  et  s'est  rendue  familière  avec  nous. 

2°  La  femme  mariée  s'appelle  l'amie  de  son 
mari,  comme  l'Epouse  mystique,  amie  de 
Jésus-Christ  { ^  n'Anfj io-»).  Canl.  1.  v.  8.  14. 
c.  2.  2.  Sicut  lilium  inter  spinas,  sic  arnica 
tnea  inter  filias  :  Ce  qu'est  le  lis  entre  les 
épines,  telle  est  ma  bien-aiméo  entre  les 
filles.  Voy.  Lilium.  Cette  Epouse  bien-aimée 
c'est  l'Eglise.  Voy.  Amicus. 

3"  Commode,  favorable  (yt),o?).  Sap.  1.  16. 
estimantes  illam  amicam  defluxerunt  :  Les 
méchants  ont  appelé  la  mort  à  eux  ,  la 
croyant  amie,  ils  en  ont  été  consumés  :  cela 
s'entend  principalement  d'Eve,  séduite  par 
le  démon. 

h"  Bonne  amie,  avec  qui  l'on  s'accorde 
bien.  Luc.  15.  9.  Convocat  arnicas  et  vicinas  : 
La  femme  qui  avait  perdu  sa  drachme  , 
appelle  ses  amies  et  ses  voisines,  pour  se 
réjouir  avec  elles  de  l'avoir  trouvée. 

AM1CITL\,  JE  ,  filic,.  —1°  Amitié,  affec- 
tion qu'on  a  pour  quelqu'un,  soit  qu'elle  soit 
seulement  d'un  côté,  soit  qu'elle  soit  réci- 
proque. Prov.  25.  10.  Gratia  et  amicitia  libe^ 
rant,  quas  tibi  serva,  ne  exprobrabilis  fias  :  La 
grâce  et  l'amitié  délivrent,  assurez-les  vous, 
de  peur  de  tomber  dans  le  mépris.  L'amitié, 
même  civile,  est  une  grande  protection  selon 
le  monde  :  mais  l'amitié  chrétienne  en  est 
encore  une  plus  grande  selon  Dieu  :  on  peut 
voir  sur  le  mot  amicus  2°  et  3°,  la  différence 
des  vrais  et  des  faux  amis  ;  mais  on  peut 
ajouter  ici  que  les  vrais  amis,  que  nous  de- 
vons rechercher,  sont  ou  ceux  qui  nous 
peuvent  instruire  par  leur  lumière,  ou  ceux 
qui  nous  peuvent  encourager  pai  leur  exem- 
ple et  nous  rendre  Dieu  favorable  par  leurs 
prières  ,  ou  enfin  les  pauvres  ,  à  qui  le 
royaume  du  ciel  appartient  et  qui  en  feront 
part  à  ceux  qui  auront  été  leurs  amis.  Eccli. 
6.  V.  12.  17.  c.  22.  25.  etc. 

2°  Affection ,  bienveillance,  dont  on  est 
honoré.  Sap.  7.  14.  Jnfinilus  thésaurus  est  ho- 
minibus,   quo  qui  usi  sunt,   participes  façti 

DiCTIONN.    DB   PniLOL.    SACAÉB.    L 


AMI  234 

sunt  atnicitiœ  Dei  :  La  sagesse  est  un  trésor 
infini  pour  les  hommes  ;  et  ceux  qui  en  ont 
usé  sont  devenus  les  amis  de  Dieu.  Posséder 
le  trésor  de  la  sagesse  ,  c'est  en  user,  non 
pour  s'acquérir  une  vaine  estime  parmi  les 
hommes,  mais  pour  devenir,  en  l'aimant,  ami 
de  Dieu.  c.  8.  18.  Voy.  Amica. 

3"  Amour  déréglé.  Jac.  4.  4.  Nescitis  quia 
amicitia  hujus  mundi  inimica  est  Dei?  Ne  sa- 
vez-vous  pas  que  l'amour  de  ce  monde  est 
une  ininîitié  contre  Dieu?  L'amour  du  monde 
est  l'amour  des  honneurs  ,  des  biens  et  des 
plaisirs. 

4"  Amitié,  alliance,  confédération  (cruvSrixï» 
fœdus).  Exod.  34.  12.  Cave  ne  umquam  cum 
habitatoribus  terrœ  illius  jungas  amicitias  : 
Prenez  gardedecontracter  jamalsamilié  avec 
les  gens  de  cette  ten  e  ;  cette  défense  que  Dieu 
fait  ici  est  la  même  qu'au  chapitre  23.  32. 
Non  inibis  cum  eis  fœdus,  nec  cum  diis  eo- 
rum  :  Vous  ne  ferez  point  d'alliance  avec 
eux,  ni  avec  les  dieux  qu'ils  adorent.  Jos. 
23.  12.  Ainsi  on  dit ,  Facere,  inire,  jungere, 
copulare,  statuere  atnicitias  cum  aliquo  :  Faire 
amitié,  faire  alliance  avec  quelqu'un.  2.  Reg. 

3.  v.  12.  13.  2.  Par.  20.  35.  Dan.  11.  6.  et 
souvent  dans  les  livres  des  Machabées. 

AMINADAB  ,  Heb.  Populus  spontaneus  , 
nom  propre  d'homme  qui  signifie  : 

1°  Un  Iils  d'Aram,  père  do  Naasson.  Matth. 
1.4.  Aram  genuit  Aminadab,  Aminadab  genuit 
Naasson.  Exod.  G.  23.  Num.  1.  7.  etc.  Ruth. 

4.  19.  1.  Par,  2.  10. 

2°  Un  fils  de  Caaih,  et  père  de  Coré.  1. 
Par.  6.  22.  Filii  Caath  ;  Aminadab  ,  fiUus 
ejus;  Core,  filius  ejus  :  Les  fils  de  Caath  sont 
ceux-ci  :  Aminadab,  fils  de  Caath  ;  Coré,  fils 
d'Aminadab  ;  il  est  nommé  Isaar.  v.  2. 
18.  38. 

3°  Un  chef  des  lévites,  descendant  d'Oziel. 
1.  Par.  15.  11.  Vocavitque  David  Sadoc  et 
Abiathar  sacerdotes ,  et  levitas ,  Uriel...  et 
Aminadab  :  David  appela  donc  Sadoc  et  Abia- 
thar prêtres,  avec  les  lévites  Uriel...  et  Ami- 
nadab. 

4°  Nom  propre  qui  signifie  :  Mon  peuple, 
qui  me  fait  la  guerre  de  gaîlé  de  cœur.  Cant. 
6.  11.  Nescivi;  anima  mea  conturbavit  me 
propter  quadrigas  Aminadab  :  Je  n'ai  plus 
su  où  j'étais;  mon  âme  a  été  toute  troublée 
dans  moi,  à  cause  des  chariots  d'Aminadab. 
Quelques-uns  croient  qu'il  y  avait,  du  temps 
de  Salomon,  un  homme  dcqualité  de  ce  nom, 
fameux  par  la  vitesse  de  ses  chariots.  Ceci 
peut  marquer,  selon  le  sens  littéral,  que  l'é- 
pouse étant  au  jardin  des  Noyers,  où  sans 
doute  elle  cherchait  son  époux,  elle  fut  sai- 
sie tout  d'un  coup  d'un  grand  trouble  et 
d'une  frayeur  extraordinaire ,  à  cause  du 
bruit  de  quelques  chariots  qu'elle  entendit  ; 
cet  endroit  est  fort  obscur. 

AMITA,  JE.  «SeXy/i  Toû  nurpôç.  Ce  nom,  qui 
signifie  la  sœur  du  père,  vient  de  l'hébreu 
am,  mater,  et  signifie  la  tante  du  côté  du 
père,  la  sœur  du  père.  Levit.  20.  19.  Turpi- 
tudincm  matertcrœ  et  amilœ  tuœ  non  disco- 
operics  :  Vous  ne  découvrirez  point  contre  la 
pudeur  votre  tante  maternelle  ou  votre 
tante  paternelle;  c'est-à-dire  :  vous  n'cpou- 

8 


^^  DICTIONNAIRE  DE  I 

serez  point  voire  tante.  On  croit  que  ce  ma- 
riage n  était  point  défendu  avant  la  loi  écrite. 

Voy.  JOCKABED.  . 

AMITAL,  is.  Heb.  Calor  rons.  Nom  nro- 
pre  de  femme. 

La  -mère  de  Joachaz,  fils  de  Josias.  *. 
Reg.  23.  31.  Nomen  matris  ejus  Amital. 
(  Heb.  Hamuël  )  fîlia  Jeremiœ  de  Lohna  :  La 
mère  de  Joachnz  se  nommait  Amitul ,  et 
était  fille  de  Jérémie  de  Lobna:  elle  fut  aussi 
mère  de  Sédécias.  k.  Reg.  2i.  18.  Jer.  5-2.  1. 

AMITTERE  ,  àTTogiUetv.  Ce  verbe  qui  vient 
de  la  préposilion  a  et  de  mittere,  quasi  a 
se  tnitterey  signifie  proprement  laisser  al- 
ler, ne  retenir  dIus  ;  et  outre  cela,  il  si- 
gnifie :  ,    ,  r^ 

1°  Laisser  perdre,  laisser  échapper.  Prov. 
23.  3i.  Et  eris  quasi  sopitus  gubernator 
amisso  clavo  :  Si  vous  vous  laissez  gagner 
par  le  vin,  vous  serez  comme  un  pilote  as- 
soupi qui  a  perdu  le  gouvernail.  Hebr.  10. 
35.  Noliteamittere  confidentiam  :  Ne  laissez 
pas  perdre  la  confiance  que  vous  avez  ; 
c'est-à-dire,  cette  liberté  que  vous  avez  de 
confesser  votre    foi   avec  assurance.    \oy. 

CoXFIDEXTIà. 

2°  Perdre,  être  privé  de  quelque  chose 
(àrroW.O^iv).  Tob.  li.  3.  Quinquaginta  et  sex 
anyiorum  lumen  oculorum  amisit,  sexagena- 
rius  vero  recepit  :  Tobie  avait  cinquante-six 
ans  lorsqu'il  perdit  la  vue,  et  il  la  recouvra 
à  soixante.  Eslh.  2.  7.  Prov.  25.  20.  Sap.  19. 
k.  et  ainsi  Ezech.  36.  15.  Gentem  tuam  non 
amittes  amplius  :  Vous  ne  perdrez  plus  votre 
peuple.  Hebr.  et  Gr.  dépeupler,  «tsxvoOv. 
Vous  ne  serez  plus  la  cause  de  la  destruc- 
tion de  votre  peuple. 

AMISSIO,  >'is  ,  àrogo^rj.  —  1°  Perte  de 
quelque  chose.  Judic.  16.  28.  Redde  mihi 
nunc  fortitudinem  pristinam,  ut  ulciscar  me 
de  hostibun  meis,  et  pro  amissione  duorum 
luminum  unamidtionem  recipiam  :  Mon  Dieu, 
dit  Samson,  rendez-moi  maintenant  ma  pre- 
mière force,  afin  que  je  me  venge  de  mes 
ennemis,  et  que  je  prenne  d'eux  une  même 
vengeance  pour  la  perte  de  mes  deux  yeux. 
Act.  27.  22.  —  2°  Rebut,  réprobation.  Rom. 
11.  15.  Si  amissio  eorum  :  Si  la  réprobation 
des  Juifs  est  devenue  la  réconciliation  du 
monde  :  ce  mot  amissio  est  pris  ici  dans  la 
signification  propre;  car  «.izoSom,  abjectio  , 
c^est  un  éloignemcnt  de  soi. 

AMIZABÂD,  Heb.  PopuH  dos.  Fils  de  Ba- 
naïas  ,  qui  commandait  l'armée  sous  son 
père.  1  Par.  27.  6.  Prœerat  twmœ  ipsius 
Amizabad.  filius  ejus.  Voy.  Banaias.  Son  fils 
Amizabad  commandait  l'armée  sous  lui. 

AMMA,  Heb.  Obscurata.  Ammaonte,  nom 
de  ville  de  la  tribu  d'Aser.  Jos.  19.  30. 

AMMANITES,  m.  Heb.  Populuris,  pîur. 
AMMANlTiE,  arum.  Ce  nom  est  mis  pour 
Ammonites,  œ.  Voy.  Ammon,  et  signifie  : 

Ammonite,  du  pays  des  Ammonites.  2. 
Esdr.  2.  10.  Tobias  servus  Ammonites  :  To- 
bie, serviteur  du  roi,  était  Ammonite,  v.  19. 
c.  k.  3.  C'était  un  seigneur  des  ammonites, 
qui  relevait  du  roi  de  Perse.  Voy.  Tobias. 
Ainsi,  c.  'i^.  7.  Ammonilœ  et  Azotti  :  Les  Am- 
monites et  ceuxd'Azot. 


HILOLOGIE  SACREE.  856 

AMMANITIS,  iDis,  Heb.  Idem.  Nom  fémi- 
nin ,  qui  vient  de  la  même  origine. 

1°  Femme  du  pays  des  Ammonites.  3.  Reg. 
li.  V.  21.  Nomen  matris  ejus  Naamn  Amma- 
nitis  :  La  mère  de  Roboam  s'appelait  Naama^ 
et  elle  était  du  pays  des  Ammonites;  elle 
était  idolâtre  comme  les  Ammonites,  et  ap- 
prit à  son  fils  son  impiété,  et  son  fils  au  peu- 
ple. 2.  Par.  12.  13,  Voy.  Naama. 

•2°  Lo  pays  des  Ammonites  en  Arabie.  2. 
Mach.  i.  26.  Profugus  in  Ammanitem  expuU 
sus  est  regioneni  :  Jason  ayant  été  chassé,  se 
réfugia  au  pays  des  Ammonites,  c.  5.7.  Pro- 
fagus  iterum  abiit  in  Ammanitem  :  H  fut 
obligé  de  s'enfuir  de  nouveau,  et  de  se  reti- 
rer au  pays  des  Ammonites  ;  In  Ammanitem 
est  mis  pour  in  Ammanitidem. 

AM>îAU.M ,  Heb.  Populus  abjectus.  Am- 
maiis,  ville  de  la  tribu  de  Juda.  1.  Mach.  9. 
50.  JE  di  fie  avérant  çivitates  munitasin  Judœa, 
munitionem  quœ  erat  in  Jéricho  et  in  Am- 
maum  :  Les  gens  de  Jonathas  bâtirent  des 
villes  fortes  dans  la  Judée,  et  fortifièrent  les 
citadelles  qui  étaient  à  Jéricho  et  à  Am- 
niaiis.  Voy.  Emmaus. 

AMMIEL,  Heb.  Populus  Dei.  —  i"  Fils  de 
Gemnl,  de  la  tribu  de  Dan;  il  fut  nommé 
avec  les  autres  pour  aller  reconnaître  la 
terre  de  Chanaan.  Num.  13.  13.-2°  Père 
deMachir,  de  la  ville  de  Lodabar,  dans  la 
tribu  de  Siméon.  2.  Reg.  9.  v.  4.  5.  c.  17.  27. 
et  de  Bethsabée,  femme  de  David.  1.  Par.  3. 
5.  —  3°  Le  sixième  fils  d'Obededom,  qui  fut 
établi  portier  du  Temple.  1.  Par.  26.  5. 

AMMISADDAI ,  Heb.  Populus  omnipo^ 
tentis.  Un  homme  de  la  tribu  de  Dan,  qui  fut 
père  d'Ahiezer.  Num.l.  12.  c.  2.  25.  etc. 

AMMIUD,  Heb.  Populus  taudis.  —  1°  Fils 
d'Ephraïm,  et  père  d'Elisama.  Num.  1.  10. 
c.  2.  18.  etc.  1.  Par.  7.  26.  —  2'  Père  de  ce 
Samuel ,  de  la  tribu  de  Siméon  ,  qui  fut 
nommé  avec  d'autres  pour  faire  le  partage 
des  terres.  Num  3k.  20.  —  3°  Père  de  Phé- 
daël,  de  la  tribu  de  Nephlhali.  Num.  3i.  28. 
—  i°  Père  de  Tholmaï,  roi  de  Gessur,  chez 
qui  Absalom  se  réfugia ,  après  qu'il  eut  tué 
son  frère  Ammon.  2.  Reg.  13.  37.  — 5"  Le 
fils  dAmri,  descendant  de  Phares.  1.  Par. 
9.  4 

AMMON,  Heb.  Populus  ejus.  —  i'  Fils  de 
Loth,  que  ce  patriarche  eut  de  sa  seconde 
fille.  Gen.  19.  38.  Minor  quoque  peperit  fi- 
lium,  et  vocavit  nomen  ejus  Ammon,  id  esty 
filius  populi  mei  :  La  seconde  enfanta  un  fils, 
qu'elle  appela  Ammon  ;  c'est-à-dire,  le  fils 
de  mon  peuple;  ce  qui  semble  marquer  la 
simplicité  de  celte  fille,  qui,  désirant  passion- 
nément avoir  quelque  enfant,  aussi  bien 
que  sa  sœur,  voulut  en'  avoir  de  son  père, 
qui  était  du  peuple  de  Dieu  ,  et  non  pas  des 
habitants  de  Sodome,  qui  étaient  idolâtres. 
C'est  de  lui  que  viennent  les  Ammonites  : 
Ipse  est  pater  Ammonitarum.  Gen.  19.  38. 

2"  Les  Ammonites  descendants  d'Ammon. 
1.  Reg.  11. 11.  Percussit  Ammon.  usque  dum 
incalesceret  dies  :  Saiil  défit  les  Ammonitos, 
qui  sent  souvent  appelés  Filii  Ammon,  les 
enfants  d'Ammon  ;  mais  ces  mots  :  Fiiii 
Ammon,  signifient  fuii  populi  fui  ;  les  habi- 


J57 


AMN 


tanls  ae  son  pays.  Num.  22.  5.  Misit  nunlios 
ad  Balaam  fiiium  Beor  ariolum,  qui  habitahat 
super  flumen  terrœ  filiorum  Atnmon  :  Balaam, 
fils  de  Béor,  à  qui  Balaac  envoya  des  ambas- 
sadeurs, était  un  devin  qui  demeurait  près 
du  fleuve  du  pays  des  enfants  d'Ammon,  ou 
bien  des  habitants  de  son  peuple;  ce  fleuve 
était  l'Euphratc,  où  était  le  pays  de  Balaam, 
qui  était  de  Mésopotamie  en  Syrie.  Deut.  23. 
4.  Or,  le  pays  des  Ammonites  est  en  Arabie, 
près  du  Jourdain  ;  il  appelle  son  pnys  la  terre 
des  enfants  de  son  peuple  ,  popularium  ;  par 
un  pléonasme  hébreu  assez  ordinaire  à  l'E- 
criture. 

AMMONITES ,  .e.  plur.  AMMONITtE  , 
ARUM,.  Heb.  Populares.  —  1°  Ammonite,  du 
pays  des  Ammonites.  1.  Reg.  11.  i.Ascendit 
Naas  Ammonites  :  Naas,  roi  des  Ammonites, 
marcha  avec  son  armée,  et  attaqua  Jabés. 
Deut.  23,  3.  Ammonites  et  Moabites  etiam 
post  decimam  generutionem  non  intrabunt 
Ecclcsiam  Domini  :  L'Ammonite  et  le  Moa- 
bite  n'entreront  jamais  dans  l'assemblée  du 
Seigneur,  non  pas  même  après  la  dixième 
génération.  Voy.  Ecclesia.  Ces  mots  au  sin- 
gulier sont  mis  pour  le  pluriel,  Ammonitœ, 
comme  2  Esdr.  13.  1. 

2"  Des  peuples  de  l'Arabie  heureuse.  2. 
Par.  20.  1.  Congregati  sunt  filii  Moab,  et  Jîlii 
Ainmon,  et  cum  eis  de  Ammonitis  ad  Josa- 
phat  :  Les  Moabites  et  les  Ammonites  s'as- 
semblèrent contre  Josaphal  avec  leurs  al- 
lies. Ces  peuples  alliés,  selon  quelques  in- 
terprètes, étaient  les  Iduméens  ou  les  Ama- 
lécites  qui  avaient  pris  l'habit  des  Ammo- 
nites pour  secouer  le  joug  des  rois  de  Juda. 
Le  Grec  porte  Minœi  ;  c'est  pourquoi  de  fort 
haoiles  auteurs  croient  que  ce  sont  les  Mi- 
néens,  habitants  de  l'Arabie  heureuse,  si- 
tuée près  de  la  mer  Rouge;  ce  sont  les  mê- 
mes qui  sont  encore  appelés  Ammonites,  c. 
26. 8.  Appendebant  Ammonitœ  mune7'a  Oziœ  : 
Les  Ammonites  faisaient  des  présents  à 
Ozias.  v.  7.  le  Gr.  Minœi  ;  c'est-à-dire  les 
Minéens.  Les  auteurs  profanes  ,  comme 
Etienne,  Strabon  et  Pline,  reconnaissent  ces 
peuples  dans  l'Arabie  heureuse,  près  de  la 
mer  Roug<\  Voy.  Bochart,  in  Phaleg. 

AMMONITIS,  iDis,  Heb.  Popularis.  Am- 
moniie,  femme  du  pays  des  Ammonites.  3. 
Reg.  11.  1.  Rex  Snlomon  adamavit  mulieres 
(tlienigenas  multas...  Moabitidas  et  Ammoni- 
tidns  :  Le  roi  Salomon  aima  passionnément 
plusieurs  femiiies  étrangères,  entre  autres, 
la  fille  de  Pharaon  ,  des  femmes  de  Moab  et 
d'Ammon.  2.  Esdr.  13.  23. 

AMNIS,  is.  noruiMÔç.  Ce  mot  vient  d'am, 
circum,  et  de  no,  fluo  ;  parce  que  les  rivières 
tournaient  en  coulant,  ou  du  grec  ùy.v£ïQs  ^ 
qui  signifie  amnis,  dans  Suidas. 

Un  fleuve,  une  rivière.  Gen.  31.  21.  Cum 
amne  Iransmisso  pergeret  :  Jacob  ayant  déjà 
passé  la  rivière  ;  c'était  apparemment  l'Eu- 
phrale  ,  Laban  en  fut  averti,  c.  41.  v.  3.  18. 
1.  Par.  1.  48. 

AMNON,  Heb.  Fidelis,  verax.  —  1"  Un  fils 
lie  David  etd'Achinoam,  qui  abusa  par  vio- 
lence de  sa  sœur  Thamar.  2.  Rcg.  3.  2, 
Fuit  primogcnitus  ejus  Amnon  ;  Amnon  fut 


AMO  2?a 

le  fils  aîné  de  David,  c.  13.  v.  1.  3.  4.  etc.  1. 
Par.  3.  1.  Voy.  Thamar.  —  2°  Un  fils  de  Si- 
mon, 1.  Par.  4.  20.  Filii  quoque  Simon,  Am- 
non et  Ritmà  :  Les  fils  de  Simon  sont  Amnon 
etRinna.  Ce  Simon  n'est  pas  le  chef  d'une 
tribu  ,  mais  quelque  'homme  de  la  tribu  de 
Juda. 

AMOC,  Heb.  Vallis.  Un  chef  d'une  famille 
sacerdotale.  2.  Esdr.  12.  6. 

AMODO,  «Trô  Toû  vOv,  ànâprt.Ce  mot,  com- 
posé de  la  préposition  a  et  de  l'adverbe 
modo,  n'est  point  usité  dans  les  auteurs  la- 
tins ;  il  signifie  dans  notre  Vulgate.  —  1°  de- 
puis ce  temps,  dès  maintenant.  Joan.  13. 19. 
Amodo  dico  vobis  priusquam  fiât  :  Je  vous 
dis  ceci  dès  maintenant  avant  qu'il  arrive. 
Apec.  14.  13.  Amodo  jnm,  dicit  Spiritus,  nt 
requiescant  a  laboribus  suis  :  Dès  maintenant, 
dit  l'Esprit,  je  les  assure  qu'ils  se  repose' 
rnnl  de  leurs  travaux.  Ainsi ,  Isa.  9.  7,  et  c. 
50.  21.  Amodo  et  Usque  in  sempiternum  :  De 
puis  le  temps  présent  jusque  dans  l'éter- 
nité; c'est  la  rnême  chose  que  ce  que  dit  Da- 
vid, Ps.  112.  2.  Ex  hoc  nimc  et  usque  in  sœ- 
culum  :  Depuis  maintenant  jusque  dans 
l'éternité.  —  2°  Dorénavant  ,  désormais. 
Joan.  14.  7.  Amodo  cognoscetis  eum  :  V^ous 
le  connaîtrez  bientôt.  Mafth.  23.  39.  iVon  vi- 
dfibitis  amodo  :  Vous  ne  me  verrez  plus  dé- 
sorm.iis. —  3°  Maintenant,  à  présent.  Jerem. 
3.  4.  Ergo  saltem  amodo  voca  me  :  Appelez- 
moi  donc,  et  invoquez-moi  au  moins  main- 
tenant. —  4°  Un  jour,  un  temps  à  venir. 
Matth.  26.  64.  Amodo  videbitis  Fiiium  homi- 
nis  sedentem  a  dextris  Dei  :  Je  vous  déclare 
que  vous  verrez  un  jour  le  Fils  de  l'Homme 
assis  à  la  droite  de  la  majesté  de  Dieu.  Jésus- 
Christ  marquait  le  jugement  dernier. 

AMON,  Heb,  Fidelis.  —  1"  Gouverneur  de 
la  ville  de  Samarie  sous  Achab.  3.  Reg.  22. 
26.  2,  Par.  18.  25.  —  2"  Fils  de  Manassé. 
Matth.  1,  10.  et  père  de  Josias.  Impie  et  ido- 
lâtre. Soph.  1.  1.  4.  Reg.  21.  v.  18.  19.  24. 
25.  —3°  Un  Nathinéen  de  ce  nom.  2.  Esdr 
7.  59. 

AMONA,  m.  Heb.  Numerans.  Amona,  ville 
et  vallée  où  le  prophète  Ezéchiel  prédit  que 
devait  être  la  sépulture  de  Gog  el  de  son 
peuple  (7ro),u«v5otov,  Cœmeterium,  stroges  ). 
Ezech.  39.  16.  Ce  nom,  qui  signifie  multi- 
tude,  marque  le  lieu  où  iltlevaity  avoir  une 
grande  défaite  d'ennemis. 

AMOR,  is ,  «yKTT-yj.  Ce  nom  vient  du  verbe 
amare,  et  signifie  une  passion  de  l'âme  qui 
nous  fait  aimer  quelque  personne  ou  quel- 
que chose  ;  cette  passion  peut  être  bonne  ou 
mauvaise,  selon  la  qualité  de  l'objet  qu'on 
aime,  et  du  motif  par  lequel  on  aime  :  si 
c'est  Dieu  que  l'on  aime,  et  les  créatures 
par  rapport  à  Dieu,  l'amour  est  bon  el  méri- 
toire; mais  si  l'on  aime  les  créatures  pour 
elles-mêmes,  sans  les  rapporter  à  Dieu ,  cet 
amour  est  mauvais  et  blâmable. 

1"  Amour  pris  en  général ,  bon  ou  mau- 
vais. EccI,  9.  6.  Amor  et  odium  et  invidia 
simul  pericrunt  :  L'amour,  la  haine  et  l'envie 
ont  péri  avec  eux.  Les  morts,  en  quelque 
éclat  ou  de  dignité,  ou  de  réputation  qu'ils 
aicnl  paru  sur  la  terre  ,  n'out  plus  de  part  à 


9iW 

re  siècle  et  à  tout  ce  qui  se  passe  sous  le 
«oleil  Tout  le  monde  est  péri  pour  eux  ,  et 
ne  «îont  plus  l'objet  ni  de  l'amour,  ni  de  la 
haine,  ni  de  l'envie,  parce  qu'ils  ne  peuvent 
plus  ni  favoriser,  ni  nuire. 

2°  Amour  honnête,  affection  légitime  ùyi.- 
■jz^mç.%  i.  Rc^.'2.G.  Amabilissuper  amoremmu- 
lierum  :  Jonalhas  méritait  d'être  aimé  d'un 
amour  plus  grand  que  n'est  celui  que  les 
femmes  ont  pour  leurs  maris  et  leurs  en- 
fants. D'autres  l'expliquent  de  l'amour  que 
l'on  a  pour  les  femmes;  mais  la  comparaison 
ne  marque  que  la  grandeur  de  cet  amour, 
et  non  pas  le  dérèglement.  Prov.  27.  5.  Me- 
liorest  manifesta  correptio,'quam  amor  a6- 
sconditus  {f^àia).  La  correction  manifeste 
vaut  mieux  qu'un  amour  secret.  Il  ne  sufGt 
pas  qu'un  ami  véritable  nous  aime  ,  il  faut 
désirer  qu'il  nous  corrige;  car  s'il  ne  veut 
pas  le  faire,  il  ne  mérite  pas  le  nom  d'ami  ; 
que  si  le  voulant  il  ne  l'ose  pas,  nous  ne 
méritons  pas  d'avoir  des  amis.  c.  5.  19.  Gen. 
29.  v.  20.  30.  Eccli.  24.  2.  2.  Mach.  6.  20. 

3°  Amour  déréglé  et  déshonnête.  3.  Reg. 
11.  2.  His  copulatus  est  Salomon  ardentissimo 
amore  :  Salomon  s'attacha  aux  femmes  étran- 
gères avec  une  passion  très-ardente.  2.  Reg. 
13.  V.2. 15.  Dan.  13.10. 

k"  Charité,  amour  spirituel,  soit  celui  de 
l'Eglise  pour  Jésus-Christ.  Cant.  5.  8.  Adjura 
vos,  fidœ  Jérusalem  ,  si  inveneritis  dilectum 
ineum ,  ut  nunlietis  ei  quia  amore  langueo  :  Je 
VOUS  conjure,  ô  filles  de  Jérusalem,  si  vous 
trouvez  mon  bien-aimé,  de  lui  dire  que  je 
languis  d'amour.  L'âme  sainte,  dit  saint  Am- 
broise,  ne  connaît  point  d'autre  objet  de  ses 
désirs  que  l'Epoux,  qui  est  Jésus-Christ; 
c'est  vers  lui  qu'elle  aspire  avec  ardeur, 
c'est  à  lui  qu'elle  tend  de  toutes  ses  forces  ; 
elle  s'ouvre  et  se  répand  toute  en  lui.  c.  2.  5. 

Soit  l'amour  fraternel ,  la  charité  du  pro- 
chain {(fàuhlfiry.).  1,  Petr.  1.  22.  Jn  fraterni- 
tatis  amore  simplici  ex  corde  invicem  diligite 
attentius  :  Que  l'affection  sincère  que  vous 
aurez  pour  tous  vos  frères  vous  donne  une 
attention  continuelle  à  vous  témoigner  les 
uns  aux  autres  une  tendresse  qui  naisse  du 
fond  du  cœur.  2.  Petr.  1.  7. 

6°Désir  honnête  de  quelque  chose.Tob. 6. 22. 
Accipies  virginem  amore  filiorum  magis,  quam 
libidine  ductus  :  Vous  prendrez  cette  fille 
dans  le  désir  d'avoir  des  enfants  ,  plulôt  que 
par  un  mouvement  de  passion. 

6"  L'amour  stable  et  élernel  que  Dieu  porte 
à  ceux  à  qui  il  a  préparé  le  royaume  du  ciel. 
Eccl.  9.  1.  Nescit  homo  utrum  amore  an  odio 
dignus  sit  :  L'homme  ne  sait  s'il  est  digne 
d'amour  ou  de  haine  ,  parce  qu'il  ignore  s'il 
est  du  nombre  des  élus .  et  s'il  persévérera 
jusqu'à  la  fin  ;  nul  ne  sait  certainement  s'il 
fait  le  bien  d'une  manière  assez  pure  pour 
mériter  d'être  aimé  de  Dieu. 

7°  Objet  aimé,  chose  que  l'on  a\iï\e  {èiimtûii» 
ToyopEîTo  spirilîim  haurire).  Jer.  2.  ^k-.Onager 
assuetus  in  solitudine  in  desiderio  animœ  suœ 
atlraxit  ventum  amoris  siti  ;  Jérusalem  est 
comme  un  âne  sauvage  accoutumé  à  vivre 
dans  \c  désert ,  qui ,  scnlant  de  loin  ce  qu'il 
aime,  court  après  avec  ardeur  :  Captât  «h- 


DICTIONNÂIRK  DP:  PHILOLOGIE  SACRÉE.  240 

raw  et  odorem  femelkc  quam  amat.  Menoc. 
Tir  in.  V.  Ventus. 

AMORRHiEUS,!.  Heb.  ^worus  —1° Amor. 
rhée,  fiîs  de  Chanaan.  Gènes.  10.  v.  16.  17. 
Chanaan  genuit  Sidonem  primogeniliim  suum, 
Hetlhœum  Jebusœum  et  Amorrhœum  :  Cha- 
naan engendra  Sidon,  qui  fut  son  fils  aîné, 
et  Héthée ,  Jébuséc  ,  Amorrhée,  etc.  1  Par. 

1.  H. 
2°  Les  Amorrhéens  qui  liraient  leur  ori- 
gine d'Amorrhée,  fils  de  Chanaan.  Exod.  32. 

2.  Mittam  prœcursorem  lui  angelum,  ut  eji~ 
ciam  Chananœum  et  Ammorrhœum  ,  etc.  J'en- 
verrai, dit  le  Seigneur,  un  ange  pour  vous 
servir  de  précurseur,  afin  que  j'en  chasse  les 
Chananéens,  les  Amorrhéens.  c.  3.  v.  8.  17. 
c.  13.  5.  c.  23.  23.  c.  34.  11.  etc.  Ce  peuple 
occupait  plusieurs  pays  en  deçà  et  au 
delà  du  Jourdain  ,  et  entre  autres  le  pays  des 
montagnes  au  delà  du  Jourdain  ,  où  ont  été 
depuis  les  tribus  deRuben,  de  Gad,  et  la  moi- 
tié de  celle  de  Manassès  ,  depuis  le  fleuve 
Arnon  jusqu'au  mont  Hermon. 

3°  Les  Amorrhéens ,  parce  qu'ils  étaient 
très-puissants,  se  prennent  quelquefois  pour 
tous  les  peuples  de  la  Ghananée.  Gen.  15. 
16.  Necdum  complétée  sunt  iniquitates  Atnor- 
rhœorum;  La  mesure  des  iniquités  des  Amor- 
rhéens n'est  pas  encore  remplie  ;  c'est-à-dire 
que  les  Amorrhéens  descendus  de  Chanaan  , 
et  les  autres  peuples  voisins  qui  habitent  ce 
pays,  auquel  Chanaan  avait  donné  son  nom, 
n'étaient  pas  encore  montés  à  ce  comble  de 
crimes  après  lequel  Dieu  avait  résolu  de  les 
punir  et  de  les  chasser  de  cette  terre  qu'ils 
occupaient,  pour  y  établir  en  leur  place  les 
Israélites.  Gen.  48.  22.  Jos.  7.  7.  c.  24.  v.  15. 
1«.  Judic.  6.  10.  Amos  2.  v.  9.  10.  etc.  Ils 
étaient  de  la  race  des  géants ,  ou  étaient  mê- 
lés avec  eux. 

Les  Amorrhéens,  avec  les  Chananéens,  se 
prennent  quelquefois  pour  tous  les  peuples 
qui  habitaient  le  pays  qui  était  entre  le  Jour- 
dain et  la  mer  Méditerranée  ;  mais  ceux  qui 
demeuraient  près  du  Jourdain  s'appelaient 
Amorrhéens,  et  ceux  qui  étaient  vers  la  mer 
se  nommaient  C/mnan^en5.  Jos.  5.  1. 

AMOS.  —  1°  Père  du  prophète  Isaïe.  Is.  1. 

1.  Visio  Isaiœ  fiiii  Amos  :  Vision  prophétique 
d'Isaïe,  fils  d'Amos.  c.  37.  2.  4.  Reg.   19.  v. 

2.  20.  2.  Par.  32.  20.  etc.  Celui-ci  était  frère 
d'Amasias,  roi  de  Juda,  et  s'écrit  avec  un 
Aleph  et  un  tsade,  et  signifie  fortis.  Dieu 
l'envoya  à  Amasias,  son  frère,  pour  le  re- 
prendre de  ses  idolâtries  ;  mais  ce  prince  im- 
pie le  menaça  de  le  faire  mourir. 

2'  Le  prophète  Amos,  qui  avait  été  berger 
ou  bouvier  de  Thecué.  Amos  1.  1.  Verba 
Amos  qui  fuit  in  pastoribus  de  Thecue.  Ce 
nom  s'écrit  avec  un  ghain  et  un  samec  ,  et 
signifie  oneratus.  Il  prophétisa  dans  Israël, 
lorsque  Osias  régnait  en  Juda,  et  Jéroboam  , 
fils  de  Joas,  en  Israël,  environ  huit  cents  ans 
avant  Jésus-Christ. 

3"  Le  père  de  Matthathias,dans  la  généalo- 
gie de  Jésus-Christ,  Luc.  3.  25.  Qui  fuit  Mat- 
thalhiœ,  qui  fuit  Amos  :  Qui  fut  fils  de  Mat- 
thalhias,  qui  fui  fils  d'Amos. 


u\ 


ANJP 


AMP 


m 


AMOSA,  Heb.  Jurgium.  ville  de  la  lril)U 
de  Benjamin.  Jos.  18.  26. 

\iMÔVERE ,  «oiT-àvcit.  1"  Oler ,  détourner, 
retirer.  Gen.  29.  10.  Amovil  lapidem  quo  pu- 
teiis  claudebalur  :  Jacob  ôta  la  pierre  qui 
fermait  le  puits.  2,  Reg.  20.  v.  12.  13.  Amoto 
itlo  de  via  :  Lorsqu'on  eut  ôté  Amosa  du  che- 
min. 4.  Reg.  h.  27.  Act.  5.  6. 

2"  Déposer,  déposséder  (^ueQto-Tâvat).  3.  Reg. 
15.  13.  Maacham  matrem  suam  ainovit,  ne 
esset  princeps  in  sacris  Priapi  :  Asa  ôta  l'au- 
torité à  sa  mère  Mnacha  ,  afin  qu'elle  n'eût 
filus  l'intendance  des  sacrifices  de  Priape  ;  il 
ui  ôta  le  gouvernement  du  royaume,  c.  20. 
24.  2.  Par.  36.  3.  2.  Mach.  4.  29.  Luc.  16.  4. 
Act.  13.  22. 

3"  Casser,  abolir  (Tra^owServ).  2.  Mach.  4.  11. 
Amotis  his  quœ  humanitatis  causa  Judœis  a 
regibus  fuerant  constituta  :  Jason  abolit  les 
privilèges  que  la  clémence  et  la  bonté  des 
rois  avaient  accordés  aux  Juifs. 

Ce  verbe  est  ordinairement  pris  dans  le 
sens  figuré.  —  Amove7'e  a  se,  a  facie  sua  : 
Eloigner  quelqu'un  d'auprès  de  soi  ;  ce  qui 
est  une  marque  de  haine  et  d'aversion.  1. 
l^egAS.  i3.  Amovit  eum  Saul  a  se  :  Saiil  éloigna 
David  d'auprès  de  sa  personne.  2.  Reg.  7.  15. 

Amovere  a  lacté,  sevrer  («-07«).«xTtÇ£tv).  1. 
Reg.  31.  1.  23.  Laclavit  filiiim  sicum,  donec 
amoveret  eum  a  lacté  :  Anne  nourrit  son  fils  de 
son  lait,  jusqu'à  ce  qu'elle  l'eût  sevré 

Amovere  a  se  prœcepta  alicujus  :  Eloigner 
de  soi  les  préceptes  de  quelqu'un;  c'est  ne 
pas  les  suivre,  ne  les  pas  observer.  2.  Reg. 
22.  23.  Prœcepta  ejus  non  amovi  a  me  :  J'ai 
toujours  observé  les  préceptes  de  Dieu.  2. 
Mach.  2.  3. 

Amovere  a  se  sanguinem  innocentem  :  se  dé- 
charger des  crimes  commis  contre  quelques 
personnes  innocentes  \ila.ipzi-j).  3,  Reg.  2. 
Amovehis  sanguinem  innocentem  qui  effu- 
sus  est  a  Joab,  a  me  et  a  domo  palris  mei  : 
Vous  empêcherez  qu'on  ne  m'impute  les 
meurtres  commis  par  Joab. 

Amovere plagas  ab  aliquo  :  Cesser  de  tour- 
menter ou  d'affliger  quelqu'un.  Ps.  38.  13. 
Amove  a  me  plagas  tuas  :  Détournez  vos 
plaies  de  moi. 

Amovere  orationem  alicujus  a  se  :  Rejeter 
la  prière  de  quelqu'un.  Ps.  65.  19.  Benedic- 
tus  Deus  qui  non  amovit  orationem  meam  : 
Dieu  soit  béni,  lui  qui  n'a  point  rejeté  ma 
prière. 

^  Amovere  misericordiam  suam  ab  aliquo  : 
Cesser  de  favoriser  quelqu'un,  et  de  lui  don- 
ner des  marques  de  sa  bonté.  Ps.  65.  19.  2. 
Mach.  6.  16. 

Amovere  ab  aliquo  viam  iniquitatis  :  Ne 
point  permettre  qu'on  s'écarte  de  la  justice 
cl  de  la  vérité.  Ps.  118.  29.  Viam  iniquitatis 
amove  a  me  ;  Eloignez  de  moi  la  voie  de  l'ini- 
quité. 

Amovere  malitiam  a  carne  sua  {Tuoûyîfj)  : 
Rejeter  le  dérèglement  et  la  dissolution  des 
plaisirs  contraires  à  la  pudeur.  Eccl.  11.  10 
Amove  malitiam  a  carne  tua  :  Eloignez  le  mal 
de  votre  chair. 

AMPHIPOLIS,  Gr.  Vallata  civitas.  Amphi- 
polis,  v.itle  du  Macédoine,  par  où  saint  Paul 


passa  ,  allant  à  Thessalonique.  Act.  17.  1. 
On  l'appelle  Amphipolis,  à  cause  qu'elle  est 
entourée  d'eau,  du  mot  grec  «ufl,  circum, 
et  de  TToliç,  civitas.  Les  Grecs  l'ont  nommée 
Chrysopolis  ou  Christopolis  ;  on  l'appelle 
maintenant  Amphipoli  ,  Christopoli ,  et  les 
Turcs  l'appellent  Emboli 

AMPHORA,  £,  Amphore,  sorte  de  vais- 
seau, ainsi  appelé  du  mot  grec  ùufi,  et  yécw, 
parce  qu'il  avait  deux  anses  aux  deux  côtés 
pour  le  porter 

1°  Celte  mesure  était  carrée,  et  avait  un 
pied  de  longueur,  de  hauteur  ,  de  largeur  et 
de  profondeur  ;  il  y  en  a  eu  de  deux  sortes  , 
la  romaine  et  l'attique  ;  celle-ci  était  d'uu 
tiers  plus  grande  que  la  romaine  et  tenait 
12  congés,  qui  étaient  120  livres  de  12  on- 
ces. La  romaine,  c'est  la  même  chose 
que  batus  et  metreta  qui  tenait  8  congés,  et 
qui  revient  à  27  pintes,  et  environ  trois  demi- 
setiers,  mesure  de  Paris.  Dan.  14.  2.  Impen^ 
debantur  in  eo  per  dies  singulos  vini  amphorœ 
sex  :  On  dépensait  tous  les  jours  pour  l'idole 
de  Bel  six  grands  vases  de  vin. 

2°  Vaisseau  dont  la  capacité  n'est  point  dé- 
terminée (  viea,  lagena).  1.  Reg.  1.  24.  Et 
adduxit  eum  secum,  postquamablactaverut  in 
vitulis  tribus,  tribus  modiis  farinœ,  ctamphora 
vini  :  Lorsqu  Anne  eut  sevré  son  fils  Sa- 
muel, elle  prit  avec  elle  trois  veaux,  trois 
boisseaux  de  farine,  et  un  vaisseau  plein 
Ue  vin. 

3°  Une  cruche  pour  tenir  l'eau  (xsûiutov 
/njdriafictilis).Luc.  22.  10.  Occurret  vobis 
homo  quidam  amphoram  aquœ  portans  :  Vous 
rencontrerez  un  homme  portant  une  cruche 
d'eau. 

4=  Un  vase  qui  parut  à  Zacharie  sortir  du 
Temple  ou  de  la  ville  de  Jérusalem  (^xér^ov, 
mensura).  Ce  vase,  Hebr.  epha,  mesure  de 
choses  sèches,  égale  au  batus  ou  amphore , 
marquait  la  mesure  des  péchés  des  Juifs  qui 
étaient  montés  à  leur  comble,  et  qui  devaient 
être  punis  par  la  captivité  de  ce  peuple  qui 
fut  emmené  captif  dans  l'Assyrie  et  la  Chal- 
dée  ;  ce  qui  est  exprimé  par  les  deux  fem- 
mes, dont  l'une  représente  les  dix  tribus  ,  et 
l'autre  celle  de  Juda  et  de  Benjamin,  qui 
porte  ce  vase  en  la  terre  de  Sennaar.  Zacli. 
5.  6.  Hœc  est  amphora  egrediens  :  C'est  un 
vase  qui  sort.  v.  7.  8.  9.  10. 
.  AMPLECTL  Ce  verbe  qui  vient  d'am,  circum, 
et  de /)/ecfere,  entrelacer, signifie  proprement 
embrasser  quelqu'un  en  signe  d'amitié,  et 
dans  le  sens  figuré  : 

S'attacher  fortement  à  quelque  chose  («vt£- 
yjadcii,  tenaciter  capessere).  Tit.  1.  9.  yOporlet 
episcopum  esse)  amplectentem  eum  qui  secun- 
dum  doctrinam  est,  fidelem  sermonem  il  faut 
que  l'évêque  soit  fortement  attaché  à  la  pa- 
role de  vérité,  telle  qu'on  la  lui  a  enseignée. 
H  n'est  pas  nécessaire  que  lévéquc  soit  élo- 
quent,  mais  il  faut  qu'il  soit  bien  instruit 
des  plus  pures  maximes  de  la  -religion  ,  el 
qu'il  y  soit  fortement  attaché  ,  afin  d'en  in- 
struire les  fidèles,  et  de  pouvoir  convaincre 
les  opiniâtres. 

A.MPLEXARI,  ntpàaySccjeiVf  verbe  fréquen- 
tatif \i'amplccti,  qui  signifie  1^  embrasser  en 


S43 

èigned'amilié.  Gen.  33.  k.  Currens  Esau  ob- 
viam  fratri  suo  amplexatus  est  :  Esaii  courut 
au  devant  de  son  frère  et  l'embrassa,  c.  45. 
14.  Jud.  19.  4.  2.  Mach.  13.  24. 

2°  Ce  verbe  marque  l'usage  du  mariage. 
Eccl.  3.  o.  Tempus  amplexandi,  et  tempus 
longe  fieri  ab  amplexibus  :  II  y  a  temps  d'user 
du  mariage  qui  doit  être  réglé  pai'  la  géné- 
ration des  enfanls  ;  d'autres  l'expliquent  du 
temps  du  mariage  qui  a  été  sous  la  vieille 
loi,  au  lieu  que  le  temps  de  vivre  dans  le  cé- 
libat est  dans  la  nouvelle. 

3°  Aimer  d'un  amour  tout  pur  et  tout  spi- 
rituel. C'est  en  ce  sens  que  l'Epouse  mysti- 
que souhaite  que  sou  Epoux  l'embrasse  de 
sa  droite.  Can.  2.  6.  c.  8.  3.  Lœva  ejiis  sub 
capite  meo,  et  dexira  iUius  amplexabitur  me. 
V.  Dextra.  a  quoi  se  peut  rapporter  l'amour 
et  la  recherche  de  la  s^igesse  dont  il  est  parlé, 
Prov.  4.  8.  Glorificaberis  ab  ea,  cuin  eain 
fueris  amplexatus  :  La  sagesse  deviendra 
votre  gloire,  lorsque  vous  l'aurez  embras- 
sée, c'est-à-dire,  que  vous  vous  serez  tout 
entier  donné  à  elle. 

4"  Rechercher  avec  empressement.  Job. 
24.  8.  Non  habenles  velamen,  umplexantur  la- 
pides :  Ceux  qui  soiit  tout  nus  cherchent 
des  rochers  et  des  cavernes  pour  s'y  retirer. 
Thren.  4.'  5.  Qui  nutriebantur  in  croceis  , 
amplexati  sunl  stercora  :  Ceux  qui  man- 
geaient au  milieu  de  la  pourpre  ont  em- 
brassé lordure  et  le  fumier.  Les  grands  sei- 
gneurs de  Juda,  qui  vivaient  auparavant 
dans  les  délices,  cherchaient  de  la  fiente  et 
des  viandes  sales  pour  s'en  nourrir  dans  la 
famine. 

5"  Prendre,  empoigner  (h.Sxllîcj].  Isa.  5. 
29.  Amplexabitur,  et  non  erit  qui  eruat  :  Il 
empoignera  sa  proie  et  t'emportera,  sans 
que  personne  la  lui  puisse  ôter.  Le  Pro- 
phète parle  des  ennemis  qui  ont  ravagé  la 
Judée,  soit  les  Babyloniens,  soit  les  Romains, 
et  les  compare  à  des  lions  rugissants  qui  se 
jettent  sur  leur  proie,  et  qui  la  tiennent 
serrée  de  telle  sorte  qu'on  ne  peut  la  leur 
ôter.  Heb.  il  l'emportera  tout  entière. 

AMPLEXUS,  us,  nom  formé  du  verbe  am- 
plecti^  et  sIgniGe  embrassement ,  l'action 
d'embrasser; 

1°  Pt)Ur  marquer  une  amitié  sincère.  Gen. 
46.  29.  Videns  eum,  irruit  super  collum  ejus , 
et  inter  amplexus  fie  vit  :  Joseph  voyant 
Jacob  son  père,  il  se  jeta  à  son  cou,  et  l'em- 
brassa en  pleurant. 

2°  Pour  marquer  un  amour  passionné,  qui 
est,  ou  légitime (-£ot>»3fi,"^«), Eccl.  3.  ^.Tempus 
amplexandi,  et  tempus  longe  fieri  ab  amplexi- 
bus, ou  qui  est  illicite  (é'&'^j?  wto?  ,  amor). 
Prov.  7.  18.  Fruamur  cupiiis  amplexibus  : 
Jouissons  de  ce  que  nous  avons  désiré. 

AMPLIARE.  Ce  verbe  vient  de  l'adjectif 
amplus,  qur  se  forme  du  Grec  àvû-leoç,  et  si- 
gnifie, 

Accroître  ,  augmenter,  agrandir.  Judith 
10.  4.  Jdeo  Dominus  hanc  in  illam  pulchritU' 
dinem  ampliavit  :  A.\ni\  le  Seigneur  lui  aug- 
menta encore  sa  beauté  :  ce  qui  fait  connaître 
que  Judith  n'agissait  dans  son  entreprise  que 
par  l'Esprit  de  Dieu,  c'est  que  Dieu  même 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE.  S44 

contribua  à  sou  dessein,  on  augmentant  sa 
beauté  jusqu'à  un  tel  point,  qu'elle  parais- 
sait aux  yeux  de  tous  dans  une  beauté  in- 
comparable 

AMPLIATUS,  I.  'Aiinliuç,  du  verbe  aw- 
pliare.  Amplias,  nom  d'un  homme  qui  était 
particulièrement  chéri  do  saint  Paul.  Rom. 
16.  8.  Salutate  Ampliatum ,  dilectissimurn 
mihi  in  Domino  :  Saluez  Amplias,  que  j'aime 
particulièrement  en  Notre- Seigneur. 

AMPLIFIGARE,  ,asy«/vv£tv.  Du  nom  ^m- 
plus,  et  du  verbe  facere,  amplum  facere,  — 
l""  Augmenter,  agrandir  {iu.TzrAtopY.zî-i,  circum- 
munire).  Eccli.  50.  5.  Prœvaluit  ampli ficare 
civitatem  :  Simon,  fils  d'Onias,  grand  pon- 
lil'ii,  a  été  assez  puissant  pour  agrandir  la 
ville;  Gr.  pour  la  fortifier.  Anni,  Ampli  fie  are 
super  :  Rendre  plus  grand  et  plus  considé- 
rable. 3.  Reg.  1.  47.  Ampli ficet  Deus  nomen 
Salomonis  super  nomen  (uum  :  Que  Dieu 
rende  le  nom  de  Salomon  encore  plus  illustre 
que  le  vôtre. 

2°  Honorer,  louer,  estimer  quelqu'un. 
Eccli.  49.  13.  Quomodo  ampli fîcemus  Zoro- 
babel?  Gomnjent  relèverons-nous  la  gloire 
de  Zorobabel?  c  48.  4.  Sic  amplifîcatus  est 
Elias  in  mirabilibus  suis  :  C'est  ainsi  qu'Elie 
a  acquis  une  grande  gloire  par  ses  miracles. 
Gr.  Quelle  gloire,  ô  Elle,  vous  étes-vous 
acquise  par  les  merveilles  que  vous  avez 
faites?  Ainsi,  Amplificare  sanclitatem  Dei  : 
C'est  louer  le  saint  nom  de  Dieu  par  des 
cantiques,  Eccli.  47.  12.  c.  50.  20. 

3°  Honorer,  rendre  estimable  et  digne 
d'être  honoré  (y.oo-,uîîv).  Eccli.  50.  15.  Consum- 
matione  fungens  in  ara,  amplificare  oblatio- 
nem  excelsi  Régis  :  Simon,  fils  d'Onias,  ache- 
vait entièrement  le  sacrifice  à  l'autel,  pour 
honorer  l'oblation  du  Roi  très-haut.  Voy. 

CONSUMMATIO. 

4.  Orner,  embellir.  Eccli.  50.  5.  Jngres- 
sum  domus  et  atrii  amplificavit  :  Simon  fils 
d'Onias,  grand  pontife,  orna  et  embellit  l'en- 
trée delà  iuaisoii  du  Seigneur,  et  le  parvis; 
Gr.  Il  a  été  honoré  par  le  peuple,  lorsqu'il 
entrait  dans  la  maison  du  Seigneur,  et  dans 
le  parvis  du  temple. 

5'  Enrichir,  combler  de  faveurs  (SoÇâÇetv). 
1.  Mach.  2.  18.  Eris  tu,  et  filii  lui,  inter 
amicos  régis,  et  amplifîcatus  auro ,  et  ar- 
genté, et  muneribus  multis  :  Ceux  qu'Antio- 
chus  avait  envoyés  dirent  à  Matthathias  : 
Venez  le  premier  exécuter  le  commande- 
ment du  roi,  et  vous  serez,  vous  et  vos  fils, 
au  rang  de  ses  amis,  comblés  d'or  et  d'ar- 
gent, et  de  grands  présents. 

6^  Se  laisser  emporter  à  quelque  excès 
(7r£|3t(r(7£Ù£tv).  Eccli.  33.  30.  Non  amplifiées  su- 
per omnem  cai'nem  :  Ne  commettez  point 
d'excès  à  l'égard  de  qui  que  ce  soit. 

AMPLIOR,  AMPLIUS,  T:Bpi<TGÔ^epoç,  a,  ov; 
TT^etwv.  Comparatif  du  nom  adjectif  Amplus^ 
qui  signifie  plus  grand  en  bien  des  ma- 
nières. 

1"  Plus,  en  plus  grande  quantité.  Exod. 
16.  18.  Nec  qui  plus  collegerat ,  habuit  am- 
plius  :  Celui  qui  avait  plus  amassé  de  manne, 
n'en  eut  pas  davantage. 

2"  Plus  grand,  plus  considérable.  Dan.  4. 


SIS 


Ahf? 


AMP 


246 


33.  Magnificentia  amplior  addita  est  mihi  : 
Je  devins  plus  grand  que  jamais,  dit  Nabu- 
chodonosor,  après  que  le  sens  lui  fui  revenu, 
et  que  sa  première  forme  lui  fui  rendue 
(//eiÇwv).  Heb.  3.  3.  Amplioris  gloriœ  iste 
prœMoyse  est  hahitus  quanta  ampliorem  ho- 
norem  fiabet  domus,  qui  fabricavit  illam  : 
Jésus-Christ  a  été  jugé  digne  d'une  gloire 
d'autant  plus  grande  que  celle  de  Moïse,  que 
celui  qui  a  bâti  la  maison  est  plus  esliuiable 
que  la  maison  même.  c.  9.  11.  Per  amplius 
et  perfectius  tahernaculum  :  Jésus -Christ  est 
entré  une  foi's  dans  le  sanctuaire  par  un  ta- 
bernacle plus  grand  et  plus  excellent.  Ce 
tabernacle  mystique,  c'est  son  corps,  qui  est 
un  tabernacle  plus  considérable  et  plus  ex- 
cellent que  celui  de  Moïse.  Voy.  Taberna- 
cuLUM.  Dan.  5.  v.  12.  li.  c.  6.  3. 

.3"  Plus  long,  de  plus  longue  durée.  Act. 
18,  20.  Rogantibus  eis  ut  ampliori  tempore 
maneret  :  Les  Juifs  d'Ephèse  prièrent  saint 
Paul  de  demeurer  plus  iongtcu)ps  avec  eux, 
mais  il  ne  voulut  point  s'y  accorder. 

4'^  Plus  grand,  plus  rigoureux.  Matth.  23. 
li.  Propter  hoc  amplius  accipietis  judicium  : 
C'est  pour  cela  que  vous  recevrez  une  con- 
damnation plus  rigoureuse. 

5°  Ce  qui  est  en  grande  quantité,  ce  qui 
abonde.  Agg.  1.  9.  Respexit  ad  amplius  : 
(Gr.  7ro),).à,  multum)  et  ecce  factum  est  mimis  : 
Vous  avez  espéré  de  grands  biens,  et  vous 
en  avez  trouvé  beaucoup  moins. 

6°  Excellent,  extraordinaire,  particulier. 
Matth.  5.  kT.  Quid  amplius  facitis?  Si  vous 
ne  saluez  que  vos  frères,  que  faites- vous  en 
cela  de  particulier?  Rom.  3.  1.  Quid  ergo 
amplius  Judœo  est?  Quel  est  donc  l'avantage 
des  Juifs?  Eccli.  6.  8.  Quid  habet  amplius 
Sapiens  a  stulto  ?  Qu'a  le  sage  de  plus  que 
l'insensé,  en  ce  qui  regarde  les  commodités 
de  la  vie?  Après  avoir  beaucoup  travaillé 
pour  amasser  du  bien,  ces  grands  biens  ne 
peuvent  contenter  ni  l'un  ni  l'autre,  c.  1.  3. 
c.  3.  V.  9.  19. 

7"  Ce  qui  est  surnuméraire,  ce  qui  est  par- 
dessus un  nombre  fixe  el-certain,  ce  qui  ex- 
cède { 7r).cov«Çov ) .  Num.  3.  49.  Tulit  Moyses 
pecuniam  eorum  qui  fuerant  amplius  :  Moïse 
prit  l'argent  de  ceux  qui  passaient  ce  nom- 
bre. Dieu  avait  ordonné  que  les  Lévites  lui 
seraient  donnés  en  la  place  des  premiers 
nés  des  enfants  disraël  qui  devaient  être 
consacrés  :  or,  s'étant  trouvé  293  aînés  qui 
passaient  le  nombre  des  Lévites,  Dieu  or- 
donna de  prendre  cinq  sicles  pour  le  prix  de 
chacun  de  ceux  qui  étaient  surnuméraires. 
V.  a,  pour  propter.  Ps.  89.  M.  Amplius 
eorum  lubor  et  dolor  :  Si  les  hommes  les  plus 
forts  vivent  quatre-vingts  ans,  le  surplus 
n'est  que  peine  et  douleur;  Gr.  amplius  eis; 
ce  qui  est  de  plus  que  ces  années.  Ainsi, 
Levit.  2o.  36.  Ne  accipias  usuras  nb  en,  nec 
amplius  quam  dedisli  :  Ne  prenez  point  d'in- 
lérét  de  votre  frère,  et  ne  tirez  point  de  lui 
plus  que  vous  ne  lui  avez  donné.  Ezecli.  18. 
V.  8.  13.  Exod.  26.  12.  Unum  sai^um  quod 
amplius  est  :  Un  rideau  qui  sera  de  dIus,  et 
qui  (loburdcra. 

AMPLI LS,  adv.  i'-i.  Ce  comparatif  devient 


aaverbe, et  signifie  plusieurs  choses.  1"  Plus, 
davantage  ,  terme  comparatif  {n-piraôxtpov). 
2.  Cor.  10.  8.  Et  si  amplius  aliquia  gloriatus 
fuero  de  potestate  nostra...  non  erubescam  : 
Quand  je  me  glorifierais  un  peu  davantage 
de  la  puissance  que  Dieu  m'a  donnée...  je 
n'aurais  pas  sujet  den  rougir.  2.  Reg.  20. 
41.  4.  Reg.  10.  18.  Eccl.  12.  12.  Heb.  7.  15. 
Joan.  8.  11. 

2°  Désormais,  dorénavant,  lorsqu'il  y  a  un 
terme  négatif  avec  le  futur.  Zach.  14.  11. 
Jérusalem  anathema  non  erit  amplius  :  Jéru- 
salem ne  sera  plus  frappée  d'analhème; 
Heb.  remplie  de  meurtres  et  de  carnage. 
Joël.  3.  17.  Tob.  3.  9.  Ps.  .38.  14.  Ps.  61.  3. 
Hebr.  10.  17.  et  souvent  ailleurs,  ce  qui  re- 
vient à  la  première  signification  par  rap- 
port au  temps. 

3"  Hormis,  excepté.  Joël.  2.  27.  Ego  Do- 
minus  Deus  vester,  et  non  est  amplius  :  C'est 
moi  qui  suis  le  Seigneur  votre  Dieu,  et  il 
n'y  en  a  point  d'autre  que  moi.  Isa.  47.  8. 
Ego  sutn,  et  non  est  prœter  me  amplius  :  Je 
suis  souveraine,  et  après  moi  il  n'y  en  a 
point  d'autre;  c'est  Babylone  qui  parle  :  la 
superbe  ville  de  Ninive  dit  la  même  chose 
dans  Sophonie.  c.  2.  15. 

4°  Encore.  2.  Reg.  12.  23.  Numquid  potero 
revocare  eum  amplius?  Est-ce  que  je  puis 
faire  revivre  encore  cei  enfant?  C'est  David 
qui  parle  de  l'enfant  qui  lui  naquit  le  pre- 
mier de  Belhsabée. 

5°  De  plus  en  plus  {ènl  tIzlo-j) .  Ps.  50.  3 
Amplius  lava  me  ub  iniquitate  mea  :  Lavez 
moi  de  plus  en  plus  de  mon  iniquité. 

6°  Plus  fortement,  avec  plus  dinstance 
(éx  -epi^Tov).  Marc.  14.  31.  Atille  amplius  lo- 
quebatur  :  Mais  Pierre  insistait  encore  da- 
vantage. Heb.  13.  19. 

7°  Excessivement  {■m^ifjdûi).  Act.  26.  11. 
Et  amplius  insaniens  in  eos,  persequebar  : 
Etant  transporté  de  fureur  contre  eux,  je  les 
persécutais  jusque  dans  les  villes  étran- 
gères. 

AMPOTARE,  àTToxÔTTTEiv.  (Voy.  Pdtare).  Ce 
verbe  vient  d'am,  circum,  et  deputare,  rese- 
care,  et  signifie,  1°  couper,  retrancher  avec 
le  fer  [koki^îî-j  auferre),  2.  Rig,  16.  9.  Vadam 
et  ampulaoo  caput  ejus  :  Je  m'en  vas  lui 
couper  la  tête  ;  c'est  Àbisaï  qui  parle  à  David 
de  Semeï,  qui  maudissait  ce  prince.  Levit. 
22.  23.  Deut.  23.  1.  Judic.  1.  7.  etc.  Ainsi, 
Judith.  9.  12.  Fac,  Domine,  ut  gladio  pro- 
prio  ejus  superbia  amputefur  .- Faites,  Sei- 
gneur, que  la  tête  de  ce  superbe  soit  coupée 
de  sa  propre  épée.  Voy.  Superbia.  De  celle 
signification  vient  celte  expression  méta- 
phorique : 

Amputare  manum  aut  pedem  :  Couper  sa 
main  ou  son  pied;  c'est-à-dire  ,  être  disposé 
à  les  couper  plutôt  que  de  souffrir  qu'ils 
nous  soient  une  occasion  de  chute.  Marc. 
9.  44.  Si  pes  tuus  te  scandalizat,  amputu 
illum  :  Si  votre  pied  vous  est  un  sujet  d« 
scandale  el  de  chute,  coupez-le;  le  pied  ou 
la  main  marque  les  choses  les  plus  uiilrx 
qu'il  faut  retrancher  el  éloigner  de  soi,  lors* 
(|u"il  s'agit  du  salut.  Et  ces  autres  phrases  : 

Amputare  exsuUationem.  h^ciranchcr  la  ré* 


247 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


«4» 


jouissance  et  les  cris  de  joie.  Baruch  4,  34. 
Et  ampulahitur  exsultatio  muUitudims  ejus  : 
Les  cris  de  ses  réjouissances  publiques  se- 
ront étouffés  ;  Baruch  prédit  la  ruine  de  Ba- 
bylone  (nspixipstv,  tollere). 

Amputare  occasionem  :  Retrancher  1  occa- 
sion (ÈxxÔTTTsiv).  2.  Cor.  11.  12.  Faciam,  ut 
amputem  occasionem  eorum  :  Je  le  ferai  en- 
core, aûn  de  retrancher  une  occasion  de  se 
glorifier  à  ceux  qui  la  recherchent  en  vou- 
lant paraître  tout  à  fait  semblables  à  nous. 
Saint  Paul  prêchait  sans  rien  recevoir,  pour 
ôter  aux  Apôtres  une  occasion  de  se  glori- 
fier en  faisant  la  même  chose. 

2°  Oter,  éloigner  (Tre/statpeîv).  Ps.  118.  39. 
Amputa  opprobrium  meurn  quod  suspicatus 
sum  :  Eloignez  de  moi  l'opprobre  que  j'ai  ap- 
préhendé. David  demande  à  Dieu  qu'il  em- 
pêche que  ses  ennemis  ne  le  chargent  de  re- 
proches et  ne  le  couvrent  de  confusion 
comme  ils  faisaient.  Voy.  Sdspicari. 

3"  Arrêter  (xoTTTctv).  Sap.  18.  23.  Intersti- 
til  et  amputavit  impetum  :  Aaron  se  mil  entre 
deux,  et  arrêta  la  vengeance  de  Dieu.  Voy. 
Interstare 

k'  Abattre,  arracher.  Amos  3.  14.  Ampu- 
tabuntur  cornua  altaris^  i.  e.  cujusque  alta- 
ris  :  Les  cornes  de  ses  autels  seront  arra- 
chées. Le  Prophète  parle  des  autels  de  Béthel, 
où  le  veau  d'or  était  adoré.  Voy.  Cornu. 

AMRAM,  Heb.  Popuius  excebus.—  l°  Fils 
de  Caath,  père  de  Moïse  et  d'Aaron,  Exod.  6. 
V.  18.  20.  etc.  —  2°  Un  autre  de  ce  nom,  fils 
de  Bani,  qui  avait  épousé  une  femme  étran- 
gère. 1.  Esdr.  10.  34. 

AMRAMlTiE,  Heb.  Idem,  —  ceux  de  la 
famille  d'Amram.  Num.  3.  27.  1.  Par.  26.  23. 

iMRAPHEL,  Heb.  Loquens  ruinamy  roi  de 
Sennaar.  Gen.  14.  v.  1.  9.  Ce  roi  se  joignit 
avec  Chodorlahomor,  et  les  autres  rois  qui 
.habitaient  au  delà  de  l'Euphrate,  pour  faire 
la  guerre  aux  rois  de  la  Pentapole,  et  les 
défirent.  Voy.  Chodorlahomor. 

AMRL  Heb.  Amaricans,  —  i"  roi  d'Israël, 
père  d'Achab  :  il  fut  d'abord  général  des  ar- 
mées d'Ela,  roi  d'Israël  ;  mais  ayant  appris 
que  Zambri  avait  assassiné  son  maître,  et 
s'était  emparé  du  royaume,  il  alla  attaquer 
ce  parricide  dans  Thersa,  où  il  s'était  retiré, 
et,  l'ayant  obligé  de  se  retirer  dans  son  pa- 
lais, Zambri  y  mit  le  feu  lui-même,  et  se 
brûla  avec  toute  sa  famille,  de  peur  de  tom- 
ber entre  les  mains  du  vainqueur;  n'ayant 
régné  que  sept  jours.  Il  eut  encore  pour 
compétiteur  un  appelé  Thebni,  qui  lui  dis- 
puta le  royaume  pendant  quatre  ans  ;  mais 
ayant  été  tué,  Amri  régna  paisiblement  pen- 
dant douze  ans,  six  dans  Thersa,  et  six  dans 
Samarie,  qu'il  acheta  de  Somer,  où  il  bâtit 
son  palais  l'an  3082.  Ce  prince  ne  fut  pas 
moins  impie  que  ses  prédécesseurs;  il  in- 
venta toute  sorte  d'idolâtrie,  pour  empêcher 
que  le  peuple  n'allât  adorer  en  Jérusalem  ; 
aussi  Dieu  l'extermina  avec  toute  sa  race  : 
il  mourut  l'an  du  monde  3091.  Son  fils  Achab 
lui  succéda.  3.  llog.  16. 

2"  Fils  de  Béhor,  et  petit-fils  de  Benjamin. 
1.  Par.  7.  8.  —  3°  Père  d'Ammiud,  descen- 
daul  de  Juda.  1.  Par.  9.  4.  -  4°  Un  chef  de 


la  tribu  d'Issachar,  fils  de  Michel.  1.  Par.  27. 

18.  —  5°  Père  de  Zachur.  2.  Esdr.  3.  2.  Voy. 
Zachur. 

AMSI,  Heb.  Fortis ,  fils  de  Zacharie  et 
père  de  Phelebia.  2.  Esdr.  11.  12. 

AMTHAR,  Heb.  Forma,  ville  de  la  tribu 
de  Zabulon ,  autrefois  appelée  Damna.  Jos. 

19.  13. 

AMYGDALA,  m,  xixuySuk-n,  Hç.  Ce  mot  qui 
est  grec,  signifie,  ou  un  amandier,  l'arbre 
qui  porte  des  amandes;  ou  une  amande,  le 
fruit  de  l'amandier. 

Amande,  le  fruit  de  l'amandier.  Num.  17. 
8.  Ëruperant  flores  qui  foliis  dilatatis ,  in 
amygdalas  deformuti  sunt  :  La  verge  d'Aaron 
ayant  poussé  des  boutons  ,  il  était  sorti  des 
fleurs  d'où  il  s'était  formé  des  amandes  toutes 
mûres  accompagnées  de  leurs  feuilles.  Gen. 
43.  11. 

AMYGDALUS,  i.  Ce  nom,  qui  n'est  point 
en  usage  chez  les  Latins ,  est  mis  pour 
amygdala,  et  signifie  un  amandier;  et  dans 
le  sensKiIlégorique , 

La  tête  d'un  vieillard  couverte  de  cheveux 
blancs ,  comme  sont  les  fleurs  de  l'amandier 
(«fxûySa^ov).  Eccl.  12.  b.  Florebit  amygdaltis  : 
L'amandier  fleurira.  Le  sage  décrit  l'état  et 
les  incommodités  de  la  vieillesse,  sous  l'é- 
corce  d'une  allégorie. 

AMYGDALINUS,  A,  UM.  Nom  adjectif,  qui 
signifie  ordinairement  ce  qui  est  fait  d'a- 
mande, ou  qui  appartient  à  l'amande;  mais 
il  peut  aussi  marquer  , 

Ce  qui  est  de  l'amandier,  qui  appartient  à 
l'amandier  (  y.apûtvoç  ).  Gen.  30.  37.  Tollens 
Jacob  virgas  populeas  virides  et  amygdalinas , 
et  ex  platanis ,  ex  parte  decorlicavit  eas  : 
Jacob  prenant  des  branches  vertes  de  peu- 
plier, d'amandier  et  de  plane ,  en  ôta  une 
partie  de  l'écorce ,  et  les  mit  dans  les  ca- 
naux qu'on  remplissait  d'eau. 

AN,  ri-  Adverbe  d'interrogation  qui  vient, 
ou  de  l'Hébreu  am,  utrum,  ou  du  Grec  £«v, 
si,  ulrum,  et  sert  pour  les  interrogations 
directes  ou  indirectes,  et  pour  exprimer  les 
doutes. 

1"  Pour  interroger,  soit  directement.  Rom. 
3.  29.  An  Judœorum  Oeus  tantum?  nonne  et 
Gentium?  Dieu  n'est-il  Dieu  que  des  Juifs? 
ne  l'csl-il  pas  aussi  des  Gentils?  Gai.  1.  10. 
An  quœro  hominibus  placer  e?  Ai-je  pour  but 
de  plaire  aux  hommes?  Gènes.  18.  21.  c.  44. 
15.  etc.  Soit  indirectement.  Matth.  11 .  3.  Tu  es 
quiventurus  es  ,  an  alium  exspeclamiis?  Etes- 
vous  celui  qui  doit  venir,  ou  si  nous  devons 
en  attendre  un  autre?  Luc.  20.  4.  Baptismus 
Joannis  de  cœlo  erat,  an  ex  hominibus?  Le  bap- 
tême do  Jean  était-il  du  ciel,  ou  des  hommes? 
Matth.  17.  25.  c.  22.  17.  c.  26.  53.  Act.  8. 
34.  etc. 

2°Pourexprimerun  doute  (et). Matth. 27. 49. 
Sine,  videamiis  an  veniat  Elias  liberans  euni? 
Attendez,  voyons  si  Elie  ne  viendra  pointpour 
le  délivrer?  Marc.  13.  35.  Nescitis  quando  do- 
minus  veniet,  sero  ,  an  média  nocte,  an  galli 
cantu,  un  mane  :  Vous  ne  savez  pas  quand 
le  maître  de  la  maison  doit  venir,  si  ce  sera 
le  soir ,  ou  à  minuit ,  ou  au  chant  du  coq  ,  ou 
^  au  matin.  Joan.  7.   17.  2.  Cor.  2.  9.  Kccl.  9. 


^^9 


ANA 


ANA 


250 


1.  elc.  Ainsi,  -2.  Par.  14.  11.  Domine,  non  est 
opud  te  iilla  distanlia  ,  an  in  paucis  auxilie- 
r<5,  an  in  pluribus  :  C'est  une  même  chose 
à  votre  égard  de  nous  secourir  avec  un  pelit 
nombre,  ou  avec  un  grand. 

3°  An  pour  annon.  1.  Cor.  9.  10.  Anpropter 
nos  utique  hoc  rf/cj7.^  N'est-pas  plutôt  pour 
nous-mêmes  qu'il  a  fait  celte  ordonnance? 

ANA ,  £. ,  Heb.  Respondens.  Ce  mot  signifle 
plusieurs  noms  propres. 

1'  Un  fils  de  Seïr,  Horréen  ,  et  frère  de 
Sebéon.  Gen.  36.  20.  Jsti  sunt  filii  Seir  Hor- 
rœi,  habitatores  terne,  Lotan  et  Sobal ,  et 
Sebeon ,  et  Ana  :  Les  fils  de  Seïr,  Horréen  , 
qui  habitaient  ce  pays-là  avant  que  les  en- 
fants d'Esaii  les  eussent  assujettis,  étaient 
Lotan,  Sobal,  Sebéon  et  Ana.  1.  Par.  1.  38. 

2°  Un  fils  de  Sebéon.  Gènes.  36.  2i.  Et  hi 
filii  Sebeon ,  Aia  et  Ana  ;  iste  est  Ana  qui  in- 
venit  aquas  calidas  (ou  7nulos ,  selon  l'Hé- 
breu) in  solitu'dine,  cum  pasceret  usinas  pa- 
tris  sui  :  Les  fils  de  Sebéon ,  furent  Aïa  et 
Ana  :  c'est  cet  Ana  qui  trouva  des  eaux 
chaudes  dans  la  solitude,  lorsqu'il  faisait 
paître  les  ânes  de  Sebéon,  son  père  :  on  croit, 
selon  l'Hébreu  ,  que  cet  Ana  fut  le  premier 
qui  trouva  le  moyen  d'avoir  des  mulets,  en 
faisant  couvrir  ses  juments  par  des  ânes.  1. 
Par.  1.  kO.\ 

S"  Une  fille  de  Sebéon.  Gènes.  6.  2.  Esau 

accepit  uxores Oolibama  filiam  Anœ  filiœ 

Sebeon  Hevœi  :  Esaù  prit  pour  femme 

Oolibama,  fille  d'Ana,  et  Ana  était  fille  de 
Sebéon  Hevéen.  v.  li.  Le  nom  d'Ana  était 
commun  aux  hommes  et  aux  femmes;  et 
ainsi  Sebéon  a  pu  avoir  une  fille  appelée 
Ana,  et  un  fils  du  même  nom ,  comme  le 
nom  d'Anne,  en  français,  est  commun  aux 
deux  sexes;  le  Grec  néanmoins  porte,  fille 
d'Ana,  fils  de  Sebéon. 

ANA,  Commotio,  ville  ou  pays  que  les 
rois  d'Assyrie  avaient  assujetti,  i.  Reg.  18. 
34.  Ubi  est  Deus  Sepharvaim,  Ana  et  Ava? 
Où  est  le  Dieu  de  Sepharvaïm  ,  d'Ana  et 
d'Ava?  c.  19.  13.  Isa.  37.  13. 

ANABjHeb.  L'ia,  montagne  dans  la  tribu  de 
Juda ,  au  pied  de  laquelle  il  y  avait  une  ville 
de  ce  même  nom,  bâtie  par  les  géants  ap- 
pelés Enacim.  Jos.  11.  21.  c.  15.  30.  On  croit 
que  c'est  Nobe,  près  de  Lydda. 

AN.\GLYPHA  ,  orum  ,  Aspera,  cœlaturis 
inœqualibus  emincntia.  Ce  mot  vient  du  verbe 
grec  '/'/•j-jzu  ,  scalpere,  et  de  la  préposition 
«v«,  ouvrages  en  relief,  relevés  en  bosse. 
3.  Reg.  6.  32.  Et  sculpsit  in  eis  anuglijpha 
valde  prominentia  ;  Salomon  fit  tailler,  sur 
les  deux  portes  de  l'entrée  de  l'oracle,  des 
figures  de  Chérubins  et  de  palmes,  et  des 
basse-tailles  avec  beaucoup  de  reliefs. 

ANAHARATH,  Heb.  Ariditus  ,  ville  de  la 
tribu  d'Is.<!.ichnr   Jos.  19.  19.  aut  Naarolh. 

ANAMELTiCFT,  Heb.  Canlicum  Régis,  sive 
Hex ,  sive  Deus  respondens ,  de  ghanah,  re- 
spondit,  id  est  oracula  reddens.  Idole  de  Se- 
pharvaïm. 4.  Reg.  17.  31.  Comhurehant  filios 
suos  igni,  Adramelech  et  Anamelecfi  diis  Se- 
pharvaim :  Ceux,  de  Sepharvaïm  faisaient 
passer  leurs  enfants  par  le  feu,  et  les  brû- 


laient pour  honorer  Adramelech  et  Aname- 
lech  leurs  dieux.  Voy.  Adramklech. 

ANAMIN  ,  Hebr.  Fons  aquarum,  fils  de 
Mesraim.  Gènes.  10.  13.  C'est  de  lui  que 
sont  sortis  les  Cyréniens,  ou  ,  selon  Bocharl, 
les  Numides  qui  sont  vers  le  temple  d'Am- 
mon. 

ANANI,  Heb.  Nubes,  troisième  fils  d'E- 
lœinai.  1.  Par.  3.  24. 

ANAN,  Heb.  Nubes ,  un  chef  du  peuple.  2. 
Esdr.  10.  26. 

ANANIA  ou  ANANIAS ,  Heb.  N'ubes  Do- 
mini.  —  1"  Un  compagnon  de  Daniel,  nommé 
Sidrac.  Dan.  1.  v.  6.  7.  11.  19.  c.  3.  88.  Béné- 
dicité, Anania,  Azaria,Misael,  Domino  :  Ana- 
nias,  Azarias  et  Misaël,  bénissez  le  Seigneur. 
1.  Mach.  2.  o9.  Ce  jeune  homme  ayant  été 
jeté  dans  une  fournaise  ardente  ,  en  fut  dé- 
livré par  un  ange  avec  ses  deux  compagnons, 
qui  composèrent  en  action  de  grâces  le  can- 
tique Benedicite 

2°  Un  chrétien  de  Jérusalem,  qui  retint 
une  partie  du  prix  de  sa  terre.  Act.  3.  1. 
Vir  quidam,  nomine  Ananias,  cum  Sapphira 
uxore  sua  vendidit  agrum  :  Un  homme 
nommé  Ananie,  et  Sapphire,  sa  femme,  ven- 
dirent ensemble  un  fonds  de  terre,  v.  3.  3. 

3"  Celui  à  qui  saint  Paul  fut  envoyé  pour 
être  baptisé.  Act.  9.  10.  Erat  quidam  disci- 
pulus  Damasci  nomine  Ananias  :  Il  y  avait  un 
disciple  à  Damas  nommé  Ananie.  v.  12.  13. 
17.  c.  22.  12.  Saint  Augustin  croit  que  ce 
disciple  était  prêtre. 

4°  Le  grand  pontife  qui  fit  frapper  saint 
Paul  sur  le  visage.  Act.  23.  2.  Princeps  sa- 
cerdotum  Ananias  prœcipit  astantibus  sibi 
percutere  os  ejus ;  c.  24.  1.  Ce  grand  prêtre 
était  fils  de  Nebedée,  comme  le  dit  Josèphe, 
ou  le  dernier  des  fils  d'Anne,  beau-père  de 
Caïphe,  et  de  la  secte  des  Saducéens. 

3*  Celui  de  qui  l'ange  Raphaël  se  disait  le 
fils.  Tob.  3.  18.  Ego  sum  Azarias  Ananiœ 
magni  filius  :  Je  suis  Azarias,  fils  du  grand 
Ananias  :  ces  paroles  marquent  que  l'ange 
Raphaël  avait  pris  véritablement  la  forme 
d'Azarias,  fils  du  grand  Ananias,  qui  étaient 
des  gens  d'un  nom  illustre  parmi  les  Israé- 
lites ;  ainsi  il  pouvait  dire  qu'il  était  Azarias, 
en  étant  vraiment  l'image  :  d'autres  expli- 
quent ces  paroles  d'une  manière  figurée, 
-îzrtri'as,  signifie  secours  de  Dieu;  cl  Ana- 
nias,  signifie  grâce  et  don  de  Dieu;  ainsi 
l'ange  Raphaël  marquait  par  cette  réponse 
qu'il  était  envoyé  de  Dieu  pour  assister 
Tobic  et  lui  procurer  plusieurs  grâces. 

6"  Un  homme  de  ce  nom,  qui,  après  son 
retour  de  la  captivité  de  Babylone  ,  fit  bâtir 
une  partie  des  murs  de  Jérusalem.  2.  Esdr. 
3.8 

'î"  Un  autre  Ananias,  père  de  Maasias.  2. 
Esdr.  3.  23.  Voy.  Azarias. 

8'  Nom  de  lieu  entre  ci^ux  où  ont  habité 
les  lienjamitos,  après  leur  relourde  la  cap- 
tivité. 2.  Esdr.  il.  32. 

ANATH  ,  Heb.  Responsio.  Le  père  de 
Saingar,  un  des  juges  d'Israël.  Judic.  3.  31. 
Post  hune  fuit  Samgar ,  (tlius  Anatli  :  Après 
Aod,  Samgar,  fils  d'Analh.  fut  en  sa  place, 
c.  3.  G.  Voy.  Samgar. 


ÎM 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


252 


ANATHEMA ,  ATis  ,  anathème  :  «e  mot  en 
français,  se  dit  proprement,  dans  les  au- 
teurs ecclésiastiques,  de  i'excommunicalion 
qui  est  faite  par  un  évêque  ou  par  un  con- 
cile, avec  de  grandes  exécrations  et  malé- 
diciions,  qu'on  ne  prononce  que  contre  ceux 
qui  onl  commis  quelque  grand  crime  avec 
obstination,  ou  qui  sont  incorrigibles.  Mais 
dans  l'usage  de  l'Ecriture,  comme  anatliema 
vient  du  grec  «v«TiOs(76«« ,  séparer,  éloigner, 
il  signiGe  proprement  un  présent  consacré 
à  Dieu  et  suspendu  dans  un  temple,  et  par 
conséquent  séparé  de  l'usage  commun  ;  mais 
ensuite  ce  mot  a  passé  dans  une  signification 
toute  contraire,  pour  marquer  une  chose 
qui  n'est  pas  consacrée  à  Dieu,  mais  que 
l'on  regarde  comme  abominable ,  et  qui  est 
séparée  du  commerce  des  hommes ,  parce 
qu'on  en  a  de  l'horreur  :  c'est  un  usage  reçu 
dans  les  auteurs  sacrés  et  profanes  ,  que 
quand  ce  mot  s'écrit  par  «,  il  signifie  un 
présent  consacré  à  Dieu,  au  lieu  que  quand 
il  s'écrit  par  s,  il  signifie  une  chose  abomi- 
nable; mais  quoique  saint  Chrysostome  et 
d'autres  ne  reconnaissent  point  cette  distinc- 
tion ,  les  Septante  et  saint  Paul  écrivent 
toujours  «v«6=,a«  en  celte  dernière  significa- 
tion ,  ainsi  ce  mot  signifie  : 

1°  Un  don  offert  et  consacré  à  Dieu  dans 
un  temple.  Judith  16.  23.  Porro  Judith  uni- 
versa  vasa  bellica  Holophernis ,  obtulit  in 
anathema;  (Grec,  «v«Ç£u«)  oblivionis;  i.  e. 
contra  oblivionem  :  or  Judith  ayant  pris 
toutes  les  armes  d'Holupherne,  les  offrit  au 
Seigneur  ,  comme  un  anathème  d  oubli  ; 
c'est-à-dire,  comme  un  don  séparé  de  tous 
les  usages  profanes,  et  un  monument  sus- 
pendu et  consacré  à  Dieu  ,  qui  devait  éter- 
nellement empêcher  ['oubli  d'une  grâce  si 
signalée  :  ce  terme  en  ce  sens  est  rendu  en 
latin  par  les  mots  de  consecratio  ,  ou  quod 
consecralum  est,  par  celui  de  donum  ou  do~ 
narium.  Levit.  27.  28.  Omne  quod  Domino 
consecratur,  quidquid  semel  fuerit  consecra- 
lum :  V.  29.  Omnis  consecratio  :  Tout  ce  qui 
aura  été  consacré  au  Seigneur  :  Gr.  Trâv 
c'MxQnua  ,  ainsi,  Luc  21.  5.  Quibus  dicentibus 
de  templo ,  quod  bonis  lapidibus  et  donis  or- 
natum  esset  :  Quelques-uns  disant  à  Jésus 
(lue  le  temple  était  bâti  de  belles  pierres, 
cl  orné  de  dons  magnifiques  :  donis  ;  Gr. 
ùvcx.(}r)  iJ.a.(n, 

2°  Tout  ce  qui  est  séparé  de  l'usage  com- 
mun, comme  étant  exécrable  et  digne  d'être 
aboli;  Heb.  Cherem;  en  syriaque,  fiorma, 
Num.  21.  3.  Et  vocavit  nomen  loci  illius, 
Jlorma,  id  est,  anathema  :  Israël  appela  ce 
lieu  Horma,  c'est-à-dire  anathème;  ce  qui 
doit  être  entièrement  aboli  et  exterminé. 
Deut.  7.  26.  Piec  infères  quidpiam  ex  idolo  in 
domum  tuam,  ne  fias  anathema,  sicut  et 
illud  est  :  Il  n'entrera  rien  dans  votre  maison 
qui  vienne  de  l'idole,  de  peur  que  vous  ne 
deveniez  anathème,  comme  l'idole  même, 
c'est-à-dire  détestable  et  sujet  à  être  détruit. 
Jos.  7. 12.  Pollutus  est  anattiemate  :  Le  peuple 
s'est  souillé  d'un  anathème,  en  retenant  ce 
qui  devait  être  détruit  et  sacrifié.  Zach.  14-. 
11    Anathema  non  erit  a»yj/m5  ;  Jérusalem 


ne  sera  plus  frappée  d'anathème ,  c'est-à-dire 
ne  sera  plus  détruite  :  Heb.  ne  sera  plus 
remplie  de  meurtres  et  de  carnage.  1.  Cor. 
12.  3.  Nemo  inspirilu  Dei  loquens  dicit  (i,  e. 
vocat)  anathema  Jeswn  :  Nul  homme  parlant 
par  l'Esprit  de  Dieu,  ne  dit  anathème  à 
Jésus,  ne  le  maudit  et  ne  le  déteste,  en 
souhaitant  qu'il  périsse,  c.  16.  22.  Gai.  1. 
V.  8.  9.  Ainsi,  anathema  esse  ab  aliquo  :  c'est 
être  séparé  de  quelqu'un,  et  n'avoir  non 
plus  d«  commerce  avec  lui,  que  s'il  était 
anéanti.  Rom.  9.  3.  Optabam  ego  ipse  ana- 
thema esse  a  Christo  pro  fratribus  meis  : 
J'eusse  désiré,  dit  saint  Paul,  de  devenir 
moi-même  anathème ,  et  d'être  séparé  de 
Jésus-Christ  pour  mes  frères;  l'amour  de 
saint  Paul  pour  les  Juifs  était  si  grand ,  qu'il 
eût  désiré,  si  cela  eût  pu  se  faire,  d'être 
privé  de  la  présence  de  Jésus-Christ,  et  de 
sa  gloire  éternelle,  pour  procurer  leur  salut. 
Voy.  Optare. 

3°  La  perte  et  la  ruine  entière ,  par  la- 
quelle une  chose  ou  une  personne  doit  être 
exterminée,  s'appelle  aussi  anathème  (àpS^v, 
funditus).  Malach.  k.  6.  Ne  forte  veniam,  et 
percutiam  terram  anathemate  :  De  peur  qu'en 
venant  je  ne  frappe  la  terre  d'anathème. 
Dieu  exhorte  les  Juifs  à  se  convertir,  de 
peur  qu'en  venant,  il  ne  frappe  la  terre  d'a- 
nathème, c'est-à-dire  de  peur  qu'il  n'exter- 
mine la  Judée  par  une  ruine  entière  ,  comme 
il  a  fuit  pour  venger  la  mort  de  son  Fils. 

On  peut  remarquer  que  l'anathème  ou  la 
destruction  qui  se  faisait  dans  la  prise  des 
villes  ennemies  du  peuple  de  Dieu,  arrivait 
en  trois  manières. 

1°  Quelquefois  on  détruisait  tout  sans  rien 
épargner.  Deut.  13.  15.  Percuties  habitalores 
urbis  illius  in  ore  gîadii ,  et  delebis  eam ,  ac 
omnia  quœ  in  illa  sunt  :  Vous  ferez  passer 
au  fil  de  l'épée  tous  les  habitants  de  cette 
ville,  et  vous  la  détruirez  avec  tout  ce  qui 
s'y  rencontrera,  v.  17.  Et  non  adhœrebit  de 
illo  anathemate  quidquam  in  manu  tua  :  Il  ne 
demeurera  rien  dans  vos  mains  de  cet  ana- 
thème. Moïse  parle  d'une  ville  qui  aurait 
sollicité  le  peuple  à  l'idolâtrie. 

2°  Quelquefois  on  réservait  seulement  l'or, 
l'argent  et  l'airain  pour  l'usage  du  sanc- 
tuaire. Jos.  6,  7.  Sit  civitas  hœc  anathema  ^ 
et  omnia  quœ  in  ea  sunt  Domino  :  Que  cette 
ville  et  tout  ce  qui  s'y  rencontre  soient  frap- 
pés d'anathème  ,  et  détruits  à  la  gloire  du 
Seigneur,  v.  19.  Quidquid  autem  auri  et  ar- 
genti  fuerit ,  et  vasorum  œneorum  ac  ferri 
Domino  consecretur  :  cette  ville  était  Jéricho, 
dont  il  n'y  eut  que  Rahab  de  sauvé. 

3"  On  ne  défaisait  que  les  personnes,  et 
ou  réservait  tout  le  butin,  comme  il  arriva 
à  la  prise  de  la  ville  de  Haï.  Jos.  8.  27.  Ju- 
menta  autem  et- prœdam  civitatis  diviserunt 
sibi  filii  Israël,  sicut  prœceperat  Dominus 
Josue  :  Les  enfants  d'Israël  partagèrent 
entre  eux  toutes  les  bêtes  de  charge  et  tout 
le  butin  de  la  ville,  selon  l'ordre  que  le  Sei- 
gneur avait  donné  à  Josué. 

Les  Juifs  avaient  trois  sortes  d'anathè  ne 
ou  d'excommunication  :  ils  appilaicnl  le 
premier  degré  Niddui ,  c'est-à-dire  seuara- 


255 


ANC 


ANC 


351 


lion,  qui  était  comme  une  excommunication 
mineure  ;  le  second  Cherem  ou  Anathema,  et 
le  troisième  Samatha  ou  Maranatha.  Voyez 
Maran-atha 

ANATHEMATISARE  ,  «va0£piaTiÇ£tv.  Ce 
verbe,  qui  est  formé  du  grec  «vâOïjOiK,  si- 
gnifie, en  français,  anathématiser,  excom- 
munier, retrancher  de  la  société  de  l'Eglise. 
Dans  rÉcriture, 

1"  Dévouer  à  la  mort.  1.  Mach.  5.  5.  Ana- 
thematisavit  eos ,  et  incenilit  tutTes  evrum 
igni,  cum  omnibus  qui  in  eis  erant  :  Judas 
anathémalisa  les  Iduméeiis,  c'est-à-dire  les 
dévoua  tous  à  la  mort,  et  leurs  biens  à  Dieu, 
et  brûla  leurs  'tours  ,  avec  tous  ceux  qui 
étaient  dedans.  Voy.  Devovere. 

2"  Délester,  faire  des  imprécations.  Marc. 
11.  71.  nie  autem  cœpit  analhemaiisare ,  et 
jurare  :  Pierre  se  mit  alors  à  délester  et  à 
dire  ,  en  jurant  :  Je  ne  connais  point  cet 
homme.  C'était  contre  lui-même  qu'il  faisait 
des  imprécations. 

ANATHOTH,  Heb.  Responsiones.  1°  Ville 
de  la  tribu  de  Benjamin,  donnée  aux  Lévites 
de  la  f.imille  de  Gaalh  ,  et  assignée  pour  être 
une  ville  de  refuge.  Elle  est  la  patrie  de 
quelques  hommes  illustres,  notamment  du 
prophète  Jérémie  ,  d'Abiezer  et  d'Abiathar. 
Jos.  21.  18.  2.  Reg.  23.  27.  3.  Reg.  2.  26.  1. 
Par.  6.  60.  etc. 

2°  Le  huitième  fils  de  Béchor.  1.  Par.  7.  8. 

ANATHOTHITES,  m.  Qui  est  d'Anatholh. 
l.Par.  11.  28.  Abiezer,  xVnalholhiles.  c.  12. 
3.  c.  27.  12.  Jer.  29.  27. 

ANATHOTHIA.  Nom  d'homme  de  la  tribu 
de  Benjamin.  1.  Par.  8.  24. 

ANCEPS,  Ancipitis.  Ce  nom  adjectif  vient 
d'am,  circum  ,  et  de  caput ,  pour  marquer 
une  chose  qui  a  deux  têtes  ou  deux  bouts  , 
ou  du  verbe  capere,  pour  marquer  une  chose 
qu'on  peut  prendre  d'un  côté  ou  d'un  autre, 
et  signifie  ce  qui  a  deux  côtés,  ce  qui  a  dou- 
ble sens  et  ce  qui  est  ambigu.  Dans  l'Ecriture, 

1°  Ce  qui  a  deux  tranchants,  en  parlant 
d'une  épée.  Judic.  3.  16.  Fecit  sibi  gladium 
ancipitem  :  Aod  se  fit  faire  une  dague  à  deux 
tranchants,  pour  tuer  Eglon  ,  roi  des  Moa- 
bites. 

2°  Mais  parce  que  celle  sorte  d'épée  est 
poinlue  ,  qu'elle  coupe  aisément  et  qu'elle 
pénètre  avant  ,  ces  mois  (jladius  anceps , 
dans  le  sens  figuré,  se  prennent  pour  une 
chose  qui  a  beaucoup  de  pouvoir,  d'efficace 
et  de  vertu.  Ps.  149.  6.  Glndii  ancipites  in 
manibus  eorum  :  Ils  ;iuront  dans  leurs  mains 
des  épécs  à  deux  tranchants.  Ces  épées  à 
deux  tranchants,  que  les  Israélites  devaient 
avoir  dans  leurs  mains,  marquent  la  puis- 
sance que  Dieu  leur  devait  donner  contre 
tous  leurs  ennemis,  et  la  manière  forte  et 
efficace  dont  il  les  établirait  dans  leur  repos  ; 
mais  dans  le  sens  spirituel,  cela  s'enlend  du 
pouvoir  que  les  sainls  auront  au  dernier 
jour,  pour  juger,  avec  Jésus-Chrisl,  les  na- 
tions et  les  princes  qui  les  ont  perséculés. 
Heb.  k,  12.  Vivus  est  sermn  Dei  et  penelrabi- 
lior  omni  gladio  ancipiti  :  La  parole  de  Dieu 
est  vivante  et  efficace,  et  elle  perce  plus 
qu'une  épée  à  deux  tranchants.   Dieu  qui 


considère  toutes  choses,  et  qui  voit  tous  Ie£ 
replis  de  l'âme  (soit  qu'il  promette  ou  qu'il 
menace) ,  punit  ou  récompense  chacun  selon 
son  mérite,  avec  un  pouvoir  insurmontable. 
Voy.  AcuTus. 

ANGHORA ,  JE.  Voy.  Angora. 

ANCILLA,  M,  Soû^rj.  Ce  nom  est  un  dimi- 
nutif à'ancula,  parce  qu'on,  appelait  AncuH 
et  Anculœ  les  dieux  et  les  déesses  qui  ser- 
vaient les  autres  dieux,  du  verbe  ancien  an" 
culare,  ministrare. 

1°.  Une  servante  (ivixtBi(7y.-n).  Ps.  122.  2. 
Sicut  ancillœ  in  manibus  dominœ  suœ ,  ita 
oculi  nostri  ad  Dominum  Deum  nostrum  : 
Comme  les  yeux  de  la  servante  sont  allenlifs 
sur  les  mains  de  sa  maîtresse,  de  même  nos 
yeux  sont  fixés  vers  le  Seigneur  notre  Dieu, 
en  attendant  qu'il  ait  pitié  de  nous.  Prov.  30. 
23.  Per  ancillam ,  cum  fueril  hœres  dominœ 
suœ  :  Une  servante  devient  insupportable, 
lorsqu'elle  est  entrée  à  la  place  de  sa  maî- 
tresse. Matlh.  26.  V.  69.  71.  elc 

2°  Servante  se  dit  par  civilité  et  par  res- 
pect, lorsqu'une  fille  ou  une  femme  marque, 
par  ce  lerme,  sa  soumission  à  l'égard  d'une 
personne  qu'elle  révère  et  qu'elle  honore. 
Rulh.  2.  13.  c.  3.  9.  Ego  sum  Ruth  ancilla 
tua  :  Je  suis  Rulh  ,  voire  servante.  Ce  mol , 
en  ce  sens  ,  est  fréquent  dans  les  quatre 
livres  des  Rois. 

3°.  Servante  de  Dieu ,  qui  est  attachée  à 
son  service  et  soumise  à  ses  ordres.  Luc.  1. 
38.  Ecce  ancilla  Domini  :  Voici  la  servante 
du  Seigneur,  v.  48.  Quia  respexit  humilitatem 
ancillœ  suœ  :  Il  a  regardé  la  bassesse  de  sa 
servante.  1.  Reg.  1. 11.  Joël  2.  29.  Ps.  8o.  16. 
Ps.  115.  15.  Act.  2.  18.  etc 

4°  Les  prophètes  et  les  apôtres  sont  ap- 
pelés les  Servantes  de  la  sagesse  (  Boîtlaç 
servus).  Prov.  9.  3.  Misit  ancillas  suas  ut 
vocarent  ad  arcem  :  La  Sagesse  a  envoyé  ses 
servantes,  pour  les  appeler  dans  la  forte- 
resse. Le  Grec  porte  ses  serviteurs,  que  la 
sagesse  éternelle  a  envoyés  pour  inviter  les 
hommes  à  !a  pariicipation  de  ses  grâces, 
qui  sont  le  festin  qu'il  leur  préparait  dans 
son  Eglise;  mai?  les  Juifs  les  ont  maltraités, 
comme  dit  saint  Luc.  11.  49.  Propterea  et 
Sapientin  Dei  dixit  :  Mittam  ad  illos  Pro' 
phetas  et  Aposlolos.  C'est  pourquoi  la  Sa- 
gesse de  Dieu  a  dit  :  Je  leur  enverrai  des 
prophètes  cl  des  apôtres,  et  ils  en  tueront 
les  uns  et  persécuteront  les  autres.  Le  terme 
de  servante  ,  dont  Salomon  se  sert  dans  cet 
endroit  des  Proverbes,  convient  mieux  que 
celui  de  serviteur  à  la  Sagesse,  qui  est  re- 
présentée comme  une  grande  reine. 

5°  La  synagogue  des  Juifs,  opposée  à  l'E- 
glise de  la  nouvelle  loi,  est  figurée  par  Agar, 
opposée  à  Sara.  Gai.,  4,  31.  Non  sumus 
(tncillœ  {■ncm^i'7/n)  filii ,  sed  liberœ  :  Nous  ne 
sommes  point  les  enfants  de  la  servante, 
mais  de  la  femme  libre.  Voy.  Alleooria 

ANGILLULA.  Nom  diminutif  d'anc///o,  une 
petite  servante;  dans  l'Ecriture,  une  demoi- 
selle suivante,  une  fille  de  chambre  (ât''^/j«). 
Estli.  15.  10.  Lnssum  super  nncillulnm  recH- 
navit  caput  :  Eslhcr,  étant  tombée  coinm^ 


2^g  DICTlOiNNAIUE  DE  l'IlILOLOGIE  SACRLE 

évanouie .  laissa  tomber  sa  tête  sur  la  flile 


251 


qui  la  soutenait. 

ANGORA,  M.  Ce  mot  vient  du  grec  «yxuca, 
et  signifie,  1°  une  ancre  de  vaisseau.  Act.  27. 
40.  Et  cum  ancoras  sustulissent ,  committe- 
bant  se  mari  :  Ayant  retiré  les  ancres,  ils 
s'abandonnèrent  à  la  mer.  v  29.  30.  2°  Dans 
le  sens  métaphorique,  l'espérance  chrétienne 
est  une  ancre  qui  affermit  noire  âme  contre 
les  tempêtes  qui  peuvent  arriver  dans  les  di- 
vers événements  de  la  vie  présente.  Heb.  G. 
19.  Qmm  sicut  ancoram  hahemus  animœ 
tutam  ac  firmam  :  Cette  espérance  sert  à 
notre  âme  comme  d'une  ancre  ferme  et  as- 
surée. 

ANDREAS,  JE.  Ce  nom  vient  du  grec  «wio 
vir,  et  signifie  virilis,  fort,  courageux. 

André,  apôtre  de  Jésus- Christ,  frère  de 
saint  Pierre,  et  disciple  de  saint  Jean-Bap- 
tiste; il  était  de  Bethsaïde,  et  fui  le  premier 
appelé  à  l'apostolat,  avec  son  frère.  Joan.  1. 
40.  Erat  Andréas  frater  Simonis  Pétri,  nnus 
ex  duobus  qui  audierant  aJoanne^  et  seciiti 
fuerant  eum  :  André,  frère  de  Simon  Pierre, 
était  l'un  des  deux  qui  avaient  suivi  Jésus. 
Malth.  4.  18.  c.  10.  2.  etc.  Il  a  prêché  dans  la 
Scylhie,  dans  la  Grèce  et  dans  l'Epire,  et  a 
été  crucifié  à  Palras ,  dans  l'Achaïe. 

ANDRONICUS,  Heb.  Vir  victor.  Ce  nom 
vient  du  grec  àv-np,  vir,  et  de  vûjj,  Victoria. 
i"  Un  officier  du  roi  Antiochus  Epiphane. 
2.  Mach.  4.  31.  Festinanter  Rex  venit  sedare 
illos ,  reli'cto  suffecto  uno  ex  comiiibus  suis 
Andronico  :  Le  roi  vint  en  grande  hâte,  pour 
apaiser  la  sédition ,  ayant  laissé  pour  son 
lieutenant  un  des  grands  de  sa  cour,  nommé 
Andronique.  Il  fit  tuer  en  trahison  le  saint 
pontife  Ouias  ;  mais  il  expia  par  sa  mort  le 
meurtre  d'un  si  vertueux  personnage,  v.  32. 
34.  38.  c.  5.  23. 

2°  Un  parent  de  saint  Paul,  et  son  compa- 
gnon dans  les  chaînes.  Rom.  16.  7.  Salulale 
Andronicum  et  Juniam  cognatos  et  concap- 
tivos  meos  :  Saluez  Andronique  et  Junie,  qui 
ont  été  compagnons  de  mes  liens. 

ANEM ,  Heb.  Responsio  eorum,  ville  de  la 
tribu d'Issachar.  l.Par.  6.  73.  Anemcum  sub- 
urbanis  suis.  Cette  ville  fut  donnée  aux  lé- 
vites, avec  SCS  faubourgs  ;  elle  est  appelée 
Engannim.  Jos.  19.  21.  c.  21.  29.  Gr.  T^rr/n 
'/puiLuù-M-j ,  Fons  liltcrarum. 

ANER,  Heb.  Responsio  lucernœ.  1°  Aner, 
Amorrhéen ,  qui  avait  fait  alliance  avec 
Abraham.  Gènes.  14.  13.  Ilabitabut  in  con- 
valle  M'imbre  fratris  Escol  et  fratris  Aner  : 
Abraham  demeurait  dans  la  vallée  de  Mam- 
bré,  Amorrhéen  ,  frère  d'Escol  et  d'Ancr. 
v.  24.  —  2°  Ville  de  la  tribu  de  Manassés  , 
donnée  aux  enfants  de  Caalh.  1.  Par.  6.  70. 
ANETHUM,«v>30ov.  Ce  mot  vient  d'avw,  5«r- 
sum,  et  de  Oéeiv,  crescere,  parce  que  l'anet 
croît  fort  vile. 

L'anet  est  une  herbe  qui  ressemble  au  fe- 
nouil ,  cl  qui  a  des  fleurs  jaunes  en  bouquet  ; 
sa  graine  est  plate  et  odoriférante,  et  sa 
tige  est  haute  d'une  coudée  et  demie  :  on  en 
faisait  autrefois  des  chapeaux  dans  les  festins. 
Jésus-Christ,  pour  marquer  l'hypocrisie  des 


Pharisiens,  leur  reprochait  qu'ils  payaient 
les  dîmes  de  la  menthe  et  de  l'anet.  Matth., 
23.  23.  Vœ  vobis,  Scribœ  et  Pharisœi,  quideci- 
matis  mentham  et  anethum  et  cymimim,  et  re- 
liquistis  quœ  graviora  sunt  legis  :  Malheur 
à  vous.  Scribes  et  Pharisiens  hypocrites, 
qui  payez  la  dîme  de  la  menthe,  de  l'anet  et 
du  cumin,  pendant  que  vous  négligez  ce  qu'il 
y  a  de  plus  important  dans  la  loi. 

ANGARIARE.  Ce  verbe  vient  du  grec 
ùyyc/.pfôeiv  ,  qui  signifie  proprement  con- 
traindre ,  de  la  pan  du  prince  ou  des  magis- 
trats ,  de  rendre  quelque  service ,  et  est 
formé  du  nom  persan  «-/'/«pot ,  angari.  C'é- 
taient les  messagers  ou  courriers  des  rois 
de  Perse  ,  qui  avaient  droit  de  prendre  les 
chevaux  qu'ils  rencontraient  ,  pour  aller 
plus  vile,  et  même  de  contraindre  les  per- 
sonnes qu'ils  trouvaient  d'aller  avec  eux  , 
pour  les  conduire.  Malth.  5.  41.  Quicumque 
te  angariaverit  mille  passus  :  Si  quelqu'un 
vous  veut  contraindre  de  faire  mille  pas  avec 
lui.  c.  27.  32.  Ma.rc.  15.  21.  Et  angariaverunt 
prœtereuntem  quempiam  :  Ils  contraignirent 
un  homme  qui  passait  de  porter  la  croix  de 
Jésus. 

ANGELUS,  1.  «yvsAoj,  nuntius.  Ce  nom  est 
grec ,  et  signifie  proprement  un  messager 
qui  porte  quelque  nouvelle.  Dans  l'usage, 
le  mot  d'ange  signifie  une  substance  spiri- 
tuelle et  intelligente ,  qui  lient  le  premier 
rang  entre  les  créatures  de  Dieu.  L'Ecriture 
ni  les  Pères  ne  nous  assurent  point  qu'il  y 
ait  neuf  chœurs  ou  neuf  ordres  de  ces  es- 
prits ;  car  l'Ecriture  n'en  parle  presque 
point,  et  les  Pères  en  parlent  diversement  : 
les  uns  en  mettent  plus,  les  autres  moins, 
et  laissent  à  chacun  la  liberté  de  suivre  ce 
qui  lui  paraîtra  plus  vraisemblable  :  on  ne 
peut  pas  non  plus  assurer  quelle  est  leur 
science,  leur  lumière  et  la  subordination 
qu'ils  ont  les  uns  envers  les  autres.  Aug. 
Ench.  c.  58.  -Quornodo  se  habeat  beatissima 
illa  et  superna  societas,  quœ  ibi  sint  diffe- 
rentiœ  personarum  ;  et  quid  inter  se  distent 
quatuor  illa  vocabula  quibus  universam  ipsam 
cœlestem  socielatem  videlur  Apostolus  esse 
complexus ,  dicendo ,  Col.  1.  16.  Sive  Throni, 
sive  Bominaliones,  sive  Principatus,  sive  Po- 
lestates ,  dicant  qui  possunt ,  si  tamen  pos- 
sunt  probare  quod  dicunt ,  ego  me  ista  igno- 
rare  fateor. 

Néanmoins,  sur  l'autorité  de  saint  Denis, 
saint  Grégoire  le  Grand  ,  suivi  par  sainl 
Thomas,  et  les  autres  scolastiques,  trouvent 
dans  l'Ecrilure  neuf  chœurs  d'anges,  divisés 
en  trois  hiérarchies  :  la  première  comprend 
les  Séraphins,  les  Chérubins  et  les  Trônes;  la 
seconde,  les  Dominations,  les  Vertus,  et  les 
Puissances  ;  la  troisième,  les  Principautés, 
les  Archanges  et  les  Anges  Voy.  safnt  Denis, 
de  Hierarch.  Cœlesti ;  Gregor.  Magn.  Homil. 
34.  in  Evang. 

Le  mol  d'ange  se  met  pour  tous  les  ordres 
des  esprits  célestes  ,  quoiqu'il  se  prenne 
aussi  pour  le  dernier  chœur  des  anges.  Luc. 
1.  26.  Missus  est  Angélus  Gabriel  :  l'ange 
Gabriel  fut  envoyé  de  Dieu;  il  était  un  des 
archanges,  comme  le  marque  saint  Jérôme  , 


257 


ANG 


ANG 


9.58 


in  Dan.  8. 16.  Ainsi  Raphaël  est  appelé  ange. 
ïob.  12.  15.  Ego  sum  Raphaël  Angélus  unies 
ex  septemqui  aslant  ante  Dominum  :  Je  suis 
l'ange  Raphaël,  l'un  des  sept  qui  sommes 
toujours  présents  devant  le  Seigneur.  L'an- 
tiquité a  cru  que  ces  sept ,  qui  marquent 
peut-être  un  grand  nombre,  étaient  ar- 
changes, et  d'un  ordre  supérieur  aux  autres 
anges. 

Au  reste,  comme  le  nom  d'ange  est  un 
nom  de  service  et  de  ministère,  et  non  pas 
un  nom  de  nature,  ce  sont  toujours  des  es- 
prits; mais  ils  ne  sont  appelés  anges  que 
quand  ils  sont  envoyés  ;   ainsi   il  signifie. 

1'  Ambassadeur,  envoyé.  Ps.  103.  5.  Qui 
fucis  angelos  tuos  spiritus  :  Vous  vous  ser- 
vez des  esprits  pour  en  faire  vos  ambassa- 
deurs et  vos  anges.  Hcb.  1.  7.  ainsi,  Ps.  77. 
29.  Panem  angelorum  manducavit  homo  : 
L'homme  mangea  le  pain  des  anges;  c'est-à- 
dire  la  manne,  qui  était  un  pain  préparé  ou 
cnvoyépar  le  ministèredes  anges,  v.  5i.  Im- 
missiones  per  angelos  malos  :  Dieu  affligea  les 
Egyptiens  par  les  différents  Iléaux  qu'il  leur 
envoya  par  le  ministère  des  mauvais  anges: 
plusieurs  croient  que  ces  anges  sont  appelés 
mauvais,  à  cause  des  punitions  qu'ils  exer- 
çaient de  la  part  de  Dieu,  que  c'était  néan- 
moins de  bons  anges.  En  effet,  comme  dit 
saint  Paul,  Heb.  1.  li.  Nonne  omnes  sutit 
administratorii  spiritus  in  ministerium  missi 
propter  eos  qui  hœredifatem  capient  salutis  ? 
Tous  les  anges  ne  sont-ils  pas  des  esprits, 
qui  tiennent  lieu  de  serviteurs  et  de  minis- 
tres, étant  envoyés  pour  exercer  leur  minis- 
tère en  faveur  de  ceux  qui  doivent  être  les 
héritiers  du  salut?  Ainsi,  quelque  ambassa- 
deur, ou  quelque  envoyé  que  ce  soit,  est 
quelquefois  appelé  du  nom  d'ange.  Prov.  17. 
11.  Semper  jurgia  quœrit  malus,  Angélus  au- 
tem  crudelismittelur  contra  eum:  Le  méchant 
cherche  toujours  querelle;  mais  un  ange 
cruel  sera  envoyé  contre  lui  ;  soit  que  ce 
soit  un  messager  de  mort,  envoyé  par  un 
ange  ;  soit  que  ce  soit  un  mauvais  ange 
pour  l'affliger  dès  celte  vie.  Isa.  18.  2.  Ile, 
Angeli  veloces  :  Allez,  anges  légers  ;  ces  an- 
ges sont  ou  les  ambassadeurs  que  les  Egyp- 
tiens envoyaient  aux  Assyriens,  avant  que 
de  leur  déclarer  la  guerre,  ou,  selon  d'au- 
tres, les  Assyriens  même?  que  Dieu  envoie 
contre  l'Egypte  pour  la  ruiner,  c.  23.  7. 
Ainsi,  2.  Cor.  12.7.  Angélus  Satanœ  :  L'Ange 
de  Salan  :  c'était  un  démon  que  Lucifer  avait 
envoyé  à  saint  Paul,  pour  exciter  en  lui  une 
passion  déréglée.  Voy.  Stimulus. 

2°  Les  bons  anges,  ces  esprits  célestes, 
qui  ont  persévéré  dans  la  bonne  volonté 
qu'ils  ont  reçue  de  Dieu,  et  qui  sont  demeu- 
rés dans  l'obéissance.  Ps.  103.  5.  Qui  Cucis 
angelos  luos  spiritus  :  Vous  rendez  vos  an- 
ges aussi  prompts  que  les  vents,  pour  exc- 
culcr  vos  ordres.  Ps.  137.  2.  Gen.  19.  1.  c. 
28.  12.  Ps.  90.  11.  Ps.  96.  8.  et  souvent 
ailleurs. 

3"  Les  mauvais  anges,  les  malins  esprits  , 
qui  ayant  été  créés  de  Dieu  dans  la  justice  , 
n'y  sont  pas  demeures,  mais  se  sont  révol- 
tés contre  Dieu.   1.  Cor.  6.  3.  Nescitis  qno- 


niam  angelos  judicabimus?  Ne  savcz-vous 
pas  que  nous  serons  juges  des  anges  mêmes? 
en  approuvant  la  sentence  du  juge,  et  mon- 
trant par  notre  exemple  la  justice  de  leur 
condamnation.  2.  Petr.  2.  k.  Jud.  6.  ainsi, 
Rom.  8.  38.  Neque  angeli  ;  ni  les  anges  mê- 
mes; c'est-à-dire,  les  démons  de  quelque 
ordre  qu'ils  soient,  ou  qu'ils  aient  été,  ne 
pourront  pas  nous  séparer  de  Dieu. 

i°  Les  anges,  bons  ou  mauvais.  1  Cor.  4. 
9.  Spectaculum  facti  sumus  mundo,  et  ange- 
lis  et  hominibus  :  On  nous  fait  servir  de  spec- 
tacle au  monde,  aux  anges  et  aux  hommes  : 
les  bons  anges  regardaient  saint  Paul  avec 
complaisance,  cl  les  mauvais  avec  exécra- 
tion :  il  en  était  de  même  des  bons  et  des 
méchants  parmi  les  hommes  ;  on  peut  rap- 
porter à  cette  signification  les  anges  consi- 
dérés selon  leur  nature,  sans  avoir  égard  à 
l'état  fixe  où  ils  sont.  Job  4.  18.  In  angelis 
suis  reperit  pravitatem  :  Dieu  a  trouve  du 
dérèglement  jusque  dans  ses  anges  ;  parce 
que,  depuis  leur  création,  les  bons  étant  de- 
meurés fermes  dans  la  vérité,  les  mauvais  se 
sont  eux-mêmes  éloignés  de  Dieu  par  leur 
propre  volonté.  Hebr.  2.  16.  Nusquam  ange- 
los apprehendit  :  Il  ne  s'est  pas  rendu  le  libé- 
rateur des  anges,  comme  il  a  sauvé  les  hom- 
mes par  l'incarnation  de  son  Fils. 

5"  Le  nom  d'ange  est  aussi  donné  à  Jésus- 
Christ  Notre-Seigneur,  envoyé  pai  son  père 
dans  ce  monde  pour  nous  déclarer  sa  volon- 
té, et  pour  exécuter  l'ouvrage  de  noire  sa- 
lut. Malach.  3.  1.  Veniet  ad  templum  suum 
Doininator,  quem  vos  quœritis,  et  angélus 
testamenti  quem  vos  vultis  :  Le  Dominateur 
que  vous  cherchez,  et  l'Ange  de  l'alliance  si 
désiré  de  vous,  viendra  dans  son  temple  ;  il 
est  appelé  VAnge  de  ialliance,  parce  qu'il  a 
été  envoyé  de  Dieu  pour  être  lui-même  par 
son  sang  le  médiateur  de  l'alliance  que  Dieu 
devait  faire  avec  les  hommes. 

6°  Les  pasteurs  et  les  ministres  de  l'Eglise. 
Malach.  2.  7.  Labia  sacerdotis  cusiodient 
scientiam,  et  legem  requirent  ex  ore  ejus,  quia 
angélus  Domini  exercituum  est  ;Les  lèvres  du 
prêtre  seront  les  dépositaires  de  la  science  , 
et  c'est  de  sa  bouche  que  l'on  recherchera  la 
connaissance  de  la  loi  :  parce  qu'il  est  l'ange 
du  Seigneur  des  armées  ;  c'esl-à-dire,  l'am- 
bassadeur de  Dieu  et  l'interprète  de  ses  vo- 
lonlés.  Apoc.  1.  20.  Septem  stellœ  ,  angeli 
sunt  septem  ecclesiarwn  :  Les  sept  étoiles 
sont  les  sept  anges  ;  les  évêques  des  sept 
Eglises,  c.  2.  v.  1.  8.  12.  18.  c.  3.  v.  1.  7.  li. 
C'est  en  ce  sens  qu'on  interprète  aussi  cet 
endroit  de  rEcclésiasle.  c.  5.  5.  Neque  di- 
cas  coram  angeloiNc  dites  pas,  devant  l'ange, 
devant  les  ministres  de  Dieu,  qui  sont  appe- 
lés anges,  dans  l'Ecriture  ;  autrement,  devant 
l'ange  qui  garde  chacun  de  nous:  ainsi,  1. 
Cor.  11.  10.  Débet  mulicr  potestatem  habere 
supra  caput  propter  angelos  :  La  femme  doit 
porter  sur  sa  tête  la  marque  de  la  puissance 
que  l'homme  a  sur  elle,  à  cause  des  anges, 
à  cause  du  respect  qu'elles  doivent  aux  prê- 
tres, qui  sont  les  anges  de  l'Eglise.  Cela  so 
pcul  entendre  aussi  des  anges  mêmes,  qui 
sont  présents  aux  assemblées;  des  chrétiensi 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 
précursenr  de  Je 


259 

*!"  Saint  Jean-Baptisle.  .  ,^  ,     ^    o 

sus-Christ,  est  appelé  son  ange.  Malach.  S 
1  Ecce  ego  mitto  angelum  meum  :  Je  vais 
vous  envoyer  mon  ange,  qui  préparera  ma 
voie  devant  ma  face.  Jésus-Christ  explique 
iui-même  ces  paroles,  Matth.  11.  10.  Marc. 
1.  '2.  Luc.  7.  27 

8°  Les  prophètes,  ou  plutôt  les  apôtres  , 
représentés  par  les  douze  anges  qui  sont 
aux  portes  de  la  Jérusalem  céleste.  Apoc. 
21.  12.  In  portis,  angelos  duodecim  :  Il  y 
avait  douze  portes,  et  douze  anges,  un  à 
chaque  porte  :  ces  anges  marquent  les  apô- 
tres, et  les  autres  ministres  de  Dieu,  par  le 
ministère  desquels  les  fidèles  entrent  dans 
cette  cité  bienheureuse. 

9'  Les  magistrats,  qui  tiennent  la  place  de 
Dieu,  sont  appelés  anges,  à  cause  de  leur  di- 
gnité. Ps.  137,  2.  In  conspectu  angeloriim 
psallam  libi  :  Je  célébrerai  votre  gloire  en 
présence  des  juges  et  des  conducteurs  du 
peuple  :  le  mot  Elohim,  interprété  par  celui 
à'angeli,  est  souvent  rendu  par  le  mot  dii , 
ou  Judices  :  on  peut  aussi  l'entendre  des  an- 
ges mêmss  que  David  veut  avoir  pour  té- 
moins de  sa  piété 

10'  Des  gens  forts  et  robustes.  Job  41. 16. 
Timebunt  angeli  (fleb.  Elim,  fortes),  et  ter- 
ritïpurgahuntur  :  Lorsque  ce  monstre  s'élève 
dans  l'Océan  au-dessus  des  eaux,  les  plus 
forts  sont  dans  la  frayeur,  et  ne  pensent 
qu'à  se  purifier  de  leurs  fautes  pour  se 
préparer  à  la  mort.  Voy.  Purgare.  U  y  a  de 
l'apparence  que  l'interprète  a  lu  Elohim  au 
lieu  (i'Elim,  pour  mettre  angeli,  au  lieu  de 
fortes  :  Gr.  BvpîK  -zerpccizo^x,  Ferœ  quadrupèdes. 
ANGELICUS,  A  UM.  Ce  mot  qui  vient  d'an- 
gelus,  signifie  angélique,  qui  tient  de  l'ange; 
mais  dans  le  sens  figuré 

Angélique  se  dit  des  qualités  excellentes 
de  quelque  chose.  Judic.  13.  6.  Vir  Dei  ve- 
nit  ad  me  habens  vnltiim  angelicum:  Un  hom- 
me de  Dieu  est  venu  à  moi,  qui  avait  un 
vis.igc  d'ange;  c'est-à-dire,  plein  d'une  grande 
majesté,  et  d'une  beauté  nngélique  :  c'est  la 
même  chose  ]ue  ce  qui  est  dit  de  saint 
Etienne,  Act.  6.  15.  Viderunt  faciem  ejus 
tamquam  faciem  angeli  :  Son  visage  leur  parut 
comme  le  visage  d'un  ange ,  tout  majes- 
tueux et  brillant;  parce  que  les  anges  ont 
une  nature  excellente  :  ce  mot  d'ange  mar- 
que (juclquefois  ce  qui  est  excellent  en  quoi 
que  ce  soit.  1.  Rcg.  29.  9.  Jfionus  es  tu  in 
oculis  meis,  sicut  angélus  Dei:  Je  vous  esti- 
me, dit  Achis  à  David,  comme  un  ange  de 
Dieu;  c'est-à-dire,  comme  un  homme  extraor- 
dinaire et  d'un  grand  mérite.  Voy.  Bonus.  2. 
Keg.  l'i^.  17.  Sicut  angélus  Dei,  sic  est  Do- 
minus  meus  Rex,  ul  nec  benediclione,  nec  ma- 
lediclione  moveatur  :  Le  roi,  mon  Seigneur  , 
est  comme  un  ange  de  Dieu,  qui  n'est  tou- 
ché ni  de  bénédictions  ni  de  malédictions  : 
cette  femme  loue  David  de  sa  fermeté  à  faire, 
le  bien,  sans  se  mettre  en  peine  de  ce  que 
les  hommes  en  pensent,  v  20.  Sapiensessic- 
ut  hnbet  sapientiam  angélus  Dei  :  Vous  êtes 
sage  romme  le  serait  un  ange  de  Dieu  :  c'est 
ù  peu  près  ce  que  dit  aussi  Miphiboseth   à 


260 


David,  c.  19.  27.  Sicut  angélus  Dei  es:  Vous 
êtes  comme  un  ange  de  Dieu,  vous  avez  une 
sagesse  divine,  pour  démêler  toutes  choses  : 
c'est  en  ce  sens  que  saint  Paul  appelle  un 
langage  excellent,  un  langage  d'ange.  1.  Cor 
13.  1.    Voy.  LiNGUA. 

ANGERE.  Ce  verbe  vient  du  grec  â'yxetv, 
strangulare,prœfocare,  et  signifie,  faire  de  la 
peine,  fâcher,  contrister.  1.  Reg.  1.  6.  AffLi- 
gebat  eam  œmtila  ejus,  et  vehementer  ange- 
6ar- Phenenna  affligeait  Anne,  et  la  tour- 
mentait excessivement,  jusqu'à  lui  insulter 
de  ce  que  le  Seigneur  l'avait  rendue  stérile. 

ANGULUS,  I.  ywvta.  Ce  nom  vient  du  grec 
ayy.vlog,  incui'vus  ;  parce  que  tout  angle  est 
courbé,  puisque  c'est  l'inclination  de  deux 
lignes  l'une  vers  l'autre  :  ainsi  il  signifie  pro- 
prement, un  angle  en  terme  de  géométrie  : 
dans  l'Ecriture. 

1"  Un  angle,  une  encoignure,  le  coin  ou 
aboutissent  deux  rues  ou  deux  murailles,  ou 
quelques  autres  corps  (  iiépoç  pars).  Matth. 
6.  5.  Amant  in  Synagogis  et  in  anguHs platea- 
rumstantes  orare  :  Les  hypocrites  affectent 
de  prier  en  se  tenant  debout  dans  les  syna- 
gogues et  aux  coins  des  ruos,  pour  être  vus 
des  hommes.  Exod.  25.  v.  12.  26.  Pones  eos 
in  quatuor  angulis  mensœ:  Vous  mettrez  qua- 
tre anneaux  d'or  aux  quatre  coins  de  la  ta- 
ble, c.  20.  V.  19.  23.  ç.  27.  2.  4.  etc.  d'où 
vient  Porta  anguli:  La  Porte  des  angles.  4. 
Reg.  U.  13.  Jerem.  31.  38.  Voy.  Porta. 

2°  Les  tours  et  les  bastions,  qui  sont  ordi- 
nairement aux  angles  des  murs.  Soph.  1.  16. 
Dies  tubœ  et  clangoris  super  civitates  munilas 
et  super  angulos  excelsos  :  Il  viendra  un  jour 
où  les  villes  fortes  et  les  hautes  tours  trem-. 
bleront  au  fier  retentissement  de  la  trom- 
pette :  le  prophète  prédit  la  ruine  de  Jérusa- 
lem par  les  Chaldéens,  c.  3.  6.  Disperdidi 
gentes,  et  dissipati  sunt  anguli  earum  :  J'ai 
exterminé  les  peuples,  leurs  tours  ont  été 
abattues.  On  peut  aussi  expliquer  ces  an- 
gles dos  princes  du  peuple. 

3"  L'extrémité,  le  bout  de  quelque  chose 
(  Tzzcpvyiov,  ala  ).  Num.  15.  38.  Faciant  sibi 
fimbrias  per  angulos  palliorum  :  Qu'ils  se  fas- 
sent des  franges  aux  coins  de  leurs  man- 
teaux. Deut.  22.  12.  Voy.  Fimbria.  Ainsi  , 
anguli  terrœ  :  Les  coins  de  la  terre  sont  les 
extrémilés  du  monde.  Apoc.  7.  L  Vidi  qua- 
tuor angelos  s  tantes,  super  quatuor  angulos 
terrœ  :  Je  vis  quatre  anges  aux  quatre  coins 
de  la  terre.  Le  monde  se  divise  en  qnatre 
parties,  qui  en  sont  les  extrémités,  c.  20.  7. 

k°  Ce  qui  fait  touie  la  force  et  le  soutien 
de  quelque  chose.  Isa.  19;  3.  Deceperunt 
jEgyptum  ,  angulum  populorum  ejus:  Les 
princes  de  Mcmphis  ont  séduit  l'Egypte,  ils 
ont  détruit  la  force  et  le  soutien  de  ses  peu- 
ples (xa7«  (fvlàç,  per  tribus,  seu populos).  Ainsi 
les  princes  et  les  chefs  qui  gouvernent  les 
peuples  ,  s'appellent  leurs  angles  (  yiHiia.  * 
Tractus,  primates  reyionis)  ,  Judic.  20.  2. 
Omnes  anguli  populorum  et  cunctœ  Tri- 
bus :  Tous  les  chefs  du  peuple,  et  toutes  les 
tribus.  1.  Reg.  14.  38.  La  métaphore  se  lire 
des  pierres  angulaires,  qui  sohtiennent  l'édi- 
fice [ini^lt-i^E  respeacit;  Heb.  Pinnah ,  angulus^. 


261 


ANG 


ANG 


2(}3 


Zarch.  10.  4.  Ex  ipso  angulus.  C'est  dans*Jada 
que  viendra  l'angle  qui  lie  le  bâtiment  ; 
cest-à-dire,  le  prince  et  le  chef  qui  soutien- 
dra la  république  des  Juifs.  Dieu  promet,  par 
ce  langage  figuré,  le  rétablissement  des  Juifs, 
et  leur  fait  espérer  des  princes  et  des  chefs, 
qui  réuniront  toutes  les  tribus  qui  vou- 
draient revenir  dans  leur  pays  ;  mais  le 
Prophète  marquait,  par  ces  paroles,  princi- 
palement Jésus-Christ,  qui  est  la  pierre  an- 
gulaire de  TEglise,  qui  lie  les  deux  peuples, 
Factus  est  in  capiit  anguli.  Ps.  117.  22.  Mallh. 
21.  kL  Marc.  12.  10.  Luc.  20.  17.  Act.  i.  11. 
1.  Pelr.  2.  7. 

5°  Lieu  secret  et  caché.  Prov.  25.  2i.  Me- 
lius  est  sedere  in  angulo  domatis  quam  cum 
mnliere  litigiosa,  et  in  domo  communi:ll  vau- 
drait mieux  demeurer  en  un  coin,  sur  le  haut 
de  la  maison,  que  d'habiter  dans  une  maison 
commune,  avec  une  femme  querelleuse,  c. 
21.  9.  Act.  26.  26.  Neque  enim  in  angido 
qnidquam  horum  gestion  est  :  Ce  ne  sont  pas 
des  choses  qui  se  soient  passées  en  secret  : 
cette  signiflcalion  vient  de  ce  qu'il  y  a  plus 
d'obscurité  dans  les  angles  ou  les  coins  d'un 
édifice  que  dans  les  autres  parties. 

ANGULARIS  ,  e.  «-/ooyojvjaror ,  a  ,  ov.  Angu- 
laire, qui  a  des  angles,  ou  qui  se  met  dans 
l'angle  :  ce  qui  ne  se  dit  guère  que  de  la 
pierre  fondamentale  qu'on  meta  la  première 
assise  d'un  bâtiment,  qui  fait  l'angle  ou  le 
coin  du  bâtiment,  et  qui  marque  dans  le 
sens  figuré: 

Ce  qui  soutient,  et  tient  ferme  quelque 
chose  de  son  assiette.  Job  38.  6.  Quis  demi- 
sit  lapide.yn  angularem  terrœ  ?  Sur  quoi  les 
bases  de  la  terre  sont-elles  affermies,  ou, 
qui  en  a  posé  la  pierre  angulaire  ?  Dieu  veut 
iiislruire  et  humilier  Job,  par  la  considéra- 
lion  des  ouvrages  de  sa  puissance  infinie. 

Ain&i  Jésus-Christ  est  appelé  la  pierre  an- 
gulaire de  l'édifice  (  «-/ooywvtaror  )  ;  c'est-à- 
dire  ,  la  pierre  fondamentale  qui  soutient 
l'Eglise.  Isa.  28.  16.  Ecce  ego  mittam  in  fun~ 
damentis  Sion  lapidem,  lapident  probaium,  an- 
gularem :  Je  m'en  vais  mettre  ,  pour  fonde- 
ment de  Sion,  une  pierre;  une  pierre  éprou- 
vée, angulaire  ,  précieuse,  qui  sera  un  ferme 
fondement.  Saint  Pierre  ,  qui  cite  ce  passage 
d'Isaïe,  l'entend  de  Jésus-Christ.  1.  Petr.  2. 
6.  aussi  bien  que  saint  Paul,  Eph.  2.  20.  Ipso 
summo  angulari  lapide  Christo  Jesu  :  Jésus- 
Christ  lui-même  est  la  principale  pierre  de 
l'angle. 

ANGULARE,  is,  Tra^ayo^vtTxo?.  Cc  nom  sub- 
stantif, qui  vient  d'angulus,  et  qui  n'est  point 
en  usage  en  latin  ,  signifie  une  équerre  ,  in- 
strument de  géométrie  ,  qui  sert  à  mesurer 
des  angles  droits.  Isa.  '+V.  1.3.  Fecit  illudin 
angularibus  :  Le  sculpteur  dresse  son  idole  à 
l'équerre  ,  et  lui  donne  toutes  ses  propor- 
tions :  l'Hébreu  porte  in  asciis,  avec  la  do- 
loire. 

ANGUSTIA  ,  .E  ,  ou  ANGUSTI^E  ,  arum. 
Ce  nom  ,  qui  vient  de  l'adjectif  angustus , 
étroit,  signifie  proprement,  un  lieu  étroit  et 
de  peu  d  ét''ndue,  ou  difficile  ;  mais  il  ne  se 
dit  guère  qu'au  pluriel  (au/«;.  sulcus).  Num. 
22.  2V.   Stctii    Angélus  in  angusliis   duanim 


maceriarum  :  L'ange  qui  apparut  à  Ralaam 
se  tint  dans  un  lieu  étroit  entre  deu\  mu- 
railles. 2.  Reg.  22.  46.  Gonlrahentur  in  an- 
gustiis  SUIS  :  Ils  se  renfermeront  dans  des 
lieux  étroits  {•jMY^lziT'^hç.  conclave).  Voy.  Con- 
TRàHERE.  2.  Mach.  12.  21.  et  dans  le  sens 
figuré  , 

Thren.  1.  3.  Omnes  persecutores  ejus  ap- 
prehenderunt  eam  inter  angiistias  :  Tous  les 
persécuteurs  de  la  fille  de  Juda  se  sont  saisis 
d'elle  ,  l'ayant  surprise  comme  dans  un  dé- 
troit (Ç»).toovT:,-  ,  affligentes).  Les  Juifs  qui  , 
pour  éviter  la  rigueur  de  la  servitude  ,  s'é- 
taient réfugiés  en  Egypte  et  dans  les  pays 
voisins,  furent  poursuivis  et  surpris  parleurs 
ennemis,  sans  pouvoir  ni  retourner  dans  leur 
pays,  ni  demeurer  où  ils  étaient.  Ainsi,  Dan. 
13.  22.  Angustiœ  su7it  mihi  undique  :  Je  ne 
vois  que  péril  et  qu'angoisse  de  toutes  parts: 
Susanne  s'y  trouvait  prise  comme  dans  un 
défilé  («7T=và,  arcta,  angusta). 

ANGUSTIA,  m.  c-vioyjjioiv..  Ce  nom,  qui 
est  fort  peu  usité  chez  les  Latins, dans  le  sens 
figuré ,  se  trouve  souvent  dans  l'Ecriture  , 
pour  signifier  ces  vieux  mots  français  :  an- 
goisse et  détresse;  lorsqu'il  arrive  quelque 
affaire  fâcheuse  qui  afflige  et  lient  le  cœur 
serré  :  d'où  vient  Angustia  animœ,  ou  spiri- 
tus;  serrement  de  cœur.  Gènes.  i2.21.Exod. 
6.  9.  Sap.  o.  3. 

1°  Affliction,  peine  d'esprit  (5r;oa,  venatto; 
captura  ;  Trayù-,  ooç,  laqueus).  Prov.  11.  8.  Jii- 
stus  de  angustia  liberatus  est  :  Le  Juste  a 
été  délivré  des  maux  qui  le  pressaient,  c.  12. 
13  Effugiet  juslus  de  angustia:Le  juste  sera 
délivré  des  maux  présents,  c.  17.  17.  Frater 
in  angusliis  comprobatur  :  Le  frère  se  con- 
naît dans  l'affliction.  2.  Cor.  6.  i.  c.  12.  10. 
Placeo  tnihi  in  infirmitatibus  meis in  an- 
gusliis pro  Christo:  Je  sens  de  la  satisfaction 
et  de  la  joie  dans  les  faiblesses  où  je  me 
trouve,  dans  les  afflictions  pressantes  que  je 
souffre  pour  Jésus-Christ.  Deul.  26.  7.  c.  28. 
o3.  Judic.  10.  li.  etc.  Angustia  se  met  sou- 
vent avec  tribulatio.  Rom.  2.  9.  Tribulatio  et 
angustia  in  omnem  animam  hominis  operantis 
malwn  .-L'affliclioiietledésespoir  accableront 
l'âme  de  tout  homme  qui  fait  le  mal.  c.  8. 
33.  2.  Cor.  2.  4.  Esth.  H.  8.  Judith.  13.  25. 
Esth.  11.  8.  etc.  De  là  viennent  ces  phrases: 
Dies,  ou  tempus  angustiœ :Tvmps  de  malheur 
et  d'affliction.  2.  Par.  28.  22.  Prov.  2i.  10. 
etc.  Ainsi,  Angustia  temporum  ;  Temps  d'af- 
fliction ,  de  persécution.  Dan.  9.  23.  Rursutn 
œdificabitur  platea  et  viari  in  angustia  tem- 
porum.'Lcs  places  et  les  murailles  de  la  ville 
seront  bâties  de  nouveau  ,  parmi  des  temps 
fâcheux  et  difficiles  ,  quand  la  place  publi- 
que et  les  murs  de  Jérusalem  furent  rétablis 
par  Tordre  de  Néhémias  ;  les  Juifs  qui  bâtis- 
saient furent  toujours  incommodés  par  leurs 
voisins  :  Gr.  èzx£vw6>î<rovTO(  oi  xaiooi^  Evacua- 
buntur  tempora. 

Aqua  angusliœ  :  De  l'eau  d'affliction.  3. 
Reg.  22.  27.  Mittile  virumistum  in  carcerem^ 
et  sHftentate  rum  pane  tribulationis,  et  aqua 
angustiœ  :  Renfermez  cet  homme  dans  la  pri- 
son, cl  <iu'on  le  fasse  vivre  du  pain  de  dou- 
leur et  de  l'eau  d'affliction  ;  c'csl-à-dire,(iu'on 


263 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


264 


ne  lui  donne  qu'un  peu  de  pain   et  un  peu 
d'eau.  Voy.  Aqua.  Ezech.  k.  16. 

9-  Abaissement  ,  elat  de  souffrance  et  de 
patience  (raTTEivwat?)-  Isa.  5.3.  8.  De  angustia 
etjndicio  sublatus  est:  Après  ses  souffrances 
et  sa  condamnation  ,  il  a  élé  mis  à  mort,  où 
il  a  été  élevé  en  croix  ;  ou  bien  ,  après  les 
abaissements  et  sa  condamnation  ,  il  a  été 
élevé  en  gloire;  ce  même  passage  est  rendu 
de  la  sorte  ,  Act.  8.  .33.  In  humililate  judi- 
cium  ejus  sublatum  est  :  Dans  son  abaisse- 
ment il  a  été  délivré  de  la  mort  à  laquelle  il 
avait  élé  condamné. 

ANGUSTIARE  ,  ^Têvo/w^erv.  Ce  verbe  ,  qui 
n'est  point  dans  l'usage  du  latin  ,  se  prend 
pour  angustare,  qui  signifie  rétrécir,  resser- 
rer ;  eLdans  l'Ecriture  , 

1°  Presser,  déranger  ('5).if;îiv).  Eccli.  16. 
28.  Unusquisque  proximum  sibi  non  angustia- 
hit  in  œtermim:  Dans  toutes  les  parties  du 
monde,  jamais  l'une  n'a  pressé  ni  dérangé 
l'autre.  Le  Sage  parle  surtout  des  cieux  et 
des  astres  ,  qui  tournent  toujours  sans  se 
presser,  ni  s'endommager  l'un  l'autre. 

2°  Serrer  quelque  chose  de  si  près,  qu'elle 
ne  peut  point  se  dégager  (ayvT),ibetv).  Eccli. 
27.  2.  Sicut  inmedio  compaginis  lapidum  pa- 
lus figitur,  sic  et  inler  médium  venditionis  et 
emptïonis  angustiabitur  peccatum  :  Comme 
un  morceau  de  bois  demeure  enfoncé  entre 
deux  pierres,  ainsi  le  péché  sera  comme  res- 
serré entre  le  vendeur  et  l'acheteur  ;  c'est- 
à-dire  ,  qu'il  est  très-difflcile  que  ceux  qui 
vendent  ou  achètent  soient  exempts  de  péchés; 
parce  qu'il  y  a  une  avarice  secrète  enracinée 
dans  le  cœur,  qui  porte  les  uns  à  vendre  plus 
qu'ils  ne  doivent,  les  autres  à  acheter  à  un 
prix  trop  bas. 

3°  Presser  fort,  accabler.  2.  Cor.  1.  8.  In 
omnibus  Iribulationem  patimur,  sed  non  an- 
gustiamur  :  Nous  sommes  pressés  par  toute 
sorle  d'afflictions  ,  mais  nous  n'en  sommes 
point  accablés  :  d'autres  l'expliquent  du  ser- 
rement de  cœur,  que  cause  l'affliction. 

4°  Resserrer,  mettre  à  l'étroit.  2.  Cor.  6. 
12.  Non  angustiamini  in  nobis,  angustiamini 
autem  in  visceribus  vestris  .-Mes  entrailles  ne 
sont  point  resserrées  pour  vous  ,  les  vôtres 
le  sont  pour  moi  ;  comme  s'il  disait  :  Mon 
cœur  est  large  pour  vous  y  tenir  tous  ;  mais 
le  vôtre  est  si  étroit  ,  que  je  n'y  puis  pas  te- 
nir même  tout  seul  ;  je  vous  aime  beaucoup, 
vous  m'aimez  peu. 

5°  Tourmenter,  affliger  (0).iÇ£tv).  Sa  p.  5. 
1.  Tune  stabunl  jusli  in  magna  constantia  ad- 
versus  eos  qui  se  angustiaverunt  :  Les  justes 
s'élèveront  avec  une  grande  hardiesse  con- 
tre ceux  qui  les  auront  accablés  d'affliction  ; 
Hcb.  11.  37.  Angustiati,  affligés.  Eccli.  k.  3. 
Non  protrahas  datum  angustianti,  ou  angus- 
tiati; Gr.  indigentis:  Ne  différez  point  de  don- 
ner à  celui  qui  souffre. 

6"  Consterner,  faire  perdre  le  courage 
[hlzi-Kit'i).  Joan.  2.  8.  Cum  angusliaretur  in 
me  anima  mea  :  Dans  la  défaillance  extrême 
où  mon  âme  a  été  réduite  ,  je  me  suis  sou- 
venu de  vous  ,  Seigneur;  Gr.  èv  zô>  èyleinea, 
C«m(/e/îcere/.  Judith.  13.  2d.Àngusïiatus  prœ 
pavore  cecidil  in  fncicmsunm  :  Achior  voyant 


la  tête  d'Holophernc,  fut  saisi  d'une  si  grande 
frayeur,  qu'il  tomba  le  visage  contre  terre. 

ANGUSTUS,A  UM.  T-vJÔç.  Cet  adjectif,  qui 
vient  du  \evhcangere,  presser,  mettre  à  l'é- 
troit ,  signifie  :  étroit ,  serré.  Num.  33.  54. 
Pluribus  dabilis  laliorem^  paucis  angustio- 
rem  :  Vous  en  donnerez  une  plus  grande 
partie  à  ceux  qui  seront  en  plus  grand  nom- 
bre, et  une  moindre  à  ceux  qui  seront  moins. 
Jos.  17.  15.  4.  Reg  6.  1.  Isa.  W.  v.  19.  20. 
etc.  De  là  viennent  ces  expressions  Ggurées. 

Puteus  angustus  :  Un  puits  étroit  ;  pour 
marquer  un  danger  dont  il  est  difficile  de 
sortir.  Prov.  23.  27.  Puteus  angustus,  aliéna: 
La  femme  étrangère  est  un  puits  étroit  ;  il 
est  aussi  difficile  de  s'en  défaire,  que  de  sor- 
tir d'un  puits  étroit  quand  on  y  est  tombé. 
Voy.  Aliéna.  Ainsi,  Os  angustum  :  Un  abîme 
étroit.  Job.  36.  16.  Porta  angusta  :  Une  porte 
étroite  ,  pour  marquer  la  difficulté  qu'il  y  a 
de  parvenir  à  quelque  chose.  Malth.  7.  v.  13. 
ik.  Luc.  13.  2i.  Contendite  inlrareper  angus- 
tam  portam  :  Faites  effort  pour  entrer  par  la 
porte  étroite  :  cette  porte  étroite  est  la  vie 
chrétienne,  renfermée  dans  les  bornes  de  la 
loi  de  Dieu  ,  qui  ng  permet  point  de  s'écar- 
ter, ni  à  droite  ni  à  gauche  ,  pour  satisfaire 
les  désirs  déréglés  de  la  convoitise.  Voy. 
Porta. 

ANI  ,  Heb.  Responsio.  Un  lévite  destiné  à 
chanter  sur  les  instruments  de  musique.  1. 
Par.  15.  V.  18.20 

ANIA  ,  Heb.  Cunticum  Domini.  Un  chef  du 
peuple  juif  du  temps  d'Esdras.  2.  EsJr,  8.  k. 

ANIAM,  Dolor  populi.  Fils  de  Semida,  de 
la  Tribu  do  Manassés.  1.  Par.  7.  19 

ANILIS,  ypc/M^;.  Cet  adjectif,  qui  vient  du 
nom  anus,  vieille,  signifie  ce  (|ui  est  de 
vieille  ,  ce  qui  convient  à  une  vieille  ;  d'où 
vient  :  Fabula  anilis  :  Un  conte  de  vieille.  1. 
Tim.  i.  7.  Jneptas  autem  et  aniles  fabulas  de- 
vita  :  Fuyez  les  fables  impertinentes  et  pué- 
riles ,  semblables  aux  contes  que  les  vieilles 
femmes  font  aux  petits  enfants.  Les  hérésies 
des  premiers  temps  de  l'Eglise,  étaient  plei- 
nes de  contes  profanes  et  de  fables  imperti- 
nentes :  Saint  Paul  défend  à  son  disciple  de 
s'en  entretenir  ou  de  les  enseigner. 

ANIM,  Hcb.  RespondenteSf  ville  de  la  tribu 
de  Juda.  Josue.  15.  50. 

ANIMA  ,  JE.  -^v/jn.  Ce  mot  vient  A'animus, 
comme  domina,  de  dominus,  et  regina  de  rex, 
et  signifie  une  forme  substantielle  ,  qui  rend 
les  corps  vivants.  Les  anciens  ont  reconnu 
trois  sortes  d'âmes  :  la  végétative  ,  dans  les 
plantes  ;  la  sensitive,  dans  les  bêtes  ;  et  l'âme 
raisonnable  et  spirituelle  dans  l'homme  :  la 
végétative  est  simple ,  et  ne  donne  que  la 
vertu  de  nourrir  et  de  faire  croître;  la  spnsi- 
tive  a  deux  fonctions  ;  car  outre  qu'elle  a  la 
vertu  de  donner  l'accroissement  parla  nour- 
riture ,  elle  a  aussi  le  sentiment  qui  fait  re- 
cevoir par  les  organes  les  différentes  impres- 
sions des  objets.  Enfin  ,  l'âme  raisonnable 
de  l'homme  ajoute  à  ces  deux  premières,  de 
nourrir  et  de  sentir,  celle  de  raisonner  et  de 
juger.  Voy.  Aug.  de  Doct.  Chr.  l.  1.  c.  8.  Si 
vitnm  sine  sensu  vegetantem  invenerint,  qualis 
est  arborum,  prœponunt  ei  senlientem,  qualis 


265 


AM 


AM 


2o6 


est  pecorum;  et  huic  nirsus  inteJligentem  qua- 
lis  est   hominum:  Les   Hébreux    distincnent 
aussi  l'âme  de  l'esprit ,  et   appellent  Vâme 
sensilive:  nep/ie.ç  ;  et  l'esprit,  ou  la  partie 
spirituelle   de   l'âme  :  ruach,  sphitus.  Voy. 
Spiuitus.  Ainsi  ,  dans  lEcriture  ,  on  distin- 
gue dans  l'hoinmc  ces  Irois  choses  :  l'cspril, 
l'âme  et  le  corps  ;  comme  fait  saint  Paul ,  1. 
Tlioss.  5.  23.  Jpse  autem  Deiis  pacis  sanctifi- 
cet  vos  pcr  omnia  ,  ut  integer  spiritus  vester  , 
et  anima,  et  corpus  sine   querela  in  adventu 
Domini  nostri  Jesn  Chrîsti  servetnr;  Que  le 
Dieu  de  paix  vous  sancliGe  vous-mêmes  ,  et 
Yous   rende  parfaits  en   tout,  afin  que  tout 
ce  qui    est  en    vous,  l'esprit ,   l'ânjc   et  le 
corps  se  conservent  sans  tache  pour  i'avé- 
nement  de  Noire-Soigneur  Jésus-Christ.  Saint 
Augustin  parle  de  la  sorte,  en  plusieurs  en- 
droits :  Tria  simt  quibiis  homo  constat,  spiri^ 
tus,  anima  et  corpus,  quœ  rursiis  duo  dicun- 
tur,  quia  anima  simul  cum  spiritu  nominatur, 
pars    quœdam  ejusdem    ratiunalis    qua    ca- 
rent  besliœ,  spiritus  dicitur  ;  principale  nos- 
trum  spiritus  est,  deinde  rita  qua  conjungi- 
mur  corpori,  anima  dicitur,  j)ostremo  ishtd 
quod  visibileest  ultimum,  nostrum  est  corpus. 
Aug.  /.  deFide  etSymb.c.  10.  l   83.  quœst.T. 
l.  de  Orlu  animœ,  c.  17.  l.  2.  c.  2.  /.  i.  c.  2.  et 
alibi.  Ainsi  ce  mot  signifie  ,  dans  l'Ecriture  , 
l'esprit   et  la   partie    animale,   quelquefois 
l'un  et  l'autre,  quelquefois  la  personne  en- 
tière, quelquefois  le  corps  vivant,  et  même  le 
corps  mort  ;  enfin,  ce  mot  signifie  souvent  la 
vie  ,  et  quelquefois  les  affections  de  l'âme  ;  et 
les  autres  choses  qui  se  verront  dans  la  suite. 
1"  L'âme,  qui  est  la  forme  substantielle 
qui  rend  les  corps  vivants,  tels  qu'ils  soient. 
Job  12.  10.  In  cujus  manu  anima  omnis  vi- 
ventis:  Dieu  tient  dans  sa  main  l'âme  de  tout 
ce  qui  a  vie.  Gènes.  8.  21.  c.  9.  16. 

2'  La  partie  supérieure  et  spirituelle  de 
l'âmo,  l'âme  raisonnable.  1.  Petr.  2.  H.  06- 
secro  vos  abstinere  a  carnalibus  desideriis  quœ 
militant  adversus  animam  :  Je  vous  exhorte, 
mes  frères,  à  vous  abstenir,  comme  étant 
étrangers  et  voyageurs  en  ce  monde,  des 
passions  charnelles  qui  combattent  contre 
l'âme.  Matth.  10.  28.  c.  11.  29.  Luc.  12.  20. 
Acl.  10.  10.  2.  Cor.  12.  15.  Jac.  1.  21.  etc. 
Ainsi,  Ps.  15.  10.  Act.  2.  27.  Nonderelinques 
animam  meam  in  inferno  :  Vous  ne  laisserez 
point  mon  âme  dans  l'enfer.  Voy.  Infernus. 
3°  La  partie  supérieure  et  inférieure  de 
l'âme.  Gènes.  2.  "7.  Factus  est  homo  in  ani- 
mam virentem  :  Vhomme  devint  vivant  et 
animé;  car,  comme  dit  saint  Augustin:  /.  2. 
de  Orig.  animœ,  c.  2.  Aliquando  duo  ista  si- 
mul nominc  animœ  nuncupantur.  quale  est  il- 
lud,  factus  est  homo  in  animam  viveniem.  Gen. 
2.  Ibi  quippc  et  spiritus  intelligitur.  et  qu. 
7.  lil).  83.  Anima  aliquando  ila  dicitur  ut  cum 
mente  intclligatur,  veluti  cum  dicimus  homi- 
ncm  ex  anima  et  cor  pore  constare.  1.  Cor.  15. 
'1^5. 

V"  La  partie  animale  de  l'homme,  où  est 
le  siège  des  passion-.  Heb.  'i-.  12.  Perl  ingens 
usquc  ad  diiisioncm  animœ  et  spiritus  :  Là 
parole  de  Dieu  entre  et  pénètre  jusque  dans 
les  replis  de  l'âme  et   de  l'esprit.   Voy.  An- 

DlCTIONN.  DE  PHILOL.    SACRÉE.    1. 


CEPS.  Matt.  22.  .^7.  Diliges  Dominum  Deum 
ttium  ex  toto  corde  tuo,  et  in  tota  anima  tua, 
et  in  tota  mente  tua:  Vous  aimerez  le  Sei- 
gneur votre  Dieu  ,  de  tout  voire  cœur,  de 
tonte  votre  âme.  et  de  tout  votre  esprit. Dan. 
3.  86.  Luc.  2.  35.  c.  12.  19.  1.  Thess.  5.  23. 
etc.  Voy.  Grot.  in  Matth.  26.  'tl.  et  Fro- 
niond  ,  m  Thess.  5.  23.  De  là  vient ,  Affligere 
anfwam.Se  mortifier.  Voy.  Affligere. 
5"  L'animal  ,  la  bête  ,  Gen.  1.  v.  20.  21. 

Creavit  Deus omnem  animam  viventem  at- 

quc  motabilem:  Dieu  créa  tous  les  animaux 
qui  ont  la  vie  et  le  mouvement, que  les  eaux 
produisent  chacun  selon  son  espèce,  v.  20. 
ainsi,  v.  2V.  Producat  terra  animam  viventem 
in  génère  suo  :  Que  la  terre  produise  des  ani- 
maux vivants  ,  chacun  selon  son  espèce,  c. 
2.  19.  c.  9.  V.  10.  Î2.  15.  Levit.  11.  iO.  c.  2V. 
18.  Reddet  animam  pro anima:  11  rendra  une 
bête  pour  une  bête. 

6"  La  personne  même  ,  ou  l'homme  tout 
entier  (  «v/i_o  ).  Gen.  li.  21.  Da  mihi  animas^ 
cœtera  iolle  tibi:  Donnez-moi  les  personnes, 
et  prenez  le  reste  pour  vous.  c.  17.  14.  c.  27. 
k.  1.  Reg.  17.  1.  Isa.  29.  8.  Matth.  16.  26. 
(Voy.  Luc.  9.  25.)  Luc.  9.  56.  Art.  2.  27.  et 
souvent  ailleurs,  comme  Apoc.  !8.  13.  Mer- 
ces  mancipiorum  et  animarum  hominum  :  Les 
marchanditiL'S  d'esclaves  et  d'hommes  libres; 
ainsi  :  Omnis  anima  :  Toute  personne;  ce 
qui  est  fréquent  dans  le  Lévilique.  Joh  23. 
13.  Anima  ejus  quodcumque  volait,  hoc  fecit  : 
Dieu  l'ail  absolument  tout  ce  qu'il  lui  plaît. 
Gr.  KÙTàç,  Jerem.  31.  v.  H.  25. 

7"  Les  esclaves  s'appellent  du  nom  d'âmes, 
parce  que  leurs  corps  ne  sont  point  à  eux. 
Gen.  12.  5.  Talil  Abraham  animas  quas  fece~ 
rat  in  llarnn  :  Abraham  emmena  avec  lui 
Saraï,  sa  femme,  et  Lolh,  fils  de  son  frère,  et 
tout  ce  qui  leur  était  né  à  Haran  ;  les  escla- 
ves qui  lui  étaient  nés  dans  sa  maisou ,  ou 
qu'il  avait  acquis  d'ailleurs;  on  peut  aussi 
l'entendre  des  enfants  et  des  troupeaux  qu'il 
avait.  Ezcch.  27.  13.  Mancipia  advexeruné 
populo  luo  :  lis  amenaient  à  votre  peuple 
des  esclaves  ;  Gr.  Animas  hominum  :  Des 
âmes  d'hommes.  Voy.  Mancipium. 

8' La  vie,  dont  l'âme  est  le  principe.  Matih. 
2.  20.  Defuncti  sunt  qui  quœrcbanl  animam 
pueri  :  Ceux  qui  cherchaient  l'cnlaut  pour 
lui  ôter  la  vie  sont  morts.  Act.  20.  2'i.  Nihiù 
horum  vcreor,  nec  facio  animam  meam  prelio- 
siorciu  quam  me  :  Je  ne  crains  rien  de  toutes 
ces  choses, et  ma  vie  ne  ni'est  point  plus  pré- 
cieuse que  mon  salul,  dit  le  grnnd  apôtre 
saint  Paul,  Gen.  9.  5.  r.  19.  v.  17.  19.  Esth. 
4.13.c.7.v.3.7.Psal.7.2.Matlh.0.  25.Luc.12 
v.22.23.  et  dans  une  infinité  d'aulres  endroits 
de  l'Ecriture.  Thren.  5.  9.  ///  anim<(bus  nos- 
tris  affcrebamus  pancm  nobis  :  Nous  allions 
chercher  du  pain  pour  nous,  au  péril  de  nolr^» 
vie;  cette  signification  du  mol  d'âme  pioduit 
grand  nombre  de  phrases  dans  le  sens  li^iiio. 
Amare ,  ou  servare  ou  salvam  facrrc  ani' 
mam  suam  :  Aimer  sa  vie,  la  vouloir  sauver, 
c'est  aimer  les  comuiodilés  de  la  vie  prêtera- 
blemenl  au  salut.  Joan.  12.  25.  Matth.  IG, 
25.  Marc.  8.  35.  Luc.  9.  .vV.  ainsi ,  Matth.  10 
39.  Qui  invenit  animam  suam,  pcrdct    illam. 

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DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


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Celui  qui  conserve  sa  vie,  la  perdra;  c  est- 
à-dire,  celui  qui  veut  conserver  sa  vie  dans 
ce  monde ,  en  renonçant  à  sa  foi ,  ou  négli- 
geant les  devoirs  de  chrétien,  se  perdra  pour 
l'éternité.  Voy.  Amare,  Servare,  Invenire, 
Perdere,  Odisse. 

Ponere  ,  ou  pcrtare  animam  suam  in  manu 
sua  :  porter  son  âme  dans  ses  mains,  c'est 
Icxposer  à  un  grand  danger  de  mort.  Voy. 
Ponere,  Portare,  Habere. 

Dare,  ou  tradere  nlicui  animam  suam  :  Don- 
ner sa  vie  pour  quelqu'un,  s'exposer  pour 
lui.  Eccli.  7.  22.  Non  lœdas  servum  in  veritate 
operantem,  neque  mercenarium  dantem  ani- 
mam suam  :  Ne  traitez  point  mal  le  serviteur 
qui  travaille  fidèlement,  ni  le  mercenaire 
qui  se  donne  tout  pour  vous.  Voy.  Dare.  1. 
Thess.  2.  8.  Vohbamus  tradere  vobis^  nonso- 
him  Evangelium  Dei,  sed  etiam  animas  nos- 
tras  .  Nous  aurions  souhaité  de  vous  donner 
non-seulement  la  connaissance  de  TEvangile 
de  Dieu ,  mais  aussi  notre  propre  vie.  Act. 
15.  26.  Thren.  5.  9. 

Effundere ,  levare ,  possidere ,  quœrere  ani- 
mam ,  etc.  Voyez  ces  verbes  chacun  dans  leur 
lieu. 

9"  La  vie  de  la  grâce,  le  salut  de  l'âme. 
Eccli.  k.  2^.  Pro  anima  tua,  ne  confundaris 
dicere  verum  :  Ne  rougissez  point  de  dire  la 
vérité  lorsqu'il  s'agit  de  votre  âme,  c'est-à- 
dire  ,  de  votre  salut,  v.  33.  Voy.  Agonizare. 
c.  30.  2i.  Miserere  animœ  tuœ  placens  Deo  : 
Ayez  pitié  de  votre  âme,  en  vous  rendant 
agréable  à  Dieu.  Ainsi  :  Occidere  animam  : 
Tuer  son  âme  ,  lui  ôter  la  vie  de  la  grâce. 
Matth.  10,  28.  Nolite  timere  eos  qui  occidunt 
corpus ,  animam  autem  non  possunt  occidere  : 
Ne  craignez  point  ceux  qui  tuent  le  corps,  et 
qui  ne  peuvent  tuer  l'âme,  qui  ne  peuvent 
ôter  à  l'âme  la  vie  naturelle,  étant  immor- 
telle ,  et  encore  moins  la  vie  de  la  grâce,  qui 
est  suivie  de  celle  de  la  gloire.  Sap.  1.  11. 
Os  quod  mentitur,  occidit  animam  :  la  bou- 
che qui  ment  tuera  l'âme  si  le  mensonge  ou 
la  médisance  déshonore  le  prochain,  ou  lui 
est  préjudiciable;  elle  ôtera  la  vie  de  la 
grâce  à  celui  qui  commet  ce  crime.  Voy. 
Mentiri.  L'âme  a  trois  sortes  dévies:  la  pre- 
mière est  naturelle,  qui  est  l'immortalilé 
qu'on  ne  peut  lui  ôter;  la  seconde,  qui  est 
îa  vie  de  la  grâce  ;  la  troisième  est  la  vie  dont 
elle  jouit  dans  la  gloire ,  à  laquelle  est  oppo- 
sée la  damnation,  qui  est  la  seconde  mort. 

10°  Le  sang  est  marqué  par  le  mot  d'âme. 
Deut.  12.  23.  Sunguis  eorum  pro  anima  est, 
et  idcirco  non  debes  animam  comedere  cum 
carnibus  :  Le  sang  des  bétcs  est  leur  vie,  et 
ainsi  vous  ne  devez  pas  manger  avec  leur 
chair  ce  qui  est  leur  vie.  Levit.  17.  11. 
Anima  carnis  in  sanguine  est  :  L'âme,  ou  la 
vie  de  la  chair  est  dans  le  sang,  c'est-à-dire, 
la  vie  temporelle,  qui  ne  dure  qu'autant 
que  notre  âme  est  dans  notre  corps  ;  car  no- 
ire vie,  dit  saint  Augustin,  est  tellement  ren- 
fermée dans  le  sang  qui  conserve  la  chaleur 
naturelle  et  les  esprits  qui  nous  font  vivre, 
,que  la  vie  se  perd  en  même  temps  que  tout 
le  sang  est  sorti  du  corps.  Aug.  om.  57.  in 
Levit, 


11"  Un  corps  mort,  un  cadavre.  Num.  9. 
7.  Immundi  sumus  super  anima  fiominis  : 
Nous  sommes  devenus  impurs  parce  que  nous 
avons  approché  d'un  corps  mort;  cette  im- 
pureté se  contractait,  soit  en  le  touchant, 
soit  en  assistant  à  ses  funérailles,  v.  6.  10. 
Agg.  2.  li.  Le  mot  -^yx»^'  anima,  répond  à 
mortuus.  Levit.  19.  28.  c.  21.  v.  1.  11.  Num. 
5.  2.  c.  6.  6.  et  les  auteurs  profanes  se  sont 
servis  dumold'dmeencescns,Virg.3.jîIneid... 
Animamque  sepulcro  condimus  :  Nous  mîmes 
son  corps  dans  le  tombeau.  Quelques-uns 
néanmoins  prétendent  que  le  mot  d'âme,  en 
ces  endroits,  ne  signifie  point  le  corps  mort, 
mais  la  personne  même  à  qui  l'on  rend  les 
derniers  devoirs. Voy.  Genebr.  m  Ps.  15.  11. 

12°  Ce  qu'il  y  a  do  plus  intérieur  au  fond 
du  cœur.  Jer.  i.  10.  Pervenit  gladius  usque  ad 
animam  :  L'épée  les  va  percer  jusqu'au  fond 
du  cœur,  c'est-à-dire,  il  se  fera  un  grand 
carnage  dans  Jérusalem. 

Le  mot  d'âme  marque  les  afiFeclions  et  les  passions. 

1°  L'état  et  la  disposition  de  l'âme.  Exod. 
23.  9.  Scitis  advenarum  animas  :  Vous  savez 
quel  est  l'état  des  étrangers ,  en  quelle  dis- 
position d'esprit  ils  sont  hors  de  leurs  pays  : 
les  étrangers  sont  ordinairement  dans  la 
crainte  et  dans  la  retenue. 

2°  Le  désir  et  la  volonté  d'obtenir  quelque 
chose.  Ps.  26.  18.  Ne  tradideris  me  in  animas 
tribulantium  me  :  Ne  me  livrez  pas  au  désir 
et  à  la  volonté  de  ceux  qui  m'affligent.  Ps. 
40.  2,  Non  tradat  eum  in  animam  inimicorum 
ejus  :  Que  le  Seigneur  ne  le  livre  pas  au  dé- 
sir de  ses  ennemis.  Eccl.  6.  7.  Ezech.  16.  27. 
Jerem.  22.  27.  Ose.  4.  8.  etc.  ainsi,  Ps.  83. 
2.  Déficit  anima  mea  in  atria  Domini  :  Mon 
âme  tombe  en  défaillance  par  l'ardeur  du  dé- 
sir d'entrer  dans  la  maison  du  Seigneur.  Ps. 
18.  81.  Voy.  Deficere.  Luc.  12.  19.  Dicam 
animœ  meœ  :  Je  dirai  à  mon  âme,  c'est-à- 
dire,  à  ma  convoitise  et  au  désir  insatiable. 
Prov.  23.  2.  Si  tamen  habes  in  potestaie  ani- 
mam tuam  :  Si  néanmoins  vous  êtes  maître 
de  votre  âme,  c'est-à-dire,  de  votre  intem- 
pérance. Ps.  77.  21.  Eccli.  23.  22.  Ainsi,  Di~ 
latare  animayn  suam  :  Etendre  son  âme  ,  son 
avidité  insatiable;  ce  qui  se  dit  de  la  mort  et 
du  tombeau.  Isa.  5.  14.  Dilatavit  infernus 
animam  suam  :  L'enfer  a  étendu  ses  entrail- 
les et  a  ouvert  sa  gueule  jusqu'à  l'infini , 
pour  recevoir  un  grand  nombre  de  morts. 
Habac.  2.  5.  Voy.  Dilatare. 

3°  L'espérance  et  la  confiance.  Ps.  24.  1. 
Ad  te,  Domine,  Icvavi  animam  meam  .-J'ai 
élevé  mon  âme  vers  vous  ;  j'ai  rais  ma  con- 
fiance en  vous.  Voy.  Levare. 

4°  L'affection,  l'amour,  la  pente  et  l'incli- 
nation du  cœur  pour  quelque  objet;  1°  en 
bonne  part.  Jerem.  15.  1.  Non  est  anima  mea 
ad  populum  islum  :  Mon  cœur  n'est  point 
porté  pour  ce  peuple.  Ps.  62.  9.  Adhœsit 
anima  mea  posl  te  :  Mon  âme  s'est  attachée  à 
vous  suivre.  Isa.  4.  42.  Ainsi  l'objet  de  l'a- 
mour est  marqué  par  l'âme.  Jer.  12.  7.  Dedi 
dilectam  animammcam  :  J'ai  exposé  celle  qui 
m'était  chère  comme  mon  âme,  savoir,  Jé- 
rusalem. 2^  En  mauvaise  part.  Gen.  34.  8 


2C9 


ANI 


ANI 


270 


Filii  mei  adhœsit  anima  fiUœ  vestrœ  :  Le  cœur 
de  mon  fils  est  fortement  attaché  à  votre  fille. 
Sichera  aimait  éperdument  Dina,  dont  il 
avait  abusé. 

5°  Le  cœur,  le  courage.  Ps.  106.  5.  Anima 
eorum  in  ipsis  defecit  :  Leur  âme  était  tombée 
en  défaillance:  le  courage  leur  manquait, 
y.  26.  Thren.  1.  v.  11.  16.  19.  Act.  ik.  21. 

ANIMADVERTERE.  Ce  verbe  vient  d'ont- 
mus,  d'acf,  et  de  vertere,  animum  aliquo  ver- 
terc. 

i'  Prendre  garde  à  quelque  chose  ,  y  faire 
attention  (auviévat).  Prov.  28.  5.  Qui  inqui- 
runt  Dominum  animadvertunt  omnia  :  Ceux 
qui  cherchent  le  Seigneur  prennent  garde  à 
tout;  ils  examinent  leurs  moindres  défauts  ; 
ils  appréhendent  et  ils  punissent  leurs  moin- 
dres fautes.  1.  Reg.  4.  20.  1.  Par.  19.  3. 

2°  Apercevoir,  remarquer  (sTSeiv).  Gènes. 
31.  2.  Animadvertit  faciem  Laban  quod  non 
esset  erga  se  sicut  heri  et  nudius  tertius  :  Ja- 
cob remarqua  que  Laban  ne  le  regardait  pas 
du  même  œil  dont  il  le  regardait  auparavant. 
2.  Reg.  24.  20.  4.  Reg.  k.  9.  Eccl.  2.  15.  c. 

3°  Considérer,  examiner  (-/tvoxntstv}.  1  Reg. 
k.  12.  Animadverte  et  vide ,  quoniam  non  est 
in  manu  mea  malum  :  Considérez  et  voyez 
vous-même  que  je  ne  suis  coupable  d'aucun 
mal.  3.  Reg.  20.  7.  4.  Reg.  5.  7.  Dan.  9.  v. 
23.  25.  c.  14.  18. 

k"  Comprendre,  pénétrer  (voeiv).  Prov.  1. 
6.  Animadvertet  paraholam ,  et  interpretatio- 
nem  •  Le  Sage  pénétrera  les  paraboles  et  leurs 
sens  mystérieux. 

5°  Faire  une  sérieuse  réflexion  sur  soi- 
même,  rentrer  en  soi-même  {è-^riOévui  xapStav, 
opponere  cor).  Prov.  8.  5.  Intelligite  parvuli 
astutiam,,  et  insipientes  animadvertite  :  Vous , 
ô  imprudents ,  apprenez  ce  que  c'est  que  la 
sagesse;  et  vous,  ô  insensés,  rentrez  en 
vous-mêmes.  Heb.  corde  intelligite. 

ANIM JEQUIOR ,  is.  sZBviio;.  Ce  comparatif 
se  fait  de  l'ancien  positif  animœquus,  qui  si- 
gnifie :  qui  œquo  animo  est,  qui  est  bien  con- 
tent, qui  a  bon  courage  et  bonne  espérance 
{Oxp(Tûv).  Marc.  10.  49.  Animœquior  esto  : 
Ayez  bonne  espérance.  Act.  27.  36.  Animœ- 
quior es  facti  otnnes,  et  ipsi  sumpserunt cibum : 
Tous  les  autres  prirent  courage  à  l'exemple 
dePaulet  semirent  aussi  à  manger.Sap.18.6. 
Baruch.  4.  v.  5.  21.  27.  30. 

ANLMAL ,  Ammâlis  ,  ç&iov.  Ce  mot  qui 
vient  de  l'adjectif  neutre  animale ,  en  retran- 
chant Te,  signiûe  proprement  un  corps  animé 
qui  à  du  sentiment  et  du  mouvement.  Les 
auteurs  latins  comprennent  l'homme  sous 
le  mot  d'animal  :  animal  providum  et  sagax 
homo  ,^  dit  Cicéron  ;  les  philosophes  définis- 
sent l'homme,  un  animal  raisonnable,  et 
enferment  sous  ce  genre,  non-seulement  les 
Létes  à  quatre  pieds, mais  encore  les  oiseaux, 
les  poissons  et  les  insectes;  mais  dans  le 
discours  ordinaire,  on  entend  seulement  par 
ce  mot  en  français,  les  bêles  à  quatre  pieds 
qui  vivent  sur  la  terre;  dans  l'Ecriture  il  si- 
gnifle  ordinairement  : 

1"  Animal  irraisonnable,  qu!  n'a  <|ue  le 
lenlimcnt  et  le  mouvement.  £!ccli.  13.  19. 


Omne  animal  diligit  simile  sibi ,  sic  et  omnis 
homo  proximnm  sibi  :  Tout  animal  aime  son 
semblable  ;  ainsi  tout  homme  aime  celui  qui 
lui  est  proche,  non-seulement  par  sa  nature, 
mais  aussi  par  sa  condition.  Gènes.  7.  14. 
Ipsi  et  omne  animal  secundum  genus  suum  : 
Tous  les  animaux,  selon  leur  espèce,  entrè- 
rent dans  l'arche  avec  Noé  et  sa  famille,  c. 
9.  2.  Exod.  9.  6.  c.  12.  21.  Levit.  11.  v.  2. 
26.  etc. 

2"  Bête  farouche  (  e-npiov  ).  Habac.  2.  17. 
Vastitas  animalium  deterrebit  eos,  de  sangui- 
nibus  hominum  :  Le  ravage  que  feront  vos 
ennemis  comme  des  bêtes  farouches  épou- 
vantera vos  peuples ,  à  cause  du  sang  des 
hommes  que  vous  avez  répandu. 

3°  Les  animaux  mystiques  dans  la  vision 
d'Ezech.  c.  1.  5.  Et  in  medio  ejus  simili tudo 
quatuor  animalium  :  Au  milieu  de  ce  feu,  on 
voyait  la  ressemblance  de  quatre  animaux. 
Ces  quatre  animaux  qui  paraissent  au  mi- 
lieu du  feu,  nous  représentent  les  esprits  cé- 
lestes qui  sont  les  ministres  de  Dieu  pour 
exécuter  ses  ordres  à  l'égard  des  hommes; 
c'est  ce  que  dit  clairement  le  prophète,  c.  10. 
V.  14.  15.  Et  elevata  sunt  Cherubim ,  ipsum 
est  animal  (id  est  animalia  quœ  viderajn) , 
quod  videram  juxta  ftuvium  Chobar  :  Les  ché- 
rubins s'élevèrent  en  haut,  c'étaient  les  mê- 
mes que  j'avais  vus  près  du  fleuve  de  Cho- 
bar. Les  quatre  faces  qu'avait  chacun  de 
ces  animaux  sont  mystérieuses  et  marquent 
que  les  anges  sont  intelligents  comme  les 
hommes ,  forts  comme  des  lions,  prêts  à  ren- 
dre service  comme  des  bœufs,  viles  et  légers 
comme  des  aigles;  ce  qui  est  aussi  répété 
dans  la  vision  de  saint  Jean,  Apoc.  4.  v.  6. 
7.  mais  les  anciens  auteurs  et  les  saints  Pè- 
res, dans  le  sens  spirituel,  considèrent  ces 
quatre  animaux  comme  des  figures  des  qua- 
tre évangélistes,  et  disent  que  la  face  de 
Vhomme  représentait  saint  Matthieu ,  qui 
commence  son  Evangile  par  la  généalogie  de 
Jésus-Christ,  selon  sa  nature  humaine;  que 
par  la  face  du  lion  on  entend  saint  Marc, 
dont  l'évangile  commence  par  la  prédication 
de  saint  Jean  dans  le  désert,  et  par  la  voix 
de  celui  qui  crie  que  l'on  fasse  pénitence, 
ce  qui  était  comme  le  rugissement  du  lion  ; 
que  l'évangile  de  saint  Luc  était  figuré  par 
la  face  du  bœuf,  parce  que,  comme  cet  ani- 
mal était  destiné  pour  les  sacrifices,  aussi 
cet  évangile  parle  d'abord  du  sacerdoce  de 
Zacharie;  qu'enfin  la  face  de  Vaigle  figurait 
saint  Jean,  qui ,  s'élevant  comme  un  aigle 
jusque  dans  le  ciel,  décrit  la  génération  éter- 
nelle du  Fils  de  Dieu  ;  tous  les  Pères  ne  con- 
viennent pas  néanmoins  dans  l'application 
de  ces  figures  aux  Evangélistes. 

4»  Les  Israélites  sont  appelés  les  animaux 
de  Dieu ,  parce  (ju'ils  étaient  comme  un 
troupeau  dont  il  prenait  la  conduite.  Ps.  07. 
11.  Animalia  tua  habilabunt  in  ea  :  Vos  nni-» 
maux  demeureront  toujours  dans  votre  hé- 
ritage ,  c'est-à-dire,  dans  la  terre  que  vous 
avez  donnée  en  héritage  à  votre  peuple  , 
après  que  leurs  ennemis  ont  été  défaits. 

ANIMALIS,  E,  lu^ixi,-.  Cet  adjcctifsignifia 
proprement  ce  qui  concerne  l'aninial ,  ou  ce» 


271 


DICTIONNAIUE  DE  PHILOLOGIE  SACUEE. 


272 


qui  est  vivant  et  animé:  dans  l'Ecriture, 
1"  Ce  qui  est  aniniéet  qui  vil  de  la  vie  cor- 
porelle et  sensitive.  1.  Cor.  15.  hk.  Semina- 
tiir  corpus  animale,  surget  corpus  spiritale  : 
Le  corps  est  mis  en  terre  comme  un  corps 
lout  animfil,  et  il  ressuscitera  comme  un 
corps  tout  spirituel,  v.  46.  Sed  non  prius 
quod  spiritale  est,  sed  quod  animale  :  Mais 
ce  n'est  pas  le  corps  spirituel  qui  a  été  formé 
le  premier,  c'est  le  corps  animal,  et  ensuite 
le  spirituel. 

2°  Le  fidèle  qui  est  encore  faible  dans  sa 
croyance,  et  qui  ne  peut  pas  encore  com- 
prendre les  mystères  de  la  religfion.  1.  Cor. 
2. 14.  Animalis  hoino  non  percipit  ca  quœ  sunt 
Spiritus  Dei  :  L'homme  animal  et  charnel 
n'est  point  capable  des  choses  qu'enseigne 
l'Esprit  de  Dieu.  Saint  Paul  s'explique  clai- 
rement, c.  3.  V.  1.  2.  où  il  appelle  charnels, 
ceux  qu'il  appelle  ici  animaux.  Voy.  Carna- 
Lis.  Saint  Augustin ,  dans  ses  Rétractations, 
liv.  2.  c.  27.  explique  ce  passage  de  la  sorte, 
et  rétracte  le  sens  qu'il  lui  avait  donné,  en- 
tendant  ce  mot  de  même  qu'il  se  prend  dans 
l'Epître  lie  saint  Jude,  v.  19. 
,'  3°  Animal  sensuel,  qui  est  attaché  aux 
plaisirs  des  sens.  Jud.  v.  19.  Ht  sunt  qui  sc- 
gregant  semetipsos,  animales  :  Ce  sont  des 
gens  qui  se  séparent  eux-mêmes  par  le 
schisme;  des  hommes  sensuels,  qui  n'ont 
point  l'Esprit  de  Dieu.  Jac.3. 15.  Non  est  ista 
sapientia  desursum  descendens ,  sed  terrena, 
animalis,  diabolica:  Ce  n'est  pas  là  la  sagesse 
qui  vient  d'en  haut,  mais  c'est  une  sagesse 
terrestre,  animale,  diabolique. 

ANIMANS,  Animaintis.  Ce  nom  se  prend 
pour  un  nom  substantif  de  tout  genre;  mais 
plus  souvent  du  féminin  et  du  neutre,  que 
du  masculin  :  dans  l'Ecriture,  on  ne  peut 
pas  dire  s'il  se  prend  autrement  qu'au  neu- 
tre, il  signifie  presque  partout, 

Animal ,  bête  à  quatre  pieds  qui  vit  sur 
la  terre  {-/.r-nvoç).  Gencs.  1.  28.  Dominamini 
piscibus  maris  et  volatilihus  cœli  et  universis 
animanlibus  :  Dominez  sur  les  poissons  de  la 
mer,  sur  les  oiseaux  du  ciel,  et  sur  tous  les 
animaux  qui  ont  mouvement  sur  la  terre. 
Toute  la  nature  était  soumise  à  l'homme 
dans  sa  première  naissance;  mais  lorsqu'il 
s'est  voulu  soustraire  à  l'empire  de  Dieu,  il 
a  perdu  celui  qu'il  avait  sur  tout  le  reste,  c. 
2.  V.  19.  20.  c.  3.  V.  1.  14,  etc.  Voy.  Mundus. 
ANIMUS,  âme,  esjn-it,  yMp^ic.  Ce  mot  vient 
du  grec  «v£,7.0i-.  venl,  souffle,  parce  qu'il  ny  a 
rien  dans  la  nature  qui  semble  plus  appro- 
cher des  choses  .«piriluelles  que  l'air  et  le 
vent;  on  met  cette  différence  entre  animiis 
c[anima,  que  le  picniier  est  le  principe  de 
l'intelligence  et  de  la  raison  qui  nous  fait 
hommes,  et  que  l'autre  est  le  principe  de 
la  vie  et  du  sentiment  (jui  nous  sont  com- 
uuinsavec  les  liétcs.  On  C(!nfond  néanmoins 
jouveni,  animu.s  et  anima  :  L'esprit  et  l'âme. 
Il  signifie  dans  l'Ecrilurf;  comme  en  latin, 

1°  L'esprit,  la  partie  supérieure  de  rûuie. 
Vv')\.  17.  22.  Animas  gaudens,  œlalem  flori- 
(linn  facil  :  La  joie  de  l'esprit  rend  le  corps 
plein  de  vigueur,  c.  15.  13.  Inmœrore  animi 
drjicitur  spiritus  :  La  joie  du  cœur  se  répand 


sur  le  visage  ,  la  tristesse  de  l'âme  abat 
l'esprit  ;  la  disposition  du  corps  dépend  beau- 
coup de  la  disposition  de  l'esprit,  c.  23.  v.  15. 
19.  Deut.  8.  21.  c.  11.  18.  c.  18.  22.  Ecd.  7. 
26.  Eccli.  12.  11,,  etc.  Néanmoins,  quand  le 
mot  animas  marque  l'esprit,  il  est  confondu 
avec  l'âme  et  la  partie  sensitive,  et  la  signi- 
fication en  est  ordinairement  déterminée 
par  l'adjectif  avec  lequel  il  se  met;  ainsi, 
amarus  animus,  signifie  un  esprit  plein  d'a- 
mertume ,  c'est-à-dire,  triste  et  chagrin. 
Prov.  31.  6.  1.  Reg.  1.  10.  c.  22.  2.  ou  plein 
de  fiel;  c'est-à-dire,  outré.  2.  Reg.  17.  8. 
Voy.  Amarus.  jEquus  animus  :  Un  esprit  gai, 
content,  résolu.  Voy.  ^Equus. 

RONDS  ANIMUS.— 1°  Un  esprit  courageux, 
assuré  et  plein  de  confiance  {tvQ\)ixorepo-j). 
Act.  24.  10.  Bono  animo  pro  me  saiisfaciam  : 
Je  me  justifierai  avec  toute  sorte  de  con- 
fiance, c.  27.  V.  22.  25.  2.  Mach.  7.  20.  c.  11. 
26.  Phil.  2. 19. 

2°  Un  esprit  libéral  et  bienfaisant,  un  cœur 
plein  d'affection  («yai9ôs-ôi})9«)./:xc)f,6onusoct(^us). 
Eccli.  35. 10.  J5ono  animo  gloriam  redde  Dec: 
Rendez  gloire  à  Dieu  de  bon  cœur,  et  ne  re- 
tranchez rien  des  prémices  du  fruit  de  vos 
mains. 

Forlis,  prompfus  animus :Un  esprit  coura- 
geux et  délibéré  (eap(T£rv7rpoOyy.wç).  Tob.  5.  13. 
c.7.20.2.Mach.6.28.c.ll.8,ètc.Voy.FoRTis. 

Unus  animus  :  Un  même  esprit.  Jos.  9.  2. 
Une  animo  :  D'un  commun  accord  (èttî  tô  aurô, 
ôpoôu|:zaS6v).  Judith  1.  11.  Act.  18.  12.  c.  19. 
29.  Voy.  Unus 

Totus  animus  :  L'esprit  tout  entier.  Jos.  23. 
14.  Toto  animo  cognoscetis  :  Vous  connaîtrez 
parfaitement  (ev  ol-o  tv  ^^x"^)- 

3°  La  volonté,  l'affection,  l'inclination.  Ju- 
dic.  16.  15.  Cum  animus  twis  non  sitmecum  : 
Puisque  vous  êtes  sans  affection  pour  moi, 
et  que  vous  ne  témoignez  que  de  l'éloigne- 
ment.  Esth.  16.  10.  Aman  et  animo  et  mente 
Macedo  :  Anian  était  Macédonien  d'inclina- 
tion et  d'origine.  Eccli.  7.  4.  Meliorestira 
risu,quiaper  tristitiam  vultus  corrigitur  ani- 
mus delinquentis  :  La  colère  vaut  mieux  que 
le  ris,  parce  que  le  cœur  de  celui  qui  pèche 
est  corrigé  par  la  tristesse  qui  paraît  sur  le 
visage  de  celui  qui  le  reprend.  2.  Mach.  1. 
3.  2.  Cor.  8.  11.  c.  9.  2,  etc.  De  là  viennent 
ces  expressions  :  Toto  animo  :  De  tout  son 
cœur  (ex  ^-ox'ôç,  ex  animo).  Ezech.  25.15.  Ulli 
se  sunt  toto  animo  :  Ils  se  sont  vengés  de  tout 
leur  cœur.  Ex  animo  :  De  bon  cœur,  avec 
affection.  Coloss.  3.  i3.  Quodcumque  faciiis 
ex  animo  operamini  :  Faites  de  bon  cœur 
lout  ce  que  vous  ferez,  Ezech.  36.  5.  2.  Mach. 
14.  24.Eph.  6.  6.  1.  Pelr.  5.  3.  Eccli.  19.  1(5. 
Ainsi,  c.  6.  27.  In  omni  anima  :  mais,  c.  14. 
k.  Qui  accrvat  ex  animo  .stto;  c'est-à-dire,  e.r 
anima  sua  {i'^x.'^)  '-  Celui  qui  amasse  en  s  ô- 
tanl  à  lui-même   sa  propre  vie.  Voy.  Acer- 

VARE. 

4"  Le  courage,  la  résolution  IOxiimôç).  Co- 
loss. 3.  21.  Patres,  nolite  ad  indignationcm 
provocitre  filios  veslros,  ut  non  pusilto  animo 
fiant  :  Pèvcs,  n'irritez  point  vos  enfants,  de 
peur  (ju'ils  ne  tombent  dans  rabattement 
2.  Maeh.7.  12.  liant  rex,  et  qui  cum  ipso 


r.ô  ANN 

eratit,  miiarentur  a(lol€scentisanimam[Y\t/^o) . 
De  sorte  que  le  roi  et  ceux  qui  r;iccompa- 
gnaient  admirèrent  le  courage  de  ce  jeune 
homme,  qui  considérait  comme  rien  les  plus 
grands  tourments,  c.  10.  28.  c.  li.  18.  c.  lo. 
17.,  etc. 

5"  La  personne  même.  Gènes.  26.  35.  .4m- 
bœ  offenderant  animum  Isaac  et  Rebeccœ  : 
Toutes  deux  avaient  irrité  contre  elles  Isaac 
et  Rebecca.  Deut.  21.  li  Quœ  si  poslea  non 
sederit  animo  tua  :  Que  si  dans  la  suite  du 
temps  elle  ne  vous  plaît  pas.  Judic.  IG.  20. 
l.Reg.  14.7.,  etc. 

6°  La  conscience,  la  connaissance  de  ce 
qu'on  tient  caché  dans  le  cœur.  Judic.  16.  18. 
Vidensqu?.  iUa  qiiod  confessus  ei  esi'et  omnem 
animum  suum  :  Dalila  voyant  que  Sanson  lui 
avait  confessé  tout  ce  qu'il  avait  dans  le 
cœur,  envoya  vers  les  princes  des  Philistins. 

ANLMOSITAS,  tis,  Gyp.&f.  Ce  mot  qui  vient 
d'aiiimosus,  courageux,  signiûe  proprement 
une  chaleur  ou  une  ardeur  mêlée  de  colère 
dans  une  dispute  ;  dans  l'Ecriture  ,  c'est  : 

1"  La  colère,  l'emportement.  2.  Cor.  12. 
20.  Ne  forte  contenliones,  œmulationes,  oni- 
mosilates...  sint  inter  vos  :  J'appréhende  que 
je  ne  rencontre  parmi  vous  des  dissensions, 
des  jalousies,  des  animosités;  c'est-à-dire, 
des  passions  qui  font  témoigner  de  la  colère, 
de  la  haine,  du  ressentiment  contre  quel- 
qu'un. Hebr.  11.  27.  Fide  reliqiiit  yEgyptum, 
non  veritus  animositatem  régis  :  C'est  par  la 
loi  que  Moïse  quitta  l'Egypte  (soit  la  pre- 
mière fois,  soit  plutôt  lorsqu'on  en  fil  sortir 
le  peuple),  sans  craindre  la  fureur  du  roi. 

2*  Audace,  témérité.  Eccli.  1.  28.  Qui  sine 
timoré  est,  non  poteril  juslificari;  iracundia 
enim  animositatis  illius,  subversio  illius  est  : 
Celui  qui  est  sans  crainle  ne  pourra  devenir 
juste,  parce  que  la  présomption  téméraire 
qui  le  porte  à  la  colère, est  sa  ruine;  cest-à- 
dire,  que,  n'ayant  point  la  crainte  de  Dieu,  s'il 
lui  arrive  quelque  accident  fâcheux,  il  aura 
la  hardiesse  de  murmurer  contre  Dieu  même, 
c' se  procurer  sa  propre  perte.  Le  Grecport'^, 
son  inclination  à  la  colère  le  fera  tomber  ou 
périr,  c.  31.  40.  Ebrietalis  unimositas  inipru- 
denlis  offensio  :  L'ivrognerie  inspire  l'audace 
et  fait  tomber  l'insensé. 

ANNA,  je,  Heb.  Gratiosa.  Ce  nom  qui  si- 
guilie  agréable  ou  miséricordieuse,  est  le 
nom  de  plusieurs  femmes  dans  l'Ecriture  : 

!•  La  femme  d'Elcana,  (jui  obtint  par  ses 
prières  son  premier  Dis  Samuel.  1.  Keg.  1.  2. 
/lubuitduas  uxores,  nomen  uni  Anna,  et  no- 
men  secundœ  Plienenna  :  Elcana  avait  deux 
femmes,  dont  l'une  s'appelait  Anne,  et  la 
seconde  Phcnenna.  Atinœ  aulem  non  crant 
/t7/e/t;  Anne  n'avait  point  d'cnfanls.  v.o.  8.  0. 

2  La  femme  de  Tobie  le  père.  Tob.  1.  9. 
Accepit  uxorcm  Annam  de  tribu  sua  .  ïobie 
épousa  une  femme  de  sa  tribu,  nommée  .\nne. 
c.  2.  19.  c.  10.3.  c.  11.  5. 

3"  La  femme  de  Kagucl.  Tob.  7.  2.  Intuens 
Tubiam  liur/uel  dixit  Annœ  uxorisnœ;  quam 
similis  est  juvenis  iste  consobrino  mco?  Uu- 
gucl  ayant  jeté  les  yeux  sur  le  jeune  Tobie, 
il  dit  à  Aune,  sa  femme:  Que  ce  jeune  homme 


ANN 


2li 


ressemble  à  Tobie  mon  cousin  germain  1  v. 
8.  18.  c.  8.  16. 

4°  Anne  la  prophélcsse,  qui  rendit  témoi- 
gnage à  Jésus-Christ,  et  qui  était  loujours 
en  prières  dans  le  Tempi^.  Luc.  2.  31'.  Jit 
erat  Anna  prophelissa,  filia  Phanuel  de  tribu 
Aser  :  11  y  avait  aussi  une  prophétesse  nom-, 
mée  Anne,  fille  de  Phanuel,  de  la  tribu  d'A- 
scr;  plusieurs  particuliers  des  autres  tril.us 
se  joignirent  à  Cî-lle  de  Juda  au  retour  de  la 
captivité  de  Babylone. 

ANNALES,  lUM,  ^vf^j-oT-j-jo-j ,  annales,  ou 
histoire  des  fameux  événements  d'un  Elaî, 
écrite  selon  la  suite  des  années.  Eslh.  2.  23. 
Mandatumque  est  Historiis  et  Annalibus  tra- 
ditîtm  coram  Rege  :To\i\.  cc\a  fut  écrit  dans 
les  Histoires,  et  marqué  dans  les  .\nnalcs 
par  l'ordre  du  roi.  c.  6.  1. 

ANNAS,  JE,Affligens,  Anne,  grand-prêtre, 
qui  élait  en  grande  répulalion  parmi  les 
Juifs  :  il  a  exercé  longtemps  la  grande  sacri- 
ficature,  et  a  vu  son  gendre  et  ses  enfants 
dans  la  même  dignité. Xuc.  3.  2.  Sub  princi- 
pibas  sacerdotum  Aniia  et  Caiplia  :  Anne  et 
Caïphe  étant  grands  prêtres;  c'était  Caïphe 
qui  élait  grand  prêtre  quand  saint  Jean 
commença  à  prêcher;  mais  il  est  nommé 
avec  Anne,  à  cause  de  la  grande  autorité 
que  celui-ci  se  conservait  toujours  parmi  les 
Juifs  ;  c'est  chez  lui  que  Jésus  fut  mené.  Joan. 
18.  13.  Les  apôtres  Pierre  et  Jean  furent 
aussi  amenés  devant  lui,  et  les  autros  séna- 
teurs, Act.  4.6.  où  il  est  encore  appelé  grand 
prêtre,  quoique  ce  fût  Caïphe  son  gendre 
qui  l'était  alors;  car,  selon  Josèphe,  /.  18. 
Antiq.  c.  3.  ce  fut  Cyrénius  qui ,  après  le 
dénombrement  qu'il  fit  du  temps  d'Archc- 
laiis ,  ôta  la  grande  sacrificalure  à  Joasar, 
pour  la  donner  à  Anne,  que  cet  liislorieu 
appelle  Ananus,  fils  de  Selh.  ïi  relint  tou- 
jours cette  dignité,  jusqu'à  ce  que  \  alérius 
Gratus,  qui  fut  le  cinquième  gouvonieur  de 
la  Judée,  la  lui  ôta  pour  la  donner  à  Ismael  , 
qui  fut  bientôt  après  déposé  pour  mellre  eu 
sa  place  Eleazar,  fils  d'Ananus  ,  mais  un  an 
après  on  la  lui  ôla  pour  la  donner  à  Simon, 
fils  de  Camii,  qui  ne  l'exerça  qu'un  an  ,  et 
fut  obligé  do  la  résigner  à  Joseph,  surnomme 
Caïphe.  Celui-ci  demeura  grand  ponlif"  pen- 
dant le  temps  de  la  préùicalion  du  fils  de 
Dieu,  et  plusieurs  années  après  sa  l'assion, 
jusqu'à  l'empire  de  Vilellius,  qui  ôla  lu 
grande  sacrificalure  à  Caïphe,  pour  en  re- 
vêtir Jonalhas,  un  autre  fils  d'Ananu^i.  Vuy. 
Caïphas. 

ANNICULUS,  A,  UM,  èviaO^toç.  (>  t  adjectif 
vient  du  substanlil  unnus-,  et  signili.'^  te  qui 
est  d'un  an,  qui  a  un  an,  ce  qui  se  dit  prin- 
cipalement des  animaux  ;  on  lo  dil  aussi  des 
planU'S,  du  vin,  et  des  aulros  choses. 

Qui  est  d'un  an,  qui  a  un  an.  Exod.  12.  5. 
Erit  aynus  absque  macula,  inasculus,  annicu' 
lus:  Ctil  agneau  sera  sans  laciu-,  ce  sera  nu 
mâle,  el  il  n'aura  qu'un  an.  L'Agneau  Pascal 
ne  devaitavoir  qu'un  an,  c'est-à-dire,  qu'il 
devait  être  né  celle  même  année  ,  el  il  ne  de- 
vait pas  aussi  avoir  plus  d'un  an,  parce  qu'il 
n'aurait  plus  élé  agneau. 

Ou  devait  aussi  oflrir  Ions  les  jours  deux 


r75 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGUE  SACRÉE. 


27f) 


agneaux  d'un  an  sur  l'autel  des  holocaustes. 
Exod.  29.  V.  38.  39.  Hoc  est  quod  faciès  in 
altari  ;  agnos  anniculos  duospersingulos  dies 
jugiter,  unum  marte,  alterum  vespere  :  Voici 
ce  que  vous  sacrifierez  sur  l'autel;  vous  sa- 
crifierezchaquejour,  sansjamais  y  manquer, 
deux  agneaux  d'un  an,  un  le  matin  et  l'autre 
le  soir.  Num.  28.3.,  et  deux  encore  chaque 
jour  de  sabbat.  Num.  28.  9. 

Le  huitième  jour  qu'Aaron  fut  consacré 
grand  prêtre,  entre  les  autres  victimes,  il 
immola  un  veau  et  un  agneau  d'un  an  pour 
les  enfants  d'Israël.  Levit.  9.  3.  ToUite  hir- 
ctim  pro  peccato^  et  vitulnm  atqueagnum  anni- 
culos et  sine  macula  in  holocausîum  :  Aaron 
dit  aux  enfantsd'lsraël,  prenez  un  bouc  pour 
le  péché,  un  veau  et  un  agneau  d'un  an  sans 
tache,  pour  en  faire  un  holocauste. 

La  femme  qui  relevait  de  couche  devait 
portera  l'entrée  du  tabernacle  un  agneau 
d'un  an,  pour  être  offert  en  holocauste.  Le- 
vit. 12.  6.  Deferet  agnum  anniculum  in  holo- 
eaustum  :  La  femme  qui  aura  usé  du  ma- 
riage après  les  jours  de  sa  purification  ,  por- 
tera un  agneau  d'un  an  pour  être  offert  en 
holocauste-. 

Le  lépreux  guéri  devait  offrir  le  huitième 
jour  deux  agneaux  sans  tache  et  une  brebis 
de  la  même  année.  Levit.  14.  10.  Die  octavo 
assumet  duos  agnos  immaculatos,  et  ovem  an- 
niculum. 

Le  jour  qu'on  offrait  à  Dieu  les  prémices 
de  la  moisson,  on  immolait  un  holocauste 
d'un  agneau  d'un  an.  Levit.  23.  12.  Eodem 
dit  quo  majiipulus  consecratur,  cœdetur  agnus 
immaculatus,  anniculus  in  holocaustum  Do- 
mini  :  Le  même  jour  que  celte  gerbe  sera 
consacrée,  on  immolera  au  Seigneur  un  ho- 
locauste d'un  agneau  sans  tache  qui  aura  un 
an.  Cela  se  faisait  le  lendemain  de  Pâques  ; 
mais  le  jour  de  Pâques,  on  en  sacrifiait  sept. 
Levit.  23.  17. 

Le  jour  de  la  Pentecôte,  on  offrait  à  Dieu 
deux  pains  de  prémices,  et  avec  les  pains  un 
holocauste  de  sept  agneaux  sans  tache  qui 
n'avaient  qu'un  an,  et  d'autres  pour  être  des 
hosties  pacifiques.  Levit.  23.  v.  18.  19. 

Le  Nazaréen  offrait  pour  son  péché  un 
agneau  d'un  an  le  jour  de  sa  consécration. 
Num.  6.  12.  et  après  que  son  vœu  était  ac- 
compli, un  agneau  et  une  brebis  de  la  même 
année,  v.  Ik. 

Lorsque  le  tabernacle  fut  achevé,  les  prin- 
ces d'Israël  offrirent  à  Dieu,  entre  les  autres 
présents,  un  agneau  d'un  an  en  holocauste. 
Num.  7.  V.  15.  21.  27.,  etc. 

Si  une  personne  particulière  péchait  par 
ignorance,  elle  devait  offrir  une  chèvre  d'un 
un  pour  son  pêche,  Num.  15.  27. 

Enfin  au  premier  jour  de  chaque  mois  , 
on  offrait  à  Dieu  en  holocauste  sept  agneaux 
d'un  an  sans  tache.  Levit.  28. 11.,  mais  au  sep- 
tième mois,  on  en  offrait  sept  le  premier 
jour,  tout  autant  le  dixième;  le  quinzième 

1"our  quatorze  agnciux  et  tout  autant  les 
luit  jours  suivants.  Num.  29.  v.  2.  7.  12.  etc. 
Aî^NivERSARiLs,  A,  UM.  Cet  adjcclif  vient 
A'annus  et  de  verlo,  et  signifie  proprement 
ce  qui  se  fait  tous  les  ans  à  l'année  révolue  : 


ainsi,   on   appelle  ordinairement   anniver- 
saire : 

Une  fête  ou  une  cérémonie  qui  se  fait  à 
certain  jour  tous  les  ans.  Judic.  21.  19.  Ecce 
solemnitas  Domini  est  in  Silo  anniversaria  ; 
ày'  riiiép'jyj  et;  r^iiépuç,  a  dïebus  in  dies  :  Voici 
la  fête  solennelle  du  Seigneur  qui  se  célèbre 
tous  les  ans  à  Silo. 

ANNONA,  JE.  Ce  mot  qui  vient  d'annus  , 
signifie  proprement  la  récolte  ou  la  provi- 
sion de  blé  qui  se  recueille  chaque  année, 
ce  qui  s'exprime  en  français  par  le  mot  d'an- 
née, comme  quand  on  dit,  l'année  sera  bonne 
ou  mauvaise ,  pour  marquer  la  quantité  de 
blé  qu'on  recueillera  :  il  se  dit  aussi  de  toute 
provision  qui  regarde  l'entretien  de  la  vie. 

1°  Provisions ,  vivres,  aliments  3.  Reg. 
k.  7.  Habebat  Salomon  duodecim  prœfectos 
super  omnem  Israël,  qui  prœbebant  annonam 
régi  et  domui  ejus  :  Salomon  avait  établi 
douze  officiers  sur  tout  Israël  ,  qui  avaient 
soin  d'entretenir  la  table  du  roi  et  de  toute 
sa  maison  4.  Reg.  25.  30  Dan.  1.  5.  Ainsi , 
Judith.  5.  15.  Per  annos  quadraginta  anno- 
nam de  cœlo  consecuti  sunt  :  Les  Israélites 
durant  l'espace  de  quarante  ans  reçurent  du 
ciel  la  nourriture  qui  leur  était  nécessaire. 
Achior  parle  de  la  manne. 

2°  Le  revenu  ou  les  appointements  d'une 
charge  (^ix).  2.  Esdr.  5.  14.  Ego  et  fratres 
mei  annonas  quœ  ducibus  debebantur  non 
comedimus  :  Nous  n'avons  rien  pris  mes 
frères  et  moi  des  revenu'*  qui  étaient  dus 
aux  gouverneurs,  v.  18  Annonas  ducatus 
mei  non  quœsivi  :  Je  n'ai  rien  pris  de  tout  ce 
qui  était  dû  à  ma  charge. 

3°  Charge,  impôt,  levée  de  deniers  pour 
fournir  aux  dépenses.  1.  Esdr.  7.  24.  Vobis 
quoque  notum  facimus ,  ut  vecdgal  et  tribu-^ 
tum  et  annonas  non  habeatis  potestatem  im- 
ponendi  super  eos  :  Nous  vous  déclarons  que 
vous  n'ayez  point  le  pouvoir  d'imposer  ni 
taille,  ni  tribut,  ni  d'autre  charge  sur  tous 
les  prêtres,  les  lévites,  les  chantres,  les  por- 
tiers, les  Nathinéens  et  les  ministres  du  tem- 
ple du  Dieu  d'Israël. 

ANNUERE,l7riv£ij£tv,  StavEvïtv,  èvveOetv.Ce  verbe 
composé  d'ad,  et  du  vieux  mol  niiere,  signifie 
proprement,  faire  signe  de  la  tête  qu'on  est 
content,  qu'on  accorde  quelque  chose. 

1°  Faire  signe  de  quelque  manière  que  ce 
soit.  Luc.  5.  i.  Et  annuerunt  sociis  qui  erant 
in  alia  navi  uî  venirent  :  Ils  firent  signe  à 
leurs  compagnons  qui  étaient  dans  une  autre 
barque  de  venir  les  aider.  Act.  12.  17  c.  21. 
40.  c.  24.  10.  De  là  vient,  annuere  oculo 
ou  oculis  :  Faire  signe  dos  yeux  ,  témoigner 
de  l'amilié  el  fialler  pour  tromper.  Eccli.  27. 
25.  Annuens  oculo  fabricat  iniqua  :  Celui  dont 
l'œil  est  complaisant  et  flatleur,  a  de  noirs 
desseins  dans  l'âme.  Prov.  6.  13.  c.  10.  10. 
Qui  annuit  oculo  dabit  dolorem  :  L'œil  flat- 
teur el  doux  causera  de  la  douleur  à  celui 
qu'il  trompe  par  ses  flalleries;  ainsi  David 
disait  de  ceux  qui  le  trahissaient,  Ps.  34.  19. 
Oderunt  me  gratis  et  annuunt  oculis  :  Ils  me 
trahissent  sans  aucun  sujet,  el  feignent  par 
leurs  regards  d'être  de  mes  amis;  Aulr    se 


277 


ANN 


ANN 


278 


moquent  de  moi  par  les  signes  qu'ils  font  de 
leurs  yeux. 
2°  Acquiescer,  consentir.  2.  Mach.  11.  lo. 

Annuit  Machabœus  precibus  Lysiœ  ;  Macha- 
bée  se  rendit  aux  prières  de  Lysias.  c.  14. 

20.  Omnium  una  fuit  sentenlia  amicitiis  an- 
nuere  :  Tous  furent  d'avis  d'accepter  l'ac- 
cord 

3"  Accorder  quelque  chose  à  quelqu'un. 
2.  Mach.  4.  10.  Quod  cum  rex  annuisset  :  Le 
roi  ayant  accordé  à  Jason  ce  qu'il  deman- 
dait. 

ANNULLARE,  Èpi^ioûv.  Ce  verbe  peu  usité 
est  composé  d'rm  et  de  nullus,  et  signiûe,  an- 
nuler, rendre  nul ,  dissiper,  ruiner.  Eccli. 

21.  5.  Objurgatio  et  injuriœ  annullabunt 
substantiam  .  Les  outrages  et  les  violences 
dissiperont  les  richesses  :  Et  domus  quœ 
nimis  locuples  est  annuUabitur  superbia  :  Et 
la  maison  la  plus  riche  se  ruinera  par  l'or- 
gueil. 

ANNULUS,  I.  ou  ANULUS,_  5«xTv>to?.  Ce 
mot  vient  d'annus  ou  anus  ,  qui  signiûe  cer- 
cle, d'am,  circum;  ainsi  annulus  tire  son  ori- 
gine de  sa  ûgure  ronde  ou  circulaire  et  si- 
gniûe : 

1    Anneau  ou  bague  que  l'on  porte  aux 
doigts,  comme  ceux  que  les  Israélites  of- 
fraient pour  l'ornement  du  tabernacle  («yaî- 
fetzxj.Exod.  3o.  22.  Viri  cum  mulieribus prœ- 
buerunt  annulas  et  dexlralia  :  Les  hommes 
avec  les  femmes  donnèrent  leurs  chaînes  , 
leurs   pendants   d'oreilles,  leurs   bagues  et 
leurs  bracelets.  Les  personnes  libres  et  qui 
étaient  au-dessus  du  commun  portaient  des 
bagues  aux  doigts.  Luc.  15.  22.  Date  annu- 
lum  in  manum  ejus  :  Meltez-lui  un  anneau 
au  doigt.  Gènes.  38.  v.  18.  25.  Num.  31.  oO. 
Judith.  10.  3.  Isa.  3.  21.  Jac.  2.  2.  Vir  aureum 
annulum  habens  :  Un  homme  qui  a  un  anneau 
d'or  ;  c'était  une  marque   de  personne  de 
qualité  de  porter  un  anneau  d'or.  Jer.  22.  2i. 
2°  Anneau  ou  cachet,  dont  on  scellait  les 
actes    publics   (  «Troffypâyte-pta  ).    Cet   anneau 
était  (rès-précieux  ,  et  se  portait  à  la  main 
droite  ;  d'où  vient  cette  façon  de  parler,  an- 
nulum esse  alicui  in  manu  dexlera  :  Etre  fort 
précieux  el   fort  cher  à  quelqu'un.  Jer.  22. 
2V.  Si  fuerit  Jechonias,  filius  Joachim  régis 
Juda,  annulus  in  manu  dextera  mea,  inde 
evellatn  eum  :  Quand  Jechonias,  fils  de  Joa- 
chim, roi  de  Juda,  serait  comme  un  anneau 
dans  ma  main  droite,  je  ne  laisserais  pas  de 
l'arracher  de  mon  doigt.  C'était  ordinaire- 
n»ent  le  cachet  du  prince  dont  on  scellait  les 
édits  [cfpoLyiç) ,  3.  Reg.  21.  8.  Scripsit  lilteras 
ex  nomine  Achab,  et  signavit  eus  annula  ejus  : 
Jezabel  écrivit  des  lettres  au  nom  d'Achab, 
qu'elle  cacheta  du  cachet  du  roi.  Esth.  .'].  12. 
c.  8.  V.  8.  10.  Dan.  G.  17.  c.  14.  13.  Les  prin- 
ces avaient  coutume  de  donuer  cet  anneau 
à  ceux  (]u'ils  voulaient  élever  à  une  dignité 
souveraine.    Gcncs.  41.  42.  Tulit  annulum 
(Pharao)  de  manu  sua,  et  dédit  eum  in  manu 
ejus  (Josephi)  :  Pharaon  ôta  son  anneau  de 
sa  main  el  le  mil  en  celle  de  Joseph.  Esth.  3. 
10.  c.  8.  2.  1.  Mach.  6.  15. 

3"  Anneau,  pour  mettre  les  bâtons  qui 
•errent  à  porter,  ou  pour  attacher,  comme 


les  anneaux  d'airain  qui  servaient  à  l'autel 
des  holocaustes.  Exod.  27.  4.  c.  38.  5.  ceux 
d'or  qui  servaient  au  tabernacle,  c.  26.  29. 
c.  35.  11.  c.  39.  32.  ceux  qui  servaient  à  l'é- 
phod  et  au  pectoral  du  grand-prêtre,  c.  28.    j 
23  et  suivants,  c.  11.  v.  16.  19.  ceux  qui  ser-   3 
valent  à  l'autel  des  parfums,  c.  30.  4.  ceux 
qui  servaient  à  l'arche,  c.  37.  v.  3.  5.  Fecit  \ 
et  coranam  aurealam  per  gyrum  et  duos  an-  ■-}  * 
nulos  aureos  sub  corana  :  Il  fît  une  couronne  ï. 
d'or  qui  régnait  tout  autour,  et  il  y  avait  des  > 
deux  côtés  au-dessous  de  la  couronne  des 
anneaux  d'or.  Voy.  Circclus. 

ANNUMERARE,  «ptO^erv.  1"  —  Compter 
parmi,  mettre  au  nombre  (xxleh).  1.  Par. 
23.  14,  Moysi  quoque  hominis  Dei  filii  annu-^ 
merati  sunt  in  tribu  Levi  :  Les  enfants  de 
Moïse  qui  était  l'homme  de  Dieu  furent  aussi 
compris  dans  la  tribu  de  Lévi.  Ils  en  étaient 
en  effet  :  ils  eurent  part  au  ministère  ;  mais 
non  pas  au  sacerdoce,  qui  fut  communiqué 
à  Moïse,  mais  non  pas  à  ses  enfants.  Aug.  qu. 

22.  in  Levil.  Ps.  98.  6.  Voy.  Sacerdos.  Act. 
1.  26.  Annumeratus  est  cumundecim  Apasto- 
lis  :  Matthias  fut  associé  aux  onze  Apôtres 
(<7uvxaT«i'r)î>ît£tv).  Num.  2.  9.  Hebr.  7.  6. 

2"  Compter,  nombrer,  donner  par  compte 
(«vayÉ/jav).'  1.  Reg.  18.  27.  Et  annumera- 
vit  eu  régi  :  David  ayant  tué  deux  cents  phi- 
listins, il  en  apporta  les  prépuces  au  roi  , 
qu'il  lui  donna  par  compte.  1.  Esdr.  1.  8.  An- 
numeravit  ea  Sassabasar  principi  Juda  :  Cy- 
rus  donna  par  compte  à  Sassabasar  les  vases 
du  temple. 

ANNUNCIARE  ou  ANNUNTIARE,  «yymetv, 
ÙTTdyyéllei'j,  cr.vuyysùcu.  Annoncer,  porter  une 
nouvelle  à  quelqu'un;  mais  il  se  dit  avec 
emphase  des  mystères  révélés ,  et  surtout  du 
grand  mystère  de  llncarnalion,  que  l'ange  a 
annoncé  à  la  sainte  Vierge  Marie. 

1"  Annoncer,  apporter  une  nouvelle.  Rom. 
1.  8.  Fides  vestra  annuntiatur  in  universo 
mundo  :  On  porle  partout  la  nouvelle  de 
voire  foi,  on  en  parle  avantageusement  dans 
tout  le  monde.  Juan.  20.  18.  Venit  Maria 
Magdalene  annuntians  discipulis ,  quia  vidit 
Dominum  :  Marie-Madeleine  vint  dire  aux 
disciples  qu'elle  avait  vu  le  Seigneur.  Act.  4. 

23.  Gènes.  26.  32.  1.  Reg.  11.  9.  c.  19.  11. 
c.  22.  8.,  etc.  Ainsi,  Nah.  1.  15.  Ecce  super 
montes  pedes  evangelizantis  et  annunliantis 
pacem  :  Je  vois  les  pieds  de  celui  qui  annonce 
la  paix;  qui  apporte  la  nouvelle  de  la  fuite 
el  de  la  défaite  de  Sennachérib.  Voy.  Evan- 

GELIZARE. 

2"  Déclarer,  découvrir.  Ps.  37.  19.  liiiqui- 
talem  meam  annunliabo  :  Je  déclarerai  mon 
iniquité.  Eccl.  10.  20.  Qui  habel  pcnnas,  an- 
nunliabil  senlcntiam  :  Ne  parlez  point  mal  du 
roi  dans  votre  pensée,  et  ne  médisez  point 
du  riche  dans  le  secret  de  votre  chambre  , 
parce  que  les  oiseaux  même  du  ciel  rappor- 
î»Monl  vos  paroles,  et  ceux  qui  ont  des  ailes 
publieront  ce  que  vous  avez  dit.  Act.  19.  18. 
Ps.  55.  8.  Exod.  19.  3.  Deut.  5.  5.  c.  32.  7. 
Dan.  2.  25.,  etc. 

3"  Annoncer,  publier  hautement.  Isa.  12. 
5.  Annuntiate  hoc  in  universa  terra  :  Annon- 
cez la  grandeur  du  Seigneur  dans  toute  la 


279 


DICTlOiNNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACREL:. 


28U 


terre.  Ps.  9.  v.  12.  15.  Ps.  39.  v.  8.  12.  Ps. 
50.  17.  Ps.  ai.  18.  Ps.  70.  V.  15.  18.,  etc.  Ce 
qui  s'attribue  aux  cieux  même,  parce  que  la 
'-?  vue  des  cieux  excite  à  publier  la  grandeur 
de  Dieu.  Ps.  18.  1.  Cœli  enarrant  glorium  Dei, 
et  opéra  inaniium  ejus  annuntiut  firmatnen- 
tum  :  Les  cieux  racontent  la  gloire  de  Dieu  ; 
et  le  firmament,  qui  est  l'ouvrage  de  ses 
mains,  la  publie.  Ps.  49.  6.  Anyiunliabunt 
cœlijustitimn  ejus  :  Les  cieux  annonceront  sa 
justice,  publieront  la  venue  de  ce  juste  Juge, 
qui  paraîtra  avec  éclat  dans  les  cieux  et  sur 
les  nuées. 

k^  Annoncer,  prédire  les  choses  à  venir, 
découvrir  les  mystères  cachés.  Gènes.  49.  1. 
Congregamini ,  ut  annunliem  quœ  ventura 
sunt  vobis  in  diebus  novissimis  :  Jacob  appela 
ses  enfants  ,  et  leur  dit  :  Venez  tous  ici ,  afin 
que  je  vous  annonce  ce  qui  vous  doit  arriver 
dans  les  derniers  temps.  Eccli.  42,  19.  An- 
nuntians  quœ  prœterierunt,  et  quœ  superven- 
tura  su7it  :  Le  Seigneur  connaît  tout  ce  qui 
8e  peut  savoir,  il  annonce  les  choses  passées 
et  les  choses  futures  ;  la  connaissance  de 
l'avenir  est  si  particulière  au  vrai  Dieu,  qu'il 
défie  les  faux  dieux  de  le  contrefaire  en  ce 
point,  et  leur  dit,  comme  en  leur  insultant. 
Isa.  41.  2-3.  Annuntiate  quœ  ventura  sunt  in 
futurum,  et  sciemus  quia  dii  estis  vos  :  Décou- 
vrez-nous ce  qui  doit  arriver  à  l'avenir,  et 
nous  reconnaîtrons  que  vous  êtes  dieux. 
V.  26.  Quis  annuntiavit  ab  exordio  ut  scia- 
mus?  Qui  nous  a  annoncé  ce  qui  est  dès  le 
commencement?  Aon  est  neque  annuntians, 
ncque  prœdiccns,  neque  audiens  sermones  ves- 
tros  :  Il  n'y  a  personne  parmi  vous  qui  an- 
nonce et  (jui  prédise  l'avenir,  et  il  n'y  a  per- 
sonne qui  vous  ait  jamais  ouï  dire  un  seul 
mot.  c.  19.  12.  c.  43.  9.  c.  44.  v.  7.  8.  Osée 
U.  12.  etc.,  ainsi ,  Act.  3.  24.  Omnes  prophetœ 
a  Samuel  et  deinceps,  qui  locuti  sunt,  annun- 
tiaverunt  dies  istos  :  Tous  les  prophètes  qui 
sont  venus  de  temps  en  temps  depuis  Sa- 
muel ont  prédit  ce  qui  est  arrivé  en  ces 
jours. 

5"  Déclarer  quelque  chose  à  quelqu'un,  la 
lui  signifier,  ou  lui  faire  entendre  orx-neù.eîv, 
iomminari).  Ezech.  3.  17.  Audies  de  ore  meo 
verbum,  et  annunliabis  eis  ex  me  :  Vous  écou- 
terez la  parole  de  ma  bouche,  et  vous  leur 
annoncerez  ce  que  vous  aurez  appris  de  moi. 
V.  18.  19.  20.  21.  c.  33.  v.  3.  7.  Isa.  58.  1.  etc. 
Ainsi,  anmmtiure  clnmorem  alicui;  avertir 
quelqu'un  de  crier,  lui  apprendre  àjeter  de 
grands  cris.  Jerem.  4S.  4.  Contrila  est  Moab, 
annuntiate  clamorem  parvulis  ejus  :  La  ville 
capitale  du  royaume  de  Moab  est  détruite  , 
apprenez  à  ses  petits  enfants  à  jeter  de  grands 
cris. 

6  '  Annoncer  aux  peuples  la  parole  de  Dieu 

i  <fù«yy£>.iÇet70zt)  ;  publier  les  vérités  de  la  reli- 

j  gion  contme  ont  fait  les  prophètes  dans  l'An- 

'  sien  Teslamcnl;  Jésus-Christ  dans  le  Nou- 

>,»  veau  ;  ses  Apôtres  et  tous  les  pasteurs  qui 

leur  ont  succédé.  Isa.  52.  7.  Quam  pulchri 

,  uipcr  montes  pedes  annuntiantis  et  prœdi- 

caniis  paccm ,  annuntiantis  bonuml  Que  les 

pieds  de  celui  qui  annonce  et  qui  prêche  la 

l)aix  sur  les  monlujines  sont  beaux;  les  pieds 


de  celui  qui  annonce  la  bonne  nouvelle  I 
Cotte  bonne  nouvelle  s'entend  à  la  lettre  de- 
là défaite  de  Sennachérib;  mais  le  sens  prin- 
cipal est  de  l'Evangile  prêché  par  tout  le 
monde  ,  selon  l'application  qu'en  fait  saint 
Paul.  Voy.  EvANftELizARE.  C  61.  1.  Ad  an- 
nuntiandum  mansuetis  misit  me  :  Il  m'a  en- 
voyé annoncer  sa  parole  à  ceux  qui  sont 
doux.  Jésus-Christ  déclare  en  termes  exprès, 
que  ce  que  dit  ici  le  prophète  s'est  accompli 
véritablement  dans  sa  personne.  Luc.  4,  18. 
Act.  10.  36.  c.  11.  20.  c.  13.  .32.  c.  17.  23. 
Phil.  1.  18.  Ce  mot  en  ce  sens  se  trouve  sou- 
vent dans  les  Prophètes,  dans  les  Actes  et 
dans  les  Epîtres  de  S.  Paul. 

7"  Reconnaître  un  bienfait  reçu,  en  rappe- 
ler la  mémoire.  1.  Cor.  11.  26.  Quotiescum- 
que  enim  manducabitis  panem  hune  et  calicem 
Domini  bibetis,  mortem  Domini  annuntiabilis^ 
donec  veniat  :  Toutes  les  fois  que  vous  man- 
gerez ce  pain  et  que  vous  boirez  ce  calice, 
vous  annoncerez,  Gr.  vous  annoncez,  la  mort 
du  Seigneur  jusqu'à  ce  qu'il  vienne,  c'est-à- 
dire  vous  représenterez  la  mort  du  Seigneur 
jusqu'à  ce  qu'il  vienne  juger  les  vivants  et 
les  morts.  Cette  représentation  se  fait  non- 
seulement  par  la  communion  de  son  corps 
offert  en  sacrifice  ;  mais  encore  en  exprimant 
par  une  vie  digne  de  lui  la  mort  qu'il  a  souf- 
ferte pour  nous. 

8^  Publier  une  assemblée,  y  appeler  (auv- 
ùytcOxi).  Isa. 45. 21.  Annuntiate  et  venite,  et  con- 
siliamini  simul  :  Appelez-vous  les  uns  les 
autres  et  prenez  conseil  ensemble.  Jerem. 
51.  27.  Annuntiate  contra  illum  regibus  Ara- 
rat  :  Appelez  contre  elle  les  rois  d'Ararat. 

9^  Attribuer,  imputer,  mettre  au  nombre. 
Ps.21.  34.  Annuntiabitur  Domino  generatio 
ventura  :  La  postérité  qui  doit  venir  sera  dé- 
clarée appartenir  au  Seigneur.  Cette  posté- 
rité, c'est  le  peuple  gentil  qui  devait  entrer 
au  service  de  Dieu;  car  le  peuple  juif,  qui 
était  déjà  venu,  connaissait  et  adorait  le  vrai 
Dieu  et  était  nommé  son  peuple. 

10"  Décrier,  diffamer,  noter  (âiay/îXAsivj.Ps. 
58.  13.  Et  de  execratione  et  mendacio  annun- 
tiabuntur  :  L'on  publiera  contre  eux  l'exé- 
cration et  le  mensonge  dont  ils  sont  coupa- 
bles. 

ANNUNTIATIO,  nis.  Ce  nom  n'est  point 
latin,  et  signifie  en  français  la  nouvelle  que 
l'ange  apporta  à  la  Vierge  du  mystère  de  l'in- 
carnation; on  le  dit  aussi  de  la  fête  où  on 
célèbre  ce  mystère,  qui  est  le  25  de  mars  ; 
dans  l'Ecriture  il  signifie  : 

Ce  qui  est  annoncé,  la  chose  même  qu'on 
apprend  (ÈrrayyÉ/ta'.  1.  Joau.  1.  5.  Et  hœc  est 
annunlialio  quam  audivimus  ab  eo  :  C'est  là 
ce  que  nous  avons  appris  de  Jésus-Christ, 
c.  3.  11.  Hœc  est  annuntiatio  quam  audistis 
ab  initia,  ut  diligatis  alterutrum  :  Ce  qui  vous 
a  été  annoncé  et  ce  que  vous  avez  oui  dès  le 
commencement  est  que  vous  vous  aimiez  les 
uns  les  autres. 

ANNUNTIATOR,is,/.aTa7/£).£0;.Nomverba! 
^'ctnnun tiare,  peu  usité  et  signifie  : 

Celui  qui  annonce  et  qui  publie  quelque 
chose.  Act.   17-   18.  Novorum  Uœmoniorum 


2il 


ANN 


ANN 


282 


videtur  annuntiator  esse  :  Il  semble  qu'il  pro- 
che de  nouveaux  dieux 

ANNUS,  1,  èviauToç,  ezoç  Ce  mot  vient  de  la 
préposition  am,  qui  anciennement  se  prenait 
pour  circum,  parce  que  l'année  n'est  qu'une 
certaine  révolution  de  jours.  D'autres  le  font 
venir  du  grec  iVo?.  L'année  est  proprement 
l'espace  du  temps  que  le  soleil  ou  la  lune 
emploie  pour  revenir  au  même  point  du  zo- 
diaque :  ainsi  il  y  a  deux  sortes  d'années, 
l'année  solaire  et  l'année  lunaire:  lapremière 
est  de  363  jours  et  près  de  six  heures  ;  la  se- 
conde est  de  35^1  jours,  pendant  lesquels  la 
lune  parcourt  douze  fois  le  zodiaque. 

L'année  chez  les  Hébreux  était  lunaire,  de 
12  mois  dont  chacun  avait  29  jours  et  demi, 
qui  faisaient  les  354  jours.  Or,  ils  avaient  de 
deux  sortes  d'années  :  la  première  élait  civile 
et  commune  ;  ils  s'étaient  toujours  servis  de 
cette  année  avant  leur  sortie  d'Egypte,  et  s'en 
servirent  encore  après  cette  sortie  dans  leurs 
affaires  civiles  ;  elle  commençait  à  l'équinoxe 
d'automne,  au  mois  appelé  tisri;  ils  croyaient 
que  c'était  en  ce  temps-là  que  le  monde  avait 
commencé.  Il  est  lait  mention  de  celle  sorte 
d'année,  Exod.  23.  16.  In  exitu  anni  :  A  la  On 
de  l'année,  lorsque  vous  aurez  recueilli  tous 
lès  fruits  de  votre  champ  ;  et  c.  34-.  22.  Quando 
redeunte  anni  tempore  cuncta  conduntur  :  A 
la  fin  de  l'année,  lorsqu'on  aura  recueilli 
toiis  les  fruits. 

La  seconde  sorte  d'année  qui  était  en  usage 
chez  les  Hébreux  élait  celle  qu'ils  appelaient 
Sacrée.  Dieu  leur  ordonna  de  s'en  servir,  un 
peu  avant  qu'ils  sortissent  de  l'Egypte  :  elle 
commençait  à  l'équinoxe  du  printemps  par  le 
mois  nisan.  Exod.  12.  2.  Mensis  isle,  vobis 
principium  mensium  :primus  erit  in  mensibus 
anni  :  Ce  mois-ci  sera  pour  vous  le  commen- 
cement des  mois  :  ce  sera  le  premier  des  mois 
de  l'année.  Voici  les  différentes  significations 
de  ce  mol. 

1°  Un  an,  une  année  composée  de  douze 
moi»  1.  Reg.  13.  1.  Filins  unius  anni  erat 
cum  regnare  cœpisset,  duobus  autem  ann>s 
regnavit  super  Israël  :  Saiil  élait  comme  un 
enfant  d'un  an  lorsqu'il  commença  de  régner, 
et  il  régna  de  la  sorte  deux  ans  sur  Israël 
dans  une  grande  innocence.  D'autres  expli- 
«luenl  ainsi  cet  hébraïsme  :  Il  y  avait  un  an 
«lue  Saiil  régnait  déjà  quand  il  fut  proclamé 
roi  à  Galgala,  et  il  ne  régna  que  deux  ans  lé- 
gitimement, avant  qu'il  eût  été  réprouvé  de 
Dieu;  car  outre  que  David  fut  choisi  en  sa 
place,  il  se  conduisit  dans  tout  le  reste  de  son 
règne  d'une  manière  tyrannique,  ainsi  tout 
ce  temps  n'est  point  compté.  Voy.  Filius. 
Gènes.  1.  ik.  c.  o.  v.  3.  k.  etc.  (Gréa,  in  l. 
Iteg.l.ly.c.'.i). 

±  Les  s.iisons  d(>  l'année.  l>s.  6V.  12.  liciie- 
dices  coronœ  anni  benignilatis  luœ  :  Vous 
cotiroiinerez  l'annécdc  toutes  sortes  de  biens; 
vous  comblez  de  biens  les  saisons  qui  s'en- 
Iresuivent,  et  vous  les  rendez  fertiles  par  vo- 
ire bonlé  :  Annus  benignitalis  luœ  est  mis  par 
un  hébraïstnc  pour  :  Annus  gucm  botiis  cu- 
mulas. 

3*Un  temps  indéfini.  Ps.  76.  6.  Annos  œler- 
nos  in  mente  liabui  :  J'ai  eu  présentes  dans 


l'esprit  les  années  des  siècles  précédems, 
dans  lesquels  vous  avez  toujours  donné  des 
marques  de  votre  bonté  à  l'égard  des  affligés. 
Voy.  ^TERNUS.  Dans  le  sens  spirituel,  on 
prendcesannées  pour  léternité  :de  mémelsa. 
61.  1.  Ut  prœdicarem  annum  placabilem  Do- 
mino :  Le  Seigneur  m'a  rempli  de  son  onc- 
tion pour  publier  l'année  de  sa  réconciliation. 
Luc.  4.  19.  Prœdicare  annum  Domini  accep- 
tum  :  Pour  publier  l'année  des  miséricordes 
et  des  grâces  du  Seigneur.  Isa.  03.  k.  Annus 
redemptionis  meœ  venit .  Le  temps  de  racheter 
les  miens  est  venu  (l'avènement  de  Jésus- 
Chrisl).Ce  temps  est  celui  de  l'incarnation, du 
Fils  de  Dieu,  lequel  temps  saint  Paul  appelle 
tempus  acceplabile.  2.  Cor.  6.  2.  On  fait  allu- 
sion à  l'année  du  jubilé  qui  était  une  année 
de  rémission.  Habac.  3.  2.  In  medio  annorum 
vivifica  illud  :  Faites  vivre  votre  ouvrage, 
c'est-à-dire,  conservez  les  Juifs  qui  sont  vo- 
tre ouvrage  (1°  In  medio  duorum  animalium 
innotesceris  (Çwov,  animal)  :  Vous  paraîtrez 
au  milieu  de  deux  animaux).  Le  Prophète 
prie  Dieu  d'accomplir  l'ouvrage  de  leur  dé- 
livrance, dans  le  temps  qu'il  en  avait  lui- 
même  marqué.  Ainsi,  Ezech.  38.  8.  Jac. 
4.  13. 

De  cette  signification  viennent  ces  expres- 
sions figurées  : 

Antiqui  anni  :  Les  premiers  temps  du 
monde.  Mal.  3.  4.  Placebit  Domino  sacrificium 
Juda  et  Jérusalem,  sicut  dies  sœculi  et  sicut 
anni  antiqui  :  Le  sacrifice  de,  Juda  et  de  Jéru- 
salem sera  agréable  au  Seigneur,  comme 
l'ont  été  autrefois  ceux  des  premiers  temps  , 
c'est-à-dire  le  sacrifice  d'Abel  et  celui  du  pa- 
triarche Abraham. 

Annus  retributionum  :  Le  temps  de  faire 
justice.  Isa.  34.  8.  Dies  ultionis  Domini,  an- 
nus retribulionis .Lq jour  de  la  vengeance  du 
Seigneur  et  le  temps  de  faire  justice  est  venu. 
Ainsi  annus  visitationis  :  Le  temps  destiné  au 
châtiment.  Jercm.  11.  23.  c  23. 12.  c.  48.  44. 

Voy.  ViSITATIO. 

Anni  iniquitalis  :  Le  temps  pendant  lequel 
on  a  offensé  Dieu.  Ezech.  4.  5.  Ego  dedi  tibi 
annos  iniquitatis  eorum  :  Je  vous  ai  donné 
trois  cent  quatre-vingt-dix  jours  pour  les 
années  de  leurs  iniquités.  Dieu  avait  ordonné 
à  Ezéchiel  de  dormir  390  jours  sur  le  côté 
gauciie  et  de  se  charger  en  cet  état  des  ini- 
quités d'Israël.  Ces  jours  marquaient  le  nom- 
bre do  390  années  qu'avait  duré  l'iniquité 
d'Israël  ,  depuis  que  Jéroboam  introduisit 
l'idolâtrie  parmi  les  Hébreux. 

4"  Le  temps  de  la  vie.  Job  10.  23.  Brèves 
anni  tr ans eunt  :  Les  années  de  ma  vie  cou- 
lent et  passent  vile.  Ps.  89.  10.  Dies  annorum 
noslrorum  in  ipsis  septuaginla  anni  ;  Le 
cours  de  noire  vie  est  d'ordinaire  de  70  ans. 
Job  10.  .0.  c.  30.  11.  Ps.  30.  12.  Ps.  60.  7.  Ps. 
77.  33.  Prov.  3.  9.  etc. 

b  L'état  de  la  vie.  l"'zech.  22.  4.  Addnxisii 
tempus  annorum  luorum  :  Vous  avez  hâté  le 
tcujps  de  voire  ruine  qui  mettra  fin  à  votre 
durée.  Le  Prophète  parle  de  Jérusalem. 

6  Les  fruits  de  l'année.  Joël.  2.  25.  Jit 
reddamvobis  annos  quoa  comedit  locusta,  bru- 
chus  et  rubigo,  et  cruca  :  Je  vous  rendrai  les 


283 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACUEE. 


184 


iruits  des  années  que  tous  ont  fait  perdre  la 
saulerelle,  le  ver,  la  nielle  et  la  chenille.  Dieu 
promet  de  rendre  les  fruits  de  quatre  années 
que  chacune  de  ces  bêles  à  leur  tour  avait 
rongés. 

ANNUALIS,  E,  inérîtoç.  Qui  dure  ou  qui  se 
fait  en  un  an.  Eccli.  37.  14.  Tracta  cum  ope- 
rario  annuali  de  consummatione  anni  :  Allez 
consulter  un  ouvrier  à  l'année  sur  ce  qu'il 
doit  faire  pendant  un  an,  vous  ne  devez  pas 
en  é(re  satisfait;  il  ne  faut  pas  consulter  des 
gens  préoccupés  par  leur  passion  ou  par 
leur  intérêt. 

ÀNNUUS,  A,  UM.  Annuel,  qui  arrive  tous 
les  ans.  1.  Esdr.  k.  13.  Anmios  reditus  non 
dabunt  :  Si  les  Juifs  rebâtissent  leur  ville,  ils 
ne  paieront  plus  les  revenus  annuels.  Jerem. 
5.  2i.  Metuamus  Dominum  Deum  noslrwn.... 
pîenitudinem  annuœ  messis  custodientem  no- 
bis  .-Ils  n'ont  point  dit  en  eux-mêmes  :  Crai- 
gnons le  Seigneur,  notre  Dieu.  .  .  .  qui  nous 
conserve  tous  les  ans  une  abondante 
moisson. 

ANOB,  Heb.  Uva.  Un  homme  de  la  tribu  de 
Juda,  fllsdeCos.  1.  Par.  4.  8. 

ANSA  ,  m ,  ).«e»j.  On  disait  autrefois  Asa,  et 
vient  de  l'hébreu  Ozen,  qui  signifie  l'oreille  , 
parce  que  ce  qui  sert  à  tenir  ou  manier  un 
ustensile  en  est  comme  l'oreille  :  ainsi  ce 
mot  signifie  l'anse  d'un  vase  par  où  on  le 
prend,  les  anneaux  d'une  chaîne  ;  mais  il  si- 
gnifie aussi  : 

Un  cordon  qui  sert  à  lier  ou  à  entourer  quel- 
que chose  {ùyy.vln.)  Exod.26.  5.  Quinquagenas 
ansulas  corlina  habebit  in  utraque  parle,  ita 
insertas  ut  ansa  contra  ansam  veniat,  et  altéra 
olteri  possit  aplari  :  Chaque  rideau  aura  cin- 
quante cordons  de  chaque  côté,  placés  de 
telle  sorte  que  lorsqu'on  approchera  les  ri- 
deaux, les  cordons  de  l'un  répondent  à  ceux 
de  l'autre,  et  qu'on  les  puisse  attacher  en- 
semble. 

ANSULA,  <e,  ày/.iMïj.  Ce  mot  signifie  petite 
anse,  petit  cordon  ;  dans  l'Ecriture,  la  même 
chose  qu'onso. 

Un  cordon.  Exod.  26.  v.  h.  5.  Ansulas  hya- 
ci7}thinas  in  lateribus  ac  summitatibus  faciès 
cortinarum  .Vous  mettrez  des  cordons  d  hya- 
cinthe sur  le  bord  et  à  l'extrémité  des  rideaux 
afin  qu'ils  puissent  s'attacher  l'un  à  l'autre. 

ANTE,  Tfjrjç,  i'ixTrpofjOîv,  èvwmov.  Celle  pré- 
position vient  du  grec  «vt«,  qui  signifie  la 
même  ciiose,  devant,  avant,  soil  qu'on  mar- 
que la  personne,  le  lieu  ou  le  temps 

1*  Devant,  au  devant.  Gènes.  32.  3.  Misit 
nuntios  nnte  se  ad  Esau  fratrem  suuin  .-Jacob 
envoya  des  gens  devant  lui  pour  donner  avis 
de  sa  venue  à  son  frère  Esaii.  v.  21.  Prœces- 
serunt  muneru  anle  euin  :  Les  présents  n)ar- 
chèrent  devant  lui.  Gen.  3.  24.  c.  33.  14. 
Luc.  5.  v.  18.  19.  c.  8.  28.  etc.  Ante  fn- 
ciein^  ante  ocidos,  signifie  la  même  chose  en 
plusieurs  endroits.  Thren.  1.  v.  5.  0. 

2"  Pour  marquer  ce  qui  marche  devant  par 
honneur.  Ps.  84. 14.  Justitin  ante  eum  ambu- 
labil  :  H  fera  marcher  la  justice  devant  lui; 
David  marque  que  le  Messie  ne  ferait  rien 
qu'avec  beaucoup  de  justice.  Ps.  96.  3.  lijnis 
anteiosimprœcedet  :  Le  feu  marchera  devant 


lui  :  Dieu  s'est  souvent  servi  du  feu  du  ciel 
et  de  la  foudre  pour  défaire  ses  ennemis. 
Habac.3.  5.  Ante  faciem  ejus  ibitmors  et  egre- 
dietur  diabotus  antepedes  ejus:  Lorsque  Dieu 
conduisait  son  peuple  dans  le  désert,  pour  le 
faire  entrer  dans  la  terre  promise,  il  se  ser- 
vait du  démon  et  de  la  mort  pour  perdre  ou 
les  Israélites  incrédules  à  sa  parole,  ou  les 
Chananéens  qui  s'opposaient  à  leur  passage  : 
on  fait  allusion  aux  huissiers  qui  marchent 
devant  leurs  maîtres  pour  exécuter  leurs  or- 
dres. Mal.  3.  1.  Matth.  11.  10.  Marc.  1.  2. 
Luc.  7.  27.  c.  1.  76.  Act.  13.  24.  etc. 

3°  Pour  marquer  la  présence  d'une  chose 
ou  d'une  personne;  ante  pour  coram,  auprès. 
Prov.  22.  29.  Vidisti  virum  velocem  in  opère 
suo,  coram  7'egibus  stabit,  nec  erit  ante  igno- 
biles  :  Avez-vous  vu  un  homme  prompt  à 
faire  son  œuvre?  Il  se  tiendra  devant  les 
rois,  et  ïfbn  devant  les  hommes  du  peuple, 
c'est-à-dire  il  sera  au  service  des  rois.  Ainsi, 
Tob.  12.  15.  Astatnus  ante  Dominum  :  Nous 
sommes  toujours  présents  devantle  Seigneur: 
c'est  l'ange  Raphaël  qui  parle.  Luc.  1.  19. 
Ego  sum  Gabriel  qui  asto  ante  Deum  :  Je  suis 
Gabriel,  qui  suis  toujours  présent  devant 
Dieu  pour  recevoirses  ordres.  Luc.  1.  8.  Cum 
sacerdutio  fungeretur  ante  Deum  (Ivkvti)  : 
Zacharie  exerçant  la  charge  de  prêtre  devant 
Dieu,  c'est-à-dire  devant  l'arche  ;  ce  qui 
s'exprime  souvent  parles  mots  :  Ante  faciem, 
ante  oculos.  Ainsi,  ce  qui  se  voit  et  se  connaît 
est  dit  être  en  présence,  comme  Ps.  37.  10. 
Ante  te  omne  desiderium  meum  :  Seigneur, 
vous  connaissez  tout  mon  désir.  Luc.  1.  6. 
Erant  justi  ambo  ante  Deum  :  Zacharie  et 
Elisabeth  étaient  tous  deux  justes  devant 
Dieu,  c'est-à-dire  vraiment  justes,  au  juge- 
ment de  Dieu  même  qui  connaît  tout.  c.  16. 
15.  Quod  hotninibus  altum  est^abominatio  est 
ante  Deum  :  Ce  qui  est  grand  aux  yeux  des 
hommes  est  en  abomination  devant  Dieu, 
c'est-à-dire  que  Dieu  le  connaît  et  le  juge 
tel. 

k*  Pour  marquer  ce  qui  est  au  pouvoir  de 
quelqu'un,  dont  il  peut  user  (evavrt).  Eccli. 
15.  18.  Ante  hominem  vita  et  mors,  bonum  et 
maium  :  La  vie  et  la  mort,  le  bien  et  le  mal 
sont  devant  l'homme,  dépendent  de  sa  vo- 
lonté; ces  paroles  sont  claires  du  premier 
homme  ,  à  qui  Dieu  laissa  une  liberté  tout 
entière  d'user  de  toutes  choses  et  de  la  grâce 
même  dont  il  avait  orné  son  âme,  mais  elles 
peuvent  s'entendre  aussi  des  hommes  après 
le  péché;  car  quoiqu'ils  n'aient  pas  la  grâce, 
l'innocence  d'Adam,  ni  les  grâces  actuelles 
soumises  au  libre  arbitre,  ils  ont  néanmoins 
reçu  la  loi  de  Dieu  et  les  grâces  intérieures 
qui  les  mettent  en  pouvoir  de  l'accomplir  : 
ainsi  ils  sont  en  état  d'user  à  leur  choix  du 
bien  et  du  mal.  Voy.  Coram. 

5"  Pour  marquer  la  présence  et  îa  durée 
de  quelque  chose.  Ps.  71.  15.  El  permanebit 
cum  sole  et  ante  lunam  :  Il  demeurera  autant 
que  le  soleil  et  la  lune;  cela  s'entend  du  rè- 
gne du  Messie,  qui  n'aura  point  de  fin.  v.  17. 
Ante  solem  permanet  nomen  ejus  :  Son  nom 
durera  éternellement,  tant  que  le  soleil  sera 
dans  le  monde.  Ainsi,Genes.il.28.  Mortuus 


285 


ANT 


ANl 


28W 


tst  Aram  ante  Thàre  :  Aram  mourut  du  vi- 
vant même  de  Tharé,  son  père.  1.  Par.  2i.  2. 

6"  Pour  marquer  le  rang  et  la  préférence. 
Joan.  1.15.  Qui post  me  venturus  est,  ante  me 
factus  est  :  Celui  qui  doit  venir  après  moi  a 
été  préféré  à  moi.  v.  27.  30.  Gènes.  48.  20. 
Constituitque  Ephraim  ante  Manassem  :  Ja- 
cob mit  Ephraïm  devant  Manassès  ;  il  préféra 
le  cadet  à  l'aîné.  Ainsi  l'on  dit  :  Ante  omnia, 
surtout,  avant  toutes  choses.  Jac.  5.  12.  Ante 
omnia  autem  nolite  jiirare  :  Mais  avant  tou- 
tes choses,  ne  jurez  point. 

7°  En  comparaison  (èvavriov).  Sap.  11.  23. 
Sic  est  ante  te  orbis  terrarum,  tatnquam  gutta 
roris  antelucani  :  Tout  le  monde  est  devant 
vous  comme  une  goutte  de  la  rosée  du  ma- 
tin qui  tombe  sur  la  terre. 

8"  A  la  ressemblance  (xaTév^Tt).  Rom.  k. 

17.  Pater  est  omniuin  nostrum...  ante  Deum 
cui  credidit  :  Abraham  est  le  père  de  nous 
tous,  devant  Dieu  auquel  il  a  cru;  le  Grec 
xarivav-i  signifie  c  rerjione,  en  comparant  l'un 
avec  l'autre;  car,  comme  Dieu  est  le  père  de 
tous  les  hommes  parla  création,  Abraham 
l'est  aussi  par  l'exemple  de  sa  foi.  D'autres 
disent  qu'Abraham  est  père  devant  Dieu, 
c'est-à-dire  d'une  paternité  spirituelle,  fon- 
dée dans  la  foi  qui  rend  l'homme  recomman- 
dable  devant  Dieu. 

9"  Pour  marquer  le  temps.  Eccli.  11.  30. 
Ante  mortem  ne  laudes  quemquam  :  Ne  louez 
personne  avant  sa  mort,  c'est-à-dire  n'esti- 
mez personne  heureux  avant  sa  mort.  c.  14. 
13.  Ante  mortem  benefac  amico  tuo  :  Faites 
du  bien  à  votre  ami  avant  la  mort.  v.  17, 
Rom.  16.  7.  Ante  me  fuerunt  in  Christo  :  Ils 
ont  embrassé  la  foi  de  Jésus-Christ  avant 
moi.  Matth.  5.  12.  c.  8.  29.  c.  2i.  38.  etc., 
ainsi,  Prov.  8.  2o.  ^nfe  co//es  ego  parturie- 
har  :  J'étais  enfantée  avant  les  collines  ; 
c'est  la  sagesse  qui  parle  et  qui  dit  qu'elle 
subsistait  avant  tous  les  temps.  Eccli.  1.  1. 
Est  nnte  œvum  :  Elle  est  avant  tous  les  siè- 
cles :  de  même  ante  sœculu,  ante  constitulio- 
nem  mundi,  ante  tempora  sœcularia,  ante  om- 
nés  :  Toutes  façons  de  parler  qui  signifient 
de  toute  éternité. 

Ante  faciem,  ante  vultum,  se  mcllenl  quel- 
quefois pour  le  datif  de  la  personne.  2.  Esdr. 
2.  5.  Si  placet  servus  tuus  ante  faciem  tuam  ; 
Si  votre  serviteur  vous  est  agréable,  v.  6. 
Placuit  ante  vultum  Régis  ,  i.  e.  Régi  : 
Le  roi  l'agréa.  Ps.  56.  Foderunt  ante  fa- 
ciem meam  foveam  :  Ils  ont  creusé  une  fosse 
devant  mes  yeux  pour  m'y  faire  tomber. 
Ps.  72.  16.  Labor  est  ante  me  :  Mais  c'est  un 
grand  travail  pour  moi.  Isa.  45.  1.  Ut 
subjiciam  ante  faciem  ejns  génies  •  Pour  lui 
assujellir  les  nations.  Matth.  23.  13.  Luc.  2. 
31.  Ecrli.  8.  18.  etc. 

Quelquefois  au  lieu  du  génitif.  Mallh.  18. 
IV.iVon  est  volunlas  ante  pulrem  vestrum,  i.  e. 
palris  vestri:  Votre  Père,  qui  est  dans  le  ciel, 
ne  veut  pas  qu'aucun  de  ces  petits  périsse. 

ANTE,  TT^-j.  Celle  particule  est  aussi  ad- 
verbe et  signifie  : 

1"  Devant,  opposé  à   derrière.  Exod.  .39. 

18.  Hœc  et  ante  et  rétro  ita  conveniebant  sibiy 
ut  super  humerale  et  ralionaic  mutuo  mcteren- 


tur  :  Tout  cda  se  rapportait  si  juste  devant 
et  derrière  que  l'éphod  et  le  rational  demeu- 
raient liés  l'un  avec  l'autre. 

2'  Auparavant,  par  rapport  au  temps.  Ju- 
dic.  16.  30.  Miilto  phires  interfecit  moriens 
quam  ante  vivus  occiderat  :  Samson  en  tua 
beaucoup  plus  en  mourant  qu'il  n'en  avait 
tué  pendant  sa  vie.  Gènes.  26.  18.  c.  27.  36. 
c.  29.  7.  c.  40.  13.  etc. 

ANTEA,  TTfiôzîpo'j.Cei  adverbe  est  composé 
de  la  préposition  ante  et  du  pronom  neutre 
ea,  et  signifie  comme  ante  : 

Auparavant  Jos.  10. 14.  Non  fuit  antea  nec 
postea  tam  longa  dies  :  Jamais  jour,  ni  devant 
ni  après,  ne  fut  si  long  que  celui-là,  le  so- 
leil et  la  lune  s'étant  arrêtés  tout  court,  sans 
continuer  leur  course.  Exod.  11.  6.  c.  34.  4. 
Luc.  23.  12.  etc. 

ANTEGEDERE,  7zpoTroûîiz^0v.i.Ce  verbe,  qui 
vient  d'ange  et  de  cedere,  signifie  :  —  1°  Pré- 
céder, marcher  devant,  soit  comme  un  ser- 
viteur devant  son  maître.  Gènes.  32.  16. 
Dixit  pueris  suis,  Antecedite  me  :  Jacob  dit  à 
ses  serviteurs  :  Marchez  devant  moi.  1.  Reg. 
17.  7.  Armiger  ejus  Antecedebat  eum  :  Son 
écuyer  marchait  devant  lui,  devant  Goliath. 
Ainsi,  c.  9.  27.  soit  pour  servir  de  guide  ou 
de  conducteur.  Exod.  17.  5.  Antecede  popu- 
lum  :  Marchez  devant  le  peuple.  Jos.  3.  11. 
Mallh.  2.  9.  Luc.  22.  47.  —  2»  Conduire,  di- 
riger (rr/Eîo-Qat  .  Sap.  7.  12.  Lœtatus  sum  in 
omnibus,  qxioniam  antecedebat  me  ista  sapien- 
tia  :  Je  me  suis  réjoui  dans  toutes  ces  cho- 
ses, parce  que  cette  sagesse  marchait  devant 
moi,  et  sa  lumière  m'éclairait  dans  toute  la 
conduite  de  ma  vie. 

ANTECESSOR,  is.  Ce  nom  signifie  propre- 
ment celui  qui  va  devant,  avant-coureur,  ou 
un  coureur  d'armée,  qui  va  découvrir  l'en- 
nemi ;  en  français,  ce  mot  signifie  un  pro- 
fesseur de  droit  dans  une  université  :  dans 
l'Ecriture  :  —  1°  Avant-coureur,  qui  mar- 
che devant  (-pô^pouoç,  aniecursor). Sap.  12.  8. 
Misisti  antecess'ores  exercitus  tui  vespas  ut 
illos  paulatim  exterminarent  :  Vous  leur  avez 
envoyédes guêpes  pour  êtrecomraelesavant- 
coureurs  de  votre  armée,  afin  qu'elles  ex- 
terminassent peu  à  peu  les  Chananéens.  Dieu 
leur  envoya  ces  insectes  pour  les  avertir 
avant  que  de  les  perdre,  et  il  ne  les  extermina 
que  peu  à  peu. — 2"  Celui  qui  précède  par 
l'ordre  du  temps  (royç-^jôi^oO,  qui  fuerunt  ante 
me).  Gai.  1.  17.  Neque  veni  Jerosotymam  ad 
antecessores  msos  Apostolos  :  Je  ne  suis  point 
retourné  à  Jérusalem  pour  voir  ceux  qui 
étaient  apôtres  avant  moi.  Saint  Paul  mar- 
que qu'il  n'a  rien  appris  des  autres  apôtres 
et  qu'il  ne  les  a  point  été  voir  pour  se  faire 
instruire  par  eux  de  lEvangilc  qu'il  devait 
prêcher,  quoiqu'il  n'ait  été  appelé  qu'après 
eux. 

ANTEIRE  ,  ■npoTzooiùesOv.i.  Ce  verbe  signifie 
aller  devant,  quelquefois  surpasser. 

Marcher  devant,  servir  de  guide  et  de  pro- 
tecteur. Isa.  58.  8.  Anleibii  faciem  tuam  jus- 
titia  tua  :  Votre  justice  marchera  devant 
vous.  Le  prophète  parle  de  ceux  qui  assis- 
tent les  pauvres,  et  les  assure  que  le  fruit  de 
leurs  bonnes  œuvres  les  conduira  au   ciel. 


287 


DiCTIONNAiRE  DE  PHILOLOGIE  SACliLE. 


9.88 


où  le  Seigneur  les  protégera  de  sa  gloire. 

ANTELUCANUS,  a,  um,  00601^6?.  Cet  adjec- 
tif, formé  de  la  préposition  anle  et  du  nom 
lux,  lumière,  signifie  : 

Qui  est  ou  qui  se  fait  avant  le  jour.  Sap. 
lî.  23.  Sic  est  anle  te  orbis  terrarmn  tam- 
quamgultaroris  antelucani  :  Tout  le  monde 
est  devant  vous  comme  une  goutte  de  ro- 
sée du  malin  qui  tombe  sur  la  terre. 

ANTELUCANUM,  i.opBpog,  Diluculum.^om 
substantif  qui  signifie  : 

La  lumière  du  malin.  Eccli.  2i.  kk.  Doctri- 
nam  quasi  antelucanum  illumino  omnibus  : 
La  lumière  de  la  science  que  je  répandrai  sur 
tout  le  monde  sera  comme  la  lumière  du 
matin  ;  cette  lumière  qui  paraît  le  matin 
chasse  les  ténèbres  de  la  nuit  et  se  répand 
par  tout  le  monde  :  mais  étant  d'abord  un 
peu  obscure,  elle  croît  peu  à  peu  jusqu'à  ce 
que  le  jour  s'avance;  il  en  est  de  même  de 
la  doctrine  du  salut  que  la  sagesse  a  répan- 
due :  au  temps  que  l'auteur  de  ce  livre  écri- 
vait, la  Bible  ayant  été  traduite  en  grec,  la 
science  du  salut  commença  de  venir  à  la 
connaissance  des  étrangers*;  mais  elle  s'est 
bien  plus  accrue  par  la  venue  de  Jésus-Christ, 
qui  a  paru  comme  un  soleil  qui  a  éclairé 
toute  la  terre. 

ANTEMURALE,  is,7T£pÎTetxo?'  Ce  nom  inu- 
sité vient  d\inle  et  de  murus,  comme  qui  di- 
rait avant-mur,  et  marque  : 

Un  bastion  ou  boulevart  qui  s'avance  hors 
les  murailles  pour  les  couvrir.  Thren.  2.  8. 
Luxitque  antemurale  :  Les  remparts  de  la 
ville  sont  ruinés  et  dans  un  étal  déplorable  ; 
ainsi,  dans  le  sens  figuré  :  Murus  et  ante^ 
murale  :  Le  mur  et  lavant-mur  marquent 
une  protection  et  une  défense  forte  et  puis- 
sante qui  rend  invincible.  Isa.  26.  1.  Urbs 
fortitudinis  nostrœ  Sion ,  Salvulor  ponetur 
in  ea  murus  et  antemurale  :  Sion  est  notre 
ville  forte,  le  Sauveur  en  sera  lui-même  le 
mur  et  le  boulevart  :  celte  ville  est  l'Eglise, 
qui  est  si  assurée  sous  la  protection  de  son 
Sauveur,  que  les  portes  de  l'enfer  ne  prévau- 
dront point  contre  elle. 

ANTEQUAM,  tt/siv.  Devant  que,  avant  que, 
et  marque  ordinairement  une  priorité  de 
temps, par  rapporta  quelque  action  ou  quel- 
que événement.  Joan.8.  58.  Antequam^ Abra- 
ham prêt,  ego  sum  :  Je  suis  avant  qu'Abra- 
ham fût  au  monde.  Malth.  20.  3'( .  Anlequam 
(jullus  cantet  ter  me  negabis  :  Avant  que  le 
coq  chante,  vous  me  renoncerez  trois  fois. 
Gènes.  11.  k.  c.  13.  10.  c.  27.  k.  Matth.  G.  8. 
etc.  Néanmoins  ces  mots  :  avaiit  que,  ne  si- 
gnifient pas  toujours  que  la  chose  qui  est  dé- 
signée s'accompl  sse;  mais  c'est  dans  l'E- 
criture une  f.içon  de  parier  qui  marque 
seulement  ce  qui  s'est  fait,  sans  assurer  ce 
qui  a  pu  se  faire  ensuite  {■nf.i  toO).  Matth.  1. 
18.  Anlequam  convenirent ,  invcitta  est  in 
utero  lidbcns  de  Spiritu  sanclo  :  Marie  fut 
reconnue  grosse  avant  qu'ils  eussent  été  en- 
semble, c'est-à-dire  qu'ils  eussent  usé  du 
mariage  :  il  ne  s'ensuit  pas  qu'ils  en  aient 
Ubé  depuis,  comme  queujues  hérétiques  ont 
osé  le  dire;  mais  la  sainte  mère  de  Jésus- 
Christ  est  demeurée  vierge  après  sou  enlan- 


tement,  comme  elle  l'était  auparavant.  Gè- 
nes. 2.  5.  Omne  virgultum  agri  (fecit)  anle- 
quam oriretur  in  terra  :  Dieu  créa  les  plan- 
tes des  champs  avant  qu'elles  fussent  sorties 
de  la  terre  :  ce  n'est  pas  que  ces  plantes 
fussent  encore  sorties  de  la  terre,  après  avoir 
été  créées  ;  mais  Moïse  marque  seulement 
qu'elles  n'étaient  point  sorties  de  la  terre  par 
la  vertu  des  graines  et  par  le  travail  des 
hommes.  Jerem.  38.  10.  Leva  Jeremiam  Pro- 
phetam  de  lacu  anlequam  moriatur  :  Tirez  le 
prophète  Jérémie  de  celle  basse-fosse  avant 
qu'il  y  meure  ;  il  ne  s'ensuit  pas  que  Jérémie 
y  soil  mort  après;  Gr.  hx  ixô,  ut  non  moria- 
tur. 

ANTE-SABBATHUM,  i.  Ce  mot,  composé 
d'ante  et  de  sabbathum,  signifie  le  jour  de  de- 
vant le  sabbat,  auquel  on  préparait  toutes 
choses  pour  le  lendemain.  Voy.  Parasgeve  : 
il  est  exprimé  [>ar  un  mot  grec  qui  n'est  point 
ailleurs,  Tr^oo-àSSaTov.  Marc.  15.  42.  Puî'as- 
ceve,  quod  est  ante-sabbatum  :  ce  mot  latin 
se  trouve  en  ce  même  sens,  2.  Mach.  8.  28. 
Nam  erat  ante-sabbathum  :  parce  que  c'était 
la  veille  du  sabbat  ;  mais  en  grec  il  est  rendu 
par  deux  mots,  tt^c  toû  avMûzov. 

ANTICHRISTUS,  àvTtx/^t(TToç.  Ce  mol  vient 
du  grec  «vrî,  qui  signifie  contre,  et  de  xP'-'^~ 
ràç,  Christus,  pour  marquer  celui  qui  est 
opposé  à  Jésus-Christ  dans  l'Ecriture  : 

1°  Antéchrist  se  dit  particulièrement  d'un 
insigne  apostat  ou  faux  prophète,  qui  doit 
régner  dans  l'Eglise  d'une  manière  lyranni- 
que,  un  peu  avant  le  jugement  dernier.  1. 
Joan.  2.  18.  Sicut  audistis  quia  anlichristus 
venit  :  Comme  vous  avez  oui  dire  que  l'An- 
téchrist doit  venir;  saint  Paul  l'appelle 
homme  de  péché,  destiné  à  périr  misérable^ 
ment.  2.  Thess.  2.  3.  et  dit  quelle  sera  la  con- 
duite et  la  fin  funeste  de  cet  impie. Saint  Jean, 
dans  son  Apocalypse,  en  parle  aussi,  mais 
d'une  manière  plus  obscure. 

2°  Les  persécuteurs  de  l'Eglise  et  les  héré- 
tiques, surtout  ceux  qui  ôlent  à  Jésus-Christ 
sa  nature  divine  ou  sa  nature  humaine  et 
qui  tâchent  d'en  étouffer  le  nom  et  la  gloire, 
sont  aussi  appelés  antechrists,  1.  Joan.  2.  18. 
Et  nunc  antichristi  mulli  facti  sunt  :  Il  y  a 
déjà  plusieurs  antechrists;  ce  qui  nous  fait 
connaître  que  nous  sommes  dans  la  dernière 
heure,  c.  4.  3.  Omnis  spiritus  qui  solvit  Je- 
sum,  ex  Deo  non  est,  et  hic  est  anlichristus  : 
Tout  esprit  qui  divise  Jésus-Christ  n'esl  point 
de  Dieu,  et  c'est  là  l'Antéchrist;  Gr.  c'est  là 
l'espril  de  l'Antéchrist,  dont  vous  avez  ouï 
dire  qu'il  doit  venir,  c  2.  22.  Uic  est  anli- 
christus qui  negal  Palrem  et  Filium  :  Celui- 
là  est  anlechrisl,  qui  nie  le  Père  el  le  Fils.2. 
Joan.  V.  T.  Qui  non  confilelur  Jesum  Chrisluin 
venissc  incarnem,hic  est  seduclor  el  anlichri- 
stus :  Celui  qui  ne  confesse  point  que  Jésus- 
Christ  est  venu  dans  une  chair  véritable  est 
un  séducteur  et  un  anlechrisl;  l'Apôtre  mar- 
que Basilide  et  ses  sccîateurs. 

ANTICIPARR  ,  7r/-.oxaTc<Ac</xgàvetv.  Ce  verbo 
qui  vient  iVante  et  de  capere.  prendre  par 
avance,  signifie,  en  français,  ou  faire  une 
chose  avant  le  temps,  ou  prendre  plui  qu'il 
nç  faut;  dans  l'Ecriture  ; 


S89 


ANT 


Anticiper,  prévenir  (T^po'feivsu).  Ps.  76.  5. 
Anticipavertmt  vigilias  oculi  tnei  :  Mes  veux 
devançaient  les  veilles  et  les  sentinelles  de 
la  nuit':  le  Prophète  représente  les  Israélites 
qui  racontent  au  sortir  de  Babylone  l'état 
déplorable  où  ils  s'étaient  vus  durant  leur 
captivité;  qu'ils  y  étaient  dans  une  si  grande 
inquiétude,  qu'à  toutes  les  heures  de  la  nuit 
où  les  gardes  étaient  changées,  ils  se  trou- 
vaient éveillés.  Ps.  78.  8.  Cito  anticipent  nos 
misericordiœ  tuœ  :  Que  vos  miséricordes  nous 
préviennent  promptement,  avant  que  nos 
péchés  passés  et  ceux  de  nos  pères  attirent 
sur  n(»us  la  rigueur  de  vos  jugements.  1. 
Maclr.  10.  h-,  Anticipemus  facere  pacem  cum 
eo,  priusquam  faciat  cum  Alexandro  adver- 
sum  nos  :  Hâtons-nous  de  faire  la  paix  avec 
Jonathas  avant  qu'il  la  fasse  avec  Alexandre 
contre  nous. 

AîsTIOCHlA,  m.  Gr.  Pro  feftîCM^o.—l" Ville 
de  Syrie,  dans  laquelle  les  premiers  fidèles 
furent  appelés  chrétiens.  Act.  11.  v.  19.20. 
22.  25.  26.  27,  etc.  Galat.  2.  v.  11.  1.  Mach. 
3.  V.  37.  c.  4.  35,  etc.  Elle  est  appelée  la 
Grande,  étant  la  capitale  de  toute  la  Syrie, 
située  sur  l'Oronte,  aujourd'hui,  dans  la 
langue  du  pays,  Antachia.  —  2"  Ville  de  Pi-= 
sidie.  Act.  13.  14.  c.  14.  20.  2  Tim.  3.  11. 
Elle  est  ville  archiépiscopale  et  capitale  de 
la  province:  on  l'appelle  maintenant  Tachia. 

ANTIOCHENUS,  a,  um.—  1°  Qui  est  d'An- 
lioche  de  Syrie.  2.  Mach.  6.  1.  Misit  rex  se- 
nem  quemdam  Antiochenum  :  Le  roi  envoya 
un  certain  vieillard  d'Antioche  pour  forcer 
les  Juifs  à  abandonner  la  loi  de  Dieu.  — 
2'  Antiochien,  qui  a  droit  de  bourgeoisie  dans 
la  ville  d'Antioche.  2.  Mach.  4.  9.  Promitte- 
hat  et  eos  qui  in  Jerosolymis  ercmt,  Anlioche- 
nos  scribere  :  Jason  promettait  de  faire  les 
habitants  de  Jérusalem,  citoyens  de  la  ville 
d'Antioche. 

ANTIOCHIS,  DIS.  Antiochide,  concubine 
du  roi  Anliochus  Epiphanès.  2.  Mach.  4.  30. 
Conligit  Thnrsenses  et  Mallotas  seditionein 
movere  eo  quod  Antiochidi  Régis  concubinœ 
dono  essent  dnti:  11  arriva  que  ceux  deXharse 
et  de  Mallo  excitèrent  une  sédition,  parce 
qu'ils  avaient  été  donnés  à  Antiochide,  con- 
cubine du  roi. 

ANTIOCHUS,  I.  'Av-ioxo,-.  -  1°  Anliochus 
le  Grand,  fils  de  Séleucus,  roi  de  Syrie,  dont 
il  est  parlé.  Dan.  11.  10.  jusqu'au  20.  sous  le 
nom  du  roi  du  Nord.  :  Pugmihit  adversus  re- 
gem  Aquilonis  :  Le  roi  du  Midi  combattra 
contre  le  roi  de  l'Aquilon.  1.  Mach.  1.  11,  c. 
8.  V).  Voy.  Aquilo.  — 2'  Anliochus  Epiphanès, 
fils  de  ce  premier,  dont  il  est  parlé,  Dan.  8, 
V.  9.  10.  11.  etc.  11.  21.  et  seqq..  Celui-ci  a 
fait  des  maux  infinis  aux  Juifs,  a  fait  mourir 
les  Machabées,  et  a  été  la  figure  de  l'Anlc- 
clirist.  l.Mach.1.11.  Rndix peccalrix  Anlio- 
cliits  illtistris,  etc.  Cette  racine  de  péché  , 
Anliochus,  surnommé  VUlustre,  jusqu'au 
c.  6.  16.  2.  Mach.  1.  v.  l'i.  16.  c.  4.7.  — 
3'  Anliochus  Eupator,  fils  d'Anliochus  Epi- 
phanès. 1.  Marh.  .{.  v.  33.  c.  6.  v.  15.  55.  c. 
7.  V.  2.  tué  par  Dcmctrius.  2.  Mach.  9.  v.25. 
Cil.  V.  22.  27.C.  13.  V.  1.  3.  Vcl'i.  v.  2— 
û.-  Anliochus  Theos,  (ils  d'Alexandre  Balles, 


ANT  29'i 

roi  de  Syrie.  1.  Mach.  11.  v.  39.  54.  57.  c,  12. 
39.  c.  13.  31.  lue  par  Tryphon.  —  5'  An- 
liochus Soter,  frère  de  Démétrius  Nicanor,  et 
fils  de  Démétrius  Soler  ou  Sideles.  1.  Mach. 
15.  V.  1.  2.  10.  11.  13.  25.-6»  Anliochus, 
père  de  Numenius,  qui  fut  un  des  ambassa- 
deurs envoyés  aux  Romains  et  aux  Lacédé- 
moniens.  1.  Mach.  12.  16.  c.  14.  22.  Josèphe 
le  nomme  Aniimachus. 

ANTIPAS,  Gr.  Pro  omnibus.  Martyr  de  Jé- 
sus-Christ, sous  Domilicn;  on  en  rail  fête 
l'onzième  d'avril.  Apoc.  2.  13. 

ANTIPATER,  tris,  Gr.  Pro  pâtre.  Un  des 
ambassadeurs  que  les  Juifs  envoyèrent  à 
Rome  et  à  Lacétlémone.  1.  Mach.  12.  v.  16. 
c.  14.  V.  22. 

ANTIPATRIS,  DIS.  Antipatride,  ville  bâtie 
parHérode,où  saint  Paul  fut  conduit  la  nuit. 
Act.  23.  31.  Elle  s'appelait  Capharsalamuy 
dans  la  tribu  de  Manassès,  deçà  le  Jourdain, 
où  Judas  Machabée  tailla  en  pièces  cinq 
mille  hommesde  l'armée  de  Nicanor.  1.  Mach. 

7.  31.    aujourd'hui    Assu.    Voy.   Caphabsa- 

LAMA. 

ANTIQUARE.  rraXatoûv.  Ce  verbe  qui  vient 
de  l'adjectif  anaV/j«i5  signifie, 

Abroger,  abolir,  mellrehors  d'usage. Hebr. 

8.  13.  Quod  autem  antiquatur  et  senescit 
prope  inieritum  est: Ce  qui  se  passe  et  vieil- 
lit, est  proche  de  sa  fin.  L'Apôtre  parle  de 
l'Ancien  Testament ,  qui  s'est  passé  et  a 
vieilli,  puisque  Dieu  dit,  pur  son  Prophète, 
qu'il  devait  faire  avec  son  peuple  une  nou- 
velle alliance. 

ANÏIQUITAS,  Tis.  De  V adiecliï  antiquus. 
—1°  Antiquité,  vieux  temps,  siècles  passés 
(«tt'  KpxHç,  ab  initio).  Isa.  23.  7.  Numquid 
non  veslra  hœc  est,  quœ  gloriabatur  in  anti- 
quitate  sua?  N'est-ce  pas  là  une  ville  qui  se 
glorifiait  de  son  antiquité?  Le  Prophète  parle 
de  Tyr  après  sa  ruine.  —2"  Ancien  état,  pre- 
mier étal,  Ezecli.  16.  35.  Revertentur  od  an- 
tiquitatem  suam  (ètt'  àpy^ri-j)  :  Sodomc  et  ses 
filles  retourneront  dans'  leur  ancien  état  ; 
cela  ne  se  peut  guère  entendre  que  dans  le 
sens  allégorique  ;  les  Gentils,  qui  sont  mar- 
qués par  les  habitants  de  Samarie  et  de  So- 
dome,  seront  ramenés  par  Jésus-Christ,  de  la 
captivité  du  diable  plus  lot  que  les  Juifs. 

ANTIQUITUS,  adv.  Voy.  Antiquus.  An- 
ciennement, autrefois  {ùk  à.pyr,ç).  Isa.  1.  26. 
Restituam  consiliarios  tuos,  si'cui  ontiquilus: 
Je  rétablirai  vos  conseillers  comme  ils  étaient 
autrefois.  Jos.  11.  10.  Judic.  1.  10.  etc. 

ANTIQUUS,  A,  CM,  ùpx^ïoç.  Cet  adjectif, 
qui  vient  (Vante,  auparavant,  s'est  écrit  d'a- 
bord par  c,  anticus,  et  depuis  antiquus,  qui 
signifie, 

1°  Ancien,  ce  qui  est  depuis  longtemps,  ou 
qui  a  été  autrefois.  Isa.  43.  18.  Antiqua  ne 
intuenmini  :  Ne  considérez  plus  ce  qui  s'est 
fait  autrefois.  1.  R(  g.  24.  14.  4.  Reg.  17. 
34.  etc.  Ainsi,  Dies  nntiqui,  c'est  l'ancien 
temps,  le  temps  des  premiers  siècles  Ps.  70. 
5.Cogitavi  dies  anliquos.  Malach.  3.  4.  Sicul 
dies  antiqui  .-  Comme  ceux  des  premiers 
temps.  P."*.  88,  oO.  Un  sunt  misericordiœ  tuœ 
(intiqurr?  \\n^\,  V^.  1.38.5.  Novissima  et  nn- 


29! 


r>ICTIONNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


%92 


tiqua  :  Co  qui  est  passé  et  ce  qui  est  à  venir. 
Voy.  NovissiMA. 

2°  Ce  qui  est  depuis  le  commencement  du 
monde  (  àpxn  )•  Deut.  33.  15.  De  vertice 
anliquorum  montium,  depomis  collium  œter- 
norum  :  Que  la  terre  de  Joseph  soit  remplie 
des  fruits  qui  croissent  sur  le  haut  des  mon- 
tagnes anciennes  et  sur  les  collines  éternelles  ; 
savoir,  les  montagnes  et  les  collines  qui  ont 
été  créées  avec  le  monde.  Isa.  44.  7.  Apoc. 
12.  9.  c.  20.  2.  Serpens  antiquus  :  Le  diable, 
qui,  dès  le  commencement  du  monde,  a  sé- 
duit la  femme,  sous  la  figure  du  serpent,  et 
a  fait  entrer  la  mort  dans  le  monde. 

3^  Ce  qui  est  éternel.  Isa.  25.  1.  Cogitalio- 
nes  antiquas,  fidèles  :  Vous  avez  fait  voir  la 
vérité  de  vos  desseins  éternels,  c.  37.  26.  Ex 
diebus  antiquis  ego  plasmavi  illud  :  J'ai  dis- 
posé toutes  ces  choses  dès  l'éternité.  Prov.  8. 
23.  Ex  antiquis  antequam  ierra  fieret  (Gr.  ab 
initio,  qui  signifie  souvent  «{>  œierno, comme 
Prov.  8.  22.  Eccli.  14.  1.  Joan.  1.  1.).  Ainsi, 
Dan.  7.  v.  9.  13.  22.  Dieu  le  Père  est  appelé 
Antiquus  dierum  (TraXaiô?),  par  périphrase, 
comme  si  on  disait,  fort  avancé  en  âge  ;  parce 
que  les  Hébreux  n'ont  point  de  terme  propre 
pour  exprimer  l'Eternité  ;  le  mot  holam,  dont 
ils  se  servent,  Gr.  «twv,  se  rend  par  l'inter- 
prète de  la  Vulgate,  par  œternum,  sœculutn, 
ou  antiquum^  et  chacun  de  ces  mots  signifie 
quelquefois  ce  qui  est  depuis  le  commence- 
ment du  monde,  quelquefois  ce  qui  est  fort 
ancien. 

ANTIQUI,  ORUM,  ùpxxioi.  Nom  pluriel  qui 
signifielesanciens. — l°Les  vieillards  avancés 
en  âge.  Job  12. 12.  In  antiquis  est  sapientia: 
C'est  dans  les  anciens  que  se  trouve  la  sa- 
gesse, à  cause  de  leur  expérience,  c.  15.  lOi 
c.  32.  6.  —  2°  Les  anciens  qui  ont  vécu  dans 
les  premiers  siècles.  Eccl.  39.  1.  Sapientiam 
omnium  antiquorum  exquiret  sapiens:  Le  sage 
aura  soin  de  rechercher  la  sagesse  de  tous 
les  anciens;  ceux  qui  ont  vécu  sous  lan- 
cienne  loi,  sont  appelés  Anciens.  Matth.  5. 
21.  Dictttm  est  antiquis  :  Il  a  été  dit  aux  An- 
ciens. 27.  33. 

ANTISTES,  iTis,  hptvç.  Nom  substantif, 
formé  de  la  préposition  ante  et  du  verbe 
stare,  d'où  se  fait  l'ancien  verbe  antistare, 
pour  antestare ,  exceller.  Ce  non»  signifie 
proprement  le  premier,  et  le  principal  prêtre 
de  chaque  temple,  parmi  les  Anciens  :  dans 
l'Ecrilure, 

Un  prêtre.  2.  Par.  29.  34.  Donec  sanclifica- 
rcntur  antistites  :  Jusqu'à  ce  que  l'on  eût 
consacré  des  prêtres. 

ANTRUM,  I.  Ce  mot  vient  du  Grec  «vt/sov, 
qui  signifie,  1°  Antre,  caverne  (p«v5|:a).  Ju- 
dic.  C.  2.  Fecerunt  sibi  antra  et  speluncas  : 
Les  Israélites  se  retirèrent  dans  des  antres 
et  des  cavernes.  1.  Reg.  13.  6.  Job  37.  8. 
c.  38.  40.  —  2°  Caverne,  qui  sert  de  sé- 
pulcre ((jTryj),«tov).  Gènes. 23.  20.  Confinnatus 
est  agcr  et  anlrum  quod  eral  in  eo,  Abraliœ  in 
possessionem  monumenti  :  Le  champ,  avec 
la  caverne  qui  y  était,  fut  livré  en  celle  ma- 
nière et  assuré  à  Abraham,  par  les  enfants 
de  Helh,  afin  qu'il  le  possédai  comme  un  sé- 
pulcre qui  lui  appartenait  légitimemcut;  c'é- 


tait le  champ  dans  lequel  était  cette  caverne 
double ,  qu'Abraham  acheta  quatre  cents 
sicles  d'argent,  pour  ensevelir  Sara,  et  pour 
servir  de  monument  à  sa  famille. 

ANUS  ,  I.  TrpwxTÔ?.  Voy.  Annus.  Ce  nom 
qui  signifiel'anus,  ouTorificedu  fondement, 
est  appelé  de  la  sorte  à  cause  de  sa  rondeur  ; 
parce  que  le  mot  anus  ou  annus,  comme  on 
l'a  écrit  depuis,  sigqifie  cercle,  rondeur,  du 
mot  am  circum. 

Anus  [iSpa.)  1.  Reg.  6.  5.  Juxta  nume- 
rum  Provinciarum  Philistinorum  quinque 
anos  aureos  fa  cietis:  F  ailes  cinq  anus  d'or  et 
cinq  rats  d'or,  selon  le  nombre  des  provinces 
des  Philistins;  ces  peuples  renvoyèrent  lAr- 
che  avec  ces  anus,  pour  être  guéris  d'une 
maladie  qui  les  affligeait  à  l'anus,  v.  11.  17. 

ANUS,  us.  Ce  mot  vient  vraisemblable- 
ment de  Va  privatif,  et  de  voû?,  mens,  quasi 
sine  mente;  parce  que  l'esprit  s'afîaiblit  dans 
les  vieilles  gens. 

Vieille  femme  âgée  {y-ynpv.y.v.,  senui).  Gè- 
nes. 18.  13.  Num  vere  paritura  sum  anus? 
Serait-il  bien  vrai,  dit  Sara,  que  je  pusse  avoir 
un  enfant,  étant  vieille  comme  je  suis?  1. 
Tim.5.2.Tr/3co-(?uT£pKs-,  Anus,  ut  matres  ;  Traitez 
les  femmes  âgées  comme  vos  mères.  ïit.  2. 
3.  Zach.  8.  4. 

ANXIUS,  A,  UM.  Cet  adjectif  vient  du  verbe 
angi,  d'où  vient  anxium  esse.  —  1°  Affligé, 
abattu  de  douleur  («//îSiâv).  Ps.  lOi.  1.  Ora- 
tio  pauperis  cum  anxius  fuerit  :  Oraison  du 
pauvre ,  lorsqu'il  sera  dans  l'affliction.  — 
2°  Chagrin,  inquiet,  qui  est  tourmenté  de 
quelque  peine  d'esprit  {èTrsyjïv,  attendere). 
Eccli.  5.  10.  Noli  anxius  esse  in  divitiis  in~ 
justis  :  Ne  vous  embarrassez  point  pour  les 
richesses  injustes.  Ne  vous  y  attachez  point. 
Baruch.  3.  1.  Spiritus  anxius  clamât  ad  te  : 
L'esprit  dans  l'inquiétude  qui  l'agite,  crie 
vers  vous. 

ANXIARI ,  «x/î^tâv.  Etre  triste  et  abattu. 
Ps.  60.  3.  Dwn  anxiaretur  cormeum  :  Lors- 
que mon  cœur  élait  accablé  de  tristesse,  vous 
m'avez  placé  en  un  lieu  élevé  sur  la  pierre. 
Ps.  142.  4.  Et  anxiatus  est  super  me  spiritus 
meus  :  Mon  esprit  a  été  accablé  d'ennui. 

AOD,Heb.  Laudans. 'Nom  propre  d'homme. 
—  1°  Fils  de  Géra,  de  la  tribu  de  Benjamin, 
qui  gouverna  les  Hébreux  après  Olhoniel,  et 
qui  les  délivra  de  leur  servitude  par  le  meur- 
tre d'Eglon,  roi  des  Moabiles.  Judic.  3.  15. 
Suscitavit  eis  Salvatorem  vocabulo  Aod  :  Le 
Seigneur  suscita  aux  Israélites  un  Sauveur 
nommé  Aod.  — 2°  Fils  de  Balan,  descendant 
de  Benjamin.  1.  Par.  7.  v.  10. 11. 

APADNO,  Gr, ,  Iç^aSavw.  Heb.  Ornamentum 
ejus.  Ce  nom  vient  du  mot  Hébreu  aphad^ 
cingere ,  d'où  vient  JFp/tod,  pallium;  Voy. 
Ephod,  et  signifie  Palatium  suum.  Dan.  11. 
45.  Et  figet  tabernaculum  suum  Apadno  inter 
maria;  Heb.  Figet  tenloria  palatii  sui  inlcr 
maria  ;  Antiochus,qui  était  la  figure  de  l'An- 
téchrist, devait  faire  sa  demeure  entre  les 
deux  mers  ;  c'est-à-dire  dans  la  Judée,  ou  à 
Jéjusalem  qui  est  entre  la  mer  Morte  el  la 
Méditerranée.  Les  Septante  ont  retenu  le 
mol  Hébreu  j  d'autres  font  venir  ce  mot  de 


293 


APE 


APE 


29« 


padarif  campus;  ce  q.ui  revient  assez  bien  au 
Syriaque  et  à  l'Arabe,  qui  rendent  apaâno, 
par  ces  mots,  in  loco  piano,  dans  une  pleine 
campagne. 

APAMEA,  M.  Gr.  Expellens.  Apamée  ou 
Epiphanie,  ville  de  Gélé-Syrie,  qui  fut  bâtie 
par  Seleucus  Nicanor,  en  l'honneur  de  sa 
femme  qui  s'appelait  Apamée.  Judith.  3.  14. 
Pertransiens  Syriam  Sobal  et  omnem  Apa- 
meam  :  Holopherne  traversa  la  Syrie,  Sebal, 
et  toute  l'Apamée. 

APELLES,  Gr.  Expellens.  Un  chrétien  que 
S.  Paul  appelle  Adèle  serviteur  de  Jésus- 
Christ.  Rom.  16.  10. 

APER ,  I.  u?,  6ç.  Du  mot  Grec  xâirpoç,  en 
ôtant  la  première  lettre,  et  signifle  un  san- 
glier, porc  sauvage,  qui  se  retire  dans  les 
forêts,  et  qu'on  ne  peut  jamais  apprivoiser. 
Ps.  79.  ik.  Exterminavit  eam  aper  de  silva  : 
Le  sanglier  de  la  forêt  a  tout  ruiné  votre 
vigne  :  ce  psaume  est  presque  tout  allégo- 
rique; ce  sanglier  est  l'ennemi  du  peuple  de 
Dieu;  sa  vigne  est  ce  même  peuple  que  Dieu 
a  quelquefois  abandonné  en  proie  à  ses  en- 
nemis. 

APERIRE,  «votystv.  Ce  verbe,  qui  signiGe 
ouvrir  ou  découvrir,  est  composé  de  la  pré- 
position ad  et  de  parère,  enfanter,  et  tire  sa 
signification  d'une  mère  qui  met  au  jour  un 
enfant  qui  était  caché  dans  son  ventre  :  ce 
mot  aperire,  qui  répond  au  verbe  palach,  et 
à  quelques  autres,  a,  dans  l'Ecriture,  une 
signiûcation  bien  plus  étendue  qu'en  latin  ; 
car  il  marque  aussi  délier,  lâcher,  laisser 
aller,  etc. 

1°  Ouvrir.  Matth.2o.  li.  Domine,  Dotnine, 
aperi  nobis  :  Seigneur ,  Seigneur  ,  ouvrez 
nous  ;  c'est  ce  que  disent  les  Vierges  folles  à 
l'Epoux  céleste,  k.  Reg.  13.  17.  Aperi  fe- 
neslram  Orientalem  :  Ouvrez  la  fenêtre  qui 
regarde  l'Orient.  Gènes.  8.  v.  6.  13.  Act.  5. 
V.  19.  22.  23.  c.  12.  v.  10.  14.  etc. 

2°  Elargir,  agrandir  {Biocarélleiv).  Jerem. 
22.  14.  Cui  aperit  sibi  fenestras ,  et  facit  la- 
quearia  cedrina  :  II  se  fait  faire  de  grandes 
fenêtres  et  des  lambris  de  cèdre  :  le  prophète 
parle  de  Joachim,  roi  de  Jérusalen),  qui  ne 
songeait  qu'à  agrandir  et  qu'à  embellir  ses 
appartements  aux  dépens  de  ceux  qu'il 
opprimait.  Ainsi,  Isa.  51.  14.  Cilo  veniet  gra- 
diens  ad  aperiendum  :  Celui  qui  vient  ouvrir 
les  prisons  arrivera  bientôt  :  Cyrus  ,  qui 
était  la  flgure  de  Jésus-Christ. 

3"  Etendre,  faire  occuper  un  grand  espace 
(TavvEtv).  Eccli.  43.  13.  Manus  Excelsi  ape- 
ruerunt  illum  :  L'arc-en-ciel  forme  en  l'air 
un  cercle  éclatant,  et  son  étendue  est  l'ou- 
vrage du  Très  -  Haut  ;  il  n'y  a  que  Dieu  qui 
ait  pu  donner  à  l'arc-en-ciel  cette  grande 
étendue  de  l'un  à  l'autre  bout  du  ciel.  Voy. 
Argus.  ■ 

4°  Ouvrir,  exposer,  faire  paraître.  Prov. 
27.  2o.  Aperla  sunt  prala  :  Les  prés  vous 
sont  ouverts,  et  sont  exposés  pour  nourrir 
votre  bétail.  Voy.  Pratum;  et  par  méta- 
phore, Job.  20.  28.  Apcrliim  erit  fjermcn  do- 
mus  illius  :  Sa  postérité  paraîtra  avec  éclat 
pour  quelque  temps;  Hebr.sera  transportée, 


passera  d!un  lieu  à  un  autre,  au  jour  de  la 
fureur  de  Dieu. 

Aperire  coelos.  Voy.  Coelum.--  Aperire 
et  claudere  ;  cette  manière  de  parler  mar- 
que un  plein  et  entier  pouvoir  de  gouver- 
ner. Isa.  22.  22.  Aperiet,  et  non  erit  qui  clau- 
dat  ,  et  claudet  ,  et  non  erit  qui  aperiat  : 
Eliacim  ouvrira  ,  sans  qu'on  puisse  fermer, 
et  il  fermera,  sans  qu'on  puisse  ouvrir; 
Dieu  promet  à  Eliacim  tout  pouvoir  dans  la 
maison  du  roi ,  ou  dans  le  temple.  Jésus- 
Christ ,  dont  Eliacim  était  la  figure,  a  reçu 
de  son  Père  céleste  toute  puissance  dans'le 
monde,  et  surtout  dans  l'Eglise,  dont  il  ou- 
vre l'entrée  par  la  foi ,  et  la  ferme  à  ceux 
qui  restent  dans  leur  aveuglement.  Apoc. 
3.  7.  Qui  aperit  et  nemo  claudit,  claudit  et 
nemo  aperit  :  Qui  ouvre  ,  et  personne  ne 
ferme;  qui  ferme,  et  personne  n'ouvre, 
pour  faire  voir  la  puissance  de  Dieu.  Job  se 
sert  aussi  de  cette  expression  ,  c.  12.  14.  Si 
induserit  hominem  ,  nullus  est  qui  aperiat  : 
Si  Dieu  tient  un  homme  enfermé,  nul  ne  lui 
pourra  ouvrir. 

Aperire  cor.  —  1°  Ouvrir  son  cœur,  c'est 
découvrir  tout  ce  qu'on  a  dans  la  pensée. 
Judic.  16.  18.  Ascendite  nunc  semet ,  quia 
nunc  operuit  milii  cor  suum  :  Venez  encore 
pour  cette  fois;  parce  qu'il  m'a  maintenant 
ouvert  son  cœur;  c'est  ce  que  Dalila  dit:  de 
Samson. 

2°  Ouvrir  le  cœur,  c'est  éclairer  l'esprit  ot 
toucher  la  volonté  ,  pour  faire  comprendre 
et  faire  goûter  les  vérités  que  l'on  prêche. 
Act.  16.  14.  Cujus  Dominus  aperuit  cor  in~ 
tenderehis  quœ  dicebantur  a  Paulo  :  Le  Sei- 
gneur lui  ouvrit  le  cœur,  pour  entendre  avec 
soumission  ce  que  Paul  disait:  la  prédica- 
tion delà  parole  demeure  sans  fruit,  si  Dieu 
n'applique  l'esprit  et  n'ouvre  le  cœur  pour  la 
recevoir. 

Aperire  iniquitatem  :  Découvrir  à  quel- 
qu'un son  iniquité,  la  reprendre  pour  la  lui 
faire  connaître  et  la  faire  détester.  Thren.  2. 
14.  Prophctœ  tui  viderunt  tibi  falsa  et  stulta, 
nec  aperiebant  iniquitatem  tuam  :  Vos  pro- 
phètes ont  eu  pour  vous  des  visions  fausses 
et  extravagantes,  et  ils  ne  vous  découvraient 
point  votre  iniquité,  pour  vous  exciter  à  la 
pénitence. 

Aperire  librum.  —  1"  Ouvrir  un  livre.  2. 
Esdr.  8.  o.  Et  aperuit  Esdras  Librum  coram 
omni  populo  :  Esdras  ouvrit  ce  livre  devant 
tout  le  peuple. 

2°  Dans  un  sens  figuré,  découvrir  les  se- 
crets jugements  de  Dieu.  Apoc.  5.  2.  Quis  est 
dit/nus  aperire  Librum  et  solvere  siynacula 
ejus  ?  Qui  est  digne  d'ouvrir  le  livre  et  de  le- 
ver les  sceaux?  c.  0.  v.  1.  3.  5.  7.  9.  12.  Ce 
que  personne  n'a  pu  faire,  cpie  Jésus-Christ. 
C-  10.  2.  Et  luibebdt  in  manu  sua  libellum 
aperlum  :  C'est  Jésus-Christ  qui  a  découvert 
aux  peuples  les  vérités  du  salut,  qui  demeu- 
raient cachées. 

Aperire  manum.  Voy.  Manus. 

Aperire  os ,  ou    i.abia.  —   1°  Ouvrir   la 

bouche  pour  i.arlcr.  Malt.  5.  2.  Aperims  os 

sHum  doccbu  cas  :  Jésus  ouvrant  sa  bouche, 

)1  les  ensoij-nait.  Ouvrir  sa  bouche»  est  un 


295 


DiCTIONNAmE  DE  PHILOLOGIE  SACRER. 


200 


pléonasme  hébreu  qui  se  trouve  souvent 
dans  l'Ecriture,  pour  marquer  le  commen- 
cement de  quelque  discours  sérieux  ;  mais 
ici  il  signifle  que  Jésus-Christ,  qui  avait  par- 
lé par  les  prophètes,  donne  ici  par  lui-même 
des  instructions  importantes;  car  ce  dis- 
cours est  l'abrégé  de  toute  la  doctrine  de 
l'Evangile  ,  en  ce  qui  regarde  les  mœurs. 
Job.  3.  1.  c.  3-2.  20.  Dan.  10.  16.  Act.  8.  35. 
c.  10.  34..  c.  18.  4.  etc.  Cette  phrase  hébraï- 
que signifie  qu'on  se  dispose  à  parler,  et 
qu'on  rompt  le  silence;  au  contraire  ,  Non 
aperire  os  :  N'ouvrir  pas  la  bouche,  c'est  de- 
meurer dans  le  silence  ,  et  n'oser  pas  ouvrir 
la  bouche.  Ps.  38.  13.  Obmutui  et  non  ape- 
rui  os  meum.  Eccli.  2i.  31.  Ubi  hospitobitur, 
non  fiducialiter  aget,  nec  aperiet  os  :  Partout 
où  un  homme  sera  comme  hôte  ,  il  n'a- 
gira point  avec  confiance  ,  et  il  n'osera 
ouvrir  la  bouche.  Isa.  10.  14.  c.  53.  7.  Dan. 
3.  33.  Ps.  37.  V.  14.  15.  Prov.  24.  7^  Ezech. 
16.  63. 

Ce  pléonasme  hébreu  ,  aperire  os,  se  dit 
aussi  de  la  terre  qui  s'ouvre  pour  recevoir 
quoique  chose.  Gènes.  4.  11.  Maledictus  eris 
super  terrain,  quœ  aperuit  os  suum,  et  susce- 
pit  saïujuinem  fralris  tui  de  manu  tua  :  Vous 
serez  maudit  sur  la  terre  ,  qui  a  reçu  le 
sang  de  voire  frère,  que  vous  avez  versé  de 
votre  main.  Num.  16.  v.  30.  32.  c.  26.  10. 
Deut  11.6. 

Cette  phrase,  nperire  os,  se  met  aussi 
avec  quelques  adjectifs,  qui  en  déterminent 
la  signification;  ainsi,  aperire  os  triste; 
c'esl-à  dire  des  paroles  fâcheuses.  Eccli. 
22.  27.  Si  aperueris  os  triste  ,  non  timeas  : 
Quand  vous  auriez  dit  à  votre  ami  des 
paroles  fâcheuses,  ne  craignez  pas;  car 
vous  pouvez  encore  vous  remettre  bien  en- 
semble. 

Aperire  suum  os  alicui  :  Parler  pour  quel- 
qu'un. Prov.  31.  8.  Aperi  os  tuum  muto  : 
Ouvrez  la  bouche  pour  le  muet ,  défendez  sa 
cause.  V.  9.  Voy.  Mutus.  v.  26.  Aperuit  os' 
suum  sapientiœ  :  La  femme  forte  a  ouvert  sa 
bouclie  à  la  sagesse  ;  c'est-à-dire  avec  sa- 
gesse, et  pour  donner  dos  préceptes  pleins 
de  sagesse  et  de  bonne  conduite 

Aperire  os  ad  cdiquem  :  Ouvrir  sa  bouche 
vers  quelqu'un,  c'est  s'adresser  à  lui  ;  ainsi, 
Aperire  os  ad  Dominum  :  S'adresser  au  Sei- 
gneur pour  faire  un  vœu.  Judic.  11.  35. 
Aperui  os  meum  ad  Dominum,  et  aliud  faccre 
non  potero  :  J'ai  fait  vœu  au  Seigneur  de  lui 
offrir  ce  qui  se  présenterait  à  moi  ,  et  je  ne 
puis  faire  autrement  que  j'ai  promis. 

Aperire  os  super,  ou  contra  aliquem  :  Ou- 
vrir ?i\  bouche  contre  quelqu'un  ,  c'est  se 
décliaîner  contre  quelqu'un,  le  charger  d'in- 
jures et  de  calomnies.  Ps.  21.  14.  Aperue- 
runt  super  me  os  smim  •  lis  ouvraient  leur 
Louche  pour  me  dévorer.  Ps.  108.  2.  Os  pec- 
Cdtoris  et  os  dolosi  super  me  apertum  est  :  Le 
pécheur  et  le  trompeur  ont  ouvert  la  bouche 
pour  nie  déchirer.  Job  16.  11.  Thrcn.  2.  16. 
c.  3.  46. 

Aperire  os  ad  aliquid  :  Ouvrir  la  bouche 
\)uuv  prononcer  quelque  chose.  Apec  13.  6. 
ADir-uil   os  sîium  iv   blasphemias  ad  Deum  : 


La  bêle  ouvrit  sa  bouche  pour  blasphémer 
contre  Dieu. 

Aperire  os  alicujns  :  Ouvrir  la  bouche  de 
quelqu'un,  c'est  1°  donner  l'usage  de  la  pa- 
role, ou  faire  parler.  Num.  22.  28.  Aperuit 
Dominus  os  asinœ  :  Le  Seigneur  ouvrit  la 
bouche  de  l'ânesse  et  la  fit  parler.  2'^  Rendre 
l'usage  de  la  parole.  Luc.  1.  64.  Apertum  est 
illico  os  ejus  :  Au  même  instant  sa  bouche 
s'ouvrit,  il  recouvra  la  parole;  3°  Donner  la 
facilité  de  s'expliquer  ou  de  parler  comme  il 
faut.  Eccli.  15.  5.  In  medio  Ecclesiœ  aperiet 
os  ejus  :  La  sagesse  lui  ouvrira  la  bouche  au 
milieu  de  l'assemblée,  et  le  rendra  éloquent. 
Sap.  10.  21.  Ps.  50.  17.  Domine,  labia  mea 
operies  :  Vous  ouvrirez  mes  lèvres  ,  Sei- 
gneur, pour  vous  louer  :  nous  ne  pouvons 
pas  louer  Dieu  comme  il  faut,  qu'il  ne  nous 
ouvre  la  bouche  pour  cela;c'est  pourquoi  saint 
Paul  dit ,  Col.  4.  3.  Orantes  simid  et  pro  no- 
bis,  ut  Deus  aperiat  nobis  oslium  sermunis  ad 
loquendum  mysterium  Christi,  ut  manifeslem 
illud  ut  oportet  me  loqui  :  Priez  aussi  pour 
nous ,  afin  que  Dieu  nous  ouvre  une  entrée 
pour  prêcher  sa  parole  :  Dieu  ,  qui  a  fait  la 
bouche  de  l'homme,  ne  disposera  -  t- il 
pas  de  sa  parole?  Exod.  4.  11.  Quis  fecit 
os  hominis  ,  Ezech.  3.  27.  c.  24.  27.  c.  29. 
21.  etc. 

Aperire  os,  ou  labia.  Autres  significa- 
tions de  cette  phrase  :  —  1^  Souhaiter  quel- 
que chose  avec  grande  ardeur.  Job  29.  23. 
Os  suuyn  aperi ebant  quasi  ad  imbrem  seroti- 
num  :  Quand  je  parlais  ils  m'écoutaient,  et 
recevaient  mes  discours,  coi^ime  l'on  fait  une 
pluie  favorable.  Ps.  118.  131.  Os  meum  ape- 
rui et  attraxi  spiritum  :  J'ai  ouvert  ma  bou- 
che, et  j'ai  attiré  l'air  en  moi  ;  David  désirait 
de  recevoir  la  connaissance  des  Commande- 
ments de  Dieu  ,  avec  la  même  ardeur  que 
l'on  souhaite  une  chose  après  laquelle  on 
aspire.  Eccli.  20.  15. 

2"  Parler  librement,  avec  hardiesse  ,  dire 
tout  ,  ne  rien  cacher  ,  soit  en  bonne  part. 
Job  32  20.  Aperium  labia  mea,  et  responde- 
bo  :  J'ouvrirai  mes  lèvres  et  je  répondrai,  c. 
33.  2.  Prov.  8.  0.  Ainsi,  2.  Cor.  6.  11.  Os 
nostrum  patet  ad  vos,  o  Corinthii  :  Je  vous 
parle  librement,  parce  que  je  vous  aime  ; 
soit  en  mauvaise  part.  Apoc.  13.  6.  Aperuit 
os  suum  in  blasphemias  :  La  bête  a  vomi 
des  blasphèmes  contre  Dieu.  Ezoc.  21.  22. 
Ut  aperiat  os  in  cœde  :  Afin  qu'il  n'ait  que 
le  sang  et  le  carnage  dans  la  bouche. 

Aperire  Scripturas  :  Expliquer  le  sens  des 
Ecritures.  Luc.  24.  32.  Nonne  cor  nostrum 
ardens  erat  in  nobis,  dum  loqueretur  in  vin, 
et  aperiret  Scripturas?  N'est-il  pas  vrai  que 
notre  cœur  était  tout  brûlant  dans  nous, 
lorsqu'il  nous  parlait  durant  le  chemin  ,  et 
qu'il  noi^  expliquait  les  Ecritures? 

Aperire  sensum  :  Eclaircir  l'esprit.  Luc. 
24.  45.  Aperuit  illis  sensum  ut  intelligerent 
Scripturas  :  Jésus-Christ  leur  ouvrit  l'esprit 
afin  qu'ils  entendissent  les  Ecritures. 

Aperire  terram  :  Ouvrir  le  sein  de  la  terre; 
c'est  une  expression  figurée,  qui  maroue 
l'mcarnation  de  Jésus  -Christ.  Isa.  45.  8. 
Apcriaiur  terra,  et  germinet  Sahatorem  :  Que 


297 


APH 


APil 


21*8 


la  terre  s'ouvre,  et  qu'elle  germe  le  Sauveur. 
.lésus-ClirisJ.  est,  pour  ainsi  dire,  sorti  de  la 
lerro  nyant  pris  un  corps  tel  qu'est  le  nôtre. 

Vof/.  GliRMINARE. 

Àperire  vulvmn.  Voy.  Vulva. 

Ce  moïse  met  avec  plusieurs  autres  mots, 
v^u'on  peut  voir  chacun  en  leur  endroit. 

APERÏE.  Cet  adverbe  vient  d'operire,  et 
signiGe  :  —  1°  Evidemment,  manifestement. 
Levit.  13.  36.  Aperle  immundus  est  :  Il  est  vi- 
siblement impur.  1.  Reg.  2.  27.  —  2°  Clai- 
rement, distinctement.  2.  Esdr.  8.  3.  Et  le- 
fjil  in  eo  aperle  in  plalea  :  Esdras  lut  dans 
le  Livre  de  la  Loi  ,  clairement  et  distincte- 
ment, au  milieu  de  la  place,  v.8.  Legerunt 
in  Libro  Leyis  Dei  disiinc'le  et  aperte  ad  in- 
telligendum  :  Ils  lurent  dans  le  Livre  de  la 
Loi  de  Dieu  distinctement,  et  d'une  manière 
fort  intelligible. 

APERTIO ,  Nis ,  avotçi?.  Ce  mot  vient 
aussi  û'aperire  ,  et  signifie  ouverture;  c'est- 
à-dire,  l'action  d'ouvrir  ;  d'où  se  fait  : 

1°  Apertio  onis,  discours,  parole  :  cette 
phrase  vient  d'aperire  os,  qui  signifie  parler. 
Ephcs.  6.  19.  Ut  detur  mihi  sermo  in  aper- 
lione  oris  :  Afin  que  Dieu,  m'ouvrant  la 
bouche  ,  me  donne  des  paroles.  Sermo  in 
apertione  oris  est  un  pléonasme  ;  car  c'est 
dire  deux  fois  la  même  chose.  Eccli.  20.  lo. 

2°  Elargissement  de  prisonniers.  Isa.  61. 
1.  Ut  prœdicarem  captivis  indulgentiam  et 
clausis  apertionem  :  Le  Seigneur  m'a  envoyé 
annoncer  la  liberté  à  ceux  qui  sont  dans  les 
chaînes  :  cette  captivité  est  celle  du  péché, 
dont  Jésus-Christ  a  délivré  les  hommes  par 
son  avènement. 

APERTURA,  X..  Ouverture,  espace  percé, 
rompu  ,  qui  est  ouvert  dans  une  clôture, 
comme  une  brèche  dans  une  muraille.  Amos 
h.  2.  Et  per  aper/,uras  exihilis  :  L'on  vous  fe- 
ra passer  par  les  brèches  des  murailles  ;  le 
prophète  marque  une  ville  prise  d'assaut, 
d'où  l'on  tâche  d'é:happer  par  la  brèche,  c. 
9.  11.   Voy.  Rejedificare. 

APERTUS,  A,  UM.  —  1°  Ouvert ,  décou- 
vert. Isa.  57.  8.  Manu  uperta  :  Ouvertemen», 
sans  rien  cacher.  Voy.  Manus.  Job.  29.  19. 
Badix  in$a  aperta  est  :  Ma  racine  est  ouverte 
aux  eaux;  je  suis  comme  un  arbre  dont  la 
racine  s'étend  le  long  des  eaux.  Voy.  Ra- 
Dix,  n.  5.  —  2"^  Ouvert  jusqu'au  fond  des 
entrailles.  Hebr.  4.  13.  Omnia  nuda  et  aperta 
sunl  oculis  ejus  :  TET/s«x>3).t'7p£va,  intime  pa- 
tentioyiQ  Tpà^yàoç ,  coUum,  cervix  :  la  M;é- 
taphore  est  tirée  des  animaux,  que  l'on  fenJ 
depuis  le  cou  jusqu'à  la  queue  pour  en 
considérer  les  entrailles,  selon  la  pensée  de 
saint  Jean  Chrysostome  etde  Théophylacle. 
—  3"  Exposé  à  la  violence.  Job.  20.  28. 
Apertum  crit  germen  domus  illius  :  Ceux  de 
sa  maison  seront  exposés  à  la  violence. 
Voy.  Aperire,  Apex,  ApuyCREMA. 

APHARA  ,  m.  Hebr.  Vacca.  Ville  de  la  tri- 
bu (le  Ronjamin.  Jos.  18.  23. 

APHARS^I  ou  APHARSATHiEI.  Hebr. 
Dividentes.  Les  Apharséens  ,  les  Apharsa- 
Ihéens;  ce  sont  des  peuples  de  lldumée,  qui 
voulurent  empêcher  les  Juifs  de  rebâtir  le 
temple,  t.  Esdr.  'i.  9. 

DiCTIONN.    DE    PHILOL.    6ACUÉE.    I. 


APHEC  ou  APHECA.  Hebr.  Pelaqus.  -^ 
1°  Ville  dans  la  tribu  dA-er.  Jos.  19.  30, 
Amma  et  Aphec  et  Roliob.  c.  13.  k.  Jud.  i 
31.  1.  Reg.  29.  1.  3.  Reg.  20.  2(5.  i.  Re^. 
13.  17. —2°  Ville  royale  dans  la  tribu  do 
Manassès  et  d'Issachar.  Jos.  12.  18.  Rcx 
Aphec  unus.  —  3°  Ville  de  la  tribu  de  Juda. 
Jos.  15.  53,  1.  Reg.  i.  î. 

APHIA,  JE.  Hebr.  Flans.  Père  de  Bécho- 
rath ,  de  la  tribu  d'>  Benjamin.  1.  Rpa.  9    j 

APHONITES,^.  Heb.  Saplioiiœus.  Voy  .Sa- 
PHON.  Qui  est  originaire  d'Aphon  ,  ou  plutôt 
de  Saphon  ;  Gr.  Szaiv, 

AHPRICA  ,  M.  Voy.  AFRiCA,Heb.  Pid  ou 
Put,  Casus  ou  Pinguis.— L'Afrique,  celte  par- 
lie  de  l'univers  qui  est  située  au  mi'ii.  Nali. 
3.  9.  Africa  et  Lihyes  faerunt  in  auxilio  tua  : 
Il  vous  est  venu  des  secours  de  l'Afrique  et 
de  la  Libye  :  le  prophète  compare  Ninivo 
avec  l'Egypte,  qui,  voulant  combattre  Nabu- 
chodonosor,  avec  ses  forces  et  celles  de  l'A- 
frique, fut  défaite  par  ce  prince.  Voy.  Jer. 
46.  9. 

APHRICUS,  I.  sup.  Ventus.  Voy.  Africds. 

APHSES  ,  Heb.  Comminuens.  La  dix-hui- 
tième famille  sacerdoialc.  1  Par.  2i.  15. 

APHUTEI.    Voy.  Phut^ei.  Les  Aphuléens, 
peuples  deSamaric,  venus  d  Assyrie.  1.  Par 
2.  53. 

APEX,  icis.  Ce  nom  vient  de  l'ancien 
verbe  apio  ,  necto  ,  ligo ,  cl  signifie  propre- 
ment une  petite  houppe  de  laine  en  paioîû 
sur  le  bonnet  des  prêtres  de  Jupiter  ;  mais  il 
signifie  ordinairement ,  —  1"  Le  sommet  la 
haut  de  quelque  chose.  Judith.  7.  3.  Vene~ 
runt  per  crepidinem  7nontis  usc/ue  ad  apiccm  : 
Ils  vinrent  le  long  de  la  montagne  juscju'au 
sommet.— 2°  Un  point,  un  accent  de  lettre 
{■/.epxix).  Matlh.  5.  18.  Iota  ununi  ,  aut  tiniis 
apex,  non  prœteribit  a  lege  donec  omnia  fiant  : 
Tout  ce  qui  est  dans  la  loi  sera  accompli 
parfaitement,  jusqu'à  un  seul  iota  et  à  un 
seul  point.  Luc.  16.  17.  C'est  une  expression 
hyperbolique  ,  pour  marquer  un  entier  ac- 
complissement de  la  loi.  Ce  mol  apex  ,  qui 
répond  au  Grec  y.ip'xiy.,  signifie  un  trait  ou 
une  ligne  qu'on  tire  sur  une  lettre  plutôt 
qu'un  point  ;  mais  sans  avoir  égard  à  la  vé- 
ritable signification  du  mol  apex,  on  l'a  tra- 
duit par  le  mot  de  point ,  qui  est  plus  fran- 
çais; bien  qu'on  sache  que,  du  temps  de  Jé- 
sus-Christ, l'Hébreu  était  sans  points. 

APHiEREiMA.  Ce  mot  est  Grec,  et  vient  du 
verbe  ù'fxipîï'jOM,  auferre,  ôler,  et  signifie  : 

Une  contrée  sur  les  frontières  de  la  Judée, 
ducôté  de  Samarie.  l.Mach.  ii.'3k.S(aluimu.t 
ergo  illis  omnes  fines  Judœœ  ,  et  très  civifales 
Lydan  et  Rainallin^i ,  quœ  additœ  sunt  Judœot 
ex  Samarin,  et  confines  earum  sequestrari  om- 
nibus sacri ficanlibus  :  Nous  avons  ordonné 
que  les  trois  villes,  Lyda,  Ramatha  et  Apliœ- 
renia,  qui  ont  été  annexées  à  la  Judée  du  ter- 
ritoire de  Samarie,  soient  destinées  pour  les 
prêtres  de  Jérusalem.  L'interprète  Latin  vt 
omis  Aphœrema  ,  (jui  est  dans  le  Grec  ,  et 
qu'on  pourrait  interpréter,  Sublatam  ngri 
paricm  :  C'est  le  pays  de  Bélhel  qui  avait  été 
«létaché  (le  Samarie  dès  le  temps  d'Abia.  2 
P.ir.  13.  19. 

lu 


599 


DICTIONNAIRE  DE  PH 


APHARA,  ^,  Hcb.  Vacco,  ville  de  la  tribu 
de  Benjaiiiia.  Jos.  18.  23. 

APIS ,  is  ,  néh(j(Tx.  Ce  nom  vient  du  mot 
nés  ,  parce  que  les  abeilles  naissent  sans 
pieds  et  sans  ailes ,  ou  ,  selon  d'autres  ,  du 
verbe  ap«o,  qui  signifle  necto,  parce  qu'elles 
s'attachent  par  les  pieds  les  unes  aux 
autres. 

Abeille,  insecte  volant,  qui  a  un  aiguillon 
fort  piquant  et  qui  fait  le  miel  et  la  cire. 
Eccli.  11.  3.  Brevis  in  volatilibus  est  apis  : 
L'abeille  est  pelile  entre  les  animaux  qui  vo- 
lent, et  néanmoins  son  fruit  a  une  douceur 
qui  surpasse  tout.  Judic.  14.  8. 

L'Ecriture  compare  à  l'abeille  les  tyrans 
et  les  persécuteurs,  parce  qu'elle  est  vindi- 
cative et  toujours  prêle  à  piquer  de  son  ai- 
guillon. Deut.  1.  4i.  Amorrhœus  persecutus  est 
vos  sicut  soient  apes  persequi  :  Les  Amor- 
rhéens  vous  poursuivirent  comme  les  abeil- 
les poursuivent  celui  qui  les  irrite.  Ps.  117. 
12.  Ainsi,  le  Saint-Esprit  appelle  du  nom  de 
mouche  et  d'abeille  les  ennemis  du  peuple 
de  Dieu,  les  rois  Egyptiens  et  les  Assyriens. 
Isa.  7.  18.  Sibilabit  Dominus  muscœ  ,  quœ  est 
in  extremo  fluminum  JEgypti  ,  et  api  quœ  est 
in  tei~raAssur:Le  Seigneur  appellera,  comme 
d'un  coup  de  sifflet,  l'abeille  qui  est  à  l'extré- 
mité des  fleuves  de  l'Egypte  ,  et  l'abeille  qui 
est  au  pays  d'Assur.  Voy.  Musca. 

APOCALYPSIS,  is,  Revelatio.  Ce  mot,  qui 
est  grec,  vient  du  verbe  xnoy.xlÛTZTstv,  qui  si- 
gnifie découvrir,  révéler. 

1"  Apocalypse,  livre  qui  fait  partie  du  Nou- 
veau Testament ,  et  qui  contient  les  révéla- 
tions faites  à  saint  Jean  l'évangéliste,  de  plu- 
sieurs choses  qui  devaient  arriver  dans  les 
siècles  suivants  de  lEglise,  et  sous  l'Anté- 
christ, vers  la  fin  du  monde.  Apoc.  1.  1. 
Apocalypsis  Jesu  Christi  quam  dedil  illi  Deus 
palam  facere  servis  suis,  mittens  per  Angeluin 
suum  servo  suo  Joanni  :  Cette  révélation  a 
été  faite  à  Jésus-Christ  ;  et  de  la  part  de  Jé- 
sus-Christ à  saint  Jean  ,  par  un  ange  ,  pour 
la  découvrir  aux  fidèles. 

2°  Révélation  des  mystères  ou  de  l'intelli- 
gence de  l'Ecriture  ,  pour  en  donner  aux  au- 
tres l'explication.  1.  Cor.  14.26.  Unusquisque 
vestrum  Psabnwn  habet ,  doctrinam  habct , 
Apocalypsim  habet  :  L'un  est  inspiré  de  Dieu 
pour  composer  un  cantique,  l'autre  pour 
instruire  ,  un  autre  pour  révéler  les  secrets 
de  Dieu. 

APOLLO  ,  ô  ,  'ATi-onw? ,  Gr.  Deslructor. 
Apollon,  Juif  originaire  d'Alexandrie,  homme 
éloquent  et  fort  versédans  les  Ecritures,  qui 
a  prêché  l'Evangile  avec  grand  fruit  ,  à 
Ephèse  et  à  Corinthe.  Act.  18.  24.  c.  19.  1.  1 . 
Cor.  1.  12.  c.  3.  V.  4.  0.  etc. 

APOLLONIA,  iE,Gr.  Destructio.  Apollonie, 
ville  de  Macédoine.  Act.  17.  1.  C'était  une 
ville  épiscopalo ,  sous  l'archevêque  de  ïhes- 
salonique  ,  dans  la  Mygdonie  ,  appelée  main- 
tenant Cères. 

APOLLONIUS,  Gr.  Destructor.  i"  Gouver- 
neur de  Syrie  et  lieutenant  général  des  trou- 
pes d'Antiochus  Epiphane,  défait  par  Judas 
Machal)ée.  1.  Mach.  .1.  v.  10. 12.  2.  Mach.  5. 
24. — 2°  Un  autre  général  des  armées  de  Dé- 


ll.OLOGIE  SACREE.  300 

mélrius  Nicanor  ,  gouverneur  de  Célésyrie 
1.  Mach.  10.  v.  69.  74.  etc.  2.  Mach.  3.  5.  c.  4. 
4.-3"  Fils  de  Gennée.  2.  Mach.  12.  2. 

APOLLOPHANES,  is,  Gr.  Destructor  mani- 
festus.  Apollophane  ,  chef  des  troupes  d'An- 
tiochus Eupalor,  avec  Chaereas  et  Jimothée. 
2  Mach.  10.  37. 

APOLLYON,  is ,  Gr.  Destruens.  Apollyon  , 
ce  mot  qui  signifie,  en  grec,  qui  perd  et  qui 
détruit,  marque  le  démon  ,  appelé  l'ange  de 
l'abîme.  Apocal.  9.  11.  Habebant  super  se 
regem  angelum  abyssi ,  cui  nomen  Hebraice 
Abaddon  ,  Grœre  autem  Apollyon  ,  Latine  ha- 
bens  nomen  Exterminons  :  Ces  sauterelles 
mystiques  avaient  pour  roi  l'ange  de  l'abîme, 
appelé  en  Hébreu  ,  Abaddon  ;  et  en  Grec, 
Apollyon:  c'est-à-dire  l'exterminateur.  Saint 
Jean  fait  allusion  au  nom  d'Apollon.  Voy. 
Abaddon. 

APORIA,-*:,  Kfzop'm.  Ce  mot  est  tout  grec, 
et  signifie  inquiétude,  trouble  d'esprit,  lors- 
qu'on est  irrésolu  et  qu'on  ne  sait  à  quoi  se 
déterminer.  Eccli.  27.  5.  Sicut  in  percussura 
cribri  remanebit  pulvis  ((r/û6a>ov),  sic  aporia 
hominis  in  cogitatu  itlius  :  Comme  lorsqu'on 
remue  le  crible,  il  ne  demeure  que  les  ordu- 
res :  ainsi  ,  lorsque  l'homme  se  tourmente 
dans  sa  pensée  ,  il  n'y  demeure  que  l'inquié- 
tude et  la  peine  d'esprit ,  au  lieu  de  songer 
aux  moyens  de  s'en  dégager  ,  et  aux  biens 
que  l'on  a  reçus  de  Dieu. 

APORiARL  Ce  verbe  qui  n'est  point  en 
usage  en  latin,  vient  du  grec  à7rope?ff6ai,  et  si- 
gnifie : 

1°  Etre  dans  le  doute  et  l'incertitude  de  ce 
qu'on  doit  faire.  Eccli.  18.  6.  Cum  consum- 
maverit  homo,  tum  incipiet  ,  et  cum  quieverit, 
aporiabitur  :  Lorsque  l'homme  se  sera  long- 
temps appliqué  à  la  recherche  des  merveil- 
les de  Dieu,  il  trouvera  qu'il  ne  fait  que  com- 
mencer ;  et  sera  encore  ,  après  celte  recher- 
che ,  dans  le  doute  et  l'inquiétude  ,  et  il  ne 
lui  en  demeurera  qu'un  profond  étonnement, 
la  petitesse  de  l'esprit  humain  ne  pouvant 
pas  les  comprendre. 

2°  Etre  saisi  d'élonneraent  (xaTavoc-rv,  at- 
tendere).  Isa.  59.  16.  Et  vidit  quia  non  est 
vir,  et  aporiatus  est  :  Dieu  a  vu^u'il  ne 
restait  plus  d'homme  juste  sur  la  terre  ,  et 
il  a  été  comme  saisi  d'étonnemont.  Le  pro- 
phète marque,  par  ce  discours  figuré  ,  com- 
ment Dieu  s'est  porté  à  envoyer  son  Fils 
pour  délivrer  les  hommes  de  leurs  péchés. 
3°  Etre  dans  des  peines  insurmontables.  2. 
Cor.  4.  8.  Aporiamur  ,  sed  non  deslituimur  : 
Nous  nous  trouvons  dans  des  difficultés 
insurmontables  ;  mais  nous  n'y  succombons 
pas  néanmoins  ,  parce  que  Dieu  nous  fait  la 
grâce  d'en  sorti i-  et  de  les  surmonter. 

APOSTATA  ,  Gr.  «TroffTaTvjç,  Desertor.  Ce 
mot,  qui  vieni  du  verbe  àfiartxaOcti,  deficere,  si- 
gnifie en  Udu^ah  Apostat,  qui  quitte  la  vraie 
religion  ou  qui  renonce  à  ses  vœux  ;  mais 
dans  l'Ecriture  il  marque  : 

Un  méchant  homme  ,  un  impie  qui  a  en- 
tièrement abandonné  Dieu.  Job.  34.  18.  Qui 
dicit  régi ,  Apostata  :  Qui  dit  sans  trainte  à 
un  roi  qui  est  perverti  :  Vous  êtes  un  mé- 
chant et  un   impie  (Trapavo^itf).  Prov.  6.  12. 


m 


APO 


APP 


c02 


Homo  apostata  :  Un  méchant  homme  qui  a 
abandonné  Dieu  (à'ypwv). 

APOSTATRIX,  icis  ,  rebelle,  qui  passe  du 
culte  de  Dieu  à  celui  desidoles(7ra/3a7rix|3aîvou(7«). 
E^ech.  2.  3.  Mitlo  ego  te  ad  filios  Israël  ^  ad 
gentes  apostatrices  :  Je  vous  envoie  à  celte 
nation  qui  s'est  révoltée  contre  moi. 

APOSTAÏARE,  «yt(7Tao-S«£.  Ce  verbe  inusilé 
signifle  se  séparer, ne  vouloir  poinldépcndre. 
Eccli.  10.  14.  Inilium  superbiœ  hominis  apo- 
statare  a  Deo  :  Le  comble  de  l'orgueil  de 
l'homme  est  de  se  soustraire  à  l'obéissance  et 
à  la  conduite  de  Dieu.  c.  19.  2.  Vinum  et  mu- 
lieres  apostatare  faciunt  sapientes  :  Le  vin  et 
les  femmes  font  tomber  les  sages  mêmes  ,  et 
les  séparent  de  Dieu  et  de  leur  devoir. 

APOSTiOLUS,  1,  ù.-KÔcT-colo;.  Ce  mot,  qui  est 
formé  du  verbe  «7ro<7Ti).X£iv,  mitlere ,  envoyer, 
signifie  : 

1°  Quelque  député  ou  quelque  envoyé. 
Joan.  13. 16.  Neque  apustolus  major  est  eo  qui 
misit  illum  :  L'envoyé  n'est  pas  plus  grand 
que  celui  qui  l'a  envoyé.  2.  Cor.  8.  23.  Apo- 
sloii  Ecclesiarum  :  Qui  sont  les  apôtres  ou  les 
députés  des  églises.  Phil.  2.  25. 

2°  Ceux  qui  ont  été  envoyés  pour  procu- 
rer le  salut  des  hommes  par  la  prédication 
de  l'Evangile  ;  de  ce  nombre  sont  : 

1°  Jésus-Christ,  Noire-Seigneur,  qui  a  été 
envoyé  dans  ce  monde  pour  éclairer  les 
hommes  et  leur  enseigner  la  doctrine  du  sa- 
lut. Hebr.  3.  1.  Considerate  apostolum  et  pon~ 
tifîcem  confessionis  nostrœ  Jesum  :  Considé- 
rez Jésus  ,  qui  est  l'apôtre  envoyé  de  Dieu  , 
et  le  pontife  de  la  religion  que  nous  profes- 
sons. 

2°  Les  douze  que  Jésus-Christ  lui-même 
choisit  avant  sa  passion  parmi  tous  ses  dis- 
ciples ,  pour  être  les  premiers  prédicateurs 
de  l'Evangile.  Luc.  6.  13.  Elegit  duodecim  ex 
ipsis  quos  et  apostolos  nominavit  :  11  en  choi- 
sit douze  d'entre  eux,  qu'il  nomma  apôtres. 
Matth.  10.  2.  Marc.  6.  30.  et  souvent  ailleurs. 

3"  Ceux  que  Jésus-Christ  choisit  encore 
après  son  ascension  ,  pour  remplir  les  fonc- 
tions de  son  apostolat,  avec  ceux  (ju'il  avait 
choisis  avant  sa  passion  ;  tels  furent  saint 
Mathias  ,  Ad.  1.  v.  23.  26.  saint  Paul  ,  c.  9. 
15.  et  le  même  avec  saint  Barnabe,  c.  13.  2. 

Ces  apôtres,  établis  par  Jésus-Christ  ,  sont 
apôtres  à  l'égard  de  toute  la  terre  ;  mais 
ceux  qu'on  a  appelés  apôtres  dans  la  suite 
des  temps  ,  parce  qu'ils  ont  été  les  premiers 
fondatiurs  des  églises  ,  ne  sont  apôtres  qu'à 
l'égard  des  églises  qu'ils  ont  fondées. 

4'|  Tous  les  ministres  et  les  prédicateurs 
de  l'Evangile,  qui  sont  envoyés  pour  prêcher 
la  parole  de  Dieu.  Luc.  11.  W.  Millam  ad 
illos  propheiaselapostotos,  et  ex  illis  occident, 
et  pcrsejjuenlur  :  Je  leur  enverrai  des  pro- 
phètes et  des  apôtres  ,  et  ils  en  tueront  les 
uns  et  persécuteront  les  autres.  Rom.  16.  7. 
2.  Cor.  8.  23. 

APOSTOLATUS  ,  us,  apostolat,  dignité  ou 
ministère  d'apôtre  {ùnoaro^v,  missio).i^nlal.  2. 
8.  Qui  operalus  est  Petro  in  apostolntum  cir- 
cumcisionis,  operatus  est  et  mihi  inter  Gentes  : 
Celui  qui  a  agi  efficacement  dans  Pierre  pour 
le  rendre  apôtre  des  circoncis  ,  a  aussi  agi 


efficacement  en  moi  pour  me  rendre  apôtre 
des  gentils.  Act.  1.  25.  1 .  Cor.  9. 2.  2.  Cor.  12. 
12.  Cette  fonction  si  relevée  et  si  honorable  , 
est  en  même  temps  une  grande  charge  bien 
redoutable ,  et  une  grande  grâce.  Rom.  1.  5. 
Per  quem  accepimus  gratiam  et  apostolatum  : 
Par  qui  nous  avons  reçu  la  grâce  et  l'aposto- 
lat ;  c'est-à-dire  la  grâce  de  l'apostolat.  1. 
Cor.  15.  10.  Eph.  3.  8.  11  en  est  de  même  à 
proportion  de  l'épiscopat ,  de  la  prêtrise  et 
des  autres  ordres. 

APOÏHECA  ,  M,  «7ro9«/.>3.  Ce  mot  est  grec , 
et  vient  du  verbe  «7TOTiec<r9!«,  reponi ,  reser- 
vari,  être  mis  en  réserve  ;  ainsi  il  signifie  un 
lieu  où  l'on  serre  les  meubles  ,  les  vivres,  les 
munitions  et  les  marchandises  ;  on  l'appelle 
magasin.  Isa.  39.  2.  Os  tendit  eis  omnes  apo- 
thecas  supelleclilis  siiœ  :Ezech\as  fil  voir  aux 
ambassadeurs  de  Babylone  tout  ce  qu'il  avait 
de  riches  meubles.  Joël.  1.  17.  Dissipâtes  sunt 
apothecœ  :  Les  magasins  sont  ruinés.  1.  Par. 
27.  28.  2.  Par.  32.28. 

APPARATUS  ,  us  ,  «Troov.EvÀ.  Ce  nom  vient 
du  verbe  apparare,  préparer,  apprêter,  et  si- 
gnifie préparation,  appareil. 

1°  Appareil  somptueux  ,  pon)pe  ,  magnifi- 
cence. 1  Mach.  9.  39.  Ecce  tumultus  et  appa- 
ratus  multus  ;  Ils  virent  un  grand  tumulte  et 
un  appareil  magnifique. 

2°  Apprêt,  provisions, munitions  (7roc/3eiôî(T£î). 

I.  Mach.  9.  52.  Posuit  in  eis  auxUia,  et  uppa* 
ratum  escarum  :  Bacchides  mit  des  gens  dans 
les  citadelles  pour  les  garder,avec  une  grande 
provision  de  vivres.  2.  Mach.  10.  18.  c.  12. 
V.  14.  27.  c.  15.  21. 

3'  Bagage,  équipage.  1.  Mach.  9.  35  Roga- 
vit  Nabutfiœos  amicos  suos  ,  ut  commodarent 
illis  apparatum  suum  qui  erat  copiosus  :  Jo- 
nathas  pria  les  Nabulhéens  qui  étaient  leurs 
amis,  de  leur  prêter  leur  équipage  qui  était 
fort  grand  ;  Gr.  de  trouver  bon  qu'ils  leur 
remissent  entre  les  mains  leur  équipage  pour 
le  garder  ;  ainsi  il  faudrait,  dans  le  latin  , 
commendarent ,  au  lieu  de  commodarent.  2. 
Mach.  12.  21. 

APPARERE,  yaîvs-ffôat,  oTTTEaôat.  Ce  verbe 
signifie  propremenf,  paraître,  être  vu,  être 
exposé  en  vue  ;  mais  dans  l'Ecriture  il  a  plu- 
sieurs significations  qui  ont  quelque  rap- 
port à  celle  première. 

1"  Paraître,  se  rendre  visible.  Gènes.  1.  9. 
Appnreat  arida:  Que  l'élément  aride  paraisse, 
c.  9.  14.  Apparebil  arcus  meus  in  nubibus: 
Mon  arc  paraîtra  dans  les  nuées,  c.  5.  2+.  c. 
8.  5.  c.  15.  17.  Mallh.  2.  7.  Sap.  19.  7.  etc. 

2°  Paraître,  être  évident  (^UntvBxi).  Hebr. 

II.  1.  Est  (ides  argument um  non  opparen- 
tium  :  La  foi  est  une  preuve  de  ce  qui  ne  se 
voit  point;  c'est-à  dire,  de  ce  qui  est  obscur 
et  ne  parait  pas  aux  sens  ni  à  la  lumière  de 
la  raison.  Gènes.  37.  20.  Tune  apparebit  quid 
illi prosint  somnia  sua  :  Après  cola  on  verra 
à  quoi  ses  songes  lui  auront  servi.  1.  Reg. 
26.  21.  Tob.  2.  22.  Job.  6.  3.  c.  15.  14.  etc. 

3°  Paraître  se  dil  aussi  de  ce  qui  éclate  et 
s'expose  en  public.  Matth.  9.  33.  Numquam 
apparuit  sic  in  Israël:  On  n'a  jamais  rien  vu 
de  semblable  en  Israël.  2.  Reg.  6.22.  Humi- 
lis  eroin  oculismeis,  et  cum  ancillis  de  quibut 


303 


DICTIONNAIRE  DE  l>IiILOLOGIE  SACRLE. 


Ô04 


locuta  es,  gloriosior  apparebo  :  Je  me  mépri- 
serai moi-même,  dit  David  à  Michol,  et  je 
ferai  sioirc  de  cet  abaissement  devant  les 
servantes  mêmes  dont  vous  me  parlez.  Ju- 
dith. 10.  i.  Jerem.  13.  26.  Ezech.  21.  2i.  etc. 
L'on  peut  rapporter  àcette  signification  d'au- 
tres manières  de  paraître  avec  éclat,  soitavec 
estime  et  par  son  mérite^  Eccli.  39.  i.  Jn  con- 
speclu  prœsidis  apparebit  :  Le  sage  paraîtra 
devant  ceux  qui  gouvernent,  soit  avec  affec- 
tion et  par  vanité  («/.«Çove-JEc-ext).  Prov.  25 
6.  Ne  gloriosus  appareas  coram  rege  :Ne  vous 
élevez  point  en  honneur  devant  le  roi.  Il 
laut,  selon  l'Evangile,  se  tenir  dans  la  der- 
nière place,  et  attendre  en  repos  que  le  maî- 
tre de  !a  maison  nous  dise,  s'il  le  juge  à  pro- 
pos :  Mon  ami.  montez  plus  haut  :  mais  ceux 
qui  s'élèveront  d'eux-mêmes  seront  abaissés 
et  se  perdront.  Ps.  91.  8.  Cwn  exorli  fuerint 
peccatores  sicul  fenum,  et  apparuerint  omnes 
qui  operantur  iniquilatem:  Heb.  effloruerint, 
ut  intereant  in  sœculum  sœculi  :  Lorsque  les 
péch.'urssescront  produits  au  dehors  comme 
rherbe,  et  que  tous  ceux  qui  commettent 
l'iniquité  auront  paru  avec  éclat,  ils  péri- 
ront dans  tous  les  siècles.  (AtK/.;-T£tv,  per- 
Apicere  ). 

k°  Faire  paraître  son  pouvoir,  soit  pour 
proléger  et  pour  favoriser.  Jerem.  31.  3. 
Longe  Domnus  apparuit  mihi  :  Il  y  a  long- 
lems,  dit  la  Synagogue,  que  le  Seigneur  s'est 
fait  voir  à  moi  et  ma  regardée  d'un  visage 
favorable.  Le  prophète  représente  les  Israé- 
lites désespérant  de  la  protection  de  Dieu,  parce 
qu'il  les  avait  livrés  à  leurs  ennemis.  Ezech. 
20.  9.  Apparia  eis  in  terra  Mgypti  :  Heb. 
cognitus  sum  :  J'ai  fait  éclater  mon  pouvoir 
en  leur  faveur  dans  l'Egypte  (yt-^c-z^rrCizi).  v. 
3.  Deut.  33.  2.  Rom.  10.  20.  etc.  Ainsi,  Sap. 
1.  12.  Apparet  eis  qui  fidem  habent  in  illum  : 
Le  Seigneur  se  fait  connaître  à  ceux  qui  ont 
confiance  en  lui  {su.Qy.'Aîiztj'jxi]. 

Soit  pour  punir  et  marquer  de  l'indigna- 
tion. Sap.  6.  6.  Horrende  et  cito  apparebit 
vobis  :  Il  se  fera  voir  à  vous  d'une  manière 
effroyable,  et  dans  peu  de  temps  ;  Gr.  il  vien- 
dra fondre  sur  vous  [àfiTzo'.rT^xif  supervenire). 
Dieu  menace  de  châtiments  terribles  les 
grands  du  monde  et  ceux  qui  gouvernent  les 
peuples,  s'ils  ne  s'acquitent  pas  de  leur  de- 
voir. Voy.  Mamfestare. 

o^Seproduire,  seprésenterà  quelqu'un  (èy.- 
f v.-AÇe <jOy.i) .Mcb.^. '2.'*. Non  in  maniifaclasancla 
Jésus  introivit,  sed  in  ipsnni  cœlum,  ut  ap- 
parent nunc  vultui  Deipro  nobis  :  Jésus-Christ 
n'est  point  entré  dans  un  sanctuaire  fait  de  la 
main  des  hommes,  mais  il  est  entré  dans  le 
ciel  même,  afin  de  se  présenter  maintenant 
pour  nous  devant  la  face  de  Dieu.  Ps.  62.  3. 
Jn  terra  déserta...  sic  in  sanclo  appurui  tibi: 
dans  cette  terre  déserte  où  je  me  trouve,  je 
ne  suis  présenté  devant  vous  comme  dans 
votre  sanctuaire.  Exod.  10.  28.  c.  23.  v.  io. 
17,  Deut.  16.  16.  Ps.  16.  15.  Ps.  ki.  S.  etc. 

6'  Apparaître,  se  rendre  visible;  il  se  dit 
particulièrement  des  substances  spirituelles, 
«le  Dieu,  des  anges,  de  Jésusrrhriï.t.  Gènes. 
i2.  7.  Apparuit  Dominas  Abrom  :  Le  Sei- 
gneur apparut  à   .\bram  c.  17.  1.  c  18.  v.  1. 


2.  etc.  Exod.  3.  2.  Apparuit  ei  Dominus  ; 
Dieu  apparut  à  Mo'ise  sous  la  forme  d'un 
buisson  ardent,  v.  16.  c.  i.  v.  1.  o.  Act. 
7.  35. 

Les  anges  ont  souvent  apparu.  Luc.  1.  11. 
Apparuit  illi  angélus  :  Un  ange  apparut  à 
Zacharie;  à  Jésus-Christ,  c.  22.  43.  c.  1.  26. 
à  saint  Joseph.  Matth.  1.  20.  c.  2.  v.  13.  19. 
etc.  Les  anges  ont  plus  souvent  apparu  dans 
l'Ancien  Testament,  non-seulement  sous  le 
nom  d'ange  comme  Judic.  6.  12.  c.  13.  v.  3. 
9.  etc.,  mais  aussi  sous  le  nom  du  Seigneur. 

Jésus-Christ,  après  sa  résurrection ,  s'est 
fait  voir  à  ses  apôtres  et  à  ses  disciples. 
Marc.  16.  9.  Apparuit  primo  Mariœ  Magda- 
lenœ  :  Il  apparut  premièrement  à  Marie- 
Magdeleine.  v.  14.  Luc.  24.  34.  Et  ■jpparuit 
Simoni.  Act.  1.  3.  Per  dies  quadraginta  ap- 
parent eis  :  Il  apparut  à  ses  apôtres  durant 
quarante  jours,  et  à  plusieurs  autres.  Jésus- 
Christ  s'est  fait  voir  aux  anges.  1.  Tim.  3. 
16.  Apparuit  angelis  :  Il  a  été  manifesté  an\ 
anges,  parce  qu'ils  ont  considéré  avec  admi- 
ration et  avec  un  profond  respect  un  Dieu 
incarné.  Mais  après  avoir  paru  dans  son 
premier  avènement.  Tit.  2.  11.  Apparuit 
gralia  Dei  Salvatoris  nostri  omnibus  homini- 
bus  :  La  grâce  de  Dieu  notre  Sauveur  a  paru 
à  tous  les  hommes  ;  Gr.  le  Salutaire  à  tous 
les  hommes  a  paru  dans  le  monde  (È:rtyy.iv£- 
o-Oki).  c.  3.  4.  1.  Jo.  3.  5.  Il  paraîtra  au  juge- 
ment dernier  dans  son  second  avènement. 
Coloss.  3.  4.  Cum  Christus  apparuerit,  vita 
veslra,  lune  et  vos  apparebitis  cum  ipso  in 
gloria  :  Lorsque  Jésus-Christ,  qui  est  voire 
vie,  viendra  à  paraître,  vous  paraîtrez  aussi 
avec  lui  dans  la  gloire  (yxvspoûc-OaiJ.  1.  Jean 
2.  28. 

Les  morts  sont  quelquefois  ressuscites  et  se 
sont  rendus  visibles.  Malth.  27.  33.  Exeuntes 
de  rnonumentis  post  resurrectionem  ejus^  vene~ 
runt  in  sanctam  civitatem,  et  apparuerunt 
77ju/a's: Plusieurs  sainis,  sortant  de  leurs  tom- 
beaux après  la  résurrection  de  Jésus-Christ, 
vinrent  en  la  ville  sainte  et  furent  vus  de 
plusieurs  personnes  {èao'j.-ji^j(70xi).  Ces  saints 
étaient,  ou  des  fidèles  de  ce  temps-là,  ou  des 
anciens  patriarches,  ou  quelques-uns  des 
uns  et  des  autres. 

Les  Hébreux  n'ont  point  d'autre  mot  que 
le  verbe  nireah,  videri,  être  vu,  pour  mar- 
quer toute  sorte  d'apparitions;  mais  Tinter- 
prètc  latin  se  sert  ordinairement  du  verbe 
apparere  pour  les  signifier. 

7°  Paraître,  signifie  aussi  avoir  l'appa- 
rence do  quelque  chose  sans  en  avoir  la  réa- 
lité. Eslh.  11.  3.  Apparuerunt  vuces,  et  tu- 
inullus  et  tonitrua  :  H  lui  semblait  qu'il  en- 
tendait des  voix,  un  tumulte,  un  tonnerre. 
C'était  une  vision  que  Mardochée  eut  en 
songe. 

APPARITOR.  is.  Ce  mot  vient  du  verbe 
apparere,  paraître  devant  un  prince  ou  un 
magistrat  pour  exécuter  ses  ordres,  et  si- 
gnifie: 

Un  huissier,  un  archer.  1.  Ileg.  19.  iU. 
Misit  Saul  apparitores  qui  râpèrent  David: 
Saùl  envoya  dès  le  matin  des  archers  pour 
prendre  David  [y-^ù  jf,  nunlius) 


505 


APP 


APP 


30  n 


Le  mot  *\' appariteur  y  en  français,  signifie 
les  bedeaux  de  l'université  qui  portent  des 
masses  devant. le  recteur  et  les  quatre  facul- 
tés. Les  exéculeurs  de  la  justice  ecclésiasti- 
que s'appellent  aussi  appariteurs  :  ils  ne 
sont  pas,  comme  les  huissiers  ou  sergents,  en 
titre  d'office,  ils  n'ont  qu'une  simple  com- 
mission, et  tous  les  clercs  peuvent  mettre  à 
exécution  les  mandements  des  évêques  et 
desofficiaux;  mais  en  latin  il  marque  tous  les 
officiers  qui  sont  autour  du  tribunal  de  leur 
maître,  tous  prêts  d'exécuter  ses  ordres. 

APPELLARE ,  y.u/.îb.  Ce  verbe  est  formé 
d'ad,  et  de  l'ancien  verbe  pellare  qui  signi- 
fiait parlera  quelqu'un,  s'adresser  à  lui; 
ainsi  il  marque  : 

1°  Appeler,  nommer,  donner  un  nom.  Gè- 
nes. 2.  20.  Appellavit  Adam  nomwibus  suis 
cuncta  animantia  .  Adam  appela  chacun  des 
animaux  d'un  nom  qui  leur  était  propre  ;  ce 
qui  marquait  la  science  profonde  qu'il  avait 
reçue  de  Dieu;  il  n'aurait  pu  marquer  la 
propriété  de  la  nature  de  chaqueanimal  sans 
les  connaître  parfaitement,  c.  17.  5.  Nec  ul- 
tra vocabitur  nomen  tuum  Abram,  sed  appel- 
laberis  Abraham  :  Vous  ne  vous  appellerez 
plus  Abram  ,  mais  vous  vous  appellerez 
Abraham  ;  ce  nom  est  mystérieux,  aussi  bien 
que  plusieurs  autres  dans  les  livres  saints,  c. 
22.  2i.  c.  25.  25.  etc.  Ainsi,  c.  1.  5.  Appella- 
vitque  lucem  diem,  et  tenebras  noctem:  Dieu 
donna  à  la  lumière  le  nom  de  jour  ,  et  aux 
ténèbres  (e  nom  de  nuit  ;  c'est-à-dire  que 
les  hommes  devaient  appeler  la  lumière  du 
nom  de  jour,  et  les  ténèbres  du  nom  de  nuit, 
Dieu  les  ayant  séparés  l'un  d'avec  l'autre. 

2°  Qualifier,  marquer  par  quelque  nom, 
Sap.  13.  10.  Infelices  sunt  qui  appellaverunt 
deos  opéra  manuum  hoininum  :  Ceux-là  sont 
vraiment  malheureux,  qui  ont  donné  le  nom 
de  dieux  aux  ouvrages  de  lu  main  des  hom- 
mes, c  iV.  22-  Tôt  et  tam  magna  mala  pacem 
appellant  :  Les  hommes  donnent  le  nom  de 
paix  à  des  maux  si  grands  et  en  si  grand 
nombre  -oo'jy.yooî-jîL-j).  Le  Sage  parle  des  dés- 
ordres que  cause  l'adoration  des  idoles.  2. 
Mach.  n.  37. 

3°  Estimer,  réputer,  considérer.  Prov.  IG. 
21.  Qui  sapiens  est  corde  ,  appellubitur  pru- 
dens  :  Celui  qui  a  la  sagesse  du  cœur  ;  c'est- 
à-dire  cette  véritable  sagesse  qui  consiste 
dans  la  connaissance  et  la  pratique  des  ma- 
ximes de  la  religion,  sera  estimé  sage  et  pru- 
dent ,  quoiqu'il  n'ait  point  acquis  les  autres 
sciences,  n'y  ayant  point  d'autre  sngesse  vé- 
rilable  que  celle-là.  Eccli.  o.  10.  Non  appelle- 
ris  susurra  :  Fuyez  de  passer  pour  un  se- 
meur de  rapporis  ,  ou  ne  soyez  point  tel. 
Etre  appelé,  en  Hébreu  ,  signifie  être.  Voy. 
VocARE.  Isa.  32.  5.  Jac.  2.  23. 

k"  Appeler  (1  un  juge  inférieur  a  un  supé- 
rieur (ÈTri/a/îr^O'/i).  Act.  25. 11.  Cœsarem  appel- 
le) :  J'en  appelle  à  César,  v.  12.  c.  20.  32.* c. 
28.  19. 

o"  Etablir,  déclarer  (TTi^oTayo/ieÙEiv).  Hebr.  5. 
10.  Appellatus  n  Deo  ponlifex  juxta  ordinem 
Melchisrdech  •  Jésus-Christ  a  été  déclaré  pon- 
tife selon  l'ordre  de  Melchisédecli. 

APPEiNDERE,  y.pîuy.-,,  i.^-i^-.rM 


§  1.  —  Pendre  ou  suspendre  à  quelque 
chose.  Exod.  13.  16.  Erit  quasi  signum  in 
manu  tua,  et  quasi  appensum  quid  inter  ocu- 
los  tuos  :  Tenez  ceci  suspendu  comme  un 
signe  en  vos  mains  ,  et  sur  votre  front  entre 
vos  yeux.  Les  Juifs  observaient  ceci  à  la 
lettre  ,  ils  mettaient  sur  leurs  mains  et  sur 
leur  front  des  bandes  de  parchemin  ,  où 
étaient  écrites  les  paroles  de  la  Loi.  Jos.  2. 
21.  Appendil  funiculum  coccineum  in  fenesira  : 
Rahab  pendit  un  cordon  décarlate  à  sa 
fenêtre  {oth,  ligare).  E\od.  26,  32.  c.  iO.  19, 
Num.  3.  26.  etc.  Ainsi,  Job  dit  que  Dieu  sus- 
pend la  terre  sur  le  néant,  c.  26.  7.  Appendit 
terram super  nihilum:  parce  que  l'ayant  créée, 
selon  le  sentimentdetoule  l'antiquité, comme 
l'élément  le  plus  pesant  au  centre  du  monde, 
elle  y  est  comme  suspendue  et  soutenue  par 
sa  propre  pesanteur  ,  ponderibus  librata 
suis;  ou  plutôt  par  sa  fermeté  que  Dieu  sou- 
tient, et  qui  la  tient  suspendue  au  milieu  de 
l'univers,  la  terre  n'ayant  point  d'autres  fon- 
dements :  c'est  pourquoi  le  Sage  dit ,  Prov. 
8.  29  :  Appendebat  fundamenta  terrœ  :  Dieu 
pesant  les  fondements  de  la  terre,  les  tenait 
suspendus  [irry^jov.  -oiti-j,  firma  faccre).  C'est  ce 
que  dit  encore  Isa.  iO.  12.  Quis  appendit  tri- 
bus digilis  molem  terrœ?  Qui  «outient  de  trois 
doigts  toute  la  masse  de  la  terre?  Les  écri- 
vains sacrés  se  servent  de  ces  expressions, 
pour  marquer  la  toute-puissance  de  Dieu. 

C'est  à  cette  première  signification  que  se 
rapporte  le  mot  de  pendere,  pour  marquer  le 
supplice  de  ceux  qu'on  attache  à  la  potence. 
Deut.  21.  22.  Quando  peccaverit  homo,  et  ad- 
judicalus  morli  appensus  fuerit  in  palibulo , 
non  permanebit  cadaver  ejus  in  ligno  :  Lors  - 
qu'un  homme  aura  commis  un  crime,  et 
qu'ayant  reçu  l'arrêt  de  mort,  il  aura  été 
pendu,  son  corps  mort  ne  demeurera  point 
attaché  au  buis.  La  raison  que  Dieu  en 
donne,  c'est  parce  que  celui  qui  est  pendu  au 
bois  est  maudit  de  Dieu  ;  car  ceux  qui  étaient 
ainsi  pendus  au  bois,  étaient  exposés  comme 
un  signal  éclatant  et  infâme  de  la  malédiction 
du  péché,  qui  défigurait  l'image  de  Dieu,  et 
qui  devait  être  retiré  promplement  dos  yeux 
des  hommes.  Voy.  Maledictdm.  Esth.  2.  23. 
c.  5.  1^.  c.  7.  9. 

§  2.  —  1°  Peser,  examiner  le  poids  de  quel- 
que chose.  Eccli.  i2.  7.  Ubi  manus  multœ 
sunt,  Claude,  et  quodcumque  trades.numcra  et 
appende  :  Où  il  y  a  beaucoup  de  mains,  tenez 
tout  fermé,  donnez  tout  compté  et  posé,  et 
ne  manquez  point  d'écrire  ce  que  vous  aurez 
donné  et  reçu  (iv  f7zy.0u':>).  1.  Esdr.  8.  25. 
Appcndi  eis  aurum  et  argent um,  et  vasa  con- 
sccrata  domus  Dei  nostri  :  Je  pesai  devant  eux 
l'argent  et  l'or,  et  les  vases  consacrés  de  la 
maison  de  noire  Dieu  ;  Hebr.  offerts,  savoir, 
par  le  roi  et  ses  conseillers,  v.  26.  29.  33. 

2"  Payer  ou  donner  au  poids  («7:xx«Gt7Tew«i). 
Gènes.  23.  16.  Abraham  appendit  pecuniam 
quam  Ephron  poslulavcrat  :  Abraham  fit 
peser  à  Ephron  l'argent  qu'il  lui  avait  de- 
mandé et  le  paya.  Ce  verbe  signifie  payer, 
parce  que,  dans  ces  premiers  temps,  l'argent 
ne  se  comptait  point,  mais  on  le  pesait.  2. 
Reg.  18.    12.  Si  appciulcres  in  manibus  meù 


(S07 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACKEE 


308 


mj7/« fôr^cn/cos .Quand  vous medonneriez pré- 
sentement mille  pièces  d'argent  (■kîpkttocjm). 
Eslh.  3.  9.  3.  Reg.  20.  39.  2.  Par.  26.  8.  Job. 
28.  15.  Isa.  55.  2.  Jerem.  32.  y.  9.  10.  Ainsi , 
Zach.  11.  12.  Et  appenderunt  mercedem  tneam 
triginta  argenleos  :  Ils  pesèrent  alors  trente 
pièces  d'argent  qu'ils  me  donnèrent  pour  ma 
récompense.  Matth.  26.  15.  Constituerunl  et 
triginta  argenteos;  le  verbe  grec  torâvat,  qui 
répond  à  constituere,  signifie  aussi  peser, 
aussi  bien  que  l'Hébreu  sakal,  d'où  vient  si- 
clus.  De  là  viennent  ces  façons  de  parles 
figurées  ,  appmdere  in  statera  allitudines 
montium  :  Peser  dans  la  balance  les  plus 
hautes  montagnes  ;  pour  marquer  le  pouvoir 
que  l'on  a  sur  tout  l'univers.  C'est  ce  qu'An- 
tiochus  s'attribuait  avec  une  insolence  insup- 
portable. 2.  Mac.  9.  8.  Voy.  Statera.  Car 
cela  n'appartient  qu'à  Dieu,  de  qui  il  est  dit 
aussi,  Job.  28.  25,  Qui  aquas  appendit  in  men~ 
sura  :  C'est  lui  qui  a  pesé  et  mesuré  l'eau  , 
en  faisant  ton»ber  les  pluies  sur  la  terre  au- 
tant qu'elle  en  a  besoin,  et  en  marquant  à 
la  mer  les  limites  qui  la  doivent  resserrer. 
(Voy.  Isa.  40.  12.  c.  48.  13.) 

3°  Peser,  avoir  de  la  gravité  et  du  poids, 
être  pesant.  Exod.  37.  24.  Talentumauri  ap- 
dendebat  candelabrum  :  Le  chandelier  pesait 
un  talent  d'or.  2.  Reg.  21.  16.  Ferrum  hastœ 
trecentas  uncias  appendebal  :  Le  fer  de  sa 
lance  pesait  trois  cents  sicles.  Voy.  Ungia. 
Gènes.  24.  22.  2.  Par.  3.  9.  et  souvent  dans 
les  Nombres. 

k"  Peser,  examiner,  considérer.  Job.  6.  2. 
Utinam  appenderentur  peccata  mea!  Plût  à 
Dieu  que  mes  péchés  et  les  maux  que  je 
souffre  fussent  mis  les  uns  avec  les  autres 
dani  une  balance  1  Nous  ne  devons  juger  de 
ces  paroles  que  par  la  sentence  de  Dieu 
même,  qui  a  rendu  témoignage  à  la  justice 
de  Job.  c.31.6.  Appendat  me  in  statera  justa  : 
Que  Dieu  pèse  mes  actions  dans  une  ba- 
lance juste,  et  qu'il  connaisse  la  simplicité 
de  mon  âme.  Prov.  21.2.  Appendit  corda  Do- 
minus  :  Le  Seigneur  pèse  les  cœurs.  Dan.  5. 
26.  Appensus  es  in  statera  :  Vous  avez  été 
pesédanslabalance.Voy.  Statera (z«T£v9yv£tv, 
diriger e). 

APPETERE,  è-Kievueiv. —  1°  Désirer  quelque 
chose  avec  passion.  Sap.  8.  5.  Si  divitiœ  np- 
petuntur  in  vila,  quid  sapientia  îocuptelius 
quœ  operatur  omnia?  Si  on  souhaite  les  ri- 
chesses de  celle  vie,  qu'y  a-t-il  de  plus  riche 
que  la  sagesse  qui  fait  toutes  choses?  l.Tim. 
6.  10.  Hebr.  11.  16.-2°  Attaquer,  atteindre. 
Num.  5.  14.  Quœ  f'alsa  suspicione  appetitur  : 
Une  femme  qui  est  alleinle  ou  accusée  par 
un  faux  soupçon. 

APPETITOR,  is,  qui  désire  quelque  chose 
avec  passion  (àX).(,Tpt£7i-îTxoTrof).  1.  Pet.  4. 15. 
Nemo  vestrum  patiatur  ut  homicida,  aut  fur, 
aut  mateficuSy  aut  alienorum  appetitor  :  Que 
nul  de  vous  ne  souffre  comme  homicide,  ou 
comme  larron,  ou  comme  faisant  de  mau- 
vaises actions,  ou  comme  faisant  des  des- 
seins sur  le  bien  d'autrui  ;  Gr.  ou,  comme  se 
mêlant  témérairement  de  ce  qui  ne  le  re- 
garde pas. 


APPETITUS,  us.  Ce  nom  signifie  l'appétit 
sensitif,  le  désir,  et  de  plus  : 

Passion,  convoitise.  Gènes.  4.7.  Sub  te  erii 
appetitus  ejus ,  et  tu  dominaberis  illius,  se. 
peccati:  Vous  tiendrez  sous  vous  votre  con- 
cupiscence, et  vous  la  dominerez  par  votre 
libre  arbitre  fortifié  de  la  grâce.  Ezech.  21. 
16.  Vnde  ad  dexteram,  sive  ad  sinistram^quo- 
cumque  faciei  tuœ  est  appetitus:  Oépée,  allez 
à  droite  ou. à  gauche,  partout  où  votre  désir 
violent  vous  appellera  ;  le  mot  faciès  est 
souvent  un  pléonasme  qui  n'ajoute  rien  à  la 
signification. 

APPHAIM,  Heb.  Vultus,  fils  de  Nadab, 
père  de  Jési,  descendant  de  Juda.  1.  Par.  2. 
30. 

APPHUS  ,  indignatioms  consilium  ;  Gr. 
coLTVfovç.  Surnom  de  Jonathas.  1.  Mach.  2.  5. 

APPlA,^;Gr.'A7ryîa.Prorfucens.  Apple,  dame 
chrétienne  de  la  ville  de  Colosse  et  femme  de 
Philémon.  Philem.  1.  2.  Appiœ  sorori  cliaris' 
simœ  :  Paul....  à  notre  très-chère  sœur  Ap- 
ple. 

APPIUS,  I,  Idem.  Appius,  surnommé  1'^- 
veugle,  magistrat  romain  d'un  très-grand 
mérite;  c'est  de  lui  qu'a  été  appelée  la  ville 
ou  la  place  nommée  le  marché  d' Appius,  où 
l'on  bâtit  depuis  trois  hôtelleries  pour  la 
commodité  des  voyageurs  à  cinquante  milles 
de  Rome.  Ce  lieu  est  devenu  une  ville  épi- 
scopale,  qui  depuis  a  été  détruite.  C'est  au- 
jourd'hui Casariliodi  S.  Marina.  Voy.  Forum, 
Voy.  «Taberna. 

APPLAUDERE,  smTcporelv.  Applaudir,  battre 
des  mains  pour  marquer  qu'on  approuve 
quelque  chose  ;  et  figurément, 

Louer  et  approuver  quelque  action.  Jerem. 
5.  31.  Prophetœ  prophetabant  mendaciter,  et 
sacerdotes  applaudebant  manibus  suis:  Les 
prophètes  débitaient  des  mensonges  comme 
des  prophéties,  les  prêtres  leur  applaudis- 
saient, et  mon  peuple  y  trouvait  son  plai- 
sir. 

APPLICARE  ,  npo(Tâyetv.  Approcher  une 
chose  d'une  autre,  attacher,  accommoder, 
ajuster;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Approcher,  mettre  auprès,  faire  venir 
auprès  (èyyiÇsiv).  Gcues.  48. 13.  Applicuit  am- 
bos  ad  ewn  :  Joseph  approcha  de  Jacob  ses 
deuxenfanlspourles faire  bénir,  v.  10.  Exod. 
22.  8.  Dominus  domus  appHcabitur  ad  deos 
(TT/ooo-épxco-ôat)  :  On  fera  venir  le  maître  de  la 
maison  devant  les  juges.  1.  Reg.  10.  20.  21. 
Et  applicuit  Samuel  tribus  Israël  :  Samuel 
fit  venir  toules  les  tribus  devant  l'arche,  où 
étaient  les  urnes  qui  servaient  à  jeter  le  sort. 
V.  21.  c.  14.  18.  Applica  arcain  Domini  :  Ap-  j 
prochez  l'arche  du  Seigneur,  pour  le  con- 
sulter. Exod.  21.  6.  c.  28.  1.  c.  29.  v.  4. 10.  c. 
40.  12.  etc.  D'où  vient,  Applicare  manum  ad 
os  suum  :  Porter  sa  main  à  sa  bouche,  c'est- 
à-dire,  manger.  Vrov .id. '2k.  Abscondit  piger 
méfaum  suam  sub  ascella,  nec  ad  os  suum  ap~ 
plicat  eam  :  Le  paresseux  porte  sa  inain  sous 
son  aisselle,  et  il  ne  prend  pas  la  peine  de  la 
porter  à  sa  bouche.  Applicare  ou  converiere 
manum  ad  os  suum,  signifie,  manger;  ainsi, 
cacher  sa  main  sous  son  aisselle,  et  ne  pas 
prendre  la  peine  de  la  porter  à  sa  bouche , 


309  Al'i' 

marque  figurément  une  paresse  exlrême 
d'un  homme  qui  aime  mieux  se  laisser  mou- 
rir de  faim,  que  de  Iravailler  pour  vivre. Voy. 
Os.  l.Reg.  14.  26.  Ainsi,  Ezech.  8.  17.  Ap- 
plicani  ramiim  ad  nares  :  Ils  portent  un  ra- 
meau à  leur  nez.  Le  prophète  marque  par 
ces  paroles  une  espèce  d'idolâtrie  ;  car  comme 
il  y  avait  des  arbres  consacrés  à  différents 
dieux,  c'était  prendre  part  à  l'idolâtrie  que 
d'en  prendre  un  rameau  par  superstition  et 
le  porter  à  son  nez,  soit  pour  le  sentir,  soit 
pour  marquer  l'honneur  qu'on  rend  à  la 
fausse  divinité,  à  laquelle  ce  rameau  était 
consacré. 

2°  Prendre,  ou  mettre  sur  soi,  se  revêtir. 
1.  Reg.  23.  9.  Dixit  ad  Abiathar  sacerdofem  : 
Applica  Ephod  :  David  dit  au  prêtre  Abia- 
thar :  Prenez  l'Ephod.  c.  30.  7.  Applica  ad 
me  Ephod;  et  applicavit  Abiathar  Ephod  ad 
David  :  Mettez  pour  moi  l'Ephod  ,  et  Abia- 
thar se  revêtit  de  l'Ephod  pour  David,  afin 
qu'il  y  reconnût  la  volonté  de  Dieu. 

3°  Aborder,  venir  à  bord  (-ooc-o|5piÇî<76ai). 
Marc. 6. 53.  Venerunt  iii  terram  Genesareth,  et 
applicaverunt  :  Ils  vinrent  en  la  terre  de  Gé- 
nésareth  et  y  abordèrent. Act. 20. 15.  Ce  verbe 
est  ici  actif,  et  l'on  sous-entend  le  mol  navem; 
ainsi  aborder,  c'est  faire  avancer  le  vaisseau 
sur  le  bord.  C'est  en  ce  sens  qu'il  se  prend, 
2.Par.2.16.  Cœdemus  ligna  de  Libano  etappli- 
cabiinus  ea  ratibus  per  mare  in  Jappe  (ùythj  : 
Nous  ferons  couper  dans  le  Liban  tout  le  bois 
dont  vous  aurez  besoin,  et  nous  le  ferons  char- 
ger sur  des  barques  pour  le  conduire  par  mer 
à  Joppé. 

4°  Débarquer,  mettre  hors  du  vaisseau 
(«xTtv«c-!7£tv ,  dejicere).  3.  Reg.  5.  9.  Applicabo 
ea  ibi  .-Je  ferai  débarquer  là  les  bois  de  cè- 
dre et  de  sapin,  et  vous  aurez  soin  de  les 
faire  prendre. 

5°  Avancer,  marcher  contre  (TrapavaëâXXetv). 
1.  Mac.  3.  ko.  Applicuerunt  Emmanm  :  Les 
ennemis  vinrent  camper  près  d  Emmaiis.  v. 
42.  Vidit  Judas  et  fratres  ejus...  quia  exerci- 
tus  applicabant  ad  fines  eorum  :  Judas  et  ses 
frères  reconnurent  que  larmée  ennemie 
s'approchait  de  leur  pays  (7r«/>£p€«).).£iv,  cas^ 
tramelarij.  c.  k.  2.  c.  5.  5.  c.  6.  v.  26.  31.  et 
souvent  ailleurs  dans  ce  livre.  Mais  ce  verbe 
est  encore  ici  actif,  et  l'ou  y  sous-entend  le 
pronom  ou  quelque  nom  qui  est  exprimé  en 
d'autres  endroits,  c.  5.  oO.  Applicuerunt  se 
viri  virtutis  :L(iS  plus  vaillants  hommes  sal- 
lachèrenl  aux  murailles  (Tra/^sfiÇa/zeiv).  c.7.  39. 
Castra  applicuit  ad  Bethoron  .-Nicanor  vint 
carniier  près  de  Bethoron.  r.  9.  3.  Applicue- 
runt exercitum  ad  Jérusalem  :  Bucchides  et 
Alcim»  se  rendirent  avec  toute  l'armée  près 
(ie  Jérusalem. 

6°  Allier,  associer  (TrpoffTiOÉvat).  Dan.  11. 
•'.'•■.  Applicabuntur  eis  plurimi  fraudulenter  : 
Plusieurs  rejoindront  a  eux  par  ii:v2  .iliiafice 
teinte.  Lt-  prophète  pa«le  de  ceux  qui  ayaiit 
consenti  à  l'idolâtrie,  du  tcnpsdv'»  Macha- 
bées,  devaient  se  rejoindre  à  leur  p.»;ii  poar 
un  peu  do  temps  et  d'une  manière  peu  sin- 
cère. 

7* Unir, attacher, engager.  Num.  16.5.  San- 
Clos  applicabitsibi:  Dieu  consacrer  a  àsonser- 


AFP 


10 


vicepour  être  ses  prêtres  ceux  qui  serontsanc- 
lifiés.Eccli.33.12.  Ex  ipsis  sanctificavit,  et  ad 
se  applicavit  :  De  tous  les  hommes  Dieu  en 
sanctifie  quelques-uns,  qu'il  tient  toujours 
attachés  à  lui.  Zach.  2.  11.  Et  applicabunlur 
gentes  multœ  ad  Dominum  in  die  illa  :  En  ce 
jour-là  plusieurs  peuples  s'attacheront  au 
Seigneur  (È'/yîÇstv,  raoc-ipsOysiv,  confugerej.  Le 
prophète  prédit  lavocalion  des  gentils.  Ainsi, 
Jerem.  30.  21.  Applicabo  eum^  et  accedet  ad 
me  :  Je  l'appliquerai  moi-même,  et  il  s'ap- 
prochera de  moi.  Dieu  parle,  selon  la  pen- 
sée de  saint  Jérôme  ,  de  celte  liaison  mer- 
veilleuse, par  laquelle  il  a  uni  très-élroile- 
ment  le  Sauveur  avec  soi,  par  l'union  hypo- 
statique  de  !a  nature  humaine  avec  la  nature 
divine  de  son  propre  Fils  (ffjvâyîtv,  congre- 
gare). 

8°  Appliquer,  conduire,  régler.  Job.  40. 14. 
Qui  fecit  eum,  applicabit  gladium  ejus  :  Celui 
qui  a  fait  l'éléphant,  appliquera  et  conduira 
son  épée;  c'est-à-dire,  sa  trompe  où  est  la 
principale  force  de  cet  animal.  Voy.   Gla- 

DIUS. 

9°  Appliquer,  porter  un  coup  sur  quel- 
qu'un, faire  tomber  dessus  (èrrâyEiv).  Eccli. 
2.  4.  Omne  quod  tibi  applicitum  fuerit,  ac~ 
cipe  :  Acceptez  de  bon  cœur  toul  le  mal 
qui  vous  arrivera  de  la  part  de  Dieu. 

10"  Appliquer  ,  donner  son  application. 
Jerem.  30.  21.  Quis  enim  est  qui  appticet  cor 
suum,  ut  appropinquet  mihi  ?  Qa\  est  celui 
qui  puisse  appliquer  son  cœur  pour  s'ap- 
procher de  moi?  dit  le  Seigneur.  Nous  n'ap- 
prochons de  Dieu  qu'autant  qu'il  nous  attire 
a  lui  par  sa  grâce.  Nul  ne  peut  venir  à  moi, 
si  mon  Père  qui  m'a  envoyé  ne  le  tire  à  lui , 
dit  Jésus-Christ  {Joan.  6.  44.  Ose.  7.  6.  Ap- 
plicuerunt quasi  clibanum  cor  suum  (àv«xaî£tv, 
accendere)  :  Us  se  sont  portés  à  l'idolâtrie 
avec  la  même  ardeur  qu'est  celle  d'un  four 
chaud.  Osée  parle  des  Israélites  du  temps  de 
Jéhu. 

APPONERE,  TzpoartBi-jxt.  Ce  verbe  signifie 
mettre  une  chose  auprès  d'une  autre,  ou  sur 
une  autre. 

1°  Mettre  auprès  ,  apposer,  appliquer.  3. 
Reg.  7.  3Q.  Sculpsit  Cherubim  quasi  in  simili- 
tudinem  ho7ninis  slanlis ,  ut  non  cœlata  sed 
apposita  per  cirruiium  viderentur  .  Hiram  fil 
encore  des  chérubins  représentant  un  hom- 
me qui  est  debout,  en  sorte  que  ces  figures 
paraissaient  non  point  gravées,  mais  ajou- 
tées tout  à  l'entour  du  bassin. 

De  là  vient  Apponere  :  Présenter,  servir 
des  viandes  (TTK/jaTtôJvat).  Luc.  10.  8.  Mundu^ 
cate  quœ  apponunlur  vubis  :  Mangez  ce  qu'on 
vous  présentera.  Gènes.  24.  33.  Et  apposi- 
tus  est  in  conspeclu  ejus  panis  :  En  même 
temps  on  lui  servit  à  manger,  c.  43.  32.  4. 
Reg.  4.  43.  c.  6.  23.  Prov.  23.  2.  Eccli.  31. 
19.  Marc.  8.  v.  6.  7.  Act.  16.  34.  1.  Cor.  10. 
27.  La  raison  de  celte  expression  vient  de  ce 
qu'on  met  auprès  ou  devant  les   personnes 
les  viandes  qu'on  leur  sert.  Ainsi   ce  qu'on  , 
niel  devan!  quelqu'un  pour  le  prendre  ou  le  ^ 
laisser,  s'er.priine  parce  verbe.  Eccli.  15. 17.  • 
Apposuii  tibi  aquam  et  igncm  :  Dieu  a   mis 
auprès  de  >ous  l'eau  et  le  feu,  afin  que  vou» 


511 


DICTIONNAIRE  Dii  1  IlILOLOGIE  SACREE. 


312 


porliei;  la  main  du  côîé  que  vous  voudrez. 
Ces  paroles  marquent  la  liberté  qu'a  eue  le 
premier  liomme  et  qui  reste  encore  dans  ses 
descendants,  pour  se  porter  au  bien  ou  au 
mai.  De  même  aussi  offrir  est  rendu  par  ce 
mot.  Baruch.  6.  t.  29.  2i. 

Apponere,me\.lre  auprès, pour  signifier  en- 
terrer, appartient  à  ce  premier  nombre. Gen. 
25.  17.  Appositus  est  ad  populum  suiim  :  Is- 
luaël  fut  réuni  à  son  peuple,  c.  35.  29.  Ap- 
positus est  populo  suo  :  Isaac  fut  joint  à  son 
peuple,  c'est  à-dire,  à  ses  ancêtres,  et  est 
mort  aussi  bien  qu'eux,  c.  i9.  32.  Deut.  32. 
50.  Judith,  li.  6.  Dan.  13.  65.  1.  Mac.  2.  69. 
c.  li.  .30.  Act.  13.  36.  Cette  façon  de  parler 
est  fondée  sur  la  coutume  à-es  Hébreux, 
d'enterrer  les  morts  auprès  de  leurs  pro- 
ches. 

2"  Joindre,  ajouter.  Ps.  119.3.  Quid  detur 
tibi,  (lut  quid  apponatur  tibi  ad  lingiiam  do- 
losciûi?  Que  pourra- t-on  ajouter  à  la  gran- 
deur du  mal  que  vous  cause  la  langue  trom- 
peuse ?  Apoc.  22.  18.  Si  quis  apposuerit  nd 
hœc  :  Si  quelqu'un  ajoute  quelque  chose  aux 
paroles  de  cette  prophétie.  Dieu  le  frappera 
«ic  plaies.  Ajouter  à  l'Ecriture,  c'est  la  falsi- 
fier et  la  corrompre,  c'est  l'interpréter  en 
un  mauvais  sens.  Voy.  Addere.  Prov.  3.  2. 
Longiiudinem  dierum,  et  annos  vitœ,  et  pacem 
opponent  tibi  :  La  pratique  de  la  loi  de  Dieu 
fait  trouver  la  longueur  des  jours,  la  multi- 
plication des  années  et  la  paix.  Ainsi,  c.  10. 
27.  Timor  Domini  apponet  dies  :  La  crainte 
du  Seigneur  prolonge  les  jours,  quoique  les 
gens  de  bien  vivent  ordinairement  longtemps 
par  une  grâce  particulière  de  Dieu,  et  par  le 
régime  d'une  vie  sage  et  réglée.  Ces  passages 
s'entendent  principalement  de  la  vie  éter- 
nelle qui  est  ajoutée  à  la  vie  présente,  au 
lieu  que  les  méchants  passent  de  cette  vie  à 
une  mort  éternelle.  Ps.  68.  32.  Appone  ini- 
quilatem  super  iniquitatem  eorum  :  Faites 
qu'ils  ajoutent  iniquité  sur  iniquité,  pour  en 
combler  la  mesure. 

On  peut  rapporter  à  cette  signification  le 
verbe  apponere  avec  l'infinilif  d'un  autre 
verbe,  ou  avec  ut  suivi  d'un  subjonctif,  pour 
dire,  continuel  de  faire,  ou  faire  encore  quel- 
quefois. Ps.  77.  17.  Et  apposueruiit  adfiuc 
peccare  ei  :  Les  Israélites  ne  laissèrent  pas  de 
pécher  encore  contre  le  Seigneur,  nonobs- 
tant toutes  les  faveurs  dont  il  les  comblait. 
1.  Mach.  9.  V.  1.  72.  y  on  apposait  amplius 
tenire  :  Bacchides  ne  revint  plus  depuis  en 
Judée.  Ainsi,  Act.  12.  3.  Apposait  ut  appre- 
fienderet  et  Pelram  ;  Hérode  Agrippa  (il  en- 
core prendre  Pierre.  Prov.  J9.  19.  Qui  im- 
patiens est  sustinebit  damnum,  et  cum  rapue- 
ri(,  aliud  apponet  :  Celui  qui  ne  peut  rien 
endurer  en  souffrira  de  la  perte,  et  lorsqu'il 
nura  commencé  de  prendre  quelque  chose, 
il  continuera  de  le  faire.  Plusieurs  l'enten- 
dent du  pauvre  qui  souffre  impatiemment  sa 
pauvreté   Voy.  Rapere. 

Mais  ce  verbe  en  plusieurs  endroits  semble 
n'être  qu'un  pléonasme  qui  n'ajoute  rien. 
Ps.  76.  8.  Non  apponet  ut  complacitior  sit 
rdhuc?  Dieu  ne  pourra-t-il  plus  se  résoudre 
à  nous  êlre  favorable?  Ps.  88.  23.  FHius  ini- 


quilalis  non  apponet  nocere  ei:Le  méchant 
ne  pourra  lui  nuire.  Ps.  H.  10.  18.  Ps.  77. 17. 
1.  Reg.  7.  13. 

3°  Joindre  ,  réunir,  associer.  Jerem.  50,  5. 
Apponentur  ad  Dominum  fœdere  sempiterno  : 
Ils  se  réuniront  au  Seigneur  par  une  alliance 
éternelle.  Cette  prophélie  marque  l'établisse- 
ment de  l'Eglise  par  la  réunion  des  Juifs  et 
des  Gentils.  Act.  2.  Vl.  c.  11.  2i.  Apposiln 
est  maîta  turba  Dotnino  :l}n  grand  nombre 
de  personnes  crurent  et  se  joignirent  au  Sei- 
gneur. 

i*  Appliquer,  attacher,  pour  marquer  l'af- 
fection que  l'on  a  pour  quelque  chose  :  d'où 
vient,  Apponere  cor.  Ps.  61.  11.  Divitiœ  si 
affluant,  nolite  cor  apponere  :  ^\  vous  avez 
beaucoup  de  richesses,  gardez-vous  bien  d'y 
attacher  votre  cœur.  Exod.  7.  23.  Job.  7.  17. 
Prov.  22.  17.  Eocl.  8.  16. 

5°  Opposer,  exposer  en  bulte  {ÏTf:tbs-iv.i). 
Act.  18.  10.  Nemo  apponetur  tibi  ut  noceat , 
etc.  :  Personne  ne  vous   pourra    maltraiter. 

6°  Imposer,  appliquer,  faire  ressentir  (i-t- 
Ttîiévzi).  Apoc.22. 18.  Si  quisapposuerit  adiiœc, 
apponet  Deus super  illumplagas :'è'\  quelqu'un 
ajoute  quelque  chose  à  cette  prophétie,  Dieu 
le  frappera  des  plaies  qui  sont  écrites  dans 
ce  Livre.  2.  Reg.  20.  10.  Nec  secundum  vulnus 
apposuit  :  Joah  n'eut  pas  besoin  de  frapper 
Amasa  d'un  second  coup.  2.  Par.  10.  11. 
Pater  meus  iynposnit  vobis  grave  jugum,  et 
ego  majus  pondus  apponam  :^lon  père ,  dit 
lioboam,  vous  a  imposé  un  joug  pesant,  et  je 
vous  déclare  que  je  le  rendrai  encore  plus 
pesant. 

7°  Indisposer, aliéner.  2.  Mach.  5.  2i.  Cum- 
que  appositus  esset  contra  Judœos  :}\l  nelaûs 
étant  plein  de  haine  contre  les  Juifs;  Gr.  àns- 
X,Ori  îyzv)  BiCf-b-Ti-j,  infensum  habere  affeclum. 

8*  Abattre,  mettre  à  bas,  rendre  inutile 
YMzy.y.û'j^'jit.  Sap.  17.  7.  Magicœ  artis  apposili 
erant  derisus  :  Cesi  alors  que  toutes  les  illu- 
sions de  l'art  des  magiciens  devinrent  inu- 
tiles; Gr.  jacebant. 

APPOSITIO,  Ms,  5éfia.  Nom  verbal  qui  si- 
gnifie l'action  par  laquelle  on  met  une  chose 
auprès  d'une  autre  ou  sur  une  autre;  ainsi, 
Appositio  epularum  :  c'est  l'action  par  la- 
quelle on  sert  des  viandes  sur  table.  Eccli. 
30."  18.  Bona  abscondita  in  ore  clauso,  quasi 
appositiones  epularum  circumposilœ  sepul- 
cro  :  Des  biens  exquis  devant  une  bouche 
fermée,  sont  comme  un  grand  festin  autour 
d'un  sépulcre.  Le  Sage  parle  contre  ces  hom- 
mes riches  que  Dieu  alfiige  de  maladies  con- 
tinuelles, et  qui  sont  dans  l'impuissance  de 
jouir  des  biens  qu'ils  ont  amassés  avec  tant 
de  soin;  les  viandes  délicieuses  qu'on  leur 
sert  sont  devant  eux  comme  un  festin  ma- 
gnifique que  l'on  servirait  devant  un  mort. 
Voy.  AescoNDirus. 

APPORTARE,  yéûEiv  Portera  quelqu'un, 
apporter.  2.  Reg.  18.  31.  Bonum  apporta 
nuntium  Chusi  dit  à  David  :  Je  vous  porte 
une  bonne  nouvelle.  2.  Esd.  12.  13. 

APPRKHENDERE,    xo^t^îv,    i-àuu^.à-,îa<)xi  , 

1°  Prendre  avec  la  main,  empoigner  (Àafi- 
try.-Jiu}    Gones.   8.  9.  Anprdtensam   intulit  in 


513 


AFP 


APP 


31 4 


arcam  .Etendant  la  main,  prit  la  coloaibe  et 
la  remit  dans  l'arche,  c.  19.  16.  Dissimulante 
illu,  apprehenderunt  7nanum  e/us  ;  Les  anges 
voyant  que  Loth  différait  toujours  de  sortir, 
ils  le  prirent  par  la  main.  c.  39.  12.  c.  i8. 
17.  Matlh.  li.  31.  Marc.  1.  31.  etc. 

On  peut  rapporter  à  cette   signification 
toutes  les  manières  par  lesquelles  on  prend 
quelqu'un,  ou  en  l'attirant  à  soi ,  ou  en  le 
tirant  à  part  pour  quelque   raison  que  ce 
soit.  Isa.  3.  6.  Apprehendet  vir  fratrem  suum, 
domesticum  patris  siii,  Vestimentum  tibi  est, 
princeps   esto  noster  :  Chacun  prendra  son 
propre  frère,  né  dans  la  maison  de  son  père, 
et  lui  dira,  Vous  êtes  riche  en  vêtements, 
soyez    notre    prince;    ce  qui    marque    une 
grande  disette  de  personnes  qui  fussent  pro- 
pres pour  conduire,  c.  4.  1.  Et  appréhendent 
septem  mulieres  virumimum  :  En  ce  temps-là 
sept  femmes,  c'est-à-dire,  plusieurs  femmes 
rechercheront  en  mariage  un  seul  homme  ; 
ce  qui  fait  voir  encore  une  grande  défaite 
d'hommes   et  une  grande  désolation.  Marc. 
7.  33.  Et  apprehendens  eum  de  turba  :  3ésus 
le  tirant  de  la  foule  du  peuple,  et  le  prenant 
à  part.  c.  8.  32.  Et  apprehendens  eum  Peints: 
Pierre  le  tirant  à  part,  commença  à  le  re- 
prendre. Isa.  41.  9.  Apprehendi  te  ab  extre- 
mis terrœ  :  Je  vous  ai  pris  pour  vous  tirer  des 
extrémités  du  monde;  ce  qui  se  dit  figuré- 
ment  de  Dieu,  qui  a  tiré  son  peuple  de  la 
Chaldée  dans  la  personne  d'Abraham  qu'il 
en  afaitsortir  (àvTt>,av.o«vîTeat).  Ainsi,  Appre- 
hendere  manum  a/îcw/us  ;  Prendre  quelqu'un 
par  la  main;  c'est,  1°  le  soutenir,  le  soula- 
ger, le  secourir.  Isa.  42.  6.  Ego  Dominus  vo- 
cavi  te  injustitia,  et  apprehendi  manum  tuam: 
Je  suis  le  Seigneur  qui  vous  ai  appelé  dans 
la  justice,  qui  vous  ai  pris  par  la  main.  Dieu 
parle  à  son  Fils  Jésus-Christ,  à  qui  il  a  donné 
les  grâces  nécessaires  pour  être  le  Médiateur 
des   hommes,  c.  41.  13.  c.  45.  1.  c.  51.  18. 
Jcrem.  31.  .32.  Hebr.  8.  9.  C'est  encore  en  ce 
sens  que  s'entend  cet  endroit  de  saint  Paul. 
Hebr.  2.   16.  Nusquam  angelos  npprehendit, 
sed  semen  Abrahœ  apprehendit  .Jésus-Christ 
n'a  pas  pris  les  anges  pour  les  délivrer,  mais 
il  a  pris  la  race  d'Abraham.  Le  mot  grec  qui 
est  au  présent,  signifie,  prendre  un  homme 
par  la  main,  pour  le  tirer  de  la  servitude  ou 
des  liens;  on  ne   fait  point  Jésus-Christ  le 
libérateur  des  anges,  mais  des  hommes  mar- 
qués  par  la  race  d'Abraham,   de  qui   il  a 
voulu  descendre.  Dieu  n'a  pas  racheté  les 
anges,  parce  qu'ils  ne  s'étaient  pas  perdus 
tous;  mais  il  a  racheté  la  nature  humaine, 
qui  était  périe  tout  entière  dans  la  personne 
de  son  premier  père. 

^  2'  Implorer  le  secours  de  quelqu'un.  Zach. 
1  i.  13.  Apprehendet  vir  manum  proximi  sui  : 
L'un  prendra  la  main  de  l'autre;  Dieu  me- 
nace les  ennemis  de  Jérusalem  de  jeter  l'é- 
pouvante et  la  confusion  parmi  eux  ,  ce  qui 
les  obligera  d'avoir  r(  cours  à  lours  voisins 
et  de  faire  des  alliances  avec  eux.  Voy.  Con- 
.•^EREnE.  Ezech.  29.  7. 

Apprehendere  arma:  Vrendrc  les  armes,  se 
préparer  à  la  guerre.  Ps.  34.  2.  Appréhende 
arma  cl  scutnm  :  non  pas  que  Dieu  ait  besoin 


darmes  pour  punir  les  méchants;  mais  le 
Psalmiste  se  sert  de  cette  expression  pour  les 
épouvanter. 

2°  Prendre,  se  saisir,  se  rendre  maître  (Trti- 
Çstv).  Joan.8.  20.  Nemo  apprehendit  eum,  quia 
necdum  venerat  hora  ejus  :  Personne  ne  se 
saisit  de  Jésus-Christ,  parce  que  son  heure 
n'était  pas  encore  venue.  3.  Reg.  18.  40. 
Apprehendile  prophelas  Baal,  et  ne  unus  qui- 
dem  effugiat  tx  eis  ((7u).),a|^ç«vc-iv)  :  Prenez  les 
prêtres  de  Baal ,  et  qu'il  ne  s'en  échappe  pas 
un  seul.  c.  13.  4.  c.  20.  18.  4.  Reg.  14.  7. 
Joan.  7.  v.  30.  32.  44.  Act.  16.  19.  c.  17. 
19.  etc.  Ce  qui  se  dit  aussi  des  passions  de 
l'âme,  des  affiiclions  et  des  autres  choses. 
Ps.  47.  7.  Trçmor  apprehendit  eos  :  Le  trem- 
blement les  a  saisis.  Num.  32.  23.  Scitole 
quoniampeccatumvestrum  (pœnapeccali)  ap- 
prehendet vos  :  Et  ne  doutez  point  que  votre 
péché  ne  retombe  sur  vous,  et  que  vous  n'en 
soyez  punis.  Jerem.  6.  24.  c.  49.  24.  Job.  41. 
17.  Cum  apprehenderit  eum  gladius:Si  on  le 
veut  percer  de  l'épée,  nulle  arme  ne  pourra 
le  blesser.  Job  parle  de  la  baleine,  sous  le 
nom  de  Leviathan. 

3°  Surprendre,  attraper,  tromper.  Job.  5. 
13.  Quiapprehcndit  sapientes  in  astuliaeorum  : 
Dieu  trompe  les  sages  par  leur  propre  sa- 
gesse, c.  27.  20.  Ps.  34.  8.  Eccli.  7.  1.  c.  23. 
V.  8.  30.  Ainsi,  1.  Cor.  10.  13.  Tentatio  vos 
non  appréhendât  nisi  humana:Je  désire  qu'il 
ne  vous  arrive  que  des  tentations  humaines 
et  ordinaires.  On  explique  aussi  cet  endroit 
des  afflictions  et  des  persécutions.  Gr.  Non 
apprehendit.  Jusqu'à  maintenant  vous  n'avez 
supporté  qu'une  tentation  humaine  ;  c'est-à- 
dire,  une  persécution  ordinaire.  Voy.  Ten- 
tatio. 

4°  Atteindre,  parvenir  à  quelque  chose.  1. 
Tim.  6.  12.  Appréhende  vitam  œternam.  in 
qua  vocatus  es  :  Travaillez  à  remporter  le 
prix  de  la  vie  éternelle,  à  laquelle  vous  avez 
été  appelé.  Eccli.  15.  2.  Quicontinens  est  jus- 
titiœ  apprehendet  î7/om;  Celui  qui  est  affermi 
dans  la  justice,  Gr.  dans  la  loi,  possédera  la 
sagesse,  v.  7.  c.  11.  10.  c.  27.  9.  Job.  23.  9. 
Isa.  59.  9.  Jerem.  49.  16.  Ose.  2.  7.  Ainsi,  1. 
Mac.  10.  23.  Apprehendere  amicitiam  :  Gagner 
l'amitié  de  quelqu'un  {^ù.Lkv  xa-aO-o-Oxi).  On 
peut  aussi  rapporter  à  celte  signification  cet 
endroit  du  Lévitique,  Levit.  26.  5.  Apprehen- 
det messium  tritura  vindemiam  :  La  moisson 
sera  si  abondante  qu'elle  durera  jusqu'à  la 
vendange.  Voy.  Comprehendere.  Amos  9. 13. 

5°  Aimer  quelque  chose,  s'y  porter  avec 
ardeur,  s'y  attacher  (o/;«<T(7cc7(?at.Ps.  2.  12.  Ap^ 
prehendile  disciplinam  :  embrassez  étroite- 
ment la  pureté  de  la  discipline  ;  Heb.  oscnla- 
mini  Filimn;  embrassez  le  Fils,  adoroz-le  , 
et  soumettez-vous  à  sa  discipline.  2.  Par.  7. 
22.  Prov.  2.  19.  c.  3.  18.  Isa.  56.  2.  Jerem.  8. 
6.  Baruch.  4.2.  Rom.9.  31.Cant.  7.  8.  c.8.  2. 

APPRETIaRE,  Ttuâv.  Ce  verbe  n'est  point 
en  usage  dans  les  auteurs  latins;  mais  en 
français  yl/;pr(fcj<?r  signifie  estimer,  ou  mettre 
un  prix  à  une  chose  qu'on  ne  peut  payer, 
ou  représenter  en  espèce,  comme  les  grains 
dos  redevances  seigneuriales,  et  autres  cho- 
ses; dans  l'Ecriture,  Appretiare  signifie  : 


DlCTIONiNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


;ia 


Estimer,  nieltre  à  prix  (So^iuà^et-j).  Zach, 
11.  13.  El  dixit  Dominus  ad  me,  Projice  illud 
ad  statiiarium ,  décorum  pretium  quo  appre- 
tiatus  siim  ah  eis  :  Allez  jeter  à  l'ouvrier  en 
argile  cet  argent ,  celte  belle  somme  qu'ils 
ont  cru  que  je  valais.  Dieu  ordonne  au  pro- 
phète de  faire  en  vision  ce  que  Judas  devait 
faire  en  effet.  Mallh.  27.  9.  Tune  implctum 
est  quod  dictum  est  per  Jeremiam  Prophetain 
(Zacharie  l'a  tiré  de  Jéréinie,  ou  c'est  une 
faute  de  copiste,  qui  met  lun  pour  l'autre). 
Et  acceperunt  trigïnta  argenteos  pretium 
appretiati  {quem  appretiaverunt)u  filiis Israël, 
et  dederunt  eos  in  agrum  figuli  :  Ils  ont  reçu 
les  trente  pièces  d'argent,  qui  était  le  prix  de 
celui  qui  a  été  mis  à  prix,  et  dont  ils  avaient 
fait  le  marché  avec  les  enfants  d'Israël.  V^oy. 
Statuarius. 

APPROBARE.  Approuver,  donner  son  ap- 
probation. 

1°  Approuver, en  pratiquant  ce  qui  est  or- 
doniȎ.  Mich.  6.  9.  Audite  tribus,  et  quis  ap~ 
probabit  illud?  Ecoutez,  ô  tribus;  mais  com- 
bien peu  recevront  avec  soumission  ce  que 
Dieu  leur  dit? 

S'Approuver,  reconnaître,  autoriser  {àizoBei' 
xv'Jètv.Acl.  2.  '2'2,.JesumNazarenum,viru7nap- 
probatum  a  Deo  in  vobis  (inleremislis)  :  Vous 
avez  fait  mourir  Jésus  de  Nazareth,  que  Dieu 
avait  rendu  célèbre  par  les  merveilles  qu'il  a 
faites  au  milieu  de  vous. 

APPROPINQUARE  ,  lyyiÇsiv.  Approcher, 
venir  près  de  quelque  lieu  ou  de  quelque 
personne;  mais  parce  qu'en  approchant  de 
quelqu'un,  c'est  pour  lui  faire  du  bien  ou  du 
mal,  ce  verbe  signifle  quelquefois  dans  l'E- 
criture, maltraiter,  persécuter;  le  verbe  Hé- 
breu karab,  signifle  approcher  et  faire  la 
guerre,  f 

1°  Approcher,  venir  près.  Prov.  5.  8.  Ne 
appropinques  foribus  domus  ejus  :  N'appro- 
chez point  de  la  porte  de  sa  maison  ;  le  Sage 
avertit  les  jeunes  gens  d'éviter  la  présence 
d'une  prostituée.  Eccl.  4.  17.  Appropinqua 
nt  audias  :  Approchez-vous  pour  écouler.  11 
parle  à  ceux  qui  entrent  dans  l'Eglise,  quî 
est  la  maison  du  Seigneur.  Luc.  7.  12.  c.  10 
3i.  c.  13.  23.  etc. 

Or  ce  verbe  appropinquare  signifle  quel- 
quefois être  près  d'un  lieu  que  l'on  a  passé. 
Luc.  18.  35.  Cum  appropinquaret  Jéricho: 
Lorsqu'il  éiait  près  de  Jéricho,  et  qu'il  en 
sorlail,  comme  il  paraît.  Malth.  20.  v.  29.  30. 
Egredientibus  illis  ah  Jéricho.  Luc.  19.  29. 
lit  faclum  est  cum  appropinquasset  ad 
Bethphage  et  Bethaniam  :  U  avait  passé  Bé- 
thanic.  Marc.  11.  1.  El  cum  appropinquarent 
Jerosolymis  et  Belhaniœ  :  Ils  avaient  passé  ce 
dernier  lieu,  comme  il  se  voit.  Malth.  21.  1. 
J'^l  cum  appropinquassent  Jerosolymis  et  ve- 
nissent  Bethphage. 

2"  Venir,  arriver,  en  parlant  du  temps. 
Mallh.  3.  2.  c.  h.  17.  c.  iO.T.Appropinquavit 
rcgnum  cœloruhi  :  Le  royaume  du  ciel  est 
proche,  ou  est  arrivé;  c'est-à-dire  le  temps 
du  Messie,  qui  promet  à  ceux  qui  le  rece- 
vront de  les  faire  régner  dans  le  ciel,  est 
enfin  arrivé.  Matth.  2().  k'6.  Ecce  appmpin- 
guuvit  Aora:  L'heure  est  venue  que  le  Fils  de 


entre  les  mains  des 
11.  3.Reg.  3.  l.Ëccl. 


secourir  ,    proléger. 


l'homme  va  éire  livré 
pécheurs.  Luc.  10.  v.  9. 
12.  1.  etc. 

3°  Etre  favorable  , 
Thren.  3.  57.  Appropinquasli  in  die  quando 
invocavi  te  :  Vous  vous  êtes  approché  de  moi 
pour  me  secourir  au  jour  où  je  vous  ai  in- 
voqué. Jac.  i.  8.  Appropinquate  Deo,  et  ap- 
propinqu'tbit  î;o6is;Approchez-vous  de  Dieu, 
et  il  s'approchera  de  vous  ;  nous  approchons 
de  Dieu  quand  il  nous  attire  à  lui  par  sa 
grâce,  et  il  s'approche  de  nous  en  se  com- 
muniquant à  nous  d'une  manière  particu- 
lière, et  nous  faisant  agir  par  le  mouvement 
de  son  Saint-Espril.  Deut.  ï.  i.  Nec  est  alia 
nalio  tam  grandis  quœ  habeat  deos  apuropin- 
quantes  sibi,  sicut  Deus  noster  :  11  n'y  a  point 
d'autre  nation  ,  quelque  puissante  qu'elle 
soit,  qui  ait  des  dieux  aussi  proches  d'elle; 
c'est-à-dire  ,  si  favorables  et  si  appliqués  à 
faire  du  bien. 

4°  Agréable,  et  bien  reçu.  3.  Reg.  8.  59.  Et 
sint  sermones  mei  isti  appropinquantes  Do- 
mino Deo  nostro  die  ac  nocte  :  Que  les  pa- 
roles de  celte  prière  que  j'ai  faite  devant  le 
Seigneur,  lui  soient  présentes  jour  et  nuit  ; 
c'est-à-dire,  qu'il  les  exauce  et  continue 
toujours  de  me  proléger.  Ps.  118.  169.  Ap- 
propinquet  deprecatio  mea  in  conspectu  tuo  , 
Domme :  Que  ma  prière  s'approche  devons, 
qu'elle  trouve  un  favorable  accès  auprès  de 
vous. 

5°  Approcher  pour  faire  du  mal,  nuire,  in- 
commoder, maltraiter.  Ps.  54.  19.  Bedimet 
in  pace  animam  meani  ah  his  qui  appropin^ 
quant  mihi  :Lc  Seigneur  me  donnera  la  paix, 
et  me  sauvera  la  vie  d'entre  les  mains  de 
ceux  qui  s'approchent  pour  me  perdre,  v.  22. 
Appropinquavit  cor  illius  :  Il  a  conçu  dans 
son  cœur  le  dessein  de  me  perdre.  Ps.  37.  12. 
Amici  mei  et  proximi  mei  adversum  me  ap- 
propinquaverttnt  :  Mes  amis  et  mes  proches 
se  sont  élevés  contre  moi.  Ps.  90.  v.  7.  10. 
Isa.  54.  14.  Voy.  Appropiare,  Approximare. 
§  i«^  —  Diverses  expressions  de  ce  verbe. 

1°  Appropinquare  ad  aliquid  :  Devenir 
semblable  à  quelque  chose.  Eccli.  24.  43. 
Fluvius  meus  appropinquavit  ad  mare  :  Mon 
fleuve  est  devenu  une  mer.  La  doctrine  de 
la  Sagesse  est  devenue  abondante  comme 
un  fleuve,  quand  les  écrits  des  prophètes 
ont  été  ajoutés  aux  livres  de  Moïse;  et  ce 
fleuve  est  devenu  une  grande  mer,  quand 
cette  doctrine  s'est  répandue  par  tous  les 
pays  où  les  Juifs  étaient  dispersés,  du  temps 
de  l'auteur  de  l  Ecclésiastique.  Ainsi,  c.  37. 
43.  Aviditas  appropinquabit  usque  ad  cho~ 
leram  :  Les  viandes  prises  avec  excès  se 
tournent  en  bile,  et  donnent  la  colique. 

2°  Appropinquare  iniquitati  :  S'approcher 
de  l'iniquité;  c'est  l'aimer  et  s'y  attacher 
(7r/30(T£77tÇ:iv).  Ps.  118.  V.  150.  Appropinqua- 
verunt  persequentes  me  iniquitati  :  Mes  persé- 
cuteurs se  sont  portés  à  l'iniquilé,  et  se  sont 
éloignés  de  votre  loi.  Heb.  Ceux  qui  me  per- 
sécutent injustement  se  sont  approchés  de 
moi  pour  me  faire  du  mal.  Voy.  n.  5. 

3°  Appropinquare  inferno,  ou  corruptioni  : 
Approclier  du  tombeau,  être  près  de  mourir. 


517 


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Ps.  87-  4.  Vita  mea  inferno  appropinquavii  : 
Ma  vie  est  toute  proche  de  la  mort.  Job.  33. 
22.  Appropinquavit  corruplioni  anima  ejus  : 
Il  se  voit  près  de  la  corruption.  Eccli.  51.  9. 
Ainsi,  ps.  106.  18.  Appropinqnaverunt  usque 
ad  portas  mords  :  Ils  ont  été  en  très-grand 
danger  de  perdre  la  vie.  Voy.  Infernus. 

k'  Appropinquare  pedibus  aliciijus  :  Se  te- 
nir aux  pieds  de  quelqu'un.  Deut.  33.  3.  Qui 
appropinquant  pedibus  ejus  accipient  de  doc- 
trina  illius  :  Ceux  qui  se  tiennent  à  ses  pieds, 
comme  les  disciples  se  tiennent  aux  pieds 
de  leur  maître,  recevront  ses  instructions  et 
sa  doctrine  :  il  faut  de  la  soumi>sion  pour 
recevoir  de  Dieu  ses  instructions  et  ses 
grâces. 

5°  Appropinquare  solio  iniquilatis  :  Etre 
près  d'un  trône  injuste,  être  près  d'y  monter 
pour  y  commettre  des  injustices.  Amos  6.  3. 
Qui  appropinquatis  solio  iniquilatis  :  Heb. 
Qui  approchez  de  vous  le  siège  d'injustice. 
D'autres  expliquent  :  Qui  êtes  près  d'être 
assujettis  à  un  roi  barbare.  Voy.  Ps.  93. 
20. 

6°  Appropinquare  uxori  :  S'approcher  de 
sa  femme;  c'est  une  expression  honnête, 
pour  marquer  l'usage  du  mariage  [Trpofréoyjrj' 
ôai)  Exod.l9. 15.  Ne  appropinquetis  uxoribus 
veslris  :  N'approchez  point  de  vos  femmes. 
Dieu  demande  une  grande  pureté  pour  re- 
cevoir sa  loi. 

§  2.  —  Appropinquare  Deo  ou  ad  Dedm,  approcher  de 
Dieu. 

Celle  phrase  signiûe,  1»  servir  Dieu  dans 
un  ministère  sacré.  Levit.  10.  3.  Sanctifia 
cabor  in  iis  qui  appropinquant  mihi  :  Je  serai 
sanctiflé  par  ceux  qui  approchent  de  moi 
pour  me  servir.  Num.  16.  5.  Quos  elegerii 
appropinquabunt  ei  :  Ceux  que  le  Seigneur 
a  élus  s'approcheront  de  lui  pour  exercer 
leur  ministère  (Trpoc-âyïiv,  Adducere).  Jerem. 
30.  21.  Ezech.  kl.  13.  c.  U.  13. 

2°  Embrasser  le  culte  du  vrai  Dieu.  Isa. 
ki.  5.  Appropinquaverunl  et  accesserunt  :  Ils 
se  sont  approchés,  et  ils  sont  venus  à  moi. 
Les  interprètes  qui  examinent  de  plus  près 
le  sens  de  ce  passage,  l'entendent  des  infi- 
dèles qui,  étant  épouvantés  par  les  prodiges 
que  Dieu  faisait  en  faveur  de  Muïse,  de 
Josué  el  d'Abraham,  s'assemblaient  pour  se 
fortifier  dans  la  résolution  de  défendre  leur 
idolâtrie. 

3°  Se  convertir  à  Dieu  par  un  repentir 
sincère,  el  avec  les  sentiments  dune  vraie 
humilité.  Jac.  k.  8.  Appropinquate  Deo,  et 
oppropinquabil  vobis  :  Approchez-vous  de 
Dieu,  ol  il  s'approchera  de  vous.  On  s'a|)- 
proche  de  Dieu  par  les  mouvements  du  cœur, 
excité  par  sa  grâce.  Soph.  3.  2.  Ad  Deuui 
suum  non  appropinquavit  :  Jérusalem  ne 
s'esl  point  approchée  de  son  Dieu  |)ar  un 
sincère  repentir  de  ses  crimes,  el  ne  s'est 
point  corrigée.  Ce  qui  se  fait  (luelquelois  par 
iiypocrisie.  Isa.  29.  13.  Appropinqual  popu- 
lus  isic  ore  suo,  et  labiis  suis  ijloripcal  nie, 
Cor  autem  rjutlovge  est  a  me  .Cepeuijlo  s'ap- 
proche de  moi  de  bouche  el  me  glorifie  des 
lèvres;  mais  son  cœur  est  éloigné  do  moi. 
c.  58.    2.  Appropinquare  Deo    rolunl   :  ils 


veulent  en  apparence  s'approcher  de  Dieu. 
Voy.  Matth.  15.  8.  Marc.  7.  6. 

4°  Etre  particulièrement  uni  à  Dieu,  lui 
appartenir  de  près.  Ps.  148.  14-.  Hymnus 
omnibus  sanctis  ejus  filiis  Israël,  populo  ap- 
propinquanti  sibi  :  Qu'il  soit  loué  par  tous 
les  saints,  par  les  enfants  d'Israël,  parce 
peuple  qui  est  proche  de  lui  et  consacré  à 
son  service;  c'est-à-dire,  par  tous  ceux 
qu'il  a  sanctifiés,  et  dont  il  s'est  approché 
lui-même  par  un  pur  effet  de  sa  bonté  ;  c'est 
à  ces  vrais  Israélites-là  qu'il  convient  de 
louer  Dieu. 

APPROPIARE  ,  èvyîÇav.  De  la  prépo- 
sition ad,  et  de  l'adverbe  prope,  verbe  inu- 
sité, qui  signifie  encore  : 

1°  Approcher,  venir  près.  Exod.  3.  5.  Ne 
appropies hue:  N'approchez  point  d'ici;  c'est- 
à-dire,  près  du  buisson  ardent.  Voy.  Rubus. 
Luc.  12.  33.  Facile  vobis  thesaurwn  non  defi- 
cientem  in  cœlis  que  fur  non  appropiat  : 
Amassez  dans  le  ciel  un  trésor  qui  ne  pé- 
risse jamais,  d'où  les  voleurs  ne  puissent 
approcher  pour  l'enlever.  1.  Mac.  6.  42. 
Luc.  10.  3i.  Ce  qui  se  dit  aussi  du  temps  qui 
arrive.  1.  Mach.  9.  10.  Et  si  appropiavit 
tempus  nostrum,  moriamur  in  virtute  propter 
fratres  nostros  :  Si  notre  heure  est  arrivée, 
mourons  courageusement   pour  nos  frères. 

2  Avancer  vers  quehju'un  pour  lui  nuire, 
maltraiter,  persécuter.  Ps.  26.  2.  Dum  appro' 
piant  super  me  nocentes  :  Lorsque  ceux  qui 
me  veulent  perdre  sont  près  de  fondre  sur 
moi.  Voy.  Appropinquare. 

3"  Arriver,  s'exécuter,  s'accomplir.  Isa.  5. 
19.  Appropiet,  et  veniat  consilium  Sancti 
Israël,  et  sciemus  illud  :  Que  les  desseins  du 
saint  d'Israël  s'avancent  et  s'accomplissent, 
afin  que  nous  reconnaissions  s'il  est  véri- 
table. Ce  sont  là  les  sentiments  des  pécheurs 
endurcis  ,  qui  oublient  les  jugements  de 
Dieu,  el  veulent  les  voir  pour  les  croire. 

4°  Approcher,  avancer  par  les  affections 
de  l'âme  et  les  mouvements  du  cœur.  Eccli. 
51.  31.  Appropiate  ad  me,  indocti  :  Appro- 
chez-vous  de  moi,  vous  qui  n'êtes  pas  sa- 
vants. C'est  la  Sagesse  qui  parle  el  qui  invite 
ceux  qui  ne  se  croient  pas  savants,  à  ap- 
prendre d'elle  la  véritable  science,  dont  elle 
prive  ceux  qui  se  croient  savants. 

APPKOXIMARE  ,  èy/iÇav.  Ce  veroe  ,  qui 
n'est  pas  non  plus  en  usage  en  latin,  est 
formé  d'«f/  et  de  proximus,  et  signifie  aussi 
approcher,  avancer  de  près;  mais  il  ne  se 
trouve  dans  notre  Vulgale  que  pour  signi- 
fier; 

Approcher  pour  nuire  et  incommoder. 
P>.  31.  0.  Verumtamen  in  diluvio  aquarum 
multarum  ad  cum  non  approxiinabunt  :  \(\n 
que  dans  le  déluge  des  grandes  eaux,  elles 
n'approchent  point  des  saints.  Ces  eaux 
marquent  l'inondation  des  maux  qui  viendra 
fondre  sur  les  méchants,  el  qui  n'inc-om- 
modéra  point  les  buns.  v.  9.  In  camo  et  frcno 
maxillas  eorum  conslrinye,  qui  non  approxi- 
manl  ad  le  :  Serrez  avec  le  mords  et  la  bride 
la  houchi;  de  ces  animaux,  afin  qu  ils  ne 
puiss  lit  point  vous  mordre.  Ce  mords  et  c<'tte 
bride  marquent  les   maux  dont  Dieu  aillige 


M9 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


les  méchants,  pour  les  empêcher  de  nuire  et 

de  faire  mal.  .     .     .   ,      .      , 

APTARE.  Ce  verbe,  qui  vient  du  simple 
apere,  du  greCKTTT.nv,  nectere,  ligare,  signifie  : 
—  1°  Ajuster,  joindre  une  chose  à  une  autre. 
Exod.  28.  27.  Ut  aptari  possit  cum  super- 
humerali  :  Afin  que  le  Rational  puisse  s'a- 
juster avec  l'Ephod.  Levit.  8.  8.  —  2°  For- 
mer, composer,  y.arc/.priHjiv.  Perficere.  Hcb.  10. 
5.  Corpus  aulem  aptasti  mihi  :  Vous  m'avez 
formé  un  corps,  savoir,  dans  l'Incarnation  ; 
ce  qui  se  peut  dire  particulièrement  de 
Jésus-Christ.  Voy.  Perficere.  c.  U.  3.  Fide 
intelligimus  aptata  esse  sœcula  (t.  e.  mundum) 
verbo  Dei  :  C'est  par  la  foi  que  nous  savons 
que  le  monde  a  été  fait  par  la  parole  de 
Dieu.  Le  mol  Grec  signifie  faire  ou  rendre 
parfait  par  un  juste  assemblage  de  plusieurs 
parties,  c.  13.  21.  Aptet  vos  in  omni  bono  : 
Que  le  Dieu  de  paix  vous  rende  parfaits, 
propres  et  bien  disposés  à  toute  bonne 
œuvre.  Saint  Paul  les  considère  comme  les 
membres  d'un  même  corps,  lesquels  faisant 
chacun  Inur  fonction,  s'accordent  tous  à  faire 
le  bien.  Il  se  sert  du  même  mot,  1.  Cor.  1. 
10.  2.  Cor.  3.  12.  pour  exciter  à  la  concorde  ; 
perfecti  eslote.  —  3°  Préparer,  bâtir  (x7.t«(7- 
y.syuçsf^).  Hebr.  11.  7.  Fide  Noe  metuens  ap- 
tavit  arcam  :  C'est  par  la  foi  que  Noé  bâlit 
l'arche,  appréhendant  ce  qu'on  ne  voyait 
point  encore. 

APTUS,  A,  UM,  ÈriT/Mto;,  vjOv-oç.  Ce  nom 
qui  vient  du  verbe  apio,  apere,  ou  apis- 
ci,  signifie  proprement,  joint,  lié,  attaché, 
d'où  se  lire  une  signification  plus  com- 
mune. 

1°  Propre,  convenable,  sortable.  Esth.  li. 
12.  Fletibus  et  luctui  apla  indumenta  suscepit: 
Eslher  ayant  quitté  ses  habits  de  reine,  elle 
en  prit  de  conformes  à  son  affliction  et  à  ses 
lai  mes.  Eccli.  20.6.  Est  tacens,  sciens  tempus 
aptum  :  Il  y  en  a  qui  se  taisent,  parce  qu'ils 
discernent  quand  il  est  temps  de  parler. 
Dan.  13.  15.  1.  xMach.  4.  46.  2.  Mach.  2. 
30. 

2°  Bon,  utile.  Num.  32.  i.  Filii  Ruben  et 
Gad  cum  vidissent  aplas  alendis  gre gibus 
terras  :  Les  enfants  de  Ruben  et  de  Gad, 
voyant  que  les  terres  de  Galaad  étaient 
bonnes  pour  la  nourriture  des  bestiaux. 
Deul.  20.  20.  Sap.  4.  5.  Jerem.  13.  v.  7.  10. 
Ezech.  lo.  5.  1.  Mach.  14.  34.  Act.  27. 
12. 

3'  Propre  et  disposé  à  quelque  chose.  1. 
Rog.  14.  52.  Quemcumque  viderat  Saul  tirum 
fortem  et  aptum  ad  prœlium,  sociabat  cum 
sibi  :  Aussitôt  que  Saiil  avait  reconnu  qn'uu 
homme  était  propre  à  la  guerre,  il  le  prenait 
auprès  de  lui.  1.  Par.  7.  40.  2.  Par.  26.  13. 
1.  Mach  13.  40.  2.  Mach.  3.  37.  Rulh.  J.  12. 
Luc.  9.  62. 

4"  Préparé,  formé,  destiné  (■/.c/.rvo-irry.i-jo;).. 
Kuni.  9.  22.  Quod  si  Dcus  volens  ostendere 
irnm  cl  notam  fucercpotentiam  suam,  sustitiiiit 
in  multa  palicntia  vasa  i^œ  apta  in  intcritum: 
Destinés  à  la  perdition;  apla^  selon  le  grec, 
est  mis  pour  apta  la.  Voy.  Aptare,  n.  2. 
Dii'u  a  |)réparé  les  vases  de  miséricorde,  et 
leur   a  luurni    les   moyens  de   parvenir  au 


bonheur  auquel  il  les  a  destinés  de  toute 
éternité  :  que  si  les  vases  de  colère  sont 
destinés  à  périr,  ce  n'est  point  par  aucun 
effet  de  la  volonté  de  Dieu,  mais  seulement 
par  sa  permission. 

APDD  ,  Tvpoç  ,  Tzupù.  Cette  préposition  se 
fait  du  vieux  mot  aper,  ou  apur,  qui  avait  la 
même  signification  ;  car  autrefois  Vr  se  met- 
tait pour  le  d  ;  arventus,  pour  adventus  ; 
aper  pour  apud,  dit  Victorin,  Elle  marque, 
ou  le  lieu,  ou  la  personne  ;  si  c'est  le  lieu 
qu'elle  regarde,  elle  signifie  auprès,  ou 
dedans;  si  c'est  la  personne,  elle  signifie 
chez,  dans,  auprès,  ou  devant,  en  présence  : 
Voyons  les  exemples  que  l'Ecriture  nous 
fournit. 

1".  —  Apud,  pour  marquer  le  lieu. 

1"  Auprès,  proche  (èri).  Ps.  80.  7.  Pro- 
bavi  te  apud  aquam  cotitradiclionis  :  Je  vous 
ai  éprouvé  proche  les  eaux  de  contradiction. 

Voy.   CONTRADICTIO. 

2"  Dedans,  en,  ou  à  i  xarà).  2.  Mach.  4.  36. 
lîegem  adierunt  Judœi  apud  Antiochiam  .Les 
Juifs  allèrent  trouver  le  roi  à  Anlioche.  c. 
12.  40.  Jnvenerunt  sub  tunicis  interfectorum 
de  donariis  idoloriim  quœ  apud  Jamniam 
fuerunt  :  Ils  trouvèrent  sous  les  tuniques  de 
ceux  qui  étaient  morts  au  combat,  des  choses 
(lui  avaient  été  consacrées  aux  idoles,  qui 
étaient  dans  Jamnia.  Eccl.  9.  10.  Nec  sa- 
pientia,  nec  scienlia  erunt  apud  in  fer  os  (èv)  : 
Il  n'y  aura  plus  ni  sagesse,  ni  science  dans 
le  sépulcre  où  vous  courez  ;  on  ne  trouvera 
plus  en  l'autre  vie  les  vertus  que  l'on  aura 
méprisées  en  celle-ci.  Eccli.  14.  17.  Isa.  10. 
28. 

§  2.  —  Apud,  quand  il  regarde  la  personne. 

1°  Chez,  pour  marquer  le  lieu  ,  ou  la  de- 
meure (,acT«,  Cum).  Gènes.  29.  19.  Mane 
apud  me  :  Demeurez  avec  moi  dans  ma  mai- 
son. 1.  Reg.  5.  7.  c.  22.  v.  4.  9.  Act.  9.  43. 
c.  10.  V.  6.  48.  c.  18.  3.  2.  Tim.  4.  13.  etc. 
Chez  marque  aussi  ce  qui  est  au  pouvoir  et 
à  la  disposition  de  quelqu'un.  Gènes.  31.  32. 
Apud  quemcumque  inveneris  deos  tuos,  necelur: 
Je  consens  que  quiconque  sera  trouvé  avoir 
pris  vos  dieux,  soil  puni  de  mort.  c.  44.  v 
9.  10.  1.  Par.  29.  8.  Tob.  4.  15.  Job.  14.  5.  c. 
16.  12.  c.  25.  2.  Eccli.  44.  19. 

2°  Parmi.  Malth.  13.  56.  Sorores  ejus  nonne 
omnes  apud  nos  sunt  :  Ses  sœurs  ne  sont- 
elles  pas  toutes  parmi  nous?  c.  22.  25,  c.  2r;, 
55.  c.  28.  15.  Marc.  9.  18.  etc. 

Chez  ou  parmi,  marque  aussi  l'usage  et  la 
coutume  d'une  nation.  Gen.  34.  14.  No7i  pos^ 
sumvs  facere  quod  ilUcitum  et  nefarium  esi 
apud  nos  :  Nous  ne  pouvons  faire  ce  qui  est 
défendu  et  abominable  parmi  nous.  Judith. 
12.  11.  Fœdum  est  apud  Assyrios  :  C'est  une 
chose  honteuse  chez  les  Assyriens. 

3°  Avec,  pour  marquer  la  liaison  et  la 
connexilé.  Joan.  1.  1.  Verbum  eral  apud 
Deum;\.±.  Hoc  eral  in  principio  apud  Dewn  : 
Il  était  au  commencement  avec  Dieu  ;  on  doit 
plutôt  dire,  avec,  que,  dans  Dieu  en  cet  en- 
droit et  dans  les  autres,  où  il  est  dit  que  le 
Verlit'  est  avec  son  Pèr<'.  pour  marquer  con- 
tre   Sabellius   la  dislintlion  des  bypost^ses 


521 


APU 


API 


S22 


ou  subsistances;  comme  l'élernilé  du  même 
Verbe  est  établie  contre  Arius  par  ces  paro- 
les, In  prhicipio  erat  Verbum  :  Au  commen- 
cement était  le  Verbe.  1.  Joan.  1.  2.  Annun- 
tiamus  vobis  vitam  œternam  quœ  erat  apiid 
Patrem  :  Nous  vous  annonçons  la  vie  éier- 
ntUe  qui  était  avec  le  Père  ou  dans  le  Père. 
Joan.  14.  17.  Apud  vos  manebit  :  Le  Saint- 
Esprit  demeurera  avec  vous  et  sera  dans 
vous.  Galat.  4.  20.  3.  Reg.  2.  8. 

4°  Dans  ,  en  quelqu'un.  Joan.  8.  38.  Ego 
quodvidi  apud  Patrem  meum  .  loquor  :  Pour 
moi,  je  dis  ce  que  j'ai  vu  dans  mon  Père. 
3.  Reg.  11.  11,  Quia  habuisti  hoc  apud  te, 
parce  que  le  péché  s'est  trouvé  en  vous.  C'est 
Dieu  qui  parle  à  Salomon.  4.  Reg.  3.  12.  Est 
apud  eum  sermo  Domini  :  La  parole  du  Sei- 
gneur est  en  lui;  c^est  un  prophète  de  Dieu. 
Joan.  14.  23.  c.  17.  5.  Rom.  2. 11.  c.  9. 14.  2. 
Cor.  1.  17.  Ainsi,  ps.  129.  4.  Apud  te  propi- 
tialio  est.  v,  17.  apud  Dominum  misericor- 
dia  et  copiosa  apud  eum  redemptio  :  Dieu 
est  plein  de  miséricorde,  et  il  se  trouve  en 
lui  une  rédemption  abondante.  Jac.  1. 17.  etc. 
A  quoi  se  peut  rapporter  cet  endroit  du  2. 
Reg.  19.  43.  Becem  partibus  major  ego  sum 
apud  regem  :  Je  dois  être  considéré  dix  fois 
plus  que  vous,  en  ce  qui  regarde  la  personne 
du  roi.  Gr.  in  Rege. 

§  5.  —  ipudj  quand  il  signifie  auprès,  par  rapport  à  la 
personne. 

Cette  préposition  en  ce  sens  marque  ordi- 
nairement quelque  liaison,  quelque  bonne 
intelligence,  ou  quelque  familiarité  avec  la 
personne.  2.  Cor.  7.  4.  Multa  mihi  fiducia  est 
apud  vos  :  J'ai  beaucoup  de  confiance  en 
vous;  Gr.,  Je  vous  parle  avec  grandeliberté. 
V.  14.  Si  quid  apud  illum  de  vobis  gloriatus 
sum  :  Si  je  me  suis  loué  de  vous  auprès  de 
lui.  c.  9.  2.  Invenire  gratiam  apud  aliquem  : 
Trouver  grâce  auprès  de  quelqu'un  ;  mais 
ce  n'est  seulement  qu'un  pléonasme,  qui  se 
peut  rendre  par  le  génitif,  ou  le  datif,  ou 
l'ablatif,  avec  la  préposition  a  ou  ab. 

1°  Apud,  pris  pour  le  génitif.  Prov.  28.  23. 
Qui  corripit  hominem  gratiam  postea  ivve- 
niat  apud  eum,  mugis  quam  ille  qui  per  liîi- 
guœ  blandimenta  decipit  :  Celui  qui  reprend 
un  homme  trouvera  grâce  ensuite  auprès  de 
lui,  plus  que  celui  qui  le  trompe  par  des 
paroles  flatteuses  :  Gratiam  invenire  apud 
aliquem,  c'est  gratiam  alicujus  acquirere  : 
Acquérir  la  faveur  de  <iuelqu'un.  Luc.  1.  30. 

2°  Apud,  pris  pour  le  daiif.  Malth.  19.  26. 
Apùd  liomines  hoc  impossibile  est,  apud  Dcum 
(lutem  omnia  possibilia  $unt  :  Cela  est  impos- 
sible aux  hommes,  mais  tout  est  possible  à 
Dieu.  Marc.  10.  27.  Luc.  1.  37.  c.  18.  27. 
Phil.  4.  C.  Deut.  17.  8.  c.  33.  5.  etc. 

3"  Pour  l'ablatif,  avec  la  préposition  a  ou 
ah,  i"  Pour  signifier,  de  la  part.  Job.  27.  13. 
Hœc  est  pars  hominis  impii  apud  Dominum; 
Gr.,  a  Domino  :  Voici  le  partage  que  l'homme 
impie  recevra  de  la  part  de  Dieu.  Ps.  108. 
20.  Hoc  opus  eorumqui  delrahunt  mihi  apud 
Dominum;Gr.,  a  Domino  :  C'est  là  la  manière 
dont  seront  punis  de  Dieu  ceux  qui  m'atta- 
quent par  leurs  médisances.  Malth.  C.  1. 
Uom.  4.    2.  2*  Pour  marquer  la  cause  effi- 


ciente. Ps.  36.  23.  Apud  Dominum  gressus 
hominis  dirigentur;  Gr.,  a  Domino  :  Les  pas 
de  Ihomme  seront  conduits  par  le  Seigneur. 
Isa.  54.  17.  2.  Mach.  1.  36.  Act.  26.  29.  3' 
Pour  marquer  le  sujet  de  quelque  chose. 
Ps.  21.  26.  Apud  te  laus  mea  in  ecclesia  ma- 
gna; Gr.,  a  te,  ou  de  te  :  Vous  serez  le  sujet 
de  mes  louanges. 

§  4.  —  Apud,  quand  il  signifie  devant,  en  présence. 

1°  Devant,  en  présence,  soit  d'un  juge. 
Joan.  5.  45.  Nolite  putare  quia  ego  accusa- 
turus  sim  vos  apud  Patrem  :  Ne  pensez  pas 
que  ce  soit  moi  qui  vous  accuserai  devant  le 
Père.  Act.  23.  30.  Denuntians  et  accusatori- 
bus  ut  dicant  apud  te  :  Ayant  aussi  com- 
mandé à  ses  accusateurs  d'aller  proposer  de- 
vant vous  ce  qu'ils  ont  à  dire  contre  lui. 
2.  Mac.  10.  13.  Act.  24.  19.  c.  25.  9  c.  26.  2. 

1.  Cor.  6.  V.  1.  6;  soit  en  présence  d'autres 
personnes.  2.  Cor.  12.  19.  Putatis  quod  eœcu- 
semus  nos  apud  vos?  Pensez-vous  que  ce  soit 
notre  dessein  de  nous  justifier  devant  vous  ? 

2.  Cor.  1.  18.  Sermo  noster  qui  fuit  apud  vos  : 
La  parole  que  j'ai  annoncée  devant  vous.  v. 
20. 

2°  Devant,  en  présence,  marque  quelque- 
fois figurément  la  vue  et  In  connaissance 
qu'on  a  de  quelque  chose  («rrô).  2.  Reg.  3. 
28.  Mundus  ego  sum  et  regnum  meum  apud 
Dominum  :  David  dit  :  Je  suis  innocent  devant 
le  Seigneur,  moi  et  mon  royaume,  du  sang 
d'Abner;  c'est-à-dire  Dieu  sait  que  je  suis 
innocent.  Ps.  38.  13.  Advena  ego  sum  apud  te 
et  peregrinus  :  Je  suis  devant  vous  comme  un 
étranger  et  un  voyageur;  vous  voyez  que  je 
suis  un  étranger  et  un  voyageur. 

Quelquefois  ce  mot  marque  l'état  et  la  si- 
tuation où  l'on  se  trouve  à  l'égard  de  quel- 
qu'un. Ainsi,  apudDeum  signifie  le  respect  et 
la  soumission  que  l'on  doit  à  Dieu.  1.  Cor.  7. 
24.  Unusquisque  in  quo  vocatus  est  in  hoc  per- 
maneat  apud  Deum  :  Que  chacun  demeure 
dans  l'état  où  il  était  quand  il  a  été  appelé,  et 
qu'il  s'y  tienne  devant  Dieu,  c'est-à-dire 
avec  le  respect  et  la  soumission  qu'il  lui  doit. 
l.Reg.  2.  2i.  Magnificatus  est  puer  Samuel 
apud  Dominum  .-Samuel  crût  et  devint  grand 
en  servant  îe  Seigneur. 

Quelquefois  aussi  il  signifie  l'estime  et  l'ap- 
probation de  quelqu'un.  Sap.  4.  1.  Costa  ge~ 
neratio...  apud  Deum  nota  est  et  apud  homi- 
nés  :  La  race  chaste,  c'est-à-dire  la  virginité, 
est  en  honneur  devant  Dieu  et  devant  les 
hommes. 2.  Reg.  23.  5.  Judith.  10.  14.  Ainsi, 
Luc.  2.  52.  Jésus  proficiebat  sapicnlia  et  œlate 
et  gratia  apud  Deum  et  homines  :  Jésus  crois- 
sait en  sagesse  ,  en  âge  et  en  grâce  devant 
Dieu  et  devant  les  hommes. 

3  Devant  ou  après,  marque  encore  le  rap- 
port et  la  comparaison  d'une  chose  avec  une 
autre.  Dan.  4.  32.  Omnes  hubilatores  terrœ 
apud  Detim,  in  nihilutn  rrpulali  sunt  :  Tous 
les  habitants  de  la  terre  sont,  devant  ou  au- 
près du  Très-Haut,  comme  un  néant.  Ps.  72. 
22.  Ut  jumentum  faclus  sum  apud  te  :  Je  suis 
devenu  comme  une  bêle  en  votre  présence; 
c'esl-à-dirc  je  n'entendais  ,  non  plus  qu'une 
bêle,  la  hauteur  de  vos  desseins  sur  Its 
hommes. 


525 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


^*i.~Âpud,  en  d'autres  significations  différenles,rafà. 

1"  Cette  préposition  marque  ce  qui  se  fait  à 
part  et  en  secret.  Ps.  il.  10.  Apud  me  oralio 
Deo  vitœ  meœ  :  Voici  la  prière  que  j'offrirai  à 
Dieu  en  secret  et  au  dedans  de  moi.  Marc.  9. 
9.  Et  verbum  continuerunt  apud  se  :  Ils  liu- 
renl  la  chose  secrète. 

Elle  signifie  encore  ce  qui  se  met  en  ré- 
serve. Sap.  5.  16.  Apud  Dominum  est  merces 
eorum  :  Le  Seigneur  réserve  aux  justes  leur 
récompense.  1.  Cor.  16.  2.  Per  unam  Sabbati 
îinusquisque  vestrum  apud  se  seponat  :  Que 
chacun  de  vous  mette  à  part  chez  soi  ce  qu'il 
pourra  contribuer.  Ainsi,  apud  se  siguiûe 
quelquefois  en  soi-même,  inlérieuremenl, 
en  particulier.  Luc.  18.  11.  Pharisœus  stans 
hœc  apud  se  orabat  :  Le  Pharisien  ,  se  lenant 
debout,  priait  ainsi  en  lui-même.  Joan.  6.  62. 
2.  Cor.  2.  1.  c.  10.  7.  Jac.  2.  i.  Sap.  2.  1. 

2°  Apud  marque  aussi  le  sentiment  que  l'on 
a  et  le  jugement  que  l'on  porte  de  quelque 
chose  en  soi-même.  Prov.  3.  7.  Ne  sis  sapiens 
apud  temetipsum  :  Ne  soyez  point  sage  à  vos 
propres  veux.  c.  11.  1.  Éxod.  3i.  7.  Deut.  22. 
5.  c  23.  18.  Rom.  2.  13.  c.  12.  16.  1.  Cor.  3. 
19.  Galat.  3.  11.  etc. 

3  Envers.  1.  Joan.  2.  1.  Si  quis  peccaverit, 
advocatum  habemus  apud  Patrem  ,  Jesum 
Christum  :  Si  quelqu'un  pèche,  nous  avons 
pour  avocat  envers  le  Père,  Jésus-Christ. 
1.  Esdr.  9.  8. 

V  Contre.  1.  Cor.  9.  3.  Mea  defensio  apud 
eos  qui  me  interrogant  :  Voici  ma  défense  con- 
tre ceux  qui  me  reprennent.  Gr.  xolç. 

AQUA,  ^,  -^a^p.  —  Ce  nom,  dont  l'origine 
est  assez  incertaine,  vient  ou  du  mol  œquitas, 
parce  que,  si  l'eau  n'est  point  troublée ,  elle 
est  égale  et  unie  dans  sa  surface  ,  doù  vient 
œquor,  pour  signiflor  la  mer;  ou  du  mot 
grec  xo«.  qui  signifie  fusio. 

Eau  ,  élément  froid  et  humide  par  sa  na- 
ture. Gènes.  1.  6.  Fiat  firmamentum  in  medio 
aquanun  ,  et  dividat  aquas  ab  aquis  :  Que  le 
firmament  soit  fait  au  milieu  des  eaux  ,  et 
qu'il  divise  les  eaux  d'avec  les  eaux.  L'on  ne 
sait  précisément  si  le  firmament  qui  di- 
vise les  eaux  d'avec  les  eaux,  se  doit  entendre 
ou  du  ciel  dans  lequel  Dieu  a  créé  le  soleil  et 
les  astres,  ou  de  retendue  de  l'air  à  qui 
on  donne  le  nom  de  ciel.  Mais,  dans  ce  doute, 
il  semble  qu'on  doit  plutôt  s'en  tenir  à  ce 
qu'en  dit  l'Ecriture  plus  formellement,  quoi- 
que plus  difficile  à  comprendre.  Voy.  Fikma- 
MExNTLM.  Ce  nom  se  donne  à  tous  les  corps 
clairs  et  liquides  qui  coulent  sur  la  terre, 
comme  eau  de  mer,  de  rivière,  etc.  L'eau, 
en  particulier,  signilie  : 

1°  La  pluie  ou  les  eaux  des  nuées.  2.  Reg. 
22.  12.  Cribrans  aquas  de  nubibus  cœlorum  : 
Le  Seigneur  a  fait  distiller  les  eaux  des  nuées 
du  ciel.  Ps.  17.  12.  Job.  26.  v.  5.  10.  Prov.  8. 

2S-  ... 

2°  Le  déluge.  Isa.  oi.  9.  Juravt  ne  tnduce- 

rem  aquas  Noe  ultra  super  terram  :  J'ai  juré 

à  Noé  de  ne  répandre  plus  sur  la  terre  les 

eaux  du  déluge.  Job.  26.  5. 

3^  Les  larmes.  Ji-rem.  9.  1.  Quis  dabit  capiti 

meo  aquam  :  Plût  à  Dieu  que  ma  tète  s'écoule 

eu  pleurs,  v.  18.    Falpebrœ   nostrœ  de/luant 


3S4 

aquis  :  Qu'il  s^rte  de  nos  paupières  des  ruis- 
seaux de  larmes.  Thren.  1.  16.  c.  3.  kS.  Ps. 
118.  136. 

k"  La  sueur  [vypKtriu).  Ezech.  7.  17.  Omnia 
genua  flueyit  aquis  :  Saint  Jérôme  l'explique 
de  l'urine  que  la  peur  cause  dans  les  grands' 
dangers,  c.  21.  7.  Per  cuncta  genua  fluent 
aquœ.  Les  Hébreux  appellent  l'urine  aqua 
pedum.  Voy.  Urina.  ( 

5°  Suc,  liqueur.  Jerem.  8.  li.  Potum  dédit 
nobis  aquam  fellis  :  Le  Seigneur  nous  a 
abreuvés  dun  suc  de  fiel  :  il  nous  a  aifligés 
par  de  grandes  peines,  c.  9.  la.  c.  23.  15. 
Voy.  Fel. 

§  2.  —  Significations  naoïns  propres  et  métaphoriques. 

i"  Toute  sorte  de  breuvage,  comme  le  pain 
signifie  toute  sorte  d'aliment.  Exod.  23.  25. 
Servietisque  Domino  Deo  vestro,  ut  benedicam 
panibus  iuis  et  aquis  :  Vous  servirez  le  Sei- 
gneur votre  Dieu,  afin  que  je  bénisse  le  pain 
que  vous  mangerez  et  les  eaux  que  vous  boi- 
rez. Deut.  2.  V.  6.  28.  c.  23.  1.  1.  Reg.  25.  11. 
Job.  15.  16.  Prov.  2o.  21.  etc. 

2°Lesterresarroséesd'eau.Isa.32. 20.5ea^î 
qui  seminatis  super  omnes  aquas  :  Vous  êtes 
heureux,  vous  qui  semez  le  long  de  toutes 
les  eaux,  dans  les  champs  qui  en  sont  ar- 
rosés. Ces  paroles  marquent  une  abondance 
de  biens  temporels,  par  lesquels  on  entend 
les  biens  spirituels.  On  l'entend  ordinaire- 
ment des  apôtres,  qui  ont  semé  la  parole  de 
Dieu  sur  les  peuples,  dont  les  cœurs  étaient 
arrosés  des  eaux  de  la  grâce.  Eccl.  11.  1. 
Mitte  panem  tuum  super  transeuntes  aquas  : 
Répandez  yotre  pain  (c'est-à-dire  votre  se- 
mence) le  long  des  eaux  qui  passent  ;  c'est- 
à-dire  dans  des  lieux  arrosés  d'eau,  d'où  on 
doit  recueillir  en  son  temps  beaucoup  de 
fruit  :  cela  s'explique  aussi,  à  la  lettre,  de 
la  libéralité  que  l'on  exerce  à  l'égard  des 
pauvres.  Voy.  Octo.  Isa.  15.  6.  Jerem.  i8. 
3+.  Aquœ  Nemrim  se  prennent  pour  les  pâ- 
turages ;  d'où  viennent  ces  façons  de  parler. 
Isa.  19.  V.  5.  6.  Arescet  aqua  de  mari  :  La  mer 
se  trouvera  sans  eaux  ,  pour  marquer  la 
stérilité  et  la  désolation  d'un  pays. 

3°  Les  biens  temporels  que  l'on  possède. 
Prov.  5.  15.  Bibe  aquam  de  cisterna  tua  : 
Usez  d'.'S  biens  qui  vous  sont  propres;  d'au- 
tres croient  (jue  le  Sage  enseigne  qu'il  ne 
faut  point  connaître  d'autre  femme  que  la 
sienne  ;  ce  qui  convient  bien  à  ce  qui  suit  : 
Deriventur  fontes  lui  foras,  et  in  plateis 
aquas  tuas  divide  :  Qu'on  voie  paraître  vos 
enfants  dans  les  places  publiques,  comme 
des  ruisseaux  sortis  d'une  citerne  ;  Habeto 
eas  solus  :  Qu'il  n'y  en  ait  point  d'illégitimes 
(dans  le  sens  mystique,  ce  passage  s'entend 
de  la  doctrine  de  la  vérité  qui  se  puise  dans 
l'Eglisej  ;  Isa.  58.  11.  Ezech.  34.  18.  Cum  pu- 
rissimam  aquam  biberetis  ,  reliquam  pedibus 
vestris  turbabatis  :  Le  prophète  marque  les 
riches  voluptueux,  qui,  se  rassasiant  des 
mets  les  plus  exquis,  en  laissent  dissiper  les 
restes,  sans  avoir  soin  d'en  faire  part  aux 
pauvres.  Ainsi ,  Ezech.  31.  v.  14.  16.  Irri- 
gare  aquis  :  C'est  combler  de  biens.  Voy. 
Ïkuigare. 
'*"  Le  plaisir  déshonnète  que  l'on  rechercha 


5%8 


AQU 


avec  passion.  Eccli.  26.  15.  Ab  omni  aqua 
proxima  hibet  :  La  ûlle  dissolue  ouvrira  sa 
bouche  à  la  fontaine  ,  comme  un  voyageur 
pressé  de  la  soif  :  elle  boira  toutes  les  eaux 
qui  sont  près  d'elle;  c'est-à-dire,  qu'elle 
jouira  de  tous  les  plaisirs  déshonnêtes  qui  se 
rencontreront,  en  se  laissant  aller  au  dérè- 
glement de  ses  désirs. 

5°  Les  faveurs  et  les  grâces  de  Dieu,  ou  les 
effets  du  Saint-Esprit.  Isa.  11.  9.  Repleta  est 
terra  scieiUia  Dotnini  sicut  aquœ  maris  ope- 
rientes  :  La  terre  est  remplie  de  la  connais- 
sance du  Seigneur,  comme  la  mer  des  eaux 
dont  elle  est  couverte,  c.  12.  3.  Haurietis 
aquas  in  gaudio  de  fontibus  Salvatoris  :  Vous 
puiserez  avec  joie  des  eaux  des  fontaines  du 
Sauveur.  Jerem.  2.  13.  Ezcch.  JG.  v.  k.  9. 
etc.  Joël.  3.  18.  Zach.  14.  8.  Voy.  Can.  p.  7. 
n.  3.  Joan.  k.  v.  10.  11.  14.  c.  7.  38.  Hebr.  10. 
22.  Abluti  corpus  aqua  munda  :  Ayant  le 
corps  lavé  dans  l'eau  pure  du  Baptême.  1. 
Joan.  5.  V.  6.  8.  Hic  est  qui  venit  per  aquam 
et  sanguinem  :  Jésus-Christ  s'est  déclaré  le 
Sauveur  du  monde,  tant  par  le  baptême  d'eau 
qu'il  a  établi ,  et  qui  était  marqué  par  l'eau 
qui  a  coulé  de  son  côté,  que  par  le  sang  qu'il 
a  versé  pour  le  salut  des  âmes  :  cette  eau, 
ce  sang,  et  l'esprit  qu'il  a  rendu,  ont  prouvé 
son  humanité.  Apocalyp.  7.  17.  c.  21.  6.  c.22. 
v.  1.  17. 

A  cette  signiGcation  se  rapportent  ces  fa- 
çons de  parler.  Ps.  106.  35.  Ponere  deserlum 
tn  sfo^na  açMantm;  Rendre  fertile  un  pays 
désert.  Isa.  41.  17.  Dare  aqiias.  c.  43.  20. 
Effundere  aquas.  c.  44.  3.  Addncere  per  tor- 
rentes  aquarum.  Jerem.  31.  9.  Mais  cela  s'en- 
tend dans  le  sens  principal  des  grâces  spiri- 
tuelles et  des  bénédictions  du  Nouveau 
Testament,  comme  Ps.64,  10.  Voy.  Flumen. 

6°  Les  afflictions  et  les  misères  de  la  vie. 
2.  Reg.  22.  17.  Ps.  17.  17.  Assampsit  me  de 
aquism.ullis:  Le  Seigneur  m'a  pris  et  m'a 
retiré  du  milieu  dos  eaux.  Ps.  31.  6.  Ps.  6. 
12.  Ps.  68.  V.  2.  16.  Ps.  87.  18.  Ps.  123.  v.  4. 
5.  Ps.  143.  7.  Prov.  17.  14.  ïhren.  3.  54. 
Ezech.  7.  17.  Apoc.  12.  15.  Voy.  Malth.  7. 
27.  et  Luc.  6.48.  Les  afflictions  sont  repré- 
sentées par  les  eaux;  parce  que  (dit  saint 
Grégoire  )  elles  viennent  les  unes  sur  les  au- 
tres comme  des  vagues. 

7°  La  lige  et  la  source  d'une  postérité.  Isa. 
48.  1.  Qui  vocamini  nomine  Israël  et  de  aquis 
Juda  existis  :  Qui  êtes  sortis  de  la  tige  de 
Juda.  Ps.  67.  27.  De  fontibus  Israël:  Des 
sources  d'Israël. 

8°  La  postérité  même.  Num.  24.  7.  Fluet 
aqua  de  situla  ejus,  et  semen  illius  eril  in  aquas 
mutins:  Il  aura  une  grande  postérité.  Prov. 
5.  16.  Inplaleis  aquas  tuas  divide:  Répandez 
vos  eaux  dans  les  rues.  Qu'on  y  voie  courir 
vos  enfants. 

9°  Une  armée  et  des  peuples  Isa.  8.  7. 
Ecce  Dominus  adducet  super  eos  aquas  flu- 
minis  fortes  et  multns,  reqem  Assyriorum  .  Le 
Seigneur  fera  fondre  sur  eux  le  roi  des  Assy- 
riens avec  toute  sa  gloire,  comme  de  gran- 
des et  violentes  eaux  d'un  fleuve  rapide  :  il 
oppose  ces  eaux  violentes  aux  eaux  douces 
et  paisibles  qui  marquent  la  puissance  légi- 


AQU  52ft 

lime  des  successeurs  de  David,  v.  6.  Abjecit 
populus  iste  aquas  Siloe:  Ce  peuple  a  rejeté 
les  eaux  de  Siloé.  Voy.  Siloé. 

10°  Le  dérèglement  des  mœurs  ou  de  la 
doctrine.  Isa.  1.22.  Vinum  tuum  mixtum  est 
aqua  :  Votre  vin  a  été  mêlé  d'eau;  la  pureté 
du  vin  signiûe  la  pureté  des  mœurs  ou  de  la 
doctrine,  et  le  mélange  de  l'eau  marque  le 
mélange  du  vice  ou  de  l'erreur.      ; 

§  3.  —  Expressions  figurées  et  mélaphoriques. 

1°  Aqua  brevis,  eau  courte  que  l'on  ne 
donne  qu'avec  mesure  et  en  fort  petite  quan- 
tité;  cela  signiGe  l'affliction  et  les  maux 
que  l'on  souffre.  Isa.  30.  20.  Et  dnbit  vobis 
Dominus  panem  arctum  et  aqmm  brevem:  Il 
est  vrai  que  le  Seigneur  vous  affligera;  Heb., 
vous  donnera  du  pain  avec  affliction.  Ainsi, 
Ezech.  4. 16.  3.  Reg.  22.  27.  Voy.   Angustia. 

2°  Aqua  contradictionis.  L'eau  que  Dieu 
donna  par  miracle  aux  Hébreux  dans  le 
désert  de  Sin,  lorsqu'ils  s'élevèrent  avec  des 
paroles  injurieuses  contre  Moïse,  dans  la 
nécessité  qui  les  pressait.  Num.  20.  13.  Hœc 
est  aqua  contradictionis  ubi  jurgati  sunt  filii 
Israël  contra  Dominum  :  C'est  là  l'eau  de 
contradiction,  où  les  enfants  d'Israël  mur- 
murèrent contre  le  Seigneur,  c.  27.  14.  etc. 
C'a  été  depuis  le  nom  du  lieu  où  se  fit  cette 
rébellion.  Deut.  32.  51.  c.33.  8.  etc. 

3°  Aquam  dimiltere,  donner  ouverture  ou 
passage  à  l'eau;  c'est  être  cause  de  quelques 
grands  maux,  auxquels  on  ne  peut  plus  re- 
médier. Prov.  17.  14.  Qui  dimitlit  aquam,  ca- 
put  est  jurgiorum  :  Celui  qui  commence  une 
querelle  est  comme  celui  qui  donne  l'ouver- 
ture à  l'eau,  qui  se  déborde  ensuite  et  fait  de 
grands  maux. 

Ainsi,  Eccli.  25.  34.  Non  des  aquœ  tuœ  exi- 
tumnec  modicum,nec  mulieri  nequam  veniam 
prodeundi:  Ne  donnez  point  à  l'eau  d'ouver- 
ture, quelque  petite  qu'elle  soit,  ni  permis- 
sion de  sortir  à  une  méchante  femme:  il  fait 
voir,  par  cette  même  comparaison,  qu'on  ne 
peut  plus  retenir  une  méchante  femme,  si 
peu  qu'on  lui  donne  de  liberté. 

4°  Aqua  et  ignis  :  L'eau  et  le  feu  se  prennent 
pour  toute  sorte  de  choses,  dont  ils  sont  les 
principes.  Eccli.  15.  17.  Apposuit  tibi  aquam 
et  ignem:  Il  a  mis  auprès  de  vous  l'eau  et  le 
feu;  c'est-à-dire,  toutes  choses  pour  en  user 
comme  on  le  jugea  propos  :  ce  qui  s'entend  ou 
du  premier  homme,  qui  en  pouvait  user  bien 
ou  mal  avec  une  liberlé  tout  entière,  ou  de 
ses  enfants,  qui  n'en  peuvent  bien  user  qu'a- 
vec le  secours  d'une  plus  puissante  grâce  de 
Dieu;  mais  il  semble  que  aqua  et  ignis  sont 
déterminés  par  ce  qui  suit:  Vila  et  mors, 
bonum  etmalum;  ainsi  Dieu  ne  donne  pas 
tant  ce  choix,  qu'en  proposant  deux  choses 
si  contraires  il  déclare  ce  qu'on  doit  choisir. 
Voy.  PoRRiGERE.  Mais  aqua  et  ignis,  dans  v\ï\ 

sens  figuré,  signifientausi.ilesalflictions  et  les 
peines.  Ps.6o.  12.  Transivimus  per  ignem  et 
aquam:  Nous  avons  passé  par  le  feu  et  l'eau; 
c'est-à-dire,  nous  avons  essuyé,  disent  les 
Israélites,  toute  sorte  de  rigueurs,  avant 
que  d'être  arrivés  dans  la  Terre  promise.  Voy. 
Ignis. 

Aqua  fkli.is.  Voy.  Fei..  5"  Aquœ  furlivœ: 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOIJJGIE  SACRÉE. 


527 

Les  flioscs  dérobées,  ou  que  l'on  goûle  en 
cachctlo.  sont  plus  agréables,  parce  qu'on 
lésa  souhaitées  avec  plus  de  passion.  Prov. 
9.  VÎ.A'jtiœ  furlivœ  dulciores  sunt  :  ce  qui 
SP  peut  entendre  de  tout  ce  qui  n'est  point 
permis;  car  la  défense  qu'on  en  fait  irrite  la 
convoitise. 

6°  Aqua  lustrationis  ou  aspersionis;  Heb. 
Aqiia  peccati  :  Celle  eau  qui  servait  à  la  puri- 
fication de  l'impureté  légale,  contractée  à 
l'occasion  d'un  mort,  avait  été  mêlée  avec 
les  cendres  de  la  vache  rousse,  qui  avait  été 
immolée  pour  effacer  le  péché;  c'esl-à-dire, 
toutes  les  impuretés  légales  qui  étaient  la 
figure  du  péché  :  on  voit  dans  le  chapitre  19 
comment  elle  se  faisait  avec  les  cendres  de 
la  vache  rousse.  Voy.  Hebr.  9.  19.  Cette  eau 
représentait  le  sang  de  Jésus-Christ,  qui  peut 
nous  purifier  de  tous  nos  péchés.  Voy.  Zuch. 
13.  v.  2. 

Aqu^  mdlt^,  ou  plurimje.— l°La-mer.Ps. 
106.  23.  Facientes  operationem  in  aquis  7nul- 
tis:Qu\  trafiquent  sur  mer.  —  2"  Quelque 
grand  fleuve.  Jerom.  51.  13.  Quœ  habitas  5U- 
per  agitas  mul tas  :  ëvir  l'Euphrate.  Esth.  10.  6. 
c.  11.  10.  Ezech.  31.  15.  —  3"  Lieux  arrosés 
d'eau.  Ezech.  17.  o.  Posuit  idud  in  terra  pro 
setnine,  ut  firmaret  radicem  super  aquas  mili- 
tas, ou  le  long  d'une  rivière.  —  i"  Un  étang 
dont  il  est  parlé,  Jerem.  41.  12.  Jnvenerunt 
eum  ad  aquas  multas  quœ  sunt  in  Gabcton: 
Ils  le  trouvèrent  auprès  des  grandes  eaux 
qui  sont  à  Gabaon.  2.  Reg.  2. 13.— 3°  Grande 
force  ou  violence.  Gant.  8.  7.  Aquœ  multœ 
non  potuerunt  exstinguere  charitatem:  Cet 
amour  est  si  fort,  qu'il  n'y  a  rien  qui  le 
puisse  étouffer.  — 6°  Grandes  troupes  d'en- 
nemis. Ezech.  26.  19.  Cum  adduxero  super  te 
(ihyssum  et  operuerint  te  aquœ  multœ.  Psalui. 
92.  i.  A  vocibus  aquarum  multarum.  Selon  le 
sentiment  de  quelques-uns,  ces  eaux  mar- 
quent les  peuples  qui  s'élevaient  avec  grand 
bruit  contre  les  Juifs.  —7°  Les  nuées  où  se 
forment  les  tonnerres.  Pi.  28.  3.  Vox  Domini 
super  aquas,  Bensjnajestatis  intonuit,  Bomi- 
nus  super  aquas  multas:  La  voix  du  Seigneur 
s'est  fait  entendre  sur  les  eaux,  le  Dieu  de 
majesté  a  tonné,  le  Seigneur  a  tonné  sur  les 
grandes  eaux. 

AQUAVIVENS,   ou   VÎVà,    ou    AQUA    VIT^.  — 

1"  L'eau  de  source  qui  coule  toujours.  Gènes. 
26.  19.  Foderuntque  in  torrentc  et  repererunt 
(iquam  vivam:  Ils  fouillèrent  au  fond  du  tor- 
rent, et  ils  y  trouvèrent  de  l'eau  vive.  Lovil. 
li.  V.  0.  50.  51.  52.  c.  13.  13.  Num.  19.  17. 
2°  Les  faveurs  et  les  grâces  de  Dieu  et  de 
Jésus-Christ.  Zach.  U.  S.Exibunt  aquœvivœ 
de  Jérusalem  :  C'e^l\iour(\in)\  Dieu  est  appelé 
la  source  de  celte  eau  vive.  Jerem.  2.  13.  c. 
17.  1.  Dereliquerunt  venam  aquarum  viveti- 
(iwn,  Dominum:  Is  ont  abandonné  le  Sei- 
gneur, qui  est  la  source  des  eaux  vives;  et 
Jésus-Christ  est  appelé,  Cant.  'v.  13.  Puteus 
aquarum  viventium.  Ainsi,  la  grâce  de  Dieu 
et  la  charité  sont  marquées  par  l'eau  vive. 
Joan.  k.  10.  et  les  dons  du  Sainl-Esprit,  qui 
doivent  être  répandus  comme  de  1  eau  sur 
les  peuples.  Joan.  7.  'iS.  Qui  crédit  in  me, 
Huminu  detcntre  rjus  puenl  aquœ  viiœ. 


r.28 


3°  La  béatitude  ou  la  vie  éternelle.  Ai)oc. 
7.  17.  c.  21.  6.  Ego  sitienti  dabo  de  fonta 
aquœ  vitœ,  gratis,  c.  22.  17.  Si  quelqu'un 
croit  en  moi,  il  sortira  d'e  son  cœur  des  fleu- 
ves d'eau  vive. 

Aquje  Jerichuntis.  Les  eaux  de  Jéricho; 
c'est  la  fontaine  qui  est  à  côté  de  Jéricho,  du 
côté  du  Nord;  c'est  cette  fontaine  dont  Elisée 
rendit  les  eaux  douces,  d'amères  qu'elles 
étaient,  en  y  jetant  du  sel.  Jos.  16.1.  Cette 
fontaine  est  au  bas  de  la  montagne  qui  s'é- 
tend jusqu'àBéthel.  V.  c.  18.  12. 

§  4.  —  Phrases  Urées  des  propriétés  de  l'oau. 

1°  Parce  que  l'eau  est  commune,  et  qu'on 
n'en  fait  pas  de  cas;  on  dit,  Effunderc  san- 
guinem  tamquamaquam  .-Ver  serlesaugcomme 
ieau.  Ps.78.  3.  E  ffuderunt  sanguin  em  eorum 
tamquam  aquam  in  circuitu  Jérusalem:  Les 
nations  ont  répandulesang  des  saints,  comme 
l'eau  autour  de  Jérusalem.  Deut.  12.  v.  16. 
24.  c.  13.  23. 

2°  L'eau  n'a  pas  de  consistance  d'elle- 
même;  ainsi  Jésus-Christ  dit  qu'il  a  été  sur 
la  croix  comme  une  eau  qui  s'écoule.  Ps. 
21.  io.  Sicut  aqua  effusus  sum:  Je  me  suis 
répandu  comme  l'eau,  pour  marquer  que 
toute  sa  vigueur  était  épuisée.  Gen.  49.  4. 
Effusus  es  sicut  aqua:  Vous  vous  êtes  répan- 
du comme  l'eau.  Jacob  marque  par  ces  pa- 
roles la  lâcheté  et  l'inconstance  de  Ruben, 
son  fils.  Voy.  Effcxdere.  Voy.  Jos.  7.  3. 

3°  L'eau  qui  coule  avec  impétuosité  se 
perd,  se  dissipe  et  entre  dans  la  terre;  ainsi 
David  dit  que  toute  la  puissance  de  ses  enne- 
mis disparaîtra  comme  l'eau  d'un  torrent, 
qui  paraît  d'abord  si  furieuse,  et  qui  se  réduit 
bientôt  à  rien.  Ps.  38.  8.  Ad  niliilum  deve- 
nient  tamquam  aqua  decurrens  :  Ils  seront  ré- 
duits à  rien,  comme  une  eau  qui  passe.  Job. 
11.  16. 

L'eau  qui  s'amasse  en  grande  abondance, 
couvre  et  enveloppe  ceux  qui  s'y  trouvent 
engagés  :  le  prophèle-roi  se  sert  encore  de 
celle  métaphore ,  pour  exprimer  l'étal  déplo- 
rable où  il  était,  se  sentant  battu  par  tous 
les  coups  de  la  colère  de  Dieu,  comme  par 
autant  de  flots  dont  il  se  trouvait  tout  enve- 
loppé. Ps.  b7.  18.  Circumdederunt  me  sicut 
aqua  tota  die:  Les  maux  dont  vous  m'avez 
frappé  m'ont  environné  conme  une  grande 
abondance  d'eaux,  dont  j'ai  été  accablé. 

Comme  l'eau  qu'on  boit  pénètre  dans  les 
entrailles,  David  dit  que  le  méchant  homme 
qu'il  décrit  est  couvert  de  malédiction  au 
dehors,  et  qu'il  en  est  pénétré  au  dedans.  Ps. 
108.  18.  Intravit  sicut  aqua  in  interiora  ejus  : 
Elle  a  pénétré  comme  l'eau  au  dedans  de  lui, 
pour  marquer  la  passion  qu'il  avait  de  nuire 
et  de  médire.  Voy.  Maledictio. 

Comme  quand  une  eau  est  profonde,  on  en 
peut  toujours  puiser,  le  sage  a  toujours  de 
quoi  suffire  par  ses  entretiens  et  ses  conseils. 
Prov.  18.  4.  Aqua  profanda,  verba  ex  ore  viri  : 
Les  paroles  sortent  de  la  bouche  d'un  homme 
juste  comme  une  eau  profonde,  c.  20.  5.  5ic- 
ut  aqua  profunda,  sic  çonsilium  in  corde  viri: 
Le  conseil  est  d:ins  le  cœur  d'un  homme  sage, 
comme  une  eau  profonde. 

Parce  que   les   eaux  agitées    font  granj 


?>% 


AQU 


bruit,  Job  compare  ses  cris,  dans  l'excès  de 
SCS  maux ,  au  bruil  d'un  débordement  de 
grandes  eaux.  Job.  ■).  2i  Tamquaminundan- 
tes  aqiiœ,  sic  rugilus  meus  :  Les  cris  que  je 
f.iis  sont  comme  le  bruil  d'un  débordement 
de  grandes  eaux. 

Comme  l'eau  sert  à  désaltérer  la  soif;  boire 
l'iniquité  comme  l'eau,  c'est  prendre  autant 
de  plaisir  à  mal  faire,  que  des  gens  altérés  à 
boire  de  l'eau  pour  élancher  leur  soif;  ou, 
selon  d'aulres,  c'est  être  si  porté  au  mal ,  que 
de  le  commettre  aussi  aisément  que  de  boire 
de  l'eau  :  c'est  en  ce  sens  que  Job  est  repris 
comme  un  homme  qui  insulte  à  Dieu  avec 
une  impiété  qu'il  avale  conmie  l'eau  ;  c.  3i. 
7.  Qui  hihit  siibsannalionem  quasi  aquam.  Job 
qui  insulte  à  Dieu  avec  une  impiété  qu'il 
avale  comme  l'eau.  Voy.  Subsannatio. 

Les  inondations  surprennent  tout  d'un 
coup,  et  l'on  s'en  trouve  accablé;  la  pauvreté 
est  comparée  à  ce  malheur.  Job.  27.  20.  Ap- 
prehendet  eum  quasi  aqua,  inopia  :  Le  riche 
en  mourant  sera  surpris  de  la  pauvreté, 
comme  d'une  inondation  d'eau,  qui,  venant 
à  se  déborder,  entraîne  tout  avec  elle  ;  Hebr. 
Les  frayeurs  le  surprendront,  etc. 

Les  misères  et  les  afflictions  se  comparent 
«ouveiit  à  des  eaux  impétueuses  et  débordées. 
Job.  22. 11. 

Comme  il  ne  reste  rien  de  l'eau  qui  est 
dans  un  vase  lorsqu'on  le  renverse,  Jérémie 
exhorte  les  habitants  qui  restaient  à  Jérusa- 
lem après  sa  ruine,  à  répandre  leur  cœur 
comme  de  l'eau  en  la  présence  de  Dieu,  pour 
lui  découvrir  avec  une  entière  sincérité  tout 
ce  qu'il  y  avait  de  plus  caché  au  fond  de  leurs 
âmes,  afin  de  le  toucher  de  compassion  par 
la  vue  de  leur  désolation.  Thren.  2.  19.  Èf- 
funde  sicut  aquam  cor  luum  ante  conspectum 
Domini  :  Répandez  votre  cœur  comme  de 
l'eau  devant  le  Seigneur.  On  peut  aussi  ex- 
pliquer ce  passage  de  l'attendrissement  du 
cœur  qui  se  répand  en  larmes  devant  le  Sei- 
gneur. Ainsi  : 

Comme  quand  on  donne  quelque  ouver- 
ture à  une  eau  arrêtée,  on  ne  peut  plus  la 
retenir,  ni  en  empêcher  le  cours,  le  Sage  f;iit 
voir  que  la  cause  des  suites  funestes  que  cau- 
sent les  querelles,  vient  de  ce  qu'on  ne  les 
étouffe  point  d'abord  qu'elles  commencent. 
Prov.  17.  Ik.  Qui  dimitlit  aquam  caput  est 
jurgiorum  :  Voy.  ci-dessus  §.3. 

AQUiEDUCTUS  ,  us  ,  vSpywyô?.  Ce  mot 
vient  à^aqua  et  de  ducere. 

l"  Aqueduc,  canal  pour  conduire  l'eau  quel- 
que part  (Tzrr/n  ûoktwv).  Judith.  7.  G.  Ilolo' 
phernes  incidi  prœcepit  aquœduclum  illorum  : 
Holopherne  commanda  qu'on  coupât  l'aque- 
duc. 2.  Reg.  2.  2i.  VoY.  Collis.  k.  Reg.  18. 
17.  Ainsi,  Eccli.  24.  il.  Sicut  aquœductus 
exivi  de  paradiso  :  La  sagesse  est  sortie  du 
paradis  comme  un  canal  tiré  d'un  grand 
fleuve,  parce  qu'elle  est  écoulée  de  Dieu  à 
nous.  Gr.  in  paradisum  ;  c'est-à-dire,  à  ce 
peuple. 

2°  Rigole,  ou  fosse  pour  tenir  l'eau.  3. 
Reg.  18.  32.  Fecitque  aquœduclum  quasi  per 
duas  nraCiunculas  in   circuilu  altaris  :  Elic 

Diction.'^,  de  philol.  sacrée    I, 


AQU  530 

fit  une  rigole,  et  comme  deux  petits  sillons 
autour  de  l'autel,  v.  35.  38.  h 

AQUATICUS,  A,  UM.  Aquatique,  qui  aime 
l'eau,  qui  croît  en  l'eau  (s'vvJoo?),  Sap.  i-è. 
18.  Agrestia  enim  in  aquatica  convertehantur  : 
Les  animaux  de  la  terre  paraissaient  chan- 
gés en  ceux  de  l'eau,  lorsque  les  Israélites 
passèrent  au  travers  de  la  mer. 

AQUILA,àjTÔ,-.  C'est  le  nom  du  plus  grand, 
du  plus  fort  et  du  plus  vite  dos  oiseaux  qui 
vivent  de  proie.  Ce  nom  lui  vient  ou  de  fou 
plumage  châtain  et  brun,  qui  est  chez  les 
Latins,  aquilus  color;  ou  ab  aculo  visu,  de- 
sa  vue  perçante,  parce  qu'il  regarde  fixe- 
ment le  soleil.  Exod.  19.  k.  Vidistis  quomodo 
porloverim  vos  super  alas  aquilarum  :  Vous 
avez  vu  comment  je  vous  ai  portés  comme 
les  aigles  h'urs  petits  sur  leurs  ailes.  Dieu  a 
traité  les  Israélites  comme  ses  enfants  avec 
une  bonté  paternelle.  Job.  39.  27.  Numquid 
ad  prœceptum  luum  elevabitur  aquila?  L'ai- 
gle à  votre  commandement  s'é!èvera-t-il  en 
haut.  C'est  Dieu  qui  donne  à  l'aigle  ce  vol 
par  lequel  il  s'élève  au-dessus  de  tous  les 
autres  oiseaux.  Levit.  11.  13.  Prov.  30.  v. 
17.  19.  etc.  Ainsi,  Apoc,  8.  13.  Et  tidi  et  au^ 
divi  vocem  iinius  aquilœ  volantis  permcdium 
cœli  :  Je  vis,  dit  saint  Jean,  et  j'entendis  un 
aigle  qui  volait  par  le  milieu  du  ciel.  Le  Grec 
porte  :  un  ange;  c'était  un  ange  sous  la  fi- 
gure d'un  aigle  qui  annonçait  les  malheurs 
qui  devaient  fondre  sur  leshommes. 

§  1".  —  Significations  métaphoriques. 

1°  Un  grand  conquérant  qui  domine  sur 
les  autres  princes.  Ezcch.  17.  3.  Aquila  gran~ 
dis,  magnarum  alarum  venit  ad  Libanum  et 
tulit  meduUam  cedri  :  Un  aigle  puissant  qui 
avait  de  grandes  ailes...  vint  sur  le  mont 
Liban,  et  emporta  la  moelle  d'un  cèdre,  v. 
7.  Voy.  Medulla.  Cet  aigle  était  Nabuchodo- 
nosor,  roi  de  Babylone,  qui  emmena  Joa- 
chin,  roi  de  Judée.  Voy.  Deut.  28.  '*9.  Jerem. 
48.  40.  c.  49.  22.  Ezech.  17.  7.  Et  facta  est 
aquila  altéra  grandis  :  Un  autre  aigle  parut 
ensuite  qui  était  grand,  savoir,  le  roi  d'E- 
gypte. Ainsi,  Ose.  8.  1.  Quasi  aquila  super 
domum  Êomini  :  C'est  l'ennemi  qui  vient 
fondre  sur  la  Judée,  et  qui  devait  ruiner  le 
temple. 

2°  Le  grand  animal  mystique.  Apoc.  4.  7. 
Quartum  animal  simile  aquilœ  volanli  :  Cet 
aigle  représentait  saint  Jeun,  le  quatrième 
évangéliste,  selon  le  sentiment  le  plus  com- 
mun. Voy.  Animal 3°.  Ezech.  1.10.  c.  10.  14. 
In  quarto  faciès  aquilœ  :  La  quatrième  laco 
était  celle  d'un  aigle, 

3°  les  fidèles  qui  souhaitent  avec  ardeur  so 
joindre  à  Jésus-Christ,  et  se  repaître  de  sa 
chair  et  de  son  sang  pour  vivre  éternelle- 
ment avec  lui,  sont  appelés  des  aigles.  Matth. 
24.  28.  Ubictimquc  fuerit  corpus,  (ir.  cadaver^ 
illic  congreqabuntur  et  aquilœ  :  Partout  où 
le  corps  se  trouvera,  les  aigles  s'y  assem- 
bleront. Luc.  17.  37.  parce  que  l'aigle, 
comme  dit  Job  .39  .  .30,  (Jbicumquc  cadattr 
fuerit,  slalim  adcst  :  En  quehjiic  lieu  que  pa-t 
raisse  un  corps  mort,  il  iond  dessus. 

Jl 


331 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


332 


§2.  —  Phrases  tirées  des  propriétés  de  l'aigle. 
1°  L'aigle  est  un  oiseau  très-fort  et  très- 
vite  qui  vit  de  proie;  ainsi  on  lui  compare 
des  princes  ou  des  nations  puissantes  qui  se 
rendent  mnîtres  du  pays  des  autres.  Deut. 
28.  49.  Adducet  Dominus  super  te  gentem  de 
longinquo...  in  similitudinem  aquilœ  volantis 
ciim  impetu  :  Le  Seigneur  vous  amènera  un 
peuple  des  pays  les  plus  reculés...  qui  se 
jettera  sur  vous  comme  un  aigle  fond  sur  sa 
proie.  Dieu  marquait  par  là  les  Babyloniens, 
et  encore  plus  les  Romains  PjUi  onl  ruiné  la 
nation  des  Juifs  de  fond  en  comble.  Prov. 

30.  17.  Jerem.  48.  40.  c.  49.  22.  Ose.  8.  1. 
Habac.  1.  8. 

2°  On  dit  que  les  aigles  ont  cela  de  parti- 
culier qu'ils  prennent  leurs  petits  et  les  por- 
tent sur  leurs  ailes  pour  leur  apprendre  à 
voler,  et  en  voltigeant  devant  eux,  les  ac- 
coutument doucement  à  faire  de  même.  Dieu, 
se  comparant  à  cet  oiseau,  marque  la  ten- 
dresse de  l'amour  qu'il  portait  aux  Israé- 
liles.  Deut.  32.  11.  Sicut  aquilaprovocans  ad 
volandum  pullos  suos  et  super  eos  voiitans, 
expandit  alas  suas,  et  assumpsit  eum,  atque 
portavit  in  humeris  suis  :  Comme  un  aigle 
attire  ses  petits  pour  leur  apprendre  à  vo- 
ler, et  voltige  doucement  sur  eux;  il  a  de 
même  étendu  ses  ailes,  il  a  pris  son  peuple 
sur  lui,  comme  l'aigle  se  charge  de  ses  ai- 
glons, et  il  l'a  porté  sur  ses  épaules. 

3°  L'aigle  vole  avec  une  vitesse  extraor- 
dinaire ;  c'est  do  là  que  David  tire  l'éloge 
qu'il  donne  à  Saùl  et  à  Jonathas  de  leur  ha- 
bileté dans  la  guerre.  2.  Reg.  1.  23.  Aquilis 
velociores  :  Ils  étaient  plus  viles  que  les  ai- 
gles. Job.  9.  26.  Sicut  oquila  volans  ad  es- 
ca7n  :  Ils  ont  passé  avec  la  même  vitesse 
qu'un  aigle  qui  fond  sur  sa  proie.  Prov.  23. 
5.  c.  30.  19.  Jer.  4. 13.  Thren.  4.  9. 

4°  Les  auteurs  rapportent  que  l'aigle  dans 
sa  vieillesse  se  renouvelle  et  rajeunit;  soit 
parce  que  son  bec  étant  devenu  trop  crochu 
dans  sa  vieillesse  ,  il  en  émousse  le  bout 
sur  la  pointe  des  rochers  pour  mieux  pren- 
dre sa  nourriture;  soit  parce  que  les  plu- 
mes leur  reviennent  (  Voy.  Mich.  1.  16), 
comme  il  semble  que  le  dit  aussi  Isaïe,  c.  ^0. 

31.  Mutabunt  fortitudinem  :  assument  pennas 
sicut  aquilœ  :  Ceux  qui  espèrent  au  Seign>>ur 
trouveront  de  nouvelles  forces,  comme  font 
les  aigles  qui  renouvellent  leurs  plumes. 
Voy.  AssuMERE  ;  soit  enfin  parce  que  l'aigle 
étant  un  des  animaux  qui  vivent  le  plus  long- 
temps, on  peut  regarder  comme  un  renou- 
vellement de  jeunesse  la  vigueur  extraordi- 
naire qui  paraît  dans  sa  vieillesse.  Quoi  qu'il 
en  soit,  le  prophète  se  sert  de  cet  exemple 
pour  montrer  les  faveurs  dont  Dieu  comble 
les  fidèles.  Ps.  102.  5.  Renovabitur  ut  aquilœ 
juventus  tua  :  Il  renouvelle  votre  jeunesse 
comme  celle  de  l'aigle,  Voy.  Renovare. 

5°  Comme  l'aigle  vole  fort  haut,  il  met 
aussi  son  nid  dans  les  lieux  les  plus  élevés 
et  hors  d  atteinte  de  tout  danger.  L'Ecriture 
prend  cet  exemple  pour  représenter  l'or- 
gueil et  la  fierté  des  Iduméens.  Jerem,  49. 
16.  Cum  exnltav>ivis  qun.H  nnuilti  nidum 
iuuîii.  inde  dclraiium  le  :  QUiind  vous  auriez 


élevé  votre  nid  aussi  haut  que  l'aigle,  je 
vous  arracherais  néanmoins  de  là,  dit  le 
Seigneur.  Abd.  v.  4, 

6°  Les  plumes  de  l'aigle  sont  fort  grandes; 
ainsi  Daniel  dit  que  quand  Nabuchodonosor 
fut  chassé  de  la  compagnie  des  hommes,  ses 
cheveux  crûrent  comme  les  plumes  d'un  ai- 
gle, c.  4.  30.  Donec  capilli  ejus  in  similitudi-' 
ncm  aqxiilarum  crescerent  :  Non-seulemenl 
les  cheveux  de  sa  tête,  mais  aussi  tout  le 
poil  de  sa  barbe  et  de  son  corps,  de  sorte 
qu'il  ressemblait  bien  plus  aux  oiseaux  et 
aux  bêtes  féroces  qu'à  un  homme. 

Aquila,  m.  Gr.  A/ûAa?.  Nom  d'homme,  un 
Juif  converti  à  la  foi  de  Jésus-Christ ,  lequel 
était  de  ia  province  du  Pont.  Acl.  18.  2.  Et 
inveniens  quemdam  Judœum  nomine  Aquilam, 
Ponticum  génère  :  Saint  Paul  venant  d'Athè- 
nes à  Corinthe,  trouva  un  Juif  nommé  Aqui- 
las,  originaire  du  Pont.  Voy.  Priscilla.  Il 
y  a  eu  un  interprète  de  l'Ancien  Testament 
qui  était  du  temps  d'Adrien,  qui  portait 
aussi  le  nom  d'Aquila,  et  qui  était  un  Juif 
de  la  province  du  Pont;  ainsi  il  ne  le  faut 
pas  confondre  avec^jet  Aquilas. 

AQUILO,  Nis,  Gr.  ^opéxç ,  ou  poppàç.  Ce 
mot  vient  du  grec  «zipo?,  l'r  changé  en  /, 
comme  il  se  voit  en  plusieurs  autres  mots. 

Aquilon,  vent  qui  souffle  du  côté  du  nord 
du  point  oriental  du  cercle  polaire. 

1"  le  vent  d'aquilon.  Prov.  25.  23.  Ventus 
aquilo  dissipât  pluvias  :  Ce  vent  dissipe  la 
pluie,  comme  le  visage  triste  dissipe  la  mé- 
disance. Job.  37.  22.  .46  aquilone  aurum  fe- 
nit  :  L'or  vient  du  côté  de  l'aquilon.  Il  vient 
une  grande  quantité  d'or  dans  les  pays 
même  septentrionaux  ,  quoiqu'il  semblait 
qu'il  ne  dût  être  formé  que  dans  les  pays  les 
plus  chauds  du  côté  du  midi.  Eliu  fait  en- 
core considérer  cette  merveille  que  Job  ne 
peut  pénétrer  ;  mais  la  plupart  des  interprè- 
tes entendent  ici  par  Vor  l'éclat  brillant  d'un 
air  serein,  et  disent  que  ces  paroles  ne  mar- 
quent autre  chose,  sinon  que  le  vent  du 
nord  ramène  le  temps  serein  qui  est  brillant 
comme  l'or.  Cant.  4. 16.  Surge,  aquilo,  veni, 
Auster  ;  L'épouse  comparée  à  un  jardin  ap- 
pelle les  deux  vents  principaux,  celui  du 
nord  et  celui  du  midi,  pour  répandre  la 
bonne  odeur  dont  elle  est  remplie.  Ce  jardin 
est  l'Eglise,  que  le  saint  Esprit,  comparé  au 
vent,  rafraîchit,  purifie  et  rend  fertile.  Eccli. 
43.  V.  18.  22. 

2°  Le  nord,  la  partie  septentrionale  du 
monde.  Ps.  88.  13.  Aquilonem  et  mare  tu 
creasti  :  Vous  avez  créé  l'aquilon  et  la  mer, 
c'est-à-dire  la  partie  septentrionale  du 
monde,  et  la  partie  méridionale  où  sont  les 
grandes  mers.  Ps.  lOG.  3. 

3°  Les  pays  qui  au  regard  de  la  Palesline 
étaient  du  côlé  du  nord.  Jer.  1.  v.  13.  14.  Ab 
aquilone  pandetur  malum  super  omnes  habi- 
tatores  terrœ  :  Les  maux  viendront  fondre 
du  côlé  de  l'aquilon  sur  tous  les  habitants 
de  la  terre.  Ce  côté  de  l'aquilon  marque  la 
Chaldée  ou  Babylone,  d'où  Nabuchod.onosor 
devait  venir  sur  la  Judée  comme  un  fléau  de 
Dieu,  pour  la  ravager.  Ce  mot  est  presque 
partout  ea  ce  sens  dans  ce  prophète^  chap. 


333 


AQU 


13.  20.  Levate  oculos  veslros,  et  videte  gui  ve- 
nitis  ab  aquilone  .-Levez  les  yeux,  et  consi- 
dérez, vous  qui  V(Miez  du  nord;  qui  êles  au 
nord  à  l'égard  de  Jérusalem  ;  Gr.  Lésez  les 
yeux,  ô  Jérusalem,  et  considérez  ceux  qui 
viennent  de  l'aquilon  (  contre  vous  )  de 
même  en  hébreu.  Zach.  2.  6.  Fugite  de  lerra 
aquilonis  :  Fuyez  de  la  terre  d'aquilon  ;  c'est 
encore  Babylone  qui  est  presque  toujours 
appelée  le  pays  d'Aquilon,  parce  qu'il  est  au 
septentrion  de  la  Judée,  tirant  vers  l'orient. 
c.  G.  V.  6.  8.  Ezech.  38.  v.  6.  15.  c,  39.  2. 

L'Assyrie  est  aussi  appelée  de  ce  nom. 
Soph.  2.  13.  Et  extendet  manum  suam  super 
aquilonem  :  Le  Seigneur  étendra  sa  main 
contre  l'aquilon,  il  perdra  le  peuple  d'Assy- 
rie. Jerem.  50.  3,  Ascendit  conlra  eam  gens 
ab  aquilone  :  Un  peuple  vient  de  l'aquilon 
contre  Babylone.  v.  9.  41.  c.  51.  kS.  11  mar- 
que les  peuples  qui  devaient  venir  avec  Cy- 
rus  pour  prendre  Babylone,  et  se  rendre  maî- 
tres du  pays.  Ainsi,  Jer.  3. 12.  Clama  contra 
aquilonem  :  Criez  vers  l'aquilon;  c'est-à- 
dire  aux  Israélites,  qui  avaient  été  transpor- 
tés dans  le  pays  des  Assyriens. 

La  Judée  au  regard  des  Philistins.  Isa.  14. 
31.  Ab  aquilone  fumus  veniet,  et  non  est  qui 
effugiet  agmen  ejus  :  Les  bataillons  viennent 
de  l'aquilon  comme  un  tourbillon  de  fumée, 
et  nul  ne  pourra  se  sauver.  Le  prophète 
parle  de  l'armée  du  roi  Ezéchias  qui  devait 
sortir  de  Jérusalem,  pour  venir  fondre  sur 
les  Philistins  qui  sont  au  midi  à  l'égard  de 
celte  ville. 

Le  mont  de  Sion  ,  situé  au  septentrion  de 
la  ville  de  Jérusalem.  Ps.  47.  3.  Fundatur 
exsultatione  universœ  terrœ  mens  Sion,  latera 
aquilonis  :  Le  mont  de  Sion,  situé  du  côlé 
de  l'aquilon,  est  fondé  avec  la  joie  de  toute 
la  terre.  C'est  de  ce  côté-là  qu'était  le  tem- 
ple. Isa.  13.  14.  Sedebo  in  monte  testamenli, 
in  lateribus  aquilonis  ;  Je  m'a^seyerai  sur  la 
montagne  de  l'alliance,  aux  côtés  de  l'aqui- 
lon. C'est  ce  que  dit  Nabuchudonosor,  qui 
représente  le  démon. 

L'Ecriture  fait  mention  de  plusieurs  rois 
de  l'aquilon,  c'est-à-dire  de  Syrie  ou  d'Asie, 
principalement  dans  le  prophète  Daniel.  Les 
plus  considérables  étaient  : 

1°  Antiochus,  surnommé /e  G^rand,  à  cause 
de  ses  beaux  exploits  dans  la  guerre,  et 
parce  qu'il  aimait  la  justice,  fut  fils  de  Sé- 
leucus  Callinicus,  et  succéda  à  Séleucus  Ce- 
raune,  son  frère,  d.ins  le  royaume  de  Syrie. 
Il  porla  ses  armes  contre  Plolémée  Philopa- 
tor,  roi  d'Egypte,  prétendant  quelques  druils 
dans  les  provinces  de  ce  prince.  Après  quel- 
ques légers  combats,  ils  se  donnèrent  une 
sanglante  bataille  où  Anliochus  fut  défait: 
il  demanda  une  trêve  pour  un  an  qui  lui  fut 
accordée.  Ensuite  ils  tirent  la  paix,  mais 
elle  ne  dura  pas  longtemps  ;  car  Anliochus, 
voulant  effacer  l'allVonl  qu'il  avait  reçu  à  la 
bataille  de  Raphia,  reprit  les  armes  contre 
les  Egyptiens  ;  il  défit  Philopalor  et  se  ren- 
dit maîLic  de  toutes  les  villes  que  le  roi  d'E- 
gypte tenait  dans  la  Judée.  Phil(>p;itor  ayant 
laissé  un  Gis  en  bas  âge  pour  héritier  di-  ses 
Etals.  Anliochus  résolut  de  l'en  dépouiller; 


AQU  334 

et,  pour  le  surprendre  plus  aisément,  il  lui 
donna  en  mariage  Cléopâîre,  sa  fllle,  d'une 
excellente  beauté,  afln  de  se  servir  d'elle 
pour  savoir  les  desseins  de  Ptolémée  Epi- 
pbanès;  mais  Cléopâtre  aima  mieux  de- 
meurer Odèle  à  son  mari  que  de  le  trahir  en 
faveur  de  son  père  (  Voy.  Filia  ).  Cepen- 
dan;  Antiochus,  se  laissant  persuader  par 
Annibal,  entreprit  de  faire  la  guerre  aux 
Romains.  D'abord  il  eut  quelque  succès 
heureux;  il  prit  sur  eux  Chalcide,  l'île  dEu- 
bée,  Rhodes,  Samos  et  quelques  autres  (Voy. 
Lvsula).  Il  arrêta  pour  quelque  temps  par 
ses  adresses  les  Romains  en  les  amusant  ; 
mais  le  consul  Scipion  VAsi  itique,  assisté  de 
son  frère  Scipion  l'Africain,  lui  donna  ba- 
taille près  de  Magnésie  en  Carie,  et  lui  déût 
cinquante-quatre  mille  hommes.  Antiochus 
fort  affaibli  fut  obligé  de  demander  la  paix; 
elle  lui  fut  accordée  avec  des  conditions 
très-fâcheuses.  Ce  prince,  dépouillé  d'une 
bonne  partie  de  ses  Etals,  se  relira  dans  le 
fond  de  la  Syrie;  et,  voulant  en  quelque  ma- 
nière réparer  les  pertes  qu'il  avait  f.iiies  il 
résolut  de  passer  dans  l'Elyraaïde  pour  p'il- 
1er  le  temple  de  Jupiter  Bélus,  mais  il  y  fut 
tué  avec  ses  gens,  environ  l'an  du  monde 
3815.  Daniel  fait  mention  de  lui  sous  le  nom 
de  roi  de  l'Aquilon,  depuis  le  v.  10.  jusqu'au 
20.  du  chap.  11.  Voy.  1.  M;ich.  c.  11.  c.  8.  6. 
Antiochus  Epiphanès,  c'est-à-dire  l'Illus-^ 
ire;  d'autres  l'appellent  Epimanès,  le  Fu- 
rieux. Il  était  fils  d'Antiochus  le  Grand,  et 
frère  de  Séleucus  Philopator.  Après  la  défaite 
d'Anliochus,  son  père,  il  fut  emmené  pour 
otage  à  Rome,  mais  il  en  sortit  au  bout  de 
trois  ans,  et  Démétrius,  fils  de  Séleucus,  fut 
envoyé  à  sa  place.  Séleucus,  son  frère,  étant 
mort,  il  se  hâta  de  s'emparer  du  royaume 
qui  appartenait  au  petit  Démétrius,  son  ne- 
veu, qu'il  y  établit  en  son  absence,  sous  l'ap- 
parence d'une  bonté  feinte  et  d'une  fausse 
clémence.  La  première  année  de  son  règne, 
il  ôta  la  grande  sacrificature  à  Onias,  qui 
clait  d'une  excellente  piété,  et  la  donna  à 
l'impie  Jason.  son  frère;  et  l'année  suivante, 
il  l'ôla  encore  à  Jason  pour  la  donner  à  Mé- 
nélaiis,  qui  lui  en  offrait  plus  d'argent.  De- 
puis, sous  prétexte  de  la  tutelle  de  son  neveu, 
Plolémée  Philométor,  qu'on  lui  refusaii,  il 
entra  en  Egypte  et  ravagea  tout  jusqu'aux 
portes  d'Alexandrie;  mais  il  fut  obligé  de 
s'en  revenir  sans  rien  faire.  Il  retourna  une 
autre  fois  en  Egypte,  mais  les  Romains  s'op- 
posèrent à  ses  disseins  :  de  sorte  qu'à  son 
retour,  ayant  appris  que  Jason  avait  voulu 
se  rendre  maître  de  la  ville  de  Jérusalem,  il 
vint  l'assiéger  et  exerça  d'horribles  cruautés 
contre  les  Juifs.  Quatre-vingt  mille  hommes 
y  lurent  tués,  et  quarante  mille  faits  prison- 
niers et  autant  de  vendus.  Ce  prince  impie 
entra  dans  le  sanctuaire,  profana  le  temple; 
il  y  mit  la  statue  de  Jupiter  Olympien  et  lui 
fit  oITrir  des  sacritices;  il  en  emporta  l'autel 
d'or,  le  chandelier,  la  table  où  les  pains 
étaient  exposés,  tous  les  vaisseaux  sicrés  cl 
tout  l'argent  du  trésor.  A  son  retour  a  An-, 
liuche,  il  fit  mourir  les  sept  frères  Macha- 
bcc,  avec  leur  mère  et  le  sa^e  vieillard  Eléa< 


zar  II  envoya  Apollonius  en  Judée,  qui  tua 
en  un  jour  de  sabbat  tous  ceux  qui  s'élaient 
assemblés  pour  les  sacriflccs.  Ce  fut  alors  que 
le  iîénéreux  Matthathias  assembla  quelques 
tro'upcs  pour  résister  aux  gouverneurs  qu'An- 
tiochus  avait  laissés  dans  la  Judée  :  Judas 
Macbabée,  son  Cls,  déflt  trois  généraux  d'An- 
liocbus;  et  étant  entré  dans  Jérusalem,  il 
purifia  le  temple  et  fit  ja  dédicace  de  laulel. 
Ce  prince  impie,  qui  est  appelé  radix  pecca- 
tricc,  race  corrompue,  1.  Mac.  1.  11.  ayant 
résolu  de  piller  le  temple  de  Persépolis,  au 
pays  des  Eliméens,  il  en  fut  chassé  avec  les 
siens.  Lorsqu'il  fut  revenu  à  Babylone,  il  ap- 
prit les  victoires  des  Juifs  et  la  fuite  honteuse 
de  Lvsias,  le  général  de  ses  troupes  ;  ce  qui 
le  mit  en  une  si  étrange  colère,  qu'il  jura 
d'exterminer  la  nation  juive;  mais,  se  sen- 
tant frappé  d'une  plaie  horrible,  il  reconnut 
le  pouvoir  de  la  main  vengeresse  de  ses  im- 
piétés et  de  ses  blasphèmes,  et  mourut  ainsi 
misérablement,  sans  pouvoir  fléchir  la  juste 
colère  de  Dieu  par  sa  fausse  pénitence  et  par 
ses  larmes  :  ce  fut  l'an  du  monde  38^0.  Da- 
niel fait  mention  de  ce  prince,  ch.  8.  v.  9.  et 
suivants, elch. 11  depuis  leverset  -li.  jusqu'à 
la  fin;  et  1.  Mach.  1.  li.  jusqu'au  ch.6.  16. 
2.  Mach.  1.  V.  li.  16.  et  ch.  i.  7.  et  suivants. 

3°  Antiochus,  surnommé  Theos  ou  le  Dieu; 
ce  nom  lui  fut  donné  par  les  Milésiens,  parce 
qu'il  les  avait  délivrés  du  tyran  Timarque. 
Ce  prince  était  fils  d'Antiochus  Soter,  cà  qui 
il  succéda ,  et  entreprit  la  guerre  contre 
Ptolémée  Philadelphe,  roi  d'Egypte.  Celle 
guerre  ne  se  termina  que  par  le  mariage  de 
Bérénice,  fille  du  dernier,  qu'Antiochus 
épousa,  bien  qu'il  eût  déjà  deux  fils  de  Lao- 
dicé.  Cette  reine  en  fut  si  irritée,  qu'elle  ré- 
solut de  s'en  venger  sur  son  mari  et  sur  sa 
rivale.  En  effet,  elle  fit  empoisonner  son 
mari  et  fil  mettre  en  son  lit  un  certain  Ar- 
temon,  qui  lui  ressemblait  parfaitement  de 
visage,  et  feignit  que  le  roi  était  malade  à 
l'extrémité.  Mais  n'étant  pas  satisfaite  de 
celte  vengeance,  elle  fit  poignarder  Bérénice 
dans  le  faubourg  d'Antioche,  dit  Daphné.  Le 
règne  d'Antiochus  le  Dieu  fut  de  quiïize  ans, 
il  mourut  environ  l'an  du  monde  £807.  Da- 
niel en  parle,  ch.  11.  v.  G.  Filia  régis  austri 
reniet  ad  regcm  aquilonis  facere  amicitiam  : 
La  fille  du  roi  du  midi  viendra  épouser  le  roi 
de  l'aquilon. 

k"  Séleucus,  fils  d'Antiochus  le  Dieu,  fut 
surnommé  par  ironie  Callinicus,  c'est-à-dire 
Ylieureux  combattant,  parce  qu'il  réussit  mal 
dans  toutes  ses  entreprises.  Ptolémée  Ever- 
gètes,  fils  de  Ptolémée  Philadelphe,  lui  dé- 
clara la  guerre  pour  venger  la  mort  de  Bé- 
rénice, sa  sœur,  le  défit  en  plusieurs  ren- 
contres, ravagea  son  royaume  et  lui  enleva 
la  meilleure  partie  de  ses  Etats.  Daniel  11.  v. 
7.  8.  Veniet  cum  exercilu,  et  ingrediclur  pro- 
rinciam  régis  aquilonis,  et  abutetur  ea  et  ob- 
tincbit  :  Evergèles  viendra  avec  une  grande 
armée,  il  cntrcradans  les  provinces  du  roi 
de  l'aquilon,  il  y  fera  de  grands  ravages  et 
s'en  rendra  le  maître.  11  mourut  d'une  chute 
de  cheval,  après  avoir  régné  vingt  ans,  envi- 
ron l'an  du  monde  3827. 


DICTIONNAIRE  OE  PHILOLOGIE  SACREE.  S3rt 

k°  Le  pôle  arctique.  Joh.  26.  7.  Qui  exten- 
dit  aquiloneni  super  vacuwn  :  C'est  lui  qui  fait  > 
reposer  le  pôle  du  septentiion  sur  le  vide  et  ï 
qui  suspend  la  terre  sur  le  néant.  Ce  pôle  se 
prend  pour  tout  le  monde,  parce  qu'il  nous 
est  plus  connu  que  l'autre;  et  comme  celle 
partie  septentrionale  paraît  plus  élevée  que 
les  autres,  elle  est  appuyée  sur  celles  qui  sont 
dessous,  et  il  ne  paraît  rien  qui  soutienne 
celles-ci. 

5°  Le  froid  ténébreux  dont  est  remplie  une 
âme  qui  meurt  dans  le  péché.  Eccli.  11.  3.  Si 
cecîderit  lignum  ad  austrum  aut  ad  aqiiilonem^ 
in  quocumque  loco  ceciderit,  ibi  erit  :  Si  l'ar- 
bre tombe  au  midi  ou  au  septentrion,  en 
quelque  lieu  qu'il  sera  tombé,  il  y  demeu- 
rera. Celui  qui  meurt  dans  l'amour  de  Dieu 
et  dans  celle  chaleur  divine  qui  donne  la  vie 
à  l'âme,  tombe  du  côlé  du  midi;  mais  celui 
qui  meurt  dans  le  péché  et  dans  le  froid  téné- 
breux qui  tue  l'âme,  meurt  du  côté  de  l'a- 
quilon. 

AR,  Heb.  Urbs.  Ville  capitale  des  Moabi- 
tes,  située  sur  le  torrent  d'Arnon,  qui  donnait 
son  nom  à  toute  la  province.  Num.  21.  v.  15. 
28.  Deul.  2.  v.  9.  18.  29.  Isa.  15.  1.  Voyez 
Aroer. 

ARA.  Ce  mot,  quand  il  est  nom  propre, 
signifie  —  1°  l'un  des  fils  de  Jéther,  de  la  tri- 
bu d'Aser  (Heb.  maledicens).  1.  Par.  7.  38. — 
2°  Pays  ou  contrée  où  les  Israélites  furent 
transportés,  qu'on  croit  être  dans  la  Médio 
(Heb.  montanus).  1.  Par.  5.  26.  Comparez  cet 
endroit  avec  i.  Reg.  17.  6.  et  c.  18.  11.,  c'est 
le  même  mol  que  Haran.  Saint  Jérôme  croit 
que  c'est  Rages,  dont  il  est  fait  mention  Tob. 
1.  16. 

ARA,  M,  puaôç.  Ce  nom  vient,  ou  du  grec 
«oà,  qui  signifie  prière,  ou  de  l'ancien  mot 
asa,  pour  ansa,  parce  qu'on  tenait  ou  qu'on 
touchait  les  autels  avec  la  main  lorsqu'on 
sacrifiait. 

Autel,  lieu  élevé  en  forme  de  table,  pour 
sacrifier  à  quelque  divinité;  soil  aux  faux 
dieux,  Exod.  3i.  13.  Aras  eorum  destrue  : 
Renversez  leurs  autels.  Num.  23.  v.  1.  2.  k. 
et  il  se  trouve  en  celle  signification  très-sou- 
vent dans  l'Ecriture;  soit  au  vrai  Dieu,  Ec- 
cli. oO.  13.  Jpse  stans  juxta  aram  :  Le  pon\ife 
Simon  se  tenant  debout  à  l'autel,  v-  15.  Ba- 
ruch.  1.  10.  2.  Mac.  2.  20. 

ARAAS  ,  JE ,  Heb.  Harhas ,  Calor.  Nom 
d'homme,  fils  de  Thécuas  et  gardien  des  vête- 
ments sacrés,  h.  Reg.  22.  Ik. 

ARAB,  Heb.  Multiplicans,  ville  de  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  52. 

ARABIA,  JE,  Rah.V espéra.  Ce  mot  vient  du 
mol  hébreu  arab,  qui  signifie  mêler,  obscur- 
cir, négocier  :  c'est  de  là  que  les  Arabes  ont 
tiré  leur  nom,  soit  parce  que  c'est  une  na- 
tion mêlée  de  beaucoup  d'autres,  soit  à  cause 
de  leur  couleur  brune  et  basanée,  soit  enfin 
parce  qu'ils  se  donnent  beaucoup  au  trafic. 
L'Arabie  se  divise  en  trois  grandes  provin- 
ces, Arabie  Heureuse,  Arabie  Pierreuse  ou 
Pétrée,  et  Arabie  Déserte.  Dans  l'Ecriture  ce 
nom  signifie  : 

1"  L'Arabie  en  général,  ce  grand  et  vaste 
pays.  3    Reg.  10.  15.  Omnes  reges  Arabiœ  : 


I 

1 


S57 


ARÂ 


ARA 


338 


Tous  les  rois  d'Arabie.  2.  Par.  9.  IV.  Isa.  21. 
13.  Ezech.  27.  21.  Galat.  1.  17. 

2°  Partie  d'Arabie,  savoir  les  Sabéens  dans 
l'Arabie  Heureuse,  pays  fertile  en  or  (Heb. 
Scheba).  Ps.  71.  15.  Dabitur  idi  de  auro  Ara- 
biœ  :  On  lui  donnera  de  l'or  de  l'Arahie,  et 
tout  ce  qu'il  y  aura  de  plus  précieux  lui  sera 
offert.  Voy.  Arabs,  quatrième  signification. 

3°  L'Arabie  Pétrée  ou  Pierreuse.  Galat.  k. 
25.  Sina  enim  mons  est  in  Arcjbia  :  Car  Sina 
est  une  montagne  de  l'Arabie  (appelée  Pier- 
reuse). 

h"  L'Arabie  Déserte.  Jerem.25.  2i.  Cunctis 
regibus  Arabiœ  qui  habitant  in  deserto  :  A 
tous  les  rois  d'Arabie  qui  habitent  dans  le 
désert. 

ARABS,  BIS,  Heb.  Vespertinus,  Arabe,  qui 
est  du  pays  d'Arabie  ;  mais  parce  qu'il  y  a 
plusieurs  provinces  ou  contrées  dans  l'Ara- 
bie, il  y  a  aussi  plusieurs  sortes  d'Arabes. 

l""  Les  Arabes  voisins  de  la  Judée.  2.  Par. 
17.  11.  Arabes  quoque  adducebant  pecora  :  Les 
Arabes  amenaient  aussi  à  Josaphat  des  trou- 
peaux, sept  mille  sept  cents  moutons  et  au- 
tant de  boucs.  Ce  prince  .s'était  rendu  mnître 
de  quelqu'un  de  ces  peuples,  qui  lui  payait 
ce  tribut.  2.  Esdr.  2.  19.  c.  i.  7.  c.  6.  1.  1. 
Macb.  o.  39.  c.  11.  y.  17.  39.  c.  21.  31.  2. 
Mach.  12.  V.  10.  IL 

2°  Les  Arabes  qui  habitaient  le  pays  voisin 
de  l'Ethiopie.  2.  Par.  21.  16.  Sascitavil  Do- 
minus  contra  Joram  spiritum  PInlistinorum 
et  Arabum,  qui  confines  sunt  /EthiopibaS  :  Le 
Seigneur  excila  contre  Joram  l'esprit  des 
Philistins  et  des  Arabes  voisins  des  Ethio- 
piens :  ce  sont  les  habitants  des  deux  Ara- 
bles, Pétrée  et  Heureuse,  c.  22.  1. 

3°  Les  Arabes  qui  demeuraient  dans  Gur- 
baal.  2.  Par.  26.  î.  Adjuvit  eum  Deus  contra 
Philislim  et  contra  Arabes  qui  habitabant  in 
Gurbaal  :  C'était  un  quartier  qui  était  au  midi 
de  la  Judée,  et  avait  les  Philisiins  vers  l'occi- 
dent. Saint  Jérôme  croit  que  c'est  Gérara,  oii 
demeura  Abraham.  On  croit  que  c'est  Pétra, 
et  non  Gérara.  Lubin. 

4°  Les  Arabes  qui  habitent  l'Arabie  Heu- 
reuse (Heb.  Scheba).  Ps.  71.  10.  Rrges  Arabum 
et  Saba  dona  adducent  :  Les  rois  de  l'Arabie 
et  de  Saba  lui  apporteront  des  dons. 

5°  Les  Arabes  de  l'Arabie  Déserte,  appelés 
Scénites,  parce  qu'ils  n'ont  point  de  mai^o^s 
et  n'habitent  que  sous  des  tentes.  Isa.  13. 
20.  Nec  ponet  ibi  tentoria  Arabs  :  Les  Arabes 
ne  dresseront  pas  même  leurs  tentes  à  Baby- 
lone  ;  elle  demeurera  si  déserte,  qu'il  n'y 
aura  point  de  pâturage  pour  les  troupeaux 
des  Arabes. 

6*  Les  Arabes  de  l'Arabie  Pétrée.  2.  Mach. 
5.  8.  Conclusus  ab  Aretu  Arabum  tyranno  : 
Jason  fut  mis  en  prison  par  Arétas,  roi  des 
Arabes;  c'était  apparemment  un  des  ancê- 
tres de  celui  qui  fut  beau-père  d'Hérode  le 
te'trarque.  Voyez.  2.  Cor.  11.  32. 

7°  Les  Juifs  dispersés  par  l'Arabie.  Act.  2. 
11.  Crêtes  et  Arabes  :  Les  Cretois  et  les  Ara- 
bes étaient  étonnés  d'entendre  les  apôtres 
parler  en  leurs  langues. 

ARAC.îiUS,  I,  Heb.  Nervus.  Aracœus,  un 
des  Ûls  de  Ghanaan.  Geucs.  10.  17.  1.  Par.  1. 


15.  Saint  Jérôme  croit  que  cest  Itti  qui  a 
donné  son  nom  à  la  ville  d'Arcas,  près  du 
mont  Liban.  Ce  nom  peut  aussi  signifier  le 
peuple  descendu  d'Arki,  ce  même  fils  de  Cha- 
naan.  Voyez  Archi. 

ARACH,  Heb.  Longitudo,  ville  célèbre  où 
Nemrod  a  régné.  Gènes.  10.  10.  Principium 
regni  ejus  Babylon  et  Arach  :  La  ville  capitale 
de  son  royaume  fut  Babylone  et  Arach.  Saint 
Jérôme  croit  que  c'est  Édesse,  mais  Bochart 
la  met  dans  la  Susiane,  sur  le  Tigre 

ARACHITES,  m,  Heb.  Longus.  Arachien, 
qui  est  d'Arach.  2.  Reg.  15.  32.  Occurrit  ci 
Chusai  arachites  :  Chusaï  d'Arach  vint  au  de- 
vant de  David.  Chusaï  était  plutôt  de  la  ville 
d'Archi.  dans  la  tribu  d'Ephraïm,  que  d'A- 
rach. Il  est  parlé  de  cette  ville,  Jos.  16.  2.  2. 
Reg.  16.  16.  c.  17.  v.  5.  li.  1.  Par.  27.  33.  Le 
Grec  et  l'Hébreu  portent  Chusaï  d'Arki. 
Voyez  Chl'sa.1. 

ARAD,  Heb.  âne  sauvage,  Onager.  Nom 
d'une  ville  au  pajs  des  Amorrhéens,  dont  le 
roi  fut  vaincu  par  les  Israélites.  Num.  21.  1. 
c.  33.  ii.  Judic.  1.  16.  Voyez  Hered,  Edeb, 
Arath,  Hadar. 

ARADâ,  Heb.  Descensus.  Arada,  le  ving- 
tième campement  des  Israélites  dans  le  dé- 
sert. Num.  .33.  v.  2i.  25. 

ARADIUS,  I,  Heb.  Dominator.  —  1°  Neu- 
vième fils  de  Chanaan.  Gen.  10.  18.  1.  Par. 
1.  16.  2°  Aradien,  habitant  d'Araden,  bâtie 
sur  la  mer  de  Tyr.  ses  habitants  étaient  de 
bons  matelots  et  de  bons  soldats.  Ezech.  27. 
8.  Aradii  fuerunt  rémiges  tui  :  Les  habitants 
d'Arad  ont  été  vos  rameurs,  v.  11. 

ARADUS,  I,  Heb.  Slupor.  Araden ,  ou 
Arade,  île  et  ville  dans  la  Méditerranée,  aux 
confins  de  la  Syrie  et  de  la  Pliénicie,  uù  les 
Romains  tenaient  autrefois  un  conseil,  au- 
quel ils  écrivirent  en  faveur  des  Juifs.  1. 
Mach.  15.  23. 

AKAIA,  Heb.  Ira  Domini.  Père  d'Ezéiel, 
qui  aida  à  rebâtir  Jérusalem.  2.  Esdr.  3.  8. 

ARAM,  Heb.  Excellentia,  —  1°  un  des  fils 
de  Sem.  Gènes.  10.  v.  22.  2.3.  1.  Par.  1.  v.  7. 
17.  —  2^  Le  fils  d'Esron.  Rulh.  i.  19.  Esron 
genuit  Aram,  Aram  gcnuil  Aminadab.  Malth. 
1.  V.  3.  i.  Luc.  3.  33.  Il  est  aussi  appelé  R  un. 
1  Par.  2.  V.  9.  10.  Voyez  Ram.  —  3"  Un  des- 
cendant dAser.  1.  Par.  7.  3i.  —  V°  La  Syrie. 
Num.  23.  7.  De  Aram  eduxit  me  Balac  :  Balac 
m'a  fait  venir  de  la  Syrie,  ou  de  la  Mésopo- 
tamie, qui  en  est  une  partie.  1.  Par.  2,  23. 
Cepitque  Gessur  et  Aratn  oppida  Jair  :  Jaïr 
prit  des  villes  de  Gessurie  et  de  Syrie.  Le  mot 
Aram  hébreu  est  exprimé  par  celui  de  Syrie 
ou  de  Mésopotamie.  Gènes.  22.  21.  c.  2'^.  10. 
c.  25.  20.  Deul.  23.  i.  Judic.  3.  8.  et  ailleurs. 
La  Syrie  est  appelée  Aram,  du  fils  de  Sem, 
par  qui  elle  a  été  peuplée,  et  du  petit-fils  de 
Nachor.  Voyez  Gen.  22.  21. 

ARAMA,  E,  Heb.  Excelsa,  —  1»  Une  ville 
en  Nephlhali.  Jos.  19.  36.  Heb.  Rama,  émi- 
nence;  elle  est  appelée  Horma,  v.  29.  — ■ 
2'  Une  ville  située  dans  les  confins  de  Juda, 
mais  assignée  à  ceux  de  Siméon.  1.  Reg.  30. 
30.  David  fit  part  aux  habitants  d'Arania  : 
In  Arama,  du  butin  gagné  sur  les  Amnléci- 
tes.  Heb.  Horma,  analhème.  Voy.  Jos   1^ 


539 


DICTIONNAIRE  DE  PHII.OLOGIE  SACRÉE. 


SIC 


14.  c.  15.  30.  c.  19.  4.  On  croit  que  c'est  la 

ïiiênie  que  Jérimolh. 

^j^^^Tsf,  __  1°  Ce  mot  écrit  par  He,  signifie 
en  hébreu,  conçu,  ou  montagnard,  et  mar- 
que Antn,  fils  de  Thaïe,  et  père  de  Lolh. 
Gènes.  11.  v.  26.  27.  28.  29.  Il  était  frère 
d'AbrahrTm  de  père,  et  non  pas  de  mère. 
Gènes.  20.  12.  Voy.  Sara.  —  2°  Un  fils  de 
Semeï,  établi  chantre  par  David.  1.  P;tr.  2J. 
9.  —  3'  Par  Alcph,  Aran  signifie  coffre,  et 
marque  un  fiis  de  Disan,  et  petit-fils  de  Seïr. 
Gènes.  36.  28.  1.  P;ir.  1.  42.  FilUBisan,  Eus 
et  Arnn.  —  k°  Un  fils  de  Jéraméel.  1.  Pjr.  2. 
25.  Heb.,  Oran. 

ARANEA,  JE.  Ce  nom  vient  du  Grec  «oâ/vi, 
qui  .se  forme  de  l'hébreu  arag,  texere.  et  si- 
gnifie: 

Une  araignée,  petit  insecte  venimeux  qui 
se  nourrit  des  mouches  qu'il  prend  avec  une 
loile  d'un  merveilleux  tissu,  qu'il  fait  pour 
se  suspendre  en  l'air.  Ses  propriétés  sont  : 

1»  Que  sa  toile  qui  est  déliée  se  rompt  et 
se  dissipe  aisément;  ainsi  la  toile  d'araignée 
marque  des  soins  ou  des  efforts  inutiles. 
Job.  8.  14.  Skut  tela  aranearum  fiducici  ejus  : 
Toute  la  confiance  de  l'hypocrite  se  dissi- 
pera comme  la  toile  d'araignée.  Isa.  59.  5. 
Ose.  8.  6.  Voy.  Tela. 

2°  Qu'elle  se  consume  et  s'épuise  par  un 
travail  continuel:  ainsi  Dieu  punit  l'iniquité 
de  l'homme  par  les  afil-ictions  et  les  maux  qui 
le  consument  et  le  dessèchent.  Ps.  38.  12.  Et 
tobescere  fecisti  sicut  araneam  animam  ejus  : 
Vous  avez  fait  dessécher  son  âme  comme  l'a- 
raignée. Ps.  89.  10.  Anni  nostri  sicut  aranea 
medilabuntur  :  Nos  années  se  passent  et  se 
consument  en  de  vaines  inquiétudes  comme 
celles  de  l'araignée,  Voy.  Meditarï  :  mtïr. 
nos  c'snnées  par  leur  fragilité  sont  semblables 
à  des  toiles  d'araignées.  Voy.  Tela. 

ARAPHA,  Heb.  Kapha,  Medicina.  Arapha, 
D0i!i  d'un  géant  Philistin,  fameux  dans  l'E- 
criture pour  avoir  eu  quatre  fils  d'une  gran- 
deur prodigieuse;  le  premier,  qui  s'appelait 
Gesbibenob,  fut  lue  par  Abisaï,  2.  Reg.  21. 
V.  16.  17.  Le  second  nommé  Saph,  fut  tué 
par  Sobochaïe,  en  la  bataille  de  Gob,  v.  18. 
le  troisième,  Goliath,  fut  tué  par  David  , 
v.  19.  et  le  quatrième,  qui  avait  21  doigts, 
par  Jonathan,  nev^u  de  David,  v.  21.  22. 
Hi  quatuor  nati  sunt  de  Arapha  in  Getli: 
Ces  quatre  géants  étaient  fils  d'Arapba,  ou, 
seifin  d'autres,  de  la  race  de  ce  gé;iui,  dont 
les  dosceiidauls  sont  anuelcs  Raphaïm.  Voy. 
Raphaïm. 

ARaKAT,  Heb.  Malediclio.  Ararat,  signifie 
l'Arniéiiie  Majeure,  qui  est  une  province  cé- 
lèbre de  l'Asie.  Isa.  37.  38.  Fugerunl  in  ter- 
ram  Ararat .  Les  fils  de  Senn;ichérib,  après 
l'avoir  percé  de  leurs  épées,  s'enftrireiil  à  la 
terre  d'Ararat;  c'esl-à-dire  dans  rArménie. 
4.  Reg.  19.  37.  Jere.  51.  27.  C'est  sur  les 
montagnes  de  ce  pays  que  larche  de  Noé  se 
reposa  après  le  déluge.  Gènes.  8.  4.  Super 
montes  Armeniœ. 

AUARl,  Ileb.  Montanus.  Le  lieu  d'où  était 
Seniraa,  fils  d'Agé.  2.  Reg.  23.  11.  Voy. 
Semma.  D'où  vient,  Ararites  œ,  Heb.  monta- 
gnard, qui  est  d'Arari,  lieu  plein  de  monta- 


gnes, dans  la  tribu  de  Juda  ou  d'Ephraim. 
2.   Reg.  23.  33.  Semma  de  Orori.  Voy.  Oko 
RI,  et  Arorites.  1.  Par.  11.  v.  33.  34 

ARARE  ,  ù.porpiK-j.  Du  grec  ùpoïv. 

1°  Labourer,  cultiver  la  terre  en  la  re- 
muant. Dent.  22.  10.  Non  arabis  in  bove  sî- 
mul  et  asino  :  y ous  n'accouplerez  point  en 
labourant  un  bœuf  et  un  âne,  parce  qu'ils 
n'ont  pas  des  forces  égales.  Dieu  marquait 
par  là  qu'il  fallait  garder  en  tout  le  bon  or- 
dre et  la  simplicité.  1.  Cor.  9.  10.  Débet  in 
spe  qui  arat,  arore;  Celui  qui  laboure  doit 
labourer  avec  espérance  de  participer  au 
fruit  de  son  travail.  Jerem.  26.  18.  Mich.  3. 
12.  Sien  quasi  ager  arabitur  :  Sion  sera  la- 
bourée comme  un  champ,  elle  sera  ruinée. 

2"  Découvrir  ce  qui  est  caché  (xaraiÎK^aâÇîtv). 
Judic.  14.  18.  Si  non  arassetis  in  vitula  mea, 
non  invenissetis  proposilionem  meam  :  Si  vous 
ne  vous  étiez  point  servi  de  ma  femme  pour 
découvrir  ce  que  j'ai  dans  l'esprit,  vous  n'au- 
riez point  trouvé  mon  éiiigme  :  de  même  que 
les  laboureurs  qui  se  servent  de  génisses 
pour  labourer  la  terre,  découvrent  ce  qui  y 
était  caché;  ou  bien  :  Arare  in  vitula  aliéna  : 
Labourer  avec  la  génisse  d'aulrui  ,  c'est  user 
pour  son  profit  de  ce  qui  appartient  à  d'au- 
tres 

3°  Etre  soumis  a  un  joug  pénible  et  diffi- 
cile. O.-e.  10.  11.  Arabit  Juda  :  3nûas  labou- 
rera ,  et  Jacob  hersera  ;  c'est-à-dire  les  tri- 
bus de  Juda  et  de  Benjamin  seront  affligées 
de  maux  auxquels  je  les  assujettirai;  d'au- 
tres disent,  seront  soumises  à  la  loi  de  Dieu, 
et  porteront  son  joug  comme  une  génisse 
qui  laboure  et  qui  fend  les  mottes.  Voy.  Con- 

FRINGERE 

4"  Travailler  avec  peine  à  faire  du  mai. 
Ose.  10.  13.  Arastis  impietalem  :  Vous  avez 
employé  tous  vos  soins  à  mal  faire.  Eccli. 
7.  13.  Noli  arare  mendacium  adversus  fra- 
trem  tuutn  :  Ne  travaillez  point  à  inventer  des 
mensonges.  Job.  4.  8.  Qui  operantur  iniqui^ 
talem;  Uebr.  qui  arant  iniquitalem ;  les  mé- 
chants se  donnent  plus  de  peine  pour  faire 
le  mal,  que  les  bons  n'en  ont  à  faire  le 
bien. 

5°  Travailler  quand  il  est  temps.  Prov.  20. 
4.  Propter  frigus,  piger  arare  noluit ,  men- 
dicabit  ergo  œstate  y  et  non  dabitur  illi  :  Le 
paresseux  n'a  pas  voulu  travailler  à  cause 
du  froid,  il  mendiera  donc  pendant  l'été,  et 
on  ne  lui  donnera  rien.  ^Irare  hieme  :  La- 
bourer l'hiver,  signifie ,  prendre  de  la  peine 
pour  avoir  du  repos. 

ARATIUNGULA,  je.  Ce  mot,  qui  est  un  di- 
minutif du  nom  verbal  aratio ,  signifie  un 
peu  de  terre  labourable,  un  petit  labourage  : 
dans  l'Ecriture  : 

Un  sillon,  une  raie  faite  avec  la  charrue, 
ou  autre  instrument.  3.  Reg.  18.  32.  Fecit- 
que  aquœduclum  quasi  per  duas  araliuncula! 
in  circuitu  al lar is  :E\\g  fit  une  rigolle  e'i 
comme  deux  petits  sillons  autour  de  l'autel. 
Heb.  et  Gr.  comme  un  sac  de  deux  mesurer 
de  blé;  c'esl-à-dire  aussi  large  que  le  se- 
rait un  tel  sac  {(lerpôrriç). 

ARATOR,  IS,  ù[ir)zbç.  Un  laboureur  qui 
s'exerce  à  labourer  la  terre.  Amos.  9.  13, 


S4i 


ARB 


ARB 


5Î2 


Comprehendet  orator  messorem  :  Les  ouvra- 
ges du  laboureur  et  du  moissonneur  s'entre- 
suivront;  ce  qui  marque  une  grande  abon- 
dance, quand  il  y  tant  à  moissonner,  qu'on 
ne  peut  pas  avoir  assez  tôt  fait  pour  labou- 
rer la  terre,  lorsque  le  temps  en   est  venu. 

I.  Reg.  8.  12.  Le  laboureur  est  marqué  par 
celui  qui  tient  la  charrue.  Eccli.  38.  26.  Qui 
tenet  aratrum  :  Celui  qui  mène  une  char- 
rue. 

ARÂTRUM,  1.  «poTjOov,  1°  Lne  cnarrue,  in- 
strument de  laboureur,  composé  d'un  train 
monté  sur  deux  roues,  qui  a  un  gros  fer 
pointu  et  un  autre  tranchant  pour  ouvrir  et 
couper  la  terre,  et  y  faire  des  sillons.  3. 
Reg.  19.  21.  In  aratro  coxit  boum  carnes  : 
Elisée  prit  une  paire  de  bœufs  qu'il  tua,  et 
fit  cuire  la  viande  des  mêmes  bœufs,  avec  le 
bois  de  la  charrue  dontil  avaitlabouré.  Luc. 
9.  62.  Nemo  mittens  manum  ad  aralrum  et 
respiciens  rétro,  aptus  est  regno  Dei  :  Qui- 
conque ayant  mis  la  main  à  la  charrue,  re- 
garde derrière  soi,  n'est  point  propre  au 
royaume  de  Dieu.  Celte  expression  est  prise 
de  l'agriculture,  et  nous  marque  que  de 
même  qu'un  laboureur  qui  a  dessein  de  con- 
duire droit  sa  charrue,  ne  regarde  pas  der- 
rière lui  :  un  prédicateur  évangélique  et  un 
pasteur  qui  travaille  au  salut  des  âmes,  que 
saint  Paul  appelle  le  champ  que  Dieu  cul- 
tive, ne  doit  pas  non  plus  regarder  derrière 
soi,  pour  s'embarrasser  des  soins  du  siècle 
qui  le  détournent  de  son  devoir.  Isa.  17.  9. 

2°  Le  contre  et  le  soc  de  la  charrue.  Joël 
3.  10.  Concidite  aratra  vestra  in  gladios,  et 
ligones  vestros  in  lanceas  :  Forgez  des  épées 
du  contre  de  vos  charrues,  et  des  lances  du 
fer  de  vos  boyaux.  Cette  manière  de  parler 
est  une  exhort.ition  à  la  guerre. 

ARBATHITES,  je.  Voy.  Arbata.  Qui  est 
de  la  ville  d'Arbalhes.  2.  Reg.  23.  31.  1.  Par. 

II.  32.  Voy.  Albialbon. 

ARBATHA,  orum,  Fidejussor.  Ville  de  la 
tribu  d'issachar,  qui  fut  détruile  par  Simon 
Machabée,  et  ses  habitants  mtnés  captifs  en 
Jérusalem,  parce  qu'elle  avait  pris  le  parti 
des  Macédoniens  contre  les  Juifs.  1.  Mach.  S. 
23.  On  croit  que  ce  mot  vient  de  l'Hébreu  ha- 
rabot,  loca  campeslria,  des  plaines,  et  que 
c'est  la  plaine  ou  le  pays  (jui  est  appeJé 
Campus  magnus,  le  Grand  Champ,  c.  12.  49. 
Voy.  Campus.  De  là  vient  Arbathites,  qui  est 
du  Grand  Champ. 

ARBÉIi,  llel).  Arbagu,  Quatuor,  ville  si- 
tuée dans  les  montagnes  de  la  tribu  de  Juda, 
l.niiême  qucGirialh-Arbe  etHebron.  Geiics. 
23.  2.  Morlua  est  in  civiiale  Arbec  (/uœ  est 
Hebron  :  Sara  mourut  en  la  ville  il'Arbé,  qui 
fut  depuis  appelée  Ilebron.  c.  3.i.  27. 

Celte  ville  a  pris  son  nom  d'un  géant  cé- 
lèbre en  Chanaan,  qui  fut  nommé  Arbalh; 
peut-être  parce  qu'if  égalait  quatre  autres 
hommes,  ou  en  grandeur  ou  en  force;  c'est 
lui  qui  est  marqué,  Jos.  il.  15.  Nomen  Ile- 
bron anle  vocabalur  Carinlh  Arbe;  Adam 
m/iximus  ibi  inler  Enacim  situs  est  :  Cest  là 
où  Arbalh,  c(!l  homme  d'une  grandeur  pro- 
digieuse est  enseveli  parmi  les  autres  géants. 
Voy.  Adam. 


ARBELLA,  orum,  Heb.  Beth-Arbéel,  Do- 

mus  insidiarum  Dei,  ville  de  la  Galilée  supé- 
rieure, selon  Adrichomius,  dans  la  tribu  de 
Nephthali  ;  celle  ville  donne  le  nom  à  toute 
la  contrée  appelée  Arbelles  ou  Arbelite.  1, 
Mac.  9.  2.  Abierunt  viam  quœ  est  in  Galgalu. 
et  castra  posuerunt  in  Masaloth  quœ  est  in 
Arbellis  :  \\s  marchèrent  par  le  chemin  qui 
mène  à  Galgala,  et  campèrent  àMazalolh  qui 
est  en  Arbelles.  D'autres  mettent  ce  canton 
au  delà  du  Jourdain,  fondés  sur  ce  que  dit 
Osée,  selon  l'Hébreu ,  qne  Salajanasar  ruina 
la  contrée  d'Arbel.  c.  10. 

ARBI,  Hebr.  Locusla.  C  est  le  iieu  d'où 
était  Phara'ï,  un  des  braves  de  David.  2. 
Reg.  23.  35.  On  croit  que  c'était  dans  la  tribu 
de  Benjamin. 

ARBITER,TRi.  Ce  nom,  vraisemblablement, 
vient  de  l'ancien  mot  ar,  pour  ad,  et  du  verbo 
bitere,  pour  ire  ;  d'où  vient  perbitere  ou  per- 
bitare,  pour  perire.  Ainsi,  arbiter  signifie 
proprement  celui  qui  vient  pour  voir  et  con- 
sidérer quelque  chose,  et  qui  peut  en  rendre 
témoignage  ;  en  français,  un  arbitre,  c'est 
un  juge,  dont  les  parties  conviennent,  à  qui 
elles  donnent  pouvoir  par  un  compromis  de 
juger  leur  différend  :  dans  l'Ecriture  : 

1°  Arbitre,  juge  d'un  différend.  Exod.  21. 
22.  Si  percusserit  quis  mulierem  prœgnantem^ 
et  abortivum  quidem  fecerit,  sed  ipsa  vixerit^ 
subjacebit  damno  quantum  marilus  mulieris 
expetierit,  et  arbitri  judicaverint  :  Si  un 
homme  frappe  une  femme  grosse,  et  qu'elle 
accouche  avant  terme  sans  danger  de  mort, 
il  sera  condamné  à  une  amende,  telle  que  le 
mari  de  la  femme  la  demandera,  et  que  les 
juges  l'ordonneront. 

2°  Souverain  arbitre,  et  maître  absolu  (ô 
xptvwv)  Judic.  11.  27.  Judicct  Dominus  arbiter 
hujus  diei,  inter  Israël,  et  inter  filios  Ammon  : 
Que  le  Seigneur,  qui  est  le  souverain  arbi- 
tre, décide  aujourd'hui  ce  différend,  entre 
Israël  et  les  enfants  d'Ammon  :  Hujus  dieiy 
est  mis  pour  ho  die  ;  Gr.  oTJpiepQv. 

3°  Témoin  oculaire,  qui  voit  ce  qui  se 
passe.  Gcncs.  39.  11.  Accidit  quadam  die  ut 
intraret  Joseph  domum,  et  opcris  quippiam 
absque  arbilris  faceret  :  Joseph  étant  entré  un 
jour  dans  sa  maison,  et  faisant  quelque 
chose  sans  qu'il  y  eût  personne  qui  le  pût 
voir. 

ARBITRIUM,  1.  1"  Armtre,  action  de  l'es- 
prit de  l'homme,  par  laquelle  il  choisit  libre- 
ment ce  qu'il  juge  de  meilleur;  d'où  vient 
libre  arbitre,  franc  arbitre.  Num.  30.  i\.  In 
arbitrio  viri  erit  ut  facial  sive  non  fuciat  : 
Si  une  femme  fait  un  vœu,  il  dépendra  de 
son  mari  qu'elle  le  fasse  ou  qu'elle  ne  le 
fasse  pas.  'i-.  Reg.  12.  V.  Judith.  8.  13.  Ce  mot 
signifie  souvent  en  arbitrage,  jugement  d'Ar- 
bitre. 

2'  Jugement,  décision  faite  avec  autorité. 
Levit.  13.  v.  3.  kk.  Plaga  Icprœ  est,  et  ad  ar- 
bilrium  ejus  scparabilur  :  C'est  une  plaie  de 
lèpre,  et  il  doit  être  séparé  par  le  jugement 
du  prêtre. 

ARBITRARI ,  vo^îÇeiv,  Soxefv.  1"  Penser  ou 
juger  (juc  quelque  chose  esl.  Mallh.  3V.  No- 
lite  arbitrari  quia  pacem  vencrim  mitlere  in 


3.i3 


DICTIONiNÂIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE, 


ôiJ 


terram  :  Ne  pensez  pas  que  je  sois  venu  ap- 
porler  la  paix  sur  la  terre:  Jésus-Christ  dé- 
clare ce  qui  devait  arriver  dans  le  monde  à 
l'occasion  de  la  prédic;ition  de  l'Evangile, 
qui  devait  causer  de  grands  troubles  parmi 
les  hommes.  Ainsi,  c.  20.  10.  Joan.  16.  2.  c. 
2i.  25.  Esth.  16.  4.  etc.  2°  Estimer,  considé- 
rer (ri^Ètc-ôat,  ducere).  Phil.  3.  7.  Quœ  mihi  fue- 
ritnt  lucra  hœc  arbilralus  sum  propter  Chris- 
tum  detrimenla:Ce  que  je  considérais  comme 
un  gain  et  un  avantage  m'a  paru  depuis, 
en  regardant  Jésus-Christ,  une  perte  et  un 
dommage,  v.  8.  Propter  quem  omnia  detri- 
mentum  feci,  et  arhilror  ut  stercora  :  Pour 
l'amour  duquel  je  me  suis  privé  de  toutes 
choses,  et  je  les  regarde  comme  des  ordures. 
c^  2.  v.  3.  6.  1.  Tim.  6.  1.  2.  Petr.  3. 
15.  etc. 

3°  Juger  ,  conclure,  reconnaître  (^oyiÇsfxôKt, 
colligere).  Rom,  3.  28,  Arbitramur  justificari 
hominem  per  fidem  sine  operibus  legis  :^ous 
devons  reconnaître  que  l'homme  est  justifié 
par  la  foi  sans  les  œuvres  de  la  loi.  Philif). 
3.  13.  Heb.  11.  19.  Isa.  10.  7.  1.  Mach,  6.  9, 
Arbitratus  est  se  /non' ;  Il  jugea  qu'il  allait 
mourir  (Xo-yiÇEc-Scït).  Voy.  Existimare. 

4°.  Présunier,  conjecturer  {-j-o-joeï-j,  suspi- 
cari).  Act.  13.  25.  Quem  me  arbitramini  esse, 
non  sum  ego  :  Je  ne  suis  point  celui  que  vous 
présumez  que  je  sois. 

ARBOR,  is.  oi-Apo-j.  Voy.  Ligmtm.  Ce  mot 
\ient,  ou  d'ari-wm,  ou  du  mol  hébreu  e&,  ar- 
bor,  eu  insérant  un  r,  et  signifie  : 

1°.  Un  arbre,  le  plus  grand  des  végétaux  , 
qui  pousse  beaucoup  de  branches  et  de  feuil- 
les, et  qui  jelte  beaucoup  de  bois.  Marc.  8. 
2i,  Video  homines  velut  arbores  ambulantes  : 
Je  vois  marcher  des  hommes  qui  me  parais- 
sent comme  des  arbres;  il  n'en  apercevait 
que  le  mouvement,  sans  en  discerner  les 
traits  ni  la  figure,  Mallh.  12.33.  Ex  fructu 
arbor  cognoscitur  :  C'est  par  le  fruil  qu'on 
connaît  l'arbre,  et  l'homme  par  ses  œuvres. 
Luc.  13.  V.  6.  19.  c.  21.  29.  Gon.  21.  15.  etc. 
Ainsi,  Gen.  18.  4.  Requiescile  sub  arbore  : 
Reposez-vous  sous  cet  arbre;  Heb.  sous  ce 
chéno.  V.  8. 

L'Ecriture  fait  mention  de  quelques  arbres 
particuliers,  comme  de  celui  qui  est  appelé 
arbor  pulcfierrima  :  Le  bel  arbre  (i;ù).ov,  li- 
gnum).  Levit,  23,  40,  Sumatisque  vobis  die 
primo  fructus  arboris  pulcherrimœ  :  Les  Juifs 
prenaient  des  branches  de  cet  arbre,  où  pen- 
daient les  fruits  pour  porter  à  la  main  les 
sept  jours  de  la  fête  des  tabernacles  :  ils  i'en- 
lendeit  du  citronnier;  mais  on  croit  que  le 
mot  hébreu  ne  signifie  qu'un  arbre  beau  et 
excellent,  comme  sont  aussi  les  oliviers,  les 
myrlhes  d  les  palmiers.  Voy.  Pulcher.  et  2. 
Esdr.  8.  15. 

Arbor  malus,  un  pommier  (  txrilo-j  ).  Cant. 
8.  5.  Sub  arbore  malo  suscitavi  te,  etc.  Je 
vous  ai  ressuscitée  autr.  réveillée  sous  un 
pommier.  On  l'explique  de  l'arbre  de  la 
croix,  où  nous  avons  clé  rétablis.  C'est  sous 
un  pareil  arbre  que  nous  avions  été  perdus 
par  Eve ,  notre  première  mère  :  Ibi  violala 
eH  mater  tua.  Voy.  Violare.  On  peut  voir 


les  autres  sortes  d'arbres  chacun  eu  leur  en  - 
droit. 

Expressions  Cgurées  tirées  de  la  propriété  des  arbres. 

1°.  Le  fruit  des  arbres  qui  ne  fleurissent 
qu'en  automne  ne  mûrit  point;  c'est  pour 
cela  que  les  hérétiques  el  les  docteurs  cor- 
rompus, sont  appelés  des  arbres  d'automne. 
Jud.  V.  12,  Arbores  autumnaîes  ;  parce  que 
faisant  profession  de  nourrir  les  peuples  des 
fruits  d'une  doctrine  salutaire,  ils  n'en  por- 
tent point,  ou  sont  comme  des  arbres  en  au- 
tomne, dépouillés  de  fleurs  et  de  fruits;  ou  , 
selon  le  Grec,  n'ont  que  des  fruits  gâtés  el 
pourris.  Voy.  Autumnalis. 

2°.  Parce  que  les  arbres  sont  élevés;  ils 
représentent,  dans  les  prophètes,  les  rois  et 
les  personnes  puissantes.  Dan.  4.  v.  7.  8. 
Videbam,  et  ecce  arbor  in  medio  terrœ  :  il  me 
semblait  que  je  voyais  un  arbre  au  milieu 
de  la  terre  ,  qui  était  excessivement  haut  : 
Magna  arbor  et  fortis  :  C'était  un  arbre  grand 
et  fort ,  dont  la  hauteur  allait  jusqu'au  ciel  ; 
cet  arbre  était  le  roi  même  qui  avait  eu  cette 
yision.  Voy.  Ezech.  17.  23.  c.  31.  3. 

3°.  Il  y  a  des  arbres  qui  portent  de  hons 
fruits,  et  d'autres  qui  en  portent  de  mauvais. 
Les  justes  sont  comparés  aux  premiers,  et 
les  méch.ints  aux  derniers.  Matlh.  7.  17. 
Omnis  arbor  bona  fructus  bonos  facit;ma(a 
autem  arbor  inalos  fructus  facit  :  Tout  arbre 
qui  est  bon  produit  de  bons  fruits;  tout  homme 
qui  est  animé  de  l'esprit  de  Dieu  fait  de 
bonnes  actions;  et  tout  arbre  qui  estmauvais, 
produit  de  mauvais  fruits  :  on  connaît  les 
hommes  parleurs  actions  extérieures;  car 
elles  sont  ordinairement  bonnes  ou  mauvai- 
ses, selon  le  principe  qui  les  produit,  et  l'hy- 
pocrisie ne  peut  se  cacher  longtemps,  c. 
12.  33.  Luc,  6.  43.  Ainsi, quand  un  arbre  ne 
porte  pas  de  bon  fruit,  on  le  coupe  et  on  le 
jette  au  feu  :  Dieu  menace  les  Juifs  ,  par  la 
bouche  du  saint  précurseur,  d'en  user  de 
même  à  leur  égard,  el  de  les  exterminer  s'ils 
ne  faisaient  pénitence.  Matlh.  3.  10.  Jam 
securis  ad  radicem  arborum  posita  est,  omnis 
ergo  arbor  guœ  non  facit  fructum  bonum 
excidetur,  et'  in  ignem  tnittetur  :  La  cognée 
est  déjà  à  la  racine  des  arbres,  c'est  pour- 
quoi tout  arbre  qui  ne  produit  point  de  bon 
fruit  sera  coupé  et  jeté  au  feu.  Luc,  3.  9. 
Voy.  Securis. 

ARBUSTUM,  I.  Ce  mot  qui  vient  d'arboroa 
à'arbos,  signifie  proprement  un  lieu  planté 
d'arbres  pour  soutenir  la  vigne  ,  selon  l'u- 
sage de  plusieurs  pays  ;  niais  dans  l'Ecriture 
il  signifie  : 

Une  branche  d'arbre  {àvxBevSpà;).  Ps.  79. 
11.  Operuit  tnontes  iimbra  ejus,  et  arbusta  cjiis 
cedros  Dei  :  Son  ombre  a  couvert  les  mon- 
tagnes,et  ses  branches  les  plus  hauts  cè^lrcs. 
Le  prophète-roi  parle  de  la  nation  juive  , 
comme  d'une  vigne  qui  s'est  étendue  de  Ions 
côtés  :  ce  qui  marquait  que  la  gloire  el  l'élé- 
vation des  Israélites  fut  si  grande,  que  plu- 
sieurs princes  el  plusieurs  royaumes,  figurés 
par  ces  montagnes  et  par  ces  cèdres,  leur  fu- 
rent assujettis.  Ainsi,  le  roi  des  Assyriens 
est  comparé  à  un  cèdre  dont  les  branches 


345 


ARC 


ARC 


346 


avaient  poussé  fortement,  et  s'étaient  éle- 
vées. Voy.  Cedrus. 

ARCA,  M,  y.i^Mxiç.  Ce  nom  vient  au  verbe 
arcere,  qui  signifie  contenir,  renfermer,  et 
signifie  un  coffre  à  serrer  et  à  enfermer  de 
l'argent,  des  bardes  et  autres  choses;  dans 
l'Ecriture  : 

1°,  Un  coffre  ou  un  tronc  oii  l'on  mettait 
l'argent  que  le  peuple  offrait  pour  les  répa- 
rations du  temple.  2.  Par.  2i.  8.  Prœcepit 
ergo  rex,  et  fecerunt  arcam,  posueruntque 
eam  juxla  portam  domus  Domini  forinse- 
CMS  ;  Le  roi  Joas  commanda  aux  lévites  de 
faire  un  tronc,  et  ils  le  mirent  auprès  de  la 
porte  de  la  maison  du  Seigneur  en  debors. 
V.  10.11.  Voy.  i.  Reg.  12.  9. 

2°.  Coffre  ou  trésor  du  roi ,  ou  se  mettent 
les  finances  (ÙTrâjO^ovra)  1.  Esdr.  6.  8.  Secl  et 
a  me  prœceptum  est  ut  de  arca  régis  studiose 
sumplus  dentur  viris  illis,ne  impediatiir  opus: 
J'ai  ordonné  que  de  l'épargne  du  roi  on 
leur  fournisse  avec  soin  tout  ce  qui  sera  né- 
cessaire pour  les  frais  de  cet  édifice,  afin 
que  rien  n'empêcbe  qu'il  ne  continue  à  se 
bâtir. 

3^  L'arche  d'alliance,  faite  de  bois  de  sé- 
tim,  couverte  de  lames  d'or,  dans  laquelle 
on  gardait  les  tables  de  la  loi  de  Moïse  (Heb. 
Âron,  Arca);  c'est  à  causede  cet  usage  qu'on 
l'appelle  Arcafœderis,  ou  Arca  testimonii,  ou 
testamenti;  quelquefois  même  testimonium, 
Levit.  2i.  3.  Extra  vélum  testimomi,  quel- 
quefois testamentiim.  Heb.  9.  k.  Tabulœ  Tes- 
tamenti :  Les  deux  tables  de  l'alliance  ;  parce 
que  les  tables  de  l'alliance  que  Dieu  avait 
contractée  avec  le  peuple  d'Israël  y  étaient 
renfermées  :  elle  s'appelle  aussi  faciès  Dei, 
et  Deus.  Ps.  67.  2.  Rex  gloriœ.  Ps.  23.  7. 
parce  qu'elle  était  la  marque  de  la  présence 
do  Dieu  :  elle  est  encore  appelée  Arca  forti- 
tudinis  Dei;  2.  Par.  6.  VI.  Fortitudo  et  gloria 
Dei;  parce  que  c'était  d'elle  que  IJieu  , 
comme  de  son  trône  ,  faisait  paraître  sa 
force  et  sa  puissanct;  en  faveur  du  peuple  ; 
sa  forme  et  sa  construction  est  décrite,  Exod. 
2o.l0.etsuiv.,  elle  a  été  transférée  plusieurs 
fois. 

Après  la  conquête  de  tout  le  pays  deCha- 
naan,  l'arche  fut  mise  dans  le  tabernacle, 
qui  fut  dressé  à  Silo,  qui  était  au  milieu  des 
tribus,  à  huit  ou  neuf  lieues  de  Jérusalem  ; 
mais  lorsqu'elle  eut  été  prise  par  les  Philis- 
tins, elle  fut  rendue  et  mise  à  Gabaa,  chez 
Abinadab: David  étant  déclaré  roi  par  toutes 
les  tribus,  et  se  voyant  en  paix,  résolut  de 
tirer  l'arche  de  la  maison  d'Abinadab,  qui  la 
gardait  à  Gabaa,  pour  la  porter  dans  sa 
ville.  Comme  on  la  conduisait,  Oza  ayant  été 
frappédemorl,  pour  l'avoir  touchée,  il  n'osa 
ramener  chez  lui;  mais  il  la  fit  entrer  dans 
la  maison  d'Obédédom  de  Gelb  :  cependant 
trois  mois  après,  ayant  appris  que  le  Seigneur 
avait  béni  Obédédom,  et  tout  ce  qui  lui  ap- 
partenait, à  cause  de  l'arche,  il  l'en  amena 
dans  sa  forteresse  de  Sion  avec  grande  joie, 
et  la  plaça  sous  le  tabernacle  qu'il  y  dressa, 
où  elle  demeura  jusqu'à  ce  que  Salomon, 
Après  avoir  fait  bâtir  le  Icmpb',  l'y  fit  trans- 
l<orler  :  enfin,  lorsque  le  i)eu4)le  devait  être 


emmené  à  Babylone,  Jérémie,  par  un  ordre 
particulier  de  Dieu  ,  fit  apporter  avec  lui  le  ta- 
bernacle,l'arche  et  l'autel  des  encensements, 
sur  la  montagne  de  Nébo,  d'où  Mo'ïse  avait 
autrefois  considéré  la  terre  promise, et  les  fit 
cacherdans  une  caverne, dont  il  bouchal'en- 
trée  :  depuis  ce  temps  on  n'a  pas  ou'i  parler 
de  l'arciie.  L'arche  d'alliance  signifie  quel- 
quefois tout  le  culte  do  la  loi ,  et  les  cérémo- 
nies. Jer.  3.  1(3.  Non  dicent  ultra  ;  Arca 
TestamenH  Domini  :  On  ne  dira  plus  :  Voici 
l'arche  de  l'alliance  du  Seigneur,  dans  la 
loi  nouvelle  tout  le  culte  de  l'ancienne  ces- 
sera. 

4°.  L'arche  de  Noé,  qui  était  plutôt  un 
grand  bateau,  en  forme  d'arche  ou  de  coffre 
fermé  de  tous  côtés  (Heb.  Thebath).  Ce  Pa- 
triarche la  bâtit  par  l'ordre  de  Dieu,  pour  se 
sauver  du  déluge  universel  ,lui  et  sa  famille. 
La  forme  en  est  décrite  Gen.  6.  li.  Fac  tibi 
arcam  de  lignis  levigatis  :  Faites-vous  une 
arche  de  pièces  de  bois  aplanies.  Cette  ar- 
che, qui  avait  été  cent  ans  â  construire,  était 
longue  de  trois  cents  coudées,  large  de  cin- 
quante, et  haute  do  trente. 

ARCANUM,  1.  Ce  nom  neutre  vient  de 
l'adjectif  arcamis,  qui  se  forme  du  mot  arca; 
parce  que  ce  qui  est  secret  et  caché,  est 
comme  renfermé,  el  signifie  : 

1".  Ccflui  est  caché  (à-ôy.p-jfoç)  Isa.  45.  3. 
Et  dabo  tibi  thesauros  absconditos,  et  arcana 
secretorum  :  Je  vous  donnerai  des  trésors 
cachés,  et  des  richesses  secrètes  et  incon- 
nues. Dieu  parle  à  Cyrus,  longtemps  avant 
qu'il  fût  au  monde,  et  lui  promet  de  grands 
trésors  qu'i!  devait  découvrir;  Heb.  ThesaU' 
ras  latebrarum,  i.  e.  abslriisissimos. 

2°.  Secret,  chose  secrète  (po-jÀ/j).  Prov.  11. 
13.  Qui  ambulat  fraudulenter  révélai  arcana  : 
Le  trompeur  révélera  les  secrets.  Eccli. 
27.  17. 

3°.  Prodiges  faits  par  les  secrets  de  .a 
magie  (yK/juy./.da).  Exod.  7.  11.  Fecerunt  ipsi 
per  incantaîiones  Mgypliacas  et  arcana  quœ- 
dam  similiter  :  Les  sages  d'Egypte  et  les 
magiciens  firent  aussi  la  même  chose  par 
leurs  enchantements  et  par  les  secrets  de 
leurart. 

4°.  Instrument  de  musique  (xsûyiaj,  ou 
quelque  air  sur  lequel  se  chantait  le 
psaume  45.  1.  Pro  arcani^;  ainsi ,  1.  Par. 
15.  20.  In  nablis  arcana  cantabant  ;  Heb.  su- 
per alamoth  {U'u^m^)]  :  Ils  chantaient  sur  un 
autre  instrument  des  airs  sacrés  et  mysté- 
rieux. 

ARCANUS,  A,  UM.  Cet  adjectif  qui  vient 
du  nom  arca^  signifie  secret  et  caché;  mais 
il  signifie  aussi  : 

Ineflable,  clôpnz'iç,  qu'on  ne  peut  dire  ni 
comprendre.  2.  Cor.  12.  4.  Andivit  arcantj 
vetba  quœ  non  licet  homini  toqui  :  Saint  P.iul 
ayant  été  ravi  au  troisième  ciel  ,  il  y  enten- 
dit des  paroles  inelTablcs,  qu'il  n'est  pas 
permis  à  un  homme  de  rapporter. 

AHCEUTHINUS,A,UM.  «s/îOOivo,-.  Du  boisda 
genièvre,  du  Gr.  cipy.eyOo^ ,  juniperus. '2.  Par. 
2.8.  Sed  et  ligna  cedrinn  mitte  mihi,et  nrceu- 
fhina,  et  pinea  de  Libano  :  Envoyez -mol 
aussi  des  bois  de  cèdre,  de  sapin  el  de  pini 


5i7 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


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du  Liban.  Plusieurs  tournent  le  mot  hébreu 
en  celui  à\:biegna.  Notre  Vulgate  rend  le 
mot  grec  xpy.s'J6i-jx  par  ligna  olivarum  ;  3.  Reg. 
G.  23.  et  fecit  in  oraculo  duos  Cfierubim  de 
lig:}is  olivarum  :  ainsi ,  v.  31.  32.  33. 

ARCH  ANGELUS,  i.'A|o;^â77:).oj.  Ce  mot  vient 
à'xpyjô  et  d'ci.yysio;,  premier  des  anges;  c'est  le 
nom  que  l'Ecriture  donne  à  saint  Michel, 
que  l'on  croit  avec  raison,  avoir  été  donné 
de  Dieu  pour  protecteur  de  toute  l'Eglise, 
puisqu'il  a  été  le  chef  et  le  prince  du  peuple 
de  Dieu  dans  l'ancien  Testament,  comme  il 
paraît  assez  dans  les  10.  et  12.  chap.  de  Da- 
niel,!. Thcss.  4.  16.  In  voce  Arcltanged ,  et 
in  tuba  Dei  descendct  de  cœlo  :  Ai!s;itôl  que 
le  signal  aura  été  donné  par  la  v;  ix  de  l'Ar- 
change, et  par  le  son  de  la  trompette  de 
Dieu,  le  Seigneur  lui-méuie  descendra  du 
ciel;  cet  Archange  doit  publier  le  second 
avènement  de  Jésus-Christ.  Jud.  v.  9.  Ciim 
Michael  archangelus  cum  diabolo  disputans, 
altercarelur  de  Moysi  corpore,  non  est  ausus 
judicium  in  ferre  blasphemiœ  :  Cependant  l'ar- 
change Michel,  dans  la  contestation  qu'il  eut 
avec  le  diable,  touchant  le  corps  de  Moïse, 
n'osa  le  condamner  avec  exécration.  Le  su- 
jet de  cette  contestation  fut  que  Satan  entre- 
prenait, contre  l'ordre  de  Dieu,  de  faire  c!i- 
sevelir  Moïse  publiquement,  pour  le  faire 
adorer  par  les  Juifs;  au  lieu  que  saint  Mi- 
chel voulut  qu'il  fût  enseveli  secrèteilicnt  ;  ce 
qu'il  emporta,  non  pas  en  le  repoussant 
avec  exécration,  mais  se  contentant  de  lui 
opposer  l'ordre  même  et  la  volonté  de  Dieu. 
Saint  Michel  est  appelé  Arc/ianig'e ,  non  pas 
qu'il  soit  de  l'ordre  des  archanges,  mais 
parce  qu'il  est  le  prince  et  le  premier  de  tous 
les  anges;  ce  qui  est  encore  confirmé  par  les 
choses  qui  se  disent  de  lui  dans  l'Apocalypse, 
chap.  12. 

ARCHELAUS,  Gr.  Qui  prœest  populo.  Ce 
mot  vient  du  Grec  àpyjo,  imperium,  et  deÀaôj, 
populus,  prince  du  peuple,  fils  dHérode  le 
Grand,  qui  succéda  à  son  père  dans  le  gou- 
vernement de  la  Judée  seulement.  Matlh. 
2.  22.  Audiens  aulem  quod  Archelaus  re- 
gnarel  in  Judœa  pro  Herode  pâtre  suo,  ti- 
muit  illo  ire  :  Joseph  ayant  appris  qu'Arché- 
laùs  régnait  en  Judée  en  la  place  d'Hérode, 
son  père,  il  appréhenda  d'y  aller;  ce  prince 
ayant  été  obligé  de  rendre  compte  à  l'em- 
pereur Auguste  de  ses  violences  et  de  sa 
cruauté  envers  le  peuple  ,  fut  relégué  à 
Vienne  en  Dauphiné,  où  il  mourut  mi^éra- 
blemenf. 

ARCHI-ATAROTH.  Heb.  Latitudo  coro- 
naruin.  Nom  de  pays  dans  la  tribu  di;  Ma- 
nassès,  au  delà  du  Jourdain.  Jos.  IG.  2. 
Transilque  lerminuni  Archi-Atarolh:  Ce  par- 
tage passe  par  les  confins  d'.Vrchi-Ataroth  : 
quelques-uns  croient  que  le  mot  Archi,  mar- 
que le  peuple  descendu  de  Chanaan  ,  appelé 
Araceus.  Gcncs.  10.  17.  Chanaan  autem  gê- 
nait...  Hevœum  et  Aracœuin  :  Chanaan  en- 
tendra  Hcveus  et  Araceus.    Dans   notre 

Vulgate  ce  sont  deux  mots,  Àrchi ,  Ataroth; 
les  Septante  n'en  font  qu'un  ,  àx^Taow»?. 

ARCHIPPUS,  Gr.  Pro'fectius'cqùorum.  Cq 
mot,  qui  ySçxii^YUpyrn,  et  d'^Trof,  signifie   le 


supérieur  des  chevaux  ,  comme  qui  dirait  la 
grand  écuyer. 

Un  des  principaux  pasteurs  de  l'Eglise  de 
Colosse.  Coloss.  i.  17.  Licite  Archippo;  vide 
ministerium,  quod  accepisli  in  Domino;  ut 
iliud  impleas  :  Dites  à  Archippe  ce  mot  de 
ma  parf  :  Considérez  bien  le  ministère  que 
vous  avez  reçu  du  Seigneur,  afin  d'en  rem- 
fllir  tous  les  devoirs.  Saint  Paul  l'appelle 
compagnon  de  ses  combats;  c'est-à-dire  des 
peines  et  des  persécutions  qu'il  souffrait  en 
préchant  l'Evangile.  Philem.  v.  2.  Et  Ar- 
chippo commililoni  nostro  :  A  Archippe,  le 
compagnon  de  nos  combats. 

AKCEl-SYNAGOG\]S,'  ApyjGV'j^sp>yoç,  Prin- 
ceps  Synagogœ.  Chef  de  la  Synagogue;  c'é- 
taient ceux  qui  réglaient  les  synagogues  des 
Juifs  et  y  donnaient  les  ordres.  Chaque  sy- 
nagogue en  avait  quelquefois  plusieurs , 
com;ne  il  paraît  Act.  13.  15.  ;  mais  il  y  en 
avait  un  au-dessus  des  autres  qui  interprétait 
la  loi  et  faisait  les  prières;  tel  était  Jaïro  à 
CapharnauiUjdont  Jésus  guérit  la  fille.  Marc. 
5.  22.  Venil  quidam  de  Archi-Synagogis  no- 
mine  Jatrus  :  Un  chef  de  synagogue  vint 
trouver  Jésus-Christ.  Matth.  9.  18.  Le  second 
dont  parle  l'Ecriture  fut  celui  qui  conçut  de 
lindignalion  de  ce  que  le  Sauveur  avait  guéri, 
le  jour  du  Sabbat,  une  femme  que  le  démon 
tenait  courbée  depuis  dix-hrnl  ans.  Luc.  13. 
14.  Le  troisième  fut  Crispe,  ch^f  de  la  syna- 
gogue de  Corinlhe,  qui  se  convertit,  par  les  pré- 
dications de  saint  Paul,  avec  toute  sa  famille. 

ARCHITECTUS,  i.  àpyjxiy'o>v.  Prœfectus 
fabrorum.  Ce  nom  grec  fait  d'àoy-n  et  de 
T£/.Twv  ,  faber,  signifie  celui  qui  préside  aux 
ouvriers  qui  bâtissent. 

1°  Architecte,  qui  conduit  l'entreprise  de 
quelque  bâtiment  {ùpyi-éy.-wj).  2.  M ach.  2. 
30.  Sicut  novœ  domus  architecto  de  universa 
structura  curandum  est  :  Comme  un  archi- 
tecte qui  entreprend  de  bâtir  une  nouvelle 
maison  est  tout  appliqué  à  en  régler  toute 
la  structure.  Eccli.  38.  28. 

Co  qui  s'attribue  par  métaphore  aux  pas- 
teurs qui  travaillent  à  l'édification  des  âmes. 
1.  Cor.  3.  10.  Ut  sapiens  archilectus  funda" 
mentum  posai  :  J  ai  posé  le  fondement  comme 
fait  un  sage  architecte. 

2°  Artisan  en  général.  Isa  3.  3.  Auferet  a 
Jérusalem  consiliarium  et  sapicutem  de  archi- 
tectis:  Le  Seigneur  va  ôter  de  Jérusalem  ceux 
qui  peuvent  donner  conseil  et  les  plus  sages 
d'entre  les  architectes.  Hebr.  Peritum  artift- 
ccm  :  Les  plus  habiles  artisans. 

ARCHITRIGLINUS,  Gr.  Prœfectus  convivii. 
Ce  mot,  composé  d'ècoyà  et  de  -rpiv-iivoç,  signi- 
fle  celui  qui  préside  au  festin  et  à  la  salle  où 
il  se  fait,  et  qui  en  a  la  direction  :  on  l'ap- 
pelle ordinairement  maître  dhôlel.  Joan.  2. 
8.  Haurile  nunc  et  ferle  Architriclino  :  Puisez 
maintenant  et  portez-en  au  maître  d'hôtel. 

Quelques-uns  le  prennent  en  cet  endroit 
pour  celui  qui  était  choisi  parmi  les  conviés 
pour  ordonner  de  tout  ce  qui  se  passait  au 
festin,  et  qui  s'appelait  le  roi  ou  le  maître 
du  festin. 

ARGTARE,  Voy.  Arctds.  ("Serrer,  rete- 
nir (au'yx/EÛtv),  etc.  ,  d'où  vient  cette  phrase, 


31d 


ARC 


ARC 


3^ 


Arctare  gressus  : 'Resserrer  les  pas  de  quel- 
qu'un, c'est-à-dire  le  traverser  dans  sos 
affaires  et  l'empêcher  de  réussir  en  ce  qu'il 
entreprend.  Prov.  i.  12.  Non  arctahuntur 
gressus  lui  :  Vos  pas  ne  se  trouveront  plus 
resserrés. 

2"  Presser,  étouffer  (0).î§£tv).  Job.  20.  22. 
Cum  satiatus  fuerit ,  arctahitur  :  Après  qu'il 
se  sera  bien  soûlé,  il  sentira  des  étouffemenls 
qui  le  déchireront  :  en  cet  endroit ,  l'impie 
qui  s'est  rempli  de  biens  qu'il  a  ravis  aux 
autres  et  qui  en  ressent  la  punition,  est  com- 
paré à  un  homme  qui  a  trop  mangé  et  qui  se 
sent  étouffé. 

ARCTUS,  A,  UM.  cTTEvô?.  Cet  aajectif  vient 
du  verbe  arcere^  arcitum,  ai'ctum,  arrêter, 
empêcher,  et  signifie: 

Etroit,  resserré;  d'où  vient  cette  façon  de 
parler.  In  arcto  ponere  :  Mettre  à  l'étroit  ; 
c'est-à-dire  réduire  à  l'extrémité.  1.  Reg.  13. 
6.  Quod  cum  vidissent  viri  Israël  se  in  crcto 
positos  :  Les  Israélites  se  trouvèrent  alors 
réduits  à  l'extrémité:  ainsi,  l'on  dit  figuré- 
ment ,  panis  at'ctus ,  du  pain  donné  en  fort 
petite  quantité  ;  c'est  la  même  chose  que 
panis  Iribulationis,  et  aqxia  anqnstiœ :  Du  pciin 
de  douleur  et  de  l'eau  d'atilielion.  3.  Reg. 
22.  27.  2.  Par.  18.  26.  C'est  une  nourriture 
si  modique,  qu'elle  empêche  seulement  de 
mourir;  Heb.  Panis  oppressionis  :  Le  pain 
dont  on  nourrit  ceux  qu'on  tient  dans  l'op- 
pression. Voy.  Aqua. 

ARCTURUS,  I,  Gr.  Cauda  ursœ.  Voy. 
Orion.  Ce  mot  grec  vient  d'v.y/.roç,  itrsa^  et 
d'oj^à,  cauda  ,  et  signifie  :  ^-  1°  L'astre  ou 
l'étoile  qui  est  à  la  queue  de  la  grande  Ourse. 
Job.  9.  9.  Qui  fucit  Arcturum  et  Oriona  :  C'est 
Dieu  qui  a  créé  les  étoiles  de  l'Ourse  et  de 
rOrion  ;  et  par  ces  deux  étoiles  brillantes  , 
dont  l'une  est  au  septentrion  et  l'autre  au 
midi ,  il  déclare  qu'il  est  le  créateur  de  tou- 
tes les  autres.  Amos.  o.  8.  —  2"  L'Ourse,  à 
la  queue  de  laquelle  est  cette  étoile.  Job.  38. 
31.  Numquid....  gyrum  Arcturi  poteris  dissi- 
pare?  Pouvez-vous  détourner  l'Ourse  de  son 
cours  ?  —  3°  La  plage  septentrionale  ,  où  est 
celte  étoile  brillante  (à/cwr/joiK).  Job.  37.  9. 
Ab  inlerioribus  egrediètur' tempestas  et  ab 
Arcturo  frigus  :  C'est  par  l'ordre  de  Dieu 
que  les  orages  sortent  du  milieu  des  nuées  , 
cl  le  froid  vient  du  septentrion. 

ARCUS,  us.  Ti;ov.  Ce  nom  vient,  à  ce  qu'on 
croit,  du  verbe  arcere,  parce  qu'on  se  ser- 
vait de  l'arc  pour  repousser  l'ennemi  ;  mais 
outre  cette  première  signification,  il  marque 
aussi  une  arcade,  une  voûte  et  l'arc-en-ciel; 
parce  que  ces  choses  sont  en  forme  d'arc. 

1°  Un  arc  à  tirer  des  flèches,  qui  est  la 
première  et  la  plus  générale  de  toutes  les 
armes.  4. Reg.  i^Ao.Affer  arcum  et  sagiltas  : 
Apportez-moi ,  dit  Eli>ée  à  Joram,  un  arc  et 
des  flèches.  Gen.  21. 6.  C.27. 3.1.  Reg.  18  4.  etc. 

§  l".— Plirases  tirées  de  ce  mot. 

Docere  arcum  :  Instruire  à  tirer  de  l'arc. 
2.  Reg.  1.  18.  Prœcepit  ul  doccrent  fUios  Juda 
arcum:  David,  après  la  défaite  de  S.iiil  et  de 
Jonathas  par  les  Philistins,  exhorta  ct:ux  de 
Juda  à  apprendre  à  leurs  enfants  à  tirer  de 


l'arc,  c'est-à-dire  a  laire  la  guerre  sans  se 
décourager  par  une  si  grande  perte.  Quel- 
ques-uns croient  que  l'on  avait  donné  le 
nom  d'c?-c  à  la  complainte  que  fit  David  sur 
la  mort  de  Saiil  et  de  Jonathas,  parce  qu'il 
y  est  souvent  parlé  d'arc;  ce  qui  formerait  ce 
sens  très-clair  :  il  ordonna  que  ceux  de  Juda 
apprissent  ce  caniique  à  leurs  enfants.  Ce 
mot  arcus  n'est  point  dans  le  grec. 

Exlendere  arcum  :  Bander  un  arc;  d'où 
vient  Arcus  extenlus  :  Arc  bandé  et  tout  prêt 
à  tirer,  pour  marquer  l'approche  d'un  en- 
nemi prêt  à  combattre.  Isa.  5.  28.  Omnes 
arcus  ejus  extenli  :  Celle  nation  vient  avec 
des  arcs  toujours  bandés.  Le  prophète  parle 
des  Chaldécns  qui  venaient  fondre  sur  la 
Judée,  c.  21. 15.  Ainsi.  Extenderesihi  aliquem 
quasi  arcum:  Se  servir  de  quelqu'un  comme 
d'un  arc  Iiandé;c'esl-à-dire  comme  d'un  puis- 
sant moyen  pour  exécuter  ses  or  'res.  Zach. 
9.  13.  Èxtendi  mihi  Judam  quasi  urcum  : 
Juda  est  mon  arc  que  je  liens  tout  bandé. 
Dieu  assure  les  Juifs  qu'il  combattra  pour 
eux  contre  leurs  ennemis,  et  que  les  enfants 
d'Israël  et  de  Juda  seront  son  arc,  ses  flèches 
et   son  épée,   avec  lesquels  il  les  terrassera. 

Intendere  arcum  :  Tendre  l'arc ,  c'est-à-dire 
savoir  le  manier.  Ps.  77.  9.  Filii  Eplirem 
intendentes  et  mittentes  arcum,  conversi  sunt 
in  die  belli  :  Les  enfants  d'Ephraïm  ,  quoi- 
qu'habiles  à  tendre  1  arc  et  à  en  tirer,  ont 
tourné  le  dos  au  jour  du  combat  ;  d'où  vient 
cette  phrase  figurée,  Intendere  arcum:  Ten- 
dre l'arc  pour  marquer  la  disposition  pleine 
de  fureur  d'un  ennemi  prêt  à  faire  du  mal. 
Ps.  10.  3.  Ecce peccatores  intenderunt  arcum: 
Les  pécheurs  ont  déjà  tendu  leur  arc.  Ps.  36. 
14.  Ps.  57.  8.  Ps.  63.  4. 

Mittere  urcuiyi  :  Tirer  un  arc.  Voy.  ci- 
dessus  Intendere. 

Tendere  arcum  :  Bander  un  arc.  3.  Reg. 
22.34.  Yir quidam  tclendit  arcum :\]n  homme 
tendit  son  arc,  et  ayant  tiré  une  flèche  au 
hasard,  il  en  perça  Achab  entre  le  poumon 
et  l'estomac.  4.  Reg.  9.  24.  Dans  îin  sens 
figuré,  tendere  arcum  ,  signifie  être  habile  à 
tirer  de  l'arc  et  à  faire  la  guerre.  Jer.  51.  3. 
Non  tendat  qui  tendit  arcum  suum:  Que  celui 
qui  s'apprête  à  tendre  son  arc  ne  le  tende 
point;  c'est-à-dire  que  les  gens  de  guerre  ne 
se  mcltetit  pas  eu  peine  de  combaltr->  contre 
des  gens  saisis  de  frayeur.  Le  prophète  pré- 
dit la  ruine  de  Babylone,  c.  59.  v.  14.  20. 
d'où  vient  Tendentes  arcum  :  Gens  habiles  à 
tendre  l'arc,  pour  sigtiifier  des  soldats  aguer- 
ris. 1.  Par.  5.  18.  c.  8  40.  c.  12.  2.  Lt  dans  le 
sens  métaphorique,  tendere  arcum,  signifie 
être  prêt  à  nuire  et  à  faire  du  mal.  I*s.  7. 
13.  Arcum  suum  telcndit  :  Dieu  a  déjà  tendu 
son  arc,  c'est-à-dire  il  est  prél  à  punir; 
mais  cette  phrase  marque  aussi  le  mal  que 
Dieu  a  fait  ressenlir.  Thren.  2.  4.  c.  3.  13. 

Tencre  arcum  :  Tenir  l'arc,  c'est-à-dire 
être  armé  d'un  arc;  d'où  vient  tenenlcs  ar- 
cum, pour  signifier  des  soldats.  2.  Par.  17. 
17.  Amos.  2.  15. 

§ -2.  —  expressions  Dgurées  tirées  de  co  mol. 

Arcus  œreus:  Un  arc  d'airain,  pour  mar- 


S5i 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SA£RËE 


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quer  une  force  extraordinaire ,  soit  pour 
atlaquor,  ou  pour  se  défendre.  Ps.  17.  35. 
Posuisti  îit  arcum  œreum  brachia  mea  :  Vous 
ayez  fait  de  mes  bras  comme  un  arc  d'airain. 
2.  Reg.  2-2.  35.  Job.  20.  24.  Voy.  irruere. 
Les  anciens  forgeaient  leurs  armes  d'airain  , 
manque  de  fer;  car,  comme  dit  Lucrèce,  Et 
prior  œris  erat  quam  ferri  cognitus  usus. 

A7'ciis  pravus  ou  dolosus  :  Un  arc  trompeur, 
c'est-à-dire  qui  se  rompt  lorsqu'on  le  bande 
ou  qui  tire  loin  du  but  où  l'on  vise;  ce  qui 
marque  l'hypocrite  qui  se  fait  paraître  tout 
autre  qu'on  n'attendait.  Ose.  7.  16.  Facti 
sunt  quasi  arcus  dolosus  :\\s  sont  devenus 
comme  un  arc  trompeur;  le  Prophète  parle 
des  Israélites  qui  ont  été  rebelles  et  désobéis- 
sants à  Dieu.  Ps.  77.  57.  Voy.  Convertere. 
Arcus  mendacii :\]n  arc  qui  lance  des  traits 
de  mensonge  ;  se  dit  de  la  langue  qui  profère 
des  mensonges,  comme  un  arc  lance  des 
flèches.  Jer.  9.  3.  Et  extenderunt  linguum 
suatn  quasi  arcum  mendacii  :IU  se  servent  de 
leur  langue  comme  d'un  arc,  afin  d'en  lancer 
des  traits  de  mensonge.  Jérémie  parle  contre 
la  malice  du  peuple  juif. 

Arcus  nubium  :^uccs  formées  en  arc.  Sap. 
5.  22.  Tamquam  a  bene  curvato  arcu  nubium 
exterminabuntur  :  Les  méchants  seront  ex- 
terminés par  les  foudres  qui  seront  lancés 
des  nuées,  comme  les  flèches  d'un  arc  bandé 
avec  force.  Dieu  mit  après  le  déluge  un  arc 
d'alliance  dans  les  nuées;  mais  au  jugement 
dernier  il  y  mettra  l'arc  de  sa  colère,  dont  il  ti- 
rera des  flèches  dans  le  cœur  des  méchants, 
qui  les  perceront  d'une  douleur  vive  et  cui- 
sante. 

§3  l°Toulesorte  d'armes  ;parceque  c'est  la 
plus  ancienne  et  la  plus  commune  de  toutes; 
l'on  y  joint  souvent  le  mot  de  gladius,  qui 
est  l'arme  dont  on  se  sert  pour  se  battre  de 
près,  comme  l'arc  servait  pour  se  battre  de 
loin.  Gènes.  48.  22.  Do  tibi  partem  unam  ex- 
tra fralres  tuos  quam  tuli  de  manu  Amorrhœi 
in  gladio  et  arcu  meo  :  Jacob  dit  à  Joseph  ,  son 
flis  :  Je  vous  donne  de  plus  qu'à  vos  frères, 
celte  part  de  mon  bien  que  j'ai  gagnée  sur 
les  Araorrhéens,  avec  mon  épée  et  mon  arc; 
cette  part  que  Jacob  donne  à  Joseph  au  des- 
sus de  ses  frères  est  la  terre  de  Sichem ,  où 
était  ce  puits  auprès  duquel  le  Fils  de  Dieu 
parla  à  la  Samaritaine.  Ps.  43.  7.  Ose.  2. 18. 
Zach.  9.  10.  etc. 

2°  La  force  et  le  pouvoir  de  se  défendre  et 
de  se  maintenir.  Job.  29.  20.  Arcus  meus  in 
manu  mea  instaurabitur  :  Ma  gloire  se  renou- 
vellera de  jour  en  jour,  et  mon  arc  se  forti- 
flera  dans  ma  main;  c'est-à-dire  se  renou- 
velait et  se  fortifiait;  le  futur  se  met  souvent, 
chez  les  Hébreux,  pour  le  prétérit.  Job  parle 
ici  du  temps  de  la  prospérité,  où  il  était  af- 
îerœi.  De  là  viennent  ces  phrases. 

Confringcre,  conterere,  super  are  arcum  ali- 
fujus  :  Abattre  la  puissance  et  la  force  de 
.juelqu'un.  Ps.  36.  15.  Arcus  eorum  confrin- 
gntur  .-  Que  leur  épéc  leur  perce  le  cœur  à 
eux-mêmes  ,  et  que  leur  arc  soit  brisé  : 
celle  épée  que  les  méchants  tirent  contre  les 
f&ibles  et  les  innocents  ,  cl  cet   arc   qu'ils 


bandent,  signifient,  d'une  manière  figurée, 
tous  les  moyens  qu'ils  emploient  pour  les 
perdre.  1.  Reg.  2.  4.  Ps.  45.  10.  Ps.  75.  4. 
Ose.  1.  5.  Ainsi,  Jerem.  51.  56.  Amarcuit 
arcus  eorum  .  Leur  arc  a  été  brisé  ;  c'est-à- 
dire  toute  la  force  des  Babyloniens  est  rui  • 
née.  Gènes.  49.  24.  Sedit  in  forti  arcus  ejus  : 
Joseph  a  mis  sa  force  et  sa  confiance  dans  le 
Très-Fort.  Zach.  10.  4.  Ex  ipso  arcus  prœ- 
Hi  :  C'est  de  Juda  que  viendra  l'arc  pour 
combattre;  c'est-à-dire  la  force  et  la  valeur 
avec  laquelle  les  Juifs  vaincront  leurs  en- 
nemis :  cela  s'est  accompli  dans  les  Mach»  - 
bées. 

3°  La  violence  et  la  persécution  des  enn^" 
mis.  Ps.  59.  5.  Dedtsti  metuenlibus  te  signi- 
ficalio7iem  ut  fugiant  a  facie  arcus  :  Vous 
avez  donné  à  ceux  qui  vous  craignent,  un. 
signal,  afin  qu'ils  fuient  de  devant  l'arc  : 
ce  signal  était  David  même,  établi  roi,  à  qui 
les  Juifs  pouvaient  avoir  recours  pour  se  dé- 
fendre de  leurs  ennemis;  mais  David  était  la 
figure  expresse  de  Jésus-Christ,  dont  la  croix 
nous  sert  de  signal  pour  éviter  les  traits  fu- 
nestes de  la  colère  de  Dieu.  Jer.  9.  3.  Ps.  10. 
2.  Ps   36.  14.  Ps.  63.  5.  Voy.  Intendere. 

k"  La  force  que  Dieu  fait  éclater  en  faveur 
des  bons.  Habac.  3.  9.  Sicscila7is  suscitabis 
arcum  tuum  :  Vous  préparerez  et  vous  ban- 
derez votre  arc.  Le  prophète  représente 
Dieu  comme  un  grand  capitaine,  puissam- 
ment armé,  pour  exterminer  tous  les  impies. 
Ps.  7.  13.  Thren.  2.  4.  c.  3.  12.  Zach.  9.  13. 
Voy.  ci-dessus  n.  1.  Tendere. 

5°  L'arc-en-ciel,  ainsi  appelé,  parce  qu'il 
est  représenté  sur  une  nuée  en  forme  d'arc. 
Gènes.  9.  v.  13.  14.  16.  Arcum  tneum  ponam 
in  nubibus  :  Je  mettrai  mon  arc  dans  les 
nuées  :  Dieu  l'appelle  son  arc,  parce  qu'il  a 
voulu  que  ce  fût  un  signe  qui  marquât  aux 
hommes  qu'il  ne  les  perdrait  plus  par  un  dé- 
luge, avant  lequel  Varc-en-ciel  était  seule- 
ment un  signe  de  pluie.  Ezech.  1.  28.  Eccli. 
43.  12.  c.  50.  8.  Voy.  Iris. 

ARDERE,xaΣa0«t,  y.arxy.ciiBaOxi.  Ce  Verbc  CSt 

fait  d'arere,  en  insérant  le  d,  et  signifie  : 

Brûler,  être  tout  en  feu,  être  embrasé  ou 
allumé  (i}>),oyîÇî(7Ôxi)  :  ce  qui  se  dit  proprement 
du  feu.  Eccli.  3.  33.  Ignem  ardentem  cxstin- 
guit  aqun  :L'eAix  éteint  le  fou,  lorsqu'il  est  le 
plus  ardent.  Exod.  3.  2.  Videbctt  quodrubus 
arderet  :  Moïse  voyait  brûier  le  buisson,  sans 
qu'il  fût  consumé.  Deut.  5.  23.  Monietn  ar^ 
dere  vidistis  •  Vous  avez  vu  que  toute  la 
montagne  était  en  fou.  Dan.  3.  6.  Joan.  15. 
6.  Ainsi,  Ps.  7.  14.  Sagittas  suas  ardentibus 
(carbonibus)  cffecit  .Dieu  a  rendu  ses  flèches 
brûlantes;  aut.  a  préparé  ses  flèches  contre 
ceux  qui  me  persécutent  avec  ardeur. 

1°  Etre  consumé,  périr.  1.  Cor.  3.  15.  Si 
cujus  opus  urserit,  delrimentum  patieiur  : 
C"lui  dont  l'ouvrage  sera  brûlé  en  souffrira 
de  la  perle.  Par  cet  ouvrage  saint  Paul  en- 
tend une  doctrine  altérée  par  le  mélange  lics 
pensées  humaines,  comparée  aux  ouvrages 
de  bois,  de  foin  et  de  chaume,  et  qu'il  oppose 
à  une  doctrine  saine,  quil  compare  à  l'or,  à 
l'argent  et  aux  pierres  précieuses. 
2*  Brûler,  être  enflammé,  se  dit  du  feu  (^c 


tôS  ARD 

la  chanlé.  Luc.  12.  35.  Sint  lucernœ  arden- 
tes in  manibus  vestris  :  Ayez  dans  vos  mains 
des  lampes  ardentes  :  ces  paroles  marquent 
les  bonnes  œuvres  qui  doivent  avoir  pour 
principe  l'ardeur  de  la  charité:  ainsi,  c.  St. 
32.  Joan.  5.  .35.  Jlle  erat  lucerna  ardens  et 
lucens  :  Saint  Jean  était  une  lampe  ardente 
et  luisante.  Ardente,  par  le  fou  de  sa  cha- 
rité, et  par  son  zèle  pour  la  vérité;  luisante, 
par  sa  doctrine  et  par  l'exemple  de  sa  vie, 
comme  doivent  être  tous  ceux  (jui  sont  dans 
quelque  rang  au-dessus  des  autres. 

Use  dit  encore  du  zèleextraordinaire  pour 
la  gloire  de  Dieu.  Eccli.  48.  Verbum  ipsius 
quasi  facula  ardebat  :  Les  paroles  d'Elie  brû- 
laient comme  un  flambeau  ardent;  c'est-à- 
dire  qu'elles  avaient  une  force  extraordi- 
naire. V.  i.  Reg.  c.  l.v.  10.  12.  17.  Quelque- 
fois du  feu  de  la  colère.  Esth.  15.  10.  Jfjnem 
succendisti  in  fur  or  e  meo,  usque  in  œternum 
ardebit  :  Vous  avez  allumé  ma  colère  comme 
un  feu  qui  brûlera  éternellement  :  cette  co- 
lère de  Dieu  contre  les  Juifs,  causée  par 
leur  idolâtrie,  fut  éternelle;  c'est-à-dire 
dura  longtemps,  leur  captivité  ayant  été  de 
soixante  et  dix  ans,  ou  même  ne  finira  ja- 
mais contre  ceux  qui  moururent  dans  leur 
péché.  Enfin,  il  se  dit  du  feu  de  la  convoi- 
tise. Judith.  12.  IG.  Cor  Holophernis  erat  ar- 
densin  concupiscentia  ejus  :  Holopherne  brû- 
lait de  passion  pour  Judith 

ARDENS,  Tis.  Ce  mot  est  pris  ici  comme 
adjectif,  et  signifie  la  même  chose  qu'étant 
participe,  ardent,  brûlant,  qui  est  tout  en 
feu;  d'où  vient  le  superlatif  ardentissimus, 
qui  ne  se  prend  que  métaphoriquemenî. 

"^rès-ardent.  3.  Reg.  11.  2.  His  copulalus 
est  Salomon  ardentissimo  amore  :  Salomon 
s'attacha  à  plusieurs  femmes  étrangères, 
avec  une  passion  très-ardente. 

ARDOR,  x'/vffojv.  Ardeur,  chaleur  véhé- 
mente comme  celle  du  feu,  de  l'été,  etc. 
Eccli.  18.  16.  Nonne  ardorem  refrigerabit 
ras  ?  La  rosée  ne  rafraîchit-elle  pas  1  ardeur 
du  grand  chaud,  c.  i3.  2V.  Ros  obvians  ab 
ardore  venienti  humilem  efficiet  eum  :  Une 
rosée  chaude  survenant  après  le  froid,  dissi- 
pera la  gelée.  Voy.  Grystallus. 

1"  La  colère  de  Dieu  comparée  à  un  feu 
dévorant.  Isa.  33.  lï.  Quis  habitabit  ex  vo- 
his  cum  ardoribus  sempiternis?  Qui  d'entre 
vous  pourra  subsister  dans  les  flammes  éter- 
nelles :  ce  feu  dévorant  et  ces  flammes  éter- 
nelles s'entendent  à  la  lettre  des  armées  des 
Assyriens,  qui  ruinaient  et  ravageaient  la 
Judée;  mais  on  l'entend,  dans  le  sens  spiri- 
tuel des  flammes  qui  dévoreront  les  impies 
durant  toute  l'élernilé. 

2°  Malailie,  ou  feu  qui  dévore  et  consume 
(ixT!//o;).  Levit.  20.  16.  Yisilabo  vos  veluciter 
in  eyeslale,  et  ardore,  qui  conficiat  oculos 
vestrns  :  Je  vous  punirai  bientôt  par  la  plaie 
de  lindigcnce,  et  par  une  ardeur  qui  dessé- 
chera vos  yeux.  Le  Grec  explique  cette  ar- 
deur de  la  jaunisse  {ipcOLTy-hç).  Deul.  28.  22. 
Perculiat  te  Dominas  egcstate,  febri  cl  frigore, 
ardore  cl  œslu  :  Le  Seigneur  vous  frappera 
(le  misère,  de  fièvre,  de  froid,  d'une  chaleur 
brûlanle  :  Hcb.  de  la  fièvre  eclique  ;  le  Grec, 


ARE 


Zlii 


d'une  démangeaison  par  tout  le  corps.  Quel- 
ques-uns croient  que  tous  ces  mots  diffé- 
rents :  Febris,  frigus,  et  œstus,  ne  signifient 
qu'une  fièvre  très-ardente. 

3"  Colère,  vengeance.  Isa.  33.  11.  Conci- 
pietis  ardorem,  (Heb.  quisqiiilias):  Vous  con- 
cevrez des  flammes  ardentes.  Dieu  fait  voir 
les  vains  efforts  des  Assyriens  contre  Jéru- 
salem, qui  ne  produiront  que  des  pailles. 

■t'  Colère  et  chaleur  inconsidérée  ,  qui 
porte  à  parler  d'une  manière  imprudente  et 
peu  juste.  Job.  15.  2.  Numquid  sapiens  re- 
spondebit  quasi  in  ventum  loquens  et  implebit 
ardore  stomacfium  suum'!  Le  sage  doit-il 
dans  ses  réponses  parler  comme  en  l'air,  et 
remplir  son  cœur  d'une  chaleur  inconsidé- 
rée? l'Rébreu  porte,  remplir  son  ventre  de 
vent;  l'estu.mac  ou  le  ventre  est  pris  ici  pour 
le  rœur  ou  l'esprit,  et  le  vent  pour  les  pen- 
sées vaines 

5*  La  charité  (zaOT^-).  Isa.  4.  4.  Si  abluerit 
Bominus  sordes  filioruni  Sion  in  spiritu  ju^ 
dicii  et  spiritu  ardoris  :  Après  que  le  Sei- 
gneur aura  puriGé  les  souillures  des  filles  de 
Sion,  par  un  esprit  de  justice  et  par  un  esprit 
d'ardeur  et  de  charité 

ARDESCERE.  Ce  verbe  vient  d'ardere,  et 
signifie  s'allumer,  prendre  feu,  s'embraser  : 
dans  l'Ecriture,  il  se  prend  seulement  dans 
un  sens  figuré.  Prov.  16.  27.  In  labiis  ejus 
ignis  ardescit  :  Il  y  a.  sur  les  lèvres  du  raé-. 
chant  un  feu  ardent  qui  allume  les  querelles, 
les  procès,  et  qui  cause  du  trouble. 

ARDON,  is.  Hebr.  Imperans.  Fils  de  Galeb 
et  d'Azuba.  Voy.  Caleb.  i.  Par.  2.  18. 

ARDUUS,  A,  UM.  Ce  mot,  qui  vient  du 
verbe  ardere,  parce  que  la  flamme  s'élève  en 
haut,  signifie  : 

Haut,  élevé,  en  parlant  du  ciel ,  d'un  ar- 
bre, d'un  lieu  [lio/n -i-p<A;,Prominenlia  ru^ 
pis).  Job.  .39.  27.  Numquid  ad  prœceplum 
tuum  elevabitur  aquila  et  in  arduis  ponet  ni- 
dum  suum  ?  L'aigle  à  votre  commandement 
s'élèvera- t-il  en  haut,  et  fera-l-il  son  nid 
dans  les  lieux  les  plus  élevés?  Jerem.  4.  29. 
Ingressi  sunt  ardua  :  Les  Juifs  se  sont 
retirés  aux  lieux  les  plus  élevés;  Gr.  a-rj/Kt», 
antrn. 

AREA,Gr.  «).wv,  a).w?.Cc  mol  vient  du  verbe 
nreo,  être  sec,  et  signifie  place  sans  maisons, 
aire,  parterre;  il  signifie  aussi  l'aire  d'une 
grange,  parce  que  c'est  le  lieu  où  les  blés 
sont  battus  et  se  sèchent. 

1*  Aire  de  grange.  Joël.  2.  2V.  Implcbuntur 
arcœ  frumenlo  :\ os  granges  seront  pleines 
deblé.  ha.  2\.  10.  Filii  areœ  mcœ  :  Vous  que 
je  laisse  dans  l'oppression,  comme  on  foule 
le  blé  dans  la  grange  :  on  peut  rapporter  à 
celte  signification  d'aire,  qui  est  un  lieu  sec, 
exposé  à  l'air,  ce  passage  de  Joël.  1.  20. 
Besiiœ  agri  quasi  arca  sitiens  imbrcm  :  Les 
bêtes  des  champs  sont  comme  la  terre  alté- 
rée qui  demande  de  la  pluie. 

2°  Cour  ou  place.  3.  Reg.  22.  10.  Rcx 
Israël  et  Josaphnt  rex  Juda  sedebant  unuS' 
quisque  in  areajuxla  osliumporlœ  Somariœ  : 
L(î  roi  d'Israël  et  Josaphal,  roi  do  Juda, 
étaient  dans  la  cour  près  de  la  porte  de  Sa- 
marie,  assis  chacun  en  leur  trône. 


355 


DICTIONNAIRE  DE 


3°  La  place  où  est  plantée  la  v'gne  (^ôloç). 
Ezech.  IT.  ÎO.  Xonne.  cum  tedgeiit  eam  ven- 
tus  urens  siccabidir,  et  in  areis  yerminis  suis 
arescet?  Lorsqu'un  vent  brûlant  aura  frappé 
celle  vigne,  ne  séchera-t-elle  pas  dans  la 
même  place  où  elle  a  pris  son  accroisse- 
ment? 

4'  Places  auprès  du  marais  nommé  Cende- 
via,  et  autres  lieux  où  il  y  avait  des  salines 
qui  payaient  tribut  aux  rois  qui  s'étaient 
rendus  maîtres  de  la  Judée  {v'/.h;  nu-jy.i,  salis 
stagna),  1.  Mach.  li.  3o.  Remitlimus  eis  et 
areas  salinarum  rjuœ  nobis  deferebanlur  :  Nous 
remettons  aux  Juifs  les  impôts  des  salines, 
et  les  couronnes  que  l'on  nous  apportait;  où 
ici  areœ  salinarum  semble  signifier,  ou  le  sel 
même  qui  était  fait,  ou  le  prix  du  sel  ;  c'est 
pourquoi  ce  tribut,  c  10.  29.  s'appelle  Pre- 
tium  salis 

§  1.  i'  Le  blé  qui  esl  dans  .a  grange.  Num. 
15.  V.  19.  20.  De  cibis  vestris  sicut  de  areis 
primitias  separabilis  :  Vous  mettrez  à  part 
les  prémices  du  blé  que  vous  mangez, 
comme  vous  mettez  à  part  les  prémices  du 
blé  de  vos  granges.  Job.  39.  12.  Numquid 
credes  illi  quod  aream  tuam  congreget  :  Groi- 
rez-vous  que  le  rhinocéros  amasse  des  blés 
dans  votre  grange?  Num.  18.  v.  27.  30.  Deut. 
15.  14.  k  Reg.  0.  27.  Ainsi,  1.  Reg.  23.  1. 
Ecce  Philistiim  oppugnant  Ceilam  et  diri- 
piiint  areas  :\ oW'd  les  Philistins  qui  attaquent 
Ceïla,  et  qui  pillent  les  blés  des  granges. 
Ose.  9.  2.  A  quoi  se  peut  encore  rapporter 
ce  passage  d'Osée,  9.  1.  Dilexisti  mercedem 
super  omnes  areas  iritici  :  Vous  vous  êtes 
prostituée  pour  avoir  une  grand'  abondance 
de  blé  :  Diligere  mercedem,  suiA.  meretriciam, 
i.  e.  fornicari  :  d'autres  expliquent  :  Vous 
avez  idolâtré  dans  les  aires  où  vos  idoles 
étaient  placées.  Voy.  Scper. 

2"  L'Eglise,  dans  laquelle  les  bons  sont 
mêlés  avec  les  méchants,  parce  qu'elle  est 
comparée  à  l'aire  où  le  blé  esl  mêlé  avec 
la  paille  ;  mais  Notre-Seigneur  ,  au  jugement 
dernier,  séparera  les  bons  d'avec  les  mé- 
chants, comme  on  sépare  le  blé  d'avec  la 
paille.  Matlh.  3.  12.  Permundabit  aream 
auam,  et  congregabit  triticum  suum  in  hor- 
reum,  paleas  aulem  comburet  igni  inextin- 
(juibili  :  Jésus-Christ  nettoiera  parfaitement 
son  aire  ;  il  amassera  son  blé  dans  le  gre- 
nier; mais  il  brûlera  la  paille  dans  un  feu 
qui  ne  s'éteindra  jamais.  Luc.  3.  17 

§  2.  —  Noms  propres  de  lieu. 

Akea,  atad,  Heb.  la  place  des  épines, 
ainsi  apoelée  ,  parce  qu'il  y  eu  avait  beau- 
coup. 

Lieu  située  deux  milles  du  Jourdain,  en 
deçà  duquel  lieu  vinrent  Joseph  et  les  Egyp- 
tiens, qui  conduisaient  le  corps  de  son  père 
Jacob.  Gènes.  50.  10.  Venerunlgue  ad  aream 
Atfid  guœ  silaesl  transJordnnern  :  Ils  vinrent 
àl'airc  d'Alad,  quiesl  située  au  delà  du  Jour- 
dain. Voy.  TuAN.« 

Area  AKEurijE,  ou  AREA  ORitAit.  L'aire  ou 
la  grange  d'Areuna  ou  d'Ornan,  située  sur 
la  montagne  de  Moria,  où  A!;rali 'in  avait 
Toulu   immoler  son  lils  :  DîJtvid  actiela  d'A- 


PHILOLOGIE  SACRÉE.  SM 

reuna  Jébuséen  cette  aire,  pour  y  dres&er  uu 
autel  au  Seigneur.  2.  Reg.  2i.  18.  Constitut 
altare  Domino  in  area  Areuna  :  Allez  dresser 
un  autel  au  Seigneur  dans  l'aire  dAreuna. 
Vide  v.  16.  21.  2i.  Ainsi,  1.  Par.  21.  v.  15. 
18.  2.  Par.  3.  1.  Voy.  Ornan. 

§  3.  —  Noms  propres  d'bommes. 

Area,  Heb.  Via.  1"  Un  chef  de  famille  dont 
les  descendants  revinrent  de  Bibylone  au 
nombre  de  sept  cents.  1.  Esdr.  2.  5.  et  au 
nombre  de  six  cent  cinq.  2.  Esdr.  7.  10.  La 
raison  do  ce  nombre  différent  vient,  à  ce 
qu'on  croit,  de  ce  que  le  premier  dénombre- 
ment du  peuple,  rapporté  1.  Esdr.  2.  5.  fut 
fait  en  Babylone  même;  au  lieu  que  le  se- 
cond, rapporté  2.  Esdr.  7.  ne  fut  fait  par  re- 
vue en  Judée,  que  quelque  temps  après  leur 
retour,  s'étant  pu  taire,  par  conséquent, 
que  quelques-uns  de  ceux  qui  sont  marqués 
dans  le  premier  dénombrement,  demeurèrent 
derrière,  ou  moururent  en  chemin. 

2'  Père  de  Séchenias.  2.  Esdr.  6.  18. 

AREBBA,  Heb.  Rabba,  Multa.  Ville  de  la 
tribu  de  Juda.  Jos.  15.  60. 

AREGON,  Heb.  Rakkon,  ^rugo.  Ville  de 
la  tribu  de  Dan.  Jos.  19.  46. 

AREI),  Heb.  Jmperans.  Fils  de  Géra,  petit- 
fils  de  Benjamin.  Gènes.  46.  21. 

ARÉE,Heb.  Via.  Fils  d  OUa,  petit-ûls  d'A- 
ser.  1.  Par.  7.  39. 

AREFAGERE,  ^ripaiveiv.  Ce  verbe  esl  formé 
d'arere,  et  de  facere,  et  signifie  : 

Faire  sécher  quelque  chose,  sécher,  dessé- 
cher quelque  chose.  Matth.  21.  19.  Arefacta 
est  continuo  ficulnea  :  Au  même  moment  le 
figuier  sécha.  Jac.  1.  11.  Arefecit  fenum  :  Un 
soleil  brûlant  sèche  l'herbe. 

Perdre,  consuner  ^;7.Kpaîv£tv).  Job.  15.  30. 
Ramos  ejus  arefaciet  flamma  :  La  flamme 
brûlera  ses  branches  :  Eliphas  parlant  à 
Job,  témoigne  ici  que  l'alfliction  perdra  la 
postérité  de  l'impie.  Eccli.  10.  v.  18.  20.  c. 
14.  9.  D'où  viennent  encore  ces  façons  de 
parler.  Isa.  42.  15.  Stagna  arefaciain  :  Je  sé- 
cherai tous  les  étangs  ;  c'est-à-dire  j'exter- 
minerai les  plus  tiers  ennemis  démon  Eglise, 
et  j'ôlerai  tous  les  obstacles  qui  peuvent  em- 
pêcher mes  fidèles  de  venir  à  moi.  c.  44.  27. 
Flumina  tua  arefaciam  :  Je  mettrai  les  eaux 
à  sec.  Dieu  menace  Babylone  de  ruiner  toute 
sa  puissance;  et  ce  passage  se  peut  bien  en- 
tendre de  ce  que  fit  Gyrus  pour  entrer  en 
Babylone  avec  son  armée,  qui  fut  de  dé- 
tourner l'Euphrate  de  Babylone.  Ezech.  19. 
12.  Arefaclœ  sunt  virgœ  roboris  ejus  :  Ses 
branches  si  vigoureuses  sont  devenues  tou- 
tes sèches.  Le  Prophète  compare  la  ville  de 
Jérusalem  à  une  vigne,  dont  les  branches  vi- 
goureuses ,  c'est-à-dire  toute  la  jeunesse  de 
la  race  royale,  sont  toutes  desséchées. 

AUELI,  Heb.  Altare.  Dernier  fils  de  Gad. 
Gen.  46.  16. 

ARENA,  ■i'âjiij.oç,  ou  KfAiJLo-  Ce  mot  vient  du 
verbe  areo,ei  signifie  : 

Sable,  gravier.  Eccli.  1.  2.  Arenam  maris 
et  piuviœ  guttas...  guis  dinumeravit?  (Ju\  a 
compté  le  sable  de  la  mer?  Deut.  33.  1».  Qui 
inundalionam  maris  quasi  lac  sugenl  et  tite- 


357 


ARE 


ARE 


35S 


sauros  absconâitos  orenartim  :  Ils  suceront 
comme  le  lait  les  richesses  de  la  mer,  et  les 
trésors  qu'elle  cache  dans  le  sable.  Moïse 
parle  de  la  tribu  deZabulon,  qui,  étant  située 
sur  le  bord  de  la  mer,  devait  s'enrichir  par 
le  commerce  sur  la  mer,  au  fond  de  laquelle 
se  trouvent  les  pierres  précieuses,  et  sur  les 
bords,  les  richesses  des  vaisseaux  qui  font 
naufrage,  qui  sont  couvertes  du  sable  de  la 
mer. 

1°  Une  des  propriétés  du  sable  est  qu'il  ne 
se  peut  compter  ;  c'est  pourquoi  souvent 
dans  l'Ecriture  il  signifie  : 

Une  multitude  innombrable.  Ps.  77.  27.  Et 
phiit  super  eos  sicut  arenam  maris,  volatilia 
pennnta  :  Dieu  fit  pleuvoir  sur  les  Israélites 
dos  oiseaux  comme  le  sable  de  la  mer.  Ps. 
138.  18;  Super  arenam  multiplicabunlur  :  Le 
nombre  des  amis  de  Dieu  surpassera  celui 
dos  grains  de  sable  de  la  mer.  Vide  Apoc. 
7.9. 

•2°  Une  seconde  propriété  du  sable  est  qu'il 
est  posant  ;  c'est  ce  qui  fait  dire  à  Job,  6.  li. 
Quasi  arena  maris  hœc  yravior  appareret  :  Si 
mes  péchés  et  les  maux  que  je  souffre  étaient 
mis  les  uns  avec  les  autres  dans  une  balance, 
ceux-ci  surpasseraient  les  autres  de  toute  la 
pesanteur  du  sable  de  la  mer.  Ainsi,  Prov. 
27.  3.  Eccli.  22.  18. 

ARENOSUS^  A,  UM,  «uuwSrj,-.  Ce  nom  adjec- 
tif vient  du  substantif  oreno,  et  signifie  : 

Sablonneux,  ploin  de  sable,  où  il  y  a  quan- 
tité de  sab'e.  Eccli.  23.  27.  Sicut  ascensus 
arenosus  in  pedibus  veterani  :  Une  monlagne 
sablonneuse  aux  pieds  d'un  vieillard,  est  la 
même  chose  qu'une  grande  causeuse  près 
d'un  homme  paisible. 

AREOLA,  M^rrpc/idiù,  nom  diminutif  d'nre«, 
lorsqu'il  marque  une  planche  de  jardin,  et 
signifie  : 

1°  Une  petite  planche,  une  couche  ou  par- 
terre de  jardin  {tàxAr,).  Gant.  5.  13.  Genœ  il- 
lius  sicut  areolœ  aroviatum  :  Les  joues  de  mon 
bieii-aimé  sont  semblables  à  des  parterres 
d'herbos  odoriférantes  :  ces  joues  ce  sont  les 
Ecritures  saintt^s,  qui  font  connaître  Jésus- 
Christ,  comme  l'on  connaît  l'homme  par  le 
visage,  et  dont  les  livres  différents  sont 
comme  des  parterres  de  partums. 

2°  Ruisseaux  ou  rigoles  pour  arroser  (p6\oç, 
elix,  sulcHs).  Ezech.  17.  7.  Vinea  ista  palmi- 
tes  suos  extendil  ad  itlam,  (se.  aquilam)  ut 
irrigaret  eam  de  areolis  germinis  sui  :  Cotte 
vigne  étendit  ses  branches  vers  ce  second  ai- 
gle, afin  qu'il  l'arrosât  des  eaux  fécondes 
qu'il  pouvait  lui  procurer  :  le  Prophète,  par 
cotte  allégorie,  marque  le  secours  que  les 
Juifs  tâchèrent  d'avoir  du  roi  d'Egypte  con- 
tre Nabuchodonosor,  on  faisant  allusion  aux 
eaux  du  Nil,  qui  arrosonl  l'Egypte  par  des 
canaux. 

AREOPAGUS,  I.  Gr.  Collis  Marlis.  Ce  nom 
vient  du  Grec  ûpriç,  Mars,  et  de  rayo?,  ru- 
pes,  collis  Martis. 

L'aréopage,  cour  célèbre  d'Athènes,  où  se 
jugeaient  les  causes  et  les  affaires  de  grande 
conséquence  ;  saint  Paul  y  ,ul  ciuiduit.  Act. 
i7.  19.  Àd  areopagum  duscrunt  :  Quoli|uos 
philosophes  opicunuus  cl  sloïcieus  mcaèreul 


saint  Paul  à  l'aréopage  ;  saint  Paul  y  parla 
devant  les  juges,  v.  22.  Stans  autem  Paulus 
in  medio  areopagi,  ait  :  Saint  Paul  étant  au 
milieu  lio  l'aréopage,  leur  dit. 

AREOPAGITA,  je,  Gr.  De  colle  Martis.  Ce 
nom  vient  (VAreopaijns. 

Aréopagite,  juge  ou  sénateur  de  l'aréopage. 
Ces  juges  qui  s'étaient  acquis  une  grande 
réputation  pour  lour  intégrité,  avr.iont  une 
très-grande  autorité  dans  toute  la  Grèce. 
Saint  Denis,  qui  fut  converti  par  saint  Paul, 
était  de  ce  nombre.  Act.  17.  34.  Quidam  vero 
viri  adhœrentes  ei,  crediderunt,  in  quibus  et 
Vionysius  Areopagita  :  Quelques-uns  se  joi- 
gnirent à  saint  Paul,  et  embrassèrent  la  foi, 
entre  lesquels  fut  Denis,  sénateur  de  l'aréo 
page.  Ce  même  saint  Denis  fut  fait  ensuite 
évêque  d'Athènes,  selon  le  rapport  de  saint 
Denis  de  Corinthe  et  d'Eusèbe,  lib.  3.  c.  k. 

AREM,  Heb.  Filiusmeus.  Chef  de  famille; 
ses  enfants  revinrent  de  Babyloue  au  nombre 
de  millo  dix-sept.  2.  Esdr.  7.  42. 

ARERE,?yîoatv£(7e«t.  Etre  fort  sec.  Job.  7.  5, 
Cutis  mea  aniit  et  coniracla  est.  Ma  peau  est 
toute  sèche  et  toute  retirée.  Ose.  9.  14.  Da 
eis  vulvam  sineliberis  et  itbera  arentia  :  Don- 
nez aux  femmes  des  Israélites  des  entrailles 
qui  ne  portent  point  d'enfants,  et  des  ma- 
melles qui  soient  toujours  sèches,  i.  e.  ren- 
dez-les stériles. 

Elre  desséché,  perdre  sa  vigueur  et  sa  force.  ' 
Ps.  21.  16.  Aruit  tamquam  lesta  virtus  mea  ; 
Ma  vigueur  s'est  desséchée  comme  l'argile 
cuite  au  feu.  Ps.  101.  5.  Aruit  cor  meum  :  Mon 
cœur  s'est  desséché. 

ARESCERE.  'iv]pixbsaOv.i.  Devenir  sec,  se  des- 
sécher. Job.  8.  12.  {Carcctim)  ante  omnes 
hcrbas  arescit  :  L'herbe  du  pré  sèche  avant 
toutes  les  autres.  Jerem.  (jO.  38.  Siccilas  su- 
per aquas  ejus  erit  et  arescent  :  La  sécheresse 
tombera  sur  les  eaux  de  Babylone,  et  elles 
sécheront;  l'Euphrate,  fleuve  qui  passait  au 
milieu  de  Babylone,  fut  coupé  par  Cyrus  eu 
plusieurs  ruisseaux.  Ainsi,  Job.  14.  11.  Isa. 
19.  V.  5.  T. 

1°  Déchoir  de  sa  prospérité  et  de  son  oon- 
iieur  (î^Oît^saOat,  corrumpi)  Ps.  36  ^Tamquam 
fenim  velociler  arescent  :  Les  méchants  se 
sécheront  aussi  promptemcnt  que  le  foin. 
Job.  13.  32.  Marnes  ejus  arescent  :  Les  mains 
de  l'impie  se  sécheront.  Voy.  Manus.  Ezech. 
17.  V.  9.  10. 

2"  Perdre  sa  force  et  sa  vigueur.  Psal.  89. 
6.  Vespere  décidât ,  indurel  et  arescat  (pour 
arescet).  L'herbe  tombe  le  soir,  elle  s'endur- 
cit et  se  sèche:  le  Prophètecompare  à  l'herbe, 
1  homme  qui,  sur  le  soir,  c'est-à-dire,  sur  lo 
déclin  de  sa  vie,  se  consume  peu  à  peu.  Isa. 
51.  12.  Marc.  9.  17.  f         f  a 

3"  Mourir,  rendre  l'âme  (ino^l^ùxBtv).  Luc. 
21.26.  Arescenlibus  hominibus  prœ  timoré: 
Los  hommes  sécheront  de  frayeur. 

4'  Etre  privé  de  la  grâce,  cl  de  la  commu- 
nion des  saints.  Joan.  13.6.  Siquisinmenon 
mansent,  ejicietur  foras,  sicut  palmes  et  ares- 
cet  :  Si  (juclqu'un  ne  demourc  pas  en  moi, 
il  sera  joté  (J^hors  connue  un  sarment  inutile! 
€l  u  se.ch  r^  * 

AUETH.  Hcb.  Sculpiura.  Forêt  où  David 


55» 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


S0O 


»e  relirait  en  fuyant  SauL  1.  Rep;.  22.  5.  Et 
profectus  est  David,  et  venit  in  saltum  Areth  : 
David  partit  et  vint  dans  la  foiêl  de  Areth. 

ARETâS,  Gr.  Virtute  prœditi(,s.  —  1"  Roi 
d'Arabie,  qui  mit  Jason  en  prison.  2.  Mach. 
5.  8.  —  2°  Un  autre  roi  de  l'Arabie  Pierreuse 
et  de  Damas,  beau-père  du  roi  Hérode  le  Té- 
trarque,  à  qui  il  avait  donné  sa  fllle  en  ma- 
riage. 2.  Cor.  11.  32.  Voy.  Herodias. 

AREUNA,  Hcb.  Area.  Un  Jébuséen  prosé- 
lyte, qui  vendit  à  David  la  place  où  Salomon 
bâtit  le  temple.  2.  Reg.  2i.  v.  10.  18.  20.  22. 
23.  Voy.  Area.  Voy.  Ornan.  Il  est  appelé 
roi.  v.  23.  ;  ainsi  il  pouvait  avoir  été  roi  des 
Jébuséens,  avant  que  David  eût  pris  Jérusa- 
lem, ou  être  de  la  race  de  leurs  rois.  Il  est 
dit  2.  Reg.  2i.  2i.  que  David  acheta  l'aire  et 
les  bœufs  d'Areuna  cinquante  sicles  d'argent  ; 
et  dans  le  premier  des  Paralipomènes,  c.  21. 
25,  il  est  dit  que  David  lui  donna  pour  la 
place  six.  cents  sicles  d'or  :  on  peut  résoudre 
cette  difficulté  en  disant  que  David  donna 
pour  les  bœufs  et  les  chariots  cinquante  si- 
cles d'argent;  mais  que  voulant  avoir  la 
place  et  en  être  le  maître,  il  la  paya  six  cents 
sicles  d'or,  qui  reviendraient  environ  à  treize 
mille  livres,  peut-être  même  que  la  monta- 
gne où  le  lemple  fut  bâti,  était  comprise  dans 
cette  place.  Dedit  pro  loco  sexcenios  auri  si- 
clos  :  on  peut  aussi  expliquer  de  même  sorte 
le  passage  du  2.  des  Rois,  Emit  ergo  David 
Aream;  David  acheta  la  place  (six  cents  si- 
cles d'or;)  et  boves,  et  donna  pour  les  bœufs 
(cinquante  sicles  d'argent). 

ARGE?sTUM  ,  i.  Heb.  Cheseph.  Ce  mot 
vient  du  Grec  af,yvpoç,  qui  se  forme  d'^pyoç, 
blanc,  parce  que  c'est  la  couleur  de  ce 
métal;  comme  en  français  argent  signifie 
non-seulement  toute  sorte  d'argent,  soit  en 
lingot,  soit  en  monnaie,  mais  encore  toute 
sorte  de  monnaie  d'autre  métal,  parce  que 
la  plus  commune  est  d'argent  :  mais  quand 
l'Ecriture  ajoute  à  ce  mot  un  nom  de  nombre, 
il  signifie  une  espèce  de  monnaie  d'argent  : 
or,  il  y  en  avait  de  deux  sortes  ;  le  denier  que 
les  Hébreux,  à  l'imitation  des  Latins,  nom- 
maient Denar,  et  le  sicle,  qu'ils  ont  appelé 
de  ce  nom ,  parce  qu'il  pesait  d'avantage, 
Scekel,  pondus;  mais  quand  le  mot  Cheseph, 
argenleus  se  met  pour  une  n»onnaic  d'ar- 
gent, cest ordinairement  le  sicle.  Voy.  Dena- 
Rius.  Voy.  SiCLLS.  JLl  signifie  dans  l'Ecriture  : 
1°  Argent,  le  seiîond  des  métaux,  et  le  plus 
précieux  après  l'or.  Prov.  17.  3.  Sicnl  igné 
probatur  argentum;  ita  corda  probat  Domi- 
71US  :  Comme  l'argent  s'éprouve  par  le  feu, 
ainsi  le  Si-igneur  éprouve  les  cœurs.  Exod. 
2o.  3.  c.  31.  4.  c.  35.  v.  5.  2i.  Soph.  1.  11. 
Ps.  11.  7.  Ps.  65.  10. 

2°  Monnaie,  argent  monnayé,  qui  quelque- 
fois s'exprime  par  aurum  et  argentum;  et 
quelquefois  par  argentum  seul.  k.  Reg.  5. 
2(5.  Accepisti  argentum  :  Vous  avez  reçu  de 
l'argent.  Le  prophète  Elisée  parle  de  (jiezi, 
'.jui  reçut  deux  talents  de  Naaman.  Act.  3.  C. 
Argentum  et  aurum  non  est  milii  (Saint 
Pierre  dit  à  cet  homme  qui  était  à  la  porte 
du  lemple):  Je  n'ai  ni  or,  ni  argent.  Exod.  38. 
27.  Ps.  118.72, 


3°  Le  prix  de  quelque  chose.  1.  Par.  21. 22. 

Da  mihi  locutn  areœ  tuœ;  ita  ut  quantum  va- 
let  argenti  accipias  (David  dit  à    Oman  )  : 
Donnez-moi  la  place  qu'occupe  votre  aire, 
et  je  vous  en   paierai  le   prix  qu'elle  vaut. 
Isa.  55.  1.  Emite  absque  argento  :  Vous  tous 
qui  avez  soif,  qui  n'avez  point  d'argent,  ve- 
nez, achetez  sans  argent  le  vin  et  le  lait  : 
Dieu  invite  ici  les   hommes  aux  eaux  de  sa 
grâce,  que  l'on  achète,  parce  qu'on  doit  tra- 
vailler pour  l'acquérir  (mais  sans  argent)  ; 
c'est-à-dire  sans  nos  mérites,  c.  13.  17.  Sus- 
citabo  super  eos  qui  argentum  non  quœrant  : 
Je  vais  susciter  contre  les  Rabyloniens,  les 
Mèdes,  qui  ne  chercheront  point  d'argent; 
c'est-à-dire,  qui  aimeront  mieux  les  tuer  que 
d'en  tirer  rançon.  Ainsi,  c.  43.  24.  c.  52.  3. 
i°  Biens  ,  richesses.  Job.  22.  25.  Argentum 
coacervabitur  tibi  :  Si  vous  retournez  au  Tout- 
Puissant,  vous  aurez  des  monceaux  d'argent 
(dit   Eliphaz  à  Job,  qu'il  jugeait  criminel), 
et  qui  (comme  font  tous  les  Juifs),  lui  propo- 
sait de  grands  trésors,  pour  prix  de  sa  véri- 
table  conversion;  au  lieu  que  les  chrétiens 
se  proposent  cette  abondance  de  charité,  qui 
remplit  leur  cœur  dès  ce  monde,  et  la  pléni- 
tude de  celle  même  charité  dans  l'autre,  c. 
27.  16.  Ose.  9.  6.  Desiderabile  argentum  eo- 
rum  urtica  hœreditabit  :  Leur  argent  qu'ils 
aimaient  avec  tant  de  passion,  sera  caché 
sous  les  orties  :  le  Prophète  parle  des  Juifs 
Isa.  2.7.  Zach.9.  3. 

§  1.  —  La  bonne  et  saine  doctrine  est  ap- 
pelée or  et  argent,  à  cause  de  son  excellence. 
1.  Cor.  3.  12.  Siquis  siiperœdificat  super  fun- 
damentum  hoc,  aurum,  argentum  :  Si  l'on 
bâtit  sur  ce  fondement  avec  de  l'or  et  de  l'ar- 
gent; c'esl-à-dire  si  quelqu'un  prêche  une 
saine  doctrine,  et  conforme  aux  premiers 
commencements  de  la  religion  chrétienne, 
que  saint  Paul  avait  donnée  aux  Corinthiens. 
§  2.  —  La  pureté  des  mœurs.  Isa.  1.  22. 
Argentum  tuum  versum  est  inscoriam  :  Votre 
argent  s'est  changé  en  écume;  c'esl-à-dire 
vous  êtes  déchue  de  votre  intégrité.   Voy. 

SCORIA. 

ARGENTARIUS,  i.  àpyvpoy^ooç.  —  1°  Orfè- 
vre, ouvrier  en  or  et  en  argent  (;^wv£Ût«?). 
Judic.  17.  4.  Dédit  eos  argentario  ut  faceret 
ex  eis  sculptilc  :  La  mère  de  Michas  donna 
deux  cents  pièces  d'argent  à  un  orfèvre,  afin, 
qu'il  en  fît  une  image  taillée.  Act.  19.  24.  — 
2°  Ouvrier  en  argent.  Isa.  40.  19.  Numquid 
aurifex  aura  figuratif  illud,  et  laminis  ar— 
genteis  orgentarius?  Celui  qui  travaille  en  or, 
n'en  forme-t-il  pas  une  statue  d'or,  et  celui 
qui  travaille  en  argent,  ne  la  couvre-l-il  pas 
de  lames  d'argent?  Sa  p.  15.  9.  Concerlatur 
uurificibus  et  argentariis  :  Un  potier  ne  s'ap- 
plique qu'à  disputer  de  l'excellence  de  son 
art  avec  les  ouvriers  en  or  et  en  argent. 

ARGENTEUS,  a,  um,  Gr.  «ioyu/ooO,-.  —  1°  Qui 
est  d'argent.  Eceli.  23.  23.  Columnœ  aureœ 
super  bases  argenleas  :  Des  colonnes  d'or  sur 
des  bases  d'argent.  Dan.  5.  3.  Tune  allata 
sunt  vasa  anrea  et  argentea  :  On  apporta  aus- 
sitôt les  vases  d'or  et  d'argent  qui  avaient  été 
transportés  du  lemple  de  Jérusalem,  cl  le  roi 
(BalthasarJ  but  dedans  avec  sçs  femmes. 


S6I 


ARG 


ARG 


SG2 


2"  Nom  substantif,  pièce  de  monnaie  qui 
se  dil,  dans  l'Ecriture,  presque  de  toutes 
sortes  de  pièces  d'argent  ((7Îx).o,-  «oyuoiou)  ; 
mais  toutefois  se  prend  ordinairement  pour 
le  sicle.  2.  Reg.  18.  11.  Dcdissem  (ibi  deccm 
argenti  siclos:  Je  vous  aurais  donné  dix 
sicles  d'argent.  C'est  ce  que  dit  Joab  à  un 
soldat  qui  vint  lui  dire  qu'il  avait  vu  Absa- 
lon  pendu  à  un  chêne,  en  lui  demandant 
pourquoi  il  ne  l'avait  pas  tué.  v.  12.  Qui  di- 
xit  ad  Joab  :  Si  appenderes  in  manibus  meis 
mille  argenteos,  nequaquam  mitterem  manum 
vieam  in  filium  Régis  :  Ce  soldat  répondit  à 
Joab  :  Quand  vous  me  donneriez  présente- 
ment mille  pièces  d'argent,  je  ne  porterais 
pas  pour  cela  la  main  sur  la  personne  du  fils 
du  roi.  { Siclus  argenti  ei  argenteus.  Heb. 
Cheseph,  argentum.'ÎO.  (ji-/Xo;  ùpyvfjovç.  Malth. 

26.  15.  Constituerunt  ei  triginta  argenteos, 
se.  sic/os;  Les  princes  des  prêtres  convinrent 
de  donner  à  Judas  trente  pièces  d'argent 
(ùfjyvpiov)  ,  aulr.  comptèrent  trente  pièces 
d'argent  (ce  qui  valait   environ  iG.  liv.).  c. 

27.  v.  .3.  \.  6.  9.  Gen.  37.  28.  Vendiderunt 
tiim  viginti  argenteis ,  supple  siclis  :  Les 
frères  de  Joseph  le  vendirent  vingt  pièces 
d'argent  aux  Ismaélites,  qui  le  menèrent  en 
Egypte.  Ainsi,  c.  20.  IG.  c.  io.  22.  Judic.  16. 
5.  c.  17.  V.  2.  4.  10.  4.  Reg.  6.  25.  Tamdiu 
obsessa  est ,  donec  venundaretur  caput  asini 
80  argenteis:  Le  siège  de  Samarie  continua 
jusque  là,  que  la  tête  d'un  âne  fut  vendue 
80  pièces  d'argent;  chaque  pièce,  ou  sicle, 
valait  trente  sous  et  quelques  deniers;  mais 
il  est  plus  croyable  que  ces  pièces  d'argent 
étaient  des  sicles  communs  el  profanes,  qui 
ne  valaient  que  la  moitié  des  sicles  sacrés, 
ainsi  ces  80  sicles  faisaient  environ  vingt 
écus;  et  les  cinq  pièces  d'argent  que  l'on 
vendait  à  ce  siège  la  quatrième  partie  d'un 
cabat  de  fiente  de  pigeon,  ou,  scion  d'autres, 
de  pois  chiches,  revenaientà  soixante-quinze 
sous.  Jerem.  32.  9  :  Appendi  septem  siclos  et 
decem  argenteos,  supl.  siclos;  d'autres  disent 
nummulos  :  Je  donnai  à  Hananéel  sept  sicles, 
et  dix  pièces  d'argent  pour  le  champ  qui  est 
à  Anathoth.  C'est  le  prophète  qui  parle  :  ce 
qu'il  fit  dans  le  temps  même  du  siège  de  Jé- 
rusalem, et  lorsque  Dieu  lui  eut  tait  com- 
prendre que  c'était  par  son  ordre  qu'on  le 
pressait  d'acheter  ce  champ.  2.  Par.  2.  17. 
Cant.  8.  11.  Isa.  7.  23.  Ose.  3.2.  Zach.  11. 
11. 

3*  Petite  pièce  ou  obole  d'argent.  1 .  Reg.  2. 
36.  Fulurum  est  ut  qiiicumquc  remanserit  de 
domo  tua  venial,  ut  orelur  pro  co,  et  offerat 
nummum  argenteum  :  Quiconque  restera  de 
votre  maison  viendra,  afin  (jue  l'on  prie 
pour  lui,  et  il  offrira  une  pièce  d'argent  et 
un  morceau  de  pain.  Dieu  parle  à  Héli,  grand 
prêtre,  qui  avait  traité  les  victimes  offertes 
au  Seigneur  comme  une  chose  profane,  ses 
enfants  prenant  d'abord  le  meilleur,  cl  ne 
laissant  à  Dieu  ijuc  leur  reste  ;  et  Dieu  l'ayant 
menacé  qu'une  grande  partie  de  sa  maison 
mourraient,  lorsqu'ils  seraient  venus  en  âge 
d'homme,  lui  marque  ce  que  devaient  faire 
ceux  qui  rosteraieiit. 

k"  Précieux,  excellent.  Eccl.  12   G.  Anlc- 

PlCTlONN.    I)F,    riIILOL.    SàCBtE.    I, 


quam  rumpatur  funiculus  argenteus  :  Souve- 
nez-vous de  votre  Créateur  avant  que  la 
chaîne  d'argent  soit  rompue;  cela  s'entend 
à  la  lettre  de  celle  belle  économie  du  corps 
humain,  qui  est  le  lien  précieux  qui  unit  le 
corps  et  l'âme. 

ARGILLOSUS,  a,  lm.  Ce  nom  adjectif 
vient  du  substantif  arQ^j/Za,  qui  vient  du  mot 
Grec  ù&yô;,  iners,  ac  deses,  parce  que  cette 
terre  est  infructueuse. 

Argilleux,  plein  d'argile  {-ay/jç).  3.  Reg. 
7.  46.  Fuditea  rex  in  argillosa  terra  :  Le  roi 
Salomon  fit  fondre  en  un  champ  où  il  y  avait 
beaucoup  d'argile  ,  tous  ces  vases  ,  c'étaient 
ceux  qui  étaient  pour  la  maison  du  Seigneur. 

2.  Par.  4.  17. 

ARGOB,  Heb.  Gleba,  —  1°  Pays  dans  la 
Galaadite,  dont  Jaïr  se  rendit  maître.  Dout. 

3.  H.  3.  Reg.  h.  13.  —  2"  Contrée  au  pays  de 
Basan,  qui  échut  au  partage  de  Manassé. 
Deut.  3.  V.  h.  13.  Tradidi  mediœ  tribui  Ma- 
riasse omnem  regionem  Argob  :  Je  donnai  le 
pays  d'Argob  à  la  moitié  de  la  tribu  do  Ma- 
nassé. V.  k.  Ik.  3.  Reg.  13.  Ce  pays  est  cé- 
lèbre pour  avoir  élé  la  demeure  des  géants, 
et  pour  avoir  eu  dans  son  étendue  soixante 
grandes  villes  qui  avaient  les  portes  de  fer, 
les  gonds  et  les  serrures  de  cuivre;  elles 
furent  toutes  prises  et  détruites  par  Mo'ise; 
et  Og,  qui  en  était  roi,  fut  défait  et  tué.  — 
3"  Un  des  associés  de  Phacée,  fils  de  Rome- 
lie,  en  l'assa.-sinal  .le  Phacéïa,  fils  tUi  Mana- 
hem,  roi  d'Israël,  i.  Reg.  15.  25.  Conjuravit 
autetn  odversus  eum  Phacee  filius  Romeliœ, 
dux  ejus,  et  percussil  eum  in  Samaria  in 
turredomusregiœ,juxtaArgob  et  juxla  Arie: 
Phacée,  fils  de  homélie,  général,  fit  une 
conspiration  contre  Phacé'ïa  ;  il  l'attaqua  à 
Samarie,  dans  la  tour  de  la  maison  royale, 
près  d'Argob  et  d'Arie.  Saint  Jérôme  semble 
avoir  pris  Argob  et  Arie  pour  des  lieux  pro- 
che lesquels  ce  meurtre  se  soit  fait;  mais 
l'Hébreu  et  le  Grec  portent  :  avec  Argob  et 
Arie,  complices  de  la  conjuration. 

ARGUERE,  Gr.  èUy/ji-j.  Ce  verbe  vient  du 
mot  grec  ùpyôç,  clarus  uc  manifestus.  Faire 
connaître  quelque  chose,  en  être  un  signe,  ou 
une  marque,  accuser,  avertir,  reprendre. 

1'  Faire  connaître  (oo/.tuKÇctvj.Eccli.  31.  31. 
Yinnm  corda  superborum  urguct  in  ebriciate 
potatum  :  Le  vin  bu  avec  excès  fait  recon- 
naître les  cœurs  des  superbes.  Eph.  5.  13. 
Quœ  arguuntur  a  lumine  manifestantur . -Tout 
ce  qui  se  découvre  est  exposé  à  la  lu- 
mière. 

2°  Avertir,  reprendre,  blâmer.  Prov.  0.  8. 
Noli  arguere  derisorem,  ne  odcrit  te;  argue 
sapientcm,  et  diligct  le  :  Ne  reprenez  poinllc 
moqueur,  de  pour  qu'il  ne  vous  haïsse;  re- 
prenez le  sage,  et  il  vous  aimera,  c.  13.  v. 
1.  18.  c.  2'fr.  25.  c.  25.  12.  Tob.  2.  8.  ^Ir^ue- 
bant  eum  omncsproximi  rjas  .-Tobie  fut  blâmé 
de  tous  ses  proches;  le  sujet  fut  d'avoir  em- 
|)orté  secrètement  dans  sa  maison  le  corps 
d'un  Israélite  qui  avait  été  tué  dans  la  rue, 
pour  l'ensevelir,  après  avoir  été  dépouillé  de 
tout  son  bien  par  Sennachérib,  et  mémo 
exposé  au  péril  de  la  mort,  pour  une  pareillo 
œuvre  de  charité.   Lcv.  10.   17.  Job.  0,  Û. 

12 


&65 


Eccli.8.  13.  c.  20.  l.lsa.  20.  21.  1. 
20.  2.  Tim.  i-  2.  Tit.  2.  15.  Jud.  22. 

3°  Accuser.  Job.  22.  4.  Numquid  limens 
argiiet  te?  Dieu  vous  craindra-l-il  lorsqu'il 
TOUS  accusera?  c.  13.  13.  c.  13.  3.  c.  20.  3. 
Gen.31.  32.  Ad.  19.  iO.  etc. 

h"  Conlesler,  disputer,  soutenir  sa  cause 
contre  quelqu'un  {Sicôiy-'j^y.i  .  Isa.  1.  18.  Ve- 
nile,  et  argiiite  me,  dicit  Dominus  :  Venez,  et 
soutenez  votre  cause  contre  moi,  dit  le  Sei- 
gneur. Hab.  2.  1. 

3°  Convaincre.  Joan.  8.  i6.  Quis  ex  vobis 
argnet  me  de  peccato  ?  Qui  de  vous  me  peut 
convaincre  d'aucun  pécSié?  c.  16.  8.  Argiiet 
mundum  de  peccato  :  Lorsque  le  consolateur 
(le  Saint-Esprit)  sera  venu,  il  convaincra  le 
liionde  touchant  le  péché,  se.  d'incrédulité. 
c.  3.  20.  Gen.  30.  33.  Num.  3.  13.  etc. 

6°  Condamner.  Job.  13,  10  ;  Jpse  vos  ar- 
giiet, quoniam  in  abscondito  fuciem  ejus  acci- 
pitis  :  G"esl  Dieu  même  qui  vous  condamnera, 
lorsque  ce  n'est  que  par  dissimulation  que 
vous  défendez  ses  intérêts;  c'est  ainsi  que 
Job  parle  à  Sophar,  qui  prétendait  par  ses 
mensonges  défendre  les  intérêts  de  Dieu,  en 
disant  qu'il  le  faisait  ainsi  souffrir,  parce 
qu'il  était  criminel,  quoique  véritablement 
il  fût  innocent.  Ainsi,  c.  19.  3.  Arguitis  me 
opprobriis  meis  :  Vous  prétendez,  à  cause  de 
mes  humiliations,  que  je  suis  coupable. 
L'affliction  est  plutôt  une  marque  delà  bien- 
veillance de  Dieu  que  de  son  indignation  ; 
il  châtie  ceux  qu'il  aime.  Eccli.  32.  23.  Isa. 
11.  3.  etc. 

1°  Déshonorer ,  jeter  dans  l'opprobre. 
Eccli.  19.  2.  Vinum  et  mulieres  apostatare  fa- 
ciunt  snpientes,  et  arguent  sensatos  :  Le  vin 
et  les  femmes  font  tomber  les  sages  mêmes, 
et  jettent  dans  l'opprobre  les  hommes  sensés  ; 
les  font  tomber,  autr.  corrompent,  séparent 
de  Dieu  et  de  leur  devoir. 

8'  Traiter  indignement,  faire  insulte  fp).a5- 
foy-zu).'*.  Reg.  19.  i.  Misit  rex  Assyrionim  ut 
cxprobraret  Deum  viventem,  et  argueret  ver- 
bis:  Le  roi  des  Assyriens  envoya  Rubsatès 
pour  blasphémer  le  Dieu  vivant,  et  pour  lui 
insulter  par  des  paroles  que  le  Seigneur 
votre  Dieu  a  entendues. 

9"  Reprendre  par  les  menaces  ou  les  af- 
flictions, Gen.  31.  '*2.  Arguit  te  heri:ï)'niu 
vous  a  arrêté  cette  nuit  par  ses  menaces. 
Jacob  reproche  à  Laban  que  si  Dieu  ne  l'eût 
assisté  ,  il  l'eût  peut-être  renvoyé  tout  nu 
de  chez  lui  après  l'avoir  servi  fidèlement  l'es- 
pace de  vingt  années.  Apoc.3.  19.  Ego  quos 
amo  arguo  et  castigo  :  Je  reprends  et  châtie 
ceux  que  j'aime.  Ps.  6.  2.  Ps.  37.  2.  Domine, 
ne  in  furore  tuo argiiasme  :Sv\'^neur, ne  me  re- 
prenez pas  dans  votre  fureur.  2.  Reg.  7.  li. 
Job.  13.  10.  Ps.  93.  10.  etc.  Ainsi,  Hebr.  12. 
3.  Ne  faligeris  dura  ab  co  (irgiieris  ;  Ne  vous 
laissez  pas  abattre  Iors(iuc  le  Seigneur  vous 
reprend. 

ARGUMENTL\M.  —  1  Preuve  certaine, 
conviction  (i/sy/oc  .  Hebr.  11.  1.  Est  aulcm 
fides,  arguinenium  non  appurcntium  :  La  foi 
est  une  preuve  certaine  de  ce  qui  ne  se  voit 
p.>inl. 

2°  Marque  certaine  et  indubitable.   Gen. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE 
Tim.  l 


564 


39  16.  Jn  argumentum  ergo  fidei  relenlnm 
paUium  ostendit  marito  . -La  femme  de  Puli- 
phar  montra  à  son  mari  le  manteau  de  Jo- 
seph qu'elle  avait  retenu  comme  une  preuve 
de  sa  fidélité.  Acl.  1.  3. 

3°  Marque»  trace,  vestige  (rez/^^ptov).  Sap. 
5.  V.  9.  11.  Transierunt  omnia  illa,  tamquam 
avis  quœ  transvolat  in  aère,  cujus  nuîlum  in- 
venitur  argumentum  itineris  :  Toutes  ces 
choses  sont  passées  (se.  l'orgueil  et  les  ri- 
chesses), comme  un  oiseau  qui  vole  au  tra- 
vers de  l'air,  sans  qu'on  puisse  remarquer 
par  où  il  passe. 

4'  Enigme,  parabole,  discours  difficile  à 
comprendre  (aivr/^a).  Sap.  8.  8.  Scit  versu- 
tias  sermonum el  dissolutionesargumentorum: 
La  sagesse  pénètre  ce  qu'il  y  a  de  plus  subtil 
dans  les  discours,  et  de  plus  difficile  à  dé- 
mêler dans  les  paraboles. 

3''  Présage,  signe  de  ce  qui  doit  arriver 
(  z£y.y.r,pio-j].  Sap.  19.  12.  Non  sine  illis  quœ 
ante  facta  fueront  argumentis  per  vim  fulmi- 
num  :  La  peine  ne  tomba  point  sur  les  pé- 
cheurs, sans  leur  en  avoir  donné  des  présa- 
ges auparavant  par  de  grands  tonnerres.  Le 
Sage  parle  ici  des  foudres  qui  se  firent  im- 
médiatement avant  que  les  Egyptiens  fussent 
submergés  dans  les  eaux. 

ARIARA THES,  Heb.  Terror  leonis,  roi  de 
l'Arménie  Mineure  ,  dont  les  rois  prennent 
ce  nom,  comn.e  ceux  de  l'Arménie  Majeure 
celui  de  Tigranes.  1.  Mach.  15.  22. 

ARlDAIjHeb.  Léo  abundans,  neuvième  fils 
d'Aman,  qui  fut  tué  avec  ses  frères.  Eslb. 
9.9. 

ARIDATHA,  Heb.  Lex  leonis,  sixième  fils 
d'Aman.  Eslh.  9.  8. 

ARIDA  ,  supl.  yH,  terra,  ^npà.  Ce  mot  est 
pris  d'ordinaire  substantivement,  en  sous  en- 
tendant terra. 

La  terre.  Gen.  1.  v.  9.  10.  Appareat  arida; 
et  vccavit  Deus  aridam  terram  :  Que  l'élé- 
ment aride  paraisse;  et  Dieu  donna  à  l'élé- 
ment aride  le  nom  de  terre.  Sap.  19.  7.  Terra 
arida  apparuit;  et  ni  mari  Rubro  via  sine  im- 
pedimento  ■  La  terre  sèche  parut  tout  d'un 
coup;  un  passage  libre  s'ouvrit  en  un  mo- 
ment au  milieu  de  la  mer  Rouge.  Hebr.  11. 
29.  Fide  transierunt  mare  Rubrum  tamquam 
per  aridam  terram  :  C'est  par  la  foi  que  le 
peuple  de  Dieu  passa  au  travers  de  la  mer 
Rouge  comme  sur  la  terre  ferme.  Exod.  4.  9. 
Ps.  65.  6.  Eccli.  39.  28.  etc.  Matth.  23.  13. 
Voy.  SiccA ,  et  Siccum. 

ARIDUS ,  A ,  LM.  Gr.  ^npôç.  Ce  nom  vient 
du  verbe  arere,  être  sec,  et  signifie  : 

1°  Sec,  destitué  d'humidité  ou  de  suc.  Ec- 
cli. 6.  V.  2.  3.  lYe  relinquaris  velut  lignum  ari" 
dum  in  eremo  :  Ne  vous  élevez  point  dans  les 
pensées  de  votre  cœur,  de  peur  que  vous  ne 
deveniez  conmie  un  arbre  desséché  dans  le 
désert.  Ezech.  37.  V.  Ossa  arida,  audite  ver- 
bum  Domini  .-  Vous,  os  secs,  écoutez  la  pa- 
role du  Seigneur.  Ces  os  secs  que  Dieu  fit 
^oir  au  prophète  sont  la  figure  des  Israélites 
dans  la  captivité  de  Babylone,  Dieu  les  relira 
de  leur  étal  misérable,  el  les  rétablit  comme 
par  une  espèce  ûe  résurrection,  en  les  fai- 
sant retenir  dans  Icurpatrie.  De  celte  si^ni- 


SS5 


ARl 


ARl 


S€(t 


fication  vient  cette  façon  de  parler  prise 
d'une  manière  figurée.  Aridum  facere  :  Déso-i 
1er  détruire.  Ezecli.  30.  12.  Ecce  faciam  al- 
veos  fluminicm  aridos  :  ic  sécherai  le  lit  des 
fleuves  de  l'EgypJe  ;  c'est-à-dire,  je  rendrai 
{'Egypte  stérile  en  séchant  les  canaux  du 
Nil^qui  la  rendent  fertile;  ou,  je  rendrai  à 
ses  ennemis  tous  ses  chemins  aussi  aisés  à 
marcher,  que  s'il  n'y  avait  plus  d'eaux. 

2"  Ce  qui  est  sans  mélange  d'huile,  d'en- 
cens, ou  d'autres  choses  semblables  dans  les 
sacrifices.  Levit.  7.  10,  Sive  oleo  conspersa  , 
sive  arida  fuerint  :  Soit  que  cette  farine  soit 
mêlée  avec  l'huile,  soit  qu'elle  soit  sèche. 

3"  Sec  ,  desséché  ,  languissant  faute  de 
nourriture  [y-arù^-npoç).  Num.  il.  6.  Anima 
noslrn  arida  est  :  Notre  âme  est  toute  sèche; 
c'est-à-dire,  nous  sommes  hâves  et  tout  des- 
séchés do  faim  et  d'inanition. 

§  1.  —  Rejeté,  méprisé,  comme  sec  et  des- 
séché. Isa.  5G.  3.  Et  non  dicat  Eunuchus  : 
ecce  ego  lignum  aridiim.  Que  l'Eunuque  no 
dise  poini  :  je  ne  suis  qu'un  tronc  desséché. 
(Le  corps  du  peuple  Juif  est  comparé  à  un 
arbre  que  la  bénédiclion  de  Dieu  conservait 
toujours  vert  et  florissant.)  Les  Eunuques 
croyaient  être  sujets  à  cette  malédiction  par 
1.1  loi  du  Deuler.  23.  1.  Non  intrabit  Eunu- 
chus Ecclesiam  Dei  :  L'Eunuque  n'entrera 
point  en  l'assemblée  du  Seigneur;  et  ne  sera 
point  luembre  de  ce  corps.  Mais  Jésus-Christ 
qui  est  ce  salul  dont  parle  Isaïc,  c.  56.  l*esl 
venu  pour  tous  ceux  qui  gardent  les  règles 
de  l'équité,  et  agissent  selon  la  justice. 

§  2.  —  Celui  qui  a  quelque  membre  sec. 
Joan.  5.  3.  In  his  jacebai  muliitudo  magna 
lanyuentium,  cœcorum,claadorum,aridorum, 
exspeclantium  aquœ  motum  :  Dans  les  gale- 
ries de  la  piscine  de  Jérusalem  étaient  cou- 
chés par  terre  un  grand  nombre  de  malades, 
d'aveugles, de  boiteux,  et  de  ceux  qui  avaient 
les  membres  secs,  qui  tous  attendaient  que 
l'eau  fût  remuée.  L'évangéliste  rapporte  en 
cet  endroit  la  guérison  d'un  homme  qui  était 
malade  depuis  trente-huit  ans,  qui  attendait, 
comme  les  autres,  que  l'eau  eût  été  Iroubléc 
par  l'ange,  et  qui  eût  bien  voulu  entrer  dans 
la  piscine  le  premier  pour  être  guéri  ;  mais 
Jésus-Chri<l  le  guérit  de  sa  seule  parole, 
V.  8.  9.  Malth.  12.  10.  Marc.  3.  v.  1.  3.  Luc. 
6.  v.  G.  8. 

§  3.  —  Sec,  qui  n'est  point  arrosé  des  eaux 
de  la  grâce,  n.é  liant.  Luc.  23.  31.  Si  in  vi^ 
ridi  ligno  hœc  ficiunt,  in  arido  quid  fiet?  Si 
le  bois  vcrl  est  ainsi  traité,  que  sera-ce  du 
bois  sec?  Ezech.  20.  kl.  Ecce  ego  co)nburinn 
in  le,  omne  lignum  viride  et  omne  lignum 
aridum  .  Je  vais  brûler  tous  vos  arbres,  les 
veits  et  1(  s  secs.  Dieu  compare  Jérusalem  à 
une  grande  forôt,  et  ses  habitants  à  de 
grands  arbres;  les  bons  (comme  ici)  sont 
quelciucfois  enveloppés  dans  la  ruine  des 
méchants.  (Voy.  saint  Augustin,  lib.  1.  c.  ï. 
de  Civil.  Dei).  Matih.  12.  43.  Ambulut  per 
loca  arida  :  L'esprit  impur  va  dans  des  lieux 
arides.  Ces  lieux  arides  sont  les  méchants 
que  le  démon  néglige  comme  étant  à  lui,  cl 
qui  n'est  point  en  repos  qu'il  ne  rentre  dans 
le  .juste  comparé  au  bois  vert,  et  qui  est  ar- 


rosé des  eaux  do  la  grâce  :  d'autres  expli- 
quent loca  arida,  avuSpa,  sans  eau,  inhabita- 
bles, parce  que  toute  autre  demeure  que 
celle  de  l'homme  est  au  démon  un  désert  in- 
supportable. Isa.  35.  7.  Quœ  erat  arida,  erit 
in  stagnum  :  La  terre  qui  était  desséchée,  se 
changera  en  un  étang.  Cette  terr^  sèche  re- 
présente ceux  qui  sont  destitués  des  eaux  de 
la  grâce;  mais  sur  qui  Dieu  promet  de  les 
répandre  abondamment,  c.  kk.  3.  Effundam 
fluenla  super  aridam  :  Je  répandrai  les  fleuves 
sur  la  terre  sèche  :  ce  qui  s'explique  comme 
Isa.c.  35.  7. 

ARIDITAS  ,  ^■npa.(Tix.  —  1°  Sécheresse.  Na- 
huiu.  1.  10.  Consumentur  quasi  stipula  ari- 
dilale  plena  :  Les  ennemis  de  Dieu  ,  tels 
qu'étaient  les  Ninivites,  seront  consumés 
comme  la  paille  la  plus  sèche.  Zac.  11.  17. 
Brachium  ejus  ariditate  siccabitur  :  Le  bras 
du  pasteur  insensé  deviendra  tout  sec;  Heb. 
arcscendo  arescet.  Saint  Augustin  dit  que  ce 
méchant  pasteur  agira  tant  que  l'on  voudra 
du  bras  gauche;  c'est-à-dire  pour  sa  gran- 
deur temporelle  et  ses  intérêts  humains* 
mais  son  bras  droit  se  séchera,  parce  qu'il 
sera  sans  vie  et  sans  mouvement  pour  les 
intérêts  de  Dieu. 

2°  Les  ardeurs  de  la  soif.  Judith.  7.  17,  Sit 
finis  nosler  brevis  in  are  gladii,  qui  longior 
cfficitiir  in  ariditate  silis  :  La  prière  que  nous 
vous  faisons  est  de  nous  faire  trouver  une 
mort  prompte  par  l'épéc,  au  lieu  de  celle 
longue  mort  que  la  soif  qui  nous  brûle  nous 
fait  souffrir;  cesl  ce  que  vinrent  dire  les  ha- 
bitants de  Bélhulie,  de  tout  sexe  et  de  tout 
âge,  à  Ozias,  après  qu'ils  virent  les  citernes 
el  les  réservoirs  d'eaux  de  Bélhulie  à  sec. 

3"  Disette  el  nécessité  d'eau.  Judith.  11. 
10.  AI)  ariditate  aquœ  jam  inter  rnortuos  corn- 
putantur  :  La  soif  dont  les  Israélites  sont 
brûlés  f.iit  qu'ils  paraissent  déjà  comme 
morts.  Ceci  est  de  la  première  réponse  de 
Judith  a  Holopherne. 

ARIE,  Heb.  Lumen  Dei,  nom  de  lieu  dans 
le  pays  de  Galaad  :  d'autres  croient  que  c'est 

• " ' —•■■'-  ---    '      Ois  de 

fils  de 
'g.  15.  Voy.  Argob. 

ARIEL,  Heb.  Léo  Dei,  Gr.  A/sirjX,  du  mot 
Ari,  Léo,  et  d'el,  fortis  ou  Deus. 

1  '  L'hôtel  des  holocaustes,  parce  qu'il  dé- 
vorait les  victimes  comme  un  lion.  Isa.  29. 
2.  Et  erit  tnifii  quasi  Ariel  :  La  ville  de  Jé- 
rusalem sera  comme  Ariel  ;  c'est-à-dire,  je  la 
réduirai  comme  l'autel  plein  du  sang  des 
victimes,  pour  marquer  qu'ell(>  devait  r'egoi- 
ger  du  sang  de  ses  habitants  qui  devaient  y 
être  massacrés.  Ainsi  Ezech.  43.  v.  15.  Mi. 
Ipse  autem  Ariel  quatuor  cubilorum  :  L'autel 
appelé  Ariel  avait  quatre  coudées  de  bailleur, 

2'  La  ville  de  Jérusalem.  Isa.  29.  v.  1.2.  Vœ 
Ariel,  Ariel  civitas  :  Malheur  à  Ariel,  à  Ariel, 
cette  ville  ijui  a  été  prise  par  David.  Elle  est 
appelée  de  ce  nom,  soit  à  cause  de  sa  puis- 
sance, soit  à  cause  de  sa  fierté  à  l'égard 
de  Dieu  même  ,  et  de  sa  cruaulé  ciuveri 
les  prophètes  ;  ou  bien,  comme  veulent 
quelques-uns,  parce  qu'elle  appartenait  en 
partie  à  la  tribu  de  Juda,  représenlée  par  le 


le  p.iys  ue  uaïaau  :  u  auires  croient  que 
le  nom  d'un  des  associés  de  Phacée,  C 
Homélie,  en  l'assassinat  de  Phacéïa  ,  C 
Ma nahcm,  roi  d'Israël.  4.  Reg.  15.  Voy.  Ai 


DICTIONNAIRE  DE  PIIILOLOGIE  SACRÉE. 

9.  Calulus  leonis  Juda  :  Juda 


567 

lion.  Gen.  49 

csl  un  jc'uiic  lion.  _ 

3»  Le  dernier  fils  de  Gad,  duquel  vient  la 
famille  des  Ariéliles.  Num.  26.  17.  Ariel,  ab 
hoc   familia  Arielitarum. 

/i."  Un  de  ceux  qu  Esdras  députa  pour  faire 
venir  quelques-uns  de  la  tribu  de  Lévi  desti- 
nés à  faire  les  sacrifices ,  pour  revenir  ensem- 
ble de  Babylone.  1.  Esdr.  8.  16.  Jtaquemisi 
î'/îwereMrie/;  J'en  voyaidoncEliézer  et  Ariel. 
5°  Deux  hommes  Moabiles  foris  et  vail- 
le,nts ,  courageux  comme  des  lions.  1.  Par. 
M.  22.  Banaias....  percussit  duos  AriclMoab  : 
Banaïas  a  tué  deux  des  plus  braves  Moabi- 
tes;  d'autres  expliquent  deux  lions  dans  le 
pays  des  Moabites ,  l'un  desquels  s'élant 
laissé  tomber  dans  un  puiis  couvert  de  nei- 
ge, Banaïas  y  descendit  et  le  tua. 

ARIELlTiÈ,  ARUM,  descendants  d'Ariel. 
Num.  20.  17.  Familia  Arielitarum  :  La  fa- 
mille des  Ariéliles. 

AUIES,  ETis,  Gr.  y.piô;.  Ce  nom  vient  du 
Grec  apii,  dont  se  fait  aris,  et  signifie, 

Un  bélier,  soit  un  animal  terrestre,  soit  une 
machine  do  guerre  faite  comme  la  tête  d'un 
bélier. 

Un  bélier.  Gen.  22.  13.  Vidit  post  tergum 
arietem  inter  vêpres  ;  Abraham  aperçut  der- 
rière lui  un  bélier  qui  s'était  embarrassé  les 
cornes  dans  un  buisson.  Ce  mol  aries  se  met, 
en  général,  pour  toute  l'espèce,  soit  bélier, 
brebis  ou  agneaux.  2.  Par.  7.  5.  Mnctavit 
rex  Salonxon  hoslias  boum  viginti  duo  niillia, 
arietum  centum  viginti  millia  :  Le  roi  Salo- 
mon  sacrifia  vingt-deux  mille  bœufs,  et  cent 
vingt  mille  moutons.  Micli.  6.  7. 

1'^  Parce  que  les  béliers  ont  le  front  très- 
dur,  ou  qu'ils  reculent  pour  frapper,  on  ap- 
pelle arieSy 

Une  machine  de  guerre,  dont,  le  bout  étant 
garni  de  fer,  est  poussé  contre  les  murailles, 
))our  faire  des  brèches  dans  le  siège  des 
villes.  2.  Mach.12.15.  Machabœus  aulem,  in- 
vocato  magno  rnundi  principe,  qui  sinearieti- 
bus  et  macliinis  temporibus  Jcsu  prœcipitavit 
Jéricho,  irruil  fcrociler  mûris  :  Machabée, 
ayant  invoqué  le  grand  prince  du  monde  , 
qui,  au  temps  de  Josué,  fit  tomber  tout  d'un 
coup  sans  machines  et  sans  béliers  les  murs 
de  Jériclio,  monta  avec  furie  sur  les  murail- 
les de  Casphin.  Ezech.4.2.  c.  21.  22.  c.  26.  9. 
2°  Parce  que  les  béliers  sont  les  chefs  du 
troupeau,  on  appelle  du  nom  aries, 

Les  généraux  et  les  capitaines  d'une  armée, 
r.zech.  39.  18.  Carnes  fortium  comedctis,  et 
suïKjuinem  principum  tcrrœ  bibilis,  arietum 
et  agnorum  :  V^ous  mangerez  la  chair  des 
forts,  et  vous  boirez  le  sang  des  princes  de 
la  terre,  des  béliers,  des  agneaux,  etc.  Ces 
noms  d'animaux  propres  aux  sacrifices  mar- 
quent différentes  sortes  de  personnes,  comme 
les  princes  ,  les  capitaines ,  les  soldats. 
Voy.  Agnus.  On  marque  aussi  parce  mol  aries 
les  premiers  du  peuple  qui  y  ont  le  plus  de 
crédit  et  d'autorité.  Ezeih.  84-.  17.  Ecce  ego 
indico  inter  pecus  et  pecus,  arietum  et  hirco- 
lum  :  .le  viens  moi-même  pour  être  le  juge 
entre  les  brebis  et  les  brebis,  entre  les  béliers 
€l  les  boucs.  Voy.  Hmuus.  Dieu  promet  de 


568 


juger  les  bons  et  les  mauvais  conducteurs  ou 
pasteurs  du  peuple,  et  marque  les  uns  par 
les  béliers,  et  les  autres  par  les  boucs.  Dan. 
8.  3.  Ecce  aries  unus  stabat  ante  paludem  :  Je 
vis  un  bélier  qui  se  tenait  devant  le  marais. 
Ce  bélier  marquait  le  roi  des  Mèdes  et  des 
Perses,  comme  l'ange  Gabriel  le  déclare  au 
Prophète,  v.  20.  Aries  quem  vidisti  habere 
cornua,  rex  Medorum  est  atque  Persarum  : 
Le  bélier  que  vous  avez  vu  qui  avait  des 
cornes,  est  le  roi  des  Perses  et  des  Mèdes. 

AR1MATH-(EA,  ja,  Heb.  Lux  mortis  Domi- 
ni.  Petite  ville  d'Ephraïm,  près  de  Joppé, 
d'où  était  Joseph  sénateur,  qui  ensevelit 
Notre-Seigneur.  Matth.  27.  57.  Venit  quidam 
homo  dites  ab  Arimalhœa,  nomine  Joseph  : 
Sur  le  soir,  un  homme  riche  de  la  ville 
d'Arimathie,  nommé  Joseph,  mit  le  corps  de 
Jésus  dans  son  sépulcre.  Joseph  avait  fait 
tailler  ce  sépulcre  dans  le  roc,  où  il  mit  le 
corps  de  Notr.e-Seigneur.  Marc.  15.  43.  Luc. 
25.  51.  Joan.  19.  38.  Quelques-uns  veulent 
que  ce  soit  Rama;  d'autres  Ramalha. 

ARIOGH,  Heb.  Longus  iGr.  'A/jtw^-— 1°  Un 
roi  du  Pont,  ou,  selon  l'Hébreu,  d'Ellasar  , 
c'est-à-dire  de  la  Haute-Susiane  qui  appar- 
tenait à  l'Assyrie.  Gen.  14.  v.  1.  2.  Factum 
est  autem  ut  Amraphel,  rex  Sennaar,  et 
Arioch,  rex  Ponti....  inirent  bellum  contra 
Bara,  regem  Sodomorum  :  En  ce  temps-là, 
Amraphel,  roi  de  Sennaar,  et  Arioch,  roi  du 
Poyt,  firent  la  guerre  contre  Bara,  roi  de 
Sodome.  v.  9.  L'on  croit  que  c'était  un  gou- 
verneur de  province  du  royaume  d'Assyrie. 

Voy.  GODORLAHOMOR. 

2''  Un  capitaine  des  gardes  du  roi  de  Baby- 
lone, et  général  de  ses  armées.  Dan.  2.  15. 
Cum  rem  indicasset  Arioch  Danieli  :  Arioch 
dit  toute  l'affaire  à  Daniel.  Le  Prophète  parle 
de  l'arrêt  que  porta  Nabuchodonosor  pour 
faire  mourir, tous  les  sages  de  Babylone,  qui 
n'avaient  pu  lui  dire  le  songe  qu'il  avait  ou- 
blié, pour  le  lui  expliquer. 

AKIOLARI,  ou  HARIOLARI,  Gr.oîa.viÇe«7e«r. 
Ce  verbe  vient  de  l'adjectif  an'o/i«,  ou  hario- 
lus,  au  lieu  duquel  tes  anciens  disaient  /«- 
riolus,  comme  au  lieu  de  hœdus,  fœdus,  et 
au  lieu  de  hordcam,  fordeum;  ainsi  fariolus, 
ou  ariolus,  comme  ariolari  vient  du  verbe 
fari,  dire,  et  signifie. 

Deviner,  faire  profession  de  deviner,  de 
prédire  les  choses  à  venir,  ou  de  découvrir 
une  chose  passée,  mais  obscure  et  inconnue. 

Exercer  les  divinations  et  la  magie.  1.  Reg. 
15.  23.  Quasi  peccalum  ariolandi  est  repu- 
gnare  :  C'est  une  espèce  de  magie  de  ne  vou- 
loir pas  obéir  à  Dieu.  La  désobéissance  à 
Dieu  est  un  péché  aussi  grand  que  celui  de 
la  magie,  et  mérite  une  aussi  grande  puni- 
tion :  on  ne  se  peut  révolter  contre  Dieu, 
qu'en  prenant  le  parti  du  diable.  4.  Reg.  21. 
6.  Ariolaius  est  :  Manassé  s'attacha  aux  de- 
vins. 

ARIOLUS,  Hebr.  Ob,  Uler,  parce  qu'il 
rendait  des  oracles  comme  de  son  ventre. 
Gv.  syyv.ijxpi^vOoç,  Ventriloquus.Yoy .  Python. 

Ce  nom  adjectif  arlulus  ou  hariolus,  est 
de  l'ancien  mot  fariolui>L  qui  vient  du  verbe 
/■arjjdire,  Voy.  Auiolaki,  et  signifie^ 


3ii0 


ARM 


ARM 


370 


Un  devin,  qui  découvre  les  choses  à  venir, 
ou  que  l'on  consulte  pour  cet  effet,  et  se  dit 
aussi  de  celui  qui  découvre  une  chose  pas- 
sée, mais  obscure  et  inconnue.  Levit.  19.  .31. 
Non  declinelis  ad  magos,  nec  ab  ariolis  ali- 
quid  sciscitcmini  :  N'allez  point  chercher  des 
magiciens,  ne  faites  point  de  question  à  ceux 
qui  devinent,  pour  vous  souiller  par  ces 
personnes,  c. 20.6.  Anima  quœ  declinaverit ad 
magos  et  ariolos,  et  fomicata  fuerit  cum  eis, 
ponam  faeiemmeam  contra  eam,  et  interficiam 
illam  de  medio  poputi  sui  :  Si  un  homme  va 
chercher  les  magiciens  et  les  devins  et  s'a- 
bandonne à  eux  par  une  espèce  de  fornica- 
tion, il  attirera  sur  lui  l'œil  de  ma  colère,  et 
je  l'exterminerai  du  milieu  de  son  peuple. 
Deut.  j8.  10.  et  se  prend  toujours  en  mau- 
vaise part.  Il  pourrait  néanmoins  être  pris 
en  bonne  part.  Jos.  13.  22.  où  Balaam  est  ap- 
pelé devin,  ariolus.  Gr.  Y-v.t-.i;.  Num.  22.  5. 
Mxsit  nunlios  ad  Balaam  filium  Beor  ario- 
lum  :  Balaam,  Ois  de  Béor,  était  un  devin  à 
qui  Balac  envoya  des  ambassadeurs  pour  le 
faire  venir.  Isa.  3.2.  Voy.  Hariolus. 

ARISAI,  Heb.  Sponsus ,  septième  Gis  d'A- 
man. Esth.  9.  9. 

ARISTARCHUS,  i.  Gr.  Optimus  princeps. 
Aristarque  Ihessalonicien ,  compagnon  de 
saint  Paul.  Act.  19.  29.  c.  20.  i.  c.  27.  2. 
Coloss.  4.  10.  Philem.  v.  2i. 

ARISTOBOLUS.  i.  Gr.  Optimus  consulter. 
Arislobole,  précepteur  ou  gouverneur  du 
roi  Ptolémée  Latyre.  2.  Mach.  1.  10.  Popu- 
lus  qui  est  in  Jerosolymis  et  inJudœa,  Sena- 
tusque  et  Judas;  Arislobolo  magistro  Ptole- 
mœi  régis  :  Le  peuple  qui  est  dans  Jérusa- 
lem et  dans  la  Judée,  le  Sénat  et  Judas;  à 
Aristobole,  précepteur  du  roi  Ptolémée  et 
aux  Juifs,  etc.  C'est  le  commencement  d'une 
lettre. 

ARISTOBULUS,  i,  Gr.  Idem,  un  ami  de 
saint  Paul.  Rom.  16.  10. 

ARIUS,  II,  Gr.  Marlius^  un  roi  des  Lacé- 
fîémonicns,sous  qui  lesLacédéraoniens  ûrenl 
un  traité  avec  les  Juifs.  1.  Mach.  12.  v.  7. 
20.  Il  écrivit  au  grand  prêtre  Onias  qu'ils 
avaient  trouvé  dans  leurs  archives,  que  les 
Juifs  et  les  Lacédémoniens  n'avaient  qu'une 
même  origine;  qu'ils  étaient  tous  descendus 
d'Abraham;  qu'ainsi  ils  ne  devaient  avoir 
que  les  mêmes  intérêts. 

ARMA,  ORUM,  ÔTTÀy.  Ce  nom  vient  du  Gr. 
'Aor,,-,  c'j,-.  Mars;  d'autres  le  font  venir  du 
verbe  arcere,  empêcher  de  faire  ou  d'appro- 
cher, parce  qu'on  s'en  sert  pour  empêcher 
l'ennemi  d'approcher  ;  d'autres  enfin  du 
nom  armtis,  épaule,  parce  qu'autrefois  les 
armes  se  portaient  sur  l'épaule,  et  signifie. 

Arme,  ce  qui  sert  à  se  défendre  de  son  en- 
nemi, ou  à  le  combattre;  et  signifie  aussi 
tout  instrument  qui  sert  à  faire  quelque 
chose. 

Armes,  ce  qui  sert  à  se  défendre  de  son 
ennemi,  ou  à  le  combattre  (t/îO/,).  Judic.  18. 
11'  Profrcli  sunt  de  cognalione  Dan  serccnti 
viri  accincli  armis  bellicis  ;  Il  partit  de  la  tribu 
de  Dan  un  corps  de  six  cents  hommes  sous 


les  armes.  Deut.  1.  li.  1.  Reg.  8.  12.  c.  17. 
5V.  Ainsi,  il  se  prend  aussi  pour  des  bou- 
cliers. 2.  Reg.  8.  7.  Tulit  David  arma  aurea  : 
David  prit  les  armes  d'or;  Heb.  scuta,  les 
boucliers.  Ainsi,  Gen.  27.  3.  Sume  arma  tua^ 
(t/.zJo;),  pharelram  et  arcum  :  Prenez  vos  ar- 
mes; c'est-à-dire  votre  carquois  et  votre  arc. 
C'est  ce  que  dit  Isaac  à  Esaii,  pour  le  dispo- 
ser à  recevoir  sa  bénédiction. 

1°  Force  ,  puissance  des  armes  (  'j/.vJ^t  ). 
Eccl.  9.  18.  Melior  est  sapientia  quam  arma 
bellica  :  La  sagesse  vaut  mieux  que  les  armes 
des  gens  de  guerre.  2.  Reg.  1.  27.  Quomodo 
ceciderunt  robusti  et  perierunt  arma  bellica  ? 
Comment  les  forts  sont-ils  tombés  ?  comment 
la  puissance  et  la  force  des  armes  a-t-elle 
été  anéantie?  Ps.  i5.  10.  Confringet  arma: 
Le  Seigneur  mettra  les  armes  en  pièces.  2. 
Mach.  5.  11. 

2'  Un  grand  mal  dont  on  est  attaqué.  Job. 
20.  2i.  Fugiet  arma  ferrea,  et  irruet  in  arcum 
cprewm  :  Si  l'impie  fuit  d'un  côté  les  pointes 
de  fer,  il  sera  percé  par  un  arc  d'airain  ; 
c'est-à-dire,  s'il  évite  un  grand  danger,  il 
tombera  dans  un  autre  plus  grand. 

3"  Armes  spirituelles  ,  par  lesquelles  on 
entend  les  moyens  dont  se  servent  les  bons 
pour  combattre  les  ennemis  de  leur  salut. 
Rom.  13.  12.  Abjiciamus  ergo  opéra  tenebra^ 
rum,  et  induamur  arma  lucis  :  Quittons  donc 
les  œuvres  de  ténèbres,  et  revêtons-nous  des 
armes  de  lumière.  Par  ces  armes  de  lumière, 
on  entend  les  bonnes  œuvres  qu'on  ne  craint 
point  de  produire  au  jour,  et  qui  rendent 
assuré  celui  qui  les  pratique.  Rom.  6.  13. 
Exhibete  membra  vcstra  arma  justitiœ  Deo  : 
Consacrez  à  Dieu  les  membres  de  votre  corps, 
pour  lui  servir  d'armes  de  justice.  L'Apôtre 
oppose  ces  armes  de  justice  aux  armes  d'ini- 
quité, dans  le  même  v.  13.  Sed  neque  exhi- 
beatis  membra  vestra  arma  iniquitatis peccato  : 
N'abandonnez  point  au  péché  les  membres  de 
votre  corps,  pour  lui  servir  comme  d'armes 
et  de  moyens  pour  commettredes  œuvres  d'in- 
justice. Voy.  Ephes.  6.  v.  11.  13.  Ainsi,  2. 
Cor.  6.  7.  Per  arma  juslitiœ  a  dextris  et  a  si^ 
nistris  :  Nous  nous  rendons  recommandables 
par  les  armes  de  la  justice  pour  combattre  à 
droite  et  à  gauche.  Ces  armes  sont  la  bonne 
conscience  etla  pureté  de  la  vie,  qui  nous  ga- 
rantissent devant  Dieu  de  toutes  parts  contre 
tous  nos  ennemis  ,  soit  dans  la  prospérité  , 
soit  dans  l'adversité.  2.  Cor.  10.  k.  Arma  mt- 
liliœ  nostrœ  non  carnalia  sunt  :  Les  armes  de 
notre  milicf  ne  sont  point  charnelles.  Les 
armes  des  fidèles  ministres  de  l'Evangile  sont 
la  science  et  la  sagesse  divine,  et  surtout 
l'humilité,  la  pritieiice,  la  douceur,  la  charité 
et  les  autres  vertus  chrétiennes.  Ces  armes 
ne  sont  point  charnelles,  c'est-à-dire,  mon- 
daines, comme  sont  les  sciences  séculières, 
la  sagesse  du  monde,  et  les  moyens  humains 
dont  se  servent  les  faux  apôtres  pour  fair 
réussir  leurs  desseins. 

4-  Les  moyens  dont  les  méchants  se  servent 
poui'  perdre  les  bons.  Ps.  5').  (5.  Drntcs  eorum 
<irmii  cl  s(igill<r  .-  Les  ennemis  de  David  (|ui 
faisaient  leui-  cour  auprès  de  Saiil,  avaient 


5H 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


57*. 


«Jes  dents  comme  des  armes  et  des  flèches,  qui 
sont  la  calomnie  et  la  médisance.  Prov.  22. 
5.  Arma  et  gladii  in  via  perversi .  Les  armes 
et  les  épées  sont  dans  la  voie  des  méchants  ; 
Hebr.  les  épines  et  les  filets.  Eccli.  9.  20. 

5°  Le  pouvoir  que  Dieu  fait  paraître  dans 
la  protection  des  bons.  Psal.  3i.  2.  Appré- 
hende arma  et  scutam  :  Prenez  vos  armes  et 
votre  bouclier.  Le  prophète  parle  de  Dieu 
d'une  manière  figurée,  pour  faire  concevoir 
aux  méchants  ce  qu'ils  aoivent  attendre  d'un 
Dieu  armé  de  toute  sa  puissance  et  de  toute 
sa  colère  pour  les  punir. 

ARMAGEDDON  ,  Heb.  Mons  pomorum. 
C'est  un  nom  hébreu  d'ar,  mons,  et  de  ma- 
geddOf  de  signification  mystique,  qui  signifie, 

La  montagne  de  Mageddon  :  c'est  où  les 
rois  de  la  terre  doivent  s'assembler  pour  com- 
battre, et  où  ils  doivent  être  défaits,  comme 
autrefois  le  furent  là  même  Sisara  et  les  rois 
de  Chanaan.  Judic.  4.  v.  7. 15.  Î6.  Perterruit 
Duminus  Sisaram...  in  tanttim  ut  Sisara  de 
curru  desiliens  pedihus  fuijeret,  el  omnis  ho~ 
stium  multiludo  usque  ad  internecionem  ca- 
deret  :  Le  Seigneur  frappa  de  terreur  Sisara, 
de  sorte  que,  sautant  de  son  chariot  en  bas, 
il  s'enfuit  à  pied  ,  et  toute  cette  multitude  si 
nombreuse  d'ennemis  fut  taillée  en  pièces  , 
sans  qu'il  en  restât  un  seul.  Ochosias,  roi  de 
Juda,  y  périt,  k.  Reg.  9.  27.  et  Josias  fut  tué 
dans  le  même  lieu  par  Nécao,  roi  d'Egypte  , 
c.  23.  29.  Apoc.  16.  16.  Et  congregabit  illos 
in  locum  qui  vocatur  Hebraice  Armageddon  : 
Le  dragon  assemblera  ces  rois  au  lieu  qui 
est  appelé  en  hébreu  Armageddon.  Saint  Jean 
veut  dire  que  les  empereurs  persécuteurs  des 
chrétiens  seront  menés  dans  des  guerres  où 
ils  périront,  et  que  leur  perte  sera  suivie 
d'une  désolation  publique,  semblable  à  celle 
qui  arriva  à  Mageddon  ,  lorsque  Josias  y  pé- 
rit. Zachar.  12.  11.  C*  passage  de  Zacharie 
fait  voir  que  ce  lieu,  dans  le  style  prophéti- 
que, est  l'image  de  grandes  douleurs  ;  d'au- 
tres croient  que  ce  mot  signifie  internecio 
exercitus.  Voy.  Mageddo. 

ARMAMKNTA,  orum,  Gr.  «rxcûïî  toù  Tzloiov, 
apparatus  navis.  Ce  nom  neutre  pluriel,  qui 
vient  du  nom  arma,  pour  marquer  les  inslru- 
nxnls  dont  chacun  se  sert  en  son  métier,  si- 
gnifie proprement. 

L'attirail  d'un  navire,  tout  ce  qui  sert  à 
l'équiper,  comme  le  gouvernail,  les  anlen- 
nos,  les  cordages,  les  ancres,  etc.  Acl.  27.  19. 
Tcrlia  die  suis  manibiis  armamenta  navis  pro- 
jccerunt  :  Trois  jours  après  (savoir,  que  les 
matelots  eurent  jeté  les  marchandises  dans  la 
nier) ,  ils  y  jetèrent  aussi  de  leurs  propres 
mains  l'attirail  du  vaisseau  ;  c'est-à-dire,  tout 
ce  qui  servait  à  équiper  h;  vaisseau,  hors  les 
officiers,  les  soldats  et  les  matelots,  que  l'on 
marque  aussi  par  le  mot  d'équipage.  D'au- 
tres, pour  éviter  celte  équivoiiue,  traduisent 
agrès  de  rechange  ,  lattirail ,  les  choses  qui 
servent  à  équiper  le  vaisseau. 

ARMAMENTARIUM  ,  ii,  arsenal ,  maison 
royale  ou  publiciue,  où  l'on  fabrique  les  ar- 
mes et  les  munitions  de  guerre  (Ov^^eoî  x«i  Sô- 
f«Tx,  scufa  cl  hastœ),  el  qui  sert  aussi  de  ma- 


gasin à  les  garder.  2.  Par.  11.  12.  In  singulis 
urbibus  fecil  arinamentarinm :  Wohonm  établit 
dans  chaque  ville  un  arsenal,  c  9.  16.  c.  12. 
11.  3.  Reg.  li.  28.  Isa.  22.  8. 

ARMARE,  Ô7r).tÇEtv,  ÈÇoTT^iÇetv.  Armer  quel- 
qu'un, lui  donner  ses  armes,  ou  bien  lui  met- 
tre les  armes  à  la  main,  et  signifie, 

1"  Armer.  2.  Reg.  23.  7.  Si  quis  tangere 
voluerit  eas,  armabitur  ferro  .-Pour  arracher 
des  épines,  on  s'arme  de  fer.  Comme  la  ma- 
lice des  méchants  est  comparée  aux  épines, 
leur  fin  y  est  aussi  comparée,  ne  pouvant  at- 
tendre d'autre  Iraileinenl  de  Dieu,  que  d'être 
détruits  et  brûlés.  Num.  31.  3.  Armate  ,  in^ 
qitit,  ex  vobis  viros  ad  pugnam  :  Moïse  dit  au 
peuple  :  Faites  prendre  'es  armes  à  quel- 
qnes-uns  d'entre  vous  pour  aller  combattre, 
et  pour  exécuter  la  vengeance  que  le  Seigneur 
veut  tirer  des  Madianites.  Ezech.  23.  2i.  1 
Mai  h.  IV.  32.  2.  Mach.  15.  11. 

2°  Armer,  faire  soulever  contre  quelqu'un 
(ÔTrXoTTotstvj.  Sa  p.  5.  18.  Armabit  creaturam  ad 
uUionem  inimicorum  :  Le  Seigneur  armera  ses 
créatures,  pour  se  venger  de  ses  ennemis. 

3"  Fortifier,  affermir.  1.  Petr.  4.  1.  Vos  en- 
dem  cogilalione  armamini  :  Affermissez-  vous 
dans  celte  pensée,  armez-vous  de  cette  pen- 
sée ;  se.  que  celui  qui  est  mort  à  la  concupis- 
cence a  cessé  de  pécher. 

ARMATURA,  ^e.  Gr.  orrXa.  Armure  ,  les 
armes  que  l'on  porte,  la  manière  de  s'armer 
propre  à  certains  peuples,  à  certains  sol- 
dats; et  signifie  dans  l'Ecriture, 

1"  Armure,  attirail  d'armes.  2.  Par.  32.  5. 
FeciC  universi  generis  armo/wram  .-Ezéchias, 
voyant  que  Sennachérib  s'avançait  ,  donna 
ordre  que  l'on  fît  toutes  sortes  d'armes. 

2°  Armes.  Sap.  18.  22.  Vieil  autem  turbas 
non  iîi  virtute  corporis,  nec  armaturœ  poten- 
tia  :  Aaron  n'apaisa  point  ce  trouble  par  la 
force  du  corps,  ni  par  la  puissance  des  armes. 
Aaron  n'employa  que  l'oraison  ,  et  le  sacri- 
fice de  l'encens ,  pour  faire  cesser  le  feu  qui 
embrasait  le  peuple.  Voy.  Num.  16.  y.  47 
48.  Ezech.  26.  9.  Cant.  4.  4. 

—  Armes  ou  armures  spirituelles  (  ttkvo- 
7r\ta).  Ephes.  6.  11.  Induite  vos  armaturam 
-Dci;  Revêtez -vous  de  toutes  les  armes  de 
Dieu  ,  c'est-à-dire  ,  que  Dieu  fournit,  v.  13. 
Propterea  accipite  armaturam  Dei  :  Prenez 
toutes  les  armes  de  Dieu  ;  ces  armes  sont  la 
vérité  et  la  justice  ,  et  toutes  les  autres  que 
l'Apôtre  rapporte.  Il  explique  ensuite  dans 
les  versets  14.  15.  et  suivants,  de  quelle  ma- 
nière elles  sont  les  armures  des  chrétiens 
contre  leurs  ennemis.  Cant.  4.  4.  Ainsi,  Sap. 
5.  18.  Accipiet  armaturam  zelus  illius  :  Le 
Seigneur  prendra  pour  armes  sod  indignation 
et  son  zèle. 

ARMATUS,  A,  UM,    y.Kzu}irli(ri/.ivog  ,   euÇwvos  , 

5t«(rxîu«<T|:iivo?.  —  1°  Armé  ,  couvert  d'ar- 
mes. 1.  Reg.  17.  39.  Cœpit  tentare  si  armatus 
posset  incedere  :  David  commença  à  essayer 
s'il  pourrait  marcher  étant  ainsi  armé.  Ce 
fut  devant  Saiil,  lorsqu'il  était  près  de  mar- 
cher et  de  se  battre  contre  Goliath.  Luc.  11. 
21.  Cum  forlis  armatus  custodit  atrium  suum: 
Lorsque  le  fort  armé  garde  sa  maison  ,  toul 


r,73 


ARM 


ARM 


574 


ce  qu'il  possède  est  en  paix.  Ce  fort  armé  est 
le  démon.  Voy.  Fortis. 

•  -2'  Gens  de  guerre,  soldats.  Judic.  7.  11. 
Descendit  ergo  ipse  et  Pharapuer  ejus,  in  par- 
tem  castrorum  ubi  erani  armatorum  vifjiliœ  : 
(lodéon,  prenant  avec  lui  son  serviteur  Phara, 
s'en  alla  à  l'endroit  du  camp  où  étaient  les 
scnlinelles  de  l'armée  ;  ce  fut  par  l'ordre  de 
Dieu,  avant  qu'il  marchât  contre  ces  peuples. 
Job.  5.  5.  Ipsum  rapiet  armatus  :  L'homme 
armé  s'emparera  de  l'insensé  comme  de  sa 
proie.  Cet  insensé  est  celui  qui,  au  lieu  de 
reconnaître  que  ses  péchés  sont  la  vraie 
cause  du  mal  qu'il  soutîre,  s'emporte  contre 
la  divine  justice,  et  en  accuse  Dieu  même. 
Voy.  Stultus, 

*  3°  Qui  marche  en  ordre  de  bataille.  Ëxod. 
13.  18.  Armati  ascenderunt  filii  Israël  de  terra 
Mgypti  :  Les  Israélites  sortirent  ainsi  en  ar- 
mes de  l'Egypte.  Hebr.  quini  ;  i.  e.  ils  mar- 
chaient en  ordre  cinq  à  cinq,  ou  en  cinq  ba- 
taillons ;  Hebr.  quintati,  c'est-à-dire,  que 
leur  cuirasse  descendait  jusqu'à  la  cinquième 
côte.  4os.  1.  14.  c.  i.  12 

ARMENIA,  Hebr.  Ararat,  muledictio.  Ce 
mot  vient  d'Aram  ,  fils  do  Sem  ,  peut-être 
parce  que  celte  province  fut  premièrement 
habitée  par  ses  enfants.  Il  y  a  doux  Armc- 
nies,  la  grande  et  la  petite  :  la  grande  sap- 
pelle aujourd'hui  Turcomanie  elGurdistan  :  la 
petite  Arménie,  dite  aujourd'hui  Aladuli,  est 
entre  la  Gappadoce  ,  l'Euphrale  et  la  Cilicie 
au  septentrion. 

La  grande  Arménie  ,  province  célèbre  de 
l'Asie.  Gen.  8.  k.  ficquievit  arca  super  mon- 
tes Armeniœ  :  L'arche  se  reposa  sur  les  mon- 
tagnes d'Arménie  :  ce  fut  l'arche  de  Noé  , 
après  que  les  eaux  du  déluge  eurent  cessé  de 
tomber.  Ces  montagnes  s'appellent  Gordien- 
ncs  ,  et  font  une  partie  du  mont  Taurus  ; 
ainsi,  i^.  Reg.  10.  37.  Voy.  Ararat.  La  grande 
Arménie  est  séparée  de  la  petite  par  l'Eu- 
phrale, et  s'appelle  Tlioura  Emnoé^  ou  Are- 
mnoé. 

AKMENil ,  GRUM.  Peuples  de  l'Arménie- 
Majeure.  V.  Rcg.  19.  .37.  Filii  ejus  perçusse- 
runt  eum  gladio ,  fugeruntque  in  terrain  Arme- 
niorum  :  Seiinachérib  fut  tué  à  coups  d'épée 
par  ses  deux  fils  ,•  ce  fut  après  le  carnage  de 
cent  quatre-vingt-cinq  miMe  hommes  de  son 
armée  par  l'ange,  et  à  son  retour  à  Ninive. 

AUMENÏUM  ,  I.  Ce  mot,  qui  est  mis  par 
syncope  pour  uramenlum ,  vient  du  verbe 
arare,  labourer. 

Troupeau  de  gros  bétail,  comme  de  bœufs, 
vachf's  ,  chevaux  ,  etc.  Isa.  05.  10.  El  erunt 
campeslria  in  cnulns  gregwn,  et  vallis  Acfior 
in  cuhile  armenturum  :  Les  campagnes  ser- 
viront de  parc  aux  troupeaux,  et  la  vallée 
d'Achor  servira  de  r(>traile  aux  bœufs  de  mon 
peuple.  Amos.  G.  V.  Qui  comedilis  viculos  de 
nicdio  ar menti  :  Malheur  à  vous  qui  mangez 
des  veaux  ciioisis  de  tout  le  troupeau.  Exod. 
10.  V.  9.  2V.  c.  12.  V.  .32.  .38.  etc. 

1°  Les  richesses  qui  sont  marquées  par  ces 
troupeaux  (xr^vof).  Gen.  13.  o.  Loth  fuerunl 
grèges  ovium,  et  armenta  :  Loth  avait  aussi  des 
troupeaux  de  brebis  et  des  troupeaux  de 
bœufs,  c.  2G.  14.  c.  4o.  10. 


2°  Les  sacrifices  des  nœufs  (piôo-x'^O-  Ose. 
5.  6.  In  gregibus  suis,  et  in  armentis  suis  ve- 
nient  ad  quœrendum  Dominum  ,  et  non  inve- 
nient  :  Les  Israélites  rechercheront  le  Sei- 
gneur par  le  sacrifice  de  leurs  brebis  et  de 
leurs  bœufs,  et  ils  ne  le  trouveront  point  :  ils 
ont  rejeté  Dieu  lorsqu'il  les  recherchait  par 
ses  prophètes,  et  ils  le  chercheront  en  vain 
par  leurs  sacrifices,  lorsque  le  temps  de  sa 
miséricorde  sera  passé. 

ARMENTARIUS,  ii.  Pasteur,  qui  garde  de 
gros  bétail,  comme  bœufs,  etc.  Amos.  7.  14. 
Armentarius  ego  sum  :  Je  mène  paître  les 
bœufs,  dit  Amos  de  lui-même  à  Amasias  («t- 

Tzhloç). 

ARMIGER.  Ce  nom  est  composé  d'arma,  et 
de  gerere. 

Écuyer  d'honneur,  qui  porte  les  armes  de 
son  maître,  et  l'accompagne  dans  les  batail- 
les {(/.ïprji-j  Ta  (jy.s-'jY) ,  ferens  arma).  Les  géné- 
raux d'armée  avaient  autrefois  de  ces  sortes 
d'écuyers.  Judic.  9.  54.  Vocavil  cito  armige^ 
rum  suum  :  Aussitôt  Abimélech  appela  son 
écuyer  ;  ce  fut  pour  qu'il  achevât  de  le  tuer, 
de  peur  qu'on  ne  dit  qu'il  eût  été  tué  par  une 
femme.  1.  Reg.  16.  21.  David  factus  est  ejus 
armiger  :  Saùl  fit  David  son  écuyer.  Ainsi,  c- 
14.  1.  c.  17.  V.  7.  41.  2.  Ueg.  18.  14.  Voy. 
Puer. 

ARMILLA,  M.  Ce  nom  qui  est  plus  en 
usage  en  pluriel  qu'en  singulier,  et  qui  si- 
gnifie proprement  bracelets,  ornement  qui  se 
met  autour  des  bras,  vient  du  mot  armus,  i. 
e.  épaule,  parce  que,  par  ce  nom  armus,  les 
Anciens  entendaient  l'épaule  et  le  bras  tout 
ensemble  :  il  signifie  dans  l'Ecriture, 

1"  Rracelet,  ornement  qui  se  met  autour 
des  bras  (^l/jUtov).  Gen.  24.  47.  ArmiUas  po- 
sui  in  manibus  ejus  :  Le  serviteur  d'Abraham 
mit  au  bras  de  Rebecca  les  bracelets  qu'il 
avait  reçus  d'Abraham  ;  ce  fut  dans  la  vue 
qu'elle  épouserait  Isaac. 

2°  Cercle,  anneau  (y.pUoç).  Job.  40.  21. 
Numquid  armilla  perforabis  maxillam  ejus? 
Percerez-vous  la  mâchoire  de  la  baleine 
avec  un  anneau?  Heb.  spina ,  épine,  qui  se 
prend  pour  un  hameçon  de  pêcheur  fait  avec 
une  épine,  ou  en  forme  d'épine.  Dieu  veut 
faire  connaître  à  Job  son  impuissance,  et 
que  lui  seul  peut  disposer  de  ses  créatures. 

ARMON,  Heb.  Malum  grannlum.  Ce  mot 
marque  l'Arménie,  ou  quelqu'autre  pays 
qui  n'est  pas  connu  (  opo;  tô  (5ou|:/«v,  Hier,  in 
Armeniam).  Amos.  4.  3.  Projicieinini  in  Ar- 
mon:  Vous  vous  jetterez  dans  le  pays  d'Ar- 
mon  :  d'autres  prennent  ce  mot  pour  un  pa- 
lais ou  une  citadelle;  tous  vous  efforcerez 
d'entrer  d;ins  la  citadelle. 

ARMONI,  Heb.  Aula,  fils  de  Saùl  et  de 
Respha,  qui  fut  mis  en  croix  avec  ses  autres 
frères  par  les  Gabaoniles,  excepté  Miphibo- 
seth,  fils  (le  Jonalhas.  2.  lleg.  21.  8.  Ce  fut 
pour  satisfaire  le  Seigneur,  qui  avait  envoyé 
une  famine,  à  cause  des  cruautés  que  Saùl 
avait  exercées  contre  eux. 

ARMUS,  I,  ppaxiw.  Ce  nom  vient  du  Grec 
Upixiiç  ,  qui  signifie  ,  assemblage  de  parties 
unies  ensemble  avec  quelque  rapport  ;  et  si- 
gnifie, 


575 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


uaire 

d'un 

aussi    de 


L'épaule  proprement  des  animauxaqi 
pieds,  comme  d'un  bœuf,  d'un  inoulon, 
cheval,   etc.  ,    quoiqu'il    se  d 
l'homme  :  dans  l'Ecriture, 

L'épaule,  en  parlant  des  animaux  à  quatre 
pietls.  Levit.  7.  32.  Armus  quoque  dexler  de 
pacificorum  hostiis  cedet  in  primitias  sncer- 
dotis  :  L'épaule  droite  de  l'hoslie  pacifique 
appartiendra  aussi  au  prêtre  ,  comme  les 
prémices  de  l'oblalion,  qui  est  appelée  ar- 
mus separationis,  v.  Si.  parce  qu'on  la  met- 
tait à  part  pour  le  prêlre.  Ainsi  Levit.  7.33. 
Exod.  29.  V.  22.  27.  Num.  18.  18.  Deut.  18. 
3.  aussi  ce  morceau  passait-il  pour  le  meil- 
leur. 1.  Rfg.  9.  21.  Levavit  autem  coquus  ar- 
mum  et  posuit  ante  SauL  Saiil  le  lui  avait 
fait  garder  exprès,  v.  23. 

Parce  que  cette  partie  est  un  des  meilleurs 
endroits,  et  qu'en  son  origine  elle  marque 
l'assemblage  des  parties  avec  quelque  rap- 
port, elle  signifie  : 

Les  grands,  les  magistrats,  et  les  premiers 
du  peuple  ('Tj.^o,-).  Ezcch.  2i.  i.  {Pone  ollam) 
congère  frusta  cjus  in  eam,  omnem  parlem 
bonam,  fémur  et  armum,  elecla  et  ossibus 
plena .  (Mettez  une  marmite  sur  le  feu),  rem- 
plisscz-Ia  de  viande  de  tous  les  meilleurs 
endroits;  niettoz-y  la  cuisse,  l'épaule,  les 
morceaux  choisis  et  pleins  d'os.  Cette  mar- 
mite marque  la  ville  de  Jérusalem;  ces  mor- 
ceaux choisis  et  pleins  d'os  marquent  tous 
les  Juifs,  depuis  les  plus  grands  jusqu'aux 
plus  petits;  et  le  feu,  ce  sont  les  Chaldéens 
qui  brûlèrent  Jérusalem  même. 

ARNAN,  Heb.  Lumen  filii,  un  des  descen- 
dants de  David.  Il  était  fils  de  Raphaïa,  et 
père  iVObdias.  1.  Par.  3.  21. 

AllNON,  Heb.  Idem,  fleuve  célèbre,  que 
l'Ecriture  appelle  torrent,  qui  sépare  les 
Moabiles  des  Amorrhécns,  et  se  jette  dans  le 
lac  Asphaltile.  Num.  21.  v.  13.  2i.  etc.  La 
ville  que  ce  fleuve  arrose  porte  le  même 
nom  :  il  y  a  aussi  un  rocher  de  ce  nom  dans 
les  montagnes  de  l'Arabie  Déserte 

AROD,  ou  ARODl,  Heb.  Imperans,  — 
1''  cinquième  fils  de  Gad,  qui  était  fils  de  Ja- 
cob. Num.  20.  17.  de  qui  sont  sortis  les 
Arodltes.  Gen.  46.  IG.  —  2-^  Fils  de  Baria. 
1.  Par.  8.  15. 

ARODlTiE,  Imperantes,  les  descendants 
d'Arod.  Num.  26.  17.  Voy.  Arod.  1°. 

AROER,  Heb.  Myrica,  ville  située  entre 
Arnon  et  le  Jourdain,  cl  de  la  tribu  de  Gad. 
Num.  32.  3V.  Deut.  2.  36.  c.  3.  12.  etc.  Elle 
est  sur  les  confins  des  Moabites,  des  Amor- 
rhécns et  des  Ammonites  :  c'était  une  ville 
épiscopalc  qui  avait  douze  évèchés  suffra- 
ganls. 

AROMATA,  à/sw^ara.  Ce  nom  aroma  vient 
du  Grec  «/>«(/«,  formé  du  verbe  grec,K&6'o,  aro. 
labourer,  et  signifie  toute  sorte  d'herbes  ou 
de  drogues  oiioriférantes  dont  on  fait  des 
parfums,  ou  dont  on  se  sert  pour  faire  des 
sauces,  des  ragoûts,  etc.  Dans  l'Ecriture  il 
signifie  : 

Parfums  ,  senteurs,  odeurs.  Gen.  50.  2. 
Prœcepilque  servis  suis  medicis ,  til  aromali- 
bus  condirent  patrem  :  Joseph  voyant  son 
Iiùre  expiré,  commanda  aux  médecins  (ju'il 


576 
son  corps. 


avait  à  son  service  d'embaumer 
c.  37.  25. 

Les  bonnes  œuvres  et  l'odeur  de  la  bonne 
réputation  de  l'Epouse  mystique,  qui  est 
l'Eglise.  Gant.  k.  10.  Odor  unguentorum  tuo- 
rum  super  omnia  aromata  :  L'odeur  de  vos 
parfums  est  plus  agréable  que  toutes  les 
drogues  aromatiques,  v.  16.  c.  o.  13.  c.  6.  1. 
Areolœ  aromatum  :  Ses  joues  sont  comme  un 
parterre  de  drogues  aromatiques.  Ce  qui 
s'explique  des  livres  sacrés  remplis  de  par- 
fums spirituels  qui  marquent  les  grâces  et 
les  douceurs  qui  y  sont  répandues,  c.  8.  li. 
Montes  aromatum  :  Les  montagnes  des  aro- 
mates, ou  des  parfums  :  c'est  la  Jérusalem 
céleste;  ainsi,  c.  3.  6. 

AROMATIZARE,  répandre  une  odeur  de 
parfums.  Eccli.  2i.  20.  Sicut  cinnamomum  et 
balsamum  aromatizans  odorem  dedi  :  J'ai  ré- 
pandu une  senteur  de  parfum,  comme  la 
canelle  et  le  baume  le  plus  précieux.  La  sa- 
gesse se  compare  aux  plantes  les  plus  odori- 
férantes. Balsamum  aromatizans  ;  àpu^ix-rcov  : 
le  baume  le  plus  précieux  qui  répand  la 
plus  agréable  odeur. 

ARORITES  ,  Montanus.  Voy.  Ararites 
dans  Arari. 

ARPHAD,  Heb.  Siemens,  ville  de  Syrie, 
gagnée  par  les  Assyriens.  Isa.  10.  9  Num- 
quid  non  ut  Arphad,  sic  Emathî^e  me  suis-je 
pas  assujetti  Emath  comme  Arphad  ?dit  le  roi 
d'Assyrie,  c.  36.  19.  c.  13.  37.  4.  Reg.  18.  3k. 
Jer.  k9.  23.  Elle  se  met  toujours  avec  Eraaih. 
Voy.  Emath. 

ARPHASACH.EI ,  Héb  Laceratores.  Ar- 
phasachéens,  peuples  de  Samarie,  qui  s'op- 
posèrent au  rétablissement  du  temple  de  Jé- 
rusalem. 1.  Esdr.  5.  6. 

ARPHAXAD,  Heb.  Laxans  quasi  prœdam. 
—  1"  Fils  de  Seni,  né  deux  ans  après  le  dé- 
luge. Gen.  10.  V.  22.  2i.  c.  11.  10.  1.  Par.  1. 
V.  17.  18.  2i.  Luc.  3.  36.  Quelques-uns 
croient  que  c'est  de  lui  que  descendaient  les 
Chaldéens.  —  2°  Nom  commun  aux  rois  des 
Mèdes.  Celui  qui  régnait  du  temps  de  Juditli 
était  Déjoces,  qui  avait  succédé  à  Arbace  :  ce 
prince  fut  défait  par  Nabuchodonosor  ;  tout 
son  pays  fut  ruiné,  et  Ecbatane  rasée.  Ju- 
dith. 1.  1. 

ARREPTARE.  Ce  verbe,  qui  viendrait  pro- 
prement d'ad  et  de  repère,  ramper,  en  cet 
endroit  vient  plutôt  d'«77//;ere,  et  signifie: 

Prendre,  enlever.  Num.  11.  31.  Ventus 
egrediens  a  Domino  arreptans  trans  mare  co- 
turnices  detulit  :  Un  vent,  excité  par  le  Sei- 
gneur, emporta  des  cailles  de  delà  la  mer; 
ce  fut  pour  satisfaire  le  désir  du  peuple 
d'Israël,  v.  k.  et  20.  D'autres  lisent,  Arreptas 
detulit. 

ARRHABO,  OMS ,  «pp'aÇwv.  Ce  nom  vient 
du  Grec  àp&aowv,  et  signifie,  erres,  ou  arrhes, 
gage  ,  assurance.  Gen.  38.  v.  17.  18.  Quid 
tibi  vis  pro  arrhabone  dari?  Que  voulez-vous 
pour  gage?  C'est  ce  que  dit  Judas  à  Thamar, 
sa  belle-fille,  au  sujet  d'une  proposition  qu'il 
lui  avait  faite  comme  à  une  femme  sans  hon- 
neur, ne  la  connaissant  pas.  Voy.  v.  16. 

Notre  Vulgate  latine.  2.  Cor.  1.  22.  et 
Ephes.  1.  l'V.   met  pignus  pour  urrhaho  :  ce 


5f7 


ÂRR 


ÀRS 


378 


que  saint  Jérôme  reprend  en  son  Commen- 
taire sur  l'Epîire  aux  Ephésiens,  ch.  2.  d'où 
l'on  peut  connaître  qu'il  n'est  point  auteur 
de  la  Vulg^ale  sur  saint  Paul. 

ARRIDERE,  -^ùâ-i.  Rire  à  quelqu'un  ,  sou- 
rire. Dan.  14.  6.  Et  ait  Daniel  arridens  :  Ne 
erres  rex  :  Daniel  répondit  à  Cyrus  en  sou- 
riant :  O  roi,  ne  vous  y  trompez  pas.  Cyrus, 
qui  tenait  l'idole  pour  un  Dieu  vivant,  v.  5. 
est  délrompé  par  Daniel,  v.  20. 

ARRIPERE  ,  )i«pg«v£tv.  Prendre  une  per- 
sonne ou  une  chose,  et  l'enlever  avec  impé- 
tuosité :  dans  l'Ecriture,  il  signifie  :. 

1°  Prendre.  Gen.  22.  iO.  Arripuit  gladium 
Mt  immolaret  filium  suum  :  Abraham  prit  le 
couteau  à  la  main  pour  immoler  son  fils  :  ce 
fut  pour  obéir  à  Dieu.  Voy.  v.  12.  c.  34.  25. 
Exod.  32.  20.  Levit.  10.  1.  Num.  25.  7.  Deul, 
9.21.  etc.  Ainsi,  Isa.  21.  5.  ùjv.t-v.(jkzz,  Arri- 
pite.  clypeum  :  Prenez  le  bouclier  ;  Heb.  Un- 
gite  ;  c'est-à-dire,  préparez,  nettoyez.  Voy. 
Ujigere.  Ainsi, dans  le  sens  iî^uré,  Arripientes 
gladium  :  Ce  sont  des  gens  armés  d'épées, 
prêts  à  combattre.  Ezech.  38.  4. 

2°  Prendre,  se  saisir.  Deut.  19.  12.  Arri- 
pient  eum  de  loco  effiigii  :  Les  anciens  de 
cette  ville  là  l'enverront  prendre,  et  le  tire- 
ront de  ce  lieu  où  il  s'était  mis  en  sûreté  : 
c'est  le  cas  de  la  loi  qui  punit  de  mort  le 
meurtre  commis  par  haine,  et  de  propos  dé- 
libéré, contre  celui  qui  aurait  fui  en  quelque 
ville  de  refuge,  qui  est  une  exception  de  la 
loi,  rapportée  v.  5.  Ainsi,  1.  Reg.  16.  16. 
Quando  arripuerit  te  spirilus  Domini  malus, 
psallat  manu  sua  :  Qu'on  cherche  un  homme 
qui  sache  toucher  de  !a  harpe,  afin  qu'il  eu 
joue  lorsque  le  malin  esprit,  envoyé  par  le 
Seigneur,  vous  agitera  :  Saùl  suivit  cet  avis 
de  ses  officiers,  et  David  lui  rendit  ce  ser- 
vice. Voy.  v.  23.  Ainsi,  Dan.  6.  24.  Luc. 
8.  29. 

3"  Faire  effort  pour  atteindre  à  quelque 
chose  (o-TTEf t;j^arja-/oûv ,  circumvallare).  Prov.  4. 
8.  Arripe  illam  et  exaltabit  te  :  Faites  effort 
pour  atteindre  jusqu'à  la  prudence  :  la  mé- 
taphore se  lire  des  eflorts  que  font  ceux  qui 
veulent  prendre  une  ville. 

4"  Emporter,  enlever  (a^jvac77«Ç£iv).  Act.  27. 
15.  Cumque  arrepta  esset  navis  et  non  posset 
conari  in  ventum  :  Comme  le  vent  emportait 
le  vaisseau,  sans  que  nous  pussions  y  ré- 
sister, nous  le  laissâmes  aller  au  gré  du 
vent  :  ce  fut  dans  le  voyage  de  saint  Paul  en 
Italie,  à  la  garde  du  centenier  Jule.  Exod. 
10.  19. 

5^  Arripere  judicium  (àvrÉ/sd^at)  :  Prendre 
la  justice;  c'esi-à-dire,  l'exercer  avec  sévé- 
rité et  rigueur.  Deut.  32.  41.  Si  acucro  ut 
fulgur  gladium  meum  et  arripuerit  judicium 
manus  mea  :  Si  j'aiguise  mon  épée,ci  la  rends 
aussi  pénétrante  que  les  éclairs,  et  si  j'en- 
Ircprcnds  de  juger  les  hommes,  je  me  ven- 
gerai de  mes  ennemis  :  la  métaphore  est  tirée 
d'un  brave  capitaine,  qui  menace  de  prendre 
les  armes  contre  les  ennemis. 

ARREPÏITIUS.  Ce  mot  adjectif  est  formé 
d'arreplus,  participe  du  verbe  arripere,  et 
signifie,  transporté  de  fureur,  agité  du  dé- 
utun  ;  dans  l'Ecriture,  il  signifie  : 


Transporté  d'une  fureur  prophétique,  faux 
prophète.  Jcrem.  29.  26.  Bominus  dédit  te 
sacerdotem  ut  sis  dux  super  omnem  virum 
arreptitium  et  prophetantem  :  Lo  Seigneur 
vous  a  établi  pontife,  afin  que  vous  soyez 
chef  dans  la  maison  du  Seigneur,  afin  que 
vous  prissiez  autorité  sur  tout  homme  qui 
prophétise  par  une  fureur  prophétique.  Dieu 
reprend  Semeïas  d'avoir  animé  dans  une 
lettre  Sophonias,  l'un  des  princes  des  prê- 
tres, contre  Jérémie.  Voy.  v.  27. 

ARROGANS,  tis.  Ce  nom  est  le  participe 
du  verbe  arrogare,  et  est  plus  communé- 
ment pris  pour  un  nom  adjectif,  et  signifie, 

Arrogant,  superbe,  fier,  insolent  :  et  dans 
l'Ecriture, 

1"^  Insolent  ,  présomptueux  (v^n'koy.ûpBLo;, 
qui  alto  corde  est,  ySpuyroç,  contumeliosus). 
Prov.  16.  5.  Abominatio  Domini  est  omnis  ar- 
rogans  :  Tout  homme  insolent  est  en  abomi- 
nation au  Seigneur.  Job.  40.  6.  Respiciens 
omnem  arrogantem  humilia  :  Humiliez  les 
insolents  par  un  seul  de  vos  regards  :  ce  que 
Dieu  s'attribue  à  lui  seul  de  pouvoir  faire, 
Isa.  2.  12. 

2°  Superbe,  qui  vit  dans  l'impiété  et  Toubli 
de  Dieu.  Malach.  3.  15.  Dixislis  :  Vanus  est 
qui  servit  Deo  ;  ergo  nunc  beatos  dicimus  ar^ 
rogantes,  siquidem  œdificati  sunt  facientes  im- 
pictatem  :  Vous  avez  dit  :  C'est  en  vain  que 
l'on  sert  Dieu;  c'est  pourquoi  nous  n'appel- 
lerons maintenant  heureux  que  les  hommes 
superbes,  puisqu'ils  s'établissent  en  vivant 
dans  l'impiélé  :  c'est  le  reproche  que  Dieu 
fait  aux  Juifs. 

3"  Impatient,  qui  s'emporte  par  impa- 
tience; ce  qui  est  un  effet  d'orgueil  [\i-l>rilèç 
TTvsO^aTi)-  Eccl.  7.  9.  Melior  est  patiens  arro- 
gante :  Celui  qui  souffre  la  persécution  avec 
une  douceur  persévérante,  est  sans  doute 
beaucoup  meilleur  que  celui  qui,  par  impa- 
tience, se  laisse  aller  à  des  transports  de 
fureur. 

ARROGANTER,  arrogamment,  insolem- 
ment ,  sans  respect  {èiifuwi}.  Soph.  1.  9. 
Visitabo  super  omnem  qui  arroganler  ingre- 
dilur  super  limcn  :  Je  punirai  tous  ceux  (jui 
entrent  insolemment  dans  le  temple  :  autr. 
Hebr.  Qui  n'ose  toucher  le  seuil  de  la  porte 
du  temple  :  ce  qui  s'entend  de  ceux  qui,  en- 
trant dans  le  temple,  imitaient  la  supersti- 
tion des  Philistins,  qui,  entrant  dans  celui  de 
leurs  idoles,  n'osaient  marcher  sur  le  seuil 
de  la  porte.  V.  1.  Reg.  5.  5. 

ARROGANTIA,  je.  Arrogance,  orgueil, 
Buperbe  (  ZSpiç  ,  injuria  )  :  et  dans  l'Ecri- 
ture, 

Insolence,  présomption.  Prov.  8.  13.  Ar- 
rogantiam  et  superbiam  delestor  :  Je  déleste 
l'insolence  et  l'orgueil.  Isa.  13.  11.  Arrogan- 
liam  foriium  humiliabo  :  Heb.  des  tyrans, 
dil  le  Seigneur  (j'humilierai  l'insolence  de 
ceux  qui  se  rendent  redoutables). 

ARS,  TIS.  Ce  nom  vient  du  nom  Grec  «/-età, 
virtus,  slrcnuitas,  force,  vaillance. 

Art,  c'est-à-dire  lout  ce  qui  se  fait  par 
l'adresse  des  hommes,  artifice,  finesse,  in- 
duslrie  ;  dans  l'Ecriluro  : 

1"   Art,  science,   profession  (epyov).  Eccli. 


,79 


DICTIONNAIRE  Di  PHILOLOGIE  SACREE. 


580 


38.  35.  Uniisqitisqne  in  arte  sua  sapiens  est  : 
Cbatun  est  sage  dans  son  art  :  Ici  la  sagesse 
oppose  celui  qui  s'applique  à  la  connaissance 
de  la  loi  de  Dieu  dans  le  repos,  à  l'action 
continuelle  de  tous  ces  ouvriers  marqués 
dans  ce  chapitre,  v.  âo.  26. 

-2"  Règles  de  l'art  {ixidoSoç).  2.  Mach.  13. 
18.  Arte  difficultatem  locorum  tentabat  :  An- 
liochus  lâchait  de  prendre  les  villes  fortes 
par  artifices  :  ce  fut  d  puis  que  Judas  eut 
attaqué  la  nuit  son  quartier,  et  tué  quatre 
mille  hommes  dans  son  camp.  Voy.  v.  15. 

3'  Ruse,  adresse.  Judic.  20.  32.  Fugam  arle 
simulantes  :  Les  onze  tribus  d'Israël  feignaient 
de  fuir  devant  la  tribu  de  Benjamin.  Ils 
avaient  dressé  des  embûches  autour  de  Ga- 
baa,  qui  firent  que  cette  tribu  fut  enfin 
taillée  en  pièces  au  troisième  combat.  Voy. 
V.  29.  37.  -V3. 

ARSA,  Heb.  Terra,  gouverneur  de  la  ville 
de  Thcrsa.  3.  Reg.  16.  9.  Voy.  Thersa. 

ARSACES,  Heb.  Elevatio  chjpei.  Roi  dos 
Parthes  ,  qui  s'étaient  rendus  maîtres  de  la 
Perse  et  de  la  Médie.  1.  Mach.  li.  2.  Ce  nom 
Arsaces,  était  commun  aux  rois  de  Perse. 

ARTABA  ,  àarâê/j.  Sorte  de  mesure  chez» 
les  Perses,  qui  tenait  soixante-douze  seliers. 
Dan.  14.2.  E rat  idulum  apud  Babylonios  no- 
mine  Bel  et  impendebantur  in  eo  per  dies  sin~ 
(julos  similœ  Artabœ  duodecim  :  Les  Babylo- 
niens avaient  une  idole  nommée  Bel,  pour 
laquelle  on  sacrifiait  tous  les  jours  douze 
mesures  de  farine  du  plus  pur  froment  , 
quarante  brebis,  etc.  Les  Prêtres  de  cette 
idole  venaient  la  nuit  manger  tout  ce  qui  lui 
était  offert.  Vuy.  v.  12.  li. 

ARTAXERXES,  «oGa^raaSa.  Heb.  Forlis 
dominator.  De  Arals,  fortis,  et  de  Sarar, 
dominari. 

Arlaxerxès.  nom  commun,  selon  quelques- 
uns,  aux  rois  de  Perse,  dans  l'Ecriture  : 

1"  Arlaxerxès  Longimanus,  qui,  étant  sol- 
licité par  les  ennemis  des  Juifs  ,  défendit  de 
continuer  le  bâtiment  du  temple.  1.  Esdr.  4. 
7.  In  diebus  Artaxerxis  scripsit  Beselam,  Mi- 
thridalcs  et  Thabeel,  ad  Arlaxerxem  regem 
Persarum  :  Sous  le  règne  d'Artaxerxès,  Be- 
selam ,  Mithridate  et  Thabéel  écrivirent  à 
Arlaxerxès,  roi  de  Perse.  Voy.  v.  21.  Ainsi, 
V.  8.  11.  23.  D'autres  croient  (jue  cet  Arla- 
xerxès était  Oropasle  ,  qui  feignit  d'elle  fils 
deCambyse.  Voy.  Asslérus. 

2'  Arlaxerxès  .Mnemon,  dont  Néhénias  fut 
réchanson,  lequel  permit  de  bâtir  le  temple, 
(lui  avait  été  interrompu.  1  Esdr.  6.  IV. 
Seniores  Judœorum  œdificaverunt  et  constru- 
xcrunt  jubente  Deo  Israël,  et  jubente  Cyro  et 
iJario,  et  Arlaxerxe  regibus  Persarnn^  :  Les 
anciens  des  Juifs  travaillèrent  à  bàiir  le 
temple,  par  le  commandement  du  Dieu  dls- 
raél  et  par  l'ordre  de  Cyrus,  de  Darius  et 
tl'Artaxerxès,  rois  de  Perse,  c.  7.  v.  7.  11. 
12.  21.  c.  8.  1.  2.  Esdr.  1.  1.  c.  5.  ik.  c.  13. 
6.  Voy.  AssuicRUs. 

ARÏEMAN,  Gr.  Inteyer.  Disciple  de  saint 
Paul,  de  qui  il  se  servait  dans  le  ministère 
lie  l'Kvangile.  Til.  3.  12. 

ARTEMON  ,    «fïéuwv.    Ce    nom   vient  du 


verbe  grec  «r^Tâw,  appendo,  suspenao,  pendre, 
suspendre,  et  signifie  : 

Petite  voile  qu'on  joint  aux  plus  grandes, 
voile  de  l'artimon,  dans  un  vaisseau.  Act. 
27.  ko.  Levato  ariemone  secundum  aurx  fia- 
tum  tendebant  ad  litlus  :  Les  matelots,  après 
avoir  mis  la  voile  de  l'artimon  au  vent, 
tiraient  vers  le  rivage  :  ce  fut  dans  le  péril 
du  voyage  de  saint  Paul  en  Italie. 

ARTIGULUS,  I,  apScov.  Ce  nom  est  le  dimi- 
nutif d'artus,  et  signifie  : 

Jointure  dans  le  corps  de  l'homme,  nœud 
dans  les  plantes  ;  et  dans  le  temps ,  c'est  le 
moment  qu'on  prend  tout  à  propos  pour 
faire  quelque  chose  :  dans  l'Ecriture, 

1°  Les  doigts  de  la  main  («c-T&i'/a/oj).  Dan. 
5.  5.  Rex  aspiciebat  articulos  manusscriben- 
tis  :  Balthasar  voyait  le  mouvement  des 
doigts  de  la  main  qui  écrivait  :  c'était  son 
jugement  que  cette  main  écrivait,  comme 
Daniel  le  lui  explique,  v.  25.  jusqu'à  29. 
Ainsi,  V.  24.  c  10.  10. 

2"  Le  corps  ou  la  substance  de  quelque 
chose  ,  pour  marquer  la  chose  même.  Gen. 
7.  13-  In  articalo  diei  illius  ingressus  est 
Nos  ■  Noé  entra  dans  l'arche  en  ce  jour-là 
même  ,  savoir  :  le  dix-sept  du  deuxième 
mois.  Voy.  v.  11.  Heb.  In  substantia  diei 
illius  :  Gr.  In  illa  die  :  L'espace  de  ce  jour  ou 
dans  ce  jour-là  mêoie  ;  à  quoi  se  rapporte, 
Le  vit.  2.3.  14.  L'sque  ad  diem,  où  IHébreu 
porte  usque  ad  subslantiam  diei  illius. 

ARTIFEX,  icis  ,  rsy^zr);.  Ce  nom  semble 
venir  d'ars  et  du  verbe  facere,  comme  qui  di- 
rait :  Qui  scientiam  suam per  artes  exercet,  et 
signifie  : 

Ouvrier,  artisan,  qui  exerce  quelque  art  ou 
métier.  Act.  19.  24.  Demetrius  prœstabat  ar~ 
tificibus  non  modicum  quœstum  :  Démétrius 
qui  faisait  des  temples  d'argent  de  Diane, 
donnait  beaucoup  à  gagner  à  ceux  de  ce  mé- 
tier. Ce  Démétrius  excita  une  grande  sédition 
contre  saint  Paul  ,  parce  qu'il  combattait  le 
culte  des  dieux.  Voy.  v.  25.  et  suivants. 

Signification  métaphorique.  — Dieu  est  ap- 
pelé architecte  et  ouvrier  (oï?,uto'j,676ç).  Hebr. 
11.  10.  Exspect'ibal  enim  fundamenta  haben- 
tem  civitdtem  cujus  arlifex  Deus  :  (C'est  par 
la  foi  qu'Abraham  habita  sous  des  tentes  )  : 
car  il  attendait  celle  cité  bâtie  sur  un  ferme 
fondement,  dont  Dieu  est  le  fondateur  et  l'ar- 
chitecte. Sap.  7.  21.  Omnium  artifex  docuit 
me  sapienlia  .La  sagesse,  qui  a  créé  tout,  m'a 
enseigné  tout  ce  qui  était  caché  (texvîti?). 
C'est  Salomon  qui  parle,  c.  8.  6.  c.  13.  1. 

ARTIFICIUM  ,  11.  Art ,  métier,  artifice  , 
finesse,  souplesse,  tromperie,  fourberie  (£,'■''/'-'" 
G-ta);  dans  l'Ecriture  : 

Ouvrage,  ce  qui  est  fait  par  un  ouvrier. 
Act.  19.  25.  Viri,  scitis  quia  de  hoc  arlificio 
est  nobis  acquisitio  :  Mes  amis,  vous  savez 
(jue  c'est  de  ces  ouvrages  que  vient  tout 
notre  gain.  Démétrius  remontre  à  ses  ou- 
vriers de  petits  temples  d'argent  de  Diane,  le 
tort  que  faisait  saint  Paul  à  leur  métier. 
Voy.  v.  27. 

ARTUS,  us.  Ce  nom  vient  du  Grec  â/;(/;iov, 
ou  du  verbe  arctare,  joindre  ou  lier  élroile" 


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AKU 


ÂRU 


3Gi 


ment  ;  parce  que  les  membres  du  corps  sont 
liés  ensemble  étroitement,  et  signifie  : 

Les  membres  du  corps.  Job.  10.  8.  Innihi- 
hwi  redacli  sunt  omnes  artas  met  ;  Tous  les 
membres  de  mon  corps  sont  ré-luils  à  rien. 
Job  parle  de  l'excès  de  ses  douleurs. 

ARUBOTH,  Heb.  Insidiœ  ou  Araboth.  Un 
qjjarlier  de  la  Judée.  3.  Reg.  ^  10.  Saint  Jé- 
rôme dil  que  ce  lieu  est  une  plaine  dans  ie 
pays  des  Moabiies,  qui  outra  dans  le  partage 
de  !a  triwU  de  Rubcn. 

AU\'INA.  ,E.  Ce  nom  est  proprement  le  ié^ 
miu'in  i\'a)  vinus,  i)Our  arvi  y  nus,  qui  vient  de 
i'aniiquc  «/t/j;,  au  lieu  duquel  on  a  dit  aries, 
cl  signifie  : 

.  Du  suit  ,  proprement  de  mouton  ;  il  se  dit 
néanipoiiis  de  quclqu'autre  sorte  de  suif  que 
ce  soil  :  dans  l'iùrilure, 

Suif,  graisse.  Job.  13.  27.  De  lateribiis  ejns 
arvina  dependct  :  Li\  graisse  pi-nd  à  l'i:;ipie  de 
tous  côlés.  L'impie  qui  s'est  fortifié  (  t  comme 
engraissé  dans  le  mal,  est  comparé  à  un  tau- 
reau furieux,  dont  les  Qancs  regorgent  de 
graisse.  Voy.  Ps.  72.  7.  Ainsi  Exod.  29.  22. 
Levil.  .3.  13.' 

ARVINULA,  JE,  (T-iy.p.  Suif,  graisse.  Levif. 
8.  10.  Duos  rentmciilos  ciun  nrvinulis  suis 
adolt'vit  super  altare  :  Moïse  fil  brûler  sur 
l'autel  les  deux  reins  avec  la  graisse  qui  y 
est  atîachùe  :  l'Ecrilure  parle  du  sacrifice 
d'un  veau  pour  le  péché. 

ARULA,  JE.  Cl)  nom  est  le  diminutif  d'ar«, 
et  signifie  petil  aulel;  dans  l'Ecriture, 

1' Pelit  foyer,  brasier  ou  réchaud  (ê'c-xas*). 
Jercm.  30.  22.  Posita  e.rat  arula  coram  eo 
plena  pninis  :  ;  Le  roi  Joachim  était  assis 
dans  son  appariemcnt  dhiver)  :  il  y  avait  de- 
vant lui  un  brasier  pli  in  de  char!)oiis  ardents  ; 
il  y  brûla  le  livre  que  Jérémie  avait  dicté  à 
Bariich  de  la  part  de  Dieu,  tuurhant  la  des- 
truction «le  la  Judée  par  Nabucbodonosor. 
Voy.  V.  k,  29 

2^  Le  loyer  qui  élail  au  milieu  de  l'autel 
des  holocaustes ,  sur  lequel  était  le  brasier 
qui  servait  à  brûler  les  vicliims  placées  sur 
la  grille  au-dessus  du  foyer.  Exod.  38.  4. 
Craticulamque  ejus  in  modum  retis  ftcit 
œnenm,  et  subter  eam  in  al  taris  medio  aru- 
lum  :  Béséléel  fil  une  gti  le  d'airain  en  forme 
de  rets,  et  au-dessous  un  foyer  au  milieu  de 
l'aulel.  Il  ava  l  été  appelé  particulièrement 
de  Dieu  pour  faire  tous  ces  ouvrages.  Voy.  c. 
33.  V.  .';0.  et  suiv.  c.  27.  5. 

ARU.M,  Heb.  Exclsus,  père  d'Ahareel,  fils 
de  Cos.  1.  P.ir.  k.  8. 

.\RUNDO ,  IMS  ,  /.v'/yao:.  Ce  nom  vient 
(i'aridus,  sec,  ainsi  appelé  à  cause  de  sa  sé- 
cheresse, et  signifie, 

Canne  ou  roseau.  Malth.  27.29.  Posuerunt 
orundinem  in  dextm  ejus  Les  soldats  du  gou- 
verneur mirent  un  roseau  dans  la  main  droite 
de  Jésus-Chrisl.  .Marc.  15.  19.  Matth.  27.  VS. 

1"  Canne;  pour  mesurer.  Ajjoc.  21.  v.  15. 
10.  Mmsus  est  citit  item  de  urundine  nnrea 
per  stndid  tluodecim  millid  •  Un  des  sept  anges 
qui  tenaient  les  sept  coupes  pleines  des  sept 
dernières  [daies,  tu'sura  la  sainte  ville  de 
Jérusalem,  et  il  la  trouva  de  douze  mille 
siades.  Voj .  v.  9.  10. 


2°  Flèches  faites  de  cannes  ou  roseaux. 
Ps.  67.  3î'.  Increpa  feras  aiundinis,  i-  e. 
calamalas  :  Reprenez  ces  bétes  sauvages  ar- 
mées comme  de  flèches  faites  de  roseaux  : 
David  compare  les  ennemis  armés  à  des 
bétes  sauvages  pleines  de  fureur.  Voy.  Fera. 

§  1.  —  Parce  que  le  roseau  est  fort  fragile 
et  n'est  pas  solide  :  il  marque  les  personnes 
faibles  et  qui  ont  peu  de  foi  pour  se  soutenir. 
Matth.  12.  20.  Anindinem  quassatam  non 
confringet  :  Jésus-Christ  ne  brisera  point  le 
roseau  cassé  ;  c'est-à-  dire  traitera  doucement 
celui  qui  est  encore  faible,  tandis  (lu'il  y 
aura  quelque  espérance  de  salut. 

§  2.  — Parc."  (juc  le  roseau  est  fort  léger  et 
qu'il  cède  au  gré  du  moindre  vent  :  il  marque 
l'homme  inconstant ,  qui  a  une  foi  chance- 
lante ;  c'est  pourquoi  Jésus-Chrisl  dit  de 
saint  Jean-Ba[)tisle,  tout  rempli  de  foi.  Matth. 
11.  7.  Luc.  7.  2i.  Quid  cxistis  in  desertum 
videre  ?  arundinem  vento  agitatam?  Qu'êles- 
vous  allés  voir  dans  le  désert?  un  roseau 
agité  du  vent?  parce  que  le  roseau  étant  se- 
coué cl  agité  d'un  vent  impétueux  ,  tombe 
enfin  dans  les  eaux. 

§  3.  —  Il  marque  les  secousses  et  l'agita- 
tion d'une  chose  jusqu'à  ce  qu'elle  tombe  et 
périsse.  3.  Reg.  li.  13.  Perculiet  Dominus 
Deus  Israël,  sicut  moveri  solet  arundo  in 
aqua  :  Le  Seigneur  frappera  Israël  et  le 
rendra  comme  le  roseau  qui  est  agité  dans 
les  eaux  :  Dieu  menace  de  ruiner  le  royaume 
d'Israël  dans  la  famille  de  Jéroboam. 

ARUNDINETUM,  i.  Ce  nom  signifie  propre- 
ment lieu  où  il  croît  des  roseaux  :  dans 
l'Ecrilure. 

Nom  de  lieu  appelé  ,  Vallis  arundineti  ; 
Heb.  et  Gr.  Torrens  kanna,  id  est,  arundinis  : 
C'est  une  des  bornes  ou  limites  de  la  tribu 
d'Ephraïm,  du  côté  de  la  mer  Méditerranée, 
près  de  Cés:irée.  Jos.  10.  8.  c.  17.  9.  Descen- 
ditque  terminus  vallis  arundineli  in  meridiem: 
De  là  les  bornes  du  lieu  appelé  la  Vallée  des 
roseaux  regardent  le  midi. 

L'  s  roseaux  mêmes  ,  pris  pour  le  lieu  où 
ils  croissent  (/7."Aiy.r;).  Sap.  3.  7.  Fulgebunt 
justi  et  tamquain  scintillœ  ?'n  arundineto  dis- 
current  :.Les  jusles  étincclleront  comme  des 
feux  (jui  courent  au  travers  des  roseaux  ;  Gr. 
au  travers  du  chaume.  Le  Sage  marque  par 
celle  comparaison  la  clarté  de  la  lumière 
dont  les  justes  brilleront  dans  le  ciel. 

ARUNDINEUS,  a,  um.  /«ià^nvo,-.  Ce  nom 
adjectif  est  formé  d'arundo,  cl  signifie,  do 
canne  ou  de  roseau.  \.  Reg.  18.  21.  An  speras 
in  bnculo  arnndineo  atque  confracto  .-Egypti^ 
super  quem,  si  incubuerit  liomo,  comminulus 
ingredietur  manum  ejus,  et  pcrforabit  eam? 
Est-ce  que  vous  espérez  du  soutien  du  roi 
d'Ea;yple  ?  Ce  n'est  (ju'un  roseau  cassé  ;  et  si 
un  hounnc  s'appuie  dessus,  il  se  brisera  cl 
lui  entrera  dans  la  main  et  la  transpercera. 
Dans  ce  verset  les  atubassadeurs  de  Seiina- 
chérib,  roi  des  Assyriens,  veulent  faire  en- 
tendre à  Ezéchias  (jue  le  secours  et  la  pro- 
tection qu'il  attend  du  roi  d'Egypte,  est  non- 
seulement  faible  et  inutile  ,  mais  que  même 
elle  lui  sera  nuisible  ,  s'il  y  met  son  espé- 
rance ;  mais  c'est  ce  qui  est  très-vrai  aussi 


5S3 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 
des 


de   la    protection   qu'on    n'attend   que 
hommes.  Ezech.  29.  6. 

ARUSPEX,  icis.  Ce  nom  qui  vient  d'arwya, 
espèce  de  victime,  et  du  verbe  aspicio,  signi- 
Oe  :  qui  devine  par  la  considération  des  en- 
trailles des  victimes ,  et  interprète  les  pro- 
diges; dans  l'Ecriture  : 

1°  Devin,  qui  devine  parla  considération 
des  bêtes  immolées  (yaÇaouvoi).  Dan.  2.  27. 
Mysterium  quod  rex  interrognt,  sapientes , 
tnugi,  arioli  et  aruspices  nequeunt  indicare, 
Daniel  répondit  au  roi  :  Les  sages,  les  mages, 
les  devins  et  les  augures  ne  peuvent  décou- 
vrir au  roi  le  mystère  dont  il  est  en  peine. 
Daniel  le  lui  découvre,  v.  31.  et  suiv.  ainsi  , 
c.  k,  k.  c.  5.  v.  7.  11. 

2°  Devin  qui  se  mêle  ne  prédire  l'avenir 
(yvwcTTnç).  4.  Reg.  21.  6.  Et  aruspices  multi- 
plicavit  :  Manassès  niullipiia  les  enchanteurs  : 
toutes  ses  abominations  et  les  punitions  dont 
Dieu  le  menace  sont  rapportées  en  ce  cha- 
pitre. 

3"  Les  Prêtres  des  faux  dieux  habillés  de 
deuil  (■/jjifj.rxoiu.)  ,  selon  1  Hebr.  Camurim  ,  1. 
e.  atrali.  k.  Reg.  23.  o.  Et  delevic  aruspices 
quos  posuerunt  reges  Juda  ad  sacrificandum  in 
excelsis  :  Josias  extermina  aussi  les  augures 
qui  avaient  été  établis  par  les  rois  d  Israël 
pour  sacrifier  sur  les  hauts  lieux.  Ce  même 
mol  hébreu  camurim  est  rendu,  Ose.  10.  5. 
et  Soph.  1.  i,  par  œdilui. 

ARV'UM,  I.  Ce  nom  vient  du  verbe aro,  as, 
labourer  (Tc-Bio-j),  et  signifie  : 

1"  Une  terre  labourée  où  il  n'y  a  encore 
rien  de  semé;  dans  l'Ecriture  : 

Champ  ou  terre  labourée  et  semée.  Hab. 
3.  17.  El  arvà  non  afférent  cibum  :  Les  cam- 
pagnes ne  porteront  point  de  grain.    Voyez 

ClBUS. 

2'  Pré,  pâturage  (  vo^ari  ).  Jerem.  23.  10. 
Arefacla  sutit  arva  deserti  :  Les  pâturages 
de  la  campagne  sont  devenus  tout  secs  ;  ainsi, 
Arva  pacis,  ce  sont  les  campagnes  ou  pâtu- 
rages dans  lesquels  les  troupeaux  paissent 
en  sûreté  et  en  paix.  Jer.  25.  37.  Conlicue- 
runt  arva  pacis  :  Les  champs  si  fertiles  du- 
rant la  paix  sont  dans  un  triste  silence  ;  Heb. 
Succisa  sunt  habitacula  pacis  :  Il  entend  par 
ces  champs  et  ces  pâturages  les  provinces  , 
par  ces  troupeaux  les  peuples. 

ARX.  Ce  nom  vient  du  Grec  v.xpx  ^  cita- 
delle, lieu  élevé,  ou  le  sommet  de  quelque 
chose,  et  signifie, 

Forteresse,  citatelle  f-eoio/ri).  1.  Par.  11. 
7.  Habilavit  aulem  David  in  arcCy  et  idcirco 
appellata  est  civitas  David  :  David  prit  son 
logement  dans  la  citadelle,  et  c'est  ce  qui  la 
fil  appeler  la  ville  de  David,  v.  5.  2.  Reg.  5. 
V.  7.  9.  et  souvent  dans  les  livres  des  Macha- 
bées. 

L'Eglise,  qui  est  une  forteresse  invincible  à 
tous  les  efforts  du  démon  et  du  monde  {y.oc/.zrip). 
Vro\.  d.  li.  Misit  ancillas  suas;  Gr.  [servos 
suos)  ut  vocarent  ad  arccm  :  La  sagesse, 
comme  une  grande  princesse,  a  envoyé  ses 
servantes;  cesl-à-dire,  Jésus-Christ  a  en- 
voyé ses  apôtres  pour  appeler  les  peuples 
dans  l'Eglise.  Voy.  Ancilla.         <^ 

AS.  ASSIS,  «(7<7àù(ùv.  Ce  mot  vient  ou  d'assus, 


584 

est  le  même 
us, 


pour  «nus,  comme  so«,  sol,  qui 
que  as,  vient  de  solus  ;  d'autres  tirent 
assis, de  œs,  œris,  airain.  As  était  ancienne- 
ment une  lame  de  cuivre  d'une  livre;  c'est- 
à-dire  de  douze  onces  ;  d'abord  cette  pièce 
n'était  point  marquée,  mais  ensuite  elle  l'a 
été  ;  et  a  été  réduite  à  six  onces  qui  valaient 
autant  que  les  douze  ;  après  à  une  once,  et 
enfin  à  une  demi-once.  Voy.  Plin.  liv.  33.  c.  3. 
Ainsi  ce  mot  dans  la  suite  des  temps  s'est 
pris  diversement;  dans  l'Ecriture,  c'est 

Une  petite  pièce  de  monnai(>  qui  faisait  la 
quatrième  partie  d'une  once.  Malth.  10.  2'î-. 
Nonne  duo  passeres  asse  veneunl?  N'cst-il 
pas  vrai  que  deux  passereaux  ne  se  vendent 
qu'une  obole?  Voy.  Dupondius. 

ASA,  Hebr.  Medicus. —  T  Roi  de  Juda, 
fils  d'Abiam  et  père  de  Josaphal,  qui  suivit 
la  droiture  et  la  justice  de  David  et  purgea 
Jérusalem  de  toutes  les  idoles  que  ses  pères 
y  avaient  dressées.  3.  Reg.  15.  8.  et  suiv.  ; 
mais  n'ayant  pu  souffrir  la  réprimande  que 
lui  fit  Hanani, prophète,  il  perdit  par  ses  vio- 
lences toute  l'estime  qu'il  s'était  acquise  au 
commencement  de  son  règne;  il  mourut  l'an 
du  monde  3090.  —2°  Un  lévite,  fils  d'Elcana 
et  père  de  Barachias.  1.  Par.  9.  16.  — 3° 
Ville  de  la  tribu  d'Ephraïm.  1.  Par.  7.  28. 
Voy*  Ara. 

ASAA,  Heb.  et  Gr.  ASAL\.  Un  officier  de 
Josias, roi  de  Juda,  qui  alla  de  la  part  de  son 
maître  consulter  la  prophélesse  Olda.  2. 
Par.  3i.20. 

ASAEL,  Hebr.  Factura  Dei.  —  1°  Le  frère 
de  Joab,  et  le  neveu  de  David  qui  fut  lué'par 
Abner,  lequel  courait  extrêmement  vite.  2. 
Reg.  2.  18.  Porro  Asael  cursor  velocissimus 
fuit  :  Or,  Asaël  courait  extrêmement  vile. 
Voy.  v.  23.  Il  était  aussi  un  des  trente  bra- 
ves hommes  de  David,  c.  23.  24.  2"  Un  des  lé- 
vites députés  du  roi  Josaphal,  pour  instruire 
le  peuple  de  Juda  de  la  loi  de  Dieu.  2.  Par. 
17.  V.8.  9  —  3°  Le  père  de  Jonathan,  l'un 
de  ceux  qui  furent  établis  chefs  dans  tout  le 
peuple  pour  chasser  toutes  les  femmes  étran- 
gères que  les  Israélites  avaient  prises,  avec 
les  enfants  qu'ils  avaient  eus  d'elles.  1.  Esd. 
10.  15. 

ASAIA,  ASAIAS,  Hebr.   Factura   Dei. — 

1.  Un  officier  du  roi  Josias.  4.  Reg.  22.  v. 
v.  12.  14.  C'est  le  même  qu'Asaa.  2.  Par.  34. 

2.  Voyez  Asaa.  —  2"  Un  des  descendants  de 
Siinéon.  1.  Par.  4.  3G.  —  S'^  Le  chef  des  en- 
fants de  Merari.  1.  Par.  15.  6.  De  filiis 
Merari  Asa'ia  Princeps  :  Asaïa  était  chef  des 
enfants  de  Merari,  v.  11.  c.  G.  30.  —  4°  Fils 
a!né  de  Siloni,  de  la  tribu  de  Juda.  1.  Par. 
9.  5. 

ASALELPHUNI,  Hobr.  Umbra  vultiis.  Fille 
d'Etam  et  sœur  de  Jesraël.  1.  Par.  4.  3. 

ASAN,  Hebr.  Fwnus.  Ville  de  la  tribu  de 
Juda,  qui  a  été  ensuite  da*iis  la  tribu  de  Si- 
méon,  et  qui  enfin  a  été  donnée  aux  lévites. 
Jos.  15.  42.  1.  Par.  4.  32.  1.  Reg.  30.  30.  La- 
eus  Asan,  lac  d'Asan  ;  ce  lac  a  pris  son  nom 
de  la  ville  ;  Hebr.  Chor-Asan. 

ASANA,  Hebr.  Rubus.  Père  d'Oduia,  de  la 
tribu  de  Benjamin.  1.  Par.  9.  7. 

ASAPH,  Heb.   Congregans.   —  1"  FiU  dq 


385 


ASC 


ASC 


386 


Barachias,  un  des  chantres  de  David,  de  qui 
le  2.  des  Par.  29.  30.  où  il  est  appelé  Prophetp, 
fait  croire  qu'il  a  composé  les  Psaumes  i9. 
72.  et  suiv.  jusqu'au  82.  qui  portent  le  nom 
d'Asaph,  ou  qu'au  moins  l'air  sur  lequel  on 
les  chantait  était  de  sa  façon, et  qu'ils  étaient 
chantés  par  le  chœur  où  il  présidait.  Ainsi, 
1.  Par.  6.  .39.  Frater  ejus  Asapfi  qui  stabat  a 
dextris  ejus  :  Asaph,  frère  d'Héman,  était  à 
sa  droite,  c.  25.  v.  1.  2.—  2°  Le  père  deJoahe 
qui  était  chancelier  d'Ezéchias.  k.  Reg.  18. 
Y.  18.  37.  —  3°  Un  lévite,  fils  de  Coré.  1.  Par. 
26.  1.  Il  est  appelé  c.  9.  19.  Abiasaph.  —  V 
Un  lévite,  père  de  Zechri,  de  la  famille  do 
Merari.  1.  Par.  9.  15. 

ASA.RXyiEL,llebr.SignumCircumcisionis. 
Lieu  où  se  tint  la  grande  assemblée  des  prê- 
tres et  du  peuple,  des  premiers  de  la  nation 
et  des  anciens  du  pays,  pour  donner  à  Si- 
mon et  à  ses  fils  le  privilège  dune  entière 
indépendance,  en  reconnaissance  des  grands 
services  quil  leur  avait  rendus.  Ce  lieu  mê- 
me peut  bien  être  celui  où  se  tenaient  ces 
sortes  d'assemblées.  1.  Mach.  li.  28. 

ASARELA,  Hebr.  Bealitudo  Dei.  Un  des 
enfants  d'Asaph,  qui  furent  choisis  par  Da- 
vid pour  être  chantres  dans  la  maison  du 
Seigneur.  1.  Par.  25.2. 

ASARHADDON,  Hcb.  Acuta Ligatura.  Fils 
de  Sennacherib,qui  succéda  à  son  père  dans 
ses  Etats.  Isa.  37.  38.  i.  Reg.  19.  37.  Voyez 

ASENAPHAR. 

ASARMOTH,  Heb.  Introitusmortis.  Petit- 
01s  d'Héber,  par  Jectan.  1.  Par.  1.  20.  Voyez 
v.  19.  a  nsi,Gen.  10.  26. 

ASASON  THAMAR,  Heb.  Sagitla  palmœ. 
Ville  dans  la  tribu  de  Juda,  sur  le  bord  de  la 
mer  Morte,  qui  regarde  roccideiit.  Gen.  1+. 

7.  Elle  est  appelée  Engaddi.  2.  Par.  20.  2. 
qui  est  la  même  ville  dont  il  est  parlé  1. 
Reg.  24. 1.  Ezech.  kl.  10.  Gant.  1.  li.  où  elle 
est  aussi  appelée  Engaddi,  Voyez  En- 
gaddi. 

ASRKL,Heb.  Ignis  cadens.  FilsdeRenja- 
min,  chef  des  Asbélites.  Num  26.  38.  1.  Par. 

8.  1.  Ce  même  Asbel  est  appelé  ,  i.  Par. 
7.  v.  6.  10.  11.  Jadiel  ;  différent  néan- 
moins de  ce  Jadiel,  marqué  1.  Par.  26.  2.  qui 
est  un  des  descendants  deMésélémia. 

ASBELITyE  ,  arum.  Descendants  d'Asb.l, 
ou  lamille  d' Asbel.  Num.  26.  38. 

ASCALON,  Hebr.  Ignis  infamiœ.  L'une  des 
cinq  villes  des  Philistins,  et  port  de  mer  sur 
la  mer  Méditerranée.  Judic.  1.  18.  c.  IV. 
19.  etc.  La  tribu  de  Juda  lu  conquit  après  la 
mort  de  Josué;  les  Philistins  la  reprirent  et 
s'y  maintinrent  jusqu'à  leur  entière  destruc- 
tion. 

ASCALONIT.E,  arlm.  Habitants  d'Asca- 
lon,  et  se  dit  aussi  d  s  princes  ou  rois  de  la 
ville  d'Ascalon.  Jos.  13.  3. 

ASCELLA,  Jii.  Trrip'j^.  Ce  nom,  qui  est  peu 
usité  dans  les  auteurs  latins,  vient  d'axilla, 
diminutif  d'.i/«,  et  signifie,  1°  Aile  d'oiseau. 
Lev.  1.  17.  Confringelquc  ascellas  ejus  :  Le 
prêtre  rompra  à  cet  oiseau  les  ailes  sans  les 
couper:  lErriture  parle  ici  du  sacrifice  d'ho- 
lociiusle  d'oiseaux.  —  2°  Aisselle  («ATri,-). 
Pfov.  19.  24.  c.  26.    15.  AOscowUt   piger 


manum  suant  sub  ascella  :  Le  paresseux  ca- 
che sa  main  sous  son  aisselle. 

ASCENDERE,  àv«oaiv£tv.  Ce  verbe  est  corn- 
posé  d'ad  et  du  simple  scandere,  et  signifie 
proprement, 

V  Monter.  Luc.  5.  19.  Ascenderunt  supra 
tectum  :  Ceux  qui  portaient  le  paralytique, 
montèrent  sur  le  haut  de  la  maison  et'le  des- 
cendirent par  les  tuiles  devant  Jésus.  La 
foule  les  empêchait  d'entrer,  c.  19.  '*.  Ascen^ 
dit  in  arborem  sycomorum  :  Zachée  monta 
sur  un  sycomore  pour  voir  Jésus,  c.  8.  22. 
c.  li.  10.  Ainsi,  Exode  17.  10.  Moyses  autem 
et  Aaron  et  Hur  ascenderunt  super  verticcm 
collis  :  Moïse,  Aaron  et  Hur  montèrent  sur 
le  haut  de  la  colline,  où,  lorsque  Moïse  levait 
les  mains  en  haut,  les  Israélites  étaient  vic- 
torieux, c.  19.  3.  c.  20.  26.  etc.  A  quoi  se 
rapporte  cette  signification  suivante. 

2^  Aller  d'un  lieu  moins  élevé  dans  un  lieu 
plus  élevé,  Gen.  35.  1.  Surge  et  ascende  Be- 
thel  :  Allez  promplement  à  Béthel  et  y  dres- 
sez un  autel  au  Seigneur,  dit  Dieu  àJacob. 
Cette  ville  était  située  sur  une  montagne; 
de  même  quand  on  parle  d'aller  en  Jérusa- 
lem qui  était  bâtie  sur  un  lieu  élevé,  on  se 
sert  de  ce  verbe,  1.  Esdr.  1.  3.  Ascendat  in 
Jérusalem  :  Que  celui  d'entre  vous  qui  est 
du  peuple  de  Dieu  monte  en  Jérusalem;  c'est 
Cyrus,  inspiré  de  Dieu,  qui  ordonne  aux 
Juifs  d'aller  à  Jérusalem  rebâtir  le  temple. 
Voyez  V.  2.  5.  Ainsi,  .Matth.  20.  18.  Ecceas- 
cendimus  Jerosolymam  :  Nous  allons  à  Jéru- 
salem, et  le  Fils  de  l'Homme  sera  livré,  etc. 
dit  Jésus  à  ses  disciples  ;  quelquefois  asccn- 
dere,  sans  rien  ajouter,  signifie  aller  à  Jé- 
rusalem. Act.  18.  22.  Ascendit,  ce  qui  est  eu 
usage  dans  l'Ecriture,  à  l'égard  de  toute  la 
Judée,  parce  qu'elle  était  plus  élevée  que  les 
pays  circonvoisins.  2.  Par.  21.  17.  Ascende- 
runt in  terram  Juda  :  Les  Philistins  et  les 
Arabes  entrèrent  en  la  terre  de  Juda,  et  em- 
portèrent tout  ce  qu'ils  trouvèrent  dans  le 
palais  de  Joram.  Ainsi,  Ascendere  in  monlem 
Sion  :  Monter  sur  la  montagne  de  Sion,  s'y 
rendre,  s'y  trouver.  Abd.  v.  21.  Ascendent 
salvatores  in  monlem  Sion  :  Ceux  qui  doivent 
sauver  le  peuple,  monteront  sur  la  monta- 
gne de  Sion.  Le  prophète  marque  ici  les  pro- 
grès que  les  Juifs  devaient  faire  après  leur 
retour  do  Babylone,  sous  la  conduite  de  Si- 
mon Machabée  et  d'Hircan,  son  fils.  Voyez 
Salvator  r.  Voyez  Mons.  3 

3  Aller  ou  venir,  sans  avoir  égard  à  la  si- 
tuation des  lieux.  Gen.  i6.  29.  Ascendit  ob- 
viam  patri  :  Joseph  vint  au  devant  de  son 
père;  ce  fut  à  Gessen.  v.  31.  Ascendnm  et 
nunliabo  Phnraoni  :  J(;  m'en  vas  dire  à  Pha- 
raon que  mes  frères  et  tous  ceux  de  la  mai- 
sou  de  mon  père  sont  venus  me  trouver. 
Exod.  16.  13.  Et  ascendcns  colurnix  :  11  vint 
un  grand  nombre  de  cailles  qui  couvrit  tout 
le  camp  des  Israélites.  Judic.  'i.  5.  2.  Reg.  2. 
12.3.  Reg.  9.  2V.  4.  Reg.  1.  3.  Ainsi,  Joèl  3. 
12.  Ascendant  gcntes  in  vallem  Josaphat  ; 
Que  les  peuples  viennent  se  rendre  à  la  val- 
lée de  Josaphat;  dans  ce  passage  de  Joèl  le 
verbe  nscendcre  pcui  signifier  monter,  parcç 


387 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


588 


que  la  Judée  est  p.us  élevée  que  les  autres 
pays. 

4."  Sortir,  se  retirer  do  quelque  lieu.  Gen. 
13.  1.  Ascendit  ergo  Abraham  de  jEgypto  : 
Abraham  sortit  de  lEgypte  ;  ce  fut  après  que 
Dieu  eut  frappé  Pharaon  à  cau<e  de  la  fem- 
me d'Abraham,  c.  k\.  v.  2.  zT.  Ose.  1.  11. 
Filii  Israël  ascendent  de  (erra  :  Les  enfants 
d'Israël  sortiront  du  pays  du  lieu  de  leur 
capli\ité;  ce  qui  s'entend  fifïurément  des 
peuples  qui  devaient  sortir  de  l'idolâtrie,  qui 
est  une  vraie  servitude  spirituelle,  pour  en- 
trer dans  l'Eglise,  par  allusion  à  la  captivité 
de  Babylone.'l.  Reg.  28.  13.  Deos  lidi  ascen- 
dentes  de  terra  :  J'ai  vu  un  Dieu  qui  sortait 
de  la  terre  :  c'était  Samuel  qui  apparaissait 
à  la  magicienne  que  Saiil  consultait.  Job.  7. 

9.  Qui  descenderit  ad  inferos  non  ascendet  : 
Celui  qui  descend  sous  la  terre  n'en  sortira 
pas,  n'en  remontera  pas  :  se.  en  cette  vie 
mortelle.  1.  Esd.  7.  G.  Matth.  3.  16.  Marc.  1. 

10.  Luc.  2.  k.  Act.  8.  32.  Ad.  25.  1 

5°  Sortir  ou  se  retirer  d'avec  quelqu'un. 
Gènes.  17.  22.  Ascendit  Deus  ab  Abraham  : 
L'entretien  de  Weu  avec  Abraham  étant 
flni,  Dieu  se  retira. 

6°  Sortir  ou  s'élever,  soit  de  la  terre  :  ce  qui 
se  dit  des  herbes,  des  plantes.  Isa.  55.  13.  Pro 
saliunca  ascnidet  abies:  Le  sapin  s'élèvera  au 
lieu  des  herb  -s  les  plus  viles.  Le  prophète  dé- 
crit l'étal  ht  ureux  dont  rEjçlise  devait  jouir 
par  la  conversion  des  genlils.  Ose.  10.  8. 
Lappa  et  tribulus  ascendet  super  aras  eorum  ; 
Il  croîtra  des  ronces  et  des  chardons  sur 
leurs  .iulcls.  Le  prophète  parle  contre  l'ido- 
lâtrie des  Juifs.  Jonas  i.  6.  Marc.  i.  v.  7.  8. 
32.  Isa.  53.  2.  Et  ascendet  sicut  virgultum  ; 
Le  Messie  s'élèvera  comme  un  arbrisseau. 
Vovi  z  Radix.  Ce  (lui  se  dit  aussi  des  sources 
d'eau  (lui  sortent  de  la  terre.  Gen.  2.  G.  Fons 
asccndrbat  e  terra  •  Il  s'élevait  de  la  terre 
une  foiitj'.ine  qui  en  arrosait  toute  la  sur- 
face ;  l'Ecriture  parle  ici  du  temps  qui  pré- 
céda la  création  de  l'homme  ;  soit  que  ce 
verbe  se  dise  d'antre  lieu  ou  d'autre  chose. 
3.  Reg.  18.  V'i.  Ecce  nubecula  pana  qwtsi  t?5- 
tigium  hominis  ascendebat  de  mari  :  La  sep- 
lièmc  fois  il  parut  au  serviteur  dElie  un  pe- 
tit nuage,  comme  le  pied  d'un  homme  qui 
s'élevait  de  la  mer.  Ce  fut  le  signe  d'une 
gramle  pluie  qu'Elie  prédit  à  Achab,  lors- 
qu'il était  sur  le  point  daller  à  Jesraël.  Isa. 
3V.  3.  Joe!.  2.  20,  Et  de  cadaveribus  eorum 
oscrndet  felur  :  Une  puanteur  horrible  s'é- 
lèvera des  corps  de  ceux  qui  auront  été  tués  : 
Ces  deux  prophètes  parlent  des  Assyriens  , 
des  liabyloniens,  et  des  autres  nations  enne- 
mies du  peu!)le  de  Dieu  ;  mais  celte  prophétie 
ne  sera  entièrement  accomplie  qu  au  dernier 
jour  du  jugement,  dont  elle  n'est  que  la  fi- 
gure. A  quoi  se  rapporte,  Ose.  13.  15.  Ad- 
ducet  tircntem  ventam  Dontinus  de  deserlo 
ascendentem  :  Le  Seigneur  fera  venir  un  vent 
brûlant  qui  s'élèvera  du  désert;  ce  vont 
brûlant  furent  les  Assyriens,  par  qui  les  Juifs 
furiMii  désolés.  A  cela  se  rapporte  aussi, 
Amos  k.  10.  Et  ascendere  feci  pntrctfinein 
cunlrorum  vcslronim  in  iiara  vcstras  .J'ai  lait 


monter  à  vos  narines  la  puanteur  des  corps 
morts  de  votre  armée,  et  vous  n'êtes  point 
revenus  à  moi;  Dieu  fait  souvenir  son  peuple 
de  toutes  les  afflictions  qu'il  lui  avait  en- 
voyées pour  le  faire  revenir  vers  lui,  sans 
qu'elles  aient  eu  aucun  effet. 

7  Paraître,  s'élever.  Ps.  103.  8.  Ascendnnt 
montes  et  descendunt  campi  :  Au  temps  du  dé- 
luge, lorsque  les  eaux  se  retirèrent,  les  mon- 
tagnes parurent  s'élever  et  les  campagnes 
s'abaisser. 

8  Etre  porté  sur  quelque  chose,  y  être 
monté  comme  sur  un  chariot  ou  à  cheval  : 
—  1"  Ce  qui  se  dit  des  hommes.  Judic.  5.  10. 
Qui  ascenditis  super  nitentes  asinos  :  Parlez, 
vous  antres  ,  qui  montez  sur  des  ânes  d'une 
force  et  d'une  beauté  singulière.  Les  per- 
sonnes de  la  première  qualité  montaient  alors 
sur  des  rnulels  et  sur  des  ânes  ;  ces  animaux 
étaient  grands  et  forts  ,  et  étaient  considérés 
comme  les  chevaux  le  sont  parmi  nous.  Jer. 
17.  25.  Ascendentes  in  curribiis  et  in  eqiiis  : 
Des  rois  et  des  princes  montés  sur  des  cha- 
riots et  sur  des  chevaux,  c  12.  k.  A  quoi  se 
rapporte  cette  signification  figurée.  Ascendere 
eguos  :  Mettre  sa  confiance  dans  des  chevaux. 
Ps.  75.  7.  Dormitaverunt  qui  ascenderunt 
equos  :  Les  Assyriens  qui  étaient  montés  sur 
des  chevaux,  se  sont  endormis,  savoir,  du 
sommeil  de  la  mort,  en  celte  nuit  où  l'ange 
tua  cent  quatre-vingt-cinq  mille  hommes  de 
leur  armée.  —  2°  Ce  qui  se  dit  figurémcni  de 
Dieu  en  plusieurs  endroits.  Ps.  67.  k.  Qui 
ascendit  super  Occosum;  Dieu  est  élevé  sur  le 
Couchant,  c'est-à-dire  sur  une  nuée  téné- 
breuse, parce  qu'il  nous  est  invisible  et  qu'il 
habite  une  lumière  inaccessible.  1  Tim.  k. 
It).  Voy.  OccASUS.  Ainsi,  v.  3i.  Qui  ascendit 
super  cœlum  cœli  ad  Orientent  :  Dieu  est  élevé 
au-dessus  de  tous  les  cieux  vers  l'Orient. 
Hebr.  A  principio  :  Dès  le  commencement. 
'S'^oy.  Oriens.  Ainsi,  Isa.  19.  7.  Ecce  Dominm 
ascendet  super  nubem  levem  :  Le  Seigneur  sera 
élevé  sur  un  nuage  léger.  Le  Prophète  repré- 
sente Dieu  comme  un  conquérant  qui  va 
combattre  les  Egyptiens.  Habac.  3.  8.  Qui 
ascendes  super  equos  tuas  :  Vous  qui  montez 
sur  vos  chevaux  ,  Hebr.  et  sur  vos  chariots, 
savoir,  pour  sauver  votre  peuple.  Ps.  17.  13. 
Et  ascendit  super  Cherubim,  et  volavit  ;vola~ 
vit  super  pennas  venlorum  :  Le  Seigneur  est 
monté  et  élevé  sur  les  chérubins  ,  et  il  s'en 
est  envolé;  il  a  volé  sur  les  ailes  des  vents. 
Les  prophètes  représentent  Dieu  monté  sur 
les  nuées  et  sur  les  chérubins,  comme  sur  un 
chariot.  Voy.  Cherubim. 

9  Avancer  du  bord  en  pleine  mer,  partir. 
Luc.  8.  22.  Et  ascenderunt  ;  Gr.  «v/j;^9/3<rav, 
provecti  sunt. 

10"  S'en  aller,  s'évanouir,  se  dissiper.  Isa. 
5.  2V.  Germen  eorum  ut  pulvis  ascendet  :  Les 
rejetons  des  méchants  seront  réduits  en  pou- 
dre. Voy.  Germen. 

Phrases  tirées  du  verbe  Ascendere  dans  le  sens  figuré. 

Ascendere  in  montem  Domini,  c'était,  se- 
lon l'esprit  de  l'ancienne  loi ,  aller  à  Jéru- 


S83  ^SC 

saiem  adorer  le  vrai  Dieu^dans  son  ^sainl 


ASC 


3(10 


temple,  et  y  offrir  des  sacrifices  qui  lui  lus- 
sent agréables  ;  Jerem.  31.  6.  Voy.  Joan.  k. 
90  Et  selon  l'esprit  de  la  loi  nouvelle,  cesl 
entrer  dans  le  corps  d-  lEglise,  poury  servir 
le  vrai  Dieu  en  esprit  et  en  vérité.  Voy.  Joan. 
k.  V.  21.  23.  Ainsi,  Isa.  2.  3.  Mich.  i.  2.  Fe- 
nite  et  ascendamus  ad  montem  Domini :  AWôns, 
montons  à  la  montagne  du  Seigneur  ;  c'est 
ce  que  disaient  toutes  les  nations  lorsqu'elles 
sont  entrées  dans  le  corps  de  lEglise,  après 
la  résnrreciion  de  Jésus-Chrisl.    Ps.  23.  3. 
A  quoi  se  rapporte  Jcrem.  31.  6.  Clamabunt 
custodes  in  monte Ephraim  :  Surgitect  ascen- 
damus in  Sion  ad  Dominum  Deum  nostnim  : 
Les  gardes  crieront   sur    la  montagne  d'E- 
phraïm:  Levez-vous,  montons  en  Sion,  en  la 
maison  du  Seignenr  notre  Dieu  ;  ce  qui  mar- 
quait que  les  chefs  des  dix  tribus  d'Isr.iël, 
désignées  souvent  par  Ephrnïm,  les  exhorte- 
raient à  sunir  avec  les  deux  autres  tribus 
dans  le  service  ^u  S  -igneur,  et  à  l'aller  ado- 
rer conjointement  dans  le  temple  de  Jérusa- 
lem. Voy.  MoNS,  V^oy.  Ephraïm,  n.  -3°  Au  con- 
traire. 

AscENDEHE  i\  Bethaven,  montcr  à  Bétha- 
ven,  signifie  aller  adorer  les  idoles,  parce  que 
celle  ville  est  la  même  que  Béthel,  où  Jéro- 
boam fit  placer  l'un  des  deux  veaux  d'or. 
Ose.  k.  13.  Ne  ascendalis  in  Bethnven  :  Ne 
moulez  point  à  Béthaven,  dit  Dieu  à  la  Iribu 
de  Juda. 

A,'iCEXDERE  !>■  COELUM  ,  monter  dans  les 
cieux,  se  dit  : 

r  De  l'orgueil  et  de  l'insolence  de  clui 
qui  se  fie  dans  sa  force.  Jerem.  51.  53.  Si 
ascenderit  Babylon  in  cœlum  ,  a  me  renient 
vastatrices  ejus  :  Qiiami  Babylone  serait  mon- 
tée jusqu'aux  cieux...,  je  luienverrais  néan- 
moins des  gens  qui  la  renverseraient  par 
terre  ,  dit  le  Seignenr;  ce  qui  est  opposé  à 
in  infernum  descendere  ,  être  réduit  dans  la 
dernière  faiblesse  et  dans  la  dernière  humi- 
liation. Voy.  Exaltare,  Voy.  Malth.  11.  23. 
Luc.  10.  lo.  A  quoi  se  peut  rapporter  cet  en- 
droit de  Jérémie,  k(î.  v.  7.  8.  Quis  est  iste  qui 
■({uaH  (lumen  nscendit  ?  Qui  est  celui-ci  qui  s'é- 
lève comme  un  fleuve  et  qui  s'enfle  comme  les 
flots  des  grandes  rivières?  Le  Prophète  parle 
du  roi  Pharaon  ,  et  v.  8,  des  Egyptiens  qui 
s'élevc'iient  avec  insolence  contre  le  peuple 
de  Di(  u.  Ainsi.  Ps.  73.  2  J.  Superbia  eoriim  qui 
te  odcritnl  nscendit  semper  :  L'orgueil  de  ceux 
qui  vous  haïssent  monte  toujours. 

2'  Mouler  au  ciel  se  dit  de  celui  qui  pénè- 
Ito  les  socrels  du  ciel  ,  c'est-à-dire  de  Dieu. 
Prov.  .'{0.  k.  Quis  ascendit  in  cœlum  ntqtie 
descendit?  Qui  est  monté  an  ciel  et  qui  en  est 
des(endu?savoir, pour  parler  de  Dieu  d'une  ma- 
nière digne  de  lui  :  c'est  Jesus-Christ  seul.  Jo<in. 
3.  L3.  IScmo  ascendit  in  crrlum,  nisiqui  descen- 
dit de  cœlo ,  FiHus  fiominis  ,  qui  cfl  in  cœlo  : 
Personne  n'est  monté  au  ciel  que  celui  qui  est 
dosendu  du  ciel,  savoir,  h*  Fils  de  l'hoinmc 
({ui  est  dans  le  ciel  :  c'est  Jésus-Christ  qui  est 
venu  dérouvrir  les  secrets  aux  hommes.  Dcut. 
30.  12.  Kom.  10.  6. 

ASGENDERE  EXCELSA    MO!STIUM  OU  ALTITUDI- 


NEM  MONTiUM,  monter  sur  le  haut  des  mon- 
tagnes, c'est  se  rendre  maître  des  villes  situées 
sur  les  monlagnes.  iReg.  19.  23.  Inmultitu- 
dine  curruum  meorum  uscendi  exceha  mon- 
tium  in  sammitate  Libani  :  J'ai  monté  sur  le 
haut  des  montagnes  du  Liban  avec  la  multi- 
tude de  mes  chariots;  c'est  ce  que  Dieu  re- 
proche cà  Sennachérib  d'avoir  dit  par  orgueil 
en  menaçant  de  ruiner  toutes  les  forces  de  la 
ville  de  Jérusalem,  figurée  par  le  mont  Liban. 
Isa.  37.  2'i.  Voy.  Libanus. 

ASCENDERE      ET     DESCENDERE  ,     mOUlCr      et 

descendre,  se  dit  du  ministère  des  anges,  (ant 
à  l'égard  de  Jésus-Christ  :  Joan.  1.  oi.Vide- 
bitis  cœlum  apertum  et  anqelos  Dei  ascendentes 
et  descendentes  supra  Filium  liominis ;   que 


pour  le  salut  des  hommes;  car  les  anges 
descendent  du  ciel  pour  le  leur  i)rocurer,  et 
y  montent  pour  présenter  à  Dieu  leurs  priè- 
res et  leurs  vœux  :  ainsi  les  anges  montaient 
et  descendaient  le  loiig  de  l'échelle  que  vit 
Jacob  ,  pour  l'assurer  de  leurs  secours  dans 
ses  voyages.  Gen.  28.  12. 

AscENDERE  suRSUM,  moutcr  en  haut,  se  dit 
de  l'âme  ,  pour  marquer  qu'elle  ne  meurt 
point;  opposé  à  descendere  deorsum,  qui  se 
dil  de  l'âme  des  bêtes,  pour  marquer  quelle 
meurt.  Eccl.  3.  21.  Quis  novit  si  spiritus  fUio- 
rum  Adam  ascendat  sursum,  et  si  spiritus  ju- 
mentorum  descendat  deorsum?  Qu'il  y  a  peu 
de  gens  qui  connaissent  si  l'âme  des  enfants 
des  hommes  monte  en  haut ,  c'est-à-dire  va 
se  réunir  à  Dieu  ,  Voy.  ch.  12.  7.  et  si  l'âme 
des  bêles  descend  en  bas,  c'est-à-dire  meurt. 

AsCENDERE  IN  LECTUM  ,   mOUtcr  SUT  SOU  lit, 

aller  se  coucher.  Ps.  131.  3.  Si  ascendero  in 
lectum  strati  mei  .  Si  je  monte  sur  le  lit  qui 
est  préparé  pour  me  coucher,  jusqu'à  ce  que 
je  trouve  un  lieu  propre  pour  le  Seigneur.  Ici 
le  Prophète  assure  qu'il  ne  prendra  aucun 
repos  qu'il  n'ait  préparé,  pour  l'arche  de 
l'alliance,  qui  n'était  à  couvert  que  dessous 
des  peaux,  un  lieu  digne  d'elle  :  ce  fut  le 
temple  que  sou  fils  Salomon  fit  bâtir. 

AscENDERE  CLBiLE  ALicuJUS,  moutcr  sur  le 
lit  de  quelqu'un  ,  abuser  de  la  femme  d'un 
autre.  Gen.  i9.  k.  Quia  uscendisli  cubile  pa- 
tris  tui  :  Puissiez  -  vous  ne  point  croître, 
parce  que  vous  avez  n)onté  sur  ie  lit  de  votre 
père  :  c'est  la  malédiction  que  donne  Jacob  à 
son  fils  aîné  Ruben. 

AscENDERE  AD  ALiQUEM ,  uionlcr  vcrs  quel- 
qu'un, c'est  :  —  1  Aller  trouver  quehiu'un. 
Gen.  Y5.  9.  Feslinale  eX  uscendile  ad  patrem 
mcum:  Hâtez-vous  d'allez  trouver  mon  père, 
dit  Joseph  à  ses  frères,  pour  le  faire  venir  en 
Egypte. 

2"  Aller  chez  quelqu'un  poury  demeurer. 
1  Ueg.  t).  ^\).'Ad  quem  asccndcl  a  nabis?  Chez 
li-quel  d'entre  nous  [lourra  dcuu'urer  le  Sei- 
gneur, disaient  les  Beths..miteS.  tout  elTrayés 
de  la  dé>olaliou  qu'avait  cui^ce  ch  z  eux  la 
vue  de  l'arche  du  Segneur? 

3  Porter  secours  à  (juehju'un.  Jos.  10.  ï. 
Ad  me  ascendilc  :  ^'encz  me  secourir,  dil  Ado- 
nisédec  h  aux  rois  ses  alliés,  après  la  prise  de 
Haï  par  Josué.  v.  (i.  Asccnde  cito  et  libéra 
nos .  Venez  au  plutôt  nous  délivrer,  dirent  les 
Gabdoniles  à  Josué. 


391 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


40  Avoir  recours  à  quelqu'un.  Ose.  8.  9. 
Ipsi  ascenderunt  ad  Assur  :  Les  Israélites  ont 
eu  recours  aux  Assyriens.  Dieu  leur  repro- 
che d'avoir  eu  recours  à  des  idolâtres  ;  à 
quoi  se  rapporte  ce  passage  de  Job.  36.  20. 
Ne  protrahas  noctem,  ne  ascendant  popiili  pro 
eis  :  N'allongez  point  la  nuit  et  le  temps  de 
votre  sommeil ,  afin  que  les  peuples  puissent 
avoir  recours  à  vous  pour  défendre  leurs  in- 
térêts. Hebr.  Ne  vous  fatiguez  point  durant 
la  nuit  à  songer  comment  vous  pourrez  ren- 
verser les  peuples  ;  ce  sont  les  avis  qu'Eliu 
donne  à  Job,  qui  sont  comme  un  reproche  de 
n'avoir  pas  eu  autrefois  assez  de  soin  de 
donner  audience  au  peuple  pour  juger  leurs 
différends. 

AscENDERE  AD  OU  CONTRA  ,  aller ,  marchcr 
contre,  signifie  aller  combattre,  marcher 
contre  les  ennemis.  Judic.  1.  l.  Quis  ascendet 
anle  nos  contra  Chananœum  ?  Qui  marchera 
devant  nous  pour  combattre  les  Chananéens  ? 
v.  2.  Judas  ascendet  :  Juda  dit  :  Le  Seigneur 
marchera  devant  vous.  v.  4.  Ascendilque  Ju- 
das :  Juda  marcha  contre  les  ennemis.  1  Reg. 
14.  12.  Ascendite  ad  nos  :  Venez  contre  nous, 
dirent  les  Philistins  aux  Hébreux  pour  les 
défier  au  combat,  v.  10.  Exod.  15.  14.  2  Reg. 
5.  19.  3  Reg.  12.  24.  D'où  viennent  ces  façons 
de  parler; 

AscENDERE  IN  MERiDiE,  IN  NOCTE  ,  marcher 
contre  l'ennemi  à  midi  ou  la  nuit ,  ce  qui 
marque  l'ardeur  et  le  courage  des  soldats 
pour  combattre.  Jerem.  6.  4.  Ascendamus  in 
meridie  :  Allons  attaquer  la  ville  en  plein 
midi.  V.  5.  Ascendamus  in  nocte  :  Allons-y  la 
nuit  même.  C'est  ce  que  les  Chaldéens  de- 
vaient dire  pour  s'exciter  à  combattre  Jéru- 
salem. A  quoi  se  rapporte  celte  signification 
figurée: 

AscENDERE  EX  ADVERSO,  s'opposcr  â  quel- 
qu'un, lui  résister.  Ezech.  13.  5.  Non  ascen- 
distis  ex  crdverso  :  Vous  n'avez  point  marché 
contre  l'ennemi  et  vous  ne  vous  êtes  point 
opposés  à  lui.  Dieu  reproche  aux  faux  pro- 
phètes de  ne  s'être  point  opposés,  pour  le 
peuple  ,  par  leurs  prières ,  à  l'arrêt  de  sa  di- 
vine justice,  prononcé  contre  Jérusalem. 

AscENDERE  SUPER  ,  monter  au-dessus  ,  si- 
gnifie :  —  1°  Devenir  plus  puissant,  l'empor- 
ter au-dessus.  Deut.  28.  43.  Advenu  qui  tecum 
versatur  in  terra  ascendet  super  te  :  L'étranger 
qui  est  avec  vous  dans  votre  pays,  s'élèvera 
au-dessus  de  vous  en  punition  de  vos  crimes. 
—  2"  S'élever  contre  quelqu'un  pour  le  per- 
dre. Eccli.  10.  4.  Si  spiritus  potestatem  haben- 
tis  ascenderit  super  le,  locum  luum  ne  dimise- 
ris  :  Si  l'esprit  qui  a  la  puissance  s'élève  sur 
vous,  ne  quittez  point  votre  place.  Le  Sage 
avertit  de  ne  point  perdre  courage  quand  on 
est  attaqué  par  les  calomnies  ou  par  les  vio- 
lences des  hommes.  —  3°  Venir  fondre  sur, 
pour  accabler.  Jerem.  51.  42.  Ascendit  super 
Babylonem  mare  :  La  mer  est  montée  sur  Ba- 
bylone;  ce  qui  s'entend  d'une  inondation 
d'ennemis  et  de  maux  dont  cette  ville  fut 
accablée.  Ps.  77.  21.  Ignis  accensus  est  in  Ja- 
cob, et  ira  nsccndit  in  Israël  :  Un  fou  s'alluma 
c(mlrc  Jacob,  et  la  colère  du  Seigneur  s'éleva 
contre  Israël,  v.  31.  Ira  Dei  Qscendil  super 


392 
s'éleva  contre  les 


eos  :  La  colère  de  Dieu 
Israélites;  elle  fut  excitée  par  leurs  murmu- 
res et  par  leur  ingratitude. 

AscENDERE  SUPER  CAPUT,  passcr  dcssus  ou 
par-dessus  la  tête.  Judic.  16.  17.  Fcrrum 
numquam  ascendit  super  caput  meum  :  Le  ra- 
soir n'a  jamais  passé  sur  ma  tête;  c'était  la 
loi  des  Nazaréens.  Voy.  Num.  6.  5.  du  nom- 
bre desquels  était  Samson  ,  qui  découvre  ce 
secret  à  Dalila.  1  Reg.  1.  11.  Voy.  Novacula. 
Ainsi, 

AscENDERE  SUPER  LABIUM    LINGUJE ,    paSSCr 

sur  les  lèvres  des  hommes  ,  c'est  servir  de 
fable  et  de  raillerie.  Ezech.  36.  3.  Ascendistis 
super  labium  linguœ  :  Vous  êtes  devenus  la 
fable  et  l'objet  des  railleries  de  tout  le  peu- 
ple, dit  Dieu  aux  montagnes  d'Israël ,  après 
la  désolation  de  tout  le  pays. 

AsCENDERE  AD  AUREs.  Monter  aux  oreil- 
les, c'est-à-dire,  être  entendu  ;  ce  qui  se  dit 
figurément  à  l'égard  de  Dieu.  4.  Reg.  19.  28. 
Insajiisti  in  me,  et  superbia  tua  ascendit  in 
aures  meas  :  Vous  m'avez  attaqué  par  votre 
insolence,  et  le  bruit  de  votre  orgueil  est 
monté  jusqu'à  mon  oreille.  Dieu  reproche  à 
Jérusalem  qu'elle  blasphémait  à  haute  voix. 
V.  V.  22.  A  quoi  se  rapporte  Exod.  2.  23. 
Ascenditque  clamor  eorum  ad  Deum  ab  operi^ 
bus  :  Les  cris  que  l'excès  des  travaux  faisait 
pousser  aux  Israélites,  s'élevèrent  jusqu'à 
Dieu. 

AscENDERE  IN  MEMORiAM.  Monter  dans  la 
mémoire  :  c'est  réveiller  le  souvenir  ou  l'at- 
tenliori.  Act.  10.  4.  Eleemosynœ  tuœ  ascen- 
derunt in  memoriam  in  conspectu  Dei  :  Vos 
aumônes  sont  montées  dans  le  souvenir  de 
Dieu  ;  Dieu  s'en  est  souvenu,  répondit  l'ange 
à  Corneille. 

AscENDERE    SUPER    COR  OU    IN  COR.    Montcr 

au  cœur,  signifie,  dans  l'Ecriture,  1°  se  sou- 
venir de  quelque  chose,  y  penser.  Isa.  65. 
17.  Et  non  erunt  in  memoria  priera,  et  non 
ascendent  super  cor  :  Tout  ce  qui  a  été  aupa- 
ravant s'effacera  de  la  mémoire,  et  on  ne 
s'en  souviendra  plus.  Ainsi,  Jerem.  3.  16. 
Neque  ascendet  super  cor  :  On  ne  se  souvien- 
dra plus  de  l'arche  de  l'alliance.  Ces  deux 
prophètes  parlent  ici  de  la  substitution  de 
l'Eglise  à  l'ancienne  loi,  dans  laquelle,  au 
lieu  de  l'arche  ,  l'Eglise  ,  et  même  chaque 
fidèle,  est  devenu  le  trône  et  le  temple  vivant 
de  Dieu. 

2°  Penser  à  quelque  chose  avec  affection. 
Jer.  51.  50.  Recordamini  procul  Domini,  et  Jé- 
rusalem ascendat  super  cor  veslrum  :  Quoique 
vous  soyez  éloignés  de  Jérusalem,  souvenez- 
vous  du  Seigneur,  et  que  Jérus;Uem  soit  l'ob- 
jet de  votre  cœur  et  de  vos  pensées.  Le  pro- 
phète parle  du  temps  de  la  captivité  de  Ba- 
bylone. 

3"  Venir  dans  l'esprit,  l'agiter  diverse- 
ment, le  troubler.  Luc.  24.  38.  Quid  turbali 
estis ,  et  cogitationes  ascendunt  in  corda 
vestra?  Pourquoi  vous  troublez-vous  ,  et 
pourquoi  s'élève-t-il  tant  de  pensées  dans 
vos  cœurs,  dit  Jésus-Christ  aux  apôtres  as- 
semblés? au  moment  que  les  deux  disci- 
ples leur  venaieiU  de  raconter  ce  qui  leur 


?îl>5  ASC 

était  arrivé  dans  le  chemin  en  allant  à  Em- 

maùs. 

k°  Venir  dans  l'esprit,  être  compris.  1. 
Cor.  2.  9.  Nec  in  cor  hominis  ascendit  quœ 
prœparavit  Dens  Us  qui  diligunt  illum  :  Le 
cœur  de  rhonime  n'a  jamais  conçu  ni  com- 
pris ce  que  Dieu  a  préparé  pour  ceux  qui 
J'aiment. 

.5*  Se  souvenir  de  quelque  chose  ,  en  être 
touché,  l'avoir  agréable.  Jerem.  hk.  2{.Num- 
quid  non  sacrificium  ascendit  super  cor  ejus? 
Le  Soigneur  n'a-t-ii  pas  été  touché,  et  n'a-t-il 
pus  eu  pour  t'!gréable  les  sacrifices  que  vous 
avez  olîerts  dans  les  villes  de  Juda? 

6"  Venir  dnns  lesprit  de  faire,  se  porter  à 
faire  quelque  chose.  Acl.  7.  23.  Ascendit  in 
cor  ejus  ut  visitaret  fratres  suos  Israël  :  Il 
vinl  à  Moïse  dans  l'esprit  d'aller  visiter  ses 
frères,  les  enfants  disrael  :  ce  fut  pendant 
leur  captivité  d'Egypte. 

7°  Venir  dans  l'esprit  ,  dans  la  pensée  , 
former  dessein  de  faire  quelque  chose.  Ezech. 
38.  10.  Ascendent  sermones  super  cor  tuum: 
Vous  formerez  des  desseins  dans  voire  cœur, 
Dieu  parle  aux  ennemis  de  son  peuple  ,  qui, 
après  avoir  établi  les  Israélites  dans  leur 
pays  ,  prendraient  le  dessein  de  les  troubler 
dans  leur  tranquillité;  ce  qui  se  dit  aussi 
figurément  de  Dieu.  Jerem.  19.  o.  Quœ  non 
prœcepi,  nec  locutus  sum,  nec  ascenderunt 
in  cor  me lun  :  Je  n'a\  point  ordonné,  ni  n'ai 
point  parlé  aux  Israélites  de  bâlir  un  temple 
à  Baal,  pour  brûler  leurs  enfants  dans  le  feu, 
et  c'est  ce  qui  ne  m'est  jamais  venu  dans 
l'esprit.  C'est  Dieu  même  qui  parle  aux  Is- 
raélites :  celle  phrase  vient  de  ce  que  le  cœur 
est  considéré  comme  la  source  des  pensées  et 
de  tous  les  mouvements  intérieurs.  V.  Malth. 
15.8. 

ASCENSIO ,  «vàg«(7£ç.  Ce  nom  est  dérivé 
du  verbe  ascendere ,  et  signifie  proprement 
l'action  par  laquelle  on  monte  :  dans  lE- 
crilure, 

1"  Montée,  colline  {npôtr^aaiç) .  Jos.  15.  7. 
Galqaia  quœ  est  ex  adverso  ascensionis  Adom- 
mim  :  Galgala  est  vis-à-vis  de  la  montée  d'A- 
dommim.  1.  Par.  2G.  iG.  Juxta  portam  quœ 
ducit  ad  viam  ascensionis  :  Séphim  et  Hosa 
furent  placés  à  l'occident,  près  df  la  porte 
qui  conduit  au  chemin  par  où  l'on  monte, 
ou  de  la  ville  au  temple  ,  ou  du  temple  à  la 
citadelle  de  Sion.  •  L'Hébreu  l'appelle  Porta 
projectionis  ,  c'est-à-dire,  par  où  l'on  jetait 
louies  les  ordures. 

2"  Degré  par  où  on  monte.  Amos  9.  G. 
Qui  œdijicat  in  cœlo  ascensionem  swnn  :  Dieu 
s'est  bâli  des  degrés  pour  monter  dans  le 
ciel  ;  soit  qu'on  entende  les  nuées,  V.  Ps. 
103.  3,  soit  les  sphères  des  cieux  ,  que  l'Ecri- 
ture dit  figurément  servir  à  Dieu  comme 
d'échelle.  Yoy.  Deul.  33.  20. 

3°  Voyage,  rclour.  Ps.  83.  G.  Beatusvir 
cujus  est  auxilium  ahste,  ascensiones  in  corde 
siio  disposuit  :  Heuieux  est  l'homme  qui  ;it- 
lend  de  vous  son  secours,  et  qui  a  résolu  en 
son  cœur  d'aller  et  de  selever  jusqu'au  lieu 
que  le  Seigneur  a  établi  ,  c'est-à-dire,  qui  a 
résolu  de  revenir  pour  vous  adorer  dans 
votre  sauctuaire.  Ose.,  2.   l.i.  Et  canrt  ibi 

DiCTIOMN.    I>E    PHILOL.   SACRKE.    1. 


ASC 


■M 


juxta  dies  juventutis  suœ^  et  juxta  dies  a«-l 
censionis  suœ  de  terra  ^gijpti  :  La  Synago-' 
gue  chantera  là  des  cantiques  comme  aux 
jours  de  sa  jeunesse,  et  comme  au  temps 
qu'elle  sortit  de  l'Egyple.  Dieu  promet  toutes 
sortes  de  biens  à  la  Synagogue,  après  qu'elle 
aura  renoncé  à  l'idoFâtrie  ;  et  elle  chantera 
des  cantiques  d'actions  do  grâces  comme, 
lorsqu'au  sortir  de  l'Egypte,  elle  vit  Pharaon 
submergé  dans  les  eaux. 

ASCENSOR,  «vaÇ«T/3,',  Ce  nom  est  dérivé 
du  verbe  ascendere,  et  signifie  proprement , 
qui  monte.  Dans  l'Ecriture  , 

Cavalier  monté  sur  un  cheval,  un  âne  ou 
un  chariot.  Exod.  15.  v.  1.  21.  Equum  et 
ascensorem  dejecit  in  mare  :  Le  Seigneur  a 
précipité  dans  la  mer  le  cheval  et  le  cava- 
lier :  c'est  ici  le  sujet  du  cantique  de  Moïse. 
Isa.  21.  7.  Vidit  currum  duorum  equitum 
ascensorem  asini,  et  ascensorem  cameli  :  La 
sentinelle  vit  un  chariot  conduit  par  deux 
hommes  montés,  l'un  sur  un  âne,  et  l'autre 
sur  un  chameau.  Ces  chariots  et  ces  cava- 
liers marquaient  les  armées  dos  Perses  et 
des  Mèdes  qui  venaient  ruiner  Babylone. 
Exod.  i9.  17.  ï.  Reg.  18.  23.  Delà  vient  cette 
phrase  qui  se  dit  de  Dieu  :  Ascensor  cœli  : 
Qui  est  porté  sur  les  cieux.  Deut.  33.  26. 
Ascensor  cœli,  auxiliator  tuus,  Heb.  qui  in- 
sidet,  ou  inequilat  cœlis  :  Oui  est  monté  sur 
les  cieux  ,  ou  sur  les  nuées  ;  ce  qui  est  une 
expression  figurée,  tirée  de  la  vitesse  des 
nuées,  pour  marquer  que  Dieu  vient  promp- 
tement  au  secours  des  siens. 

ASCENSUSjUs,  «vâÇao-t?.  Ce  nom  est  dé- 
rivé du  verbe  ascendere,  et  signifie  propre- 
ment l'cicliou  de  monter,  ou  une  montée,  un 
lieu  qui  va  en  montant. 

1°  L'action  de  monter.  Eccli.  50.  12.  In 
ascensu  altaris  sancti  :  (Simon  ,  fils  d'Onias  , 
grand  pontife)  en  montant  au  saint  autel, 
a  honoré  ses  vêtements  saints.  Voy.  Gloru. 

2°  Colline,  chemin  qui  va  en  montant. 
Num.  3i.  k.  etc.  Circuibxint  australem  pla- 
gam  per  ascensum  scorpionis  :  Les  confins 
de  la  terre  de  Chanaan,  du  côté  du  midi,  se- 
ront le  long  de  la  montée  du  s<  orpion.  Dieu 
marque  ici  les  bornes  dç  la  terre  promise. 
Voy.  ScoRPio.  Jerem.  i8.  o.  Per  ascensum 
Luith  ptorans  ascendet  :  Moab  montera  tout 
éploréc  par  la  colline  de  Luilh.  C'est  de  la 
ville  et  du  pays  des  Moabites,  dont  les  habi- 
tants, forcés  par  les  cnnerais,  s'enfuiront 
tout  éplorés  par  la  colline  qui  conduit  à  la 
ville  de  Luith,  étant  un  lieu  plus  en  sûreté 
et  moins  accessible.  Eccli. 2.'i.  27.  A  quoi  sa 
peut  rapporter  ,  Jon.  i.  1.  Et  paravil  Deus 
vermem  ascensu  diluculi  :  Le  lendemain,  dès 
le  point  du  jour,  le  Seigneur  envoya  un  ver 
qui,  ayant  piqué  la  racine  du  lierre,  le  reiulil 
tout  sec. 

Ce  qui  se  dit  figurément  de  Dieu  {iTziÇamçj. 
Ps.  103.  .3.  Qui  ponis  nubcm  asccnsuni  tuum: 
Dieu  se  sert  dune  nuée  pour  mouler,  Hebr. 
comme  d'un  chariot.  Voy.  Nubes.  Ezec.  VO. 
V.  22.  3V.  .37.  Cant.  3.  10.  Frcil  sibirex  Sulo- 
mon  ascensum  purpureum  :  Saloumn  fil  fair: 
des  degrés  couverts  de  pourpre  ;  d'autre* 
expliquent  couverture,  ou  cjcl  de  lit. 

13 


595 


DICTIONNAIRE  DE  PlllLOLCGlE  SACREE. 


tm 


ASCENES,  Heb.  Jgnis  quasi  distillans.  — 
1°  Fils  de  Gomer,  pelil-flls  de  Japheth.  Gen. 
10.  3.  1.  Par.  1.  6.  —  2°  Peuples  du  Seplen- 
Irlon,  que  l'on  croit  être  desrendus  d'Asce- 
nès  ,  qui  se  trouvèrent  dans  l'armée  de  Da- 
rius contreBabylone.  Jerem.ol.  27. 

ASCIA,  £.  Ce  mot  vient  du  grec  à;tvx  pour 
K^îvv;,  changeant  ?  en  es,  et  signifie  pro- 
prement doloirc,  instrument  de  tonnelier, 
dont  l'usage  est  pour  unir  et  aplanir  le 
bois.  Dans  l'Ecriture, — Une  hache,  une 
cognée  {Ix^jvHpio-j).  Ps.  73.  6.  In  securi  et 
ascia  dejecerunt  eam  :  Vos  ennemis  ont  ren- 
versé Jérusalem  avec  la  cognée  et  la  hache. 
David  ,  pour  toucher  le  cœur  de  Dieu,  lui 
représente  les  impiétés  d'Antiochus.  Jerem. 
10.  3. 

ASCOPERA,  M,  al.  Ascopa.  Ce  nom  vient 
du  grec  v.rr/.oç,  et  de  rr-oça,  et  signifie  propre- 
ment sac  de  cuir  :  dans  l'Ecriture  ,  —  Un 
Vc~isscau  de  cuir  à  mettre  des  liqueurs,  un 
outre  de  vin  (à^xo-jrwr;).  Judith.  10.  o.lmpo- 
suit  itaque  abrœ  suœ  ascoperam  vini  :  Judith 
mil  sur  les  épaules  de  sa  servante  un  vais- 
seau plein  de  vin. 

ASCRIBERE,  ajouter  quelque  chose  à  quel- 
que écrit,  ajouter  en  écrivant,  recevoir  ou 
mettre  au  nombre,  attribuer,  imputer  quel- 
que chose  à  quelqu'un  :  dans  lEcriture,  — 
1°  Attribuer  (y.y./Erv).  2.  Reg.  12.  28.  Obside 
civitatem,  et  cape  cam,  ne  nomini  meo  ascri- 
hatur  Victoria  :  Venez  au  siège  de  la  ville, 
et  la  prenez,  de  peur  qu'on  ne  m'attribue 
l'honneur  de  celte  victoire.  C'est  ce  que  Joab 
mande  à  David,  étant  sur  le  point  de  prendre 
la  ville  de  Rabbath.  Eccli.  29.  22.  Bonn  re- 
promissoris  sibi  ascribitpeccator  :  Le  pécheur 
usurpe  le  bien  de  son  répondant ,  en  le  lais- 
sant payer  pour  lui  ;  Gr.  il  ruine  le  bien  que 
lui  a  fait  son  répondant  par  son  ingratitude 
{ù-jKGzpéftrj^  evertere  .  2"  Mettre  au  nombre  ou 
au  rang  des  autres,  enrôler  (770 07,0 kjeiv).  1. 
Mach.  10.  36.  Ascribanlur  ex  Judœis  in  exer- 
cilu  régis  ad  triginta  millia  firoj'Mm  :  J'or- 
donne qu'on  fera  entrer  dans  les  troupes  du 
roi  jusqu'à  trente  mille  Juifs;  ce  que  Démé- 
trius  écrit  ici  aux  Juifs  était  sans  prétendre 
forcer  aucun  à  prendre  parti  ,  mais  seule- 
ment pour  leur  témoigner  par  là  la  confiance 
qu'il  avait  en  eux. 

ASEBAIM,  Heb,  Pulchrititdines,  Un  Israé- 
lite, dont  les  descendants  revinrent  de  Ba- 
byione.  1.  Esdr.  2.  57.  D'autres  prennent  ce 
mol  pour  un  lieu  inconnu. 

ASEDOTH  ,  Heb.  Declivia  ,  contrée  de  la 
tribu  deRuben,  près  du  mont  Phasga.  Jos. 
10.  iO.  Asedoth  cum  regibus  suis  :  Josué  sub- 
jugua le  pays  d'Asedolh  avec  ses  rois.  c.  12. 
8.  et  se  nomme  Asedoth-Phasga.  Jos.  12.  3. 
Ab  Auslrad  parte  quœ  subjacet  Asedoth-Phas- 
ga :  Depuis  le  côté  du  midi  qui  est  au  dessous 
d'Ascdoth-Phasga.c.  13.20.  D'autres  croient 
que  ce  nom  ,  Asedoth  ,  est  appellatif  et 
signifie  le  pays  qui  est  au  pied  du  mont 
Phasga. 

ASEL,  Heb.  Prope.  Fils  d'Elasa,  l'un  des 
des'cndants  de  Saiil  par  Jonathan.  1.  Par.  8. 
Y.  37.38   c.  9.  v.W.U. 


ASELLUS,  I.  Ce  nom  est  le  diminutif  d'a- 
siniis,  et  signifie, 

Anon,  petit  âne.  Num.  16.  lo.  Tu  scis  quod 
ne  asellum  quidem  umquam  acceperim  ab  eis  : 
Seigneur,  vous  savez  que  je  n'ai  jamais  rien 
reçu  d'aucun  d'eux  ,  non  pas  même  un 
ânon,  dit  Moïse  des  Israélites.  Joan.  12.  14. 

ASEM,  Heb.  Os,  assis,  ville  frontière  de  la 
tribu  de  Juda  et  de  Siméon.  Jos.  9.  3.  Voy. 
EsEM  et  AsoM. 

ASEMONA,  Heb.  Os  nunc,  ville  de  la  tribu 
de  JuHa.  Jos.  15.  "t^.  Num.  34.  v.  i.  5.  On  croit 
que  c'est  la  même  que  Hassemon  ,  Jos.  15. 
27.   qui  sépare  la  tribu  de  Juda  de  l'Egypte. 

ASENA,  Heb.  Periculum. —  1"  Ville  de  la 
tribu  de  Juda.  Jos.  15.  v.  1.33.  —  2°  Un  Nalhi- 
néen.  1.  Esdr.  2.  50. 

AgENAPHAR,  Heb.  Periculum  tauri.  Fils 
et  successeur  de  Sennachérib,  roi  d'Assyrie. 
1.  Esdr.  4.  10.  Cœteri  de  gentibus  quas  trans- 
tulit Asenaphar  magnus  et  gloriosus,  et  habi- 
tare  fecit  in  civitalibus  Samariœ  :  Les  autres 
d'entre  les  peuples  que  le  grand  et  le  glorieux 
Asenaphar  a  transférés  d'Assyrie  ,  et  qu'il  a 
fait  demeurer  en  paix  dans  les  villes  de  Sa- 
marie.  Dans  ce  sentiment  il  est  le  même 
qu'Asarhaddon.  D'autres  croient  qu'Asena- 
phar  n'était  qu'un  des  principaux  offlciers 
d'Asarhaddon  ,  qui  fut  chargé  de  cette  com- 
mission ;  d'autres  enfin  croient  qu'Asenaphar 
était  Sennachérib. 

ASENETH,  Heb.  Periculum.  fllle  de  Pati- 
phar,  prêtre  d  Héliopolis  et  femme  de  Jo- 
seph, de  laquelle  il  eut  Ephraïm  et  Manassé. 
Gen.  41.  V.  45.  50.  c.  46.  20. 

ASER,  Heb.  Bmtitudo,—\'  Le  huitième  fils 
de  Jacob  et  de  Zelpha.  Gen.  30.  13.  Beatam 
quippe  me  dicent  mulieres,  propterea  appella- 
vit  eum,  Aser  :  Les  femmes  m'appelleront 
bienheureuse  ;  c'est  pourquoi  elle  le  nomma 
Aser.  C'est  ce  que  dit  Lia  à  la  naissance  du 
second  enfant  que  Zelpha,  sa  servante,  eut 
de  Jacob.  —  2"  La  postérité  d'Aser,  l'une  des 
douze  tribus  d'Israël.  Deut.  33.  24.  Benedic- 
tus  in  filiis  Aser  :  Qu'Aser  soit  béni  entre 
tous  les  enfants  d'Israël,  etc.  C'est  la  béné- 
diction que  Moïse  donne  avant  sa  mort  à 
Aser,  comme  aux  autres  tribus.  Judic.  1.  31. 
Ainsi,  c.  5.  17.  Aser  habit  abat  in  littore  maris, 
et  in  porlubus  morabatur  :  La  tribu  d'Aser 
demeurait  sur  le  rivage  de  la  mer,  et  se  te- 
nait dans  ses  ports.  —  3-'  La  terre  et  l'héri- 
tage de  la  postérité  d'Aser  en  la  terre  pro- 
mise, appelée  aussi  la  Tribu  d'Aser.  Nous 
avons  une  description  particulière  des  limites 
de  cette  tribu.  Jos.  19.  depuis  le  v.  24  jus- 
qu'au 31. 

ASER  ,  Heb.  Vinctus ,  fils  de  Coré ,  des 
descendants  de  Lévi.  1.  Par.  6.  22.  Exod. 
6.  24. 

ASERGADDA,  Heb.  Atrium  felicitalis  ejus, 
ville  de  la  tribu  de  Juda.  Jos.  15.  27. 

ASHUR,  Heb.  Obscuratus,  fils  de  Caleb  el 
d'Abia,  père  de  Thecua.  1.  Par.  2.  24. 

ASIA,  JE-,  Gr.  'A(7i«,  Limosa.  Ce  mot  signi- 
fie proprement  l'Asie,  l'une  des  quatre  par- 
ties du  monde.  Dans  l'Ecriture,  ce  mot  a 
trois  significations  différentes;  car  il  sert  à 


597 


A  SI 


ÂSI 


>9S 


e-cprimer  l'Asie  Majeure,  l'Asie  Mineure,  et 
l'Asie  qui  est  une  partie  de  celte  dernière. 

i"  L'Asie  Majeure ,  qui  comprend  l'Asie 
Mineure,  la  Syrie,  l'Assyrie,  la  Médie,  la 
iVrse,  etc.  1.  Mach.  8.  6.  [Audivit  Judas  no- 
mm  Romanorum),  et  Antiochum  magnum  re- 
gem  Asiœ  qui  eis  pugnam  intulerat  contritum 
ab  eis  :  (Le  nom  des  Romains  fut  connu  de 
Judaj,  el  il  apprit  qu'Antiochus  le  Grand,  roi 
d'Asie,  les  ayant  attaqués  avec  une  puissante 
armée,  ils  l'avaient  défait  entièrement.  La 
réputation  des  Romains  porta  Juda  à  faire 
alliance  avec  eux.  c.  11. 13.  c.  12.  39.  Ainsi, 
c.  13.  32.  Imposuit  sibi  diadema  Asiœ  :  Try- 
phon  mil  sur  sa  tête  le  diadème  de  l'Asie.  2. 
Mach.  3.  3.  Seleucus  Asiœ  rex  :  Séleucus,  roi 
de  l'Asie. 

La  Grande  Asie  se  peut  diviser  en  deux 
parties  :  seplenUionale  et  méridionale.  La 
partie  SHpientrionale  de  la  Grande  Asie  était 
bornée  à  l'occident  par  le  Tanaïs;  au  midi, 
par  le  Pont-Euxin,  le  mont  Caucase  et  la 
mer  Caspienne;  mais  les  bornes  du  côté  de 
l'orient  et  du  septentrion  n'étaient  point 
connues.  Celle  grande  étendue  de  pays  s'ap- 
pelait Scythie,  en  général. 

La  partie  méridionale  de  la  Grande  Asie 
avait  au  septentrion  la  Scythie  ,  dont  elle 
était  séparée  par  le  Pont-Euxin,  le  mont 
Caucase  el  la  mer  Caspienne;  elle  était  bor- 
née à  l'occident  par  le  Pont-Euxin  ,  l'Asie 
Mineure,  la  Méditerranée  et  une  partie  de 
l'Egypte  ;  au  midi  elle  avait  le  golfe  Arabi- 
que, l'Océan,  et  le  golfe  Persique  et  la  mer 
Rouge;  on  ne  connaissait  point  ses  bornes  à 
l'orient. 

2°  L'Asie  Mineure,  qui  comprend  le  Pont, 
la  Galalie,  la  Cappadoce,  l'Ionie,  la  Bithy- 
nie,  etc.  Act.  19.  v.  26.  27.  Quam  tota  Asia  et 
orbis  colit  ;  11  y  a  à  craindre  que  la  majesté 
de  Diane,  qui  est  adorée  dans  touic  l'Asie,  et 
même  dans  tout  l'univers,  ne  s'anéantisse 
peu  à  peu.  L'oriévre  Démétrius  craigiiail 
beaucoup  pour  son  métier,  de  la  part  de 
saint  Paul,  v.  31.  Quidam  de  Asiœ  principi- 
bus  (sive  asiarchis)  qui  erant  amici  ejus  mi- 
serunt  ad  eum  ne  se  daret  in  theatrum  :  quel- 
ques-uns des  asiarques  qui  étaient  des  amis 
de  sainl  Paul,  l'envoyèrent  prier  de  ne  se 
point  présenter  au  théâtre  ;  ils  voyaient  tout 
le  peuple  inilé  pour  la  défense  de  la  reli- 
gion de  leur  Diane.  Les  asiarques  étaient  des 
prêtres  du  paganisme,  choisis  dos  principales 
villes  de  l'Asie,  dont  la  seule  fonction  était 
de  faire  représenter  à  leurs  dépens  des  jeux 
en  l'honneur  des  dieux.  Après  que  les  em- 
pereurs eurent  embrassé  la  foi  de  Jésus- 
Christ,  ils  leur  laissèrent  ce  titre  sans  fonc- 
tion. Quelques-uns  de  ceux  qui  sont  mar- 
qués comme  amis  de  sainl  Paul,  Act.  19.  31, 
avaient  reçu  l'Evangile,  à  ce  qu'on  croit,  c. 
27.  2.  Incipicnles  navigare  circa  Asiœ  loca  : 
nous  levâmes  l'ancre  pour  côtoyer  les  terres 
d'Asie.  Sainl  Paul  part  pour  l'Italie.  Cette 
Asie  est  au>,si  appelée  Analolie. 

L'Asie  xM incure,  selon  l'étendue  qu'cllea eue 
dans  le  moyen-âge,  était  bornée  au  septen- 
trion par  le  Pont-Euxin;  à  l'occident, -par  la 
Proponlide  cl  la  mer  Egée;  au  midi,  oar  la 


Méditerranée  ou  mer  de  Cypre;  et  à  l'orient, 
par  l'Euphrate. 

3°  La  province  d'Asie  que  l'on  appelle  îo- 
nie,  dont  Ephèse  était  la  capitale.  Act.  2.  9. 
Qui  habitant  Cappadociam,  Pontum  et  Asiam  : 
Comment  les  entendons-nous  parler  chacun 
la  langue  de  notre  pays,  ceux  d'entre  nous 
qui  habitent  la  Mésopotamie,  la  Judée,  la 
Cappadoce,  le  Pont  et  l'Asie?  disaient  ceux, 
des  Juifs  de  toutes  les  nations  qui  demeu- 
raient à  Jérusalem,  entendant  ainsi  prêcher 
les  apôtres  (Voy.  v.  3).  c.  6.  9.  c.  19.  v.  10 
22.  c.  20.  16  c  •>}.  27.  c  2'!.  19.  Ainsi  Rom. 
16.  5.  PrimiHvus  Asiœ;  Gr.  ^ Xyy.lr^ç  :  Saluez 
mon  cher  Epenète,  qui  a  été  les  prémices 
des  chrétiens  de  l'Asie.  1.  Cor.  16. 19.  2.  Cor 
1.8.  2.  Tim.  1.  15.  1.  Petr.  1.  i. 

ASIANUS,  A,  UM,  LimosHs,  qui  est  de  l'A- 
sie. Dans  l'Écriture, —  1°  Qui  est  ou  appar- 
tient à  l'Asie  Majeure.  2.  Mach.  10.  2i.  Ti~. 
motlieus  congregato  equitatu  Asiano,  advenif ^ 
quasi  armis  Judœam  capturus  :  Timothée, 
ayant  assemblé  de  la  cavalerie  d'Asie,  vint 
en  Judée,  s'imaginant  s'en  rendre  maître  par 
les  armes.— 2°  Qui  est  de  la  province  d'Asie, 
partie  de  l'Asie  Mineure.  Act.  20.  i.  Comi- 
talus  est  eumSopaler...  Asiani  vero  Tychicus 
et  Trophimus  :  Saint  Paul  fut  accompagné 
par  Sopatre  et  par  Tychique  et  Trophime, 
qui  étaient  tous  deux  d'Asie. 

ASIEL,  Heb.  Factura  Dei,  père  de  Saraïa, 
qui  devint  un  des  chefs  de  maison  de  la  tribu 
de  Siméon.  1.  Par.  4.  35.  Voy.  v.  38. 

ASIMA,  Heb.  Delictum,  le  dieu  que  ceux 
d'Emath  se  fabriquèrent.  ï.  Reg.  17.  3U.  On 
croit  que  c'était  un  bouc  ou  l'image  d'un 
bouc. 

ASINUS,  1,  ovo?.  Ce  nom  vient  de  l'a  priva- 
tif et  du  nom  grec  «jtvoç,  noxa,  comme  qui 
dirait  innoxius,  sans  malice. 

1°  Ane,  bêle  de  charge  et  de  somme,  dont 
se  servent  d'ordinaire  parmi  nous  les  pau- 
vres gens,  et  pour  la  monture  et  pour  la 
somme;  mais  cet  animal  n'a  pas  été  méprisé 
dans  la  première  antiquité,  comme  il  l'a  été 
dans  la  suite  des  temps.  Les  anciens  Egyp- 
tiens le  prenaient  pour  le  symbole  de  la  sa- 
gesse, de  la  force,  de  la  patience  cl  de  la 
frugalité.  Homère  compare  à  l'âne  ses  plus 
grands  capitaines.  Ainsi  il  était  en  eslimc 
chez  les  Hébreux.  Voy.  2.  Reg.  16.  2.  Ces 
animaux  étaient  grands  et  forts  dans  la  Pa- 
lestine, et  étaient  considérés  comme  les  che- 
vaux le  sont  parmi  nous  :  aussi  Origène  dit, 
lib.  1.  in  Job.  Asiiii  vcloces  simiiitcr  ut  equi  : 
Les  ânes  sont  vifs  comme  les  chevaux. 
Quand  Jacob,  en  mourant,  prédit  à  ses  en- 
fants cl  à  leur  postérité  ce  qui  leur  doit  arri- 
ver; pour  marquer  à  Issachar  et  à  sa  posté- 
rité sa  force  el  son  courage  à  supporter  les 
fatigues  et  les  travaux  de  l'agriculture,  il  ne 
croit  pas  leur  faire  déshonneur  de  les  compa- 
rer à  un  âne.  Gen.  V9.  l'i.  Issachar,  usinus 
fortis  :  Issachar,  fort  comme  uu  âne  dur  au 
travail. 

Ce  n'était  donc  pas  une  marque  de  pau- 
vreté d'ôlrc  monté  sur  un  âne  :  c'était,  au 
contraire,  la  monture  des  premiers  el  des 
grands   seigneurs,  el  la  maroue  de   leur 


599 


DICTlONNAini:  I>E  PHILOLOGIh:  SACHER. 


400 


«randeur  et  de  leur  dignité.  Judic.  5.  10.  Qui 
ascenditis  super  nitentes  asinos,  et  sedetis  in 
judicio  :  Vous  qui  montez  des  ânes  polis. 
Voy.  AscEXDERE.  Voy.  c.  10.  v.  3.  i.  Jair  ju- 
dicovit  hraelem  per  viginli  duos  nnnos,  ha- 
bens  triginia  filios  sedenlps  super  triginfa 
pullos  asinarum  :  Jaïr  de  Galaad  fut  juge 
dans  Israël  pendant  vingt-deux,  ans;  il  avait 
trente  fils  qui  montaient  sur  trente  poulains 
d'ânesses,  et  qui  étaient  princes  de  trente 
villes,  c.  12.  IV.  Abdon  liibuil  quadraginta 
filios,  et  triginia  ex  eis  nepotes,  ascendentes 
super  septuajinta  pullos  osinarum  :  Abdon, 
juge  d'Israël,  eut  quarante^ils  et  trente  pe- 
lils-fils  qui  sortirent  d'eux,  (]ui  montaient 
tous  sur  soixante  et  dix  poulains  d'ânesses. 

Mais  depuis  que  les  chevaux  devinrent 
communs  par  le  commerce  des  Egyptiens,  on 
ne  fît  pas  tant  de  cas  des  ânes.  Ce  commerce 
était  fréquent  du  temps  (!c  Salomon,qui  avait 
dans  ses  écuries  jusqu'à  quarante  mille  che- 
vaux. 2.  Par.  9.  25.  Habuit  quoque  Salomon 
quadraginta  inillia  equorum  in  stabulis.  Ainsi, 
du  temps  de  Noire-Seigneur,  que  les  ânes 
n'étaient  plus  considérés,  ce  fui  une  marque 
d'humilité  de  faire  son  entrée  dans  Jérusalem 
sur  un  âne.  Voy.  AsiNi. 

2'  Ane,  toute  bête  de  charge  immonde,  qui 
n'était  pas  propre  aux.  sacrifices.  Exod.  13. 
13.  Primogenitum  asini  mulabis  ove  :  Vous 
changerez  pour  une  brebis  le  premier-né  de 
l'âne.  Dieu  donne  ici  sa  loi  sur  le  rachat  des 
premiers-nés. 

ASINA,  £,  h  ovo;,  âncssc.  Matth.  21.  o. 
Ecce  Rex  tuus  venit  tibi  mansuetus,  sedens 
super  asinam  et  pullum  filiuin  subjugalis  : 
Voici  votre  roi  qui  vient  à  vous,  plein  de 
douceur,  monté  sur  une  ânesse  et  sur  l'ânon 
de  celle  qui  est  sous  le  joug.  L'évangéliste 
assure  que  l'entrée  de  Jésus-Christ  dans 
Jérusalem  est  l'accomplissement  de  la  pro- 
phétie de  Zacharie.  c.  9.  9.  Matth.  21.  7. 
£t  udduxerunt  asinam  et  pullum,  et  impo- 
suerunt  super  eos  vestimenta  sua  ,  et  eum 
desuper  sedere  fecerunt  :  Les  di.-Jciples  ayant 
amené  l'ânesse  et  lânon,  ils  les  couvri- 
rent de  leurs  vêlements  et  le  firent  monter 
de.«sus.  Ce  dernier  passage  ,  joint  à  celui 
de  Zacharie,  donne  communément  lieu  de 
juger  que  Notrc-Seigneur  a  monté  alternati- 
vement sur  l'ânesse  et  sur  l'ânon  ;  mais 
comme  les  trois  autres  évangéli^tes  ne  font 
mention  que  de  l'ânon,  il  est  plus  vraisem- 
blable que  saint  Matihieu  n'a  dit  de  Notre- 
Seigncur  :  Sedetis  super  asinam  et  pullum, 
que  par  synecdoche;  de  même  qu'an  verset  3. 
Dominus  Itis  opus  habct,  l'un  des  deux  ani- 
maux lui  ayant  pu  suffire  pour  faire  le  peu 
«le  chemin  qu'il  y  avait  depuis  le  lieu  d'où 
Jésus-Christ  commençait  son  entrée  en  Jéru- 
salem, et  que  le  prophète  Zacharie  et  saint 
Matthieu  ne  font  mention  de  l'ânesse  que 
parce  qu'elle  accompagnait  le  pouliin  sur 
lequel  Notre-Seigneur  était  m  ntc. 

AS1NARIUS,A,  UM,  i-jt/.ôç,  ailier,  qui  con- 
duit un  âne,  qui  a  soin  des  ânes  ;  dans  l'Ecri- 
ture, qui  appartient  à  l'âne.  Matth.  18.  G. 
Expedit  ei  ut  mola  asinaria  suspendatur  in 
colla  ejus  :  Si  quelqu'un  est  un  sujet  de  scan- 


dale et  de  chule  à  un  de  ces  petits  qui  croient 
en  Jésus-Christ,  i!  vaudrait  mieux  pour  lui 
qu'on  lui  pendît  au  cou  une  de  ces  meules 
qu'un  âne  tourne.  Marc.  9.  il.  Cette  meule 
était  ainsi  appelée,  parce  qu'on  se  servait 
d  Anes  pour  la  tourner;  ou,  dans  le  senti- 
ment de  quelques-uns,  c'est  dans  un  moulin 
la  meule  d'en  bas,  que  les  Grecs  appellent 
ô'voî,  asinus,  parce  qu  elle  porte  tout  le  faix. 
C'était  un  supplice  particulier  à  la  Palestine, 
d'attacher  une  meule  de  moulin  au  cou  des 
plus  criminels,  pour  les  jeter  dans  la  mer. 

ASION-GABER,  Heb.  Lignwn  robusti,  ville 
proche  de  la  mer  Rouge,  au  pays  de  l'îdu- 
mée,  où  Salomon  envoya  une  flotte  pour  al- 
ler à  Ophir,  d'où  ils  apportèrent  i20  talents 
d'or.  3.  Reg.  9.  26.  Voy".  v.  28.  et  2.  Par.  8. 
17.  Ce  fut  un  des  campements  des  Israélites. 
Num.  .33.  35.  Deut.  2.  8. 

ASIR.  Heb.  Vinctus.  —  i"  Fils  de  Jéchonias 
et  frère  de  Salathiel.  1.  Par.  6.  17.  —  2°  Fils 
de  Coré.  1.  Par.  6.  22.  —  3^  Fils-d'Abiasaph. 

1.  Par.  6.  V.  23.  .37. 

ASLIA,  Heb.  Juxta  Deum,  père  d'un  secré- 
taire du  temple  nommé  Saphan.  \.  Reg.  22.  3. 

ASMOD-EUS,  Heb.  Destructor,  nom  d'un 
démon  fameux  chez  les  Juifs,  que  l'on  croit 
être  le  démon  de  l'impureté,  qui  tua  les  sept 
premiers  maris  de  Sara  ,  fille  de  Raguel. 
Tob.  3.  8.  Dœmoniwn  nomine  Asmodœus  occi- 
derat  eos. 

ASNAU,  Heb.  Rubus,  chef  de  famille  dont 
les  enfants  revinrent  de  Babylone,  et  qui  bâ- 
tirent la  porte  des  Poissons.  2.  Esdr.  3.  3, 
qui  est  le  même  que  Senaa.  1.  Esdr.  2.  35.  et 

2.  Esdr.  7.  38. 

ASOM.  Voy.  AsEM  et  Esem.  Heb.  Jejunans. 
—  1°  Ville  de  la  tribu  appelée  Esem,  Jos.  15. 
29,  et  attribuée  à  ceux  de  Siméon,  Jos.  19,  3, 
sous  le  nom  d'Asem,  et  appelée  Asom.  1. 
Par.  i.  29.  —  2^  Le  sixième  fils  d'isaï,  et  frère 
de  David.  1.  Par.  2. 15.  —  3°  Fils  de  Jeraméel 
et  petit-fils  d'Esron.  l.  Par.  2.  25. 

ASOR,  Heb.  Atrium.  —  1"  Ville  très-forte, 
capitale  du  royaume  de  Jabin,  roi  des  Clia- 
nanéens.  Jos.  11.  v.  1.  10.  Elle  fut  seule,  en- 
tre toutes  les  autres  des  Chananéens  ,  brûlée 
par  Josué.  Jos. 11.  v.  11.  13.  E!io  échut,  après 
la  conquête  de  Josué,  dans  la  tribu  de  Neph- 
thali.  Voy.  Jos.  10.  v.  31).  32,  Elle  est  appelée 
Hesron.  Jos.  15.  25.  On  croit  qu'elle  est  la 
même  que  Heser,  rebâtie  par  Salomon.  3. 
Reg.  9.  15.  Ainsi  c.  19.  36.  Judic.  i.  2.  1. 
Reg.  12.  9.  i  Reg.  15.  29.  —  2°  Ville  de  la 
tribu  de  Juda,  Jos.  15.  23,  appelée  Asor  la 
Nouvelle,  v.  25.  —  3°  Ville  de  la  tribu  de 
Benjamin.  2.  Esdr.  11.  .33.  Voy.  v.  31.  On 
croit  que  c'est  la  même  que  Baai-Hasor,  qui 
est  près  de  la  tribu  d'Ephraïm.  2.  Rt^g.  13. 
23.  Voy.  AsA.  —  V  Pays  étendu,  dans  l'Ara- 
bie Déserte,  près  des  Cédaréniens,  dont  la 
ruine  est  prédite,  Jerem.  W.  v.  28.  33.  Et 
erit  Asor  in  habitaculum  draconum  :  xVsor 
deviendra  la  demeure  des  dragons.  Ce  pays 
a  pris  son  nom  de  la  ville  capitale  des  Aga- 
réniens. 

ASORHADDAN,  Heb.  Ligans  lœtitiam,  roi 
d'Assyrie,  1.  Esdr.  i.  2,  est,  selon  quclques- 
\ins,  le  même  que  Asarhaddon,  Voy.  Asm- 


40J  A^l 

haddon;  ef,  selon  d'antres,  «n  de  ses  géné- 
raux ou  officiers  fort  considéré. 

ASOTH,  Heb.  Factura,  le  troisième  fils  de 
Jephlat,  et  pelit-Gls  d'Heber.  1.  Par.  7.  33 

ASPECTUS,  us.  Ce  nom  est  dérivé  A'asjn- 
cere,  el  signifie  proprement  la  vue,  la  faculté 
de  voir,  regard,  ou  l'aclion  de  regarder; 
dans  l'Ecrilure, 

i"  Visage,  face,  forme  (i^5«).joio-).  1.  Reg. 
16.  12.  c.  17.  i2.  Erat  rufus  et  pulcher  aspec- 
tti  :  David,  étant  petit,  était  roux,  d'une 
mine  avantageuse,  et  il  avait  le  visage  fort 
beau.  Voy.  v.  11. 

2"  Figure,  forme  extérieure  d'une  chose. 
Gen.  3.  6.  Et  pulchrum  oculis,  aspectuque  de- 
lectabile  :  Eve  considéra  que  le  fruit  de  cet 
arbre  était  beau  et  agréable  à  la  vue  [ôcjccn;, 
Visio).  C'est  le  fruit  de  l'arbre  dont  Dieu 
avait  défendu  à  Adam  et  à  Eve  de  manger. 
Voy.  V.  3.  Apoc.  i.  3.  Similis  erat  aspecliii 
lapidis  aspidis  et  sardinis  :  Celui  qui  était 
assis  sur  ce  trône  paraissait  semblable  à  une 
pierre  de  jaspe  et  de  sardoine;  Gr.  aspectu. 
Ezech.  41.  21.  Aspectus  contra  aspectum  :  La 
face  du  sanctuaire  répondait  à  celle  du  tem- 
ple, étant  en  regard  l'une  devant  l'autre; 
Gr.  Aspectus  sicut  aspectus  :  La  figure  des 
uns  était  semblable  à  celle  des  autres.  C'est 
la  description  des  poteaux  du  sanctuaire  du 
temple  de  la  ville  qui  lui  fui  montrée,  c.  40. 
2.  Ainsi  c.  1.  16. 

3°  Vue  de  quelque  objet  (Trcoo-wrov  ).  Gen. 
48.  11.  Non  su7n  fraudatus  aspectu  tuo  :  Dieu 
m'a  voulu  donner  la  joie  de  vous  voir.  Lettr. 
Je  n'ai  point  été  privé  de  votre  vue.  Hebr. 
Je  n'espérais  pas  devons  voir  jamais,  dit 
Jacob  à  Joseph,  c.  30.  38.  Levit.  13.  12.  Tob. 
11.  8.  c.  12.  22.  Sap.  11.  20.  c.  15.  v.  5.  19. 
2.  Petr.  2.  8.  Ainsi,  Eccli.  43.  2.  Sol  in  as- 
pectu annuntians  :  Le  soleil  paraissant  à  son 
lever  annonce  à  chacun  de  se  mettre  à  l'ou- 
vrage (i-jQTTz»(jiv.,  cum  aspicitur). 

4°  Beauté,  agrément,  qui  attire  la  vue. 
Isa.  53.  2.  Non  erat  aspectus,  et  desideravi- 
mus  eum  :  Il  n'avait  rien  d'attirant  dans  le 
visage  qui  pût  faire  concevoir  le  désir  de  le 
voir;  el  pour  ut,  Ut  desideraremus  eum,  siippl. 
videre. 

'6°  Vision,  ou  représentation  {  ôf.c/.Tiç  ). 
Ezech.  43.  3.  Et  species  secundum  aspeclum 
quem  videram  juxta  fluvium  Chobar  :  Le  Sei- 
gneur parut  dans  la  môme  forme  que  je  l'a- 
vais vu  près  du  fleuve  de  Chobar.  Dan.  4. 
v.  8.  17.  Aspectus  illius  erat  usque  ad  ter- 
minas universœ  terrœ  :  Cet  arbre  paraissait 
s'étendre  jusqu'aux  extrémités  du  monde. 
Cette  étondue  marquait  la  grandeur  de  l'em- 
pire de  Nabuchodonosor;  Gr.  xùtoî,  latitudo. 

ASPER,  A,  L'M,  zf^vy-jç.  Cet  adjectif  vient 
du  Grec  «c^oo'.,- ,  qui  se  dit  d'une  terre,  qui 
étant  pleine  de  pierres  el  négligée,  est  dif- 
ficile à  labourer,  el  signifie  proprement  : 

Rude,  âpre  au  goûl  ou  au  loucher,  pi- 
quant; et  se  dit  d'une  terre  malaisée  à  la- 
bourer, d'un  lieu  raboteux,  d'une  montagne 
difficile  à  monter,  d'un  homme  peu  Iraila- 
ble,  d'un  discours  rude;  dans  l'Ecriture  : 

1"  Raboteux,  plein  de  pierres  ou  de  ro- 
chers. Acl.  27,  2Ù.  Timentes  ne  in  asperu  loca 


ASP 


40i 


incideremus  :  Les  matelots  craignant  que 
nous  n'allassions  donner  contre  quelques 
écueils,  ils  jetèrent  (juatre  ancres  de  la 
poupe.  Ce  fut  la  quatorzième  nuit  du  voyage 
de  saint  Paul  en  Italie.  Voy.  v.  27.  Deut. 
21.  4.  —  Les  difficultés  el  les  obstacles  qui 
s'opposent  au  salut.  Isa.  40.  4.  Luc.  3.  5. 
Erunt  aspera  in  vias  planas  :  Les  chemins 
rabot'ux  deviendront  unis,  dit  saint  Jean- 
Baptiste  en  qualité  de  précurseur.  Ce  qui 
marque  que  la  venue  du  Messie  devait 
changer  la  rigueur  du  joug  de  l'ancienne  loi, 
dans  la  douceur  du  jong  de  l'Evangile. 

2^  Rude,  difficile,  laborieux,  désagréable. 
Baruch.  4.  26.  Ambulav erunt  per  vias  asperas  : 
Mes  enfants  les  plus  tendres  ont  marché  en 
des  chemins  âpres.  Le  prophète  fait  dire  à 
Jérusaleri!,  que  les  Juifs,  ses  enfants,  même 
les  plus  délicats ,  avaient  souffert  dans  leur 
captivité  :  ce  qui  s'entend  moralement  de  la 
rigueur  de  la  captivité  du  péché,  où  les  mé- 
chants sont  engagés.  Voy.  Sap.  5.  7.  Eccli. 
6.  21.  Quam  aspera  est  nimium  sapicntia  in- 
doctis  hominibus  :  Le  Sage  assure  que  les 
hommes  déréglés  et  ignorants  trouvent  la 
sagesse  fâcheuse  et  désagréable. 

3°  Rude,  fâcheux,  déplaisant  {  ayà-nf^ôg  )• 
Gen.  21.  12.  Non  tibi  videatur  asperum  super 
puero  :  Que  ce  que  Sara  vous  a  dit  louchant 
votre  fils  ne  vous  paraisse  pas  trop  rude. 
Dieu  parle  à  Abraham  sur  ce  que  Sara  lui 
avait  dit  de  chasser  Agar  avee  son  fils.  Voy. 
v.  10.  Ps.  90.  3.  Liberavit  me  a  verbo  aspero 
{verbum  pour  res)  :  Dieu  m'a  délivré  d'un 
danger  fâcheux;  Heb.  d'une  peste  dange- 
reuse (t«/;«/&jo>3ç,  turbulentus). 

ASPERE.  Cet  adverbe  est  dérivé  de  l'ad- 
jectif asper ,  et  signifie  : 

Rudement,  âprement,  aigrement.  Gen.  31. 
24.  Cave  ne  quidquam  aspere  loquaris  contra 
Jacob  :  Prenez  -garde  de  ne  rien  dire  d'aigre 
ni  d'offensant  à  Jacob,  dit  Dieu  à  Laban, 
qui  poursuivait  Jacob,  son  gendre. 

ASPERGERE,  Tvspippoù-jzL-j,  pv.i-jîu.  Ce  verbe 
est  composé  d'ad  et  de  spargo,  el  signifie 
proprement,  arroser  quelque  chose  d'une 
liqueur;  dans  l'Ecriture  : 

Faire  aspersion,  répandre  dessus,  arroser 
{oiv.pôfà-jçL-jj.  Num.  (S.  7.  Asperganlur  aqua 
lustrationis  :  Vous  répandrez  sur  les  lévites 
de  l'eau  d'expiation.  Voy.  Aqua.  C'élat  une 
cérémonie  pour  la  consécralion  des  lévites. 
Prov.  7.  17.  Aspersi  cubile  meum  inyrrha  et 
aloe  :  J'ai  parfumé  mon  lit  de  myrrhe  et 
d'aloës,  dit  la  femme  adroite  à  surprendre 
les  âmes.  Voy.  v.  7.  10.  Eccli.  43.  19.  .4*- 
pcrgit  nivem  :  Le  Seigneur  répand  la  neige 
comme  une  multitude  d'oiseaux  qui  viennent 
s'asseoir  sur  la  terre  (7r««r<7£ev).  Hebr.  9.  13. 
Cmis  vitulœ  aspersus ;  (}r.  aspergeas,  inqui- 
niitos  :  Cette  aspersion  de  la  cendre  de  la 
génisse  mêlée  d  eau  purifiait  propreuienl 
des  impuretés  légales;  mais  le  sang  de  jésus- 
Chrisl  est  répandu  pour  l'expiation  Jes  pé- 
chés. 

—  Purifier,  justifier  (p'avxiÇetv).  Ps.  JJO. 
9.  Asperges  me  hijssapo  :  Le  Psalmiste  faisant 
ici  allusion  aux  aspersions  légales  dcaq 
uièiee  avec  fie»  cçndrcs  failea  au'c  de  l'h^- 


JQ5  -  DJCTIONMAIRE  DR  PHILOLOGIE  SACREE. 

50pe,  avait  en  vue  'e  sang  de  Jésus-Christ, 
seul  capable  de  laver  les  crimes  conformé- 
ment à  ce  que  dit  Isa.  '62.  15.  Istc  asperget 
génies  multas  :  Jésus-Christ  arrosera  de  son 
sang  beaucoup  de  nations,  c'est-à-dire  il  ré- 
pandra sur  les  peuples  cette  abondance  de 
grâces  qu'il  nous  devait  mériter  par  l'effu- 
sion de  son  sang  qu'il  a  versé  pour  nos  pé- 
chés. Hebr.  10.  22.  Aspersi  corda  a  con- 
scientia  mala  :  Approchons-nous  de  Dieu, 
ayant  le  cœur  purifié  des  souillures  de  la 
mauvaise  conscience.  Ainsi,  c.  9.  19.  Exod. 
12.  22.  Levit.  lï.  7.  Num.  19.  18. 

ASPERSIO,  ONis,  p'avTiapôç.  Aspersion, 
l'action  d'arroser  légèrement  et  de  jeter  un 
peu  d'une  liqueur  sur  quelque  chose.  Num. 
19.  9.  Ut  sint  mullitaclini  filiorum  Israël  in 
aquam  aspersionis  :  Les  cendres  de  la  vache 
serviront  à  tous  les  enfants  d'Israël  d'une 
eau  d'aspersion,  se.  pour  purifier  los  impu- 
retés légales  seulement.  Voy.  A^pergere. 
3.  Reg.  20.  38.  —  Justification,  nettoiement 
de  nos  péchés  par  le  mérite  du  sang  de  Jésus- 
Christ.  Heb.  12.  24-.  1.  Petr.  1.  2.  In  ohedien- 
tiam  et  ospersionem  sanguinis  Jesu  Christi  : 

Pierre aux  fidèles  qui  sont  élus  pour  être 

arrosés  du  sang  de  Jésus-Christ.  Hebr.  12. 
2i.  Sanguinis  aspersionem  :  Vous  vous  êtes 
approchés  du  sang  de  Jésus,  dont  on  fait 
l'aspersion. 

ASPERNARI.  Ce  verbe  composé  vient  du 
simple  spernere  ,  et  signifie  : 

Mépriser  (È^ov^rjovv).  Luc.  18.  9.  Asper- 
nabanlur  cœteros  .'Quelques-uns,  dit  Jésus- 
Christ,  mettaient  leur  confiance  en  eux- 
mêmes  comme  étant  justes  et  méprisaient 
les  autres. 

ASPERNATIO,  onis,  mépris  (à-taia).  Eccli. 
22.  1.  In  lapide  luteo  lapidatus  est  piger,  et 
omnes  loquentur  super  aspernationein  il  lins  : 
Le  paresseux  est  comme  lapidé  avec  la 
boue,  tous  parleront  de  lui  pour  le  mépri- 
ser ;  Gr.  est  semblable  à  une  pierre  de  boue  ; 
tous  le  siffleront  pour  lui  faire  honte. 

ASPHAR,  Hebr.  Festinatio  tauri,  lac  dans 
la  tribu  de  Juda  ,  près  de  Bethléem.  1.  Mach. 

9.  33. 
ASPHENES,  Hebr.   Pharelra  aspernonis , 

intendant  des  eunuques  du  roi  Nabuchodo- 
nosor.  Dan.  1.3. 

ASPICERE,  iTTtG^sTTetv.  Ce  verbe  est  com- 
posé d'ad  et  de  l'ancien  verbe  specio ,  pour 
videre,  voir,  et  signifie  proprement  :  —  1°  Re- 
garder, jeter  la  vue  sur  quelque  chose 
(eiSeiv).  Num.  21.  V.  8.  9.  Qui  percussus  as- 
pcxerit  eum ,  vivct  :  Celui  qui  .iyant  été  blessé 
des  serpents  regardera  ce  serpent,  sera 
guéri;  Lett.  vivra.  Jé;us-Clirist  explique  en 
saint  Jean  ,  3.  IV.  ce  passage  de  lui-même  , 
qui  devait  être  élevé  et  mourir  en  croix  ,  et 
dont  la  mort  devait  guérir  de  la  plaie  du 
péché  causée  par  l'ancien  serpent,  ceux  qui 
lo  regarderaient  par  la  foi  in  lui.  Zach.  12. 

10.  Aspicient  ad  me  quem  confixrrunt  :  Les 
habitants  de  Jérusalem  jellciont  les  yeux 
sur  moi  qu'ils  auront  percé  de  plaies.  Ceci 
se  peut  entendre  des  Juifs  qui  avaient  offensé 
Dieu  ,  et  qui  devaient  lever  les  yeux  vers  lui 
pour   implorer  sa  miséricorde;  mais   saint 


401 

Jean  l'explique,  Apoc.  1.  7.  de  Jésus-Christ. 
Job.  38.  22. 

2"  Considérer ,  faire  attention  («TroêîigTretv). 
Hebr.  11.  26.  Aspiciebat  in  remunerationem  : 
Moïse  envisageait  la  récompense  :  cette  ré- 
compense était  les  biens  du  ciel  que  >IuÏ3i> 
attendait;  ce  qui  lui  fit  renoncer  à  la  qualiié 
de  fils  de  la  fille  de  Pharaon,  pour  être  af- 
fligé avec  le  peuple  de  Dieu.  Voy.  v.  2i.  2  >. 
Ainsi,  e.  12.  2.  Aspicientes  in  auctorem  fidci  : 
Jetons  les  yeux  sur  Jésus,  comme  sur  l'au- 
teur et  le  consommateur  de  la  foi  à^o/zâv). 
Saint  Paul  nous  exhorle  à  regarder  Jésiis- 
Christ  comme  un  modèle  parfait,  pour  courir 
avec  joie  et  avec  patience  dans  cette  vie  de 
souffrances.  2.  Mach.  7.  6.  Dominus  Deus  as- 
piciet  veritatem  ;  Dieu  considérera  la  vérité, 
disaient  les  Machabées,  pour  s'entr'encou- 
rager,  lorqu'on  faisait  rôtir  leur  frère  aîné 
dans  une  poêle  (  èyopâv  ).  Deut.  9.  27.  Tob. 
13.  G.  Ps.  101.  20.  Prov.  1.  2V.  Hab.  1.  5. 
Isa.  58.  3. 

3°  Regarder,  voir,  considérer  dans  une 
vision  (ttS^rj).  Ezech.  1.  iS.  C  unique  aspi- 
cerem  animalia  :  Lorsque  je  regardais  ces 
animaux;  leur  forme  est  décrite  v.  10. 

4°  Regarder,  considérer  avec  quelque  af- 
fection ou  passion  de  l'âme;  1°  avec  amitié, 
avec  plaisir.  1.  Reg.  18.  9.  Non  redis  oculis 
aspiciebat  David  a  die  illa  :  Saùl  ne  regarda 
plus  jamais  David  de  bon  œil ,  depuis  le  jour 
que  les  femmes  dirent  que  Saùl  en  avait  tué 
mille,  et  David  dix  mille  (OTyoéXéTrs ffôat,  ma- 
ligne inlueri).  Voy.  v.  6.  2°  avec  pitié  ef 
compassion.  Ps.  118.  131.  Aspice  in  me,  et 
miserere  mei  :  Regardez-moi  ,  et  ayez  pitié 
de  moi.  Ainsi ,  Eccli.  35.  21.  3°  avec  indigna- 
tion pour  perdre  :  ce  qui  s'entend  de  Dieu 
par  métaphore.  Judith.  9.  7.  Aspexisti  super 
castra  JEgyptiorum  :  Judith  représente  à 
Dieu  que  d'un  seul  regard  il  pouvait  traiter 
les  Assyriens  comme  il  avait  déjà  traité  les 
Egyptiens.  Habac.  3.  6.  Aspexit  et  dissolvit 
gentes  :  Dieu  a  jeté  les  yeux  sur  les  nations, 
et  il  les  a  fait  fondre  comme  la  cire  :  ce  qui 
marque  la  facilité  toute  puissante  avec  la- 
quelle Dieu  extermina  les  nations ,  dont 
Dieu  avait  promis  la  terre  à  son  peuple.  i° 
Avec  une  affection  déréglée  et  criminelle. 
Ps.  65.  18.  Iniquitatem  si  aspexi  in  corde 
meo  :  Si  j'avais  entretenu  l'iniquité  dans  mon 
cœur,  le  Seigneur  ne  m'aurait  pas  exaucé 
{Ozoipû-j);  avec  quoi  s'accorde  saint  Jean, 
9.  31.  5°  Avec  une  joie  maligne;  ce  qui  s'en- 
tend du  malheur  d'autrui.  Mich.  4.  11.  Aspi- 
ciat  in  Sien  oculus  noster  :  Que  nos  yeux  se 
repaissent  du  malheur  de  Sion,  disent  les 
ennemis  de  l'Eglise,  sur  qui  elle  a  remporté 
la  victoire  (£7TO7rT£C70«t).Voy.  Despicere  et  Vi- 
dere. Ce  verbe,  selon  l'Hébreu,  avec  m, 
marque  une  vue  attentive,  qui  excite  la 
passion. 

5  Jeter  la  vue  sur  quelqu'un ,  avoir  re- 
cours à  lui  [sTrKTMTzeh).  Mich.  7.  7.  Ego 
autem  ad  Dominum  aspiciam  :  Pour  moi  je 
jetterai  les  yeux  sur  le  Seigneur  :  c'est  ce 
que  doit  faire  un  chrétien  qui  s'aperçoit  que 
le  monde  est  devenu  son  ennemi,  aussilôj 
qu'il  est  devenu  ami  de  Dieu. 


t05 


ASS 


ASS 


40!î 


6°  Connaître,  éprouver  {^fTvxenOxi).  1.  Reg. 
B.  V.  8.  9.  Dimitte  eam  ut  vadat ,  et  aspi- 
ciefis  :  Après  que  vous  aurez  mis  l'arche 
dans  le  chariot  attelé  de  deux  vaches  qui 
nourrissent  leurs  veaux,  laissez-la  aller,  et 
vous  verrez  ce  qui  en  arrivera  :  c'est  l'avis 
que  donnèrent  les  prêtres  idolâtres  aux  Phi- 
listins,  pour  savoir  si  leurs  maux  venaient 
de  Dieu  ou  par  hasard.  Voy.  v.  9. 

ASPIRARE  ,  TTvstv.  Souffler,  en  parlant 
du  vent,  aspirer  à  quelque  chose,  y  pré- 
tendre, tâcher  d'y  parvenir;  dans  l'Écriture  : 
—  1°  Souffler,  en  parlant  du  vent.  Eccli.  43. 
17.  In  voluntate  ejus  aspirabit  notus  :  Le 
Seigneur  fait  souffler  le  vent  du  midi  quand 
il  lui  plaît.  AcI.  27.  13.  —  2°  Respirer  ,  vivre. 
Eccli.  33.  21.  Dum  adfiuc  superes  et  aspiras  : 
Tant  que  vous  vivrez  et  que  vous  respi- 
rerez :  le  Sage  conseille  de  ne  se  rendre  es- 
clave de  personne,  en  se  réduisant  à  de- 
mander de  son  bien  avec  prière  à  celui  à 
qui  on  l'aurait  donné.  —  3"  Arriver,  appro- 
cher (StaTTvEïv).  Gant.  k.  6.  Donec  aspiret  dies 
et  inclinentur  umbrœ  :  Avant  que  le  jour  soit 
venu  et  que  les  ombres  s'enfuient.  Voy. 
Umbra.  n.  6.  Ainsi,  c.  2.  17. 

ASPIS,  mis,  ce  mot  est  grec,  «(tttîç,  et 
signifie  proprement,  aspic,  espèce  de  serpent 
fort  venimeux.  Deut.  32.  33.  etc.  Yenenum 
aspidum  insanabile  :  Le  vin  de  leur  vigne  est 
un  venin  d'aspic  qui    est  incurable.   Dieu 

Ïiarle  de  la  méchante  conduite  des  Israélites. 
sa.  59.  5.  Ova  aspidum  ruperunt  :  Les  pé- 
cheurs ont  fait  éclore  des  œufs  d'aspics  ;  ces 
œufs ,  ce  sont  les  noirs  desseins  des  méchants 
que  le  démon  leur  inspire.  Job.  20.  6.  Caput 
aspidum  suget  :  Toute  cette  grande  prospé- 
rité des  impics  leur  sera  aussi  mortelle  et 
pernicieuse,  que  l'est  aux  hommes  le  venin 
des  aspics.  Voy.  Caput. 

Les  hommes  méchants,  pernicieux  et  en- 
nemis des  gens  de  bien.  Isa.  11.  8.  Delecta- 
hilur  in  fans  ab  ubere  super  foramine  aspidis  : 
Le  Prophète  assure  que  les  enfants  les  plus 
jeunes,  et  à  peine  hors  de  la  mamelle,  for- 
tifiés de  la  grâce  de  Jésus-Christ,  devaient 
ne  point  craindre  les  tyrans  ,  ou  de  con- 
verser avec  les  méchants.  Voy.  Regulus. 

ASPORTARE,  G\)iJ-'firjeiv.  Transporter  quel- 
que chose  d'un  lieu  à  un  autre.  Gen.  50.  2i. 
Asporlate  ossa  mea  vobiscum...  Transportez 
mes  os  avec  vous  hors  de  ce  lieu ,  dit  Jose|)h 
à  ses  frères;  ce  qui  est  une  marque  que  liint 
qu'il  gouverna  toute  l'Egypte,  il  ne  s'y  éiait 
regarde  que  comme  ctrdiigcr,  ayant  toujours 
eu  en  vue  la  terre  de  ses  pères. 

ASRAEL,  Heb.  Jicatiiudo  Dei,  fils  de  Ja- 
Icléel.  1.  Par.  V.  ICj. 

ASRIEL  ,  llob.  ncnliludo  Dn,  fils  de  da- 
laad,  descendinl  de  Maiiîissc.  Num.  20.    31. 
appelé  Esriel.  Jos.  17.  2. 1.  Par.  7.  IV. 
'     ASUIELITA,  *:,  Asriélile,  descendant,  ou 
qui  est  (b;   la    famille  d'Asriel.  Nutn.  20.  31. 

.\SSARE,  l-xû'j.  Ce  verbe  vient  du  grec  «.'c,'.», 
Sicco,  et  signifie  : 

Rôtir.  2.  Par.  .'îo.  13.  Et  assavcrunt  phase 
super  iijnem,  JHxlii  quod  in  (egescriplnm  est  : 
Les  lévites  firent  rôtir  la  pâijuc  sur  le  feu  , 
comme  il  est  écrit  dans  la  Loi.  Celte  solen- 


nité de  pâque  est  un  effet  de  la  piété  particu- 
lière de  Josias.  Voy.  v.  7.  Tob.  6.  6.  Assavit 
carnes  ejus  :  Le  jeune  Tobic  fit  rôtir  une  par- 
tie de  la  chair  du  poi?son  qu'il  avait  tiré  de 
l'eau  par  l'ordre  de  l'Ange. 

ASSATURA,  M,  èT/jy.pizn;.  Ce  nom,  inusité 
chez  les  Latins,  est  formé  du  supin  assalum, 
et  signifie  dans  l'Ecriture, 

Morceau  rôli.  2.  Reg.  6.  19.  Et  partitus 
est  universœmultitudini...  singulis  collyridam 
panis  unam,  et  assaturam  bubulœ  carnis  : 
David  donna  à  tout  le  peuple  disraël,  à  cha- 
cun un  pain  en  façon  de  gâteau,  un  mor- 
ceau de  bœuf  rôti...  Ce  fut  lorsqu'il  fit  poser 
l'arche  en  la  place  qui  lui  avait  été  destinée. 
Voy.  V.  17. 

ASSECTARI,  être  à  la  suite  de  quelqu'un, 
l'accompagner;  dans  l'Ecriture, 

Poursuivre,  rechercher.  Ezech.  22.  27.  Ad 
perdendas  animas  et  avare  assectanda  lucra  : 
Les  princes  de  Jérusalem  étaient  attentifs  à 
perdre  les  âmes ,  et  à  chercher  leur  gain 
de  tout  côté  pour  satisfaire  leur  avarice. 
Dieu  se  plaint  des  princes  des  Juifs  ligués 
avec  leurs  faux  prophètes,  pour  répandre  le 
sang  de  ceux  qui  se  voulaient  opposer  à  leur 
avarice  et  à  leurs  désordres. 

ASSEDIM,  Heb.  Insidiœ  ,  ville  en  la  tribu 
deNephlhali.Jos.  19.35. 

ASSEM  ,  Heb.  Nomen^  père  d'un  des  plus 
vaillants  hommes  de  l'armée  de  David.  1. 
Par.  11.  33. 

ASSENTIRE,  consentir,  acquiescer;  dans 
l'Ecriture  : 

Favoriser.  2.  Mach.  1*.  26.  Dicebal  Nica- 
noreni  rébus  alienis  assentire  :  Alcime  vint 
dire  à  Démétrius  que  Nicanor  favorisait  les 
intérêts  de  ses  ennemis;  Gr.  ùWôt^lv.  cppo-jtîv. 

ASSENTIRI,  S'accorder  avec  quelqu'un, 
entrer  dans  son  sentiment,  se  rendre  à  sa 
volonté  (££(7K-/ov£tv).  Gen.  34.  24.  Assensique 
sunt  omnes  :  Tout  le  peuple  dépendant  d'Hé- 
mor  s'accorda  à  la  proposition  que  leur  fit 
Sichem,  son  fils,  de  circoncire  tous  les  enfants 
mâles,  afin  qu'il  épousât  Dina. 

ASSEQUI,  Atteindre  quelqu'un  en  mar- 
chant; venir  à  bout  de  quelque  chose,  l'ob- 
tenir, l'acquérir;  dans  l'Ecriture  : 

Comprendre  et  savoir  quelque  chose,  en 
être  convaincu  (rasaxo^ouGîfj).  2.  Tim.  3.  10. 
Asseculus  es  menm  doclrinam  :  Quant  à  vous, 
vous  savez  quelle  est  ma  doctrine,  dit  saint 
Paul  à  son  disciple.  Luc.  1.  3.  1.  Tim.  h.  (5. 

ASSER.is.Co  nom  vient  de  l'ancien  axer^ci  si- 
gnifie proprement  un  soliveau,  dans  l'Ecri  In  re: 

Ais  {(jy.i-r-n).  Eccli.  29.  29.  Mclior  est  rictus 
pauperis  sub  tegmine  asserum,  quam  epulœ 
splendidœ  in  pcregre  sine  domiciUo  :  Ce  que 
mange  le  pauvre  sous  quelques  ais  qui  le 
couvrent,  vaut  mieux  qu'un  festin  magni- 
fique dans  une  maison  étrangère  à  celui  qui 
n'a  point  do  retraite. 

ASSIDyEI,  Heb.  Milvi.  Les  Assidécns  , 
secte  des  Juifs,  ainsi  appelés  du  nom  hébreu 
Hasiditn,  pii  snncti,  parce  qu'ils  pratiquaient 
une  exacte  observation  de  la  Loi.  2.  Marh. 
4.  ().  Ipsi  qui  dicunlur  Assidœi  Judœorum, 
quibus  prœest  Judas  Macliabœus,  bclla  nu^ 
triunl  :  Ceux  d'entre  les  Juifs  qu'on  nomme 


407 


rtiCTIONNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


408 


Assidéens,  dont  Judas  Machabée  est  le  chef, 
entretiennent  la  guerre,  dit  Alcime  au  roi 
Pémétrius ,  contre  Judas  Machabée,  par  qui 
il  avait  été  dépouillé  du  souverain  sacerdoce. 
Ainsi,  1.  Mach.  2.  i2.  c  7.  13.  On  croit  que 
c'étaient  les  mêmes  que  les  Esséniens. 

ASSIDERE  ,  o-uyzae^c-eat.  1°  S'asseoir,  ou 
être  assis  auprès,  ou  avec.  Act.  26.  30.  Et 
exsurrexit  rex  et  prœses,  et  Bérénice,  et  qui 
ossidebant  eis  :  Le  roi,  le  gouverneur,  Béré- 
nice, et  ceux  qui  étaient  assis  avec  eux,  se 
levèrent;  ce  fut  pour  conclure  le  jugement 
de  saint  Paul  sur  la  permission  qu'Agrippa 
venait  de  lui  donner  de  parler  pour  lui- 
même.  Sap.  6.  15.  Assidentem  illam  foribus 
suis  inveniet  :  Celui  qui  veille  dès  le  malin 
pour  posséder  la  sagesse,  la  trouvera  assise 
à  sa  porte  (Tzàps^po;). 

2"  Se  rendre  assidu  auprès  de  quelqu'un, 
lui  faire  la  cour  (77oo!7câp£Û£w).  1.  Mach.  11. 
39.  Tryphon  assideb'at  ei  ut  traderet  eum  : 
Tryphon  pressa  longtemps  Elmalcuel,  afin 
qu'il  lui  donnât  Antiochus,  fils  d'Alexandre, 
pour  le  faire  régner  en  la  place  de  son 
père. 

ASSIDUARE,£vgÊ>sx"-'-Ce  verbe  inusité  vient 
d'assidere,  comme  qui  dirait,  qui  est  comme 
assis  sur  l'civrage,  travailler  continuelle- 
ment; dans  l'Ecriture  : 

Se  servir  souvent  de  quelque  chose.  Eccli. 
oO.  1.  Qui  diligit  filium  suum,  assiduat  illi 
flagella  :  Celui  qui  aime  son  fils,  prend  sou- 
vent le  fouet  pour  le  châtier. 

ASSIDUE,  èv5£).£/w?.  Cet  adverbe  vient  de 
l'adjectif  assiduus  ,  et  signifie  continuelle- 
ment, sans  cesse.  Eccli. 20. 26./??  orc  indiscipii- 
natorum  assidue  erit  :  Lemenson^e  se  trouve 
sans  cesse  dans  la  bouche  des  gens  déréglés. 
c.  23.  11.  c.  51.  15. 

ASSIDUITAS,  Tis,  è-joùîyj'yij.ô;.  Ce  nom  vient 
à'assiduus,  et  signifie  proprement  assiduité, 
persévérance  à  faire  quelque  chose  presque 
continuellement;  dans  l'Ecriture  :  —  1°  As- 
siduité au  travail  (ûrroacv/i).  Eccli.  38.  28. 
Assiduitas  ejus  variât  picturam  :  Le  sculpteur 
diversifie  ses  figures  par  un  long  travail.  — 
2°  Accoutumance.  Eccli.  7.  li.  Assiduitas 
illius  non  est  bona  :  L'accoutumance  de 
mentir  n'est  pas  bonne;  c'est-à-dire  est 
très-mauvaise.  Hébraïsme.  —  3°  Conversa- 
lion  ,  familiarité  (èOit^ôç).  Eccli.  23.  19.  iVe 
forte...  et  assiduitate  tua  infatuatus,  impro- 
perium  patiaris  :  Et  de  peur  que  devenant 
insensé  par  la  trop  grande  familiarité  avec 
les  grands,  vous  ne  tombiez  dans  l'infamie. 
Le  Sage  décrit  ici  les  malheurs  où  s'expose 
celui  qui  oublie  son  père  et  sa  mère  pour 
être  au  milieu  des  grands.  —  i°  Durée  per- 
pétuelle. Eccli.  41.  9.  Cum  semine  illorum 
assiduitas  improperii  :  La  race  des  pécheurs 
sera  éternellement  déshonorée. 

ASSIDUUS,  A,  UM.  Cet  adjectif  vient  du 
verbe  assidere  ,  comme  qui  dirait,  qui  est 
assidu  sur  l'ouvrage,  qui  travaille  continuel- 
lement à  quelque  ouvrage,  et  signifie  pro- 
prement,  assidu,  continuel,  ou  presque 
continuel;  dans  l'Ecriture  :  —  1"  Qui  a  l'es- 
prit continuellement  appliqué  à  quelque 
chose.  Eccli.  0.  37.  In  mandulis  Ifei  assiduus 


esto  :  Méditez  sans  cesse  les  commandements 
de  Dieu.  c.  12.  3.  —  2°  Qui  converse  et  se 
trouve  souvent  avec  quelqu'un.  Eccli.  9.  4. 
Cumsaltatrice  ne  assiduus  sis  :  Gr.  a/,  èvSEÀj/tÇe. 
Ne  vous  trouvez  pas  souvent  avec  une  femme 
qui  danse;  gr.  avec  une  femme  qui  chante. 
—  3°  Fréquent,  qui  arrive  souvent.  Eccli. 
18.  32.  Ne  oblecteris  in  turbis,  nec  in  modi- 
cis,  assidua  enitn  est  commissio  illorum  :  Ne 
vous  plaisez  point  dans  les  assemblées  plei- 
nes de  tumulte,  non  pas  même  dans  les  plus 
petites,  parce  qu'on  y  pèche  sans  cesse,  c. 
20.  21.  c.  23.  10.  c.  33.  27.  Ainsi,  c.  37.  21. 
Dominatrix  illorum  est  assidua  lingua  :  Le 
bien  et  le  mal,  la  vie  et  la  mort,  dépendent 
ordinairement  de  la  langue  ,  savoir  :  de  son 
règlement  ou  dérèglement.  11  semble  qu'il  y 
avait  assidue,  ou  assiduo,  fréquemment,  or- 
dinairement; Gr.  ivo£).£;^w?. —  i°  Ardent,  ac- 
tif {è-jspyoviJ.i'jn).  Jac.  5.  16.  Midtum  valet  apud 
Deum  deprecatio  justi  assidua  :  Priez  l'un 
pour  l'autre,  afin  que  vous  soyez  guéris  , 
car  la  fervente  prière  du  juste  est  fort  effi- 
cace. 

ASSIGNARE,  donner  à  chacun  sa  part 
d'une  chose  qu'on  distribue  à  plusieurs,  at- 
tribuer la  cause  de  quelque  chose  à  une  per- 
sonne;   dans  l'Ecriture: 

1^  Rendre,  représenter  (VaûtTràvai).  Act.  9. 
41.  Assignavit  eam  vivam  :  Saint  Pierre  ren- 
dit vivante  Tabilhe  ,  qui  était  morte  ,  aux 
disciples  et  aux  veuves  qui  lui  demandèrent 
cette  grâce. 

2°  Mettre  fidèlement  un  dépôt  entre  les 
mains  de  celui  pour  qui  il  est  destiné  (asp- 
yH^ta'jv.i).  Rom.  15.  28.  Cum  assignavero 
eis  fruclum  hune  :  Saint  Paul  promet  aux 
Romains  qu'aussitôt  qu'il  aura  distribué  à 
ceux  d'entre  les  saints  de  Jérusalem  qui  sont 
pauvres,  l'aumône  qui  lui  a  été  mise  en 
dépôt  pour  eux,  il  passera  par  Rome  en  al- 
lant en  Espagne. 

ASSIMILARE,  ôtxotoûv.  Comparer  une  chose 
à  une  autre,  et  faire  voir  qu'elle  lui  est  sem- 
blable. Dans  l'Ecriture  :  —  l''  Rendre  sem- 
blable («Trtt/àÇïtv).  Sap.  13.  13.  5i...  ussimilet 
illud  imagini  hôminis:\]n  ouvrier  fait  l'image 
d'un  homme  de  ce  qu'il  lui  reste  de  boistorlu 
et  plein  de  nœuds  ;  le  Sage  fait  voir  la  folie  de 
l'idolâtrie,  de  s'appuyer  sur  le  secours  des 
faux  dieux.  Job.  30.  19.  D'où  vient  cette  si- 
gnification figurée  û'assimilari?  l°Représen- 
ter,  être  la  vraie  figure  d'une  chose,  y  avoir 
beaucoup  de  rapport  Hebr.  7.  3.  Assimilutus 
fdio  Dei:  Melchisédech  est  semblable  à  Jésus- 
Christ,  parce  que  ni  le  commencement  ni 
la  fin  de  sa  vie  n'est  rapporté  («?)Oioiotoûv). 
2^  Rendre  semblable  àqueliju'un,  limiter. 
Matth.  6.  8.  Noliie  ergo  assimilari  eis  :  No 
vous  rendez  point  semblables  aux  païens  qui 
affectent  de  parler  beaucoup  dans  leurs  priè- 
res, croyant  par  là  mériter  d'être  exaucés. 
—  2"  Comparer,  juger  semblable.  Cant.  18. 
Equitului  meo  in  curribus  PUaraonis  assimi-^ 
lavi  te  :  Je  vous  ai  comparée  aux  ch  iriols 
de  Pharaon.  Cette  protection  que  Dieu  donna 
aux  Juifs  contre  Pharaon  était  la  figure  de 
celle  qu'il  donne  à  son  Eglise  contre  tous  ses 
ennemis,  c.  7,  7.  Eccli.  25.  i'à,  Thren,  2. 13. 


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410 


Matth.  7.  2k.  Marc.  i.  30.  Ainsi ,  Jerem.  6.  2. 
Speciosœ  et  delicatœ  assimilavi  filiam  Sion  : 
Je  puis  comparer'la  fille  de  Sion  à  une  fem- 
me qui  est  belle  et  délicate.  Lepropliète  parle 
de  la  beauté  des  bâtiments  de  Jérusalem  et 
de  la  vie  molle  de  ses  habitants.  —  3°  Don- 
ner à  un'»  personne  un  nom  ou  surnom  qui 
réponde  à  lélat  auquel  il  est  destiné  {TzpoaSéyj' 
<rOxi).  Isa.  i5.  i.  Vocavi  te  nomine  tuo  :  assi- 
milavi te,  et  non  cognovisti  me  :  Outre  le  nom 
de  Cyrus,  je  vous  ai  encore  donné  celui  de 
Christ,  et  vous  ne  m'avez  point  connu.  Dieu 
reproche  à  Cyrus  qu'il  lui  avait  donné  ce 
nom,  parce  qu'il  l'avait  choisi  pour  être  le 
libérateur  de  son  peuple  ;  et  celui  de  Christ, 
parce  qu'il  le  voulait  rendre  victorieux  des 
rois,  et  que  néanmoins  il  attribue  toute  sa 
gloire  à  ses  idoles,  c.  i't.  5.  In  nomine  Israël 
rtASî*ni7a6i7ur  :  L'autre  fera  gloire  de  porter 
le  nom  d'Israël  ou  d'Israélite,  c'est-à-dire, 
de  chrétien  et  sectateur  de  la  foi  d'Israël  (poâv, 
Heb.  Chi7ineh,cognominare).  —  4°  Représen- 
ter en  figures  et  sous  des  images  différentes. 
Ose.  12.  10.  In  manu  jn-ophetarum  assimi- 
latus  sum  :  Dieu  se  plain?  que  c'est  inutile- 
ment qu'il  s'est  fait  connaître  à  son  peuple 
par  ses  prophètes  en  plusieurs  manières. 

ASSISTERE,7rafi(7T«(765<i.  Se  tenir  debout  au- 
près de,  assister  à  quelque  chose,  comme  à 
un  sacrifice  ;  dans  l'Ecr.,  —  1"  Etre,  se  trou- 
ver présent.  Gen.  ii.  34.  Ne  calamitatis  quœ 
oppressurn  est  palrem,   lestis  assistam  :  Jnda 
prie  Joseph  de  le  prendre  pour  esclave,  plu- 
tôt que  Benjamin,  de  qui  il  avait  répondu  à 
Jacob,  de  peur  qu'il   ne  fût  témoin  de  l'ex- 
trême affliction  011  Jacob  auraitété. —  2^Etre, 
ou  se  tenir  auprès  de  quelqu'un  pour  le  ser- 
vir. 1.  Reg.  22.  7.  Ait  ad  servos  qui  assiste- 
bant  ei  :  Saiil  dit  à  tous  ceux  qui  étaient  au- 
près de  lui;  Saiil  témoigne  à  ses  officiers  le 
ressentiment  qu'il  avaitde  ccquepersonne  ne 
l'avertissait  an  sujet  de  David  ,   qu'il  tenait 
son   ennemi.  2.  Reg.  13.  31.  3.  Reg.  4.  5.  c. 
12.  V.  6.  8.  Ainsi,   Luc.  1.  19.  Ego  sum  Ga- 
briel,qui  aslo  ante  Deûm  .-Je  suis  Gabriel,  <jlm 
suis  toujours  présent  devant    Dieu,   dit   cet 
ange  à  Zacharic,  qu'il  punit  de  navoir  pas 
cru  à  ses  paroles.  Quand  l'Ecriture  parle  des 
anges,  elle  ne  dislingue  point  entre  assistere, 
astare  et  ministrare.  —  3"  Etre  |iroche  ,  être 
près  d'arriver.  Jac.  o.  9.  Ecce  Judex  anleja- 
nunm  assistit  :  Voilà    le  Juge   qui  est  à    la 
porte,   dit   cet    apôtre,  de  l'avènement   de 
Jésus-Chrisl.  Voy.  v.  8.  —  4°  Assister,  soula- 
ger. Sap.  19.  20.  In  omni  loco  assislens  eis  : 
LeSeigneur  a  assisté  son  peuple  en  loutlemps 
et  en  tout  lieu,  se.  toutes  les  lois  qu'il  a  mis 
sa  confianc/»  en  lui.  Rom.  10.  2.  —  Ir  Regor- 
ger, se  répandre   avec  abondance.  Eccii.  2'i.. 
37.  Assislens  quasi    Gvhon  .  CoiiMue    le,    Nil 
rend  les  terres  fertiles  quand  il  se  déborde, 
la  sagesse   se  répand  dans  les  esprits  par  ses 
lumières,  et  dans  les  cœurs   par  ses  grâces. 
Rien  ne  répond  â  ce  mot  en  (irec;  d'autres 
prennent   assislens    pour    sistens,   actif,  qui 
rend    présent,    (|ui  fournit. — ()•  Se  présen- 
ter, venir  (b'vant.  Exod.  iH.Vi.Sedit  Mot/ses, 
ut  judicaret   populum  qui  oss>sttbut  Moysi . 
ftloise  s'assit  pour  reudii;  la  justice  au  peuple 


qui  se  présenlaitdevantlui.  Act.  17. 5.  Assisten* 
tes,domuiJasonis:  Les  Juifs  poussés  d'un  faux 
zèle,  se  présentèrent  à  la  maison  de  Jason. 
Ce  fut  pour  enlever  de  force  saint  Paul  et 
Silas,  et  les  accuser,  devant  le  peuple,  de  ré- 
bellion aux  ordonnances  de  César.  —  7"  Se 
faire  voir,  apparaître  à  quelqu'un  {h itt 9.-^7.1). 
Act.  23. 11.  Sequenti  nocle  assislens  ei  Domi- 
nus  :  La  nuit  suivante  ,  le  Seigneur  se  pré- 
senta à  Saint  Paul ,  ce  fut  pour  l'encourager, 
car  le  Tribun  l'avait  fait  enlever  le  jour  pré- 
cédciU  d'entre  les  mains  de  l'assemblée  des 
Juifs,  de  peur  qu'il  ne  fût  rais  en  pièces.  — 
8"  Comparaître  devant  un  juge.  Act.  27.  2i. 
Cœsari  oportet  fe  as5îs/ere  :  Saint  Paul ,  pour 
assurer  tous  ceux  du  vaisseau  que  personne 
ne  serait  perdu  dans  ce  péril,  leur  raconte 
qu'un  ange  de  Dieu  l'avait  assuré  qu'il  fallait 
qu'il  comparût  devant  Césàr.  —  9'  V^enir,  ar- 
river {-v.çuyuî'^Oc/.i) .  Hebr.  9.11.  Christus  autem 
assislens  Pontifex  f,ulurorunx  ôonorum; Jésus- 
Chrisl,  le  Pontife  d"s  biens  futurs,  est  venu 
dans  le  monde. 

ASSISTRIX  ,  7râf£5/yo?.  Ce  nom  semble 
avoir  élé  mis  pour  Asseslrix,  qui  viendrait 
naturellement  à'assessor;  ainsi  asseslrix,  d'as- 
sidere ;  au  lieu  que  s'il  venait  ii'assisto,  il  de*- 
vrail  y  avoir  astitrix,  d'astitor;  mais  assis- 
trix  signifie  ici 

Qui  est  assise  auprès.  Sap.  9.  i.  Da  mihi 
sediiim  twirum  assistricem  sapientiam  :  Dieu 
de  mes  pères,  donnez-moi  cette  sagesse  qui 
est  assise  auprès  de  vous  dans  voire  trône; 
ce  qiie  le  Sage  demande  pour  bien  régner. 

.^SSON.  Gr.  de  plus  près,  ou  ASSUS,  1.  — 
1°  Viile  de  l'Eolide,  provincedel'AsieMineure, 
où  Us  disciples  joignirent  saint  Paul  et  allè- 
rent lous  ensemble  à  Mylilène.  Act.  20.  v.  13. 
li.  Cesl  maintenant  Âsso,  ville  épiscopale, 
sous  l'archevêché  d'Ephèse  ;  on  la  nomme 
aussi  Apollonie.  —  2°  Un  lieu.  Act.  27.  13. 
Cum  sustulissenl  de  Asson  legebant  Cretam  : 
Ayant  levé  l'ancre  d'Asson,  ils  côtoyèrent  de 
près  l'île  de  Crète.  Il  n'y  a  point  de  ville  de 
ce  nom  sur  la  côte  de  Candie;  mais  l'inter- 
prète a  traduit  par  un  nom  propre  le  mot 
grec  â(77ov,  qui  signifie  de  plus  près. 

ASSUElUi;,  è-Lpf(/.Tzzuy.  Coudre  une  chose  à 
une  autre.  Marc.  2.  21.  Nemo  assutncnium 
panni  rudisassuit  veslimenlo  veten  .  Personne 
ne  coud  une  pièce  de  drap  neuf  à  un  vieux 
vêlemenl.  Noire-Seigneur  montre  pas'  ceUe 
comparaison  (ju'il  ne  faut  point  imposer  aux 
faibles  (b-s  pratiques  trop  rigoureuses. 

ASSUERUS.  Nom  persan.  Princeps  et  Dux. 
—  1  '  Roi  des  iMèdes,  père  de  Darius  Médus, 
et  roi  de  IJabylone.  Dan.  9.  1.  Inanno  primo 
Darii,  fdii  Assueri,  de  scmine  Medorum  :  La 
première  année  de  Darius,  fils  d'Assuérus, 
de  la  race  des  Mèdes.  —  2'  Roi  de  Perse. 
C'est  au  cominenceineul  de  son  règne  que  les 
ennemis  desJuils  formèrent  des  ;iccusalions 
contre  eux.  1.  Esdr.  4.  6.  In  reyno  autcin 
Assueri,  in  priucipio  regni  ejus,  scripscrunt 
accusalionem  adv/rsus  habitat  ores  Judœ  et 
Jérusalem.  Comme  ce  nom  d'Assuérus,  aus^i 
bien  que  celui  d'Arlaxerxès,  était  autrefois 
commun  aux  princes  des  Mèdes  et  des  Perse», 
\ic[  /V»$uéiu!é  coiiviuDl  4i>^uz  au  tera^i  dp 


411 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 


Cambyse,  fils  aîné  de  Cyrus,  et  celui  d'Ar- 
t'axerxès  à  Oropaste,  ce  mage  de  Perso,  qui 
feignit  d'être  le  fils  de  Cambyse,  et  qui  régna 
pendant  quelques  mois.  —  3"  Darius,  fils 
d'Hystaspe,  est  probablement  cet  Assuérus 
qui  a  épousé  Esther,  et  sous  le  règne  duquel 
tout  ce  qui  regarde  l'histoire  de  Mardochée 
et  d'Aman  est  arrivé.  Esth.  1.  1.  In  diebus 
Assueri  qui  regnavit  ab  India  usque  jEthio- 
piam,  ce  qui  convient  à  ce  que  dit  Josèphe, 
1.  11.  Antiq.  c.  k.  que  sa  domination  sélen- 
dait  sur  cent  vingt-sept  provinces,  depuis  les 
Indes  jusqu'à  lElhiopie.  Voy.  Darius. 

ASSUESCERE,  lùiÇjcôai.  S'accoutumer,  être 
accoutumé  à  quelque  chose.  Eccl.  23.  9.  Jii- 
rationi  non  assuescat  os  tuiim  :  Que  votre 
bouche  ne  s'accoutume  point  au  jurement. 
V.  17.  20.  Jerem.  2.  2i. 

ASSUMENTUM,  èTziBUucr..  Ce  nom  est  dé- 
rivé du  verbe  assumere,  et  signifie  pièce,  ou 
morceau   de  quelque   chose.    Marc.  2.   21. 

Voy.    COMMISSURA,   ASSUERE. 

ASSUMERE,  ).a:/eiv£tv,7raoa),apigâvEiv.  Prendre 
quelque  chose  pour  soi.  Dans  l'Ecriture,  — 
1"  Prendre  avec  soi,   prendre  pour  compa- 
gnie. Matth.  17.  1.  Et  post  aies  sex  assumit 
Jeans  Petrum,  et  Jacobum,  et  Joannem  fratrem 
ejus  :  Six  jours  après,  Jésus  ayant  pris  avec 
lui  Pierre,  Jacques  et  Jean,  son  frère.  Ce  fut 
pour  être  témoins  de  sa  transfiguration.  2. 
Tim.  h.  11.  Marcum  assume  .  Prenez   Marc 
avec  vous,  et  amenez-le.  C'était  pour  servir  à 
saint  Paul  dans  le  ministère  de  l'Evangile.— 
2^  Prendre  pour  aide  ((7u/).au.êâvîrv).Exod.  12.  i. 
Assumet  vicinum  suum  :  S'il  n'y  a  pas  dans  la 
maison  assez  de  personnes  pour  pouvoir  man- 
ger l'agneau,  il  on  prendra  de  chez  son  voi- 
sin autant  qu'il  en  fautpourmanger  l'agneau, 
dit  Dieu  à  Moïse.  —  3°  Prendre,  employer, 
se  servir  [oiyjcBai).  Eph.  6.  17.  GaleamsaliUis 
assumite  :  Prenez  le  casque  du  salut.  Voy. 
Galea.  Sa  p.  U.  19.  Yolens  placere  illi  qui  se 
assumpsit  .  Chacun  d'eux  voulant  plaire  à 
celui  qui  l'employait.  Le  Sage  parle  de  l'ap- 
plication des  sculpteurs  d'idoles  à  faire  des 
figures  parfaitement  achevées.  —  V  Attacher 
à  quelque  chose.  Malach.  2.  3.  Assumel  vos 
sccum  :  Je  vous  jetterai  sur  le  visage  les  or- 
dures de  vos  sacrifices  solennels,  et  elles  vous 
emporteront  avec  elles;  aulr.,  elles  s'atta- 
cheront à  vous;  vous  en  serez  tout  couverts. 
Dieu,  en  punition  de  ce  queles  Juifs  n'impri- 
maient point  ses  paroles  dans  leur  coeur,  re- 
jette avec  mépris  leurs  sacrifices.  —5°  Pren- 
dre pour  emporter  ou  transporter.  Matlli.  4. 
V.  5.  8.  Tune  assumpsit  eum  diabolus  :  Le  dia- 
ble alors  prit  et  transporta  Jésus  :  ce  fut  à  la 
seconde  tentation  que  lui  fit  le  démon.  Ezech. 
3.  V.  12.  3V.  Ose.  5.  10.  Deul.  30.  v.  o.  — 
C-»  Prendre  pour  quelque  fonction  ou  pour 
son  service  (Tr/soc-'/cp^^vstvi.  Roin.   1+.  3.  Deus 
Hlum  assumpsit  :  On  ne  doit  point  condamner 
celui  qui  mange  de  tout,  puisque  Dieu  l'a 
pris  à  son  service.  Hebr.  5.  1.  Omnisnamque 
pontifex  ex  hominibus  assumptus  :  Car  tout 
pontife  étant  pris  d'entre  les  hommes,  est  éta- 
bli pour  les   hommes  en   ce  qui  regarde  le 
culte  de  Dieu,  afin  qu'il  offiw  des  dons  et  des 
sacrifices  pour  les  péchés.  Exod.  6.  7.  c.  ^9. 


4lî 

4.  Sap.  li.  19.  Is.  66.  21.  Jerem.  23.  9.  c.  33. 
26.  c.  43.  10.  Ainsi  3.  Reg.  11.  37.  Te  autem 
assumam  :  Mais  pour  vous,  je  vous  prendrai, 
et  vous  serez  roi  dans  Israël,  dit  Dieu  à  Jé- 
roboam. —  7°  Prendre  quelqu'un  pour  le  pu- 
nir ou  le  perdre  {v-olKjsi'j).  Jerem.  44.  12.  As- 
sumam reliquias  Judœ  :  Je  perdrai  les  restes 
de  Juda.  Ezech.  17.  12.-8°  Choisir,  préférer 
(So-J'/.i'jOxi).  Isa.  8. 6.  Abjecitpopulus  iste  aquas 
Siloe  qnœ  vadunt  cum  silentio,  et  assumpsit 
jyiaqis  Rnsin  et  filium  Romeliœ  :  Ce  peuple  a 
rejeté  les  eaux  de  Siloé,  qui  coulent  paisible- 
ment et  en  silence,  et  a  mieux  aimé  s'appuyer 
surRasin  et  sur  le  fils  de  Romélie.  Voy.SiLOÉ, 
Voy.  RoMELiA.  Jerem.  3.  4.  Matth.  24.  y.  40. 
41.  Ainsi  Luc.  17.  34.  Unus  assumetur,  et  al- 
ter  relinquetur  :  De  deux  personnes  qui  se- 
ront dans  le  même  lit,  l'un  sera  pris  et  l'autre 
laissé.  —  9°  Recevoir,  introduire  quelqu'un, 
l'admettre,  luidonner  place («vK)aaÇ«v3tv).Acl. 
20. 14.  Assumpto  eo ,  venimus  Mitylenem  :L'E- 
vangéliste  dit  que  saint  Paul  étant  remonté 
à  Asson  dans  le  vaisseau,  alla  à  Milylène.  — 
10"  Prendre,  recevoir  quelqu'un  chez  soi,  le 
traiter  avec  bonté  et  ch'arité  (7:|0O7).atxÇ«vctv). 
Rom. 14.  l.Jnfirmutn  in  fide  assumi/e: Recevez 
avec  charité  celui  qui  est  encore  faible  dans 
la  foi,  sans  vous  amuser  à  contester  avec 
lui.  Act.  18.  20.  Assumpserunt  eum  :  Quand 
Priscille  et  Aquilas  eurent  ouï  Apollon  en- 
seigner ce  qui  regardait  Jésus,  ils  le  retirè- 
rent chez  eux;  comme  cet  Apollon   n'avait 
connaissance  que  du  baptême  de  saint  Jean, 
ce  fut  pour  l'instruire  plus  amplement.  Ag- 
gée.  2.  24.  Voy.  Suscipere.  Ainsi  Ps.  26.  16. 
Dominus  autem  assumpsit  me  :   Le  Sei^^ieur 
s'est  chargé  de  moi   pour  en  prendre   soin. 
Hebr.  Collegit  me  :  Le  Seigneur  m'a  recueilli 
et,  pour  ainsi  dire,  levé  de  terre    comme 
on  lève  les  enfants  exposés.  —  11°  Secourir, 
délivrer,   assister,  2.  Reg.  22.  7.  Assumpsit 
me  et  extraxit  me  de  aquis  inultis  :  Le  Sei- 
gneur m'a  pris  et  m'a  retiré  du  milieu  des 
eaux.  David  témoigne  à  Dieu  sa  reconnais- 
sance de  l'avoir  délivré  de  tous  ses  enne- 
mis  (àvn/.apigâvHtv).  Voy.  Aqua.   Ps.  17.  17. 
Eccl.  29.  12.  Propter  mandatum  assume  pau- 
perem  :  Assistez  le  pauvre,  à  cause  du  com- 
mandement. Ezech.  37.  21.  —  12^  Gagner, 
acquérir  [ïyjvj).  Amos.  6.  14.  Numquid  non 
in  forlitudine  noslra  assumpsimus  nobis  cor- 
nua?  N'est-ce  pas  par  notre  propre  force  que 
nous  nous  sommes  acquis  une  si  grande  puis- 
sance? Voy.  Cornu.  —  13'  Elever  en  haut, 
éleverauciel  (àv:<),aaÇàvîtv).  Act.  1.2.  Usque  in 
diem  qtia  assumptus  est  :  Saint  Luc  témoigne 
qu'il  a  parlé  dans  son  premier  livre  do  toutes 
les  choses  que  Jésus  a  faites  vi  enseignées 
jusqu'au  jour  qu'il  fut  élevé  dans  le  ciel.  v. 
11.  2:>.  Marc.  16.  19.  Ainsi  1.  Tim.  3.  16.  As- 
sumptum  est  in  gloria:  Le  Verbe  incarné,  ap- 
pelé mystère  d'amour,  a  été  élevé  et  reçu 
dans    la   gloire.  —   14°  Prendre,   recevoir. 
Eccli.  23.  38.  Longitudo  dierum  assumetur  ab 
eo  :  C'est  le   Seigneur   qui  donne  des  jours 
sans  fin.  Gr.  Etre  reçu  de  Dieu  est  une  vie 
qui  n'a  point  de  fin.  c.  51.  36.  Assumite  dis- 
ciplinam  :  Recevez  l'instruction  comme  une 
grande  quantité  d'argent.  Jerem.  9.  20.  — 


415 


\SS 


ASS 


i5°  Prendre  sur  soi ,  se  charger,  soutenir, 

Ezech.  4.  6.  Assumes  inîquitalem  domus  Juda: 
Vous  prendrez  sur  vous  l'iniquité  de. la  mai- 
son de  Juda.  Le  prophète  ici  est  une  figure 
de  la  patience  dont  Dieu  supporta  l'iniquité 
des  Juifs  depuis  le  règne  do  Josias.  v.  i.  — 
16' Retirer  («vaoaivctv).  Ezech.  9.  3.  Et  glo- 
ria  Domini  assumpta  est  deCherub:  La  gloire 
du  Dieu  d'Israël  s'éleva  de  dessus  le  chéru- 
bin où  elle  était,  et  vint  à  l'entrée  de  la  mai- 
son du  Seigneur;  c'était  pour  faire  connaî- 
Ire  que  Dieu  devait  bientôt  sortir  en  effet  du 
temple.  —  17°  Entreprendre  {inioiyjtT^uL).  2. 
Mach.  2.  27.  Negotium  plénum  vigÙiarum  et 
sudoris  assumpsimus  :  Nous  engageant  à  rap- 
porter en  abrégé  dans  ce  livre  ce  qui  a  élé 
écrit  en  cinq  livres  par  Jason  le  Cyrénéen, 
nous  avons  entrepris  un  travail  qui  demande 
une  grande  application  et  beaucoup  de 
peine. 
De  ce  verbe  viennent  ces  façons  de  parler  : 
AsscMERE  cogitalionem.  Prendre  un  des- 
sein, une  résolution  (e-it-ôcv,  altrahere  ). 
Sap.  19.  3.  Aliatn  sibi  assumpserunt  cogita- 
lionem inscienliœ  :  Les  Egyptiens,  ayant  ren- 
voyé avec  un  grand  empressement  les  Israé- 
lites, prirent  tout  d'un  coup  follement  une 
autre  pensée  ;  ce  fut  en  se  mettant  à  les 
poursuivre. 

AssuMERE  fletum,  lamentum,  planctum.  Ré- 
pandre des  larmes,  jeter  de  grands  cris,  faire 
un  grand  deuil  {Iciuîù-jîtOxi).  Jerem.  9.  v.  10. 
18.  Assumam  fletum  et  lamentum  :  Je  vais  ré- 
pandre des  larmes  ,  et  jeter  de  grands  cris 
sur  les  montagnes,  dit  le  prophète,  qui  veut 
confondre  l'insensibilité  du  peuple-  par  l'a- 
bondance de  ses  larmes.  Ezech.  19.  1.  ih  tu 
assume  planctum  super  principes  Israël  : 
Vous,  ô  Ezéchiel,  faites  un  grand  deuil  sur 
les  princes  d'Israël.  Dieu  commande  au  pro- 
phète de  pleurer  Josias,  qui  était  un  très- 
bon  prince,  étant  retourné  à  Dieu  de  tout 
son  cœur,  et  qui  fut  tué  ensuite  par  Pharaon 
Necao,  roi  d'Egypte. 

AssvMERE  laudem  et  urationem,7zpoiîî\)^e(jOy.i. 
Employer  les  sollicitations  et  les  prières  pour 
quelqu'un.  Jerem.  7.  16.  Nec  assumas  pro 
eis  laudem  et  orationem  :  Jérémie,  n'entre- 
prenez point  de  me  conjurer  et  de  me  prier 
pour  ce  peuple.  Dieu  voulait  prévenir  la 
douleur  qu'eût  eue  son  prophète,  de  n'être 
pas  exaucé. 

AssuMERE  linguam  suam.  N'employer  sa 
langue  qu'à  dire  des  paroles  d'^  douceur  cl 
de  llatterie.  Jerem,  23.  31.  (Juiassumunt  lin- 
guas  suas  ;  Hebr.  lenificant  :  Je  viens  aux 
prophètes,  dit  le  Seigneur,  qui  n'ont  que  la 
douceur  sur  la  langue;  faux  prophètes,  qui 
séduisent  par  un  éiscours  fliitleur. 

AssuMEKE  paraboUim.  User  d'un  discours 
grave,  figuré  ou  prophétique  («v«/.af/Çâ.v£tv). 
Num,  23.  v.  7.  18.  Assumpta  parahoïa  :  Ba- 
l<iam  commença  à  prophiiiiser  :  ce  fut  à  Ra- 
lac,  au  sujet  de  Jacob,  qu'il  bénit  de  la  part 
de  Dieu,  au  lieu  de  le  maudire,  comme  le  lui 
av.iit  demandé  Balac.  c.  :2V.  3.  Job.  29.  1. 
Assument  parabolam  :  Continuant  son  dis- 
cours. Voy.  Parabola. 
AssuMERu  sibi  sapienliam.  S'attribuer  la 


Mi 


sagesse,  s'en  flatter.  Zach.  9.  2.  Assump.ie- 
runt  qmppe  sibi  sapienliam  valde  :  Celte  pro- 
phétie s'étendra  aussi  sur  Emath,  sur  Tyr  et 
sur  Sidon  ;  parce  qu'ils  se  sont  flattés  si  in- 
solemment de  leur  sagesse.  Alexandre  assié- 
gea  la  ville  de  Tyr,  la  .prit  et  la  fit  brûler  : 
ce  qui  fut  l'accomplissement  de  celte  pro- 
phétie. 

AssuMERE  terminum  ou  terminas .  Prendre 
les  bornes  des  terres,  lâcher  d'ciendre  ses 
terres,  y  travailler  (u£T«Tt5ivai,  îransponere). 
Ose.  o.  10.  Facti  sunt  principes  Juda  quasi 
assumenles  terminum  :  Quand  les  dix  Iribus 
furent  emmenées  en  càplivilé,  la  tribu  de 
Juda  ne  pensait  qu'à  s'emparer  de  leurs  ter- 
res ;  c'est  pourquoi,  comme  cette  tribu  était 
obligée  de  les  assister.  Dieu  la  menace  de 
ses  châtiments.  Ainsi,  Deut.  19.  U. 

AssuMEUE  vires.  Réparer,  prendre  des  for- 
ces. Judic.  19.  8.  Oro  te  ut  paululum  cibi  ca- 
pias,  et  assumptis  viribus proficiscaris  .-Avant 
que  vous  vous  en  alliez,  je  vous  prie  de 
manger  un  peu  auparavant,  afin  qu'ayant 
pris  des  forces,  vous  vous  en  alliez  quand  le 
jour  sera  plus  avancé,  dit  le  beau-père  au 
lévite  son  gendre,  qui  demeurait  au  côté  de 
la  montagne  dEphraïm. 

AssuMERE  ze/um,  ÇïjÀoûv.  Devenu  jaloux  de 
quelque  chose.  Ezech.  39.  2o.  Assumam  ze~ 
lum  pro  nomine  sancto  meo  :  Je  deviendrai 
jaloux  de  l'honneur  de  mon  saint  nom  ;  sa- 
voir :  lorsque  Dieu  devait  faire  connaître 
que  les  Juifs  n'auraient  été  emmenés  captifs 
qu'à  cause  de  leurs  péchés,  et  que  Dieu 
même  les  aurait  livrés  entre  les  mains  de 
leurs  ennemis,  qui  avaient  coutume  d'attri- 
buer leurs  victoires  à  leurs  propres  forces 
Autres  phrases  Urées  de  ce  verbe. 

AssuMERE  sermones  alicujiis  in  corde  sito. 
Mettre  dans  son  cœur  ce  qu'on  nous  dit,  pour 
en  être  pénétré.  Ezech.  3.  10.  Omnes  sermo- 
nes meos^  quos  ego  loquar  ad  te,  assume  in 
corde  tuo  :  Mettez  dans  votre  cœur  toutes  les 
paroles  que  je  vous  dis.  Dieu  envoie  le  pro- 
phèteannoncersaparoleauxJuifs qui  avaient 
été  emmenés  cajjlifs. 

ASSUMERE  aliquid pcr  os  suum,  «va>K|Me«- 
vstv.  Ouvrir  sa  bouche  pour  parler  de  quel- 
que chose.  Pb.  49.  16.  fur  assumis  testamen- 
tum  meumper  os  luum?  Pourquoi  avez-vous 
toujours  mon  alliance  dans  la  bouche;  letlr. 
Pourquoi  usurpez-vous  mon  alliance  par  vos 
paroles  :  ce  qui  était  désagréable  à  Dieu  dans 
ceux  qui,  ne  parlant  que  des  avantages  de 
son  alliance  ,  ne  déracinaient  pas  en  eux- 
mêmes  le  vice. 

AssuMERE  aliquid  in  vanum,  Iuim^Aveiv. 
Prendre  en  main,  employer  une  chose  sainte 
pour  autoriser  une  fausseté,  ou  parler  d'une 
chose  sainte  sans  garder  tout  le  respect  qui 
lui  est  dû.  Exod.  20.  7.  Non  assumes  nomen 
Domiiti  Dei  lui  in  vanum  :  Vous  ne  prendrez 
pointen  vain  le  nom  du  Seigneur,  votre  Dieu- 
ce  précepte  défend  non-seulement  de  se  ser- 
vir du  nom  de  Dieu  pour  autoriser  une  faus 
seté,  mais  même  de  le  prononcer  sans  un 
profond  respect. 
ASSUMI^TIO,  Nis.  Ce  nom  signifie  propre- 


Al! 


DlCTlOiNNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


416 


ment  l'action  de  prendre;  dans  l'Ecriture  : 

1»  Protection,  assistance  {àyriln^iç).  Ps. 
88.  19.  Domini  est  assumptio  nostra  :  Le 
Seigneur  est  notre  protection. 

2°  Rappel  ,  rétablissement  {,TzçÔG}.n-l>iç  ). 
Rom.  11.  15.  Quœ  assumptio  nisi  rita  exmor- 
tuis?  Quel  sera  le  rappel  des  Juifs,  sinon  un 
retour  de  la  mort  à  la  vie?  savoir,  par  la 
grâce  que  Dieu  leur  fera  de  les  rappeler  à  la 
connaissance  du  nom  de  Jésus-Christ. 

.5°  Départ,  sortie  du  monde  {  ù-jt/lv-^ig  ). 
Luc.  9.  81.  Cum  complerentur  dies  assumptio- 
nis  ejus  :  Lorsque  le  temps  auquel  Jésus- 
Christ  devait  être  enlevé  du  monde  appro- 
chait ,  il  se  résolut  daller  à  Jérusalem. 

i°  Vision,  prophétie.  Thron.  2.  li.  Vide- 
riint  tibi  assiimptiones  falsas  :  Vos  prophètes 
ont  eu  pour  vous  des  visions  fausses  et  ex- 
travagantes. Ce  mot  assumptio ,  gr.  IriuLua, 
répond  au  mot  hébreu  jnassa ,  qui  signifie 
une  prophétie,  du  verbe  nasa,  qui,  entre  au- 
tres significations,  marque  prophétiser.  Voy. 

ASSUMERE. 

ASSUR,  Hébr.  Insidiator;  gr.à(7(7ov/3,  «s-aJ- 
ûtot.  — 1°  Fils  de  Sem.  Gen.  10.  22.  (|ui  bâtit 
Ninive.  v.  11.  capitale  du  royaume  d'Assyrie. 
Voy.  NiNivE. — 2°  L'Assyrie,  ou  les  Assy- 
riens. Num.  2i.  22.  Assur  capiet  te  :  L'Assy- 
rie vous  doit  prendre  un  jour,  dit  Balaam 
des  Cinéens  :  en  effet,  les  Cinéens  de  Neph- 
tali  furent  transférés  par  Salmanasar,  et  ceux 
de  Juda  par  les  Chaldéens.  k.  Reg.  lo.  29. 
Ose.  10.  6.  Ipse  in  Assur  delatus  est  :  Le  veau 
d'or  adoré  par  les  Samaritains  comme  leur 
Dieu ,  a  été  porté  en  Assyrie  ;  ils  eu  firent  un 
jwésent  au  roi ,  dont  ils  voulaient  acheter  la 
protection.  Isa.  52.  4.  Assur  ahsque  ulla  causa 
calumniatus  est  eum  :  Assur  a  opprimé  mon 
peuple  sans  aucun  sujet;  c'esl-à-dire ,  les 
Assyriens  ;  mais  Ezech.  27.  23.  Par  Assur, 
on  doit  entendre  les  Babyloniens;  ces  deux 
peu  pies  ensemble  ne  faisaient  qu'un  royaume, 
qui  comprenait  l'Assyrie,  la  Mésopotamie, 
la  Chaldée  et  s'appelait  généralement  du 
nom  d'Assyrie ,  aujourd'hui  Diarbech  (entre 
la  Turquie  et  la  Perse). — 3°  roi  d'Assyrie. 
Ezech.  31.  3.  Ecce  Assur  quasi  cedrus  in  Li- 
bano  :  Assur  était  comme  un  cèdre  sur  le  Li- 
ban. Cette  comparaison  tend  à  faire  connaî- 
tre la  force  et  l'éclat  de  l'empire  du  roi  des 
Assyriens ,  c.  32.  22.  Ainsi ,  Num.  2î.  22. 
Assur  enim  capiet  te  :  Combien  de  temps  de- 
meurerez-vous  en  cet  étal  de  ft)rce  où  vous 
êtes;  car  Assur  vous  doit  prendre  un  jour; 
ce  fut  Salmanasar  qui  transféra  les  (Cinéens 
de  Nephtali.  Voy.  Asslb.  2"  On  peut  entendre 
dans  ce  dernier  passage,  ou  l'Assyrie  ou  le 
roi  d'Assyrie.  1.  Esdr.  0.  22.  Converlernl  cor 
régis  Assur  ad  eos  :  Le  Seigneur  avait  tourne 
le  cœur  du  roi  d'Assyrie  ;  c'était  Da- 
rius, fils  d'Hystaspe,  lequel  ayant  recouvré 
Babylone  (jui  s'était  révoltée  contre  lui,  av  lit 
l'empire  des  Assyriens,  aussi  bien  que  celui 
des  Perses.  Judith.  16.  5.  —  ^i-°  Roi  de  Syrie. 
Z,u:h.  10.  11.  Voy.  Humiliàre.  —5°  Père  de 
Thécua.  1.  Par.  k.  5. 

ASSUUGERE  ,  «viffraaOat.  Se  lever,  en  par- 
lant iluue  personne  qui  était  assise  ou  cou- 
chée j  w.  ijui  se  (lit  aussi  J'un  maluU*  (jmî  se 


porte  mieux,  d'un  homme  qui  croît  et  de- 
vient grand  ,  d'une  colline  qui  va  en  mon- 
tant, d'un  auteur  qui  s'élève  dans  son  style; 
dans  l'Ecriture  :  Se  lever  par  respect  devant 
quelqu'un.  Gen.  31.  35.  Ne  irascatur  Domi- 
nus  meus ,  quod  coram  te  assurgere  nequeo  : 
Que  mon  Seigneur  ne  se  fâche  pas  si  je  ne 
puis  me  lever  maintenant  devant  lui,  dit  Ra- 
chelà  Laban,  laquelle,  étant  assise  sur  les 
idoles  que  cherchait  Laban,  s'excusa  de  ne 
pouvoir  se  lever,  sur  ce  que  le  mal  ordi- 
naire aux  femmes  venait  de  la  prendre.  Esth. 
5.  9.  Ainsi ,  Job.  29.  8.  Senes  assurgentes  sta- 
6ani  ;  Les  vieillards  se  levant,  se  tenaient 
debout;  Job  fait  connaître  ici  qu'il  était  ho- 
noré et  regardé  comme  le  prince  du  pays. 

ASSCiilM  ,  Heb.  Insidiatores.  Fils  de  Da- 
dan  ,  petil-fîls  d'Abraham  et  de  Céthura ,  sa 
seconde  femme.  1.  Par.  1.  .32. 

ASSUS  ,  à  ,  UM  ,  ÔTTTÔ?.  Ce  participe  ossus, 
mis  pour  assatus ,  vient  du  verbe  grec  «Çw, 
sîcco ,  et  signifie  rôti.  Exod.  12.  v.  8.  9.  Et 
edent  carnes  nocte  illa  assas  igni  :  Les  enfants 
d'Israël,  la  nuit  du  quatrième  jour  du  mois 
de  nisan,  mangeront  la  chair  rôtie  au  feu  : 
c'est  de  l'Agneau  pascal.  Luc.  2i.  43.  At  illi 
oblulerunt  ei  partem  piscis  àssi  :  Et  les  apô- 
tres présentèrent  à  Jésus-Christ  un  morceau 
de  poisson  rôti;  ce  fut  après  sa  résurrection, 
lorsqu'il  leur  demanda  quelque  chose  à 
manger,  pour  les  assurer  que  ce  n'était  point 
un  esprit ,  mais  lui-même  qu'ils  voyaient. 

ASSYRIUS ,  Heb.  Insidiator,  ào-TJ/jfo?.  1° 
Assyrien,  qui  est  d'Assyrie,  généralement 
prise,  qui  comprend  l'Assyrie,  prise  plus 
étroitement  pour  une  province;  la  Mésopo- 
tamie el  la  Chaldée,  dont  la  capitale  était 
Babylone.  Tob.  1.2.  Judith.  1.  5.  etc.  Sou- 
vent ailleurs  ,  Mich.  5.  5.  2°  Assyrien,  qui 
est  de  l'Assyrie,  province  distinguée  de  la 
Mésopotamie  et  de  la  Chaldée.  L'Assyrie  , 
proprement  dite,  est  le  pays  qui  est  autour 
(le  Ninive,  lequel  a  été  depuis  appelé  Adia- 
bene ;  mais  plusieurs  ont  souvent  confondu 
les  Syriens  et  les  Assyriens,  au  lieu  que  l'u- 
sage a  voulu,  depuis,  que  ces  deux  peuples 
fussent  séparés  par  l'Euphrate  ou  au  moins 
parle  Tigre.  Gen.  2.  ii.  —  3°  Syrien,  qui  est 
de  Syrie.  Gen.  25.  18.  Habilavit  autem  ab 
Hevila  usque  Sur,  quœ  respicit  JEgyptum  in- 
troeuntibus  Assyrios  :  Le  pays  ou  Ismaël  ha- 
bita, fut  depuis  Hévila  jusqu'à  Sur,  qui  re- 
garde l'Egypte,  lorsqu'on  entre  dans  la  Sy- 
rie. 

ASTARE.  Voy.  Adstare. 

ASTAROTH,  Heb.  Reges.  —  i"  Ville  capi- 
tale d'Og  ,  roi  de  Basan.  Cette  ville  était  si- 
tuée dans  la  plaine  des  Moabites  ,  au  milieu 
de  la  tribu  deManassés.  Délit.  1.  4.— 2°  Pays 
qui  a  pris  son  nom  de  la  ville.  Gen.  14.  5. 
Percusseruntque  Rophaim  in  Astaroth  Car- 
naim  :  Chodorlahomor  vint  avec  les  rois  qui 
s'étaient  joints  à  hii.  et  ils  défirent  les  Ra- 
phaïles  dans  Astaroth-Carnaïm  ;  or,  Asta- 
roth-Carnaiin  signifie  Astaroth  à  deux  cor- 
nes, soit  parce  que  cette  ville  était  située 
sur  une  montagne  qui  avait  deux  pointes; 
soit  à  cause  que  l'on  y  adorait  Diane,  qui 
éUit  représeiuée  avec  un  croissant  sur  i^ 


H7 


AST 


AST 


418 


tête.  Jos.  9.  10.  c.  12.  i.  c.  13.  v.  12.  .3t.  1. 
Par.  6.  71.  Voy.  BOsra.— S"  Idole  des  Philis- 
tins. 1.  Reg.  31.  iO. Et  posurrunt  arma  ejus 
in  templo  Àstaroth  :  Les  Philislins  mirent  les 
armes  de  Saiil  dans  le  temple  d'Astarolh  ; 
ce  fut  après  sa  défailc  et  sa  mort,  où  il  est 
à  remarquer  que,  dans  tous  les  passages  du 
livre  des  Juges  ,  Baal  est  toujours  joint  à 
Astaroth.  Judic.  2.  13.  ûimitlentes  eum,et 
servientes  Baal  et  Astaroth  •  Les  Israélites 
quittèrent  Dieu  pour  servir  Baal  et  Astaroth; 
ce  fut  pour  leur  idolâtrie  que  Dieu  les  livra 
entre  les  mains  de  leurs  ennemis,  c  3.  7.  c. 
10.  6.  etc.,  et  ces  deux  idoles  fuient  rejelé 'S 
par  les  Israélites ,  de  l'ordre  de  Samuel.  1. 
Reg.  7.  V.  3.  k.  Celte  idole  d'Astaroth  est  la 
même  que  celle  (jui  est  appelée  Astarthe, 
adorée  par  Salomon.  3.  Reg.  11.  o.Voy.  As- 
tarthe. 

ASTARORHITES,  Heb.  Grèges.  Qui  est 
d'Astaroth.  1.  Par.  11.  iV.  Ozia  Astaro- 
rhites. 

ASTARTHE,  Ovis  ou  grex.  Idole  des  Si- 
doniens  et  des  Philistins,  adorée  par  Salo- 
mon. 3.  Reg.  11.  5.  Sed  colebat  Salomon  As- 
tarthen  Deam  Sidoniorum  :  Salomon  adorait 
Astarihé,  déesse  des  Sidoniens;  les  auteurs 
profanes  appellent  celte  idole  :  Déesse  des 
5^/'j>«s; quelques-uns  croient  qu'elle  avait  la 
figure  d'une  brebis;  d'autres,  tjue  depuis  la 
télc  jusqu'à  la  moitié,  elle  avait  la  forme 
rie  femme,  et  le  reste  la  figure  de  poisson. 
Lt'sunscroientque  c'était  la  Vénus  des  Grecs 
et  des  Romains,  et  d'autres  l'idole  de  la  lune, 
ou  Diane  ,  qui  passait  pour  la  reine  des  as- 
tres ;  ainsi  son  nom  pouvait  venir  de  l'hé- 
breu Asalli ,  d"où  vient  «^rrio,  astrum. 

ASTRINGERE.— 1"  Lier,'  attacher,  serrer 
(ttcotsive'-v).  Acl.  22.  2o.  Cum  nstrinxisseni 
enm  loris  :  On  lia  saint  Paul  par  l'ordre  du 
tribun  de  la  cohorte  qui  gardait  le  temple, 
pour  le  mettre  en  état  délre  fouetté.  Levil. 
8.  8.  Quod  astringens  cingulo  aptarit  ratio- 
naU  :  Moïse  serrant  l'éphod  avec  la  ceinture 
y  attacha  le  rational  (^v^yiy/Eiv  .  Ezech.  27. 
2+. — 2°  Engager,  obliger  de  faire.  3.  Reg.  8. 
m.  Si  peccaverit  fiorno  in  proximiim  suuin  , 
et  habuerit  alir^uod  jiiramenlum,  quo  teneafur 
odstrictus  :  Salomon  den)ande  à  Dieu  d'ex.iu- 
cer  celui  qui  viendra  dans  son  saint  temple 
pour  le  prier  de  lui  faire  rendre  la  justice 
contre  un  dépositaire  qui  lui  aura  nié  le  dé- 
pôt qu'il  aura  reçu  de  lui.  Voy.  Juramex- 

TtM. 

ASTRUM.  Ce  mot  est  grec  «o-t/sov,  et  signi- 
fie un  astre,  et  se  dit  proprement  d'une  cons- 
tellation ;  il  se  dit  aussi,  mais  improprement, 
du  soleil,  de  la  lune  et  de  chacjue  étoile  en 
p.irliculier  ;  dans  l'Ecriture  : 

Astre.  Job.  38.7.  fy'6/  eras,  cnm  melaudnretU 
timid  nslra  mnlutina  ?  Où  eliez-vous  ,  lors- 
que les  astres  du  malin  me  louaient  tous  en- 
i^emble,  en  me  reconnaissant  Irur  créateur? 
Voy.  Matutinus.  D'où  vient  celte  façon  de 
parler  figurée. 

Jîxaltnre  sotium  suuin  super  astrn  .-  Elever 
son  trône  au-dessus  des  aslrcs;  c Cst-à-dire, 
s'élever  d'une  manière  orgueilleuse  au-des- 
Bus  de  tout.  Isa.  1^*.  13.  Super  astrn  Dei  exal- 


taho  soUxim  meum  :  Comment  as-tu  été  ren- 
versé sur  la  terre,  toi  qui  disais  en  ton  cœur: 
J'élablirai  mon  trône  au-dessus  des  aslres  de 
Dieu.  Cela  s'entend  du  démon,  sous  la  figure 
du  roi  de  Babylone.  Voy.  Lucifer.  Deut.  i 
19.  c.  10.  22.  c.  28.  62. 

ASTUTIA  ,  Trv.Mr>vpyîvuv..  Ce  substantif  si- 
gnifie proprement,  finesse;  dans  l'Ecriture  : 
—1°  Finesse,  artifice  malicieux,  sagesse  et 
prudence  du  siècle  çscôwjc-tr  ).  Job.  5.  1.3, 
Qui  apprehendit  sapieniès  in  astuiia  eorum  ': 
Dieu  trompe  les  sages  par  leur  propre  sa-^ 
gesse.  Saint  Paul  ;>ppe!le  cette  sagesse  une 
vraie  folie.  1.  Cor.  3.  19.  Snpicntia  enim  hu- 
jus  mundi  stultitia  est  apud  Beum  :  La  sa- 
gesse de  ce  monde  esl  une  folie  devant  Dieu 
2.  Cor.  4.  2.  c.  11.  3.  Eph.  i.  li.  — 2"  Pru-^ 
dence,  discernement,  vertu  par  laquelle  on 
juge  bien  des  choses  et  l'on  évite  d'être 
trompé  (Travo'jcyia;.  Prov.  1.  i.  Utdetur  par- 
vulis  astuiia:  Salomon  dit  que  ses  paraboles 
sont  pour  donner  delà  discrétion  aux  sim- 
ples, r.  8.0.  A'oy.  Parvclus.  — .3"  Desseins 
secrets  et  cachés,  sages  conseils.  Eccli.  1.  6. 
Astutias  illius  quis  agnovit?  Qui  a  pénétré 
les  artifices  divins  du  Verbe  de  Dieu?— i» 
Pensées  secrètes  et  cnchées  (m  bonne  ou 
mauvaise  part).  Eccli.  i2.  18.  Et  in  aslutia 
ejus  excogitabit  (pour  astutiam)  :  Le  Sei- 
'gneur  pénètre  les  plus  secrètes  pensées  des 
hommes;  avec  quoi  s'accorde  Luc.  16.  15. 

ASTUTUS,  A,  UM,  TravoOiyo.-.  Cet  adjectif 
est  dérivé  d'astus,  du  nom  Astu ,  qui  était  la 
Tille  d'Athènes,  et  signifie  dans  l'Ecriture  : 
1°  Fin  ,  rusé,  artificieux.  2.  Cor.  12.  16.  Cum 
essem  astutus,  dolo  vos  cepi  :  On  dira  peut- 
être  qu'il  est  vrai  que  je  ne  vous  ai  point  été 
à  charge;  mais  qu'étant  artificieux  ,  j'ai  usé 
d'adresse  pour  vous  surprendre.  Le  saint 
Apôtre  se  justifie  des  calomnies  que  ses  en- 
nemis lui  avaient  faites  ou  nouvaient  lui 
faire.— 2^  Sage,  discret ,  habile.  Prov.  13. 
H^.Astutusomnia  agit  cum  cons?'/iO; L'homme 
habile  fait  tout  avec  conseil,  c.  13.  o.  Qui 
custodit  increpationes,  astutior  fiet  .-Celui 
qui  se  rend  au  châtiment  deviendra  plus 
sage.  c.  I'k  1.0.  c.  13.  18.  c.  27.  12.  Eccli. 
18.  2M.  c.  37  21. 

ASTYAGES,  Heb.  Ductor  urbis.  Roi  des 
Mèdes  et  des  Perses;  ce  prince  avait  songé 
que  lenfant  qui  naîtrait  deMandane,sa  fille, 
lui  ôterait  un  jour  la  couronne;  pour  pré- 
venir ce  malheur,  il  la  maria  à  un  honime 
de  fort  basse  condition,  nommé  Cambijses; 
laquelle  ayant  accouché  d'un  fils  ,  Astyages 
le  fil  prendre  et  le  do;ina  à  Harp;igus ,  son 
confident,  pour  le  faire  mourir.  Harpagus 
eut  horreur  dune  si  cruelle  action,  il  le 
donna  au  pasteur  qui  gardait  les  troupeaux 
du  roi,  qui  le  changea  pour  son  fils,  et  fi' 
croire  au  roi  qu'il  était  morl.  Cet  enfant 
étant  devenu  grrind,  appril  de  quel  sang  i; 
était  sorti;  Harpagus,  qui  avait  i)erdu  les 
bonnes  grâces  d'Aslyages,  fournit  des  arn>es 
et  de  1  iirgenl  à  ce  jeune  prince  pour  faire 
la  guerr(!  a  son  aïeul;  il  le  chassa  du  trône, 
et,  selon  quel(|ues-uns .  le  fil  mourir;  selon 
d'autres,  il  lui  laissa  l'Hyrcanie;  il  prit  Ba- 
bylone la  27*  année  de  son  règne,  avec  Da 


119 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


420 


rius,  son  oncle  maternel.  Dan.  13.  65.  Rex 
Astmges  appositus  est  adpalressuos,  et  susce- 
pit  Cyrus  Perses  regnum  ejus  :  Asiyages 
ayant  été  joint  à  ses  pères  parla  mort,  Cy- 
rus de  Perse  succéda  au  royaume,  l'an  3U4. 
Voy  Darils. 

ASYLUM,  1.  u(7\jIo'j.  Ce  nom  latin  vient 
de  l'a  privatif,  et  du  Grec  (tj),»?,  qui  signifie 
dépouille;  parce  qu'il  n'était  pas  permis  de 
dépouiller  ceux  qui  s'étaient  réfugiés  dans 
quelque  lieu  d'asile  ou  refuge,  et  signifle, 

Asile,  refuge,  lieu  de  sûreté.  2.  Mach.  4. 
3'i..  Ciimjurejurando...  suasisset  de  asylo  pro- 
céder e,  slatim  peremit  ein?i;Andronique  ayant 
persuadé  à  Onias,  par  la  parole  qu'il  lui 
donna  avec  serment  de  ne  lui  point  faire  de 
mal,  de  sortir  de  l'asile  où  il  était,  il  le  tua 
aussitôt  :  ce  fut  à  l'instigation  de  Ménélaùs. 

ASYNCRITUS,  1 .  Gr.  Incomparabilis.  Un 
chrétien  que  saint  Paul  salue.  Rom.  16.  14. 

AT.  5;.  Cette  conjonction  ,  qui  vient  du 
Grec,  àràp  ,  signifie,  7nais,  et  est  le  plus  sou- 
vent conjonction  adversative  et  cotrective. 
Elle  s'oppose  souvent  à  non-seulement,  pour 
marquer  quelque  augmentation  ou  contra- 
riété. Elle  sert  souvent  de  liaison  au  discours, 
et  il  est  difficile  d'en  déterminer  la  significa- 
tion. 

1°  Mais,  conjonction  adversative  ou  cor- 
rective.  Luc.  9.  21.  At  ille  increpans  illos: 
Jésus  demandant  à  ses  disciples  qui  ils  di- 
saient qui  il  était,  saint  Pierre  répondit  :  Le 
Christ  de  Dieu  ;  mais  Jésus  leur  défendit  très- 
expressément  de  parler  do  cela  à  personne. 
c.  4.  C.12.  U. 

On  s'en  sert  pour  répondre,  et  elle  peut 
souvent  se  rendre  par  le  relatif  qui,  quœ, 
quod.  Matth.  26.  66.  Àt  illirespondentes  dixe- 
runt  :  Reus  est  mortis  (  pour  qui  dixerunt  ). 
Le  grand-prêtre  dit  a  tout  le  conseil  ;  Que 
jugez-vous  de  ce  que  vous  venez  d'entendre 
de  Jésus?  Ils  répondirent  :  Il  a  mérité  la 
mort.  Marc.  9.  20.  et  ailleurs  en  plusieurs 
endroits.  Marc.  7.  28.  etc. 

3"  Ensuite,  par  après.  Gen.  8.  5.  At  vero 
aquœ  ibant  et  decrescebant  :  Les  eaux  com- 
mencèrent à  diminuer,  et  le  27'  jour  du  sep- 
tième mois,  l'arche  se  reposa  sur  les  monta- 
gnes d'Arménie,  et  puis  après,  les  eaux  al- 
laient toujours  en  diminuant,  c.  i6.  31.  Act. 
22.  14. 

4°  Celte  particule  semble  quelquefois  su- 
perflue. Gènes.  24.  65.  Al  illa  tollens pallium 
suum,  operuit  se:  Rebecca  prenant  son  man- 
teau, s'en  couvrit.  1.  Reg.  13.30.  etc. 

0°  C'est  pourquoi,  Act  3.  5.  At  ille  inlen- 
debat  in  eos,  sperans  se  aliquid  accepturum 
ab  eis :  Saint  Pierre  dit  au  pauvre  qui  lui 
demandait  l'aumône,  et  à  saint  Jean:  Regar- 
dez-nous; c'est  pourquoi  il  les  regardait, 
espérant  qu'il  allait  recevoir  quelque  chose 
d'eux,  c.  4.  21.  Gen.  30.  3.  c.  42.  26.  Num. 
21.  2.  1.  Reg.  20.  41.  4.  Reg.  14.  19. 

6"  Néanmoins  (/«t).  Num.  14.  14.  At  illi 
r.ontenebrali  ascenderunt  in  verticem  montis: 
Vous  tomberez  sous  l'épée  des  Amalécites, 
parce  que  vous  n'avez  point  voulu  obéir  au 
Seigneur,  dit  Moïse  au   peuple;   néanmoins 


eux  étant  frappés  d'aveuglement,  montèrent 
sur  la  montagne;  ils  y  furent  battus. 

7°  Alors  [■/ml).  Num.  16.  34.  At  vero  omnis 
Israël,  qui  stabat  per  gijrum,  fugit  ad  clamo- 
rem  pereuntium:  Coré  el  sa  troupe  descen- 
dirent tout  vivants  dans  l'enfer,  alors  tout  le 
peuple  d'Israël  qui  était  là  autour,  s'enfuit 
au  cri  des  mourants.  Malth.  14.  18.  At  illa 
prœmonita  a  matre  sua  :  Da  mihi,  inquit, 
hic  in  disco  caput  Joannis  Baptistœ  :  Hérode 
promit  à  la  fille  d'Hérodiade,  de  lui  donner 
tout  ce  qu'elle  lui  demanderait  ;  et  alors 
ayant  été  instruite  auparavant  par  sa  mère; 
lui  dit:  Donnez-moi  présentement  dans  un 
bassin  la  tète  de  Jean-Rapliste  :  Ainsi,  Ruth. 
4.  9.4.  Reg.  4.  19.  etc. 

ATAD,  Heb.  lihamnus.  Voy.  Area. 

ATARA,  Heb.  Corona.  Seconde  femme  de 
Jéraméel.  1.  Par.  2.  26. 

ATAROTH,  Heb.  Coronœ.  —  1°  Ville  de 
la  tribu  de  Gad,  delà  le  Jourdain.  Num.  32. 
V.  3.  34.  —  2"  Ville  ou  contrée  sur  les  con- 
fins des  tribus  dKphraïm,  de  Benjamin  et 
de  Juda.  Jos.  16.  7.V^oy.  Adarsa  ou  Adazer. 

ATAROTH-ADDAR,  Heb.  Coronœ  poten- 
tiœ.  — 1°  ville  dans  la  tribu  d'Ephraïm.  Jos. 
15.  5.  c.  18.  11.  —  2°  L'une  des  frontières  de 
Benjamin.  Jos.  18.  13. 

ATER,  Heb.  Sinister.  —  1°  Chef  de  famil- 
le, dont  les  enfants  revinrent  de  la  captivité, 
au  nomb.  de98.  1.  Esdr.  2.  16.  Filii  Aler, 
qui  erant  ex  Ezecliia,  nonaginta  octo. — 2°  Un 
des  six  descendants  des  portiers,  dont  les 
familles,  comprises  toutes  ensemble,  revin- 
rent de  la  captivité  de  Babylone,  au  nombre 
de  139.  1.  Esdr.  2.  42.  Mais  2.  Esdr.  7.  46. 
ne  sont  marquées  qu'au  nombre  de  138.  La 
cause  de  cette  différence  ou  diversité  de  nom- 
bre peut  être  que  1.  Esdr.  2.  42.  le  dénom- 
brement fait  en  partant  de  Babylone  pou- 
vait bien  contenir  ce  nombre;  mais  après  le 
dénombrement  qui  fut  fait  après  leur  retour 
de  captivité  en  Judée,  2  Esdr.  7.  46,  il  s'en 
trouva  de  manque,  soit  par  la  mort  ou  par 
quelqueautre  accident. L'on  peut  remarquer 
quedans  le  l°de  ce  titre,  Ather  est  écrit  par 
un  h,  Athcr,  et  est  écrit  sans  h,  dans  le  2°. 

ATHA,  Heb.  Venit.  Voy.  Maran-Atha. 

ATHACH.  par  •;  Heb.  Hora  tua.  Ville 
dans  la  tribu  de  Juda,  l'une  de  celles  aux- 
quelles David  envoya  du  butin  et  des  dé- 
pouilles des  Amalécites.  1.  Reg.  30.  30. 

ATHACH,  par  n  /(e,Heb.  Percn/jen^.  Eunu- 
que, ou  ojficier  d'Assuérus,  à  qui  il  confia  la 
garde  dEsther.  Est.  4.  v.  5.  6.  9.  Voy.  Eijnu- 
CHUS,  Nurn.  2\ 

ATHAIAS,  Heb.  Tempus  Bomini.  Fils  d'A- 
ziain  et  descendant  de  Juda  qui,  dans  le  sort 
qui  fui  jeté  après  le  retour  de  Babylone,  afin 
que  la  dixième  partie  du  reste  du  peuple  de- 
meurât dans  Jérusalem,  se  trouva  de  cette 
dixième  partie.  2.  Esdr.  11.  4.  Voy.  v.  i. 

ATHALAI  ,  par  y.  Heb.  Tempus  meum 
L'un  des  enfanis  de  Bébaï,  qui,  pour  se  con- 
former à  la  volonté  de  Dieu,  lut  de  ceux  qui 
consentirentàchasser  leurs  femmes  clrangô- 
re«.  l.Esdr-  10.  28. 

ATHALIA,Heb.rem/)Ms  Domino.— i'  Mère 
d'Ochozias.  fille  d'Achab,  et  petite-fiUe  d'Ani^ 


fôl  ATQ 

ri,  qui,  entre  ses  cruautés,  après  \ù  mort  de 
son  fils  Ochosias,  fil  tuer  les  princes  de  la 
race  royale,  excepté  Joas.  i.  Reg.  8.  26.  No- 
men  matris  ejus  Athalia  :  La  mère  d'Ochosias 
s'appelait  Athalie,  et  était  petito-filled'Amri, 
roi  d'Israël,  c.  11.  v.  1.  2.  Athalia  interfecit 
omne  semen  regiwn  :  Athalie  fit  tuer  tous  les 
princes  de  la  race  royale,  v.  2.  c.  8.  2G.  2. 
Par.  22.  10.  c.  23.  v.  12.  21.  Mais  Joïada, 
grand-sacrificateur,  ayant  fait  nourrir  secrè- 
tement dans  le  temple  ce  jeune  prince,  son 
neveu,  il  le  fit  reconnaître  pour  roi,  et  fit 
mourir  Alhalie,  qui  s'était  signalée  par  ses 
cruautés  et  ses  impiétés,  l'an  3126:  elle  avait 
régné  six  ans.  —  2"  Un  des  descendants  dA- 
lam,  père  d'un  nommé  7sate;  soixante  et  dix 
personnes  revinrent  de  Babylone  avec  cet 
Isaïe.  l.Esdr.  8.  7. 

ATHANAI,  Heb.  Forlis.  Un  des  descen- 
dants de  Gerson,  fils  de  Lévi,  qui  servaient 
devant  le  tabernacle  de  l'alliance,  jusqu'à 
ce  que  Salomon  eiît  bâti  le  temple.  1.  Par.  6. 
il. 

ATHAR,  Heb.  Oratio.  Ville  de  la  tribu  de 
Siméon.  Jos.  19.  7.  C'est  la  même  queElher, 
Jos.  13.  42.  et  Etam.  2.  Par.  11.  6. 

ATHENvE,  Gr.  Minervalm.  Ce  mot  vient 
du  Grec  aQtjvâ.  Minerva,  et  signifie, —  Athè- 
nes, qui  a  été  une  des  villes  du  monde  la 
plus  illustre  et  la  plus  florissante;  elle  était 
attachée  à  la  philosophie  et  au  culte  des 
idoles.  Saint  Paul  y  a  prêché  l'Evangile  dans 
l'Aréopage.  Act.  17.  16.  et  suiv.  c.  18.  1.  1. 
Thess.  3.  1.  Maintenant  elle  est  érigée  en 
archevêché,  et  se  nomme  Setines. 

ATHENIENSIS,   is.  idem.  Athénien,    qui 

estd'Athènes.  2.  Mach.  9.  15.  Et  Judœos 

œquales  nunc  Atheniensibus  facturum  pollice- 
tur:  Antiochus  promet  d'égaler  les  Juifs  aux 
Athéniens:  ce  fut  après  avoir  été  frappé  de 
Di(  u.  Voy.  v.  5.  7.  9.  12.  Ainsi,  Act.  17.  v. 
21 .  22. 

ATHENOBIUS,  Gr.  Arcus  Minervœ.  Favori 
et  confident  d'Antiochus  Soter.  1.  Mach.  15. 
V.  28.  .32.  .35. 

ATHERSATHA,  motpersian,  gouverneur 
de  province,  ou  lieutenant  de  roi.  Nom  d'oî- 
fice  ou  de  charge  chez  les  Chaldéens.  Quel- 
ques-uns croient  que  ce  nom  Athersulha 
est  attribué  à  Zorobabel;  et  d'autres  croient 
que  c'est  à  Néhémias.  1.  Esdr.  2.  63.  Leur 
difficulté  vient  de  ce  qu'il  est  assez  difficile 
de  savoir  auquel  de  ces  deux  cités  v.  2.  ce 
mot  doit  être  rapporté.  Le  même  doute  est 
encore  2.  Esdr.  7.  70.  à  cause  de  pareille 
difficulté  du  rapport  au  v.  7.  Quoique,  tout 
examiné,  la  charge  d'échanson,  où  était 
Néhémias  auprès  du  roi  Artaxerxès,  porte 
plus  à  lui  attribuer  ce  nom,  Athersata,  qui 
vient  du  motThcrsa,  alnit,  et  de  Satha,  hi- 
hit  ,  et  qui  lui  est  clairement  attribué  2. 
Esdr.  8.  9.  c.  10.1. 

ATHMATHA  ,  Heb.  Lacerta.  Ville  en  la 
Iribu  deJud.'i.  Jos.  15.  .53. 

ATQÛE,  Gr.  x«i.  Cette  conjonction  est  for- 
mée (Vue,  et  de  que,  changeant  c,  en  t,  et 
signifie  proprement  comme  son  simple  et  y 
qui  a  dans  l'Ecrjturc  plusieurs  significations 
différentes,  qu'il  n'est  pas  aisé  de  fixer.  — 


ATR 


4n 


i"  Et,    conjonction   copulalive.  Gen.   1.  21. 

Creavit  Deus  eefe  grandia,  et  omnem  atumam 
viventem,  atque  motabilem:  Dieu  créa  donc 
les  grands  poissons  et  tous  les  animaux  qui 
ont  la  vie.  —  2'  Aussitôt  {■j.try-Kîtzy.).  Gen. 
23.  19.  Atqua  ita  sepelivit  Abraham  Saram 
uxorem  suam  :  Le  champ  qui  avait  é(é  autre- 
fois à  Ephron,  étant  assuré  à  Abraham  , 
comme  un  bien  qui  était  à  lui,  aussitôt  Abra- 
ham enterra  sa  femme  dans  la  caverne  dou- 
ble duchampqui  regardeMambré.— 3'Ainsi, 
pour  cette  raison,  Jos.  li.  li.  Atque  ex  eo 
fuit  Hebron  Caleb:  Josué  donna  à  Caleb  He- 
bron  pour  son  héritage:  c'est  pourquoi,  de- 
puis ce  temps-là,  Hebron  a  été  à  Caleb.  Num. 
36.  3Ï.  Heb.  12.  2.  —  i'  Outre,  déplus.  Jos. 
4.  Atque  inde  perlransiens  in  Asemona  :  Le 
pays  ou  la  tribu  de  Juda,  commence  au  haut 
de  la  mer  salée,  etc.  H  s'étend  vers  la  mon- 
tagne du  Scorpion,  et  passe  jusqu'à  Sina.  etc. 
et  de  plus,  passant  delà  jusqu'à  Asemona, 
il  arrive  jusqu'au  torrent  d'Egypte,  c.  18. 

ATRAMENTUM,  1.  ;..:)«.,  oc.  Ce  substan- 
tif vient  primitivement  de  ladjeclif  a/er,  noir; 
et  signifie  proprement, 

Encre  pour  écrire.  3.  Joan.  13.  Nohd  per 
atramentum  et  calamum  scribere  tibi :  Je  ne 
veux  point  vous  écrire  avec  une  plume  et  de 
l'encre;  parce  quej'espère  de  vousvoir  bien- 
tôt. Saint  Jean  eût  pu  écrire  plusieurs  cho- 
ses, et  il  rend  raison  pourquoi  il  ne  le  fait 
pas.  2.  Joan.  12. 

Ainsi,  2.  Cor.  3.  3.  Epistola  estis  Christi 
scripla  non  atramento,  sed  Spirilu  Dei  vivi: 
Vos  actions  font  voir  que  vous  êtes  la  lettre 
de  Jésus-Christ,  qui  est  écrite,  non  avec  de 
l'encre,  mais  avec  l'esprit  du  Dieu  vivant. 
Saint  Paul,  qui  témoigne  aux  Corinthiens 
que  leur  conversion  est  la  plus  forte  lettre 
de  recommandation  qu'ils  puissent  employer 
auprès  de  lui,  assure  aussi  que  la  grâce  de 
Dieu,  par  laquelle  il  a  écrit  sa  loi  dans  leur 
cœur,  en  est  comme  l'encre. 

ATRAMENTARIUM,  11.  Ecritoire.  Ezech. 
9.  v.  2.3.  U.  Atramentarium  scriploris  ad 
renés  ejus:  Il  y  en  avait  aussi  un  au  milieu 
d'eux  qui  était  revêtu  d'une  robe  de  fin  lin, 
et  qui  avait  une  ecritoire  pendue  sur  les 
reins.  Cet  homme  est  Jésus-Christ,  qui  reçoit 
ordre  de  son  Père  de  délivrer  les  siens  dé  la 
ruine  des  réprouvés,  et  de  marquer  un  Thau 
sur  le  front.  Voy.  v.  4.  Le  Grec  et  le  Syria- 
que portent  ad  zonam:  ce  qui  fait  croire 
que  l'écriloire  se  portait  à  la  ceinlurc. 

ATRIUM,  11.  Ky),/i.  Ce  n)ot  vient  û'Alria, 
ville  de  Toscane  ,  parce  que  c'est  dans  cette 
ville  qu'ont  commencé  ces  sortes  de  bâti- 
ments, et  était  pris  alors  pour  une  sorte  de 
bâtiment  qui  était  devant  la  maison,  où  se 
rendait  toute  l'eau  de  pluie  qui  tombait  de 
dessus  toute  la  couverture  de  la  maison  ; 
présentement  il  signifie  une  salle  à  l'entrée  : 
dans  l'Ecriture.  —  1"  Cour  d'une  maison. 
Matth.  26.  69.  Pelrus  vcro  scdebat  foris  in 
atrio  :  Pierre  cependant  était  au  dehors  assis 
dans  la  cour.  —  2  Salle  dune  maison.  Esth. 
6.  v.  4.  5.  Aman  stat  in  atrio  :  Aman  est  dans 
la  salle,  dirent  les  officiers  d'Assuérus  à  ce 


4Î5 


DICTIOiNNAlRK  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


iU 


qu'il  leur  demandait.  —3°  La  maison  entière. 
Luc.  11.  21.  Cnm  fords  cn-malus  custodit 
ntritnn  sintm  :  Lorsque  le  fort  armé  garde  sa 
maison,  loul  ce  qu'il  possède  est  en  paix  :  la 
garde  se  fait  à  l'enlrée  d'une  maison  ;  mais 
elle  ne  se  fait  que  i)Our  garder  toute  la  mai- 
son. —  i°  Vestibule  de  maison,  entrée  de 
quelque  lieu.  2.  Esdr.  3.  25.  Jn  atrio  carce- 
ris  :  Le  long  du  vestibule  de  la  prison.  Jcrem. 
•42.  V.  2.  12.  c.  33.  1,  Ainsi,  2.  Esdr.  8.  16. 
Fecpvuntque  sibi  tabernacula  unusquisque 
in  domate  suo  et  in  atriis  suis  :  Tout  le  peu- 
ple se  fil  des  couverts  en  forme  de  tentes, 
cliacun  sur  le  haut  de  sa  maison,  dans  leur 
vestibule.  Ils  exécutèrent  en  ceci  la  solennité 
de  la  fête  des  tabernacles,  selon  que  Dieu 
l'avaitordonné. — o" Parvis  ou  place  publique, 
qui  est  ordinairement  devant  les  grandes 
églises  :  tel  était  le  parvis  du  tabernacle; 
c'est-à-dire  une  grande  place,  longue  de 
cent  coudées,  et  large  de  cinquante.  Exod. 
27.  9.  c.  38.  9.  Ce  parvis  était  double;  la  par- 
tie de  devant  et  plus  au  dedans  du  taberna- 
cle ,  où  était  l'autel  des  holacaustes  ,  était 
pour  les  prêtres  et  les  lévites.  La  partie  ex- 
térieure était  pour  le  peuple,  et  où  il  faisait 
ses  prières,  et  y  amenait  ses  victimes ,  jus- 
qu'à rentrée  du  parvis  des  prêtres  :  c'est  du 
premier  parvis  dont  il  est  parlé,  Lcvit.  6.  v 
16.  26.  Sacerdos  qui  offert,  comedet  eam  in 
loco  sancto,  in  atrio  tubernnculi  :  Le  prêtre 
qui  offre  l'hostie  pour  le  péché,  la  mangera 
dans  le  lieu  saint ,  dans  le  parvis  du  taber- 
nacle. 

Quand  Salomon  bâtit  le  temple,  il  en  fit 
faire  le  parvis  double,  à  l'imitation  de  celui 
du  tabernacle.  3.  Reg.  6.  36.  Et  œdificavit 
atrium  interius  :  Il  bâtit  aussi  le  parvis  inté- 
rieur :  c'était  celui  des  prêtres  dont  il  est 
parlé.  2.  Par.  4.  9.  Fecii  etiam  atrium  sacer- 
dotum  :  Salomon  fit  aussi  le  parvis  des  prê- 
tres :  il  est  parlé  de  lun  et  de  l'autre  en  plu- 
sieurs endroits  d'Ezéchiel,  8.  v.  7.  16.  c.  i4. 
19.  c.  10.  v.  3.  i.  o.  Usque  ad  atrium  exle- 
rius  :  Le  bruit  des  ailes  des  chérubins  reten- 
tissait jusqu'au  parvis  extérieur  :  ce  dernier 
est  appelé  le  grand  parvis.  3.  Reg.  7.  v.  9.  12. 
11  est  fait  mention  des  deux  ensemble,  'i^.  Rog. 
21.  5.  Extruxit  allaria  universce  mUiti<e  cœli 
in  duùbus  atriis  templi  Dei  :  Manassé  bâtit 
des  autels  à  tous  les  astres  du  ciel  dans  les 
deux  parvis  du  temple  du  Seigneur.  Ainsi, 
c.2.3.  12.  1.  Par.  28.  v.  6.  12.  2.  P-ar.  23.  o. 
c.  33.  o.  et'  souvent  dans  les  psaumes. 
Ainsi  : 

ATRIAjORDM.  Le  Temple  mémeou l'Eglise, 
dont  le  Tenjple  était  la  figure.  Zach.  3.  7.  Cus- 
todies  atria  mea  :  Si  vous  u  archoz  dans  mes 
voies,  vous  garderez  mon  temple,  dit  l'Ange 
à  Jésus,  ou  Josué,  fils  de  Josédec.  Dieu  mon- 
tre à  Zacharie  dans  cette  vision  le  choix  qu'il 
avait  fait  de  ce  Jésus  pour  avoir  part  avec 
Zorobabel  au  rétablissement  du  temple,  mal- 
gré le  démon  et  les  ennemis  du  peuple  de 
Dieu.  Ps.  OV.  5.  Ps.  83.  v.  3.  11.  Ps.  91.  Ik. 
Ps.  93.  8.  etc. 

ATRIUM  ENON,  Heb.  HATSAR-HENOiN, 
le  parvis  de  là  fontaine.  Lieu  entre  les  bor- 
iKs  do  la  terre  promise  et  les  limites  de  Da- 


mas du  côté  du  septentrion.  Ezech.  47.  17. 
Et  erit  terminus  a  mari  usque  ad  atrium 
Enon  :  Les  bornes  de  celte  terre  seront  de- 
puis la  mer  jusqu'à  la  cour  d'Enon,  qui  fait 
les  limites  de  Damas.  Ezech.  i8.  1.  11  semble 
que  ce  soit  le  même  lieu  appelé  le  village 
ù'Enan.  Num.  34.  9. 

ATRIOLUM,  1,  v.v\-h.  Petite  salle  à  l'entrée 
d'une  maison  ;  dans  1  Ecriture, 

Petite  salle  ou  petite  place.  Ezech.  46.  21. 
Ecce  atriolum  crat  in  angulo  atrii,  atriola 
singula  per  angulus  atrii  :  Jo  vis  qu'il  y  avait 
une  petite  place  à  chacun  des  quatre  coins 
du  parvis  extérieur  v.  22.  23. 

ATROCITER.  Cruellement.  2.  Par.  28.  29. 
Et  occidistis  eos  atrociter  :  Le  prophète  Odeû 
alla  au-devanl  de  l'armée  du  roi  d'Israël,  qui 
venait  à  Samarie,  et  lui  reprocha  d'avoir  tué 
très-inhumainement  Juda  que  Dieu  lui  avait 
livré  entre  les  mains. 

ATTACUS,  ou  ATTELABUS,  synonyme. 
Ces  deux  noms  viennent  du  même  verbe  grec 
«TTw,  salioy  parce  que  cet  animal  saute  tou- 
jours, et  signifie  : 

Espèce  de  sauterelle  fort  petite,  qui  rampe 
plutôt  qu'elle  ne  vole  (àTT«-/.>3).  Comme  ces 
animaux  sont  grands  dans  la  Palestine  et  en 
grand  nombre.  Dieu  les  marque  du  nombre 
des  animaux  que  les  Juifs  pouvaient  manger. 
Le  vit.  11.  22.  Quidquid  ambulat  super  quatuor 
pedes^  sed  habet  longiora  rétro  crura  per  quœ 
salit  super  terram,  comedere  debetis,  ul  est 
bruchus  in  génère  suo,  et  attacus  ntque  ophio- 
machus  :  V^ous  pouvez  manger  de  loul  ce  qui 
marche  sur  quatre  pieds,  mais  qui  ayant  les 
pieds  de  derrière  plus  longs,  saule  sur  la 
terre;  comme  le  bruchus,  selon  son  espèce, 
Vatlacus,  Vophiomachus.  C'est  de  la  même 
espèce  que  locusta,  qui  était  le  mets  le  plus 
commun  et  le  plus  grossier,  puisque  l'usage 
qu'en  faisait  saint  Jean  est  marqué  par  saint 
Matthieu  comme  une  des  circonstances  de  la 
dureté  de  sa  vie.  Matt.  3.  4. 

ATTALIA,  Gr.  Augens,  ville  maritime  de 
Pamphilie  aux  confins  de  la  Lycie,  bâtie  par 
Altalus  Philadelphe,  de  qui  elle  a  pris  son 
nom.  Act.  14.  24.  Descenderunt  in  Attaliam  : 
Saint  Paul  et  saint  Barnabe  descendirent  à 
Altalie.  On  l'appelle  aujourd'hui  Salalia;  les 
Turcs  !a  nomment  Satali. 

ATTALUS,  Gr.  Auctus.  roi  de  Pergame  et 
de  Phrygic.  1.  Mach.  13.  22.  Ce  prince  voulut 
imiter  Plolémée  Philadelphe  ,  dans  le  soin 
qu'il  se  donna  de  ramasser  los  livres  les  p'us 
curieux,  pour  en  composer  une  Irès-célèbre 
bibliothèque.  Il  institua  le  peuple  romain 
héritier  de  ses  états  et  de  ses  grandes  riches- 
ses. 

ATTAMEN.  Cette  conjonction  est  compo- 
sée; d'at  et  de  tamen  ,  et  signifie  propre- 
ment : 

1"  Toutefois,  cependant,  néanmoins  (xai). 
Gen.  38.  'Hj.  Attamen  ultra  no»  cognovit  eam: 
Juda  ne  connut  point  néanmoins  depuis 
Tliamar. 

•1"  Au  moins  (  77/«v).  Soph.  3.7.  Attamcn 
timebis  me  :  Au  moins  après  cela  vous  me 
craindrez,  dit  Dieu  aux  peuples  qu'il  a  déso- 
lés et  aux  villes  qu'il  a  ruicéss 


425 


ATT 


3*  Et  aussi  (  mî  ).  3.  Reg.  15.  G.  Atlamen 
bellum  fuit  inter  Roboam  et  Jéroboam  :  Il  y 
eut  aussi  guerre  entre  Roboam  et  Jéro- 
boam. 

ATTENDERE,  rcpo'réxevj-  Ce  verbe  est  com- 
posé d'ad  et  do  tenderc,  elVnccusi[l\ï  animum 
i>sî,  ou  exprimé,  ou  sous-enlendu,  et  signifie 
proprement,  être  atlenlif,  dans  l'Ecriture  :  — 
1»  Considérer  quelque  chose,  faire  attention, 
appliquer  son  esprit  à  quelque  chose.  Ps.  77. 
1.  Attendîtes  popule  meus,  Legem  meam;i.  e. 
nttenditeanimum  ad  Legem  :  Ecoutez  ma  loi, 
ô  mon  peuple.  Job.  21.  5.  Attendite  me  -Je- 
tez les  yeux  sur  moi,  dit  Job  à  Sophar,  qu'il 
invite  à  comparer  la  fidélité  avec  laquelle  il 
a  toujours  servi  Dieu,  avec  ses  douleurs  pré- 
sentes qui  étaient  extrêmes.  1.  Tim.  k.  IG. 
Attende  tibi  et  doctrinœ  :  Veillez  sur  vous- 
même  et  sur  l'instruction  des  autres,  dit 
saint  Paul  à  son  disciple.  —  2°  Etre  attentif, 
écouter  attentivement.  Prov.  7.  2i.  Attende 
verbis  oris  mei  :  Le  Sage  donne  ici  à  la  jeu- 
nesse pour  armes,  contre  les  attaques  de 
l'impureté,  la  méditation  de  la  parole  de 
Dieu.  Deut.  27.  9.  2.  Par.  20.15. c.33.  10. etc. 
—  3°  Prendre  garde,  veiller,  se  donner  de 
garde.  Matt.  6.  i.  Attendite  ne  jiistitiamve- 
stram  faciatiscoram  hominibus,  ut  videamini 
ab  cis: Prenez  garde  de  ne  faire  pas  vos  bon- 
nes œuvres  devant  les  hommes  pour  en  être 
regardés.  Act.  20  28.  Attendite  vobis  et  uni- 
verso  gregi  :  Prenez  donc  garde  à  vous-mê- 
mes, et  à  tout  le  troupeau  sur  lequel  le  Saint- 
Esprit  vous  a  établis  évêques  pour  gouver- 
ner l'Eglise  de  Dieu,  dit  saint  Paul  aux  prê- 
tres d'Ephèse.  Eccli.  6  13.  Ab  amicis  tuis  at- 
tende :  Donnez-vous  de  garde  de  vos  amis  ; 
l'Ecriture  entend  des  amis  communs  et  non 
de  l'ami  fidèle.  —  4"  S'arrêter,  s'appuyer  sur 
quelque  chose  {è-ni^si^).  Eccli.  5.  1.  Noli 
attendere  ad  possessiones  iniquas  :  Ne  vous 
reposez  point  sur  vos  richesses  injustes. 
Voy.  Imquus.  c.  34.  2.  c.  37.  14.  Jerem.  29. 
8.  Ainsi,  2.  Petr.  1.  19.  Et  habemus  firmiorem 
Prophelicum  sermonem  cui  benefacilis  alten- 
dentés  quasi  lucernœ  lucenti  :  Vous  faites 
bien  devous  arrêter  aux  oracles  des  prophè- 
tes, comme  à  une  lampe  qui  luit  dans  un 
lieu  obscur, jusqu'à  ce  que  le  jour  commence 
à  paraître,  et  que  l'étoile  du  matin  se  lève 
j  dans  vos  cœurs.  Saint  Pierre  loue  les  Juifs 
I  dispersés  de  s'attachera  la  lecture  des  pro- 
phètes, les  regardant  comme  la  base  et  le 
fondement  de  la  foi,  puisqu'ils  ont  suffisam- 
ment parlé  delà  puissance  et  de  la  venue  de 
Jésus-Christ.  —  S'^  S'attacher  avec  estime  et 
respect  {irpoaiyji^,).  Sap.  14.  30.  Attendentes 
idolis  :  Les  hommes  idolâtres  ont  eu  des 
sentiments  impies  de  Dieu  en  révérant  les 
idoles.  Act.  8.  11. 1.  ïim.  4.  1. 

ATTENTE ,  èzTEvwf.  Attentivement,  avec 
attention  et  application  (ifiSpu).  Jos.  22.  5. 
lia  dumtaxaty  ut  cuslodiatis  attente  manda- 
tum  et  legem  :  Ayez  soin  seulement  d'obser- 
ver Gxaciement  les  conimandements  et  la  loi 
que  Moïse  vous  a  prescrite,  dit  Josué  aux 
tribus  di-  Rnben  et  de  Gad,  et  à  la  demi-tribu 
de  Manassé,  les  renvoyant  dans  leur  pays.  1 
Pelr.  1.22. 

DiCTIONN.    DE    PHILOL.    SACRÉE.   I. 


ATT  iU 

AXTENTIO,  OMS,  attention  :  dans  l'Ecri- 
ture, précaution,  circonspection,  mesure 
{npoiTs\j-/ir,,  provida  ratio).  Sap.  12.  20.  Inimi' 
cos  servorum  tuorum  cum  lanta  cruciasli  at~ 
tentione  :  Vous  avez  puni  les  eniieniis  de  vos 
serviteurs  avec  tant  de  précaulion.  Ces  me- 
sures et  ces  précautions  dont  Dieu  s'est  servi 
pour  punir  les  ennemis  de  son  peuple , 
leur  eussent  pu  donner  lieu  de  fisiro  péni- 
tence. 

ATTENTDS,  a,  um,  attentif,  qui  écoute  at- 
tentivement, ou  a  l'esprit  appliqué  à  quelque 
chose;  dans  l'Ecriture  :  Qui  s'attend  à  quel- 
que chose,  qui  s'y  arrête.  Thren.  4  17.  De- 
fecerunt  oculi  nostri  ad  auxilium  nostruin 
vanum,  cum  respiceremus  attenli  ad  genlem 
quœ  salvare  non  poteral  :  Nus  yeux  se  son 
las«és  dans  l'attente  d'un  vain  secours,  en 
tenant  nos  regards  attachés  sur  une  nation 
qui  ne  pouvait  nous  sauver.  Cette  nation 
était  les  Egyptiens  qui  ne  purent  secourir 
les  Juifs  contre  les  Babyloniens. 

ATTENUARE.  Ce  verbe  vient  de  l'adjectii 
tenuis  ,  et  signifie  proprement,  diminuer; 
dans  l'Ecriture  :  Détruire,  consumer,  anéan- 
tir [i^oAoBpîvsu).  Soph.  2.  11.  Attenuabil  om- 
nes  deos  lerrœ  :  Le  Seigneur  anéantira  tous 
les  dieux  de  la  terre.  C'est  l'effet  de  l'incar- 
nation du  Fils  de  Dieu.  v.  14.  d'où  vient  le 
passif  en  différentes  significations. 

ATTENUARl,  ixlUnetv.  —  i"  Etre  allénuc. 
soit  de  forces,  ou  de  biens ,  avoir  le  visage 
changé  ,  n'être  plus  le  même  (àcr^cvciv).  2. 
Reg.  13.  4.  Quare  sic  attenuaris  macie?  D'où 
vient  que  vous  maigrissez  ainsi,  dit  JouRdab 
à  Amnon,  qui  brûlait  d'amour  pour  Tha- 
mar.  Job.  17.  1.  Spiritus  meus  ntlenuabilur  : 
Mes  forces  sont  épuisées,  dit  Job  dans  l'ex- 
cès de  ses  douleurs,  c.  18.  12.  Isa.  19.  6.  Je- 
rem. 14.  8.  2.  Esdr.  5. 18.  Attenuatus  eratpo- 
pulus:Le  peuple  était  extrêmement  pauvre; 
les  grandes  levées  qu'avaient  faites  les  gou- 
verneurs de  la  Judée  avant  le  gouvernement 
d'Esdras  avaient  réduit  le  peuple  en  cet 
état.  Voy.  v.  15.  Ainsi,  Isa.  38.  14.  Levit. 
25.  V.  25.  35.  47.  —  2°  Diminuer,  être  en 
moindre  quantité.  Isa.  19.  6.  Atlenuabuntur 
et  siccabuntur  rivi  aggernm  :  Les  ruisseaux 
diminueront;  ce  qui  marque  que  toute  ];s 
sagesse  du  monde  qui  avait  inondé  touie  la 
terre,  devait  céder  à  l'humble  science  de  In 
croix  de  Jésus-Christ.— 3"  Se  consumer,  être 
abaissé.  Isa. 17. 4.  Attenuabitur  gluria  Jacob  . 
La  gloire  de  Jacob  se  flétrira.  Jerem.  30 
19. 

ATTERERE.  Ce  verbe  est  composé  A'ad  et 
de  terere ,  et  signifie  proprement  frollei- 
quelque  chose  contre  une  autre,  user,  dimi- 
nuer en  frottant;  dans  l'Ecriture  :  — 1"  User, 
consumer,  détruire  par  l'usage,  ou  auln?- 
menl  (77a),aio0;).  Deut.  2i).  5.  A'on  sunl  atiritn 
veslimenta  vestra  :  Vos  vêtements  ne  sont 
point  devenus  vieux  :  savoir,  pendant  les 
quarante  ans  que  les  Israélites  furent  dana 
le  désert.  Job.  c.  18.  IG.  Isa.  51.  6.  Ainsi, Job. 
14.  12.  Donec  atteratur  cœlnm  :  Quand  l'hom- 
me est  mort,  il  ne  ressuscitera  |)oinl  jusqu'à 
ce  que  le  ciel  soit  consume  ,  mais  ensuite 
reoouvelé.— 2"  Presser,  fouler,  écraser  (àjro- 

14 


427 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


i19 


Wîgetv).Num.22.  25.  Attrivit  pedem :Vânesse, 
rressa  le  pied  de  Balaam  qui  était  monté  des- 
r  as  ;  ce  fut  en  se  serrant  contre  le  mur  à  la 
vue  de  l'ange.  Deut.  23.  1.  Attritis  testicu- 
lis  :  L'eunuque,  dans  lequel  ce  que  Dieu  a 
destiné  à  la  conservation  de  l'espèce  aura 
été  écrasé,  n'entrera  point  en  l'assemblée  du 
Seigneur. 

§.  1.  —  Tourmenter,  opprimer,  accabler 
{ùBi'/.Eïv).  Isa.  3.  15.  Quare  atteritis  popidum 
wîcum  /  Pourquoi  opprimez-vous,  foulez-vous 
aux  pieds  mon  peuple?  dit  Dieu  aux  juges, 
gouverneurs  et  magistrats  de  son  peuple.  2. 
Reg.  21.  5.  3.  Rcg.  U.  2i.  i.  Reg.  13.  h.  Ainsi, 
Isa.  53.  5.  Attrilus  e^t  propter  scelera  nostra  : 
Jésus-Christ  a  été  brisé  pour  nos  crimes; 
Gr.  siia/.v.y.i'jBYi,  infirmcttus  est. 

§  2.  Tourmenter,  inquiéter  {y.c<Q</.ipd-j) .  Job. 
19.  2.  Usqueguo  atteritis  me  sermonibus?  Jus- 
qu'à quand  me  tourmenteroz-vous  par  vos 
discours  ?  dit  Job  à  Baldad. 

ATTRITUS, A,  UM, accoutumé  depuis  long- 
temps, endurciàquelque  those{(7-Anpoy.<xpBioç). 
Ezech.  3.  7.  Domus  Israël  attrita  fronte  est  : 
La  maison  d'Israël  a  le  front  dur,  est  impu- 
dente, c.  23.  43.  Et  dixi  ei  quœ  attrita  est  in 
aduîleriis  :  Je  dis  de  cette  femme  qui  a  vieilli 
dans  l'adullère.  C'est  de  Jérusalem  ou  de  Sa- 
marie  que  le  prophète  dit  qu'elle  continuera 
à  s'abandonner  à  ses  désordres. 

ATTESTATIO,  âi«;x«pTypt«. Témoignage,  as- 
surance de  quelque  chose.  Gen.  '^3.  3.  De- 
nuntiavit  nobis  vir  ille  sub  attestatione  juris- 
jurandi  :  Celui  qui  commande  dans  le  pays 
d'Egypte  nous  a  déclaré  sa  résolution  avec 
serment.  Juda  raconte  comme  Joseph  leur 
avait  dit  de  n'être  pas  assez  hardis  de  reve- 
nir se  présenter  devant  lui  sans  amener  avec 
eux  Benjamin. 

ATTINERE.  Ce  verbe  qui  est  pris  dans  les 
auteurs  quelquefois  personnellement,  quel- 
quefois impersonnellement,  vient  d'ad  et  de 
tenere;  étant  pris  impersonnellement  tel  qu'il 
est  pris  seulement  en  ce  sens  dans  l'Ecriture, 
il  signifie  : 

Appartenir  à  quelqu'un  en  quelque  chose, 
le  regarder  (  l'^siv  ).  Act.  24-.  25.  Quod  nunc 
attinet,  vade  :  C'est  assez  pour  cette  heure. 
Félix  arrête  Paul  sur  la  matière  du  juge- 
ment dernier  dont  il  lui  parlait. 

ATTINGERE  ,  ÛT^^eaBai.  Toucher  légère- 
ment et  comme  du  bout  des  doigts;  ce  qui  se 
dit  aussi  d'une  chose  dans  un  discours,  pour 
dire  la  toucher,  en  parler  succinctement;  d'un 

Çays,  pour  dire  y  arriver  :  dans  l'Ecriture,!" — 
oucher  légèrement  («TTreo-ôat).  Levit.  15.23. 
Omne  vas,  super  quo  illa  sederit,  quisquis  at- 
tigerit,  lavabit  veslimenta  sua  :  Quiconque 
touchera  à  toutes  les  choses  sur  lesquelles 
une  femme,  qui  souffre  ce  qui  dans  l'ordre 
de  la  nature  arrive  chaque  mois,  se  sera  as- 
sise, lavera  ses  vêtements.  —  2"  Toucher, 
être  tout  près.  Ezech.  ki.  6.  Et  non  atlinge- 
rent  parietein  Templi  :  Il  y  avait  des  arcs- 
boutants  qu'on  avait  disposés  pour  servir 
d'appui  à  la  charpenterie  des  chambres  bâ- 
ties au  dehors  tout  autour  du  Temple,  sans 
qu'elles  touchassent  à  la  muraille  du  Temple. 
Le  Prophète  fait  le  détail  do  Temple  qui  lui 


est  représenté  en  vision. — 3°  Prendre, usur- 
per (pMûo-c-etv  ,  violare).  Gen.  26.  29.  Nos 
nihil  luorum  attigimus  :  Nous  n'avons  pris 
rien  de  ce  qui  est  à  vous  ;  nous  n'avons  tou- 
ché à  rien,  etc.  Abimélech  veut  recouvrer  l'a- 
mitié d'Isaac,  et  faire  alliance  avec  lui.  Prov. 
23.  10.  Ne  attingas  parvulorum  terminas  : 
Ne  touchez  point  aux  bornes  d(  s  petits,  en 
les  remuant  de  la  place  où  elles  ont  été  plan- 
tées { iiETuztôévci,  transferre).  —  h"  Atteindre, 
parvenir.  Jos.  8.  13.  Ita  ut  novissimi  illius 
multitudinis  occidentalem  plagam  urbis  attin- 
gerent  :  Les  derniers  rangs  de  l'armée  de 
Josué  s'élendaient  jusqu'à  l'occident  de  la 
ville  de  Haï.  Sap.  18.  16.  Usque  ad  cœlum  at- 
tingebat  :  Votre  parole  était  comme  un  ex- 
terminateur impitoyable  qui  remplit  tout  de 
de  meurtre,  et  se  lenant  sur  la  terre,  il  at- 
teignait jusqu'au  ciel;  ce  qui  signiGe  que 
tout  ce  que  Dieu  veut  s'exécute  et  dans  le 
ciel  et  sur  la  terre,  c.  8.  2.  Attingit  ergo  a 
fine  usque  ad  finem  for titer  :  La  sagesse  at- 
teint avec  force  depuis  une  extrémité  jusqu'à 
l'autre  ;  c'est  elle  qui  commence  et  achève  en 
nous  l'œuvre  du  salut  (âtareivEiv  ,  pertinere). 
—5"  Pénétrer  (SiÂzetv).  Sap.  7.  24.  Atlingit 
autetn  ubique  propter  suam  mundiliam  :  La 
sagesse  se  fait  jour  partout,  jusque  dans  les 
replis  du  cœur  de  l'homme. 

ATTOLLERE.  aîpnv.  Hausser,  lever  eu 
haut.  Ps.23.  V.  7.  9.  Attollite  portas,  Prin- 
cipes, vestras  :  Levez  vos  portes,  ô  princes  ; 
ces  portes  s'ouvraient  en  se  haussant;  cela 
s'entend  des  portes  du  Temple  qui  devait  être 
bientôt  bâti  pour  y  faire  reposer  l'Arche  qui 
est  appelée  du  nom  de  Dieu  même,  parce 
qu'elle  marquait  sa  présence.  De  cette  signi- 
fication vient  cette  phrase. 

ATTOLERE  OCULOS,  àvag)i7r£tv.  Elever  les 
yeux,  c'est-à-dire  regarder.  Gen.  43.  29.  At- 
tollens  autem  Joseph  oculos  vidil  Benjamin  : 
Joseph  levant  les  yeux  vit  Benjamin,  son 
frère,  fils  de  Rachel,  sa  mère.  H  avait  déjà  en- 
visagé tous  les  autres,  hors  lui. 

ATTONDERE,  yMpsi-j  ,  Tzspiy.ûpsiv.  Tondre, 
faire  les  cheveux,  la  barbe,  etc.,  dans  l'E- 
criture: M 

1°  Tondre,  faire  les  cheveux.  Levit.  19.  27.  f 
Neque  in  rotundum  attondebitis  coniam  :  Vous 
ne  couperez  point  vos  cheveux  en  rond.  Dieu 
défend  ceci  aux  Israélites,  pour  ne  point  imi- 
ter les  superstitions  de  plusieurs  peuples 
idolâtres  qui  en  usaient  de  la  sorte  pour  ho- 
norer leurs  idoles,  et  surtout  les  Arabes  pour 
imiter  Bacchus.  C'est  à  ceux  qui  avaient 
violé  ce  précepte  que  s'adressent  ces  me- 
naces dans  Jérémie,  9.  26.  c.  49.  32.  Disper^ 
gam  eos  in  omnem  ventum  qui  sunt  attonsi  in 
comam,  i.  e.  quorum  capitis  rasura  desinit  in 
circum  qui  in  vertice  relictus  :  Je  disperserai 
dans  tous  les  coins  de  la  terre  ces  gens  qui. 
se  coupent  les  cheveux  en  rond,  c'est-à-dire 
qui  ne  laissent  qu'un  toupet  de  cheveux  sur 
le  haut  de  la  tête.  c.  25.  23.  Heb.  qui  habi~ 
tenl  aux  extrémités  du  monde  ;  l'Hébreu  en 
ces  endroits  est  capable  de  ce  sens.  Ainsi, 
Ezech.  44.  20.  Tondentes  attondent  capita 
sua  :  Les  prêtres  et  les  lévites  de  la  race  de 
Sadoc  ne  raseront  point  leur  tête,  ni  ne  lais- 


4-29  ATT 

scroni  point  non  plus  croître  leurs  cheveux, 
mais  ils  auront  soin  de  les  couper  de  temps 
en  temps  pour  les  tenir  courts. 

Quelques-uns  croient  vraisemblablement 
que  celte  défense  de  se  couper  les  cheveux  en 
rond,  n'a  été  faite  aux  Juifs  que  pour  les  em- 
pêcher d'imiter  ce  que  faisaient  les  païens 
aux  funérailles  de  leurs  parents  ou  amis, 
qui  non-seulement  se  coupaient  ou  s'arra- 
chaient les  cheveux  et  la  barbe,  mais  se  les 
coupaient  pour  les  offrir  aux  défunts,  par 
superstition,  en  les  jetant  sur  le  visage  ou 
sur  le  sépulcre  du  mort  ;  c'est  ce  qu'on  croit 
qui  est  précisément  défendu  par  la  Loi  du 
Lévitique,  19,  27.  comparé  avec  l'endroit  du 
Deut.  iï.  1.  puisque  d'ailleurs  il  paraît  que 
les  Juifs  se  coupaient  ou  s'arrachaient  les 
cheveux  aux  funérailles  de  leurs  proches, 
ce  qu'on  peut  inférer  de  ce  que  dit  Jer.  16.  6. 
et  de  ce  que  les  prophètes,  en  prédisant  aux 
Juifs  les  malheurs  qui  devaient  leur  arriver, 
les  exhortent  à  se  couper  les  cheveux,  Jer. 
7.  29.  Mich.  1.  16.  Ezech.  7.  18.  et  ailleurs  ; 
plusieurs  néanmoins  croient  que  les  Juifs 
agissaient  en  cela  contre  la  Loi  du  Lévitique 
et  du  Deutéronome, 

2°Tailleren  pièces,  exterminer (ôtaaTé^Etv). 
Nahum.  1.  12.  Sic  quoque  atlondentur  :  Ils 
tomberont  comme  les  cheveux  sous  le  ra- 
soir; ceci  s'entend  des  gens  de  Sennachérib 
qui  furent  tués  par  un  ange,  au  nombre  de 
185,000. 

ATTONITUS,  A,  UM.  Cet  adjectif  vient  du 
verbe  tono,  parce  qu'un  foudre  qui  tombe 
proche  nous,  et  le  bruit  prochain  des  ton- 
nerres, jettent  de  l'étonnement,  et  signiGe  pro- 
prement, étonné;  dans  l'Ecriturf»,  étonné, qui 
est  dans  la  crainte  et  la  frayeur  (IçiTxaffôat). 
Ezech.  26.  16.  Attoniti  super  repenlino  casu 
tuo  admirabunlur  :  Tous  les  princes  de  la 
mer  étant  remplis  de  frayeur  seront  frap- 
pés d'un  profond  étoni\emont  de  votre  chute 
si  soudaine.  Le  Prophète  parle  de  l'effet  que 
la  destruction  entière  de  Tyr  devait  faire  sur 
l'esprit  des  princes  ses  voisins.  De  ce  mot 
vient  cotte  phrase  r  • 

ATTONITI  OCULI,  —  1°  Yeux  égarés,  qui 
marquent  un  esprit  superbe.  Job.  15.  12. 
Quasi  magnn  cor/ilans  attonitos  habes  oculos? 
Hebr.  et  Gr.  quid  innuunt  ociiH  tui  ?  Pour- 
quoi l'égareinent  de  vos  yeux  témoigne-t-il 
l'orgueil  de  vos  pensées  {èmfépîu) ?  —  2'  Yeux 
fixes  et  arrêtés  [TTnfAi^eiv  ôyO«/aoù?  ,  pmare 
oculos).  Prov.  16.30.  Qui  allonilis  oculis  co- 
(jildt  prava  :  Celui  qui  pense  à  de  noirs  des- 
seins avec  un  œil  fixe,  exécute  en  mordant 
ses  lèvres:  H<'br.  avec  des  yeux  fermés,  pour 
méditer  avec  plus  d'attention  sur  ses  mau- 
vais desseins.  Ceci  est  la  description  d'un 
méchant  homme,  qui,  ayant  résolu  de  faire 
une  méchante  action,  l'exécute  avec  une  au- 
dace et  une  résolution  qui  paraissent  sur  son 
visage. 

ATTHAHERE,  é),xvEtv.  Ce  verbe  vient  d'arf 
'  '  (le  trahcre,  et  signifie  proprement  : 

Tirera  soi, attirer.  Tob.  6.  'i^.  Altraxit  eum 
m  siccum:  Tobie  tira  ce  poisson  sur  la  terre; 
ce  fut  du  foie  de  ce  poisson  qu'il  mit  sur  les 
charbons,  pour   chasser   le    démon  de  sa 


aTT 


450 


chambre,  la  première  nuit  qu'il  fut  avec  Sara, 
sa  femme. 

Phrases  tirées  de  celte  signification. 

Attràhere  spiritum  ou  ventdm. — 1°  Res- 
pirer. Ps.  118.  131.  Os  meum  aperui  et  at- 
traxi  spiritum,  quia  mandata  tua  desidera- 
bam  :  L'ardeur  que  j'ai  pour  votre  loi, 
m'oblige  de  respirer  l'air  de  temps  en  temps. 
2"  Respirer  après  la  jouissance  de  l'objet  d'une 
passion  brutale  (TrvEupiaToyopetv).  Jerem.  2.  24. 
Onager  assuetus  in  solitudine  prœ  desiderio 
animœ  suœ  attraxit  venturn  amoris  sui  :  Jé- 
rusalem est  un  âne  sauvage  accoutumé  à 
vivre  dans  le  désert,  qui ,  sentant  de  loin  ce 
qu'il  aime,  court  après  avec  ardeur,  sang 
que  rien  l'en  puisse  délourner.  Le  Prophète 
marque  comme  les  Juifs  s'abandonnaient 
aveuglément  à  l'impiété  et  à  la  corruption 
de  leur  cœur. 

§  1.  Faire  approcher,  attirer,  faire  venir  à 
soi.  Jerem.  31.  3.  Jn  charitate  perpétua  di- 
lexi  te,  ideo  atlraxi  te  miserans  :  Je  vous  ai 
aimée  d'un  amour  éternel.  Dieu  témoigne 
aux  Juifs  qu'il  ne  les  a  jamais  abandonnés, 
mais  qu'il  les  a  toujours  aimés,  lors  même 
qu'il  les  a  châtiés,  ses  châtiments  étant  un 
pur  effet  de  sa  miséricorde.  Ps.  9,  31. 

§  2.  Attirer  sur  soi,  se  procurer  quelque 
mal.  Eccli.  28.  23.  Beatus  qui  non  attraxit 
jugum  illius  :  Heureux  celui  qui  n'a  point 
aliiré  sur  lui  le  joug  de  la  langue  maligne. 

ATTRECTARE  ,  fa«y£îv.  Toucher  ,  ma- 
nier :  dans  l'Ecriture,  —  1°  Tâter  avec  la 
main,  chercher  à  talons.  Gen.  27.  12.  Si  at- 
trectaverit  me  paler  meus  :  Esaii  a  le  corps 
velu,  et  moi  je  n'ai  point  de  poil  ;  si  donc 
mon  père  vient  à  me  tâter,  répond  Jarob  à 
Rebecca,  sur  ce  qu'elle  lui  conseille  de  pren- 
dre des  moyens  pour  obtenir  la  bénédiction 
de  son  père,  au  lieu  d'Esaii.  Isa.  39.  12.  — 
2"  Trouver  comme  avec  la  main,  ce  qui  se 
dit  de  la  connaissance  de  Dieu  par  les  créa- 
tures. Act.  17.  27.  Quœrere  Deum  si  forte  at' 
trectent  eum  :  Dieu  a  donné  aux  hommes 
toute  l'étendue  de  la  terre  pour  demeure.... 
afin  qu'ils  le  cherchassent  et  qu'ils  tâchas- 
sent de  le  trouver  comme  avec  la  main  et  à 
tâtons,  c'est-à-dire  de  le  connaître  par  les 
créatures,  comme  on  tâche  au  milieu  des  té- 
nèbres de  découvrir  à  tâtons  ce  que  l'on 
cherche. 

ATTRIBUTUS,  a,  um,  attribué  à  quelqu'un, 
qui  lui  est  imputé,  comme  en  disant  qu'il  en 
est  l'auteur  ou  la  cause;  donné,  ou  destiné  à 
quelqu'un  comme  sa  pan  :  dans  l'Ecriture, 
—  i"  Donné,  attribué.  Num.  36.  12.  Fosses-* 
sio  quœ  illis  fucrat  atlributa,  mansit  in  Tribu 
et  fnmilia  patris  eorum  :  Les  filles  de  Salphaad 
ayant  épousé  les  fils  de  leur  oncle,  le  bien, 
qui  leur  avait  été  donné  demeura  dans  In 
tribu  et  dans  la  famille  de  leur  père.  -. 
2  Destiné  pour  quelqu'un,  né  pour  lui  ap-ï 
partcnir  (3t«vi|[x£ev).  Deut.  2i).  26  Servie-r 
runt  dits  alicnis  rt  adorarernnt  eos  quos  we-' 
scicbant,  et  quibus  non  fuerant  attributi  : 
Parce  qu'ils  ont  servi  et  adoré  des  dicu^ 
étrangers  qui  leur  étaient  inconnus,  et  au 
culte  desquels  ils  n'avaient  point  été  desti-« 


iZ'l 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


nés,  la  fureur  du  Seigneur  s'est  allumée 
conlre  eux  ;  Gr.  dont  ils  n'avaient  jamais 
reçu  aucun  bien.  Moïse  témoigne  ici  la  sé- 
vérité edroyable  avec  laquelle  Dieu  punira 
ceux  qui  auront  quitté  son  culte. 

AVAH,  Heb.  Iniqiiitas,  pays  de  l'Arabie 
Déserte,  dont  le  roi  des  Assyriens  s'était 
rendu  maître,  et  en  avait  fait  venir  les  habi- 
tants à  Samarie.  V.  Reg.  17.  2i.  c.  18.  3i.  c. 
19.  13.  Isa.  37.  13.  On  croit  que  c'étaient 
CCS  anciens  habitants  de  la  Palestine  He- 
véens,  qui  en  ayant  été  chassés  par  les  Cap- 
padociens,  s'étaient  réfugiés  en  Arabie.  Ces 
Cappadociens  demeuraient  le  long  de  la  côte 
de  la  mer,  depuis  Gaza  jusqu'à  l'Egypte. 
Deut.  2.  23.  Yoy.  Hev^i. 

AVARE,  par  avarice,  avec  un  esprit  d'a- 
varice, avec  une  passion  déréglée  pour  le 
bien,  pour  les  richesses  (tt/joveHik).  Job.  27. 
8.  Si  avare  rapiat,  et  non  liberet  Deus  ani- 
mam  ejus  :  Quelle  est  l'espérance  de  l'hypo- 
crite, s'il  ravit  le  bien  d'autrui  par  son  ava- 
rice, et  si  Dieu  ne  délivre  point  son  âme  ? 
Eccli.  22.  27.  Principes  ejus  in  medio  illius 
quasi  lupi  rapientes...  et  ad  perdendas  animas, 
et  avare  ad  sectanda  lucra  :  Les  princes  de  la 
terre  d'Israël  étaient  au  milieu  d'elle  comme 
des  loups  toujours  attentifs  à  perdre  les  âmes, 
et  à  chercher  leur  gain  de  tous  côtés,  pour 
satisfaire  leur  avarice,  c.  22.  12. 

AVARITIA,  M,  TÙ.zo-nllv..  Avarice,  passion 
déréglée  pour  le  bien,  pour  les  richesses  : 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Avarice,  désir  excessif  d'acquérir  ou  de 
conserver  du  bien.  Luc.  12.  lo.  Cavete  ah 
omni  avaritia  :  Ayez  soin  de  vous  bien  gar- 
der de  toute  avarice.  Ici  Jésus-Christ  entend 
par  avarice,  non-seulement  le  désir  d'avoir 
le  bien  d'autrui,  mais  même  un  désir  de  cu- 
pidité et  d'avarice  de  son  propre  bien.  Heb. 
13.  5.  Sint  mores  sine  avaritia:  Que  votre  vie 
soit  exemple  d'avarice.  Amos  9.  1. 

2°  Désir  insatiable  de  contenter  ses  pas- 
sions déshonnêtes.  Eph.  4.  19.  Desperantes 
semetipsos  tradiderunt  impudicitiœ,  in  opera- 
tionem  immunditiœ  omnis  in  avaritiam  :  Les 
Gentils  s'abandonnent  à  la  dissolution  pour 
se  plonger  avec  une  ardeur  insatiable  dans 
toute  sorte  d'impuretés  ;  Gr.  èv  7r).£ov£?ta.  Ce 
mot  signifle  la  convoitise  excessive  des 
biens,  des  honneurs  et  des  plaisirs.  C'est  en 
ce  dernier  sens  que  quelques-uns  expliquent 
encore  ce  mot,  Ephes.  5.  3.  Rom.  1.  29. 
quoique  d'autres  prennent  eu  ces  mêmes  en- 
droits, le  mot  avaritia  dans  sa  première  si- 
gnification. 

3'  Effet  d'avarice,  action  sordide.  2.  Cor.  4. 
o.  Prœparent  quasi  henedictionem,  non  tam- 
quam  avaritiam  .J'ai  jugé  nécessaire  de  prier 
nos  frères  de  vous  aller  trouver  avant  moi, 
afin  qu'ils  aient  soin  que  la  charité  que  vous 
avez  promis  de  faire,  soit  un  don  offert  par 
la  charité,  et  non  arraché  à  l'avarice.  Ces 
aumônes  et  charités  étaient  pour  les  pauvres 
de  Jérusalem. 

AvARUS,  A,    L'M,    (^ùùpyvf/o;,   77),£0V£/.T»!f .  Cet 

adjectif  est  dérivé  du  verbe  avère,   comme 
qui  dirait  avidus  œris,  et  signifie  : 
Avare,  passionné  pour  le  bien,  pour  les 


5.9 


richesses,  qui  agit  par  avarice.  Eccli. 
Avarus  non  impletur  pecunia :Uavare  n'aura 
jamais  assez  d'argent.  Eccli.  10.  9.  Avaro 
nihil  est  scelestius  :  Rien  n'est  plus  détesta- 
ble que  l'avare.  Ephes.  5.  5.  Scitote  intelli- 
gentes quod  omnis  avarus,  quod  est  idolorum 
servi  tus,  non  habet  hœreditatem  in  Regno 
Christi  et  Dei  :  Sachez  que  nul  avare,  ce  qui 
estune  idolâtrie,  ne  sera  héritier  du  royaume 
de  Jésus-Christ  et  de  Dieu.  Un  avare  est 
traité  d'idolâtre,  en  ce  qu'il  met  toute  sa 
confiance  en  ses  biens  plutôt  qu'en  Dieu. 
1.  Cor.  3.  11. 

AUCEPS  ,  Aucupis,  tç£UT«,-.  Ce  nom  est 
composé  d'avis  et  de  capere,  et  signifie,  oise- 
leur, qui  prend  des  oiseaux  à  la  glu  ou  aux 
filets.  Jerem.  5.  26.  Quia  inventi  sunt  in  po- 
pulo meo  impii  insidiantes  quasi  aucupes,  la- 
queos  ponentes  et  pedicas  ad  capiendos  viras: 
Parce  qu'il  s'est  trouvé  parmi  mon  peuple 
des  impies  qui  dressent  des  pièges  comme 
on  en  dresse  aux  oiseaux,  et  qui  tendent  des 
filets  pour  y  surprendre  les  hommes.  Le 
Prophète  parle  de  l'hypocrisie  et  de  l'adresse 
de  ceux  qui  surprennent  et  dépouillent  les 
simples  et  de  la  punition  et  de  la  vengeance 
que  Dieu  en  tire.  Prov.  6.  5.  Amos  3.  3. 

AUCUPIUM,  II.  Ce  nom  vient  d'auceps,  et 
signifie  proprement  la  chasse  aux  oiseaux; 
ce  qui  se  dit  aussi  du  gibier,  les  oiseaux  mê- 
mes qu'on  a  pris  ou  tués  à  la  chasse  :  dans 
l'Ecriture  : 

Chasse  aux  oiseaux  avec  des  filets.  Levit. 
17.  13.  Si  venatione  atque  aucupio  ceperit 
feram  vel  avem  quibus  vesci  licilum  est,  fun- 
dat  sanguinem  ejus  :  Si  quelqu'un  prend  à 
la  chasse  quelqu'une  des  bêtes  ,  ou  au  filet 
quelqu'un  des  oiseaux  dont  il  est  permis  de 
manger,  qu'il  en  fasse  sortir  tout  le  sang, 
et  qu'il  le  couvre  de  terre.  Quiconque  man- 
geait du  sang  était  puni  de  mort. 

AUCTOR ,  is.  Ce  nom  vient  du  supin  au- 
ctum,  et  signifie  proprement,  qui  augmente; 
de  là ,  auteur  de  quelque  chose,  qui  l'a  faite 
par  soi-même,  et  non  par  un  autre  :  celui 
qui  entreprend  et  conduit  une  affaire,  et  qui 
en  est  comme  le  premier  moteur;  qui  con- 
seille et  donne  avis;  auteur  qui  a  donné 
quelque  livre  au  public;  garant  :  dans  l'E- 
criture :  1°  Auteur  qui  a  fait  quelque  chose. 
Judic.  6.  29.  Cumque  perquirerent  auctorein 
facti  :  Et  cherchant  partout  qui  était  l'au- 
teur de  cette  action  ,  on  leur  dit:  C'est  Gé- 
déon  ;  il  avait  abattu  l'autel  de  BaaI.  — 
2°  Auteur,  chef,  prince  [ùo/jr/k]-  Act.  3.  lo. 
Auctorem  vero  vitœ  interfecistis  :  Vous  avez 
demandé  qu'on  accordât  la  grâce  d'un  hom- 
me qui  était  un  meurtrier;  et  vous  avez  fait 
mourir  l'Auteur  de  la  vie.  Ce  que  saint 
Pierre  déclare  aux  Juifs,  en  les  exhortant  de 
faire  pénitence  et  de  se  convertir.  Voy.  v.  19. 
Heb.  2.  10.  Decebat  eum  qui  multos  filios  in 
gloriam  adduxerat ,  Auctorem  salutis  eorum 
per  passionem  consummare  :  Dieu  a  jugé  à 
propos  de  conduire  à  la  gloire  par  les  souf- 
frances son  Fils  unique,  aussi  bien  que  ses 
autres  enfants  ,  lui  qui  devait  être  le  chef  cl 
le  prince  de  leur  salut,  c  12.  2.  Act.  2V.  5. — 
3°  Chef,   qui  conduit,  qui  porte  à  quelque 


433 


AID 


AUr) 


iZ* 


chose  (7r;owTO!7T«T>7,-).  Act. 2i.  ^.InvenimushvMC 
hominem  auctorem  seditionis  sectœ  Nazare- 
vurwn  :  Sriinl  Paul  élait  regardé  comme  le 
chef  lies  premiers  chrétiens,  appelés  Naza- 
réens.  Voy.  Nazarenus.    1.  Esdr.  o.   4.  — 
!*■■'  Auleur,  écrivain;  ((ruyyoayrj?  ,  scriptor). 
2.  M.tch.  2.  29.  Veritatem  qnidem  de  singulis, 
,    aucloribas    concèdent  es  ;    Gr.   auctori  .-   Un 
abrévialeur,  tel  qu'est  l'auteur  de  ce  livre  , 
I    n'entre  point  dans  le  détail  ;    mais  ,  v.  31. 
'    Curiosius  partes  singulas  quasque  disquirere, 
hisloriœ  congruil  auctori;  Gr.  àpyjr/éTri ,  au 
premier  auteur;  mais  il  est  du  devoir  de  ce- 
lui qui  compose    toute  une  histoire  de  re- 
chercher avec  un  grand  soin  les  circonstan- 
ces   particulières   de  ce   qu'il  raconte.     - 
5°  Meurtrier,  qui  tue  de  sa  main  (uùQé-^rnç). 
Sap.    12.  6.  E(  auctores  parentes  animarum 
inauxiliatarum  perdere  voluisti  :  Les  Chdna- 
néens  immolaient  leurs  propres   enfants  à 
l'idole  de  Moloch.  Le  mot  aùGévr*?;  ,  ne  si- 
gnifiait proprement  que  celui  qui  tue  de  sa 
propre  main,  ou  soi,  ou  un  autre;  et  ce  n'est 
que  depuis  mille  ans  ,  ou  environ,  qu'il  a 
signifié  la  même  chose  que  le  mot  latin  au- 
ctor,  dit  Gaza. 

AUCTORITAS,  atis,  autorité,  crédit,  pou- 
voir, puissance.  3.  Reg.  21.  7.  Grandis  au- 
ctoritatis  es  :  Vous  avez  sans  doute  un  grand 
pouvoir,  dit  à  Achab  Jésabel ,  sa  femme,  qui 
l'animait  à  ravir  la  vigne  de  Naboth. 
AUCUPIUM.  Voy.  post  Auceps. 
AUDACIA  ,  JE  ,  BpâtTo;  ,  TÔXt/a.  Audace  , 
présomplion  ,  hardiesse  ,  courage  pour  en- 
treprendre quelque  chose  de  dilïîcile  :  dans 
l'Ecriture,  i  Hardiesse,  effronterie,  inso- 
lence. 1,  Mach.  4.  32.  Tahefac  audaciamvir- 
tutis  eorum  :  Faites-les  sécher  de  frayeur  en 
abattant  cette  audace  que  leur  inspirent 
leurs  forces,  dit  Judas  à  Dieu  dans  sa  prière 
contre  l'armée  d'Antiochus,  commandée  par 
Lysias.  2.  Mach.  o.  18.  c.  8.  18.  Sap.  12. 17. 
—  2"  Confiance,  fermeté,  résolution.  Judith. 
16.  12.  Medi  audaciam  ejus  horruerunt  :  Les 
Perses  ont  été  épouvantés  de  la  constance 
de  Judith  ,  et  les  Mèdes  de  sa  hardiesse; 
ce  fut  quand  elle  eut  coupé  la  tète  à  Holo- 
phcrne.  2.  Par.  17.  26.  1 ,  Mach.  4.  35.  2. 
Mach.  13.  18  D'où  vient  celle  phrase  Urée 
de  ce  mot. 

SUMEKE  AUDACIAM,  ^oûaB^i  ,  attolli , 
prendre  une  résolution  ferme.  2.  Par.  17.  6. 
Cum  sumpsisset  cor  ejus  audaciam  in  viis  Do- 
mini  .Comme  le  cœur  de  Josaphat  était  plein 
de  force  et  de  zèle  pour  l'observation  des 
préceptes  du  Seigneur,  il  fit  abattre  dans 
Juda  les  hauts  lieux  et  les  bois  consacrés 
aux  idoles.  Voy.  Sumere. 

AUDACTEK  ,  avec  audace  et  présomption, 
avec  hardiesse  :  dans  l'Ecriture,  —  1' Har- 
diment, couragousement  {(jp^Tti).  1.  Mach. 
6.  4.0.  Cucurrit  ad  eam  audacler  :  Eléazar 
alla  résolument  attaquer  cet  éléphant  ;  il 
crut  que  le  roi  était  dessus.  2.  Mach.  14.  43. 
Marc.  15.  43. — 2"  InsolemuKMit,  audacieuse- 
iiient.  Job.  12.  6.  Abundunt  tubcrnacula  prœ- 
donum  ,  et  audacter  provocant  JJeum  .-  Les 
maisons  des  voleurs  publics  sont  dans  l'a- 
bondance, et  ils  défient  Dieu  avec  insolence 


Gen.  34.  .30.  2.  Reg.  18. 13.  -3-  Hardiment, 
sans  nen  craindre.  Job.  39.  24.  Exsultat  au- 
dacter :  Le  cheval  s'élance  avec  audace.  Ju- 
dic.  20,  31. D'où  vient  le  comparatif 

AUDACIUS  ,  ■zolii^pôzcoov.  Trop  librement. 
Rom.  15.  15,  Audacius  autem  scripsi  vobis  : 
Je  vous  ai  écrit  un  peu  trop  librement  ;  ce 
que  saint  Paul  leur  dit,  parce  qu'il  leur 
avait  marqué  leurs  défauts,  les  en  reprenant 
apparemment  avec  plus  de  force  et  d'auto- 
rité ,  que  peut  -  être  ils  n'attendaient  dun 
homme  comme  lui  ,  qu'ils  n'avaient  point 
encore  vu. 

AUDAX,  cis,   epa.r7x>ç,  eïK.  Cet  adjectif  est 
dérivé  du  verbe  audere  ,  et  signifie  propre- 
ment,  audacieux,   plein   d'audace  jusqu'à 
l'excès  :  dans   l'Ecriture,  —  1"  Fier,  hardi. 
Sap.  11.  18.  AudacS  leones  :  Il  n'eût  pas  été 
difficile  à  la  main  toute-puissante  de  Dieu 
d'envoyer  contre  les  Egyptiens  une  multitu- 
de d'ours  et  de  fiers  lions.  —2°  Audacieux, 
prêt  à  faire  violence  et  à  tout   entreprendre 
(To)>fi7î/iÔ5-  ).  Eccli.   8.  v.   18.  19.  Cum  audace 
noneasin  via  .-Ne  vous  engagez  pointa  aller 
avec  un  homme  audacieux.  2.  Petr.  2.  10. 
—  3"  Hardi,  impudent.   Eccli.    22.   5.    Pa^ 
trem  et  virum  confundit  audax  :  Ld  femme 
hardie  couvre  de  confusion  son  père  et  son 
mari. 
AUDENTER.  Voy. /)osf  Audere. 
AUDERE,  rolu-â-j.  Ce  verbe   vient  d'aueo  , 
insérant  un  d,  parce  que  quand  on  ose  en- 
treprendre quelque  chose,  on  désire  qu'elle 
se  fasse  ,  et  signifie  proprement  oser  faire, 
oser  dire;  dans  l'Ecriture  : 

1  Oser,  ne  point  craindre.  Rom.  5.  7.  Pro 
bono  forsitan  quis  audeat  mori  :  Peut-être 
néanmoins  que  quelqu'un  aurait  la  force  de 
donner  sa  vie  pour  un  homme  de  bien.  Ici 
l'Apôtre  témoigne  que  ce  serait  l'effet  d'une 
vertu  très-rare  de  donner  sa  vie  pour  un 
juste;  mais  que  Jésus  -Christ  a  donné  la 
sienne  pour  tous  les  hommes  ,  lors  même 
qu'ils  étaient  dans  le  péché.  1.  Cor.  6.  1. 
Audet  aliquis  vestrum  :  Comment  se  trouve- 
t-il  quelqu'un  parmi  vous  qui,  ayant  un  dif- 
férend avec  son  frère,  ose  l'appeler  en  juge- 
ment devant  les  méchants  et  les  infidèles,  et 
non  pas  devant  les  saints  ?  Rom.  10.  20. 
Isaias  autem  audet,  etdicit  :  Isaïe  dit  haute- 
ment,  j'ai  été  trouvé  par  ceux  qui  ne  me 
cherchaient  pas.  Ici  l'Apôtre  témoigne  qu'l- 
saïe,  dans  cet  endroit,  parle  de  la  vocation 
et  de  la  conversion  des  Gentils  à  l'Evangile. 
2.  Cor.  10.  2.  c.  11.  21.  Eph.  6.  20.  Philipp. 
1.  14. 

2°  Etre  plein  de  confiance  (  eap&Erv  ).  2. 
Cor.  5.  6.  Audentes  igitur  semper  :  Nous 
sommes  donc  toujours  pleins  de  confiance. 
L'Apôtre  parle  de  cette  confiance  qu'ont  les 
vrais  fidèles  et  chrétiens  parmi  tous  les 
dangers  de  cette  vie  ,  se  tenant  assurés  de 
leur  salut  pur  ce  gage  de  l'Esprit  de  Dieu 
qu'ils  f»nt  reçu.  v.  8. 

AUDENTER,  xarà  nappvirxM.  Hardiment, 
avec  hardiesse  et  liberté.  Act.  2.  20.  Licent 
oudenler  diccre  de  patriarcha  David  :  Qu'il 
me  soit  permis  de  vous  dire  hardiment  du 
patriarche  David.  Saint  Pierro  fait  voir  quel 


435 


DICTIO^NAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACKLE. 


436 


ces  paroles  du  Propreté  royal  :  Vous  ne  lais- 
serez point  mon  âme  dans  l'enfer,  et  vous  ne 
nermcttrez  point  que  votre  saint  éprouve  la 
corruption,  ne  peuvent  s'entendre  de  David, 
puisqu'on  voyait  encore  son  tombeau  du 
temps  de  saint  Pierre  ;  mais  de  Jésus- 
Christ,  que  Dieu  a  ressuscité,  et  de  la  ré- 
surrection duquel  saint  Pierre  assure  que 
lui  et  tous  les  autres  apôtres  et  disciples 
sont  témoins. 

AUDIRE,  Kxoûïtv.  Ce  verbe  vient  du  nom 
grec  K\)Br),  sonus,  parce  que  le  son  est  l'ob- 
jet de  l'ouïe,  et  signifie  proprement,  ouïr,  ou 
entendre  quelqu'un  qui  parle,  qui  chante, 
qui  crie,  etc.  ouïr  ou  entendre  un  son,  du 
bruit,  etc.  :  dans  l'Ecriture  : 

1°  Ouïr,  entendre  des  oreilles.  Gen.  3.  8. 
Et  cum  audissent  vocem  Domini  deombulan- 
tis  in  Paradiso  .Lorsqu'ils  eurent  entendu  la 
voix  du  Seigneur  Dieu  qui  se  promenait  dans 
le  Paradis,  v.  10.  Malt.  11.  i.  Surdi  audiunt: 
Jésus-Christ  charge  deux  disciples  de  saint 
Jean  de  lui  dire  de  sa  part  que  ceux  qui 
étaient  auparavant  sourds,  étaient  guéris  et 
entendaient  ,  comme  eux-mêmes  en  étaient 
témoins.  Exod.  19.  9.  Deut.  k.  12.  Ainsi, 
Joan.5.37.  Neque  vocem  ejus  umquamaudistis: 
Vous  dites  que  Moïse  a  entendu  la  voix  de 
Dieu  i  Voy.  c.  9.  29.)  :  mais  pour  vous ,  il  pa- 
raît bien  par  votre  conduite  que  vous  n'a- 
vez jamais  entendu  la  voix  de  Dieu ,  mon 
Père.  C'est  ce  que  Jésus-Christ  dit  aux  Juifs. 
c.  5.  25.  Ps.  30.  Ik.  etc.  Ce  qui  se  dit  figuré- 
ment:l"  Des  cieux  et  de  la  terre  ;  Audite  cœ- 
li  quœ  loquor;  audiat  terra  verba  oris  mei  : 
Cieux  ,  écoutez  ce  que  je  vas  dire;  que  la 
terre  entende  les  paroles  de  ma  bouche. 
Isa.  1.  2.  2  De  la  mort.  Job. 28.  22.  Perditio  et 
mors  dixerunt  auribus  nostris,  audivimus  fa- 
mam  ejus  :  La  perdition  et  la  mort  ont  dit  : 
nous  avons  entendu  parler  de  la  sagesse. 
Voy.  Mors,  et  Perditio. 

2°  Ouïr  avec  attention,  s'appliquer  à  en- 
tendre et  comprendre.  Ps.  H.  11.  Audi,  fîlia, 
et  vide,  et  inclina  aurem  tuam  :  Ma  fi;le,  ou- 
vrez vos  yeux,  et  ayez  l'oreille  attentive.  Le 
Prophète  invile  l'Eglise  à  entendre  la  voix 
de  Jésus-Christ,  et  à  considérer  ce  qu'il  a 
fait  depuis  pour  elle.  1.  Reg.  3.  v.  9.  10.  Lo- 
guere,  Domine,  quia  audit  servus  tuus  :  Par- 
lez ,  Seigneur  ,  parce  que  votre  serviteur 
vous  écoute  ,  répond  Samuel  à  Dieu  (jui 
l'appelle  ,  selon  ce  que  lui  avait  dit  Elie  de 
répondre. 

3°  Entendre  de  l'esprit  ,  comprendre.  1. 
Cor.  14-.  2.  Qui  enim  loquitur  lingua,  non  ho- 
minibus  loquitur,  sed  Deo,  nemo  enim  audit  : 
Personne  n'entend  celui  qui  parle  une  lan- 
gue inconnue.  Par  ce  langage  inconnu,  saint 
Paul  eaUnd  la  parole  de  Dieu  prêchéc  par 
un  homme  qui  la  comprend  ,  sans  avoir  le 
don  de  la  faire  comprendre  aux  autres. 
Matt.  1).  15.  Auribus  graviter  audierunt  : 
Les  oreilles  de  ce  peuple  sont  devenues 
sourdes.  Celte  surdité  s'entend,  et  des  oreil- 
les du  corps  et  de  l'inlelligence  de  l'esprit, 
les  Juifs  ne  voulant  ni  écouter  ni  compren- 
dre les  vérités  qui  leur  étaient  annoncées. 
Matl.ll.  15.  Qui  habet  aures  audiendif  au- 


diat :  Que  celui  qui  a  reçu  de  Dieu  l'esprit 
d'intelligence  ,  et  le  don  de  la  foi  ,  qui  est 
l'oreille  de  l'âme  ,  prenne  garde  attentive- 
ment à  ceci  ,  dit  Jésus-Christ  sur  ce  qu'il 
vient  de  dire ,  que  la  loi  et  les  prophètes 
n'ont  subsisté  que  jusqu'à  saint  Jean,  et  que 
depuis,  le  royaume  du  ciel  souffre  violence. 
Gen.  11.  7. 

4°  Croire,  acquiescer  aux  paroles  de  quel- 
qu'un, l'écouter,  lui  obéir,  pratiquer  ce  que 
l'on  entend.  Deut.  29.  4.  Non  dédit  vobis 
Dominus  aures  quœ  possint  audire  :  Dieu, 
jusqu'au  temps  qu'il  délivra  les  Juifs  de  la 
tyrannie  de  Pharaon,  ne  leur  avait  point  en- 
core donné  des  oreilles  qui  pussent  enten- 
dre; c'est-à-dire  cette  docilité  pour  obéir. 
Prov.  13.  1.  Qui  illusor  est ,  non  audit  cum 
arguitur  :  Celui  qui  se  moque  ,  n'écoute 
point  quand  on  le  reprend.  Matt.  7.5.  Ipsum 
audite  :  Celui  -  ci  est  mou  Fils  bieu-aimé, 
écoutez-le  ,  dit  do  Jésus-Christ  le  Père  éter- 
nel. Gen.  3.  17.  c.  21.  12.  c.  27.  v.  13.  43. 
Exod.  3.  18.  c.  4.  1.  Luc.  10.  16.  Ainsi, 
Joan.  6.  60.  Quis  potest  eum  audire  ?  Qui 
peut  écouter  ces  paroles  et  y  acquiescer?  Il 
s'agissait  de  manger  la  chair  et  de  boire  le 
sang  de  Jésus-Christ,  c.  4.  5. 

5°  Apprendre  ,  être  enseigné.  Habac.  3. 
2.  Domine,  audivi  auditionem  tuam  :  Sei- 
gneur, j'ai  entendu  votre  parole,  et  j'ai 
été  saisi  de  crainte  ,  dit  le  prophète  à  la  vue 
et  à  la  connaissance  qui  lui  était  donnée  des 
effroyables  jugeinenls  dont  Dieu  menaçait 
son  peuple.V.AoDiTio  1°.  Soan.'S.SI.Et quod 
vidit,et  audivitfhoc  testatur  :Ce\u\q}ii  est  venu 
du  ciel  rend  témoignage  de  ce  qu'il  a  vu  et  do 
ce  qu'il  a  entendu,  dit  saint  Jean  de  Jésus- 
Christ;  dans  ce  sens,  qu'étant  consubstan- 
tiel  avec  le  Père  éternel ,  il  n'avait  pas  ap- 
pris de  nouveau  quelque  chose  qu'il  eût 
ignoré;  mais  il  parle  de  cette  connaissance 
éternelle  que  Jésus-Christ  avait  reçue  de 
Dieu.  c.  6.  45.  c.  5.  30.  c.  8.  v.  26.  40.*  Prov. 
1.  8.  c.  4.  1.  Amos  3.  1.  c.  4.  1.  c.  5.  1.  2. 
Cor.  12.  4. 

6°  Connaître,  voir,  et  entendre  manifes- 
tement. 2.  Reg.  17.  5.  Audiamus  quid  etiam 
ipse  d/cui  ;  Sachons  aussi  l'avis  de  Chusaï 
d'Arach,dit  Absalom  sur  l'avis  que  lui  avait 
donné  Achitophel  contre  David.  Ps.  30.  14. 
Audivi  vituperalionem  multorum  commoran- 
tium  in  circuitu  :  J'ai  entendu  les  reproches 
injurieux  de  plusieurs  de  ceux  qui  demeu- 
rent aux  environs.  Ps.  65.  8. 

7"  Ouïr  dire  ,  apprendre,  v.  5.  Audiens 
charitatem  tuam  :  Me  souvenant  sans  cesse 
de  vous  dans  mes  prières,  je  rends  grâ<;es  à 
mon  Dieu  ,  apprenant  votre  charité  envers 
les  saints.  Joan.  9.  32.  A  sœculo  non  est  au- 
ditum:  Depuis  que  le  monde  est,  on  n'a  ja- 
mais ouï  dire  que  personne  ait  ouvert  les 
yeux  à  un  aveugle-né  :  cet  homme  apporte 
sa  guérison  pour  preuve  que  Jésus-Christ 
était  envoyé  de  Dieu.  Gen.  21.  26.  c.  4.  1>. 
c.  42.  2.  Luc.  23.  6.  etc.  Ainsi,  Ps.  9.  12.  Et 
in  insurgenlibus  in  me  mnliynantibus  audiet 
auris  mea  :  Et  mon  oreille  entendra  parier 
de  la  punition  des  méchants  qui  s'élèvent 


457 


AUD 


AUD 


458 


contre  moi.  Davia  parle  dans  l'assurance  et 
la  confiance  qu'il  avait  en  Dieu. 

8*  Exaucer,  se  rendre  favorable  aux  priè- 
res. Joan.  11.  i2.  Sciebam  quia  setnper  me  aii- 
dis  .  Je  savais  que  vous  m'exauciez  tou- 
jours. Jésus-Christ  parle  à  son  Père  comme 
homme  et  comme  médiateur  des  hommes. 
c.  9.  3.  Scinms  quia  Deus  peccatores  non  au- 
dit  :  Dieu  n'exauce  point  les  pécheurs  qui 
ne  veulenl  pas  se  convertir.  Gen.  42.  21. 
Exotl.  IG.  V.  8.  12. 

9°  Connaître  pour  venger.  2.  Esd.  4.  4. 
Audi,  Deus  noster  :  Ecoulez,  Seigneur  notre 
Dieu.  Esdras  demande  à  Dieu  de  faire  tom- 
ber sur  ceux  qui  se  railiaienl,  les  insultes 
qu'ils  faisaient  à  ceux  qui  rebâtissaient  les 
murs  de  Jérusalem.  Ps.  77.  21.  Ideo  audivit 
Dominus  :  Dieu  écouta  les  Juifs,  qui  deman- 
daient s'il  pourrait  bien  leur  préparer  une 
table  dans  le  désert;  c'est  pourquoi  ils  fu- 
rent punis  par  le  feu.  Num.  11.  1. 

Phrai-e  Urée  de  la  jireniière  signification,  en  tant  que  ce 
verbe  vient  du  Grec  ajîvi ,  sonus. 

AuDiTUM  audire  ah  aliquo.  Entendre  une 
voix  qui  vient  de  quelqu'un,  entendre  ce 
qu'il  nous  dit.  Jerem.  49.  11.  Auditum  au- 
divi  à  Domino  :  J'ai  entendu  une  voix  qui 
venait  du  Seigneur.  Le  prophète  prédit  l'u- 
nion que  doivent  faire  les  ennemis  pour 
marcher  contre  les  Iduméens. 

Phrases  tirées  de  la  quatrième  signification. 

AUDITU  AUDIRE,  £tVazoÛ££V.  —  AuDIRE  àUDI- 

TiONEM.  Ecouter  avec  soumission,  écouter 
pour  obéir.  Zach.  6.  15.  Erit  autem  hoc,  si 
auditu  audierilis  vocem  Domini  Dei  vestri  : 
Tout  ce  que  le  prophète  demande  des  Juifs 
pour  se  rendre  dignes  de  la  miséricorde  de 
Dieu  qu'il  leur  promet,  est  qu'ils  écoutent  la 
parole  de  Dieu,  et  qu'ils  y  obéissent.  Job. 
37.  2.  Audi  te  auditionem  ;  Heb.  audite  au- 
diendo  :  Ecoutez  avec  une  profonde  atten- 
tion. Ces  répétitions  auditus  el  auditio  mar- 
quent une  plus  grande  attention. 

Phrases  tirées  de  la  sixième  signification. 
AuDiTUM  facere  aliquid  alicui,  «zo-jrîÇstv. 
Faire  connaître  ,  faire  ressentir  queli|ue 
chose  à  quelqu'un.  Ps.  75.  9.  De  cœlo  auditum 
fecisti  judicium  :  Vous  avez  fait  entendre  du 
ciel  le  jugement  que  vous  avez  prononcé; 
ce  qui  s'entend  de  cetle  condamnation  à  la 
mort  de  cent  quatre-vingt  cinq  mille  hommes 
de  l'armée  de  Sennachérib;  et  ce  qui  se 
peut  aussi  entendre  du  dernier  jugement 
des  superbes  et  orgueilleux  qui  auront  foulé 
aux  pieds  les  pauvres.  Ps.  142.  8.  Auditam 
fac  mihi  mane  misericordiam  tuam  :  Faites- 
moi  sentir  promptement  votre  miséricorde. 

Phrases  tirées  de  laseplièine  signiiicaiioii. 
\  Addire  aliquid  in  are  alicujus.  Ouïr  parler 
à  quelqu'un  de  quelque  chose  (bIç  àxo^v  slvat) 
Ezech.  l(j.  50.  Non  fuit  autem  Sodoma  soror 
tua  audila  in  ore  luo  :  On  ne  vous  a  point 
entendu  parler  de  la  ruine  de  votre  sœur 
Sodome  au  temps  de  votre  gloire.  Dieu  re- 
proche aux  Juifs  de  ne  s'être  point  souve- 
nus de  la  destruction  de  Sodome,  aOn  d'évi- 
ter les  châtiments  qu'ils  méritaient. 


Audire  aliquid  de  ore  alicujus,  ouïr  quel- 
que chese  de  la  propre  bouche  de  quelqu'un. 
Luc.  22.  71.  Ipsi  enim  audivimus  de  ore  ejus  : 
Nous  l'avons  ouï  dire  nous-mêmes  de  sa 
propre  bouche  qu'il  est  le  Fils  de  Dieu,  di- 
sent les  Juifs  dans  leur  conseil. 

Bene  audire,  y.cÙMç  «xo'jstv.  Etre  dans  l'es- 
time des  hommes.  2.  Mach.  14.  37.  Rasias 
vir  amalor  civitatis,  et  bene  audiens  qui  pro 
affectu  pater  judœorum  appellabatur  :  On  ac- 
cusa auprès  de  Nicanor  Rasias ,  homme  zélé 
pour  la  ville,  qui  était  en  grande  réputa- 
tion, et  qu'on  appelait  le  père  des  Juifs,  à 
cause  de  l'affection  qu'il  leur  portait.  Rasias 
se  tua  lui-même,  plutôt  que  de  tomber  entre 
les  mains  de  Nicanor. 

AUDITIO,  ONis,  «zon.  L'action  d'écouter; 
c'est  aussi  un  bruit  commun  de  quelque 
chose  :  dans  l'Ecriture,  —  1°  La  chose  même 
qui  se  dit ,  et  qui  est  entendue  ,  soit  qu'elle 
soit  publique  ou  non.  Habac.  3.  2.  Domine, 
audivi  auditionem  ^uam  ;  Seigneur,  j'ai  en- 
tendu ce  que  vous  m'avez  dit,  savoir  :  que 
vous  aviez  résolu  la  ruine  de  votre  peuple 
par  les  ChaUiéens.  Nahum.  3.  19.  Omnes  qui 
audierunt  auditionem  tuam:  Tous  ceux  qui 
ont  ouï  parler  de  votre  ruine  s'en  sont  ré- 
jouis. Le  prophète  parle  de  Ninive,  capitale 
d'Assyrie.  Ose.  7.  12.  Cœdam  eos  secundum 
auditionem  cœtus  eorum  :  Je  les  punirai 
comme  ils  ont  appris  dans  leurs  assemblées 
que  je  le  ferais.  Le  prophète  parle  des  tribus 
qui  adoraient  les  veaux  d'or.  Ps.  111.  7.  Ab 
audilione  mala  non  timebit  :  Le  juste  ne 
craindra  point  d'entendre  mal  parler  de  lui  ; 
ou  bien,  il  ne  craindra  rien  pour  lui  quand 
il  entendra  parler  de  quelque  chose  d'affli- 
geant. —  2"  Bruit,  nouvelles  de  quelque 
chose.  Jorem.  10.  22.  Vox  auditionis  ecce 
venit  :  On  parle  de  la  venue  des  ennemis, 
c.  51.  46.  Venict  in  anno  auditio  et  post 
hune  annum  auditio  :  Le  prophète  parle  du 
siège  de  Babylone,  dont  la  nouvelle  venait 
d'année  en  année.  —  3°  Ce  moi  auditio  mar- 
que l'application  de  l'esprit,  lorsqu'il  est  le 
cas  du  verbe  aMdtre.  Job.  37.  2.  Audite  audi- 
tionem .Ecoutez  avec  attention. 

AUDITOR,  à-/.pouTnç,  «zou(jtïîî.  Auditeur  qui 
écoute  une  personne  qui  parle  en  public, 
disciple  qui  étudie  ou  a  étudié  sous  quel- 
qu'un ;  dans  l'Ecriture  : 

Qui  écoute,  qui  entend.  Rom.  2.  13.  Non 
auditores  legis  justi  sunt  apud  Deum  :  Pour 
être  juste,  il  ne  sufOt  pas  d'écouter  la  loi,  il 
faut  encore  la  pratiquer.  Job.  31.  35.  Jac. 
1.  V.  22.  23.  25.  ce  qui  se  dit  Ogurément  de 
Dieu,  pour  marquer  que  Dieu  connaît.  Sap. 
1.  ().  Est  spiritus  sapientiœ  linguœ  ejus  audi- 
tor  :  La  sagesse  est  un  esprit  qui  entend  les 
paroles  de  la  langue  du  médisant.  De  celte 
propre  signiGcation  vient  celle  façon  de 
parler. 

AuDiTOR  SERMONUM  DEI.  Propbèlc  QUI  en- 
tend les  paroles  de  Dieu  («/.ojwv).  Num.  24. 
v.  4.  10.  Dixit  auditor  sermonum  Dei  :  Voici 
ce  (jue  dit  celui  qui  entend  les  paroles  de 
Dieu.  C'est  Balaam  parlant  de  lui-même,  el 
qui  va  donner  des  bénédictions  aux.  Israé- 
lites. 


459 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


un 


'  AUDITORIUM  ,  Il ,  KxpouT-ôpio-j.  Auditoire  , 
on  lieu  où  l'on  écoule  ceux  qui  parlent  en 
public;  multitude  assemblée  pour  écouter; 
une  écolp,  une  classe,  le  lieu  où  l'on  ensei- 
gne; dans  l'Ecriture  : 

La  salle  des  audiences.  Act.  25.  23.  Cum 
venisset  Agrippa  et  Bérénice  et  introissent 
in  auditorium  :  Agrippa  et  Bérénice  entrèrent 
dans  la  salle  des  audiences  ;  ce  fut  pour  en- 
tendre saint  Paul  dans  ses  défenses. 

AUDITUS,  us,  «zo/i.  —  1."  L'ouïe,  le  sens 
••  de  l'ouïe.  1.  Cor.  12.  17.  Si  totum  corpus 
oculus,  ubi  auditus  ?  Si  tout  le  corps  était 
œil.  où  serait  l'ouïe  ?  Ce  raisonnement  de 
l'Apôtre  prouve  que  l'ordre  et  le  bien  de 
tout  le  corps  de  l'Église  demande,  non  que 
tous  ses  membres  aient  un  seul  et  même 
don  ;  mais  que  les  dons  spirituels  soient  dif- 
féremment distribués  à  ses  ministres.  2. 
'Jim.  4.  4.  Et  averitate  quidem  auditum  aver- 
ient  :  11  viendra  un  temps  où  les  hommes 
fermant  l'oreille  à  la  vérité,  l'ouvriront  à 
des  fables.  De  celte  signification  vient  cette 
phrase  : 

La  personne  même  qui  entend.  Ps.  50. 
10.  Audilui  meo  dabis  gaiidium  et  lœtitiam, 
pour  mihi  audienti  ;  Gr.  ày.ovTuiç.  Vous  me 
ferez  entendre  des  nouvelles  heureuses. 
Cette  joie  venait  de  la  rémission  qu'il  avait 
déjà  reçue  de  son  péché. 
'  2"  L'action  d'écouter  («x^sôao-if).  Eccl.  1.  8. 
Nec  auris  auditu  impletur  :  L'oreille  ne  se 
lasse  point  d'écouter;  la  plupart  des  objets 
des  sens  n'étant  que  vanité,  l'âme  ne  s'en 
peut  jamais  remplir.  Eccli.  32.  G.  Ubi  audi- 
tus non  est,  ne  effundas  sermonem  :  Ne  ré- 
pandez point  la  parole,  lorsqu'on  ne  vous 
écoute  pas,  ou  que  l'on  n'est  pas  disposé  à 
écouter  (àz/36a/x«)  ;  Gr.  ne  vous  mettez  point 
à  parler  lorsqu'on  entend  la  musique.  Le 
Sage  témoigne  que  la  discrétion  est  autant 
nécessaire  dans  l'usage  et  la  distribution  de 
la  parole  de  Dieu  que  la  science  même. 

3°  Le  bruit,  le  rapport  qui  se  fait  de  quel- 
que chose.  Isa.  11,  3.  Non  secundum  audi- 
tum aurium  arguet  :  Jésus- Christ,  ce  reje- 
ton de  Jessé,  ne  condamnera  point  sur  un 
ouï  dire;  mais  selon  qu'il  aura  entendu  de 
son  Père.  Voy.  Joan.  5.  30.  Job.  42.  5.  Eccli. 
42.  l.Jerem.  51.  46.  Ezech.  7.  20.  c.  21.  7. 
D'où  vient  celte  façon  de  parler. 

Auditus  auris.  Renommée,  réputation  de 
quelque  chose  qui  nous  en  donne  la  con- 
«aissance.  C'est  aussi  l'action  par  laquelle 
on  entend  la  voix  de  quelqu'un.  Ps.  17.  45. 
Jn  auditu  auris  obedivil  mihi  ;  Heb.  et  Gr. 
Ad  auditum  auris  :  Un  peuple  que  je  n'avais 
point  connu  m'a  obéi  quand  il  a  ouï  parler 
de  moi ,  dit  David  des  Gabaonites  et  des  Gé- 
Ihéens,  qui,  étant  Gentils,  furent  assujettis 
aux  Israélites,  et  se  rendirent  obéissants  à 
leur  chef  au  seul  bruit  de  leur  réputation, 
les  opposant  à  des  lsr;iclites,  qui,  lui  étant 
devenus  étrangers  ,  l'avaient  trahi.  Jésus- 
Christ,  dont  David  n'était  que  la  figure,  l'a 
pu  dire  des  Gentils  qui  lui  obéirent  prompte- 
nient,  et  reçurent  sa  parole,  au  lieu  que  les 
Juifs  ne  voulurent  point  le  connaître.  2.  Keg. 
22.  45.  Auditu  auris  obedienl  mihi  :  Des  en- 


fants étrangers  m'obéironi  quana  ils  enten- 
dront ma  voix.  Ce  mot  n'est  quelquefois 
qu'un  pléonasme.  Job.  42.  5.  Auditu  auri& 
audivi  te  :  Mon  oreille  vous  avait  aupara- 
vant entendu. 

4°  La  chose  même  que  l'on  entend.  2.  Petr. 
2.  8.  Aspectu  et  auditu  justus  erat  :  Loth 
étant  juste  était  tourmenté  par  les  choses 
qu'il  voyait  et  entendait  dans  Sodome.  Isa. 

28.  19.  Sola  vexatio  intelleclum  dabit  audi- 
tui  :  L'affliction  seule  vous  donnera  l'intel- 
ligence de  ce  qu'on  vous  dit;  ce  que  dit  le 
prophète,  pour  mieux  exprimer  l'excès  de 
la  désolation  et  de  la  dure  captivité  des  Juifs 
euBabylone.  Abd.  v.  1.  Auditum  audivimus  : 
Nous  avons  entendu  l'arrêt  par  lequel  Dieu 
a  résolu  de  susciter  les  Assyriens  contre  les 
Iduméens.  Jerem.  51.  46.  Eccli.  13. 16.  c.  27. 
16.  Ezech.  21.  7. 

5°  La  prédication  de  la  parole  de  Dieu,  la 
parole  de  Dieu  que  ses  ministres  font  enten- 
dre et  prêchent  au  peuple.  Isa.  53.  1.  Qnis 
credidit  auditui  nostro  ?  Qui  a  cru  à  notre 
parole?  Isaïe  se  plaint  du  peu  de  Juifs  qui 
recevaient  la  parole  de  Dieu  qu'il  leur  an- 
nonçait; et  saint  Jean,  c.  12  emploie  aussi 
ce  mêuie  passage  pour  confirmer  le  peu  d'ef- 
fet que  faisaient  les  miracles  sur  l'esprit  des 
Juifs,  et  leur  incrédulité.  Rom.  16.  17.  Ga- 
lat.  3.  V.  2.  5.  l.Thess.  2.  13. 

AVE,  Gr.  x«'P^>  Heb.  Hhave,  l'aspirée  est 
changée  en  ténue.  Ce  mot,  qui  vient  de  l'hé- 
breu Jihavû,,vivere,  signifie  î;«ve,  qui  est  une 
espèce  de  salut  ordinaire;  et  ce  Hhava  des 
Hébreux  était  du  même  usage  que  ave  ou 
salve  chez  les  Latins,  et  que  le  xaî/se  chez  les 
Grecs.  Luc.  1.  28.  Ave,  gratia  plena  ;  Je  vous 
salue,  ô  pleine  de  grâce,  dit  l'ange  Gabriel  à 
la  sainte  Vierge.  Malth.  28.  9.  Avete  :  Le  sa- 
lut vous  soit  donné,  dit  Jésus-Christ  se  pré- 
sentant à  Marie  Madeleine  et  aux  autres 
femmes,  lorsqu'elles  allaient  annoncer  aux 
disciples  de  Notre-Seigneur  ce  que  l'ange 
leur  avait  dit,  qu'il  était  ressuscité;  on  s'en 
servait  même  à  l'égard  des  princes  et  des 
grands.  Malth.  26.  49.  Ave,  Rabbi  :  Je  vous 
salue,  mon  Maître,  dit  Judas  à  Notre-Sei- 
gneur en  le  trahissant  par  un  baiser,  c.  27. 

29.  Marc,  15.  18.  Joan,  19.  3.  Ave,  rex  Ju- 
dœorum  :  Salut  au  roi  des  Juifs,  disaient  les 
soldats  du  gouverneur  à  Jésus-Christ,  après 
l'avoir  revêtu  d'un  manteau  d'écarlate,  et 
mis  une  couronne  d'épines  sur  sa  tête,  avec 
un  roseau  dans  la  main  droite.  Dans  Mar- 
tial, liv.  14.  Cœsnr,  ave,  x^V^'  i^«'0'«p»  c'est  ce 
qu'on  faisait  dire  à  des  oiseaux  à  l  entrée  de 
l'Empereur.  Ce  n'était  pas  une  marque  de 
familiarité  particulière,  puisque  saint  Jean 
dit  qu'il  ne  faut  pas  même  dire  ave  aux  hé- 
rétiques. 2.  Joan.  V.  10.  Nec  ave  ei  dixeriiis  : 
Ne  saluez  pas  même  celui  qui  ne  fait  pas 
profession  de  demeurer  dans  la  doctrine  de 
Jésus-Christ;  bien  loin  de  le  recevoir  chez 
vous.  V.  11. 

AVELLERE  ,  ànoaizàv.  1°  Arracher  quel- 
que chose,  la  tirer  avec  force  du  lieu  ou  elle 
est  (£zo>r/vyav).  Job.  18.  14.  Avellatur  de  ta- 
hernuculo  suo   fiducia  ejus  :  Les  enfants  et 


441  AVE 

les  richesses  de  l'impie,  en  quoi  il  mettait  sa 
conOance,  seront  arrachés  de  sa  maison. 

Phrase  tirée  de  ce  mot. 

AvELLERE  aliquem  ad  se.  Arracher  quel- 
qu'un à  sa  liberté,  le  réduire  sous  sa  puis- 
satice  par  la  force  des  armes.  Isa.  7.  6.  Avel- 
hnnus  eum  ad  nos  :  Rendons- nous-en  maî- 
tres, disent  les  rois  de  Syrie  et  d'Israël,  du 
roi  de  Juda  («-o^r&ïsstv,  avertere  ). 

2°  Retirer,  éloigner  (à-roT-âv).  Isa.  28.  9. 
Quem  docebit  scientiam?  avulsos  ab  uberibus? 
A  qui  le  Seigneur  enseignera-t-il  sa  loi?  à 
qui  donnera-t-il  l'intelligence  de  sa  parole? 
Ce  sera  à  ceux  qui  auront  la  simplicité  des 
enfants,  et  qui  auront  renoncé  aux  douceurs 
des  plaisirs  criminels.  Luc.  22.  il.  Et  ipse 
avulsus  est  ab  eis  :  Jésus-Christ  s'éloigna  de 
ses  disciples  ;  ce  fut  pour  prier  sur  la  mon- 
tagne des  Oliviers,  où  il  fut  pris. 

AVERS ARI,  «-0TT|si'y£a5«t.  Ce  verbe  vient  de 
la  préposition  a,  et  de  verto,  et  signifie  pro- 
prement détourner  le  visage,  ou  se  détourner 
pour  ne  pas  voir  une  personne  ou  une  chose 
que  nous  avons  en  horreur;  avoir  en  hor- 
reur, avoir  de  l'aversion  :  dans  l'Ecriture  : 
1°  Avoir  de  l'éloignement  et  de  l'aversion 
pour  quelque  chose;  ne  vouloir  acquiescer, 
et  se  rendre  à  quelque  chose.  Tit.  1. 14.  Non 
intendentes  mandat is  hominum  aversantium 
se  a  veritate;  Gr.  veritatem.  — 2"  Haïr,  dé- 
tester {  uiTîu  }.  Exod.  23.  7.  Aversor  ùn- 
pium  :  J'abhorre  le  méchant.  Deul.  12.  31.  c. 
25. 16.  —  3°  Rebuter,  parler  rudement  (jz/Ài- 
vjtv).  1.  Reg.  25.  li.  David  misit  nunlios  de 
deserto  tit  benedicerent  Domino  nostro  ,  et 
aversatus  est  eos  :  Nabal  a  rebuté  avec  ru- 
desse les  gens  de  David,  qu'il  lui  avait  en- 
voyés pour  faire  un  compliment  ;  c'est  de 
quoi  Abigaïl,  femme  de  Nabal,  fut  avertie  par 
un  de  ses  gens,  laquelle,  pour  prévenir  la 
vengeance  de  David,  va  au-devant  de  lui 
avec  des  présents,  se  jeter  à  ses  pieds,  et  lui 
demander  de  remettre  cet  outrage.  —  4°  Se 
déclarer  contre  quelqu'un  (c'-avto-Tàvxt).  Job. 
19.  19.  Quem  maxime  diligebam  aversatus  est 
me  :  Celui  que  j'aimais  le  plus  s'est  déclaré 
contre  moi. 

AVERSATRIX,  cis,  rebelle.  Jerem.  3.  6. 
Numquid  vidisti  quœ  fecerit  aversatrix  Is- 
raël ;  Gr.  xarot/ta  tov  'l'jpur,'/.,  Dieu  rappelle 
dans  l'esprit  du  prophète  l'idolâtrie  des  dix 
tribus  d  Israël. 

AVERSIO,  Nis,  «TToo-T/aoy»?.  L'action  de  dé- 
tourner: dans  l'Ecriture  : 

1"  Dédain,  mépris,  qui  se  fait  en  détour- 
nant le  visage.  Eccli.  «1.  25.  Erubescite...  et 
ab  aversione  vultus  cognati  :  Rougissez  de 
détourner  volrf  visage  de  l'un  de  vos  pro- 
ches :  co  que  font  souvent  même  à  l'égard 
de  leurs  proch<s  ceux  qui  tiennent  quel- 
que rang  dans  le  monde  au-dessus  d'eux. 

2'  Egarement,  abandon  qu'on  fait  de  Dieu, 
révolte  contre  Dieu.  Prov.  1.32.  Avrrsio  pnv- 
vulorum  interftciel  eos  :  Les  impru«lenls  se- 
ront exterminés,  pour  avoir  eu  de  l'aversion 
pour  la  sagesse  ;  Gr.  pour  avoir  fait  injure 
aux  simples.  Voy..l»ARVLLus.  Jcreui.  2.  19. 
Aversio  lua  increpabil  te:  Votre  éloignemcnt 


AVE 


W* 


de  moi  s'élèvera  contre  vous  (  xaxîsc,  mali^ 
tia  ).  Qui  quitte  Dieu,  quitte  toute  bonté  et 
douceur,  pour  n'avoir  que  du  mal  et  de  l'a- 
mertume, dit  saint  Jérôme.  Jerem.  3.  22.  5a- 
nabo  aversiones  vesïras  ;  Convertissez-vous, 
enfants  rebelles,  revenez  à  votre  père,  et  je 
guérirai  le  mal  que  vous  vous  êtes  fait  en 
vous  détournant  de  moi,  dit  Dieu  aux  dix 
tribus  dlsraël  assujetties  aux  Assyriens 
(o-ûvrotpay.,  contritio  ).  c.  14.  7.  Multœ  sunt 
aversiones  nostrœ  :  Nos  révoltes  sont  gran- 
des, dit  le  prophète  en  la  personne  des  Juifs, 
qui  le  devaient  dire  au  temps  de  leur  capti- 
vité, en  se  reconnaissant  coupables  devant 
Dieu  (  àax/)Tta  peccatum  ).  D'où  vient  celle 

Phrase  tirée  de  la  seconde  significalion. 

Averti  aversione  contentiosa  ,  se  détour- 
ner de  quelqu'un  avec  une  aversion  opiniâ- 
tre. Jerem.  8.  5.  Qaare  ergo  aiersus  est  po- 
puhis  iste  in  Jérusalem  aversione  conten- 
tiosa :  Quand  on  sesl  détourné  du  droit 
chemin,  n'y  revient-on  plus?  Pourquoi  donc 
ce  peuple  de  Jérusalem  s'est-il  détourné  de 
moi  avec  une  aversion  si  opiniâtre  ? 

AvERSUS,  A,  UM.  Vide  post  Avertere. 

AVERTERE ,  àTroo-roéyeiv.  —  1°  Détourner. 
2.  Par.  18.  31.  Avertit  eos  ab  illo  :  Josaphat 
se  voyant  environné  de  tous  côtés,  et  chargé 
par  ceux  qui  commandaient  la  cavalerie  du 
roi  deSyrie,  poussa  des  cris  au  Seigneur  qui 
le  secourut,  et  les  écarta  tous  de  lui.  Jerem. 
2.  4.  3.  Reg.  21.  4.  etc.  —  2°  Détourner  de 
son  devoir,  débaucher.  Jerem.8.4..Yum(/aù/ 
gui  aversusest,  non  revertetur?  Quand  on 
s'est  détourné  du  droit  chemin,  n'y  revient- 
on  plus?  dit  Dieu  aux  Juifs,  qui  ne  reve- 
naient point  de  leurs  égarements,  v.  5.  Isa. 
59.  13.  Act.  19.  26.  Paulus  hic  suadens  aver- 
tit multam  turbam  :  Ce  Paul  a  ici  détourné 
un  grand  nombre  de  personnes  du  culte  des 
dieux,  en  disant  que  les  ouvrages  de  la  main 
des  hommes  ne  sont  point  des  dieux,  dit 
l'orfèvre  Démétrius  aux  ouvriers  de  son  mé- 
tier qu'il  employait  (a£i5tTTàvxt).  Luc.  23.  14. 
Obtulistis  mihi  hune  hominem,  quasi  averlen- 
tem  populum  :  Vous  m'avez  présenté  cet 
homme  comme  portant  le  peuple  à  la  révolte, 
dit  Piiate  de  Jésus-Christ,  déclarant  au  peu- 
ple qu'il  était  innocent  des  crimes  dont  ils 
l'avaient  accusé.  Act.  5.  37.  Judas  Galilœus 
in  diebus  professionis  avertit  populum  post 
se;  Judas  de  Galilée,  dans  lo  temps  du  dé- 
nombrement du  peuple,  en  attira  à  soi  un 
grand  nombre  («î-tc-ràvai).  —  3"  Retirer,  dé- 
tourner, dégager.  Jer.  23.  2.  Avertissem  iiti- 
queeos  a  via  suama[a:ic  les  aurais  retirés  de 
leur  mauvaise  voie  ;  l'Hébreu,  les  Septante, 
et  le  Chaldéen  ont  avertissent  :  ils  auraient 
retiré  le  peuple  par  leurs  bons  avis  de  leurs 
mauvaises  voies.  —  4"  Ce  qui  se  dit  de  l'hom- 
me à  l'égard  de  rhoinmc  qu'il  détourne  du 
mal  et  du  péché  {i-i^ryi'fsi-j).  Malach.  2.  6. 
Multos  avertit  ab  iniquitatc  :  Lévi  a  détourné 
plusieurs  personnes  de  l'injustice.  Par  Lévi 
s'entend  Aaron  et  ses  enfanis  établis  prêtres. 
—  5"  De  l'homme  (jui  (|uilte  la  vie  innocente 
pour  s'abandonner  au  péché.  Ezech.  18.24. 
Si  autem  averlerit  sejuslus  ajustitiasua  :  Que 


443 


DlCTIONNAlRt:  DE  PHILOLOGIE  SACRËli. 


444 


si  le  juste  se  détourne  de  sa  justice  ,  et  s'il 
commet  l'iniquité,  tant  qu'il  y  demeurera  , 
toutes  les  œuvres  de  justice  qu'il  avait  faites 
seront  oubliées.  Il  en  est  de  même  du  pé- 
ciieur,  qui  s'étant  détourné  de  son  impiété  , 
et  ayant  agi  selon  la  justice,  ses  iniquités 
seront  oubliées.  Gant.  6.  4.  2.  Esdr.  9.  32. 
Deut.  15.  V.  9.  18. 

AvERTERE  SE,  scapulam,  faciem,  oculum, 
oculos  ,  cor ,  mentem  ab  aliquo  ,  et  même 
ylrer^ere,  sans  régime.  Quitter,  cesser,  aban- 
donner quelqu'un,  son  service,  le  négliger, 
ne  prendre  plus  soin  de  lui.  Ce  qui  se  dit  1° 
de  Dieu  à  l'égard  de  ses  créatures,  qui  ne 
peuvent  subsister  sans  lui.  Ps.  26.  14.  Ne 
avertas  faciem  tuam  a  me  :  Seigneur,  ne  dé- 
tournez pas  de  moi  votre  face,  et  ne  vous 
retirez  point  de  votre  serviteur  dans  votre 
colère.  Psal.  103.  29.  Avertente  autem  te 
faciem ,  turbabuntur  :  Si  vous  détournez 
des  animaux  votre  face,  en  cessant  d'en 
prendre  soin,  ils  seront  troublés.  Ps.  88.  47. 
Usquequo,  Domine,  avertis  in  finem,  pour 
avertisti  in  finem  :  Jusqu'à  quand,  Seigneur, 
délournerez-vous  votre  visage  de  dessus 
nous?  Sera-ce  éternellement?  Gr.  averleris; 
Heb.  absconderis.  2°  Ce  qui  se  dit  de  l'homme 
à  l'égard  de  Dieu,  qu'il  abandonne,  ou  son 
culte,  ou  sa  loi.  Eccli.  27.  1.  Qui  quœrit  lo- 
cupletari,  avertit  oculum  suum  :  Celui  qui 
cherche  de  s'enrichir,  détourne  sa  vue  de  la 
loi  de  Dieu.  c.  26.  13.  Deut.  29.  18.  Ne  forte 
sit  inter  vos  cujus  cor  aversum  est  hodie  a  Do- 
mino Deo  vestro  :  Observez  les  ordonnances 
de  l'alliance  que  Dieu  fait  avec  vous,  afin 
qu'il  ne  s'en  trouve  point  parmi  vous  dont 
le  cœur  se  détourne  du  Seigneur  notre  Dieu, 
dit  Moïse  aux  Israélites  de  la  part  de  Dieu 
(  îxx),ivî£v  declinare  ).  c.  30.  17.  3.  Reg.  11.  9. 
Iratus  est  Dominus  Salomoni,  qiiod  aversa 
esset  mens  ejus  a  Domino  :  Le  Seigneur  se 
mit  en  colère  contre  Salomon,  de  ce  que  son 
esprit  s'était  détourné  du  Seigneur  (sxx/ivetv  . 
Ce  fut  pour  avoir  adoré  les  faux  dieux  con- 
tre sa  défense.  Ainsi,  Zach.  7.  il.  Averterunt 
scapiilam  recedentem  :  Ils  se  sont  retirés  en 
me  tournant  le  dos  StSovat).  C'est  ce  dont 
Dieu  se  plaint  à  l'égard  des  Juifs.  Ainsi,  3. 
Reg.  9.  6.  Si  aversione  aversi  fueritis  vos  et 
filii  vestri  :  Si  vous  vous  détournez  de  moi, 
vous  et  vos  enfants,  et  que  vous  alliez  ado- 
rer les  dieux  étrangers,  j'exterminerai  les 
Israélites  de  dessus  la  terre  que  je  leur  ai 
donnée.  Ici,  aversione  averti,  est  un  pléonas- 
me. Ps.  77.  63.  3^  Ce  qui  se  dit  de  l'homme 
à  l'égard  du  péché  qu'il  quitte.  Eccli.  38.  10. 
Averle  a  delicto  :  Détournez-vous  du  péché 
[ùfiaràvut).  Ezech.  14.  6.  Ab  universis  conta- 
minationibtis  vestris  uvertite  faciès  vestras  : 
Détournez  vos  visages  de  toutes  vos  abomi- 
nations, dit  Dieu  aux  Israélites.  Ezech.  12. 
28.  k°  Ce  qui  se  dit  de  l'homme  à  l'égard  d'un 
autre  qu'il  abandonne.  2.  Tiin.11.1.5.  Sois  hoc 
quod  aversi  sunt  a  me  omnesqui  inAsiasunt: 
Vous  savez  que  tous  ceux  qui  sont  en  Asie, 
se  sont  éloignés  de  moi. 

AvERTEiŒ  humer um  ab  aliquo.  Se  retour- 
ner en  quittant  quelqu'un  pour  aller  en 
quelque  lieu  (èTrtaT^sv-uvj.  1.  Reg.  10.  9.  Cum 


avertisset  humerum  suum,  ut  abiretaSamuele, 
immutavit  ei  Deus  cor  aliud  :  Aussitôt  que 
Saiil  se  fut  retourné,  en  quittant  Samuel, 
Dieu  changea  le  cœur  à  Saiil,  et  lui  en  don- 
na un  autre  :  ce  fut  une  des  prophéties  que 
lui  avait  annoncées  Samuel ,  pour  preuve 
que  c'était  le  Seigneur,  qui,  par  l'onction 
faite  par  Samuel,  l'avait  sacré  pour  roi. 

Averti  corde  aliquo.  Retourner  de  cœur 
en  quelque  lieu,  souhaiter  et  désirer  d'y 
retourner.  Act.  7.  39.  Aversi  sunt  cordibus 
suis  in  Mgyptum  :  Nos  pères  ne  voulurent 
point  obéir  à  Mo'ïse  ;  mais  ils  le  rebutèrent, 
retournant  de  cœur  en  Egypte  :  dit  saint 
Etienne,  dans  le  discours  qu'il  fit  au  conseil 
des  Juifs,  sur  la  demande  que  lui  fit  le  grand 
prêtre,  si  ce  dont  on  l'accusait  était  véri- 
table. 

AvERTERE  SE,  furovem,  iram  avertereab  ira, 
avertere  ab  ira  furoris.  Apaiser  la  colère. 
Num.  25.  4.  Suspende  eos  contra  soïemin  pa- 
tibulis ,  ut  avertatur  furor  meUs  ab  Israël  : 
Pendez  tous  les  princes  du  peuple  à  des  po-. 
tences  en  plein  jour,  afin  que  ma  fureur  ne 
tombe  point  sur  Israël.  Ce  fut  à  cause  que  les 
Israélites  s'étaient  laissé  aller  à  la  fornica- 
tion avec  les  filles  des  Moabites,  et  au  culte 
de  leurs  dieux.  Ps.  77.  13.  Et  alundavit  ut 
averteret  iramsuam:  Les  Israélites  ne  furent 
point  fidèles  dans  l'observation  de  l'alliance 
que  Dieu  avait  faite  avec  eux;  mais  Dieu 
usait  de  miséricorde  à  leur  égard,  et  il  ar- 
rêtait beaucoup  les  effets  de  sa  fureur.  Ps, 
84.  4.  Avertisti  abira  indignationis  tuœ;  \.  e. 
avertisti  te  :  Vous  avez  arrêté  les  effets  ri- 
goureux de  votre  indignation  :  ici  le  prophète 
parle  de  la  captivité  des  Juifs  en  Rabylone, 
qui  était  l'effet  de  l'indignation  de  Dieu. 
Deut.  13.  17.  Ps.  84.  5.  Num.  25.  11. 

Avertere  Manum,  dextram  ,  adjulorium. 
Retirer  sa  main,  son  secours ,  se  dit  i°  do 
Dieu ,  pc^r  marquer  qu'il  refuse  ou  cesse  de 
protéger  et  d'assister  son  peuple,  lorsqu'il 
est  attaqué  de  ses  ennemis  ,  ou  qu'il  arrête 
les  punitions  et  les  châtiments  dus  aux  pé- 
chés (Èçat^oeiv,  elevare).  Ezech.  20  22..  Averti 
autem  manum  meam  :  J'ai  menacé  les  enfants 
d'Israèl  de  répandre  ma  fureur  sur  eux  dans 
le  désert  :  mais  j'ai  retenu  ma  main.  Ps.  73.  , 
11.  Ut  quid  avertis  manum  tuam  ;  Pourquoi 
votre,  main  ccsse-t-elle  de  nous  protéger. 
Thren.  2.  3.  Avertit  retrorsum  dexteram  suam 
a  facie  inimici  :  Le  Seigneur  a  retiré  sa  main 
droite  de  devant  l'ennemi  ;  il  a  refusé  d'assis- 
ter son  peuple,  lorsque  ses  ennemis  l'atta- 
quaient, v.  8.  Non  avertit  manum  suam  a 
perditione  :  Le  Seign^r  a  tout  rasé  comme 
au  niveau,  et  il  n'a  point  retiré  sa  main,  que 
tout  ne  fût  renversé.  Ps.  83.  44.  Avertisti  ad- 
julorium gladii  ejus;  Kiib.  reludisti  aciem  : 
Vous  avez  ôlé  toute  la  force  à  l'épée  de  vo- 
tre peuple  :  David  se  plaint  que  Dieu  ait  ôtc 
les  forces  aux  Juifs,  en  cessant  de  les  secou- 
rir. 

Avertere  Cogitationem  alicujus.  Détour- 
ner ,  empêcher  l'exécution  du  dessein.  Job. 
23.  13.  Nemo  avertere  potest  cogitationem 
ejus  :  Nul  ne  peut  empêcher  que  ce  que  Dieu 
a  pensé  et  résolu  ne  s'exécute.  Isa.  43.  13. 


'415 


AVE 


AUF 


UCt 


OperahoTyet  guis  avertît illud  :  Quand  j'ai  ré- 
solu d'agir,  qui  pourra  s'y  opposer?  c.  14. 
27. 

AvERTERE  Captivitatem.  Faire  cesser  la 
captivité,  y  mettre  fin.  Voy.  Captivitas.  Voy. 

GONVERTERE. 

AvERTERE  in  humilitatem.  Abattre,  humi- 
lier, abaisser.  Ps.  89.  3.  Ne  avertas  hominem 
in  humilitatem  ;  Seigneur,  ne  réduisez  pas 
l'homme  dans  le  dernier  abaissement;  Heb. 
en  poussière. 

AvERTERE  mala  alicui.  Rendre,  faire  re- 
tourner le  mal  sur  quelqu'un.  Ps.  53.  7. 
Averte  mala  inimicis  meis :  Mon  Dieu,  faites 
retomber  sur  mes  ennemis  les  maux  dont  ils 
veulent  m'accabler  :  ce  qui  est  ici ,  non  un 
mouvement  de  vengeance  qu'eût  David  con- 
tre ses  ennemis  ;  mais  une  prophétie  des 
malheurs  que  la  justice  de  Dieu  préparait  à 
ceux  qui  le  persécutaient. 

AvERTERE  pedem  a  sabbato.  Ne  point  mar- 
cher le  jour  du  sabbat,  ne  faire  qu'un  certain 
espace  de  chemin,  ordonné  par  la  loi,  ne 
faire  aucune  œuvre  servile  le  jour  du  sabbat, 
lo  sanctifier.  Isa.  58.  13.  Si  averteris  a  sabba- 
to pedem  tuum  :  Si  vous  vous  empêchez  de 
marcher  le  jour  du  sabbat,  alors  vous  trou- 
verez votre  joie  dans  le  Seigneur. 

AvERTERE/ac/e/n  alicujuSyavertere  aliquem. 
Rebuter  quelqu'un,  le  rejeter,  lui  refuser 
quelque  chose.  3.  Reg.  2.  20.  Neque  enim  fus 
est  ut  avertain  faciem  tnam;  Heb.  ut  reverti 
facium  :  Ma  mère  ,  dites  C3  que  vous  me  de- 
mandez ;  car  il  ne  serait  pas  juste  de  vous 
renvoyer  mécontente,  dit  Salomon  à  Betsa- 
béo,  sur  ce  qu'elle  lui  dit  qu'elle  avait  une 
petite  prière  à  lui  faire  :  c'était  que  Salomon 
donnât  Abisag  de  Sunam  à  Adonias. 

AvERTERE  retrorsum.  Chasser  avec  confu- 
sion ,  faire  reculer  en  arrière,  faire  quitter 
prise.  Ps.  3V.  k.  Avertantur  retrorsum,  et 
confundnnlur  cogitantes  mihi  mala  :  Que  ceux 
qui  ont  de  mauvais  desseins  contre  moi, 
soient  renversés  et  confondus.  Ps.  G^.  h.  Aver- 
tantur retrorsum  :  Que  ceux  qui  veulent 
m'accabler  de  maux  soient  obligés  de  re- 
tourner en  arrière.  Ps.  43.  11. 

Atertere  semitas  in  quietem.  Changer  les 
chomins  passants  en  une  demeure  paisible, 
faire  une  demeure  paisible  des  chemins  pas- 
sants; ce  qui  est  une  expression  figurée,  qui 
se  dit  de  Dieu,  pour  marquer  qu'il  rétablit  et 
rend  habitables  les  villes  et  les  pays  qui 
avaient  été  auparavant  foulés  aux  pieds,  et 
servi  comme  de  chemins  passants.  Isa.  58.  12. 

Et  œdifxfmbuntur  in  te  déserta  sœculorum 

et  vocdbcris  avcrtens  semitas  in  quietem  :  Les 
lieux  qui  avaient  été  déserts  depuis  plusieurs 
siècles  ,  s(>ronl  dans  vous  remplis  d'édifices. 
Vous  relèverez  les  fondements  abandonnés, 
et  on  dira  de  vous  que  vous  faites  une  de- 
mi'ure  pai>ible  des  chemins  passants. 

Rejeter  quelque  chose,  en  avoir  du  dégoût. 
Sa  p.  1().  3.  Ut  un  quideni  concupiscentes  es- 
cam...  a  necessarin,  concupisccntia  avertercn- 
lur  :  Les  Egyptiens  étant  |)ressés  de  manger, 
avaient  aversion  des  viandes  même  les  plus 
nécessaires,  à  cause  des  plaies  dont  Dieu  les 
avait  frappés.  Mallh.  5.  42.  Volenli  mutuari 


a  te  ne  avertaris  :  Ne  rejetez  point  celui  qui 
veut  emprunter  de  vous.  Heb.  12.  25.  Multo^ 
magis  nos  qui  de  cœlis  loquentem  nobis  averti -X 
mus  :  Si  ceux  qui  ont  méprisé  celui  qui  leur 
parlait  sur  la  terre  n'ont  pu  échapper  à  la  pu- 
nition :  nous  pourrions  bien  moins  l'éviter, 
si  nous  rejetons  celui  qui  nous  parle  du 
ciel. 

Changer,  quitter;  ce  qui  se  dit,  1°  du  des- 
sein que  l'on  avait  pris.  Jerem.  4.  28.  Cogi- 
tavi  et  non  pœnituit  me ,  nec  aversus  sum  ab 
60  :  J'ai  formé  mon  dessein  ;  je  ne  m'en  suis 
point  repenti,  et  je  ne  le  rétracterai  point. 
Dieu  parle  du  dessein  qu'il  avait  pris  de  ré- 
duire la  tribu  de  Juda  dans  la  dure  captivité 
où  elle  fut  depuis  réduite.  Ce  qui  se  dit , 
2°  de  la  dureté  et  de  la  malice  du  cœur  de 
l'homme.  Baruch.  2.  33.  Et  avertent  se  a 
dorso  stio  duro  ,  et  a  malignitatibus  suis  :  Ils 
quitteront  celte  dureté  qui  les  rend  comme 
inflexibles,  et  celte  malignité  de  leurs  œu- 
vres. Le  prophète  prédit  que  la  dure  capti- 
vité des  Juifs  leur  serait  une  occasion  de 
rentrer  en  eux-mêmes,  et  de  retourner  à 
Dieu. 

Chasser,  éloigner  (àytaTâvott)-  Eccli.  47. 
30.  Valde  averterunt  illos  a  terra  sua  :  Les 
péchés  ont  fait  enfin  chasser  les  Israélites 
de  leur  terre.  Sophon.  3. 15.  Avertit  inimicos 
tuos  :  Le  Seigneur  a  éloigné  de  vous  vos 
ennemis  :  ces  ennemis  des  Juifs  étaient  les 
Assyriens ,  les  Chaldéens  ;  ce  qui  s'entend 
autant  ,  dans  le  sens  spirituel,  du  monde,  de 
la  chair,  du  diable  et  de  l'enfer,  qui  sont  les 
plus  dangereux  ennemis  de  l'âme,  dont  la 
venue  de  Jésus-Christ  devait  délivrer  les 
hommes. 

Troubler,  renverser  (  «TratTstv  ).  Eccli.  31, 
2.  Cogitatus  prœscienliœ  avertit  sensum  :  La 
pensée  inquiète  de  l'avenir  trouble  le  sens 
et  le  jugement;  Gr.  interrompt  le  sommeil. 
De  ce  verbe  vient  cet  adjectif: 

AvEusus ,  A,  UM.  Qui  tourne  le  dos,  que 
l'on  ne  voit  que  par  derrière  :  dans  l'Ecri- 
ture : 

Opposé  de  l'autre  côté.  2.  Reg.  2.  23.  Per- 
cussit  ergo  eum  Abner  aversa  liasta  in  in- 
guine  :  Abner  frappa  Asaël  du  bas  de  son 
dard,  du  bout  opposé  à  la  pointe.  Ces  dards 
étaient  ferrés  des  deux  bouts  :  le  bout  d'en 
haut  se  portail  devant,  le  bout  d'en  bas  der- 
rière ;  Syr.  de  la  queue  du  javelot;  Gr.  èx  twv 
oTrio-w,  Posteriori  parte. 

AUFERRE ,  ùfcAipiï-j.  Ce  verbe  vient  d'aô  , 
changeant  6  en  it ,  et  de  fera  ,  et  signifie  : 

Emporter  quelque  chose  ,  ôter  quelque 
chose  à  quelqu'un.  Job.  1,21.  Dominus  dédit, 
Dominus  abslulii  :  Le  Seigneur  m'avait  tout 
donné,  le  Seigneur  m'a  tout  ôlé,  dil  Job,  à 
la  nouvelle  qu'il  reçut  de  la  mort  de  tous 
ses  enfants.  Luc.  1  ,  25.  Respexit  auferre 
opprobrium  mcum  :  Le  Seigneur  m'a  regar- 
dée favorablement,  pour  me  tirer  de  l'op- 
probre où  j'étais,  c.  10.  42.  Apoc.  22.  19. 
Ainsi,  Gen.  47.  10.  Non  auferelur  sceptrwn 
de  Juda  :  Le  sceptre  ne  sera  point  ôté  de  Juda, 
savoir,  jusqu'à  ce  (jue  le  Àlessio  soit  venu 
{i/lîîTTsiv,  dejicere).  Celle  prophétie  eut  son  effet 
au  temps  d'Archélaiis,  lorsque  le  royaume 


,■7  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRLK. 

lui  ayant  étéôté.  la  Judée  devint^une  pro- 
vince de  l'empire  romain.  Gen.  47.  30.  Job. 
13   30.  c.  2T.  V.  19.  30. 

Phrase  tirée  de  celle  signification. 

AUFERRE  caput  alicujus.  i"  Oler  la  lête  à 
quelqu'un,  lui  faire  couper  la  lêle.  Gen,  iO. 
19.  Post  quos  auferet  Pharao  caput  tuum. 
Les  trois  corbeilles  signifient  que  vous  avez 
encore  trois  jours  à  vivre,  après  lesquels  le 
roi  vous  fera'couper  la  lête.  C'est  l'interpré- 
tation que  Joseph  donne  au  songe  du  grand 
pannelier  de  Pharaon.  I.  Reg.  17.  4G.  I.  Mach. 
11.  17.  30. 

2"  Confisquer  (àvaOî.aari^stv)  1.  Esdr.  10. 
8.  Auferelur  universa  substantia  ejus  -On 
fit  publier,  dans  Juda  et  dans  Jérusalem, 
que  quiconque  ne  s'y  trouverait  dans  trois 
jours,  selon  l'ordre  des  princes  et  des  an- 
ciens, perdrait  tout  son  bien;  ce  fut  afin  de 
prendre  les  moyens  pour  faire  que  ceux  qui 
avaient  épousé"^  des  femmes  étrangères  s'en 
séparassent. 

3°.  Rejeter,  éloigner,  mépriser  {à.f>-ztu). 
S.ip.  5.  1,  Stabunt  jusli  adversus  eos  qui  abs- 
tulenml  labores  eorum  :  Les  justes  s'élève- 
ront contre  ceux  qui  leur  auront  ravi  le  fruit 
de  leurs  travaux  ,  c'est-à-dire  qui  les  auront 
méprisés.  A  quoi  se  rapporte,  Ps.  9.  29. 
Auferuntur  judicia  tua  a  facie  ejus  :  Les 
jugements  de  Dieu  sont  ôlés  de  devant  la  vue 
du  pécheur,  c'est-à-dire  il  ne  les  regarde 
que  de  loin  (àvTavatpÈtv).  Hebr.  Altitudo  surit. 

k"-  Défaire,  exterminer,  faire  mourir  (èi-M- 
pz'vj  ).  Sap.  18.  3.  Multitudinem  filior'um 
abstulisti  :  Seigneur,  vous  avez  fait  mourir 
un  très -grand  nombre  de  leurs  enfants. 
L'Ecriture  parle  de  Pharaon  et  de  toute  son 
armée  qui  fut  submergée.  1.  Mach.  6.  12. 
Misi  au  ferre  habitantes  Judœam  sine  causa  : 
Antiochus  reconnaît  que  la  cause  de  tous  ses 
malheurs  vient  des  maux  qu'il  avait  faits 
dans  Jérusalem  ,  ayant  envoyé  exterminer 
sans  sujet  ceux  qui  habitaient  dans  la 
Judée. 

6°  Prendre  ,  détacher  de  quelque  cliose. 
Num.  11.  17.  Auferam  de  spiritu  tuo  tra- 
damque  eis  :  Je  prendrai  de  l'esprit  qui  est 
en  vous ,  et  je  leur  en  donnerai  :  une  chose 
naturellement  ne  peut  être  partagée  de  l'un 
entre  plusieurs,  qu'il  n'en  souffre  autant  de 
diminution;  mais  pour  les  dons  du  Saint- 
Esprit,  qui  est  indivisible,  comme  il  était 
donné  par  sa  grâce  tout  à  Moïse,  il  fut  aussi 
donné  tout  aux  septante  personnes  qui  le 
reçurent. 

6"  Quitter,  mettre  bas,  se  dépouiller  de 
quelque  chose.  Ezech.  2<j.  10.  Auferent  txu- 
vias  suas\-  Tous  les  princes  de  la  mer  quitte- 
ront leurs  habits,  savoir,  au  bruit  de  la 
chute  de  la  désolation  de  ïyr. 

AuFERRE  animam  ;  ),K:iÇàv£tv^j/ïjv.  Oler  la 
vie,  faire  périr.  1.  Reg.  24.  12.  Insidiaris 
unimœmeœ  ut  auferas  eam  :  David  représente 
à  Saiil  qu'il  cherche  tous  les  moyens  de  lui 
6ler  la  vie,  quoique  Dieu  le  lui  ayinl  livré 
entre  ses  mains,  il  n'eût  point  voulu  la  lui 


448 

ôter.  3.  Reg.  19.  U.  Ps.  39.  23.  Ps.  UO.  v.  8 
A  quoi  se  rapporte,  Prov.  22.  9.  Yictoriam 
et  honorem  acquiret  qui  dat  munsra;  anijnam 
autem  aufert  accipienlium  :  Celui  qui  fait  des 
présents  remportera  la  victoire  et  l'hon- 
neur; mais  il  ravit  les  âmes  de  ceux  qui  les 
reçoivent  ;  se.  en  causant  la  perte  de  leur 
âme,  les  engageant  à  commettre  quelque 
injustice  en  leur  faveur. 

AuFERRE  cûT.  Faire  perdre  le  sens,  rendre 
insensé,  aveugler  l'esprit,  et  détourner  du 
service  de  Dieu.  Ose.  4.  11.  Fornicatio  et 
vinum  et  ebrietas  auferunt  cor  :  La  fornica- 
tion,  le  vin  et  l'enivrement,  font  perdre  le 
sens. 

AuFERRE  iniquitatem.  1°  Oter  l'iniquité  , 
l'effacer,  l'abolir,  se  dit,  1°  du  péché  que 
Dieu  rrmet  et  efface  par  sa  grâce.  Exod.  34. 
v.  9.  Qui  aufert  iniquitatem  :  Marchez  ,  je 
vous  supplie ,  avec  nous ,  afin  que  vous 
effaciez  nos  iniquités,  dit  Moïse  à  Dieu,  sur 
la  montagne  de  Sinaï  ;  il  n'y  a  que  Dieu  qui 
puisse  remettre  le  péché.  Voy.  Luc.  3.  v.  21. 
2V.  Ainsi ,  Num.  14.  18.  1.  Par.  21.  8.  Job.  7. 
21.  Ce  qui  se  dit,  2°  de  l'injure,  faute,  ou 
offense  commise  contre  quelqu'un.   1.  Reg. 

23.  28.  Aufer  iniquitatem  famulœ  tuœ  :  Re- 
mettez l'iniquité  de  voire  servante  ,  dit  à 
David  Abigaïl ,  qui  prend  sur  elle  l'offense 
et  l'insulte  faite  à  David  par  Nabal ,  son 
mari.  2"  Effacer  un  arrêt  ,  le  révoquer 
(rrîoeatoav).  Soph.  3.  13.  AbstuUt  JDominus 
judicium  tuum  :  Le  Seigneur  a  effacé  l'arrêt 
de  votre  condamnation.  Le  prophète  parle 
des  peines  et  des  châtiments  que  méritaient 
les  péchés  des  Juifs. 

AUFUGERE,  ozùf  îi-j.  S'enfuir,  se  sauver. 
1.  Reg.  19.  12.  Porro  iile  abiit ,  et  aufugit  : 
David  s'enfuit  et  se  sauva  :  ce  fut  sur  l'avis 
que  lui  donna  Michol ,  que  Saiil  cherchait  à 
se  défaire  de  lui.  3.  Reg.  11.  40. 

AUGERE,  aviù-jzu.  Ce  verbe  vienl  du  grec 
cr.'i'^  ,  OU  pldtôt  de  l'inusité  aù;£w,  et  signifie 
proprement  augmenter,  accroître;  dans  l'E- 
criture : 

1°  Augmenter,  ajouter  à  quelque  chose. 
Gènes.  34^  12.  Augete  dotem  et  munera  : 
Augmentez  le  douaire,  demandez  des  pré- 
sens, dit  Sichem  à  Jacob  et  à  ses  fils  ,  pour 
les  engager  à  lui  donner  Dina  en  mariage  : 
d'où  vient  cette  signification  métaphorique. 
Exod.  9.  34.  Auxit  peccatum  :  Pharaon  au- 
gmenta encore  son  péché  ,  en  ce  que 
Moïse  fut  chassé  de  devant  Pharaon  ,  au 
lieu  d'avoir  laissé  aller  les  Israélites  , 
comme  Moïse  le  lui  demandait  de  la  part  de 
Dieu. 

2^  Faire  croître,  prolonger,  multiplier  en 
nombre  (  r:lrM-iiu  ).  Gen.  17.  20.  Benedicam 
ei  et  augebo  et  multiplicabo  eum  :  Je  bénirai 
Ismaël,  je  lui  donnerai  une  postérité  très- 
grande  et  très-nombreuse,  dit  Dieu  à  Abra- 
ham. 1.  Par.  21.  3.  Augeat  Dominus  populum 
suum  centuplum  :  Que  le  Seigneur  daigne 
multiplier  son  peuple  au  centuple,  dit  Joab 
à  David  ;  qu'il  lâche  de  détourner  de  faire  le 
dénombrement  du  peuple.  Gen.  47.  27.  c.  48^ 

24.  Exod.  23.  30.  Ps.   104,  24.   Ad.  2.  kl 


U9 


AUG 


AVI 


450 


Ainsi,  Eccli.  50.  2'*.  Auxit  dies  noslros  a 
ventre  matris  nostrœ  :  Le  Dieu  de  toutes  les 
créatures  nous  a  fait  vivre  de  jour  en  jour, 
depuis  que  nous  sommes  sortis  du  ventre  de 
notre  mère. 

3"  Allumer,  faire  naître  (Ti^yjeûvetv).  Eccli. 
11.  3i.  Scintilla  una  augetur  ignis  ,  et  ah 
uno  doloso  augetur  sanguis  :  Une  étincelle 
seule  allume  un  grand  feu  ;  ainsi  ,  le 
trompeur  multiplie  les  meurtres,  ou  une 
injure  légère  fait  naître  et  croître  dans  les 
méchants  une  haîne  qui  va  jusqu'au  meur- 
tre. 

AUGMENTUM,  I.  «u^virTtç.  Augmentation, 
accroissement.  Coloss.  2.  19.  Totum  corpus 
per  nexus  et  conjunctiones  subministratum 
et  constructum  cr'escit  in  augmentum  Dei  : 
Le  corps  de  lEglise  croît  et  s'augmente  par 
l'accioissement  que  Dieu  lui  donne.  Ephes. 
4.  16.  Prov.  k.  9.  I.  Mach.  9.  11. 

AUGUR,  RIS.  Ce  nom  vient  à'avis  et  de 
gestus ,  ou  de  garritus  ,  parce  que  les  .au- 
gures jugeaient  des  choses  futures  par  la 
considération  du  vol  des  oiseaux,  et  signi- 
fie proprement  augure  ,  qui  prévoit  et 
prédit  les  choses  futures  par  la  considéra- 
tion du  chant  et  du  vol  des  oiseaux.  Dans 
l'Ecriture  : 

1"  Augure,  devin  (z^yiSwv,  ovo?).  Deut.  18. 
4-.  Gentes  istœ  quarum  possidebitis  terram 
augures  et  divinos  audiunt  :  Ces  peuples, 
dont  vous  allez  posséder  la  terre,  consultent 
les  augures  et  les  devins  ,  Dieu  parle  aux 
Israélites.  Isa.  2.  6.  Jerem.  27.  9. 

2°  Astrologue  ,  qui  prédit  l'avenir'par  la 
contemplation  des  astres  (àtr-cpôloyoç).  Isa. 
kl.  13.  Salvent  te  augures  cœli  :  Que  ces  au- 
gures qui  étudient  le  ciel ,  vous  sauvent ,  dit 
Dieu,  prédisant  à  Babylone  les  châtiments 
qu'il  doit  exercer  sur  celte  ville. 

AUGURAKI  ,  otwviÇeiTÔat.  Considérer  les 
oiseaux ,  pour  tirer  des  augures  et  dcK  pré- 
sages de  leur  chant  et  de  leur  vol.  Dans  l'E- 
criture : 

1"  User  d'augures  et  de  divination.  Levit. 
19.  26.  Non  augurabitnini  :  Vous  n'userez 
point  d'augure;  c'est  ce  que  Dieu  défend  aux 
Juifs  par  ses  lois.  Gen.  kï.  5.  Scyphus  quem 
furati  estis ,  ipse  est  in  quo  augurari  solet  : 
La  coupe  que  vous  m'avez  dérobée  est  celle 
dont  mon  seigneur  se  sert  pour  deviner  ce 
que  Joseph  ordonne  à  son  intendant  de  dire 
à  ses  frères.  Joseph  leur  parle  à  peu  près  en 
mêmes  termes  de  lui-môme.  v.  15.  Anigno- 
ratis  quod  non  sit  similis  mei  in  augurandi 
scientia  :  Ignorez-vous  qu'il  n'y  a  personne 
qui  m'égale  dans  la  science  de  deviner.  Jo- 
seph ,  selon  saint  Augustin,  a  pu  dire  ceci 
d'une  manière  qui  faisait  bien  voir  qu'il 
n'assurait  pas  comme  véritable  ce  qu'il  leur 
disait.  Plusieurs  expliquent  le  mot  augurari 
par  e.rpcriri ,  tenlarcy  éprouver. 

AUGURATRIX,  icis.  Devineresse.  Isa.  57, 
3.  Vos  autcm  accedite  hue,  filii  auguralricis  : 
Venez  ici,  vous  autres  enfants  d'une  devi- 
neresse. Le  prophète  parle  ainsi  des  habi- 
tants de  Jérusalem,  qui  s'attachaient  à  l'art 
des  augures. 

AUGURIUM ,  II.  oiwvôf,  otwvi(7fiof.  Augure, 


présage  qu'on  tire  de  la  considération  du  vol 
ou  du  chant  des  oiseaux  ,  l'an  des  augures. 
Dans  l'Ecriture  : 

Augure,  divination.  Num.  23.  23.  Non  est 
augurium  in  Jacob  :  Il  n'y  a  point  d'augures 
dans  Jacob;  autr.  Les  augures  ne  peuvent 
rien  contre  Jacob,  c.  2i.  1.  Deut.  18.  10.  4. 
Reg.  17.  17.  c.  21.  6.  2.  Par.  33.  6.  Eccli. 
3k.  5. 

AUGUSTA  ,  JE  ,  Voy.  après  Augustus. 

AUGUSTUS,  I.  o-egao-TÔs-.  Ce  mot  vient  d'au- 
gurium  y  qui  signifie  une  marque  de  la  fa- 
veur du  ciel,  comme  si  ce  nom  marquait  un 
homme  à  qui  les  dieux  donnaient  des  mar- 
ques de  leur  faveur,  et  signifie  : 

1°  Octavius  ,  second  empereur  romain  , 
successeur  de  Jules-César,  sous  lequel  na- 
quit Jésus-Christ.  Luc.  2.  1.  Exiit  edictum  a 
Cœsare  Augusto  ut  describeretur  universus 
orbis  :  On  publia  un  édit  de  César-Auguste, 
pour  faire  un  dénombrement  des  habitants 
de  toute  la  terre  ;  c'est  cet  édit  qui  obligea 
Joseph,  qui  était  de  la  maison  de  David, 
d'aller  à  Bethléem,  pour  se  faire  enregistrer 
avec  la  sainte  Vierge. 

2°  L'empereur  Néron.  Act.  28.  v.  21.  25. 
Paulo  autem  appellante  ut  servaretur  ad  Au- 
gusti  cognitionem  ;  ipso  autem  appctiante  ad 
Augustum^  judicavi  mittere  :  Comme  lui- 
même  a  appelé  à  Auguste,  j'ai  résolu  de  lui 
envoyer,  dit  Festus  au  roi  Agrippa.  Ce  nom 
d'Auguste,  comme  celui  de  César,  est  de- 
venu commun  à  tous  les  empereurs  romains. 

AUGUSTUS,  A,  UM.  Cet  adjectif  vient  du 
substantif  augurium  ,  et  signifie  proprement 
ce  qui  est  consacré  par  augure.  Auguste, 
digne  de  vénération  ,  à  cause  de  sa  sainteté, 
particulièrement  en  parlant  d'un  temple, 
d'une  église.  Dans  l'Ecriture: 

Auguste  ,  sacré.  2.  Par.  15.  16.  Sed  et 
Maacham  matrem  Asa  Régis  ex  Augusto  de- 
posuit  imperio  .-  Asa  ôta  à  sa  mère  toute 
l'autorité  qu'elle  avait.  Hebr.  Ne  csser.  do- 
mina :  Soit  qu'on  l'entende  du  gouvernement 
du  royaume,  soit  plutôt  qu'on  l'entende, 
comme  les  Septante,  selon  le  3.  Reg.  15.  13, 
Ne  esseï  pr inceps  in  sacris  Priapi  :  Afin  qu'elle 
n'eût  plus  l'intendance  des  sacrifices  de 
Priape  et  de  la  déesse  Astarthé. 

AUGUSTA,  M.  ieScf.(T7Y).  Auguste,  cohorte, 
dans  laquelle  Jule,  qui  conduisit  en  Iialie 
saint  Paul  et  d'autres  prisonniers,  était  cen- 
tenier.  Act.  27.  1.  Ut  autem  judicalum  est  nn- 
vigare  eum  in  Ilaliam,  et  tradi  Paulum  cuin 
reliquis  custodiis  centurioni  nominc  Julio, 
cohortis  Auguslœ  :  Après  qu'il  eut  élé  résolu 
que  Paul  irait  en  Italie  et  qu'on  le  metlr.iit 
avec  d'autres  prisonniers  entre  les  mains 
d'un  nommé  Jule,  centenier  dans  l.i  cohorlcî 
appelée  VAuguslc.  Touic  la  suite  de  ce  rh.i- 
pitre  parle  du  voyage  de  saint  Paul  en  Ita- 
lie. 

AVIA,  K.  iJi^niMu.  Ce  nom  vient  d'Avus,  et 
signifie  : 

Aïeule,  la  grand'mère,  la  mère  du  père  ou 
de,  la  mère.  2.  Tim.  1.  5.  Uccordationem  «c- 
cipiens  cjus  fidci  quœ  est  in  te  non  ficiu,  qwa 
et  liabilavit  priinum  in  avia  luaf  Loide,  ei  in 


J51 

matre  tua  Eunice  :  Je  me  représente  celte 
foi  sincère  qai  est  en  vous,  qu'a  eue  pre- 
mièrement Loïde,  votre  aïeule,  et  Eunice, 
votre  mère.  C'étaient  cette  aïeule  et  celte 
mère  de  Timothée  qui  l'avaient  instruit  dès 
son  enfance  dans  les  lettres  saintes. 

AVIDUS,  À,UM,  ci.TrlrKTToç.  Cet  adjcctlf  vicnt 
du  verbe  avère  et  signifie  proprement  avide, 
qui  désire  quelque  chose  avec  passion;  Dans 
l'Ecriture  : 

Avide,  insatiable,  gourmand.  Eccli.  37. 
32.  Noli  avidus  esse  in  omni  epulatione  :  Ne 
soyez  jamais  avide  dans  un  festin  et  ne  vous 
jetez  point  sur  toutes  les  viandes. 

AVIDITAS,  ATis,  «-/yjcTTîx.  Avidité  à  man- 
ger, appétit.  Dans  l'Ecriture  : 

1"  Avidité,  gourmandise,  excès  dans  le 
manger.  Eccli.  37.  33.  Aviditas  appropm- 
guabit  usque  ad  choleram  :  Le  trop  manger 
donne  la  colique. 

2'  Affection,  ardeur  {npoBvixirx.  Act.  17.  11). 
Susceperunt  verbum  cum  omni  aviditate  :  Les 
Juifs  de  Béroé  reçurent  la  parole  avec  beau- 
coup d'affection  et  d'ardeur  :  ce  fut  à  la  pré- 
dication de  saint  Paul  et  de  Silas  ,  qui  leur 
annoncèrent  l'Evangile. 

AVIM-,  Heb.  Perversi.  Ville  en  la  tribu  de 
Benjamin.  Jos.  18.  13. 

AVIS,  is  ,  o/ovt,-,  TTîTÊivôv.  Ce  nom  vient  de 
l'Hébreu  opfi,  qui  vole,  et  signifie  : 

1°  Oiseau  en  général.  Job.  5.  7.  Homo  na- 
scitur  ad  laborem  ,  et  avis  ad  volatiim  : 
L'homme  est  né  pour  le  travail,  comme  l'oi- 
seau pour  voler.  Ezech.  39.  17.  Bar.  3.  17. 

Voy.  LUDERE. 

§  1.— Cyrus,  roi  de  Perse,  qui  devait  venir 
fondre  sur  Babylone  comme  un  aigle  sur  sa 
proie,  est  appelé  Oiseau.  Isa.  46.  11.  Vocans 
ab  Oriente  avem  et  de  terra  longinqua  virum 
voluntatis  meœ  :  Je  ferai  venir  de  l'Orient,  un 
oiseau  ,  et  d'une  terre  éloignée,  un  homme 
qui  exécutera  ma  volonté  :  c'est  par  lui  que 
Dieu  voulait  délivrer  son  peuple  de  la  capti- 
vité. 

§  2— Ceux  qui  découvrent  ce  qui  se  dit  en 
secret  sont  marqués  par  les  oiseaux.  Eccli. 
10.  20.  Aves  cœii  portabunt  vocem  tuam  ,  et 
qui  habet  pennas  annuntiabit  sententiam  :  Les 
oiseaux  même  du  ciel  rapporteront  vos  pa- 
roles ;  et  ceux  qui  ont  des  ailes  publieront  ce 
que  vous  avez  dit  :  c'est  une  hyperbole,  qui 
signifie  le  danger  qu'il  y  a  de  parler  mal  des 
princes  et  de  médire  des  riches. 

§  3. — Le  peuple  juif  comparé  à  un  oiseau 
de  différentes  couleurs  ,  sur  lequel  tous  les 
autres  oiseaux  viennent  fondre  pour  le  per- 
dre. Jer.  12.  d.Numquid  avis  discolor  fiœre- 
dilas  mea  mihi  ?  Numquid  avis  tincta  (  ou  dis- 
tincta)  per  totum  ?  Le  prophète  s'étonne  que 
ce  peuple  soit  exposé  en  proie  à  tous  ses  en- 
nemis, comme  un  oiseau  haï  de  tous  les  au- 
tres :  ce  qui  se  dit  aussi  des  autres  peuples 
de  la  terre.  Ezech.  31.  6.  In  ra)t  is  ejus  fece- 
runt  nidos  omnia  voUdilia  cœli  :  Tous  les  oi- 
seaux du  ciel  avaient  fait  leur  nid  sur  les 
branches  de  ce  cèdre  du  Liban.  Le  prophète 
parle  de  tous  les  peuples  qui  étaient  soumis 
au  roi  des  Assyriens,  comparé  à  ce  cèdre. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE.  452 

2°  Poule.  Luc.  13.  34.  Quoties  volui  con- 
gregare  filios  tuos  quemudmodum  avis  nidum 
suumsub  permis,  et  noluisti  ?  Combien  de  fois 
ai-je  voulu  rassembler  les  enfants  de  Jérusa- 
lem ,  comme  une  poule  rassemble  ses  petits 
sous  ses  ailes  ,  et  elle  ne  l'a  pas  voulu  :  ce 
mot  grec  op-nç  peut  signifier  une  poule  on 
particulier,  comme  un  oiseau  en  général  ,  et 
est  rendu  par  le  mot  lalin,  gallina,  en  saint 
Malth.30.37. 

AVITH,  Heb  Perversa.  Ville  d'où  était 
Adad  ou  Arad,  roi  d'Idumée.  Gen.  36.  35.  1 
Par.  1.  46. 

AULA,  M,  «ù/ïi.  Ce  nom  est  grec,  aOiïj,  et 
signifie  une  salle  ,  un  vestibule  ;  de  plus  le 
palais  royal  ,  où  le  roi  demeure  ,  et  le  roi 
même  avec  ses  courtisans  ;  une  salle.  Dans 
l'Ecriture  : 

1°  La  cour  ou  l'entrée  d'un  palais,  l'espace 
qui  est  à  découvert  entre  le  vestibule  et  les 
appartements.  Esth.  4.  2.  Non  enim  erat  lici' 
tiwi  indutum  sacco  aulam  régis  intrare.  Mar- 
dochée  ayant  appris  que  l'ordre  du  roi  avait 
été  donné  de  tuer  tous  les  Juif?  ,  il  vint  en 
pleurant  jusqu'à  la  porte  du  palais  ;  car  il 
n'était  pas  permis  d'entrer  dans  le  palais  du 
roi  étant  revêtu  d'un  sac. 

2°  Le  palais  d'un  roi  ,  le  lieu  de  sa  de- 
meure ohoç).  Gen.  45.  16.  Celebri  sermone 
vulgatum  in  aula  régis  :  Aussitôt  il  se  répan- 
dit un  grand  bruit  dans  toute  la  cour  du  roi, 
et  on  (lit  publiquement  que  les  frères  de  Jo- 
seph étaient  venus.  Ce  fut  au  second  voyage 
qu'ils  firent  en  Egypte  pour  acheter  du  blé  ; 
et  après  que  Joseph  se  fit  reconnaître  par 
eux  pour  leur  frère.  4  Reg.  7.  9.  Nuntiemus  in 
oularegis  :  Allons  donc  porter  cette  nouvelle 
à  la  cour  du  roi.  Lanouvelle  dont  parlent 
ces  quatre  lépreux  juifs  ,  est  qu'ils  n'avaient 
pas  trouvé  un  seul  homme  dans  le  camp  des 
Syriens,  qu'ils  avaient  abandonné,  avec  tout 
ce  qui4eur  appartenait.  Esth.  11.  3.  c.  12.  v. 
1.5.  1.  Mach.  11.46. 

3"  La  réale,  la  tente  du  roi.  2  Mach.  13.  15. 
Nocte  aggressus  aulam  regiam  in  castris,  in- 
terfecit  viros  quatuordecim  ynillia  :  Judas  at- 
taqua la  nuit  le  quartier  du  roi  ,  et  lua  dans 
son  camp  quatorze  mille  hommes. 

AVOCARE.  Détourner  quelqu'un  de  quel- 
que chose.  Dans  1  Ecriture: 

Faire  aller  quelqu'un  d'un  lieu  dans  un 
autre.  Eccli.  32.  lo.  Prœcurre  autem  prior  in 
domum  tuam,  et  illic  avocare  ;  d'autres  lisent 
illuc  avoca  te  :  L'avis  que  le  Sage  donne  aux 
jeunes  gens  qui  se  trouvent  à  un  fesiin  ,  est 
de  sortir  promptement  de  table,  et  de  se  re- 
tirer des  premiers  en  leur  logis. 

AVOLARE,  iviTTTKiTÔat.  Ce  verbe  est  inusité 
dans  les  auteurs  en  sa  propre  signification  , 
qui  marque  l'action  d'un  oiseau  qui  s'envole 
d'un  lieu  à  un  autre.  Les  auteurs  L;ilius 
s'en  servent  pour  signifier  s'en  aller  prompte- 
ment de  quelque  lieu.  Dans  l'Ecriture  : 

S'envoler.  Levit.  14.  v.  7.  531  Demittel  pas- 
serem  vivum  ut  in  agrum  avolet  :  Le  prêtre 
laissera  aller  le  passereau  vivant  ,  afin  qu'il 
s'envole  dans  les  champs.  L'Ecriture  parle 
ici  de  la  loi  de  la  purification  d'un  lép.reux. 
Nahum.  3.  v.  16. 17. 


455 


AUR 


AUR 


454 


1°  Voler ,  venir  prooipfement  fondre  sur 
quelqu'un  (ôVTJc-e«t)-  Jerem.  i9.  22.  Ecce 
quasi  aquila  asceridet  et  avoluhit  :  L'ennemi 
va  paraître  comme  un  aigle  ;  il  prendra  son 
vol  :  le  prophète  parle  de  Nabuchodonosor  , 
qui  devait  venir  avec  son  armée  se  jeter  sur 
ridumée. 

2"  Sortir,  se  retirer,  s'éloigner  {x77xicd(7'ix'.). 
Isa.  8.  22.  Non  poterie  avolare  de  angustia 
sua  :  Israël  ne  pourra  s'échapper  de  cet 
abîme  de  maux.  Ces  maux  sont  destinés  aux 
Juifs,  s'ils  consultaient  plutôt  les  magiciens 
et  les  devins  que  la  loi  de  Dieu.  c.  30.  20. 
Non  faciet  avolare  a  te  ultra  doctorem  tiium: 
Le  Seigneur  fera  que  celui  qui  nous  instrui- 
sait ne  disparaîtra  plus  de  devant  vous  : 
le  prophète  marque  les  miséricordes  de  Dieu, 
lorsque  le  peuple  criera  à  lui.  Gant.  6.  i. 
Averte  oculos  titos  a  me  ,  quia  ipsi  me  avo- 
lare fecerunt  :  Détournez  vos  yeux ,  parce 
qu'ils  me  raoltent  hois  de  moi-même  ;  je  ne 
puis  supporter  vos  regards  {cc-jv.tzioov-j).  Jésus- 
Christ  comme  époux,  témoigne  que  la  foi  de 
l'Eglise  lui  fait  une  sainte  violence,  à  laquelle 
il  ne  peut  rien  refuser.  Ose.  il.  il.  Et  avo- 
labunt  quasi  avis,  ex  Âîgypto  :  Los  enfants  de 
la  mer  s'envoleront  de  l'Egypte  comme  un 
oiseau.  Cette  prédiction  du  prophète  est  que 
les  nations  sortiront  de  l'idolâtrie. 

3'  Disparaître  ,  s'évanouir  (£X7r£T«vvvff6at;. 
Job.  20.  8.  Velut  somnium  avolans  non  inve- 
nietur  :  L'hypocrite  s'évanouira  comme  un 
songe.  Ose.  9.  11.  Ephraim  quasi  avis,  avola- 
vit  gloria  earum  :  La  gloire  des  Israélites  les 
quittera  comme  un  oiseau  quitte  et  s'envole 
de  son  nid  :  cette  gloire  consistait  dans  le 
grand  nombre  d'hommes  et  denfants  mê- 
mes, qui  devaient  périr  dès  leur  naissance. 

AVOTH-JAIR,  Vide  Havoth-jair. 

AURA,  £,  Kupx.  Ce  nom  ,  qui  a  deux  si- 
gnifications propres  ,  1°  signifiant  un  petit 
vent  ,  vient  d'aer  ;  2"  signifiant  l'éclat  que 
jette  l'or,  vient  de  l'Hébreu  or,  qui  signifie 
lumière  ,  flamme  de  feu.  Dans   l'Ecriture  :  — 

1'  Vent  doux  (  3ci>tvov  ).  Gen.  3.  8.  Cum 
audissent  vocem  Domini  Dei  ambulantis  in 
paradiso  ad  auram  post  meridiem  :  Heb.  ad 
auram  diei  :  Comme  Adam  et  Eve  eurent  en- 
tendu la  voix  du  Seigneur  Dieu,  qui  se  pro- 
menait dans  le  paradis  après  midi,  lorsqu'il 
s'élève  un  vent  doux  ;  c'est-à-dire  vers  le 
soir  :  ce  fut  après  leur  péché  qu'Adam  et 
Eve  entendirent  cette  voix.  3  Reg.19.  12  Job. 
1^.  16.  Isa.  57.  13.  Act.  27.  40.-2^  Calme,  bo- 
nace.  Ps.  106.  29.  Et  statuit  procellam  ejus 
in  auram:  Le  Seigneur  a  changé  cette  tem- 
pête en  un  vent  doux  :  le  prophète  compare 
l'état  des  captifs  de  Babylone,  ella  joie  qu'eu- 
rent les  Israélites  de  s'en  voir  délivrés  ,  à 
ceux  qui,  après  avoir  essuyé  la  plus  grande 
tempête  ,  se  voient  échappés  et  arrivés  au 
port. 

AURAN,  Heb.  Liberlas.  Le  pays  de  l'Aura- 
nilc  ,  qui  borne  la  Ïerre-Sainte  du  côté  du 
nord  et  de  la  Syrie  ,  et  a  pris  son  nom  de  la 
ville  du  même  nom.  Ezeth.  kl.  y.  10.  18. 
Joseph  joint  toujours  l'Auranite  avec  la 
Batanée  et  la  Trachonile.  Ce  pays  est  au  delà 
du  Jourdain,  dans  la  tribu  de  Manassès. 


ADRATUS,  A,  VMyS(uxp.^(To\iç.Doré.2  Mach. 
o.  2.  Contigit  autem  per  universam  Jerosoly- 
mam  civitatem  videri  diebus  quadraginta  per 
aéra  équités  discurrentes  auratas  stolas  ha- 
bentes  :  H  arrijva  que  l'on  vit  dans  toute  Is 
ville  de  Jérusalem,  pendant  quarante  jours, 
des  hommes  à  cheval  qui  couraient  en  l'air, 
habillés  de  draps  d'or.  Ce  fut  un  signe  des 
grands  malheurs  qui  devaient  tomber  sur 
Jérusalem  ,  tel  que  le  carnage  que  fit  peu 
après  Jason  dans  Jérusalem  ,  et  la  persécu- 
tion d'Antiochus  et  des  Juifs  apostats,  inspi- 
rés et  soutenus  des  démons.  Les  Machabées 
soutinrent  ces  assauts  secourus  de  Dieu  et 
protégés  des  sainis  anges  :  ce  pouvait  être 
encore  un  signe  du  combat  futur  de  ces  mê- 
mes saints  anges  et  de  ces  démons.  Voy. 
Dan.  10.  V.  13.  20.  21. 

AUREUS ,  A,  UM.  Qui  est  fait  d'or,  de  cou- 
leur dor  :  dans  l'Ecriture  : — 1  Qui  est  d'or. 
Prov.  11.  22.  Circulus  aureus  in  naribus  suis, 
mulier  pulchra  et  fatua  :  La  beauté  dans  une 
femme  insensée  est  comme  un  anneau  d'or 
au  museau  dune  truie.  Voy.  Circllus.  c.  2o. 
V.  11.  12.— 2  Qui  est  doré.  Exod.  40.  2k.  Po- 
suit  et  altare  aureum  sub  tecto  testimonii  : 
Moïse  mit  l'autel  d'or  sous  la  tente  du  té- 
moignage :  cet  autel  destiné  à  brûler  les 
parfums  ,  était  fait  de  bois  de  sélim.  Exod. 
30.  1.  et  couvert  d'un  or  très-pur.  v.  3.  c. 
39.  37.  c.  k.  o.  2  Par.  i.  19.  Ainsi  était  ap- 
pelée la  table  d'or  ,  qui  n'était  que  dorée. 

§  1.  —  Précieux,  excellent.  Eccl.  12,  6. 
Antequam  recurrat  vitta  aurea  :  Souvenez- 
vous  de  votre  créature,  pendant  les  jours  de 
votre  jeunesse,  avant  que  la  bandelette  d'or 
se  relire  ,  celte  bandelette  précieuse  c'est 
l'âme  ;  ou,  selon  d'autres,  une  membrane 
qui  entoure  le  cerveau.  V.  Vitta. 

§  2.  —  Qui  est  éclatant  dans  le  siècle  Je- 
rem. 51.  7.  Caîix  aureus  Babylon  in  manu 
Domini:  Babylone  est  une  coupe  d'or  dans 
la  main  du  Seigneur,  quia  eni\  ré  toute  la 
terre  :  Dieu  s'est  servi  de  Babylone,  qui  était 
fameuse  dans  le  monde,  pour  verser  son  in- 
dignation sur  les  habitants  de  la  terre.  Dan. 
2.  38  :  Tu  es  ergo  caput  aureum  :  C'est  donc 
vous  qui  êtes  la  tête  d'or  :  ce  n'est  pas 
tant  à  la  personne  de  Nabuchodonosor  que 
Daniel  donne  ce  nom,  qu'à  son  empire  qui 
est  celui  des  Babyloniens  :  il  l'appelle  Tête 
d'or,  parce  que  c'est  la  première  des  qua- 
tre grandes  monarchies  et  qu'elle  surpas- 
sait de  beaucoup  en  gloire  et  en  magnificen- 
ce tous  les  royaumes  de  la  terre. 

ADREUS  ,  1.  substantif,  Supp.  siclus. 
Xp-jToïi;.  Un  sicle  d'or,  qui  valait  de  notre  mon- 
naie environ  vingt  et  une  livres  dix  sols  dix 
deniers.  2.  Par.  9.  v.  15,  16.  Fecitrex  Salo~ 
mon  ducentas  hastas  aureus  de  summa  sex- 
centorum  aureorum  qui  in  singulis  hastis  pen- 
debantur,  trecenta  quoquc  scuta  ireccntorum 
aureorum  quibus  tegebantur  singula  scuta: 
Le  roi  Salomon  fit  faire  deux  cents  piques 
d'or,  du  poids  de  six  cents  sicles  d'or,  (ju'il 
donna  pour  chacune  :  il  fit  faire  aussi  trois 
cents  boucliers  d'or,  de  trois  cents  sicles  dor 
chacun,  que  l'on  cmfdpyait  à  les  couvrir.  V. 
Mina. 


J5JJ  DICTIOiNNAlUE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 

AUREOLDS,  a,  um.  Oui  ressemble  à  l'or 
pour  la  couleur,  excellent  en  son  genre  et 
pris  su  bstanti  vement  une  petite  pièce  de  mon- 
naie d'or:  dans  l'Ecriture,  il  n'est  pris  qu'ad- 
jectivement ,  et  signifie  : 

Qui  est  d'or  :  Exod.  25.  25  :  Super  illam 
alteram  coronam  aurcolaii}  :  Dieu  ordonne  à 
Moïse  de  mettre  une  seconde  couronne  d'or 
sur  la  bordure  qu'il  devait  faire  autour  de 
la  table  ;  d'où: 

AURIGHALCUM,  i.  Ce  mol  est  mis  pour 
Orichalcum  ,  qui  vient  du  Grec  0,00?,  mons, 
et  de  /a/xô?,  œs,  comme  qui  dirait,  cuivre  de 
montagne  et  signifie  proprement  du  laiton, 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Airain  le  plus  pur  { yy/.y.oïi-j  ) .  3.  Reg.  7. 
45.  Omnia  vasa  quœ  fecit  Hiram  régi  Salo- 
moni,  in  domo  Domini  de  aurichalco  erant  : 
Tous  les  vases  qu'Hiram  fit ,  par  l'ordre  du 
roi  Salomon  ,  pour  la  maison  du  Seigneur, 
élaient  d'airain  le  plus  pur. 

2°  Airain  (xao-aiTsoo,-).  Eccli.  47.  20.  Colle- 
glati  quasi  aurichalcum  aurum  :  Vous  avez 
fait  des  amas  d'or  comme  on  en  fait  d'airain: 
L'auteur  de  l'Ecclésiastique  parle  do  Salo- 
mon ,  que  Dieu  avait  comblé  de  richesses. 

3°  Espèce  d'airain  fort  luisant  (y^cly.olipuvov): 
quelques-uns  disent  qu'il  était  fait  de  verre 
et  de  pierre,  et  qu'il  était  plus  précieux  que 
l'or  ;  comme  Pline:  lib.  34.  c.  2.  et  Plaute  , 
en  plusieurs  endroits  ,  qui  préfèrent  à  l'or 
une  espèce  d'airain  exquis.  Apoc.  1.  15.  Et 
pedes  ejus  similes  aurichalco.  c.  2.  18.  :  Les 
pieds  de  Jésus-Christ  parurent  à  saint  Jean 
semblables  à  cet  airain  si  précieux  ;  ces 
pieds  ,  selon  quelques-uns  ,  élaient  les  apô- 
tres et  les  martyrs  ;  selon  d'autres  ,  c'é- 
taient sa  pureté  et  sa  justice  ,  ou  son  huma- 
nité. Dan.  10.  6.  Voy.  From  ,  in  Apocal.  1. 
15. 

AURICULA ,  JE.  9VÇ,  wTîov.  Dans  l'Ecri- 
ture : 

■  L'oreille.  Luc.  22.  oO.  Ampiitavit  ainicu- 
lam  ejus  dexteram  :  Pierre  ,  l'un  de  ceux  qui 
étaient  avec  Jésus-Christ  ,  coupa  l'oreille 
droite  à  un  des  gens  du  grand  prêtre  :  ce 
fut  pour  la  défense  de  Jésus-Christ.  Voy.  v. 
49.  et  Joan.  18.  10.  Exod.  29.  20.  Et  pones 
super  extremum  anriculœ  dextrœ  Aaron  et  fî- 
liorum  ejus  et  super  pollices  manus  eorum  , 
ac  pedis  dextri  :  Ayant  égorgé  l'autre  bélier, 
vous  mettrez  de  son  sang  sur  le  bas  de  l'o- 
reille droite  d'Aaron  et  de  ses  enfants  ,  sur 
le  pouce  de  leur  main  droite,  et  de  leur  pied 
droil.  L'Ecriture  parle  des  cérémonies  pour 
consacrer  prêtres  Aaron  et  ses  enfants. 
Anios  3.  12. 


Phrases  tirées  de  ce  not. 

Revelare  Auriculam.  Avertir  quelqu'un  , 
lui  déclarer  quelque  chose.  1.  Reg.  9.  15. 
Dominus  autem  rcvelaverat  auriculam  Sa- 
vxuelis:  Le  Seigneur  avait  révélé  à  Samuel  la 
venue  de  S;iùl  :  ce  fut  lui  que  Sanjuel  sacra 
roi.  1.  Par.  17.  25.  C!elte  façon  de  parler  est 
propre  aurc  Hébreux  ,  qui  disent  ouvrir  ou 
[)ercer  l'oroillc  de  quelqu'un,  pour  dire  faire 
cnleîidre.  Voy.  Auris. 

Ponere  ad  airicllam  suam.  Admellre  qucl- 


456 

qu'un  dans  son  conseil  secret  {iz(/.zf,tcr.).  1. 
Par.  11.  25.  Posuit  autem  eum  David  ad  au- 
ricuknn  suctm  ;  Heb.  ad  audilum  suum  ;  Da- 
vid mit  Banaïas  auprès  de  sa  personne  pour 
se  servir  de  son  conseil  ,  et  pour  exécuter 
ses  ordres  :  il  l'avait  fait  capitaine  de  ses 
gardes.  Voy.  Auricularius. 

AURICULARIUS,  11,  -npoç  àv.oùç.  Ce  nom, 
formé  du  féminin  auricula ,  s'écrit,  dans 
quelques  auteurs  latins,  auricularius  :  a^ 
qui  est  commun  à  d'autres  noms  pareils  , 
comme  :  codex,  pour  caudex;  coliculus,  pour 
cauliculus  ;  et  signifie  ,  proprement,  qui  ap- 
partient à  l'oreille.  Dans  l'Ecriture  : 

Capitaine  des  gardes  ,  qui  est  près  de  l,i 
personne  du  prince  ,  pour  exécuter  ses  or- 
dres. 2.  Reg.  23.  23.  Fecitque  eum  sibi  David 
ouricularium  :  David  prit  Banaïas  auprès  de 
sa  personne  pour  exécuter  ses  ordres  :  ce 
qui  marque  qu'il  l'établit  capitaine  de  ses 
gardes  ;  Heb.  et  Grec.  Ad  audilum  suum. 

AURIFEX,  )^pv(76xooç.  Ce  substantif  est  for- 
mé d'aurum,  et  du  verbe  facio,  et  signifie  : 

Orfèvre.  Isa.  40.  19.  Numquid  aurifex  aura 
figuravit  illud  ?  Celui  qui  travaille  en  or,  ne 
forme-t-il  pas  une  statue  d'or  ?  Le  dessein 
du  prophète  est  :  y  a-t-il  homme  assez  dé- 
pourvu de  bon  sens  pour  prendre  celle  sta- 
tue pour  une  divinité?  Sap.  15.  9.  Esdr.  3. 
v.  8.  31.Baruch.  6.  45.  ainsi  ,  Isa.  4G.  6.  Con- 
ducentes  aurificem  ut  faciat  deum  et  proci- 
dunt  et  adorant:  Vous  prenez  un  orfèvre 
pour  vous  faire  un  dieu  ,  afin  qu'on  se  pro- 
sterne devant  lui,  et  qu'on  l'adore  :  Dieu  fait 
connaître  ici  aux  Juifs  la  différence  qu'il  y  a 
entre  celui  qui  ne  fait  que  du  bien  à  son 
peuple  ,  et  les  idoles  qui  ne  leur  sont  qu'à 
charge  ,  et  ne  les  peuvent  délivrer  d'aucuns 
maux. 

AURIGA,  JE,  -nvioxoç.  Ce  nom  vient  de 
aurea ,  substantif,  qui  signifie  un  frein  qu'on 
attachait  aux  oreilles  des  chevaux,  et  si- 
gnifie proprement  cocher,  celui  qui  conduit 
un  carrosse,  un  coche,  un  char.  Dans  l'E- 
crilure  : 

Cocher.  3.  Reg.  22.  34.  2.  Par.  18.  33.  JUe 
aurigœ  suo  ait,  Couverte  manum  tuamet  educ 
me  de  acie  quia  vulneratus  sum  :  Achab  dit  à 
son  cocher  :  Tourne  bride ,  et  retire  moi  du 
milieu  des  troupes ,  parce  que  je  suis  fort 
blessé. 

Conducteur,  celui  qui  gouverne  et  pro- 
tège (ÎTTTTEÙj,  eques).  4.  Reg.  2.  12.  Currus 
Israël  et  auriga  ejus  :  Vous  êtes  le  char  d'I- 
sraël et  celui  qui  le  conduit.  Gr.  et  Hebr.  cl 
sa  cavalerie  :  ce  que  Elisée  dit  à  Elle,  Joas, 
roi  d'Israël,  le  dit  à  Elisée,  c.  13.  14.  Parce 
qu'en  effet  ces  deux  prophètes  étaient  plus 
puissants  pour  proleger  io  peuple  d'Israël , 
que  tous  les  chevaux  et  tous  les  chariots  de 
guerre. 

AURIS  ,  is.  o->,.  Ce  nom  vient  du  grec 
v.v'U,  sonus,  et  signifie  proprement  oreille. 
Dans  l'Ecrilure  : 

i  Oreille.  I.  Cor.  12.  10.  Et  si  dixerit 
auris;  quoniam  non  sum  oculus,  non  sum  de 
cor  pore  :  L'Apôlre  assure  ici  que  comme 
chaque  membre  du  corps,  tels  que  l'œil  et 
l'oreiile,  quoique  distingués  entre  eux  par 


457 


AUR 


AUR 


45d 


leurs  fonctions  différentes,  sont  cependant  du 
même  corps  ;  de  même  les  fidèles,  quoique  dis- 
tingués par  leurs  dons  différents,  sont  cepen- 
dantmembres  du  même  corps,  qui  est  l'Eglise, 
pour  laquelle  ils  doivent  les  employer.  Ps. 
Ij.'i.  6.  et  i3i.  17.  Aiires  habent  et  non  au- 
client  :  Lo>  idoles  des  nations  ont  des  oreil- 
les,  et  elles  n'entendront  point  :  ainsi,  on 
attribue  improprement  des  oreilles  à  Dieu; 
parce  que,  comme  l'oreille  dans  l'homme  est 
le  sens  par  lequel  il  comprend  ce  qu'on  lui 
vent  faire  entendre  ;  c'est  pour  cela  qu'on 
atiribue  à  Dieu  des  oreilles,  pour  marquer 
qu'il  reçoit  et  comprend,  et  exauce,  quoique 
imniédiatenient  ,  les  prières  que  nous  lui 
adressons.  Ps.  5.  2.  Verba  mea  auribus  per- 
cipe,  Domine  :  Seigneur,  prêlez  l'oreille  à  mes 
paroles  ;  entendez  mes  cris,  dit  David  à 
Dion,  étant  fort  pressé  par  ses  ennemis. 
Voy .  Audio  ,  1°. 

2"  Tout  le  corps  même,  une  partie  étant 
prise  pour  le  tout.  Ps.  39.  7.  Sacrificium  et 
oblationem  noluisti,  aurcs  autem  perfecisti 
mihi  :  Vous  n'avez  ^oulu  ni  sacrifice  ni  obla- 
lion  ;  mais  vous  m'avez  donné  des  oreilles 
parfaites  ;  le  Père  éternel  ne  pouvant  être 
réconcilié  avec  les  hommes,  par  les  sacri- 
fices de  l'ancienne  loi ,  a  formé  un  corps 
mortel  à  son  Fils ,  qui ,  par  la  croix,  a  sa- 
tisfait pleinement  et  avec  soumission  à  la 
justice  de  sou  Père;  Hebr.  fodisti;  où  ici 
l'Hébreu  fait  allusion  à  la  loi  rapportée 
Exod.  21.  6.  Deut.  17.  15.  Le  maître  atta- 
chait son  esclave  avec  une  alêne  à  la  porle 
de  sa  maison,  en  lui  perçant  l'oreille,  pour 
marquer  qu'il  était  étroitement  attaché  à 
son  service  pour  toujours ,  au  moins  jusqu'à 
l'année  du  jubilé  :  c'est  ainsi  que  Jésus- 
Christ  s'est  consacré  à  Dieu  son  Père  pour 
lui  obéir.  Saint  Paul ,  Hebr.  10.  5.  dit  :  Cor^ 
pus  aptasti  :  Ce  corps  sacré  devait  tenir  lieu 
de  toutes  les  victimes  de  l'ancienne  loi. 
Siguilicalion  figurée. 

1°  Celui  même  qui  écoute,  soit  l'homme, 
.lob.  29.  11.  Aiiris  audiens  bealificabat  me  • 
Lorsque  le  Tout-Puissant  était  avec  moi , 
ceux  qui  m'écoutaient  me  publiaient  bien- 
heureux. Sap.  lo.  3J  .c.  18. 15. c.  25. 12.  Matlh. 
13.  IG.  1.  Cor.  2.  9. 

2^  Soit  Dieu.  Ps.  129.  Fiant  aiires  tuœ  in- 
tendantes,  in  vocem  deprecdtionis  meœ  :  Que 
vos  oreilles  se  rendent  attentives  à  la  voix 
de  mon  ardente  prière,  dit  David  à  Dieu, 
pressé  de  la  douleur  de  ses  péchés. 

AUHIS  ZELL  1°  Dieu  qui  est  jaloux,  en 
tant  qu'il  écoute.  Sap.  1.  10.  Quoninm  auris 
zeli  audit  omnia:  Parce  que  l'oreille  de  Dieu, 
«lui  s'appelle  un  Dieu  jaloux,  entend  tout  : 
{5'ardez-vous  donc  des  murmures.  2"  L'espril 
même  qui  juge  par  l'oreille.  Job.  12. 'U.  c. 
3V.  3.  Nonne  auris  verba  dijudicat  ?  L'orcWlc 
ne  juge-l-ellc  pas  des  paroles? 

Phrases  Urées  de  l;i  propre  siguiûcaiio». 

In  aure  audire ,  in  aurcm  lorjui  :  Enteiidio 
ou  dire  quelcjuc  chose  en  secret.  Mallli.  10, 
27.  Quod^  in  aurc  audilis^  prœdicale  super 
tecla  :  Prêchez  .sur  le  haut  des  maisitus  ce 
qu'on  vous  dit  à  l'oreille,  dit  Jésus-tThrist  à 

DiCTIONN.    DK    PUILOL.    ."îACRKE.    1. 


ses  apôtres.  Luc.  12.  3.  Qitod  in  aurem  lo- 
cuti  estis  in  cubiculis,  prœdicahitur  in  ieclis  ! 
Ce  que  vous  avez  dit  à  l'oreille  dans  les 
chambres,  sera  prêché  sur  les  toits,  dit  Jé- 
sus-Christ au  peuple. 

In  auribus  loqui,  dicere^  cluninre,  leçjcre  : 
Dire,  prononcer,  crier,  lire  quekjue  chose, 
en  sorte  qu'on  l'entende.  Gen.  20.  8.  Locutus 
est  fiœc  in  auribus  eornm  :  Abimelech  dit  de- 
vant les  serviteurs  ce  qu'il  avait  entendu  : 
ce  fut  la  menace  que  lui  fil  Dieu  s'il  touchait 
à  Sara.  Deut.  32.  2i.  Jerem.  2.  2.  CUr.na  in 
auribus  :  Allez,  et  criez  aux  oreilles  de  Jé- 
rusalem :  ce  sont  les  reproches  que  Dieu 
envoie  faire  aux  Juifs  par  le  prophète,  do 
leur  ingratitude,  c.36.13.  Et  nuntiaviteisMi- 
chœas  omnia  verba  quœ  audivit  legenle  Barucfi 
ex  volumine  in  auribus  popuii  :  Michée  rap- 
porlaàtousles  grands  du  royaunie,  qui  étaient 
assis  en  la  maison  du  roi  Joachini,  en  la  cham- 
bre du  trésor,  toutes  les  paroies  qu'il  avait 
entendu  dire  àBaruchdaus  ce  livre  devant 
le  peuple  :  ces  paroles  étaient  <iue  ie  roi  de 
Babylone  se  hâtait  pour  venir  détruire  le 
pays  de  Jérusalem,  et  en  exteraiiner  les 
hommes  et  les  bêles,  v.  15.  Sede  et  legs  /lœc 
in  auribus  nostris  :  Asseyez-vous  là  ,  et  lisez 
ce  livre  devant  nous,  dirent  tous  les  grands 
du  roi  Jo.ichim  à  Baruch. 

In  auribus  alicujus  esse  aliquid.  i"  Se  dit 
d'une  chose  qu'on  entend  ,  ou  qu'on  se  figure 
entendre.  Job.  15.  21.  Sonitus  terroris  semper 
in  auribus  illius  :  L'oreille  de  l'iiiipie  est  tou- 
jours frappée  de  bruits  effrayatils.  —  2°  Se 
dit  d'une  chose  qui  est  connue  de  quelqu'un. 
Isa.  5.  h.  In  auribus  meis  sunl  hœc  :  Dieu 
témoigne  qu'il  connaît  toute  la  mauvaise 
conduite  des  Juifs. 

Aurem  inciinare,  intendere,  prœbere.  —  !• 
Ecouter  aitentivement,  pour  pratiquer  ou 
exaucer.  Prov.  5.  1.  Prudentiœ  meœ  inclina 
aurem  tuam  :  Prêlez  l'oreille  à  la  prudence 
que  vous  montre  la  sagesse.  —  2°  Ecouler 
favorablement,  pour  exaucer.  Ps.  129.  2. 
Fiant  aurcs  tuœ  intcndentes ,  in  vocem  depre- 
cationis  meœ  :  Que  vos  oreilles  se  rendent 
attentives  à  la  voix  de  mon  ardente  prière, 
dit  David,  en  géoiissant  de  son  péché. 

Beclinare  aures,  avertere  aurem.  Mépri- 
ser, rejeter,  ne  vouloir  point  acquiescer. 
Prov.  28.  9.  Qui  déclinât  aurcs  suas  ne  audiat 
legetn,  oratio  cjus  erit  cxsecrabilis  :  Quicon- 
que détourne  l'oreille  pour  ne  point  écouter 
la  loi,  sa  prière  même  sera  exécrable.  Thren. 
3.  56.  Iseavertas  aurem  tuam  a  singultu  meo, 
et  clamoribus  :  Seigm  ur,  ne  détournez  point 
votre  oreille  de  mes  gémiss(>menls  <;t  de  mes 
cris,  dit  le  Prophète  dans  l'excès  de  son  af- 
fliction, commune  avec  celle  du  peuple. 

Obturare ,  continere  ,  aures  suas.  Bou- 
cher ses  oreilles,  ne  vouloir  point  enlendro 
à  quchjue  chose.  Isa.  33.  15.  Qui  obturât 
aures  suas  ne  videat  sangnincni  :  Celui  (jui 
bouche  ses  oreilles  pour  ne  poinl  entendre 
des  paroles  de  sang,  demeurera  dans  les 
lieux  élevés ,  c'est-à-dii  e  hors  de  périls.  Voy. 
Sanguis.  Ps.  57.  5.  Si  cutaspidis  surdœ  oblu- 
ranlis  aurrs  suas  :  David  se  plaint  que  la 
fureur  de  Saùl  et  de  ses  flatteurs ,  qui  ne  voifci 

15 


4m 


DICTIONNAIKE  DE  PHILOLOGIE  SACREi]. 


-400 


laientpas connaître  son  innocence,  pouravoir 
lieu  de  le  perdre  ,  était  semblable  à  celle  de 
l'aspic,  qui  se  rend  sourd  en  se  bouchant  les 
oreilli  s  ,  pour  éviter  la  force  du  charme. 
Prov.  21.  13.  Acl.  7.  5. 

Babere  aures  audiendi  (seii  ad  audiendum). 
Avoir  le  don  d'intelligence,  qui  comprend 
une  humble  soumission,  pour  pratiquer  ce 
qu'on  entend.  Mallh.  11.  15.  Qui  hah et  aures 
audiendi ,  audint  :  Que  celui-là  entende  ,  qui 
a  des  oreilles  pour  entendre,  c.  13.  9.  kS. 
C'est  ce  don  que  Dieu  n'arait  point  donné 
aux  Juifs.  Deut.  29.  k.  Et  non  dédit  vobis 
Dominus  cor  intelligens ,  et  aures  quœ  pos- 
sunt  audire  :  Vous  avez   vu   tout  ce  que  le 

Seigneur  a  fait  devant  vous  on  Egypte et 

le  Seigneur  ne  vous  a  point  donné  jusqu'au- 
jourd'hui un  cœur  qui  eût  de  l'intelligence  et 
des  oreilles  qui  puissent  entendre,  leur  dit 
Moïse  :  ce  qui  leur  ayant  élé  prédit  par  Is.iïe, 
ch.  0.  V.  9.  20.  a  élé  accompli ,  selon  le  té- 
moignage même  de  Jésus-Christ.  Matth  13. 
tk.  Auditu  audietis  et  non  intelligetis  :  Vous 
écouterez  de  vos  oreilles,  et  vous  n'enten- 
drez point.  Acl.  28.  26.  Voy.  Aggravare, 
Incirclmcisus. 

Erigere  aurem.  —  Exciter  à  entendre  avec 
docilité  et  soumission.  Isa.  50.  4.  Erigit 
mane,  mane  erigit  mihi  aurem  ut  audiam 
quasi  magistrum  :  Le  Seigneur  me  prend  et 
me  touche  l'oreille  tous  les  matins,  afin  que 
je  l'écoute  comme  un  maître  :  cela  s'entend 
ie  Jésus-Christ,  que  Dieu  son  Père  a  rempli 
dé  son  Saint-Esprit  et  de  toutes  ses  lumières , 
oomme  son  disciple,  pour  parler  aux  hocs- 
Gîcs ,  et  Jésus-Christ  l'a  écoulé  avec  une  sou- 
mission pleine  de  douceur. 

Revelnre  aurem.  —  1°  Ouvrir  l'oreille  ; 
c'est-à-dire  déclarer  une  chose  inconnue , 
faire  savoir,  faire  entendre,  donner  avis  de 
quelque  chose.  1.  Reg.  20.  13.  Si  persevera- 
verit ,  reveliho  aurem  fuam  ;  Si  le  manvtîis 
dessein  de  mon  père  conlinue  toujours  contre 
vous ,  je  vous  eti  donnerai  avis,  dit  Jona- 
thas  à  David.  2.  Reg.  7.  27.  Revelasti  aurem 
servi  tui  :  Vous  avez  révélé  à  votre  serviteur 
que  vous  lui  vouliez  établir  sa  maison  :  c'est 
David  qui  parie.  —  2°  Ouvn'r  l'oreille  de 
l'âme,  toucher  le  cœur,  pour  faire  recevoir 
avec  soumission  la  correction  saluîaire,  qui 
fait  retourner  à  Dieu.  Job.  36.  v.  10,  15.  Re- 
velabil  aurem  eorum  ut  corripiat ,  et  loquetur 
ut  rêver lantur  ah  iniquitate  :  Dieu  découvrira 
les  œuvres  et  les  crimes  à  ceux  cjui  sont  dans 
les  chaînes  :  il  leur  ouvrira  aussi  l'oreille 
pour  les  reprendre;  et  il  leur  parlera,  afin 
qu'ils  reviennent  de  leur  iniquilc,  dilEliu  à 
Job.   Voy.   Aperire   aurem,  Prurire,  Tin- 

NIRE  ,  etc.   Voy.  AURICULA. 

AURORA,  M,  O|i0f.oj.  Ce  mot  vient  deay^ov, 
vieux  mot  grec  qui  signifie  or,  à  cause  du 
rapport  qu'a  l'aurore  à  l'éclat  que  jette  l'or, 
et  signifie  : 

L'aurore,  le  point  du  jour,  la  lueur  qui 
précède  le  lever  du  soleil.  Gen.  32.  26.  Di- 
miLle  me,  jam  enim  ascendit  aurora  :  Laissez- 
moi  aller,  car  l'aurore  commence  déjà  à  pa- 
raître, dit  l'ange  à  Jacob,  contre  qui  il  avait 
lutté  toute  la  nuit,  et  de  qui  il  voulait  avoir 


auparavant  la  bénédiction.  2.  Reg.  23.  k.  2. 
Esdr.  4.  21.  Job.  3.  9.  c.  24.  17.nc.  38.  12. 
Ps.  73.  16.  c.  G.  9. 

AURUGO,  iNis,  ly.rspo;.  Ce  nom  vient  d'nw- 
riun,  et  signifie  proprement  jaunisse,  couleur 
d'or  pâle;  dans  l'Ecriture,  —  1°  jaunisse, 
maladie  qui  vient  d'un  épanclicment  de  fiel 
ou  bile  jaune.  Jerem.  30.  6.  Quare  ergo  con- 
versœ  sunt  universœ  faciès  in  auruginem? 
Pourquoi  les  visages  des  hommes  sont-ils 
tous  jaunes  et  défigurés?  Le  prophète  parle 
des  Babyloniens  effrayés  des  approches  de 
Cyrus.  —  2°  Nielle  qui  gâte  le  blé  [ù^opM). 
Amos  4.  9.  Agg.  2.  18.  Perciissi  vos  venlo 
urente  et  aurugine  :  Je  vous  ai  frappés  par 
un  vent  brûlant  et  par  la  nielle.  2.  Par.  6.  28. 

AURUM,  1,/jjvrjoç.  Ce  nom  vient  du  verbe 
hébreu  or,  knnière,  flamme  de  feu;  ou  du 
grec  «upov,  ou  bien  encore  du  verbe  wp^îv, 
custodire,  parce  que  ce  qu'on  garde  le  plus, 
c'est  l'or,  et  signifie  proprement  or,  le  plus 
excellent  des  métaux  ;  dans  l'Ecriture, 

1°  Or,  le  plus  excellent  des  métaux.  Job. 
28.  1.  Auro  locus  est  in  quo  conflatur  :  L'or  a 
un  lieu  où  il  se  forme,  v.  6.  Locus  sapphbi 
lapides  ejus,  et  glebœ  illius  est  aurum  .-  Les 
saphirs  se  trouvent  dans  les  pierres  de  la 
terre,  et  ses  mottes  sont  de  l'or,  etc.  Deut. 
7.  25.  Ainsi,  Thren.  4.  1.  Quomodo  obscura^ 
tum  est  aurum?  Comment  l'or  s'est-il  obs- 
curci? Ce  qui  s'entend  de  l'or  dont  Salomon 
avait  revêtu  le  temple,  dans  lequel  Nabu- 
zardan  ayant  mis  le  feu,  ce  temple  perdit  tout 
son  éclat,  et  l'or  qui  brillait  auparavant  (ut 
tout  obscurci.  Ce  qui  s'entend  figurémenl  de 
l'âme,  dont  la  pureté  et  l'éclat  de  la  charité 
sont  noircis  par  les  feux  criminels  du  vice. 
Dan.  2.  32.  Hujus  statuœ  caput  ex  auro  op~ 
limo  :  La  tête  de  la  statue  que  vit  Nabucho- 
donosor  était  d'un  or  très-pur;  Daniel  dé- 
clare à  Nabuchodonosor  que  c'est  îui-mémc 
qui  est  cette  tête  d'or,  par  l'éclat  et  la  splen- 
deur de  son  empire,  v.  28.  Apoc.  3.  18. 

2°  Vêtements  précieux  tissus  d'or.  Ezech. 
16.  13.  Et  ornata  es  auro  et  argcnto  :  Dieu 
reproche  à  Jérusalcni,  (ju'après  l'avoir  parée 
d'or  et  d'argent  et  de  tout  ce  qui  pouvait  con- 
tribuer à  sa  beauté,  elle  s'est  prostituée  et 
abandonnée  aux  nations.  Thren.  4.  2.  Filii 
Sion  inclyti,  et  amicii  auro  primo  :  Eclatants 
et  couverts  de  l'or  le  plus  pur;  Hebr.  Com- 
parés à  l'or  le  plus  fin.  Apoc.  17.  4.  1.  Tim. 
2.  9.  1.  Petr.  3.  3.  A  quoi  se  rapporte  Dan. 
10.  5.  Renés  ejus  accincti  auro  obryzo  :  Je  vis 
un  homme  dont  les  reins  étaient  ceints  d'une 
ceinture  d'or  très-pur.  Ici  le  prophète  rap- 
porte la  vision  qu'il  eut  près  le  grand  fleuve 
du  Tigre. 

5"  Monnaie  d'or  ou  d'argent,  biens,  riches- 
ses. Matth.  10.  9.  Nolite possidcre  aurum  at-^ 
que  orgentum  .-Ne  vous  mettez  point  en  peine 
d'avoir  de  l'or  on  de  l'argent,  ni  de  porter 
de  l'argent  dans  votre  bourse  :  c'est  une  des 
inslruclions  que  Jésus-Christ  donne  à  ses 
apôtres  ayant  de  les  envoyer  prêcher.  A  quoi 
se  rapporte  c.  23.  16.  Qui  juraverit  in  auri 
t empli,  débet  :^i  un  homme  jure  par  le  tem- 
ple, cela  n'est  rien;  mais  s'il  jure  par  l'or 
du  temple,  il  est  obliijé  à  son  serment.  Par 


461 


AUS 


AUS 


t'J2 


l'or,  ces  mots  s'entendent  ici,  ou  des  vases 
d'or  à  l'usage  des  sacrifices,  ou  de  la  mon- 
naie d'or,  ou  même  des  lames  d'or  dont  les 
murailles  du  temple  étaient  revêtues.  C'est 
ce  que  Jésus-Christ  reproche  aux  scribes  et 
aux  pharisiens  de  dire  :  et  ils  tenaient  pour 
rien  le  serment  fait  par  le  temple.  Eccli.  31. 
6.  Mulli  clati  sunt  in  auri  cams  :  L'or  en  a 
fait  tomber  plusieurs.  Gr.  hi  casum,  auri 
causa. 

Sigiiilicalions  métaphoriques  ,  lirées  de  la  couleur,  de 
l'éclat,  de  la  pureté,  de  l'excellence  ei  du  prix  de  l'or. 
1"  Le  sable  de  la  mer,  jaune  et  luisant. 
Job.  il.  21.  Sternit  sibi  aurmn  quasi  lutum  : 
La  baleine  se  couche  dans  la  mer  sur  le  sa- 
ble aigu  et  pointu,  comme  si  c'était  de  la 
boue;  ce  qui  revient  à  l'Hébreu  :  Sternit  sibi 
aeulas  testulas.  —  2°  Le  temps  serein,  pur  et 
brillant  comme  l'or.  Job.  37.  22.  Ab  aqw'lone 
venii  aurwn  :  Le  temps  serein  vient  du  nord; 
ce  qui  se  peut  aussi  entendre  de  l'or  vérita- 
ble :  cet  Eliu  représente  à  Job  les  grandes 
mer\eilles  de  Dieu  qu'il  ne  peut  pénétrer. 
Gr-'  Mi'f-n  ~/_pv(r7.'jyoû'j':x,  Nubes  instar  auri  ful- 
gemes.  —  3°  La  gloire  et  la  majesté  de  la 
Divinité.  Cant.  5.  11.  Caput  ejus  aurum  opti- 
mum :  La  tête  de  mon  bien-aimé  est  un  très- 
fin  or.  Ici  l'Eglise  parle  de  la  gloire  de  Jésus- 
Christ  considéré  comme  Dieu.  —  4°  L'éclat 
de  la  Jérusalem  céleste.  Apoc.  21.  18.  Ipsa 
civitas  aurum  mundum  :  La  ville  était  d'un 
or  pur.  —  5°  La  doctrine  pure,  vraie  et  sa- 
lutiiire.  1.  Cor.  3.  12.  Si  quis  autem  superœ- 
dificat  super  fundamentum  hoc,  aurum,  ar- 
gentum  :  Que  si  l'on  élève  sur  ce  fondement 
un  édifice  d'or,  d'argent,  etc.  Cet  édifice  d'or 
est  particulièrement  cette  doctrine  qui  re- 
garde l'amour  de  Dieu  et  les  bonnes  œuvres. 
—  6"  La  charité  et  l'amour  de  Dieu.  Apoc.  3. 
18.  Suadeo  tibi  emere  a  me  aurum  ignitum,  dit 
saint  Jean  de  la  part  de  Jésus-Christ  à  l'ange 
de  Lfiodicée,  qui  n'était  ni  chaud  ni  froid 
dans  l'amour  de  Dieu.  Eccli.  28.  2i.  Aurum 
luum  confia  :  Employez  tout  ce  que  vous 
avez  de  charité  et  de  lumière  pour  bien  pe- 
ser vos  paroles. 

AUSCULTAUE,  «x/joâaôat,  Ce  verbe  vient 
de  l'hébreu  Sacal,  inlelUgere,  et  en  Hipliil, 
hiscilta,  intelligerc  fecisti,  et  signifie  propre- 
ment, écouter  quelqu'un  ou  quelque  chose, 
une  personne  ou  ce  qu'elle  dit;  dans  l'Ecr.  : 

1°  Ecouter  avec  attention.  Eccli.  21.  27. 
stuUilia  hominis  auscultare  per  oslium  :  Le 
fou  monirera  sa  folie  en  écoutant  par  une 
porte.  Job.  33.  1. 

2'  Obéir,  suivre  les  ordres  ou  les  avis  de 
quelqu'nti  (iTuy.oôot.fTiç) .  1.  Reg.  15.  22.  Melior 
est  obcdicnliu  quam  victimœ ,  et  auacultare 
magis  quam  o/Jerre  adipem  arietum  :  L'ubéis- 
sarice  est  meilleure  que  les  victimes,  et  il 
vaul  mieux  se  rendre  à  la  voix  de  Dieu  que 
lui  offrir  les  béliers  les  plus  gras,  répond  Sa- 
muel à  S  lui. 

3°  Exaucer  les  vœux,  écouter  favorable- 
ment {npo7é/ja).  2.  Esdr.  1.  G.  Fiant  aures 
tuœ  auscultantes  :  Ayez,  je  vous  prie,  l'o- 
reille attentive  à  la  prière  de  votre  serviteur, 
dit  Néhémic  à  Dieu,  qu'il  prie  de  rétablir 
son  peuple  résolu  de  craindre  son  nom. 


'*'  taire  réflexion  aune  chose,  la  prévoir, 
en  être  persuadé  (ytvwo-zjtv).  Isa.  4-2.  23.  Quis 
est  in  vobis  qui  audiat  hoc,  attendat,  et  aus- 
cultet  futura?  Qui  est  celui  d'entre  vous  qui 
écoute  ce  que  je  dis  et  qui  croie  les  choses 
futures?  dit  Dieu  à  son  peuple. 

AUSITIS.  Hebr.  Hus,  consilium.  Province 
de  la  Trachonite,  entre  la  Palestine  et  la  Cœ- 
lé-Syrie,  ainsi  appelée  de  Hus,  fils  d'Arara, 
comme  si  on  disait  Husitide,  appelée  terra 
Hus,  terre  de  Hus.  Job.  1.  1.  Thren.  k.  21,  et 
appelée  Ausitis.  Jerem.  25.  20.  Et  universis 
generaliter,  cunctis  regibus  terrœ  Ausitidis  : 
J'ai  fait  boire  de  la  coupe,  que  j'ai  reçue  dé 
la  main  du  Seigneur,  à  tous  les  rois  dû  pays 
d'Ausite,  à  tous,  etc.  Le  prophète  dit  qu'il  a 
annoncé  à  ces  peuples  que  Dieu  était  prêt  à 
faire  éclater  sur  eux  sa  fureur.  Voyez  Pro- 
piNo,  Calix.  Dans  Ausitis,  selon  le  dialecte 
syriaque,  Vo  se  change  en  au,  d'où  vient  que 
Josué  est  appelé  dans  les  Septante  Ause  pour 
Osée  ou  Osea,  qui  depuis  a  été  appelé  Josuê 
ou  Jésus. 

AUSTER,  sTRi,  vÔToç.  Ce  noni  prend  sa  ra- 
cine de  la  chaleur  propre  au  vent  qu'il  mar- 
que, et  vient  du  verbe  grec  v.'jm,  sicco,  à 
cause  de  sa  chaleur,  quoique  ce  vent  soit 
humide,  et  signifie  proprement  le  vent  du 
midi,  qui  est  humide  et  chaud,  le  sud;  dans 
l'Ecriture, 

1°  Le  vent  du  midi.  Ps.  77.  26.  Transtulit 
austrum  de  cœlo  :  Dieu  changea  dans  l'air  le 
vent  du  midi  :  Hebr.  Ventum  orientalem  : 
Dieu  fit  cesser  le  vent  d'orient.  Il  est  appelé 
Auster,  parce  qu'il  souffle  vers  le  midi,  et  est 
opposé  au  vent  appelé  Africus,  sud-ouest, 
que  Dieu  fit  lever  pour  emporter  au-delà  de 
la  mer,  les  cailles  dans  le  camp  des  Israélites. 

2"  Le  midi,  partie  méridionale.  Ps.  125.  k. 
Converte  captivitatem  nostram  sicut  torrcns 
in  austro  :  Noire  délivrance  nous  sera  agréa- 
ble comme  les  ruisseaux  dans  les  déserts  du 
midi.  Deut.  3.  27.  Job.  9.  9.  Luc.  13.  29. 
Ezech.  25.  13.  Faciam  eam  desertatn  ab  au- 
stro :  Je  la  réduirai  en  un  désert  du  côte  du 
midi  :  Heb.  dei)uis  Théman  jusqu'à  Dédan; 
ces  deux  villes  étaient  situées  aux  deux  ex- 
trémités de  ridumée. 

3°  La  partie  dci  la  Judée  ou  de  la  tribu  de 
Juda  qui  est  au  midi.  Abd.  19.  20.  El  hœredi- 
tabunt  hi  qui  ad  austrum  sunt  montem  E sau  : 
Ceux  qui  sont  du  côté  du  midi  hériteront  de 
la  montagne  d'Esaii  :  ceci  marque  le  progrès 
que  les  Juifs  devaient  faire  après  leur  retour 
de  Babylone.  Zach.  7.  7.  Urbes  in  circuitu 
ejus  et  ad  austrum  :  Les  villes  qui  étaient  au- 
tour de  Jérusalem,  et  le  côté  du  midi  où  les 
places  de  la  Judée  étaient  le  moins  fortes, 
où  l'on  vivait  en  repos.  Hab.  3.  3.  Dcus  ab 
ausiro  veniet,  de  monte  Pharan  :  Dieu  vien- 
dra du  côlé  du  midi,  et  le  SainI,  de  la  monla- 
gne  de  Pharan  :  celle  montagne  était  du  côté 
du  mont  Sinaï,  ,iu  midi  de  la  Judé.-.  2  Jéru- 
salem et  loutrs  les  villes  de  la  Judée  situées 
vers  le  midi  à  l'égard  de  la  Chaldée.  Jercm. 
13.  19.  Civitalcs  auslri  clausœ  sunt  :  Les  villes 
du  midi  sont  ferniécs.  Voyc  z  Claldi^re. 

•*"  Les  pays  qui  sont  au  midi,  à  l'égard  da 
la  Judée,  sont  appelés  Auslcr.  1>  lEgvptu. 


iGS 


DICTlOiNNAlJŒ  DE  l'HILULOGlL  SACUÉL. 


4Gï 


Dan.  11.  2.  Statuiû  (empare  revertetur,  et 
veniet  ad  austrum  :  Le  roi  Anliochus  revint 
une  seconde  fois  dans  l'Egypte,  mais  il  fut 
battu  par  les  Romains.  Isa.  30.  6.  2'  Le 
royaume  de  Saba,  qui  est  dans  TArabie  Heu- 
reuse est  appelé  Auster.  Mallh.  12.  i2.  Regina 
Austri  suryet  iti  judicio  :  La  reine  du  Midi 
s'élèvera  au  jour  du  jugement  contre  cette 
race  et  la  condamnera  :  Jésus-Christ  menace 
de  punition  l'incrédulité  des  Juifs.  Luc.  11. 
31.  Isa.  21.  li.  Qui  habitalis  terram  austri, 
Hebr.  Theman  :  c'est  une  ville  d'Arabie  citée 
avec  Saba.  Job.  G.  19.  Ezech.  25.  13.  Ab  au- 
stro;  Hebr.  a  Theman. 

Danitl,  ch.  11,  fait  mention  de  plusieurs 
rois  du  Midi,  c/est-à-dire  d'Egypte,  qui  sont: 

l'-Plolémée  Philadelphe,  fils  de  Lagus  ;  ce 
nom  de  Philadelphe,  qui  veut  dire  an)ateur 
de  ses  frères,  lui  fut  donné  par  raillerie, 
parce  qu'il  s"était  défait  de  ses  frères.  H  suc- 
céda à  son  père,  qui  l'avait  fait  couronner 
avant  sa  mort  et  l'avait  associé  au  gouver- 
nement de  son  Etat.  C'est  ce  prince  qui  a  fait 
traduire  dhébreu  en  grec  les  Ecritures,  et 
c'est  la  version  célèbre  dite  des  Septante  : 
elle  fut  faite  par  les  soins  de  Démétrius  Pha- 
lerœus,  qui  ramassa  jusqu'à  deux  cent  mille 
volumes  dans  la  fameuse  bibliothèque  de  ce 
prince.  Daniel  parle  de  lui  en  ces  termes  : 
Et  conforlabitur  rex  austri;  et  de  princijn- 
bus  ejus  prœvalebiC  super  eum  :  Le  roi  du 
Midi  se  fortifiera;  l'un  de  ces  princes  sera 
plus  puissant  que  lui.  Ptolémée  Philadelphe, 
qui  avait  reçu  de  son  père  un  grand  empire, 
devint  puiss'ant;  mais  Séleucus  Nicanor,  qui 
avait  été  un  des  capitaines  d'Alexandre,  de- 
vint plus  puissant  que  lui  :  en  effet,  ce  der- 
nier lui  enleva  toute  la  Syrie,  la  Judée  et 
quelques  autres  pays.  Il  eut  guerre  avec  An- 
liochus Thcos,  petit-fils  de  Séleucus  Nicanor, 
mais  ensuite  ils  s'accordèrent  :  cet  accord  se 
fit  par  le  mariage  de  Bérénice,  fille  de  Phi- 
ladelphe, qu'Anliochus  épousa,  quoiqu'il  eût 
déjà  deux  fils  de  Laodice.  Dan.  11.  6.  Et  post 
finem  annoram  fœderabuntur ,  filiaque  régis 
austri  veniet  ad  regem  aquilonis  facere  ami- 
citiam  :  Ils  feront  alliance  ensemble,  et  la 
fille  du  roi  du  midi  viendra  épouser  le  roi  de 
l'aquilon.  Voyez  Antiochus  Theos.  Philadel- 
phe, après  avoir  régné  quarante  ans  depuis 
la  mort  de  son  père,  mourut  par  ses  excès 
d'intempérance,  environ  l'an  du  monde  3738. 
Son  fils  Ptolémée  Evergètes  lui  succéda. 
Voyez  Plantatio. 

2°  Ptolémée  Philopator,  fils  d'Evergètos, 
était  un  prince  très-voluptueux;  on  lui  don- 
na le  nom  de  Philopator  par  antiphrase, 
parce  qu'ayant  fait  mourir  son  père,  il  se 
défit  aussi  de  sa  mère,  de  son  frère  et  de  sa 
sœur.  Anliochus  le  Grand  lui  déclara  la 
guerre,  croyant  que  la  vie  licencieuse  de  ce 
prince  lui  donnerait  le  moyeu  de  recouvrer 
quelqu'une  des  provinces  de  l'Egypte,  sur 
laquelle  il  prétendait  quelques  droits;  mais 
Ptolémée  s'étant  préparé  à  le  recevoir  avec 
des  troupes  nombreuses,  l'armée  d'Antio- 
chus  fut  enlièrement  défaite,  et  il  demanda 
une  trêve  pour  un  an,  que  Ptolémée  lui  ac- 
corda. Dan.  11.  11.  Et  provocatus  rex  austri 


egredietur,  et  pugnabit  ((dversus  regem  aqui- 
lonis, et  prœparabit  multitudinem  nimiam,  et 
dabitur  multitudo  in  manu  cjus  :  Le  roi  du 
midi  étant  attaqué,  se  mettra  en  campagne 
et  combattra  contre  le  roi  de  ra(]ui!on;  il 
lèvera  une  grande  armée,  et  les  troupes  nom- 
breuses de  ses  ennemis  lui  seront  livrées  en- 
Ire  les  mains.  Philopator  vint  à  Jérusalem; 
il  voulut  entrer  dans  le  sanctuaire,  mais  le 
grand  pontife  Simon  s'y  opposa  courageuse- 
ment :  ce  refus  l'irrita  ;  et,  quand  il  fut  arrivé 
à  Alexandrie,  il  voulut  s'en  venger  sur  les 
Juifs  et  les  tourmenta  étrangement  pour  les 
détourner  du  culte  du  vrai  Dieu.  Il  régna 
dix-sepl  ans,  et  mourut  l'an  du  monde  3800. 

3°  Ptolémée  Epiphanes,  fils  de  Philopator  : 
ce  prince  n'avait  que  quatre  ans  quand  son 
père  mourut:  Agatoclès  ,  sœur  d'Agatoclée 
concubine  du  feu  roi,  et  leur  mère  Oonan- 
the,  avaient  usurpé  le  gouvernement.  Elles 
cachèrent  quelque  temps  la  mort  du  roi,  pil- 
lèrent ses  trésors  ,  et  voulurent  se  défaire  du 
jeune  prince  :  mais  les  Egyptiens  le  délivrè- 
rent de  ce  danger  ,  et  le  mirent  sous  la  pro-j 
tcction  des  Romains.  Cependant  Antiochus 
dit  le  Grand  voulut  se  servir  de  cette  con- 
joncture pour  reprendre  les  terres  que  les 
rois  d'Egypte  avaient  conquises  sur  les  rois 
de  Syrie,  mais  ce  fut  inutilement.  Pour  ve- 
nir à  bout  do  ses  desseins,  il  lui  donna  en 
mariage  sa  fille  Cléopâtre,  qui  demeura  fi- 
dèle à  son  mari.  Voy.  Filia.  Philippe  ,  roi 
de  Macédoine,  et  d'autres  princes  ,  se  liguè- 
rent avec  Anliochus  contre  Ptolémée  Epi- 
phanes  ;  et  comme  la  Judée  était  entre  deux, 
les  Juifs  prirent  parti  les  uns  pour  Ptolémée, 
les  autres  pour  Anliochus.  Ce  fut  alors  qu'O- 
nias  s'enfuit,  avec  un  grand  nombre  de  Juifs, 
en  Egypte,  où  il  bâtit  un  Temple  semblable 
à  celui  de  Jérusalem  ,  croyant  par  là  accom- 
plir une  prophétie  d'Isaïe,  (5ui  avait  déclaré, 
ch.  19.  19.  :  Qu'il  y  aurait  un  autel  du  Sei- 
gneur au  milieu  de  l'Egypte  :  ce  qui  ne  mar- 
quait que  l'établissement  de  la  foi  dans  le 
pays  au  temps  de  la  loi  nouvelle.  Dan.  11. 
14.  Et  in  temporibus  illis  multi  consurgent 
adversus  regem  austri  ;  filii  qunque  prœiari- 
catorum  extollentur  ut  impleanl  visionem  ,  et 
corruent  :  En  ces  temps-là  plusieurs  s'élève- 
ront contre  le  roi  du  Midi  Ptolémée  Epi- 
phanes  ;  les  enfants  d'entre  ceux  de  votre 
peuple  qui  auront  violé  la  loi  du  Seigneur, 
s'élèveront  pour  accoînpiir  une  prophétie, 
et  ils  tomberont.  Voy.  Pr^varicator.  Ce 
prince  régna  24  ans,  et  mourut  l'an  du  monde 
3S'2* 

V  Ptolémée  Pliilomélor  ,  fils  de  Ptolémée 
Epiphanes  ,  fut  noujmé  par  raillerie  Philo- 
métor  ,  ami  de  s,i  mère,  parce  qu'il  la  haïs- 
sait pour  lui  avoir  voulu  préférer  son  jeune 
frère,  Ptolémée  Pliyscon.  Antiochus  Epipha- 
nes lui  déclara  la  guerre  :  ce  prince,  de  son 
côté,  leva  une  armée  nombreuse  pour  se 
défendre  ;  mais  étant  trahi  par  ses  conseil- 
lers et  ses  ministres  corrompus  par  Anlio- 
chus, il  fut  obligé  de  demander  la  paix. 
Ptolémée  le  reçut  dans  soii  état  ,  le  traita 
magnifiiiuement  à  Momphis  ,  où  ces  dt'ux 
princrs  se  fitent  d^'S  proioslalions  d'amitié  : 


405 


AUS 


mais  ce  n'élait  que  pour  se  surprendre  l'un 
l'aiiIre.La  guerre  se  ralluma  enlre  eux;mais 
Aiiliochus  eut  de  grands  avantages  conlre 
Philométor.  Tout  ceci  a  été  prédit.  Dan.  11. 
V.  25.  et  suivants.  Et  concilabitiir  forlitudo 
ejus ,  et  cor  ejiis  adversum  regem  Austri  in 
exercitu  inaçjno,et  rex  Austri provocuhitw  ad 
bellummultis auxiliis,  et  fortis  nimis ,  et  non 
stahiint  ,  quia  inibunt  adversus  eum  consilia  , 
et  comedentes  paneni  cum  eo  contèrent  illum  , 
exercilitsr/ue  ejus  oppritnetur,  et  cadent  inter- 
fecli  plurimi.  Duorum  quoque  région  cor  erit 
ut  maie  fucinnt ,  et  ad  mensam  unam  menda- 
cium  loqiientur ,  et  non  proficient.  On  voit 
dans  ces  paroles  l'entreprise  d'Anliochus 
Epiphanes  contre  Philométor  ;  on  y  voit  la 
défaite  de  ce  dernier  par  la  trahison  de  ses 
plus  confidents  qu'il  admettait  à  sa  table  ; 
enfin,  on  y  voit  la  réconciliation  feinte  des 
deux  rois.  Lerenouvellement  de  la  guerre  est 
rapporté,  v.  iO.  In  tempore  prœfinito  prœiia- 
bitur  adversus  eum  rex  Austri,  et  quasi  tem- 
pestas  veniet  contra  illum  rex  Aquilonis,  in 
curribus,  et  in  equitibus,  et  in  classe  magna, 
et  ingredietur  ternis,  et  conteret,  et  pertrans- 
iet.  Le  roi  du  Midi  combattra  contre  lui  au 
temps  qui  a  été  marqué,  et  le  roi  de  l'Aqui- 
lon marchera  contre  lui  comme  une  tempête. 
Piiilomélor  donna  sa  fille  Cléopâtre  en  ma- 
riage à  Alexandre  Balles,  en  présence  de  Jo- 
nathas,  que  son  mérite  et  son  pouvoir  ren- 
daient considérable  à  tous  ces  princes.  Ce 
dernier  fit  alliance  avec  lui,  et  l'établit  dans 
la  souveraine  sacriûcature,  qui  était  demeu- 
rée vacante  depuis  sept  ans  et  demi  par  la 
mort  d'Alcime;  et  ainsi  il  a  été  le  premier 
souverain  pontife  de  la  race  des  Machabées. 
Philométor  s'étant  ligué  avec  Démétrius  Ni- 
canor  contre  Alexandre  Balles,  il  fut  blessé 
dans  un  combat  :  Alexandre  peu  de  jours 
après  fut  tué  par  les  siens, et  Ptolémée  ayant 
vu  sa  tête,  meurt  l'an  du  monde  3859.  après 
avoir  régné  35  ans. 

Parce  que  le  vent  du  midi  est  chaud,  Au- 
ster  est  mis  pour  marquer  dans  l'Ecriture  Is 
chaleur,  l'amour  de  Dieu,  le  feu  de  la  cha 
rite.  Eccli.  H.  3.  Si  ceciderit  lignum  ad  Au 
strum,  aut  ad  Aquilonem ,  ibi  erit  -Le  sage 
marque  que  l'on  demeurer.)  éternellement 
dans  l'étal  où  chacun  mourra  :  Auster,  mar- 
que le  feu  de  la  charité  ;  Aquilo,  le  froid  du 
péché.  Canl.  i.  10.  Surge  (  id  esl,  facesse) , 
Aquilo  (id  est,  diabole)  :Veni,  auster  :  Venez, 
feu  brûiani  du  Saint-Esprit. 

USTRALIS  ,  E.  Méridional ,  austral,  qui 
âitué  au  midi,  en  parlant  dun  pays.  Dans 
l'Ecriture, 

1"  Qui  est  du  côté  du  midi  {)il;,  notus). 
(ien.  2V.  62.  Habitabat  enim  i7i  terra  austra- 
li  :  Isaac  demeurait  au  pays  du  Midi.  L'Ecri- 
ture parb;  rlti  temps  qu'il  épousa  Keberca.  c. 
20.  1.  Is;i.  W.  12.  Ecce  illi  ab  Aquilone  et 
mari ,  et  illi  de  terra  Australi  :  De  toutes  les 
parties  du  monde,  les  fidèles  se  rassembleront 
pour  former  l'Eglise  :  li'  Prophète  a  en  vue 
le  temps  de  la  prédication  du  s.iinl  Ev.ingile. 

2'  Exposé  au  midf,  sec  et  brûlé.  Jos.  15. 
19.  Terram  australem  et  arentem  dcdisti  mihi  : 
Vous  u)'avez  donné  une  lerre    exposée  au 


AUT  466 

midi  et  toute  sèche ,  dit  Axa  à  Cak  b  ,  et  lui 
demande  encore  une  autre  terre  arrosée  deau 

AITSTEKUS  ,  A  ,  UM.  c/.vrrzr.ooç.  Cet  adjectif 
vien»  du  Grec  aOc-Tïjoà,-,  et  signifie  proprement 
sévère,  rude,  en  parlant  des  personnes  et  de 
leur  vie  ou  de  leur  manière  d'agir;  dans  l'E- 
criture, 

Sévère,  rude.  Luc.  10.  21.  Timui  enim  te 
quia  homo  austerus  es  :  Seigneur,  voici  votre 
mine  que  j'ai  tenue  enveloppée  dans  un  mou- 
choir; parce  que  je  vous  ai  craint ,  sachant 
que  vous  êtes  un  homme  sévère  ,  dit  le  mé- 
chant serviteur  à  son  maître.  Cet  adjecliî 
vient  de  l'adverbe  austère,  et  dans  l'Ecriture 
se  trouve  le  comparatif. 

AUSTERIES,  Kxi^r-vpôr-fjO'j.  Le  positif  a»<5/e- 
re,  signifie  proprement  avec  sévérité,  sévè- 
rement ;  et  le  comparatif  austerius  signifie 
plus  sévèrement,  avec  plus  de  sévérilé  :  dans 
l'Ecriture,  plus  durement,  d'une  manière 
méprisante  et  dédaigneuse.  2.  Mach.  li.  30. 
At  Machabœus  videns  secum  austerius  agere 
Nicanorem,  occultavitse  a  Nicanore  :  Macha- 
bée  s'étant  aperçu  queNicanorle  traitait  plus 
durement  qu'à  l'ordinaire ,  il  se  déroba  de 
Nicanor  :  la  cause  de  cette  dureté  était  qu'il 
cherchait  l'occasion  d'envoyer  au  roi,  Macha- 
bée  enchaîné  à  Aniioche. 

AUSTERITAS,  atis.  Sévérité,  fierté  ,  ru- 
desse, rigueur.  Ezech.  3i.  i.  Cum  austeri- 
tate  imperabatis  eis  et  cum  potentia  :  Vous 
vous  contentiez  de  dominer  les  brebis  de  mon 
troupeau  avec  une  rigueur  sévère  et  pleine 
d'empire,  dit  Dieu  aux  méchants  oasleurs  do 
son  peuple.  2.  Mach.  li.  30. 

AUSTRALIS.  Vey.  In  austek. 

AUT.  Celte  conjonction  latine  vient  du 
Grec  cf.\) ,  uZbi; ,  rursum,  vice  versa,  ou  peut- 
être  de  la  conjonction  correspondante  vvrot  , 
et  signifie  proprement  ou  .  ou  bien  :  dans 
l'Ecriture, 

1°  Ou,  ou  hien.  Matth.  6.  2i.  Nemo  potcst 
duobus  dominis  servir  e  :  aut  enim  nnum  odiu 
habebit,  et  alterum  diliget  ;  aut  unum  sustinr- 
Oit,  et  alterum  contemnet  :  Nul  ne  peut  servir 
deux  maîtres  ;  car  ou  il  haïra  l'un  et  aimera 
l'autre,  ou  il  se  soumettra  à  l'un  et  mépri- 
sera l'autre  :  l'Evangéliste  parle  de  Dieu  et 
.des richesses  comme  étant  incompatibles  dans 
un  même  cœur. 

Sigoitications  étrangères  de  cette  conjonction. 

2°  Mais,  autrement,  d'ailleurs,  car.  Matth. 
12.  29.  Aut  quomodo  potest  quisquam  inlrare 
in  domum  fortis  :  ic  chasse  les  démons  par 
l'Esprit  de  Dieu,  et  non  par  Satan;  autre- 
ment, comment  quelqu'un  peut-il  onlrr-r  dans 
la  maison  du  fort,  et  la  piller,  s'il  ne  l'a  lié 
auparavant?  dit  Jésus-Christ,  c  7.  9  c.  20.  l^. 

3  El  Luc.  20.  2.  Die  nobis  in  qua  potestate 
h(Fc  facis,  au!  quis  est  qui  dédit  tibi  hanc  po- 
testalem?  Dites-nous  par  quelle  autorité  vous 
faites  CCS  choses,  et  qui  est  celui  qui  vous  a 
donné  ce  pouvoir?  disent  les  princes  des  prê- 
tres ,  les  scribes  et  les  sénateurs  à  Jésus- 
Clirist,  surce  qu'il  instruisait  le  peuple. Rom. 
i.  13.  Matth.  1.  21.  c.  2.  10.  1.  Cor.  12.  21. 

'r  Ni.  Mallh.  5.  17.  N'alite  putare  qnoniam 


4!j7 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


408 


veni  solvere  legem,  aut  prophetas  :  Ne  pensez 
pas  que  je  sois  venu  détruire  la  loi  ou  les 
prophètes,  c'est-à-dire,  ni  les  prophètes,  dit 
Jésus  à  ses  disciples.  Eph.  5.  i. 

4UTEM,  §è.  Cette  conjonction  vient  du  mot 
grec  «ÙTào,  et  signifie  proprement  or,  mais  : 
dans  l'Ecriture, 

1°  Mais.  Matth.  6.  23.  Si  autem  oculus  tuus 
fuerit  nequam  :  Tant  que  l'œil  est  pur,  il  ser- 
vira de  lumière  à  tout  le  corps  ;  mais  s'il  est 
mauvais  et  qu  il  ne  puisse  plus  voir,  tout  le 
corps  est  exposé  à  mille  chutes  :  ce  qui  est 
une  figure  de  la  lumière  de  Tâme,  par  laquelle 
elle  peut  être  conservée;  mais  qui  étant  ob- 
scurcie, Ihomme  se  trouve  nécessairement 
engagé  dans  une  infinité  de  maux, 

2°  Or.  Joan.  17.  13.  Nunc  enim  ad  te  venio: 
Mais  maintenant,  c'est-à-dire,  or  mai.ntenant 
je  viens  à  vous  :  et  je  dis  ceci  étant  encore 
dans  le  monde:  afin  que  ceux  que  vous  m"a- 
vez  donnés  aient  en  eux-mêmes  la  plénitude 
de  ma  joie  :  Jésus-Christ  parle  à  son  Père 
éternel  en  faveur  de  ses  élus.  2.  Cor.  3.  17. 

3°  C'est  pourquoi  (yào).  Ps.  35.  8.  Filii 
autem  hominum  in  tegmine  alarum  tiiarum 
sperabunt  :  Vous  sauverez,  Seigneur,  et  les 
hommes  et  les  bétes  :  mais  (c'est-à-dire,  c'est 
pourquoi)  les  enfants  des  hommes  espére- 
ront particulièrement  étant  à  couvert  sous 
vos  ailes.  Voy.  Salvare. 

4°  Car,  parce  que.  1.  Cor.  lo.  25.  Oportet 
autémillum  reanare,  donec  ponat  omnes  ini- 
micos  sub  pedibus  ejus  :  Alors  viendra  la  coa- 
somnoation  de  toutes  choses,  lorsque  Jésus- 
Christ  aura  remis  son  royaume  à  Dieu  son 
père.  Car  Jésus-Christ  doit  régner  jusqu'à  ce 
que  le  Père  lui  ail  mis  tous  ses  ennemis  sous 
les  pieds.  Sap.  li.  9.  Luc.  12.  2.  Joan.  11 .  56. 

5°  Au  contraire.  Joan.  16.  20.  Plorabids, 
et  flebitis  vos,  mundus  autem  gaudebit  :  Vous 
pleurerez,  et  vous  gémirez,  et ,  c'est-à-dire, 
au  contraire  le  monde  se  réjouira,  dit  Jésus- 
Chri^st  à  ses  disciples.  Mallh.23.  4.  1.  Petr. 
3.  15.  Ainsi.  Jac.  1.  10.  Vives  autem  inhnmi- 
litate  sua  :  Que  celui  des  frères  qui  est  dans 
un  état  humiliant  se  glorifie  de  l'élévation 
qu'il  attend;  et  au  contraire  que  celui  qui  est 
riche  s  humilie  dans  la  vue  de  son  abaisse- 
ment. 

6°  Donc  (ouv;.  1.  Cor.  8.  i.  De  escis  autem: 
Quant  aux  viandes  qui  ont  été  immolées  aux 
idoles,  nous  n'ignorons  pas  que  nous  avons 
tous  sur  ce  sujet  assez  de  science,  etc.  Quant 
à  ce  qui  est  donc  de  manger  des  viandes  im- 
molées -lux  idoles  ,  nous  savons  qu'elles  ne 
sont  point  capables  de  souiller  par  elles- 
mêmes.  Matth.  10.  17.  c.  1.  19.  c.  9.  3G.  2. 
Petr.  1.  15.  Ainsi.  Rom.  8.  8.  Qui  autem  in 
carne sunt,  Deo  piacere  non  passant  .-L'amour 
des  choses  de  la  chair  est  ennemi  de  Dieu... 
ceux  donc  qui  vivent  selon  la  chair  ne  peu- 
vent plaire  à  Dieu. 

7»  Ensuite,  puis  après.  Judic.  6.  11.  Venit 
autem  angélus  Domini  :  Dans  le  temps  que  les 
Israélites  demanderont  au  Seigneur  du  se- 
cours contre  les  Madianites,  le  Seigneur  leur 
envoya  un  prophète,  pour  leur  reprocher  de 
ne  l'avoir  point  voulu  écouler.  Or  (c'est-à- 
mro ,  cusuitej  l'ange  du  S  igneur  vint  s'as- 


seoir sous  un  chêne,  qui  envoya  Gédéon  dé- 
livrer les  Juifs  des  Madianites.  c.  18.  5.1. 
Reg.  20.  1.  3.  Reg.8.  22. 

8"  Toutefois  -/ai).  2.  Reg.  19.  28.  Tu  autem 
posuisti  me  servum  tuum  inter  convivasmensœ 
tuœ  :  Au  lieu  que  vous  pouviez  traiter  toute 
la  maison  de  mon  père  comme  digne  de  mort, 
vous  m'avez  (toutefois)  donné  place  à  votre 
table,  dit  Miphiboseth  à  David. 

9°  Puisque  ,  vu  que  {y.ui).  1.  Reg.  18.  23. 
Ego  autem  sum  vir  pauper  et  tenuis  :  Croyez- 
vous  que  ce  soit  peu  de  chose  que  d'être 
gendre  du  roi?  vu  que  je  suis  pauvre,  je  n'ai 
point  de  bien,  répond  DavicS  aux  officiers  de 
Saiii  qui  lui  disaient  de  penser  à  devenir  gen- 
dre du  roi. 

10"  Même  ,  jusque  -là  même  que  (  /.y.i  ). 
Matth.  10.  30.  Vestri  autem  capilli  capitis 
omnes  numerati  sunt  :  Il  ne  tombe  aucun  pas- 
sereau sur  la  terre  sans  la  volonté  de  voire 
père  ;  mais  pour  vous,  les  cheveux  même  de 
votre  tête  sont  tous  comptés,  dit  Jésus-Christ 
aux  apôtres. 

11°  Cette  particule  est  souvent  superflue, 
comme  le  Si  des  Grecs.  Marc.  2.  5.  Act.  li.  5. 
et  n'est  souvent  qu'un  ornement  du  discours  : 
ce  qui  setrouve  non-seulement  dans  Homère, 
mais  encore  dans  la  Rhétorique  d'Aristote  , 
et  dans  ses  autres  ouvrages  :  au  reste,  dans 
le  grec  des  Syriens,  il  faut  peu  s'arrêter  à  ces 
sortes  de  particules  ;  et  les  particules  Se  et  yàa 
ne  sont  pas  toujours  si  opposées,  qu'elles  ne 
se  prennent  en  quelques  endroits  l'une  pour 
l'autre. 

AUTOR.  Voy.  Auctor. 

AUTUMNUS,  1.  Ce  nom  substantif  qui  est 
mis  pour  Auctamnus,  ôtant  c,  vient  du  verbe 
augeo,  augmenter,  parce  que  c'est  dans  cette 
saison  que  les  richesses  des  hommes  s'ac- 
croissent, et  signifie  Automne,  saison  où  les 
fruits  sont  miîrs.  Isa.  28.  i.  Mich.  7.  1.  Vœ 
mi/ii,  quia  factus  sum  sicut  qui  colligit  in  au- 
tumno  racemos  vindemiœ  :  Le  Prophète  qui 
figure  ici  les  personnes  vraiment  vertueuses 
par  les  raisins,  pour  en  témoigner  la  rareté 
dans  Israël,  qui  était  la  figure  de  l'Eglise,  dit 
qu'il  est  dans  la  même  peine  qu'un  voyageur 
altéré  qui ,  dans  l'automne  ,  après  la  ven- 
dange, ne  peut  trouver  de  raisins  dans  les 
vignes  [àavxô;).  Je  suis  devenu  comme  celui 
qui  cueille  des  raisins  après  la  vendange.  Isa. 
28.  4. 

AUTUMNALIS,  e.  Qui  appartient  à  cette 
saison  :  dans  l'Ecr., 

Qui  fleurit  en  Automne.  Jud.  v.  12.  Arbores 
aulumnales  :  Ces  personnes  qui  n'ont  soin 
que  de  se  nourrir  eux-mêmes  :  ce  sont  des 
arbres  qui  ne  fleurissent  qu'en  Automne ,  et 
partant  qui  ne  portent  point  de  fruit  (yôtvo- 

AVUNCULUS,  1.   Ce  diminutif  est  dérive 

A'avus,  et  signifie: 

Oncle  maternel.  Le  vit.  20.  20.  Qui  coierit 
cum  uxore  palrui,  vel  avunculi  sui...  porta' 
bunt  ambo  peccnlam  suum:  Si  un  homme  ap-i 
proche  de  la  femme  de  son  oncle,  ou  pater- 
nel ou  maternel,  ils  porteront  tous  deux  la 
peine  de  leur  péché.  Voy.  Portare.  Gen.  28. 
2.  c.  29.  10. 


AVDS,  I.  Ce  nom  vient  de  abba,  qui  signi- 
fie en  Ghaldéen  et  en  Syriaque  père,  et  signi- 
fie aussi  aïeul  ;  il  signifie  proprement  aïeul, 
grand-père,  le  père  du  père  ou  de  la  mère  : 
dans  l'Ecriture, 

i"  Aïeul  paternel,  grand-père.  Gcn.  28.  k. 
Ut  possideas  terram  peregrinationis  tuœ  quam 
poUicitus  est  avo  tuo  ;  Gr.  t&j  'AÇ&aàt/.  Que  le 
Dieu  tout-puissant  vous  fasse  posséder  la 
terre  où  vous  demeurez  comme  étranger, 
qu'il  a  promise  à  votre  aïeul,  dit  Isaac  à 
Jacob. 

2'  Aïeul,  ancêtre  {TTponxKuroç).  Exod.  10.  6. 
Quantam  non  viderunt  patres  tui  et  avi  :  Si 
vous  ne  voulez  pas  laisser  aller  mon  peuple,  je 
ferai  venir  demain  des  sauterelles  dans  votre 
pays,  dont  jamais  ni  vos  pères  ni  vos  aïeuls 
n'en  auront  vu  une  si  grande  quantité,  dit 
Moïse  à  Pharaon  de  la  part  de  Dieu. 

AUXlLlARIjPorjôêîv.  Secourir  assister.  Isa. 
41.  6.  Unusquisque  proximo  suo  auxiliabitur: 
Le  propiîète  avait  ici  en  vue  les  gentils,  qui, 
étant  choqués  de  la  réputation  de  Jésus- 
Christ  et  de  rétablissement  de  l'Eglise,  se 
sont  aidés  à  la  combaitre  et  à  conserver  le 
paganisme.  Ps.  88.  v.  22.  kh- 

AUXILIARIUS,  4,  UM.  <7Ûpi[i«xoç.  Qui  aide, 
qui  porte  secours.  Judith.  3.  8.  Assumpsit 
sibi  auxiliariosviros  fortes. B.olopherncpvi[de 
toutes  les  villes,  pour  troupes  auxiliaires,  les 
hommes  les  plus  braves  :  ces  villes  apparte- 
naient aux  rois  et  aux  princes  qui  s'étaient 
déjà  rendus  à  Holopherne.  1.  Mach.  3.  15. 

AUXILIATOR,  is.  porjôô?.  Ce  nom  vient 
d'auxilium,  et  signifie  : 

Qui  aide,  qui  donne  secours,  protecteur, 
qui  soutient  de  son  secours.  Isa.  50.  v.  7.  9. 
Duminiis  Deus  auxiliator  meus  :  Le  Seigneur, 
mon  Dieu,  est  mon  prolecteur.  C'est  ce  que 
dit  Jésus-Christ  de  son  Père  éternel  contre 
ses  ennemis. 

AUXILIUM,  II.  Ce  nom  vient  du  verbe 
aiigeo,  parce  que  c'était  le  secours  douné 
pour  augmenter  et  secourir  les  légions  ,  et 
signifie  proprement  aide  ,  secours  :  dans 
l'Ecriture, 

Aide,  secours,  protection  de  Dieu  à  l'égard 
des  hommes.  Ps.  120.  2.  Auxilium  meuni  a 
Domino  :  C'est  du  Seigneur  que  David  dans 
SCS  alflictions  ,  ainsi  que  les  Juifs  dans  leur 
ca[)livilé,  et  les  vrais  chrétiens  dans  leurs 
persécutions  qu'ils  ont  eu  à  souffrir,  ont 
attendu  du  secours,  el  non  des  hommes  ni  de 
toute  autre  créalure.  Judic.  o.  23.  Non  vene- 
riint  ad  auxilium  Domini  :  Les  habitants  de 
la  terre  de  Méroz  ne  se  sont  point  venus 
joindre  au  secours  que  donnait  le  Seigneur  ; 
au(r.  secourir  le  peuple  du  Seigneur. 

A.\A,  JE,  Heb.  Ornnta,  fille  de  Caleb,  don- 
née en  mariai^e  à  Olhoniel.  Judic.  1.  v.  12. 
13.  14.  15.  Elle  est  appellée  Achsa.  1.  Par.  2. 
49.  V^oy.  AcHSA. 

AXAPH,  Heb.  Incnntntor,  ville  de  Clia- 
naan.  Jos.  12.  20.  en  la  tribu  d'Azer.  Jos.  1!). 
25.  aulr.  Achsaph.  C'était  autrefois  une  ville 
royale  dont  le  roi  s'appellait  Achsaph 

AXIS,  is,  "a^wv.  Ce  nom  vieni  du  (lrec''A$'uv 
et  signifie  proprement  un  ais,  une  table,  un 
«ssieu  de  charrette,  le  pôle  :  dans  l'Ecriture, 


AZA 


470 


Essieu.  Eccl.  33.  5.  Quasi  axis  versatilis 
cogitatus  fatui  :  L'insensé  ,  celui  qui  a  j)0ur 
guide  son  propre  esprit,  n'a  aucune  règle 
stable  de  justice  et  de  vérité  dans  la  pensée  ; 
mais  semblable  à  un  essieu,  il  tourne  à  tous 
les  vents  des  opinions  des  hommes  et  s'ac- 
commode à  toutes  leurs  inclinations.  3.  Reg. 
7.  30.  33. 

AZA,  Heb.  Fortitudo.  —  1°  Chef  de  famille, 
de  la  famille  des  Nathinéens  ,  qui  revinrent 
de  la  captivité  de  Babylone  avec  Zorobabel. 
1.  Esdr.  2.  49.  -  2°  Ville  de  la  tribu  d'E- 
phraïm.  1.  Par.  7.  28.  Voy.  Asa  ,  Heb. 
Adesa. 

AZANIAS,  Heb.  Auditus  Dei,  lévite,  père 
de  Josué,  qui,  avec  les  autres,  souscrivit  à 
l'alliance  renouvelée  avec  Dieu  au  temps  de 
Néhémias.  2.  Esdr.  10.  9. 

AZANOTÏHABOR  ,  Heb.  Aures  electionis, 
place  limitrophe  de  Nepthali.  Jos.  19.  34. 

AZAREEL,  Heb.  Adjiitorium  Dei.—i°  L'un 
des  braves  de  l'armée  de  David.  1.  Par.  12. 
6.  —  2"  Un  lévite,  musicien  du  temple,  à  qui 
échut  l'onzième  sort.  1.  Par.  25.  18.  L'on 
jeta  au  sort  vingt-quatre  classes,  pour  régler 
en  quel  rang  les  enfants  d'Asaph  ,  d'Idilhun 
et  d'Heman,  devaient  élre  dans  le  temple  et 
y  chanter. 

AZARIAS,  Heb.  Auxilium  Domini.  —  1» 
Roi  de  Juda  ,  qui  s'appellait  aussi  Ozias ,  fils 
d'Amasias.  4.  Reg.  14.  21.  Tulit  univcrsus 
populus  Judœ  Azariam  annos  natum  sedecim, 
et  constituerunt  eum  regem  pro  pâtre  ejus 
Amasia  :  Tout  le  peuple  prit  Azarias  âgé  de 
seize  ans,  et  il  fut  établi  roi  en  la  place  de 
son  père  Amasias  :  ce  fut  après  la  mort  et  la 
sépulture  d'Amasias.  2.  Par.  26.  v.  1.  7.  10. 
19.  Ce  prince  signala  les  commencements  de 
son  règne  par  de  trè.s-belles  actions  ;  il  ai- 
mait la  justice  ,  et  son  courage  intrépide  lui 
fit  entreprendre  de  très-grandes  choses.  Il 
fut  fort  heureux  tant  qu'il  fut  fidèle  à  Dieu  ; 
mais  sa  grande  prospérité  l'ayant  enfié  d'or- 
gueil, il  voulut  usurper  la  dignité  de  la 
grande  sacrificature  ;  c'est  pourquoi  Dieu  le 
frappa  d'une  lèpre  horrible  et  incurable,  de 
manière  qu'il  fut  contraint  de  vivre  séparé 
de  tout  commerce  le  reste  de  ses  jours.  Il 
régna  cinquante-deux  ans  en  Jérusalem,  et 
mourut  l'an  du  monde  3277.  Son  fils  Joalham 
lui  succéda. 

2°  Un  prophète,  fils  d'Obed.  2.  Par.  15.  v. 
1.  8.  Il  était  aussi,  grand  capitaine.  2.  Par. 
13.  1.  —  3"  Un  souverain  pontife,  fils  d'Achi- 
maas  et  père  de  Johanan.  1.  Par.  6.  9.  —  4" 
Un  autre  souverain  pontife,  fils  de  Johanan. 
1.  Par.  6.  10.  2.  Par.  2G.  17.  Ce  fut  lui  qui 
chassa  du  temple  le  roi  Ozias,  qui  voulait  y 
offrir  de  l'encens  sur  l'autel  d'or,  environ 
l'an  3220.  —  5^  Un  autre  grand-prétre  ,  fils 
de  Helcias.  1.  Par.  G.  v.  13.  14.  C'est  le  même 
que  Saraïa.  2.  Esdr.  11.  11.  1-  Par.  9.  11 
l'an  du  monde  3420.  —  G  Un  prêtre,  qui  te- 
nait le  premier  rang  dans  la  famille  de  Sadoc 
du  temps  d'Kzéchias.  2.  Par.  31.  v.  10.  13.  — 
7"  Fils  de  Nathan  et  capitaine  des  gardes  de 
Salomon.  3.  Reg.  4.  5.  —  8°  Un  des  trois  qui 
furent  jetés  dans  la  fournaise,  qui  fut  appelé 
Abdenago  ,  par  le  chef  des  eunuques  do  Na- 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRËE. 
1.7.  —  0"  L'ange  Ra- 


471 

buchodonosor.  Dan 

phaèl,  qui  se  donna  lui-même  ce  nom,  pour 
marquer  à  Tobie  que  son  fils,  de  la  conduite 
duquci  il  se  chargeait,  recevrait  par  lui  le 
secours  dp  Dieu.  Tob.  5.  18.  Ou  parce  qu'il 
avait  pris  la  ressemblance  d'un  Azarias.  — 
10'  Fils  de  Jéhu  et  père  de  Helles.  1.  Par.  2. 
V.  38.  39.  c.  9.  11.  —  il»  Fils  de  Séphonias  et 
père  de  Johel.  1.  Par.  6.  36.  2.  Par.  19.  12.— 
12°  Un  capitaine  des  gardes  de  Joas  ,  fils  de 
Jéroham.  2.  Par.  23.  1.  —  13°  Deux  fils  de 
Josaphat.  2.  Par.  21.  2.  Avec  un  autre  de 
même  nom,  fils  d'Obed  ,  ibicl.  —  14°  Le  fils 
d'Osaïas,  qui  accusa  Jérémie  de  trahison. 
Jerem.  kS.  2.  —  15°  Un  capitaine  de  Jérusa- 
lem, que  Judas  avait  laissé  avec  Joseph,  fils 
de  Zacharie,  à  la  garde  de  la  ville,  et  qui 
voulut  mal  à  propos  se  signaler  par  quel- 
que action  contre  l'ennpmi.  1.  Mach.  5.  v. 
18.  56.  60.  l'an  3891.  —  16°  Fils  d'Ethan,  qui 
était  fils  de  Zara.  1.  Par.  2.  8.  —  17°  Un  offi- 
cier du  roi  Ezéchias.2.  Par.  31.13.  —  18°  Un 
de  ceux  qui  rétablirent  les  murailles  de  Jéru- 
salem. 2.  Esdr.  3.  v.  23. 24.  —  19»  Un  person- 
nage considérable  parmi  les  Juifs,  qui  revint 
avec  Zorobabel.  2.  Esdr.  7.  7.  c.  8.  8. 

AZARICAM,  Heb.  Auxilium  resurgentis, 
lévite ,  fils  d'Hasabias  ,  père  de  Hasab.  2. 
Esdr.  11.  15. 

AZAU,  Heb.  Videns,  un  des  fils  de  Nachor, 
frère  d'Abr nham.  Gen.  22.  22. 

AZAZ  ,  Heb.  Fortis,ûh  de  Samma,  père 
de  Bala  de  !a  tribu  de  Ruben.  1.  Par.  5.  8. 

AZAZIAS,  Heb.  Fortitudo  Bei,  lévite  du 
temps  d'Ezéchias,  2.  Par.  31.  13.  qui  se 
signala  par  les  débris  des  idoles  de  Jéru- 
salem. 

AZBAI  ,  Heb.  Hyssopus  mea  ,  père  de 
Naaraï,  un  des  trente  vaillants  hommes  de 
l'armée  de  David.  1.  Par.  11.  37. 

AZBOC  ,  Heb.  Hircus  vanilatis,  père  de 
Néhémie.  2.  Esdr.  3.  16.  Voy.  Néhémias. 

AZEGA,  Hobr.  Muruta,  ville  de  la  tribu  de 
Juda.  Jos.  10.  v.  10.  11.  c.  15.  35. 1.  Reg.  17. 

1.  etc. 

AZER,  Heb.  Adjutorium.  —  1°  Un  de  ceux 
qui  rétablirent  les  murs  de  Jérusalem,  fils  de 
Josué.  2.  E>dr.  3.  19.  —  2°  Ville  de  la  tribu 
de  Manassé  au-delà  du  Jourdain  ,  sur  le 
grand  chemin  qui  va  à  Sidon.  Jos.  17.  7.  aut. 
Aser. 

ASGAD,  Heb.  Fortis  exercitus,  chef  de  fa- 
mille, dont  les  enfants  revinrent  de  Babylone 
au  nombre  de  douze  cent  vingt-deux.  1. 
Esdr.  2.  1-2.  c.  8.  12.  et  au  nombre  de  2322. 

2.  Esdr.  7.  17. 

AZL'vM,  Heb.  Fortitudo  Domini^  descen- 
daat  de  Phares  ,  père  d'Athaïas  ,  2.  Esdr. 
11.4. 

AZIZA,  Heb.  Fortis,  fils  de  Zethua,  un  de 
ceux  qui  répudièrent  leurs  femmes  étran- 
gères. 1.  Esdr.  10.  27. 

ASMAUETH  ,  Heb.  Forlis  mors,  —  1°  Un 
des  (rente  braves  de  l'armée  de  David.  2. 
Re-,'.  23.  31.  —2°  Un  chef  de  famille  ,  dont 
les  enfaiils  revinrent  de  la  captivité  en  Judjfte 
au  nombre  de  quarante-deux.  1.  Esdr.  2.  24. 
—  3°  Un  |)elit  lieu  près  de  Jérusalem.  2. 
Ksdr.  12.  29. 


47S 


AZMOTH,  Heb.  Forlis  mors,  —  1°  Fils  de 
Joïada,  frère  de  Zamri,  de  la  famille  de  Saiil. 
1.  Par.  8.  36.  c.  9.  42.  —  2"  Un  des  trente 
braves.  1.  Par.  11.  33.  Il  paraît  que  celait  le 
même  qu'Azmauelh.  2.  Reg.  23.  3\.  Bero- 
mites  ou  Bauramiles.  c.  12.  3.  —  3°  Fils 
d'Adiel  <  intendant  des  finances  de  David.  1. 
Par.  27.  25. 

AZOR ,  Heb.  Auxiliator,  fils  d'Eliacim  et 
père  de  Sadoc.  Malth.  1.  v.  13.  14. 

AZOTUS,  Heb.  Asdod,  Ignis  dilecti.  -« 
Ville  considérable  de  la  Palestine,  de  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  11.  22.  1.  Reg,  5.  1.  où  saint 
Philippe  fat  transporté  par  l'Esprit  de  Dieu, 
après  avoir  baptisé  l'eunuque  de  Candace  , 
reine  d'Ethiopie.  Act.  8. 40.  Elle  a  été  ensuite 
dans  la  tribu  de  Dan,  Cette  ville  est  fameuse 
dans  l'Histoire  sacrée,  surtout  par  la  ven- 
geance que  Dieu  exerça  sur  ses  habitants 
pour  avoir  mis  l'arche  d'alliance  dans  le  tem- 
ple de  Dagon. 

AZOTIUS,  A,  UM,  Heb.  Ignis  dilecti,  Qui 
*esl  d'Azot.  Jos.  13.  3. 

AZOTID^  ,  Heb.  Asdodioth  ,  igms  amo- 
riim,  femmes  d'Azot.  2.  Esdr.  13.  23. 

AZOTIGE,  Ignis  amoris,  Gel  adverbe  vient 
d'Azotus,  et  signifie  : 

En  langue  d'Azot.  2.  Esdr.  13.  23.  El  filii 
eorum  ex  média  parte  loquebantiir  Azotice  : 
Les  enfants  des  Juifs  à  qui  j'avais  vu  épou- 
ser des  femmes  d'Azot,  parlaient  à  demi  îa 
langue  d'Azot,  et  ne  pouvaient  parler  juif; 
autr.  parlaient  à  moitié  ;  autr.  une  partie  ou 
la  moitié  de  leurs  enfants  ,  comme  s'ils 
eussent  partagé  avec,  leurs  femmes  idolâtres 
les  fruits  de  leurs  injustes  mariages  ;  ils  en 
sont  pu'.iis,  V.  25. 

AZREEL,  Heb.  Adjutorium  Dei,  père  d'A- 
massaï.  2.  Esdr.  11.  13.  Il  est  appelle  Adiel, 
fils  de  Maasaï-  1.  Par.  9.  12. 

AZUBA,  Heb.  Delicta.  —  1°  Femme  en 
premières  noces  de  Galeb,  fiis  dEsron.  1. 
Par.  2.  v.  18.  19.  —  2°  Fille  de  Salaï,  femme 
d'Asa,  roi  de  Juda  et  mère  de  Jo^^aphat.  3. 
Reg.  21.  42.  2.  Par.  20.  31. 

AZUR,  Heb.  Adjutor,  —  1°  Père  du  fai:x 
prophète  Ananias.  Jerem.  28.  1.  —  3'  Père 
de  Jézonias,  prince  du  peuple.  Ezech.  11.  1. 

AZZI ,  Heb.  Fortitudo  mea  ,  fils  de  Banni  , 
surveillant  des  Lévites.  2.  Esdr.  11.  22.  Voy. 
Episcopus. 

AZYMUS,  A,  UM,  Gr.  Infermentatus,  Cet 
adjectif  vient  de  Va  privatif,  et  de  i;\)nri,fer- 
mentum,  c'est-à-dire  sine  fermenlo,  et  signifie 
proprement,  qui  est  sans  levain  :  dans  l'Ecri- 
ture, 

1°  Qui  est  sans  levain  ,  d'où  vient ,  pains 
sans  levain.  Ex!  d.  12.  8.  F  dent  azymos 
panes  :  Les  Israélites  mangeront  des  pains 
sans  levain.  L'Ecriture  parle  de  celte  inêine 
nuit,  où  l'ange  frappa  tous  les  premiers- nés 
des  Egyptiens.  Ges  pains  sont  appelés  pain 
d'afpi'ction.  Dent.  16.  3.  parce  (juc  ce  pain 
avait  le  goût  fade  et  insipide.  On  usait  de  <  e 
pain,  ou  communément,  Gen.  19.  3.  CoxU 
azyma  et  comederunt  :  Lolli  fit  cuiiw;  dos  pains 
sans  levain,  cl  les  dcisx  anges  tiu'il  av.iil  re- 
çus chez  lui  en  mangèrent  :  ce  tut  à  Sodome, 
Jos.  5.  11.  1.  Reg.  28.  24.  Judic.  6.  v.  19.  20. 


473 


BAA 


BAA 


474 


21.  on  en  cérémonie,  selon  l'ordre  de  Dieu. 
Exod.  12.  V.  8.  15.  18.  20.  39.  Septem  diebus 
fizyma  cowedetis.  Dieu  commanda  aux  Israé- 
lilos  de  renouveler  cette  cérémonie  au  temps 
lie  Pâques ,  pour  les  faire  souvenir  de  l'état 
où  ils  étaient  quand  ils  sortirent  de  TEf^ypte. 
On  en  offrait  aussi  dans  les  sacrifices.  Exod. 
29.  V.  2.  23.  4-.  Rcg.  23.  9.  etc 

2"  Les  sept  jours  dans  lesquels  les  Juifs  de- 
vaient manger  du  pain  sans  levain,  s'appe- 
laient aussi  de  ce  nom.  Exod.  23.  15.  c.  34-. 
18.  Solemnitatem  nzymorum  custodies  :  Vous 
garderez  la  fête  solennelle  des  pains  sans  le- 
vain. Marc.  14.  1.  Erat  autem  pascha  et  azy- 


:  ma  post  biditum  :  La  Pâquc  où  l'on  commen- 
çait  à  manger  du  pain  sans  levain  devait 
être  deux  jours  après.  Le  saint  évangéliste 
cite  celte  circonstance  pour  spéciUfule  temps 
auquel  les  Juifs  cherchaient  un  moyen  de  se 
saisir  de  Jésus-Ghrisi  et  de  le  faire  mourir. 
—  Pur  et  sincère.  1.  Cor.  5.  7.  Ut  sitis 
nova  conspersio  ,  siciit  estis  azymi  :  Comme 
vous  devez  êlre  purs  et  sans  aucun  levain 
d'iniquité.  Cest  pourquoi  l'Apôtre  exhorte 
de  célébrer  la  fête  de  Pâque  avec  les  pains 
sans  levain,  de  la  sincérité  et  de  la  vé- 
rité, qui  étaient  figurées  par  ces  pains  sans 
levain. 


B 


l''BAALA,Heb./do/itme/Ms,  ville  de  la  tribu 
de  Juda,  où  l'arche  fut  en  dépôt  durant  vingt 
ans  dans  la  maison  d'Aminadab.  Jos.  15.  v. 
9.  10.  C'est  la  même  que  Carialh-Baal  et 
Cariathiarim.  —  2°  Montagne  qui  borne  la 
tribu  de  Juda  du  côté  du  nord.  Jos.  15.  11. 
—  3°  Ville  de  la  tribu  de  Juda  et  ensuite  de 
Siméon.  Jos.  15.  29. 

BAALATH,  Heb.  Subjecla,  vWle  de  la  tribu 
de  Siméon  ou  de  D;in.  Jos.  19.  8.  Elle  fut  re"- 
bâlie  par  le  roi  Salomon  avec  Palmyra.  3. 
Reg.  9.  18.  Voy.  Balaath.  Elle  est  nommée 
Baal.  1.  Par.  k.  33. 

BAALAM,  ville  de  la  demi-tribu  de  Ma- 
nassès.  1.  Par.  6.  70.  On  croit  que  c'est  la 
même  que  Gethremmon.  Voy.  Jos.  21.  25. 

BAAL-BERITH,  Hob.  Idoliim  fœderis.  Un 
temple  qui  était  près  de  la  ville  de  Sichem, 
dédié  au  dieu  Baal,  duquel  les  habitants  ti- 
rèrent soixante-dix  livres  d'argent  en  poids, 
qu'ils  donnèrent  à  Abimélcch,  pour  faire  la 
guerre  à  ses  frères.  Jndic.  9.  k. 

BAAL-GAD,  Hob. /do/(im /"orfwnfc,  ville  de 
la  Phénicie,  dans  la  tribu  d'Aser.  Jos.  11.  17. 
c.  12.  7.  c.  13.  5. 

BAAL-HASOR,  Heb.  Idoli  atrium,  ville  de 
la  tribu  d'Ephraïm  où  Ammon  fut  assassiné 
par  les  serviteurs  d'Absalon.  2.  Reg.  13.  23. 

BAAL-HERMON,  Heb.  Idolum  annthemalis, 
montagne  et  ville  célèbre  au  septentrion  de 
la  tribu  de  Manassès,  delà  le  Jourdain.  Judic 
3.  3.  1.  Par.  5.  23.  Quehjues-uns  distinguent 
ici  Baal  du  mot  Germon,  quoiqu'ils  soient 
joints.  Jud.  3.  3. 

BAALI.  Heb.  Dominons  inihi,  ou  Dominus 
meus,  monsieur  ou  monseigneur.  Le  pro- 
phète Osée,  parlant  par  l'Espril  de  Dieu  ,  dit 
que  le  Seigneur  ne  veut  plus  qu'on  l'appelle 
Bnnl,  de  peur  cpie  les  Israélilc.-,  prononçant 
ce  mol,  ne  rappellent  dans  leur  souvenir  celle 
fausstî  divinité  (ju'ils  avaient  adorée  si  long- 
temps. Ose.  2.  1(). 

BA  LLV,  Heb.  Deus  idoli,  un  des  trente 
braves  de  l'armée  de  David,   i.  Par.  1:2.5. 

BAALIADA,  Heb.  Idolwn  npcrium,  fils  de 
David.  1.  Par.  ik.  7. 

BAALIS,  roi  <lcs  Ammonites,  (|ui  envoya 
Ismaël,  fils  (le  Nathanias,  pour  luer  (îodolias. 
Jer.  40.  13.  \  uy.  Bahallis. 


BAAL,  Heb.   Dominus.  — 1°  Ce  nom  qui 
est  très-commun  dans  l'Ecriture  et  qui  y  est 
pris  le  plus  ordinairement  pour  toutes  sortes 
d'idoles  et  de  fausses  divinités  ,  selon  quel- 
ques auteurs  ,  semble  venir  de  Béius ,  qu'ils 
croi<<nt  avoir  été  le  même  que  Ncmrod,  qui 
fut  le  premier  auteur  de  l'idolâtrie,  de  qui   il 
est  parlé,  Gen,  10.  9.  Ce  fut  lui   qui   ayant 
donné  le  dessein  de  bâtir  la  tour  de  Babel, 
bâtit  ensuite  Babylone  cl  qui  a  affecté  l'hon- 
neur de  la  divinité.  Ninus,  son  fils,  lui  fit  bâ- 
tir sous  le  nom  de  Béliis ,  Bel  ou  Baal,  un 
tombeau  magnifique  et  un  temple  superbe, 
et  commanda  à   son  peupl;'   de  l'adorer.  Le 
culte  de  celte  fausse  divinité  s'étendit  chez  les 
Tyriens,  les  Sidoniens  et  presque  par  toutes 
les  nations  voisines  de  la  Judée;  et  Achab 
ayant  épousé  Jésabel,  fille  d'Iîth-Baal,  roi 
des  Sidoniens,  introduisit   le  culte  de  celte 
idole  dans  le  royaume  de  Samarie.  3.  Reg. 
IG.  V.  31.  32.  quoiqu'il  pût  bien  être  du  nom- 
bre des  idoles  des   Sidoniens    que  Salomon 
adora  :  ainsi  ce  culte  serait  plus  ancien  (jue 
du  temps  d'Achab.  3.  Reg.  18.  40.  On  adorait 
sous  ce  nom  toutes  sortes  de  fausses  divini- 
tés,  surtout  Jupiter,  sous  le  nom  de  Banl- 
Sclifi'nahn,  seigneur   du    ciel,  ainsi  que  Sa- 
turne, le  soleil,  Hercule:  c'est  pour  cela  nue 
l'Ecriture  en  plusieurs  endroits  dit  que  les 
Hébi  eux  ont  adoré  et  servi  plusieurs  Bnals, 
Baalim  au  pluriel.   Judic.  2.  11.  Servierunt 
Baalim.  v.  13.  c.  3.  7.  Servicntes  Baalim  et 
Aslaroth.  1.  Reg.  7.  v.  3.  4-.  c.  12.  10.  Jerem. 
2.  23.  Par  ces  mots   Baalim  et  Astaroth,  il 
semble  (|ue  l'on  entend  les  dieux  et  déesses 
des  nations.  Saint  Augustin  lib.  2.  ad  Jud. 
fju.  16.  explique  Jovi  et  Junonibus. 

Ce  mot  qui  est  nalurcllemenl  du  masculin, 
se  trouve  du  féminin  dans  le  Grec.  Rom.  H. 
14.  et  souvent  dans  les  Septante.  3.  Reg.  19. 
18.  Jerem.  2.  28.  cil.  13.  c.  19.  5.  c.  32.  35. 
Ose.  2.  8.  Soplion.  1.  4.  parce  que  c'élail  le 
nom  d'une  déesse  chez  les  Phrygiens.  Voy. 
Bocn.  lib.  2.  c.  17.  in  Chauaan. 

Beaucoup  de  lieux  ont  été  appelés  du  nom 
de  cette  di\inilé,  à  cause  des  temples  nn'on  y 
a  bâtis  en  son  honneur,  comme  Baal-Beritli, 
Baal-Gnd.  Voy.  Hkl.  Voy.  Molocu.  Baal- 
l'harasim.  Voy.  Puahasim,  etc. 


nr> 


2"  Fils  de  Réja,  descendait  de  Ruben 
Par.  5.  5. 

3°  Fils  d'Abigabaon  el  de  Maacha,  descen- 
dant de  Benjatnin.  i.  Par.  8.  30.  c.  9.  33. 

BAALMÉON,  Heb.  Id>lum  habitaculi,  ville 
bâlie  par  la  tribu  de  Ruben.  Num.  3^.  38. 
Baal-Mon.  Jos.  13.  17.  Voy.  Béelméon  et 
Beth-Mahon.  Jer.  48.  23. 

BAAL-PHARASlM,Heb.  Idolum  divisio- 
nitm,  ville  des  Philistins  dans  la  tribu  de  Ju- 
da  :  elle  lire  ce  nom  de  la  confusion  qui  se 
mit  dans  leur  camp  à  la  vue  de  l'armer-  do  Da- 
vid. 2.  Rcg.  5.20.  l.Par.  li.  11. 

BAAL-SALISA,  Heb.  Idolum  terliiim,  petit 
yillaae  dans  la  tribu  d'Issachar,  au  pied  du 
mont  Carmel.  't.  Rog.  4.  42. 

BAAL-THAMAR,  Heb.  Idolum  palmœ , 
pleine  campagne  dans  la  tribu  de  Benjamin, 
oii  toutes  les  autres  tribus  s'assemblèrent 
pour  venger  l'outrage  qui  avait  été  fait  à  la 
femme  d'un  lévite  do  celle  d'Ephraïm.  Judic. 
20.  33. 

BAANA,  Heb.  In  afflictione.  1°  Un  capi- 
taine des  gardes  disbosrth,  2.  Reg.  4.  2.  Duo 
autem  viri  principes  latronum  erant  filio 
Saul,  nomen  uni  Baana  :  Isboselh  avait  au- 
près de  lui  deux  cbets  de  larrons  ;  Hehr.  de 
soldats  (  qui  étaient  ceux  des  gardes),  dont 
l'un  s'appelait  B  ;ana.  v.  5.  9.  Voy.  Rechab. 
Ces  deux  capitaines  coupèrent  la  tête  d'isbo- 
setb,  1,'ur  maître,  et  la  portèrent  à  David.— 
2°  Le  père  de  Béled,  un  des  braves  de  l'ar- 
mée de  David.  2.  Reg.  23.  29.  Heled  filius 
Baann,  et  ipse  Nethophathites  :  Héied,  fils  de 
Baana,  qui  était  aussi  de  Nétophath.  1.  Par. 
11.  30.  —  3°  Un  des  douze  intendants  ou  of- 
ficiers qui  avaient  soin  d'entretenir  la  table 
du  roi  Salomon  et  toute  sa  niaison,  cluicun 
fournissant  pendant  un  mois  de  l'année.  3. 
Reg.  4.  16.  Baana  filius  Husi  in  Aser  et  in 
Bnloth  :\\  était  intendant  dans  ie  pays  d'Aser 
cl  de  Baloth.  —  4°  Un  homme  de  la  première 
qualité  parmi  les  Juifs,  du  nombre  de  ceux 
qui  revinrent  de  la  captivité  de  B  ibylone.  1. 
Esd.  2.  2.  Qui  venerunt  cum  Zorobabel,  Jo- 

sue,   Nehemia Baana.  2.  Esd.  7.   7.  c. 

10.  27. 

BAASA,  roi  d'Israël,  méchant  et  impie,  qui 
ruina  la  maison  de  Jéroboam.  3.  Reg.  13.  IG. 
etc.  Il  avait  tué  Nadab,  son  maître,  en  tra- 
hison, usurpa  le  royaume  qu'il  garda  vingt- 
trois  ans.  Son  fils  Ela  lui  succéda  l'an  du 
monde  3105. 

BABEL,  nom  hébreu  qui  signifie  confusion, 
parce  que  c'est  là  que  les  langues  ont  été  con- 
fondues. Gcn.  11.  0.  Vucotuni  est  nomen  ejus 
Babel,  quia  ibi  confnsum  est  labium  universœ 
terrœ  :  Cette  ville  fut  appelée  Babel,  c'est-à- 
dire  confusion,  parce  (lue  c'est  là  que  fut  con- 
fondu le  langage  de  toute  la  terre.  Du  nom 
Bjbel  vient  Biibylon.  Voy.  Turris. 

BaBYLON  ,  Heb.  Babel.  ^  1°  Ville  très- 
considérable,  autrefois  capilile  de  toute  la 
Ch.ildéc,  située  sur  l'Iùiphrate,  qui  a  donné 
aussi  le  nom  de  Baî.ylone  à  une  grande  par- 
lie  de  la  Mésoi  ot)nuc  et  de  l'Assvrio.  Celte 
ville  fut  bâlie  par  Nemrod  ou  Bôlus.  Gen.  10. 
10.  Fuit  autem  principium  refjni  ejus  Baby- 
' La  ville  capitale  de   son  royaume  fut 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREK. 
1. 


47S 


lun 


Babylone.  Au  moins  ce  fut  Nemrod  qui  com- 
mença d"y  régner;  c'est  pourquoi  le  pays  de 
Babylone  s'appelle  la  terre  do  Nemrod.  Mich. 
5.  6.  Les  historiens  disent  que  C(>lte  ville 
avait  vingt  lieues  de  tour  et  cent  portes  tou- 
tes d'airain  :  ses  murs  avaient  cinquante  cou- 
dées d'épaisseur  sur  deux  cents  de  hauteur. 
Jer.  51.  58.  Munis  Babylonis  ille  latissimus 
suffossdone  suffodietur,  et  povtœ  ejus  excelsœ 
igni  comburentur.  Voy.  Suffodere. 

2°  Tout  le  p.'iys  de  la  Ghaldée.  Ps.  136.  1. 
Super  flumina  Babylonis,  et  même  de  l'Assy- 
rie, selon  que  les  rois  de  Babylone  étaient 
plus  ou  moins  puissants.  Nettirod  qui  fit  bâ- 
tir Babylone,  régna  dans  cette  ville  et  dans 
le  p;iys  d'alentour.  Ninus,  son  fils,  ayant 
con(|uis  l'Assyrie,  fil  bâtir  Ninive  et  s'y  éta- 
blit :  alors  Babylone  ne  passa  que  pour  une 
province  de  l'Assyrie.  Néanmoins,  quelques 
rois  qui  étaient  maîtres  des  deux  royaumes, 
ayant  mis  le  siège  de  leur  empire  à  Baby- 
lone :  la  Chaldée  et  l'Assyrie,  et  même  la 
Médie,  et  d'autres  pays  qui  avaient  le  même 
roi,  ont  été  appelés  du  nom  de  Babyiono.  4. 
Reg.  17.  24.  c.  20.  14.  De  terra  longinqua  ve- 
nerunt ad  me  de  Babylone  :  Ils  sont  venus 
me  trouver  d'un  pays  fort  éloigné,  ils  sont 
venus  de  Babylone.  c.  24.  1.  Nabuchodono- 
sor,  rex  Babylonis,  etc.  1.  Esd.  5.  13.  Anno 
primo  Cyri  reijis.  2.  Esd.  13.  6.  Anno  vigesi- 
mo  secundo  Artaœerxis,  régis  Babylonis.  Ces 
deux  derniers  étaient  rois  des  Perses  aussi. 

3°  Rome  est  quelquefois  appelée  de  ce  nom 
par  les  apôtres,  parce  qu'alors  elle  était  in- 
festée des  erreurs  el  de  l'idolâtrie  de  toutes 
les  nations.  1.  Petr.  5.  13.  Salutat  vos  Eccle- 
sia  quœ  est  in  Babylone-coelecta  :  L'Eglise  de 
Babylone,  qui  a  eu  part  à  l'élection  comme 
vous,  vous  salue.  Ce  qui  fait  voir  que  saint 
Pierre  a  été  à  Rome,  comme  toute  l'antiquité 
l'a  cru.  Elle  est  encore  appelée  de  ce  nom  en 
plusieurs  endroits  de  l'Apocalypse,  à  cause 
de  la  confusion  des  vices  et  de  l'idolâtrie  qui 
y  régnait.  Apoc.  14.  8.  c.  16.  19.  c.  17.  5.  c. 
18.  V.  2.  10.  21. 

BABYLONIA,  x,  ville  et  pays  de  Chaldée, 
et  quelquefois  d'Assyrie,  parce  qu'ils  obéis- 
saient au  même  roi.  Baruch.  1.  v.  1.  4.  c.  2. 
22.  e<c. 

BABYLONII ,  ORUM.  Les  habitants  de  la 
ville  el  du  même  pays.  Dan.  14.  2.  Erat  ido- 
lum  apud  Babylonios  nomine  Bel  :  Les  Baby- 
loniens avaient  alors  une  idole  nommée 
Bel. 

BACBAGAR,  Heb.  Inanis  visitatio.  Lévite 
qui  élait  charpentier  et  archilecle,  cl  qui 
s'employa  à  rebâtir  le  temple  de  Jérusalem. 
1.  Par.  9.  15. 

BACBUC,  Heb.  vacuitas.  Un  Nalhinéen.  1. 
Esd.  2.51. 

BACGHARI,  du  nom  Bacchœ,  arum  ,  parce 
que  les  bacchantes  s'assemblaient  tous  les 
trois  ans  avec  un  thyrse  et  célébraient  la 
fête  de  Bacchus  avec  de  grands  hurlements, 
el  signifie  proprement  :  Faire  la  débauche 
comme  les  ivrognes,  être  furieux  ou  faire  le 
furieux,  être  dans  la  fureur  poétique  ,  s'eni- 
porlor,  se  déchaîner  {ôix-fOeipeu}.  Judic.  20.  25. 
Tanta  in  eos  cœde  baccluUi  sunt  :  Ceux  de  Beu-» 


477 


BAC 


BAC 


478 


jamin  firent  un  si  grand  carnage  de  l'armée 
des  autres  tribus,  qu'ils  tuèrent  sur  la  place 
dix-huit  mille  hommes.  Ce  fut  à  la  sortie 
qu'ils  firent  de  Gabaa,  se  défendant  à  la  se- 
conde attaque  que  leur  firent  les  autres  tri- 
bus. Voy.  Gabaa. 

BACCHIDES.  Baccide,  général  de  l'armée 
de  Démétrius  Soter.  1.  Mac.  7.  v.  8.  10. 
19.  etc. 

BACENOR  ou  Bacchenor,  Gr.  ebrius.  Ca- 
pitaine juif.  2.  Mac.  12.  35.  Quidam  de  Bace- 
noris  (equitatu)  eques,  Gr.  twv  toû  |3«zï3vo|5oç, 
un  des  cavaliers  de  Bacenor. 

BACULUS,  I.  pào5o?.  De  viaculum^  à  cause 
du  rapport  du  B  à  l'U,  parce  que  ceux  qui 
sont  trop  faibles  s'appuient  et  se  soutiennent 
sur  un  bâton  pour  marcher,  et  signifie  : 

1°  Bâton  à  s'appuyer.  Isa.  10.  15.  Qaomodo 
si  exalletur  baculus  :  Le  Prophète  assure 
que  le  roi  d'Assyrie,  dont  Dieu  s'était  servi 
poui  affliger  les  dix  tribus,  n'eût  dû  non 
plus  se  glorifier  de  ses  yictoires  ,  qu'un 
bâton  aurait  lieu  de  se  glorifier  pour  être 
remué  par  un  homme,  v.  5.  Le  bâton  sert  : 
1'^  Pour  soutenir.  Exod.  21.  19.  2°  Pour 
voyager.  Gen.  38.  18.  25.  Exod.  12.  11.  1. 
Reg.  17.  -VO.  i.  Reg.  4.  29.  31.  3°  Il  marque 
quelquefois  en  même  temps  la  grande  indi- 
gence et  le  triste  état  où  est  un  homme  qui, 
en  voyageant,  n'a  pour  tout  bien  que  son 
bâton.  Gen.  32.  10.  Jn  haculo  meo  transivi 
Jordanem  istum  :  J'ai  passé  ce  fleuve  du 
Jourdain  n'ayant  qu'un  bâton,  et  je  retourne 
avec  ces  deux  troupes.  Jacob  témoigne  à 
Dieu  la  reconnaissance  qu'il  avait  de  ses 
grâces,  lui  demandant  encore  celle  de  le  dé- 
livrer de  la  main  d'Esaii  :  4°  On  s'en  sert 
aussi  à  frapper  et  à  se  battre.  1.  Reg.  17.  43. 
Nunu/uid  ego  canis  sum,  quod  tu  venis  ad  me 
cum  haculo  ?  Suis-je  un  chien,  pour  venir  à 
moi  avec  un  bâton?  dit  Goliath  à  David, 
lorsqu'ils  s'avançaient  l'un  contre  l'autre 
pour  combattre.  5"  Il  est  une  marque  d'hon- 
neur, d'autorité  et  de  charge  publique,  et  les 
chefs  et  les  princes  qui  gouvernaient  le 
peuple  le  portaient  en  main  dans  les  fonc- 
tions de  leur  charge,  Num.  21.  18.  Parave- 
runt  duces  inultiiudinis  in  datore  tegis,  et  in 
baculis  suis  :  L'Ecriture  parle  du  puits  que 
les  princes  du  peuple  creusèrent,  et  que  les 
chefs  du  peuple  préparèrent  ayant  leurs  bâ- 
tons en  main  par  l'ordre  de  Dieu  ;  savoir,  au 
campement  qu'ils  firent  dans  le  désert  au 
bord  d'Arnon. 

2^  Fléau  dont  on  bat  le  blé.  Isa.  28.  27. 
Invirga  excutielur  gitli,  et  cyminum  in  ba- 
culu  :  Le  Prophète  témoignant  que  le  labou- 
reur ne  foule  et  ne  secoue  pas  tous  ses 
crains  d'une  môme  faron,  que,  par  exemple, 
il  ne  fuit  pas  passer  la  roue  du  chariot  sur 
le  cumin,  mais  qu'il  le  bat  avec  un  fléau, 
prouve  par  cette  figure  (jue  Dieu  ne  punit 
pas  toujours  d'une  mémo  manière,  mais  dif- 
féremment, selon  les  dilTérents  crimes  et  les 
différentes  personnes,  le  peuple  plus  légère- 
ment que  les  prêtres. 

3"  Idole  de  b!)is  que  l'on  consultait  pour 
savoir  l'avenir.  Osée.  4.  12.  Populus  meus  in 
ligna  suo  inlerrogavit,  et  baculus  ejus  an- 


nuntiavit  ei  :  Mon  peuple  a  consulté  an 
morceau  de  bois,  et  des  verges  de  bois  lui 
ont  prédit  l'avenir;  d'autres  l'expliquent  des 
bâtons  qui  servaient  pour  deviner  l'avenir. 
Delrio.  libr.  4.  disq.  c.  2.  q.  7.  On  explique 
aussi  ces  verges  de  bois»  des  flèches  sur  les- 
quelles ils  écrivaient  des  noms  pour  les  tirer 
au  sort  Ezech.  21.  21. 

4°  Sceptre  qui  marque  la  puissance,  la  ty- 
rannie même  et  l'injuste  domination  (Çu^ô?). 
Isa.  14.  5.  Contrivit  Dominus  baculum  im- 
piorum  :  Le  Seigneur  a  brisé  le  bâton  des 
impijcs,  la  verge  de  ces  fiers  dominants.  Le 
Prophète  parle  de  la  dure  et  cruelle  domi- 
nation des  Babyloniens  sur  les  Juifs.  Jerem. 
48.  17.  Ainsi  Isa.  10.  24.  Baculum  suum  le- 
vabit  super  te  in  via  Mgypti  :  Assur  vous 
frappera  avec  sa  verge,  et  lèvera  le  bâton 
sur  vous  comme  les  Egyptiens  ont  fait  au- 
trefois :  c'est-à-dire,  que  le  roi  d'Assyrie 
devait  traiter  en  esclave  et  avec  un  dur  em- 
pire les  Israélites,  comme  autrefois  avaient 
fait  les  Egyptiens. 

5°  La  protection,  l'appui  et  le  soutien  de 
quelqu'un.  4.  Reg.  18.  21.  An  speras  in  ha- 
culo arundineo  atque  confracto  Mgypto  ? 
Est-ce  que  vous  espérez  du  soutien  du  roi 
d'Egypte?  ce  n'est  qu'un  roseau  cassé,  dit 
Rabsacès  au  peuple  de  Jérusalem.  Voy. 
Arundo.  Isa.  36.  6.  Ezech.  29.  6.  Job.  3.  23. 
c.  10.  4. 

6"  Houlette  de  berger,  qui  marque  la 
défense  et  le  sojn  que  prend  un  berger 
pour  ses  brebis  (paxT>j/jta).  Ps.  22.  4.  Virga 
tua  et  baculus  tuus  ipsa  me  consolata  sunt  : 
Votre  verge  et  votre  bâton  ont  été  le  sujet 
d'une  grande  consolation  pour  moi  :  En  ce 
sens  le  Prophète,  faisant  allusion  à  ce  qui 
regarde  la  conduite  des  brebis,  marque  la 
conduite  et  la  providence  particulière  de 
Dieu  sur  les  fidèles  au  milieu  des  plus  grands 
maux. 

7°  La  force  et  la  verlu  propre  que  la  créa- 
ture reçoit  de  son  Créateur,  telle  est  la  vertu 
de  nourrir  dans  le  pain.  Levit.  26.  26.  Post- 
quam  confregero  baculum  panis  vestri  :  Je 
briserai  la  force  du  pain...  et  vous  en  man- 
gerez sans  être  rassasiés.  Dieu  menace  les 
Juifs,  s'ils  ne  veulent  se  corriger  de  leurs 
dérèglements,  de  ne  pas  donner  au  pain  sa 
bénédiction  ordinaire.   Ainsi  Ezech.  4.  16. 

c.  5.  16.  Voy.  FlRMAMENTUM. 

8°  Ce  qui  sert  d'armes.  Ezech.  39.  9.  Coni- 
burent  arma...  clypeum^baculosmanuum,  etc. 
Les  habitants  des  villes  d'Israël  en  sorti- 
ront; ils  brûleront...  les  armes,  les  bou- 
cliers... et  les  bâtons  que  les  soldats  de  Gog 
et  de  .Magog  portaient.  Quelques  interprètes 
expliquent  ceci  de  la  défaite  des  armées  d'An- 
tiochus  par  les  Machabées,  et  par  les  Israé- 
lites (jui  se  joignirent  à  eux. 

9'  Instrument  de  la  colère  de  Dieu,  dont  il 
se  sert  pour  punir  les  pécheurs.  Isa.  10.  .'3. 
Vœ  Assur;  virga  furoris  mei  et  baculus  ipse 
e*-^  ;  Malheur  à  Assur;  c'est  lui  qui  est  la 
verge  et  le  bâton  de  ma  fureur.  La  cause  de 
cette  malédiction  contre  le  roi  d'Assyrie,  est 
qu'il  ne  reconnaissait  pas  Dieu  comme  au- 


n9 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRfrE, 


leur  de  toutes  ses  victoires,  v.  13.  16.  quoi- 
qu'il ne  s'en  dût  rien  attribuer. 

BADACER,  Heb.  in  compxinctione.  Capi^- 
taine  des  gardes  du  roi  Jéhu.  h.  Reg.*9.  25. 

BADAD  ,  Heb.  solitarius.  Père  d'Adad. 
Gen.  Sf).  35.  1.  Par.  1.  46.  Voy.  Adâd. 

BADAIAS,  Heb.  soins  Dominus.  Un  de  ceux 
qui  se  séparèrent  de  leurs  femmes.  1.  Esd. 
10.  35. 

BADAN.  1°  Un  juge  d'Israël  que  l'on  croit 
être  Jaïr,  de  la  famille  de  Galaal  ou  de  Ma- 
nassé,  ce  qui  paraît  par  la  suite  des  noms 
dont  se  sert  Samuel.  1.  Reg.  12.  11.  Misit 
Dominus  Jerobaal  et  Badan  et  Jephte,  car  ce 
dernier  a  succédé  à  Jaïr.  D'autres  croient 
que  c'est  S;imson  même,  comme  si  on  disait 
Badan,  pour  Bendan ,  fils  de  Dan  ;  car  Sam- 
son  était  de  la  tribu  de  Dan.  —  2"  Fils  d'Ulam, 
de  la  tribu  de  Manassé.  1.  Par.  7.  17.  Quel- 
ques-uns croient  que  c'est  le  même  Jaïr 
dont  il  est  parlé  ci-dessus. 

BAGATHA,  ouBagathan.  Un  des  officiers 
d'Assuérus  qui  conspirèrent  contre  sa  per- 
sonne, et  qui  furent  attachés  au  gibet,  la 
conjuration  ayant  été  découverte  par  Mar- 
dochée.  Eslh.  1.10.  c.  2.  21.  c.  6.  2.  c.  12.1. 
Quelques-uns  distinguent  celui  dont  il  est 
parlé,  c.  1.  10.  d'avec  l'autre. 

BAHALIS,  Heb.  in  lœtitia.  Voy.  Bàalis. 

BAHE,  es;  /Satvrj.  Signifie  proprement  une 
île  de  la  mer  Persiquo,  où  a  été  de  tout 
temps  la  pêche  des  perles;  mais  dans  l'Ecri- 
ture il  signifie,  selon  quelques-uns  ,  un  col- 
lier d'or  et  de  perles  ;  selon  d'autres,  branche 
de  palme  d'or.  Quoi  qu'il  en  soit,  il  marque 
nn  présent  fait  à  un  prince  pour  reconnaître 
sa  souveraineté.  1.  Mach.  13.  37.  Coronam 
auream  et  bahem,  quam  misistis,  suscepimus  : 
Démélrius  répondant  favorablement  à  la 
demande  que  lui  avait  faite  Simon  Macha- 
bée  touchant  une  paix  solide,  et  les  autres 
demandes,  lui  témoigne  en  même  temps 
qu'il  a  reçu  la  couronne  d'or  et  la  branche 
de  palme  d'or  qu'il  lui  avait  envoyée.  2. 
Mach.  14.  k. 

BAHURIM,  Heb.  electi.  Ville  delà  tribu  de 
Benjamin  sur  le  chemin  de  Jérusalem  nu 
Jourdain.  2.  Reg.  3.  16.  c.  16.  6.  c.  17.  18. 
c.  19.  16.  aujourd'hui  nommée  Bachori. 

BAJULARE,  du  grec  j3«o-t6(Çw,  et  signifie 
proprement  porter  quelque  fardeau  sur  les 
épaules,  comme  les  crocheteurs  et  portefaix  : 
dans  l'Ecr., 

Porter  quelque  fardeau ,  soit  sur  ses 
épaules,  soit  autremenl.  Marc.  l\.  13.  Oc- 
curret  vobis  lioino  larjenam  aquœ  bajulans  : 
Allez-vous-en  à  Jérusalem,  vous  reneontre- 
nz  un  homme  q\\\  portera  une  cruche  deau  : 
ceci  est  la  marque  que  Jésus-Christ  donna 
à  saint  Pierre  et  à  saint  Jean,  pour  connaître 
(jui  était  celui  chez  qui  il  voulait  qu'ils  al- 
lassent préparer  la  Pâquopour  la  faire  avec 
ses  Apôtres.  Act.  3.  2.  Ainsi  Joan.  19.  17.  lit 
bdjulans  sihi  crucem  exivit  in  ciim  qui  dici- 
tur  Calvoriœ  locum  :  Jésus  portant  sa  croix 
\iiil  au  lieu  appelé  le  C.'îlvaire.  La  coutume 
des  Romains  était  que  les  criminels  con- 
Jainiiés  au  supplice  de  la  croix,  portassent 


jusqu'au    lieu  du 


eux-mêmes   leurs   croix 
supplice.  Voy.  Simon  6°. 

Phrase  tirée  de  celte  àgaiticalion  dans  le  sons  méta- 
phorique. 

BAJULARE  crucem  suam.  Porter  sa  croix  : 
c'est  être  prêt  à  souffrir  toutes  sortes  de 
peines  et  dalflictions.  Luc.  ik.  27.  Qui  non 
bajulat  crucem  suam  et  venit  post  me,  non 
potest  meus  esse  discipulus  :  Quiconque  ne 
porte  pas  sa  croix,  et  ne  me  suit  pas,  ise 
peut  être  mon  disciple,  dit  Jésus-Christ. 

BAJULUS,  I.  De  Bajulare,  et  signifie  pro- 
prement crocheteur,  portefaix.  Dans  l'Ecri- 
ture il  se  prend  dans  le  sens  figuré  pour  : 

Porteur  de  quelque  nouvelle.  2.  Reg.  18. 
22.  Non  eris  boni  nuntii  bajulus  :  Vous  serez 
le  porteur  d'une  méchante  nouvelle,  dit  Joah 
à  Achimaas. 

BALA,  Heb.  inveterata.  —  1°  Servante  do 
Rachel,  qui  la  donna  pour  concubine  à  son 
mari  Jacob.  Gen.  29.  29.  c.  30.  3.  1.  Par.  7. 
13.  —  2°  Nom  de  ville  de  la  tribu  de  Siméon. 
Jos.  19.  3.  Hasersual,  Bala.  1.  Par.  4.  29. 

BALA,  Heb.  deglutiens. — 1°  Nom  d'homme 
des  descendants  de  Ruben.  1.  Par.  5.  8. 
Porro  Bala  filius  Arar.  —  2°  Nom  de  petite 
ville  qui  a  été  appelée  Segor.  Gen.  14.  v. 
2.7. 

BALAAM,  Heb.  vetustas  populi.  Célèbre 
devin,  ou  magicien,  qui  était  en  réputation 
de  pouvoir,  par  ses  enchantements,  mettre 
en  fuite  des  armées.  Num.  22.  5.  Misit  nun~ 
tios  ad  Balaam  filimn  Beor  ariolum,  Heb.  de 
Petor.  Balac  envoya  des  ambassadeurs  à 
Balaam,  fils  de  Béor,  qui  était  un  devin  de 
Pétor,  ville  de  Mésopotamie.  Ce  prophète,  au 
lieu  de  maudire  le  peuple,  le  bénissait  uial- 
gré  lui,  ce  qui,  ayant  irrité  Balac,  il  lui 
donna  un  conseil  détestable  qui  fut  funeste 
aux    Israélites.    Num.    25.    3.   Voy.    Beel- 

PHÉGOR. 

BALAAN,  Heb.  inveteratus.  Fils  d'Escr, 
petit-fils  de  Séïr.  1.  Par.  1.  42. 

BALAATH.  Ville  de  la  tribu  de  Dan.  Jos. 
19.  44.  C'est  la  même  qui  fut  fortifiée  par 
Salomon.  2.  Par.  8.  6.  Elle  est  appelée  Baa- 
lath.  3.  Reg.  9.  18.  Voy.  Baalath. 

BALAC,  Heb.  involvens.  Fils  de  Séphor, 
roi  de  Moab,  qui  fil  venir  Balaam  pour  mau- 
dire les  Israélites.  Num.  22.  2.  c.  23.  1.  etc. 

BALADAN,  Heb.  absque  judicio.  Père  de 
Mérodach,  roi  de  Bahylone  et  des  Assyriens. 
4.  Reg.  20.  12.  Son  fils  Mérodach  est  aussi 
surnommé  Baladan.  Isa.  39.  11.  Voy.  Méro- 
DAcn.  Voy.  Bérodach. 

BALAN,  Heb.  inveteratus.  Descendant  de 
Jatlihel,  père  de  Jéhu.  1.  Par.  7.  10. 

BAL  AN  AN,  Heb.  idoli  donum.  —  1"  Fils 
dAchobor,  roi  d'Edom,  avant  qu'il  y  eût  un 
roi  en  Israël.  Gen.  36.  v.  38.  39.  —  2°  Inten- 
dant (le  David  sur  les  oliviers  et  les  figui<'rs 
de  la  campagne,  i.  Par.  27.  28. 

BALARE,  y.ov/Çîiv.  Ce  verbe  vient  du  cri 
même  el  du  bêlement  des  brebis,  et  signifie 
propreaicîil  bêler  comme  les  brebis  :  dans 
lEcr., 

Bêler,  crier,  en  parlant  d'un  chevreau. 
Tob.  2.  21.  Cum  vocem  balnntis  tir  ejus  au- 
disscl :  Tobie  ayant  entendu  crier  le  chevreau 


481 


BAL 


BAM 


4S2 


que  sa  femme  avait  apporlé,  lui  dit  :  Prenez 
garde  que  ce  chevreau  n'ait  été  dérobé.  Le 
k'xte  grec  du  v.  20.  porte  qu'il  lui  avait  été 
donné  en  présent  par  dessus  ce  qu'on  lui  de- 
vait poni'  son  travail. 

B ALDUS,  A,  mi.  Du  verbe  grec  P«Çm, 
parler;  ou  peut  élre  du  son  et  de  la  manière 
dont  s'expriment  les  bègues  en  parlant,  et 
signifle  : 

Bègue,  qui  a  la  langue  empêchée  (ifîX^éÇwv). 
Isa.  32.  k.  Linijua  balborum  velociter  loque- 
lur  et  plane  :  Le  Prophète  prédit  ce  qui  de- 
vait arriver  au  temps  du  Messie  ;  les  muets 
ont  parlé,  et  ceux  qui  étaient  ignorants  sont 
devenus  éloquents  dans  les  choses  divines. 

BALDAD  ,  Hcb.  Vctusta  dilectio.  Un  des 
trois  amis  de  Job  qui  vinrent  pour  le  con- 
soler; il  est  appelé  Suhites ,  d'un  pays  de 
l'Arabie  déserte  habile  par  les  descendants 
de  Suc,  fils  de  Céluia  et  d'Abraham.  Job.  2. 
11.  etc. 

BALE,  Heb.  Deglutiens.  Fils  aîné  de  Bon- 
jamin.  1.  Par.  8.  1.  Genuit  Baie  primogeni- 
tum  suum.  En  cet  endroit,  il  y  a  cinq  fils  de 
Benjamin,  c  7.  6.  trois  seulement.  Voy.  Ja- 
DiHEL.  Gen.  4G.  21.  on  en  compte  dix.  Num. 
26.  38.  il  y  en  a  cinq.  On  croit  que  de  ces 
dix  il  n'y  en  a  eu  que  cinq  qui  aient  eu  des 
enfants ,  ou  que  leur  postérité  a  fini  en  eux. 
Voy.  Bêla. 

BALISTA ,  JE.  ^slôvzxTiç  Du  grec  pâÀXstv , 
jeltr,  et  signifie:  —  1°  Instrument,  machine 
de  guerre  qu'on  dressait  devant  une  ville 
pour  jeter  fort  loin  de  grosses  pierres.  1. 
Mach.  6.  20.  Fecerunt  balistas  :  Tous  les 
Israélites  assemblés  par  Juihis ,  assiégèrent 
la  forteresse  où  étaient  les  Grecs  et  les  Juifs 
apostats,  et  firent  des  instruments  pour  jeter 
des  pierres. — 2°  Arbalète,  instrument  de 
guerre  à  lancer  des  traits.  1.  Mach.  (3.  .ïl. 
Staliiit  illic  balislas  :  Le  roi  Eupalor  plaça 
devant  le  lieu  saint  des  arbalètes  à  lancer 
des  traits. 

BALOTH,  Heb.  Subjecta.  Ville  de  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  24-. 

BALSAMUM,  i.  ùfjnàloceoç.  De  l'Hébrou 
Bahal-Schemen,  i.  e.  le  Soigneur  ou  souve- 
verain  de  l'huile,  et  signifie, 

Arbrisseau  qui  porte  ce  suc  odoriférant 
appelé  baume.  Eccli.  2i.  20.  Sicut  cinnamo- 
mum  et  balsamum  aromalizans  odoreni  dedi  : 
J'ai  répandu  une  odeur  de  parfum  comnic  la 
canelle  et  le  baume  le  plus  précieux.  Le 
baumequis'appelleo^o&fl/samitm.v.  21. Quasi 
balsamum  non  mixlum  odor  meus  :  Mon  odeur 
est  comme  celle  d'un  baume  Irès-pur  et  sans 
mélange.  Ezech.  27.  17.  Balsamum...  propo- 
sucrtint  in  nundinis  luis  :  Les  peuples  de 
Juila  el  d'Lraël  ont  apporté  dans  vos  mar- 
chés le  baume,  etc.  Le  prophète  prédisant  à 
la  ville  de  Tyr  sa  ruine,  racoiite  en  détail  le 
trafic  universel  ciuc  tous  les  peuples  de  la 
terre  entretenaient  avec  elle.  Voy.  v.  27. 

BALÏASSAU.— 1'  Fils  de  Nabuchodonosor 

Sue  l'on  croit  élre  ou  lo  mémo  (jirEviiméio- 
ach,  ou  son  frère  aîné  mort  avant  qu'il  ;iit 
pu  succéder  à  Nabuchodonosor  son  père. 
Baruch.  1.  v.  11.  12.  Orale  pro  liCa  Nabu- 
chodonosor reçjis  Babylonis,  et  pr<>  vila  Bnl- 


(assar  filii  ejus  :  Priez  ponr  la  vie  de  Nabu- 
chodonosor et  pour  la  vie  de  Ballâssar  son 
fils  (Heb.  non  thesaurizans). 

2°  Petit-fils  de  Nabuchodonosor  ou  né  de 
son  fils  Evilmérodach  ou,  selon  d'autres,  de 
sa  fille.  Dan.  5.  i.  Baltassar  rex  fecit  grande 
conviviuin  :  Le  roi  Baltassar  fit  un  grand 
festin.  Il  fut  assiégé  par  Darius,  roi  des  Mè- 
des,  et  par  Cyrus,  roi  des  Perses,  qui  prirent 
Babylone,  l't  le  tuèrent,  70  ans  depuis  que 
son  aïeul  eut  ruiné  Jérusalem. 

3°  Daniel  à  qui  les  Babyloniens  donnèrent 
ce  nom.  Dan.  1.  7.  c.  2.  26.  e.  k.  5.  Daniel 
oui  nomen  Baltassar,  secundum  nomen  Dei 
mei  :  Daniel  à  qui  j'ai  donné  le  nom  de  Bal- 
tassar, qui  est  ie  nom  de  mon  Dieu  (Heb. 
abscondite  thesaurizans).  Ainsi  le  nom  de 
Baltassar  venait  de  Bel  ou  de  Baal,  le  faux 
dieu  des  Chaldéens.  Ce  nom,  selon  quelques 
auteurs  ,  est  composé  de  trois  mots  chal- 
déens, Belschatzor,  et  signifie  Beli  abdita 
thesaurizans. 

BALTEUS,  I.  Çwvvj.  Ce  nom,  selon  Varron, 
est  Toscan,  ou  comme  il  dit  ailleurs,  ce  nom 
vient  de  ce  que  les  baudriers  de  cuir  étaient 
garnis  de  bossettes,  Cingulum  bullalwn,  et 
signifie: 

1"  Baudrier  ou  ceinture  pour  tenir  l'épée. 
4.  Reg.  3.  21.  Convocaverunt  omnes  qui  ac- 
cincti  erant  balteo  :  Les  Moabiles  assemblè- 
rent tous  ceux  qui  portaient  les  armes  :  c'é- 
tait pour  venir  attaquer  les  rois  Joram,  Jo- 
saphat  et  le  roi  d  Edom.  1.  Reg.  18.  k.  Dédit 
eam  David,  et  reliqua  vestimenta  sua  usque 
ad  gladium  et  arcum  suum  ,  et  usque  cul  bal- 
teum  :  Jonalhas  s'élant  dépouillé  de  la  tuni- 
que dont  il  était  revêtu,  la  donna  à  David 
avec  le  reste  de  ses  vêtements,  jusqu'à  son 
épée,  son  arc  et  son  baudrier.  Ce  fut  un  effet 
de  l'amour  extrême  que  Jonathas  portait  à 
David.  Voy.  v.  3.  Ainsi,  2.  Reg.  18.  11.  3. 
Reg.  2.  5.  Ezech.  23.  15. 

2°  Ceinture  dont  les  Juifs  se  ceignaient 
ordinairement.  Deut.  23.  13.  Gerens  puxil- 
Inm  in  balteo  :  Portant  un  bâton  pointu  à 
votre  ceinture.  Voy.  Paxillus. 

3"  Ceinture  dont  les  p; êtres  étaient  ceints. 
1"  Celle  qui  était  commune  à  tous  les  prêtres, 
qui  devait  être  d'un  ouvrage  de  broderie  où 
l'or  devait  ôlre  employé,  ainsi  (jue  l'hyacin- 
the, la  pourpre  et  l'écarlate  teinte  deux  fois. 
Exod.  28.  V.  k.  39.  W.  Porro  filiis  Aaron  tu- 
nicas  lineas  p  rabis  ,  et  balteos  ac  tiaras  : 
Vous  préparerez  des  tuni(iues  de  lin  pour  les 
enfants  d'Aaron,  des  ceintures  et  des  tiares. 
Levit.  8.  13.  2"  Celle  qui  était  propre  au  sou- 
verain ponlife,  laquelle  était  .lussi  en  bro- 
derie; mais  tissue  d'or.  Exod.  29.  o.  (Juod 
consîringes  balteo  :  Vous  lierez  le  rational 
d'Aaron  avec  la  ceinture,  c.  39.  v.  5.  19.  Lc- 
vil.  8.  7.  Voy.  Exod.  28.  v.  'i.  5.  8.— La  mar- 
(juc  de  la  dignité,  de  la  puissance  el  de  l'au- 
torité. Jol).  12.  18.  Bdlteinn  regum  dissolvit  : 
C'est  Dieu  (lui  Ole  le  baudrier  aux  rois  : 
Hebr.  Vinculum,  (jui  peut  bien  signifier  lo 
diadème. 

BAMAAL,  Hebr.  in  ciramcisione.  Fils  do 
Jcphlai.  1.  Par.  7.  S'S 

BAMOTH,  Heb.  .lUaria.  Ville  sur  le  fleuve 


4S5 


DICTIONNAlKE  DE  PIII-.OLOGIE  SACREE. 


481 


Anion  dans  la  tribu  de  Ruben.  Num.  21. 
V.  19.  20.  Elle  est  appelée  Bamolh-Baal.  Jos. 

13.  17. 

BANA.  Fils  d'Ahilud,  gouverneur  pour  Sa- 
lonion  de  Thanach ,  de  Mageddo  et  du  pays 
de  Bfilhsan.  3.  Reg.  h.  12. 

BANAA ,  Heb.  in  motu.  Fils  de  Mosa  et 
père  de  Rapha.  1.  Par.  8.  37. 

BANAI,  idem.  Fils  d'Hcnadad,  qui  aida  à 
rétablir  Jérusalem.  2.  Esdr.  3.  18. 

BANAIA  ou  BANAlAS ,  Heb.  Films  JDo- 
mim.— 1°.  Fils  de  Joïada,  qui  commandait  les 
gardes  du  roi.  2.  Reg.  8.  18.  Banaïas  aulem 
filius  Joiadœ  super  Cerethi  et  Pheleti  :  Banaïas 
fils  de  Joïada  commandait  les  Céréthiens  et 
les  Pbélétiens.  c.  22.  25.  c.  23.  v.  20.  22.  etc. 
1.  Par.  27.  5.  etc.  Il  était  d'une  force  extraor- 
dinaire :  il  tua  trois  lions  ,  deux  dans  une 
plaine  des  Moabites,  et  un  qui  était  tombé 
dans  un  puits  au  temps  d'une  grande  neige. 
Il  tua  aussi  un  géant  qui  avait  cinq  coudées 
de  haut,  et  qui  était  armé  de  lance  et  d'épée  ; 
et  quoiqu'il  n'eût  qu'un  bâton  à  la  main  ,  il 
le  désarma  et  retendit  mort  sur  la  place. 

2°  Banâïa  de  Pharaton,  qui  était  un  des 
trente  vaillants  hommes  de  David.  2.  Reg. 
23.  30.  Banaïa  Pharatonites.  1.  Par.  11.  31. 
c.  27.  14. 

3°  Un  des  descendants  de  Siméon.  1.  Par. 
k.  36. 

k"  Un  lévite,  chantre  du  second  rang.  1. 
Par.  15.  18.  Constitueruntque  levitas...  E'iiab 
et  Banaiam  :  Us  choisirent  plusieurs  lévites... 
Eliab  et  Banaïa.  Ce  choix  de  lévites  se  fit  par 
ordre  de  David,  lorsqu'il  fit  transporter  l'ar- 
che au  lieu  qu'il  lui  avait  préparé,  pour  faire 
un  corps  de  chantres  qui  joueraient  de  toutes 
sortes  d'instruments  de  musique. 

5°  Un  des  prêtres  qui  sonnaient  de  la  trom- 
pette devant  l'arche.  1.  Par.  15.  24.  Banaïa 
et  Elîezer  sacerdotes  clangebant  lubis  coram 
arca  Dei.  c.  16.  v.  5.  6. 

6°  Un  des  descendants  d'Asaph.  2.  Par. 
20.  14. 

7°  Un  des  garaes  des  greniers  du  temple 
établis  par  ordre  d'Ezéchias.  2.  Par.  31. 13. 

8°  Deux  de  ceux  qui  avaient  épousé  des 
femmes  étrangères.  1.  Esdr.  10.  v.  30.  43. 

9»  Père  de  Pheltias.  Ezech.  11.  v.  1.  13. 
Pheltias  filius  Banaiœ  mortuus  est. 

BANE,  Heb.  Filii.  Ville  de  la  tribu  de  Dan. 
Jos.  19.  45.  l'Hébreu  joint  par  un  makaph 
Bané ,  Barach,  et  n'en  fait  qu'une  ville,  au 
lieu  que  la  Vulgale  en  fait  deux. 

BANEA  ou  BANEAS  ,  Heb.  Filius  Domini. 
Deux  de  ce  nom  qui  quittèrent  leurs  femmes 
étrangères.  1.  Esd.  10.  v.  25.  35. 

BANI ,  Heb.  Filius  meus.—i"  Un  de  ceux 
qui  revinrent  de  la  captivité.  1.  Esd.  2.  10. 
c.  10.  Y.  29.  34.-2°  Un  de  ceux  qui  avaient 
épousé  des  femmes  étrangères.  1.  Esdr.  10. 
38. — 3°  Un  de  ceux  qui  faisaient  faire  silence 
au  peuple,  quand  Esdras  lut  le  livre  de  la 
loi.  2.  Esdr.  8.  7.  c.  9.  4.-4°  Un  des  lévites 
qui  au  retour  delà  caplivilé  signèrent  l'al- 
liancc  faite  avec  Dieu.  2.  Esdr.  10.  13.— 
5"  Un  dos  chefs  du  peuple.  2.  Esdr.  10.  14. 

BANINU,  Heb.  l'ilii  noslri.  Un  de  ceux 
qui  siguèrcnl  le  traité.  2.  Esdr.  iO.  13. 


BANNUI,  Heb.  Mdificulio.  Un  chef  de  fa- 
mille. 2   Esdr.  7.  15. 

BAPTISMA,  ATis,  seu  BAPTISMUS,  i.  /Sktt- 
7icT[j.hç.  Du  verbe  baplizo,  cl  signifie  propre- 
ment, plongcment ,  enfoncement  dans  l'eau; 
dans  l'Ecriture., 

1°  Purification  ,  nelloieraent  ,  ablutions 
prescrites  par  la  loi.  2.  Esdr.  4.  23.  Unusquis- 
que  tantum  nudabalur  ad  baptismum  :  Pour 
ce  qui  est  de  moi  et  de  mes  frères  ,  et  des 
gardes  qui  m'accompagnaient,  dit  Néhémie, 
noiis  ne  quittions  point  nos  vêtements,  et  on 
ne  les  ôlait  que  pour  se  purifier.  Marc.  7. 
V.  4.  8.  Tenetis  Iraditiones  fiominum,  baptis- 
tnata  calicum  et  urceormn  :  Vous  observez 
avec  soin  la  tradition  des  hommes,  lavant  les 
pots  et  les  coupes,  etc.  Hebr.  9.  10.  Solum- 
modo  in  cibis  et  in  potibus  et  variis  baptisma- 
tibus  :  Les  sacrifices  de  l'ancienne  loi  ne  con- 
sistaient qu'en  des  viandes,  en  des  breuvages, 
en  diverses  ablutions.  Ces  ablutions  sont 
marquées.  Levit.  16.  4.  24.  v.  26.  28.  et  ail- 
leurs. 

2°  Baptême  de  saint  Jean,  par  lequel  il  bap- 
tisait dans  les  eaux  du  Jourdain  ceux  qui 
venaient  à  lui.  Luc.  7.  29.  AcL  10.  37.  Post 
baptismum  (Gr.  baptisma)  qûod  prœdicavit 
Joanncs;  Après  le  baptême  que  Jean  a  prêché. 
Ce  baptême  n'était  pas  pour  purifier  les  hom- 
mes de  leurs  péchés,  mais  pour  les  exciter  à 
faire  pénitence  et  les  préparer  à  la  venue  du 
Messie  en  les  engageant  à  croire  en  Jésus- 
Christ.  Act.  19.  4.  Joannes  baptizavit  bapti-" 
smo  pœnitentiœ  populum,  dicens  :  in  eum,  qui 
venturus  esset  post  ipsum,  ut  creder^m,  hoc 
est,  in  Jesum.  Marc.  3.  11.  Ego  quidem  bap- 
tizo  vos  in  aqua  in  pœnitentiam  :  Pour  moi, 
je  vous  baptise  dans  l'eau  pour  vous  porter 
à  la  pénitence;  mais  celui  qui  doit  venir  après 
moi...  vous  baptisera  dans  le  Saint-Esprit  et 
dans  le  feu.  Marc.  1.  4. 

3°  Le  baptême  de  Jésus-Christ,  qui  est  un 
sacrement  établi  de  Jésus-Christ  pour  la  ré- 
mission des  péchés  et  pour  remplir  les  âmes 
des  dons  du  Saint-Esprit.  Joan.  1.  33.  Hic  est 
qui  baptizai  in  Spiritu  sancto  :  C'est  celui 
qui  baptise  dans  le  Saint-Esprit,  dit  saint 
Jean  de  Jésus-Christ.  Voy.  v.  29.  Ephes.  4. 
5.  Unum  baptisma  :  Il  n'y  a  qu'un  baptême. 
se.  tel  que  celui-ci,  par  lequel  nous  renais- 
sons en  Jésus-Christ.  Rom.  6.  4.  Coloss.  2. 
12.1.  Petr.  3. 21.  Ainsi  Hebr.  6.  'i. Non  rursum 
jacientes  fundamentum...  baptismatum  doc- 
trinœ  :  Passons  à  ce  qui  est  de  plus  parlait, 
sans  nous  arrêter  à  établir  de  nouveau...  ce 
qu'on  enseigne  sur  les  baptêmes.  Ce  n'est 
pas  (juMl  y  eût  en  effet  quelque  autre  bap- 
tême, outre  celui  qu'avait  institué  Jésus- 
Christ;  mais  l'Apôlre  parle  du  baptême  comme 
au  pluriel,  parce  que,  dans  l'instruction  qui 
se  faisait  aux  catéchumènes,  touchant  le  bap- 
tême, on  en  expliquait  toutes  les  différences, 
telles  que  celles  que  nous  avons  rapportées 
ci-dessus. 

4"  Baptême  de  douleurs  et  d'afflictions,  tel 
est  celui  dont  Jésus-Christ  dit  qu'il  doit  être 
baptisé.  Luc.  12.  50.  Baptismo  autcm  habeo 
baptizari  :  Je  dois  être  baptisé  d'un  baptême, 
se.  de  son  sang,  en  souffrant  la  mort,  et  tel 


m 


BAP 


BAF 


4U6 


que  celui  dont  les  saints  martyrs  sont  bap- 
tisés en  mourant  pourMe  nom  et  la  gloire  de 
Dieu,  ainsi  que  le  marque  Jésus-Christ  à 
saint  Jacques  et  saint  Jean,  fils  de  Zébédée. 
Marc.  10.  39.  Baplismo  quo  ego  haplizor,  hop- 
tîzabimini  :  Vous  serez  bai)tisés  du  baptême 
dont  je  dois  être  baptisé,  v.  38.  L'Ecriture 
semble  marquer  ce  baptême  de  douleurs  par 
la  submersion  dans  les  eaux. 

BAPTISTA,  JE.  Gr.  p^nzicr-rj;.  Plongeur,  la- 
veur, arroseur.  De  baptizo,  et  signifie; 

Baptiste,  saint  Jean-Baptiste,  le  précurseur 
de  Jésus-Christ..  Voy.  Luc.  7.  27.  qui  a  été 
appelé  de  ce  nom  par  les  évangélistes  saint 
Matthieu,  saint  Marc  et  saint  Luc,  parce  qu'il 
avait  été  envoyé  de  Dieu  pour  baptiser  les 
peuples  eUes  disposer  à  la  pénitence  ot  à  re- 
cevoir Jésus-Christ  le  Messie.  Mallh.  11.  11. 
Non  surrexit  inter  natos  tnuticrum  major 
Joanne  Baplista  :  Entre  ceux  ceux  qui  sont 
nés  de  femmos,  il  n'y  en  a  point  eu  de  plus 
grand  que  Jean-Baptiste,  dit  Jésus-Christ,  c. 
3.  1.  Marc.  6.  14.  Luc.  7.  20. 

BAPTIZAKE.  Gr.  p^TTriÇeiv.  Du  verbe pâTnrw 
mergo,  et  signifie  proprement  plonger,  en- 
foncer dans  l'eau.  Dans  l'Ecriture  : 

1°  Laver,  baigner  pour  se  purifier  des  im- 
puretés légales.  Judith.  12.  7.  Baptizabat  se 
in  fonte  aquœ  :  Judith  se  lavait  dans  une  fon- 
taine ;,Holopherne  avait  commandé  aux  huis- 
siers de  sa  chambre  de  lui  laisser  toute  li- 
berté. Voy.  v.  6.  Marc.  7.  4.  Et  a  foro,  nisi 
haptisenturnon  comedunt  :  Lorsque  les  pha- 
risiens et  tous  les  Juifs  reviennent  du  mar- 
ché, ils  ne  mangent  point  non  plus  sans  s'ê- 
tre lavés,  dit  Jésus-Christ,  les  condamnant 
d'avoir  plus  de  soin  de  purifier  leurs  corps 
que  de  purifier  leurs  cœurs.  Luc.  11.  38. 
Eccli.  34.  30. 

2°  Baptiser,  conférer  le  sacrement  de  bap- 
tême ;  ce  qui  se  fait  maintenant  en  versant 
de  l'eau  sur  la  tête  de  quelqu'un,  en  disant  ; 
Je  te  baptise  au  nom  du  Père,  et  du  Fils  et 
du  Saint-Esprit;  mais  il  se  donnait  autrefois 
en  plongeant  dans  l'eau  par  trois  fois.  Par  le 
baptême  on  obtient  la  remission  des  péchés 
par  les  mérites  du  sang  de  Jésus-Christ,  qui 
a  lui-même  institué  et  ordonné  ce  sacrement. 
Matlh.  28.  19.  Euntes  ergo  docete  omnes  gen- 
tes,  baptizantes  eos  in  nomine  Patris,  et  Filii 
et  Spiritus  sancti  :  Toute  puissance  m'a  été 
donnée  dans  le  ciel  et  sur  la  terre.  Allez  donc, 
et  instruisez  tous  les  peuples,  les  baptisant 
au  nom  du  Père,  et  du  Fils  et  du  Saint-Es- 
prit, dit  Jésus-Christ  aux  onze  apôlres.  Marc. 
16.  16.  Qui  crediderit,  et  baptizatus  fuerit, 
salvus  erit  :  Celui  qui  croira  et  qui  sera  bap- 
tisé sera  sauvé.  Celte  croyance  s'entend  d'une 
foi  actuelle  dans  les  adulies,  accompagnée  de 
bonnes  œuvres,  Gai.  1.  v.  11.  12.  Jac.  2.  26. 
et  dune  foi  habituelle  que  reçoivent  les  en- 
fants en  recevant  ce  baptême. 

Phrases  Urées  do  cnUe  signiHcalion. 

BAPTIZARE  Spiritu  sancto.  Baptiser  du 
Saint-Esprit,  c'est  comme  baigner,  inonder 
du  Saint-Esprit ,  soit  que  cela  se  fasse  dans 
le  sacrement  Ju  baptême  ,  où  nous  sommes 
lavés  d'eau ,  de  telle  sorte  que  le  Saint-Es- 


prit se  répand  sur  nous  avec  abondance. 
Mafth.  3.  i'I.  Luc.  3.  16.  Ipse  vos  baptizabit 
in  Spiritu  sancto  et  igni  :  Jésus-Christ  vou.s 
baptisera  dans  le  Saint-Esprit  et  dans  le  feu. 
Marc.  1.  8.  Joan.  1.  33.  Ce  qui  est  figuré  par 
cette  eau  transparente,  mêlée  de  feu,  Apoc. 
5.  2.  Soit  que  cela  se  fasse  dans  le  sacrement 
de  la  confirmation  ;  comme  quand  les  apô- 
tres ,  qui  avaient  déjà  été  baptisés  ,  reçurent 
l'effet  de  la  confirmation  ;  savoir  ,  la*  vertu 
et  la  force  du  Saint-Esprit,  le  jour  de  la  Pen- 
tecôte ,  Act.  1.  5.  Vos  autcm  baptizabimini 
Spiritu  sancto  :  Vous  serez  baptisés  dans  le 
Saint-Esprit  :  ce  qu'on  doit  entendre  aussi  de 
tous  ceux  qui  reçoivent  ce  sacrement  avec 
l'effet  ;  soit  enfin  que  cela  se  fasse  hors  du 
sacrement  ;  comme  quand  Corneille  et  ceux 
qui  étaient  assemblés  chez  lui,  reçurent  vi- 
siblement le  Saint-Esprit  avant  d'être  bapti- 
sés. Act.  10.  U.  Voy.  T.  24.  47.  48.  c.  11.  15. 
A  quoi  saint  Pierre  applique  ces  mêmes  ter- 
mes, V.  16.  Vos  autem  baptizabimini  Spiritu 
sancto  :  Vous  serez  baptisés  dans  le  Saint- 
Esprit.  Voy.  Est.  m  Act.  1.  5. 

BAPTIZARE  Pro  mortuis.  Baptiser  pour 
les  morts.  Il  semble  qu'on  peut  entendre  ceci 
simplement  de  ceux  qui  se  faisaient  baptiser 
pour  les  Catéchumènes  qui  étaient  morts 
sans  avoir  reçu  le  baptême  ,  croyant  que  ce 
baptême  leur  eût  servi.  1  Cor.  15.  29.  Quid 
facient  qui  baptizantur  pro  mortuis  ,  si  om- 
nino  mortui  non  resurgunl  ?  Que  préten- 
draient ceux  qui  sont  baptisés  pour  les  morts, 
si  les  morts  ne  ressuscitent  point  ?  Cette 
coutume  était  en  usage  au  temps  des  apô- 
tres, comme  Tertnllien  linsinue,  Lib.  de  Re- 
surr.  car  ni  s ,  c.  48.  et  lib.  5.  contr.  Marcion. 
c.  10. 

BAPTIZARE  In  nomine  alicujus.  Baptiser 
au  nom  de  quelqu'un  ;  c'est  administrer  le 
baptême  par  sa  vertu,  et  en  invoquant  son 
nom  :  C'est  dans  ce  sens  que  s'entend  :  1' 
baptiser  au  nom  du  Père,  du  Fils  et  du  Saint- 
Esprit  :  à  quoi  se  rapporte  ce  que  dit  saint 
Paul  ,  1  Cor.  1.  13.  Mais  baptiser  au  nom  de 
Jésus-Christ,  c'est  baptiser  du  baptême  insti- 
tué par  Jésus-Christ,  qui  a  ordonné  de  l'ad- 
ministrer au  nom  du  Père,  du  Fils  et  du 
Saint-Esprit.  Voy.  Matth.  28.  19.  Ce  qui  est 
la  forme  ordinaire,  sans  laquelle  on  ne  peut 
confesser  le  baptême  de  Jésus-Christ ,  dit 
saint  Augustin  ,  Lib.  6.  de  Baptismo,  c.  26. 
Saint  Luc  ,  dans  les  Actes,  l'appelle  le  bap- 
tême de  Jésus-Christ  ;  soit  pour  le  distin- 
guer de  celui  de  saint  Jean  ,  soit  parce  que  , 
comme  quelques-uns  l'ont  cru  ,  le  baptême 
se  conférait  quelquefois  au  commeucemcnf  , 
seulement  en  invoquant  et  en  exprimant  le 
nom  de  Jésus-Christ.  Act.  22.  16.  Mais  ce  quo 
Dieu  opère  par  des  voies  extraordinaires  , 
n'empêche  pas  que  l'Eglise  ne  garde  l'ordre 
qui  lui  est  propre. 

Baptiser  en  figure,  représenter  par  des  si- 
gnes expressifs  le  véritable  baptême.  1  Cor. 
10.  2.  Omnes  in  Moise,  Gr.  m  Moiscn,  bapti- 
zali  sunt  in  nube  el  in  mari  :  Tous  nos  pères 
ont  été  baptisés  sous  la  conduite  <le  Moïse, 
d.'.ns  la  nuéi>  ot  dans  la  mer  :  la  nuée  el  la 
passage  (le  la  ni;  r  représentaient  le  baptême^ 


487 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


488 


la  nuée  qui  les  rafraîchissait ,  figurait  la 
grâce  ùu  Saint-Esprit  ;  les  Egyptiens,  plon- 
<Tés  dans  les  eaux  de  la  ruer  Rouge  ,  figu- 
raient les  péchés  ensevelis  dans  les  eaux  du 
baptême. 

BAPTIZARÏ  in  aliquem,  tl;  tivk.  C'est  être 
baptisé  pour  être  disciple  de  quelqu'un,  et  lui 
être  entièrement  dévoué.  1  Cor.  10.  2.  Omnes 
in  Moise  baptizali  snnt  ;  Gr.  in  Moisen.  Tous 
ont  été  baptisés  sous  la  conduite  de  Muïse  , 
en  se  soumettant  à  lui  comme  à  leur  chef,  et 
l'interprète  de  la  volonté  de  Dieu  à  leur  égard. 
Exod.  14.  31.  Crediderunt  Domino  et  Moisi 
serve  ejus  :  Ainsi,  Rom.  6  3.  Bapt//sati  sumus 
in  Chrislo  ;  Gr.  in  Christum  :  Nous  avons  été 
baptisés  en  Jésus-Christ  ;  c'est-à-dire  pour 
être  unis  à  lui  ,  comme  les  membres  le  sont 
à  leur  chef,  et  pour  être  ses  discipU^s  ,  selon 
l'expression  des  Hébreux,  qui  prennent  quel- 
quefois le  nom  de  la  personne  pour  le  nom 
de  la  chose. 

Baptiser  du  baptême  de  douleurs  et  d'af- 
flictions :  tel  a  été  celui  dont  Jésus-Christ  a 
été  baptisé  de  son  propre  sang  dans  sa  pas- 
sion pour  nos  péchés  ,  et  dont  les  saints 
martyrs  ont  été  baptisés  par  le  sang  qu'ils 
ont  répandu  pour  la  gloire  de  Dieu.  Marc. 

10.  38.  Pofestis....  baptismo  quo  ego  baptizor, 
baptizari  ?  Pouvez-vousêtre  baptisés  du  bap- 
tême dont  je  dois  être  baptisé,  répond  Jésus- 
Christ  aux  saints  Jacques  et  Jean,  fils  de  Zé- 
bédée.  Voy.  Baptismus,  signif.  figurée. 

BARA,  Heb.  In  nialo.—  1°  Roi  de  Sodome, 
un  des  cinq  rois  qui  firent  la  guerre  à  Cho- 
dorlahomor  ,  et  aux  trois  autres  rois,  ses  al- 
liés. Gen.  li.  2.— 2"  Femme  de  Saharaïm,  ré- 
pudiée par  son  mari.  1  Par.  8.  8. 

BARABBAS,  Heb.  Filius  patris.  Voleur, 
meurtrier  et  séditieux,  qui,  à  l'instance  des 
Juifs,  fut  délivré  par  Pilate  ,  préférabiement 
à  Jésus-Christ.  Matlh.  27.  16..  Marc.  15.  7. 
Luc.  23.  18.  Joan.  18.  VO.  Act.  3.  li. 

BAR.iC,Heb.  Fulgur.- i'¥ih  d'Abinoëai, 
créé  chef  de  l'armée  des  Israélites,  avec  la 
prophéles->c  Débora.  Judic.   i.  G.  etc.    Heb. 

11.  32.—  2°  Ville  de  la  tribu  de  Dan.  Jos.  19. 
45.  Voy.  Bané. 

^iXWACUX  ,}îih.  Benedictio.  Un  de  ceux 
qui  prirent  ie  parti  de  David  contre  S  iiil.  1 
Par.  12.3. 

BARACHEL,  Heb.  Benedicens  Deum.  Père 
(l'Eliu  ,  descendant  de  Buz.  Job.  32.  v.  2.  6. 
Voy.  Buz. 

BARACHIA  ou  BARACHIAS.  Heb.  Benedi- 
cens Domino. — 1°  Le  pèie  de  Zacharie  ,  l'un 
des  douze  prophètes.  Zaeh.  1.  v.  1.7. — 2°  Le 
père  d'un  autre  Zacharie,  du  temps  d'Achaz, 
qu'Isaïas  prit  pour  témoin  des  deux  noms 
qu  il  oevail  écrire  en  des  caractères  connus 
et  lisibles.  Isa.  8.  2.  Ces  deux  noms  sont 
marqués  au  v.  1. — 3°  Le  père  de  Zacharie  , 
qui  fut  tué  par  les  Juifs.  Matlh.  23.  3"5. 
Ut  ventât  super  vos  omnis  sanguis  justus  qui 
effusus  est  super  terrnm  a  sanguine  Ahel  justi 
usque  ad  sanguincm  Zachariœ  fiHi  IJarachiœ 
quem  occidisiis  inter  templum  et  altarc  :  Afin 
que  tout  le  sang  innocent  qui  a  été  répandu 
Sur  I.i  terre  ,  retombe  sur  vous  ,  dcpui-^  le 
sang  d'Abel  le  Juste  ,  jusqu'au   sang  de  Za- 


charie ,  fils  de  Barachie.  On  croit  que  ce  Za- 
charie était  le  fils  de  Joiada,  dont  il  est  parlé, 
2  Par.  2i.  22.  et  que  Joïadas  s'appelait  aussi 
Barachias  ,  parce  qu'il  était  fils  d'Achias. 
D'autres  croient  que  ce  Barachie  était  le  père 
de  Zacharie  ,  père  de  saint  Jean  Baptiste  , 
qui  fut  tué  par  le  commandeinenl  d'Hérddc. 
— i°  Le  fils  de  Zorobabel ,  Delil-fils  de  Pha- 
daïa.  1  Par.  3,  20.  Voy.  Zorobabel,  2\  — 
5°  Le  père  d'Asaph ,  léviie  ,  descendant  de 
Gersou.  1  Par.  6.  39.  1  Par.  15.  17.  Voy. 
AsAPH. — ()"  Fils  d'Asa  ,  fils  d'Elcana  ,  dfr  ïa 
tribu  de  Lévi ,  habitant  de  Nctophati.  1  Par. 

9.  16. — 7  Un  lévite  ,  huissier  à  l'égard  de 
l'arche.  1  Par.  15.  23.  Barachias  et  Elcana, 
Janitores  Arcœ  :  Barachias  et  E'caiia  ,  huis- 
siers à  l'égard  de  l'arche.  Voy.  Janitor. 
— 8"  Un  prince  de  ia  tribu  d'Ephraïm,  fils  de 
Mosollaiiioth  ,  qui  empêcha  que  les  Juifs  ne 
fussent  réduits  en  captivité  par  ceux  de  la 
même  nation.  2  Par.  28.  12. — 9'  Fils  de  Mésé- 
zebel  ,  et  père  de  Mosollam  ,  qui  bâtit  une 
partie  de  Jérusalem,  après  son  retour  de  Ba- 
bylone.  2  Esdr.  3.  v.  k.  30.  c.  6.  18. 

BARAD  ,  Heb.  Grando.  Ville  de  la  tribu  de 
Juda   ,    près    de   la    fontaine  d'Agar.    Gen. 

10.  14. 

BARAL\  ,  H.  b.  Creatura  Domini.  Fils  de 
Sémei.  1  Par.  8.  21. 

BARASA,  Heb.  In  egestate.  Ville  delà  tribu 
de  Gad,  (jue  Judas  Machabée  prit  et  brûla.  1 
Mach.  5.  26. 

BARATHRUM.  i.  Gr.  p«p6oov.  Vient  des 
mots  Chaldéens  ber  ,  qui  signifie  puits  ,  et  de 
athar,  qui  signifie /oc,  et  signifie  proprement 
lieu  profond  ;  soit  dans  l'eau  ,  comme  un 
gouffre  ;  soit  dans  la  terre,  comme  une  fosse 
dont  on  ne  voit  point  le  fond  :  dans  l'Ecri- 
ture, 

Abîme.  Judic.  5.  15.  Quasi  in  prœceps  ac 
barathrum  se  discrimini  dédit  :  Barac  s'est 
jeté  dans  le  péril,  comme  s'il  se  fût  précipité 
<!ans  un  abîme  ,  dit  Débora  dans  le  Can(i(|ue 
(lu'elie  chanta  après  la  défaile  de  Sisara 
{■/.oiIkç.  Vallis  .  l'Hébr.  et  le  Gr.  qui  portent 
vallis  ,  font  croire  que  Barac  eut  une  vallée 
profonde  à  passer  pour  venir  depuis  la  mon- 
tagne de  Thabor  ,  jusqu'au  lieu  où  était  Si- 
sara. 

BARBA  ,  M.  TTW'/wv.  De  /Baoù?,  pesant,  ou 
marque  de  gravité,  ou  bien  de  -xmroç,  at>us,  et, 
lanugo, prima  barba,  et  signifie  : 

Barbe.  1  Reg.  21.  13.  Diffîuebantque  salivœ 
ejus  in  barbum  :  David  se  contrefit  le  visage 
devant  les  Philistins...  et  sa  salive  découlait 
sur  sa  barbe  :  ce  fut  dans  'a  crainte  qu'il 
eut  d'Achis  ,  à  qui  les  officiers  racontèrent 
que  David  élait  celui-là  même  pour  qui  on 
avait  chanté  publiqueniv-nt  que  Saûl  en  avait 
tué  mille  ,  et  David  dix  mille.  Levit.  13.  29. 
Ps.  132.  2.  Sicut  unguenlum  in  capite  quod 
descendit  in  barbam,  barbam  Anron  :  La  paix 
et  l'union  cuire  les  fidèles,  (]ue  le  baptême  a 
rendus  frères,  est  aussi  agréable  que  l'huile 
de  parfum  ,  qui  de  la  tête  lîcscend  sur  la 
barbe  d'Aarou.  Voy.  Ukguentum.  On  ueut 
faire  quehjues  observations  sur  ce  mot. 

1°  C'était  une  marque  de  maladie  el  d'in- 
firmité, que  de  paraître  sans  bar!>e  :  c'est 


4S9 


BAR 


BAR 


490 


pour  cette  raison  que  le  lépreux,  devait  raser 
sa  barbe  le  septième  jour  après  sa  purifica- 
tion, pendant  lesquels  il  était  demeuré  dans 
le  camp  hors  de  sa  tente  ,  selon  la  loi  du  Le- 
vit.  14.  9. 

2°  Ce  fut  une  ignominie  et  pure  insulte  que 
fit  Hanon  aux  ambassadeurs  de  David,  lors- 
qu'il leur  fit  raser  la  barbe,  et  les  renvoya  en 
cet  état.  1  Par.  19.  k.  2.  Reg.  10.  k.  11  est  dit 
qu'il  leur  fil  raser  la  moitié  de  la  barbe  ;  et 
David  envoya  au  devant  d'eux  pour  leur  or- 
donner de  demeurer  à  Jéricho.  1  Par.  19.  5. 

3"  C'était  une  marque  de  deuil ,  d'affliction 
et  de  misère  ,  que  de  s'arracher  les  poils  de 
la  barbe,  ou  de  la  raser.  1  Esdr.  9.  3.,.Evelli 
capillos  capitis  mei  et  barbœ  :  J'arrachai  les 
cheveux  de  ma  tête  et  les  poils  de  ma  barbe  : 
ce  fut  à  la  nouvelle  que  reçut  Esdras,  que  le 
peuple  ne  s'était  point  séparé  de  l'alliance 
ries  peuples  étrangers.  Voy.  les  versets  pré- 
cédents. Isa.  15.  2.  Omnis  barba  radetur  :  Les 
Moabites  se  feront  tous  raser  la  barbe  ;  sa- 
voir ,  à  cause  de  la  grande  désolation  qui  y 
devait  arriver.  Voy.  c.  16.  14.  Ainsi,  Jerem. 
ki.  5.  Venerunt  viri rasi  barba  :  Quatre- 
vingts  hommes  vinrent  de  Sichem ,  de  Silo  et 
de  Samarie,  ayant  la  barbe  rase  :  ce  fut  pour 
marquer  la  douleur  qu'ils  avaient  de  la  ruine 
du  temple  et  de  la  ville  de  Jérusalem,  parles 
Chaldéens.  c.  48.  37. 

4°  11  était  défendu  aux  prêtres,  même  dans 
le  deuil ,  de  se  raser  la  barbe.  Levit.  21.  5. 
pour  ne  point  imiter  en  cela  les  prêtres  ido- 
lâtres de  l'Egypte  et  des  pays  circonvoisins, 
Baruch.  6. 30:  ce  qui  est  aussi  défendu  à  tous 
les  Israélites.  Levit.  19.  27.  Quelques-uns 
croient  qu'ils  se  rasaient  seulement  la  mou- 
stache ou  le  poil  qui  croît  sur  la  lèvre  d'en 
haut ,  et  que  c'est  en  ce  sens  qu'il  est  dit, 
2.  Reg.  9.  24.  que  Miphiboseth  n'avait  point 
fait  faire  sa  barbe  depuis  le  jour  que  David 
était  sorti  de  Jérusalem  jusqu'au  jour  qu'il  y 
retourna  en  paix. 

—  Les  princes,  les  grands,  les  forts  et  ce 
qu'il  y  a  d'hommes  plus  considérables  d'un 
peuple.  Isa.  7.  20.  In  die  illa  radet  Dotninus  in 
novacula  conducta...  in  rege  Assyriorum  ca~ 
put...  et  barbam  :  Le  Seigneur  se  servira  du 
roi  des  Assyriens  comme  d'un  rasoir  qu'il 
aura  loué  pour  raser  la  tête...  et  toute  la 
barbe.  Voy.  l'accomplissement  de  cette  pro- 
phétie, 4.  Reg.  ch  24.  v.  14.  16.  c.  2o.  20..  La 
barbe  que  Dieu  ordonne  au  prophète  Ezéchiel 
de  se  raser  et  d'en  partager  les  poils  en  trois 
tiers,  d'en  brûler  une  partie,  de  couper  l'au- 
tre et  de  jeter  au  vent  les  poils  de  l'autre 
tiers,  comme  on  voit,  Ezech.  5.  v.  1.  2.  figu- 
rait les  trois  châtiments  que  Dieu  devait 
exercer  sur  les  habitants  de  Jérusalem  ,  cha- 
que tiers  devant  recevoir  un  châliment  par- 
ticulier, Voy.  V.  12;  et  ce  châtiment  devait 
être  exercé  par  les  Chaldéens. 

BARBARE,  p«pe«pwç,  barbaremcnt,  d'une 
façon  qui  sent  ic  barbarisme,  en  parlant  du 
langage.  Dans  l'Ecriture: 

D'une  manière  barbare  et  insolente,  et  qui 
combat  la  samielc  des  lois.  2  Mach.  15.  2. 
Ne  ita  ferociter  et  barbare  feceris  :  N'agissez 
pas  si  fièrement  ni  d'une  manière  si  barbare; 

Diction.  i/>k  Vhilol.  SAcnÉE.  I. 


c  est  ce  que  les  Juifs,  qui  étaient  contraints 
de  suivre  Nicanor,  lui  dirent  lorsqu'il  résolut 
d'attaquer  Judas  avec  toutes  ses  forces  le  jour 
du  sabbat. 

BARBARUS,  a,  um,  Gr.  pKp§«poç,  du  sy- 
riaque bar,  extray  en  doublant  la  syllabe,  ou 
de  l'arabe  barbar,  garrulus ,  et  signifie  pro- 
prement barbare,  en  parlant  du  langage.  Les 
Arabes  ont  donné  à  l'Afrique  le  nom  de  Bar- 
barie, parce  que  le  langage  d'Afrique  leur  a 
semblé  un  son  de  bêtes  plutôt  qu'un  langage 
d'hommes  ;  et  les  Grecs  appelaient  aussi  Bar-, 
bares  toutes  les  autres  nations  du  monde, 
dont  le  langage  leur  paraissait  grossier  en 
comparaison  du  leur.  Il  signifie  aussi  gros- 
sier, peu  poli  dans  ses  mœurs,  aussi  bien  que 
son  langage;  inhumain,  cruel.  Dans  l'Ecri- 
ture : 

1°  Tout  peuple  ou  tout  homme  qui  parle 
une  langue ,  qui  n'est  point  entendue  de  ce- 
lui à  qui  il  parle.  1.  Cor.  14.  11.  Si  nesciero 
virtutem  vocis,  ero  ei  cui  loquor,  barbarus,  et 
qui  loquitur  mihi,  barbarus  :  Si  je  n'entends 
pas  ce  que  signifient  les  paroles,  je  serai 
barbare  à  celui  à  qui  je  parle,  et  celui  qui 
me  parle  me  sera  barbare.  Saint  Paul  prouve 


qui  l'emploie  est  exposé 

de  ses  auditeurs,  et  à  passer  pour  barbare^ 
à  l'exemple  de  celui  qui  parlant  une  langue 
étrangère,  passe  pour  barbare  auprès  de 
ceux  qui  ne  l'entendent  pas. 

2^  Tout  peuple  étranger,  peu  humain,  fa- 
rouche et  éloigné  du  culte  de  Dieu.  Ps.  113. 
1.  Inexitu  Israël  de  jEgypto,  domus  Jacoû 
de  populo  barbare  :  Lorsqu'Israëi  sortit  do 
l'Egypte,  et  la  maison  de  Jacob  du  milieu 
d'un  peuple  barbare,  Dieu  consacra  le  peu- 
ple juif  à  son  service.  2.  Mach.  2.  22.  c.  10. 
4.  Rogabant  Dominum  ne  barbaris  ac  bla»^ 
phemis  hominibus  traderentur  :  Machabée  et 
ceux  qu'il  avait  avec  lui  conjuraient  le  Sei- 
gneur de  ne  les  plus  livrer  à  des  barbare» 
et  à  des  blasphémateurs  de  son  nom  ;  ce  fut 
après  qu'ils  eurent  repris  le  temple  et  la  ville 
de  Jésusalem  sur  Antiochus. 

3°  Tous  les  peuples,  hormis  les  Grecs,  sous 
le  nom  desquels  sont  compris  les  Romains 
même  et  tous  les  autres  peuples  moins  po-- 
licés  et  distingués  des  Grecs.  Rom.  1.  14. 
Grœcis  ac  barbaris...  debitor  sum  :  Je  suis  re- 
devable aux  Grecs  et  aux  Barbares;  ainsi 
Plaute  a  dit,  Verlil  barbare,  il  a  traduit  eu 
latin. 

BARED,  Heb.  Grando.  Fils  de  Suthala,  do 
la  tribu  d'Ephraïm.  1.  Par.  7.  19. 

BARIA,  Heb.  In  societate.  Voy.  Beria.  — ' 
1°  Quatrième  fils  d'Aser,  père  d'Heher.l.Par. 
7.V.30.31.  — 2°.Le  quatrième  fils  de  Scchémias. 
1.  Par.  3.  22.  —  3°  Un  prince  de  la  tribu  de 
Benjamin.  1.  Par.  8.  v.  13.  16.  Baria  etSama. 
—  k"  Fils  de  Semcï,  descendant  de  Gersom. 
1.  Par.  23.  10. 

BAR-JESU,  Filius  Jesu,  ou  Jchu,  Heb.  /u 
nequitia.  Faux  prophète,  Juif  de  grande  ré- 
putation, appelé  aussi  Elymas,  magicien. 
Act.  13.6.  11  voulut  empêcher  que  le  procon-* 

16 


487 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


488 


la  nuée  qui  les  rafraîchissait ,  figurait  la 
grâce  ùu  Saint-Esprit  ;  les  Egyptiens,  plon- 
gés dans  les  eaux  de  la  mer  Rouge  ,  figu- 
raient les  péchés  ensevelis  dans  les  eaux  du 
baptême. 

BAPTIZARI  in  aliquem,  s'i;  Ttva.  C'est  être 
baptisé  pour  être  disciple  de  quelqu'un,  et  lui 
être  entièrement  dévoué.  1  Cor.  10.  2.  Omnes 
in  Moise  haptizali  snnt  ;  Gr.  in  Moisen.  Tous 
ont  été  baptisés  sous  la  conduite  de  Moïse  , 
en  se  soumettant  à  lui  comme  à  leur  chef,  et 
l'interprète  delà  volonté  de  Dieu  à  leur  égard. 
Exod.  14..  31.  Crediderunt  Domino  et  Moisi 
serve  ejus  :  Ainsi,  Rom.  6  3.  Baptfjsati  sumus 
in  Christo  ;  Gr.  in  Christum  :  Nous  avons  été 
baptisés  en  Jésus-Christ  ;  c'est-à-dire  pour 
être  unis  à  lui ,  comme  les  membres  le  sont 
à  leur  chef,  et  pour  être  ses  disciples  ,  selon 
l'expression  des  Hébreux,  qui  prennent  quel- 
quefois le  nom  de  la  personne  pour  le  nom 
de  la  chose. 

Baptiser  du  baptême  de  douleurs  et  d'af- 
flictions :  tel  a  été  celui  dont  Jésus-Christ  a 
été  baptisé  de  son  propre  sang  dans  sa  pas- 
sion pour  nos  péchés  ,  et  dont  les  saints 
martyrs  ont  été  baptisés  par  le  sang  qu'ils 
ont  répandu  pour  la  gloire  de  Dieu.  Marc. 
10.  38.  Potestis....  baptismo  quo  ego  baptizor, 
baptiznri  ?  Pouvez-vousêtre  baptisés  du  bap- 
tême dont  je  dois  être  baptisé,  répond  Jésus- 
Christ  aux  saints  Jacques  et  Jean,  fils  de  Zé- 
bédée.  Voy.  Baptismus,  signif.  figurée. 

BARA,  Heb.  In  malo. —  1'^  Roi  de  Sodome, 
un  des  cinq  rois  qui  firent  la  guerre  à  Cho- 
dorlahomor  ,  et  aux  trois  autres  rois,  ses  al- 
liés. Gen.  li.  2.-2"  Femme  de  Saharaïm,  ré- 
pudiée par  son  mari.  1  Par.  8.  8. 

BARABBAS,  Heb.  Filius  patris.  Voleur, 
meurtrier  et  séditieux,  qui,  à  l'instance  des 
Juifs,  fut  délivré  par  Pilate  ,  préférablement 
à  Jésus-Christ.  M.itlh.  27.  16..  Marc.  15.  7. 
Luc.  23.  18.  Joan.  18.  VO.  Acl.  3.  14. 

BAR.iG,Hob.  Fulgur.-i''¥\h  d'Abinoëm, 
créé  chef  de  l'a:  mée  des  Israélites,  avec  la 
prophétesse  Débora.  Judic.  i.  6.  etc.  Heb. 
il.  32.—  2°  Ville  de  la  tribu  de  Dan.  Jos.  19. 
45.  Voy.  Bané. 

BARACHA  ,H('b.  .Be/icf/îcno.  Un  de  reux 
qui  prirent  le  parti  de  David  contre  Siùl.  1 
Par.  12.  3. 

BARACHEL,  Heb.  Benedicens  Deum.  Père 
d'Eliu  ,  descendant  de  Bu.z.  Job.  32.  v.  2.  6. 
Yo\.  Buz. 

BARACHIA  ou  BARÂCHIAS.  Heb.  Benedi- 
cens Domino.— i°  Le  père  de  Zacharie  ,  l'un 
des  douze  prophètes.  Zach.  1.  v.  1.7. — 2°  Le 
père  d'un  autre  Zacharie,  du  temps  d'Achaz, 
qu'Isaïas  prit  pour  témoin  des  deux  noms 
qu'il  (levait  écrire  en  des  caractères  connus 
et  lisibles.  Isa.  8.  2.  Ces  deux  noms  sont 
marqués  au  v.  1. — 3°  Le  père  de  Zacharie  , 
qui  fut  tué  par  les  Juifs.  Malth.  23.  3'S. 
Ut  veniat  snper  vos  omnis  sanguin  justus  gui 
effusxis  est  super  tcrram  a  sanguine  Abel  jusli 
usgue  ad  sanguincm  Zachariœ  filii  Barachiœ 
guem  occidislis  inter  templum  et  altarc  :  Afin 
que  tout  le  sang  innocent  qui  a  été  répandu 
sur  la  terre  ,  retombe  sur  vous  ,  depui-^  le 
sang  d'Abel  le  Juste  ,  jusqu'au   sang  de  Za- 


charie ,  fils  do  Barachie.  On  croit  que  ce  Za- 
charie était  le  fils  de  Joïada,  dont  il  est  parlé, 
2  Par.  2i.  22.  et  que  Joïadas  s'appelait  aussi 
Baraciiias  ,  parce  qu'il  était  fils  d'Achias. 
D'autres  croient  que  ce  Barachie  était  le  père 
de  Zacharie  ,  père  de  saint  Jean  Baptiste  , 
qui  fut  tué  par  le  commandeinent  d'Hérodc. 
— i"  Le  fils  de  Zorobabel ,  oetit-tiis  de  Pha- 
daïa.  1  Par.  3.  20.  Voy.  Zorobabel,  2'\  — 
5°  Le  père  d'Asaph ,  léviie ,  descendant  de 
Geison.  1  Par.  6.  39.  1  Par.  lo.  17.  Voy. 
AsAPH.— ()"  Fils  d'Asa  ,  fils  d'Elcana  ,  de-  la 
tribu  de  Lévi ,  habitant  de  îsélophali.  1  Par. 
9.  16. — 7  Un  lévite  ,  huissier  à  l'égard  de 
l'arche.  1  Par.  15.  23.  Baraciiias  et  Èlcana, 
Janitores  Arcœ  :  Barachias  et  E  cana  ,  huis- 
siers à  regard  ûii  l'arche.  Voy.  Janitor. 
— 8"  Un  prince  de  la  tribu  d'Ephraïin,  fils  de 
MosollaiDOth  ,  qui  empêcha  que  les  Juifs  ne 
fussent  réduits  en  captivité  par  reux  de  la 
même  nation.  2  Par.  28.  12. — 9'  Fils  de  Mésé- 
zebel  ,  et  père  de  Mosollam  ,  qui  bâtit  une 
partie  de  Jérusalem,  après  son  retour  de  Ba- 
bylone.  2  Esdr.  3.  v.  i.  30.  c.  6.  18. 

BARAD  ,  Heb.  Grando.  Ville  de  la  tribu  de 
Juda  ,  près  de  la  fontaine  d'Agar.  Gen. 
IG.  li. 

BARALV  ,  Ht  b.  Creatura  Domini.  Fils  de 
Sémei.  1  Par.  8.  21. 

BXR\'èA,Reb.  In  egestate.  Ville  de  la  tribu 
de  Gad,  que  Judas  Machabée  prit  et  brûla.  1 
Mach.  5.  26. 

BARATHRUM.  i.  Gr.  p«p.6<iov.  Vient  des 
mots  Chaldéens  ber  ,  qui  signifie  puits  ,  et  de 
otliar,  qui  signifie /ac,  et  signifie  proprement 
lieu  profond  ;  soit  dans  l'eau  ,  comme  un 
gouffre  ;  soit  dans  la  terre,  comme  une  fosse 
dont  on  ne  voit  point  le  fond  :  dans  l'Ecri- 
ture, 

Abîme.  Judic.  5.  15.  Quasi  in  prœceps  ac 
barathrum  se  discrimini  dédit  :  Barac  s'est 
jeté  dans  le  péril,  comme  s'il  se  fût  précipité 
dans  un  abîme  ,  dit  Débora  dans  !e  Cantique 
(}u'elle  chanta  après  la  défaite  de  Sisara 
{■/.oilàç.  Vallis  .  l'Hébr.  et  le  Gr.  qui  portent 
vallis  ,  font  croire  que  Barac  eut  une  vallée 
profonde  à  passer  pour  venir  depuis  la  mon- 
tagne de  Thabor  ,  jusqu'au  lieu  où  était  Si- 
sara. 

BARBA  ,  M.  TTwywv.  De  ^v.p-jç,  pesant,  ou 
marque  de  gravité,  ou  bien  de  r  «ttîto?,  avus,  et, 
lanugo, prima  barba,  et  signifie  : 

Barbe.  1  Reg.  21.  13.  Difjluebantque  salivœ 
ejus  in  barbam  :  David  se  contrefit  le  visage 
devant  les  Philistins...  et  sa  salive  découlait 
sur  sa  barbe  :  ce  fut  dans  'a  crainte  qu'il 
eut  d'Achis  ,  à  qui  les  officiers  racontèrent 
que  David  était  celui-là  même  pour  qui  on 
avait  chfinté  publiquement  que  Saiil  en  avait 
tué  mille  ,  et  David  dix  mille.  Levit.  13.  29. 
Ps.  132.  2.  Sicut  unguenlum  in  capile  quod 
descendit  in  barbam,  barbam  Aaron  :  La  paix 
et  l'union  entre  les  fiilèles,  (|ue  le  baptême  a 
renJus  frères,  est  aussi  agréable  que  l'huile 
de  parfum  ,  qui  de  la  tète  descend  sur  la 
barbe  d'Aarou.  A^oy.  Unguentum.  Ou  ueut 
faire  quehiues  observations  sur  ce  mot. 

1°  C'était  "    "      ' 

firnrjté,  (jue 


une  mar(|uede  maladie  et  d'in- 
de   paraître  "sans  barl>e  :  c'est 


489 


BAR 


pour  cette  raison  que  le  lé{)rcux  devait  raser 
sa  barbe  le  septième  jour  après  sa  purifica- 
tion ,  pendant  lesquels  il  était  demeuré  dans 
le  camp  hors  de  sa  tente  ,  selon  la  loi  du  Le- 
vit.  14.  9. 

2"  Ce  fut  une  ignominie  et  pure  insulte  que 
fit  Hanon  aux  ambassadeurs  de  David,  lors- 
qu'il leur  fit  raser  la  barbe,  et  les  renvoya  en 
cet  étal.  1  Par.  19.  4.  2.  Reg.  10.  4.  11  est  dit 
qu'il  leur  fil  raser  la  moitié  de  la  barbe  ;  et 
David  envoya  au  devant  d'eux  pour  leur  or- 
donner de   demeurer  à  Jéricho.  1  Par.  19.  5. 

3°  C'était  une  marque  de  deuil ,  d'affliction 
et  de  misère  ,  que  de  s'arracher  les  poils  de 
la  barbe,  ou  de  la  raser.  1  Esdr.  9.  3...EveUi 
capillos  capitis  mei  et  barbœ  :  J'arrachai  les 
cheveux  de  ma  têle  et  les  poils  de  ma  barbe  : 
ce  fut  à  la  nouvelle  que  reçut  Esdras,  que  le 
peuple  ne  s'était  point  séparé  de  l'alliance 
ries  peuples  étrangers.  Voy.  les  versets  pré- 
cédents. Isa.  lo.  2.  Omnis  barba  radetur  :  Les 
Moabites  se  feront  tous  raser  la  barbe  ;  sa- 
voir ,  à  cause  de  la  grande  désolation  qui  y 
devait  arriver.  Voy.  c.  16.  14.  Ainsi,  Jerem. 
41.  5.  Venerunt  viri rasi  barba  :  Quatre- 
vingts  hommes  vinrent  de  Sichera,  de  Silo  et 
de  Samarie,  ayant  la  barbe  rase  :  ce  fut  pour 
marquer  la  douleur  qu'ils  avaient  de  la  ruine 
du  temple  et  de  la  ville  de  Jérusalem,  par  les 
Chaldéens.  c.  48.  37. 

4°  11  était  défendu  aux  prêtres,  même  dans 
le  deuil ,  de  se  raser  la  barbe.  Levit.  21.  5. 
pour  ne  point  imiter  en  cela  les  prêtres  ido- 
lâtres de  l'Egypte  et  des  pays  circonvoisins, 
Baruch.6.  30:  ce  qui  est  aussi  défendue  tous 
les  Israélites.  Levit.  19.  27.  Quelques-uns 
croient  qu'ils  se  rasaient  seulement  la  mou- 
stache ou  le  poil  qui  croît  sur  la  lèvre  d'en 
haut,  et  que  c'est  en  ce  sens  qu'il  est  dit, 
2.  Reg.  9.  24.  que  Miphiboseth  n'avait  point 
fait  faire  sa  barbe  depuis  le  jour  que  David 
était  sorti  de  Jérusalem  jusqu'au  jour  qu'il  y 
retourna  en  paix. 

—  Les  princes,  les  grands,  les  forts  et  ce 
qu'il  y  a  d'hommes  plus  considérables  d'un 
peuple.  Isa.  7.  20.  In  die  illa  radet  Dominus  in 
novacula  conducta...  in  rege  Assyriorum  ca- 
put...  et  barbam  :  Le  Seigneur  se  servira  du 
roi  des  Assyriens  comme  d'un  rasoir  qu'il 
aura  loué  pour  raser  la  tête...  et  toute  la 
barbe.  Voy.  l'accomplissement  de  celte  pro- 
phétie, 4.  Reg.  ch  24.  v.  14.  16.  c.  25.  20..  La 
barbe  que  Dieu  ordonne  au  prophète  Ezéchiel 
de  se  raser  et  den  partager  les  poils  en  trois 
tiers,  d'en  brûler  une  partie,  de  couper  l'au- 
tre et  de  jeter  au  vent  les  poils  de  l'autre 
tiers,  comme  on  voit,  Ezech.  5.  v.  1.  2.  figu- 
rait les  trois  châtiments  que  Dieu  devait 
exercer  sur  les  habitants  de  Jérusalem,  cha- 
que tiers  devant  recevoir  un  châliment  par- 
ticulier, Voy.  V.  12;  et  ce  châliment  devait 
être  exercé  par  les  Chaldéens. 

BARBARE,  |3«/jÇ«|iwî,  barbaremcnt,  d'une 
façon  qui  sent  le  barbarisme,  en  parlant  du 
langage.  Dans  l'Ecriture: 

D'une  manière  barbare  et  insolente,  et  qui 

combat  la  samiclc  des  lois.   2  iMach.  lii.  2. 

Ne  ita  ferociter  et  barbare  feceris  :  N'agissez 

pas  si  flèrement  ni  d'une  manière  si  barbare; 

Diction.  /'E  Vhilol.  Sacrée.  I. 


BAR  ido 

c  est  ce  que  les  Juifs,  qui  étaient  contraints 
de  suivre  Nicanor,  lui  dirent  lorsqu'il  résolut 
d'attaquer  Judas  avec  toutes  ses  forces  le  jour 
du  sabbat. 

BARBARUS,  a,  um,  Gr.  pâjoga/soç,  du  sy- 
riaque bar,  extra,  en  doublant  la  syllabe,  ou 
de  l'arabe  barbar,  garrulus ,  et  signifie  pro- 
prement barbare,  en  parlani  du  langage.  Les 
Arabes  ont  donné  à  l'Afrique  le  nom  de  Bar- 
barie, parce  que  le  langage  d'Afrique  leur  a 
semblé  un  son  de  bêtes  plutôt  qu'un  langat^e 
d'hommes  ;  elles  Grecs  appelaient  aussi  Ba*r-. 
bares  toutes  les  autres  nations  du  monde, 
dont  le  langage  leur  paraissait  grossier  en 
comparaison  du  leur.  Il  signifie  aussi  gros- 
sier, peu  poli  dans  ses  mœurs,  aussi  bien  que 
son  langage;  inhumain,  cruel.  Dans  l'Ecri- 
ture : 

1°  Tout  peuple  ou  tout  homme  qui  parle 
une  langue ,  qui  n'est  point  entendue  de  ce- 
lui à  qui  il  parle.  1.  Cor.  14.  11.  Si  nesciero 
virtutem  vocis,  ero  ei  cuiloquor,  barbants,  et 
qui  laquitur  mihi,  barbarus  :  Si  je  n'entend» 
pas  ce  que  signifient  les  paroles,  je  serai 
barbare  à  celui  à  qui  je  parle,  et  celui  qui 
me  parle  me  sera  barbare.  Saint  Paul  prouve 
ici  que  l'usage  du  don  des  langues  doit  être 
accompagné  de  l'interprétation,  et  que  sans 
cela  celui  qui  l'emploie  est  exposé  à  la  riséa 
de  ses  auditeurs,  et  à  passer  pour  barbare, 
à  l'exemple  de  celui  qui  parlant  une  langue 
étrangère,  passe  pour  barbare  auprès  de 
ceux  qui  ne  l'entendent  pas. 

2"  Tout  peuple  étranger,  peu  humain ,  fa- 
rouche et  éloigné  du  culte  de  Dieu.  Ps.  113. 
1,  In'exitu  Israël  de  JEgypto,  domus  Jacob 
de  populo  barbare  :  Lorsqu'Israël  sortit  de 
l'Egypte,  et  la  maison  de  Jacob  du  milieoi 
d'un  peuple  barbare.  Dieu  consacra  le  peup- 
le juif  à  son  service.  2.  Mach.  2.  22.  c.  10. 

Rogabant  Dominum  ne  barbaris  ac  blaa— 
phemis  hominibus  traderentur  :  Machabée  et: 
ceux  qu'il  avait  avec  lui  conjuraient  le  Sei- 
gneur de  ne  les  plus  livrer  à  des  barbare» 
et  à  des  blasphémateurs  de  son  nom  ;  ce  fuÉ 
après  qu'ils  eurent  repris  le  temple  et  la  ville 
de  Jésusalem  sur  Antiochus. 

3°  Tous  les  peuples,  hormis  les  Grecs,  sous 
le  nom  desquels  sont  compris  les  Romains 
même  et  tous  les  autres  peuples  moins  po-. 
licés  et  distingués  des  Grecs.  Rom.  1.  14. 
Grœcis  ac  barbaris...  debitor  sum  :  Je  suis  re- 
devable aux  Grecs  et  aux  Barbares;  ainsi 
Plante  a  dit,  Yertit  barbare,  il  a  traduit  en 
latin. 

BARED,Heb.  Grando.  Fils  de  Suthala,  de 
la  tribu  d'Ephraïra.  1.  Par.  7.  19. 

BARIA,  Heb.  Jn  societate.  Voy.  Beria.  —' 
1°  Quatrième  fils  d'Aser,  père  d'Heher.l.Par. 
7.V.30.31.  — 2''.Le  quatrième  fils  de  Séchémias. 
1.  Par.  3.  22.  —  3°  Un  prince  de  la  tribu  de 
Benjamin.  1.  Par.  8.  v.  13.  16.  Baria  ctSama. 
—  k"  Fils  de  Semeï,  descendant  de  Gersom. 
1.  Par.  23.  10. 

BAR-JESU,  Filins  Jcsu,  ou  Jchu,  Heb.  //.* 
ncquilia.  Faux  prophète,  Juif  de  grande  ré- 
pulaiion,  appelé  aussi  Elymas,  magicien. 
Act.  13.0.  11  voulut  empêcher  que  le  procon« 

16 


l 


£95 


DICTIONNAIRE  DE  PIllLOLOGIh:  SACRÉE. 


490 


emmenées  par  Salmanazar;  et  il  parle  ici 
contre  les  chefs  du  peuple;  parce  qu'ils 
persuadaient  faussement  le  peuple  du  con- 
raire ,  et  contre  le  peuple  même  qui  les 
écoulait.  Ainsi  Job.  29.  11.  Jac.  5.  11. 

BEATITUDO,  i>is,  f/az«picrf/ô?.  —  1°  Fé- 
licité, bonheur  temporel.  Gen.  30.  13.  Hoc 
pro  beatitudine  mea  :  C'est  pour  mon  bon- 
heur, dit  Lia  au  second  Ois  que  Zelpha  eut 
<[e  Jacob;  la  fécondité  passait  pour  un  bon- 
heur. 

2°  Le  bonheur  delà  justification.  Rom.  i. 
V.  6.  9.  Sicut  et  David  dicit  beatitudinem  ho- 
minis,  cui  Deus  accepta  fert  juslitiam  sine 
operibus  :  C'est  ainsi  que  David  dit  qu'un 
homme  est  heureux,  à  qui  Dieu  impute  la 
justice  sans  les  œuvres  ;  mais  seulement  par 
la  foi  qu'il  a  en  Dieu,  qui  le  justifie  sans 
aucunes  œuvres  ;  savoir,  qui  précèdent  cette 
foi.  L'Apôtre  a  suivi  la  phrase  hébraïque  du 
Ps.  31. 1.  Beatitudines  levati  ab  iniquitate;  au 
lieu  de  quoi  les  70  ont  traduit  Beati  quo- 
rum, etc.  Ainsi,  Ps.  1.  1.  Heb.  Beatitudines 
viri.  70,  Beatus  vir,  etc. 

3°  Sentiment  de  joie  que  l'on  a  de  se  croire 
heureux.  Gai.  4.  15.  Ubi  est  ergo  beatitudo 
vestra?  Qu'est  devenu  le  bonheur  dont  vous 
vous  flattiez,  lorsque  vous  annonçant  l'E- 
vangile parmi  les  persécutions  et  les  af- 
flictions, vous  m'avez  reçu  comme  Jésus- 
Christ  même  ? 

BEATUS,  A,  UM,  fitazâûio,-.  Du  Grec  /3aw, 
ou  ^£«,  qui  signifie  proprement  eo,  aller, 
s'avancer  ;  et  figurément,  beo,  rendre  heu- 
reux, avancer  heureusement  quelqu'un  ;  et 
signifie  : 

1°  Heureux,  par  la  jouissance  des  biens 
temporels,  qui  ne  regarde  que  la  vie  pré- 
sente. 3.  Reg.  10.  8.  Beati  viri  tui  et  beati 
servi  iut;  Heureux  sont  ceux  qui  sont  à  vous, 
heureux  sont  vos  serviteurs,  dit  la  reine  de 
Saba  à  Salomon,  dans  l'admiration  où  elle 
était  de  sa  sagesse.  Ps".  143.  18.  Beaium 
dixerunt  populum,  cui  hœc  sunt  :  Ils  ont  ap- 
pelé heureux  le  peuple  qui  possède  tous  ces 
biens.  Luc.  11.  27.  Beatus  venter  qui  te  por- 
tavit  :  Heureuses  sont  les  entrailles  qui  vous 
ont  porté,  dit  une  femme  du  milieu  du  peu- 
ple à  Jésus-Christ  ;  Jésus-Christ  témoignant 
que  ce  bonheur,  quoique  très-grand,  était 
cependant  en  lui-même  temporel,  préfère 
celui  d'entendre  la  parole  de  Dieu,  et  de  la 
pratiquer,  v.  28.  comme  étant  un  bien  éter- 
nel. V.  1.  Petr.  1.  25.  Et  souvent  dans  l'An- 
cien Testament.  Ps.  36.  9.  etc. 

2'  Heureux  par  la  jouissance  des  biens  de 
la  grâce  et  des  avantages  spirituels  qui  ont 
rapporta  l'éternité.  Ps.  1.  1.  Beatus  vir  qui 
non  ubiit  in  consilio  impiorum  :  Heureux 
Ihomme  qui  ne  s'est  point  laissé  aller  à 
suivre  le  conseil  des  impies.  Ps.  143.  18. 
Battus  populus  cujus  Dominus  Deus  ejus  : 
Hf'ureux  est  le  peuple  qui  a  le  Seigneur  pour 
son  Dieu.  Ps.  111.  1.  Matth.  5.  5.  Et  souvent 
dans  les  psaumes  et  dans  le  Nouveau  Testa- 
nient,  où  ceux  qui  ont  reçu  de  Dieu  quelque 
grûcc,  qui  a  rapport  au  bonheur  éternel, 
sont  appelés  Bienheureux. 

3"  Heureux  par  la  jouissance  de  i.i  gloire 


et  du  bonheur  des  saints  avec  Jésus-Clirisl, 
dans  l'élernilé.  Apoc.  19.  9.  Scribe  :  Beali 
qui  ad  ccenam  nuptiarum  Agni  vocati  sunt: 
Heureux  ceux  qui  ont  été  appelés  au  sou- 
per des  noces  de  l'Agneau,  dit  l'Ange  à  saint 
Jean. 

4"  Souverainement  heureux;  ce  qui  n'ap- 
partient qu'à  Dieu  et  à  Jésus  -  Christ , 
qui  l'est  par  sa  nature,  en  tant  que  Dieu.  1. 
Tim.  1.  11.  Quœ  est  secundum  Evanrjelium 
gloriœ  beati  Dei  :  La  loi  est,  non  pour  le 
juste,  mais  pour  tout  ce  qu'il  y  a  de  contraire 
à  la  saine  doctrine,  qui  est  selon  l'Evangile 
de  la  gloire  de  Dieu  souverainement  heureux. 

5°  Ce  qui  rend  heureux.  Tit.  2.  13.  Ex- 
pédantes  beatam  spem  :  Attendant  la  béati- 
tude que  nous  espérons:  Beataspes,  pour 
beatitudo  sperata. 

BEBAI,  Heb.  Pupilla.  Chef  de  famille,  dont 
les  enfants  revinrent  au  nombre  de  six  cent 
vingt-trois.  1.  Esdr.  2.  11.  et  2.  Esdr.  7.  17. 
au  nombre  de  six  cent  vingt-huit. 

BECBECIA,  Heb.  Evacualio  Domini.  Lé- 
vite, qui  tenait  le  second  rang  après  Asaph. 
2.  Esdr.  11.  17.  Becbecia  secundus. 

BECHER,  Heb.  Primogenitus.  Fils  d'E- 
phraïm,  de  qui  vient  la  famille  des  Beche- 
rites.  Num.  26.  35. 

BECHOR,  Heb.  Idem.  Second  fils  de  Ben- 
jamin. 1.  Par.  7.  V.  6.  8. 

BECORATH,  Heb.  Primitiœ.  Fils  d'Aphia, 
de  la  tribu  de  Benjamin,  a'ieul  de  Cis,père  de 
Saùl.  1.  Reg.  9.  1. 

BEELMEON,  Heb.  Idoli  habitaculum.  Ville 
de  la  tribu  de  Ruben.  1.  Par.  5.  S.Ezech-  25. 
9.  Voy.  Baalmeon. 

BEELPHEGOR.  1"  Une  idole  des  Moabites, 
qu'ils  adoraient  sur  le  mont  Phégor  ou  Pho- 
gor  ;  ce  qui  lui  a  donné  le  nom  de  Beel~Phe- 
gor,  comme  si  l'on  disait,  Dominus  mpntis 
Pfiegor  :  Le  dieu  du  mont  Phégor;  selon 
d'autres,  ce  mot  signifie  Dominus  turpitudi- 
nis  :  Dieu  infâme,  comme  était  Priape  chez 
les  Romains,  ou  parce  que  dieu  étant  appelé 
Baal-reem,  Dieu  des  tonnerres,  les  Hébreux 
l'ont  appelé  par  raillerie.  Dieu  des  pets.  Voy. 
Phogor.  Num.  25.  3.  Initiatusque  est  Israël 
Beelphegor  :  Israël  se  consacra  à  Beelphe- 
gor.  V.  o.  Deut.  4.  3.  Ps.  105.  28.  Ose.  9.  10. 
Les  plus  belles  filles  des  Moabites  s'élant 
présentées,  par  le  conseil  détestable  de  Ba- 
laam,  devant  les  Israélites,  elles  les  firent 
tomber  d'abord  dans  la  fornication,  et  en- 
suite dans  l'idolâtrie;  la  colère  de  Dieu  s'é- 
tant  allumée  contre  Israël,  il  y  en  eut  24,000 
de  tués,  à  cause  de  ce  double  crime.  Voy. 
Phinées. 

2°  Le  lieu  où  on  adorait  cette  idole.  Jos. 
22.  17.  An  parum  vobis  est  quod  peccastis  in 
Beelphegor  :  N'est-ce  pas  assez  que  vous  ayez 
péché,  comme  nous,  à  Beelphegor  ? 

BEEL-SEPHON,  Heb.  Jdolum  aquilonis. 
Ville  d'Arabie,  proche  de  laquelle  les  Israé- 
lites passaient  la  mer  Rouge.  Exod.  14.  v.  2. 
9.  Num.  33.  7. 

BEELTEM,  Heb.  Magister  sapientiœ.  Ma- 
gistrat, tel  qu'est  le  chancelier,  ou  conseil- 
ler. 1.  Esdr.i.  V.  8.  17.  23.  Voy.  Reum.  Quel- 
ques-uns croient  que  Reum  était  gouver^ 


*97 


BE!I 


BEL 


498 


neur  de  Samarie;  il  s'opposa  aux.  Juifs  qui 
voulaient  rebâtir  Jérusalem. 

BEELZEBUB,  Dominus  muscarum;  Hebr. 
Baalzebub.  Gr.  peé^Çsêu),.  Fr.  Beelzebut. 
Ce  mot  peut  bien  venir  du  changement  que 
firent  les  Juifs,  au  retour  de  la  captivité,  du 
mot  Baalzebub,  nom  d'une  idole  célèbre  du 
temps  de  leurs  aucêtres,  dans  celui  de  Beel- 
zebub  y  que  les  Juifs  attribuèrent  à  Satan 
même,  en  détestalion  de  l'idolâtrie,  dont 
tout  le  culte  se  rapportait  à  lui ,  oiî  ils  l'ont 
appelé  ^ee/zeÔMÔ  ,  Dominus  muscarum,  par 
raillerie  ;  parce  que  son  temple  était  plein 
de  mouches  ,  ou  parce  que  Zebul  signifie 
s/ercMs ,  comme  ils  ont  appelé  Beel-Phegor , 
dieu  des  pets,  celui  qui  était  appelé  Baal- 
rem,  dieu  des  tonnerres  ;  et  signifie  : 

1°  Le  prince  et  le  premier  des  démons, 
par  la  vertu  duquel  les  Juifs  disaient  que 
Jésus-Christ  chassait  les  démons.  Matth.  12. 
"•lï.  Hic  non  ejicit  dœmones ,  nisi  in  Belzebub 
principe  dœmoniorum.  Marc.  3,  22.  Luc.  11. 
15.  etc.  —  2°  Le  dieu  d'Accaron,  qu'Ocho- 
sias  envoya  consulter  s'il  revieudrait  de  sa 
maladie,  i.  Reg.  1.  2.  Consulitt  Beeelzebub 
deum  Accaron,  ditOchosias  à  ses  gens.  3°  Un 
grand  scélérat  adonné  à  la  magie  ,  et  qui  a 
commerce  et  intelligence  avec  le  démon  ;  c'est 
en  ce  sensque  les  Juifs  appelaient  Jésus-Christ 
Beelzehub.  Màtth.  10.  25. 

BEERA,  Heb.  Puteus.  Chef  de  la  tribu  de 
Ruben ,  qui  fut  mené  en  captivité,  avec  toute 
la  tribu  ,  par  Theglatphalazar.  1.  Par.  5.  6. 

BEERl,  Hebr.  Puteus.  1"  Un  Helhéen , 
père  de  Judith,  femme  d'Esaù.  Gen.  26.  3V. 
—  2°  Le  père  du  prophète  Osée.  Ose.  1.  1. 
Yerbum  Domini  quod  faclum  est  ad  Osée  H- 
lium  Beeri. 

BEER-RAMATH ,  Hebr.  Puteus  celsitudi- 
nis.  Ville  de  la  tribu  de  Siméon.  Jos.  19.  8. 
D'autres  joignent  Béer  avec  le  mot  précé- 
dent Baalath;  d'autres  croient  que  c'est  Ba- 
xiuthia  ou  Bersabée. 

BEGOAl,  Hebr.  In  corpore  meo.  Un  des 
chefs  parmi  les  Juifs  qui  revinrent  de  la  cap- 
tivité. 2.  Esdr.  7.  7. 

BEGUAI,  Hebr.  Idem.  Le  même  que  Be- 
gaï.  1.  Esdr.  2.  2.  Ses  enfants  revinrent  de 
la  captivité  au  nombre  de  deux  mille  cin- 
quante-six. V.  li.  et  2.  Esdr.  7.  20.  de  deux 
mille  soixante-sept. 

BEGUI,  Heb.  Idem.  Chef  de  famille,  qui 
revint,  avec  Esdras,  à  la  tête  de  soixante- 
dix  hommes.  1.  Esdr.  8.  li. 

BEHEMOTH,  Hebr.  Multiludo  animalium. 
Nom  hébreu  au  pluriel,  qui  signifie  animal 
au  singulier.  11  semble  que  c'est  léléphant  , 
qui  est  marqué  par  ce  mol,  comme  étant  le 
plus  grand  des  animaux  de  la  terre  ;  comme 
par  celui  de  Lcvialhan ,  on  entend  la  baleine  , 
qui  est  le  plus  grand  des  animaux  de  la  mer. 
Job.  W.  10,  Ecce  Behemolh  quem  feci  lecum  : 
Considérez  Behemolh,  (jue  j'iii  créé  avec 
vous  :  le  mot  lecum,  est  pour,  de  même  que 
vous,  V.  \h.  Ipse  est  principium  viarum  Dei  : 
La  plus  excellente  des  ciéalures  de  Dieu  , 
par  sa  vaste  grandeur;  mais  Bochart  croit 
que  Behemolh,  c'est  rhippopolamc  ,  et  Le- 
viathan  le  crocodile.  Saint  Jérôme  et  saint 


Grégoire  le  Grand  interprètent  du  démon 
ces  mots,  Behemolh  Levialhan  ,  et  en  font 
une  application  de  tout  ce  qui  se  dit  de  ces 
animaux  dans  Job.  Ce  mol  en  d'autres  en- 
droits signifie  autre  chose. 

BEL,  Hebr.  Vetustus.  Selon  quelques-uns, 
c'est  l'abrégé  de  Baal,  seigneur,  qui  était  le 
dieu  des  Tyriens  et  des  Sidoniens  :  ido'e  fa- 
meuse et  la  principale  des  Babyloniens,  qui 
était  aussi  honorée  dans  les  villes  et  les 
pays  voisins.  Isa.  i6.  1.  Confractus  est  Bel  : 
Bel  a  été  rompu  :  le  prophète  prédit  la  ruine 
des  Babyloniens  par  le  roi  des  Perses.  Jerem. 
50.  2.  c.  51.  k.  Baruch.  6.  iO.  Dan.  14.  2. 

BELA ,  Hebr.  Deglutiens.  1°  Un  roi  des 
Iduméens.  Gen.  36.  32,  Bêla  filius  Beor  :  Il 
est  appelé  Baie.  1.  Par.  1.  v.  43.  4i,  —  2°  Un 
fils  de  Benjamin.  Gen.  46.  22.  Filii  Benjamin  ; 
Bêla  :  Il  est  appelé  Baie.  1.  Par.  8.  v.  1.  3. 
Benjamin  autem  genuil  Baie  primogenitum 
suum  :  Il  est  la  tige  de  la  famille  des  Balaïtes. 
Num.  26.  38. 

BELGA,  JE.  Hebr.  Befrigerium.  —  1°  Un 
homme  de  la  famille  d'Eléazar,  grand  sacri- 
ficateur, et  le  quinzième  des  vingt-quatre 
institués  par  David  pour  exercer  leur  mi- 
nistère. 1.  Par.  24.  14.  —  2°  Un  des  prêtres 
qui  revinrent  avecZorobabel.  2.  Esdr.  12.5. 

BELGAI,  Hebr.  Idem.  Un  de  ceux  qui  si- 
gnèrent le  traité  fait  avec  le  Seigneur.  2. 
Esdr.  10.  8. 

BELIAL,  Hebr.  sine  jugo,  ou  sans  profil, 
ce  qui  est  de  nulle  utilité.  Ce  nom  hébreu 
signifie  : 

1°  Le  démon  même,  qui  le  premier  a  se- 
coué le  joug  de  la  soumission  qu'il  devait  à 
Dieu.  2.  Cor.  6.  15.  Quœ  autem  conventio 
Christi  ad  Belial?  Quel  accord  entre  Jésus- 
Christ  et  Bélial? 

2"  Un  homme  extrêmement  méchant  et 
impie.  Nahum.  1.  15.  Non  adjiciet  ultra  ut 
pertranseat  in  te  Belial  :  Les  impies  ,  les  As- 
syriens ne  ravageront  plus  vos  terres.  Dieu 
parle  au  peuple  juif,  après  la  défaite  de  l'ar- 
mée de  Sennachérib ,  et  peut-être  bien  même 
après  sa  mort.  Judic.  19.  22.  Ainsi,  2.  Reg.  22. 
5.  Torrenles  Belial  terruerunt  me  :  Les  maux 
qui  viennent  fondre  sur  moi  de  la  part  des 
méchants  m'ont  épouvanté.  Voy.  Torrens. 
De  là  vient  : 

Filii  ou  Fili.e  Belial.  Enfants  de  Belial, 
déshonnêtes ,  méchants  et  détestables  ,  des 
personnes  sans  joug,  c'est-à-dire  sans  con- 
science. Deut.  13.  13.  Egressi  sunt  filii  Belial 
de  medio  lui  :  Des  enfants  de  Belial  sont  sortis 
de  vous  :  l'Ecriture  parle  de  ceux  qui  au- 
raient été  capables  de  porter  quelques- uns 
du  peuple  à  l'idolâtrie.  1.  Reg.  2.  12.  Ainsi, 
1.  Reg.  1.  16.  c.  12.  Ne  rcpnles  ancillam 
tuamquasi  unam  de Filiabus  Belial .  Necroyez 
pas  que  votre  servante  soit  comme  l'une  des 
filles  de  Belial,  sans  joug,  qui  ait  secoué  le 
joug  de  la  modestie  et  de  la  retenue,  qui 
doit  être  le  partage  des  femmes,  jusqu'à 
mètre  troublée  par  le  vin  :  Anne  répond 
dans  ce  verset  et  dans  le  verset  quinzième 
à  ce  que  lui  dit  le  grand  prêtre  Héli,  v.  14. 

RELLARK ,  mleaeîv.  Dc  bellum  ,  et  si-» 
gnifie  ; 


199 


DICTIOMNAIRE  DE  PHILOLOGIE  S.XCUÉE, 


500 


Combattre,  se  battre,  faire  la  guerre.  3. 
Reg.  12.  24.  iVon  bellabitis  contra  fratres  ves- 
tros  filios  Israël  :  Vous  ne  ferez  point  la 
guerre  contre  les  enfants  d'Israël ,  qui  sont 
vos  frères  ,  dit  Semeïas,  de  !a  part  de  Dieu  à 
Roboam,  qui  était  près  de  marcher  en  cam- 
pagne ,  avec  une  armée,  pour  réduire  le 
royaume  des  dix  tribus  sous  son  obéissance. 
1.  Par.  22.  8.  Plurima  bella  ballasti  [■koisïv)  : 
Vous  vous  êtes  trouvé  en  quantité  de  ba- 
tailles ,  dit  Dieu  à  David  ,  comme  une  raison 
pour  laquelle  il  ne  pourrait  bâtir  le  temple. 
Jerem.  1. 19. 

BELLATOR  ,  oris  (  ÔTzlirvç  ).  Homme  de 
guerre,  combattant.  Nuin.  32.  21.  Omnis  vir 
bellator  armatus  Jordanem  transeat  :  Moïse 
parle  des  deux  tribus  ,  de  Ruben  et  de  Gad  , 
qui  promettent  de  prendre  tous  les  armes  , 
pour  aider  à  mettre  les  autres  tribus  en  pos- 
session de  la  terre  promise,  qui  était  au  delà 
du  Jourdain.  Deut.  15.  3.  Ainsi,  Dieu  même 
est  appelé  Combattant ,  pour  marquer  qu'il 
peut  aisément  défaire  les  ennemis.  Jer.  20. 
il.  Dominus  autem  mecum  est  quasi  bellator 
fortis  :  Le  Seigneur  est  avec  moi  comme  un 
guerrier  invincible,  dit  Jérémie.  Voy.  Ps. 
23.  8.  Voyez  comme  Dieu  a  combattu  pour 
son  peuple.  Exod.  c.  14.  v.  14.  24.  25.  c.  IT. 
16.  Dieu  co«ibat  pour  les  Israélites  contre  les 
Egyptiens.  Judic.  5.  v.  8.  13.  Dieu  combat 
pour  Barac,  chef  des  Israélites ,  contre  Si- 
sara.  La  déroule  de  son  armée,  c.  4.  15.  et 
c.  7.  V.  20.  22.  Il  combat  pour  Gédéon  contre 
les  Madianites.  v.  2.  Par.  13.  12.  c.  20.  15. 
et  ainsi  en  plusieurs  autres  endroits  sembla- 
bles de  l'Ecriture  : 

BELLICOSUS,  A,  UM.  Belliqueux,  guer- 
rier, en  parlant  d'un  peuple,  d'une  nation, 
d'une  ville;  dans  l'Ecriture, 

Brave,  vaillant,  propre  à  la  guerre  {ttoIsul- 
ctriç).  1.  Reg.  16.  18.  Vidi  filium  Isai  scien- 
tem  psallere,  forlissimum  robore  et  virum 
bellicosum  :  J'ai  vu  l'un  des  fils  d'Isaï  de 
Bethléem,  qui  sait  fort  bien  jouer  de  la  harpe 
et  qui  est  propre  à  la  guerre;  c'est  un  ofti- 
cierdeSaiil,  qui  lui  propose  David  comme 
propre  à  le  soulager,  par  le  son  de  la  harpe, 
du  malin  esprit  qui  le  tourmentait.  2.  Par. 
13.  3. 

BELLICUS,  A,  UM,  TvoXe/itxcic,  qui  appartient 
ou  qui  sert  à  la  guerre.  Eccl.  9.  18.  Melior 
est  sapientia  quam  arma  bellica  :  La  sa- 
gesse vaut  mieux  que  les  armes  des  gens  de 
guerre.  Judith.  16.  23.  Universa  vasa  bellica: 
Toutes  les  armes  ,  tout  l'équipage  d  Holo- 
pherne,  etc. 

BELLIGERARE,  Tcoleneïv,  de  bellum,  et  de 
gerere,  ei  signifie,  1°  Faire  la  guerre,  com- 
battre l'un  contre  l'autre.  Mich.  4.  3.  Non 
discent  ultra  belligcrare  :  Les  peuples  ne 
s'exerceront  plus  à  combattre  l'un  contre 
l'autre;  savoir,  au  temps  de  la  vinue  du 
Messie.  2°  Quereller,  disputer  pour  quelque 
intérêt.  Jac.  4.  2.  Litigatis  et  bclUyeratis  : 
Vous  plaidez,  et  vous  faites  la  guerroies 
uns  contre  les  autres. 

BELLIGERATOR ,  oris  (  TroXe^arn?  )•  <^e 
nom,  qui  est  inusité  chez  les  Latins,  est  mis 
ici  pour  belliger,  et  signifie  dans  l'Ecriture  : 


Homme  de  guerre  ,  qui  combat  à  pied.  1. 
Mach.  15.  13.  Applicuit  Antiochus  super  Do- 
ram  cum  centum  viginti  millibus  vir  arum 
belligeratorum,  et  octo  millibus  equitum  :  An- 
liochus  vint  se  camper  au-dessus  de  Dora 
avec  cent  vingt  mille  hommes  de  guerre,  et 
huit  mille  chevaux.  Ce  fut  pour  investir  celte 
ville ,  où  s'était  réfugié  Tryphon ,  qu'An- 
tiochus  poursuivait.  Voy.  v.  10.  11.23.  Ainsi, 
ch.  16.  4. 

BELLUA ,  JE,  Qôp,  oç.  De  bellum;  parce 
que  leS  bêtes  se  font  la  guerre,  et  signifie 
bêle,  et  le  plus  souvent  bêle  sauvage,  en 
pariant  des  plus  grandes  et  des  plus  féroces  ; 
dans  l'Ecriture  : 

Bête  sauvage,  bêle  farouche.  2.  Mach.  4. 
25.  Ferœ  belluœ  iram  gerens  :  Ménélaiis, 
qui  avait  acheté  d'Antiochus  la  souveraine 
sacrificature,  revint  à  Jérusalem,  n'appor- 
tant à  cette  dignité  que  le  cœur  d'un  cruel 
tyran,  et  la  colère  d'une  bête  farouche.  Eccli. 
43.  27.  lllic  creatura  belluarum  :  On  voit 
dans  la  mer  ces  bêtes  monstrueuses  que  Dieu 
y  a  créées. 

BELLUM,  1,  TToXeiioç.  De  duellum,  qui  mar- 
que proprement  le  combat  de  deux  hommes 
seuls  ,  au  lieu  que  bellum  marque  le  combat 
de  plusieurs;  quoiqu'il  convienne  avec  duel- 
lum,  en  ce  que  les  combats  se  livrent  aussi 
entre  deux  villes,  deux  peuples  ou  deux  na- 
tions, et  signifie  ; 

Guerre.  Ps.  67.  33.  Dissipa  gentes  quœ 
bella  volunt  :  Dissipez  les  nations  qui  ne  res- 
pirent que  la  guerre.  Sap.  14.  22.  In  mayno 
viventes  inscientiœ  belle,  tôt  et  tam  magna 
mala  pacem  appellant  :  Les  hommes  vivant 
dans  cette  ignorance  de  Dieu  conime  dans 
une  guerre  funeste  ,  donnent  le  nom  de  paix 
à  des  maux  si  grands  et  en  si  grand  nombre. 
Le  Sage  parle  des  effets  funestes  de  l'idolâ- 
trie. De  là  vient: 

BELLUM  DOMINI.  —  1°  La  guerre  du 
Seigneur  ;  est  celle  que  les  bons  entrepren- 
nent pour  maintenir  la  gloire  de  Dieu  ,  et 
pour  son  service,  contre  les  impies  qui  l'at- 
taquent. Exod.  17.  16.  Bellum  Domini  erit 
contra  Amalec  :  La  guerre  du  Seigneur  sci'u 
coiilre  Amalec.  Voyez  l'accomplissemenl  de 
celle  loi.  1.  Reg.  15.  7.  1.  Reg.  18.  17.  c.  23. 
28.  Ainsi ,  Bellum  Domini  marque  aussi  que 
c'est  Dieu  qui  est  l'arbitre  de  la  guerre,  qu'il 
en  est  le  maître  ;  en  parlant  d'une  guerre 
faite  par  sa  providence  ,  par  son  secours  et 
sous  sa  conduite.  1.  Reg.  17.  47.  Ipsius  cnim 
est  bellum:  C'est  le  Seigneur  qui  est  l'arbitre 
de  la  guerre,  dit  David  à  Goliath  ;  et  ceci 
même  a  donné  le  nom  au  livre  appelé  des 
Guerres  du  Seigneur,  dont  il  est  parlé.  Nom. 
21.  14.  Ce  livre  est  perdu,  et  on  croit  qu'il 
était  conunun  entre  les  mains  des  Juifs,  et 
qu'il  fut  fait  au  temps  de  Moïse,  touchant  les 
voyages  du  peuple,  et  sur  les  guerres  et  les 
combats  que  les  Israélites  avaient  livrés  par 
l'ordre  et  la  providence  de  Dieu,  et  dont  ils 
avaient  remporté  les  victoires  par  son  .>;e- 
cours  et  son  assistance  ;  ce  pouvait  bien  être 
un  livre  en  vers,  rempli  de  cantiques,  pareils 
au  cantique  rapporté  v.  18.  et  2.  Par.  20, 
21.  etc.  et  de  proverbes,  tels  que  celui  «jui 


SOI 


BRL 


REN 


502 


est  rapporté  v.  27.  qu'ils  chantaient  en  re- 
connaissance des  grâces  qu'ils  avaient  r<^- 
çues  de  Dieu  dans  les  combats  ,  dont  ils 
âraienl  remporté  la  victoire. 

2°  Le  combat,  la  bataille.  1.  Cor.  14-.  8. 
Si  incertain  vocem  det  tuba,  quis  parabit  se 
ad  bellum?  Si  la  trompette  ne  sonnait  qu'un 
son  incertain,  qui  se  préparera  pour  aller 
au  combat?  Saint  Paul  rapporte  ceci  comme 
une  comparaison  ,  pour  dire  que,  comme  si 
le  son  de  la  trompette  n'est  que  général  ,  et 
non  celui  qui  fait  connaître  qu'on  se  doit 
préparer  au  combat,  personne  ne  s'y  pré- 
pare, et  ainsi  ce  son  est  inutile  ;  de  même 
celui  qui  parle  une  langue  inconnue  ,  sans 
interpréter  ce  qu'il  dit,  dit  des  paroles  inu- 
tiles, c'est  comme  s'il  ne  proférait  qu'une 
voix  confuse  qui  ne  voulût  rien  dire.  Job.  39. 
25.f/6î  audieritl  buccinam,  dicit  :  Vah.  Procid 
odoratur  bellum  :  Lorsque  l'on  sonne  la 
charge,  le  cheval  dit ,  Allons.  Il  sent  de  loin 
la  bataille  ;  autr.  l'approche  des  troupes. 
Judic.  5.8.  Voy.  Novus.  De  là  vient  celte 
1  hrase  : 

Vir  belli.  Homme  de  guerre  ;  pour  Vir  bel- 
licosus,  homme  propre  à  la  guerre,  propre 
iiU  service.  1.  Reg.  18.  5.  Posuit  eum 
Saul  saper  viros  belli  :  Saul  donna  à  David 
le  commandement  sur  quelques  gens  de 
guerre. 

Dies  belli.  Amos.  1.  ik.  Devorabit  œdes  ejus 
in  ululatu  in  die  belli  :  Le  feu  consumera 
toutes  les  maisons  de  Rabba....  dans  l'hor- 
reur du  combat.  Le  prophète  prédit  la  défaite 
des  Ammonites  et  la  prise  de  Rabbath,  leur 
ville  capitale.  Voy.  l'accomplissement  de 
celte  prophétie.  2.  Reg.  12.  29.  etc.  Ainsi 
Ps.  139.  8. 

3°.  La  force  des  armes  et  la  puissance.  Ju- 
dith. 9.  10.  Qui  conteris  bellaab  inilio  .-Que 
les  Assyriens  périssent,  eux  qui  ne  sa- 
vent pas  que  c'est  vous  qui,  depuis  le  com- 
mencement du  monde,  terrassez  les  armées 
les  plus  redoutables,  dit  Judith  à  Dieu  dans 
son  oraison.  Ps.  75.  k. 

h'  La  hardiesse  et  la  témérité  avec  laquelle 
on  attaque  quelque  chose  de  monstrueux  et 
de  terrible.  Job.  40.  27.  Mémento  belli:  Sou- 
venez-vous de  la  guerre,  i.  e.  de  la  har- 
diesse et  de  la  témérité  avec  laquelle  vous 
avez  osé  attaquer  la  baleine  ,  dit  Dieu  à 
Job. 

5"  La  victoire  que  l'on  remporte  dans  la 
guerre.  Eccli.  9.  11.  Nec  forlium,  bellum: 
La  victoire  n'est  pas  toujours  pour  ceux  qui 
paraissent  les  plus  braves. 

§  1.  Effort  que  l'on  fait,  tous  les  moyens 
que  l'on  prend  pour  gagner  et  surmonter 
quelqu'un.  Apoc.  il.  1.  Beslia  quœuscendit 
de  abysso  faciel  adversus  eos  bellum  :  La  bêle 
<|tii  n)onte  de  l'abîme  fera  la  guerre  aux 
deux  témoins  qui  doivent  prophétiser  pen- 
dant trois  ans  et  demi,  les  vaincra  et  les 
tuera.  Voy.  Testis.  Ainsi,  ch.  13.  7.  Et  est 
datum  illi  bellum  fnccrc  cum  sanctis  :  CeHc 
guerre  se  fera  p,ir  l'Anlechrist ,  autant  par 
les  caresses  que  par  la  violence. 

S  2.  Dispute  et  querelle  parliculiôrc.  Jac 
k'  1.  Unde  betla  et  lites  in  vuhis't  D'où  vien- 


nent les  guerres  et  les  procès ,  n'est-ce  pas 
de  vos  passions  ? 

§  3.  Les  orages  et  les  tempêtes  de  la  fu- 
reur de  quelqu'un.  Job.  20.  23.  Pluet  super 
illum  bellum  siutm  ;  Dieu  fera  pleuvoir  sur 
l'impie  les  traits  et  les  foudres  de  sa  colère. 

§4.  L'affliction.  Job.  38.  ^S.  Quœ  prœpa- 
ravi  in  tempus  hostis  in  diem  pugnœ  et  belli  : 
Avez-vous  les  trésors  de  la  grêle,  que  j'ai 
préparés  pour  affliger  et  punir  ceux  que  je 
veux  châtier  ,  dit  Dieu  à  Job. 

BELMA,  Heb.  Niliilum.  Montagne  près  de 
Béthulie,  célèbre  pour  avoir  été  le  lieu  du 
campement  d'Holopherne  et  de  sa  sépulture. 
Judith.  7.  3.  Ce  lieu  a  été  autrefois  appelé 
Helma,  ensuite  Abelina. 

BELSAN,  Heb.  In  lingua.  Un  des  plus  il- 
lustres entre  ceux  qui  revinrent  de  Baby- 
lone  avec  Zorobabel.  1.  Esdr.  2.  2. 

BEN,  Heb.  Filius.  Un  lévite,  portier  de  la 
famille  de  Mérari.  1.  Par.  15.  18. 

BENABÏNADAB,  Heb.  Filius  patris  voven- 
tis.  Un  des  douze  officiers  du  roi  Salomon  , 
qui  avait  l'intendance  de  tout  le  pays  de  Ne- 
ph;it-Dor.  Il  avait  épousé  Taphet,  fille  de 
Salomon.  3.  Reg.  k.  11. 

BENADAD  ,  Heb.  Filius  sonitus.  —  1°  Un 
roi  de  Syrie  qui  demeurait  à  Damas,  fils  de 
Tahremon.  3.  Reg.  15.  18.  (Asa)  misiC  ad  Be- 
nadad,  fîlium  Tabremon^  regem  Syriœ  :  Asa 
envoya  tout  l'argent  et  l'or  qui  était  de- 
meuré dans  les  trésors  de  la  maison  du  Sei- 
gneur, et  dans  les  trésors  du  palais  du  roi  à 
Benadad  ,  fils  de  Tahremon  ,  roi  de  Syrie. 
c.  20.  16. 

2°  Un  autre  roi  de  Syrie,  fils  d'Hazaël,  qui 
se  rendit  maître  des  Israélites.  4.  Reg.  13.  3. 
Tradidit  eos  in  manu  Eazael  régis  Syriœ,  et 
in  manu  Benadad,  filii  Hazaelis  :  Le  Seigneur 
livra  Israël  entre  les  mains  d  Hazaël,  roi  de 
Syrie,  et  entre  les  mains  de  Benadad,  fils 
d'Hazaël.  Amos  prédit  sa  ruine,  c.  1.  v.  3. 
4.  Mittam  in  domum  Hazael,  et  devorabit  do- 
mos  Benadad  :  Je  mettrai  le  feu  dans  la  mai- 
son d'HazJël,  et  les  palais  de  Benadad  en  se- 
ront consumés.  Jer.  49.  27. 

BENDEGAR,  Heb.  Filius  compunctionis. 
—  Un  des  douze  officiers  du  roi  Salomon  , 
intendant  à  Maccoz,  Salebin  et  autres  con- 
trées. 3.  Reg.  4.  9. 

BENE,  y.càûç.  Cet  adverbe  vient  de  l'ancien 
adjectif  benus,  mis  pour  bonus,  et  signifie  , 

1°  Bien,  moralement  bien,  à  propos,  avec 
bienséance,  régulièrement.  1.  Cor.  7.  38. 
Qui  matrimonio  Jungit  virginem  suam,  bene 
facit  :  Saint  Paul  parle  d'un  père  de  famille 
qui  juge  que  Dieu  appelle  sa  fille  au  mariage- 
Gai.  5.  7.  Currebatis  bene;  Vous  couriez  si 
bien  dans  la  voie  de  Dieu.  Saint  Paul  fait 
souvenir  ces  peuples  de  l'avancement  qu'ils 
faisaient  dans  la  perfection  de  la  religion 
chrétienne,  sans  qu'ils  s'assujettissent  à  la 
circoncision,  et  les  veut  empêcher  de  s'y  as- 
sujettir. Jon.  4.  4.  Putdsnc  bene  irasccns  lu? 
(Croyez-vous  (jue  la  colère  où  vous  êtes  de 
ce  que  je  ne  punis  pas  ceux  de  Ninive ,  selon 
que  vous  les  en  avez  menacés  de  ma  part , 
soit  bien  raisonnable?  D'où  vient  bene  toqui. 
Voy.  LoQui.  2"  Ainsi,  2.  Mach.  12.  43. 


50' 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


50'. 


â"  Bien,  conformément,  convenablement, 
comme  on  le  doit.  3.  Reg.  21.  7.  Bene  régis 
regniim  Israël  :  Vous  gouvernez  bien  le 
royaume,  à  ce  que  je  vois,  dit  Jezabel  à 
Achab  ,  se  moquant  de  lui,  de  s'affliger  du 
refus  de  Naboth.  Marc.  7.  19.  Betie  irritum 
fecistis  prœceptum  Dei  ;  Vous  êtes  des  gens 
Lien  religieux.,  de  détruire  le  commande- 
ment de  Dieu  pour  garder  votre  tradition  , 
dit  Jésus-Christ  aux  Pharisiens  et  aux 
scribes. 

3°  Vraiment,  avec  vérité,  en  marquant  l'ap- 
probation de  quelque  chose  qui  se  fait  ou  se 
dit.  Joan.  8.  48.  Nonne  bene  dicimus  nos,  quia 
Samaritanus  es  tu?  N'avons-nous  pas  raison 
de  dire  que  vous  êtes  un  Samaritain  ,  disent 
les  Juifs  à  Jésus-Christ?  c.  4.  17.  c.  13.  13. 
Luc.  20.  39.  Act.  28.  25.  Ainsi  Jerem.  1.  12. 
Beûe  vidisti  :  Ce  que  vous  voyez  est  vrai, 
Dieu  répond  au  prophète  que  c'était  vrai- 
ïiiCiil  la  verge  qui  veille,  que  le  prophète 
voyait  comme  le  prophète  le  disait. 

4°  A  la  bonne  heure,  cela  est  bien ,  j'en 
suis  content  (  «ya0w?)  ,  pour  marque  d'ap- 
probation ou  de  consentement.  1.  Reg. 
20.  7.  Si  dixerit ,  Bene  :  Si,  disant  :  A  Saiil 
que  vous  m'avez  permis  d'aller  au  sacri- 
licc  de  Bethléem,  il  vous  répond,  à  la 
bonne  heure,  il  n'y  a  rien  à  craindre  pour 
moi.C'eslla  marque  que  David  donne  à  Jona- 
thas,  pour  reconnaître  si  Saiil  n'avait  point 
de  méchants  desseins  contre  lui.  Rom.  11. 
20.  Bene;  à  la  bonne  heure, je  vous  l'avoue; 
savoir,  que  les  Juifs  ont  été,  par  leur  incré- 
dulité ,  comme  des  branches  rompues  ,  afla 
que  les  Gentils  fussent  entés  en  Jésus-Christ 
à  leur  place. 

5°  Commodément,  avantageusement,  heu- 
reusement (ey).  Ephes.  6.  3.  Ut  bene  sit  tibi  : 
Honorez  votre  père  et  votre  mère, afin  que  vous 
soyez  heureux.  Tob.  5.  21.  Bene  ambulelis  ; 
Que  votre  voyage  soit  heureux,  dit  le  père 
de  T(;bie  à  l'ange  Raphaël,  v.  27.  Isa.  3.  10. 
J)ici{e]usto,quuniambene[suppl.eritei):D\\.es 
i\u  Juste  qu'il  espère  bien.  Jac.  2.  3.  Tusede 
hic  bene  :  Asseyez-vous  ici  ,  où  vous  serez 
commodément.  Saint  Jacques  avertit  de  ne 
faire  pas  asseoir  un  homme  riche  ,  parce 
quil  est  bien  vêtu,  par  préférence  à  un 
autre  qui  est  pauvre  et  mal  vêtu.  Gen.  12.  13. 
Prov.  11.  27.  1.  Mach.  5.  56.  Jerem.  44.  17. 

6°  Habilement,  savamment  (ô/vewî).  1.  Rcg. 
16.  17.  Providete  crcjo  milii  aliquem  bene  psal' 
ïentem  :  Cher(  hcz-moi  quelqu'un  qui  sache 
bien  jouer  de  la  harpe,  dit  Saùl.  C'était  afin 
que  par  ce  moyen  il  reçût  du  soulagement 
contre  le  malin  esprit ,  lorsqu'il  en  serait 
agité.  Ainsi  Ps.  32.  3.  Ps.  150.  5.  Isa.  23.  16. 
2.  Mach.  15.  39. 

BliNE  AGERE,  y.vlûç  Tcoiea.  Ce  verbe  com- 
posé signifie  : 

1°  Faire  bien,  vivre  selon  la  loi  de  Dieu 
et  selon  la  raison.  Gen.  4.  7.  Nonne  si  bene 
eqeris,  rccipies?  Si  vous  faites  bien,  n'en  se- 
rez-vous  pas  récompensé?  dit  Dieu  à  Caïn. 
Ad.  15.  29. 

2°  Faire  du  bien,  être  charitable  {àyixOoEp- 
yiîv).  1.  ïim.  G.  18.  Divitibus  hujus  sœculi 
pracipe...  bene  agerc  :  Donnez  pour  maxime 


aux  riches  de  ce  monde  d'être  charitables  ot 
bienfaisants. 

3°  En  bien  user  à  l'égard  de  quelqu'un,  le 
traiter  favorablement.  Judic.  9. 16.  Nunc  igi^ 
tur  si  bene  egistis  cum  Jero-Bual  :  Considérez 
donc  maintenant  si  vous  avez  bien  traité 
Jéro-Baal  et  sa  maison,  dit  Joathan  aux  Si- 
chimites,  leur  représentant  le  peu  de  justice 
qu'ils  leur  avaient  fait,  en  prenant  Abimé- 
lech  pour  leur  roi,  préférablement  à  lui. 
Sap.  11.  V.  6.  14. 

4°  Faire  bien,  réussir,  conformément  aux 
lois.  De  là  vient  Bene  res  acta  est  ;  Ruth.  3. 
13,  Si  te  voluerit  propinquitatis  jure  retinere, 
bene  res  acta  est;  ùyv.bôv.  Si  le  parent  qui 
vous  est  plus  proche  que  moi  veut  vous  re- 
tenir, se.  en  vous  épousant,  à  la  bonne 
heure,  dit  Booz  à  Ruth. 

BENEDICERE,  sù^oyerv.  Ce  verbe  composé 
se  joint  ou  avec  l'accusatif,  ou  avec  le  datif, 
et  signifie  : 

1°  Louer  quelqu'un,  en  dire  du  bien,  le 
remercier,  lui  témoigner  par  des  louanges  la 
reconnaissance  que  l'on  a  de  ses  grâces  et 
de  ses  faveurs.  Ps.  33.  1.  Benedicam  Domi- 
num  in  omni  tempère  :  Je  bénirai  le  Seigneur 
en  tous  teinps;  sa  louange  sera  toujours 
dans  ma  bouche.  David  veut  toujours  louer 
Dieu,  en  reconnaissance  de  ce  qu'il  l'avait 
tiré  d'entre  les  mains  d'Achis,  qui  le  voulait 
faire  mourir.  Ps.  102.  v.  20.  22.  1.  Cor.  14. 
16.  C'est  ainsi  que  l'on  bénit  Dieu,  en  le 
priant  et  le  remerciant,  par  exemple,  avant 
le  repas.  1.  Reg.  9.  13.  Neque  mim  comesurits 
est  populus  donec  ille  veniat  :  quia  ipse  bene- 
dicit  hostiœ,  et  deinceps  comedunt  qui  vocati 
sunt  :  Le  peuple  ne  mangera  point,  jusqu'à 
ce  que  Samuel  soit  venu,  parce  que  c'est  lui 
qui  bénit  l'hostie;  et  après  cela  ceux  qui  y 
ont  été  appelés  commencent  à  manger,  ré- 
pondirent les  filles  à  Saiil  et  à  son  serviteur, 
qui  leur  avaient  demandé  si  Samuel  n'était 
pas  dans  les  terres  de  Suph.  Voy.  v.  5.  Ainsi, 
quand  Jésus-Christ  bénissait  quelque  chose, 
avant  de  faire  quelque  miracle,  celait  ordi- 
nairement en  faisant  quelque  prière  et  en 
remerciant  Dieu,  ce  qui  est  ici  la  vraie  signi- 
fication de  benedicere;  ce  qui  se  prouve  en 
ce  que  parmi  les  évangélistes,  qui  rappor- 
tent le  miracle  de  la  multiplication  des  pains, 
saint  Matthieu,  14.  19,  et  saint  Marc,  6.  41, 
usent  du  terme  de  benedicere,  bénir;  au  lieu 
duquel  le  même  saint  Marc,  8.  6,  et  saint 
Jean,  6.  11,  usent  de  grattas  agere.  Et  dans 
ces  mêmes  endroits,  les  évangélistes  se  sont 
servis  indifféremment  des  verbes  eù^oy^îv, 
benedicere  ,  ou  rj/aotTi-eï-j  ,  gratias  agere  , 
parce  que  Jésus-Christ  joignait  l'un  et  l'au- 
tre :  il  bénissait  par  quelque  prière  et  re- 
merciait Dieu  de  la  grâce  qu'il  lui  faisait, 
comme  on  le  peut  remarquer  aussi  dans  la 
consécration  de  son  sacré  corps,  rapportée 
par  les  évangélistes.  Mallh.  26.  26.  Marc.  14. 
22.  Voy.  Luc.  22.  v.  17.  19.  A  quoi  se  rap- 
porte 1.  Tim.  4.  V.  4.  5.  Voy.  Marc.  10.  16. 
Mal  th.  19.  l;J. 

2"  Il  est  aussi  ordonné  de  rendre  gràcos 
après  le  repas.  Deut.  8.  2.  Cum  comederis  et 
sati.'itns  ftierif!,  benedicas  Domino  Deo  tuo  : 


505 


BEN 


BEN 


ÏO' 


Après  que  vous  aurez  mangé  et  que  vous 
serez  rassasiés  de  tous  ces  biens,  bénissez  le 
Seigneur  votre  Dieu. 

3"  Souhaiter  à  quelqu'un  toutes  sortes  de 
bénédictions,  soit  temporelles  ou  spirituel- 
les, en  reconnaissance  de  quelque  bienfait. 
2.  Reg.  14.  22.  Cadensquc  Joab  super  faciem 
suam  in  terram,  adoravit  et  benediœit  régi  : 
Aussitôt  que  David  eut  accordé  à  Joab  de 
faire  revenir  Absalon  de  son  exil,  Joab  se 
jeta  à  terre,  et  se  tenant  prosterné  devant  le 
roi,  il  le  remercia  en  lui  souhaitant  toutes 
sortes  de  bénédictions.  Job.  31.  20.  2.  Reg. 
21.  3.  Gen.  1.  22.  Rom.  12.  li.  Soit  qu'il  s'en- 
tende des  bénédictions  que  l'on  souhaite 
avec  droit  et  autorité,  et  sans  qu'il  y  ait  de 
inotif  de  reconnaissance  :  telles  étaient  les 
bénédictions  des  anciens  patriarches  sur 
leurs  enfants  et  sur  toute  leur  postérité. 
Gen.  27.  v.  27.  28.  Benedicens  illi  ait  :  Det 
tibi  Deus  de  rore  cœli  et  de  pinguedine  terrœ 
abundantiam  frumenti  et  vini  :  Isaac  dit  à 
Jacob,  en  le  bénissant  :  Que  Dieu  vous  donne 
une  abondance  de  blé  et  de  vin,  de  la  rosée 
du  ciel  et  de  la  graisse  de  la  terre.  Ainsi  c. 
48.  V.  9.  15.  C'est  ainsi  que  le  grand-prêtre 
Melchisédech  bénit  Abraham.  Heb.  7.  7. 
Quod  minus  est  a  meliore  benedicitur  .  Celui 
qui  reçoit  la  bénédiction  est  inférieur  à  ce- 
lui qui  la  lui  donne.  Saint  Paul,  pour  prou- 
ver que  Jésus-Christ  est  plus  grand  qu'Abra- 
ham, le  prouve  par  la  bénédiction  que  donna 
à  Abraham  Melchisédech,  qui  était  la  figure 
de  Jésus-Christ;  ainsi,  les  prêtres  de  l'an- 
cienne loi  bénissaient  le  peuple,  selon  qu'il 
leur  était  ordonné.  Nura.  6.  22.  Voy.  les  ver- 
sels  suivants,  qui  renferment  la  formule  des 
bénédictions  qui  se  faisaient  par  les  prêtres, 
lesquelles  attirent  les  grâces  et  les  bénédic- 
tions de  Dieu,  par  l'invocation  de  son  saint 
nom.  Voy.  v.  27,  où  benedicere  marque  les 
biens  et  les  faveurs  que  Dieu  accorde  aux 
hommes,  qui  est  la  bénédiction  que  les  hom- 
mes en  reçoivent.  Nolre-Scigneur  a  usé  de 
ces  sortes  de  bénédictions  :  elles  se  don- 
naient aux  particuliers  en  imposant  les 
mains.  Marc.  10.  10.  imponens  manus  super 
illos,  benedicebat  eos  :  Jésus-Christ  bénit  les 
petits  enfants  qu'on  lui  présenta,  en  leur 
imposant  les  mains.  Mais  elle  se  donnait  à 
plusieurs  ensemble,  ou  en  étendant,  ou  en 
élevant  les  mains  vers  ceux  qu'on  bénissait. 
Le  vit.  9.  22.  Extendens  manus  ad  pupulum^ 
benedixit  ei  :  Aaron,  étendant  ses  mains  vers 
le  peuple,  le  bénit.  Luc.  2Ï.  50.  Elevatis  ma- 
nibus  suis,  benedixit  eis  :  Jésus-Christ,  ayant 
levé  les  mains,  bénit  les  apôtres  et  les  dis- 
ciples. Ce  fut  en  montant  au  ciel.  Ces  béné- 
dictions ont  toujours  été  depuis  pratiquées 
dans  l'Eglise  par  les  prêtres,  en  dispensant 
efGcacement  aux  fidèles  la  grâce  de  Dieu, 
par  les  sacrements,  et  en  leur  rendai»l  Dieu 
favorable  par  l'invocation  de  son  saint  nom. 
De  là  vient  celte  faron  de  parler,  tirée  de  ce 
verbe  : 

jBErfEUiCERE  in  aliquo  aliquem.  Bénir  quel- 
qu'un en  un  autre,  c'est  prendre  quelqu'un 
pour  modèle  d'une  bénédiction  qui  a  élé 
donnée  auparavant  à  un  autre,  souiiaiter  à 


d'autres  les  mêmes  biens  que  ceox  dont  un 
autre  jouit.  Gen.  48.  20.  In  te  benedicitur 
Israël  :  Israël  sera  béni  en  vous,  dit  Jacob, 
touchant  les  enfants  de  Joseph,  Ephraïm  et 
Manassé  ;  où  Jacob  ajoute  le  sens  naturel  : 
Faciat  tibi  Deus  sicut  Ephraim  et  sicut  Ma- 
riasse; et  on  dira  :  Que  Dieu  vous  bénisse 
comme  Ephraïm  et  Manassé.  Ruth.  4.  11. 
Ainsi  David  dit  que  pour  bénir  tous  les  peu- 
ples de  la  terre,  on  souhaitera  que  Dieu  les 
bénisse  comme  Salomon,  ou  plutôt  comme 
Jésus-Christ,  dont  il  n'était  que  la  figure; 
savoir,  en  les  faisant  entrer  dans  son  royau- 
me. Ps.  71.  18.  Benedicentur  in  ipso  omnes 
tribus  terrœ  :  Tous  les  peuples  de  la  lerre 
seront  bénis  en  lui. 

4°  Saluer,  faire  compliment.  Gen.  47.  7. 
Introduxit  Joseph  palrem  suum  ad  regem,  et 
statuit  eum  coram  eo  :  qui  benedicens  illi  : 
Joseph  introduisit  son  père  devant  le  roi,  et 
il  le  lui  présenta  :  Jacob  donc  salua  le  roi. 
V.  10.  1.  Reg.  25.  14.  2.  Reg.  13.  25.  4.  Reg. 
13.  15. 

5°  Flatter,  avoir  de  la  complaisance.  Deul. 
2  ).  19.  Ne  forte  benedical  sibi  in  corde  suo  ■ 
L'alliance  que  fait  Dieu  avec  les  Juifs  est,  dit 
Moïse,  pour  tous  ceux  qui  sont  présents  et 
qui  sont  absents,  de  peur  que  quelqu'un 
d'entre  vous  ne  se  flatte  en  lui-même  et  ne 
dise  :  Je  ne  laisserai  pas  de  vivre  en  paix, 
quand  je  ferai  le  mal.  Ps.  9.  24.  Iniquus  be- 
nedicitur :  Le  méchant  est  béni.  Ps.  48.  19. 
Rom.  16.  18. 

6°  Faire  du  bien,  accorder  des  grâces,  en 
parlant  des  biens  temporels  :  ce  qui  est  dit 
le  plus  souvent  de  Dieu  et  quelquefois  de  la 
créature.  Gen.  1.  v.  22.  28.  Benedixitque 
eis  :  Dieu  bénit  tous  les  animaux,  ainsi  que 
l'homme  et  la  femme,  et  leur  donna  la  fécon- 
dité, c.  5.  2  c.  9.  1.  c.  12.  2.  3.  c.  27.  29.  Ps. 
106.  .38.  Prov.  11.  25.  Anima  qi'ce  benedicit, 
impinguabitur  :  Celui  qui  donne  abondam- 
ment au  pauvre  sera  engraissé  lui-même.  2. 
Reg.  6.  20.  Soit  en  parlant  des  biens  spiri- 
tuels et  qui  regardent  le  ciel.  Ephes.  1.  3. 
Qui  benedixit  nos  in  omni  bcnedictione  spiri- 
tuaii  :  Béni  soit  Dieu,  qui  nous  a  comblés  en 
Jésus-Christ  de  toutes  sortes  de  Lénédiclions 
spirituelles  pour  le  ciel.  De  là  vient  henedici 
ou  benedictum  esse  :  Etre  comblé  de  biens, 
jouir  d'une  grande  prospérité  :  ce  qui  s'en- 
tend, soit  des  biens  temporels  et  spirituels. 
Gen.  28.  14.  Benedicentur  in  te  et  in  semine 
tuo  cunctœ  tribus  terrœ  :  Toutes  les  nations 
de  la  terre  seront  bénies  en  vous  et  dans  ce- 
lui qui  sortira  de  vous,  dit  Dieu  à  Jacob,  c. 
12.  2.  3.  c.  18.  18.  c.  22.  18.  Act.  3.  25.  Gai. 
3.  8.  Luc.  1.  42.  Benedicta  tu  inter  inulieres  : 
Vous  êtes  bénie  entre  toutes  les  femmes.  A 
quoi  elle  ajoute  :  Et  benedictus  fruclus  ven- 
tris  lui  :  El  le  fruit  de  vos  enlrailles  est  béni. 
Jdeo  benedicta  tu,  quia  benedictus  fri(clu:< 
venir i s  lui,  dit  saint  Bernard. 

7"  Sanctifier,  retirer  d'un  usage  commun 
cl  profane,  consacrer.  Gen.  2.  3.  Kxod.  20. 
11.  Benedixit  Dominus  diei  sabbali  et  sancii-^ 
ficavit  eum  :  Le  Seigneur  a  béni  le  jour  dy 
sabbat  et  l'a  sanctifie,  en  le  consacrant  à  soq 
honneur,  v.  10.  Ainsi  la  bénédiction  du  pain 


507 


DICTIONNAinF.  OK  PHILOLOGIE  SACRLE. 


5(^8 


dans  la  cène,  par  Noire-Seigneur  Jésus- 
Christ,  arec  les  paroles,  sanclifièrent  le  pain, 
en  le  changeant  dans  le  corps  de  Jésus- 
Christ.  Matth.  26.  26.  Marc.  14.  22.  Luc.  24. 
30.  1.  Cor.  10.  16. 

8"  Maudire  en  parlant  de  Dieu,  blasphémer 
contre  Dieu.  3.  Reg.  21.  v.  10.  13.  Benediœit 
Noboth  Beum  et  reg-em  .-Naboth  a  blasphémé 
contre  Dieu  et  contre  le  roi,  dirent  les  faux 
témoins  subornés  conlye  Nabnlh  par  l'ordre 
de  Jésabel.  Job.  1.  5.  Celte  antiphrase,  qui 
est  une  façon  de  parier,  peut  bien  venir  de 
ce  que  les'anciens  Hébreux,  ayant  horreur 
du  blasphème,  ont  voulu  l'exprimer  par  des 
termes  contraires,  pour  ne  le  pas  prononcer. 
Ainsi,  c.  2.  5.  Lev.  9,  Benedic  Deo  et  morere 
se  peut  entendre  dans  le  même  sens  :  Mau- 
dissez Dieu  et  mourez,  selon  quelques-uns; 
mais  d'autres  croient  que  la  femme  de  Job  a 
seulement  voulu  que  Job,  son  mari,  rendît 
gloire  à  Dieu,  en  avouant  que  c'était  à  cause 
de  ses  péchés  qu'il  était  réduit  en  une  si 
grande  misère. 

BENEDIGTIO,  onis,  tvloyiv..  Ce  nom  ver- 
bal signifie  : 

1°  Lour'.nge,  gloire,  estime,  soit  en  parlant 
de  Dieu,  soit  en  parlant  des  créatures.  2. 
Esdr.  9.  5.  Benedicant  nomini  (jloriœ  luœ  ex- 
celso  in  omni  benedictione  et  lande  :  Que  le 
nom  de  votre  gloire  soit  comblé  pour  jamais 
de  bénédictions  et  de  louanges.  Ps.  30.  26. 
Prov.  11.  26.  c.  24.  25.  Sap.  16.  28.  Zach.  8. 
13.  Apoc.  5.  V.  12.  13. 

2°  Flatteries,  paroles  flatteuses.  Rom.  16. 
18.  Per  dulces  sermones  et  benedictiones  sedu- 
cunt  corda  innocentwn  :  Ces  gens  qui  cau- 
sent parmi  vous  des  divisions  et  des  scan- 
dales contre  la  doctrine  de  Jésus-Christ  sé- 
duisent les  âmes  simples  par  des  paroles 
douces  et  flatteuses. 

3"  Action  de  grâces,  remerciement.  1.  Cor. 
H.  16.  Quomodo  dicet,  amen,  super  tuam  be- 
nedictionem?  Si  vous  bénissez  Dieu  de  l'es- 
prit, comment  quelqu'un  du  simple  peuple 
répondra-t-il  amen,  à  la  fin  de  votre  béné- 
diction ?  l'Apôtre  marque  les  inconvénients 


qui 


venaient  des  premiers  chrétiens  ,  qui 
n'ayant  reçu  que  le  don  des  langues  sans 
celui  de  l'interprétation,  faisaient  publique- 
ment des  prières  ou  actions  de  grâces,  en 
une  langue  inconnue  ,  sans  les  pouvoir  in- 
terpréter. Apoc.  4.  9.  D'où  vient  cette  signi- 
ficalion, 

Vallis  BENEDiCTioNis.  La  vallée  de  bénédic- 
tion, qui  est  le  nom  que  donna  Josaphat  et 
toute  son  armée  à  la  vallée,  où  leurs  ennemis, 
les  Ammonites,  les  Moabites  et  les  peuples 
(le  Seïr,  se  défirent  eux-mêmes;  parce  que 
Josaphat  et  son  armée  y  avaient  béni  et  re- 
mercié le  Seigneur  ;  se.  en  reconnaissance 
de  la  défaite  que  Dieu  leur  donna  de  leurs 
ennemis.  Voy.  2.  Par.  20.  v.  22.  23.  2.  Par. 
20,  26.  Cette  vallée  est  située  entre  le  désert 
de  Jéruel  et  le  désert  de  Thécué.  Voy.  v. 
16.  20. 

4°  Bénédiction  qu'on  donne  à  quelqu'un 
par  des  désirs  et  des  prières,  que  tout  bien  et 
prospérité  lui  arrive.  Ps.  128.  8.  Benedictio 
Ibomini  super  vos  :  Oenediximus  vobis  :  Ceux 


qui  passaient  n'ont  point  dit  :  Que  la  béné- 
diction du  Seigneur  soit  sur  vous,  etc.  Le 
prophète  entend  parler  des  ennemis  de  Sion. 
V.  4.  Figure  de  son  Eglise;  à  qui  après  les 
avoir  comparés  à  l'herbe  sèche,  v.  5.  il  dit 
qu'ils  ne  scronl  point  bénis,  comme  on  bénit, 
au  contraire,  un  champ  qu'on  voit  chargé 
de  grains.  Ps.  108.  17.  Prov.  11.  11.  Benedic- 
tione justorum  excdtabitur  civitas  :  La  ville 
sera  élevée  en  gloire  par  la  bénédiction  des 
justes.  Job.  29.  13.  Jac.  3.  10.  A  quoi  se  rap- 
portent les  bénédictions  marquées  dans  l'an- 
cienne loi.  1°  Celles  des  patriarches;  ainsi 
Jacob  bénit  Ephraïm  elManassé,  étendant 
ses  mains  sur  leur  tête.  Gen.  48.  13.  Celles 
des  prêtres.  Eccli.  36.  19.  Exaudi  oraiiones 
servorum    tuorum   secundum    benediclionem 
Aaron  de  populo  tuo  :  Exaucez  ,  Seigneur, 
les  prières  de  vos  serviteurs,  selon  les  béné- 
dictions qu'Aaron  a  données  à  votre  peuple; 
dit  l'auleur  de  l'Ecclésiastique,  dans  la  prière 
quil  fait  au  nom  de  tout  le  peuple.  Malach. 
2.  2.  Ezech.  40.  20.  2°  La  bénédiction  des 
chefs  du  peuple.  Jos.  8.  v.  33.  34.  Primum 
quidem  benedixit  populo  Israël.  Josué  bénit 
premièrement  le  peuple  d'Israël  :  Post  hœc 
legit  omnia  verba  benedictionis  et  maledic- 
tionis  :  El  après  cela,  il  lut  toutes  les  paroles 
de  bénédiction  et  de  malédiction  :  Josué  par 
sa  bénédiction  avait  souhaité  que  les  béné- 
dictions et  les  prospérité."    que  Moïse  avait 
ordonnées.  Dent.  28.  v.  2  8.  et  suiv.  arrivas- 
sent au  peuple  :  ceci  se  passa  sur  le  mont 
Hébal.  V.  30.  après  la  défaite  dé  la  ville  de 
Haï,  V.  23.  28.  A  quoi  se  peuvent  rapporter 
les  prières  que  Jésus-Christ  fit  à  son  Père, 
lorsqu'il  changea  le  pain  et  le  vin  en  son 
sacré  corps  et  en  son   sang.  1.  Cor.  10.  16. 
Voy.  Benedicere.  3°  Celte  bénédiclion  par 
laquelle  Jésus-Christ  produisait  un  effet  nou- 
veau  et  extraordinaire  était  accompagnée 
d'actions  de  grâces.  Voy.  Marc.  8.  v.  6.  '7.  De 
là  vient  que  benedicere  est  mis  pour  gratias 
agere.  Voy.  Benedicere.  1°  Mais  la  bénédic- 
tion n'était   pas   accompagnée  d'actions  de 
grâces  dans  les  autres  occasions.  Voy.  Marc. 
10.  16. 

5°  Exemple  de  bénédiction,  qui  sert  de  mo- 
dèle pour  d'autres.  Zach.  8.  13.  Sicut  eratis 
maledictio  in  genlibus,  sic  eritis  benedictio: 
Comme  vous  avez  été  un  objet  de  malédic- 
tion parmi  les  peuples ,  ainsi  vous  serez  un 
exemple  de  bénédiction:  Le  prophète  a  en 
vue,  dans  celte  prophétie  de  la  parfaite  dé- 
livrance des  Juifs,  qui  étaient  en  captivité, 
le  temps  auquell'Eglise  devait  être  établie 
et  fondée,  où  alors  toutes  les  malédirtions 
qui  avaient  été  sur  les  Juifs  pour  différer  la 
construction  du  temple  que  bâtit  Zotobabel, 
devaient  être  changées  dans  les  plus  grandes 
bénédictions.  Ps.  20.  7.  Dabis  eum  in  benedic- 
tionem:  Vous  le  donnerez  comme  un  modèle 
de  bénédiction:  ce  qui  s'entend  à  la  lettre  de 
David,  qui  était  la  figure  de  Jésus-Christ, 
dont  le  sens  est  que  les  bénéilictions  dont 
Dieu  devait  le  combler,  seraienl  si  grandes, 
que  la  plus  grande  bénédiction  qu'on  pouvait 
souhaiter  ,  ce  serait  en  disant  :  Que  vous 
soyez  béni  comme  David:  celle  sorte  de  bé- 


un 


HEN 


BEN 


Md 


nédiction  a  quelque  rnpport  à  la  signification 
(le  Benedicere  in  oliquo  aliquem.  Voy.  ci- 
devant. 

G"  Bénédiction  ou  promesse  que  Dieu  a 
faite  aux  patriarches  Abraham,  Isaac  et  Ja- 
cob, de  bénir,  r.  e.  do  combler  de  grâces 
toutes  les  nations  en  leur  race.  Eccli.  iV.  v. 
•2o.  26.  lienedictionem  omnium  gentium  dédit 
illi  Dominus:  Le  Seigneur  a  promis  à  Abra- 
ham, à  Isaac  et  à  Jacob,  que  toutes  les  na- 
tions seraient  bénies  en  leur  race.  Gai.  1. 
li.  Ut  in  f/entibus  benedictio  Abrahœ  fieret 
inChristG  Jesu:  Jésus-Christ  nous  a  rachetés 
de  la  malédiction  de  la  loi,  afin  que  la  béné- 
diction donnée  à  Abraham  fût  communiquée 
aux  gentils  en  Jésus-Christ  :  cette  bénédic- 
tion est  toute  spirituelle  et  signifie  la  justi- 
fication par  la  foi  en  Jésus-Christ. 

7°  Prospérité  ,  abondance  de  biens,  soit 
spirituels,  soit  temporels.  Isa.  l'J.  2i.  Bene- 
dictio in  tnedio  terrœ  :  La  bénédiction  sera 
au  milieu  de  la  terre:  Par  cette  bénédiction, 
le  prophète  entend  la  conversion  de  tous  les 
gentils,  au  temps  que  l'Evangile  devait  être 
prêché  par  tout  le  monde,  c.  65.  8.  Benedic- 
tio est  :  Ne  gâtez  pas  le  beau  grain  de  cette 
grappe,  parce  qu'il  a  été  béni  de  Dieu  :  les 
Hébreux  entendaient  à  la  lettre  nar  ce  mot 
de  Bénédiction,  tous  les  fruits  de  la  terre, 
parce  (lue  ce  sont  des  biens  qui  viennent  de 
la  bonté  de  Dieu:  mais  il  est  ici  une  figure 
des  élus,  en  considération  et  en  vue  desquels 
Dieu  n'a  pas  voulu  entièrement  détruire  son 
peuple,  c.  3i.  26.  Joël  2.  14.  A  quoi  se  rap- 
portent, Gon.  49.  25.  Benedictiones  cœli  :  les 
bénédictions  qui  viennent  du  haut  du  ciel; 
savoir,  les  pluies,  le  beau  temps,  qui  vien- 
nent à  propos,  et  dans  leur  saison,  la  rosée: 
Benedictione<t  abyssi  :  Les  bénédictions  de 
l'abîme;  t,  e.  des  eaux  qui  sortent  de  la 
terre  pour  la  rendre  fertile  :  Benedictiones 
uberum  el  vulvœ:  Quantité  de  lait,  ou  de  pe- 
tits, ou  d'enfants.  Ainsi,  Gen.  40.  v.  25.  26. 
Levit.  '25.  21.  Deul.  12.  15.  c.  13.  5.  c.  16.  v. 
10. 17.  c.  28.  V.  2.8.  Tob.  6.  22.  Malach.  3. 
10.  Hebr.  6.  7.  elc. 

8"  Don,  présent,  bienfait.  Gen.  33.  11. 
Suscipe  benediclionem  quam  altuli:  Recevez 
ces  troupeaux  pour  présent,  que  je  vous  ai 
offert,  (lit  Jacob  à  Esaù,  c.  26.  29.  Ut  detur 
fobis  benedictio  :  Chsn:un  de  vous  a  consacré 
ses  mains  au  Seigneur,  en  tuant  son  fils,  î^on 
frère  et  son  ami,  afin  que  la  bénédiction  de 
Dieu  vous  soit  donnée  :  cette  bénédiction  est 
le  sacerdoce,  qui  fut  donné  aux  lévites,  pour 
avoir  obéi  à  l'ordre  que  leur  donna  .NIoïso 
contre  leurs  frères  qui  avaient  idt)lâtré.  Voy. 
v.  4.  et  Deut.  33.  v.  9.  10.  Ainsi,  Jos.  15.  19. 
0(1  mihi  benediclionem:  Accordez- moi  une 
grâce:  Axa,  fille  de  Caleb,  demande  à  son 
père  une  terre  qui  soit  arrogée  d'eau.  Judic. 
1.  15.  1.  Reg.  25.  27.  c  30.  26.  4.  Reg,  5.  15. 
Ainsi,  Sap.  16.  28.  Oporlet  prœvenire  solem 
(id  benediclionem  tuam  :  Il  faut  prévenir  le 
lever  du  soleil,  pour  recevoir  vos  dons: 
comme  les  Juifs  recevaient  la  manne;  aulr. 
[lour  vous  bénir.  De  là  vient  ; 

9"  Alliance,  amitié.  Isa.  30.  16.  Facile  me- 
(\nn    benediclionem  :   Faites    alliance    avec 


moi,  dit  Rabsacès  aux  Juifs,  venant  pour 
assiéger  Jérusalem  :  l'alliance  est  aiusi  ap- 
pelée, parce  que  ceux  qui  la  recherchent 
font  des  présents.  A  quoi  s'accordent,  4.  Re{^. 
18.  31.  Facile  mecum  qnod  vobis  est  utile,  et 
egredimini  ad  me:  Prenez  un  conseil  utile, 
et  traitez  avec  moi.  Saint  Jérôme  explique, 
Quod  vobis  est  utile,  i,  e.  quod  vobis  in  henc- 
dictionem  proficiat ,  dont  vous  tiriez  de  l'a- 
vantage 

10°  Dons  et  biens  spirituels.  Ps.  38.  8.  Be- 
nediclionem dabit  legislalor:  Dieu  qui  a  don- 
né la  loi,  donnera  les  grâces  pour  l'exécuter. 
Ps.  132.  3.  Rom.  15.2  i.  Ephes.  1.  3.  1.  Pelr. 
3.  9.  A  quoi  se  rapportent  tous  les  passages 
qui  marquent  les  dons  et  les  biens  temporels 
que  Dieu  promettait  aux  Juifs  dans  l'ancienne 
loi,  étant  pris  dans  le  sens  figuré.  Voy.  Deut. 
28.  v.  2.  3.  et  suiv.  Gen.  49.  25.  et  nartout 
ailleurs. 

11°  Aumône  faite  arec  libéralité.  2.  Cor. 
9.  V.  5.  6.  Prœpnrent  repromissam  benedic- 
lionem, sic  quasi  benediclionem,  non  tamquam 
avnritiam:  Que  nos  frères  aient  soin  de  faire 
préparer  la  charité  que  vous  avez  promis  de 
faire,  en  telle  sorte  que  rien  n'y  sente  l'a- 
varice, mais  qu'elle  soit  une  aumône  libé- 
rale qui  vous  attire  des  bénédictions. 

12°  La  part  des  dépouilles  prises  sur  l'en- 
nemi, après  une  victoire  remportée  par  le 
secours  de  Dieu.  1.  Reg.  .30.  26.  Accipile  be- 
nediclionem dê'prœda  hostium  Domini:  Re- 
cevez cette  bénédiction  des  dépouilles  des 
ennemis  du  Seigneur,  dit  David,  en  parta- 
geant les  dépouilles  prises  sur  les  Amalé- 
cites,  qui  avaient  brûlé  et  pillé  Siceleg. 

BENEDICTUS,  a,  UM,  ■y/.oyrt-zô;,    -zùloyr,  iiî-joç 

1°  Béni  ;  i,  e.  digne  dhonneur  et  de  louanges; 
ce  qui  appartient  à  Dieu  principalement. 
Marc.  14.  61.  Ta  es  Christus  ftlius  Dei  bene- 
dicii?  Etes-vous  le  Christ,  le  Fils  du  Dieu 
béni  à  jamais?  dit  le  grand-prêtre  à  Jésus- 
Christ.  Gen.  14.  20.  Luc.  1.  68.  Rom.  1.  25. 
c.  9.  5.  2.  Cor.  11.  31.  Luc.  1.  98.  el^souvent 
dans  les  psaumes.  Ainsi,  Zach.  11.  5.  Bene- 
diclus  Dominus,  diviles  faclî  sumus:  Béni 
soit  le  Seigneur,  nous  sommes  devenus  ri- 
ches, disaient  les  princes  des  Juifs;  qui  s'en- 
richissant  aux  dépens  des  pauvres,  prenaient 
ces  biens  acquis  injusternent  comme  des 
bénédictions  de  Dieu  :  ce  qui  se  dit  aussi  des 
créatures  auxquelles  on  souhaite  la  béné- 
diclion,  le  bonheur  et  la  prospérité,  ou  qui 
ont  la  bénédiction  de  Dieu.  i.  Reg.  25  v.  32. 
33.  Benedictnm  eloquium  luum,  et  benedicta 
tu:  Que  votre  parole  soit  bénie,  et  soyez  bé- 
nie VDUS-méine,  dit  David  à  Alugiïl,  qui  l'a- 
vait détourné  par  ses  paroles  humbles  de  se 
venger  de  Nabal  et  de  le  tuer.  Judic.  5.  24. 
Judith.  13.  V.  23.  31.  Ainsi,  Sap.  l'i.  7.  Be- 
ncdictuin  est  lignum:  Le  bois  qui  sert  à  la 
justice  est  un  bois  béni  :  le  Sage  parle  de 
l'arche  de  Noé. 

2  Celui  à  qui  on  souhaite  du  bien,  de  la 
prospérité  el  de  la  gloire.  Gen.  14.  19.  Bene~ 
dictas  Abr/iham  Deo  excetso:  Béni  soit  Abra- 
ham du  Di'  u  très -haut,  dit  .Melchisédech, 
offrant  un  sacrifice  an  retour  d'Abraham, 
après  la  défaite  de  ChodorlalDmor   et  des 


bii 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRLE. 


512 


autres  rois.  Ps.  117.  26.  Benedictus  qui  venit 
in  nomine  Domini  :  Béni  soit  celui  qui  vient 
au  nom  du  Seigneur  :  celte  acclamation,  faite 
par  les  peuples  au  temps  de  l'avéncment  de 
David  à  la  couronne  ,  était  la  figure  de  l'ac- 
clamation des  peuples  à  lentrée  que  fit  Jé- 
sus-Christ en  Jérusalem.  Matth.  21.  9.  Marc. 

11.  9.  lorsqu'ils  le  reçurent  comme  leur  roi  : 
Benedictus  qui  venit  in  nomine  Domini:  Be- 
nedictuw.  quod  venit  regnum  patris  nostri 
David:  béni  soit  celui  qui  vient  au  nom  du 
Seigneur:  Béni  soit  le  règne  de  notre  père 
David.  Joan.  12.  et  13.  Mais  comme  ces  ac- 
clamations rapportées,  Matlh.  23.  39,  Luc 
13.  35,  s'entendent  du  second  avénemont,  où 
il  n'y  aura  plus  rien  à  souhaiter  pour  Jésus- 
Christ,  dont  le  règne  sera  accompli,  benedic- 
tus sy  doit  entendre  dans  le  sens  de  la  pre- 
mière signification,  n.  l".  C'est  dans  ce  se- 
cond sens  qu'on  se  servait  de  ce  mot  quand 
on  saluait,  qu'on  abordait  ou  qu'on  recevait 
quelqu'un.  Ruth,  3.  10.  Benedicta  es  a  Domi- 
no, filia:  Ma  fille,  que  le  Seigneur  vous  bé- 
nisse, dit  Booz  à  Ruth.  1.  Reg.  15.  13.  Bene- 
dictus tu  Domino:  Béni  soyez-vous  du  Sei- 
gneur, dit  Saiil  à  Samuel,  lorsqu'il  vint 
trouver  Saiil  qui  offrait  un  holocauste  au 
Seigneur,  des  prémices  du  butin  fait  sur  les 
Aiaalécites.  c.  23.  21.2.  Reg.  2.  5.  Luc.  1.  v. 
28,ij2. 

3"  Chéri  de  Dieu,  favorisé  de  ses  grâces. 
Gen.  12.  2.  Benedicam  tibi,  erisque  benedic- 
tus :  Je  vous  bénirai,  dit  Dieu  à  Abraham, 
lui  promettant  d'être  père  d'un  grand  peuple, 
etc.  y.  3.  c.  2i.  31.  Num.  2.  12.  Eccli.  2i.  i. 
1.  Par.  17.  27.  Isa.  65.  23.  Semen  benedicto- 
rum  Domini  est:  Les  élus  de  Dieu  seront  la 
race  bénie  du  Seigneur.  Matth.  25.  3i.  Ve- 
nite,  benedicti  Patris  mei  .-Venez,  vous  qui 
avez  été  bénis  de  mon  Père.  Luc.  1.  i2.  Be- 
dicta  tu  inter  midieres ;  0  pleine  de  grâce... 
vous  êtes  bénie  entre  toutes  les  femmes,  dit 
sainte  Elisabeth  à  la  sainte  Vierge,  qu'elle  re- 
connaît rempHe  des  grâces  et  des  faveurs  divi- 
nes, plus  que  toutes  les  autres  pures  créatu- 
res ;  comme  elle  reconnaît  que  toute  la  pléni- 
tude du  Saint-Esprit  et  de  la  divinité  habite  en 
Jésus-Christ.  Et  benedictus  fructus  ventris 
tiii:  Et  le  fruit  de  vos  entrailles  est  béni. 

BENEFACERE,  àyuQonoui-^.  Ce  verbe  com- 
posé signifie  : 

Faire  du  bien  à  quelqu'un,  lui  accorder 
des  grâces,  lui  procurer  des  grâces,  lui  ren- 
dre service.  Act.  IV.  16.  Benefaciens  de  cœlo  : 
Dieu  a  fait  du  bien  aux  hommes,  en  dispen- 
sant les  pluies  du  ciel  et  les  saisons  favora- 
bles pour  les  fruits,  etc.  se.  en  tout  temps, 
lors  même  qu'ils  marchaient  dans  leurs  voies 
corrompues.  Exod.  20.  20.  Eccli.  li.  v.  7.  13. 
Ainsi,  Matth.  5.  ï't-.  Benefacite  lus  qui  oderunt 
ros;  Faites  du  bien  à  ceux  qui  vous  haïssent. 
Gr.   Bénissez  ceux  qui  vous  maudissent,  c. 

12.  12.  Judith.  10.  16.  Job.  2^^.  21. 

Phrase  tirée  de  ceUe  signification. 

BENEFACERE   SECUM,  eOrroterv  i^'^rôv. 

1°  Se  faire  du    bien  à  soi-même,  ne  s'é- 

fKirgner  point  trop  les  choses  nécessaires   à 
a   vie.   Eccli.  U.  11.  ¥Hi,  si  habes,   benefac 


tecum  :  Si  vous  avez  quelque  chose,  faites-eo 
du  bien  à  vous-même:  L'Ecclésiastique  con- 
damne l'avarice,  rapportée   v.  9. 

2"  Récompenser  une  bonne  action.  Soph. 

1.  12.  Non  faciel  bene  Dominus,  et  non  facict 
maie:  Le  Seigneur  ne  fera  ni  bien  ni  mal, 
disent  les  méchants,  qui  croupissent  dans 
leurs  péchés. 

3''  Faire  bien  une  chose,  lui  donner  les 
perfections  qui  lui  sont  propres  et  néces- 
saires. Marc  7.  37.  Bene  omnia  fecit  ;  i.  e. 
bene  fecit,  quoad  omnia  :  Jésus  a  bien  fait 
toutes  choses,  disent  ceux  qui  lui  avaient 
présenté  un  homme  sourd  et  muet,  tout 
étonnés  de  ce  qu'il  l'avait  guéri. 

k"  Faire  et  agir  bien  et  conformément  à 
la  loi  de  Dieu  et  aux  règles  de  la  raison 
{y.oàcoç  TTouîv).  Eccl.  3.  12.  Coçnovi  quod  non 
esset  medus  nisi  lœtari  et  facere  bene  in  vila 
sua:  J'ai  reconnu  qu'il  n'y  avait  rien  de 
meilleur  que  de  se  réjouir  et  de  bien  faire 
pendant  sa  vie.  2.  Mach.  2.  16. 

5°  Faire  chose  agréable  et  bien  reçue 
[xco.ûç  -oiîr.>).  Act.  10.  33.  Tu  benefecisti  ve-- 
niendo  :  Vous  m'avez  fait  grâce  de  venir,  dit 
Corneille  à  saint  Pierre,  à  qui  il  témoigne 
qu'il  lui  a  fait  plaisir  d'être  venu  comme  il 
l'en  avait  prié.  Mach.  12.  v.  18.  22.  2.  Mach. 

2.  16.  c.  11.  26. 

BENEFACTUM,  i,  eùsovsaia.  —  1°  Bienlirit, 
grâce.  Act.  4.  9.  Si  nos  hodie  dijudicamur  in 
bene  facto  fwminis  infîrmi  :  Puis  qu'aujour- 
d'hui l'on  nous  demande  raison  du  bien  que 
nous  avons  fait  à  un  homme  perclus  de  ses 
jambes,  saint  Pierre  déclare  aux  Juifs  que 
c'est  au  nom  de  Jésus-Christ  qu'il  a  opéré 
cette  guérisou.  Voy.  v.  10.  Ainsi,  Ps.  77.  11. 
—  2°  Bonne  œuvre,  bonne  action  [àyoL^jonoua.]. 
1.  Petr.  i.  19.  Fideli  crcatori  commendent 
animas  suas  in  benefuctis  :  Que  ceux  qui  souf- 
frent selon  la  volonté  de  Dieu,  persévérant 
dans  les  bonnes  œuvres,  remettent  leurs 
âmes  entre  les  mains  de  celui  qui  en  est  le 
Créateur,  et  qui  leur  sera  fidèle. 

BENEFICENTIA  ,  ev-ouk.  Libéralité,  incli- 
nation  naturelle  qu'on  a  à  faire  du  bien, 
humeur  obligeante  et  bienfaisante;  dans 
l'Ecriture  : 

Charité  pour  le  prochain,  libéralité  de  sos 
biens,  ou  les  offices  que  l'on  rend  à  son  pro- 
chain dans  la  vue  de  Dieu.  Heb.  13.  16.  Be- 
neficentiœ  et  comtnunionis  nolite  oblivisci : 
Souvenez-vous  d'exercer  la  charité  envers 
le  piochain. 

BENEFICIUM,  ii.  sùtpyt7ic<.—i''  Grâce,  bien- 
fait, plaisir,  faveur,  en  parlant  des  biens 
temporels  (ày«6ôvj.  1.  Par.  17.  26.  Locutits 
es  ad  servwn  tuwn  tanta  bénéficia  :  C'est  à 
votre  serviteur  que  vous  avez  fait  ces  grandes 
promesses:  David  témoigne  à  Dieu  la  recon- 
naissance de  ses  bienfaits,  et  de  ce  qu'il  lui 
a  promis  d'établir  sa  maison.  2.  Par.  32.  25 
Ainsi,  Judic.  9.  10 

2"  Bien,  grâce  spirituelle.  2.  Mach.  6.  13. 
Multo  tempore  non  sinere  peccatoribus  ex 
scnlentin  ajere,  magni  beneficii  est  indicium  : 
La  marque  d'une  grande  miséricorde  de  P'^u 
envers  les  pécheurs,  c'est  de  les  châtier 
promptemtnt.  1.  ïim.  0.  2.   Magis  serviant^ 


515 


BEN 


BEN 


SU 


f/nia  fidèles  simt  et  dilecti,  qui  benejîcii  par- 
ticipes su7il  :  Que  les  serviteurs  qui  ont  des 
maîtres  fidèles,  les  servent  encore  mieux, 
parce  qu'ils  sont  fidèles,  étant  participants 
de  la  même  grâce  :  saint  Paul  ayant  déclaré, 
V.  1.  qu'un  serviteur  devenu  chrétien  était 
obligé  de  rendre  toujours  les  mêmes  devoirs 
et  les  mêmes  services  à  son  maître,  quoique 
infidèle  et  païen,  ajoute  qu'il  le  doit  encore 
f&ire  avec  plus  d'affection,  si  son  maître  est 
fidèle  et  chrétien,  à  cause  de  la  grâce  du 
christianisme,  qui  leur  est  commune. 

BENEFICUS,  A,  UM.  evepyérriç,  dérivé  de  6e- 
nefacere,  et  signifie  : 

Bienfaiteur  ,  bienfaisant ,  libéral  ,  obli- 
geant, qui  oblige  volontiers,  et  fait  du  bien. 
Luc.  22.  25.  Reyes  Gentium  dominantur 
eorum,  et  qui  potestatem  habent  super  eos,  be- 
nefîci  vocantur  :  Les  rois  des  nations  les  trai- 
tent avec  empire;  et  ceux  qui  ont  l'autorité 
sur  elles  en  sont  appelés  les  bienfaiteurs  : 
dans  le  monde  ces  dignités  sont  prises  pour 
des  vertus.  Le  mot  syriaque  Nedibim,  dont 
apparemment  Notre- Seigneur  s'est  servi, 
convient  à  cette  signification;  car  il  signifie 
bienfaisant,  libéral:  c'est  de  ce  nom  que  les 
Hébreux  appellent  leurs  princes,  lequel  mot 
Nedibim,  les  Septante  tournent  ordinaire- 
ment par  celui  d'apyonsç.  D'ailleurs  ,  les 
princes  affectent  les  titres  de  bons,  bienfai- 
sants, cléments,  magnifiques.  Voy.  Princi- 

PALIS. 

BENEJAACAN,  Heb.  Filii  'tribulationis. 
Station  des  Israélites.  Num.  33.  v.  31.  32.  Elle 
est  exprimée  par  la  signification  du  mot  hé- 
breu. Deut.  10.  6.  Ex  Beroth  filiorumJacan. 
Voy.  Beroth.  Voy.  Bean. 

BENENNOiM  ,  Heb.  Filius  divitinrum  sua- 
rum.  Vallée  près  de  Jérusalem,  où  Manassès, 
roi  de  Juda,  fit  bâtir  un  temple  à  l'honneur 
de  BaaI.  2.  Par.  33.  6.  c.  28.  3.  Voy.  Ennom, 

GEHENrCA,  TOPHET. 

BENEPLACËRE.  Ce  verbe ,  peu  usité  chez 
les  Latins,  signifie  dans  l'Ecriture  :  Aimer, 
avoir  une  affection  de  tendresse  et  de  com- 
plaisance pour  quelqu'un,  avoir  de  l'affection 
pour  quelque  chose;  c'est  en  ce  sens  que 
s'entend  celte 

Phrase  tirée  de  la  signification  de  ce  mo' 

Beneplacitum  esse  in  aliquo,  ou  super  (di- 
quem.  —  1°  Celte  phrase  est  hébraïque  cl  a 
la  même  signification  que  beneplaccre  {lùno- 
xuv).  Ps.  i\^.  k.  Beneplacitum  est  Domino  in 
populo  suo  :  Le  Seigneur  a  mis  son  plaisir  et 
son  affection  en  son  peuple.  Ps.  ikG.  v,  10. 
11.  Beneplacitum  est  Domino  super  timentes 
eum  :  Le  Seigneur  met  sou  plaisir  en  ceux 
qui  le  craignent.  Ps.67.  17.  Ainsi,  l.Cor.  10. 
.'>.  Sed  non  in  pluribus  eorum  beneplacitum  est 
Deo  :  D'un  aussi  grand  nombre  qu'étaient  les 
Israélites,  Voy.  Exod.  12.  37,  il  y  en  cul  peu 
.qui  fussent  agréables  à  Dieu,  étant  tous  pé- 
ris dans  le  désert;  se.  sans  entrer  dans  la 
terre  promise.  Voy.  num.  32.  v.  11.  12. 

2°  Etre  trouvé  bon,  être  jugé  à  propos 
{t\)ooo\ji70c/.t).  l.Cor.  iC).'2. i'nusqxisqucvestruw^ 
recondensquod  eibene  placuerit  :  Que  chacun 
de  vous  amasse  peu  à  peu  selon  sa  bonne  vo- 


lonté ce  qu'il  voudra  donner  pour  aumône. 
Le  Grec  porte  :  ce  qu'il  aura  moyen  de  dou-, 
ner,  selon  le  gain  qu'il  aura  fait.  Voy.  Com- 
PLACERE.  De  là  vient  : 

BENEPLACENS  ,  sùic.-7-o?.  Agréable  ,  qui 
plaît,  qui  est  bien  reçu.  Rom.  12.  2.  Ut  pro- 
betis  quœ  sit  voluntas  Dei  boni,  beneplacens  : 
Qu'il  se  fasse  en  vous  une  transformation 
par  le  renouvellement  de  voire  esprit,  afin 
que  vous  reconnaissiez  quelle  est  la  volonté 
de  Dieu  ,  ce  qui  est  bon ,  ce  qui  lui  est 
agréable. 

BENEPLACITUS,  a,  cm.  —  1°  Qui  est 
agréable  et  qui  plaît  (sùSo/crv).  Ps.  118.  108. 
Voluntaria  oris  mei  beneplacita  fac,  Domine: 
Faites,  Seigneur,  que  les  vœux  que  ma  bou- 
che a  prononcés  volontairement  vous  soient 
agréables.  Grec.  eySoxjjTov.  Eccl.  1.  3i.  c.  2. 
19.  c.  34.  21. 

2°  Qui  est  approuvé  et  eslioié,  digne  d'es- 
time {B\)Soyj.u.st<jB7.i).'Ecc\\.  iO.  '2o. Super  utrum- 
que  consilium  beneplacitum  :  Un  conseil  sage 
est  plus  capable  d'affermir  l'état  de  l'homme 
que  l'or  et  l'argent. 

BENEPLACITUM,  i,  eùSoxta.  1°  Affection 
gratuite,  bon  plaisir  de  quelqu'un,  par  le- 
quel il  agit  purement  pour  nous  faire  du 
bien.  Ps.  68.  14.  Tempus  beneplaciti  Deus  : 
Voilà  le  temps  de  montrer  votre  bienveil- 
lance, dit  Jésus-Christ  demandant  à  son  Père 
éternel  d'être  sauvé  de  la  mort  par  sa  résur- 
rection. Ps.  88.  18.  Ps.  105.  4.  Mémento  no- 
stri,  Domine,  in  beneplacito  populi  tui  :  Sou- 
venez-vous de  nous,  Seigneur,  selon  la  bonté 
qu'il  vous  a  plu  de  témoigner  à  votre  peuple. 
Eph.1.9. 

2°  Tout  ce  que  l'on  aime  et  à  quoi  on  prend 
plaisir.  Ps.  140.  fi.  Oratio  mea  in  beneplacitis 
eorum,  i.  e.  Orabo  adverstis  eorum  cupidita- 
tes  :  Bien  loin  que  j'aime  ce  qui  peut  venir 
de  la  flatterie  et  des  caresses  de  la  part  des 
pécheurs ,  j'opposerai  même  ma  prière  à 
toutes  les  choses  qui  flattent  leur  cupidité,  et 
prierai  Dieu  qu'il  m'en  donne  de  l'aversion. 

3°  Volonté  absolue  de  Dieu.  Eccli.  41.  G.  ht 
qiiid  superveniet  iibi  in  beneplacito  Altissimi? 
Pour  ce  qui  regarde  la  mort,  que  craignez- 
vous,  puisqu'il  ne  vous  peut  arriver  que  ce 
qu'il  plaira  au  Très-Haut  ?  Gr.  Pourquoi  re- 
fusez-vous ce  qui  est  ordonné  par  la  volonté 
du  Très-Haut  ?  Voy.  Propositum. 

BENGABER,  Heb.  Filius  robusti.  Inten- 
dant de  Ramolh-Galaad,  elc.  3.  Reg.  4.  13. 

BENHAIL,  Heb.  Filius  fortitudinis.  Un 
des  premiers  seigneurs  de  la  cour  que  Josa- 
phat  envoya  par  les  villes  de  son  royaume, 
pour  instruire  le  peuple.  2.  Par.  17.  7. 

BENHESED,  Heb.  Filius  miscricordiœ.  In- 
tendant à  Aruboth.  3.  Reg.  4.  10. 

BENHUR,  Heb.  Filius  libertatis.  Inten- 
dant de  la  montagne  d'Ephraïm.  3.  Ree, 
4. 10.  ^ 

BENI,  Heb.  Filius  meus.  Voy.  Bani. 

BENJAMIN,  Heb.  Filius  dextcroe.  —  1°  Filg 
de  Jacob,  appelé  par  sa  mère  Rachel,  Benoni, 
fils  de  douleur,  sa  mère  étant  morte  en  ac- 
couchant de  lui,  el  par  son  père,  Benjamin, 
fils  de  sa  droite.  Ben  signifie /î//u5,  et  Jamiii 
dcxteru,  qui  est  toujours  à  la  droite  de  soQ 


MÎ5 


PICTIO.NNAIKE  DK  IMIILOLOGIE  SACRÉE. 


81« 


père  comme  son  bien  -  aimé.  Gen.  35.  v. 
18.  2i.  etc.  Voy.  Jemim.  Benjamin,  âgé  de 
vingt-quatre  ans,  descendit  en  Egypte  avec 
toute  sa  famille  :  il  y  demeura  quatre-vingt- 
sept  ans,  et  y  mourut  âgé  de  cent  onze  ans, 
l'an  du  monde  2416. 

2"  Le  pays  même  de  la  tribu  de  Benjamin 
ou  de  ses  descendants.  3.  Reg.  k.  18.  Semei 
(ilius  Ela  in  Benjamin  :  Sémeï,  Gis  d"Ela, 
intendant  en  la  tribu  de  Benjamin.  Jerem. 
17.  26. 

3°  Les  descendants  ou  la  tribu  même  de 
Benjamin.  Gen.  49.  27.  Benjamin  lupus  ra- 
paor,  mane  comedet  prœdam,  et  vespere  divi- 
det  spolia:  Benjamin  sera  un  loup  ravissant  ; 
il  dévorera  la  proie  le  matin,  et  le  soir  il  par- 
tagera les  dépouilles.  Ceux  de  celte  tribu 
étaient  violents  et  portés  à  la  guerre;  mais 
on  entend  cet  endroit  d'un  de  la  tribu,  sa- 
voir, Paul,  qtii  étant  jeune,  a  ravagé  et  per- 
sécuté le  troupeau  de  Jésus-Christ ,  et  dans 
la  suite  a  distribué  à  ce  même  troupeau  la 
nourriture  sacrée  de  la  parole  de  Dieu  Deut. 
33. 12.  Jos.  18.  11.  2.  Reg.  2.  9.  Ps.  67.  28. 
Jbi  Benjamin  adotescentulus  :  Le  petit  Benja- 
min se  trouve  à  cette  entrée  de  l'arche.  Cette 
tribu  est  appelée  petite,  soit  à  cause  qu'elle 
était  peu  nombreuse,  ou  parce  que  Benjamin 
était  le  plus  petit  des  enfants  de  Jacob  :  elle  a 
été  réunie  à  celle  de  Juda,  après  la  révolte 
des  dix  tribus  ,  et  ont  été  appelés  Juifs. 
Abd.  i.  9. 

k"  Un  de  ceux  qui  étaient  revenus  de  la 
captivité.  1.  Esdr.  10.  32.  2.  Esdr.  3.  23.  c. 
11.31.  ^       ^ 

BENIGNE  Honnêtement ,  avec  bonté  et 
douceur,  d'une  manière  obligeante  {àyxBà). 
h.  Reg.  25.  26.  Locutus  est  ei  bénigne  :  Evil- 
rnérodach  parla  à  Joachim  avec  beaucoup  de 
Donté  :  ce  fut  après  trente-sept  ans  de  capti- 
vité. 2.  Mach.  12.  30.  Act.  28.  7.  D'où  vient 
cette  phrase  : 

BENIGNE  FACERE.  àyaeûvstv.  —  1°  Faire 
du  bien.  Ps.  50.  20.  Bénigne  fac  in  bona  vo- 
luntate  tua  Sion  :  Répandez  vos  biens  et  vos 
grâces  sur  Sion.  —  2"  Avec îimitié  et  affecli^bn 
particulière  (ytV.ffrôpvwî).  2.  Mach.  9.  21.  Ego 
in  infirmitate  constitutus,  vestri  autem  me- 
mor  bénigne  :  Etant  maintenant  dans  la  lan- 
gueur et  n'ayant  pour  vous  que  des  senti- 
ments de  bonté  :  Antiochus,  désespérant  de  sa 
santé,  écrit  d'une  manière  obligeante  aux 
Juifs. 

BENIGNITAS,  atis.  xp^^^ôttjç.  —  1°  Bonté, 
inclination  à  bien  faire  {ôc/uBodîtvn).  Ps.  51.  3. 
IJilexisti  malitiam  super  benignitatem  :  Vous 
avez  plus  aimé  la  malice  que  la  bonté  ;  Da- 
vid parle  de  la  malice  qu'eut  Doëg  de  rap- 
porter à  Saùl  ce  que  fit  le  grand-prêtre  Achi- 
mélech  en  faveur  de  David.  1.  Reg.  22.  v.  9. 
10.  Tim.  3.  3.  .Sine  benignitate  :  11  y  aura  à 
l'avenir  des  gens  sans  affection  pour  le  bien 
ou  pouf  les  gens  de  bien,  selon  la  force  du 

grec,  àfikôi.ya.Boi. 

2"  Affection  particulière,  amitié  (euvor/). 
1.  Mach.  11.  33.  Genti  Judœorum  decrevimus 
benefacere  propter  benignitatem  ipsorum  quam 
eryn  nos  habent  :  Nous  avons  résolu  de  faire 
Uù  bien  à  la  nation  des  Juifs,  qui  sont  nos 


amis...  à  cause  de  la  bonne  volonté  qu'ils 
ont  pour  nous.  Démétrius  écrit  à  Lasthène, 
son  plus  grand  favori  et  son  parent. 

3°  Douceur,  humanité ,  opposée  aux  que- 
relles et  aux  disputes.  Gai.  5.  22.  Fructus 
spiritus  est  charitas...  benignitas,  bonitas  : 
Les  fruits  de  l'esprit  sont  la  charité,  l'huma- 
nité, etc.  Goloss.  3.  12. 

4°  Bonté  que  Dieu  a  pour  les  hommes  ,  en 
leur  faisant  du  bien.  Ps.  64.  12.  Benedices  co- 
ronœ  ann'i  henîgnitatis  tuœ  :  Vous  comblerez 
de  biens  tout  le  cours  de  l'année  dans  laquelle 
vous  ferez  paraître  votre  bonté;  ce  qui  ar- 
riva par  l'abondance  de  toutes  sortes  de 
biens  que  produisit  la  Palestine  ,  l'année 
après  que  les  Juifs  furent  revenus  de  la  cap- 
tivité de  Babylone.  Rom.  2.  4.  Tit.  3.  4. 

5°  Bien,  soit  corporel,  soit  spirituel.  Ps. 
84.  13.  Dominus  dabit  benignitatem  :  Le  Sei- 
gneur répandra  sa  bénédiction,  et  notre  terre 
portera  son  fruit  :  ce  que  le  prophète  a  ex- 
primé des  biens  temporels  que  produisait  la 
terre  est  la  figure  de  Jésus-Christ  qui  devait 
naître  comme  un  fruit  de  la  sainte  Vierge. 

BENIGNUS,  A,  UM,  xpïîaTÔs-.  Cet  adjectif  est 
formé  de  l'adverbe  bene  et  de  gigno^  d'où 
viendrait  bene  gignus ,  et  par  contraction 
benignuSf  et  signifie  :  —  1°  Bon,  plein  de 
douceur  et  d'humanité.  Eph.  4.  32.  Estote 
autem  invicem  benigni  :  Soyez  bons  les  uns 
envers  les  autres.  Ps.  68.  17.  Sap.  1.  6.  Luc. 
6.  35.  1.  Cor.  13.  4.  Tit.  2.  5.^—2°  Qui  aime 
le  bien  ou  les  gens  de  bien  [(f\l«yuOoç).  Tit.  1. 
8.  Oportet  episcopum  esse...  hospitalem,  be— 
nignum:  Il  faut  que  l'évêque  aime  à  exercer 
l'hospitalité,  qu'il  soit  affable. 

BENNI,  Heb.  Fiiius  meus.  Le  père  de 
Rehum.  2.  Esdr.  3.  17.  Voy.  Rehcm. 

BENNUI,  Heb.  Mdificatio.  —  1'  Un  de 
ceux  qui  répudièrent  leurs  femmes  étran- 
gères. 1.  Esdr.  10.  30.  —  2°  Fils  d'Hénadad  , 
un  de  ceux  qui  rétablirent  Jérusalem.  2. 
Esdr.  3.  24. 

BENNO,  Heb.  Fiiius  ejus.  Un  lévite,  fils 
d'Oziau.  1.  Par.  24.  26. 

BENNOI.  Heb.  Mdificatio.  Un  lévite,  père 
deNoada'ia.  1.  Esdr.  8.33. 

BENONI,Heb.  Fiiius  doloris  mei  Benja- 
min, fils  de  Jacob  et  de  Rachel.  Gen.  33.  18. 
Voy.  Benjamin. 

BENZOHETH,  Heb.  Fiiius  separationis. 
Filsde  Jési.  1.  Par.  4.  20. 

BEON  ,  Heb.  In  afflictione.  Ville  de  la 
tribu  de  Gad.  Num.  32.  3.  Voy.  Bean. 

BEOR,  Heb.  /ncmrfn/w.  — 1"  Père  de  Bêla, 
roi  des  Iduméens.  Gen.  35.  32.  1.  Par.  1.  43. 
—  2"  Père  du  prophète  Balaam.  Num.  22.  5. 
c.  24.  V.  3.  13.  Dixit  Balaam,  fiiius  Beor  : 
Voici  ce  que  dit  Balaam,  fils  de  Béor.  Voy. 

BOSOR. 

BERA,  Heb.  Pnteus.  —  1»  Ville  de  la  tribu 
d'Ephra'im,  où  Joathan,  fils  de  Gédéon,  se 
retira.  Judic.  3.  21.  —  2°  Le  dernier  fils  d'Hc- 
len.l.  Par.  7.  37. 

BEREA  ,  Heb.  Puteus  ejus.  Gr.  pe/jea.  Ville 
près  de  Jérusalem.  1.  Mac.  9.  4. 

BERCOS,  Heb.  Fiiius  concisionis.  Chel 
d'une  famille  de  Nathinéens.  1.  Esdr.  2.  d3. 
2.  Esdr.  7.  57. 


517 


ItR 


BES 


bis 


BERI,  Heb.  Filins  meus.  Un  descondanl 
dAser,  etqualrième  fils  de^upha.  1.  Pur.  7. 
30. 

BERIA,  Ht'b.  In  malo.  Voy.  Babia  et  Brie. 
-  1°  Fils  d'Ephraïm.  1.  Par.  7.  23.  -  2'  Fils 
d'\«cr.  Gen.  46.  17.  11  se  nomme  Brié.  Num. 
26.  ko.  Baria.  1.  Par.  7.  v.  30.  31. 

BERITH,  Heb.  Pactum.  Nom  du  dieu  de 
Baal.  Judic.  9.  i6.  Ceux  qui  habitaient  dans 
la  tour  de  Sichem  el  entrèrent  dans  le  tem- 
ple de  leur  dieu  Berilh,  où  ils  avaient  fait  al- 
liance avec  lui  ;  ce  qui  avait  fail  à  ce  lieu  et 
à  cette  idole  de  Baal  le  nom  de  Berilh.  Voy. 
Baal. 

BERNICE,  Heb.  Gravis  Victoria.  Fille  d'A- 
grippa  le  Grand,  laquelle  entretint  longtemps 
un  commerce  infâme  avec  le  jeune  Agrippa, 
qui  était  son  propre  frère  :  elle  assista  avec 
lui  aux  interrogations  que  Festus  fil  à  saibt 
Paul  à  Césarée.  Act.  25.  v.  23.  25.  c.  26.  .30. 

BERODACH ,  Heb.  Creans  contritionem. 
Roi  de  Babylone,  le  même  que  Mérodac.  4. 
Reg.  20.  12. 

BEROEA,  Heb.  Gravis.  Ville  de  Macédoine 
où  saint  Paul  s'enfuit.  Act.  17.  v.  10.  13.  au- 
jourd'hui Veria,  ville  épiscopale,  sous  l'ar- 
chevêché de  Thessaloniqne. 

BEROEENSIS,  Heb.  Ponderosus.  Qui  est  de 
Béroée.  Sosipater,  compagnon  de  saint  Paul, 
en  était.  Act.  20.4. 

BEROMI,  Heb.  Fitiiis  coloris.  Voy.  Azma- 
VETH.  Ville  de  la  tribu  de  Benjamin.  2.  Reg. 
23.  31. 

BEROTH,  Heb.  Putei.  —  1"  Une  des  sta- 
tions des  Israélites,  autrement  appelée  Bene- 
faacan.  Num  .33.  v.  31,  32.  Deut.  10.  6.  Fitii 
Israël  moverunt  castra  ex  Berolh  filiorun^Ja- 
kan  :  Les  Israélites  décampèrent  du  lieu 
nommé  les  puits  des  enfants  de  Jakan.  Voy. 
Benejaacan.  —  2"  Ville  des  Gabaoniles  dans 
la  tribu  de  Betijan)in.  Jos.  9.  17.  c.  18.  25.  2. 
Reg.  4.  2.  1.  Esd.  2.  25.  2.  Esdr.  7.  29.  - 
3^  Ville  capitale  d'Adarezcr,  roi  de  Soba.  2. 
Reg.  8.  7.  Cette  ville  bornait  la  terre  d'Israël 
du  côté  du  Nord. 

BEROTHA,  Hebr.  Idem. — La  même  que 
Bérolh.  n.  3.  Ezech.  47.  16. 

BEROTHITES,  m.  Qui  estdeBéroth,  dans 
la  tribu  de  Benjamin.  2.  Reg.  4.  v.  2.  3.  5. 
9.  etc. 

BERSA,  JE.  Roi  de  Gomorrhe.  Gen.  14.  2. 

BERSABEE  ,  Heb.  Puteus  jurarnenti.  Puits 
du  jurement,  ainsi  appelé,  à  cause  du  trailc 
qu'Abraham  et  Abimélech  se  sont  juré  l'un 
à  l'autre  en  ce  lieu.  Gen.  21.  31.  Lequel  y 
fut  renouvelé  par  Isaac,  c.  26.  v.  23.  3-3.  Ce 
lieu  était  dans  le  pays  des  Philistins,  où  on 
a  bâti  une  ville  considérable,  où  se  tenaient 
les  Etats  des  Juifs.  1.  Reg.  8.  2.  Celle  ville 
et  Dan  étaient  les  deux  extrémités  de  la  terre 
d'Israël.  Voy.  Sabée.  Aujourd'hui,  Bclhge- 
brim. 

BERYLLUS,  i.  Gr.  ^pvWoç.  Ce  nom,  qui  est 
grec,  signifie, 

Béril  ou  Turquoise,  pierre  précieuse,  de 
couleur  de  l'eau  de  la  mer.  Exod.  28.  20.  In 
quarto  Chrysolythus,  Onychinus  et  Beryllus: 
.Celte  pierre  était  la  douzième  sur  le  ralional 
du  grand-prêtre,  et  l'on   y  avait   gravé   le 


nom  de  Benjamin.  Voy.  Furetière,  sur  le  mot 

TUKQCOISE. 

BERZELLAI,  Heb.  Ferreus.  —  1'  Homme 
liche  qui  avait  rendu  de  grands  services  à 
David.  2.  Reg.  17.  27.  Berzellai  Galaadites 
de  Rogelim  :  BeTzeWai  de  Rogelim  euGalaati. 
c.  19.  31.  etc.  —  2^  Un  prêtre  qui  ne  pouvant 
point  faire  voir  sa  généalogie,  fut  exclu  de 
la  dignité  du  sacerdoce.  1.  Esiir.  2.  v.  61 .  62. 
2.  Esdr.  7.  v.  63.  64.  —  3'  Le  père  deHadriel, 
de  la  ville  de  Molalhi,  dans  la  tribu  de  Si- 
méon.  2.  Reg.  21.  8.  Voy.  Hadriel. 

BESAI,  Heb.  Conculcatio  —  1°  Un  de  ceux 
dont  la  famille  revinldeBabylone.au  nojiibre 
de  .323.  1.  Esdr.  2.  1.  et  324.  2.  Esdr.  7.23. 
—  2  Un  chef  des  Nalhinéens.  2.  Esd.  7.54. 

BESECATH,  Heb.  Massa.  Ville  de  la  tribu 
de  Juda,  patrie  dePhadaïa,  père  d'Ida,  mère 
de  Josias.  4.  Reg.  22.  1.  Voy.  Bascath. 

BESÉE,  Heb.  Contemptio.  Un  Nalhinéen 
considérable.  1.  Esdr.  2.  40. 

BESELAM,  Heb.  In  pace.  Beselam,  sur- 
riommé  Miihridale  ,  qui  se  joignit  à  Réum, 
pour  empêcher  les  Juifs  de  rebâtir  leur  tem- 
ple. 1.  Esdr.  4.  7., 

BESELEEL,  Heb.  In  umbro  Dei.  —  1"  Fils 
d'Uri,  excellent  ouvrier  rempli  de  sagesse 
par  l'Esprit  de  Dieu  ,  pour  travailler  au  ta- 
bernacle. Exod.  31.  2.  c.  35.  30.  etc.  —  2  Un 
autre  qui  quitta  sa  femme  étrangère.  1.  Esdr. 
10.  .30. 

BESLOTH  ou  BESLUTH,  Heb.  In  umbris. 
Chef  des  Nalhinéens.  1.  Esdr.  2.  52.  et  2. 
Esdr.  7.  56. 

BESODIA,  Heb.  In  secreto  Domini.  Père  de 
MosoUam.  2.  Esdr.  3.  6.  Voy.  Mosollam. 

BESOR,  Heb.  Evangelizalio.  Torrenl  en 
la  tribu  de  Siméon,  où  David  laissa  deux 
cents  soldats  fatigués.  1.  Reg.  30.  v.  9.  10. 
21. 

BESTIA,  M.  Du  grec  ^ô(r/.riu.ci,  changeant  x 
en  t.  Pecus,  animal  quoâ  pascitur,  el  signifie 

Toute  sorle  de  bêle,  d'animal,  même  les 
oiseaux,  les  poissons,  etc. 

1'  Bête  sauvage  (Ofl^to-/.  Gen.  31.  39.  Nec 
captum  a  beslia  ostendi  tibi  :  Je  ne  vous  ai 
rien  montré  de  ce  qui  avait  été  tué  par  les 
bêtes  ;  Jacob  remontre  à  Laban  que  sa  fidélité 
louchant  la  garde  des  brebis  el  des  chèvres 
de  Laban,  allail  au  delà  des  borties,  prenant 
sur  son  compte  ce  que  le  loup  pouvait  prendre 
de  ceux  qui  appartenaient  à  Laban.  Isa.  13. 
21.  Reqniescent  ibi  bcsliœ;  Hebr.  Animalia 
facientia  ah,  id  esl,  noxia:  Les  bêtes  sauvages 
se  retireront  dans  les  ruines  de  Babylone. 
Ezech.  34.  25.  Ccssare  fnciam  bestias  pessimas 
de  ^frra  .•J'exterminerai  de  la  terre  les  bêles 
les  plus  cruelles.  Les  béte^  farouches  se  mul- 
tiplièrent dans  la  Palestine,  après  l'enlève- 
ment de  ses  habitants.  Dieu  marque  qu'il  y 
fera  revenir  son  peuple,  en  promettant  qu'il 
exterminera  ces  bêles. 

2' Les  bêles  brûles  terrestres  {xrôvny  Gen. 
1.26.  Pra'sit  piscibus  mnris  et  besliis  :  Que 
Ihomme  présiile  aux  poissons  de  la  mer,  aut 
oiseaux  du  ciel  el  aut  bêtes,  c.  2.  20.  etc. 

.3"  Les  poissons  (f'Tjov).  Eccli.  43.  27.  lUic... 
varia  bestiariim  qmrra  ;  Il  y  a  dans  la  mer 
des  animaux  de  toutes  sortes 


S19 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 
de  leurs 


520 


§  1.  Les  hommes,  soit  1°  à  cause 
dérégiemenls  et  de    leur    indocilité  [Orjpiov). 
Tit.  1-   12.  Cretenses  semper  mendaces,  malœ 
hestiœ  :  Les  Cretois  sont  de  méchantes  bêtes, 
qui  n'aiment  qu'à  manger  et  à  ne  rien  faire; 
saint  Paul  cite  un   poêle  de  Crète  qui  avait 
dit  ceci  de  ces  peuples.  2°  Soit  à  cause  de  leur 
cruauté.  Ps.  73.  19.  Ne  tradas  besiiis  aniiyias 
confitentes  tibi  :  Ne  livrez  pas  à  des  hommes 
furieux  comme  des  bêles  les  âmes  de  ceux 
qui  s'occupent  à  vous  louer;  David  parle  des 
Egyptiens  qui  poursuivaient  les  Israélites; 
ce  qui  se  peut  entendre  aussi  de  Saùl  et  de 
ses  gens,  don!  il  était  poursuivi.  2.  Par.  25. 
18.  Jerem.  12.  9.  Ezech.  3i.  5.  Ose.  2.  12. 
Ainsi,  1.  Cor.  15.  32.  Si  [secundum  hominem) 
ad  hestiaspugnavi E})hesi,  elc.  quid  mihi  pro- 
dest,  si  mortui  non  resurgunt?  Que  m'a-t-il 
servi,  pour  parler  à  la  manière  des  hommes, 
d'avoir   combattu    contre    ceux    d'Ephèse  , 
comme  contre  des  bêtes  farouches,   si  les 
morts  ne  ressuscitent  point?  Quelques-uns 
croient  néanmoins  que  saint  Paul  y  fut  ex- 
posé aux  bêles  farouches  dans  le  théâtre 
d'Ephèse  pour  combattre  et  en  être  déchiré, 
mais  que  Dieu  l'en  a  délivré;  il  est  plus  pro- 
bable de  l'entendre  dans  le  même  sens  que 
saint  Paul,  lorsqu'il  parle  de  Néron,  et  le 
traite  de  lion.  2.  Tim.  k.  17.  Et  ce  sens  pa- 
raît d'aulant  plus  vraisemblable,  que  ce  qui 
arriva  à  saint  Paul  à  Ephèse  est  rapporté 
Act.  19.  V.  29.  30.  etc.  sans  aucune  mention 
de  ce  combat  contre  les  bêtes.  Ainsi,  Hérode 
est  appelé  renard^  à  cause  de  sa  finesse  et 
de  sa  politique.  Luc.  13.  31.  Voy.  Apoc.  c. 
16.  c.  17.  C.20.  Isa.  56.  9.  Omnes  bestiœagri, 
venile  ad  devorandum  :  Bêles  des   champs  , 
venez  toutes  pour  dévorer  voire   proie  ;  ces 
bêtes  farouches  marquent  les  peuples  enne- 
mis des  Juifs,  et  surtout  les  Romains  ,  qui 
ont  détruit  leur  ville  et  leur  temple  ;  mais  le 
prophète  prédit  aussi  le  carnage  des  âmes 
que  font  les  démons ,  par  la  négligence  des 
pasteurs.  Jer.  12.  9.  Ainsi,  Dan.  7.  11.  Vidi 
quoniam  interfecta  esset  bestia  :  Je  vis  que  la 
bêle  avait  été  tuée;  après  que  Dieu  eut  pro- 
noncé l'arrêt  de  mort  contre  Anliochus;  ce 
prince  fut  frappé  d'une  plaie  dont  il  mourut, 
avec   des  douleurs  effroyables  et  dans  une 
angoisse  d'esprit  inconcevable.  §  20.  Les  em- 
pires  idolâtres,   tel  que   l'empire  romain. 
Apoc.  13.  1.  Et  vidi  de  mari  bestiam  ascen- 
dentem  :  Je  vis  s'élever  de  la  mer  une  bête  ; 
ainsi,  les  quatre  bêtes  dont  il  est  parlé  dans 
Dan.  7.  3.  figuraient  quatre  empires  célèbres. 
Le  premier  était  l'empire  des  Ghaldéens;  le 
second,  celui  des  Mèdes  et  des  Perses  ;  le  troi- 
sième, l'empire  de  Macédoine  ou  d'Alexandre 
le  Grand;  et  le  quatrième  pouvait  bien  être 
celui  des  Séleucides  en  Syrie,  et  des  Lagides 
en  Egypte;  quoique  quelques  autres   l'cn- 
londeut  de  l'empire  romain.  Dan.  7.  7.  Lcce 
bestia  quarta  terribilis  atque  mirabilis;  Je  vis 
paraître  une  quatrième  bête,  qui  était  terrible 
et  étonnante  :  Dissimilis  autem.  erat  cœleris 
bestiis  :  Ehe  était  fort  différente  des  autres 
bêles.  Les  autres  empires  n'avaient  exercé 
leur  violence  que  sur  les  corps  ;  au  lieu  que 
celui-ci  devait  l'exercer  sur  les  consciences, 


Ville   de  la  tribu 
Domus    transitus. 


pour  les  forcer  à  renoncer  au  culte  du  vrai 
Dieu.  Voy.  Le^na,  Ursls  ,  Pardus. 

§  3°  La  philosophie  païenne  qui  venait  au 
secours  de  l'idolâtrie  romaine  avec  des  rai- 
sonnements pompeux  etdes  divinations;  elle 
est  appelée  le  faux  prophète.  Apoc.  IG.  13.  c 
19.  20.  c.  20.  10. 

BETÉ,  Heb.  Fiducia.  Ville  de  Syrie,  que 
David  prit  sur  Adarezer.  2.  Reg.  8.  7.  Voy. 

ÏHEBAC. 

BETEN,  Hcb.    Venter 
d'Aser.  Jos.  19.  25. 

BETHABARA  ,    Hebr. 
Voy.  BÉTHANiA,  n.  2. 

BETHACARA,  Heb.  Domus  vineœ.  Une 
rue  de  Jérusalem  qui  appartenait  à  Melchias. 
2.  Esd.3.  14 

Une  ville  de  la  tribu  de  Juda,  située  sur 
une  montagne,  près  de  la  tribu  de  Benjamin. 
Jerem.  6.  1. 

BET-HAGLA  ,  Heb.  Domus  festivilatis. 
Ville  de  la  tribu  de  Benjamin,  sur  les  confins 
de  Juda.  Jos.  15.  6.  autr.  Beth-hagla. 

BETHANAN,  Heb.  Do7nus  gratiœ.  autr. 
Beth-hanan.  Ville  et  contrée  de  la  Judée.  3. 
Reg.  4.  9. 

BETHANATH ,  Heb.  Domus  cantici.  Ville 
de  la  tribu  de  Nephlali.  Jos.  19.  38.  Jud.  1. 
33.  D'où  sont  appelés  Bethanitœ,  ceux  de 
Belhanath,  ibid. 

BETHANIA,  Heb.  Domus  sive  locus  afflicti 
aut  pauperis.  Les  Hébreux,  à  l'imitation  des 
Chaldéens,  appellent  du  nom  de  maison  toute 
sorte  de  lieu.  Heb.  Beth.  —  1°  Bourg  ou  village 
à  deux  mille  pas  de  Jérusalem  ,  où  Jésus- 
Christ  a  ressuscité  le  Lazare,  et  ou  il 
s'est  souvent  relire  chez  Marie  et  Marthe. 
Malth.  21.  17.  c.  26.  6.  etc.  —2°  Un  lie^  au 
delà  ou  le  long  du  Jourdain,  où  était  le  gué 
par  où  on  passait  ce  fleuve;  c'était  là  que 
saint  Jean  baptisait.  Joan.  1.  28.  Le  Grec 
porte  Bethabara,  domus  transitus  :  C'est  par 
où  les  Israélites  ont  passé  le  Jourdain. 

BETHANOTH,  Heb.  Domus  canticorum. 
Ville  de  la  tribu  de  Juda.  Jos.  15.  59. 

BETHARABA,  Heb.  Domus  planiliei.  Ville 
dans  le  désert  de  la  tribu  de  Juda.  Jos.  15.  v. 
6.  61.  c.  18.  22.  Cette  ville  est  sur  les  confins 
des  Iribus  de  Juda  et  de  Benjamin. 

BETHARAN,  Heb.  Domus  viontis.  Ville  de 
la  tribu  de  Gad,  dans  la  Pérée,  que  Josué 
prit  sur  Sehon.  Num.  32.  36.  Jos.  13.  27. 

BETHAVEN ,  Heb.  Domus  vanitatis  ,  ou 
iniquitaiis,  ou  idoH.  —  1°  Ville  de  la  tribu  de 
Benjamin.  Jos.  7.  2.  Hai  quœ  est  juxta  Be- 
//mven.-Haï  qui  est  près  de  Bethaven.  l.Rcg. 
15.  5.  c.  14.  23.  Celte  ville  a  donné  ce  nom  à 
un  désert  qui  était  auprès.  Jos.  18.  12. 

2"  Ce  nom  a  été  donné  par  mépris  à  la  ville 
de  Béthel,  dans  la  tribu  d'Ephraïu»,  à  cause 
de  l'idolâtrie  qu'on  y  exerçait,  Jéroboam  y 
ayant  fait  un  veau  d'or. Ose.  4.  15.  Ne  ascen- 
derilis  in  Bethaven  :  Ne  montez  point  à  Be- 
thaven. Le  prophète  avertit  et  exhorte  Juda 
de  ne  pas  imiter  l'idolâtrie  des  dix  tribus,  c. 
5.  8.  c.  10.  5.  Voy.  Béthel. 

BETH-AZMOTH,  Heb.  Domus  for tiiudinh 
montis.  —  Ville  de  la  tribu  de  Juda.  2.  Esdr. 
7.28. 


t-t\  BET 

BETH-BERA,  Heb.  Bomus  electa.  Grande 
campagne  dans  la  Iribu  d'Ephraïm,  où  Gé- 
déon  déflt  les  Madianites.  Judic.  7.  2i.  D'au- 
tres croient  que  c'est  une  viile  près  du  Jour- 
dain, dans  la  demi-tribu  de  Manassé. 

BETH-BERAI,  Heb.  Domus  sanilatis.  Ville 
en  la  tribu  de  Juda.  1.  Par.  i.  31.  Voy.  Beth- 

^.EBAOTH. 

BETH-BESSEN,  Heb.  Domics  confessionis. 
Ville  dans  le  désert  de  la  tribu  de  Juda,  où 
Simon  et  Jonathas  taillèrent  en  pièces  l'ar- 
mée de  Bacchide.  1.  Mac.  9.  v.  02.  6i. 

BETH-CHAR,  Heb.  Domus  agni.  Ville  de 
la  tribu  de  Dan.  1.  Reg.  7.  11. 

BETH-DAGON,  Heb.  Domus  frumenti.  — 
1°  Ville  de  la  tribu  de  Juda.  Jos.  15. 41.  c.  19. 
28.  Aujourd'hui  Caserdago.  —  2"  Le  temple  de 
Dagon  ,  dans  la  ville  d'Azot.  1.  Mac.  10.  83. 

BETH-HAGLA,Voy.  Beth-agla.. 

BETHEL,  Heb.  Domus  Dei.  —  1°  Ville  de  la 
tribu  de  Benjamin,  appelée  de  la  sorte,  parce 
que  Dieu  y  apparut  à  Jacob;  car  elle  s'ap- 
pelait auparavant  Luza.  Gen.  28.  19.  Appel- 
lavitque  nomeyi  urbis  Bethel,  quœ  prius  Luza 
vocabatur  :  Il  donna  le  nom  de  Bethel  à  la 
ville  qui  s'appelait  auparavant  Luza.  c.  3o. 
V.  6.  7.  15.  Celte  ville  est  même  appelée  de 
ce  nom  par  anticipation,  c.  12.  8.  c.  13. 
3.  etc. 

2°  Ville  de  la  Iribu  d'Ephraïm,  près  de  Si- 
chem,  où  Jéroboam  Ct  dresser  le  veau  d'or. 
3.  Reg.  12.  V.  29.  32.  33.  c.  13.  1.  etc.  Cette 
ville  a  été  nommée  Bethaven ,  à  cause  de 
l'idolâtrie  et  du  culte  impie  qu'on  y  exerçait. 
Amos,  5.  5.  Nolite  quœrere  Bethel  :  Ne  cher- 
chez point  Bethel,  c'est-à-dire  le  veau  d'or 
qui  y  était  adoré;  c'est  pourquoi  Bethel  a  été 
appelée  Bethaven,  Maison  de  vanité ,  pour 
Maison  de  Dieu.  Ose.  i.  15.  c.  o.  8.  c.  10.  5. 
Voy.  Bethaven.  On  confond  ordinairement 
ces  deux  Bethel  en  une  ,  comme  étant  sur 
les  conflns  de  l'une  et  l'autre  tribu. 

BETHEMEC,  Heb.  Domus  vallis,  ville  de  la 
Iribu  d'Aser,aux  conûnsde  celles  deZabulon 
ct  de  Nephlhali.  Jos.  19.  27. 

BETHER,  Hebr.  Divisio.  C'est  Bethel,  de 
la  tribu  de  Benjamin.  Cant.  2.  17.  v.  8.  Gr. 

BETH-GADER,  Heb.  Domus  mûri.  Nom 
de  lieu  dans  la  tribu  de  Juda  ,  le  même  que 
Gedor.  1.  Par.  2.  51.  IJariph  pater  Beth- 
Gacler  :  Hariph,  prince  ou  seigneur  de  Ge- 
dor, au  moins  en  partie,  parce  que  Phanuel 
l'était  aussi. 

BETH-GAMUL,  Heb.  Domus  relributionis, 
ville  de  la  tribu  de  Ruben,  dans  le  royaume 
des  Moabites.  Jer.  kS.  23.  Quelques-uns 
croient  que  c'est  un  nom  de  famille  ;  car 
Gamul  était  une  famille  sacerdotale.  1.  Par. 
17.  2i. 

BETHIA,  JE,  Heb.  Filia  Domini.  Fille  de 
Pharaon,  femme  de  Mered.  1.  Par.  h-,  18. 

BETHJESIMOTH,  Heb.  Doitms  desolalio- 
num.  Ville  de  la  tribu  de  Ruben.  Jos.  13.  20, 
Ezech  2.0.  9. 

BETH-LEBAOTH,  Heb.  Domus  leœnarum. 
Ville  de  la  tribu  de  Siméon.  Jos.  19.  G.  La 
même  que  Lcbaolh.  Jos.  15.  32. 

Dictionnaire  de  Philol.  Sacrée.  I, 


BET 


52â 


BETHLEEM,  Heb.  Domui  partis  —l' Petite 
viile  dans  la  tribu  de  Juda,  qui  s'appelait 
Ephrata.  Ce  lieu  a  été  rendu  célèbre  par  la 
naissance  de  David,  et  surtout  par  celle  de 
Jésus-Christ,  Mich.  5,  2.  Et  tu  Bethléem 
Ephrata.  Malth.  2.  v.  15.  6.  Et  tu  Bethléem 
terra  Juda,  etc.  Voy.  Lahem.  L'empereur 
Adrien  profana  cette  ville  l'an  135,  en  y  fai- 
sant bâlir  un  temple  à  Vénus.  Les  chrétiens 
s'étant  rendus  maîtres  de  la  Terre-Sainte,  on 
y  érigea  l'an  1110  un  évêché,  suffragant  de 
Jérusalem;  mais  depuis  que  les  Turcs  so 
sont  emparés  de  tout  ce  pays,  Bethléem  n'est 
plus  qu'un  bourg  où  demeurent  quelques 
pauvres  chrétiens  qui  gagnent  leur  vie  à 
faire  des  crois,  et  des  chapelets  pour  la  dévo- 
tion des  pèlerins  qui  visitent  les  lieux  saints. 
Le  bourg  est  situé  sur  une  colline  assez 
agréable,  au  pied  de  laquelle  est  l'église  où 
est  la  sacrée  grotte,  célèbre  par  la  naissance 
du  fiis  de  Dieu  :  sainte  Hélène  y  fit  bâtir  uno 
chapelle.  Il  y  a  eu  depuis  un  monastère  qui 
est  aujourd'hui  commun  aux  cordeliers  La- 
tins, aux  Grecs  et  aux  Arméniens. 

2°  Une  autre  ville  de  la  tribu  de  Zabulon, 
dans  la  Galilée  inférieure.  Jos.  19.  15.  Celte 
ville  est  appelée  Bethulie  dans  le  livre  de  Ju- 
dith. 

BETH-MAACA,  Heb.  Domus  compressa. 
Ville  de  la  tribu  de  Nephlhali.  2.  Reg.  20. 
V.  14.  15.  Voy.  Abel. 

BETH-MAON,  Heb.  Domus  habitaculi. 
Ville  dos  Moabites,  dans  la  tribu  de  Ruben. 
Jer.  48.  23.  Quelques-uns  croient  que  c'est 
un  nom  de  famille  -,  Maon  est  un  nom 
d'homme.  1. Par.  2.  45. 

BETH-MARCABOTH,  Heb.  Domus  quadri- 
garum.  Ville  de  la  tribu  de  Siméon.  Jos.  19. 
5.  Vov.  Medemena. 

BETH-NEMRA,  Heb.  Domus  pardi.  Ville 
de  la  Iribu  de  Gad.  Num.  32.  36,  Jos.  13.  27. 
La  même  que  Nemra.  Jos.  32.  2. 

BETHORON,  Heb.  Domus  irœ.  De  Beth, 
domus,  et  deHarah,  irasci. 

Ville  de  Belhoron  la  supérieure,  qui  est 
dans   la  tribu  d'Ephraïm,    aux   confins   de 
celle  de  Manassé,  deçà  le  Jourdain,  assignée 
aux  lévites  de  la  famille  de  Caath.  Jos.  IG 
5.  c.  21.  22.  1.  Par.  6.G8. 

BETHORON,  Heb.  Divisio.  De  Batar,  divi- 
dere. 

Ville  de  Belhoron  l'inférieure,  dans  la 
tribu  de  Benjamin.  Jos.  10  v.  10.  11.  c  18* 
Y.  13.  14.  1.  Reg.  13.  18.  2.  Reg.  2.  29.  1. 
Mac.  3.  V.  16.  24.  c.  4.  29.  c.  1.  34.  c.  9.  50. 
Il  paraît  néanmoins  que  ces  deux  villes 
étaient  proches  l'une  de  l'autre  ,  puisque 
c'est  la  même  personne  qui  les  a  fait  rebâtir. 
1.  Par.  7.  24,  ct  que  Salomon  les  a  fait  for- 
tifier toutes  deux.  2.  Par.  8.  5.  et  3.  Reg.  9. 
17.  ^ 

BETH-PHAGE.  Heb.  Domus  oris  vallium. 
Petit  village  au  pied  du  mont  des  Oliviers. 
Matlh.  21.  1.  Luc.  19.  24. 

BETH  PHALET  ou  BETH-PHELET,  Heb. 
Domus  hberationis.  Ville  dans  la  tribu  da 
Juda.  Jos.  15.  27.  2.  Esdr.  11.  26. 

BETH-PHESES  ,  Heb.  Domus  divisionit. 
Ville  de  la  tribu  dlssachar.  Jos.  19.  21. 

17 


523 


DICTIONNAIRE  DE 


BETH-PHOGOR  ,  Heb.  Domiis  hiatus. 
Ville  de  la  tribu  de  Ruben.  Jos.  13.  20. 

BETH-RAPHA ,  Heb.  Domus  sanitatis. 
Fils  dEslhon  ,  de  la  tribu  de  Juda.  1.  Par. 

h.  \%. 

BETHSABEE,  Reh.  Filiajuramenti.  Fille 
dEliam,  femme  d'Urie,  de  laquelle  David  eut 
un  enfant  par  adultère.  2.  Reg.  11.  3.  c.  12. 
2i,  etc.  Elle  est  appelée  Bethsua,  en  hébreu, 

1.  Par.  3.  5. 

BETHSAIDA  ,  Heb.  Domus  frugnm.  — 
i-Pelite  ville  de  la  Galilée,  de  la  tribu  de 
Zabulon,  considérable  par  la  naissance  de 
trois  apôtres,  Pierre,  André  et  Philippe. 
Malth.  11.  21.  Vœ  tibi  Bethsaida  :  Malheur  à 
toi,  Bethsaïde.  Philippe  le  Tétrarque  l'a  éri- 
gée en  ville  considérable,  et  l'a  nommée 
Julie.  Marc  6.  ko.  Voy.  Desertum.  —2°  Pis- 
cine où  les  malades  étaient  guéris  quand 
l'eau  avait  été  troublée  par  l'Ange,  Joan.  3. 

2.  Le  Grec  porte  Bethesda,  qui  signifie  en 
syriaque  maison  de  miséricorde,  à  cause  de 
celle  que  Dieu  exerçait;  Hebr.  Beth-cliesda. 
Voy.  Probatica. 

BETHSAMES,  Heb.  Domus  soUs.-  1°  Ville 
de  la  tribu  de  Neplilhali,  dont  le  Chananéen 
ne  fut  point  chassé.  Jos.  19.  38.  Judic.  1.  33. 
Nephtfiali  quoque  non  delevit  habitatores 
Belhsames  :  Nephthali  n'extermina  point  les 
habitants  de  Bethsamès.  —  2"  Ville  de  la 
tribu  de  Juda,  donnée  aux  prêtres.  Jos.  13. 

10.  c.  21.  16.  1.  Reg.  6.  9.  où  fut  amenée 
l'arche.  Elle  est  appelée  Bethsemes.  1.  Par. 
6.  59.  Voy.  Abel-Magnom.  —  3°  Ville  de  la 
tribu  d'Issachar.  Jos.  19.  22.  —  i°  Ville  de 
la  tribu  de  Dan.  3.  Reg.  i.  9,  qui  est  appe- 
lée Hirsemes.  Jos.  19.  41. 

BETHSAMIT^,  àrdm.  Habitants  de  la 
Tille  de  Bethsamès,  de  la  tribu  de  Juda.  1. 
Reg.  6,  13.  etc. 

BETHSAN,  Heb.  Domus  eboris.  Ville  de  la 
tribu  de  Manassé,  d'où  les  Chananéens  ne 
furent  point  chassés.  Jos.  17,  v.  11.  16,  etc. 
C'est  la  même  que  Scylhopolis  ;  c'a  été  une 
ville  archiépiscopale  qui  avait  neuf  suffra- 
gants  sous  le  patriarche  de  Jérusalem;  mais 
le  siège  a  été  transféré  à  Nazareth, 

BETH-SETTA,  Heb.  Domus  exlensionis. 
Ville  et  plaine  dans  la  tribu  de  Manassé, 
deçà  le  Jourdain,  Judic.  7.  23. 
■  BETH-SIMOTH,  Heb.  Domus  desolatio- 
num.  Le  trente-neuvième  campement  des 
Israélites  dans  les  déserts  de  Moab.  Num. 
33.  49.  Jos.  12,  3.  C'est  Belh-jesimolh, 

BETHSUR  ou  BETHSURA,  Hebr.  Domus 
rupis.  Place  forte  des  Juifs,  du  côté  de  lldu- 
mée,  1.  Mac.  4.  61.  etc.  Elle  est  au  septen- 
trion de  la  tribu  de  Juda,  Jos,  13.  38, 2.  Par, 

11.  7. 

BETHTHAPHUA,  Heb.  Domus  pomi.  Ville 
de  la  tribu  de  Juda,  Jos.  13.  33. 

BETHUL,  Heb,  Virgo,  Ville  de  la  tribu  de 
Siméon,  Jos.  19.  4.  La  même  que  Bathuel, 
laquelle  d'abord  a  été  dans  la  tribu  de  Juda, 
et  a  depuis  été  donnée  à  celle  de  Siméon. 

BETHULIA.  Bethulie,  Voy.  Bethléem. 

BETH-ZACHARA,  ^e.  Heb.  Domus  mémo- 
riœ.  Un  lieu  dans  la  tribu  d(>  Juda,  où  se 
dunna  ce  grand  combat  entre  Judas  Macha- 


PIIILOLOGIE  SACRÉE.  5% 

bée  et  Antiochus  Eupator.  1.  Mac.  6.  v,  32. 
33, 

BETHZECA  ,  Heb.  Domus  tribulationis. 
Ville  de  la  tribu  de  Juda,  prise  par  Bacchi- 
des.  1.  Mac,  7.  19. 

BETONIM,  Heb.  Ventres,  Ville  de  la  tribu 
deGad.Jos.  13.26. 

BEZEG,  Heb.  Fulgur,  Ville  capitale  du 
royaume  d'Adonibezec  ou  des  Bezeceniens, 
dans  la  tribu  de  Manassé,  deçà  le  Jourdain. 
Judic.  1.  V.  4.  3.  1.  Reg.  11.  8.  On  croit  que 
c'est  la  même  que  Beth-Setla. 

BIBERE,  rîveev.  Du  verbe  grec  Triw  ,  chan- 
geant -  en  jS,  et  ajoutant  /3  devant  m  et  si- 
gnifie : 

1°  Boire  pour  étancher  sa  soif.  Isa.  44,  12. 
Non  bibel  aquam  et  lassescet  :  Le  forgeron 
formant  une  idole..,  endurera  la  soif  jusqu'à 
tomber  dans  la  défaillance  ;  ce  qui  marque 
l'attache  qu'il  a ,  jusqu'à  ne  penser  pas 
même  ni  à  boire  ni  à  manger.  Joan,  4.  13. 
Omnis  qui  bihit  ex  aqua  hac,  sitiet  iterum  : 
Quiconque  boit  de  celte  eau  aura  encore 
soif,  dit  Jésus-Christ  à  la  femme  Samaritaine. 
Matlh.  6.  31.  Quid  bibemus  ?  Ne  vous  inquié- 
tez point,  en  disant...  Que  boirons-nous? 
Marc.  lô.  18.  Deut.  32,  38. 

2°  Boire  au  delà  de  la  pure  nécessité,  faire 
bonne  chère,  être  en  festin,  Gen.  43.  34.  Bi- 
beruntque  et  inebriati  sunt  cum  eo  :  Les  frè- 
res de  Joseph  burent  ainsi  avec  Joseph,  et 
ils  firent  grande  chère.  Ici  inebriati  est  pour 
saturati.  Prov.  31.3.  Gen.  9.  21.  Ps.  68.  13, 
Jn  me  psallebant  qui  bibebant  vinum  :  Ceux 
qui  buvaient  du  vin  me  raillaient  par  leurs 
chansons  :  c'est  sur  David  même  que  se  di- 
saient ces  chansons,  où  l'Ecriture  ajoute 
quelquefois  abundanter  ,  pour  dire  boire 
beaucoup,  s'échauffer  de  vin.  Esth.  3  6. 
Dixit  ei  rex  postquam  vinum  biberat  abun- 
danter ;  quid  petis  ut  detur  tibi?  Assuérus  dit 
à  Esther,  après  avoir  bu  beaucoup  de  vin  : 
Que  désirez-vous  que  je  vous  donne,  et  que 
me  demandez-vous?  où  bibere  abundanter 
vaut  autant  pour  la  signification  que  vino 
incalescere^  c.  7.  2. 

§  1. —  S'abreuver  d'eau,  en  être  humecté, 
en  parlant  de  la  terre.  Heb.  6.  7.  Terra  enim 
sœpe  venientem  super  se  bibens  imbrem  :  Une 
terre  souvent  abreuvée  des  eaux  de  la  pluie  : 
dans  ce  verset,  l'AjJÔlre  apporte  une  compa- 
raison de  ceux  qui  étant  bien  instruits  et 
avec  soin  de  la  parole  do  Dieu,  en  font  un 
bon  usage  par  les  fruits  de  leurs  bonnes 
œuvres. 

§  2.  —  Apprendre,  recevoir  avec  affection  ce 
qu'on  nous  enseigne.  Prov.  9.  5.  Bibite  vi- 
num quod  miscui  vobis  :  Recevez  la  doctrine 
salutaire  que  la  Sagesse  vous  présente;  ce 
que  l'Eglise  explique  aussi  de  l'adorable  sa- 
crement de  nos  autels.  Ainsi,  Eccli.  24,  29. 
Qui  bibunt  me,  adhuc  sitient:  Vlus  on  goûle 
les  douceurs  de  la  Sagesse  et  de  l'Esprit  de 
Dieu,  plus  on  désire  les  goûter  ;  ce  qui  s'ae- 
corde  bien  avec  saint  Jean.  4.  13.  Qui  aulem 
biberit  ex  aqua,  quam  ego  dabo  ei,  non  sitiet 
in  œternum  :  Celui  qui  boira  de  l'eau  que  jo 
lui  donnerai  n'aura  jamais  de  soif.  Celte 
eau,  ce  sont  les  lumières  et  les  grâces  du 


Si5 


BIB 


BIB 


526 


Sainl-Esprit,qui,  étant  devenues  comme  une 
source  vivante,  font  que  celui  qui  les  a  re- 
çues, n'est  plus  altéré  des  biens  ni  des  plai- 
sirs de  la  terre;  à  quoi  est  opposée  la  doc- 
trine qu'enseigne  la  grande  Babylone,  Apoc. 
18.  3  De  vino  irœ  furnicationis  ejus  bibe- 
runt  omnes  gentes  :  La  grande  Babylone  a 
fait  boire  à  toutes  les  nations  du  vin  de  la 
colère  de  sa  prostitution  ;  ce  vin  empoisonné 
sont  les  plaisirs  du  monde  et  l'idolâtrie. 
Voy.  Calix. 

§  3.  —  Jouir  des  biens  d'autrui  que  l'on  a 
pris.  Job.. 5.  5.  Bibent  silientes  divitias  ejus  ; 
Ceux  qui  séchaient  do  soif  boiront  les  ri- 
chesses de  l'insensé.  Ezech.  25.  k.  Mais  au 
contraire,  Prov.  5.  15.  Bibere  aquam  de  cis~ 
terna  sua^  signifie  jouir  de  ses  biens  et  non 
de  ceux  d'autrui.  Voy.  un  autre  sens  au  mot 
Aqua. 

§  4-.  —  Se  remplir,  ou  jouir  abondamment 
des  biens  spirituels,  Joan.7.  37.  Si  guis  sitit 
veniat  ad  me  et  bibat  :  Si  quelqu'un  a  soif, 
qu'il  vienne  à  moi,  et  qu'il  boive.  Par  la 
puissance  de  ce  breuvage,  Jésus-Christ  en- 
tend les  grâces  vivifiantes  du  Saint-Esprit  ; 
et  Matth.  26.  v.  27.  28.  Bibite  ex  hoc  otnnes, 
hic  est  enim  sanguis  meus  novi  Testamenli  : 
Jésus-Christ  invite  à  boire  le  calice  de  son 
sang.  Luc.  22.  v.  23.  30.  Jean.  4.  13.  c.  7. 
37.  Voy.  ViNUM. 

Phrases  tirées  de  la  slgnificalioa  de  ce  verbe  dans  le  sens 
figuré. 
Bibere  calicem  ou  Bibere,  Souffrir  des 
maux,  supporter  des  afflictions,  être  griève- 
ment puni.  Cette  métaphore  est  tirée  de  la 
coutume  ancienne,  où  le  père  de  famille  dis- 
tribuait à  chacun  sa  portion  ;  ainsi  Dieu  dis- 
tribue les  biens  et  les  maux  selon  les  mérites 
d'un  chacun.  Isa.  51.  17.  Consurge  Jérusa- 
lem, quœ  bibisti  de  manu  Domini  calicem  irœ 
ejus;  usque  ad  fundum  soporis  bibisti  .-Levez- 
vous,  Jérusalem,  qui  avez  bu  de  la  main  du 
Seigneur  le  calice  de  sa  colère,  qui  avez  bu 
ce  calice  d'assoupissement.  Le  prophète  pré- 
dit au  peuple  le  retour  et  la  délivrance  de  la 
dure  captivité  de  Babylone,  v.  22.  Job.  21. 
20.  Ps.  74.  9.  Ezech.  23,  v.  32.  34.  Abd.  10. 
Apoc.  14.  10.  Ainsi,  Jerem.  25.  16.  etc.  Bi- 
bentes  bibclis  :  Vous  boirez  certainement  de 
cette  coupe;  Dieu  ordonne  au  peuple  de  dé- 
clarer que  les  Babyloniens  mémos  éprouve- 
raient la  colère  de  Dieu  par  les  Modes  et  les 
Perses,  à  cause  de  leur  orgueil,  comme  il 
sétait  servi  des  Babyloniens  pour  punir  les 
péchés  des  Juifs.  Matth.  20.  v.  22.  23.  Marc. 
10.  38.  39.  Joan.  18.  11,  Calicem  quem  dédit 
m,ihi  paler,  non  bibam  illum  :  Ne  faut-il  pas 
que  je  boive  le  calice  que  mon  Père  m'a 
donné,  dit  Jésus-Christ  à  saint  Pierre;  ce 
qui  s'entend  de  la  passion  et  des  souffrances 
de  Jésus-Christ.  On  entend  encore  dans  le 
même  sens,  Ps.  109.8.  Detorrenteinvia  bi- 
bet  :  Il  supportera  de  grandes  afnictions  pen- 
dant le  cours  de  sa  vie.  Voy.  Potare  ,  Ine- 

BRIARE. 

Bibere,  bibere  sanguinem.  —  1°  Remporter 
Une  pleine  et  entière  victoire  sur  ses  enne- 
mis; ce  qui  est  dit  par  allusion  au  lion  qui 


boit  le  sang  oes  animaux  dont  il  fait  sa 
proie.  Nuni.  23.  24.  Populus.,,  quasi  leo  eri- 
getur  ;  non  accubabit  donec  devoret  prœdam, 
et  occisorun  sanguinem  bibat  :  Le  peuple 
d'Israël  s'élèvera  comme  un  lion;  il  ne  se 
reposera  point  jusqu'à  ce  qu'il  dévore  sa 
proie,  et  qu'il  boive  le  sang  de  ceux  qu'il 
aura  tués,  dit  Balaam.  Zach.  9.  15.  Bibentes 
inebriabuntur  quasi  a  vino  :  Les  Juifs  boiront 
le  sang  de  leurs  ennemis  ;  ils  en  seront  eni- 
vrés comme  de  vin  ;  c'est  aussi  par  cet  hé- 
braïsme  que  quelques  interprètes  regar- 
dent le  Messie  représenté  comme  un  vain- 
queur, qui,  après  avoir  fait  un  grand  car- 
nage de  ses  ennemis,  pourrait  boire  du  tor- 
rent de  leur  sang.  Ps.  109.  8.  De  torrente  in 
via  bibet. 

2°  Souffrir  les  dernières  cruautés  jusqu'à 
voir  tant  de  sang  répandu,  qu'on  soit  forcé 
d'en  boire.  Apoc.  16.  6.  Sanguinem  eis  dé- 
dis ti  bibere,  digni  enim  sunt  :  Vous  leur  avez 
même  donné  du  sang  à  boire  ;  c'est  ce  qu'ils 
méritent;  se.  ceux  qui  ont  répandu  le  sang 
des  saints  et  des  prophètes  :  ceci  a  rapport  à 
ce  qui  est  dit,  Matth.  23.  35.  Le  sang  des 
martyrs  était  vengé  par  le  sang  de  leurs  per- 
sécuteurs, et  les  barbares  s'enivraient  du 
sang  des  Romains  parce  que  les  Romains 
s'étaient  enivrés  du  sang  des  chrétiens. 

Bibere  aquas  alicujus.  3°  Avoir  recours  à 
quelqu'un  ,  implorer  son  assistance.  Jerem. 
2.  18.  Quid  tibi  vis  in  via  Mgypti  ut  bibas 
aquam  turbidam  :  et  quid  tibi  cum  via  Assy- 
riorum,  ut  bibas  aquam  fluminis?  Qu'allez- 
vous  chercher  dans  la  voie  de  lEgypte?  est- 
ce  pour  y  boire  de  l'eau  bourbeuse?  Et 
qu'allez-vous  chercher  dans  la  voie  des  As- 
syriens ?  est-ce  pour  y  boire  de  l'eau  de 
l'Euphrate  ?  Ici,  Dieu  témoigne  aux  Juifs 
qu'ils  n'auraient  que  faire  de  recourir  ni 
aux  Egyptiens ,  ni  aux  Assyriens  contre 
leurs  ennemis,  s'ils  se  voulaient  tenir  atta- 
chés à  lui. 

Bibere  quasi  aquam.  Prendre  plaisir  à  quel- 
que chose ,  comme  ceux  qui  sont  altérés 
prennent  plaisir  à  boire  de  l'eau.  Job.  15.  16. 
Qui  bibit  quasi  aquam,  iniquitalem  :  Celui  qui 
boit  l'iniquité  comme  l'eau.  Prov.  4.  17.  Vi- 
num  iniquitatis  bibunt  :  Les  impies  boivent 
le  vin  de  l'iniquité  :  ils  se  plaisent  à  mal 
faire  comme  on  se  plait  à  boire  du  vin.  Ainsi, 
Bibere  quasi  aquam,  subsannationem  .-  Etre 
rempli  de  railleries,  se  plaire  à  railler.  Voy. 
SuBSANNATio.  A  quoi  se  peut  rapporter  cet 
endroit  des  Proverbes,  c.  5.  16.  liibe  aquam 
de  cisterna  tua  :  Buvez  de  l'eau  de  votre;  ci- 
terne, c'est-à-dire  contentez-vous  de  l'usage 
légitime  du  mariage  qui  vous  est  permis. 
Ainsi,  Eccfi.  20.  Ki.  Ab  oiyini  aqua  proxima 
bibet  :  Elle  boira  de  toutes  les  eaux  qui  se- 
ront près  d'elle  :  il  faut  retenir  dans  la  mo- 
destie 1rs  jeunes  filles,  de  peur  qu'elles  no 
s'échappent. 

Comedere  et  bibere.  Voy.  Comedere. 

BIBLIOTHKCA,  je.  Ce  nom  qui  est  grec, 

/3«ç),to0/ixï7 ,  vaut  autant  que  ptQi'.jv  Omn,  et  si- 
gnifie pro[)rement  armoires  où  sont  res- 
serres les   livres  ou   autres  papiers,  et  csC 


52T 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


S2S 


pris  aussi  pour  un  lieu  où  il  y  a  beaucoup  de 
livres;  dans  l'Ecriture  : 

1"  Bibliothèque,  lieu  où  il  y  a  beaucoup  de 
livres.  2.  Mach.  2.  13.  Construens  Bibliothe- 
cam,  congregavit  deregionibus  libros  :  Néhé- 
niias  fit  une  bibliothèque,  ayant  rassemblé 
de  divers  pays  les  livres  des  prophètes  et  de 
David,  etc. 

2°  Archives  où  se  gardent  les  papiers  et 
les  choses  les  plus  précieuses  {ohoç).  1. 
Esdr.  0.  n.  Nunc  ergo ,  si  videtur  Régi  bo- 
num,  recenseat  in  Bibliotheca  librorum  Régis  : 
Nous  supplions  le  roi  dagréer,  si  c'est  sa 
volonté,  qu'on  voie  en  la  bibliothèque  du 
roi  qui  est  à  Babylone,  s'il  est  vrai  que  le 
roi  Cyrus  ait  ordonné...  que  la  maison  de 
Dieu  fût  rebâtie.  C'est  ce  qu'écrit  le  gouver- 
neur de  Judée  à  Darius,  c.  6.  1. 

BICEPS,  cipitis,  ôicrropo?.  Dérivé  de  bis  et 
de  caput,  et  signifie  proprement  qui  a  deux 
têtes;  dans  l'Ecriture  : 

Qui  a  deux  tranchants.  Prov.  5.  k.  Acuia 
quasi  gladius  biceps:  ulraque  parte  scindens  : 
La  prostituée  fait  périr  doublement  ceux  qui 
s'attachent  à  elle  ;  elle  cause  souvent  une 
mort  temporelle  et  toujours  une  mort  éter- 
nelle. 

BIDUUM  ,  1.  S^o  r.uépui.  Ce  nom  neutre,  mis 
pour  bidium,  est  formé  de  l'adverbe  bis  et  de 
dies,  et  signifie  l'espace  de  deux  jours  ;  où 
spatium  est  sous-entendu.  Jos.  20.  5.  Nec 
ante  biduum  thduumve  ejus  probatur  inimi- 
cus  (î/.ûpôç)  :  On  ne  saurait  prouver  que  deux 
ou  trois  jours  auparavant,  celui  qui  s'est 
retiré  dans  celte  ville  do  refuge  ait  été  l'en- 
nemi de  celui  qu'il  a  tué  sans  y  penser  ;  c'est 
le  cas  auquel  les  habitants  ne  le  devaient 
point  livrer  entre  les  mains  de  celui  qui 
poursuivait  le  meurtrier.  Levit.  19.  7.  Num. 
9.  22.  2.  Mach.  10.  37.  Matth.  26.  2.  Marc, 
ji.  1. 

BIENNIUM ,  II.  o£0t£,6ov  troc.  Ce  nom  ,  for- 
mé de  bis  et  de  annus,  signifie  : 

L'espace  de  deux  ans.  Gen.  11.  10.  Sem 
erat  centum  annorum  gundo  genuit  Arpha^ 
xad,  biennio  post  diluvium  :  Sem  avait  cent 
ans  lorsqu'il  engendra  Arphaxad,  deux  ans 
après  le  déluge. 

BIGA, -E.  Suvwûîf  Ce  nom,  qui  est  mis 
comme  pour  ïtiaga,  vient  de  l'adverbe  bis  et 
du  verbe  ngere,  et  signifie  : 

Deux  chevaux  attelés  de  froni,  chariot  tiré 
par  deux  chevaux  ou  deux  autres  animaux. 
Isa.  21.  9.  Ecce  iste  venit  ascensor  vir  bigœ 
cquilum.  Subaudi,  uterque  :  Ces  deux  hom- 
mes qui  conduisaient  le  chariot  approchè- 
rent :  se.  Cyrus  et  Darius  Médus  qui  entrè- 
rent dans  Babylone. 

BILIBRIS,  is.  y^oïyic.  Ce  nom,  composé 
de  bis  et  de  libra,  signifie  proprement  qui 
pèse  deux  livres,  qui  est  du  poids  de  deux 
livres;  dans  l'Ecriture  : 

Mesure  de  deux  livres  qui  faisait  environ 
le  litron  ;  néanmoins  le  chcnix  ,  qui  répond 
au  mot  grec  /orvi;,  faisait  plus  de  trois  livres  ; 
c'était  le  demi-boisseau  que  l'on  donnait 
chaque  jour  aux  esclaves  pour  leur  sufli- 
sancc.  Apoc.  0.  G.  Bilibris  tritici  denario,  et 
1res  biliùrcs  hordei  denario  :  La  mesure  de 


deux  livres,  ou  le  demi-boisseau  de  blé,Tau- 
dra  une  drachme,  et  (rois  mesures  pareilles 
d'orge  vaudront  autant,  ce  qui  marquait  une 
grande  cherté,  dont  Jésus-Christ  faisait  aver- 
tir ses  serviteurs. 

BILINGUIS,  is.  01)070,-.  De  bis  et  de  lingua, 
et  signifie  proprement  qui  sait  deux  langues  ; 
il  est  néanmoins  pris  aussi  dans  la  significa- 
tion où  il  se  prend  dans  l'Ecriture  : 

Qui  parle  d'une  manière  et  qui  pense  de 
l'autre;  qui  dit  autre  chose  qu'il  ne  pense; 
qui  dit  tantôt  l'un,  tantôt  l'autre  :  un  fourbe. 
Prov.  8.  13.  Os  bilingue  detestor  :  Je  liais  la 
langue  double ,  dit  la  Sagesse.  1.  Tim.  3.  8. 
Diaconos  simililer  pudicos,  non  bilingues  :  Il 
faut  que  les  diacres  soient  chastes  et  bien 
réglés  ;  qu'ils  ne  soient  point  doubles  dans 
leurs  paroles. 

BIMATUS,  us.  oiîzèç  oG?.  L'âge  ou  l'espace 
de  deux  ans.  Matth.  2.  16.  Mittens  occidit 
pueras  a  bimatu  et  infra  :  Hérode  envoya 
tuer  en  Bethléem  tous  les  enfants,  depuis 
l'âge  de  deux  ans,  et  ceux  qui  en  avaient 
moins,  âgés  de  deux  ans  et  au-dessous. 

BINI,  JE,  A.  ô'jo,  o'jo,  ou  «VK  ôvo.  Dé  l'ad 
jectif  6îs,  et  signifie  : 

1°  Deux  ensemble  ou  deux  à  deux.  Marc. 
6.  7.  Luc.  10.  1.  Misit  illos  binos  ante  facicm 
suam  :  Jésus-Christ  envoya  devant  lui  soixan- 
te- douze  autres  disciples  deux  à  deux.  Gen. 
6.  20.  c.  7.  lo.  Bina  et  bina  ex  omni  carne  : 
Il  entra  dans  l'arche  de  Noé  deux  mâles  et 
deux  femelles  de  toute  chair  vivante  et  ani- 
mée ;  t.  e.  des  animaux  impurs  deux  cou- 
ples. Voy.  V.  2.  Gen.  io.  22.  Exod.  26.  19. 

2°  Deux  ,  sans  marquer  de  combinaison. 
Joan.  2.  6.  Erant  aulem  ibi  lapideœ  hydriœ 
sex  positœ...  capienles  singulœ  metretas  bi- 
nas, vel  ternas  (  ojo  )  :  Il  y  avait  là  six  gran- 
des urnes  de  pierre,  dont  chacune  tenait 
deux  ou  trois  mesures  :  Ce  fut  à  Cana  où 
Jésus-Christ  changea  l'eau  en  vin. 

BIPARTITUS,  A,  UM.  Ce  participe  de  bipar- 
tior,  signifie  : 

Divisé,  partagé  en  deux  {oiy/x).  Eccli.  47 
23.  Ut  facercs  imperium  biparlilum  :  Salo- 
mon,  par  sa  dissolution,  a  attiré  la  colère  do 
Dieu  sur  ses  enfants,  dont  le  premier  effet 
fut  la  division  du  royaume  de  Juda  et  d'Is- 
raël sous  Roboam. 

BIS,  Sic.  De  l'ancien  mol  duis ,  et  si- 
gnifie : 

Deux  fois.  Marc.  14.  v.  30.  72.  Priusquam 
gallus  canlet  bis,  ter  me  negabis  :  Avant  que 
le  coq  ail  chanté  deux  fois,  vous  me  renon- 
cerez trois  fois,  dit  Jésus-Christ  à  saint 
Pierre.  Phil.  4.  16.  Tliessalonicam  sernel  et  bis 
in  usum  mihi  misistis  :  Vous  m'avez  envoyé 
deux  fois  à  Thessalonique  de  quoi  satisfaire 
à  mes  besoins.  2.  Esdr.  13.  20.  1.  Mach.  3. 
30.  De  là  vient  : 

BISACUTCS  ,  A  ,  UM.  StffTo^o?.  Qui  a  deux 
tranchants,  qui  coupe  des  deux  côtés.  EccJi. 
21.  4.  Quasi  romphœa  bis  acuta,  omnis  ini- 
quilas  :  Tout  péché  est  comme  une  épéc  ù 
deux  tranchants,  se.  en  ce  qu'il  tue  et  la 
corps  et  râmo 

BIS  MORTULS ,  oiç  àr.oO«v'iv.  Tout  à  fait 
mort.  Jud.  v.    12.  Arbores bis   morluœ. 


5*29 


BLA 


BLA 


53) 


Saint  Jude  compare  les  séducteurs  dont  il 
parle,  à  des  arbres  morts  dans  les  branches 
et  dans  la  racine;  i.  e.  tout  à  fait  morts. 

BITHYNIA,  jE,  Gr.  Violenta  prope'ratio  ^ 
Bilhynie,  pays  de  l'Asie  Mineure,  proche  de 
la  Troade.  Act.  16.  7.  1.  Petr.  1.  1.  11  est  bor- 
né du  côté  du  nord  par  le  Pont-Euxin  ,  par 
la  Galatie  du  côté  du  levant,  du  côté  du 
midi  par  l'Asie  proprement  dite,  et  par  la 
mer  rie  Marmara  du  côté  du  couchant. 

BITUMEN ,  mis,  oiafalroç.  Du  verbe  grec 
Trt-TÔw,  et  signifie  : 

Bitume,  terre  gluante,  approchante  du 
soufre;  espèce  de  glu  chaude  qui  a  du  rap- 
port à  la  poix  :  on  s'en  est  quelquefois  servi 
au  lieu  d'huile  pour  brûler  dans  des  lampes. 
Gen.  11.  3.  Habueruntque....  bitiimen  pro 
cœmento  :  Les  enfants  de  Noé  se  servirent  de 
bitume  comme  de  ciment  ;  savoir,  pour  bâtir 
la  tour  de  Babylone.  c.  6.  ik.  v.  k.  Bitumine 
Unies  :  Vous  frotterez  l'arche  de  bitume  de- 
hors et  dedans,  dit  Dieu  à  Noé.  Ainsi  la  mère 
de  Moïse  enduit  de  bitume  la  corbeille  dans 
laquelle  elle  le  mit  pour  l'exposer  sur  le  Nil. 
Exod.  2.  3.  De  là  vient: 

Puteus  bituminis.  Puits  plein  de  bitume, 
puits  où  au  lieu  d'eau  il  se  trouve  du  bitume. 
Gen.  14.  10.  Vallis  autem  silveslris  habebat 
puteos  multos  bituminis  :  Il  y  avait  beaucoup 
de  puits  de  bitume  dans  cette  vallée  des 
bois. 

BIVIUM,  II.  KiMfoSoç.  Composé  de  bis  et  de 
via,  et  signifie  : 

Lieu  où  deux  chemins  aboutissent,  ou  bien 
où  deux  chemins  se  croisent. 

Chemin  qui  se  divise  en  deux.  Ezech.  21.' 
21.  Stetit  rex  Bobylonis  in  bivio  :  Nabucho- 
donosor  s'est  arrêté  à  la  tête  de  deux  che- 
mins. Ici  le  prophète  prédit  le  doute  où  se 
devait  trouver  Nabuchodonosor,  s'il  devait 
porter  ses  armes  contre  Jérusalem  ou  contre 
les  Ammonites.  Gen.  38.  ik.  Marc.  11.  4. 

BLANDE.  D'une  manière  flatteuse  et  cares- 
sante 

1^  D'une  manière  caressante,  douce  et 
pleine  de  bonté  (d;  za/sSiav).  Gen.  .50.  21.  So~ 
lalusque  est  eos,  et  blande  ac  leniler  est  locu- 
tus  :  Joseph  consola  ses  frères  en  leur  par- 
lant avec  beaucoup  de  douceur  et  de  modé- 
ration ;  ce  fut  lorsqu'ils  lui  vinrent  rendre 
visite  après  la  mort  de  Jacob ,  et  sur  ce  qu'ils 
craignaient  que  Joseph  ne  se  souvînt  du  mal 
qu'ils  avaient  eu  dessein  de  lui  faire. 

2"  Agréablement,  avec  un  sentiment  agréa- 
ble. Prov.  23.  32.  Ingreditur  blande,  sed  in 
novissimo  mordebit  ut  coliiber  ;  Hebr.  incedit 
recte,  réussit  bien  au  commencement  :  Le 
vin  entre  agréablement,  mais  il  mord  à  la 
fin  comme  un  serpent. 

BLANDIMENTUM,  i.  Flatterie,  caresse 
faite  à  quelqu'un,  soit  en  paroles.  Prov.  28. 
23.  Qui  corripit  hominem,  gratiam  poslea 
inveniet  apud  eum,  magis  guam  ille  gui  per 
linguœ  blandimenla decipit  .-Celui  qui  reprend 
un  homme,  trouvera  grâce  ensuite  auprès  de 
lui,  plus  (jue  celui  qui  le  trompe  par  des  pa- 
roles flatteuses  ;  soit  que  ces  caresses  se 
fassent  autrement.  Tob.  II.  9.  Cnnis  guasi 
nunlius  advenicns ,  blandimento  suce  caudœ 


gaudebat  :  Le  chien  qui  avait  suivi  l'ange 
Raphaël  et  le  jeune  Tobie  ,  courut  devant 
eux  ;  et  comme  s'il  eût  porté  la  nouvelle  de 
leur  venue ,  il  semblait  témoigner  sa  joie  par 
le  mouvement  de  sa  queue. 

BLANDIRI.  Flatter,  caresser  («Trarâv).  Ju- 
dic.  li.  15.  Blandii'e  viro  tito  :  Gagnez  votre 
mari  par  vos  caresses  et  faites  qu'il  vous 
découvre  ce  que  son  énigme  signifie  ,  dirent 
à  la  femme  deSamson  les  trente  jeunes  hom- 
mes à  qui  Samson  avait  proposé  son  énigme, 
rapportée  v.  14.  c.  19.  3.  Eslh.  15.  11.  Prov. 
7.  13.  Isa.  66.  v.  12.  13.  Super  genua  blan- 
dientur  vobis  :  On  vous  caressera  comme  les 
mères  caressent  leurs  enfants  qui  sont  sur 
leurs  genoux.  Voy.  Genu.  C'est  ici  une 
figure  de  la  bonté  avec  laquelle  Dieu  devait 
traiter  son  Eglise. 

BLANDlTliE,  arum.  Caresses,  flatteries. 
Gen.  34.  3.  Tristemqiie  delinivit  blanditiis  : 
Sichem,  voyant  que  Dina  était  triste,  tâcha 
de  la  gagner  par  ses  caresses  ;  il  venait  de 
lui  faire  violence. 

BLANDUS,  A,  UM.  Du  grec  irlàyoç.  Latin 
planus ,  engeoleu)',  affronteur,  et  signifie  : 

Caressant,  flatteur.  Prov.  29.  5.  Homo  qui 
blandis  fictisque  sermonibus  loquitur  amico 
suo  ,  rete  expandit  gressibus  ejus  :  Celui  qui 
parle  à  son  ami  avec  un  langage  flatteur  et 
déguisé,  lui  dresse  un  filet  pour  y  engager 
ses  pieds,  c.  6.  24. 

BLASPHEMARE,  p^aTy^psiv.  Ce  verbe,  qui 
est  grec,  vient  de  p.ÛTTnn  et  de  yrjfiïj ,  et  si- 
gnifie proprement  : 

Blesser  la  réputation,  selon  saint  Augustin, 
/î6.  2.  cap.  11.  de  Moribus  Manichœorum  : 
Blasphémer,  c'est  dire  du  mal  des  bons  :  or 
comme  on  peut  douter  des  hommes,  et  que 
sans  difficulté  Dieu  est  bon,  ce  verbe  blas- 
phémer marque  ordinairement  dire  du  mal 
de  Dieu  même.  Dans  l'Ecriture  : 

1°  Médire,  détracter,  dire  du  mal  de  quel- 
qu'un, l'accuser  faussement,  calomnier. 
Rom.  3.  8.  Et  non  (  sicut  blusphemamur  et 
sicut  aiunt  quidam  nos  dicere)  faciamus  main 
ut  veniant  bona  :  Pourquoi  ne  ferons-nous 
pas  le  mal  afin  qu'il  en  arrive  du  bien?  com- 
me quelques  calomniateurs  nous  accusent 
faussement  de  le  dire,  c.  14.  16.  1.  Cor.  4. 
13.  Blasphemamur  et  obsecramus  :  On  nous 
dit  des  injures  et  nous  répondons  par  des 
prières,  c.  10.  30.  1.  Tim.  0.  1.  Tit.  2.  5.  c.  3. 
2.  Admone  illos  neminem  blasphemare  :  Aver- 
tissez les  peuples  de  ne  médire  de  personne. 
2.  Petr.  2.  10.  Jud.8.  10. 

2°  Blasphémer  en  parlant  d«  Dieu,dé^ho- 
norer  Dieu  par  des  paroles  outrageuses 
(xaT«r.âv).  Levit.  24.  16.  Qui  blasphcmaveht 
nomen  Domini  morte  moriatur  :  Que  celui 
qui  aura  blasphémé  le  nom  du  Seigneur  soit 
puni  de  mort.  Isa.  1.  4.  .Marc.  3.  28. 

3'  Blasphémer,  signifie,  attribuer  a  soi- 
même,  ou  à  un  autre,  l'honneur  ou  le  pou- 
voir qui  est  dû  à  Dieu  (et  alors  ce  verbe  est 
mis  absolumenl)  :  ainsi  le  grand  prêtre  cl 
les  Juifs  dirent  que  Jésus-Christ  blasphé- 
mait :  1'  Parce  qu'il  se  disait  Fils  de  Dieu. 
Matth.  26.  65.  lilnsphemavit ,  (Wi  le  grand 
prêtre,  v.  63.  64.  Joan.  10.  36.   2«  Les  Juif» 


S5I 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


??59 


jugeaient  que  Jésus-Christ  blasphémait, 
parce  qu'il  s'attribuait  le  pouvoir  de  remet- 
tre les  péchés.  Mallh.  9.  3.  Marc.  2.  7.  Blas- 
fhemat  :  quis  potest  dimUtere  peccata^  nisi 
iohis  Deus  ?  Voy.  v.  5.  Malth.  9.  3. 

Blasphemare  in  Spiritum  sanclum.  Blas- 
phémer contre  le  Saint-Esprit,  c'est  com- 
battre et  aller  contre  la  vérité  par  malice, 
de  propos  délibéré  ,  et  quoiqu'on  en  soit 
convaincu  en  soi-même  par  les  lumières  du 
Saint-Esprit.  Marc.  3.  29.  Qui  anlem  blas- 
phemaverit  in  Spiritum  sanctum,  7ion  hahebit 
remissionem  in  œternum  :  Si  quelqu'un  blas- 
phème contre  le  Saint-Esprit  ,  il  n'en  rece- 
vra jamais  le  pardon;  /.  e.  rarement  et  diffi- 
cilement :  Jésus-Christ  fait  entendre  le  mal 
que  faisaient  les  Juifs,  en  disant  que  Jésus- 
Christ,  de  la  sainteté  duquel  ils  étaient  per- 
suadés ,  était  possédé  de  Beelzébut,  et  qu'il 
chassait  les  démons  par  l'intelligence  qu'il 
ayait  avec  le  prince  des  démons.  Voy.  v.  22. 
Luc.  12.  10. 

BLASPHEMIA,  je.  p>a«rç.>3ftî«.  Ce  nom  est 
grec,  et  signifie  : 

1"  Blasphème  contre  Dieu,  ou  en  lui  attri- 
buant ce  qui  ne  convient  point  à  sa  majesté, 
ou  lui  déniant  ,  ou  ôtant  l'honneur  qui  lui 
est  dû.  Isa.  37.  3.  k.  Reg.  19.  3.  Blisphemiœ 
dies  iste  :  Ce  jour  est  un  jour  d'affliction  et 
de  blasphème  ;  i.  e.  ce  jour  nous  cause  beau- 
coup d'affliction  ,  par  les  blasphèmes  que 
Rabsacés  a  prononcés  contre  Dieu  ,  dit  le 
grand  prêtre  au  prophète  Isaïe  de  la  part 
d'Ezéchias.  Matlh.  12.  31.  Omnis  hlasphemia 
remiltetur  hominibus  ,  Spiritus  autem  blas- 
phemiœ  non  remitletur  :  Tout  blasphème 
pourra  être  remis  aux  hommes  ;  mais  celui 
par  lequel  on  attribue  malicieusement  au 
démon  les  opérations  du  Saint-Esprit ,  ne 
sera  point  remis;  i.  e.  ne  sera  remis  que 
très-difflcilement.  Apoc.  13.  v.  5.  6.  c.  17.  3. 
Vidi  mulierem  sedentem  super  besliaui  cocci- 
neam  plenam  nominibus  blasphemiœ  :  L'Anté- 
christ,  marqué  par  la  bêle  ,  se  fera  rendre 
des  honneurs  qui  ne  sont  dus  qu'à  Dieu,  et 
portera  des  titres  qui  le  feront  reconnaître, 
comme  s'il  était  Dieu  même. 

2°  Médisance  ,  calomnie  ,  opprobre  ,  qui 
ternit  la  réputation  du  prochain  ;  discours 
qui  marque  le  désir  qu'on  a  que  quelque 
mal  lui  arrive.  Jud.  v.  9.  Non  est  ausus  ju- 
dicium  in  ferre  blasphemiœ  ;  L'archange  Mi- 
chel n'osa  condamner  le  diable  avec  exécra- 
lion,  en  lui  disant  :  Retire-toi,  maudit  Sa- 
tan, ou  usant  d'autres  termes  injurieux.  Isa. 
43.  28.  c.  51. 7.  Ezech.  5. 15.  Sophon.  2.  8.  2. 
Mach.  10.  35.  c.  15.  2i.  Matlh.  i.S.  19.  Marc. 
7.22.  Ephes.  k.  81.  Coloss.  3.  8.  l.Tim.6.  4. 

BLASPHEMUSi.p),â(Tf/3uoj.  Ce  nom,  qui  est 
grec  ,  et  qui  vient  de  la  même  racine  que 
blasphemare,  signifie:  1°  Médisant.  2.  Tim. 
3.  2.  Ërunt  homines  seipsos  amantes  .... 
blasphcmi  :  Dans  les  derniers  jours  il  y  aura 

des  hommes  amoureux  d'eux-mêmes 

médisants.  2*  Blasphémateur,  qui  maudit  le 
nom  de  Dieu  ,  qui  fait  ou  dit  quelque  chose 
contre  le  culte  et  l'honneur  dû  au  vrai  Dieu 
{xaTapwftevoç).  Levit.  24.  ik.  Educ  bliisphemum 
fxtra  castra  :  Faites  sortir  hors  du  camp  ce 


blasphémateur.  Voy.  v.  10.  11.  2.  Mach.  9. 
2S.  c.  10.  k.  ainsi ,  1.  Tim.  1.  13.  Qui  phns 
blaspliemus  fui:  Avant  que  Jésus-Christ  m'eût 
établi  dans  son  ministère,  j'étais  un  blasphé- 
mateur, dit  saint  Paul, 

BLASTUS  ,  I.  Gr.  Germinans.  Chambellan 
d'Hérode  Agrippa.  Act.  12.  20. 

BOANERGES  ,  Hobr.  Filii  tonilrui.  Los 
deux  saints,  Jacques,  fils  deZébédée,  et-iean, 
frère  de  saint  Jacques  ,  furent  appelés  de  ce 
nom  par  Notre-Seigneur.  Boanerges,  mot 
hébreu  corrompu,  pour  bene,  regesch  ;bene^ 
filii,  regesch  ,  slrepitus  :  ou  plutôt,  bene 
recem.  Il  signifle,  enfants  du  tonnerre  ;  i.  e. 
tonnants,  pour  marquer  qu'ils  étonneraient 
les  hommes  par  la  force  de  leur  prédication. 
Marc.  3.  17.  Imposuit  eis  nomina  ,  Boaner- 
ges  ;  i.  e.  filii  tonilrui. 

BOCCI,  Hebr.  Vacuus.  —  1°  Fils  de  Jogli, 
de  la  tribu  de  Dan.  Num.  3i.  21.  Il  fut  com- 
mis de  la  part  de  sa  tribu  pour  faire  le  par- 
tage des  terres  aux  Israélites.  —  2*"  Filsd'A- 
bisué,  souverain  pontife,  delà  race  d'Eléa- 
zar  :  il  fut  père  d'Ozi.  1.  Par.  6.  v.  5.  5i.  1. 
Esdr.  7.  4. 

BOCCIAU,  Heb.  Evacuatio.  Fils  d'Héman  ; 
il  jouait  de  la  harpe  devant  l'arche.  1.  Par. 
25.  V.  4.  13. 

BOCHRI,  Hebr.  Primogenitus.  Père  du  sé- 
ditieux Séba.  2.  Reg.  20.  v.  1.  2.  6.  etc. 

BOCHRU.  Hebr.  Idem.  Second  fils  d'Asel, 
de  la  tribu  de  Benjamin.  1.  Par.  8.  38.  c. 
9.  ïï. 

BOEN,  Hebr.  Pollex.  Nom  de  lieu  sur  les 
confins  de  la  tribu  de  Juda  et  df  Benjamin, 
appelé  Lapis  Boen  ,  filii  Ruben  ;  Hebr.  Aben 
Bohan^  filii  Ruben.ios.io.Q.c.  18.18.  Il  paraît 
que  ce  lieu  a  été  appelé  de  la  sorte,  parce 
qu'il  y  est  arrivé  quelque  chose  de  remar- 
quable à  un  descendant  de  Ruben  ,  nommé 
Boën. 

BOLIS,  iDis.  Du  verbe  grec  ^âUstv ,  jacere, 
jeter,  et  signifie  : 

Sonde  d'un  vaisseau,  plomb  dont  les  ma- 
telots se  servent  pour  sonder  le  fond  de  la 
mer.  Act.  27.  28.  Qui  et  summitlentes  bolidem, 
invenerunt  passus  viginli :  Les  matelots  la 
quatorzième  nuit  que  dura  la  tempête,  ayant 
jeté  la  sonde  ,  |3o).ta-«vT-:? ,  trouvèrent  \ingt 
brasses  d'eau. 

BONI,  Hebr.  Filius  meus.  Fils  de  Somer, 
et  père  d'Amasaï  ,  lévile  de  la  famille  de  Mé- 
rari.  i.  Par.  G.  46. 

BONIPORTUS,  Gr.  y.oàoni^é^eg.  Bon  port 
sur  la  côte  de  l'île  de  Crète.  Act.  27.  8. 

BONITAS,  ÀTis.  xpr,GrÔTY>ç. —  1°  Bonté,  in- 
clination à  bien  faire.  Ps.  24.  8.  Mémento 
viei  tu,  propter  bonitatem  tuam.  Domine: 
Souvenez-vous  de  moi,  Seigneur,  à  cause  de 
votre  bonté.  2.  Esdr.  9.  2o.  Gai.  5.  22.  Ephes. 

2.  7.  etc.  Ainsi,  Rom.  2.  4.  c.  11.  22.  Vide... 
in  eos  quidem  qui  ceciderunt ,  severitatem,  in 
te  autem  bonitatem  Dei  :  Considérez  la  sévé- 
rité de  Dieu  envers  ceux  qui  sont  tombés,  et 
sa  bonté  envers  vous,  dit  saint  Paul,  com- 
parant les  Juifs  retranchés  avec  les  genlils 
qui  ont  reçu  la  foi. 

2^  Le  bien,  ce  qui  est  bon  à  faire.  Ps.  36. 

3.  Sperain  Domino,  et  fac  bonitatem  •  Meltez 


635 


BON 


BON 


534 


votre  espérance  dans  le  Seigneur  ,  et  faites 
le  bien.  Ps.  37.  21. 

3"  Biens,  bienfaits  de  Dieu.  Ps.  103.  28. 
Aperiente...  te  manum  tuam  ,  omnia  imple- 
huntur  bonitale  :  Lorsque  vous  ouvrirez 
votre  main  ,  les  animaux  seront  tous  rem- 
plis de  votre  bonté.  Ps.  105.  5.  Ad  videndum 
in  bonitate  electorum  tuorum  :  Visitez-nous, 
afin  que  nous  nous  voyions  comblés  des  biens 
de  vos  élus  :  ces  biens  sont  la  possession  de 
la  terre  promise  aux  Juifs  ;  figure  de  l'Eglise 
et  du  ciel.  Ps.  118.  65.  Bonitatem  fecisti  cum 
servo  tuo  ,  pour  bonum  ou  bene,  Hebr.  tob. 
Vous  avez  usé  de  miséricorde  envers  votre 
serviteur. 

k"  Docilité,  simplicité,  soumission  d'esprit 
(àyaOèv).  1.  Esdr.  8.  22.  M  anus  Dei  nostri 
est  super  omnes  qui  quœrunt  eum  in  bonitale: 
La  main  favorable  de  noire  Dieu  est  sur  tous 
ceux  qui  le  cherchent  sincèrement.  Sap.  1.  1. 
Sentile  de  Domino  in  bonitale,  pour  bene,  ou 
selon  d'autres  ,  recte  scniite  :  Ayez  de  Dieu 
des  sentiments  vrais  et  orthodoxes  ,  dignes 
de  lui. 

5"  Sincérité,  fermeté  dans  l'amitié  (-/.oùlovri) . 
Eccli.  6.  15.  Non  est  digna  ponderatio  auri 
et  nrgenti  contra  bonitatem  ûdei  illius  :  L'or 
et  l'argent  ne  méritent  pas  a'être  mis  en  ba- 
lance avec  la  sincérité  de  la  foi  d'un  ami. 

BONNI,  Hebr.  ^dificans  me.  —  1°  Un  des 
trente  braves  de  l'armée  de  David,  natif  de 
Gadi.  2.  Reg.  23.  36.  —  2°  Le  père  d'Omraï, 
descendant  de  Phares.  1.  Par.  9.  k.  —  3°  Un 
lévite  considérable.  2.  Esdr.  9.  4. 

BONUM,  I.  àyaGov.  —  1°  Bien,  soit  tempo- 
rel, soit  spirituel.  Ps.  15.  2.  Bonorum  meo- 
rum  non  eges  :  Vous  êtes  mon  Dieu  ;  car  vous 
n'avez  aucun  besoin  de  mes  biens.  2.  Esd.  9. 
36.  Prov.  13.  21.  Justis  retribuentur  bona  : 
Les  biens  seront  la  récompense  des  justes  ; 
dès  ce  monde  ,  ce  qui  s'entend  des  consola- 
tions que  Dieu  leur  donne  au  milieu  des 
plus  grands  maux  ;  et  dans  l'autre,  la  jouis- 
sance de  Dieu  même.  Ps.  2i.  13.  Ps.  33.  11. 
Eccl.  k.  8.  Sap.  4.  12. 

2°  Le  bien,  les  bonnes  actions,  les  bonnes 
œuvres.  Ps.  33.  15.  Liverle  a  malo  ,  et  fac 
bonum  :  Détournez-vous  du  mal  ,  et  faites  le 
bien.  2.  Cor.  8.  21.  Gai.  4-.  18.  Prov.  11.  23. 
Ose.  ik.  3.  Accipe  bonum  :  Recevez  nos 
bonnes  œuvres  ,  nos  vœux  et  nos  prières, 
Gr.  «yaSà,  Hebr.  tob.  bonum. 

3"  Délices,  joie,  plaisirs.  Job.  21.  13.  Du- 
cunt  in  bonis  dies  suos  :  Les  enfants  des  ira- 
pies  passent  leurs  jours  dans  les  plaisirs. 
Eccl.  2.  V.  1.24.  Luc.  16.25. 

k"  Bienfait,  faveur  que  l'on  fait.  Eccli.  18. 
15.  In  bonis  non  des  querelam  :  Ne  mêlez 
point  les  reproches  au  bien  que  vous  faites, 
c.  20.  17.  Faluo  non  erit  amicus ,  et  non  erit 
gratin  bonis  illius  :  L'insensé  n'aura  point 
d'ami,  et  le  bien  qu'il  fait  ne  sera  point 
agréé. 

Omne  bonum.  Le  plus  grand  bien  dont 
l'homme  soit  capable  en  cette  vie.  Exod.  33. 
19.  Ostendam  omne  bonwn  tibi  :  Je  vous  ferai 
voir  toute  sorte  de  biens  :  Dieu  parle  de  celte 
gloire  extérieure  qu'il  fit  voir  à  Moïse,  avec 


une  connaissance  des  attributs  de  Dieu  qu'il 
reçut. 

Bonum  et  maîum.  —  1°  Toute  sorte  de  bien 
et  de  mal,  soit  physique  soit  moral.  Deut.  1. 
39.  Qui  hodie  boni  et  mali  ignorant  distan- 
tiam  :  Vos  enfants  qui  ne  savent  pas  encore 
discerner  le  bien  et  le  mal ,  seront  ceux  qui 
entreront  dans  la  terre  promise.  Isa.  7.  v. 
15.  16.  Quelque-uns  expliquent  en  ce  sens, 
Gen.  2.  17.  Lignum  scientiœ  boni  et  mali  : 
Un  fruit  qui  donnait  la  connaissance  de  tou- 
tes choses  :  mais  il  s'entend  plutôt  du  bien 
et  du  mal  que  nos  premiers  pères  devaient 
éprouver;  le  bien,  s'ils  ne  touchaient  point 
à  ce  fruit  ;  le  mal,  s'ils  y  touchaient.  —  2° 
Les  bonnes  elles  mauvaises  actions.  Odien- 
tes  malumy  adhœrentes  bono  :  Ayez  le  mal  en 
horreur,  et  attachez-vous  fortement  au  bien. 
2.  Cor.  5.  10.  Mais  bonum  et  malum,  peut 
porter  aussi  quelquefois  d'autres  significa- 
tions :  ce  qui  ne  se  peut  reconnaître  que  par 
la  suite  du  discours,  comme  Hebr.  5.  14.  Ad 
discretionem  boni  et  mali  :  L'Apôlre  parle  de 
la  bonne  et  de  la  mauvaise  doctrine. 

In  bonum.  Marque  un  sort  heureux  ot  fa- 
vorable. Ps.  85. 16.  Facmecum  signum  in  bo^ 
num  :  Faites  éclater  quelque  signe  en  ma 
faveur.  2.  Esdr.  13.  31.  Ps.  118.  122.  5«^ 
scipe  servum  tuum  in  bonum  :  Affermissez 
votre  serviteur  dans  le  bien.  Jerem.  15.  11. 
Si  non  reliquiœ  tuœin  bonum:  Je  jure  que 
le  reste  de  voire  vie  sera  heureux  :  ce  que 
Dieu  promet  ici  aux  Juifs  avec  serment, 
après  qu'il  les  aurait  punis  par  Sennaché- 
rib. 

BONUS,  A,  UM.  «yaCiôs-,  xa).è? ,  de  l'ancien 
mot  benus  ,  qui  signifie  la  même  chose  ,  el 
signifie  : 

1°  Essentiellement  bon  ,  qualité  qui  n'ap- 
partient qu'à  Dieu,  qui  est  la  source  de  tout 
bien.  Matlh.  19.  7.  Quid  me  interrogas  de 
bono  ?  unus  est  bonus  Deus  :  Pourquoi  m'ap- 
pelez-vous bon?  il  n'y  a  que  Dieu  seul  qui 
soit  bon,  dit  Jésus-Christ. 

2°  Bon  ,  d'une  bonté  métaphysique,  de  la- 
quelle sont  bonnes  toutes  les  choses  qui  ont 
leur  essence  et  leurs  propriétés  essentielles, 
telles  qu'il  a  plu  à  Dieu  leur  donner  pour 
les  usages  pour  lesquels  il  les  a  créées  :  en 
ce  sens  toutes  les  créatures  sont  bonnes. 
Gen.  1.  4.  ViditqueDeus  cuncta  quœ  fecerat . 
et  erant  valde  bona.  1.  Tim.  4.  4.  Omnis  créa- 
tura  Dei  bona  est  :  Toute  créature  de  Dieu 
est  bonne.  Grec  xoCkôi». 

3''Bon,d'unebontémoralectspirituelle,  ver- 
tueux, bien  réglé  selon  laloi  de  Dieu  x^seiffTwv. 
Prov.  12.  2.  Qui  bonus  est,  hauriet  gratiam  a 
Domino  :  Celui  qui  est  bon  ,  puisera  la  grâce 
du  Seigneur.  1.  Thcss.  5.  15.  Semper  quod 
bonum  est  sectamini  in  invicem  et  in  ouines: 
Soyez  toujours  prêts  à  faire  du  bien  et  à  vos 
frères,  et  à  tout  le  monde,  v.2l.  Luc.  8.  15. 
Tit.  2.  10.  Ps.  124.  4.  Matlh.  22.  10.  etc. 

4°  Juste,  raisonnable,  honnête.  Prov.  17. 
26.  Non  est  bonum  d(tmnum  inferre  justo  : 
Il  n'est  pas  bon  de  faire  tort  au  juste  ,  o.  18. 
5.  c.  24.  23.  Zaeh.  11.12.  Matth.  15.  26.  Bora. 
12.  2.  Quœ  sit  voluntds  Dei  bona:  Qu'il  se 
fasse  en  vous  une  transformation  par  le  re- 


535 


DICTIONNAIRE  DE  nilLOLOGIE  SACRÉE. 


53C 


nouvellement  de  votre  esprit,  afin  que  vous 
rcconnJjissiez  quelle  est  la  volonté  de  Dieu  : 
ce  qui  est  bon.  1.  Tim.  2.  3.  4.  Ueg.  20.  19. 
Bonus  senno  Domini  quein  lociitus  est  :  La 
parole  du  Seigneur  que  vous  m'avez  annon- 
cée ,  est  une  parole  juste,  répond  Ezéchias 
à  Isaïe ,  qui  lui  avait  annoncé  que  tous  ses 
trésors  et  ses  enfants  seraient  transportés  à 
Babylone.  S.Reg.  2.  v.  38.  i2.  c.  3.  9.  Sap.  3, 
15.  Éccli.  3.  31.  Auris  bona  aiidiet  cum  omni 
concupiscentia  sapientiam,  :  L'oreille  de 
Ihomme  de  bien  écoutera  la  sagesse  avec 
ardeur.  Rom.  7.  v.  12.  13. 

5"  Excellent,  louable,  exquis.  Jean.  1.  46. 
A  Nazareth  potest  aliquid  boni  esse  ?  Peut- 
il  venir  quelque  chose  de  bon  de  Nazareth  ? 
dit  Nathanacl  à  saint  Philippe,  au  sujet  de 
Jésus-Christ,  k.  Reg.  8.  9.  2.  Cor.  6.  8.  Gai. 
4.  18.  Philipp.  4.  8.  1.  Tim.  1.  18.  2.  Tim,  1. 
14.  c.  4.  7.  Jac.  2.  7.  Blasphematur  bonum 
nomen  qnod  invocatum  est  super  nos  :  Ne 
sont-ce  pas  les  riches  qui  blasphèment  le 
saint  nom,  d'où  vous  avez  tiré  le  vôtre?  d'où 
vient  bona  terra,  terre  de  grand  rapport. 
Exod.  3.  8.  Num.  13.  20.  c.  14.  7.  Deut.  1.  v. 
25.  35.  c.  8.  7.  Malth.  13.  v.  8.  23.  Quiin 
terrain  bonam  seminatus  est,  hic  est  qui  audit 
verbum,  et  intelligit ,  et  fructum  offert  :  Ce 
qui  est  semé  dans  la  bonne  terre,  marque 
celui  qui  écoute  la  parole  de  Dieu,  qui  y 
fait  attention  ,  et  qui  porte  du  fruit.  2'  Pa- 
stor  bonus.  Joan.  10.  v.  11.  14.  Ego  sum 
Pastor  bonus.  Je  suis  le  bon  Pasteur,  dit  Jé- 
sus-Christ. 3°  Servus  bonus.  Matth.  25.  21. 
Euge,  serve  bone  et  fidelis  :  0  bon  et  fidèle 
Serviteur.  4°  Bonum  verbum:  La  sainte  pa- 
role de  Dieu,  ainsi,  Sap.  8.  18.  Eccli.  26.  3. 

6°  Beau,  bien  fait.  1.  Reg.  9.  2.  Et  erat  ei 
filius  vocabulo  Saul,  electus  et  bonus,  etc.  non 
erat  vir  de  viris  Israël  melior  iUo  :  Saùl  était 
parfaitement  bien  fait,  et  de  tous  les  enfants 
d'Israël,  il  n'y  en  avait  point  de  mieux  fait. 
Hebr.  lob.  et  Gr.  xa)^ô?  ,  signifient  bon  et 
beau.  Voy.  Gen.  6.  2.  c.  24.  16.  Exod.  2.  2. 
Judic.  15.  2.  Nahum.  3.  4.  Esth.  1.  11. 

7°  Solide,  inébranlable.  1.  Tim.  6.  19.  (Di- 
vitibushujus  sœculi  prœcipe)  thesaurizare  sibi 
fundamentum  bonum  in  futurum  :  Donnez 
l)our  maxime  aux  riches  de  se  faire  un  tré- 
sor et  un  fondement  solide  pour  l'avenir; 
ce  fondement  est  les  aumônes  et  les  bonnes 
œuvres.  1.  Thess.  3.  6.  2.  Thess.  2.  16.  Sap. 
12.  21.  Eccli.  6.  12. 

8°  Bon, utile, commode,  profitable. Gen. 2. 18. 
Non  est  bonum  hominem  esse  solum  :  Il  n'est 
pas  bon  que  l'homme  soit  seul,  faisons  lui  un 
aide  semblable  à  lui.  4.  Reg. 10.  v.  3.  2.  Esdr. 
9.  30.  Matth.  18.  v.  8.  9.  c.  26.  2\.  Mallh.  17. 
4.  Bonum  est  nos  hic  esse  :  Nous  sommes 
bien  ici ,  dit  saint  Pierre  à  Jésus-Christ  au 
moment  de  sa  transfiguration.  1.  Cor.  7.  v.  1. 

2.  2.  Cor.  2.  15.  Marc.  9.  49.  Bonum  est  sal  : 
Le  sel  est  bon.  Luc.  5.  .39.  Vetas  melius  est  ; 
Gr.;i^|sii(TTÔT£foj,  utilius  et  mugis  salubre.^xod. 

3.  8.  Educam  de  terra  illa  in  terram  bonam  : 
Je  ferai  passer  mon  peuple  de  celte  terre  en 
une  terre  bonne,  dit  Dieu  à  Moïse,  touchant 
les  Israélites  ,  que  Dieu  promet  de  faire  sor- 
tir de  la  captivité  d'Egypte,  pour  les  faire 


entrer  dans  la  terre  promise. Num.  13.  20. 
Deut.l.  25.  c.  8.  7.  Matth.  13.  v.  8. 23.  Ainsi, 
Ose.  8.  3.  Projecit  Israël  bonum  :  Israël  a  re- 
jeté son  souverain  bien.  Gr.  «yaOà,  ses  biens, 
ses  avantages. 

9'  Courageux,  résolu,  assuré;  d'où  vient  : 

Bono  animo  esse  ,  eùSuotrï-j.  —  1°  Avoir  boa 
courage,  avoir  de  la  confiance.  Act.  24.  10. 
Bono  animo  pro  me  satisfacium  :  J'entrepren- 
drai,plein  de  confiance, de  me  justifier  devant 
vous,  dit  saint  Paul,  se  défendant  devant  Fé- 
lix, c.  27.  V.  22.  25.  — 2°  Avoir  bon  courage, 
avoir  du  plaisir  à  fairo  quelque  chose,  la 
faire  avec  inclination  et  avec  cœur,  et  non  à 
regret.  Eccli.  35.  10.  Bono  animo  gloriam 
redde  Deo  :  Rendez  gloire  à  Dieu  de  bon 
cœur.  Ainsi,  v.  12.  In  bono  oculo  adinven- 
tionem  facito  manuum  tuarum;  i.  e.  libérait 
animo  et  lœto  :  Faites  à  Dieu  votre  offrande 
de  bon  cœur,  à  proportion  de  ce  que  vous 
avez  entre  les  mains. 

10°  Bien  affectionné,  bienfaisant,  libéral, 
obligeant.  Rom.  5.  7.  Pro  bono  forsitan  quis 
audeat  mori  :  Peut-être  que  quelqu'un  aurait 
la  force  de  mourir  pour  un  homme  de  qui  il 
aurait  reçu  quelque  bienfait  ,  ou  pour  son 
bienfaiteur;  selon  d'autres,  pour  un  homme 
de  bien,  vertueux.  Matt.  20.  15.  An  oculus 
tuus  nequam  est,  quia  ego  bonus  sum  :  Votre 
œil  est-il  mauvais  parce  que  je  suis  bon  , 
dit  le  maître  de  la  vigne  à  l'un  des  vigne- 
rons qui  étaient  venus  travailler  des  pre- 
miers, qui  murmuraient  de  ce  qu'il  donnait 
un  égal  salaire  aux  derniers  comme  aux 
premiers.  Ps.  118.  67.  Bonus  es  tu  :  Vous 
êtes  bon.  Seigneur,  1.  Petr.  2.  18.  1.  Reg. 
20.  12.  c.  25.  15.  1.  Esdr.  7.  9.  Eccli.  14,  5. 
Qui  sibi  nequam  est,  oui  alii  bonus  erit  ?  A  qui 
sera  bon  celui  qui  est  mauvais  à  lui-même  ? 
Sap.  19.  13.  1.  Thess.  5.  15. 

Voluntas  bona,  eùSo/.tx.    Bonne    volonté 
bonté  qu'on  a  envers  quelqu'un.   Ps.  5.   13 
Scuto  bonœ  voluntatis  tuœ  coronasti  nos 
Vous   nous   avez  protégés  par  votre  bien 
veillance  comme  avec  un   bouclier  :  Scuto 
bonœ  voluntatis ,  pour  bona  voluntate.  Luc. 
2.  14.   Gloria  in  altissimis  Deo  ,  et  in  terra 
pax  hominibus  bonœ  voluntatis  !  i.  e.  benevo- 
lentia  Dei  affectis  ;  Gr.  in  quibus  est  bona  vo- 
luntas Dei  :  Gloire  à  Dieu  au  plus  haut  des 
cieux ,  et  paix  sur  la  terre  aux  hommes  de 
bonne   volonté  I  cette  bonne  volonté,  selon 
le  texte  original,  s'entend  delà  bonne  vo- 
lonté de  Dieu  envers  les  hommes.  Voy.  Vo- 
luntas. 

11°  Doux,  agréable,  délicieux  ,  qui  plaît 
Gen.  3.  0.  Vidit  mulier  quod  bonum  esset  U- 
gnum  ad  vescendum  :  La  femme  considéra 
que  le  fruit  de  cet  arbre  était  bon  à  manger. 
c.  l^f).  15.  2.  Reg.  11.  12.  c.  18.  22.  3. Reg.  1. 
42.  4.  Reg.  7.  9.  Sap.  19. 20.  Jos.  9.  25.  Quod 
tibi  bonum  et  rectum  videlur,  facnobis  :  Fai- 
tes de  nous  tout  ce  que  vous  jugerez  bon  , 
disent  les  habitants  de  Gabaon  ,  qui  par  leur 
adresse  avaient  obtenu  de  Josué  qu'on  leur 
sauverait  la  vie.  Ainsi, 

Bonum  esse  in  oculis,  in  conspcciu  alicu^ 
jus.  Etre  agréable  à  quelqu'un.  1.  Reg.  29. 
6.  Rectus  es  tu  et  bonus  in  conspectu  meo  :  Je 


557 


BON 


BOS 


538 


ne  trouve  en  vous  qu'une  sincérité  et  une 
fidélilé  tout  entière,  que  j'approuve  fort. 
V.  9.  Scio  quia  bonus  es  i)i  oculis  yneis  sicut 
Angélus  Dei  :  l\  est  vrai  que,  pour  moi,  je 
vous  estime  comme  tin  ange  de  Dieu  ,  dit 
Achis  à  David.  Eccl.  2.  26.  Homini  bono  in 
conspectu  suo  dédit  Deus  sapientiam  ;Dieu  a 
donné  à  l'homme  qui  lui  est  agréable  la  sa- 
gesse. Malach.  2.  17.  Omnisqui  facit  mnlum, 
bonus  est  in  conspectu  Domini,  et  taies  ex  pla- 
cent :  Tous  ceux  qui  font  le  mal  passent 
pour  bons  aux  yeux  du  Seigneur,  et  ces  per- 
sonnes lui  sont  agréables,  disaient  les  Juifs, 
cl  en  quoi  Dieu  témoigne  qu'ils  l'avaient  fait 
souffrir  par  ces  discours.  Ps.  31.  9. 

12°  Entier,  parfait,  à  quoi  rien  ne  manque. 
L\ic. 6 .38.  Mensuram  bonam  et  confcrtamet  co- 
agita tam  et  supereffluentem  dabiint  in  sinum 
vestrum  :  Donnez,  et  il  vous  sera  donné  ;  on 
vous  versera  dans  le^ein  une  bonne  mesure. 
Gen.  1.5.  15.  Ibis  adpatres  tuos  inpace  sepul- 
tus  in  sencctute  bona  :Yous  irez  en  paix  avec 
vus  pères  dans  une  heureuse  vieillesse  ,  dit 
Dieu  à  Abraham  :  la  vieillesse,  dans  ce  pas- 
sage, comme  dans  les  suivants,  est  appelée 
bonne  et  heureuse;  soit  par  rapport  au  grand 
âge,  soit  par  rapport  à  la  vertu  de  la  per- 
sonne ,  soit  par  rapport  à  l'un  et  à  l'autre, 
c.  25.  8.  1.  Par.  29.  28.  Tob.  li.  15. 

13°  Heureux,  favorable,  qui  donne  de  la 
joie,  content  {àycuOo;).  Eccli.  li.  li.  Non  de- 
frauderis  a  die  bono,  et  particula  boni  doni 
non  teprœtereat:^e  vous  privez  pas  des  avan- 
tages du  jour  heureux,  et  ne  laissez  perdre 
aucune  partie  du  bien  que  Dieu  vous  donne; 
i.  e.  Que  l'avarice  ne  vous  porte  pas  à  vous 
priver  des  plaisirs  honnêtes  :  par  ce  jour 
heureux,  peut  s'entendre  aussi  l'occasion  de 
faire  du  bien.  Sap.  12.  19.  Eccli.  13.  v.  31. 
32.  c.  26.  4.  c.  35.  v.  10.  12.  De  là  vient  : 

Bonum  verbum,  nouvelle,  ou  promesse 
favorable.  Hebr.  6.  5.  Qui  gustaverunt  nihi- 
lominus  bonum  Deiverbum  :  Ceux  qui  se  sont 
nourris  de  la  sainte  parole  de  Dieu,  qui  pro- 
met la  vie  éternelle.  Zach.  1.  13.  3.  Reg.  IV. 
13.  Inventas  est  super  eo  sermo  bonus  a  Do- 
mino :  L'arrêt  du  Seigneur  Dieu  d'Israël, 
touchant  la  maison  du  Jéroboam,  s'est  trou- 
vé favorable  pour  Abia  :  il  ne  devait  y  avoir 
que  lui  de  toute  la  famille  de  Jéroboam  qui, 
après  sa  mort,  dût  être  enseveli.  Voyez-en 
la  cause,  v.  9.  Jerem.  29.  10.  c.  33.  14-.  Ps. 
kk.  2.  Ainsi  ,  Videre  dies  bonos  :  Goûter  des 
jours  heureux  ,  vivre  heureux.  Ps.  33.  13. 
Quis  diligit  dies  videre  bonos?  Qui  est 
l'homme  qui  désire  de  voir  des  jours  com- 
blés de  bien?  le  prophète  en  mar(jue  les 
moyens  dans  les  v.  suivants.  Voy.  Verbum. 
De  là  vient  cette  phrase  de  signification  con- 
traire : 

Non  bonus.  Dur,  sévère,  Ezech.  20.  25. 
Ego  dedi  eis  prœcepta  non  bona  :  J'ai  donné 
aux  Israélites  des  préceptes  durs ,  sévères 
et  difficiles  à  observer;  outre  le  Décalogue, 
cette  quantité  de  préceptes,  et  toutes  les  céré- 
monies de  la  loi. 

14-°  Honorable  ,  magnifique  ,  accompagné 
de  merveilles.  Sap.  18.  3.  Solem  sine  lœsura 
boni  hospitii  prœslilisti.  Voy.  Hospitium. 


BOOZ  ,  Hebr.  In  forliludine.  —  l°Fils  de 
Salmon  et  de  Rahab,  bisaïeul  de  David,  qui 
épousa  Kutb.  Matt.  1.  5.  Salmon  genuit  Boox 
de  Rahab  ;  Booz  autem  genuit  Obed  ex  Ruth: 
Salmon  engendra  Booz  de  Rahab,  Booz  en- 
gendra Obed  de  Ruth  :  l'histoire  de  Booz  est 
rapportée  dans  le  livre  de  Ruth. 

Quelques  auteurs  croient  que  Booz,  fils  de 
Salmon  ,  n'a  pas  pu  être  père  d'Obed  ;  mais 
qu'il  y  en  a  eu  trois  de  même  nom  ,  de  père 
en  fils,  dont  le  dernier,  petit-fils  de  Salmon, 
a  épousé  Ruth,  et  en  a  eu  Obed  :  ils  se  fon- 
dent sur  ce  que  dans  la  supputation  des  an- 
nées ,  depuis  l'entrée  dans  la  terre  promise 
jusqu'à  la  naissance  de  David,  il  y  a  eu  366 
ans  d'intervalle,  qui  ne  peuvent  pas  se  trou- 
ver dans  ces  quatre  hommes,  Salmon,  Booz, 
Obed  et  Jessé  ;  à  moins  qu'on  ne  veuille  dire 
que  ces  trois  derniers  ont  eu  leurs  enfants 
à  cent  ans  ;  ce  qui  n'est  pas  néanmoins  in- 
croyable ;  d'autant  que  cela  était  assez  com- 
mun en  ce  temps-là,  où  les  hommes  vivaient 
plus  longtemps  et  étaient  plus  robustes  qu'ils 
ne  le  sont  à  présent. 

2°  Le  nom  que  Salomon  donna  à  la  co- 
lonne qu'il  mil  à  gauche  à  l'entrée  du  tem- 
ple. 3.  Reg.  7.  21.  Erexit  columnam  secun- 
dam  et  vocavit  nomen  ejus  Booz;  Hebr.  in 
ipso  (est)  fortiludo.  Ce  nom  fut  donné  à 
cette  colonne  parce  quelle  était  forte  et  bien 
fondée  ;  ce  qui  était  une  prédiction  de  la  force 
et  de  la  fermeté  que  le  vrai  Salomon  donne- 
rait à  son  Eglise.  2. Par. 3.  17. V.  Jachin.  Ces 
deux  colonnes  avaient  dix-huit  coudées  de 
hauteur  et  douze  de  circonférence,  et  un 
chapiteau  de  cinq  coudées  de  haut  avec 
une  couronne  composée  de  deux  cents  gre- 
nades. 

BOREAS.  Du  grec  posa,  cibus,  pabulum; 
soit  parce  que  dans  les  pays  du  nord,  d'où 
souflle  le  vent,  la  nourriture  y  est  abondante  ; 
soit  parce  que  ce  vent  excite  l'appétit,  et 
fait  qu'on  mange  davantage,  et  signifie  pro- 
prement le  vent  de  nord-est;  dans  l'Ecri- 
ture : 

Le  nord,  la  partie  septentrionale.  Nuni.  8. 
2.  Prœcipeut  lucernœ  contra  Boream  e  regione 
respiciant  ad  mensam  panum  propositionis  : 
Ayez  soin  que  les  lampes,  posées  du  côté  op- 
posé au  septentrion,  regardent  en  face  la 
table  des  pains  exposés  devant  le  Seigneur. 

BORITH  ,  Hebr.  Ce  mot  hébreu  signifie 
proprement  savon,  ou  herbe  appelée  sapona- 
ria,  qui  sert  à  nettoyer,  comme  le  savon.  Je- 
rem. 2.  22.  Si  laveris  te  nitro,  et  multiplica- 
teris  tibi  herbam  borith,  maculata  es  :  Quand 
vous  vous  laveriez  avec  du  nitre,  et  (juc  vous 
vous  purifieriez  avec  une  grande  abondance 
d'herbe  de  Borith,  vous  demeurerez  toujours 
souillée  devant  moi,  dit  le  Seigneur  :  le  pro- 
phète, par  cette  figure,  fait  voir  que  la  loi  et 
les  cérémonies  ne  pouvaient  justifier.  Celle 
herbe  est  appelée  herba  fullonuni ,  l'herbe 
dont  les  foulons  se  servent  pour  nettoyer  les 
étofies.  Malach.  3.  2. 

BOS,  BOVIS.  Du  Grec  ;3o:,-,  et  signifie, 

Bœuf  ou  vache.  Deul.  25.  4.  Non  ligabis  os 
boiis  terends  in  arca  frugcs  tuas  :  Vous  ne 
lierez  point  la  bouche  du  bœuf,  qui  briso  v</- 


B59 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


5i0 


Ire  blé  dans  l'aire  :  selon  saint  Paul,  cette  loi 
n'était  que  pour  figurer  le  droit  qu'ont  les 
ministres  de  l'Evangile  d'exiger  leurs  besoins 
temporels  des  fidèles,  à  qui  ils  font  part  des 
biens  spirituels,  par  le  travail  de  leurs  pré- 
dications. Voy.  1.  Cor.  9.  9.  où,  après  avoir 
cité  cette  loi,  il  aîoule  ;  Numquid  de  bobus 
cura  est  Deo?  Dieu  se  mel-il  en  peine  de  ce 
qui  regarde  les  bœufs,  plutôt  que  de  ce  qui 
regarde  les  hommes? 

1°  Les  bœufs  d'airain  que  Salomon  fit  faire 
pour  poser  la  mer  de  fonte.  3.  Reg.  7.  25.  Et 
stabat  super  duodecim  boves  :  Elle  était  ap- 
puyée sur  douze  bœufs,  v.  29.  4i.  4.  Reg. 
16.  17.  2.  Par.  k.  v.  3.  k.  15. 

2°  Une  personne  d'humeur  douce  et  àc- 
commoilanle,  à  quoi  est  opposé  /eo  ,  pour 
marquer  un  homme  fier  et  cruel.  Is.i.  11.  7. 
c.  65.  25.  Léo  quasi  bos  comedet  :  Les  Gentils, 
qui  sont  fiers  et  cruels  comme  des  lions,  se- 
ront unis,  au  temps  du  Messie,  avec  les  fidè- 
les dans  l'Eglise  après  leur  conversion  à 
l'Evangile. 

ROSES,  Heb.  Cœnum.  Le  nom  du  roc  sur 
lequel  Jonalhas  grimpa  lorsqu'il  alla  atta- 
quer le  camp  des  Philisiins  avec  son  écuyer. 
1.  Reg.  14-.  h.  près  de  Gabaa,  dans  la  tribu 
de  Renjamin. 

ROSOR,  Heb.  Munitio'.  —  V  Père  de  Ra- 
laam,  qui  s'appelait  aussi  Beor,  2.  Petr.  2. 
15.  Erraverunt  secuti  viam  Balaam  ex  Bosor: 
lis  se  sont  égarés  en  suivant  la  voie  de  Ra- 
laam,  fils  de  Rosor;  Gr.  toO  poTÔp.  On  croit 
que  Rosor  s'est  glissé  pour  Reor. — 2°  Ville  de 
la  tribu  de  Ruben,  une  des  villes  de  refuge. 
Deut.  k.  43.  Bosor  in  solitudine  quœ  sita  est 
in  terra  campestri  de  iribu  Buben.  Jos.  20.  8. 
c.  21.  36,  etc.— 3°  Fils  de  Supha,  descendant 
d'Aser.  1.  P;ir.  7.  37. 

ROSPHORUS,  I.  Gr.  bôttto/so?,  sans  aspira- 
tion. Du  mot  Grec|3où?,6os,  et  de  izopdv.,  trans- 
ilus  :  c'est  un  détroit  appeléde  la  sorte,  parce 
qu'un  bœuf  pouvait  ypasser  à  gué.  Piin.  1.6. 
cl. 

Rosphore,  détroit  de  mer:  il  y  a  deux  bras 
de  mer  de  ce  nom,  l'un  appelé  le  Bosphore  de 
Thrace,  ou  le  détroit  de  Constantinople,  le- 
quel fait  la  séparation  de  l'Europe  et  de 
l'Asie;  l'autre  est  le  détroit  par  lequel  le 
Pont-Euxin  se  décharge  dans  les  Palus-Méo- 
tides,  et  s'appelle  le  Bosphore  Cimmérien. 
Abd.  v.  20.  Transmigratio  Jérusalem  quœ  in 
Bosphore  est,  possidebit  civilates  Auslri: 
Ceux  qui  avaient  été  emmenés  de  Jérusalem 
jusqu'au  Rosphore,  se  rendront  maîtres  des 
villes  du  Midi  :  on  doute  ce  que  signifie  ce 
mot  en  cet  endroit  :  l'Hébreu  porte  Bispharad; 
c'est-à-dire,  in  Sepharad;  d'oii  semble  venir 
le  mot  de  Rosphore.  Les  Septante  ont  traduit 
lisque  Ephrata  ;  l'Arabe,  usque  ad  Ephralam  : 
Le  Ghaldéen  et  le  Syriaque,  in  Uispania. 
Cette  diversité  d'interprétations  nous  fait 
voir  que  les  noms  de  pays  dans  l'Hébreu 
sont  souvent  fort  obscurs:  quoi  qu'il  en  soit, 
le  prophète  marque  en  cet  endroit  la  con- 
version de  quelques  peuples  par  les  Apôtres, 
ou  par  les  autres  fidèles,  que  la  persécution 
avait  fait  répandre  de  tous  côtés. 

BOSRA,  Heb.  Munitio.  —i"  Ville  capitale 


de  ridumée.  Is.  63.  1.  Quis  est  iste.qui  venit 
de  Edom,  et  tinctis  vestibus  de  Bosra?  Qui 
est  celui-ci  qui  vient  d'Edom,  qui  vient  de 
Rosra,  avec  sa  robe  teinte  de  rouge?  Le  Pro- 
phète, ou  l'Eglise  admire  que  Jésus-Christ 
paraisse,  avec  une  robe  teinte  de  sang,  venir 
de  ridumée,  où  étaient  les  plus  grands  en- 
nemis des  Juifs,  pour  marquer  ses  victoires 
contre  ses  ennemis  spirituels.  Voy.  Indu- 
MENTA.  Amos.  1.  12.  Mittam  ignem  in  The- 
man;  et  devorabit  œdes  Bosrœ  :  Je  mettrai  le 
feu  dans  Theman,  et  il  réduira  en  cendres 
les  maisons  de  Rosra.  Ces  deux  villes  étaient 
les  capitales  de  l'Idumée.  Gen.  36.  33.  etc. 

2°  Ville  des  Moabites.  Jer.  48.  24.  {Jiidi- 
cium  veniet)  super  Carioth  et  super  Bosra, 
et  super  omnes  civitates  terrœ  Moab  :  Le  ju- 
gement de  Dieu  est  tombé  sur  Carioth,  sur 
Rosra,  et  sur  toutes  les  villes  de  Moab.  Elle 
est  appelée  Bosor.  Jos.  21.  36. 

ROSRAM,  Heb.  Reesthera,  In  grege  ejus 
Ville  de  la  tribu  de  Manassé  qui  fut  donnée 
aux  Lévites.  Jos.  21.  27.  Filiis  quoque  Ger- 
son  dédit  de  dimidia  tribu  Manusse,  Gaulon 
in  Basan,  et  Bosram.  Elle  est  appelée  Astha- 
roth.  1.  Par.  6.  71.  Voy.  Asthauoth. 

ROTRUS,  I.  /3ÔT/)Uf.  Ce  nom  est  tout  grec, 
et  signifie. 

Raisin,  grappe  de  raisin;  d'où  vient  cette 
phrase  : 

Torrens  botri  ou  Vallis  botri;  Heb.  Nehcl- 
Escol.  Le  torrent  ou  la  vallée  de  la  grappe 
de  raisin.  Nom  du  lieu  où  arrivèrent  les 
douze  députés  pour  considérer  la  terre  pro- 
mise. Num.  13.  24.  Per  gentesque  usque  ad 
torrentem  botri,  absciderunt  palmitem  cum 
iiva  sua  :  Les  douze  princes  des  Israélites 
que  Moïse  envoya  pour  considérer  la  terre 
promise ,  étant  allés  jusqu'au  torrent  de 
Botri,  ils  coupèrent  une  branche  de  vigne 
avec  sa  grappe  de  raisin,  v.  25.  Deut.  1.  24. 
Venerunlque  usque  ad  vallem  botri  :  Les 
douze  princes  des  Israélites,  un  de  chaque 
tribu,  vinrent  jusqu'à  la  vallée  de  la  grappe 
de  raisin,  se.  pour  juger  de  la  bonté  de  la 
terre  promise,  par  les  fruits  :  Ce  lieu  est  ici 
appelé  de  la  sorte  par  anticipation,  parce  que 
depuis  qu'on  en  eut  apporté  une  grosse 
grappe  de  raisin,  il  fut  nommé  le  Torrent, 
ou  la  Vallée  du  raisin.  Voy.  Torrens. 

1°  Les  méchants  et  les  impies.  Apoc.  14. 
18.  Mitte  falcem  luatn  acutam,  et  vindemia 
botros  vineœ  terrœ  :  Jetez  votre  faux  tran- 
chante, et  coupez  les  grappes  de  la  vigne  de 
la  terre,  parce  que  les  raisins  en  sont  mûrs  : 
Les  méchants  sont  appelés  de  la  sorte,  ou 
parce  qu'ils  s'enivrent  de  la  douceur  des  plai- 
sirs de  ce  monde,  ou  plutôt  parce  qu'ils  se- 
ront exterminés,  comme  les  raisins  sont 
écrasés. 

2°  Les  méchantes  actions,  les  péchés  des 
méchants  et  des  impies.  Deut.  32.  32.  Uva 
eorum,  Mva  fellis,  et  botri  amarissimi  :  Les 
raisins  des  méchants  et  des  idolâtres  sont 
des  raisins  de  fiel,  qui  donnent  la  mort  par 
leur  amertume.  Voy.  Uva. 

3°  Les  gens  de  bien,  les  personnes  ver- 
tueuses. Mich.7.  1.  Non  est  botrus  ad  come- 
dendum....  periit  sanctus  de  terra  :  Je  ne 


S41 


BRA 


BRÂ 


S4â 


trouve  pas  à  manger  une  seule  grappe.... on 
ne  trouve  plus  de  saints  sur  la  terre. 

BRACC^ ,  ARUM ,  a«/>«g«joa.  Ce  mot  vient 
de  /3/iax^^»  braies,  parce  que  c'était  un  ha- 
billement dont  usaient  les  anciens  Gaulois, 
les  Scythes  et  autres  nations  non  encore  su- 
jettes aux  Romains,  qui  était  court,  et  par  là 
distingué  de  la  tunique  et  de  la  toge  romaine, 
qui  descendait  jusqu'aux  pieds  :  ce  qui  fait 
dire  à  Martial  ,  Dimidiasque  nales  Gallica 
bracca  régit  :  Cet  habillement  était  en  usage 
surtout  dans  laGaule  Narbonnaise,qui,  pour 
cela,  a  été  appelée  Gallia  Braccata;  ei  si- 
gnifie : 

Braies,  haut-de-chausses.  Dan.  3.  21.  Et 
confestim  viri  illi  vincli  braccis  suis....  missi 
sunt  in  médium  fornacis  ignis  nrdentis  :  En 
même  temps  queNabuchodonosor  eut  donné 
son  ordre,  Sidrach,  Misach  et  Abdenago  fu- 
rent liés  et  jetés  au  milieu  des  flammes  de  la 
fournaise  avec  leurs  habits. 

BRACHIALE,  is.  x>t^wv,  Bracelet.  Eccli. 
21.  2i.  Ornamentiim  aureum  prudenli  doctri- 
na,  et  quasi  brachiale  in  brachio  dextro  :  La 
science  est  à  l'homme  prudent  un  ornement 
d'or,  et  comme  un  bracelet  à  son  bras  droit. 
Grec.  ;;^/t5wv  de  yJ^Uiv^  deliciis  frangere. 

BRACHIOLUM,  i.  'Ay/wv.  Proprement,  pe- 
tit bras;  dans  l'Ecriture  : 

Bras,  ou  plutôt  ce  qui  sert  d'appui  pour  les 
bras,  et  qui  a  la  forme  de  bras.  2.  Par.  9. 18. 
Brachiola  duo  aUrint,ecus ,  et  duos  leones 
stanles  juxla  brachiola  :  Salomon  avait  fait 
faire  à  son  trône  deux  appuis  en  forme  de 
bras.  Ce  mot  brachiolum  est  changé  en  ma- 
nus.  3.  Reg.  10.  19. 

BRACHIUM,  P/>«x'<"-'-  Ce  nom,  qui  est  Grec, 
est  dérivé  de  p^a^û,  brève,  parce  que  l'os  qui 
est  entre  les  jointures  de  l'épaule  et  du  coude, 
et  duquel  le  bras  prend  son  nom,  est  plus 
court  que  l'os  de  la  cuisse  qui  lui  répond  ; 
et  signifie, 

1°  Bras.  Gen.  49.  2i.  Dissoluta  sunt  vin- 
cula  brachiorum  et  manuum  illius  per  manus 
Pofenïis:Les  chaînes  des  mains  et  des  bras  l'c 
Joseph  ont  été  rompues  par  la  main  du  Tout- 
Puissant.  Jacob  reconnaît  que  Joseph  a  été 
tiré  de  la  prison  par  un  effet  de  la  toule-puis- 
sance  et  de  la  Providence  de  Dieu.  Prov.31. 
17.  Roboravit  brachium  :  La  femme  forte  a 
affermi  son  bras,  se.  par  le  travail.  2.  Reg. 
1.  10.  c.  22.  35.  P.17.35  Eccli.  38.  33. 

2°  Force,  puissance,  soutien,  secours,  pro- 
tection. Deut.  33.20.  Quasi  leo  requievit^ce- 
pitque  brachium  et  verlicem  :  Gad  s'est  re- 
posé comme  un  lion,  il  a  saisi  le  bras  et  la 
tête  de  sa  proie.  Cette  tribu  a  surmonté  la 
force  de  ses  ennemis,  comme  il  se  voit  ac- 
compli. 1.  Par.  5.  v.  19.  20.  21.  22.  Ps.  4-3. 
k.  Brachium  eorum  non  salvavil  eos  :  Ce  n'a 
pas  été  le  bras  et  la  propre  force  du  peuple 
d'Israël  qui  les  a  sauvés  de  leurs  ennemis; 
sed  dcxtcra  tua,  et  brachium  luum;  mais  c'a 
été  la  droite,  et  le  bras  tout  puissant  de  Dieu. 
PvZech.  17.9.  Nonne  radiées  cjus  evellet....  et 
non  in  brachio  grandi,  neque  in  populo 
mullo  :  Ç,c  premier  aigle  n'arrachcra-l-il  pas 
les  racines  de  celte  vigne;  cet  aigle  figurait 
Nabuchodonosor  qui  ruina  tout  le  royaume 


do  Judée,  sous  le  règne  de  Sédécias,  figuré 
pnr  celte  vigne,  v.  k.  Reg.  25.  Jerem.  17.  5 
Maledictus  homo  qui  confidit  in  hojnine ,  et 
ponit  carnem  brachium  suum  :  Maudit  est 
l'homme  qui  met  sa  confiance  en  l'homme, 
qui  se  fait  un  bras  de  chair,  qui  attribue  ce 
qu'il  fait  de  bien  à  sa  propre  vertu,  qui  s'ap- 
puie sur  ses  propres  forces,  ou  sur  celles 
d'autrui.  Dan.  11.  22.  Brachia  pugnantis  ex- 
pugnabuntur  a  facie  ejus  et  conlerentur  :  in- 
super et  dux  fœderis  :  Un  prince  coinballant 
contre  Antiochus  Epiphanes,  fuira  devant 
lui,  et  ses  grandes  forces  seront  détruites  ; 
cela  s'entend  des  forces  de  l'Egypte,  qui  tâ- 
cheront d'arrêter  Antiochus,  qui,  sous  pré- 
texte de  la  tutelle  de  son  neveu  Ptolémée- 
Philométor,qu'onlui  refusa, ravageal'Egypte 
jusqu'aux  portes  d'Alexandrie:  Ce  chef  de 
l'alliance  pourrait  être  le  même  Philométor 
qui  peut-être  avait  demandé  le  premier  l'al- 
liance d'Antiochus  (Voy.DUx),  mais  ce  prince 
le  trompa,  et  étant  entré  dans  son  pays,  s'en- 
richit des  dépouilles  de  l'Egypte,  qu'il  distri- 
bua à  ses  soldats.  Cependant  Ptolémée  Phi- 
lométor, ayant  assemblé  de  grandes  troupes, 
marcha  contre  lui;  mais  il  ne  put  réussir, 
parce  que  ses  confidents,  qu'il  admettait  à  sa 
table, corrompus  par  Antiochus, le  trahirent: 
Ptolémée  Philométor  ayant  été  défait  par  An- 
tiochus,fitla  paixavec  lui,  et  le  traita  magni- 
fiquement à  Memphis,  où  ces  deux  princes  se 
firent  des  protestations  mutuelles  d'amitié  , 
mais  ils  ne  cherchaient  qu'à  se  détruire  l'un 
l'autre,  ce  futnéanmoins  sans  effet,  parce  que 
le  temps  marqué  par  la  Providence  pour  la 
ruine  de  ces  royaumes  n'était  pas  encore  ar- 
rivé. Dan. 11. v. 22. 23. 24.25. 26.  v. 31. firac/î«a 
exeoslabunt  .-Des  hommes  puissants  soutien- 
dront son  parti.  Job.  22.  8.  Ezech.  22.  G. 
Ainsi,  c.  31.  17.  Brachium  uniuscujasque  se- 
debit  sub  umbraculo  ejus  in  média  nationum  : 
Chacun  d'eux  qui  lui  avait  servi  de  bras  et 
d'appui  sera  assis  sous  sou  ombre,  au  rai- 
lieu  des  nations;  autr.  chacun  d'eux,  i.  e. 
des  princes  de  toutes  les  nations  ont  abaissé 
leur  puissance  sous  lui,  en  se  mettant  sous  sa 
protection  et  sous  son  ombre.  Le  prophète  pré- 
dit que  tous  les  princes  qui  servaient  commît 
d'appui  à  Pharaon,  et  qui  s'étaient  mis  sous 
sa  protection,  tomberaient  et  périraient  avec 
lui.  Dan.  11.  v.  G.  15.  22.  31.  Isa.  48.  14.  Do- 
minus  dilexit  eum,  et  brachium  suum  in  Chal- 
dœis  :  Le  Seigneur  a  aimé  Cyrus,  et  il  sera 
son  bras  |)armi  les  peuples  de  Chaldée,  i.  e. 
Dieu  lui  donnera  sa  force  pour  ruiner  cet 
empire,  c  33.  2.  Ainsi,  Deut.  33.  27.  Uabita- 
culum  ejus  sursum,  et  subtcr  brachia  snnpi- 
terna  :  Dieu  protège  les  siens  de  toutes  parts, 
il  les  couvre  pardessus  et  par  dessous,  il  lec 
défend  par  une  force  infatigable. 

Façons  de  parler  tirées  de  celle  signilicalioii. 

Brachium  excelsum,  Exlentnm.  Bras  élevé, 
signifie,  —  1'  Puissance,  vertu,  et  force  cx- 
Iraordinaire.  Acl.  13.  17.  In  brachio  cxcelso 
cduxit  cas  ex  eu  :  Dieu  a  tiré  d'Egypte  les 
Isr.iélilcs  avec  un  bras  fort  et  élevé.  Voy. 
Exod.  12.  v.  2).  30.  etc.  c.  13.  21.  Ainsi,  3, 
Reg.  8.  42.  Audielur....  brachium  tuum  :  On 


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DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


544 


entendra  parler  de  la  puissance  de  votre 
bras  ;  et  souvent  ailleurs  :  celle  signification 
vient  de  ce  que  ceux  qui  portent  un  grand 
coup,  lèvent  le  bras.  —  2'  Orgueil,  violence, 
force  et  tyrannie.  Job.  38.  15.  Brachium  ex- 
celsum  confringetur  :  Le  bras  des  impies, 
quelque  élevé  qu'il  puisse  être,  sera  brisé. 

Phrases  tirées  de  celte  signiûcalion, 

Brachium  alicujus  prœcidere.  Couper  le 
bras  de  quelqu'un,  c'est  lui  ôler  ses  enfants, 
qui  faisaient  toute  sa  force.  1.  Reg.  2.  31. 
Prœcidam  brachium  tuum  :  Je  vous  couperai 
votre  bras.  Dieu  fait  prédire  au  grand  prêtre 
Héli  que  ses  deux  fils,  Ophni  et  Phinées, 
mourraient,  et  qu'il  n'y  aurait  plus  de  vieil- 
lards dans  sa  maison.  Voy.  C accomplisse- 
ment, 1.  Reg.  4. 17. 

Brachium  domus  prœcidere.  Couper  le  bras 
de  la  maison  de  quelqu'un  ;  cest  ôter  sa  ma- 
gistrature, et  sa  dignité  qui  en  faisait  lout  le 
soutien  et  la  force.  1. Reg.  2.31.  Prœcidam.... 
brachium  domus  patris  tui  :  Je,  couperai  le 
bras  de  la  maison  de  votre  père.  Dieu  fait 
annoncer  au  grand-prêtre  Héli  qu'il  ôlerait 
de  sa  maison  la  grande  sacrificature  ;  ce  qui 
fut  accompli  dans  son  fils  Abiathar  par  Sa- 
lomon.  Voy.  3.  Reg.  2.  v.  27.  35. 

Brachium  siccare.  Sécher  le  bras  ;  c'est 
abattre  et  ôter  la  force  nécessaire  pour  agir 
et  exercer  ses  fonctions.  Zach.  11.  17.  Bra- 
chium ejus  ariditate  siccabitur:Le  bras  droit 
du  pasteur  qui  abandonne  le  troupeau  de- 
viendra tout  sec;  ce  qui  s'entend  des  prêtres 
qui  ne  recherchent  que  leurs  intérêts  tem- 
porels, Dieu  leur  ôtera  la  force  et  la  puis- 
sance spirituelle,  savoir  :  les  grâces  qui  leur 
sont  nécessaires  pour  bien  faire  leurs  fonc- 
tions. 

3°  Jésus-Christ  qui  est  la  force  du  Père 
éternel,  par  lequel,  comme  étant  son  Verbe, 
il  fait  toutes  choses.  Ps.  92.  2.  Salvavit  sibi 
dextera  ejus,  et  brachium  sanctum  ejus  :  La 
droite  du  Seigneur  et  son  saint  bras  nous  a 
sauvés  pour  sa  gloire  :  dans  le  même  sens 
que  dit  Isa.  59.  16.  Salvavit  sibi  brachium 
suum  :  La  force  de  son  bras  l'a  sauvé;  i.  e. 
Jésus-Christ  a  procuré  le  salut  à  son  Eglise 
par  sa  même  verlu  divine,  par  laquelle  il 
s'est  aussi  soutenu  au  fort  de  ses  douleurs, 
comme  le  porte  Isa.  63.  5.  c.  52.  10.  Paravit 
Dominus  brachium  sanclum  suum  in  oculis 
omnium  gentium  :  Le  Seigneur  a  fait  voir 
son  bras  saint  aux  yeux  de  toutes  les  na- 
tions; ou  dans  ce  dernier  passage,  comme 
en  quelques  autres  semblables,  brachium  se 
peut  entendre  de  celte  force  qui  parut  en  Jé- 
sus-Christ lorsqu'il  annonça  l'Evangile,  se- 
lon ce  que  dit  saint  Luc.  l.*51.  Fecit  poten- 
tiam  in  brachio  suo  :  Le  Seigneur  a  déployé 
la  force  de  son  bras.  Isa.  40.  10.  c.  51.  9.  c. 
62.  8.  Ainsi,  Isa.  51.  5.  Brnchia  mea  populos 
judicabunt  :  Mon  bras  fora  justice  aux  na- 
tions; Gr.  sigzn-j  ^pw/ji-j-j^  uo-j  £),7rioû(7iv,  les  na- 
tions espéreront  en  mon'bras. 

4"  L'Evangile,  la  parole  de  Dieu  qui  est  la 
force  et  la  verlu  dn  Dieu  pour  sauver  ceux  qui 
croient.  Joan.  \±3S. Domine, quiscrcdidit  a\i- 
atlui  nostro?  Et  brachium  Domini  cui  rêve- 


latum  est?  Seigneur  (dit  Isaïe),  qui  a  cru  h 
la  parole  qu'il  a  entendue  de  nous  ,  et  à  qui 
le  bras  du  Seigneur  a-t-ilélé  rcvélé?Ici  saint 
Jean  cite  Isa.  33.  1.  comme  une  prophétie 
qui  s'était  accomplie  touchant  l'incrédulilé 
des  Juifs,  nonobstant  tous  les  miracles  que 
Jésus-Christ  avait  employés  pour  preuve  de 
la  vérilé  de  son  Evangile. 

5^  Les  proches,  les  concitoyens  ,  les  pro- 
pres frères  et  plus  proches  parents.  Isa.  9. 
20.  Unusquisque  carnem  brachii  sui  vorabit  : 
Lorsque  toutes  les  nations  se  seront  jointes 
avec  les  Assyriens  pour  détruire  les  Israéli- 
tes, chacun  dévorera  la  chair  de  son  bras; 
t.  e.  persécutera  ses  plus  proches;  comme 
ceux  qui,  mourant  de  faim,  mangeraient 
leurs  propres  enfants,  ainsi  qu'il  arriva.  4. 
Reg.  6.  28.  29. 

6°  L'épaule  droite  de  l'hostie  pacifique  qui 
appartenait  au  prêtre  selon  la  loi  du  Lévit. 
7.  32.  Ainsi,  Eccli.  7.  33.  Honorifica  sacer- 
dotes  et  propurga  te  cum  brachiis  :  Révérez 
les  prêtres,  et  purifiez-vous  par  l'offrande 
des  épaules  des  victimes;  celte  partie  de  la 
victime  était  due  aux  prêtres,  comme  le  dé- 
clare le  verset  suivant.  Voy.  Levil.  7.  32. 
Rien  ne  répond  en  Grec  à  ces  mots,  propurga 
te  cum  brachiis;  d'autres  l'expliquent  du 
travail  des  mains  :  Purifiez-vous  en  offrant 
aux  prêtres  de  ce  que  vous  avez  acquis  de 
votre  travail.  Malach.  2.  3.  Projiciatn  tobis 
brachium  :  Prêtres,  si  vous  ne  voulez  appli- 
quer votre  cœur  à  la  gloire  de  mon  nom,  je 
vous  jetterai  sur  le  visage  l'épaule  de  vos 
victimes  ;  ce  qui  marque  que  Dieu  rejetterait 
leurs  sacrifices. 

RRACTEA,  M.  Tzérxlov  du  verbe  grec  P/3«- 
yjiv,  crepitare,  pétiller,  faire  du  bruit;  et  si- 
gnifie , 

Feuille,  lame  mince,  soit  d'or,  de  fer  ou 
autre  métal.  Exod.  39.  3.  Inciditque  bracteas 
aureas  et  extenuovit  in  fila  :  Béseléel  coupa 
des  feuilles  d'or  fort  minces  qu'il  réduisit  en 
fils  d'or,  qu'il  mêlait  avec  des  fils  d'hyacinthe, 
de  fin  lin  retors,  de  pourpre,  pour  les  faire 
entrer  dans  la  tissure  de  l'éphod,  du  rational 
et  des  autres  ornements. 

BRANCHIA,  s..  Gr.  ^pay/Ju^.  Ce  nom,  inu- 
sité au  singulier  chez  les  Latins,  signifie  en 
pluriel  comme  il  est  pris  au  singulier.  Dans 
l'Ecriture  : 

Ouïes  de  poisson,  partie  par  où  les  poissons 
prennent  et  rejettent  l'eau  ;  la  partie  qui  leur 
tient  lieu  de  ce  que  les  poumons  sont  aux 
autres  animaux  pour  respirer.  Tob.  6.  4. 
Appréhende  branchinm  ejus  :  Prenez  ce  pois- 
son par  les  ouïes,  dit  l'Ange  au  jeune  Tobie. 

BRAVIUM,  II.  Ppa^îtov.  Prœmium  certu- 
minis.  Ce  mot,  qui  est  grec,  signifie  : 

Le  prix  de  ceux  qui  remportent  la  victoire 
dans  les  jeux  publics.  1.  Cor.  9.  24.  Unus  ac- 
cipit  bravium  :  Tous  courent,  mais  un  seul 
remporte  le  prix.  L'Apôtre  marque,  par 
celle  comparaison,  qu'il  y  en  aura  bien  peu 
qui  obtiendront  la  vie  éternelle.  Philipp.3. 14. 
Ad  destinatum  persequor ,  ad  bravium  supernœ 
vocationis  Dei  in  Chrislo  Jesu  :  Je  cours  in- 
cessamment vers  le  bout  de  la  carrière  pour 


Î>S5 


BUË 


BRU 


556 


remporter  le  prix  que  la  vocation  de  Dieu 
me  propose  par  Jésus-Glirist 

BREVI,  in  brevi,  h  oliyou  Ce  mot  est  se- 
lon quelques-uns  adverbe,  et,  selon  d'autres, 
c'est  l'ablatif  de  l'adjectif  ôrcvjs,  sous-enten- 
dant  tcmpore,  et  signifie  : 

1°  Bientôt,  dans  peu  {[/.ly-pàv).  3 ob.  10.20. 
Numquid  non  paucitas  dierum  meoram  finie- 
tur  brevi  :  Le  peu  de  jours  qui  me  restent  ne 
finiront-ils  point  bientôt,  dit  Job,  où  l'on 
trouveleplus  souvent  la  préposition  m  jointe. 
Ps.  2.  12.  Cum  exarserit  in  brevi  ira  ejiis  : 
Lorsque  dans  peu  de  temps  la  colère  du  Sei- 
gneur se  sera  embrasée,  heureux  tous  ceux 
qui  mettent  en  lui  leur  confiance.  Isa. 29.  17. 

2"  En  peu  de  temps,  pendant  peu  de  temps, 
pour  marquer  la  durée.  Sap.  4.  13.  Consum- 
matus  in  brevi  :  Le  juste  a  acquis  en  peu  de 
temps  une  vertu  consommée,  ch.  16.  v.  3.  6. 

3°  Brièvement,  en  peu  de  mots,  et  est  mis 
pour  breviter  ou  paucis.  Ephes.  3.  3.  Supra 
scripsi  in  brevi  :  Je  vous  ai  déjà  écrit  en  peu 
de  paroles. 

Èreviare,  breviatum  facere.  —  1°  Abréger, 
retrancher  (ÔAiyoOv).  Prov.  10.  27.  Anni  im- 
piurum  breviabuntur  :  Les  années  des  mé- 
chants seront  abrégées;  i.  e.  ils  mourront 
plutôt  qu'ils  ne  pensent  et  qu'ils  ne  devraient 
suivant  la  bonne  constitution  de  leur  nature. 
AinsiDieufrappade  mort  lesdeuxfils  deJuda, 
Her  et  Onan.  Gen.  38.  v.  7.  9.  10.  et  dont  il  y 
a  plusieurs  autres  exemples  semblables  dans 
lEcriture.  Mallh.  2i.  21.  Marc.  13.  20.  Rom. 
9.  28.  Verbiim  breviatum  faciet  Dominus  su- 
per terram  :  Dieu  fera  un  grand  retranche- 
ment des  Juifs  ;  il  n'en  sauvera  que  fort  peu. 
Ainsi  Job.  17.  1.  Dies  mei  breviabuntur  :  Mes 
jours  ont  été  abrégés  (xoioÇsïv,  «ruyTî^vvav  . 

2"  Mettre  en  abrégé,  réduire  en  abrégé,  et 
plus  succinctement  (ÈTrf-éf/vEtv).  2.  Mach.  2. 
24.  Ab  Jasone  quinque  libris  comprefiensa  ten- 
tavimus  nos  uno  volumine  breviare  :  Nous 
avons  lâché  de  rapporter  en  abrégé,  dans  un 
seul  livre,  ce  qui  a  été  écrit  en  cinq  livres  par 
Jason  le  Cyrénéen.  v.  27.  32.  c.  10.  10. 

3°  Oter  de  la  force.  De  là  vient  : 

Breviata  manus.  Main  raccourcie,  marque 
la  lâcheté  et  l'abattement  de  courage  et  de 
force,  ce  qui  est  un  hébraïsme,  parce  que  la 
main  ou  le  bras  étant  raccourci,  un  homme 
en  est  plus  faible.  Isa.  37.  27.  Habitatores 
earum  breviata  manu  contremuerunt  :  La 
frayeur  a  saisi  les  habitants  des  villes  de 
Judée,  comme  s'ils  étaient  sans  cœur  et  sans 
main,  comme  s'ils  eussent  été  manchots; 
savoir  :  à  cause  de  l'armée  de  Sennachérib. 
Voy.  HuMiLis. 

BREVIS,  E.  niy.f,oç ,  «.  Cet  adjectif  vient  du 
grec  P/sa^ùp,  changeant  /_  en  u,  et  signifie 
proprement  court,  on  parlant  d'un  discours, 
d'une  pièce  de  poésie  ou  autre  pièce  d'esprit 
semblable,  qui  doit  être  prononcée  briève- 
ment ou  de  l'espace  du  temps,  selon  qu'il  se 
prend  dans  l'Ecriture  : 

i"  Court,  bref,  qui  dure  peu.  Job.  14. 
5.  Brèves  dics  hominis  sunt  •  Les  jours  de 
l'homme  sont  courts.  Judith.  7.  17.  Sit  finis 
nojster  brevis  :  Livrez  la  ville  entre  les  mains 
d'Holophernc,  et  faites-nous  trouver  parla 


une  mort  prompte  par  l'épée,  discni  les  ci- 
toyens de  Bélhulie  a  Ozias. 

2"  Petit,  opposé  à  grand.  Eccli.  11.  3.  Bre- 
vis  in  volalilibus  est  apis  :  L'abeille  est  petite 
entre  les  animaux  qui  volent;  petit  en  nom- 
bre ou  en  quantité.  Ps.  lOi.  12.  Cum  essent 
numéro  brevi  :  Dieu  a  confirmé  aux  Israélites 
ce  qui  leur  avait  été  dit  lorsqu'ils  étaient  en- 
core on  petit  nombre;  savoir  :  qu'il  leur  don- 
nerait la  terre  de  Chanaan.  Voy.  v.  10.  11. 
Isa.  30.  20.  Et  dabit  vobis  panem  arctum,  et 
aquam  brevem  :  Le  Seigneur  vous  donnera  de 
l'eau  courte,  t.  e.  peu,  et  avec  mesure. 

3°  Léger,  opposé  à  grief  ou  à  méchant.  Eccli. 
25.  26.  Brevis  omnis  malitia  super  malitiam 
mulieris  :  Toute  malice  est  légère  au  prix  de 
la  malice  de  la  femme.  U  parle  des  méchantes 
femmes,  dont  on  doit  se  garder. 

4" Etroit,  resserré.Isa.28. 20.  Pa//mw6rei;e 
utrumque  operire  non  potest  (  a-evôç  )  :  La 
couverture  est  si  étroite  qu'elle  n'en  peut 
couvrir  deux.  Ce  qui  marque  que  le  cœur  ne 
doit  point  être  partagé,  mais  qu'il  faut  le 
donner  à  Dieu  uniquement. 

BREVITAS,  ATis,  ÈTTtTo/xïj.  Dérivé  de  bre- 
vis, et  signifie  proprement  brièveté,  dans  le 
même  sens  que  brevis.  Dans  l'Ecriture  : 

Brièveté  dans  le  discours.  2.  Mach.  2.  29. 
Secundwn  datam  formnm  brevitati  studenles  : 
Nous  travaillerons  selon  le  (fessein  que  nous 
avons  pris  à  abréger  les  auteurs,  v.  32.  Act. 
24.  4.  1.  Pelr.  5.  12. 

BRUCHUS,  Gr.  ppov^oç.  Ce  nom  est  grec, 
et  signifie  : 

Espèce  d'insecte  dont  il  était  permis  déman- 
ger dans  l'ancienne  loi.  Levit.  11.  22.  Corne- 
dere  debelis,  ut  est  bi'uchus  in  génère  suo  ; 
Vous  pourrez  manger  de  tout  ce  qui  marche 
sur  quatre  pieds...  comme  est  le  bruchus,  se- 
lon son  espèce.  Saint  Jérôme,  après  les  na- 
turalistes, dit  qu'il  y  a  de  trois  sortes  de  ces 
animaux,  tous  différents,  et  qui  ne  prennent 
leur  origine  que  d'un  animal  appelé  eruca, 
qui  est  une  petite  chenille  qu'on  appelle 
chatte  velue,  qui  s'engendre  dans  des  lieux 
chauds  après  qu'il  a  plu.  Ces  insectes  font 
leurs  nids  sur  les  arbres,  et  en  dévorent  tou- 
tes les  feuilles  et  les  herbes  quand  elles  sont 
tendres.  Cet  animal  vit  trois  ans,  et,  durant 
ce  temps-là,  i!  ne  change  point;  mais,  après 
trois  ans,  il  devient  une  sauterelle  qui  a  des 
jambes  longues.  Ces  bôtos  vont  en  troupe, 
désolant  les  terres  par  où  elles  passent  ;  étant 
devenues  plus  grosses,  elles  s'appellent  btni- 
chus,  et  après  attacus,  ou  attelabus,  ou  ophio- 
machus,  qui  sont  la  même  chose,  mais  sous 
divers  noms.  Joël.  1.  4.  Residuum  locuslœ  co- 
medit  bruchus  :  Le  bruchus  mange  les  restes 
de  la  sauterelle.  C'est  ici  le  fruit  de  la  saute- 
relle, comme  nouvellement  engendrée,  et  qui 
est  d'abord  sans  ailes.  11  est  appelé  attacus 
quand  il  est  un  pou  cru,  et,  lorsqu'il  est  en- 
core plus  fort  et  plus  grand,  il  s'appelle 
ophiomachus,  pnrce  qu'il  se  bat  contre  les 
serpents;  enfin,  quand  il  a  des  petits,  il  s'ap- 
pelle tocustd,  sauterelle;  il  peut  passer  pour 
chonillc,  parce  qu'il  ronge  les  herbes  et  les 
fruits  londrcs  dos  arbres.  Ps.  lO'i^.  v.  34.  35. 
Joël.  2.  2"3.  Il  paraît  être  hanneton,  parcQ 


M7 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


548 


qu'il  va  en  troupe,  jereni.  51.  li.  Nahurn.  3. 
V.  15.  16.  ;  quoiqu'il  ne  soit  pas  aisé  de  spéci- 
fier précisément  quels  animaux  sont  signifiés 
par  bruchus  et  locusla  en  différents  endroits. 

BDBALUS,  I,  povÇa/oç.  Du  grec_  ^oOga).o,-, 
ainsi  appelé,  selon  quelques-uns,  à  cause  de 
la  ressemblance  qu'il  a  avec  le  bœuf,  car  on 
croit  ordinairement  que  c'est  un  bœuf  sau- 
vage; néanmoins,  selon  Pline  et  les  anciens, 
c'est  un  animal  qui  se  trouve  en  Afrique,  et 
ressemble  plus  à  un  veau  ou  à  un  cerf  qu'à 
ce  qu'on  nomme  buffle,  quoique  dans  Martial 
il  soit  pris  en  cette  dernière  signification. 
L'Ecriture  met  aussi  cet  animal  avec  les  cerfs 
et  les  chèvres;  cependant  lusage  le  fait  ap- 
peler buffle,  bœuf  sauvage.  11  était  permis  d'en 
manger,  selon  la  loi.  Deul.  li.  5.  3.  Reg.  i. 
23.  Excepta  venatione  cervorum,  caprearum 
atque  bubalorum.  Ce  verset  marque  la  quan- 
tité de  bœufs  et  de  moulons  qui  était  pour  la 
table  de  Salomon,  outre  la  viande  de  venai- 
son, les  bœufs  sauvages,  etc.  Amos  6.  13. 
Aut  arari  potest  in  bubalisfVeul-on  labourer 
sur  des  rochers  avec  des  bœufs  sauvages? 
Dieu  témoigne,  par  cette  comparaison,  qu'il 
ne  pouvait  non  plus  bien  réussir  aux  Israé- 
lites de  mener  une  vie  déréglée  que  si  on 
entreprenait  un  labour  tel  que  celui  qui  est 
marqué  ici,  ou  que  tout  ce  qu'ils  faisaient 
était  aussi  peu 'raisonnable  que  serait  un 
homme  qui  entreprendrait  de  labourer  avec 
ces  animaux  farouches. 

BUBASTUS,  1.  Ville  d'Egypte.  Ezech.  30. 
17.  Juvems  Heliopoleos  et  Bubasti  gladio  co- 
dent :  Les  jeunes  hommes  d'Héliopolis  et  de 
Bubaste  seront  passés  au  fil  de  lépéc.  Elle 
s'appelait  Bubaste  le  Sauvage,  aujourd'hui 
Azioth.  Il  y  avait  tous  les  ans  une  fête  en 
l'honneur  d'Isis,  que  l'on  appelait  pour  cela 
bubastis. 

BUBO.ONis,  ■j-jy.riy.ôpcri.Ce  noui  vient  du  grec 
|5:kç,  qui  V  ient  de  poâv,  crier,  ou  est  formé  du 
cri  même  de  cet  oiseau,  comme  Varron  et 
Isidore  disent  la  même  chose  de  beaucoup 
d'autres  oiseaux  dont  le  nom  s'est  fait  de  leur 
chant  et  de  leur  cri. 

Chal-huant,  hibou,  oiseau  de  nuit,  qui  était 
immonde  chez  les  Israélites.  Levit.  11.  17. 

BUBULUS,  1.  De  bos,  el  signifie 

Qui  est  de  bœuf.  2.  Reg.  6.  19.  1.  Par.  10. 
3.  Divisit.  universis  per  singulos...  partem  assœ 
carnis  bubulœ  :  David  distribua  à  chacun  en 
particulier  du  peuple  un  morceau  de  bœuf 
rôti;  ce  fut  après  qu'il  eut  fait  apporter  l'ar- 
che de  Dieu  de  la  maison  d'Obédédom  dans  la 
ville  de  David.  Vo).  v.  11.  12. 

BUCCELLA,^,  ^^lAÔ;.  Ce  diminutif  de  6uc- 
cea  signifie  proprement  une  petite  bouchée. 
Dans  l'Ecriture  : 

Bouchée,  ou  morceau  qu'on  met  ou  qu'on 
peut  mettre  dans  la  bouche.  Ruth.  2.  14.  7n- 
tinge  buccellain  luam  in  acelo  :  Trempez  votre 
morceau  dans  le  vinaigre,  dit  Booz  à  Ruth; 
c'était  au  temps  de  la  moisson,  où  il  fait  fort 
chaud,  et  le  vinaigre  était  en  usage  pour  ra- 
fraîchir les  moissonneurs.  De  là  vient  cette 
façon  de  parler. 

Buccella  panis.  —  1°  Un  peu  de  pain  qu'on 
sert  d'ordM»aire  d'abord,  lorsqu'on   n'a  pas 


encore  autre  chose  prêt  pour  recevoir  des 
hôtes  fatigués.  Gcn.  18.  o.  Ponamque  buc- 
cellam  panis,  el  conforlate  cor  vestrumiaproç): 
Je  vous  servirai  un  peu  de  pain  pour  re- 
prendre vos  forces,  dit  Abraham  aux  trois 
hommes  qui  lui  parurent  proche  lui,  sous  la 
figure  desquels  Dieu  lui  apparaissait. 

2°  Une  bouchée  de  pain  marque  une  chose 
de  peu  de  conséquence,  de  peu  de  valeur. 
Prov.  28.  21.  Iste  et  pro  buccella  panis  deserit 
verilatem  :  Celui  qui  en  jugeant  a  égard  à  la 
personne,  pour  une  bouchée  de  pain,  aban- 
donnera la  vérité;  i.  e.  pour  un  petit  profit, 
pour  un  petit  intérêt. 

3'  Petit  morceau  ou  boulette  de  quelque 
chose.  Ps.  Ii7.  C.  Mittit  crystallum  suam  sic- 
ut  buccellas  :  Dieu  envoie  la  glace  ou  la  grêle 
en  petits  glaçons. 

BUCCINA,  M,  (Tu/.-Lyi.  Du  grec  ^-j-aùvo,  qui 
signifie  un  instrument  de  musique ,  ainsi 
appelé  à   cause  du  son  qu'il  rend,  et  signifie 

Sorte  de  trompette.  Ezech.  33.  5.  Sonum 
buccinœ  audivit,  el  non  se  observavil  •  Celui 
qui,  ayant  entendu  le  son  de  la  trompette  de 
la  sentinelle,  ne  s'est  pas  tenu  sur  ses  gar- 
des sera  responsable  de  son  sang  si  l'ennemi 
le  tue.  ^'oy.  Tuba. 

BUCCIKaRE,  (7«A7rtÇe£v.  De  buccina,el  si- 
gnifie : 

Sonner  du  cor  ou  de  la  trompette.  Ps.  80. 
4.  Buccinate  in  neomenia  luba  :  Les  lévites 
sonnaient  de  la  trompette  pour  indiquer  les 
fêtes.  Voy.  Neomema. 

BUG-<EUS ,  |5o>/«£o,-.  Magnus  jactator.  Ce 
nom  vient  du  verbe  grec  -/ciUrj,  s'enfler  d'or- 
gueil, et  de  la  particule  pou  ,  que  les  Grecs 
mettent  devant  les  mois  pour  marquer  quel- 
que chose  de  grand,  comme  de  muo;,  famine, 
bulimia,  une  grande  famine.  C'est  ce  qui  fait 
dire  à  Varron,  /.  2.  de  R.  R.  c.  5  :  Novi  majes- 
talem  boum,  et  ab  his  dici  pleraque  magna  : 
Qui  a  beaucoup  de  présomption  et  de  vanité. 
C'est  ainsi  qu'est  appelé  Aman.  Esth.  12.  6. 
Aman  vero  fllius  Amadalhi  bugœus  erat  glo- 
riosissimus  coram  rege. 

BUL,  Heb.  Germen.  C'est  le  huitième  mois 
des  Juifs,  qui  répond  en  partie  à  notre  mois 
d'octobre,  et  en  partie  à  notre  mois  de  no- 
vembre. Ce  fut  en  ce  mois  que  s'acheva  le 
temple  de  Salomon,  la  onzième  année  de  son 
règne.  3.  Reg.  6.  38. 

BULLA ,  JE,  pr/vto^zoç.  Du  v^rbe  grec  ^îiûw  , 
ferveo,  bullio,  ebullio,  bouillir,  et  signifie  pro- 
prement petite  bouteille,  qui  s'élève  sur  l'eau 
quand  il  pleut,  et,  par  métaphore,  bague  d'or, 
en  forme  de  cœur,  que  portaient  au  cou  les 
enfants  nobles  des  Romains  jusqu'à  1  âge  de 
quatorze  ans;  grosse  léie  de  clou,  tels  que 
ceux  dont  on  garnit  le  bois  de  certaines  por- 
tes. Dans  l'Ecriture  : 

Collier  fait  en  forme  de  croissant.  Judic.  8. 
21.  Tulit  ornamenta  ac  bullas  quibus  colla  re- 
yalium  camelorum  decorari  soient  :  Gédéon, 
après  avoir  tue  Zébée  el  Salmaua,  prit  tous 
les  ornements  el  les  bosselles  qu'on  met  d'or- 
dinaire au  cou  des  chameaux  des  rois 

BULLIRE  ,  «vaÇeiv ,  du  substantif  buUa  , 
Voy.  BuLLA,  el  signifie  bouillir.  Job.  41.  22. 
Ponet  quasi  cum  unguoila  bulliunt  :  La  ba- 


549 


BUT 


BYS 


550 


leine  fera  paraître  le  fond  de  la  mer  comme 
un  vaisseau   plein  d'onguents  qui  s'élèvent 
par  l'ardeur  du  feu. 
BUNA,  Heb.  JLdificans ,  flls  de  Jéraméel. 

1.  Par.  2.  23. 

BURDO  ,  ONis ,  r^aio-jo;,  de  Thébreu  phé- 
red,  qui  signiGe  une  espèce  de  mulet  né  d'un 
cheval  et  d'une  ânesse.  Ce  terme  et  cet  ani- 
mal commencent  à  paraître  dans  l'Ecriture  au 
temps  de  David ,  sans  qu'il  en  eût  été  aupa- 
ravant parlé. 

Mulet,  k.  Reg.  5.  17.  Tollam  omis  duorum 
hurdonwn  de  terra  :  Permettez-moi  d'empor- 
ter la  charge  de  deux  mulets,  de  la  terre  de 
ce  pays  ,  dit  Naaman  à  Elisée ,  dans  le  des- 
sein d'ériger  un  autel  pour  ne  sacrifler  plus 
qu'au  vrai  Dieu. 

BUTYRUM,  I,  ^Sovrypov.  Ce  nom,  pris  préci- 
sément pour  beurre  de  vache,  vient  de  poO?, 
bos ,  vache,  et  de  Tupô,-,  coagulum,  forme  que 
prend  le  lait  lorsqu'il  se  caille,  et  signifie  : 

l' Beurre.  Gen.  18. 8.  Tulit  quoque  butyrum 
et  lac  :  Abraham  prit  du  beurre  et  du  lait 
avec  le  veau  qu'il  avait  fait  cuire,  et  il  le 
servit  devant  ces  trois  hommes  sous  l'appa- 
rence desquels  Dieu  lui  apparaissait,  ainsi 
qu'il  en  fut  présenté  à  David  dans  sa  fuite. 

2.  Reg.  17.  29.  Les  anciens  usaient  de  beurre 
comme  d'une  nourriture  ordinaire  et  com- 
mune. Dcut  32.  li.  Ut  comederet  butyrum 
de  armento  :  Dieu  a  établi  son  peuple  choisi 
dans  un  excellent  pays,  pour  s'y  nourrir  du 
beurre  des  troupeaux  ,  dont  le  meilleur  est 
celui  de  vache,  tel  que  peut  marquer  buty- 
rum de  armento,  dans  le  passage  précédent. 
Ainsi,  Isa.  7.  lo.  Butyrum  et  met  comedet  •  Ce 
fils,  appelé  Emmanuel,  mangera  le  beurre  et 
le  miel,  marque  que  Jésus-Christ  devait  être 
élevé  de  la  même  manière  et  nouiri  des  mê- 
mes aliments  que  les  autres  enfants;  mais, 
v.  22,  butyrum  et  mel  marque  et  signiGe  une 
abondance  de  biens. 

2"  Cette  substance  dont  se  fait  le  beurre,  la 
crème  du  lait  (yâ/cc).  Judic.  3.  23.  Aquam 
petenti  lac  dédit,  et  in  phi<da  principum  ob- 
tulit  butyrum  :  Jahel  donna  à  Sisara  du  lait 
au  lieu  d'eau  qu'il  lui  demanda.  Elle  lui  offrit 
de  la  crème  dans  un  vase  digne  d'un  prince, 
lorsqu'il  s'enfuyait  de  Barac  ,  qui  tailla  son 
armée  en  pièces,  à  moins  qu'on  n'entende  que 
Jahel  ait  aussi  présenté  à  Sisara  de  ce  lait 
qui  reste  après  que  le  beurre  est  fait,  du  lait 
de  beurre,  selon  l'Hébreu,  butyri  {lac). 

3"  Suc  épaissi  qui  sort  de  la  mamelle,  au 
lieu  de  lait,  lorsqu'on  la  presse  trop.  Prov. 
30  33.  Qui  fortitcr  premit  ubera  ad  elicien- 
dum  lac,  exprimit  butyrum  :  Celui  qui  presse 
fort  la  mamelle  pour  en  tirer  le.  lait,  en  fait 
sortir  un  suc  épaissi. 

4' Lait,  d'où  vient  cette  façon  de  parler  : 
torrcntes  butyri,  des  torrents  de  lait,  pour 
marquer  une  abondance  de  biens.  .lob.  20. 
17.  Non  videat...  torrcntes  mdlis  et  butyri: 
L'impie  ne  verra  point  couler  sur  lui  les  tor- 
rents de  lait;  il  ne  goûtera  point  le  bonheur 
qu'il  s'était  promis. 

Phrase  Urée  de  la  première  .signification  de  ce  ffioi. 

Lavare  vedes  butyro,  laver  ses  pieds  dans 


le  beurre,  signiGe  être  en  une  grande  abon- 
dance de  biens.  Job.  29.  G.  Quando  lavabam 
pedes  meos  butyro?  Qui  m'accordera  d'être 
encore  comme  j'étais...  lorsque  je  lavais  mes 
pieds  dans  le  beurre.  Celte  expression  vient 
de  ce  que  les  richesses  consistaient  dans  le 
grand  noœbre  de  leurs  troupeaux,  qui  fai- 
saient toutes  leurs  richesses. 

BUXUS,  1,  Gr.  Tzvqo;.  Ce  nom  vient  du  grec 
TTjço,-,  changeant  la  ténue  en  sa  moyenne, 
et  signifie  proprement  : 

Buis  ou  bouis,  arbre  qui  est  toujours  vert, 
qui  a  le  bois  si  dur,  qu'il  ne  se  gâte  point  et 
n'est  jamais  vermoulu,  et  est  si  pesani,  qu'il 
tombe  au  fond  de  l'eau  :  ainsi  ,  ce  qui  est 
écrit  sur  du  buis,  ne  s'efface  point;  dans  l'E- 
criture : 

Buis,  morceau  de  buis.  Isa.  30.  8.  Ingressus 
scribe  ei  super  buxum  :  Allez  graver  ceci  sur 
le  buis,  en  leur  présence.  Dieu  parle  ici  au 
prophète  du  conseil  que  Dieu  donnait  aux 
Juifs  de  ne  point  implorer  le  secours  des 
Egyptiens. 

Personnes  pieuses  et  fidèles.  Isa.  il.  19. 
Ponam  in  déserta  abietem ,  iiltnum  et  buxum  : 
Je  ferai  croître  ensemble,  dans  la  solitude,  les 
sapins  ,  les  ormes  et  les  buis.  Les  personnes 
pieuses  et  fidèles  à  Dieu  ,  figurées  par  ces 
beaux  arbres  ,  seront  dans  l'Eglise  ce  que 
sont  ces  beaux  arbres  dans  les  jardins,  et 
entreront  dans  la  structure  de  l'Eglise  comme 
le  bois  de  ces  mêmes  arbres  fut  employé  à  la 
structure  du  temple,  c.  60.  13. 

BUZ,  Heb.  Contemptus  :  —  V  Fils  de  Na- 
chor,  Gen.  21.  21.  de  qui  est  appelé  Buzitesy 
Eliu  qui  en  descendait.  Job.  32.  2.  —  2"  Fils 
d'Abdiel,  un  des  descendants  de  Gad.  1.  Par. 
5.  14.  —  3°  Le  pays  qui  est  appelé  du  nom  de 
Buz,  fils  de  Nachor.  Jer.  23.  23.  {Propinavi} 
Dedan  et  Thema  et  Buz  :  J'ai  fait  boire  de  la 
coupe  du  Seigneur  à  Dédan ,  à  Théma  et  à 
Buz. 

6UZI,  Heb.  Contemptus,  père  du  prophète 
Jb-zéchiel,  c.  1.  3. 

BYSSUS,  I,  /5û(7c-of ,  du  grec  pwo-^ror,  et  signi- 
fie proprement  plante  qui  porte  de  la  graine, 
à  peu  près  comme  le  chènevis  ,  et  dont  l'é- 
corce  est  pleine  de  filets  qui  servent  à  faire 
de  la  toile  déliée;  il  signifie  aussi,  comme 
dans  l'Ecriture  : 

Fin  lin,  lin  le  plus  fin,  qui  est  d'une  blan- 
cheur très-éclalante,  comme  il  est  marque 
Apoc.  19.  8.  11  croît  principalement  dans  l'E- 
gypte, la  Palestine  et  les  Indes,  et  on  en  fai- 
sait trafic  aux  foires  de  Tyr.  Ezech.  27.  10. 
Il  servait  aussi  d'ornement  précieux  ;  par 
exemple,  au  tabernacle,  Exod.  23.  i;  ou  de 
vêlements.  Prov.  31.  22.  Byssus  et  purpura 
indumentum  ejus  :  La  femme  forte  se  revêt  de 
lin  et  de  pourpre.  Luc.  16.  19.  Apoc.  18.  16. 
On  teignait  en  pourpre  ce  fin  lin;  c'est  pour- 
quoi byssus  et  purpura  semble  être  ce  lin 
teint  de  couleur  de  pourpre.  Ainsi  byssus  sa 
prend  pour  la  pourpre  dans  les  auteurs  pro- 
fanes; et  le  mol  purpura,  qui  est  dans  Ezech. 
27,  semble  être  mis  pour  byssus  purpureus. 
Quelques-uns  croient  que,  dans  les  premiers 
temps,  byssus,  le  bysse ,  était  une  espèce  de 
soie  jaune  doré  qui  croît  à  de  grandes  co- 


S51 


DICTIONNAlKE  DR  PHILULOGIR  SACRÉE. 


quilles  :  notre  soie  de  vers  élail  encore  incon- 
nue du  temps  des  Israélites. 

Le  lin  élail  une  marque  d'honneur  et  de 
gloire  dont  on  était  revêtu.  Ezech.  16.  13. 
Vestita  es  bysso  :  Vous  avez  été  vêtue  de  fin 
lin  ;  ce  qui  marque  la  gloire  dont  Dieu  avait 
relevé  son  peuple.  Voy.  Gen.  il.  42. 

BYSSINUS,  A,  VM,  qui  est  de  fin  lin.  Gen. 
4-1.  i2.  Vestivitque  eumstola  byssiiia  :  Pharaon 
fil  revêtir  Joseph  d'une  robe  de  fin  lin,  en  l'éta- 
blissant maître  sur  toute  l'Egypte,  v.  41.  Les 
habits  et  les  ornements  des  prêtres  ,  qui 
étaient  de  fin  lin.  Exod.  28.  39.  c.  39.  27. 
Ainsi,  1.  Par.  15.  27.  Eslh.  1.  6.  De  là  vient, 


BYSSINUM,  I,  nom  neutre  dérivé  de  bt/ssi- 
nus,  on  sous-entend  vestimentum ,  el  s\^n\^ 
fie: 

Robe  précieuse  de  fin  lin.  2.  Par.  5.  12. 
Levilœ  vesliti  byssinis  :  Les  lévites  et  les 
chantres,  revêtus  de  fin  lin,  faisaient  reten- 
tir leurs  timbales  lorsque  Salomon  transporta 
l'arche  du  Seigneur  dans  le  saint  des  saints. 
Apoc.  19.  V.  8.  14.  Exercitus  qui  sunl  in  cœlo 
sequebanlur  eum  in  equis  albis  vesliti  byssino 
albo  et  mundo  :  L'Epouse  de  l'Agneau  et  les 
armées  qui  sont  dans  le  ciel  ,  paraissaient 
revêtues  de  fin  lin  ;  ce  qui  marque  la  gloire 
et  la  pureté  de  l'Eglise  et  des  saints  anges. 


C 


CAATH,  Heb.  congregatio. 

CAATH  ,  fils  de  Lévi.  Gen.4G.  12.  Levi, 
Gerson,  Caath  et  Mernri.  Il  a  été  père  d'Am- 
ram  et  aïeul  de  Moïse  et  d'Aaron.  Exod.  6. 
V.  18.  20.  Il  mourut  Tan  du  monde  2450, 

CAATHIT-^,  descendants  de  Caath.  Num. 
3.  27.  Hœ  sunt  familiœ  Caathitarum ,  c.  10. 
21.  etc. 

CABSEEL  ,  Heb.  congregatio  Dei,  ville  de 
la  tribu  de  Juda,  Jos.  15.  21,  d'où  était  Ba- 
naias.  2.  Reg.  23.  20.  1.  Par.  11.  22. 

CABUL,  Heb.  compeditus.  Voy.  Chabul. 
Le  pays  de  cette  partie  de  Galilée  où  étaient 
les  vingt  villes  que  Salomon  donna  à  Hiràm, 
roi  de  Tyr,  qui  donna  à  ce  pays,  qui  lui  dé- 
plut, le  nom  de  Cabul,  terre  de  boue  et  de 
sable.  3.  Reg.  9.  13.  AppeUavitque  eas  terram 
Cabul  usque  in  diem  hanc  :  Il  appela  celle 
contrée  la  terre  de  Cabul,  comme  .elle  s'ap- 
pelle encore  aujourd'hui.  Il  en  est  fait  men- 
tion,  Jos.  19.  27.  Egrediturque  (sors  Aser) 
ad  lœvam  Cabul  :  L'héritage  d'Aser  s'étendait 
à  main  gauche  vers  Cabul;  mais  il  faut  que 
ce  soit  Esdras  ou  quelque  autre  qui  ait  vécu 
après  Salomon,  qui,  ayant  rédigé  le  livre  de 
Josué  par  l'inspiration  du  Saint-Esprit ,  ait 
donné  à  ce  pays  le  nom  de  Cabul.  Voy.  Boch. 
1.  2.  c.  4.  in  Chanaan. 

CABUS,  I,  yMoç.  Ce  nom  vient  de  l'hébreu 
cab,  et  signifie  cabat,  mesure  de  blé  qui  tient 
la  sixième  partie  du  satum,  savoir,  douze  li- 
trons ,  demi-setier  ,  ou  dix-huit  livres  dix 
onces.  4.  Reg.  6.  25.  Quarta  pars  cabi  ster- 
coris  columbarum  quinqiie  argenlcis  :  La  ville 
de  Samarie,  étant  assiégée  par  Bénadab  ,  fut 
pressée  d'une  si  grande  famine,  que  la  qua- 
trième partie  d'un  cabat  de  fiente  de  pigeon 
fut  vendue  cinq  pièces  d'argent,  ce  qui  reve- 
nait environ  à  soixante-quinze  sous  ,  parce 
que  c'étaient  des  sicles  communs  ou  pro- 
fanes. 

CACABUS,  1,  xùzpx.  Ce  nom  vient  du  verbe 
»«tw,  uro,  et  du  nom  -/.ùGn,  cibus,  et  signifie  : 

1°  Pot  à  mettre  sur  le  fou  pour  y  faire  cuire 
les  viandes.  1.  Reg.  2.  14.  Habebat  fuscinu- 
lam  tridentem...  et  mitlebat  eam...  in  caca- 
bum  :  Le  serviteur  du  prêtre  Jléli,  tenant  à 
la  main  une  fourchette  à  trois  dents,  la  met- 
tait... dans  le  pot;  c'était  pour  enlever  ce 


qu'il  pouvait  pour  le  prêtre ,  ce  que  l'Ecri- 
ture condamne  ici.  2.  Par.  35.  13. 

2°  Pot  de  terre.  Eccli.  13.  3.  Quid  commu- 
nicabit  cacabus  ad  oUam  ?  Quelle  union  peut- 
il  y  avoir  entre  un  pot  de  terre  et  un  pot  de 
fer?  Cette  figure  marque  le  danger  où  se  met 
le  pauvre  en  s'approchant  du  riche,  à  qui  il 
ne  peut  résister. 

CACUMEN,iNis.  Cenom,qui  est  mis  comme 
pour  coacumen,  est  composé  de  la  préposition 
euniei  de  acumen, parce  que  les  extrémités  ou 
points  s'assemblent  en  un;  ou,  selon  d'autres, 
de  caput  et  de  acumen;  comme  qui  dirait  ca~ 
pitis  acumen,  et  signifie, 

Le  sommet  ,  le  haut  ,  le  bout  de  quelque 
chose  {y.sfxlri  ).  Gen.  8.  5.  Decimo  mense  ap~ 
paruerunt  cacumina  montiutn  :  Le  premier 
jour  du  dixième  mois ,  le  sommet  des  mon- 
tagnes commença  à  paraître,  les  eaux  du  dé- 
luge qui  les  couvraient  s'élant  abaissées,  c. 
28.  12.  2.  Reg.  5.  24.  Ainsi ,  1.  Par.  14.  15. 
Cumque  audieris  sonitum  gradientis  in  cacu- 
mine  pyrornm,  tune  egredieris  ad  bellum  :  Dès 
que  vous  entendrez,  au  haut  de  ces  poiriers, 
comme  le  bruit  de  quelqu'un  qui  marche, 
dit  Dieu  à  David,  vous  ferez  aussitôt  avancer 
vos  troupes  pour  combattre.  Plusieurs  expli- 
quent le  liant  du  sommet  de  quelque  monta- 
gne qui  était  au-dessus  de  ces  poiriers;  d'au- 
tres prennent  ici  cacumen  pour  caput,  qui 
signifie  souvent  l'entrée  ,  le  commencement 
de  quelque  chose. 

CADAVER,  is,  ÔTflTtaarov.  Ce  nom  vient  du 
verbe  cadere,  parce  que  sans  l'âme  le  corps 
ne  se  peut  soutenir;  et  signifie. 

Corps  mort,  cadavre  soit  d'hommes,  soit  de 
bêtes.  Dcut.  14.  8.  Cadavera  non  tangetis  : 
Vous  ne  mangerez  point  de  la  chair  des  ani- 
maux qui  vous  seront  impurs  ,  et  vous  n'y 
toucherez  point  lorsqu'ils  seront  morts.  Cette 
loi  était  pour  exercer  la  tempérance  des 
Israélites  ,  et  les  tenir  dans  la  dépendance  à 
l'égard  de  Dieu.  Num.  14.  v.  32.  33.  Heb.  3. 
17.  Nahum.  3.  3.  Nec  est  finis  cadaverum  : 
Il  y  aura  un  carnage  qui  n'aura  point  de  fin. 
Le  prophète  prédit  la  désolation  et  la  prise  de 
Ninive  par  Nabopolassar  ,  père  de  Nabucho- 
donosor,  qui  prit  Ninive,  à  quoi  se  rapporte 
Isa.  66.  24.  etc.   Yidebunt  cadavera  virorutn 


553 


CAD 


CAD 


Ki 


qui  prœvancati  sunt  in  me  (zw),ov)  :  Us  ver- 
ront les  corps  morts  de  ceux  qui  ont  violé  ma 
foi,  ce  qui  se  peut  entendre  de  l'état  où  furent 
réduits  les  ennemis  de  Dieu  et  de  l'Eglise, 
dont  parle  Isa.  c  3i.  3,  ou  plutôt  des  damnés 
mêmes,  dont  les  corps  seront  dévorés  par  le 
feu  et  par  les  démons,  de  même  que  1  ■  sont 
les  cadav  res  par  les  bêtes.  Jer.  31.  40.  Circui- 
bil  omnem  vallem  cadaveruin  :  Le  cordeau 
tournera  autour  de  la  vallée  des  corps  morts. 
Cette  vallée,  qui  était  entre  le  Calvaire  et  les 
murailles  de  Jérusalem  ,  était  appelée  de  la 
sorte  ou  parce  qu'ordinairement  on  y  jetait 
les  corps  ou  les  ossements  do  ceux  qui  avaient 
élé  exécutés,  ou  plutôt  parce  que  les  Assy- 
riens y  avaionî  été  tués  par  un  ange. 

CADEMOTH,  heb.  Anliquiores.  Voyez  Ce- 
DiMOTH,  Jos,  13.  18. — 1"  Ville  de  la  Iribu  de 
Kuben,  donnée  aux  lévites,  et  ville  de  refuge. 
1.  Par.  6.  79. — 2"  Un  désert  près  de  cette 
ville.  Deut.  2.  26.  C'est  de  là  que  Moïse  en- 
voya des  ambassadeurs  à  Sehon ,  roi  des 
Amorrhéens,  pour  lui  demander  passage  sur 
ses  tt-rres  ;  ce  prince  non-seulement  rejeta 
cette  demande,  mais  encore  il  vint  au  devant 
(l(;s  Hébreux,  pour  s'opposer  à  leur  passage 
avec  toutes  ses  troupes.  Les  Israélites  le  dé- 
fir<nt,  s'emparèrent  de  ses  villes,  dont  ils 
tuèrent  tous  les  habitants. 

CADERE,  TzirzTsa.  Ce  verbe  vient  de  l'ad- 
verbe x«Tw  ,  deorsum;  parce  que  tomber, 
c'est  être  emporié  en  bas  et  par  sa  propre 
pesanteur,  et  signifie  : 

1"  Cli'jir,  tomber.  Matth.  13.  27.  Catelli 
edunl  de  micis  quœ  cadunt  de  inensa  domino- 
ruin  suoruin  :  Les  petits  chiens  mangent  au 
uioius  des  miettes  qui  toinbent  de  la  table  de 
leurs  maîtres,  dit  la  Chaiianée  à  Jesus-Christ. 
'V.MiCA.  Malih.i7.1i.c.l3.4-.Luc.l3,i.Joan. 
lH.b,AJn»i  Jerem.S.i.  lYt^m^uid  qui  cadil,  non 
resurget?  Quand  on  est  tombé,  ne  se  relève- 
l-on  pas?  Voy.REsuRGERE.D'où  viennent  ces 
phrases  : 

Cudere  in  faciem.  Tomber  le  visage  contre 
lerre  ;  ce  qui  s'entend  ,  ou  à  la  lettre  seule  - 
ment.  1.  l(cg.  17.  49.  Cecidil  in  faciem  suam 
*  super  lerram  :  Goliath  tomba  le  visage  con- 
tre terre,  savoir  :  après  avoir  élé  frappé  par 
David  (à  quoi  est  opposée  cette  phrase  ;  Ca- 
dere  rétro,  ou  relrorsum  :  Tomber  à  la  ren- 
verse. 1.  Reg.  k.  iH.Cecidit  de  sella  relror- 
sum :  Heli  tomba  de  son  siège  à  la  renverse  : 
ce  fut  à  la  nouvelle  que  l'arche  avait  été 
prise  par  les  Phi.istins.  Gen.  49.  17.  Voy.  Ce- 
AASTEs).  Mais  colle  phrase  s'entend  aussi  li- 
gnrément  pour  marquer  l'effet  de  plusieurs 
affections  de  l'àiue.  1"  Toniber  de  frayeur, 
d'étonnemenl.  Matth.  17.  G.  Videnles  disci- 
puli  ceciderunt  in  faciem  suam,  et  timurrunt 
volde  :  Les  trois  apôtres,  ayant  entendu  ces 
paroles,  tombèrent  le  visage  contre  terre  et 
furent  saisis  dune  grande  crainte.  Ce  fut  à 
la  Transfiguration  de  Jésus-Christ. 

2'  Tomber  de  frayeur,  d'élonnnement. 
Acl.  9.  4.  Cadens  in  terram  audivit  vocnn  : 
Saul,  étant  dans  le  chemin  de  Damas,  tomba 
par  terre  et  entendit  une  voix.  Lcvit.  20, 
3G.  Apoc.  1.  17. 
3"  Se  prosterner,  s'abaisser.  Matth.  4.  9, 

DlCTIOWN.  DE  PniLOL.  Sacrée.  1. 


Hœc  omnia  tibi  dabo  si  cadens  adoraveris  me  • 
Je  vous  donnerai  toutes  ces  choses  si,  en 
vous  prosternant  devant  moi,  vous  m'adorez, 
dit  le  diable  à  Jésus-Christ.  Luc.  8.  41.  c.  17. 
16.  Joan    11.  32.  1.  Cor.  14.  23.  Apoc.  5.  8. 

4"  Se  jeter  sur  quoiqu'un ,  tomber  sur  lui 
[Innzi-n-zvj].  Luc.  13.  20.  Accurreus  cccidit  sii- 
per  collum  ejus  :  Le  père  de  l'enfant  prodigue, 
courant  à  lui,  se  jeta  à  son  cou  et  le  baisa. 
Apoc.  6.  16.  c.  11.  11.  El  dans  le  sens  fitruré, 
Matth.  21.  44.  Luc  20.  18.  Omnis  qui  cecide- 
rit  super  illum  lapidem  conquassabitur  .-Qui- 
conque se  laissera  tomber  sur  cette  pierre  , 
s'y  brisera.  Jésus-Christ  est  cette  pierre  con- 
tre laquelle  les  hommes  se  heurtent  par  leur 
incrédulité  et  leur  résistance  à  l'établisse- 
ment de  son  Evangile,  v.  1.  2.  8,  Ainsi,  Osée 
10.  8.  Dicent  mnntibus  :  Operite  nos;  et  colli- 
bus  :  Cadite  super  nos  :  Us  diront  aux  monta- 
gnes :  Couvrez-nous  ;  et  aux  collines  :  Tom- 
bez sur  nous  ;  c'est  ce  que  devaient  dire  les 
habitants  de  Samarie,  ne  pouvant  trouver 
dans  la  terre  des  abîmes  assez  profonds  pour 
se  mettre  à  couvert  de  la  fureur  des  Assy- 
riens ;  c'est  ce  que  tous  les  Juifs  ont  pu  dire, 
à  la  prise  de  Jérusalem,  selon  que  Jésus- 
Christ  ,  allant  mourir  sur  la  croix,  leur  avait 
prédit,  Luc.  23.  30.  et  c'est  ce  que  diront  en- 
core tous  les  pécheurs  en  ce  jour  effroyable 
où  Jésus-Christ  paraîtra  dans  sa  majesté 
pour  les  juger. 

3°  Mourir,  tomber  en  mourant,  ou  après 
avoir  reçu  le  coup  de  la  mort.  1.  Cor.  10.  8. 
Ceciderunt  una  die  viginti  tria  millia  :  Pour 
le  crime  de  fornication,  il  y  en  eut  vingt- 
trois  mille  qui  furent  frappés  de  mort  en  un 
seul  jour.  L'Apôtre  a  en  vue  ce  qui  est  rap- 
porté Exode  .32.28. 

iy  Tomber,  se  dit  d'un  prophète,  parce 
qu'il  tombait  lorsqu'il  était  ravi  de  lui-même 
en  recevant  les  révélations  divines.  Num. 
24.  4.  Qui  cadit,  et  sic  aperiuntur  ocnli  ejus  : 
Voici  ce  que  dit  Balaam ,  qui  est  celui  qui 
en  tombant  a  les  yeux  ouverts. Voy.  Aperire. 
1.  Reg.  19.  24.  et  c'est  sur  quoi  Mahomet  , 
qui  tombait  du  haut-mal,  semble  avoir  fondé 
son  imposture.  Voy.  Obtup.are.  Et  ce  mou- 
vement du  prophète  était  un  effet  de  sa  vertu 
de  prophétiser;  mais  cette  phrase  :  Manum 
Domini  cadere  super  aliquem,  marque  la 
cause  de  cotte  vertu  dans  les  prophètes  et  si- 
gnifie :  qu'un  homme  reçoit  de  Dieu  des  ré- 
vélations et  des  prophéties.  Ezcch.  8.  1.  Ce- 
cidit  ibi  super  me  tnanus  Domini  Dei:  La  main 
du  Seigneur  mon  Dieu  tomba  tout  d'un  coup 
sur  moi. 

§  1.  — Tomber  dans  quelque  affliction,  ou 
devenir  misérable,  périr  misérablement. 
Prov.  24.  V.  10.  7.  Septies  cadet  justas  :  Lot 
juste  tombera  sept  lois;  cette  chute  s'entend 
des  fréquentes  adversités  ou  des  fautes  où 
tombent  les  justes  par  faiblesse ,  mais  la 
grâce  de  Dieu  les  relève,  selon  le  Ps.  36.  24. 
Ainsi,  Isa.  21.  9.  Cecidit,  cccidit  Bahylon  I 
Babylone  est  tombée,  elle  est  tombée  cotte 
grande  ville!  Elle  fut  prise  et  ruinée  par  Cy- 
rus.  Ps.  19.9.  /psi  ohligati  sunt  et  ceciderunt  : 
Quant  à  eux,  ils  se  sont  trouvés  comme  liés^ 
et  ils  sont  tombés.  Il  semble  que  David  a  en 

18 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE, 


556 


vue  la  victoire  qu'il  remporta  contre  les 
Ammonilcs  ligués  avec  les  Syriens,  dont  il 
semble  que  le  grand  nombre  dhommes  les 
embarrassa,  Ps.  26.  2.  Ps.  90.  7.  Ps.  117.  3. 

Phrase  tirée  de  celle  siguiticalioo 

Cadere  ante  faciem  alicujus  ,  ante  aliqusm, 
m conspectu  alicujus.  Etre  surmonléet  vaincu 
par  quelqu'un,  ne  lui  pouvoir  résister.  Esth. 
6. 13.  Si  de  semine  Judœonim  est  Mardochœus, 
antequem  cadere  cœpisti,  non  poteris  ei  resi- 
stère,  sed  codes  in  conspectu  ejus  :  Si  ce  Mar- 
dochée,  devant  lequel  voas  avez  commencé 
de  tomber,  est  de  la  race  des  Juifs,  vous  ne 
pourrez  lui  résister;  mais  vous  tomberez  de- 
vant lui;  c'est  ce  que  disent  à  Aman  ses 
amis.  Levit.  26.  8.  Prov.  2o.  26.  Eccli.  28. 
22.  Mais  cette  phrase  :  Orationem  alicujus 
cadere  in  conspectu  L'omini,  marque  que 
l'homme  s'humilie  et  se  prosterne  devant 
Dieu  par  ses  prières.  Jcrem.  36.  7.  Si  forte 
cadat  oratio  eorum  in  conspectu  Domini  :  Li- 
sez levant  le  peuple  les  paroles  du  Seigneur 
que  je  vous  ai  dictées  ,  pour  voir  s'ils  se 
prosterneront  avec  une  humble  prière  de- 
vant le  Seigneur,  dit  Jcrémie  à  Baruch,  sous 
le  règne  de  Joachim.  Yoy.  c.  37.  v.  19.  c.  38. 
26. 

Cadere  de  cœlo.  Tomber  du  ciel,  signifie  : 
tomber  d'un  rang  élevé,  d'un  état  heureux, 
dans  un  étal  tiiisérable.  Ce  qui  se  dit  :  1°  Du 
démon,  Isa.  1^.12,  Quomodo  cecidistide  cœlo, 
Luciferl  Comment  es-tu  tombé  du  ciel,  Lu- 
cifer? A  quoi  semble  s'accorder,  Luc.  10. 18. 
qui  marque  que  le  démon  avait  beaucoup 
perdu  de  son  règne;  quoique  Isaïe  l'entende 
aussi  à  la  lettre  de  Nabuchodonosor.  2^  Des 
premiers  pasteurs  ,  des  chefs  et  de  ceux  qui, 
tenant  les  premiers  rangs  dans  l'Eglise , 
sont  tombés  dans  l'apostasie  ou  l'hérésie. 
Apoc.  8.  10.  Cecidit  de  cœlo  Stella  magna  ar- 
dens  :  Une  grande  étoile,  ardente  comme  un 
flambeau,  tomba  du  ciel  ;  cette  étoile  peut 
marquer  le  f.iux  prophète  Jiarchochebas  , 
dont  le  nom  signifie  étoile,  c.  6.  13.  c.  12.  V. 
3'  Généralement  de  la  chute  des  membres  de 
rEgli>c,  comme  quelques-uns  expliquent. 
Matth.  2i.  29.  Voy.  Dan.  8.  10. 

Cadere  in  lerram.  Tomber  à  terre,  pour 
marquer  un  déchet  ou.  une  perle.  Job.  29. 
2i.  Lux  vultus  mei  non  cadcbtt  in  terram  : 
Si  je  riais  quelqui  fois  avec  ceux  à  qui  je 
parlais,  la  lumière  de  mon  visage  ne  tom- 
bait point  à  terre;  i.  e.  ils  ne  perdaient  rien 
du  respect  qu'ils  me  portaient.  3.  Reg.  1. 
52.  Non  cadet  ne  unus  quidem  capillus  ejus 
in  lerram  :  Si  Adonias  est  homme  de  bi(>n  , 
il  ne  tombera  pas  en  terre  un  seul  cheveu 
de  sa  tête,  dit  Salomon  ;  i.  e.  il  ne  lui  sera 
j)as  fait  même  le  moindre  mal;  ce  (jui  s'en- 
tend au  même  sens,  1.  Reg.  IV.  ko.  2. 
Reg.  IV.  11.  à  quoi  se  peut  rapporter, 
Matth.  10.  29.  Unus  ex  illis  non  cadet 
super  teiram  sine  paire  veslru  ;  11  ne  tombe 
pas  aucun  passereau  sur  la  terre  sans  la  vo- 
lonté de  voire  père;  i.  e.  il  n'en  meurt  pas 
un  sans  l'ordre  de  la  divine  Providence.  Ce 
qui  se  dit  aussi  du  blé  qu  on  jeite  en  terre 
^our  pourrir.    Joau,  12.  l't.   i\isi   granum 


frumenti  cadens  in  terram  mortium  faerit, 
ipsum  solum  manet  :  Si  le  grain  de  froment 
ne  meurt  après  qu'on  l'a  jeté  en  terre  ,  il  de- 
meure seul  ;  Jésus- Christ,  par  cette  compa- 
raison, veut  faire  entendre  qu'il  devait  mou- 
rir et  ensuite  ressusciter  à  la  gloire,  pour 
amener  tous  les  hommes  à  la  participation 
du  salut. 

Suiie  des  significations  figurées  du  verl)e  Cadere. 

§  2. — Arriver,  avoir  son  e^et  (zpx^'y^'xi) .  Isa 
9.  8.  Verhum  misit  in  Jacob ,  et  cecidit  in  Is- 
raël :  Le  Seigneur  a  envoyé  sa  parole  en  Ja- 
cob, et  elle  a  été  vérifiée  dans  Israël.  Les  pu- 
nitions dont  Dieu  a  menacé  les  Juifs  par  ses 
prophètes  ont  eu  leur  effet. 

§  3.  —  Etre;  inutile,  n'avoir  point  son  effet. 
Luc.  16.  17.  Facilius  est  cœlum  et  terram  prœ~ 
terire  quam  de  le/je  unum  apicem  cadere  :  II 
est  plus  aisé  que  le  ciel  et  la  terre  passent 
que  non  pas  qu'une  seule  lettre  de  la  loi  man- 
que d'avoir  son  effet.  Voy.  Rom.  6.  9.  Ainsi 
3.  Reg.  8.  56.  Non  cecidit  ne  unus  quidem 
sermo  ex  omnibus  bonis  quœ  tocutus  est  per 
Moysem  servum  suum  :  Tous  les  biens  que  le 
Seigneur  nous  avait  promis  par  Moïse,  son 
serviteur,  nous  son!  arrivés  sans  qu'il  soit 
tombé  uneseuledeses  paroles àterre.l. Reg. 3. 
19.  k.  Reg.  10.  10, 

§  4. — Tomberdans  quelque  péché  ou  dans 
quelque  faute.  1.  Cor.  10.  12.  Qui  se  existi- 
mat  stare,  videat  ne  cadat  :  Que  celui  qui 
croit  être  ferme  prenne  garde  à  ne  pas  tom- 
ber, savoir  :  par  trop  de  présomption;  mais 
d'éviter  avec  soin  toutes  les  occasions  de 
chute.  Prov.  2i.  16.  c.  25.  26.  Ps,  36.  2i.  etc. 

§  5.  — Tomber  dans  un  jugement,  être  con- 
damné comme  coupable.  Rom.  li.  k.  Domino 
suo  stat ,  aut  cadit  :  Si  le  serviteur  d'autrui 
tombe,  ou  s'il  demeure  ferme,  c'est  à  son 
maître  de  le  juger;  et,  s'il  ne  le  cond.îmne 
point,  les  autres  ne  le  doivent  pas  condam- 
ner. Ceci  prouve  qu'on  ne  doit  point  juger 
mal  du  prochain. 

§  6.  —  Echoir,  arriver  par  sort,  ou  comme 
par  sort  {èrziTzi-zeL-j),  Ps.  15.  6.  Funes  ceci- 
dcrunt  )nilii  in  prœclaris  :  Mon  partage  m'est» 
échu  en  des  lieux  excellents  ;  c'est  ce  <jue 
dit  Jésus-Christ  de  son  Eglise  qu'il  a  reçue 
de  son  Père,  et  ce  que  dit  réciproquement 
l'Eglise,  qui  attend  la  gloire  du  ciel  par  Je- 
sus-Christ. 

CADES,  heb.  Sanctitas.  —  i"  Ville  d'Ara- 
bi(>,  sur  les  frontières  de  l'Idumée,  que  quel- 
ques-uns croient  être  Cadesbarné.  Num.  20. 
v.  1.  ïk.  Misit  nuntios  de  Cades  ad  Begem 
Edom  ,  V.  16.  Ecce  in  urbe  Cades,  quœ  est  in 
extremis  finibus  luis  ,  posiii ,  obsecramus  : 
Nous  sommes  en  la  ville  de  Cades,  qui  est 
eu  l'extréunlé  de  votre  royaume.  Gen.  li. 
7.  OL  20.  22.  etc.  C'est  la  trente-troisième  de- 
meure des  Israélites  ,  où  Marie  ,  sœur  de 
Moïse,  a  été  inhumée. 

2  Le  Désert  et  toute  la  contrée  qui  a  tiré 
sou  nom  de  la  ville.  Num.  33.  36.  Inde  pro- 
l'ccii  venerunt  in  desertum  Sin,  liœc  est  Cades: 
])  Asiongaber,  ils  vinrent  au  désert  do  Sin  , 
qui  est  Cades.  Ps.  28.  8.  Commovebii  J)omi^ 
nus  desertum  Cades  :  Dieu  ,  par  la    voix   do 


1 


557 


CMC 


C.CC 


555 


son  tonnerre,  fai(  trembler  les  bêles  farou- 
ches qui  se  trouvent  dans  ce  vaste  désert; 
c'rst  dans  ce  désert  que  les  Israélites  ont 
rôdé  l'espace  de  quarante  ans.  Jl  est  dans 
l'Arabie,  au-dessus  de  la  ville  de  Pélra. 

3"  Cades  ,  ville  royale.  Jos.  12.  ^2.  Rex 
Codes  unus.  1.  Mac.  11.  v.  63.  73.  D'autres 
lisent  Cèdes,  et  la  prennent  pour  Cecfes  de 
Nephthalim. 

k"  Cades,  ou  Cades-Asor,  ville  de  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  23.  Et  Cades  et  Asor.  San- 
son  croit  qu'il  faut  lire  :  Et  Cades-Asor,  afin 
que  le  nombre  se  rapporte. 

5°  Cades  est  mis  pour  Cadesbarné.  Gen. 
16.  12.  Num.  J3.  27.  Rerersi  exploratores  ter- 
rœ...  venerunt  ad  Moysen  et  Aaron..,  in  dé- 
sert um  Pharan  qnod  est  in  Cades  :  Ceux  qui 
avaient  été  explorer  la  terre,  vinrent  trouver 
Moïse  et  Aaron  dans  le  désert  de  Pharan  qui 
esta  Cadès.  Voy.  Cadesbarné. 

6'  Il  (Si  mis  pour  Gudes  ou  Eng.iddi,  qui 
est  une  ville  el  une  contrée,  dans  la  Iribu  de 
Juda,  fertile  en  palmiers.  Eccli.  24-.  18. 
Quasi  pahna  exallatasum  in  Cades  :  J 'ai  poussé 
mes  branches  en  haut,  comme  les  palmiers 
de  Cades.  Joseph.  Antiq.  (.  9.  c.  1. 

CADESBARNE.  Lieu  situé  sur  les  frontières 
de  la  terre  promise,  dans  le  désert  de  Pha- 
ran, du  côlé  du  midi;  ce  fut  le  quinzième 
campement  des  Israélites,  d'où  Moïse  envoya 
les  douze  espions  dans  la  terre  de  Chanaan. 
Num.  32.  8.  Quando  misi  de  Cadesbarné  ad 
explorandam  terrain,  c.  34.  k.  Deul.  1.  i6. 
Heb.  et  Gr.  in  Cades. 

CADUMIM,  Heb.  Priores ,  torrent  dans  la 
tribu  de  Kuben.  Judic.  5.  21.  Torrens  Cadu- 
miwi,Hcbr.  torrens  occursuum  :  Le  torrent  de 
la  rencontre;  parce  que  c'est  à  ce  torrent 
que  se  reneonlrèrcnl  l'armée  des  Israélites 
et  celb'  de  Sisara. 

CADUS,  I.  Ce  nom  vient  de  l'hébreu  cad  , 
(lui  signifie  :  cruche,  bouteille,  ou  autre 
vaisseau  à  mettre  du  \  in  ouquelque  autre  li- 
queur; dans  l'Eciilure, 

M(  sure  qui  tient  environ  27  pintes  de  Pa- 
ris [py-oç,  baril  .  Luc.  16.  6.  Quantum  debcs 
domino  meol  At  ille  dixit  :  Cenlum  cados 
olei  :  Combien  devez -vous  à  mon  maître? 
Cent  baiils  d'huile,  répond  le  débiteur  à  l'é- 
conome. C'est  le  même  que  Oatus.  3.  Reg.  7. 
26.  fl  Ezec.  43.  v.  10.  14. 

C.ECITAS,  ATis.  1"  Aveuglement  des  yeux 
du  corps,  (H  sorte  qu'on  ne  voie  aucuns  ob- 
jets, ïob.  2.  l.'j.  Non  est  contristatus  contra 
/)eum,  quod  plarja  cœcitatis  eveneril  ei  :  Tobie 
ne  nuiiiiiura  point  contre  Dieu,  de  ce  qu'il 
r,i\ail  frappé  par  cette  plaie  de  l'aveugle- 
iu<iit.  N'oyez  v.  11. 

i  l^blouissement,  espèce  d'aveuglement 
ou  d'olourJissemenl  qui  fait  qu'on  ne  peut 
\oir  certains  objets,  quoiqu'on  puisse  voir 
les  autres  («opxaia).  V.  Heg.  6.  18.  Percute^ 
ubsecro,  ijenteni  fianc  cœcilatc  :  Frappez,  je 
vous  prie,  tout  ce  peuple  d'aveuglemenl. 
Dieu  ay.int  aveuglé  ainsi  les  troupes  de  Sy- 
rie, Elisée  les  mena  dans  la  ville  de  Saraa- 
rie.  Gen.  10.  11.  Eos  qui  foris  nantpircus- 
scrunl  cœcilatc  :  Les  deux  anges  frappèrent 
d'a>cuglemcnt  ceux  de  Sodomc  qui  étaient 


au  dehors  de  la  maison  de  Loth.  Sap.  19.  16. 
Le  mot  grec  àofKo-ta,  qui  y  répond,  ne  peut 
se  rendre  par  un  mot  latin.  Voyez  Hieron.  in 
c.l.Eph. 

3°  Aveuglement  d'esprit,  égarement,  folie 
{v.rj^ç^f7i%).  Deut.  28.  28.  Percutiat  te  Dominus 
amentia  et  cœcitate  :  Le  Seigneur  vous  frap- 
pera de  frénésie  et  d'aveuglement  d'esprit, 
se.  si  vous  n'écoutez  sa  voix.  Zachar.  12.  4. 
Omncm  equum  populorum  percutiam  cœci- 
tate: ie  frapperai  d'aveuglement  les  chevaux 
de  tous  les  peuples  :  ce  qui  marque  l'étour- 
dissement  des  Syriens,  qui  furent  plusieurs 
fois  défaits  par  les  Machabées,  et  qui  sont  la 
figure  des  ennemis  de  l'Eglise,  que  Dieu 
frappe  d'aveuglement. 

h"  Aveuglement  et  endurcissement  do  cœur 
(Tfwfwa-^-).  Marc.  3.  o.  Contristatus  super  cœ- 
citate cordis  eorum  :  Jésus-Christ  allligé  de 
l'aveuglement  du  cœur  des  Juifs.  Rom.  11. 
25.  Cœcitas  ex  parte  contigit  in  Israël  :J]ne 
partie  des  Juifs  est  tombée  dams  l'aveugle- 
ment. Ephes.  4.  18.  Alienati  a  vila  Dei  per 
ignorantiam,  quœ  in  illis  est  propter  cœcita^ 
tem  cordis  ipsorum  :  Les  nations  sont  entiè- 
rement éloignées  de  la  vie  de  Dieu,  à  cause 
de  1  Ignorance  où  elles  sont  et  de  l'aveugle- 
ment  de  leur  cœur. 

C.UCARE.  Ce  verbe  signifie  proprement 
aveugler  quelqu'un,  lui  faire  perdre  ou  lui 
ôter  l'usage  de  la  vue  :  dans  notre  Vulgale, 
il  signifie  : 

Un  aveuglement  d'esprit  (ttwûoOv),  ou  plu- 
tôt, selon  la  force  du  mot  grec,'  une  stupidité 
qui  fait  qu'on  no  comprend  pas  aisément  ce 
qu'on  dit.  Marc.  8. 17.  Adhuc  cœcatnmhabetis 
cor  vestrum?  Votre  cœur  est-i!  encore  dans 
l'aveuglement  :  ce  qui  paraît  par  les  mots 
précédents.  Voyez  Obc^care,  et  Matlh.  16. 
V.  11.12, 

CyECUS,  A,  UM,  Tv^/i,-.  Ce  mot,  dont  l'o- 
rigine  est  obscure,  soit  qu'il  vienne  de  l'hé- 
breu caha,  caligare,  ou  de  cœdere,  signifie, 

1"  Aveugle,  privé  de  la  vue  corporelle. 
Joan.  9.  39.  A  sœculo  non  est  auditum  quia 
quis  apcruit  oculos  cœci  nati  :  Depuis  que  le 
monde  est,  on  n'a  jamais  ouï  dire  que  per- 
sonne, ail  ouvert  les  yeux  à  un  aveugle-né. 
Exod.  4.  11.  Quis  fabric  itus  est...  videntemet 
cœcum?  Qui  a  formé  le  muet  et  le  sourd,  ce- 
lui qui  voit  et  celui  qui  ne  voit  pas"?  N'est-ce 
pas  moi?  dit  Dieu  à  Moïse.  Levil.  21.  18.  c. 
22.  Isa.  39.  10.  Luc.  14.21. 

2°  Aveugle  d'esprit,  (jui  ignore  ce  qu'il  doit 
savoir  et  ce  qu'il  doit  faire,  comme  les  igno- 
rants el  les  infidèles.  Job  29.  lo.  Oculus  fui 
cœco  :  J'ai  été  l'œil  de  l'aveugle,  savoir,  en 
aidant  les  pauvres  et  les  simples  de  ses  in- 
structions et  de  son  conseil.  Luc.  l'i .  21.  Rom. 
2.  19.  Isa.  42.  19.  c.  43.  8.  Sophi.  17.  etc. 

3°  Aveugle  se  dit  de  celui  qui,  étant  éclairé 
de  la  loi  de  Dieu,  néglige  de  la  suivre  et  de 
travailler  à  son  salut.  Apoc.  3.  17.  Nescis 
amii  lu  es...  et  pauper,  el  cœcus,  et  nudus  : 
Vous  ne  savez  pas  que  vous  êtes  pauvre,  et 
aveugle,  el  nu  :  Dieu  reproche  à  l'évéquc  de 
Laodirée  (ju'il  ne  fait  point  le  bien  qu'il  con- 
naît. 2.  Pelr.  1.  9. 

4  Aveugle,  ignorant,  mais  qui  reconnaît  son 


559 


DICTIONNAIUE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


560 


Ignorcinceetson  peu  de  lumière.  Joan.  9.  41. 
Si  cœci  essetis,  non  hahereiis  peccatum  :  Si 
vous  éiiez  aveugles  (c'est-à-dire  si  vous  vous 
rocounaissioz  aveuçïles),  vous  n'auriez  pas 
(le  péché  :  l'ignorance  et  la  simplicité  dimi- 
nuent beaucoup  de  la  grandeur  du  péché. 

5"  Aveugle  d'un  aveuglement  volontaire, 
qui  a  le  cœur  endurci.  Joan.  9.  39.  In  jiidi- 
cium  ego  in  hune  mundam  veni,  ni  qui  non 
vident  videant,  et  qui  vident  cœci  fiant  :  Je 
suis  venu  dans  ce  monde,  afin  que  ceux  qui 
ne  voient  point  voient,  elque  ceux  qui  voient 
deviennent  aveugles.  La  vérité  éclaire  les 
ignorants  humbles,  et  aveugle  les  orgueil- 
leux. Isa.  42.  18.  c.  56.  10.  Matlh.  13.  14.  c. 
23.  V.  24.  26. 

6°  Les  Jébuséens,  marqués  por  les  aveu- 
gles et  les  boiteux  dont  ils  s'élaient  servis 
pour  insulter  à  David.  2.  Reg.  o.  8.  Cœcus  et 
claudus  non  inlrabnnt  in  templum  :  On  dit  en 
proverbe  :Les  aveugles  et  les  boiteux  n'entre- 
ront point  da*is  le  temple.  David  voulant 
prendre  sur  les  Jébuséens  la  forteresse  de 
Sion,  ceux-ci,  qui  la  croyaient  imprenable, 
placèrent  sur  les  murailles  les  plus  faibles 
d'enire  eux  pour  faire  insulte  à  David  ;  mais 
David  l'ayant  prise,  on  croit  qu'il  ordonna 
que  les  Jébuséens  n'entreraient  point  eux- 
mêmes  dans  le  temple  ou  dans  Sion,  car 
l'Hébreu  porte  dans  la  maison.  Voyez  Tem- 
plum. C'est  ce  qui  donna  lieu  au  proverbe. 

CiEDERE,  Bépuv.  On  croit  que  ce  verbe 
vient  de  l'hébreu  catat,  qui  signifie  la  même 
chose,  ou  de  kid,  ecciîium,  et  signifie: 

1"  Couper,  trancher,  tailler  (vEu/îoxoTrefv). 
Deut.  21.  4.  Cœdent  in  ea  cervices  vitiilœ  : 
Les  anciens  de  la  ville  la  plus  proche  du  lieu 
(lu  corps  d'un  homme  qui  aura  été  tué,  sans 
savoir  l'auteur  du  meurtre,  couperont  le  cou 
à  la  génisse  dans  une  vallée,  etc.  Voyez  v.  3. 
c.  19.  5.  Levit.  1.  8.  Matth.  21.  8.  Marc.  11. 
8.  Ainsi,  4.  Reg.  12.  12.  Qui  cœdebant  saxa  : 
Ceux  qui  taillaient  les  pierres,  les  tailleurs 
de  pierres. 

2"  Battre,  frapper,  blesser,  traiter  rigou- 
reusement. Joan.  18.  23.  Quid  me  ccedis?  Que 
si  j'ai  bien  parlé,  pourquoi  me  frappez-vous? 
dit  Jésus-Christ  à  l'officier  dont  il  reçut  un 
soulllet  :  d'où  vient  celle  phrase  :  Cœdere  in 
fncicni  :  Traiter  indignement,  outrageuse- 
ment, et  avec  le  dernier  mépris.  2.  Cor.  11. 
20.  Suslinelis,  si  quis  in  faciem  vos  cœdil  : 
Vous  souffrez  qu'on  vous  frappe  au  visage. 
Ainsi,  Exod.  5.  16.  xMatlh.  21.  35.  Ose.  7.  12. 
D'où  viennent  ces  phrases  :  Cœdere  fîugcllis^ 
scorpionibus  :  Frapper  avec  des  verges,  i.  e. 
exercer  un  règne  ou  un  empire  dur  sur  un 
peuple.  3.  Reg.  12. 14.  Pater  meus  cœcidit  vos 
flayellis  :  Mou  Père  vous  a  châtiés  avec  des 
verges,  i.  e.  a  exercé  un  dur  empire  sur  vous. 
J^go  autein  cœdam  vos  scorpionibus  :  Mais 
moi  je  vous  châtierai  avec  des  verges  de  fer 
(ce  qui  marquait  un  empire  encore  plus 
rude),  dit  Roboam  au  peuple.  Mais  virga  cœ- 
dere se  dit  du  blé  qu'on  bat  pour  en  faire 
sortir  le  grain.  Ruth.  2.  17.  Yirga  cœdens  : 
Uulh  ballit  avec  une  baguette  les  é|)is  (ju'elle 
avait  recueillis  dans  le  clianip  de  Booz.  Cœ- 
dere (ubiis  ;  Frapper  pnv  les  lèvres,  s'euleuJ 


Ggurément  pour  réprimander  quelqu'un , 
l'offenser  par  les  réprimandes  qu'on  lui  fait, 
quoique  justes.  Prov.  10.  8.  Stultus  cœditur 
labiis  :  L'insensé  est  frappé  par  les  lèvres  : 
ce  qui  se  peut  entendre  aussi  des  propres  lè- 
vres de  l'insensé,  qui  dit  des  «hoses  contre 
lui-même. 

3"  Tuer,  défaire,  immoler.  Jos.  10.  9.  Ex- 
tremos  quoque  fugientium  cœdile  :  Tuez  les 
derniers  des  ennemis  qui  fuient,  dit  Josué  à 
ses  soldats,  dans  la  déroule  de  l'armée  des 
cinq  rois  ;  et  souvent  dans  l'Ancien  Testa- 
ment, où  il  est  parlé  de  la  défaite  des  enne- 
mis ['7'fv.-:xzi-j).  Num.  11.  22.  Numquid  ovium 
et  boum  multiludo  cœdetur?  Ferez-vous  égor- 
ger une  multilude  de  brebis  ou  de  bœufs?  dit 
Moïse  à  Dieu,  qui  lui  promettait  de  donner 
à  tout  le  peuple  dans  le  désert  des  viandes 
pour  se  rassasier.  Ainsi,  Levit.  4.  33.  c.  6. 
30.  c.  23.  12.  Cœdetur  agnus  :  On  immolera 
un  agneau. 

CiÈDES,  is,  tpô-joç.  Ce  nom  vient  du  verbe 
cœdo,  et  signifie  : 

1°  Meurtre,  homicide.  Act.  9.  1.  Saulus  spi- 
rans  minarum  et  cœdis  in  discipulos  :  Saul  no 
respirant  que  le  sang  des  disciples  du  Sei- 
gneur. Deut.  21.  1.  1.  Mach.  1.  25.  2.  Mach. 
6.  13. 

2°  Carnage  fait  en  un  combat,  défaite  d'en- 
nemis. Judic.  7.  22.  Mutua  se  cœde  trunca- 
bant  :  Les  Madianites,  ennemis  de  Gédéon, 
se  tuaient  les  uns  les  autres.  Hebr.  7.  1. 
Obviavit  Abrahœ  régressa  a  cœde  re^wm.-Mel- 
chîsedech  vint  au  devant  d'Abraham  lorsqu'il 
retournait  de  la  défaite  des  rois,  et  le  bénit. 

C-iELARE,  ylvfti-j.  Ce  verbe  semble  venir 
de  cœdere,  changeant  d  en  /,  parce  que  le 
graveur  coupe  et  laille  le  métal  sur  lequel  ii 
travaille,  et  signifie  : 

Tailler,  graver,  ciseler.  Exod.  28.  21.  Duo- 
decim  nominibus  cœlabuntur  :  Sur  chacune 
des  pierres  précieuses  du  Rational  était  gravé 
le  nom  de  chacun  des  douze  patriarches.  3. 
Reg.  7.  36.  Zach.  3.  9. 

C.^ELATOR.  Vient  de  cœlare,  et  signifie 
graveur.  Exod.  28.  36. /n  lamina  sculpes  opère 
cœlatoris  sancium  Domino.  Voyez  Sancïum. 

CyELATURA  vient  de  cœlare,  et  signifie 
sculpture,  gravure.  3.  Reg.  6.  v.  29  33.  Et 
sculpsit  chcrubim ,  et  palmas,  et  cœlaturas 
voldc  eminentes  :  Salomon  fit  tailler  des  ché- 
rubins, des  palmes  et  d'autres  ornements, 
avec  beaucoup  de  saillie.  Exod.  38.  v.  10.  J2. 

CyELUM,  I,  ovf,u-joç.  Ce  nom  vient  de  cœ- 
lare. Les  Hébreux  n'expriment  ce  mot  que 
par  Je  duel  ou  le  pluriel  schamaïin,  et  ne  re- 
connaissent que  trois  cioux  ou  trois  régions 
célestes  :  la  première,  celle  de  l'air;  la  se- 
conde, celle  des  aslres;  la  troisième  est  la 
demeure  des  anges  et  des  saints,  appelée  le 
troisième  ciel.  2.  Cor.  12.  2.  Scio  hominem 
in  Cfirislo  rapium  usque  ad  tertium  cœlum  : 
Je  connais  un  homme  en  Jésus-Christ  qui 
fut  ravi  au  troisième  ciel.  Ce  ciel  est  le  plus 
élevé  et  est  appelé  par  excellence  cœlum  cœh, 
cœlum  cœlorum,  cœli  cœlorum.  Deul.  10.  14. 
3.  Reg.  8.  27.  2.  Par.  2.  0.  c.  6.  18.  2.  Esdr. 
9.  6.  Ps.  67.  34.  Ps.  113.  16.  Ps.  148.  4. 

i"  Le  ciel,  le  premier  ciel,  qui  est  la  de-» 


SCI 


CJEL 


CJF.L 


564 


meure  de  Dieu,  des  anges  et  des  saiiits.  Joan. 
3.  13.  Nemo  ascendit  in  cœlum,  nisi  qui  de- 
scendu de  cœlo, Filins  Iiominis  qui  est  m  cœlo: 
Personne  n'est  monté  au  ciel,  se.  pour  en 
découvrir  les  secrets,  que  celui  qui  est  des-r 
cendu  du  ciel,  se.  Jésus-Christ  en  se  faisant 
homme,  qui  est  dans  le  ciel  et  y  demeure 
toujours  comme  Dieu.  Dan.  k.  10.  Matth.  28. 
2.  Angélus  Domini  descendit  de  cœlo  :  Un 
an^îe  du  Seigneur  descendit  du  ciel.  P>.  148. 
1.  Laudate  Dominum  de  cœlis  :  Louez  le  Sei- 
gneur, ô  vous  qui  êtes  dans  les  cieux.  Gen. 
28.  17.  Dan.  k.  28.  Joan.  3.  31.  c.  6.  33.  Mnlt. 
6.  10.  Luc.  10.  18.  c.  11.  13.  c.  19.  38,  etc. 

2°  Tout  cet  espace  qui  renferme  tous  les 
corps  célestes,  et  même  l'air,  l'espace  qui  est 
depuis  la  terre  jusqu'au  plus  haut  point  du 
monde,  et  se  prend,  ou  pour  le  tout,  Prov. 
25.  3.  Cœlum  sursum...  inscrulahile  :  Le  ciel 
dans  sa  hauteur...  est  impénétrable;  ou  se 
prend  pour  une  partie,  soit  celte  vaste  éten- 
due des  sphères  célestes,  où  sont  les  planètes, 
les  étoiles  fixes  et  le  premier  mobile.  Gen. 
22.  17.  Multiplicabo  semen  tuum  sicut  slellas 
cœli  :  Je  multiplierai  votre  race  comme  les 
étoiles  du  ciel,  dit  Dieu  à  Abraham,  Ps.  18. 
V.  2.  7.  Cœli  (narrant  gloriam  Dei  .-Les  cieux 
racontent  la  gloire  de  Dieu,  i.  e.  ils  représen- 
tent un  tableau  des  perfections  de  Dieu,  dont 
la  vue  porte  à  publier  sa  gloire  :  d'où  vient 
celle  expression  figurée.  2.  Reg.  22.  10.  Ps. 
17.  10.  Jnclinavit  cœlos  et  descendit  :  Dieu  a 
baissé  les  cieux  et  est  descendu,  pour  mar- 
quer d'une  manière  figurée  que  Dieu  a  fait 
paraître  sa  présence  dans  l'air,  pour  défen- 
dre son  serviteur  contre  ses  ennemis  Ps.  143. 
5.  D"où  viennent  ces  phrases  :  Rcgina  cœli, 
pour  marquer  la  lune,  ainsi  appelée  à  cause 
de  sa  lumière,  qui  efface  toutes  les  étoiles 
qui  sont  au-dessus  d'elle.  Jerera.  7.  18.  Mi- 
lilia  cœlorum,  pour  marquer  tous  les  astres, 
se  le  soleil,  la  lune  et  les  étoiles.  Ainsi  l'ob- 
scurcissement, le  deuil,  ou  rébranlement  du 
ciel  ou  dos  astres,  et  la  chûle  de  quelque 
étoile,  est  la  figure  de  quelques  grands  mal- 
heurs el  de  quelque  grande  désolation.  Isa. 
3i.  4.  l'abescet  omnis  militia  cœlorum^  et  com- 
plicabunlur  sicut  liher  cœli,  et  omnis  militia 
eorum  dcfluet  :  Touies  les  étoiles  du  ciel  se- 
ront comme  languissantes,  les  cieux  se  plie- 
ront comme  un  rouleau,  lous  les  astres  en 
limiberont  comme  les  feuilles  tombent  de  la 
vigne  et  du  figuier.  Le  prophète  témoigne 
qu'au  temps  que  Dieu  doit  tirer  vengeance 
des  ennemis  de  son  peuple,  tant  de  la  syna- 
gogue que  de  son  Eglise,  ils  seront  en  une 
aussi  grande  fr.iyeur  que  si  tout  ce  quil  rap- 
porle  ici  arrivait.  Voyez  v.  5.  Ainsi,  Apoc.  (i. 
V.  13.  14.  Isa.  13.  v.  10.  13.  Joren».  4.  v.  23. 
28.  c.  15.  9.  Ezech.  .Ï2.  v.  7.  8.  .loel.  2.  10. 
Amos.  8.  9.  Soit  quil  se  prenne  pour  toute 
l'étendue  (|ui  se  (rouve  depuis  la  lerrc  jus- 
qu'à la  lune  (ien.  19.  24.  Luc.  17.  29.  Qun 
die  cxiit  Lot  a  Sodomis,  pluit  ignem  cl  stil- 
pfiur  de  cœlo  :  Le  jour  que  Lolh  sortit  de  So- 
dome,  il  tomba  du  ciel  une  pluie  de  feu*ct  de 
soufre.  Gen.  7.  19.  c.  8.  2.  c.  49.  25.  Ps.  17. 
14.  Inlunuil  de  cœlo  Dominus  :  Le  Seign'-nr 
9  tonné  du  haut  du  ciel.  Luc.  12.  50.  t'uciem 


cœli  et  Icrrœ  nustis  probare  :  Vous  savez  si 
bien  reconnaître  ce  que  présagent  les  diver- 
ses apparences  du  ciel  et  de  la  terre  :  Jésus- 
Christ  se  plaint  de  l'aveuglement  où  sont  les 
Juifs,  de  ce  qu'ils  ne  jugent  point  selon  le 
témoignage  de  leur  propre  conscience  de  la 
venue  du  Messie,  par  tous  les  signes  el  toutes 
les  marques  qu'ils  voyaient  et  qui  le  devaient 
précéder,  jugeant  si  bien  de  la  disposilioa 
du  beau  ou  du  mauvais  temps  par  les  signes 
qui  le  précèdent.  Act.  2.  5.  c.  14.  17.  Soit  que 
ce  mot  soit  pris  pour  les  nuées  qui  sont  dans 
l'air,  ou  pour  l'étendue  de  l'air.  Ose.  2.  21. 
Exaudiam  cœlos  :  En  ce  temps-là  j'exauce- 
rai les  cieux  :  Dieu  déclare  qu'après  s'être 
réconcilié  avec  son  peuple,  il  fera  que  les 
cieux,  qui  semblent  n'être  que  pour  sou 
bien,  répandront  leurs  influences,  et  les  nua- 
ges leurs  pluies  sur  la  terre.  Levit.  25.  19. 
Deut.  28.  23.  Ps.  77.  27.  Januas  cœli  aperuit, 
id  est  nubes  aeris  :  Dieu  ouvrit  les  portes  du 
ciel,  c'est-à-dire  fit  pleuvoir.  Ps.  77.  28.  Pa- 
nem  cœli  dédit  eis  :  Dieu  a  donné  aux  Israé- 
liles  un  pain  du  ciel,  c'est-à-dire  la  manne 
fiiile  et  préparée  dans  l'air  par  le  ministère 
des  anges.  Sap.  16.  20.  Ainsi,  Ps.  8.  8.  Vo- 
lucres  cœli  :  Les  oiseaux  qui  volent  dans  l'air. 
Dan.  4,  9.  Soit  enfin  que  par  ce  mol  l'on  en- 
tende toute  l'étendue  de  la  terre,  dont  les 
extrémités  semblent  répondre  aux  extrémi- 
tés du  ciel  et  être  contiguës.  Deut.  2.  25.  Qui 
habitant  sub  omni  cœlo  :  Les  peuples  qui  ha- 
bilent  sous  le  ciel.  D'où  viennent  cardines^ 
exlrema,  summum  ou  termini  cœli  ou  cœlo- 
rum :  L'extrémité  du  monde.  Deut.  30.  4.  5t 
ad  cardines  cœli  fueris  dissipatus,  inde  te  re- 
trahet  Dominus  IJeus  luus  :  Quand  vous  au- 
rieï  élé  dispersés  jusqu'aux  extrémités  du 
monde,  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  en  reti- 
rera, si  vous  revenez  à  lui  par  un  vrai  re- 
pentir, c.  4.  32.  2.  Esdr.  1.  9.  Isa.  13.  5. 
Matlh.  21.31. 

3"  Toutes  les  créatures  sont  marquées  par 
le  ciel  et  la  terre.  Gen.  i..i.  In  principio  crea- 
vit  Deus  cœlum  et  terram:  Au  commencement 
Dieu  créa  le  ciel  et  la  terre,  c.  2.  v.  1.  4.  c. 
14.  19.  22.  c.  24.  3.  Exod.  31.  17.  Matlh. 
11.  25. 

4"  Lieux  élevés  ,  qui  sont  au-dessus  de 
nous.  Ps.  lOG.  26.  kscendunt  usque  ad  cœlos: 
Les  fiots  étant  agités  par  la  tempête,  ceux 
qui  sont  dims  les  navires  montent  jusqu'au 
ciel  ;  c'est-à-dire,  sur  les  flots  qui  semblent 
s'y  élever.  Exod.  20.  22.  A  quoi  se  peuvent 
rapporter,  Deut.  30.  12.  Ps.  52.  3.  Ps.   101. 

20.  Ps.  138.  8.  Ainsi,  Thren.  2.  1.  De  cœlo  in 
terram  projecit.  Voy.  PuoJiCEnK. 

§  1.  —  Les  habitants  du  ciel,  l°Dieu  même. 
Joan.  3.  27.  Non  polest  liomo  accipere  quid- 
quam,  nisi  ftirrit  ci  datujn  de  cœlo  :  L'hom- 
me ne  peut  rien  recevoir  s'il  ne  lui  a  élé 
donné  du  ciel  ;  toute  »  harge  légitime  doit 
venir  de  Dieu  pour  y  ser\  ir  avec  fruit.  Matlh. 

21.  25.  Marc.  11.  v".  30.  31.  Luc.  20.  v.  4.  5. 
c.  15.  V.  IS.  21.  Rom.  1.  18.  D'où  est  venue 
celle  façon  de  parier,  Ps.  56.  4.  Misit  de 
cœlo  ;  pour  marcjuer  (|U(;  quelque  grâce  ou 
Tiveur  i:ous  est  venue  de  la  part  de  Dieu: 
car  comme  Dieu  est  appelé  Lieu,  par  les 


ses 


DiCTIONNNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


mi 


Hébreux,  Macom  ,  parce  que  tout  lieu  est 
rempli  de  son  immensité,  de  même  Dieu 
est  appelé  Ciel,  Schamajim,  parce  qu'il  rem- 
plit les  cieux.  Ainsi,  Ps.  75.  9.  Ps.  8i.  12.  2» 
Les  anges  et  les  saints  qui  sont  au  ciel,  les 
bienheureux.  Job.  15.  15.  Cœli  non  sunû 
mnndi  in  conspectu  ejiis:  Les  anges,  dont 
une  partie  est  tombée,  ne  se  sont  pas  trouvés 
purs  devant  Dieu  :  ceci  se  peut  entendre 
Diéme  des  bons  anges  et  de  tous  les  saints, 
qu'on  peut  dire  n'être  pas  purs,  en  les  com- 
parant avec  la  souveraine  pureté  de  Dieu. 
Ps.l'i-S.  1.  Laudate  Dominum  de  cœlis  :  Louez 
le  Seigneur,  ô  vous  qui  êtes  dans  les  cieux. 
Ps.  87.  6. 

§  2.  —  L'Eglise  militante,  soit  la  Syna- 
gogue. Dan.  8.  10.  Magnificatum  est  usque 
ad  fortitudinem  cœli  :  Il  éleva  sa  grande 
corne  jusqu'aux  armées  du  ciel.  Antiochus 
Lpiph.ines,  figuré  parcelle  corne,  s'est  élevé 
avec  flerté  contre  ceux  qui  adoraient  le  vrai 
Dieu  dans  la  Judée  qui  combattait  sous  sa 
protection;  soit  l'Eglise.  Apoc.  12.  k.  Caada 
zjus  Irahebat  tertiam  partem  stellaram  cœli  : 
Cv  dragon  entraînait  avec  sa  queue  la  troi- 
sième partie  des  étoiles  du  cie^l  :  ces  étoiles 
s'entendent  des  âmes  les  plus  attachées  au 
culte  de  Dieu,  que  le  démon  détourne  et 
allire  à  lui  ;  comme  aussi  des  docteurs  mê- 
mes, et  des  pasteurs  de  l'Eglise  :  ce  qui  est 
marqué  par  la  chute  des  étoiles,  c.  8.  10.  c. 
9.  1.  Mais  par  ces  étoiles  qui  tombent  du  ciel, 
on  entend  souvent  aussi  les  Hérésiarques 
qui  sortent  de  l'Eglise,  laquelle  est  aussi 
appelée  souvent,  dans  l'Evangile,  le  royau- 
me du  ciel  ;  comme  Hebr.  12.  22.  Elle  est 
appelée  la  Jérusalem  céleste.  Isa.  51. 16.  Voy. 
Planeta,  n.  4.  Ainsi,  l'Eglise,  soit  militante, 
soit  triomphante.  Isa.  65.  17.  Ecce  ego  créa 
cœlos  novos  et  novam  terram:ie  m'en  vais 
créer  de  nouveaux  cieux  et  une  terre  nou- 
velle, cela  s'entend  ou  de  la  vie  du  ciel,  où 
les  saints,  après  la  résurrection,  jouiront  de 
la  vue  de  Dieu  dans  une  paix  et  une  félicité 
ineffable;  ou  de  l'Eglise  d'ici-bas,  telle  qu'elle 
nous  est  représentée  dans  les  Actes. 

Ptirases  tirées  de  ta  nature  «Je  ce  mol  dans  le  sens  figuré. 

In  ccelo  rem  esse,  usque  ad  cœlos,  ou  ad 
cœlum  rem  magnifîcatam  ou  munitam  esse, 
in  cœlum  asceudere,  usque  ad  cœlnm  remper- 
tingere,  crescere,  super  cœlos  rem  elevalam 
esse.  Parce  que  le  ciel  est  celui  de  tous  les 
corps  le  plus  iiaul  et  le  plus  élevé  ;  toutes 
ces  expressions  se  joignent  avec  l'attribut 
d'une  chose  pour  marquer  qu'il  s'y  trouve 
dans  son  dernier  degré,  dans  son  dernier 
point,  dans  sa  dernière  perfection.  Ps.  35.  5. 
Domine,  in  cœlo  misericordia  tua  :  Seigneur, 
votre  miséricorde  est  dans  le  ciel;  c'est-à- 
dire  est  souveraine  et  infinie.  2,  Par.  28.  9. 
Occidislis  eos  atrociter,  ita  ut  ad  cœlum  per^ 
tingeret  veslra  crudelitas:  Vous  avez  Irès- 
inhumainement  tué  les  Juifs^  en  sorte  que 
votre  cruauté  est  montée  jusqu'au  ciel;  c'est- 
à-dire,  est  extrême,  dit  Oded  à  l'armée  de 
Samarie.  Deul.  1.  28.  Urbes  magnœ,  et  ad 
cœlum  usque  miinitœ  :  Les  \illes  de  la  terre 
[)romise  sont  grandes  et  fortiliécs  lie  murs  , 


qui  vont  jusqu'au  ciel;  /.  e.  sont  très-hauts  : 
c'est  ce  que  dirent  ceux  qu'on  avait  envoyés 
pour  reconnaître  la  terre  promise.  Gen.  11. 
4.  Ps.  8.  2.  Ps.  112.  k.  Ps.  U8. 13.  Apoc.  18.  5. 
Jn  cœAis  rem  œdificatam,  prœparatam  esse;  in 
cœlo  rem  permanere,  marque  qu'une  chose 
est  ferme  et  assurée  dans  sa  durée.  Ps.  88. 
3.  Misericordia  tua  œdificahitur  in  cœlis  : 
Votre  miséricorde  durera  autant  que  les 
cieux  mêmes.  Ps.  118.  89.  In  œternum.  Do- 
mine, verbum  tuum  permanet  in  cœlo  :  Votre 
parole,  Seigneur,  demeure  éternellement 
dans  le  ciel .  David  témoigne  ici  qu'il  devait 
s'assurer  sur  la  promesse  de  la  protection 
de  Dieu,  la  voyant,  ppur  ainsi  dire,  gravée 
au  ciel  même. 

C^LESTIS,  E,  èy^ovpcfyioç,  oùpâvio?.  Cet  adjec- 
tif vient  du  substantif  cœ/,;m,  et  signifie, 

1°  Qui  est  de  la  nature  des  corps  céles- 
tes, etc.  qui  est  au  ciel,  ou  du  ciel  étoile.  1. 
Cor.  15.  40.  Et  corpora  cœlestia  ;  Il  y  a  des 
corps  célestes  et  des  corps  terrestres. 

2°  Qui  est  dans  le  ciel,  qui  appartient  aux 
habitants  du  ciel  ;  1"  à  Dieu  même.  Ps.  67. 
15.  Dum  discernit  cœlestis  reges  super  eam  ; 
Pendant  que  le  Tout-Puissant  qui  est  dans 
le  ciel  exterminait  les  rois  de  la  terre  qu'il 
avait  promise  à  son  peuple  :  d'où  vient  Pa- 
ter cœlestis.  Mallh.  5.  48.  Estote  ergo  vos 
perfecli,  sicut  et  pater  vester  cœlestis  perfec- 
tus  est:  Soyez  donc,  vous  autres,  parfaits, 
comme  votre  Père  céleste  est  parfait  ;  savoir, 
en  tâchant  à  vous  rendre  semblables  à  Dieu 
par  vos  bonnes  œuvres,  en  aimant  vos  en- 
nemis, comme  il  fait  du  bien  aux  bons  et  aux 
méchants.  2°  Il  s'entend  des  anges.  Luc.  2. 
13.  Multitudo  militiœ  cœlestis  :  Une  grande 
troupe  de  l'armée  céleste;  qui  sont  les  an- 
ges dont  Dieu  se  sert  pour  la  protection  des 
bons,  et  pour  la  punition  des  méchants. 
Philipp.  2.  10. 

3"  Céleste,  divin,  qui  est  et  vient  de  Dieu, 
dont  Dieu  est  maître.  Dan.  4.  23.  Reg- 
num  tuum  tibi  manebit,  postquam  cognove- 
ris  potestatem  esse  cœlcslem  :  Voire  royaume 
vous  demeurera,  après  que  vous  aurez  re- 
connu (]ue  toute  puissance  vient  du  ciel,  dit 
Daniel  à  Nabuehodonosor.  Act.  26.  19.  Non 
fui  incredulus  cœlesti  visioni  •  Je  ne  résis- 
tai poinl  à  la  vision  céleste,  dit  saint  Paul 
au  roi  Agrippa.  2.  Mach.  9.  4.  Hebr.  3.  1.  c. 
6.  4. 

4°  Sublime  et  relevé.  Joan.  3.  12.  Quomodo 
si  dixero  vobis  cœlestia,  credetis?  Si  vous  ne 
me  croyez  pas,  lorsque  je  vous  parle  des 
comparaisons  de  choses  naturelles  ,  pour 
vous  faire  comprendre  les  choses  célestes, 
comment  me  croirez- vous  quand  je  vous 
parlerai  des  choses  du  ciel?  se.  en  des  ter- 
mes qui  leur  conviennent  immédiatement  et 
sans  comparaison  des  choses  sensibles. 

5"  Céleste,  spirituel,  opposé  à  terrestre.  2. 
Tim.  4.  18.  Dominus  salvum  me  faciet  in  re- 
gnum  suum  cœlesteiLc  Seigneur,  me  sauvant, 
meconduiradans  son  royaume  céleste.  Hebr. 
12.  22.  Accessislis  ad  Jérusalem  cœlestem  : 
V^nis  vous  êtes  .approchés  de  la  Jérusalerrt 
céleste;  se.  l'Eglise,  qui  est  celle  cité  du 
Dieu  vivant,  lauuelle  demeurant  encore  sur 


5(55 


C/tM 


CA'LS 


566 


la  lerre,  vit  déjà  dans  le  ciel,  où  elle  tend 
comme  à  sa  pairie.  Voy.  Gai.  'i-.'iô.  Quœ  siir- 
su7n  est  Jérusalem  libéra  est,  quœ  est  nmter 
no'stra.  Hebr.  8.  5.  Qui  exemplari  et  umbrœ 
deserviunt  cœlestium  :  Ce  qu'Aaron  et  les 
prêtres  de  l'ancienne  loi  faisaient  dans 
leurs  sacrifices  n'était  que  la  figure  de  ce 
que  Jésus-Chrisit  fait  dans  le  ciel  pour  son 
Eglise,  qui  devait  être  purifiée  par  une  hostie 
plusexicellente.  c.  9.  23.  c.  11.  16.  A  quoi  se 
peut  rapporter,  1.  Cor.  15.  47.  Secundus  ho- 
1710  de  cœlo  cœleslis  :  Jésus-Christ,  qui  étant 
Dieu  s'est  incarné,  est  devenu  tout  céleste  , 
même  dans  son  corps,  par  sa  résurrection  ; 
et  les  corps  des  saints  auront  les  mêm^s 
qualités  glorieuses  que  celui  de  Jésus-Christ, 
lors  de  la  résurrection.  Voy.  v.  hS.  i9.  Voy. 
Homo. 

6"  Céleste,  éternel,  qui  dure  (oujours  dans 
le  ciel  (atwvtoç).  2.  Tira.  2.  10.  Ômnia  sus- 
tineo  propter  electos,  iit  et  ipsi  salutem  con- 
sequontiir  quœ  est  in  Christo  Jesu  cum  gloria 
cœlesti  :  J'endure  tout  pour  l'amour  des  élus, 
afin  qu'ils  acquièrent  aussi  bien  que  nous  le 
salut,  qui  est  en  Jésus-Christ  avec  la  gloire 
du  ciel.  c.  4.  18.  Du  singulier  cœlestis  ,  e  , 
vient  !e  neutre  pluriel. 

C^LESTIA,  rv.  £7roup«v«a.  Ce  mot  signifie 
généralement  les  choses  célestes,  ou  qui 
appartiennent  aux  choses  célestes  :  dans 
l'Ecriture  : 

1°  Le  plus  haut  des  cieux,  en  parlant  du 
siège  et  de  la  demeure  de  Dieu,  ou  du  séjour 
et  de  la  gloiro  des  anges  et  des  bienheureux. 
Ephes.  1.  20,  Constiluens  ad  dexleram  suam 
in  cœlestibus :  Dieu  a  fait  asseoir  Jésus-Chiisl 
à  sa  droite  d;ins  le  ciel.  c.  1.  3.  Benedixit 
nos  in  omni  benediclione  spirituali  in  cœles- 
tibus, pour  in  cœlestia  :  Béni  soit  le  Dieu  et 
le  Père  deNotre-Seigneur  Jésus-Christ,  qui 
nous  a  comblés  en  Jésus-Christ  de  louks 
sortes  de  bénédictions  spirituellrs,  pour  nous 
faire  arriver  au  ciel  ;  ou,  selon  d'autres, 
nous  a  comblés  de  grâces  et  de  dons  cé- 
lestes. 

2°  L'air,  et  ce  bas  monde.  Ephes.  6.  i2. 
Nobis  estcolluctatio....  contra  spirituulia  nc~ 
quitiœ  in  cœlestibus  :  Nous  avons  à  combat- 
tre contre  les  démons  qui  sont  dans  lair. 

C^MENTARIUS.  ii.  Ce  nom  est  dérivé  de 
cœmentum,  et  signifie  maçon  lOoO/o?).  3.  Reg. 
5.  18.  JJolaverunt  cœmentnrii  Salonionis,  et 
cœmentarii  Hirum  :  Les  maçons  de  Salomon 
el  ceux  d  Hiram  eurent  soin  de  t.iilier  des 
pierres  qui  étaient  d'un  grand  prix,  pour 
bâtir  les  fondements  du  temple.  4.  Kea.  12. 
n.  r.  22.  6. 

C/E,MENïUM,  I.  Vient  de  cœdo,  ainsi  ap- 
pelé, parce  qu'il  est  coupé  et  sé|)aré  dune 
autre  pierre  plus  grande,  et  signifie  propre- 
ment du  moellon.  Ce  sont  des  pierres  dont 
on  f.'iit  ordinairement  les  murailles,  s ms  les 
tailler,  et  que  Ion  rompt  dans  la  carrière  : 
dans  l'Erriture, 

1  '  Moello!),  pierres  dont  se  font  les  murail- 
les, sans  les  tailler.  Eccli.  22.  21.  Pnliin  cxcrl- 
sis,  et  cœmenla  sine  impensa  positn  contra  fa- 
cicm  tenti  non  permanebunt  :  Une  cloison  de 
bois  dans  un  lieu  élevé,  et  une  muraille  de 


pierres  sans  mortier,  ne  peuvent  résister  à 
la  violence  du  vent. 

2'^  Mortier  pour  bâtir  et  lier  les  matériaux 
[vrrilôç).  Gen.  11.  3.  Habueruntque  lateres 
pro  saxis,  et  bilumen  pro  cœmento  :  Les  des- 
cendants de  Noé  se  servirent  de  briques 
comme  de  pierres,  et  de  bitume  comme  do 
ciment,  pour  bâtir  la  tour  de  Babylone. 

C.ERIMONIA.  Voy.  Cerimoma. 

CiESAR,  is.  Katc-«p.  Nom  propre  du  pre- 
mier empereur  des  romains,  qui  a  passé  à 
ses  successeurs.  Ce  nom  vient  ou  a  cœso 
matris  titero,  ou  de  cœsaries,  la  chevelure. — 
J*^  —  Auguste.  Luc.  2.  1.  Exiil  ecliclxim  « 
Cœsnre  Augusto  :  On  publia  un  édil  de  César 
Auguste,  sous  l'empire  duquel  Jésus-Cluisl 
est  né;  ce  fut  vers  la  trente-septième  année 
de  son  règne.  —  2°  Tibère.  Matlh.  22.  v.  17. 
21.  Licet  dure  censum  Cœsari,  an  non  ?  Nous 
est-il  libre  de  payer  le  tribut  à  César,  ou 
non  ?  Marc.  12.  14.  Joan.  12.  12.  c.  i9.  v.  12. 
15.  C'est  sous  cet  empereur  que  Jésus-Christ 
a  paru  dans  la  Judée,  el  qu'il  a  été  crucifié 
par  les  Juifs,  la  dix-neuvième  année  de  sou 
empire,  il  régna  vingt-sept  ans.  —  3'  Claude. 
A(  t.  11.  28.  c.  17.  7.  Hi  omnes  contra  décré- 
ta Cœsaris  faciunt  :  Ils  sont  tous  rebelles  aux 
ordonnances  de  César.  —  4°  Néron.  Act.  25. 
v.  8.  10.  Cœsarem  appello  :  J'en  appelle  à 
César.  Philipp.  4.  22.  Qui  de  Cœsaris  domo 
sunt  :  Saint  Paul  avait  converti  des  gens 
dans  le  palais  de  Néron. 

CjESAREA,  m.  Kat(râp£t«,  du  mot  Cœsar,  (jui 
est  le  nom  dos  empereurs  romains. 

i'  Ville  de  la  Palestine,  bâtie  en  l'honneur 
d'Auguste  par  Hérode  le  Grand  ,  laciuellc 
s'appelait  auparavant  la  tour  de  Slraton. 
Act.  8.  40.  (  Philippus  )  Evangelizabat  civi- 
lalibus  cunctis  ,  donec  reniret  Cœsaream  : 
Philippe  annonça  l'Evangile  à  toutes  les 
villes  par  où  il  passa  jusqu'à  ce  qu'il  vînt  à 
Césarée.  Cette  ville  est  d;ins  la  tribu  de  Ma- 
nasses  deçà  le  Jourdain,  sur  la  Méditerra- 
née, d'abord  épiscopale,  ensuite  métropole 
de  vingt  suffragants  ;  el  enfin  la  capitale  du 
pays ,  en  laissant  à  Jérusalem  l'honneur 
du  palriarchal  :  elle  était  !e  siège  des  gou- 
verneurs de  lu  Judée. 

2'  Ville  de  la  Trachonite,  dans  la  tribu  de 
Nephlhali,  que  Philippe  fit  rétablir  magnifi- 
(jneuH  ni  en  1  honneur  do  Tibère.  Josèphe,  1. 
18.  Anti(j.  c.  3, semble  dire ([ue  ce  fut  en  l'hon- 
neur d'Auguste  que  c(  Ile  ville  fut  bâlitî  ou 
rétablie,  et  fut  a|ipelée  ('égarée  de  PliUipp'  , 
au  lieu  (ju'elle  s'appelait  Pancade.  Ce  Phi- 
lippe était  lils  du  graid  Hérode,  el  ficre  du 
Téirarque.  M.ilth.  10.  13.  Cuin  vcnisset  Jé- 
sus in  partes  Cœs:ireœ  Pliilippi  :  ii'su^  étant 
venu  aux  environs  de  Césareo  de  Philippe. 
Marc.  8.  27.  Act.  9.  30. 

CiESARIliS,  lEi.  Oi:,ii,  x'^ç,  zô^rj.  C(>  noni 
vient  de  cœdo  ,  et  signifie  propremejit  che- 
velur»'  de  l'homme,  parce  que  les  hommeâ 
font  couper  leurs  cheveux. 

1"  Chev  elure,  soit  des  hommes,  soit  des 
femmes  (zo^/j,  Opç  .  Num.  6.  5.  Snnctus  erit, 
crescente  cœsnric  capitis  ijus:Cc\u'\i\yn  sesera 
consacré  au  Seigneur  sera  saint,  et  il  laissera 
toujours  croîire  les  cheveux  de  sa  têlo.  Lev. 


367 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 


5C8 


18.  marque  le  temps  jusqu'auquel  le  Naza- 
réen devait  les  laisser  croître.  — 2°  Chevelure 
d'homme.  2.  Reg.  14.  2G.  Semel  in  anno  ton- 
clebatur ^quia  gravobal eum  cœsurics:  Absalom 
se  faisait  faire  les  cheveux  une  fois  tous  les 
ans,  parcequ'ils  lui  chargeaient  trop  lalête. — 
3"  Chevelure  de  femme.  Deut.  21.  12.  Tradet 
cœsariem  :  Cette  femme  rasera  ses  cheveux. 

CiESOR,  is.  Icf.TÔjjLoç.  Ce  substantif  vient 
du  participe  cœsus,  et  signifie  dans  l'Ecri- 
ture: Ouvrier  qui  taille  la  pierre  ou  coupe  le 
bois.  2.  Par.  24.  l2.  llli  conducebant  ex  ea  cœ~ 
soreslapidum:  Les  officiers  qui  conduisaient 
lesouvrages  duTemple,  employaient  à  payer 
des  tailleurs  de  pierre,  l'argent  que  le  peuple 
avait  mis  dans  le  tronc.  Douter.  29.  IL  Ex- 
ceptis  lignorum  cœsoribus  :  Vous  êtes  tous 
ici  . .  .  outre  ceux  qui  coupent  le  bois  ,  dit 
Moïse  au  peuple  assemblé  pour  faire  alliance 
avec  Dieu. 

CETERUS.  Voy.  ceterus. 

CAIN,  Heb.  Acquisilio.  Fils  aîr.é  d'Adam 
et  d'Eve,  qui  tua  son  frère  Abel.  Gen.  h.  1. 
I.  Joan.  3.  12.  Non  sicut  Cain  ,  qui  ex  ma- 
tigno  erat  et  occidit  fratrem  suum  :  Ne  faites 
pas  comme  Caïn,  qui  était  enfant  du  malin 
Esprit,  et  qui  tua  son  frère.  Jud.  v.  11.  Vœ 
mis  quia  in  via  Cain  abierunt  :  Malheur  sur 
eux  ,  parce  qu'ils  suivent  la  voie  de  Caïn  :  ce 
malheureux  fut  maudit  de  Dieu,  et  finit  sa 
vie  comme  il  l'avait  commencée  ;  car,  étant 
errant  et  vagabond  ,  il  fut  tué  par  son  petit- 
fils  Lamech,  pensant  tirer  sur  une  bête  sau- 
vage 

CAINAN,  Hebr.  Pnssessor.  1°  Fils  d'Enos 
et  père  de  Malaleel.  Gen.  5.  v.  9.  12.  13.  14-. 
1.  Par.  1.  2.  Adam,  Seth,  Enos,  Cainan,  Ma- 
laleel.Luc.  3,  37.  Il  est  mort  l'an  du  monde 
1235.  —  2°  Fils  d'Arphaxad.  Luc.  3.  36.  Qui 
fnil  Cainan,  qui  fuit  Arphaxad.  Ce  nom  ne 
se  trouve  point.  Gen.  10.  2V.  c.  11.  12.  1. 
Par.  1.  v.  18.  24.  de  notre  Vulgaie,  qui  a  été 
traduite  en  Lalin  sur  le  lex te"  hébreu  ;  mais 
il  se  trouve  dans  les  Septante  en  tous  ces 
endroits  ;  néanmoins,  comme  dans  la  pri- 
mitive Eglise  il  n'y  était  pas  ,  et  que  les  An- 
ciens, savoir,  saint  Irénée,  Josèphe,  Eusèbe, 
saint  Jérôme,  Théophile  d'Anlioche,  qui  sui- 
vaient le  Grec,  ne  l'y  ont  point  lu  y  il  est  plus 
vraisemblable  que  ce  motCaïnan,  s'est  glissé 
en  cet  endroit  de  saint  Luc,  aussi  bien  que 
dans  les  Septante  :  cependant  il  paraît  plus 
sûr  et  plus  sage,  dans  ces  rencontres  ,  d'a- 
vouer que  nous  ignorons  ce  qui  nous  est  en 
effet  inconnu,  que  d'établir  quelque  senti- 
ment comijie  certain  sur  des  conjectures  in- 
ccrlaincs.  Voy.  boch,  1.  2   c.  13. 

CAIPHAS,  Hebr.  Sagax.  Caïphe,  souve- 
rain pontife,  devant  qui  Notre-Seigneur  fut 
amené.  Math.  20.  V.  3.  ^1.  Jcsum  duxerunt 
ad  Caipham  principcm  sacerdolum.  Il  était 
gendre  d'Anne.  Joann.  18.  13.  Erat  socer 
Caiphœ  qui  erat  pontifex  anni  illius.  Gr.  hoc 
nnno.  Il  était  pontife  cotte  année-là,  comme 
devant  et  après  ce  temps-là. 

CAIUS,  CAIOS,  Lat.  I)ominus.  —  i'  Un  Co- 
rinthien, hôte  de  saint  Paul.  Kom.  16.  23. 
el  baptisé  par  lui.  1.  Cor  1.  1.  Neminem  ves- 
irain  hcwtiznvi  nisi  Crispum   et   Caiuin  :  )e 


n'ai  baptisé  aucun  de  vous  ,  sinon  Crispe  et 
C.iïus.  D'autres  lisent ,  Guium  ;  mais  c'est  la 
même  chose,  G^aïusestgrec  elCaiiis  est  latin. 
~  2°  Un  homme  de  Derbe.  Act.  2r(.  4.  Co- 
mitatus  est  eum  Caius  Derbeus,  et  Timotheus  : 
Saint  Paul  fui  accompagné  (  Gr.  jusqu'en 
Asie)  par  Caïus  de  Derbe  et  par  Timolhée. 
—  3°  Un  habitant  de  quelque  ville  d'Asie  , 
qui  n'était  pas  éloignée  d'Ephèse.  Saint  Jean 
lui  écrit  la  troisième  Ëpître  et  le  loue  de 
l'hospitalité  qu'il  exerçait  envers  les  étran- 
gers. 3.  Joann.  1. 

CALAMITAS,  atis.  m^iç.  Ce  nom  vient 
de  cnlatnus  ,  et  signifie  proprement  la  des- 
truction desroseaux,  ou  des  chalumeaux  par 
la  grêle  {06pv€oç,  lumullus)  ;  mais  il  signifie 
ordinairement , 

Malheur  ,  misère ,  arfliction.  Prov.  1. 
27.  Repenlina  calamitas  :  Malheur  qui  vient 
tout  d'un  coup.  Isa.  10.  3.  Quid  facietis  in 
die  visitationis  et  calamitatis  de  longe  ve- 
nientis  ?  Que  ferez-vous  au  jour  que  Dieu 
vous  visitera,  au  jour  de  l'affliction,  qui  vien- 
dra fondre  de  loin  sur  vous?  Dieu  parle  aux 
magistrats  et  aux  juges  de  la  Judéo  ,  qu'il 
menace  de  ruiner  par  les  Assyriens.  Job.  5. 
21.  c.  6.  2.  etc. 

CALAMUS,  1.  Gr.  /«Xc/.fzoç.  Ce  nom  signifie 
chalumeau,  chaume  tuyau  de  blé;  comme 
aussi, 

1°  Canne,  roseau  qui  croît  sur  le  bord  de 
l'eau.  Job.  40.  16.  Sub  umbra  dormit  in  sé- 
créta caUimi  :  L'éléphant  dort  sous  l'ombre, 
dans  le  secret  des  roseaux,  c.  19.  6.  Marc, 
15.  36. 

Phrases  tirées  de  la  propriété  de  ce  mot  dans  le  sens 
figuré. 

Calamiis  quassatus.  —  Roseau  cassé,  se  dit 
de  la  faiblesse  des  pécheurs,  en  qui  on  voit 
quelque  espérance  d'amendement.  Isa.  42. 
3.  Calamum  quassatuni  non  eonfringet  :  Il  ne 
brisera  poini  le  roseau  cassé.  Le  Prophète 
prédit  que  Jésus-Christ  ne  poussera  point  à 
bout  ses  ennemis,  et  qu'il  rétablira  en  eux  ce 
qu'il  trouvera  de  faible  ,  tant  qu'il  y  aura 
lieu  de  le  faire.  Voy  .  arundo. 

Viror  calami.  —  La  verdeur  des  roseaux 
se  dit  de  l'abondance  des  grâces  divines  ré- 
pandues dans  une  âme,  et  qui  en  est  comme 
arrosée  ;  parce  que  les  roseaux  ne  viennent 
bien  que  dans  les  terres  aqueuses  et  humi- 
des. Isa.  35.  7.  Jn  cubilibus,  in  quihus  prius 
dracones  habilabanty  orielur  viror  calami  et 
junci  :  Dans  les  cavernes  où  les  dragons  ha- 
bitaient auparavant,  on  verra  naître  la  ver- 
deur des  roseaux  eldii  jonc  :  ce  qui  s'entend 
des  pécheurs  qui  ,  servant  de  demeure  au 
démon  par  le  péché,  produisent  ensuite  des 
fruits  dignes  de  Dieu  par  les  influences  de  sa 
grâce. 

2°  Bois  odoriférant  qui  ressemble  au  roseau. 
Ezech.  27.  19.  Stade  el  calamus  in  negotiu- 
tione  tua  :  0  Tyr,  vous  avez  fait  un  trafic 
de  casse  et  de  cannes  d'excellente  odeur. 
Exod.  30.  23.  Isa.  43.  24.  Jerem.  6.  20.  Ce 
bois  croît  dans  l'Arabie,  dans  l'Inde  et  la  Sy- 
rie, près  du  mont  Liban. 

3"  Plume  pour  écrire  :  cette  signification 
vient  de  ce  nue  les  anciens  se  servaient  dti 


569 


CAL 


CAL 


570 


certains  roseaux  d'Egypte  ou  de  Carie,  où 
croissaient  les  plus  propres  pour  cela.  Ps. 
kk.  2.  Lingua  mea  calamus  scribœ  :  Ma  lan- 
gue est  comme  la  plume  de  l'écrivain.  David 
témoigne  que  sa  langue  n'est  que  l'organe 
ou  l'instrument  dont  se  sort  le  Saint-Esprit , 
pour  faire  connaître  aux  hommes  les  grands 
mystères  dont  il  va  parler.  3.  Joan.  v.  1.3. 

4°  Canne  pour  mesurer.  Apoc.  11.  1.  Dalus 
est  mihi  calamus  similis  viryœ  :  On  me  donna 
une  canne  semblable  à  une  toise:  ce  fut  pour 
mesurer  le  temple.  Ezech.  iO.  v.  3.  1.  G.  7. 
c.  il.  8.  etc.  Il  y  en  a  de  deux  sortes  :  la 
commune  et  la  sacrée  ;  la  première  est  de 
neuf  pieds,  l'autre  est  un  peu  plus  grande. 

5'  Branche  du  chandelier  d'or  {■/.yJ.y.y.iTy.o;). 
Exod.  23.  31.  Faciès  et  candelubrum  ductile 
de  auro  mundissimo,  Jiastile  ejus  et  calamos  : 
Vous  ferez  un  chandelier  de  l'or  le  plus  pur 
battu  au  marteau,  avec  sa  tige  et  ses  branches. 

CALANE  ,  Hebr.  Consammaîio  ejus.  Ca- 
lano,  ville  célèbre  de  Babylone  ,  que  le  roi 
d'Assyrie  s'était  assujettie.  Isa.  10.  9.  Voy. 
CHALANNE.  On  croit  que  c'est  l'ancienne  Cté- 
siphonte. 

GALATHUS,  i.  y.cchxOoç ,  vient  du  grec 
xùlo-j,  lignum,  et  de  6i'j,  curro  ;  parce  que 
pour  faire  un  panier,  on  fait  courir  du  bois 
autour,  et  signifie  proprement  un  panier, 
et  quelquefois  une  tasse  ou  une  coupe  : 
dans  l'Ecriture, 

Panier.  Jerem.  2i.  1.  Duo  calathi  pleni  ficis: 
Deux  paniers  pleins  de  figues.  Voy.  ficus  , 
V.  2. 

CALCANEUS,  GALCANEUM,  -t£>vk,  vient 
de  calx,    et  signifie  dans  l'Ecriture  : 

1"  Le  talon.  Gen.  3.  lo.  Tii  insidiaberis 
calcaneo  ejus  :  Vous  tâcherez  de  mordre  la 
femme  par  le  talon.  Si  le  serpent  qui  rampe 
à  terre  ,  veut  se  venger ,  lorsqu'on  veut 
l'écraser  avec  les  pieds,  il  ne  peut  s'attaquer 
qu'à  la  plante  des  pieds  ou  au  talon,  ne  se 
pouvant  élever  plus  haut.  Les  fidèles  sont 
comme  les  pieds  du  corps  de  Jésus-Christ  , 
dont  le  démon  lâche  de  surprendre  les  plus 
faibles,  figurés  par  le  talon,  et  même  les  plus 
forts,  qu'il  attaque  par  leur  faible. — Démar- 
che, conduite  de  la  vie  :  celte  signification 
vient  de  ce  que  le  talon  se  prenant  pour  tout 
le  pied,  il  est  pris  aussi  pour  les  pas  et  le? 
démarches.  Ps.  55.  7.  Ipsi  calcaneum  meum 
obseriabunt  :  Mes  ennemis  observeront  mes 
déniarches.  David  parle  de  Saiil  et  de  sa  cour, 
qui  cherchaient  tous  les  moyens  de  le  perdre  ; 
d'où  vient  dans  ce  sens  :  Iniquitns  calcanei  : 
La  méchante  conduite,  l'iniquité  que  l'hom- 
me commet,  et  dans  laquelle  il  vit.  Ps.  48.  G. 
Iniquitas  calcanei  mei  circumdnbit  me  :  Quel 
>ujet  aurai-je  de  craindre  au  jour  mauvais  ; 
i.  e.  du  jugement  de  Dieu  ?  Ce  sera  si  je  me 
trouve  enveloppé  dans  l'iniquité  de  ma  con- 
duite. 

2'  Le  pied  ,  le  dessous  du  pied,  la  partie 
prise  pour  le  tout  :  d'où  vient  celle  phrase  : 
Calcaneum  levare  contra  aliquem  :  lever  le 
pied  contre  quelqu'un;  ce  qui  se  dit  propre- 
ment des  chevaux  et  des  autres  bêtes  qui 
ruent  contre  leurs  propres  maîtres  pour  les 
blesser;  et  figurémenl  de  celui  qui,  par    in- 


gratitude ,  se  porte  à  faire  du  mal  à  ceux 
dont  il  n'a  reçu  que  du  bien.  Joan.  13.  18. 
Qui  manducabat  mecum  panem  ,  levabit  con- 
tra me  calcaneum  suum  :  celui  qui  mange  du 
pain  avec  moi,  lèvera  le  pied  contre  moi.  Jé- 
sus-Christ marque  ici  la  perfidie  par  laquelle 
Judas  le  devait  trahir  :  ce  qu'il  lire  du  Ps. 
40.  10.  qui  porte,  Magnificavit  super  me  sup- 
plantalionem  ;  i.  e.  in  cursume  supplontavity 
me  egregie  fefellit  :  ce  qui  s'enlend  d'Achito- 
phel,  qui  était  la  figure  de  Judas. 

CALCARE,  -«Tcîv,  y.cf-v.-xr-ï-j,  vient  de  ca^a;, 
i.  e.  calcibus  premere  ,  et  signifie  : 

Fouler  aux  pieds,  marcher  sur  quelque 
chose.  1,  R'g.  o.  o.  Propter  hanc  causam  non 
cnlcant  sacerdotes  Dagon  et  omnes  qui  ingre- 
diuntur  templum  ejus  super  limen  Dagon  in 
Azoto  :  Les  prêtres  de  Dagon,  et  tous  ceux 
qui  entrent  dans  son  temple  dans  Azot  ,  ne 
marchent  point  sur  le  seuil  de  la  porte,  parce 
que  la  lêle  de  Dagon  et  ses  deux  mains  en 
ayant  été  coupées, se  trouvèrent  sur  ce  seuil, 
se.  à  la  présence  de  l'Arche.  Deut.  1.  36.  c. 
2.  o.  c.  11.  24.  23.  c.  28.  23.  Mich.  5.  6.  D'où 
viennent  ces  phrases: 

Calcare  olivam.  Presser  les  olives,  en  faire 
la  récolte.  Mich.  6.  16.  Tu  calcabis  olivam  , 
et  non  ungeris  oleo  :  V^ous  presserez  les  oli- 
ves, et  vous  ne  vous  servirez  point  d'huile: 
c'est  la  punition  dont  Dieu  menace  les  Juifs. 

Calcare  uvas,  vinum^  torcular  :  Calcare  in 
torculari,  calcare  lacum. 

Fouler  les  grappes,  ou  le  vin  dans  le  pres- 
soir, ou  dans  la  cuve,  marque,  en  signication 
figurée,  et  comme  il  se  prend  dans  l'Ecri- 
ture, la  vengeance  que  Dieu  tire  de  ses  en- 
nemis, et  des  ennemis  de  son  Eglise.  Isa.  63. 
2.  Quare.  . .  vcslimenta  tua  sicut  calcantium 
in  torculari  ?  Pourquoi  vos  vêtemenls  sont-ils 
comme  les  habits  de  ceux  qui  foulent  le  vin 
dans  le  pressoir?  Le  |)rophèle  parle  en  sa 
personne,  ou  en  représentant  l'Eglise,  qui 
parle  à  Jésus-Chri>t  tout  couvert  ,  tant  de 
son  sang,  qu'il  a  répandu  à  sa  passion,  que 
de  celui  de  ses  ennemis ,  dont  il  s'est  vengé. 
Apoc.  19.  15.  Isa.  63.  3.  Torcular  calcavi  so- 
lus  :  J'ai  été  seul  à  fouler  le  vin.  Jésus-Christ 
marque  son  souverain  pouvoir  à  réprimer 
ses  ennemis,  le  démon,  le  péché  et  la  mort; 
et  le  prophète  semble  représenter  Jésus- 
Christ  comme  un  victorieux,  qui  foulerait 
aux  pieds  ses  ennemis,  en  sorte  que  le  sang 
en  regorgeât:  Calcavi  eos  in  furore  meo  :  Jai 
fou:é  mes  ennemis  dans  ma  fureur.  Ainsi , 
Thren.  1.  15.  Torcular  calcacit  Dominas  vir- 
gini  fîiiœ  Juda:  Le  Seigneur  a  f«>ulé  lui-même 
le  pressoir  pour  la  vierge,  fille  de  Juda;  c'est- 
à-dire  que  Dieu  a  exercé  sa  justice  et  sa  fu- 
reur (îxtrême  contre  Jérusalem.  Ainsi,  Apoc. 
14.  20.  Calcatus  est  lacus  extra  civilutem  : 
La  cuve  fut  foulée  hors  de  la  ville;  t.  e.  la 
vendange  qui  était  dans  la  cuve,  ce  qui  s'en- 
tend des  damnés  qui  sont  jetés  hors  de  la  Jé- 
rusalem céleste,  cl  jetés  dans  l'enfer.  Voy. 
ch.  22.   15. 

Calcare  supra  serpentes  et  scorpiones.  Fou- 
ler aux  pieds  les  bêtes  venimeuses,  signifie, 
dans  l'Ecriture,  n'avoir  rien  à  craindre  de 
ces  hêtes.  Luc.  10.  19.  Dcdi  vvbis  potesta-- 


371 


DICTIONNAIRE  DE  PHII.OLOGIE  SACHÊE. 


S72 


tem  cahandi  supra  serpentes  et  scorpwnes  : 
Je  vous  ai  donné  le  pouvoir  de  rouler  aux 
pieds  les  serpents  et  les  scorpions;  ce  qui 
s'est  vérifié,  Act.  28,  v.  3.  5.  Et  ,  par  ces  ser- 
pents et  scorpions  ,  s'entenicnt  figurénient 
les  démons,  et  les  impies  leurs  suppôts  ,  de 
qui  la  grâce  de  Jésus-Christ  a  fait  triom- 
pher fous  les  fidèles  chrélieiis,  Ps.  91).  J3. 
Isa.  18.  8. 

1°  Traiter  cruellement ,  in&ultor,  perdre, 
gâter,  TTdÇetv.  Isa.  63.  3.  Calcavi  eos  in  fu- 
rore  meo  :  J'ai  foulé  mes  ennemis  dans  ma 
fureur.  Voj.  supra.  Cnlcare  xivns.  Jerem. 
25.  .30.  Celeuma  quasi  calcantiarn  concinetur 
adversus  omnes  habitatores  ^crrce;  Il  s'excitera 
un  cri  commun  contre  tous  les  habitants  de 
la  terre,  tel  qu'en  font  ceux  qui  f;)ulent  le 
vin.  Voy.  Jerem.  iS.  33  ;  ce  qui  marque 
que  tous  les  peuples  s'animeront  et  s'exci- 
teront tous  ensemble  pour  perdre  Jérusalem, 
et  ensuite  pour  se  perdre  les  uns  les  autres. 
Isa.  16.  9.  l.Mach.  li.31.2.Mach.8.  2.  Mich. 
1.  3.  c.  5.  5.  Maiach.  k.  3.  Luc.  21.  2i.  Ainsi, 
Apoc.  11.  2.  Civitatem  sanciani  calcabunt  : 
Ce  qui  s'entend  de  l'Eglise  sainte,  que  l'An- 
téchrist et  ses  sectateurs  traiteront  d'une  ina- 
uière  indigne. 

2°  S'assujettir  entièrement,  se  rendre  maî- 
tre {ÎTviËrxbsa).  Deul.  33.  29.  Tu  eorum  colla 
calcabis  :  Vous  foulerez  les  têtes  de  vos  enne- 
mis sous  vos  pieds...  dit  Moïse  des  Israélites. 
Job.  18.  li.  Calcet  super  eum,  quasi  rex,  in- 
teritus  :  La  mort  foulera  aux  pieds  rimpie, 
comme  un  roi  qui  le  dominera.  Ainsi ,  Eccli. 
2'i-.  11.  Omnium  exccllentium  et  huiuiliuin 
corda  virtule  calcavi  :  Tous  les  grands  et  pe- 
tits sont  soumis  à  la  sagesse  divine. 

3°  Mépriser  quelque  chose  ,  la  rejeter,  en 
avoir  du  dégoût  (  èy.-v.i'^si'j  i.  Prov.  27.  7. 
Anima  saturala  calcabit  favum  :  Ceux  qui 
sont  rassasiés  méprisent  les  choses  les  plus 
douces. 

CALCATOR  vient  de  calcare ,  fouler  aux 
pieds  ;  d'où  vient  calcator  uvœ. 

Celui  qui  foule  les  raisins  dans  la  cuve. 
Jerem.  i8.  33.  Nequaquam  calcator  uvœ  soli- 
tum  celeuma  cantabit  :  Dans  la  terre  des  Moa- 
biles,ceux  qui  foulent  les  laisins  ne  chan- 
teront plus  leurs  chansons  ordinaires;  i.  e. 
il  n'y  aura  point  de  vendange  ,  qui  est  un 
temps  où  ceux  qui  les  pressent ,  chantaient 
ensemble,  de  joie  et  d  •  réjouissance.  Yoij. 
c.  25.  30.  Amos.  9. 13.  Comprehendet  calcator 
uvœ  mitlentem  semen  .-.Les  ouvrages  de  celui 
qui  foule  les  raisins  et  de  celui  qui  sème  la 
terre,  s'entresuivront  ;  ce  qui  marque  une 
grande  abondance  de  vin,  puisque  les  ven- 
danges devaient  durer  jusciu'au  temps  des 
semailles,  et  cette  façon  de  parler  comprend 
en  général  les  vignerons  et  tous  ceux  qui 
travaillent  à  la  vendange. 

CALCEAMENTUM,  i,  ùro^rz-nar.  Ce  mot 
vient  de  calceus ,  et  signifie  chaussure  de 
pied  ,  soulier.  Exod.  12.  11.  Calccamenta 
habebiiis  in  pedibus  :  Vous  mangerez  l'a- 
gneau, ayant  aux  pieds  des  souliers.  D'où 
vient  celle  phrase  : 

Sotvere  ou  tollrrc  calcenmcnta.  Oler  les 
Bouliers.  Ce  qui  elail ,  1"  une  marque  dhu- 


milialion,  dabaissemenl  et  de  respect  ,  à 
cause  de  quelque  chose  sainte.  Exod.  3.  5. 
Solie  caîceamentum  de  pedibus  tuis  :  N'ap- 
prochez pas  d'ici;  ôtez  les  souliers  de  vos 
pieds,  dit  Dieu  à  Moïse,  lorsqu'il  allait  pour 
considérer  le  buisson  ardent.  Jos.  5.  16. 
Theodoret  remarque  que  les  prêtres  d'Aa- 
ron  ,  i.  e.  de  l'ancienne  loi,  quittaient  leurs 
souliers,  lorsqu'ils  devaient  sacrifier,  pour 
témoigner  un  plus  grand  abaissement  devant 
la  majesté  de  Dieu. 

2°  A  cette  phrase  se  peut  rapporter  cette 
autre  :  Solvere  corrigiam  calceamentorum 
alicujus  :  Dénouer  les  cordons  des  souliers 
de  quelqu'un ,  lui  rendre  les  services  les 
plus  bas;  et,  dans  le  même  sens  :  Portare 
calceamenta,  porter  ses  souliers.  Luc.  3.  16. 
Non  sum  dignus  solvere  corrigiam  calceamen^ 
torum  ejus  :  Je  ne  suis  pas  digne  de  dénouer 
les  cordons  de  ses  souliers,  dit  saint  Jean  de 
Jésus-Chri4.  Voy.  Malth.  3. 11.  Marc.  1.  7.  2. 
Joan.  1.  27.  etc. 

3°  C'éiait  une  marque  du  renoncement  et 
de  la  cession  qu'un  homme  faisait  volontai- 
rement à  un  autre  de  son  droit;  ce  qui  était 
une  ancienne  coutume  marquée.  Ruth  4.  7. 
Si  quando  alter  alteri  suo  jure  cedebat...  sol- 
vebat  homo  caîceamentum  suum ,  et  dabat 
proximo  suo  :  S'il  arrivait  que  l'un,  i.  e.  , 
le  plus  proche  des  parents  de  celui  dout  la 
femme  était  veuve,  cédât  son  droit  à  un 
autre,  celui  qui  se  démettait  de  son  droit 
ôtait  son  soulier  et  le  donnait  à  son  parent; 
ou  c'était  un  affront  et  comme  une  marque 
d'exhérédalion ,  par  laquelle  un  homme  per- 
dait le  droit  d'hériter  à  la  succession  de  son 
proche  parent,  pour  refuser  d'en  épouser  la 
veuve.  Deut.  25.  9.  Tollet  caîceamentum  de 
pede  ejtis  :  Celte  femme  lui  ôtera  son  soulier 
du  pied.  Voy.  v.  7.  8.  A  quoi  est  opposé  > 
Extendere  caîceamentum  in  aliquem  locum, 
in  gentem  :  Etendre  ou  avancer  ses  pas  sur 
quelque  lieu,  s'y  avancer,  et  signifie  se  l'as- 
sujettir, s'en  rendre  le  maître.  Ps.  59.  10.  Ps. 
107. 10.  In  Idumœam  extendam  caîceamentum 
meum  .  Je  me  rendrai  maître  de  l'Idumée, 
dil  David  ,  ce  qui  peut  aussi  marquer  le  mé- 
pris qu'il  en  faisait.  Ainsi  ,  marcher  sans 
souliers  était  une  marque  de  peine,  d'afflic- 
tion et  de  deuil.  Ezech.24..  il. Calceamenta  tua 
erunt  in  pedibus  tuis  :  Dieu  dil  au  prophète 
qu'il  ait  ses  souliers  à  ses  pieds,  après  la 
mort  même  de  sa  femme,  parce  qu'il  ne 
voulait  pas  qu'il  en  fît  le  deuil.  Isa.  20.  2. 
Calceamenta  tua  toile  de  pedibus  tuis  :  Otez 
les  souliers  de  vos  pieds,  dit  Dieu  à  Isaïe  ; 
ce  qui  était  une  prophétie  ,  que  le  roi  d'As- 
syrie emmènerait  une  foule  de  captifs,  nus 
et  sans  souliers  ,  d'Egypte  et  d'Ethiopie. 
Voy.  V.  k. 

§  1.  —  Chose  de  vil  prix.  Amos.  2.  6.  Ven^ 
didit...  pauperem pro  calceamentis  :  Israël, 
t.  e.  les  magistrats  et  ceux  qui  devaient  pro- 
téger l'innocent  et  le  pauvre,  ont  vendu  le 
pauvre  pour  les  choses  les  plus  viles,  c.  8.  6. 
Les  Juifs  avares  se  rendaient  maîtres  non- 
seulement  des  biens,  mais  encore  de  la  per- 
sonne des  pauvres  qui  étaient  obligés  de  se 
rendre  leurs  esclaves,  les  réduisant  a  rece- 


173 


CAL 


CAL 


574 


voir  d'eux,  pour  le  prix  de  leur  liberté,  les 
choses  les  plus  viles. 

§  2. — Ce  qu'on  foule  aux  pieds  ou  sur  quoi 
on  marche.  Deul.  33.  2o.  Ferrum  et  œs  col- 
ceamentum  ejiis  :  La  chaussure  d'Aser  scia 
de  fer  et  d'acier  ;  i.  e.  la  terre  qu'il  habitera 
sera  remplie  de  mines  de  fer  et  d'aiiain;  ce 
que  dit  Moïse,  pour  uiarc^uer  la  vigueur  et 
la  durée  constante  de  colle  tribu ,  comme  s'il 
faisait  allusion  à  des  souliers  garnis  de  fer 
ou  d'airain,  qui   ne  s'usent  pas  ai-sément. 

§3. — Chaussure  spirituelle.  Cant.  7.  1. 
Quam  pulchri  sunt  gj-essiis  tui  in  calceamen- 
lis !  Que  vos  démarches  sont  belles,  ô  fiile 
du  prince,  à  cause  de  l'agrémonl  de  votre 
chaussure  1  La  chaussure  de  1  épouse  peut 
signiGer,  comme  dans  saint  Paul,  la  dispo- 
sition ou  préparation  pour  annomer  l'Evan- 
gile. Eph.  G.  15.  Cakenti  pedes  in  prœpara- 
tione  Evangelii  pacis  :  Que  vos  pieds  aient 
une  chaussure  spirituelle,  pour  être  toujours 
préparés  à  annoncer  l'Evangile  de  paix.  Le 
méuie  saint  Paul  nous  représente  encore 
ailleurs  les  démarches  de  cette  épouse  sacrée, 
par  les  paroles  du  prophète  Isaïe ,  c.  52.  7. 
Quam  pulchri  super  montes  pedes  annuntian- 
tis  et  prœdicanlis  pacem!  Que  les  pieds  de 
ceux  qui  aniioncent  l'Evangile  de  paix  sont 
beaux!  de  ceux  qui  annoncent  les  vrais  biens, 
c'est-à-dire  que  le  progrès  de  la  prédication 
de  TEvangile,  faite  par  TEglise,  a  été  véri- 
tablement quelque  chose  d'admirable. 

CALCEARE  ,  xjttoS-î-j.  Chausser,  mettre  aux 
pieds  quelque  chaussure.  Act,  12.  8.  Calcca 
te  cuhgas  tuas  :  Chaussez  vos  souliers  ;  dit 
l'ange  à  saint  Pierre,  le  faisant  sortir  de  la 
prison.  2.  Par.  28.  15.  Doù  vient  cette 
phrase  :  Calcealum  per  flumen  iransire^  p  is- 
ser  un  fleuve  à  pied.  Isa.  11.  15.  Pcrcutiet 
eum  in  teptem  riiis,  lia  ut  transeant  per  eura 
calceali  :  Le  Seigneur  frappera  le  fleuve,  et 
le  Jiviscra  en  sept  ruisseaux,  en  sorte  qu'on 
le  pourra  passera  pied.  Le  prophète,  pour 
marquer  que  le  Messie  ôlera  tous  les  obsl.i- 
cles  qui  pourraient  empêcher  les  peuples 
d'entrer  dans  l'Eglise  et  de  recevoir  l'Evan- 
gile ,  fait  allusion  au  Nil,  qu'il  dit  qu'on 
passera  aussi  aisément  que  les  Israélites  pas- 
sèrent la  mer  Rouge.  A  quoi  peut  se  rappor- 
ter cette  signification  :  Calceare  aliqaem 
ianlfiino,  donner  à  quelqu'un  une  chaussure 
magnifique,  de  couleur  éclatante,  telle  que 
le  violet.  Ezech.  IG.  10.  Calceavi  te  ianthino  : 
Je  vous  ai  donné  une  chaussure  magnifique. 
Le  prophète  fait  allusion  aux  peaux  de  <  etlc 
couleur,  dont  était  la  couverture  du  Taber- 
nade,  et  fait  souvenir  Jérusalem  de  l'éclat 
ou  Dieu  l'avait  élevée. 

Chausser,  prendre  une  chaussure,  se  dit 
figurémcnt  dx;  la  fermeté  et  de  la  confiance 
que  les  prédicateurs  du  saint  Evangile  doi- 
vent avoir  pour  le  soutenir  et  le  défendre. 
Ephes.  G.  15.  State...  et  adceati  pedes  inprœ- 
parntione  Evnngelii  pacis  :  Que  vos  pieds 
aient  une  (haussurc  spirituelle,  pour  èîre 
toujours  préparés  à  annoncer  l'Evangile  de 
paix;  et  «lans  ce  sens,  l'Apôtre  semble  faire 
allusion  à  un  homme  de  guerre,  qui,  étant 
bien  chaussé,  (  st  prêt  d'agir  avec  plus  de 


hardiesse  et  de  courage.  Ce  passage  a  rap- 
port à  Isa.  52.  7.  Rom.  10.  15. 

CALCEDONIUS  ,  Gr.  y/Av.rM-j.  Ce  mot 
vient  de  calcedo  ,  nom  de  ville,  proche  la- 
quelle on  a  commencé  de  trouver  cette 
pierre  ,  et  signifie  : 

Calcédoine,  pierre  précieuse,  qui  ne  brille 
que  quand  elle  paraît  au  jour  :  cette  pierre 
a  la  figure  et  la  couleur  d'une  esrarboucle  ou 
charbon  ardent.  Apoc.  21.  19.  Terlium  Cal- 
cedonius,  le  troisième  fondement  était  de  Cal- 
cédoine. Ces  pierres  précieuses  des  fonde» 
ments  du  temple,  dont  parle  ici  saint  Jean, 
peuvent  bien  figurer  les  douze  apôtres  , 
comme  les  douze  pierres  qui  étaient  dans 
le  Ralional  du  grand- prêtre  figuraient  les 
douze  pairiarches.  Voy.  Exod.  28.  v.  15. 
17.  21. 

CALCITRARE,  Ixv.ricsa.  Ce  verbe  vient  de 
calx  ,  comme  pour  dire  :  Frapper  avec  les 
talons  ,  et  signifie  : 

Ruer,  regimber,  en  parlant  du  cheval,  du 
mulet  ,  du  bœuf,  etc.  2.  Reg.  G.  6.  Cakiira- 
hunl  boves  et  declinaverunt  eam.  Oza.  porta  la 
main  à  l'Arche  de  Dieu  et  la  retint,  parce  que 
les  bœufs  regimbaient,  et  l'avaient  fait  pen- 
cher. D'oii  vient  celte  signification  méta- 
phorique: 

Regi.'iiber  se  dit  de  la  résistance  que  fait 
l'homme  à  la  volonté  et  aux  ordres  pressants 
de  Dieu.  Act.  9.  5.  Durum  est  libi  conlra  sli- 
mulum  cakilrare  :  Il  vous  est  dur  de  regim- 
ber contre  l'aiguillon  ,  dit  Jésus  Christ  à  saint 
Paul ,  terrassé  dans  le  chemin  de  Damas.  Gr. 
Durum  tihi  :  il  vous  serait  nuisible  de  re- 
gimber contre  l'aiguillon.  Voy.  Dubus.  C'est 
une  expression  figurée,  prise  de  l'usage  où 
l'on  est  de  piquer  les  bœufs,  pour  les  faire 
aller  plus  vite  ;  en  sorte  que  s'ils  regimbent 
contre  l'aiguillon  ,  ib  se  l'enfoncent  davan- 
tage dans  la  peau;  c'est-à-dire  qu'il  ne  tiou- 
verail  nullement  son  avantage  à  résister  à  cet 
avertissement  qu'il  lui  donnait  de  se  sou- 
mettre à  sa  volonté.  Voy.  Stimulus. 

CALCULUS  ,  I.  ^fo;,  vient  de  cako  ,  et 
signifie  petite  pierre,  c.iillou,  gravois  ,  gra- 
veile,  dés,  dames,  jetons,  pour  calculer. 
Dans  l'Ecriture  : 

1'  Petite  pierre,  gravier,  petit  caillou  ,  tel 
que  ceux  qui  se  trouvent  dans  le  pain  (xàiii , 
sikx  j.  Prov.  20.  17.  Suavis  est  liomini  pa}ns 
mendacii,  et  postea  impkbitur  os  ejus  cakulo  : 
Le  pain  du  mensonge  (c'est-à-dire  le  bien 
ac(|uis  injustement)  est  doux  à  l'homm.  ; 
mais  sa  bouche  ensuite  sera  pleine  de  gra- 
vier :  on  n'a  que  du  trouble  et  de  la  peint?, 
et  des  remords  du  bien  mal  acquis.  Eccli.  18. 
9.  Calculus  arenœ ,  grain  de  sable. 

2"  Petite  pierre,  telle  que  celle  qu'on  em- 
ploie à  garnir  les  murailles  ou  à  les  bàl  r 
f).iOof).  2.  Reg.  17.  13.  Tra/tcmu!i  ram  in  tor- 
rentem,  ut  non  reperintur  ue  cakulus  gui(kin 
ex  ea  :  Que  si  David  se  relire  dans  (juel(|iic 
ville,  tout  Israël  environnera  les  murailles 
de  cordes  ,  et  nous  l'entraînerons  dans  ut\ 
torrent  ,  sans  qu'il  en  reste  seulement  une 
petite  pierre.  Chusaï  a|)puie  l'avis  qu'il  donne 
à  Absalom  ,  contraire  à  celui  d'A»  bitopliel. 

3    Tesson,  petite  pierre,  ou  autre  marque, 


C7fî 

Jolie  qu'était  celle  dont  usaient  les  anciens 
dans  leurs  suffrages  et  leurs  jugements.  Alors 
ces  tessons  étaient  blancs,  lorsqu'ils  les  don- 
naient favorables,  et  étaient  noirs,  lorsqu'ils 
les  donnaient  contraires  ;  ils  y  écrivaient  le 
nom  de  celui  dont  il  s'agissait.  A  quoi  se 
rapporte,  Apoc.  2.  17  :  Vincenti  dabo  calcu- 
lum  candidum:ic  donnerai  au  victorieux  une 
pierre  blanche.  Jésus-Christ  témoigne  qu'il 
prononcera  un  jugement  favorable  pour  ceux 
qui  auront  triomphé  du  démon  et  du  péché  : 
le  nom  d'enfant  de  Dieu, qui  leur  sera  donné, 
sera  écrit  sur  cette  pierre. 

k"  Charbon  de  feu  (avQpa;).  Isa.  6.  G.  Et 
voîavil  ad  me  ttnus  de  Seraphim ,  et  in  manu 
ejus  calcnkis  ,  quem  forcipe  tiderat  de  altari  : 
Un  des  séraphins  vola  vers  moi ,  tenant  en  sa 
main  un  charbon  de  feu  qu'il  avait  pris  avec 
des  pincettes  de  dessus  l'aulel.  Le  mot  hé- 
breu, ritspah,  signifie  charbon  et  escarboucle. 
Ce  charbon  marque  l'efficacité  du  sacrifice  de 
Jésus-Christ,  pour  purger  les  péchés. 

CALDARIA,  M.  Ce  nom  vient  de  caleo  ,  et 
signifie  chaudière  (x«V/:rov).  \.  Reg.  2.  ik. 
Miltebat  fuscinulam  tridentem  in  lebetem  vel 
in  caldariam  :  Le  serviteur  du  prêtre  mettait 
la  fourchette  à  trois  dents  dans  la  chaudière 
ou  dans  le  chaudron,  savoir,  pour  enlever 
tout  ce  qu'il  pouvait  pour  le  prêtre. 

CALEB,  Heb.  Quasi  cor.  1°  Fils  d'Hosron. 
1.  Par.  2.  18.  Caleb  aulem  filins  Hesron  acce- 
pit  uxorem  nomine  Azuba  :  Caleb,  fils  d'Hes- 
ron,  épousa  Azuba.  v.  10.  2i.  11  est  appelé 
Calubi,  V.  8.  Mais  d'autres  croient  que  c'est 
le  même  que  le  fils  de  Jephoné,  et  qu'Hesron 
était  son  aïeul.  Voif.  Menoch.  in  1.  Par.  21. 
8.  el  Mas.  in  Jos.  14.  6. 

2°  Fils  de  Hur,  et  petit-fils  du  précédent 
Caleb  ,  fils  d'Hesron.  1.  Par.  2.  50.  Hi  erant 
fiiii  Caleb  ,  filii  Hur,  primogeniti  Ephrata  : 
Ceux-ci  étaient  fiis  de  Caleb,  fils  de  Hur,  fils 
aîné  d'Ephrala.  c.  h.  11. 

3"  Fils  de  Jephoné,  lequel,  avec  Josué. 
s'opposa  aux  autres  dix  qui  décourageaient 
le  peuple  d'entrer  dans  la  terre  promise. 
Num.  13.  7.  De  tribu  Juda  Cnlcb  filium 
Jephoné.  v.  51.  Caleb  compescens  murmiir  po- 
pidi  :  Caleb  fit  ce  qu'il  put  pour  apaiser  le 
murmure  du  peuple,  c.  14.  v.  6.  24.  Deut.  1. 
30.  1.  Mac.  2.  30.  etc. 

CALEFACEKE,  Oepiiuasi-»,  vient  des  verbes 
calere  et  facere  ,  et  signifie  : 

Chauffer,  échauffer,  faire  échauffer.  Eccl. 
k.  11.  Unus  quomodo  calefiet?  Comment  un 
seul  échauffera- t- il?  Comme  deux  per- 
sonnes couchées  dans  un  lit  ,  s'échauffent 
plus  aisément  qu'un  seul ,  de  même  deux  ou 
plusieurs,  unis  par  une  sainte  société,  se 
soutiennenl  mieux,  soit  pour  le  temporel, 
soit  pour  le  spirituel.  Isa.  44.  10.  Vah,  cale- 
factus  sum,  vidi  focum  :  Bon  ,  j'ai  bien  chaud, 
j'ai  fait  bon  feu,  savoir  du  mêm'e  bois  dont 
le  sculpteur  prend  le  reste  pour  faire  une 
idole,  ce  qui  en  prouve  la  vanité,  à  quoi  se 
rapporte  Job.  31).  14.  Tu  forsiianin  puivere 
calefacies  ea?  Lorsque  l'autruche  abandonne 
ses  œufs  sur  la  terre,  sera-ce  vous  qui  les 
échaufferez  dans  la  poussière?  Cet  animal 
cache  ses  œufs  dans  le  sable,  où,  s'échauf- 


DICTIOINNAIKE  DE  PHILOLOGIE  SACREE  t7ij 

fant  par  la  chaleur  du  soleil ,  les  petits  s'é- 
closent  sans  qu'elle  les  couve.  Ce  que  Dieu 
marque  à  Job,  comme  un  effet  de  sa  provi- 
dence divine. 

Vêtir,  couvrir  pour  échauffer,  l'effet  mis 
pour  la  cause.  Jac.  2.  10.  Si  dicat  aliquis  ex 
vobis,  Ile  in  pace,  calefacimini  et  saturamini  : 
non  dederitis  autem  eis  quœ  necessaria  sunt 
corport  ;  L'apôtre  assure  qu'une  foi  qui  ne 
passe  pas  jusqu'aux  bonnes  œuvres  ne  sert, 
non  plus  qu'il  ne  sert  de  rien  aux  pauvres 
qu'on  leur  dise  d'aller  en  paix,  qu'on  leur 
souhaite  de  quoi  se  nourrir  el  de  quoi  se 
couvrir,  en  ne  donnant  rien.  Job.  31.  20.  De 
Velleribus  ovium  mearum  calefactus  est  :  Les 
pauvres  ont  été  échauffés  des  habits  que  je 
leur  ai  faits  des  toisons  de  mes  brebis. 

GALENDiE,  arum,  v£Of/.yîvî«,  «?.  Vient  du 
verbe  ancien  calare,  y.Kksïv,  c'est-à-dire  con- 
voquer ;  car  dès  que  la  nouvelle  lune  parais- 
sait ,  on  convoquait  le  peuple  pour  l'en  aver- 
tir; et  signifie  : 

Calendes,  le  1"  jour  de  chaque  mois:  ce 
jour  était  fêté  chez  les  Juifs  ,  appelé  nouvelle 
/((jie  ;  car  leurs  mois  étaient  lunaires.  1. Reg. 
20.  V.  5.  18.  Ecce  calendœ  sxmt  craslino  :  Il 
est  demain  le  premier  jour  du  mois,  dit 
David  à  Jonalhas,  qu'il  prie  de  lui  permet- 
tre de  se  cacher  et  de  ne  se  trouver  point  au 
festin  que  faisait  Saiil  ces  jours-là  après  le 
sacrifice  offert,  selon  la  coutume.  4.  Reg.  4. 
23.  Hodie  non  sunt  calendœ  :  Ce  n'est  point 
aujourd'hui  le  premier  jour  du  mois,  ni  un 
jour  de  Sabbat ,  dit  le  mari  de  la  femme  de 
Sunam,  qui  voulait  aller  trouver  Elisée. 

CALIDUS  ,  A,  UM,  OspiJLàç,  *3,  ôv.  Vient  de 
caleo,  et  signifie  : 

Chaud,  brûlant.  1.  Reg.  21.  7.  Panes  pro- 
positionis,  qui  sublati  fuerant  a  facie  Dominif 
ut  ponerentur  panes  calidi:  Il  n'y  avait  ((ue 
les  pains  de  proposition  qui  avaient  été  ôlés 
de  devant  le  Seigneur,  pour  y  en  mettre  de 
chauds  en  la  place.  Le  grand-prêtre  en  donna 
à  manger  à  David.  Jos.  9.  12. 

§  1.  —  Chaud  et  brûlant  se  dit  de  celui  qui 
est  possédé  de  quelque  passion.  Eccli.  23. 
22.  Anima  calida  quasi  ignis  ardens  non  ex- 
tinquetur,  donec  aiiquid  glutiat  :  L'âme  qui 
brûle  comme  un  feu  ardent  ne  s'éteindra 
point  jusqu'à  ce  qu'elle  ait  dévoré  quehjue 
chose  :  Ce  feu  ,  dont  l'âme  brûle,  est  celui 
de  la  colère  ,  de  l'avarice,  de  l'ambition  ,  ou 
de  quelque  autre  passion. 

§  2. — Fervent  à  soutenirla  foi  et  à  s  exercer 
dans  les  œuvres  de  charité  (Çstto,-).  Apoc.  3. 
15.  Scio  opéra  tua,  quia  neqiie  frigidus  es , 
neque  calidus  :  Je  sais  quelles  sont  vos  œuvres, 
que  vous  n'êles  ni  froid  ni  chaud,  dit  l'ange 
à  l'évêquo  de  Laodicée ,  de  qui  Dieu  se  plaint 
pour  sa  tiédeur  tant  à  soutenir  la  foi  qu'à 
pratiquer  le  bien. 

CALIGA,  M.  Vient  de  calx ,  et  signifie 
sorte  de  chaussure  que  portaient  les  simples 
soldats  des  armées  romaines-,  soulier,  san- 
■  dale,  qui  s'attache  aux  pieds  avec  des  cor- 
dons (Ù7yùO/3fx«).  Gen.  14.  23.  A  filo  subtegnu- 
nis  usque  ad  corrigiam  caligœ,  non  accipiam 
ex  omnibus  quœ  tua  sunt:  Je  ne  recevrai  rien 
de  tout  ce  qui  est  à  vous,  depuis  le  moindre 


677 


CAL 


fil  jusqu'à  un  cordon  de  soulier,  dit  Abraham 
au  roi  de  Sodorae.  Act.  12.  8. 

CALIGARE,  KntlvvsuOoii.  De  l'ancien  mot 
cala,  pour  lignum ,  bois;  parce  que  cet 
obscurcissement  se  dit  proprement  de  la 
fumée  qui  se  fait  du  bois  qu'on  mel  au  feu. 

Etre  obbcurci,  troublé  et  couvert  de  ténè- 
bres. Gen.  27.  1.  Caligaverunt  oculi  ejus  :  Les 
yeux  d'Isaac  s'élant  obscurcis,  il  ne  pouvait 
plus  voir,  se.  de  vieillesse.  Deut.  33.  28.  Cœ- 
Uqiie  caligabunc  rore  :  L'air  sera  obscurci 
par  l'eau  de  la  pluie  et  de  la  rosée,  dit 
Moïse  en  promettant  aux  Hébreux  la  fécon- 
dité de  la  terre. 

CALIGINOSUS ,  A ,  UM.  Obscur,  ténébreux  , 
en  parlant  du  ciel,  de  l'air,  d'un  lieu  «j/uv,- 
pô;) ,  etc.  2.  Petr.  1.  19.  Hahemus  finiriorem 
Propheticum  sermonem,  cui  benefacitis  atlen- 
denles,  quasi  lucernœ  lucenti  in  caliginoso 
loco  :  Vous  faites  bien  de  vous  arrêter  aux 
oracles  des  prophètes,  comme  à  une  lampe 
qui  luit  dans  un  lieu  obscur  :  Mon*  ca//^;'- 
nosus.  Voy.  Moxs. 

CALIGO,  iNis.  yjfjvoç.  A'ient  de  la  même 
racine  que  caligare,  et  signifie  : 

Obscurité,  ténèbres,  soit  dans  l'air,  soit 
dans  un  lieu  {huXyj.rr.  Job.  38.  9.  Cum  cali- 
g ine  mare  quasi  pannis  infantiœ  obvolverem  : 
Lorsque  j'enveloppais  la  mer  d'obscurité , 
comme  on  enveloppe  un  enfant  de  bande- 
lettes. Ces  nuages  et  cette  obscurité  figurent 
quelquefois  l'incompréhensibililé  de  Dieu. 
Ps.  96.  2.  Niibes  et  caligo  in  circuitu  ejus: 
Une  nuée  est  autour  du  Seigneur,  et  l'obscu- 
rité l'environne;  ou  marque  quelquefois  une 
présence  particulière  de  la  majesté  de  Dieu, 
comme  Exod.  20.  21.  Moyses  autem  accessit 
ad  caliginem  in  qua  erat  Deiis  :  Moïse  s'ap- 
procha de  l'obscurité  où  Dieu  était  ;  ce  fut 
sur  le  mont  Sinaï.  Voy.  Exod.  19.  9.  Deut. 

4.  11.  c.  o.  22.  Heb.  12.  18.  etc.  Job.  28.  3. 
Ipse  considérât  lapidem  caliginis  (^xoTtV.)  ; 
Dieu  considère  la  pierre  ensevelie  dans 
l'obscurité. 

§  1. — Incertitude,  ignorance,  erreur.  Job. 
22.  13.  Quasi  per  caliginem  judicat  :  Eli()hiis 
accuse  Job  de  juger  que  Dieu  ne  peut  sûro- 
n)ent  voir  du  ciel  ce  qui  se  piissc  sur  la 
terre,  comme  les  hommes  ne  peuvent  voir 
de  la  terre  ce  qui  se  passe  dans  le  ciel,  à 
cause  des  obscurités  et  de  léloignement  qisi 
se  trouve  entre  deux.  Isa.  29.  18. /Ve  tenebris 
et  caligine  oculi  cœcorum  videbunt  ouiyj.o'  : 
Les  youx  des  aveugles,  sortant  do  leur  nuit, 
passeront  des  ténèbres  à  la  lumière.  Celte 
prophétie  s'est  accomplie  dans  le  sens  litté- 
ral ,  dans  les  aveugles  que  Jésus-Christ  a 
guéris  ;  et  dans  le  sens  figuré,  dans  tous  1rs 
peuples  qu'il  a  é(  lairés  de  la  lumière  du  saint 
Evangile,  c.  00.  2.  Jerem.  13.  10. 

§  2.  —  Affiietion,  misère,  qui  est  souvent 
exprimée  par  le  mot  de  ténèbres.  Job.  23. 
17.  Nec  faciem  meam  operuit  caligo:  L'obscu- 
ritô  où  je  suis  n'a  point  mis  un  voile  sur 
mon  visage  ;  mes  adlictions  ne  mont  point 
fait  perdre  Dieu  do  vue,  ni  fait  perdre  sa 
crainte.  Isa.  5.  30.  c.  8.  22.  Jerem.  13.  Di. 
Thren.  2.  1.  Ezech.  3't.  12.  Joël.  2.  2.  Amos. 

5.  20.  Soph.  1.  l.'i.  2.  Petr.  2.  17.  Jnd.  v.  ti. 


CALITA  ,  Un  lévite.  Esdr.  10,  23.  Voy. 
Celaia.  Il  chassa  la  femme  étrangère  qu'il 
avait  épousée. 

CALIX  ,  GIS  ,  TTOTriptov.  Vient  du  grec  xJ/.t;, 
et  signifie  une  coupe,  une  tasse,  un  verre, 
une  fleur  épanouie  qui  s'ouvre  en  forme  de 
coupe  ou  de  panier,  la  coquille  d'un  lima- 
çon :  dans  l'Ecriture  : 

1"  Coupe  à  boire,  tasse,  verre,  et  com- 
prend souvent  la  coupe  et  ce  qui  y  est  con- 
tenu. Mallh.  10.  i2.  Quiciwique  potum  de- 
derit  uni  ex  minimis  islis  calicem  aquœ  fri~ 
gidœ  tantum  in  nomine  discipnli:  Quiconque 
aura  donné  seulement  à  boire  un  verre  d'eau 
froide  par  chaiité,  en  aura  la  récompense. 
Jerem.  10.  7.  Non  dabunt  eis  polum  calicis 
ad  consolandum  .-On  ne  donnera  pointa  boire 
à  celui  qui  pleure  la  mort  de  son  père  et  de 
sa  mère  pour  le  consoler.  Le  prophète  prédit 
que  la  désolation  qui  devait  arriver  sur  tous 
les  habitants  de  Jérusalem  par  Nabuchodo- 
nosor,  au  temps  de  Sédecias,  serait  si  grande, 
qu'étant  tous  également  dans  la  misère  et 
l'affliction  ,  ils  ne  pourront  être  consolés  à  la 
mort  de  leurs  proches  par  aucuns  festins  , 
ce  qui  était  en  ce  temps-là  une  coutume.  Ps. 
Ho.  i.  Calicem  salutaris  accipiam  :  Je  pren- 
drai en  main  la  coupe  dans  le  festin  que  je 
ferai  à  l'honneur  du  Seigneur,  pour  le  re- 
mercier de  m'avoir  conservé,  ce  qui  était 
une  coutume  chez  les  Juifs.  Matth.  29.  42. 
c.  26.  27.  Marc.  9.  40. 

2'  Ce  qui  est  contenu  dans  le  calice,  dans 
la  coupe.  1.  Cor.  10.  16.  Calix  bcnediclionis 
cui  benedicimus,  nonne  communicatio  sangui- 
nis  Clirisli  est  ?  N'est-il  pas  vrai  que  le  calice 
de  bénédiction,  que  nous  bénissons,  est  la 
communion  du  sang  du  Seigneur?  Saint 
Paul  veut  dire  que  ceux  qui  communient 
participent  au  sacrement  de  l'Eucharistie. 
V.  20.  cil.  25.  Hic  calix  novum  Testamen- 
tum  est  in  meo  sanguine  :  Ce  qui  est  dans 
celte  coupe  est  mon  sang,  par  lequel  est 
établie  la  nouvelle  alliance,  dit  Jésus-Christ, 
en  prenant  le  calice,  v.  26.  27.  28.  Ainsi, 
Ps.  22.  b.  Calix  meiis  incbrians  quam  prœcla- 
rus  esl.'Quv  mon  calice  qui  a  la  force  d'enivrer 
est  admirable  !  Cette  allégorie  du  vin  délicat 
qui  réjouit  le  cœur,  figure  les  joies  et  les 
consolations  divines  que  David  ressentait. 

§  1. — La  passionet  la  mort  que  Jésus-Christ 
a  souffertes  par  l'ordre  de  son  Père.  Joan.  18. 
11.  Calicem  quem  dédit  mihi pater,  non  bibam 
illujn?'^c  faut-il  pas  que  je  boi\e  le  calice 
que  mon  Père  m'a  donné?  dit  Jésus-Christ  à 
saint  Pierre,  qui  venait  de  couper  l'oreille 
à  Malchus.  Matth.  26.  v.  MO.  42.  c.  20.  v.  22. 
23.  Marc.  10.  v.  38.  39.  Luc.  22.  42. 

§  2.  —  Le  partage  et  le  sort  d'un  chacun, 
soit  bon,  soit  mauvais.  Ps.  15.  5.  Dominus 
pars  hœredilalis  mrcc  et  calicis  mei  :  Le  Sei- 
gneur est  la  part  qui  m'est  échue  en  héritage 
et  la  portion  qui  m'est  destinée.  Ps.  22.  o.  La 
métaphore  est  tirée  de  la  coutume  qui  se 
pratiquait  autrefois,  dans  les  festins,  de  dis- 
tribuer à  chacun  sa  portion  de  vin  pour 
boire;  jiiais  il  est  pris  plus  souvent  dans 
l'Kcriiure  en  mauvaise  part  pour  le  paitage 
et  la  Dunilion  (\oii,  merlianl'^.  Ps.  10.  7.  Jgnis 


579 


DICTiONNAlP.E  DE 


et  sulpliur  et  spirilus  procellarum  pars  calicis 
eornm:  Le  fou  el  le  souffre,  et  le  vent  impé- 
tueux des  tempêtes,  sont  le  calice  qui  sera 
pré>('«ité  aux  pécheurs  pour  leur  partage. 
Ps.  7V.  9.  Isa.  51.  V.  17.  22.  Ezec  h.  23.  31. 
Hal).  2.  IG.  Apoc.  14.  10.  etc.  Ainsi,  Jcr.  51. 
7.  Calix  aureus  Babylon  in  7nanu  Domini  : 
Bal)jl()ue  est  une  coupe  d'or  dans  la  main 
du  Seigneur  :  Dieu  se  servait  de  la  force  el 
de  la  puissance  de  cet  enî[)ire  pour  punir  les 
nations. 

CALLIDE.  Finement ,  avec  ruse  el  adresse. 
Deul.  10.  îO.  Nec  âges  quidpiam  callide  in 
eJHS  necesaitatibus  sublevandis  :  Vous  soula- 
gerez franchement  votre  frère  dans  sa  néces- 
sité, sans  user  de  détour  ni  de  finesse.  Exod. 
32.  12.  Jos.  9,  k.  1.  Rcg.  23.  22. 

CALLIDUS,  A,  UM,  TTKvoùpyoî,  de  Caliis,  el 
signifie  : 

l'Fin,  rusé,  artificieux  (ooov«ty.o?).  Gen.  3. 
1.  Serpens  erot  callidior  cunctis  anvmantibus 
terrœ  :  Le  serpent  était  le  plus  fin  de  tous  les 
animaux  qui  étaient  sur  la  terre,  à  cause  que 
le  déuiOn  se  servait  de  lui  pour  tromper  Eve, 
étant  d'ail'eurs,  par  sa  finesse  naturelle,  urt 
instrument  convenable  à  son  dessein.  Eslh. 
16.  6.  Job.  56.  13. 

2°  Habile,  prudent,  avisé.  Prov.  14.  8. 
Sapienlia  callidi  est  inlelllfiere  viam  suam  : 
La  sagesse  de  l'homme  h  i  bile  est  de  bien 
comprendre  sa  voie;  i.  e.  de  comprendre  si, 
dans  toute  la  conduite  de  sa  vie,  il  ne  recher- 
che que  Dieu.  c.  12.  16.  Qui  dissimulât  inju- 
riam  caUidus  est  :  Celui  (jui  dissimule  l'injure 
par  une  vraie  patience,  el  non  pour  s'en 
mieux  venger,  est  un  homme  habile,  c.  22.  .'?. 

CALLIS,  is.  De  ccdlus,  parce  que  c'est  un 
chemin  qui  se  durcit  à  force  de  marcher. 

1"  Chemin  étroit,  sentier  (ôSôs).  Judic.  5. 
6.  Qui  ingrediebantur  per  semilas,  ambulavc- 
runt  per  calles  devios  :  Ceux  qui  devaient 
aller  par  des  chemins  battus  ont  marché  par 
des  roules  détournées  :  Debora  a  en  vue  la 
consternation  où  les  persécutions  des  Phi- 
listins el  des  Chananéens  avaient  mis  les 
Hébreux  depuis  le  temps  de  Samgar  juscjuau 
temps  de  Jahel. 

2"  Le  rang  el  le  poste  que  chaque  soldat 
lient  dans  la  marche  el  dans  le  chemin.  Joël. 
2. 8.  Singuli  in  colle  suo  ambnlabiinl  :  Chacun 
gardera  la  place  qui  lui  aura  été  maruuée. 
Ici  le  prophète  |)arle  du  grand  nombre  des 
sauterelles,  ou  des  armées  des  Assyriens  el 
des  Ba  by  Ioniens  (jui  de  vaienl  ravager  la  Judée. 

—  La  conduite,  le  cours,  le  train  de  la  vie. 
Job.  19.  8.  In  calle  meo  tcncbras  posait  :  Le 
Seigneur  a  répandu  des  ténèbres  dans  le 
chemin  étroit  par  où  je  marchais.  Ces  ténè- 
bres marquent  les  maux  dont  il  était   envi- 


é.  V 


«y 


c.  3.  22.  Prov.  2.  20.  Ainsi ,  Jsa. 


26.  7.  Jlectus  caliis  justi  ad  ainbulanduin  :  Le 
chemin  du  juste  le  conduira  droit  dans  sa 
voie,  H(  br.  Vous  dresserez  au  niveau  le 
chemin  du  juste. 

CALLISTHENES,  is,  Gr.  Pulchrum  robur. 
Oflicier  de  Nicanor,  brûlé  pur  les  Juifs.  2. 
Mae.  8.  33. 

CALOR,  is,  0;pf7./3,  ï!f.  De  calco ,  avoir 
chaud,  brûler,  el  signifie  : 


PHILOLOGIE  SACRÉE.  580 

Chaleur,  le  chaud,  l'ardeur.  Ps.  18.  7.  Nec 
est  qui  se  abscondat  a  calore  ejus  :  Il  n'y  a 
personne  qui  se  cache  à  la  chaleur  du  soleil. 
Job.  24-.  19.  Ad  nimium  calorem  transeat  .ab 
.flf/ui.s  «îvjwm;  L'adultère  passera  tout  d'un 
coup  des  eaux  froides  de  la  neige  à  une  cha- 
leur excessive;  i.  e.  il  sera  tourmenté  des 
derniers  supplices  opposés  ,  tels  que  sont  le 
dernier  degré  du  froid  et  le  dernier  degré  de 
la  chaleur.  D'autres  expliquent  ce  passage 
des  tourments  des  damnés,  dont  le  supplice, 
selon  l'Ecriture,  est  un  feu  éternel.  Le  Grec 
porte  :  de  même  que  la  chaleur  d'une  terre 
altérée  consume  les  eaux  des  neiges,  ainsi  la 
mort  emporte  les  pécheurs.  Voy.  Nix. 

Ardeur,  transport,  emportement  (e^ppaata). 
Jerem.  51.  39.  In  calore  eorum  ponam  potus 
eorum,  et  inebriabo  eos  :  Je  les  ferai  boire 
dans  leur  chaleur,  et  je  les  enivrerai.  Le  pro- 
phète prédit  ou  les  maux  extrêmes  par  les- 
quels Dieu  devait  tirer  des  Juifs  une  juste 
vengeance,  qui  est  souvent  appelée  le  vin  de 
sa  fureur  ;  ou  c'est  une  prophétie  de  ce  qui 
arriva  à  Balthazar,  qui,  après  s'être  rempli 
de  vin,  but  dans  les  vases  sacrés,  el  fut  tué 
la  même  nuit.  Voy.  Dan.  5.  2.  30. 

Autre  significalion. 

CALOR,Heb./iamai/t,  chaleur.  Nom  d'homme 
appelé  Hamath,  de  qui  est  sortie  la  famille 
des  Rechabites:  ce  nom  appellatif  lui  est 
demeuréau  lieu  du  nom  propre.  1.  Par.  2.55. 

CALPHI,  Heb.  Vox  oris.  Père  de  Juda; 
qui  était  colonel  général  de  la  cavalerie  do 
Jonathas.  1.  Mac.  11.  70.  Voy.  Judas. 

CALUBI,  Heb.  Caninus.  Fils  d'Hesron.  1. 
Par.  2.  9.  Le  même  que  Caleb. 

CALUMNIA,  JE.  (Tvy.ofmrix.  De  calvor,  i. 
e.  frustrur,  ou  decipio,  tromper. 

1  Calomnie  ,  fraude,  imposture.  Gen.  43. 
18.  Introdiicti  sumus  ut  devolvat  in  nos  ca- 
luDiniam:  C'est  sans  doute  à  cause  de  cet 
argent  que  nous  avons  remporté  dans  nos 
sacs,  qu'il  nous  fait  entrer  ici  pour  faire  re- 
tombersur  nous  ce  reproche,  disent  les  frè- 
res de  Joseph  étant  introduits  en  sa  maison. 
Levil.  19.  13.  Non  faciès  calumniam  proxi- 
mo  tuo:  Vous  ne  calomnierez  point  votre 
prochain,  c.  6.  2.  Ps.  118.  134.  Eccl.  7.  8. 
Luc.  2. 14.  etc. 

2°  Oppression,  violence,  injustice,  ou  voie 
injuste.  Prov.  28. 16.  Dux  indigens  pruden- 
tia,  iwillos  oppriiiiet  per  calumniam  :l]n  prin- 
ce imprudent  opprimera  plusieurs  person- 
nes par  ses  violences.  Isa.  33.  15.  Qui  proji- 
cit (ivaritiam  ex  cabDunia...  v.  16.  Islein  ex- 
cetsis  habitabil:  Celui  qui  a  horreur  d'un 
bien  ac(iuis  par  extorsion,  demeurera  dans 
des  lieux  élevés.  Ose.  12.  7.  Ainsi,  Deut.  28, 
v.29.33.  Eecl.4.  1.  C.5.  7.  Isa.  23.  12.  etc. 
D'où  vient  cette  signification  suivante  : 

3"  Le  puits  qulsaac  fit  creuser  au  fond  du 
torrent  fut  appelé  injustice  ou  violence  («5t- 
zi«),  parce  que  les  pasteurs  de  Gerara  que- 
rellèrent les  pasteurs  d'Isaac,  lorsqu'ils  le 
creusèrent,  en  leur  disant  (jue  l'eau  était  à 
eux.  Gen.  2«>.  20.  Nomen  putci,  ex  co  quoi 
arcideral,  tiocavif  Calumniam:  huAC  appela 


581 


CAF. 


CAL 


5S2 


le  puits,  Injustice,  à  cause  de  ce  qui  était  ar- 
rivé. Voy.  TORRENS. 

CALUMNIARI,  au/oyavTsfv.  —  1°  Uscp  de 
calomnie,  calomnier,  accuser  faussement 
quelqu'un,  le  (iécrier  (èTVïjpsâÇîtv).  Luc.  6.  28. 
Orate  pro  calumniantibus  vos:  Priez  pour 
ceux  qui  vous  calomnient;  Gr.  qui  cherhent 
à  vous  faire  du  mal.  Matth.  5.  h-k.  Ainsi,  1. 
Pe(r,  3.  16.  In  eo  quod  detrahunt  vobis,  con~ 
fundantnr,  qui  calumniantiir  vestram  bonam 
in  Christo  conter salionem  :  Conservez  en 
louî  une  conscience  pure,  afln  que  ceux  qui 
décrient  la  ^ie  sainte  que  vous  menez  en 
Jésus-Christ,  rougissent  de  vous  diffamer 
comme  ils  font.  Ps.  118.  121. 

2°  Opprimer  par  des  violences  et  des  injus- 
tices. Prov.  14.  31.  Qui  calumniatur  egen- 
tem,exprobrat  fnctori  ejiis: Ce\m  qui  opprime 
le  pauvre  fait  injure  à  Dieu  qui  l'a  créé.  1. 
Par.  10.  21.  1.  Reg.  12.  v.  3.  k.  Job.  10.  3. 
Isa.  52.  3.  Ezech.  22.  v.  7.  12.  29.  Mal.  3.  5. 
et  ce  mol  en  ce  sens  répond  au  verbe  Hebr. 
ghaschaq,  qui  signifie  retenir  injustement, 
<'t  avec  violence  le  bien  d'aulrui,  ne  vou- 
loir point  le  rendre  ,  ou  payer  ce  qu'on  doit, 
au  lieu  que  gazai  signifie  le  prendre  par 
force. 

3°  Entreprendre,  ou  attenter  malicieuse- 
ment et  injustement  surquclque chose.  Prov. 
28.  17.  Qui  calumniatur  animœ  sanguinem: 
Celui  qui  répand  injustement  le  sang,  en 
quoi  consiste  la  vie.  Mich.  2.  2.  Malach.  3. 
5.  l.Petr.  3.  16. 

CALVARIA,  jE.  y.prx-Aov.  Vient  de ca^ca,  Voy. 
Calvus,  cl  signifie, 

l"Le  crâne  de  la  tête.  4.  Reg.  9.  35.  Non 
invenerunt  nisi  culvariam  :  Les  gens  de  Jehu 
ne  trouvèrent  que  le  crâne,  les  pieds,  et  l'ex- 
Iréniité  des  mains  de  Jezabel:  Jehu  les  avait 
envoyés  pour  l'ensevelir. 

2°  Lieu  hors  la  ville  de  Jérusalem,  où  Jé- 
sus-Christ fui  crncifié.  Matth.  27.  33.  Marc. 
J5.  22.  Luc.  23.  33.  Joan.  19.  17.  Amsi  ap- 
pelé, selon  saint  Jérôme,  parce  que  ce  lieu, 
où  l'on  suppliciait  ordinairement  les  crimi- 
nels, était  plein  de  crânes  de  têtes,  et  d'osse- 
ments de  ceux  qui  y  avaient  été  exécutés  : 
selon  plusieurs  Pères,  parce  que  Adam,  le 
premier  homme  ,  y  avait  été  enterré  :  mais 
saint  Jérôme,  sur  saint  Matth.  27.  33.  réfute 
ce  sentiment  (  que  les  Pères  ont  fondé  sur  le 
passage  de  Jos.  14.  15.  qui  porte,  Adnmmaxi- 
mus  ibi  inter  Enacim  situs  est:  )  par  ce  pas- 
sage môme  de  Josué,  en  ce  que  le  mot  de 
Adam,  signifie,  selon  le  sens  de  la  langue 
originale,  un  homme  en  général,  et  non  le 
premierdetousies  hommes;  etque  cet  homme 
dont  il  est  parlé  en  cet  cndroii-là  de  Josué, 
est  Arbe,  (\n\  a  donné  le  nom  à  la  ville  ap- 
pelée Carinlh-arbé.  Voy.  Adam. 

CALViTlUM,  I.  yy'>-^w>l'''-  —  1  Défaut 
de  cheveux,  soit  sur  le  devant  soit  au  der- 
rière de  la  tète.  Levit.  13.  42.  Sin  aulem  in 
enlvitio  sive  in  recalvalione  ulbus,  vel  rufus 
culor  fueril  exorlus:  Que  si  sur  la  peau  de  la 
télé  qui  est  sans  cheveux,  il  se  forme  une 
tach(!  blanche  ou  rousse:  c'était  une  marque 
de  lèi)re.  v.  43.  —  2'  Défaut  de  cheveux  au 
devant  de  la  tétc.   Isa.  3.    24.  Ll  erit...   jjro 


crispanli  crine,  calvilium  :  Lqs  cheveux  fri- 
sés des  filles  de  Jérusalem,  seront  changés 
en  une  tête  nue  et  sans  cheveux.  —  3°  La 
rasure  du  devant  de  la  tête,  et  même  de 
la  barbe;  ce  qui  était  la  marque  d'un  grand 
deuil  parmi  les  idolâtres.  Deûl.  14.  1.  JVec  fa- 
cielis  calvitium  super  mortuo  :  Ne  vous  rasez 
point  en  pleurant  les  morts:  Dieu  défend 
aux  Juifs  de  se  raser,  comme  les  idolâtres,  à 
la  mort  de  leurs  proches. 

Grand  deuil  et  ^alfliction  {'^-jpnryiç ,  rasura). 
Isa.  22.12.  Vocabit  Dominus  Deusexerciluum 
indieilla  ad  calvitium:  Le  Seigneur  vous 
invitera  à  raser  vos  cheveux:  ce  qui  peut 
s'entendre  de  la  désolation  que  fit  Sennaché- 
rib  dans  la  Judée  au  temps  d'Ezechias.  c.  15. 
2.  Jerem.  16.  6.  c.  47.  5.  c.  48.  37.  Ezech.  7. 
18.  c.  27.  31.  Amos.  8.  10.  Ainsi,  Mich.  1.  16. 
Dilata  calvitium  tuum  sicui  aquila:  Demeu- 
rez sans  aucun  poil,  comme  l'aigle  se  dé- 
pouille de  toutes  ses  plumes:  Les  prophètes, 
dans  tous  ces  passages  cités,  n'ordonnent 
pas  aux  Juifs  de  s'arracher  ou  se  raser  les 
cheveux  à  la  mort  de  leurs  proches,  puisque 
cela  était  défendu.  Deut.  14.  J.  Mais  ils  leur 
prédisaient  que  leurs  afflictions  et  leurs  mi- 
sères seraient  si  grandes,  qu'ils  donneraient 
volontiers,  ou  auraient  raison  de  vouloir 
donner  des  marques  aussi  éclatantes  de  leur 
douleur  que  celles-là,  s'il  leur  était  permis-. 
Voy.  Attondere. 

CALVUS,  fulc/.y.poç.  Du  Grec  xctostv,  tondre, 
ou  de  l'Hébreu  kal,  lavis. 

Chauve,  (lui  a  la  (été  dégarnie  de  cncveux 
pour  le  moins  en  partie.  4.  Reg.  2.  23.Ascen^ 
de,  calve;  ascende ,  c«/t'c;Monte,  chauve.  11  y 
a  bien  de  l'apparence  que  ces  petits  enfam.s 
qui  insuKaienl  à  Elisée,  suivaient  en  cela  Ics^ 
imj)ressions  que  leurs  parents  et  leurs  pro- 
ches leur  avaient  données  contre  le  saint  pro- 
phète: ce  fut  pourquoi  il  livra  ces  enfanlsà 
des  ours,  pour  réprimer  l'orgueil  des  Juifs. 

C aLVUS.  Voy.  supra,  post  Calvitium. 

(L\LX,  GIS.  y.o^iu.  Ce  nom  signifiant  lebout 
du  pied,  vient  du  Grec  Xàç,  du  verbe  In-yra, 
dcsino,  et  signifiant  de  la  chaux,  vient  de 
z(////r;>,  qui  signifie  pierre,  ou  moellon,  et 
signifie  proprement  de  la  chaux,  dont  on 
sesert  pour  faire  le  mortier:  dans  l'Ecriliire, 

1"  Chaux.  Deut.  27.  v.  2.  4.  Eriyite  lapi- 
des...  in  monte  Idebal,  et  lœvigabis  eos  calce: 
Vous  drosserez  de  grandes  pi(;rres  sur  le 
mont  Hebal,  et  vous  bs  enduirez  avec  de  la 
chaux;  c'était  pour  y  écrire  les  paroles  delà 
loi  de  Dieu. 

2  I.e  pied,  la  corne  du  pied  d'un  cheval 
(Ô7r),-/ij.  2.  Macli.  3.  25.  Jsque  cumimpelu  Uc- 
liodoro  priores  calces  clisil:l]n  cheval  fon- 
dant avec  impéluosilé  sur  Heliodore,  le  frap- 
pa, en  lui  (loiinanl  plusieurs  coup^  des  deux, 
pieds  de  devant.  Dieu  lit  paraîlr<!  sa  protec- 
tion contre  Heliodore,  qui  voulut  lui  même 
faire  enlever  le  trésor  du  temple. 

Calce  abjiccrc.  Mepiiser,  fouler  aux  pieds. 
1.  Reg.  2.  29.  Quare  calce  abjeci^tis  licti^ 
tuamf  Pour(|uoi  avez- vous  foulé  aux  pic-Js 
mes  victimes?  Les  cnfanis  il  Lli  Iraiiaient 
indigneujent  et  avec  mépris  les  viclimos  t|ui 
étaient  offertes  à  Dieu,  et  conin»e  une  chose 


585 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


:.84 


profane,  en  prenant  d'abord  lo  meilleur,  et 
ce  qui  leur  plaisait,  et  ne  laissaient  à  Dieu 
que  le  reste. 

CAMELOPARDALUS,  i.  Gr.  y.uiJ.vloKÛpSoàtg. 
i)u  Grec  -/«fzïjXo?,  et  de  7r<ip5«).t?,  et  signifie, 

Giraffc,  animal  de  la  grandeur  du  cha- 
meau, mais  moucheté  comme  la  panthère;  il 
était  permis  aux  Juifs  d'en  manger.  Deut. 
li.  V.  4..  5. 

CAMELUS  ,  I.  y.ùixnloç.  Peut  venir  du  mol 
Hébreu  gamal,  qui  signifie.  Rendre,  parce 
que  c'est  un  animal  fort  vindicatif;  ou  du 
verbe  Grec  -/My.vM ,  laboro  ;  parce  que  cet 
animal  est  né  pour  le  travail  ;  ou  de  yMiJ.nzM, 
flecio;  et  de  ^vpoç ,  fémur  ;  parce  qu'il  courbe 
le  genou,  et  signifie  : 

Chameau,  qui  sert  dans  l'Orient  à  porter 
les  fardeaux,  et  qui  était  immonde  parmi  les 
Juifs.  Deut.  14.  7.  Ezech.  25.^.DaboRabbath 
in  habit.aculum  camelorum:  J'abandonnerai 
Rabbath,  pour  être  la  demeure  des  cha- 
meaux: Dieu  menace  les  Ammonites  qu'il 
les  assujettira  aux  Arabes  pour  faire  parquer 
leurs  chameaux  dans  leurs  pays,  ou  du  moins 
aux  Chaldéens,  dont  le  roi  Nabuchodonosor 
s'était  rendu  maître  de  l'Arabie.  Gcn.  12. 
16.  Isa.  60.  6.  Ces  animaux  étaient  fort  fré- 
quents et  de  grand  usage  dans  la  Judée,  et 
les  pays  circonvoisins.  Ainsi,  Matth.  19.  24^. 
Facilius  est  camelum  per (oramen  acus  Irans- 
ire,  quam  diviiem  intrare  in  regniim  cœlo- 
rirw:  Il  est  plus  aisé  qu'un  chameau  passe 
par  le  trou  d'une  aiguille,  que  non  pas  qu'un 
riche  entre  dans  le  royaume  des  cieux.  Quel- 
ques uns  croient  que  camelus  signifie  un  ca- 
ble, ou  grosse  corde, que  l'on  attache  à  l'an- 
cre d'un  vaisseau ,  supposant  que  -/«j^vjXoi-,  a 
aussi  celte  signification;  mais  on  n'en  trouve 
point  d'autorité:  il  est  vrai  que  Suidas  et 
quelques  autres  lisent  xk^m^o?,  en  ce  sens,  et 
non  pas  x«|^v3/oç. 

CAMERA.  Du  Grec  xapici/ja,  qui  a  la  même 
signilicalion,  et  signifie  proprement,  une 
voûte:  dans  l'Ecriture  : 

1°  Voûle,  plafond  (ohog).  3.  Reg.  7.  3. 
Tabulatis  cedrinis  veslivit  lotam  cameram: 
Salomon  revêtit  de  lambris  de  bois  de  cèdre 
tout  le  plafond. 

2°  Loge  ou  cabane  (B«ie«z«Ci).  i.  Reg.  10.  v. 
12.14-.  Juijulaverunt  eos  in  cisterna  juxla  ca- 
meram quadï aginta  daos  viros:  Les  gens  de 
Jehu  menèrent  à  une  citerne,  près  d'une 
cabane  de  pasteurs,  los  frères  d'Ochozias  : 
c'élaientses  neveux,  tous  enfants  doses  frè- 
res, comme  était  Lolh  à  l'égard  d'Abraham. 
2.  Par.  22.  8.  Ciiin  everterct  Jehu  domnm 
Acluibjnvenit principes  Juda  et  filios  fralrum 
Ochoziœ,  et  interfecitillos:  Comme  Jehu  s'en 
allait  pour  ruiner  la  maison  d'Achab,  il  trou- 
va les  princes  de  Juda,  et  les  fils  des  frères 
d'Ochozias;  ils  les  égorgèrent  tous,  au  nom- 
bre de  quarante-deux  qu'ils  étaient.  Quelques 
auteurs  prennent  ici  ce  nom  pour  un  nom 
propre  de  lieu;  savoir  d'un  village  sur  le 
grand  chemin,  et  proche  de  Samarie;  et 
croient  que  ce  lieu  était  ainsi  appelé,  parce 
(juil  était  propre  à  tondre  les  brebis.  Hcbr. 
baiihacad;  Domus  ligationis,  où  on  liait  les 
brebis  pour  les  tondre. 


CAMINUS,  I,  y.c/.ixaoçy  du  grec  zaûpa,  «xoç, 
Chaleur,  et  signifie  : 

1°  Cheminée.  Exod.  9.  v.  8.  10.  Tuleruntci- 
nerem  de  camino  :  Moïse  jeta  au  ciel  la  cen- 
dre que  lui  et  Aaron  avaient  prise  de  la  che- 
minée avec  leurs  mains:  il  se  forma  des 
ulcères  et  des  tumeurs  dans  les  hommes  et 
les  animaux  par  toute  l'Egypte.  Eccl.  22.30. 
2°  Fournaise,  lieu  embrasé  de  feu.  Dan.  3. 
17.  Deus  noster  quem  colimus,  potest  eripere 
nos  de  camino  ignis  ardenlis  :  Notre  Dieu,  le 
Dieu  que  nous  adorons,  peut  certainement 
nous  retirer  du  milieu  des  flammesde  la  four- 
naise, disent  les  trois  enfants  à  Nabuchodo- 
nosor. V.  23.  Apoc.  1.  15.  A  quoi  sepeut  rap- 
porter le  feu  dont  les  damnés  seront  tour- 
mentés. Matth.  13.  42.  Minent  eos  in'cami- 
îiu>?u(/nis;  Les  anges  précipiteront  les  pécheurs 
dans  la  fournaise  du  feu.  Jésus-Christ  parle 
de  ce  qui  arrivera  au  dernier  jugement,  v.  50. 
SCreuset  pour  fondre  l'or  ou  l'argent. Prov. 
17. 3.  Sicut  igné  probatur  argenlum,  et  aurum 
camino,  ita  corda  probat  Dominus  :  Comme 
l'argent  s'éprouve  par  le  feu,  et  l'or  par  le 
creuset  :  ainsi  le  Seigneur  éprouve  les  cœurs. 
§  1. — L'état  des  afflictions  et  des  misères, 
par  lesquelles  Dieu  éprouve  les  siens,  est 
appelé  le  fourneau  de  l'affliction,  de  la  pau- 
vreté, pour  les  éprouver  et  les  purifier.  Eccl. 
2.  5.  Homines  receptibites  probantur  in  cami- 
no humiiiationis:  hes  hommes  que  Dieu  re- 
çoit au  nombre  des  siens,  sont  purifiés  dans 
le  fourneau  de  l'affliction.  Isa.  48.  10. 

§  2. —  La  punition  terrible  des  méchants 
est  représentée  par  une  fournaise  ardente. 
Isa.  31.  9.  Caminus  ejus  in  Jérusalem:  Le  Sei- 
gneur qui  a  une  fournaise  ardente  dans  Jé- 
rusalem. Le  prophète  parle  de  la  défaite  de 
l'armée  de  Sennachérib  par  l'ange.  Malach. 
4.1.  Dies  veniet  succensa  quasi  caminus  (x)>iga- 
•joç)  :  Il  viendra  un  jour  de  feu,  semblable  à 
une  fournaise  ardente:  ce  qui  s'entend  de  la 
prise  et  de  l'embrasement  de  Jérusalem,  qui 
fut  prédite  par  Jésus-Chrisl;  mais  il  s'entend 
bien  aussi  du  dernier  jour  du  jugement,  dont 
la  destruction  de  Jérusalem  fut  la  figure. Voy. 
Matih.  13.  V.  42.50. 

§  3.  —  Feu  allumé  dans  le  foyer,  ou  tison 
ardent  (ô«/ôç),  se  dit  figurément  des  chefs  du 
peuple  de  Dieu, qui  consument  et  détruisent 
leurs  ennemis  avec  la  même  facilité  que  le 
bois  sec  le  peut  être  par  un  tison  allumé. 
Zach.  12.6.  Ponam  duces  Juda  sicut  caininum 
ignis  in  lignis :  Je  rendrai  les  chefs  de  Juda 
comme  un  tison  de  feu  qu'on  met  sous  le  bois: 
ceci  peut  être  une  prophétie  des  Machabées, 
qui  ont  défait  leurs  eniiemis. 

CAMON.  Ville  dans  la  tribu  de  Manassès, 
delà  le  Jourdain.  Judic.  10.  5. 

CAMPUS,  1,  ^£§tov,  du  Grec  y.uiMnôç,  qui 
signifie  cirque,  qui  est  un  champ  grand  et 
uni.  pour  faire  les  courses  des  chevaux. 

Champ,  plaine,  campagne.  Ps.  103.  8. 
Ascenderunt  montes  et  descenderunt  campi  : 
Lorsque  les  eaux  se  retirèrent,  les  monia- 
gnes  parurent  s'élever,  et  les  collines  paru- 
rent s'abaisser,  chacune  dans  le  lieu  que 
vous  leur  avez  marqué  :  c'est  ce  qui  arriva 
au  troisième  jour  de  la  création  du  monde 


ÎÎSS 


CAN 


CAN 


580 


Ps.  8.  8.  Ps.  95.  12.  Judith.  1.  6.  Ainsi,  Ps. 
131.  6.  Invenimus  eam  in  campis  silvœ  .-Nous 
avons  trouYé  l'arche  dans  les  champs  de  la 
forél.  Ce  lieu  esUe  même  que  Garialhiarim, 
où  l'arche  demeura  vingt  ans  depuis  qu'elle 
fui  ramenée  du  pays  des  Philistins,  v.  1. 
Re^.  6.  21.  elc.7.2.Cant.  2.  1.  De  là  vient: 

CAMPUS  MAGNUS.  Ces  mots  qui  répon- 
dent à  l'Hébreu  Haraboth,  Campeslria  ,  si- 
gnifient dans  l'Ecriture  : 

1°  Une  plaine  commandée  par  des  monta- 
gnes. 1.  Mach.  5.  52.  Transf/ressi  surit  Jor- 
danem  in  campo  magno,  contra  faciem  Beth- 
san  :  Judas  et  ses  gens  passèrent  ensuite  le 
Jourdain  dans  la  grande  plaine,  qui  est  vis- 
à-vis  de  Bethsan.  Judith.  1.  G.  Voy.    Ar- 

BELLA. 

2°  Un  nom  propre  de  lieu,  une  plaine  fort 
étendue  située,  selon  saint  Jérôme,  entre  le 
mont  Thabor  elle  lac  de  Tibériade,  dans  la 
iribu  d'Issachar.  1.  Mach.  12.  49.  Misit 
Tryphon  exercitum  et  équités  in  Galilœam,  et 
in  Campum  magnum  :  Tryphon  envoya  ses 
'roupes  et  sa  cavalerie  dans  la  Galilée,  et 
dans  le  Grand  Champ  :  ce  lieu  s'appela  aussi 
Campus  Esdrelon,  Mageddo,  et  planities  Ga^ 
lileœ;  et  l'on  croit  qu'il  est  aussi  marqué  par 
le  mot,  S.iron,  Isa.  33.  9.  et  Campeslria.  c. 
65.  10.  Heb.  Saron,  comme  aussi,  Cantic.  2. 
1.  Ego  flos  Campi,  Heb.  Saron. 

3°  Campus  idoli ,  Le  champ  de  l'idole. 
Amos.  1.  5.  Voy.  Idolum. 

CAMPESTRIS,  E.  TTîStvôf,  de  Campus,  et 
signifie, 

Qui  est  des  champs,  de  la  campagne,  qui 
croît  et  vient  dans  les  champs,  dans  la  plaine, 
dans  un  lieu  uni.  Luc.  6.  17.  Stelit  in  loco 
campestri  :  Jésus-Christ  descendit  de  la  mon- 
tagne, où  il  avait  passé  toute  la  nuit  pour 
prier,  et  s'arrêta  dans  une  plaine,  c'est- à- 
dire,  dans  un  lieu  sans  montagnes.  De  là 
vient  : 

CAMPESTRIA,  um.  Plaine,  lieu  spacieux 
sans  montagnes  {^•jtu.ô;,  occasus).  Num.  22. 
1.  Castramelali  sunl  in  campestribus  Moab  : 
Les  Israélites  campèrent  dans  les  plaines 
de  Moab  près  du  Jourdain.  Gen.  \k.  6.  Abd. 

V.   19.  Voy.  HiEREDITARE. 

CAMPUS,  I.  Voy.  supra. 

CAMUKL,  Heb.  Surrexit  Deus.  —  1"  Fils 
de  Nachor,  frère  d'Abraham.  Gen.  22.il. 
Camuel  palrem  Syrorum  ;  Heb.pntrem  Arami: 
Cet  Aram  fils  de  Camuel,  est  différent  d'A- 
rarn  fils  de  Sem,  qui  a  donné  le  nom  aux  Sy- 
riens. —  2"  Un  des  premiers  de  la  tribu  d'iil- 
phraïm.  Num.  3i.  2'^.  —  3°  Père  dHasabias, 
qui  commandait  aux  lévites.  1.  Par.  27.  17. 

CAMUS,  I.  du  Grec  //jpô,-,  et  signifie,  mors 
fort  rude,  sorte  de  bride.  Ps.  31.  9.  Jn  camo 
et  freno  maxillas  eorum  conslringc ,  gui  non 
approximanl  ad  te  :  \ous  resserrerez  avec 
le  mors  et  le  frein  la  bouche  de  ceux  qui, 
,"omme  des  chevaux,  vous  veulent  échapper, 
dit  David  :  ce  qu'Isaïe  témoigne  que  Dieu  a 
fait  à  l'égard  de  Sennachérib.  V.  Reg.  19.  2M. 
Cette  expression  marque  que  Dieu  dompte 
îcs  méchants,  romme  on  dompte  les  chevaux 
par  le  mors.  Prov.  20.  3. 

CANA,  Heb.  Zelus.  —  1°  Ville  de  la  tribu 
Dictions,  db  Philol.  Sacrée.  I. 


d'Aser  dans  la  Galilée  supérieure,  près  de 
Tyr  et  Sidon.  Jos.  19.  28.  Hamon  et  Cana  us- 
qùe  ad  Sidonem  magnam.  Cette  ville  est  ap- 
pelée Cana  la  grande,  en  comparaison  de 
l'autre.  —  2°  Ville  de  la  tribu  de  Zabulon 
dans  la  Galilée  inférieure,  où  Jésus-Christ, 
a  changé  l'eau  en  vin,  et  a  guéri  le  fils  d'un 
officier  du  roi.  Jo?n.  2.  v.  1.  11.  Hoc  fecit 
initium  signorum  Jésus  in  Cana  Galileœ  :  Ce 
fut  là  le  premier  des  miracles  de  Jésus- 
Christ,  qui  fut  fait  à  Cana  en  Galilée,  c.  4. 
4G.  C'est  d'où  étaient  Nathanael  et  Simon 
l'Apôtre. 

CANALIS,  ).>3vô?.  De  canna,  canne,  roseau, 
à  cause  de  sa  figure,  et  signifie  proprement, 
canal,  lit  dune  rivière  :  dans  l'Ecriture, 

1°  Canal  où  on  met  l'eau  pour  abreuver  le 
bétail  (>.>3v6î).  Gen.  30.  il.  Ponebat  Jacob  vir~ 
gas  in  canalibus  uquarum  :  Lorsque  les  bre- 
bis devaient  concevoir  au  printemps,  Jacob 
mettait  les  branches  vertes  de  peuplier  dans 
les  canaux  :  celait  afin  que,  venant  boire, 
elles  conçussent  des  agneaux  de  diverses 
couleurs,  qui  devaient  être  sa  récompense. 
c.  2i..  20.  Gr.  Trortc-r/i/stov,  Exod.  2.   16.   Gr. 

2°  Chaudière,  ou  cuvier  dont  se  servent  les 
teinturiers  pour  teindre  leurs  étoffes.  Canl. 
7.  5.  Comœ  capilis  tui,  sicut  purpura  régis 
vincta  canalibus  {-xoy.Spofi-ri,  transcursus. Kebr. 
rahit,  Irabs  Iransversa)  :  Les  cheveux  de  vo- 
tre tête  sont  comme  les  fils  de  la  soie  de 
couleur  de  pourpre,  qui  sont  longtemps  at- 
tachés sur  le  bord  de  la  chaudière,  pour 
prendre  une  forte  teinture  :  cette  description 
des  cheveux  figure  les  chrétiens,  qui,  étant 
attachés  par  la  foi  aux  divins  canaux  des 
plaies  de  Jésus-Christ,  sont  tout  pénétrés 
du  double  amour  et  pour  Dieu  et  pour  le 
prochain. 

CANANiEUS,  Heb.  Zelotes.  De  Cana  en 
Galilée  (-/«vaviTjj?).  Mallh.  20.  4.  Sitnon  Cana- 
U'cus.  Marc.  3.  18.  Il  est  appelé  Cananéen, 
pour  le  distinguer  de  Simon  Pierre.  Voy.  Ze- 
lotes. 

CANATH,  Heb.  Emptio.  Ville  do  la  Irihn 
de  Manassé  de  là  le  Jourdain.  Num.  .32.  42. 

1.  Par.  2.  23.  dans  le  pays  do  Galaad. 
CANCELLI  ,  ORUM.    Du  Grec  xr/x/ù-,  porte 

fermée  avec  des  barres  ou  chancels(5tzTU'A)TÔv), 
ei  signifie. 

Barreaux,  qui  se  croisent  les  uns  les  au- 
tres en  ligne   droite  ou  oblique.  4.  Reg.  1. 

2.  Ceciditque  Ocltosias  per  cancellos  cœudculi 
sui  quod  habebat  in  Samaria  :  OcJiosi.is 
tomba  par  la  fenêtre  d'une  chambr»*  IkiuIc 
qu'il  avait  à  Samarie.  Prov.  7.  0.  Cant.  2.  9. 

C.\NCER  ,  Grec.  zx^oxivwaK.  Ce  mot  (jui  a 
diflérenlos  racines  selon  ses  différenles  si- 
gnifications, signifie  propremeni,  un  cancre, 
espèce  de  poisson;  le  Cancer,  signe  céiosie; 
un  cancer,  sorte  de  maladie,  ou,  comme  il 
est  pris  dans  l'I^'crilure,  gangrène,  m.iladic, 
et  alors  il  vient  de  y.«py.îwç ,  ainsi  appelée, 
parce  qu'elle  s'étend  par  les  parties  voisines 
du  corps. 

Gangrène,  maladie,  qui  mange  et  gàto  les 
parties  voisines,  et  s'étend  toujours  de  plus 
en  plus  (yayyjSKivx) .  2.  Tim.  2.  17.  Sermo  ey- 

19 


581  DIGTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRtE. 

rum  ut  cancer  serpit  :  La  doctrine  de  ceux 
qui  sèment  de  vains  discours  gâtera  peu  à 
peu 


comme  la  gangrène,  ce  qui  est  sain. 

CANDACE,  Heb.  Possidens  conlrilionem. 
Candace,  reine  d'Ethiopie.  Ce  nom  est  com- 
mun aux  reines  de  ce  pays.  Âct.  8.  27.  Et 
ecce  vir  jEthiops  Eunuchns  potens  Candacis 
reginœ  /Elliiopum,  ou  Candaces,  selon  le  Grec 
(-/avoxzr; )  :  Un  Ethiopien  eunuque  ,  l'un  des 
premiers  officiers  de  Candace,  reine  d'Ethio- 
pie,était  venu  à  Jérusalem  pour  adorer.  Vov. 
Flm.  L  6.  2Ô. 

CANDELABRUM,  i.  y-j/^.rx.  De  candela , 
parce  que  ia  chandelle  se  met  sur  le  chan- 
delier, et  signifie  : 

1  '  Chandelier,  Eccli.  26.  22.  Lucerna  splen- 
dens  super  candelabrum  sanclum^  et  species 
faciei  super  œtatem  stabitem  :  L'agrément  du 
visage  dans  un  âge  mûr  ,  est  comme  une 
lampe  qui  luit  sur  un  chandelier  saint.  Le- 
vit.  2i.  i.  Super  candelabrum  mundissim an 
ponenlur  :  Les  lampes  seront  toujours  po- 
sées sur  un  chandelier  très-pur  devant  le 
Seigneur.  Le  chandelier  que  Moïse  fit  par 
l'ordre  de  Dieu,  était  très-pur ,  tant  parce 
qu'il  était  fait  de  l'or  le  plus  pur,  que  parce 
qu'il  était  destiné  à  dos  usages  saints.  Voyez- 
en  la  description,  Exod.  25.  31.  etc.  c.  37.  v. 
17.  18.  19.  etc.  sur  le  modèle  duquel  Salomon 
en  fit  faire  dix  pour  le  temple. 

2°  Jésus-Christ,  ou  l'Eglise  qui  porte  la 
lumière  de  la  doctrine  céleste  et  des  bonnes 
œuvres,  étaient  figurés  par  ce  chandelier  de 
Moïse  ,  comme  le  chandelier  d'or  décril  dans 
Zach.  i.  2.  était  la  figure  du  temple  (|ui  de- 
vait être  rebâti.  Voy.  Lampas.  Ainsi  les  sept 
chandeliers  d'or  que  vil  saint  Jean  ,  Apoc 
1.  12.  représentaient  les  sept  Eglises  v.  20. 
Candelabra  septem  :  Les  sept  chandeliers  sont 
les  sept  Eglises. 

3'  les  vicaires  de  Jésus-Christ,  tels  que 
sont  les  évéques  :  d'où  vient  celte  phrase. 
Movere  candelabrum  de  loco  suo  :  Oter  le 
chandelier  de  sa  place,  c'est  ôter  ia  conduite 
et  le  gouvernement  d'une  église  à  un  évéque 
qui  la  gouvernail,  pour  la  donner  à  un  au- 
tre. Apoc.  2.  o.  Movebo  candelabrum  tuum 
de  loco  suo,  nisi  pœnilentiam  egeris  :  Dieu  dé- 
clare à  l'évêque  d'Ephè>e  qu'il  l'ôlera  de  sa 
dignité  et  de  son  siège,  s'il  ne  l'ait  pénitence 
et  ne  rentre  dans  sa  première  ferveur  :  dau- 
Ires  entendent  que  Dieu  privera  entièrement 
celte  Eglise  de  la  lumière  et  de  la  prédication 
de  l'Evangile  ;  ce  dernier  sens  suppose  que 
lout  son  diocèse  s'était  relâché  à  son  exem- 
ple :  c'est  la  punition  dont  Dieu  menace  les 
Juifs.  Matlh.  21.  VS.  De  plus  les  deux  pro- 
phètes qui  doivent  porter  la  lumière  de  la 
vérité,  sont  appelés  deux  chandeliers.  Apoc. 
11. i. 

CANDËNS.  De  candere,  qui  vient  du  Grec 
zàoj,  ou  -/ziw,  uro,  et  signifie  : 

1  Oui  est  blanc.  Num.  12.  10.  Et  ecce  Ma- 
ria apparuil  candens  lepra  :  Marie  parut  aus- 
sitôt toute  blanche  de  lèpre  comme  de  la 
neige  :  ce  fut  en  punition  d'avoir  parlé  con- 
tre Moïse. 

i'  Luisant,  poli,  éclatant  (ttuÇ-jv).  Ezech. 
1.  7.  Dan.  10.  6.  Brachia  et  tjuœ  deorsum  sunt 


E88 

quasi  species  œris  candentis  :  Los  bras  et  tout 
le  resle  du  corps  de  l'homme  que  je  vis,  était 
comme  d'un  airain  étincelant  :  ce  qui  figu- 
rait la  force  éclatante  avec  laquelle  Jésus- 
Christ  briserait  ses  ennemis.  Ezech.  1.  7. 
Scintillœ  quasi  aspectus  œris  candentis  :  11 
sortait  de  ces  quatre  animaux  des  étincelles, 
comme  il  en  sort  de  l'airain  le  plus  luisant, 
Hebr.  poli  :  ce  qui  figure  la  pureté  de  la  na- 
ture et  de  toutes  les  actions  des  quatre  pre- 
miers anges,  figurés  par  ces  quatre  animaux 
du  V.  5. 

CANDIDUS,  A,  UM,  lî-jy.oç,  De  Candere  :  Etre 
éclatant  el  embrasé,  briller  comme  les  mé- 
taux à  la  fonte.  Candere,  de  canus,  caneo  : 
Blanc,  de  couleur  éclatante  ;  el  dans  le  sens 
figuré,  sincère,  qui  agit  avec  sincérité. 

V  Blanc,  de  couleur  blanche.  Gen.  4-9.  12, 
Dentés  ejus  lacté  candidiores  :  Les  dents  de 
Juda  sont  plus  blanches  que  le  lait.  Jacob 
marque  l'abondance  du  lait  qui  serait  dans 
le  pays  de  Juda  :  d'aulres  l'expliquent  spiri- 
luellement  de  la  pureté  de  la  vie,  et  de  la 
doctrine  des  apôtres  el  des  docteurs,  qui  sont 
comme  les  dents  de  l'Eglise.  Marc.  9.  2.  c. 
16.  5.  Apoc.  1.  li.  c.  2.  17.  c.  14.  li.  c. 
20.  11. 

2°  Eclatant,  brillant  ()a!/-pô,-).  Act.  10.  30. 
Ecce  vir  stelit  ante  me  iri  veste  candida  :  Un 
homme  vêtu  d'une  robe  blanche,  i.  e.  écla- 
tante, vint  se  présenter  lout  d'un  coup  devant 
moi.  Corneille  raconte  à  saint  Pierre  l'appa- 
rition qu'il  avait  eue  de  l'ange,  de  qui  il  avait 
reçu  ordre  d'envoyer  quérir  sainl  Pierre. 
Thren.  i.  7.  Candidiores  ?^^azarœi  ejus  nive  : 
Les  Nazaréens  de  Jérusalem  étaient  plus 
blancs  que  la  neige.  Ces  Nazaréens  étaient  la 
portion  la  plus  sainte  parmi  les  Juifs,  et 
étaient  éclatantset  bien  faits;  Gr.è/.aOaotwSr/c-Kv, 
vuindati  sunt. 

Pur  de  la  pureté  de  l'âme,  accompagnée  de 
celle  du  corps.  Eccl.  9.  8.  Omni  lempore  sint 
veslimenta  tua  candida  :  Que  vos  vêtements 
soient  blancs  en  tout  temps  :  ces  vêlements 
sorit  1  homme  intérieur  et  la  pureté  dont  nous 
sommes  revêtus  dans  le  baptême;  ce  que 
d'autres  expliquent  de  la  gaîté  et  de  la  joie, 
ce  qui  convient  bien  à  la  suite  de  ce  passage. 
Aussi  les  Anciens  usaient  de  robes  blanches 
les  jours  de  fêtes  et  de  joie.  Cant.  5.  10.  l)i- 
Icctus  meus  candidus  :  Cette  blancheur  et  celte 
couleur  vermeille  de  l'Epoux  se  prend  allé- 
gori<iuement  pour  la  beauté  de  l'âme  de  Jé- 
sus-Christ, qui  est  appelé,  Candor  lucis 
œtcrnœ.  Voy.  ci-après. 

CANDOR,  is.  De  candere;  et  se  dit  dans  les 
auteurs,  outre  sa  propre  signification,  pour 
la  sincérilé  ;  dans  l'Ecriture  ; 

Blancheur  ,  couleur  blanche  ;  soit  com- 
mune, Gen.  30.  37.  Candor apparuit  (/sjxov)  : 
Les  endroits  des  branches  vertes,  d'où  Jacob 
avait  ôté  l'écorce,  parurent  blancs  :  il  les 
mctlail  au  printemps  dans  les  canaux  où  les 
brebis  avaient  coutume  de  boire.  Levil.  i3. 
V.  4.  13.  soit  d'une  blancheur  éclalantc.  Eccli. 
i3.  20.  Pulcliritudinem  cundoris  ejus  admira- 
bilur  ocutus  :  L'éclat  de  la  blancheur  de  la 
neige  ravira  les  yeux. 

—  Le  Fiis  de  Dieu,  la  seconde  personne  d€ 


589 


CAN 


CAN 


5'JO 


la  sainte  Trinité,  la  Sagesse  éternelle  (àraû- 
7aa/xa).  Sap.  V.  25.  Jdeo  nihil  inquinalum  in 
eam  incurrit,  candor  est  enim  lucis  œternœ  : 
La  Sagesse  ne  peut  être  susceptible  de  la 
moindre  impureté  ,  parce  qu'elle  est  l'é- 
(lat  de  la  lumière  éternelle  :  Le  Verbe  éter- 
nel est  lumière  comme  le  Père  :  Lumen  de 
himine. 

GANERE,  «5riv.  Du  mol  Hébreu  Kann,  qui 
signifie,  chalumeau,  ou  roseau,  dont  les  gens 
de  la  campagne  ont  coutume  de  se  servir 
pour  jouer  au  lieu  de  fljigcolet  ou  flûle,  et 
signifie  : 

1°  Chanter,  publier  par  des  chants  et  des 
cantiques,  les  louanges  de  Dieu  ().«Xetv).  Ju- 
dic.  i^AI.Cumquehœcverbacnnensimplesset, 
projecit  mandibulam  de  manu  :  Après  que 
Samson  eut  dit  en  chantant.  J'ai  défait  les 
Philistins  avec  la  mâchoire  d'un  poulain  d'à- 
nesse,  il  jeta  de  sa  main  la  mâchoire.  Exod. 
15.  1.  Tune  ctcinit  Moyses  et  fil ii  Israël  Car- 
men hoc  Domino  :  Après  que  les  Israélites 
eurent  passé  la  mer  Rouge,  et  qu'ils  se  virent 
délivrés  des  Egyptiens,  Moïse  et  les  enfants 
d'Israël  chantèrent  le  cantique  ,  appelé,  de 
Moïse.  Exod.  15.  1.  Num.  21. 17.  Judic.  5.  v. 
1.  3.  1.  Par.  2.  55.  d'où  vient  cette  phrase, 
Canere  ad  vocm  psalterii  :  Accorder  sa  voix 
avec  le  son  de  la  harpe.  Amos.  6.  5.  Vœ... 
qui  canitis  ad  vocem psalterii  {èmxporsu^plau- 
dere.  al.  è-iy.c,'y-û-j],elc. 

2°  Jouer  des  instruments  de  musique,  el 
alors  ce  verbe  est  accompagné  des  ablatifs 
tuba,  tibia,  organis,  etc.,  où  ils  sont  sous- 
entendus.  Multh.  6.  2.  Noli  tuba  canere  ante 
te.  Lorsque  vous  donnerez  l'aumône,  ne  fai- 
tes point  sonner  la  trompette  devant  vous. 
c.  11.  17.  1.  Cor.  r*.  7.  k.  Reg.  3.  15.  etc. 

3°  Raconter,  faire  le  récit  de  quelque 
chose,  en  parler.  Job.  36.  ±k.  Mémento  quod 
ignores  opus  ejus,  de  quo  cecinerunt  viri  .- 
Souvenez-vous  que  vous  ne  connaissez  point 
les  ouvrages  de  Dieu,  dont  les  hommes  ont 
parlé  dans  leurs  canîiques,  dit  Eliu  à  Job. 
Isa.  5.  1.  D'où  vient  : 

CANENS ,  Tis,  chantre,  qui  chante  les 
louanges  de  Diou.  1.  Par.  2.  55.  Canentes  at- 
que  résonantes  hi  sunl  Cinœi  :  Ceux  qui  chan- 
tent les  louanges  de  Dieu  avec  la  voix  et  sur 
les  instruments,  ce  sont  ceux  qu'on  nomme 
Cinéens.  Ces  mots  canentes  et  résonantes,  qui 
sont  de  la  Vulgale,  sont  chez  les  Septante 
dos  noms  propies  hébreux,  savoir  :  ïira- 
thiiii  el  Scimulhim,  qui  signifient  la  même 
chose. 

CANI.  Voy.  Canus. 

CANIS,  is,  x\-v&î  du  génitif  grec  de  zj^v 
changeant  u  en  a,  et  signifie  proprement 
chien  ;  el  se  dit  aussi  chez  les  auteurs  de  la 
canicule,  constellation  appelée  canis  major  ; 
cl  d'une  autre  appelée;  canis  minor  :  dans 
l'Ecriture  : 

Chien.  Exod.  11.  7.  Non  mutiet  canis:  On 
n'entendra  pas  seulement  un  chien  grogner. 
L'Ecriture  marque  la  grande  et  générale 
tranquillité  qui  serait  parmi  les  Juifs,  au 
niènie  lomps  <iu'on  otitendrcMl  les  cris  de 
tous  les  Egyptiens,  a  cause  du  carnage  de 
tous  leurs  j)reiniers-nés;   et  ce   silence  des 


ciiiens  des  Juifs  parmi  ce  trouble,  était  uij 
très-grand  miracle.  Prov  26.  U.  2.  Petr.  26. 
17.  Canis  reversas  ad  siium  vomitum.  Voy.  Vo- 
MiTus.  Isa.  66.  3.  Qui  mactat  pecus,  quasi  qui 
excerebret  canem  :  Celui  qui  sacrifle  une 
brebis  sans  piété,  est  comme  celui  qui  as- 
sommerait un  chien;  c'est-à-dire  qui  sacri- 
fierait un  animal  immonde.  Prov.  26.  17. 
Deut.  23. 18.  Non  offeres  mercedem  prostibuli, 
nec  prelium  canis  :  Vous  n'offrirez  point  dans 
la  maison  du  Seigneur  la  récompense  de  la 
prostituée,  ni  le  prix  du  chien.  Dieu  défen- 
dait d'offrir  le  prix  par  lequel  on  aurait  cru 
pouvoir  racheter  le  premier-né  de  la  chienne, 
comme  ceux  des  autres  bétes  impures;  ou 
bien  cette  défense  se  faisait  pour  donner  de 
l'horreur  de  la  superstition  des  Egyptiens, 
qui  avaient  pour  cet  animal  une  vénération 
particulière,  puisque  d'ailleurs  on  pouvait 
offrir  au  temple  les  autres  animaux  immon- 
des qu'on  rachetait  pour  en  donner  le  prix 
au  prêtre.  Voy.  Bochart,  L  de  Anim.Sac.» 
p.  1.  /.  2.  col.  691. 

—  1"  Les  pasteurs  qui  doiventêtre  vigilants 
et  fidèles  à  garder  le  troupeau  qui  leur  est 
confié.  Cette  signification  est  tirée  de  la  fidé- 
lité du  chien.  Isa.  66.  v.  10.  U.  Canes  muti 
non  valentes  latrare  :  Les  sentinelles  d'Israël 
sont  des  chieîis  muets  qui  ne  sauraient 
aboyer. 

2"  Homme  de  rien,  méprisable,  h.  Reg.  8. 
13.  Quid  enim  sum  servus  tuus  canis,  ut  fa- 
ciam  rem  istam  magnam?  Qui  suis-je.  moi» 
votre  serviteur,  qui  ne  suis  qu'un  chien,  se. 
pour  faire  aux  Juifs  tous  les  maux  que  vous 
dites  que  je  dois  faire?  dit  à  Elizée  Hazaël, 
étant  encore  un  des  officiers  de  Bénadad. 
1.  Reg.  17.  43.  Ce  qui  est  aussi  marqué  par 
un  chien  mort,  ou  même  vivant.  1  Reg.  24. 
15.  Canem  mortuum  persequeris  :  Vous  pour- 
suivez un  chien  mort,  dit  David  à  Saùl.  2 
Reg.  9.  8.  c.  16.  9.  Eccl.  9.  h.  Melior  est  ca- 
nis vivus  leone  mortuo  :  Un  chien  vivant 
vaut  mieux  qu'un  lion  mort  :  ce  qui  montre 
que  la  vie  est  naturellement  préférable  à  la 
mort.  On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  caput 
canis;  la  tête  d'un  chien,  pûrce  qu'il  ne  s'y 
trouve  rien  de  bon.  2.  Reg.  3.  S. 

3°  Infidèles,  idolâtres,  qui  n'ont  pas  de  part 
à  l'alliance  que  Dieu  a  faile  avec  les  honi- 
mes.  Matlh.  15.  26.  Marc.  7.  27.  Non  est  bu- 
num  sumere  panent  filiorum  et  mittcre  cani- 
bus:  11  n'est  pas  bon  de  prendre  le  pain  des 
enfauLs  pour  le  jeter  aux  chiens,  dit  Jésus- 
Christ  à  la  r«mrae  chananéenne. 

k"  Impies,  qui  étant  plongés  dans  les  plai- 
sirs charnels  et  dans  le?  autres  vices,  per- 
sécutent ceux  qui  leur  annoncent  la  mé- 
rité ;  les  persécuteurs  des  gens  de  bien.  Matlh. 
7.  6.  Notile  sanctum  dare  canibus  :  Garaer- 
vous  bien  de  donner  les  choses  saintes  aux 
chien,  dil  Jésus-Chrisl.  Philip.  3.  2.  Apoc 
22.  15.  Ps.  21.  17.  Cirumdcdcrunl  me  canes 
multi  :  \]i\  grand  nombre  do  chiens  m'oni 
environné,  v.  21.  Ps.  58.  v.  7.  15.  Famempa- 
tienfur  ut  canes  •  Ceux  qui  commettent  l'ini- 
(luité  seront  allâmes  connue  des  chiens.  Da- 
vid marque  l'ardeur  avec  laquelle  ses  enne- 
mis le  cherchaient  partout  pour  le  perdre  : 


591 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACAEE. 


59i 


ilg  étaient  la  figure  des  ennemis  de  Jésus- 

5"  Les  impurs  et  les  abominables.  Apoc. 
22.  lo  Forisaiilein  canes,  venefici  el  impudici : 
Qu'on  laisse  dehors  les  chiens,  les  empoi- 
sonneurs, les  impudiques,  etc.  Prov.  20.  11. 
2.  Pelr.  2.  22. 

CANISTRUM,    I,    x.àvïj?,    du    grec  -/àvarr-r.ov, 

changeant  a  en  i,  et  signiûe, 

Panier  ,  corbeille.  Gen.  iO.  16.  Et  ego 
vidi  soinnium  ,  (juod  tria  cnnistra  fari- 
vœ  haberem  super  caputmeum  :  J'ai  eu  aussi 
un  songe  :  il  me  semblait  que  je  perlais  sur 
ma  lêto  trois  corbeilles  de  farine,  dit  le  grand 
panolier  de  Pharaon  à  Joseph,  voyant  qu'il 
avait  interprété  le  songe  du  grand  échanson. 
CANTARE,  aSifj  fréquentatif  de  canere , 
et  signifie  : 

1°  Chanter.  Jerem.  48.  33.  Neqiiaquam  cal- 
calor,  uvœ  solitum  celeusma  cantnbit  :  Ceux 
qui  foulaient  les  raisins  ne  chanteront  plus 
leurs  chansons  ordinaires.  Le  Prophète  pré- 
dit la  ruine  des  terres  des  Moabiles,  où  il  ne 
devait  plus  croître  de  raisins,  c.  51.  14. 
Prov.  25.  20.  Mich.  2.  k.  Matlh.  26.  34.  D'où 
vient,  cantons,  oiseau  qui  chante.  Soph.  2. 
14.  Vox  cantantis  in  fenestra  :  Les  oiseaux 
crieront  sur  les  fenêtres  (y.6/3«?,  corvus  ). 
Le  Prophète,  prédisant  ici  la  destruction  de 
Ninive,  dit  que  les  maisons  seront  si  déser- 
tes, que  les  oiseaux  chanteront  sur  les  fenê- 
tres. Prov.  25.  20.  Voy.  Carmen  6". 

2°  Chanter  en  dansant.  Exod.  32.  18.  l^o- 
eem  cantanlium  ego  audio  -.J'entends  les  voix 
des  personnes  qui  chantent,  dit  Moïse  à  Jo- 
sué,  des  Juifs  qui  dansaient  autour  du  veau 
d'or.  Voy.  v.  6.  Judic.  9.  27.  1.  Reg.  18.  6. 
c.  21.  11.  c.  29.  5. 

3°  Chanter  les  louanges  de  Dieu  par  des 
psaumes  et  des  cantiques.  Exod.  15.  1.  Can- 
temus  Domino  :  Chantons  des  hymnes  au 
Seigneur;  Heb.  Je  chanterai,  dit  Moïse,  à  la 
sortie  de  la  mer  Rouge.  Ps.  70.  23.  Isa.  12. 
5.  Osée.  2.  15.  Voy.  Merum. 

4°  Chanter,  donner  des  marques  d'une 
grande  réjouissance.  Tob.  13.  22.  Per  vicos 
ejus  alléluia  cantahilur  :  Le  père  du  jeune 
Tobic  témoigne  qu'au  temps  que  Jérusalem 
serait  rebâtie,  comme  elle  le  fut  par  Cyrus, 
et  encore  plus  au  temps  de  l'établissement 
éclatant  de  l'Eglise,  on  chanterait  le  long  de 
ses  rues  :  Alléluia.  1.  Par.  16.  23.  Ps.  67.  .33. 
Ps.  136.  5.  à  quoi  se  rapporte  Isa.  55.  12. 
Montes  et  colles  cantahunt  coram  vobis  lau- 
tlem  :  Au  temps  de  la  conversion  des  peu- 
ples à  l'Evangile,  les  montagnes  et  les  col- 
li.nes  relenliroiit  des  cantiques  de  louanges. 

5°  Publier,  déclarer  publiquement  à  haute 
voix  et  d'autorité  publique.  Exod.  .36.  6. 
Jussit  ergo  Moyses  prœconis  voce  cantari  : 
Comme  le  peuple  offrait  plus  de  dons  qu'il 
n'était  nécessaire  pour  les  ouvrages  du  ta- 
bernac  le,  Moïse  commanda  qu'on  fît  une  dé- 
claration publique,  par  la  voix  d'un  héraut, 
qu'on  n'en  offrît  plus. 

CANTARILIS,  e,  is.  Qui  mérite  d'être 
chanté,  qui  est  la  matière  de  chant  et  de  can- 
tiques {^l'vl'oç).  Ps.  118.  54.  Cantabiles  milii 
«tant  jusiificuiioncs  tuœ,  in  loco  peregrinalio' 


nis  mrœ;  Hehr.  Psallendi  argumenta  :  Vos  or- 
donnances pleines  de  justice  me  tenaient  lieu 
de  cantique  dans  le  lieu  de  mon  exil. 

CANTATIO,  chant,  sujet  de  chant  et  de 
cantique,  matière  de  louanges  (  u/zv^ut?  ). 
Ps.  70.  8.  In  te  cuntotio  mea  semper  :  Vous 
avez  toujours  été  le  sujet  de  mes  cantiques 
de  louanges. 

CANTATRIX  ,  chanteuse  ,  musicienne 
{'J.S'iVTu).  2.  Reg.  19.  V.  3.  5.  Vel  audire  pos- 
sum  ultra  vocem  cantorum  atque  cantatricum? 
Puis-je  trouver  quelque  plaisir  à  entendre  la 
voix  des  musiciens  et  des  musiciennes?  Ber- 
zellaï  s'excuse  à  David  sur  son  granl  âge, 
peu  susceptible  des  plaisirs  de  la  cour,  pour 
ne  le  pas  suivre  dans  Jérusalem.  2.  Par. 
35.  25.  1.  Esdr.  2.  65.  2.  Esdr.  7.  67.  Eccl. 
2.8. 

CANTHUS,  I ,  Gr.  x«v&of ,  bande  de  fer  qu'on 
met  autour  d'une  roue,  les  jantes  d'une  roue. 
3.  Reg.  7.  33.  Canthi  :  Les  jantes  des  quatre 
roues  qui  étaient  au  droit  des  quatre  angles 
de  chaque  socle,  étaient  semblables  à  celles 
dun  chariot.  Ceci  entrait  dans  la  composi- 
tion de  la  mer  de  fonte. 

CANTICUM,  I.  5ff.!/«,  ^ul^xôç,  wSà.— 1°  Chan- 
son  gaie,  air  agréable.  Isa.  23.  16.  Fréquenta 
canticum,  ut  memoria  tui  sit.  Etudiez-vous  à 
multiplier  vos  airs,  afin  qu'on  se  souvienne 
de  vous.  v.  15.  Post  septuaginla  annos  erit 
Tyro  quasi  canticum  merelricis  :  Après  ces 
soixante-dix  ans,  Cyrus  ayant  détruit  le  rè- 
gne des  Babyloniens,  la  ville  de  ïyr  a  été  ré- 
tablie et  a  recommencé  son  commerce  qu'elle 
entretenait  par  les  attraits  de  ses  belles  pa- 
roles, commo  une  courtisane  entrelient  le 
sien  par  la  douceur  de  son  chant.  Voy.  v. 
17.  Gen.  31.  27.  Isa.  24.  9.  Ezech.  26.  13. 
Amos.  8.  10. 

2"  Cri  militaire,  usité  pour  s'animer  au 
combat,  et  pour  marquer  sa  joie  après  la 
victoire  (  Tratàv.  pœan.  ).  2.  Mach.  15.  25.  Ni- 
canor  autem  cl  qui  cum  eo  erant,  cum  lubis  et 
canticis  admovebant  :  Cependant  Nicanor 
marchait  avec  son  armée  au  son  des  trom- 
pettes et  au  bruit  des  voix  qui  s'animaient 
au  combat. 

3"  Chant  satirique,  air  fait  ou  chanté  pour 
railler  quelqu'un  :  d'où  viennent  ces  phra- 
ses. —  I.  Canticum  cantare  super  aliquem  : 
Chanter  des  chansons  sur  quelqu'un.  Mich 
2.  4.  Jndie  illasumelur  super  vos parabola,  et 
cantabilur  canticum  cum  suavilate  (7r«^«oo).r/)  : 
En  ce  temps-là,  vous  deviendrez  la  fable  des 
hommes  ;  et  l'on  prendra  plaisir  à  chanter 
des  chansons  sur  vous.  Le  Prophète  parle  du 
temps  que  Salmanasar  vint  s'emparer  des 
places  fortes  d'Israël,  dans  le  temps  (ju'il 
semblait  que  les  ennemis  ,  sous  Teglatpha- 
Icisar  se  fussent  retirés.  —  II.  Canticum  ali' 
cujus  fieri,  in  canticum  alicujus  vcrti  :  De- 
venir le  sujet  des  chansons  de  quelqu'un. 
Thren.  3.  14.  Factus  sum  in  derisum  omni  po- 
pulo meo,  canticum  eorum  tota  die  :  Je  suis 
devenu  le  jouet  de  tout  mon  peuple,  le  sujet 
de  leurs  chansons  pendant  tout  le  jour.  Le 
Prophète  parle  des  chansons  injurieuses  que 
faisaient  les  Chaldéens  sur  les  misères,  ou  du 
Prophète  ou  du  peuple,  ou  pkil(>t  de  l'un  cK 


B95 


CAN 


CAN 


S94 


Je  l'aulre,  après  la  désolation  de  Jérusalem. 
Job.  30.  9.  Nunc  in  eorum  canticum  versus 
siim  (ep-jX>.niJix,  fabula)  :  Je  suis  devenu  le 
Bujet  des  chansons  des  hommes  de  la  der- 
nière bassesse,  dit  Job.  3°  In  canticum  oris 
sui  sermones  alicujus  vertere  :  Ecouler  les 
paroles  de  quelqu'un  pour  s'en  divertir. 
Ezech.  33.  31.  Aucliunt  sermones  tuos,  et  non 
faciunt  eos  ;  quia  in  canticum  oris  sui  vertunt 
illos  (  yl>u}--n(Jio'j  )  :  Dieu  avertit  le  Prophète 
de  reprendre  les  captifs  de  Babylone  de  ce 
qu'ils  écoulaient  la  parole  qu'il  leur  annon- 
çait louchant  la  désolation  de  Jérusalem,  et 
de  se  convertir,  sans  qu'ils  en  fissent  rien; 
parce  qu'ils  n'écoutaient  tout  ce  quil  leur 
disait  que  comme  des  chansons  pour  s'en  di- 
vertir. 

V  On  air  lugubre,  cantique  fait  pour  re- 
procher une  infidélité.  Isa.  5.  1.  Canlabo  di- 
lecto  meo  canticum  patruelis  mei  vineœ  suce  : 
Je  chanterai  maintenant  à  mon  bien-aimé  le 
cantique  de  mon  proche  parent  pour  sa  vigne. 
Le  mol  Hébreu  sirath,  signifie  un  air  lu- 
gubre; mais  il  est  appelé  cantique,  parce 
que  cet  endroit  a  été  écrit  en  vers.  Voy.  Pa- 

TROELIS. 

5°  Les  cantiques,  tant  de  l'Ancien  que  du 
Nouveau  Testament,  qui  sont  des  productions 
du  Saint-Esprit,  par  l'inspiration  duquel  les 
gens  de  bien  et  les  saintes  âmes  avaient  cou- 
tume d'en  composer  sur  le  champ  un  tout 
nouveau,  et  de  le  chanler  lorsqu'ils  avaient 
reçu  quelque  bienfait  considérable  et  extra- 
ordinaire, où  ils  en  répétaient  et  chantaient 
quelqu'un  qui  avait  élé  déjà  composé  :  com- 
me Marie  la  prophétesse  qui  répéta  celui  de 
Moïse.  Exod.  15.21. 

6'  Quand  le  mot  canticum  sert  de  titre  à 
quehiu'un  des  psaumes,  il  marque,  selon 
quelques  auteurs,  que  ce  psaume  se  chan- 
lailde  la  voix  seule,  et  comme  en  plain-chant, 
sans  instrument  de  musique  ;  comme  Ps.  17. 
1.  Ps.  y».  1.  Ps.  38.  1.  Ps.  95.  1.  au  lieu  que 
quand  le  mol  Psalmus  est  seul,  il  signifie 
qu'il  se  chantait  avec  les  instruments  seuls, 
sans  les  accompagner  de  la  voix:  c'est  ie 
litre  de  la  plus  grande  partie  des  psaumes. 

Psalmus,  ou  Laus  cantici,  marque  que  le 
psaume  commençait  par  la  voix  seule,  qui 
élait  suivie  du  son  des  instruments,  comme 
aux  psaumes  2!>.  1.  Ps.  47.  1.  Ps.  06.  1.  Ps. 
67.  1.  Ps.  lï.  1.  Ps.90.  1.  Ps.  94.  1.  elc. 

Canticum  psalmi ,  signifie  qu'il  commen- 
çait par  le  son  des  instruments,  (ju'on  accor- 
dait ensuite  avec  la  voix,  comme  Ps.  G5.  1. 
Ps.  82.  1.  Ps.87.  1.  etc. 

Ainsi  Vasa  cantici,  sont  les  instruments  de 
musique  sur  lesquels  David  chantait ,  ou 
faisait  chanter  les  psaumes.  2.  Esdr.  12.  35. 
Amos.  G.  5.  Voy.  Vas. 

C  A  NTIC  A  SION  ,  mo/î.  Los  cantiques  de 
Sion,  les  canti(iiies  par  lesquels  on  cliantail 
les  louanges  de  Dieu  dans  le  temple  de  Jei  u- 
s.iloin.  Ps.  136.  3.  f/ijinnum  cantate  nobis  de 
'  canticis  Sion ,  disent  les  Babyloniens  aux 
Israélites  dans  leur  captivité  :  ces  cantiques 
sont  appelés  cantiques  du  Seigneur,  v.  k.  el 
1.  Par.  25.7.  à  limitation  desiiuels  les  dix 
tribus  chantaient  des  cantiques  dans  le  culte 


sacrilège  qu'ils  rendaient  à  leurs  idoles. 
Amos.  5.  23.  Auferamc  tumuftiwi  carminum 
tuorum,  et  Cantica  lyrœ  tuœ  non  audiam: 
Olez-moi  le  bruit  tumultueux  de  vos  can- 
tiques, je  n'écouterai  point  les  airs  que  vous 
chantez  sur  la  lyre.  Voy.  v.  52.  26.  Ainsi , 
c.  8.  10. 

CANTICUM  CANTIC0RUM.Hebr.5ir,  Ha- 
sirim.  Le  livre  du  Cantique  des  Cantiques  , 
c'est-à-dire  le  cantique  le  plus  excellent  ; 
ce  qui  est  un  hébraïsme  ,  comme  Sancta 
sanctorum  :  Le  lieu  le  plus  saint  du  taberna- 
cle ,  Exod.  27.  3i.  et  Servus  servorum  :  Le 
serviteur  le  plus  abject.  Gen.  9.  25.  Ce  livre, 
du  Cantique  ,  a  élé  composé  par  Salornon,à 
l'occasion  de  son  mariage  avec  la  fille  de 
Pharaon,  et  qui  élait  la  figure  de  l'entretien 
de  Dieu  avec  la  Synagogue  ,  et  de  celui  de 
Jésus-Christ  avec  l'Eglise,  ou  avec  l'âme  du 
juste.  On  voit  dans  saint  Jérôme,  Proem. 
in  Ezechielem,  qu'il  était  défendu  ,  chez  les 
Hébreux, de  le  lire  avant  l'âge  de  trente  ans: 
aussi  ,  il  n'a  été  composé  que  pour  les  par- 
faits. Son  slyle,  sous  les  figures  d'un  amant 
et  d'une  amiante,  est  tout  spirituel  et  tout 
divin. 

CANTICUM  PRO  DILECTO  {^h).  C'est  le 
titre  du  Psaume  ii,  composé  sur  le   même 
sujet  que  le  Livre  du  Canlique;  et  c'est  pour 
cela  même  que  saint  Paul  le  cite,  pour  prou- 
ver l'établissement  du  règne  de  Jésus-Chrji' 
sur  ses   élus.  Hebr.  1.  8.  à  quoi  se  peuv< 
rapporter   les   Cantiques,   que    l'auteur JM|^>^5(g 
l'Ecclésiaslique  dit  que  Salomon  a  composes,     "^  '^ 
et  qu'il  exprime  par   le   mot  de   Cantilena  ^ 
Eccli.   i7.  18.  et   ceux  dont  il  est  parlé  3. 
Reg.  i.  31.  sous  le  mot  Carmen,  où  il  est  dit 
que  Salomon  en   composa  jusqu'au  nombre 
de  cinq  mille. 

CANTICUM  AGNI,  wârj.  Le  cantique  de 
l'Agneau  :  c'est  relui  par  lequel  les  fidèles  de 
l'Eglise  triomphante  publient  les  louanges 
de  Jésus-Christ ,  à  cause  de  la  victoire  qu'il 
a  remportée  contre  ses  ennemis  spirituels  ; 
el  comme  cette  victoire  a  été  figurée  par  celle 
que  Moïse  et  les  Israélites  ont  remportée  sur 
Pharaon  et  les  Egyptiens  ,  le  Cantique  da 
Moïse  el  le  Canlique  de  l'Agneau  sont  joints 
ensemble.  Apoc.  15.  3.  Gantantes  Canticum 
Moysi  et  Canticum  Agni. 

CANTILENA  ,  .e.  De  Canere,  et  signifie  : 
Chanson  ,  chant  en  vers  ,  canlique  (  worj  ). 
Eccli.  ïl.  18.  In  Canlilenis,  et  Proverbiis ^  et 
Comparationibiis  miratœ  sunt  terrœ  :  Toute 
la  lerre  a  admiré  les  Cantiques ,  les  Prover- 
bes, les  Paraboles  de  Salomon  ,  et  Tinter-  • 
pré'.ation  (juil  a  donnée  aux  choses  obscu- 
res :  ces  cantiques  et  ces  proverbes  étaient 
des  productions  de  la  sagesse  qu'il  avait  re- 
çue  de    Dieu.   3.  Reg.  '^.  32,  Voy.  Canticum 

PRO   DILECTO.    Voy.  C  ARM  EN. 

CANTIO,  Nis  ,  oifj/i,  De  Cancre,  cl  signifie 
proprement,  chanson,  enchantement:  dans 
I  Ecriture  , 

Chant,  cantique,  air  de  réjouissance.  D'où 
vieni  :  Verba  canlionum.  Ps.  136.  3.  Illic 
interrogaverunt  nos,  qui  captivas  duxerunt 
nos,vcrha  cinlionum :i]c[i\  qui  nous  avaient 
emmenés   captifs  ,    nous   demandaient   que 


595 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


b96 


noDs  chantassions  quelque  chose  de  nos  can- 
tiques. 

CANTOR,  is.  ^uItcoSôç.  —  1°  Chantre,  mu- 
sicien (k5wv).  2.  Rêg.  1;».  35.  Voy.  Gan- 
TATRix.  Ainsi  4.  Reg.  11.  14.  1.  Esd.  2.  63. 
2.  Esdr.  7.  67.  —  2°  Musiciens  sacrés ,  et 
chantres  choisis  par  David  ,  du  nombre  des 
Lévites,  qu'il  établit  pour  chanter  les  louan- 
ges de  Dieu,  contenues  dans  les  Psaumes 
que  David  avait  composés.  1.  Par.  23.  v.  5. 
30.  David  donna  cette  fonction  aux  trois  fils 
de  Joël ,  descendant  de  Gerson  ,  savoir  : 
Asaph ,  Heman ,  et  Idilhun.  v.  2.  Par.  33.  15. 
dont  les  vingt-quatre  enfants  ont  donné  le 
nom  aux  vingt-quatre  classes  de  chantres. 
1.  Par.  6.  v.  31.  33.  Ces  chantres  avaient  un 
maître  de  musique  qui  réglait  léchant.  Voy. 
In  finem. 

CANTUS,  us.  Chant.  Tob.  8.  11.  Circa 
pullorum  canlum:  Vers  le  chant  du  coq.  Voy. 
PuLLUs.  Ainsi  ,  Marc.  13.  33. 

CANUS  ,  A  ,  UM.  ■Koliôç.  Du  mot  Candidus  ^ 
ou  plutôt  de  yavâv,  qu'Hesychius  rend  par 
>«uxatv££v,  blanchir. 

Blanc  ,  selon  les  anciens  auteurs  ,  et  se  dit 
de  la  neige ,  de  la  gelée,  et  de  quantité  d'au- 
tres choses  :  mais  il  se  dit  ordinairement 
comme  dans  l'Ecriture  : 

Blanc  ,  en  parlant  des  cheveux  de  la  tète. 
Levit.  19.  32.  Coratn  cano  capite  consurge  : 
Levez-vous  devant  ceux  qui  ontles  cheveux 
blancs  ;  c'est-à-dire  honorez  les  personnes 
âgées.  D'où  vient  celte  signiflcation  du  plu- 
riel : 

CANl,  -oltul,  supp.  Tpr;^£j.  Cheveux  blancs, 
sous-entendant  capilli  ;  ce  qui  marque  et 
exprime  la  vieillesse.  Ose.  7.  9.  Cani  effun 
sunl  in  eo  :  Les  cheveux  d'Ephraïm  sont 
devenus  tout  blancs  ,  et  il  ne  s'en  est  point 
aperçu.  Le  prophète  téaioigne  que, de  même 
que  quoique  la  blancheur  des  cheveux  d'un 
vieillard  l'avertisse  de  sa  mort  prochaine  , 
cependant  il  ne  s'en  aperçoit  pas  ,  et  vit 
toujours  de  même  sans  y  penser;  ainsi  les 
Israélites,  quoique  proches  de  leurpertc,dont 
ils  étaient  menacés  de  la  part  des  xissyriens, 
vivaient  toujours  dans  la  même  insolence  et 
le  même  endurcissement.  Isa.  46.  4.  Sap.  4. 
9.  Cani  autem  sunt  sensus  hominis  :  La  pru- 
dence de  l'homme  lui  tient  lieu  de  cheveux 
blancs  ;  i.  e.  de  vieillesse.  Eccli.  6.  18.  D'où 
viennent  ces  phrases  : 

Cani  mulli  temporis  alicujus  velerani.  Ex- 
trêmement vieux  ,  fort  âgé.  Sap.  2.  10.  Nec 
,veterani  revereamur  canos  multi  temporis  : 
N'ayons  aucun  respect  pour  la  vieillesse  et 
1rs  cheveux  blancs  ,  disent  les  méchants. 
yôprxç  ,  Canos  alicujus  deducere  ad  inféras. 
Faire  mourir  quelqu'un  dans  sa  vieillesse, 
soit  en  lui  causant  quelque  tristesse  ,  el 
quelque  affliction  extrême.  Gen.  42  38.  Si 
quid  ei  adversi  acciderit  in  terra  ad  quamper- 
(jitis,  deducetis  caîios  meos  cum  dolore  ad  in- 
féras :  S'il  arrive  à  Benjamin  quelque  mal- 
heur au  pays  où  vous  allez,  vous  accablerez 
ma  vieillesse  d'une  douleur  qui  m'emportera 
dans  le  tombeau  ,  dit  Jacob  à  ses  enfants  „ 
qni  le  lui  demandaient  pour  retourner  ache- 
ter du  blé  en  Egypte,  c.  44.  2!).  Soi'  en  puni- 


tion de  quelque  crime.  3.  Reg.  2.  9.  Dedu- 

eesque  canos  ejus  cum  sanguine  ad  in  fer  os  : 
Ne  laissez  pas  le  crime  de  Sénieï  impuni  ; 
vous  aurez  soin  qu'en  sa  vieillesse  il  ne  de- 
scende au  tombeau  que  par  une  mort  san- 
glante, dit  David  à  Salomon.  Voy.son  crime, 
V.  8.  et  sa  punition  ,  v.  46.  David  ,  pour  té- 
moigner son  amour  pour  la  justice,  laisse  à 
la  sagesse  de  son  fils  la  punition  de  tous  ces 
coupables  dont  il  est  parlé  en  ce  chapitre  , 
lorsqu'on  ne  pouvait  plus  le  soupçonner  du 
moindre  ressentiment  de  vengeance. 

CANITIES  ,  lEi.  Tzoltul ,  Cheveux  blancs, 
chevelure  de  vieillard  ,  le  vieillard  mênie , 
l'âge  de  la  vieillesse.  Prov.  20.  29.  Dignitas 
senum  canities  :  Les  cheveux  blancs  sont  la 
gloire  des  vieillards  ,  en  ce  que  la  vieillesse 
est  souvent  une  récompense  avancée  de  la 
vertu  ,  et  que  d'ordinaire  elle  est  accompa- 
gnée (l'expérience  et  de  boa  conseil. 2.  Mach. 
6.  23.  Cogitare  cœpit  ingenilœ  nobilitatis  ca- 
ni7iem  ;  Lorsque  les  amis  d'Eléazar  le  sup- 
plièrent de  trouver  bon  qu'on  lui  apportât  des 
viandes  dont  il  lui  était  permis  de  manger, 
pouren  user,  au  lieu  des  viandes  du  sacrifice, 
il  se  représenta  ses  cheveux  blancs  qui  ac- 
compagnaientla  grandeur  d'âutc  qui  lui  était 
comme  naturelle.  Eccli.  25.  6.  D'où  vient 
cette  phrase  : 

Canitiem  alicujus  pacifice  deducere  ad  infc' 
ras.  Laisser  mourir  quelqu'un  en  paix  dans 
sa  vieillesse.  3.  Reg.  2.  6.  Non  deduces  cani- 
tiem ejus  pacifice  ad  inféras :Vo\is  ne  permet- 
trez pasqueJoab, après  avoir  vieilli, descende 
en  paix  dans  le  tombeau.  Voy.  Ses  crimes  , 
V.  5.  Voy.  sa  punition  ,  v.  30.  31. 

GAPAX  ,  GIS.  D'où  vient  Capacissimus.  De 
Copia,  et  signifie  : 

Capable  ,  qui  tient  ,  ou  qui  peut  tenir 
beaucoup  de  personnes  ou  de  choses  ,  en 
parlant  d'un  lieu,  d'un  vase.  Ezech.  23. 
32.  Caiicem  sororis  tuœ  bibes  profundum  et 
lalum,  quœ  est  capacissima  (Ti-kôvaÇov)  :  Vous 
boirez  de  la  coupe  de  votre  sœur,  de  cette 
coupe  large  et  profonde.  Ici  quœ  est  capa- 
cissima, est  n«iis  pour  le  masculin  ;  el  l'au- 
teur de  la  Vulgate  a  suivi  l'Hébreu  où  ca- 
lixcsl  féminin.  Leprophète  annonce auxpeu- 
ples  de  Jérusalem  ,  qui  avaient  vu  emmener 
en  captivité  les  dix  tribus  ,  qu'ils  y  seraient 
aussi  emmenés  ,  el  y  souffriraient  beaucoup. 
La  grandeur  de  ces  maux  est  exprimée  ,  4. 
Reg.  21.  12. 

CAPER ,  PRi  ;  Gr.  Tiànpog,  du  grec  y.ùnzM  , 
edo,  vara,  parce  que  c'est  un  animal  vorace , 
et  signifie  : 

Bouc.  Levit.  16.  8.  Mitlens  super  utrum- 
que  sortem,  unam  Domino ,  et  aller am  capro 
emissaria  :  Aaron  recevra  de  toute  la  multi- 
tude des  enfants  d'Israël  deux  boucs  pour 
le  péché.  Aaron  devait  jeter  le  sort  sur  ces 
deux  boucs  :  l'un  ,  destiné  pour  le  Sei- 
gneur, el  l'autre  pour  être  le  bouc  émissaire, 
v.  8.  Ces  deux  boucs  étaient  la  figure  de  Jé- 
sus-Christ :  celui  qui  était  immolé  marquait 
son  humanité  sainte  ;  et  le  bouc  émissaire  , 
qui  était  renvoyé  libre  dans  le  désert ,  mar- 
quait sa  divinité.  Voy.  Emissarios.  Ainsi 
10.  16 


597 


CAP 


CAP 


f)98 


CAPERE.  Voy.  posl.  Caprinus 

CAPKA,  M.  u'îi,  yôç,  de  Caper,  et  signifie  : 

Chèvre  ,  animal  domestique  qu'on  pouvait 
manger  et  sacrifier.  Gen.  15.  9.  c.  30.  v.  32. 
35.  Ainsi,  Cant.  4.  1.  c.  G.  5.  Capilli  lui  sic- 
ut  grèges  caprarum  :  Vos  cheveux  sont 
comme  des  troupeaux  de  chèvres  qui  sont 
montées  sur  la  montagne  de  Galaad.  On  dit 
que  plus  les  chèvres  sont  grasse»  et  bien 
nourries  ,  telles  que  celles  du  mont  de  Ga- 
laad ,  [)lus  lour  poil  est  fin  ;  et  les  Orientaux 
en  font  de  très-belles  étoffes.  Celle  expres- 
sion marque  que  l'Eglise  porte  ,  comme  sur 
le  front  ,  les  ornements  de  ses  bonnes  œu- 
vres. 1.  Rpg.  19.  V.  13.  16.  Prov.  27.  27. 

CAPRKA  ,  M.  oopy.àç ,  de  Capra,  à  cause  du 
rapport  qu'a  cet  animal  avec  la  chèvre,  et 
signifie  ,  chez  les  auteurs  ,  le  même  que  ca- 
pra  dans  lEcrilure  : 

Chevreuil  ,  chèvre  sauvage  ,  animal  fort 
vile,  dont  il  était  permis  de  manger,  mais 
non  d'en  sacrifier.  Deut.  12.  22.  Sicut  come- 
ditûr  caprea  et  cervus,  ita  vesceris  eis.  v.  15. 

1.  Par.  12.  8.  Veloces  quasi  capreœ  in  monli- 
bus:  Ces  jeunes  hommes  très-torts  de  la  ville 
de  Gaddi,  ((ui  vinrent  se  retirer  près  de  David 
lors(|u'il  fuyait  Saiil ,  étaient  aussi  viles  que 
les  chèvres  qui  sautent  sur  les  montagnes. 

1°  Parce  que  les  chevreuils  sont  chéris  et 
aimés  des  habitants  de  la  campagne, et  qu'ils 
en  font  leur  richesse  et  leur  agrément  :  cet 
animal  est  pris  pour  marquer  ce  qu'il  y  a  de 
plus  beau  ,  de  plus  cher  et  de  plus  agréable 
à  ceux  qui  vivent  dans  la  campagne.  Cant. 

2.  7.  c.  3.  5.  Adjuro  vos,  filiœ  Jérusalem,  per 
capreas,  cervosque  camporum  :  FiWes  de  Jé- 
rusalem ,  je  vous  conjure  par  les  chevreuils 
el  par  les  cerfs  de  la  campagne. 

2°  Parce  que  cet  animal  est  prompt.  Voy. 

1.  Par.  12.  8.  il  marque  la  promptitude  et 
l'affection  avec  laquelle  Jésus-Christ  secourt 
son  Eglise.  Cant.  2.  9.  Similis  est  dilectus 
meus  copreœ.*  Mon  bien -aimé  est  semblable  à 
un  chevreuil,  v.  17. 

CAPRINUS,  A,  UM.  «r/Êtoj.  Qui  est  de  bouc 
ou  de  chèvre.  Hebr.  11.  36.  Circuierunt  in 
melotis,  in  pellibus  caprinis  :  Les  personnes 
pleines  de  foi  étaient  vagabondes,  couvertes 
de  peaux  de  brebis  et  de  peaux  de  chèvres. 

CAPERE,  X«i/<5àv£tv.  De  l'Hébreu  caph,  qui 
signifie  la  main,  les  serres,  ouduGrec/«7rT£«v. 

1°  Prendre,  se  saisir  de  quelque  chose.  1. 
Urg.  k.  v.  11.  17.  Arca  Dei  capta  est  :  L'ar- 
che (le  Dieu  a  été  prise  ;  c'est  ce  que  vint 
(lire  à  Héli  un  homme  de  la  tribu  de  Benja- 
min, étant  échappé  du  combat  qui  se  donna 
contre  les  Philistins.  Ose.  5.  14.  Ego  ego 
capiam,  et  vadum  ;  lollam,  et  non  est  qui  eri- 
piui  :  J'irai  moi-même  prendre  ma  proie  ;  je 
l'enlèverai  ,  el  personne  ne  l'arrachera  de 
mes  mains.  Dieu  ,  ilans  ses  jugements  conire 
son  peuple  ,  se  compare  à  une  lioiino  ou  à 
un  lion,  à  qui  on  ne  peut  ôter  sa  proie. liant. 

2.  15.  Cupite  nohis  vulpes  parvulas  quœ  demo- 
liuntur  vino'as  :  Prrncz-nous  les  petits  re- 
nards qui  détruisent  les  vignes.  Ces  renards 
s'cn'.endent  des  hércli(iues  ,  que  l'époux  de- 
mande (ju'on  les  prenne;  c'est-à-dire:  qu'où 
les  découvre  tels  qu'ils  sont,  et  qu'on   les 


convainque  de  leurs  erreurs  parla  force  do 
la  vérité.  Ps.  58.  4.  Ecce  ceperunt  anitnam 
menm  :  VoWkquQ  mes  ennemis  se  sont  rendus 
maîtres  de  «na  vie.  La  maison  de  David  était 
assiégée  des  soldats  de  Saùl,qui  étaient  plus 
forts  que  lui  ;  c'est  pourquoi  il  prie  Dieu  de 
l'en  délivrer.  Ainsi,  prendre  prisonnier.  Ose. 
6.  2.  Ipse  cepit  nos  :  C'est  lui-même  qui  nous 
a  faits  captifs,  et  qui  nous  délivrera.  Ps.  67. 
19.  Cepisti  caplivitatem:  Vous  avez  emmené 
un  grand  nombre  de  captifs.  Ces  captifs  se 
peuvent  entendre  des  peuples  qui  avaient  été 
vaincus  par  la  présence  de  l'arche  ,  menée 
comme  en  triomphe  au  mont  de  Son,  figure 
de  celui  de  Jésus-Chrisl  lorsqu'il  ressuscita, 
et  emmena  avec  lui  des  enfers  les  âmes  des 
justes  qui  y  avaient  été  détenues  depuis  le 
commencement  du  monde.  Thren.  4.  6.  Et 
non  ceperunt  in  ea  manus  {Tzoûti-j.  al.  ào-i.- 
Ç£rj)  :  Les  ennemis  ne  leur  ont  point  pris  les 
mains  pour  les  enchaîner.  Hebr.  Et  non  ad- 
hibilœ  ei  manus  :  Les  hommes  n'ont  point  eu 
de  part  à  sa  ruine  :  ce  qui  revient  au  Grec  , 

O'jx  lïTrôvrjTav  h  aÙTÀ  yj;tpaç,al.  yjîoîç,  Non  labo- 

raierunt  in  ea  manibus,  ou  manus.  Isa.  49. 
24.  Num.  31.  9.  etc.  A  celle  première  signi- 
fication ,  se  peuvent  rapporter  les  phrases 
suivantes  :  l°Capere  cibum.  2.  Reg.  3.  35. 
Cumque  venisset  universa  mullitudo  cibum 
capere  cum  David  {  TztpiBîi-'jsi-j  )  :  Tous  étant 
revenus  pour  manger  avec  David,  lorsqu'il 
était  encore  grand  jour  :  ce  fut  au  deuil  que 
fit  David  de  la  mort  d'Abner  ;  il  ne  voulut 
point  manger  avant  le  soleil  couché.  1.  Reg. 
1.  7.  Judic.  19.  8.  Ps.  o4.  15.  2' Capere  som- 
num  (vTTvov  p.î-Kscj  :  Prendre  son  repos,  dor- 
mir. Eccl.3.  IG.Esthomo  qui  dicbus  et  nocli- 
bus  somnum  non  capit  ocuiis  :  Tel  se  trouve 
parmi  les  hommes  qui  ne  dort  et  ne  repose 
ni  jour  ni  nuit.  3°  On  l'entend  aussi  de  la 
force  de  la  grâce  qui  se  rend  maîtresse  des 
cœurs.  Luc.  9.  10.  Ex  hoc  jam  eris  homines 
capiens  (ÇwypEïv,  Vivum  capere)  :  Votre  em- 
ploi sera  désormais  de  prendre  des  honmies  , 
en  les  gagnant  à  Dieu  par  la  prédication  de 
l'Evangile,  dit  Jésus-Chrisl  à  saint  Pierre, 
dont  l'emploi  était  auparavant  de  prendre 
des  poissons,  v.  5.  Ce  que  Jésus-Christ  a  dit 
au  même  sens  que  s'entend  Isa.  14.  2. 
Erunt  capientes  eos  qui  se  ceperunt  [v.iy^y.yl'.y- 
TSTJctv): Ceux  qui  les  avaient  pris  seront  leurs 
captifs  :  ceci  s'est  accompli  lorsque  les  Gen- 
tils se  sont  volontairement  soumis  à  Jésus- 
Christ  par  la  prédication  des  Apôtres,  v.  2. 
Cor.  10.  V.  5.  6. 

Phrases  Urées  de  cette  signiDcalion. 

Capere  vindictam  de  aliquo,  prendre,  iirer 
vengeance  de  quelqu'un.  Eslh.  8.  à3.  Summa 
epistoln  hœc  fuit,  ut...  notum  fierct  paralos 
esse  Judœos  ad  capiendam  vindictam  de  hosti- 
bus  suis  :  La  substance  de  la  lettre  qu'Assué- 
rus  envoya  par  toutes  les  provinces  en  faveur 
et  en  considération  de  Mardochée,  était  qu'on 
fît  savoir...  que  les  Juifs  étaient  prêts  à  se 
venger  de  leurs  ennemis  ,  Hebr.  se  linsseiil 
prêts  pour  se  venger. 

Capere  experimentum  alicujus,  éprouver  si 
ce(iue  dit  ([uelqu'un  est  vrai  (yaivs^Oat,  decta- 


S99 


Jj.CTIONNAlKt:  DE  PHILOLOGIE  SACREE 


rari).  Gen.  42.  15.  Jam  nunc  expcrimenttim 
vestri  faciam  :  Je  m'en  vais  éprouver  si  vous 
diles  la  vérilé,  dit  Joseph  à  ses  frères. 

2°  Surprendre  ,  prendre  par  surprise  et 
adresse  {SiwfB-ipsu ,  perdere  .  Jercin.  5.  26. 
Inventi  sunt  in  populo  meo  impii  insidiantes 
quasi  aucupes  laqueos  ponentes  et  pedicas  ad 
capiendos  viros  :  Il  sesl  trouvé  parmi  mon 
peuple  des  impies  qui  dressent  des  pièges 
comme  on  en  dresse  aux  oiseaux,  et  qui  ten- 
dent des  fliets  pour  y  surprendre  des  hommes, 
c.  18.  22.  La  métaphore  est  tirée  des  oise- 
leurs ,  qui  tendent  des  trébuchets  ou  des  fi- 
lets. Il  y  a  dans  l'Evangile  plusieurs  exem- 
ples de  celte  conduite  des  Juifs  envers  Notre- 
Seigneur,  lesquels  ne  tendaient  qu'à  le  sur- 
prendre et  à  le  perdre.  Mallh.  22.  15.  Phari- 
sœi  consilium  inierunt  ut  caperent  eum  in 
sermone  :  Les  pharisiens  firent  dessein  entre 
eux  de  le  surprendre  dans  ses  paroles  {-rzc/.yt- 
vijîu,illaqueare).  Marc.  12.  13.  Luc.  20.20. 
Ainsi,  Luc.  11.  5i.  Quœrentes  aliquid,  capere 
de  ore  ejus  ut  accusarent  eum  :  Les  pharisiens 
et  les  docteurs  tâchaient  de  tirer  quelque 
chose  de  sa  bouche  qui  leur  donnât  lieu  de 
l'accuser  (dnpivtu,  vcnari),  Prov.  3.  26,  et  ce 
mot  se  prend  dans  le  même  sens  partout  dans 
les  Proverbes. 

3"  Tromper  quelqu'un,  le  séduire  (-),«7t«Çêtv, 
reprehendere  \  Ezech.  li.  v.  i.  5.  Respon- 
debo  ei  in  multitudine  immundiliaru77i  sua- 
rum,  ut  cupiatur  domus  Israël  in  corde  sua  : 
Je  répondrai  à  tout  homme  qui  a  renfermé 
SCS  impuretés  dans  son  cœur,  quoiciuil  fasse 
['araître  le  contraire  sur  son  visage,  selon 
toutes  ses  impuretés ,  afin  que  la  maison 
d'Israël  soit  surprise  dans  le  dérèglement  de 
son  cœur;  d'autres  l'entendent  dans  ce  sens, 
que  Dieu  découvrira  ce  qui  était  caché  dans 
le  cœur,  et  les  fera  voir  tels  qu'ils  seront. 

4°  Tenir,  comprendre,  contenir  {yj.iozvj).  3. 
Reg.  8.  27.  2.  Par.  2.  6.  Cœlum  et  cœli  cœ- 
lorum  te  capere  non  possunt  :  Les  cieux  et  le 
ciel  des  cieux  ne  peuvent  comprendre  Dieu, 
dit  Salomon.  Joan,  21.  25.  Si  scribonlur  per 
singula  ,  nec  ipsum  arbitrer  mundum  capere 
posse  eos  ,  qui  scribendi  sunt ,  libros  :  Si  l'on 
rapportait  en  détail  toutes  les  autres  choses 
que  Jésus-Christ  a  faites,  je  ne  crois  pas  que 
le  monde  même  pût  contenir  les  livres  qu'on 
en  écrirait;  ce  qui  est  une  hyperbole  ,  qui 
marque  qu'il  faudrait  un  discours  conmie  in- 
fini et  trop  étendu,  c.  2.  6.  Gen.  13.  6.  c.  ii.  1. 

Siguiûcation  métaphorique  tirée  de  la  quatrième  significa- 
tion propre  de  ce  mol. 

Capere  aliquem  :  —  1^  Recevoir  quelqu'un, 
lui  donner  place  dans  son  affection  (/wo-b). 
2.  Cor.  7.  2.  Copile  nos  :  Donnez-nous  une 
place  dans  votre  cœur;  au  même  sens  qu'il 
leur  dit,  c.  6.  13.  Dilatamini  et  vos  :  Etendez 
aussi  votre  cœur  pour  moi,  rendez-moi  amour 
pour  amour;  d'où  vient  : 

2"  Avoir  place,  être  reçu  et  goûté  (y^upsi^). 
Joan.  3.  37.  Quœrilis  me  interficere ,  quia 
senno  meus  non  capit  in  vobis  :  Vous  voulez 
me  faire  mourir  ,  parce  que  ma  parole  ne 
trouve  point  d'entrée  en  vous,  n'en  est  point 
bien  reçue;  Gr.  Non  liabct  locum  in  vobis. 

3"  Ri-cevoir,  obtenir,  avoir  quelque  ciiose 


(OU 

comme  en  partage  y/yj^f>iîv).  Matlh.  19.  11. 
Non  oimies  capiunt  verbum  hoc  :  Tous  ne  re- 
çoivent pas  le  don  de  continence;  Dieu  ne  la 
donne  que  par  une  grâce  particulière,  d'où 
vient  que  Jésus-Christ  ajoute  :  Qui  potest 
capere,  copiât  :  Que  celui  à  qui  cette  grâce 
est  donnée  et  qui  a  le  cœur  assez  grand  pour 
la  comprendre,  qu'il  la  comprenne  pour  la 
mettre  en  pratique  :  tous  néanmoins  peuvent 
obtenir  ce  don  par  la  prière.  Matth.  7.  v.  7.  8. 

CAPHARA,  Hcb.  Leuncula,  ville  de  la  tribu 
de  Benjamin  ,  Jos.  18.  26,  la  même  que  Ca- 
phira.  Jos.  9.  17.  Voy.  Céphira. 

CAPHARNAUM  ,  Heb.  villa  consolalionis, 
ville  de  Galilée,  proche  la  mer,  sur  les  con- 
fins des  tribus  de  Zabulon  et  de  Nephlalim. 
Matth.  4.  13,  Relicta  civitale  Nazareth  venit 
et  habitavit  Capharnaum  :  Jésus,  quittant  Na- 
zareth, vint  demeurer  à  Capharnaum.  C'était 
la  demeure  ordinaire  de  Jésus-Christ ,  c'est 
pourquoi  elle  est  appelée  sa  patrie.  Mallh.  9. 
1.  Venit  in  civilatem  suam. 

CAPHARSALAMA  ,  Heb.  ager  pacis  ,  ville 
de  la  Iribu  de  Manassé,  deçà  le  Jourdain,  où 
Judas  Machabée  remporta  une  célèbre  vi- 
ctoire contre  Nicanor.  1.  Mac.  7.  31.  Hérode 
la  rebâtit  et  l'appela  Antipalride,  du  nom  de 
son  père. 

CAPHETETHA,Heb.  manus  doni,  muraille 
de  Jérusalem  que  Judas  Machabée  fit  redres- 
ser. 1.  Mac.  12.  37. 

CAPHTORIM  ,  Heb.  sphœrula  ,  les  descen- 
dants de  Mesraïm,  fils  de  Cham.  Gen.  10.  14 
1.  Par.  1. 12.  De  quibus  egressi  sunt  Philisliim 
et  Caphtorim  :  Ces  peuples,  appelés  Cappa- 
doces,  voisins  de  l'Egypte,  se  sont  emparés  de 
cette  partie  de  la  Palestine  qui  était  habitée 
par  les  Evéens.  Deut.  2.  23.  Aussi  sont-ils  ap- 
pelés Philistins.  Jer.  47.  4.  et  Amos.  9.  7. 
Gen.  10.  14.  De  quibus  egressi  sunt  Philistiim 
et  Caphtorim  :  Les  Philistins  et  les  Caphlo- 
rins,  qui  demeuraient  le  long  de  la  mer,  de- 
puis Gaza  jusqu'à  l'Egypte  ,  sont  descendus 
de  Mesraïm.  Voy.  Cappadoces  etCappadocia. 

CAPIT  ,  impersonnel ,  il  faut ,  il  est  conve- 
nable [è-jùiyjzxt).  Luc.  13.  33.  Non  capit  pro- 
phetam perire  extra  Jérusalem:  Il  ne  faut  pas 
qu'un  prophète  souffre  la  mort  ailleurs  que 
dans  Jérusalem.  Jésus-Christ  témoigne  qu'il 
faut  que  les  Juifs  le  fassent  mourir  dans  Jéru- 
salem comme  ils  ont  fait  mourir  les  autres 
prophètes  ,  Mallh.  23.  34.  et  leur  reproche 
leur  inhumanité  et  leur  animosité  contre  lui. 

CAPILLUS,  I,  Opii  /ôç ,  comme  qui  dirait 
capitis  pilus,  un  poil  de  tête,  et  signifie  : 

Cheveu  de  tête.  2.  Reg.  14.  26.  P&nderabat 
capillos  capitis  sui  ducentis  siclis  pondère  pu- 
blico  :  On  trouvait  que  les  cheveux  d'Absa- 
lon  pesaient  deux  cents  sidos,  selon  le  poids 
ordinaire.  Voy.  Siclus.  D'où  viennent  ces 
phrases  ou  de  signification  propre,  ou  de 
signification  figurée?  Capillum  de  capite  ali~ 
cujus  non  periisse ,  non  cccidisse ,  etc.  pour 
marquer  qu'une  personne  n'a  pas  reçu  la 
moindre  perte  ni  le  moindre  dommage  ,  qui 
au  moins  ne  soit  ou  ne  doive  être  réparé. 
Luc.  21.  18.  Capillus  de  capite  vestro  non  per- 
ibit  :  Il  ne  se  perdra  pas  un  cheveu  de  vatro 
Icle.ditJésus-Chrisl  de  ceux  qui  auront  soulTcrt 


601 


CAP 


CAP 


C02 


pour  le  témoignage  de  la  vérité.  Voy.  v.  13.  Ce 
qui  s'accorde  avecMadh.  10.29.  Vestri  autem 
capilti  capitis  numerali  sunt  :  Pour  vous,  les 
cheveux  mêmes  de  votre  tête  sont  tous 
comptés.  Jésus-Christ  pour  preuve  du  soin 
particulier  que  Dieu  prend  de  tout  ce  qui  re- 
garde ceux  qui  lui  sont  fidèles  ,  assure  ses 
apôtres  que  Dieu  prend  même  soin  de  con- 
server tous  leurs  cheveux,  comme  une  chose 
qui  aurait  été  donnée  par  compte  pour  la 
rendre.  Dan.  3.  94.  1.  Reg.  14.  45.  Vivit  Do- 
minus  ,  si  ceciderit  capillus  de  capite  ejus  in 
terram  :  Nous  jurons  par  le  Seigneur  qu'il  ne 
tombera  pas  sur  la  terre  un  seul  poil  de  la 
tête  de  Jonathas  ,  dit  tout  le  peuple  à  Saiil, 
qui  avait  juré  de  le  faire  mourir  pour  avoir 
mangé  d'un  peu  de  miel.  2.  Reg.  14,  11.  3. 
Reg.  1.  52.  Dan.  3.  94.  Contemplabantur  viros 
iilos ,  quoniam...  capillus  capitis  eorwn  non 
esset  adustus  :  Tous  les  grands  de  la  cour  de 
Nabuchodonosor  admiraient  qu'un  seul  che- 
veu de  la  tête  des  trois  enfants  sortis  de  la 
fournaise  n'en  avait  pas  été  brûlé. 

Les  cheveux  [rpix^iiot.)  figurent  :  1°  les 
bonnes  œuvres  que  les  fidèles  font  paraître, 
qui  sont  leurs  ornements  comme  les  cheveux 
le  sont  de  la  tête.  Cant.  4,  1.  c.  G.  4.  Voy.  Ca- 
PRA.  2"  Les  cheveux  comme  de  femmes,  attri- 
bués aux  sauterelles,  figurent  la  mollesse  el 
le  relâchement  de  la  discipline  ,  c.iractère 
propre  à  toutes  les  hérésies.  Apoc.  9.  8.  Et 
habebant  capillos sicut  capillos  mulierum:  Ces 
espèces  de  sauterelles  avaient  des  cheveux 
comme  des  cheveux  de  femmes.  Voy.  Lo- 
cusTA.  3"  La  blancheur  des  cheveux,  figure  en 
Dieu  la  pureté.  Dan.  7.  9.  Capilli  capitis  ejus 
quasi  lana  munda  :  Les  cheveux  de  la  tête  de 
Dieu,  marqué  par  antiquus  rfjerwm  ,  étaient 
comme  la  laine  la  plus  blanche  et  la  plus 
pure,  et  en  Jésus-Christ  elle  figure  sa  sagesse 
et  son  éternité.  Apoc.  1.  14.  Voyez  v.  13. 
4°  Les  cheveux  figurent  la  fierté  et  l'insolence. 
Ps.  67.  24.  Deus  confrinr/et  capita  inimicorum 
suorum;  verticem  capilli  (i.  e.  capillalum), 
perambulanlium  in  delictis  suis  :  Dieu  brisera 
les  têtes  de  ses  ennemis  ,  les  têtes  superbes 
de  ceux  qui  persévèrent  dans  leurs  péchés. 

CAPILLUS  RARBiE  ,  poil  de  la  barbe.  1. 
Esdr.  9.  3.  Evelli  capillos  capitis  mei  et 
barbœ  :  J'arracherai  les  cheveux  de  ma  tête 
el  les  poils  de  ma  barbe,  dit  Esdras  à  la  nou- 
velle qu'il  reçut,  v.  1. 

CAPILLATURA,  je,  èiMnlwà  zptyw.  Ce  mot, 
inusité  chez  les  Latins  ,  vient  de  capillus,  et 
signifie,  dans  l'Ecriture  : 

Frisure,  entortillement  de  cheveux.  1  Pctr. 
3.  3.  Quarumnon  sit  exlrinsecus  copitlatura: 
Que  les  femmes  ne  mettent  point  leur  orne- 
ment à  se  parer  au  dehors  par  la  frisure  des 
cheveux,  mais  à  parer  leur  âme  de  vertus. 

CAPITELLU.M,  i,  èTzifhy.v.,  de  capul  ,  et  si- 
gnifie proprement  p«Mite  tête,  le  chapiteau 
d'une  colonne.  Dans  l'Kcrilure  : 

Chapiteau  de  colonne  3.  Keg.  7. 17.  l'trum- 
que  capitellum  columnarum  fusile  erat  :  Cha- 
que chapiteau  de  ces  colonnes  était  jeté  en 
fonte,  etc. 

CAPiTIUM,  1,  rr£/>ei7TÔptov.  Ce  mot  qui  vient 
de  eaput,  signifie  proprement  espèce  d  habil- 


lement dont  les  femmes  se  couvraient  ;  dans 
l'Ecriture  : 

Ouverture  du  haut  d'une  robe,  par  laquelle 
on  passe  la  tête  pour  la  vêtir.  Exod.  28.  32. 
Jn  cujus  medio  supra  erit  capitium  :  Il  y  aura 
au  haut  de  la  robe  de  dessous  l'éphod  d'Aa- 
ron,  une  ouverture  au  milieu,  c.  39.  21.  Job. 
30.  18. 

CAPITULUM,  I,  y.sfpàKïo-j,  diminutif  de  ea- 
put, et  signifie  proprement  petite  tôle  ,  et  se 
dit  aussi  du  chapiteau  d'une  colonne,  des 
grains  d'une  grenade.  Dans  l'Ecriture  : 

Sommaire,  abrégé,  tout  ce  à  quoi  se  réduit 
un  discours.  Hebr.  8.  1.  Capitulum  autem  su- 
per ea  quœ  dicuntur  :  Tout  ce  que  nous  venons 
de  dire  se  réduit  à  ceci. 

CAPPADOCES,  les  Caphtorins, descendants 
de  Mesraïm  ,  qui  chassèrent  les  Evéens  de 
leur  pays.  Deut.  2.  23.  Ceux-ci  sont  autres 
que  les  Cappadociens  de  l'Asie  Mineure,  qui 
descendaient  de  Japhet.  Les  Philistins  leur 
succédèrent  et  donnèrent  le  nom  à  tout  le 
pays.  Voy.  Roch.  1.  4.  c.  32. 

CAPPADOCIA,  JE,  Gr.  yMmruSovùx,  du  neuve 
Cappadoce. 

1°  Provmce  d  Asie  ou  il  y  avait  beaucoup 
de  Juifs  chrétiens  avec  beaucoup  d'autres  qui 
faisaient  profession  oe  la  même  religion. 
Act.  2.  9.  2.  Petr.  1.  1.  Electis  advenis  disper- 
sionis,  Ponti,  Galatiœ,  Cappndociœ  :  Aux  fi- 
dèles qui  sont  étrangers  et  dispersés  dans  les 
provinces  du  Pont ,  de  la  Galalie  ,  de  la  Cap- 
padoce ,  qui  sont  élus. 

2°  Pays  habité  par  les  Caphtorins,  descen- 
dants de  Mesraïm  ,  fils  de  Cham  ,  lequel  pays 
quelques-uns  croient  être  l'île  de  Chypre; 
d'autres  l'entendent  des  îles  du  Nil  ou  d'une 
partie  de  l'Egypte ,  le  long  de  la  côte  de  la 
mer,  d'où  les  Caphtorins,  appelés  Cappado- 
ciens par  les  Septante  ,  sont  sortis  pour  se 
jeter  dans  une  partie  de  la  Palestine  que  les 
Evéens  habitaient.  Deut.  2.  23.  Qui  egressi 
de  Cappadocia  deleverunt  eos  (Hevaîos),  el  ha- 
bitaverunl  pro  iliis  :  Qui  étant  sortis  de  la 
Cappadoce,  exterminèrent  les  Evéens,  et  s'é- 
tablirent au  lieu  d'eux  en  ce  pays-là.  Jer.  47. 
4.  Depopulalus  est  Bominus  Palœstinos  reli- 
quias  insulœ  Cappadociœ  :  Le  Seigneur  a  mis 
au  pillage  les  peuples  de  la  Palestine,  les 
restes  de  l'île  de  Cappadoce.  Amos.  9.  7. 
Numquid  non  ascendcrc  feci  Palœstinos  de 
Cappadocia?  N'ai-je  pas  tiré  aussi  les  Phi- 
listins de  la  Cappadoce'.'  On  a  de  la  peine  à 
accorder  ces  passages  avec  celui  de  la  Genèse, 
c.  10.  14.  où  il  paraît  que  les  Philistins  et  les 
Caphtorins  sont  descendus  deChasIuim.  Phe- 
trusini  et  Chasluim,  de  quibus  egressi  sunt  Phi- 
tistHmetCaplitorim.  On  résout  celte  difficulté, 
soit  en  admettant  une  transposition  qui  n'est 
pas  sans  exemple,  comme  s'il  y  avait  (Chasluim 
et  Caphtorim,  de  quibus  egressisunt  Philisliim  ; 
soit  (juc  ces  deux  peuples  se  soient  ligues 
pour  s'emparer  du  pays  des  Evéens  ,  et  que 
les  Philistins  qui  ont  donné  leur  nom  à  la 
Palestine,  aient  ensuite  succédé  aux  Caphto- 
rins en  |)renant  leur  place.  Il  y  a  encore  d'au- 
tres solutions  que  l'on  peut  voir  dans  les 
nouveaux  interprètes  qui  ont  examiné  cet 
endroit. 


603 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


604 


CÂPPARIS,  Gr.  vMTTTTKpi;.  Ce  mot  signifle  un 
câprier  ,  arbrisseau  dont  le  bois  est  ferme, 
fort  bas  et  plein  d'épines  ,  lequel  produit  un 
fruit  qui  s'appelle  des  câpres  ,  qui  servent 
pour  assaisonner  des  viandes,  parce  qu'elles 
donnent  de  l'appétit.  Eccl.  12.  5.  Et  dissipa- 
bitur  capparis  :  Le  câprier  se  dissipera,  c'est- 
à-dire  que  l'appétit  qui  se  provoque  par  l'as- 
saisonnetnent  des  câpres  dans  les  mets  , 
cessera  dans  la  vieillesse.  Le  mot  hébreu  qui 
signifie  l'appétit  de  manger,  signifie  aussi  cet 
arbrisseau, qui  ne  peut  point  rendre l'appéiit 
aux  vieillards.  SainlJérôme, par  ce  mot, en  tend 
les  désirs  de  l'intempérance  figurés  par  ces 
fruits,  qui  ont  beaucoup  de  chaleur. 

CAPRA.  Voy.  supra. 

CAPSELLA,  i3,  eéax.  Diminutif  de  capsa, 
et  signifie  petite  cassette.  1.  Reg.  6.  v.  8. 11. 
15.  Vasa  aurea  quœ  exsolvistis  ei  pro  delicto 
ponetis  in  capsellam  ad  laliis  :  Mettez  à  côté 
de  l'arche  dans  une  cassette,  les  figures  d'or 
que  vous  lui  aurez  payées  pour  voire  péché, 
dirent  aux  Philistins  leurs  prêtres  et  leurs 
devins ,  qui  leur  conseillaioul  de  renvoyer 
l'arche. 

CAPTARE,  6nps\,Bi-j.  Fréquentatif  de  capere, 
et  signifie  rechercher  quelque  chose,  tâcher 
de  l'avoir  par  quelque  moyen  que  ce  soit  : 
d'où  vient  ,  capture  in  aïicujiis  animam  : 
cherchera  perdre  quelqu'un.  Ps.  93.  21.  Cap- 
tabunt  in  animam  justi  :  Les  méchanls  ten- 
dront des  pièges  à  l'âme  du  juste  ;  c.  à  sa 
vie. 

CAPTIO,  Nis.  Oïiprx,  de  capio.  11  se  trouve 
dans  Gicéron,  captio  verborum,  pour  mar- 
quer ceux  qui  tâchent  de  trouver  dans  un 
discours,  ou  dans  une  dispute,  le  moyen  de 
chicaner  sur  les  mots  :  dans  l'Ecrilure  •. 

1°  Prise,  proie.  2.  Petr.  2.  12.  Velut  ir~ 
rationabilia  pecora,  naluraliter  in  captionem 
et  in  pernitiem,  in  his  quœ  ignorant  blasphé- 
mantes, in  corruptione  sua  peribiint  :  Ceux 
(jui  ne  suivent  que  la  corruption  de  la  chair, 
comme  des  animaux  sans  raison,  qui  sont 
nés  pour  être  la  proie  des  hommes  qui  les 
font  périr,  attaquant  par  leurs  blasphèmes 
ce  qu'ils  ignorent,  périront  dans  les  infa- 
mies où  ils  se  plongent.  Saint  Pierre  fait 
allusion  aux  bêtes  qui  naturellement  sont 
exposées  en  proie  et  à  nérir.  Ps.  123.  8. 
Rom.  11.  9. 

2"  Piège  dressé  pour  surprendre.  Ps.  34. 
H.  Captio  quam  abscondit,  appréhendât  eum  : 
Qu'il  soit  pris  dans  le  piège  qu'il  avait 
caché  pour  prendre  les  autres  :  ce  qui  se 
peut  entendre  :  1"  d'Achitophol,  qui  voyant 
que  le  conseil  qu'il  avait  donné  à  Absalon 
pour  ïiùrc  périr  David,  n'avait  pas  été  suivi, 
péril  lui-même,  s'étant  allé  pendre  de  dépit; 
2"  de  Judas  qui  périt  de  même,  après  avoir 
trahi  et  livré  Jésus-Christ. 

CAPTIVARE,  at;c/xa>wTiǣtv.  Ce  verbe  peu 
usité  chez  les  Latins,  vient  de  caplivus,  et 
signifie  dans  l'Ecriture  : 

1°  Rendre  captif.  Mach.  15.  4-0.  Captivare 
popuUim:  Faire  un  grand  nombre  de  pri- 
.sonniers;  ainsi  que  (il  Cendebce  à  Jamnia 
du  peuple  juif,  selon  l'ordre  qu'il  avait  reçu 


d'Anliochus  d'assiéger  les  Juifs  et  les  subju- 
guer. 

Captiver  se  dit  en  morale  des  passions, 
dont  la  volonté  est  tellement  captive,  qu'elle 
peul  néanmoins, avec  le  secours  de  la  grâce, 
y  résister.  Rom.  7.23.  Video  aulem  aliamle- 
gemin  membrismeisrepugnanlem  legi  mentis 
meœ,  et  captivanlem  me  in  lege  peccati  quœ 
est  in  membris  tneis  :  Je  sens  dans  les  moni- 
bres  de  mon  corps  une  autre  loi  qui  combat 
contre  la  loi  de  (non  esprit,  et  qui  me  rend 
captif  sous  la  loi  du  péché  qui  est  duis  les 
membres  de  mon  corps.  S;iint  Paul  rapporte 
le  combat  et  l'opposition  qui  se  trouvent  en- 
tre les  mouvements  de  la  concupiscence,  de 
la  partie  inférieure  et  de  la  partie  supérieure; 
et  dit  que  la  partie  inférieure  se  rend  la  maî- 
tresse de  la  volonté,  par  le  consenleinent 
qu'elle  lui  iait  donner  aux.  plaisirs  sensuels. 
2"  Tromper,  fourberquelqu'im  (ÙTroyoOEiJctv). 
2.  Mach.  4.  26.  Et  Jason  quidem  qui  pro- 
prium  fratrem  caplivaverat,  ipse  deceptiis  : 
Jason  tjui  avait  surpris  son  propre  frère,  fut 
trompé  lui-même,  se.  par  Mènélaus,  qui  ac- 
quit la  graiide  sacrificature.  Voy.  v.  7.  2'*. 

CAPTIVITAS,  ul/^iici) Où (TiK.  —  1"  Captivité, 
esclavage,  servitude,  en  parlant  de  celle  des 
gens  de  guerre  Tob.  1.  2.  In  captivitaie  ta-^ 
men  positus ,  viam  veritalis  non  deseruit  : 
Tobie  dans  la  captivité  même,  ayant  été 
emmené  captif  sous  Salmanazar ,  n'aban- 
donna point  la  voie  de  la  vérité.  Judic.  18. 
30.  Posueruntqne  sibi  sculptile  ,  et  Jona^ 
than  ac  filios  ejus  Sacerdos  nsqne  ad  diem 
captivitatis  suœ  (/i/e-ot/rjo-ia,  translalio).  Les 
six  cents  hommes  de  la  tribu  de  Dan  se  dres- 
sèrent l'image  taillée  de  Michas,  et  ils  éta- 
blirent Jonathas...  et  ses  fils  en  qualité  de 
prêtres  dans  la  tribu  de  Dan,  jusqu'au  jour 
qu'ils  furent  emmenés  captifs.  Ce  temps  de 
la  captivité  est,  selon  les  uns,  celui  où  les 
Philistins,  après  cette  grande  victoire,  enle- 
vèrent larche,  et  sans  doute  beaucoup  de 
captifs;  et  seloti  d'autres,  le  temps  où  les  dix 
tribus  furent  emmenées  en  captivité  par  Sal- 
manazar. Ps.  13.  7. 

2"  Les  captifs  mêmes  :  d'où  vient  que, 
Deul.  21.  10.  Judic.  5.  12.  2.  Par.  28.  11,  le 
mot  hébreu  captivitas  qui  s'y  trouve,  est 
rendu  par  capiivi  dans  la  Vulgate  :  ce  qui  se 
trouve  encore  ailleurs.  Deut.  30.  3.  Reducet 
Dominus  Deus  tuus  captivitatem  twim  :  Lors- 
que vous  reviendrez  au  Seigneur  votre  Dieu, 
il  ramènera  loute  la  troupe  de  vos  captifs  ; 
c.  32.  4-2.  Gladius  meus  devorabit  carnes,  de 
cruore  occisorum  ,  et  de  captivilate  nudati 
ini.micorum  capitis  :  Mon  glaive  se  soûlera 
de  la  chair  des  hommes  ,  pour  avoir  tué 
les  Israélites,  et  pour  les  avoir  emmenés 
captifs,  et  leur  avoir  rasé  la  tête  comme  à 
des  esclaves  qui  étaient  leurs  ennemis.  Ha- 
bac.  1.9.  Congregabit  quasi  arenam  capiivi- 
lutem  :  Les  Chaldéens  assembleront  des  trou- 
pes de  captifs  comme  des  monceaux  de  sa- 
ble, se.  des  Juifs.  Isa.  20.  4.  c.  45.  13.  c.  49. 
25,  etc.  D'où  viennent  ces  phrases  tirées  de 
ce  mot. 

F  un  captivitatis,  rn?  ùnoixiaç.  Les  enfants  de 
la  captivité  :  ceux    qui  sont   revenus  ,    (jui 


Î05  CAP 

ont  été  délivrés  de  captivité.  1.  Esdr.  i.  1. 
Filii  cnptivitalis  :  Les  Israélites  revenus  de 
captivité.  Dan.  5.  13.  c.  6.  13. 

Captivitasperfecla.  Une  troupe  de  captifs 
tout  entière.  Amos.  1.  6.  Eo  quod  transtn- 
lerint  caplivitatem  perfectam  (at;^y.x).w7iy.  toO 
2«>.o//wv  :  Je  punirai  sans  miséricorde  les 
Philistins,  parce  qu'ils  se  sont  saisis  de  ceux 
qui  s'étaient  réfugiés  chez  eux  ,  sans  en 
excepter  aucun,  et  les  ont  emmenés  captifs 
dans  ridumée.  Il  semble  que  le  Prophète 
parle  de  ce  qui  devait  arriver  du  temps  de 
Siiinachérib.  A  l'arrivée  de  ce  prince,  plu- 
sieurs Juifs  se  retirèrent  d.ins  les  pays  voi- 
sins. Les  Philistins,  au  lieu  d'être  touchés  de 
compassion  pour  tant  de  personnes  aflligées, 
se  saisirent  d'eux,  et  les  livrèrent  aux  Idu- 
méens,qui  les  firent  mourir  cruellem  nt.  Le 
mot  perfecta  est  rendu  en  Grec  par  tvIo-jm-j, 
parce  que  le  mot  hébreu  Salam,  signifie  per- 
ficiyOtt  essepacifîcum,  qui  est  le  nom  de  Salo- 
mon.  Voy.Theodoret.  Ezéchias  accomplit  la 
prophétie  d'Amos.  4.  Reg.  8.  8. 

Caplivilatem  convertere,  avertere,  reducere. 
Délivrer  les  captifs  ,  les  f;iire  revenir  de 
captivité.  Ps.l25.  o. Couverte,  Domine,  cuplivi- 
ialem  noslram  :  Faites  revenir,  Seigneur,  nos 
captifs,  v.  1.  Ps.  8i.  1.  Dans  tous  ces  en- 
droits le  prophète  parle  de  la  captivité  de 
Babyione,  figure  de  celle  de  l'âme  esclave 
du  péché.  Ainsi,  Jereni.  32.  ii.  Ezech,  20. 
14.  c.  39.  25. 

3"  Oppression,  tyrannie.  Ps.  13.  11.  Cum 
averterit  Dominas  captivitatem  plebis  suœ, 
exsultabil  Jacob  :  Quand  le  Seigneur  aura  fait 
finir  la  tyrannie  et  loppression  où  ses  enne- 
mis le  tiennent: ce  qui  s'entend  particulière- 
ment de  celle  du  péché,  qui  était  et  l'effet  do 
celle  où  les  Babyloniens  tenaient  les  Juifs  , 
et  la  vérité  dont  celle-ci  n'était  que  la  figure. 
Dan.  11.33. 

V"  Sujétion,  assujettissement  glorieux  et 
salutaire.  2.  Cor  10.  5.  In  caplivitatem  re- 
digentes  omnem  intellectum  in  obsequium 
Chrisli  :  Nous  réduisons  en  servitude  tous 
les  esprits  ,  pour  les  soumettre  à  l'obéis- 
sance de  Jésus  Christ;  se.  les  apôtres  sou- 
mettaient au  joug  de  Jésus-Christ  les  esprit-; 
les  plus  enfles  de  leur  science  humaine,  et 
les  plus  superbes,  en  leur  faisant  recevoir  la 
foi;  et  leur  persuadaient  les  vérités  qui  leur 
paraissaient  auparavant  dignes  de  mépris  et 
de  railleries. 

CAPTIVUS,  A,  UM.  uixiJ^cÙMzoç .  De  captus  , 
et  signifie  proprement  : 

Captif,  esclave,  prisonnier  de  guerre.  Ps. 
136.  3.  Qui  captivos  duxerunt  nos  :  Les  Ba- 
byloniens qui  nous  avaient  emmenés  captifs. 
Voy.  Cantio.  Luc.  21.  2i. 

—  C.iptif,  csclavp,  soit  de  rasservisscment 
qui  vient  de  la  passion  qu'on  a  pour  quel- 
que objet.  Judith  1().  11.  Pulchritudo  ejus 
caplivum  fccil  animam  ejus:\.:i  beauté  de 
Judith  a  rendu  captive  l'âme  d'Holopherne. 
Soil  de  la  soumission  aveugle  avec  laquelle 
on  défère  au  jugement  de  (juebiu'un,  et  on 
se  rend  à  sa  volonté.  2.  Tim.  3.  6.  Captivas 
ducunt  mulicrculas  oncralus  pcccalis  ;  Il  y  a 
des  faux  docteurs...  qui   traînent  après  eux 


C.\P 


60fl 


comme  captives  d(;s  femmes  chargées  de  pé- 
chés :  ils  en  faisaient  ce  quils  voulaient  par 
leurs  mauvais  principes  et  les  mauvaises 
doctrines  qu'ils  leur  donnaient;  soit  enfin 
do  l'esclavage  et  de  la  servitude  du  démon  el 
du  péché.  Isa.  6t.  1.  Misit  me...  ut...  prœdi- 
carem  captivis  indulgentiam  :  Le  Seigneur 
m'a  envoyé  pour  prêcher  la  grâce  aux  cap- 
tifs :  ce  qui  s'entend  de  Jésus-Christ  ;  et  c'est 
cet  en  Iroil  qui  se  présenta  à  Jésus-Christ  à 
l'ouverture  du  livre  qui  lui  fut  donné  pour 
lire  dans  la  synagogue  de  Nazareth.  Luc.  4. 
V.  17.  18.  19.  Ainsi  Isa.  52.  2.  2.  Tim.  2.  26. 

CAPTURA,  v.ycv..  De  capere,  et  signifie  pro- 
prement, la  prise,  ce  qu'on  a  pris;  ce  qu'un 
pauvre  amasse  chaque  jour,  ce  qu'une  per- 
sonne [rend  pour  sa  peine,  le  prix  de  son 
travail  :  dans  l'Ecriture  : 

La  prise,  la  proie,  ce  qu'on  a  pris.  Luc.  5. 
4.  Laxateretia  vestra  in  capturam  .-Jetez  vos 
filets  pour  pêcher,  pour  prendre  des  pois- 
sons, dit  Jésus-Christ  à  saint  Pierre,  v.  9. 

CAPULUS,!.  ).iÇr).  Ce  nom  signifiant  le  man- 
che de  quelque  instrument,  s'écrit  par  c ,  et 
vient  du  verbe  capere;  signifiant  une  bière  à 
porter  les  morts  dans  la  sépulture,  devrait 
s'écrire  par  k,  el  vient  du  Grec xà-a/o;, chan- 
geant a  en  u;  il  signifie  dans  l'Erriture  : 

La  poignée  d'une  épée.  Judic.  3.  22.  /n- 
fixitque  eam  in  ventre  ejus,  tam  valide,  ut  ca~ 
pulus  seqaeretur  ferrum  in  vulnere  :  Aod  en- 
fonça sa  dague  si  avant  dans  le  ventre  d'E- 
gion,  roi  des  Moabiles,  que  la  poignée  entra 
tout  entière  avec  le  fer.  v.  16. 

CAPUT,  iTis.  x£5>«),/i,  du  Grec  y.r^a)./i,  chan- 
geant î  en  «,  et  o  en  -,  et  signifie  :  —  1°  La 
télé,  soil  de  l'homme.  4.  Reg.  4.  19.  Caput 
meum  doleo  :  La  tête  me  fait  mal,  dit  l'enfant 
qu'eut  la  femme  Sunamite  par  les  prières 
d'Elisée.  Maith.  5.  36.  Marc.  12.  4.  Judic.  9. 
36.  etc.  Soit  d'animaux.  4.  Reg.  6.  25.  Tarn- 
diu  ohscssa  est,  donec  venundaretur  caput 
asini  ocloqinta  argenteis  :  Le  siège  de  Sa- 
marie  continua  juscju'au  point  que  la  tête 
d'un  âne  fut  vendue  quatre-vingts  pièces 
d'argent  :  ce  lut  sous  Bénadad,  roi  de  Syrie. 
Job.  20.  16.  La  tête  est  attribuée  aussi  aux 
choses  spirituelles,  comme  à  Dieu;  Dan.  7. 
9.  aux  anges,  Apoc.  10.  1.  elmême  auxchoses 
inanimées,  comme  les  statues,  1.  Reg.  5.  4. 
Les  royaumes  sont  figurés  par  la  tête, 
solides  choses  insensibles.  Dan.  2.  32.  Iln- 
jusstatuœ  caput  ex  aura  optimo  erat  :  La  tête 
de  la  statue  (Hie  vit  en  songe  Nabuchodono- 
sor,  était  d'or  tiès-pur.  Daniel  explique  celte 
tète  du  règne  fiDrissant  de  Nabuchodonosor 
même,  v  38.  S  »it  des  animaux;  ainsi  !■  s 
quatre  têtes  de  la  troisième  bête  semblable  à 
un  léopard,  dont  la  vitesse  pouvait  figurer  U 
règne  d'Alexandre  de  Macédoine,  el  dont  les 
quatre  télés  marquaienl  les  quatre  princes 
qui  divisèrent  entre  eux  son  Empire  après  s^ 
mort.  Dan.  7.  6. 

2"  Le  cou,  considéré  comme  fais  inl  parlie 
de  la  tête,  ou  au  moins  comme  y  etani  uni 
immédiatement.  3.  Reg.  10.  32.  Posuerunt 
fuuiculos  in  capilibus  suis,  venernnlque  ad 
rrgem  hraci  :  Les  serviteurs  de  Bénadad 
vinrent  la  corde  au  cou  irouver  Acliab  ;  ce 


eOi 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACUÉE 


60):> 


fut  pour  jui  demander  la  vie  pour  Bénadad, 
après  une  défaite  de  cent  mille  hommes  de 
pîod  de  son  armée  par  larmée  d'Achab. 

§  1. —  La  force  et  la  puissance,  soit  des  hom- 
mes ennemis  du  peuple  de  Dieu,  soit  du  dé- 
mon, sont  figurées  parla  tète  d'animaux 
venimeux  et  cruels,  dont  toute  la  force  con- 
siste dans  la  tète.  Ps.  73.  13.  Contribulasti 
eapita  draconum  in  aqxns,  v.  IV.  ta  confre- 
gisti  eapita  draconis  :  C'est  vous  qui  avez 
brisé  les  têtes  des  dragons  dans  le  fond  des 
eaux  ;  c'est  vous  qui  avez  écrasé  les  télés  du 
grand  dragon  :  ce  grand  dragon  est  Pharaon, 
et  les  autres  dragons  sont  ses  officiers  sub- 
mergés d;jns  la  mer  Rouge,  lorsqu'ils  pour- 
suivaient les  Israélites.  Gen.  3. 15.  Ipsa  con- 
teret  capiit  tuum  ;  La  femme  vous  brisera  la 
tête;  se.  par  Jésus-Christ,  qui  est  né  de  la 
sainte  Vierge,  qui  a  brisé  la  lêle  du  démon 
figuré  par  le  serpent,  dont  il  a  brisé  toute  la 
puissance  et  l'empire.  Voy.  Luc.  10.  18. 
Aussi  le  mot  hébreu  qui  répond  à  ipsa,  ne 
répond  pas  à  mulier,  mais  à  semen  mulieris. 
Caput  aspidiim.  Venin ,  poison  mortel 
(  Byjuôç),  parce  qu'outre  que  l'aspic  est  un 
des  animaux  les  plus  venimeux,  c'est  prin- 
cipalement dans  la  tête  que  son  venin  est 
renfermé:  et  ici  l'espèce  est  prise  pour  le 
genre.  Job.  20.  16.  Caput  aspidwn  suget  :  Le 
mal  que  fait  le  pécheur  et  l'impie  sera  pour 
lui  un  poison  morte!,  tel  que  peut  être  le 
venin  de  la  tête  d'un  aspic;  i.  e.  incurable  : 
et  même  venenum,  qui  est  dans  la  Vulgate, 
Deut.  32.  33.  répond  au  mot  hébreu  qui  peut 
signifier  également  caput  ou  venenum,  comme 
dans  le  Grec  des  Septante  B-juô; ,  signifie  or- 
dinairement venenum  et  ira. 

§  2.  —  L'esprit  en  tant  qu'il  pense,  parce 
que  c'est  dans  le  cerveau  que  l'âme  fait  ses 
principales  opérations.  Dan.  2.  32.  Visiones 
capilis  lui  in  eubili  tuo  hujuscemodi  sunt  : 
Voici  les  visions  qui  vous  ont  passé  dans 
l'esprit  :  Daniel  révèle  à  Nabuchodonosor 
son  songe,  dont  il  n'avait  pu  se  souvenir,  et 
lui  en  donne  l'explication.  Gomme  les  Hé» 
hreux  mettent  l'esprit  et  la  pensée  dans  la 
tôle,  ils  mettent  les  passions  dans  le  cœur. 
De  là  vient  cette  signification. 

3'  Le  cœur,  l'affection,  l'âme  même  en  tant 
qu'elle  est  toute  possédée  et  occupée  par  l'at- 
tache à  quelque  objet.  Amos.  9.  1.  Avaritia 
in  capite  omnium  :  Les  chefs  des  Israélites 
ont  tous  i*avarice  dans  la  tête;  i.  e.  leur  cœur 
en  est  tout  rempli,  ne  songeant  qu'à  leur  in- 
térêt et  à  leur  élablissement;  Hebr.  brisez- 
leur  à  tous  la  lêle. 

k"  La  vie,  parce  que  c'est  dans  le  cerveau 
que  l'âme  réside  particulièrement ,  d'où  elle 
communique  toute  sa  vigueur  au  corps.  2. 
Par.  12.  19.  Periculo  capilis  noslri  revertetur 
ad  Dominum  suum  SaiU  :  David  fera  sa  paix 
aux  dépens  de  notre  vie,  dirent  les  Philistins 
de  Saiil.  1.  Reg.  29.  k.  où  dans  ces  deux  pas- 
sages, caput,  est  pour  anima,  dans  le  même 
sens  qu'il  se  trouve  c.  11.  19.  d'où  vient 
celte  phrase  -.Alicujus  caput  condemnare  ali- 
cui  :  Eire  cause  qu'un  honime  soit  condamné 
à  la  mort  par  quelqu'un.  Dan.  1.  10.  Con- 
demnabilis  caput  tncum  régi  :  Si  le  roi  voit  vos 


visages  plus  maigres  que  ceux  des  autres 
jeunes  hommes  de  voire  âge,  vous  serez 
cause  qu'il  me  condamnera  à  la  mort,  dit  le 
chef  des  eunuques  à  Daniel,  qui  lui  deman- 
dait en  grâce  de  ne  lui  point  servir  du  vin  ni 
des  viandes  qu'on  avait  servies  devant  Nabu- 
chodonosor. 

5°  Chef,  principe  qui  communique  la  vie, 
la  vigueur,  et  qui  conduit.  1^  Dans  ce  sens, 
Jésus-Christ  est  le  chef  de  tous  les  chrétiens, 
de  chaque  fidèle,  de  toute  l'Eglise,  parce  qu'il 
est  la  source  de  toutes  les  grâces,  qu'il  lui  a 
méritées  de  Dieu  son  Père  par  sa  passion,  et 
qu'il  la  conduit.  2°  L'homme  est  le  chef  de  la 
femme  dans  le  mariage,  qui  est  la  figure  de 
l'union  de  Jésus-Christ  avec  l'Eglise  ;  et  Dieu 
est  le  chef  de  Jésus-Christ ,  étant  soumis  à 
son  Père  en  tant  qu'homme.  1.  Cor.  II.  3. 
Omnis  viri  caput  Clirislus  est  ;  caput  autem 
mulieris  vir  ;  caput  vero  Christi  Deus.  Coloss. 
2.  19.  Caput  ex  quo  totum  corpus,  per  nexus 
et  conjuncliones  subministratum  et  constru- 
clum.  c.  1.  18.  Ephes.  1.  22.  c.  4.  15.  1.  Cor. 
11.  3.  3°  Ceux  de  qui  d'autres  sont  descendus, 
sont  appelés  ,  Num.  7.  2.  et  ailleurs  ,  Capita 
familiarum.  4"  Ceux  qui  ont  quelque  rang  ou 
dignité,  quelque  commandement  et  autorité 
sur  les  autres.  Habac.  3.  13.  Percussisti  ca- 
put de  domo  impii  :  Vous  avez  frappé  le  chef 
de  la  famille  de  l'impie  ;  se.  Le  fils  aîné  de 
Pharaon.  Num.  1.  16.  Capita  exercitus  :  Les 
principaux  chefs  d'une  armée.  Ose.  1.  11.  c. 
11.  6.  1.  Reg.  15.  17.  Nonne  caput  in  tribu- 
bus  Israël  factus  es?  Lorsque  vous  étiez  petit 
à  vos  yeux  ,  n'êles-vous  pas  devenu  le  chef 
et  la  tête  de  toutes  les  tribus  d'Israël?  dit  Sa- 
muel à  Saùl.  Caput  gentium  :  Le  chef  des  na- 
tions. 2.  Reg.  22.  i4.  Ce  qui  s'entend  du  règne 
de  Jésus-Christ,  dont  David  était  la  figure. 
Ezech.  38.  2.  A  quoi  se  peuvent  rapporter  ces 

Phrases  Urées  de  celle  signification 

Constituere  in  caput.  Mettre  à  la  tête,  com- 
mander ;  opposé  à  Constituere  in  caudam  : 
Mettre  derrière,  et  au-dessous,  rendre  sujet. 
Deut.  28.  13.  Com-tituil  te  Dominus  in  caput ^ 
et  non  in  caudam  :  Le  Seigneur  vous  mettra 
toujours  à  la  tête  des  peuples,  et  non  derrière 
eux  ;  se.  si  vous  observez  ses  commande- 
ments. V.  4V.  Mais  dans  Isa.  19.  15.  Caput 
marque  les  grands  et  les  chefs  d'un  peuple, 
opposé  à  cauda,  qui  marque  ceux  qui  obéis- 
sent. Etc.  9.  V.  IV.  15.  marque  les  vieillards, 
les  personnes  vénérables  d'un  peuple,  opposé 
à  cauda,  qui  marque  un  prophète  qui  ensei- 
gne le  mensonge. 

Fieri ,  ou  esse  in  capite.  —  1^  S'élever  au- 
dessus,  se  rendre  maître.  Thrcn.  1.  5.  Facti 
sunt  liostes  ejus  in  capite;  i.  e.  in  caput  :  Les 
ennemis  de  Jérusalem  se  sont  élevés  au-des- 
sus d'elle;  se.  au  temps  de  sa  désolation  par 
les  Babyloniens.— 2"  Etre  à  la  lêle,  servir  dj 
guide.  Mich.  2.  13.  Dominus  in  capite  eorum  : 
Le  Seigneur  sera  à  leur  tête  ;  soit  des  Israé- 
lites, pour  les  délivrer  de  leurs  ennemis  ;  soit 
à  la  lêle  des  ennemis  des  Israélites,  dont  Dieu 
protégeait  les  armes  pour  les  détruire  .  car 
ceci  se  peut  entendre  en  ces  deux  sens.  —  3" 
Etr«  lies  premiers  à  faire  quelque  chose. 


eo9 


CAP 


CAP 


610 


Amos.  6.  7.  Nunc  migrabiint  in  capile  trans- 
migrantium  :  Ces  hommes  voluptueux  voiU 
être  emmenés  les  premiers  loin  de  leur  pays. 
Le  Prophète  parle  des  chefs  du  peuple,  el  de 
renlèvcment  des  dix  tribus  dans  l'Assyrie. 
Jer.  31.  7.  Hinnite  contra  caput  gentium  :  Fai- 
tes retentir  des  cris  d'allégresse  à  la  lète  des 
nations;  Heb.  m  capite  ;  Gr.  è-i  ■/.-■j.u/.rrj ,  ad 
caput. 

6  Commencement  ,  origine  ,  source  de 
quelque  chose.  Prov.  17.  H.  Qui  dimitlit 
uquam,  caput  est  jurgiorum  :  Celui  qui  com- 
mence une  querelle,  est  comme  celui  qui 
donne  une  ouverture  à  l'eau.  Gen.  2. 10.  Inde 
dividilur  in  quatuor  capita  :  Le  fleuve  qui 
sortait  de  la  terre  ,  après  avoir  arrosé  le  pa- 
radis, de  là  se  divise  en  quatre  canaux.  2. 
Par.  32.  3.  De  là  vient  : 

Caput  viœ,  viarum ,  ou  platearum  ,  compi- 
torum.  Entrée  de  rue.  Ezech.  16.  2o.  Ad  omne 
caput  viœ  œdificasti  signum  prostitulionis 
iuœ  :  Vous  avez  drtssé  à  l'entrée  de  toutes  les 
rues  la  marque  publique  de  votre  prostitu- 
tion. Dieu  reproche  aux  Juifs  leur  idolâtrie. 
v.  31.  Isa.  51.  20.  Thren.  2.  19.  c.  4.  1.  Na- 
hum.  3.  10. 

7°  La  personne  même,  soit  comme  chef  et 
père,  en  qui  tous  les  descendants  soient  com- 
pris. Deut  33.16. Benedictio  illius  qui  apparuit 
inrubo,  veniat  super  caput  Joseph :Moïse  sou- 
haite que  la  bénédiction  de  Dieu  qui  lui  ap- 
parut dans  le  buisson,  vienne  sur  la  tète  de 
Joseph,  el  do  ses  descendants  ,  et  de  sa  pos- 
térité. Gen.  4-9,  26.  Eccli.  ii.  25.  Soit  la  per- 
sonne seule.  Exi)d.  16.  16.  Gomor  per  sin- 
gula  capita:  Prenez  un  gomor  de  la  manne 
pour  chaque  personne.  Le  v.  22.  porte,  Per 
singulos  homines  ;  où  il  est  dit  que  la  veille 
du  sabbat,  ils  en  recueillaient  deux  gomors, 
parce  qu'ils  n'en  devaient  point  trouver  le 
jour  du  sabbat.  Voy.  v.  26.  Levil.  19.  32. 
Num.3.  i7.1.Keg.  28.  2.  Ps.  139.8.  Prov.  10. 
6,  Amos,  2.  7,  Ainsi,  Num.  31.  v.  30.  '*7.  se 
dit  de  la  personne  seule,  ou  d'un  animal  seul, 
Quinquagesimum  caput  hominum,  et  boum  et 
asinorum  :  Un  de  cinquante  ou  hommes,  ou 
bœufs,  ou  ânes.  Isa.  3o.  10.  De  là  vient  cette 
autre  signification  : 

Un  peuple  tout  entier,  considéré  tant  en 
général,  qu'en  chaque  particulier.  Isa.  1.  5. 
Omne  caput  languidum  :  Touie  tète  est  lan- 
guissante. Dieu  témoigne  que  toute  la  répu- 
blique des  Juifs  est  en  un  état  si  déplorable 
à  cause  de  la  corruption  de  leurs  mœurs, 
qu'il  n'y  a  point  de  remède  de  les  en  retirer, 
tous  les  remèdes  les  plus  forts,  tels  que  les 
afflictions,  leur  ayant  été  inutiles.  Ps.  59.  9. 
Ps.  107.  4.  t'phraim  fortiliido  capilis  mei  : 
Ephraïm  est  la  force  de  ma  tête;  i.  e.  de 
niun  royaume.  Ici  par  Epkraim,  s'entend  la 
tribu  seule  des  enfants  de  Joseph  ,  où  il  y 
avait  de  puissants  hommes  ,  et  cette  tribu 
marquait  ici,  comme  dans  l'Ecriture,  les  dix 
tribus  du  royaume  d'Israël. 

8'  Le  point  principal,  le  capital,  ce  qu'il  y 
a  de  plus  considérable,  le  sonunairc  de  quel- 
que chose.  Ps.  117.  22.  Jiic  Cactus  est  in  ca- 
put anguli  :  Lu  pierre  que  ceux  qui  bàlis- 
•aionl  avaient   rcjetce,  a  été  placée  à  la  lêle 


de  l'angle  ;  aulr.  est  devenue  la  principale 
pierre  de  l'angle.  Jésus-Christ  explique  ce 
passage  ,  et  insinue  aux  Juifs  que  c'ot  lui- 
même  qui  est  celte  "principale  pierre.  Matlh. 
21.  i2.  Marc.  12. 10.  Luc.  20. 17.  et  saint  Pierre 
l'explique  clairemenldans  le  même  sens.  Acl. 
4.  11.  et  1.  Petr.  2.  7.  Ainsi  Ps.  139.  11.  Ca- 
put circuitus  eorum;  i.  e.  summa  insidiarwn: 
Toulela  malignité  des  détours  des  pécheurs... 
les  accablera.  Eccl.  32.  11.  Si  bis  interroga- 
tus  fueris  ,  habeat  caput  responsum  luum;  i. 
e.  ad  summam  responde  ,  summatim  ,  verbis 
paucis  responde  :  Quand  vous  aurez  été  in- 
terrogé deux  fois,  répondez  en  peu  de  mots. 
Voy.  Habere.  Ainsi,  Jerem.  22.  6.  Galaad  lu 
milii  caput  Libani  :  0  maison  du  roi  de  Juda, 
vous  êtes  la  principale  de  Jérusalem,  distin- 
guée par  votre  richesse  el  votre  puissance  , 
comme  Galaad  est  la  partie  la  plus  considé- 
rable du  mont  Liban.  L'Ecriture  parle  de 
Joachas. 

9'  Le  sort  principal  de  quelque  chose. 
Num.  5.  7.  Reddent  ipsum  caput,  quintamque 
partem  desuper  :  Ils  rendront  à  celui  contre 
qui  ils  ont  péché,  le  jusle  prix  qu'ils  lui  au- 
ront fait,  en  y  ajoutant  encore  le  cinquième. 
Voy.  Levit.  6.  5. 

10°  Le  gros,  ou  le  fort,  le  milieu  d'une  as- 
semblée. D'où  vient: 

Caput  médium  gentium,  ou  turbarum.  La 
tête,  le  milieu  des  nations,  les  nations  assem- 
blées, l'assemblée  des  nations.  Jerem.  31.  7. 
Hinnite  contra  caput  gentium  ;  i.  e.  in  capite^ 
in  medio  :  Faites  retentir  des  cris  d'allégresse 
à  la  tête  des  nations.  Le  Prophète  exhorte  de 
se  réjouir  de  la  délivrance  qui  devait  arriver 
de  la  captivité  de  Babylone,  figure  de  celle  du 
démon  ,  et  du  péché,  à  la  venue  de  Jésus- 
Christ  :  ce  qui  se  voit  accompli.  Luc.  19.  v. 
37.  38.  Prov.  1.  21. 

11°  Le  corps,  la  substance  d'une  chose, 
ce  qu'elle  contient  principalement  (  x^-^sa/i-  ). 
Ps.  39.  8.  Hebr.  10.  7.  In  capite  libri  scriplum 
est  :  Heb.  in  volumine  libri,  pour  in  libro  pli- 
calili  et  invotuto  :  Les  Hébreux,  et  encore  à 
présent  les  Juifs  écrivent  leur  loi  dans  des 
feuilles  roulées.  Hebr.  10.  7.  Je  viens,  selon 
qu'il  est  écrit  do  moi  dans  le  Livre,  dans  la 
Loi  el  les  Prophètes ,  pour  faire ,  mon  Dieu  , 
votre  volonté,  dit  Jésus-Christ,  qui  est  le  but 
de  toutes  les  saintes  Ecritures.  Voy.VoLUMEv. 

12"  Le  haut  de  quelque  chose,  le  lieu,  ou 
la  partie  qui  répond  à  la  tête.  Zach.  i.  2. 
Lampas  ejus  super  caput  ipsius:\\  y  avait 
une  lampe  au  haut  de  la  principale  tige  de  ce 
chandelier  d'or.  Celte  lampe  figurait  Jésus- 
Christ,  qui  éclaire  toute  l'Eglise.  D'où  vient  : 

13°  Chapiteau  de  colonne  ,  ^ui  en  est  le 
haut  et  comme  la  tête,  opposé  a  basis,  qui  en 
est  le  bas  (xs^^a/ù-,  capitellum).  Exod.  -H].  \. 
32.  37.  c.  27.  V.  10.  11.  2.  Par.  '».  12.  etc. 

14  Le  rhevel  d'un  lit  est  aussi  exprimé 
par  caput  lectuli.  Judith.  13.  8.  Accessit  ad 
columnum  quœ  erat  ad  caput  lectuli  ejus  •  Ju- 
dith s'approcha  do  la  colonne  qui  était  au 
chovcl  du  lit  d'Molophorno  :  ce  fut  pour  pren- 
dre !;on  sabre.  Gen.  47.  31.  Adoravit  Israël 
Dcum,  conversus  ad  lectuli  caput  :  Jacob  se 
tournant  vers  le  chevclde  son  li! ,  adora  Dieu, 


611 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


612 


Voy.  Adorare.  Hebr.  et  les  St^plante,  Adora- 
vit  fastigium  virgœ  ejus  :  Jacob  adora,  i.  e. 
respecta  le  sceptre  cl  la  puissance  de  Joseph, 
et  remercia  aussi  Dieu  d'avoir  mis  dans  Tes- 
prit  de  Joseph,  qu'il  transporterait  son  corps 
dans  le  tombeau  de  ses  pères  ,  selon  la  de- 
mande qu'il  lui  en  avait  faite.  Voy.  Fasti- 
gium. 
CAPUT,  avec  plusieurs  verbes  de  difFéreiile  signification. 

Abjicere  caput.  Aller  la  tête  baissée ,  mar- 
que être  dans  le  deuil,  la  tristesse,  et  la  con- 
fusion. Thron.  2.  10.  Abjecerunt  in  terram 
capita  sua  virgines  Jérusalem  :  Les  filles  de 
Jérusalem  marchaient  la  tête  baissée;  se.  au 
temps  de  la  désolation  de  Jérusalem  par  les 
Chaldéens. 

Addere  gratiam,  dare  augmenta  gratiœ,  ca- 
pili.  Parer,  orner.  Prov.  1.  9.  Ut  addatur 
gratia  capiti  tuo  :  Les  bonnes  instructions 
que  vous  recevrez  seront  un  ornement  à  vo- 
tre léte.  C'est  ici  une  inélaphore  tirée  des  or- 
nements ijui  se  mettent  autour  de  la  tête  des 
enfants,  à  qui  le  Sage  témoigne  que  l'obser- 
vation qu'ils  feront  des  bonnes  instructions  , 
ne  les  ren«!ronl  pas  moins  agréables  à  Dieu 
et  aux  hommes  ,  qu'ils  se  trouvent  à  eux- 
mêmes  agréables  par  ces  ornements  de  tête. 
Et  dans  le  même  sens,  c.  k.  9.  Dnbit  capiti  tuo 
augmenta  gratiarum  :  La  sagesse  que  vous 
aurez  embrassée  mettra  sur  votre  tète  un 
accroissement  du  grâces. 

Confringere,  conquassare  ,  conterere  ,  con- 
tribularc  caput.  Abattre  la  force  et  le  pouvoir 
de  quelqu'un,  le  ruiner.  Gen.  3.  15.  Ps.  73. 
v.  13.  14.  Ps.  109.  6.  Voy.  Caput,  2.  signif. 

Contorquere  caput.  Courber  la  tête,  baisser 
le  cou,  marque  la  conduite  de  ceux  qui  af- 
fectaient de  faire  paraître  par  leur  extérieur, 
qu'ils  jeûnaient,  en  baissant  le  cou  avec  un 
visage  abattu.  Isa.  58.  5.  Numquid  contor- 
quere quasi  circulum  caput  suum  et  saccum  et 
cinerem  sternere?  numquid  islad  vocadis  jeju- 
nium?  Le  jeûne  consiste-l-il  à  faire...  qu'un 
hooune  fasse  comme  un  cercle  de  sa  tête  en 
baissant  le  cou,  et  qu'il  prenne  le  sac  et  la 
cendre?  Dieu  se  plaint  ici  du  trop  grand  ex- 
lérieuFdes  exercices  de  pénitence  des  Juifs  , 
^ui  négligeaient  la  conversion  de  leur  cœur. 

Dare  caput.  Entreprendre  (juelque  chose  , 
se  porter  à  taire  quelque  chose  avec  entête- 
ment. 2.  Esdr.  9.  17.  Dederunt  caput  ut  con- 
verlerenlur  ad  servitutem  suam  :  Les  Juifs  et 
leurs  [jères  se  sont  opiniâtres  à  vouloir  re- 
tourner à  leur  première  servitude.  Ceci  a 
rapport  à  ce  qui  est  décrit  Num.  ik.  k. 

lîfj'erre  caput.  Elever  sa  tête  avec  orgueil 
et  insolence  ,  s'élever  contre  son  Seigneur. 
Ps.  82.  3.  Qui  oderunt  te  extulerunt  caput  : 
Le  Piophète  demande  à  Dieu  de  punir  les 
Iduméens,  et  tous  les  autres  peuples  ennemis 
de  la  Judée,  (jui  se  regardaient  comme  victo- 
rieux de  Dieu  même. 

Elcvare  ,  sublevare  ,  exaltare  caput  alicu- 
ius.  Relever  quelqu'un  de  l'état  humble  où  il 
est,  et  le  mettre  en  honneur.  Eccli.  il.  13. 
Exaltavit  caput  eyus  ;  Dieu  l'élève  en  hon- 
neur. L'Eeriture  parle  ici  du  pauvre  qui  est 
iusle,  et  qui  semble  abandonné,  et  que  Dieu 


cependant  regarde  favorablement/  v.  1.  Ainsi, 
/*.  Reg.  25.  27.  Jerem.  52.  31.  Elevavit  Evil- 
merodach  caput  Joachin  régis  Juda,  et  eduxit 
eum  de  domo  carcer/s  ;  Evilmérodach  releva 
Joachin  ,  roi  de  Juda ,  de  cet  abaissement  aà 
il  avait  été  jusqu'alors,  et  le  fit  sortir  de  pri- 
son :  ce  fut  trente-sept  ans  depuis  sa  captivi- 
té. Ps.  3.  i.  Tu...  exaltans  caput  meum  :  C'est 
vous.  Seigneur,  qui  élevez  ma  tête;  se  en 
me  rendant  victorieux,  et  me  délivrant  de 
l'injustice  d'Absalon.  Ps.  26.  6.  Ainsi,  Exal- 
tare caput ,  Ps.  109.  7.  Exaltabit  caput  :  Il 
élèvera  sa  tête,  s'entend  ici  de  la  résurrection 
de  Jésus- Christ  après  sa  mort,  après  laquelle 
il  a  été  élevé  au  souverain  point  de  gloire. 
Philipp.  2.  V.  8.9. 

Impinguare  caput  oleo.  Oindre  la  tête  de 
quelqu'un  avec  de  l'huile  de  parfum  ;  c'est, 
1°  le  con)bler  de  toute  sorte  de  biens  et  de 
contentement.  Ps.  22.  7.  Jmpinguasti  in  oleo 
caput  meum  :  Vous  avez  oint  ma  tête  avec 
une  huile  de  parfums.  Cette  allégorie  que 
David  fait  à  la  coutume  des  festins  ,  qui  était 
de  répandre  sur  la  tête  des  conviés  d'excellen- 
tes huiles  de  parfums,  tend  à  marquer  et  les 
biens  et  les  consolations  qu'il  recevait  de  la 
part  de  Dieu.  2°  Flatter  quelqu'un  ,  lui  don- 
ner des  louanges.  Ps.  liO.  6.  Oleum  autem 
peccaloris  non  impinguet  caput  meum  :  Mais 
que  l'huile  du  pécheur  ne  parfume  et  n'en- 
graisse point  ma  tête  :  David  préfère  les  cor- 
rections du  juste  aux  flatteries  des  pécheurs. 

Imponere  homines  super  capita.  Donner  des 
seigneurs  et  des  maîtres  cruels  ,  qui  oppri- 
ment par  un  pouvoir  lyranique  qu'ils  exer- 
cent sur  leurs  sujets.  Ps.  65.  10.  Imposuisti 
homines  super  capita  nostra  :  Vous  avez  mis 
sur  nos  têtes  des  hommes  qui  nous  acca- 
blaient. Le  sens  de  l'Hébreu  porte  la  compa- 
raison de  la  manière  dont  les  cavaliers  trai- 
tent les  chevaux  sur  lesquels  ils  sont  mon- 
tés. 

In  ou  super  caput  venire  ,  converti.  Venir 
sur  la  tête  de  quelqu'un  ,  se  dit  des  biens  et 
des  maux  qui  lui  arrivent.  1°  Des  biens.  Prov. 
11.  26.  Benedictio  autem  super  caput  venden- 
tium  :  La  bénédiction  viendra  sur  la  tête  de 
ceux  qui  vendent  le  blé  :  ce  qui  est  opposé  à 
ceux  qui  le  cachent  sans  le  vouloir  vendre, 
c.  10.  6.  Deut.  33.  16.  Isa.  35.  10.  c.  51.  11. 
Lœtitia  sempiterna  super  caput  eorum:  Ceux 
que  le  Seigneur  aura  rachetés  après  leur  re- 
tour seront  couronnés  d'une  allégresse  éter- 
nelle :  ce  qui  s'entend  de  la  joie  qu'eurent  les 
Juifs  de  se  voir  délivrés  de  la  captivité,  qui 
était  la  figure  et  de  la  joie  des  chrétiens  sortis 
de  l'esclavage  du  péché  ,  et  de  celle  que  les 
saints  ont  de  se  voir  délivrés  des  dangers  et 
des  misères  de  cette  vie.  2°  Ceci  se  dit  aussi 
des  maux  qui  nous  viennent.  Ps.  7. 17.  Con~ 
vertetur  dolor  ejus  in  caput  ejus  :  La  douleur 
que  mon  ennemi  a  voulu  me  causer  retour- 
nera sur  lui-même.  David  parle  des  persécu- 
tions que  lui  faisait  Saiil,  à  quoi  se  rapporte, 
1.  Reg.  25.  39.  Maliliam  Nabal  reddidit  Do- 
minus  in  caput  ejus  :  Le  Seigneur  a  fait  que 
l'iniciuilé  de  Nabal  est  retombée  sur  sa  tête. 
David  bénit  Dieu,  et  reconnaît  que  la  mort  de 
Nabal  est  une  vengeance  de  la  part  de  Dieu 


615 


CAP 


CAR 


614 


de  l'injuslice  qu'il  avait  reçue  de  lui.  Voy.  v. 
10   li.  Voy.  Reddere,  Convertere. 

Levare  eapiit.  i  Prendre  courage  avec  es- 
pénince  de  mieux  pour  l'avenir,  espérer 
mieux.  Luc.  21.  28.  Létale  capila  veslra  : 
Lorsque  ces  choses  commenceront  d'arri- 
ver... levez  la  léte.  Jésus-Christ  assure  que 
tous  les  signes  extraordinaires  qui  seront  à 
1,1  fin  du  monde  un  sujet  de  crainte  pour  les 
fécheurs  ,  seront  pour  les  justes  un  signe  de 
leur  rédemption.  Job.  10  15.  Sijuslus  ,  non 
levabo  caput  :  Si  je  suis  juste  ,  je  ne  lèverai 
point  la  tête  ;  i.  e.  je  n'en  espérerai  pas  plus 
de  bonheur  ;  ou  ,  selon  d'autres  ,  je  ne  m'en 
glorifierai  pas  davantage,  puisque  Dieu  m'af- 
flige comme  si  j'étais  pécheur  et  superbe. — 
2°  Arriver  à  la  gloire  ,  s'en  acquérir.  Eccli. 
20. 11.  £5^  quiab  humilitate  levabit  caput  :  Tel 
trouve  sa  perte  dans  sa  gloire  même  ,  et  tel 
s'élève  par  son  humiliation.  Voy.  Jac.  i.  16. 
3'  Résister,  se  mettre  en  défense.  Zach.  1.  21. 
Nemo  eorum  levavit  caput  suum  :  Il  n'y  a  pas 
un  seul  homme  de  Juda  qui  ose  lever  la  léle. 
Les  ennemis  des  Juifs  les  réduisaient  en  une 
si  grande  servitude,  qu'ils  les  mettaient  hors 
d'état  de  pouvoir  leur  résister. 

Movere  caput.  Se  dit  des  différentes  pas- 
sions ou  affections  où  l'on  est  envers  quel- 
qu'un. 1°  Secouer  la  tête  ,  insulter  à  quel- 
qu'un, se  moquer  de  lui,  le  menacer,  i  Reg. 
19.  21.  Post  tergum  tuum  caput  movit  :  Sen- 
nachérib  a  secoué  la  tête  derrière  vous  ,  ô 
Jérusalem.  Cette  phrase  représente  le  geste 
et  les  mouvements  d'un  homme  qui  en  insulte 
on  qui  en  menace  un  autre.  Ainsi  Ps.  21.  8. 
qui  s'entend  de  Jésus-Christ.  Voy.Matth.  27. 
oy.  Mach.  15.  29.  2°  Témoigner  par  le  mouve- 
ment de  la  tête  la  part  que  l'on  prend  au  mal 
ci'autrui.  Job.  16.  o.  Moverem  caput  meum  su- 
per vos:  Si  vous  souffriez  les  mêmes  choses 
que  moi,  je  vous  consolerais  el  vous  témoi- 
gnerais sur  mon  visage  cl-  que  je  ressentirais 
pour  vous.  Ici  le  mouvement  de  la  tête  est 
l'espèce  prise  pour  le  genre  ,  et  s'entend  de 
tous  les  signes  extérieurs  de  compassion,  c. 
k2.  11.  Ainsi,  Commovere  caput  super  aligna  : 
Etre  touché  du  malheur  de  quelqu'un  :  ce  qui 
se  fait  par  le  mouvement  ou  l'abattement 
de  la  tête.  Nahum.  3.  7.  Voy.  Commovere. 

Nudare  ,  discooperire  caput.  Découvrir  la 
tète,  était  encore  une  marcjue  de  deuil.  Levit. 
U).6.Capituvestranolilenudare:'S'iiyL'Z  point 
la  tête  découverte.  Moïse  défend  de  faire  au- 
cun dtuil  sur  la  mort  de  Nadab  et  Abiu.  Voy. 
v.  1.  Ainsi  ,  c.  13.  i5.  c.  21.  10.  Ce  qui  est 
opposé  à  : 

Habere  coronam  in  capilc.  Avoir  la  tête 
couverte,  ne  point  donner  des  marques  de 
deuil.  Voy. CoRONA.Ezech.  24.23.  Coronas/ja- 
hebilis  in  capitibus  veslris  :  Vi;us  aurez  des 
couronnes  sur  vos  têtes.  Le  i)rophèle  témoi- 
gne que  comme  il  n'a  point  donne  de  mar- 
ques de  deuil  à  la  mort  de  sa  femme  ,  v.  17. 
de  même  les  Juifs, au  temps  de  la  destruction 
entière  de  Jérusalem  ,  n'oseraient  en  témoi- 
gner leur  deuil,  de  peur  dirriter  leur  vain- 
•  qucur.  Mais,  Num.  6.  18.  Discooperire  caput, 
est  une  marque  d'indépendance  et  de  liberté. 
Disco(>j)cricl  cauut  :  Le  j)iclre  lui  découvrira 


la  tête.  Le  grand  prêtre  découvrant  la  tête  à 
la  femme,  pour  laquelle  il  offrait  le  sacrifice 
de  jalousie  ,  lui  donnait  le  pouvoir  de  prêter 
serment,  el  est  opposé  au  nombre  suivant: 

Operire  caput.  Se  couvrir  la  tête,  était  aussi 
une  marque  de  deuil  et  d'affliction.  2  Reg.  19. 
k.Rex  operuit  caput  suum,  et  clamavit  voce 
magna  :  fîli  mi  Absalom  :  David  ayant  la 
tête  couverte  ,  criait  à  haute  voix  :  Mon  fils 
Absalom  :  il  pleurait  sa  mort.  c.  13. 19.  c.  15. 
30.  Esth.  6,  12.  Jerem.  li.  v.  3.  i.  Ce  qui 
vient  de  ce  que  ceux  qui  sont  dans  une 
extrême  affliction,  ne  veulent  voir  personne. 
A  quoi  se  peut  rapporter  celte  phrase: 

Ponere,  ou  dare  in  capite  vins  alicujus  :  tkî 
ô'io-jç   sic  ■/.■foùic;  àiàri-iOLi. 

Faire  retomber  sur  la  têie  de  quelqu'un 
ses  crimes.  Ezech.  11.  21.  Horum  vram  in 
capite  suo  ponam  :  Je  ferai  retomber  leurs 
cri«nes  sur  leurs  têtes,   c.  16.  i3.  c  17.  19. 

Spargere  pulverem  in  cœlum  super  caput 
suum.  Jeter  de  la  poussière  en  l'air  pour  la 
faire  retomber  sur  sa  tête.  Job.  2.  12.  Scissis- 
gue  vestibus  sparserunt  pulverem  :  Les  trois 
amis  de  Job  déchirèrent  leurs  vêtements,  ils 
jetèrent  de  la  poussière  en  l'air  pour  la  faire 
retomber  sur  leur  tête.  Ils  témoignaient  par 
là  la  douleur  et  la  compassion  qu'ils  avaient 
de  la  misère  où  ils  le  voyaient  réduit. 

Tangerenubes  capite.  Toucher  le  ciel  ou  les 
nuées  de  sa  tête,  marque  le  haut  point  de  ré- 
putation et  d'honneur  que  les  hommes  s'ac- 
quièrent dans  le  monde.  Job.  20.  6.  Si...  et 
caput  ejus  nubes  tetigerit  :  Quand  la  tête  de 
l'hypocrite  toucherait  les  nuées  ,  il  périra  à 
la  fin,  etc. 

Velare  caput.  Se  couvrir  la  tête  d'un  voile 
ou  de  quelque  autre  chose,  est  une  marque  ou 
de  soumission  et  d'obéissance  ,  ou  de  honte. 
C'est ,  1°  pour  la  femme  une  marque  de  la 
soumission  et  de  l'obéissance  qu'elle  doit  à 
son  mari.  1.  Cor.  IL  5.  Omnis...  mulier  crans 
aul  prophetans  ,non  velalo  capite,  deturpat 
caput  suum  :  Toute  femme  qui  prie  ou  qui 
prophétise  ,  ayant  la  tête  nue,  déshonore  sa 
tète.  C'est,  2"  une  marque  de  l'indépendance 
de  l'homme  ,  el  qu'il  ne  reconnaît  que  Dieu 
seul  au-dessus  de  lui  ,  d'avoir  la  tête  décou- 
verte lorsqu'il  prie  dans  l'Eglise  ;  et  il  désho- 
nore au  contraire  Jesus-Christ  ,  son  chef, 
lorsqu'il  prie  dans  l'église  la  tête  couverte. 
1.  Cor.  11.  V.  Omnis  vir  orans  aut  prophetans 
velalo  capite,  deturpat  caput  suum  :  Tout 
homme  qui  prie  ou  qui  prophétise  ayant  la 
tète  couverte,  déshonore  sa  tête  ;  soit  Jésus- 
Christ,  chef  de  l'Église,  à  qui  il  doit  tout 
honneur  ;  soit  sa  propre  tête,  comme  létnoi- 
gnanl  par  là  rougir  de  sa  qualité  de  chrétien, 
v.  6.  7. 

ingère  caput.  Parfumer  sa  tête  ;  c'est  pour 
marquer  de  la  joie  et  du  contentement  ,  op- 
posé à  paraître  triste.  Malth.  0.  17.  Cum  je- 
junas  ,  unge  cnpul  luum  :  Lorsque  vous  jeû- 
nez ,  parfumez  votre  tôle.  Ceci  se  lire  de  la 
coutume  des  anciens  ,  qui  se  parfumaient 
dans  les  festins-  Voy.  Luc  7.  v.   37.  38.  etc. 

CARBASIMTS,  y.upr.KT'yoç.  De  Carbasus,  nùp- 
«cTo,-,  et  signifie  d.ins  l'Ecriture  : 

Qui  est  de  fin  lin.  EbtTi.  I.  6.  Pi-.vdebanl  ea 


615 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACUÉE. 


C16 


omni  parte  lenloria  aerii  coloris,  et  carbasini  ; 
Au  festin  qu'Assuérus  avait  fait  préparer 
pour  le  peuple  ,  on  avait  tendu  de  tous  côtés 
des  tapisseries  de  couleur  de  bleu  céleste  et 
de  fin  lin  ;  selon  d'autres  ,  de  couleur  verte. 

CARBO,  Nis ,  v.vBpciz,  Du  Grec  zzo»w,  are- 
facio  ,  et  signifie  proprement  : 

Charbon  de  bois  brûlé;  soit  éteint.  Prov. 
26.  21.  tiicut  carbones  ad  primas...  sic  homo 
iracundus  suscitât  rixas  ,-  L'homme  colère , 
aulr.  querelleur,  est  pour  allumer  les  dispu- 
tes, ce  qu'est  le  charbon  à  la  braise.  Thren. 
k.  8.  Soit  qu'on  l'entende  d'un  charbon  allu- 
mé de  la  braise.  Isa.  k\.  19.  Coxi  super  car- 
bones ejus  panes  :  J'ai  fait  cuire  des  pains  sur 
le  charbon  qui  s'est  fait  de  la  moitié  de  ce 
bois.  Dieu  reproche  l'aveuglement  des  ido- 
lâtres, de  ne  pas  considérer  que  leurs  idoles 
sont  faites  du  plus  méchant  bois  ,  même  le 
moins  propre  à  brûler  et  le  plus  méprisable. 
Ici  carbo  est  pris  pour  pruna,  qui  se  trouve 
Job.  41.  12.  De  là  vient ,  Carbo  vivus  :  Char- 
bon ardent.  Tob.  8.  2.  Posuilque  eam  super 
carbones  vivos  :  Tobie  mit  une  partie  du  foie 
du  poisson  sur  des  charbons  ardents ,  selon 
l'avis  qu'il  avait  reçu  de  lange,  c.  6.  8. 

1"  Mal  extraordinaire,  et  qui  va  à  la  ruine  ; 
soit  de  la  part  des  hommes.  Ps.  119.  i.  Sa- 
gittœ  potentis  acutœ,  cum  carbonibus  desola- 
toriis  :  La  langue  trompeuse  est  de  même 
que  des  flèches  îrès-pointues  ,  poussées  par 
une  main  puissante,  avec  des  charbons  dévo- 
rants. Ces  charbons  dévorants  marquent  le 
mal  extrême  qu'elle  cause  ;  soit  de  la  part 
de  Dieu,  lorsqu'il  tire  une  vengeance  extraor- 
dinaire des  pécheurs.  Ps.  139.  11.  Cadent  su- 
per eos  carbones  :  Des  charbons  tomberont 
sur  les  pécheurs  :  ceci  a  été  exercé  à  la  let- 
tre sur  les  Sodomites.  Luc.  17.  29.  A  quoi  se 
peut  rapporter,  Ezech,  1.  13.  Aspectus  eorum 
quasi  carbonum  ignis  ;  Les  quatre  animaux 
pariiissaient  à  les  voir  comme  des  charbons 
de  feu  brûlants  :  ce  qui  figurait  les  anges 
ministres  de  Dieu ,  tout  prêts  à  lancer  les 
feux  et  les  foudres  de  la  justice  sur  Jérusa- 
lem. 2  Reg.  22.  v.  9.  13.  Ps.  17.  v.  9.  13.  Car- 
bones succensi  sunt  ab  eo  :  Des  charbons  ont 
été  allumés  du  feu  dévorant  qui  est  sorti  de 
la  bouche  de  Dieu.  David  figure  la  terrible 
vengeance  que  Dieu  avait  tirée  de  ses  enne- 
mis. 

2"  Ce  qui  excite  et  allume  quelque  passion. 
1  L'amour.  Prov.  25.  22.  Rom.  12.  20.  Hoc 
enim  faciens,  carbones  ignis  congères  super  ca- 
put  ejus  :  En  donnant  à  votre  ennemi  à  man- 
ger lorsqu'il  a  faim,  et  lui  donnant  à  boire 
lorsqu'il  a  soif,  vous  amasserez  par  là  des 
(harbons  dé  feu  sur  sa  tête.  Ces  charbons  de 
feu  marquent  l'amour  et  la  charité  à  quoi 
cette  bonté  force  alors  comme  indispensable- 
ment  cet  ennemi  :  ou  marque  l'horreur  qu'il 
commence  à  ressentir  de  la  haine  qu'il  avait 
auparavant.  2"  La  colère,  l'emportement. 
Eccli.  8.  13.  Non  incendas  carbones  peccato- 
rum  arguens  eos  :  î^'allumez  point  les  char- 
bons des  pécheurs,  en  les  reprenant.  Une  ré- 
primande l'aile  à  contre-temps  à  un  pécheur, 
se  cause  souvent  que  du  mal 

CARBUNGULUS,  î,  Escarbouclc.  Vq  Carbo 


parce  que  cette  pierre  dans  sa  couleur,  sem- 
ble jeter,  même  dans  les  ténèbres,  comme  un 
feu  aussi  éclatant  qu'un  charbon.  Il  signifie 
aussi  chez  les  auteurs  ktins,  1"  petit  charbon 
de  bois  brûlé,  et  semble,  en  ce  sens,  être  di- 
minutif de  Carbo  :  Brûlure  des  arbres  ;  char- 
bon pestilentiel  ;  espèce  de  petit  ulcère  qui 
se  forme  d'inflammation  ,  ou  sur  les  yeux  ou 
sur  les  paupières  :  dans  l'Ecriture  : 

Escarboucle,  rubis,  pierre  précieuse.  Eccli. 
32.  7.  Gemmula  carbunculi  in  ornamento  auri 
(«v5,o«?)  ;  L'escarboucle  enchâssée  dans  l'or. 
Celte  pierre  précieuse  ,  ainsi  que  les  autres 
dont  il  est  parlé  Exod.  28.  18.  sont  toutes 
mystérieuses.  Dans  Ezech.  c.  28.  13.  les  pier- 
res précieuses  dont  il  est  parlé  figurent  l'é- 
clat d'un  étal  ou  d'un  empire  heureux  ,  soit 
qu'on  l'entende  du  premier  ange,  v.  15.  soit 
du  roi  de  Tyr,  v.  11. 

CARCÂA  ,  Heb.  Pavimentum  dissolvena. 
Ville  aux  confins  de  la  tribu  de  Juda.  Jos. 
15.3. 

CARCER,Ris,  'fAxy.ri,  De  coercere,  retenir, 
ou  ,  selon  d'autres,  du  Grec  ;îko-/«6ov,  et  si- 
gnifie : 

1°  Une  prison.  Luc.  12.  58.  Ne  forte  exactor 
miltat  te  in  carcerem  :  De  peur  que  le  ser- 
gent ne  vous  mette  en  prison.  Jésus-Christ 
prouve  qu'il  vaut  mieux  se  réconcilier  dès 
celle  vie  avec  son  ennemi ,  que  de  s'exposer 
à  être  condamné  de  Dieu  après  la  mort  aux 
peines  de  l'enfer,  par  l'exemple  de  ceux  qui, 
ayant  un  créancier  fâcheux  ,  font  mieux  de 
traiter  avec  lui,  que  de  se  faire  mener  devant 
le  juge,  qui  les  pourrait  condamner  à  la  pri- 
son. Matlh.  5.  25.  2  Cor.  11.  23. 

2"  Les  limbes ,  lieux  souterrains.  1.  Petr. 
3.  19.  In  quo  et  his  qui  in  carcere  erant,  spiri- 
tibus  prœdicavit  :  Jésus-Christ  descendit  aux 
prisons  souterraines,  pour  annoncer  aux 
âmes  qui  y  étaient  retenues  les  heureuses 
nouvelles  de  leur  rédemption  ,  et  les  en  déli- 
vrer avec  les  saints  patriarches.  L'Apôtre 
parle  ici  particulièrement  de  ceux  qui,  avant 
le  déluge,  ayant  été  incrédules  aux  avertisse- 
ments de  Noé ,  se  convertirent  lorsqu'ils 
aperçurent  le  déluge  qu'il  leur  avait  pré- 
dit. 

3°  L'enfer  même  ou  l'abîme  où  les  démons 
et  lesdamnéssontlourmentés(5£(7piwT)3|5iov).Isa. 
21.  22.  ClaudentHT  ibi  incarcère  .-Les  démons 
et  les  hommes  pécheurs  les  plus  puissants' 
seront  jetés  dans  le  lac  où  ils  seront  tenus 
en  prison.  Voy.  v.  21.  Ainsi,  Apec.  20.  7. 

V  Grande  affliction,  état  misérable,  parce 
que  la  prison  est  une  peine  ;  l'espèce  prise 
pour  le  genre.  Job. 7.  12.  Numquidmare  siim 
aut  celus ,  quia  circumdedisti  me  carcere? 
Suis-jc  furieux,  comme  la  mer  ou  les  ba- 
leines, pour  m'affliger  de  la  sorle  ?  Mais,  Isa. 
V7.  7.  Domus  carceris,  s'entend  de  l'état  misé- 
rable, du  péché  d'où  Jésus-Christ  est  venu 
nous  délivrer,  selon  le  témoignage  même  do 
Jésus-Christ.  Luc.  k.  v.  20.  19 

5"  Les  ténèbres  épaisses  dont  étaient  envi- 
ronnés les  Egyptiens  sont  appelées  prison  de 
léncbres  (dpy.zr,).  Sap.  18.  14.  Ainsi,  c  17.  15. 
Cuslodiebalur  in  carcere  sine  ferro  reclM^us  : 


6i1 


CAR 


CAR 


6i^ 


Les  Egyptiens  au  milieu  des  ténèbres  ne 
bougeaient  du  lieu  où  ils  se  trouvaient. 

CARDO,  mis.  Du  grec  ^pàBn,  branche  ou 
croc,  d'où  on  pend  quelque  chose  et  siguiOe: 
le  gond,  le  pivot  sur  quoi  tourne  une  porte  ; 
le  point  décisif  d'une  affaire  ;  le  pôle  du 
monde.  Dans  l'Ecriture  : 

l-Le  gond  d'une  porte  yarpofiyi'j.'Proy.  26. 
14.  Sicut  ostium  verlitur  in  cardine  suo,  ita 
piger  in  lectulo  suo  :  Comme  une  porte  roule 
sur  ses  gonds,  en  demeurant  toujours  dans 
la  même  place,  ainsi  un  paresseux  tourne 
dans  son  lit.  Les  gonds  des  portes  du  temple 
étaient  d'or.  3.  Reg.  7.  50.  De  ce  mot  vient 
cette  phrase  dans  le  sens  figuré  : 

Percutere  cardinem  :  Frapper  les  gonds 
marque  la  destruction  et  la  ruine  du  temple 
de  Jérusalem.  Amos.  2.  i.  Percute  cardinem 
(  £),a(7T»3piov ,  propitiatorium)  :  Frappez  les 
gonds  ;  Hebr.  le  haut  de  la  porte.  Le  Seigneur 
qui  paraissait  debout  sur  l'autel  des  holo- 
caustes, ordonne  à  l'ange  qui  était  près  de 
lui  pour  exécuter  ses  ordres,  de  frapper  le 
haut  de  la  porte,  pour  marquer  la  destruc- 
tion du  royaume  des  Juifs  par  le  renverse- 
ment du  lieu  où  ils  faisaient  les  exercices  de 
leur  religion.  Quelques-uns  entendent  ce 
chapitre  du  royaume  des  dix  tribus  :  ainsi 
l'autel  s'entendrait  du  culte  des  veaux  d'or  à 
Bethel. 

La  porte  même.  Isa.  6.  4.  et  commota  svnt 
superîiminarta  cardinum  :  Le  haut  de  la 
porte  fut  ébranlé  :  ce  qui  se  doit  entendre  au 
même  sens  que,  Amos  9. 1.  Voy.  supra  :  Per- 
cutere cardinem. 

2"  Soutien,  fondement  de  quelque  chose, 
ce  qui  la  maintient  dans  le  même  étal  (y«Tvw/x«, 
laquear).  Amos.  8.  3.  Stridebunt  cardines  lem- 
pli  in  die  illa  :  Au  temps  de  la  ruine  d'Israël, 
on  entendra  un  horrible  bruit  à  la  chute  des 
principaux  soutiens  du  temple;  et  parce  que 
les  extrémités  du  ciel  semblent  être  jointes  à 
celles  de  la  terre  ,  Cardines  cœli  s'entend  des 
extrémités  de  la  terre.  Deut.  30.  k.  Si  ad  car- 
dines cœli  fueris  dissipatus  ,  inde  le  retrahet 
Dominus  Deus  :  Quand  vous  auriez  été  dis- 
persés jusqu'aux  extrémités  du  monde,  le 
Seigneur,  votre  Dieu,  vous  en  retirera  ,  se. 
si  vous  vous  convertissez  à  lui.  D'où  vient  : 

Cardines  cœli,  terrœ,  maris.  Les  extrémités 
1"  du  ciel,  appelées  les  pôles  des  deux  (yO|ûoç). 
Job.  22.  \k.  Nec  nostra  considérât ,  et  circa 
cardines  cœli  peratnbulat  :  Dieu  ne  considère 
poini  ce  qui  se  passe  parmi  nous,  il  se  i)ro- 
mène  dans  le  ciel  d'un  pôle  à  l'autre.  Eliphas 
accuse  Job  de  croire  que  Dieu  ne  considère 
pas  ce  qui  se  passe  sur  la  terre;  Hebr.  les 
chants  de  joie  que  l'on  entendait  dans  le  pa- 
lais seront  changés  en  d'horribles  cris  ;  2'  les 
extrémités  de  la  terre,  qui  semblent  répon- 
dre aux  cxlréraités  du  ciel,  sont  appelées  7e« 
pôles  de  la  terre  f«zfov).  1.  Reg.  2.  8.  Prov. 
8.  20.  Cardines  oruis  tirrœ  ,  cardines  terrœ  : 
lc3  fondements,  les  pôles  de  la  terre,  sur  les- 
quels Dieu  a  posé  h;  monde  ;  3'  les  extrémités 
de  la  mer.  Job.  36.  30.  Cardines  quoque  maris 
operiet  :  Dieu  couvre  la  mer  d'une  extrémité 
à  l'autre;  Gr.et  Hebr.  radiccs maris, pii^^iiuTu, 
les  fondements  de  la  mer. 

DiCTIONN.   DE  PbILQL.    SaCRÉE.  L 


CARDUUS ,    Ul ,  «xavoç  ;  LXX  axav,    oiyr/^où)^. 

De  carere  pour  carpere,  dans  le  sens  que 
Varron  dit  :  Carere  lanam  :  Carder  de  la  laine, 
et  signifie  : 

Chardon,  herbe  piquante,  dont  il  y  a  plu- 
sieurs espèces.  4.  Reg.  14.  9;  2.  Par.  25.  18. 
Carduus  Libani  misil  ad  cedrum  quœ  est  in  Li- 
bano  :  Le  chardon  du  Liban  envoya  vers  le 
cèdre  qui  est  au  Liban.  Joas,  roi  d'Israël, 
pour  répondre  au  défi  que  fit  Amasias,  de 
descendre  à  la  tête  de  leurs  troupes  dans  le 
combat,  se  comparant  au  cèdre,  le  compare 
à  un  chardon  qui  serait  foulé  aux  pieds  par 
les  bêtes,  pour  lui  faire  connaître  combien  il 
se  tenait  plus  fort  que  lui. 

CARECTUM,  I,  fko;.  Ce  mot  mis  par  con- 
traction pour  caricetum,  vient  de  carex  et  si- 
gnifie : 

1°  Lieu  marécageux  où  croissent  les  joncs, 
les  glayeuls  et  les  roseaux.  Exod.  2.  3.  Ex- 
posuit  eum  in  carecto  ripœ  fluminis  :  La  mère 
de  Moïse  le  mit  à  l'âge  de  trois  mois  dans 
une  corbeille  de  jonc,  et  l'exposa  parmi  des 
roseaux  sur  le  bord  du  fleuve. 

2"  Glayeul,  espèce  de  jonc.  Job.  8.  11.  Niwu 
quid  potest....  crescere  carectum  sine  aqua? 
carectum  pour  carex  :  Les  glayeuls  qui 
croissent  dans  les  prés,  peuvent-ils  croître 
sans  eau  ? 

GARÉE,  Heb.  Calvus.  Père  de  Johanan.  4. 
Reg.  25.  23,  Jer.  40.  8.  etc. 

CAREHIM,  Heb.  Calvus.  Patrie  de  Jes- 
boam,  un  des  braves  de  l'armée  de  David.  1. 
Par.  12.  6.  On  croit  que  c'est  la  ville  de  Co- 
réa  dont  parle  Josèphe,  Antiqu.  l.  4.  c.  6.  10. 
dans  la  demi-tribu  de  Manassé  en  deçà  du 
Jourdain. 

CARERE,  du  grec  x»/=eww,  je  suis  dépouillé, 
j'ai  faute,  et  signifie  : 

Manquer,  être  privé  de  quelque  chose, 
Prov.  20.  21.  Hœreditas  adqtiam  festinatur  in 
principio,  innovissimo  benedictione  carebit  : 
L'héritage  que  l'on  se  hàlc  d'acquérir  ne 
sera  point  à  la  fin  béni  de  Dieu.  Ruth.  4.  6. 
Eccl.  6.  3.  Sap.  18.  4.  Ainsi  :  Carere  vita  : 
Mourir.  2.  Par.  21. 19.  Vita  caruit  :  Il  mourut. 

CARIA,  JE,  Gr.  Capitalis.  Carie  ,  province 
de  l'Asie-Mineure.  1.  Mac.  15.  23.  aujour- 
d'hui Aldiuelli. 

CARIATH.  Heb.  Civitas.  Ville  de  la  tribu 
de  Benjamin.  Jos.  18.  28.  qu'on  croit  être  la 
même  (]ue  Cnrialhiarim. 

CARIATHAIM,  Heb.  Civitates.  —  1°  Ville 
de  la  tribu  lieNephtgali,  donnéeaux  Lévites  ; 
ville  de  refuge.  1.  P;ir,  G.  76,  appelée  Car- 
than.  Jos.  21.  32.  Voy.  Carthan.  —  2»  Ville 
des  Moabites  dans  la  tribu  do  Ruben.  Jer.  48. 
V.  1.  23.  Ezich.  23.  9.  Elle  est  attribuée  aux 
Moabites,  parce  qu'ils  s'en  étaient  rendus 
maîtres.  Gen.  14.  5.  Nuni.  32.  37. 

GAKIATH-ARBE,  Heb.  Civitas  quatuor.— 
Ville  de  la  tribu  de  Juda,  qui  depuis  a  étéi 
appelée  Hébron.  Jos.  14.  15.  Nomcn  Hebron 
ante  vocabatur  Cariatli-Arbc  :  Hébron  se 
nommait  auparavant  Carialh-Arbe,  c'est-à- 
dire  ville  d'Arbé,  père  d'Enac ,  lequel  Arb^ 
était  un  géant  liès-puissant.  Adam  maximuâ 
ibi  inter  Enacim  situs  est  :  Cet  homme  ,  qui 
était  un  grand  géant ,  est  inhumé  là  ,  parmi 

2U 


6id 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


6S0 


ceux  à  qui  il  a  donné  son  nom.  c.  10.  12, 
Voy.  HÉBRON. 

CARIATH-ARIM,  Heb.  Civilas  oppidorum. 
— Nom  d'un  chef  de  famille,  qui  revint  de  la 
capiivité.  1.  Esdr.  2.  25. 

CARIATH-IARIM  ,  Heb.  Chitas  silvarum. 
—  1°  Ville  des  Gabaoniles  dans  la  tribu  de 
Juda  ,  qui  s'appelait  auparavant  Carialh- 
Baal.  Jos.  lo.  v.  9.  10.  quelquefois  Baala,  où 
les  Philistins  renvoyèrent  l'arche.  1.  Reg.  G. 
21.  c.  7.  1.  etc.  Voy.  Baala  bIBala.  Jos.  19. 
3.  1.  Par.  k.  29.  —  2°  Nom  d'homme  ,  ûls  de 
Sobal.  1.  Par.  2.  v.  50.  52.  53. 

CARIATH-BAAL,  Heb  Civitas  idolL  Voy. 
Cariathiarim. 

GARIATH  SENNA,  Heb.  Civitas  rubi.  Voy. 
Dabir.  Ville  de  la  tribu  de  Juda,  autrement 
appelée  Carialh-Sepher  et  Dabir.  Jos.  15.  49. 
Carialh-Senna  hœc  est  Dabir. 

CARIATH-SEPHER.  Heb.  Civitas  liltera- 
rum.  La  même  ville  que  la  précédente.  Jos. 
15.  V.  15.  16.  Judic.  1.  v.  11.  12.  Judas  abiit 
ad  habitatores  Dabir  cujus  nomen  velus  erat 
Cariath-Sepher,  i.  e.  civilas  iitterarum  :  Juda 
marcha  contre  les  habitants  deDabir,quis'ap- 
pelait  autrefois  Cariath-Sepher,  i.  e.  la  ville 
des  lettres.  Calob  donna  sa  fille  en  mariage  à 
Olhoniel,  qui  sétailrendu  maître  de  cette  ville, 
appelée  de  la  sorte  ,  parce  que  l'on  croit  que 
c'était  là  où  élaientles  archives  elles  actes  pu- 
blics, et  même  uneacadémieoù  les  lettres  elles 
sciences  s'enseignaient  parmi  les  Chananéens. 

CARICA,  .c  Gr.  o-uxà.  Figue  sèche.  1.  Reg. 
25.  18.  Abigail  tulit..  centiim  alUgaturas  uvœ 
passœ  et  ducentas  massas  caricarum  :  Abigaïl 
apporta  à  David  cent  paquets  de  raisins  secs 
et  deux  cents  cabas  de  figues  sèches. 

CARINA.  Le  fond  d'un  navire  enfoncé  dans 
l'eau  {zpiîoçj.  Sap.  5.  10.  Tamquam  navis  cu- 
jus, cum  prœterierit ,  non  est  vesligium  inve- 
nire  neque  semitam  carinœ  illius  in  flactibus  : 
Toutes  choses  sont  passées  comme  un  vais- 
seau qui  n'imprime  aucune  marque  de  sa 
route  sur  les  flotîs 

CARIOTH,  Heb.  Uiniaies.  V'oy.  Hesron.— 
1°  Ville  de  la  tribu  de  Juda.  Jos.  15.  25.  d'où 
était  Judas  qui  trahit  Jésus-Chrisl.  Isca- 
rioles,  Hebr.  homme  de  Garioth.  — 2°  Ville 
considérable  des  Moabites.  Jer.  kS.  v.  2i.  il. 
Amos  2.  2.  Et  mitlatn  ignem  in  Moab,  et  de- 
vorabil  œdes  Carioth  :  J'allumerai  dans  Moab 
un  feu  qui  consumera  les  maisons  de  Carioth. 

CARITH,  Heb.  Concisio.  Torrent  qui  était 
vis-à-vis  le  Jourdain  ,  de  l'eau  duquel  Elie 
but  jusqu'à  ce  qu'il  fût  tari.  3.  Reg.  17.  v.  3. 
5.  Abscondere  in  torrente  Carith,  qui  est  con- 
tra Jordanem  :  Cachez  xous  sur  le  bord  du 
torrent  de  Carilh,  qui  est  vis-à-vis  le  Jour- 
dain. 11  y  fut  nourri  nuraculeusement  par 
un  corbeau  qui  lui  portail  chaque  jour  sa 
provision  le  matin  et  le  soir,  vers  l'an  du 
monde  3124. 

C  ARM  EL,  CARMELUS,  x«/>^aof .  Heb.  Ag- 
nus  circumcisus,  ou  cognitio  circumcisionis. 
Voy.  Gharmel. 

Des  mots  hébreux  moul,  couper,  tailler,  et 
kerem,  vigne,  et  signifie  en  hébreu,  épi  ten- 
dre ou  retranchement  de  la  vigne  ;  il  si- 
HOifie  : 


1°  Montagne  très-haute ,  agréable  et  fort 
fertile,  dans  la  tribu  d'Aser  ou  d'Issachar, 
proche  la  mer.  Amos.  9.  3.  Si  abscondili  fue- 
rint  in  vertice  Carmeli,  inde  scrutans  auferam 
eos  :  S'ils  se  cachent  sur  le  haut  du  mont 
Carmel,  j'irai  les  y  chercher  et  les  en  ferai 
sortir  :  ce  qui  s'entend  de  la  ruine  inévitable 
de  Juda  ou  des  dix  tribus.  C'est  sur  celle 
montagne  que  demeurait  Elie,  et  où  il  fit 
tuer  les  quatre  cent  cinquante  prophètes  de 
Baal.  3.  Reg.  18.  v.  18.  20.  42.  Jos.  19.  26.  i. 
Reg.  2.  25.  c.  4.  25.  Judith.  1.  8.  Isa.  33.  9. 
c.  35.  2.  Jerem.  50.  19.  Pascentur  Carmelum  : 
Les  Juifs,  au  retour  de  la  captivité,  jouiront, 
comme  auparavant,  des  avantages  de  la  fer- 
tilité du  mont  Carmel. 

—  Terre  ou  plaine  fertile,  à  cause  de  la 
fertilité  du  mont  Carmel.  Jerem.  48.  33. 
Ablata  estlœtitiaet  exultatio  de  Carmelo  (fxw«- 
êiri;)  :  La  joie  et  la  réjouissance  ont  été  ban- 
nies du  Carmel  ;  ce  qui  s'entend  des  terres 
de  Moab,  qui  étaient  aussi  fertiles  que  le 
Carmel.  2.  Par.  26.  10.  Vineas  quoque  habuit 
et  vinitores  in  monlibus  et  in  Carmelo  :  Ozias 
avait  des  vignes  et  des  vignerons  sur  les 
montagnes  et  dans  le  Carmel,  i.  e.  dans  les 
plaines  fertiles.  Amos.  1.  2.  Exsiccatus  ejus 
verlex  Carmeli  :Le  haut  du  Carmel  deviendra 
tout  sec,  i.  e,  les  terres  aussi  fertiles  que 
le  Carmel  Mi(h.  7.  14.  Nahum.  1.4.  4.  R.-g. 
10.  i>.3.  Isa.  10.  18.  c.  16.  10.  c.  29.  17.  c.  32. 
V.  15.  16.  c.  33.  9.  c.  37.  24.  Jerem.  2.  7.  c. 
4.  26.  Voy.  Gharmel. 

2°  Tout  ce  qui  est  beau  ,  grand,  élevé.  Isa. 
10.  18.  Gloria  saltus  ejus  et  Carmeli  ejus,  ab 
anima  usque  ad  carnem  consumelur  :  La  gloire 
de  ses  forêts  et  de  ses  champs  délicieux  sera 
consumée  :  tout  périra  depuis  l'âme  jusqu'au 
corps;  ce  qui  s'entend  de  la  gloire  de  la 
grande  armée  de  Sennachérib,  nombreuse 
comme  une  forêt,  et  de  l'élite  de  ses  chefs 
par  rapport  au  mont  Carmel,  qui  était  élevé, 
fertile  et  agréable  à  voir.  C'est  ainsi  qu'on 
peut  interpréter,  Cant.  7.  5.  Capul  tuum  ut 
Carmelus  :  Votre  tête  est  comme  le  mont  Car- 
mel; Hebr.  coccinum,  est  belle  comme  l'écar- 
late  :  d'autres  l'entendent  de  la  coiffure  de  la 
tête  élevée  et  belle  comme  celte  montagne. 
Au  reste,  il  paraît  que  la  beauté  de  celte 
montagne  passait  en  proverbe,  pour  mar- 
quer tout  ce  t]ui  était  beau,  grand,  élevé, 
agréable  à  la  vue.  Voy,  Gharmel. 

Ville  et  montagne  dans  la  tribu  de  Juda, 
où  Nabal  avait  ses  biens.  Jos.  12.  22.  Rex 
Jachanan  Carmeli  unus  :  Dans  la  terre  que 
les  Israélites  conquirent  au  delà  du  Jour- 
dain, il  y  avait...  un  roi  de  Jachanan  du 
Carmel.  c.  15.  55.  1.  Reg.  15.  12.  2.  Reg.  2. 
2.  c.  3.  3.  etc. 

CARMELITES,  £,  Heb.  Agnus  circumcisus. 
Qui  est  de  la  ville  de  Carmel  en  la  tribu  de 
Juda.  2.  Par.  11.  37.  Hesro  Carmélites  :  C'é- 
tait un  des  trente  braves  de  l'armée  de  Da- 
vid. 

GARMELITIS,  dis,  Heb.  idem.  Qui  est  de 
la  même  ville  de  Carmel.  1.  Par.  3.  1.  David 
hos  habuit  filios...  secundum  Daniel  de  Abigail 
Carmelitide  :  David  eut  ces  enfauts-ci...  lo 


6SI 


CAR 


CAR 


6^22 


second  Daniel  d'Abigaïl  de  la  ville  doCarmel. 
Elle  avait  élé  femme  de  Nabal. 

CARMEN,  iNis.  Ce  mot,  signiGant  carde, 
instrument  à  carder  la  laine,  vient  de  carere, 
pour  carpere;  signifiant  une  chanson,  il  vient 
de  casmen,  dérivé  de  casno,  pour  cano,  d'où 
vient  car/nen,  changeant  s  en  r,  et  signifie 
proprement  les  vers,  la  poésie,  opposée  à  la 
-  prose,  une  pièce  de  poésie,  une  ode,  une 
chanson,  enchantement,  carde,  instrument 
de  cardeur;  dans  l'Ecr.  : 

1°  Chant,  chanson,  air  agréable  («o-f/»); 
d'où  vient  celte  façon  de  parler,  Eccl.  12.  i. 
Et  obsurdescent  omnes  filiœ  carminis  :  Sou- 
>enez-vous  de  votre  Créateur  dès  votre  jeu- 
nesse, avant  que  les  filles  de  l'harmonie  de- 
viennent sourdes  ;  î.  e.  avant  votre  vieillesse. 
Les  filles  de  l'harmonie  marquent  les  oreilles, 
qui  est  le  sens  qui  juge  de  l'harmonie  ;  celte 
expression  marque  le  temps  de  la  vieillesse, 
auquel  l'ouïe  s'affaiblit.  Yoy.  2.  Reg.  19.  35. 
De  là  vient,  Carmen  musicum  :  Air  de  musi- 
que, agréable  à  cause  de  ses  accords.  Ezech. 
33.  32.  Es  eis  quasi  carmen  musicum  :  Vous 
êtes  à  l'égard  des  Juifs  comme  un  air  de  mu- 
sique. Dieu  témoigne  au  prophète  que  le 
peuple  n'écoutait  tous  ses  discours  que  pour 
leur  plaisir  et  pour  se  divertir,  et  non  pour 
s'en  servir  à  se  corriger.  v.31.La  métaphore 
est  tirée  des  airs  et  des  concerts  qui  se 
terminent  uniquement  à  flatter  les  oreil- 
les. 

2°  Cantiques,  ouvrages  de  poésie,  faits 
pour  chanter  et  publier  la  bonlé  et  la  puis- 
sance de  Dieu  (wo/j);  d'où  vient  Carmina 
Scripturarum  :  Les  cantiques  de  l'Ecriture. 
3.  Reg.  4.  32.  Eccli.  44.  5.  Fuerunt  carmina 
ejus  quinque  millia  :  De  cinq  nulle  cantiques 
qu'a  faits  Saloaion,  il  ne  nous  en  est  que 
Irès-peu  resté,  entre  lesquels  le  plus  excel- 
lent de  tous  ceux  qu'il  a  composés,  est  le 
cantique  appelé  des  cantiques.  Non-seule- 
ment Salomon,  mais  encore  David  et  les  au- 
tres saints  personn;iges  de  l'Ancien  Testa- 
ment en  ont  composé,  tant  pour  chanter, 
que  pour  jouer  sur  les  instruments.  Voyez 
Canticum.  Ainsi,  2.  Esdr.  12.  45.  in  diebus 
David  et  Asaph  ab  exordio  erant  principes 
constituli  cantorum  in  carminé  laudantium  : 
Dès  te  commencement,  au  temps  de  David  et 
d'Asaph,  il  y  eut  des  chefs  établis  sur  les 
chantres  qui  louaient  Dieu  par  de  saints 
cantiques.  Exod  15.  1.  Num.  21.  17.  2.  Rog. 
22.  1.  Par.  16.  35.  Ainsi,  Job.  35.  10.  Ubi  est 
Deus  qui  frcit  me,  qui  dédit  carmina  in  nocte? 
Où  est  le  Dieu  qui  m'a  créé,  qui  fiit  que  les 
siens  lui  chantent  pendant  la  nuit  des  canti- 
ques d'actions  de  grâces?  D'autres  l'enten- 
dent de  la  joie  intérieure  que  Dieu  donne 
aux  siens  au  milieu  des  persécutions  qu'ils 
souffrent  pour  sa  gloire. 

3'  Instruments  de  musique,  sur  lesquels 
on  chantait  les  cantiques  et  \>s  psaumes  (Ja- 
vof).  P8.4.1.  In  finem,  in  carminibus  :  Psaume 
de  David  qu'on  doil  chauler  sur  les  instru- 
ments de  musiciue  jusqu'à  la  fin  des  siècles  ; 
selon  les  Seplant<',  qui  doil  être  chanté  parmi 
les  hymnes.  Ps.  6.  i.  Ps.  53.  1.  Ps.  54.  t. 
Hebr.     in    pulsationihus  ;    ces    insirumeiils 


étaient  de  ceux  qui  résonnaient  en  les  tou- 
chant et  non  en  soufflant. 

4°  Prophétie  triste  et  lugubre,  en  forme  de 
plainte  faite  sur  le  malheur  de  quelqu'un. 
Ezech.  2.  9.  Scriptœ  erant  in  eo  lamentatio- 
nés  et  carmen  et  vœ  :  Il  était  écrit  dans  le  li- 
vre qui  me  fut  présenté,  des  plaintes  lugu- 
bres, des  cantiques  et  des  malédictions;  tout 
ceci  marquait  les  jugements  terribles  que 
Dieu  devait  exercer  contre  les  Juifs;  d'autres 
distinguent  les  plaintes  lugubres,  comme  re- 
gardant les  réprouvés,  à  qui  les  exhortations 
des  pasteurs  sont  inutiles,  des  cantiques  qui 
regardaient  les  justes.  Voy.  Deut.  32.  36. 
De  là  vient  Lugubre  canere,  sous-entendu 
carmen,  publier  une  prophétie  fâcheuse  et 
lugubre,  prophétiser  de  grands  maux  à  ve- 
nir. Ezech.  32.  18.  Cane  lugubre  super  multi- 
tudinem  Mgypti:  Prophétisez  la  ruine  totale 
des  Egyptiens,  se.  par  Nabuchodonosor  et 
par  les  Chaldéens.  Mais  Ezech.  c.  27.  32. 
Carmen  lugubre,  est  pris  pour  les  plaintes  et 
les  marques  qu'on  donne  de  la  part  qu'on 
prend  aux  malheurs  dautrui.  Assument  su- 
per te  carmen  lugubre :Touh  ceux  qui  avaient 
commerce  avec  vous  feront  sur  vous  des 
plaintes  lugubres;  le  prophète  parle  de  la  dé- 
solation de  Tyr. 

5°  Discours  de  piété,  paroles  de  l'Ecriture. 
Prov.  25.  20.  Acetum  in  nitro  qui  canat  car- 
mina cordi  pessimo  .-Comme  le  vinaigre  ai- 
grit et  donne  plus  de  force  au  nitre;  ainsi  les 
discours  salutaires  irritent  davantage  les 
méchants  et  les  obstinés  :  Si  l'on  entend  ceci 
d'une  personne  affligée,  par  le  mot  de  cor 
pessimum  ou  malum,  selon  l'Hébreu  ;  par  le 
mot  carmina,  on  entendra  un  discours  en- 
joué ou  quelque  chanson  gaie,  qui  impor- 
tune ceux  qui  sont  dans  le  deuil.  Voy.  Cin- 

TARE. 

CARNAIM,  Heb.  Duo  cornua,  ville  forte 
dans  le  pays  de  Galaad.  1.  Mach.  5.  v.  26.  43. 
44.  La  même  que  Astaroth-Carna'im.  Voy. 

ASTAROTH. 

C.\RNALIS.  (T(x^y.tY.o;,  o-âpxivof.De  caro,  et  si- 
gnifie : 

1°  Qui  est  d'une  nature  composée  de  chair 
et  d'os,  corporel,  sujet  à  périr.  Esth.  14.  10. 
Prœdicent  carnalem  regem  in  scmpiternum  : 
Les  ennemis  de  votre  peuple  veulent  fermer 
la  bouche  de  ceux  qui  vous  lou'-nt,  pour  re- 
lever à  jamais  un  roi  de  chair  et  de  sang.' 
Esther  demande  à  Dieu  d'empêcher,  pour 
sa  gloire,  qu'Assuérus  ne  rende  son  nom 
éternel,  en  exterminant  la  race  des  Juifs 
qu'il  avait  toujours  regardés  pour  son  peu- 
ple. 

2°  Temporel,  ce  qui  regarde  le  corps  et  la 
vie  (xarà  (7«/)xa).  CoIoms.3.  ±1. Servi,  obedilc  per 
omnia dominis  carn(dibus  .-Serviteurs,  obéis- 
sez en  tout  à  ceux  qui  sont  vos  maîires  selon 
la  chair.  L'Apôtre  témoigne  que  le  devoir 
des  serviteurs  et  des  esclaves  est  d'obéir  à 
leurs  maîtres  en  tout  ce  (|u'ils  ont  droit  de 
leur  commander.  Ephes.  6.  5. 

3°  Celui  en  qui  la  chair  et  la  concupiscence 
combattent,  soit  qu'il  y  résiste  fortement. 
Rom.  7.  14.  Ego  aulem  carnalis  sum:  Pour 
moi,  je  suis  charnel,   dit    saint   Paul:  soit 


6âiS 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


esi 


qu'il  y  résiste  faiblenicul  et  se  laisse  encore 
aller  à  ses  affections  cliatnelles.  1.  Cor.  3.1. 
Non  potui  vobis  .loqni  quasi  spiritualibus, 
sed  quasi  carnalibus  :  Je  n'ai  pu  vous  parler 
comme  à  des  hommes  spirituels,  mais  com- 
me à  des  personnes  charnelles,  v.  2.  3.  Tous 
les  hommes  charnels  ne  sont  point  exclus  du 
royaume  de  Dieu;  il  ne  faut  point  en  déses- 
pérer; mais  il  faut  les  ménager,  pour  les 
faire  avancer.  Non  tamen  desperandi,  sed  nu- 
triendi.  Aug.  in  Ps.  38. 

4°  Charnel,  qui  part  de  la  concupiscence, 
qui  excite  les  passions  déréglées,  opposé  à 
spirituel.  î.  Petr.  2.11.  Obsecro  vos  tamquam 
(ulvenas  et  peregrinos  abstinere  vos  a  carnali- 
bus desidcriis  :  Je  vou^  exhorte,  mes  bien- 
aimés,  de  vous  abstenir,  comme  étrangers  et 
voyageurs  que  vous  êtes, des  désirs  charnels. 
Jud.  V.  23. 

5°  Charnel  ,  humain  ,  qui  est  selon  les 
maximes  du  monde.  2.  Cor.  1.  12.  In  simpli- 
cllale  cordis...  et  non  in  sapientia  carnali  con- 
tersati  sumus  in  hoc  mundo  :  Nous  nous 
sojnmes  conduits  en  ce  monde  avec  une  sim- 
plicité de  cœur  et  une  sincérité  de  Dieu,  non 
dans  la  s<igesse  de  la  chair.  Saint  Paul  op- 
pose sa  conduite  à  celle  des  faux  apôtres, 
qui  était  toute  charnelle,  en  ce  qu'ils  ne  re- 
cherchaient que  leurs  intérêts  et  leur  propre 
gloire,  c.  10.  i.  Arma  militiœ  nostrœ  non  car- 
nalia  sunt  :  Les  armes  de  notre  milice  ne 
sont  point  charnelles  ;  i.  e.  nous  n'employons 
point  la  prudence  humaine,  les  belles  paro- 
les, la  tromperie  ou  la  violence  pour  gagner 
les  âmes  à  Dieu. 

6"  Qui  doit  Onir,  mortel,  périssable.  Hebr. 
7.  16.  Non  secundum  legem  mandati  carnalis 
faclus  est,  sed  secundum  virtutem  vitœ  indis- 
solubilis  :  Jésus -Christ  n'est  point  établi 
prêtre  par  la  loi  d'une  succession  char- 
nelle, mais  par  la  puissance  de  sa  vie  immor- 
telle. 

7'  Ce  qui  regarde  les  nécessités  et  les  com- 
modités de  la  vie,  les  biens  temporels  néces- 
saires à  la  vie.  1.  Cor.  9.  11.  Si  nos  vobis 
spiritualia  seminavimus,  magnum  est  si  nos 
carnalia  vestra  metamus?  Est-ce  une  grande 
chose  que  nous  recueillions  queliiue  fruit 
de   vos   biens  temporels?  Rom.  15.  27, 

8°  Docile,  obéissant.  2.  Cor.  3.  3.  Epistola 
estis  Cliristi...  scripta...  non  î'n  tabuiis  lapi- 
deis,  sed  in  tabuiis  cordis  carnalibus  :  Vous 
êtes  la  lettre  de  Jésus-Christ  qui  est  écrite, 
non  sur  des  tables  de  pierre,  mais  sur  des 
tables  de  chair,  qui  sont  vos  cœurs.  Le  saint 
apôtre  loue  les  Corinthiens  de  leur  docilité 
cl  de  leur  obéissance  à  l'Evangile  et  à  ce  que 
Dieu  demandait  deux;  au  contraire,  cor  la- 
pideum,  le  cœur  endurci  n'est  point  soumis 
à  la  loi  ni  à  la  volonté  de  Dieu.  Ezech.  11, 
19. 

CARNEUS  ,  A,  UM,  aap.tvo?.  De  caro  ,  el  si- 
gnifie: 

1°  Qui  est  de  chair,  de  là  vient  cette  expres- 
sion, oculi  carnei,  des  yeux  de  chair,  ce  qui 
se  dit  de  celui  qui  juge  des  choses  selon  ce 
qui  paraît  seulement  à  l'extérieur,  et  sans 
examiner  le  fond  et  les  raisons  d'une  cause. 
Job.  lu.  k.  Numquid  oculi  carnei  tibi  sunt  ? 


Avez-vous  des  yeux  de  chair,  i.  e.  jugez- 
vous  des  choses  comme  font  I  •  plus  sou- 
vent les  hommes  par  l'extérieur  seule- 
ment ? 

2°  Qui  est  faible  et  sans  force.  2.  Par.  32.  8. 
Cum  illo  est  brachium  carneum;  nobiscum 
Dominus  Deus  noster  :  Toute  l'armée  qui  est 
avec  Sennachérib  n'est  qu'un  bras  de  chair  ; 
mais  nous  avons  avec  nous  le  Seigneur  notre 
Dieu,  dit  Ezécbias  à  tout  le  peuple  de  Jéru- 
salem assemblé. 

3°  Tendre,  flexible,  docile;  Ezech.  11.  19. 
Auferam  cor  lapideum  de  carne  eorum,  et  dabo 
eis  cor  carneum  :  J'ôlerai  de  la  chair  des  Is- 
raélites le  cœur  de  pierre,  et  je  leur  donne- 
rai un  cœur  de  chair.  Voy.  Carnalis,  8°. 

CARMFEX,  icis.  De  caro,  carnis  et  de  fa- 
cere,  qui  signifie  aussi,  conficere ,  consu" 
mère. 

Bourreau,  qui  met  à  mort  en  exécution  de 
sentence  portée  contre  quelqu'un  déclaré 
comme  criminel  (5»i/xio,-)  ;  mais  il  se  dit  au-^si 
figur.  d'un  homme  cruel,  inhumain,  qui  aime 
à  répandre  le  sang.  2.  Mach.  7.  29.  Jta  fiet 
ut  non  timeas  carnificem  istum  :  Comprenez 
bien  que  Dieu  a  créé  tout  le  reste  du  monde, 
aussi  bien  que  tous  les  hommes,  et  ainsi 
vous  ne  craindrez  point  ce  cruel  bourreau, 
dit  la  mère  des  Machabées,  exhortant  le  der- 
nier el  le  plus  jeune  de  ses  enfants  à  souffrir 
généreusement  la  mort  à  l'exemple  des  six 
autres  enfants. 

CARNION.  Un  fort  imprenable  dans  la 
demi-tribu  de  Manassé  au  delà  du  Jourdain. 
2.  Mac.  12.  V.  21.26.  Judas  Machabée  prit  ce 
fort  et  y  tua  trente  mille  hommes. 

CARO,  Ms,  (rà/;;  ,  y.ôç,  du  grec  x^£«f,  par 
une  transposiiion  assez  commune,  comme 
de  viiTzxi  se  fait  rapax,  etc.,  el  signifie  pro- 
prement : 

De  la  chair  des  animaux  qu  on  tue  pour 
manger  ;  il  se  dit  aussi  de  la  chair  vive  des 
hommes  et  des  bêtes,  el  se  dit  improprement 
des  poissons,  des  fruits,  des  racines;  dans 
l'Ecriture  : 

1°  Chair,  tout  animal  en  général.  1.  Cor. 
15.  39.  Non  omnis  caro,  eadem  caro;  sed  alia 
quidem  hominum,  alia  vero  pecorum,  alia  vo- 
lucrum,  alia  autem  piscium  :  Toute  chair 
n'est  pas  la  même  chair,  etc. 

2°  Chair  d'animal  mort ,  l'animal  mort. 
Exod.  29.  li.  Carnes  vero  vituli...  combures 
foris  :  Vous  brûlerez  dehors  et  hors  du  camp 
toute  la  chair  du  veau,  se.  après  avoir  été 
sacrifié.  Voy.  v.  11.  Levit.  14.  11.  Reg.  17. 
U.  Ps.  78.  2.  etc. 

3°  Chair,  partie  du  corps  d'un  animal  vi- 
vant. Luc.  24.  39.  Spiritus  carnem  el  ossa 
non  habet  :  Un  esprit  n'a  ni  chair  ni  os, 
comme  vous  voyez  que  j'ai,  dit  Jésus-Christ 
aux  onze  apôtres,  qu'il  voulait  persuader 
que  c'était  lui-même  qu'ils  voyaient  et  non 
un  esprit.  Voy.  v.  37.  40.  41.  Gen.  2.  21. 
Exod.  4.  7. 

4°  La  peau,  prise  pour  la  chair  très-maigre, 
abattue  el  mince  ,  d'un  corps  vivant.  Ps.  101. 
6.  A  voce  gemitus  mei  adhœsit  os  meum  carnt 
meœ  :  A  force  de  gémir  et  de  soupirer,  je  n'ai 
plus  que  la  peau  collée  sur  les  os. 


w 


625 


CAR 


5»  La  lête,  la  chair  de  la  lête.  Job.  4.  15. 
Inhorruerunt  pili  carnis  meœ  :  Les  cheveux 
de  ma  tête  se  dressèrent,  se.  à  la  vue  d'un 
spectre.  Voy.  v.  16. 

6°  Les  parties  naturelles  de  l'homme  qui 
servent  à  la  propagation.  Gen.  17,  11.  Cir- 
cumcidetis  carnem  prœputii  vestri  .  Vous  cir- 
concirez voire  chair;  celte  circoncision  dans 
Abraham  et  tous  ses  enfants  mâles,  était  le 
signe  de  l'alliance  qu'il  faisait  avec  Dieu.  v. 

13.  li.  A.insi  ,  Rom.  2.  28.  Neque  quœ  in 
tnanifesto,  in  carne,  est  circumcisio  :  La  vé- 
ritable circoncision  n'est  pas  celle  qui  se 
voit  dans  la  chair,  mais  celle  du  cœur,  se.  le 
retrancheinent  des  passions  et  des  dérègle- 
ments de  l'âme.  Goloss.  2.  11.  Ephes.  2.  11. 
Ainsi,  Ezech.  16.  26.  Fornieata  es  ciim  filiis 
Mgypti  vicinis  tuis  magnarum  carnium  : 
Vous  vous  êles  prostituée  aux  enfants  de 
l'Egypte  qui  sont  vos  voisins  el  qui  ont  de 
grands  corps  ;  le  prophète  représente  ici  les 
alliances  illicites  et  criminelles  qu'ont  faites 
les  Juifs  avec  les  Egyptiens,  capables  de  les 
porter  à  l'impureté,  et  le  terme  mngnurum 
carnium,  peut  ûgurer  les  richesses  et  la  puis- 
sance des  Egyptiens,  qui  portaient  les  Juifs 
à  s'attacher  à  eux  et  à  leur  idolâtrie,  qui  est 
souvent  figurée  par  la  fornication. Ce  qui  est 
encore  exprimé  par  ces  termes,  c.  23.  20. 
Quorum  carnes  sunt  ut  carnes  asinorum, 
pour  marquer  leur  prodigieux  attachement 
à  l'idolâtrie. 

7°  Le  corps  entier,  distingué  de  l'âme.  Ps. 
15.  9.  Caro  mea  requiescet  in  spe  :  Ma  chair, 
c'est-à-dire,  mon  corps  se  reposera  dans  l'es- 
pérance. Gènes.  2.  2i.  Ephes.  o.  31.  Erunt 
duo  in  carne  una  ;  Gr.  in  carnem  imam  :  De 
deux  qu'ils  étaient,  savoir  :  l'homme  et  la 
femme,  ils  deviendront  une  même  chair;  le 
mari  et  la  femme  ont  droit  sur  le  corps  l'un 
de  l'aulre,  comme  s'il  leur  était  propre,  en 
ce  qui  regarde  le  devoir  conjugal.  Ephes.  5. 
29.  etc.  d'où  vient,  carnis  resurreclio: 

§  1. —  Tous  les  animaux  en  général,  tant 
l'homme  même  que  tous  les  autres  animaux 
(avec'.JTrof).  Gen.  6.  13.  Finis  universœ  carnis 
venit  coram  me  :  J'ai  résolu  de  faire  périr 
tous  les  hommes  et  lous  les  animaux,  dit 
Dieu  à  Noé,  résolu  de  répandre  sur  la  terre 
les  eaux  du  déluge.  Voy.  7.  22.  Ainsi,  v. 
17.  19.  c.  7.  V.  15.  21.  c.  8.  17.  c.  9.  v.  11. 

15,  17.  Levil.  17.  11.  Num.  16,  22.  etc.  Mais, 
Eccli.  17.  4.  exc'ul  l'homme  :  Posuit  timo- 
rem  illius  super  omnem  carnem  :  Dieu  a  fait 
craindre  l'homme  de  toute  chair,  i.  e.  de 
tous  les  animaux. 

§  2.  L'homme,  son  corps,  comme  vivant 
el  animé,  la  personne  «nêtne  {(T'7)u.y.).  Levit. 
19,  28,  Super  morluo  non  iuci'letis  carnem 
ve^tram  :  Dieu  défend  aux  Juifs  de  faire  d'in- 
cisions dans  Irur  corps,  pour  hoi\orer  les 
moris,  comme  faisaient  les  idolâtres  dans 
leur  deuil  et  leurs  fiénilcnce».  Voy.  Jerem, 

16,  6,  3.  Reg.  18.  28.  Ainsi,  Gen.  2.  24.  Job. 

14.  22.  Caro  ejus  dum  vivet ,  dolcbil  :  La 
chair  de  l'homme  pendant  (fn'il  vivra,  sera 
dans  la  douleur.  Exod.  22.  27.  Ps.  37.  4,  8. 
Ps.  62.  2.  elc. 

i^  3.  L'homme,  soit  en  général,  les  hommes 


CAR  au 

de  toutes  les  nations.  Gen.  6.  12„  Omnis 
guippe  caro  eorruperal  viam  suam  :  La  vie 
de  tous  les  hommes  était  devenue  toute  cor- 
rompue. Celte  corruption  attira  le  déluge. 
V.  13.  Deut.  5.  26.  Ps.  55.  5.  Ps.  64.  3,  Malth. 
24.  22,  Marc,  13,  20,  Joan,  3.  6.  c.  17,  2. 
Rom.  3.  20.  1,  Cor,  1.  29,  Gai,  2,  16.  1. 
Petr.  1.  24.  etc.  Ainsi,  tous  ceux  que  Dieu 
a  appelés  à  la  foi.  Isa.  40.  5.  Joël.  2.  28. 
Act.  2.  17.  Juifs  ou  Gentils  sans  distinction; 
soit  qu'il  s'entende  avec  quelque  restriction; 
tous  les  sujets  de  quelque  état,  tous  les 
Juifs,  la  nation  des  Juifs,  les  habitants  de 
Jérusalem.  Eccli.  46.  22.  Pecunias  et  usque 
ad  ealceamenta  ah  omni  carne  non  accepit . 
Samuel  à  la  fin  de  sa  vie  protesta  devant 
les  Juifs  qu'il  n'avait  jamais  rien  pris  de  qui 
que  ce  soit,  ni  argent,  ni  jusqu'à  un  cordon 
de  soulier.  Jerem.  12.  12,  Malth.  24.  22. 
Marc.  13.  20.  Ainsi,  Dan,  4.  9.  Ex  eâ  vesce- 
balxir  onmis  caro  .  Tout  ce  qui  avait  vie 
trouvait  sous  cet  arbre  de  quoi  se  nourrir; 
i.  e.  tous  les  peuples  soumis  à  Nabuchodo- 
nosor  représenté  par  cet  arbre,  Voy.  v,  19. 

§  4.  L'homme  considéré,  selon  son  état 
naturel,  ses  lumières  et  ses  affections  natu- 
relles, auquel  sens  se  trouve,  Malth.  16,  17, 
Caro  et  sanguis  non  revelavit  tibi  :  Ce  n'est 
point  la  chair  et  le  sang  qui  vous  ont  révélé 
que  je  suis  le  Christ  Fils  du  Dieu  vivant, 
dit  Jésus-Christ  à  saint  Pierre,  Joan,  3.  6. 
Gai.  1.  16.  Ainsi,  1.  Cor.  15,  50.  Caro  et  san- 
guis regnum  Dei  non  possidebunt  :  L'homme 
mortel  et  sujet  à  la  corruption,  est  incapable 
de  l'état  des  bienheureux.  Voy.  Exod,  33. 
20.  2,  Cor.  10.  3.  Hebr.  2.  14.  Mais 'Eccli. 
17.  30.  marque  l'homme  selon  ses  affections 
corrompues,  Quid  nequius  quam  quod  exco- 
gitavit  caro  et  sanguis?  Qu'y  a-t-il  de  plus 
corrompu  que  ce  que  pense  la  chair  et  le 
sang?  Ephes,  6.  12.  Caro  marque  le  monde, 
et  nous-mêmes  ,  en  tant  que  nous  avons  à  les 
combattre, 

§  o.  L'homme  considéré  selon  sa  fragilité, 
sa  condition  mortelle,  et  sujette  à  toute  sorte 
de  misères,  Jerem.  17.  5.  Maledictus  homo, 
qui  confidit  in  liomine,  etponit  carnem  bra- 
cfiiwn  suum;  Maudit  est  l'homme  qui  met  sa 
confiance  en  l'hoiiame,  qui  se  fait  un  bras 
de  chair.  Voy.  Brachium.  Job.  6.  12.  Ps.  77. 
39.  Eccl.  5.  5.  Malth.  26.  41.  Marc.  14.  .38. 
Joan.  3.  6. 

§  6.  Le  vieil  homme,  l'homme  charnel, 
en  tant  qu'il  est  remué  par  les  passions,  la 
concupiscence  el  le  péché.  Gai.  5.  17.  Caro 
enim  concupiscit  adversus  spirilum  :  La  chair 
a  des  désirs  contraires  à  l'esprit.  L'Apôtre 
oppose  les  mauvais  désirs  do  la  chair  aux 
samls  mouvements  que  l'esprit  do  Dieu  in- 
spire. V.  13.  16.  c.  6.  8.  Gen.  6.  3.  Joan.  1. 
13.  c.  2.  16.  c.  3.  6.  Rom.  7.  18.  elc.  Ainsi: 

In  carne  esse,  secundum  carnem  esse,  se- 
cundum,  ou  post  carnem  ambulare.  Suivre 
les  alTeelions  déréglées  de  la  concupiscence. 
Rom.  7.  5.  Cum  enim  essemus  in  carne  :  Lors- 
que nous  étions  soumis  à  la  chair,  les  pas- 
sions des  péchés  irritées  par  la  loi,  agissaient 
dans  les  membres  de  notre  corjis.  c.  8.  1. 
Qui  non  secundum  carnem  ambulant  :  Ceux 


6Î7 


IICTIO.NNAIRF.  DE  PHILOLOGlt:  SACUlilE. 


B'^S 


qui  ne  marchent  point  selon  la  chair,  v.  4. 
Ainsi  :  v.  5.  Qui  secundum  carnem  sunt  : 
Ceux  qui  vivent  selon  la  chair.  2.  Pelr.  2. 
10.  Qui  post  carnem  in  concupiscenlia  im~ 
munditiœ  ambulant  :  Ceux  qui  pour  satisfaire 
leurs  désirs  impurs  suivent  les  mouvements 
de  la  chair  :  dans  ce  sens  l'âme,  selon  la 
partie  inférieure,  est  appelée  chair.  Gai.  5. 
19.  Manifesta  sunt  autem  opéra  carnis  :  Les 
œuvres  de  la  chair  sont  aisées  à  connaître; 
savoir  :  la  fornication,  l'impureté,  etc.  Voy. 
Matth.  15.  19.  A  quoi  se  peut  rapporter  piti- 
guedo  carnis,  la  graisse,  la  vigueur  du  corps, 
pour  marquer  la  gloire  et  la  force  dont 
l'homme  se  flalte  et  se  glorifie.  Isa.  17.  k. 
Attenuabitur  gloria  Jacob,  et  pinguedo  cornis 
ejus  marcescet  :  La  gloire  de  Jacob  se  flétrira, 
et  la  vigueur  de  son  corps  tombera  dans  l'af- 
faiblissement et  dans  la  maigreur.  Le  Pro- 
phète prédit  la  ruine  du  royaume  florissant 
des  dix  tribus. 

§  7.  Le  corps,  l'humanité  de  Jésus-Christ, 
considérée  comme  unie  au  Verbe  élernol 
Joan.  1.  14.  Et  Vcrbum  caro  factum  est  : 
Le  Verbe  a  été  fait  chair.  Act.  2.  31.  Rom. 
1.  3.  c.  8.  3.  Eph.  2.  14.  1.  Tim.  3.  16.  Heb. 
10.  20.  1.  Pe<r.  3.  18.  1.  Joan.  4.  2.  2.  Joan. 
7.  d'où  vient  Joan.  6.  64.  Caro  non  prodest 
quidquam  :  La  chair  ne  sert  de  rien  ;  Jésus- 
Christ  voyant  que  plusieurs  de  ses  apôtres 
trouvaient  dur  qu'il  eût  dit  que  sa  chair 
était  véritablement  une  viande,  v.  56.  61. 
leur  assure  ici  que  la  chair  seule  considérée 
en  elle-même,  ne  pouvait  donner  la  vie; 
niais  que  sa  chair,  qui  est  unie  au  Verbe 
éternel,  étant  reçue  clignement,  produit  la 
vie  éternelle.  Ainsi  le  corps  de  Jésus-Christ, 
reçu  dans  l'Eucharislie,  Joan.  6.  56.  Caro 
mêavere  est  cibus  :  Ma  chaire  est  véritable- 
ment viande;  se.  le  corps  de  Jésus-Christ, 
reçu  avec  les  dispositions  nécessaires,  est 
une  véritable  nourriture,  qui  donne  la  vie. 
V.  52.  54.  55. 

§  8.  Parenté,  alliance  par  le  sang,  les 
parents'mêmes.  Judic.  9.  2.  Considerate  quod 
os  vestrum  et  caro  vesira  sum  :  Considérez 
que  je  suis  volre  chair  et  votre  sang. 
Abimelech  fit  faire  cette  remontrance  aux 
habitants  de  Sichem,  par  les  parents  de  sa 
mère  pour  se  faire  établir  roi.  Voy  .  v.  6. 
Isa.  9.  20.  Unusquisque  carnem  brachii  sui 
rorabit  :  Chacun  dévorera  la  chair  de  son 
bras  ;  i.  e.  chacun  sera  ennemi  mortel  de 
ses  frères  et  de  ses  plus  proches  :  ce  qui 
arriva  au  temps  que  Salmanasar  vint  rava- 
ger la  Judée,  c.  58.  7.  Gen.  2.  23.  c.  29.  14. 
c.  37.  27.  Levil.  18.  v.  12.  13.  17.  2.  Ueg. 
5.  1.  etc.  Ainsi,  2.  Cor.  5.  16.  Si  cognovimus 
secundum  carnem  Chrislum  :  sed  nunc  jam 
non  novimus  :  Si  autrefois  nous  avons  connu 
Jésus  Christ  selon  la  chair,  maintenant  nous 
ne  le  connaissons  plus  de  la  sorte  :  ici  con- 
naître Jésus-Christ  selon  la  chair,  c'est  se 
vanter  qu'il  est  sorti  de  la  même  nation  que 
nous. 

§  9.  Manière  naturelle  et  ordinaire  de 
naître,  la  naissance  même  :  d'où  vient  :  5e- 
eiindiim  carnem  in  carne.  Epiph.  2.  11.  Ali- 
fiuando  vos  gentes  in  carne  ;  Vous  étiez  autre- 


fois  Gentils  par*  votre  origine  et  votre  nais- 
sance. Gai.  4.  29.  Qui  secundum  carnem  natus 
fuerat,  persequebatur  eum  qui  secundum  spi~ 
ritum  :  Ismaël,  qui  était  né  selon  la  chair, 
persécutait  Isaac  qui  était  né  selon  l'Esprit. 
Selon  la  chair;  i.  e.  selon  le  cours  ordinaire 
de  la  nature.  Ainsi,  Filii  carnis  :  Ceux  qui 
sont  nés  par  la  voie  ordinaire.  Rom.  9.  8. 
Non  qui  filii  carnis,  i.  e.  secundum  carnem, 
hi  filii  Dei  :  Les  enfants  d'Abraham  selon  la 
chair,  ne  sont  pas  pour  cela  enfants  de  Dieu, 
c.  4.  1, 

§  10.  Les  qualités  et  les  avantages  exté- 
rieurs,  qui  donnent  sujet  de  se  glorifier  , 
l'extérieur  :  Philipp.  3.  v.  3.  4.  Quanquam 
ego  habeam  confidentiam  et  in  carne:  si  quis 
alius  videtur  confidere  in  carne,  ego  magis  : 
Ce  n'est  pas  que  je  ne  puisse  prendre  moi- 
même  avantage  de  ce  qui  est  charnel,  et  si 
quelqu'un  croit  le  pouvoir  faire,  je  le  puis 
encore  plus  que  lui  :  ces  avantages  de  la 
chair  sont  marqués,  v.  5.  Ainsi,  2.  Cor.  5. 
16.  Nos  ex  hoc  neminem  novimus  secundum 
carnem  :  Nous  ne  connaissons  plus  personne 
selon  la  chair.  Saint  Paul  témoigne  qu'il  ne 
fait  plus  de  cas  de  la  noblesse,  des  biens  de 
fortune  ,  ni  même  des  qualités  naturelles 
Voy.  8°.  Ainsi,  c.  11.  13. 

§  11.  Ce  qui  regarde  la  vie  présente,  ou 
les  affaires  du  monde.  1.  Cor.  1.  26.  Non 
multi  sapientes  secundum  carnem  ;  De  ceux 
que  Dieu  a  appelés,  il  y  en  a  peu  de  sages 
d'une  sagesse  de  la  chair  ;  i.  e.  qui  soient 
en  réputation  de  grande  science  ,  ou  qui 
soient  de  grande  réputation  dans  le  monde, 
c.  7.  28.  Tribulationem  tamen  carnis  habe- 
bunt  hujusmodi  :  Quoique  ceux  qui  se  ma- 
rient ne  pèchent  point,  cependant  ils  ressen- 
tiront les  afflictions  de  la  chair;  i.  e.  de  la 
vie  présente.  2.  Cor.  10.  3.  Philem.  v.  16. 

§  12.  Les  cérémonies,  ou  les  œuvres  qui 
regardent  la  loi  ancienne.  Rom.  4.  1.  Quid 
dicemus  invenisse  Abraham  secundum  car- 
nem? Quel  avantage  dirons-nous  donc  qu'a 
eu  Abraham,  notre  père  selon  la  chair;  i.  e. 
par  la  circoncision?  Gai.  3.  3.  Sic  stulli  estis 
ut  cum  Spirilu  cœperitis ,  nunc  carne  con~ 
summemini?  Etes- vous  si  insensés,  qu'après 
avoir  commencé  par  recevoir  les  dons  du 
Saint-Esprit,  vous  finissiez  par  les  œuvres 
et  les  cérémonies  de  la  loi  ?  c.  6.  12.  Hebr. 
9.  10. 

CARO,  joint  avec  différents  verbes.  Carnes 
alicujiis  comedere,  manducare,  devorare,  etc. 
Manger  la  chair  de  quehiuun,  c'est  le  traiter 
cruellement,  se  jeter  sur  lui  pour  le  perdre, 
faisant  allusion  aux  bétes  farouches.  Ps.  26. 
3.  Appropiant  super  me  nocentes,  ut  edant 
carnes  meas  :  ceux  qui  me  veulent  perdre, 
sont  prêts  de  fondre  sur  moi,  comme  pour 
dévorer  ma  chair;  i.  e.  pour  m'attaqucr,  et 
dans  l'inlontion  de  me  détruire.  Mich.  3.  3. 
Zach.  11.  9.  Apoc.  17.  16.  c.  19.  18.  Ainsi, 
Tollere  carnem  alicujus  desuper  :  Oler  à  quel- 
qu'un la  chair  de  dessus  les  os  ,  i.  e.  exercer 
sur  lui  une  cruauté  et  une  tyrannie.  Mich. 
3.  "2.  Toliitis  pelles  eorum  desuper  eis,  et  car^ 
nem  eorum  desuper  ossibus  eorum  :  Vous 
arrache?  aux  pauvres  jusqu'à  leur  peau,  et 


629 


CAR 


CAR 


C50 


vous  leur  ôtez  la  chair  de  dessus  les  os.  Dieu 
parle  aux  chefs  et  aux  magistrats  des  Juifs, 
qui  les  opprimaient.  Jac.  5.  3.  JErugo  eorum 
in  testimoniutn  vobis  erit,  et  manducabit  car- 
nes vestras  sicut  ignis  :  La  rouille  de  l'argent 
que  vous  cachez,  s'élèvera  en  témoignage 
contre  vous,  et  dévorera  votre  chair;  i.  e. 
sera  cause  que  vous  serez  éternellement  dé- 
vorés par  le  feu  de  l'enfer.  Mais,  Solurari 
carnibus  alicujus  :  Etre  rassasié  des  chairs 
de  quelqu'un  ,  signifie  :  1°  Etre  rassasié  des 
mets  (jui  sont  servis  devant  quelqu'un.  Job. 
31.  31.  Quis  det  de  cnrnibiis  ejus  ut  sature- 
mur?  Qui  nous  donnera  de  s;i  chair,  afln  que 
nous  en  soyons  rassasiés?  Les  serviteurs  de 
Job  souhaitaient  de  mangtr  des  mets  qui 
étaient  servis  devant  leur  maître,  ce  qu'ils 
ne  pouvaient  obtenir  à  cause  de  sa  grande 
charité  pour  les  pauvres  et  les  étrangers. 
Voy.  Satiirare.  2°.  Déchirer  quelqu'un  de 
paroles  oulrageuses,  jusqu'à  ce  qu'on  soit 
content.  Job.  19.  22.  Quare...  carnibus  meis 
saturamini?  Pourquoi  vou-s  plaisez- vous  à 
vous  rassasier  de  ma  chair;  à  me  déchirer 
par  vos  médisances  et  vos  calomnies?  Ainsi: 

Comedere  carnem  suam;  i.  e.  se  ipsutn.  Se 
consumer  jusqu'à  mourir  de  faim.  Eccl.  k. 
5.  Stullus  compHcat  manus  suas,  et  comedit 
carnes  suas  :  L'insensé  met  ses  mains  l'une 
dans  l'autre,  et  il  mange  sa  propre  chair; 
i.  e.  il  consume  ses  biens,  et  se  réduit  à  la 
dernière  pauvreté ,  en  sorte  que  n'ayant 
plus  rien  du  tout  à  vivre,  il  ne  subsiste  plus 
que  de  la  propre  substance  de  son  corps, 
jusqu'à  ce  qu'elle  soit  toute  consumée  :  ce 
qui  se  peut  aussi  entendre  de  l'ennui  et  du 
chagrin  dont  il  est  ronge.  Ainsi  : 

Lacerare  carnes  suas  dentibus.  Se  tourmen- 
ter, s'afnig(  r  extrêmement.  Job.  13.  li.  Quare 
lacero  carnes  meas  dentibus  meis?  Pourquoi 
déchiré-je  ma  chair  avec  mes  dents  ?  i.  e. 
si  Dieu  n'afflige  que  ceux  qui  sont  tout  à  fait 
méclKinls ,  pourquoi  in'alflige-t-il  de  telle 
manière  que  je  serais  presqu'en  état  comme 
un  forcené,  de  me  délaJre  moi-même?  ou, 
selon  d'autres,  puisque  je  perdrai  plutôt  la 
vie  que  l'espérance  que  j'ai  en  Dieu,  pour- 
quoi me  croyez-vous  à  un  tel  éta'.  de  déses- 
poir que  de  vouloir  me  défaire  moi-même? 

Vetuslam  facere  pellein  et  carnem  alicujus. 
Mater,  dessécher  qui-lqu'un  à  force  de  le 
tourmenter.  Thren.  3.k.  Vetustam  fecit  pel- 
lem  nieam,  et  carnem  meam  :  Le  Seigneur  a 
fait  vieillir  ma  peau  et  ma  chair.  Ici  le  Pro- 
phète, figurant  tout  le  peuple  juif,  prouve 
par  celle  expression,  combien  la  main  de 
Dieu  él.iil  appesantie  sur  tout  le  peuple,  à 
cause  de  ses  péchés. 

Carnem  suam  crucifigere.  Crucifier  sa  chair, 
mortifier  et  réprimer  sa  concupiscence.  Gai. 
o.  2i.  Qui  aulem  sunl  Christi,  carnem  suam 
cruci fixer unt  cum  viliis  et  concupiscentiis  : 
Ceux  qui  sont  à  Jésus-Chrisl,  ont  crucifié 
leur  chair  avec  leurs  vices  et  leurs  désirs  dé- 
rfcj;lcs. 

CARPENTARIUS,  ii.  De  carpentwn,  cha- 
riot, peu  usité  chez  les  Latins  :  dans  l'Ecr.: 

Charpentier,  ou  iiilendinl  des  ouvrages 
Ce  charpentier  1.  Par.  9.  Li.  Hacharar  quoguc 


carpentarius  (LXX  xai  kpriç)  :  Bacbacar  char- 
pentier :  comme  les  Lévites  n'exerçaient  point 
de  métiers,  le  mot  de  charpentier  est  pris  ici 
ou  pour  le  surnom  de  Bacbacar,  ou  pour 
marquer  qu'il  avait  l'intendance  sur  les 
charpentiers  du  temple. 

CARPENTARIUS,  a,  um.  Qui  appartient 
aux  ouvrages  de  menuiserie  (àp-/jrsy.ro-Ay.) . 
Exod.  35.  33.  Implevit  Dominus  Beseleel  spi- 
ritu  Dei...  ad  excogitandum  et  fnciendum 
opus  in  aura...  sculpendisque  lapidibus,  et 
opère  carpentario  :  Le  Seigneur  a  rempli 
Bescléel  de  l'esprit  de  Dieu,  pour  inventer 
et  pour  exécuter  tout  ce  qui  se  peut  faire 
en  or...  dans  la  sculpture  des  pierres,  et 
dans  tous  les  ouvrages  de  menuiserie. 

CARPENTU.M.  De  carpere,  pris  pour  scin- 
dere,  parce  que  ces  chariots  étaient  faits  de 
bois  coupés,  et  signifie  : 

Chariot.  2.Reg.l2. 31.  Circumegit super  eos 
ferruta  carpenta  :  David  fit  passer  sur  les 
habitants  de  Rabbath  des  chariots  avec  des 
roues  de  fer.  Tous  ces  supplices  furent  exé- 
cutés en  punition  de  l'insulte  que  recul 
David,  c.  10.  4.  1.  Par.  20.  3. 

CARPERE.  De  carpus,  (|ui  signifie  la  join- 
ture de  la  main,  et  signifie  prendre,  cueillir 
avec  la  main,  effleurer,  entamer,  diviser, 
blesser:  dans  lEcrilure.: 

1°  Prendre,  cueillir.  Levit.  19.  10.  Paupe- 
ribus  et  peregrinis  carpenda  dimittes  :  Vous 
laisserez  prendre  aux  pauvres  et  aux  étran- 
gers dans  vos  vignes  les  grappes  qui  restent, 
ou  les  grains  qui  tombent.  Job.  8.  12.  Ainsi 
se  dit  improprement, 

Carpere  iter.  Prendre  son  chemin,  mar- 
cher, voyager.  Judic.  29.  14.  Cœpium  carpe- 
bant  iter  :  Le  serviteur  du  léviie  de  la  mon- 
tagne dEphraïm  et  son  maître  continuèrent 
leur  chemin  ;  ils  passèrent  la  ville  de  Jebus 
sans  y  entrer,  pour  venir  coucher  à  Gabaa. 

2°  Paître,  brouter.  Gen.  41.  18.  In  pastu 
paludis  vireta  carpebant  :  Les  sept  vaches 
grasses  que  Pharaon  vil  en  songe  paissaient, 
ce  lui  semblait,  dans  des  marécages.  Num. 
22.  k.  Voy.  Bos. 

CARPUS  ,  I.  Gr.  Kâpnoç.  Celui  chez  qui 
saint  Paul  avait  laissé  son  manteau  à  Troade. 
2.  Tim.  '*.  13. 

CARRUCA,  JE.  Ce  mot  se  dit,  ce  semble, 
pour  curruca,  comme  carrus  vient  de  cur-^ 
rus,  et  signifie  : 

Chariot  dont  se  servaient  anciennement 
les  gens  d'honneur.  Isa.  66.  20.  Adduccnt 
omnes  fratres  vestros...  in  carrucis,  ad  mon- 
tcm  sanctum  ;  Ceux  (jue  j'enverrai  feront  ve- 
nir tous  vos  frères  de  toutes  les  nations... 
sur  des  chariots,  à  ma  montagne  sainte  de 
Jérusalem.  Le  prophète  prédil  que  la  voca- 
tion des  gentils  à  l'Eglise  se  fera  avec  une 
prompte  diligem  e,*  et  par  toutes  sortes  de 
moyens  convenables. 

CARRUS,  I.  uuu^y.,  de  currus ,  et  signifie  : 
Char,  chariot.  Eccli.  33.  5.  Prœcordia  fatui 
guasi  rota  carri  :  Le  cœur  de  l'insensé  est 
comme  la  roue  d'un  chariot,  se.  par  l'in-t 
constance  et  la  volubilité  de  son  esprit. 

CARTALLUS,i,ouGARTALLUM,/«î/>T«>X*f 
De  careclum  : 


CSi 


DICTlOiNNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


65S 


Panier,  corbeille  d'osier.  Deut.  26.  2,  Toi^ 
les  de  cuncds  frugibus  luis  primitias ,  et  po~ 
nés  in  carlallo  .-Vous  prendrez  les  prémices 
de  tous  les  fruils  de  la  terre  et  les  mettrez 
dans  un  panier;  c'était  pour  les  offrir  à  Dieu. 
Voy.  \.  4.  10.  Ainsi,  Jerem.  6.  9.  Couverte 
manum  tuam  quasi  vindemiator  ad  cartallum: 
Retournez,  sentredironl  les  vendangeurs, 
ol  mettez  dans  votre  panier  ce  que  vous 
trouverez  de  reste.  Ceci  est  une  figure  de  ce 
que  firent  les  Babyloniens,  qui  vinrent  plu- 
sieurs fois  contre  la  Judée,  et  qui  en  emme- 
nèrent les  captifs  à  plusieurs  fois  ainsi  que 
les  dépouilles. 

CARTHA,  .E.  Heb.  Civitas.  Ville  de  la  tribu 
de  Zabulon,  donnée  en  partage  aux  lévites 
de  la  famille  de  Mérari.  Jos.  21.  34.  Il  y  en  a 
qui  croient  que  c'est  la  même  que  Ceseleth- 
Thabor.  Jos.  10.  22.  Voy.  Thabor. 

CARTHAGINENSIS.  Carthaginois,  qui  est 
dcCarthage,  ville  d'Afrique.  Ezech.  27.  12. 
Carthaginenses  (  Hebr.  Tharsis  ;  contempla- 
tio  gaudii)  negotiatores  lui  :  Les  Tyriens  tra- 
fiquaient avec  les  Carthaginois  ,  qui  étaient 
une  colonie  de  Tyr  et  do  Sidon. 

CARTnAN,  Heb.  Civitas.  Ville  de  la  tribu 
dcNephthali,  qui  tomba  en  partage  aux  lé- 
vites de  la  famille  de  Gerson.  Jos.  21.  32. 
Voy.  Cariathaim. 

CARTILAGO,  inis.  De  caro ,  carne,  car- 
nilago  :  de  là  se  fait  carlilago,  et  signifie  : 

Cartilage,  partie  du  corps  la  plus  dure 
après  les  os  (  p^x^;  ).  Job.  *0.  13.  Cartilage 
illius  quasi  laminœ  ferreœ:  Les  cartilages  de 
l'éléphant  sont  comme  des  lames  de  fer;  j.  e. 
très-dures. 

CASA,  m.  De  l'hebr.  noD  casa  y  qui  signi- 
fie tegere,  couvrir. 

Case  ,  cabane  ,  tente  (  (r/rr^v  ).  Sap.  11.2. 
Jn  iQCis  desertis  fixerunt  casas  :  Par  le  se- 
cours de  la  ??.ge5se  les  Israélites  onl  marché 
par  des  lieux  inhabités,  et  ils  ont  dressé 
leurs  lentes  dans  les  déserts. 

CASAIA,  Heb.  Z>Mri7 m.  Lévite,  père  d'E- 
tam,  de  la  famille  de  Mérari.  1.  Par.  15.  17. 

CASALOTH.  Ville  de  la  tribu  d'Issachar. 
Jos.  19.  18. 

CASBON,  Heb.  Numeratio.  Ville  de  la  Ga- 
laadite,  dans  la  tribu  de  Gad.  1.  Mac.  5.  36. 

CASÉD,  Heb.  Quasi  dœmon.  Fils  de  Na- 
clior.  Gen.  22.  22.  C'est  lui  qui  a  donné  le 
nom  aux  Chaldéens.  Hieron.  Tradil.  Hebr. 
in  Gène.  Cased  quartus  est  a  quo  Chasdim; 
i.  e.  Chaldœi  postea  vocati  sunt.  Ainsi  c'est 
par  aniicipalion  que  la  ville  d'Ur  est  appe- 
iéo  Ur-Chaldœorum.  Gen.  11.  3i, 

CASEUS,  I.  yàla  ,  xTof.  De  coeo  ou  coago, 
assembler,  parce  que  le  fromage  n'est  autre 
chose  qu'un  lait  qui  se  prend  à  force  de  vieil- 
lir et  de  le  g  nder.  C'est  dans  ce  sens  qu'il  se 
trouve  dans  Job.  10.  10.  Nonne...  et  sicut 
cascum  me  coagulasli  ?  Ne  m'avez-\  ous  pas 
fait  d'abord...  et  comme  un  lait  qui  s'épais- 
sit et  qui  se  durcit;  i.  e.  dans  le  sein  de  la 
mère  ;  et  signifie  proprement  : 

Fromage.'l:  Rcg.  17.  18.  Decem  formellas 
casei  hns  défères  ad  tribunum,  et  fratres  tuas 
visilabis  :  Portez  ces  dix  fromages  pour  le 
n)cslrc  de  camp  de  vos  frères  ;   voyez  com- 


ment vos  frères  se  portent,  dit  Isaïe  à  sou 
fils  David. 

CASIA,  xa(T(7î«.  Ce  mot  signifiant  une  plante 
très-agréable  aux  abeilles,  vient  de  ce  que 
son  odeur  a  quelque  rapport  à  la  plante  aro- 
matique, nommée  casse  ou  cannelle  ;  étant 
pris  pour  celte  même  plante,  nommée  can- 
nelle,  il  vient  de  canna,  parce  que  son 
écorce  ressemble  assez  au  roseau  :  dans  l'E- 
criture: 

Plante  aromatique,  que  quelques-uns 
croient  être  l'ambre,  d'autres  la  cannelle, 
dont  il  entrait  cinq  cents  sicles  pesant  dans 
la  composition  que  Dieu  ordonna  à  Moïse 
de  faire  pour  en  oindre  l'arche  et  les  vases 
sacrés,  et  pour  en  consacrer  le  grand-prêtre 
Aaron  et  ses  enfants.  Exod.  30.  24.  Casiœ 
autem  quingentos  siclos  in  pondère  sanctuarii. 
V.  25.  etc.  Ainsi  David  parlant  de  Jésus- 
Christ,  dit,  Ps.  44.  9.  3Iyrrha,  et  gutta,  et 
casia  a  vestimentis  tuis,  a  domibus  eburneis  : 
11  sort  de  vos  habits  et  de  vos  maisons  d'i- 
voire une  odeur  de  myrrhe,  d'aloës  et  de  can- 
nelle. Il  le  compare  à  un  roi  dont  les  habits 
sont  parfumés,  et  ce  parfum  marque  l'odeur 
de  ses  vertus,  par  lesquelles  il  attire  toutes 
les  nations  à  l'observation  de  sa  loi. 

GASIS,  ou  VALLIS  CASIS,  Heb.  Concisio. 
Plaines  de  la  tribu  de  Benjamin.  Jos.  18.  22. 
Voy.  Vallis.  Le  mot  Casis  signifie  toute 
sorte  de  plaine  ou  vallée,  de  Kilsets,  ampu- 
tare. 

CASLEU,  Heb.  Spes  ejus.  Neuvième  mois, 
qui  répond  à  notre  mois  de  novembre  et  dé- 
cembre. 2.  Esdr.  1.  1.  Zach.  7.  1.  Quarta 
mensis  noni  qui  est  Casleu.  i.  Mac.  1.  57.  c. 
4.  52.  etc. 

CASLUIM,  Heb.  Tegumentum  tabularum. 
Peuples  voisins  de  l'Egypte,  descendants  de 
Mesraïm,  desquels  sont  sortis  les  Philistins 
eî  les  Capbtorius,  sont,  selon  Bochart,  I.  4. 
31.  les  Colches.  GeiU  10.  .14,  1.  Pai.  1.  12. 
Voy.  Chasluim. 

GASPHIN,  Heb.  Argentaria.  Ville  de  Pa- 
lestine du  côté  de  l'Arabie.  2.  Mac.  12.  13. 
Aggressus  est  eivilalem  quamdam  firmam...  rui 
nomen  Casphin  :  Il  attaqua  une  bonne  place 
nommée  Casphin.  Adriconius  la  met  dans  la 
tribu  de  Dan,  près  de  Jamnia. 

CASPHOR,  Heb.  Argent  eus.  Ville  de  la 
tribu  de  Gad.  1.  Mac  o.  16.  Quelques  au- 
teurs croient  ijue  c'est  la  même  que  Casbon. 
Voy.  Casbon. 

CASSlA,  Gr.  y.v.Ti-/.,  Nom  de  la  seconde  fille 
qu'eut  Job  depuis  son  rétablissement.  Job. 
42.  14.  Vocavit  nomen  secundœ  Cassiam  :  Ce 
nom  lui  fut  donné  à  cause  de  sa  beauté  ex- 
cellente ou  de  sa  vertu,  comme  ce  parfum 
était  exquis  et  fort  précieux  chez  les  Orien- 
taux. Voy.  Casia. 

CASSIDILE,  is.  De  cassis,  qui  signifie  rels, 
filet;  et  dans  l'Ecriture  : 

Sac  ou  poche  fait  en  forme  de  rets.  Tob. 
8.  2.  Proluiit  de  cassidili  suo  partent  jecoris: 
Le  jeune  Tobie  étant  entré  au  lieu  où  était 
Sara,  fille  de  Raguol,  tira  do  son  sac  uno 
partie  du  foie  du  poisson,  et  la  nïit  sur  dos 
charbons  ardents.  Voyez-en  l'usage,  c  6.  19. 

CASSIS,  iDis.  Ce  nom   pris  pour  yi/fa, 


633 


CAS 


CAS 


654 


casque,  est  toscan,  et,  ce  semble,  comme 
qui  dirait  carassis,  de  xâp«,  caput  :  dans  l'E- 
criture : 

Casque  {Tzepi7(ef<xl«ioi.).  1.  Reg.  17.  5.  Cassis 
œrea  super  caput  ejus  :  Goliath  portait  sur  la 
tête  un  casque  d'airain. 

CASSUS,  A,  DM.  De  careo,  et  signifie  : 

Vain,  qui  n'a  qu'une  vaine  et  fausse  appa- 
rence, inutile,  de  nul  effet.  1.  Reg.  19.  10, 
Lancea  autem  casso  culnere  perlata  est  in  pa- 
rietem  :  Le  dard,  sans  blesser  David,  alla 
donner  contre  la  muraille.  Saùl,  en  le  lan- 
çant, tâchait  de  l'en  percer.  Éccl,  2,  26, 
Casso  sollicitudo  mentis  :  Tous  les  soins  d'a- 
masser sans  cesse  du  bien,  est  un  tourment 
inutile  de  l'esprit  pour  le  pécheur  qui  les 
amasse.  Ezcch.  13.  7,  Numquid  non  visio- 
nem  cassam  vidistis  ?  Les  visions  que  vous 
avez  eues  ne  sont-elles  pas  vaines?  Les  faux 
prophètes  flattaient  malicieusement  les  Juifs, 
que  la  désolation  de  la  Judée  parles  Chal- 
déens  ne  leur  arriverait  pas,  contre  la  pro- 
phétie qu'  en  faisait  le  prophète  Ezéchiel. 
Ainsi,  c,  12.  2i, 

CASTELLUM,  i.  Diminutif  de  castrum,  et 
signifie  proprement  château  :  dans  l'Ecri- 
ture : 

1°  Place  forte,  château  (  oh.-ni7iç  ) ,  2.  Par, 
27.  4..,  Mdificavit..,  et  in  saltibus  casteU.a  et 
turres  :  Joalham  fil  bâlir  des  châteaux  el  des 
tours  dans  les  bois.  Num.  31.  10.  Judith,  2. 
12. 

2°  Bourg,  village  (  xw^z»?  ).  1.  Mach,  7. 
46.  Exierunt  de  omnibus  castellis  :  Au  son 
des  trompettes  qui  avertissaient  derrière 
l'armée  de  Judas  de  la  victoire  remportée 
sur  Nicanor;  les  peuples  de  tous  les  villages 
de  la  Judée  qui  étaient  aux  environs  vinrent 
se.  pour  aider  à  achever  la  victoire,  2, 
Mach.  8.  V,  1,  6.  c.  14-,  16.  Il  se  trouve  sou- 
vent dans  les  évangélistes  en  celte  significa- 
tion. 

CASTIFICARE,  «-/viÇeiv.  De  castus  et  de  fa- 
cere,  inusité;  el  signifie  dans  l'Ecriture  : 

Rendre  chaste  el  pur,  purifier.  1.  Pclr.  1. 
22,  Animas  vestras  castificantes  in  obedien- 
tiam  charilatis  :  Rendez  vos  âmes  pures  par 
une  obéissance  d'amour  ;  Gr.  purifiez  vos 
âmes  en  obéissant  à  la  vériLé  par  lo  Saint- 
Esprit.  Cette  purification  se  fait  par  la  foi 
joiiile  à  l'amonr  ;  se.  en  croyant  à  Jésus- 
Cbrist,  et  étant  disposés  à  vivre  selon  sa  loi. 

t..ASriGARE,  TTKioîOctv.Du  Grec,y.v.T7Ôç  pour 
x.-T-ôc,  lorum,  et  s'entend  dans  les  auteurs 
laiins  des  réprimandes  qui  se  font  de  paro- 
h's;  il  signifie  reprendre  quelqu'un,  lui  faire 
une  réprimande  ;  ou  comme  dans  l'Ecri- 
lure  : 

!•  Châtier,  punir  quelqu'un  par  alîection, 
p)ur  corriger,  et  non  pour  perdre.  Ps.  117. 
18,  Castiyuns  castiguvil  tnc  Dominus  :  Par  la 
persécution  que  Dieu  a  permis  de  la  part  de 
mes  ennemis,  el  dont  il  m'a  délivré,  le  Sei- 
gneur m'a  châtié  pour  me  corriger,  comme 
Uii  bon  f)ère,  et  selon  ce  qui  est  dit,  Hebr. 
12.  0,  Apoc.  3,  19,  Ainsi,  Tob.  11.  17.  liene- 
dico  te,  Domine  Deus  Israël,  quia  tu  easti- 
gasli  me  :  Je  vous  bénis,  Seigneur  Dieu  d  I- 
sracl,  par<:e  que  vuus  m'avez  châtié,   dit  le 


père  de  Tobie  après  avoir  recouvré  la  vue, 
c.  13.  v  5.  11.  Jerem.  31. 18,  2.  Cor.  6,  9,  de 
là  vient  : 

Castigare  injudicio.  Châtier  selon  la  jus- 
tice, s'entend  d'une  justice  mêlée  do  miséri- 
corde, Jerem.  46.  28.  Te  vero  no7i  eonsu- 
mam,  sed  castigabo  te  injudicio  :  Pour  vous, 
mon  serviteur  Jacob,  je  ne  vous  perdrai 
point,  mais  je  vous  châtierai  avec  une  juste 
modération,  aulr.  en  jugement;  se.  pour 
faire  connaître  que  vous  n'êtes  pas  innocent, 
c.  30.11. 

2'  Traiter  rudement,  mortifier  (07rw7rt«Ççtv), 

1.  Cor,  9.  27.  Castigo  corpus  meum  :  Je  traite 
rudement  mon  corps.  La  métaphore  semble 
tirée  du  combat  des  athlètes,  qui  surmon- 
taient leurs  adversaires  à  grands  coups  de 
poing. 

CASTIGATIO,  t).eyx^ç.  Châtiment,  l'action 
de  châtier,  châtiments,  affliction,  punition. 
Ps.  72.  Ik.  Castigatio  mea  in  malutinis  :  J'ai 
été  châtié  dès  le  matin  ;  i.  e.  j'ai  toujours  eu 
de  nouvelles  afflictions  qui  commencent  dès 
le  matin,  Jerem.  30.  iï.  1.  Mach.  2,  W. 

CASTiTAS  ,  AT!s  ,  âyvaec.  De  caslus,  et  si- 
gnifie : 

1°  Chasteté,  pureté  de  corps  et  d'esprit, 
Judith.  15.  11.  Fecisti  viriliter,  et  conforta- 
tum  est  cor  tuum,  eo  quod  castitatem  amove- 
ris  :  Vous  avez  agi  avec  un  courage  mâle,  et 
votre  cœur  s'est  affermi,  parce  que  vous 
avez  aimé  la  chasteté,  dit  Joacim  à  Judith, 
c.  16.  26.  Act.  2i,  25,  Gai,  5,  23,  1  Tim.  k. 
12.  c  5,  2. 

2°  intégrité,  honnêteté  (asf/vÔTyjç).  1.  Tim. 

2.  2.  Ut  quietam  et  Iranquillam  vitam  agamus, 
in  omni  pietate  et  caslitate  :  Que  l'on  fasse 
des  prières,  des  demandes  et  des  actions  de 
grâces  pour  les  rois...  afin  que  nous  me- 
nions une  vie  paisible  et  tranquille  dans 
toute  sorte  d'exercice  de  piété  et  de  vertu, 
c.  3, /t.  2.  Cor.  6.  6, 

3°  La  purelé  et  la  sainteté  du  culte  de  Dieu. 
1,  Mac,  14.  36.  Inferebant  plagam  magnam 
casiUali  :  Les  ennemis  faisaient  une  grande 
plaie  à  la  sainteté  du  temple,  et  détruisaient 
tout  ce  (ju'il  y  avait  de  plus  saint. 

GASTORES,  Gr.  Sioay.o-jpoL,  Jovis  filii.  Cas- 
tor et  Pollux  ;  c'était  l'enseigne  que  portait 
le  vaisseau  où  monta  saint  Paul.  Act.  28. 11. 
Navigavimus  in  navi  Alejcandrina,  cui  insi^ 
gne  eral  Castorum,  Nous  nous  embarquâmes 
sur  un  vaisseau  d'Alexandrie  qui  portait 
pour  enseigne  Castor  et  Pollux.  Ils  prési- 
daient aux  combats  et  à  la  navigation  ;  les 
idolâtres  avaient  beaucoup  de  confiance  en 
ces  deux  divinités,  (ju'ils  croyaient  êlre  favo- 
rables aux  naulonniers  dans  les  tempêtes. 

CASTRA  ,  ORUM  ,  7r«&E^eo).ri.  De  casa  , 
parce  que  les  loges  que  faisaient  les  soldats 
pour  être  à  l'ombre,  s'appelaient  casœ^  ri 
signifie  : 

1*  Camp,  lieu  où  campe  une  armée.  L'É- 
criture appelle  de  ce  nom  les  lieux  où  s'ar- 
rêtaient les  Israélites  ,  depuis  leur  sortie 
d'Egypte,  jusqu'à  leur  entrée  dans  lu  terre 
sainte,  où  ils  venaient  pour  la  coïKjuérir. 
y'ojj.  Nuin.  33.  où  le  terme  custrameturi  est 
tVéquenl.  Ps.  105.  16.  Irritaverunl  Moisen  in 


65S 


PTCTIONNAIRE  DF.  PHII.OLOGIR  SACRr.r:. 


castris  :  Ils  irritèrent  dans  le  camp  Moïse  e^t 
Aaron.  Le  prophète  entend  parler  de  la  ré- 
volte de  Coré  et  de  ceux  de  sa  troupe.  Voy. 
Num.  1 6.  15.  Le  camp  des  Hébreux  était  dis- 
tingué dans  le  désert  en  trois  parties.  La 
première  était  le  camp  de  Dieu,  appelé  Castra 
Domini  ou  Dei.  Voy.  infra  ,  Castra  Domini. 
La  seconde  était  le  camp  des  lévites,  Num. 
1.  50,  avec  qui  il  était  défendu  au  peuple  de 
se  joindre,  v.  51.  Et  la  troisième  était  le 
camp  du  peuple,  v.  52.  Le  camp  était  de 
forme  carrée,  et  partagé  en  quatre  bataillons, 
dont  chacun  était  formé  de  trois  tribus  ;  et  il 
y  en  avait  une  principale  dont  les  deux  au- 
tres suivaient  l'étendard  :  elles  environ- 
naient le  tabernacle;  mais  laissant  un  assez 
grand  intervalle  à  celle  de  Lévi,  qui  formait 
toute  seule  comme  un  second  camp  plus 
petit  tout  autour  du  tabernacle,  étant  des- 
tinée à  la  garde  et  au  ministère  des  choses 
saintes.  Les  Juifs  ont  toujours  gardé  depuis 
le  même  ordre  dans  les  assemblées  qu'ils 
faisaient  dans  le  temple  pour  y  adorer  Dieu. 

Les  interprètes  remarquent  que  non-seu- 
lement dans  le  camp,  mais  dans  la  marche 
même,  les  lévites  devaient  être  environnés 
de  l'armée  des  Israélites,  autant  que  cela  se 
pouvait,  afin  que  l'armée  fût  toujours  en 
état  de  garder  le  Tabernacle  avec  ses  mi- 
nistres. 

Castra  Domini.  Le  Tabernacle  et  le  tem- 
ple autour  duquel  le  peuple  s'assemblait , 
est  appelé  de  la  sorte  ,  et  les  lévites  étaient 
placés  pour  le  garder  et  empêcher  d'y  entrer, 
comme  des  sentinelles  autour  d'un  camp. 

1.  Par.  9.  19.  Hi  sunt  Coritœ  super  opéra  mi- 
nisterii  custodes  vestibulorum  Tabernaculi  , 
et  familiœ  eorum  per  vices  caslrorum  Domini 
custodientes  introitum  :  Les  Corites  établis 
sur  les  ouvrages  qui  regardent  le  ministère, 
ayant  la  garde  des  portes  du  Tabernacle, 
que  chaque  famille  gardait  à  son  tour, 
comme  on  fait  dans  les  armées  ,  pour  dé- 
fendre l'entrée  de  la  maison  du  Seigneur, 
étaient  de  ceux  qui  revinrent  de  captivité. 

2.  Par.  31.  2. 

Castraponere,  metari  castra,  movere  castra, 
camper  {  errpazoTzeBExiîii)).  Exod.  14.  2.  In 
conspeclu  cjus  castra  punetis  super  mare  : 
Vous  camperez  sur  le  bord  de  la  mer,  dit 
Moïse  aux  Juifs,  c.  13.  20.  Num.  1.  52.  c.  33. 
Voy.  MovERE. 

2°  L'armée  ,  ou  les  gens  de  guerre  en 
marche  ou  rangés  en  bataille.  Exôd.  ik.  19. 
Tollensque  se  Angélus  Dei  qui  prœcedehat 
castra  Israël,  abiit  post  eos  :  L'ange  de  Dieu 
qui  marchait  devant  le  camp  des  Israélites, 
alla  derrière  eux  :  ce  fut  lorsque  l'ai'mée  de 
Ph.iraon  ,  qui  était  déjà  proche,  les  poursui- 
vait. Ezech.  1.  2i.  De  là  vient  : 

Castra  ver  ter e,  percuterc,  fugare ,  défaire 
une  armée,  mettre  en  fuite.  2.  Keg.  5.  24. 
Ii!gressus  est  cnim  Dcus  nnte  te,  ut  perculiat 
castra  Pliilistfiiim  :  La  marque  (|ue  vous 
aurez  que  le  Seigneur  marche  devant  vous 

fiour  déf.iirc  l'armée  des  Philistins,  ce  sera 
orsque  vous  entendrez  au  haut  des  poiriers 
comme  le  bruit  de  «juclqu'un  qui  marche. 


Cacdmen.  1.  Mach. 


dit  Dieu  à  David.  Voy 
6.  5.  Hebr.  11.  34. 

3'  Château,  forteresse.  Act.  22.  24,  Jussit 
trihunus  induci  eiim  in  castra  :  Le  tribun  fit 
mener  saint  Paul  dans  la  forteresse  de  Jéru- 
salem :  Il  y  fut  lié  par  l'ordre  du  tribun  en 
état  d'être  fouetté.  Voy.  v.  25.  29.  Ainsi,  c. 
21.  V.  34.  37.  c.  23.  v.  10.  16.32. 

4°  Nom  de  lieu  dans  la  tribu  de  Ga'J  au- 
delà  du  Jourdain.  2.  Reg.  2.  v.  8.  12.  29.  c. 
17.  V.  24.  27.  c.  19.  32.  3.  Reg.  2.  8.  Hebr. 
Mahanaïm.  Ainsi,  castra  Dan  :  Le  camp  de 
Dan  était  un  lieu  près  deCariathiarim.  Judic. 
13.  25.  c.  18.  12. 

§  1.  La  synagogue,  les  cérémonies  de 
l'ancienne  loi.  Hebr.  13.  v.  12.  13.  Hornm 
corpora    cremanlur    extra    castra  ;  propter 

quod  et  Jésus extra  portam  passus  est  : 

exeamus  igilur  ad  eum  extra  castra  :  Les 
corps  des  animaux  immolés  pour  l'expiation 
du  péché,  sont  brûlés  hors  le  camp;  et  c'est 
pour  cette  raison  que  Jésus...  a  souffert  hors 
la  porte  Je  Jérusalem  :  sortons  donc  hors  le 
camp,  et  allons  à  lui  en  portant  l'ignominie 
de  sa  croix.  Saint  Paul  assure  que,  comme 
ces  victimes  brûlées  hors  le  camp  étaient  une 
figure  que  Jésu-^-Christ  devait  sortir  pour 
souffrir  hors  de  la  porte  de  Jérusalem  ;  ainsi 
cette  sortie  mêuie  de  Jésus-Christ  marquait 
que  les  Juifs  devaient  sortir  de  la  synago- 
gue, c'est-à-dire  quitter  les  cérémonies  lé- 
gales, pour  suivre  Jésus-Christ  avec  toute 
son  Eglise  dans  ses  souffrances  et  ses  igno- 
minies. 

§  2.  L'Eglise  militante  sur  la  terre.  Apoc 

20.  8.  Circuierunt  castra  Sanctorum ,  et  civi^ 
talem  dilectam:  Je  les  vis  en\ironncr  le  camp 
des  saints  et  la  ville  bien-aimee.  L'Ecriture 
parle  du  ravage  que  doit  faire  à  la  fin  du 
monde  le  diable  qui  sera  délié,  et  tous  ceux 
des  nations  qu'il  aura  séduits  et  engagés  dans 
son  parti.  De  là  vient  : 

Acies  ordinala  castrorum  :  Armée  rangée 
en  bataille;  c'est  à  quoi  l'Eglise  sainte  est 
comparée.  Canl.  6.  3.  Terrihilisut  castrorum 
acies  ordinata  :  Vous  êtes  terrible  comme 
une  armée  rangée  en  bataille;  se.  à  ses  en- 
nemis contre  qui  elle  combat  avec  les  armes 
non  point  charnelles ,  mais  toutes  spirituelles 
et  puissantes,  v.  2.  Cor.  10.  4.  Hebr.  comme 
une  armée  avec  ses  étendards,  qui  est  la 
croix  de  Jésus-Christ.  Ainsi,  Cant.  6.  9. 

5°  Les  anges  qui  vinrent  au  devant  de 
Jacob,  lorsqu'il  continuait  son  chemin  de- 
puis qu'il  eut  quitté  Laban  avec  qui  il  avait 
fait  alliance,  pour  s'en  retourner  en  Cha- 
naan,  sont  appelés  Castra  Dei.  Gen.  32.  2. 
Castra  Dei  sunt  :  Ces  anges  de  Dieu  sont  le 
camp  de  Dieu.  Voy.  c.  31.  v.  44.  55.  c.  32. 

21.  c.  33.  18.  Ainsi  Jacob  appela  le  lieu  où 
il  rencontra  ces  anges  ,  Mahanaïm  ,  c'est-à- 
dire  Castra  ,  le  camp.  Ainsi  : 

(j°  Les  astres  sont  dans  le  ciel  comme  un 
camp  bien  ordonné.  Eccli.  43.  9.  Vas  cas- 
trorum in  exceisis  in  firmumento  cœliresplen- 
dens  qloriose  :  Un  camp  milit.iire  luit  au  haut 
du  ciel,  et  jette  une  splendeur  étincelante 
dans  le  firmament 


63' 


CAS 


CAS 


(TiS 


Castrametari.  lie  castra  et  metart,  et  si- 
gniïie  : 

Camper.  Voy.  supra  Castra  powere. 
CASTRARE,  evvoMyjCjt-j.  De  cas  tus ,  parce 
qu'en  faisant  un  homme  eunuque,  le  feu 
des  passions  se  ralentit;  selon  d'autres,  de 
caslor,  comme  qui  dirait  castornre  ,  parce 
que  cet  animal  se  châtre  lui-même,  et  si- 
gnifle  proprement,  châtrer  un  animal  :  dans 
l'Ecriture  : 

Rendre  eunuque  ,  se  dit  figurément  de 
ceux  qui  se  sont  proposé  de  vivre  dans  la 
continence  et  hors  le  mariage,  pour  servir 
Dieu  avec  plus  de  liberté  et  de  dégagement  : 
ce  que  Jésus-Christ  appelle  se  rendre  eu- 
nuque. Matlh.  19.  12.  Sunt  eunuchi  qui  se 
ipsbs  castraverunt ,  propler  regnum  cœlorum  : 
Il  y  a  des  eunuques  qui  se  sont  rendus  eu- 
nuques eux-mêmes ,  pour  gagner  le  royaume 
des  cieux.  Cette  explication  combat  le  sen- 
timent de  quelques  hérétiques,  qui  ont  in- 
terprété ce  mot  dans  sa  propre  signification. 
CASÏRUM,  I.  pKotç.  De  casa,  Voy.  Castra. 
Château,  forteresse,  le  fort  d'une  ville,  i. 
Esdr.  6.  2.  Invenium  est  inEcbatanis,  quod  est 
castrum  in  Medena  pruvincia  :  Il  se  trouva  à 
Ëebatanes,  qui  est  un  château  ;  Gr.  dans  un 
château  de  la  province  de  Mède,  un  livre  : 
c'était  le  mémoire  qui  portait  l'ordre  que 
Darius  av.iit  donné  pour  rebâtir  le  temple. 
2.  Esdr.  1.  1.  Dan.  8.  2.  Cum  essem  in  Susi^ 
Castro  :  Lorsque  j'étais  au  château  de  Suse. 
Suse  était  une  très-grande  ville  :  elle  est 
appelée  château,  à  cause  qu'elle  était  for- 
tifiée de  bons  remparts ,  et  de  fortes  tours , 
comme  Ecbatancs. 

CASTUS ,  A ,  UM  ,  «"/vôf ,  de  cestus,  du  grec 
xaffTÔf,  ornalus ,  decorus,  de 'x«Çetv ,  ornare , 
et  signifie  : 

Pur,  chaste,  pudique.  Sap.  h.  1.  0  quant 
pulchrn  est  casta  gène  ratio  cum  claritate  !  Oh  1 
combien  est  belle  la  race  chaste,  lorsqu'elle 
est  jointe  avec  l'éclat  de  la  vertu  1  Gr.  il  vaut 
mieux  n'avoir  point  d'enfants ,  et  avoir  de 
la  vertu.  Le  Sage  oppose  et  préfère  à  la  race 
des  adultères,  l'état  des  vierges  et  des  per- 
sonnes vertueuses  qui  n'ont  point  d'enfants 
dans  le  mariage.  Tit.  2,  o.  1.  Petr.  3.  2.  1. 
Tim.  5.  22.  Te  ipsum  castum  custodi  :  Con- 
servez-vous pur  vous  même.  Plusieurs  in- 
terprètes, après  saint  Augustin,  l'entendent 
de  la  pureté,  qui  consiste  à  n'avoir  point  de 
part  aux  péchés  d'autrui ,  le  rapportant  à 
ce  qui  est  dit  au  même  endroit  :  Neque  com- 
municaveris  peccatis  alienis. 

1  Pur,chastjj,  dune  chasteté  spirituelle, 
qui  consiste  dans  l'inlégrilé  de  la  foi ,  animée 
de  l'espérance  et  de  la  charité.  2.  Cor.  11.  2. 
Dcspondi  enim  vos  uni  riro  virginem  castam 
(xhibere  Christo  :  Je  vous  ai  fiancés  à  cet 
unique  époux  qui  est  Jésus-Christ,  pour 
vous  présenter  à  lui  comme  une  vierge  chaste. 
L'Apôlrc  compare  l'Eglise  de  Corinihe  à  une 
C|)ouse  qu'on  a  soin  de  conserver  pure ,  pour 
la  présenter  à  son  époux. 

2"  Pur,  saint ,  opposé  au  men>«ongc,  à  la 
vanilé  et  aux  .iffeetions  lerreslres.  Ps.  11. 
17.  Eloquia  Domini,  cloquia  casta  :  Les  pa- 
TOÎes  du  Scigni  ur  sont  des  paroles  pure;*  et 


chastes.  Ici  le  Prophète  assure  que  ce  que 
Dieu  vient  de  dire,  qu'il  procurera  le  salut 
des  justes  qui  sont  sans  secours  et  dans  le 
gémissement,  est  très-certain,  et  qu'il  ne 
manquera  pas  d'accomplir  sa  parole. 

CASULA,  JE,  ov.ïjvvj ,  de  casa,  et  signifie  : 
i°  Petite  cabane.  Eccli.  14-.  25.  Beatus  vir 
qui  in  parietibus  illius  fiqens  palum  slatuet 
casulam  suam  ad  manus  illius  :  Heureux  est 
l'homme  qui ,  enfonçant  un  pieu  dans  les  ^ 
murailles  de  la  miiison  de  la  Sagesse,  se 
bâtit  une  petite  cabane  auprès  d'elle  :  ce  qui 
est  une  façon  de  parler,  pour  dire  qui  s'at- 
tachera à  elle  sans  la  quitter. 

2°  Tente.  Hebr.  11.  9.  In  casulis  habitando 
cum  Isaac  et  Jacob  :  Abraham  habita  sous 
des  tentes  avec  Isaac.  Les  patriarches  se 
sont  loujaurs  regardés  comme  des  voyageurs 
et  des  étrangers  dans  cette  vie  ,  aspirant  à 
leur  vraie  patrie  qui  est  le  ciel. 

CASUS,  TrTwtri.-,  TZTM'jLoi,  de  cadcre ,  et  si- 
gnifie proprement  chute,  l'action  de  choit 
ou  de  tomber;  et  figurément  faute,  hasard, 
malheur,  infortune;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Chute,  action  par  laquelle  on  tombe  de 
quelq  le  lieu  élevé.  2.  Mach.  li.  Ivï.  Quibns 
velocilcrlocum  dantibus  casui  ejus  .  Lorsque 
Rasias  se  précipita  lui-même  du  haut  de  la 
muraille  en  bas  sur  le  peuple,  tous  se  reti- 
rèrent promptement ,  pour  n'être  pas  acca- 
blés de  sa  chute.  Rasias  voulut ,  par  ce  genre 
de  mort ,  éviter  d'être  pris  par  cinq  cents 
soldats  que  Nicanor,  ennemi  juré  des  Juifs, 
avait  envoyés  pour  cet  effet. 

2°  Chute,  ruine,  malheur.  Eccli.  3.  34  In 
temporecasussui  inveniet  firmamentuni  :  Celui 
qui  a  fait  l'aumône  trouvera  un  appui  au 
temps  de  sa  chute,  c.  11.  32.  c.  20.  20.  c.  27. 
32.  c.  28.  30.  Baruch.  i.  32.  Ezech.  26.  16. 
1.  Mach.  6.  12.  De  là  vient,  Auri  casus  :  Les 
chutes  que  cause  l'or.  Eccli.  33.  7.  âlulti  dali 
sunt  in  auri  casus  :  L'or  en  a  lait  tomber 
plusieurs. 

3"  Chute,  faute,  péché  [oi.aap-:i'/.).  Eccli. 
23.  9.  Jurationi  non  assuescat  os  tuum;  muKi 
enim  casus  in  illa  :  Que  votre  bouche  ne 
s'accoutume  point  au  jurement;  car  en  ju- 
rant on  tombe  en  bien  des  manières,  c.  3V. 
20.  Oculi  Domini  super  timentes  eum...  adju- 
toriuni  casus  :  Les  yeux  du  Seigneur  sont 
sur  ceux  qui  le  craignent...  il  les  assiste 
quand  ils  sont  tombés,  soit  dans  le  péché, 
soit  dans  quelque  malheur  et  affliction,  c.  4. 
27.  Ne  reverearis  proxinuim  tuum  in  casu  suo  : 
Ne  respectez  point  votre  prochain  (jlans  sa 
chute.  Vojj.  Uevereri  2'. 

k"  Hasard,  aventure.  Eccli.  9.  11.  Vidi  sub 
sole...  lempus  cnsumque  in  omnibus  :  J'ai  vu 
que  sous  le  soleil,  tout  se  fait  par  ren- 
contre et  à  l'aventure.  l.Reg.6.  9.  Sin  auleni 
minime  ,  scicmus  quia  nequaquam  munus  <jiis 
tctigit  nos,  scd  casu  accidit  (  (TÛ/z-Tcu/xa  )  : 
Que  si  l'arche  du  Seigneur  ne  va  pas  })ar  le 
chemin  (jui  mène  en  son  pays  vers  Belsames, 
nous  reconnaîtrons  que  ce  n'a  point  été  la 
main  de  Pieu  qui  nous  a  frappés,  miis  que 
ces  maux  sont  arrivés  par  hasard  :  c'est  co 
que  disent  aux  Philistins  leurs  prêtres  et 
Il  urs  devins.  2.  Reg.  1.  6,  Ainsi,  3.  Reg.  ^, 

1 1  .T     l  .   ;  1 ..."  .  (T    î  '.  ' , 


m 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


6iO 


3i.  In  mcerlum  sagittam  dirigens,  et  easu 
percussit  regem  Israël  inter  pulmonem  et  sto~ 
viachutn  :  11  arriva  cependant  qu'un  homme 
ayant  tendu  son  arc,  tira  une  flèche  au  ha- 
sard ,  et  elle  vint  percer  Achab  ,  roi  d'Israël, 
entre  le  poumon  et  l'estomac.  Le  prophète 
Michée  l'avait  assuré,  v.  28.  qu'il  ne  revien- 
drait point  de  celle  guerre. 

CATA  ,  y.a-K  ,  préposition  propre  aux 
Grecs,  donl  l'usage  leur  est  commun  avec 
l'accusatif  :  elle  est  mise  dans  l'Ecriture  avec 
mane,  adverbe  de  temps,  pour  unoqiioque 
mane.  Ezech.  46.  v.  ^i.  15.  Cata  mane  :  Tous 
les  malins;  Hi'br.babboker,jn  marie. 

CAÏACLYSMUS  ,  Grec  x«-a-/.).vcrfxô,-  ,  de 
la  préposition  -xa-à,  et  de  xXûÇetv,  lavare.  Le 
déluge  qui  est  arrivé  du  temps  de  Noé.  Eccli. 
39.  28.  Catacly.imus  aridam  inebriavit  :  Le 
déluge  a  inondé  loute  la  terre,  c.  40.  10. 
Propter  illus  factus  est  cataclysmus  :  Le  dé- 
luge est  arrivé  à  cause  des  méchants. 

CATAPLASMARE,  ««T^aàTTsiv,  de  cata- 
plasma,  terme  de  médecine,  et  signifie, 

Faire  un  cataplasme,  un  emplâtre.  Isa, 
38.  21.  Jussit  Isolas  ut  toUerent  massam  de 
fiels,  et  cataplasmarent  super  vulnus  et  sana- 
retivr  :  Isaïe  commanda  que  l'on  prît  une 
masse  de  figues,  et  qu'on  en  lit  un  cala- 
plasme  sur  le  mal  d'Ezéchias,  afin  qu'il  re- 
couvrât la  santé. 

CATARAGTA,  je,  y.UTUûày.rï];,  du  greC  y.y-c/.- 

pK(T(T(,i,  Cumimpetu  acclao  ,  vel  defluo  :  et  si- 
gnifie proprement  cataracte,  chute  de  l'eau 
d'une  rivière  qui  se  précipite  de  dessus  quel- 
que haut  rocher:  dans  l'Ecr.: 

1°  Cataracte,  lieu  élevé,  d'où  tombe  une 
eau  impétueuse  :  telle  était  la  source  des 
eaux  qui  tombèrent  du  ciel  au  temps  du  dé- 
luge. Gen.  7.  11.  Cataractœ  cœll  apertœ 
sunt  :  Les  cataractes  du  ciel  furent  ouver- 
tes, c.  8.  2. 

2"  Cataracte  se  dit  de  la  source,  soit  des 
grâces  et  des  bénédictions  que  Dieu  répand 
du  ciel  sur  les  hommes.  Malach.  3.  10.  Pro- 
bâte  me  super  hoc,  dlclt  Dominus  ;  si  non  ape- 
ruero  vobis  cataractas  cœll  :  Après  que  vous 
aurez  apporté  toutes  mes  dîmes  dans  mes 
greniers,  et  qu'il  y  aura  dans  ma  maison  de 
quoi  nourrir  mes  ministres;  considérez  si  je 
ne  vous  ouvrirai  pas  toutes  les  sources  du 
ciel.  4.  Reg.  7.  2.  Si  Dominus  fecerlt  cata- 
ractas Incœlo,  numquid  poterlt  esse  quod  lo- 
querls  :  Quand  le  Seigneur  ferait  pleuvoir 
des  vivres  du  ciel,  ce  que  vous  dites  pour- 
rait-il être?  dit  l'un  des  favoris  de  Joram  à 
Elisée,  lorsqu'il  prophétisait  au  roi,  lors  de 
la  plus  grande  cherté  des  vivres,  que  le  len- 
demain à  la  même  heure  qu'il  parlait,  la 
mesure  de  pure  farine  ne  vaudrait  qu'envi- 
ron 30  sols  ;  leltr.  ferait  des  fenêtres  ou  des 
ouvertures  au  ciel;  se.  pour  en  faire  pleu- 
voir du  froment;  soit  de  la  source  des  maux 
dont  Dieu  afflige  les  hommes.  Isa.  24.  18. 
Qui  se  expllcaveril  de  foveâ,  tenebitur  laquco, 
quia  cataractœ  de  excelsls  apertœ  sunt  (ôy/>£ç)  : 
Celui  qui  se  sera  sauvé  de  la  fosse,  sera  pris 
au  piège ,  parce  que  les  cieux  s'ouvriront 
pour  lairo  pleuvoir  di>s  déluges.  Le  prophète 
prédit  la  source  intarissable  de  la  colère  de 


Dieu,  dont  les  Juifs  ne  pourraient  s'échap- 
per au  temps  que  les  Chaldéens  viendraient 
ravager  la  Judée.  Ps.  41.  9.  Abyssus  abyssuni 
invocat,  in  voce  cutaractarum  tuarum  :  Un 
abîme  appelle  et  attire  un  autre  abîme,  au 
bruit  des  tempêtes  et  des  eaux  que  vous  en- 
voyez. Par  ces  eaux  et  ces  tempêtes,  le  pro- 
phète entend  l'abondance  des  maux  et  des 
afflictions  qui  viennent  fondre  sur  lui  l'une 
après  l'autre,  sans  en  voir  la  fin. 

CATECHIZARE,  y.7.zY)yjh\  de  x«T«xïrv,  rai- 
sonner, enseigner. 

Verbe  inusité  parmi  les  Latins  :  il  signifie 
dans  l'Ecriture  : 

Instruire  quelqu'un  de  vive  voix  des  mys- 
tères delà  religion.  Gai.  6.  6.  Communicet 
autem  Is  qui  catechlzatur  verbo,  el  qui  se  ca- 
techlzat ,  In  omnibus  bonis  :  Que  celui  que 
l'on  instruit  dans  les  choses  de  la  foii,  fasse 
part  de  tous  ses  biens  à  celui  qui  l'instruit. 

CAÏELLUS  ,  y.v^àpio-j.  Diminutif  de  cawis, 
parce  que  c'est  proprement  le  petit  d'un 
chien,  ou  de  catus,  pour  sagax,  qui  est  dit 
du  chien,  parce  qu'il  n'y  a  rien  qui  ait  un 
meilleur  sentiment ,  qui  soit  de  plus  haut 
nez;  et  signifie  : 

Petit  chien.  Marc.  7.  28.  Catelli  comedunt 
sub  tnensa  de  mlcis  puerorum  :  Les  petits 
chiens  mangent  au  moins  sous  la  table  des 
miettes  du  pain  des  enfants.  Par  ces  petits 
chiens  se  doivent  entendre  généralement 
toute  sorte  de  chiens.  Ces  chiens  marquaient 
les  Gentils  ainsi  traités  par  les  Juifs  à  cause 
de  leurs  mœurs  corrompues.  La  femme  Cha- 
nanéenne  témoigne  par  cette  réponse  que, 
comme  on  souffrait  que  les  chiens  mangeas- 
sent quelquefois  de  ces  miettes  afin  qu'ils 
ne  mourussent  pas  de  faim ,  aussi  elle  le 
suppliait  de  lui  accorder  la  grâce  qu'elle  lui 
demandait,  qui  était  d'empêcher  sa  fille  de 
mourir  de  sa  maladie.  Matth.  15.  27. 

CATENA,  M.  Klxiaiç,  du  Grec  yMin^v.,  qui 
signifie,  chaîne  ou  collier. 

Chaîne  (TriSïj).  4.  Reg.  25.  7.  Yinxitque 
eum  catenis,  et  adduxlt  eum  in  Babylonvm  : 
Nabuchodonosor  chargea  Sédécias  de  chaî- 
nes, et  l'emmena  à  Babylone.  Jer.  27.  2. 
Fac  tlbl  vincula  et  catcnas,  et  pones  eas  in 
collo  Tuo  ;  Faites-vous  des  liens  et  des  chaî- 
nes, et  mettez-les  à  votre  cou.  Ces  chaînes 
figuraient  la  caplivité  du  peuple  d'Israël, 
et  des  autres  peuples  ses  voisins.  Dieu  or- 
donna à  Jérémie  de  se  faire  des  chaînes,  et 
de  les  envoyer  à  divers  rois,  en  les  exhor- 
tant de  se  soumettre  au  roi  de  Babylone, 
qu'autreaicnl  ils  devaient  périr  par  l'épée, 
la  famine  el  la  peste.  Il  reçut  cet  ordre  au 
commencement  du  règne  de  Joakim,  pour  ne 
les  envoyer  qu'onze  ans  après  par  les  am- 
bassadeurs de  ces  rois,  qui  devaient  venir  à 
Jérusalem  ver»  Séilécias,  pour  se  liguer  avec 
lui  contre  les  Chaldéens.  Quelques-uns 
croient  que  le  Prophète  ne  reçut  que  sous  le 
règne  de  Sédécias,  le  second  ordre  d'envoyer 
ces  chaînes  à  tous  les  rois  dont  il  est  parle, 
quoique  l'ordre  do  Dieu  de  les  envoyer  lui 
eût  été  donné  au  commencement  du  règne  de 
Jonkim.  Exoil.  28.22.  Jud.  10.21.  4.  Heg, 
2^.  7,  Marc.  5.  3.  etc. 


644 


CAl 


CAT 


m 


1°  Prison,  cfliplivité,  emprisonnement  2. 
Tim.  1. 16.  Calcri'im  menm  non  erubuit:  Oné- 
siphore  n'a  point  rougi  de  mes  chaînes. 
Ephes.  G.  20.  Ainsi,  Levit.  26.  13.  Ego  con- 
[reqi  calenas  cervicum  vestrarum:  C'est  moi, 
dit  Dieu,  qui  vous  ai  brisé  les  chaînes  qui 
vous  faisaient  baisser  le  cou.  Dieu  fait  sou- 
venir les  Juifs  qu'il  les  avait  tirés  de  la  cap- 
livité  d'Egypte  ;  Hebr.  temones  jugi. 

2°  Chaîne  de  téiièbres ,  ténèbres  épaisses 
et  palpables,  où  l'on  est  détenu  comme  en 
prison  :  telles  étaient  les  ténèbres  dont  Dieu 
affligea  les  Egyptiens.  Sap.  17.  17.  Una  enim 
calena  tenebrarum  omnes  erant  coUigati  :  Les 
Egyptiens  étaient  tous  liés  par  une  même 
chaîne  de  ténèbres.  Cette  chaîne  était  la  fi- 
gure de  celle  des  réprouvés  et  des  démons 
dont  il  est  parlé.  Apoc.  20.  1.  Et  vidi  Ange- 
lum...  hnbentem...  calena  m  magnam  in  manu 
sua  :  Je  vis  un  ange...  qui  avait  une  grande 
chaîne  dans  sa  main.  Celle  chaîne  est  la 
force  et  la  vertu  de  Dieu  même  pour  retenir 
le  démon  dans  l'enfer,  qui  a  pour  chaînes 
les  ténèbres  mêmes.  Voy.  2.  Petr.  2.  4. 
Jud.6. 

3°  Joug,  cnarge,  servitude.  Isa.  59.  8.  Si 
abstuleris  de  medio  lui  catenam  :  Si  vous  ôtez 
la  ch.iîne  du  milieu  de  vous  ;  Heb.  jugum, 
c'est-à-dire,  si  vous  ne  tenez  point  vos  frères 
dans  l'oppression  par  des  contrats  usuraires 
et  injustes. 

CATELUNA,  m.  Petite  chaîne,  chaînette 
(zooTo-euTÔv).  Exod.  28.  ik.  Faciès  duas  catenu- 
las  auri  purissimi...  Vous  ferez  deux  petites 
chaînes  d'un  or  très-pur. 

CATERVA,  £.  Cp  mot  dont  on  ne  sait 
point  l'origine,  signifie  proprement  une  lé- 
gion Gauloise,  comme  la  Phalange  était  pro- 
pre aux  Macédoniens.  Ainsi  il  signifie  ,  1° 
une  troupedegensde  pied;  2''quelque  troupe 
de  gens  que  ce  soit  :  dans  l'Ecr.: 

Une  grande  troupe  ou  une  multitude  de 
personnes  (  c-r^ayor/ïi  ) .  Exod.  3o.  k.  Etait 
Moyses  ad  omnem  catervam  fitioi'um  Israël  : 
Moïse  parla  à  tons  les  enfants  d'Israël,  à 
toute  leur  assemblée. 

CATHEDRA  ,  je.  Gr.  /«SiS^a.  De  xarà ,  et 
de  iÇe^Çat,  sedere,  d'où  vient  êo^a  el  xaSiS/^a. 
■  ^1°  Chaise,  siège  pour  s'asseoir.  1.  Reg.  20. 
2.0.  Cumque  sedisset  rex  super  cathedram 
suam  :  S;iùl  étant  assis  sur  son  siège  :  ce  fut 
le  premier  jour  du  feslin  que  fit  Saul  au 
jour  des  Calendes,  où  David  ne  se  trouva 
point. 

2"  Chaire,  siège  élevé  pour  marque  d'hon- 
neur et  d'autorité  (Siopj).  Job.  29.  7.  In  pla- 
len  pnrabunt  calhedram  mihi  :  Qui  m'accor- 
dera d'être  comme  j'ai  été  autrefois,  lorsque 
l'on  me  préparait  un  siège  élevé  dans  la 
pl.ico  publique?  Les  jugements  se  rendaient 
aux  portes  de  la  ville.  Matlh.  23.  6.  Marc. 
12.  39.  Luc.  11.  43.  c.  20.  46.  Ainsi  : 

Sedere  in  cathedra.  Etre  assis  dans  la 
chaire,  se  dit,  1' de  ceux  qui  ayant  l'auto- 
rilé  el  le  [)OUvoir  de  juger,  délibèrent  et  ju- 
gent touchant  les  affaires  publi(|ues.  2.  Reg. 
'23.  8.  Sedens  in  cathedra  s(tj)icHlissimus  :  i.  e. 
Il  excellait  par  sa  sagesse  dans  les  conseils. 
Ici  la  Vulijale  a  marqué  par  ces  termes   la 


force  et  la  signification  du  nom  propre  du 
premier  d'entre  les  plus  vaillants  hommes  de 
David,  qu'elle  a  mis  pour  le  nom  propre  qui 
est  marqué,  1.  Par.  11.  11.  Jesbaam,  autre- 
ment, Jasob,  fils  dflacamoni,  était  égala  cet 
Adino  Hesnite,  qui  a  tué  autrefois  huit  cents 
hommes  dans  un  seul  combat;  il  est  dit,  1. 
Par.  11.  11.  qu'il  blessa  300  hommes  tout 
en  une  fois,  c'est-à-dire,  300  d'abord,  et  les 
autres  ensuite.  Voy.  Vermiculls.  2'=  Il  se  dit 
de  ceux  qui  enseignent  avec  pouvoir  et  au- 
torité. Madh.  23.  2.  Super  cathedram  Moysi 
sederunt  Scribœ  et  Pharisœi  :  Les  Scribes  et 
les  Pharisiens  sont  assis  sur  la  chaire  de 
Moïse.  Les  docteurs  et  les  Pharisiens  avaient 
l'autorité  d'enseigner  et  d'ordonner  au  peu- 
ple les  choses  que  Moïse  avait  reçues  de  la 
part  de  Dieu.  A  quoi  se  peut  rapporter,  Ps. 
1.  1.  Beatus  vir  qui  in  cathedra  pestilentiœ 
non  sedit  :  Heureux  l'homme  qui  ne  s'est 
point  assis  dans  la  chaire  contagieuse  des 
libertins;  Heb.  la  chaire  des  moqueurs;  i.  es 
qui  ne  fait  point  profession  de  communiquer 
aux  autres  la  contagion,  soit  du  péché,  soit 
d'une  mauvaise  doctrine  pour  corrompre  les 
âmes.  Ainsi  : 

Sedere  in  cathedra  Dei.  Etre  assis  sur  la 
chaire  de  Dieu,  se  dit  du  roi  de  Tyr,  à  qui 
Dieu  reproche  davoir  dit  en  son  cœur  qu'il 
était  Dieu,  et  comme  assis  sur  le  trône  de 
Dieu.  Ezech.  28.  2.  Deus  ego  sum,  et  in  ca- 
thedra Dei  sedi  in  corde  maris  :  Je  suis  Dieu, 
et  je  suis  assis  sur  la  chaire  de  Dieu  au  mi- 
lieu de  la  mer.  Ce  roi  se  croyait  autant  inac- 
cessible, et  à  couvert  de  tout  mal  dans  Tyr 
élevée  sur  un  rocher  escarpé,  que  Dieu  qui 
est  élevé  dans  le  ciel. 

3^  Dignité,  charge  honorable,  magistra- 
ture, marquée  parla  chaire  et  le  siège  des- 
tiné pour  ceux  qui  y  sont  établis.  Eccli.  7. 

4.  Noli  quœrere...  a  Rege  calhedram  honoris  ; 
Ne  demandez  point  au  roi  une  chaire  d'hon- 
neur, c.  12.  12. 

4°  Assemblée  publique  où  l'on  est  assis. 
Ps.  106.  32.  In  cathedra  seiiiorwn  laudent 
eum  :  Qu'on  loue  le  Seigneur  dans  l'assem- 
blée des  anciens;  i.  e.  parmi  les  juges  et  les 
magistrats  qui  s'assemblaient  pour  les  affai- 
res publiques,  et  pour  juger  les  causes  du 
peuple.  Ainsi,  Ps.  1.  1.  In  cathedra  pestilen- 
tiœ non  scdit  :  Heureux  l'homme  qui  ne  s'est 
point  trouvé  dans  l'assemblée  contagieuse 
des  impies. 

CATHETH,  Heb.  Tœdium.  Ville  de  la  tribu 
de  Zubulon.  Jos.  19.  15. 

CATHOLICUS,  A,  um;  Gr.  /aOoaxi,- ,  Uni- 
versel. Les  épîtrcs  des  apôtres  S.  Jacques, 

5.  Pierre,  S.  Jean,  S.  Jude,  sont  appelées 
Catholiques,  parce  que  si  on  en  excepte  les 
deux  petites  de  S.  Jean,  elles  sont  écrites  aux 
chrétiens  dispersés  dans  tout  le  monde;  au 
lieu  que  celles  de  S.  Paul  sont  écrites  seule- 
ment ou  aux  fidèles  d'une  ville,  ou  à  des 
particuliers.  Epistola  catholicabmti  Jacobi 
apostoli.  Voy.  Ecclesia. 

CATINUS,  I.  Ce  nom  qui  se  trouve  dans 
Priscien  au  neutre  catinum  ,  vient  du  Grec 
xKTtvov,  et  signifie, 

l'Plal,  ècuelle  (rpvSXiov).  Marc.  14.  20.  Qui 


m 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGiL  SACREE. 


Cii 


intingit  mecum  manum  in  catino  :  L'un  des 
douze  qui  met  la  main  avec  moi  dans  le 
plat,  me  trahira  ;  se.  l'un  de  ceux  qui  man- 
gent journellement  avec  moi  :  ce  qui  est  l'ac- 
complissement du  Ps.  iO.  10.  Jésus-Christ 
ne  voulait  par  cette  expression  marquer  Ju- 
das que  généralement;  ain-i  Judas  n'avait 
pas  pour  cela  la  main  au  plat  au  même  mo- 
ment que  Jésus-Christ.  Voy.  Joan.  13.  18. 

2"  Le  corps,  l'extérieur  de  l'homme  (îriva;). 
Luc.  11.  39.  Quod  deforis  est  calicis  et  co.lini 
vmndalis  :  Jésus-Christ  répondant  à  la  pen- 
s'ée  du  Pharisien  qui  se  scandalisait  de  ce 
qu'il  s'était  mis  à  table  pour  manger  avant 
de  s'êlre  lavé,  reproche  aux  Pharisiens  le 
soin  qu'ils  prenaient  pour  les  purifications 
et  les  lavements  extérieurs  du  corps,  sans 
l)enser  à  purifier  les  impuretés  et  toutes  les 
imperfections  de  leurs  cœurs  et  de  leurs 
âmes. 

CATTA,  js;Gr.«r/ou^ot,  Feîes,  calti.Ce  mot, 
inusité  chez  les  auteurs  Latins,  vient  de  cap- 
tare,  ou  de  xa-îociv,  et  signifie, 

Chat,  ou  chatte.  Baruch.  6.  21.  Aves  etiam 
simililer  et  cattœ  :  Les  oiseaux  volent,  et  les 
chats  courent  sur  le  corps  et  sur  la  tête  des 
idoles. 

CATULÛS,  I.  De  canis,  et  signifie  propre- 
ment, le  petit  d'un  chien,  et  est  pris  aussi 
pour  les  petits  de  tous  les  autres  animaux 
terrestres  à  quatre  pieds  :  dans  l'Ecriture  : 

Petit  de  quelque  bêle  terrestre  à  quatre 
pieds  que  ce  soit  (ir/O^vo?).  De  là  vient,  Catu- 
lus  leonis  ou  tirsœ.  Ps.  103.  22.  Catuîi  leonem 
rugientes  ut  rapiant  :  Les  petits  des  lions  ru- 
gissent après  leur  proie,  étant  sortis  de  leur 
lanière.  2.  Reg.  17.  8.  Isa.  3i.  15. 

Sigaiiicalion  figurée. 

Catulus  leonis,  marque  la  cruauté  et  la 
violence  des  ennemis.  Ps.  16.  12.  Suscepe- 
runt  me  sicut...  catulus  leonis  liabitans  in  ab- 
ditis  :  Mes  ennemis  ont  aspiré  à  me  perdre. 
Voy.  Abditum.  Ps.  56.  5.  Il  marque  aussi  la 
force  et  la  vigueur.  Gen.  i9.  9.  Catulus  leo- 
nis Juda  :  Juda  est  un  jeune  lion  :  ce  qui 
s'entend  des  descendants  de  Juda,  qui,  par  la 
force  et  la  puissance,  ont  assujetti  leurs  en- 
nemis. Voy.  Judic.  1.  2.  1.  Reg.  17.  1.  2. 
Reg.  8.  v.  12.  13.  3.  Reg.  9.  20.  etc.  ce  qui 
s'entend  aussi  de  Jésus-Christ  qui  s'est  assu- 
jetti les  nations  par  la  loi  de  l'Evangile,  et  a 
vaincu  le  démon  et  le  péché  par  la  mort. 
Ainsi,  Dcut.  33.  22.  Dan  catulus  leonis  :  Dan 
est  conmie  un  jeune  lion.  Ici  tous  les  inter- 
prètes conviennent  que  Moïse  fait  allusion  à 
Samson  qui  était  de  cette  tribu  ,  et  qui  fut 
comme  un  lion  au  milieu  des  Philistins  ;  et 
Samson  même  était  la  figure  de  Jésus- 
Christ. 

CAUDA ,  M.  où|sà.  De  l'ancien  mot  coda  et 
signifie  : 

La  queue  d'une  bête,  d'un  animal.  Levit. 
8.  5.  Adipem  vero  et  caudam...  separavit  : 
Moïse  mil  à  part  la  graisse  et  la  queue  dû 
bélier,  etc.  c.  3.  9.  Exod.  k.  4.  De  là  vient: 

Cauda  draconis.  La  queue  du  dragon ,  se 
dit  de  l'Aiilechrist  et  des  faux  prophètes,  qui 
i>unl  comme  la  queue  du  diable,  dont  il  se 


sert  pour  faire  tomber  beaucoup  de  per- 
sonnes, même  distinguées  par  leur  science 
et  leur  dignité.  Apoc.  12.  k.  Cauda  ejus  trahit 
tertiam  partem  stellarum.  Voy.  Stella,  c.  9. 
19.  Par  les  queues  semblables  à  celles  des 
serpents,  s'entendent  les  faux  docteurs,  qui 
par  artifice  inspirent  au  peuple  le  poison  de 
leur  mauvaise  doctrine. 

1°  Le  bout,  l'extrémité  de  quelque  chose 
(cvlo-j).  De  là  vient,  cauda  titionis  fumigantis  : 
Le  bout  d'un  tison  fumant  :  ce  qui  se  dit 
d'un  homme  plein  de  fureur,  mais  peu  ca- 
pable de  nuire.  Isa.  7.  4.  Cor  luum  ne  for- 
midet  a  duabus  caudis  titionum  fumiganlium: 
Que  votre  cœur  ne  se  trouble  point  devant 
ces  deux  bouts  de  tisons  fumants.  Dieu  as- 
sure Achas  qu'il  n'a  rien  à  craindre  de  la 
fureur  du  roi  d'Israël,  dont  les  révoltes  du 
peuple  et  les  guerres  civiles  avaient  beau- 
coup diminué  les  forces.  Voy.  k.  Reg.  15. 
V.  15.  16.  etc.  non  plus  que  de  Bénadal,  roi 
de  Syrie,  qui  venait  d'être  battu  par  trois 
fois  de  Joas.  Voy.  h.  Reg.  13.  25.  Ceci  est 
une  allusion  faite,  par  mépris,  à  deux  lisons 
presque  consumés,  qui  ne  font  plus  que  fu- 
mer. 

2°  Le  dernier  rang,  la  servitude,  le  rang 
le  plus  méprisable,  opposé  à  caput.  Voy. 
Caput.  DluI.  28.  kk.  Ipse  erii  in  caput ,  et  tu 
eris  in  caudam  :  Si  vous  ne  gardez  et  ne  pra- 
tiquez la  loi  du  Seigneur,  l'étranger  sera 
toujours  à  la  tête  ;  i.  e.  vous  dominera ,  et 
vous  ne  marcherez  qu'après  lui  ;  i.  e.  vous 
le  servirez,  lui  serez  soumis.  Ainsi,  Isa.  9. 
V.  14.  15.  Propheta  docens  mendacium  ipse 
est  cauda  :  Le  Seigneur  retranchera  dans  un 
même  jour  la  léle  et  la  queue.  Le  vieillard 
et  les  personnes  vénérables  sont  la  tête  du 
peuple,  et  le  Prophète  qui  enseigne  le  men- 
songe en  est  la  queue  :  ceci  fui  accompli  par 
Salmanazar.  4.  Reg.  17.  6. 

3^  La  partie  de  l'animal  qui  sert  à  la  géné- 
ration ,  est  marquée  par  ce  terme  honnête. 
Job.  40.  12.  Slringit  caudam  suam  quasi  ce- 
drum  :  La  queue  de  l'éléphant  se  serre  et 
s'élève  comme  un  cèdre.  L'éléphant  n'a 
point  de  queue  j  d'autres  l'expliquent  de  sa 
trompe. 

CAUDA,  ou  plutôt  CLAUDA;  Gr.  x)iayo«, 
Vox  fracta.  Petite  lie  proche  de  Crète.  Act. 
27.  16.  On  croit  que  c'est  maintenant  Gozo. 

CAVEA,  JE.  De  cavus ,  creux,  et  signifie 
cave  ou  cage. 

Cage,  ou  filet.  Eccli.  11.  32.  Sicut  perdix 
inductlur  in  cuveam...  sic  et  cor  superborum, 
et  sicut  prospector  videns  casum  proximi  sui 
(  y.ûp'uùog  )  :  Comme  la  perdrix  est  con- 
duite dans  le  filet,  au  chanl  d  autres  oiseaux 
par  qui  elle  est  attirée  ;  ainsi  est  le  cœur 
des  superbes,  et  de  celui  qui  est  attentif  à 
regarder  la  chute  de  son  prochain.  Ici  celui 
qui  se  laisse  prendre  aux  tromperies  des 
pécheurs  qui  se  moquent  du  simple  après 
l'avoir  trompé,  est  comparé  à  une  perdrix 
de  qui  se  moque  l'oiseleur  qui  l'a  attrapée. 

Prison.  Ezech.  19.  9.  Miserunt  eum  in  ca^ 

ream  (xjipiô?.)  :  Ils  le  mirent  dans  une  cage; 

/.  e.  en  prison  :  ce  que  quelques-uns  enlen- 

ji  dent  de  Joachim  qui  fut  emmené  en  prison 


m 


CAV 


à  Babylone,  d'où   le  lira   Evilinérodach.   i. 
Reg.  25.  27.  d'autres  de  Sédécias.  v.  6.  7 

CAVERE,  'fAàTrs70y.i,  t. wn iyj.fi.  De  cavare, 
parce  que  la  plupart  des  anciens  qui  occu- 
paient le  pays  Latin  demeuraient  dans  des 
cavernes  (  ainsi  appelées  ,  parce  qu'elles 
avaient  été  creusées),  où  ils  étaient  à  cou- 
vert de  la  chaleur,  du  froid,  etc.,  et  où  ils 
étaient  en  plus  grande  sûreté  ;  et  signifie: 

1°  Prendre  garde  avec  soin  de  Taire  ou 
d'éviter  quelque  chose.  Deut.  8.  1.  Omne 
tnandatiim...  cave  diligenter  ut  facias  :  Prenez 
bien  garde  d'observer  avec  grand  soin  toutes 
les  choses  que  je  vous  ordonne  aujourd'hui. 
Levit.  22.  2.  Caveant  ah  fus  quœ  consecrata 
sunt  fiiiorum  Israël  :  Qu'Araon  ot  ses  enfants 
prennent  bien  garde  à  la  manière  dont  ils 
Useront  des  oblations  sacrées  des  enfants 
d'Israël,  c.  15.  30.  Caveant  immunditiam  : 
Que  les  enfants  d'Israël  se  gardent  de  l'im- 
pureté (£-j).a^r;-  à-ô). 

2°  Se  défier,  se  donner  de  garde  de  quel- 
qu'un, ou  de  quelque  chose,  de  peur  qu'elle 
ne  nous  soit  ou  une  cause,  ou  une  occasion 
de  quelque  mal  {-rûocré/ji-j).  De  là  vient,  Ca- 
vere  sibi.  Eccii.  13.  16.  Cave  tibi  :  Prenez 
garde  à  vous.  L'Ecriture  marque  ici  les  pré- 
cautions qu'on  doit  avoir  lorsqu'on  parle 
3UX  grands,  pour  ne  s'en  pas  laisser  sur- 
prendre. Cavcre  aliquem.  1.  Reg.  18.  17. 
Cœpit  cavere  eum  :  Saùl,  voyant  que  David 
était  extrêmement  prudent  ,  commença  à 
s'en  donner  plus  de  garde.  Cavere  aliquid : 
Eviter  quelque  mal,  s'en  donner  de  garde. 
Prov.  11.  15.  Qui  cavel  taqueos  securus  erit  : 
Celui  qui  évite  les  pièges  sera  en  sûreté. 
Cavere  se  ab  aliquo.  Eccli.  9.  21.  S  cundum 
virtutem  tuam  cave  te  a  proximo  tuo  :  Exa- 
minez autant  que  vous  le  pourrez  ceux  (|ui 
vous  approchent  [trroyiûtsrj).  explorare).  Ca- 
vere ab  aliquo.  Mallh.'lO.  17.  Cnvete  ab  ho- 
minibus:  Donnez-vous  de  garde  des  hommes. 

CAVERNA  ,  JE.  zfiôjylïj.  De  cavare,  et  si- 
gnifie dans  l'Ecr.  : 

1"  Caverne,  cavité,  creux  sous  terre  ou 
dans  des  rochers.  1.  Reg.  li.  11.  /fn  Hebrœi 
egrediuntur  de  cavernis  :  Voilà  les  Hébreux 
qui  sortent  de  leurs  cavernes,  dit  la  garnison 
des  Philistins  apercevant  Jonalhas  et  son 
écuycr  qui  allaient  vers  eux.  Voy.  v.  8. 
.ludith.  ik.  12.  Egressi  mures  de  cavernis 
suis ,  ausi  sunt  provocare  nos  ad  prœlium  : 
Ces  rats  sont  sortis  de  leurs  trous,  et  ont  eu 
la  hardiesse  de  nous  appeler  au  combat,  di- 
sent les  principaux  offieiers  de  l'armée  d'Ho- 
lufernc.  Job.  30.  6.  Hahitabant  in  cavernis 
terrœ  :  Je  suis  méprisé  de  gens  dont  les  pères 
hahiiaient  dans  les  cavernes  de  la  terre. 
Cani.  2.  U.  Voy.  Maceria.  Isa.  11.  8.  Voy. 
Regulus. 

Caverna  laci.  2  Carrière  Is.  "il.  1.  ^f_ 
tendile...  ad  cavernam  laci  de  qua  prœcisi 
estis  :  Rappelez  dans  votre  esprit  celte  car- 
rière profonde  dont  vous  avez  été  tirés.  Le 
prophète  propose  aux  Juifs  pour  les  con- 
soler, l'exemple  d'Abraham  et  de  Sara,  dont 
ils  sont  nés,  nonobstant  leur  stérilité  qu'il 
compare  ici  à  uu  roch<r  on  à  une  carrière, 


CAV  m 

pour  leur  marquer  que  Dieu  pouvait  bien 
les  rétablir  contre  loulé  espérance. 

CAULA,  JE.  btkvm;.  Ce  nom,  peu  usité  au 
singulier,  vient  du  Grec  av/vj,  et  signifie 
proprement,  étable  de  brebis,  bergerie  :  dans 
l'Ecriture  : 

Un  parc  où  l'on  renferme  la  nuit  les  brebis 
à  la  campagne.  Isa.  65.  10.  Erunt  campestria 
in  caulas  gregum  :  Les  campagnes  serviront 
de  parc  aux  troupeaux.  Ceci  marque  l'abon- 
dance des  grâces  et  des  bénédictions  spiri- 
tuelles, dont  l'Eglise  et  chaquefidèle  devaient 
être  comblés,  figurées  par  les  bénédictions 
temporelles  de  la  terre  promise.  Ezech.  25. 
k.  Mi«  h.  2.  1-2.  Sophon.  2.  6. 

CAUMA ,  Tis.  y.ciùtMx.  De  -/«iw  ,  uro ,  et  si- 
gnifie grand  chaud  :  dans  l'Ecriture: 

Chaleur,  ardeur  qui  dessèche  et  consume. 
Job.  30.  30.  Ossa  mea  aruerunt  prœ  caumatc  : 
Mes  os  se  sont  desséchés  dans  l'ardeur  qui 
me  consume. 

CAUPO,  Ms.  Du  Grec  xc<77V5/o,-,  et  signifie  , 
Hôtelier,  tavernier,  cabarelier,  qui  lient 
hôtellerie.  Eccli.  26.  28.  Non  justificabitur 
caupo  a  peccalis  lubiorum  :  Celui  qui  vend 
du  vin  ne  s'exemptera  pas  du  péché  de  la 
langue.  Laôiontm  n  est  point  dans  le  Grec. 

CAUSA,  JE;  Gr.  at-ia.  Dc  cavere ,  supin 
caritum,  d'où  est  fait  cavissa,  d'où  caussa, 
puis  causa,  et  signifie: 

1"  Cause,  ce  qui  produit  réellement  quel- 
que effet.  Jos.  5.  k.  Hœc  aulem  causa  est  se- 
cundœ  circumcisionis :  Y o\c'\  la  cause  de  celte 
seconde  circoncision.  Elle  fut  ordonnée  à 
Josué  sur  tous  les  entants  des  Israélites  qui 
étaient  sortis  d'Egypte,  et  qui  moururent 
dans  le  désert,  dont  le  campement  fréquent 
et  incertain  avait  empêché  qu'ils  pussent 
être  circoncis.  Celte  circoncision  est  appelée 
seconde,  par  rapport  à  la  première  marquée, 
Gen.  17.  10  Sap.  li.  27.  Infandorum  enim 
idolorum  cultura  omnis  jnali  causa  est  :  Le 
culte  des  idoles  abominables  est  la  cause  de 
tous  les  maux.  Ph;lipp.  1.  28.  Quœ  illis  est 
causa  perditionis  :  Celle  patience  qui  vous 
fait  supporter  les  persécutions  de  vos  ad- 
versaires, est  pour  eux  la  cause  de  leur 
perte,  et  pour  vous  celle  de  votre  salut; 
Gr.  evBîiii;,  indicium.  Gen.  37.  5.  3.  Rce.  11. 
27.  etc. 

2°  La  cause,  l'auteur  de  quelque  chose 
{u'irioç).  Hebr.  5.  9.  Faclus  est  omnibus  ob- 
temperantibus  sibi ,  causa  salutis  œternœ  : 
Jésus-Christ  est  devenu  l'auteur  du  salut 
éternel  pour  tous  ceux  qui  lui  obéissent. 

3"  Motif,  sujet,  raison.  Matth.  27.  37.  Et 
imposuerunt  super  capul  ejus  causant  ipsius 
scriptam  :  Hic  est  Jésus  rex  Judœorum:  Ils 
mirent  aussi  au-dessus  de  sa  tète  le  sujet  de 
sa  condamnation  écrit  en  ces  termes  :  C'est 
Jésus  le  roi  des  Juifs.  Luc.  8.  W.  Act.  10. 
V.  21.  29.  c.  19.32.  Jud.  v.  10.  etc. 

4"  Etal,  condition,  engagement.  Matth.  19. 
10.  Si  ila  est  causa  liominis  cum  uxore,  non 
expedil  nubcre  :  Si  la  condition  d'un  homme 
est  telle  à  l'égard  de  sa  femme,  il  n'est  pas 
avantageux  dc  se  marier.  Celle  condition  est 
au  V.  9. 
■r  Crime,  faute.  Luc.  23.  i.  Joan.  18.  38 


047 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


c.  19.  V.  i.  6.  Non  invenio  in  eo  causam  :  Je 
ne  trouve  en  lui  aucun  crime,  dit  Pilale  aux 
Juifs  touchant  Jésus-Christ.  Act.  13.  28. 
G.  23.  28.  c.  25.  V.  7.  18.  27. 

6°  Cause,  affaire,  procès,  différend.  Prov. 
29.  7.  Novit  juslus  causam  pauperum  :  Le 
juste  prend  connaissance  de  la  cause  des 
pauvres,  c.  22.  10.  c.  25.  0.  Eccli.  32.  10. 
Adoïescens,  loquere  in  tua  causa  vix  :  Parlez, 
jeune  homme,  dans  ce  qui  vous  regarde, 
mais  que  ce  soil  avec  peine.  Ps.  42.  1 
Discerne  causam  meam  de  génie  non  sancta  : 
Faites  le  discernement  de  ma  cause,  en  me 
défendant  d'une  nation  qui  n'est  pas  sainte. 
David  parle  de  ses  ennemis,  tels  qu'étaient 
Saiil,  Absalom  et  Achitopbel.  De  là  vient  : 

Causa  Domini.  Les  affaires  qui  regardent 
le  Seigneur,  les  causes  ecclésiastiques.  2. 
Par.  19.  8.  Constituit  Josaphat  Levilas  et  Sa- 
cerdotes,  et  principes  famidarum  ex  Israël,  ut 
judicium  et  causam  Domini  judicarent  habi- 
tatoribus  ejus  :  Josaphat  établit  aussi  dans 
Jérusalem  des  léviies,  des  prêtres  ,  et  des 
chefs  des  familles  d'Israël,  afln  qu'ils  y  ren- 
dissent la  justice  à  ceux  qui  y  demeuraient 
dans  les  affaires  qui  regardaient  le  Seigneur 
et  dans  celles  qui  regardaient  les  particu- 
liers, v  10.  Ainsi,  Ps.  73.  ^2.Exurge,  Deus  , 
judica  causam  tuam  :  Levez-vous  ô  Dieu,  ju- 
gez votre  cause.  La  cause  des  fidèles  qui 
souffrent  pour  l'honneur  et  la  gloire  de  Dieu, 
est  celle  de  Dieu  même. 

Causam  agere  adversus  aliquem.  Parler 
arec  force  à  quelqu'un  contre  sa  conduite 
déréglée,  ou  le  désordre  dont  il  est  coupable. 
2.  Esdr.  13.  11.  Egi  causam  adversus  Magis- 
tratus  {^âyjcTOat)  :  Je  parlai  avec  force  aux 
magistrats,  pour  les  reprendre  de  tous  les 
abus  qu'ils  avaient  laissé  introduire. 

Sine  causa  ,  jiûzri-j.  —  1°  Sans  sujet ,  sans 
raison.  Job.  5.  6.  Nihil  in  terra  sme  causa 
fit:  Kien  ne  se  fait  dans  le  monde  sans  sujet. 
c.  9.  17.  Multiplicabit  vulnera  mea  eliam  sine 
causa  (ôiazévwf)  :  Dieu  multipliera  mes  plaies 
sans  que  j'en  sache  même  la  raison,  c.22.  6. 
Prov.  23.  29.  Ps.  3.  7.  1.  Mach.  6.  12. 

2"  Inutilement  ,  sans  fruit ,  sans  effet. 
Matlh.  15.  9.  Sine  causa  colunt  me:  C'est  en 
vain  qu'ils  m'honorent.  Jésus-Christ  ayant 
en  vue  ce  qui  est  dit,  Isa.  29.  13.  témoigne 
aux  Juifs  que  l'honneur  qu  ils  rendaient  à 
Dieu  étant  fondé  sur  une  tradition  des  hom- 
mes,contraire  aux  commandements  deDieu, 
Matth.  15.  3.  ne  leur  servait  de  rien  pour  la 
vie  éternelle.  Deut.  k.  v.  1.  2.  Rom.  13.  4. 
Non  enim  sine  causa  (  ehn  )  gladium  portât  : 
Ce  n'est  pas  en  vain  que  le  prince  porte  l'é- 
pée  :  c'est  pour  punir  celui  qui  fait  mal. 
Ainsi,  Gai.  3.  k.  c.  k.  12.  Job.  27.  12.  Ps. 
72.  13. 

CAUSARI,  «mâo-ôc.t,  de  causa,  et  signiGe  : 

1'  Alléguer  des  raisons  ,  prendre  prétexte 
^r/joKiTiâo-Sat).  Eccli.  29.  6.  Tempus  causabi- 
tur  :  Ceux  qui  ont  emprunté,  prennent  pré- 
lexte  que  le  temps  est  mauvais  quand  il  s'agit 
de  rendre.  Deut.  30.  13. 

2°  Donner  des  preuves  ,  prouver  par  rai- 


les 


sons 

Judœos 


convaincre.  Rom.  3.  9.   Causati  sumus 
et  Grœcos  omnes   sub  veccato   esse  : 


Nous  avons    convaincu   et  les  Juifs  et 
gentils  d'être  tous  dans  le  péché. 

CAUTE,  «5-oaÀw?,  de  cautus,  et  signiûe 

1°  Sûrement,  avec  précaution.  Marc.  U.  kk. 
Ducile  caute  :  Emmenez-le  sûrement,  dit  Ju- 
das, touchant  Jésus-Christ  qu'il  allait  trahir. 
1.  Mach.  6.  40.  Tob.  2.  4. 

2°  Sagement ,  prudemment ,  avec  circon- 
spection (  «x|5têw?  ).  Ephes.  5.  15.  Videie... 
quomodo  caute  ambuletis  :  Ayez  soin  de  vous 
conduire  avec  circonspection. 

CAUTERIATUS ,  a  ,  um.  x.-x«vT«|5ta(T/z6vo?. 
de  cauterium  ii,  et  signifie  proprement  :  mar- 
qué d'un  fer  rouge  de  feu.  Il  se  dit  dans  l'E- 
criture dans  le  sens  figuré,  de  la  conscience 
des  pécheurs  ,  noircie  de  crimes  et  qui  porte 
le  caractère  et  la  marque  du  péché.  1.  Tim. 
4.  2.  Attcndentes  spirilibits  erroris...  caute- 
riatam  habentium  suam  conscientiani  :  Dans 
le  temps  à  venir,  quelques-uns  abandonne- 
ront la  foi  en  suivant  des  esprits  des  er- 
reurs... des  personnes  dont  la  conscience  est 
noircie  de  crimes.  La  métaphore  est  tirée  le 
la  coutume  de  marquer  ou  de  flétrir  d'un  fer 
chaud  les  malfaiteurs  sur  le  front,  selon  la 
qualité  de  leurs  crimes. 

CAUTIO,  Nis.  Du  supin  cautum,  et  signifie 
proprement,  circonspection,  assurance,  cé- 
dule  qu'on  donne  par  écrit;  dans  l'Ecriture: 

Assurance,  cédule  qu'on  donne  par  écrit 
pour  assurance  de  dette  (  7/5k^/a«  )  Luc.  ]6. 
6.  Accipe  cautionem  tuam  :  Reprenez  votre 
obligation.  Cet  économe  de  la  parabole  fit 
venir  chez  lui  les  fermier*  de  son  maître,  et 
leur  fil  faire  des  obligations;  à  l'un  d'une 
somme  la  moitié  moins  que  n'était  la  pre- 
mière ;  à  l'autre  d'un  cinquième  moins  que 
la  première.  D'autres  croient  néanmoins 
que  ce  mot  signifie  quittance,  ce  qui  mar- 
querait que  cet  économe  faisait  remplir  par 
chacun  de  ces  créanciers  une  quittance  en 
blanc  signée  de  sa  main,  par  laquelle  il  re- 
connaissait avoir  reçu  ce  qu'il  leur  disait 
d'y  écrire.  Voy.  Analys.  Dissertation  26. 

CAUTUS,  A,  UM,  De  caveo,  et  signiGe  pro- 
prement, fin,  rusé:  delà  vient  dans  l'Ecr.: 

Cautus  scientia ,  ytvwcntwv  yvwo-tv.  Habile 
dans  les  scieiices  et  les  lettres.  Dan.  1.  4. 
Puer  os...  eruditos  omni  sapientia,  cautos 
scientia  :  î)ès  enfants  instruits  dans  tout  ce 
qui  regarde  la  sagesse  ,  habiles  dans  les 
sciences  et  dans  les  arts. 

CAVUS,  A,  UM,  y.oùoç.  De  l'ancien  verbe 
Grec  x«M  pour  y^aivco  hisco,  et  signiGe  : 

Creux,  concave,  vide.  Exod.  8.  7.  Ipsum 
oulem  altare  non  erat  solidum,  sed  cavum  : 
L'autel  des  holocaustes  que  Gl  Réseléel  n'é- 
tait pas  solide,  mais  il  était  composé  d'ais,  et 
vide  au  dedans. 

CÀZALOTH,  ou  GASALOTH.  Ville  de  la 
tribu    d'Issachar.    Jos.    1.   18.    Voy.    Casa- 

LOTH. 

CEDAR,  Hcb.  Nigredo,  inis.  1°  Second  fils 
d'Ismaël.  Gen.  25.  13.  Prtmogenitus  Ismaelia 
Nabajotli,  dcinde  Cedar.  1.  Par.  1.  29. 

2°  Pays  d'Arabie  habité  par  les  Ismaéli- 
tes, et  depuis  par  les  Sarrazins.  Ezech.  27 
21.  Arabia  et  universi  principes  Cedar  :  L  A>t 
rabie  et  tous  les  princes  de  Cedar.  Ps.  119. 


U9 


CED 


CED 


6S0 


5.  Hahilavi  cum  habitanlilnis  Cerfar.- David 
se  plaint  d'être  obligé  de  rôder  parmi  les 
Arabes,  qui  n'avaient  point  de  demeures 
fixes  et  qui  logeaient  dans  des  tentes,  comme 
porte  le  Grec  et  l'Hébreu.  Ce  qui  est  marqué, 
Can(,  1.  4-  Nigra  smn,  sed  fromosa,  fil iœ  Jé- 
rusalem, sicul  tabernacula  Cedar,  siciit  pelles 
Salomonis  :  Je  suis  noire  comme  les  tentes 
des  Cédarénites,  noircies  par  dehors  par  les 
ardeurs  du  soleil;  mais  je  suis  belle  comme 
les  riches  tentures  de  Salomon.  l'Eglise  qui 
est  défigurée  par  les  persécutions,  est  ornée 
au  dedans  par  les  richesses  de  la  grâce.  Isa. 
21.  V.  16.  17.  etc.  Ainsi,  Isa.  42.  11.  In.do- 
ynibus  habitavit  Cedar  :  Les  Arabes  qui  n'ha- 
bitaient que  dans  des  tentes,  eu  recevant 
l'Evangik,  de  sauvages  qu'ils  étaient,  de- 
viendront doux  et  sociables. 

3°  Ville  ou  contrée  au  delà  du  Jourdain, 
dans  la  tribu  de  Manassé.  Judith.  1.  8.  Misit 
ad  gentes  quœ  sunt  in  Cartnelo  et  Cedar  ;  le 
Grec  porte  (ralaad,  au  lieu  de  Cedar. 

CEDERE,  ti/.îi'j.  De  l'aoriste  y^ccSsa,  chan- 
geant a  en  e,  de  l'indic.  x«?*>»  cedo,  et  si- 
gnifie : 

l'-Se  retirer,  faire  place,  reculer  (e^KÛîffeai). 
Deut.  20.  3.  Nolite  cedere.-Ne  reculez  point  ; 
se.  devant  l'armée  de  vos  ennemis,  quoique 
plus  grande  que  la  vôtre,  dit  Dieu  aux  Juifs. 
Jos.  8.  15.  Josue  vero  et  omnis  Israël  cesse- 
runt  loco  :  En  même  temps  que  le  roi  de  Haï 
eut  conduit  ses  troupes  de  la  ville  de  Haï 
vers  le  désert,  Josué  et  tout  Israël  lâchèrent 
le  pied;  se.  en  fuyant  vers  le  désert,  afin 
que  tous  ceux  de  Haï  les  poursuivant,  ceux 
qui  étaient  en  embuscade  proche  la  ville, 
passent  aisément  la  prendre,  v.  19. 

2°  Céder,  renoncer.  Ruth.  k.  6.  Cedo  juri 
propinquitalis  :  Je  vous  cède  mon  droit  de 
parenté,  dit  le  plus  proche  parent  de  Noëmi 
à  Booz.  La  formule  de  la  ratification  de  ces 
sortes  de  cessions,  au  v.  7. 

3°  S'accommoder,  se  rendre,  fléchir,  ne 
point  s'opposer.  Gai.  2.  5.  Quibus  neque  ad 
horam  cessimus  :  La  considération  des  faux 
frères  ne  nous  porta  pas  à  leur  céder,  ni  à 
nous  assujettir  même  pour  un  moment  à  ce 
qu'ils  voulaient.  3.  Reg.  12.  7.  Si  pelitioni 
eorum  cesseris  :  Si  vous  vous  rendez  à  la  de- 
mande des  Juifs,  ils  s'attacheront  pour  tou- 
jours à  votre  service,  disent  les  vieillards  à 
Roboam,  sur  la  demande  que  lui  faisaient  les 
Juifs  de  diminuer  quelque  chose  de  la  ri- 
gueur da  gouvernement  de  Salomon.  Sap. 
18.  2i).  ^15  aulem  cessil  qui  exlerminabat  : 
L'exterminateur  céda  à  ces  choses;  savoir,  à 
la  majesté  et  à  la  dignité  qui  parut  en  Aaron. 
Voy.  v.  2k.  Ceci  a  rapport  à  ce  qui  est  Num. 
16.  M.  Ainsi,  Job.  39.  22. 

k"  Appartenir,  revenir  à  quelqu'un  (elvat) 
Exod.  29.  2(».  Cedet  in  parlem  tunm  :  La  poi- 
trine du  bélier  qui  aura  servi  à  la  consécra- 
tion d'Aaron,  sera  réservée  pour  votre  part 
du  sacrifice,  se.  pour  Moïse,  v.  28.  Levil.  7. 
32.  Ainsi,  Num.  24.  18.  Hœredilas  Seïr  cedet 
inimicis  suis .- L'héritage  de  Seïr  passera  à 
ses  ennemis,  v.  13.  18.  Mais,  c.  18.  9.  Quid- 
quid  pro  peccato  atque  delicto  reddilur  mihi, 
et   cedil  in  sancla  sanctorum,  tuum  eril  et 

DiCTIONN.  DE  PHILOL.    SiCRÉE.    l. 


filiorum  tuorum  .Tout  ce  qui  m'est  rendu 
pour  le  péché  et  pour  l'offense,  et  qui  devient 
une  chose  très-sainte,  etc.  c'est  le  sens  de 
l'Hébreu. 

5'  Echoir,  réussir.  2.  Mach.  4.  17.  Inleges 
enim  divinas  impie  agere  impune  non  cedït  : 
On  ne  viole  point  impunément  les  lois  de 
Dieu,  c.  12.  11.  Cumque...  auxilio  Dei  pro- 
spère cessisset  :  Judas  ayant  réussi  lieureusc- 
ment  parle  secours  de  Dieu;  savoir,  contre 
les  Arabes  qu'il  vainquit.  Num.  14.  4L 

CEDES,  Heb.  Sanctilas.  —  1°  Ville  de  la 
tribu  de  Nephthalim.  Jos.  19.  37.  Judir.  4. 
V.  6.  9.  11.  4.  Reg.  15.  29.  Ville  de  refuge. 
Jos.  20.  7.  Donnée  aux  Lévites,  c.  21.  32.  1. 
Par.  6.  V.  72.  76.  Voy.  Cades.  —  2°  Ville  de 
la  tribu  d'Issachar,  donnée  aux  Lévites.  1. 
Par.  6.  72.  Elle  est  nommée  Cesion.  Jos. 
2.  28. 

CEDIMOTH,  Heb.  Antiquiores.  Ville  de  la 
tribu  de  Ruben,  donnée  aux  Lévites.  Jos. 
13.  18.  Voy.  Cademoth. 

CEDMA,  Heb.  Antiquus  ou  Orientalis. 
Dernier  fils  d'Ismaël.  Gen.  25.  15.  1.  Par.  1. 
31.  Il  est  appelé  en  hébreu  Cedem.  Jer.  49. 
28.  Vulg.  Oriens. 

CEDMIEL,  Heb.  Orienlis  Deus.  Nom  d'un 
Lévite,  fils  d'Odovias.  1.  Esd.  2.  40.  c.  3.  9. 
2.  Esd.  7.  43.  etc. 

CEDMON^ailI,  Heb.  Antiquiores.  Peuples 
de  la  Chananée-  Gen.  15.  19.  Il  n'en  est  point 
fait  mention  autre  part;  il  y  avait  dix  peu- 
ples en  ce  pays  quand  Abraham  y  vint; 
mais  avant  que  les  Israélites  s'en  fussent 
emparés,  ces  trois  peuples,  les  Cinéens,  les 
Cénéséens,  et  les  Cedmonéens,  étaient  exter- 
minés ou  confondus  avec  les  autres.  Voy. 
Hevjeus  et  BoCH,  l.  4.  c.  36. 

CEDRINUS,  A,  UM,  x£5/3£voç.De  cèdre,  fait  do 
bois  de  cèdre.  3.  Reg.  6.  10.  Operuit  domuin 
lignis  cedrinis  :  Salomon  couvrit  la  maison 
du  Seigneur  de  bois  de  cèdre. 

Somptueux,  magnifique.  2.  Reg.  7.  v.  2; 
7.  1.  Par.  1.1.  Videsne  quod  ego  habitem  in 
domo  cedrina?  Ne  voyez-vous  pas  que  je  de- 
meure dans  une  maison  de  cèare?  dit  à  Na- 
than David,  résolu  de  bâtir  une  maison  pour 
l'arche  de  Dieu.  Voy.  v.  5.  Cant.  1.  10.  ligna 
domorum  noslrarum  cedrina:  Les  solives  dp 
nos  maisons  sont  de  cèdre  :  autr.  les  pou- 
tres :  Ces  poutres  et  ces  solives  sont  les  prê- 
tres qui  soutiennent  l'Eglise,  qui  est  la  mai- 
son de  Dieu,  qui  doivent  être  de  bonne  odeur 
et  incorruptibles  comme  le  cèdre,  c.  8.  9. 

GEDRON,  Heb.  Obscuritas.  —  INom  pro- 
pre  d'un  torrent  qui  passe  entre  le  mont  dos 
Oliviers  et  la  ville  de  Jérusalem.  Ce  mot  en 
hébreu  signifie  obscur  et  ténébreux,  parce 
qu'il  est  situé  dans  une  vallée  que  l'ombre 
des  arbres  rend  obscure.  2.  Reg.  15.  23.  Rex 
quoque  transgrediebalur  torrenlcm  Cedron  : 
David,  dans  sa  persécution,  représentait  no~ 
tre  Sauveur  qui  a  passé  ce  torrent  dans  s.i 
passion.  Joan.  18. 1.  Egrcssus  est  transtorren^ 
tem,  Cedron  .Jésus  s'en  alla  au  delà  du  tor- 
rent de  Cedron  ;  Gr.  twv  xiS^iwv,  cedrorum  :  Ce 
qui  a  fait  croire  que  ce  torrent  a  été  appelé 
de  la  sorte  à  cause  d'une  espèce  de  cèdres  ; 
Hebr.  cidron,  qui  étaient  sur  le  bord  ;  mais 

21 


66i 


DICTIONNAIRE  DU  PHILOLOGIE  SACREE. 


65Î 


on  croit  qu'il  faut  en  grec,  roO  xîOjowv  au  sin- 
gulier, comme  2,  Reg.  15.  23.  et  3.  Reg.  15. 
13.  où  le  grec  porte,  twv  Y.é§p(ù-j,cedroriim. 

2°  Cédro  ou  Cédron  était  une  place  forte 
que  Cendebée  avait  réparée  (xiSjowv,  Hebr. 
obsciiritas).  1.  Mac.  16.  9,  Venit  Cedronem 
qnam  œdificavit  :La^  même  ville  que  Gédor. 
c.  15.  V.  39.  40. 

CEDRUS,  I.  Du  Grec  y.éSpoç,  el  signifie, 

1»  Cèdre,  arbre  fort  haut,  dont  le  bois  n'est 
point  sujet  à  se  carier.  11  y  en  avait  une 
grande  quanlilé  sur  le  mont  Liban.  3.  Reg. 
4.  33.  Disputavil  super  litjnis,  a  cedro  quœ 
est  in  Libano  usque  ad  hyssopum  :  Salomon 
traita  de  tous  les  arbres  depuis  le  cèdre  qui 
est  sur  le  Liban,  jusqu'à  l'hjssope. 

Toute  sorte  de  grands  arbres.  Ps.  28.  5. 
Vgx  Domini  confringentis  cedros  :  La  foudre 
abat  les  plus  grands  arbres.  Ps.  Ii8.  9.  Li- 
gna fructifera  et  omnes  cedri  :  Louez  le  Sei- 
gneur, vous  arbres  qui  portez  du  fruit,  avec 
tous  les  cèdres.  Ps.  103.  16.  Gant.  5.  15.  Isa. 
37.24. 

2°  Palais  magnifique  bâti  de  bois  de  cèdre. 
Jerem.  22.  7.  Succident  electas  cedros  tuas  : 
Les  ennemis  abattront  les  maisons  bâties  de 
cèdres,  aussi  élevées  que  ces  arbres  le  sont 
sur  le  Liban:  ce  qui  se  peut  entendre  aussi 
des  grands  seigneurs  de  la  cour  de  Joachaz, 
qui  fut  lui-même  emmené  captif  par  le  roi 
dEgypte.  4.  Reg.  23:  34.  Ainsi,  Jerem.  22. 

23.  Qui...  nidificas  in  cedris  :  0  vous,  Jécho- 
nias,  qui  faites  votre  nid  dans  les  cèdres. 
Zach.  10.  1. 

3°  Peuples  ou  princes  et  rois  puissants. 
Ezech.  17.  3.  Aquila  grandis...  venit  ad  Li- 
banum  et  lulit  medullam  cedri:\]n  aigle  puis- 
sant... vint  sur  le  mont  Liban,  et  emporta  la 
moelle  d'un  cèdre  :  Ce  cèdre  est  Jéchonias, 
emmené  de  Jérusalem  par  Nabuchodonosur 
à  Babylone.  v.  32.  Ainsi  Amos.  2.  9.  Judic. 
9.  15.  4.  Reg.  14.  9.  2.  Par.  25.  18.  Eccli. 

24.  17.  Isa.  2.  13.  Zach.  11.  2.  A  quoi  se  peut 
rapporter  celte  phrase  :  Comparare  se  cedro  : 
S'élever  par  son  orgueil.  Jerem.  22.  15. 
Numquid  regnabis,  quonium  confers  te  cedro  : 
Prétendez-vous  affermir  votre  règne,  parce 
que  vous  vous  comparez  au  cèdre?  Dieu 
parle  à  Joachim,  qui  ne  pensait  qu'à  s'a- 
grandir. De  là  vient  : 

Cedri  Dei.  Les  cèdres  de  Dieu;  ce  qui  est 
un  Hébraïsme;  pour  marquer  les  plus  beaux 
cèdres  et  les  plus  élevés,  qui  signifient  les 
peuples  les  plus  puissants  de  la  terre.  Ps. 
79.  11.  Operuit  montes  umbra  ejus,  et  arbusta 
rjus  cedros  Dei  :  L'ombre  de  votre  vigne  a 
louverl  les  montagnes,  el  ses  branches  les 
cèdres  de  Dieu  :  Ces  cèdres  sont  tous  les 
peuples  puissants  qui  furent  assujettis  aux 
Israélites,  figurés  par  la  vigne.  Voy.  v.  9.  et 
ces  peuples  mêmes  sont  tous  les  Gentils  qui 
devaient  être  soumis  à  l'Eglise. 

4°  Le  bonheur  de  l'Eglise,  el  la  bénédiclion 
des  justes  et  des  fidèles,  est  comparée  au 
cèdre  planté  sur  le  bord  des  eaux.  Num.  24. 
6.  Quasi  cedri  prope  aquas  :  Los  (onles 
d'Israël  sont  comme  des  cèdres  plantés  sur 
le  bord  des  eaux,  dit  Balaam,  bénissant  les 
Isi.iéliUs,  figure  de  l'Eglise.  A  quoi  se  rap- 


porte, Ps.  91.  13.  Sicut  cedrus  Libani  multi- 
plicabitur  :  Le  Juste  se  multipliera  comme  le 
cèdre  du  Liban. 

CEELATHA,  Heb.  Cœtus.  Le  dix-nenvième 
campement  des  Israélites,  mémorable  par  la 
sédition  de  Coré.  Num.  33.  v.  22.  23. 

CEILA,  Heb.  Scindens  eam.  —  1°  Ville 
dans  la  tribu  de  Juda.  Jos.  15.  44.  2.  Esdr. 
3.  V.  17.  18.  délivrée  par  David  d'entre  les 
mains  des  Philistins.  1.  Reg.  23.  5.  etc.  — 
2°  Nom  propre  d'homme,  fils  de  Nahum.  1. 
Par.  4:  19. 

QELAI,  Heb.  Yox  mea.  Chef  de  la  famille 
sacerdotale  de  Sellai.  2.  Esd.  12.  20.  Sellai, 
Celai;  Celai  était  chef  de  la  famille  de 
Sellai. 

CELAIA,  Hob.  Vox  Domini.  C'est  le  même 
que  Calila.  1.  Esd.  10.  23.  Voy.  Cauta. 

GEL  ARE,  y.pvTTTîiv.  De  l'Hébreu  cala,  clau- 
dere,  cohibere. 

i°  Celer,  cacher,  ne  point  déclarer.  Gen. 

18.  17.  Num  celare  potero  Abraham  quœ  ge- 
sturus  sum  ?  Pourrais-je  cacher  à  Abraham 
ce  que  je  dois  faire?  se.  touchant  Sodome  et 
Gomorrhe.  Voy.  v.  20.  Ainsi,  Gen.  37.  26. 
Quid  nobis  prodest  si  occiderimus  fralrem 
nostrum ,  et  celaverimus  sanguinem  ipsius? 
Que  nous  servira  d'avoir  tué  notre  frère,  et 
d'avoir  caché  sa  mort ,  dit  Judas  à  ses  frères 
touchant  Joseph.  4.  Reg.  4.  27.  Prov.  17.  9. 
Ainsi,  Job.  31,  33.  Si...  celavi  insinu  meo  ini- 
quitatem  :  Si  j'ai  caché  dans  mon  sein  mon 
iniquité.  Job  proteste  sous  de  grandes  peines 
qu'il  ne  s'est  point  caché  en  couvrant  ses 
défauts,  afin  par  là  d'en  imposer  aux  hom- 
mes. De  là  vient, 

2°  Dire,  ou  croire  qu'une  chose  est  cachée 
à  la  connaissance  de  quelqu'un.  Job.  42.  3. 
Quis  est  iste  qui  celât  consilium  absque  scien- 
tia?  Qui  est  celui-là  qui,  par  un  effet  de  son 
ignorance,  prétend  dérober  à  Dieu  le  conseil 
et  la  sagesse? 

3°  Couvrir,  cacher.  Levit.  16.  4.  Femina- 
libus  lineis  verenda  celabit  :  Quand  Aaron  en- 
trera dans  le  sanctuaire,  il  couvrira  ce  qui 
doit  être  couvert  avec  un  vêtement  de  lin. 
Deut.  31.  18.  Ego  autem  celabo  faciem  meam  : 
Je  couvrirai  à  ce  peuple  ma  face,  dit  Dieu, 
pour  ne  point  voir  l'idolâtrie  à  laquelle  ij 
se  sera  abandonné  après  la  mort  de  Moïse. 
Celle  phrase  se  doit  entendre  au  même  sens 
<\\xavertere  faciem.  2.  Par.  30.  9.  ce  qui  mar- 
que que  Dieu  ne  répand  plus  ses  grâces  et 
ses  bénédictions.  Prov.  25.  2.  Gloria  Dei  ett 
celare  verbum:La  gloire  de  Dieu  est  de  ca- 
cher sa  parole  sous  des  voiles.  1.  Reg.  20. 

19.  De  là  vient  : 
Celare  se.  Se  mettre  à  couvert  contre  quel- 
que chose.  Isa.  32.  2.  El  erit  vir  sicut  qui  ce- 
lât se  a  tempestate  :  Le  prophète  prédit  que 
Jésus-Christ  devait  servir  de  retraite  contre 
la  tempête.  Amos  9.  3. 

4"  Retenir,  arrêter.  Job.  20.  13.  Celabil  in 
gulture  suo  :  Le  pécheur,  qui  avale  l'iuiquilâ 
comme  l'eau,  goûte  le  mal  avec  plaisir, 
comme  un  morceau  délicieux  que  l'on  retien- 
drait dans  sa  bouche  pour  le  savourer  plus 
longtemps. 


C55 


CEL 


CEL 


C.>4 


CELEBER,  is.  De  x),siw,  celebro,  ou  de 
celer,  et  signifle  : 

1°  Célèbre  ,  en  réputation  ,  considérable 
(TifiâaQoiL,  honorarï).  1.  Reg.  18.  30.  Célèbre 
factum  est  nomen  ejus  nimis  :  Le  nom  de  Da- 
vid devint  très-célèbre,  savoir,  par  la  pru- 
dence qu'il  flt  paraître  dans  la  guerre  contre 
les  Philistins. 

2^  Public,  commun  {éTzimao;).  1.  Mach. 
11.  37.  Ponatur  in  monte  sancto  et  in  loco  ce- 
lebri  :  Qu'on  expose  cette  ordonnance  sur  la 
montagne  sainte,  en  un  lieu  où  elle  soit  vue 
de  tout  le  monde.  C'est  celle  de  Démétrius  en 
faveur  des  prêtres,  rapportée  v.  34.  35.  c. 
Ik.  4.8.  A  quoi  se  peut  rapporter,  Gen.  45. 
16.  Celebri  sermone  vulgatum  est  :  On  dit  pu- 
bliquement que  les  frères  de  Joseph  étaient 
venus. 

3°  Célèbre,  solennel  {-/Inroç  .  Levit.  23. 
7.  Dies  primus  erit  vobis  celeberrimus  :  Le 
premier  jour,  i.  e.  de  la  fête  de  Pâque,  vous 
sera  le  plus  célèbre,  v.  8.  21. 

CELEBRARE.  1°  Rendre  considérable, 
distinguer,  faire  connaître  d'une  manière 
avantageuse  {-oi-î-j  ovou«).  Gen.  11.  4.  Ce- 
lebremus  nomen  noslrum  :  Rendons  notre 
nom  célèbre  ,  disent  les  enfants  de  Noé  dans 
le  dessoin  de  faire  la  tour  de  Babel,  v.  9.  1. 
Par.  17.  8.  Job.  18.  17.  De  là  vient  : 

Emptionem  celebrare  ab  aliquo.  Acheter  de 
quelqu'un  quelque  chose  rare  et  de  grand 
prix.  2.  Par.  1.  17.  De  univ^rsis  regnis  He- 
tœorum,  et  a  reijibus  Syriœ  emptio  celebraba- 
tur  :  L'attelage  de  quatre  chevaux  revenait 
à  six  cents  sicles  d'argent  et  un  cheval  à 
cent  cinquante;  et  l'on  en  achetait  ainsi  de 
tous  les  rois  des  Helhéens  etdeceuxde  Syrie. 

2°  Fêter  ,  solenniser,  célébrer  avec  joie 
(eopTâÇetv).  Exod.  23.  14.  Tribus  vicibus 
per  singulos  annos  mihi  (esta  celebrabitis  : 
Vous  célébrerez  des  l'êtes  en  mon  hon- 
neur trois  fois  chaque  année;  ces  fêtes  sont 
marquées  v.  15.  16. 

3°  Exécuter,  pratiquer  avec  les  cérémo- 
nies ordonnées.  Levit.  16.  11.  Bis  rite  cele- 
bralis  :  Aaron  ayant  fait  tout  ceci  selon  l'or- 
donnance, savoir  :  ce  qui  était  nécessaire 
avant  d'entrer  dans  le  sanctuaire.  Deut.  15. 
2.  2.  Par.  31.  1.       ' 

CELEBRATIO,  nîs.  L'action  de  louer  quel- 
que chose,  et  se  dit  aussi  de  la  célébration 
des  jpux  et  des  compagnies  assemblées;  dans 
l'Ecriture  : 

Félp,  jour  solennel  [ioprv).  Eccli.  47.  12. 
Ledit  in  celebrationibus  decus  :  David  a  rendu 
les  fêtes  plus  solennelles;  savoir  :  par  les 
chanires  qu'il  a  établis,  etc.  Vny.  v.  11. 

CELEBRITAS,  atis.  Du  ccleber,  et  signi- 
fie propr«menlgrandeassemblce,  réputation; 
dans  l'Ecriture  : 

1*  Fêle  solennelle,  solennité  fàTraûKT.-uxvTor,, 
absque  celebritale).  '2.  Malth.  15.  ii6.  Decre- 
veruntnuUo  modo  diem  istnm  abaque  celebri- 
taie  prœlerire  :  Il  lut  arrêté  qu'on  ne  devait 
point  laisser  passer  ce  jour  si  célèbre  sans 
en  faire  une  fête  particulière,  se.  delà  vi- 
ctoire que  Judas  remporta  contre  Nicanor. 
V.  28.  Le  jour  de  la  célébration  est  v.  37. 

2"  Réjouissance  dans  une  sobiinilé  ou  U'  ç 


solennelle  (eùyûoo-ûvjj).  2.  Par.  30.  26.  Facta 
est  grandis  celeoritas  :  Il  se  fit  une  grande  so- 
lennité à  Jérusalem;  se.  à  la  célébration  de 
la  Pâque  qu'Ezechias  recommanda  d'être  cé- 
lébrée à  Jérusalem  par  tous  les  Juifs. 

CELER,  RIS,  RE,  T7.y\jç,  da,  v.  De  l'Eolique 
•/î).)3opour  y.D.-nç ,  et  signifie  : 

1°  Vite,  prompt,  qui  va  vite,  en  parlant 
de  l'action  de  marcher  ou  avancer.  Eslh.  8. 
14.  Egressi  sunt  veredarii  celeres  nuntiaper- 
ferentes  :  Les  courriers  partirent  prompte- 
raent  portant  ces  nouvelles. 

2'  Soudain,  en  parlant  de  quelque  chose 
qui  nous  arrive  en  bref,  soit  avantageuse 
ou  désavantageuse.  2.  Petr.  2.  1.  Superindu- 
centes  sibi  celerem  perditionem  :  Les  faux  do- 
cteurs, se.  d'hérésies,  attireront  sur  eux-mê- 
mes une  soudaine  ruine. 

CELERITAS,  atis.  De  celer,  et  signifie  : 

Vitesse ,  promplilude,  s'entend  dans  l'E- 
criture de  la  brièveté  du  temps.  Baruch.  4. 
24.  Yiderunt  in  celeritate  salutem  veslram  a 
Deo  (êv  -rùy^zL)  :  Les  provinces  voisines  de  Sion 
verront  bientôt  le  salut  que  Dieu  vous  en- 
verra :  Baruch  parle  aux  Juifs  qui  étaient 
captifs  en  Babylone. 

CELERITER,  Taxéwf.—  lo  Vilement,  prom- 
ptement.  1.  Reg.  20.  6.  Rogavit  me  David  ut 
iret  celeriter  in  Bethléem  civitatem  suam  :  Da- 
vid m'a  prié  que  j'agréasse  qu'il  fît  prompte- 
meut  un  tour  à  Bethléem,  d'où  il  est;  ce 
voyage  n'était  que  supposé  et  afin  que  Jona- 
thas  connût  par  les  marques  que  Sati!  donne- 
rait au  sujet  de  l'absence  de  David,  si  Saùl 
voulait  ôter  la  vie  à  David. — 2»  Avec  ardeur 
et  empressement  {rr-o-jox'Kùç) .  Sap.  2.  6.  Uta~ 
miir  creatura  tamquamin  juventute  celeriter  : 
Hâtons-nous  d'user  des  créatures  comme  on 
fait  dans  la  jeunesse,  disent  les  méchants; 
d'où  vient  le  comparatif 

GELERIUS,  Tix^ov.  —  l-'Plus  lot  (à^iaç). 
Sap.  3.  18.  Si  celerius  defiincti  fuerint.  non 
habebunt  spem  ;  Quand  bien  les  enfants  des 
adultères  mourraient  plus  tôt  que  dans  la  vieil- 
lesse, ils  seront  ?ans  espérance,  s'ils  sont 
semblables  à  leurs  pères.  Hebr.  13.  19.  Am- 
plius  autem  deprecor  vos  hoc  facere  ,  quo  ce- 
krius  restituar  vobis  :  Je  vous  conjure  de 
prier  pour  nous  avec  encore  plus  d'ardeur, 
afin  que  je  retourne  plus  tôt  vers  vous.  — 
2  Bientôt  (T«xéw,-).  Sap.  4.  16.  Condemnat 
...juventus  celerius  consummata  longamvitam 
injusti  :  La  jeunesse  du  juste  mort  sitôt  est 
la  condamnation  de  la  longue  vie  de  l'injuste. 

CELEUS.MA  ,  du  Grec  y.eltvG-rnç,  de  zeXîuttv, 
juhere,  et  signifie  proprement  le  cri  de  plu- 
sieurs personnes  qui  s'entr'excitent  dans  le 
combat  ou  dans  le  travail;  dans  l'Ecriture  il 
s'écrit  celeuma,  et  signifie  : 

Cri  de  plusieurs  personnes  qui  s'encoura- 
gent et  s'animent  à  faire  quelque  chose ,  on, 
les  cris  de  joie  qu'ils  poussent  en  la  faisant! 
Ainsi  les  cris  de  joie,  les  chansons  de  ceux, 
V  qui  foulent  les  raisins.  Jerem.  48.  33.  Ne- 
qnaqunm  calcator  uvœ  sotilum  celeuma  canta^ 
bit  :  Les  Moabitcs  qui  foulaient  le  vin  ne 
chanteront  plus  leurs  chansons  ordinaires. 
2°  Les  cri»  de  ceux  qui  s'animent  et  s'encou- 
ragent au  combat  ou  se  réjouissent  de  la  vi- 


653 

ctoire.  Jerem.  25. 


I  ICTlONiNAIRE  OE  PHILOLOGIE  SACREE. 


656 


30.  Cclcuma  quasi  calcan- 
tium  concinetur  adversus  omnes  Itabitatores 
terrœ  :  Il  s'excitera  un  cri  commun  contre 
tous  les  habitants  de  la  terre,  tel  qu'en  font 
ceux  qui  foulent  le  vin  ;  c'est-à-dire,  comme 
ceux  qui  foulent  le  vin  poussent  des  cris 
pour  s'encourager  au  travail  ou  pour  se  ré- 
jouir :  de  même  les  Babyloniens  s'encoura- 
geront les  uns  les  autres,  pour  venir  fon- 
dre sur  Jérusalem  et  se  réjouiront  de  sa  perte; 
mais  c.  51.  14.  Super  te  celeuma  cantabitur  : 
Les  hommes  jetteront  des  cris  de  joie  en  vous 
détruisant  ;  s'entend  des  armées  de  Darius  et 
deCyrus,  qui  détruisirent  et  ravagèrent  le 
royaume  de  Babylone. 

CELITA,  Heb.  Refugium.  Nom  d'un  lévite. 
2.  Esd.  8.  7.  qui  est  appelé  Celaia  ou  Calita. 
1.  Esd.  10.  -23. 

CELLA,  M.  De  cala,  Heb.  ou  de  cellare , 
parce  qu'il  signiQe  cellier  ou  ofGce,  qui  sert 
à  cacher  ce  qu'on  y  met,  le  lieu  où  l'on 
serre  les  provisions  de  blé,  d'huile,  de  vin, 
de  chair  ;  dans  l'Ecriture  : 

Chambre,  lieu  à  serrer  quelque  chose 
l' ol/o;  ).  Isa.  39.  2.  Ostendit  eis  cellam  aroma- 
tum  :  Ezéchias  montra  aux  ambassadeurs  de 
MérodachBaladanJe  lieu  où  étaient  les  arc- 
mâles;  de  là  vient  :  cella  vinaria ,  cave.  1. 
Par.  27.  27.  Prœsidehat  celUs  vinariis ,  Zab- 
dias  Aphonites  :  Zabdias  d'Aphoni  avaitl'au- 
torilé  sur  les  caves  et  les  celliers  de  David. 
Gant.  2.  4.  Inlroduxit  me  in  cellam  vinariam: 
Mon  bien-aimé  m'a  fait  entrer  dans  le  cel- 
lier où  il  met  son  vin  ;  Grec  ,  ol/ôj  ohov. 
Comme  les  Orienlaux  comparent  l'amour  au 
vin,  cette  expression  est  aussi  toute  méta- 
phorique et  signifle  que  Jésus-Christ  a  fait 
entrer  lEglise  dans  son  cœur,  qui  est  comme 
le  dépositaire  de  cet  amour  tout  brûlant  qu'il 
a  pour  elle. 

CELLARIDM ,  ii,  zxy.sïov.  De  cella,  et  si- 
gnifie proprement  le  même  que  cella;  dans 
l'Ecriture  : 

1°  Lieu  où  on  réserve  les  provisions ,  cel- 
lier. Luc.  12.  24.  Quibus  non  est  cellarium, 
neque  horreum  :  Les  oiseaux  n'ont  ni  cellier, 
ni  grenier.  Prov.  24.  4.  In  doctrina  replebun- 
tur  cellaria  :  La  prudence  et  la  bonne  con- 
duite remplit  de  biens  une  maison.  Deuter. 
28.  8. 

2°  Lieu  retiré,  cabinet,  garde-meuble  ,  où 
sont  les  trésors  et  les  choses  les  plus 
précieuses.  Jerem.  38.  11.  Ingressus  est  do - 
mum  régis  quœ  erat  sub  cellario  :  Abdemelech 
entra  dans  le  palais  du  roi,  dans  un  lieu  qui 
était  sous  le  garde-meuble,  et  il  en  tira  de 
vieux  drapeaux.  Voy.  pour  quel  usage,  v. 
12.  13.  Mais  Cant.  1.  4.  Introduxit  me  rex  in 
cellaria  sua  :  Le  roi  m'a  fait  entrer  dans  ses 
appartements  secrets;  marque  que  l'Eglise 
est  cnlrée,  par  la  grâce  de  Jésus-Christ,  dans 
la  connaissance  des  mystères  du  royaume  de 
Dieu.  Voy.  Joan.  15.  15.  2.  Cor.  3.  18.  et  ail- 
leurs. 

3°  Lieu  autour  du  temple  pour  garder  les 
ornements  et  les  oblations  qu'on  y  faisait 
(«T7oOnioî>  1.  Par.  28.  11.  Dédit  David  Salo- 
mon  filio  suo  descriptionem...  cellariorum  : 
David  donna  à  Salomon  le  dessin  et  le  modèle 


des  garde-meubles  ;   David  l'avait  reçu  de 
Dieu  même.  Voy.  v.  19. 

CELLON  ,  Heb.  Consummatio.  Pays  entre 
l'Euphrale  et  l'Arabie,  où  étaient  les  Ismaé- 
lites. Judith.  2.  13.  Prœdavit  filios  Jsmaelqui 
erant  ad  austrum  terrœ  Cellon.  Holopherne 
pilla  les  enfants  d'Ismael ,  qui  étaient  au 
midi  de  la  terre  de  Cellon.  Voy.  Chellon. 

CELLULA.  De  cella ,  et  signifie  proprement 
une  petite  chambre  ;  dans  l'Ecriture  : 

Lieu  où  se  mettaient  les  meubles  et  tout 
ce  qui  servait  au  temple.  1.  Par.  26.  18. /n 
cellulis  quoque  janitorum  ad  occidentem  qua- 
tuor in  via,  binique  per  cellulas  :  Il  y  avait 
quatre  lévites  au  logis  des  portiers  à  l'occi- 
dent, sur  le  chemin,  deux  à  chaque  chambre. 

CELTIS,  ou  CELTE,  is.  Ce  mot  ne  se 
trouve  nulle  part  dans  les  auteurs  ,  hormis 
dans  les  inscriptions  de  Gruter,  où  sont  ces 
termes  :  Molleolo  et  celte  litteratus  silex  :  Une 
pierre  gravée  avec  le  marteau  et  le  ciseau  ; 
ainsi  il  peut  bien  signifier  ici,  comme  dans 
cet  auteur  : 

Un  ciseau  pour  graver  sur  la  pierre.  Job. 
19.  24.  Quis  mihi  det  ut  sermones  mei ...  celle 
sculpantur  iti  silice?  Qui  m'accordera  que 
mes  paroles  soient  gravées  sur  la  pierre 
avec  le  ciseau?  Ce  qui  est  une  expression  fi- 
gurée dont  Job  se  sert  pour  marquer  le  désir 
qu'il  a  que  la  mémoire  de  son  innocence  et 
de  son  espérance  en  Dieu  fût  éternelle  ;  il  n'y 
a  rien  dans  le  Grec  qui  réponde  à  ce  mot; 
l'Hébreu  porte  ghed,  qui  signifie  éternité.  On 
lit  dans  la  plupart  des  manuscrits  et  même 
des  plus  anciens  :  vel  certe. 

CENCHRE^  ,  Heb.  Milium.  Cenchrée , 
port  de  Corinlhe  où  saint  Paul  s'était  fait 
couper  les  cheveux  à  cause  d'un  vœu.  Act. 
18.  18.  Rom.  16.  1.  In  Cenchris,  pour  Cen- 
chreis ,  à  Cenchrée. 

CENDEBiEUS  ,    Heb.    Possessio    doloris. 

Cendebée,  général  d'armée  d'Antiochus 
Soter.  1.  Mac.  15.  v.  38.  40.  etc.  Ce  capi- 
taine étant  venu  avec  une  grande  armée  pour 
assujettir  les  Juifs  ,  fut  défait  par  les  fils  de 
Simon  et  fut  si  étonné  de  sa  défaite  qu  il  n'osa 
plus  retourner  en  Judée. 

CEiNERETH,  Heb.  Cithara.—V  Ville  de  la 
tribu  de  Nephlhalim  ou  de  Zabulon.  Jos.  19. 
35.  Qui  a  donné  le  nom  à  toute  la  contrée 
voisine  et  au  lac  sur  lequel  cette  ville  est  si- 
tuée.—2°  Lac  de  Cénéreth  ou  Génésareth  ; 
que  les  Hébreux  appellent  Mer  de  Galilée. 
Num.  34.  11.  Pervenient  ad  mure  Cenereth  : 
Les  confins  s'étendront  jusqu'à  la  mer  de 
Cénéreth.  Deul.  3.  17.  Jos.  3.  27.  Voy.  Ge- 

NESARETH. 

CENEKOTH,  Heb.  Idem.  1"  Pays  d'alen^ 
tour  de  la  ville  de  Cénéreth  ou  Cénérolh. 
Jos.  11.  2.  3.Reg.  lo.iO.  Benadad,  rex  Syriœf 
misit  principes  exercitus  sui  in  civitates  /s- 
rael  et  percusserunt  universum  Ceneroth,  om- 
nem  scilicet  terram  Nephtali  :  Ils  ravagèrent 
toute  la  contrée  de  Ceneroth  ;  c'est-à-dire 
tout  le  pays  de  la  tribu  de  Nephlhali. — 2"  Le 
lac  de  Tibériade  ou  de  Génésareth.  Jos.  12. 
3.  A  soliludine  usque  ad  mare  Ceneroth  :  De- 
puis le  désert  jusqu'à  la  mer  de  Cénérolh. 
Voy.  Génésareth. 

\ 


6f)7  CEN 

GENEZ,  Hcb.  Mdus  iste.  1  Fils  cfHéli- 
phaz  et  pelil-fils  d'Esaii,  prince  des  Idu- 
méens.  Gen.  36.  v.  11.  15.  1.  Par.  1.  v.  36. 
53.-2°  Aïeul  de  Caleb  troisième  et  d'Olho- 
niel.  Jos.  15.  7.  Cepit  ecnn  Othoniel  films  Ce- 
nez  frater,  i.  e.  cognatus  Caleb  :  Othoniel,  fils 
de  Cenez,  cousin  de  Caleb,  prit  cette  ville. 
Judic.  1.  12.  c.  3.  V.  9.  11.  12.  1.  Par.  4.  11. 
D'autres  croient  que  Cenez  était  pèred'Olho- 
niel  et  beau-père  de  Caleb,  dont  il  avait 
épousé  la  mère. — 3^  Fils  d'Ela ,  pelit-fils  de 
Caleb.  1.  Par.  4.  15.  Filii  Caleb,  filii  Jephone, 
Hir  et  Ela,  filii  Ela. 

CENEZvEUS,  Heb.  Ideyn.  —^  Le  peuple 
de  Chananée ,  dont  il  n'est  point  fait  mention 
autre  part.  Gen.  15.  19.  Semini  tiio)  dabo 
Cinœos ,  Cenezœos,  Cedmonœos.  Voy.  Cedmo- 
NJEi.  11  y  a  de  l'apparence  que  ces  peuples 
ont  été  défaits.  —  2  Descendant  de  Cenez, 
père  ou  aïeul  dOlhoniel.  Num.  32.  12.  Prœ- 
ter  Caleb  fdium  Jephone  Cenezœum.  Jos.  14. 
V.  6.  14.  Ce  nom  pouvait  lui  être  donné  à 
cause  que  celui  de  Cenez  pouvait  être  célèbre 
dans  sa  famille. 

CENI,  Heb.  Possessio.  Pays  ou  contrée  de 
la  tribu  de  Juda,  dans  laquelle  David  feignit 
à  Achis  de  faire  des  courses.  1.  Reg.  27.  10. 
c.  30.  ^d.  Contra  meridiemCeni.  Quelques-uns 
croient  que  ce  sont  les  Ginéens,  amis  des 
Israélites,  c.  15.  6. 

CENSUS,  us.  De  censeoy  et  signifie:  — 
1"  Registre  ou  état  public  des  personnes,  ou 
biens  de  chaque  particulier.  2.  Esdr.  7,  64. 
Hi  quœsierunt  scripturam  suam  in  censu,  et 
non  invenerunt  ;  et  ejecli  sunt  de  sacerdotio  : 
Les  Juifs  marqués  v.  63.  cherchèrent  l'écrit 
de  leur  généalogie  dans  le  dénombrement,  et 
ne  l'ayant  point  trouvé,  ils  furent  rejetés  du 
sacerdoce. 

2"  Tributj  impôt,  qui  se  paie  par  les  sujets 
d'un  prince  ou  d'une  république,  selon  l'état 
de  leur  bien  («ivo-o,-;.  Matlh.  17.  24.  Reçjes 
tcrrœ  a  guibus  accipiunt  tributum  vel  censum? 
De  qui  est-ce  que  les  rois  de  la  terre  rpçoi- 
vent  les  Iributs  et  les  impôts?  dit  Jésus-Christ 
à  saint  Pierre,  à  qui  les  receveurs  du  tribut 
de  deux  drachmes  avaient  demandé  si  Jésus- 
Christ,  son  maître,  ne  le  payait  pas  ;  et  il 
lui  fait  connaître  que,  comme  Fils  de  Dieu  , 
suivant  même  la  pratique  des  rois  cjui  n'en 
exigent  pas  de  leurs  enfants,  il  n'était  point 
obligé  de  payer  ce  tribut  ordonné  par  Moïse 
pour  être  oflcrt  au  Seigneur.  Exod.  30.  13. 
Ce  tribut  fut  appliqué,  sous  Joas,  aux  répa- 
rations, à  renirction  et  au  service  du  temple, 
2.  Par.  2V.  v.  9.  12.  el,  depuis,  les  Romains  se 
le  firent  payer,  selon  Matth.  22.  v.  17.  19.  De 
plus,  Voy.  Josèphe  de  la  guerre  dos  Juifs, 
liv.  7.  26.  Jé^us-Christ  le  fil  payer  pour  lui 
par  saint  Pierre. 

3  Cens,  biens  en  revenu, richesses  (Tr).oOToç). 
Eccli.  30.  If).  Non  est  census  super  censum 
saiutis  corporis  :  Il  n'y  a  point  de  richesses 
plus  grandes  que  celles  de  la  santé  du  corps. 
T.  15. 

CENTENARIUS,  a,  um.  De  cmtum .  et 
signifie  proprement  de  cent ,  où  il  y  a  le 
nojnbre  de  cent  ;  do  là  vient,  dans  ri<>riluro  : 
—  l"  L'âge  de  cent  ans.  Gen.  17.  17.  Pnlasne 


CEN 


658 


centenario  nuscelur  filius  (izaToi^raêrr^,-)  ?  Un 
homme  de  cent  ans  aurait-il  un  fils?  dit 
Abraham  en  lui-même,  sur  la  promesse  que 
Dieu  lui  fait  de  lui  donner  un  fils  de  Sara, 
v.  16.  Abraham  n'avait  pour  lors  que  quatro- 
vingt-dix-neuf  ans.  —  2°  Centenier,  capi- 
taine de  cent  hommes.  Judith.  7.  10.  Consli- 
tuit  per  gyrum  centenarios  per  singulos  fon- 
tes :  Holopherne  commanda  qu'on  mît  cent 
hommes  en  garde  autour  de  chaque  fontaine. 

CENTENI ,  éy.v-o-jzàç,  «00,-.  Ce  nom,  qui  est 
rare  au  singulier,  n'y  est  mis  par  les  auteurs 
latins  que  pour  le  pluriel,  centeni,  et  signifie 
cent;  dans  l'Ecriture  : 

Cent  à  la  fois,  par  cent  (I/.kt-ôv).  2  Reg.  18. 

4.  Centeni  et  milleni  :  Toute  l'armée  de  David 
sortait  de  Mahanaim,  en  diverses  troupes  de 
cent  hommes  et  de  mille  hommes  ;  ils  allaient 
contre  Absalom.  De  là  vient  le  pluriel  neutre, 

Centena  millia,  xi/tKt,  yàiciotç,  ccnt  mille. 
II.  Par.  14.  19.  Egressus  est  autem  contra  eos 
Zara  Mthiops  cum  exercitu  suo  decies  cen- 
tena  millia  :  Zara,  roi  d'Ethiopie,  vint  atta- 
quer l'armée  d'Asa  ,  avec  une  armée  dun 
million  d'hommes.  Yoy.  v.  13.  Ainsi ,  Dan. 
7.  10.  Decies  millies  centena  millia,  mille  mil- 
lions, i.  e  .  un  nombre  innombrable. 

CENTESIMUS,  A,  um,  c-z«tott6,-.  1°  Cen- 
tième, le  dernier  de  cent.  I.Mach.  1.11.  Regna- 
vit  in  anno  centesimo  trigesimo  septimo  regni 
Grœcorum  :  Anliochus,  surnommé  l'Illustre, 
régna  la  cent  trente-septième  année  du  règne 
des  Grecs,  c.  10.  v.  21.  57.  etc.  De  ce  mot 
vient  l'adjectif  féminin  centesima,  œ.  suppl. 
usuray  qui  est  mis  pour  marquer  une  usure 
par  laquelle  on  rend  un  pour  cent  chaque 
mois,  ce  qui  revient  au  denier  douze.  2.  Esdr. 

5.  11.  Quin  potius  et  centesimam  pecuniœ , 
frumentiy  vini  et  olei  quam  exigere  soletis  ab 
eis ,  date  pro  illis  :  Ne  vous  contentant  pas 
de  rendre  à  vos  frères  leurs  champs,  etc., 
payez  même  pour  eux  le  centième  de  l'ar- 
gent, du  blé ,  du  vin  et  de  l'huile,  que  vous 
avez  accoutumé  d'exiger  d'eux,  dit  Esdras 
aux  Juifs.  2°  Nombre  de  cent,  cent  à  la  fois, 
d'où  vient  fnictus,  centesimus ,  cent  pour  un. 
Matth.  13.  8.  Dabant  fruclum,  aliud  cente- 
simiim  :  De  la  semence  qui  tomba  dans  la 
bonne  terre  ,  quelques  grains  rendirent  cent 
pour  un.  Voyez  l'explication  de  ce  passage, 
V.  23.  Le  mot  centesimum  est  mis  ici  pour 
centuin  ,  et  se  trouve  en  cette  signification 
dans  Pline,  et  le  Grec  même  porte  centuni , 
sexaginla,  triginta,  parce  que  les  Grecs  n'ont 
point  de  nombre  distributif. 

CENTIES.  De  centum  ,  et  :iignifie  propre- 
ment cent  fois.  Dans  l'Ecriture  : 

Cent  fois  est  pris  comme  adverbe  indéfini, 
pour  mar(iucr  plusieurs  fois  .  une  grande 
quantité  de  fois.  Ecc.  8.  12.  Pcccator  ex  co 
quod  cenlies  facit  malum  ,  et  per  patient iani 
sustentalur,  ego  cognovi  guod  erit  bonum  ti- 
mentibus  iJeum  qui  verentur  fuciem  ejus  :  Celte 
patience  de  Dieu  ,  avec  laquelle  le  pécheur 
est  souffert ,  après  avoir  cent  fois  conunis 
des  crimes,  m'a  fait  connaître  que  ceux  qui 
craignent  Dieu  et  qui  respeclcnt  sa  face,  se- 
ront heureux.  Marc.  10.  30.  Ncmo  est  qui  re~ 
liguerit  domum  uut  frutres  propler  me,,,  qui 


65» 


DICTIONNAIKK  DR  PHILOLOGIE  SACREE. 


660 


non  accipiat  tenlies  tanttim  :  Personne  ne 
quittera  pour  moi  et  pour  l'Evangile  sa  mai- 
son ou  ses  frères...  que  présentement,  dans 
ce  siècle  même,  il  ne  reçoive  cent  fois  autant 
de  maisons,  de  frères,  etc.  Outre  que  celui 
qui  quitte  ainsi  tontes  choses  est  comblé  des 
grâces  de  Dieu  et  des  bénédictions  spiri- 
tuelles, dont  la  moindre  vaut  mieux  que  tous 
les  biens  du  monde  ,  Dieu  rend  son  esprit 
parfaitement  heureux,  en  faisant  qu'il  se 
contente  du  peu  qu'il  a.  De  plus,  ceci  a  été 
accompli  à  la  lettre,  à  l'égard  des  apôtres, 
qui  n'avaif^nt  quitté  que  peu  de  chose.  Vou. 
Act.  k.  V.  34.  35. 

CENTDM.  Du  grec  ézarôv.  1°  Cent,  nombre 
de  cent.  Luc.  15.  4.  Centum  oves ,  cent  brebis. 
Voy.  Ovis.  Rom.  4.  19.  Cum  jam  fere  centum 
esset  annorum.  Abraham  ne  fut  point  faible 
dans  sa  foi,  et  il  ne  considéra  point  qu'étant 
âgé  de  près  de  cent  ans,  son  corps  était  déjà 
comme  mort,  i.  e.  hors  d'état  naturellement 
d'avoir  un  fils,  comme  Dieu  le  lui  avait  pro- 
mis. Quand  il  reçut  cette  promesse,  il  était 
âgé  de  quatre-vingt-dix-neuf  ans,  et  eut  Isaac 
à  cent.  Gen.  25.  5.  Marc.  4.  8.  Afferebat  unum 
triginta ,  unum  sexaginta,  et  unum  centum  : 
Quelques  grains  qui  avaient  élé  semés  rap- 
portaient trente  pour  un,  d'autres  soixante 
et  d'autres  cent.  Ceci  est  expliqué  v.  20.  Il 
est  marqué  qu'Isaac  recueillit  cent  pour  un. 
Gen.  26.  12.  Voy.  Centesimus  2°. 

2°  Cent,  pris  pour  un  grand  nombre  indé- 
terminé. Prov.  17.  10.  Plus  proficit  corre- 
ptio  apud  prudentem  ,  guam  centum  pïagœ 
apud  stultum  :  Une  réprimande  sert  plus  à 
un  homme  prudent,  que  cent  coups  à  l'in- 
sensé. Levil.  26.  8.  Isa.  65.  20.  Apoc.  21. 17. 
Ainsi ,  les  cent  quarante-quatre  mille  mar- 
qués Apoc.  7.  4.  c.  14.  V.  1.  3,  signifient  un 
très-grand  nombre.  Voy.  mille.  Mais  Amos 
o.  3.  centum  ,  comparé  avec  mille ,  est  pour 
marquer  un  très-petit  nombre  indéterminé. 
IJrhs  de  gua  egrediebantur  mille,  relinguentur 
in  ea  centum  :  S'il  se  trouve  mille  hommes 
dans  une  des  villes  d'Israël ,  il  n'en  restera 
plus  que  cent,  t.  e.  très-peu. 

CENTljPLICARE,7r|00(rTi6£vatéxaTOVTa7r^afftov«. 
Augmenter ,  multiplier  au  centuple  ;  t.  e. 
beaucoup,  pour  un  nombre  indéterminé. 
2.  Reg.  24.  3.  Adaugeat  Dominus  Deus  tuus 
ad  populum  tuum...  iterumgue  centuplicet  : 
Je  prie  le  SiMgneur  votre  Dieu  de  multiplier 
votre  peuple,  et  même  au  centuple  de  ce  qu'il 
est,  dii  Joab,  sur  l'ordre  que  lui  donne  David 
de  faire  le  dénombrement  du  peuple. 

CENTUPLUM,  £xaTovTa7T),«7iwv.  De  centum  et 
de  la  réduplication  ordinaire,  à  l'imitation  du 
grec,  comme  septuplum^  etc. 

1°  Centuple,  cent  pour  un.  Gen.  26.  12. 
Sévit  autem  Isaac  in  terra  illa  et  invenil  in 
ipso  anno  centuplum  :  Isaac  sema  dans  le 
pays  des  Philistins,  et  il  recueillit,  l'année 
même,  le  centui)le  ;  ce  fut  sous  le  règne  d'A- 
bimelech.  Luc.  8.  8.  Ortum  fecit  fructum  cen- 
tuplum :  une  partie  du  grain  qui  tomba  dans 
de  bonne  terre  ayant  levé ,  elle  a  porté  du 
fruit,  et  a  rendu  cent  pour  un. 

2"  Centuple  marque  quelquefois  un  grand 


nombre  indéterminé.  1.  Par.  21.  3.  Voy.  Cen- 
TOPLiCARE.  Matth.  19.  29.  Centuplum  acci- 
piet  :  Celui  qui  abandonnera  pour  mon  nom 
sa  maison  ou  ses  frères...  en  recevra  le  cen- 
tuple. Voy.  Centies  1°. 

CENTDRIA,  JE,  É/aTovrcc?.  De  centum,  et 
signifie  proprement,  dans  l'agriculture,  cent 
arpents  de  terre;  dans  l'art  militaire,  ainsi 
qu'il  est  pris  dans  l'Ecriture,  cent  hommes. 

Centurie,  compagnie  de  cent  hommes.  1. 
Reg.  29.  2.  Salrapœ  Philistiim  incedebant  in 
centuriis  et  millibus  :  Les  princes  des  Philis- 
tins marchaient  dans  leurs  rangs  de  cent 
hommes  et  de  mille  hommes. 

CENTURIO,  Nis,  éx«TÔvT«/5x°?-  1°  Centenier 
qui  conduit  cent  honunes.  Ce  qui  était  un 
rang  élevé  chez  les  Israélites,  parce  que  les 
tribuns  ou  chefs  de  mille  hommes,  les  cen- 
teniers  et  les  autres  officiers  établis  par 
Moïse  ,  faisnient  le  sénat  des  Hébreux  ,  le 
conseil  public,  et  toute  l'autorité  était  entre 
leurs  mains.  Exod.  18.  v.  21.  25.  Constituit 
eos  principes  populi ,  tribunos  et  centurio- 
nes  :  Moïse  ayant  choisi  d'entre  le  peuple... 
des  hommes  fermes  et  courageux,  il  les  éta- 
blit princes  du  peuple,  pour  commander,  les 
uns  mille  hommes  ,  les  autres  cent  ,  elc. 
I.  Reg.  22.  7.  Num.  31.  v.  14.  48.  52.  etc. 
Comme  il  était  sorti  de  lEgypte  six  cent 
mille  hommes,  on  créa  six  mille  centeniers. 
Deut.  1.  15.  Tulique  de  tribubus  vestris  viroa 
sapientes  etnnbiles  ,  et  constitui  eosprncipes^ 
tribunos  et  cenluriones  :  Je  pris  de  vos  tribus 
des  hommes  sages  et  nobles,  je  les  établis 
pour  être  vos  princes,  vos  tribuns,  etc.  pour 
vous  instruire  de  chaque  chose  :  c'étaient 
plutôt  des  magistrats  que  des  capitaines;  ils 
tenaient  conseil  et  jugeaient  les  causes.  Jo- 
sèphe  dit  qu'il  y  en  avait  sept  en  chaque  ville, 
à  chacun  desquels  on  donnait  deux  hommes 
de  la  tribu  de  Levi ,  pour  exécuter  leurs  or- 
dres. Voy.  Tribunus. 

2°  Centenier,  capitaine  de  cent  hommes, 
pour  la  guerre  ou  la  garde  du  prince  ,  soit 
des  Juifs.  4,  Reg.  11.  14.  Assumens  cenlu- 
riones et  milites...  ostendil  eis  fdium  régis  : 
Joïada  envoya  quérir  les  centenieis  et  les 
soldats....  et  leur  fit  prêter  serment  dans  la 
maison  du  Seigneur,  en  leur  montrant  le  fils 
du  roi,  se.  Joas.  v.  9.  15.  19.  2.  Par.  23.  v.  1. 
9.  14.  20.  soit  des  Romains  ;  ainsi  les  cente- 
niers de  l'Evangile  et  des  Actes.  Matth.  8.  5. 
Accessit  ad  eum  centurie.  Un  centenier  vint 
trouver  Jésus-Christ,  se.  pour  le  prier  de 
guérir  son  serviteur  de  paralysie,  v.  6.  V. 
Cornélius,  Julius. 

CEPE,  xûôpif;tvov.  De  caput.  L'oignon  et  l'ail 
ne  sont  que  des  têtes,  ou  du  GrecxsyaXrj, 
caput. 

Oignon.  Num.  11.  5.  In  menlem  nobis  ve- 
niunt...  porrique  et  cèpe  :  Les  poireaux  et  les 
oignons  nous  reviennent  dans  l'esprit,  disent 
les  Israélites,  dégoûtés  de  la  manne.  F.  v.  6. 

CEPHAS,  Gr.  x>3y«?,  nom  syriaque,  qui 
signifie  la  même  chose  que  le  Grec  ttit/jo,-,- 
roiher  ou  pierre;  c'est  le  nom  que  Jésus- 
Christ  a  imposé  à  Simon ,  fils  de  Jean  ou  Jo- 
nas,  qui  depuis  a  été  appelé  Pierre.  Joan.  1. 
42.  Tu  es  Simon  filius  Jona,  tu  vocabens  Ce- 


661 


CER 


CER 


G6λ 


phas  :  Vous  êtes  Simon,  fils  de  Jonas,  vous 
serez  appelé  Cephas.  Le  mot  hébreu  est 
Ceph;  le  Syriaque  Cpp/?a;le  Grec  ajoute  s.  Ce- 
phas, qui  signifie  petra.  rupes.  Saint  Pierre 
est  appelé  de  ce  nom  1.  Cor.  12.  c.  3.  32.  c.  9. 
B.c.  15.  5.  Gai.  2.  v:  9.  14. 

CEPHIRA  ,  Heb.  Leuncxda.  Ville  de  la  tribu 
de  Benjamin,  dont  les  habitants  revinrent  de 
la  captivité.  1.  Esd.  2.  25.  2.  Esd.  7.  24.  La 
même  que  Caphara.  Jos.  18.  26.  et  Caphira, 
c.  9.  17. 

GERA  ,  M,  y.nf,ôç.  Cire.  Judith.  16. 18.  Petrœ 
sicut  cera  liquescent  ante  facîem  tuam  :  Les 
pierres  se  fondront  comme  la  cire  devant 
votre  face  ,  dit  Judith  dans  son  cantique  ; 
de  même,  Ps.  96.  5.  Montes  sicut  cera  fluxe- 
runt.  Mich.  1.  k.  Vallès  scindentur  sicut 
cera  :  Toutes  ces  expressions  marquent  la 
grandeur  et  la  majesté  de  Dieu,  comme  les 
autres  expressions  marquées  Ps.  17.  v.  9. 10. 
Ps.  67.  2. 

CERASTES.  De  «/5«ç,  cornu.  Voy.  Plin. 
lib.  8.  c.  23. 

Céraste  (o^t?),  espèce  de  serpent  qui  a 
deux  cornes,  comme  les  limaçons,  extrême- 
ment fin  et  rusé,  duquel  on  dit  que,  ne  pou- 
vant atteindre  les  cavaliers  qui  l'incommo- 
dent, il  blesse  le  pied  du  cheval  pour  le  faire 
entrer  en  fureur,  et  renverser  l'homme  qui 
le  monte.  Gen.  49.  17.  Fiat  Dan  coluber  in 
via,  cérastes  in  semita  :  Que  Dan  devienne 
comme  un  serpent  dans  le  chemin,  et  comme 
un  céraste  dans  le  sentier.  Jacob  marque  par 
cette  expression  que  cette  tribu  attaquerait 
aussi  subtilement  ses  ennemis,  que  font  ces 
serpents  les  hommes.  Voy.  la  conduite 
de  Samson,  qui  était  de  celte  tribu.  Judic. 
c.  14.  c.  16.  c.  17.  Néanmoins,  quelques-uns 
entendent  cette  prophétie  de  l'Antéchrist, 
que  l'on  dit  devoir  être  de  cette  tribu,  et 
qui  emploiera  surtout  l'artifice  et  l'adresse. 

CEREBRUM,  i.  De  x«6a,  caput,  quasi  ca- 
rabrum,  ou  de/spa?,  qui  signifie  aussi  la  tête. 

1'  Le  cerveau,  la  cervelle  d'un  homme  ou 
d'un  animal  («  yvàBoç).  Judic.  4.  21.  Percus- 
sumque  malleo  defixit  in  cerebrum  usque  ad 
terrant  :  Jahel  transperça  avec  un  grand  clou 
le  cerveau  de  Sisara ,  l'enfonçant  jusque 
dans  la  terre. 

2'  Le  cerveau  en  tant  que  joint  au  crâne 
de  la  têie  {y.p«viov).  Judic.  9.  53.  Ecce  una  mu- 
lier  fragmen  molœ  desuper  jaciens,  iUisit  ca- 
piti  Abimelech  ,  et  confregit  cerebrum  efus  ; 
Abimelech  s'approchant  de  la  porte  de  la  tour 
de  Thèbes  pour  tâcher  d'y  mettre  le  feu  ,  une 
femme  jetant  d'en  haut  un  morceau  d'une 
meule  de  moulin,  frappa  Abimelech  à  la  tête, 
et  lui  en  fit  sortir  la  cervelle. 

CEREMOMA,  je,  ou  C^RIMONIA.  Ce  mot 
vient  de  la  ville  de  Coore  en  Toscane ,  où 
1rs  Romains  transportèrent  ce  qu'ils  croyaient 
avoir  de  plus  saint,  quand  Rome  fut  prise  par 
les  Gaulois.  El  les  Romains  ont  appelé  du 
mot  de  Cérémonie  les  ordonnances  sacrées 
qu'ils  observaient  dans  leurs  sacrifices,  en 
reconnaissance  de  ce  bienfait. 

1°  Cérémonies  de  la  religion  qui  s'obser- 
vent dans  les  sacrifices  (  îixaîwfia  )  :  ainsi 
les  cérémonies  de  l'ancienne  loi,  ou  les  or- 


donnances que  Dieu  a  prescrites  pour  régler 
le  culte  extérieur  qu'il  voulait  qu'on  lui  fen- 
dît. Gen.  29.  5.  Eo  quod  Abraham....  cere- 
monias  legesque  servaverit;  Parce  qu'Abra-  : 
ham  a  observé  les  cérémonies  et  les  lois  que 
je  lui  ai  données.  Ce  verset  marque  ce  qui 
a  attiré  sur  Isaac  les  bénédictions  de  Dieu  ; 
ces  cérémonies  et  ces  lois  sont  comme  celle 
de  la  circoncision  ,  et  toutes  les  autres  mar- 
quées dans  l'Ecriture,  comme  dans  lExode. 
12.  25.  Observabitis  ceremonias  istas;  Lors- 
que vous  serez  dans  la  terre  promise,  vous 
observerez  ces  cérémonies,  se.  de  la  pâque  ; 
c'était  en  reconnaissance  de  la  délivrance 
d'Egypte,  que  Dieu  leur  avait  procurée  par 
l'ange  exterminateur.  Voy.  v.  26.  27.  Audi 
Israël  ceremonias  atque  judicia;  Ecoutez,  Is- 
raël, les  cérémonies  et  les  ordonnances  que 
je  propose  aujourd'hui  devant  vous.  Exod. 
38.  21.  Hœc  sunt  instrumenta  tabernacuti 
testimonii  quœ  enumerata  sunt  juxta  prœce- 
ptum  Moisi  in  ceremoniis  levitarum  per  wia- 
num  Ilhamar  :  Ce  sont  là  toutes  les  parties 
qui  composaient  le  tabernacle  du  témoignage 
que  Moïse  commanda  à  Ithamar  de  donner 
par  compte  aux  Lévites  ,  afin  qu'ils  en  fus- 
sent chargés.  Gr.  î.etToupyîav  ehai  twv  Xeuitwv, 
Ut  essent  ministerium  Levitarum; Les Léviies 
étaient  chargés  de  transporter  toutes  les  par- 
ties du  tabernacle.  Ces  cérémonies  ont  été 
établies  pour  représenter  la  vérité  des  my- 
stères de  la  loi  nouvelle,  dont  elles  étaient  la 
figure.  1.  Cor.  10.  11.  Et  elles  étaient  aussi 
pour  détourner  le  peuple  juif  de  l'idolâtrie. 
Voy.  Lex. 

2"  Le  ministère  et  la  fonction  de  ceux  qui 
étaient  occupés  au  culte  de  Dieu  [l-.irovpyia.). 
Exod.  3S. 'il. Enumerata  sunt juxtaprœceplum 
Moisi  in  ceremoniis  Levitarum  per  manunt 
Ithamar,  filii  Aaron  sacerdolis  ;  Moïse  com- 
manda à  Ilhamar  ,  fils  d'Aaron  ,  de  donner 
par  comple  aux  Lévites  toutes  les  parties 
qui  composaient  le  tabernacle  du  témoi- 
gnage, afin  qu'ils  en  fussent  chargés. 

CERETHI,  Heb.  Consilio.  —  1°  Cérélhiens 
(XîhQi),  peuples  de  la  Palestine.  1.  Reg. 
30.  14.  Erupiinus  ad  australem  plagam  Ce- 
rethi:  Nous  avons  tait  une  irruption  vers  la 
partie  méridionale  des  Cérélhiens.  v.  16.  De 
terra  Pliilistiim;  Ezech.  25.  16.  Voy.  Soph. 
2.  5.  Gens  perditorum  ;  L'Hébreu  porte  Gens 
Cerelhim.  Voy.  Jans.  Iprens.  in  î.  cap.  So-  . 
phoniœ.  v.  5.  Voy.  Boch.  I.  1.  c.  15.  Cha^ 
naan. 

2'  Soldat  de  la  garde  de  David.  2.  Reg.  8. 
18.  BanaiaSy  filius  Joiada,  super  Ceretfii  et 
Pheleti;  Banaïas,  fils  de  Joïada ,  commandait 
les  Cérélhiens  et  les  Phélétiens.  c.  15.  18. 
c.  20.  V.  7.  23.  3.  Reg.  1.  v.  38.  44.  4.  Reg. 
11.  19.  On  croit  qu'ils  ont  été  appelés  de  la 
sorte,  parce  qu'ils  ont  été  tirés  des  garni- 
sons des  villes  que  David  a  prises  sur  ces 
peuples  du  pays  dos  Philistins ,  ou  parce 
que  ce  mot  hébreu  signifie  meurtriers,  ex- 
terminateurs. Ezech.  2i).  16.  Jntcrfcctores. 
Soph.  2.  5.  Perditores.  Au  reste,  Cerelhi  se  ". 
dit  indéclinable  du  mot  hébreu  Cerelhim,  en  ' 
Alanl  l'm,  au  lieu  de  Cerethœi. 

CERETHiËI,  Heb.  Idem.  Les  soldats  de  la 


6GÎ 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOI.OGIE  SACREE. 


GGl 


garde  de  David,  les  mêmes  que  ceux  appelés 
Cerethi.  2.  Reg.  20.  23.  Banaias,  filius  Joïa- 
da,  super  Cerethœos  et  Phelethœos.  Voy.  Cre- 

TENSfiS. 

CERNERE,  ôfjâ.v,  uSsLv,  du  verbe  grec  ^(piveiv, 
et  signifle  voir,  discerner,  combattre  ;  dans 
l'Kcrilure, 

Voir,  proprement  des  yeux  du  corps. 
Eccl.  5.  10.  Quid  prodest  possessori,  nisi 
qnod  cernit  divitîas  oculis  suis?  A  quoi  sert- 
il  à  celui  qui  possède  beaucoup  de  bien,  si- 
non qu'il  voit  de  ses  yeux  beaucoup  de  ri- 
chesses ?  Num.  22.  23.  Ce  qui  se  dit  de  Dieu 
ou  des  anges.  Exod.  3.  i.  Cernens  autem  Do- 
minus  qnod  pergeret  ad  videndum  :  Le  Sei- 
gneur voyant  venir  Moïse  pour  consi- 
dérer ce  qu'il  voyait,  v.  2.  Dieu  appela 
Moïse,  comme  eût  pu  faire  un  homme,  s'il 
eût  vu  Moïse  approcher  ainsi.  Voy.  Exod. 
14.  24.  Eslh.  16.  4.  Dei  quoque  curicta  cer- 
nent is  arhitranlur  se  posse  fugere  sentenliam  ; 
Plusieurs....  s'imaginent  qu'ils  pourront  se 
soustraire  au  juste  arrêt  de  Dieu,  qui  voit 
rout.  Gen.  SO.  1.  c.  31.  43.  c.  50.  20.  Deut.4. 
;i8.  Ezech.  28.  17. 

Juger,  connaître,  apercevoir.  Gen.  47.  29. 
Cumqia  appropinquare  cerneret  diem  mortis 
suce  :  Comme  Jacob  vit  que  le  jour  de  sa 
mort  approchait,  il  se  fit  promettre  par  Jo- 
seph, avec  serment,  qu'il  ferait  transporter 
son  corps,  après  sa  mort,  dans  le  sépulcre  de 
ses  ancêtres.  Voy.  v.  suivants.  Ainsi,  c.  50. 
20.  Exod.  3\.  10.  Deut  4.  38.  Jos.  23.  3.  Ju- 
dic.  12.  3.  Ezech.  28.  17.  etc.  Ce  qui  s'attri- 
bue encore  à  Dieu  et  aux  anges  par  ressem- 
blance. Exod.  32.  9.  Dcut.  9.  13.  Cerno  quod 
populus  iste  durœ  cervicis  sit  :  Je  vois  que 
ce  peuple  a  la  tête  dure,  dit  Dieu  à  Moïse,  se 

f>laignant  de  ce  que  les  Juifs  avaient  adoré 
e  veau  d'or. 

CEROS,Heb.  t/«cmi<s.  Nom  propred'homme 
nalhinéon.  1.  Esd.  2.  44.  2.  Esd.  7.  47. 

CERÏAMEN,  IMS,  uâ^rj,  a/wv.  De  cerlo,  et 
signifie  proprement  Combat,  soit  dans  les 
jeux  publics,  soit  à  la  guerre  ou  ailleurs  ; 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Combat  contre  les  ennemis.  Judic.  7.  8. 
Jpse  cum  trecentis  viris  se  certamini  dédit  ; 
Gédéon  marcha  avec  les  trois  cents  hommes, 
se.  contre  les  Madianiles.  Voy.  v.  7.  1.  Reg. 
17.  V.  8.  19.  Eligile  ex  vobis  virum,  et  de- 
scendut  ad  singulare  certamen  (povo//x;/£rv>. 
(Choisissez  un  homme  d'entre  vous  ,  et  qu'il 
>iennc  se  battre  seul  à  seul,  dit  Goliath,  se 
venant  présenter  devant  les  bataillons  des 
Israélites.  Zach.  14.  3.  Prœliabitur  contra 
gpntes  nias,  sicul  prœliatus esl  die  in  certaminis 
{■no/iaoç)  :  Le  Seigneur  combattra  contre 
ces  nations  {se.  qui  auront  désolé  Jérusa- 
lem, figure  de  l'Eglise.  Voy.  v.  2.)  ,  comme 
il  a  iait  quand  il  a  combattu  pour  son  peuple. 
Ici  le  prophète  a  en  vue  ce  qui  se  passa  à  la 
défense  que  Dieu  prit  lui-même  des  Israé- 
lites au  passage  de  la  mer  Rouge.  Voy.  Exod. 
14.  v.  14,  24.  25.  A  la  protection  qu'il  donna 
à  Gédéon  contre  les  Madianiles.  Judic.  7.  22. 
Ainsi  qu'à  tous  les  autres  saints  personnages 
qui  ont  eu  confiance  en  lui  ;  tels  furent  Jo- 
5uéj  dans  In   (  enquête  do  la  terre  promise  ; 


Débora,  dans  la  défaite  de  Sisara.  Judic.4.  v 
14.  15.  David,  dans  toutes  ses  victoires,  etc. 

Combat  spirituel  pour  la  défense  de  la  ju- 
stice, de  la  vérité  et  de  la  foi  («ê),©?).  Sap.  4. 
2.  Incoinquinatorum  certatninum  prœmiutn 
vincens  :  la  chasteté  remporte  le  prix  dans 
les  combats  qu'elle  livre  à  ses  passions,  pour 
demeurer  pure  de  corps  et  d'esprit.  Grec, 
Certamen  prœmiorum  vincens  .-Elle  remporte 
la  victoire  dans  un  combat  dont  le  prix  est 
incorruptible.  Mais  Philipp.  1.  30.  Idem  cer- 
tamen hahentes  :  C'est  une  grâce  que  Dieu 
vous  a  faite  de  soutenir  le  même  combat  où 
vous  m'avez  vu  ,  s'entend  des  afflictions  et 
des  souffrances  ;  et  ce  combat  même  est  re- 
présenté par  celui  de  la  course  établie  à  qui 
remportera  le  prix  Heb.  12.  1.  Per  patien- 
tiam  curramus  ad  propositum  nobis  certamen: 
Courons  par  la  patience  dans  cette  carrière 
qui  nous  est  ouverte.  Voy.  Ad.  Ainsi,  2. 
Tim,  4.  7.  Bonum  certamen  certavi  :  J'ai  bien 
combattu,  s'entend  de  la  défense  et  des  com- 
bats que  saint  Paul  a  soutenus  pour  la  dé- 
fense de  la  foi.  1.  Tim.  6.  11. 

2°  Combat,  épreuve  de  force.  Sap.  10.  22. 
Certamen  forte  dédit  illi  ut  vinceret  :  Ce  com- 
bat, dans  lequel  la  Sagesse  engagea  Jacob 
pour  l'éprouver,  fut  celui  qu'il  soutint  contre 
l'ange,  contre  qui  il  lutta,  et  de  qui  Jacob 
ne  put  être  surmonté.  Gen.  32.  v. 24. 25. pour 
l'assurer  en  le  laissant  victorieux  qu'il  était 
au-dessus  de  tous  les  hommes,  puisqu'il  avait 
prévalu  contre  Dieu  même  ;  ce  qui  'est  mar- 
qué par  le  nom  d'/sraè7  qu'il  reçut  alors,  v.  28. 

3"  Disputes  de  paroles,  querelle  (  £/>£?  ). 
Eccli.  28.  13.  Certamen  festinatum  incendit 
ignem  :  La  promptitude  à  disputer  allume  le 
feu  de  la  colère. 

4°  Exercice,  conférence  (yv^vxaiu).  Sap. 
8.  18.  In  certamine  loquelœ  illius  sapientia  : 
On  acquiert  la  sagesse  en  conversant  et 
s'exerçanl  avec  elle. 

CERTARE  ,  {iiàxitTdxt).  De  cernere ,  d'où 
viendrait  cernitare,  et  par  syncope  certare , 
et  signifie  : 

1°  Combattre  contre  les  ennemis,  faire  la 
guerre.  Judic.  3.  2.  Ut  postea  discerent  filii 
eorum  certare  cum  hostibus  :  Voici  les  peu- 
ples que  le  Seigneur  laissa.. ..  afin  que  les 
enfants  des  Israélites  apprissent  après  eux  à 
combattre  contre  leurs  ennemis.  Voy.  v.  3. 
5.  Dieu  les  laissa,  afin  d'éprouver  si  les  Is- 
raélites étaient  véritablement  à  lui ,  et  d'em- 
pêcher qu'ils  ne  se  relâchassent  par  un  trop 
grand  repos. 

2°  Combattre,  disputer  le  prix  dans  les 
jeux  publics  (  àQhh  ).  2.  Tim.  2.  5.  Qui  certat 
in  agone,  non  coronalur  nisi  légitime  certa- 
verit  :  Celui  qui  combat  dans  les  jeux  publics 
n'est  couronné  qu'après  avoir  combattu  se- 
lon la  loi  des  combats. 

§  1.  —  Combattre  pour  la  justice  et  pour  la 
foi  contre  les  ennemis  delà  vérité  (àvwvtÇeaOott). 
Eccli.  4.  33.  Usque  ad  mortem  certapro  ju- 
stitia  :  Combattez  jusqu'à  la  mort  pour  la 
justice.  Coloss.  1.  -29. 1 .  Tim. 6. 12. 2.  Tim. 4   7. 

§2.  —  Disputer  à  l'envi,  soit  avec  union 
d'esprits, pour procurerquelqueavantage  pu- 
blic (5r/xrHv£70«t  .2.  Reg.  19.9.  Omnis  quoque 


6C5 


CER 


CER 


6G6 


poputus  certabat  in  cunctis  tribuhus  Israël  : 
Le  peuple,  dans  toutes  les  tribus,  s'enlredi- 
sait  à  l'envi  l'un  de  l'autre  ;  se.  qu'il  ne  fal- 
lait point  différer  de  ramener -David ,  elle 
reconnaître  pour  roi  ;  ce  fut  après  la  défaite 
d'Absalom;  soit  avec  discussion.  Eccli.  11.9. 
De  ea  re  quœ  te  non  molestât,  ne  certeris  : 
Ne  disputez  point  des  choses  qui  ne  vous  re- 
gardent point.  Du  verbe  certari,  inusité. 

CERTATIM.  A  l'envi,  à  qui  fera  le  mieux. 
Judic.  9.  49.  Certatim  ramos  de  arhoribus 
prcgcidentes  sequebantur  ducem.  Tous  les  gens 
d'Abimélech  coupèrent  à  l'envi  des  bran- 
ches d'arbres,  et  suivirent  leur  chef;  ils 
s'en  servirent  pour  mettre  le  feu  à  la  tour 
de  Sichem. 

CERTE.  —  1°  Certainement ,  assurément, 
sans  doute.  1.  Reg.  20.  9.  Si  cette  cognovero 
complétant  esse  patris  mei  malitiatn  contra 
te  :  Si  je  reconnais  au  vrai  que  la  haine  que 
mon  père  a  conçue  contre  vous  est  sans  re- 
mède ,  je  vous  le  ferai  savoir,  dit  Jonathas 
à  David.  Dan.  2.  8.  Certe  novi  quod  tempus 
redimitis  :  Je  vois  bien  que  vous  ne  cherchez 
qu'à  gagner  le  temps,  dit  Nabuchodonosor 
aux  Chaldéens,  qui|  ne  pouvant  lui  dire  quel 
était  son  songe,  lui  dirent  qu'il  se  souvînt 
quel  il  était,  et  qu'ils  lui  en  donneraient  l'in- 
terprétation. Ce  mot  certe  ne  se  trouve  point 
ordinairement  dans  le  Grec  ni  dans  l'Hébreu  ; 
mais  quand  l'interrogation  se  trouve  aux 
endroits  de  l'Hébreu  ou  du  Grec  qui  y  ré- 
pond ,  l'interrogation  a  la.  force  de  la  signi- 
fication de  cet  adverbe.  Èzech.  8.  12.  Certe 
vides?  Hebr.  Nonne  vidisti... 

2'  Au  moins,  à  tout  le  moins  («>Xà).  Ec- 
cli. 12.  3.  Si  non  ab  ipso,  certe  a  Domino: 
Si  ce  n'est  pas  du  Juste  que  vous  recevez 
cette  grande  récompense  du  bien  que  vous 
lui  avoz  fait ,  ce  sera  au  moins  du  Seigneur. 
Gen.  38.  23.  et  dans  tous  les  autres  endroits 
où  il  y  a  vel  ou  aut  certe. 

3"  Néanmoins,  toutefois,  cependant.  2. 
Esd.  13.26.  Et  certe  in  (jenlibus  multis  nonerat 
rex  similis  ei:  N'est-ce  pas  pour  avoir  épousé 
des  femmes  étrangères  que  pécha  Salomon  ? 
Cependant  il  n'y  avait  point  de  roi  qui  pût  l'éga- 
ler dans  lousles  peuples.  Jerem. 2.11. À'imiifa- 
vit  gens  deos  suos,  et  certe  ipsi  non  sunt  dii  : 
Voyez  si  les  peuples  des  îles  ont  changé  leurs 
dieux,  qui  néanmoins  ne  sont  pas  des  dieux. 

4"  Outre  cela,  de  plus  (Stôri).  Tob.  9.  5.  £"/ 
certe  vides  quomodo  adjuravit  me  Raguel  : 
Outre  que  si  je  tarde  un  jour  de  plus  que  ne 
s'attend  mou  père,  il  sera  accablé  d'ennui  ; 
vous  voyez  de  plus  de  quelle  manière  Ra- 
guel m'a  conjuré  de  demeurer  ici,  dit  le  jeune 
Tobie  à  l'ange  Raphaël,  qu'il  prie  d'aller 
recevoir  de  Gabélus  l'argent  qu'il  lui  devait, 
et  le  prier  de  venir  à  ses  noces. 

CERTO,  (ix/-ytÇ-wç-,  De  cerf  us,  et  signifie  : 

Manifestement,  clairenieiit.  Sap.  19.  17. 
Unde  œstimari  ex  ipso  visu  ccrlo  polest  :  On 
peut  voir  claireineiil  que  les  cléments  chan- 
gent d'ordre  entre  eux,  sans  perdre  né.in- 
moins  l'harmonie  qui  leur  est  propre, comme 
dans  uninsirumcnldcmusique  l'air  se  diver- 
sifie par  lechangement  des  tons  :  d'où  vient: 

CEUTIUS,  «xAtÇîTTê/.ov.   Plus  exactement , 


avec  un  soin  plus  exact.  Act.  23.  20.  Quasi 

aliquid  certius  inquisituri  sint  de  illo  :  Les 
Juifs  ont  résolu  ensemble  de  vous  prier  que 
demain  vous  envoyiez  Paul  dans  leur  assem- 
blée ,  comme  s'ils  voulaient  connaître  plus 
exactement  de  son  affaire,  dit  le  fils  de  la 
sœurdesaintPaul  au  tribun, luidonnantavis 
delà  conspiration  des  Juifs  contre  saint  Paul. 
CERTISSIME.  De  certus,  et  signifie: 
1°  Très-exactement  («z/jtgsiTTspov).  Act.  2i. 

22.  Distulit  autem  illos  Félix  ,  certissime 
sciens  de  via  hac  :  Félix  ayant  ouï  très-exa- 
ctement les  accusations  de  TertuUe  et  des 
Juifs  contre  saint  Paul ,  et  les  défenses  que 
proposa  saint  Paul,  il  les  remit  jusqu'au 
retour  de  Lysias,  et  jusqu'à  ce  qu'il  se  fût 
mieux  informé  delà  secte  dontétait  saintPaui. 

2"  Très-certainement.  1.  Reg.  24.  21.  Scio 
quod  certissime  regnaturus  sis  :  Je  sais  très- 
certainement  que  vous  régnerez,  dit  Saûl  à 
David.  3.  Reg.  11.  '2. Certissime enim  avertent 
corda  vestra  ut  sequamini  deos  earum  :  Vous 
ne  prendrez  point  des  femmes  étrangères  , 
car  ces  nations  vous  pervertiront  le  cœur 
très-certainement  pour  vous  faire  adorer 
leurs  dieux,  dit  Dieu  aux  enfants  d'Israël. 
1.  Reg.  26.  4.  2.  Mach.  4.  33.  Act.  2.  36. 

CERTUS,  A,  UM.  Du  supin  de  cerno,  signi- 
fiant arrêter,  résoudre,  établir,  et  signifie, 

1"  Assuré,  persuadé,  convaincu  (TreTreta-ps- 
voi).  Luc.  20.  6.  Certi  sunt  Joannem  prophe- 
tam  esse  :  Tout  le  peuple  était  persuadé  que 
Jean  était  un  prophète,  disent  en  eux-mê- 
mes les  princes  des  prêtres,  etc.  sur  la  que- 
stion que  Jésus-Christ  leur  fait.  v.  4.  Celle 
certitude  n'est  souvent  que  morale.  Rom. 
15.  14.  Certus  sum  autem,  fratres  mei,  et  ipse 
de  vobis  :  Pour  moi,  mes  frères,  je  suis  per- 
suadé que  vous  êtes  pleins decharité.  c.  8.3^. 

2°  Certain,  assuré,  hors  de  doute,  en  par- 
lant des  choses  (àlndriç).  Deut.  13.  14.  Si 
invenis  certumesse  quod  dicitur:  Si  vous  trou- 
vez que  ce  qu'on  vous  a  dit  est  très-certain  ; 
savoir  que  l'aborainationde  l'idolâtrie  ait  été 
commise  dans  quelqu'une  de  vos  villes.  Voy. 
la  punition,  v.  15.  Ainsi,  Jos.  22.  11.  1.  Reg. 

23.  23.  Tob.  3.  21.  Judith.  11.  12.  Esth.  13. 
18.  Act.  25.  26. 

3"  Arrêté,  fixe,  déterminé,  soit  pour  le 
temps.  Esth.  9.  27.  Nulli  liceat  duos  fios  dies 
absque  solemnitate  transigere:  quos  scriptura 
testatur,  et  certaexpelunttempora  :  Les  Juifs 
s'obligèrent  de  faire  en  ces  deux  jours  une 
fête  solennelle,  selon  qu'il  est  marqué  dans 
cet  écrit,  et  ce  qui  s'observe  exactement 
chaque  année  aux  jours  destinés  àceltofèlc; 
soit  pour  le  lieu.  Sap.  5.  22.  Ad  certum  lo~ 
cum  insilient  :  Les  insensés  fondront  au  lieu 
qui  leur  aura  été  marqué,  par  la  force  des 
foudres  qui  seront  lancées  contre  eux. 

4°  Infaillible,  qui  ne  peut  se  Iromper  («t^x- 
"/.*;;).  S;ip.  7.  2.'J.  Est  enim  in  illa  spiritus  in- 
trtligcntiœ...  cerf  «s  .  Il  y  a  dans  la  Sages.>c 
un  (spril  d'intelligence...  infaillible. 

5' Immuable,  qui  ne  change  poinl,  invio- 
lable. Prov.  8.  27.  Aderam  quando  certa  Icgt 
et  ggro  vatlahat  abyssos  :  J'étais  présenta 
lorsque  le  Seigneur  environnait  les  abîmes 


Cl. 


DlCTfONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRER. 


G'.8 


de  leurs  i)oiiies;  c>s/-d-diVe,  lorsqu'il  res- 
serrait les  fontaines  des  abîmes,  en  leur 
donnant  un  cours  constant  et  continuel,  ou 
les  enfermant  dans  les  cavités  de  la  terre, 
comme  dans  de  forts  remparts,  d'où  elles  ne 
peuvent  se  répandre  que  lorsqu'il  lui  plaît. 
Eccli.  22.  33.  Quis  dahit...  super  labia  mea 
signaculum  certum?  Qui  mettra  un  sceau 
inviolable  sur  mes  lèvres?  Gr.  le  sceau  de  la 
prudence. 

6°  Certain,  très-probable,  dont  on  ne  doute 
pas  f^s^ato?).  2.  Petr.  1.  10.  Per  bona  opéra 
certain  vestram  vocalionem  et  electionem  fa- 
cintis  :  Efforcez-vous  d'affermir  votre  voca- 
tion et  votre  éb^ction  par  les  bonnes  œuvres 
qui  en  sont  des  signes  assurés  et  qui  l'affer- 
missent de  plus  en  plus. 

7'  Sincère,  qui  n'est  point  déguisé,  qui  ne 
sait  ce  que  c'est  que  dissimuler  (àw-ô/firo?). 
Sap.  5.  19.  Accepit  pro  galea  judicium  cer- 
tum :  Dieu  prendra  pour  casque  l'intégrité 
de  son  jugement  ;  i.  e.  il  jugera  sans  dégui- 
sement. 

8'  Certain,  assuré,  qui  ne  manque  point. 
Judic.  20.  16.  Sic  fandis  lapides  ad  certum 
jacientes.  ut  capillum  quoqiie  passent  perçu- 
tere,  et  nequaquam  in  alteram  partem  ictus 
lapidis  deferretur  :  11  se  trouva  dans  la  tribu 
de  Benjamin...  sept  cents  hommes  habitants 
de  Gabaa,  qui  étaient  si  adroits  à  jeter  des  . 
pierres  avec  la  fronde,  qu'ils  auraient  pu 
même  frapper  un  cheveu,  sans  que  la  pierre 
qu'ils  auraient  jetée  se  fût  tant  soit  peu  dé- 
tournée de  part  ou  d'autre;  ceci  prouve  la 
force  de  cette  tribu.  2.  Mach.  \k.  43. 

9°  Clair,  évident,  manifeste  («rayii?)  Sap. 
7.  22.  Est  in  illa  spiritus  intelligentice^  san- 
ctus...  certus .  11  y  a  dans  la  sagesse  un  esprit 
d'intelligence  qui  est  saint...  clair,  (Gr.  in- 
capable de  nuire,  ou  à  qui  rien  ne  peut 
nuire)  i.  e.  on  reconnaît  évidemment  l'E- 
sprit de  la  Sagesse  par  lés  choses  qu'elle  a 
créées. 

10"  Exact,  habile,  ingénieux  («xisiSà?). 
Eccli.  19.  22.  Est  solertia  certa,  et  ipsa  ini- 
qua  ;  Il  y  a  une  adresse  qui  est  habile,  mais 
qui  est  injuste. 

11°  Raisonnable,  de  bon  sens.  Eccli.  19, 
23.  Est  qui  emittit  verbum  certum  :  Il  y  en  a 
qui  usent  de  paroles  de  bon  sens;  Gr.  qui 
usent  de  détours  pour  prononcer  un  juge- 
ment l'avorablc  à  celui  qui  l'a  corrompu. 

CERVICAL,  is,  7rpo(TX£yà/«tov.  De  cervix, 
et  signifie  : 

Oreiller  à  mettre  sous  la  tête  quand  on 
veut  se  reposer.  Marc.  i.  38.  El  erat  ipsein 
puppi  super  cervical  dormiens  :  Pendant  que 
la  barque  s'emplissait  de  vagues,  Jésus  était 
sur  la  poupe  où  il  dormait  sur  un  oreiller; 
de  là  vient  celte  phrase  tirée  de  cette  signi- 
lication  dans  le  sens  métaphorique. 

Facere  cervicalia  sub  capite.  Faire  des 
oreillers  pour  en  appuyer  la  ièie,  c'est-à-dire 
llatter  quelqu'un  dans  ses  désordres  ,  l'en- 
tretenir dans  son  dérèglement  par  des  pro- 
messes trompeuses.  Ezech.  13.  18.  Vœ...  quœ 
faciunt  cervicalia  sub  capite  universœ  œtatis 
ad  capiendas  animas  :  Malheur  à  celles  qui 
font  des  oreillers  pour  en  appuyer  la  tète 


des  personnes  de  tout  âge,  afin  de  surpren- 
dre ainsi  les  âmes:  Le  prophète  parle  contre 
certaines  prophétesses  qui  prédisaient  au 
peuple  que  ceux  qui  s'étaient  rendus  à  Na- 
buchodonosor  perdraient  la  vie,  et  que  ceux 
qui  ne  s'y  rendraientpoint  laconserveraient, 
quoique  le  prophète  eiit  déclaré  tout  le  con- 
traire de  la  part  de  Dieu.  Quelques-uns 
croient  qu'elles  attachaient  effectivement  des 
coussins  sous  les  bras,  et  des  voiles  à  la  tète 
des  personnes  pour  marquer  la  protection 
de  Dieu. 

CERVICATUS,  A,  UM.  Cet  adjectif  inusité 
chez  les  Latins,  est  dérivé  de  cervix,  et  si- 
gnifie dans  l'Ecriture  : 

Opiniâtre  ,  rebelle.  Eccli.  16.  11.  Et  si 
tmus  fuisset  cervicatus,  miriun,  si  fuisset  im- 
munis {(j-ArifiOTfjccyyioç)  :  Dieu  aurait-il  donc 
pardonné  à  un  seul  homme,  s'il  eût  été  opi- 
niâtre comme  les  Sodomites  et  les  six  cent 
mille  Israélites  qui  moururent  dans  le  dé- 
sert? ici  le  prophète  conclut  que  Dieu  ayant 
tant  puni  d'hommes  pour  le  péché,  sans 
avoir  égard  au  nombre,  il  manquera  moins 
à  en  punir  un  seul  coupable  des  mêmes  cri- 
mes. 

CERVIX,  GIS,  Tpûxio>'Oç,  av'/ri'j.  De  curvus  , 
parce  qu'on  ploie  et  on  courbe  le  cou,  ou  de 
1  Hébreu  oraph.  Ce  mot  est  plus  fréquent 
au  pluriel  chez  les  auteurs  latins,  et  signi- 
fie: 

Le  cou,  proprement,  1°  le  derrière  du  cou 
dans  les  hommes.  Judith.  13.  10.  Percussit 
bis  in  cervicem  ejus  :  Judith  frappa  sur  le 
cou  d'Holopherne  par  deux  fois,  cl  lui  coupa 
la  tête.  2.  Par.  18.  33.  Accidit  autem  ut 
unus...  percuteret  Regem  Israël  inter  cervi- 
cetn  et  scnpulas  :  Gr.  Entre  le  poumon  et  l'es- 
tomac; il  arriva  qu'un  homme  du  peuple 
frappa  Achab  entre  le  cou  et  les  épaules.  3. 
Reg.  22.  3i.  Il  est  dit  aussi  que  la  flèche  le 
vint  percer  entre  le  poumon  et  l'estomac; 
ainsi  il  fallut  que  venant  d'en  bas,  elle  entrât 
par  là,  pour  sortir  par  entre  le  cou  et  les 
épaules.  1.  Mach.  1.  Qk.Suspendebant  pueras 
a  cervicibus  :  Les  exécuteurs  des  ordres 
d'Antiochus  pendaient  les  enfants  au  cou  de 
leurs  mères  après  les  avoir  tués ,  parce 
qu'elles  les  avaient  circoncis.  De  là  vient 
cette  phrase  tirée  de  ce  mot  dans  le  sens 
figuré  : 

Manus  alicujus  esse  in  cervicibus  alterius. 
Avoir,  mettre  la  main  sur  le  cou  de  quel- 
qu'un, c'est  le  réduire  comme  sous  le  joug 
et  sous  sa  puissance.  Gen.  W.  8.  Manus  tua 
in  cervicibus  ininiicorum  luorum  (  vwtoî  , 
dorsum)  :  Juda,  votre  main  mettra  sous  le 
joug  vos  ennemis.  Ceci  est  une  prophétie 
des  Gentils  que  Jésus-Christ  devait  soumet- 
tre au  doux  jougde  l'Evangile.  Ainsi,  Thren. 
5.  5.  Cervicibus  nostris  minabamur  :  On  nous 
a  entraînés  les  chaînes  au  cou,  lorsqu'on 
menait  les  Juifs  en  captivité. 

2"  Le  dessus  du  cou  dans  les  animaux. 
Deut.  21.  4.  Cœdenl  in  ea  cervices  vitulœ  :  Ils 
couperont  le  cou  à  la  génisse.  Gr.    veu/3oxo;r»j- 

§  1.  —  La  tête.  1.  Reg.  4.  18.  Heli,  fractis 

cervicibus^  mortuus  e<it  (vôtof,  dorsum)  :  Héli 


669 


Cill 


CER 


67G 


tombant  de  son  siège  àla  renverse...  se  cassa 
la  tête  et  mourut  :  ce  fut  à  la  nouvelle  qu'il 
reçut  de  la  prise  de  l'arche,  v.  17.  On  baisse 
la  tête,  soit  de  tristesse  et  d'affliction.  Eccli. 
38.  19.  Trntitia  cordis  flectit  cervicem;  soit 
de  confusion.  Jerem.  kS.  39.  Quomodo  dejecit 
cervicem Moab  et  confusus  est  [i-jyyç,  robur)  : 
Comment  la  ville  de  Moab  a-t-elle  endn 
baissé  la  tête  dans  la  confusion  dont  elle  est 
couverte.  Ainsi,  2.  Mach.  H.  ii.  Yenit  per 
mediam  cervicem;  Gr.  per  médium  ventrem  : 
Razias  tomba  sur  le  ventre,  en  se  froissant 
à  terre  la  moitié  de  la  tête.  Rom.  16.  k.  Qui 
pro  anima  mea  suas  cervices  suppositerunt  : 
Prisque  et  Aquiia  ont  exposé  leur  vie  pour 
moi  ;  comme  s'il  disait,  ils  ont  présenté  leur 
tête  à  couper  pour  me  sauver  la  vie. 

§  2.  —  Orgueil ,  opiniâtreté  (vJj-o?)  :  la 
métaphore  se  tire  des  animaux  indompta- 
bles, comme  des  chevaux  qui.  ne  veulent 
point  se  laisser  conduire  avec  la  bride  , 
ou  plutôt  des  bœufs  qui  ne  veulent  point 
baisser  le  cou  pour  recevoir  le  joug.  Job.  15. 
26.  Pingui  cervice  armatus  est  :  L'impie  s'est 
armé  d'un  orgueil  inflexible  ;  letlr.  d'un  cou 
gras.  c.  13.  12.  Isa.  48.  4.  Nervus  ferreus  cer- 
vix  tua:  Votre  cou  était  comme  une  barre 
de  fer;  autr.  Vous  avez  une  tète  de  fer.  Dieu 
témoigne  aux  Juifs  leur  inflexibilité  et  leur 
désobéissance.  Ainsi,  ceux  qui  ne  ploient 
point  et  qui  sont  toujours  rebelles  à  Dieu, 
sont  marqués  par  ceux  qui  ont  une  tête 
dure.  Act.  7.  ol.  Dura  cervice...  vos  semper 
Spiritui  Sancto  resistitis  :  Téces  dures,  vous 
résistez  toujours  au  Saint-Esprit,  dit  saint 
Etienne  ((rx),r)|iOT//â;;^>3>o?,  qui  dura  cervice  est). 
Ainsi,  Exod.  32.  9.  c.  33.  v.  3.  5.  c.  34.  9. 
Prov.  29.  1.  De  cette  signiGcation  viennent 
ces  façons  de  parler. 

Ascendere  super  cervicem  alicujus.  Fouler 
un  ennemi  aux  pieds,  marcher  sur  sa  tête, 
l'abattre,  le  soumettre.  Raruch.  4.  25.  Super 
cervices  ipsius  ascendes  :  Vous  verrez  bien- 
tôt la  ruine  de  voire  ennemi,  et  vous  foule- 
rez sa  tête  sous  vos  pieds,  dit  le  prophète 
aux  captifs  de  Babylone,  les  encourageant  à 
la  patience  ;  ils  étaient  une  Ogure  de  l'Eglise, 
dont  les  ennemis  devaient  être  soumis  aux 
pasteurs.  Isa.  60.  4. 

Coneidere  cervicem.  Couper  la  tête ,  c'est 
abattre  l'orgueil  et  la  force.  Ps.  128.  4.  Le 
Seigneur  qui  est  juste,  coupera  la  lêle  des 
pécheurs;  (Hcbr.  et  Gr.  a  coupé)  ï.  e.  leur 
ôtera  toute  espérance  et  toutes  leurs  forces: 
au  lieu  de  cervices;  Hebr.  lora,  (unes;  les 
liens  par  lesquels  les  pécheurs  tiennent  les 
justes  opprimés. 

Curvare  cervicem  alicujus.  Courber  le  cou 
à  quelqu'un;  i.  e.  le  rendre  souple  et  obéis- 
sant. Eccli.  .30,  12.  Curva  cervicem  ejus  in 
juventule  :  Courbez  le  cou  à  votre  fils  pen- 
dant qu'il  est  jeune;  il  faut  .iballre  l'orgueil 
lies  enfants,  et  les  soumettre  pendant  qu'ils 
sont  jeunes. 

Dejicere  cervicem.  Baisser  la  tête  avec  con- 
fusion, c'est  être  vaincu  et  sonnjis  (vwto»-). 
Jer.  48.  39.  Quomodo  dejecit  cervicem  Monb, 
et  confusus  est?  Gomment  la  ville  de  .Moab 


a-t-elle  enfin  baissé  la  tête  dans  la  confu- 
sion dont  elle  est  couverte? 

Elevare  cervices ^  excutere  jugum  de  cervt- 
cibus.  Lever  la  tête,  se  soustraire  du  joug  et 
de  l'obéissance  du  vainqueur.  Gen.  27.  40. 
Fratri  tuo  servies  :  tempusque  veniet  cum  ex- 
cutias  et  solvas  jugum  ejus  de  cervicibus  tuis: 
Vous  servirez  votre  frère,  dit  Isaac  à  Esaii, 
en  parlant  de  Jacob  ;  ce  qui  s'accomplit  par 
David  qui  soumit  les  Iduméens.  2.  Reg.  8. 
14.  et  le  temps  viendra  que  vous  secouerez 
son  joug,  et  que  vous  vous  en  tirerez  :  Voy. 
l'accomplissement  de  celte  prophétie,  4.  Reg. 
8.  V.  20.  22.  où  les  Iduméens  se  dégagèrent 
pour  toujours  de  la  domination  de  Joram. 
Judic.  8.  28.  Nec  potuerunt  ultra  cervices  ele- 
vare :  Les  Madianites  ne  purent  plus  lever  la 
tête;  savoir,  depuis  leur  défaite  par  Gédéon. 

Inclinare  cervicem.  Baisser  le  cou,  c'est  se 
soumettre  et  s'assujettir  avec  soumission  à 
quelqu'un  (w^o? ,  humérus).  Raruch.  2.  21. 
Inclinât  e...  cervicem  vesiram,  et  opéra  facile 
régi  Babylonis  :  Baissez  le  cou  etassujettisez- 
vous  au  roi  de  Babylone  :  Dieu  promet  aux 
Juifs  que  s'ils  le  font,  ils  retourneront  dans 
leurs  pays. 

Indurare  cervicem.  Résister  opiniâtrement, 
devenir  inflexible  (vwto,-,  dorsum).  4.  Reg. 
17.  14.  Induraverunt  cervicem  suam  juxta 
cervicem  patrum  quorum;  Avant  que  Salma- 
nasar  eût  transféré  les  Israélites  en  Assyrie, 
leur  tête  était  devenue  dure  et  inflexible, 
comme  celle  de  leurs  pères;  savoir,  pour  ne 
point  obéir  aux  coma  andemenls  de  Dieu, 
Ceci  a  égard  à  ce  qui  est  dit.  Exod.  32.  9. 

Tenere  cervicem.  Faire  plier  le  cou,  forcer 
à  fléchir  par  la  violence  {y.ouv).  Job.  16.  13. 
Tenuit  cervicem  meam  :  Le  Seigneur  m'a  fait 
plier  le  cou  sous  sa  main  puissante;  il  m'a 
comme  pris  par  le  cou  pour  m'abattre:  Cette 
métaphore  est  tirée  d'un  combat  du  géant 
qui  prendrait  un  homme  .faible  par  le  cou 
pour  le  jeter  contre  terre  et  l'y  écraser.  Voy. 
Jugum. 

CERVA,  M,  e).ay6f.  Biche.  Job.  39.  1.  Num- 
quid  parturientes  cervas  observasti?  Avez- 
vous  observé  l'enfantement  des  biches?  dit 
Dieu  à  Job.  Jerem.  14.  5.  Cervn  in  agro  pe~ 
périt,  et  reliquit  quia  non  erat  herba  :  La  bi- 
che s'est  déchargée  de  son  faon  dans  la  cam- 
pagne ,  et  elle  l'a  abandonné,  parce  qu'elle 
ne  trouve  point  d'herbe.  Ceci  marque  que 
tous  les  animaux,  aussi  bien  que  les  hom- 
mes, souffrirent,  soit  de  la  sécheresse  qui 
arriva  sous  Sédécias,  ou  de  celle  qui  arriva 
sous  Joachim. 

La  femme  chaste  et  honnête  est  comparée 
à  la  biche.  Prov.  5.  19.  Cerva  charissima  : 
Que  votre  femme  vous  soit  comme  une  biche 
très-chère;  soit  parce  que  cet  animal  est 
doux  et  aimable,  soit  pour  marquer  le  sou- 
lagement mutuel  qu'il  doit  y  avoir  entre  l»; 
mari  et  la  femuie,  faisant  allusion  â  ce  quy 
font  les  cerfs,  (jui,  passant  la  mer  à  la  nage, 
se  soulagent  l  un  l'autre,  cl  celui  qui  suil 
repose  sa  tête  sur  celui  qui  le  précède. 

CEKVUS,  I.  Aayof,  de  xipa; ,  et  signifie 
pro[)reMienl  cerf.  Varron  et  Virgile  prennent 
souvent  le  pluriel  cervi  pour  cerlaioes  pièces 


f71 

(le    bois  fourchues 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


673 


par  le  haut,  dont  les 
paysans  se  servaient  pour  soutenir  le  toit 
de  leurs  cabanes  :  dans  l'Ecriture, 

1°  Cerf,  bêle  fauve,  sauvage,  dont  il  était 
permis  aux  Juifs,  selon  la  loi,  de  manger. 
Deul.  12.  V.  15.  22.  c.  U.  5.  c.  15.  22.  Neph- 
tali,  cervun  emissus  :  Nephtali  sera  comme 
un  cerf  qui  s'échappe.  Jacob  semble  ici  mar- 
quer Barac,  qui  était  de  cette  tribu,  lequel 
craignit  d'abord,  mais  ensuite  poursuivit  et 
défit  courageusement  les  ennemis,  comme 
le  cerf  ne  craint  plus  rien  quand  il  est  fort 
pressé.  Voy.  Judic.  4.  v.  6.  10.  c.  5.  18.  D'au- 
tres l'expliquent  de  la  fertilité  de  cette  tribu, 
ou  de  ses  habitants,  qui  se  devaient  réjouir 
comme  des  daims.  Voy.  Eloqlil.m,  ce  qui  a 
rapport  à  la  prédiction  de  Moïse.  Deut.  33. 
23.  Ainsi  ,  Ps.  103.  18.  cervus  est  pris  pour 
les  daims  et  les  chèvres  sauvages. 

2"  Biche,  cervus,  pour  cerva.  Ps.  28.  S.Vox 
Domini  prœparantis  cervos  :  C'est  la  voix  du 
Seigneur  qui  prépare  les  cerfs.  Le  mot  Grec 
est'douleux,  et  l'Hebr.  porte  :  Quœparturire 
facitservas:  Les  biches  eftrayées  au  bruit  du 
tonnerre  se  déchargent  plus  facilement  de 
leurs  petits. 

CESELETH-THABOR,  i.  Heb.  Ilia  montis 
Thabor.  Voy.  Cartha.  Ville  de  la  tribu  de 
Zabulon,  aux  confins  de  celle  d'Issachar. 
Jos.  19.  12.  Celle  ville  était  comme  sur  les 
lianes  du  mont  Thabor.  Voy.  Azanoth-Tha- 
BOR.  Aures  Thahoris. 

CESIL,  Heb.  Arcturus.  Ville  dans  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  30.  On  croit  que  c'est  la 
même  que  Bathuel,  1.  Par.  h.  30.  et  Bethul, 
Jos.  19.  k. 

CESION,  Heb.  Durilia.  Ville  dans  la  tribu 
d'Issachar,  Jos.  19.  20.  donnée  aux  Lévites, 
c.  21.  28.  Elle  est  appelée  Cèdes.  1.  Par. 
6.72. 

CESSARE,  7:a0£a9«i,  «vKTraOEffôai,  de  cedere , 
cessum,  et  signifie, 

1°  Cesser,  désister,  ne  point  continuer 
(-/«Ta7T«yav).  Gen.  2.  3.  Sanctificavit  illum  ; 
quia  in  ipso  cessaverat  ah  omni  opère  suo  : 
Dieu  sanctifia  le  septième  jour,  parce  qu'il 
s'était  reposé  en  ce  jour  après  tous  les  ou- 
vrages qu'il  avait  créés  :  de  là  vient  la  loi, 
Exod.  23.  12.  Septimo  die  cessabis  :  Au  sep- 
tième jour,  vous  ne  travaillerez  point.  3. 
Reg.  22.  33.  Et  cessaverunt  ab  eo  :  Les  capi- 
taines des  chariots  ne  pressèrent  pas  davan- 
tage Josaphat  :  ils  ne  vinrent  fondre  sur  lui 
pour  le  combattre,  que  parce  qu'ils  l'avaient 
pris  pour  Achab;  sur  quoi  Voy.  v.  31.  32. 
Ainsi,  Act.  21.  32.  Prov.  21.  26.  Isa.  30.  11. 
Cesset  a  facie  nostra  Sanctiis  Israël  :  Que  le 
Saint  d'Israël  cesse  de  paraître  devant  nous. 
Les  Juifs  demandaient  aux  prophètes  de  ne 
leur  parler  plus  des  menaces  que  Dieu  leur 
commandait  de  leur  annoncer  de  sa  part. 
Voy.  ces  menaces,  Jerem.  38.  18.  etc.  Eccli. 
31.  20.  Cessa  prior  causa  disciplinœ  :  Cessez 
le  premier  de  manger  par  modestie.  Ce  verbe, 
par  imitation  des  Grecs  ,  se  trouve  avec  les 
participes  au  lieu  de  l'infinitif.  Ephes.  1.  16. 
Non  cesso  gratias  a^ens  :  Je  ne  cesse  point 
de  rendre  à  Dieu  des  actions  de  grâces  pour 
vous.  Goloss.  1.  9.  Non  cessaynus  pro  vobis 


crantes  :  Nous  ne  cessons  point  de  prier  Dieu 
pour  vous.  Act.  5  '42.  c.  20.  31.  11  se  trouve 
aussi  joint  avec  l'ablatif  de  la  personne  avec 
la  préposition  a  ou  ab,  parce  que  -aùtTOy-t  se 
met  en  Grec  avec  le  génitif.  Num.  25.  8.  Ces- 
savitque  plaga  a  fiUis  Israël  ;  Après  que  Phi- 
nées  eut  tué  d'un  seul  coup  l'Israélite  et  la 
femme  Madianite  débauchée,  la  plaie  dont  ; 
les  enfants  d'Israël  avaient  été  frappés  cessa  j 
aussitôt.  Voy.  v.  5.  1.  Par.  21.  22.  Ainsi, 
Jon.  1.  V.  11.  12.  Quid  faciemus  tibi,  et  cessa- 
bit  mare  a  nobis  (xôtvkÇeiv)?  Que  vous  ferons- 
nous  pour  nous  mettre  à  couvert  de  la 
violence  de  la  mer?  disent  le  pilote  et  les 
matelots  au  Prophète.  Tollite  me,  et  miltite 
in  mare,  et  cessabil  mare  a  vobis  :  Prenez- 
moi,  et  me  jetez  dans  la  mer,  et  elle  s'apai- 
sera aussitôt,  leur  répond  le  prophète.  Judith. 
5.  11. 

2°  Demeurer  en  repos,  ne  point  entre- 
prendre. Judic.  19.  23.  Cessate  ab  hac  stul- 
titia  :  Cessez  de  penser  à  faire  une  aussi 
grande  folie  que  celle-là.  Voy.  v.  22.  3.  Reg. 
22.  15.  Ire  debemus...  an  cessare  [ènéx^i-j)'^ 
Devons-nous  aller  à  la  guerre,  ou  demeurer 
en  paix?  dit  Achab  au  prophète  Michée. 
Jerem.  38.  27.  Cessaverunt  ab  eo  :  Jérémie 
ayant  parlé  aux  grands  de  la  cour  de  Sédé- 
cias,  selon  que  le  roi  le  lui  avait  commandé, 
ils  le  laissèrent  en  paix;  i.  e.  ne  lui  parlèrent 
plus,  ou  ne  lui  firent  rien  («Troo-twrâv,  silere). 

3°  Tarder,  négliger  de  faire.  Judic.  18.  9. 
Surgite,  ascendamus  ad  eos...  noUte  cessare 
(ôxvsfv)  :  Allons  trouver  les  habitants  de 
Laïs...  ne  différez  point,  disent  à  ceux  de  la 
tribu  de  Dan  les  cinq  hommes  qu'ils  avaient 
envoyés  pour  reconnaître  ce  pays. Voy.  v.  2. 
De  là  vient.  Non  cessare  :  Ne  ta<"der  point  de 
faire,  faire  quelque  chose  avec  soin.  Act.  5. 
kl.  Omni  die  non  cessabant  in  temploet  circa 
domos  docentes  :  Les  Apôtres  ne  cessaient 
point  tous  les  jours  d'enseigner,  etc.  c.  20. 
31  Nocte  et  die  non  cessavi  monens  :  Je  n'ai 
point  cessé  ni  jour  ni  nuit  d'avertir  avec 
larmes  chacun  de  vous.  Voy.  v.  29.  30, 

4°  Cesser,  prendre  fin,  n'être  plus  (xo7r«Çetv). 
Matlh.  14.  32.  Marc.  4.  39.  Cessavit  ventus  : 
Le  vent  cessa.  Act.  20.  1.  Postquam  cessavit 
tumultus  :  Le  tumulte  ayant  cessé.  1.  Cor. 
13.  8.  Linguœ  cessabunt  :  Le  don  des  langues 
finira,  mais  la  charité  ne  finira  jamais.  Judic. 
5.  7.  Cessaverunt  fortes  in  Israël  :  Les  vail- 
lants hommes  avaient  cessé  dans  Israël 
(î/.^EÎTTEtv,  deficere).  De  là  vient, 

Cessare  facere  ;  zaxaTrajetv, 

Faire  cesser,  abolir,  faire  finir.  Eccli.  10. 
4.  Curatio  cessare  faciet  peccatamaxima  :  Les 
remèdes  qu'on  vous  appliquera  vous  guéri- 
ront des  plus  grands  péchés  ;  Hebr.  la  dou- 
ceur vous  fera  éviter  de  grands  péchés.  La 
douceur  et  l'humilité  est  le  plus  grand  re- 
mède qu'on  puisse  appliquer  à  la  colère  des 
grands.  Osée  2.  11.  Cessare  faciam  omnegau- 
dium  ejus  :  Je  ferai  cesser  lous  les  cantiques 
de  joie  de  Jérusalem  [Kno^rpéfeiv,  avertere). 
Eccli.  10.  20. 

CESSIO.  De  cedere,  cession  ,  l'action  do 
f.éder  un  droit  ou  un  bien  à  quelqu'un.  Ruth, 
4.  7.  Si  quando  aller  alleri  suo  juri  cedebat  : 


673 


CET 


CET 


fiU 


Que  s'il  arrivait  que  l'un  cédât  son  droit  à 
l'autre.  Hoc  erat  testimonium  cessionis  in 
Israël  :  Cette  marque  était  de  donner  son 
soulif^r  à  son  proche  parent. 

CETE.  Voy.  Cetus.  Du  Grec  x/irr?,  neutre 
pluriel. 

Grand  poisson  de  mer  ;  tels  sont  les  ba- 
leines, les  marsouins,  les  thons  et  autres 
qui  ne  font  point  d'œufs.  G^n.  1.  21,  Creavit 
Deus  celé  grandia  :  Dieu  créa  les  grands 
poissons.  Le  mot  Hébreu  Ihann  signifie  gé- 
néralement toutes  les  bêtes  monstrueuses, 
non-seulement  de  la  mer,  mais  même  de  la 
terre,  comme  les  serpents,  les  dragons. 

CETEI;  Gr.  y.izuï;.  Les  Macédoniens  qui 
sont  appelés  de  la  sorte,  parce  que  le  mot 
Celhim  signifie  les  habitants  des  côtes  de  la 
mer  Méditerranée.  1.  Mac.  8.  5.  Philippum 
et  Persen  Ceteorum  regem  contriverunt  in 
bello,  se.  Romani  :  Les  Romains  ont  vaincu 
Philippe  et  Persée,  rois  des  Macédoniens. 
Ainsi,  c.  1.  1.  Alexander  egressusest  de  terra 
Cethim  :  Alexandre  sortit  de  la  Macédoine. 
Voy.  Cethim. 

CiETERUS,  A,  UM.  lot-ô;.  Cet  adjectif  r^F^e- 
rus,  venant  du  Grec  szîpoç,  est  inusité  au  no- 
minatif singulier,  et  ne  se  trouve  que  rare- 
ment dans  les  auteurs  latins  au  singulier  en 
tout  genre,  sinon  dans  les  anciens,  et  est 
plus  usité  au  pluriel,  et  signifie  : 

Le  reste,  les  autres,  en  faisant  quelque 
exception,  exclusion  ou  restriction.  Gen.  14. 
21.  Da  mihi  animas ,  cœtera  [-n  "m-o? ,  equita- 
tus)  toUe  tibi  :  Donnez- moi  les  personnes, 
et  prenez  le  reste  pour  vous,  dit  le  roi  de 
Sodome  à  Abraham;  après  qu'Abraham  eut 
délivré  Loth  d'entre  les  mains  des  quatre 
rois  marqués,  v.  9.  et  les  eut  taillés  en  pièces. 
Luc.  18.  11.  Non  sumsicut  cœteri  hominum  : 
Je  ne  suis  point  comme  le  reste  des  hommes, 
dit  le  phaiisien  dans  sa  prière.  Jac.  3.  7. 
Omnis  natura  bestiarum,  volucrum...  et  cœte- 
rorum;  Gr.  cetorum  :  Toutes  sortes  d'ani- 
maux, les  bétcs  de  la  terre,  les  oiseaux...  et 
tous  les  autres.  De  là  viennent  ces  adverbes. 

DE  C.ETERO,  )ot7r6v,  1»  Au  reste,  enfin, 
manière  de  parler  pour  servir  de  conclusion 
à  un  discours,  et  qui  ne  se  trouve  guère  que 
dans  saint  Paul.  2.  Cor.  13.  M.  De  cœtero, 
fratres,  gaudete  :  Enfin,  mes  frères,  soyez 
dans  la  joie.  Gai.  6.  17.  Philipp.  3.  1.  c.  k. 
8.  1.  Thess.  4.  1.  —  2"  Dorénavant,  désor- 
mais. Hebr.  10.  13.  Hic...  sedet  in  dexlera 
Dei,  de  cœtero  exspectans  donec  ponanlur  ini- 
mici  ejus  scabelliim  pedum  ejus  :  Jésus-Christ 
s'est  assis  à  la  droite  de  Dieu  pour  toujours, 
attendant  que  ses  ennemis  soient  désormais 
réduits  à  lui  servir  de  marchepied.  2.  Mach. 
12.  31. 

CiETERUM.  iitTTôv.  —  1°  Au  reste,  pour  ce 
qui  est  du  reste.  1.  Cor.  1.  i&.Cœterum  nescio 
si  qxiem  alium  baptizavi  :  Je  n'ai  baptisé  que 
Crispe  et  Caïus,  avec  la  famille  de  Sléphanas  ; 
au  reste,  je  ne  me  souviens  point  d'en  avoir 
baptisé  d'autres. 

2°.Mais  {-nUv  ,  Eccli.  ko.  27.  Cœterum  in 
terra  gentes  non  hœreditabit  :  Aaron  et  ses 
descendants  avaient  des  prémices  et  des  sa- 


crifices, mais  ils  n'avaient  point  de  part  aux 
conquêtes  des  Israélites. 

3"  En  effet,  si  cela  n'était.  1.  Cor.  14.  16. 
Cœterum  si  benedixeris  spiritu,  qui  supplet 
locum  idiotm  ,  quomodo  dicet.  Amen,  super 
tuam  benediclionem?  Je  prierai  de  cœur, 
mais  je  prierai  aussi  avec  intelligence;  i.  e. 
dans  une  langue  intelligible  :  autr.  si  vous 
bénissez  Dieu  de  l'esprit  en  parlant  une 
langue  inconnue,  comment  quelqu'un  du 
simple  peuple  répondra-t-il  Amen  ,  à  la  fin 
de  votre  bénédiction  ? 

CETHiEA,  Heb.  Confracta.  Qui  est  de  la 
race  des  Héthéens,  nation  méchante  et  mau- 
dite, qui  descendait  d'un  fils  de  Chanaan 
nommé  Celhœus.  Ezech.  16.  v.  3.  45.  Pater 
tuus  Amorrhœus  et  mater  tua  Cethœa  :  Le 
prophète  reproche  à  Jérusalem  ses  crimes, 
par  lesquels  elle  s'est  rendue  semblable  aux 
Amorrhéens  et  aux  Héthéens.  Voy.  Hethj^i. 

CETHIM,  Heb.  Conterentes.  —  1°  Fils  de 
Javan,  petit-fils  de  Japhet.  Gen.  10.  4,  1. 
Par.  1.  7.  —  2°  Les  îles  et  les  pays  qui  sont 
sur  les  côtes  de  la  mer  Méditerranée ,  parce 
que  Cethim  s'est  établi  en  Cypre  ou  dans  la 
Cilicie,  et  ses  descendants  sur  les  côtes  de  la 
Grèce  et  de  l'Italie.  Jer.  2.  10.  Transite  ad 
insulas  Celhim  .-Passez  aux  îles  de  Celhim. 
Isa.  23.  V.  1.  12.  1.  Mac.  1.  1.  Be  terra  Ce- 
thim :  Cela  s'entend  de  la  Grèce  et  de  la  Ma- 
cédoine, d'où  Alexandre  est  sorti.  Num.  24. 
24.  De  Italia  :  Heb.  de  Cethim,  comme,  Ezech. 
27.7.  et  Dan.  11.  30.  S.  Epiphane,  Hœres. 
30.  rapporte  comme  une  chose  évidente,  que 
Cetei  ou  Celhim  sont  les  habitants  de  l'île  de 
Cypre  où  est  Citium,  ville  considérable, 
mais  qu'il  est  sorti  de  Cypre  et  de  Rhodes 
une  colonie,  qui  est  allée  faire  sa  demeure 
dans  la  Macédoine. 

CETHLIS,  Heb.  Paries  est.  Ville  de  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  40. 

CETRON,  Heb.  Aromatizans.  Ville  de  la 
tribu  de  Zabulon.  Judic.  1.  30. 

CETURA,  JE.  Heb.  Aro77iatizans.  Femme 
d'Abraham  qu'il  épousa  après  la  mort  de 
Sara.  Gen.  25.  1.  Abraham  vero  aliam  duxit 
uxorem  nomine  Ceturam  :  Ses  enfants  sont 
nommés,  v.  2.  2.  Par.  1.  v.  32.  33.  Ce  n'était 
point  par  incontinence  qu'il  lépousait,  mais 
afin  que  le  culte  du  vrai  Dieu  sélendît  au 
milieu  des  nations  par  le  moyen  de  ses  en- 
fants. 

CETUS,  1.  xrjTOf  ou;,  Voy.  Cete.  Du  Grec 

/.fiZOÇ. 

Toute  sorte  de  grand  poisson;  tels  sont 
les  baleines,  marsouins  et  autres,  qui  ne 
viennent  point  d'œufs.  Job.  7.  12.  Numquid 
mare  ego  sum,  aut  cetus?  Suis-je  une  mer,  ou 
une  baleine?  Job  semble  demandera  Dieu 
s'il  faut  autant  de  force  pour  l'arrêter  et  le 
réduire  par  d'aussi  grands  maux  qu'il  souf- 
fre, lui  qui  n'est  qu'un  homme,  qu'il  en  faut 
pour  arrêter  ou  la  mer,  ou  une  baleine. 
L'Hébreu  signifie  toute  sorte  de  grands  pois- 
sons ;  ainsi  celui  qui  engloutit  Jonas,  que 
quelques-uns  croient  avoir  été  une  espèce 
de  chien  marin,  appelé  chnrch(irias,  ne  pou- 
vait être  une  baleine,  laquelle  respirant  avec 


«7S 


DiCTlOiNNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


676 


le  poumon,  a  le  gosier  trop  étroit  pour  ava- 
ler un  homme.  Malth.  12.  40.  Fuit  Jonas  in 
ventre  ceti  tribus  diebus  et  tribus  noclibus  : 
^  Jonas  fui  trois  jours  et  trois  nuits  dans  le 
ventre  d'un  grand  poisson.  C'était  la  figure 
des  trois  jours  que  Jésus-Christ  devait  être 
dans  le  tombeau.  Voyez  Piscis. 

Prince  puissant  et  orgueilleux,  un  tyran 
puissant,  tel  qu'était  Nabuchodonosor,  qui 
était  la  figure  du  démon  même ,  appelé  dans 
l'Ecr.  le  Prince  du  monde.  Isa.  27.  1.  In  illa 
die.,.  Dominus...  occidet  cetum  qui  in  mari 
est  :  En  ce  temps-là  le  Seigneur  fera  mourir 
la  baleine  qui  est  dans  la  mer  :  le  démon 
rôde  et  règne  dans  le  monde  comme  une  ba- 
leine dans  la  mer. 

CHABRI,  Heb.  Socius.  Un  des  deux  anciens 
de  Béthulie  marqué,  Judith.  8.  9.  Misit  ad 
presbytères  Chabri  et  .Char mi  :  Judith  en- 
voya quérir  les  anciens  du  peuple  Chabri  et 
Charmi. 

CHABUL.  Voy.  Gabul. 

CHiEREAS,  Gr.  Gaudens.  Frère  de  Timo- 
Ihée,  qui  fut  tué  dans  le  fort  de  Gazara 
où  il  commandait.  2.  Mac.  10.  v.  32.  37. 

CHALAL,  Heb.  Consurnmatio.  11  quitta  sa 
femme  étrangère.  1.  Esd.  10.  30. 

CHALANNE,  ou  CHALANE,  Hebr.  Omnes 
nos.  Chalane,  ville  de  Chaldée,  que  l'on  croit 
être  Ctésiphonte  sur  l'Euphrale,  capitale  des 
Parlhes.  Gen.  10.  10.  Amos.  6.  2.  Transi  in 
Chalane  :  Passez  à  Chalane,  Séleucie,  selon 
saint  Jérôme. 

CHALCAL,  ou  CALCHOL,  Heb.  Nutriens. 
Fils  de  Mahol,  célèbre  par  sa  sagesse.  Il  excel- 
lait dans  les  sciences,  et  avait  une  profonde 
connaissance  de  toutes  les  choses  qui  regar- 
daient le  culte  de  Dieu.  3.  Reg.  4.  31.  Salo- 
mon  sapientior  erat  Elhan  Ezrahita,  et  He~ 
man,  et  Chalcal  et  Darda  filiis  Mahol  :  Salo- 
mon  était  plus  sage  qu'Ethan  Ezrahile  , 
quHéman,  et  Chalcal,  et  Dorda,  enfants  de 
Mahol.  Ce  Chalcal  était  des  descendants  de 
Zara.  1.  Par.  2.  6.  Ils  étaient  petits-fils  du 
patriarche  Juda. 

CHALDiEA,  JE.  Heb.  Quasi  dœmones.  Pays 
de  l'Asie,  dont  la  capitale  était  Babylone, 
qui  a  donné  son  nom  à  tout  le  pays.  Jer.  50. 
10.  Et  erit  Chaldœa  in  prœdam  :  La  Chaldée 
sera  livrée  en  proie,  c.  51.  v.  24.35.  Ezech.  11. 
24.C.  23.  le.C'estdans  ce  pays  que  les  Israéli- 
tes furent  emmenés  en  captivité.  Elle  s'appelle 
terre  d'Aquilon  en  plusieurs  endroits.  D'au- 
tres disent  que  la  Chaldée  est  le  pays  qui 
est  entre  Babylone,  l'Arabie,  le  Tigre  et 
l'Euphrate.  Hieron.  in  loc.  C'est  maintenant 
une  partie  qu'on  appelle  Yerach. 

CHALDiEUS,  Heb.  Idem.  —  1»  Chaldéen, 
de  la  Chaldée.  Dan.  3.  8.  Viri  Chaldœi  accu- 
snverunt  Judœos  ;  Des  Chaldéens  accusèrent 
les  Juifs,  etc.  —  2"  Babylonien,  de  Babylone. 
1.  Esdr.  5.  12.  Dan.  5.  31.  Eadem  nocte  in- 
terfectus  Baltazar^  rex  Chaldœus  :  Cette 
même  nuit  Baltazar,  roi  de  Babylone,  fut  tué. 
Les  Babyloniens  cl  les  Chaldéens  se  mettent 
réciproquement  les  uns  pour  les  autres.  Les 
rois  d'Assyrie  s'appellent  rois  d'Assur,  des 
Chaldéens,  des  Babyloniens.  Voy.  âssybius. 
—  3"  Les  astrologues  ou  devins  qui  font  pro- 


fession de  prédire  l'avenir  par  le  cours  des 
astres,  s'appellent  particulièrement  Chal- 
déens, à  cause  que  ces  peuples  étaient  atta- 
chés à  l'astrologie  judiciaire.  Dan.  2.  v.  2. 
4.  5.  10.  c.  4.  4.  c.  5  V.  7.  11.  Exclamavit 
rex  fortiter  ut  introducerent  magos,  chaldœos 
et  aruspices  :  Le  roi  fit  un  grand  cri  et 
ordonna  qu'on  fît  venir  les  mages,  les  de- 
vins et  les  augures. 

CHALE,  Heb.  Opportunitas.  —  Ville  bâtie 
par  Assur:  ou,  comme  disent  d'autres,  par 
Nemrod.  Gen.  10.  v.  11.  12.  jEdificavit  Ni- 
niven  et  plateas  ciiitatis  et  Chale  :  Assur 
bâtit  Nini ve  et  les  rues  de  celte  ville  et  Chale. 
Cette  ville  est  appelée  Hala,  4.  Reg.  17.  6. 
c.  18.  11.  et  Lahela,  1.  Par.  5.  26.  Elle  est 
située  à  la  source  du  fleuve  Lycus. 

CHALI,  Heb.  Infirmitas.  Ville  dans  la  tri- 
bu d'Aser  dans  la  Phénicie.  Jos.  19.  25. 

CHAM,  Heb.  Calidus.  —  1°  Second  fils  de 
Noé.  Gen.  5.  31.  Noe  cum  quingentorum 
esset  annorum  genuit  Sem,  Cham  et  Japhet  : 
Noéayantcinq  centsansengendraSem,  Cham 
et  Jafthet.  c.  6. 10.  c. 7. 13.  c.  9.  v.  18.  22.  etc. 
Voy.  Chanaan.  —  2"  L'Egypte  est  appelée 
Cham,  parce  que  les  Egyptiens  sont  descen- 
dus de  Mesraïm,  fils  de  Cham,  Ps.  104.  v.  23. 
27.  Jacob  accola  fuit  in  terra  Cham  :  Jacob 
demeura  dans  la  terre  de  Cham.  Ps.  77.  51. 
Ps.  105.  22.  On  croit  que  c'est  lui  qui  y  a 
été  adoré  sous  le  nom  de  Jupiter  Hammon. 
Ce  mot  semble  venir  de  Ham  ou  Cham,  qui 
était  le  Jupiter  des  païens.  Cham  en  Hébreu, 
signifie  6rM/er  ;  les  Grecs  l'ont  traduit  Çeîf 
de  Çsw,  ferveo.  Voy.  Diospolis. 

CHAMAAM,  Heb.  Sicut  illi.  —  1°  Fils  de 
Berzellaï  qu'il  recommanda  à  David.  2.  Reg. 
19.  V.  37.  38.  40.  Est  servus  tuus  Cha^ 
maam  ;  Gr.  vloç  ^zou,  (  filius  meus  )  ipse  va- 
dat  tecum:  Voilà  Chamaam ,  votre  serviteur, 
que  vous  pouvez  emmener  avec  vous.  —  2° 
Lieu  proche  de  Bethléem,  qu'on  croit  que 
David  donna  à  Chamaam.  Jer.  41.  17.  Sede- 
runt  peregrinantes  in  Chamaam:  Johanan  et 
tous  les  officiers  de  guerre  qui  étaient  avec 
lui  s'arrêtèrent  en  passant  à  Chamaam. 

CHAMiELEON ,  tis.  De  x»/*»'»  humi,  et  de 
Xéwv,  leo,  et  signifie  proprement  un  camé- 
léon, animal  qui  change  facilement  de  cou- 
leur, prenant  celle  des  corps  dont  il  est  pro- 
che, excepté  le  rouge  et  le  blanc  ;  herbe  épi- 
neuse qui  ressemble  aux  artichaux  :  cette 
herbe  est  ainsi  nommée,  parce  qu'elle  change 
de  couleur  selon  la  terre  ou  elle  vient  : 
dans  l'Ecr. 

Caméléon,  animal  selon  la  première  si- 
gnification de  ce  mot.  Il  était  immonde  chez 
les  Hébreux.  Levit.  11.  30.  C'est  une  espèce 
de  lézard. 

CHAMOS,  Heb.  Quasi  palpans.  Idole  ou 
Dieu  des  Moabites  qui  sont  appelés  peuple 
de  Chamos.  Num.  21.  29.  Jer.  48.  76.  Peristi, 
popule  Chamos  :  Vous  êtes  perdu,  peuple  de 
Chamos.  C'était  ou  Bacchus,  ou  Priape  dont 
les  sacrifices  étaient  très-abominables.  3. 
Reg.  22.  7.  Tune  cpdificavit  Salomon  fannm 
Chamos  idolo  Moab  :  En  ce  même  temps  Sa- 
lomon bâtit  un  temple  à  Chamos,  idole  des 
Moabilc»,  etc. 


$77  CHA 

CHANAAN,  Heb.  Negotiator.  De  Chanab, 
negotiari. 

h  Fils  de  Cham,  maudit  parNoé,  son  aïeul, 
parce  qu'il  s'était  moqué  delui,  et  qu'il  aver- 
tit Cham,  son  père,  de  son  indécence.  Gen.9. 
25.  Maledictus  Chanaan  :  Que  Ghanaan  soit 
maudit.  D'autres  croient  plutôt  qu'il  n'y  eut 
que  Cham  ,  cadet  de  Sem,  qui  se  moqua  de 
son  père,  et  que  son  fils  Chanaan  a  été  mau- 
dit en  sa  place,  de  peur  que  sa  malédiction 
ne  passât  à  ses  autres  enfants  ;  mais  elle  est 
demeurée  dans  la  poslérilé  de  Chanaan  qui 
avait  imité  l'impiété  de  son  père.  Gen.  9.  18. 
c.  10.  V.  6.  15.  1.  Par.  1.  8.  On  croit  que 
c'est  le  Mercure  du  paganisme.  Voy.  Boch. 
l.  1.  c.  2. 

2»  Toute  la  Palestine  ou  la  Terre  sainte  , 
laquelle  ayant  été  possédée  par  sept  peuples, 
fut  appelée  terre  de  Chanaan  ou  Chananée, 
du  nom  de  celui  qui  l'emportait  au-dessus 
des  autres.  Gen.  17.  8.  Dabo  tihi  et  semini 
tuo  terrant  peregrinationis  tuœ  omnem  terrain 
Chanaan:  Je  vous  donnerai  à  vous  cl  à  votre 
race  la  terre  où  vous  demeurez  comme  étran- 
ger, toute  la  terre  de  Chanaan.  c.  11.  31.  c. 
12.  5.  c.  28.  V.  1.  6.  8.  Act.  13.  19.  Deslruens 
gentes  seplem  in  terra  Chanaan  :  Ayant  dé- 
truit sept  nations  dans  la  terre  de  Cha- 
naan, etc.  Ainsi,  ce  mot  signifie  quelquefois, 
Hébreu,  comme  lingua  Chanaan,  i.  e.  He- 
brœa.  Isa.  19.  18.  parce  que  les  Hébreux 
s'en  sont  rendus  maîtres. 

3"  Une  partie  de  la  terre  promise  habitée 
parles  descendants  de  Chanaan,  située  le 
long  de  la  mer  Méditerranée  et  du  Jourdain. 
Gen.  13.  12.  Abram  habitavit  in  terra  Cha- 
naan'. Abram  demeura  dans  la  terre  de  Cha- 
naan. c.  10.  19.  Factique  sunt  iermini  Cha- 
naan venientibus  a  Sidone  Geraram  usque 
Gazam  ,  doncc  ingrediaris  Sodomatn  :  Les 
limites  de  Chanaan  furent  depuis  le  pays 
qui  est  en  sortant  de  Sidon  jusqu'à  Gérara 
et  Gaza,  jusqu'à  ce  qu'on  entre  dans  Sodo- 
me.  Is.  23.  11. 

k"  Marchand,  qui  trafique  et  qui  entend 
le  commerce.  Ezech.  17.  k.  Transportavit 
eam  in  terram  Chanaan  :  Il  la  transporta  dans 
la  lerre  de  Chanaan.  Le  prophète  parle  allé- 
goriquement  de  Jéchonias  qui  lut  transporté 
à  Babylone,  ville  célèbre  par  son  commerce. 
Les  marchands  sont  appelés  du  nom  de 
Chanaan,  parce  que  les  Phéniciens,  descen- 
dants de  Chanaat),  ont  été  depuis  longtemps 
fameux  en  leur  trafic.  Oso.  12.  7.  Chanaan 
in  manu  ejus  statera  dolosa:  Israël  est  comme 
un  marchand  qui  lient  en  sa  ntain  une 
balance  trompeuse.  Soph.  1.  Il,  Conlicuit 
omnis  populus  Chanaan  :  Toute  cette  race  de 
Ch.inaan  sera  réduite  au  silence.  Le  pro- 
phète qui  prédit  aux  Juifs  qu'ils  périront, 
appelle  de  ce  nom  ceux  de  Jérusalem,  parce 
qu'ils  imitaient  les  Chananéens  par  leur  im- 
piété comme  par  U'ur  trafic  Job.  iO,  25.  Is. 
23.  8.  Negotiator,  Hcbr.  C'/ianaan.  Zach.  li. 
21.  Mercalor.  H<b.  et  Gr.  Chananœus. 

CHANAANA,  Heb.  Mercalrix.  —  1^  Père 
du  faux  prophète  Sédécias.  3.  Reg.  22  v.  11. 
St.  Sedfcias,  filius  Channana ,  percussit  Vt- 
thœamin  maxillam  :  Sédécias.  fils  de  Cha- 


CHA 


m 


naana,  aonna  à  Michée  un  soufflet  sur  la 
joue.  2  Par.  18.  23.  —  2'  Un  des  descen- 
dants de  Benjamin.  2.  Par.  7.  10. 

CHANANiEUS  ,  CHANANtEI  ,  pour  CHA- 
NAANtEUS.  Voy.  Pheres^ei.  —  1»  Tous  les 
peuples  qui  sont  descendus  de  Chanaan, 
petil-fils  de  Noé,  qui  sont  rapportés.  Gen. 
10.  15.  etc.  c.  15.  V.  19.  20.  21.  c.  10.  18. 
Post  hœc  disseminaii  sunt  populi  Chanunœo- 
rum;  C'est  de  ceux-là  que  les  peuples  des 
Chananéens  se  sont  répandus  en  divers  pays. 
Voy.  Boch.  I.  k.  c.  36. 

2°  Précisément,  les  peuples  descendus  de 
Chanaan,  dont  les  terres  ont  été  occupées 
par  les  Israélites.  Gen.  12.  6,  Chananœus 
tune  erat  in  terra  illa,  i.  e.  Chananœi :  Les 
Chananéens  occupaient  alors  ce  pays.  c.  13. 
7.  c.  38.  2.  Vidit  ibi  filiam  hominis  Chana- 
nœi, etc.  Cette  signification  est  fréquente 
dans  l'Ecriture.  Les  Israélites  s'en  empa- 
rèrent avec  droit,  parce  que  ce  pays  ayant 
élé  assigné  aux  enfants  de  Sem,  les  Chana- 
néens s'y  étaient  jetés. 

3°  Plus  précisément  les  Chananéeens  qui 
habitaient  le  long  de  la  mer  et  sur  le  bord  du 
Jourdain.  Num.  13.  30.  Chananœus  vero  mo- 
ratur  juxta  mare  et  circa  fluenta  Jordanis. 
Gen.  15.  21.  c.  3i.  30.  Exod.  3.  v.  8.  17  c. 
13.  5.  etc.  En  un  mot  quand  les  Chananéens 
sont  spécifiés  et  distingues  des  autres  peu- 
ples, c'étaient  les  Phéniciens,  comme  est  ap- 
pelée la  femme  Chananéenne.  Marc.  7.  20. 
Syrophœnissa  génère.  MaUh.  15.  22.  Millier 
chananœa  a  finibus  illis  egressa  :  Une  femme 
Chananéenne  étant  sortie  de  ce  pays-là.  Les 
Septante  rendent  souvent  ce  mot  par  fohixsç. 

k"  Marchand,  qui  trafique.  Prov.  31.  2ï. 
CingulumtradiditChananœo:  Ella  a  donné  une 
ceinture  au  marchand.  La  femme  forte  tra- 
vaillait à  faire  des  ceintures  pour  les  vendre. 

5'  Chananéen,  surnom  de  Simon  l'apôtre. 
Matth.  10.  k.  Simon  Chananœus;  Gr.  xavavtr/j,-. 

Voy.   CANAN.EUS. 

CHANANl,  Heb.  Prœparatiomea.Vn  lévite. 
2.  Esdr.  9.  4. 

GHANANITIS  ,  idis.  Hebr.  Mercatrix. 
Chananéenne,  qui  e.st  de  la  Chananée.  Gen. 
46.  10.  Saul  filius  Chunanilidis  :  Exod.  6. 
15.  Siméon  avait  eu  Saiil  d'une  Chananéen- 
ne. 1.  Par.  2.  3. 

CHANATH.  Voy.  Canath.  Ville  de  la  tribu 
de  Manassé,  au  delà  du  Jourdain.  Num.  32. 
42.  Voy.  NoBE. 

CHAOS,  xâ(7f*a.  De  l'ancien  verbe  xàco  pour 
y^v.iv(o,  hisco,  et  signifie  proprement  confu- 
sion de  choses  :  dans  l'Ecriture  : 

Profondeur  extrême  et  comme  immense, 
gouffre,  abîme,  comme  quand  la  terre  s'en- 
tr'ouvre.  Luc.  16.  26.  Inter  nos  et  vos  chaos 
magnum  firmatum  est  :  11  y  a  pour  jamais  un 
grand  abîme  entre  vous  et  uous,  dit  Abraham 
au  riche  enseveli  dans  l'onfer.  Cette  distance 
profonde  qui  est  entre  les  bienheureux  et  les 
damnés  est  devenue  entièrement  insurmon- 
table par  la  volonté  immuable  el  la  puis- 
sance de  Dieu. 

GHARACTER  ,     IS.     ^àparf^u,    de    y^^apiad',), 

insculpo,  inscribo  ,   el   signifie    propremcnl 
marque  (|uo  l'on  imprime  sur  les  animaux 


r79 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGUE  SACREK. 


fiSO 


pour  les  reconnaître  de  ceux  d'autrui ,  le 
style,  le  caractère,  la  manière  de  s'expriuier 
qui  est  propre  à  chaque  orateur  ou  écrivain  : 
dans  l'Ecriture  : 

Caractère,  marque  imprimée  pour  recon- 
naître. Apoc.  13. 16.  Et  faciet  omnes...  habere 
charncterem  in  deartera  manu  sua,  aut  in  fron- 
tibus  suis  :  Cette  autre  béte  fera  encore  que 
tous  les  hommes  reçoivent  le  caractère  de  la 
béte  à  la  main  droite  ou  au  front.  Cette 
marque,  selon  le  sentiment  commun,  sera 
celle  que  recevront  ceux  qui  seront  soumis 
à  l'Antéchrist,  pour  les  distinguer  des  vrais 
Chrétiens.  Voy.  v.  17.  c.  li.  v.  9. 11.  c.  16.  2. 
c.  19.  20  c.  20.  4.  elle  caractère  que  rece- 
vront les  vrais  Chrétiens,  est  le  nom  de  Dieu 
que  Dieu  écrira  sur  eux.  Voy.  c.  3.  12. 
'  CHARADRIUS  ou  CHARADRION  ,  Heb, 
Chasida  de  Chesed,  Misericordia  :  y^ccpàSpioç. 
Ce  nom  est  dérivé  du  bien  que  cet  animal 
fait  à  ses  père  et  mère,  les  nourrissant  dans 
leur  vieillesse  à  cause  de  leur  faiblesse  ;  et 
signifie  : 

Cigogne,  oiseau  qui  était  immonde  parmi 
les  Hébreux.  Levit.  11.  19.  Deut.  14,  18. 
D'autres  disent  que  c'est  une  espèce  de  fau- 
con ou  de  milan  ;  d'autres  que  c'est  un  geai 
ou  un  pivert. 

CRARAN.  Voy.  Hâran,  Aran  ou  Ara. 
Heb.  Ira.  —  1°  Ville  de  Mésopotamie ,  où 
Tharé,  père  d'Abraham,  vint  demeurer  avec 
Abraham  et  Loth,  en  quittant  Ur  de  Chaldée. 
Act.  7,  V.  2.  4.  Éxiit  de  terra  Chaldœorum 
et  habitavit  in  Charan  ;  Gr.  Charran  :  Il  sor- 
tit de  la  Chaldée,  et  vint  demeurer  à  Charan. 
Judith,  5.  8,  Quelques-uns  croient  qu'il  y  a 
eu  deux  vocations  d'Abraham  différentes 
l'une  de  l'autre;  mais  il  paraît  plus  vrai- 
semblable que  son  père  étant  mort,  il  ne 
voulut  point  demeurer  à  Charan,  et  passa 
jusqu'au  pays  de  Chanaan,  pour  accomplir 
ce  que  Dieu  lui  avait  commandé.  C'est  cette 
ancienne  ville  de  Carres  ,  célèbre  par  la 
défaite  de  Crassus.  Elle  a  été  bâtie  par  Aran, 
frère  d'Abraham.  Voy.  Bock.  /.2.  c.  14. 

2"  Ville  entre  Rages  et  Ninive,  où  arriva 
Tobie  avec  l'Ange  le  onzième  jour,  Tob,  11, 
1,  Pervenerunt  ad  Charan  quœ  est  in  medio 
itinere  :  Ils  arrivèrent  à  Charan  qui  est  au 
milieu  du  chemin.  Le  Grec  n'en  dit  rien, 

CHARAN,  Heb.  Quasi  cantans.  Fils  de  Di- 
son.Gen.  36,  26.  l.Par,  1,41. 

CHARAX.  Ville  de  l'Arabie  Pélrée.  2, 
Mach.  12,  17,  Venerunt  in  Characa  ad  eos, 
qui  dicuntur  Tubianœi  Judœos  :  Us  vinrent  à 
Characa  vers  les  Juifs,  qui  s'appellentT.ubia- 
néens,  V,  Tob. 

CHARCAMIS,  Heb.  Agnus  quasi  ablatus. 
Ville  située  sur  l'Euphrale,  forcée  par  le  roi 
des  Assyriens,  Is.  10.  9.  oùNécao  allait  pour 
faire  la  guerre  ayx  Rabyloniens,  quand  Jo- 
sias  s'opposa  à  son  passage,  2.  Par,  35.  20. 
Jer.  46.  2.  On  croit  que  c'est  fercusmm. 

CHARCx\S,  Heb.  Agni  thronus.  Un  des  eu- 
nuques ou  premiers  officiers  d'Assuérus. 
Esth.1.10. 

CHARISMA,  ATis  xâ/3tff//a,  du  Grec  xâ/st?, 
gratia;  et  signiGe  dans  l'Ecriture  ; 

Don  spirituel,  tel  que  celui  des  langues, 


de  faire  des  miracles,  ete.  que  le  Saint-Es- 
prit donnait  à  quelques-uns  au  commence- 
ment, pour  l'édification  et  l'établissement  de 
l'Eglise.  1.  Cor.  12.  31;  Mmulamini  uutem 
charismata  meliora  :  Désirez  les  dons  les 
plus  parfaits  ;  se.  qui  sont  les  plus  utiles  à 
l'Eglise.  \ 

CHARITAS,  ATIS,  àyânn,  n?.  De  charus,  et 
signifie  charité,  amour,  soit  pour  Dieu ,  pour 
sa  patrie,  pour  le  père;  la  mère,  les  enfants, 
etc.  dans  l'Ecriture. 

1"  Amour,  tendresse,  bienveillance,  ami- 
tié (àyâ-riGiç).  Ose.  11.  4.  In  funiculis  Adam 
traham  eos,  in  vincuiis  charitatis  :  Je  les  ai 
attirés  à  moi  par  tous  les  attraits  qui  ga- 
gnent les  hommes,  par  tous  les  attraits  de 
la  charité,  lettr,  par  les  cordeaux  de  la  cha- 
rité, se.  pour  me  servir  et  observer  mes  com- 
mandements. La  métaphore  semble  tirée  de 
l'engagementoùles  laboureurs  mettent  adroi- 
tement  et  avec  douceur  les  animaux  qu'ils 
accoutument  insensiblement  au  labourage 
ou  au  charroi.  Vrov.  10.  12.  c.  15.  17.  2. 
Mach.  14.  26.  Rom.  12.  10.  1.  Cor.  4.  21.  1. 
Thess.  4.  9.  2.  Thess.  2,  5.  1.  Joan.  4.  8.  De 
là  vient  cette  façon  de  parler  : 

Labia  charitatis.  Lèvres  d'amour,  de  ten- 
dresse, paroleâ  qui  font  paraître  de  la  ten- 
dresse et  de  l'affection ,  des  paroles  tendres, 
un  discours  engageant  qui  touche  et  pénètre 
le  cœur.  Judith.  9.  13.  Percuties  eum  ex  la- 
biis  charitatis  meœ  :  Frappez  ce  superbe  par 
l'agrément  des  paroles  qui  sortiront  de  ma 
bouche,  dit  Judith  à  Dieu  au  sujet  d'Holo- 
pherne.  Voy.  c.  12.  v.  13.  14.  15.  16. 

2°  Amour  essentiel  qui  convient  à  Dieu  et 
aux  trois  personnes  de  la  sainte  Trinité.  1. 
Joan.  4.  16.  Deus  charitas  est  :  Dieu  est 
amour  par  essence,  par  laquelle  il  s'aime 
soi-même  comme  parfaitement  bon  et  infini- 
ment aimable,  et  comme  principe  et  source 
de  toute  charité.  De  là  vient  :  Qui  manet  in 
charitate,  in  Deo  manet,  et  Deus  in  eo  :  Qui- 
conque demeure  dans  l'amour  demeure  en 
Dieu,  et  Dieu  demeure  en  lui  ;  néanmoins  ce 
nom  qui  est  commun  aux  trois  personnes, 
est  attribué  au  Saint-Esprit,  comme  la  sa- 
gesse au  Fils.  Voy.  Est.  Dist.  10.  §.  1.  §.  4. 

3°  Charité,  amour  de  Dieu  et  du  prochain. 
Matth.24.  12.  Refrigescet  charitas  multorum: 
La  charité  de  plusieurs  se  refroidira;  se.  au 
temps  des  persécutions  qui  précéderont  le 
dernier  jugement.  Luc.  11.  42.  Rom,  14.  15. 
1.  Cor.  8.  V.  1.  4.  c.  13.  1;  Ainsi  1.  Petr,  1. 
22.  Animas  vestras  castificantes  in  obedien^ 
tia  charitatis  :  Rendez  vos  âmes  pures  par 
une  obéissance  d'amour;  Gr.  de  vérité;  se. 
par  la  foi,  excitée  et  formée  en  vous  par 
l'application  à  entendre  l'Evangile  par  l'opé- 
ration du  Saint-Esprit.  Voy.  Act.  15.  9. 
Ainsi,!.  Joan.  4. 16.  mais  Ephes.  1.  4.  Elegit 
nos  in  ipso  ante  mundi  eonstitutionem,  ut 
essemus  sancti  et  immaculati  in  eonspeclu 
ejus  in  charitate  :  Dieu  nous  a  élus  en  lui 
avant  la  création  du  monde  par  l'amour 
qu'il  nous  a  porté  ,  afin  que  nous  fussions 
saints  et  sans  tache  devant  ses  yeux  ;  d'au?» 
1res  l'enlendenl  de  l'amour  de  l'homme  en** 


6gi 


CHA 


CHA 


682 


vers  Dieu,  rapportant  m  c/io(n7«/e  à  sancti  et 
immaculali. 

V  Amour  que  Dieu  a  pour  les  hommes, 
qui  est  exprimé  allégoriquemcnt  Gant.  2.  4. 
Ordinavil  in  me  charitatem  :  l\  a  réglé  dans 
moi  mon  amour;  lettre.  Il  a  ordonné  dans 
moi  la  charité,  qui  est  cet  amour  dont  Jé- 
sus-Christ nous  a  aimés.  Ephes.  5.  2.  2. 
Thess.  2.  16.  Rom.  5.  5.  Ainsi  Gant.  8.  7. 
Cet  amour  était  figuré  par  celui  que  Dieu  a 
porté  au  peuple  d'Israël.  Jerem.  2.  2.  JRecor- 
datns  sum  ttii^  miserans  adolescentiam  tuam, 
et  charitatem  desponsationis  tuœ  :  Je  me  suis 
souvenu  de  vous,  ayant  compassion  de  votre 
jeunesse:  je  me  suis  souvenu  de  l'amour  que 
j'eus  pour  vous,  lorsque  je  vous  pris  pour 
mon  épouse  ;  cet  amour  fut  celui  qui  porta 
Dieu  à  faire  alliance  avec  le  peuple  juif,  en 
lui  donnant  sa  loi  et  le  choisissant  pour  son 
peuple,  c.  31.  3.  Rom.  5.  8.  Ephes.  2.  4.  1. 
Joan.  3.  1.  c.  h.  9.  10.  16.  Voy.  Supra  3".  sur 
Ephes.  1.  4.  De  là  viennent  ces  phrases  : 

Gharitas  Dei,  Christi,  Patris.  —  1°  L'a- 
mour que  Dieu,  que  Jésus-Christ  a  eu  pour 
nous.  Ephes.  3.  10.  Dei  vobis...  ut  possitis 
scire  etiam  supereminentem  scientiœ  charita- 
tem: Que  Dieu  vous  fasse  la  grâce  de  pou- 
voir connaître  cet  amour  de  Jésus-Christ 
envers  nous,  qui  surpasse  toute  connais- 
sance. 2.  Cor.  13.  13,  1.  Joan.  3.  1.  Yidete 
gualem  charitatem  dédit  nobis  pater,  ut  filii 
Dei  nominemur  et  simus  :  Considérez  quel 
amour  le  Père  nous  a  témoigné  de  vouloir 
que  nous  soyons  appelés,  et  que  nous  soyons 
en  effet  enfants  de  Dieu. 

2°  L'amour  que  nous  lui  portons.  2.  Thess. 
3.  5.  Deus  dirigat  corda  vestra  in  charitate  : 
Que  le  S'igneur  conduise  vos  cœurs  dans 
1  amour  de  Dieu  et  dans  la  patience  de  Jésus- 
Christ,  i.  e.  vous  porte  à  l'aimer;  selon  le 
Grec,  Qu'il  conduise  et  porte  vos  cœurs  à 
lamour  de  Dieu  et  à  l'attente  de  Jésus- 
Christ,  i.  e.  de  son  avènement.  1.  Joan.  2.  v. 
5.  15.  Si  guis  diligil  mundum,  non  est  charitas 
Patris  in  eo  :  Si  quoiqu'un  aime  le  monde, 
l'amour  du  Père  n'est  point  en  lui;  parce 
qu'il  aime  le  monde  qui  est  ennemi  du  Fi!s 
de  Dieu.  Joan.  15.  18.et  parconséquent  il  de- 
vient ennemi  du  Fils  de  Dieu  ,  d'où  il  arrive 
qu'il  h;iil  le  Père  Eternel.  Y. 23.  Ainsi  c.  3. 17. 

3° L'amour  que  Dieu  a  pour  nous  ou  que 
nous  avons  pour  lui.  Rom.  5.  o.  Charitas  Dei 
diffusa  est  in  cordibus  nostris  :  L'amour  de 
Dit  u  a  été  répandu  dans  nos  cœurs  :  cet 
amour  est  celui  que  Dieu  nous  porte  en  Jé- 
sus-Christ, le!|uel  excite  en  nous  l'amour  de 
Dieu  et  du  prochain.  Voy.  Rom.  8.  v.  35.  38. 
39.  Ainsi  2.  Cor.  5.  14. 

CuAniTAS  spirilus,  sancti  Spiritus.  Charité 
spirituelle  dont  le  Saint-Esprit  est  auteur. 
Gai.  5.  13.  Per  charitatem  spiritus  servile  in- 
vicem  :  Assujetliss(  z-vous  les  uns  aux  au- 
tres par  une  rharilé  spirituelle.  L  Apôtre 
lériioigne  aux  Galates  que  (juoiquc  les  Juifs 
soient  délivrés  de  l.i  loi  servile  des  cérémo- 
fiies  légales  par  celle  do  l'Evangilo,  cepen- 
dant elle  ne  les  dispense  pas  de  l'assujellis- 
sementà  la  mulu(  lie  chanle  et  à  cette  union 
d'esprit  qui  est  une  parfaite  liberté.  Uom.  15. 

DlCTlONN.    DE    PhILOL.    SàCRÉE.    I. 


30.  Obsecro  vos...  per  charitatem  sancti Spiri- 
tus  :  Je  vous  conjure...  par  la  charité  du 
Saint-Esprit. 

Charitas   fraternitatis  ,  ^f/aSs/^îa.  Amour 
fraternel  que  les  fldèles  ont  les  uns    pour 
les  autres.  Rom.    12.  10.    Charitate   frater- 
nitatis  invicem  diligentes  :  Gr.    in  invicem 
amanter  affecti  :  Que  chacun  ait   pour  son    ! 
prochain  une  affection  vraiment  fraternelle.    ; 
Cet  amour  est  non-seulement  celui  qui  est   \ 
entre  ceux  qui  sont  unis  par  le  sang  ;  mais    ' 
encore  entre  ceux  que  la  foi  a  rendus  frères    \ 
en  Jésus-Christ,  et  enfants  et  héritiers  du 
même  Père  céleste  Voy.  1.  Thess.  4.  9.  Heb. 
13.  1.  1.  Pet.  1.  22.  etc. 

5°  Zèle,  ferveur.  Apoc.  2.  4.  Hdbeo  adver- 
sum  te  guod  charitatem  tuam  primam  reli- 
guisti  :  J'ai  un  reproche  à  vous  faire,  qui  est 
que  vous  vous  êtes  relâché  de  votre  première 
charité;  lettr.  que  vous  avez  laissé  votre, 
etc.  dit  Dieu  à  l'évêque  d'Ephèse,  qui  s'était 
relâché  dans  les  fonctions  de  sa  charge  et 
dansla  pratique  des  bonnes  œuvres. V^oy.v.  5. 

6"  Ce  qui  est  brillant,  éclatant  et  aimable. 
Gant.  3.  10.  Media  charitate  constravit  prop- 
ter  filias  Jérusalem  :  Salomon  a  orné  le  mi- 
lieu de  la  litière  qu'il  s'est  faite  de  bois  du 
Liban,  de  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  précieux 
en  faveur  des  filles  de  Jérusalem  ;  autr.  de  la 
charité  même  ;  ces  choses  précieuses  peuvent 
être  l'or,  les  pierres  précieuses.  Quelques 
interprètes  disent  que  Salomon,  pour  recon- 
naître l'affection  que  tout  Jérusalem  avait 
pour  lui,  écrivit  au  milieu  de  son  chariot  : 
Je  l'aime,  ma  chère  Jérusalem. 

CHARMEE,  Heb.  yl/7Mt<s  circumcisus.  Plaine 
fertile.  Is.  29.  17.  Nonne  convertetnr  Liba- 
nus  in  Charmel,  et  Charmel  in  saltum  reputa- 
bitur?  Le  Liban  avec  ses  grands  arbres  ne 
sera-t-il  pas  bientôt  changé  on  plaine,  et  la 
plaine  en  une  forêt?  C'est  une  allégorie  par 
laquelle  le  prophète  prédit  que  quand  le 
JMossie  sera  venu,  les  orgueilleux  seront  hu- 
miliés, les  humbles  seront  élevés.  Ainsi,  c. 
32.  15.  Erit  desertum  in  Charme!^  et  Char- 
mel in  saltum  reputabitur  :  Alors  tout  chan- 
gera de  face;  les  terres  stériles  deviendront 
fertiles,  les  âmes  abandonnées  seront  rem- 
plies des  dons  du  S.iinl-Esprit,  et  ceux  qui 
paraissaient  florissants  et  heureux  seront 
dénués  de  tous  leurs  biens.  Voy.  Garmel.  Il 
paraît  que  le  moi  saltus  se  peut  prendre  en 
bonne  et  mauvaise  part.  Voy.  Libanus. 

CHARMI,  Heb.  Mnea.  —  1°  Un  des  fils  de 
Ruben.  Gen.  46.  9.  Filii  Ruben.  Hcnoch  et 
Phallu  et  JJesron  et  Char  mi.  Exod.  6.  14. 
Num.  26.  6.  1.  Par.  5.  3.  —  2^  Le  père  d'A- 
chan  des  descendants  de  Juda.  Jos.  7.  v.  1. 
18.  1.  Par.  2.  7.  Filii  Charmi,  Achar  (  ou 
Achan  )  gui  turbavit  Israël  et  pcccavit  in 
furto  analhemalis  :  Charmi  n'eut  d'enfant 
qu'Aehar  qui  iroubla  Israël,  et  pécha  par  un 
larcin  du  butin  desiiné  à  être  brûlé.  —  3'  Un 
des  anciens  qui  gouvernaient  la  ville  de  Bé- 
Ihulie.  Jndiih.  <».  U,  Charmi  gui  et  Gotho- 
niel.  c.  8.  9. 

CHARMlTiE,  Heb.  Idem.  Descendants  de 
Charmi,  fils  de  Uuben.  Num.  26.  6.  Charmi  a 
guo  familia  Charmilarum. 

22 


685 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


r>84 


CHARRÂN.Voy.  Charan. 

CHARSENA  ,  Heb.  Agnus  anniculus.  Un 
des  st'pl  conseillers  d'Assiiérus,  sages  et  ha- 
biles dans  l'inlerprélalion  jdes  lois.  Eslh.  1, 
14. 

("HARTA,  M.  xâ/î->3?,  de  ;)^«û«(r(Tw,  insculpo, 
in>iribo,  imprima,  et  sigiiiQe  proprement 
do  papier;  le  pluriel  est  pris,  dans  Ovide  et 
d  '  s  Perse,  pour  les  livres,  la  matière,  pour 
I'g   vrage  :  dans  l'Ecriture: 

apier  pour  écrire  (  ptQ.îov  ).  Tob.  7.  16. 
Et  accepta  charta,  fecerunt  conscriptionem 
cimjugii  :  Ayant  pris  un  papier,  on  ûl  l'écrit 
du  fn;iriage  entre  le  jeune  Tobie  et  Sara,  fille 
de  R-igiiel.  2.  Joan.  v.  1-2.  Scribere  nohii  per 
charifun  et  alrnmentinn  :  Quoique  j'eusse  plu- 
sieurs choses  à  vous  écrire,  je  n'ai  pas  voulu 
le  f  :irf  sur  du  papier  et  avec  de  l'encre. 

CHARUS,  A,  UM.  Du  Grec  zc'ptç,  ou  x^pisiç, 
et  signifie  proprement  cher,  qui  est  cher  à 
que  qu'un,  qui  est  aimé  de  lui  ;  dans  l'Ecri- 
ture : 

1"  Chor,  bien  aimé.  2.  Marb.  li.  2i,  Habe- 
bat  autem  Judum  semper  chnrum  ex  animo 
(h  -(ooTWTTw)  :  Nicanor  aimait  toujours  Judas 
d'un  amour  sincère. 

2°  Aiiii,  allié,  en  parlant  de  l'alliance  et  de 
l'union  qui  se  trouve  entre  deux  ou  plu- 
sieurs peuples  (  àyaTTwv,  dUigens  ).  Thren,  1, 
2.  Non  est  qui  consoletur  eam  ex  omnibus 
charis  ejus  :  De  tous  ceux  qui  étaient  chers 
à  Jérusalem,  il  n'y  en  a  pas  un  qui  la  con- 
sole dans  l'affliction  où  elle  est  de  sa  perte 
et  de  sa  captivité.  Delà  vient  :  1°  : 

Chabior,  Comparatif  de  charus,  est  pris 
dans  l'Ecriture  pour  le  superlatif,  et  si- 
gnifie : 

Le  plus  cher,  le  plus  précieux  {nu-to-K-o;). 
Sap.  12.  7.  Tibi  omnium  charior  est  terra  :  La 
terre  qui  était  la  plus  chère  à  Dieu  est  la 
Terre-Sainte.  2°  Le  superlatif, 

ChARISSIMDS  ,     A,     CM.    «yaTr/jTÔf.  Du  pOSitif 

charus,  et  signifie  dans  l'Ecriture  : 

Bien-aimé,  très-cher,  qu'on  aime  tendre- 
ment. Marc.  9.  6,  Hic  est  jilius  7neus  charissi- 
tnvs  :  Celui-ci  est  mon  Fils  bien-aimé  ;  c'est 
ce  que  fit  entendre  la  voix  qui  sortit  de  la 
nuée  à  la  Transfiguration  de  Jésus-Christ, 
Voy,  v,  1.  6.  Ce  mot  àya-n-ôç,  que  l'inter- 
prète latin  rend  très-souvent  par  charissimus, 
au  moins  dans  les  Epîlres  des  Apôtres,  sem- 
ble avoir  une  signification  plus  forte  que  le 
mot  latin  dileclus;  mais  il  ne  marque  pas 
partout  également  la  grandeur  de  l'affection. 
Anciennement,  dans  lEglise,  on  saluait  de 
ce  nom  tous  les  fidèles.  L'interprète  lalin 
met  volontiers  le  superlatif  pour  le  positif, 
non-seulement  en  ces  mots  :  charissimi,  dilec- 
tissimi ,  mais  encore  en  beaucoup  d^autres 
qui  se  trouveront  en  leur  lieu.  Cant,  5.  1,  c. 
7.6.  Rom,  11.28.  c  12,  19, 

CHASELON,  Heb.  Fiducia  ejus.  Père  d'E- 
li.ib,  de  la  tribu  de  Zabulon.  Num.  34-.  21, 
Voy,  Eliab, 

:HASLUIM,  Heb,  Tegumentum  tabularum. 
Si  ièuu'  fils  de  Mesraïni.  Gen,  10.  14.  Voy. 
Ci  sLUiM,  Casphias,  etc. 

JHASPHIAS.    Heb.   Argentaria.  Casphie, 


lieu  ou  quartier  près  deBabylone.  1.  Esd.  8. 
17. 

CHEBBON,  Heb  Exstinguens.  Ville  de  la 
tribu  de  Juda.  Jos.  15.  40. 

CHEBRON.  Heb.  Socielas.  Ville.  1.  Mach. 
5.  65,  Percussit  Chebron  :  Il  prit  par  force 
Chebron.  C'est  une  ville  d'Idumée,  située 
sur  une  montagne  de  Judée,  que  les  Idu- 
méens  occupaient  alors.  Judas  accouiplis- 
sait  en  cela  ce  qui  avait  été  prédit  longtemps 
auparavant  par  Abdias,  Sophonie,  et  d'au- 
tres prophètes. 

CHELEAB,  Heb.  Totus  pater.  Second  fils 
de  David  qu'il  eut  d'Abigaïl.  2  Reg.  3.  3.  Et 
post  eum  Cheleab  de  Abigail  uxore  Nabal  Car* 
meli.  Il  est  appelé  Daniel.  1.  Par.  3.  1. 

CHELIAU,  Heb.  Totus  ipse.  Un  de  ceux 
qui  se  séparèrent  de  leurs  femmes.  1.  Esd. 
10.  35. 

CHELION,  Heb.  Consummatus.  Fils  d'Eli- 
melech  et  de  Noemi.  Rulh.  1.  2.  c.  4.9. 

CHELLON,  Heb.  Consummatio.  Voy.  Cel- 

LON. 

CHELMAT,  Heb.  Quasi  docens.  Pays  par- 
mi les  Mèdes.  Ezech.  27.  23.  Les  peuples  de 
ce  pays  trafiqu.iieut  à  la  foire  de  Tyr,  ou 
étaient  marchands  pour  la  ville  de  Tyr. 

CHELMON,  Heb.  Exercitus.  Ville  près  de 
Béthulie.  Judith.  7.3. 

CHELUB,  Heb.  Canistrum.  Père  d'Esri.  1. 
Par.  27.  26. 

CHENNE,  Heb.  Basis.  Ville  située  sur  le 
Tigre,  autr.  Chalane.  Ezech.  27.  23.  Haran, 
Chine  et  Edcn.  Celle  ville  a  été  depuis  ap- 
pelée Ciésiphon  par  les  Parthes.  Vov.  Chalane 

et  CAL4N0. 

CHERUB,  Heb.  Quasi  puer.  Un  de  ceux 
qui  ne  purent  fournir  de  preuves  de  leur  ori- 
gine. 1.  Esd.  2.  v.  59.  2.  Esd.  7.  61.  Cherub 
et  Addon  et  Emmer  :  d'autres  croient  que  ce 
sont  les  noms  propres  des  lieux  où  ils  étaient 
exilés  pendant  leur  c  iptivilé. 

CHERUB,  au  pluriel  CHERUBIM.  /jcovÇi^. 
Ce  mot,  qui  vient  de  l'Hebr.  Charab,  formavit, 
signifie  proprement  toute  sorte  d'image  ou 
de  figure  dans  l'Ecriture  : 

1°  Chérubins  représentés  sous  la  figure 
d'homme.  2.  Par.  3.  v.  10.  11. 12. 13.  Jpsi  au- 
tem stabant  erectis  pedibus,  et  faciès  eorum 
erant  versœ  ad  exleriorem  domum  :  Les  deux 
chérubins  que  fit  f.iire  Salomon  dans  le  sanc- 
tuaire, étaient  représentés  droits  sur  leurs 
pieds,  et  leurs  faces  tournées  vers  le  Temple 
extérieur.  3.  R(  g.  6.  23.  On  croit  que  ces 
deux  chérubins  que  fit  Salomon  étaient  de  la 
même  figure  que  ceux  que  Moïse  avait  fait 
faire  aux  deux  côtés  del'archcquiavaient  le 
visage  tourné  vers  lepropitiatoire.  Exod.  25. 
V.  18.  19.  20.  Respiciebanlque  se  muluo; 
Hebr.  et  faciès  eorum  erat  viri  ad  fratrem 
5aum;  En  se  regardant  l'un  l'autre  ils  éten- 
daient leurs  ailes  sur  le  propitiatoire,  d'où 
Dieu  donnait  ses  ordres  à  Mo'ïse.  v.  22.  Inde 
prœcipiam  et  loquar  ad  te  supra  propitialo-' 
rium,  ac  de  mcdio  dunrum  cherubim.  C'est 
pour  cela  qu'il  e>t  dit  que  Dieu  est  assis  sur 
les  chérubins.  1.  Reg.  4.  4  2.  Reg.  6.  2.  4. 
Rcg.  19.  15.  Qui  sedes  super  cherubim.  Ainsi 
Ps.  79.  2.  et  Ps.  98.  1.  Dan.  3.  55.  Mais  parc« 


685 


CHE 


CHL 


686 


que  CCS  chérubins  sonf  représentés  comme 
étant  ailés,  il  est  dit  que  Dieu  est  monté  des- 
sus :  ce  qui  est  une  façon  de  parlor  figurée, 
pour  marquer  la  vitesse  avec  laquelle  il  vient 
secourir. 2.  R-g.  22.  H-  Ps.  17. 10.  FA  ascen- 
dit  super  cherubim.  De  là  vient, 

2°  Les  chérubins  que  Salomon  fit  faire  dans 
!e  sanctuaire  du  temple.  3.  Rcg.  6.  23. 1.  Par. 
28.  18.  2.  Par.  3.  v.  10.  11.  12.  13.  Ezech.  k\. 
V.  18.  20.  25.  Ainsi  les  figures  de  chéru- 
bins en  broderie  que  Salomon  fit  faire  sur 
le  voile  du  temple.  2.  Par.  3.  14.  Les  figures 
des  chérubins  dontil  orna  toutes  les  murail- 
les du  temple,  3.  Rcg.  6.  29.  2.  Par.  3.  7.  cel- 
les qu'il  fit  mettre  sur  les  portes  de  l'entrée 
de  l'oracle,  v.32.et  du  temple,  v.  33.  35.  et 
en  plusieurs  autres  endroits.  Il  est  à  remar- 
quer que  quand  ce  mot  cherubim  ne  s'écrit 
point  avec  la  lettre  tau,  il  marque  des  ouvra- 
ges de  tapisseries  ou  de  broderies:  quand  il 
s'écrit  avec  celte  lellre,  il  signifie  plutôt  des 
animaux  que  des  ouvrages. 

3°  Chérubins  sous  la  figure  de  quelques 
animaux.  Eccli.  49.  10.  Ezech.  1.  5. /n  medio 
ejus  similitudo quatuor  animalium:  Au  milieu 
du  feu,  on  voyait  la  ressemblance  de  quatre 
animaux,  v.  13.  15.  Le  prophète  marque,  c. 
10.  V.  20,  que  ces  mêmes  animaux  étaient  des 
chérubins.  Voy.  c.  1.  v.  3.  5.  Ainsi,  le  mot 
bovis,  qui  est,  c.  1.  10.  est  rendu,  ch.  10.  14. 
par  celui  de  Cherub.  Ces  chérubins  sont  appe- 
lés pleins  de  gloire,  Heb.  9.  5.  par  rapport  à 
ce  qui  est  dit  Eccli.  49.  10.  11  semble  que 
ces  animaux  dont  parle  Ezech.  c.  1.  v.  3.  o. 
avaientlevisaged'homme,Ies  ailes  d'aigle,  les 
crins  du  lion,  et  les  pieds  du  bœuf.  Le  pro- 
phète appelle  ces  quatre  formes  du  nom  d'a- 
nimaux,  v.  5.  13.  15.  et  quelquefois  animal, 
au  singulier,  c.  10,  5.  Et  elevata  sunt  Cheru- 
bim, ipsum  est  animal  quod  videram;où  le  mot 
cherubim  ou  cherub  est  mis  de  neutre;  parce 
qu'il  est  de  ces  noms  étrangers  qui  n'ont 
pointdesexe.  Or,  ces  quatre  formes  ne  mar- 
quent autre  chose  que  ce  que  Moïse,  à  qui 
Dieu  apparut  sur  la  montagne  de  Sinaï,  lui 
dit,  Exnd.  34.  6.  savoir,  qu'il  était  plein  de 
compassion  et  de  clémence,  et  lent  à  se  ven- 
ger: ce  qui  est  marqué  par  le  visage  de 
l'homme  et  les  pieds  du  bœuf,  et  qu'il  est 
prompt  à  secourir  et  à  faire  du  bien.  2.  Reg. 
22. 11.  Ps.  17.  10.  Le  visage  du  l'homme  est  le 
symbole  de  la  bonté,  l'aigle  de  la  vitesse,  le 
lion  marque  la  vengeance,  et  le  bœuf  la  len- 
teur: on  peut  voir  Grotius,  in  Exod.  25.  18. 
ctHeb.  4.  5.  et  Spencer,  Dissert.  5.  scct.  2. 
qui  font  voir  que  chaque  chérubin  avait  ces 
quatre  formes,  et  approchait  plus  de  celle  du 
bœuf,  pour  marquer  les  différentes  proprié- 
tés de  Dieu  et  des  anges. 

4"  Les  anges  sont  appelés  Chérubins.  Gcn. 
3.  24.  du  mot  Heb.  cherub,  qui  signifie  toute 
sorte  de  forme,  d'homme  ou  d'. mimai;  puce 
qu'ils  avaient  coutume  de  paraître  sous  ililTé- 
rentes  fornMS.  Ezech.  10.  v.  9.  10.  c.  10.  v. 
14.  15.  20.  Plusieurs  ont  cru  (ju  ils  étaient 
appelés  Cherubim,  à  cause  de  la  grandeur  et 
delà  plénitude  de  leur  scienre;  parce  que 
l-ij  signifie  multitude,  le  3  est  marque  de 
similitude,  et  2r,  signifie  docteur,  maître:  ce 


qui  a  donné  occasion  de  dire,  que  les  chéru- 
bins appartiennent  à  la  première  hiérarchie; 
parce  qu'ils  excellent  en  science  au-dessus 
des  autres  anges.  Voy.  Saint  Grégoire  le 
Grand,  dans  l'Homel.  34.  sur  les  Evangiles. 
D'autres  croient  que  ce  nom  est  commun  à' 
tous  les  anges. Les  anges  étaientconnus  aux 
Israélites  sous  ce  nom,  à  cau«e  des  chéru- 
bins qui  étaient  sur  l'arche,  et  étaient  regar- 
dés comme  des  armées  bienheureuses  que 
Dieu  employait  à  son  service.  2.  Reg,  22.  11. 
Aussi  quelques-uns  croient  que  le  nom  de 
Cherub,  en  Syriaque  et  Chaldéen,  marque  la 
force  et  la  puissance;  parée  qu'il  signifie  un 
bœuf,  dont  on  connaît  la  force.  Voy.  Spen- 
cer, Dissert.  V.  de  Cherdbinis. 

5  Les  rois  puissants,  pleins  de  gloire  et 
de  majesté,  par  rapport  aux  chérubins  écla- 
tants qui  couvraient  l'arche,  sont  appelés  de 
ce  nom:  tel  était  le  roi  de  Tyr.  Ezech.  28.  v. 

14.  16.  Tu  Cherub  exlentus  et  protegens :Vous 
étiez  le  chérubin  qui  étendiez  vos  ailes:  Ce 
roi  était  aussi  la  figure  du  démon  tombç  de 
sa  gloire.  Voy.  Lapis. 

G'  Le  char  de  triomphe  ou  trône  de  justice, 
composé  dos  quatre  animaux  mystérieux. 
Ezech.  8.  3.  Gloria  Domini  assumpta  est  de 
Cherub. 

CHESELETHTHAROR,  Heb.  Temeritates 
electionis.  Ville  ou  Canton  qui  borne  la  tribu 
de  Z  tbulon,  Jos.  19.  12.  Voy.  Ceseleth. 

CHESLON,  Heb.  Fiducia  ejus.  Ville  qui 
borne  la  tribu  de  Juda  du  côté  du  nord.  Jos. 

15.  10.  70.  Tzrjliç  ixpiu.  Ainsi  il  paraît  que 
c'est  Carialhiarijii. 

CHIDON  Heb.  Jaculum,  Nom  propre 
d'homme  ou  de  lieu.  1.  Par.  13.  9.  appelé 
Nachon.  2.  Reg.  6.6.  Voy.  Area. 

CHIROGRAPHUM,!,  ou  CHIROGRAPHUS, 
j.'/jipôyf,K<f>ov.  Ce  nom  vient  de  yjip,  manus,  et 
de  ypi-fo),  scribo,  et  signifie, 

1'  Ecrit  de  la  main  propre  de  quelqu'un, 
cédulc,  obligalion.  Tob.  1.  17.  Sub  chirogra- 
pho  dédit  illi  memoratumpondus  orgenli :To- 
bie,  pendant  sa  captivité,  donna  à  Gabelus 
sous  son  seing  la  somme  de  dix  talents 
d'argent.  Voy.  v.  16.  Ainsi  4.  21.  c.  5.  3.  c. 
9.  3. 

2" La  loide  Moïse,  reçue  et  observée  par 
les  Juifs,  était  comme  une  cédule  et  une  re- 
conuaiss.ince écrite  de  leur  propre  main,  tant 
du  sang  qu'ils  versaient  dans  la  circonci- 
sion, que  du  sangdes  bêtes  qu'ils  sacrifiaient, 
en  se  reconnaissant  débiteurs  à  la  justice 
divine  pour  leurs  péchés, et  que  Jésus-Christ 
a  effacés  par  sa  mort  sur  la  croix.  Coloss.  2. 
14.  Dclens  (/uod  adversus  nos  eiat,  chirogra- 
phum  decreli.  D'autres  entendent  par  celte 
céiiulerengagcmenl  à  la  damnalioncternelle, 
selon  l'arrêt  que  Dieu  avait  prononcé  contre 
Adaoi,  â  cause  de  son  péché,  et  contre  ses 
descendants,  qui  semblaient  la  ratifier  par 
leurs  |)écbés;  mais  que  Jésus-Christ  a  aboli 
par  ses  souffrances. 

CHIUS,  xt'o,-, /Ipcr/fl.  Chio  ou  Scïo,  île  de 
l'Archipel.  Act. 20. 15.  Venimus contra Chium: 
Nous  arrivâmes  vis-à-vis  de  Chio. 

CHLAMYS,  YDis.  Grec  ,  x^Kiiit,  de  l'Hé- 
breu  galam,  involvit;  parce  que  c'était  prO' 


687 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


OftS 


premenlunerobequieuvcloppe  loutle corps: 
dansI'Ecrilure, 

1°  Manteau.  Matlh,  27.  28.  Exuentes  eum, 
chlamydem  coccineam  circumdederunt  ei;Les 
Boldats  du  gouvervcur  ôlèrent  à  Jésus  ses 
habits,  et  le  revêtirent  d'un  manteau  d'écar- 
late.  Saint  Marc.  15. 17.  porte  purpura  ;  saint 
Jean,  19.  5.  purpureum  vestimentum  :  ce  qui 
marque  que  c'était  une  sorte  de  pourpre  très- 
exquise,  qui  n'était  portée  que  par  les  rois 
et  les  grands  seigneurs.  Dan. 5.  7. 

2"  Casaque,  sorte  d'habit  dont  usaient  les 
rois.  1.  Reg.  24.  v.  5.  12.  David...  prœcidit 
oram  chlamydis  Saul  silentio :  David  coupa 
tout  doucement  le  bord  de  la  casaque  de  Saùl. 
Voy.  V.  12.  la  fin  pour  laquelle  il  le  fit.  Ainsi 
V.  6. 

CHLOE  ,  Gr.  Xl6n ,  Veuve  chrétienne  de 
Corinthe.  l.Cor.  1.11.  Significatumest  mihi  ab 
iis  qui  suntCMoes:  ya\  été  averti  par  ceux 
de  la  maison  de  Chloé. 

CHOBAR,Heb.Fora7t<f/o.Peti(erivièreprès 
de  Babylone.  C'était  un  bras  de  l'Euphrale. 
Ezech.  1.  V.  1.  3.  c.  3.  15.  etc.  C'est  sur  celle 
rivière  qu'étaient  les  Juifs  dans  leur  capti- 
vité. Ce  nom  de  Chobar,  lui  a  été  donné  par 
un  intendant  de  ce  nom,  qui  sépara  l'Éu- 
phrateen  deux  branches  au-dessus  de  Baby- 
lone. Voy.  Plin.  l.  6.  c.  26.  Quelques-uns 
néanmoins  croient  que  c'est  l'Euphrate, 
appelé  Chobar,  à  cause  de  la  rapidité  de  ses 
eaux. 

CHOD-CHOD,  Jaspis.  Ce  mot  est  ''hébreu 
même;  l'interprète  latin  ne  l'a  poinl  rendu, 
peut-être  parce  qu'on  ne  sait  pas  précisé- 
ment ce  qu'il  signifie;  il  est  rendu  par  jaA/Jis 
Isa.Sli-.  12. Les  Septante  et  l'Arabe  le  rendent 
par  le  mol  chorchor,  qui  n'esl  que  l'hébreu 
corrompu.  La  version  Chaldaïque,  el  la  plu- 
partdosinlerprèlesle  rendent  par  quelqu'une 
des  pierres  précieuses:  quoi  qu'il  en  soil,  il 
signifie  marchandise  précieuse  en  général, 
0(j  cerlauie  espèce  de  marchandise  précieuse, 
toiles  quequehiues pierres  précieuses,  iizech. 
27.  16.  Sericum  et  chod-cliod  propnsuerunt  in 
vtercata  tuo  :  Les  Syriens  ont  ex  posé  en  vente 
dans  vos  marchés...  de  la  soie,  et  loule  sorte 
de  n..'ir(handisPS  précieuses. 

CHODORLAHOMOR,  Heb.  Quasigencrntio 
servitulis.  Roi  ou  gouvrrneur  de  (juchiue 
conlréi'  de  Pirse.  Gen.  li.  9.  Rex  Elamila- 
ruiii.  Voy.  ^Elam.  Ce  r«>i  avec  trois  aulres  qui 
demeuriiii  nt  au  delà  de  l'Euphi  aie,  vinl  con- 
tre les  rois  de  Pentapole,  qui  rdusaiint  de 
leur  payer  le  tribut  (]u'\\>  leur  payaient  au- 
paravant; ces  derniers  furent  défaits,  leur 
pays  fut  ravagé;  mais  Loih  sctanl  trouvé 
uaimi  les  captifs  qu'on  e»unienait,  Abraham, 
60U  oncle,  ayant  assemblé  tousses  domesti- 
ques, au  nombre  de  318,  alla  attaquer  les 
victorieux, les  laillaen  pièces,  el  ramena  Lolh, 
avec  tous  les  autres  prisonniers,  et  tout  le 
butin,  l'an  du  monde  2118. 

CHOEROGRYLLUS ,  i.  Gr.  xoi^v^^^oç.  Pe- 
tit animal  qui  se  cache  sous  les  rochers,  porc- 
épic,  hérisson,  lapin,  qui  était  impur  chez 
les  Juifs.  Levil.  1 1.  5.  Cliœrognjllusqui  rumi" 
nat  ungulamque  non  dividit,  immundus  est. 
Deut.  \k.  7.  Le  même  mol  Heb.  saphan,   est 


rendu,  Prov.  30.  26.  par  lepuscutus,  et  est 
rendu,  Ps.l03.  18.  par  herinacius,  Gr.  Xaywoç, 
lepus.  Ainsi,  on  ne  convient  point  de  la  vraie 
signification  de  ce  mot. 

CHOLERA,  JE.  xoXifK.  Du  Grec  xo>«,  bilis. 
Choléra,maladie  qui  fait  rendre  par  le  haut 
quantité  d'humeurs  bilieuses  et  amères com- 
me du  fiel,  colique  bilieuse.  Eccli.  37.  33.  Avi- 
ditas  appropinquabit  usque  ad  choleram:  Le 
trop  manger  donne  la  colique,  c.  31.  23. 

CEOLOZk,  Uch.  Omnis  prophela.  Père  de 
Sellum.  2.  Esd.  3.  15.  et  c.  11.  5. 

CHONENIAS,  Heb.  Prœparatio.  Nom  de 
plusieurs  Lévites. 

1°  Un  maître  de  musique  du  temps  de  Da- 
vid, 1.  Par.  15.  V.  22.  27.  Chonenias  autein 
Princeps  Levitarum  prophetiœ  prœerat  ad 
prœcinendam  melodiam:  Chonenias,  chef  des 
Lévites,  présidaità  louie  cette  musique, pour 
commencer  le  premier  celte  sainte  sympho- 
nie. V.  27. 

2°  Un  autre  qui  conduisait  les  ouvrages 
qui  se  faisaient  pour  le  temple  hors  la  ville. 

1.  Par.  26.  29.  /saana's  (de  Isaaritis)  prœerat 
Chonenias  et  filii  ejus,  ad  opéra  forinsecus: 
Ceux  de  la  famille  d'Isaar  avaient  à  leur  tête 
Chonenias  et  sesenfants;  et  ils  avaient  soin 
des  choses  de  dehors  qui  regardent  Israël,  v. 

2.  Esd.  11.  16. 

3°  Un  autre  du  temps  d'Ezechias,  chargé 
de  distribuer  des  vivres  aux  Lévites.  2.  Par. 
31.  v.12.  13.  c.  35.  9. 

CHORDA ,  £..  Du  Grec  x°P^«»  ^"'  signifie 
propremcntinteslin;  parcequeles  corde^  d'in- 
struments se  font  des  plus  déliés  boyaux  des 
animaux;  et  signifie  proprement  corde  de 
luth,  ou  de  quelque  auire  inslrument  de  mu- 
sique, un  cordeau  dont  on  se  sert  pour  plan- 
ter en  ligne  droite  des  arbres  :dans  l'Écriture, 

Corde  d'instrument  de  musique,  instru- 
ment de  musiqueà  corde.  Ps.  150.  4.  Lnudale 
eum  in  chordis  el  organo  :  Louez  Dieu  avec 
les  instrunienis  de  musiqueà  corde,  lels  que 
le  lulh  el  l'orgue. 

CHOUR J^l ,  oBUM,  Heb.  Furores.  Chorréens 
ou  Heveens,qui  habitaient  les  montagnes  du 
pays  (jui  a  éé  depuis  appelé  Vlduiuée.  Geu. 
14.  6.  Chonœosin  tnonlibus  Seir. 

CHORUS,  i,y_op6;.  —  1°  Chœur,  on  com- 
pagnie de  gens  (jui  cbantenl  ou  qui  dansent, 
soil  en  signe  d  une  joie  sainte.  Exod.  15.  20. 
E gres^œ(ine mut ouinrs  mulivres  post  eani  eum 
tympanis  et  cAoris;  Toutes  les  femmes  allè- 
reni  aj  rès  Marie  [»rophelesse,  sœurd'Aaron, 
av(  c  des  lamjouis,  ne  faisa?it  qu'un  même 
chœur  :  elles  ohanlèrentU  C  nliqne  de  Moïse. 
D'autres  l'enteiidenl  des  instruments  de  uiU- 
si(iue.  Canl.  7.  1.  Qitid  videbis  in  Sulainile, 
nisi  choros  caslroruiii? *^[H}  verrez-vous  dans 
la  Sulamile,  sinon  des  chœurs  de  musi(jue 
dans  un  campd'armée?  L'époux,  Jésus-Christ, 
compare  I  Epouse, (lui  est  l'Eglise,  à  un  con- 
cert de  musique,  grave  cl  mâle,  dans  lequel 
toutes  les  parties  sonl  parfaiicmentd'accord; 
soil  en  signe  d'une  joie  profane,  c.  32.  19. 
Yidil  vitulum  et  choros:  Mo'ïsc  vit  le  veau  et 
les  danses ,  se.  des  Israélites  autour  du  veau 
d'or. 

2"  Instrument  de  musique.  Ps.  149.  3.  Lau* 


689 


CHK 


CHR 


090 


l 


dent  nomen  ejns  in  choro  :  Que  les  enfants 
d'Israël  louent  le  nom  du  Seigneur  au  son  de 
la  nûle.  Ps.  150.  4.  Laudate  eum  in  tympano 
tt^  choro  :  Louez  \o  Seigneur  avec  le  tambour 
et  la  flûte  ;  soit  la  flûte  ou  quelque  autre  sem- 
blable instrument  de  musique;  Hebr.  Ma- 
chol. 

CHRISTIANUS,  i,  de  Chrishis,  et  signifie, 

Chrétien,  disciple  de  Jésus-Christ.  Act.  11. 
26.  Ita  ut  cognominarentur  primum  Anlio- 
chiœ  discipuli  christiani  :  Ce  fut  à  Aulioche 
que  les  disciples  furent  premièrement  nom- 
més chrétiens,  c.  26.  28.  1.  Petr.  k.  16.  Si  au- 
tem  ut  chrislianus ,  non  erubescat  :  Si  quel- 
qu'un souffre  comme  chrétien,  qu'il  n'en  ait 
point  de  honte.  Les  chrétiens  s'appelaient 
plus  fréquemment  frères.  Act.  1.  15,  etc.,  et 
nar  mépris  Nazaréens.  Act.  2i.  5.  Les  païens 
es  appelaient  Chrestiani  et  Galilœi. 

CHRISTUS,  I,  xpicTToç,  Unctus]  Heb.  Mas- 
chiahh,  Messias.  Du  verbe  xpist-j,  Ungere. 

Ce  nom,  qui  est  grec,  signifle  : 

1°  Ceux  qui  étaient  choisis  et  appelés  de 
Dieu  à  quelque  œuvre  excellente  pour  son 
service  et  pour  sa  gloire  :  ainsi  Cyrus,  que 
Dieu  destinait  à  la  délivrance  du  peuple  juif. 
Isa.  45.  1.  Hœc  dicit  Dominus  christo  meo 
Cijro  :  Voici  ce  que  dit  le  Seigneur  à  Cyrus, 
qui  est  mon  christ.  Voyez,  v.  13. 

2"  Les  prophètes,  les  vrais  serviteurs  de 
Dieu  et  ceux  qui  étaient  particulièrement 
chéris  de  lui  et  remplis  de  ses  grâces  :  tels 
étaient  Abraham,  Isaac,  Jacob,  etc.  1.  Par. 
16.  22.  P.-i.  104.  15.  Nolile  îangere  christos 
meos,  et  in  prophelis  mets  nolite  malignari  : 
Gardez-vous  bien  de  toucher  à  mes  oints,  et 
ne  faites  point  de  mal  à  mes  prophètes  :  ceci 
a  rapport  à  l'afliction  que  Dieu  envoya  à 
Pharaon  à  cause  de  Sara.  Gen.  12.  17,  et  à 
la  défense  que  fait  Dieu  à  Laban  à  l'égard  de 
Jacob,  c.  31.  24.  Ainsi  Moïse  est  appelé  le 
christ  de  Dieu.  Habac.  3.  1.  Egressiis  es  in 
salutem  populi  tui,  in  salutem  cum  christo 
tuo  :  Vous  êtes  sorti  pour  donner  le  salut  à 
votre  peuple,  vous  êtes  sorti  avec  votre  christ 
pour  le  sauver  ;  il  parle  de  la  délivrance  des 
Juifs  de  l'Egypte,  sous  la  conduite  de  Moïse, 
que  Dieu  avait  rempli  de  l'onction  de  son 
Esprit. 

3°  Les  rois,  qui,  selon  l'ordre  de  Dieu,  1. 
Reg.  V.  12. 13,  étaient  sacrés  rois  d'une  huile 
matérielle,  c.  2.  35.  Ambulabit  coram  christo 
meo  cunctis  diebus  :  Le  prêtre  fidèle  que  je 
susciterai  marchera  toujours  devant  mon 
christ,  dit  Dieu  à  Héli,  lui  prédisant  qu'il  re- 
tirerait la  grande  sacrificature  de  sa  maison. 
Voyez-en  l'accomplissement  3.  Reg.  2.  27. 
Ainsi,  1.  Reg.  16.  6.  Num  coram  Domino  est 
christus  ejus?  Est-ce  là  celui  que  le  Seigneur 
a  choisi  pour  être  son  christ,  dit  Samuel 
touchant  Eliab.  Voyez  le  sacre  diî  David,  v. 
13.  1.  Reg.  12.  5.  Thren.  4.  20.  Voyez  Spi- 

RITUS. 

4'  Les  prêtres,  qui  étaient  aussi  sacrés.  2. 
Mach.  1.  10.  Aristobulo  magisiro  Plolemœi 
régis,  qui  est  de  génère  chrislorum  saccrdo- 
tum  :  Le  peuple  qui  est  dans  Jérusalem... 
écrit  à  Aristobule,  précepteur  du  roi  Ptolé- 
méc,  de  la  race  des  prêtres  sacrés. 


5°  Le  Messie  promis  aux  Juifs  et  prédit  par 
les  prophètes.  1.  Reg.  2.  10.  Sublimabit  cornu 
Christi  sui  :  Le  Seigneur  comblera  de  gloire 
le  règne  de  son  Christ,  dit  Anne,  mère  de 
Samuel,  dans  sa  prière;  Hebr.  cornu  pour 
regnum.  Ps.  2.  2.  Astilerunt  reges  terrœ  ad- 
versiis  Christum  ejus  :  Les  rois  de  la  terre  se 
sont  opposés  contre  le  Christ  et  l'oint  du  Sei- 
gneur. Voyez  Act.  4.  v.  18.  24.  26.  Ainsi, 
Dan.  9.  v.  25.  26.  Usque  ad  Christum  ducem  : 
Jusqu'au  Christ,  chef  de  mon  peuple;  c'est- 
à-dire  jusqu'au  baptême  de  Jésus-Christ,  qui 
fut  proprement  le  temps  où  il  commença 
d'exercer  son  ministère  :  c'est  le  terme  où 
aboutit  le  temps  marqué  par  les  soixante- 
dix  semaines.  Ce  mot,  depuis  le  temps  des 
prophètes,  n'a  plus  signifié  que  le  Messie  que 
les  Juifs  attendaient,  qui  est  Jésus-Christ, 
Dieu  et  homme  tout  ensemble,  que  Dieu  a 
consacré  par  une  onction  spirituelle  pour 
opérer  le  salut  des  hommes.  Malth.  1.  v.  1. 
16.  De  qua  natus  est  Jésus  qui  vocatur  Chri- 
stus :  Marie,  de  laquelle  est  né  Jésus,  qui  est 
appelé  le  Christ;  et  cette  onction  n'est  autre 
que  l'union  substantielle  de  la  Divinité  mê- 
me à  l'humanité  sainte  dans  l'Incarnation. 

6°  L'Eglise  unie  à  Jésus-Christ,  son  chef, 
dont  les  fidèles  font  le  corps,  chacun  en  étant 
un  des  membres.  1.  Cor.  12.  12.  Sicut  enim 
corpus  unum  est,  et  membra  habet  multa;  om- 
nia  autem  membra  corporis  cwn  sint  multa, 
unum  tamen  corpus  sunt  :  ita  et  Christus  : 
L'Apôtre  compare  toute  l'Eglise  unie  à  son 
chef  avec  tous  les  membres,  qui  ne  font  en- 
semble qu'un  même  corps.  Voyez  v.  27.  Eph. 
1.  23.  Act.  9.  4.  Hebr.  11.  26. 

Phrases  tirées  de  ce  mot. 

Esse  Christi  signifie  proprement  apparte- 
nir à  Jésus-Christ;  ce  qui  se  connaît  en  plu- 
sieurs manières  ;  ainsi  il  signifie  : 

1°  Etre  chrétien,  disciple  de  Jésus-Christ. 
Marc.  9.  40.  Quia  Christi  estis  :  Parce  que 
vous  appartenez  au  Christ;  ce  qui  est  dit  au 
même  sens  que  Matlh.  10.  42. 

2"  Etre  ministre  de  Jésus-Christ  pour  prê- 
cher sa  divine  parole.  2.  Cor.  10.  7.  Si  quis 
confidit  sibi  Christi  se  esse,  hoc  cogitet  iterum 
apud  se.  quia  sicut  ipse  Christi  est,  ita  et  nos  : 
Si  quelqu'un  se  confie  en  soi-même  dèlre  à 
Jésus-Christ,  qu'il  considère  aussi  en  son 
cœur  que  nous  sommes  à  Jésus-Christ  aussi 
bien  que  lui.  Voyez  v.  5. 

3°  Etre  serviteur  de  Jésus-Christ,  lui  ap- 
partenir de  droit,  être  à  lui  ce  qu'est  un  ser- 
viteur à  son  maître.  1.  Cor.  3.  23.  Omnia  ve- 
stra  sunt...,  vos  autem  Christi,  Christus  autem 
Dei  :  Tout  est  à  vous...,  mais  vous  êtes  à  Jé- 
sus-Christ, et  Jésus-Christ  est  à  Dieu  :  Dieu 
a  donné  gratuitement  aux  hommes  toutes  les 
choses  de  la  terre  pour  en  user  à  sa  gloire; 
mais  Jésus-Christ  nous  a  acquis  à  lui  i^ar  lo 
prix  de  son  sang,  par  lequel  il  nous  a  rache- 
tés de  la  damnation  éternelle,  c.  1.  12.  Ego 
autem  Christi  :  Et  moi  je  suis  à  Jésus-Christ. 
Saint  Paul  marque,  v.  13,  le  peu  de  fonde- 
ment qu'avaient  les  Corinthiens  de  cette  di- 
vision entre  eux;  cette  phrase  s'eolend  au 
même  sens  que  Rom.  14.  8. 


691 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


092 


k"  Elre  membre  vivant  de  Jésus-Christ, 
être  animé  de  son  Esprit.  Rom.  8.  9.  Si  qnis 
antem  Spiritum  Christi  non  habel,  hic  non  est 
ejus  :  Qae  si  quelqu'un  n'a  point  l'Esprit  de 
Jésus-Christ,  il  n'appartient  point  à  Jésus- 
Christ,  i.  e.  il  n'est  point  un  de  ses  membres 
vivants.  Voyez  v.  10.  Ainsi,  1.  Cor.  15.  23. 
Gai.  3.  29,  c.  5.  24. 

Esse  sine  Çhristo,  être  sans  Jésus-Christ, 
signifie  d  uis  l'Ecriture  : 

1"  Etre  sans  la  connaissance  et  la  foi  de 
.lésus-Christ.  Ephes.  2.  12.  Eratis  illo  in  tem- 
pore  sine  Christo  :  Dans  le  temps  que  vous 
élioz  gentils  vous  étiez  sans  la  connaissance 
de  Jésus-Christ. 

2°  Etre  séparé  de  Jésus-Christ,  ne  lui  être 
point  uni  par  la  foi,  n'être  point  uni  avec  lui. 
Joan.  15.  5.  Sine  me  nihil  potestis  facere  : 
Vous  ne  pouvez  rien  faire  sans  moi,  i.  e. 
vous  ne  pouvi'Z  ni  commencer,  ni  continuer, 
ni  achever  aucune  œuvre  sainte  pour  le  salut 
éternel,  sans  m'êlre  uni.  Rom.  li.  23. 

Esse  cum  Christo,  être  avec  Jésus-Christ, 
être  heureux,  voir  Dieu  et  jouir  de  la  vie 
bienheureuse  dans  le  ciel  avec  Jésus-Christ. 
Philipp.  1.  23.  Desiderium  habens  dissolvi  et 
esse  cum  Christo  :  Je  désire  de  mourir  et  d'ê- 
tre nvec  Jésus-Christ.  Voy.  2.  Cor.  5.  8.  Luc. 
23.  43.  Coloss.  3.  3.  Joan.  14.  3.  c.  17.  24.  1. 
Thess.  4.  17. 

Esse  in  Christo,  être  en  Jésus  Christ,  s'en- 
tend : 

1°  Du  Verbe  éternel  uni  hypostatiquement 
avec  l'huinaniîé  sainte  de  Jésus-Christ.  2. 
Cor.  5.  19.  Deus  erat  in  Christo,  mundnm  re- 
concilians  sibi  :  Dieu  était  en  Jésus-Christ, 
se  réconciliant  le  monde. 

2"  Du  chrétien  uni  avec  Jésns-Christ  par 
la  grâce  du  baptême,  et  signifie  être  chré- 
tien ,  faire  profession  de  la  foi  de  Jésus- 
Christ.  Rom.  16.  5.  Salutate  Epœnœtum..., 
gui  est  primilivus  Asiœ  in  Christo  :  S;iluez 
Epénète,  qui  a  été  les  prémices  de  l'Asie  et 
de  l'Achaïe,  ayant  cru  le  premier  en  Jésus- 
Christ,  v.  7.  11.  Ainsi,  Gai.  1.  22.  Philipp.  4. 
21.  Coloss.  1.  2.  1.  Thess.  2.  14.  et  s'entend 
quelquefois  du  chrétien  qui  a  une  foi  vivo  et 
animée  de  la  charité  et  dos  bonnes  œuvres. 
Rom.  8.  1.  Nihil...  damnalionis  est  iis  qui 
sunt  in  Christo  Jesu,  qui  non  secundum  car- 
nem  ambulant  :  Il  n'y  a  plus  de  condamna- 
tion pour  ceux  qui  sont  en  Jésus-Christ  et 
qui  ne  marchent  point  selon  la  chair,  2.  Cor. 
5.  17.  1.  Pelr.  5.  14.  1.  Joan.  2.  5.  c.  5.  20. 
Voy.  Joan.  15.  2.  De  là  vient  homo  in  Christo  : 
Vw  chrétien.  2.  Cor.  12.  2.  Scio  hominem  in 
Christo  :  Je  connais  un  homme  en  Jésus- 
Christ  qui  fut  ravi...  jusqu'au  troisième  ciel. 
Saint  Paul  parle  de  lui-même. 

Jn  Christo  signifie  on  général  l'état  heu- 
reux par  lequel  nous  sommes  en  Jésus-Christ, 
et  lui  en  nous. 

1°  Par  Jésus-Christ,  par  la  grâce  et  les  mé- 
rites de  Jésus-Christ.  1.  Cor.  15.  22.  InChri- 
$lo  omnes  vivificabuntur  :  Comme  tous  meu- 
rent en  Adam  par  le  péché,  tous  vivront  aussi 
en  Jésus-Christ  par  sa  grâce  et  ses  mérites. 
2.  Cor.  2  14.  Philip.  4.7.  13.  1.  Thess.  5.  18. 

2°  Par  Jésus-Christ;  espèce   de   serment, 


comme  qui  dirait  :  Jésus-Christ  m'est  témoin  ; 
pour  confirmer  et'assurer  dans  la  nécessité 
quoique  chose  de  conséquence  que  l'on  dit. 
Rom.  9.  1.  Veritatem  dico  in  Christo,  non 
menlior  :  Je  dis  la  vérité  en  Jésus-Christ,  je 
ne  mens  point;  ou  en  Jésus-Christ,  i.  e.  d'un 
mouvement  qui  n'est  point  charnel,  mais  qui 
procède  de  l'esprit  de  Jésus-Christ,  ou  com- 
me doit  parler  un  homme  qui  est  en  Jésus- 
Christ,  i.  e.  qui  est  membre  de  son  corps. 

3°  A  cause,  en  vue  des  mérites  de  Jésus- 
Christ.  Ephes.  1.  3.  Benedixit  nos  in  omni 
benedictione  spirituali  in  cœleslibus  in  Chri^ 
sto  :  Réni  soit  Dieu,  le  Père  de  Notre-Seignenr 
Jésus-Christ,  qui  nous  a  comblés  en  Jésus- 
Christ  de  toutes  sortes  de  bér.édictions  spi- 
tuelles  pour  le  ciel.  Gai.  3.  14.  2.  Tim.  1.  9. 

4°  Par  la  laveur,  par  le  bienfait  de  Jésus- 
Christ.  Gai.  2.  4.  Subintroierunt  explorare 
liberiatem  noslram  quam  habemus  in  Christo 
Jesu  :  De  faux  frères  s'étaient  glissés  secrè- 
tement parmi  nous  pour  observer  la  liberté 
que  nous  avons  en  Jésus-Christ. 

5°  Dans  le  christianisme.  Rom.  12.  5.  Multi 
wnwm  corpus  sumus  in  Christo  :  Nous  ne  som- 
mes tous  qu'un   soûl  corps  en  Jésus-Christ. 

1.  Cor.  3.  1.  c.  4.  V.  10.  15.  Gai.  5.  6.  Philip. 

2.  12.  Tim.  3.  12. 

6°  Dans  la  foi  de  Jésus-Christ.  1.  Cor.  15. 
18.  Ergo  gui  dormierunt  in  Christo  perie-^ 
runt  :  Si  Jésus-Christ  n'est  point  ressuscité, 
votre  foi  est  vaine  et  vous  êtes  encore  dans 
vos  péchés  :  d'où  il  s'ensuit  que  ceux  qui 
sont  morts  en  Jésus-Christ  sont  perdus.  1. 
Thess.  4.  15. 

7"  Dans  l'avancement  de  l'Evangile.  Rom. 
16.  3.  Salutate  Priscam  et  Aquilam,  adjutores 
meos  in  Christo  Jesu  :  Saluez  de  ma  part 
Prisque  et  Aquilas,  son  mari,  qui  ont  tra- 
vaillé avec  moi  pour  le  service  de  Jésus - 
Christ.  V.  9.  1.  Cor.  4.  v.  10.  17. 

8°  Pour  le  nom  et  pour  la  gloire  de  Jésus- 
Christ.  Philipp.  1.  13.  Ita  ut  vincula  mea 
manifesta  fièrent  in  Christo  :  Mes  liens  ont 
été  connus  pour  la  gloire  de  Jésus-Christ. 

9°  Selon  l'instruction  de  Jésus-Christ.  1. 
Thoss.  5.  18.  Hœc  est  enim  voluntas  Dei  in 
Christo  Jesu,  in  omnibus  vobis  :  Dieu  vous 
ordonne  à  tous  en  Jésus-Christ  de  rendre 
grâces  à  Dieu  en  toutes  choses. 

10"  Par  la  prédication  de  l'Evangile.  1.  Cor. 
4.  10. 

CHRYSOLITHUS,  i,  de  x/>yffôf ,  aurum,  et 
de  ).tOos,  lapis. 

Chrysolite,  pierre  précieuse  de  couleur 
d'or  mêlé  de  vert ,  avec  un  feu  agréable. 
Exod.  28.  20.  c.  39.  13.  Apoc.  21.  20. 

CHllYSOPRASUS.  i,  de  xpu^ô?,  aurum,  et 
de  nfjxaov,  porrus,  et  est  une  espèce  de  béryl. 

Chrvsoprase ,  pierre  précieuse.  Apocal. 
21.  20. 

CHUR,  Hob.  Exstinguens,  l'Arabie.  Ezech. 
30.  5.  Chub  et  filii  terrœ  fœderis  cum  eis  gla-^ 
dio  cadenl  :  Les  Arabes  et  les  peuples  alliés 
dos  Egyptiens  périront  avec  eux  :  Ptoloméa 
met  les  Chubions  dans  la  Maréotide. 

CHUN,  Hob.  Prœparalio.  Ville  de  l'obéis- 
sance d'Adarozer,  roi  de  Soba.  1.  Par.  18.  8, 
^'oyi  z  REROTn. 


693 


CIB 


CIB 


694 


CHUS,  Heb.  Niger.  Fils  de  Cham  el  père 
de  Nemrod.  Gen.  10.  8.  1.  Par.  1.  v.  8.  9.  10. 
On  croit  qu'il  a  habile  l'Eihiopie,  que  l'on 
appelle  de  son  nom;  l'Eihiopie  orientale,  i. 
e  l'Arabie,  est  aussi  appelée  Chus.  V.  Boch. 
1.  3.  c.  2.  Il  était  Irère  de  Mesraïm,  de  Phul 
Cl  de  Ch;inaam;  il  est  reconnu  pour  le  père 
des  Aiabes  el  des  Ethiopiens  ou  Africains. 

CHUSA,  Heb.  Videns.  Inlvndani  de  la  mai- 
son d'Hérode.  Luc  8.  3.  Joanna  xixor  Chusœ 
procurtitoris  Herodis, 

CHUSAI ,  Heb.  Festinans.  Sage  conseiller 
de  David,  lequel  renversa  les  desseins  d'A- 
chilophet.  2.  Reg.  15.  v.32.  37.  Ecce  occurrit 
Chuaai  Arachiies  :  Chu^oï  de  la  ville  d'Arach 
vint  au-devant  de  lui.  c.  16.  16.  etc. 

CHUSAN  ,  Heb.  Mthiops.  Roi  de  Syrie  et 
de  Mésopotamie,  sous  la  domination  duquel 
les  Israélites  ont  été  assujettis,  et  dont  ils 
ont  été  délivrés  par  Othoniel,  Judic.  3.  v, 
8.  10. 

CHUSI ,  xovTÎ,  Heb.  Mlhiops.—Y°  Un  Ethio- 
pien ,  olficier  de  David.  2.  Reg.  18.  21,  Ait 
Joab  Chusi,  vude.  v.  22.  23.  31.  32.  Il  porta 
à  David  la  nouvelle  de  la  mort  d'Absalon, 

2"  Le  bisaïeul  de  Juda,  Jer.  36.  14.  Mise- 
runt  ad  Jiaruch,  Judi  filium  Nathaniœ,  filii 
Selemiœ.  filii  Cliusi  :  Tous  les  grands  eiivojè- 
rent  à  fiaruch  Judi,  fils  de  Naihanias,  fils  de 
Sélémias,  fils  de  Chusi. 

3°  Père  du  prophète  Sophonie.  Soph.  1.  1. 

4"  Le  roi  Saùl  est  désigné  par  ce  nom  , 
qui  signifie  £'//tio/)ien,  à  cause  de  sa  méchan- 
celé  et  de  la  perfidie  qu'il  exerçait  contre 
David.  Ps.  7.  1.  Psahnus  David  quem  cantavit 
Domino  pro  verbis  Chiisi  filii  Jemini  :  Psaume 
que  David  composa  sur  le  sujet  dà  Saiil ,  de 
la  tribu  de  Benjamin,  ou  pelil-fils  do  Jemini. 

CHYTRAPUS,  GHYTRAPODIS,  de  x<>^pcK 
lehes,  alla,  et  de  -oOç,  pes. 

Marmite ,  pot  de  ler  ou  de  fonte.  Lévit.  11. 
35.  Sive  clibani ,  sive  chytrapodes,  destruen- 
lur,  et  immundi  erunt. 

CIBAKE  ,  i//w|:/tǣiv,  de  cibus, 

1°  Nourrir  quelqu'un  ,  le  rassasier  comme 
une  personne  qui  nous  est  chère.  Deut.  8. 
16.  Cibavit  te  manna  in  sotitudine  :  Le  Sei- 
gneur vous  a  nourri,  dans  celle  solitude,  de 
Ja  m;inne  inconnue  à  vos  pèr<'S.  Voy.  Exod. 
16.  15  Ainsi,  Ps.  80.  16.  Cibavit  eos  ex  adipe 
frumenli  :  Le  Seigneur  les  a  nourris  de  la 
plus  pure  farine;  Ilcbr.  les  eût  nourris, 
avec  rapport  au  v.  12.  Voy.  Deut.  32.  14. 

CiOure  absinlhio  ,  cinere,  pane  lacrymarum. 
Nourrir  d'absinthe,  de  cendre,  etc.,  signifie  : 
Affliger,  faire  souffrir,  réduire  à  une  extrême 
nécessilé  et  misère.  Ps.  79.  6.  Quo  usquc... 
cibahis  nos  pane  lacrymarum? iyisi\u' à  quand 
nous  nourrirez-vous  d'un  pain  de  larmes? 
Celle  façon  de  parler  marque  les  soulTrances 
continuelles  el  fréquentes  où  élail  le  peuple 
au  temp^  que  parle  ici  David,  comme  l'usage 
du  pain  est  journalier.  Jerem.  9. 15.  c.  23. 15. 
licce  e(j()  cibabo  eos  absinlhio  :  Je  nourrirai 
les  prophètes  de  Jérusali  n»  d'absinthe.  Celte 
herbe  est  amère  :  ce  qui  marque  les  plaies 
amères  dont  Dieu  les  devait  punir,  à  cause 
de  leurs  i)rnphèli  s  trompeuses.  Voy,  3.  Reg. 
22.  V.  n.  12.  24.  25.  Thren.  3. 16.  Cibavit  me 


cinere  :  Le  Seigneur  m'a  nourri  de  cendres. 
Hebr.  Operuit  me  pulvere.  Voy.  Cmis. 

Cibare  aliquem  carnibus  filiornm  suorum  , 
et  carnibus  filiarum  siiarum.  Réduire  à  un 
tel  point  de  nécessité  et  de  misère,  que  de 
manger  ses  propres  enfants  (e'Sec-eat,  edcre). 
Jerem.  19.  9.  Cibabo  eos  ex  carnibus  filiorum 
suorum  ,  et  carnibus  filiarum  suarum  :  Je 
nourrirai  les  habitants  de  Jérusalem  de  la 
chair  de  leurs  fils,  et  de  la  chair  de  leurs 
filles.  Voyez-en  1  accomplissement  4.  Reg. 
6.  29. 

Cibare  aliquem  populum  carnibus  ipsius. 
Faire  manger  à  un  peuple  sa  propre  chair  ; 
^.  e.  faire  en  sorte  qu'ils  se  déchirent  ,  se 
tuent,  et  se  consument  les  uns  les  autres. 
Isa.  49.  26.  Cibabo  liostes  tuos  cai'nibus  suis  : 
Je  ferai  manger  à  vos  ennemis  leur  propre 
chair.  Voy.  4.  Reg.  19.  37.  Ce  qui  a  quelque 
rapport  à  Judic.  7.  22. 

2°  Donner  à  manger  à  quelqu'un  ,  avoir 
soin  de  lui,  lui  faire  du  bien.  Rom.  12.  20. 
Si  esurierit  inimicus  tuus,  ciba  illum  :  Si  votre 
ennemi  a  faim,  donnez-lui  à  manger  :  ce  qui 
est  tiré  des  Prov.  25.  21.  De  là  vient: 

Cibare  aliquem  hœreditate.  Donner  quelque 
héritage  à  quelqu'un  pour  se  nourrir.  Isa. 
58.  14.  Cibabo  te  hœreditate  Jacob  palris  fui  : 
Je  vous  donnerai  pour  vous  nourrir  l'héri- 
tage de  Jacob  voire  père.  Dieu  promet  aux 
Israélites  de  leur  faire  habiter  la  terre  pro- 
mise, où  ils  auraient  pleinement  de  quoi  se 
nourrir,  s'ils  observent  ses  commandements. 

§  1.  —  Faire  manger,  faire  avaler,  se  dit 
de  la  parole  de  Dieu,  lorsque  Dieu  donne  à 
quelqu'un  le  zèle  et  l'ardeur  pour  la  recevoir 
et  pour  s'en  nourrir,  et  la  lui  fait  prendre  à 
cœur.  Ezech.  3.  2.  Cibavit  me  volumine  illo  : 
Le  Seigneur  me  fit  manger  ce  livre.  Voy.  v. 
3.  10.  Jerem.  15.  16.  Ainsi,  voyez  une"  pa- 
reille expression  Apoc.  10.  9. 

§  2.  —  Nourrir,  se  dit  de  l'intelligence  de 
la  sagesse  et  de  la  parole  de  Dieu,  qui  esl  la 
vraie  nourriture  de  l'âme.  Eccli.  15.  3.  Ci6a- 
vit  illum  pane  vitœ  el  intellectus  :  Dieu  l'a 
nourri  du  pain  dévie  et  d'intelligence.  Voy. 
Joan.  6.  35. 

CIBARIA,  ènKTiricriiàç,  de  cibus. 

Aliments,  vivres  pour  une  ville,  un  peu- 
ple, une  armée.  Ps.  77.  25.  Cibaria  misil  eis 
in  abundantia  :  Dieu  envoya  en  abondance 
aux  Israélites  de  quoi  se  nourrir;  se  la 
manne  répandue  dedans  et  autour  du  camp 
des  Israélites  ,  en  une  telle  quantilé  que 
beaucoup  d'autres  personnes  en  eussent  été 
rassasiées.  Eccli.  33,  25.  Cibaria  et  virga,  et 
onus  asino  :  Le  fourrage  ,  le  bâlon  et  la 
charge  est  pour  l'âne  {x^opTxrruv.). 

CIBSAIM,  Heb.  Conyregationes.  Ville  de  la 
tribu  d'Ephraïuj,  donnée  aux  Lévites.  Jos. 
21.  22.  Voy.  Jecmaan. 

CIBUS,  \.  rf>ofn,  du  grcCxiÇo,-,  ou  xtÇwTtov, 
parce  que  les  Grecs  appellent  ainsi  un  sac  à 
resserrer  le  pain  ,  ou  de  l'hébreu  saba  , 
cibare. 

1  Viande  ,  nourriture  que  l'on  prend  ,  ce 
(juc  l'on  mange.  Prov.  6.  8.  Parât  in  œslale 
cihum  :  La  fourmi  fait  sa  provision  di  rant 
Iclé.  c.  23.  v.  3.  6.  3.  Reg.  10  5.  c.  U.  18. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


Ps.  5i.  15.  Act.  14.  16.  De  là  viennent  ces 
phrases  : 

Cibum  sumere,  capere  cumaliguo  (iruvso-eîetv). 
Manger  avec  quelqu'un,  signifie,  ou  passer 
toute  sa  vie  avec  lui  dans  une  union  étroite. 
Ps.  5i.  15.  Mecum  dulces  capiebas  cibos  : 
{sdtafix)  :  Vous  qui  trouviez  tant  de  douceur 
a  vous  nourrir  des  mêmes  viandes  que  moi. 
David  parle  du  traître  Achitophel ,  chef  de 
son  conseil,  qui  le  quitta  pour  passer  du 
côté  d'Absalon  ;  ou  signifie  avoir  quelque 
liaison  avec  quelqu'un,  telle  que  de  manger 
avec  lui.  1.  Cor.  11.  Scripsi  vobis  non  com- 
misceri  si  is  qui  frater  nominaliir  est  fornica- 
tor,  avarus,  etc.,  ciim  ejusmodi  nec  cibum 
sumere  :  Le  saint  Apôtre  défend  de  ne  man- 
ger pas  même  avec  un  chrétien  qui  est  ou 
fornicateur,  ou  qui  a  quelque  autre  vice 
semblable,  bien  loin  d'avoir  commerce  avec 
lui. 

Cibos  evomere.  Rejeter  les  viandes  que  l'on 
a  mangées,  signifie  :  Souhaiter  n'avoir  point 
mangé  de  viandes,  être  fâché  et  mécontent 
d'avoir  pris  son  repas  {-^oiaôç,  buccella).  Prov. 
23.  8.  Cibos  quos  comederas,  evomes  :  Si  vous 
mangez  avec  un  homme  envieux,  vous  rejet- 
terez les  viandes  que  vous  aviez  mangées;  i. 
e.  vous  serez  fâché  d'av^oir  mangé  chez  lui  à 
cause  de  ses  manières  indignes.  Voy.  Evo- 
mere. 

2°  Le  blé ,  les  fruits  qui  croissent  dans  la 
campagne  {ppôiai;).  Habac.  3.  17.  Arva  non 
afférent  cibum  :  Les  campagnes  ne  porteront 
point  de  grain.  Prov.  13.  23.  Ainsi,  Num.  15. 
19.  Separabitis  primitias  Domino  de  cibis 
vestris  :  Vous  mettrez  à  part  les  prémices  du 
blé  que  vous  mangez  pour  les  offrir  au  Sei- 
gneur. De  là  vient: 

3°  Les  dîmes  et  les  prémices  qui  étaient 
offertes  à  Dieu,  dont  une  partie  servait  pour 
la  nourriture  et  l'entretien  de  ses  ministres. 
Malach.  3.  10.  Inferte  omnem  decimam  in 
horreum,  et  sit  cibus  in  domo  mea  {Br/.pKv.yri)  : 
Apportez  toutes  mes  dîmes  dans  mes  gre- 
niers, et  qu'il  y  ait  dans  ma  maison  de  quoi 
nourrir  mes  ministres.  Dieu  promet  en  ce 
même  verset  toute  sortes  de  bénédictions  en 
échange.  2.  Esdr.  10.  37.  Primitias  ciborum 
nostrorum...  afferemus  (o-rro,-)  :  Nous  appor- 
terons les  prémices  de  nos  aliments,  Hebr. 
massarum ,  de  la  farine  pétrie  pour  être  mise 
au  four. 

4°  Les  douceurs  de  la  vie  (/S/jw/^a).  Habac. 
1.  16.  In  ipsis  incrassata  est  pars  ejus,  et  cibus 
eleclus  :  Parce  que  les  rets  et  les  filets  de 
l'ennemi  lui  auront  servi  à  accroître  son 
empire,  et  à  se  préparer  une  viande  choisie 
et  délicieuse.  Le  prophète  parle  des  Chal- 
déens,  qui  s'étaient  procuré  plus  de  douceurs 
de  la  vie,  et  avaient  enrichi  et  augmenté 
leur  empire  par  la  victoire  qu'ils  avaient  eue 
sur  les  Juifs  ,  et  l'attribuaient  à  leur  pru- 
dence. 

§  1.  —  Nourriture  de  l'âme,  telle  est  la 
parole  de  Dieu  ,  ou  incarnée ,  le  corps  de 
Jésus-Christ,  l'Eucharistie.  Caro  mea  vere 
^st  cibus  :  ou  prôchée  et  enseignée  ;  Ilebr. 
«>.  IV.  Perfectorum  autcm  est  solidus  cibus  : 
La  nourriture  solide  est  pour  les  parfaits  : 


696 

cette  nourriture  solide  est  la  connaissance 
des  plus  grands  mystères,  v.  12.  Mais  Joan.  6. 
27.  s'entend  de  la  parole  de  Dieu  considérée 
sous  ces  deux  égards  ,  et  en  tant  qu'elle  est 
opposée  à  panis,  dont  il  est  parlé,  v.  26. 

§  2.  —  Le  contentement  ,  le  plaisir  de 
l'esprit,  ce  qui  le  contente,  ce  qu'on  fait  le 
plus  volontiers  {^pûtitA).  Joan.  k.  34.  Meus 
cibus  est ,  ut  faciam  voluntatem  ejus  qui  misit 
me  :  Ma  nourriture  est  de  faire  la  volonté  de 
celui  qui  m'a  envoyé,  dit  Jésus -Christ , 
V.  32. 

CICATRIX,  icis,  oùW,  de  cœcare,  Couvrir,  ^ 
cacher,  parce  que  la  cicatrice  couvre  la  plaie;  f(l 
ou  de  l'hébreu  sacac,  tegere^  obducere.  ™ 

1°  Cicatrice  ,  la  marque  qui  reste  d'une 
plaie,  après  qu'elle  est  guérie.  Chez  les  Juifs, 
certaines  circonstances  que  le  prêtre  remar- 
quait à  la  cicatrice  d'un  ulcère  qui  avait  été 
guéri,  lui  faisait  juger  si  c'était  la  lèpre  ou 
non.  Lévit.  13.  19.  Voy.  v.  18.  Ainsi  v.  21. 
23.  25.  28.  c.  U.  56. 

2°  Rlessure  ,  plaie  ,  ulcère.  Lévit.  22.  22. 
Si  cicatricem  habens...  non  offeretis  ea  Do- 
mino :  Si  c'est  une  bête  qui  ait  une  blessure, 
vous  n'offrirez  point  de  bêle  de  cette  sorte 
au  Seigneur  :  c'est  le  terme  de  l'Hébreu  ; 
lettre,  une  cicatrice.  Ps.  37.  6.  Putruerunt  et 
corruptœ  sunt  cicatrices  meœ  (^w>w^|/)  :  Mes 
plaies  ont  été  remplies  de  corruption  et  de 
pourriture.  David  put  bien  être  affligé  de 
quelque  vilain  ulcère,  en  punition  de  son 
péché  d'homicide  et  d'adultère  ,  quoique, 
communément  et  selon  la  suite  du  verset ,  il 
s'entende  des  plaies  que  le  péché  avait  faites 
en  lui;  de  ce  mot  vient  cette  phrase  : 

Cicatrix  parietum.  Fente,  brèche  de  mu- 
raille (  //«-/.of  ,  longitudo  ).  2.  Par.  24.  13. 
Obducebatur  parietum  cicatrix  :  Les  ouvriers 
réparèrent  toutes  les  fentes  et  les  ouvertures 
des  murs  de  Jérusalem  au  temps  de  Joas.  2. 
Esdr.  4.  7.  Gr.  ^và,  Germen. 

3°  Les  malheurs  et  les  afflictions  {ïxaiç , 
sanilas],  Jcrem.  8.22.  Quare  igitur  non  est 
ohducla  cicatrix  filiœ  populi  mei  ?  Pourquoi 
donc  la  blessure  de  la  fille  de  mon  peuple 
n'a-t-elle  point  été  fermée?  Dieu  demande 
s'il  n'y  avait  point  de  remèdes  spirituels 
pour  corriger  les  fautes  du  peuple,  ce  qui  lui 
eût  procuré  la  délivrance  de  tous  les  maux 
dont  il  était  accablé  par  les  Babyloniens, 
c.  33.  6.  Obducam  eis  cicatricem  (  o-uvoy/wo-ts- , 
cicalricum  obductio)  :  Je  refermerai  leurs 
plaies  ;  se.  des  Juifs,  dont  la  plaie  univer- 
selle était  la  dure  captivité  où  ils  étaient,  et 
dont  Dieu  leur  promet  de  les  délivrer.  Voy. 
V.  7.  Ainsi  c.  30.  17.  La  métaphore  est  tirée 
des  blessures  qui  se  referment. 

CICER,  Euis.  De  /i/u?,  robur,  à  cause  de  la 
force  qu'il  a  de  brûler  la  terre,  par  la  li- 
queur salée  qu'il  renferme,  c'est  pourquoi  il 
ne  se  sème  point  qu'il  n'ait  été  mis  à  Irem- 
perdujourprécédent,  etsignifie,  proprement, 
pois  chiche;  dans  l'Ecriture  : 

Pois,  en  général  («X^^trov,  polenta).  2.  Reg. 
17.  28.  Obtulerunt  ei  stratoria...  et  frixumci- 
cer  :  David  étant  venu  au  camp,  ils  lui  offri- 
rent des  tapis...  et  des  pois  fricassés  ;  il  avait 
passé  le  Jourdain  pour    fuir  Absalon  ;   le 


69" 


CIL 


CIN 


698 


mol  hébreu  est  le  même  que  polenta,  ce 
que  l'on  explique  d'une  farine  faite  de  lé- 
gumes. 

CICONIA,  JE.  nélapyo?.  Ce  mot  semble  venir 
de  cicar,  à  cause  du  naturel  privé  et  domes- 
tique de  cet  oiseau. 

Cigogne,  oiseau.  Jerem.  8.  7.  Uirundo  et 
ciconia  eus lodier tint  tempus  adventus  sui... 
L'Iiirondelie  et  la  cigogne  savent  discerner 
la  saison  de  leur  passage  ;  se.  par  la  dispo- 
sition et  le  changement  de  l'air  ;  car  Dieu  a 
donné  aux  animaux  l'instinct  de  le  connaî- 
tre, lequel  ils  suivent;  et  Dieu  se  plaint 
que  le  peuple  n'ait  point  de  même  suivi  sa 
loi, 

CIDARIS,  is,  ouCITARIS,  ô  y.iSc^ptç.de  l'Hé- 
breu catar  ,  ceindre  ,  couronner  ;  et  si- 
gnifie : 

1°  Tiare  ,  diadème,  ornement  de  tête  des 
anciens  rois  de  Perse.  Ezech.  21.  26.  Aufer 
cidarim  :  Otez-lui  le  diadème;  Dieu  parle  du 
roi  Sédécias,  parce  qu'il  s'était  retiré  de  l'o- 
béissance du  roi  de  Babylone.  Voy.  h.  Reg. 
2i.  20.  Voy.  l'accomplissement  de  celle  pro- 
phétie, c.  25.  V.  6.  7. 

2"  Tiare,  mitre  du  grand-prêtre  chez  les 
Juifs,  sur  laquelle  était  gravé  sur  une  lame 
d'or  pur  le  nom  sacré  de  Jéhova.  Exod.  28. 
4.  Levit.  8.  9.  Mais  c.  16.  i.  elle  est  appelée 
Cidaris  linea  :  Habillement  de  lin  que  le 
grand-  prêtre  devait  mellre  sur  sa  tête  lors- 
qu'il entrait  dans  le  sanctuaire  au  dedans 
du  voile:  Cidarim  litieam  imponet  capiti  : 
Aaron  mettra  sur  sa  tête  l'habillement  de 
lin;  Hebr.  S'entortillera  de  la  tiare  de  lin. 
Le  mot  hébreu  exprime  la  façon  de  la  tiare 
faite  en  forme  de  turban  qui  a  divers  dou- 
bles de  toile  entortillés  l'un  dans  l'autre. 
Ainsi,  Zach.  3.  5.  Ponite  cidarim  7nundam 
super  caput  ejus  :  Mettez  sur  la  lêle  de  Jésus 
une  tiare  éclatante  ;  ce  qui  Ggurait  que  Dieu 
l'établissait  et  le  confirmait  dans  la  charge 
du  grand-prêtre,  après  l'avoir  purifié  de  ses 
péchés,  et  l'avoir  comme  couronné  des  grâ- 
ces du  Saint-Esprit,  nécessaires  pour  s'en 
acquitter. 

(JILICIA,  Gr.  Revoluta,  Cilicie,  province  de 
l'Asie  Mineure  appelée  la  Cnromanie.  Judith. 
1.  7.  Misil  ad  omnes  qui  hahitahant  in  Cilieia. 
c.  2.  v.  12.  15,  etc.  Quelques-uns  croient  que 
cet  endroit  de  Judith  s'entend  de  quelque 
ville  ou  pays  sur  le  Tigre,  où  commença  ce 
voyage.  Acl.  22.  .3.  Eyo  sum  vir  Judœus',  na- 
<Ms  in  Tarso  Ciliciœ  :  Je  suis  Juif,  né  à  Tarse 
en  Cilicie.  Voy.  Tarsus. 

CILICIUM,  II,  y.àiy.iryj.  Cc  uoiii,  auquel  est 
sous-entendu  tcxtum^  vient  de  Cilieia,  parce 
que  c'était  la  coutume  de  faire  parliculièro- 
menl  en  ce  pays-là  des  cilices,  tissus  do  poils 
de  divers  animaux,  et  parliculièreinent  de 
boucs  et  de  chèvres,  pour  l'usage  du  camp  et 
des  matelots.  C'étaient,  cheX  les  Orienlaux, 
des  vêtements  contre  la  pluie.  Dans  l'Ecri- 
ture : 

CILICIUM,  c-«/zo;,  Heb.  sali,  ciliée,  ou  sac 
fait  de  poil  piquant,  était  une  marque  d'af- 
fliction et  de  deuil.  Gen.  37.  3ï.  Scissis  vesli- 
mentis,  indulus  pst  cilieia  :  Jacob  voyant  la 
robe  sanglante  de  Joseph,  qu'il  crut  avoir 


été  dévoré  de  quelque  bête  cruelle,  déchira 
ses  vêtements  et  se  couvrit  d'un  cilice,  pleu- 
rant son  fils  fort  longtemps.  Ps.  68.  12.  Et 
l'on  se  couvrait  aussi  souvent  la  tête  de  cen- 
dres. Matth.  11.  21.  Luc.  10.  13.  Si  in  Tyro 
et  Sidone  factœ  fuissent  virtutes  quœ  factœ 
sunt  in  vobis,  olim  in  cilicio  et  cinere  seden- 
tes  pœniterent  :  Si  les  miracles  qui  ont  été 
faits  en  vous  avaient  été  faits  dans  Tyr  et 
dans  Sidon,  il  y  a  longtemps  qu'elles  au- 
raient fait  pénitence  dans  le  sac  et  dans  la 
cendre  :  Jésus-Christ  parle  aux  villes  de  Co- 
rozaïn  et  de  Bethsaïde.  Levit.  11.  32.  Thren. 
2.  10.  Isa.  3.  2i.  Jerem.  i8.  37.  De  là  vient  : 
CILICINUS,  A,  UM,  rpixfjo;,  adjectif  inusité 
chez  les  Latins,  et  signifie,  dans  l'Ecriture, 
qui  est  de  poil  de  chèvre  ou  de  poil  en  géné- 
ral. Exod.  20.  7.  Faeies  et  saga  eilicina  unde- 
cim  :  Vous  ferez  encore  onze  autres  couver- 
tures de  poil  de  chèvre,  pour  couvrir  le  haut 
du  tabernacle.  Apoc.  6.  12.  Sol  faetus  est  ni- 
(jer  tanquam  saccus  cilicinus  :  Le  soleil  de- 
vint noir  comme  un  sac  de  poil.  L'Ecriture 
parle  des  signes  qui  précéderont  le  dernier 
jugement. 

CIN  ,  Heb.  Possessio  ,  père  des  Cinéens. 
Num.  2i.  22.  Si  fueris  electus  de  stirpe  Cin  : 
Quoique  vous  ayez  été  choisis  de  la  race  de 
Cin.  Balaam  parle  aux  Cinéens,  qui  descen- 
daient de  Jelhro  et  qui  s'étaient  établis,  sous 
la  conduite  de  Jobab,  son  fils,  parmi  les  Is- 
raélites, en  partie  dans  la  tribu  de  Juda  et  en 
partie  dans  celle  de  Nephlhali,  et  leur  pré- 
dit que  les  Assyriens  les  emmèneraient  un 
jour. 

CINA,  Heb.  Idetn,  ville  de  la  tribu  de  Juda. 
Jos.  15.  2i. 

CINiEUS,  I,  Heb.  Possessio.  —  i°  Peuples 
qui  habitaient  dans  le  désert  d'Arabie,  près 
des  Amalécites.  Les  Cinéens  étaient  un  des 
dix  peuples  que  Dieu  devait  exterminer  en 
faveur  des  Israélites.  Gen.  15.  19.  Semini  tuo 
dabo...  Cinœos  ,  Cenezœos  ,  Cedmonœos.  Il 
semble  qu'ils  ont  été  exterminés  avant  le 
temps  de  Josué. 

2°  Les  descendants  de  Jelhro,  beau-père  de 
Mo'ïse,  qui  avait  tiré  son  origine  de  ce  peu- 
ple :  et  c'est  de  là  qu'il  a  été  appelé  C'mc'm, 
et  ses  descendants  Cinéens,  qui,  s'élant  éta- 
blis en  partie  dans  la  tribu  de  Juda  et  en 
partie  dans  la  tribu  de  Nephlhali,  furent  de- 
puis transférés,  les  uns  par  Salmanazar,  et 
les  autres  par  les  Chaldéens.  Num.  2V.  21. 
Vidit  quoque  Cinœwn ,  Judic.  1.  16.  c.  4-.  v. 
11.  17.  c.  5.  2V.  1.  Rcg.  15.  6.  1.  Par.  2.  55. 

Les  Cinéens  ont  toujours  été  très-célèbres 
parmi  le  peuple  de  Dieu,  depuis  que  Moïse 
eut  engagé  Hobab,  fils  de  son  beau-père 
Jelhro,  desrendu  do  ces  Cinéens,  à  suivre  le 
peuple  d'Israël  :  car  ce  peuple  était  un  de 
ceux  que  Dieu  avait  livrés  aux  Israélites,  et 
leur  pays  faisait  partie  de  la  terre  que  Dieu 
avait  donnée  en  héritage  à  la  poslérilé  d'A- 
braham. Mais  l'alliance  qu'eut  Moisc  avec  la 
famille  de  Jelhro  fil  éviter  à  celte  famille  le 
malheur  de  toute  la  nation.  Ainsi  elle  s'éta- 
blit d'abord  dans  le  territoire  de  Jéricho;  et 
ensuite,  s'étanl  venue  établir  dans  le  désert 
de  la  tribu  de  Juda,  elle  y  dcvinl  célèbre  par 


699 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


700 


l'austérité  de  vie  et  l'exactitude  de  la  disci- 
pline dont  firent  profession  ceux  qu'on  nom- 
ma Réchahiles,  et  qui  étaient  de  leurs  des- 
cendants. 

CINCINNUS.  1,   |3o(7Tpx^>  »  ^^  %^^^  xty.tvvo»-. 

TDuffe  de  ohi  veii\  Ir^  s>és,  tresses  de  che- 
veux. Ezech.  8.  3.  Similitudo  m::nus  oppre- 
hendit  me  in  cincinno  cnpitis  mei  :  Je  vis 
comme  une  main  qiii  me  vinl  prendre  par  les 
cheveux.  C'est  de  la  vision  dont  le  prophète 
parle  au  verset  précédent.  Judith.  16.  10. 
CoUigavit  cincinnos  suos  mitra  :  Judith  a 
ajusté  ses  cheveux  et  les  a  couverts  d'un  or- 
nement superbe.  Ainsi,  Canl.  5.  2.  Aperi 
mihi...  quia  caput  meum  plénum  est  rore,  et 
cincinni  mei  giittis  noctimn  :  Jésus-Christ 
demande  à  l'Epouse  de  lui  ouvrir  la  port"  de 
son  cœur,  parce  qu'il  a  beaucoup  souffert 
pour  la  racheter  et  la  purifler  de  ses  péchés. 
Ceci  est  tiré  de  la  peine  qu'ont  ceux  qui 
souffrent  dêtre  mouillés  de  la  rosée  de  la 
nuit. 

CINGTORIUM,  II,  de  cingere;  dans  l'Ecri- 
ture : 

Ceinture,  baudrier.  Isa.  11.  5.  Eiit  et  fides 
cinctorium  renum  ejus  :  La  foi  sera  le  bau- 
drier dor.i  il  sera  toujours  ceint.  C'est-à-dire, 
la  vérité  et  la  fidélité  se  trouveront  toujours 
dans  les  promesses  du  Messie,  et  en  seront 
inséparables;  autrement,  la  foi  sera  le  bau- 
drier et  l'épée  dont  il  est  toujours  ceint  pour 
repousser  les  attaques  des  ennemis. 

CINGERE.  Ce  mot,  qui  est  comme  qui  di- 
rait zongere,  vient  du  verbe  grec  Çwwv.^v, 
qui  a  la  même  signification. 

1°  Ceindre  d'une  ceinture.  Exod.  29.  8. 
Cingesque  halleo  :  Vous  ceindrez  Aaron  et 
ses  enfants  de  leurs  ceintures.  Levit.  8.  13.  3. 
Reg.  7.  23.  Eccli.  io.  10.  Ainsi  Joan.  21.  18. 
Cum  esses  junior,  cingebas  te  .  Lorsque  vous 
étiez  plus  jeune,  vous  vous  ceigniez  vous- 
même.  Les  anciens  ceignaient  leurs  robes 
par-dessus  les  reins,  à  cause  de  la  longueur 
de  leurs  habits,  lorsqu'ils  se  préparaient  à 
marcher  ou  à  agir  (Voy.  4.  Reg.  9.  1.  Luc. 
17.  8.  Joan.  13.  4).  Alius  te  cinget  :  Mais  lors- 
que vous  serez  vieux...  un  autre  vous  cein- 
dra. Jésus-Christ  parle  du  bourreau  qui  de- 
vait lier  saint  Pierre  pour  le  mener  au  sup- 
plice. 

2°  Environner,  investir  (nupeiiSiàlsi-^).  1. 
Reg.  23.  26.  In  modum  coronœ  cingebant 
David:  Saùl  et  ses  gens  environnaient  Da- 
vid et  ceux  qui  étaient  avec  lui,  en  forme  de 
couronne,  pour  le  prendre. 

3"  Clore  de  murailles  ( 'f|0«7pt%- ,  sepes). 
Num.  22.  24.  Stetit  angélus  in  angusliis  dua- 
rum  maceriarum  quibus  vineœ  cingebantur  : 
L'ange  se  tint  dans  un  lieu  fort  étroit,  entre 
deux  murailles  de  deux  clos  de  vignes.  Ce 
fut  dans  le  chemin  par  où  passait  Balaam 
avec  son  âne. 

§  1 .  —  investir,  envelopper  de  toutes  parts, 
«M  parlant  des  maux  inévitables.  Job.  19.  6. 
Saltem  nunc  inlel  iyile  quia  Deus  non  œquo 
iudicio...  flngellis  suis  me  cinxerit  :  Compre- 
nez au  moins  maii.tenant  que  ce  n'est  point 
P  ir  un  jugement  proportionné  à  mes  fuites 
que  Dieu...   m'a  frappé  de  ses  plaies;  JL'br. 


en  me  tendant  un  filet  pour  m'y  faire  tom- 
ber. La  métaphore  est  tirée  du  filet  dont  se 
trouvent  enveloppées  les  bêles  que  l'on 
prend  ;  Gr.  ,  o;^v/iwtxa  û^w^sv  ,  munitionem 
erexit. 

§  2.  —Couvrir,  vêtir.  Ezech.  16.  10.  Cinxi 
te  bysso  :  Je  vous  ai  ornée  du  lin  le  plus 
be;iu.  Dieu  remontre  à  Jérus.ilem  tous  les 
bienfaits  dont  il  l'a  comblée.  Voy.  v.  2. 

CINGULUM,  I,  Çwv>3,  de  cingere. 

1°  Ceinture  (  Trs/siÇwaa  ).  Les  anciens,  qui 
portaient  de  longues  robes,  usaient  de  cein- 
tures. Prov.  31.  24.  Cingulum  tradidit  China- 
nœo  :  Elle  a  donné  une  ceinture  au  Ghana- 
néen;  Hebr.,  au  marchaïui  chnnanéen.  L'E- 
criture décrit  la  conduite  d'une  femme  lorle. 
Les  gens  de  guerre  en  usaient  aussi.  Isa.  5. 
27.  Neque  solvetur  cingulum  renum  ejus  :  Ce 
p 'Uple  éli)igné  ne  quittera  jamais  le  bau- 
drier dont  il  est  ceint.  Le  prophète  parle  du 
roi  de  Bahylone,  qui  marcherait  a\ec  ses 
troupes  contre  Jérusalem. 

2^  La  ceinture  était  ou  un  ornement  des 
prêtres,  dans  l'ancienne  loi,  Exod.  39.  28. 
Levit.  8.  8,  ou  de  quelque  autre  dignité.  Isa. 
22.  21.  Cingulo  tuo  confortabo  cum  :  J'hono- 
rerai Eliacim,  fils  d'Helcias,  de  votre  cein- 
ture; Gr.,(ie  voire  couronne.  Le  piophète 
prédit  à  Sobna,  préfet  de  la  maison  du  roi  ou 
du  temple,  v.  15,  qu'il  serait  dépouillé  de 
cette  charge.  On  voit  l'accomplissement  de 
celte  prophétie  4.  Reg.  18.  18. 

§  1.  —  Les  vertus  sont  appelées  du  mol  de 
ceinture,  pour  marquer  qu'elles  font  l'orne- 
ment et  la  force  d;!ns  quelqu'un.  Isa.  11.  5. 
Et  erit  justitia  cingulum  lumborum  ejus  :  La 
justice  sera  le  baudrier  de  ses  reins.  C'est  du 
Messie  dont  parle  le  prophè  e. 

§  2.  — «Tout  ce  qui  entoure  et  environne  : 
tel  était  le  bras  de  m"r  qui  environnait  la 
ville  de  Tyr.  Isa.  23.  10.  Non  est  cingulum 
ultra  tibi  :  Toute  votre  enceinte  a  été  dé- 
truite; i.  e.  La  mer  ne  vous  servira  plus 
comme  de  ceinture;  elle  n'environnera  plus 
votre  ville;  votre  ville  tiendra  au  continent. 
Ce  qui  se  peut  entendre  aussi  des  murailles 
mêmes.  Gr.  Il  ne  vous  viendra  plus  de  vais- 
seaux de  Carlhage. 

CINIPHES  ou  CYNIPHES.  Gr.  xvîf,de  l'in- 
finitif xvtÇstv,  qui  est  de  même  signification 
que  ivEi-j,  radere. 

Moucherons  qui  ont  un  aiguillon  fort  pi- 
quant. Ps.  104.  31.  Venit  cœnomyia  etcinifes  : 
Dieu  parla,  et  on  vit  venir  toules  sortes  do 
mouches  et  de  moucherons  dans  tout  le  pays. 
C'est  la  troisième  plaie  dont  Dieu  affligea  les 
Egyptiens.  Voy.  Exod.  8.  17.  Le  mol  hébreu 
signifie  pediculi.  Voy.  Scimphes. 

CINIS,  ERIS,  o-TToSô,-,  du  grec  y.o-Ji;. 

1°  Cendre  [ri^poc].  2.  Petr.  2.  6.  Civitates 
Sodomorum  et  Gomorrhœorum  in  cinerem  re- 
digens:ï>\cu  a  ré;!uit  en  cendres  les  villes  de 
Sodome  et  de  Gomorrhe.  Hebr.  i).  13.  Cinis 
vitulœ  :  La  cendre  d'une  génisse.  2.  Mach. 
13.  8.  Cujus  ignis  et  cinis  erat  sanctus  :  Le  feu 
et  la  cendre  de  l'autel  de  Dieu  étaient  (l<  s 
choses  saintes.  Ps.  IM.  10.  Nebulam  sicul  ci' 
nerem  spargil  :  Dieu  répani  la  g!-lée  blanche 
comme  do  !a  cendre.  Souvent  les  mois.<5ons  cl 


701  CIN 

les  fleurs  des  arbres  souffrent  autant  de  cer- 
taines gelées  à  contre-temps  ,  ou  certains 
brouillards,  que  si  c'eût  été  la  cendre  chaude 
nui  fût  tombée  dessus.  Jer.  31.  40  Super  val- 
(em  cadaveriim  et  cineris.  Voy.  Cadaver.  La 
vallée  des  cendres  éiail  un  lieu  où  l'on  por- 
tail les  cendres  des  sacrifices. 

2*  Chaux,  pit'rre  ou  marne,  qu'on  brûle  et 
qu'on  fait  cuire  dans  un  f  ur  (zovia).  Isa. 
27.  9.  Et  iste  omnis  fructus,  ut  auferatur  pec- 
catiim  ejus,  cum  posuerit  omnes  lapides  alla- 
ris,  sicut  lapides  cineris  allisos  :  Le  fruit  de 
tous  ses  maux  sera  l'expiation  de  son  péché, 
lorsque  Isniëi  aura  brisé  toutes  les  pierres 
de  l'aulel  de  ses  idoles  comme  des  pierres  de 
chaux.  La  chaux  qu'on  laisse  à  i'air  sans 
l'éteindre  se  réduit  en  poudre  irés-menue. 
Isa.  33.  12.  Et  erunt  populi  quasi  de  incendio 
cinis  :  Les  peuples  seront  semblables  à  des 
cendres  qui  restent  après  un  embrasement; 
gr.  -/.E/.a  juîva.  Heb.  Exusti  sicut  calx  :  comme 
des  fourneaux  de  chaux. 

§  1.  — Chose  abjecte  et  méprisable.  Gen. 
18.  27.  Loquar  ad  Dominum  cum  simpulvis  et 
cinis  :  Je  parlerai  encore  à  mon  Seigneur, 
quoique  je  ne  sois  que  poudre  et  que  cen- 
dre, dit  Abraham  à  Dieu.  Eccli.  10.  9.  c.  17. 
31.  c.  iO.  3.  Job.  13.  12.  c.  30.  19.  Malach.  4. 
5.  c.  10.  3.  Ainsi  Ezech.  28.  18.  Dabo  te  in 
cinerem  :  Je  vous  réduirai  en  cendres;  i.  e. 
Je  vous  rendrai  méprisable  comme  la  cen- 
dre; ou  ceci  se  peut  entendre  comme  faisant 
allusion  à  ceux  qu'on  brûle  vifs;  t.  e.  Je 
vous  ferai  souffrir  des  tourments  horribles. 
L'Ecriture  parle  du  roi  de  Tyr.  De  là  vient 
celte  phrase  : 

Cinerem  esse  sub  planta  pedum  alicujus. 
Etre  assujetti  à  quelqu'un  d'une  manière 
honteuse.  Malach.  4.  3.  Calcabitis  impios, 
cum  fuerint  cinis  sub  planta  pedum  vestro- 
rum  :  Vous  foulerez  aux  pieds  les  impies , 
lorsqu'ils  seront  devenus  comme  de  la  cen- 
dre sous  la  plante  de  vos  pieds.  G^  qui  se 
peut  entendre  des  impies,  qui,  au  jugement 
dernier,  seront  comme  sous  les  pieds  des 
saints. 

§  2.  —  Affliction,  deuil,  misère.  Isa.  61.  3. 
Ut  darem  eis  coronam  pro  cinere  :  Le  Sei- 
gneur m'a  envoyé  pour  donner  à  ceux  de 
Sion  une  couronne  au  lieu  de  la  cendre. 
Ct-'lle  fiçon  de  parler  vient  de  ce  que  les 
Juifs,  dans  le  deuil  et  l'affliction,  se  cou- 
vraient la  tète  de  cendre.  Thren.  2.  10.  Je- 
rem.  6.  26.  c.  25.  34.  ou  ils  étaient  assis  et 
couchés  sur  la  cendre.  Joan.  3.  6.  Sedit  in  ci- 
nere :  Le  roi  de  Ninive  s'assit  sur  la  cendre. 
Ce  fut  à  la  menace  de  sa  destruction  que  fit 
Jouas  de  la  part  de  Dieu.  Voy.  v.  2.  4.  Mattli. 
11.  21.  Luc.  10.  13.  De  là  vient  que  la  cendre 
se  mêlait  aisément  avec  In  pain.  Thren.  3. 
10.  Cibfivit  me  cinere  :  Le  Seigneur  m'a 
nourri  de  cendres.  Ps.  101.  10.  Cinerem  lam- 
qiiam  panem  tnnnducabam  :  Je  mangeais  la 
Cfudre  comme  le  pain;  ou  c'est  une  hypal- 
lage  pour  panem  sicut  cinerem  :  Je  ne  trou- 
vais pas  plus  de  goût  au  pain  qu'à  la  (  endre. 

CINNA.MO.MITM,  ,,  Gr.  ytw^^-.aov.  Ce  mol 
grec  vient  de  ce  que  celle  plante  est  sembla- 
ble à  ïamome,  et  signifie  ciQuamume,  plante 


CIR 


702 


odoriférante,  petit  arbre  do  la  hauteur  d'en- 
viron trois  ou  quatre  coudées  et  de  la  gros- 
seur du  bras,  qui  pousse  de  son  tronc  six  ou 
sept  branches,  que  l'on  coupe  tous  les  ans; 
on  en  lire  l'écorce,  que  l'on  fait  sécher  pour 
envoyer  dans  l«s  pays  étranger-*;  elle  se 
trouve  dins  l'Inde  orientale.  Ecdi.  24.  20. 
Sicut  cinnamomum  et  balsanium  aromntizans 
odorem  dedi  :  J'ai  répandu  une  senteur  de 
parfum,  comme  la  cannelle  et  le  baume,  dit  la 
Sag.-sse.  Exod.  30.  23.  Prov.  7.  17.  Gant.  4. 
14.  Apoc.  18.  13.  Cei  arbrisseau  ressemble  à 
la  cannelle;  mais  il  est  de  différente  espèce. 

CINYRA.  Du  Grec  xivuûx  et  de  l'Hébreu 
cinor. 

Lyre,  guitare,  instrument  de  musique. 
1.  Mach.  4.  54.  Renovatum  est  in  canticis  et 
cilhnris  et  cinyris  :  Le  nouvel  autel  fut  dédié 
de  nouveau  au  bruit  des  cantiques  des  har- 
pes, des  lyres  et  des  timbales;  souvent  ciny- 
ra  est  confondu  avec  cithara  ;  comme  2.  Par. 
29.  25.  La  Vulgate  porte  cithara,  où  le  Grec 
porte  cinyra:  on  peut  voir  le  même,  1.  Mach. 
13.  51.  et  1.  Reg.  10.  5  et  2.  Reg.  6.  5.  Ce 
qui  porle  à  croire  que  ces  deux  instruments 
avaient  beaucoup  de  rapport,  et  pouvaient 
bien  ne  différer  que  pour  la  grandeur,  ou  le 
nombre  des  cordes.  En  effet,  l'Hébreu  cinor, 
d'où  vient  cinyra,  est  souvent  rendu  par 
cithara. 

CIRCA,  neçi,  de  circus. 

i"  Autour!  Marc.  1.  16.  Zona  pellicea  cir- 
ea  lumbos  ejus:  Saint  Jean  avait  une  ceinture 
de  cuir  autour  de  ses  reins,  c.  3.  32.  Sedebat 
circa  eum  turba:  Ce  peuple  était  assis  autour 
de  Jésus. 

2°  Le  long,  aux  environs  d'un  lieu  {rcpôç). 
Matlh.  3.  5.  Omnis  regio  circa  Jordanem: 
Tout  le  pays  des  environs  du  Jourdain  ve- 
nait à  Jésus.  Marc.  3.  8.  Qui  circa  Tyrum  et 
Sidonem:  Ceux  des  environs  de  Tyr  et  da 
Sidon.  c.  4.  1.  Omnis  turba  circa  jjiare  super 
terram  erat  :  Tout  le  peuple  se  tenant  sur  le 
rivage  de  la  mer:  v.  4.  Aliud  cecidit  circa 
i/am  :  Une  parliez  de  la  semence  tomba  le 
long  du  chemin,  c.  5.  11.  Erat...  circa  mon- 
tem  grex  porcorum  magnus  :  Il  y  avait  là  un 
grand  troupeau  de  pourceaux. 

3°  Environ,  vers,  pour  marquer  le  temps. 
Malth.  27.  46.  Circa  horam  nonam  clamavit 
Jésus  ;  Sur  la  neuvième  heure  Jésus  jeta  un 
grand  cri.  c.  20.  3.  Et  egressus  circa  horam 
tertiam:  Le  père  de  famille  sortit  encore  sur 
la  troisième  heure  du  jour. 

4  Touchant,  à  l'égard,  pour  marquer  l'ob- 
jet ou  la  personne.  1.  Tim.  1.  19.  Circa  fidem 
naufragaverunl :  Quelques-uns  ont  fait  nau- 
frage dans  la  foi,  c.  6.  4.  Lnnguens  circa 
quœstiones  :  Celui  qui  ne  suit  pas  la  doctrine 
de  Jésus-Chrisl  est  un  malade  desprit,  qui 
s'amuse  à  des  que>tions  qui  sont  inutiles  et 
dangereuses.  Luc.  10.  40.  Martha  autem  sa~ 
tagebat  cil  ca  frequens  minislerium:  Marthe 
était  fort  occupée  à  préparer  tout  ce  qu'il 
fallait.  Tob.  11.  19.  Narravit  parcntibus  suis 
omnia  bénéficia  Dei,  quœ  fecisset  circa  eum  : 
Tobie  rac<Mita  à  son  [)ère  el  à  sa  mère  tous 
les  bicnrails  ilonl  Dieu  l'avait  comble,  v.  20. 
Sup.   14.  22.  Eccli.   18.    12.   2.  Mach.  4.  14, 


705  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 

Marc.  4.  19,  Et  marque  aussi  où  quelqu'un 
se  trouve,  et  ce  qui  se  passe  à  son  égard. 
Ephes.  6.  21.  ÏJt  autem  et  vos  sciatis  quœ  cir- 
ca  mesunt  :  Quant  à  ce  qui  regarde  l'état  où 
je  suis.  Philipp.  1.  12.  c.  2.  19.  23.  Coloss. 
k.  V.  7.  8.  etc. 

5"  Avec,  dans  la  compagnie  de  quelqu'un, 
pour  marquer  rattachement  ou  l'engagement 
que  l'on  a  avec  quelqu'un.  Luc.  22.  kQ.  Qui 
circa  ipsum  erant:  Ceux  qui  étaient  avec  Jé- 
sus. Saint  Luc  parle  de  ses  disciples  qui 
étaient  avec  Jésus-Christ,  lors  qu'il  fut  pris. 

6"  Proche,  près  (xara).  Act.  2.  10.  Partes 
Libyœ  quœ  est  circa  Cyrenem  :  Cette  partie 
de  la  Lybie  qui  est  proche  de  Gyrène.  Tob. 
k.  5.  c.  14.  12.  2.  Mach.  3.  23.  c.  15.  13. 
Marc.  5.  21. 

7°  Dans,  pour  marquer  ce  qui  se  fait  en 
quelque  lieu  (x'/tk).  Act.  2.  46.  Frangentes 
circa  domos  panem  :  Ceux  qui  croyaient  à 
l'Evangile,  rompaient  le  pain  dans  leurs 
maisons;  i.  e.  ou  ils  prenaient  souvent  leurs 
repas  ensemble,  les  pauvres  avec  les  riches, 
ou  participaient  à  la  sainte  Eucharistie,  c. 
5.  42. 

8°  Contre.  Judith.  3.  2.  Cesset  indignatio 
tua  circa  nos  :  Faites  cesser  votre  colère 
contre  nous,  disent  à  Holopherne  tous  les 
peuples  qui  se  venaient  rendre  à  lui.  Mach. 
3.  32. 

CtVca,  adverbe.  9"  A  l'enlour,  aux  envi- 
rons. Gen.  13.  10.  Vidit  omnem  circa  regio- 
nem  ;  Lolh  considéra  tout  le  pays  situé  le 
long  du  Jourdain,  c.  19.  25.  Luc  7.  17.  c. 
9.  12. 

CIKCINUS,  1.  De  circus,  ou  de  l'ancien 
verbe  circare. 

Compas  avec  quoi  l'on  lire  des  lignes  en 
rond,  et  l'on  mesure  diverses  choses.  Isa.  44. 
13.  In  circino  tornavit  illud:  Le  sculpteur 
donne  au  bois  ses  traits  et  ses  proportions 
avec  le  compas. 

CIRCITER,  «asi,  de  circus. 

Environ,  et  se  dit  du  temps  et  du  nombre. 
Act.  2.  41.  Appositœ  sunt  in  die  illa  animœ 
circiler  tria  milUa  :  Au  jour  que  saint  Pierre 
prêcha,  il  y  eut  environ  trois  mille  personnes 
qui  se  joignirent  aux  disciples  de  Jésus- 
Christ,  c.  5.  30.  Judic.  3.  29.  c.  16.  27.  c.  20. 
31.  3.  Reg.  22.  6.  Tous  ces  endroits  ne  regar- 
dent que  le  nombre  et  non  le  temps. 

CIHCUIRE.  Voy.  Ciucumire. 

CIRCUITUS,  us,  xù-Aoç,  de  circum  ire. 

1"  Tour,  enceinte  de  quelque  chose  ou  de 
quelque  lieu.  Tob.  13.  21.  Ex  lapide  pretioso 
oinnis  circuitus  mur  or  uin  ej  us  :  Toute  l'en- 
ceinte des  murailles  de  Jérusalem  sera  de 
pierres  précieuses  ;  ce  qui  s'entend  dans  le 
sens  spirituel,  de  même  que  Apec.  21.  18.  et 
marque  l'assurance  où  seront  les  saints  dans 
la  gloire,  qui  est  la  Jérusalem  céleste.  De  là 
viennent  ces  phrases  :  —  In  circuilu,  per 
circuitum,  xùxXw.  l^.A  l'entour,  tout  autour. 
Ps.  127.  3.  Fiiii  tut...  in  circuitu  mensœ 
tuœ:  Vos  enfants  seront  tout  autour  de  votre 
table;  soit  pour  y  servir  et  attendre  qu'on 
leur  commande,  soit  qu'ils  y  soient  à  table 
pour  manger  :  c'est  ici  la  bénédiction  de  ceux 


704 

qui  gagnent  leur  vie  au  prix  de  leur  travail 
dans  la  crainte  de  Dieu.  Âlarc.  3.  34.  c.  6.  6. 
Apoc.  4.  V.  3.  8.  Ainsi,  Ps.  17.  12. /n  circui- 
tu ejus  tabernaculwn  ejus:  Le  Seigneur  a  sa 
tente  tout  autour  de  lui  :  les  nuées  l'envi- 
ronnent et  le  couvrent  comme  une  tente. 
Cette  expression,  comme  Ps.  49.  4.  marque 
la  grandeur  et  la  puissance  de  Dieu.  Levit. 

1.  5.  Sanguinem  ejus  fundentes  per  al  taris  cir- 
cuitum  :  Les  prêtres  répandront  le  sang  du 
veau  autour  de  l'autel,  c.  3.  8.  Deut.  21.  2. 
—  2°  En  tout,  entièrement,  totalement.  Job. 
10.  8.  Manus  tuœ  fecerunt  tne,  et  plasmave- 
runt  me  totiim  in  circuitu:  Ce  sont  vos  mains, 
Seigneur,  qui  m'ont  formé;  ce  sont  elles  qui 
ont  arrangé  toutes  les  parties  de  mon  corps. 
Voy.  Plasmare.  —  3"  De  tous  côtés,  de  toutes 
parts,  en  grand  nombre.  Ps.  11.  9.  In  cir- 
cuitu impii  ambulant  :  Les  impies  rôdent  do 
toutes  parts,  pour  maltraiter  les  bons.  Threii. 

2.  22.  Vocasti...  quasi  ad  diem  solemnem  qui 
terrèrent  me  de  circuitu:  Vous  avez  fait  ve- 
nir contre  moi  des  ennemis  de  toutes  parts, 
c.  1.  17.  Deut.  17. 14.  1.  Reg.  14.  47.  Ps.  30. 

14.  Eccl.  1.  6.  Jerem.  46. 14.  etc.  Ainsi,  Rom. 

15.  19.  Ab  Jérusalem  per  circuitum  usque  ad 
Illiricum:  Saint  Paul  témoigne  qu'il  a  prê- 
ché l'Evangile  dans  toute  l'étendue  du  pays, 
qui  est  depuis  Jérusalem  de  tous  côtés  jus- 
qu'à l'illyrie. 

In  circuitu  alicujus  esse.  —  1°   Environner 
quelqu'un,  être  autour  de  lui.  Ps.  49.  4.  In 
circuitu  ejus  tempestas  valida  :  Une  tempête 
violente  environne  Dieu.  Le  prophète  a  en 
vue  ce  qui  est  dit,  Exod.  19.  16.  et  se  sert  de 
cette  expression  pour  marquer  la  majesté  de 
Dieu. — 2°  Accompagner  quelqu'un  pour  !e 
défendre,  pour  le  servir.  Ps.  33.  7.  Immittet 
Angélus  Domini  in  circuitu  timentium  eum  : 
L'Ange  du  Seigneur  environnera  ceux  qui  le 
craignent.  Voy.  Tob.   5.  20.  c.  7.  12.  Ainsi, 
4.  Reg.  6.   17.  Ps.  75.  12.  Vovele  et  reddite 
Domino  Beo  vestro,  omnes   qui  in   circuitu 
ejus  affertis  munera  :  Faites  des  vœux   au 
Seigneur  votre  Dieu,  et  vous  acquittez    de 
ces  vœux,  vous  tous  qui  environnez  son  au- 
tel pour  lui  offrir  des  présents:  Le  Prophète 
parle  au  peuple  de  Dieu.  Ps.  88.  8.  Terribiiis 
super  omnes  qui  in  circuitu  ejus  sunt  :  Dieu 
Cal  redoutable  à  tous  ceux  qui  l'environnent; 
i.  e.  à  ses  anges,  à  ses  saints,  v.  9.  Veritas 
tua  in  circuilu  tua  :   Votre   vérité  est  sans 
c^sse  autour  de  vous  ;  i.  e.  vous  accompagne 
toujours.  Ps.   124.  Bominus  in  circuitu  po- 
puli  sui  :  Le  Seigneur  est  toujours  prêt  à  as- 
sister son  peuple.  —  3'  Etre  voisin,  en  par- 
lant de  plusieurs  personnes  ou  peuples  qui 
demeurent  de  tous  côtés  auprès  de  nous.  Ps. 
30.  14,  Ps.  78.  4.   Facli  sumus  opprobrium 
vicinis  nostris,  subsannatio  et  illusio  his  qui 
iti  circuitu   nostro  sunt  :  Nous  sommes  de- 
venus  un  sujet  d'opprobre  à  nos  voisins; 
ceux  qui  sont  autour  de  nous  se  moquent 
de  nous,  etc.  Isa.  49.    18.  c.  60.  48.  Leva  in 
circuitu  oculos  tuos:  Levez  vos  yeux,  et  r»- 
gardez  tout  autour  de  vous:    Le^  Prophète 
parle  des   peuples  voisins  de  la  Judée,  qui 
devaient  venir  de  toutes  parts,  ainsi  que  du 
reste  du  monde,  pour  entrer  dans  l'Eglise. 


105  cm 

Ezecli.  36.  V.  3.  4.  c.  16.  57.   1.  Mach.  5.  v. 
10.  38.  57. 

2'  Tour,  circuit  qnon  fait  en  marchant 
autour  de  quelque  lieu  ( /.->//wy.c<  ).  Heb.  11. 
30.  Fide  mûri  Jéricho  corruerunt  circuitu 
dierum  septem.  C'est  par  la  foi  que  les  murs 
de  Jéricho  tombèrent,  après  qu'on  en  eut 
fait  le  tour  sept  jours  durant  ;  ce  qui  se  voit, 
Jos.  6,  16. 

3'  Conspiration,  entreprise  cachée  à  ren- 
contre de  quelqu'un.  Ps.  139.  10.  Caput  cir- 
cuitus  eorum...  operiet  eos  :  Toute  la  mali- 
gnité des  détours  des  pécheurs  les  accablera 
eux-mêmes.  Toy.  Caput.  n.  8. 

CIRCULUS,  I,  y.Jyjo:,  de  circus,  et  signifle 
proprement,  un  cercle,  flgure  de  mathéma- 
tiques, ronde  et  plate,  ligne  tirée  en  rond, 
cercle,  assemblée  de  gens  qui  s'entretiennent 
de  diverses  choses  :  dans  l'Ecriture: 

1^  Cercle  ,  anneau  {ov.y-yno:).  Exod.  25. 
12.  Faciès...  et  quatuor  circulas  aureos  : 
Vous  ferez  quatre  anneaux  d'or;  c'était  pour 
mettre  aux  quatre  coins  do  l'Arche,  v.  li.  15. 

2°  Tour,  circuit.  Eccl.  1.  6.  Spiritus...  in 
circulas  suosreverlitur  :Le  vent  qui  emporle 
les  nuées  autour  du  ciel,  revient  comme  sur 
ses  traces;  mais,  selon  quelques-uns,  spiri- 
tus, marque  le  soleil  qui  anime  toutes  choses, 
et  qui,  dans  le  tour  du  ciel  qu'il  fait,  reprend 
toujours  son  même  cours. 

3'  Révolution  de  temps.  Judic.  11.  40. 
Post  anni  circulum:  Au  bout  d'un  an,  une 
fois  Tannée.  1.  Reg.  1.  20.  Post  circulum  die- 
rum cancepit  Anna:  Quelque  temps  après 
qu'Héli  eut  souhaité  que  Dieu  accordât  à 
Anne  la  detnaiide  (ju'eLe  lui  avait  falle,  ele 
conçut  d'Eaaiia  sdii  mari,  et  en  eut  Samuel. 

4"  Ciochct  uu  hanuçoi)  (-/oizo,-).  Job.  kO. 
21.  Numquid  panes  circulum  in  naribus  ejus? 
IVl élirez- vous  àLevialhan  un  cercle  au  nez? 
ceci  semble  avoir  rapport  aux  pêcheurs  à  la 
lijjne,  qui  passent  un  fll  de  fer  au  nez  du 
poiï.:ron  qu'  ils  ont  pris,  pour  le  porUr  à  ia 
main.  De  là  vient  celle  significalion  meia- 
phuiique  : 

—  La  force  et  la  puissance  qu'on  emploie 
pour  arrêter  la  fureur  de  quelqu'un,  cl  pour 
le  tlo.iipl.r.  i.  Reg.  19.  28.  Isa.  37.  29.  Po- 
nant ergo  circulum  in  naribus  tuis  ('/yxio-t/sov); 
J'ai  su  celle  fureur  exlravag.inle  (jue  vous 
avez  Conçue  contre  uioi...  c'tst  pourquoi  je 
vous  meilrai  un  cercle  aux  narinis  :  Dieu 
parle  à  Scjinachéi  ib,  et  proUsle  qu  il  n'en- 
Irera  point  dans  Jérusalem  ,  et  qu'il  eiii- 
[iloiera  sa  puissance  pour  l'en  empêcher. 
Voy.  4.  Kcg.  19.  35.  Le  prophète  semble 
faire  allusion  aux  anneaux  ,  semblables  à 
ceux  qu  on  mcl  au  nez  des  budles,  pour  les 
tourner  où  l'on  veut. 

5°  Jante  ou  cercle  de  roue  {-zpoyj;).  Ezeeh. 
10.  12.  Omne  corpus  carum  et  coUîi,  et  manus. 
et  pennce,  et  circuli  plena  erant  oculis:  Le 
corps  (les  quatre  roues  qui  p  irureut  à  Ezc- 
chiel,  leur  cou,  leurs  mains  et  leurs  ailes, 
et  leurs  cercles  étaient  pleins  d'yeux. 

6'  Pendant  d'oreille,  lîzech.  l«i.  12.  Dedi... 
circulas  auribus  luis.  i(t  vous  ai  donné  des 
pendants  d'oreille  :  Dieu  représente  aux  Juifs 
les  grâces  dont  il  les  a  comblés.  Prov.  11.  22. 


cm 


706 


Circidus  aureus  in  naribus  suis,  mulier  pul~ 
chra  et  fatua:  La  femme  belle  et  insenséie  est 
comme  un  anneau  d'or  au  museau  d'une 
Iruie:  le  vice  et  les  défauts  de  l'âme  font 
perdre  toute  l'estime  de  la  plus  grande  beauté 
d'une  femme.  Voy.  Inauris. 

CIRCUM,  -loi,  du   nom  circus^  et  signiûe, 

Autour,  à  l'enlour  (-/•>//«).  Ezech.  6.  5. 
Dispergam  ossa  vestra  circum  aras  vestras  : 
Je  répandrai  vos  os  autour  de  vos  autels,  en 
punition  de  l'idolâtrie  des  Juifs,  à  qui  Dieu 
parle,  k.  Reg.  11.  11.  2.  Mach.  12.  20.  Matth. 
8   18 

CIRCUM^DIFICARE.  Ce  verbe  composé 
signiûe: 

Bâtir  autour,  clore  des  bâtiments ,  clore, 
enfermer  («vojzooo/izsrv}.  Thren.  3.  7.  Circum- 
œdificavit  adversum  me,  ut  non  egrediar  :  Le 
Seigneur  a  élevé  der  forts  contre  moi  pour 
m'empêcher  de  sortir.  Le  prophète  peut  bien 
parler  ici  de  la  noire  prison  où  il  fut  lui- 
même  enfermé  dans  Jérusalem. 

CIRCUMAGERE.  Ce  verbe  composé  si- 
gnifle : 

1°  Tourner,  faire  tourner,  mener  où  l'on 
veut.  Ezech.  38.  i.  c.  39.  2.  Circumagam  te, 
et  ponam  frœnum  in  maxillis  tuis  (-r-jvàyîtv)  : 
Je  vous  ferai  tourner,  et  je  mettrai  un  frein 
dans  vos  mâchoires.  Le  prophète  parle  à 
Magog.  Voy.  Frœnum. 

2'^  Faire  avancer.  2.  Reg.  12.  31.  Circum- 
egit  super  eos  [errata  carpenta  :  David  fit  pas- 
ser sur  les  habitants  de  Rabbath  des  roues 
de  fer.  Voy.  Carpe.ntum. 

CIRCUMAMICIRE.  De  ce  verbe  inusité 
vient  le  particiue 

CiRGLMAMCTUS,  A,  UM.  TreptÇegijjfiî'vo,',   vêtu. 

Ps.  4i.  15.  Circumamicta  varietatibus  :  La  fille 
du  roi  est  revêtue  de  divers  ornemenis  :  ceci 
marque  les  difl'erenles  grâces  du  Sainl-Es- 
pril  qui  sont  d  ius  lEglise.  Apoc.  i.  4.  Cir- 
cumaniicii  vestimentis  albis :  Les  vingl-quatre 
vieillards  étaient  vêtus  de  robes  blanches. 
Voy.  Albus. 

CiRCUMClDERE,  7:toi-iu.-jif; ,  de  circum  et 
de  cœdere,  cl  signifie  proprement,  couper 
tout  autour  ?  dans  l'Ecrilure  : 

1°  Couper.  Du-ul.  21.  12.  Circumcidet  un- 
gues,  -■pi'j-j^jyjïç  v.xnrr^.  Cette  femme  coupera 
ses  ongles.  C  est  une  des  choses  que  devait 
faire  une  femme  faite  prisonnière  de  guerre 
lorsque  le  Juif  qui  l'avait  prise  la  voulait 
épouser. 

2°  Circoncire,  de  la  manière  que  Dieu  l'a- 
vait ordonné  aux  Juifs,  et  avant  la  loi  à 
Abraham.  Gen.  17.  v.  10.  11.  Circwncidelur 
ex  vobis  omne  masculinum;  et  circumcidelis 
carnem  prœputii  veslri  :  Tous  les  mâles  d'en- 
tre vous  Seront  circoncis;  vous  circoncirez 
votre  chair.  C'est  sur  celte  loi  que  quehiues- 
uns  qui  élaienl  venus  de  Judée  enseignaient 
aux  chrétiens  d'Anlioi  lie  que  la  circoncision 
et  la  pr.ilique  de  la  loi  de  Moïse  élaienl  né- 
cess.iires  pour  être  sauvé.  Acl.  15.  1.  S.iint 
Pierre  remontre  au  contraire,  dans  le  con- 
cile de  Jérusalem,  que  c'est  par  la  grâce  de 
Jésus-Christ,  et  non  par  la  circoncision,  qno 
les  chrétiens  seront  sauvés,  v.  11.  Sur  quoi 
ce  même  concile  écrit  à  l'Eglise  d'Anlioche 


w 


DICTIONiNÂIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


qu'ils  ne  croient  point  la  circoncision  néces- 
saire. V.  28.  29.  Et  saint  Paul  défend  aussi  la 
circoncision  aux  Galates,  sous  peine  niême 
de  n'avoir  point  de  part  à  la  grâce  de  Jésus- 
Christ,  c.  5.  V.  2.  k.  Sur  quoi  il  faut  remar- 
quer que,  depuis  la  publication  de  l'Evangile, 
la  circoncision  et  les  autres  cérémonies  de  la 
loi  ont  cessé  d'être  de  nécessité  et  d'obliga- 
tion, et  c'est  ce  que  le  concile  de  Jérusalem  a 
prétendu;  mais  on  n'a  pas  laissé  d'en  tolérer 
l'usage  pour  condescendre  à  la  faiblesse  des 
Juifs,  qui  y  étaient  attachés  jusqu'à  ce  qu'ils 
IFussent  plus  instruits.  Ainsi  saint  Paul  a  fait 
circoncire  Timothée  par  condescendance,  et 
n'a  pas  voulu  que  Tite  le  fût,  parce  qu'on 
l'exigeait  comme  par  nécessité. 

—  Circoncire  d'une  circoncision  spiri- 
tuelle. C'est  retrancher  les  vices  et  les  con- 
voitises du  cœur,  ce  qui  était  flguré  par  la 
circoncision  de  la  chair.  Deut.  10.  16.  Cir~ 
cimcidile  igitur  prœputium  cordis  vestri  ; 
Ayez  soin  de  circoncire,  i.  e.  de  retrancher 
ce  qu'il  y  a  de  charnel  dans  votre  cœur.  c.  30. 
6.  Circumcidet  Dominus  Deus  tuus  cor  tuum, 
et  cor  seminis  tui,  ut  diligas  Dominum  Deum 
in  toto  corde  tuo  :  Cette  prédiction  devait  être 
regardée  comme  une  promesse  toute  visible  de 
la  grâce.  Jerem.  i.  h.  Coîoss.  2.  11.  La  circon- 
cision sprirituelle  marque  la  pureté  de  l'âme, 
et  l'incirconcision  en  marque  l'impureté  , 
selon  laquelle  on  dit  que  le  cœur  et  les  oreil- 
les sont  incircoucis.  Jerem.  9.  26.  c.  6.  10. 

CIRCUMCINGERE  ,  Heb.  tte^iÇwvvvsiv.  Ce 
verbe  composé  signiûe 

Ceindre,  vêtir.  Eccli.  45.  9.  Circumcinxit 
eumzonagloriœ^i.  e.  ^/onosa;  Le  Seigneur  a 
ceint  Aaron  d'une  ceinture  d'honneur;  celte 
ceinture  était  un  des  ornements  du  grand 
pontife. 

CIRCUMCISIO,  T.eptzoï^ii,  de  circumcidere, 
et  signifie  dans  l'Ecriture  : 

1  Circoncision  charnelle,  retranchement 
du  prépuce.  Celait  une  loi  ordonnée  aux 
Juifs,  qui  leur  figurait  celle  du  retranche- 
n:enl  des  vices.  Joan.  7.  22.  Moyses  dédit  vo- 
bis  circumcisionem  :  Moïse  veus  a  donné  la 
loi  (;e  ia  circoncision  ;  elle  venait  d'Abr;ih;;m, 
à  qui  elle  avait  été  ordonnée  de  Dieu  et  à  tous 
ses  descendants,  Gen.  17. 10.  et  comme  il  pa- 
raît. Acl.  7.  8.  Dédit  illi  lestamentum  circum- 
cisiunis  :  Le  Seigneur  confirma  par  la  circon- 
cisit)!»  l'alliance  qu'il  faisait  avec  Abraham  et 
les  Israélites,  qu'il  voulait  distinguer  des  au- 
tres nations  par  celle  marque. 

2"  L'état  des  circoncis.  Gai.  5.  6.  Jn  Chris- 
ta  Jesu,  neque  circumcisio  aliquid  valet,  ne- 
que  prcpputium,  sed  fides,  quœ  per  charitalem 
operutur  :  En  Jésus-Christ  ni  la  circoncision, 
ni  l'intirconcision  ne  servent  de  rien,  mais 
la  loi  qui  opère  par  la  charité,  c.  6.  15.  Korn. 
k.  9.  Coloss.  3.  11. 

§  1.  —  Circoncision  spirituelle.  Coloss.  2. 
11.  Circumcisi  eslis  circumcisione  non  manu- 
facta  :  C'est  en  Jésus-Christ  que  vous  avez 
été  circoncis,  non  d'une  circoncision  faite 
par  la  main  des  hfMumes,  mais  de  la  circon- 
cision de  Jésus-Chrisl.  Celte  circoncision 
n'est  autre  chose  que  le  relranchement  des 
vices  el  des  convoitises  du  cœur,  cl  l'obser  ■ 


708 
Dieu. 


vation  exacte  des  commandements  de 
Rom.  2.  29.  Voy.  v.  26. 

§  2.  —  Les  Juifs  circoncis,  qui  avaient  re- 
çu cette  marque  dans  leur  chair  pour  être 
distingués  de  toutes  les  autres  nations.  Roui. 
k.  12.  Pater  circumcisionis  :  Abraham  est  le 
père  des  circoncis  qui  non-seulemenl  ont  re- 
çu la  circoncision,  mais  encore  qui  suivent 
les  traces  de  la  foi  qu'il  eut,  lorsqu'il  était  en- 
core incirconcis,  v.  9.  c.  3.  v.  1.  Et  sont  op- 
posés aux  autres  peuples  qui  sont  incircon- 
cis, et  qui  sont  marqués  par  prœputium. 
Rom.  3.  30.  c.  4.  9.  Unus  est  Deus,  qui  justi- 
ficat  circumcisionem  ex  fide,  et  prœputium  per 
fidem  :  il  n'y  a  qu'un  Dieu  qui  justifie  par  la 
foi  ceux  qui  sont  circoncis,  et  par  la  même 
foi  encore  ceux  qui  sont  incirconcis.  Ainsi 
c.  15.  8.  Dico  enim  Chrislum  Jesum  mini- 
sirum  fuisse  circutncisionis  :  Jésus-Christ  a 
été  lui-même  le  ministre  de  l'Evangile,  à  l'é- 
gard des  Juifs  circoncis,  i  e.  est  venu  pour 
les  Juifs,  selon  quil  avait  été  promis  aux  pa- 
triarches. Gen.  49.  10.  Ainsi  Gai.  2.  v.  7.  8. 
9.  et  diins  les  autres  endroits  où  les  Juifs 
sont  désignés  par  ces  paroles  :  Qui  sunt  ex 
circumcisione  ou  de  circumcisione,  si  ce  n'est 
V.  12.  et  Tit.  1.  10.  où  l'on  entend  par  ces 
mots  tous  ceux  qui  voulaient  joindre  la  cir- 
concision et  l'observation  des  cérémonies  de 
la  loi  de  Moïse  avec  l'Evangile. 

§  3.  —  Les  vrais  chrétiens  circoncis  de 
celle  circoncision  spirituelle,  qui  consiste 
dans  le  retranchement  des  vices  et  des  con- 
voitises. Philipp.  3.  3.  Nos  enim  sumus  cir- 
cumcisio, qui  spiritu  servimus  Deo  :  C'est  nous 
qui  sommes  les  vrais  circoncis,  puisque  nous 
servons  Dieu  en  esprit. 

CIKCUMDARE,  xuxXoûv.  Ce  verbe  composé 
gouverne  l'accusatif  de  la  personne  ou  de  la 
chose  qui  est  environnée  ou  enlouréc,  et  l'a- 
blatif de  la  chose  ou  de  la  personne  qui  envi- 
ronne; ou  gouverne  l'accusatif  de  la  chose  ou 
de  la  personne  qui  environne,  avec  le  datif  de 
la  chose  ou  de  la  personne  qui  est  environnée. 
1"  Environner,  ceindre,  mettre  autour  ret- 
Pi^tÇôtv.  Muro  cingere.  Judith,  k.  k.  Mûris  cir- 
cuindederunt  vicos  suos  :  Les  Israélites  envi- 
ronnèrent les  bourgs  de  nmraillespourse  met- 
tre en  état  de  résister  à  Holopherne.  Gen.  27. 
16.  Pelliculasque  hœdorum  circumdedil  mani- 
bus  :  Rebecca  mit  autour  des  mains  de  Jacob 
la  peau  de  ces  chevreaux,  etc.;  ce  fut  afin 
que  les  mains  de  Jacob  parussent  semblables 
à  celles  d  Esaù,  el  qu'lsaac  le  prît  pour  Esaù. 
Ainsi  Baruch.  6.  kl.  Mulieres  autem  circum-- 
dalœ  funihus  :  Voy.  F  unis  5°. 

2°  Vêiir,  revêtir,  {■KspiSKllsaOxi).  Act.  12. 
8.  Circumda  libi  vestimentum  tuum:  Preneg 
votre  vêtement,  dit  l'Ange  à  saint  Pierre  pour 
le  faire  sortir  de  la  prison  où  Hérode  lavait 
fait  mettre.  .îob.  19.  26.  liursum  circumdabor 
pelle  mea  :  Je  serai  encore  revêtu  de  celle 
peau.  Job.  kO.  5.  Psal.  kk.  10.  Isa.  61.  10. 
Ainsi  Eslh.  15.  4.  Circumdata  est  gloria  sua, 
i.  e.  vestes  magnificas  induit  :  Esther  se  para 
de  ses  plus  ricl)es  ornements;  et,  dans  le  sena 
figuré, Ctrcu/>idarùn/?r»u7a/e; Etre  environné 
de  faiblesse,  être  si  faible  qu'on  tombe  sou- 
vent en  une  infinité  de  fautes  et  de  péchés. 


Ï09  cm 

Hebr„  5.  2.  Quoniam  et  ipse  circumdalus  est 
infirmilate  :  Toul  ponlife  esl  [iris  d'entre  les 
hommes,  afin  qu'il  puisse  être  touché  d'une 
juste  compassion  pour  ceux  qui  pèchent, 
romme  étant  lui-même  environné  de  faiblesse. 

3°  Orner,  embellir,  faire  servir  d'ornement 
(  àuçîjïvvv.uv).  Job.  40.  5.  Circinnda  libi  deco- 
reîn  :  Revêiez-vous  d'éclat  et  de  beauté,  dit 
Dieu  à  Job,  lui  faisant  connaître  la  différence 
«ju'il  y  a  de  la  créature  au  Créateur.  Prov.  3. 
3.  Circumda  eas  guttnri  luo  .-Metlez  la  misé- 
ricorde et  la  vérité  commp  un  collier  autour 
de  votre  cou  («yàTTTîTÔat.  Alliyare;.  L'Ecriture 
exhorte  à  avoir  toujours  devant  les  yeux  la 
miséricorde  et  la  justice,  de  même  que  nous 
avons  toujours  la  vue  sur  ce  qui  nous  est 
cher  et  qui  pend  à  notre  cou.  c.  6.  21.  Ba- 
ruch.5.  2.  Circumdabit  te  Deus  diploide  jus- 
titiœ  (ref.tê«).).£(T9at)  :  Le  Seigneur  vous  revê- 
tira de  justice  comme  d'un  double  vêtement. 
Dieu  promet  à  Jérusalem  de  la  délivrer  de  la 
captivité  pour  la  combler  de  gloire,  comme 
par  une  espèce  de  justice,  selon  la  promesse 
qu'il  lui  en  avait  l'aile  :  ce  qui  figurait  l'Eglise, 
qui  devait  être  délivrée  de  la  captivité  du  pé- 
ché pour  être  ornée  de  vertus  comme  d'une 
belle  robe.  La.  61.  10.  Dan.  5.  29.  1.  Cor.  12. 
23.  Ainsi  Isa.  i9.  18.  Circumdabis  libi  eos 
quasi  sponsa  (77Eci-t6îvat,  circumponere)  :  L'E- 
glise est  ornée  de  gens  de  bien,  comme  une 
épouse  l'est  de  ses  perles  et  de  ses  atours. 

4°  Assiéger.  Luc.  21.  20.  Cum  autem  vide- 
rilis  circumdari  ab  exercitu  Jérusalem  :  Lors- 
que vous  \errez  une  armée  environner  Jé- 
rusiilein.  Le  saint  évangeliste  parle  de  l'armée 
romaine,  commandée  par  Tite,  autr.  par  Ces- 
tius  Gallus.  Isa.  29.  3.  Circumdabo  quasi 
sphœram  in  circuilo  tuo  :  Je  ferai  tout  autour 
de  les  murailles  comme  un  cercle.  Dieu  parle 
à  Jérusalem  du  siège  que  devaient  faire  les 
Assyriens  devant  cette  ville,  par  la  permis- 
sion de  Dieu.  Ezech.  i.  3.  Circumdabis  eam  : 
Vous  assiégerez  Jérusal-rn.  Ce  siège,  que 
Dieu  ordonnait  au  prophète  de  tracer  sur 
une  briquf,  figurait  celui  que  les  Assyriens 
devaient  «'ffeclivemcnt  former  devant  Jéru- 
salem, c.  26.  8.  3.  Reg.  20.  12. 

5°  Faire  le  tour  de  quelque  lieu  ou  place 
pour  la  bien  considérer.  Ps.  kl.  13.  Circum- 
dute.  Sion  et  corn-, lectimini  eam  :  Faites  le  tour 
de  Sion,  et  comprenez  bien  quelle  elle  esl. 
Le  propbèti'  invite  ies  rois  et  les  peuples 
étrangers  de  bien  considérer  la  force  et  la 
magnincence  de  l'Eglise,  qu'elle  lient  de  la 
presei\ce  de  Dieu. 

6  Défendre,  protéger,  secourir,  2.  Par.  23. 
7.  Levilœ  circumdeni  regpm  :  Que  les  lévites 
demeurent  toujours  auprès  de  la  personne 
du  roi  avec  leurs  armes,  dil  le  grand-i»rêlrc 
Joï  ida  du  roi  Joas.  Ps.  90.  o.  Scuto  circum- 
dabit le  verilas  ejus  :  La  fidélité  avec  laquelle 
Dieu  fait  ce  qu'il  promet  vous  ti(>n(lra  lieu  de 
bouclier.  David  parle  d'un  homme  qui  de- 
meur(>  ferme  sous  l'assistance  de  Dieu.  Zach. 
ft.  8.  Circumdabo  àomnm  meam  ex  his  qui  mi- 
litant inlhi  eund'S  el  rrverletiles.  Cette  pro;)hé- 
tie  |)eut  bien  icgaid.r  les  Macliabées,  (joi  dé- 
fendirent le  culiede  Dieu  contre  le.-»  nations, 
et  ce  qui  se  passa  envers  Hcliodore  lorsqu'il 


CIR 


719 


voulut  enlever  le  trésor  du  temple.  Voy.  2. 
Mach.  3.  y.  6.  25.  26.  Ainsi  Job.  40.  17.  Ps. 
31.  10. 

7'  Attaquer  de  toutes  parts,  persécuter,  ac 
cahier,  conspirer  pour  perdre  (r£ct£;t£tv).  Ps. 
16.  11.  Inimici  mei  animam  meam  circumdC' 
derunt  :  Mes  ennemis  me  persécutent,  v.  10. 
Ps.3.7.  Ps.21.  V.  13.  17.  Ps.31.7.Ps.87.  18. 
etc.,  et,  par  métaphore,  Circumdare  tanceis. 
Voy.  Langea  1°. 

8"  Surprendre,  saisir  (Tt-od-^ei-j) ^  en  par- 
lant de  maux,  de  douleurs,  de  peines,  d'en- 
nemis, affliger.  2.  Reg.  22.  v.  5.  6.  Ps.  17,  y. 
5.  6.  Ps.  114.  3.  Circumdederunt  me  dolores 
morlis  :  Les  douleurs  de  la  mort  m'ont  envi- 
ronné; David  a  en  vue  l'occasion  oùSaiil  avec 
ses  gensenvironnait  David  pour  leprendre,  en 
sorte  que  David  désespéra  de  pouvoir  échap- 
per des  mains  de  Saùl.  Voy.  1.  Reg.  23.  26. 
Ainsi  Ps.  39.  13.  Ps.  48.  6.  Ps.  87.  18.  Job.  22. 
10.  Luc.  5.  9. 

9"  Approcher  pour  rendre  ses  respects  et 
ses  devoirs.  Ps.  23.  6.  Circumdabo  altare 
tuum  :  Je  me  tiendrai,  Seigneur,  autour  de 
votre  autel  pour  chanter  les  louanges  de  Dieu, 
selon  le  v.  suivant;  ce  que  David  peut  bien 
dire  pour  témoigner  les  sainis  désirs  <]u'il 
avait  de  pouvoir  un  jour  adorer  Dieu  dans  le 
temple  lorsqu'il  était  au  pays  des  Philistins, 
chez  .Acliis,  et  qu'il  y  détestait  leur  idolâtrie. 
Vuy.  1.  Reg.  26.  19.  c.  27.  y.  2.  6.  Ainsi  Ps. 
7.  8.  Synagoya  populorum  circumdabit  te  : 
L'assemblée  des  peuples  vous  environnera, 
se.  s'assemblera  pour  vous  louer  et  vous 
rendre  leurs  actions  de  grâces;  c'est  le  motif 
par  lequel  le  prophète  veut  engager  Dieu  de 
le  délivrer  de  ses  ennemis  de  ce  qu'il  élait 
injustement  persécuté. 

10°  Remplir,  combler,  en  parlant  des  affec- 
tions dont  l'âme  est  capable  (TTc^ûjÇwwOjtv).  Ps. 
29.  12.  Circumdedisti  me  lœtitia  :  Vous  m'a- 
vez toul  rempli  de  joie,  se.  lorsque  Dieu  dé- 
livra David  de  ses  ennemis.  Ps.  54.  11.  Die 
ac  nocle  circumdabit  eam  super  muros  ejus  ini- 
quilas  :  Celte  ville  de  Jérusalem  est  si  remplie 
d'iniquiié  qu'elle  s'élève  jusque  sur  les  mu- 
railles; ce  qui  peut  marquer  que  le  désordre 
el  la  confusion  élait  non-seulement  parmi 
les  magistrats,  mais  même  parmi  les  géné- 
raux, dont  le  devoir  élait  de  la  défendre. 
Hebr.  5.  2.  Ipse  circumdalus  est  infirmilate  : 
Le  [rêlre  qui  offre  des  sacrifices  pour  ies  pé- 
chés esl  rempli  lui-même  de  faiblesse  ;  suit 
du  péché,  tels  qu'étaient  les  prêtres  de  l'an- 
cienne loi  ;  soil  de  la  !âiblesse  seule  de  la  na- 
ture humaine,  tel  qu'élail  Jésus-Chrisi.  \  oy. 
V.  3.  7.  10.  Thren.  3.  5.  Circumdcdil  me  [elle  et 
labore  :  Le  S(  igneur  m'a  environné  de  fiel  el 
de  peine.  Habac.  2.  16.  Circumdabit  te  ca- 
lix  dexlerœ  Domini :  Ce  calice  que  vous  re- 
cevrez de  la  main  du  Seigneur  vous  enivrera. 
Hebr.  Yerlct  se  super  te  :  Vous  boirez  le  ca- 
lice tout  entier,  en  sorte  que  vous  en  verrez 
le  fond.  Le  ()rophètc  marque  l'excès  de  la 
colère  et  de  la  fureur  que  Dieu  devait  exercer 
bur  les  rois  de  Bahylonc. 

11  Renfermer  dans  son  sein,  en  parlant 
d'une  femme  à  l'égard  de  l'enfant  qu'elle  a 
conçu  (nefiiip/^t'j^'xi).  Jcrçm.  3\.  ^2.  Focmina 


7Î1 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


circumdabit  virum:  Une  femme  renfermera 
dans  son  sein  et  concevra  un  homme  parfait. 
Le  prophète  marque  la  sainte  Vierge,  qui  a 
conçu  et  enfanté  Jésus-Christ,  dont  le  corps 
était  petit  comme  celui  d'un  autre  enfant, 
mais  qui,  dès  le  moment  de  sa  conception 
miraculeuse,  sera  un  homme  parfait,  étant 
uni  personnellement,  dès  cet  instant,  à  la  sa- 
gesse suprême,  le  Fils  unique  du  Père  éternel. 

1 2°  Tromper.  Osée.  11. 12.  Circumdedif  me  m 
negotiatione  Ephraim  :  Le  royaume  d'Israël, 
des  dix  tribus  marquées  par  Ephraïm,  m'a 
trompé  en  rendant  à  une  idole,  au  veau  d'or, 
le  culte  qu'il  me  devait. 

CIRCUMDATIO,  mpiee^n?.  Ce  dérivé,  qui 
signiGe  proprement  l'action  d'environner, 
suit,  dans  l'Ecriture,  la  seconde  signiûcation 
du  verbe  circumdare,  vêtir,  et  signiGe  : 

Vêlement.  1.  Petr.  3.  3.  Quarumnon  sit... 
circumdatio  aiiri  :  Que  les  femmes  ne  mettent 
point  leur  ornement  à  se  parer  au  dehors  par 
les  riches  habits  d'or.  L'Apôtre  parle  égale- 
ment aux  hommes  comme  aux  femmes. 

C!RCUMDUCERE,7r£^tâv.-iv.  Ce  verbe  com- 
posé signiGe  proprement,  conduire  tout  au- 
tour ;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Tourner  pour  mettre  en  mouvement 
{(Tfz-jBo-jzh) .  1.  Reg.  17.  49.  Circumducens  per- 
cussit  Philistœum  :  David  donna  le  mouve- 
ment à  sa  fronde  pour  lancer  la  pierre  sur 
Goliath. 

2°  Conduire  par  divers  chemins,  mener  de 
côté  et  d'autre  (xu/.Xoûv)  ;  ce  qui  est  opposé  à 
mener  tout  droit.  Exod.  13.  18.  Circumduxit 
per  vimx  dcserti  :  Le  Seigneur  Gt  faire  aux 
Israéliles  un  long  circuit  par  le  chemin  du 
désert,  à  leur  sortie  de  l'Egypte.  L'Ecriture 
donne  la  raison  pourquoi  Dieu  ne  les  con- 
duisit point  par  le  chemin  du  pays  des  Phi- 
listins, qui  est  voisin  (v.  17).  Num.  32.  13. 
Circumduxit  eum  per  desertum  :  Le  Seigneur 
a  fait  errer  le  peuple  d'Israël  par  le  désert 
pendant  quarante  ans  :  ce  fut  à  cause  du  mur- 
mure qui  s'excita  parmi  le  peuple  qui  refu- 
sait de  conquérir  la  terre  promise.  Voy.  c. 
14.  V.  2.  3.  Deut.  32.  10.  1.  Reg.  5.  8.  Ainsi, 
V.  9.  mis  autem  circumducendbas  eum:  Pen- 
dant que  les  Philistins  menaient  de  ville  en 
ville  l'arche  de  Dieu,  le  Seigneur  tuait  un 
grand  nombre  d'hommes. 

3°  Mener  partout  avec  soi.  1.  Cor.  9.  5. 
.  Numquid  non  habemus  polestatem  mulierem 
sororem  cjrcwmrfucendt?  N'avons-nous  pas  le 
pouvoir  de  mener  avec  nous  une  femme  d'en- 
tre nos  sœurs  en  Jésus-Christ  ?  Les  apôtres 
menaient  avec  eux  de  saintes  femmes  chré- 
tiennes qui  les  assistaient  de  leurs  biens  pour 
leur  faciliter  le  moyen  de  prêcher  l'Evan- 
gile :  ils  tenaient  celte  coutume  de  Jésus- 
Christ.  Luc.  8.  3.  et  qui  était  reçue  parmi  les 
Juils. 

—  Mener  et  conduire  comme  l'on  veut,  te- 
nir en  bride  {x'^li-j'xyMveïv).  Jac.  3.  2.  Potesl 
ciiain  frœno  circumduccre  tolum  corpus  :  Que 
si  quelqu'un  ne  fait  point  de  fautes  en  par- 
lant, c'est  un  homme  parfait,  et  il  peut  tenir 
tout  le  corps  en  brido  ;  se.  se  «endre  maître 
de  tous  les  autres  membres  du  corps, de  leurs 
actions  el  de  leurs  mouvements. 


71Î 
Ce  verbe  coui- 


CIRCUMFERRE,  ■Kepi^êpei^. 
posé  signiGe  : 

1°  Porter  à  l'entour,  porter  çà  et  là,  de 
tous  côtés.  Deut.  3.  27.  Oculos  tuos  circumfer 
ad  occidentem  et  ad  aquilonem,  austrumque 
et  orientem:  Portez  vos  yeux  de  tous  côtés,  et 
regardez  vers  l'occident,  vers  le  septentrion, 
vers  le  midi  et  vers  l'orient,  dit  Dieu  à  Moïse, 
lui  montrant  la  terre  promise,  mais  dans  la- 
quelle Dieu  ne  voulut  point  qu'il  entrât. 
Voy.  v.  25.  26.  1.  Par.  10.  9.  Ainsi,  Marc.  G. 
55.  Cœperunt  in  grabatis  eos,  qui  se  maie  ha- 
hebant,  circumferre  ubi  audiebant  eum  esse  : 
Jésus-Christ  étant  abordé  avec  ses  disciples 
au  territoire  de  Génézareth,  les  habitants 
l'ayant  reconnu,  commencèrent  à  lui  appor- 
ter de  tous  côtés  les  malades  dans  les  lits  par- 
tout où  ils  entendaient  dire  qu'il  était. 

2"  Porter,  emporter  de  tous  côtés  ,  tourner 
comme  on  veut  {plTri^uv).  Jac.  1.6.  Qui  enim 
hœsitat  similis  est  fluctui  maris  qui  a  vento 
movetur  et  circumfertur  :  Celui  qui  doute  est 
semblable  au  flot  de  la  mer,  qui  est  agité  et 
emporté  çà  et  là  par  la  violence  du  vent.  Saint 
Paulcompareaussiau  mouvementdes  flots  un 
homme  qui  se  laisse  emporter  l'esprit  à  tout 
ce  qu'on  lui  veut  persuader.  Eph.  4.  14.  Ut 
jam  non  simus  parvuli,  fluctuantes  et  circum- 
feramur  omni  vento  doctrinœ  :  AGn  que  nous 
ne  soyons  plus  comme  des  enfants,  comme 
des  personnes  flottantes,  et  que  nous  ne  nous 
laissions  pas  emporter  à  tous  les  vents  des 
opinions.  De  même  saint  Jude  compare  au 
mouvement,  des  nuages  que  le  vent  emporte 
o\i  il  veut,  la  légèreté  et  l'inconstance  que  les 
hérétiques  ont  dans  leurs  erreurs,  passant 
incessamment  de  l'une  à  l'autre.  Jud.  v.  12. 
Nubes  sine  aqua,  quœ  a  ventis  circumferuntur  : 
Ils  sont  des  nuées  sans  eau,  que  le  vent  em- 
porte çà  et  là. 

3"  Tourner  où  l'on  veut  et  comme  on  veut 
{lj.z-ciy.yEtv).  Jac.  3.  4.  Omne  corpus  illorum 
circumfcrimus  :  Nous  faisons  tourner  tout  le 
corps  des  chevaux  où  nous  voulons,  par  le 
moyen  du  mors  qu'on  a  mis  dans  leur  bou- 
che :  c'est  à  quoi  saint  Jacques  compare 
l'empire  que  l'on  a  pris  une  fois  sur  sa  lan- 
gue, dont  il  dit  qu'un  homme  sage  s'étant 
rendu  maître,  en  sorte  qu'elle  ne  fasse  point 
de  fautes,  il  peut  aisément  bien  régler  toutes 
les  actions  de  sa  vie.  Voy.  v.  2. 

4°  Porter  partout  avec  soi  ,  ce  qui  s'entend 
Ggurémenl  des  maux  et  des  afflictions  conti- 
nuelles. 2.  Cor.  4.  10.  Semper  morlificalio- 
nem  Jesu  in  corpore  nostro  circumferentes  : 
Nous  portons  toujours  dans  noire  corps  les 
afflictions  qui  représentent  celles  que  Jésus- 
Christ  a  s(»ulïeries  pendant  sa  vie. 

CIRCUMFODERE  ,  mpiop<j<7i7uv.  Ce  verbe 
composé  signiGe  : 

Creuser  ou  fouiller  tout  autour.  Isa.  Si.  15. 
Ericius...  circumfodit  et  fovit  (catuios)  in 
nmbra  ejw^:  Le  liérisson  nourrit  ses  petits,  cl 
ayant  fouillé  tout  autour  de  son  trou,  il  fait 
croître  ses  petits  dans  l'ombre  de  sa  ca- 
verne. 

CIRCUMFULGERE  ,  nspààiMneiv.  Ce  verbe 
compose  signiGe  : 

Environner  de  clarté,  éclairer.  Ainsi,  dans 


lia 


cm 


CIR 


7f4 


saint  Luc.  2,  9.  Clarilas  Dei  circumfulsit  il- 
los  .-Les  pasteurs  à  qui  l'Ange  apparut  pour 
leur  annoncer  la  naissance  de  Jésus-Christ, 
furent  environnés  d'une  lumière  divine.  Voy. 
V.  11.  Et  saint  Paul.  Act,  9.  3.  se  vit  envi- 
ronné par  une  lumière  plus  éclatanle  que  le 
soleil,  dans  son  voyage  de  Damas,  où  il  allait 
dans  le  dessein  de  persécuter  les  chrétiens. 
Act.  22.  6.  c.  26.  13. 

CIRCUMFUNDERE,  ntpt/jh.  Ce  verbe  com- 
posé signifie  :  Epandre,  répandre  partout 
jusqu'à  remplir;  ce  qui  s'entend  figurément 
des  choses  qui  regardent  l'âme.  2.  Mach.  3. 
V.  16.  17.  Circumfusa  enim  erat  mœstitia  quœ- 
dam  viro  :  Le  jour  qu'Héliodore  entra  dans 
le  temple  pour  exécuter  l'ordre  de  Séleucus, 
au  sujet  de  l'argent  qui  était  en  dépôt  dans  le 
temple,  une  certaine  tristesse  était  répandue 
dans  l'âme  du  grand  prêtre  Onias.  A  quoi  se 
peut  rapporter  2.  Mach.  3. 27.  E umque  multa 
caligine  circuyyifusum  rapuerunt ,  atque  in 
sella  gestatoria  positum  ejecerunt  :  Ils  pri- 
rent Héliodore  qui  était  tout  enveloppé  d'obs- 
curité et  de  ténèbres,  et  l'ayant  mis  dans 
une  chaise,  on  l'emporta  de  là  et  on  le  chassa 
hors  du  temple. 

CIRCUMIRE,  GIRCUIRE,  xux>.oOv.  Ce  verbe 
composé  signifie  : 

1"  Aller  autour,  faire  le  teur  de  quelque 
lieu.  Jos.  6.  7.  Ite  et  circuile  civitatem  ar- 
mati  :  Allez,  et  faites  le  tour  de  la  ville  de 
Jéricho  étant  sous  les  armes,  dit  Josué  au 
peuple,  v.  3.  4.  Job.  1.  7.  c.  2.  2.  Circuivi  ter- 
ram  et  perambulavi  eam  {TTcf,Léii'/^-(TOut)  :  J'ai  fait 
le  tour  de  la  terre,  et  je  l'ai  parcourue  tout 
entière,  dit  Satan.  Eccli.  2i.  8.  Gyrum  cœli 
circuivi  sola  :  J'ai  fait  seule  le  tour  du  ciel, 
pour  marquer  que  Dieu  a  créé  sans  le  se- 
cours d'aucune  créature,  et  a  soin  de  toutes 
choses  hautes  et  basses. 

2°  Rouler,  avancer  en  roulant.  Isa.  28.  27. 
Nec  rota  plauslri  super  cyminum  circuibit 
{■Kîf,LctyEfj)  :  On  ne  fait  point  passer  la  roue  du 
chariot  sur  le  cumin  :  ce  qui  marque  que 
Dieu  ne  traite  pas  avec  la  même  sévérité  les 
faibles  que  les  forts. 

3'  Aller  çà  et  là,  non  pas  le  droit  chemin, 
aller  de  côlé  et  d'autre.  Gen.  2,  11.  Phison, 
ipse  est  qui  circuit  omnem  terram  Hevilath  : 
L'un  des  quatre  canaux  du  fleuve  qui  arro- 
sait le  paradis  terrestre  s'appelle  Phison,  et 
c'est  lui  qui  coule  tout  autour  du  pays  de 
Hevilath.  v.  13.  Eccl.  12.  5.  Circuibunt  in 
platea  plangentes  :  Les  pleureuses  et  le  peu- 
ple marcheront  en  pleurant  autour  des  rues 
aux  funérailles  du  mort.  Gen.  41.  46.  Circui- 
vitomnes  regionesJEgypti  {ULéfj/jiOxi)  :  Joseph 
fit  le  tour  de  toutes  les  provinices  d  Egypte  ; 
ce  fut  aussitôt  après  avoir  reçu  de  Pharaon 
le  commandement  sur  toute  l'Egypte.  Matth. 
9.  35.  Circuibal  Jésus  omnes  civitates  et  ca- 
stelia  (îre^tâyeiv)  :  Jésus  allait  de  tous  côtés 
dans  les  villes  et  dans  les  villages,  pour  en- 
seigner et  prêcher  l'Evangile,  etc.  c.  4.  v.  23. 
15.  Circuitis  mare  et  aridam,  ut  faciatis  unum 
proselylum  :  Vous  courez  la  mer  et  la  terre 
pour  faire  un  prosélyte.  Jésus-Christ  con- 
damne en  ceci  les  scribes  et  les  pharisiens, 
soit  parce  (ju'ils  ne  cherchaient  à  gagner  les 

Diction. *«.  de  puiLOL.  sacréu    I. 


idolâtres  à  leur  religion  qu  en  vue  d'un  plus 
grand  profit  qui  leur  reviendrait  par  le  plus 
grand  nombre  des  sacrifices  ,  soit  qu'ils  eus- 
sent moins  d'ardeur  à  leur  faire  observer  la 
loi  de  Moïse,  qu'ils  n'en  avaient  aies  gagner  à 
la  religion  judaïque.  Hebr.  11.  37.  Circuie- 
runt  in  melotis  {r.îpdpyj(7^0Li)  :  Ils  ont  été  vaga- 
bonds, couverts  de  peaux  de  brebis.  1.  Tim. 
5.  13.  Otiosœ  discunt  circuire  domos  :  Les  jeu 
nés  veuves  étant  fainéantes  s'accoutument  à 
courir  par  les  maisons.  Amos.  8.  12. 

4"  Tourner  de  quelque  côté,  s'étendre  vers 
quelque  lieu  [iy.Ttspnropî-JZ'jSuL'..  lo.  3.  Ascen- 
dens  ad  Addar  et  circuiens  Carcaa  :  La  tribu 
de  Juda...  monte  vers  Addar  et  tourne  vers 
Carcaa. 

5°  Tourner  de  tous  côlés  avec  empresse- 
ment pour  trouver  ce  que  l'on  cherche  {-iot- 
-arstv).  1.  Pelr.  5.  8.  Adversarius  vesler  dia- 
bolus  tamquam  leo  rugiens  circuit,  quœrens 
quem  devoret  :  Le  démon  ,  votre  ennemi , 
tourne  autour  de  vous  comme  un  lion  rugis- 
sant, cherchant  qui  il  pourra  dévorer.  Sap.  6. 
17.  Dignosseipsa  circuit  quœrens  {Tzîctépyj'j'jy.i): 
La  sagesse  tourne  elle-même  de  tous  côtés 
pour  chercher  ceux  qui  sont  dignes  d'elle, 
c.  8.  18.  Amos.  8.  12.  Act.  13.  11.  Ainsi,  Ps. 
58.  v.  7.  15.  Circuibunt  civitatem  :  Mes  enne- 
mis tourneront  autour  de  la  ville.  Le  Pro- 
phète marque  l'ardeur  qu'avaient  ses  enne- 
mis à  trouver  les  moyens  de  le  surpren- 
dre. 

6°  Aller  comme  en  procession  ou  danser 
autour  [■Kou:rî</zu).  2.  Mach.  6.  7.  Cogeban- 
tur  hedera  coronati  libero  circuire  :  Lors- 
qu'on célébrait  la  fêle  de  Bacchus,  on  con- 
traignait les  Juifs  d'aller  par  les  rues  courou- 
nés  de  lierre  à  l'honneur  de  ce  faux  dieu  : 
c'était  de  l'autorité  de  ce  vieillard  d'Antioclie 
envoyé  en  Judée  par  Antiochus  pour  affiiger 
la  Judée. 

7°  Approcher,  êlrc  souvent  près.  Ps.  26.  6. 
Circuivi  et  immolait  :  J'ai  souvent  approché 
de  votre  autel,  dit  David,  ou  j'en  approcherai 
pour  vous  y  oll'rir  des  sacrifices  par  le  mini- 
stère des  prêtres. 

8"  Attaquer  de  tous  côlés,  persécuter.  Ps. 
117.  10.  Omnes  génies  circuicrunt  me  :  Tous 
les  peuples  voisins  m'ont  attaqué.  Amos.  3. 
11.  Circuietur  terra,  disolabitur  :  La  terre 
sera  environnée  et  attaquée  de  gens  do 
guerre.  Le  Prophète  parle  de  l'armée  de  Sal- 
nianasar  contre  Samaric.  Voy.  4.  Rcg.  17.  v. 
5.  G.  Ainsi ,  1.  Mach.  10.  8.  c.  15.  14.  Apoc. 
20.  8. 

CIRCUMLEGERE.  Voy.  Légère.  Ce  verl.i» 
qui  est  inusité  chez  les  Latins  ,  signifie  dans 
l'Ecr.  : 

Côtoyer,  naviguer  le  long  d'une  côte.  Act. 
28. 13. Inde ciriumlcgenles  devcnimus Rhegiiim 
{TTepdry/jc'jui)  :  Do  Sjracusc  nous  vînmes  à 
Rhè{;e'en  côloy;int  la  Sicile. 

CIKGU.MLIGARE.  Ce  verbe  composé  si- 
gnifie : 

1'  Lier  tout  autour,  comme  on  lie  une 
bande  aulour  de  (luebjuc  chose,  ou  qu'on  la 
bande  (xarv-ouv).  Isa.  1.  6.  Plaga  tumcns,  7ion 
est  circumligala  :  Tout  le  peuple  juif  n'est 
qu'une  plaie  enflammée,   qui  n'a  point  été 

23 


7fô 


FiCTlONNAmE  [tE  PllILULOCIE  SACHÉE. 


bandée;  c'est  à  quoi  le  Prophète  compare  la 
corruption  des  mœurs  des  Juifs,  pour  mar- 
quer leur  étal  déplorable  et  combien  ils 
étaient  abandonnés  au  dérèglement. 

2°  Lier,  attacher  à  quelque  chose  en  l'y 
entortillant  (Seïv).  Judic  16.  13.  Si...  da- 
vum  his  circumligalum  terrœ  fixeris,  infirmus 
ero  :  Si  ayant  attaché  cette  tresse  à  un  clou, 
vous  enfoncez  ce  clou  dans  la  terre,  je  de- 
viendrai faible  comme  un  autre  ,  répond 
Samson  à  Dalila  ,  à  la  troisième  question 
qu'elle  lui  fait  louchant  la  manière  qu'il  le 
faudrait  lier  pour  lui  ôter  le  moyen  de  se 
sauver.  Voy.  v.  6.  Ezeçh.  24.  17.  Corona  tua 
circumligata  sil  tibi  (c-y/xTr^ixetv)  :  Lorsque  je 
vous  aurai  ôté  votre  femme  (en  la  faisant 
mourir],  la  couronne  de  votre  tiare  sera 
liée  autour  de  voire  tête,  i.  e.  vous  aurez  la 
tète  couverte,  dit  Dieu  à  Ezéchiel  :  ce  qui  lui 
marquait  de  n'en  porter  point  le  deuil,  parce 
que  ceux  qui  étaient  en  deuil  allaient  la  tête 
nue.  Voy.  Levit.  10.  6.  Levit.  21.  10.  1.  Reg. 

4.  12. 

CIRCUMLINERE.  Ce  verbe  composé  si- 
gnifie : 

Frotter  a  l'entour,  Ezech.  23.  kO.  Quibus  te 
iavisti  et  circumlinisti  stibio  ocidos  tuos 
(cTtêîÇetv)  :  Pour  plaire  aux  Chaldéens,  vous 
vous  êtes  fardée.  Voy,  Stibium. 

CIKCUMORNARE ,  Trsptxoapsrv.  Ce  verbe 
composé  signifie  : 

Parer,  embellir.  Ps.  143.  14  Circumornatœ 
ut  similitudo  templi  :  Les  filles  des  étrangers 
sont  ornées  comme  des  temples.  Le  Prophèle 
représente  à  Dieu  l'état  florissant  où  sont  ses 
ennemis. 

CIRCUMPEDES.  Ce  mot  est  pris,  selon 
quelques  auteurs  latins,  pour  un  seul  mot 
indéclinable  ;  il  est  pris,  selon  d'autres,  pour 
deux  mois,  comme  a  pedibus  sont  deux  mois 
en  sous -entendant  «erti,  et  ont  la  même 
signification,  servi  circumpedes  ou  servi  a  pe- 
dibus, et  signifie  proprement,  valets  de  pied, 
des  laquais  ;  dans  l'Ecr.  : 

Robe  qui  descend  jusqu'en  has  [noBôpriç). 
Eccli.  45.  10.  Circumpedes  et  femoralia  et  hu- 
inerale  posuit  ei  :  Dieu  a  donné  à  Aaron  la 
robe  qui  descendait  jusqu'en  bas  ;  c'est  la 
robe  dont  il  est  parlé,  Exod.  28.  v.  4.  31. 

GlRCUMPLECTl,  Tzeptnliyuv.  Ce  verbe,  dé- 
rivé de  circumplico,  signifie  : 

l'Embrasser.  Gen.  48.  10.  Applicitosque 
ad  se  deosculalus  et  circumplcxus  cos  (ttc^oJ.k^- 
êâvciv)  :  Jacob  ayant  fait  approcher  de  lui 
Ephraïm  e<  Manassès,  il  les  embrassa  et  les 
baisa;  Joseph  les  avait  menés  avec  lui,  en 
allant  voir  Jacob,  de  qui  on  lui  était  venu 
annoncer  la  maladie,  v.  1. 

2"  Envelopper,  engager.  Ps.  118.  Cl.  Fîmes 
peccatorum  circumplexi  suiit  me  :  Je  me  suis 
trouvé  enveloppé  par  les  filets  des  pécheurs; 
David  parle  des  pièges  que  lui  tendaient  les 
méchants  pour  le  surprendre  :  ces  pièges 
étaient  leurs  discours  étudiés  et  artificieux. 
CIRGUMPONERE,  7:£/5iTtesv«t.  Ce  verbe  com- 
posé signifie  : 

1°   Mettre,    placer  autour.   Gen.   41.   42 
Collo  torqucin  auream   circumposuit  :   Pha- 
raon  fit    mclUe  autour  du  cou  de    Joseph 


Eccli.  30.  18. 


Marc.  15.  36, 


un  collier  d'or. 
Joan.  19.  29. 

2°  Eriger,  dresser  autour  de  quelque  chose 
en  parlant  de  quelque  ouvrage  d'archite- 
cture. 1.  Mach.  13.  '29.  His  circumposuit  co- 
lumnas  magnas  :  Simon  Machabée  fit  dresser 
de  grandes  colonnes  tout  autour  des  sept 
pyramides  qu'il  avait  fait  dresser  à  son 
père,  à  sa  mère  et  à  ses  quatre  frères. 

CIRGUMSEDERE,  TTcpi^àOnaQui.  Ce  verbe 
composé  signifie  proprement  :  assiéger  une 
place  :  dans  l'Ecr.  : 

1°  Se  jeter  avec  impétuosité  sur  quelqu'un, 
et  l'investir.  1.  Mach  5.  3.  Quia  circumsede- 
banl  Jsraelitas  :  Judas  était  occupé  à  battre 
les  enfants  d'Esaii  dans  l'Idumée  et  ceux  qui 
étaient  dans  Acrabalhane ,  parce  qu'ils  te- 
naient toujours  les  Israélites  comme  inve- 
stis. 

2°  Etre  assis  ensemble  (o-uyxaeîÇetv) .  Luc. 
22.  55.  Circumsedentibus  illis  :  Les  officiers 
du  grand  prêtre  étant  assis  ensemble  auprès 
du  feu  ,  Pierre  s'assit  aussi  parmi  eux. 

ClRCUMSEPIRE,7r£ptyp«iTae£v.  Ceverbe  com- 
posé signifie  : 

1°  Ceindre  et  environner  de  toutes  parts 
pour  fortifier  ou  défendre.  2.  Mach.  10.  30. 
Ar mis  suis  circumseptum  incolumem  conser- 
vabant  :  Deux  d'entre  les  cinq  hommes  que 
les  ennemis  virent  paraître  du  ciel,  cou- 
vraient Machabée  de  leurs  armes  ,  afin  qu'il 
ne  pût  être  blessé:  ce  fut  dans  la  bataille  qui 
se  donna  contre  Timothée  ,  après  celle  où  il 
avait  été  défait  par  les  Juifs.  Voy.  v.  25.  et  1. 
Mach.  5.  V.  34.  43.  44. 

2'^  Renfermer,  mettre  comme  en  prison. 
Baruch.  6.  ïl.Sicut  alicui  quiregem  offvndit 
circumseptœ  sunt  januœ...  ita  tulanlur  Sa- 
cerdotes  ostia  clausuris  et  sem:  Comme  un 
homme  qui  a  offensé  un  roi  est  renfermé 
sous  beaucoup  de  portes  dans  une  prison, 
ainsi  les  prêtres  des  faux  dieux  les  renfer- 
ment sous  beaucoup  de  serrures  et  de  ver- 
roux.  Ainsi  ,  Job.  19.  8.  Sernitam  meam  cir- 
cumsepsit  :  Le  Seigneur  a  fermé  de  toutes 
parts  le  sentier  que  je  suivais.  Job  veut  dire 
que  Dieu  l'a  tellement  comme  environné  et 
accablé  de  maux  ,  qu'il  ne  voyait  aucun 
moyen  d'en  sortir. 

CIRGUMSPECTARE.  Ce  verbe  composé  si- 
gnifie : 

Voir  de  tous  côtés.  Job.  15.  22.  Circum- 
spectans  undique  g[adium:Vimp'\e  étant  dans 
la  nuit, n'espère  plus  de  retour  à  la  lumière, 
et  il  ne.  voit  'de  tous  côtés  que  des  épées 
nues. 

CIRCUMSPECTIO,  De  ctrcumspicere,el  si- 
gnifie : 

Regard  ,  vue  de  tous  côlés  ,  connaissance 
de  tout  ce  qui  se  passe.  Eccli.  14. '22.  Beatus 
vir...  qui  in  sensu  co§itabit  circumspectionem 
Dei  :  Heureux  est  l'homme  qui  pense  et  re- 
pense à  cet  œil  de  Dieu  qui  voit  toutes  cho- 
ses 

CIRCUMSPECTOR ,  <rxÔ7rof.  Ce  dérivé  de 
circumspicere  signifie  : 

1°  Qui  regarde  de  tous  côtés.  Eccli.  37.18. 
Anima  viri  sancti  enuntiat  aliquando  yera, 
quam  septem  circumspectores  sedenles  in  ex- 


717 


CIR 


CiR 


718 


celso  ad  speculandum  :  L'âme  d'un  homme 
saint  découvre  quelquefois  mieux  la  vérité  , 
que  sept  sentinelles  qui  sont  assises  dans  un 
lieu  élevé  pour  contempler  tout  ce  qui  se 
passe  :  ceci  peut  marquer  qu'un  homme  de 
bien  juge  quelquefois  mieux  de  ce  qui  lui  est 
propre, que  plusieurs  docteurs  ne  pourraient 
faire  ;  ce  qui  est  néanmoins  extraordinaire. 

2"  Qui  connaît  tout ,  et  voit  tout.  Eccli.  7. 
12.  Est  qui  humiliât  et  exaltai  circwnspector 
Veus  ;  11  y  a  un  Dieu  qui  voit  tout ,  et  c'est 
lui  qui  élève  et  qui  humilie.  LEcrilure  mar- 
que ce  qui  doit  empêcher  de  se  moquer  d'un 
homme  qui  est  dans  l'amertume  de  l'afflic- 
tion et  de  l'humiliation. 

CIRCUMSPICERE ,  mpiQ.éneLv.  Ce  verbe 
composé  signifle  : 

1»  Regarder  de  tous  côtés.  Eccli.  9.  7.  Noli 
circumspicere  in  viis  ctïi/aft.«: Ne  jetez  point 
les  yeux  de  tous  côtés  dans  les  rues  de  la 
\ille.  L'Ecriture  défend  ceci  ,  parce  qu'on 
est ,  par  là  ,  exposé  à  jeter  la  vue  sur  quel- 
que objet  dangereux  au  salut  de  l'âme,  c.  23. 
28. 

2°  Regarder,  fixer  la  vue.  Eccli.  9.  8.  Ne 
circumspicias  speciem  alienam  :  Ne  regardez 
point  curieusement  une  boaulé  étrangère. 
Marc.  3.  5.  Circumspiciens  eos  cum  ira  .Jésus- 
Christ  regarda  avec  colère  les  docteurs  de  la 
loi  et  les  pharisiens.  V'oy.  Luc.  G.  v.  7.  10. 
Ce  fut  lorsque  Jésus-Christ  les  vit  dans  le 
silence  à  la  question  qu'il  leur  fit,  savoir: 
s'il  était  permis  de  faire  du  bien  ou  du  mal 
au  jour  du  sabbat ,  eux  qui  épiaient  s'il 
guérirait  le  jour  du  sabbat  un  homme  dont 
la  main  droite  était  sèche ,  pour  l'accuser. 
V.  6.  7. 

CIRCUMSTANTIA ,  je.  Ce  dérivé  de  ciV- 
cumstare  signifie  proprement  :  l'action  d'en- 
vironner, en  parlant  de  l'eau  ,  de  l'air  qui 
entourent  les  corps  ;  circonstance  d'une  af- 
faire: dans  l'Ecr.: 

Clôture  qui  puisse  arrêter  {nepioyjo),  Ps. 
liO.  3.  Pone,  Domine,  custodiam  ori  meo,  et 
ostium  circumstantiœ  labiis  meis  ;  i.  e.  oslium 
circumstans  et  claudens:  Mettez  à  n)es  lèvres 
une  porte  qui  les  tienne  fermées  :  ce  qui 
se  doit  entendre  de  la  modération  que  David 
demande  à  Dieu  dans  ses  paroles ,  afin  qu'il 
ne  sorte  de  sa  bouche  aucune  parole  d'im- 
patience ou  de  murmure  contre  ses  ennemis, 
de  qui  il  se  voyait  outrageusement  persé- 
cuté. 

CIRCUMSTARE ,  7r£/.â(7Tacr6ai.  Ce  verbe 
composé  signifie  : 
^l"  Etre  autour,  se  trouver  présent.  Gen. 
37.  7.  Putabam  vestros...  manipulas  circum- 
slantes  adorare  manipulutn  meum:  Il  me  sem- 
blait que  les  gerbes  que  vous  aviez  liées  , 
étaient  autour  de  la  mienne  ,  et  qu'elles  l'a- 
doraient. Le  récit  que  fit  Joseph  à  ses  frères 
de  ce  songe  qu'il  avait  eu  ,  augmenta  leur 
haine  contre  lui.  Voy.  v.  8.  c.  23.  13.  Joan. 
37.  7.  Joan.  11.  42.  Proplcr  populum  qui  cir- 
cumslal,  dixi,  ut  credant  quia  tu  memisisli  : 
Je  dis  ceci  pour  ce  peuple  qui  m'environne, 
aCn  qu'ils  croient  que  c'est  vous  qui  m'avez 
envoyé. 

2"  Environner,  escorter  ^£V(5T«vat).  1.  Reg. 


22,  17^  Ait  rex  emissariis  qui  circumslabant 
eum  :  Saùl  dit  aux  archers  qui  l'environ- 
naient :  se.  de  tuer  Achimélech  et  toute  sa 
famille  ,  pour  avoir  favorisé  David  ,  comme 
il  est  marqué,  v.  10.  13.  Ainsi  ,  v.  6.  Job. 
29.  25. 

3'  Assaillir, attaquer,  se  présenter  ou  être 
présent  pour  attaquer.  Eccli.  46.  19.  Invoca- 
vit  Dominum  omnipoteniem  in  oppugnando 
hostes  circumstanles  undique  :  Samuel  a  in- 
voqué le  Seigneur  tout-puissant...  lorsque 
ses  ennemis  l'attaquaient  de  tous  côtés.  Ceci 
regarde  ce  qui  est  dit .  1.  Reg.  7.  v.  7.  9.  10. 
Ainsi  ,  2.  Mach.  3.  26.  Act.  2o.  7.  Circum- 
steterunt  eum  qui  ah  Jerosolyma  descenderant 
Judœi  :  Les  Juifs ,  qui  étaient  venus  de  Jé- 
rusalem ,  se  présentèrent  tous  autour  du 
tribunal  de  Festus,  à  Césarée,  où  ils  accusè- 
rent saint  Paul  de  plusieurs  crimes  ,  mais 
sans  preuves. 

4°  Se  présenter  à  quelqu'un  ,  s'asse:iibler 
autour  de  lui.  Ad.  9.  39.  Circumstelerunt 
illum  omnes  viduœ  fientes :Tou[es  les  veuves 
se  présentèrent  à  saint  Pierre  en  pleurant. 
Les  disciples  ,  après  la  mort  de  Tabithe,  l'a- 
vaient envoyé  prier  de  venir  de  Lydde  à 
Joppé,  où  étant  venu  il  la  ressuscita.  Voy.  v. 
38.  40.  41.  ^ 

5°  Couvrir,  envelopper,  en  parlant  des 
passions  de  l'âme  ,  que  l'Ecriture  regarde 
comme  un  vêtement  qui  tient  le  corps  étroi- 
tement serré.  Hebr.  12.  1.  Déponentes  omne 
pondus  et  circumstans  nos  peccotum:  Déga- 
geons-nous de  tout  ce  qui  nous  appesantit , 
et  de  tout  péché  dont  nous  nous  trouvons 
enveloppés: ce  qui  s'accorde  avec  saint  Paul. 
Coloss.  3.  9.  Expoliantes  vos  veterem  homi^ 
nem. 

CIRCDMTEGERE  ,  izepixaliiTzxeiv.  Ce  verbo 
composé  signifie  : 

Couvrir  de  tous  côlés.  Heb.  9.  4.  Aureum 
habens  thuribulum,  et  arcam  testamenti  cir- 
cumtectam  ex  omni  parte  aura  ;  Dans  le  t.î- 
bernacle  appelé  leSaint  des  Saints,  était  l'en- 
censoir d'or,  et  l'Arche  d'alliance  toute  cou- 
verte d'or. 

CIRCUMVALLARE ,  èy.eUBuv.  Ce  verbe 
composé  signifie  : 

Faire  la  circonvallaliou  d'une  place,  as- 
siéger, serrer  de  près.  Isa.  29.  2.  Circumval- 
labo  ^r/e/;  J'environnerai  Ariel  de  tran- 
chées :  Le  prophète  assure  que  Dieu  sera 
comme  le  général  des  armées  des  Babylo- 
niens ,  qu'il  devait  envoyer  assiéger  Jérusa- 
lem. Voy.  Ariel. 

CIRCUMVENIRE.  Ce  verbe  composé  si- 
gnifie proprement, envelopper,  fourber,  sur- 
prendre par  fourberie  :  dans  l'Ecr.  : 

1"  Tromper,  prendre  adroitement,  prendre 
plus  qu'il  ne  faut ,  et  ce  qui  ne  nous  appar- 
tient pas  (7ra/;ax/>ov£tv).  Gen.  31.7.  Sed  et  pater 
tester  circumvenît  f/»e;  Vous  savez  que  voire 
père  a  usé  envers  moi  de  tromperie,  en 
changeant  par  dix  fois  ce  que  je  devais  avoir 
pour  récompense ,  dit  Jacob  à  Rachel  il  à 
Lia.  Voy.  V.  41.  etc.  30.  32.  2.  Cor.  1.2.  Ne- 
minem  circumvcnimus  (7r>îovexT«v)  :  Nous  n'a- 
vons pris  le  bien  de  personne:  L'Apôlre  dé- 


7!^ 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


7^0 


clare  aussi ,  c,  12.  17.  qu'il  n'a  tiré  le  bien 
d'aucun  par  adresse.  Ainsi ,  c.  2.  11. 

2°  Dresser  malicieusement  des  embûches 
pour  perdre  (£v£§/;£ijnv).  Sap.  2.  12.  Circumve- 
niamus  ergo  /usfum;  Faisons  tomber  le  juste 
dans  nos  pièges,  disent  les  méchants  ;  comme 
il  paraît  que  les  Juifs  ont  tâché  de  faire  à 
l'égard  de  Jésus-Christ.  En  saint  Luc  ,  20. 
20.  Ainsi ,  Act.  7.  19,  Hic  circiimveniens  gé- 
mis nostrum  {  /KTafroyiÇsaôat  )  :  Pharaon  usa 
d'une  malice  artificieuse  contre  notre  nation, 
dit  saint  Etienne  dans  son  discours.  Voy. 
Exod.  1.  V.  10.  11.  16.  22. 

3^  Surprendre  son  prochain  ,  en  soUici- 
lantsa  femme  à  lui  manquer  de  fidélité  {ttIîo- 
vc/.TEtv).  1.  Thess.  k.  6.  Neque  circumveniat  in 
negotio  fratrem  suuw; Que  personne  ne  fasse 
tort  à  son  frère  ;  quoique  quelques-uns  ex- 
pliquent ceci  du  tort  que  l'on  peut  faire  dans 
les  affaires: cependant  ce  premier  sens  con- 
vient bien  avec  ce  qui  suit.  v.  7.  et  ce  qui 
précède  ,  v.  3.  4.  5.  Voy.  Ephes.  4.  19. 

CIRCUMVEiNTIO.  Adresse  ,  finesse  à  in- 
venter des  moyens  (fzïôoSsta).  Ephes.  4.  14. 
Ad  circumventionem  erroris  :  Ne  nous  lais- 
sons pas  emporter  à  tous  les  vents  des  opi- 
nions... par  l'artifice  dont  les  faux  docteurs 
se  servent  pour  engager  dans  l'erreur. 

CIS  ,  Heb.  Durns.  —  1"  Père  de  Saul ,  de 
la  tribu  de  Benjamin  ,  et  de  la  ville  de  Ga- 
baon.  1.  Par.  8.  v.  33.  39.  Ner  autem  gennit 
Cis,  et  Cis  gennit  Saiil.  1.  Rcg.  9.  v.  1.  3.  c. 
10.  v.  11.  21.  Act.  13.  21.  etc. —  2^  Fils  de 
Jéhiel  Abigabaon,  prince  de  Gabaon.  1.  Par. 
8.  30.  Filius  ejus  primogenitus  Abdon  et  Sur, 
et  Cis.  c.  9.  36.  Celui-ci  fut  oncle  du  père  de 
Saiil.— 3°  Fils  de  Moholi ,  et  petit-fils  de 
Mérari ,  qui  était  fils  de  Levi.  1.  Par.  23.  21. 
Filii  Moholi,  Eleazar  et  Cis.  v.  22.  c.  24-.  29. 
—  4° Un  Lévite,  de  la  race  de  Mérari,  du 
temps  d'Ezéchias.  2.  Par.  29.  12.  Porrode  fi- 
liis  Mérari,  Cis  (îUus  Abdi.  —  5°  Bisaïeul  de 
Mardochée.  Esth.  2.  5.  c.  11.  2. 

CISSON  ou  CISON  ,  Heb.  Burus.  Torrent 
ou  rivière  qui  coule  du  mont  Thabor  dans 
la  tribu  de  Manassé,  se  décharge  dans  la  mer 
de  Galilée.  Ps.  82.  10.  Fac  illis  sicut  Madian 
et  Sisarœ,  sicut  Jabin  in  torrente  Cisson. 
Traitez-les  comme  les  Madianites  ,  comme 
vous  avez  traité  Sisara  et  Jabin  ,  proche  le 
torrent  de  Cisson.  Judic.  4.  v.  7.  14.  c.  o.  21. 
3.  Reg.  18.  40. 

CISTERNA  ,  M.  ),âxxo;.  De  cista,  œ. 

Citerne  ,  lieu  creusé  exprès  pour  recevoir 
les  eaux  de  pluie.  Deut.  6.  11.  Cum...  Domi- 
nus...dederit  tibi...  quas  non  exstruxisli  cis- 
ternas...  ne  obliviscaris  Domini  :  Lorsque  le 
Seigneur  vous  aura  donné  des  citernes  que 
vous  n'aurez  point  creusées  ,  prenez  bien 
garde  de  ne  pas  oublier  le  Seigneur, dit  Dieu 
d,'ins  les  ordonnances  qu'il  donne  aux  Israé- 
lites, pour  être  observées  dans  la  terre  pro- 
mise qu'ils  allaient  posséder.  Gen.  37.  v  20. 
22.  2'+.  etc.  2.  Reg.  23.  14.  Desideravit  Da- 
vid, et  ait  :  O  si  quis  îuilii  daret  polum  aquœ 
(h  cistcrna  quœ  est  in  Bethléem  :  David,  étant 
pressé  de  la  soif  :  Oh  1  si  quelqu'un  ,  dit-il , 
me  donnait  à  boire  de  l'eau  de  la  Cèterne 
qui  est  à  Bethléem  :  aussitôt ,  trois  des  plus 


vaillants  hommes  passèrent  au  travers  du 
camp  des  Philistins  ,  et  allèrent  puiser  de 
l'eau  dans  celte  citerne,  et  la  portèrent  à  Da- 
vid ;  mais  David  n'en  voulut  point  boire: 
Dieu  me  garde,  dit-il ,  de  faire  cette  faute  ; 
boirai-je  le  sang  de  ces  hommes,  et  ce  qu'ils 
ont  acheté  au  péril  de  leur  vie  ? 

1°  Le  culte  des  idoles  qui  n'est  point  capa- 
ble de  contenter  et  de  désaltérer  Ihomme. 
Jerem.  2.  13.  Me  dereliquerunt  fdntem  aquœ 
vivœ,  et  foderunt  sibi  cisternas  dissipatas .-Les 
Juifs  m'ont  abandonné,  moi,  qui  suis  une 
source  d'eau  vive  ,  et  ils  se  sont  creusé  des 
citernes  enlr'ouvertes  qui  ne  peuvent  retenir 
l'eau. 

2°  La  femme  légitime  que  Dieu  a  donnée  à 
chaque  mari  [ùyyeïr)-/}.  Prov.  5.  15.  Bibe 
aquam  de  cislerna  tua  :  Buvez  de  l'eau  de  vo- 
tre citerne  ;  i,  e.  ne  recherchez  point  d'autre 
femme  que  la  vôtre.   Voy.  Aqua.  Voy.   Bi- 

BERE. 

S"  Le  cœur,  dont  la  tête  ,  où  se  font  tous 
les  sentiments  ,  tire  toutes  ses  forces.  Eol!. 
12.  6.  Antequam...  confringatur  rota  super 
cisternam  :  Souvenez-vous  de  votre  Créa- 
teur... avant  que  la  roue  se  rompe  sur  la  ci- 
terne; j.  e.  avant  que  la  tête,  ne  pouvant 
plus  avoir  de  communication  avec  le  cœur, 
ne  puisse  plus  laisser  à  l'âme  lieu  d'exercer 
ses  jugements  ou  pensées  ,  alors  il  faut  que 
l'homme  meure , 

CITARE  ,  x«">,£îv.  Ce  verbe  vient  de  cieo,  et 
signifie  : 

i"  Citer,  appeler.  Act.  24.  2.  Citato  Paulo 
cœpit  accusare  Terf  «//as  ;  Saint  Paul  ayant 
été  appelé,  Tertulle  commença  de  l'accuser: 
ce  fut  à  Césarée  ,  devant  le  gouverneur  Fé- 
lix. 

2°  Agiter,  émouvoir  :  de  là  vient  : 

CITATUS,  ru^^ç.  Léger,  oppose  à  modéré  ; 
léger,  subtil  ,  qui  passe  vite.  Eccli.  4.  34. 
Noli  citatus  esse  inlingua  tua:  Ne  soyez  point 
prorapt  de  la  langue  ;  i.  e.  en  paroles,  c.  18. 
26.  Ainsi  ,  Citatus  aer  :  L'air  le  plus  subtil , 
comme  Sap.  13.  2. 

CITHARA  ,  JE.  Gr.  xi6«ç«.  Ce  nom,  qui  est 
grec  ,  signifie  : 

1°  Harpe,  instrument  de  musique  à  huit 
cordes.  Ps.  56.  9.  Exsurge,  psalterium  et  ci- 
tharœ  :  Excitez-vous,  mon  luth  et  ma  harpe. 
Le  Prophète  ,  pour  s'exciter  à  chanter  les 
louanges  de  Dieu  ,  s'adresse  ainsi  à  ses  in- 
struments de  musique  dont  il  se  servait.  1. 
Par.  25.  1.  De  là  vient: 

Cithara  Dei.  Harpe  de  Dieu;  i.  e.  belle, 
rare,  exquise;  ce  (lui  est  un  Hébraïsmo 
commun  dans  l'Ecriture.  Voy.  Gen.  23.  6. 
Ps.  36.  7.  ou  harpe  donnée  do  Dieu.  Apoc. 
15.  2.  Vidi...  cos  qui  vicerunt  bestiam...  /<«- 
bentes  citharas  Dei :3c  vis  ceux  qui  étaient 
demeurés  victorieux  de  la  bête...  qui  avaient 
des  harpes  de  Dieu  ;  i.  e.  propres  et  conve- 
nables pour  célébrer  ses  louanges. 

2°  Joie,  ou  marque  de  joie,  prospérité. 
Job.  30.  31.  Versa  est  in  luctum  cithara  mea . 
Ma  harpe  s'est  changée  en  de  tristes  plaintes  : 
c'est  parce  que  cet  instrument  sert  pour 
exciter  la  joie.  Isa.  23.  16.  c.  24  8. 1  Mach. 
3.  45. 


n\ 


CIT 


C.IV 


7à« 


CITHAR(^DUS,i.  grecx£e«cwSô?.  De  cithara 
et  du  verbe  «Snv,  canere. 

Joueur  tié  harpe.  Apoc.  14.  2.  Audivi 
vocem...  sicut  citharœdorum  citharizanlium  : 
J'enlendis  une  voix  qui  venait  du  ciel,  qui 
était  comme  le  son  de  plusieurs  joueurs  de 
harpe  qui  louchent  leurs  harpes.  Ceci  a 
quelque  convenance  avec  1.  Par.  25.  1.  où  il 
est  parlé  des  joueurs  de  harpe  choisis  par 
David  et  destinés  pour  chanter  les  louanges 
de  Dieu  dans  le  temple  de  Salomon.  Voy  c. 
23.  V.  1.  5.  et  à  ce  qui  est  dit  Apoc.  o.  8. 

CITHARIZARE.  Du  grec  x£6«oi?Eiv, 

Toucher  la  harpe,  jouer  des  airs  sur  la 
harpe  ou  sur  quelque  autre  instrument  sem- 
blable. 1.  Cor.  l'i'.  7.  Sive  tibia,  sive  cithara, 
nisi  distinctionem  sonituum  dederint ,  quo- 
modo  scietur  id  quod...  citharizatur  ?  Si  le 
son  de  la  flûte  ou  de  la  harpe  n'est  distinct, 
comment  connaî(ra-t-on  ce  qui  est  chanté 
sur  la  flûte  ou  sur  la  harpe?  Apoc.  li.  2. 

CITO,  ra/ù,  adverbe  de  temps,  qui  vient 
de  citus,  et  signifle  : 

1°  Tôt ,  en  peu  de  temps,  bientôt.  Ps.  36. 
2.  Quemadmodiim  olera  herbarum  cito  déci- 
dent :  h^s,  méchants  se  faneront  aussi  vite 
que  les  herbes  et  les  légumes  Prov.  29,  25. 
Qui  timet  hominem  cito  corruet  :  Celui  qui 
craint  les  hommes  (se.  plus  que  Dieu)  tom- 
bera bientôt.  Voy.  2.  Mach.  15.  28.  et  c.  li. 
28.  Apoc.  1.  1.  Quœ  oporlet  fieri  cito  :  Les 
choses  qui  doivent  arriver  bientôt,  c.  22.  12. 
Ecce  venio  cito:  Je  m'en  vais  venir  bientôt. 
Tout  le  temps  en  comparaison  de  l'éternité 
est  compté  pour  rien.  Quelques-uns  disent 
que  quand  Jésus-Christ  dit  qu'il  viendra 
bientôt,  cela  marque  qu'il  viendra  assuré- 
ment. Ainsi,  y.  20.  c.  11.  li. 

2"  Vile,  diligemment.  Deut.  9.  12.  Descende 
hinc  cito  {■corcc/_o;)  :  Descendez  vite  de  cette 
montagne,  dit  Dieu  à  Moïse,  lui  donnant  les 
deux  Tables  de  la  loi,  et  se  plaignant  du 
peuple  qui  idolâtrait.  Exod.  32.8.  Recesserunt 
cito  de  via.  Malth.  5.  25.  Esto  consentiens 
adversario  tuo  cito  :  Accordez-vous  au  plutôt 
avec  votre  adversaire.  Jésus-Christ  marque 
ici  l'obligation  de  se  réconcilier  avec  ses  en- 
nemis, c.  28.  V.  7.  8. 

S""  A  la  hâte,  avec  empressement.  Joan. 
11.  29.  Ul  aadivit,  surgit  cito  :  Marie  (sœur 
de  Lazare)  n'eut  pas  plutôt  entendu  dire  à 
Marthe  (que  Jésus-Christ  était  venu)  qu'elle 
se  leva  et  l'ail  i  trouver.  Jésus-Christ  était 
venu  pour  ressusciter  Lazare.  Voy.  v.  11. 
IV.  Ainsi,  v.  31.  Luc.  16.  6.  Delà  vient: 

Cito  facêre  , -v/j-jn;^  Faire  quelque  chose 
négligemment,  s'en  lasser  aussitôt.  Ps.  105. 
13.  Cito  fecerunl  :  Los  Israélites  se  lassèrent 
bientôt  de  faire  retentir  les  louanges  de  Dieu. 
Le  V.  11.  fait  juger  que  le  Prophète  parle  du 
cantique  de  Moïse  qu'ils  chantèrent.  Exod. 
15.  1.  el  trois  jours  après  ils  murmurèrent 
contre  Moïse,  v.  22.  2V. 

4."  Légèrement,  indiscrèlcmenl  {■:Kyj(aç).Ga\. 
1.  6.  Miror  quod  sic  lam  cito  iransferimini  ab 
eo  qui  vos  vocavit  in  grnliam  Christi  :  Je  m'é- 
tonne que  you»  abandonniez  sitôt  celui  qui 
vous  a  appelés  à  la  grâce  de  Jésus-Christ. 
Saint  Paul  reprend  les  (ialales  de  ce  qu'ils 


suivaient  certains  docteurs  qui  voulaient 
joindre  la  pratique  de  la  loi  à  la  foi  de  Jésus* 
Christ.  2.  Thess.  2.  2.  1  Tim.  5.  22.  Manus 
cito  nemini  imposucris  :  N'imposez  pas  légè- 
rement les  mains  à  personne,  mais  après  un 
sérieux  examen. 

5°  Dans  son  temps,  ce  qui  se  dit  d'une 
chose  qui  se  doit  accomplir  aussitôt  que  le 
temps  propre  sera  arrivé  (iv  Tx/îi).  Luc.  18. 
8.  Cito  faciet  vindictam  illorum  :  Dieu  fera 
justice  dans  peu  de  temps  à  ses  élus.  Ce  temps 
semble  être  marqué,  Apoc.  5.  v.  6.  11.  Ainsi, 
c.  2.  V.  5.  16.  c.  3.  11.  c.  22.  v.  12.  20.  Ecce 
venio  cito  :  Je  vais  venir  bientôt.  Il  semble 
que  Jésus-Christ  marque  ce  temps.  Voy.  Luc. 
18.  8. 

6° Facilement,  aisément,  sans  répugnance. 
Marc.  9.  38.  Nemo  est  qui  faciat  virtutem  in 
nomine  meo,  et  possit  cito  maie  loqui  de  me  : 
Il  n'y  a  personne  qui  ayant  fait  un  miracle 
en  mon  nom  puisse  aussitôt  après  parler 
mal  de  moi,  dit  Jésus-Christ  à  saint  Jean. 
Voy.  v.  37.  De  là  vient  le  comparatif. 

CITIUS,  T«x'ov.  1°  Plus  vite.  Joan.  20.  i. 
Ille  aiius  discipulus  prœcucurrit  citiusPetro  : 
Cet  autre  Disciple  (que  Jésus  aimait)  courut 
plus  vile  que  saint  Pierre  et  arriva  le  pre- 
mier au  sépulcre 

2^  Tôt,  au  plus  tôt.  Joan.  13. 27.  Quodfacis, 
faccitius :  Faites  au  plus  tôt  ce  que  vous  faites, 
dit  Jésus-Christ  à  Judas.  Voy.  V.  26.   Ainsi, 

1.  Mach.  2.  iO.  2.  Mach.  li.  27.  Isa.  58.  8. 
3°  Après,  dans  la  suite.  1.  Mac.  6.  62,  Ru- 

pit  citius  juramentum  :  Il  rompit  bientôt  le 
traité  qu'il  avait  fait  avec  serment.  Il  paraît, 

2.  Mac.  G.  62.  que  cette  rupture  n'arriva 
que  depuis  son  départ  de  Jérusalem,  après 
avoir  vaincu  Philippe. 

CIVILITAS  ,  ATis.  De  civis,  et  signifie  pro- 
prement civilité,  honnêteté,  manière  de  con- 
verser, telle  que  doit  être  celle  des  citoyens 
d'une  ville  entre  eux.  Dans  l'Ecriture  : 

Droit  de  bourgeoisie  (Tro/t-da).  Act.  22.  28, 
Ego  multa  summa  civilitatem  hanc  conseculus 
su7n  :  Il  m'a  bien  coûté  de  l'argent  pour  ac- 
quérir ce  droit  d'être  citoyen  romain,  dit  lo 
Tribun  à  saint  Paul.  On  ne  convient  pas  s'il 
faut  lire  ici  civilitas  ou  civitas ;  les  lexles 
sont  différents;  mais  le  mot  civitas  est  plus 
latin  en  ce  sens,  au  lieu  que  civilitas  signifie 
civilité,  politesse. 

CIVIS,  is.  -o/irr/?.  De  cico,  cito,  assembler. 

1"  Citoyen  ,  bourgeois ,  qui  jouit  des  droits 
de  bourgeoisie  dans  une  ville;  ce  qui  se  peut 
entendre  ou  des  bourgeois  nés  originaire- 
ment dans  une  ville,  comme  2.  Mach.  5.  5. 
Civibus  ad  inurum  convolantibus  :  Les  ci- 
toyens de  Jérusalem  accoururent  de  tous 
côtés  aux  murailles,  poar  défendre  la  ville 
contre  Jasun,  qui  sur  un  faux  bruit  de  la 
mort  d'Anliochus  l'attaqua  et  la  prit  :  ou  do 
ceux  qui  étant  nés  des  colonies  d'une  ville 
él.iionl  allés  habiter  d'autres  villes  el  jouis- 
saientdes  privilèges  de  la  villed'où  ils  étaieni 
partis,  et  même  leurs  descendants  en  étaieni 
appelés  bourgeois.  Saint  Paul,  natif  de  Tarse, 
on  Cilicie,  Act.  21.  39.  était  citoyen  romain  , 
c.  22.  V.  26.  27.  28.  Ceux  qui  avaient  acheté 


^5 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


ni 


le  droit  de  bourgeoisie  d'une  ville  en  étaient 
appelés  bourgeois^  v.  28. 

2°  Compatriote,  soit  qu'il  soit  de  la  même 
ville  ou  du  même  pays  (ut'ôs  toû  >aoû).  Levit, 
19. 18.  Nec  memoreris  injuriœ  civium  tuoriim: 
Ne  conservez  point  le  souvenir  de  l'injure  de 
vos  citoyens  pour  vous  en  venger.  Voy.  ce 
commandement  pratiqué  par  Joseph  et  par 
Jephté.  Gen.  50,  v,  17.  21.  et  Judic.  11.  v.  2. 
6.  11,  Ainsi,  Luc,  19.  14.  Cives  ejus  oderant 
eum:  Les  citoyens  de  cet  homme  de  grande 
naissance  le  haïssaient.  Voy.  v.  12.  Jésus- 
Christ,  qui  figure  ici  la  haine  que  les  Juifs 
avaient  contre  lui ,  la  marque  clairement 
dans  saint  Jean,  15,  v.  24.  25. 

3°  Habitant  du  pays,  Luc.  15,  15.  Adhœsit 
uni  civium  regionis  illius  :  Le  jeune  homme 
qui  avait  reçu  de  son  père  la  part  de  son 
bien,  1  ayant* tout  dissipé  dans  un  pays  étran- 
ger, s'altacha  au  service  d'un  des  habitants 
du  pays. 

Ce  mot  civis  étant  opposé  à  peregrinusy 
comprend  dans  sa  signification  tous  les  ha- 
bitants d'un  pays.  Levit.  24.  v,  16,  22.  Num. 

15.  30.  De  là  vient  : 

Les  membres  de  l'Eglise,  les  fidèles  oppo- 
sés aux  païens  [cvifKoki-znç)-  Ephes.  2.  19.  Jowi 
non  estis  hospites  et  advenœ,  sed  estis  cives 
sanctorum  et  domeslici  Dei  :  Vous  êtes  ci- 
toyens de  la  même  cité  que  les  saints.  Celle 
cité  et  cette  maison  est  lEglise.  Voy.  Philip. 
3.20. 

CIVITAS,  Tis.  mliç.  1°  Ville,  cité,  ou  as- 
semblée de  citoyens.  Hebr.  13.  14.  Non  hahe- 
mus  hic  manentem  civitatem:  Nous  n'avons 
point  ici  de  ville  permanente.  Ps.  138.  20. 
Accipient  in  vanilate  civitates  tuas  :  C'est  en 
vain  que  les  justes  posséderont  les  villes  que 
vous  leur  aurez  données,  disent  les  ennemis 
du  peuple  de  Dieu,  se  voyant  chassés  de  leurs 
terres  [)ar  les  Israélites  secourus  de  Dieu. 
Num.  24.  19.  Perdet  reliquias  civitatis  :  Le 
dominateur  de  Jacob  perdra  les  restes  de  la 
cité;  î.  e.  de  chaque  ville  de  l'Idumée  :  ce 
qui  a  rapport  au  3.  Reg,  11.  v.  15.  16.  D  au- 
tres l'expliquent  de  Rome  qui  étail  la  capi- 
tale de  l'idolâtrie  au  temps  du  Messie. 

2°  Ville  sans  rapport  aux  citoyens.  Matlh. 
5.14.  Non  potest  civitas  abscondi  supra  mon- 
tem  posita  ;  La  vie  des  apôtres  et  des  mini- 
stres de  l'Eglise  est  en  vue  comme  une  ville 
située  sur  une  haute  montagne 

3°  La  ville  de  Jérusalem  est  appelée  Civi- 
tas par  les  Chaldéens.  Voy.  4.  Reg.  25.  v.  9. 
10,  Ezech,  33.  21.  Vastata  est  civitas  :  La 
ville  a  été  ruinée.  Zach.  14.  2.  Capietur  ci- 
vitas :  La  ville  sera  pillée  par  Antiochus 
Epiphanes,  qui,  en  trois  jours,  fil  luor 
quatre-vingt  mille  personnes,  eu  fit  enchaî- 
ner quarante  mille  et  eu  vendit  encore  au- 
tant. 2.  Mac.  5.  14.  Ainsi,  Habac.  2.  v.  8. 
17.  Matlh.  26. 18.  c.  28.  11.  Marc.  14.  v.  13. 

16.  Luc.  22.  10.  c.  23.  19.  Joan.  19.  20.  Isa. 
52. 

4"  Village  ou  bourg.  Luc.  8.  4.  Cum  de 
civitatibus  properarent  ad  eum  :  Le  peuple 
»e  pressant  de  sortir  des  villes  pour  venir 
Ycrs  Jésus.  Marc.  1.  38. 

5"  Ville  avec  ses  dépendances,  une  pro- 


vince, un  gouvernement,  un  état,  une  repu- 
blique ,  tout  un  pays  entier,  une  contrée 
(vô'aoj).  1.  Mach.  10.  30.  Ne  accipiatnr  a 
terra  Juda,  et  a  tribus  civitatibus  quœ  additœ 
sunt  illi  ex  Samaria  et  Galilœa  ;.Je  ne  veux 
plus  qu'on  lève  (tout  ce  que  j'avais  droit  de 
prendre)  sur  le  pays  de  Juda  ni  sur  les  trois 
villes  qui  lui  ont  été  ajoutées  de  Samarie  et 
de  Galilée.  Démélrius  remet  aux  Juifs  tous 
les  tributs  qu'il  levait  dans  la  Judée,  en  re- 
connaissance de  leur  fidélité.  Ces  villes  sont 
appelées  en  grec  vôpto?  à  l'imitation  des  Egyp- 
tiens. Ps.  126.  2.  Nisi  Dominus  custodierit 
civitatem:  Si  le  Seigneur  ne  garde  une  ville, 
c'est  en  vain  que  veille  celui  qui  la  garde. 
Ose.  6.  8.  Voy.  v.  12.  11.  Mich.  6.  9.  Vox 
Domini  ad  civitatem  clamât  :  Le  Seigneur 
parle  à  la  ville  avec  une  voix  puissante  , 
c'est-à-dire  à  tous  les  Juifs. 

Les  habitants  d'une  ville.  1.  Reg.  4.  13. 
Ululavit  omnis  civitas:  Il  s'éleva  un  grand 
cri  parmi  tout  le  peuple  (de  Silo);  ce  fut  à  la 
nouvelle  de  la  défaite  de  l'armée  des  Israéli- 
tes et  de  la  prise  de  l'Arche  par  les  Philistins. 
Voy.  V.  17.  Voy.  c.  24.  16.  3.  Reg.  1.  v.  41. 
45.  Esth.  8.  15.  Prov.  11.  10.  c.  29.  8.  Jer.  4. 
29.  etc. 

Le  paradis,  le  ciel  des  bienheureux,  est 
appelé  Ville,  par  excellence.  Apoc.  14.  20. 
Hebr.  11.  10.  Ps.  72.  20.  Domine,  in  civilate 
tua,  imaginem  ipsorum  ad  nihilum  rédiges . 
Vous  réduirez  au  néant  dans  votre  cilé  la 
vaine  image  du  bonheur  des  pécheurs. 
Façons  de  parler. 
Civitas  nostra.  1°  La  ville  où  nous  sommes 
nés  ou  du  ressort  de  laquelle  nous  sommes 
seulement,  soit  que  nous  y  demeurions  ou 
non.  1.  Reg.  1.  3.  Ascendebat  de  civitate  sua  ; 
se.  de  Ram;!tha.  2.  Reg.  15.  12.  3.  Reg.  21. 
8.  Joan.  1.  44.  Luc.  2.  3.  C'est  dans  ce  sens 
que  la  ville  de  Bethléem  est  appelée  Civitas 
David.  Luc  2.  v.  3.  4.  Ascendit...  Joseph  a 
Galilœa  de  civitate  Nazareth  in  Judœam  in 
civitatem  David,  quœ  vocatur  Bethléem  :  Jo- 
seph partit  de  la  ville  do  Nazareth,  qui  est 
en  Galilée,  et  vint  en  Judée  à  la  ville  de 
David  appelée  Bethléem,  pour  se  faire  enre- 
gistrer avec  la  sainte  Vierge,  v.  11.  1.  Reg. 
2.  G.  Joan.  7.  42.  Civitas  nostra,  s'entend 
aussi  de  la  ville  doù  nos  ancêtres  sont  sortis, 
quoique  nous  n  y  soyons  pas  nés.  1.  Esd.  2. 
v.  1.70.  c.  3.  1.  c.  10.  14.  2.  Esdr.  7.  v.  6. 
73.  c.  8.  15.  c.  11.  3. 

2°  Ville  où  nous  faisons  notre  demeure, 
quoique  nous  n'y  soyons  pas  nés.  Matlh.  9. 
1.  Venii  in  civitatem  sunm  :  Jésus  vint  à  sa 
ville;  il  paraît  selon  saint  Marc,  2.  1.  que 
c'était  Capharnauin  où  il  faisait  sa  demeure. 
Voy.  Matth.  4.  13.  Luc.  2.  39.  Reversi  sunt 
in  Galilœam  in  civitatem  suam  Nazareth  :  Le 
père  et  la  mère  de  Jésus  s'en  retournèrent  en 
Galilée,  à  Nazareth,  leur  ville;  Joseph  y 
était  venu  demeurer.  Matth.  2.  23.  Ainsi,  les 
villesdes  lévites  qui  leur  avaienlété  données, 
les  villes  des  rois  qui  sont  leurs  capitales  ; 
dans  ce  sens  la  fortercisso  de  Sion,  ou  la 
ville  de  Jérusalem  est  appelée,  civitas  Da- 
vid. 2.  Reg.  5.  v.  7.  9.  c.6.  v.  10.12.  16.  Voy. 
Urbs. 


7«5 


CLA 


CLA 


7i6 


3'  Ville  où  nous  sommes  nés,  ou  que  nous 
habitons.  Levil.  26.  v.  31.  33.  Civitates  ve- 
strœ  dirutœ  :  Toutes  vos  villes  seront  ruinées. 
Deut.  28.  52.  Jos.  20.  6.  1.  Reg.  8.22.  Yadat 
unusquisque  in  domum  suam  :  Que  chacun 
retourne  en  sa  ville,  dit  Samuel  à  tout  le 
peuple ,  après  que  Dieu  lui  eut  répondu 
sur  la  demande  qu'avait  faite  le  peuple  d'a- 
voir un  Roi.  c.  31.  v.  7.  3.  Reg.  22.  36. 
Thren.  3.  51.  Matth.  11.  1.  c.  22.  7.  Act.  16. 
20.  etc. 

Civitas  Dei,  Domini,  Régis  magni,  civitas 
sancla.  La  ville  de  Jérusalem  est  appelée  de 
la  sorte  par  excellence,  parce  que  de  tous 
les  lieux  du  monde  c'était  le  seul  où  l'on 
exerçait  le  culte  du  vrai  Dieu,  dans  le  temple 
qui  y  avait  été  bâti  à  son  honneur(Voy.  Joan. 
k.  20.;  Ps.  io.  5.  Fluminis  impetus  ïœtificat 
civitatem  Dei  :  Un  fleuve  réjouit  la  cité  de 
Dieu  par  l'abondance  de  ses  eaux  ;  ces  eaux 
viennent  de  la  piscine  de  Siloé ,  de  la  fon- 
taine do  Gihon  et  de  l'aqueduc.  Voy.  i.  Reg. 

20.  20.  2.  Par.  32.  30.  Joan.  9.  7.  Ps.  100.  8. 
Ps.  i7.  V.  1.  2.  9.  Ps.  86.  2.  Jérusalem  était 
la  figure  de  l'Eglise,  soit  triomphante,  Apoc. 

21.  2.  Ps.  72,  20.  A  quoi  se  rapporte,  Apoc. 
n.  20.  Hebr.  11.  v.  10.  16.  soit  militante, 
H.  br.  12.  12.  Apoc.  3.  12.  c.  11.  2.  etc.  Elle 
est  nommée,  Isa.  52.  1.  Civitas  Sancti  :  La 
ville  du  Saint;  i.  e.  de  Dieu,  qui  est  saint 
par  excellence  ;  Hebr.  Civitas  sancta,  comme 
en  plusieurs  endroits  de  notre  Vulgate.  Ainsi 
Zach.  7.  3.  Vocabilur  Jérusalem  civitas  veri- 
tatis  :  Jérusalem  sera  appelée  ta  ville  de  la 
vérité.  Cette  prophélie  regarde  l'Eglise,  car 
c'est  elle  proprement  qui  mérite  d'être  ap- 
pelée la  tille  de  la  vérité,  parce  qu'elle  rend 
à  Dieu  un  culte  véritable  et  sincère.  Voy. 
Moxs. 

Civitas  magna.  Jérusalem  est  encore  ap- 
pelée de  ce  nom,  si  ce  n'est  plutôt  Rome 
uuïonne.  Apoc.  11.  8.  Corpora  eoriim  jace- 
hunt  in  plaleis  civitatis  magnœ  :  Les  corps 
(le  mes  deux  témoins  seront  étendus  dans  les 
rues  de  la  grande  ville  qui  est  marquée  par 
la  prostituée,  à  cause  de  son  idolâtrie,  c.  17. 
18.  etc. 

Civitas  David.  —  1°  La  citadelle  de  Jéru- 
salem que  David  gagna  sur  les  Jébuséens. 
2.  Rog.  5.  V.  7.  9.  c.  6.  v.  10.  12.  16.  etc.  — 
2'  La  \ille  de  Bethléem,  lieu  de  la  naissance 
de  David.  Luc.  2.  v.  4.  11.  1.  Reg.  20.  6. 

CLADES,  is.  o-vpyooà.  De  z)âw,  frango , 
rompre,  surtout  les  brîinchis  des  arbres,  qui 
se  nomment  pour  cela  yj.x^ot.  Ainsi,  origi- 
nairerru'ut,  clades  est  une  grande  destru- 
ction de  branches,  comme  calamilas  une  de- 
siruction  de  branches  ou  de  roseaux,  et  si- 
gnifie proprement  grande  perte  d'hommes 
qui  i)éri->!>ent  dans  un  combat  sur  terre  ou 
sur  mer  ;  dans  l'Ecriture  : 

Malheur,  perte,  défaite.  2  Mach.  IV.  v.  IV. 
40.  Putnbat...  si  illuvt  decepisset  se  cladem 
Jiidœis  maximam  illalurum:  Nicanor  croyait 
que  ,  s'il  séduisait  Rasias ,  il  ferait  aux  Juifs 
un  gr.iiid  m.il. 

CLAM,  //l'jyrj,  ÏK^fici.  Cet  adverbe,  qui  sem- 
ble éire  mis  connue  pour  cclam  ,  vient  du 
Verbe  celurc,  et  signifie  ; 


1"  A  rinsu  de  quelqu'un,  sans  qu  il  le  sa- 
che. Gen.  31.  26.  Quare  ita  egisti  tit  clam  me 
abigeres  filias  meas  ?  Pourquoi  m'avez-vous 
traité  de  la  sorte,  en  m'enlevant  ainsi  mes 
filles  sans  m'en  rien  dire?  dil  Laban  à  Jacob. 

1.  Reg.  18.  22.  Loquimini  ad  David  clam  me  : 
Parlez  à  David  comme  de  vous-même  ;  Saiil 
fait  proposer  à  David  de  penser  à  être  son 
gendre,  de  là  vient  • 

Clam  aliquo  rem  esse.  Une  chose  est  à 
l'insu  de  quelqu'un  quand  il  lignore  et  qu'il 
ne  la  sait  pas.  Gen.  47.  18.  Nec  clam  le  est 
quod  absque  corporihus  et  terra  nihil  habea- 
mus  :  Vous  n'ignorer  pas  qu'excepté  noire 
corps  et  la  terre,  nous  n'avons  rien,  disent 
les  Egyptiens  à  Joseph. 

2°  Secrètement,  en  secret,  sans  que  d'au- 
tres l'entendent.  Matth.  2.  7.  Herodes  clam^ 
vocatis  magis  .  Hérode  fît  venir  les  mages  eii 
particulier  pour  s'informer  du  temps  que 
l'étoile  leur  était  apparue.  Deut.  13.  6. 

CLAMARE  ,    y.iiâiîfj  ,    y.pavycc^sn  ,    |5oJtv.    Ce 

verbe  vient  de  y.pv.%oi,  clamo,  ou  de  -/.).«Ç'-o, 
clango,  ou  de  l'Hébreu  col,  vox,  sonus. 

i°  Crier,  pousser  des  cris,  s'écrier  en  par- 
lant (îJwvrtv).  Ps.  113.  15.  Non  clamabiint  in 
guttur'e  sua  :  Avec  la  gorge  qu'ont  les  idoles, 
elles  ne  pourront  crier.  Joan.  10.  6.  Ponti- 
fîces  et  ministri  clamabant  :  Les^  princes  deà 
prêlres  et  leurs  gens  se  mirent  à  crier  à  Pi- 
late  de  condamner  Jésus-Christ  à  être  cruci- 
fié; ces  sortes  de  cris  marquent  de  la  légè- 
reté, de  lemporlement  et  de  la  fureur;  mais 
les  sages ,  qui  sont  posés ,  doux  et  paisibles  , 
ne  crient  point.  Matth.  12.  19.  Non  conten- 
det,  neque  clamabit  :  Mon  bien -aimé  ne 
disputera  point  ,  il  ne  criera  point.  Saint 
Matthieu  cite  ce  passage  comme  un  accom- 
plissement de  la  prophélie  d'Isa'ie,  42.  2.  sur 
ce  que  Jésus-Christ  se  retira  ayant  appris 
que  les  pharisiens  cherchaient  à  le  perdre; 
crier  s'entend  aussi  dans  ce  dernier  passage 
pour  criailler,  faire  grand  bruit. 

2°  Crier,  marquer  par  des  cris  quelque 
grand  malheur  ou  affliction,  soit  qu'on  le 
ressente,  soit  pour  le  voir  seulement  tomber 
sur  un  autre.  Isa.  15.  4.  Clamabit  Hesebon 
et  Eleale  .  Héscbon  et  Eléale  jelteront  de 
grands  cris  :  ce  sont  deux  villes  des  Moa- 
bites  ;  ces  peuples  furent  réduils  par  David. 

2.  Reg.  8.  2.  Apoc.  18.  v.  18.  19.  Isa.  15.  5. 
Jerem.  48.  31.  Ainsi.  Ps.  31.3.  Ps.  21.  4. 

3°  Publier  hautement,  reprendre  avec  zèle, 
annoncer  de  la  part  de  Dieu.  Isa.  40.  3.  Voy. 
Luc.  3.  4.  Vox  clamanlis  in  déserta  :  On  en- 
tendra la  voix  de  celui  qui  crie  dans  le  dé- 
sert. V.  6.  Vox  dicenlis  clama  ;  et  dixi  :  quid 
clamabo  :  Une  voix  m'a  dit  :  Criez  1  et  j  ai 
dit  :  Que  crierai-je?  Dieu  ordonne  au  Pro- 
phète de  faire  connaître  que  tous  les  hom- 
mes sont  périssables,  c.  o8.  1.  Luc.  8.  8. 
Joan.  7.  28.  c.  12.  44.  Rom.  9.  27. 

4''Faire  connaître  quebjuechosc  qui  est  ca- 
ché, el  en  porter  hautement  témoignage.  Luc  . 
19.  40.  5»  lii  tacuerinl^  lapides  clamabunt  : 
Si  ceux-ci  se  taisent,  les  pierres  mêmes  crie- 
ront ;  si  les  disciples  de  Jésus-Christ  n'eus- 
sent pas  fait  entendre  leurs  acclamations 
avec  tcllci  du  peuple  à  son  entrée  dans  Jéru- 


lil  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 

salem,  Dieu,  par  un  miracle»  eût  fait  crier  les 
pierres,  dit  saint  Jérôme.  Ainsi ,  Habac,  2, 
11.  Lapis  de  pariete  clamabit  :  La  pierre 
criera  du  milieu  de  la  muraille  contre  celui 
qui  aura  bâti  sa  maison  de  rapines  et  d'in- 
justices :  ce  qui  est  une  hyperbole  qui  mar- 
que qu'une  chose  sera  certainement. 

5"  Faire  crier  et  demander  miséricorde. 
Gai.  k.  6.  Misit  Deus  spiritum  Filii  sui  in 
corda  vestra  clamantem  :  Abba,  Pater  :  Dieu 
a  envoyé  dans  vos  cœurs  l'esprit  de  son  Fils 
pour  vous  faire  crier  :  Mon  Père,  mon  Père. 
Voy.  Rom.  8.  15. 

6  Marquer  par  des  cris  le  transport  de  sa 
joie.  Gai.  4.  27.  Erumpe  et  clama  quœ  non 
parturis  :  Eclatez  et  poussez  des  cris  de 
joie,  vous  qui  n'enfantez  point.  L'Apôtre 
cite  Isa.  54.  1.  pour  prouver  combien  l'état 
de  l'Eglise  de  Jésus- Christ,  ûgurée  par  Sara, 
était  préférable  à  la  synagogue  ,  flgurée  par 
<Agar. 

Phrases  tirées  de  ce  mot,  soit  ea  sigaification  propre,  soit 
en  signitication  mélapliorique. 

Clamare  ad  aliquem.  Adresser  ses  cris  à 
quelqu'un  ,  pousser  vers  lui  ses  cris  :  1*  pour 
en  obtenir  du  secours.  Job.  30.  20.  Clamo 
ad  te  et  non  exaudis  me  :  Je  crie  vers  vous,  ô 
mon  Dieu  1  et  vous  ne  ra'écoutez  point.  Ps. 
129.  1  Ps.  65. 17.  et  souvent  ailleurs  dans  les 
psaumes  :  ee  qui  s'entend  aussi  des  cris  du 
cœur  vers  Dieu  ,  sans  que  la  voix  y  ait  part , 
comme,  Exod.  li.  15.  Quid  clamas  ad  me  ? 
Pourquoi  criez-vous  à  moi,  dit  Dieu  à  Moïse  ; 
où  dans  le  v.  10.  non  plus  qu'ailleurs,  il  ne 
paraît  point  que  Moïse  ait  crié  en  celte  ren- 
contre; 2^  pour  lui  demander  vengeance,  ce 
qui  doit  s'entendre  métaphoriquement  ,  et 
comme  une  expression  qui  marque  l'énor- 
inité  et  l'excès  de  quelques  crimes  dont  il 
sagit.  Dans  ce  sens  quatre  choses  crient  à 
Dieu  :  1°  l'homicide  et  le  meurtre  commis 
volontairement.  Gen.  i.  10.  2°  le  péché  de 
Sodorae.  Gen.  18.  20.  3°  le  salaire  des  ou- 
vriers que  l'on  relient,  Job.  31.  39.  Jac.  o. 
h.  Voy.  Levit.  19.  13.  Delt.  24.  15.  h"  l'op- 
pression des  veuves,  des  orphelins  et  des 
pauvres.  Exod.  22.  v.  22.  23.  c.  2.  23..  Ainsi, 
Habac,  2.  11. 

CLAMITARE.  Fréquentatif  de  clamare,^  et 
signifie  proprement  crier  souvent;  dans  l'E- 
criture : 

1°  Dire  hautement,  se  faire  entendre  à  tout 
Je  monde.  Prov.  1.  21.  In  capite  turbariim 
clamitnt  :  La  Sagesse  crie  à  la  tête  des  as- 
semblées du  peuple,  c.  8.  v.  1.  4.  La  Sagesse 
parle  aux  hommes  par  la  raison ,  par  les 
créatures,  parles  apôlrcs  et  par  les  pro- 
phètes. 

2'  Avertir  à  haute  voix,  prédire  hautement 
(è77£x«>.-raOat).  Jerem.  20.  8.  Vociferans  ini- 
guitatcm  et  vastitatem  elamilo  ;  Il  y  a  long- 
temps que  je  crie  contre  les  iniquités  des 
Juifs  et  que  je  leur  prédis  une  désolation  gé- 
nérale de  la  part  des  Chaldéens  ,  qui  arriva 
enfin  au  temps  d'Osée.  4.  Rcg.  17.  6. 

CLAMOR,  is.  y.f.c/.^jyn.  Ce  nom  vient  de  z.ûkÇw, 
clamo. 

1"  Cri ,  ce  qui  est  quelquefois  un  effet  de 
douleur  et  d'offliclion   {y-tW,).  Gen.  27.  34. 


728 

Irrugiit  clamore  magno  :  Esaii  jeta  un  grand 
cri ,  lorsque  Isaac  lui  eut  dit  qu'il  avait 
donné  sa  bénédiction  à  Jacob  en  sa  place. 
Les  cris  marquent  quelquefois  un  esprit 
hautain  ,  farouche  ,  impérieux  ,  irrité.  Job. 
39.  7.  Eccl.  9.  17.  Clamor  principis  inter  stul- 
tos  :  Les  cris  de  celui  qui  domine  entieles 
insensés.  Ephes.  4.  31.  Omnis  amaritudo,  et 
ira...  et  clamor...  tollatur  a  vobis  :  Bannissez 
loin  de  vous  toute  aigreur,  toute  colère , 
toute  crierie. 

2°  Cri  de  joie ,  et  en  témoignage  de  recon- 
naissance au  jour  d'une  fête.  Esth.  9.  31.  7//» 
observanda  suscepenint...  jejunia  et  clamores, 
et  sortium  dies  :  Les  Juifs  s'engagèrent  à  ob- 
server ces  jours  solennels  du  sort ,  en  jeû- 
nant et  en  adressant  leurs  cris  à  Dieu  ;  d'au- 
tres l'entendent  des  prières  ferventes. 

3°  Cri  par  lequel  on  implore  le  secours  du 
ciel.  Ps.  5.  1.  Intellige  clamorem  meum  :  En- 
tendez mes  cris;  Hebr.  Mon  gémissement. 
Ps.  9.  13.  Exod.  2.  23.  Heb.  5.  7.  Preces  sup- 
plicationesque...  cum  clamore  valida  et  lacry- 
mis  offerens  :  Jésus-Christ  a  offert  avec  un 
grand  cri  et  avec  larmes  ses  prières  et  ses 
supplications  au  Père  éternel  pour  le  tirer  de 
la  mort.  Voy.  Ps.  15.  10.  Le  mot  hébreu  si- 
gnifie Clamor  et  oratio. 

§  1. — Injure,  violence  ,  oppression  faite 
avec  impudence.  Isa.  5.  7.  Et  ecce  clamor  : 
J'ai  attendu  que  les  Juifs  (que  je  regardais 
comme  une  vigne  agréable)  portassent  des 
fruits  de  justice  ,  et  je  n'entends  qu'injustice 
et  injure  dont  on  se  plaint  contre  eux.  Voy. 
ces  injustices  aux  versets  suivants.  Job.  34. 
28.  L'oppression  est  marquée  par  les  cris  de 
ceux  qu'on  opprime. 

§  2.— Affliction,  ruine,  grande  défaite  (/3oà) 
Isa.  15.  V.  5.  8.  Clamorem  contritionis  leva- 
bunt  :  Les  Moabites  feront  retentir  leurs 
cris  et  leurs  plaintes  de  l'affliction  où  ils  se- 
ront. Voy.  Clamare  2°.  Jerem.  50.  46.  Ps 
143.  14.  Apoc.  21.  4.  elc. 

§  3. — L'excès  et  l'énormité  des  crmies  qui 
demandent  vengeance  à  Dieu  est  marquée 
par  ce  mot.  Gen.  18.  v.  20.  21.  c.  19.  13.  Eo 
quod  increverit  clamor  eorum  coram  Domino  : 
Nous  allons  détruire  Sodome,  parce  que  le 
cri  des  abominations  de  ces  personnes  s'est 
élevé  de  plus  en  plus  devant  le  Seigneur, 
disent  les  deux  anges  à  Loth.Voy.  v.  i.  Ainsi, 
Exod.  22.  23.  Job.  3'*.  28.  Quand  l'iniquité  de 
l'homme  est  venue  jusqu'à  ne  se  plus  cacher 
et  à  perdre  toute  honte,  alors  elle  crie  en 
quelque  sorte  et  demande  à  Dieu  vengeance. 
Aug.  Locut.  l.  I.  Voy.  Isa.  3.  9.  Quatre  sor- 
tes de  cris  demandent  vengeance  de  la  sorte, 
comme  il  est  remarqué  dans  clamare. 

Phrase  tirée  de  la  sigaiâcation  de  ce  verbe. 

Clamorem  audire.  Etre  dans  des  frayeurs 
continuelles.  Jerem.  20  16.  Audiat  clamorem 
mane  :  Que  l'homme  qui  porta  la  nouvelle 
de  ma  naissance  à  mon  père,  entende  les 
cris  dès  le  matin;  le  Prophète  parle  des  cris, 
comme  d'ennemis  qui  assiégeraient  une  ville 
où  serait  cet  homme  ,  ou  de  personnes  mou- 
rantes autour  de  lui,  et  il  parle  de  sa  propre 
naissance.  . 


729  CLA 

CLAMOSUS,  A,  UM.  Grand  crieur,  criard  , 
'  qui  crié  volontiers  en  parlant  des  personnes 
{$û9.(Tvç).  Prov.  9.   19.  Millier  stuUa  et  da- 
mosa  :  Femme  insensée  et  querelleuse 

CLANGERE  ,  yààyy.tv,  (jc/lnii^îr^.  Ce  verbe 
qui  est  grec  vient  du  son  même  de  la  trom- 
pette, et  signifie  : 

Sonner  du  cor,  de  la  trompette.  Ose.  5.  8. 
Clangite  buccina  :  Sonnez  du  cor  à  Gabaa, 
pour  faire  entendre  l'arrivée  des  ennemis. 
Amos  3.  6.  Si  clanget  tuba  in  civitate,  et  po- 
pulus  non  expavescet  (ipwvctv)  ?  La  trompette 
sonne-t-el!e  dans  la  ville  sans  que  le  peuple 
soit  dans  l'épouvante?  Num.  10.  4.  Si  semel 
clangueris,  pour  clanxeris  ;  et  ce  prétérit  ne 
se  trouve  qu'en  cet  endroit,  v.  9.  Voy.  Se- 
mel. 

CLANGOR.  Son  de  trompette,  Amos.  2.  2. 
Morietur  in  sonitu  Moab  in  clangore  tiibœ 
(y.pavyà)  :  Les  Moabiles  périront  parmi  le 
bruit  des  armes  et  l'effroyable  son  des  trom- 
pettes.- Job.  39.  2i.  Nec  reputat  tubœ  sonare 
clangorcm  (oTjpiKivetv)  :  Le  cheval  de  guerre 
est  intrépide  au  bruit  des  trompettes. 

CLARE.  —  1°  Clair,  clairement,  distincte- 
ment, avec  clarté.  Gen.  i8.  10.  Clare  videre 
non  poterat  :  Jacob  ne  pouvai»  l)ien  voir;  i. 
e.  assez  bien  pour  distinguer  Ephraïm  de 
Manassé,  sans  être  proche  de  lui.  Voy.  v.  9. 
13.  li.  Marc.  8.  25.  De  là  vient  celte  phrase  : 
Clare  incedere.  Etre  en  mouvement  étant 
plein  de  lumière;  s'entend  de  la  lune  lors- 
qu'elle est  pleine.  Job.  31.  26.  Si  vidi...  lu- 
nam  incedentem  clare  :  Si  j'ai  regardé  la  lune 
lorsqu'elle  était  la  plus  claire,  dans  le  des- 
sein de  lui  rendre  un  culte  religieux  à  la  fa- 
çon des  païens  qui  adoraient  le  soleil  et  la 
lune.  Voy.  Jer.  k3.  13. 

2° Haut,  hautement,  en  sorte  qu'on  l'en- 
tende. 2.  Esdr.  12.  4L  Clare  cecinerunt  can- 
tores  :  Les  chantres  firent  retentir  bien  haut 
leurs  voix  en  chantant;  lors  de  la  dédicace  du 
mur  de  Jérusalem.  1.  Reg.  14.  19.  \TumuUus) 
clarius  resonabat  :  Le  bruit  confus  qui  venait 
du  camp  des  Philistins  retentissait  de  plus  en 
plus,  lorsqu'ils  se  percèrent  l'un  l'autre  dans 
l'effroi  et  le  trouble  que  Dieu  causa  dans  leur 
armée  par  le  moyen  de  Jonaihas  accompagné 
de  son  écuyer.  Voy.  v.  13.  15.  20. 

GLAREREjSc^àÇEfTeK'-.Elre  illustre,  glorieux, 
éclatant,  paraître  avec  éclat.  2.  Cor.  3.  10. 
Nec  glorificalum  estquodclaruit  in  hac  parte: 
Le  miuislère  de  la  loi  de  Moïse,  quelque 
glorieux  qu'il  ait  été,  ne  l'est  point  en  com- 
paraison de  celui  do  l'Evangile. 

CLARIFICARE,  oo^Jt^stv,  Eclaircir,  rendre 
plus  clair,  en  parlant  des  yeux  ,  de  la  vue; 
dans  l'Ecr.  : 

1*  Rendre  glorieux  ,  glorifier  quelqu'un  , 
faire  connaître  quelle  est  sa  gloire,  et  en 
donner  des  preuves.  Joan.  12.  23.  Vcnillwra 
ut  clarificelur  filins  hominis  :  L'iietire  est 
venue  que  le  Fils  de  l'Homme  doit  être  glo- 
rifié, dit  Jésus-Christ,  v,  28.  Et  clarificari, 
et  iterum  clarificabo  :  Je  Vi\  déjà  glorifié  ,  se. 
(par  les  miracles  qu'il  a  faits;  cl  je  le  glori- 
fierai encore  ;  celle  gloire  par  Ia(|uclle  Jésus- 
Christ  devait  être  glorifié,  et  devait  glorifier 
son  Père,  était  celle  qu'il  devait  acquérir  par 


CLA 


750 


sa  Passion,  sa  Résurrection,  son  Ascension 
et  la  conversion  du  monde,  c.  13.  v.  31.  32. 
c.  15.  8.  c.  16.  14.  nie  me  clarificabit ,  quia 
de  meo  accipiet:  Le  Saint-Esprit  me  glorifiera, 
parce  qu'il  recevra  de  ce  qui  est  à  moi;  se. 
la  plénitude  de  ma  divinité  et  de  ma  sagesse, 
procédant  de  moi  comme  de  mon  Père.  c.  17. 
v.  1.  4.  5.  Clarifica  me  tu,  Pater,  apud  temet- 
ipsum.  Faites  connaître  que  je  suis  Dieu, 
dit  Jésus-Christ,  c.  21.  19.  Hoc  autem  dixit, 
signi  ficans  quamorle  clarificaîurus  esset  D  eum  : 
Jésus-Christ  dit  cela  à  saint  Pierre,  pour 
marquer  de  quelle  mort  il  devait  glorifier 
Dieu.  Le  martyre  rend  gloire  à  Dieu.  Voy. 
Maldon.  m  Joan.  21.  19. 

2°  Approuver,  relever  avec  louange  et  avec 
estime.  Act.  4.  21.  Omnes  clarificabant  idquod 
factum  fuerat  :  Tous  rendaient  un  témoignage 
éclatant  du  miracle  qui  s'était  fait;  se.  de  la 
guérison  qu'avait  faite  saint  Pierre  de  l'hom- 
me boiteux  dès  le  ventre  de  sa  mère.  Voy. 
Act.  3.  V.  2.  6.  7.  8.  Ainsi,  2.  Thess.  3.  1. 

3°  Remercier  publiquement,  rendre  gloire. 
Gai.  1.  24.  In  me  clarificabant  Deum  :  Les 
églises  chrétiennes  de  Judée  rendaient  gloire 
à  Dieu  de  la  grâce  qu'il  m'avait  faite,  en  me 
changeant  de  persécuteur  de  son  Eglise  en 
prédicateur  de  l'Evangile.  Voy.  v.  23.  Act./». 
21.  selon  le  Grec. 

4°  Elever  en  dignité.  Hebr.  5.  5.  CItristus 
non  semetipsuin  elarificavil  ut  Ponlifex  fieret: 
Jésus-Christ  n'a  point  pris  de  lui-même  la 
qualité  glorieuse  de  pontife. 

CLARITAS,  ATis,  ôôîa.  Clarté,  lumière.  1. 
Cor.  15.  41.  Alia  elaritas  solis,  alia  claritas 
lunœ ,  alia  claritas  stellarum  :  Autre  est  la 
clarté  du  soleil,  autre  celle  de  la  lune,  autre 
celle  des  étoiles.  Act.  22.  11.  De  là  vient, 

Claritas  Dei.  J^umière  très-éclatante,  très- 
grande  clarté.  Voy.  Deus.  Luc.  2.  9.  Claritas 
Dei  circumfalsit  illos  :  Une  lumière  divine 
environna  les  bergers  à  la  présence  de  l'ange 
qui  leur  annonça  la  naissance  de  Jésus- 
Christ. 

Parce  que  la  lumière  et  la  clarté  est  la 
plus  noble  de  toutes  les  qualités  sensibles,  et 
approche  le  plus  de  la  qualité  spirituelle, 
elle  marque  souvent  la  gloire  et  l'honneur 
tant  de  Dieu  que  de  la  créature  spirituelle. 

1°  Gloire,  majesté  divine.  2.  Cor.  3.  18. 
Nos  omnes  in  eamdem  imaginem  transforma- 
mur  a  clarilate  in  claritatem .  Nous  autres 
nous  sommes  transformés  par  la  foi  en  la 
ressemblance  de  Dieu  par  de  nouveaux  ac- 
croissements de  gloire-  c  14.  6.  Ipse  illnxit 
in  cordibus  nostris  ad  illuminationem  scicntiœ 
claritatis  Dei  :  Dieu  a  éclairé  nos  cœurs  pour 
éclairer  les  autres  de  la  connaissance  de  la 
gloire  (le  Dieu.Coloss.  1.  11.  Sap.  7.  25.  Joan. 
17.  v.  5.  22.  24.  Apoc.  7.  12.  c  21.  v.  11.  23. 

2'  (iloire,  honneur,  estime.  Sap.  8.  10. 
Uabebo  proplcr  Itanc ,  clarilalem  ad  turbas  : 
La  sagesse  me  rendra  illustre  parmi  les  peu- 
ples. Sip.  10.  14.  Joan.  4.  41.  Claritatem  nb 
hoiiiinibus  non  accipio  .-Je  ne  lire  point  ii\a 
gloire  des  hommes,  dit  Jésus-Chrisl. 

3  (iloire,  (iiialité  des  corps  glorieux.  Phi- 
lipp.  3.  21.  lioformnbit  corpus  liumililatu 
noslrœ  configurai um  coroori  claritatis  suœ: 


•-3I  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 

Jésus-Christ  rendra  notre  corps  vil  et  cor- 
ruptible conforme  à  son  corps  glorieux. 

4°  Rétablissement  glorieux.  Tob.  13.  20. 
Beatus  ero ,  si  fuerint  reliquiœ  seminis  mei  ad 
videndam  claritalem  Jérusalem  :  Je  serai  heu- 
reux s'il  reste  encore  quelqu'un  de  ma  race 
pour  voir  la  lumière  et  la  splendeur  de  Jéru- 
salem.Tobie  disait  ceci,  prévoyant  la  ruine  de 
Jérusalem,  et  la  future  captivité  du  peuple; 
et  ce  qu'il  dit  regarde  le  rétablissement  qui 
sen  devait  faire  sous  Cyrus.  Voy.  1.  Esdr. 
5.  13. 

5°  Vertu ,  intégrité  (k/jetà).  Sap.  4,  1.  0 
quam  puUhra  est  casta  generatio  cum  clari- 
tate!  0  combien  est  belle  la  race  chaste  , 
lorsqu'elle  est  jointe  avec  l'éclat  de  la  vertu! 
La  virginité  tire  sa  gloire  de  la  vertu.  Voy. 
Castus. 

6"  Magnificence,  richesses.  l.Mach.  15.  32. 
Athenobius...  vidit  gloriam  Simonis,  et  clari- 
talem in  auro  et  or^ewfo  :  Athenobius  vit  la 
gloire  de  Simon  ,  l'or  et  l'argent  qui  brillait 
chez  lui  de  toutes  parts. 

CLARUS,  A,  UM ,  luiJLTTpoç,  «,  ôv.  Ce  mot 
qui  est  mis  comme  pour  ca/arus ,  vient  de 
calare,  id  est,  vocare,  et  signifie: 

1°  Clair,  lumineux.  2.  Reg.  3.  35.  Clara 
adhiic  diejwavit  David:  Tous  étant  revenus 
pour  manger  avec  David  lorsqu'il  était  en- 
core grand  jour,  David  jura.  David  fait  des 
imprécations  contre  lui  ,  eu  cas  qu'il  mange 
avant  le  coucher  du  soleil;  il  était  dans  le 
deuil  de  la  mort  d'Abner.  3.  Reg.  3.  21.  Isa. 
18.  k.  Ainsi  dans  un  sens  figuré,  Sap.  6.  13. 
Clara  est,  et  quœ  numquam  marcescit,  sapien- 
tia  :  La  sagesse  est  pleine  de  lumière  et  sa 
beauté  ne  se  flétrit  point. 

2°  Visible  ,  manifeste  {àiiKvpoç,  obscurus, 
non  clarus).  Levit.  13.  28.  Sin  autem  in  loco 
suo  candor  steterit  non  satis  clarus.  Que  si 
cette  tache  blanche  s'arrête  au  même  endroit, 
et  devient  un  peu  plus  sombre,  etc. 

3°  Illustre,  considérable  (IvSo^o?).  l.Mach. 
2.  17.  Princeps ,  et  clarissimus ,  et  magnus  es 
in  hac  civilaCe  :Yo\is  êtes  le  premier,  le 
plus  grand  et  le  plus  considéré  de  celte  ville, 
disent  à  Mathatias  les  envoyés  d'Anliochus, 
pour  lui  proposer  de  sacrifier  et  d'abandon- 
ner la  loi  do  Dieu. 

CLASSIS,  de  x«>sîv,  calare,  id  est,  vocare, 
ou  de  -/IriTi;,  du  mémo  y.aleîv,  parce  que  les 
ancions  appolaieiil  de  ce  nom  non  seulement 
les  armées  de  mer,  mais  même  les  armées 
de  terre,  et  signifie,  armée  navale,  classe, 
rang;  un  vaisseau,  un  corps  de  cavalerie. 

Fiolte  de  vaisseiux  (TrÀotov).  Deut.  28.  68. 
lîeducet  te  Dominus  classibiis  in  /Egyptum  : 
Le  Seigneur  vous  ramènera  en  Egypte  dans 
une  floile  de  vaisseaux,  pour  y  être  en  escla- 
vage; Dieu  avait  défendu  aux  Israélites  de 
reloiimer  en  Egypte.  Voy.  c.  17.  16.  Ezech. 
27.  28.  Conturbabuntar  classes  :  Les  cris  et 
lis  plaintes  de  vos  pilotes  épouvanteront  les 
flottes  entières;  se.  au  bruit  de  la  ruine  de 
Tyr. 

CLAUDERE,  yIeUiv,  àrcoxleisiv ,  avyxkeUiii.  Du 
verbe  grec  Dori(iue  x>«Çw,  pour  z),v3iÇw,  claudo. 

i°  Fermer  ,  clore  ,  enfermer  ,  mettre  sous 
la  clef.  Joan.  20.  v.  19.  26.  Yenil  Jésus,  januis 


75a 

clausis  .  Jésus  vint  les  portes  fermée.?;  te.  la 
seconde  fois  qu'il  apparut  à  ses  disciples,  et 
que  saint  Thomas  s'y  trouva.  Judic.  3.  23. 
Eccli.  42.  7.  Ubi  manus  multœ  sunt,  claude: 
Où  il  y  a  beaucoup  de  mains,  tenez  tout 
fermé.  De  là  vient. 

2"  Terminer,  aboutir,  borner.  Num.  34.  v. 
6. 12.  Salsissimo  claudentur  mari  :  Les  confins 
de   la  terre  promise  du  côté  de  l'Orient  se 
termineront  à  la  mer  salée.  Jos.  17.  10. 
Façons  de  parler. 

Claudere  et  aperire.  Avoir  pleine  et  entière 
autorité  de  gouverner,  exercer  mêuie  cette 
autorité.  Isa.  22.  22.  Aperiet  et  non  erit  qui 
claudat ,  claude t  et  non  erit  qui  aperiat  :  Il 
ouvrira  sans  qu'on  puisse  fermer,  et  il  fer- 
mera sans  qu'on  puisse  ouvrir;  ce  qui  s'en- 
tend du  Messie.  Apec.  3.  7.  Voy.  Clavis. 

Porta  clausa.  Une  porte  du  temple  vers 
l'Orient  qui  était  fermée.  Ezech.  44.  2.  Porta 
hœc  clausa  erit  :  Cette  porte  demeurera  fer- 
mée... et  nul  homme  n'y  passera,  c.  46.  1. 
parce  que  le  Seigneur  est  entré  par  cette 
porte.  Le  Prophète  y  avait  vu  passer  Dieu 
dans  sa  majesté,  c.  43.  v.  2.  11.  Ecce  gloria 
Dei  Israël  ingrediebatur  per  viam  Orientalem: 
Je  vis  la  gloire  du  Dieu  d'Israël  qui  venait 
par  ce  côté  de  l'Orient ,  se.  par  le  côté  de  la 
porte  qui  regarde  vers  l'Orient.  Cette  porte 
toujours  fermée,  et  par  laquelle  le  Seigneur 
d'Israël  avait  seul  passé,  renferme  quelque 
mystère;  on  l'explique  de  la  bienheureuse 
Marie  qui. est  toujours  demeurée  Vierge,  et 
comme  fermée  avant  et  après  avoir  enfanté 
le  Fils  de  Dieu. 


Phrase  Urée  de  la  significalion  de  ce  verbe. 

Claudere  cœlum  ,  (rwé^sii) ,  continere.  Fer- 
mer le  ciel,  empêchsr  que  la  pluie  ne  tombe  ; 
d'où  vient  la  stérilité,  qui  est  la  punition 
dont  Dieu  menace  les  Israélites,  en  cas  qu'ils 
abandonnent  son  culte.  Deut.  il.  17.  Cnvete 
ne...  iratus...  Dominu.s  claudat  coj/u/n; Prenez 
bien  garde  d'adorer  les  dieux  étrangers,  de 
peur  que  le  Seigneur  étant  en  colère ,  ne 
ferme  le  ciel,  et  que  les  pluies  ne  tombent 
plus.  3.  Reg.  8.  35.  2.  Par.  6.  26.  Luc  4.  25. 
Apoo.  11.  6.  à  quoi  est  opposé,  Gen.  8.  2. 
Clausi  sunt  fontes  abyssi  :  Les  sources  de  l'a- 
bîme cessèrent  de  monter  en  haut,  au  temps 
que  les  eaux  du  déluge  cessèrent  de  croître. 

Claudere  omnem  donium.  Fermer  toutes  les 
maisons  d'un  lieu  ou  d'une  ville,  faire  qu'il 
ne  soit  plus  habité.  Isa.  24.  10.  Clausa  est 
omnis  domus  ;  Toutes  les  maisons  de  cette 
ville,  (de  Jérusalem)  sont  fermées  ;  se.  aban- 
données à  cause  de  sa  désolation.  Jerem.  13. 
19.  Civitates  Auslri  clausœ  sunt  :  Les  villes 
de  la  Judée  qui  étaient  au  midi  de  la  Chaldée, 
sont  fermées;  ces  deux  prophètes  prédisen. 
la  désolation  de  la  Judée  par  les  Chaldéens; 
autr.  sont  assiégées. 

Claudere  oculos.  Fermer  les  yeux,  signifie, 

1"  Rendre  les  derniers  devoirs  à  ses  pa- 
rents; c'était  le  plus  proche  qui  leur  fermait 
les  yeux  en  mourant. Tob.  14.  i^.Jpseclausit 
oculos  eonim  :  Le  jeune  Tobie  ferma  les  yeux 
de  son  beau-père  et  de  sa  belle-mère. 

2"  S'obslinir  à  ne  vouloir  point  compren- 


dte 


y.a'^Dliijîi'jj 


Mallli.  13.  15.  Oculos  suos 
clauserunl  :Ces  peuples  ont  fermé  leurs  yeux, 
de  peur  que  leurs  yeux  ne  voyent.  Mais 
quand  Dieu  ordonne  à  Isaïe  de  fermer  les 
yeux  des  Juifs,  il  prédit  l'effet  que  la  prédica- 
tion de  la  parole  de  Dieu  devait  produire  dans 
leurs  tœurs.  Isa.  6.  10.  Oculos  ejus  claude; 
Eclairez  ce  peuple,  mais  il  fermera  les  yeux 
à  la  vérité;  et  quand  Isaïe  du,  c.  29.  10.  que 
Dieu  fermera  les  yeux  de  ce  peuple,  il  veut 
marquer  laveuglemenl  de  leur  esprit,  qui 
est  la  terrible  punition  dont  Dieu  frappe 
ceux  qui  nont  pas  voulu  recevoir  ses  avis 
et  ses  remontrances  :  Claudel  ocxdos  veatros. 

3°  Fermer  les  yeux  pour  ne  point  voir  le 
mal,  n'y  prendre  aucune  part,  en  avoir  hor- 
reur («KTKîA'jstv)  Isa.  33. 15.  Qui  claudit  oculos 
suos  ne  vident  maîum  :  Celui  qui  ferme  ses 
yeux  afin  de  ne  point  voir  le  mal. 

Claudere  ora.  Fermer  la  bouche;  c'est  ne 
point  permettre  ,  et  ne  donner  point  lieu  ni 
sujet  qu'on  use  de  sa  voix.  Eslh.  13.  17.  Ne 
clauâus  ora  canentium  :  Ne  fermez  pas  la 
bouche  de  ceux  qui  vous  louent,  dit  Mardo- 
chée  dans  sa  prière  à  Dieu,  au  sujet  de  la 
lettre  d'Artaxerxès  contre  les  Juifs,  c.  li.  9. 

Claudere  ostia.  Fermer  les  portes,  signifie, 

1"  Exercer  quelque  ministère  ou  fonction 
ecclésiastique.  Malac.  1.  10.  Quis  est  qui 
claudnt  ostin...  gratuilo?  Qui  est  celui  d'entre 
vous  qui  ferme  les  portes  de  mon  temple 
grafuitemenl?  Le  Prophète  parle  do  la  charge 
des  portiers  du  lemple,ct  taxe  d'avarice  tous 
les  ministres  de  Dieu  qui  n'exercent  leurs 
fonctions  que  par  quelque  vue  d'intérêt. 

2*  Fermer  les  portes  de  la  rue,  est  une 
façon  de  parler  énigmaiique,  qui  se  dit  par 
rapport  aux  vieillards  qui  ne  sortent  plus  de 
leur  maison.  Eccl.  12.  k.  Quando...  claudent 
ostin  in  pi  aie  a  ;  Quand  on  fermera  les  portes 
de  la  rue.  On  ne  doit  point  attendre  le  temps 
de  la  vieillesse  pour  servir  Dieu.  Voy.  v.  1. 

3"  Olcr  les  moyens  de  bien  faire.  Apoc.  3. 
8.  Ecce  dedi  coram  te  ostium  apertum  quod 
n^mo  potest  claudere  :  ie  vous  ai  ouvert  une 
porle  tjue  personne  ne  peut  fermer;  idest, 
personne  ne  vous  pourra  empêcher  de  prê- 
cher l'Evangile  ,  et  de  convertir  les  peuples, 
dit  le  Fils  de  Dieu  à  l'évêque  de  Philadolphe. 

Claudere  ostium.  Fermer  l'entrée  du  ciel. 
Luc.  13.  25.  Cum...  Pater familias...  clause- 
rit  ostium:  Quand  Jésus-Christ,  le  Pore  de  fa- 
mille, aura  fermé  la  porte.  Voy.  v.  27.  28. 
Ainsi,  Mal  th.  25.  10. 

Claudere  regnum  cœlorum.  Fermer  l'entrée 
du  royaume  des  cieux  ,  c'est  empêcher  au- 
tant qu  il  est  en  soi  par  sa  conduite  et  par 
son  mauvais  exemple,  de  marcher  dans  la 
voie  étroite  des  Commandements  de  Dieu. 
Malth.  23.  13.  Claudilis  reijnum  cœlorum  : 
>  ous  fermez  aux  hoinincs  le  royaume  des 
cieux, dilJesus  Christ  auxscribesel  aux  pha- 
risiens,qui  détournaient  les  peuples  de  suivre 
Jésus-Christ.  Voy.  J(»an.  10.  20.  elMarc.  3. 22. 

Claudere  sermones.  Tenir  caché  ce  qui  a 
été  rc  vêlé  (È!/,/r.(iTTs«vj.  Dan.  \'2.  k.  Claude  germa- 
nés  :  Tenez  vos  paroles  fermées  sans  en  don- 
ner l'éclaircissemeni  ;  cai  rinlelligencc  de 
ces  paroles  n'est  point  pour  le  temps   pré- 


CL\ 


734 


sent,  mais  pour  le  temps  marque' ôe  T)\f^ii , 
auquel  il  a  ordonné  qu'elles  s'accomplissent, 
et  elles  ne  seront  p*oint  enieudues  qu'elles 
ne  soient  accomplies. 

Claudere  stellas  sub  signaculo,  ■AKn/.T'foxyl^îtit. 
Enfermer  les  étoiles  co'ume  sous  le  sceau; 
Job.  9.  7.  Qui  claudit  stellas  sub  signaculo  : 
Ces'  Dieu  qui  tient  les  étoih's  enfermées 
comme  sous  le  sceau  ;  se.  par  la  lumière  du 
jour  qui  empêche  qu'elles  ne  paraissent  :  ce 
qui  se  peut  entendre  d'un  obscurcissemeiit 
miraculeux  des  astres. 

Claudere  viscera  sua  ab  aliquo.  Fermer  à 
quelqu'un  son  cœur  et  ses  entrailles,  c'est 
être  sans  compassion  pour  les  besoins  de 
quelqu'un.  1.  Joan.  3.  17.  Qui...  clauserit 
viscera  sua  ab  eo  ,  quomodo  caritas  Dei  ma- 
net  in  eo  ?  Si  quelqu'un,  ayant  des  biens  de 
ce  monde  et  voyant  son  frère  en  nécessité, 
il  lui  ferme  son  cœur  et  ses  entrailles,  com- 
ment aurait-il  encore  de  l'amour  pour  Dieu  ? 
CLAUDIA,  M.  Claudie,  femme  dévote.  2. 
Tim.  k.  21.  Salulant  te  Eubulus,  et  Pudens, 
et  Linus,  et  Claudia:  Eubule,  Pudens,  Lin  et 
Claudie  vous  saluent.  On  croit  qu'elle  était 
femme  de  Pudens,  sénateur  romain. 

GLAUDICARE.  De  claudo,  ou  de  l'ancien 
verbe  claudeo  ;  les  anciens  disaient  claudere^ 
pour  claudicare  ,  et  signifie  , 

Boiter,  être  boiteux  [i-iTxûl^si'j). Gcn.  32.  31. 
Ipse  vero  claudicabat  pede  :  Jacob  demeura 
boiteux  d'une  jambe  ;  ce  fut  après  que  l'Ange 
lui  eut  touché  le  nerf  de  la  cuisse  qui  se  sécha, 
pour  lui  marquer  que  ce  combat  était  réel, 
et  (ju'il  connût  la  force  de  celui-là  même  con- 
tre qui  il  avait  lutté. 

S'écarter  du  droit  chemin,  ne  point  marcher 
droit  (xw).«tvciv).  3.Reg.  18.21.  Ùsquequo  claU' 
dicatis  induas  partes?  Jusqu'à  quand  serez- 
vous  commeun  homme  qui  boite  des  deux  cô- 
tés ?Elie  reprend  les  Juifs  de  vouloir  adorer  en 
même  temps  le  vrai  Dieu  et  Baal,et  de  ne  pou- 
voir se  déterminer  auquel  ils  devaient  s'atta- 
cher,vu  qu'ils  ne  pouvaient  ignorer  qu'il  n'y  a 
qu'un  seul  Dieu.  Hebr.l2.  13.  Ps.l7.  46.  Ain- 
si, Mich.  4.V.6.  "i.Ponam  cluudicantem  in  reli- 
quias  {ayjzszptau.éyri,afflicta).  Je  réserverai  les 
restes  de  celle  qui  était  boiteuse  ;  se.  de  la  sy- 
nagogue ,  qui  ne  marchait  pas  droit  dans  son 
culte,  et  s'était  portée  tantôt  au  culte  de  Dieu, 
tantôt  à  celui  des  Idoles.  Ainsi,  Soph.  3.  19. 
Salvubo  claudicantem  :  Je  sauverai  celle  qui 
boitait;  Gr.  iyi.T:tTTiz<7'j.hri'j,  celle  qui  était  dans 
l'accablement;  c'est  encore  la  synagogue, 
ou  plutôt  l'Eglise  dans  laquelle  on  verra  tous 
ses  enfants  marcher  droit  dans  la  voie  de  Dieu. 
CLAUDIUS  ,  KXavStof,  Claude.  De  claudus, 
boiteux. 

1"  L'empereur  Claude,  fils  de  Drusus,  suc- 
cesseur de  Caligula.  Act.  il.  28.  c.  18.  2.  ho 
quod  prœcepisset  Claudius  discedere  omncsJu- 
dœos  a  lioma  :  l'arce  que  l'empereur  Claude 
vivait  ordonné  à  tous  les  Juifs  de  sortir  de 
I\otne  :  cet  enipereur  mourut  la  vingt-qua- 
Iriènie  année  de  la  passion  de  Jésus-Christ, 
ayant  régné  treize  ans. 

2  Le  tribun  Lysias  ,  qui  tira  saint  Paul 
d'entre  les  mains  des  Juifs. .\cl. 23.26.  f/'iurfiu« 
Lysias  optimo  prœsidi  Felici,salulem  .  Claude 


ras 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


756 


Lysias  au  dès-excellent  gouverneur  Félix, 
salut. 

CLAUDUS  ,  A  ,  UM.  x"^^>  ♦  ^^  g''^<^  '^^°^^' 
frango  ,  claiidus  quasi  fractus  pedibiis. 

Boiteux.  Luc.  li.  13.  Cum  facis  convivium, 
vocapauperes...  claudos  :  Lorsque  vous  fai- 
tes un  festin  ,  conviez-y  les  pauvres...  les 
boiteux  :  Jésus-Christ  condamne  ceux  qui 
ne  convient  chez  eux  que  les  riches  et  les 
grands.  Isa.  35.  6.  Tune  saliet  sicut  cervus, 
claudus:  Le  boiteux  bondira  comme  le  cerf: 
se.  au  temps  du  Messie.  Voy.  Mallh.  15.  30. 
Act.  3.  V.2.  8. 

§  1.  Misérable,  affligé.  Job.  29.  15.  Fui... 
pes  claudo  :  J'ai  été  le  pied  du  boiteux.  Job 
témoigna  qu'il  a  assisté  de  ses  biens  les  pau- 
vres affligés,  et  qui  étaient  dans  la  misère. 

§  2.  —  Faible  et  méprisable.  2.  Reg.  5.  6. 
Non  ingredieris  hue,  nisi  abstuleris  cœcos  et 
claudos  :  Vous  n'entrerez  point  ici  que  vous 
n'en  ayoz chassé  les  aveugles  et  lesboiteux,  di- 
sent à  David  les  Jébuséens,  qui  étaient  assié- 
gés dansJérusalem,pourinsulter  à  David,  et 
comme  pour  lui  marquer  que  leur  ville  était 
imprenable,  v.  8  Voy.  C^cus. 

§  8.  -  -  Les  nations,  les  païens  et  les  idolâ- 
tres. Luc.  14.  21.  Claudos  introditc  hue  :  Ame- 
nez ici  les  boiteux,  dit  à  ses  serviteurs  l'hom- 
me qui,  ayant  fait  un  grand  souper,  se  vit 
méprisé  de  ceux  qu'il  avait  conviés.  Les  gen- 
tils ,  qui  ne  savaient  ce  que  c'était  que 
marcher  dans  la  voie  de  Dieu,  ont  été  ap- 
pelés à  son  service  au  lieu  des  Juifs. 

CLAVIS  ,  IS,  y^dç,  Bôç.  De   x>àÇ    pour   ylelç. 

Clef  avec  quoi  l'on  ouvre  ou  l'on  ferme 
une  porte,  un  coffre,  etc.  Judic.  3.  25.  Tule- 
runt  clavem  :  Les  serviteurs  d'Eglon  prirent 
la  clef  :  comme  Aod  avait  fermé  à  clef  les 
portes  de  la  chambre  où  il  tua  Eglon  ,  ils 
avaient  attendu  inutilement  que  le  roi  leur 
ouvrît. 

§  1.  —  La  puissance  de  gouverner,  mar- 
quée par  la  clef  ;  parce  qu'elle  était  en  quel- 
ques charges  la  marque  de  la  dignité  et  du 
pouvoir  de  ceux  qui  en  étaient  revêtus.  Isa. 
22.  22.  Dabo  clavem  domus  David  super  hu- 
merum  e/us: Voy. Humérus.  Je  mettrai  sur  l'é- 
paule d'Eliacimla  clef  de  la  maison  de  David; 
i.  e.  la  charge  de  grand  maître  de  la  maison 
du  roi  Ezéchias,  et  de  gardien  du  temple  , 
ou  même,  selon  quelques-uns,  la  charge  de 
grand  prêtre  des  Juifs,  marquée  par  cette 
clef,  et  qui  était  une  figure  de  la  puissance 
absolue  de  Jésus-Christ  sur  l'Eglise.  Celte 
puissance  est  marquée,  Apoc.  3.  7.  Sanctus 
et  verus  quihabet  clavem  David  :  Jésus-Christ 
est  encore  maître  de  la  mort  et  de  l'enfer. 
Apoc.  1.  18.  Habeo  elaves  murtis  et  infcrni  : 
J'ai  les  clefs  de  la  mort  et  de  l'enfer,  c.  9. 
l.c.  20.1.  et  la  puissance  que  Jésus-Christ  a 
donnée  à  saint  Pierre  et  aux  autres  pasteurs 
dans  la  personne  de  ce  chef,  pour  gouver- 
ner l'Eglise,  est  marquée  par  les  clefs.  Mallh. 
16.  19.  l'ibi  dabo  elaves  regni  eœlorum  :  Je 
vous  donnerai  les  clefs  du  royaume  des  cieux, 
dit  Jésus-Christ  à  saint  Pierre  •.  ce  qu'il  ac- 
complit. Joan.  21.  15.  Voy.  Remittere.  Voy. 

LiGAKE. 

ii  2.  —  Le  droit  et  le    pouvoir    d'ii>tcrprc- 


lêr  la  Loi  et  les  Ecritures.  Luc.  11.  52.  2'm- 

listis  clavem  scienliœ  :  Vous  vous  êtes  saisis 
de  la  clef  de  la  science.  Quelques-uns  disent 
que  c'était  la  coutume  des  Hébreux  de  don- 
ner en  main  une  clef  pour  marque  de  ce 
pouvoir. 

CLAUSTRUM  ,  i.  DeClaudere. 

Tout  ce  qui  se  ferme  et  s'ouvre.  Mich.  7. 
5.  Ab  ea  quœ  dormit  in  sinu  tua,  cuslodi  clau- 
stra oris  lui  :  Tenez  fermée  la  porte  de  votre 
bouche  ,  et  ne  vous  ouvrez  pas  même  à 
votre  propre  femme. 

CLAUSURA,  JE,  yleîfjpo^j.  Ce  mot,  peu  usité 
chez  les  Latins,  vient  : 

De  claudere,  et  signifle  dans  l'Ecr.  : 

Barre,  ce  qui  sert  à  fermer.  Bar.  6.  17.  Tu- 
lantur  sacerdotes  oslia  clausuris  et  seris,  ne 
a  latronibus  expolientur  :  Les  prêtres  des 
faux  dieux  les  renferment  sous  beaucoup  de 
serrures  et  de  verroux,  de  peur  que  les  vo- 
leurs ne  les  viennent  emporter. 

CLAUSUS,  A,  UM-  Fermé,  en  parlant  d'une 
porte  ,  d'une  maison,  d'un  coffre;  renfermé, 
en  parlant  du  bétail  :  dans  l'Ecriture  : 

1°  Clos  enfermé.  4.  Reg.  19.  24.  Isa^  37. 
25.  Siccavi  vesligiis  pedum  meorum  omnes 
aquas  elausas  :  J'ai  séché  par  les  traces  des 
pieds  de  mes  gens  les  eaux  qui  étaient  fer- 
mées, dit  Sennachérib  ;  se.  mon  armée  était 
si    nombreuse  qu'elle    séchait  les    rivières 

(rorapici  T:tç,ioyrtç,  ^UvH  7nunili.  Voy.   AGGER. 

2°  Prisonnier,  qui  est  arrêté  par  ses  en- 
nemis. Isa.  61.  1.  Misit  me...  ut  prœdiearem 
...  elausis  apertionem  :  L'esprit  du  Seigneur 
m'a  envoyé...  prêcher  la  liberté  à  ceux  qui 
sont  dans  les  chaînes  ;  se.  du  péché  («î^P»'^"" 
Toç,  eaplivus  :  ceci  s'entend  du  Messie,  de  Jé- 
sus-Christ. Voy.  Luc.  4.  V.  18.  19.  Ainsi  , 
Jerem.  36.  5.  c.  39.  15.  Gen.  39.  20.  Erat 
ibi  clausns  :  Joseph  était  renfermé  dans  ce 
lieu-là  ;  étant  accablé  par  une  telle  calom- 
nie, il  choisit  plutôt  d'être  traité  comme  cri- 
minel, que  d'accuser  sa  maîtresse. 

S'Qui  est  renfermé  dans  une  place  forte  qui 
est  gardée  chèrement  (èTzs^^i^^^^^)-  3.  Reg.  14. 
10.  4.  Reg.  9  8.  Pcreutiam...  elausum  et  no- 
tissimum  :  Je  ferai  mourir  ceux  qui  étaient 
renfermés  dans  les  fortes  places,  et  ceux  qui 
étaient  abandonnés  ;  autr.  Celui  que  l'on 
conservait  précieusement  et  jusqu'au  der- 
nier. Deut.  32.  36.  Clausi  quoque  defecerunt: 
Ceci  est  une  sorte  de  proverbe,  pour  mar- 
quer que,  dans  une  ruine  entière,  il  n'est 
resté  personne,  ni  ceux  qui  étaient  dans  les 
places  fortes,  ni  ceux  qui  étaient  abandon- 
nés. Ainsi,  3.  Reg.  14.  10.  Clausum  et  novis^ 
simum  :  C'est-à-dire  tout  le  reste,  soit  pré 
cieux,  soit  méprisable,  pretiosumet  vile. 

Façon  de  parler. 

Os  ciausum.  Bouche  fermée,  marque  une 
personne  dégoûtée  et  malade.  Eccli.  ;]0.  IS. 
Bona  abscondita  in  are  clauso  :  Des  biens 
répandus  devant  une  bouche  ferniée,  sont 
comme  un  grand  festin  autour  d'un  sépul- 
cre. 

GLAVDS,  1.  ii\oç.  Du  grec  ^)o,-,  ou  de  x>£:«, 
claudo,  et  signifie  :  . 

1  ■  Clou,  pieu  l^y-ilo-y).  Num.  33.  5o.  Qm  re- 


757 


CLE 


CLE 


758 


manserint  erunt  voois  quasi  clavi  in  oculis  : 
Ceux  des  habitants  delà  terre  promise,  qui 
y  seront  restés  sans  que  vous  les  ayez  tués, 
vous  seront  comme  des  clous  dans  les  yeux  ; 
i.  e.  ils  seront  le  sujet  de  votre  ruine.  Voy. 
Deut.  7.  16.  Voy.  Langea.  Eccl.  1*2.  11.  Ver- 
ba  sapienlum  quasi  clavi  in  allum  defixi  :  Les 
paroles  des  sages  sont  comme  des  clous  en- 
foncés, et  pénètrent  avant  dans  le  cœur,  à 
cause  de  leur  force  et  de  leur  autorité.  Joan. 
20.  25.  Nisi  videro  in  manibus  ejus  fixuram 
clavorum,  non  credam:  Si  je  ne  vois  dans  les 
mains  de  Jésus-Christ  la  marque  des  clous 
qui  les  ont  percées,  je  ne  croirai  point  que 
vous  ayez  vu  le  Seigneur,  dit  saint  Thomas 
aux  autres  apôtres.  Voy,  v.  24.  On  avaitcou- 
lume  de  se  servir  de  quatre  clous  pour  cru- 
ciûer. 

Phrase  tirée  de  celte  sigoificalion  dans  le  sens  figuré. 

Clavos  suos  consolidare.  Rendre  les  clous  , 
les  pieux  de  sa  tente  bien  affermis  ;  c'est  se 
faire  un  établissement  solide  {nKuaoàog ,  pa- 
xillus).  Isa.  34.  2.  Clavos  tuos  consolida  : 
P^endez  les  clous  et  les  pieux  de  votre  tente 
bien  affermis.  Le  Prophète  marque  par  ces 
paroles  le  ferme  établissement  de  l'Eglise,  c. 
33.20.  La  métaphore  est  tirée  des  clous  et 
des  pieux  qui  tiennent  les  tentes  bien  fer- 
mées. Voy.  Paxillus. 

2°  Gouvernail  de  vaisseau.  Prov.  23.  3i. 
Quasi  sopitus  gubernator  amisso  clavo  :  Celui 
qui  a  trop  bu  de  vin  est  comme  un  pilote  as- 
soupi qui  a  perdu  le  gouvernail  ;  se.  il  n'est 
plus  en  état  de  se  conduire. 

CLEMENS,  de  l'Hébreu  chaînai,  pardon- 
ner. 

1°  Doux,  paisible,  bon,  compatissant,  qui 
est  porléà  faire  du  bien.  Rulh.  2.  2.  Ubicum- 
gue  démentis  in  me  patrisfamilias  repérera  gra- 
tiam:  J'irai  partout  où  je  trouverai  quelque 
père  de  famille  qui  me  témoigne  de  la  bonté  : 
Rulh  demande  à  Noëmi  la  permission  d'aller 
glaner  en  quelque  endroit  où  elle  pourra 
trouver.  2.  Par.  10.  7.  Si...  lenieris  eos  verbis 
clementibus  servient  tibi  omni  tempore  («yaôè?) 
Si  vous  apaisez  le  peuple  par  des  paroles 
douces,  ils  s' attacheront  pour  toujours  à 
votre  service,  disent  à  Roboam  les  vieillards 
qu'il  consultait  sur  les  prières  que  lui  fit  le 
peuple  de  relâcher  quelque  chose  du  dur 
empire  de  Salomon. 

2  Clément ,  doux,  qui  pardonne  aisément 
et  n'use  pas  de  cruauté  {s\vo;,  miscricors).  3. 
Reg.  20.  31.  Audivimus  quod  reges  domus  Is- 
raël clémentes  sint  :  Nous  avons  ouï-dire  que 
les  rois  de  la  m.iison  d'Israël  sont  doux  et 
cléments,  disent  les  serviteurs  de  Rénadad  à 
Rénadad,  lui  conseillant,  dans  sa  fuite  et  la 
déroute  de  son  armée,  d'aller  demander  la 
vieàAchab.  Exod.  33.  19.  Clemens  ero  in 
quetn  milii  placuerit  :  J'userai  de  clémence 
envers  qui  il  me  plaira,  dit  Dieu  à  Moïse. 

3  Clément ,  pape  qui  a  succédé  à  saint 
Pierre,  dans  le  siège  de  Rome  (xÀ/jfx«f).  On  met 
saint  Lin  et  saint  Anaclet  avant  lui.  Philip. 
4.  3.  Adjuva  illas  quœ  niecnm  l(d)oraverunt  in 
Evangelio  cum  Clémente  :  la  vous  prie  d'ai- 
der Evodie  cl  S^ntiche  comme  des  person- 


nes qui  ont  eu  part  avec  moi  dans  mes  pei- 
nes pour  l'Evangile,  avec  Clément,  etc.  Saint 
Paul  les  recommande  à  quelque  excellent 
disciple  dont  il  ne  marque  pas  le  nom. 

GLEMENTER,  Avec  bontéet  douceur.  Gen. 
43.  27.  c.  45.  4.  Ad  quod  ille  clementer  :  ac- 
cedite,  inquit,  ad  me  :  Joseph  dit  avec  dou- 
ceur à  ses  frères  :  approchez-vous  de  moi  : 
Joseph  se  fait  reconnaître  à  eux  pour  leur 
frère.  Voy.  v.  3. 

CLEMENTIA,  m,  èmû-Keia.  i°  Ronté,  dou- 
ceur, bienveillance,  équité.  Judic.  5.  11. 
Est.  13.  2.  Prov.  11.  19.  Clementia  prœparat 
vitam  :  La  bonté  et  l'humanité  servent  à 
faire  vivre  davantage,  c.  6.  15.  Clementia 
régis  quasi  imber  serotinus  :  La  clémence 
du  roi  est  comme  les  pluies  de  l'arrière 
saison;  i.  e.  comme  celles  qui  venant  après 
une  grande  sécheresse  du  printemps,  donne 
la  nourriture  laux  fruits  de  la  terre;  ainsi 
les  bonnes  grâces  d'un  roi  bienfaisant  sont 
agréables  à  ceux  qui  en  sont  honorés,  c. 
20.  28.  c.  31.  26.  Act.  24.  4.  Breviter  au- 
dias  pro  tua  clementia  :  Je  vous  prie  d'écou- 
ler avec  votre  équité  ordinaire  ce  que 
nous  avons  à  vous  dire  en  peu  de  paroles  : 
L'orateur  Tertulle  accuse  saint  Paul  devant 
Félix.  2°.  Clémence,  inclination  à  obliger, 
à  pardonner  (  î'hoç  ).  Jos.  il.  20.  Domini 
sententia  fuerat,  ut  non  mererentur  ullam 
clementiam  :  C'avait  éié  la  volonté  du  Sei- 
gneur qu'ils  ne  méritassent  aucune  clé- 
mence. Eslh.  4.  11.  c.  8.  4. 

CLEOPATRA,  m.  G.  Gloria  Patriœ.  i"  Cléo- 
pâlre,  femme  de  Plolémée,  roi  d'Egypte. 
Eslh.  11.  1.  Anno  quarto  regnantibus  Ftolo-, 
mœo  et  Cleopatra  :  La  quatrième  année  du 
règne  de  Ptolémée  et  de  Cléopâtre.  Ptolémée 
Epiphanes,  PtoléméePhilométor,  et  Plolémée 
Evergète  ont  épousé  chacun  une  femme  de 
ce  nom.  On  ne  sait  sous  lequel  des  trois 
celle  lettre  a  été  apportée  en  Egypte.  — 
2'  Fille  de  Ptolémée  Philomélor,  laquelle  il 
donna  en  mariage  à  Alexandre,  Ois  d'Antio- 
chus  Epiphanes.  1.  Mac.  10.  57.  Et  exivit 
Ptolemœus  de  jEgypto,  ipse  et  Cleopatra  filia 
ejus  :  Ptolémée  sortit  d'Egypte  avec  sa  Ulle 
Cléopâtre.  v.  58. 

CLEOPHAS,  .E.  Gr.  Gloria  omnis.  —  Cléo- 
phas,  disciple  de  Jésus-Christ,  qui  fut  un  des 
deux  qui  le  reconnurent,  allant  à  Emmaus. 
Luc.  24.  18.  Il  était  frère  de  Joseph,  comme 
le  dit  Hégésippus  au  rapport  d'Eusebe,  /.  3. 
c.  11.  et  saint  Epiphane  ,  Hœres.  78.  c.  7.  et, 
comme  l'on  croit  plus  probablement,  avait 
épousé  en  secondes  noces  Marie,  sœur  de  la 
sainte  Vierge,  après  la  mort  d'Alphée,  son 
premier  mari,  dont  il  porta  le  nom,  cl  en 
eut  Judc  et  Siméon,  qui  avec  Jacques  le 
Mineur  et  Joseph,  sont  appelés  cousins  de 
Nolre-Seigncur.  Voy.  Mauia. 

CLERUS,  I.  Gr.  x>«/)o,-,  Sors.  Ce  nom  grec 
signifie  dans  l'Ecr.  : 

Sort,  partage.  Ps.  67.  14.  Si  dormiatis  in- 
ter  medios  cleros  :  Quand  vous  serez  en  repos 
au  milieu  dos  terres  qui  vous  sont  échues 
en  partage.  Le  mol  héhreu  qui  répond  ici  à 
clcrus,  est  rendu  par  tenninus.  Gènes.  49. 
14.  Issacluir  asinus  [ortis  accubum;  inler  ter- 


b:cTio>iNAiKfc:  de  philologie  sacrée. 


740 


minos  :  Issachai"  fort  comme  un  âne  dur  au 
travail,  se  tiendra  dans  les  bornes  de  son 
partage;  c'est-à-dire  que  ceux  de  celte  tribu 
devaient  vivre  du  travail  de  leurs  mains,  et 
en  labourant  la  terre  sans  trafiquer. 

Le  troupeau  de  Jésus-Christ  qui  a  été 
donné  en  partage  aux  Evéques.  1.  Pelr.  5. 
3.  Pascite,,.  iieque  ut  dominantes  in  cleris  : 
Paissez  le  troupeau  de  Dieu,  non  en  domi»- 
nant  sur  l'héritage  du  Seigneur;  se.  sur  les 
peuples  que  Jésus-Christ,  à  qui  ils  appar- 
tiennent, vous  a  donnés  à  gouverner.  D'au- 
tres l'entendent  du  clergé  qui  est  principa- 
lement l'héritage  du  Seigneur  ,  et  dont  le 
Seigneur  est  le  seul  héiitage. 

CLIBANDS,  Gr.  x^igavo?.  Ce  nom,  qui  est 
grec,  signifie  en  général  un  four,  ou  un  vase 
dans  lequel  on  fait  cuire  quelque  chose  : 
dans  l'Ecr.  : 

Four.  Ose.  7.  k.  Omnes  adultérantes  quasi 
clibanus  succensus  :  Tous  les  Israélites  se 
portent  à  l'idolâtrie  et  aux  autres  péchés 
avec  la  même  ardeur  qu'est  celle  d'un  four 
chaud.  V.  6.  7.  Gen.  15.  17.  Apparuit  cliba- 
nus fumans  :  Il  parut  à  Abraham  un  four 
d'où  sortait  une  grande  fumée  :  ce  four  figu- 
rait la  dure  captivité  des  Israélites  dont  il 
est  parlé  ;  v.  13.  et  est  marquée  par  For- 
nax  ferrea.  Deut.  k.  20.  etc.  Voy.  Fornax. 

Ce  qui  est  tout  desséché  et  brûlé  par  l'ar- 
deur du  four.  Ps.  20.  10.  Pones  eos  ut  cliba- 
num  ignis  :  Vous  consumerez  vos  ennemis 
au  jour  de  votre  colère,  comme  le  bois  qui 
brûle  dans  le  four.  Thren.  5.  10.  Pellis  no- 
stra  quasi  clibanus  exusta  est  ;  Notre  peau 
s'est  brûlée  et  s'est  noircie  comme  si  elle 
avait  été  dans  un  four,  à  cause  de  l'extré- 
mité de  la  faim  ;  soit  que  le  prophète  parle 
du  temps  du  siège  de  Jérusalem,  ou  plutôt 
depuis  :  ce  qui  doit  s'entendre  de  ceux  qui 
restèrent  dans  le  pays. 

CLIVUS,  I.  Gr.  àvaSao-tj.  Ce  nom  vient 
de  l'Eolique  x),itô?  ,  et  signifie,  coteau, 
penchant  ou  descente  d'une  colline.  2.  Reg. 
15.  30.  David  ascendebat  clivum  Olivarum  : 
David  montait  la  colline  des  Oliviers.  David 
alors  fuyait  Absalom.  2.  Par.  20.  16.  De  là 
vient  :  C/ivus  civitatis  :  Coteau  qui  mène, 
qui  conduit  à  la  ville.  1.  Reg.  9.  U.  Cu7nque 
ascenderent  clivum  civitatis  :  Lorsque  Saiil 
elson  serviteur  montaient  par  le  coteau  qui 
mène  à  la  ville;  se.  de  Rama  :  ils  cher- 
chaient les  ânesses  de  Cis,  son  père. 

CLUSOR,  is.  Ce  nom  inusité  vient  du  verbe 
inusité  cludere,  pour  claudere,  et  signifie 
dans  l'Ecriture  : 

Qui  enferme  ou  une  ville  de  murailles, 
ou  un  camp  de  lignes  et  de  fossés,  ingé- 
nieur, maréchal  de  camp  (  ajyz^eiwv).  k. 
Reg.  21.  14.  Transtulit...  omnem  artificem 
et  clusorem  :  Nabuchodonosor  emmena  en 
Babylone  tous  les  ouvriers  qui  travaillaient 
en  bois  et  en  fer,  et  tous  les  ingénieurs  qui 
entendaient  les  fortifications  :  c'était  pour 
ôter  aux  Juifs  toute  occasion  de  se  révolter, 
comme  les  Philistins  avaient  fait,  en  sorte 
qu'il  n'y  eût  aucun  forgeron  dans  la  Judée 
pour  la  même  fin.  Voy.  1.  Reg.  13.  19. 

CLYPEUS  ,   1.    iffTrtf ,    Qy/jeôf.   De    xoXvTTTttv  , 


tegere,  parce  que  le  bouclier  couvre;  ou  de 
7>ûzrT=-tv,  insculpere;  parce  qu'on  y  gravait 
son  image  ou  ses  exploits,  et  signifie  : 

Bouclier.  1.  Mach.  ik.  24.  Simon  misit 
Numenium  Romam ,  habentem  clypeum  au- 
reum  magnum  pondo  mnarum  mille,  ad  sla- 
tuendam  cum  eis  societatem  :  Simon  envoya 
à  Rome  Numénius  avec  un  grand  bouclier 
dor  du  poids  de  mille  mines,  pour  renou- 
veler l'alliance  avec  eux.  c.  15.  v.  18.  20. 
Ainsi,  c.  6.  39,  Jos.  8.  18.  Leva  clypeum  qui 
in  manu  tua  est^  contra  urbem  Haï  :  Levez 
contre  la  ville  de  Haï  le  bouclier  que  vous 
tenez  en  la  main  :  Dieu  parle  à  Josué,  et 
cette  élévation  était  le  signal  pour  faire 
lever  l'embuscade  qui  était  entre  Béthel  et 
Haï.  Voy.  v.  9.  19.  26.  Josue  vero  non  coU' 
traxit  manum  quam  in  sublime  porrexerat, 
tenens  clypeum  donec  inlerficerentur  omnes 
habitatores  Hat  :  Josué  tenant  son  bouclier, 
ne  baissa  point  la  main  qu'il  avait  élevée  en 
haut,  jusqu'à  ce  que  tous  les  habitants  de 
Haï  fussent  tués  :  ce  qui  semble  dire  la 
même  chose  que  Josué  ne  sonna  point  la 
retraite,  jusqu'à  ce  que,  etc.  L'Hébreu, 
l'Arabe,  le  Syriaque  et  le  Chaldéen  l'enten- 
dent d'une  pique  avec  l'étendard,  ou  d'une 
pique  seule  :  le  bouclier  pouvait  être  atta- 
ché au  bout  de  la  pique  qu'il  tenait  élevée. 
Ainsi,  1.  Reg.  17.  v.  6.  43.  2.  Par.  12.  9.  c. 
17.  17.  c.  23.  9.  Gant.  k.  k. 

i'  Toute  sorte  d'armes  défensives,  oppo- 
sées aux  armes  offensives,  exprimées  par 
le  mot  hasta  (ffxsTryj)  ,  Judic.  5.  8.  Clypeus 
et  hasta  si  apparuerint  in  quadraginla  mil- 
libus  Israël  :  On  ne  voyait  ni  bouclier  ni 
lance  parmi  quarante  mille  soldats  d'Israël  : 
.si  pour  non,  Debora  a  en  vue  l'oppression 
où  avaient  été  pendant  vingt  ans  les  Israé- 
lites :  (  Voy.  c.  4,  3.  )  à  qui  Jabin  avait  bien 
pu  ôter  toutes  les  armes,  pour  les  mettre 
hors  d'étal  de  se  révolter  ;  ce  qui  est  le 
sentiment  de  quelques  auteurs.  Nabuchodo- 
nosor et  les  Philistins  en  usèrent  à  peu 
près  de  même.  Voy.  4.  Reg.  24.  14.  1.  Reg. 
13.  19.  Ainsi,  1-  Par.  12.  v.  8.  24.  34.  Clypeus 
est  pris  quelquefois  pour  les  armes  offen- 
sives. Ezech.  26.  8.  Voy.  ci-après. 

2°  La  force,  l'éclat  des  armes  des  soldats 
qui  se  servent  de  boucliers.  Isa.  37.  33.  4. 
Reg.  19.  32.  Non  occupabit  earn  clypeus  :  La 
force  des  soldats  du  roi  des  Assyriens  ne  for- 
cera point  cette  ville.  Judith.  4.  13.  Job. 
39.  23. 

3°  Protection ,  défense  (  vTrepuanLaiioç  ).  2. 
Reg.  22.  36.  Dedisti  milii  clypeum  salutis  : 
Vous  m'avez  couvert  de  votre  protection 
comme  d'un  bouclier.  Le  Ps.  17.  36.  porte 
Protectionem  salutis.  Prov.  30.  5.  Omnis  set- 
mo  Dei  ignitus,  clypeus  est  sperantibus  in  se  : 
Toute  parole  de  Dieu  est  purifiée  par  le 
feu  ;  il  est  un  bouclier  pour  ceux  qui  es- 
pèrent en  lui. 

Phrases  tirées  de  la  signification  de  ce  mot. 

Clypeum  abjicere.  Jeter  son  bouclier,  c'est 
être  vaincu  pur  les  ennemis.  2    Reg.  1.  21. 
Un  abjectus  est  clypeus  forlium,  clypeus  Saul  :     1 
C'est  sur  les  montagnes  de  Gelboé  qu'a  été     | 
abandonné  le  bouclier  de  Saùl.  Voy.  3.  Reg, 


741  COA 

31.  V.  1.  8.  Le  bouclier  abandonné  était  la 
marque  d'une  défaite  honteuse. 

Clypeum  elevare  contra  aliquem.  Lever  le 
bouclier  contre  quelqu'un,  c'est  combattre 
contre  lui,  l'assiéger.  Ezech.  26.  8.  Elevabit 
contra  te  clypeum  :  Nabuchodonosor  lèvera 
le  bouclier  contre  vous  :  Dieu  parle  à  la 
ville  de  Tyr. 

Clypeis  nudare  parietem  :  Détacher  ses 
boucliers  des  murailles  :  c'est  se  préparer 
à  la  guerre ,  prendre  les  armes  ;  parce 
qu'elles  étaient  suspendues  aux  murailles. 
Isa.  22.  6.  Parietem  nudavit  clypeis  :  Nabu- 
chodonosor détache  ses  boucliers  des  mu- 
railles :  cette  prophétie  marque  la  ruine  de 
Jérusalem  par  Nabuchodonosor, 

COA,  Heb.  Spes,  70.  ôe/.ous.  Ville  d'E- 
gypte, ou  pays  près  d'Egypte  ou  de  Syrie; 
car  il  est  incertain.  3.  Reg.  10.  28.  Educe- 
bantur  equi  Salomoni  de  Egypte  et  de  Coa  : 
On  faisait  venir  de  l'Egypte  et  de  Coa  des 
chevaux  pour  Salomon.  2.  Par.  1.  16.  Le 
mothébreu  signifle,  comme  plusieurs  croient, 
toile  de  fin  lin.  Les  païens  s'en  servent  en  ce 
sens,  Vestes  Coœ;  de  l'île  de  Cos  ;  mais  il 
semble  que  ce  mot  coa  est  formé  du  mot 
hébreu  mikuah,  composé  de  la  lettre  mem, 
qui  se  met  pour  a,  ah,  de,  et  kavah,  sperare, 
exspectare  :  de  là  vient  mikuah,  (jue  l'on  in- 
terprète diversement,  netum  ou  byssus,  con- 
gregalio  ;  mais  le  tnem  ne  doit  pas  être  ici  le 
min  des  Hébreux,  qui  signifie,  de  :  ce  doit 
être  wiem  afûxe,  qui   se  met  à  la  tête  des 

vnoms  ;  et  ce  passage  peut  être  entendu  de  la 
sorte.  2.  Reg.  v.  22.  Educebantur  equi  Salo- 
moni de  Mgypto  et  de  Coa,  Hebr.  Veiuikuah, 

'et  netum  ou  byssum  :  On  faisait  venir  do 
l'Egypte  des  chevaux  pour  Salomon,  et  de 
la  toile  fine:  Negotiatores  enim  régis  eme- 
bant  de  Coa;  Heb.  mikue,  netum  :  Car  ceux 
qui  trafiquaient  pour  le  roi,  achetaient  de 
ces  toiles  :  Le  texte  du  second  des  Paralipo- 
raènes,  c.  1.  16.  peut  s'expliquer  de  même 
selon  l'Hébreu;  à  moins  qu'on  n'explique  le 
mot  hébreu  mikue  par  celui  d'assemblée , 
pour  dire  simplement  que  les  marchands 
s'assemblaient  par  troupes  pour  aller  quérir 

ces  chevaux. 

CC/ACERVARE,  TrXrjôûvetv.  Amasser,  as- 
sembler. Prov.  28.  8.  Qui  coacervat  divitias 
Hsuris  et  fenore  iiberali  in  pauperes  congre- 
gat  eas  :  Celui  qui  amasse  de  grandes  ri- 
chesses par  des  usures  et  des  intérêts,  les 
amasse  pour  un  nomme  qui  sera  libéral  en- 
vers les  pauvres. 

Phrases  Urées  de  celle  signiBcaiion. 

Coacervare  sibi  mugistros  ad  sua  desideria. 
Attirer  aui)rè8  de  s  li,  se  choisir  une  foule  de 
doclouriqui  soient  propres  à  salisf.iirc ses  dé- 
sirs (irrto-w/Jîvetvj.  2.  Ti m.  4.  3.  Sanam  doctrinnm 
non  suétinebunt  ,  sed  ad  sua  desideria  coacer- 
tabunt  sibi  magistros  :  11  viendra  un  temps 
que  les  hommes  ne  pourront  plus  souffrir  la 
«aine  doctrine,  et  qu'ils  attireront  auprès 
d'eux  une  foule  de  docteurs  propres  à  satis- 
faire leurs  désirs. 

Coacervare  ad  se.  Rassembler  sous  sa 
fonduile,   s'assujettir  («ruvor/etv  .  Ezech.  38. 


CO.E 


1i2 


7.  Instrue  te  ei  omnem  mullituainem  tuam, 
quœ  coacervata  est  ad  te  :  Disposez-vous 
avec  toute  cette  troupe  nombreuse,  qui  a 
été  rassemblée  auprès  de  vors,  et  soyez  le 
chef  dont  ils  prennent  l'ordre  :  Dieu  parle  à 
Gog.  Voy.  GoG.  Habac.  2.  6.  Coacervabit  ad 
se  omnes  populos  :  Le  superbe  travaille  à 
s'assujettir  tous   les  peuples.  | 

COACTE,  «vayxac-Tw?.  Par  contrainte,  non 
point  volontiers  et  d'inclination.  1.  Petr.  5. 
2.  Providentes  non  coacte,  sed  spontanée  se- 
cundum  Deum  :  Veillez  sur  la  conduite  du 
troupeau  de  Dieu,  non  par  une  nécessité  for- 
cée; mais  par  une  affection  toute  volontaire 
qui  soit  selon  Dieu. 

COADUNARE.  Ce  verbe  est  composé  des 
prépositions  cum,  ad,  et  de  l'adj.  unus,a,um. 

Assembler  (  è-Asysi-j  ).  Joël.  2.  16.  Coadu- 
nate  senes  :  Assemblez  les  vieillards. 

COiEDIFIGARE  ,  auvoixoSo/zerv.  Faire  en- 
trer dans  la  structure  d'un  édifice  :  ce  qui 
s'entend  figurément  dans  l'Ecriture,  des  peu- 
ples, qui  recevant  la  foi  de  Jésus-Christ 
deviennent  des  pierres  vivantes  de  l'Eglise 
qui  est  la  maison  et  le  temple  de  Dieu,  dont 
Jésus-Christ  est  le  fondement.  Ephes.  2.  22. 
In  quo  et  vos  coœdificamini  in  habitaculum 
Dei  :  Et  vous  aussi,  gentils,  vous  faites  par- 
tie de  l'édifice  bâti  sur  Jésus-Christ  :  cette 
pierre  principale  de  l'angle  pour  devenir  le 
temple  et  l'habitation  de  Dieu. 

COiEQUALlS,is.  —  l"Qui  est  de  même  âge, 
compagnondemêmeâge(£Tarpo?).Malth  11.16. 
Clamantes  coœqualibus  :  Des  enfants  qui  crient 
à  leurs  compagnons.  — 2°Egal,  de  même  prix 
ou  de  même  rang  (îaÔTtfios-). 2. Petr.  1.1. /isçui 
coœqualem  nobiscum  sorti ti  sunt  fidem  :  Saint 
Pierre  écrit  à  ceux  qui  ont  reçu  comme  lui 
le  précieux  don  de  la  foi  :  la  foi  est  une  et  la 
même  en  tous,  en  ce  qu'elle  propose  à  tous 
les  mêmes  mystères  et  les  mêmes  promesses  ; 
mais  elle  n'est  pas  égale  en  tous.  Voy.  Ephes.  4. 
V.  5.  7.  Ainsi',Eccli.  6.  11.  Erit  tibi  coœqualis 
{mç  (tù,  sicut  tu)  :  Si  votre  ami  demeure  ferme 
et  constant,  il  vivra  avec  vous  comme  égal. 

COiEQUARE,  ôptoûv,  unir,  aplanir  la  ter- 
re :  dans  l'Ecrit  : 

i"  Egaler,  rendre  égal.  Gen.  kl.  49.  Tanta- 
que  fuit  abundantia  tritici,  ut  arenœ  maris 
coœquaretur  :  Il  y  eut  une  si  grande  quantité 
de  froment  en  Egypte,  qu'elle  égalait  le  sa- 
ble de  la  mer;  i.  e.  il  y  en  avait  une  multi- 
tude innombrable.  Voy.  Gen.  22.  17.  Judic. 
7.  12.  etc.  Ainsi,  2.  Reg.  22.  34.  Coœquanspe- 
des  meos  certis;  c'est  Dieuqui  rend  mes  pieds 
aussi  vites  quo  ceux  des  cerfs  :  David  re- 
connaît les  bienfaits  de  Dieu. 

2"  Combler,  aplanir.  3.  Reg.  11.  27.  Salo-' 
mon  coœquavit  voraginem  civitatis  David  ;;a- 
trissui  :  Salomon  avait  rempli  l'abîme  qui 
était  dans  la  ville  de  David,  son  père  :  ce  fut 
l'un  des  deux  sujets  de  la  rébellion  de  Jéro- 
boam contre  Salomon;  parce  qu'il  fut  obligé 
de  lever  pour  cette  entreprise  un  grand  tribu! 
sur  le  peuple.  Voy.  Mkllo. 

3-  Comparer.  Eccli.  27.  27.  MuUa  odivi,  et 
non  coœquavi  ei  :  Je  hais  bien  des  choses; 
mais  je  ne  hais  rien  tant  qu'un  homme  dont 
l'œil  est  complaisant  et  flatteur. 


743 


DIGTIONNAIUL  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE, 


744 


4°  Traiter  de  même.Eccli.  36.  14.  Miserere 
Israël  quem  coœquasti  primogenito  tiio  :  Ayez 
pilié  d'Israël,  que  vous  avez  traité  comme 
voire  fils  aîné. 

Phrase  tirée  de  ce  mot. 

Coœquare  funditus  terrœ.  —  1°  Renverser, 
jeterentièremenlparlerre.Judic.l6. 13.5M6d- 
nericius  ex  hordeo...  percussit  illud  alque 
subvertit,  et  terrœ  funditus  coœquavit  :  Le 
pain  d'orge  cuit  sous  la  cendre  que  vit  en 
songe  le  soldat  madianile,  lui  parut  renver- 
ser et  jeter  tout  à  fait  par  terre  l'une  des 
tentes  du  camp  des  Madianites.  —  2°  Dé- 
faire ,  vaincre  entièrement.  2.  Reg.  8.  2. 
Mensus  est  eos  funiculo  coœquans  terrœ  :  Da- 
vid ayant  réduit  les  Moabites  jusqu'en  terre, 
il  les  partagea  comme  il  voulut  (xopiÇstv  èni 
TÀv  y^v,  prosternere  in  terram).  Voy.  Funi- 

CULUS. 

COiETANEUS,  a,  um.  o-uvwXmwTrj?.  Qui  est 
de  même  âge.  Gai.  1.  14.  Proficiebam  in  Ju- 
daismo  supra  multos  coœtaneos  :  Je  ravageais 
l'Eglise,  me  signalant  dans  la  profession  de 
la  religion  juive. 

CO.ÊVUS,  A,  UM.  cTvvvlty.oç,  compagnon  de 
même  âge.  Dan.  1.  10.  Si  viderit  vultus  ve- 
stros  macilentiores  prœ  cœteris  adolescentibus 
coœvis  :  Si  le  roi  voit  vos  visages  plus  mai- 
gres que  ceux  des  autres  hommes  de  votre 
âge  :  l'Eunuque  marque  ici  à  Daniel  ce  qui 
pourrait  arriver,  s'il  lui  permettait  de  ne 
point  manger  des  viandes  impures  qui  ve- 
naient de  la  table  du  roi,  quoique  le  roi  eût 
ordonné  qu'ils  en  mangeassent. 

GOAGITARE  ,  (Ta>.£ij£tv,  agiter,  remuer  des 
choses  ensemble  pour  les  entasser.  Luc.  6. 
38.  Mensuram  bonam  et  confertam  et  coagita- 
tam...  dabunt  in  sinum  veslrum...  Donnez,  et 
on  vous  versera  dans  le  sein  une  bonne  me- 
sure, pressée  et  entassée;  on  secoue  et  on 
agite  la  mesure  que  l'on  veut  faire  meilleure. 
COAGULARE,  de  coagulum,  dérivé  de  cogo, 
et  signifie  proprement,  faire  prendre  et  cail- 
ler le  lait  :  dans  l'Ecriture  : 

Former  d'un  sang  épaissi  {■nnywiii.).  Sap. 
7.2.  Decem  mensium  tempore  coagulatus  sum: 
Mon  corps  a  pris  sa  figure  dans  le  ventre  de 
ma  mère  pendant  dix  mois,  et  j'ai  été  formé 
d'un  sang  épaissi;  i.  e.  qui  s'épaissit  et  se 
durcit  à  peu  près  comme  un  lait  qui  se 
change  en  fromage,  selon  Job.  10.  10.  Sicut 
caseum  me  coagulasti  :  de  là  vient  : 

COAGULATUS.  Caillé  et  pris,  en  parlant 
de  lait  :  dans  l'Ecriture: 

Fertile,  gras,  abondant  en  lait  et  en  beurre 
(riTu/swpiÉvoç ; .  Ps.  67.  17.  Mons  coagulatus ^ 
mons  pinguis  :  La  montagne  de  Dieu  est  une 
montagne  très-fertile  et  remplie  de  graisse  : 
cette  montagne  est  le  mont  de  Selmon,  qui 
est  très-haut,  et  le  bas  duquel  est  très-fertile. 
Voy.  Mons.  Ût  quid  suspicamini  montes  coa- 
gulatos?  Pourquoi  croyez-vous  qu'il  y  ait 
des  montagnes  aussi  fertiles  que  celles  de 
Selmon?  Le  Prophète  compare  à  cette  mon- 
tagne l'Eglise  comblée  des  dons  et  des  grâces 
du  Saint-Esprit. 

Endurci,  obstiné.  Ps.  118.  70.  Coagulatum 
Vit  i  Gr.   ÏTUfwô»},  sicut    lac  cor   eorum  :  Le 


cœur  des  superbes  s'est  endurci  comme  se 
durcit  le  fromage  qui  se  fait  de  lait  caillé. 
Hebr.  Leur  cœur  est  devenu  épais  et  comme 
de  graisse:  La  métaphore  est  tirée  de  l'épais- 
seur et  de  la  dureté  de  la  graisse. 

COAMBULARE,  i^impnza.-^ii'i,  marcher.  Sap. 
19.  20.  Flammœ...  corruptibilium  animalium 
non  vexaverunt  carnes  coambulantium  :  Les 
flammes  et  le  feu  (  dont  il  est  parlé,  Exod.  9. 
24.  )  épargnaient  la  chair  fragile  des  ani- 
maux qui  marchaient  au  milieu  des  flammes; 
se.  par  l'ordre  de  Dieu,  pour  punir  Pharaon 
de  son  opiniâtreté  :  l'auteur  de  ce  livre  pou- 
vait savoir  par  tradition  ce  qu'il  avance 
ici  :  car  l'Exode  ne  parle  point  de  ces  ani- 
maux dans  la  huitième  plaie  marquée , 
Exod.  9.  24. 

COANGUSTARE,  (TT£voxw/>etv.  —  !•  Etrécir, 
rétrécir,  rendre  plus  étroit,  resserrer.  Isa. 
28.  20.  Coangustatum  est...  stratum  ita  ut  al- 
ler décidât  :  Le  lit  est  trop  étroit  pour  y  tenir 
deux  ensemble  :  cette  expression  figurée 
marque,  selon  quelques-uns,  que  le  roi  de 
Babylone  et  celui  de  Juda  ne  pouvaient  pas 
régner  ensemble  dans  le  royaume  de  Juda  : 
ce  qui  peut  bien  marquer  aussi  qu'on  ne 
peut  servir  deux  maîtres;  que  le  culte  du 
vrai  Dieu  est  incompatible  avec  celui  des 
idoles  ;  ou  même  ceci  peut  marquer  la  dure 
captivité  des  Juifs  dans  l'Egypte.  Voy.  Brevis. 
Serrer  de  près  ,  assiéger  étroitement. 
(ffuvï;)^£tv).  Luc.  19.  43.  Coangustabunt  te  un- 
dique  :  Tes  ennemis  te  serreront  de  toutes 
parts  :  Jésus-Christ  prédit  le  siège  de  Jéru- 
salem par  les  Romains. 

2°  Presser  de  maux,  affliger  extrêmement 
(QXr'êetv).  2.  Par.  33.  12.  Qui  postquam  co^ 
angustatus  est,  oravit  Dominum  Deum  suum; 
et  egit  pœnitentiam  valde  :  Manassé  étant  ré- 
duit dans  cette  grande  extrémité,  pria  le  Sei- 
gneur son  Dieu,  et  il  conçut  un  très-vif  re- 
pentir :Manasséétait  à  Babylone,  oùilavai  tété 
emmené  avec  les  fers  aux  pieds  et  auxmains. 
COAPTARE.  Ajuster  ensemble,  tenirserré. 
Exod.  36.  32.  Ad  coaptandas  tabulas  :  On  fit 
cinq  autres  bâtons  de  setim,  qui  traversaient 
les  ais  de  l'autre  côté  du  tabernacle  pour  te- 
nir ces  ais  serrés  ensemble. 

GOARCTARE.  Etrécir,  abréger,  raccourcir, 
en  parlant  du  discours  :  dans  l'Ecr.  : 

Resserrer  sans  pouvoir  échapper,  presser 
quelqu'un,  en  sorte  qu'il  ne  soit  point  au 
large  (  ùnéxetv  ).  Exod.  14.  3.  Coarctati  sunt 
in  terra  :  Les  Israélites  sont  embarrassés  en 
des  lieux  étroits,  dit  Pharaon  ,  les  poursui- 
vant après  être  sortis  d'Egypte.  Joël.  2.  8. 
Unusquisque  fratrem  sunni  non  coarctabit :l\3 
ne  se  presseront  point  l'un  l'autre  :  le  Prophète 
semble  ici  parler  d'une  multitude  innombra- 
ble d'insectes,  marqués  v.  2.  sous  le  mot  de 
peuple,  qui  devaient  venir  comme  une  ar- 
mée rangée  ruiner  le  pays,  et  qui  peuvent 
bien  figurer  l'armée  des  Assyriens. 

2°  Repousser  en  serrant,  mettre  en  fuite 
(t-ze>tê£tv).  Ps.  34.  5.  {fiât)  Angélus  Domini 
coarctans  eos  :  Que  l'ange  du  Seigneur  les 
pousse  en  les  serrant  de  fort  près  :  David  de- 
mande à  Dieu  un  secours  particulier  contre 
ses  ennemis 


74:  COC 

Phrase  Urée  de  la  sigDi'Jcatiou  de  ce  mot. 
Coarctare  m  unum.  Confondre  ,  réduire 
(ouï  en  un.  Job.  11.  10.  Si  subverterit  omnia, 
vel  in  unum  coarctaverit  :  Si  Dieu  renverse 
tout,  sil  confond  tout  ensemble,  qui  pourra 
s'opposer  à  lui,  dit  Sophar  à  Job? 

Serrer,  presser,  en  parlant  des  afflictions 
extrêmes  et  nécessités  où  Ton  se  trouve. 
1.  Reg.  28.  15.  2.  Reg.  2i.  li.  Coarctor  Jiimis: 
Je  suis  dans  une  étrange  nécessité,  dit  Saù!  à 
Samuel,  lui  témoignant  l'extrême  nécessité 
qui  l'avait  forcé  à  chercher  les  moyens  qu'il 
lui  apparût  pour  le  consulter  sur  ce  qu'il 
avait  à  faire.  David  dit  aussi  la  même  chose 
au  prophète  Gad  ,  dans  la  peine  et  le  doute 
où  il  se  trouva,  lequel  des  trois  châtiments 
il  devait  accepter.  Luc.  12.  50.  Quomodo  co- 
arctor {  u-j'Àyjtjhui)  usque  dum  perfîciatur  : 
Combien  me  sens-je  pressé,  jusqu'à  ce  que 
le  baptême  dont  je  dois  être  baptisé  s'accom- 
plisse. Philip.  1.  23.  Coarctor  e  duobus  :  Je 
me  trouve  pressé  des  deux  côtés  :  saint  Paul 
désirait  mourir  pour  jouir  de  la  présence  de 
Jésus-Christ  ;  et  il  voit,  d'un  autre  côté,  qu'il 
est  plus  utile  qu'il  vive  encore  pour  le  bien 
de  l'Eglise.  Job.  32.  18. 

COCCINUM.  I.  Grec,  -/ô/xevoî.  Voy.  Coccus. 
— l'Ecarlate.2.Par.  2.  v.l.ik.Novit  operari 
in  auro...  et  coccino  :  L'ouvrier  qu'Hiram, 
roi  de  Tyr,  envoya  à  Salomon  ,  savait  tra- 
vailler en  or,  enécarlate  et  en  plusieurs  autres 
choses.  —  2°  Robe  ou  autre  habillement  d'é- 
carlate.  2.  Reg.  J.  24.  Vesliebat  vos  coccino 
in  deliciis  :  Saùl  vous  revêtait  d'écarlate 
parmi  la  pompe  et  les  délices.  David  marque 
les  motifs  qui  peuvent  porter  les  Juifs  à  pleu- 
rer la  mort  de  Saùl.  Jerem.  '*.  30.  — 3^  Ru- 
ban d'écarlate.  Gen.  38.  v.  27.  30.  Egressus 
est  fraler  in  cujus  manu  erat  coccinum  :  Zara, 
frère  de  Phares,  sortit  ensuite,  qui  avait  le 
ruban  d'écarlate  à  la  main  ;  l'Ecriture  en- 
tend parler  de  leur  naissance. 

Ce  qui  est  de  couleur  de  sang,  horrible  et 
affreux  à  voir.  Isa.  1.  18.  Si  fuerint  peccata 
vestra  sicut  coccinum  :  Quand  vos  péchés  se- 
raient comme  l'écarlate;  /.  e.  quand  vous 
seriez  tout  teints  et  infectés  de  crimes,  qui 
sont  représentés  par  la  rougeur  du  sang, 
vous  deviendrez  blancs  comme  la  neige,  si 
vous  TOUS  convertissez  sérieusement. 

COCCINEUS,  À,  UM,  xo/xtvoî,  de  coccinum  , 
et  signifie  : 

1"  Décarlate  ou  de  pourpre.  Matth.  27. 
28.  Chlamidera  coccineam  circumdederunt  ei  : 
Voy.  Joan.l9.  2.  Les  soldats  ôièrent  à  Jésus - 
Christ  ses  habits,  et  le  revêtirent  d'un  man- 
teau d'écarlate  :  après  que  Pilate  eut  livré 
Jésus-Christ  au  peuple  pour  être  crucifié. 
Nahum.  2.  3.  Viri  exercitus  in  coccineis 
(suppl.  veslimentis  ).  Les  soldats  de  Nabu- 
chodonosor  sont  vêtus  d'habillements  pré- 
cieux, tel  qu'est  l'écarlate.  Jos.  7.  21.  Ce  mol 
coccineus  est  changé  en  vermiculus.  Levit. 
14.  v.  V.  49.  o2.  V.  Vermiculus.  Voy.  Pur- 
pura, ^'oy.  Lana. 

2'  Rouge  comme  l'écarlate;  soit  que  l'E- 
criture parle  en  bonne  part.  Cant.  '♦.  3.  Sicut 
villa  coccinea  labia  tua  :  Vos  lèvres  sont 
comme  une  bandelette  d'écarlate  :  ces  lèvres 

DlCTIOMN.    DE    PRILOL.    SACRÉB.    I. 


COC 


745 


rouges,  qui  sont  l'organe  do  la  parole,  figu- 
rent quelle  devait  être  la  beauté  et  la  pureté 
du  langage  des  vrais  docteurs  de  l'Eglise, 
et  combien  il  est  agréable  à  ceux  qui  l'é- 
coutent.  Voy.  Ephes.  i.  29.  Coloss.  i.  6.  soit 
en  mauvaise  part.  Apoc.  17.  3.  Vidi  muiierem 
sedentem  super  bestiam  coccineam  :  Je  vis  une 
femme  assise  sur  une  bête  de  couleur  d'écar- 
late :  celte  bête  figure  par  sa  couleur  d'é- 
carlate la  majesté  des  empereurs  romains, 
et  leur  cruauté,  étant  comme  teinte  du  san" 
des  martyrs.  " 

COCCUS  ou  COCCUM,  i.  Grec  xi-.xo.-.  Ce 
nom  grec  signifie  proprement  la  graine  dont 
se  teint  l'écarlate  :  cette  graine  vient  d'un 
arbrisseau  fort  branchu  ,  sur  lequel  ces 
grains  sont  attachés  comme  des  lentes  •  et 
ces  grains  sont  pleins  de  petits  vermisseaux 
dont  le  sang  sert  à  teindre  l'écarlate,  qui  a 
toujours  été  estimée  et  admirée  dans  tous  les 
siècles.  Il  y  a  en  France  un  petit  arbre  dont 
les  feuilles  sont  pointues  comme  celles  du 
houx,  sur  lequel  croissent  des  grains  rouges 
que  l'on  appelle  graine  d'écarlate  :  c'est  peut- 
être  le  coccus  des  Hébreux  :  ce  mut  signifie 
aussi  ce  qui  est  teint  en  écarlate.  Cette 
graine  est  fort  différente  de  la  pourpre,  qui 
est  une  huitre,  dont  le  sang  fait  cette  pré- 
cieuse teinture;  coccus  et  purpura  n'ont  pas 
laissé  de  se  confondre,  et  dans  les  livres  des 
Evangiles  et  dans  les  auteurs  profanes  ;  dans 
l'Ecriture  : 

1°  Ecarlate,  teint  en  écarlate.  Exod.  2o. 
V.  4.  5.  Accipere  debetis  aurum  et  argentum, 
coccumque  bis  tinctum  (xôxxtvov)  :  Voici  les 
choses  que  vous  devez  recevoir  des  Israéli- 
tes, et  qu'ils  m'offriront  comme  des  prémi- 
ces ;  se.  de  l'or,  de  l'argent,  et  de  l'écarlate 
teinte  deux  fois,  afin  que  la  couleur  en  soit 
plus  vive. 

Phrase  tirée  de  celle  significatiou. 

Tortum  coccum.  Ouvrage  fait  de  fil  retorg 
d'écarlate.  Eccli.  4o.  13.  Torto  cocco  opus 
ardficis  :  Cet  ouvrage  était  fait  avec  grand 
art  de  fil  retors  d'écarlate,  et  il  y  avait  douzo 
pierres  précieuses.  Cet  auteur  marque  la 
Ralional  d'Aaron ,  dont  il  est  parlé  Exod. 
28.  15. 

2°  Un  ruban  d'écarlate.  Levit.  14.  6.  Alium 
autem  vivum  cum  ligno  cedrino  et  cocco  et 
hyssopo  linget  in  sanguine  passeris  :  Le  prê- 
tre trempera  le  bois  de  cèdre,  l'écarlate  et 
l'hyssope  dans  le  sang  du  passereau  qui 
aura  été  immolé.  On  faisait  de  ces  trois  cho- 
ses un  aspersoir  ou  goupillon,  dont  le  bois 
de  cèdre  faisait  le  manche,  et  l'on  y  attachait 
une  poignée  d'hyssope  avec  un  fil  ou  rubau 
d'écarlate,  et  on  liait  par  les  ailes  et  la 
queue  le  passereau  vivant  au  bois  de  cèdre, 
afin  qu'on  pût  tremper  le  tout  ensemble 
dans  le  sang  du  passereau  immolé.  Saint 
Thomas,  1.  2.  qu.  102.  art.  5.  ad  7.  expli- 
que ce  que  signifiait  celte  cérémonie. 

COCHLEA,  M.  Grec,  xo/kixf  du  verbe  grec 
x6/}.<.),  qui  signifie  le  même  que  yu/jiÇw  gyro , 
aller,  tourner  en  rond,  et  signifie  coquille, 
limaçon,  pompe,  qui  en  a  la  ûgure,  ou  ma- 

2'i 


ri? 


DICTIONNAIRE  Dl^  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


7^8 


chine  pour  faire  monter  l'eau  ;  et  dans  l'E- 
criture : 

Escalier,  degré  en  rond  (éXjxtà  «vâga(T«?,g'ra- 
clus  orMcularis).  3.  Reg.  6.  8.  Per  cochleam 
ascendit  in  médium  cœnacuhim:  On  montait 
par  un  degré  qui  allait  en  tournant  ;  ce  de- 
gré conduisait  dans  les  trois  étages  qui 
étaient  sur  les  murailles  du  temple.  Ezech. 
41.  7. 

^  COCUS,  I.  pour  COQUUS,  cuisinier.  1.  Reg. 
9.  24.  Levavit  cocus  armum:  Le  cuisinier  prit 
une  épaule,  et  la  servit  devant  Saiil  par  l'or- 
dre de  Samuel ,  qui  l'avait  fait  réserver  ex- 
près pour  Saiil  ;  afin  que,  comme  c'était  la 
part  du  grand  prêtre  ,  Exod.  29.  22.  le  Pro- 
phète marquât  par  là  que  Dieu  appelait  Saiil 
a  une  dignité  sacrée,  telle  qu'est  celle  de  roi. 

COCYTUS,  I  Ce  mot  vient  du  grec  y.wzuTÔs- 
pleurs  ,  de  ;«wxijw  fleo  ,  lamentor  ;  d'où  les 
poêles  ont  fait  la  rivière  des  pleurs  en  enfer; 
il  y  a  quelque  rivière  de  ce  nom,  que  les  uns 
mettent  en  Arcadie,  d'autres  dans  la  Campa- 
nie,  qui  a  pu  donner  occasion  à  cette  fiction  ; 
sur  ce  que  les  habitants  du  pays  enterraient 
leurs  morts  sur  le  bord  de  ce  fleuve,  afin  que 
le  gravier  qu'il  traîne  les  eût  plutôt  consu- 
més. 

Cocyte,  fleuve,  que  les  poètes  ont  feint  être 
un  fleuve  de  l'enfer.  Job.  21.  33.  Dulcis  fuit 
glureis  Cocyti  (;^eîfiapp'oç  torrens)  :  La  présence 
du  méchant  a  été  agréable  dans  les  sablons 
du  Cocyte  ;  cette  phrase  poétique  marque 
que  l'impie  qui  meurt  réjouit  lenfer  ;  Hebr. 
Dulcescunt  ei  cespites  vallis  ;  Gr.  torrentis^ 
torrens ^  et  vallis  se  prennent  souvent  l'un 
pour  l'autre.  Les  tombeaux  étaient  ordinai- 
rement dans  les  vallées. 

CODEX  ,  icis.  De  caudex,  et  signifie  pro- 
prement tronc  d'un  arbre  ;  livre  lait  de  ta- 
blettes enduites  de  cire,  toute  sorte  de  livres  ; 
dans  l'Ecr.  : 

Livre  (piQîov).  Eccli.  50.  29.  Doctrinam  sa- 
pientiœet  disciplinée  scripsit  in  codice  isto  Jé- 
sus filius  Sirach  Jerosoiymita  :  Jésus  ,  fils  de 
Sirath  de  Jérusalem,  a  écrit  dans  ce  livre 
des  instructions  de  sagesse  et  de  science. 

COELECTUS,    A,    UM,    (Tyve;t)i£XTÔ,-,    v,     élu 

avec  un  autre,  ou  élu  comme  lui.  1.  Pr.  5. 13. 
Salulat  vos  Ecclesia  quœ  est  in  Babylone  co- 
electa  :  L'Eglise  qui  est  dans  Babylone,  et  est 
élue  comme  vous..  .  vous  salue  ;  i.  e.  appe- 
lée à  la  même  grâce  de  la  foi  :  saint  Pierre 
écrit  de  Rome,  qu'il  nomme  Babylone.  Voy. 
Babylon. 

COELESYRIA.  La  Cœlesyrie,  la  basse  Sy- 
rie (xoî>v32v/>t«,  Cava  5yna).l.  Mac  i0.&9.£t 
conslituit  Demetrius  rex  Apollonium  ducem 
qui  prœerat  Cœlesyriœ  ;  Le  roi  Démélrius  fit 
général  de  ses  troupes  Apollonius  gouver- 
neur de  Syrie.  2.  Mac.  3.  v.  5.  8.  Ce  pays  est 
renfermé  entre  le  Liban  et  l'Antiliban. 

COELUM.  Voy.  C^elum. 

COEMPTIO,  ]vis,«70|3«{r/xôç,  de  l'inusité  coe- 
mere,  et  marque  proprement  la  coutume  des 
Romains ,  par  laquelle  l'hommeet  la  femme 
s'achetaient  l'un  l'autre,  entraient  en  société 
de  biens  ;  en  sorte  qu'en  vertu  de  cet  achat, 
ils  s'assuraient  l'hérédité  l'un  de  l'autre  ; 
dans  l'Ecriture 


Achat. 2.  Mach.fS.  W.Convoeansaacocmp- 
tionem  Judaicorum  mancipiorum  :  Nicanor 
envoya  vers  les  villes  maritimes  pour  inviter 
les  marchands  à  venir  acheter  des  esclaves 
juifs  ;  c'eût  été  pour  acquitter  Antiochus 
de  deux  mille  talents  qu'il  devait  aux  Ro- 
mains, V.  10.  Mais  il  n'avait  pas  encore  livré 
la  bataille,  v.  14.  qu'il  perdit,  v.  27. 

COENA,  M,  SêtTTvov;  du  grec  xoivôf,  commu- 
nis  ;  parce  que  ce  mot  signifie  le  souper,  le 
repas  du  soir  ,  qui  était  le  repas  commun, 
où  toute  la  famille  s'assemblait  ;  on  déjeu- 
nait, ou  on  dînait  le  matin  en  particulier. 

1°  Souper  [nôzoç,  symposium).  Judith.  6. 

19.  Osias  . . .  fecit  ei  cœnam  magnam  :  Osias 
donna  un  grand  souper  à  Achior  ;  ce  fut  en 
reconnaissance  de  la  liberté  avec  laquelle  il 
avait  parlé  des  Juifs  devant  Holopherne,  c.  5. 
depuis  V.  5.  jusqu'au  v.  26.  Ainsi,  Joan.  12. 
2.  1.  Cor.  11.  21.  Unusquisque  . . .  suam  cœ- 
nam prœsumit  ad  manducandum  (dans  les 
assemblées  que  vous  faites  dans  l'église) 
chacun  y  mange  le  souper  qu'il  y  apporte, 
sans  attendre  les  autres  ;  ces  festins  des  pre- 
miers chrétiens  dans  l'église  s'y  faisaient 
pour  communier  et  célébrer  le  mystère  de 
l'eucharistie,  comme  Jésus-Christ  l'avait  in- 
stitué, et  étaient  appelés  Agapes,  et  les  riches 
y  traitaient  les  pauvres,  v.  2.  Luc.  14.  v.  12. 
16.  24.  JYemo  virorum  illorum  qui  vocati 
sunt,  gustabit  cœnam  meam  :  Nul  de  ces  hom- 
mes que  j'avais  conviés,  ne  goûtera  de  mon 
souper  ;  Jésus-Christ,  par  ce  souper,  entend 
celui  qui  sera  préparé  dans  le  ciel  pour  les 
bienheureux.  Voy.  Luc.  12.  37.  et  dont  les 
Juifs  qui  y  étaient  appelés,  seront  exclus  lors- 
qu'ils voudront  y  entrer.  Luc.  13.  v.  24. 26.  27. 

2°  Cène  ,  repas  dans  lequel  Jésus-Christ 
institua  l'adorable  sacrement  de  lEucharis- 
tie,  et  la  sainte  table  où  les  chrétiens  se  nour- 
rissent de  la  sainte  Eucharistie.  Joan.  21. 

20.  Qui  et  recubuit  in  cœna  super  pectus  ejus  : 
Le  disciple  que  Jésus  aimait  ...  pendant  la 
Cène  s'était  reposé  sur  le  sein  de  Jésus.  Voy. 
Pectus.  Ainsi ,  c.  13.  2.  1.  Cor.  11.  20.  Jam 
non  est  Dominicam  cœnam  manducare  :  De 
vous  assembler  comme  vous  faites,  ce  n'est 
plus  manger  la  cène  du  Seigneur;  i.  e.  com- 
munier dignement.  Voy.  supr.  i°. 

3°  Festin  ,  grand  repas  {tzôtoç).  Judith.  12. 
10.  Holophcrnes  fecit  cœnam  servis  suis  :  Holo- 
pherne fit  un  festin  à  ses  serviteurs.  Baruch 
6.  31.  Malth.  23.  6.  Marc.  12.  39.  c.  6.  21. 

§  1.  —  Table  où  l'on  mange.  Joan.  13.  4. 
Surgit  a  cœna  :  Jésus-Christ  se  leva  de  ta- 
ble ;  ce  fut  pour  laver  les  pieds  des  apôtres. 
Voy.  V.  5. 

§  2.  —  La  jouissance  de  la  gloire  éternelle 
dans  la  compagnie  de  Jésus-Christ  et  des 
saints,  marquée  sous  la  figure  d'un  festin  de 
noces.  Apoc.  19.  9.  Beati  qui  ad  cœnam  nu- 
ptiarum  agni  vocati  suîit  :  Heureux  ceux  qui 
ont  été  appelés  au  souper  des  noces  de  l'a- 
gneau. Voy.  Can.  pag.  8.  n.  4. 

§  3.  —  La  vengeance  que  Dieu  tire  des 
ennemis  de  son  peuple,  figurée  par  la  joie 
d'un  festin.  Apoc.  19.  17.  Venite  et  congre- 
gamini  ad  cœnam  {Ouoik)  magnam  l)ei  :  Venez 
et  assemblez-vous  pour  être  au  grand  loo* 


7;9 


COE 


COE 


75*;) 


r. 


er  de  Dieu,  pour  manger  la  chair  de  tous 
os  rois,  etc.  Ceci  est  aussi  dans  le  prophète 
Ezéchiel,  c.  39.  17.  pour  marquer  la  rigueur 
de  la  justice  de  Dieu,  sous  la  figure  d'une 
grande  défaite,  qui  nesignifle  pas  seulement 
la  destruction  temporelle  des  idolâtres  per- 
sécuteurs ;  mais  aussi  leur  supplice  éternel. 

COENACULUM,  i.  Du  mot  cœna,  elsignifle 
proprement ,  le  lieu  où  on  soupe  ;  et  parce 
qu'on  avait  coutume  de  souper  dans  le  lieu 
le  plus  élevé,  où  on  montait  par  un  escalier  ; 
Cœnaculum  marque  aussi  tout  le  haut  de  la 
maison  ;  Gr.  àvwyEwvou  v-îo^o-j-,  dans  l'Ecr.  : 

1°  Chambre  haute  destinée  pour  manger 
(Orepiov).  1.  Par.  28.  11.  Dédit  ...  David  Sa- 
loinuni  descriptionem  ...  cœnaculi  ;  i.  e.  cœna- 
culorwn  :  David  donna  à  Salomon  le  dessein 

du  yestibule et  des  chambres  hautes  des- 

linéos  pour  y  manger.  Marc.  li.  15.  Osten- 
(Ul  vobis  cœnaculum  grande  :  Lv  maître  de 
Id  maison  vous  montrera  une  grande  cham- 
bre haute  toute  meublée  ;  celte  chambre  est 
celle  où  Jésus-Christ  a  fait  la  Cène  avec  ses 
apôtres  ,  v.  17.  22,  23.  Ce  mol  se  prend  en- 
core communément  parmi  les  fidèles  |)our  le 
lieu  où  étaient  assemblés  les  apôtres  le  jour 
de  laPentfCÔie,  et  où  ils  s'étaient  retirés  de- 
puis que  Jé^us-Ch^ist  monta  au  ciel,  pour  y 
attendre  le  Saint-Esprit  qui  leur  était  pro- 
mis. Act.  1.  13.  Cum  introissenl  cœnaculum  : 
Les  disciples  et  les  apôtres  de  Jésus-Christ 
étant  entrés  dans  une  maison,  montèrent  à 
une  salle  haute  ,  où  demeuraient  les  onze 
apôtres.  Act.  9.  37.  Posuerunt  eam  in  cœna- 
culo  :  On  mit  Tabi^he  dans  une  chambre 
haute  ,  selon  la  coutume,  afin  qu'elle  ne  fût 
à  personne  un  sujet  d'impureté  légale. 

2°  Chambre  (ot&j^o^ov.  Gen,  6.  16.  Cœna- 
cula  et  tristega  faciès  in  ea  :  (Au-dessous  du 
comble  de  l'arche)  vous  ferez  des  chambres 
jusqu'à  trois  étages  ;  d'autres  prennent  co 
mol  pour  les  chambres  du  second  étage; 
deorsum  et  cœnacula  ;  sont  le  premier  et  le 
second  étage.  3.  Rtg.  6.  8.  Médium  cœnacu- 
lum ;  la  chambre  du  milieu  ;  aulr.  la  seconde 
chambre. 

3"  Elagp,  chambre  de  quelque  étage  {Tpurre- 
yov).  Act.  20.  9.  Ductus  somno  cecidit  de  ter- 
tio cœnaculo  deorsum  :  Un  jeune  homme 
tomba  du  troisième  étage  en  bas  ;  ce  fui  eu 
dormant,  pendant  le  long  discours  que  fit 
saint  Paul  à  Troade  :  il  mourut  ;  mais  saint 
Paul  le  ressuscita,  v.  10. 

Façon  de  parler. 

Cœnaculum  ajiguli.  La  chambre  de  l'angle, 
était  un  nom  de  lieu  dans  la  ville  de  Jéru- 
salem. 2.  Esd.3.  v.  30.  31.  Inter  cœnaculum 
anguli  in  porta  gre/jis  ,  œdificaverunl  auri- 
fiées et  ncgotiatores  :  Les  orfèvres  et  les  mar- 
chands bâtirent  à  la  porte  du  troupeau  le 
long  de  la  chambre  de  l'angle. 

COENARE,  ôjirrvetv,  soupcr.  Luc.  17  8.  Para 
quod  cœnem  :  Préparez-moi  à  souper;  ce  que 
dit  ici  le  maître  à  son  serviteur,  ajirès  (ju'il 
a  travaillé  tout  le  jour  aux  champs,  u)arquc 
que  nous  devons  être  persuadés  que,  quel- 
ques travaux  que  nous  ayons  endurés  pour 
|«  service  de  Dieu,  Dieu  ne  nous  doit  neu. 


Voy.  V.  10.  Ainsi,  c.  22.  20.  1.  Cor.  11.  25. 
(Accepit)  simililer  et  calicem  ,  postquam  cœ" 
navit  :  (Jésus-Christ  après  la  consécration 
de  son  corps  sous  les  espèces  du  pain)  prit 
de  même  le  calice  après  avoir  soupe  ;  c'était 
pour  le  consacrer,  comme  il  venait  de  con- 
sacrer lepain.Voy.  v.  27.  Matth.  26. 26.  Ainsi, 
Tob.  8.  1.  Se  réjouir  ensemble ,  avec  fami- 
liarité, comme  font  les  amis  dans  un  festin. 
Apoc.  3.  20.  Cœnabo  cum  illo  :  Je  souperai 
avec  celui  qui  entendra  ma  voix,  et  qui  m'ou- 
vrira la  porte  ;  Jésus-Christ  promet  au  chré- 
tien fidèle  ses  biens  spirituels  dans  cette  vie, 
et  une  intime  union  avec  lui-même  après  la 
mort  ;  le  boiiheur  éternel  est  ordinairement 
représenté  dans  l'Ecriture  sous  l'idée  d'un 
festin. 

COENOMYIA  ,  je,  mivouvIcx  ou  xjvofiuîa.  Ce 
mot  est  tout  grec,  et  vient  de/.otvo,-  communiSf 
et  de  puïa,  musca  ;  parce  qu'il  signifie  : 

Toute  sorte  de  mouches.  Ps.  77.  50.  Misit 
in  eos  cœnomyiam  :  Dieu  envoya  aux  Egyp- 
tiens une  infinité  de  mouches  différentes  ; 
cette  leçon  convient  mieux  à  I  Hébreu  que 
cynomyia  ,  musca  canina  :  Le  Prophète  a  en 
vue  ce  qui  est  dit,  Exod.  8.  24. 

COENUM,  i,  ^op^opo;;  de  xotvôv,  sordidum^ 
comme  nous  voyons  que,  dans  le  Nouveau  Tes- 
tament, xoivô?  et  commwn«5  signifient  les  choses 
qui  sont  réputées  sales,  impures  et  profanes. 
— Boue,  bourbier,  lieu  plein  de  fange  et  de 
boue.  Jerem.  38.  6.  Descendit  itaque  Jere- 
mias  in  cœnum:  Jérémie  descendit  dans  celte 
boue  ;  ce  fut  dans  la  basse  fosse  qui  était 
dans  le  vestibule  de  la  prison.  Grand  danger 
de  périr,  malheur  dont  on  ne  peut  se  retirer. 
Jerem.  38.  22.  {Te}  demerserunt  in  cœna 
(6),i7Ôr,i/a,  via  lubrica)  :  Ceux  qui  paraissaient 
vos  amis  vous  ont  plongé  dans  la  boue.  Le 
Prophète  prédit  à  Sédécias  que,  s'il  ne  se  rend 
pas  au  roi  de  B  ibylone,  toutes  les  femmes 
qui  auraient  été  emmenées  captives  avec  lui 
à  Babylone,  lui  témoigneraient  que  ceux  qui 
lui  auraient  conseillé  de  ne  poinl  se  rendre 
au  roi  de  Babylone,  seraient  cause  de  son 
malheur. 

COEPISSE,  âpyjcjOoii;  de  l'ancien  cœpio,  du 
verbe  caijio.  —  1°  Commencer,  avoir  com- 
mencement. Gen.  4.  26.  Jste  cœpit  (èA-îjetv) 
invocare  nomen  Domini  :  Enos  commença 
d'invoquer  le  nom  du  Seigneur  par  un  culte 
public  du  vrai  Dieu,  et  par  de  certaines  cé- 
rémonies. Philipp.  1.  6.  etc. 

2"  Se  mettre,  se  porter  à  quelque  chose. 
Matth.  11.  20.  Cœpit  exprobrure  civitatibus  ... 
quia  non  egissent  pœnitentiam  :  Jé^us-Christ 
commença  à  faire  des  reproches  aux  villes  ... 
de  ce  qu  elles  n'avaienl  point  fait  pénitence, 
à  la  vue  de  tous  les  miracles  qu'il  y  avait  faits, 
c.  12.  1.  Marc.  2.  23.  c.  4.  1.  Luc.  3.  8. 

3°  Ce  verbe  est  souvent  superflu.  Luc.  7. 
3^  Lacrymis  cœpit  rigare  pcdes  ejus  :  Due 
femme  de  mau\aise  vie  commença  à  arroser 
de  ses  larmes  les  pieds  de  Jésus-Christ,  c.  3. 
8.  Ne  cœperitis  dicere  :  N  allez  pas  dire,  nous 
avons  Abraham  pour  père.  c.  15.  v.  24.  28. 
Marc.  10.  :J2.  c.  11.  15.  Act.  1.  1.  etc. 

COEKCEKE.  Composé  de  cum  et  darcere. 

i'   Uetepir  ,  arrêter  ,  réprimer  (ttkOicv).  1, 


t5l 


DICTIONNAIRK  DK  PHILOLOGIE  SACREE. 


Pelr.  3.  10.  Coerceat  linguam  suam  a  malo  : 
Si  quelqu'un  veut  être  heureux,  qu'il  empê- 
che que  sa  langue  ne  se  porte  à  la  médisance. 
David  use  du  verbe  prohibere.  Ps.  33.  13. 

Phrase  tirée  de  celle  signification  dans  le  sens  figuré. 

Coercere  aquas  muUas.  Retenir  les  grandes 
eaux  (  vmIvzi-j  )  ;  cesl  cesser  de  combler  de 
biens  temporels,  ne  plus  donner  ses  béné- 
dictions temporelles.  Ezech.  31.  15.  Coercui 
aquas  mullas  :  J'ai  cessé  de  combler  de  biens 
le  roi  d'Assyrie,  et  de  lui  donner  mes  béné- 
dictions, en  le  faisant  réussir  comme  il  faisait 
auparavant  dans  toutes  les  guerres. 

2°  Reprendre,  réprimander.  Deut.  21.  18. 
Si  coerciius  ohedire  contempserit  :  Si  un  en- 
fant ayant  élé  repris  de  son  père  et  de  sa 
inère,  refuse  avec  mépris  de  leur  obéir.  Voy. 
dans  la  suite  la  punition. 

COETUS,  iTS.  De  coire.  —  i"  Assemblée, 
îoël.  1.  H.  Vocale  cœtum  .-Convoquez  l'as- 
semblée. Exod.  2.  3.  Loquimini  ad  univer- 
sum  cœtum  filiorum  Israël  :  Parlez  à  toute 
l'assemblée  des  enfants  d'Israël.  Dieu  com- 
mande à  Moïse  d'ordonner  au  peuple  ce  qui 
est  nécessaire  pour  la  célébration  de  la  Pâ- 
qne  avant  leur  sortie  d'Egypte. 

2°  Liaison,  société,  compagnie  (^ovlrt). 
Gen.  49.  G.  In  cœtu  illorum  non  sit  gloria 
mea  ;  A  Dieu  ne  plaise  que  j'aie  aucune  part 
aux  conseils  de  Siméon  et  de  Lévi  :  Jacob  dé- 
teste l'emportement  de  Siméon  et  de  Lévi 
contre  les  Sichimites.  Voy.  Gen.  34.  25,  et 
suiv.  Ainsi ,  Prov.  21.  16.  Jerem.  9.  2. 

3"  Peuple,  multitude.  Jerem.  30.  20.  Cœtus 
(f/«pT0|3tov)  ejus  coram  me  pennanebit  :  J'au- 
rai un  soin  particulier  de  ce  peuple;  ce  qui 
commença  à  s'accomplir  au  temps  de  Zoro- 
babel  et  d'Esdras ,  où  alors  Dieu  les  proté- 
gea et  les  favorisa  de  son  assistance  parce 
qu'ils  lui  demeurèrent  fidèles,  c.  31.  8.  Ezech. 
26.  7.  c.  38. 15. 

Façou  de  parler  tirée  de  cette  signification. 

Cœtus  Domini,  h.yÀïKriu  ,  l'assemblée  du 
Seigneur  ;  c'est  le  peuple  d'Israël  chez  qui  le 
culte  de  Dieu  avait  été  établi.  Mich.  2.  5. 
Non  erit  tibi  mittens  funiculum  in  cœtu  Do- 
mini  :  Il  n'y  aura  plus  personne  d'entre  vous 
qui  ait  d'héritage  dans  l'assemblée  du  Sei- 
gneur; i.  e.  parmi  les  Israélites;  le  Prophète 
parle  du  partage  que  devaient  faire  entre 
eux  les  Assyriens ,  des  terres  de  la  Judée, 
après  la  défaite  des  Juifs  ,  à  l'exclusion  des 
Juifs.  Voy.  Perire. 

COGERE.  De  cum  et  d'agcre. 
1°  Assembler.  Isa.  16.  3.  Coge  concilium  : 
Faites  des  assemblées  pour  prendre  conseil  : 
Dieu  parle  aux  Moabiles  pour  les  exhorter 
à  ne  traiter  point  mal  son  peuple  qui  se  de- 
vait retirer  chez  eux. 

2"  Epaissir,  condenser.  Job.  37.  21.  Subito 
aer  cugetur  in  nubes  :  L'air  s'épaissit  tout 
d'un  coup  en  nuées. 

•  3"  tlonlraindre,  obliger  à  faire  quelque 
chose  par  contrainte  ou  par  honnêteté.  Esth. 
1.  8.  Nec  crat  qui  nolentes  cogeret  ad  biben- 
dum  :  Nul  ne  contraignait  à  boire  ceux  qui 
lie  le  voulaient  pas;  quoique  ce  fut  l'usage 
parmi  les  Perses  de  forcer  les  conviés  à  boire. 


752 
6.  Ainsi ,  Luc. 


Voy.  Joseph.  Antiq.  lib.  11.  c. 
2i.  29.  tal.  2.  14. 

4  Pousser,  agiter,  faire  avancer.  Isa.  59. 
19.  €iim  venerit  quasi  fluvius  violentus  quem 
spiritus  Domini  cogit  :  Ceux  qui  sont  du  côlé 
de  l'Orient  révéreront  la  gloire  du  Seigneur 
lorsqu'il  viendra  comme  un  fleuve  impétueux 
dont  le  souffle  de  Dieu  agile  les  eaux;  i.  e.  un 
grand  vent.Voy.DEus.LeProphèteCgureicila 
force  et  les  effets  de  l'Evangile  et  de  la  pré- 
dication de  Jésus-Christ  et  des  apôtres. 

COGITARE  ,  loyi^eaBai,  StaXoytÇeo-ôat,  de  CUm 

et  à\iijitare. 

i°  Penser,  former  des  pensées  ou  des  réso- 
lutions {è-jBvy.ît'jùui).  Mallh.  1.  20.  Hœc  au- 
tem  eo  cogitante  :  Lorsque  saint  Joseph  était 
dans  la  pensée ,  ou  dans  la  résolution  de  ren- 
voyer secrètement  Marie,  la  sainte  A^ierge  , 
un  ange  lui  apparut.  2.  Cor.  3.  5.  Non  quod 
sufficientes  simus  cogitare  aliquid  a  nobis  : 
Non  que  nous  soyons  capables  de  former  de 
nous-mêmes  aucune  bonne  pensée  comme 
de  nous-mêmes. 

2'  Penser  avec  soin  et  inquiétude,  se  met- 
tre en  peine  (  iiEf^i^iviv  ).  Malth.  10.  19.  Cum 
autem  tradent  vos,  nolite  cogitare  quomodo, 
aut  quid  loquamini  :  Lorsque  l'on  vous  li- 
vrera entre  les  mains  des  gouverneurs  et 
des  rois  (a  cause  de  moi),  ne  vous  mettez 
pointen  peine  comment  vousleur  parlerez,  dit 
Jésus-Christ  aux  apôtres  ;  et,  en  leurs  person- 
nes, à  tous  ceux  qui  souffrent  pour  l'Evangile: 
cequi  s'entenddansle  même  sens  qu'ilest  dit, 
Luc.  ï'2.1i:Nolitesollicitiessequaliterautquid 
respondeatis  :  Ne  vous  mettez  point  en  peine 
comment  vous  vous  défendrez  devant  les  ma- 
gistrats et  les  puissants  du  monde;  Jésus-Christ 
nedéfend  point  auxprédicateurs  de  son  Evan- 
gile et  à  tous  ceuxqui  sont  persécutés  à  cause de 
lui,  de  penser  à  ce  qu'ils  peuvent  a  voir  à  répon- 
dre; mais  il  défend  d'y  penser  avec  recherche, 
inquiétude  et  avec  défiance.  C'est  ce  que  si- 
gnifie le  terme  grec,  comme  Matlh.  6.  27.  Ps. 
37.  19.  Eccli.  8.  16.  1.  Cor.  7.  34. 

3'  Penser  on  soi-même  à  quelque  chose,  en 
raisonnant  dans  son  esprit,  y  méditer,  y  faire 
attention  (SjKÀoyiÇe'jQKi).  Luc.  1.  29.  Cogitabat 
qualis  esset  ista  salutalio  :  La  sainte  Vierge 
pensait  en  elle-même  quelle  pouvait  être  cette 
salutation  de  l'ange,  c.5,21.  Joan.  11.50.  Act. 
10.  19.  2.  Mach.  5.  6.  Ps.  4.  8.  Ps.  76.  6. 
Ainsi,  Malach.  3.  16.  Scriplus  est  liber  i7iunu- 
menti  coram  eo...  cogitanlibus  (jùXagoufzivoif) 
nomen  ejus  :  Le  Seigneur  a  fait  écrire  un  livre 
qui  lui  doit  servir  de  monument  et  pour  le 
faire  souvenir  de  traiter  favorablement  ceux 
qui  s'occupent  de  la  grandeur  de  son  nom. 
Ainsi  les  rois  avaient  des  histoires  et  des  an- 
nales où  étaient  marquées  les  actions  de 
ceux  qui  leur  avaient  rendu  quelques  bons 
services  pour  les  en  récompenser.  Voy.  Esth. 
2.  V.  3.  10.  De  là  vient  dans  le  même  sens  : 
Cogitare  intra  se,  Matlh.  21.  25.  Marc.  2.  8. 
Luc.  12.  17.  c.  20.  V.  5.  14.  Cogitare  secum. 
Murc.ii.Sl.Cogitare  in  corde  suo,incordilu» 
sw/s.E.lh.6.6.Marc.2.v.6.8.Luc.o.22.c.3.15. 

4"  Raisonner,  faire  usage  de  sa  raison.  1. 
Cor.  13.  11.  Cum  essem  parvulus...  cogilabam 
ut  parvulus  .-Quand  j'étais  enfant,  j  avais 


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754 


des  pensées  d'enfant;  l'apôtre  marque  par 
cettefigure  que,  quelque  parfaits  que  soient  les 
plus  grands  hommes  apostoliques,  leursjuge- 
mentselleurs  connaissances  deDieu,en  com- 
paraison de  celle  des  bienheureux,  est  autant 
différente  que  ceux  d'un  enfant  à  ceux  d'un 
homme  parfait. 

5°  Délibérer,  et  prendre  dessein  de  faire, 
résoudre.  Geii. 37.  iS.Cogitaverunt  (TTovu/ssiis- 
(tOki,  machinari)  illum  occidere  :  Les  frères  de 
Joseph  résolurent  de  le  tuer;  ce  fui  dans  la 
plaine  de  Dolhaïn.  1.  Reg.  2i.  11.  Cogitavi 
ut  occiderem  te  :  On  m'a  voulu  porter  à  vous 
tuer.  Ce  sens,  qui  est  celui  de  l'Hébreu,  sem- 
ble s'accorder  plus  naturellement  avec  le  v. 
7.  que  celui-ci  :  J'ai  en  la  pensée  devons  tuer. 
Gen.  31.  53.  c.  50.  20.  1.  Reg.  18.  25.  3.  Reg. 
5.  5.  c.  8.  18.  2.  Cor.  1.    7. 

6  S'entretenir ,  se  communiquer  l'un  à 
l'autre  ses  pensées  (âfKXoytÇsc-Qae).  Marc.  8. 
V.  10.  17.  Quid  cogitatis  quia  panes  non 
habetis?  Pourquoi  vous  entretenez-vous  de 
ce  que  vous  n'avez  point  de  pain? 

Phrases  tirées  de  cette  signification. 

Cogitare  animo  suo  :  povlsû-cQc/^i  lavrw,  Re- 
garder 8es  mtérêts  en  quelque  chose  et  pen- 
ser à  ce  qui  est  utile  par  rapport  à  soi-même. 
Eccli.37.9,i4  consiliario servaanimamtuam.  . 
ipse  cnim  animo  suo  cogitabit  :  En  deman- 
dant conseil  à  un  homme  ...  {  sachez  aupa- 
ravant quels  sont  SCS  intérêts),  car  il  vous 
donneracouseil  selon  qu'il  lui  sera  plus  utile. 

Cogitare  malum,  iniquitatem,  cogitalionem^ 
consilia. — 1°  Avoir  de  mauvais  desseins  con- 
tre quelqu'un  (fxvïjc-txaxsrv).  Zach.  7.  10.  Hla- 
îum  vir  fratri  suo  non  cogitet  in  corde  suo  : 
Que  nul  ne  forme  dans  son  cœur  de  mauvais 
desseins  contre  son  frère.  Gen.  31.  53.  c.  50. 
20.  Ps.  3i.  k.  Prov.  12.  20.  ce  qui  se  dit  aussi 
figurément  de  Dieu  qui  prend  vengeance  des 
méchants.  Jerem.  18.  8.  Agam  et  ego  pœni- 
tenliam  super  maio  quod  cogitavi  ut  facerem 
ei  :  Si  la  nation  contre  laquelle  j'avais  pro- 
noncé l'arrêt  de  la  perdre  pour  ses  péchés, 
fait  pénitence  ,  je  me  repentirai  aussi  du  mal 
que  j'avais  résolu  de  lui  faire,  c.  26.  3.  c.  36. 
3.  c.  49.  20.  c.  50.  45. 

2"  Faire  des  jugements  faux,  juger  d'une 
chose  autrement  qu'elle  n'est.  Matth.  9.  k. 
Ut  quid  cogitatis  (ivôuf/îtffOct)  mala  in  cordi- 
bus  vestris?  Pourquoi  avez-vous  de  mauvai- 
ses pensées  dans  vos  cœurs,  dit  Jéms-Christ 
à  quelques-uns  des  scribes  qui  jugeaient  que 
Jésus-Christ  bl.isphémait,  parce  qu'il  avait 
ditauparalyliqueque  ses  péchés  étaient  remis. 

Avoir  de  mauvais  soupçons,  des  soupçons 
mal  fondés ,  se  |)ersuader  mal  à  propos  et 
sans  fondement  qu'une  chose  est  mauvaise. 
1.  Cor.  13.  5.  Charitas...  non  cogitât  malum: 
La  charité  n'a  point  de  mauvais  soupçons  , 
eilc  compte  [)()ur  rien  le  mal  qu'on  lui  fait. 

Cf^yitare  vias  suas.  Examiner  ses  voies  ; 
c'est  examiner  sa  vie  et  sa  conduite,  pour 
voir  si  elle  a  élé  conforme  h  la  loi  de  Dieu 
et  pnnr  en  corriger  les  défauts.  Ps.  118.  59. 
Cogitavi  vias  meas  :  J'ai  examiné  mes  voies 
el  j'ai  dressé  mes  pieils  pour  marcher,  etc. 

GOGITANS ,  Tis,  dt'/voov/xïvof ,  qui   ne  fait 


rien  qu'il  n'y  ait  bien  pensé,  sage,  bien 
avisé.  Eccli.  27.  13.  'In  medio...  cogitantium 
assiduus  esta  .Trouvez-vous  sanscesse  parmi, 
les  personnes  sages. 

COGITATIO,  Nis;  5t«).o7to-,wô,-,  ce  mot  qui 
vient  de  cogitare  pour  coagitare,  signifie  : 
1°  l'action  de  l'esprit,  par  laquelle  nous  pen- 
sons à  quelque  chose;  2»  ce  que  nous  pen- 
sons ,  ou  l'objet  de  la  pensée  ;  3'  l'idée  ou  l'i- 
mage que  l'esprit  se  forme  des  choses  qu'il 
conçoit ,  et  l'on  peut  dire  que  ce  mot  vient 
de  l'assemblage  de  ces  trois  choses  ,  comme 
saint  Augustin  dit  :  Que  la  pensée  se  fait  do 
ta  mémoire,  de  la  vision  intellectuelle  et  de 
la  volonté  qui  lie  l'une  avec  l'autre  :  Ex  me- 
maria  et  interna  visione^  et,  quœ  utrumque 
copulat  ,voluntate,  quœ  tria  cum  in  unwn  CO' 
guntur,ab  ipso  coactu  cogitatio  dicitur  (1. 11. 
de  Trin.  c.  3).  Mais  l'Écriture,  qui  parle 
d'une  manière  populaire ,  considère  plutôt 
les  effets  delà  pensée,  comme  les  desseins  et 
les  sentiments,  que  l'action  par  laquelle  nous 
pensons.  Ainsi  ce  mot  signifie  : 

1°  Pensée  bonne  ou  mauvaise.  Matth.  15, 
19.  Be  corde  exeunt  cogitationes  malœ  :  C'est 
du  cœur  que  partent  les  mauvaises  pensées, 
quoiqu'elles  ne  paraissent  pas  toujours  au  de- 
hors par  les  paroles  et  les  actions.  Sap.  1,  9. 
Jn  cogitationibus  (St«ooû).tov)  impii  interroga- 
tio  erit  :  Dieu  demandera  compte  à  l'impie 
de  SCS  pensées.  Ose.  4.  9.  Ps.  138.  2.  Intelle- 
xisti  cogitationes  meas  de  longe  :  Vous  avez 
découvert  de  loin  mes  pensées.  Ainsi  :  Vo- 
luntas  carnis  et  cogilationiwiy  sont  les  désirs 
de  la  chair  et  des  mauvaises  pensées  ,  Eph. 
2.  3.  Facientes  voluntatem  carnis  et  cogita- 
tionum  (  âiâvotx  )  :  La  volonté  des  pensées , 
opposée  à  la  volonté  de  la  chair,  est  celle 
qui  porte  aux  péchés  spirituels,  comme  sont 
l'orgueil,  l'envie,  l'hérésie,  etc. 

2  Pensée,  sentiment  où  l'on  est  sur  quel- 
que point.  Rom,  14.  1,  Infirmum...  assumite 
non  in  disceptationibus  cogitationum  :  Sup- 
portez celui  qui  est  encore  faible ,  sans  dis- 
puter aigrement  contre  lui  surses  sentiments. 
L'apôtre  parle  de  la  faiblesse  de  ceux  qui 
jugeaient  qu'il  n'était  pas  permis  de  manger 
de  la  chair  offerte  aux  idoles. 

3"  Considération,  estime  de  quelque  chose. 
Eccli.  40.  30.  Vir  respiciens  in  mcnsam  alie- 
nam ,  non  est  vita  ejus  in  cogitatione  (>oyt- 
Giiôç)  victus  :  La  vie  de  celui  qui  s'allend  à  la 
table  d'aulrui  n'est  pas  une  vie  ;  i.  e.  elle  est 
si  déplorable  qu'elle  ne  mérite  pas  d'être  es- 
timée pour  une  vie. 

4"  Dessein,  projet,  entreprise.  Ps.  145.  4. 
In  illa  dieperibunt  omnes  cogitationes  eorum: 
En  ce  jour  tous  leurs  desseins  et  toutes  leurs 
entreprises  s'évanouiront;  David  parle  de  la 
mort  des  grands  du  monde.  Job.  17.  11.  c. 
21.  27.  Prov.  16.  3.  Sap.  2.  14.  2.  Cor.  2.  11 
etc.  A  quoi  se  rapportent  les  desseins  et  les 
décrets  de  Dieu ,  soit  de  justice ,  soit  de  misé- 
ricorde. Job.  23.  3.  Nemo  avertere  potest  co- 
gilationem  ejus  :  Nul  ne  peut  empêcher  que 
ce  que  Dieu  a  résolu  ne  s'exécute.  Ps.  39.  6. 
Cogitationibus  tuis  (c*«).07iapiQî)  non  est  qui  si- 
milis sit  tihi  :  Il  n'y  a  personne  qui  vous  soit 
semblable  dans  vos  pensées.  Jer.  29. 11.  Ego 


755 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


750 


$rÀo  cogitationes  quas  ego  cogito  super  vos  : 
Je  sais  les  pensées  que  j'ai  sur  vous,  qui  sont 
des  pensées  de  paix.  c.  23.  20.  c.  30.  24.  c. 
49.  20.  c.  50.  i5.  c.  51.  29.  Mich.  4-.  12.  elc. 

5°  Soin  qu'on  prend  de  quelv^u'un,  ou  soin, 
peine  d'esprit  (  fço'jzl;  ).  Sap.  5.  16.  Cogita^ 
tio  illorum  opud  Altissimum  :  Le  Très-Haut 
a  soin  des  justes,  c.  8.  9.  Erit  allocutio  co~ 
gitationis  et  tœdii  mei  .-La  sagesse  sera  ma 
consolation  dans  mes  peines  et  dans  mes  en- 
nuis. 

6°    Intentions,     dispositions   cachées   d 
l'âme.  Prov.  19. 21.  Act.  8.  22.  Jac.  2.  i.Voy. 
Reddere. 

7°  Doute,  scrupule,  trouble  d'esprit.  Luc. 
24.  38.  Quid...  cogitationes  ascendunt  in  corda 
vesira?  Pourquoi  s'élève-t-il  tant  de  pensées 
dans  vos  cœurs  ?  dit  Jésus-Christ  aux  apôlres 
et  aux  disciples  troublés  de  le  voir  paraître. 
Cet  Hébraïsme  vient  de  ce  que  l'esprit  est 
plus  élevé  que  toutes  les  choses  terrestres 
qui  sont  les  objets  ordinaires  des  pensées 
humaines. Dan.  5.  v.6.10.  c.7.28.Ecdi.22.:^2. 

8"  Raisonnement,  recherche  delà  vérité. 
Rom.  1.  21.  Evanuerunt  in  cogitatiomhus 
suis  :  Les  hommes  se  sont  égarés  dans  leurs 
vains  raisonnements;  l'apôtre  parle  des  phi- 
losophes païens. 

9°  Le  souvenir  d'une  grâce,  la  reconnais- 
sance qu'on  en  a  [bMiiio-j],  Ps.  75.  10.  Cogi- 
tatio  hominis  confitebitur  tibi  :  Le  souvenir 
que  l'homme  aura  de  vos  bienfaits  f?ra  qu'il 
vous  en  témoignera  ses  reconnaissances  ;  Et 
reliquiœ  cogitationis  diem  fe^tum  agent  tibi  : 
et  le  souvenir  qui  lui  en  restera,  le  tiendra 
dans  une  reconnaissance  et  comme  dans  une 
fêle  perpétuelle  devant  vous;  Hebr.  Furor 
hominis  :  La  fureur  de  l'homme  tournera  à 
votre  gloire.  Voy.  Reliquije. 

Phrase  tirée  de  celte  signification. 

Cogitationes  inire  :  Former  des  desseins  , 
faire  les  entreprises.  Dan.  11.  24.  Cogitatio- 
nes f^oytirpô?)  inibit  :  Antiochus  formera  des 
entreprises  contr(;  les  villes  les  plus  fortes  de 
l'Egypte.  Voy,  Firmus. 

CÔGITATUS,  us  ;  ]5ou>«.  —  1°  Pensée,  ac- 
tion de  l'entendement.  Jerem.  32.  19.  Inconi- 
prehen>ibitiscogitatu :Dieii  est  incompréhen- 
sible dans  ses  pensées.  Eccli.  42.  20.  Non 
prœlerit  illion  omnis  cogitatus  :l[  n'y  a  point 
pour  Dieu  de  pensées  secrètes,  c.  9.  23.  c. 
27.  V.  5.  7.  c.  33.  5. 

2'  Soin,  application  (Siriynviv).  Eccli.  6. 
37.  Cogitatum  tuurn  habe  in  prœceplis  Dei  : 
Appliquez  toute  votre  pensée  à  ce  que  Dieu 
vous  ordonne,  c.  31.  1. 

3°  Conduite,  manière  dont  l'on  raisonne 
pour  prendre  des  mesures. Eccli.  19. 19.  Non 
est  cogitatus  peccatorum  prudentia  :  La  con- 
duite des  méchants  n'est  point  une  pru- 
dence, c.  30.  11.  Ne  despicins  cogitatus  illius; 
Ne  négligez  point  ce  que  fait  et  ce  que  pense 
votre  fils  ;  il  faut  observer  el  prendre  garde 
à  ses  Tues  et  à  ses  inclinations  pour  les  re- 
dresser. 

4°  Résolution  (Sw^ônfiu  ).  c.  22.  20.  Cogi- 
tatus sensali  in  omni  tempore,  metu  non  de- 
pravabitur  :  La  résolution  d'un  homme  sensé 


ne  s'affaiblira  point  par  la  crainte  en  quelque 
temps  que  ce  soit. 

5"L'esprit(5««v9v?|;/.«).  Eccli.  23.  2.  Quis  «u- 
perponet  in  cogitatu  meo  flagella  Qui  ;  fera  res- 
sentir à  mon  esprit  une  verge  qui  le  frappe? 
La  connaissance  de  la  vraie  sagesse  est  ca- 
pable de  redresser  les  pensées  d'un  esprit 
qui  s'écarte,  c.  27.  5. 

6°  Chagrin,  inquiétude  (  //s|5ep.;a  ).  Eccli. 
30.  26.  Ante  tempus  senectam  adducet  cogita- 
tus; L'inquiétude  fait  venir  la  vieillesse  avant 
le  temps,  c.  31.  2. 

COGNATIO,  Nis,  aur/Évîta.  —  1°  Parenté, 
famille,  lignée,  race  (Trar/iicic  ).  Il  y  en  avait 
plusieurs  en  chaque  tribu.  Num.  36.  7.  Om- 
nés  enim  viri  ducent  uxores  de  tribu  et  cogna- 
tione  sua  ;Tous  les  hommes  ne  prendront  des 
femmes  que  de  leur  tribu  et  de  leur  famille. 
Le  peuple  juif  a  été  premièrement  divisé  eu 
tribus,  puis  en  familles  ,  que  l'interprète  la- 
tin appelle  generationes,  gentes,  cognationeSy 
familias.  Ainsi,  on  passait  des  tribus  aux  fa- 
milles, des  familles  aux  maisons,  et  des  mai- 
sons aux  particuliers,  comme  il  se  voit.  Jos 

7.  14.  Ainsi,  Gen.  12.  1.  c.  10.  v.  20.  31.  Je- 
rem. 33.  24.  etc. 

2°  Tribu.  Num.  17.  2.  Accipe  ab  eis  virgas 
singnlas  per  cognationes  suas  :  Prenez  des  en- 
fants d'Israël  une  verge  pour  la  race  de  cha- 
que tribu  :  celle  de  toutes  qui  devait  fleurir 
était  cdle  de  la  tribu  que  Dieu  devait  avoir 
élue  pour  les  fonctions  du  sacerdoce.  Voy. 
V.  5. 

3°  Le  peuple  juif  entier,  toutes  les  tribus 
(  yy).À  ).  Amos.  3.  1.  Audite  rerhum  quod  lo- 
cutus  est  Dominus  super  vos,  filii  Israël,  et 
super  omnem  cognationem  :  Enfants  d'Israël, 
écoulez  ce  que  j'ai  dit  sur  votre  sujet ,  sur 
vous  tous  qui  êtes  ce  peuple  né  d  un  même 
sang,  que  j'ai  fait  sortir  de  l'Egypte.  Il  parle 
à  tout  le  peuple  des  deux  royaunies  d'Israël 
et  de  Juda  ;  mais  il  a  particulièrement  en 
vue  celui  d'Israël,  auquel  toute  la  suite  se 
rapporte. 

4°.  Les  peuples  entiers  qui  se  sont  formés 
de  différentes  familles  (  (fvlii  ).  Gen.  12.  3. 
In  te  benedicentur  universœ  cognationes  ter- 
rœ  :  Tous  les  peuples  de  la  terre  seront  bénis 
en  vous,  ou  à  cause  de  vous,  dit  Dieu  à  Abra- 
ham. Ezech.  20.  32.  Erimus  sicut  gentes,  et 
sicut  cognationes  terrœ :Nous  serons  comme 
les  nations  et  comme  les  autres  peuples  de 
la  terre  ,  et  nous  adorerons  comme  eux  le 
bois  et  la  pierre.  Jer.  1.  15.  c.  25.  9.  Amos. 
3.  2. 

5°  Compagnie,  assemblée  jointe  à  un  chef 
qui  conspire  au  même  dessein.  Ps.  73.  8. 
Diœerunt  in  corde  suo  cognât io  eorum  simul: 
Ils  ont  conspiré  tous  ensemble,  el  dit  au  fond 
de  leur  cœur  :  Celte  prophétie,  qui  regarde 
le  culte  du  vrai  Dieu  el  labolissement  des 
fêles  consacrées  en  son  honneur  ,  s'esl  ac- 
complie sous  Antiochus  Epiphanes,  au  temps 
des    Machabées.    Voy.  2.  Mach.  6.  v.  6.  7. 

8.  etc.  Ainsi,  Jerem.  3. 14.  c.  25.  9. 

6'  Alliance,  confédération.  2.  Mach.  5.  9. 
Lacedemonas  profectus,  quasi  pro  cognalione 
ibi  refugium  habilurus  :  Jason  péril  hors  do 
son  pays,  étant  allé    à  Lacédémonc   pour 


757 


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738 


T  trouver  quelque  refuse  à  cause  de  la  pa- 
rente. 

^°  Union,  liaison.  Sap.S.  17.  Immortalitas 
est  in  cognatione  scipientiœ  :  On  trouve  l'im- 
mortalité dans  l'union  de  la  sagesse. 

§  1.  Parent,  qui  est  proche.  Levit.  20.  20. 
Qui  revelaverit  ignominiam  cognationis  suœ  : 
Si  un  homme  découvre  ce  qu'il  aurait  dû 
ca'cher  par  le  respect  qu'il  doit  à  ses  proches. 
L'Ecriture  condamne  ici  l'inceste.  Tob.7.  li. 

§2°  Sort,  partage  de  pays.  1.  P.ir.  6.  71. 
De  cognatione  (i.  e.  in  sorte)  dimidiœ  tribus 
Manasse,Gaulon  in  Basan  :  Ceux  de  la  demi- 
tribu  de  Manassé  eurent  Gaulon  en  Basan 
avec  ses  faubourgs,  etc. 

COGNATUS,   I.   COGNATA  ,  je,    ^u/v^wiç 

—  1°  Parent ,  qui  est  de  même  race  ,  de 
même  sang,  de  même  famille,  soil  hom- 
me ou  femme.  Luc.  1.  58.  Vicini  et  co- 
gnati  ejui  :  Les  voisins  et  les  parents  de  sainte 
Elisabeth,  c.  2.  U.  Joan.  18.  26.  Act.  10. 
24.  Rom.  16.  21  Num.  21.  3.  c.  33.  12.  Tob. 
2.  15.  Eccli.  41.  23.  Dan.  13.  30.  2.  Mach.  8. 
1.  c.  15.  18.  Ainsi,  cognnta,  parente,  cou- 
sine, de  même  famille.  Luc.  1.  36.  Elisabeth 
cognata  tua  et  ipsa  concepit  filium  :  Elisa- 
beth, votre  cousine,  a  conçu  aussi  elle-même 
un  ûls. 

2\  Beau-père.  Exod.  18.  1.  Jelro...  co- 
gnatus  Moisi  :  Jétro,  beau-père  de  Moïse. 
Hebr.  et  Gr.  socer.  v.  5.  6.  etc.  En  effet, 
Moïse  épousa  Séphora,  fllle  aînée  de  Jétro. 
Voy.  Exod.  2.  21.  c.  3.  l.  Ainsi  ,  Judic. 
1.  16.  c.  4.  11. 

3°  De  même  nation,  qui  reconnaît  les 
mêmes  ancêtres  et  le  même  père  dont  ils 
sont  sortis ,  Rom.  9.  3.  Optabam  ego  ipse 
onathema  esse  a  Christo  pro  fratribus  meis , 
gui  sunt  cognati  mei  secundum  carnem  : 
J'eusse  désiré  de  devenir  moi-même  ana- 
thème,  et  d'être  séparé  do  Jésus-Christ  pour 
mes  frères,  qui  sont  de  Même  race  que  moi 
selon  la  chair,  c.  16.  v   7.  11.  2.  Mach.  5.  6. 

Façon  de  parler  tirée  de  la  première  signification. 

Cognati  régis.  Princes  du  sang,  alliés  à  la 
couronne,  les  plus  grands  seigneurs  de  la 
cour  d'un  roi.  1.  Mach.  10.  89.  Et  misit  ei 
fibulam  auream,  sicut  consueludo  est  dari 
cognatis  regum  :  Alexandre  ,  fils  d'Antio- 
chus,  envoya  à  Jonathas  une  agrafe  d'or, 
telle  que  l'on  en  donnait  d'ordinaire  aux 
princes  du  sang  royal. 

COGNITIO,    OMS,  èniyvutrtç,    5iâyv«oo-tç  ,    — 

r  Connaissance.  Rom.  3.  20.  Per  legem 
cognitio  peccati  ;  La  loi  naturelle  était  si  ob- 
scurcie par  le  péché,  que,  pour  la  faire  con- 
naître, il  a  fallu  une  loi  écrite.  —  2"  Connais- 
sance ,  accompagnée  dhonneur  et  de  res- 
pect rendu  avec  affection.  2.  Petr.  \.2.Pax 
udimpleatur  in  cognitione  Dei  :  Que  la  paix... 
croisse  en  vous  de  plus  en  plus  par  la  con- 
naissance de  Dieu.  v.  .'}.  8.  c.  2.  20.  c.  3.  18. 

—  3'  Connaissance  cl  examen,  ou  jugement 
d'uneaffaire,  d'une  cause.  Act.  2'').2l.  Paulo... 
appellante  ut  servaretur  ad  Augusti  cogni- 
tionem.  Sur  ce  que  Festus  demanda  à  saint 
Paul  s'il  voulait  aller  à  Jérusalem  pour  y 
être  jugé...  Saint  Paul  en  appela,  et  voulut 


que  sa  cause  fût  réservée  à  la  connaissance 
d'Auguste  :  c'était  Néron  qui  était  alors  em- 
pereur. 

COGNITOR,  is ,  yvwcTTu?,  Qui  connaît,  qui 
a  la  connaissance  de  quelque  chose.  Dan. 
13.  42.  Deus  œterne,  gui  ahsconditoncm  es 
cognitor  :  Dieu  éternel  qui  pénétrez  ce  qui  est 
de  plus  caché. 

COGNITUS,  A,  UM,  èTrr/ivwffxôpsvoc,  counu  ; 
dans  l'Ecrilure  : 

Considérable,  reconnu  fidèle  dans  l'exer- 
cice et  les  fonctions  de  son  ministère.  2.  Cor. 
9.  Sicut  cui  ignoti,  et  cogniti  :  Dans  les  fonc- 
tions de  notre  ministère,  nous  sommes  re- 
gardés comme  des  inconnus,  quoique  nous 
soyons  bien  connus. 

COGNOMEN,  IMS.  De  cognoscere,  et  signi- 
fie proprement  surnom;  dans  l'Ecriture  : 

Nom  {o'joarx).  2,  Reg.  20.  21.  Homo 
Seba  ,  fidus  Bochri  cognomine  :  Un  homme 
appelé  Séba,  fils  de  Bochri.  Eccli.  47.  19. 
Cui  cognomen  Deus  Israël  :  Le  Seigneur  s'ap- 
pelle le  Dieu  d'Israël. 

COGNOMENTUM.  Nom  ajouté  au  nom 
propre.  Geu.  33.  6.  Venit  Jacob  Luzam,.. 
cognomento  Belhel  :  Jacob  ,  avec  tous  ceux 
qui  étaient  avec  lui,  vint  à  Luza,  qu'il  avait 
nommée  auparavant  Bethel  ;  il  y  vint  par 
l'ordre  de  Dieu.  v.  1.  Dan.  10.  1.  Yerbwn 
revelatum  est  Danieli  cognomento  Balthasar: 
Une  chose  fut  révélée  à  Daniel,  surnommé 
Balthasar. 

COGNOMINARE  ,  èttixk/jîv,  èvopâÇîtv,  eVovo- 
fzâÇstv  ,  — 1°  Surnommer,  donner  un  se- 
cond nom.  Luc.  22.  S.  Intravit  Satanas  in 
Judam  qui  cognominabatur  Iscariotes  :  Satan 
entra  dans  Judas,  surnommé  Iscariote.  Joan. 
5.2.1.  Mach.  2.2.  Act.  10.  3. 

2"  Nommer,  donner  un  nom  (ri9évai  oMOfix). 
4.  Reg.  17.  34.  Jocob  ,  quem  cognomi- 
navit  Israël  :  Jacob,  que  le  Seigneur  surnom- 
ma Israël.  Sap.  14.  8.  Illud  cum  esset  fragile, 
Deus  cognominatus  est  :  Le  bois  dont  on  fait 
l'idole  n'étant  qu'un  bois  fragile  ,  porte  le 
nom  de  Dieu.  Luc.  6.  14.  {Elegit  duodecim) 
Simonem  quem  cognominavit  Petrum  :  Jésus- 
Christ  choisit  douze  d'entre  les  disciples,  Si- 
mon auquel  il  donna  le  nom  de  Pierre.  Rom. 
2.  17.  Si  autem  tu  Judœus  cognominaris  : 
Vous  qui  portez  Je  nom  de  Juif.  Act.  11.  26. 
Jta  ut  cognominarentur  \  /^r,niJL%-:Li^iu  )  pri- 
mum  Antiochiœ  discipuli  christiani  :  Ce  fut  à 
Antioche  que  les  disciples  furent  première- 
ment nommés  Chrétiens:  ces  noms  ne  sont 
pas  tant  les  surnoms  que  le  nom  principal 
des  personnes  à  qui  il  a  été  donné.  De  là 
vient  : 

COGNOMINARl  ,  /.«^sfTOat.  Etre  ,  durer. 
Hobr.  3.  13.  Donec  hodie  cognominntur  :  Pen- 
dant que  dure  ce  temps  marqué  par  ce  mot, 
aujourd'hui  ;  se  tant  que  dure  la  vie  pré- 
sente ;  où  cognominatur  est  pour  vocatur,  et 
vocari  est  mis  pour  esse. 

COGNOSCKRE,  Gr.  ytvwo-xctv,  ETrtytvMOxen, 
Ce  verbe  qui  répond  à  l'Hébreu  jndah,  en  a 
toutes  les  significations;  savoir,  apprendre, 
éprouver,  ressentir,  examiner,  faire  sentir; 
et  quand  il  se  dit  de  Dieu,  approuver,  favo- 
ris^er,  etc. 


7o9 


:  ICTIL'NNAIRE  DE  PlULl'LOGIE  SACREE. 


700 


1»  Connaître,  savoir  quelque  chose  qu'oQ 
ne  savait  pas.  Rom.  11.  3i.  Quis...  cognovit 
sensian  Dovrini?  Qui  a  connu  les  desseins  de 
Dieu?c.  1.  21. 

2°  Examiner  avec  soin,  considérer  avec 
allention.  Ps.  138.  ^i.  Cognosce  semitas 
meos  :  Seigneur  (inlerrogez-moi,  et  connais- 
sez les  sentiers  par  lesquels  je  marche.  Joan. 
7.  .51.  Numquid  lex  nostra  judicat  hominem, 
nisi  prius...  cognoverit  quid  faciat  ?  ^oire 
loi  permet-elle  de  condamner  personne... 
sans  s'être  informé  auparavant  de  ses  ac- 
tions, dit  Nicodème  aux  Pharisiens.  Matth. 
2V.  39.  Luc.  19.  i2.  Ps.  73.  5. 

3°  Reconnaître,  comprendre.  Luc.  1.  22. 
Cognoverunt  quod  visioiiem  vidisset  in  tem- 
p!a  ;  Le  peuple  reconnut  que  Zacharie  avait 
eu  une  vision  dans  le  temple,  c.  20.  19.  c. 
23.  7.  Joan.  4.  1.  c.  7.  v.  17.  26.  c.8.v.27.i2. 
Ainsi  Ps.  73.  ï.  Posuerunt  signa  sua,  signa 
et  non  cognoverunt:  Cenx  qui  vous  haïssent 
ont  placé  leurs  étendards  en  forme  de  tro- 
phée, sans  reconnaître  l'honneur  et  le  res- 
pect qu'ils  devaient  à  ce  saint  lieu.  David  a 
en  vue  les  abominations  que  commit  Antio- 
chus  dans  le  temple  de  Jérusalem,  v.  1. 
Mach.  1.  V.  23.  il.  W.  57.  et  ce  que  firent 
depuis  les  armées  romaines  dans  leur  vic- 
toire, sous  le  commandement  de  Tite.  Voy. 

JOSÈPHE. 

k°  Savoir  certainement ,  connaître  à  fond. 
Ps.  138.  1.  Domine,  probasti  me,  et  cognovisti 
me  :  Seigneur,  vous  m'avez  éprouvé,  et  con- 
nu parfaitement.  Ps.  19.  7.  Osée  5.  3.  Ainsi, 
Gen.22.  12.  Nunc  cognovi  quod  times  Beum  : 
3e  connais  maintenant  que  vous  craignez 
Dieu,  dit  l'ange  qui  représentait  Dieu,  à 
Abraham,  sur  l'obéissance  que  lui  rendait 
Abraham  de  sacrifier  son  propre  fils  :  ce  qui 
est  une  manière  de  parler  des  hommes,  qui 
lorsqu'ils  éprouvent  en  quelque  occasion 
importante  la  vertu  et  la  fidélité  d'un  homme 
qui  leur  était  déjà  connue,  ne  laissent  pas  de 
dire  aussitôt  :  C'est  maintenant  que  je  con- 
nais la  fermeté  et  la  fidélité  de  cette  per- 
sonne. Voy.  infra  9".  Ainsi  Luc.  6.  W.  1. 
Par.  17.  18. 

5°  Sentir  éprouver.  Marc.  5.  30.  Slatim 
Jésus...  cognoscens  virlutem ,  quœ  exierat 
de  ido  :  Aussitôt  que  la  femme  malade  d'une 
perte  de  sang  eut  touché  le  vêtement  do  Jé- 
sus-Christ et  qu'elle  se  sentit  guérie,  Jésus- 
Christ  connut  en  soi-même  la  vertu  qui  était 
sortie  de  lui.  1.  Cor.  k.  19.  2.  Cor.  2.  9. 
Philipp.  3.  10.  Ps.  13.  4. 

6°  Approuver.  Ose.  8.  k.  Principes  exstite- 
runt,  et  non  cognovi  :  Ils  ont  été  princes ,  et 
je  ne  l'ai  point  su.  Quoique  Dieu  eût  résolu 
que  Jéroboam  et  Jéhu  seraient  rois  des  dix 
tribus,  ils  ont  néanmoins  régné  par  leur 
propre  ambition  et  non  selon  sa  volonté;  ce 
qui  est  encore  plus  vrai  des  rois  d'Israël  qui 
régnaient  du  temps  du  prophète  Osée,  Sel- 
lum,  Manahem  et  Phacée.  Eccli.  18.  28. Voy. 
Matth.  7.  23. 

7"  Recevoir,  reconnaître  une  personne 
pour  telle  qu'elle  est.  .^Litth.  17.  12.  Elias 
jain  venit,  et  non  cognoverunt  eum  :  Elle  est 
déjà    venu  ,  et  ils  ne  l'ont  point  connu  ,  ilit 


Jésus-Christ  ,  en  parlant  de  saint  Jean  ,  se- 
lon qu'il  est  expressément  marqué  ,  c.  11. 
14.  Ainsi  ,  Joan.  1.  10. 

Connaître  par  la  foi  ,  croire  ce  que  la  foi 
nous  enseigne.  Joan.  17.  3.  Hac  est  autem 
vita  œterna,  ut  cognoscant  te  solum  Deum  ve- 
rum,  et  quem  misisti  Jesum  Christum  :  La  vie 
éternelle  consiste  à  vous  connaître,  vous  qui 
êtes  le  seul  Dieu  véritable  ,  et  Jésus-Christ , 
que  vous  avez  envoyé,  dit  Jésus-Christ  dans 
la  prière  qu'il  fait  au  Père  éternel  ,  pour  lui 
recommander  ses  élus.  v.  8.  23. 

9"  Faire  connaître.  Heb.  en  Hiphil.  Gen. 
22.  12.  Nunc  cognovi  quod  times  Deum  :  Je 
connais  maintenant  que  vous  craignez  Dieu, 
dit  Dieu  à  Abraham,  sur  l'obéissance  qu'il 
lui  rendit  d'être  prêt  à  sacrifier  son  fils.  Ce 
que  saint  Augustin  explique  en  ce  sens  : 
C'est  maintenant  que  je  vous  ai  fait  connaî- 
tre par  votre  propre  expérience  jusqu'où  va 
la  crainte  pleine  de  respect  et  d'amour  que 
je  vous  ai  donnée  pour  moi;  dans  le  même 
sens  que  saint  Paul  dit  que  le  Saint-Esprit 
gémit  en  nous.  Voy.  Rom.  8.  28.  Voy.  supra 
4\  Ainsi,  1.  Cor.  8.  3.  Si  quis...  diligit  Deum, 
hic  cognitus  est  ab  eo  :  Si  quelqu'un  aime 
Dieu,  il  est  connu  de  Dieu;  cognitus  est; 
selon  quelques  auteurs  :  Cognitione  vera  do- 
natus  est  :  Il  a  la  vraie  connaissance  de 
Dieu.  Voy.  infra  11°. 

10°  Ressentir,  reconnaître  avec  douleur. 
Ps.  50.  4.  Quoniam  iniquitatem  meam  cognos- 
co  :  (Purifiez-moi  de  mon  péché  parce  que 
je  connais  mon  iniquité.  Isa.  42.  25.  c.  59. 
12.  Jerem.  14.  20.  3.  Reg.  8.  38.  2.  Par.  6.  29. 

11°  Connaître  ,  se  dit  aussi  de  Dieu  ,  qui 
connaît  les  choses  en  deux  manières  ;  1°  Dieu 
connaît  d'une  vue  simple  et  absolue  toutes 
choses,  non-seulement  avant  qu'elles  soient; 
mais  même  de  toute  éternité.  Hob.4  i'S.Omnia 
nuda  sunt  et  aperta  oculis  ejus.  Ps.  49. 11.  Co~ 
gnovi  omnia  volatilia  cœli  :  Je  connais  tous  les 
oiseaux  du  ciel.  2°  Dieu  connaît ,  ou  si  vous 
voulez,  reconnaît  particulièrement  comme 
lui  appartenant  les  choses  qu'il  approuve  et 
qui  lui  sont  agréables.  Gai.  4.  9.  Cum  cogno- 
veritis  Deum,  imo  cogniti  sitis  a  Deo  .•P'uis- 
que  vous  connaissez  Dieu,  ou  plutôt  que  vous 
êtts  connus  de  lui.  1.  Cor.  8.  3.  Si  quis...  di- 
ligit Deum,  hic  cognitus  est  a  Deo.  Voy.  ci- 
dessus,  n°  9°.  Ainsi  ,  Cognoscere  in  bonum  : 
Traiter  favorablement.  Jerem.  24.5.  Cognos- 
cam  transmigrationem  Juda  in  bonum  Je 
traiterai  bien  ceux  qui  ont  été  transférés  de 
Juda  dins  le  pays  des  Ch;ildéens ,  v.  8.  J'a- 
bandonnerai Sédécias,  ses  princes,  et  ceux 
qui  sont  restés  dans  Jérusalem,  ou  ceux  qui 
se  sont  retirés  en  Egypte. 

§  1.  —  Embrasser,  suivre  et  approuver. 
Apoc.  2.  24.  Qui  non  cognoverunt  altitudines 
Satanœ  :  Ceux  qui  n'ont  point  connu  les  pro- 
fondeurs de  Satan  :  Les  Gnostiqucs  appe- 
laient leurs  mystères  ,  des  profondeurs  de 
science.  1.  Tim.  4.  3.  2.  Tim.  2.  25.  Ps.  94. 
11.  Ps.  90.  14. 

§  2.  —  Connaître  quelqu'un  avec  amour 
et  affection,  en  l'aimant  et  en  prenant  soin 
de  lui.  1.  Cor.  8.  3.  Si  quis  diligit  Deum  ,  hic 
cognitus  est  a  Deo  •  Si  quelqu'un  aime  Dieu, 


Iti 


COG 


con 


7tf2 


il  a  été  prévenu  de  sa  grâce.  Voy.  9=  et  11° 
Ainsi,  c.  13.  12.  Tune  autem  cognoscam  sicut 
et  cognitns  sum  :  Lorsque  nous  serons  dans 
l'état  parfait, alors  je  connaîtrai  Dieu,comm6 
je  suis  moi-même  connu  de  lui.  Amos.  .3.  2. 
Gai.  4.  9.  Rom.  3.  17.  Heb.  3.  10.  Joan.  10. 
V.  IV.  27.  Ps.  100.  4.  Ainsi ,  Ose.  13.  5.  Ego 
cognovi  te  in  deserto  :  J'ai  eu  soin  de  vous 
dans  le  désert.  Exod.  2.  2o.  Cognovit  eos ;  II 
se  rendit  attentif  à  leurs  maux. 

§  3.  —  Connaître  charnellement;  cette  si- 
gnification vient  de  ce  que  les  Hébreux  ap- 
pliquent les  verbes,  qui  ap.jarliennent  à 
l'entendement,  aux  affeclions  de  la  volonté. 
Gen.  4.  v.  1.  25.  Cognovit  Adam  uxorem 
sitam  et  peperit  :  Adam  connut  sa  femme,  et 
elle  enf  snia  un  fl!s.  Luc.  1.  34.  Quomodo  fiet 
islud,  quoniam  virum  non  cognosco  ?  Com- 
ment cela  se  fera-t-ii ,  car  je  ne  connais 
point  d'homme  :  ces  |)aroles  font  voir  que  la 
sainte  Vierge  avait  fiit  vœu  de  virginité. 
M.itlh.  1.  25.  Et  non  cognoscebat  eam  donec 
peperit  filium  suuni  primogenitum  :  Joseph 
n'avait  point  connu  la  sainte  Vierge,  quand 
elle  enfanta  son  premier  né.  Voy.  Doneg.  Ce 
qui  se  dit  aussi  du  péché  contre  nature  (^jy- 
yijz(7Qv.t).  Gen.  19.5.  Edxic  illos  nt  cognosca- 
mus  eos  :  Faites  sortir  ces  hommes  ,  afin  que 
nous  les  connaissions,  dirent  1"S  Sodomitos 
à  Loth,  louchant  les  deux  anges  qu'il  avait 
fait  entrer  chez  lui.  Judic.  19.  22. 

Phrases  Urées  de  cette  signification. 

Cognoscere  personam.  Connaître  les  per- 
sonnes,  c'est  avoir  égard  à  leur  qualité,  en 
faire  acception.  Prov.  24.  23.  Cognoscere 
personam  injudicio  non  est  honum  :  11  n'est 
pas  bon  de  faire  acception  des  personnes 
dans  le  jugement,  c.  28.  21.   Voy.  Accipere. 

Cognoscere  Deum.  1°  Connaître  Dieu  par 
la  lumière  naturelle,  sans  l'aimer  et  le  ser- 
vir. Cum  cognovissent  Deum,  non  sicut  Deum 
glorificaverunt  :  Ayant  connu  Dieu,  ils  ne 
l'ont  point  glorifié  comme  Dieu  :  Saint  Paul 
a  en  vue  les  philosophes  païens  qui,  connais- 
sant Dieu  par  les  créatures,  n'ont  pas  laissé 
d'adorer  toujours  les  idoles.  Voy.  v.  20.  22. 
—  2'  Connaître  Dieu  et  le  servir  {)ar  une  af- 
fection sincère.  Isa.  1.  3.  Israël...  me  non 
cognovit  :  Israël  ne  m'a  point  connu,  c.  19. 
21.  c.  55.  0.  Osée  5.  4.  1.  Joan.  2.  v.  3.  13. 
l^.  etc.  Mais  cette  connaissance  de  Dieu  était 
plus  obscure  dans  l'Ancien  Testament,  qu'elle 
ne  l'est  dans  le  Nouveau,  comme  on  le  peut 
voir,  2.  Petr.  1.  19.  Jer.  31.  34.  Non  docebit 
ultra  vir  proximum  suum...  dicens  ;  cngnosce 
Domirmm  ;  omncs  enim  cognoscent  me  :  On 
n'aura  plus  besoin  d'enseigner  son  prochain, 
en  disant  :  Connaissez  le  Seigneur;  parce  quo 
tous  me  connaîtront;  c'est-à-dire  qu'au  lieu 
que  dans  l'ancienne  loi,  les  préceptes  n'é- 
taient point  écrits  dans  le  cœur  des  hommes  ; 
mais  seulement  sur  les  tables  de  pierre, 
qui  leur  meil;ii('nl  rontinuellemenl  devant 
les  yeux  ce  qu'ils  devaient  faire,  sans  (|iie 
l'amour  y  eût  de  part  :  Les  lois  saintes  de  la 
nouvelle  ,  étant  gravées  dans  le  cœur  des 
chrétiens  par  la  charité  que  le  Saint-Kspril 
y  devait  ré])andre,  ils  se  trouveraient  ensei- 


gnés de  Dieu,  comme  dit  Isaïe,  d'une  ma- 
nière sans  comparaison  plus  avantageuse 
que  les  Juifs. 

COGNOSCÏBILITER,  adverbe  inusité,  de 
cognoscibilis;  el  signifie  dans  l'Ecriture  :  Vi- 
siblement, évidemment.  Sap.  13.  13.  .4  Ma- 
gnitudine  speciei  et  creaturœ ;  (Gr.  et  specie, 
pour  pulchritudine  creaturœ)  cognoscibiliter 
poterit  Creator  horum  videri  :  La  grand-ur  et 
la  beauté  de  la  créature  peuvent  taire  connaître 
et  rendre  en  quelque  sorte  visible  le  Créateur 
par  le  rapport  qu'elle  a  avec  lui, 

COHABITARE,  ayvoixîtv.  —  1»  Demeurer 
ensemble,  vivre  ensemble.  1.  Petr.  3.  7.  Viri 
similiter  cohabitantes  secundum  scientiam  : 
Maris,  vivez  sagement  avec  vos  femmes.  — 
2"  Habiter,  demeurer  en  n^éme  lieu  {y.y-o>.y.-.î-j). 
Act.  22.  12.  Ananias...  testimonium  habens  ab 
omnibus  cohabitantibus  Judœis  :  Ananie  à  la 
vertu  duquel  tous  les  Juifs  qui  demeuraient  à 
Damas  rendaient  témoignage. 

COHiERERE,  exs^Bon,  tenir  l'un  à  l'autre,  y 
être  joint  on  attaché.  Exod.  26.  3.  Alice  quin- 
que  nexH  simili  cohœrebunt  :  Les  cinq  autres 
rideaux  seront  joints  de  même. 

Se  tenir  attaché  auprès  de  quelqu'un, 
comme  un  disciple  l'est  auprès  de  son  maître. 
Zach.  13.  7.  Framea  suscitare  super...  virum 
cohœrentem  mihi  (-oXtTij?,  civis)  :  0  épée,  ré- 
veille-toi, viens  contre  l'homme  qui  se  tient 
toujours  attaché  à  moi.  Si  c'est  Dieu  qui 
parle  de  Jésus-Christ,  comme  les  interprèles 
en  conviennent,  on  doit  entendre  cette  liaison 
ou  union  de  la  consubstantialité  du  V^erbe  : 
l'Hébreu  porte  socium.  Voy.  Percutere. 

COHiERES,  EDis,  <7-jy/l-npo'jrju.oç,  Cohéritier, 
qui  a  part  avec  un  autre  au  même  héritage 
Rom.  8.  17.  Cuhœredes...  Christi  :  De  ce  que 
nous  sommes  enfants  de  Dieu,  et  par  consé- 
quent ses  héritiers  ;  il  s'ensuit  que  nous 
sommes  cohéritiers  de  Jésus-Christ.  Ephes. 
3.  6.  [Mysterium  Christi  )  Gentes  esse  cohœre- 
des  :  Le  mystère  de  Jésus-Christ,  dont  saint 
Paul  a  eu  l'intelligence,  c'est  que  les  gentils 
sont  héritiers  avec  les  Juifs.  Hob.  11.  0.  Eccli. 
22.  29.  1.  Petr.  3.7. 

COHELETH,  Gr.  Ecclesiastes  ;  Lat.  Con- 
cionator.  Ce  mot  hébreu  qui  est  le  litre  du 
livre  de  l'Ecclésiasle,  est  féminin  en  hébreu; 
mais  les  hébreux  usent  quelquefois  de  ce 
genre  au  lieu  du  masculin,  pour  marquer 
l'excellence  d'une  chose  :  ainsi  ,  Salonmn  , 
comme  un  grand  prédicateur,  représente  dans 
ce  livre  avec  une  force  et  une  autorité  dignes 
de  Dieu,  la  vanité  des  choses  du  monde. 

COHIBERE.  Composé  de  cum,  et  iVhabere. 

Arrêter,  retenir  (  àvi/-70'y?  .  Gen.  45.  i. 
Non  se  poterat  ultra  cohiberc  Joseph  :  Après 
(jue  Juda  eut  fait  ses  remontrances  à  Joseph, 
qui  voulait  que  Benjamin  demeurât  son  es- 
clave, J((seph  ne  pouvait  plus  se  retenir  de 
pleurer.  Voy.  v.  2.  Prov.  25.  :>8.  Sicut  nrbs 
patens...  ita  vir  qui  non  potest  in  loqucndo 
cohiberc  spirilum  suum  :  Celui  (|iii  ne  peut 
retenir  son  esprit  en  parlant,  estcom;j;e  une 
ville  tout  ouverte,  et  exposée  à  l'ennemi. 
Nuuj    17.  5.  -2.  Ucg.  44.  25.  Job.  29.  10. 

COiîOKS,  lis.  (rrùpu;  de  /ôpTo,-,  et  signiGi^ 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRr.F. 


7G4 


proprement,  basse-cour  d'une  métairie,  où 
l'on  nourrit  de  la  volaille;  il  est  pris  aussi 
pour  Cohorte,  qui  chez  les  Romains  était  com- 
posée dans  l'infanterie  de  quatre  cent  vingt 
iiommes,  et  quelquefois  de  cinq  à  six  cents  ; 
dans  l'Ecriture  : 

Compagnie  de  soldats,  gens  de  pied,  qui 
était  la  dixième  partie  d'une  légion.  Matlh. 
27.  27.  Marc.  15.  16.  Convocant  totaux  Co- 
hortem  :  Les  soldats  assemblèrent  toute  la 
compagnie  pour  faire  leur  jouet  de  Jésus- 
Christ,  et  pour  lui  insulter  .  Act.  10.  1.  Cor- 
nélius, Centurio  Cohortis  quœ  dicitar  Italica: 
Cornélius  était  un  centenier  dans  une  cohorte 
appelée  V Italienne  :  ce  fut  lui  qui  envoya 
quérir  saint  Pierre,  selon  l'ordre  que  lui  avait 
donné  l'ange,  v.  3.  5,  Voy.  Italica. 

COHORTARI.  Encourager  {è-HT^xieiv).  Jos. 
8.  16.  llli...  se  nnitiio  cohortantes,  persecuti 
sunf  eos  :  Ceux  de  Haï,  s'encoura^oant  mu- 
tuellement, poursuivirent  Josue  et  toute 
l'année  d'Israël  :  ce  fut  à  la  dernière  fois 
qu'ils  firent  une  sortie  générale  de  Haï,  où 
ils  furent  tous  défaits. 

COINQUINARE  ,  ^o).Ov£tv,  —  1"  Souiller  , 
rendre  impur  par  le  péché.  Eccli.  21.  31.  Sii- 
siirro  comquinabit  animam  suam  :  Le  semeur 
de  rapports  souillera  son  âme.  Matth.  15.  v. 
11.  18.  20.  Non  quod  intrat  in  os  coinquinat 
hominem,  sed  quod  procedit  ex  are  :  Ce  n'est 
pas  ce  qui  entre  dans  la  bouche  qui  souille 
l'homme;  mais  c'est  ce  qui  sort  de  sa  bou- 
che. Judith.  13.  20.  2.  Mach.  14.  3.  Apec. 

2"  Profaner  ce  qui  est  saint.  1.  Mach.  1. 
k^.  Multi  ex  Israël...  coinquinaverunt  sabba- 
tum  :  Plusieurs  entre  les  Israélites  violèrent 
le  sabbat  par  l'ordre  d'Anthiochus.  V^oy.  v. 
43.  Ainsi,  v.  49.  (Jussit)  coinquinari  sancta  : 
Antiochus  commanda  qu'on  souillât  les  lieux 
saints. 

3*  Souiller,  rendre  impur  d'une  impureté 
légale  (pse-flio-ùv).  1.  Mach.  1.  65.  Elegerunt 
magis  tnori  quant  cibis  coinquinari  immundis  : 
Plusieurs  du  peuple  d'Israël  aimèrent  mieux 
mourir  (jue  de  se  souiller  par  des  viandes 
impures.  Baruch.  3.  11.  Ezech.  22.  26.  etc. 
COINQUINATIO,  ms.  Souillure,  saleté 
{K^a.^v.fjci»).—!''  Idolâtrie,  souillure  contractée 
par  le  culte  des  idoles.  Esdr.  6.  21.  Omnes 
qui  se  separaveranta  coinquinationeGentium  : 
Tous  ceux  qui  s'étaient  séparés  de  la  corrup- 
tion des  peuples  du  pays,  mangèrent  la  Pâque 
au  retour  de  la  captivité,  c.  9.  !1.  2.  Mach. 
5.  27.  —  2"  Souillure  et  corruption  du  péché 
(iMÎx'ju.u).  2.  Petr.  2.  20.  Fugienles  coinquina- 
tiones  mundi  :  Ceux  qui  se  retirent  des  cor- 
ruptions du  monde.  Judith.  9.  2.  —  3  Honte, 
opprobre  (o--?),©?).  2.  Petr.  2.  13.  Coinquina- 
liones  et  maculce  :  Ils  sont  la  honle  et  l'oppro- 
bre (le  la  religion  :  c'est  ainsi  que  saint  Pierre 
appelle  les  giiosliques,  tout  souillés  de  corps 
et  d'esprit;  et  c'est  d'eux  que  parle  aussi 
saint  Jude. 

^COINQUIN  ATUS,  a,  um,  f.£fxt«<7f/évoî,  souillé, 
gâté.  —  Qui  a  l'esprit  souillé  par  l'erreur,  et 
la  conscience  par  les  péchés.  Tit.  1. 15.  Omnia 
iiiutida  mundis,  coinquinatis  aulem  et  infideli 
bus  nihil  est  munduin  ;    Tout   est  pur  pour 


ceux  qui  sont  purs,  et  rien  n'est  pur  pour 
ceux  qui  sont  impurs  :  ce  n'est  point  la  qua- 
lité des  choses;  mais  c'est  la  disposition  de 
celui  qui  en  use,  qui  les  rend  bonnes  ou 
mauvaises. 

COIRE.  —  1°  S'assembler  {c^^zpéyju).  2.  6. 
11.  Aliivero,  ad proximas  coeuntes  spetuncas 
et  latenter  Sabbati  diem  célébrantes  :  D'autres 
Juifs  s'étanl  assemblés  en  des  cavernes  voi- 
sines, y  célébrèrent  secrètement  le  jour  du 
Sabbat:  ce  fut  par  la  crainte  des  persécu- 
tions. 

2°  Ce  verbe  marque  la  connaissance  d'une 
feii.me,  et  l'accouplement  du  mâle  et  de  la 
femelle  {dcif>yj<7ficni  Trpoç  tivx).  Gen.  26.  10. 
Potuit  coire{y.oiu.âfj^v.t)  quispiam  de  populo  cum 
uxore  tua  :  Queh\u' un  de  nous  aurait  pu  abu- 
ser de  votre  femme,  dit  Abimélech  à  Isaac, 
qui  avait  dit  de  Rébecca  sa  femme,  qu'elle 
était  sa  sœur.  c.  38.  16.  Ainsi,  Exod.  22. 
19.  Qui  coierit  cum  fumento  morte  morialur. 
Celui  qui  aura  commis  un  crime  abominable 
avec  une  béte,  sera  puni  de  mort.  Lev.  19. 
19.  etc. 

COITUS,  us.  Connaissance  de  femme;  ac- 
couplement de  bête.  Gen.  30.  39.  Faclumque 
est  ut,  in  ipso  colore  coilus,  oves  intuerentur 
virgas  et  parèrent  :  Il  arriva  que  les  brebis 
étant  en  chaleur ,  conçurent  à  la  vue  des 
branches  :  Jacob  avait  mis  ces  branches  dans 
les  canaux  où  devaient  boire  les  brebis,  afin 
d'avoir  des  brebis  de  diverses  couleurs  :  La 
vue  d'un  objet  dans  le  temps  de  la  concep- 
tion contribue  beaucoup  à  la  ressemblance. 
COLAIAS,  Heb.  Vox  Domini.  Fils  de 
Masia  ,  descendant  de  Benjamin.  2.  Esd. 
11.  7. 

COLAPHUS,  I.  Gr.  xôi«yo?,  du  verbe  xo- 
).«7TT£tv,  tundere ,  et  signifie  :  —  i"  Coup  de 
poing.  Matth.  26.  67.  Cotaphis  eum  cecide- 
runt  :  Ils  fr.ippèrent  Jésus-Christ  à  coups 
de  poing  :  ce  fut  sur  ce  qu'il  répondit  au 
grand  prêtre  qu'il  était  Fils  de  Dieu.  Voy.  v. 
64.  Ainsi,  Marc.  14.  65.  —  2°  Coup,  mauvais 
traitement  :  de  là  vient  cette  phrase,  1.  Cor. 
4.  11.  Nudi  sumus,  et  cotaphis  cœdimur  :  Jus- 
qu'ici nous  avons  souffert  la  nudité  et  les 
coups  ;  i.  e.  les  mauvais  traitements. 

COLAPHIZARE,  y.olv.fi!;eiv.  —  i"  Frapper 
à  coups  de  poing,  donner  des  soufflets,  ou 
souflnr  tous  autres  mauvais  traitements.  1. 
Petr.  2.  20.  Quœ  enim  est  gloria,  si  peccanles 
et  colaphizati  sufferlis?  Quel  sujet  de  gloire 
aurez-vous,  si  c'est  pour  votre  faute  que 
vous  endurez  de  mauvais  traitements?  saint 
Pierre  parle  ici  aux  esclaves.  —  2°  Traiter 
honteusement  et  avec  ignominie.  2.  Cor.  12. 
7.  Datus  est  mihi  stimulus  carnis  angélus  5a- 
tanœ  qui  me  colaphizet  :  Dieu  a  permis  que 
je  ressentisse  dans  ma  chair  un  aiguillon  qui 
est  l'ange  et  le  ministre  de  Satan  pour  me 
donner  des  soufflets  :  saint  Paul  parle  des 
mouvements  honteux  de  la  convoitise  que  le 
démon  excitait  en  lui  par  la  permission  de 
Dieu. 

COLARE.  De  colum,  une  couloire,  et  si- 
gnifie proprement,  couler,  passer  quelque 
t  hose  de  liquide  par  un  linge. 

Epurer  par  le  feu  en  faisant  londre.  Ma- 


705  COL 

lach.  3.  3.  Filios  Levi  colahit  quasi  mirum  : 
L'ange  de  l'alliance  purifiera  les  enfants  de 
Lévi,  et  les  rendra  purs  comme  l'or  :  Le  Pro- 
phète parle  de  Jésus-Christ,  qui  devait  puri- 
fier par  le  feu  de  la  charité,  non-seulement 
les  prêtres,  mais  généralement  tous  les 
chrétiens,  qui  sont  participants  de  son  sa- 
cerdoce royal. 

COLERE.  Ce  verbe  signifie,  cultiver,  or- 
ner, haliiler,  honorer;  mais  toutes  ces  signi- 
fications ne  vionnent  pas  d'une  même  raci- 
ne :  culere,  honorer,  révérer,  vient  de  l'Hé- 
breu, chala,  prier,  supplier  ;  colère,  habiter, 
vient  de  coul,  contenir;  colère,  cultiver  les 
terres,  les  sciences,  les  vertus  ;  de  cala,  ache- 
ver, perfectionner;  dans  l'Ecriture  : 

1»  Cultiver  (yewioyçtv).  1.  Mach.  14..  8. 
Unusquisque  colebat  terram  suam  :  (Pendant 
tout  le  temps  que  Simon  fut  chef  dans  la  Ju- 
dée) chacun  cultivait  alors  sa  terre.  Jerem. 
8.  11.  Amos.  9.  13.  Heb.  6.  7. 

2°  Honorer,  respecter,  considérer  (6spa7reû- 
i£v}.  Prov.  19.  6.  Multi colunt personam poten- 
tis  :  Plusieurs  honorent  la  personne  d'un 
homme  puissant.  Esth.  13,  6.  {Amnii)  quem 
patris  loco  colimus  :  Aman  que  nous  hono- 
rons comme  notre  père  ;  c'est  Assuérus  qui 
parle. 

3"  Honorer  d'un  culte  divin,  adorer  (Xa- 
rpsOîiv).  Exod.  20.  5.  Non  adorabis  ea,  neque 
coles  :  Vous  n'adorerez  point  les  idoles,  et 
vous  ne  leur  rendrez  point  le  souverain 
culte  ;  t.  e.  celui  qui  n'est  dû  qu'à  Dieu. 
Ose.  10.  5.  Matth.  15.  9.  Sine  causa  antem 
colunt  me  (it£6eo-G«i).  C'est  en  vain  que  ces  hy- 
pocrites m'honorent  :  Jésus-Christ  dit  ceci 
des  Juifs,  comme  ayant  été  prédit  par  Isaïe, 
29.  13.  De  là  vient  : 

CoLEJîs,  Tis,  Gr.creêô/zEvof.Ce  inol  qui  vient 
de  colère,  honorer,  signifie  : 

Les  Gentils  convertis,  qui  vivaient  parmi 
les  Juifs  sans  être  circoncis,  et  sans  obser- 
ver la  loi  de  Moïse;  ils  étaient  appelés  Pro- 
sélytes de  la  porte;  parce  qu'ils  demeuraient 
dans  l'enceinte  d'un  même  lieu  parmi  les 
Juifs  :  il  peut  aussi  marquer  ceux  qui 
avaient  appris  à  servir  le  vrai  Dieu  par  le 
commerce  des  Juifs,  quoiqu'ils  fussent  sépa- 
rés de  demeure.  Act.  13.  43.  Secuti  suyit 
multi  Judœorum,  et  colentium  advenarum  : 
Plusieurs  des  Juifs  et  des  prosélytes  crai- 
gnant Dieu ,  suivirent  Paul  et  Barnabe,  c. 
17.  4.  Quidam  ex  eis  crediderunt,  et  de  colen- 
libus  Genlilibusque  multitudo  ma<jna  :  Quel- 
ques-uns crurent,  comme  aussi  une  grande 
multitude  de  ceux  qui  adoraient  Dien,  et  de 
Gentils  ;  i.  e.  qui  étaient  Gentils  ;  Gr.  Une 
grande  multitude  de  Grecs  craignants  Dieu. 
v.  17.  Ainsi,  c.  13.  16. 

COLIAS,  JE.  Heb.  Yox  Dornini.  Père  du 
faux  prophète  Arhiib.  Jer.  29.  21. 

(^OLLABL  Tomber ,  se  laisser  tomber 
{■noirjOL^if.i'jOv.i).  \.  Rcg.  21.  iS.  Collabcbalur  in- 
ter  vutnus  enrum  :  David  contrefais;inl  le  fou 
devant  Achis,  se  laissait  tomber  entre  les 
mains  des  gens  d'Achis.  Dan.  8.  18. 

COLLABOKAUE.  Travailler  ensemble.  — 
1°  Travailler,  combattre  ensemble,  se  sou- 
tenir l'un  l'autre  (,  iryvaW.ervJ.  Pliilipp.  1.  27. 


COL 


TfiG 


Collaborantes  fidei  Evangelii.Qm  travailb  nt 
tous  ensemble  pour  la  foi  de  l'Evangile.  — 
2"  Souffrir  en  travaillant  avec  un  autre  (o-uy- 
jtczxoTrKOêtv).  2.  Tim.  1.  8,  Collabora  Evangelio 
secundum  virtutem  Dei  :  Travaillez  et  souf- 
frpz  avec  moi  pour  l'Evangile  ;  autr.  avec 
l'Evangile  :  il  n'est  pas  juste  qu'un  ministre 
de  Jésus-Christ  soit  mieux  traité  que  la  vé- 
rité de  Dieu. 

COLLAC TANEUS,  aûvroo^oç.  Ce  composé  est 
dérivé  de  lac.  Frère  de  1  lit.  Act.  13.  1.  Ma- 
nahem  qui  erat  Herodis  Tctrarchœ  collacta- 
neus  :  Manahen ,  frère  de  lait  d'Hérode  le 
Tétrarque.  2.  Mach.  9.  29. 

COLLATIO.  Ce  que  chaque  particulier 
contribue  d'argent  pour  le  public,  comme 
aumône  ou  argent  dont  les  particuliers  con- 
tribuent pour  quelque  œuvre  de  piété  (  zar' 
àvSpo/oytav  5<«TaTZ£y«ap«).  2.Mach.  l'2.k3.Facta 
coUalione  duodeciin  miliia  drachmas  argenti, 
misit  Jerosoiymam  :  Judas,  ayant  recueilli 
d'une  quête  qu'il  fit  faire  deux  mille  drach- 
mes d'argent,  les  envoya  à  Jérusalem  :  ce 
fut  pour  le  péché  do  ceux  qui  étaient  morts 
dans  le  combat  qu'il  donna  contre  Gorgias. 
Voy.  ce  péché,  v.  40.  Ainsi,  Rom.  15.  2G. 
Probaverunt  Macedonia  et  Achaia  collationem 
aliquam  (^toivwvîa)  facere  in  pauperes  Sancto- 
rutn,  etc.  (les  Eglises)  de  Macédoine  et  d'A- 
chaïe  ont  trouvé  bon  de  contribuer  quelque 
chose  pour  ceux  d'entre  les  Saints  de  Jéru- 
salem qui  sont  pauvres.  Voy.  Communicatio. 
Voy.  Collecta. 

GOLLAUDARE.  Louer,  reiever  par  des 
louanges (QaufXKÇstv).  Eccli.38.  3.  In  conspectu 
Magnatorum  collaudabitur  :  Le  médecin  sera 
loué  devant  les  grands,  à  cause  de  sa  science, 
c.  17.  8.  c.  39.  V.  12.  41.  1.  Mach.  4.  33.  Act. 
2.  47. 

Façon  de  parler. 

Collaudare  Canticum,  i.  e.  Collaudare  Can^ 
tico  Dewn.  Louer  Dieu  par  des  cantiques, 
chanter  des  cantiques  à  l'honneur  et  à  la 
louange  de  Dieu.  Eccli.  39.  19.  Collaudate 
canticum  :  Chantez  des  cantiques. 

COLLAUDATIO.  Louange,  ou  action  de 
lourr;  dans  l'Ecriture  : 

Louange  du  Seigneur  (  amo-t?  ).  Ps.  32.  1. 
Rectos  decet  collaudalio  :  C'est  à  ceux  qui 
ont  le  cœur  droit  qu'il  appartient  de  donner 
des  louanges  au  Seigneur. 

COLLECTA,  ml  Ecol,  ce  que  chacun  paie 
pour  sa  part  d'un  repas;  et  par  métaphore  : 

1°  Ce  que  chacun  contribue  en  son  parti- 
ticulier  à  quelque  chose,  tels  sont  les  au- 
mônes que  chacun  dos  fidèles  contribuait 
pour  les  besoins  de  l'Eglise  ou  des  pauvres 
(ioyr/,  «f)  .  1.  Cor.  16.  V.  1.  2.  De  collcctis  au- 
tem  quœ  fninl  in  Sanctos  :  Quant  aux  aumô- 
nes qu'on  recueille  pour  les  Saints.  Collecta 
est  mis  pour  colleclio,  comme  missa  pour 
mis  si  0. 

2°  Assemblée  solennelle  pour  la  célébra- 
tion de  quobiuofêie  (£;65iov).2.  Par.  7.  9-  Vé- 
dique die  octavo  collcctam  :  Salomon  (après 
la  consécration  du  milieu  du  parvis  ,  qui 
était  devant  le  Temple,  le  huitième  joui  de 
la  fêle  solounclle  qu'il  fit)  il  célébra  la   lélo 


T67 


DICTIONNAIRE  DE  MllLOLOGlF.  SACULE. 


de  l'assemblée  solennelle  :  il  est  parlé  de 
celte  fête.  Levit.  23.  36.  qui  était  la  septième 
fête  des  Juifs,  ainsi  appelée,  parce  qu'après 
la  fête  des  Tabernacles,  qui  durait  sept 
jours,  au  huitième  jour  se  célébrait  cette 
fête,  en  mémoire  de  l'assemblée  et  de  la  réu- 
nion qui  se  fit  des  Israélites  en  sortant  du 
désert,  où  ils  étaient  sous  des  tentes  pour 
s'assembler,  et  être  réunis  dans  la  terre  pro- 
mise. 2.  Esd.  8.  18. 

COLLECTIO,  Nis.  —  1°  Amas  de  quelque 
chose.  Judith.  7,  11.  Defecerunt  cisternœ  et 
collectiones  aquarum  [lécy.y.Q;)  :  Au  bout  de 
vingt  jours  de  garde  que  fit  faire  Holopherne 
autour  de  chaque  fontaine,  toutes  les  citer- 
nes et  les  réservoirs  d'eaux  qui  étaient  dans 
la  ville  de  Béthulie,  furent  à  sec. 

2"  Récolte,  recueillement  de  blés  {-p-jyrtzàç). 
Isa.  32.  10.  Collectio  ultra  non  veniet  :  On  ne 
recueillera  plus  rien  dans  les  blés  :  Le  pro- 
phète parle  du  temps  que  les  Assyriens  vien- 
dront désoler  la  Judée,  et  emmener  les  Juifs 
en  captivité. 

3"  Assemblée  séditieuse  { èy.ylncix  ).  EccVi. 
26.  6.  {Timuit  cor  meum)  coUectionem  po- 
puli  :  Une  des  trois  choses  que  mon  cœur  a 
appréhendées,  est  l'émotion  séditieuse  d'un 
peuple. 

4'  Assemblée  des  fidèles  dans  l'Eglise  (è-i- 
c-j'jrxyojyr,^ .  Hebr.  10.25.  Nondeserentes coUec- 
tionem nostram  :  Ne  nous  retirons  point  de 
l'assemblée  ;  d'autres  l'expliquent  de  l'union 
et  de  la  concorde  ;  en  sorte  que  cet  abandon- 
nement  de  l'assemblée  des  fidèles  soit  celui 
qui  se  fait  par  le  schisme  ou  l'apostasie. 

COLLEGA,  M.  De  legare,  et  se  dit  de  ceux 
qui  sont  envoyés  ensemble  en  une  même 
ambassade;  dans  l'Ecr.  : 

Collègue,  celui  qui  participe  avec  quel- 
qu'un à  la  même  charge  ou  à  la  même  fonc- 
tion. Dan.  4.  5.  Collega  ingressus  est  in  con- 
speclu  meo  Daniel  :  Daniel  notre  collègue  pa- 
rut devant  nous,  (devant  Nabuchodonosor), 
pour  lui  expliquer  son  songe  :  Nabuchodo- 
sor  l'avait  associé  au  gouvernement  de  ses 
Etats.  Voy.  c.3.  97.  Ainsi,  Jon.  1.  7.  Et  dixit 
vir  ad  collegam  suum  (ô  tt/tjcîov)  :  Après  que  le 
pilote  eut  fait  lever  Jon;is  qui  dormait  pen- 
dant la  tempête,  les  mariniers  se  dirent  l'un 
à  l'autre,  jetons  le  sort. 

COLLIDERE,  c-jyxooTîrv.  1°  Heurter,  frapper 
l'un  contre  l'autre  (^ztoTâv).  Gen.  25.  22.  Col- 
iidebantur  in  utero  ejus  parvuli  :  Les  deux 
enfants,  Jacob  et  Esaii,  dont  Rébecca  était 
grosse,  s'entrebattaient  dans  son  ventre  :  ce 
combat  était  la  figure  de  celui  qui  devait  être 
un  jour  entreles  Iduméens  descendus  d"E>.aù, 
et  les  Juifs  descendus  de  Jacob,  comme  il  se 
vit  au  temps  de  David.  Voy.  3.  Reg.  11.  v. 
15.  16.  etc.  et  au  temps  des  Machabées.  2. 
Mach.  10. 17.  etc.  Ainsi,  Eccli.  13.  3.  Nahum. 
2.  k.  Quadrigœ  cotlisœ  sunt  inplaleis  (o-ja-).;- 
y.n-j)  :  Les  chariots  dans  les  places  se  heur- 
tent l'un  contre  l'autre  :  Le  Prophète  prédit 
la  réduction  de  Ninive  sous  le  pouvoir  de  ses 
ennemis.  Ainsi,  le  heurlement  des  genoux 
l'un  contre  l'autre  marque  une  grande 
frayeur.  Dan.  5.  G.  Gcnua  ejus  ad  se  invicem 
coltidebaniur  :  Les  genoux  du  roi  Ballhazar 


contre    l'autre.   Voy. 


se   choquaient   l'un 
Genu. 

2°  Détruire  entièrement,  défaire  sans  res- 
source (xaTap«!7CT£tv).Ps.  36.  2k.Citmceciderit, 
non  collidetur  :  Lorsque  le  juste  tombera,  il 
ne  se  brisera  point.  Ps.  88.  45.  Judic.  5.  10. 
Jerem  i8.  12.  c.  51.  20.  Collidis  tu  mihi  vasa 
belli,  et  ego  collidam  in  te  gentes  (Stac-zo/j-iÇciv): 
Vous  êtes  le  marteau  dont  je  briserai  les 
traits  et  les  armes;  je  briserai  par  vous  les 
nations  :  Dieu  parle  au  roi  de  Babylone.  v. 
21.22.  23. 

COLLISIO.  L'action  par  laquelle  deux 
choses  se  heurtent  l'une  l'autre. 

1°  Cliquetis,  fracas  de  choses  qui  font 
beaucoup  de  bruit  pour  se  toucher  l'un  l'au- 
tre {<7vyy.povauo;).  1.  Mach.  6. 41.  Commovebaîi- 

tur  omnes collisione  armorum  :  Tous   les 

habitants  de  la  Judée  étaient  épouvantés  du 
fracas  des  armes  de  l'armée  d'Antiochus. 

2°  Brisement,  meurtrissure.  2.  Mach.  9.  7. 

Contigit  illum gravi  corporis  collisione 

membra  vexari  :  11  arriva  que,  les  chevaux 
d'Antiochus  courant  avec  impétuosité,  il 
tomba  de  son  chariot,  et  eut  tout  le  corps 
froissé. 

COLLIGARE.  Lier,  attacher  plusieurs  cho- 
ses ensemble  [ozi-j).  Judith.  \Q.\Q.Colligaiit 
cincinnos  suos  :  Judith  a  ajusté  ses  cheveux. 
Eccli.  22.  19.  Dan.  3.  23. 

1°  Attacher  par  affection,  donner  de  l'at- 
tache et  de  l'affection  pour  quelque  chose 
(  syàrrretv).  Prov.  22.  15.  Stultitia  colligata 
est  in  corde  pueri  :  La  folie  est  liée  au 
cœur  de  l'enfant,  c.  30.  4.  Sap.  17.  17.  Ainsi, 
Isa.  25.  7.  Prœcipitabit  in  monte  isto  faciem 
vinculi  colligati  super  omnes  populos  :  Le 
Seigneur  brisera  sur  cette  montagne  cette 
chaîne  qui  tenait  liés  tous  les  peuples  :  fa- 
ciem vinculi,  pour  vinculum  :  ce  lien  est  le 
péché  qui  tenait  tous  les  peuples  dans  l'es- 
clavage. 

2^  Tenir  plusieurs  choses  dans  sa  mémoire 
et  dans  son  esprit  ;  se  souvenir  de  toutes 
sans  qu'il  en  échappe  aucune  à  l'esprit. 
Ose.  13.  12.  Colligata  est  iniquitas  Ephruim 
et  ubsconditum  peccatum  ejus  (o-vTrpo'/À  colli- 
gntio)  :  Je  tiens  toutes  les  iniquités  dE- 
phraïm  liées  ensemble  :  la  métaphore  est 
tirée  de  plusieurs  choses  qu'on  lie  ensemble, 
de  peur  qu'il  n'en  tombe,  et  ne  s'en  perde 
quelqu'une  :  Dieu  uoublie  point  les  péchés 
des  hommes;  mais  il  les  réserve  dans  le  se- 
cret de  sa  justice,  pour  les  punir  au  temps 
qu'il  a  destiné. 

Phrases  tirées  de  ce  verbe  dans  le  sens  Gguré. 

Colligare  aliquem.  Faire  liaison  avec  quel- 
qu'un, se  réconcilier  avec  lui.  Eccli.  27.  23. 
Vitra  eum  non  poteris  colligare  {Q-oovJuv,  ve- 
nari)  :  Vous  ne  pouvez  plus  avoir  de  liai- 
son avec  un  ami,  dont  vous  aurez  révélé  le 
secret. 

Colligare  vulnera.  Voy.  Vulnus.  Bander 
les  plaies,  c'est  travailler  à  arrêter  ses  pas- 
sions, afin  qu'elles  ne  paraissent  pas  au  de- 
hors (x«TKc)£7|itEûc{v).  Eccli' 30. 7.  Pro  animahus 
filiorum  colligabit  vulnera  s  (a  :  Ce  père  qui 
aime   ses  enfants,  iravaillera  à  arrêter  se» 


m 


COL 


cor. 


770 


passions,  de  peur  qu'il  ne  lui  cchaj^pe  quel- 
que chose  qui  donne  mauvais  exemple  à  ses 
enfants  ;  Gr.  Celui  «jui  châtie  son  fils  bande 
ses  plaies,  quoiqu'à  chaque  cri  qu'il  jette, 
ses  entrailles  soient  émues. 

COLLIGATiO,  MS.  Action  par  laquelle 
on  lie  plusieurs  choses  ensemble;  dans  l'E- 
crilure  : 

Lien,  chaîne  ;  soit  qu'il  s'entende  propre- 
ment et  selon  la  lettre  ;  Jerem.  i8.  37.  In 
cunclis  manibus  coUigatio  :  Il  y  aura  des 
chaînes  dans  les  mains  de  tous  li's  Moabites 
pour  être  ments  en  captivité  ;  Uehr.  il  y  aura 
des  incisions.  Les  Orientaux  se  faisaient  des 
incisions  sur  les  bras  et  sur  les  mains  dans 
leurs  grandes  afflictions  :  soit  que  ce  mot  se 
prenne  figurément  pour  les  liens  du  péché  , 
qui  rend  coupable  de  peines  et  de  châti- 
ments. Isa.  58.  6.  Dissolve  colligationes  im- 
pietatis  (aruvoe^pô?)  :  Rompez  les  chaînes  de 
l'impiété.  Par  ces  liens  s'entendent  bien  aussi 
les  obligations  usuraires,  et  les  autres  enga- 
gements par  lesquels  le  prochain  est  ou  du- 
remciit  ou  injustement  opprimé. 

COLLIGERE;  (  a^v^ysiv  )—  Cueillir,  re- 
cueillir, ramasser.  Deut.  16.  1.3,  Qiiando  col- 
legeris  fruges.  Quand  vous  aurez  cueilli  les 
fruits  de  vos  champs.  Ps.  10.3.  28.  Dante  te 
mis  colligent.  Lorsque  vous  donnerez  à  tous 
les  animaux,  ils  recueilleront.  Eccl.  3.  o. 
Tempus  colligendi.  li  y  a  un  temps  de  rejeter 
les  pierres,  et  un  teuips  de  les  ramasser.  Ju- 
dic.  1.7.  De  là  vient,  Colligere  lilia.  V. 
LiLiuM.  Mais,  Job.  16.  10.  s'entend  figuré- 
ment de  la  violence  de  quelques  passions. 
Collegit  furorem  suum  in  me.  Un  homme  s'est 
armé  contre  moi  de  louie  sa  fureur. 

2°  Assembler,  réunir  {tzouu  T-jc-T^oç/iv.  facere 
cœtumj.  Act.  23.  12.  CoUegerunt  se  quidam 
ex  Judœis  :  Quelques  Juifs  s'assemblèrent  et 
se  liguèrent  ;  se.  contre  saint  Paul,  et  firent 
vœu  de  le  tuer.  Gen.  49.  32.  Collegit  pedes 
suos  super  lectulum  :  5acoh  joignit  ses  pieds 
sur  son  lit  et  mourut.  Joan.  11.  kl.  1.  iNJach. 
2.  H.  Baruch.  4.  37.  c.  5.  o.  Mich.  4.  6.  So- 
ph.  3.  8.  Act.  15.  25.  c.  21.  18  (è^aî^stv,  remo- 
vere). 

S"  Protéger,  recevoir  en  sa  protection.  Isa. 
58.  8.  Gloria  Domini  colliget  le  :  La  gloire  du 
Seigneur  vous  protégera  (  nîpta^éllu-j  ,  ci'r- 
cutndare^. 

Phrases  tirées  de  ce  mot. 

Colligere  aliquem.  Recevoir  quelqu'un  en 
son  logis,  bj  loger,  lui  donner  le  couvert. 
>lallh.  25.  35.  Hospes  erum  et  collegistis  mç  : 
J'ai  eu  besoin  de  logement,  et  vous  m'avez 
logé  ,  dira  Jésus- Christ  à  ses  saints  placés  à 
sa  droite. 

Colligere  ,  ou  colligere  ad  patres.  Réunir 
quehju'un  avec  se.-,  pères,  f;iire  qu'il  soit  mis 
avec  eux  dans  le  même  tombeau,  l'inhumer 
{Tf,o>77iOé;ui,  apponcre).  k  Reg.  22.  20.  Jdcirco 
colligam  te  ad  patres  tuos  :  Parce  que  vous 
vous  êtes  humilié  après  avoir  appris  les  maux 
dont  Dieu  menace  Jérusalem,  je  vous  ferai 
reposer  avec  vos  pères,  et  vous  serez  enseveli 
en  paix,  dit  le  prophète  Holda  à  Josias.  2  Par. 
2k.  28.  Num.  20.  26.  c.  31.  2.  Ezcch.  29.  5. 


Super  faciem  terrœ  cades,  non  colligeris:  Vous 
tomberez  sur  la  face  de  la  terre  ,  on  ne  vous 
relèvera  point  pour  vous  ensevelir.  Dieu 
parle  de  la  défaite  du  roi  d'Egypie  par  Nabu- 
chodonosor.  Jerem.  8.  2.  c.  25.  33.  Nonplan- 
gentur  et  non  colligentur  :  Ceux  que  le  Sei- 
gneur aura  tués  (par  les  Chaldéens)  ne  se- 
ront point  pleures  ni  relevés  pour  être  ense- 
velis {y.K-of,\)'7TcL-j ,  infodere).  Isa.  57.  1. 

Colligere  cum  aligna.  Amasser  avec  quel- 
qu'un ;  c'est  travailler  dans  le  même  esprit, 
réunir  les  hommes  à  Dieu.  Luc.  11.  23.  Qui 
noncolligit  mecum  dispergit  :  Celui  qui  n'a- 
masse point  avec  moi.  dissipe  au  lieu  d'a- 
masser :  Les  Pharisiens  qui  réunissaient  à 
eux-mêmes  les  hommes  ,  et  non  à  Dieu,  les 
écartaient  du  droit  chemin. 

Colligere  intellectum,  sa€«TrJ£tv.  Ramasser 
tout  son  esprit  pour  approfondirquelque  cho- 
se. 2  Mach.  2.  31.  Intellectum  colligere  et  or^ 
dinare  sermonem...  historiœcongruit  auclori: 
Il  est  du  devoir  de  celui  qui  compose  une 
histoire  de  s'appliquer  pour  ramasser  les  dif- 
férentes matières,  et  de  les  raconter  dans  un 
certain  ordre. 

Colligere  mcnum  ad  âandum.  Fermer  la 
main  pour  donner  ;  c'est  être  peu  disposé  à 
exercer  la  libéraliié,  être  porté  à  garder  ce 
qu'on  a  ,  au  lieu  d'en  faire  part  aux  autres. 
Eccli.  4.  36.  Non  sit...  nianus  tua  ad  dandum 
collecta  :  Que  votre  main  ne  soit  point  fer- 
mée pour  donner  {T-j^r-éy/.ti-j,  contrahere). 

COLLIS,  is,  prj^j-joç  ;  du  grec  -xoÀwv/j,  Colline, 
lieu  en  pente.  Luc.  23.  30.  Incipient  dicere... 
collibus  :  Operitenos.  Au  jour  du  jugement  les 
méchants  commenceront  à  dire  aux  collines  : 
Couvrez-nous.  Ose.  10.  8.  Isa.  54.  10.  Ainsi  , 
Prov.  8.  5.  Ante  colles  ego  parturiebar  :  J'é- 
tais enfantée  avant  les  collines  ;  i.  e.  la  sa- 
gesse est  avant  le  commencement  du  monde. 
Job.  15.  7. 

Propriétés   que   l'Ecriture   attribue  figurément  aux 
collines. 

1*  Les  collines  coulent  de  lait,  pour  mar- 
quer que  les  animaux  qui  paissent  sur  les 
collines  ont  beaucoup  de  lait  ;  et  cette  façon 
de  parler  figure  une  grande  quantité  de  biens, 
et  même  de  grâces  spirituelles.  Joël.  3.  18. 
In  die  illa  colles  flucnt  Inde:  Au  temps  du 
Messie  le  lait  coulera  des  collines. 

2"  Les  collines  sont  revêtues  de  joie,  quand 
les  hommes  ont  un  grand  sujet  de  se  réjouir 
à  cause  de  la  grande  quanliié  de  vin  qui  y 
croît.  Ps.  64. 13.  Exsultatione  colles  accingen- 
tur  :  Voy.  Accixgere. 

§  1. —Ville  bâtie  sur  une  colline.  Sophon. 
1.  10  Vox  clamoris...  et  contritio  magna  a 
collibus  :  Le  cri  d'un  grand  tarnage  qui  ré- 
tenlit  du  haut  des  colline*.  4  Keg.  19.  25.  Isa. 
27.  26.  c.  10.  32.  Ainsi,  l'Eglise  qui  est  com- 
parée à  une  ville  où  Dieu  habile  avec  les 
fidèles  ,  est  appellée  colline.  Ezech.  34.  26. 
Ponam  eos  in  circuitu  collis  nui  benediclio^ 
nem  :  Je  comblerai  mes  brebis  de  bénédic- 
tions autour  de  la  colline  où  j'habite  :  cela 
se  peut  entendre  de  Jérusalem  dans  le  sens  lit- 
téral ;  c'est  là  que  Dieu  avait  choisi  sa  de- 
meure, et  le  temple  élevé  sur  une  colline. 

§  2,— Les  hommes  apostoliques  et  les  pré- 


771 


MCTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


in 


dicateurs  de  l'Evangile,  qui  répandent  la  pa- 
role de  Dieu  sur  les  peuples,  sont  figurés  par 
les  collines.  Ps.  71.  3.  Suscipiant  colles  justi- 
tiam  :  Que  les  collines  reçoivent  la  juslicc. 

§  3.— Les  superbes  elles  orgueilleux  sont 
marqués  par  les  collines.  Isa.  2.  li.  Dies  Do- 
mini  super  omnes  colles  elevatos  :  Le  jour  du 
Seigneur  va  éclater  sur  les  collines  les  plus 
élevées,  c.  40.  4.  Luc.  3.  5.  Oinnis  mons  et 
collis  humiliabitur  :  Toute  montagne  et  toute 
colline  sera  abaissée  ;  i.  e.  tout  obstacle  qui 
vient  d'orgueil  et  d'élévation  seraôiéà  l'arri- 
vée du  Messie  :  Le  prophète  fait  allusion  à  ce 
qui  se  fait  à  l'arrivée  d'un  grand  roi,  où  l'on 
aplanit  les  collines  et  les  élévations  pour 
faciliter  les  chemins. 

§  4.— l^es  rois  et  les  princes  puissants  ,  et 
tous  les  grands  ennemis  de  L'Eglise,  sont 
marqués  par  les  collines.  Isa.  kl.  15.  c.  42. 
15.  Colles  quasi  pulverem  pones  :  Vous  ré- 
duirez en  poudre  les  collines  :  ce  qui  s'est 
fail  à  la  venue  de  Jésus-Christ,  qui  a  toujours 
confondu  les  Juifs,  ses  ennemis.  Ainsi,  Isa.  2. 
2.  Habac.  3.  6.  Incurvati  sunt  colles  mundi  : 
Les  montagnes  du  siècle  ont  été  abaissées  : 
Ceci  s'enlend  des  princes  et  des  rois  de  la 
terre  de  Chanaan  ,  subjugués  par  les  Israéli- 
tes, lorsqu'ils  y  entrèrent  sous  la  conduite  de 
Josué.  4  Reg.  19.  25.  Isa.  37.  26.  Mich.  6.  2. 

Façons  de  parler  tirées  de  ce  mot. 

Collis  Dei.  La  colline  de  Dieu.  La  ville  de 
Gabaa  était  appellée  de  ce  nom,  parce  que 
les  prophètes  de  Dieu  y  habitaient.  1  Reg. 
10.  v.  5.  10.  D'autres  entendent  la  colline  de 
Carialhiarim  où  était  l'arche.  Voy.  c.  13.  3. 

Collis  prœputiorum,  La  colline  de  la  cir- 
concision ,  ou  des  prépuces  ,  Jos.  5.  3.  est 
celle  où  tous  les  Israélites  ,  qui  étaient  nés 
dans  le  désert  pendant  les  40  ans  qu'ils  y 
marchèrent,  furent  circoncis,  ne  l'ayant  pu 
être  pendant  le  voyage,  à  cause  des  fréquents 
décampements  qu'ils  y  étaient  obligés  de 
faire. 

Collis  aquœductus.  La  colline  de  l'aqueduc, 
nom  de  lieu  dans  la  tribu  de  Benjamin  ,  2 
Reg.  2.  24.  où  Abner  perça  d'un  coup  de 
lance  Asaël,  frère  de  Joab. 

Colles  œterni.  Collines  éternelles.  Les  pa- 
triarches et  les  prophètes  sont  appelés  de  ce 
nom.  Gen.  49.  26.  Deut.  33.  15.  Bcnediclio- 
nes  patris  tui  confortatœsunt  benediclionibus 
palrum  ejus,donec  veniret  desideriumcollium 
œternormn  :  Les  bénédictions  que  vous  donne 
votre  père  passeront  celles  quil  a  reçues  de 
SCS  pères,  jusqu'à  ce  que  le  désir  des  collines 
éternelles  soit  accompli  ;  i.  e.  jusqu'à  la  ve- 
nue du  Messie,  tant  désiré  des  patriarches  et 
des  prophètes.  Jacob  donne  sa  bénédiction  à 
Joseph. 

§  5.— Les  idoles  qu'on  adorait  sur  les  col- 
lines elles  montagnes.  Jer.  3.23.  Yeremcn- 
daces  erant  colles  et  mullitudo  montium  : 
Nous  reconnaissons  maintenant  que  toutes 
le«  collines  et  les  montagnes  n'étaient  que 
mensonge.  Ces  fausses  divinités  ne  pouvaient 
que  tromper  ceux  «lui  y  mettaient  leur  con- 
ûance. 

COLLOCARE,  — 1"  Mettre,  placer  iràrzîrj). 


Gen.  3.  25.  Collocavit  ante  paradisum  volup- 
tatis  Cherubim  :  Dieu  ,  après  avoir  chassé 
Adam  ,  mil  un  chérubin  devant  le  jardin  de 
délices.  Exod.  27.  21.  c.  .30.  8.  Ps.  142.  3.  - 
2' Etablir  (y.aGiÇEtv).  Job.  36.  7.  iRe^es  in  %olio 
coUocat  in  perpetuum  :  Dieu  établit  les  rois 
sur  le  trône  pour  toujours.  1  Reg.  12.  8.  Ps. 
22.  l.Ps.  112.9.  Ps.  106.36. 

Phrases  tirées  de  cette  significatioti  dans  le  sens  figuré. 

Collocare  in  obscuris  ,  in  tenebris  ,  in  terra 
novissima.  Réduire  dans  l'obscurité  ,  mettre 
dans  des  lieux  ténébreux,  dans  le  fond  de  la 
terre  ;  réduire  comme  au  tombeau,  dans  l'ou- 
bli, et  à  la  dernière  misère.  Ps.  142.3.  Collo- 
cavit (zaOiÇstv)  me  in  obscuris  :  Le  Seigneur 
m'a  réduit  dans  l'obscurité.  Thren.  3.  6.  In 
tenebrosis  collocavit  me  :  Le  Seigneur  m'a 
mis  en  des  lieux  ténébreux  :  Le  prophète 
parle  de  la  prison  où  il  fut  réduit  à  Babylone. 
Èzech.  26.  20.  Cum...  collocavero  te  in  terra 
novissima  ;  Hebr.  inferiori  :  Lorsque  je  vous 
aurai  placée  au  fond  de  la  terre  ;  i  e  Lors- 
que je  vous  aurai  mise  dans  un  tel  état,  que 
vous  serez  mise  en  oubli. 

Collocare  castra;  TiuptiJ-rjcàlsiv  Camper.  1 
Mach.  3.  57.  Moverunt  castra  ,  et  collocave- 
runt  ad  nustrum  Em7naum  :  L'armée  de  Ju- 
das Machabée  marcha  et  vint  camper  près 
d'Emmaùs.  Celait  pour  aller  contre  l'ar- 
mée d'Anliochus  ,  qui  y  était  aussi  campée 
proche. 

COLLOQUI  ,  ôp).£?y.  1°  Se  parler  l'un  à 
''autre,  s'enlretenir{i£7£tv  [lîr'  «»,»i>wv)  Joan. 
11.  56.  Colloquebantur  ad  invicetn  •  Les  Juifs 
se  disaient  les  uns  aux  autres  dans  le  temple  : 
^ue  pensez-vous  de  ce  que  Jésus-Christ  n'est 
pas  venu  à  la  fête  de  Pâques  ?  Gen  50  15. 
Dan.  13.  54.  Luc.  4.  36.  c.  6.  9. 

2°Trailer  d'affaires,  s'aboucher  {SixUyivOKi). 
2  Mach.  11.  20.  Mandavi  colloqui  vobiscum  : 
Je  les  ai  chargés  de  conférer  avec  vous  du 
reste. 

3^  Méditer  sur  quelque  chose,  en  faire  tout 
son  entretien.  Eccli.  11.  21.  Sta  in  teslamento 
tuoy  et  in  illo  colloquere  :  Que  l'alliance  que 
vous  avez  faite  avec  Dieu  soit  toujours  votre 
entretien. 

k"  Parler  et  agir  librement  et  contre  la  pu- 
deur. Dan.  13.  54.  Die  sub  qua  arbore  videris 
eos  colloquentes  sibi  :  (Si  vous  avez  surpris 
cette  femme)  dites-moi  sous  quel  arbre  vous 
les  avez  vus  parler  ensemble  ,  dit  Daniel  à 
l'un  des  accusateurs  et  faux  témoins  de  Su- 
sanne.  Voy.  v.  58.  L'inlerprète  exprime  par 
un  terme  honnête  cette  action  déshonnête. 

COLLOQUimi,  11.-1°  Entretien  ,  conver- 
sation. Eccli.  9.  11.  Colloquium  (yaia)  illius 
quasi  ignis  exardescit  :  L'entretien  de  ces  fem- 
mes brûle  comme  un  feu  :  L'Ecriture  parle 
des  femmes  d'une  rare  beauté.  1  Mac  h.  15. 
33.  —  2°  Entrevue  pour  traiter  d'affaires. 
IMaeh.  11.  22.  ScripsitJonalhœ...  occurreret 
sibi  od  colloquium  (toO  (ruiMnhyeti/f  ad  collo- 
quendum)  fcslinato  :  Démétrius  écrivit  à  Jo- 
nalhas  de  le  venir  trouver  promplemeni  pour 
conférer  avec  lui  ,  au  sujet  du  siège  qu'il 
avait  formé  pour  prendre  la  forteresse  de  Jé- 
rusalem. Voy.  v.  20.  2.  Mach.  1'*.  22. 


775 


COL 


COL 


774 


COLLJJCTARly^Mixôi/jTOui.  Lutter  avec  quel- 
qu'un ,  faire  de  grands  efforts.  Eccli.  51-  25. 
Colluctata  est  anima  mea  in  illa  :  Mon  âme  a 
lutté  longtemps  pour  atteindre  à  la  sagesse. 

COLLUCTATIO,  nis  ,  tt^/j.  Lutte  ,  com- 
bat. Ephes.  6.  12.  Non  est  nobis  colluctalio 
advenus  carnem  et  sanguinem  :  Nous  n'avons 
pas  à  combattre  contre  la  chair  et  le  sang  ; 
t.  e.  contre  des  hommes.  Voy.  Caro.  Voy. 
Sanquis. 

COLLUM ,  I,  T/5«x>3).oj.  Ce  mot  mis  pour  le 
mot  ancien  colum  ,  parce  qu'ils  ne  mettaient 
point  une  double  consonne,  vient  du  Grec 

xw),ov. 

Le  cou  ,  cette  partie  de  l'homme  sur  la- 
quelle la  tête  est  soutenue  et  appuyée.  Marc. 
9.  41.  Bonum  est  ei  magis  si  circumdaretur 
mola  asinaria  collo  ejus  :  Il  vaudrait  mieux 
pour  lui  qu'on  lui  attachât  au  cou  une  de  ces 
meules  de  moulin  qu'un  âne  tourne,  et  qu'on 
le  jetât  dans  la  mer.  Jésus-Christ  parle  con- 
tre ceux  qui  causeraient  du  scandale.  Deuf. 
33.  29.  Tu  eorum  colla  calcabis  :  (0  Israël) 
vous  foulerez  la  tête  de  vos  ennemis  sous 
vos  pieds.  L'accomplissement  de  cette  pro- 
phétie se  voit.  Jos.  10.  24.  Ponite  pedes  super 
colla  Begum  istorum  ;  Mettez  le  pied  sur  le 
cou  de  ces  rois  ,  dit  Josué  aux  principaux 
ofQciers  de  son  armée,  touchant  les  cinq  rois 
qu'ils  avaient  pris.  Qui  cum...  subjectorum 
colla  pedibus  calcarent  :  Après  que  ces  offi- 
ciers eurent  été  les  fouler  aux  pieds  ,  lors- 
qu'ils marchaient  sur  leur  cou.  Ces  rois  sont 
marqués ,  V.  3.  Ainsi  ,  Cant.  1.  9.  Colluni 
tuum  sicut  monilia  :  Votre  cou  est  comme  de 
riches  colliers.  L'Ecriture  marque  ici  le  prix 
de  la  douceur  et  de  l'humilité  des  chrétiens, 
c.  4.  4.  c.  7.  4.  Collum  tuum  sicut  iurris  ebur- 
vea  .  Votre  cou  est  comme  une  tour  d'ivoire. 
Ceci  marque  la  pureté  de  la  loi  et  de  la  do- 
ctrine de  l'Evangile,  à  laquelle  les  chrétiens 
ic  soumettent. 

Façons  de  parler  dans  le  sens  figuré 

Collum  durum.  Cou  dur  et  inflexible,  mar- 
que ropiniâtreté  et  la  résistance  à  obéir. 
Eccli  33.  27.  Jugum  et  lorum  curvant  collum 
durum  :  Le  joug  et  les  cordes  font  courber 
le  cou  le  plus  dur.  L'Ecriture  parle  ici  du 
traitement  qu'on  doit  employer  envers  les 
esclaves  rebelles. 

Collum  extentum,  erectum.  La  tête  hau(c 
et  élevée,  marque  l'in  olcnce  et  l'orgueil.  Isa. 
3.  IG.  Ambulaverunt  extento  collo  :  Les  filles 
do  Sion  ont  marché  la  tête  haute.  Job  lo. 
20.  Cucurrit  adversus  eum  erecto  collo  :  L'im- 
pie a  couru  contre  Dieu  la  tête  levée. 

Usguead  collum.  Jusqu'au  cou  ;  cette  façon 
de  parler  s'em|)loie  dans  l'Ecriture  pour  si- 
gnifier une  ruine  et  une  destruction  entière. 
Habac.  3.  13.  Denudasti  fundamentum  ejus 
usque  ad  collum;  i.  e.  Evertisti  damum  ejus 
a  fundamento  usque  ad  collum,  hoc  est  nb  imn 
ad  summum  :  Vous  avez  ruiné  la  maison  de 
l'impie  de  fond  en  comble  :  Le  Prophète  lé- 
nmigne  à  Dieu  sa  reconnaissanc  de  la  puni- 
lion  qu'il  exerça  sur  la  famille  de  l'impie 
Pharaon,  qu'il  ruina  entièrement,  en  tirant 
•on  peuple  do  l'Egypte.  Isa.  8.  8.  InunUons 


et  transîens,  usque  od  collum  veniet  :  Le  roi 
d'Assyrie,  comme  un  torrent  qui  gagne  jus- 
qu'au cou,  ravagera  toute  la  Judée  et  la  rui- 
nera entièrement  Isa.  30.  28.  Spiritus  ejus 
velut  torrens  inundans  usque  ad  médium  colli  : 
La  colère  de  Dieu  est  comme  un  torrent  dé- 
bordé où  l'on  se  trouve  jusqu'au  cou  ;  Hebr. 
ç)artage  le  cou  :  Ceci  se  dit  par  comparaison 
a  ceux  qui  sent  dans  l'eau  jusqu'à  la  moitié 
du  cou  :  le  haut  du  cou  paraissant  au-dessus 
de  l'eau,  et  le  bas  étant  au-dessous  de  l'eau. 
Phrases  tirées  de  la  signification  de  ce  mot. 

Collum  auferre  a  malo.  Oter  sa  tête,  son 
cou  du  mal;  c'est  se  dégager  d'un  malheur. 
Mich.  2.  3.  Ego  cogito  super  famViam  istam 
malum  unde  non  auferetis  colla  vestra  :  J'ai 
résolu  de  faire  fondre  sur  ce  peuple  des  maux 
dont  vous  ne  dégagerez  point  votre  tête: 
Dieu  parle  du  joug  et  de  la  servitude  des 
Chaldéens,  qui  sera  inévitable  aux  Juifs.  Isa. 
52.  2.  Solve  vincula  colli  tui  :  Tirez-vous  de 
la  servitude. 

Colla  supponere  in  opère  aliquo.  Baisser  son 
cou  pour  travailler  à  quelque  ouvrage.  2. 
Esdr.  3.  5.  Optimates...  eorum  non  supposue- 
runt  colla  sua  in  opère  Domini  sui  :  Les  prin- 
cipaux d'entre  ceux  de  Thécua  ne  voulurent 
point  s'abaisser  pour  travailler -à  l'ouNrage 
de  leur  Seigneur;  i.  e.  à  rebâtir  Jérusalem. 
Parleur  Seigneur,  les  un.s  entendent  Dieu, 
pour  la  gloire  duquel  ils  refusèrent  de  bâtir; 
les  autres  entendent  Néhémie  même,  gou- 
verneur de  la  nation,  aux  ordres  duquel  ils 
purent  bien  refuser  d'obéir.  Voy.  Dominus. 

Collum  jugo  subjicere.  Soumettre  son  cou 
au  joug;  c'est  se  rendre  obéissant  et  docile. 
Eccli.  51.  3V.  Collum  vestrum  subjicite  jugo  . 
Soumettez  votre  cou  au  joug  ;i.  e.  soumet- 
tez-vous à  la  conduite  de  la  sagesse.  Jerem. 
27.  V.  8.  12. 

COLLYRIDA,  JB  ;  xoW.u^£f.  De  collyra,  qui 
signifie  du  pain  cuit  sous  la  cendre  pour  les 
enfants^  et  signilie  : 

Gâteau  faitdans  la  poêle.  2.  Reg.  6. 19.  Parti- 
tusest...  singuliscollijridampanisuiwm:  Après 
que  David  eut  offert  les  sacrifices  d'aclion  de 
grâces,  pour  le  transport  de  l'arche  dans  la 
ville  de  David,  il  donna  à  tout  le  peuple  cha- 
cun un  pain  en  façon  de  gâteau.  Levit.  7.  12. 
c.  8.  26.  Offcrrent...  collyridas  {â.(,roç)  admix- 
tione  conspersas  :  Dans  les  hosties  pacifi- 
ques, si  c'est  une  oblation  pour  l'action  de 
grâces,  on  offrira...  les  petits  tourteaux  de 
farine  arrosés  d'huile. 

COLLYRIUM,  11 ,  xoil\>piov.  Ce  mol  qui  est 
grec  signifie  proprement  un  collyre,  médica- 
ment pour  le  mal  des  yeux,  où  i)lusieurs  dro- 
gues sont  jointes  ;  dans  l'Ecriture  : 

Collyre  ,  onguent  pour  le  mal  des  yeux  , 
s'entend  figurcmenl  de  la  lumière  du  Sainl- 
Espril,  qui  est  nécessaire  pour  guérir  les  té- 
nèbres (le  notre  âme.  Apocal.  3.  18.  Collyrio 
inunye  oculos  tuos  ut  vidcas  :  Achetez  de  moi 
un  collyre  pour  vous  l'appliquer  sur  les 
yeux  :  1  ange  a  ordre  de  dire  ceci  à  l'évêque 
de  Laodicée,  qui,  se  disant  comblé  de  biens, 
ne  savait  pas  qu'il  était  pauvre  et  misérable, 
Voy.  V.  17. 


715 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


'la 


COLOCYNTHIS,  idis.  Ce  mot  est  tout  grec, 

Coloquinte  ,  espèce  de  petite  courge  sau- 
vage, dont  l'effet  est  de  lâcher  le  ventre  :  cet 
effet  est  Diorlel,  s'il  est  trop  grand,  4.  Reg. 
k.  V  3.  39.  Collegil  ex  ea  cotocynlhidas 
agri  :  L'un  des  serviteurs  d'Elisée  cueillit 
d  une  herbe  qui  ressemblait  à  une  vigne  sau- 
vage ,  des  coloquintes  sauvages  :  elles  sont 
très-amères,  et  grosses  comme  des  citrons  ou 
des  oranges. 

COLONlA ,  M ,  xo>wvta,  de  colère.  —  1°  Co- 
lonie romaine,  ville  habitée  par  des  gens  ve- 
nus de  Rome  ou  d'Italie.  Act.  16.  12.  Veni- 
mus  inde  Philippos  quœ  est  prima  partis  Ma- 
cedoniœ  civitas  ,  Colonia  ;  Gr.  y.olwÀy..  De 
Naples,  nous  vînmes  à  Philippes  ,  qui  est  la 
première  colonie  romaine  qu'on  rencontre 
de  ce  côlé-là  dans  la  Macédoine;  aiUr.  colo- 
nie romaine  ,  qui  est  la  première  ville  de 
celte  partie  de  la  Macédoine.  Celle  ville  élait 
composée  de  vieux  soldais,  ou  de  pauvres 
Romains,  à  qui  on  avait  distribué  les  terres 
des  anciens  habitants,  lorsque  ce  pays  fut 
assujetti  à  l'empire.  — 2°  Compagnie,  société, 
Kxod.  12.  48.  Si...  in  veslram  voliierit  trans- 
ire  colonia  u  :  Que  si  quelqu'un  des  étrangers 
veut  être  associé  à  vous  :  L'Ecriture  parle 
des  Gentils,  qui  pour  être  reçus  dans  la  sy- 
nagogue des  Juifs ,  devaient  être  circoncis  ; 

Gr.  -rpocQ.vroç. 

COLONUS,  I.  TrpomjXuTof.  De  colère,  et  si- 
gnifie :  —  1°  Qui  travaille  à  une  terre  qui  lui 
a  été  mise  entre  les  mains  pour  la  cultiver 
(yEW|oy6f  ).  Marc.  12.  v,  7.  9.  Dominus  vineœ 
veniet,  et  perdet  colonos,  et  dabit  vineam  aliis  : 
Le  seigneur  de  celle  vigne  viendra  lui-même 
et  exterminera  ces  vignerons,  et  il  donnera 
sa  vigne  à  d'autres  :  Le  crime  dont  ils  étaient 
coupables  est  marqué  dans  les  deux  versels 
précédents.  Luc.  20.  v.  9.  14.  16.  Levil.  25. 
23.  Advenœet  coloni  mei  estis  :  Vous  êtes  dans 
la  terre  promise  comme  des  étrangers  à  qui 
je  la  loue.  v.  40.  Quasi  mercenurius  et  coto- 
niis  cris  ;  Dieu  s'était  réservé  d'être  le  maître 
et  le  propriétaire  de  celle  terre.  — 2'  Etran- 
ger, qui  habite  dans  un  pays  étranger  (ràcot- 
xof).  Isa,  52,  4.  Jn  ^gyptum  descendit  po- 
pulus  meus...  ut  co/onus  .- Mon  peuple  (dit 
Dieu)  descendit  autrefois  en  Egypte  pour  ha- 
biter dans  ce  pays  étranger,  Gen.  21.  34. 
Exod.  12.  49.  Levit,  18.  26.  1.  Par,  10.  18. 
Ainsi ,  Jerem.  14.  8.  Quare  quasi  colonus  fu- 
turus  es  in  terra  ?  Pourquoi  négligez-vous 
votre  terre,  comme  un  étranger  qui  n'a  point 
de  demeure  stable? 

COLOR,  is.  Du  grec  xj=wvv^"i  colora.  —  1° 
Couleur.  Prov.  23.  31.  Ne  inluearis  vinum 
quando  flavescit,  cuin  splenduerit  in  vitro  co- 
/or  e/us  ;  Ne  regardez  point  le  vin  lorsqu'il 
paraît  clair  ;  lorsque  sa  couleur  brille  dans 
le  verre. 

—  L'éclat  et  la  beauté  de  quelque  chose 
très-pure  d'elle-même.  Thren.  4. 1.  Quomodo 
mutalus  est  color  optimus  (  supple.  auri  )  ; 
Comment  l'or  a-t-il  changé  sa  couleur  qui 
était  si  belle?  Hebr.  l'or  le  plus  fin.  Le  Pro- 
phète parle  de  l'or  du  temple  qui  fut  tout 
chaujîé  par  les  Chaldceiis,   qui  ruinèrent  le 


temple  ;  d'autres  expliquent  cet  or  des  pre- 
miers du  peuple. 

2°  Etoffe  teinte.  Job.  28.  16.  Non  confère^ 
tur  tinctis  Indice  coloribus  :  On  ne  mettra 
point  la  sagesse  en  comparaison  avec  les  mar- 
chandises des  Indes,  dont  les  couleurs  sont 
les  plus  vives. 

COLOSSvE,  Gr.  Punitio.  Colosses,  ville  de 
Phrygie,  qui  est  maintenant  ruinée.  C'est  aux 
habitants  de  cette  ville  que  saint  Paul  a  écrit 
une  de  ses  lettres.  Coloss.  1.  2.  Eis  qui  sunt 
Colossis...  Gratia  vobis  et  pax:  Aux  frères  fi- 
dèles en  Jésus-Christ,  qui  sont  à  Colosses, 
Dieu  notre  Père  et  notre  Seigneur  Jésus- 
Christ  vous  donnent  la  grâce  et  la  paix  :  celle 
ville  fut  abîmée  quelque  temps  après  par  un 
tremblement  de  terre  avec  Laodicée  et  Hié- 
rapolis  ;  les  habitants  la  rebâtirent  en  un  lieu 
plus  élevé,  et  lui  donnèrent  le  nom  de  Choné. 

COLURER,  BRI,  o'jt,-;  de  co/erc,  parce  que 
le  serpent  habite  les  campagnes  ,  ou  est  dit 
par  corruption  du  Grec  x.élv§poç. 

Serpent,  couleuvre.  Eccli.  21.  2,  Quasi  a 
facie  colubri  fuge  peccata  :  Fuyez  le  péché 
comme  un  serpent, 

1°  Ennemi  fin  et  rusé,  qui  attaque  avec  fi- 
nesse et  adresse.  Gen.  49.  17.  Fiat  Dan  co- 
luber  in  via  :  Que  Dan  devienne  comme  un 
serpent  dans  le  chemin  :  Jacob  prédit  que 
cette  tribu  atUiquerait  ses  ennemis  subtile- 
ment et  finement  comme  font  les  serpents  : 
on  le  peut  juger  du  Deul.  33.  22.  et  de  ce  que 
Samson,  qui  élait  de  cette  Iribo,  a  accompli. 
Voy,  Judic,  13,  v.  2.  24.  c.  14.  4.  etc.  c.  15. 
v.  4.  5.  c.  16.  et  c.  17. 

2»  Qui  nuit  et  qui  ruine,  comme  le  serpent 
blesse  par  sa  morsure.  Isa.  14.  29.  De  radi~ 
ce...  colubri  egredietur  regulus  :  De  la  race  du 
serpent  il  sortira  un  basilic  :  Celle  façon  de 
parler  est  proverbiale,  et  celte  prophétie  fi- 
gure qu'Ezéchias,  qui  devait  s'opposer  com- 
me un  basilic  aux  Philistins ,  les  désolerait 
encore  plus  qu'Osias,  son  aïeul.  Voy.  4  Reg. 
18.  8. 

3^  Constellation  qui  environne  les  deux 
ourses  (  5o«-/wv  ).  Job.  26.  13.  Obstetricante 
manu  ejus,  eductus  est  coluber  tortuosus:  L'a- 
dresse de  la  main  puissante  de  Dieu  a  fait 
paraître  ou  sortir  le  serpent  plein  de  replis  ; 
d'aulres  l'enlendent  de  la  foudre  ;  d'autres 
de  Lucifer  ou  du  diable,  appelé  ancien  ser- 
pent :  ce  qui  revient  au  Grec  qui  porte  :  Le 
dragon  apostat  a  été  tué  par  l'ordre  de  Dieu 
Voy.  Gen.  3.  v.  14.  15. 

COLUMRA,  JE  ;  Gr.  ■nepiyrepù).  Ce  nom  vient 
de  la  voix  des  pigeons  ,  ou  de  colère  ,  parce 
que  les  pigeons  habitent  par  troupes  ,  et  on 
les  cultive. 

Colombe,  pigeon.  Ps.  67. 14.  Pennœ  colum- 
bœ  deargentatœ  :  La  colombe  dont  les  ailes 
sont  argentées  :  le  Psalmiste  compare  les 
Israélites  aux  ailes  de  la  colombe  ,  dont  le 
plumage  est  blanc  comme  l'argent ,  ce  qui 
marque  leur  bonheur.  Voy.  Clerus.  Isa.  60. 
8.  Qui  sunt  isti  quasi  columbœ  ad  fenestras 
suas?  Qui  sont  ceux  qui...  volent  comme  des 
colombes  lorsqu'elles  retournent  à  leur  co- 
lombier? Le  Prophète  compare  les  nations 
qui  devaient  entrer  avec  joie  et  avec  prom- 


T,l  COL 

lilude  dans  l'Eglise,  à  des  colombes  qui  se 
retirent  promplement  dans  leur  coloaibier. 
Vuv.  Fenestra.  c.  38.  U.  r.  59.  11. 

1  Oui  est  simple,  slupide  et  insensible. 
SophcHi.  3.  1.  Vœ...  redcmpla  civitas,  colitm- 
On  :  Malheur  à  la  viile  de  Jérusalini ,  qui  , 
après  a^  oir  été  rachetée  de  la  servitude  et  de 
la  captivité  ,  demeure  slupide  et  insensible 
conmie  une  colombe.  Voy.  Uedimere.  Ose. 
7.  11  Faclus  est  Eploaim  quasi  columba  se- 
ducla,  11071  habens  cor  :  Ephraïm  est  devenu 
comme  une  colombe  facile  à  séduire  et  sans 
inlelligence  :  cet  animal  simple  et  sans  pré- 
voyance ne  sait  point  éviter  le  mal  qu'on  lui 
veut  faire. 

2"  Les  rois  d'Assyrie  qui  se  sont  rendus 
maîtres  de  Babylono.  Jerem.  23.  38.  Fada  est 
terra  eorum  in  dcsolalionem  a  facie  irœ  co- 
lumhœ  :  La  terre  des  Israélites  a  été  désolée 
par  la  colère  de  la  colombe.  On  dit  de  Sémi- 
ramis,  qui  a  bàli  Babylone,  qu'elle  fut  chan- 
gée à  sa  mort  en  colombo  ,  et  qu'elle  a  été 
considérée  depuis  comme  la  déesse  tutélaire 
des  Babyloniens,  qui  portèrent  une  colombe 
sur  leurs  étendards  ;  et  ici  Nabuchodonosor 
est  appelé  du  nom  de  colombe,  de  mémo  que 
c.  40.  16.  parce  qu'il  portait  sur  ses  éten- 
dards une  colombe,  comme  les  Romains  por- 
taient un  aigle.  Mais,  c.  oO.  16.  A  facie  giadii 
columbœ  unusquisque  ad  populum  suum  con- 
vertetur:  Tous  les  habitants  deB;ibylone  fui- 
ront devant  l'épée  de  la  colombe,  s'entend  de 
Cyrus  qui  prit  Babylone,  et  qui  portait 
aussi  une  colombe  sur  ses  étendards.  Dans 
ces  passages  du  Prophète,  l'Hébreu  porte  :  A 
facie  irœvastatoris  .-ce  qui  vient  de  ce  que  le 
mot  hébreu  peut  signifier  l'un  et  l'autre.  Les 
Septante  ont  traduit  uà/cAicx  utyi.'/.v,  la  grande 
épée,  c'est-à-dire,  l'épée  puissante  de  Nabu- 
chodonosor, qui  était  le  plus  puissant  des 
princes  de  l'Orient. 

3"  L'Eglise  est  marquée  par  la  colombe,  à 
cause  de  sa  pureté  et  de  sa  simplicité.  Gant. 
6.  8.  Una  est  columba  mea  :  Une  seule  c'est 
ma  colombe  :  c'est  lEpoux  mystique  qui 
parle  de  l'Eglise,  son  épouse,  c.  2.  v.  10.  14. 
c.  o.  2. 

COLCMNA  ,  JE,  TTJAo,-;  de  columen  pour 
culmeyi,  et  les  colonnes  sont  ainsi  appelées  , 
parce  qu'elles  soutiennent  le  haut  de  l'édiQ- 
cc;  et  signifie  : 

Colonne.  Eccli.  26.  23.  Columna  aureœ  su- 
per bases  argenleas,  et  pcdes  firmi  super  plaii- 
tas  slabilis  mulieris  :  La  femme  posée  de- 
meure ferme  sur  ses  pieds,  comme  des  colon- 
nes d'or  sur  des  bases  d'argent.  Cc(  i  marque 
que  la  vertu  d'une  femme  se  fait  connaître 
par  sa  démarche  grave  et  posée  ,  et  par  sa 
stabilité  à  demeurer  dans  son  logis  sans  cou- 
rir çà  et  là. 

1"  Celte  colonne  qui  conduisait  les  Israé- 
lites dans  le  désert,  et  qui  |)araissait  une  co- 
lonne de  nuée  pendant  le  jour,  et  une  colonne 
do  feu  pendant  la  nuil  ,  cl  qui  représentait 
Dieu  même.  Exod.  13.  21.  Domivus...  prœce- 
debat  eos  ad  ostendendam  viam  pcr  dicm  in 
columna  nubia  cl  pcr  noclcm  in  columna  ignis, 
ut  dvx  essel  ilineris  tilrogne  Icniporc,  v.  22. 
C.  14.  v.  13. 2ij.  etc.  Outre  la  colonne  de  nuée 

DlCTig:^.'?.  DE  PHILOL.    SACRÉE.    I. 


COL 


na 


qui  servait  de  guide  au  peuple,  il  y  avait  en- 
core une  nuée  répandue  dans  l'air  par  un 
long  espace,  qui,  comme  une  grande  tente, 
couvrait  tout  le  camp  ,  et  le  mettait  à  l'abri 
des  gramies  ardeurs  du  soleil,  comme  il  est 
marqué,  Ps.  34.  38.  D'autres  néanmoins 
croient  que  c'était  la  même  colouiie  de  nuée 
qui  conduisait  le  peuple,  qui  couvrait  tout  le 
cimp,  cl  qui  couvrait  aussi  !c  tabernacle  et 
le  remplissait  de  la  gloire  de  Dieu.  Exod.  40. 
32.  Voy.  Gloria.  G  est  dans  cette  colonne  de 
nuée  que  Dieu  parla  à  Moïse  et  à  Aaron.  Ps. 
98.  7.  In  columna  nubis  loquebalur  ad  eos  ;  à 
quoi  se  peut  rapporter  columna  fumi  :  Vne 
fumée  qui  s'élève  d'un  embrasement  en  forme 
de  colonne,  /udic.  20.  40.  Cum  vidèrent  quasi 
columnam  fumi  de  civitate  conscendere  :  Les 
Israélites  virent  comme  une  colonne  de  fumée 
qui  s'élevait  de  la  ville  de  Gabaa  au-dessus 
des  maisons. 

2=  Appui  ,  soutien  ,  fondement.  Ps.  74.  4. 
£"170  confirmavi  columnas  ejus  :  C'est  moi  qui 
ai  affermi  les  colonnes  de  la  terre;  c'est  Dieu 
qui  parle.  Job.  9.  6.  l.Tim.3.  13.  Ecclesia 
quœ  est  columna  et  firmamenlum  veritalis  : 
L'Eglise  visible  est  la  colonne  et  la  base  de  la 
vérité;  i.  e.  la  véritable  dépositairede  la  vérité. 

3'  Qui  est  ferme  et  stable  ,  et  pour  durer 
toujours,  comme  les  colonnes  le  sont  dans  un 
édifice.  Apoc.  3.  12.  Quivicerit,  faciam  itlum 
columnam  in  templo  Dei  mei  :  Quiconque  sera 
victorieux,  je  ferai  de  lui  une  colonne  dans 
le  temple  de  mon  Dieu. 

4°  Les  apôtres  et  les  docteurs  dans  l'Eglise 
qui  la  soutiennent  comme  les  colonnes  sou- 
tiennent un  édifice.  Prov.  0.  1.  Sapientia  œdi- 
ficavil  sibi  domum...  excidit  columnas  septem  : 
La  sagesse  a  taillé  sept  colonnes;  i.  e.  plu- 
sieurs. Ce  nombre  déterminé  est  mis  pour  le 
nombre  indéterminé.  Ainsi  ,  les  colonnes, 
dans  ce  sens  ,  mar(iuent  proprement  les 
saints,  les  prélals,  qui  soutiennent  l'Eglise 
par  leurs  paroles  et  par  leurs  exemples.  Gai. 
2.  0.  Jacobus  et  Cephas  et  Joannes  qui  vide— 
bantur  columnœ  esse  :  Jacques,  Cephas  et 
Jean,  qui  étaient  considérés  comme  les  co- 
lonnes de  l'Eglise.  C'est  des  apôtres  qu'on 
entend  aussi  ces  paroles  du  Psalmiste.  Ps. 
74.  4.  Ego  confirmavi  columnas  ejus  :  C'est 
moi  qui  ai  affermi  les  colonnes  do  la  terre. 

Façons  de  parler. 

Columnœ  cœli,  les  colonnes  du  ciel  ;  i.  e.  les 
montagnes  qui  paraissent  soutenir  le  ciel,  ce 
qui  a  donné  lieu  à  la  fable  du  mont  Allas.  Job. 
26.  11.  Columnœ  cœli  conlrcmiscunt  •  Les  co- 
lonnes du  ciel  tremblent  devant  lui.  Plusieurs 
expliquent  ces  paroles  de  toute  la  machine 
du  ciel,  qui  piraît  être  ébranlée  dans  ses  fon- 
dements par  l'épouvanlable  fraea^  des  fou- 
dres et  des  tonnerres;  et  d'aulrcs  les  expli- 
quent des  anges  ,  qui  sont  sans  cesse  dan.> 
une  sainte  frayeur  en  présence  de  la  majesté 
divine. 

Columnœ  tcrrœ,  les  fondements  de  la  terre 
qui  n'est  toutefois,  à  proprement  parler,  sou- 
tenue  que   par  la  touli-puissance  de  Dieu. 
Job.  9,  0.  Qui  commoict  Irrram  de  loco  suo, 
et  columnœ  ejus  conculiuntur  :  C'est  Dieu  qui 

25 


770 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SALUEE 


im 


remue  la  terre  de  sa  place  par  des  tremble- 
ments extraordinaires,  et  qui  fait  que  ses  co- 
lonnes sont  ébranlées.  Ps.  7i.  k.  Ego  confir- 
mavi  columnas  ejus  :  C'est  moi  qui  ai  affermi 
ses  colonnes  ;  c'est  Dieu  qui  soutient  la  terre, 
et  en  peut  réparer  les  ruines  ;  d'autres  l'en- 
tendent des  hommes  justes  ,  qui  empêchent 
que  le  monde  ne  périsse. 

COMA,  JE,  Gr.  xôfji»3  :  — 1° Cheveux  longs, 
chevelure.  1.  Cor.  11.  v.  14.  15.  Virquidem  si 
coninm  nutriat,  ignominia  est  illi;  muliervero 
si  comam  mitriat,  gloria  est  illi  :  La  nature  ne 
nous  apprend-elle  pas  qu'il  est  honteux  à  un 
homme  d'avoir  do  longs  cheveux,  et  qu'il  est 
au  contraire  honorable  à  une  femme  de  les 
faire  croître.  Les  cheveux  longs  ne  convien- 
nent qu'aux  femmes  ou  aux  efféminés.  Ezech. 
kk.  20.  Neque  comam  nutrient  ;  sed  tondentes 
altondent  capita  sua  :  Les  préires  et  les  lé- 
vites ne  laisseront  point  croître  leurs  che- 
veux; mais  ils  auront  soin  de  les  couper  de 
temps  en  temps  pour  les  tenir  courts,  pour 
ne  point  imiter  la  superstition  des  Egyptiens 
et  des  autres  peuples,  qui,  dans  le  deuil,  se 
rasaient  quelquefois  la  tête  ,  et  quelquefois 
laissaient  croître  leurs  cheveux.  Néanmoins, 
comme  les  Hébreux  ne  quittaient  pas  aisé- 
ment les  pratiques  superstitieuses  qu'ils 
avaient  apprises  dans  l'Egypte  ,  Dieu  a  per- 
mis à  Moïse  d'en  établir  de  pareilles  ,  afin 
qu'ils  se  défissent  de  ces  anciennes  erreurs; 
comme  dans  les  Nazaréens,  de  laisser  croître 
leurs  cheveux,  et  en  certain  temps  de  se  ton- 
dro  ,  pour  s'acquitter  d'un  vœu.  S.  Cyrill.  de 
Adorât.  1. 16.  de  là  vient  cette  façon  de  parler  : 

Atlondere  in  comam aliqiiem,  couper  à  quel- 
qu'un les  cheveux  en  rond.  Jer.  9.  26.  Qui 
atto7isi  sunt  in  comam  :  Tous  ceux  qui  se  font 
couper  les  cheveux  en  rond;  par  lesquels  le 
prophète  entend  les  Arabes.  Voy.  Attondere. 

2^  Feuillages ,  branchage  touffu  {Ozpi(jy.ôç). 
Job.  14.  9.  Ad  odorem  aquœ  germinabit  et  fa- 
ciet  comam  :  Un  arbre  ,  quoiqu'il  ait  le  tronc 
desséché  et  comme  mort  dans  la  poussière,  ne 
laissera  pas  de  pousser  aussitôt  qu'il  aura 
senti  l'eau. 

COMBURERE,  >:/Taxac£iv,  brûler.  Ps.  45.  10. 
Scuta  comburet  igni  :  Le  Seigneur  brûlera  les 
boucliers  en  les  jetant  dans  le  feu ,  ce  qui  est 
une  façon  de  parler  pour  marquer  que  Dieu 
abattra  toutes  les  forces  des  ennemis  de  son 
tglise.  Jos.  11.  V.  6.  9.  Currusque  combussit 
iyni  {è^-KfyfiOziv)  :  Josué  brûla  les  chariots  de 
Jabin  et  de  tous  les  rois  que  Jabin  s'était 
associés  contre  Josué.  Amos.  6.  10.  Comburet 
eum.  ut  efjerat  ossa  de  domo  :  Leur  plus  pro- 
che les  brûlera  dans  la  maison  pour  empor- 
ter les  os.  Dans  cette  désolation  publique,  les 
Israélites  n'embaumeront  point  leurs  pro- 
ches, selon  leur  coutume;  mais  il  les  brûle- 
ront promptement  ou  parce  qu'il  y  en  aura 
un  trop  grand  nombre ,  ou  pour  n'être  pas 
surpris  par  les  ennemis. 

1"  Ternir,  rendre  livide,  dessécher.  Isa.  13. 
8.  Facii'S  combustœ  vultus  eorum  :  Leurs  vi- 
sages seront  desséchés  comme  s'ils  avaient 
été  brûlés  par  le  feu.  Celte  prophétie  regarde 
les  Babyloniens. 

il"  Perdre,    ruiner  de  réputation    (xaù-iv}. 


Eccli.  28.  6.  In  flamma  sua  non  comburet 
justos  :  La  langue  maligne  ne  consumera 
point  le  juste  dans  ses  flammes  ,  parce  que 
Dieu  les  en  préservera  et  les  en  délivrera. 

S"  Perdre,  ruiner,  consumer  {Kvçflâixnsiv). 
Amos.  5.  6.  Ne  forte  comburalur  ut  ignis 
domus  Joseph  :  De  peur  qu'il  ne  fonde  sur  la 
maison  de  Joseph  comme  un  feu  qui  la  ré- 
duise en  cendre. 

4°  Tourmenter  par  des  supplices  horribles. 
Dan.  7.  11.  Yidiquoniam  ejus  corpus  tradilum 
esset  ad  comburendum  igni  :  Je  vis  que  le 
corps  de  la  bêle  avait  été  détruit  cl  livré  au 
fou  pour  être  brûlé;  i.  e.  le  corps  de  la  qua- 
trième bête  ,  qui  marque  Antiochus.  Apoc. 
18.  8.  Igné  comburelur  :  Babylone  sera  brûlée 
par  le  feu.  Cette  Babylone  est  Rome  païenne, 
qui  fut  saccagée  ;  son  empire  fut  mis  en  proie, 
et  (comme  dit  saint  Jérôme)  Rome  fut  consu- 
mée par  un  seul  embrasement.  Mallh.  3.  12. 
Luc.  3.  17.  Voy.  Inextinguibilis. 

COMBUSTlO,  Nis,  y.xvGtç.  —  1"  Brûlemonl, 
action  de  brûler.  Jorem.  51.23.  Z>a6o  te  in  mon- 
tem  combustionis  :  Je  te  rendrai  une  monta- 
gne consumée  par  les  flammes.  Isa.  10.  16. 
Subtus  gloriam  ejus  succensa  ardebil  quasi 
combustio  ignis  :  Sous  la  victoire  du  roi  d'As- 
syrie, Dieu  formera  un  feu  qui  le  consumera. 
Ces  deux  prophéties  regardent  la  désolation 
d'Assyrie.  Isa.  9.  5.  Ainsi ,  Heb.  6.  8.  Cujus 
consummatio  in  combustionem  :  On  mettra  à 
la  fin  le  feu  à  une  terre  infructueuse.  Ainsi, 
2.  Par.  21.  19.  Secundum  morem  combustion 
nis  :  Le  peuple  ne  rendit  point  à  Jorum  les 
honneurs  qu'on  avait  rendus  à  ses  ancêires 
en  brûlant  pour  lui  des  parfums  ,  selon  la 
coutume.  Jer.  34.  5.  —  2°  Espèce  de  brûlure, 
ulcère  (x«T«zaupia).  Levit.  13.  28.  P/a^a  com- 
bustionis est  :  C'est  l'effet  d'une  brûlure;  l'E- 
criture parle  de  la  marque  pour  reconnaître 
la  lèpre. 

§  1.  —  Chose  brûlée.  Num.  19.  17.  Tollent 
de  cineribus  combustionis  :  Us  prendront  des 
cendres  do  la  vache  brûlée  pour  le  péché. 

§  2.  —  Supplice  du  fou  de  l'enfer.  Isa.  9.  5. 
Omnis  violenta  prœdatio...  eritin  combustio- 
nem :  Tous  ceux  qui  oppriment  les  autres  par 
violence  et  par  meurtre,  seront  punis  du  feu  de 
l'enfer.  Heb.  8.  Cujus  consummatio  î'n  combus- 
tionem: L'âme  qui  ne  produira  aucune  bonne 
œuvres  figurée  par  une  terre  stérile  ,  sera 
enfin  jelée  au  feu  d'enfer. 

COMBUSTURA,  £,  ■/.u.7v.y.v.\>i>.u,  brûlure.  Le- 
vit.  13.  28.  Cicatrix  est  combusturœ  :  La  cica- 
trice d'une  brûlure. 

C0;MEDERE  ,  fùyziv,  h^iza  :  —  1"  Manger, 
consumer  et  dépenser  du  bien  pour  les  néces- 
sités de  la  vie.  Eccl.  5.  10.  Mulli  et  qui  co- 
medunt  cas  :  Où  il  y  a  beaucoup  de  bien,  il  y 
a  aussi  beaucoup  de  personnes  pour  le  man- 
ger. —  2'  Prendre  son  repas.  Marc.  7.  4. 
A  l'oro  nisi  baptizenlur,  non  comedunt  :  Les 
Pharisiens  et  tous  les  Juifs,  lorsqu'ils  revien- 
nent du  marché,  no  mangent  point  sans  s'être 
lavés.  Gen.  7.  v.  31.  54.  c.  43.  16.  3.  Reg.  19- 
5.  et  Prov.  23.  1.  Quando  sederis  ut  comeda.f 
cum  principe  :  Lorsque  vous  serez  assis  pour 
manger  avec  le  prince.  Ainsi,  Gen.  37.  ■26.  f . 
43    v.  23.  32.  Exod.  2.  20.  c  18.  12.  Voyez 


73i  COM 

pAMis.  Levit.  7.  23.  Adipem  ovis  et  hovis  et 
caprœ  non  comedetis :\ous  ne  mangerez  point 
lagraissedelabrebis,du  bœufet  de  la  clièvre; 
soitque  vouslesimiiioliczà  Dieu,soilquo  vous 
les  tuiez  pour  votre  usage.  La  raison  élail  qu'ils 
devaient  par  respect  s'abstenir  de  manger  ce 
qui  était,  préférablcmenl  à  toutes  choses, 
offert  à  Dieu  dans  les  sacrifices.  Voy.  Adeps. 
Ils  pouvaient  manger  de  la  graisse  des  ani- 
maux qui  ne  s'offraient  point  en  sacrifice. 

§  1.  —  Vivre  ,  être  en  vie  (ç-àyciv).  Exod. 
2i.  11.  Viderunlque  Deum,  et  comeclenint  ac 
hiberunt  ;  Ces  princes  d'Israël,  après  avoir  vu 
Dieu,  s'en  retournèrent,  et  ils  burent  et  man- 
gèrent comme  auparavant.  Les  Juifs  croyaient 
mourir  quand  ils  avaient  vu  Dieu,  comme  il 
se  voit.  Judic.  6.  v.  22.  23.  etc.  13.  22.  Peut- 
être  sur  ce  qui  est  dit,  Exod.  33.  20.  Ainsi, 
Eccli.  5.   17.   Amos.  7.   12.  Voyez  Mandu- 

CARE. 

§  2.  — Jouir,  posséder,  avoir  part  (É'SsfrOat). 
Gen.  io.  18.  c.  i9.  27.  31ane  comedet  prœdam  : 
Benjamin  ,  comme  un  loup  ravissant,  dévo- 
rera la  proie  le  malin  ;  ce  qui  peut  marquer 
que  cette  tribu  était  naturellcnjenl  guerrière 
et  maligne.  Voy.  l'accomplissement  de  cette 
prophétie  ,  Judic.  c.  20.  3.  Rcg.  c.  12.  c.  ik. 
c.  15.  Ainsi  ,  Gen.  31.  v.  15.  38.  1.  Esdr.  9. 

12.  Isa.  1.  19. 

§  3.  —  Recevoir  avec  plaisir  la  nourriture 
spirituelle.  Isa.  55.  v.  1.  2.  Comedite ,  cume- 
dite  bonum  :  Nourrissez-vous  de  la  bonne 
nourriture.  Celte  bonne  nourriture  est  la 
grâce  du  Sauveur  ,  marquée  ici  par  le  vin  et 
par  le  lait,  et  qui  est  marquée  par  le  pain. 
Prov.  9.  5.  Venite,  comedite  panem  meum  : 
Venez,  mangez  le  pain  que  je  vous  donne; 
l'Eglise  applique  ce  pain  à  la  nourriture  de 
l'Eucharistie.  Ainsi,  Comedere  sermones  Dei, 
c'est  se  nourrir  de  la  parole  de  Dieu.   Jerem. 

13.  16.  Jntenii  sunt  sermones  tui ,  et  comedi 
eos  :  J'ai  trouvé  vos  paroles,  et  je  m'en  suis 
nourri.  Ezech.  2.  8.  c.  3.  v.  3.  k.  Apoc.  2. 
9.  10. 

§  i. — Consumer, user,  ronger.  Jac.5.2.  Vesti- 
menta  vestra  a  lineis  comesta  sunt:  Les  vers 
lîiangentlesvétementsque  vous  avez  en  réser- 
ve ;  lapôtre  blâme  ici  les  riches,  le  devoir  des 
quels  on  peut  voir  Luc,  3. 11.  Job.  30. 18.  Qui 
me  comedunt,  non  dormiunt ;  i.  e.  les  fers  qui 
me  dévorent  ,  ne  dorment  point.  Ps.  68.  10. 
/élus  domus  tuœ  comedil  me  :  Jésus-Christ 
était  comme  brûlé  du  zèle  de  rétablir  le  bon 
ordre  pour  conserver  l'honneur  et  le  respect 
qui  était  dû  au  temple  de  Jérusalem  ,  que 
Dieu  avait  choisi  pour  sa  demeure.  Voy. 
saint  Jean,  2.  v.  IV.  15.  16.  17. 

§  5.  —  Piller,  ruiner.  Jerem.  .50.  v.  17.  Pri- 
mus  comedit  eum  rex  Assyrius  :  Le  roi  des 
Assyriens  (.se.  S.ilinaiias.ir  ou  Seniiachéribj 
a  dévoré  Israël  le  premier,  c.  51.  3'i-.  Ps.  78. 
8.  Nahum.  .'{.  12.  Prov.  30.  IV.  Ose.  7.  9.  c.  11. 
(i.  Matlh.  23.  li.  La  mélaphore  est  tirée  des 
bêles  farouches,  comme  il  se  voit.  Ezecii.  19. 
3.  i).in.  7.  V.  5.  7.  9.  Comedc  carnes  plurimns  : 
Rassasiez- vous  de  cainage.  Cette  seconde 
bêle  ro|)rés('ntail  lempire  des  Perses,  (lui  se 
souriiil  plusieurs  roy.uimes. 

&  6.  — Offenser,  faire  tort,  déchirer  par  in- 


COM 


782 


jures  et  médisances.  Gai.  5.  15.  Si  invicem 
mordetis  et  comedilis{y.u-z'7biiL^j)  :  Si  vous  vous 
mordez  et  dévorez  les  uns  les  autres;  ici, 
mor.lre,  c'est  faire  de  moindres  injures ,  et 
dévorer,  c'est  en  faire  de  plus  grandes  ;  ce 
verbe  est  en  ce  sens  dans  Térence,  Eui.uc. 
Hune  comedendum  et  deridendum  vobis  pro- 
pino.  La  métaphore  est  tirée  des  bétes  car- 
nassières et  cruelles. 

PLrases  tirées  de  celle  signiflcalion. 

Comedere  panem  5uum,manger  de  son  pain, 
c'est  gagner  sa  vie  de  son  travail,  de  sa  peine 
et  de  ses  soins.  Isa.  V.  1.  Paneni  nostrum  co~ 
medemus  :  Nous  nous  nourrirons  nous- 
mêmes.  Le  Prophète  ,  par  celte  proposition, 
que  plusieurs  femmes  feront  à  un  seul  Juif, 
qu'il  les  épouse  ,  et  qu'elles  gagneront  leur 
vie  sans  iui  être  à  charge,  marque  la  grande 
défaite  d'hommes  qui  devait  arriver  par  le 
roi  de  Syrie.  Voy.  2.  Par.  28.  v.  6.  8.  Ainsi, 
Prov.  31.  27. 

.  Comedere  panem  impietatis ,  se  nourrir  du 
pain  de  son  impiété  ,  c'est  vivre  de  rapines, 
d'injustices  et  des  torts  faits  à  son  prochain. 
Prov.  i.  17.  Comedunt  panem  impietatis  :  Le» 
impies  se  nourrissent  du  pain  de  l'impiété. 
Voy.  V.  14. 

Comedere  peccata  populi ,  se  nourrir  des 
péchés  du  peuple  ,  c'est  s'enrichir  et  faire 
bonne  chère  des  sacrifices  offeris  pour  les 
péchés  du  peuple.  Ose.  k.  8.  Peccata  populi 
mei  comedent  :  Les  prêtres  se  nourrissent  des 
péchés  de  mon  peuple.  Dieu  se  plaint  qu'ils 
étaient  bien  aises  que  le  peuple  offrît  beau- 
coup de  sacrifices,  parce  qu'ils  en  profitaient, 
et  cette  vue  faisait  qu'ils  ne  portaient  pas  le 
peuple  à  se  convertir  de  leurs  péchés. 

Comedere  cibos  lugentium.  Manger  des 
viandes  qu'on  donne  à  ceux  qui  sont  dans  le 
deuil,  c'est  recevoir  de  la  consolation  de  la 
mort  de  sos  proches,  souffrir  qu'on  nous  en 
console.  Ezech.  2V.  17.  Nec  cibos  lugenlium 
comedes  :  A  la  mort  de  votre  femme  vous  ne 
mangerez  point  de  viandes,  qu'on  donne  à 
ceux  qui  sont  dans  le  deuil.  Celte  situation 
du  prophète  était  la  figure  de  celle  où  se- 
raient les  Juifs  au  temps  de  leur  désolation, 
qui  n'auraient  pas  alors  loisir  de  pleurer 
leurs  parents  et  amis.  v.  22.  Et  facielis  sicuf 
feci...  cibos  lugentium  non  comedetis  :  Vous 
ferez  comme  jai  fait:  vous  ne  mangerez  point 
des  viandes  qu'on  donne  à  ceux  qui  sont 
dans  le  deuil.  V^oy.  Llgens. 

Comedere  de  ovis  aspidum.'Slungci-  des  œufs 
d'aspic,  c'est  avoir  part  aux  noirs  desseins 
des  méchants.  Isa.  59.  5.  Qui  comcderit  de 
ovis  eorum,  moriclur.  Celui  qui  mangera  do 
ces  œufs  d'aspic,  en  mourra. 

Comedere  fructus  viœ  suœ,  frugcm  mcnda- 
cii.  Comedere  fruclum  adinvenlionum  siin- 
rum.  —  1°  Manger  le  fruit  de  sa  voie,  c'est 
recevoir  la  punition  que  méritonl  ses  mau-^ 
vaisis  actions  (s'oscrOai).  Prov.  1.  31.  Corne-- 
dent  igitur  fructus  viœ  suœ  :  Les  pécheurs 
mangeront  du  fruit  de  leur  voie.  c.  18.  21  : 
Qui  dUigunt  eam ,  comedent  fructus  ejus  . 
Ceux  qui  raiiuciit  (  il  parle  de  la  langue), 
mangeront  de  ses  fruits;  i.  c.  ceux  ';ui  ai- 


783 


mont  à  parler  beaucoup,  seront  punis  des 
fautes  qui  sont  ordinaires  aux  grands  par- 
leurs. Ose  10.  13.  Comedisii  frugem  menda- 
cii  :  Vous  vous  êtes  nourris  du  fruit  du  men- 
songe; i.  e.  puisque  vous  avez  agi  avec  trom- 
perie et  mensonge,  vous  en  porterez  aussi  la 
peine;  ou,  selon  d'autres,  vous  vous  trouve- 
rez trom  pés  de  votre  travail ,  qui  était  fondé 
sur  le  mensonge,  dans  l'espérance  que  vos 
idoles  vous  rendraient  heureux.  —  2°  Man- 
ger, recueillir  le  fruit  de  ses  œuvres,  s'entend 
en  bonne  part;  i.  e.  recevoir  la  récompense 
de  ses  bonnes  œuvres.  Isa.  3.  10.  Dicitejusto 
quoniambene,  quonium  fructum  adinvenlio' 
nuni  suarum  comedet  :  Dites  au  Juste  qu'il 
espère  bien,  parce  qu'il  recueillera  le  fruit  de 
ses  œuvres. 

Comedere  fructus  agrorum  terrœ.  Manger 
des  fruits  d'une  terre,  c'est  demeurer  et  ha- 
biter dans  un  pays  fertile,  en  y  vivant  des 
fruits  qu'on  y  cultive,  et  qui  y  croissent. 
Deut.  32.  13.  Constituit  eiun  super  excelsam 
terram,  ut  comederet  frnctus  agrorum  :  Dieu 
a  établi  le  peuple  d'Israël  dans  un  excellent 
pays  pour  y  manger  les  fruits  de  la  terre. 

Comedere  melet  oleum.  Se  nourrir  et  vivre 
délicatement,  faire  bonne  chère.  Ezech.  16. 
13.  Mel  et  oleum  comedisii  :  (  Jérusalem  ) 
vous  avez  mangé  du  miel  et  de  l'huile. 

Comedere  bulyrum  et  me/. Manger  le  beurre 
et  le  miel,  c'est  vivre  d'une  manière  com- 
mune et  ordinaire,  et  être  nourri  et  élevé 
comme  les  autres  hommes.  Isa.  l.io.  Buly- 
rum et  mel  comedet  :  Le  Fils  de  cette  Vierge; 
t.  e.Jésus-Christ  mangera  le  beurre  et  le  miel; 
i.  e.  sera  nourri  comme  les  autres  enfants. 

Voy.  BUTYRLM. 

Comedere  cum  nliquo.  Manger  avec  quel- 
qu'un, à  sa  table,  c'est  vivre  familièrement 
avec  lui  comme  avec  sou  intime  ami,  avoir 
alliance  avec  lui.  Abd.  7.  Qui  comedunt  te- 
cum,  ponent  insidias  subler  te  :  Ceux  qui 
mangeaient  à  voire  table  vous  ont  dressé  des 
embûches.  Le  Prophète  parle  des  Assyriens, 
qui  devaient  venir  contre  les  Iduméens , 
quoique  ces  deux  peuples  eussent  été  autre- 
fois alliés  contre  le  peuple  juif.  Dan.  11.  26. 
Ainsi,  Isa.  11.  7.  c.  65.  25.  Léo  quasi  bos  co- 
medet palcas  :  Le  lion  mangera  la  paille 
comme  le  bœuf;  i.  e.  au  temps  du  Messie, 
les  personnes  qui  étaient  autrefois  les  plus 
fières  et  les  plus  hautaines,  après  leur  con- 
version, vivront  en  grande  intelligence  avec 
les  fidèles  qui  sont  paisibles.  Voy.  Léo. 

Comedere  et  biberc.  Manger  et  boire  mar- 
quent : 

1  Etre  en  vie  et  en  bonne  sanlé.  Exod.  2i. 
11.  Viderunlque  Deum,  et  comederunlac  bibe- 
runt.Yoy.  ci-dessus,  n.  1. 

2'  Manger  ,  faire  festin  avec  grande  ré- 
jouissance, l.  Reg.  30.  16.  Ecce  illi  discum- 
bebanl . . .  comedenles  et  bibenles :lh  trouvèrent 
les  Amalécites  mangeant  et  buvant ,  et  fai- 
sant une  grande  fêle.  David  les  trouva  qui 
goûtaient  le  plaisir  des  dépouilles  qu'ils  ve- 
naient d'enlever  de  Sicéicg.  2.  lleg.  11.  11. 
3.  Ucg.  4-.  20.  c.  18.  ki.  k.  lleg.  0.  23.  etc. 
Ainsi,  l'oubli  de  manger,  ou  ne  point  man- 
ger, marque  une  grande  uffliction.  Vs.  101. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  S.^CREE.  T34 

5.  Oblitus  sum  comeuere  panem  meum  .-J'ai  ou» 
blié  de  manger  mon  pain.  1.  Reg.  20.  Sk.  c. 
1.8.  c.  28.  V.20.  23. 

3°  Vivre  gaiement  et  dans  la  prospérité. 
Eccl.  2.  2i-.  Nonne  melius  est  comedere  et  bi- 
bere,  et  ostendere  animœ  suœ  bonade  laboribus 
suis  .-Ne  vaut-il  pas  mieux  manger  et  boire, 
et  faire  du  bien  à  son  âme  du  fruit  de  ses 
travaux  ;  se.  qu'en  travaillant  de  se  refuser  le 
nécessaire  pour  amasser,  c.  5.  18.  c.8.  5.  Isa. 
65.  13.  Jerem.  22.15. 

k"  Se  divertir,  s'abandonner  à  la  débau- 
che. Isa.  22.  i3.Gaudiu7n  et  lœtitia...  comedere 
carnes  et  bibere  vinum  :  Vous  ne  penserez 
quà  manger  de  la  chair  et  à  boire  du  vin. 
Comedamus  et  bibamus,  cras  enim  moriemur  • 
Nos  prophètes  disent  que  nous  mourrons 
bientôt  :  diverlissons-nous  donc  autant  que 
nous  pourrons  dans  le  peu  de  temps  que 
nous  avons,  disaient  les  impies  entre  les 
Juifs,  c.  21.  S.Luc.  12.  19. 

5°  Vivre  comme  les  autres  et  avec  eux  sans 
distinction  ,  manger  aux  heures  ordinaires, 
ne  point  jeûner.  Voy.  Luc.  7.  34. 

Comedere  et  tergere  os  suum.  Manger  et  es- 
suyer sa  bouche,  c'est  faire  le  mal,  et  le 
dissimuler  ians  qu'il  y  paraisse.  Prov.30.20. 
Talis  est  et  via  mulieris  adultérée  quœ  comedit, 
et  tergens  os  suum  dicit:Non  sum  operata  ma-' 
lum  :  Telle  est  la  voie  de  la  femme  adultère, 
qui,  après  avoir  mangé,  s'essuie  la  bouche, 
et  dit  :  Je  n'ai  point  fait  de  mal.  Elles  contre- 
font les  honnêtes  femmes,  et  nient  hardiment 
qu'elles  aient  fait  de  mal,  parce  qu'il  ne  pa- 
raît point. 

Comedere  carnes  suas.  Manger  sa  propre 
chair,  c'est  laisser  consumer  ses  entrailles 
faute  d'avoir  de  quoi  manger;  se  faire  mourir 
de  faim  plutôt  que  de  travailler.  Eccl.  k.  5. 
Stultus  complicat  maniis  suas,  et  comedit  car- 
nés  suas  :  Il  y  en  a  d'assez  fous  pour  mettre 
leurs  mains  l'une  dans  l'autre,  et  manger 
leur  propre  chair. 

Comedere  mane.  Etre  déréglé,  se  donner  à 
ses  plaisirs,  et  à  la  bonne  chère,  au  lieu  de 
s'acquitcr  de  sa  charge.  Eccl.  10.  16.  Vœ  tibi, 
terra...  cujus  principes  mane  comedunt  : 
Malheur  à  toi,  terre,  dont  les  princes  man- 
gent dès  le  matin;  se.  dans  le  temps  où  ils 
devraient  rendre  la  justice  au  peuple. 

COMES,  iTis.  De  cum,  et  du  verbe  eo ,  et 


signifie  : 

i"  Qui  accompagne,  ou  qui  est  à  la  suite 
de  quelqu'un  (ô  //îTà)  Gen.  24.  59.  Dimise- 
runt  crgo  eam,  et  nutricem  illius,  servumque 
Abraham,  et  comités  ejus  :  Balhuel  et  Laban 
laissèrent  aller  Rébecca,  accompagnée  de  sa 
nourrice,  avec  le  serviteur  d'Abraham,  et 
ceux  qui  l'avaient  suivi  :  Rébecca  allait  pour 
épouser  Isaac.  Jerem.  40.  9.  2.  Mach.  14.  18. 
Act.  22.  11. 

2"  Compagnon  de  voyage  (<Tuv£/ofl/:/o,-).  Act. 
19.  29.  Uaplo  Gaio  et...  comitibus  Fauli  : 
Ceux  du  métier  de  Démclrius  ayant  entendu 
de  lui  le  danger  que  courait  leur  métier,  el 
le  culte  de  Diane,  à  cause  de  la  doctrine  de 
saint  Paul,  entraînèrent  Gaïus  et  Aristarque, 
Macédoniens,  qui  avaient  accompagné  sain! 


785 


COM 


COM 


•8G 


Paul  dans  son  voyage;  se.  au  théâtre  devant 
le  peuple  assemblé.  2.  Cor.  8.  19. 

3*  Grand  seigneur  de  la  cour  d'un  prince. 
2.  Macli.  k.  3\.Relicto  suffeclo  imo  ex  comili- 
bus  suis  Andronico  :  Antiochus,  surnommé 
ïlllustre,  laissa  pour  son  lieutenant  un  des 
grands  de  sa  cour,  nommé  Andronique;  se. 
pendant  qu'il  allait  pour  apaiser  la  sédition 
des  deux  villes  de  Tharse  et  de  Mallo.  De 
cornes,  comme  qui  dirait  comte  ou  baron, 
vient  comitalus;  la  cour  d'un  prince  dans 
les  auteurs  ecclésiastiques. 

4°  Général  d'armée.  2.  Reg.  20.  11.  Ecce 
qui  esse  vohnt  pro  Joab  Cornes  David  :  Voilà 
celui  qui  voulait  être  général  de  David  ,  au 
lieu  de  Joab,  disent  les  gens  de  Joab,  d'Amasa 
qui  venait  d'être  tué  par  Joab.  Hebr.  Qui 
aime  Joab,  et  qui  est  pour  David,  suive  Joab. 

5°  Qui  dure,  qui  subsiste.  Gcn.  18.  l'i-.  Re~ 
vertar  ad  te  hoc  eodem  tempore  vila  comité  : 
Je  vous  reviendrai  voir  dans  un  an  en  ce 
même  temps  ;  je  vous  trouverai  tous  deux 
en  vie,  dit  le  Seigneur  à  Abraham  et  à  Sara, 
lui  promettant  la  naissance  d'Isaac.  v.  10.  4. 
Reg.  4.  16.  In  hac  eadem  hora  si  vita  cornes 
fiierit,  habebis  inutero  filiutn  :  A  celte  même 
heure,  si  Dieu  vous  conserve  la  vie,  vous  au- 
rez un  fils  dans  vos  entrailles,  dit  Elisée  à  la 
femme  considérable  de  Sunam. 

COMESSATIO,  MS.  Repas  de  dissolution  , 
débauche  (xwao,-).  Prov.  23.  20.  Noli  esse  in 
comessationibus  eorum  qui  carnes  ad  vescen- 
dum  conferunt  :  Ne  vous  trouvez  point  dans 
les  débauches  de  ceux  qui  apportent  des 
viandes  pour  manger  ensemble.  Deut.  21.20. 
Filius  noster  comessationibus  vacat  :  Notre 
fils  passe  sa  vie  dans  les  débauches  :  c'est  ici 
la  formule  dont  un  père  et  une  mère  accu- 
saient un  fils  opiniâtre  et  rebelle,  devant  le 
peuple.  2.  Mach.  6.  k.  Rom.  13.  13.  Gai.  5. 
21.  l.Petr.  4.  3. 

COMESSATOR,  is.  Gourmand,  débauché. 
Prov.  28.  7.  Qui  comessatores  (LXX  à(7WTi«v) 
pascit  :  Celui  qui  nourrit  des  gens  de  bonne 
chère. 

COMESTOR,  is.  Qui  mange,  qui  dévore. 
Sap.  12.  o.  Comestores  viscerum  hominui7i 
(TTT/ay/vo'^â'/Oi')  :  Les  aiicieus  habitants  de  la 
Terre-Sainte  se  repaissaient  de  la  chair  des 
hommes.  Le  Sage  marque  ici  tous  les  crimes 
pour  lesquels  Dieu  a  détruit  ces  peuples,  en 
y  faisant  succéder  les  Israélites. 

COMINUS.  Cet  adverbe,  que  les  Anciens 
écrivaient  comminus  ,  vient  ûe  manus ,  cl  si- 
gnifie : 

De  près,  de  main  à  main,  en  parlant  de 
ceux  qui  se  battent.  3.  Reg.  20.  39.  Servus 
tuus  egressus  est  ad  prœliandum  cominus  : 
Votre  serviteur  s'était  avancé  pour  combatlrc 
les  ennemis  de  près ,  dit  l'un  des  prophètes  à 
Achab,  s'étant  rendu  méconnaissable.  2. 
Mach.  '6.  V.  3.  8.  13. 

COMITARI,  if.y.'jhyjOsi-j.  Ce  verbe  vient  déco- 
tes, ilis,  et  se  met  dans  l'Ecriture  avec  cum, 
et  l'ablatif;  et  régit  le  datif,  aussi  bien  que 
l'accusatif. 

1'  Accompagner  quehju'un,  par  exemple 
dans  un  voyage.  Tob.  'ô.-2\.  Angélus  e jus  co' 
mileiur  vobiscum  :  Que  l'ange  de  Dieu  vous 


accompagne  toujours,  dit  le  père  de  Tobie 
à  son  fils  et  à  l'ange  Raphaël,  les  envoyant 
chez  Gabélus.  v.  2'7.  Credo  quod  Angélus  Dei 
bonus  comitetur  ei  :  Je  crois  que  le  bon  an^^e 
de  Dieu  l'accompagne.  Act.  9.  7.  c.  10.  23. 
Act.  20.  k.  Comitatus  est  eumSopater  :  Paul 
fut  accompagné  par  Sopatre;  Gr.  jusqu'en 
Asie  ;  c'est-à-dire  jusqu'en  Jérusalem.  2. 
Mach. 24.  etc. 

2°  Converser  familièrement,  être  souvent 
avec  quelqu'un  [npoTxyn-^).  Eccli.  12.  13.  Qms 
misercbitur  incantatori  a  serpente  percusso... 
sic  qui  comitatur  cum  viro  iniquo  :  Qui  aura 
pitié  de  l'enchanteur,  lorsqu'il  sera  piqué 
par  le  serpent?  Ainsi  on  n'en  aura  point  de 
celui  qui  s'unit  avec  le  méchant,  et  qui  se 
trouve  enveloppé  dans  ses  péchés. 

COMITATUS,  us.  —1°  Compagnie,  troupe 
de  gens  qui  accompagnent  ou  qui  sont  à  la 
suite  de  quelqu'un.  Gen.  50.  v.  9.  14.  Habuit 
quoque  in  comitatu  currus  et  équités  :  Josep'h, 
dans  le  voyage  qu'il  fit  pour  aller  ensevelir 
son  père,  eut  à  sa  suite  des  chariots  et  des 
cavaliers  qui  le  suivirent.  —  2°Coinpagnie  de 
gens  qui  font  voyage  ensemble  (cnjvo5i«).  Luc. 
2.  44.  Existimantes  autem  illum  esse  in  comi- 
tatu :  Le  père  et  la  mère  de  Jésus-Christ,  qui 
était  resté  à  Jérusalem  sans  qu'ils  le  sussent, 
s'en  retournant  chez  eux  de  Jérusalem  sans 
lui,  et  pensant  qu'il  serait  avec  quelqu'un  de 
ceux  de  leur  compagnie...,  le  cherchaient 
parmi  leurs  parents,  etc. 

C0MMACULARE.  —  1°  Souiller, rendre  im- 
pur, d'une  impureté  légale.  Num.  19.  7.  Com- 
maculalusque  erit  usque  ad  vesperum  .Le  prê- 
tre sera  impur  jusqu'au  soir.  —  2°  Violer, 
profaner  une  chose  sacrée  (jSeêïjXoûv).  Jerem. 
34.  16.  Commaculastis  nomen  meum  :  Vous 
avez  \iolé  l'alliance  que  vous  aviez  faite  en 
mon  nom  ,  par  laquelle  vous  étiez  convenus 
de  renvoyer  libres  vos  esclaves,  et  vous  les 
avez  repris  sous  le  joug.  Esth.  16.  10.  Aman 
pietalem  nostram  sua  crudelitale  commacu- 
/ans  :  Aman  qui  a  voulu  déshonorer  notre 
clémence  par  sa  cruauté  :  Arlaxerxès  attri- 
bueàla  cruauté  d'Aman  les  premières  lettres 
du  roi,  qui  avaient  été  publiées  contre  les 
Juifs,  et  qu'il  révoque. 

COMMANDERE,  /.arî^Gùtv.  — Ce  verbe  inu- 
sité, composé  de  cumel  de  mandere,  mâcher, 
signifie: 

Manger  tout  ensemble, briser  en  mâchant; 
da  ... 


po 


ns   l'Ecriture  il  se  prend  par  métaphore 

ur  perdre,  opprimer,  ruiner.  Prov.  30.  14. 
Commandit  molaribus  suis  .-Il  y  a  une  race, 
qui,  au  lieu  de  dents,  a  des  épées,  qui  se 
sert  de  ses  dents  pour  déchirer  et  pour  dé- 
vorer ceux  qui  n'ont  rien  sur  la  terre  :  Sa- 
lomon  décrit  la  cruauté  des  riches  avares, 
qui  oppriment  les  pauvres,  et  les  réduisant 
à  la  dernière  extrémité,  comme  on  brise 
avec  les  dents  un  morceau  de  pain  que  l'on 
mange. 

COMMANDUGARt:,  aa-raiv.  De  mnnducare. 
et  signifie  proprement,  mâcher  avec  les  dents; 
dans  l'Ecriture  : 

Mordre,  ronger.  Apoc.  Ki.  10.  Commandu" 
caverunt  lingwts  suas  prœ  dolore  •  Les  hom-i 
mes  se  voyant  tourmentés  par  l'ardeur  du 


■787 


PICTIONNAIHE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉ:. 


•88 


feu, se  rongèrent  la  langue  ;  cette  expression 
marque  une  douleur  cxlrênse  qui  rend  fu- 
rieux. 

COMMEARE ,  y.oiTcinopi<>e<TO«i.  Passer  d'un 
p^ys  en  un  autre,  faire  voyage.  2.  Mach.  11. 
'60.  His  igilur  qui  comme  an  t.. .  damusdejctrax 
i^ccuritatis :^ous  donnons  un  passeport  pour 
ceux  qui  voudront  venir;  ce  qu'Antiochus 
écrit  au  sénat  des  Juifs  qui  désiraient  alier 
pour  conférer  avec  les  Juifs  qui  étaient  au- 
près du  roi,  sur  ce  qui  regardait  la  conser- 
vation de  leurs  droits  et  de  h'ur  religion. 

COMMEMORARE.  Faire  menlicn  ;  dans 
l'Ecriture  :  —  1°  Représenter,  faire  souvenir 
(pjâv)  Act.  10.  31.  Eleemosynœ  tiiœ  commemo- 
ratœ  sunt  in  conspectu  Dei  :  Dieu  s'est  sou- 
venu de  vos  aumônes,  dit  l'ange  à  Corneille. 
Sap.  18.  22.  —  2"  Repasser  en  soi-même, 
méditer  (Xo^iÇêffeat).  Sap.  8.  17.  Hœc  com- 
memorans  in  corde  meo  :  Ayant  médité  ces 
choses  dans  mon  cœur;  se.  tous  les  avanta- 
ges de  la  sagesse. 

COMMEMORARI,  dépon.  {x-jiGBcKi.  Ce  verbe 
n'est  pas  en  usage  chez  les  auteurs  latins 
comme  déponent  ;  dans  l'Ecriture,  il  signi- 
fie étant  joiiit  avec  le  génitif. 

*  1°  Se  souvenirdequelqu'un.  Eccli.  33. 17. 
In  die  Iribulationis  commemorabitiir  tui:  Dieu 
se  souviendra  de  vous  au  jour  de  l'affliction  ; 
savoir,  en  vous  secourant  alors  :  L'Ecriture 
parle  des  récompenses  des  enfants,  pour  la 
charité  qu'ils  auront  exercée  envers  leurs 
pères  et  mères. 

2*  Faire  mention  de  quelque  chose,  mar- 
quer quelque  chose.  Eccli-  4-9.  H.  Comme- 
moratus  est  inimicorum  in  imbre  :  Ezéchiel 
a  marqué  par  une  pluie  ce  qui  devait  arri- 
ver aux  ennemis  du  Seigneur.  L'auteur  de 
l'Ecclésiastique  témoigne  que  les  torrents 
de  pluie  dont  il  est  parlé  dans  Ezéchiel,  13. 
13.  figuraient  la  vengeance  que  Dieu  devait 
tirer  de  ses  ennemis.  Ce  verbe  étant  joint 
avec  l'accusatif,  signifie  : 

3"  Découvrir,  ressentir,  reconnaître  (o-yvîs- 
vat).  Baruch.  23.  Viam  sapienliœ  nescierunt, 
neque  commemorati  sunt  semitas  ejus  :  Les 
Ismaélites  qui  ne  sont  que  des  conteurs  de 
fables,  n'ont  point  connu  la  voie  de  la  vraie 
sagesse,  et  n'en  ont  pu  découvrir  les  traces 
et  les  sentiers.  Sap.  11.  14.  Commemorati 
sunt  Dominum  :  Les  Egyptiens  ayant  appris 
que  ce  qui  avait  fait  leur  tourment  était  do- 
venu  un  bien  pour  les  autres,  ils  commen- 
cèrent à  reconnaître  le  Seigneur.  Le  Sage 
parle  des  eaux  de  l'Egypte,  qui  ayant  élô 
changées  en  sang,  au  lieu  détancher  la  soif 
des  Egyptiens,  les  faisaient  mourir  ;  et  Moïse 
au  contraire  fit  sortir  des  eaux  de  la  pierre 
pour  désaltérer  les  Israélites. 

COMMEMORATIO,  nis.  àvàfxv/îatç.  —  l" Sou- 
venir de  quelque  chose.  Sap.  16.  6.  Siynum 
habenles  salulis  ad  commcnioralionem  man- 
dali  legistiiœ:  Vous  donnâtes  aux  Israélites 
un  signe  de  salut,  pour  les  faire  souvenir 
des  commandements  de  votre  loi  :  le  Sage  a 
en  vue  le  serpent  d'airain  que  fil  Moïse.  Voy. 
Num.  21.  8.  Ainsi,  Sap.  19.  k. 

2' Mémoire  et  souvenir,  tel  qu'il  n'exclue 
point  la  présence  de  la  chose  duni   on   fait 


mémoire.  Luc.  22.  19.  Hoc  facile  in  meam 
commemorationem  :  Faites  ceci  en  mémoire 
de  moi,  dit  Jésus-Christ  consacrant  son  sa- 
cré corps  sous  les  espèces  du  pain,  et  com- 
muniant ses  apôlres.  Le  Grec  porte,  in  met 
rememorationem,  |)Our  renouveler  et  repré- 
senter ma  passion,  se.  d'une  manière  non 
sanglante. 

Façon  de  parler. 

Commemoratio  peccatorum.  La  mémoire 
des  péchés  ;  c'était  la  confession  publique 
qui  se  faisait  tous  les  ans  des  péchés  parmi 
les  Juifs  sous  l'ancienne  loi.  Heb.  10.  3.  In 
ipsis  commemoratio  peccatorum  per  singulos 
annos  fil  :  Sous  la  loi,  on  renouvelle  tous  les 
ans  la  mémoire  et  la  confession  des  mêmes 
péchés  à  expier,  parce  que  l'ancienne  loi 
n'avait  pas  la  vertu  de  les  remettre;  et  saint 
Paul  a  en  vue  ce  qui  est  dit,  Levit.  16.  21. 
Num.  19.  4.  etc. 

COMMENDARE,  irupuriOsaO^A.  —  1°  Recom- 
mander, confier  quelque  chose  comme  un 
dépôt  entre  les  mains  de  quelqu'un  pour  le 
garder  avec  soin.  Ps.  30.  6.  Luc.  23.  46.  In 
nianus  tuas  commendo  spiritum  meum  :  Je  re- 
mets mon  âme  entre  vos  mains,  ce  que  dit 
David  étant  assiégé  de  tant  d'ennemis;  il  le 
disait  comme  s'il  eût  été  à  l'heure  de  la 
mort  dans  le  danger  où  il  était,  et  il  était  la 
figure  de  Jésus-Christ,  qui  dit  ces  paroles  à 
sonPère  en  mourant.  1.  Petr.  4.19.  Ainsi,  Luc. 
12.  48.  Cui  commendaverunt  inullumplus  pè- 
tent ab  eo  :  On  fera  rendre  un  plus  grand 
compte  à  celui  à  qui  on  aura  confié  plus  de 
choses. 

2"  Louer,  estimer,  approuver  (o-uvtffTâvat).  2. 
Cor  10. 18.  Non  enim  qui  seipsum  commendat, 
ille  probalus  est  :  Ce  n'est  pas  celui  qui  se 
loue  lui-même  qui  est  louable,  mais  celui 
qui  est  tel  au  jugement  de  Dieu.  c.  3.  1.  c. 
4.  2.  c.  5.  12.  c.  10  V.  12.  18.  c.  12.  11.  Sap. 

7.  14. 

3°  Faire  paraître,  faire  éclater  ((7ovt(7Tâv«t). 
Rom.  3.  5.  Si  iniquitas  nostra  justiliam  Dci 
commendat  :  Si  notre  malice  sert  à  faire 
paraître  davantage  la  justice  de  Dieu;  saint 
Paul  dit  qu'il  ne  faut  pas  conclure  que 
Dieu  soit  injuste,  de  ce  qu'il  punit  les  pé- 
chés, c.  5.  8.  Commendat  aulem  chari- 
talem  suam  in  nabis  :  Dieu  fait  éclater  la 
grandeur  de  son  amour  envers  nous;  en  ce 
que  Jésus-Christ  est  mort  pour  nous  tous 
qui  étions  pécheurs  et  ses  ennemis. 

4°  Rendre   agréable   {TzupKrrvyui).    1.  Cor. 

8.  8.  Esca  nos  non  commendat  Deo  :  L'usage 
des  viandes  par  lui-même  ne  nous  rend  point 
plus  agréables  à  Dieu. 

GOMMENDATITIUS,  a,  um,  ,7ucrTaTi/6?. 
Qui  sert  à  la  recommandation.  2.  Cor.  3.  1. 
Numquid  egemus...  commendaliliis  Epislo- 
lis  ad  vos,  aut  ex  vobis  ?  Avons-nous  besoin 
de  lettres  de  recommandation  des  autres  en- 
vers vous,  ou  de  vous  envers  les  autres  :  Ij 
saint  apôtre  reprend  les  faux  apôlres  qui  se 
servaient  de  ce  moyen  pour  se  faire  esti- 
mer. 

COMMENTARIUS,  ii.  V7r6p.»).a«.  De  com- 
mentari,  et  signifie  proprcmenl,  livre  où  ou 


789 


COM 


marque  diverses  choses  pouf  s'en  souvenir  ; 
dans  l'Ecriture  : 

l"Un  mémoire  ou  livre  dans  lequel  on  écrit 
les  choses  mémorables,  chroniques,  histoires. 

1.  Esdr.4.  lo-  Inverties  scriptnmincommenla- 
riis,  et  scies  quoniam  urb^  illa...  rehellis  est  : 
Vous  trouverez  dans  l'histoire,  et  vous  y  re- 
connaîtrez que  Jérusalem  est  une  ville  re- 
belle :  les  ennemis  des  Juifs  veulent  porler 
Artaxerxès  à  défendre  aux  Juifs  de  rétablir 
le  temple.  V.  v.  22.  etc.  Ainsi,  Eslh.   12.  4. 

2.  Mach.  2.  13. 

2"  Mémoire,  acte,  ordonnance.  1.  Esdr.  6. 
2.  Jnventiim  est...  vohimen  iimim,  lalisque 
scriptiis  erat  in  eo  commenlorius:  Il  se  trouva 
à  Ecbatane  un  livre  où  était  écrit  ce  qui  suit; 
5C.  l'ordonnance  de  Cyrus  touchant  le  réta- 
blissement du  temple. 

Façon  de  parler  Urée  de  la  première  significalion. 

A  Comment  mis.  Celui  qui  est  chargé  des 
registres  et  des  requêtes,  et  qui  a  soin  de 
les  faire  expédier  :  comme  est  un  chancelier 
eu  un  secrétaire  d'Etal.  2.  Ucg.  8.  16.  c.  20. 
24.  Josaphat  filius  Ahilud ,  erat  a  commenta- 
riifi  :  Josaphat,  fils  d'Ahilud,  avait  la  charge 
des  requêtes;  se.  sous  le  règne  de  David. 
Isa.  36.  V.  .3.  22. 

COMMERERE.  De  merere ,  et  signifie  : 

Mériter  récompense  ou  punition.  1.  Par. 
21.  17.  Efjo ,  qui  jnalum  feci ;  iste  grex  quid 
commeruii?  C'est  moi  qui  ai  commis  tout  le 
mal;  mais  pour  ce  troupeau  qu'a-t-il  mé- 
rité? dit  David,  voyant  l'ange  ayant  encore 
l'épée  nue  et  tournée  contre  Jérusalem  ,  iju'il 
avait  déjà  désolée  par  tant  de  morts.  Num.  22. 
29.  Judic.  12.  3. 

COMMILITO,  OMS,  fj-oa-pv.ztôirr.ç.  Compa- 
gnon de  guerre  :  dans  lEcrit.,  il  se  prend 
Cgurément  : 

Compagnon  de  guerre  spirituelle,  qui  tra- 
vaille avec  quelqu'un  dans  le  ministère  ec- 
clésiastique. Philipp.  2.  25.  Necessarium  exis- 
timati  Epnph.roditum. .  .commilitonemmeum . . . 
miltere  ad  vos  :  J'ai  cru  qu'il  élait  nécessaire 
de  vous  renvoyer  mon  frère  Epaphrodile,  qui 
est  mon  compagnon  dans  mes  combats.  Phi- 
lem.  v.  2.  Le  ministère  ecclésiastique  est  une 
milice  dans  laquelle  les  ministres  de  l'Eglise 
doivent  toujours  êtreen  gardepour  sa  défense. 

COMMINARI,  «TT.-aEtv.  1°  Menacer.  Ps.  102. 
9.  Non  in  perpetuum  irascelur  (  ij.r,vUvj  )  , 
neque  in  œternum  comminabilur  :  Le  Sei- 
gneur ne  sera  pas  toujours  en  colère,  et 
n'usera  pas  éternellement  de  menaces  :  par 
ces  menaces  on  peut  ici  entendre  les  châti- 
ments que  Dieu  exerce  sur  les  justes  ,  comme 
un  père  envers  ses  enfants.  Voy.  Sap.  11.  10. 
Ainsi,  1.  Petr.  2.  '2^.  Cum  pateretnr ,  non 
comminnbatiir  :  Quand  on  a  maltraité  Jésus- 
Christ  ,  il  n'a  point  fait  de  menaces  :  en  quoi 
les  cliréticns  doivent  limiter.  Vov.  v.  21. 
Ainsi,  Judith.  8.  1.5. 

2*  Reprendre  rudement.  Eccli.  19.  17.  Cor- 
ripe  projimum  antequam  commincris  :  Re- 
[jrenez  doucement  votre  ami  avant  que  d'user 
de  paroles  i  udes.  Marc.  8.  33.  c.  10.  v.  13.  48. 

'*"  Défendre  fortement  et  avec  menaces  (èti- 
'latfv),    Matth.  9.    30.   Comminatus   est  illis 


COM  -790 

Jésus  :  Jésus-Christ  défendit  fortement  aux 
deux  aveugles  qu'il  venait  de  guérir,  qu'ils 
prissent  garde  que  personne  ne  sût  qu'ils 
les  eût  guéris.  Marc.  1.  v.  25.  43.  c.  3.  12. 
c.  4.  .39. "^c.  8.  .30.  c.  9.  24.  Aet.  4.  17. 

COMMÎNATIO,  M9.  Menaces,  colère  de 
Dieu.  Jerem.  10.  10.  Non  sustinebunt  gentes 
commin.tionem  ejus  :  Les  nations  ne  peu- 
vent soutenir  les  menaces  du  Dieu  vivant. 
Isa.  .30.  .30.  Ainsi ,  Jerem.  13.  17.  Soins  sede^ 
bam  ,  quoni'm  comminadone  repJesti  me  {-t- 
y.piy.)  :  Je  me  suis  tenu  retiré  et  solitaire, 
parce  que  vous  m'avez  rempli  de  la  terreur 
de  vos  menaces  contre  ce  peuple  :  j'en  ai  été 
tout  effravé. 

COMMJNUERE,  Iz-z-j^zn.  Rriser  en  mor- 
ceaux, réduire  en  poudre.  Num.  33.  52.  Sta- 
tuas comminuite  ' ïl'Aozrj)  •  Rompez  les  statues 
de  la  terre  de  Chana'an.  I«a.  28.  28.  Panis  au' 
tem  comminuetur  :  Le  hlé  dont  on  fait  le 
pain  se  brise  avec  le  fer,  Deut.  9.  21.  c.  12. 
3.  Jos.  9.  5.  Judic.  8.  16.  Ainsi,  Ps.  28.  6.  FA 
comminuet  eas  tamquam  vitulum  Libani  :  Le 
Seigneur  brisera  les  cèdres  du  Liban,  aussi 
aisément  que  si  c'étaient  de  jeunes  taureaux  ; 
Hebr.  Exsiliere  faciel  eas  :  Il  les  fera  sauter, 
Yoy.  ViTULUs. 

1"  Affliger,  perdre,  réduire  à  un  état  misé- 
rable. Dan.  7.  v.  7.  19.  23.  Conciilcabit  et 
comminuet  {unir ersam  terrain).  La  quatrième 
bêle,  figure  du  quatrième  royaume,  foulera 
aux  pieds  toute  la  terre,  et  la  réduira  en 
poudre,  c.  2.  v,  40.  4i.  Ce  royaume  était 
l'empire  romain,  v.  1.  Mach.  8.  Ainsi,  2.Reg. 
22.  4.3.  etc.  Job.  22.  9.  Isa.  li.  29.  etc. 

2'  Perdre  sans  ressource,  et  comme  briser 
en  si  petites  pièces  que  le  vent  les  emporte 
().fxr/âv).  Luc.  20.  18.  Super  quem...  cecide- 
rit,  comminuet  illum  :  Cette  pierre  écrasera 
celui  sur  qui  elle  tombera  :  cette  pierre  est 
Jésus-Christ,  qui  perdra  les  impies  et  les 
incrédules  qui  seront  tombés  sous  son  juge- 
ment. Voy.  Ps.  2.  9,  Mich.  4.  13.  Comminues 
populos  multos  :  Vous  briserez  plusieurs} 
peuples  :  cela  peut  se  rapporter  à  la  victoire 
que  l'Eglise  a  remportée  dans  toute  la  terre 
surses  persécuteurs  etsursesennemis, qu'elle 
a  convertis  à  Jésus-Christ. 

COMMISCERE.  —  1  Mêler,  confondre  l'un 
a\ccVaulre.¥.zech.'ii.'il.  Stetit...rexBabyh' 
nis  in  bivio...commiscens  LXX,  toO  àva€ûà(7«i) 
sagittas  :  Le  roi  de  Babylone  s'est  arrêté  h  la 
tête  de  deux  chemins;  il  amêlédesflèchesdans 
un  carquois:  Nabuchodonosorétantenpeineà 
qui  des  Ammonites  ou  do  Jérusalem  il  devait 
faire  la  guerre,  mêla  ainsi  deux  flèches; 
l'une  marquée  du  nom  de  Rabbath  ,  et  l'autre 
de  celui  deJérusalem  ,etilmitlamainsiir(  elle 
qui  était  marquée  do  Jérusalem;  ce  qui  le  déter- 
mina. Num.  .30.  7.  Sap.  IV.  2.ï.  Isa.;î0.  24.  2 
Macli.  3.21.  Ainsi,  Le  vit.  21.  l"i.  Necoinmisceat 
sfirpcmgcnerisst(ivulgogentissuœ{rjj^E^>r,\(î}(T€t, 
non  profanabit)  :  Le  jrrand-prêlre  ne  pourra 
épouser  qu'une  fille  nol)ledu  peuple  d'Israël; 
en  sorte  qu'il  nemclepoint  le  sang  de  sa  race 
avec  une  personne  du  commun  du  peuple. 
1.  Esd.  9.  2.  —  2'  Pétrir.  Gcn.  18.  6.  Tria 
satn  similir  comniiscc  :  Pélriss<  z  vite  trois  me- 
sures de  f.irinc,  dit  Abraham  à  S, ira.  2.  Roîî. 


7C1 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


792 


13.  8.  De  là  vient  celle  phrase  lirée  de  ce 

mot  : 

Commisceri  ou  commiscere  se  alicui ,  ou 
cum  aliquo.  1°  Converser  familièrement  , 
;ivoir  commerce  avec  quelqu'un  (u.iyjvaBc/.i.). 
Prov.  20.  19.  Eiqui  révélât  mysleria,  necom- 
miscearis  :  Ne  vous  mêlez  poinl  avec  un 
homme  qui  découvre  les  secrets,  c.  24-.  21. 
Ose  7.  8.  2.  Mach.  13.  3.  1.  Cor.  5.  v.  9.  11. 
2.  Thess.  3.  li.  —  2°  Se  mêler,  se  fourrer 
dans  quoique  affaire  (7r/5ota"r«<rôat).  Prov.  26. 17. 
Sicut  qui  apprehendit  auribus  canem,  sic  qui 
transit  impatiens-^  et  commiscelur  rixœ  aile- 
rius  :  Celui  qui  en  passant  se  mêle  dans  une 
querelle  qui  ne  le  regarde  point  ,  est  tomme 
celui  qui  prend  un  chien  par  les  oreilles.  — 
3°  Connaître  charnellement  [y.oiu.àaB%i}.  Levit. 

18.  22.  Cum  mascalo  ne  cojnmiscearis  :  Vous 
ne  commettrez  point  cotte  abomination  exé- 
crable ,  qui  se  sert  d'un  homme  comme  si 
c'était  une  femme.  Dan.  13.  v.  20.  38.  Ainsi, 
faire  des  alliances,  contracter  des  mariages. 
Ps.  105.  35.  Cummixti  sunt  inter  génies  .-Les 
Israélites  se  mêlèrent  parmi  les  nations,  en 
leur  donnant  et  prenant  d'eux  des  filles  en 
mariage  au  lieu  de  les  avoir  toutes  exter- 
minées. Ezoch.  16.  37.  Dan.  2.  43. 

COMMISSIO.  —  i"  Faute,  péché.  Eccli.  18. 
32.  Assidua  enim  est  commissio  illorum  :  On 
pèche  sans  cesse  dans  les  assemblées  pleines 
de  tumulte.  Le  Grec  ,  qui  a  zpv^ri,  deliciœ, 
porte  :  Ne  >ous  plaisez  point  à  la  bonne 
chère,  et  ne  vous  liez  poinl  avec  ceux  qui 
l'aiment. 

2"  Calomnie,  faux  rapport  {5[«Ço>yj).  Eccli. 

19.  15.  Corripe  amicum,  sœpe  enim  fit  com- 
missio :  Reprenez  votre  ami,  parce  qu'on  fait 
souvent  de  faux  rapports  :  il  faut  toujours 
s'expliquer  avec  son  ami. 

COMMISSUM,  I.  Ce  qui  nous  a  été  confié, 
secret  (Ttpàyy.y.).  Prov.  11.  13.  Qui  fidelis  est 
animi,  celât  animi  commif:sitm  :  Celui  qui  a  la 
fidélilé  dans  le  cœur,  garde  avec  soin  ce  qui 
lui  a  été  confié. 

COAIMISSURA,  JE.  Jointure,  assemblage. 
1.  Par.  22.  3.  Ferrum  quoque  phcrimum...  ad 
commissuras  atque  juncturas  prœparaiit  : 
David  fit  aussi  provision  de  fer  pour  joindre 
les  ais  ou  les  pierres  ensemble. 

1°  Ouvrages  qui  se  font  par  rassemble- 
ment des  pièces  de  bois.  2.  Par.  34.  11.  De- 
dcrunt...  ligna  ad  commissuras  œdificii  :  Ceux 
qui  faisîiient  travailler  les  ouvriers  à  l'édi- 
fice du  Temple,  donnèrent  de  l'argent  aux 
ouvriers  pour  acheter  du  bois  pour  la  char- 
ponle. 

2^  Pièce  que  l'on  met  sur  quelque  chose 
pour  remplir  une  place  (i7vie)./îy.a).  Math.  9. 
1.  Ncmo  immittit  commissuram  panni  rudis 
in yestimenium  velus  :  Personne  ne  met  une 
pièce  de  drap  neuf  à  un  vieux  vêtement. 
Luc.  5.  36.  Nemo  commissuram  a  nova  vesti- 
mento  immittit;  Gr.  novi  vcstimenli  :  Jésus- 
Chrisl ,  par  celte  parabole  ,  veut  marquer 
qu'il  ne  faut  point  obliger  des  personnes  en- 
core faibles  ,  telles  qu'étaient  alors  les  apô- 
tres, à  des  pratiques  austères  qu'elles  ne 
pourraient  pas  supporter. 

COMMISÏIO,  Nis.  -  1-  Mélange.  Num.  19 


13.  Omnis  qui  tetigerit  humanœ  animœ  mor~ 
ticinum ,  et  aspersus  hac  commisiione  non 
fuerit,  polluet  tabernacuhim  Domini  :  Qui- 
conque ayant  touché  le  corps  ujort  d'un 
homme,  n'aura  point  reçu  l'eau  d'aspersion, 
dans  laquelle  on  a  mêle  les  cendres  de  la 
vache  rouge,  souillera  le  tabernacle  du  Sei-  , 
gneur.  Ose.  7.4.  Quievit  pauhdum  civitas  a 
commisiione  fermenti  ,  donec  fermentaretur 
totum  :  La  ville  ne  s'est  reposée  depuis  que 
le  levain  a  été  mêlé  avec  la  pâte,  (\ue  jus- 
qu'à ce  que  la  pâte  ail  été  toute  levée.  Le 
Prophète  déclare,  par  cette  comparaison  du 
levain  qui  est  mis  avec  la  pâle,  que  Jéhu 
faisant  assez  connaître  qu'il  favorisait  le 
culte  des  veaux  d'or,  fil  que  l'impiété  des 
peuples  voisins,  comme  un  levain  détestable, 
s'augmenta  peu  à  peu,  jusqu'à  ce  qu'elle  fût 
arrivée  à  son  comble. 

2°  Connaissance  charnelle  (zoîtvj).  Levit.  18. 
20.  Cum  uxore  proximi  lui  non  coibis,  nec  se- 
minis  commisiione  maculaberis  .'Vous  ne  vous 
approcherez  poinl  delà  femme  de  votre  pro- 
chain, et  vous  ne  vous  souillerez  poinl  par 
celle  alliance  honteuse  et  illégitime. 

3"  Conversation  ,  liaison  particulière.  2. 
Mach.  14.  3.  Alcimus...  voluntarie  coinqui- 
nalus  est  tempoiibus  commistionis  (à//t?i«)  : 
Alcime...  qui  s'était  volontairement  souillé 
dans  le  lemps  du  mélange  des  Juifs  avec  les 
payens;  ou,  selon  le  Grec,  Temporibus  in- 
commistionis,  ou  segregationis  :  Quand  les 
autres  Juifs  se  séparèrent  des  Gentils,  il  se 
souilla  par  leurs  sacrifices  ;  Gr.  ù.uiîix;. 

COMMITTERE.  Commettre,  faire  joindre 
ensemble;  mais,  d'ailleurs,  l'on  ne  peut  en 
exprimer  les  significations  différentes  que 
dans  les  phrases  où  il  se  trouve. 

1"  Mettre  cuire  les  mains,  confier  (Triarevetv). 
1.  Mach.  8.  16.  Audierunt  quia  commillunt 
%ini  homini  magistralum  suum  per  singulos 
an7ios  dominari  universœ  lerrœ  suœ  .-Judas 
et  ses  gens  avaient  ouï  dire  que  les  Romains 
confiaient  chaque  année  leur  souveraine 
magistrature  à  un  seul  homme  pour  com- 
mander dans  tous  leurs  Etals  :  il  y  avait  bien 
deux  consuls  tous  les  ans,  mais  ils  comman- 
daient chacun  à  leur  tour.  c.  7.  20.  2.  Mach. 
13.  13.  Matlh.  25.  27.  Ainsi,  Act.  27.  40. 
Commillcbant  se  mari  :  Les  matelots  saban- 
doiinèrenl  à  la  mer  ;  i.  e.  leur  vaisseau  (siâv, 
permit  1er  e). 

2°  Faire,  commettre,  en  parlant  de  quel- 
que méchante  action.  Marc.  10.  11.  Quicum- 
que  dimiserit  uxorem  suum  et  aliam  duxerit, 
(idullerium  commiltit  super  eam  {y.oLy^K(70ui)  : 
Si  un  houime  quille  sa  femme,  et  en  épouse 
une  autre,  il  commet  un  adultère  à  l'égard 
de  sa  première  femme,  parce  qu'il  demeure 
toujours  lié  à  elle.  Gcn.  44.  7.  Num.  12.  11. 

3"  Se  battre,  livrer  le  combat  {Tzpoaëùïlsiv, 
irruere).  2.  Mach.  13.  23.  Cammisit  (pour 
commiserat)  cumJnda,  superalus  est  :  Antio- 
chus  Eupalor  combattit  contre  Judas,  cl  il 
fut  vaincu  :  on  doit  juger  que  ce  combat  fut 
livré  avant  la  paix  qu'Antiochus  fil  avec  ceux 
de  Rethsura,  dont  il  est  parlé  v.  22.  el  ap- 
paremment même  après  son  départ  de  Plo- 
Icmaïile.  Voy.  v.  25.  20.   parce  qu'il  est  dil 


793 


COM 


COM 


701 


qu'Anliochus  embrassa  Machabéc,  v.  24-,  Ce 
temps  supposé  de  ce  combat  ôle  la  contra- 
dictior,  qui  paraît  entre  1.  Mach.  6.  v.  60.  61. 
6-2.  et  cet  endroit ,  dans  lequel  il  paraît 
qu'aussitôt  la  paix  faite,  Anlioclius  alla  à 
Plolémaïde,  et  ensuite  à  Antioche,  d'où, 
après  avoir  défait  Philippe,  il  put  bien  rom- 
pre celte  paix.  Ainsi,  c  li.  17.  De  là  vien- 
nent ces  phrases  tirées  de  ce  mol  : 

Commitlere  pugnam  ,  bellum.  Combattre, 
faire  la  guerre  [tl'jTzoos'Js^Ocr.t  si;  7vol-y.o-j).  Deut. 
20.  3.  Vos  hoclie  contra  inimicos  pugnam 
committitis  :  Vous  devez  aujourd'hui  com- 
battre contre  vos  ennemis,  c.  2.  2i.  1.  Machi 
5.  19.  Nolite  bellum  commillere  adversus 
Génies  [Tv-jv-rsu]  :  Ne  combattez  poiiit  contre 
les  nations,  jusqu'à  ce  que  nous  soyons  re- 
venus^ dit  Judas  Machabéc  à  Joseph,  fils  de 
Zachario,  et  les  autres  chefs  qu'il  laissait 
pour  garder  la  Judée. 

COMMIXTIM.  Ensemble  et  confusément, 
pêle-mêle,  sans  discernement.  2.  Par.  35. 
8.  Dederunt  Sacerdotibus  ad  faciendum  Phase 
pecora  commixtim  duo  millia  :  Helcias,  et 
les  deux  autres  qui  étaient  les  premiers  offi- 
ciers de  la  maison  du  Seigneur,  donnèrent 
ensemble  aux  prêtres,  pour  célébrer  cette 
pâque,  deux  mille  six  cents  bêtes  de  menu 
bétail  :  cette  pâque  fut  célébrée  au  temps  de 
Josias,  après  l'alliance  quil  fil  avec  Dieu, 
comme  tout  le  peuple.  1.  Esd.  3.  13.  Com- 
mixlim  populus  vociferabatur  clamore  ma- 
gno  :  Tout  était  confus  dans  celle  grande 
clameur  du  peuple;  lorsqu'on  eut  jeié  les 
fondements  du  Temple,  au  temps  de  Zoroba- 
bel,  où  les  anciens  qui  avaient  vu  le  pre- 
mier Temple  poussaient  des  cris  mêlés  de 
larmes,  au  lieu  que  les  autres  poussaient 
des  cris  de  joie. 

COMMODARE,  zt/càv/t.  Accommoder,  prê- 
ter. —  1°  Prêter,  donner  l'usage  de  quelque 
chose  pour  un  temps  (izro/.iÇî'v).  Deut.  23. 
20.  Fratri...  tuo  absque  iisurn  id  quo  indiget 
commodahis  :  Vous  prêterez  à  voire  frère  ce 
dont  il  aura  besoin,  sans  en  tirer  aucun  in- 
térêt, c.  13.  9.  Exod.  12.  36.  Ps.  111.  5.  Ju- 
cundus  homo  gui  miserelur  et  commodal  : 
L'homme  qui  esl  touché  de  compassion,  et 
qui  prête  à  ceux  i\ui  sont  pauvres,  esl  vrai- 
ment heureux.  Ps.  30.  20. 

2"  Mettre  entre  les  mains,  donner,  vouer, 
consacrer  au  service  de  quch^u'un.  1.  iKc^. 
1.  28.  Ego  commodavi  eum  Domino  :  Je  re- 
mets entre  ks  mains  du  Seigneur  cet  enfant, 
dit  Anne,  mère  de  Samuel,  le  présentant  à 
Héli.  c.  2.  20.  l.Malach.  9.  35. 

COMMODUS,  A,  UM.  Utile,  avantageux. 
Judic.  17.  8.  Peregrinari  voluit  ubicumgue 
sibi  commodum  reperissct  :  Un  jeune  lévite 
sortit  de  Bethléem,  dans  le  dc'ssiin  de  s'aller 
établir  ailleurs,  partout  où  il  Irouvcrail  son 
avantage.  De  là  vient  le  compiralif  : 
•  CO.MMODIUS.  Plus  utile,  plus  avantageux. 
3.  Reg.  21.  2.  Dabo,  si  commodius  lihi  putas, 
argcnli  prclium^  guanlo  digna  est  :  Si  cela 
vous  accommodailnjieux  ;Gr.  ziv.rAT/.z,.  èvwrrtôv 
ffou,  si  placet  tibi:  je  vous  paierai  voire  vi- 
gne en  argent  au  prix  (|u'clle  vaut  :  La  pre- 
mière offre  que  fait  Achab  à  Nabolh,  pour 


qu'il  lui  donne  sa  vigne,  est  qu'il  lui  en  don- 
nera une  meilleure 

COMMOLERE.  Moudre,  écraser  avec  une 
meule.  De  là  vient, 

Dans   le  sens  (igiiré, 

Commolere  faciès  pauperum.  Meurtrir  de 
coups  le  visage  des  pauvres,  c'est  les  traiter 
avecoulrage  et  violence,  les  affliger  [v.v.-a.i.^y-j- 
vsiv).  Isa.  3. 13.  Quare  faciès  pauperum  com- 
molitis?  Pourquoi  meurtrissez-vous  de  coups 
le  visngrt  des  pauvres? 

COMMONEFACERE.  Faire  souvenir  quel- 
qu'un de  quelque  chose,  lui  en  rappeler  la 
mémoire  (c'.-jv.yiij.vn(7-/.tt.-j).  1.  Cor.  k.  17.  Vos 
commonefaciet  vias  meas,  quœ  sunt  in  Christo 
Jesu  :  Timolhée  vous  fera  ressouvenir  de  la 
manière  dont  je  vis  en  Jésus-Christ. 

COMMONEUE.  1"  Avertir,  faire  ressouve- 
nir, représenter  (û-ofxtfjivrja-/.£tv).  2.  Tim.  2.  li. 
Hœc  commone  :  Avertissez  de  ces  choses,  et 
de  ces  vérités  que  je  vous  marque,  ceux  à 
qui  vous  parlez.  3.  Joan.  v.  10.  Si  venero, 
commonebo  ejus  opéra  quœ  facit  :  Si  je  viens 
jamais  chez  vous,  je  ferai  bien  connaître  à 
Diolréphe  quel  est  le  mal  qu'il  commet,  en 
médisant  de  nous.  2.  Par.  38.  15.  2.  Pelr.  1. 
11.  Jud.  V.  5. 

2"  Exhorter,  donner  des  avis  (vojGîvctv). 
Coloss.  3.  16.  Commonentes  vosmetipsos  (i.  e. 
vos  invicem)  :  Instruisez-vous  et  exhortez- 
vous  les  uns  les  autres. 

COMMONITIO,  Nis,  v7:ôa^>vm;  :  —  1°  Aver- 
tissement, avis.  2.  Mach.  6.  17.  Hœc  nobis  ad 
commonitionem  legenlium  dicta  sint  paucis  : 
J'ai  dit  ce  peu  de  paroles  pour  l'instruction 
des  lecteurs  ;  celte  instruction,  contenue  dans 
les  quatre  versets  précédents,  prouve  que  les 
malheurs  des  Juifs  contenus  dans  celle  his- 
toire ,  ne  devaient  pas  scandaliser  les  lec- 
teurs. —  2^  Avertissement,  exhortation.  2. 
Potr.  1.  13.  Vestram  excito  in  commonitione 
sinceram  mcntem  :  Je  lâche  de  réveiller  vos 
âmes  simples  par  mes  avertissements. 

COMMORARI,  séjourner,  s'arrêter,  et  de- 
meurer quelque  temps  en  quelque  lieu;  c'est 
ainsi  que  la  vie  nesl  pour  l'homme  que 
comme  un  séjour  assez  court,  sur  quoi  Cicé- 
ron  a  dit  :  Natura  domicilium  nobis  non  ha^ 
bitandi  ,  sed  commorandi  dédit.  Il  signifie 
aussi  arrêter,  retarder. 

1°  Demeurer,  être  quelque  part,  séjourner, 
habiter  (o-uvor/.-ïv).  Eccli.  25.  23.  Commorari 
leoni  et  draconi  placebit  quam  habilare  cum 
muliere  nequam  :  Il  vaut  mieux  demeurer 
avec  un  lion  et  avec  un  dragon  que  d'habiter 
avec  une  méchante  femme,  c.  kl.  12.  In  mé- 
dia mulierum  noli  commorari  :  Ne  demeurez 
point  au  milieu  des  femmes,  v.  9.  10. 

2"  Demeurer  ferme,  tenir  à  la  racine.  Job. 
8.  17.  Jntcr  lapides  commorabitur  :  L'hypo- 
crite qui  paraît  dans  un  bonheur  stable,  esl 
comp.iré  ici  à  une  plante  (|ui,  quoiqu'elle 
demeure  ferme  au  milieu  îles  cailloux,  se 
sèche  néanmoins  aussitôt,  et  n'a  point  d'hu- 
meur pour  l'enlretenir  longtemps  (xot-zâTOxi). 
^jl. — Hal)iler,  demeurer, se  dit  aussi  figu- 
rément  de  Dieu  (jui  est  dit  habiter  avec  les 
honnnes  fidèles  qu'il  protège,  qu'il  favorise 


70" 


DICTIONNAIRE  DE  PllILOLOGlC  SACRÉE. 


7<>G 


et  qu'il  honort'  (li>  sn  présence  (-/.5<tx7v.»;voûv). 
Tjum.  35.  3i.  Ua  emundabitur  vestra  posses- 
sio,  me  commoranle  vobiscum  :  C'est  ainsi 
i|uo  votre  (erre  deviendra  pure,  et  que  je 
demeurerai  parmi  vous.  Joël.  3.  21.  Domimis 
commorabitur  in  Sion;  i.  e.  in  Ecclesin  :  Le 
Seigneur  habitera  dans  Sion.  Zac.  5.  i.  Vo- 
lumen  commorabitur  in  medio  domxis  ejus  {/.u- 
Taivctv)  ;  Ce  livre  demeurera  au  milieu  de  la 
maison  du  voleur  et  du  parjure,  jusqu'à  ce 
qu'il  la  consume  :  ceci  figure  l'aveuglement 
volontaire  de  la  loi  de  Dieu  ,  qui  dure  jus- 
qu'au jour  qu'il  plaît  à  Dieu  que  cette  loi 
leur  paraisse  malgré  eux.  comme  un  Juge 
sévère  pour  les  perdre. 

§  2.  —  Vivre  en  repos  (a'j).iÇso-9Kj) .  Ps.  90. 
1.  In  protectione  Dei  cœli  commorabitur  • 
Celui  qui  demeure  ferme  sous  l'assistance 
du  Très-Haut,  se  reposera  sûrement  sous  la 
protection  du  Dieu  du  ciel. 

§3. — Se  plaireàquelquechose,  s'y  attacher. 
Prov.  23.  30.  Cui  vœ.. .  nonne  his  qui  com- 
morantur  {syxpr,-ji'ç-i-j)  in  vino  ?  A  qui  dira-t- 
on malheur  ?  sinon  pour  ceux  qui  passent 
avec  plaisir  le  temps  à  boire  du  vin. 

§  4.  —  Etre  placé  («-rAiÇr^ÇKt).  Gant.  1.  13. 
Inler  ubera  mea  commorabitur  :  Mon  bien- 
aimé  est  pour  moi  commi'  un  bouquet  de 
myrrhe  ;  il  demeurera  entre  mes  mamelles. 
Ce  bien-aimé  est  Jésus-Christ  ,  qui  se  plaît 
avec  lEglise  son  épouse. 

§0.  —  Etre  du  nombre,  Prov.  13.31.  Auris 
quœ  audit  increpationes  ritœ,  in  medio  sapien- 
tium  cotnmorabitur :  C'est  être  vraimenlsage 
que  d'aimer  les  réprimandes. 

COMMORATJO,  oms.  Retardement;  dans 
l'Ecriture  : 

Le  lieu  de  la  demeure,  domicile  (T-au/t;). 
Act.  1.  20.  Fiat  commoratio  eorum  déserta  : 
Que  leur  demeure  devienne  déserte.  Ce  pas- 
sage, que  saint  Pierre  tire  du  Ps.  68.  26.  qui 
porte  habitatio ,  et  quil  applique  à  Judas, 
s'entend  également  des  Juiis  ennemis  de  Jé- 
sus-Christ. 

COMMORI ,  (j-j-jy.TToOro'jy.iu. — 1°  Mourir  avec 
quelqu'un.  Marc.  14.  31.  Etsi  oportuerit  me 
sinud  commori  libi,  non  te  negabo  :  Quand  il 
me  faudrait  mourir  avec  vous,  je  ne  vous 
renoncerai  point,  dit  saint  Pierre  à  Jésus- 
Christ.  2.  Cor.  7.  3.  In  cordibus  nostris  esds 
ad  commoriendum  et  ad  conviienduni  :  Vous 
êtes  dans  mon  cœur  à  la  mort  et  à  la  vie.  — 
2"  Mourir,  cesser  d'être.  Eccli.  19.  10.  Au- 
disti  verbum  adversus  proximum  tuum,  corn- 
moriatur  in  te  :  Avez-vous  onlen  lu  une  pa- 
role contre  votre  prochain  ,  failes-la  mourir 
dans  vous. 

—  Mourir  avec  Jésus  -  Christ ,  signifie 
souffrir  les  afflictions  et  la  mort  môme,  pour 
les  vérités  de  l'Evangile.  2.  Tim.  2.  11.  Si 
commortui  sumus ,  et  convivonus  :  Si  nous 
moutons  avec  Jésus-Christ ,  nous  vivrons 
aussi  avec  lui. 

COMMOTIO,  Ms,  xivflît,-.  —  1°  Action 
par  laquelle  une  chose  est  mise  en  mouve- 
ment :  de  là  viennent  ces  façons  de  parler  : 

Commotio  castrorum.  Le  mouvement  du 
camp,  le  dccuœpemenl  d'un  corps  d'armée. 


Num.  i.  13.  Cum  involverint  Aaron  et  filii 
ejus  sanctuari(m  ,  et  oynnia  vasa  ejus  in  corn- 
motione  castrorum  :  Après  qu'Aaron  et  ses 
enfants  auront  enveloppé  le  sanctuaire  avec 
tous  ses  vases,  quand  le  camp  marchera. 

Commotio  capitis.  Mouvement  de  tète,  geste 
qui  marque  le  mépris  et  la  raillerie  que  l'on 
fait.  Ps.  43.15.  Posuisti  nos...  commotionem 
capitis  in  popuUs  :  Vous  avez  fait  que  les 
peuples  secouent  la  tête  en  nous  regardant  : 
cette  prophétie  faite  ou  contre  les  Juifs  ,  ou 
contre  les  chrétiens  ,  a  été  accomplie  à  la 
lettre,  à  l'égard  deïésus-Christ,  par  les  Juifs. 
Voy.  Ps.  21.  19.  Matth.  27.  v.  39.  40.  etc. 

Voy.  MOVERE  CAPUT. 

2^  Ebranlement  ,  tremblement  de  (erre 
{'7-J77S  171x0;).  3.  Reg.  19.  11.  Post  spiritum 
commotio; non  in  commofione  Dominus: Lors- 
que le  Seigneur  passa,  après  le  vent  impé- 
tueux qu'on  entendit  devant  le  Seigneur,  il 
se  fit  un  tremblement  de  terre,  et  le  Seigneur 
n'était  pas  dans  ce  tremblement  de  terre,  nou 
plus  que  dans  ce  vent  :  ce  qui  peut  marquer 
que  Dieu  ne  se  découvre  à  l'âme  que  dans  la 
paix,  et  non  dans  le  bruit. 

3°  Bruit  ,  remuerr.ent  de  quelque  chose 
\7îi'7urjç).  Ezcch.  37.  7.  Ecce  commotio  :  On 
entendit  un  bruit;  ce  bruit  peut  s'expliquer 
de  lEdit  de  Cyrus  pour  renvoyer  les  Juifs 
dans  leur  pays. 

§  1. — Traverse, trouble, affliction  (IV.o-Tac-e?). 
2.  Par  29.  8.  Tradiditque  eos  in  commotio- 
nem :  Dieu  a  livré  les  Juifs  à  tous  les  mau- 
vais traitements  de  leurs  ennemis.  Isa.  19 
16.  Jerem.  34.  17. 

§  2.  — Chute,  ruine  (c-â).©?).  Ps.  63.  9.  Non 
dédit  in  commotionem  pedes  meos  ;  Heb.  no- 
stros  :  C'est  Dieu  qui  n'a  point  permis  que 
mes  pieds  aient  été  ébranlés  ,  i.  e.  que  je  sois 
tombé,  et  que  j'aie  péri.  Ps.  120.  3. 

§  3. —Plaie,  défaite  (  eoaOat?  ).  Sap.  18. 
20.  Commotio  in  eremo  facta  est  mullitudinis. 
Le  peuple  fut  frappé  d'une  plaie  dans  le  dé- 
sert :  Le  Sage  peut  avoir  eu  en  vue  la  plaie 
qui  est  marquée,  Num.  16.  46.  qu'A;irou 
apaisa,  v.  48;  d'autres  entendent  par  cetlo 
même  plaie  celle  dont  parle  David,  Ps.  103. 
30.  Cessavit  quassatio  :  Phinées  s'opposa  à 
leur  impiété,  et  il  fit  cesser  cette  plaie  dont 
Dieu  les  avait  frappés. 

COMMOVERE,xiv£ïv,  (7£Ùiv,a-K>£Û££v.  Remuer, 
faire  changer  de  place,  transférer.  4.  Reg. 
23.  18.  Nemo  commoveat  ossa  ejus  :  Que  per- 
sonne ne  touche  à  ses  os  :  Josias  défendait 
qu'on  touchât  au  sépulcre  du  prophète,  qui 
avait  prédit  de  lui ,  3.  Reg.  13.  2.  qu'il  immo- 
lerait sur  l'autel  de  Bélhel  les  prêtres  ido- 
lâtres. Ps.  92.  1.  Ainsi,  Jerem,  4.  1.  Si  rever- 
teris  Israël...  non  commoveberis  :  Si  vous  re- 
venez, ô  Israélites,  en  abandonnant  l'idolâ- 
trie, vous  ne  serez  point  ébranlés.  Uebr.  Aon 
emicjrabis  :  Vous  ne  serez  point  transférés 
pour  être  menés  en  captivité.  1.  Par.  17.  9. 
ha.  id.l.  Commovebuntur  simulacra  /Eji/pli 
a  facie  ejus  :  Les  idoles  d'Egypte  seront  trans- 
portées par  les  Egyptiens,  pour  les  mettre 
en  sûroté  à  l'arrivée  du  roi  des  Assyriens. 
Mail  h.  24.  29. 


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COM 


COM 


Phrases  tirées  de  cette  signification. 
Commovere  terram,  orbem  terrœ.  Ebranler 
la  terre,  signifie,  1°  dans  la  signification  pro- 
pre, la  faire  changer  de  place.  Ps.  92.  2.  Fir- 
mavit  orbem  tcrrœ ,  qui  non  commovebitur  : 
Dieu  a  afîeroii  le  corps  de  la  terre  ,  en  sorte 
qu'il  ne  sera  point  ébranlé;  2"  dans  le  sens 
figuré,  c'est  remplir  quelque  peuple  de  ter- 
reur et  de  consternation.  2.  Reg.  22.  8.  Ps. 
17.  9.  Commota  est  et  contremuit  terra  :  La 
terre  s'est  émue,  et  elle  a  tremblé  :  David  té- 
moigne que,  lorsque  Dieu  a  pris  sa  défenso,scs 
ennemis,  figurés  par  cette  terre,  ont  été  fort 
ébranlés  de  crainte  et  de  frayeur,  ou  plutôt 
c'est  une  description  poétique,  pour  expri- 
mer quels  sont  les  effets  de  la  puissance  d'un 
Dieu  irrité  contre  les  méchants  qui  habitent 
la  terre  ,  et  qui  y  sont  attachés.  David  mar- 
que donc  que  la  colère  de  Dieu  est  si  redou- 
table, qu'elle  peut  en  un  moment  ébranler 
la   terre  jusqu'aux  fondements.  Voy.  Con- 
TURBARE.  Cette  description  règne  depuis  le 
V.  9.  du  Ps.  17.  jusqu'au  v.  19.   Ps.  76.  19. 
Ps.  95.  11.  Ps.  17.  10.  etc.  Mais  Aggée  2.  7. 
Commovere  terrain,  peut  signifier,  apporter 
un  changement  extraordinaire  dans  l'ordre 
de  la  nature.  Adhuc  modicum  est,  et  ego  corn- 
movebo  cœlum  et  terram  :  Encore  un  peu  de 
temps,   et  j'ébranlerai  le  ciel  et  la  terre; 
comme  il  arriva  au  ^emps  de  la  mort  de  Jé- 
sus-Christ. Mais  cette  expression  marque 
plutôt  le  changement  que  l'incarnation  de 
Jésns-Christ,  la  prédication  de  l'Evangile  et 
la  foi  devaient  faire  dans  tout  l'univers,  en 
détruisant  sur  la  terre  le  règne  du  démon  , 
pour  y  établir  celui  de  Dieu. 

1°  Faire  tomber,  causer  la  perte  de  quel- 
qu'un. Ps.  15.  8.  A  dextris  est  mihi  ne  com- 
movear  :  Le  Seigneur  est  à  mon  côté  droit 
pour  empêcher  que  je  ne  sois  ébranlé.  Ps.  12. 
3.  Ps.  20.  8.  Ps.  ko.  6.  Ps.  59.  4.  Ps.  111.  G. 
Ps.  124.  1.  Prov.  10.  30.  etc.  De  là  vient  : 
Phrases  tirées  de  celte  signification. 
Commovere  pedes  ou  in  commoiionem  dure 
pedes  aliciijus.  Faire  tomber  en  de  grands 
maux  ou  en  de  grands  dangers,  Ps.  37.  17. 
Lum  commoventur  pedes  mei ,  super  me  ma- 
gna locuti  sunt  :  Mes  ennemis  ayant  vu  mes 
pieds  ébranlés  ont  parlé  avec  orgueil  sur 
mon  sujet  :  Ce  que  dit  ici  David  a  rapport  à 
ce  qui  est  marqué,  2.  Reg.  lo.  30.  Voy.  c. 
10.  v.  5.  6.  etc.  David  était  la  figure  de  Jé- 
sus-Christ. Ainsi,  Ps.  65.  9.  Ps.  120.  3.  Voy. 
Pes.  ^ 

2"  Exciter,  porter  à  fiiire  quelque  chose 
(ÈTtiiTEiciv).  2.  Reg.  24..  1.  Commovilque  David 
in  eis  dicentem  ;  vadc  ,  numera  Israël  et  Ju- 
dam  :  Dieu  permit  que  David  donna  ordre 
que  l'on  comptât  tout  ce  qu'il  y  avait  d'hom- 
Mics  dans  Israël  el  dans  Juda.  1.  Par.  21.  1. 
Satan...  incitnvil  David  ul  niimcrarel  Israël  : 
Ainsi ,  Dieu  laissa  le  démon  exciter  (  t  porter 
David  à  faire  celte  faute.  Job.  2.  3.  Tu  anlem 
commovisti  me  advtrsus  eum,  ul  affligercm 
eum  frustra  :  Tu  mas  porté  à  m'élevcr  contre 
Job  pour  l'affliger,  sans  qu'il  lait  mérité,  dit 
Dieu  à  Satan;  Satan  porta  Dieu  à  affliger 
Job,  parce  qu'il  dit  à  Dieu,  c.  I.  v.  9.  10.  11. 
pe  là  vient  : 


798 


Commovere  populum.  Exciter,  faire  soule- 
ver et  révolter  une  populace  («vaTeûtv).  Luc. 
23.  5.  Commovet  populum  :  Cet  homme  sou- 
lève le  peuple  par  sa  doctrine,  disent  tous 
les  Juifs  à  Pilate,  accusant  faussement  Jésus- 
Christ  de  dire  qu'il  ne  fallait  point  payer  le 
tribut  à  César.  Vov.  v.  2.  et  c.  20.  25.  Ainsi, 
Act.  6.  i2.  c.  17.  i3. 

3"  Effrayer,  faire  trembler,  jeter  dans  le 
trouble  (cruTcr.-iîiv).  Eccli.  16.  18.  In  conspectu 
illius  commovebuntur  :  Le  ciel  et  la  terre,  et 
tout  ce  qui  y  est  compris,  tremblera  à  la 
seule  vue  de  Dieu,  c.  43.  17.  Ps.  28.  8.  Com- 
movebit  Dominiis  desertum  cades  :  Lo  ton- 
nerre effraie  les  bêles  sauvages  qui  sont 
dans  les  déserts  :  on  dit  que  la  frayeur  que 
cause  le  tonnerre  aux  biches,  les  dispose  à 
se  décharger  plus  aisément  de  leurs  petits. 
Ps.  47.  6.  Ps.  111.  8.  V.  8.  12.  Matth.  21.  10. 
A  quoi  se  peut  rapporter,  Eccli.  12.  3.  Quan- 
do  commovebuntur  custodes  domus  :  Souve- 
nez-vous de  votre  Créateur  avant  votre  vieil- 
lesse; et  lorsque  les  gardes  de  la  maison 
commenceront  à  trembler  :  Par  ces  gardes 
s'entendent  les  bras  el  les  mains  qui  trem- 
blent dans  la  vieillesse,  et  quil  semble  que 
la  vieillesse  fasse  trembler. 

4°  Agiter  l'âme  par  quelque  forte  passion  ; 
comme    1°   par  la    colère  et    l'indignation. 
Num.  25.  11.  Phinees  zelo  commotus  est  con- 
tra eos  :  Le  zèle  de  Dieu,  dont  Phinées  fut 
animé  contre  cet  Israélite,  et  celte  Madianile, 
détourna  la  colère  de  Dieu.  Voy.  v  6.  8.  9. 
Ainsi,  Thren.  4.  15.  Jerem.  51.  7.  De  vino 
ejus  biberunt  gentes,  et  ideo  commolœ  sunt  : 
'foutes  les  nations  ont  bu  de  la  coupe  qui 
était  dans  la  main  de  Dieu,  et  elles  en  ont 
été  agitées  :  celle  coupe  de  Dieu  sont  les  Ba- 
byloniens, par  lesquels  les  peuples  se  voyant 
désolés,   s'emportaient   contre   Dieu,  et  le 
blasphémaient;  ou  plutôt  en  étaient  si  trou- 
blés, qu'ils  eussent  pu   être  comparés  à  un 
homme  ivre,  qui  est  tout  agité;  2"  agiter,  el 
comme  transporter  de  joie   et  d'allégresse. 
Ps.  95.   11.  CommoveaLur  mare  et  plenitudo 
ejus  :  Que  la  mer,  avec  ce  qui  la  remplit  , 
soit  tout  émue  de  joie,  comme  participant  à 
la  joie  que  les  élus  auront  du  second  avène- 
ment de  Jésus-Christ,  leur  libérateur  ;  3'  agi- 
ter de  crainte  et  de  respect  :  de  là  vient,  Com- 
movere terram  a  facie  sua  :  Faire  trembler 
toute  la  terre  à  sa  seule  vue,  c'est  imprimer 
à  tous  les  hommes  la  crainte  el  le  respect  à 
sa  présence.  1.  Par.  16.  30.  Ps.  95.  9.  Com- 
movealur  a  facie  ejus  universa  terra  :  Que 
toute  la  terre  tremble  devant  la  face  du  Sei- 
gneur. Voy.  Terra.  :  le  Prophète  exhorte  les 
hommes  d  être  dans  la  rraii»te  à  la  venue  <l 
à  la  prédication  du  Messie  ,  el  de  le  recevoir 
avec  respect.  Ps.  33.  8.;  4'  Emouvoir  de  com- 
passion ou  de  tendresse.  Gen.  43.  30.  Festi- 
navitgue  ,  quia  commota  fuerunt  viscera  ejus 
{rjufjzf,i^-z.vj;  :  Joseph  se  hâta  de  sortir,  parce 
que  ses  entrailles  avaient  été  émues  au  sujet 
de  Benjamin.  3.  Ueg.  3.  26.  A  quoi  se  peut 
rapporter   Commovere  cnpul   super  aliqno  : 
Etre  tout  hé  de  compassion,  à  cause  du  mal- 
heur do  quelqu'un.  [Sahum.  3.  7.  Quis  com- 
movebit  buper  te  caput?  Qui  sera  louché  de 


709 


DICriONNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


«00 


voire  malheur?  Le  Prophète  parle  de  Ninive: 
celle  expression  vient  du  mouvement  de  léle 
de  ceux  qui  témoignent  de  la  compassion. 
Gr.  o-TEvKÇstv,  lugere. 

Phrase  tirée  de  ce  verbe  dans  le  sens  figuré. 

Commovere,  simulacra  regionis.  Ebranler 
les  idoles  d'un  pays,  c'est  en  renverser  le 
culte,  en  aballre  tout  l'honneur  et  le  respect 
qui  leur  élait  rendu.  Isa.  19.  1.  Commovc- 
buntur  simulacra  Mgijpti  a  fade  ejiis  :  Les 
idoles  d'Egypte  seront  ébranlées  devant  la 
face  du  Seigneur  :  ce  qui  se  peut  entendre, 
ou  delà  présence  de  Nabuchodonosor,  à  qui 
Dieu  avait  livré  l'Egypte  et  toules  ses  idoles, 
comme  un  ministre  de  sa  justice,  ou  du  ren- 
versement de  l'idolâtrie  par  la  conversion 
des  Egyptiens. 

COM.MUNIGARE  ,    xotvwvrô,     é-ty^ou'^-.th.  — 

1°  Communiquer,  faire  part  aux  autres  de 
ce  qu'on  a.  Rom.  12.  13.  Necessitatibus  san~ 
ctorum  communicantes  :  Faites  part  de  vos 
biens  aux  pauvres  pour  les  soulager  dans 
leurs  besoins.  Philipp.  h.  \k.  Verumtamen 
benefecistis  communicantes  tribulationi  meœ  : 
Quoique  je  puis  tout  en  celui  qui  me  fortifie, 
cependant  vous  avez  bien  fait  de  prendre 
part  à  l'affliction  où  je  suis  ,  en  m'assistant 
de  vos  biens.  Voy.  v.  15.  Ainsi,  Gai.  6.  6.  1. 
Tim.  6.  18.  Sap.  7.  13.  c.  8.  9.  A  quoi  se  peut 
rapporter,  Eccli.  26.  9.  Jn  muliere  zelotypa 
flagellum  linguœ,  omnibus  communicans  :  La 
langue  de  la  femme  jalouse  est  perçante  ,  et 
elle  communique  ses  plaintes  à  tous  ceux 
qu'elle  rencontre. 

2°  Prendre  part  à  quelque  chose  ,  en  être 
participant  ((juyxotvwvîrv).  Ephes.  5.  11.  No- 
lite  communicare  operibus  infructuosis  tene- 
brarum  :  Ne  prenez  point  de  part  aux  œu- 
vres infructueuses  des  ténèbres  ;  i.  e.  du 
péché  J.  Tim.  5.  22.  Heb.  2.  ik.  1.  Petr.  4. 
13.  2.  Joan.  v.  12.  Ainsi,  Ps.  liO.  i.  Non 
communicabo  cum  electis  eorum  (c-jvSuàÇïtv)  : 
Je  n'aurai  point  de  part  à  leurs  délices.  Voy. 
Electa. 

3°  Converser  familièrement,  avoir  com- 
merce et  liaison  avec  quelqu'un  (7Tooc77:«iÇêtv). 
Eceli.  Non  communices  liomini  indocto  : 
N'ayez  point  de  commerce  avec  un  homme 
mal  instruit,  c.  13.  1.  Qui  communicaverit 
superbo,  induet  superbiam  :  Celui  qui  se  joint 
au  superbe,  deviendra  superbe,  v.  2.  3.  21. 
Si  communicabit  lupus  agno  aliquando  ,  sic 
peccator  justo  :  Comme  le  loup  n'a  point  de 
commerce  avec  l'agneau  ;  ainsi  le  pécheur 
n'en  a  point  avec  le  juste.  Ainsi,  1.  Tim.  6. 
18  Communicare,  xotvwvt/.où^-  zhy.i,  est  pris  par 
plusieurs  interprèles  ,  pour  se  rendre  facile, 
être  doux  et  bon.  Voy.  supra  1°. 

4°  Souiller,  rendre  impur.  Marc.  7.  15. 
Quœ  de  homine  procedunt,  illa  sunt  quœ  com- 
municant hominem  :  Ce  qui  sort  de  l'homme 
est  ce  qui  le  souille  :  Jésus-Christ  prouve 
plus  amplement  ceci  v.  18.  19  et  suiv.  Voy. 

COMMUNIS. 

COMMUNICATIO,  nis.  —  1"  Communica- 
tion de  discours,  entretien,  conférence.  Sap. 
8.  18.  Prœclantas  in  communicatione  sermo- 
nuiu  iusius  :  On  trouvera  une  grande  gloire 


dans  la  communication  des  discours  de  la 
Sagesse. 

2°  Rapport,  liaison,  convenance,  sympa  •' 
thie  (eiprjvïj,  pax).  Eccli.  13.  22.  Quœ  commu 
nicatio  sanclo  homini  ad  canem?  Quel  rap- 
port a  un  homme  saint  avec  un  chien  ?  i.  e, 
avec  un  homme  impur  et  profane;  Gr.  Qu'y 
a-t-il  de  commun  entre  l'hyène  et  le  chien? 
On  dit  qu'il  y  a  naturellement  une  grande 
antipathie  entre  l'hyène  et  le  chien. 

3°  Communion  ,  participation  de  quelque 
chose  en  commun.  Act.  2.  42.  Erant  persé- 
vérantes... in  communicatione  fractionis  pu- 
nis :  Les  fidèles  persévéraient  dans  la  com- 
munion de  la  fraction  du  pain  :  ce  pain  se 
peut  entendre  ou  des  repas  qui  se  faisaient 
en  commun,  ou  de  l'Eucharistie  ;  (Gr.  Et 
fractione  panis ;  et  ici  communicatio  s'entend 
aussi  des  aumônes  et  de  la  part  que  l'on  fai- 
sait de  ses  biens;.  Ainsi,  1.  Cor.  10.  16.  Nonne 
communicatio  sanguinis  Christi  est  :  Le  ca- 
lice de  bénédiction  que  nous  bénissons  n'esl- 
il  pas  la  communion  du  sang  de  Jésus- 
Christ? 

k°  Communication  ,  pari  que  l'on  fait  de 
ses  biens,  libéralité.  2.  Cor.  9. 13.  Glorifican- 
tes  Deum...  in  simplicitate  communicationis 
in  illos  et  in  omnes  :  L'assistance  qu'éprou- 
vent les  saints  de  Jérusalem,  les  porle  à  glo- 
rifier Dieu  de  la  charité  avec  laquelle  vous 
faites  part  de  vos  biens,  soit  à  eux,  soit  à 
tous  les  autres,  c.  8.  4.  Cum  tnulta  ex- 
hortalione  obsecrantes  nos  gratiatn ,  et  cotn- 
municationem  tninisterii  quod  fit  in  sanctos  : 
Les  églises  de  Macédoine  nous  ont  conjuré 
de  recevoit  leur  aumône  et  la  part  qu'ils 
font  de  leurs  biens  pour  assister  les  saints 
de  Jérusalem.  Philipp.  1.  5.  Gratias  ago  Deo 
meo  super  communicatione  vestra  in  Evange- 
lia  Chrisd  :  Je  rends  grâces  à  mon  Dieu  de 
la  libéralité  que  vous  avez  exercée  pour  la 
prédication  de  l'Evangile  de  Jésus-Christ. 
Philem.  v.  6.  Ut  communicatio  fidei  tuœ  evi- 
dens  fiât  :  Je  rends  grâces  à  Dieu  de  ce  que 
j'apprends  de  quelle  sorte  la  libéralité  qui 
naît  de  votre  foi,  se  fait  connaître  à  tout  le 
monde. 

COMMUNICATOR,  is.  y.otvM-joç,  de  communi- 
care, et  signifie  proprement,  qui  fait  part  de 
ce  qu'il  a;  dans  l'Ecrilure  : 

Qui  a  part  à  quelque  chose,  qui  y  parti- 
cipe. 1.  Pelr.  5.  1.  Qui  ejus,  quœ  in  future 
revelanda  est  gloriœ  Communicator  :  Moi  qui 
dois  participer  à  la  gloire  qui  sera  un  jour 
découverte. 

COMMUNIO,  Nis.  xoivwvta.  Ce  mot  veut  dire 
la  même  chose  que  liaison,  société,  commu- 
nication, union  :  c'est  dans  ce  sens  que,  dans 
le  Symbole,  l'union  qui  est  entre  tous  les 
membres  de  l'Eglise,  se  nomme  la  commU' 
nion  des  saints,  qui  sont  unis  ensemble  par 
la  profession  d'une  même  foi,  par  la  parti- 
cipation aux  mêmes  sacrements  et  par  l'o- 
béissance aux  mêmes  pasteurs;  dans  l'Ecri- 
ture : 

1"  Communication  par  laquelle  on  fait 
part  de  ses  biens.  Hebr.l.lf).  Beneficenliœ... 
et  communionis  nolite    o'divisci  :  N'oubliez 


801 


COM 


COM 


80Î 


point  d'exercer  la  charilé  et  de  faire  part  de 
vos  biens  aux  autres. 

2°  Proximité,  d'où  vient,  communia  mor- 
tis  :  approche  de  la  mort.  Eccli.  9.  20.  Com- 
munionem  mortis  sciio  •  Souvem-z-vous  que 
la  mort  est  proche,  et  qu'on  y  est  continuel- 
lement exposé. 

COMMUNIS,  E,  y.ol-jôç  ,  de  la  préposition 
CM»!,  et  de  ladj.  unus,  parce  que  ce  qui  est 
commun  entre  plusieurs,  devient  enlr'eux 
comme  une  seule  et  même  chose. 

1°  Commun,  ce  qui  appartient  à  plusieurs, 
dont  l'un  ne  s'attribue  pas  plus  la  propriété 
que  les  autres.  Act.  2.  ii.  c.  i.  32.  Erant  il- 
lis  omnia  communia  :  Toutes  choses  étaient 
communes  entre  la  multitude  de  ceux  qui 
croyaient  en  Jésus-Christ;  parce  que  nul 
ne  considérait  les  richesses  qu'il  possédait, 
comme  étant  à  lui  en  particulier,  mais  à  tous 
également.  Til.  1.  k.  Paulus  Tito  dilecto 
fUio  ,  secundum  communem  fidem  :  Paul 
écrit  à  Tite,  son  flls  bien  -  aimé  ,  en  la 
foi  qui  leur  est  commune.  Jud.  v.  3.  Sap.  7. 
2.  etc. 

2°  Grand,  spacieux,  qui  en  peut  tenir 
plusieurs.  Prov.  21.  9.  Sedere...  in  domo 
communi  :  Demeurer  dans  une  maison  com- 
mune. A  domus  commimis  ,  est  opposé 
nngulus  :  Un  petit  coin  à  demeurer,  c.  2o. 
24. 

3°  Ce  qui  est  de  l'usage  comm.un,  dont  on 
peut  user,  dont  l'usage  est  permis,  et  qui 
n'est  point  consacré  à  Dieu.  Deul.20.  6.  Quis 
est  homo  qui  plantavil  vineam,  et  necdum  fe- 
cit  eam  esse  communem  ;  de  qua  omnibus  vesci 
liceat?  S'il  y  a  quelqu'un  qui  ait  planté  une 
vigne  qui  ne  soit  pas  encore  en  état  que  tout 
le  monde  ait  la  liberté  d'en  manger,  quil 
s'en  aille:  c'est  ce  que  devait  crier  chaque 
ofQcier  à  la  tête  de  ses  soldats,  avant  qu'on 
livrât  la  bataille.  Ce  qui  est  dit  ici  a  rapport 
à  ce  qui  est,  Levit.  1.  25.,  où  il  est  ordonné 
que  les  Israélites  étant  entrés  dans  la  terre 
promise,  ne  pouvaient  manger  des  fruits  des 
arbres,  que  la  cinquième  année  après  leur 
entrée;  les  fruits  de  la  quatrième  devant  être 
consacrés  à  Dieu,  et  ceux  des  trois  premières 
devant  être  regardés  d'eux  comme  impurs. 
Voy.  V.  23.  2i. 

§.  1.  —  Souillé  et  impur,  d'une  impureté 
légale;  telles  étaient  certaines  viandes,  dont 
l'usage  était  défendu  aux  Juifs.  Act.  10.  v. 
ik.  15.  28.  Nunquani  mandiicavi  omne  com- 
mune et  immundum  :  Je  n'ai  garde  de  man- 
ger des  reptiles  et  des  oiseaux.  Seigneur; 
car  je  n'ai  jamais  rien  mangé  de  tout  ce  qui 
est  impur  et  souillé,  dit  saint  Pierre.  Voy.  v. 
12.  et  Dent.  U.  19.  Ainsi,  Act.  11.8.Koin.  14. 
14.  C'était  une  impureté,  selon  les  Juifs  pha- 
risiens, que  de  manger  sans  laver  aupara- 
vant ses  mains;  eC  celle  impureté  venait  de 
la  tradition  des  anciens. Mallh. 2.  l.i.v.5. (>uar« 
discipuli  tui  transf/rediuntur  tradilionem  se- 
niorumînon  enim  lavant  mnnus  suas  cumpa- 
ncnimanducant.-Vourquoi  vosdisciphs  violent- 
ils  la  tradition  des  anciens?  car  ils  ne  lavent 
point  leurs  mains  lorsqu'ils  prennent  leurs 
repas,  disent  les  pharisiens  à  Jesus-Christ. 
Les  Juifs  appelaient  commun,  c'est-à-dire, 


impur  et  souillé,  ce  qui  était  en  usage  chez 
les  gentils,  lorsque  la  loi  des  Juifs  ne  leur 
permettait  pas  den  user  de  même:  ce  mot  en 
ce  sens  n'est  ni  hébreu,  ni  grec,  ni  latin.  1. 
Mac.  1.  50. 

§  2.  Condescendant,  accommodant.  2. Mac 
9.  27.  Confido  eum...  communem  vobis  fore  : 
J'espère  que  mon  fils  vous  donnera  des  mar- 
ques de  sa  bonté;  c'est  ce  qu'écrit  l'impie 
Anliochus  aux  Juifs,  lorsqu'il  se  vit  frappé 
de  la  maladie  dont  il  mourut,  pour  les  por- 
ter à  se  soumettre  à  l'obéissance  de  son  fils. 
Gr.  (7-ju.-îp'/jir,î70y.>.,  OOsecundaturum  esse  ; 
c*est  en  ce  sens  qu'il  est  dit,  Eceli.  25.  2.  Vir 
et  mulier  sibi  consenlientes  :  Un  mari  et 
une  femme  qui  s'accordent  bien  ensem- 
ble. 

Phrase  tirée  de  ce  mot. 

In  comtnune  ou  in  communi.  —  l^En  com- 
mun et  d'intelligence.  Judic.  20.  9.  Hoc  con- 
tra Gabaa,  in  commune  faciamus  :  Exécutons 
ceci  tous  ensemble  contre  Gabaa.  Les  Israé- 
lites forment  le  dessein  de  faire  une  punition 
éclatante  de  ceux  qui  avaient  outragé  la 
femme  du  lévite.  Heb.  Sorte  :  en  tirant  au 
sort,  ce  que  chacun  de  nous  fera,  c  21.  7.  2. 
Esdr.  5.  10.  Dan.  13.  U. 

2  Ensemble,  en  une  assemblée  commune 
et  générale.  Judic.  19.  30.  Jn  commune  decer- 
nite,  quid  facto  opus  sit  :  Ordonnez  tous  en- 
semble ce  qu'il  faut  faire,  dit  le  lévite,  mari 
'le  la  femme  violée  et.  (jutragée  par  ceux  de 
Gabaa. 

COMMUMTER.  De  communis,  et  signi- 
fie : 

i"  Ensemble,  en  un  môme  lieu,  et  en  so- 
ciété (  c/.uv.  ).  Gen.  13.  6.  Nequibant  fiabi- 
lare  communiter  :  Les  biens  d'Abraham  et 
de  Loth  étaient  si  grands  qu'ils  ne  pou- 
vaient demeurer  ensemble.  2.  Machab.  8. 
29. 

2'  Familièrement  et  avec  amitié.  2.  .Mach. 
li.  2o.  Communiterque  vivebant  :  ludas  et 
Nicanor  vivaient  l'un  et  l'autre  familière- 
ment ensemble.  Gr.  Communem  vitam  insti^ 
tait  :  Judas  après  son  mariage,  continua 
toujfiurs  à  vivre  selon  les  manières  des 
Esséniens,  qui  n'avaient  rien  en  propre, 
mais  qui  possédaient  tout  en  commun.  Me- 
noch. 

3'  Indifféremment  ,  sans  distcrnement 
(iWaJTwr).  Deut.  12.  22.  Mundus  et  immundus 
in  commune  vescentur  :  Le  pur  et  l'impur 
mangeront  indifféremment  de  cette  chair; 
parce  que  ces  viandes  n'étaient  point  con- 
sacrées ni  offertes  à  Dieu. 

4  En  tout,  totalement,  tout  compté.  Num. 
7.  85.  Ita  ut  centum  triqinta  siclos  nrqenti 
lidberet  iinu)n  acclabnlum,  et  scptuaginta  si- 
clos  liabcret  una  pliiala;  i.  e.  in  commune  va- 
sorum  omnium  ex  arqcnto  sicii  duo  millia 
quadrinqcnli ,  pondère  sanctuarii  :  Chaque 
plat  d'argent  |)esant  cent  trente  sicles  ,  et 
chaque  vase  soixante-dix  (comme  il  y  en  fut 
consacré  douze  de  chaque)  ;  tous  les  vases 
d'argent,  par  consé(|ucnl,  pesaient  en  tout 
deux  n)illc  quatre  cents  sicles,  au  poids  da 
sancluairc 


803 


DICTIONNAIRE  DE  PHrLOLOGIE  SACREE. 


80; 


COMMUTARE.  Changer,  échanger. 

1"  Echanger,  faire  échange  («Uào-o-etv).  Job. 
28. 17.  Nec  commutabuntur  pro  ea  vasa  auri  : 
On  ne  donnera  point  la  sagesse  en  échange 
pour  des  vases  d'or,  i.  e.  pour  les  choses  les 
plus  précieuses,  en  sorte  qu'on  les  puisse 
égaler  à  la  sagesse.  Osée.  k.  7. 

-2°  Changer,  rendre  tout  autre  (à^otoûv).  3. 
Reg.  li.  2.  Commuta  habitum  :  Changez  d'ha- 
bil,  dit  Jéroboam  à  sa  femme,  pour  n'être 
point  connue  du  prophète  Ahias,  vers  qui  il 
l'envoie  consulter  touchant  la  maladie  de 
son  fils  Abia.  Osée.  4.  7.  Gloriam  eornm  in 
ignominiam  commutabo  (rtSÉvct)  :  Je  chan- 
gerai leur  gloire  en  ignominie  :  Dieu  parle 
aux  prêtres  des  faux  dieux  que  Jéroboam 
avait  choisis  des  derniers  du  peuple.  Ps.  72. 
21.  Job.  12.  20.  Commutons  labium  veraciiim 
(BLrxùàqtTzi'j)  :  C'est  Dieu  qui  fait  changer  de 
langage  à  ceux  qui  doivent  dire  la  vérité. 
Heh.  Removet  labium  veracibus  :  Il  fait  taire 
les  sages  et  leur  fait  dire  le  contraire  de  ce 
qu'ils  voulaient,  comme  il  paraît  par  l'exem- 
ple de  Balaam.  Ts.  ii.  Pro  ils  gui  commuta- 
buntur ;  Pour  ceux  qui  seront  changés,  qui 
deviendront  fidèles,  d'infidèles  qu'ils  étaient  ; 
de  pécheurs,  justes;  de  mortels,  iaimorléls. 
D'autres  croient  que  ces  paroles  sont  le  nom 
d'un  air,  ou  d'un  instrument  de  musique; 
Heb.  pro  liliis. 

3°  Transférer,  faire  passer  de  l'un  à  l'au- 
tre {[AszaXkàx'ztL-j).  Roîft.  1.  25.  Commutaverunt 
veritatcm  Dei  in  menclaciuin  :  Les  philosophes 
païens  ont  changé  la  vérité  de  Dieu  en  men- 
songe ,  en  attribuant  à  de  fausses  divinités 
ce  qu'ils  avaient  connu  du  vrai  Dieu.  Mich. 
'i.k.Pars populimei  commutata  est  {■Axzxix.szfjîtv, 
metiri).  Le  pavs  oui  était  à  nous  est  passé  à 
d'autres. 

Phrase  lirée  delà  seconde  signification. 

Commutare  faciem  ou  vultum.  Changer  de 
visage,  c'est  paraître,  ou  être  tout  autre 
qu'on  était  auparavant.  Job.  9.  27.  Commulo 
faciem  meam  :  Je  sons  que  mon  visage  se 
change;  i.  e.  de  chagrin  que  j'étais,  je  de- 
viens gai  en  prenant  la  résolution  de  ne  plus 
me  plaindre.  Ectl.  8.  1.  Eccl.  12.  19.  Dan.  5. 

C.  Voy.  MUTARE. 

COMMUTAÏIO  ,  Nis  :  Gr.  àvràUayaa.  — 
1"  Echange,  permutation  d'une  chose  avec 
une  autre.  Matlh.  16.  2G.  Quid  dabit  homo 
commutationis  pro  anima  sua?  Par  quel 
échange  l'homme  pourra-t-il  racheter  soa 
Ame  après  qu'il  l'aura  perdue?  Marc.  8.  37. 
C.cn.  47.17.  Job.  28.  13.  Ainsi,  Isa.  55.  1. 
limite  absque  argcnto  et  absque  ulla  commu- 
tatione  (  TifiÀ,  prelium  }  vitium  et  lac  :  Venez 
et  achetez  sans  argent  et  sans  aucun  échange 
le  vin  et  le  lait,  c'est-à-dire  la  grâce  et  la 
nourriture  spirituelle,  pour  laquelle  Dieu  ne 
demajide  autre  chose,  sinon  que  nous  ré- 
pondions à  ses  faveurs  par  nos  bonnes  œu- 
vres, notre  amour  et  notre  reconnaissance. 
—2°  Vente  {ùlàl<AyiJLoc,  al.  vMxyiia),  Ps.  43.  15. 
Non  fuit  muUiludo  in  commuialionibns  eo- 
rum:  Dans  l'achat  qui  s'est  fait  des  Israé- 
lites, ils  ont  été  donnés  presque  pour  rien  et 
à  vil  prix;  le  prophète  parle  des  différentes 


captivités  des  Juifs  et  du  mépris  qu'on  y  fai 
sait  d'eux. — 3°  Vicissitude,  révolution  (/^sra- 
eo>«).  Sap.  7.  18.  Jpse  dédit  inihi  ut  sciam 
commutationes  temporum  :  C'est  Dieu  môme 
qui  m'a  donné  connaissance  de  la  vicissitude 
des  saisons. 

COMPAGES,  is.  De  pango,  et  signifie  as- 
semblage de  plusieurs  parties  en  un  tout; 
dans  l'Ecr.  : 

Les  nerfs  et  les  liens  qui  tiennent  les  os  et 
les  autres  parties  du  corps  en  étal  de  se  sou- 
tenir (c-yvSeo-aô?).  Dan.  5.  6.  Compages  renum 
cjus  solvebantur  :  Les  reins  de  Ballhasar  se 
lâchèrent;  i.  e.  il  tombait  en  défaillance,  c. 
10.  16. 

Les  plus  secrètes  pensées  figurées  par  les 
nerfs  et  les  jointures  qui  attachent  les  par- 
lies  les  plus  intérieures  du  corps  {ùfju.o;  . 
Hebr.  4.  12.  Vivus  est  sermo  Dei...  periingens 
usque  ad  divisionem  animœ  ac  spiritusy,  com- 
pagum  quoqiie  ac  medullarum  :  La  parole  de 
Dieu  est  vivante,  elle  pénètre  jusque  dans 
les  replis  de  la  partie  animale  et  spirituelle  ; 
cette  divine  parole,  qui  est  la  vérité  éter- 
nelle, discerne  sans  se  tromper  les  pen- 
sées les  plus  secrètes  et  les  intentions  ca- 
chées. 

COMPAGO,  mis.  Du  verbe  pango. 

Assemblage,  liaison  {aviièlnciç ,  commis- 
sura  .  Exod.  26.  24.  Una  omnes  compago  re- 
tinebit  :  Ces  ais  seront  tous  emboîtés  l'un 
dans  l'autre  :  l'Ecriture  parle  de  la  structure 
du  tabernacle,  c.  36.  29..  Eccl.  27.  2.  V.  An- 

GDSTIARE. 

COMPAR.  Pareil,  égal  ;  dans  l'Ecr.  ; 

1"  Compagnon  de  travaux  (aiJÇuyoç).  Phil- 
lip.  4.  3.  Etiam  rogo  et  te  germane  compar  : 
Je  vous  prie...  fidèle  compagnon  do  mes. tra- 
vaux ;  la  métaphore  est  tirée  des  bœufs  que 
l'on  attache  ensemble  pour  labourer.  Le  mot 
greco-ûÇuyo?  ne  signifie  point  ici  conjux;  saint 
Paul  témoigne  lui-même  qu'il  n'était  point 
marié.  1.  Cor.  7.  7.  mais  ion  ne  sait  point 
précisément  quel  est  ce  fidèle  compagnon  de 
saint  Paul. 

2°  Prochain,  premier  venu  (ô  Trl-naiov'.  2. 
Reg.  2.  16.  Apprehenso  unusquisque  capite 
comparis  sut  :  Chacun  des  douze  hommes 
de  l'armée  d'Isboselh  et  chacun  des  douze  de 
l'armée  de  David,  ayant  pris  par  la  tête 
celui  qui  se  présenta  devant  lui,  ils  se  passè- 
rent tous  l'épée  au  travers  du  corps  et  se 
tuèrent  l'un  l'autre. 

COMPARARE ,  o-uyx/îtvgiv ,  ô//otoOv. — 1°  Com- 
parer. Job.  25.  3.  Numquid  juslifieari  potest 
homo  comparatus  Deo?  L'homme  peut  -  il 
être  justifié  étant  comparé  à  Dieu?  Isa.  46. 
5.  Cui  comparaslis  me,  et  fecislis  similem? 
Qui  avez-vous  comparé  avec  moi,  qui  avez- 
vous  rendu  semblable  à  moi?  Hebr.  à  qui 
me  compareriez-vous  ?  Ceci  marque  que 
toute  la  force  de  l'intelligence  de  l'homme 
ne  peut  exprimer  l'essence  de  Dieu.  Job. 
22.  2.  2,  Cor.  10.  12.  Nura.  13  34.  Deut.  3. 
24.  etc. 

2"  Rendre  semblable  (Tzupua\JiJiëoàleiv).  Ps. 
48.  V.  13.  21.  Homo...  comparatus  cstjuinen- 
tis  :  L'homme  a  été  comparé  aux  bêles  qui 
n'ont    aucune  raison ,   en    ce  q^u'élant    eu 


60S 


COM 


COM 


8iG 


honneur,  il  n'a  pas  compris  qu'il  devait  mou- 
rir comme  elles.  Job.  13.  12.  c.  30.  19.  Sap. 
13.  14. 

3'  Acquérir  une  chose,  entrer  en  posses- 
sion, l'achetfr  (xTâTÔat).  Eccli.  33.  31.  Jn 
sanguine  animœ  comparasli  illum  :  Comme 
les  premiers  esclaves  furent  ceux  que  l'on 
avait  pris  dans  la  guerre,  c'est  pourquoi 
ceux  mêmes  qui  les  avaient  achetés,  di- 
saient qu'ils  les  avaient  eus  au  prix  de  leur 
sang.  c.  1.  33.  Comparute  vobis  sine  ar- 
qento.  Voy.  Gosimutatio,  1°.  Ainsi,  Thren. 
%.  4. 

4°  Entrer  en  combat  (o-uvKvao-Tpiyec-eat,  ver- 
sari  cum  :  Hebr.  :  Niphtal,  colluctor).  Gon. 
30.  8.  Comparavit  me  Deus  cum  sorore  m.ea  : 
Le  Seigneur  m'a  fait  entrer  en  combat  avec 
ma  sœur. 

5"  Accommoder,  proportionner.  1.  Cor.  2. 
13.  Spiritualibus  spiriiualia  comparantes  : 
Nous  enseignons  les  choses  spirituelles  à 
ceux  qui  en  sont  capables  ;  «Mfr.  nous  en- 
seignons les  choses  spirituelles  d'une  ma- 
nière spirituelle,  avec  le  langage  qu'inspire 
l'esprit  de  Dieu. 

6"  Préparer,  disposer  (Stao-xcôàÇetv,  distrin^ 
(jcre).  1.  Mach.  6.  33.  C omparaverunt  se  exer- 
citus  inprœlium  :  Les  armées,  celle  de  Jona- 
Ihas  et  d'Antiochus  Eupator  ,  se  préparèrent 
au  combat. 

Phrase  tirée  de  la  première  signiBcalion. 

Comparare  invicem.  Mesurer  ses  forces  l'un 
avec  l'autre,  en  fiiire  essai  {trv^i-Kpi-DZfjBv.i)  1. 
Mach.  10.  71.  Comparemus  illic  invicem  :  Fai- 
sons-là  l'essai  de  nos  forces,  dit  à  Jonalhas, 
Apollonius,  général  de  Démétrius  étant  à 
Jamnia. 

COMPARATIO,  Nis.  -  1°  Rapport.  Job.  4. 
17.  Numquidhomo  Dei  comparatione  justifi- 
cabitur?  L'homme  peut  bien  être  innocent 
par  rapport  aux  hoti^mes,  mais  non  pas  par 
rapport  à  Dieu.  c.  28.  18.  —2°  Prix  égal  et 
équivalent  [à-nciùv.y^y.) .  Eceli.  6.  15.  Àmico 
fideli  nulla  est  comparalio  :  L'ami  fidèle  n'o 
point  de  prix,  il  n'y  a  rien  qu'on  lui  puis  e 
comparer.  — 3°  Accord  de  plusieurs  parties, 
concert  (crûy/oiaa).  Eccli.  32.  7.  Gemmula  car- 
bunculi  in  ornamento  auri,  et  comparatio  mu~ 
sicorumin  convivio  :  Un  concert  de  musique 
dans  un  festin  est  comme  l'escarboucle  en- 
cluissé  dans  l'or.  v.  21.  Peccator  liomo  mita- 
hil  correptionem.et  secundumvoluntalcmsunm 
invcnict  comparnlionem  :  Le  pécheur  évitera 
d'être  repris,  et  il  trouvera  des  interpréta- 
tions de  la  loi  qui  s'accorderont  avec  ses 
désirs.  —4"  Parabole,  sentence  allégorique 
qui  s'exprime  souvent  par  des  comparaisons 
(fr.</;«ÇoX/;).  Kccli.47.  v.17.18.  Rcplesti  in  com- 
parationibus  œnif/mnln  :  \o\\s  avoz  renfermé 
«les  énigmes  dans  une  multitude  d<'  parabo- 
les. De  trois  mille  paraboles  (jue  l'I'lcriture 
dit  que  S;ilon)on  a  f  liles  (o.  U.g.  4.  .'J2),  il 
mus  on  est  resté  ce  qui  s'en  trouve  dans  le 
livre  appelé,  les  Proverbes  de  Salomon,  qui 
sont  au  nori'b''C  d'environ  six  ou  sept 
cents. 

COMPAUKKK,  Eh(xt.  Paraître,  comparaître, 
•ubsistcr,  élrc  en  nature. 


Paraître,  se  voir,  se  trouver.  Gen.  37.  31). 
Puer  non  comparet:  L'enfant  ne  paraît  plus, 
dit  Ruben,  ne  trouvant  point  Joseph  dans  la 
citerne  d'oii  ses  autres  frères  l'avaient  tiré 
et  vendu  à  des  Lsmaélites  dans  l'absence  de 
Ruben.  c.  44.  28.  De  là  vient. 

Non  comparere.  Disparaître.  3.  Reg.  20. 
40.  Subito  non  comparait  :  Cet  homme  est 
disparu  tout  d'un  coup,  dit  à  Achab  celui  des 
prophètes  du  Seigneur  qui  lui  figurait  par 
cet  ennemi  qu'il  avait  mal  à  propos  laissé 
échapper  Bénadad  que  ce  prince  avait  laissé 
aller,  après  avoir  fait  alliance  avec  lui.  v. 
34.  42.  Ainsi,  2  Maeh.  3.  35. 

COMPARTICEPS,  cipis.  Qui  participe  à  la 
même  chose  {(jvy.iAérf>xoç).  Ephos.  3.  6.  lîeveln- 
tum  est  Gentes  esse...  comparlicipes  promis- 
sionis  ejus  in  Christo  Jesu  per  Evangelium  : 
Il  est  révélé  que  les  Gentils  participent  tous 
ensemble  aux  promesses  de  Dieu  par  l'Evan- 
gile. 

COMPARTIRI.  Partager  ensemble  :  dans 
l'Eer., 

Verser,  répandre  comme  une  pluie  abon- 
dante (è^oi^^pi^jiv).  Eccli.  1.  24.  Scientiam  et 
intelleclum  prudentiœ  sapientin  compnrtietur: 
La  sagesse  répand,  comme  une  pluie  abon- 
dante, la  science  et  la  lumière  de  la  pru- 
dence. 

COMPATI,  (TvixTTikfTyjtv, —  1°  Etre  compatis- 
sant, avoir  de  la  compassion  pour  les  maux 
d'autrui.  Job.  .30.  25.  Compatiebatur  anima 
mea  pauperi  :  Mon  âme  était  compatissante 
envers  le  pauvre: Ce  qui  est  dit  aussi  de  Jé- 
sus-Christ, quoiqu'il  soit  maintenant  inca- 
pable de  douleur.  Hebr.  4.  15.  Non...  habe- 
mus  pontificem,  qui  non  possit  compati  in- 
firmitatibus  noslris  :  Jésus  n'est  pas  un  pon- 
tife qui  ne  puisse  compatir  à  nos  infirmités; 
se.  en  ce  qu'il  a  dans  le  ciel  le  même  désir 
de  soulager  les  hommes  dont  il  connaît  la 
misère. 

2"  Souffrir  avec  quelqu'un.  Rom.  8.  17. 
Si  tamen  compntimur,  ut  et  conylorifîccmur  : 
I!  faut  souffrir  avec  Jésus-Christ  pour  être 
glorifiés  avec  lui.  1.  Cor.  12.  26  Si  quid  pa- 
tilur  unum  membrum,  compaliunlur  omnia 
membra  :  L'Apôlre  assure  que  comme  lorsijue 
l'un  des  membres  du  corps  souffre,  tous  les 
autres  souffrent  avec  lui  ;  de  même  un  chré-» 
lien  doit  compatir  à  la  misère  de  son  frère, 
pomme  étant  membre  d'un  même  corps  qui 
est  l'Eglise. 

3"  Compatir  réciproquement,  compatiraux 
maux  les  uns  des  autres.  1.  Petr.  3.  8.  Oni- 
nes...  compalicntes:Quo  tous  aient  une  bonté 
compatissante;  auir.  Gr.  que  tous  aient  les 
mêmes  affections. 

COMPKDITUS,  A,  UM,  TTnzsoïifiévjç.  De  cam- 
pes, dis.  Lié  de  chaînes,  captif.  Ps.  78.  II. 
Introntt  in  conspectn  (un  (/rmilus  compcdilo- 
rum.Qiic  les  gémissements  de  ceux  qui  sont 
ca[»lifs  s'élèvent  jusfju'a  vous  :  Ce  psaume 
r«  garde  l'oppression  et  la  perséouliou  de  Na- 
buchodonosor  ou  d'Antiochus,  (jne  le  pro- 
phète a  prévue.  Ps.  101.  21.  Ps.  145.  8.  Dan 
3.91. 

Arrêté  et  retenu  par  quelque  empéchenieni 
et  obstacle  que  ce  soU' y,. -,/•.,. ^n  i-]  «,.,   j^ 


807 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 


808 


2.  Vinculis  lenebrarum  et  longœ  noctis  compe- 
diti.  Les  Egyptiens  qui  se  persuadaient  pou- 
voir dominer  la  nation  sainte,  ont  été  liés 
par  une  chaîne  de  ténèbres  et  d'une  longue 
nuit  :  Ceci  a  rapport  à  ce  qui  est  dit,  Exod. 
10.  23. 

COMPELLERE,  «va^xâÇsiv.  —  l"  Obliger, 
forcer,  contraindre.  Act.  26.  11.  Puniens  eos 
compellebam  blasphemare  :  J'ai  élé  souvent 
dans  toutes  les  synagogues  où  je  forçais  plu- 
sieurs saints  de  blasphémer  à  force  de  tour- 
ments. Saint  Paul  parle  de  la  violence  qu'il 
a  exercée  contre  les  chrétiens  avant  sa  con- 
version. Luc.  14.  23.  Co7npelle  intrare  :  Allez 
dans  les  chemins,  et  le  long  des  haies,  et 
forcez  les  gens  d'entrer  :  Jésus-Christ  figure 
ici  la  vocation  des  Gentils  à  la  foi,  au  refus 
des  Juifs,  pour  lesquels  néanmoins  il  était 
venu  particulièrement.  Voy.  Matth.  15.  2i. 
Saint  Augustin  l'a  expliqué  de  la  contrainte 
que  l'on  fait  aux  hérétiques  de  rentrer  dans 
le  sein  de  l'Eglise  :  Celte  expression  peut 
bien  signifier  l'ardent  désir  que  le  père  de 
famille  a  de  faire  part  de  ses  biens,  ou  la 
force  et  l'efficace  de  la  prédication  de  l'E- 
vangile. 

2°  Chasser,  faire  fuir  (zaTKStw/.etv).  Judic.  9. 
ko.  In  urbem  co»)pîth'<  ;  Abimelech  contrai- 
gnit Gaal  de  fuir  dans  la  ville  de  Sichem  : 
Comme  il  y  avait  deux  partis  dans  Sichem, 
l'un  pour  Zébul  qui  en  était  gouverneur  pour 
Abimelech,  et  l'autre  pour  Gaal,  Zébul  ne 
put  empêcher  d'abord  Gaal  de  se  venir  réfu- 
gier dans  la  ville;  mais  il  l'en  chassa  en- 
suite. Voy.  V.  il. 

COMPENDIUM,!.  Du  verbepenrfere,  peser  ; 
et  signifie,  gain,  profit,  manière  courte  et 
facile  de  faire  quelque  chose,  parce  que 
quand  on  pèse  beaucoup  de  choses  à  la  fois, 
on  épargne  le  temps,  et  on  y  gagne: dans 
l'Ecriture, 

Chemin  court  et  abrégé.  2.  Rog.  18.  23. 
Currens  autem  Achimaas  per  viam  compen- 
dii  {-/.sx-ùp,  nom  de  lieu;  Hebr.  :  Planilies)  , 
transivit  Chusi  :  Achimaas  courant  par  un 
chemin  plus  court,  passa  Chusi  pour  aller 
annoncer  le  premier  à  David  la  mort  d'Absa- 
lon,  et  la  défaite  de  son  aniiée. 

COMPERIRE,  Gr.  y.axylauM-^EcO^.t.  De  l'an- 
►  cien  perire,  qui  vient  de  77£(pâv,  expérimenter. 
Voy.  ExPERiRi. 

Découvrir,  savoir  pour  certain.  Act.  10. 
3V.  Jn  veritate  comperi,  quia  non  est  perso- 
narum  acceptor  Beus  :  En  \énlé  \(i  vois  bien 
que  Dieu  n'a  point  d'ég.ird  aux  diverses  con- 
ditions des  personnes,  dit  saint  Pierre,  sur  le 
récit  que  Corneille  lui  fit  de  l'ordre  qu'il  re- 
çut de  l'ange  de  l'envoyer  quérir  pour  être 
instruit  de  lui.  Act.  k.  13.  Comperto  quod  lio- 
mines  essent  sine  lilteris...  mirabantur  :  Anne 
le  grand -prêtre.,,  et  tous  ceux  qui  étaient 
de  la  race  sacerdotale  connaissant  que  saint 
Pierre  et  saint  Jean  étaient  des  hommes  sans 
lettres...  furent  étonnés  de  la  constance  avec 
laquelle  saint  Pierre  leur  rendit  raison  de  la 
guérison  qu'ils  avaient  faite  du  boiteux. 
Voy.  v.9. 

COMPËS,  EDis,  ttéSïj.  —  1°  Chaîne,  enirave 
dont  ou  charge  les  pieds  dos  criminels  ou 


des  captifs.  Eccli.  21.  22.  Compedes  in  pedi~ 
bus,  stulio  doclrina  :  L'instruction  est  à  l'im- 
prudent comme  des  fers  aux  pieds,  c.  33.  28. 
2.  Reg.  3.  3i.  etc.  Ainsi,  Ps.  U9.  8.  Ad  ulli- 
gandosReges  eorum  in  compedibus  :  Les  saints 
auront  dans  leurs  mains  des  épées  pour  se 
venger  des  nations  ,  et  pour  lier  leurs  rois 
en  leur  enchaînant  les  pieds.  Ceci  se  peut 
entendre  des  victoires  que  Dieu  a  accordées 
à  son  peuple  sur  les  rois  leurs  ennemis  ,  du 
temps  des  Machabées  et  auparavant  :  il  s'en- 
tend bien  aussi  de  la  prédication  du  saint 
Evangile,  par  laquelle  Jésus-Christ  et  les 
apôtres  sesont  soumis  les  grands  du  monde. 

—  Discipline,  règlement  qui  retient  les 
saillies  de  l'esprit,  comme  les  fers  retiennent 
les  pieds,  Eccli.  6.  2o.  Injice  pedem  tuum  in 
compedes  iiiius  :  Mettez  vos  pieds  dans  les 
fers  de  la  sagesse,  v.  30.  Ei'unt  libi  compe- 
des ejus  in  protectionem  fortitudinis  :  Les 
préceptes  de  la  sagesse  qui  étaient  à  charge 
au  commencement,  deviennent  dans  la  suite 
la  force  de  celui  qui  s'y  est  souinis.  Voy. 
Eccli.  k.  V.  19.  20. 

2"  Grande  affliction.  Thren.  3.  7.  Agyra- 
vavit  contpedem  meum  [yjAvÀç^  ferrum)  :  Le 
Seigneur  a  appesanti  mes  fers  ;  se.  il  a  aug- 
menté ma  misère  et  mes  maux. 

COMPESCERE.  De  l'ancien  pascere. 

1°  Arrêter,  réprimer  (•/.y.TKortwT^âv).  Num  13. 

31.  Caleb  compescens  murmur  populi  qui  orie- 
batur  contra  Moysen  :  Caleb  fit  ce  qu'il  put 
pour  apaiser  le  murmure  du  peuple  contre 
Moïse,  à  qui  ils  refusaient  d'obéir,  pour  al- 
ler s'assujettir  la  terre  de  Chanaan,  et  Caleb 
les  encourageait  à  y  aller.  Qui  oriebatur,  est 
mis  pour  quod,  et  se  rapporte  à  murmur; 
mais  l'Hébreu  ni  le  Grec  n'ont  point  ces 
mots  '.Murmur qui  oriebatur, mais  seulement: 
Compescens  populum  erga  Moysen. 

2"  Faire  retirer  et  chasser,  éloigner.  Tob 
12.  3.  Dœmonium  ab  ea  compescuil  :  Ce  saint 
homme  a  éloigné  de  ma  femme  le  démon  qui 
la  tourmentait  dit  le  jeune  ïobie  à  son  père, 
au  sujet  do  l'ange  Raphaël. 

3°  Arrêter  et  empêcher  d'agir,  faire  de- 
meurer en  repos  (xaraTi-jsaCvetv).  Ps.  82.  1.  Ne 
taceas,  neque  compescaris  Deus  :  Ne  vuus  tai- 
sez pas,  6  mon  Dieu,  et  n'arrêtez  pas  plus 
longtemps  les  effets  de  votre  puissance  :  Da- 
vid demande  à  Dieu  qu'il  réprime  la  violence 
des  méchants. 

CÔMPETERE.  Demander  en  concurrence, 
convenir,  échoir. 

1"  Etre  convenable,  s'accorder.  2.  Mach. 
15.  39.  Etsi  quidembene,  et  ut  historiœ  com- 
petit,  hoc  et  ipse  velim:S\  la  relation  que  j'ai 
faite  est  bien,  et  telle  que  l'histoire  le  de- 
mande, c'est  ce  que  je  souhaite. 

2"  Appartenir  de  droit  (xoma  ehui).  Jerem. 

32.  V.  7.  8.  £7ne  tibiagrum  meum...  libi  enim 
compelit  ex  propinquilate  ut  emas  :  Achetez 
mon  champ,  parce  que  c'est  vous  qui  avez 
droit  de  l'aclieter  comme  étant  le  plus  pro- 
che parent:  Le  contrat  de  cet  achat  mis  dans 
un  pot  de  terre,  pour  qu'il  se  pût  conserver 
I)lus  longtemps,  figurait  que  les  Juifs  revien- 
draient de  captivité  posséder  la  Judée.  Voy. 
Y.  14.  37. 


&U9 


COM 


COM 


810 


COMPINGERE.  De  pangere.  —  1'  Lier  et 
unir  ensemble,  ajuster,  former  [ttol-u  Exod. 
25.  10.  Arcam  de  lignis  selim  compingite  : 
Vous  ferez  une  arche  de  bois  do  sélim,  dit 
Dieu  à  Moïse.  Job.  10.  11.  Ossibus  et  nervis 
compegisti  me  .-Vous  m'avez  affermi  d'os  et 
de  nerfs,  dit  Job  à  Dieu.  c.  38.  38.  c.  41.  6. 
'ereiii.  10.  4- 

2°  Fermer,  boucher.  Cant.  8.  9.  Si  ostium 
est,  compingamus  (otaysecçîctv  )  illud  :  Si  notre 
sœur  est  comme  une  porte,  fermons-la  avec 
des  ais  et  des  bois  de  cèdre  :  Ceci  figure  qu'il 
faut  par  la  charité  fermer  la  porte  de  son 
cœur  à  tout  ce  qui  est  opposé  à  Jésus-Christ. 
Voy.  OsTiuM. 

—  Joindre  et  unir  avec  une  juste  propor- 
tion, en  parlant  de  l'union  qui  se  doit  trouver 
entre  les  fidèles  (c7yvapf/o/o7=r75at).Ephes.4.  16. 
Ex  quo  totum  corpus  compaclum...  augmen- 
tum  corporis  facit  :  C'est  de  Jésus-Christ  que 
tout  le  corps  de  l'Eglise  bien  uni  par  la  cha- 
rité... reçoit  l'accroissement. 

COMPITUM,i,£';oôo,-.  Ce  mot  est  mis  comme 
pour  compelum,  du  verbe  compelit  ;  parce 
que  c'est  un  lieu  où  deux  chemins  se  joi- 
gnent. 

Carrefour,  coin  de  rue,  place  publique. 
Thren.  2.  19.  Defecenint  in  famé  in  capite 
omnium  compitorum  :  Les  petits  enfants  de 
Jérusalem  sont  tombés  morts  de  faim  à  tous 
les  coins  des  rues  de  cette  ville  :  Le  prophète 
décrit  la  désolation  où  fut  réduite  Jérusalem 
par  Nabuchodonosor  lorsqu'il  l'assiégea  et 
la  prit.  Voy.  c.  i.  1. 

COMPLACERE  ,  ejSûy.srv  —  Plaire  ,  être 
agréable.  Ps.  18.  1.5.  Erunt  ut  complaceant 
eloquia  oris  mei  :  Si  je  ne  suis  point  dominé 
des  péchés,  alors  les  paroles  de  ma  bouche 
seront  agréables  à  mon  Dieu.  Voy.  Joan.  9. 
31.  De  là  vient  cette  façon  de  parler. 

Complacere  sibi,  ou  in  aliqua  re  compla- 
cere.  —  1°  Mettre  son  affection  on  quelque 
chose,  y  mettre  sa  complaisance.  Matth.  3. 
17.  Hic  est  Filius  meus  dilectus  in  quo  milti 
complacui  ■  Celui-ci  est  mon  Fils  bien-aimé 
dans  lequel  j'ai  mis  toute  mon  affection,  ou 
dans  lequel  je  me  plais  uniquement.  Le  ch. 
12.  18.  porte  :  In  quo  bene  complactiil  animœ 
meœ  :  Dans  lequel  mon  âme  a  mis  toute  son 
affection,  qui  est  le  même  sens.  c.  17.  5. 
Levit.  26.  v.  43.  4.  Ps.  43.  4.  Marc.  1.  11. 
Luc.  3.  22.  2.  Petr.  1.  17.  ce  qui  est  la  signi- 
fication du  mot  grec  £joo/av,  qui  est  parti- 
culier à  l'Ecriture  sainte,  lequel  mot  se  rend 
quelquefois  par  le  réciproque  ;  en  sorte  que 
c'e>t  la  même  chose  de  dire  que  quelqu'un 
plaît  à  Dieu,  et  Dieu  aime  quelqu  un  et  se 
plaît  en  lui.  2.  Keg.  22.  20.  Liberavit  me  quia 
complacui  ei ;  rrjo^jy.r.'re-j  h  ia^ji.  Psalm.  17.  20. 
Salvum  me  fecit  quoniam  voluil  me  :  Le  Sei- 
gneur m'a  sauvé  jtar  un  elTet  de  sa  bonne 
volonté  pour  moi,  dit  David,  figure  de  Jésus- 
Christ.  3.  Rog.  10.  0.  Sil  Dominus  Deus  Ihks 
benediclus  cui  complacuisd  :  Béni  soit  le  Si  i- 
giieur  votre  Dieu  qui  a  mis  son  affection  en 
vous,  dit  la  reine  de  Saba  à  Salomon.  Le  mot 
»ùa/i-7T£iv,  bcne  placcrr ,  signifie  quebjuefois 
la  même  chose.  Ps.  2.^.  4.  Complacui  in  ve- 
rilate  tua;  Hcb.  ambulavi  :  Je  me  suis  plu  en 

DiCTIONN.    DE  PHILOL.    SACRÉE,    i. 


votre  vérité,  et  me  suis  conduit  selon  ses 
règles.  Ps.  34.  17.  Quasi  proximum  et  quasi 
fratrem  noslrum  sic  complacebam  :  J'aysiis  de 
la  complaisance  pour  mes  ennemis  comme 
pour  un  proche  et  pour  un  frère.  Le  mot 
£Ùoo-/£rv,  bonam  opinionem  habere,  no  marque 
pas  seulement  l'cifl'eclion  de  la  volonté,  mais 
encore  le  décret  et  la  résolution.  De  là 
vient  : 

2°  Etre  d'avis,  trouver  bon.  Ps.  39.  14. 
Complaceat  tibi ,  Domine,  ut  eruas  me  •  Qu'il 
vous  plaise.  Seigneur,  de  me  délivrer  par 
votre  puissance,  de  mes  iniquités.  1.  Mach. 
14.  46.  Luc.  12.  32.  Ainsi,  Coloss.  1.  19.  In 
ipso  complacuit  omnem  plenitudinem  inhabi- 
tare  :  11  a  plu  au  Père  éternel  que  toute  plé- 
nitude de  i2;râce  résidât  en  Jésus-Christ. 

Celte  phrase,  Complacere  sibi  in  uliquo , 
signifie  mettre  son  affection  en  quelqu'un, 
ou  en  quelque  chose  ,  parce  que  le  verbe 
Sozsiv  signifie  estimer,  penser,  d'où  vient 
zùoov.iî-j,  qui  signifie  approuver;  et  parce  que 
nous  nous  portons  d'inclination  pour  ce  que 
nous  approuvons,  et  qui  nous  donne  de  la 
satisfaction,  delà  vient  que  ce  verbe  vj^o-aùv 
signifie  : 

Se  reposer  en  quelque  chose,  y  mettre  sa 
complaisance.  Ainsi,  Ps.  48.  14.  Postea  in 
ore  suo  complacebunt  :  La  voie  par  laquelle 
les  n)échants  marchent  leur  est  une  occasion 
de  scandale  et  de  chute  ;  et  ils  ne  laisseront 
pas  néanmoins  de  s'y  complaire  ;  se.  ils  se 
reposeront  dans  cette  mauvaise  conduite. 

COMPLACITUS,  A,  um;  eyoo/wv,  bene  af- 
feclus.  De  cet  adjectif  participe  peu  usité 
vient  le  comparatif. 

COMPLACITIOR,  us,  oris.  Ce  comparatif 
signifie  dans  TEcr. 

Qui  a  de  la  bonne  volonté ,  (|ui  se  rend 
favorable.  Ps.  76.  8  Aut  non  apponet  ut 
complacilior  sit  adhuc  ?  Dieu  ne  pourra-t-il 
plus  se  résoudre  à  nous  être  favorable  ? 

COM  PLANA  RE  ,  ô^a/i^«v.  De  l'adjectif 
planas,  et  signifie  aplanir,  unir,  polir, 
raser  (îo-o-iSov  Troisrv). 

Raser,  abattre,  renverser.  2.  Mach.  8.  3. 
Invocabanl  Dominum  ut  miserrrelnr  exler- 
minio  civilatis  quœ  esset  illico  complunanda  : 
Judas  Machabée  et  ses  gens  in\oquaient  le 
Seigneur,  afin  qu'il  eût  pitié  des  ruines  de 
Jérusalem  qui  allait  être  détruite  et  rasée. 

Aplanir,  rendre  aisé  et  facile,  donner  de 
bons  succès  (  -lOevat,  ponere).  2.  Reg.  22.  33. 
Comptanavit  perftctam  viam  meain  :  C'est 
Dieu  qui  a  aplani  la  voie  parfaite  où  jo 
marche.  Le  Ps.  17.33.  porte,  Posait  imma- 
culalum  viam  meam  ;  ce  qui  fait  voir  (|ue  le 
Prophète  entend  parler  ou  de  son  innocence, 
oudeses  bons  succès.  Eccli.34.  S.Sapienlia  in 
ore  fidelis  complanabilur  [rÙEi^^rriç  \i<ni] ,  per- 
feclio  [est\  :  La  sagesse  sera  claire  et  aisée  à 
comprendre  dans  la  bouche  de  celui  qui  dit 
la  vérité,  .\insi,  CompUmare  viam  Inpidibus  : 
Paver  de  pierres,  c'est-à-dire  rendre  un  che- 
min uni,  aisé  et  facile.  Eccli.  21.  11.  Via 
peccanlium  complanala  lapidibus  :  Le  che- 
min des  pécheurs  est  uni  et  pavé  de  pierres, 
mais  il  se  termine  à  l'enfer. 

COMPLAMATUS .    a  ,  lm.    Cet    adliecli! 

26 


811 


DlCTlONNAlKE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


812 


inusité  qui  vient  dte  planta,  une  plante,  si- 
gnifie dans  l'Ecr. 

Ce  qui  est  enté  sur  un  arbre,  croît  en- 
semble, et  vit  du  même  suc  (o-u/xijjutoç),  et  se 
prend  dans  le  sens  figuré,  Rom.  6.  5.  Si  cnim 
complantali  facti  sumus  simililudmi  mortis 
ejus,  simul  et  rcnirrectionis  erimiis  :  Si  nous 
sommes  entés  eu  Jésus-Christ,  et  que  nous 
représentions  sa  mort  en  mourant  au  péché, 
nous  représenterons  aussi  sa  résurrection 
en  menant  une  vie  nouvelle  et  exempte  de 
péché.  Dans  l'ordre  de  la  nature,  les  greffes 
changent  la  nalure  de  l'arbre  pour  lui  faire 
porter  les  fruits  qui  sont  propres  à  la  greffe; 
mais  dans  l'ordre  de  la  grâce,  c"est  l'arbre  ; 
se.  Jésus-Christ  qui  change  la  nalure  mau- 
vaise des  chrétiens  qui  sont  comme  enlés 
sur  lui  par  le  baptême,  pour  leur  faire  porter 
des  fruits  qui  lui  soient  proportionnés. 

COMPLECTI,  déponent.  De  plectere.  — 
1°  Embrasser,  tenir  dans  ses  bras.  2.  Mach. 
14.  46.  Complexus  '-^otidlîvj,  proferre)  in- 
teslina  sua,  iitrisque  manibus  projecit  super 
turbas  :  Rasias  tira  ses  entrailles  hors  de  son 
corps  ,  et  les  tenant  entre  ses  bras,  il  les 
jeta  avec  ses  d^ux  mains  sur  le  peuple  avant 
que  de  mourir.  Gen.  29.  13.  Eccli.  30.  20. 
Marc.  i.  35.  Act.  20.  10. 

2°  Entrelacer  {TZBptnléy.în).  Nahum.  1.  10. 
Sicut  spinœ  se  invicem  complectuntur,  sic 
convivium  eorum  pnriter  potantixim  :  Comme 
les  épines  s'entrelacent  et  s'enlr'eiDbrassent 
dans  les  halliers  ;  ainsi  les  habilanls  de  Ni- 
nive  s'unissent  dans  les  festins  où  ils  seni- 
vrent  ensemble  :  le  Prophète  marque  com- 
ment ces  peuples  conféraient  ensemble  pour 
se  défendre  contre  le  roi  d'Assyrie.  2.  Par. 
3.  5. 

3°  Faire  le  tour  de  quelque  chose  pour  la 
considérer  (-£pt>«fiêâv£tv).  Ps.  47.  13.  Circum- 
date  Sio7i  et  cotnplectimini  eam;  Faites  le 
tour  de  Sion  ,  et  considérez-la.  Le  Prophète 
invile  les  nations  de  considérer  la  force  et 
la  magnificence  de  l'Eglise  figurée  par  Jéru- 
salem. La  figure  est  tirée  de  la  coutume  de 
mener  les  étrangers  voir  toute  la  force  et  la 
magnificence  d'une  ville,  afin  qu'ils  en  pu- 
blient la  beauté  ;  Hebr.  cir  cumins  traie. 

4°  Aimer  mieux ,  choisir,  préférer  [ù-yjZi- 
■/zcBai).  2.  Mach.  6.  19.  Gloriosissimam  mor- 
iem  magis  qunm  odibilem  vitam  camplectens  ; 
Eléazar  préféra  une  mort  pleine  de  gloire 
{en  voulant  plutôt  mourir  que  de  manger 
de  la  chair  de  pourceau)  à  une  vie  crimi- 
nelle, qu'il  n'aurait  eue  qu'en  se  rendant 
coupable. 

Jouir  de  quelque  chose,  la  posséder  tran- 
quillement. Eccli.  4.  13.  Qui  vigilaverint  ad 
illam  complectentur  placorem  ejus  :  Ceux  qui 
veillent  pour  trouver  la  sagesse,  jouiront  de 
sa  paix;  Gr.  seront  comblés  de  joie,  èurlnc- 

©ijffovrat  evfû'jiyvinnç. 

COMPLERE,  (7uvT£>£rv,  Trlr.pov-j.  Du  simple 
inusité  plere  ,  qui  vient  du  Grec  rXoj.  — 
1"  Remplir,  soit  en  nombre  et  en  quantité 
(r'krjBti.v).  Zach.  8.  5.  Plateœ  civitatis  comple- 
buntur  infanlibus  :  Les  rues  de  Jérusalem 
seront  remplies  de  petits  garçons  :  Cette  pro- 
phétie q,ui  marque  que  Jérusalem  serait  en- 


core rebâtie  et  habitée,  est  accomplie.  2. 
Esdr.  2.  V.  1.  17.  et  c.  3.  Soit  en  abondance  ou 
en  grandeur.  Luc.  8.  23.  Naviganiibus  illis... 
descendit  procella  venti...  et  complebantur 
(  T-jur^yj^oùo-ÔKe  ) ,  et  pericUtabantur  :  Comme 
Jésus-Christ  et  ses  disciples  passaient  le  lac, 
un  si  grand  tourbillon  de  vent  vint  fondre 
sur  le  lac,  que  leur  barque  t>'emplissant 
d'eau,  ils  étaient  en  péril.  2.  Par.  o.  14.  Com- 
pleverat  gloria  Domini  domum  D?i  (ÈptTryxiOciv)  : 
La  gloire  du  Seigneur  avait  rempli  la  maison 
de  Dieu.  C'est  ce  qui  arriva  après  que  Salo- 
mon  ayant  fait  placerl'arche  dans  leTemple, 
le  cantiqueCon/<?em«nî  eut  été  entonné.  Eslh. 
14.  2.  Ezech.  3.  3. 

2°  Achever  et  parfaire,  terminer,  accom- 
plir, finir.  Gen.  2.  2.  Complevitque  Dcus  die 
seplimo  opus  suumquod  fecerai  ;  Dieu  acheva 
son  œuvre  le  septième  jour;  c'est-à-dire ,  il 
l'avait  achevé,  et  cessa  d'agir.  Le  prétérit 
chez  les  Hébreux  signifie  souvent  le-plus-que 
parfait.  2.  Par.  7.  11.  Complevitque  Sulomon 
domum  Domini  :  Salomon  acheva  la  maison 
du  Seigneur  et  le  palais  du  roi.  1.  Esdr.  6. 
16.  2.  Esdr.  4.  2.  Dan.  12.  7.  Ainsi,  1.  Thcss. 
3.  10.  Orantes ,  ut  videamus  faciem  vestram , 
et  compleamus  [-/.(/.-up-iiju)  ea  quœ  desunt 
(îdei  vestrœ  :  Nous  prions  Dieu  que  nous 
pui>sions  vous  revoir  pour  achever  ce  qui 
manque  à  votre  foi.  Luc.  9.  31.  Dicebant  ex- 
cessum  ejus  quem  completurus  erot  in  Jéru- 
salem :  Moïse  et  Elie  parlaient  à  Jésus-Christ 
de  sa  sortie  du  monde  qui  devait  arriver  et 
saccoriiplir  dans  Jérusalem  :  Ce  fut  à  la 
transfiguration  de  Jésus-Christ.  A'oy.  Exces- 
sus.  Ainsi,  Jos.  19.  49.  Cum  complesset  sorte 
dividere  terram  :  Josué  ayant  achevé  de  faire 
les  partages  de  la  terre  promise.  1.  Reg.  13. 
10.  c.  18.  1.  2.  Reg.  6.  18.  et  ce  verbe  est 
quelquefois  joint  ou  avec  un  participe  pour 
l'infinitif,  selon  la  phrase  grecque.  1.  Reg. 
24.  17.  Cum  complesset  loquens  :  Après  que 
David  eut  cessé  de  parler  à  Saùl ,  lui  expo- 
sant pour  preuve  qu'il  était  innocent  à  son 
égard  ,  le  bord  de  sa  casaque  qu'il  avait 
coupé,  sans  lui  avoir  voulu  faire  aucun 
mal.  3.  Reg.  3.  1.  Cum  compleret  œdificans  : 
c.  8.  54.  cum  complesset  orans,  etc.  Soit  que 
ce  verbe  soit  joint  avec  l'infinitif  convenable 
qui  est  sous-entendu.  Deut.  26.  12.  Quando 
compleveris  (suppl.  dore)  decimum  :  Lorsque 
vous  aurez  achevé  de  donner  la  dîme  de 
tous  vos  fruits,  c.  32.  23.  Sagittas  meas  com- 
plebo  in  eis  :  Je  tirerai  contre  eux  toutes  mes 
flèches  ;  se.  je  ne  cesserai  de  les  tirer  jusqu'à 
la  dernière.  Dieu  menace  les  Israélites  de 
toute  sorte  de  maux,  à  cause  de  leur  idolâ- 
trie et  de  leur  ingratitude.  1.  Reg.  16.  11. 
Numquid  jam  compleli  sunt  filii?  [adduci  est 
sous-entendu  :  Sonl-ce  là  tous  vos  enfants 
que  vous  ayez  à  me  présenter  ?  dit  Samuel  à 
Isai  qui  lui  venait  de  présenter  sept  de  ses 
enfants.  Apoc.  6.  11.  Adhuc  tempus  modicum^ 
donec  compleantur,  conservi  eorum.  11  fut 
dit  aux  âmes  qui  ayant  souffert  la  mort , 
criaient  à  Dieu  de  venger  leur  sang,  qu'ils 
attendissent  encore  un  peu  de  temps  jusqu'à 
ce  que  fut  accompli  le  nombre  des  serviteurs 
de  Dieu  comme  eux.  Intcrfici  est  sous-cu- 


813  COM 

Icndu.   Eccli.  48.  13.   De   là   viennent  ces 

phrases  Urées  de  cette  signification. 

Complere  hostias ,  holocausta ,  pacifica. 
Aciiever  d'offrir  des  victimes  et  de  Taire  des 
sacrifices  (7rot.-rv).  Levit.  9.  22.  Complelis 
hostiispro  peccato,  et  holocnustis  et  pacificis: 
Aaron  ayant  achevé  les  oblalions  des  hosties 
pour  le  péché,  des  holocaustes  et  des  paci- 
fiques. 4.  Reg.  10.  25.  2.  Par.  29.  28. 

Complere  ciiltuin  Dei.  Ne  rien  oublier  de 
ce  qui  regarde  le  service  ou  le  culte  do  Dieu, 
selon  les  ordonnances  de  la  loi  2.  Par.  29. 
35.  Comphlus  est  cultas  donius  Domini  :  L'on 
rétablit  enlièremenl  le  culte  de  la  maison 
du  Seigneur  :  Ce  fut  au  temps  d'Ezéchias. 
c.  35.  16. 

Complere  iniquitates  suas ,  ou  alicujus,  ou 
malitiam  alicujus.  —  1°  Combler  la  mesure 
de  ses  crimes;  c'est  en  commettre  jusqu'au 
nou)bre  et  au  temps  que  Dieu  a  arrêté  de 
punir  le  pécheur  après  qu'il  les  aura  com- 
mis. Gen.  15.  16.  Necdum  enim  completœ  suiit 
(àvK7r>/3/joû(79«t)  iniquitates  Amorrhœorum  :  La 
mesure  des  iniquités  des  Amorrhéens  n'est 
pas  encore  remplie,  pour  être  chassés  de  leur 
pays.  —  2»  Accomplir  la  peine  de  l'iniquité 
de  quelqu'un  ;  c'est  y  mettre  (in  ,  faire  cesser 
la  punition  d  un  crime,  ne  le  punir  pins. 
Thren.  4.  22.  Compléta  est  [èA-iTzei-j,  defice- 
re]  iniquitas  tua  ,  filia  Sion  :  O  fille  de  Sion, 
la  peine  de  votre  iniquité  est  accomplie  : 
Dieu  promet  aux  Juifs  de  les  faire  revenir 
de  captivité.  Voy.  Iniqlitas.  —  3°  Finir  les 
maux  de  quelqu'un  (  I-jh-j  \.  Isa.  40.  2.  Com- 
pléta est  malitia  ejus  :  Les  maux  de  Jérusa- 
lem sont  finis  :  Dieu  voulant  consoler  son 
peuple,  témoigne  que  ses  péchés  lui  sont 
pardonnes. 

Complere  sermones,  verba.  —  1°  Achever 
et  finir  un  discours.  Gen.  24.  15.  Necdum 
intra  se  verba  compleverat  :  Le  serviteur 
d'Abraham  avait  à  peine  achevé  ces  paroles, 
lorsqu'il  vil  pnraître  Rébecca.  Deut.  31.  30. 
c.  32.  45.  2.  Reg.  11.  19.  —  2°  Prendre  la 
parole,  et  achever  ou  appuyej  un  discours 
qu'un  autre  a  commencé  de  proposer.  3. 
Reg.  1.  14.  Je  loquente  cum  reqe ,  ego  veniam 
posl  te,  et  complebo  sermones  tuos  :  Lorsque 
vous  parlerez  encore  avec  le  roi,  je  viendrai 
après  vous,  et  j'appuierai  tout  ce  que  vous 
aurez  dit  :  Le  prophète  Nathan  dit  à  Belh- 
sabée  de  faire  ressouvenir  David  de  la  pro- 
messe qu'il  lui  avait  faite  de  faire  régner 
Saloinon  après  lui. 

Complere  tnanus  alicnjus.  Perfectionner, 
rendre  les  mains  propres  et  parfaites,  pour 
faire  les  fonctions  de  quelque  charge  ou  di- 
gnité (g/rr/.Kjooûv).  Dans  ce  sens  cette  phrase 
signifie  : 

Sacrer  les  mains  de  quelqu'un,  l'établir 
prêtre  pour  offrir  à  Dieu  des  sacrifices.  Eccli. 
45.  18.  Complevit  jMoyxes  manus  ejus,  et  unxit 
illum  oleo  snnclo  :  Aloïse  a  sacré  les  mains 
d'Aaron  ,  et  l'a  oint  de  l'huile  siiinle.  Le  mot 
hébreu  est  pris  pour  perficere ,  e(  est  trailuit 
par  consecrare.  Exod.  32.  29.  Conscrrastis 
manus  veslras  liodie  Domino  :  En  tu.inl  votre 
frère,  votre  ami  et  celui  qui  vous  était  le 
plus  proche»  chacun  de  vous  a  coosacré  ses 


COM 


814 


mains  au  Seigneur;  se.  s'est  rendu  digne  de 
recevoir  la  bérkédiclion  de  Dieu,  et  l'honneur 
d'entrer  dans  le  sacerdoce. 

Complere  pulchritudinem.  —  Accomplir  la 
beauté  de  quelqu'un  ;  c'est  contribuer  à  sa 
beauté,  en  sorte  qu'il  n'y  manque  rien 
[zùstoû-j).  Complere  pour  perficere.  Ezech.  27. 
il.  Compleverunt  pulchritudinem  tuam  :  Ils 
contribuaient  beaucoup  à  entretenir  la 
beauté  de  votre  ville  ;  Le  Prophète  rapporte 
ce  qui  fiiisait  la  beauté  de  Tyr. 

3°  Finir,  terminer,  mettre  fin  à  quelque 
chose.  Dan.  5.  26.  Numeravit  Deus  reynum 
tuum,  et  complevit  illud  :  Dieu  a  compté  les 
jours  de  votre  royaume,  et  il  en  a  marqué 
l'accomplissement.  C'est  ce  que  Daniel  dit 
au  roi  Ballhasar.  Gen.  35.  28.  Et  completi 
sunt  (£x).£t7y£tv)  dies  Isaac  centum  octoginta 
annorutn  :  Lorsque  Jacob  vint  trouver  Isaac 
en  la  plaine  d'Hébron,  Isaac  avait  alors  cent 
quatre-vingts  ans  accomplis.  Isa.  60.  20. 
Complebuntur  dies  luctus  tui  :  Les  jours  de 
vos  larmes  seront  finis  au  temps  de  l'établis- 
sement de  l'Eglise.  Isa.  40.  2.  Selon  la  phrase 
hébr;iïque,  le  temps  destiné  à  quelque  chose 
est  dit  être  fini  et  accompli-;  soit  lorsque  la 
fin  de  ce  temps  commence  d'arriver.  Act.2.  1. 
Cum  complerentur  dies  Pentecostes  {rj^jifKkn- 
poùdOTii)  :  Quand  les  jours  de  la  Pentecôte  furent 
accomplis  ;  Gr.  Cum  compleretur  dies.  Quand 
le  jour  de  la  Pentecôte,  se.  le  cinquantième 
jour  après  la  fête  de  Pâque,  fut  arrivé,  ou 
commencé.  Luc.  2.  21.  c  9.  51.  Soit  quand 
le  temps  destiné  à  quelque  chose  est  arrivé. 
Jerem.  25.  34.  Completi  sunt  dies  vestri  ut 
interficiamini  :  Le  temps  est  accompli  auquel 
vous  devez  être  tués  :  Le  Prophète  parle 
contre  les  méchants  pasteurs.  Threu.  4.  18. 
Eslhr.  1.  5.  Deut.  34.  8.  Dan.  9.  2. 

k"  Accomplir  et  faire  voir  en  effet,  ou  exé- 
cuter ce  qui  a  été  prédit,  promis  ou  résolu. 
Num.  11.23. /am  nunc  videbis  utrum  meus  ser- 
tno  opère  compleatur  (LXX,  èTny.zrvM-'l'îToi.i  crz)  : 
Vous  allez  voir  présentement  si  l'effet  suivra 
ma  parole.  Dieu  qui  avait  promis  à  tout  le 
peuple  de  les  rassasier  de  chair,  assure  Moïse 
qu'il  en  verrait  l'accomplisseraeni.  Foy.  v.  18. 
21.  22.  31.  Isa.  44.  28.  Omnem  voluntatem 
meam  complebis  (  tzoiîî-j  )  :  Vous  accomplirez 
ma  volonté  en  toutes  choses.  Le  prophète 
parle  du  rétablissement  de  Jérusalem  mar- 
qué 1.  Esdr.  1.  2.  et  suivants.  Jerem.  23.  20. 
Dan.  4.  3.  c.  8.  17.  Ainsi,  Luc.  1.  1.  Multi 
conali  sunt  ordinnre  narralionem  quœ  in  nobis 
completœ  sunt  rerum  (  Tz'kYipofoo-ïfrbc.i.  :  Beau- 
coup de  personnes  ont  entrepris  d'écrire 
l'histoire  des  choses  qui  ont  été  accomplies 
parnïi  nous  ;  aut.  Gr.  dont  la  vérité  a  été 
connue  parmi  nous  avec  une  entière  certi- 
tude. Voy.  Plenitudo. 

5'  Amasser,  recueillir,  combler  de  biens 
(ttUOûv^'v).  Eccli.  47.  20  Ut  plumbum  com- 
plesd  argentum  :  Vous  avez  fait  amas  d'ar- 
gent, comme  on  en  ferait  de  plomb.  Sap.  10. 
10.  Complet  il  luborcs  illius  :  Dieu  a  multiplié 
les  fr4>iis  des  travaux  de  Jacob  par  une  grande 
quantité  de  bétail 

§1.  —  Contenter,  assouvir  (ffoierv  «yaOà», 
tacere  quoi  bonum  videlur),  Judic.  10.  2ij 


m 


mCTIONNÂlRK  DE  PHILOLOGIE  SACRLE. 


8)C 


Educatu  cas  ad  vos...  ut  teslram  libidinem 
complealis  :  J'amènerai  ma  fille  qui  est  vierge 
et  la  concubine  de  cet  homme,  pour  satis- 
faire votre  passion,  dit  aux  habitants  de 
Gabaa  le  vieillard  qui  avait  chez  lui  le  lévite 
dont  ils  voulaient  abuser.  Thren.  h.  10.  Com- 
nlevit  Dominus  furorem  suum  :  Le  Seigneur 
a  satisfait  sa  fureur.  Ezech.  5.  13.  Complebo 
furorem  meum.  Il  ne  faut  point  attribuer  a 
Dieu  aucun  mouvement  de  trouble  et  de  pas- 
sion. Il  s'exprime  par  un  langage  qui  nous 
est  connu,  dit  saint  Jérôme,  pour  nous  faire 
comprendre,  par  ce  que  chacun  de  nous  sent 
en  lui-même,  ce  que  nous  nous  sommes 
rendus  dignes  d'éprouver  de  la  pari  de  sa 

justice. 

§  2.— Résoudre,  arrêter.  l.Reg.20.  v.  7.  9. 
Scito  quia  compléta  est  malitia  ejus  :  Sachez 
que  le  mal  que  Saiil  me  veut  faire  est  résolu 
et  déterminé.  Le  mol  hébreu  est  le  même  que 
dans  le  v.  33.  Ainsi  c.  25.  17. 

COMPLETIO,  MS,77),/-;pwTi?,  accomplisse- 
ment, achèvement.  Ezech.  5.  '2.Tcrtiam  par- 
tem  igni  combures  in  média  civitatis  juxla 
compleiionem  dierum  obsidionis  :  Vous  brûle- 
rez un  liers  de  vos  cheveux  au  milieu  de  Jé- 
rusaleu),  jusqu'à  ce  que  les  jours  du  siège 
soient  accomplis;  se.  à  mesure  que  les  trois 
cent  quatre-vingt-dix  jours,  pendant  les- 
quels il  devait  représenter  dans  sa  maison 
le  siège  de  Jérusalem,  s'accompliraient.  Voy. 
c.  k.  V.  5.  8. 

COMPLEXARL  Ce  verbe,  qui  est  un  fré- 
quentatif de  complecti.  se  forme  du  participe 

Embrasser  (  «vKv/.K).iÇ=tv  ).  Marc.  10.  16. 
Complexans  eos.  Jésus-Christ  embrassa  les 
petits  enfants  qu'on  était  venu  lui  présenter, 
et  les  bénit. 

COMPLICARE,  ÈÀicraeiv.  1"  Plier,  rouler, 
envelopper.  Isa.  3k.  i.  Complicabunlur  sicut 
liber,  cœli  :  Les  cieux  se  plieront  comme  un 
rouleau,  au  terrible  et  dernier  jour  du  juge- 
ment. 2"  Joindre  l'un  avec  l'autre.  De  là 
vient  celle  phrase ,  tirée  de  celte  signifi- 
cation. 

CompUcure  manus  suas  ,  mettre  ses  mains 
l'une  dans  l'aulre;  c'est  êlre  dans  la  paresse 
et  Toisivolé.  Eccl.  4.  5.  Slullus  complicat 
manus  suas  (  -^ic^iIu^Zù-jh-j)  :  l'insensé  met  ses 
mains  l'une  dans  l'autre.  Voy.  v.  6. 

COMPLODERE  ,  i/nvi^asiv  ,  frapper  et 
heurter,  froisser  l'un  contre  l'autre.  Judic. 
7.  19.  Cœperunt  complodere  inter  se  lagenas. 
Gédéon,  suivi  de  ses  trois  cents  hommes... 
ayant  réveillé  les  gardes  des  ennemis,  com- 
mencèrent à  sonner  de  la  trompette  et  à 
heurter  leurs  pots  de  terre  l'un  contre 
l'autre.' 

Phrase  liice  de  celle  sigiiificalioa. 

Complodere  maiius.  Frapper  des  mains,  en 
signe  de  colère  et  d'indignation.  Num.  2i.  10. 
Iratusque  Balac  contra  Balaam  ,  complosis 
(avyy.iJO'û-j)  matiibus  ail.  Balac  se  mettant  en 
colère  contre  Ralaam,  frappa  des  mains,  et 
lui  dit  qu'il  l'avait  fait  venir  pour  maudire 
Israël,  et  cependant  il  l'avait  béni,  et  se  dit 
ficurément  de  Dieu.  Ezech.  22.  13.  Complosi 


manus  meus  super  avaritiam  {■nonâ.tjutf*  x'V'* 
TT/iô;  x«tp«)  :  J'ai  frappé  des  mains,  en  me  dé- 
clarant contre  les  excès  de  votre  avarice.  Ce 
frappement  des  mains  marque  ou  la  douleur 
ou  l'élonnement,  ou  la  colère  de  Dieu,  qui 
prend  la  figure  d'un  homme  qui  est  en 
colère. 

COMPLUERE,  P/5£x"v,  arroser  de  pluie. 
Amos.  4..  7.  Pars  una  compluta  est,  et  pars, 
super  quatn  non  plui ,  aruit  :  J'ai  fait  qu'il  a 
plu  sur  un  endroit,  et  que  l'autre  es»  de- 
meuré sec,  parce  que  j'ai  empêché  qu'il  n'y 
plûl.  Le  Prophète  dit  que  Dieu  avait  fait  pleu- 
voir sur  une  partie  ou  en  de  certains  cantons 
de  terres  semées  de  blé,  et  non  en  d'autres; 
et  il  parle  de  celte  pluie  qui  vient  avant  la 
moisson  ,  pour  en  attendrir  l'écorce  et  la 
faire  mûrir.  Voy.  Joël.  2.  23.  et  celle  explica- 
tion s'accorde  bien  avec  Ezech.  22.  2i.  Tu  es 
terra  immunda  ,  et  non  compluta  in  die  fu~ 
roris  :  Vous  êtes  une  terre  impure,  qui  n'a 
point  été  arrosée  de  pluie  au  jour  de  la  fu- 
reur. Le  Prophète  parle  de  la  sécheresse  qui 
arriva  au  temps  d'Élie.  Voy.  3.  Reg.  17.  1. 

COMPLURES,  TToXkoL  Plusieurs,  un  grand 
nombre.  Marc.  5.  26.  Mulier  quœ  fuerat  multa 
perpessa  a  compluribus  Medicis  ,  une  femme 
malade  d'une  perte  de  sang,  depuis  douze 
ans,  qui  avait  beaucoup  souffert  entre  les 
mains  de  plusieurs  médecins;  elle  fut  guérie 
en  touchant  le  vêtement  de  Jésus-Christ. 

COMPONERE.  1"  Composer,  faire  (  ixouh). 
Exod.  37.29.  Composuit  et  oleum  ad  sanctifi- 
calionis  unguentum  :  Béséléel  composa  aussi 
l'huile  pour  en  faire  les  onctions  de  consé- 
cration, c.  30.  25.  Levit.  16.  12.  Eccl.  12.  9. 
Sap.  15.  12.  1.  Mach.  9.  70. 

2°  Préparer,  disposer,  accommoder,  ajus 
ter,  arranger.  Gen.  22.  9.  De  super  ligna 
composuit  [èTZLriÙivKi]  :  Abraham  disposa  sur 
l'autel  le  bois  pour  l'holocauste,  lia  son  fils. 
Exod.  18.  7.  Levit.  1.  7.  3.  Reg.  5.  9.  2. 
Mac.  15.  20.  Hebr.  9.  6.  Ainsi  ,  Prov.  8.  30. 
Cum  eo  eram  cunctacomponens  ;  Gr.  «pnoi^oud». 
Eccli.  43.28. 

3^^  Parer,  embellir  (y.aX^wTrîÇgt^^).  Ps.  143.  13. 
Filiœ  eorum  composites  :  Les  filles  des  en- 
fants des  étrangers  sont  parées  et  ornées 
comme  des  temples.  Le  prophète  rapporte  le 
faux  bonheur  des  méchants  dans  celte  vie. 
Eslh.  2.  13.  Jerem.  4.  30.  Frustra  compo- 
neris  :  Tous  les  ornements  que  vous  emploi- 
rez  à  vous  embellir  seront  inutiles,  en  ce 
qu'ils  ne  pourront  gagner  par  là  les  Chal- 
déens. 

4°  Feindre,  conirouver,  inventer  {■^sûhGOc/.i}. 
2.  Esdr.  6.  8.  De  corde  tuo  tu  componis  hœc  : 
Tout  ce  que  vous  dites  ,  vous  l'inventez  de 
votre  tête,  dit  Néhémic  à  Sanaballat,  qui  di- 
sait de  lui  que  le  bruit  courait  qu'il  avait 
dessein  ,  en  rétablissant  Jérusalem  ,  de  se 
révolter  contre  Artaxerxès.  Dan.  2.  9.  c. 
13.  43. 

5"  Aiïermir,  fortifier.  2.  Reg.  22.  35.  Com- 
ponens  quasi  arcum  œreum  brachia  mea  {y.v.7«^«c 
TÔ^ov  èv  P/;a/iovt  fxou)  :  C'est  Dieu  qui  rend  mes 
bras  fermes  comme  un  arc  d'airain.  Ps   17 
38.  Posuisti  ut  arcum  œreum,  etc. 

G"  Comparer.  Job.  9.  2.  Vere  scio  quod... 


8*7 


COM 


COM 


81S 


non  justifîcetur  homo  compositus  Deo  :  Je  sais 
que  l'homme,  si  on  lecoinpare  avec  Dieu,  ne 
sera  point  juste.  Voy.  Justificare.  c.  28.  19. 

7°  Mettre,  placer  (crwri^Évat).  2.  Mach.  8. 
31.  Orrinia  composuerunt  in  tocis  opportunis  : 
Jonathas  et  son  armée  mirent  en  réserve, 
dans  des  lirux  avantageux  ,  les  armes  de 
leurs  ennemis,  c.  15.  20. 

8?  Raccommoder,  refaire,  rétablir  (-/y-aoTi- 
^stv).  Marc.  1.  19.  Vidit....  ipsos  componentes 
retiainnavi  .•Jésus-Christ  vit  Jacques,  fils  de 
Zébédée ,  et  Jean  ,  son  frère ,  qui  étaient  dans 
une  barque,  où  ils  raccommodaient  leurs 
iSlets.  Ce  fut  alors  que  Jésus-Christ  les  ap- 
pela. 4.  Reg.  2-2.  6.  1.  Esd.  k.  12. 

Phrase  lirée  de  celle  significalioD. 

Componere  pacem,  pactum.  Faire  la  paix  , 
faire  alliance  avec  quelqu'un  { c-wTt^ivat). 
1.  Mach.  9.  70.  Misit  ad  eum  legatos  compo- 
nere pacem  :  Jonathas  envoya  des  ambassa- 
deurs pour  faire  la  paix  avec  Racchides. 
Jonathas  avait  cependant  défait  son  armée; 
mais  ce  fut  appartMiiment  à  cause  du  déses- 
poir où  il  voyait  Racchides.  c.  11.  9.  Veni 
componamus  inter  nos  pactum  :  Venez,  afin 
que  nous  fassions  alliance  ensemble.  C'est  ce 
qu'envoya  dire  Plolémée  à  Démétrius,  à  qui 
il  voulait  donner  sa  fille  en  mariage,  on  l'ô- 
tant  à  Alexandre  qui  l'avait  épousée. 

COMPORTARE.  i  Porter  ensemble,  ap- 
porter (tjvk'/eiv).  Gmi.  6.  21.  Toiles  ex  om- 
nibus escis  et  con<portabis  apud  te  :  Vous 
prendrez  avec  vous  de  toutes  les  choses  qui 
se  peuvent  manger ,  et  vous  les  porterez 
dans  l'arche,  dit  Dieu  à  Noé.  Deut.  29.  11.  2. 
Par.  li.  etc. 

2*  Amasser,  mettre  ensemble,  entasser, 
mettre  en  monceaux.  Judic  15.  5.  Compor- 
tatœjam  fruges  ,  et  adhuc  stantes  in  stipula, 
concrematœ  sunt  :  Les  blés  qui  étaient  déjà 
en  gerbe  et  ceux  qui  étaient  encore  sur  pied, 
furent  tous  brûlés  par  les  Hambeaux  que 
S.imson  avait  attachés  à  la  queue  des  re- 
nards. Job.  27.  16.  Isa.  62.  9.  De  là  vient 
celte  phrase,  lirée  de  cette  signification  : 

Comportnre  agrjerem,  ^àunj  '/_ùov.y.cf. ,  fiirc 
des  levées  de  terre,  pour  assiéger  une  ville. 
Ezech.  21 .  22.  Ad  dextram  ejus  factn  est  divi- 
natio  super  Jérusalem  ut...  comportet  agge- 
rem  •  Le  sort  est  tombé  sur  Jérusalem,  et  a 
fait  prendre  à  Nabuchodonosor  la  droite  , 
afin  qu'il  fasse  de  grandes  levées  de  terre 
autour  de  ses  murs.  Le  Prophète  parle  du 
sort  que  jeta  Nabuchodonosoravec  deux  flè- 
ches, pour  savoir  s'il  irait  contre  les  Ammo- 
nites ou  contre  Jérusalem,  c  i.  2.  c.  26.  8. 
Dan.  11,  15.  Hab.  1.  10. 

COMPOSITIO,  Nis.  i  Composition,  mé- 
lange fait  de  quelques  drogues  ou  d'autres 
choses  (tûvOeti?).  Exod.  .'JO.  v.  9.  -ii. 'il.  Tntem 
compositionem  non  facietis  in  usus  vestros  : 
Vous  ne  composerez  point  de  semblable  par- 
fum pour  votre  usage.  La  composition  de  ce 
parfum,  destiné  pour  brûler  sur  l'autel  ap- 
pelé des  parfums,  est  rapportée  dans  les  trois 
versets  précédents.  Eccli.  49.  1.  Memoria 
Josiœ   in   compositionem   odoris  fada  opus 


pigmentarii:Lai  mémoire  deJosias  est  comme 
un  parfum  d'une  odeur  admirable,  composé 
par  un  excellent  parfumeur.  Num.  i.  16. 

2'  Ornement,  ajustement,  embellissement. 
Judith.  10.  i.  Quoniam  omnis  ista  compositio 
non  ex  libidine,  sed  ex  virtute  pendebat  :  Dieu 
ajouta  un  nouvel  éclat  à  toute  la  parure 
qu'employa  Judith ,  parce  que  tout  cet  ajus- 
tement n'avait  pour  principe  aucun  mauvais 
désir,  mais  la  vertu  seule.  L  Mach.  2.  11. 

3°  Amas,  assemblage.  Ezech.  2Ï.  10.  Co- 
quetur  univena  compositio  :  On  arrangera 
toutes  les  pièces  de  la  chair,  et  on  les  fera 
cuire  ensemble.  Le  Prophète  parle  de  la  dé- 
solation des  habitants  de  Jérusalem,  figurée 
par  une  chaudière  remplie  de  viandes. 

4°  Ornement,  magnificence  ( /.otvo,- ;.  1. 
Mach.  2. 11.  Omnis  compositio  ejus  ablata  est: 
Toute  sa  magnificence  lui  a  été  enlevée. 

COMPOSITUS,  A,  UM.  De  componere,  et 
signifie  composé,  mêlé,  assorti,  paisible, 
rangé  ,  établi ,  fini. 

r  Grave,  excellent  (  -ittoç).  Prov.  17.  7. 
Non  decrnt  stultumverba  composita  :  Les  pa- 
roles graves  ne  conviennent  pas  à  un  homme 
insensé. 

2°  Rien  composé,  agréable,  touchant ,  per- 
suasif. Eslh.  l'^.  13.  Tribue  scrmonem  coni- 
positum  in  oro  meo  in  conspecin  leonis  : 
Mettez  dans  ma  bouche  des  parole>  sages  et 
composées  en  la  présence  du  lion  ,  dit  Esther 
à  Dieu,  résolue  d'aller  trouver  Arlaxerxès. 
Voy.  ch.15.  V.  9  et  suivants.  Job.  41.  3.  Prov. 
16.  2'4. 

3  Mesuré,  étudié  et  affecté.  Isa.  3.  16. 
Composito  grndu  incedebant  :  Les  filles  de 
Jérusalem  ont  mesuré  tous  leurs  pas  el  étu- 
dié toutes  leurs  démarches. 

COMPREHENDERE,    xaTa).a.aSàvnv,  Gu).).«^- 

e«v£tv.  1°  Prendre,  saisir,  arrêter.  Exod.  15.  9. 
Persequar  et  comprehendam,  dividam  spolia  : 
Jelespoursuivrai  et  je  les  prendrai,  je  parta- 
gerai leurs  dépouilles.  Moïse  décrit  la  de- 
scription du  cœur  de  Pharaon,  lorsqu'il  pour- 
suivait les  Israélites.  Act.  1.  10.  Fuit  dux 
eorum  qui  comprehenderunt  Jesum.  Judas  a 
été  le  chef  de  ceux  qui  ont  pris  Jésus  ,  dit 
saint  Pierre  ,  proposant  à  rassemblée  des 
disciples  de  choisir  l'un  d'eux  pour  être 
apôtre  en  la  place  de  Judas.  Voy.  v.  25. 
Matlh.  '*.  24.  à  quoi  se  peut  rapporter,  dans 
le  sens  métaphorique,  Ps.  9,  17,  In  laqueo 
isto...  comprehensus  est  pes  eorum  :  Le  pied 
des  nations  a  été  pris  dans  le  même  piège 
qu'ils  avaient  tendu  en  secret. 

2°  Surprendre  ,  prendre  à  l'impourvu 
(orxi^Teiv).  I.  Cor.  3.  19.  Comprehendam  sa- 
pientes  in  astulin  eorum  :  Je  surprendrai  les 
sages  dans  leurs  subtilités.  Ps.  9.  v.  17.  23. 
Ps.  .58.  13.  Jerem.  42.  16.  Ezech.  17.  20.  Dan. 
i;;.  ,>8.  Joan.  12.  35.  1.  Thess.  5.  4. 

,3'  Accabler  ,  fondre  sur  quelqu'un  ,  mal- 
traiter. Ps.  39.  13.  Comprehenderunt  me 
iniquitatrs  meœ  :  Mes  iniquités  m'ont  enve- 
loppé. Ce  qui  s'entend  principalement  (îe 
Jésus-Christ  ,  qui  sesl  chargé  de  tous  ks 
péchés  des  hommes.  Ps.  68.  25.  Furor  irœ 
tnœ  comprchcndat  eos  :  Que  mes  ennemis  (ô 
mon  Dieu,)  se  trouvent  exposés  à  toute  la 


«9 


Violence  de  vos  fureurs.  Ce  que  dit  ici  le 
Prophète  est  plutôt  une  prophétie  qu'un  dé- 
désir. Ose.  10.  9.  Non  comprehendet  eos  {sic- 
ut)in  Gabaa  prœiium  super  filios  iniquitatis  : 
Les  Israélites  ne  seront  pas  traités  dans  la 
guerre  que  je  leur  susciterai,  comme  lors- 
qu'ils combattirent  à  Gabaa,  contre  les  en- 
fants d'iniquité.  Voy.  Gabaa.  Ainsi  Mich.  2. 
6.  c.  k.  9.  Zach.  1.  6.  Matth.  k.  2i. 

4°  Atteindre,  suivre  de  fort  près,  Amos.  9, 
13.  Comprehendet  aralor  messorem  :  11  vien- 
dra un  temps  que  les  ouvrages  du  labou- 
reur et  du  moissonneur  s'entre-suiyrunt  ;  ce 
qui  marque  ici  une  abondance  de  biens  tem- 
porels, comme  Lev.  26.  5,  c'est  la  figure  des 
grâces  et  des  bénédictions  spirituelles  que 
Dieu  promet  à  son  Eglise, 

5°  Connnîlre  parfaitement,  comprendre. 
Job.  11.  7.  Forsitan  vestigia  Dei  coinprelien- 
des  (eiûicv.-jv)  ?  Prétendez-vous  sonder  ce 
qui  est  caché  en  Dieu?  Eccli,  k3.  3i. 

6°  Atteindre  à  la  connais^ance  dune  chose 
sans  l'approfondir.  Eph.  3.  18.  Ul  possids 
compreliendere...  quœ  sit  latitudo,  et  longitu- 
do,  et  sublimitas,  et  profundum  :  Je  prie 
Dieu  afin  que  vous  puissiez  comprendre  avec 
tous  les  saints  quelle  est  la  largeur,  la  lon- 
gueur, la  hauteur  et  la  profondeur  du  mys- 
tère de  Jésus-Christ,  Voy.  ce  mystère,  v.  6, 
Les  mystères  de  Dieu  sont  incompréhensi- 
bles en  cette  vie.  Ainsi,  Joan,  1.  5.  Tenebrœ 
emn  non  comprehenderunt  :  Les  ténèbres 
n'ont  point  compris  la  lumière  qui  était 
dans  le  Verbe  de  Dieu. 

1"  Obtenir,  gngner,  atteindre,  acquérir,  1. 
Cor.  9.  24.  Sic  currite  ut  çompreliendalis  : 
Courez  de  telle  sorte  que  vous  remportiez  le 
prix  :  lApôlre,  par  cette  course  des  alhlèles, 
figure  l'obligation  où  sont  les  Chrétiens  de 
s'exercer  dans  la  pratique  des  vertus  chré- 
tiennes, nécessaires  pour  arriver  à  la  gloire 
éternelle.  Philipp.  3.  v.  12.  13. 

8^  Comprendre  et  renfermer,  Gen.  41.  26. 
Septem  boves  pulchrœ  et  septem  spicœ  ple^ 
nœ...  eamdem  vijii  somtiii  comprehendunt . -Les 
sept  vaches  si  belles,  et  les  sept  épis  si  pleins 
de  grains  que  le  roi  a  vus  en  songe,  mar- 
quent la  même  chose  ;  se.  sept  années  d'a- 
bondance dans  lEgypte.  Esth.  9,  20.  Dan, 
7.1,2.  Mach.  2.  24. 

—  Prendre,  s'attacher,  s'entend,  dans  l'E- 
criture ,  des  choses  inanimées  ;  comme  du 
feu.  Exod,22,  6.  Si  egressus  ignis  compreheti- 
derit  (  -ni^oat^-pnOzi-i,  adurere  )  acervos  fru- 
gum  :  Si  le  léu  prend  à  un  las  de  gerbes  de 
blé. 

COMPREHENSIO,Nis,  <ruX)iv,f  ?,  prise,  pen- 
sée, découverte. 

Prise  de  corps.  Jerem,  34,  3,  Comprehen- 
sione  capieris;  phrase  hébra'ïque  ,  pour  cer- 
iissime  capieris  :  Jérémie  avertit  Sédécias 
qu'il  serait  infailliblement  pris  par  le  roi  de 
Babylone. 

COMPRIMERE.  Presser,  cacher,  apaiser  : 

1°  Presser  fort  et  comme  étouffer  (cryv;;^£iv), 
Luc.  8.  45.  Turbœ  te  comprimunt  :  La  foule 
du  peuple  vous  presse,  dit  à  Jé-u>TiChrist 
iaini  Pierre,  et  ceux  qui  étalent  avec  Jésus- 
Christ,  V.  42.  Marc.  3.  9,  c,  5.  v.  24.  31, 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRLE.  S'JO 

Faire  cesser,  apaiser,  arrêter  (TraOetv)Prov. 
18,  18.  Contradictiones  comprimit  sors  :  Le 
sort  apaise  les  différends  et  les  contesta- 
tions ;  on  jetait  le  sort  pour  décider  des  cho- 
ses cachées.  Voy.  c.  16,  33.  Jon.  1.  7.  elc. 

2'  Presser  quelqu'un  de  faire  quelque 
chose.  De  là  vient  : 

COMPRIMI.  S'empresser,  faire  paraître  do 
l'empressement  à  faire  quelque  chose  ((tuvOî- 
g£o-5«t),  Eccli,  31.  17.  Ne  comprimaiis  in 
convivio  :  Ne  vous  empressez  poirit  étant  au 
feslin,  comme  font  ceux  qui  prennent  au 
plat  plus  vile  qu'il  ne  faut,  sans  attendre 
que  d'autres  y  prennent  à  leur  tour. 


Phrases  de  ce  verbe. 

Comprimere  labia.  Fermer  la  bouche,  la 
tenir  fermée,  se  taire,  Prov.  17,  28.  Stultiis 
si  compresserit  labia  sua  intelligens  reputabi- 
tur  ;  L'insensé  passe  pour  intelligent,  lors- 
qu'il lient  la  bouche  fermée, 

Comprimere  manwn  super  aliquem.  Frap- 
per des  mains  en  signe  de  joie  x.&oteïv,  plau- 
dere  ).  Nahum,  3.  19.  Qui  audierunt  auditio- 
nem  tuam,  cotnpresserunt  manwn  super  te: 
Tous  ceux  qui  ont  appris  voire  ruine  ont 
applaudi  à  vos  maux  :  le  Prophète  prédit  la 
ruine  de  Ninive  et  des  Assyriens. 

Comprimere  oculos  suos.  Se  boucher  les 
yeux,  c'est  s'opiniâtrer  à  ne  vouloir  point 
connaître  la  vérité.  Act.  28.  27.  Oculos  suos 
compresserunt  {  ■/.ysKy.vti-j  ,  ctaudere  )  ,  ne 
forte  videant  oculis  :  Ils  ont  fermé  leurs 
yeux,  de  peur  que  leurs  yeux  ne  voient. 
Saint  Paul  regarde  l'incrédulité  des  Juifs,  à 
qui  il  annonce  le  royaume  de  Dieu  à  Rome, 
dans  la  maison  où  il  logeait,  comme  un  ac- 
complissement de  la  prophétie  d'Isa,  c.  6.  9, 
qu'il  cite. 

COMPROBARE,  —  1°  Prouver,  assurer  et 
vérifier  avec  preuve.  Num,  35,  24,  Si  hoc 
audiente  populo  fuerit  comprobatum  :  S'il  se 
prouve  qu'un  homme  en  ait  frappé  un  autre 
par  hasard  seulement,  et  qu'il  en  meure,  il 
sera  délivré  comme  innocent,  Deul.  19.  4. 
Jos,  20.  4,  Job.  9.  20. 

2'  Faire  connaîue,  faire  apercevoir,  don- 
ner des  marques  d'une  chose.  Prov.  17.  17. 
Fraler  in  angustiis  comprobatur  :  Le  frère  se 
connaît  dans  l'affliction.  2.  Cor.  8,8.  2,Esdr, 
13.  13. 

3°  Trouver  bon  ,  approuver,  louer,  Eccli. 
39.  40.  Non  est  diccre  ;  hoc  illo  ncquius  est; 
omnia  enim  in  suo  tempore  comprobabuntur  : 
On  ne  peut  point  dire  des  ouvrages  du  Sei- 
gneur :  ceci  est  plus  mal  que  cela,  car  toutes 
choses  seront  trouvées  bonnes  en  hurs 
temps;  toutes  les  œuvres  de  Dieu  sont  par- 
faites, quoiqu'on  n'en  connaisse  pas  tou- 
jours les  raisons. 

4°  Rendre  manifeste,  mettre  en  évidence. 
Deut.  10.  15,  c.  29,  28.  Sicut  hodie  compro- 
batur :  Comme  il  paraît  visiblement  en  ce 
jour;  Gr.  ûtbI  vûv,  Sicut  nunc. 

COMPTUS,  A,  UM  ;  ajusté  ,  affecté.  De  co- 
mere,  et  signifie  proprement,  qui  a  les  che- 
veux bien  iijuslés  :  dans  l'Ecriture  : 

Paré,  bien  fait,  agréable  (eù'/z;j^,?oî).  Eccli. 
9.8.  Averte  faciem  tuam  a  muliere  compta  ; 


821  COM 

Détournez  vos  yeux  d'une  femme  parée  ;  Gr, 

agréable. 
COMPUGNARE,  S'enlre-battre,  Isa.  37, 26. 

Factum  est  in  eradicationem  collium  compii- 
gnantium  :  J'ai  fait  ces  choses  merveilleu- 
ses en  renversant  les  collines  qui  s'entre- 
batlent.  Ces  collines  sont  ou  les  princes  qui 
se  font  la  guerre,  ou  les  forts  dans  lesquels 
se  retranchent  les  peuples.  Le  Grec  porte 
ê'e-jn  iv  iT'/ypoi;,  les  peuples  dans  leurs  forts. 

COMPÛNGERE ,  xarav^T^nv.  Piquer  fort  : 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Percer,  tuer.  Judith.  16.  \k.  Filiipuel- 
larum  compunxerunt  eos  ;  Les  enfants  dos 
jeunes  femmes  ont  percé  de  coups  et  ont  tué 
les  Assyriens.  Judith  rapporte  comment 
après  la  mort  d'Holopherne,  ses  soldais 
étaient  facilement  tués  par  les  plus  faibles 
dans  leur  fuite;  de  là  vient  : 

Compungi.  Etre  touché  de  regret.  Ps.  4. 
5.  Quœ  dicitis  in  cordibus  vestris,  in  cubili- 
bus  vesiris  compungimini  :  Soyez  touchés  de 
componction  dans  le  repos  de  vos  lits  ,  sur 
les  choses  que  vous  méditez  contre  le  juste. 
Ps.  3i.  15.  Dissipali  sunt  nec  compuncti  : 
Mes  ennemis  ont  été  divisés  ou  dissipés,  sans 
être  néanmoins  touchés  de  componction.  Le 
prophète  peut  regarder  le  renversement  du 
conseil  d'Achitophel,  par  celui  de  Ghusaï. 
2.  Reg.  17.  H.  Hebi\  Ils  m'ont  déchiré  par 
leurs  calomnies,  et  n'ont  point  cessé.  Act.  2. 
37.  Compuncti  sunt  corde. 

2°  Causer  à  quelqu'un  de  la  douleur  et  de 
l'aflliction.  Ps.  29.  16.  Ut  cantet  iibi  gloria 
mea,  et  non  compungar  .  Vous  m'avez  tout 
environné  de  joie,  afln  qu'au  milieu  de  ma 
gloire  je  chante  vos  louanges,  et  que  je  ne 
sente  plus  les  pointes  de  la  tristesse.  Ps.  108. 
17.  Persecutus  est  hnminem  inopem  et  mendi- 
cum,  et  compunctum  corde,  mortifîcare  :  Mon 
ennemi  a  persécuté  un  homme  pauvre,  dans 
l'indigence,  et  celui  qui  avait  le  cœur  brisé 
de  doult'ur,  pour  le  faire  mourir.  David  parle 
de  lui-même,  qui  était  persécuté;  mais  il  fi- 
gure Jé-iUS-Christ. 

COMPUNCTIQ,  ifis  ,  x«T«vv?tf.  Douleur, 
componction. 

Douleur,  affliction.  Ps.  59.  5.  Potasti  nos 
vino  compunclionis;  i.  e.  vino  pungente  et 
cruciftnle  :  Vous  nous  avez  fait  boire  un  vin 
fort  amer  et  empoisonné,  qui  nous  a  été  le 
sentiment.  Cette  punition,  qui  vient  de  la 
transgression  de  la  loi  de  Dieu,  a  été  pré- 
dite. Deut.  28.  28.  Le  mot  hébreu  répond  à 
compunclio,  par  celui  de  tremblement,  étour- 
dis-cment  ,  assoupissement;  dans  le  sens 
qu'il  est  dit,  Kom.  11.  8.  Dedil  illis  spiritum 
compunclionis  :  Dieu  leur  a  donné  un  esprit 
d'assoupissement  et  d'insensibilité  ;  ce.  pas- 
sage est  pris  d'Isaïe,  c.  29.  10.  Miscuit  vobis 
Dominus  spiritum  soporis  :  Le  Seigneur  va 
répandre  sur  vous  un  fspril  d'assoupisse- 
ment ;  ce  qui  est  selon  l'Hébreu  ;  mais  les 
Septante  mellent  xKTavj^E'.)?.  Ainsi,  ce  nnot, 
selon  saint  Chrysostomo,  élaat  pris  en  bonne 
part,  snarque  une  stabilité  dans  le  bien  ,  qui 
n'est  plus  comme  sujette  au  changcinctit  ;  et 
en  mauvaise  part,  il  marque  une  habitude 
de  i'âme  par  laquelle  elle  se  porte  au  mal 


COM 


822 


arec  une  opiniâtreté  comme  inflexible  ;  car 
être  dans  la  componction,  c'est  être  comme 
percé  par  la  pointe  des  clous  qui  attachent 
un  homme  si  fermement  et  si  solidement  à 
quelque  chose,  qu'il  ne  puisse  plus  s'en  sé- 
parer ;  et  c'est  pourquoi  saint  Paul  se  sert  à 
dessein  de  cette  expression  :  Esprit  de  corn- 
ponction,  pour  marquer  l'endurcissement  des 
Juifs  dans  le  mal. 

COMPUTARE.  Compter,  supputer  (^«yîÇuv). 
Luc.  li.  28.  Quis  ex  vobis  volens  turrim  œdi- 
ficare,  non  prius  sedens  computat  sumptus  : 
Qui  est  celui  d'entre  vous  qui,  voulant  bâtir 
une  tour,  ne  suppute  auparavant  en  repos 
et  à  loisir  la  dépense  qui  y  sera  nécessaire  : 
Jésus-Christ,  par  cette  comparaison,  assure 
que  si  ceux  qui  entreprennent  de  suivre  Jé- 
sus-Christ n'ont  assez  de  force  et  de  résolu- 
tion pour  persévérer  et  pour  surmonter  les 
obstacles  qui  s'opposent  à  leur  vocation,  les 
premiers  efforts  leur  seront  inutiles.  Levit. 
23.  25.  Tob.  10.  9.  etc. 

2"  Estimer,  considérer.  2.  Reg.  18.  3.  Tu 
umis  pro  decem  millibus  computaris  :  Vous 
êtes  considéré  vous  seul,  se.  par  les  enne- 
mis, comme  dix  mille  hommes,  disent  à  Da- 
vid les  gens  de  son  armée,  l'empêchant  d'al- 
ler avec  eux  à  la  guerre,  par  la  crainte 
qu'ils  avaient  qu'il  n'y  fût  tué.  1.  Par.  23. 
11.  Tob.  5.  29. 

3°  Croire,  juger,  penser,  s'imaginer  (}.oyi' 
Zîfj'Jv.'.).  Sap.  1 7. 12.  Dum  ab  intus  minor  est  ex- 
spectatio,  majorem  computat  inscienliam  ejus 
causœ  de  qua  tormentum  prœstat  :  Moins  la 
crainte  attend  de  soulagement  au  dedans 
d'elle,  plus  elle  grossit,  sans  les  bien  con- 
naître, les  sujets  qu'elle  a  de  se  tourmenter. 

COMPDTRESCERE.  —  1°  Se  pourrir,  se 
corrompre  (  i-oÇerv  ).  Exod.  7.  18.  Computre 
scent  oquœ  :  Los  eaux  se  pourriront,  dit  Moïse 
à  Pharaon,  de  la  part  de  Dieu.  v.  21.  Num. 
5.  27.  Inflato  ventre  computrescet  fémur  (5ta- 
77i7rT£iv)  :  La  femme  coupable  d'adultère  sera 
pénétrée  par  ces  eaux  de  malédiclion;  son 
ventre  s'enflera  et  sa  cuisse  pourrira.  L'E- 
criture parle  des  eaux  amères  que  buvait 
une  femme  soupçonnée  d'adultère,  dans  le 
sacrifice  de  Jalousie.  Joël.  1.  17.  ComputruC' 
runt  jumenta  in  stercore  suo  •'  Les  animaux 
sont  pourris  dans  leurs  ordures ,  périssant 
de  faim  dans  leurs  étables;  Gr.  Èo-xtoTïjo-av  , 
Subsultaverunt  vituli  in  prœscpibus  suis. 
Cet  endroit  dans  l'Hébreu  s'explique  difl"é- 
remment.  Quelques-uns  y  donnent  ce  sens  : 
Les  blés  que  l'on  avait  semés  se  sont  réduits 
en  cendres  dans  la  terre,  n'ayant  pas  eu  as- 
sez d'humidité  pour  germer. 

Se  relâcher,  se  rompre,  cesser.  Isa.  10. 
27.  Computrescet  {y.'/.-çxf'jti.pe'jOu'.)  jngum  a  fa~ 
cie  olei  :  Le  joug  (  du  roi  des  Assyriens)  sera 
relâché  par  l'abondance  do  l'huile.  Le  pro- 
phète fait  allusion  aux  nuMuls  les  plus  durs 
qui  se  lâchent  à  force  d  huile,  pour  mar- 
quer que  Dieu,  par  sa  nnséricorde,  les  déli- 
vrerait du  joug  fâcheux  de  Sennachérib, 
qu  ils  ne  pouvaient  deux-mêmes  secouer. 
Dans  le  sens  allégorique,  ce  joug  est  celui  de 
notre  inclination   naturelle  et  corrompue, 


8^3 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


X-23 


qoi  ne  se  peut  rompre  que  par  Jésus-Chrisl, 
et  par  l'onclion  de  sa  grâce. 

2°  Perdio  sa  force  et  sa  vigueur,  tomber 
par  terre  {  à^^^vîTv  ).  Jerem.  4-6.  15.  Quare 
computniit  fortis  licus  ?•  Pourquoi  les  plus 
vaillants  d'entre  vous  sont-ils  tombés  morts 
et  pourris  sur  la  terre.  Le  Prophète  prédit 
la  défaite  et  le  carnage  que  Nabuchodonosor 
devait  l'aire  des  Egyptiens.  Voy.  v.  13.  La 
métaphore  est  tirée  des  arbres  qui  se  pour- 
rissent et  tombent  par  terre. 

CONARL  De  y.o-jcu,  ou  xoviÇstv,  certare,  ad 
certamen  se  parare,  et  signifie  : 

1"  Tâcher,  faire  effort  (  «vTAaptÇâvuv,  sus- 
tentare  ).  Jerora  48.  30.  Scio...  quod  non 
juxta  quod  paierai  conata  sit  facere  .-Je  sais 
que  les  efforts  de  Moab  ont  été  beaucoup 
au  delà  de  son  pouvoir.  Gen.  48.  17.  Appre- 
hensam  tnanum  patris  levare  conatus  est  de 
capite  Ephraim,  et  transferre  super  caput 
Manassc  :  Joseph  prenant  la  main  (droite) 
do  son  père,  lâcha  de  la  lever  au-dessus  de 
la  tête  d'Ephraïm  ,  pour  la  mettre  sur  celle 
deManassé;  Jacob  donnait  à  ces  deux  en- 
fants de  Joseph  sa  bénédiction.  Esth.  10.  8. 
c.  16,5. 

2°  Entreprendre  (Siwx.nv).  Eccli.  29.  26. 
Qui  conatur  multa  agere  incidet  injudicium  : 
Celui  qui  cherche  à  entreprendre  beaucoup 
d'affaires,  sera  exposé  à  la  rigueur  des  juge- 
ments ;  Gr.  se  trouvera  engagé  à  bien  des 
procès.  Jerem.  iS.  30. 

3°  Attenter  de  faire  (  îrstoâv  )  Act.  2i.  6. 
Etiam  templum  violare  conatus  est  :  Cet 
homme  a  même  attenté  de  profaner  le  tem- 
ple, dit  ïertuUe  dans  son  accusation  contre 
saint  Paul.  Esth.  12.  2. 

Phrase  tirée  de  la  première  signirication. 

Conari  in,  ou  contra  aliquid.  S'opposer,  ré- 
sister à  quelque  chose.  Eccli.  4.  32.  Nec  cone- 
ris  contra  ictum  fluvii  (/3t«Ç:7eae).  C'est  vou- 
loir arrêter  le  cours  d'un  fleuve  que  de 
résister  en  face  a  un  homme  puissant.  Act.  27. 
15.  Cum...  navisnon  posset  conari  in  ventum: 
Le  navire  étant  emporté  par  le  vent,  sans 
que  nous  pussions  y  résister  («vToyôaX/xsîv, 
Obniti,  obverso  vultu  résisterez 

CONATUS,   us.  Effort,  essai,  inclination. 

Entreprise.  Esth.  9.  25.  Jngressa  est  Esther 
ad  regem,  obsecrans  ut  conatus  ejus,  litteris 
régis  irrili  ^erenf;  Esther  alla  trouver  le  roi, 
et  le  sup[tlia  de  prévenir  le  mauvais  dessein 
d'Aman  par  une  lettre  nouvelle.  Voy.  c-  8. 
5.  Ce  dessein  était  de  tuer  tous  les  Juifs, 
selon  Tordre  du  roi,  marqué  c.  3.  v.  13.  et 
suiv.  et  ces  ordres  sont  révoqués,  c.  16.  2. 
Mach.  k.  kl. 

CONCALESCERE,  eEpuabt'yQat.  S'enflam- 
mer, en  parlant  du  feu  :  dans  l'Ecriture  il  se 
prend  Ggurément  de  quelque  violente  pas- 
sion de  l'âme. 

S'enflammer.  Ps.  38.  h.  Concaluit  cor 
j  mewn  intra  me  :  Mon  cœur  s'est  échauffé  au 
'dedans  de  moi:  David  témoigne  qu'après 
avoir  longtemps  gardé  le  silence  sur  la  vio- 
lence que  lui  faisaient  ses  ennemis  ,  et  sur 
leur  longue  prospérité,  il  s'était  enfin  laissé 
aller  par  faiblesse  à  murmurer  avec  chaleur 


contre  ses  ennemis  :  Ce  feu  se  peut  entendre 
aussi  du  zèle  et  de  l'indignation  qu'il  avait 
contre  lui-même  à  cause  de  ses  péchés. 

CONGAPTIVUS,  A.  CM.  7iJvatxfx«),«To?.  Qui 
est  captif  et  prisonnier  avec  d'autres.  Tob. 

I.  3.  Ita  ut  omnia  quœ  hnbere  poterat  quotidie 
concaptivis  fratribus  imperliret  :  Tobie  dis- 
tribuait tous  les  jours  ce  qu'il  pouvait  avoir 
à  ceux  de  sa  nation,  qui  étaient  captifs  avec 
lui.  Rom.  16.  7.  Coloss.  k.  10.  Philem.  v.  23. 

CONCATENATUS,  a,  lm.  Tissu  de  chaî- 
nettes ou  démailles, attachéesouliées  ensem- 
ble. 1.  Mach.  6.  35.  Aslilerunt  singulis  ele- 
phantismille  viriinloricis  concatenutis:  Mille 
hommes  armés  de  cottes  de  maille  (  de  l'ar- 
mée d'Antiochus  Eupator)  accompagnaient 
chaque  éléphant,  pour  aller  contre  Judas 
Machabée. 

CONCEDERE.  S'en  aller,  céder,  quitter, 
mourir. 

1°  Permettre  (5oûv«i).  Nom.  21.  23.  { Se- 
hon  )  concedere  noluit  ut  iransiret  Israël  per 
fines  suos:  Séhon  ne  voulut  point  permettre 
qu'Israël  passât  par  son  pays.  1.  Reg.  18.  2. 
4.  Rog.  5.  17.  Job.  9.  18.  2.  Par.  20.  10. 
Marc.  5.  13.  etc. 

2"  Donner,  accorder  (  «vtivat  )  1.  Reg.  11. 
3.  Concède  nobis  septem  dies  :  Accordez-nous 
sept  jours  ,  se.  avant  que  de  nous  rendre  à 
vous,  disent  les  anciens  de  Jabès  à  Naas,  roi 
des  Ammonites.  Esth.  8.  7.  etc. 

3°  Faire  remise,  accorder  (èyy.aTciàdnerj)  2. 
Esdr.  5.  10.  j^s  alicnum  concedamus  quod 
debetur  nobis  :  Accordons-nous  tous  à  quit- 
ter à  nos  frères  ce  qu'ils  nous  doivent  ,  dit 
Néhémie  aux  magistrats  des  Juifs.  1.  Mach. 

II.  36. 

4-°  User  de  douceur,  traiter  avec  indul- 
gence [oi/.rcipîL-j).  Jerem.  13.  14.  Non  parcam, 
et  7\on  concedam  :  Je  ne  pardonnerai  point 
et  je  n'userai  point  d'indulgence  :  Dieu  me- 
nace les  Juifs  de  les  traiter  à  la  dernière 
rigueur  par  les  Rabyloniens. 

CONCENTUS  ,  us.  Harmonie,  concert, 
accord  de  musique,  union,  liaison. 

Ordre  et  juste  proportion  qui  se  trouve 
dans  les  choses.  Job.  38.  37.  Concentum  cœli 
quis  dormire  faciet  ?  Qui  fera  cesser  toute 
Iharmonie  du  ciel  ?  dit  Dieu  à  Job. 

CONCEPTIO,  Nis.  Conception,  formule. 

Conception  du  fruit  au  ventre  de  la  mère 
{y.xTxSolri) .  Heb.  11.  11.  Fideet  ipsa  Sara  ste- 
rilis  virtutem  in  conceptionem  seminis  acce^ 
pit  :  C'est  par  la  foi  que  Sara  étant  stérile, 
reçut  la  vertu  de  concevoir  un  fruit  dans  son 
sein. 

Pensée  (Èvôûfzyjfta).  Eccli.  32.  16.  Age  con-- 
ceptiones  tuas  :  Repassez  dans  votre  esprit 
vos  pensées. 

CONCEPTUS,  us.  Conception,  la  portée 
des  animaux. 

1°  Conception,  formation  du  fruit  au  ven- 
tre de  la  mère.  Gen.  25.  21.  Dédit  concep- 
tum  Rebeccœ  :  Dieu  donna  à  Rebecca  la  vertu 
de  concevoir,  à  la  prière  d'Isaac:  car  elle  était 
stérile.  Jerem.  20.  17.  Ut  fieret  mifn  mater 
mea  sepulcrum,  et  vulva  ejus  conceptus  œter- 
71US  :  Plût  à  Dieu  que  ma  mère  fût  devenue 
mon  sépulcre,  et  que  son  sein  ayant  conçu  , 


825 


CON 


CON 


J26 


n'eut  jamais  enfanté.  Gen.  30.  42.  Quando 
serotina  admissura  erat,  et  conccptiis  extre- 
mus:  Lorsque  les  brebis  devaient  concevoir 
en  automne,  Jacob  ne  mettait  point  les  bran- 
ches devant  elles  :  Ces  brebis  étaient  pleines 
deux  fois  l'année,  ou  quelques-unes  l'étaient 
au  printemps,  et  les  autres  à  l'automne. 

2°  Les  douleurs  de  l'enfantement  et  de  la 
grossesse  (o-Tsvaypôj).  Gen.  3. 16.  Multiplicabo 
cBrumnas  tuas  et  conceptus  tuos  :  Je  vous 
affligerai  de  plusieurs  maus.  pendant  votre 
grossesse. 

CONCERTARI,àvT£^£t5£79«t.Ce  verbe  dépo- 
nentn'est  point  en  usage  chez  les  Latins;  dans 
J'Ecriture  : 

Disputer  avec  quelqu'un.  Sap.  15.  9.  Can- 
cer tatur  atirifîcib  us  et  argentariis  :  Le  potier 
(  ne  pensant  point  à  la  peine  qu'il  aura)  ne 
s'applique  qu'à  disputerdel'excellencedeson 
art  avec  les  ouvriers  en  or  et  en  argent. 

GONCERTATIO  ,  nis  ,  i:ôh(ioç.  Démêlé , 
défi. 

Guerre.  2.  Reg.  3.  1.  Facta  est....  longa 
concertalio  inter  domum  Saul  et  inter  domum 
David  :  Il  se  fit  une  longue  guerre  entre  la 
maison  de  Saiil  et  la  maison  de  David  :  II 
est  parlé  de  celte  guerre  c.  2.  12.  laquelle  a 
duré  environ  cinq  ans,  se.  depuis  le  temps 
que  David  et  Isboscth  cominencèrent  de  ré- 
gner, jusqu'à  la  mort  disboseth. 

CONCESSIO,  ISIS.  Cession,  accord.  Ruth. 

4.  7.  Ut  esset  firma  concessio  :  Afin  que  la 
cession  de  son  droit  fût  ferme. 

CONCHA,  M,  Gr.  y.ôyxri.  Coquillage,  trom- 
pe, gondole. 

1°  Bassin,  cuve,  grand  vase  creux  [lovr-àp). 
2.  Par.  4.  v.  6.  14.  Fecit  qiioque  couchas  de- 
cem:  Salomon  fit  faire  dix  bassins,  dont  il  en 
mit  cinq  au  côté  droit  de  la  mer  d'airain,  et  cinq 
au  gauche,  pour  y  laver  tout  ce  qui  devait 
être  offert  en  holocauste  :  ces  bassins  sont 
appelés  en  latin  Luteres.  3.  Rog.  7.  38.   43. 

2"  Vase,  coupe,  petit  bnssin  (/r/àv/î).  Judic. 
6.  38.  Expresso  vellereconcham  rore  implevit  : 
Gédéon  remplit  une  tasse  de  la  rosée  qui 
sortit  de  la  toison  qu'il  avait  mise  dans  l'aire, 
quoique  toute  la  terre  fût  demeurée,  sèche  : 
C'est  le  premier  signe  que  Gédéon  avait  de- 
mandé à  Dieu,  pour  lui  faire  connaître  qu'il 
voulait  se  servir  de  lui  pour  délivrer  son 
peuple. 

CONCIDERE.  De  cœdere.  —1°  Couper,  di- 
viser, ou  tailler  en  pièces.  Levit.  1.  6.  Arlus 
in  frusta  concidenl  (j/£|oiÇ:tv)  :  les  prêtres 
couperont  les  membres  de  l'hostie  par  mor- 
ceaux. Gen.  22.  3.  Exod.  29.  17.— 2' Blesser, 
déchirer  de  blessures   (xôttteiv).    Jcrem.  47. 

5.  Usijueguo  concidcris?  Le  prophète  se  mo- 
que (les  Philistins  qui,  dans  leur  deuil,  se 
faisaient  des  incisions.  Marc.  5.  .'i. 

S  1.  —  Tailler  en  pièces,  en  parlant  de  la 
délaite  d'une  armée  (/'/Oat^çtv).  Kccli.  28.  18. 
Virilités  poputorwn  concidil  :  La  langue  de 
celui  qui  se  met  entre  deux  personnes  ou 
deux  partis  pour  les  diviser  par  de  faux 
r.ipports,  a  taillé  en  pièces  les  armées  des 
deux  nations.  Ps.  88.  24. 

§2.  -Maltraiter,  perdre,  affliger- Job.  16, 
16.  Concidil  me  vulnere  super  lulnus  :   Dieu 


m'a  déchiré  et  m'a  fait  plaie  sur  plaie.  Mich. 

3.  3.  Ossa  eorum  confregerunt  et  conciderunt: 
Les  princes  et  les  chefs  du  peuple  ont  brisé 
les  os  des  pauvres,  et  les  ont  hachés.  Zach. 
11.  6.  Concident  (xaraxô-TEiv  terrant  :  La  terre 
des  méchants  pasteurs  sera  ruinée.  Hab. 
2.  10. 

Façon  de  parler  lirée  de  la  première  signification  dans  le 
sens  figuré. 

Concidere  aratra  sua  in  gladios.  Diviser, 
romjireet  mettre  en  pièces  ses  charrues  pour 
en  faire  des  épées(!TU7-/«TrT£tv).  Joel.3. 10.  Con- 
cidite  aralra  vestra  in  gladios  :  Forgez  des 
épées  du  contre  de  vos  charrues  :  Le  Pro- 
phète par  cette  expression,  marque  la  cha- 
leur que  les  ennemis  de  l'Eglise  auront  poui 
la  combattre,  mais  inutilement  :  au  con- 
traire, Concidere  gladios  in  vomeres  :  Rom- 
pre les  épées  pour  en  faire  des  socs  de 
charrue,  marque  un  temps  de   paix.   Mich. 

4.  3.  Voy.  VoMER. 

CONCIDERE,  o-upTrîTTTstv.  Ce  verbe  venant 
de  cadere,  signifie  : 

Tomber  (^yy/îtOiÇsiv).  Num.  22.27.  Concidil 
sub  pedibus  sedentis  %  L'ânesse  voyant  l'ange 
devant  elle,  tomba  scus  Balaam.  Isa.  14.  11. 
c.  25.  12. 

1"  Périr,  mourir,  être  perdu,  être  sans 
force  et  vigueur,  être  défait.  Prov.  28. 18.  Qui 
perversis  gradilur  viis ,  concidet  semel  (è^h/it/é/s- 
aBv.t)  :  Celui  qui  marche  par  des  voies  cor- 
rompues, tombera  sans  ressource.  Jos.  8. 
25.  Judic.  21.  27.  Sap.  3.  15. 

2°  Etre  abattu,  soit  de  crainte,  de  tris- 
tesse et  d'affliction,  ou  même  de  colère.  1. 
Mach.  6. 10.  Concidi  et  corrui  corde  prœ  solli- 
citudine  :  Mon  cœur  est  tout  abattu  ,  dit 
Antiochus  tout  troublé  de  la  nouvelle  qu'il 
reçut  de  la  défaite  de  son  armée  dans  le  pays 
de  Judée.  Gen.  4.  v.  5.  6.  Concidil  vultus 
ejus  :  Caïa  voyant  que  Dieu  n'avait  point 
regardé  ce  qu'il  lui  avait  offert,  entra  dans 
une  étrange  colère,  et  son  visage  en  fut 
tout  abattu.  Judit.  6.  5.  Non  concidal  vut- 
ttis  titus:  Que  votre  visage  ne  s'abatte  point , 
dit  Holophcrne  à  Achior,  tout  triste  et  dô- 
conccrlé  des  menaces  qu'il  lui  faisait.  1  Reg. 
17.  32.  Non  concidat  cor  cujusquam  in  eo  : 
Que  personne  ne  s'épouvante  des  insiiltes 
de  ce  Philistin,  se.  Goliath,  dit  David  à  Saùl, 
lui  témoignant  qu'il  était  prêt  à  l'aller  com- 
battre. 2.  Esdr.  6.  16. 

CONCILIARE.  Ce  verbe,  qui  signifie  con- 
cilier, joindre,  unir,  vient  de  cilin  :  comme 
réunir  les  cils  ou  les  poils  des  yeux,  d  «nt 
les  sourcils  tirent  leur  nom  :  dans  l'Ecri- 
ture, il  signifie  unir,   assortir,  gagner. 

Réunir,  faire  convenir,  accorder.  Eccli.  48. 
10.  Scriplus  es  conciliarc  (èTrto-Tjoéystv)  cor  pa- 
Iris  ad  filiiim:  Vous  avez  été  destiné  pour 
réunir  les  cœurs  des  pères  à  leurs  enfants  : 
ce  passage  qui  est  tiré  de  Malacli.  4.  6.  .») 'en- 
tend communémiMil  des  Juifs  (|ui,  à  la  fin 
du  monde,  par  la  prédication  d'Elie,  se  ré- 
concilieront avec  leurs  palriarches,  et  en- 
tendront comme  eux  la  loi  d'une  m  inièro 
spirituelle.  Ces  deux  passages  ont  donné  à 
plusieurs  Pères  lieu  de  croire  qu'Elie  vien- 
drait au  dernier  avènement  de  Jésus-Christ; 


627 


DICTlONNAir.E  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


d'autres  cependant  les  entendent  de  saint 
Jean-Baptiste  ,  et  du  premier  avènement 
selon  ce  qui  esl  dit,  Marc.  9.  v.  10. 12.  Luc  1. 
17.  Il  paraît  que  le  premier  sens  est  le  litté- 
ral,  et  le  second,  le  mystique. 

CONCILIU.M,  II.  <7uvc'o/;eov.  Ce  mot,  qui  est 
mis  comme  pour  concaliiim,  vient  de  conca- 
lare,  pour  convocnre,  assembler,  et  signifie, 
assemblée,  assemblage. 

1"  Conseil,  assemblée.  Ps.  2o.  i.  Non  sedi 
cumconcj/j'o  ranifa^is;  Je  ne  mesuispointassis 
dans  l'assemblée  de  la  vanité  et  du  men- 
songe; i.  e.  des  hommes  vains.  Ps.  1.  5.  Ps. 
21.  17.  Num.  16.  2.  Joan.  11.  47.  etc. 

2'  Les  personnes  même  qui  composent 
l'assemblée  ((7-j,aooO).tov).  Act.2o.  i2.Festus  cura 
concilio  locutus  :  Festus  conféra  avec  son 
conseil,  sur  ce  que  saint  Paul  avait  appelé 
à  César.  Num.  16.  6. 

3"  Le  grand  conseil  appelé  Sanhédrin,  qui 
était  composé  de  douze  princes  des  tribus  , 
des  vingt-quatre  chefs  des  faniilles  sacerdo- 
tales, des  princes  des  synagogues  et  des  doc- 
teurs de  la  loi.  Matth.  5.  2*2.  Reus  erit  conci- 
lio ;  Celui  qui  dira  à  son  frère,  Racha  [  qui 
est  une  parole  de  mépris  )  méritera  d'être 
condamné  par  le  conseil.  11  y  avait  chez  les 
Juifs  trois  sortes  de  tribunaux  :  L'un  de  trois 
hommes  dans  chaque  ville;  le  second, de  vingt- 
trois  juges,  dans  les  villes  plus  considéra- 
bles, et  s'appelait  le  petit  Sanhédrin,  ou  le 
Jugement,  Reus  erit  judicio  ;  le  troisième 
était  le  conseil  des  Septante,  appelé  le  grand 
Sanhédrin,  qui  n'était  qu'à  Jérusalem.  Jésus- 
Chri^t  dans  ce  v.  22.  fait  allusion  aux  deux 
derniers  tribunaux,  dont  les  jugements  s'é- 
tendaient au  dernier  supplice,  et  assure  que 
devant  Dieu  les  fautes  de  ceux  dont  il  parle, 
seront  aussi  extraordinaires  que  celles  qui 
sont  condamnées  dans  ces  deux  tribunaux.  V. 
Mardi.  5o.  c.  15. 1.  Joan.  15.  47.  Act.  4.  15. 
c.  5.  v.  21.  27.  34.  41.  c.  6.  v.  12.  15.  c.  23.  v. 
1.  6.  îo.  20.  28.  Mais  les  assemblées  dont  il 
est  parlé,  Malt.  10.  17,  peuvent  s'entendre 
ou  des  quatre  tribunaux  que  Gabinius,  "gou- 
verneur de  Syrie,  avait  établis  en  différents 
endroits  de  la  Judée,  outre  celui  de  Jérusa- 
salem,  ou  des  tribunauxdes  vingt-troisjuges. 
Marc.  13.  9.  Quelques-uns  croient  qu'il  y 
avait  encore  un  conseil  composé  des  prêtres 
ou  des  lévites,  ou  docteurs  de  la  loi,  distin- 
gué du  grand  Sanhédrin,  qui  était  composé 
de  soixante  et  dix  hommes,  lequel  Hérode, 
disent-ils,  avait  aboli,  et  croient  que  c'est 
de  ce  conseil  sacerdotal  et  ecclésiastique, 
qu'il  est  parlé.  Matili.  26.  59.  Marc.  14.  55. 
c.  15.  1.  Luc.  22.  66.  Joan.  11.  47. 

CONCINERE  ,  «5e£v.  Chanter  par  accords, 
comme  quand  plusieurs  chantent  en  concert; 
ilaiis  l'Ecriture  : 

1"  Chanter  ensemble.  Num.  21.  17.  Tune 
cecinit  Israël  carinen  istud  ;  ascendat  pnteus, 
concinebant  :  (Lorsqu'il  parut  un  puits) 
Israël  chanta  ce  cantique  au  bord  dAriion 
»lans  le  désert,  et  ils  chantaient  tous  ensem- 
ble. 2.  Par.  5.  13.  c.  23.  13.  1.  Esd.  3.  11. 

2"  Crier  haut,  faire  éclater  sa  voix.  Jer. 
25.  30.  Celeumu  quasi  calcanCium  concinetur. 
Voy.  Celeuua. 


82s 
disposer  ; 


CONCINNARE.    Accommoder 
dans  l'Ecriture  : 

Mettre  en  état,  entretenir.  Exod.  25.  6. 
Oleum  ad  luminaria  concinnanda  :  (Vous  of- 
frirez au  Seigneur)  de  l'huile  pour  enlrelenir 
les  lampes  du  tabernacle  ;  Heb.  Ad  accenden- 
dum.  c.  35.  V.  8.  28.  Levit.  24.  2.  Num.  4. 
v.  9.  16. 

Inventer  avec  adresse  ,  concerter  des 
moyens  avec  artifice,  et  se  prend  en  mau- 
vaise part  [-■oi-liy.ivi  ).  Ps.  49.  19.  Lingua 
tua  concinnabat  dolos  :  Votre  langue  ne 
s'exerçait  qu'à  déduire  des  tromperies,  dit 
Dieu  au  pécheur.  Ps.  57.  3.  Job.  6  26.  Isa. 
32.  7.  Prov.  12.  19.  Qui  testis  est  repentinus 
concinnat  linguam  mendacem  :  Le  témoin 
précipité  se  fait  avec  peine  une  langue  de 
mensonge,  t.  e.  a  bien  de  la  peine  à  mentir 
d'une  telle  sorte  que  ses  mensonges  ne  puis- 
sent se  découvrir;  la  vérité  est  au  contraire 
toujours  la  même. 

CONCIO,  Nis,  i/yMiiv..  De  ciere,  et  signi- 
fie, assemblée  de  peuple,  auditoire,  ha- 
rangue. 

Peuple  ou  multitude  de  gens  assemblés. 
Deut.  9.  10.  Quando  concio  populi  congre- 
gata  est  :  Lorsque  tout  le  peuple  était  assem- 
blé, c.  18.  16.  2.  Esd.  5.  7. 

CONCIONARI,  Sn/^c'/operv,  Haranguer  le 
peuple.  Act.  12.  21.  Herodes  concionabatur 
ad  eos;Hérode  haranguait  devant  lesTyriens 
et  les  Sidoniens. 

CONCIPERE ,  (7v),),«,Lteâv£tv ,  du  verbe  ca- 
pere,  quasi  simul  capere,  prendre  plusieurs 
choses  ensemble,  et  concevoir,  méditer,  en- 
tendre, contenir  : 

Concevoir  :  ce  qui  se  dit  de  la  femme  et 
des  anim;iux  qui  conçoivent  leur  fruit.  Ps. 
50.  7.  Ecce..  in  iniquitatibus  conceptus  sum: 
Vous  savez,  Seigneur,  que  ma  mère  m'a 
conçu  dans  le  péché  :  David  se  reconnaît 
devant  Dieu  coupable  de  la  mort  et  de  la 
condamnation  éternelle,  en  qualité  d'enfant 
d'Adam,  et  à  cause  du  péché  originel.   Luc. 

1.  31.  Concipics  in  utero  :  Vous  concevrez 
dans  votre  sein,  dit  l'ange  à  la  sainte  Vierge; 
ce  qui  est  l'accomplissement  de  la  prophétie 
d'Isaïe,  marquée,  c.  7.  14.  Ainsi,  Luc.  1.  36. 

2.  Reg.  11.  5.  Nuntiavit  David,  et  ait,  ron- 
cepi  :  Bethsabée  fil  avertir  David  qu'elle 
avait  conçu,  afin  qu'il  pourvût  à  sa  propre 
sûreté,  en  détournant  le  châtiment  que  la 
loi  ordonnait  contre  son  crime,  ou  qu'il  em- 
pêchât qu'elle  ne  fût  dans  la  suite  couverte 
d'infamie. 

l"" Produire,  donnerl'être  (èv  yao-T/sî  >afxgâveiv). 
Num.  11.  12.  Numquid  ego  concepi  omnem 
hanc  mullitudinem?  Est-ce  moi  qui  ai  conçu 
toute  cette  grande  multitude,  dit  Moïse  ^ 
Dieu,  le  priant  de  le  décharger  du  poids  de 
conduire  lui  seul  tout  le  peuple  d'Israël,  Ose. 
2.  5.  Prov.  8.  24.  Nondum  erant  abyssi,  et  ego 
jam  concepla  eram  (LXX,  yïwâ  ut  [Qboç])  :  La 
Sagesse  éternelle  dit  qu'elle  à  été  conçue  et 
formée  ;  c'est-à-dire  qu'elle. était  et  subsis- 
tait avant  la  création  du  monde;  d'où  il  suU 
qu'elle  était  de  toute  éternité  et  qu'elle  était 
Dieu  même,  puisque  avant  les  créatures ,  it 
n'y  avait  rien  hors  Dieu.  L'Ecriture  sainte 


82a 


CON 


CON 


830 


explique  quelquefois  les  choses  élevées  et 
qui  passent  la  portée  de  l'esprit  humain, 
par  des  termes  qui  renferment  de  l'iraper- 
feclion-  mais  on  n'en  doit  prendre  que  ce 
qui  convient  au  sujet  dont  il  s'agit  :  ainsi 
.quand  la  Sagesse  dit  qu'elle  a  élé  créée  ou 
conçue  avant  les  créatures,  cela  veut  dire 
qu'elle  élail  avant  toutes  choses.  Quoiqu'on 
puisse  dire  que  la  Sagesse  éternelle  étant 
conçue  et  cachée  en  Dieu,  elle  devait  être 
comme  engendrée,  et  paraître  au  dehors  par 
les  ouvrages  merveilleux  qu'elle  devait  faire. 
Voy.Est.  dist.  7. 1.  1. 

2°  .Méditer,  avoir  dans  l'esprit.  Job.  4.  2. 
Conceptum  sermonem  tenere  quispoterit  ?  Qui 
pourrait  retenir  ses  paroles  en  une  telle  ren- 
contre? dit  Eliphas  à  Job.  Isa.  59. 13. 

3°  Délibérer,  penser  à  faire  quoique  chose, 
former  quelque  dessein  dans  son  esprit.  Isa. 
59.  4.  Ps.  7.  15.  Job.  15.35.  Concepit  dolorem 
et  peperit  iniquilatem  :  L'hypocrite  conçoit  la 
douleur,  et  il  enfante  l'iniquité,  i.  e.  ne  pense 
qu'à  faire  du  mal,  et  il  l'exécute.  Jac.  1.  15. 
Concupiscenlia  cum  conceperit,  parit  pec- 
catum  ;  Quand  la  convoitise  a  formé  le  des- 
sein de  faire  le  mal,  elle  le  produit.  Isa.  26. 
18.  c.  33.  11,  etc. 

Phrase  tirée  de  ce  verbe. 

Ignem  concipere  de  ignilis  lapidibus.  Faire 
sortir  des  étincelles  de  pierres  à  feu. 2.  Mach. 
10.  3.  De  iynitis  lapidibus  igné  conceplo  : 
Machabée  et  ceux  qu'il  avait  avec  lui,  firent 
sortir  quelques  étincelles  des  pierres  à  feu, 
pour  offrir  des  sacrifices,  après  avoir  repris 
le  Temple  et  la  ville  de  Jérusalem  sur  An- 
tiochus. 

CONCISE.  De  concidere,  et  signifie  d'une 
manière  concise  :  dans  l'Ecr.  il  est  pris  dans 
un  sens  figuré. 

D'une  manière  entrecoupée,  d'un  son  en- 
trecoupé et  serré,  et  non  suivi.  Num.  10.  7. 
Simplex  lubarum  clangor  erit,  et  non  concise 
ululabunt  :  Lorsqu'il  faudra  assembler  le 
peuple,  les  trompettes  sonneront  d'un  Ion 
plus  bas,  et  non  de  ce  son  entrecoupé  et 
serré. 

CONCISIO,  Nis.  1"  Blessure,  meurtrissure. 
Zach.  12.  3.  Onines  qui  tcvabunt  cum  conci- 
sione  laccrabunlur  :  Le  Prophète  compare 
ceux  qui  maltraiteront  ou  voudront  trans- 
porter les  habitants  de  Jérusalem,  à  ceuxqui, 
pour  éprouver  leur  force,  tâchent  de  lever 
quelque  grosse  pierre  dont  ils  sont  ordinai- 
rement fort  blessés  ou  brisés,  pour  marquer 
qu'eux-mêmes  en  seront  rigoureusement  pu- 
nis et  affliges  de  Dieu. 

Carnage,  perte,  défaite.  Joël  3.  li.  jPo- 
puli,  populi,  in  valle  concisionis  {oiy.o)  :  Ac- 
courez, peuples,  accourez  dans  la  vallée  du 
carnage  (qui  est  la  vallée  de  Josaphal)  selon 
le  Grec,  dans  celle  vallé(î  où  sera  le  jugement 
dernier  el  définitif:  In  valle  Judicii.  C'est  le 
sentiment  de  saint  Jérôme  el  de  (juelques 
nouveaux  interprètes;  mais  elle  est  appelée 
Vallis  concisionis,  parce  que  les  ennemis  de 
ïosaphut  y  ont  été  taillés  en  pièces.  Voy.Jo- 

gAPUAT. 

2°  Les  Juifs  qui  sont  aussi  appelés  Circum- 


cîsio{y.u7Krouo  ),  sont  appelés  par  saint  Paul, 
Concisio:  parce  que,  dans  la  nouvelle  Loi,  la' 
circoncision  charnelle  n'est  plus  qu'une  cou- 
pure ou  blessure  inutile  ;  au  lieu  que  la  vraie 
circoncision  est  le  retranchement  de  la  cor- 
ruption du  vieil  Adam.  Philipp.  3.  2.  Videte 
concisionem  :  Gardez-vous  des  faux  cir- 
concis. 

CONCISUS,  A,  UM.  Coupé,  divisé  ;  dans  l'E- 
criture, il  signifie  dans  un  sens  figuré  : 

Coupé,  entrecoupé,  inégal,  et  qui  n'est 
point  continué  et  suivi.  Num.  10.  o.  Concisus 
clangor:  Son  serré  et  entrecoupé.  Jos.  6.  5. 
Ce  son  est  celui  que  les  Latins  expriment  par 
le  mot  taratantara.  Voy.  Clangere. 

CONCITARE.  De  conciere.  —  1"  Emouvoir, 
exciter,  provoquer.  Prov.  28.  25.  Qui  se  jac- 
tat,  et  dilatai,  jurgia  concilal  :  Celui  qui  se 
vante  et  qui  s'enfle  d'orgueil,  excite  des  que- 
relles. Num.  5.  V.  n.  30.  c.  11.  33.  c.  27. 
3.  etc. 

2°  Troubler  (ôopugoGv).  Act.  17.  5.  Zelan- 
tes  autem  Judœi...  turba  facta  concitaverunt 
cà'ifafem;  Les  Juifs  poussés  d'un  faux  zèle, 
ayant  excité  un  tumulte,  troublèrent  toute  la 
ville  deThessalonique.  v.  6.  De  là  vient: 

CONCITATUS,  A,  UM.  Furieux,  emporté. 
Prov.  27.  4.  Impeliim  concitati  ferre  quispo^ 
terit?  Qui  pourra  soutenir  la  violence  d'un 
homme  emporté? 

CONCITUS,  participe  de  conciere. 

Prompt,  vite  (ra^ù,').  2.  Reg.  17.  18.  Ilh 
vero  aoncito  gradu  ingressi  sunt  domum  eu- 
jusdam  viri  in  Bahurim  :  Jonalhas  et  Achi- 
maas  entrèrent  promptemenl  chez  un  homme 
de  Bahurim  pour  s'y  cacher,  se  doutant  bien 
que  le  garçon  ayant  averti  Absalon  qu'il  les 
avait  vus  avec  David,  Absalon  enverrait  les 
chercher.  Jerem.  46.  5. 

CONCLAMARE,  «vKzoàÇeiv,  Crier,  s'écrier 
ensemble.  Jos.  6.  5.  Judic.  7. 18.  Conclamale, 
Domino  et  Gedeoni  :  Criez  tous  ensemble, 
que  la  victoire  soit  au  Seigneur  el  à  Gédéon  : 
C'est  ce  que  dit  Gédéon  à  ses  trois  cents  sol- 
dats de  faire  lorsqu'ils  le  verraient  sonner 
delà  tromiiette,  allant  contre  les  Madianites. 
c.  10.  17.  1.  Reg.  14.  20.  etc. 

CONCLAVE.  De  clavis.  —  1°  Chambre  qui 
ferme  à  clef.  2.  Reg.  4.  7.  Dormiebat  super 
leclum  suum  in  conclavi  (/otTwv)  :  Isboselh  dor- 
mait sur  son  lit  dans  sa  chambre,  lorsque 
Rechab  et  Baana  le  tuèrent. 

2°  Cabinet  (jo^ixtùo-j) .  2.  Reg.  13.  10.  Infcr 
cihum  in  conclave  :  Portez  dans  mon  cabi- 
net ce  que  vous  avez  apprêté,  dit  Amnon  à 
Thamar,  dans  le  dessein  d'abuser  d'elle.  4. 
Reg.  C).  12. 

CONCLUDERE,  cvyylii'-v^  ;  de  cludere,  ou 
plut(M  claudere,  enfermer,  fermer,  conclure 

i  '  Enfermer,  envelopper,  serrer.  Luc.  5.6: 
Concluscnint pisciummullitudincm  copiosam. 
Simon  ayant  jeté  le  ftlet  sur  la  parole  de  Jé- 
sus-Clirist,  lui  et  ceux  qui  étaient  avec  lui, 
prirent  une  grande  quantité  de  poissons  :  A 
quoi  se  peut  rapporter  dans  le  sens  figuré, 
Rom.  11.32.  Conclusit....  Deus  omnia  in  in^ 
crcdiililale;  Gr.  Onines:  Dieu  a  renfermé  tous 
les  hommes  dans  l'incrédulité,  i.  e.  a  permis 
qu'ils   y    fussent  cumme  dans   une    prison 


831 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  S\CUÉE. 


d'où  ils  ne  pussent   sortir  sans  sa   grâce. 
Gai.  3.  22. 

2'  Fermer  le  passage,  fermer,  boucher.  Ps. 
3'*.  4.  Conclude  adve7'sus  eos  qui  persequun- 
tur  me  :  Fermez  le  passage  à  ceux  qui  me 
poursuivent.  2.  Esd.  4.  7.  Judith.  13.  1.  Job. 
3.  10.  c.  38.  8.  Thren.  3.  9.  Abd.  v.  14.  Ainsi, 
1.  Mac.  6.  18.  Concliiserant  Israël  in  circuilu 
Sanclorum  :  Ils  fermaient  à  Israël  les  ave- 
nues du  Temple. 

3"  Garder,  fortifier.  Gant.  4.  12.  Horlus 
eonclusus  soror  mea  sponsa  :  L'Eglise  est  ce 
jardin  bien  fermé  de  tous  côtés,  dans  lequel 
sont  les  parfums  de  la  charité  et  où  croissent 
les  plantes  du  Père  céleste  :  quelques  Pères 
entendent  aussi  ce  passage  de  la  sainte 
V^ierge,  parce  qu'elle  a  enfanté  et  est  tou- 
jours demeurée  vierge. 

§  1.  —  Livrer  aux  ennemis,  réduire  quel- 
qu'un à  une  telle  extrémité,  qu'il  vionne  au 
pouvoir  de  ses  ennemis,  sans  qu'il  puisse 
l'éviter  (  TzapuBiBovy.i  ).  Deut.  32.  30.  Dominua 
conclusit  illos  :  C'est  le  Seigneur  (jui  a  livré 
les  Israélites  en  proie  à  leurs  ennemis.  Amos 
1.  6.  Ainsi,  l.Reg.23.  7.  c,  26.  8.2.  Rog.  18. 
28.  Job.  16.  12.  Ps.  30.  9.  Ps.  77.  v.  50. 
62.  etc 

§  2.  —  Rendre  stérile.  Gen.  16.  2.  Conclu- 
sit me  Dominus  :  Le  Seigneur  m'a  mise  en 
état  de  n'avoir  point  d'enfants,  dit  Sira  à 
Abraham,  l'engageant  de  prendre  Agar  pour 
femme.  1.  Reg.  1.  v.  5.  6.  Mais  les  passages 
suivants  s'entendent  ou  du  pouvoir  qui  est 
ôté  aux  femmes  d'user  du  mariage,  ou  de 
concevoir  ou  d'accoucher.  Gen.  20.  18.  Con~ 
cluserat  enim  Dominus  omnem  vulvam  domiis 
Abimelech  :  Depuis  qu'Abimelech  flt  venir 
chezluiSara,Dieuavaitfrappédemaladieelde 
stérilité  toute  la  maison  d'Abimelech,  à  cause 
de  Sara;  se.  avant  qu'Abraham  eût  prié  Dieu 
qu'il  les  guérît.  Job.  3.  10.  Quia  non  conclu- 
sit ostia  ventris  :  Que  la  nuit  en  laquelle  il 
a  été  dit  (de  moi)  un  hommo  est  conçu,  pé- 
risse; parce  qu'elle  n'a  point  fermé  le  ventre 
qui  m'a  porté,  i.  e.  no  m'a  pas  empêché  de 
naître.  Il  ne  faut  point  accuser  Job  d'impa- 
tience, puisque  Dieu  mémo  le  justifie. 

CONCLUSiO,  Nis.  La  fin  ou  la  conclusion 
de  quelque  chose  ;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Chaîne  ,  prison  (oeo-pô,-).  Isa.  42.  7. 
Dedi  te  ut  educeres  de  conclusione  vinctum  : 
Je  vous  ai  établi  pour  tirer  dos  fers  ceux  qui 
étaient  enchaînés  :  Le  Père  Eternel  adresse 
ces  paroles  à  Jésus-Christ  (jui  devait  venir  au 
monde  pour  racheter  les  hommes. 

2°  Discours  abrégé.  Ezech.  7.23.  Faccon- 
clusionem  :  Abrégez  en  peu  de  mots  les  me- 
naces et  les  peines  des  Juifs. 

GONGORDARE,  ^vfxywvsrv  ,  S'accorder,  et 
convenir.  Act.  î.i.  15.  Huic  concordant  verbn 
Prophctarum  :  Les  paroles  des  prophètes  s'y 
accordent  :  saint  Jacques,  dans  le  concile  (fe 
Jérusalem,  appuie  du  témoignage  des  pro- 
phètes le  sentiment  de  saint  Pierre,  qu'il  ne 
fallait  point  obliger  les  Gentils  à  la  loi  de 
la  circoncision. 

CONCORDATIO,  nis  ,  St^Wayri ,  Réunion, 
reconciliation.  Eccli.  22.  27.  c.  27.  23.  Ma- 
tedicii  est  concordatio  :  Après  des  injures,  il 


83f 

y  a  encore  lieu  de  se  réconcilier  :  L'Ecriture 
dit  ceci  par  opposition  au  mal  qu'on  fait  de 
révéler  le  secret  d'un  ami  ;ce  qui  l'éloigné  de 
nous  sans  ressource. 

CONGOUDIA,  ô|:xôvot«,  concorde,  accord, 
union,  bonne  intelligence.  Eccli.  25.  2.  Pro-- 
bâta  cornm  Deo  et  hominibus  concordia  fra- 
trum  :  L'union  des  frères  est  approuvée  de 
Dieu  et  des  hommes.  2.  Par.  16.  3.  Esth.  13. 
45.  Sap.  18.  9. 

Ordre  et  accord,  qui  se  dit  de  celui  que 
Dieu  a  établi  dans  les  corps  célestes  et  dans 
leurs  mouvements.  Job.  25.  2.  Qui  facit  con- 
corr/««m  (LXX,  Tïjv  o-vfATrao-av)  in  sublimibus 
suis  :  Celui-là  seul  est  puissant  et  redoutable, 
qui  fait  régner  la  paix  dans  ses  hauts  lieux, 
i.  e.  dans  les  cieux. 

CONCORPORALIS,  is.  De  corpus,  et  signi- 
fie, dans  le  sens  figuré  : 

Qui  est  membre  d'un  même  corps  mystique 
avec  un  autre  {ctvt^muo;).  Eph.  3.  6.  Révéla^ 
tum  est  Apostolis....  (rentes  esse  concorpora- 
les  :  Il  est  révélé  par  le  Siint-Espril  aux 
saints  apôtres,  que  les  Gentils  sont  incorpo- 
rés avec  les  Juifs  en  Jésus-Christ. 

CONCREARE.  Créer  avec  :  de  là  vient, 

CONCREARI.  Êire  créé  avec  quelqu'un. 
Eccli.  1.  16.  Cum  fidelibus  in  vulva  concrea- 
tus  est  :  La  crainte  de  Dieu,  ou  plutôt  la  sa- 
gesse ,  est  créée  avec  les  hommes  fidèles  dès 
le  sein  de  leur  mère  ;  soit  que  ce  soit  à  cause 
de  l'inclination  que  quelques  enfants  ont 
pour  la  piété  ;  soit  à  cause  de  leur  prédesti- 
nation, c.  11.  16.  Error  et  tenebrœ  peccato- 
ribus  concrcala  sunl  :  L'erreur  et  l'aveugle- 
ment sont  inséparables  des  pécheurs,  parce 
qu'ils  sont  la  peine  du  péché. 

CONCREMARE,  Gr.  ^«Ta/atstv.  Brûler  avec  : 
dans  l'Ecriture  : 

Brûler.  Apoc.  17.  16.  Ipsam  igni  concre- 
mabunt  :  Les  rois  saccageront  la  Rome 
pa'ienup.  c.  8.  7.  Judic.  15.  5.  2.  Mach. 
10,  36. 

CONCREPARE.  Faire  du  bruit. 

1°  R  ïtentir  du  bruit ,  raisonner.  Jos.  6.  9. 
Buccinis  omnia  concrepabant  :  Le  bruit  des 
trompettes  retentissait  de  toutes  parts,  lors- 
que les  Israélitos  faisaient  le  tourde  Jéricho, 
selon  l'ordre  de  Dieu. 

2°  Déplorer  le  malheur  de  quelqu'un  par 
des  lamentations  (x),atsiv).  Jerem.  22.  18. 
Non  concrepabunt  ei  :  vœ,  domine,  et  vœ,  l'rj- 
clyte  :  Les  étrangers,  et  tous  les  sujets  de  la 
maison  de  Joachim  ,  ne  plaindront  point 
Joachim,  en  criant  :  Ah  1  prince  déplorable  1 
ah!  grandeur  bientôt  finie  1  se.  au  temps 
qu'il  sera  emmené  en  captivité. 

CONCRESCERI^:.  —  1"  S'amasser,  s'épais- 
sir. Le  vit.  15.  3.  Cum  eoncreverit  (o-uvio-ra- 
aOy.i)  fœdus  humor  :  Lorsqu'il  se  fait  une  ob- 
struction de  cette  humeur. 

2"  Se  former.  Prov.  3.  20.  Nubes  rore  con- 
crescunt  :  La  pluie  et  les  nuées  se  forment 
des  vapeurs;  ou  ,  selon  l'Hébreu  et  le  Grec, 
Les  nuées  en  s'épaississanl  forment  l;i  pluie 
et  la  rosée  qui  tombe.  Job.  37.  10.  Fiante 
vento  concrescit  gelu  :  La  glace  se  forme  au 
souffle  de  Dieu.  A  quoi  se  rapporte,  dans  le 
sens   mélaphoriquc.  Deut.  32.  2.  Concrescat 


835 


CON 


ut  pluvia  doctrina  mea  :  Que  les  vérités  que 
i'onsoigne  entrent  dans  les  âmes,  comme  une 
piuie,  quis'es/  formée  des  vapeurs  en  gouttes 
d'eau  ,  entre  dans  la  terre  pour  la  rendre 
fertile;  Gr.  Tr/soo-So/âo-Qw,  exspectelar, 

CONCUBINA,  7ro:/>,«zïj,  de  ciibare.  Concubi- 
ne :  dans  l'ancienne  loi  ,  l'on  entendait  par 
ce  mot,  une  femme  légitime,  laquelle  était 
ordinairement  servante  et  soumise  à  la 
fcnmie  principale,  qui  était  mère  de  famille; 
et  ses  enfants  n'avaient  point  de  part  à  l'hé- 
ritago,  si  le  père  ne  le  voulait  ;  mais  le  père 
leur  faisait  seulement  des  présents.  Gen.  25. 
v.  0.  6.  Deditque  Abraham  cuncta  quœ  possé- 
derai, Isaac  :  filiis  autem  concubinarum  lar- 
giius  est  munera  :  Abraham  donna  à  Isaac 
tout  ce  qu'il  possédait  ,  et  fit  des  présents 
aux  fils  de  ses  autres  femmes  ;  quoique  Ja- 
cob en  ait  usé  autrement.  Voy.  Gen.  46. 
v.  8.  et  suiv.  et  c.  W.  Ainsi ,  3.  Reg.  11.  3. 
Fuerunlque  et  uxores  quasi  reginœ  seplingen- 
tœ,  et  concubinœ  trecenlœ  :  Salomon  eut  sept 
cents  femmes,  qui  étaient  comme  des  reines, 
et  trois  cents  ,  qui  étaient  comme  ses  con- 
cubines :  celles-ci  étaient  femmes  légitimes, 
mais  sans  la  dignité  de  reine;  i.  e.  du  second 
rang,  et  comme  étaient  celles  de  David,  dont 
il  es!  parlé,  2.  Reg.  12. 11.  c.  16.  22.  Salomon 
n'en  avait  pas  encore  un  si  grand  nombre 
au  temps  qu'il  composa  le  Livre  des  Canti- 
ques, c.  6.  V.  7.  8.  Sexaginta  siint  reginœ  et 
ocloginla  concubinœ...  una  est  coluinba:  Il  y  a 
soixante  reines  et  quatre-vingts  femmes  du 
second  rang...  mais  une  seule  est  ma  colom- 
be :  ces  premières  femmes  s'épousaient  avec 
les  cérémonies  ordinaires  ;  et  les  secondes 
sans  contrat  et  sans  cérémonies,  quoiqu'el- 
les fussent  aussi  appelées  femmes  légitimes  ; 
mais  d'un  moindre  rang.  Voy.  2.  Reg.  12. 
11.  comparé  avec  c.  16.  22.  Judic.  19.  v. 
10.  25. 

CONCUBITOR,  is.  De  concumbere;  doù 
vient  cette  f.icon  de  parler. 

CONCUBITOR  MASCULORUM,  àp^svoxoi- 
T»}?.  Sodomite  ,  abominable.  1.  Cor.  6.  10. 
Neque  molles ,  neque  masculorum  concubito- 
res  rignum  Dei  possidebunt  :  Ni  les  impudi- 
ques, ni  les  sodomites  n'hériteront  point  du 
royaume  de  Dieu. 

(^ONCUBITUS,  us,  c-L/voy^iKT/zci,-.  —  1° Con- 
naissance de  fille  ou  de  femme  ,  soit  qu'elle 
soit  légitime  ou  non.EccU,  23.  6.  Concubitus 
concupiscentiœ  ne  appréhendant  me  :  Que  la 
passion  de  l'impureté  ne  s'empare  point  de 
moi.  Gen.  38.  16.  Rom.  9.  10.  ^'e(/  et  R'becca 
ex  uno  concubilu  habens  Isaac  patris  nostri  : 
Ce  n'est  pas  seulement  dans  Sara  que  la  pro- 
messe de  Dieu  a  paru,  mais  encore  dans 
Réb(  cca  ,  qui  conçut  en  même  temps  doux 
enfants  d'Isaac  ,  notre  père.  Gr.  Sed  et  He- 
Ijccca  ex  uno  pâtre  noslro  concubitnm ,  i.  e. 
frlimifOU  conceptuin  habens;  /.liT/iv  ,  cubile 
pour  fetwn  ,  ou  conceptum  :  Jacob  cl  Esaii 
étaient  nés  d'un  même  père  ,  d'une  même 
mère,  tous  deux  ensemble;  néanmoins  l'un  a 
été  élu,  l'autre  rejeté,  selon  la  promesse  que 
Dieu  en  avait  faite  à  Kébecca.  Au  lieu  de  ce 
mot  concubitus, on  trouve  coilns  fcminis;  Gr. 
NoîT» ,  dans  la  même  signification,  i.evit.  iv. 


CON  854 

20.  c.  19.  20.  et  ailleurs.  —  2^  Passion,  at- 
tachement que  l'on  a  pour  quelqu'un.  Ezech. 
23.  20.  Jsanivit  libidine  super  concubitum 
eoriim  :  Jérusalem  a  eu  une  passion  fu- 
rieuse de  se  joindre  aux  Chaldéens  pour 
exercer  avec  eux  l'idolâtrie,  exprimée  figu- 
rément  par  les  amours  infâmes. 

CONCULCARE ,  xKTaTra-îfv  ;  du  simple  , 
calcare. 

Fouler  aux  pieds  ,  marcher  dessus.  Luc. 
12.  1.  Multis  lurbis  circumstanlibus,  ita  ut  se 
invicem  conculcarent  :  Une  grande  multitude 
de  peuple  s'étant  assemblée  autour  do  Jésus, 
en  sorte  qu'ils  marchaient  les  uns  sur  les 
autres.  4.  Reg.  7.  17.  20.  c.  9   33.  c.  ik.  9. 

1"  Perdre  ,  ruiner.  Ezech.  36.  3.  Pro  eo 
quod  desolali  eslis,  et  conculcaii  (^atc-efirOat "  per 
circuitum  :  (  Vous  ,  montagnes)  parce  qu« 
vous  avez  été  désolées,  que  vous  avez  été 
foulées  aux  pieds  de  tous  les  passants  :  Dieu 
promet  que  la  Judée,  dont  les  Idumécns  s'é- 
taient rendus  maîtres  après  l'avoir  ruinée, 
serait  rétablie   pour  les  Juifs.  Voy.  v.  5.  9. 

10.  Ainsi,  Dan.  7.  23.  c  8.  7. 

2°  Maltraiter,  lâcher  de  perdre  et  d'ex- 
terminer. Ps.  35.  V.  1.2.  Miserere  mei,  Deus, 
quoniam  conculcavit  me  homo  :  Ayez  pitié  de 
moi  ,  mon  Dieu  !  parce  que  l'homme  m'a 
foulé  aux  pieds  :  David  parle  de  Saiil,  dont 
il  était  peisécuté,  et  qui  cherchait  à  lui  ôler 
la  vie.  Ps.  56.  4.  L'Hébreu  ,  en  ces  endroits 
et  ailleurs,  porte  :  Deglutire,  obsorbere. 

3"  Mépriser,  traiter  avec  mépris  et  igno- 
minie. Hebr.  10.  29.  Quanto  magis  putatis 
détériora  mereri  supplicia ,  qui  filiwn  Dei 
conculcaverit  :  Combien  pensez  -  vous  que 
celui-là  sera  jugé  digne  d'un  plus  grand 
suppliie  (que  celui  qui  aurait  violé  la  loi  de 
Moïse)  qui  aura  foulé  aux  pieds  le  Fils  de 
Dieu  ?  c  est  ce  que  font  particulièrement 
ceux  qui  renoncent  à  leur  foi.  Eccli.  9.  10. 
Omnis  mulier  fornicaria  quasi  stcrcus  in  via 
conculcabitur  :  Touli}  fimme  prostituée  est 
comme  de  l'oidure  dans  un  chemin,  qui  est 
foulée  aux  pieds  de  tous  les  passants.  Isa. 
26.  6.  Ezech.  16.  6.  c.35.  18.  1.  Mach.  3.  45. 
c.  4.  60.  Matth  7.  6.  Mais  ce  verbe  signifie 
aussi,  traiter  cruellement  et  ignominieuse- 
ment. Isa.  16.  4.  Defecil  qui  conculcabat 
terram  :  Le  roi  de  Babylone  ,  qui  foulait  la 
terre  aux  pieds,  est  réduit  en  cendre,  c.  18. 
2.  c.  63.  18.  Jerem.  12.  10.  c  50.  26.  Ezech. 
52.  2.  Dan.  7.  7.  Ps.  7.  9.  etc. 

4"  Surmonter,  vaincre  ,  s'assujettir  entiè- 
rement. Ps.  90.  13.  Conculcabis  leonem  et 
draconem  :  Vous  vous  assujel tirez  ce  qu'il  y 
a  de  plus  terrible  et  de  plus  dangereux.  Isa. 
63.  V.  3.  6.  Conculcavi  populos  in  fur  or  e 
meo  :  Je  les  ai  foulés  dans  ma  fureur  ;  Je-- 
sus  Christ  parle  des  démons  ,  dont  il  a  dé- 
truit l'empire  par  sa  Passion.  Judic.  5.  21. 
4.  Reg.  14.  4.  2.  Par.  25.  18.  Isa.  14.25. 
Mich.  5.  8.  Habar.  3.  12.  Zach.  10.  5. 

5"Couvrir,  cacher,  dérober  à  la  vue.  Ps.  138; 

11.  J:l  dixi,  forsitnn  tenebrœ  conculcabunt  me 
Hebr.  opcrienl  me  :  J'ai  dit  :  peut-être  que  les 
ténèbres  me  cacheront  à  l'égard  de  Dieu , 
parce  (jue  ce  qui  se  foule  aux  pieds  ne  paraJI 
point;  l'Egypte  est  appelée  pour  cela,  lia.  18. 


g3S  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE 

V.  2.  7.  Conculcaîa  y  parce  qu'elle  est  cou- 
verlo  du  limon  du  Nil. 

CONCULCATIO,  nis,  xaT«7TàT»3//.a.  —  1°  L'ac- 
lion  de  fouler  aux  pieds,  ou  le  lieu  même  où 
l'on  marche.  Isa.  7.  25.  Erit  in  pascua  bovis, 
el  in  conculcationem  pecoris  :  La  Judée,  dans 
le  temps  de  sa  ruine  et  de  sa  captivité,  ser- 
vira aux  bœufs  de  pâturages,  et  les  troupeaux 
y  viendront  en  foule  sans  que  personne  les 
empêche. 

2"  Perte,  dégât,  ravage.  Isa.  5.  5.  Erit  in 
conculcationem  :  La  Judée  sera  exposée  aux 
injures  et  au  pillage,  c.  10.  6.  c.  22.  5.  c.  28. 
18.  Mich.  7.  10. 

3°  Chose  vile  et  sale ,  (elles  que  sont  les 
choses  que  la  mer  rejette.  Isa.  57.  20.  Impii... 
quasi  mare  redunckms,  fluclus  ejiis  in  concul- 
cationem et  lutum  :  Les  méchants  sont  comme 
une  mer  dont  les  flots  vont  se  rompre  sur  le 
rivnge  avec  une  écume  sale  et  bourbeuse. 

CONCUMBERE,>;ot;/â(Teai.  Ce  verbe  vient  de 
ciim  et  du  simple  inusité  cumbere. 

Coucher  avec,  et  dans  un  sens  Gguré,  con- 
cumbere  cum  viro  :  Si  c'est  un  mari  légitime, 
c'est  user  du  mariage;  sinon  c'est  commettre 
un  crime,  soit  un  inceste,  comme,  Gènes.  19. 
57.  Dormivit  cum  eo  et  ne  tune  quidem  sensit 
qnando  concubuerit,  nec  quando  snrrexit  :  La 
seconde  fille  de  Lolh  dormit  avec  lui  sans 
qu  il  sentît  ni  quand  elle  se  coucha  ni  quand 
elle  se  leva;  soit  un  adultère,  comme,  Num. 
5.  20.  Sin  polluia  est,  concubuisti  cum  altéra 
viro  :  Si  vous  êtes  souillée  en  approchant 
d'un  autre  homme.  Ainsi  ,  concumbere  cum 
aliqua,  si  c'est  une  femme  mariée,  c"est  com- 
mettre un  adultère,  comme  les  vieillards  en 
voulurent  commettre  un  avec  Suzanne.  Dan. 
13.  11.  Volentes  concumbere  cum  ca  :  Ayant 
dessein  de  la  corrompre,  v.  37.  Si  c'est  une 
fille  qui  ,  étant  fiancée  ,  se  Haisse  corrompre, 
alors  ils  doivent  être  lapides  l'un  el  l'autre. 
Deut.  22.  v.  23.  2i.  Si  concubuerit  cum  eo, 
educes  utrumque  ad  portam  civilatis  illius,  et 
lapidibus  obruentur  :  Mais  s'il  la  déshonore 
en  lui  faisant  violence,  il  sera  lui  seul  puni 
de  morl.  v.  25.  Sin  apprehendens  concubuerit 
cum  eo,  ipse  morietur  solus  :  S'il  l'a  déshono- 
rée en  lui  faisant  violence,  n'étant  point  fian- 
cée, il  donnera  au  père  de  la  fille  cinquante 
sicles  d'argent ,  et  il  la  prendra  pour  femme. 
V.  28.  Si  cette  fille  est  une  sœur,  c'est  un  in- 
ceste ,  tel  qu'est  le  crime  dAmnon.  2.  Reg. 

13.  20. 
CONCUPISCENTIA ,  je  ,  è-iBuiAu.  Ce  mot, 

qui  signifie    proprement  concupiscence ,   se 

prend  plus  ordinairement  en  mauvaise  part, 

soit  quand  il  se   dit  seul  ,    soit  quand  on 

ajoute  dans  sa  signification  la  chose  que  l'on 

désire,  ou  la  personne  qui  désire,  hormis  eu 

quelques  endroits. 
l'-Ce  mot,  pris  en  bonne  part  signifie  désir, 

souhait.  Sap.  G.  18.  Initium  illius  verissima 

est  disciplina  concupiscentia  :  Le  commence- 
ment de  la  sagesse  est  le  désir  sincère  de 

l'instruction,  v.  21.  Eccli.  3.  31. 

2  En  mauvaise  part ,  passion  ,  concupis- 
cence ;  soit  qu'elle  se  prenne  pour  la  source 

de  tous  les  mouvements  déréglés.  Jac.  1.  v. 

li.  15.  Concupiscentia  cum  conceperit ,  parit 


85G 

peccatum  :  Quand  la  concupiscence  a  conçu, 
elle  enfante  le  péché.  1  Joan.  2.  16.  Omne 
quod  est  in  mundo  concupiscentia  carnis  est  , 
et  concupiscentia  oculorum  :  Tout  ce  qui  est 
dans  le  monde  ,  i.  e.  tout  ce  que  les  hommes 
recherchent,  n'est  que  sensualité,  avarice  et 
orgueil.  Ps.  105.  IV.  Et  concupierunt  conçu- 
piscentiam  in  deserto  :  Les  Israélites  désirè- 
rent de  manger  des  viandes  dans  le  désert  : 
Ceci  a  rapport  à  ce  qui  est  dit  ,  Exod.  16.  3. 
Num.  11.  v.  k.  6.  33.  Celte  façon  de  parler 
est  un  Hébraisme  pour  marquer  la  grandeur 
et  l'injustice  de  cette  convoitise  ;  soit  que  ce 
mot  soit  pour  exprimer  les  mauvais  désirs  et 
les  péchés  qui  sont  les  effets  de  cette  concu- 
piscence. Rom.  7.  8.  Occasione...  accepta 
peccatum  per  mandatum  operatum  est  in  me 
omnem  concupiscentiam  :  Le  péché  prenant 
occasion  du  commandement  (  de  s'irriter  da- 
vantage ,  )  a  produit  en  moi  toutes  sortes  de 
mauvais  désirs  :  Ce  commandement  est  :  Non 
concupisces.  De  là  viennent  ces  façons  de 
parler. 

1°  Ire  post  concupiscentias  :  Se  laisser  aller 
à  ses  mauvais  désirs.  Eccli.  18.  30.  Post  con- 
cupiscentias tuas  non  eus  :  Ne  vous  laissez 
point  aller  à  vos  mauvais  désirs.  2°  Prœstare 
animœ  suœ  concupiscentias  :  Contenter  son 
âme  dans  ses  mauvais  désirs  ;  c'est  contenter 
et  satisfaire  sa  passion.  Eccli.  18.  31.  Si prœ- 
stes  animœ  tuœ  concupiscentias  ejus,  faciet  te 
in  gaudium  inimicis  tuis  :  Si  vous  contentez 
votre  âme  dans  ses  désirs  déréglés,  elle  vous 
rendra  la  joie  de  vos  ennemis.  In  concupi^ 
scentia  olicujus  esse  :  Brûler  de  passion  pour 
quelque  personne.  Dan.  13.  20. 

3"  La  chose  même  que  l'on  désire.  Sap.  16. 
2.  Quibus  dcdisti  concupiscentiam  delecta- 
menti  :  Vous  avez  donné  à  votre  peuple  la 
nourriture  délicieuse  qu'il  avait  désirée  ;  ceci 
a  rapport  à  ce  qui  est  dit  num.  11.  31.  Ainsi, 
Sap.  16.  3.  Ut  illi...  etiam  a  necessaria  conçu- 
piscentia  averterentur  :  Les  Egyptiens,  étant 
pressés  de  manger,  avaient  aversion  des  vian- 
des même  les  plus  nécessaires,  à  cause  des 
plaies  dont  Dieu  les  avait  frappés;  ces  plaies 
sont  marquées  entre  autres,  Exod.  8.  v.  3. 
14,  etc.  Ainsi,  Sap.  6.  21.  Concupiscentia  ita- 
que  sapientiœ  deducit  ad  regnum  perpctuum  : 
Le  sage  marque  dans  les  trois  versets  pré- 
cédents de  quelle  manière  le  désir  de  la 
sagesse  conduit  au  royaume  éternel.  Concu- 
piscentia sapientiœ,  i.  e.  sapientia  quam  con- 
cupiscis. . 

h"  Nom  de  lieu,  appelé  les  Sépulcres  de 
concupiscence,  parce  qu'ils  y  ensevelirent  le 
peuple  qui  avait  désiré  de  la  chair.  Ce  lieu 
était  près  du  désert  de  Sinaï.  Num.  33.  16. 
Deut.  9.  2.  Voyez  Sepulcrum. 

GONCUPISCERE,  È-iôu^srv.  De  cupere,  et 
signifie  proprement  souhaiter,  désirer. 

Ce  verbe,  dans  l'Ecriture,  se  prend  ea 
bonne  ou  en  mauvaise  part;  si  ce  qu'on  dé- 
sire est  un  bien  dç  l'âme  qui  puisse  rendre 
meilleur,  le  désir  en  est  bon;  si  c'est  un  bien 
temporel,  ce  désir  se  prend  dans  l'Ecriture 
en  mauvaise  part,  et  surtout  quand  on  n'a- 
joute rien  avec  le  verbe  concupiscere  {S.  Aug. 
Ps.  118.  Conc.  8.  lib.  V*.  c.  7.  de  Givil.J. 


837 


CON 


CON 


853 


1°  Souhaiter,  désirer,  pris  en  bonne  part. 
Ps.  4i.  12.  Et  concupiscet  rex  decorem  tuum: 
Jésus-Christ  aime  son  Eglise  et  conço.it  de 
l'amour  pour  sa  beauté.  Ps.  83.  3.  Ps.  118.  v. 
20.  40.  174.  Sap.  6.  v.  12.  14.  Eccli.  1.  33.  c. 
24!  26.  Jac.  4.  o.  1.  Petr.  2.  2. 

2"  En  mauvaise  pari.  Kxod.  20.  17.  Rom. 
7.  7.  c.  13.  9.  Son  concupisces  :  Vous  n'aurez 
point  de  mauvais  désirs.  Deut.  5.  21.  c.  7.  25. 
Jac.  4.  2.  Ainsi  Prov.  21.  26.  Tota  die  concu^ 
piscit  et  desiderai  :  II  passe  toute  la  journée 
à  faire  des  souhaits;  ce  qu'on  rapporte  ordi- 
nairement au  paresseux  dont  il  est  déjà  parlé; 
mais  IHébreu  peut  se  traduire,  d'après  Dru- 
sius  :  Omni  die  avet  aviditas,  i.  e.  avarus  ;  ce 
qui  semble  bien  s'accorder  avec  ce  qui  suit 
dans  ce  même  verset  :  Qui  auiem  juslus  est, 
tribuet  (pauperibus)  et  non  cessabit. 

CONGUPISGIBILIS,  is,  e,  i-tôu^r.Ti?.  Dé- 
sirable, précieux,  de  grand  prix.  l.Mach.  1. 
24.  Et  accepit  orgenîum  et  aurum,  et  vasa 
concupiscibilia:  Antiochus  entra  dans  le  lieu 
saint  et  y  prit  l'argent,  l'or  et  tous  les  vases 
précieux. 

CONCURRERE,  a-mpéx^ty.  1°  Courir,  en- 
semble, accourir  en  foule  pour  s'assembler. 
2.  Reg.  15.  12.  Populus  concurrens  augeOatur 
cum  Absalom  :  La  foule  du  peuple,  qui  ac- 
courait de  toutes  paris  pour  suivre  Absalom, 
croissait  de  plus  en  plus,  se.  lors  de  sa  ré- 
volte contre  David  pour  se  faire  roi.  c.  19.  41. 
2.  Esdr.  4.  20.  Judith.  13.  13. 

2°  Courir  sus,  se  jeter  sur  quelqu'un  (s^to- 
TâvKtj-  -'^ct.  6.  12.  Concurrentes  rapuerunt 
eum  :  Ils  se  jetèrent  sur  saint  Etienne;  ce 
fut  à  la  sédition  qu'excita  contre  lui  cette  secte 
de  Juifs,  marquée  v.  9,  voyant  qu'elle  ne  lui 
pouvait  résister. 

§  1.  —  Se  déborder,  sortir  de  ses  bornes. 
Sap.  5.  23.  Elumina  concurrent  {<7'jy/lû'(^su] 
duriter  :  Les  fleuves  se  déborderont  avec 
furie  contre  les  insensés,  se.  au  jour  de  la  co- 
lère et  du  jugement  de  Dieu. 

§  2.  —  Etre  excités  les  uns  contre  les  au- 
tres (  ÈTTEysipEffOai).  Isa.  19.  2.  CoHcurrere 
faciam  Mgyplios  adversus  JEyyptios  :  Je  ferai 
que  les  Egyptiens  s'élèveront  contre  les  Egyp- 
tiens ;  ce  qui  marque  leur  division  entre  eux. 

§  3.  —  S'accorder  et  conspirer  ensemble 
pour  un  même  dessein  et  pour  la  même  fin 
[fjvjzpi/ja].  1.  Petr.  4.  4.  Admiranlar  non 
concur'renlibus  vobis  in  camdem  luxuriœ  con- 
fusioneni  :  Les  pa'iens  trouvent  étrange  que 
vous  ne  couriez  plus  avec  eux  comme  vous 
faisiez  à  ces  débordements  de  débauche  et 
d'intempérance. 

CONCUKSIO,  Nis  (-Tjvoiîof/ri  ).  Concours, 
assemblée.  Act.  21.  30.  fada  est  concur- 
sio  populi  :  Aussitôt...  il  se  lit  un  concours 
du  peuple  (de  Jérusalem)  contre  saint  Paul, 
par  le  moyen  des  Juifs  d'Asie,  sur  la  tin  des 
sept  jours  de  sa  purification. 

CONCURSUS,  us  (!rvvO|-.opri).  1"  Concours 
(umultuaire.  Act.  19.  40.  Periclilamur  aryui 
scdilionis  hodiernœ  cun\  nuUus  obnoxius  sit 
(de  quo  possimus  reddere  rationcm)  cuncur- 
sus  istius  :  Nous  sommes  en  danger  d'éire  ac- 
cusés de  sédition  pour  ce  (jui  se  pa!5se  aujour- 
d'hui, ne  pouvant  alléguer  aucune  raison 


pour  justifier  ce  concours  tumultuaire  de 
peuple,  dit  le  greffier  de  la  ville  d'Ephèse, 
après  avoir  apaisé  le  tumulte  excité  par  Dé- 
métrius  et  ceux  de  son  parti.  Voy.  Obnoxius. 
2°  Amas  de  peuple,  assemblée  séditieuse 

(  è-hzccrt;  et  i-i^Ù7zy.^iç  ).  Act.  24.  12. 
Neque...  invenerunt  me  concursum  facientem 
turbœ  :  Mes  accusateurs  ne  ni'ont  point  trouvé 
amassant  le  peuple,  dit  saint  Paul,  contre 
l'accusation  de  Tertulle.  Voy.  v.  o.  9. 

CONCUSSIO,  Ms.  Agitation,  ou  l'action  de 
secouer,  en  parlant  de  quelque  vase  :  dans 
l'Ecriture  il  signifie  : 

Agitation,  mauvais  traitement  (Ojuo?). 
Isa.  14.  3.  Cum  requiem  dederit  tibi  Deùs  a... 
concussione  tua  :  Lorsque  le  Seigneur  aura 
terminé  votre  oppression.  Le  Prophète  parle 
aux  Juifs  de  la  délivrance  de  leur  captivité 
des  Assyriens. 

CONCUTERE,  (7'jcr7=ùtv).  De  qualere. 

Secouer  ,  ébranler  {  c-a^rjsiv  ).  Nahum. 
3.  12.  Omnes  munitiones  tuœ  sicut  ficus  cum 
grossis  suis,  si  concussœ  fuerint,  cadent  in  os 
comedentis  :  Toutes  vos  fortifications  tombe- 
ront aussi  aisément  que  les  premières  figues, 
qui,  aussitôt  qu'on  a  secoué  les  branches  du 
figuier,  tombent  dans  la  bouche  de  ceiui  qui 
les  veut  manger.  Le  prophète  prédit  la  de- 
struction inévitable  de  Ninive.  Judic.  16.  30. 
Job.  1.  19.  c.  9.  6.  2.  Reg.  22.  8. 

1°  Faire  trepibler  (  c-uTTrùtv  ).  Ps.  28.8. 
Vox  Domini  concutientis  desertum  .-C'est  la 
voix  du  Seigneur  qui  ébranle  le  désert;  se. 
le  tonnerre  fait  trembler  les  bêtes  sauvages 
des  déserts.  Ezech.  31.  13.  Ligna  agri  con- 
cussa  sunt  [hl-'jt'jbrj.i)  :  Tous  les  arbres  des 
champs  ont  treniblé  de  crainte.  Le  Prophète 
fi^iure  la  crainte  qu'eurent  tous  les  rois  et  les 
peuples  lorsqu'ils  apprirent  la  fin  funeste  de 
Sennachérib  et  la  défaite  de  son  armée  par 
l'Ange.  Exod.  20.  18.  Job.  7.  14.  c.  21.  6. 

2"  Troubler  de  quelque  passion.  Judith. 
12.  16.  Cor  Holophernis  eoneussum  est  (èçco- 
■zv.-r/.i)  :  Holopherne,  voyant  Judith  fut  frappé 
au  cœur,  parce  qu'il  brûlait  de  passion  pour 
elle. 

3'  Maltraiter,  ravager,  agiter,  remplir  de 
terreur  (le  Grec  porte  ici  manifestum  fieri). 
Isa.  33.  9.  Concussa  est  Basan  et  Carmelus  : 
Basan  et  le  Carmel  ont  élc  dépouillés  de  leurs 
fruits.  Ces  deux  pays  étaient  pleins  de  bons 
pâturages.  Voy.  Deut.  32.  14.  etc.  Voy,  1. 
Reg.  25.  2.  Ainsi  Isa.  14.  16.  Amos.  9.  9. 
Concutiam  in  omnibus  gentibus  domum  Israël, 
sicut  conculitur  trilicum  in  cribro  (  iizy.iv. 
ventilare)  :  Je  ferai  que  la  maison  d'Israël 
sera  agitée  parmi  toutes  les  nations  comme 
le  blé  est  agité  dans  le  crible,  pour  discerner 
ceux  qui  sont  véritablement  à  Dieu  d'avec 
les  autres  comme  le  grain  se  distingue  par  sa 
solidité  d'avec  la  paille  en  agitant  le  crible 
ou  le  van. 

4^  User  de  violence  et  intimider  pour  tirer 
de  l'argent  ou  autre  chose,  rançonner  (5ta- 
o^ciriv  ).  Luc.  3.  ik.  Meminem  cunculiatis  : 
N'usez  de  violence  en\ers  personne,  repond 
saint  Jean  aux  soldats  qui  lui  demandaient 
ce  qu'il  leur  f.illait  Liire  pour  être  sauvés. 

CUNDECl  KL.  11  convient,  il  appartient,  il 


839 

esl   Ju 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRfcE. 


840 


devoir  {■KpiiTsi-»).  Eccli.  33.  30.  In 
opéra  constitue  iilum,  aie  enim  condecet  illum: 
Tenez  l'esclave  dans  le  travail,  car  c'est  là 
où  il  doit  être. 

CONDELEGTARI,  aw/iSscreai.  Se  plaire  à 
quelque  chose.  Rom.  7.  22.  Cotidelector  legi 
Dei  secundum  inlerioretn  hominein  :  Je  me 
plais  dans  la  loi  de  Dieu,  selon  l'homme  in- 
térieur. 

CONDEMNARE,  xaraStxâÇetv.  1°  Condam- 
ner, juger.  Luc.  6.  37.  Noiite  condemnare  et 
non  condemnabimini  :  Ne  condamnez  point, 
et  vous  ne  serez  point  condamnés,  dit  Jésus- 
Christ  à  ceux  qui  écoulaient  sa  parole  avec 
soumission.  Job.  10.  2.  Prov.  17.  15.  Ps.  9i. 
21.  Isa.  50.  9.  Ainsi,  Dan.  13.  41.  Condem- 
naverunt  {■Aazu-xpbsi-j)  eam  ad  mortem  :  Toute 
l'assemblée  condamna  Susanne  à  la  mort, 
non  par  une  sentence  juridique,  puisque  le 
peuple  n'avait  pas  celte  autorité,  mais  par 
un  consentement  tacite  et  un  avis  commun, 
parce  qu'ils  savaient  que  la  loi  condamnait 
les  adultères  à  la  mort.  Levit.  20.  10.  il  est  à 
croire  qu'elle  fut  ensuite  condamnée  dans  les 
formes  de  la  justice  par  les  juges. 

2°  Convaincre.  Job.  9.  20.  Si  jiisii/icai'e  me 
voluero,  os  meum  condemnabit  me  :  Si  j'entre- 
prends de  me  justifier,  ma  propre  bouche  me 
convaincra  que  je  suis  coupable,  c.  15.  6. 
Sap.  k.  16.  Matlh.  12.  v.  37.  il.  42.  Ainsi  Til. 
3.  11.  Cum  sit  proprio  judicio  condemnatus 
(aÙToxarâx^tTOî)  :  Etant  convaincu  par  son 
propre  jugement.  L'Apôtre  parle  d'un  héré- 
tique qui,  ayant  été  averti  une  ou  deux  fois, 
ne  se  convertit  point  en  rétractant  sou  er- 
reur. 

3^  Punir  d'une  amende  {iniSocykîiv  yôj&ov). 
2.  Par.  36.  3.  Condemnavit  terram  centuin  ta- 
lentis  argenti  et  talenlo  auri  :  Néchao,  roi 
d'Egypte,  condamna  le  pays  de  Judée  à  lui 
donner  cent  talents  d'argent  et  un  talent  d'or, 
au  temps  qu'il  déposa  Joachas  du  royaume 
et  y  établit  Eliakim,  son  frère.  Sap.  11.  11. 
Deut.  22.  19. 

4°  Punir  de  peines  éternelles,  y  condam- 
ner (  xaraxjotvetv  ).  Marc  16.  16.  Quifion 
crediderit,  condemnabitur  :  Celui  qui  ne  croira 
point  (à  l'Evangile)  sera  condaniné.  Tob.  13. 
16. 

5°  Troubler,  inquiéter  (Sept.  xaTaStxàÇetv 
condemnare).  Job.  34.  29.  Ipso  concedente pa- 
cem,  guis  est  guis  condemnef?  Si  Dieu  donne  la 
paix,  qui  est  celui  qui  la  troublera? 

CONDEMNATIO  ,  nis  ,  {xazù-AptiMc^  ,  x«Tà- 
^ptatç).  —  1°  Gondamnalion.  Sap.  17.  10.  Cum 
sit  timida  neguitia,  dal  teslimonium  condem- 
nalionis  :  Comme  la  méchanceté  esl  timide, 
elle  se  condamne  par  son  propre  témoignage 
(Sept.  x«TK5izKÇofA£v)j,  condemnata).  Rom.  5. 
v.  16.  18.  Judicium  quidem  ex  uno  in  con- 
demnalioncm  :  Le  jugement  de  notre  condam- 
nation vieni  d'un  seul  péché;  se.  tous  les 
hommes,  même  avant  l'usage  de  la  raison, 
méritent  la  damnation,  à  cause  du  péché 
d'Adam. 

2"  Peine,  punition  (  xaTa5tx>3  ).  Sap.  12.  27. 
Finis  condemnationis  eorum  venit  super  illos  : 
Les  Egyptiens  furent  enfin  accablés   par  la 


dernière  punition  ,  étant  submergés  dans  la 
mer  Rouge.  1.  Esdr.  7.  26. 

3"  Blâo^e,  reproche.  2.  Cor.  7.  3.  Non  ad 
condemnalionem  vestram  dico  :  Ce  n'est  pas 
pour  vous  accuser  d'ingratitude  que  je  vous 
parle  de  la  sorle. 

CONDENSUS,  A,  UM,  Bcavç,  épais,  touffu. 
2.  Reg.  18.  9.  Cum  ingressus  fuisset  mulus 
subter  condensam  guercum  et  magnam  :  Lors- 
que Absalom  passait  sous  un  grand  chêne 
fort  touffu  (Sept.  5«<7o.-  zf,ç  opvôç^densitasquer- 
cus).  Ce  fut  là  qu'il  demeura  suspendu,  sa 
chevelure  s'élant  embarrassée  dans  les  bran- 
ches. Ezech.  31.  V.  3.  9.  10.  De  là  vient  : 

CONDENSA,  ORUM.  Ce  pluriel  neutre,  qui 
est  pris  substantivement,  signifie  : 

Epais,  épaisseur  des  forêts  (  Spvixoi  ).  Ps. 
28.  9.  Vox  Domini  revetabit  condensa  :  Le 
tonnerre  et  les  foudres  brisent  les  forêts,  et 
en  découvrent  les  lieux  les  plus  sombres,  en 
arrachant  par  la  force  de  la  tempête  un  grand 
nombre  des  plus  hauts  arbres.  Ps.  117.  27. 
Consliluile  diem  solemnem  in  condensis,  èv 
Tot,'7ruxàÇoy(Ttv:  Rendez  ce  jour  solennel,  et  or- 
nez le  temple  de  branches  d'arbres  touffus  : 
d'autres  expliquent,  entrez  en  foule;  Hebr. 
liez  la  victime  de  la  fêle  avec  des  cordes: 
Ceci  regarde  le  temps  du  Messie.  Isa.  10.  34. 
Subvertentur  condensa  saltus  ferro:  Les  forêts 
les  plus  épaisses  (Sept,  ù^oloi,  sublimes)  se- 
ront abattues  par  le  fer.  Le  Prophète  parle  de 
la  défaite  des  armées  de  Sennachérib ,  dont 
les  troupes  nombreuses  devaient  être  taillées 
en  pièces.  Voy.  Saltus. 

CONDËRE  ,  otxoSopistv  ;  de  la  préposi- 
tion cum  et  du  verbe  dure  ;  comme  qui  di- 
rait :  Simul  in  interiorem  locum  dure;  et  si- 
gnifie : 

1"  Edifier,  bâtir.  Num.  13.  23.  Hebron 
seplem  annis  ante  Tanim  urbem  Mgypti 
condita  est  :  Hébron  a  été  bâtie  sept  ans 
avant  la  ville  de  Tanis  ,  en  Egypte.  Eccli. 
47.  14. 

2°  Etablir,  former,  ordonner.  Isa.  10.  1. 
Vœ  gui  condunt  (  ypàfst-j  )  leges  iniguas  \ 
Malheur  à  ceux  qui  établissent  des  lois  d'ini- 
quité !  2.  Mach.  6.  23.  Ainsi,  Exod.  9.  24.  Ex 
guo  gens  illa  condila  est  (yiyvc-aSai ,  ybsirdxi)  : 
Cette  grêle  fut  d'une  telle  grosseur ,  qu'on 
n'en  avait  jamais  vu  auparavant  de  sembla- 
ble dans  toute  l'étendue  de  l'Egypte,  depuis 
l'établissement  de  son  peuple. 

3°  Créer,  former  de  rien;  ce  qui  n'appar- 
tient qu'à  Dieu.  Coloss.  1.  16.  In  ipso  con- 
dita sun(  (zTtÇetv)  universa  :  C'est  par  le  Fils 
de  Dieu  que  tout  a  été  créé.  Marc.  13.  19.  A 
(juoi  se  peut  rapporter,  dais  le  sens  figuré, 
Ephes.  2.  15.  Ut  duos  condat  in  semetipso  in 
unum  novum  hominem  :  Jésus  -Christ  par  sa 
doctrine  a  aboli  la  loi  chargée  de  tant  de 
de  préceptes  ,  afin  de  renouveler  et  comme 
créer  de  nouveau,  par  la  vertu  du  Saint-Es- 
prit, les  Juifs  et  les  Gentils  ,  et  de  les  réunir 
en  lui-même  comme  membres  d'un  même 
corps  ,  pour  en  former  un  homme  nouveau 
qui  vécût  d'une  vie  toute  nouvelle. 

4"  Garder,  mettre  en  réserve  (<tuv«7«v). 
Gen.  41.  v.  35.  48.  Omne  frwnentum  sub  Plia- 
raonis  poteslnte  condatur  servetwque  in  uf' 


841 


CON 


CON 


842 


hibus  :  Jl  est  de  la  prudence  du  roi  que  tout 
le  blé  se  serre  et  se  garde  dans  les  villes,  et 
demeure  sous  la  puissance  du  roi ,  dit  Jo- 
seph à  Pharaon  ,  en  l'avertissant  de  pour- 
voir pour  les  sept  années  de  famine  qui  de- 
vaient arriver  dans  l'Egypte.  Exod.  34-.  22. 
Rulh.  2.  23.  4.  Rcg.  20.  17.  Isa.  23.  18.  Je- 
rem.  iO.  10.  Mais,  Deul.  32.  3i.  s'entend, 
dans  le  sens  métaphorique  ,  du  souvenir  et 
de  la  mémoire  que  l'on  conserve  de  quelque 
chose.  Nonne  hœc  condita  sunt  apud  me  : 
Ne  tiens -je  pas  tous  ces  crimes  comme  en 
dépôt  pour  les  venger  dans  leur  temps? 

5°  Ensevelir,  enterrer  (Sà-Tstv).  Gen.  i9. 
31.  Ihi  et  Lia  condita  jacet  :  C'est  où  Lia  est 
encore  ensevelie  ;  se.  dans  l'antre  double  qui 
est  dans  le  champ  d'Ephron  l'Héthéen.  c. 
kl.  30. 

CONDICERE.  Du  verbe  dicere,  et  signifie 
décider  quelque  chose  ensemble,  le  dénon- 
cer, en  tomber  d'accord,  en  convenir  ensem- 
ble :  dans  l'Ecriture  : 

1"  Convenir  de  quelque  chose  avec  quel- 
qu'un (Taac-io-ôat.  Med.).  Exod.  8.  12.  67a- 
mtivit  Moyses  ad  Dominum  pro  sponsione 
ranarum  quam  condixerat  Pharaoni  :  Moïse 
cria  au  Seigneur  pour  la  promesse  qu'il 
avait  faite  à  Pharaon  de  le  délivrer  des  gre- 
nouilles au  jour  qu'il  avait  marqué  :  Pha- 
raon avait  promis  réciproquement  à  Moïse 
de  laisser  aller  le  peuple.  Voy.  v.  8. 

2°  Donner  rendez-vous,  ou  donner  jour 
pour  quelque  affaire  (ota/:*«pTU|osrî9at)  1.  Reg. 
21.  2.  Nam  et  pueris  condixi  in  illum  et  illum 
locum  :  J'ai  même  donné  rendez-TOUs  à  mes 
gens  en  tel  et  tel  lieu,  dit  David  au  grand 
prêtre  Achimélech,  feignant  d'avoir  été 
député  de  la  part  de  Satil  pour  quelque 
ordre  secret.  Job.  2.  11.  c.  2i.  16.  Ainsi, 
Jerem.  i7.  7.  Quomodo  quiescet  cum  Demi- 
nus  ibi  condixerit  illi  [h-zùlzfif) ai)  ?  Comment 
l'épée  du  Seigneur  se  reposerait-elle,  puis- 
que le  Seigneur  lui  a  donné  ordre  de  se  trou- 
ver à  Ascalon  et  dans  tout  le  pays  delà  côte 
de  la  mer  V  Cette  prophétie  parle  du  roi  des 
Assyriens  contre  les  Iduméens,  dont  il  se 
devait  servir  pour  exercer  sur  eux  la  rigueur 
de  sa  justice.  La  même  prophétie  est,  Ezcch. 
25.  Ifj.  Sophon.  2.  v.  i.  5.  6. 

CONDICTUM  ,  1.  Promesse  ,  accord.  Gen. 
18.  14.  Juxta  condiclum  rcvertar  ad  te  {el;  tov 
zaï&ov  toOtov,  ad  hoc  tempus  :  Je  vous  revien- 
drai voir  comme  j'ai  dit,  dans  un  au  :  le  Sei- 
gneur réitère  cette  promesse  qu'il  avait  faite 
à  Abraham,  v.  10. 

CONDIGNUS,  A.  LM,  a;to,-,—  l°  Digne,  qui 
a  mérité.  Eslh.  0.  11.  Hoc  honore  c<>ndignus 
est  :  C'est  ainsi  que  mérite  d'être  honoré  ce- 
lui qu'il  plaira  au  roi  d'honorer  :  c'est  ce  que 
cric  Aman  pour  honorer  Mardochée  ,  selon 
l'ordre  d'Assuérus.  Voy.  les  trois  versets 
précédents. 

2'  Pareil,  égal,  qui  a  de  la  proportion  avec 
quoique  chose ,  comparable.  Rom.  8.  18. 
kxistimo  quod  non  snnl  condirjnœ  passionrs 
hujus  tcmporis  ad  fnturcnn  ijloriam  :  Je  suis 
persuadé  que  les  (plus  grandes)  souffrances 
delà  vie  présente  n  ont  point  de  proportion 
avec  cette  gloire  que  Diou  doit  un  jour  dé- 

DlCTIO.VÎf.    DE    PHILOL.    SACRKK.    ]. 


couvrir  dans  nous.  Tob.  9.  2.  Si  me  ipsum 
tradam  tibi  servum,  non  ero  condignusprovi- 
dentiœ  tuœ  :  Quand  je  me  donnerais  à  vous 
pour  être  votre  esclave  ,  je  ne  pourrais  pas 
reconnaître  dignement  tous  les  soins  que 
vous  avez  pris'de  moi  ,  dit  le  jeune  Tobie  à 
l'ange  Raphaël  ,  qu'il  croyait  un  homme.  2 
Mach.  4.  38. 

CONDIRE.  De  cum  et  de  l'ancien  verbe  duo 
pour  do  ,  comme  qui  dirait  :  Res  plures  in 
unum  dare  ;  et  signifie  proprement  mêler 
une  ou  plusieurs  choses  avec  quelque  autre, 
pour  la  rendre  plus  savoureuse  et  agréable  : 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Assaisonner  (  «oTystv  ).  Luc.  14.  34.  Si 
sal  evanuerit,  in  quo  condietur  ?  Si  le  sel  de- 
vient fade  ,  avec  quoi  l'assaisonnera-t-on  ? 
Marc.  9.  49.  Jésus-Christ  compare  la  vertu 
des  pasteurs  au  sel.  Si  ceux  qui  doivent  pré- 
server les  autres  de  la  corruption,  sont  eux- 
mêmes  corrompus  ,  à  quoi  seront-ils  bons  ? 
Levit.  2.  13.  Job.  6.  6.  Voy.  Sal.  A  quoi  se 
rapporte  dans  un  sens  figuré  ce  qui  est  dit  , 
Col.  4.  6.  Sermo  tester  semper  in  gratia  sale 
sit  conditus  :  Que  votre  entretien,  étant  tou- 
jours agréable  et  édifiant,  soit  assaisonné  du 
sel  de  la  discrétion. 

2"  Embaumer.  Gènes.  50.  2.  Prœcepit 
servis  suis  Medicis  ut  aromatibus  condirent 
(  îv-ayt«ÇEtv  )  patrem  :  Joseph  commanda  aux 
médecins  qu'il  avait  à  son  service  d'embau- 
mer le  corps  de  son  père.  v.  3.  26. 

3°  Mêler  pour  rendre  plus  délicieux.  De  là 
vient  cette  façon  de  parler  : 

Vinum  conditum.  Vin  mêlé  de  parfums  , 
c'est-à-dire  vin  de  liqueurs,  tel  que  l'hypocras 
ou  autre  semblable.  Cant.  8.  2.  Dabo  tibi 
poculum  ex  vino  condito  ii-jpe-^r/.rj;)  ;  Je  vous 
donnerai  un  breuvage  d'un  vin  mêlé  de  par- 
fums. Voy.  ViNCM. 

CONDISGIPULUS,  i,  a^a^aÇrir/,,-.  Qui  ap- 
prend avec  d'autres  sous  un  même  maître  : 
dans  l'Ecriture  : 

Condisciple,  et  qui  est  du  nombre  des  di- 
sciples de  Jésus-Christ.  Joan.  11.  16.  Dixit 
Thomas...  ad  Condiscipulos  :  Saint  Thomas 
dit  aux  autres  disciples,  [c'ett-à-dire  aux  au- 
tres apôtres). 

CONDITIO,  Ni^.  De  condere. — 1° Condition, 
loi,  traité.  Gen.  47.26.  Libéra  ab  hac  condilio- 
ne  fuit  :  La  seule  terre  des  prêtres  a  été  li- 
bre de  cot  assujetliâëcmenl  ;  se.  de  payer  au 
roi  d'Egypte  la  ciaquiènic  partie  du  revenu 
des  terres.  Levit.  25.  24.  Cuncta  regio  pos- 
sessionis  vestrœ  sub  redemptionis  conditione 
vendetur  :  Dans  la  terre  promise,  les  Israéli- 
tes ne  pouvaient  vendre  le  fonds  que  sous  là 
condition  de  le  pouvoir  racheter  ,  soit  eux, 
soit  leurs  parents.  Voyez-en  la  raison  v.  23. 
et  l'exception  v.  30. 

2°  Condition,  état.  Eccli.  3.  19.  .^:qua 
utriusque  conditio  (Tuv«vTr/i/a)  .-L'homme  naît, 
respire  et  meurt  comme  les  bêtes,  quoique 
son  âme  soit  immortelle. 

.J"  Création  [y.-:iai<:).  Ezcch.  28.  15.  Perfec- 
tus  in  viis  tais  n  die  conditionis  tuœ  :  Vous 
étiez  parfait  dans  votre  voie  au  jour  de  votru 
création  :  Le  prophète  parle  du  roi  de  Tyr, 
dont  la  vie  a  été  réglée  et  heureuse  dans  lu 

ai 


843 


DÎCTIONNAIUE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


SU 


commencement.  Les  Pères,  sous  la  figure  de 
ce  roi ,  entendent  le  premier  ange  qui  a  été 
parfait  jusqu'à  sa  chute  ,  comme  le  roi  de 
Babylonc  est  la  figure  du  même  ange  dans 
Isa.  14.  V.  k.  12.  13.  li. 

CONDITOR,  is,  oniiiovpyôç.  —1°  Fondateur 
d'une  ville  ;  ce  c.ui  se  dit  figurémcnt  de  Dieu. 
Hcbr.  11.  10.  Cxijus  nrlifex  et  conditor  Deus  ; 
JDieu  même  est  le  fondateur  et  l'architecte  de 
celle  cité  ;  se.  du  ciel  ,  qui  est  cette  Jérusa- 
lem céleste. — 2'  Qui  ordonne  ,  qui  établit  : 
d'où  vient  : 

Condilor  legum.  Législateur.  Prov.  8.  15. 
Pei'  me  legum  conditores  justa  decernunt  : 
C'est  par  la  sagesse  que  les  législateurs  or- 
donnent ce   qui  est  juste  {ypâfovirt,   St/.aiocrO- 

Vïiv). 

CONDOLERE.  Etre  afHigé  on  touché  du 
malheur  et  de  la  misère  de  quelqu'un  :  pren- 
dre part  à  sa  douleur.  Hebr.  5.2.  Omnis  Pon- 
tifex...  conslituitur..,  qui  condolere  [nzcio-- 
îra^Erv  possit  iis  qui  ignorant  et  errant  :  Le 
pasteur  doit  être  touché  de  compassion  pour 
ceux  qui  sont  dans  l'ignorance  et  dans  Ter- 
reur. Eccli.  37.  V.  5.  16. 

CONDUCERE,  personnel.— 1°  Mener,  ame- 
ner ensemble  ;  d'où  vient  t 

Conducere  in  unum^  el;  tô  «ùto  TtQévoa.  Ras- 
sembler ,  réunir.  Mich  ,  2.  12.  In  unum  con- 
ducam  reliquias  Israël  :  Je  réunirai  les  restes 
d'Israël  :  ceci  s'entend  communément  de  la 
réunion  de  toute  l'Eglise  sous  la  conduite  de 
Jésus-Christ.  Voy.  k  Reg.  17.  4.  c.  18.  10.  c. 
25.  V.  6.  7. 

2°  Louer  ,  et  prendre  à  louage,  louer  des 
gens  à  prix  fait  pour  travailler  (pt(T6oû<r6«t  et 
/xto-SoOv) .  Matlh.  20.  1.  Simile  est  regnum  cœ- 
lorum  homini  patri  familias  qui  exiit  primo 
mane  conducere  operarios  in  vineam  suam  : 
Le  royaume  du  ciel  est  semblable  à  un  père 
de  famille  ,  qui  sortit  dès  la  pointe  du  jour  , 
aGn  de  louer  des  ouvriers  pour  travailler  à 
sa  vigne.  Deut.  23.  k.  Conduxerunt  contra  te 
Balaam  :  Les  Ammonites  et  les  Moabites  ont 
soudoyé  contre  vous  ,  Balaam  :  Ceci  a  rap- 
port à  ce  qui  est  dit  ,  Num.  22.  v.  5.  6.  7. 
Ainsi,  Judic.  18.  4.  Gen.  30.  16.  Exod.  20. 
16.  2.  Par.  24.  12. 

Phrase  tirée  de  celte  signification. 

Conducere  milites.  Soudoyer  ,  prendre  des 
troupes  à  la  solde  (f/taGoOdGai).  2  Par.  25.  6. 
Mercede  conduxit  de  Israël  centicm  millia  ro- 
bustorum  :  Amasias  prit  à  sa  solde  cent  mille 
hommes  forts  et  robustes  du  royaume  d'Is- 
raël ;  pour  lesquels  il  donna  cent  talents 
d'argent  :  c'était  pour  marcher  contre  les 
Iduméens.  Voy.  v.  11.  Mais  il  ne  s'en  servit 
pas,  suivant  en  cela  l'ordre  de  Dieu.  Voy.  v. 
8.  10.  Judic.  4.  4.  2.  Reg.  10.  6.  4.  Reg.  7.  6. 
etc.  Ainsi,  Isa.  7.  20.  In  novacula  conducta  : 
Voy.  Novacula. 

CONDUCERE,  impersonnel.  Etre  utile, 
avantageux,  être  à  propos  {ùyuBôvthai).  Eccl. 
7.  1.  Quid  necesse  est  homini  majora  se  quœ- 
rere  ,  cum  ignoret  quid  conducat  sibi  in  vita 
sua  ?  Est-il  nécessaire  à  un  homme  de  re- 
ctvercher  ce  qui  est  au-dessus  de  lui,  lui  qui 


ignore  ce  qui  lui  est  avantageux  en  sa  vie.  2 
Par.  31.16, 

CONDUCTITIUS,  a,  um  ,  (^taew-raç).  Qui  se 
loue  à  quelqu'un  pour  certain  prix  ,  merce- 
naire. 1  Mach.  6.  29.  Venerunt  ad  eum  exer- 
citus  conductitii  :  Des  troupes  auxiliaires 
des  royaumes  étrangers  et  des  pays  mariti- 
mes ,  et  qu'Antiochus  Eupator  entretenait  à 
ses  dépens,  vinrent  se  joindre  à  celles  d'An- 
tiochus  ,  pour  marcher  contre  Judas  ,  qui 
assiégeait  Jérusalem.  Voy  v.  26. 

CONDDGTUM,  i.  Substantif  neutre  de  con- 
ducere, et  signifie  : 

Logement  pris  à  louage  (/xtc-Qw/za).  Act.  28. 
30.  Mansit  autem  biennio  toto  in  sua  condu- 
cto  :  Saint  Paul  demeura  (à  Rome)  deux  ans 
entiers  dans  un  logis  qu'il  avait  loué.  Ce  fut 
au  temps  qu'il  y  fut  mené  prisonnier. 

CONDULCARE  (y^uxabav).  Ce  verbe  inu- 
sité vient  de  l'adjectif  dw/m,  doux,  et  signi- 
fie : 

Rendre  doux  et  agréable  ;  d'où  viennent 
ces  phrases, 

Condulcare  os.  Ne  rien  dire  qui  ne  soit 
agréable.  Eccli.  27.  26.  In  conspectu  oculo-  , 
rum  tuorum  condulcabit  os  suum  :  Le  flat- 
teur n'aura  devant  vous  que  de  la  douceur 
sur  la  langue. 

Condulcare  vitam.  Rendre  sa  vie  douce  et 
agréable  à  passer.  Eccli.  40.  18.  Vita  sibi 
sufficientis  operarii  condulcabitur  :  La  vie  de 
celui  qui  se  contente  de  ce  qu'il  gagne  de  son 
travail,  sera  remplie  de  douceur,  v.  32.  In 
are  imprudentis  condulcabitur  inopia  :  L'in- 
sensé trouvera  de  la  douceur  à  demander  son 
pain  ;  Gr.  Il  se  rend  méprisable  en  se  nour- 
rissant des  viandes  des  autres. 

CONFABULARl.  S'entretenir  ,  parler  de 
quelque  chose  ()-«).£rv).  Job.  7.  11.  Confabu-^ 
labor  cum  amaritudine  animœ  meœ  :  Je  m'en- 
tretiendrai dans  l'amertume  de  mon  cœur. 

CONFECTUS,  A,  UM.  De  conficere,  et  signi- 
fie proprement,  achevé,  terminé  :  dans  l'E- 
criture : 

Affaibli,  abattu,  exténué  (xomav,  defes&um 
esse).  Deut. 25.  18.  Quando  eras  famé  et  labore 
confectus  :  Souvenez-vous  de  quelle  sorte 
Amalech  a  taillé  en  pièces  ceux  de  votre  armée, 
qui  étaient  extrêmement  fatigués  ,  lorsque 
vous  étiez  vous-mêmes  exténués  de  faim  et 
de  travail.  Ceci  peut  bien  avoir  rapport  à  ce 
qui  est  rapporté,  Exod.  17.  v.  3.  8.  etc.  Ainsi, 
Ruth  1. 12.  Jam  enim  senectute  confecta  sum  : 
Je  suis  cassée  de  vieillesse  ,  dit  Noémi  à  ses 
belles-filles.  Thren.  1.  13. 

CONFERRE  (©É/jsr/j.  Porter  ou  apporter  en- 
semble.  Deut.  12.  11.  llluc  omnia  quœ  prœ- 
cipio,  conferctis  holocausta  ;  Ce  sera  dans  le 
lieu  que  Dieu  aura  choisi...  que  vous  appor- 
terez tous  vos  holocaustes ,  etc.  Ce  lieu  fut 
premièrement  Silo,  Voy.  1  Reg.  13.  etc.  puis 
le  temple  de  Jérusalem  ,  Voy.  3  Reg.  8.  29 
De  là  vient  cette  façon  de  parler  : 

CONFERRE  SE  l§ic^.y.oiJ.iÇîGBui).  —  1"  Aller 
quelque  part.  2  Mach.  4.  4.  Ad  rcgem  se  con-< 
tulit  :  Onias  alla  trouver  le  roi  Séleucus  :  U 
s'adressa  au  roi  pour  faire  c(  sser  les  folles 
entreprises  de  Simon  contre  les  Juifs,  ne  io 
pouvant  autrement. 


845 


CON 


CON 


346 


2' S'assembler,  conspirer  {(Tvyx^sïaev.i,  con- 
fundi).  Sap.  10.  5.  Hoc  et  in  consmsu  nequi- 
tiœ  cumse  nationescontiilissent,  scivitjustum: 
Et  lorsque  les  nations  conspirèrent  ensem- 
ble pour  s'abandonner  au  mal  ;  c'est  elle  qui 
connut  le  juste,  lorsque  les  Chaldéens  et  les 
peuples  voisins  s'adonnèrent  à  l'idolâtrie  ; 
la  Sagesse  connut  Abraham  par  une  con- 
naissance d'approbation  et  d'amour. 

§  1.  —  Donner,  contribuer  (Soûvat).  4' Reg. 
23.  35.  Argentiim  et  aurum  dédit  Joakim  Pha- 
raoni ,  cum  indixisset  terrœ  per  singulos  ut 
conferretur  juxta prœceptum  Pharaonis  :  Joa- 
chim  donna  à  Pharaon  de  l'argent  et  de  l'or, 
selon  la  taxe  qu'il  avait  faite  par  tète  sur  le 
pays  ,  pour  payer  le  tribut  imposé  par  Pha- 
raon. Il  ne  l'avait  établi  roi  qu'à  condition 
qu'il  lui  paierait  cent  talents  d'argent,  et  un 
talent  d'or.  Job.  22.  3.  Quid  et  confers,  si  im- 
maculata  fuerit  via  tua  ?  {riç  oiféhioc,  quœ 
utilitas).  Que  donnez-vous  à  Dieu,  quand  vo- 
tre conduite  sera  sans  tache  ?  dit  Eliphas  à 
Job.  Sap.  o.  8.  Exod.  30.  16.  Isa.  46.  6.  2. 
Mach.  2.  26.  Judith  10.  k.  Esth.  16.  2. 

§  2.— Communiquer  ,  apprendre  quelque 
chose  à  quelqu'un  (irpoo-avaTtôscrôat).  Gai.  2.  6. 
Mihi  enim  qui  videbantur  esse  aliquid  ,  nihil 
contulerunt  :  Ceux  de  Jérusalem  avec  qui  je 
conférai  de  l'Evangile  que  j'annonce  parmi 
les  Gentils,  et  qui  paraissaient  les  plus  con- 
sidérables ,  ne  me  communiquèrent  rien  ,  ni 
autorité  nouvelle  ,  ni  connaissance  des 
mystères. 

§  3. — Rejeter  ,  en  parlant  d'un  crime  ou 
d'une  faute  dont  on  se  prend  à  quelqu'un 
{imiBivoct).  Judic.  9.  24.  Scelus  interfectionis 
septuaginta  filiorwn  Jerobaal  et  effusionem 
sanguinis  eorum  conferre  in  Abimelech  cœpe- 
runl  :  Les  habitants  de  Sichem  commencè- 
rent à  imputer  à  Abimelech  et  aux  princi- 
paux des  Sichimites  le  crime  du  meurtre  de 
soixante  et  dix  fils  de  Jerobaal. 

§4. — Comparer,  priser  autant  ((TviJ.ëaazK- 
ÇEaSat).  Job.  28. 16.  Nonconferelur  tinctis  In- 
dice coloribus  :  On  ne  mettra  point  la  sagesse 
en  comparaison  avec  les  marchandises  des 
Indes.  Jerem.  22.  15. 

§  5.— Méditer,  examiner  ,  repasser  en  son 
esprit  {gxjiaScùI-uv).  Luc.  2.  19.  Maria  conser- 
vabat  omnia  verba  hœc  conferens  in  corde  suo  : 
Mario  conservait  toutes  ces  choses  en  elle- 
même,  les  repassant  dans  son  cœur. 

§  6- — Demeurer,  séjourner  (5tKT/>îg££v).  Act. 
16,  12.  Eramus  aulem  in  hac  urbe  diebus  ali- 
quot  conferentes;  conferentes  pour  consisten- 
tes  :  Nous  demeurâmes  quelques  j-ours  dans 
la  ville  nommée  Pfiilippes  ;  ce  lut  alors  qu'il 
y  vint  de  Naples.  Le  verbe  ^luvpK'.iu  signifie 
séjourner  ou  s'entretenir  ;  ce  qui  a  donné 
lieu  à  celte  signification, 

§7.— S'appliquer  (SoOvatTT^ôo-wTrov). 2  Par.  20. 
3.  Totum  se  contulit  adrogandum  Dominum: 
Josaphat,...  s'appliqua  entièrement  à  Dieu  ; 
se.  pour  implorer  son  assistance ,  lui  et  tout 
son  peuple,  contre  les  Moabites  cl  les  Ani- 
monites  assemblés  pour  lui  faire  la  guerre. 
Voj.  V.  1. 

Phrase  tirée  de  la  signification  de  ce  vcrl)c. 
'  "Conferre  cumaliquo,  conferre  in(er  se,  con- 


ferre sermones  adinvicem. — 1»  Conférer,  con- 
sulter ,  délibérer  ensemble,  s'entretenir  de 
quelque  chose  («vTtrîOîaOaÎTtvi).  Gai.  2.2.  Con- 
tuli  cum  ilHs  Evangelium  quod  prœdico  in 
Gentibus  :  Je  conférai  à  Jérusalem  avec  ceux 
qui  étaient  là,  do  fEvangile  que  j'annonce 
parmi  les  Gentils.  Luc.  2'!-.  17.  Qui  sunt  hi 
sermones  quos  confertis  (àvriÇâUeiv)  :  ad  invi- 
cem  ?  De  quoi  vous  entretenez-vous  ainsi , 
dit  Jésus-Christ  aux  deux  disciples  qui 
allaient  à  Emmaiis.  Act.  4.  15  ;  Conferebani 
adinvicem  («TUf;tÇ«).>£iv)  :  Les  chefs  du  peuple 
les  sénateurs  et  les  scribes  ,  se  mirent  à  dé- 
libérer entre  eux  sur  la  raison  que  saint 
Pierre  leur  avait  rendue  de  la  guérison  du 
boiteux.  Voy.  v.  9.  Voy.  leur  délibération,  v. 
17.  18,  Ainsi,  c.  16,  12.  2  3Iach.  11.  36. 

2"  Faire  du  bien  ,  rendre  service  à  quel- 
qu'un {(TviiSxllsijQxt).  Act.  18.  27.  Contulit 
multum  his  qui  crediderunt  :  Apollon  servit 
beaucoup  aux  fidèles  (d'Achaïe)  Gr.  dans 
plusieurs  exemplaires,  par  la  grâce,  se.  dont 
il  était  rempli. 

CONFERTUS  ,  a  um  (Tis-uay-é^oç).  Pressé, 
foulé,  entassé.  Luc.  6.  38.  Mensuram  bonam 
et  confertam  dabunt  in  sinum  vestrum:On 
vous  versera  dans  le  sein  une  bonne  mesure 
serrée  et  entassée;  ceci  figure  la  récompense 
de  la  charité,  et  du  bien  que  l'on  fait  aux 
pauvres. 

CONFESSiO,  Nis  (o/zoXoyîa).  Confession  , 
aveu,  l'action  d'avouer;  dans  l'Ecriture  : 

Profession  ouverte,  déclaration  extérieure 
et  publique.  Rom.  10.  10.  Ore  autem  confessio 
fit  ad  salutem  :  Il  faut  croire  de  cœur  pour 
être  justifié  ,  et  confesser  sa  foi  par  ses  pa- 
roles pour  être  sauvé.  L'Apôtre  attribue  la 
justice  à  la  foi ,  et  le  salut  à  la  confession  ; 
parce  que  celui  qui  est  justifié  par  la  foi,  ne 
peut  point  se  sauver  qu'il  ne  fasse  profession 
ouverte  de  la  foi  qu'il  a  dans  le  cœur.  1.  Tim. 
6.  V.  12.  13. 

1°  La  foi  et  la  doctrine  dont  nous  faisons 
profession  dans  la  religion.  Heb.  3.  1.  Con- 
siderate  Apostolum  et  Ponlificem  confessionis 
nostrœ  Je.'?um;  Jésus -Christ  est  l'apôtre  de  la 
religion  que  nous  professons;  parce  qu'il  l'a 
annoncée  lui-même  ,  et  il  en  est  le  pontife, 
parce  qu'il  y  entretient  son  peuple,  c.  4.  14. 
Teneamus  confessionem;  Demeurons  fermes 
dans  la  foi  et  la  confession  du  nom  de  Jésus, 
c.  10.  23.  2.  Cor.  9.  13. 

2°  Louange  de  Dieu  (s^of^io^o^ïîcrt,-),  par  là- 
quelle  les  Israélites  publiaient  dans  les  sa- 
crifices, ses  faveurs  et  sa  miséricorde,  avec 
le  sou  des  instruments,  en  répétant  souvent: 
Confileinini  Domino  quoniam  bonus,  quoniam 
in  sœculum  misericordia  cjus.  Ps.  99.  i.Psal- 
mus  iu  confessione ;  Psaume  de  louange,  ou 
pour  la  louange,  v.  4.  Introite  portas  ejus  in 
confessione;  Entrez  par  les  portes  du  taber- 
nacle (lu  Seigneur,  en  l'honorant  par  vos 
louanges.  Eccli.  17.  26.'/!  mortuo  quasi  nihilf 
péril  confessio  :  La  louange  de  Dieu  n'est 
plus  pour  les  morts  ;  parce  qu'ils  sont  comme 
s'ils  n'étaient  plus;  id  est ,  les  morts  ne  sont 
plus  capables  de  louer  Dieu.  Isa.  38.  19. 
Vivcns  .  vivcns  ipse  confitcbilur  libi.  Ps.  103. 
1.  Ps.  111.  3.  Ps.  r.8.  13.  etc. 


347 


mCTIONNAlRE  DE  PHILOLOGIL  SACREE 


848 


3"  Gloire  ,  sujet  de  louange  (èHo/zo^ô^rjo-iç). 
ps.  93-  6.  Confessio  et  pulchritudo  in  con- 
spectii  ejus  :  Le  Seigneur  ne  voit  devant  lui 
que  gloire  et  que  sujets  de  louange.  Tout  ce 
qui  l'environne  nous  porte  à  le  glorifler  ,  et 
lui  rendre  des  actions  de  grâces.  Ps.  110.  3. 
Confessio  et  magnificentia  opus  ejus  :  Tout  ce 
qu'if  fait  publie  sa  louange  et  sa  grandeur; 
autr.,  La  gloire  et  la  magnificence  éclatent 
dans  ses  ouvrages.  Ps.  Ii8.  13.  Confessio 
ejus  super  cœlum  et  terrant  :  Le  ciel  et  la 
terre  sont  pleins  de  la  gloire  du  Seigneur.  1. 
Par.  16.  27.  Ps.  103.  2.  De  là  vient  : 

CO^FESSIONEM  DARE  (iav^rv).  Rendre 
gloire  et  honneur.  Eccli.  47.  9.  In  omni  opère 
dédit  confessionem  :  David  a  rendu  gloire  à 
Dieu  dans  toutes  ses  œuvres.  1.  Esd.  10.  11. 
Eccli.  17.  23. 

CONFESTDI  (TTa^ûàxpyjaa,  £Ù5£«,-).  Ce  mot, 
qui  vient  de  festinare ,  est  mis  comme  pour 
confertim;  comme  qui  dirait,  Confertis  et 
condensalis  gressibus. 

1"  Incontinent ,  aussitôt  après.  Ps.  39.  21. 
Ferant  confestim  confusionem  suam  qui  di~ 
cunt  mihi;  Euge,  Euge  ;  Que  ceux  qui  me 
disent  des  paroles  de  raillerie  et  d'insulte, 
en  reçoivent  promptement  la  honte.  Jésus- 
Christ  demande  à  son  Père  qu'il  confonde 
les  Juifs  par  la  gloire  de  sa  résurrection. 
Matth.  26.  i9.  Ainsi,  Mallh.  3.  16.  Confestim 
ascendit  de  aqua  :  Jésus  ayant  été  baptisé, 
sortit  aussitôt  hors  de  Teau.  Voy.  Marc.  1. 
10.  Statim  ascendens  de  aqua,  vidit  :  Aussitôt 
que  Jésus  fut  sorti  de  l'eau ,  il  vit  les  cieux 
ouverts. 

2°  Sur  l'heure  même, sur-le-champ.  Matlh. 
8.  3.  Et  confestim  mundata  est  lepra  ejus  : 
A  l'instant  (que  Jésus  eut  touché  ce  lépreux, 
et  qu'il  eut  dit  :  Je  veux  vous  guérir,  soyez 
guéri)  sa  lèpre  fut  guérie.  Isa.  29.  6.  Eritque 
repente  confestim:  Tous  ces  maux  surpren- 
dront en  un  moment  Jérusalem.  Cette  répé- 
tition marque  la  surprise  et  la  célérité.  Voy. 
Repente. 

CÔNFICERE.  Ce  verbe  composé  de  facere, 
signifle  deux  choses  opposées  :  1"  Faire, 
achever,  terminer;  2°  Abattre,  ruiner,  per- 
dre, consumer,  tuer,  procurer,  amasser. 

1°  Faire,  confectionner.  Exod.  3.  7.  Ne- 
quaquam  ultra  dabilis  paleas  populo  ad  con- 
ficiendos  lateres  :  Vous  ne  donnerez  plus 
comme  auparavant,  de  paille  au  peuple  d'Is- 
raël pour  faire  leurs  briques,  ordonna  Pha- 
raon à  ceux  qui  avaient  l'intendance  des 
ouvrages,  c.  33.  8. 

2'  Affaiblir  ,  abattre  ,  consumer  ,  ruiner 
((TyaxàtÇeiv).  Lcvit.  26.  16.  Visitabo  vos  in  ar- 
dore  qui  conficiat  oculos  vestros  :  Je  vous 
punirai  par  une  ardeur  qui  desséchera  vos 
yeux.  L'Ecriture  marque  les  punitions  des 
Juifs  pour  le  violemcnt  do  la  loi  de  Dieu. 
Gen.  il.  3.  Aliœ  quoque  seplem  fœdœ  confec- 
tœque  macie  .  Il  sorlk  du  Nil  sept  autres 
vaches  horribles  et  exlraordinairement  mai- 
gres. Voyez  ce  qu'elles  figuraient,  v.  27. 

CONFlDENTER(c-v77«ppVyîria).— l°Hardiment 
et  avec  assurance  ou  confiance.  Coioss.  2. 13. 
Et  expoiians  principalus  et  poleslates  tra- 
duxit  confidenter  palam  Iriumplians  :  Jésus- 


Christ  ayant  désarmé  par  sa  Passion  les 
principautés  et  les  puissances,  il  les  a  menées 
hautement  comme  en  triomphe.  Gen.  44. 
18.  2.  Par.  20,  17.  c.  23.  11.  Levit.  13.  37. 

2'^  Hardiment ,  avec  témérité  et  présom- 
ption [x'j'jyJM;).  Gen.  3i.  23.  Simeon  et  Levi 
gladiis  ingressi  sunt  urbem  confidenter  .-Si- 
meon et  Lévi  entrèrent  hardiment  dans  la 
ville  l'épée  à  la  main;  ils  s'y  vengèrent  de  la 
violence  que  Sichem  avait  faite  à  leur  sœur 
Dina.  Voy.  V.  26. 

3°  Avec  assurance  et  sécurité,  en  pleine 
paix  et  en  repos  {-î-r^tOâ;).  Prov.  10.  9.  Qui 
ambulat  simpliciter,  ambulat  confidenter  :  Ce- 
lui qui  marche  simplement  dans  sa  conduite, 
marche  en  assurance;  de  là  vient  Habitare 
confidenter  :\ïdih\ier,  demeurer  en  assurance. 
Deut.  33.  12.  Habitabit  confidenter  in  /)o- 
wu'/io  ;  Benjamin  habitera  dans  le  Seigneur 
avec  confiance.  Moïse  prédit  la  demeure  que 
Dieu  devait  faire  dans  le  temple  de  Jérusa- 
lem, qui  était  de  cette  tribu.  1.  Reg.  12. 
11.  etc. 

CONFIDENTIA,  s..  [■r.tTroihr.'yt^).  GonGancc, 
présomption. 

1°  Confiance  qu'on  a  en  quelqu'un.  Ephes. 
3.  12.  In  quo  habemus  fiduciani  et  accessum 
in  confidcntia  per  fidem  ejus  :  C'est  par  la  foi 
en  Jésus-Christ  que  nous  avons  accès  auprès 
de  Dieu,  pouvant  nous  en  approcher  avec 
confiance.  2.  Cor.  8.  22.  Misimus  autem  cum 
illis  et  fratrem  nostrwn  confidentia  multa  in 
vos  :  Nous  avons  encore  envoyé  avec  eux  un 
autre  de  nos  frères,  et  nous  nous  assurons 
que  vous  les  recevrez  bien.  Saint  Paul  parle 
de  Tite  et  de  deux  autres  qu'il  envoie  re- 
cueillir les  aumônes  pour  les  pauvres  de  Jé- 
rusalem, c.  1.  13.  Philip.  3.  4. 

2°  Fermeté  de  courage  et  liberté  ;  soit  pour 
punir  les  crimes.  2.  Cor.  10.  2.  Ne  prœsens 
audeam  per  eam  confidentiam  qua  existimor 
audere  :  Je  vous  prie  qu'étant  présent,  je  ne 
sois  point  obligé  d'user  avec  confiance  de 
cette  hardiesse  qu'on  m'attribue;  soit  pour 
confesser  sa  foi  avec  assurance  (Tic/.àfncriu). 
Heb.  10.  33.  Nolite  itaque  amittere  confiden- 
tiam vestram  :  Ne  perdez  point  la  confiance 
que  vous  avez,  ou  la  liberté  de  confesser 
votre  foi  avec  assurance. 

3° Protection,  appui,  support  (èXttî?).  Jerem. 
2.  37.  Oblrivit  Dominus  confidentiam  tuam: 
Le  Seigneur  brisera  cet  appui  oiî  vous  avez 
mis  votre  confiance.  Ezech.  29.  16.  Neque 
erunt  ultra  domui  Israël  in  confidentia  :  Les 
Egyptiens  ne  seront  plus  l'appui  et  la  con- 
fiance des  enfants  d'Israël.  Celte  confiance 
des  Israélites  est  exprimée,  Thren.  4.  17. 

4"  Repos,  sécurité  (i/-i,').  Sophon.  2  13. 
Ilœc  est  civitas  gloriosa  habitons  in  confi- 
dentia :  Voilà,  dira-t-on  (de  Ninive)  cette  or- 
gueilleuse ville  qui  se  tenait  si  fière  et  si  as- 
surée; le  Prophète  eu  prédit  la  ruine.  Ezech. 
30.  9. 

CONFIDERE  {T^enoLQhui).  —  !"  SeGcr,  s'ap- 
puyer, mettre  sa  confiance.  Jer.  17.  5.  Male- 
diclus  homo  qui  confidit  in  homine  :  Maudit 
est  l'homme  qui  met  sa  confiance  en  l'homme; 
le  Prophète  dit  ceci  à  l'occasion  de  la  con-i 
fiance  que  les  Juifs  mettaienl  plutôt  dans  les 


849 


CON 


CON 


850 


Egyptiens  qu'en  Dieu.  v.  7.  Benedictus  qui 
confitiit  in  Domino  :  Heureux  est  l'homme 
qui  met  sa  confiance  au  Seigneur.  Ps.  117. 
8.  Prov.  11.  28.  Ainsi,  c.  28.  26.  Qui  confiait 
in  corde  sua  stultus  est;  id  est,  m  ajiimo  et 
consiliis  .-Celui  qui  met  sa  confiance  dans  son 
courage,  sa  sagesse  et  sa  prudence  est  un 
insensé.  Judic.  20.  22.  Filii  Israël  et  fortilu- 
dine  et  numéro  confidentes  :  Les  enfants  d'Is- 
raël s'appuyant  sur  leur  force  et  sur  leur 
grand  nombre,  se  remirent  en  bataille;  ils 
marchèrent  par  l'ordre  de  Dieu  ;  mais  il  per- 
met qu'ils  soient  vaincus,  à  cause  de  leur 
vaine  confiance  en  leurs  forces.  Et  il  les 
punit  en  même  temps  de  ce  qu'étant  si  zélés 
contre  leurs  frères,  ils  l'étaient  si  peu  contre 
eux-mêmes  ,  pour  châtier  leurs  propres  cri- 
mes. Theodor.  Hieron.  Ps.  14o.  2.  Nolite 
confidere  in  principibus  ;  Gardez-vous  bien 
de  mettre  votre  confiance  dans  les  princes. 
Les  Juifs  retenus  captifs  parmi  les  Babylo- 
niens,  se  confiaient  peut-être  trop  dans  la 
protection  de  quelque  prince,  tel  qu'était 
Cyrus,  que  les  prophètes  leur  avaient  prédit 
devoir  être  leur  libérateur.  Voy.  Isa.  W.  28. 
c.  45.  V.  1.  4. 

2°  Présumer,  s'attribuer  quelque  chose 
avec  complaisance  et  vanité  ,  s'en  glorifier. 
Rom.  2.  19.  Confidis  te  ipsum  esse  dticem  cœ- 
corum  :  (Vous  qui  portez  le  nom  de  Juif) 
vous  vous  persuadez  être  le  conducteur  des 
aveugles.  L'Apôtre  fait  voir  que  les  Juifs  ne 
peuvent  non  plus  être  sauvés,  en  ne  s'ap- 
puyant précisément  que  sur  les  œuvres  de  la 
loi  écrite;  que  les  Gentils  le  peuvent  être,  en 
ne  s'appuyant  que  sur  les  œuvres  de  la  loi 
de  nature. 

3°  Se  tenir  comme  assuré  de  la  fidélité  de 
quelqu'un  ,  avoir  bonne  espérance  et  bonne 
opinion  de  lui  {dxiftù).  2.  Cor.  7.  16.  Gaudeo 
quod  in  omnibus  confido  in  vobis  ;  Je  me  ré- 
jouis de  ce  que  je  puis  me  promettre  tout  de 
vous.  c.  2.  3.  Gui.  5.  10.  Philipp.  2.  24.  2. 
Thess.  3.  4.  Philem.  21.  Hebr.  6.  9. 

k"  Croire  certainement  ,  être  persuadé  en 
soi-même.  Hebr.  13.  18.  Confidimus  quia 
bonam  conscientiam  habemus  in  omnibus  bene 
volentes  conversari  :  Nous  ne  croyons  pas  en 
notre  conscience  avoir  autre  désir  que  de 
nous  bien  conduire  en  toutes  choses.  Philipp. 
1.  v.  6.  25.  2.  Mach.  9.  27. 

5'  Etre  assuré,  et  ne  point  s'étonner,  ne 
rien  craindre;  ce  qui  s'entend;  soit  en  bonne 
part  d'une  assurance  bien  fondée  (TrsTrot- 
6ïv'/t,  ôa&pjtv  .  Prov.  28.  i.Justus  quasi  leo 
confidens  :  Le  juste  est  hardi  comme  un  lion. 
Eccli.  4.  16.  D'où  viennent  ces  façons  de 
parler.  M,illb.  9.  2.  Confide,  fili ;  Ayez  con- 
fiance, dit  Jésus-Christ  au  paralytique,  v.  22. 
Marc.  0.  .50.  Ainsi  ,  Joan.  16.  33.  Confidite; 
Ayez  confiance  en  moi)  dit  Jésus-Christ  à  ses 
apôtres  ,  et  aux  autres  fidèles;  soit  en  mau- 
vaise part  ;  se  croire  assuré,  avoir  une  fausse 
confiance  {fiupfzi-j ,  -rzmm-ja.i).  Prov.  14.  16. 
Stultus  transilit  et  confidit  ;  L'insensé  se 
croit  en  sûreté.  Isa.  32.  v.  9.  II.  Conlurbn- 
■mini^  confidentes;  Pâlissez  ,  femmes  auda- 
cieuses. 2.  Cor.  10.  1.  Confido  in  vobis;  Gr. 
in  vos  :  J'agis  envers  vous  avec  hardiesse: 


les  Corinthiens  disaient  que  saint  Paul  était 
trop  hardi  quand  il  était  absent. 

CONFIGERE  (Trrjyvûvat,  ÈpTryjyvûvai). — l' Per- 
cer, transpercer.  1.  Reg.  19.  iO.  '  Nisusque 
est  Saul  configere  (TraTotc-^stv)  David  :  Saiil  tâcha 
de  percer  David  avec  son  tard.  Judith.  6.  4. 
Mais  ce  mot  est  pris  dans  le  sens  figuré,  Ps. 
31.  4.  Conversas  sum  in  œrumna  mea  ,  dum 
configitur  spina  :  Je  me  suis  tourné  vers 
vous;  autr,,  de  tous  côtés,  pendant  que  j'é- 
tais percé  par  la  pointe  de  l'épine.  Le  Pro- 
phète peut  bien  parler  ici  des  douleurs  qu'il 
avait  pu  ressentir  dans  quelque  grande  ma- 
ladie après  son  péché,  ou  de  la  douleur  qu'il 
sentait  en  lui-même  de  se  voir  dans  la  dis- 
grâce de  Dieu.  — 2°  Pendre, attacher  en  croix 
1.  Esdr.  6.  11.  Erigatur  et  configatur 
(y.pr^iiSifjOut)  in  co  ;  Si  quelqu'un  contrevient  à 
cet  édit  fait  en  faveur  des  Juifs,  qu'on  plante 
en  terre  une  pièce  de  bois  de  sa  maison  ,  et 
qu'on  l'y  attache;  c'est  l'édit  de  Darius  pour 
rebâtir  Jérusalem  et  le  temple.  Zach.  12.  10. 
c.  13.  3. 

3°  Lier,  attacher  (Seïv,  ligare.)  Nahum.  3. 
10.  Optimales ejus  confixi  suntin  cotnpedibus  : 
Les  plus  grands  seigneurs  du  peuple  d'Egypte 
ont  été  chargés  de  fers  ,  ou  par  Nabuchodo- 
sor,  ou  par  son  fils. 

§1.  Arrêter,  réprimer,  mortifier.  Ps.  118. 
120.  C onfige  {■/.a.finAo-z-j)  timoré  tua  carnes  jiieas  ; 
Arrêtez  par  votre  crainte  comme  avec  des 
clous  mes  affections  charnelles.  Gai.  2.  19. 
Christo  confixus  sum  cruci  :  J'ai  été  crucrifié 
avec  Jésus-Christ;  id  est ,  toutes  mes  affec- 
tions vicieuses  sont  mortifiées  (  o-uo-tku/îovv, 
configere  cruci). 

§  2.  —  Maltraiter,  outrager  ( TTTîpîÇeiv ) . 
Prov.  22.  23.  Configet  eos  qui  cônfixerunt 
animam  ejus  :  Dieu  punira  rigoureusement 
celui  qui  maltraite  le  pauvre.  Malach.  3.  v. 
8.  9.  Vos  configitis  me  :  Vous  m'avez  outragé, 
dit  Dieu  par  son  prophète  au  peuple  qui  ne 
payait  pas  les  dîmes.  C'est  ainsi  qu'on  peut 
entendre  ce  mot,  Zach.  12.  10.  Aspicient  ad 
me  quem  cônfixerunt  :  Ils  jetteront  les  yeux 
sur  moi  qu'ils  ont  crucifié.  D'après  le  Grec, 
on  peut  traduire  :  qu'ils  ont  offensé  par  leurs 
crimes,  afin  d'obtenir,  par  une  sincère  péni- 
tence, le  pardon   de   tant  d'outrages,  qu'ils 

m'ont  faits   («vÔ'  wv  xaTMpp^rjo-avToj.Voy.  DOMUS 

David. 

CONFIGURATUS  ,  a,  um.  Ce  mot  inusité 
chez  les  Latins  ,  vient  de  figura  ,  et  signifie 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Qui  devient  conforme  (c-ufij^ojoytÇo/xcvof). 
Philipp.  3.  10.  Configuratus  morti  ejus  :  Je 
deviens  conforme  à  la  mort  de  Jésus-Christ, 
v.  21.  Reformabit  corpus  humilitatis  nostrœ 
configuratum  corpori  claritatis  suœ  {u\juiJ.op- 
fo;)  :  Jésus-Christ  changera  notre  corps  , 
tout  vil  et  corruptible  qu'il  est ,  en  un  corps 
glorieux  et  conforme  à  la  clarté  du  sien. 

2  Qui  se  rend  semblable  ,  qui  vit  confor- 
mément (rrv'j/^rjy.rxzil^rjij.evoç).  1  Pctr.  1.14.  Quasi 
filii  obedientiœ  non  configurati  priuribus 
ignorantiœ  veslrœ  desideriis  :  Ne  vous  lais- 
sant point  emporter  aux  anciennes  passions, 
auxquelles  vous  vous  abandonniez  dans  le 
temps  de  votre  ignorance  :  les  mœurs  ,  i.  c. 


les   actions 


DICTlOxN'NAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


851 


bonnes  ou  mauvaises  ,  sont 
comme  le  vêtement  ou  la  figure  qui  nous  en- 
vironne. ' 

CONFÎNGERE.  Controuver,  façonner. 

Feindre,  inventer.  Dent.  18.  22.  Per  tumo- 
rem  animi  suiPropheta  confînxit  :  Si  ce  qu'un 
proplièle  a  prédit  au  nom  du  Seigneur  n'ar- 
rive point,  c'estune  marque  que  ce  prophète 
l'avait  inventé,  parl'orgueil  etla  présomption 
de  son  esprit.  Cette  règle  regarde  les  prophé- 
ties absolues,  et  non  celles  qui  sont  énoncées 
sous  condition;  comme  on  voit  dans  Jonas; 
c.  3.  V.  h.  10. 

CONFINIS  {ôiiQûoç).  De  fines,  ium. 

1°  Voisin,  procrie,  tenant.  2.  Par.  21.16. 
Qui  confines  sunt  JEthiopibus :  Les  Arabes 
sont  voisins  des  Ethiopiens.  Voy.  Arabs. 
Baruch.  4.  v.  9.  14.  (fir.  ■KÛ.poiwç).  Judic.  11. 
13. 

2"Qui  appartient,  qui  est  de  la  dépendan- 
ce {■KpoT/.\)po\>-j).  1.  Mach.  10.  39.  Ptolemuida, 
et  confines  ejiis  quas  decli  donum  sanctis  qui 
sunt  in  Jérusalem  :  Je  donne  PloIen)aïde  et 
son  territoire  en  don  au  sanctuaire  de  Jé- 
rusalem, dit  Démétrius  aux  Juifs,  c.  11.  v. 
28.  34. 

CorrFiNEs,  IUM.  subst. — 3°  Etat,  terre,  et 
pays  d'un  souverain  {ôpix,  fines).  1.  Mach.  14. 
2.  Audivit  Arsaces  quia  intravit  Demetrius 
confines  suos  :  Arsacès  apprit  que  Démétrius 
était  entré  sur  ses  états. 

CONFINIUM  (ô'ptov).  Frontières,  voisinage. 

Frontière,  limite.  Judic.  11.  18.  Arnon 
guippe  confinium  est  terrœ  Moab:  Arnon  est 
la  frontière  de  la  terre  de  Moab.  Ezech.  45.  9/ 
Sepnrate  confinia  vesira  :  Marquez  les  limi- 
tes de  vos  terres,  en  les  séparantd'avec  celles 
de  mon  peuple,  dit  Dieu  aux  princes  des 
Israélites,  qui  avaient  pris  les  terres  des  pau- 
vres. 

CONFIRMARE  («r-yj^îÇstv,  /3«gatoOv).— 1°  Af- 
fermir, rendre  ferme  et  assuré  Ps.  50.  14. 
Spiritu  principali  confirma  me:  Affermissez- 
moi,  en  me  donnant  un  esprit  de  force.  Voy. 
Principalis.  Coloss.  2.  7.  Confirmati  fide: 
Etant  fortifiés  dans  la  foi.  Ps.  88.  22.  Job.  4. 
4.  Eccli.  51.  25.  etc. 

2°  Ratifier,  accomplir  ce  qui  a  été  dit  ou 
promis  (xv/soOv),  Gai.  3. 15.  llominis  confirma- 
tum  testamentum,  nemo  spernil:  Nul  ne  peut 
casser  un  testament,  qui  est  confirmé,  v.  17. 
Hebr.  9.  17,  Marc.  16.  "20.  Domino  coopérante 
et  sermonem  confirmante:  Le  Seigneur  coo- 
pérait avec  les  apôtres  et  les  disciples  qui 
prêchaient  l'Evangile,  et  confirmait  sa  pa- 
role par  les  miracles  qui  l'accompagnaient. 
1.  Cor.  1.  6.  Sicut  testimonium  Chrisli  con- 
firmatum  est  in  vobis  :  Ce  qui  a  confirmé  en 
nous  le  témoignage  qu'on  vous  a  rendu  de 
Jésus -Christ.  Kom.15.8.  Eccli.  29.3.  Ezech. 
18.  6.  Dan.  ô.  8.  c.  9.  27.  Ps.  116.  2. 

3"  Etablir,  l'endre  stable  et  fixe,  affermir, 
consacrer  sous  le  nom  de  (l/rovo.uâÇsiv),  2.  Par. 
12.  13.  Jérusalem  eleqil  Dominus,  ut  confir- 
maret  nomen  suum  î7n">Le  Soigneur  a  choisi 
Jérusalem  pour  y  établir  la  gloire  de  son 
nom.  Jérusalem  était  la  figiire  de  l'Eglise. 
Voy.  c.  0.6.  Ps.  131.  13.  Ainsi,  Ps.  40.  13. 
Confirmasti  me  in  conspeclu  tuo  in   œler- 


num:  Vous  m'avez  établi  etafi'ermi  pour  tou- 
jours devant  vous,  dit  David  à  Dieu.  Ps.  110. 
8.  Mandata  ejus  confirmata  in  aœculum  sœ- 
culi:  Les  préceptes  du  Seigneur  sont  stables 
dans  tous  les  siècles.  Eccli.  22.  19.  c.  40.  19. 
c.  43.  28. 

4°  Rendre  ferme  et  solide  (x/3«Tatoûv).  Ps. 
73.  13.  Tu  confirmasti  in  virtuie  tua  mare: 
C'est  vous  qui  avez  affermi  la  mer  par  votre 
puissance,  en  resserrantses  eaux,  dont  vous 
fîtes  comme  deux  murs,  pour  y  faire  pas- 
ser les  Israélites.  Exod.  14.  22.  Erat  enim 
aqua  quasi  munis  a  dextra  eorum  et  lœva. 
Act.  3.  19.  Hune  quem  vidistis  et  nostis  con- 
firmavit  nomen  ejus  (o-tj/jeoûv)  ;  C'est  sa  puis- 
sance qui,  par  la  foi  en  son  nom,  a  affermi 
les  pieds  de  cet  homme,  v.  7.  Protinus  conso' 
lidatœ  sunt  bases  ejus. 

5°  Soutenir,  appuyer,  maintenir  (JmtTzripi' 
Çetv} ,  Ps.  20.  6.  /n  te  confirmatus  sum  ex  utero  : 
Je  me  suis  appuyé  sur  vous  dès  mon  enfan-' 
ce;  autr.  Vous  m'avez  conservé  et  fait  croî- 
tre dans  le  sein  de  ma  mère.  2.  Par.  11.  17. 
Confirmaverunt  Roboam  (w.Ttc-/Û£iv)  :  Ils  ap- 
puyèrent et  soutinrent  Roboam.  Ps.  36.  17. 
Ps.  103.  16.  Ps.  79.  V.  16.  18.  etc.  Ainsi, 
Eccli.  38.  39.  Creaturam  œvi  confirmabunt 
(dTïjpîÇetv)  :  Les  artisans  ne  maintiennent 
l'état  de  ce  monde  qu'en  entretenant  ce  qui 
se  passe  avec  le  temps.  Voy.  Creatura. 

6°  Achever,  accomplir,  et  faire  réussir, 
mettre  en  exécution  (7rX»3/>oOv).Ps.  19. 5. Omne 
consilium  tuum  confirmet:  Qvm  le  Seigneur 
accomplisse  tous  vos  desseins.  Ps.  67.  26. 
Eccl.  39.  33.  In  furore  suc  confirmaverunt 
tormentasua:  Ces  espris  ts  augmentent  par  leur 
fureur  les  supplices  des  méchants:  ces  es- 
prits sont  lesdémons,  exécuteurs  delà  justice 
de  Dieu. 

1"  Appuyer  sur  quelque  chose,  appesantir 
(ÈTTto-TnpiÇstv).  Ps.  37.  3.  Confirmasti  super  me 
manum  tuam  :  Vous  avez  appesanti  votre 
main  sur  moi.  Ps.  87.  8.  Cet  appesantisse- 
menl  marque  la  force  du  bras. 

8°  Encourager,  fortifier  (arïj/jiÇetv).  Luc.  22. 
32.  Tu  aliquando  conversus,  confirma  fratres 
'tuos  :  Lorsque  vous  serez  convertis,  ayez 
soin  d'affermir  vos  frères.  Act.  15.  32.  c.  18. 
23.  Rom.  1.  11.  1.  Cor.  1.  8.  2.  Cor.  2.  21. 
etc.  Ainsi,  Ps.  37.  20.  Confirmati  sunt  super 
me  (x/5«T«toûv)  :  Mes  ennemis,  dit  David,  se 
sont  fortifiés  déplus  en  plus  contre  moi. 

9"  Assurer  et  faire  connaître  par  des  preu- 
ves effectives  (xupoOv).  2.  Cor.  2.  8.  Obsecro 
vos  ut  confirmelis  in  illum  charitatem  :  Je 
vous  prie  de  lui  donner  des  preuves  effecti- 
ves de  votre  charité:  l'Apôtre  parle  de  l'inces- 
tueux. 

10"  Assurer  avec  force  et  autorité  (5«agô- 
êatoOv).  ïil.  3.  8.  Fidelis  sermo  est  et  de  Itis  volo 
te  confirmare:  Je  veux  que  vous  affermis- 
siez et  assuriez  constamment  les  fidèles  de 
celte  vérité,  je  veux  que  vous  les  en  persua- 
diez. Eccli.  39.  38. 

11°  Assurer  la  possession  de  quelque  cho- 
se. Gen.  23.  17.  C onfirmatusque  est ager quon- 
dam  Ephronis  Abraliœ  in  possessionem  :  Le 
champ  qui  avait  été  autrefois  à  Ephron, 
fut  livré  et  assuré  à   Abraham,  comme  un 


«55 


CON 


bien  qui  était  à  lui,  après  l'avoir  acheté  en 
présence  de  témoins,  quatre  cents  sicles  d'ar- 
gent. 

CONFIRMATIO,  nis  (|3sgKÎwat?).  —  1"  Af- 
fermissement, accroissement.  Philipp.  1.  7. 
In  defensione  et  confirmatione  Evangeïii  : 
Pour  la  défense  et  l'affermissement  de  l'Evan- 
gile. —  2"  Certitude  et  assurance.  Heb.  6.  16, 
Omniscontroversiœ  finis  ad cojifii'mationem  est 
juramentum  :  Le  serment  termine  toutes 
les  difficultés,  et  arrête  tous  les  doutes.  — 
3'Etablissement,  possession  assurée  {y.Krâ'jx,^- 
(Tiç).  Eccli.  4.  17.  Erunt  in  confirmatione 
creaturœ  «V/ms;  Les  enfants  ou  les  descen- 
dants de  celui  qui  a  confiance  en  la  sagesse, 
s'établiront  dans  sa  possession. 

CONFiTERlfôf/.o)io7£îv,è^opo>o7£rv).l°Avouer, 
déclarer  une  chose  telle  qu'elle  est.  Gen.  26. 
7.  Soror  mea  est,  timuerat  enim  confiteri  quod 
sibi  esset  sociata  conjiigio...Les  Philistins  de- 
mandant à  Isaac  qui  était  Rebecca,  il  leur 
répondit  que  c'était  sa  sœur,  craignant  que, 
s'il  avouait  qu'elle  fût  sa  femme,  ils  ne  for- 
massent le  dessein  de  le  tuer,  à  cause  de  la 
beauté  de  Rebecca.  c.  il.  9.  Confiteor  pecca- 
tum  meum  («va(/ipy5(T-/Eiv,  in  niemoriam  revo- 
care):  Je  confesse  ma  faute  dit  l'échanson  à 
Pharaon:  celle  faute  est  d'avoir  mérité  la 
disgrâce  du  loi.  Voy.  c.  40.  v.  1. 

2' Publier,  déclarer  hautement,  reconnaî- 
tre publiquement.  Malth.  7.  23.  Tune  confi- 
tebor  illis,quia  numquam  novi  vos:  Au  der- 
nier jourplusieurs  me  diront:  Seigneur,  Sei- 
gneur, n'avoiis-nous  pasprophélisé  en  votre 
nom,  elc.  et  je  leur  déclarerai  :  Je  ne  vous  ai 
jamais  connus,  c.  10.  32.  Omnis  qui  confitebi- 
tur  me  coram  hominibus,  confitcboret  ego  eum 
coram  patremeo:  Quiconque  meconfessera  et 
me  reconnaîtra  devant  les  hommes,  je  le  re- 
connaîtrai aussi  moi-même  devant  mon 
Père,  dit  Jésus-Christ.  Luc.  12.  8.  Joan.  i. 
20.  Rom.  \k.  11.  Philipp.  2.  11.  Tit.  1.  16. 
Heb.  11.  3.  etc.  Celte  profession  publique, 
suivant  l'usage  des  Juifs  Hellénistes,  s'expri- 
me par  le  verbe  Heb.  riT  au  Hiphil,  qui  a 
plus  de  force  que  le  Grecôji/o^oyeïv,  d'où  vient 
le  mot  latin  confessor,  qui  marquait  celui 
qui  souffrait  ou  qui  avait  souffert  pour  le 
nom  de  Jésus-Christ.  1.  Tim.  6.  12.  Confes- 
sus  bonam  confessionem  coram  multis  testi- 
bus:  Vous  Timolhée,qui  avez  si  courageuse- 
ment confessé  laFoi  en  présencede  plusieurs 
témoins.  Gctieconfcssion  de  Jésus-Christren- 
ferme  la  Foi,  accompagnée  de  la  Charilé. 

3"  Promettre  avec  serment  (ôpOciv).  Act.  7. 
17.  Ciim  autem  appropinquaref  tempus  pro- 
missionis  quam  confessus  eral  Deus  Abrahœ  : 
Comme  le  temps  de  la  promesse  que  Dieu 
avait  faite  à  Abraham  s'approchait,  qui  était 
de  mettre  sa  postérité  en  possession  de  la 
terre  de  Chanaan.  Il  s'en  fallait  encore  près 
de  cent  ans;  maisdcvant  Dieu, mille  ans  sont 
comme  un  jour. 

Louer,  célébrer,  rendre  publiquement  des 
actions  de  grâces  (àv9op.o>oyefiT0«i).  Luc.  2.  38. 
Confilcbalur Domino  :  Anne  la  prophétessc  se 
mit  à  louer  le  Seigneur  ;((jr.à-/;wp.o/o'/£rTo,  loua 
à  son  tourj.  Ce  fut  au  temps  del'oblalion  de 
Jésus-Christ  au  temple  où  elle  survint.  Gen. 


CON  8d4 

29.  35.  Modo,  confitebor  mmîno'.  Maintenant 
je  louerai  le  Seigneur:  ce  que  dit  ici  Lia  ac- 
couchant de  son  quatrième  fils,  fut  cause 
qu'elle  l'appela  Juda.  Ce  mot  se  trouve  sou- 
vent  en  ce  sens  dans  les  Psaumes,  et  mar- 
que, comme  ailleurs,  le  sentiment  de  ceux 
qui  louent,  avouent  etreconnaissent  les  bel- 
les actions,  ou  les  bienfaits  de  celui  qu'ils 
relèvent  par  leurs  louanges.  Luc.  10.  21. 
Confiteor  tibi,  Pater;  Je  vous  rends  gloire, 
mon  Père.  Matth.  11.  25.  Rom.  15.  9.  Ps.  91. 
2.  Ps.  104.  Ps.  105.  Ps.  106.  etc.  Ainsi,  Eccli. 
17.  V.  26.  27.  Ante  moriem  confitere  :  Louez 
Dieu  avant  la  mort  :  ce  n'est  que  pendant  la 
vie  que  toutes  les  louanges  que  l'on  publie 
de  Dieu,  et  les  bonnes  actions  sont  méri- 
toires, et  non  après  la  mort. 

Façon  de  parler  tirée  de  la  seconde  signification. 
Confiteri  peccata,  iniquitales.  —  1"  Avouer 
sa  faute,  la  découvrir  (ô/zoXoyâîv,  è'^nyeî'jôu.i). 
Dan.  13.  14.  Confessi  sunt  concupiscentiam 
suam  :  Ces  deux  vieillards  s'entr'avouèrent 
leur  passion  criminelle  pour  Suzanne,  v.  10. 

11.  Gen.  41.  9.  Num.  5.  7.  Jos.  7.  19.  Esth 

12.  3.  Eccli.  4.  31.  c.  20.  1.  Ainsi,  Prov.  28. 

13.  Qui  confessus  fuerit  et  r cliquer it  [scelera 
sua)y  misericordiam  consequetur  :  Celui  qui 
confesse  ses  péchés  et  qui  s'en  relire,  obtien- 
dra miséricorde.  Levit.  16.  21.  Dan.  9.  3.  2. 
Esd.  1.  6. 

2°  Confesser  ses  péchés  en  particulier  et 
en  détail,  avec  douleur  et  résolution  de  s'en 
corriger  (èçouoXysfdQat).  Matth.  3.  6.  Bap- 
tizabantur  au  eo  confitentes  peccata  sua  :  Ils 
confessaient  leurs  péchés,  et  étaient  bap- 
tisés par  saint  Jean  dans  le  Jourdain.  Le 
baptême  de  saint  Jean  était  une  professioa 
extérieure  de  pénitence,  et  ceux  qui  en  étaient 
baptisés,  demandaient  à  saint  Jean  les  avis 
nécessaires  pour  mieux  vivre.  Voy.  Luc.  3. 
depuis,  V.  10.  jusqu  'au  v.  15.  Ainsi,  Marct 
1.  5.  Act.  19.  18.  1.  Joan.  1.  9.  Si  confitea- 
mur  peccata  nostra,  fidelis  est  et  justus  ut 
remitlat  :  Si  nous  confessons  nos  péchés. 
Dieu  est  fidèle  et  juste  pour  nous  les  re- 
mettre. Jac.  5.  16.  Confitemini  alterutrum 
peccata  vestra  :  Cela  s'entend  des  péchés  que 
l'on  se  découvre  les  uns  aux  autres  pour 
demander  avis,  et  le  secours  des  prières,  ou 
même  que  l'on  découvre  sacramentalement 
aux  prêtres,  selon  le  sentiment  de  plusieurs; 
mais  la  confession  qui  se  doit  faire  au  prêtre, 
est  suffisamment  prouvée  ailleurs;  comme 
Joan.  20.  23.  Quorum  remiseritis  peccata, 
remittuntur  eis  :  Les  péchés  seront  remis  à 
ceux  à  qui  vous  les  remettrez,  dit  Jésus- 
Christ  à  ses  disciples;  parce  qu'on  ne  peut 
remettre  une  faute  qu'on  ne  la  connaisse;  et 
on  ne  la  peut  connaître,  que  parce  qu'elle 
est  confessée.  L'usage  de  confesser  ses  pé- 
chés se  voit,  Levit.  5.  v.  5.  18.  c.  26.  40. 
Num.  5.  7. 

Les  Juifs  étaient  obligés  de  confesser  leur» 
péchés  avec  cet  ordre  et  cette  méthode  : 

1  Devant  le  prêtre,  en  déclarant  distin- 
ctement le  péché  pour  lequel  ils  faisaient  pé- 
nitence, promettant  de  n'y  plus  retourner. 

2'  En  mettant  les  mains  sur  la  tête  et  entre 
les  cornes  do  l'hostie  qui  devait  être  immo- 


855 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACfŒE. 


«56 


lée  pour  le  péché.  Voy.  Levit.  5.  et  Num.  5. 

CONFLARE  (x^veOciv),  de  flare,  et  signifle 
souffler  enso.-nble,  fondre,  forger,  faire,  ex- 
citer. 

Jeter  en  fonte  une  statue  ou  autre  chose, 
bndre,  forger.  Exod.  28.  26.  Centum  talenta 
irgenti  e  guibus  confiâtes  sunt  bases  sanctua- 
rii  :  On  offrit  cent  talents  d'argent,  dont  fu- 
rent faites  les  bases  du  sanctuaire,  c.  37.  3. 
Isa.  40.  19.  c.  U.  10. 

Phrases  tirées  de  celle  sigaification  dans  le  sens  méta- 
phorique. 

Aurum  et  argentum  suimi  conflare.  Fondre 
son  or  et  son  argent  pour  en  faire  des  balan- 
ces pour  peser  ses  paroles  ;  c'est  se  servir  de 
tout  ce  qu'on  peut  avoir  de  connaissance  et 
d'amour  de  Dieu,  pour  ne  parler  qu'avec 
poids  et  mesure  (o-jvSstv,  colligare  ou  colli- 
gere).  Eccli.  28.  29.  Aunim  tuum  et  argentum 
tuum  confia  :  Fondez  votre  or  et  votre  ar- 
gent, et  faites  une  balance  pour  peser  vos 
paroles   zaTxSîtv).  Voyez  Acrum,  Argentum. 

Conflare  furorem  et  indignationem  suam  su- 
per locum  aliquem.  Faire  fondre  ou  répandre 
sa  fureur  et  son  indignation  sur  quelque  lieu 
(xîîtv).  Jerem.  7.  20.  Ecce  furor  meus  et  in- 
dignatio  mea  conflalur  super  locum  istum  : 
Ma  fureur  et  mon  indignation  s'est  embrasée 
et  va  se  répandre  sur  vous  :  la  métaphore  est 
tirée  du  métal  qui  se  répand  lorsqu'il  fond, 
c.  42.  18.  c.ii.  6. 

Conflare  gladios  suos  i7i  vomeres.  Forger 
des  socs  de  charrue  de  ses  épées,  c'est  jouir 
d'une  parfaite  paix,  sans  songer  davantage  à 
la  guerre.  Isa.  2.  i.  Conflabunt  gladios  in 
vomeres  :  Au  temps  du  Messie,  les  peuples 
forgeront  de  leurs  épées  des  socs  de  char- 
rue :  ce  qui  marque  dans  le  prophète  Michée, 
c.  4.  3,  la  défaite  des  ennemis  de  Jésus-Christ; 
à  quoi  est  opposé  forger  des  épées  du  coutre 
de  ses  charrues.  Voyez  Concedere. 

Façon  de  parler  tirée  de  celte  même  signihcation  dans  le 
sens  figuré. 

Ignis  confions  [Tz-jp  -/^(^•Jî'jzmpio-j) ,  feu  qui 
fond  les  métaux.  Malach.  3.  2.  Ipse  quasi 
ignis  confions  :  Le  prophète,  sous  la  flgure 
d'un  feu  ardent,  capable  de  fondre  et  puri- 
fier les  métaux,  représente  Jésus-Christ  dans 
son  premier  avènement,  tout  brûlant  du  feu 
de  la  charité  dont  il  embrase,  et  les  prêtres, 
qui  sont  les  ministres  du  sacrifice  qu'il  était 
venu  offrir  à  son  Père,  et  généralement  tous 
les  chrèlif^ns,  qui  sont  aussi  en  leur  manière 
participants  de  son  sacerdoce  royal. 

1"  Former  et  produire.  Job.  28.  1.  Auro 
locus  est  in  quo  conflatur  [Bi-nf/ûy]  :  L'or  a  un 
lieu  où  il  se  forme;  autr.  où  il  se  fond 

2*  Assembler,  amasser.  4.  Keg.  22.  9. 
Conflaverunt  {y^oj-^rjet-^)  Servi  lui  pecuniam  quœ 
reperta  est  in  domo  Domijii  ;  Vos  serviteurs 
ont  amassé  tout  l'argent  qui  s'est  trouvé  dans 
la  maisim  du  Seigneur  :  le  secrétaire  Saphan 
témoigne  à  Josias  qu'on  a  donné  cet  argent 
pour  payer  les  ouvriers  du  temple,  selon  l'or- 
dre qui!  en  avait  donné,  v.  4.  5.  6.  Ainsi,  2. 
Par.  .14 .  17. 

3"  Examiner,  éprouver,  épurer  par  les  af- 
niciions  (-•jooûv).  Jerem.  9.  7.  Fcce  ego  con- 
flubo  et  prohnbo  eos  :  Je  vais  faire  passer  par 


le  feu  les  habitants  de  Jérusalem,  et  les 
éprouver  {i:pyjpoy.o-iu,  argentum  conflare).  c. 
6.  29.  Frustra  conflavit  conflator  :  Dieu  a 
perdu  sa  peine  (pour  ainsi  parler)  en  voulant 
purifier  les  habitants  de  la  Judée  de  leur  ma- 
lice et  de  leurs  péchés  :  la  métaphore  est  ti- 
rée de  ce  que  fait  un  orfèvre  qui  tâche  de 
purifier  l'or  ou  l'argent  de  leur  écume.  Dan. 
11.  35. 

4°  Perdre,  ruiner,  consumer.  Ezechiel.  22. 
20.  Requiescam  et  conflabo  (;^wv£V£iv  vos  :  Je 
me  satisferai,  et  je  vous  éprouverai  par  le 
feu  et  vous  consumerai.  Le  prophète  dit,  v. 
18,  qu'ils  ne  sont  tous  que  de  l'écume,  et 
Dieu  la  veut  séparer  de  l'argent. 

C0NFLATIL1S,E  x«v£:vT6f).Qui  estdefonle, 
qui  se  jette  en  fonte.  Exod.  34.  17.  Deos  con- 
flaliles  non  faciès  tibi  :  Vous  ne  vous  ferez 
point  de  dieux  qu'on  jette  en  fonte.  Levit.  19. 
4.  Exod.  32.  8.  Fecerunt  sibi  vitulum  confla- 
tilem  :  Les  Israélites  se  sont  fait  un  veau  jeté 
en  fonte,  dit  Dieu  à  Moïse.  Isa.  30.  22.  Par 
ces  dieux  de  fonte  doivent  s'entendre  par  sy- 
necdoche  toutes  les  idoles  faites  de  quelque 
façon  que  ce  soit,  selon  ce  que  dit  saint  Au- 
gustin, 1.  2.  Locut.  Non  enim  quia  fusiles  (i. 
e.  conflatiles)  tantummodo  nominavit ,  fieri 
sculptileSy  ductiles,  fictilesque  permisit. 

CONFLATILE,  is  (/.wvsvrév  .  Cet  adjectif 
neutre,  pris  ici  comme  substantif,  signifie  : 
Idole  jetée  en  fonte.  Deut.  27.  15.  Maledi- 
ctus  homo  qui  facit  sculptile  et  conflatile  : 
Maudit  celui  qui  fait  une  image  de  sculpture 
ou  jetée  en  fonte.  Isa.  42.  17.  Nahum.  i.  14. 
Voyez  Interficere. 

CONFLATIO  (/>.£U7ir),  de  conflare,  et  si- 
gnifie dans  l'Ecriture  : 

Ouvrage  jeté  en  fonte.  Jerem.  51.  17.  Men- 
dax  est  conflatio  eorum  :  L'ouvrage  de  ceux 
qui  font  ces  statues  n'est  que  mensonge  : 
l'Ecriture  parle  des  idoles. 

CONFLATOR,  oris,  de  conflare,  et  signifie 
dans  l'Ecriture  : 

Celui  qui  fond  du  métal,  qui  le  jette  en 
fonte  {/,p'-''yoyJo;).  Jerem.  51.  17.  Confusus  est 
omnis  conflator  in  sculptili  :  L'ouvrier  qui 
jette  en  fonte  une  idole  n'en  tire  que  de  la 
confusion.  Jerem.  6.  29. 

CONFLATORIUM,  ii  (x(i>v£jT«ciov,  Sept.  -0- 
cwTi,-,  ignitio).  Fourneau,  fonderie;  de  plus  : 
Creuset  où  l'on  éprouve  l'argent.  Prov.  27. 
21.  Quomodo  probatur  in  conflntorio  argen- 
tum, sic  probatur  homo  ore  laudantis  :  Com- 
me l'argent  s'éprouve  dans  le  creuset,  ainsi 
l'homme  est  éprou\é  par  ce  qui  obtient  ses 
louanges.  Selon  le  Grec  :  Par  la  bouche  de 
ceux  (|ui  le  louent. 

CONFLICTATiO,  ifis.  Attaque,  choc,  ren- 
contre de  deux  corps. 

Dispute  et  conlradiction  (TraoaT/iiorj).  1. 
ïim.  6.  5.  Ex  quibus  oriuntur  conflictationes 
hominum  mente  corruptorum  :  Des  questions 
inutiles  naissent  les  disputes  pernicieuses. 

CONFLIGEKE,  combattre  avoir  un  dé- 
mêlé. 

Combattre,  en  venir  aux  mains  (èa'féps'76(xt, 
impelum  facere  .  2.  Mach.  15.  17.  Siatuerunt 
dimicarc  et  confligerc  fortiter  :  Les  soldats  de 
Judas,    après    ses    exhortations,   résolurent 


857 


TON 


r(;N 


858 


d'allaquer  et  de  combattre  vigoureusement 
les  ennemis,  Nicanor  et  son  armée. 

CONf  LUERE,  couler  ensemble,  en  parlant 
(les  eaux;  dans  l'Ecriture,  il  signifie  dans  le 
sens  figuré  : 

Venir  en  foule,  s'assembler  de  plusieurs 
lieux  (TzpofTÛys'jOy.i).  Dan.  13.  4.  Ad  ipsum 
confluebant  Judœi  :  Les  Juifs  allaient  souvent 
chez  Joakim,  parce  qu'il  était  le  plus  consi- 
dérable de  tous. 

Plirase  tirée  de  celle  signification. 

Confluere  ad  bona  Domini.  Venir  en  foule 
et  de  tous  côtés  pour  participer  aux  grâces 
et  aux  dons  spirituels  que  Dieu  répand  sur 
les  fidèles  dans  son  Eglise  (  «xeiv)  :  ces  grâces 
sont  figurées  par  le  blé,  le  vin  et  les  autres 
biens  temporels.  Jerem.  31.  12.  Confluent  ad 
bona  Domini,  super  frumento  et  vino,  etc.  Au 
temps  que  le  Messie  aura  racheté  le  peuple 
d'Israël,  ils  accourront  en  foule  pour  jouir 
des  biens  du  Seigneur,  du  froment,  du 
vin,  etc. 

GONFODERE,  fouir  la  terre;  dans  l'Ecr.  : 

Percer  quelqu'un,  le  blesser  à  mort,  le  tuer 
[-xzà<r(Ttvj).  2.  Reg.  2.  22.  Noli  me  sequi,  ne 
compellar  confodere  te  in  terram  :  Retirez- 
vous,  ne  me  suivez  pas  davantage,  de  peur 
que  je  ne  sois  obligé  de  vous  passer  mon 
dard  au  travers  du  corps,  dit  Abner  à  Asaël 
dont  il  était  poursuivi,  c.  18.  11,  etc. 

CONFORMARE  («rvff/.r.p^KTtÇsiv).  Conformer, 
rendre  conforme.  Rom.  12.  2.  JSolite  confor- 
mari  huic  sœculo  :  Ne  vous  conformez  point, 
ni  ne  vous  rendez  point  semblables  aux  hom- 
mes de  ce  siècle. 

CONFORMIS,  is,  E  {(Tvuuofxfoç).  Conforme, 
semblable.  Rom.  8.  29.  Quos  prœscivit  et  prœ- 
destinavit  conformes  fieri  imaginis  Filii  sui  : 
Ceux  que  Dieu  a  connus  dans  sa  prescience, 
il  les  a  aussi  prédestinés  pour  être  confor- 
mes à  l'image  de  son  Fils,  t.  e.  pour  être 
semblables  à  Jésus-Christ,  qui  est  notre  mo- 
dèle et  à  qui  nous  devons  être  conformes 
par  les  souffrances,  pour  lui  être  conformes 
par  la  gloire. 

CONFORTARE  ,  èv^jvkjxoOv  ,  x^«T«toûv.  — - 
k.  1'  fortifier  et  affermir,  donner  de  la  force  et 
du  courage.  Philipp.  4.  13.  Omnia  possum  in 
co  qui  me  confortât  :  Je  puis  tout  en  celui  qui 
me  fortifie,  se.  en  Dieu.  Rom.  k.  20.  1.  Cor. 
10.  13.  Ephes.  6.  10.  Coloss.  1.  11.  1.  Tira.  1. 
12.  2.  Tim.  2.  1.  c.  4.  17,  etc.  Ainsi,  Deut.  31. 
23.  Confortare  et  esto  robustus  :  Soyez  ferme 
et  courageux,  dit  Dieu  à  Josué,  lui  promet- 
tant que  ce  serait  lui  qui  ferait  entrer  les 
Israélites  dans  la  terre  promise  {It/^-jei-j).  v. 
6.  Viriliter  agile  et  confortamini  :  Soyez  cou- 
rageux et  magnanimes,  dit  Dieu  aux  Israé- 
lites, leur  promettant  de  les  rendre  victo- 
rieux des  peuples  de  la  Terre  promise.  Ainsi, 
Eph.  6.  10.  Confortamini  in  Domino  (èvovk- 
^oûc^îiKi)  :  Fortifiez-vous  dans  le  Seigneur, 
mettez  en  lui  toute  votre  force  et  votre 
confiance.  Zach.  12.  5.  Au  contraire,  Non 
confortari,  c'est  être  sans  force  et  tomber. 
Ezech.  7.  13.  Vir  in  iniquitale  vitœ  suœ  non 
eonfortubilur :To[xl  homme  trouvera  sa  perte 
dans  le  dérèglement  de  sa  vie. 


Phrases  tirées  de  celte  signification. 

Confortare  seras  portarum  urbis.  Fortifier 
les  serrures  des  portes  d'une  ville  (£V£7;)rûeiv), 
c'est  la  fortifier  tellement,  que  1  ennemi  n'y 
puisse  entrer.  Ps.  Ii7.  2.  Voyez  Sera. 

2'  Arrêter,  faire  tenir  quelque  chose  [l<T'/y 
pov-j).  Isa.  41.  T.  Confortavit  eum  clavis  ut  non 
moveretur  :  Ceux  qui  faisaient  des  idoles  ar- 
rêtaient un  dieu  avec  des  clous,  afin  qu'il  ne 
branlât  point  du  lieu  où  il  avait  été  mis. 

3°  Accroître  et  agrandir,  faire  devenir  plus 
fort  ftT/-J£tv).Exod.  i.20.Crevit  populus,  con- 
fortcituique  est  iiimis  :  Le  peuple  des  Israéli- 
tes s'accrut  et  se  fortifia  extraordinairement, 
d'autant  plus  que  Pharaon  tâchait  de  le  faire 
périr.  Judic.  1.  28.  Jerem.  5.  6.  Job.  21.  7. 
Quare  sunt  confortati  divitiis?  Pourquoi  les 
impies  sont-ils  devenus  si  forts  par  leurs  ri- 
chesses fraî.atovv,  senescere)!  Ps.  138.  17.  Ni- 
mis  confortatus  est  principatus  eorum  :  Les 
justes  se  sont  multiplies  et  sont  devenus  ex- 
trêmement forts  dans  votre  règne  (z/jxT«ctoù- 
adut).  1.  Mach.  2.  49.  De  là  vient  : 

Confortare  aliquem  cingulo  alicujus.  Hono- 
rer quelqu'un  de  la  ceinture  d'un  autre;  c'est 
lui  donner  la  charge  et  la  dignité  de  grand- 
prêtre,  et  en  dépouiller  celui  qui  la  possé- 
dait :  la  ceinture  était  la  marque  de  la  dignité 
sacerdotale.  Isa.  22.  21.  Cingulo  tuo  confor- 
tabo  eum  :  Dieu  déclare  à  Sobna  qu'il  le  dé- 
pouillera de  la  dignité  sacerdotale  pour  en 
revêtir  Eliacim  :  la  charge  de  grand  prêtre 
était  l'appui  et  la  force  d'une  maison.  Voy. 
1.  Rcg.  2.  31.  De  cette  signification  vient  en- 
core : 

CoxFORTARi.  —  1°  Etre  plus  fort,  l'empor- 
ter. Ps.  9.  20.  Non  confortelur  homo  .-Que 
l'homme  pécheur  ne  s'affermisse  pas  dans  sa 
puissance.  Ps.  68.  5.  Gcn.  49.  26.  Benedictio- 
nés  palris  tui  confortalœ  sunt  benedictionibus 
patrum  ejus  :  Les  bénédictions  que  vous  don- 
ne votre  père  passeront  celles  qu'il  a  reçues 
de  ses  pères;  i.  e.  vous  serez  plus  heureux 
que  moi,  dit  Jacob  à  Joseph,  non-seulement 
à  cause  du  commandement  que  vous  avez 
reçu  en  Egypte,  mais  encore  à  cause  de  ce- 
lui* qu'auront  vos  enfants  sur  les  dix  tribus. 
Ps.  138.  8.  Confortata  est,  et  non  potero  ad 
eam  :  Votre  connaissance.  Seigneur,  est  infi- 
niment relevée,  et  je  n'y  puis  atteindre,  v. 
17.  Nimis  confortatus  est  principatus  eorum  : 
Les  justes  sont  devenus  plus  grands  en  nom- 
bre et  en  pouvoir  dans  votre  royaume,  ô 
mon  Dieu;  le  Grec  et  l'Hébreu  mettent  prin- 
cipatus au  pluriel,  «y.«i;  la  préposition  su- 
per est  >quelquefois  ajoutée,  Eccl.  7.  20.  Sa- 
pienlia  confortavit  sapienlem  super  decem 
principes  civitatis  [porMu,  ndjuvare)  :  La  sa- 
gesse rend  le  sage  plus  fort  que  dix  princes 
d'une  ville.  Ps.  17.  18.  Ps.  41.  7.  Isa.  42.  13. 
Jerem.  9.  3.  D.ui.ll.  o.  Ose.  12.  4.  — 2"'So  réu- 
nir et  rassembler  ses  forces  'tT/J£tv,  prœva- 
1ère).  Isa.  8.  9.  Confortamini  et  vincimini  , 
Assemblez-vous,  peuples,  et  vous  serer 
vaincus  :  le  prophète  parle  des  Assyriens 
qui  devaient  venir  assiéger  Jérusalem,  cl  <|ui 
furent  obligés  de  se  retirer  avec  confusion. 
V'oyez  l'accomplissement,  4.  Reg.  19.  v.  34 
3.5.  et  suiv.  Ainsi,  Isa.  10.  31. 


859 


DICTIONN.MKE  DE  PHILOLOGIE  SACREE, 


860 


k'  Garder,  conserver,  maintenir  {fspù>,  ad- 
âuco).  Dan.  11.  6.  Tradetur  ipsa  et  qui  con- 
fort abant  eam  in  temporibiis  :  La  fille  du  roi 
du  Midi  sera  livrée  elle-même  avec  les  jeunes 
hommes  qui  l'avaient  soutenue  en  divers 
temps  :  le  prophète  Daniel  parle  de  Béré- 
nice, fille  du  roi  d'Egypte,  qui  fut  prise,  elle 
et  tous  ceux  qui  étaient  avec  elle,  et  d'Antio- 
chus  Théos  même,  son  mari,  qui  fut  empoi- 
.sonné  aussi  bien  qu'elle  par  Laodice,  sa  pre- 
mière femme. 

5°  Exhorter,  exciter,  encourager.  Isa.  41. 
7.  Confortavit  faber  œrarius  eum  qui  cudebat 
tune  temporis,  dicens  :  Glutino  bonum  est  : 
Celui  qui  travaillait  autrefois  en  airain  ex- 
hortait son  compagnon  en  ces  termes  :  Il  est 
bon  défaire  tenir  avec  du  mastic  les  pièces 
de  cet  ouvrage.  L'Ecriture  parle  des  idoles. 

CONFOVERE.  Echauffer  et  entretenir  dans 
sa  chaleur,  couver.  Isa.  59.  5.  Qiiod  confo- 
tum  est  erumpet  in  regulum  :  Si  l'on  fait  cou- 
ver des  œufs  d'aspic,  il  en  sortira  un  basilic  : 
les  méchants  desseins  que  les  impies  couvent 
dans  leur  cœur  sont  comparés  à  des  œufs 
d'aspic,  dont  il  ne  peut  sortir  rien  que  de 
très-pernicieux. 

CONFRAGTIO,  nis  {Bpu^aiç),  rupture. 

Ruine,  destruction,  brisement.  Isa.  24.  19. 
Confractione  {Tupû^-n,  turbatione)  confringe- 
tur  terra  :  La  terre,  au  dernier  jugement, 
souffrira  des  élancements  qui  la  déchireront. 
Confractione  confringereesl  une  façon  de  par- 
ler hébraïque,  pour  marquer  une  grande 
désolation.  Ainsi,  Ps.  105.  23.  Diocit  ut  dis- 
perderet  eos,  si  non  Moïses  electus  ejus  stetis- 
set  in  confractione  :  Dieu  avait  résolu  de  per- 
dre les  Israélites,  si  Moïse  qu'il  avait  choisi 
ne  s'y  fût  opposé  en  se  mettant,  par  ses 
prières,  comme  à  la  brèche  au-devant  de  lui. 
Celte  métaphore  est  tirée  d'une  ville  où  les 
ennemis  seraient  près  d'entrer  par  la  brè- 
che. Ce  passage  a  rapport  à  ce  qui  est  mar- 
qué, Exod.  32.  V.  11.  32. 

CONFRICARE  {^i^/ji-j) ,  de  fricare,  et  si- 
gnifie : 

Frotter  ensemble  et  presser.  Luc.  6.  1. 
Vellebant  discipuli  ejus  spicas  et  manducabant 
confricantes  manibus  :  Les  disciples  de  Jésus 
se  mirent  à  rompre  des  épis,  et  les  froissant 
dans  leurs  mains,  en  mangeaient  :  conime 
c'était  le  jour  du  sabbat,  les  Juifs  leur  en 
firent  une  affaire,  v.  2.  Sur  quoi  Jésus-Christ 
les  défend,  v.  3.  et  suiv. 

CONFRINGERE,  cvjTpiSeu ,  rompre,  bri- 
ser. Exod.  12.  46.  Nec  os  illixis  confrinyetis  : 
Vous  ne  romprez  aucun  os  de  l'agneau  pas- 
cal. La  vérité  de  celte  figure  se  voit  en  Jésus- 
Christ,  le  vrai  agneau.  Joan.  19.  v.  33.  36. 
Ainsi,  Num.  9.  12.  Exod.  0.  25.  Job.  30.  22. 
Ezech.  20.  2.  Ainsi,  dans  le  sens  (iguré,  Ezé- 
clîicl  29.  7.  Quando  apprehenderunt  te  77ianu, 
et  confractas  es  (&),âv)  :  Lorsque  les  Israé- 
lites se  sont  attachés  à  vous,  en  vous  pre- 
nant avec  la  main,  vous  vous  êtes  rompu  :  L; 
prophète  compare  le  secours  des  Egyptiens 
à  un  roseau  qui  se  casse  et  qui  blesse  ceux 
qui  s'appuient  dessus.  Voyez  Arundo. 

1°  Fl^échir,  apaiser,  arrêter,  réprimer. 
Prov.  25.  15.  Lingua  mollis   confringet  (auv- 


rpiSet)  duritiam  :  La  langue  douce  rompt; 
i.  e.  apaise  et  fléchit  l'homme  le  plus  furieux 
et  le  plus  emporté,  ou,  le  cœur  le  plus  dur. 
Eccl.  12.  6.  Sap.  4.  5.  Ezech.  29.  7.  c.  31.  12. 
1.  Reg.  24.  8. 

2°  Affliger,  faire  souffrir  de  grands  maux, 
réduire  dans  la  misère  et  la  faiblesse  (xktk- 
TTUTzh).  Amos.  4.  l.  Confringilis  pauperes  : 
Ecoutez,  vous  qui  réduisez  les  pauvres  en 
poudre,  qui  les  opprimez.  Ezech.  34.  v.  4. 
10.  Qiiod  confractmn  est  non  alligastis  :  (Pas- 
teurs) vous  n'avez  point  bandé  les  plaies  des 
brebis  qui  étaient  blessées.  Jésus-Christ  sem- 
ble faire  un  semblable  reproche  aux  prêtres 
dans  saint  Luc,  10.  v.  30  et  suiv.,  où  le  Sa- 
maritain a  plus  de  compassion  du  blessé  que 
le  prêtre  et  le  lévite.  Mich.  3.  3.  Ossa  eorum 
confregerunt  (o-uvôXâv)  :  Les  princes  et  les 
chefs  des  Israélites  ont  brisé  les  os  des  pau- 
vres. Voy.  4.  Reg.  17.  4.  c.  18.  21.  Thren.  4. 
17.  Ainsi,  Job.  16.  13.  c.  20.  19,  etc.  Isa.  58. 
6.  Dimitte  eos  qui  confracti  sunt  hsBpv.v- 
«rp-Évouâ)  liberos  .  Renvoyez  libres  ceux  qui 
sont  opprimés  par  la  servitude.  A  quoi  se 
rapporte  dans  le  sens  figuré,  Luc.  4.  19.  Mi- 
sitque  dimitlere  confractos  in  remissionem  :  Il 
m'a  envoyé  pour  rendre  libres  ceux  qui  sont 
brisés  sous  les  fers  (du  péché).  Jésus-Christ 
a  été  envoyé  par  le  Père  éternel  pour  les  en 
délivrer.  Ceci  est  tiré  d'Isaïe,  61.  1. 

3"  Perdre,  ruiner,  défaire  (dyvT/îtÇeiv).  Ps. 
'2,.9.Tamquam  vas  figuli  confringes  eos  :  Vous 
briserez  les  nations  comme  le  vaisseau  d'un 
potier;  i.  e.  entièrement  et  sans  ressource. 
La  métaphore  est  tirée  d'un  pot  brisé  en  si 
petites  pièces,  qu'on  ne  les  puisse  rassem- 
bler. Malth.  1.  20.  Jerera.  50.  23.  2.  Reg.  22. 
V.  39.  43.  P.  17.  39.  Ps.  55,  8,  etc.  Apoc.  2.  27. 
Phrases  tirées  de  la  siguiûcalion  de  ce  mot. 

Confringere  arcum,  ar»ia,  brachium  ou  bra^ 
chia,  capita,  cornua,  malleum,  ossa,  potenliam 
ou  potetitias,  vectes  ferreos,  virgam  fortem, 
baculum  gloriosum  :  Abattre  la  force,  défaire 
entièrement  et  humilier.  Ps.  36.  15.  Ps.  45. 
10.  Ps.  67.  22.  Ps.  73.  14.  Ps.  74.  11.  Jerem. 
50.  23,  etc.  Mais  Num.  9.  12  et  Job.  31.32 
sont  rapportés  à  la  signification  propre  de  ce 
verbe.  Ainsi  Eccli.  V8.  6.  Ps.  75.  4.  Ps.  106. 
16.  Isa.  45.  2.  Jerem.  48.  17. 

Confringere  baculum  panis  :  Briser  la  force 
du  pain  {ùHosu  aiToSsî»  a/irwv,  tribulare  penu- 
ria  panum).  C'est  ôler  la  vertu  et  la  force 
au  pain,  et  même  aux  autres  aliments,  de 
nourrir  et  de  soutenir  la  vie,  envoyer  la 
famine.  Levit.  26.  26.  Poslqunm  confregero 
baculum  panis  vestri  :  Je  briserai  la  force  du 
pain.  Ceci  est  une  des  peines  dont  Dieu  me- 
nace ceux  qui  ne  se  voudront  point  corriger. 
Voy.  Bagulus. 

Confringere  catenas  ou  jugum  :  Bv\scv  les 
chaînes.  C'est  délivrer  de  l'esclavage  et  de  la 
servitude,  mettre  en  liberté.  Levit.  26.  13. 
Confregi  catenas  cervicum  vestraruin  :  C'est 
moi  (dit  Dieu)  qui  ai  brisé  les  chaînes  qui 
vous  faisaient  baisser  le  cou.  Le  prophète 
marque  la  délivrance  de  la  captivité  d'Egyp- 
te, dont  il  est  parlé,  Exod.  12.  42,  sous  la 
figure  du  joug  des  bœufs  ou  des  clievaiix. 
Voy.  Jerem.  27.  8,  etc.  Mais  Confringere  ju~> 


861 


CON 


CON 


862 


gwn  Domini  :  Briser  le  joug  du  Seigneur, 
c'est  se  retirer  de  son  obéissance  et  de  sa 
conduite,  c'est  ne  vouloir  point  le  servir.  Je- 
rem.  2. 20.  A  sœciilo  confregistijugum  meum  : 
Vous  avez  brisé  mon  joug  dès  le  commence- 
ment. Ce  temps  peut  être  celui  qui  est  mar- 
qué 1.  Beg.  8.  7  et  Exod.  32.  v.  8.  9. 

Confringere  lapides  grandinis  :  Faire  sor- 
tir la  grêle  comme  des  pierres  (SixBpvTzzsL-j). 
Eccli.  Ï3.  16.  Confrncti  sunt  lapides  grandi- 
nis :  Dieu  fait  sortir  des  nuages  la  grêle 
comme  des  pierres  ;  i.  e.  comme  de  petits 
morceaux  de  pierres  rompues. 

Confringere  mammas,  ou  uhera  pubertatis  : 
Corrompre  une  Glle  et  lui  ravir  son  honneur, 
se  dit  flgurément  pour  faire  tomber  dans  l'i- 
dolâtrie un  peuple  consacré  au  vrai  Dieu 
(SiKTOpQjvsûstv).  Ezech.  23.  8.  Illi  confrege- 
runt  ubera  pubertatis  ejus  :  Les  Egyptiens 
avaient  déshonoré  le  sein  d'Ooliba  ;  i.  e.  de 
la  nation  d'Israël,  lorsqu'elle  était  vierge; 
se.  par  l'idolâtrie  à  laquelle  les  Israélites 
s'abandonnèrent  en  Egypte,  d'après  une  tra- 
dition, au  désert,  et  ensuite  sous  Jéroboam, 
à  l'exemple  des  Égyptiens.  Voy.  Exod.  32.  6. 
3.  Reg.  12.  30. 

Confringere  sulcos  :  Travailler,  s'acquitter 
de  son  devoir  avec  soumission.  Ose.  10.  11. 
Confringet  sibi  sulcos  Jacob  :  Le  prophète 
témoigne  qu'après  la  captivité  des  dix  tri- 
bus, celles  de  Juda  et  de  Benjamin  se  sou- 
mettront avec  crainte  sous  le  joug  de  la  loi 
de  Dieu  :  la  métaphore  est  tirée  des  bœufs, 
qui,  étant  sous  le  joug,  labourent  la  terre. 
Quelques-uns  entendent  par  Jacob  plusieurs 
du  peuple  des  dix  tribus  qui  se  réfugièrent 
dans  le  royaume  de  Juda,  et  qui,  par  l'exhor- 
tation d'Ezéchias  ,  quittèrent  les  idoles  et 
vinrent  adorer  le  vrai  Dieu  en  Jérusalem. 

CONFUGERE  xaraipEÛystv) ,  s'enfuir,  se  sau- 
ver. Act.  li.  6.  Confugerunt  ad  civitates 
Lycaoniœ  :  Saint  Paul  et  saint  Barnabe  ayant 
su  que  les  Gentils  et  les  Juifs  qui  étaient  à 
Icône  allaient  les  outrager,  ils  s'enfuirent  à 
Lystre  et  à  Dcrbe,  villes  de  Lycaonie.  Exod. 
9.20.  Levit.26.25. 

1°  Avoir  recours,  implorer  l'assistance  de 
quelqu'un.  Ps.  142.  9.  Ad  te  confugi  :  C'est  à 
vous  que  j'ai  eu  recours.  Seigneur.  Deut.  23. 
15.  Non  trudes  servum  domino  suo,  qui  ad  te 
confugerit  :  Vous  ne  livrerez  point  l'esclave 
qui  s'est  réfugié  auprès  de  vous  entre  les 
mains  de  son  maître  (Grec  :  ôj  npooréHzi-ut, 
qui  appositus  est  tibi  a  domino  p::o).  Rulh.  2. 
12.S;ip.  14.  6.  Isa.  10.  3,  etc. 

2'  Mettre  son  secours  dans  la  recherche  de 
quelque  chose.  Heb.  G.  18.  Confugimus  ad  tc- 
nendam  propositam  spem  :  Nous  avons  tâché 
de  rechercher  les  biens  qui  nous  sont  pro- 
posés par  l'espérance;  se.  les  biens  éternels. 
Telles  étaient  aussi  les  villes  de  refuge  chez 
les  Juifs,  où  l'on  tâchait  de  se  retirer  pour  y 
être  en  sûreté  dans  le  cas  marqué.  Deut.  ^t 
V.  41.42. 

;  LONFUNDERE,  «tc/ùv£tv,  x«T«ti7;^ûvetv,  ver— 
jscr  plusieurs  choses  ensemble,  les'mêler;  de 
'plus  : 

1°  Confondre  et  troubler,  mettre  de  la  con- 
fusion  {(jvyy^eïv).  Gcn.  11.  7    Confwidamus 


ibi  linguam  eorum  :  Descendons  en  ce  lieu, 
et  confondons-y  leur  langage.  Cette  confu- 
sion de  langues  que  Dieu  mit  parmi  ces  peu- 
ples ût  donner  à  la  ville  qu'ils  bâtissaient  le 
nom  de  Babel.  Voy.  v.  9.  Ainsi  Num.  36.  4. 
Dan.  2.  3.  Mente  eonfusus;  Gr.  è^écTrj  to  ttvsO- 
[j-cf.  p.ou  ,  Attonitus  est  spiritus  meus,  ignora 
quid  viderim  :  Je  ne  sais  ce  que  j'ai  vu  dans 
mon  songe,  parce  que  rien  ne  m'en  est  resté 
dans  l'esprit  qu'une  idée  confuse,  dit  Nabu- 
chodonosor  à  tous  les  devins  et  magiciens  de 
son  royaume.  Zach.  10.  5.  Confundentur  aS" 
censores  equorwn  :  La  cavalerie  des  ennemis 
sera  mise  en  désordre. 

—  Outrager  et  couvrir  de  confusion,  dés- 
honorer. 1.  Reg.  20.  34.  Non  eomedit  panem, 
contristatus  est  enim  super  David,  eo  quod 
confudisset  eum  (Grec  :  awsréïzds-j  è7r'  «ùtov, 
consummavit  super  eum)  pater  suus  :  Jona- 
thas  ne  mangea  point  le  second  jour  du 
sacrifice  (que  Saiil  avait  offert  le  premier 
jour  du  mois),  parce  qu'il  était  affligé  de  l'é- 
tat de  David,  et  de  ce  que  son  père  l'avait 
outragé  lui-même.  Voy.  cet  outrage  de  paro- 
les V.  30.  Ainsi  2.  Reg.  10.  5.  Erant  viri  eon- 
fusi  (ijTtfAKo-fiivot)  turpiter  valde  :  Les  am- 
bassadeurs de  David  avaient  été  outragés 
honteusement  par  Hanon.  Voy.  cet  outrage 
V.  4.  Ainsi  c.  19.  5.  Job  19.  3.  c.  40.  7.  Ps. 
13.  6.  Prov.  13.  5.  Impius  eonfundit  et  confun^ 
detur  :  Le  méchant  confond  les  autres  et  sera 
confondu  lui-même.  c.  28.  7.  Eccli.  25.  35.  1. 
Cor.  11. 22. 

2°  Tromper  l'espérance  de  quelqu'un,  lui 
faire  de  la  confusion  en  trompant  son  espé- 
rance. Rom.  5.  5.  Spes  non  eonfundit  (xKTaio-- 
X^vci)  :  Celte  espérance  que  produit  l'é- 
preuve ne  nous  confond  point.  Ps.  30.  1  Ps. 
118.  116.  Non  confundas  me  ab  exspectatione 
mea  :  Ne  permettez  pas,  Seigneur,  que  je 
sois  confondu  dans  mon  attente.  Ps.  24.  v.  3. 
4.  Ps.  43.  8.  4.  Reg.  19.  26.  Job.  6.  20,  etc 
De  là  vient  : 

Confundere  faciem,  vultum  alicujus  {àno- 
(TTpéfsiv  TÔv  7r/3Ô(TW7Tov;  :  Rendre  confus  quel- 
qu'un :  1°  En  rejetant  sa  prière  et  lui  refu- 
sant la  grâce  qu'il  demande.  3.  Reg.  2.  16. 
20.  Ne  confundas  faciem  meam  :  Ne  me  don- 
nez pas  la  confusion  d'être  refusée,  dit  Beth- 
sabée  à  Salomon,  étaut  venue  pour  lui  de- 
mander qu'il  donnât  en  mariage  à  Adonias 
Abisag  de  Sunam.  v.  16.  2°  En  témoi- 
gnantdu  mécontentement.  2.  Reg.  19.  5.  Con- 

fudisli    hodie   Vultus    [y.vx-hiyj^-^v.ç   t«    Tr/iôc-cjTra) 

omnium  servorum  tuorum  :  Vous  avez  au- 
jourd'hui couvert  de  confusion  tous  les  ser- 
viteurs qui  ont  sauvé  votre  vie.  Joab  repré- 
sente à  David  le  peu  de  raison  qu'il  a  de  té- 
moigner tant  d'affliction  de  la  défaite  et  de  la 
mort  d'Absalom,  son  ennemi,  vaincu  par  ses 
gens,  qui  revenaient  vicloricux. 

3"  Piquer  d'honneur,  engager  par  une 
fausse  honie  à  faire  quelque  chose.  Eccli.  13. 
1.  Confundct  te  in  cibis  suis  :  Le  riche  fera 
festin  à  un  hoinnie  pauvre,  pour  le  porter  à 
faire  de  môme.  C'est  afin  de  se  moquer  de 
lui,  l'ayant  par  ce  moyen  bientôt  épuisé. 

4'  Gâter,  perdre,  ruiner  ( ^«oatvEiv ,  are^ 
facerc).  Joël.  1.  17.  Confusum  est  triticum  . 


6(i3 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


8Gi 


Tout  le  froment  est  perdu  et  manque,  v.  12. 
Vinea  confusa  est  :  t.2t  vigne  est  perdue  :  la 
métaphore  est  tirée  de  ceux  qui  n'oseraient 
paraître,  n'ayant  pas  ce  qu'on  attendait 
d'eux.  V.  12.  Confusum  est  (yi(7;i,^uv«v ,  confu- 
dernnt)  gauâium  a  filiis  hominum  :  Il  ne  reste 
plus  rien  de  ce  qui  faisait  la  joie  des  enfants 
des  hommes. 

5"  Confondre  et  jeter  dans  la  confusion,  en 
convainquant  de  quelque  chose.  1.  Cor.  1. 
27.  Qiiœ  stulta  sunt  mundi  elegit  Deus  ut  con- 
fundat  sapientes,  etc.  :  Dieu  a  choisi  les  plus 
ignorants,  selon  le  monde,  pour  confondre 
les  sages. 

6°  Rendre  honteux  de  faire  ou  dire  quel- 
que chose,  en  faire  rougir  de  honte.  Eccli.  4. 
V.  24.  31.  Pro  anima  tua  ne  confundaris  di- 
cere  verum  :  Ne  rougissez  point  de  dire  la 
vérité  lorsqu'il  s'agit  de  votre  âme.  Ps.  118. 
46.  Et  non  confundebar  :  Je  n'avais  point  de 
confusion  de  parler  devant  les  rois  de  la  loi 
de  Dieu.  1.  Esdr.  9.  6.  Eccli.  22.  31.  Du  verbe 
confundere  vient  le  passif 

Confundi  aliquem,  et  aliquid  confundi,  de 
ou  ab  aliquo  ou  aligna  re,  in  aliquo,  pour 
marquer  : 

1°  Avoir  de  la  confusion,  rougir  à  cause 
ou  en  présence  de  quelque  chose.  Eccli.  21. 
25.  Homo  peritus  confundetur  a  persona  po- 
tentis  :  L'homme  qui  sait  vivre  a  de  la  pu- 
deur devant  une  personne  puissante^  autr., 
n'ose  pas  seulement  jeter  la  vue  sur  elle; 
Gr.,  ne  regarde  les  personnes  qu'avec  pu- 
deur, c.  4.  30.  De  mendacio  ineruditionis  tuœ 
confundere  :  Ayez  confusion  du  mensonge 
où  vous  êtes  tombé  par  ignorance;  «c,  re- 
connaissez-le avec  confusion.  Isa.  1.  29. 
Confundentur  ab  idolis  :  Les  idolâtres  seront 
confondus  par  les  idoles  mêmes  à  qui  ils^ont 
sacrifié.  Le  prophète  marque  la  confusion 
qu'ils  auraient  de  n'être  ni  écoutés,  ni  se- 
courus par  leurs  idoles.  Voy.  3.  Reg.  18.  29. 
c.  19.  V.  35.  37,  etc.  Ainsi  Eccli.  5.  14.  Isa. 
24.23.  l.Joan.  2.28,  etc. 

2°  Etre  en  peine,  ne  savoir  comment  se 
conduire  à  l'égard  de  quelqu'un  {KncpeïfrOcKi). 
Gai.  4.  20.  Confundor  in  vobis  :  Je  suis  en 
peine  comment  je  dois  vous  parler. 

3°  Avoir  honte  de  reconnaître  quelqu'un, 
rougir  de  lui  et  de  soutenir  son  parti  et  ses 
intérêts,  le  méconnaître  (è7r«£o-x^v£cre«i).Marc. 
8.  38.  Qui  me  confusus  fuerit  et  verba  mea  in 
fjeneratione  ista  adultéra,  et  Filius  hominis 
confundetur  eum,  cutn  venerit  in  gloria  Pa- 
tris  sui,  etc.  :  Si  quelqu'un  rougit  de  moi  et 
de  mes  paroles  parmi  cette  race  adultère,  le 
Fils  de  l'homme  rougira  aussi  de  lui  lors- 
qu'il viendra  dans  la  gloire  de  son  Père.  De- 
vant ces  accusatifs,  la  préposition  xarà  est 
sous-entendue  :  Qui  propter  me  confusus  fue- 
rit et  propter  verba  mea,  ce  qui  est  une  phrase 
grecque.  Saint  Paul  change  cette  phrase  par 
Krubescere  aliquid.  Rom.  1.  10.  Ainsi  Hebr. 
2.  11.  c.  11.  16.  La  confusion  est  attribuée 
improprement,  à  Dieu.  Hebr.  11.  16.  Non 
confunditur  Deus  vocari  Deus  eorum  :  Dieu 
ne  rougit  point  d'être  appelé  le  Dieu  des  pa- 
triarches. Ceci  a  rapport  à  ce  qui  est  dit, 
txod.  3.  V.  15.  16,  etc. 


4°  Etre  desséché  et  tari  {Ç>7joaîvso-6ai).  Zach. 
10.  11.  Confundentur  omnia  profunda  flu- 
minis  :  Tous  les  fleuves  seront  confondus  ; 
Bebr.  Les  fleuves  seront  desséchés  jusqu'au 
fond.  (]eci  a  rapport  à  ce  qui  est  marqué  du 
Jourdain.  Jos.  3.  v.  15.  16;  i.  e.,  que  Dieu 
vaincra  en  leur  faveur  tous  les  obstacles  qui 
pourraient  s'opposer  à  leur  retour. 

CONFUSIO,  nis,«£VyOv«,  action  par  laquelle 
on  brouille  et  on  mêle  plusieurs  choses  li- 
quides ensemble;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Confusion,  trouble,  désordre  (o-ûyxuirtf). 
Act.  19.  29.  Imputa  est  civitas  confusione  : 
Au  cri  que  firent  les  ouvriers  de  Démétrius, 
pour  soutenir  le  culte  de  Diane,  toute  la  ville 
d'Ephèse  fut  remplie  de  confusion.  Luc.  21. 
25.  Prœ  confusione  sonitus  maris  et  fluctuun' 
(«7ro|Oîa,  consternatio)  :  Sur  la  terre,  les  na- 
tions seront  dans  l'abattement  et  la  conster- 
nation, la  mer  faisant  un  bruit  effroyable 
par  l'agitation  des  flots.  Ce  bruit  et  cette  agi- 
tation seront  un  effet  du  dernier  jugement, 
comme  si  la  mer  était  sensible  à  la  terreur 
de  ce  jugement  effroyable.  1.  Reg.  5.  6. 

2°  Honte,  pudeur  bonne  ou  mauvaise.  Ec- 
cli. 4.  25.  Est  confusio  adducens  peccatum,  et 
est  confusio  adducens  gloriam  et  gratiam  :  La 
honte  qui  nous  fait  pécher  est  celle  qui  nous 
empêche  de  faire  le  bien  et  qui  nous  fait 
plus  craindre  les  hommes  que  Dieu;  et  la 
honte  qui  attire  la  gloire  est  celle  qui  nous 
empêche  de  faire  le  mal  et  qui  nous  fait  plus 
craindre  Dieu  que  les  hommes,  c.  20.  v.  24. 
25.  Est  qui  prœ  confusione  promittit  amico  : 
Tel  promet  à  son  ami  par  une  honte  indis- 
crète ,  qui  le  rend  ainsi  gratuitement  son 
ennemi,  c.  29.  19.  Soph.  3.  5.  Nescivit  autem 
iniquus  confusionem  :  Ce  peuple  converti  n'a 
ni  honte,  ni  repentir.  Ps.  43.  17.      ^  :  ; 

3''  Honte  ,  opprobre ,  ignominie,  misère. 
Hebr.  12.  2.  Sustinuit  crucem  confusione 
contempta  :  Jésus-Christ  a  souffert  la  croix 
en  méprisant  la  honte  et  l'ignominie.  Ps.  131. 
18.  Jnimicos  ej'us  induam  confusione  :  Je 
couvrirai  de  confusion  les  ennemis  de  mon 
Christ.  Ps.  108.  29.  Voy.  Diplois.  Abd.  v.  10. 
1.  Reg.  20.  30.  1.  Esdr.  9.  7.  1.  Petr.  4.  4. 
Non  concurrentibus  vobis  in  eamdem  luxuriœ 
confusionem,  i.  e.  in  eamdem  luxuriam  igno- 
miniosam  (àv«;)^ua-tç).  Jud.  v.  13. 

4°  Sujet  de  confusion;  ce  qui  doit  rendre 
confus.  Jerem.  3.  24.  Confusio  comedit  labo- 
rem  patrum  nostrorum  :  Les  idoles  qui  sont 
notre  confusion  ont  consumé  ce  que  nos 
pères  avaient  pu  gagner  par  leur  travail ,  à 
cause  de  la  dépense  à  laquelle  ils  étaient 
obligés  pour  entretenir  l'idolâtrie,  c.  10.  17. 
Congrega  de  terra  confusionem  tuam  {BXv\iiç)  : 
Rassemblez  vos  idoles  qui  ne  vous  ser- 
viront à  rien  contre  les  Chaldéens.  D'autres 
l'entendent  des  Chaldéens  mêmes  :  Congrega 
confusionem  tuam;  Hebr.  humiUationem  ou 
contraclionem  :  Retirez-vous  maintenant,  ô 
Babylone,  cessez  de  vous  assujettir  les  peu- 
ples, vous  allez  être  ruinée  vous-même.  cil. 
13.  1.  Petr.  4.  4.  Jud.  v.  13.  Despumantes 
suas  confusiones  :  Ces  faux  docteurs  sont 
comme  des  vagues  furieu&es  de  la  mer,  d'où 
sort  comme  une  écume  sale    Leurs  infa- 


865 


CON 


CON 


«66 


mies,  ce  sont  leurs  discours  sales  et  diffama- 
loires  contre  les  gens  (Je  bien,  et  leurs  ac- 
tions infâmes. Prov.  10. o.  Filins  confusionis 
{-ur-à-joito;  iniquus)  :  Un  enfantquipar  sa  con- 
dnites'attire  de  laconfusion,  et  fait  déshon- 
neur à  ses  parents,  c.  19.  26. 

CONFUÏARE.  De  l'ancien  futare,   selon 
Feslus. 

Confondre,  convaincre,  réfuter  (àvriy/sive- 
aOv.i).  Job.  11.  3.  A  nullo  confutaberis?  Après 
vous  être  moqué  des  autres,  n'y  aura-l-il  per- 
sonne qui  vous  confonde?  dit  Sophar  à  Job. 
CONGAUDERE,  (jvyxxipiu,  se  réjouir  avec, 
participer  à  la  joie.  1.  Cor.  12.  26.  Site  glo~ 
riatur  unum  membrum ,  eongaudent  omnia 
membra  :  Si  l'un  des  membres  du  corps  re- 
çoit de  l'honneur,  tous  les  autres  membres 
s'en  réjouissent  avec  lui.  L'Apôtre  flgure  ici 
ce  que  doivent  faire  les  Chrétiens  qui  sont 
les  membres  les  uns  des  autres,  v.  27.  Ainsi, 
c.  13.  6.  Congaudet  veritati  :  La  charité  se 
réjouit  avec  le  prochain  de  tout  le  bien  qui 
se  fait. 

CONGEMERE,  -/aT«crr£vàÇïtv,  s'affliger  avec 
quelqu'un,  lui  témoigner  par  ses  gémisse- 
ments qu'on  prend  part  à  son  affliction  :dans 
l'Ecr. 

Pousser  des  cris,  pleurer,  s'affliger.  Jerem. 
22.  23.  Quomodo  congemuistiî  Que  de  larmes 
vous  verserez,  ô  ville  de  Jérusalem,  au  temps 
que  les  Babyloniens  se  rendront  maîtres  de 
vous  ! 

CONGEMINARE.  Redoubler,  augmenter 
et  accroître  (avv«yc(r9«i)-  2.  Reg.  3.  34.  Con- 
geminansque  populus  flevit  super  eum  :  Tout 
le  peuple  redoubla  ses  larmes  :  ce  que  dit 
David  dans  ses  complaintes  de  la  mort  d'Ab- 
ner  après  qu'il  eut  été  enseveli ,  excita  les 
les  larmes  du  peuple. 

CONGERERE ,  «rw/jô-Jav.  Amasser,  entasser 
{éyAvD.îfj,  injicere).  Ezech.  24.  v.  4.  10. 
Congère  frusta  ejus  in  cam  :  Remplissez  cette 
marnjite  de  viande  de  tous  les  meilleurs  en- 
droits. Ces  morceaux  entassés  flguraient  les 
citoyens  et ,  entre  autres,  les  grands  de  Jé- 
rusalem qui  devaient  beaucoup  souffrir  de 
la  part  des  Babyloniens.  Ainsi,  Ruth.  2.  14. 
Congessit  polentam  sibi  :  Ruth  prit  de  la 
bouillie  pour  elle.  Voy,  Polenta. 

Phrases  dans  le  seus  figuré. 

Congerere  carbones  super  caput  alicujus  : 
Amasser  des  charbons  sur  la  tête  de  son  en- 
nemi. Voy.  Carbo  3". 

Congerere  maledicla.  Charger  d'impréca- 
tions ou  de  malédictions.  Nuni  o.  v.  19.  23. 
Non  le  nocebunt  aquœ  islœ  in  quas  maledicla 

COngeSSl  {•jOwo  toO  sÀsyptoO  tÔ  ÈTTiy.czc/.OMtjLS-JO-j^   :  Si 

vous  êtes  innocente  du  crime  d'aduilère,  ces 
eaux  Irès-amères  que  j'ai  chargées  de  malé- 
dictions, no,  vous  nuiront  point.  C'est  ce  que 
disait  le  prêtre  dans  le  sacrifice  de  jalousie, 
en  tenant  entre  ses  mains  ces  eaux  avant 
<|ue  de  les  donner  à  boire  à  la  femme  soup- 
çonnée d'adultère.  De  ce  verbe  vient  le  par- 
ticipe. 

CONGESTUS,  A  ,  LM.  Amassé  ensemble  , 
en  un  même  lieu. 


Façon  de  parler  tiréf  de  celte  signification 

Congestoruin  sepulcrum,  77o>-jkv5/;iov,  sépul- 
cre de  morts  entasssés  les  uns  sur  les  au- 
tres, sépulture  commune.  2.  Mach.  9. 14.  Ci- 
vitatem  ad  quam  veniebat  ut  sepulcrum  con- 
gestorum  faceret ,  nunc  optât  liberam  red- 
dere  :  L'impie  Antiochus,  dans  le  temps  qu'il 
est  frappé  de  la  justice  de  Dieu  ,  souhaite 
rendre  libre  Jérusalem,  lui  qui  se  hâtait 
auparavant  d'y  alier  pour  n'en  faire  qu'un 
sépulcre  de  corps  morts  entassés  les  uns  sur 
les  autres.  Dans  ce  verset  le  Grec  porte  : 
Congeries  sepulcrorum,   comme    v.  4.  Voy.' 

CONGERIES. 

CONGERIES,   I,  Qijua-jix,  de    congerere.  

1°  Amas,  monceau.  Eccli.  39.22. /n  verbo  oris 
stetit  aqua  sicut  congeries  :  A.  la  parole  du 
Seigneur  l'eau  s'est  arrêtée  comme  un  mon- 
ceau. Voy.  Jos.  3.  16. 

—2°  Grand  nombre,  grande  quantité.  Job. 
21.  32.  In  congerie  mortuorum  vigilabit  :  Le 
méchant  demeurera  pour  jamais  parmi  la 
foule  des  morts  ,  ne  devant  ressusciter  que 
pour  être  jugé  à  sa  condamnation,  et  non 
pour  jouir  de  la  vie  éternelle.  Voy.  Joan.  o. 
29.  De  là  vient  : 

Congeries  sepulcri.  Amas  de  tombeaux  , 
cimetière  ,  lieu  de  sépultures  communes 
{ TroÀuàvo^tov  ).  2.  Mach.  9.  4.  Superbe  loculus 
est  se  venturum  Jerosolymam,  et  congeriem 
sepulcri  Judœorum  eam  facturum  :  Antio- 
chus dit  qu'il  irait  à  Jérusalem,  et  qu'il  en 
ferait  le  tombeau  de  tous  les  Juifs  ;  c'est-à- 
dire  (\yi'\\  y  ferait  un  tel  carnage,  que  toute 
la  ville  paraîtrait  comme  un  tombeau,  les 
corps  morts  y  étant  entassés  les  uns  sur  les 
autres.  Voy.  Congestus. 

CONGLOBARE.  Entasser  et  assembler  en 
rond,  serrer  tout  autour  :  dans  lEcriture  : 

Assembler  en  un,  faire  un  gros  d'armée 
pour  attaquer.  Jos.  7.  9.  Cliananœi  pari  ter 
conglobati  circumdabunt  nos  :  Les  Chana- 
néens  et  tous  les  habitants  de  la  terre  pro- 
mise s'unissant  ensemble,  nous  enveloppe- 
ront, etc.  Judic.  9.  47.  2.  Reg.  2.  2o. 

CONGLORIFICARE,  ayvfesiv,  glorifier 
l'un  aussi  bien  que  l'autre.  Rom,  8.  17.  Si 
tamen  compalimur,  ut  et  conglorificemur  : 
Nous  ne  pouvons  avoir  part  à  la  gloire  do 
Jésus-Christ,  que  nous  n'ayons  part  à  ses 
souffrances. 

CONGLUTINARE,  o-v/zoÂÀâv,  xo/Àiv,  de  glu' 
fen,  et  signifie  proprement  unir,  et  îaire  ttnir 
ensemble  avec  de  la  colle  :  dans  l'Ecriture  : 

1"  Coller,  joindre  l'un  à  l'autre.  Eccli.  22. 
7.  Qui  docet  fnluum  quasi  qui  congUilinat 
testam  .  C'est  vouloir  rejoindre  ks  pièces 
d'un  pot  cassé,  que  d'instruire  un  iutpru- 
dent.  Ces  deux  choses  sont  ègalcinenl  dini- 
ciles.  Testa  est  ici  ce  que  dit  David,  Ps.  oO. 
16.  Vas  perditum. 

•1"  Attacher  et  faire  tenir  contre  quehiuc 
chose.  D'où  vient  : 

Façon  de  parler  dans  le  sens  luélaphorique. 

Conglutinari  vcntrem  in   terra.  Avoir   Id 

ventre    collé   et    comme    attaché   à    terre  ; 

ceft-à-dire^  être  dans  un  état  misérable  et  si 

ai)altu,  qu'on  ne  puisse  espérer  de  s'en  relc' 


867 

ver  Ps  43.  25.  Congîutinatus  est  in  terra 
venter  noster  :  Notre  ventre  est  comme  collé 
à  terre.  La  figure  est  tirée  des  animaux  qui 
ne  vonl  qu'en  se  traînant  contre  terre. 

3° Unir  étroitement  par  les  liens  de  l'amour 
et  de  l'affection.  Deut.  10.  15.  Patribus  tins 
conglulinatus  est  Dominus  [izposils  ToàyaTvàv)  : 
Le  Seigneur  s'est  uni  très-étroitement  avec 
vos  pères,  dit  Moïse  aux  Juifs.  Voy.  Gen.  15. 
18.  c.  17.  7.  etc.  c.  26.  3.  etc.  Ainsi,  1.  Reg. 
18.  1.  Anima  Jonathœ  conglutinata  est  animœ 
David  ((TyvSîîv,  colligare)  :  L'âme  de  Jonathas 
s'attacha  étroitement  à  celle  de  David.  Gen. 

dk.    3. 

CONGRÀTULARI ,  avyyytptr^,  se  réjouir 
avec  quelqu'un  du  bien  qui  lui  arrive,   té- 

m.-^innav  nii'rin   nrpnrï  nflrf   à   S»   lole.    LuC.   1. 


moignêr  qu'on  prend  part  à  sa  ]oie.  Luc 
58.  Congratulabantur  ei  :  Les  voisins  et  les 
parents  de  sainte  Elisabeth  se  réjouissaient 
avec  elle  de  la  naissance  de  saint  Jean.  c.  lo. 
V.  6.  9.Rulh.  k.  17.  2.  Reg.  8.  10.  1.  Par.  18. 
10.  Tob.  11.  20.  Philipp.  2.  v.  17.  18. 

CONGREDl.  De  gradior,  comme  qui  dirait 
cim  ou  simut  gradî  ;  S'assembler,  s'appro- 
cher, se  battre. 

Combattre  par  la  force  des  armes,  en  venir 
aux  mains  (aupTr/joTTrAîxîo-eaij.Dan.ll.lO.  Con- 
gredietitr  cum  rohore  ejiis  :  Antiochus  le 
Grand  combattra  avec  les  forces  de  Ptolé- 
mée,  roid'Eg3'pte;  Gr.  fwf  tï5j Vc-xjo,-  avxoû,  jus- 
qu'à sa  force  ou,  sa  ville  la  plus  forte.  1. 
Mach.  4.  14.  2.  Mach.  12.  34. 

Façon  de  parier  dans  le  sens  figuré. 

Congredi  per  orationes.  Combattre  par  ses 
prières  ;  c'est  attirer  de  la  part  de  Dieu  par 
ses  prières  la  force  et  le  secours  nécessaires 
pour  battre  et  défaire  ses  ennemis  [cvn^iyvù- 
vat,  commiscere).  2.  Mach.  15.  26.  Judas  vero 
et  qui  cum  eo  erant,invocato  Deo,  per  oratio- 
nes congressi  sunt  :  Judas  et  ceux  qui  étaient 
avec  lui ,  ayant  invoqué  Dieu,  combattaient 
par  leurs  prières. 

CONGREGARE,  ^jvàystv ,  de  grex,  et  si- 
gniûe  proprement  assembler  un  troupeau  : 
dans  l'Ecr.  : 

1°  Assembler ,  amasser.  Prov.  10.  5.  Qui 
congregat  in  messe  filius  sapiens  est  :  Celui 
qui  amasse  pendant  la  moisson  est  sage. 

2°  Apporter  ou  traîner  dans  un  tas  ce  qui 
est  amassé  {sh-fipu^).  Job.  39.  12.  Numquid 
credes  illi  quod  semenlem  reddat  tibi,  et  aream 
tuam  congreget?  Croirez-vous  que  le  rhino- 
céros vous  rendra  ce  que  vous  aurez  semé, 
et  qu'il  remplira  votre  aire  de  blé,  en  ap- 
portant ou  traînant  les  gerbes  de  votre 
champ  au  temps  de  la  moisson.  Par  l'exem- 
ple de  cet  animal  indomptable,  Job  prouve 
que  les  hommes  ne  peuvent  se  servir  des 
animaux  contre  la  nature  que  Dieu  leur  a 
donnée.  Voy.  Num.  23.  22. 

3°  Assembler  ce  qui  est  dispersé  (iTrtrruvâ'/etv). 
Ps.  105.  47.  Congrcga  nos  de  nationibus  : 
Seigneur,  rassemblez-nous  du  milieu  des 
nations;  parmi  lesquelles  plusieurs  des  Juifs 
étaient  ou  dispersés  ou  même  en  servitude. 
Amos.  3.  9.  Congrcgamini  super  montes  Sa- 
mariœ  :  AssembU'z-vous  sur  les  montagnes 
de  Samaric  :  Dieu  invile  ses  prophètes  à  as- 


DICTIONNÂIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE.  868 

sembler  les  Philistins  et  les  Egyptiens,  de  la 
puissance  desquels  il  avait  délivré  ce  peuple 
ingrat,  pour  les  prendre  à  témoins  des  irn- 
piéiés  extravagantes  qu'il  commettait  dans 
Samarie,  et  les  persuader  de  l'équité  de  ses 
jugements.  1.  Esdr.  9.  v.  7.  9.  Dan.  1.  2.  etc. 
Ai'nsi,  Matlh.  13  20.  Luc.  3.  17.  Congrega- 
bit  triticum  in  horreum  suum  :  Par  ce  blé  qui 
doit  être  ramassé  dans  le  grenier,  sont  figu- 
rés les  élus  que  Jésus-Christ  assemblera  un 
jour  dans  le  ciel.Voy.  Matlh  25.  v.  82.  33.  34. 
Joan.  4.  36.  Congregat  fructum  in  vitam  œter- 
nam:  Celui  qui  moissonne  reçoit  la  récom- 
pense, et  amasse  les  fruits  pour  la  vie  éter- 
nelle. Ce  qui  s'entend  des  ministres  de  l'E- 
glise, ou  qui  se  sauvent ,  ou  qui  par  leur 
ministère  sauvent  les  autres.  Soph.l.  2.  Con- 
gregans  congregabo  omnia  a  facie  terrœ  :  Je 
rassemblerai  tout  ce  qui  se  trouvera  dans 
celte  terre  de  la  Judée,  pour  tout  perdre  en- 
tièrement [è-AdiTSL-j,  deficere). 

4°  Recueillir,  faire  provision  ,  acquérir, 
gagner.  Matlh.  25.  v.  24.  26.  Congregas 
ubi  non  sparsisti  :  Vous  recueillez  où  vous 
n'avez  rien  mis.  Le  serviteur  paresseux 
avance  cette  calomnie  contre  son  maître 
pour  couvrir  sa  paresse.  3.  Reg.  10.  26.  2. 
Par  1.  14.  Ps.  38.7.  Prov.  13.  23.  c.  21.  6.  c. 
28.  8.  Eccl.  2.  26.  Hab.  1.  15.  Eccli.  25.  5. 
Agg.  1.6.  Ce  qui  s'entend  aussi  en  mauvaise 
part.  ^ov.Q.SS.Turpitudinem  et  ignominiam 
congregat  sibi  :  L'adultère  s'attire  l'opprobre 
et  l'ignominie. 

5°  Multiplier,  augmenter  avec  avidité. Hab. 
2.  9.  Vœ  qui  congregat  avaritiam  malam  do~ 
mut  suœ  :  Malheur  à  celui  qui  amasse  du 
bien  par  une  avarice  criminelle  pour  établir 
sa  maison;  Heb.  Vœ  sectanli  avaritiam  (tt^eo- 
vîXTStv,  TriêovE^iav,  multipHcare  avaritiam). 

6°  Conquérir,  se  rendre  maître  (Tie/jtTrotîîTeat, 
acquirere).  Isa.  10.  14.  Sic  ego  universam 
terram  congregavi  :  J'ai  réuni  sous  ma  puis- 
sance tous  les  peuples  de  la  terre,  comme 
on  ramasse  quelques  œufs  que  la  mère  a 
abandonnés,  dit  le  roi  d'Assyiie.  * 

7"  Recevoir  chez  soi,  ramener  et  retirer 
du  danger.  Isa.  13.  14.  Non  erit  qui  congre- 
get :  11  n'y  aura  personne  qui  remène  Raby- 
lone  et  la  retire  du  danger,  au  jour  que  Dieu 
exercera  sa  fureur  contre  elle  par  les  Perses 
et  les  Mèdes.  c.  11.  12.  Congregabit  profugos 
israe/:  Le  Seigneur  réunira  les  fugitifs  d'Israël; 
i.  e.  tous  les  élus  qui  devaient  être  conver- 
tis à  Jésus-Christ  par  la  prédication  de  lE- 
vangile  ,  ou  le  petit  nombre  des  Juifs  qui 
devaient  embrasser  l'Evangile.  Ps.  105.  47. 
Ps.  146.2.  Ps.  106.  3.  Isa.  27.  12.  Jerem.  49. 
5.  Nahum.  3.  18.  2.  Mach.  2.  18.  1.  Par.  10. 
35. 

8"  Conspirer,  se  révolter  (ÊTrtTuvâystv).  Ec- 
cli. 16.  11.  Non  miseratus  est  perdens  sex- 
cenla  millia  peditum  qui  congregati  sunt  in 
durilia  cordis  sui  .-Dieu  a  perdu  sans  com- 
passion les  six  cent  mille  hommes  de  pied 
qui  avaient  conspiré  ensemble  dans  la  du- 
reté de  leur  cœur.  LEcrilure  prouve  par  ces 
exemples  que  Dieu  à  plus  lorle  raison  na 
pardonnera  pas  à  un  particulier,  s'il  demeure 
opiniâtre  dans  son  péché. 


869 


CON 


CON 


870 


9°  Appeler  et  faire  venir  par  la  prédica- 
tion au  culte  du  vrai  Dieu.  Mallh.  12.  30. 
Qui  non  congregat  mecum,spargit  :  Celui  qui 
n'amasse  point  avec  moi ,  dissipe,  dit  Jésus- 
Ciirisl.  c.  23.  37.  Joan.  11.  52.  Ut  filios  Dei 
qui  erant  dispersi  congregaret  in  unum  :  Jé- 
sus devait  mourir,  non-seulement  pour  la 
nation  des  Juifs, mais  aussi  pour  rassembler 
etréunirles  enfants  de  Dieu  qui  étaient  disper- 
sés ;  i  e.  ses  élus  d'entre  les  Gentils.  Ps.  4-6. 10. 
Ps.  105.  W.  Ps.  106.3.  Ps.  146.  2.  etc.  Ainsi, 
Isa.  49.  18.  Omnes  isti  congregati  sunt  : 
ïoule  cette  grande  assemblée  de  monde  vient 
se  rendre  à  vous,  dit  Dieu  à  Jérusalem.  Ce 
verbe  est  souvent  mis  dans  ce  prophète  et 
dans  les  autres,  pour  marquer  la  réunion 
des  fidèles  dans  l'Eglise,  sous  la  figure  du 
rappel  de  la  captivité  dans  Jérusalem,  comme 
Jer.  8. 13.  etc. 

10°  Enterrer,  mettre  au  tombeau  {èy.§éxs- 
ffôat).  Ose.  9.  6.  jEgyptus  congregabit  eos  :  Ils 
n'iront  en  Egypte  que  pour  y  mourir;  d'où 
vient  cette  phrase  : 

Congregari  ad  populum  suum.  Etre  réuni  à 
son  peuple  par  la  mort;  c'est  mourir  et  être 
enseveli  dans  la  terre  avec  son  peuple  {Tcpoirri- 
BBo-Bat).  Gen.  25.  8.  Mortuus  est  in  senectute 
bona  congregatusque  est  ad  populum  suum  : 
Abraham  mourut  dans  une  heureuse  vieil- 
lesse ,  et  fut  réuni  à  son  peuple,  i.  e.  à  ses 
ancêtres  ,  son  âme  allant  se  joindre  à  celles 
des  patriarches  qui  avaient  vécu  avant  lui. 
c.  49.  29.  On  dit  aussi  dans  le  même  sens, 
Jre  ad  patres  suas,  c.  15.  15.  ce  qui  s'entend 
des  méchants  comme  des  bons.  Voy.  Colli- 

GERE. 

Cor  alicujus  congregare  iniquitatem  sibi. 
Former  en  soi-même  de  mauvais  et  d'injus- 
tes desseins.  Ps.  40.7.  Cor  ejus  congregavit 
iniquitatem  sibi  :  Son  cœur  s'est  amassé  un 
trésor  d'iniquité.  Le  prophète  parle  de  ses 
ennemis. 

11"  Assembler  pour  instruire  ,  d'où  vient  : 

Congregans.  Qui  assemble  les  peuples  pour 
les  instruire  ;  c'est  le  nom  que  Salomon  se 
donne,  qui  revient  au  nom  grec  EcclesiasteSy 
Concionator.  Prov.30. 1.  Verba  congregantis  : 
Paroles  de  celui  qui  assemble.  Quelques-uns 
disent  que  c'est  le  nom  d'un  prophète  ,  Heb. 
paroles  d'Agur,  fils  d'Iaque.  Voy.  Vomens,  ; 

De  ce  verbe  vient  ce  participe  pris  sub- 
stantivement. 

CONGREGATI,  orum.  Pour  marquer  ,  1° 
les  Gentils  qui  devaient  se  réunir  en  Jésus- 
Christ  avec  les  Juifs,  pour  former  l'Eglise  et 
ne  faire  qu'un  corps.  Isa.  56.  8.  Adhuc  con- 
gregabo  ad  eum  congrcgalos  ejus  :  Je  réuni- 
rai encore  à  Israël  ceux  qui  viendront  pour 
se  joindre  à  lui  (Tuvay^jy^). 

2"  Les  dieux  que  les  Israélites  avaient  as- 
semblés de  tous  côtés  ,  ou  les  Assyriens  que 
les  Juifs  avaient  fait  venir  à  leur  secours. 
Isa.  57.  13.  Cum  clamaveris,  libèrent  te  con-^ 
gregali  Itii  :  Lorsque  vous  crierez  dans  vos 
maux,  que  tous  ceux  quo  vous  avez  assem- 
blés vous  délivrent.  Voy.  Deut.  .32.  v.  37.  38. 

CONGHEGATIO  ,  onis  ,  (rv(v«y',)y*j,  action 
par  laquelle  on  assemble  quelque  chose; 
dans  lÉcr.  : 


1;  Amas,  assemblage.  Gen.  1.  10.  Congre^ 
gationes  aquarum  appellavit  maria:  Dieu  ap- 
pela mers  les  amas  d'eaux.  Levit.  11.  36. 
Eccli.  4-3.  22.  Isa.  24.  22.  Ezech.  22.  20. 

2°  Assemblée,  congrégation.  Ps.  110.  1. 
Confitebor  tibi..,  in  concilio  justorum  et  con- 
gregatione  :  Seigneur  ,  je  vous  louerai  dans 
la  société  et  dans  l'assemblée  des  justes  qui 
aiment  à  entendre  les  louanges  de  Dieu.  Eccli- 
4.  7.  Congregationi  pauperum  affabilem  te  fa- 
cito  :  Rendez-vous  affable  à  l'assemblée  des 
pauvres.  Il  faut  se  conduire  envers  les  pau- 
vres, ou,  selon  le  Grec  qui  n'a  point  paupe^ 
rum,  envers  le  peuple  avec  beaucoup  de  ci- 
vilité et  d'honnêteté.  Exod.  26.  29.  Num  1 
2.  Ps.  61.  9.  Ainsi ,  Ps.  67.  31.  Congregatio 
taurorum  :  Assemblée  de  peuples  semblable 
à  un  troupeau  de  taureaux.  Ceci  figure  les 
princes  et  les  généraux  des  armées  ennemies 
du  peuple  de  Dieu  qui  étaient  fiers  et  or- 
gueilleux. 

3°  Troupe  mutinée,  faction.  Num.  16.  16. 
Tti  et  omnis  congregatio  tua  state  seorsum 
coram  Domino  :  Présentez-vous  demain  vous 
et  toute  votre  troupe  d'un  côté  devant  le 
Seigneur,  dit  Moïse  à  Coré.  Ps.  105.  17. 
Eccli.  45.  22. 

4°  Le  peuple  que  Dieu  a  réuni  pour  être 
particulièrement  attaché  à  son  service,  et 
qui  est  la  figure  de  l'Eglise.  Ps.  73.  2.  Memor 
esto  congregationis  tuœ  quam  possedisli  ah 
initia  :  Souvenez-vous  de  ceux  que  vous 
avez  assemblés  et  réunis  en  un  peuple,  et 
que  vous  avez  possédés  dès  le  commence- 
ment, dès  le  temps  que  Dieu  donna  à  Abra- 
ham la  loi  de  la  circoncision  pour  en  être 
la  marque.  Gen.  17.  10.  Eccli.  46.  17.  Jerem. 
6.  18.  2.  Mac.  2.  7.  Ignotus  erit  locus,  donee 
congregel  Deus  congregationem  populi  :  Jé- 
rémie  dit  que  le  lieu  où  il  avait  caché  le 
tabernacle  et  l'arche  demeurerait  inconnu, 
jusqu'à  ce  que  Dieu  eût  rassemblé  son  peuple. 
Quelques-uns  entendent  cela  du  retour  de 
Babylone  sous  Esdras  ;  on  ne  voit  pas  néan- 
moins que  ce  lieu  ait  été  alors  découvert  ; 
d'autres  croient  que  ce  temps  ne  peut  sen- 
tendre  que  de  la  fin  du  monde,  où  les  restes 
d'Israël  seront  rassemblés  dans  l'Eglise  de 
Jésus-Christ,  et  auront  part  à  la  miséricorde 
de  Dieu.   . 

5°  Amas  de  biens,  acquisition.  Job.  15.  34. 
Congregatio  hypocritœ  sterilis  :  Tout  ce  qu'a- 
masse l'hypocrite  sera  sans  fruit.  D'autres 
l'entendent  des  enfants,  figurés  par  le  raisin 
qui  tombe  étant  encore  vert.  Eccli.  31.  3. 

6"  Réunion  des  membres  mystiques  à  leur 
chef  (è7rKTuv«7W7n).  2.  Thcss.  2.  1.  Per  ad- 
ventum  Domini  nostri  Jesu  Christi  et  nostrœ 
congregationis  in  ipsum  ;  ou  plutôt,  selon  le 
Grec  ,  per  nostri  aggregationcin  in  ipsum  ; 
Par  lavénement  de  Notre-Seignour  et  par 
notre  union  en  lui.  Cette  réunion  se  fera  au 
jugement  dernier,  où  les  élus  seront  empor- 
tés dans  les  nuées  pour  aller  au-devant  de 
Jésus-Christau  milieu  de  l'air.  Voy.  1.  Thcss. 
4.  17.  Luc.  17.  37. 

Façon  de  parler  liréc  de  la  proniicVe  signification  dans  le 
sens  lignré. 

Congregatio  spirilus.    Tourbillon  de  vent 


871  MCTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIP:  SACREE. 

) ,  qui  n'est  aulro  chose  qu'un  amas 


S  72 


de  vent,  ou  un  veut  qui,  étant  ramassé  et 
réuni,  a  la  force  qui  se  voit  dans  les  tour- 
billons. Eccli.  4-3.  18.  Yerberabit  terrom  con- 
gregatio  spiritus  :  Le  Seigneur  frappe  la  terre 
par  les  tourbillons  des  vents. 

CONGRESSIO,  Nis.  Combat,  bataille.  Ju- 
dith. 7.  9.  Ut  sine  congressione  possis  su- 
perare  eos  :  Si  vous  voulez  vaincre  les 
Israélites  sans  combat,  mettez  des  gardes  à 
toutes  les  fontaines,  dirent  à  Holopherne  les 
Ammonites  et  les  Moabites.  Voyez  quel  fut 
l'effet  de  ce  conseil  dans  les  versets  ik.  15. 
23.  25.  2.  Mach.  5.  3.  Contigitvideri  congres- 
siones  fieri  cominus  :  Au  temps  qu'Antiochus 
se  préparait  pour  faire  une  seconde  fois  la 
guerre  en  Egypte,  on  vit  dans  l'air  des  com- 
bats de  main  à  main  (jzpoaèol-h,  incursus). 

CONGRESSUS,  us.  Conversation  ,  combat 
de  deux  armées  ;  dans  l'Ecriture  : 

Entreprise  de  guerre.  1.  Mach.  9.  68.  Con- 
silium  ejus  et  congressus  ejus  erat  inanis  (eoo- 
Soç)  :  Les  desseins  et  l'entreprise  de  Bac- 
chide  furent  sans  effet.  Cette  entreprise  était 
de  prendre  Bethbessen  avec  Jonalhas.  Voy. 
64.  67. 

CONGRUERE.  De  l'ancien  verbe  gruere, 
qui  vient  de  gms  ;  et  parce  que  les  grues  ne 
se  séparent  point  et  vont  toujours  ensemble, 
ce  verbe  signifie  : 

S'accorder,  convenir,  se  rapporter.  2.  Par. 

30.  21.  Levitœ  quoque  et  Sacerdotes  per  or- 
gana  quœ  siio  officio  congruebant  laudabant 
Jjominum:  Les  Lévites  et  les  prêtres  louaient 
le  Seigneur  en  touchant  les  instruments  qui 
étaient  convenables  à  leur  fonction,  au  temps 
de  la  célébration  de  la  Pâque  qui  se  fit  sous 
Ezéchias  pour  la  première  fois.   2.  Mach.  2. 

31.  c.  11.  36. 

CONGRUUS,  À,  UM.  Qui  s'accorde,  conve- 
nable, propre.  Gen.40.  5.  Videruntque  ambo 
somnium  nocte  una  juxla  interprelaiioncm 
congruum  sibi  :  L'échanson  et  le  panetier 
de  Pharaon  eurent  chacun  on  songe  qui  leur 
marquait  ce  qui  leur  devait  arriver  confor- 
mément à  leur  sort.  Voy.  v.  21.  22.  Ainsi, 
Exod.  15.  23.  2.  Mach.  14.  22. 
•  CONGYRARE,  Tzîfuy.v/loù-j.  Ce  verbe  inusité 
de  gyrare  se  fait  de  gyrus ,  tour  qu'on  fait  en 
rond,  et  signifie  : 

.•'  S'assembler  autour  de  quelqu'un.  Judith. 
13.  16.  Accendentes  luminaria  congyraverunt 
circa  eam  universi  :  Les  Juif»  allumèrent  des 
ilanibcaux,  et  ils  s'assemblèrent  tous  aulour 
de  Judith.  Elle  arrivait  avec  la  tête  d'Holo- 
pherne.  Voy.  v.  11. 

CONJECTOR,  lÉ.  èW/-orn;,  qui  devine,  qui 
prédit  l'avenir.  Prov.  23.  7.  In  simililiidinem 
arioli  et  conjccloris  œstimat  quod  ignorai  : 
L'avare  qui  vous  invite  à  manger  avec  lui, 
jugeant  des  autres  par  lui-même,  agit  à  votre 
égard  c«>mme  un  homme  qui  devine  ,  il  s'i- 
magine que  la  joie  que  vous  témoignez  n'est 
pas  siiuère.  Gen.  40.  22.  c.  il.  v.  8.  24. 

CONJECTURA,  je.  Conjecture,  opinion  ap- 
puyée sur  certains  signes  ,  qui  ne  sont  pas 
tout  à  fait    convaincants  ;  dans   l'Ecriture  : 

1°  Devinalion  pisr  sort  {{ly.-j-eM;.  Ezech.  21. 
19.  Manu  canicl  covjccturam  :  Le  roi  de  Ba- 


bylone  étant  à  la  tête  de  deux  chemins  ,  mit 
des  flèches  dans  un  carquois  ,  l'une  desquel- 
les portait  le  nom  de  Jérusalem,  et  une  autre 
celui  de  Babbalh,  ville  des  Ammonites,  après 
les  avoir  brouillées  ,  celle 'qu'il  tira  la  pre- 
mière portait  le  nom  de  Jérusalem.  Voy.  v. 
20.  22.  23. 

2°  Interprétation  de  songe  (ffûy-z/sto-iç).  Dan. 
2.  V.  5.  6.  Nisi  indicaverilis  mihi  somnium, 
et  conjecluram  ejus,  peribitis  :  Si  vous  ne  me 
déclarez  ce  que  j'ai  songé  ,  et  ce  que  mon 
songe  signifie,  vous  périrez  tous,  dit  Nabu- 
chodonosor  aux  Chaldéens. 

CONJICERE.  Dejacere,  et  signifie  propre^ 
ment,  jeter,  ruer  ensemble  ,  comme  aussi, 
conjecturer,  deviner  une  chose  par  conjectu- 
res ;  dans  l'Ecr.  : 

1°  Deviner,  user  de  sort.  Ezech.  21.  19.  In 
capite  vice  civitatis  conjiciet  :  Le  roi  de  Baby- 
lone  tirera  au  sort  pour  reconnaître  lequel 
des  deux  chemins  il  doit  prendre.  Voy.  Con- 
jectura, 1°. 

2"  Interpréter  un  songe,  prédire  ce  qu'il 
signifie  (auy/ptvctv).  Gen.  kl.l^.  Somnia  audivi 
te  sapientissitne  conjicere  :  On  m'a  dit  que 
vous  aviez  une  grande  lumière  pour  expli- 
quer les  songes  ,  dit  Pharaon  à  Joseph.  Le 
grand  échanson  venait  de  faire  récit  à  Pha- 
raon de  l'interprétation  que  Joseph  avait 
autrefois  donnée  aux  songes  de  l'échanson 
et  du  grand  panetier.  v.  9.  13. 

CONJUCUNDARI,  «5£^e«t.  Dejucundus. 

Se  réjouir  ,  se  divertir  avec  quelqu'un. 
Eccli.  37.  4.  Sodalis  amico  conjucundatur  in 
oblectationibus,  et  in  tempore  tribulationis 
adversarius  erit  :  L'ami  se  divertit  avec  son 
ami  pendant  sa  prospérité  ,  et  il  deviendra 
ennemi  au  temps  de  l'affliction. 

CONJUGALIS,  E.  Qui  est  accouplé  de  joug  ; 
dans  l'Ecr.  : 

Qui  concerne  le  mariage  ,  qui  est  du  ma- 
riage. Ruth.  1.  12.  Nec  aplasum  vinculo  con- 
jugali  :  Je  ne  suis  plus  en  état  d'être  mariée, 
dit  Noëmi  congédiant  ses  deux  belles-filles. 

CONJUGIUM,  II.  Dii  jugum. 

Mariage.  Tob.  6.  ii.  Qui  conjugium  ita 
suscipiunt  ut  suœ  iibidini  vacenl,  fiabet  po~ 
îestatem  dœmonium  super  eos:  Lorsque  des 
personnes  ne  s'engagent  dans  le  mariage 
que  par  brutalité ,  le  démon  a  pouvoir  sur 
eux.  c.  8.  4.  Ter  lia  aulem  transacta  nocte,  in 
iioslro  erimus  conjugio  :  Après  la  troisième 
nuit  nous  vivrons  dans  notre  mariage,  dit  le 
jeune  Tobie  à  Sara  ;  il  l'exhorte  à  s'unir  en- 
semble à  Dieu  par  la  prière,  pendant  les 
trois  premières  nuits  de  leur  mariage. 

CONJUNCTIO,  Nis.  J  ■  Union,  liaison  (ctuv- 
0£7fA0î).  Coloss.  2.  19.  Caput,  ex  quo  lotum 
corpus  per  nexus  et  conjuncliones  submini- 
slralum  et  constructum  crescit  in  augmentwn 
Dei  :  Jésus-Christ  est  le  chef  duquel  tout 
le  corps  de  l'Eglise  recevant  l'influence  par 
les  vaisseaux  qui  en  joignent  les  parties, 
prend  son  accroissement  en  Dieu.  Cette  ex- 
pression figurée  est  tirée  de  la  liaison  nalu- 
rclle  des  membres  entre  eux  et  leur  chef. 

"1"  Mariage  ^'/ùuo;;.  Esth.  2.  18.  Jussit  con- 
vivium  prœpurari  permagni/icum  pro  con~ 
junctionc  et  nupliisEslher  :  Le  Roi  toDunanda 


875 


CON 


CON 


874 


qu'on  fit  un  festin  très-magnifique  pour 
le  mariage  et  les  noces  d'Esther. 

CONJUNGERE,  TuÇsjyvvvat,  joindre,  lier, 
unir.  Exod.  36.  10.  Conjunxit  cortinas  quin- 
que;  conjunxit,  pour  conjunxerimt  :  Cinq  des 
rideaux  du  tabernacle  tenaienll'un  à  l'autre, 
et  les  cinq  autres  étaient  joints  de  même, 
c.  26.  V.  10.  2i.  Jos.  17.  10.  Job.  38.  31.  c. 
M.  7. 

1°  Approcher,  rendre  voisin.  Zach.  H.  5. 
Fugietis  advallem  montium  eorum,  quoniam 
conjungetur  vallis  montium  usque  ad  proxi- 
mum  [èyy.oklûv  )  ',  eorum  pour  meorum  :  Vous 
fuirez  à  la  vallée  enfermée  entre  mes  mon- 
tagnes ,  parce  qu'elle  sera  proche  ,  dit  Dieu 
auiiL  Juifs,  parlant  du  dernier  jugement,  lors- 
que Jésus-Christ  viendra.  Celte  vallée  est 
celle  de  Mello,  enfermée  entre  les  montagnes 
de  Sion  et  de  Moria.  Exod.  12.  4.  Act.  18.  7. 

2"  Lier  et  faire  quelque  chose  qui  se  tienne 
et  qui  soit  continu  (-/oÀ>âv).  2.  Esdr.  4.  6. 
JEdificavimus  mxirum,  et  conjunximus  totum 
usque  ad  partem  dimidiam  :  Nous  bâtîmes 
la  muraille  de  Jérusalem,  et  toutes  les  brè- 
ches en  furent  réparées  jusqu'à  la  moitié. 
L'Ecriture  parle  du  temps  d'Artaxerxès. 

3°  Attacher  et  unir  étroitement.  Eccli.  2.  3. 
Conjungere  Deo  ,  et  sustine  :  Demeurez  uni  à 
Dieu ,  et  ne  vous  lassez  point  d'attendre  ses 
retardements  ;  Gr.  et  ne  vous  séparez  pas 
de  Dieu. 

k'  Unir  par  le  lien  du  mariage.  Matlh.  19. 
6.  Quod  ergo  Deus  conjunxit ,  homo  non  se- 
paret  :  Jésus-Christ  conclut  du  raisonnement 
précédent,  que  le  mariage  est  indissoluble, 
parce  que  Dieu  en  est  l'auteur.  Marc.  10.  9. 
Tob.  7.  V.  ik.  15.  Ipse  conjungat  vos  :  Que 
Dieu  lui-même  vous  unisse,  dit  Raguel,  met- 
tant la  main  droite  de  Sara,  sa  fille,  dans 
celle  du  jeune  Tobie  pour  les  marier,  c.  8.  5. 

5°  Allier  et  unir  par  alliance.  Levit.  ik. 
18.  Non  accèdes  ad  iixorem  ejus,  quœ  tihi 
affinitate  conjungilur  :  Vous  ne  vous  appro- 
cherez point  de  la  femme  de  voire  oncle  pa- 
ternel,  parce  qu'elle  vous  est  unie  par  al- 
liance. 3.  Reg.  3.  1.  Affinitate  conjunctus  est 
Pharaoni  Régi  JEgypli,  accepit  namque  filiam 
ejus  :  Salomon  s'allia  avec  Pharaon,  roi  d'E- 
gypte; car  il  épousa  sa  fille.  Dieu  avait  dé- 
fendu, Deut.  7.  3.  aux  Israélites  d'épouser 
des  femmes  étrangères;  mais  cette  défense 
ne  doit  s'entendre  que  de  celles  du  pays  de 
Chanaan;  ou  si  on  l'entend  de  toutes,  ce 
n'est  qu'en  supposant  qu'elles  n'embrassent 
pas  le  culte  et  la  religion  du  vrai  Dieu:  ce 
qui  paraît  par  beaucoup  d'exemples  de  l'E- 
criture. Salomon  pécha,  dans  la  suite,  lors- 
qu'il n'observa  pas  cette  condition;  et  c'est 
ce  qui  fut  cause  qu'il  tomba  dans  lidolâtrie. 
2.  Par.  18.  1. 

G"  Lier,  faire  liaison  et  société  (  xo/'/âv). 
Act.  5.  13.  Cœterorum  ncmo  (ludebat  se  con- 
iungere  illis:  Aucun  des  autres,  qui  n'étaient 
pas  chrétiens  et  fidèles,  n'osait  se  joindre 
aux  apôtres,  à  cause  de  la  frayeur  qu'ils 
eurent  de  la  mort  d'Ananie  et  de  Saphirc, 
aux  pieds  de  saint  Pierre.  1.  Mach.  3.  2. 

DiCTIONN.    UE    PUILOL.   SACBLli;.    L 


Phrase  Urée  de  ce  verbe  dans  le  sens  figuré. 

Conjungere  domum  ad  domum.  Joindre 
maison  à  maison;  c'est  avoir  une  passion 
insatiable  et  sans  bornes  d'acquérir  des 
biens  (o-uv«7rT£tv).  Isa.  5.  8.  Vœ  qui  conjun- 
gitis  domum  ad  domum  :  Malheur  à  vous,  qui 
joignezmaisonàmaison.Voy.lapunition,v9. 

CONJUNCT.US,  à,UM.  Joint,  uni,  lié:  dans 
l'Ecriture  :  i 

1°  Qui  est  comme  uni  à  quelqu'un,  qui  l'ac- 
compagne, qui  le  suit  de  près  {£x,QtjiVj6ç  -zi-joç). 
Ps.  67.  26.  Prœvenerunt  principes  conjuncti 
psallentibus  :  Les  princes  ,  conjointement 
avec  ceux  qui  chantent  de  saints  cantiques, 
se  sont  hâtés  de  venir  au  devant  de  l'Arche  : 
Le  prophète  parle  ici  de  lui-même  et  des 
grands  de  sa  cour  qui  allaient  devant  l'Ar- 
che de  Dieu.  Voy.  2.  Reg.  6.  5.  etc. 

2°  Qui  est  dans  le  même  rang,  qui  est 
semblable,  qui  représente  ((7U(7Tot;)^cîv,  ejusdem 
sériel  esse).  Sina  mons  est  in  Arabia,  qui  con- 
junctus est  ei  quœ  nunc  est  Jérusalem  :  Sina,  qui 
figure  la  même  chose  qu'Agar,  est  une  mon- 
tagne d'Arabie,  qui  représente  la  Jérusalem 
que  nous  voyons  maintenant.  C'est  sur  le 
mont  Sina  qu'a  été  donnée  la  loi  ancienne, 
qui  ne  fait  que  des  esclaves. 

CONJURARE.  S'obliger  avec  d'autres  par 
serment  de  faire  quelque  chose;  dans  l'Ecr.: 

Conjurer,  conspirer,  faire  une  conspira- 
tion (  o-uvTÎeeaôai  ).  1.  Reg.  22.  V.  8.  13. 
Quare  conjurastis  adversum  me  tu  et  filius 
Isai  ?  Pourquoi  avez-vous  conjuré  contre 
moi,  vous  et  le  fils  d'isaïe  ?  dit  Saiil  au  grand 
prêtre  Achimélech,  sur  le  rapport  de  Doëg, 
V.  9.  10.  Voy.  leur  innocence,  c.21.  v.  1.2. 
etc.  et  V.  10.  Ainsi,  k.  Reg.  15.  30.  Conju- 
ravit  et  tetendit  insidias  Osée,  filius  Ela,  con- 
tra Phacee  :  Osée,  fils  d'Ela,  fit  une  conspi- 
ration  contre  Phacée,  pour  le  surprendre 

(crudTpiçpîtv). 

CONJURATIO,  Nis.  i"  Conspiration,  tra- 
hison (  o-uvS.-o-y-ôî).  h.  Reg.  11.  14.  Conjura- 
tio,  conjuratio!  Trahison,  trahison  !  s'écria 
Athalie,  voyant  Joas  assis  sur  le  trône,  lors- 
qu'on le  reconnaissait  pour  roi  de  Juda  :  elle 
voulait  continuer  son  règne.  Voy.  v.3.  Ezech. 
22.  25.  Conjuratio  propheiarum  in  mcdio 
ejus  :  Les  prophètes  ont  conjuré  ensemble 
au  milieu  de  Jérusalem ,  en  s'unissant  à 
tromper  par  leurs  fausses  prophéties,  et  à 
persécuter  les  vrais  prophètes.  Voy.  4.  Rej; 
22.  V.  12.  24. 

2°  Obstination  dans  l'impiété,  volonté  dé- 
libérée de  ne  point  obéir  à  Dieu,  et  d'atten- 
dre de  lui  le  secours.  Isa.  8.  12.  j\on  dicn~ 
tis  :  Conjuratio  ;  omnin  cnim  quœ  loquitur 
populus  iste,  conjuratio  est  {Tyl-novj)  :  Pro- 
phète, et  vous  tous  fidèles  ,  ne  dites  point 
comme  les  autres  :  Faisons  une  conspiration 
tous  ensemble,  en  faisant  une  ligue  ofTeneivo 
et  défensive  avec  le  roi  d'Assyrie  contre;  nos 
ennemis:  car  tout  ce  que  dit  ce  peuple  n'est 
qu'une  conspiration  contre  moi,  dit  Dieu. 
Jerem.  21.  9. 

CONJUX,  GIS,  yyvï)  ;  dcjugutn. 

Femme  mariée,  épouse.  Matlh.  1.  20. 
Noli  limcre  accipcre  Mariam  conjugem  tuant  • 
Ne  craignez    point  de  prendre    avec    vous 

28 


8Î5 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


m 


Marie,  votre  femme,  dit  l'ange  à  Joseph,  qui 
ignorant  le  mystère  marqué  v.  18,  avait 
résolu  de  renvoyer  secrètement  la  sainte 
Vierge,  v.  24. 

GONNECTERE.  Lier  et  joindre  une  chose 
avec  une  autre;  soit  dans  le  sens  propre, 
comme  Exod.  26.17,  soit  dans  le  sens  figuré, 
comme  Ephes.  4.  16.  Ex  quo  totum  corpus 
compactum  et  connexum  ;  o-ufAêiÇaÇô/^evov.  Le 
corps  de  l'Eglise  dont  Jésus-Christ  est  le 
chef,  est  uni  et  lié  par  la  charité.  Voy.  Sdb- 

MINISTRARE. 

CONNUBIUM,  II,  vâpior.  Mariage.  Heb.  13. 
k.  Honorabile  connubiutn  {sit).  Que  le  ma- 
riage soit  traité  de  tous  avec  honnêteté:  ce 
sens  paraît  le  plus  naturel  dans  la  suite  de 
ce  chapitre;  el  l'Apôtre  donne  souvent  des 
préceptes,  où  le  verbe  sit  est  sous-entendu; 
comme  Rom.  12.  9.  Tit.  2.  8  ;  quoique  dans 
cet  endroit  il  se  puisse  entendre  absolument 
en  ce  sens  :  Le  mariage  est  honorable  en 
toutes  choses,  dans  les  choses  qui  lui  sont 
propres,  telles  que  le  sacrement,  la  fldélité, 
les  enfants.  Ainsi,  Gen.  34-.  9.  Jos.  23.  12. 

CONNUMERARE,  xxzapiBudv,  compter  avec 
d'autres,  mettre  au  même  rang  que  les  au- 
tres. Art.  1.  il.Connumeratus  eratinnobis: 
Judas  était  dans  le  même  rang  d'apôtre  que 
nous,  dit  saint  Pierre  ,  proposant  à  tous 
les  disciples  d'en  élire  un  autre  en  sa  place. 

CONOPOEUM,  I.  xwvwTTtov.  Ce  mot  est  grec, 
jtwvwTreîov,  de  xwvw^,  moucheron ,  cousin,  et 
signiûe  un  voile,  ou  plutôt  un  roseau,  que 
les  cousins  ne  pouvaient  traverser. 

1=  Pavillon,  lente.  Judith.  10.  19.  Videns 
Judith Holophernem  sedentemin  conopœo:  Ju- 
dith voyant  Holopherne  assis  sous  son  pavil- 
lon, se  prosterna  en  terre  devant  lui. 

2°  Rideau  de  lit,  rideau  d'un  pavillon  de 
lit,  une  partie  du  pavillon.  Judith.  13.  19. 
Abstulit  conopœum  ejus  a  columnis  :  Judith 
tira  un  rideau  du  lit  hors  des  colonnes; 
comme  les  rideaux  d'Holopherne  n'étaient 
pas  moins  reconnaissables  que  sa  tente,  c. 
13.  19.  elle  prit  ce  rideau  pour  le  montrer 
aux  Juifs  avec  la  tête  d'Holopherne  ,  afin 
qu'il  servît  de  preuve  que  c'était  aussi  sa 
tête  même.  v.  19.  Ecce  caput  Holophernisy  et 
ecce  conopœum  illius  :  Voici  la  tête  d'Holo- 

f)herne,  et  voici  un  rideau  du  pavillon  dans 
equel  il  était  couché,  c.  16.  23. 

CONQUASSARE  ,  aeieu  ,  ébranler  avec  ; 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Ebranler.  2.  Reg.  22.  8.  Fundamenta 
montium  concussa  sunt  et  conquassata  :  Les 
fondements  des  montagnes  ont  été  agités  et 
ébranlés;  David  Ggure  ici  par  un  tremble- 
ment de  terre  l'agitation  et  la  terreur  où 
furent  ses  ennemis,  lorsque  Dieu  prit  sa  dé- 
fense. 

2'j  Briser,  abattre  (auvôXàv).  Ps.  109.  6.  Con- 
quassabit  capita  in  terra  miiltorum  :  Le  Mes- 
sie, comme  un  victorieux  qui  fait  un  grand 
carnage  de  ses  ennemis,  brisera  les  têtes  de 
plusieurs;  ou,  selon  l'Hébreu,  abattra  le 
pouvoir  des  tyrans  qui  régnent  sur  des  peu- 
ples riches  et  nombreux.  Luc.  20.  18.  Oinnis 
qui  cccideril  super  illum  lapidem,  conquas- 
iabitur  :  Celui  ([ui  se  laissera  tomber  sur 


cette  pierre,  s'y  brisera  ;  celui  qui  s'enfle  et 
se  scandalise  de  la  vie  ou  de  la  doctrine  do 
Jésus-Christ,  en  sera  grièvement  puni  dans 
cette  vie;  mais  sans  qu'il  périsse,  s'il  fait  pé- 
nitence; mais  celui  qui  le  persécute  avec 
opiniâtreté,  en  résistant  à  la  vérité,  et  re- 
nonçant à  son  Evangile,  en  sera  entière- 
ment écrasé;  Jésus-Christ  fait  allusion  à  la 
coutume  que  gardaient  les  Juifs  en  lapidant 
un  coupable;  un  des  témoins  le  faisait  tom- 
ber de  haut  sur  une  grosse  pierre  ;  s'il  n'en 
mourait  pas ,  on  lui  en  laissait  tomber  une 
autre  sur  le  cœur. 

CONQUERI.  Se  plaindre  ((Ty/:;ipit(T07rov>3/5erv).  2. 
Mach.  4.  36.  Adierunt  Judœi  apud  Antio- 
chiam  simul  etGrœci  conquerentes  de  iniqua 
nece  Oniœ  :  Les  Juifs,  avec  les  Grecs,  allèrent 
trouver  Antiochus  l'Illustre  à  Antioche,  et 
lui  firent  leurs  plaintes  contre  Andronique, 
du  meurtre  si  injuste  qu'il  avait  commis  dans 
la  personne  d'Onias. 

CONQUIESCERE.  Se  reposer,  être  en  paix 
etenrepos(7r^o!7«v«7r«û£(TÔat).Sap.8. 16,  ïntrans 
domummeam,  conqaiescam  cwm  i7/a;  Entrant 
dans  ma  maison,  je  trouverai  mon  repos 
avec  la  sagesse.  4.  Reg.  11.  20.  Isa.  14.  7. 

1°  S'apaiser,  cesser  (>3a-u;;^«Ç£tv).  Prov.  26. 
20.  Susurrone subtracto,  jurgia  conquiescent  : 
Quand  il  n'y  aura  plus  de  semeurs  de  rap- 
ports, les  querelles  s'apaiseront. 

2°  Demeurer  dans  le  silence,  et  n'avoir  pas 
de  quoi  répondre.  Job.  39.  32.  Numquid  qui 
contendit  cum  Deo ,  tam  facile  conquiescit  ? 
Celui  qui  dispute  contre  Dieu,  se  réduit-il  si 
facilement  au  silence  ?  Dieu  dit  ceci  par  iro  - 
nie  à  Job,  qui  se  reconnaît  entièrement  con- 
vaincu et  confus.  Voy.  v.  34. 

3°  Tomber  et  fondre  sur  quelqu'un,  en 
parlant  de  quelque  grand  mal  («zetv).  Je- 
rem.  30.  23.  Procella  ruens  in  cnpite  impio- 
rum  conquiescet  :  La  fureur  du  Seigneur, 
comme  une  tempête  toute  prête  à  fondre,  va 
se  reposer  sur  la  tête  des  impies. 

CONQUIRERE.  i°  Acquérir,  gagner,  cher- 
cher, ou  tâcher  d'acquérir;  de  là  vient  : 

Conquirere  animam.  Gagner  ou  tâcher  de 
gagner  sa  vie,  Eccli.  38.  29.  In  operatione 
artis,  accommodantes  animam  suam,  et  con- 
quir entes  in  lege  Domini  :  Les  artisans  doi- 
vent en  travaillant  aux  ouvrages  de  leur  art 
y  appliquer  leur  esprit,  et  chercher  d'y  vivre 
selon  la  loi  du  Très-Haut. 

Attirer  sur  soi  quelque  qualité,  la  contrac- 
ter (x«etaT«vat \  2.  Mach.  6.  25. iVow  est  dignum 
ut  per  hoc  maculam  atque  execrationem  meœ 
senectuti  conquiram  :  Il  est  indigne  de  moi 
d'user  de  cette  fiction;  car  j'attirerais  une 
tache  honteuse  sur  moi,  et  l'exécration  des 
hommes  sur  ma  vieillesse;  cette  fiction  est 
marquée  v.  21. 

2°  Rechercher  la  vérité  de  quelque  chose, 
par  demandes  et  par  réponses,  disputer  en- 
semble (avÇrjTeïv).  Marc.  1.  27.  Mirati  sunt 
omncs ,  ita  ut  conquirerent  inter  se  :  Tous 
furent  étonnés  qu'au  commandement  de  Jé- 
sus-Christ, l'esprit  impur  sortît  de  l'homme 
qui  en  était  possédé;  en  sorte  qu'ils  se  de- 
mandaient les  uns  aux  autres  d'où  cela 
pouvait  venir,  c.  9.  9.  c.  8.  11.    Cœperunt 


ST7 


CON 


conquirere  cum  eo  :  Les  pharisiens  commen- 
cèrent à  disputer  avec  Jésus-Christ  ;  ce  fut 
.  dans  le  pnys  de  Dalmanulha,  c.  9.  v.  13.  15. 
G.  12.  28.  On  disputait  dans  ces  temps-là,  en 
se  proposant  les  uns  aux  autres  des  questions 
pour  y  répondre  et  les  résoudre;  comme  il  pa- 
raît que  faisait  Jésus-Christ  à  l'âge  de  douze 
ans  avec  les  docteurs,  dans  saint  Luc,  2.  i6. 
CONQUISITIO,  Nis.  Recherche;  dans  lE- 
criture  : 

Dispute,  conférence  (G-jÇ/i7»/(7£,-).  Act.  15.  7. 
Cum  autem  magna  conquisitio  fieret  :  Après 
que  les  apôtres  eurent  beaucoup  conféré  en- 
semble; savoir  s'il  fallait  circoncire  les  gen- 
tils, les  obliger  à  garder  la  loi  de  Moïse 
pour  être  sauvés,  saint  Pierre  et  saint  Jac- 
ques proposèrent  leur  sentiment,  qui  fut 
suivi. 

CONQUISITOR,  cr'jÇr)Tr;Tri,'  ,  qui  a  mission 
de  lever  des  gens  de  guerre;  dans  lEcri- 
ture  : 

Qui  dispute  et  recherche  avec  curiosité  la 
connaissance  des  choses.  1.  Cor.  1.  20.  Ubi 
conquisitov  hujus  sœculi?  Où  sont  les  curieux 
des  sciences  du  siècle?  Dieu  ne  choisit 
point  ces  sortes  de  gens  pour  prêcher  l'Evan- 
gile. 

CONREGNARE ,  «rufAÇao-t/evêiv ,  régner  avec 
quelqu'un.  2.  Tim.  2.  12.  Et  conregnabimus  : 
Si  nous  souffrons  avec  Jésus-Christ,  nous 
régnerons  aussi  avec  lui. 

CONRESUSCITARE,  T^vc-ycicsiv,  ressusciter 
quelqu'un  avec,  rendre  la  vie  à  plusieurs. 
JEphes.  2.  6.  Conresuscitavit  :  Dieu  nous  a 
ressuscites  avec  Jésus-Christ;  celte  résur- 
rection s'entend  de  la  mort  du  péché  à  la 
vie  de  la  grâce;  et  on  la  peut  bien  entendre 
aussi  de  la  résurrection  générale  des  corps 
de  élus  avec  Jésus-Chrisl. 

CONSANGUINEUS,  a,  um.  De  sanguis. 
De  même  sang  ,  proche  parent  (ô  eyyKrra). 
Levit.  21.  2.  Non  coyitaminelur  sacerdos  nisi 
tantiim  in consanguineis  :  Que  le  prêtre,  à  la 
mort  de  ses  citoyens,  ne  fasse  rien  qui  le 
rende  impur  selon  la  loi,  à  moins  que  ce  ne 
soient  ceux  qui  lui  sont  unis  plus  étroitement 
par  le  sang;  cela  s'étendait  jusqu'au  frère. 
c.  25.  W.  Riilh.  2.  1. 

CONSCENDERE,  ivaÇyivcw,  monter,  sortir 
de  quehiue  lieu  profond.  Jcrem.  48.  4i.  Qui 
conscenaerit  de  fovea,  capietur  laqueo  :  Qui 
sera  tiré  et  sortira  de  la  fosse,  sera  pris  au 
piège;  le  prophète  marque  le  malheur  et  la 
perte  inévitable  des  Moabitcs. 

Façon  de  parler  dans  le  sens  figuré, 

Conscendere  in  cœhim.  Monter  au  plus 
haut  des  rieux,  est  une  hyperbole,  pour  ex- 
primer l'orgueil  de  ceux  qui  s'élèvent  au- 
dessus  de  tout.  Isa.  14.  1.3.  in  cœhtm  con- 
scendam  :  Je  monterai  au  ciel,  ce  qui  s'entend 
du  premier  ange,  sous  la  figure  de  Nabu- 
chodonosor. 

C0NSCIENTIA,/E,«Tuv£i5r;Ti;.l' Conscience, 
jugement  (jue  la  raison  forme  de  ce  qui  est 
nioralementbon  ou  mauvais,  etquicondamnc 
ou  excuse  ce  qu'on  a  fait  de  bien  ou  de  mal. 
Rom.  2.  15.  Testimonium  rcddcnlc  illis  con- 
scientia    ipsorum,  et   inler  se  inrirem  cnqi- 


CON  878 

tationibus  accusantibus  :  La  conscience  des 
Gentils  leur  rend  témoignage  que  les  œuvres 
de  la  loi  sont  écrites  dans  leur  cœur,  par  les 
réflexions  de  'eur  esprit  qui  les  accusent  ou 
les  défendent,  c.  13.  5.  c.  9.  1.  2.  Cor.  i.  2, 
c.  5.  11.  Ainsi,  Heb.  10.2. 

2°  Science,  connaissance.  Gen.  43.  22.  Non 
est  in  nostra  conscientia  quis  posuerit  pecu- 
niam  in  marsupiis  nostris  :  Nous  ne  savons 
en  aucune  sorte  qui  a  pu  remettre  cet  argent 
dans  nos  sacs,  dirent  les  frères  de  Joseph  à 
son  intendant. 

3"  La  ^volonté  et  les  affections  de  l'âme. 
Tit.  1.  15.  Coinquinatœsunt  eorum  et  mens  et 
conscientia  :  La  raison  et  la  conscience  des 
impurs  et  des  infldèles  sont  impures  et  souil- 
lées :  les  souillures  et  les  taches  des  péchés 
sont  proprement  dans  la  volonté  comme  dans 
leur  sujet  :  mais  on  peut  dire  qu'elles  sont 
dans  la  conscience  comme  une  chose  est  dans 
celui  qui  la  connaît,  dit  saint  Thomas,  i.  p. 
qu.  79.  art.  13.  ad.  2.  1.  Cor.  8.  7.  Conscien- 
tia ipsorum poUuitur  :  La  conscience  de  ceux 
qui  en  ce  cas  mangent  des  viandes  offertes 
aux  idoles,  est  souillée.  Ainsi,  Heb.  9.  14. 
Qunnlo  magis  sanguis  Chrisii  emundabit  con^ 
scientiam  nostram  ab  operibus  mortuis  :  A 
combien  plus  forte  raison  le  sang  de  Jésus- 
Christ  puriGera-t-il  nos  consciences  des  œu- 
vres mortes.  L'Apôtre  prouve  que, le  sang 
de  Jésus-Christ  peut  bien  effacer  les  péchés, 
qui  sont  les  souillures  de  l'âme,  si  le  sang 
des  victimes  avait  la  vertu  de  purifier  les 
souillures  du  corps. 

4"'  L'opinion,  le  doute,  le  scrupule,  ou  le 
sentiment  qu'on  a  de  quelque  chose.  1.  Cor. 
8.  7.  Quidam  cum  conscientia  nsque  nunc 
idoli,  quasi  idolothytwn  munducant  :  I!  y  en 
a  qui,  croyant  que  l'idole  est  quelque  chose, 
mangent  des  viandes  qui  lui  sont  offertes  : 
ce  que  l'Apôtre  condamne,  1.  Cor.  10.  27. 
Manducate  ,  nihil  interrogantes  propler  con- 
scientiam  :  Chez  les  Gentils,  mangez  de  tout 
ce  qu'on  vous  servira,  sans  vous  informer 
d'où  il  vient,  par  scrupule  de  conscience,  v. 
28.  29.  Nolite  manducare  propter  conscien- 
tiam  :  Mais  si  on  vous  dit  qu'il  a  été  immolé 
aux  idoles,  n'en  mangez  pas,  pour  ne  pas 
blesser  la  conscience  de  ceux  qui  vous  l'ont 
dit,  et  de  ceux  devant  qui  on  vous  l'a  dit. 

5°  Sentiment  de  respect,  de  devoir  et  de 
considération.  1.  Pet.  2.  19.  Hœc  est  gratia, 
si  propter  conscientiam  Dei,  i.  c.  de  Deo,  sus- 
tinet  quis  tristitias  patiens  injuste  :  Co  qui 
est  agréable  à  Dieu  est  que,  dans  la  vue  de 
lui  plaire,  nous  endurions  et  nous  souffrions 
injustement.  Prov.  12.  18.  £'5/  qui promittit, 
et  quasi  gladio  pungitur  conscienliœ  :  Tel 
promet  qui  est  percé  ensuite  comme  d'une 
cpée,  par  le  sentiment  du  devoir  où  il  est  de 
s'acquitter  de  sa  parole  ;  Hebr.  Il  y  en  a 
dont  les  paroles  sont  perçantes  comme  des 
épées. 

CONSCINDF.RE,  Sia^^'/j-yvOvat,  1°  Couper  en 
morceaux,  déchirer.  '1.  R.  g.  4.  .39.  Conscidit 
(al.  concidil)in  ollum  pulmenti  :  L'un  des 
serviteurs  d'Elisée  coupa  des  coloquintes 
sauvages  par  morceaux,  et  les  mit  cuire  dans 
le  pot  :  comme  il  ne  savait  ce  que  c'était,  \\ 


879 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


880 


les  prépara  pour  servir  à  manger  aux  disci- 
ples d'Elisée.  1.  Mach.  14.  Act.  U.  13.  Bar- 
nabas  et  Paulus  conscissis  tunicis  :  Les  saints 
Apôlres  Barnabe  et  Paul  déchirèrent  leurs 
vêtements,  lorsque  les  habitants  de  Lystre 
voulurent  leur  sacrifier,  ce  culte  n'étant  dû 
qu'à  Dieu  :  le  déchirement  des  vêtements 
était  l'effet  du  sentiment  ou  d'affliction,  ou 
de  douleur,  qu'on  avait  d'entendre  quelque 
blasphème.  Ps.  29.  12. 

2°  Dévêtir,  dépouiller.  Ps.  29.  12.  Consci- 
disti  saccum  meum,  et  circumdedisti  me  lœti- 
tia.  Voy.  Saccus. 

CONSCIUS,  A,  UM,  ffjv£tSw?.  1°  Celui  qui  sait 
et  qui  connaît  certainement  quelque  chose. 
Job.  16.20.  Conscius meus  inexcelsis  ((tuvît-wo): 
Celui  qui  connaît  le  fond  de  mon  cœur  est 
dans  les  cieux.  Levit.  5.  1. 

2"  Celui  qui  sait  quelque  chose  qui  s'est 
faite  de  son  aveu  et  de  son  consentement. 
Act.  5.  2.  Fraudavil  de  pretio  agri  conscia 
uxore  sua  :  Ananie  retint,  de  concert  avec  sa 
femme,  une  partie  du  prix  d'un  fonds  de  terre 
qu'il  avait  vendu  :  ce  qu'il  apporta  aux  apô- 
lres, il  le  leur  apporta  comme  en  étant  la 
somme  entière  ;  ce  qui  faisait  son  péché.  Voy. 
V.  3.  k.  Ainsi,  3.  Reg.  2.  kk. 

3"  Coupable,  à  qui  la  conscience  reproche 
quelque  chose.  1.  Cor.  i.  4.  Nihil  mihi  con- 
scius sum:  Quoique  la  conscience  ne  reproche 
rien,  on  ne  sait  néanmoins  si  l'on  est  agréa- 
ble à  Dieu. 

CONSGRIBERE,  y/sâyav,  de  scribere,  et  si- 
gnifie : 

1°  Ecrire  et  rédiger  par  écrit,  renfermer 
dans  un  livre.  Eccl.  12.  10.  Ecclesiasies  con- 
scripsit  sermones  rectissimos  :  L'Ecclésiaste 
écrivit  des  discours  pleins  de  droiture,  etc. 
Dcut.  30.  10. 

2*  Ecrire  avec  ;  d'où  vient  cette  phrase  : 

Mettre  et  recevoir  au  nombre,  ou  destiner 
pour  être  du  nombre.  1.  Mach.  8.  20.  Mise- 
runt  nos  ad  vos  conscribere  nos  socios  et  ami- 
cos  vestros  :  Judas ,  ses  frères  et  le  peuple 
Juif  nous  ont  envoyés  pour  faire  alliance 
avec  vous,  afin  que  vous  nous  mettiez  au 
nombre  de  vos  amis  et  de  vos  alliés,  disent 
au  sénat  romain  les  ambassadeurs  de  Judas  : 
celte  alliance  est  contenue  dans  les  versets 
23.  24.  et  suiv.  Ainsi,  c.  13.  40.  Si  qui  exvo- 
bis  cpti  sunt  consciibi  inler  7iostros,  conscri- 
hanlur  :  S'il  s'en  trouve  parmi  vous  qui  soient 
propres  à  être  enrôlés  dans  nos  troupes.  Dé- 
métrius  met  ceci  dans  la  réponse  qu'il  fait  à 
la  demande  de  Simon,  grand  prêtre.  Heb.  12. 
23.  Accessislis  ad...  Ecclesiam  primitivorum 
qui  conscripti  sunt  in  cœlis  :  Vous  vous  êtes 
approchés  des  premiers-nés  qui  sont  écrits 
dans  le  ciel.  Voy.  saint  Luc,  10.  20.  Philipp. 
4.  3.  Apoc.  13.  8.  etc. 

CONSCRIPTIO,  Nis.  crvyypxfYi,  de  conscri- 
berCf  et  signifie  proprement  action  de  mettre 
quelque  chose  par  écrit;  dans  l'Ecriture  : 

Ecrit,  contrat,  acte  d'autorité  publique. 
1.  Mach.  14.  43.  Ut  scribantur  in  nomine  ejus 
omnes  conscriptiones  in  regione  :  Les  Juifs 
avaient  consenti  que  tous  les  actes  publics 
fussent  écrits  au  nom  de  Simon  Machabée 
dans  le  pays.  Tob.  7.  16. 


CONSCRIPTUS,  A,  UM.  Ecrit,  composé; 
dans  l'Ecriture  : 

Prescrit,  arrêté,  déterminé.  Ps.  149.  9.  Ut 
faciant  in  eis  judicium  conscriptum  :  Les 
saints  auront  dans  leurs  mains  des  épées  pour 
exercer  contre  leurs  ennemis  le  jugement 
qui  est  marqué  et  prescrit.  Les  commande-/ 
ments  et  les  ordres  que  Dieu  avait  marqués 
dans  le  Deutéronome ,  de  quelle  manière 
les  Israélites  devaient  combattre  cl  détruire 
les  anciens  habitants  de  la  terre  promise, 
étaient  la  figure  de  ceux  que  les  fidèles  doi- 
vent exercer  contre  les  ennemis  de  l'Eglise. 

CONSECRARE,  ùyi^yçeu,  de  sacrare. 

1°  Consacrer  et  dédier  à  Dieu,  destiner  une 
chose  ou  une  personne  à  un  usage  sacré.  1. 
Par.  18.  11.  Omnia  vasa  aurea  et  argentea 
consecravit  rex  David  Domino  :  Le  roi  Da- 
vid consacra  au  Seigneur  tous  les  vases  d'or 
et  d'argent;  ce  qui  était  consacré  de  la  sorte 
était  mis  dans  le  trésor  du  temple  :  Ainsi 
l'on  dédiait  et  l'on  offrait  à  Dieu  les  lévites; 
Num.  8.  13.  les  prêtres,  Exod.  28.  41.  c.  29. 

1.  les  Nazaréens,  Num.  G.  18.  les  premiers- 
nés,  les  victimes  et  plusieurs  autres  choses. 

2.  Par.  17.  16. 

2°  Offrir  à  Dieu,  présenter  et  donner  pour 
toujours.  1.  Esdr.  8.  25.  Appendi  eis  et  vasa 
consecrata  domus  Dei  nostri .  Je  pesai  les  va- 
ses consacrés  de  la  maison  de  notre  Dieu  : 
Arlaxerxès  les  avait  offerts  à  Dieu.  Voy.  c. 
7.  15.  Judic.  17.  3.  Consecravi  et  vovi  hoc  ar- 
gentum  Domino  :  J'ai  consacré  cet  argent  au 
Seigneur,  et  j'en  ai  fait  vœu  :  11  paraît  que 
la  mère  deMichas  adorait  Dieu  ;  mais  qu'elle 
faisait  un  mélange  monstrueux  du  culte  du 
vrai  Dieu  avec  celui  des  idoles. 

Phrase  tirée  de  la  première  sigoificalion. 

Consecrare  manus  alicujus,  consecrare  ma- 
nus  suas.  1°  Consacrer  les  mains  à  quelqu'un  ; 
c'est  le  consacrer  à  Dieu,  en  lui  consacrant 
les  mains  pour  le  rendre  capable  de  le  ser- 
vir dans  quelque  fonction  sacrée.  Exod.  28. 
41.  c.  29.  35.  Cunctorum  consecrabis  manus 
(èpiTzlriBet-j)  ;  Voy.  Complere,  implere. 

2°  Consacrer  les  mains  ;  c'est  faire  quel- 
que action  par  obéissance,  aussi  agréable  à 
Dieu,  que  de  lui  offrir  un  sacrifice.  Exod. 
32.  29.  Consecraslis  {ix-nlnpow)  manus  vestras 
hodie  Domino  unusquisque  in  filio  et  in  fratre 
suo  :  Chacun  de  vous  a  consacré  ses  mains 
au  Seigneur,  en  tuanl  son  fils  et  son  frère, 
dit  Moïse  aux  lévites,  qui  venaient  d'exécuter 
l'ordre  qu'il  leur  avait  donné  pour  punir  le 
peuple  de  l'idolâtrie  du  veau  d'or.  Souvent  le 
mot  consecrare,  ou  consecratio,  est  mis  en 
hébreu  pour  implere. 

C0NSECRAT10,Nis,  T£>eîwfft;, consécration, 
action  de  consacrer  et  dédier  :  Ainsi, 

1°  La  consécration  du  pontife  et  des  autres 
prêtres  de  la  loi.  Levit.  7.  37.  v.  8.  33.  Sep- 
tem  diebus  finitur  consecratio  :  Cette  consé- 
cration durait  sept  jours,  et  se  faisait  de  la 
sorte  :  on  présentait  à  l'autel  celui  qui  devait 
être  consacré,  où,  après  l'avoir  lavé  par  tout 
le  corps,  on  le  vêtait  des  habits  sacerdotaux; 
on  lui  versait  sur  la  tête  des  parfums  consa- 
crés  pour  cet  usage;  enfin  on  immolait  pour 
lui  un   bélier,  appelé  Aries  consecraiionis 


88i 


CON 


CON 


882 


Exod.  29.  V.  22.  31.  Levit.  8.  29.  Ensuite  on 
arrosait  du  sang  de  ce  bélier  l'aulel  et  les 
vêlements  du  prêtre  ;  alors  on  en  faisait  cuire 
la  chair,  dont  le  prêtre  mangeait  avec  des 
pains  que  l'on  mettait  à  l'entrée  du  taberna- 
cle, qui  sont  appelés,  Exod.  29.  31,  Panes 
consecrationis. 

2°  La  consécration  du  Nazaréen  ,  ou  le 
vœu  par  lequel  il  se  consacrait  à  Dieu,  pour 
vivre  à  son  service^  séparé  du  monde  (s^x*')* 
Num.  6.  V.  12.  13.  Ista  est  lex  consecrationis  : 
Voilà  la  loi  pour  la  consécration  du  Naza- 
réen. V.  6.  21.  Voy.  NAZARiEus. 

§  1.  —  Le  signe  et  la  marque  de  la  con- 
sécration du  Nazaréen;  se.  sa  chevelure  qu'il 
laissait  croître.  Num.  6.  l.Consecratio  {s\iyji) 
Dei  sui  super  caput  ejus  est  :  La  consécra- 
tion de  son  Dieu  est  sur  sa  tête  ;  i.  e.  la  mar- 
que de  sa  consécration  est  sa  longue  chevelure. 
V.  9.  Polluetur  caput  consecrationis  ejus  :  i.  e. 
consecratio  capitis  :  La  chevelure  du  Naza- 
réen, qui  est  la  marque  de  sa  consécration, 
sera  souillée  d'une  impureté  légale  ;  se.  si 
quelqu'un  meurt  subitement  devant  lui. 

§  2.  —  La  chose  même  consacrée  à  Dieu 
{k-jk%i^u).  Levit.  27.  29.  Omnis  consecratio 
(Hebr.  cherem)  quœ  offertur  ab  homine  non 
redimetur ,  sed  morte  morietur  :  Tout  ce  qui 
aura  été  offert  par  un  homme,  et  consacré 
au  Seigneur,  ne  se  rachètera  point  ;  mais  il 
faudra  nécessairement  qu'il  meure  :  Ce  que 
les  Hébreux  appelaient  c/terem,  était  tellement 
consacré  à  Dieu,  qu'il  fallait  qu'il  fût  détruit, 
ou  qu'il  changeât  de  nature  :  si  c'étaient  des 
animaux,  on  les  immolait  s'ils  étaient  pro- 
pres pour  cela  ;  que  s'ils  ne  l'étaient  pas,  on 
les  changeait.  Voy.  Asinus.  Si  c'étaient  des 
hommes,  ils  étaient  aussi  immolés  quand  c'é- 
taient des  ennemis  ou  de  grands  pécheurs  ; 
ou  étaient  consacrés  au  service  de  Dieu  pour 
toujours,  comme  les  Nazaréens  ,  la  flUe  de 
Jephté  et  d'autres.  On  en  faisait  de  même 
des  terres  et  de  l'argent,  ce  que  l'on  appelle 
amortir.  Voy.  Anathema.  Ainsi,  Panes  con- 
secrationis (  i.  e.  )  panes  consecrati  :  Les 
pains  de  consécration,  i.  e.  qui  ont  été  con- 
sacrés. Le  mot  consecratio  ,  pris  pour  une 
chose  consacrée,  Lev.  8.  31.  se  trouve  dans 
les  auteurs  ecclésiastiques.  C'est  dans  ce  sens 
qu'il  faut  entendre  ce  passage  tiré  des  Offices 
de  saint  Ambroise,  où  saint  Laurent  dit  à 
saint  Sixte  qu'il  lui  avait  confié  la  consécra- 
tion du  corps  et  du  sang  de  Jésus-Christ,  c'est- 
à-dire,  le  corps  et  le  sang  consacré.  Ce  mot 
est  en  ce  même  sens  dans  la  vie  de  saint  Ma- 
gloire  faite  par  saint  Eloi ,  et  en  plusieurs 
autres  endroits. 

CONSEDERK,  /«OiÇstv.  1°  Etre  assis,  s'as- 
seoir ensemble.  Eccli.  11.1.  Sapientia  humi- 
liati  in  medio  magnatorum  consedere  faciet 
illum  La  sagesse  de  celui  qui  est  dans  la 
bassesse,  le  fera  sié^crau  milieu  des  grands. 
G.  32.  2.  ïob.  11.  12. 

2"  Demeurer,  faire  sa  demeure.  1.  Mach. 
%  i.  Et  consedit  in  monte  Modin  :  Mathalhias 
sortit  de  Jérusalem  et  se  retira  sur  la  monta- 
gne de  Modin. 

3"  Camper  (77«^.fy.ç«A)ctv  ).  1.  Kcg.  13.  IG. 
Philisthiim   consederant  in  Marliinas  :   Les 


Philistins  étaient  campés  à  Machmas,  lors- 
que Saiil  et  Jonalhas  étaient  à  Gabaa  de  Ben- 
jamin. 1.  Mach.  9.  33. 

Façons  de  parler  dans  le  sens  flguré. 

Consedere  in  cœlestibus.  Etre  assis  dans 
les  cieux,  s'y  asseoir  (cyyyxa^iÇetv)  ;  c'est  y  être 
par  une  vie  toute  céleste ,  par  affection  et 
par  l'espérance  que  nous  avons  d'y  régner 
un  jour  avec  Jésus-Christ.  Ephes.  2.  6.  Nos 
consedere  fecit  in  cœlestibus  in  Christo  Jesu  . 
Dieu  nous  a  fait  asseoir  dans  le  ciel  en  Jésus- 
Christ.  Voy.  2.  ïim.  2.  12. 

Consedere  in  dextra  sedis  magnitudinis  in 
cœlis.  Etre  a.ssis  dans  le  ciel  à  la  droite  du 
trône  de  la  majesté  de  Dieu.  Hebr.  8.  1.  Cela 
s'entend  de  Jésus-Christ;  ce  qui  est  une  fa- 
çon de  parler  pour  exprimer  le  grand  hon- 
neur qui  est  rendu  à  son  humanité  sainte 
unie  hypostatiquement  à  la  divinité,  et  sa 
prééminence  au-dessus  de  tous  les  bienheu- 
reux. 

CONSENESCERE.  De  senescere,  et  signi- 
fie : 

Devenir  vieux  avec,  vivre  ensemble  jus- 
qu'à une  ex.trême  vieillesse  [<T\jy/.x-a.ynpâ.>7y.eiv] . 
Tob.  8. 10,  Consenescamus  ambo  pariter  sani  : 
Seigneur,  que  nous  puissions  vivre  ensem- 
ble jusqu'à  la  vieillesse,  dans  une  parfaite 
santé  :  Sara  prie  Dieu  qu'il  les  conserve  en 
santé,  elle  et  le  jeune  Tobie  dans  leur  ma- 
riage. Ce  qui  les  porte  tous  deux  à  faire  cette 
prière  à  Dieu,  est  la  mort  des  sept  maris  do 
Sara  marquée  c.  3.  8. 

SigniQcalion  figurée. 

Persévérer  et  demeurer  ferme  jusqu'à  la 
mort.  Eccli.  11.  16.  Qui  exultant  in  malis 
consenescunt  in  malo  :  Ceux  qui  se  glorifient 
dans  le  mal,  demeurent  impénitents. 

CONSENIOR,  (TU|:x7rp£(TeûT£/3oç,  dc  senex  ,  se- 
nior. Ce  comparatif  signifie  proprement  qui 
est  fort  âgé  aussi  bien  que  les  autres;  mais, 
dans  l'Ecriture,  il  signifie  : 

Qui  est  prêtre  aussi  bien  que  les  autres 
qui  le  sont.  1.  Petr.  5.  1.  Seniores  obsecro^ 
consenior  et  testis  Christi  passionum  :  Je  vous 
prie,  vous  qui  êtes  prêtres,  étant  prêtre 
comme  vous.  Voy.  Senior. 

CONSENSUS,  us,  6//6vorx  :  —  1"  Consente- 
ment ,  conformité  de  sentiments  et  d'affec- 
tions, accord,  union.  Ps.  5'i.  15.  In  domo  Dei 
ambulavimus  cum  consensu  :  Nous  marchions 
ensemble  avec  tant  d'union  dans  la  maison 
du  Seigneur.  Le  prophète,  se  plaignant  de 
l'ingratitude  d'Achilophel,  lui  objecte  je»  l'u- 
nion qui  était  entre  eux,  et  dans  l'amitié  ,  et 
dans  le  culte  du  même  Dieu.  Voy.  2.  Reg.  15. 
V.  12.  20.  Ainsi,  1.  Cor.  7.  5. 

2"  Convenance,  rapport  proportion  (Tjyxx- 
rùOertiç).  2.  Cor.  6.  16.  Qui  consensus  templo 
Dei  cum  idolis  ?  Quel  rapport  entre  le  temple 
de  Dieu  et  les  idoles?  i.  e.  entre  les  fidèles, 
qui  sont  le  temple  de  Dieu,  et  les  infidèles. 

CONSENTIRE  ,  aujixy&ivcrv  :  1"  Consentir  , 
s'accorder  à  quelque  chose  et  l'approuver, 
être  de  mênjc  avis.  Tob.  V.  6.  Cave  ne  pec- 
cato  consentias  :  Gardoz-vous  de  consentir 
jamais  à  aucun  péché.  Matth.  18.  19.  Si  duo 
ex  vobis  conscnserint  super  lerram  :  Peu  do 


3S!3 


DICTI0NNA)RE  DE  PHILOLOGIE  SACRLE. 


personnes  (fui  s'unissent  pour  prier,  sont 
capables  d'obtenir  tout  ce  qu'elles  demande- 
ront. Luc.  11.  48.  Rom.  12.  16. 

2°  S'accommoder,  condescendre,  obéir  (frw- 
«-«'/î5-5«i).  Rom.  12.  16.  Non  nlta  sapientes, 
sed  humilibus  consentientes  :  Ne  vous  élevez 
point  par  des  pensées  présomptueuses,  mais 
rabaissez-vous  jusqu'aux  personnes  les  plus 
tasses,  et  ne  méprisez  point  leur  conversa- 
tion. D'autres  expliquent  ce  passage  des 
choses  :  Accommodez-vous  à  ce  qui  est  de 
plus  bas  et  de  plus  humble.  Jac.  3.  3.  Equis 
frœna  in  ora  miltimus  ad  consentiendum  no- 
bis  :  Nous  mettons  des  mors  dans  la  bouche 
des  chevaux,  a6n  qu'ils  nous  obéissent  {-d- 

CONSEPELIRE,  (jvjBûtzzsiv,  ensevelir  avec, 
ce  qui  s'entend  figurément  du  péché  et  du 
Tieil  homme,  qui  est  détruit  dans  le  baptême 
par  les  mérites  de  Jésus-Christ.  Rom.  6.  4. 
Consepulti  sumus  cum  illo  per  bnptismum  in 
mortem  :  Nous  avons  été  ensevelis  avec  Jé- 
sus-Christ par  le  baptême,  pour  représenter 
sa  mort.  Goloss.  2.  12. 

CONSEQUENS,  tis,  ce  qui  suit  et  ce  qui  a 
pu  se  faire  en  conséquence  d'une  autre  chose. 
Gen.  44.  8.  Pecuniam  reportavimus  ad  te  et 
quomodo  consequem  est  ut  farati  simus  aurum 
vel  argentum?  Nous  vous  avons  rapporté  de 
Chanaan  l'argent  que  nous  avons  trouvé  à 
l'entrée  de  nos  sacs  ;  conuucnt  donc  se  pour- 
rait-il faire  que  nous  eussions  dérobé  de  ia 
maison  de  votre  seigneur  de  l'or  ou  de  l'ar- 
gent? dirent  les  frères  de  Joseph  à  son  inten- 
dant, qui  les  accusait  d'avoir  dérobé  la  coupe 
de  son  maître. 

CONSEQUENTER  :  —  1°  Conséquemment, 
par  conséquent,  ce  qui  est  un  terme  dont  on 
se  sert  pour  marquer  qu'on  fait  un  jugement 
et  qu'on  lire  une  conclusion  des  propositions 
qui  précèdent.  2.  Par.  .32.  15.  Si  7niUus potuit 
JJeus  cunctarum  gentium  Hberare  populum 
su\im  de  manu  mea...  consequenter  nec  Deiis 
tester  poterit  eruere  vos  de  manu  mea  :  Si  au- 
cun dieu  des  nations  n'a  pu  délivrer  son 
peuple  de  ma  main,  votre  Dieu,  par  consé- 
quent, ne  pourra  non  plus  vous  en  tirer  :  ce 
sont  les  paroles  de  Sennachérib  au  peuple  de 
Jérusalem. 

2°  Conformémentjparrapport  à  quelque  cho- 
se {y.Kzà.).  Gen.kS.l.  jyosrespondimusei  conse- 
quenter juxta  id  quod  fuerat  sciscitatus  :  Nous 
répondîmes  à  celui  qui  commande  en  Egypte, 
selon  ses  demandes  :  les  onf/mls  de  Jacob  se 
justiûent  de  la  faute  qu'il  leur  impute,  d'a- 
voir déclaré  qu'ils  avaient  encore  un  frère. 

CONSEQUI,  àxo/o-jOEiv,  Tzv.o'/.y.oi.ryjfiiu  : 

1"  Suivre,  aller  après,  poursuivre  (5iwx-tv). 
Sap.  19.  2.  Consequebanlur  illos  pœnilentia 
ucti  :  Les  Egyptiens  se  repentirent  aussitôt 
d'avoir  renvoyé  les  Israélites  ,  et  ils  se  réso- 
lurent d'aller  après  eux  ;  ceci  a  rapport  à  ce 
qui  est  dit,  Exod.  14.  8.  1.  Cor.  10.  4.  Bibebant 
autem  de  spirit(di,  conséquente  eos  petra  :  Les 
Israélites  buvaient  de  l'eau  de  la  pierre,  qui 
les  suivait,  parles  ruisseaux  quiencoulaient, 
et  qi:i-  les  accompagna  jusqu'au  lieu  où  ils 
en  trouvèrent  sufOsammcnl.   Voj.  Spiuitua- 


88  i 

LIS.  L'apôtre  a  en  vue  ce  qui  est  dit  Num. 
20.  V.  8.  11. 

2°  Atteindre,  joindre.  1.  Reg.  31. 3.  Consecuti 
sunt  [lùûi^y.si-j)  eumvirisagittarii:  Les  archers 
de  l'armée  des  Philistins  joignirent  Saiil. 
Gen.  31.  25.  Mais  ,  2.  xMach.  8.  11,  ce  mot 
s'entend  dans  le  sens  figuré.  Non  respiciens 
ad  vindictam  quœ  eum  ab  Omnipotente  esàct 
consecutura  :  Kicânor,  invitant  ainsi  les  mar- 
chands de  venir  acheter  à  bon  marché  des 
esclaves  juifs  qu'il  devait  faire  ,  ne  faisait 
pas  réflexion  sur  la  vengeance  du  Tout- 
Puissant,  qui  devait  bientôt  tomber  sur  lui. 
Voy.  V.  34.  35.  36. 

3°  Acquérir,  obtenir,  trouver  (èTrtrvyxKvîiv). 
Rom.  11.  7.  Quod  quœrebat  Israël  hoc  non  est 
co7isecutus,  electio  aulem  consecuta  est  :  Israël 
n'a  pas  obtenu  ce  qu'il  cherchait  {se.  le  salut 
qu'il  croyait  trouver  ,  se  conûant  dans  ses 
mérites,  ;  et  le  peuple  élu  l'a  obtenu  ;  se.  les 
chrétiens  ont  obtenu  ce  salut  par  la  foi  en 
Jésus-Christ.  A\ns'\,  Consequi  misericordiam, 
s'entend  dans  la  même  signiflcation.  Voyez 

MiSERICORDiÂ,  Voy.  H^REDITAS. 

Phrases  tirées  de  ceUe  signification. 
Consequi  summam  infelicitatem,  trouver  le 
comble  de  ses  malheurs  (5j(7r,y.îc-rv,  infelici- 
ter  agere).  2.  Mach.  8.  35.  Summam  infelici- 
tatem de  interitu  sui  exercitus  consecutus  :  Ni- 
canor  trouva  le  comble  de  ses  malheurs  dans 
la  perte  de  son  armée;  se.  par  Machabée, 
après  quoi  il  s'enfuit  seul  à  Antioche. 

Consequi  ultionem ,  Ixy.SccJsi-j  èy.Siy.v'!ri:>,  se 
venger.  Jerem.  20.  10.  Consequamur  ultionem 
ex  eo  :  Tâchons  de  nous  venger  de  lui;  les 
ennemis  de  Jérémie  ne  cherchaient  qu'à  le 
perdre. 

CONSERERE,  CONSEVI ,  CONSITUM,  ou- 
T£Û£tv,  planter,  semer.  Esth.  1.  5.  In  vestibulo 
horti  et  nemoris  ,  quod  regio  cultu  et  manu 
consitum  erat  :  Assuérus  flt  préparer  au  peu- 
ple de  Suse  un  festin  dans  le  vestibule  de 
son  jardin  et  d'un  bois  qui  avait  été  planté 
par  la  main  des  rois.  Eccl,  2.  5. 

CONSERERE,  CONSERUI ,  joindre  une 
chose  à  une  autre. 

Phra«es  tirées  de  cette  signiflcation. 
Conserere  inanus  ,  mettre  les  mains  l'une 
dans  l'autre;  c'est  demeurer  sans  travailler. 
Prov.  6.  10.  c.  24.  33.  Paululum  conseres  ma- 
nus  ut  dormias  :  Vous  mettrez  un  peu  vos 
mains  l'une  dans  l'autre  pour  vous  reposer; 
Gr.  èv«7/K)iÇ£iv ,  mettre  les  bras  l'un  dans 
l'autre,  comme  font  ceux  qui  s'endorment;  le 
Sage  parle  du  paresseux  qui  sommeille  ou 
sendort  souvent  au  lieu  de  travailler. 

Conserere  inanum  super  manum  proximi, 
mettre  sa  main  dans  celle  de  son  voisin,  la 
joindre  avec  la  sienne,  c'est  implorer  son  se- 
cours et  avoir  recours  à  lui  {(7-Ju-'/.iy.B76v.i). 
Zach.  14.  13.  Conseretur  manus  ejus  super 
vianum  proximi  sui  :  Les  ennemis  des  Juifs, 
dans  la  consternation  où  ils  seront ,  auront 
recours  à  leurs  voisins  pour  attaquer  Jéru- 
salem, mais  ce  sera  inutilement. 

CONSERVARE  ,  a-j-^r.peîv  ,  Sioanpeî^  — 
1  Conserver  et  retenir  (^'^o'/ovirv,  vivifîcare). 
Exod.  1.  17.  Conservabant  mares  :  Les  sages- 


li'ùr, 


CON 


CON 


S8G 


femmes  conservèrent  les  enfants  mâles  des 
Hébreux;  Pharaon  leur  avait  ordonné  de  les 
tuer.  Voy.  v-  16.  Luc.  2.  v.  19.  51.  Maria... 
conservabat  omnia  verba  hœc  ,  conferens  in 
corde  suo  :  Marie  conservait  toutes  ces  choses 
en  ello-ménie,  les  repassant  dans  son  cœur; 
ces  choses  étaient  ou  tout  ce  qu'elle  entendait 
dire  à  la  gloire  de  Jésus-Christ,  ou  toutes  les" 
paroles  qu'elle  entendait  sortir  de  sa  bouche. 
Eccli.  39.  2.  Narrationem  virorum  nominato- 
rum  conservabit  :  Le  Sage  conservera  dans 
son  cœur  les  instructions  des  hommes  célè- 
bres; autr.  les  histoires. 

2°  Sauver,  délivrer.  Judith.  10.  15.  Conser~ 
vasti  animam  tuam  :  Vous  avez  sauvé  votre 
vie  par  celte  résolution  que  vous  avez  prise 
de  venir  trouver  Holopherne,  disent  à  Judith 
les  soldats  d'Holopherne.  Eccli.  33.  1. 

3"  Observer,  prendre  garde.  Eccli.  4-.  23. 
Conserva  tempiis  :  Ménagez  le  temps,  et  ob- 
servez celui  qui  est  propre  pour  faire  le  bien, 
et  donnez-vous  de  garde  de  la  malignité  du 
siècle.  Eccli.  2. 18.  Conservabunt  viam  illius  : 
Ceux  qui  craignent  le  Seigneur  demeureront 
fermes  dans  sa  voie  ;  i.  e.  s'appliqueront  et 
s'attacheront  à  garder  ses  commandements, 
c.  6.  27.  c.  35.  1. 

4°  Réserver,  garder  pour  ne  faire  paraître 
qu'en  un  certain  temps.  Isa.  48.  6.  Audita 
feci  tibi  nova  ex  tunc^  et  conservata  sunt  quœ 
nescis  :  Je  vous  ferai  entendre  maintenant 
des  nouvelles  prédictions  que  je  vous  ai  ré- 
servées et  qui  vous  sont  inconnues  ;  ces  choses 
nouvelles  sont  les  victoires  de  Cyrus  contre 
les  Babyloniens  et  contre  tous  ses  ennemis. 
Voy.  V.  14.  15.  Ainsi,  1.  Petr.  1.  14. 

CONSERVATIO,  nis,  Tri/^ntriç,  conservation, 
observation.  Eccli.  32.  27.  Hoc  est  conserva- 
tio  mandatorum  :  C'est  ainsi  qu'on  garde  les 
commandements  de  Dieu  ;  se.  en  écoutant 
souvent  plutôt  sa  propre  conscience  que  les 
conseils  des  autres. 

CONSERVUS,  I,  tjvvSovloç  :  —  1°  Serviteur 
qui  sert  avec  d'autres  dans  une  même  mai- 
son ,  et  figurément  chacun  des  chrétiens  qui 
servent  et  adorent  un  seul  et  même  Dieu  dans 
son  Eglise.  Matth.  18.  v.  28.  29.  31.  33. 
Nonne  eryo  oportuit  et  te  misereri  conservi 
lui,  sicut  et  ego  tui  misertus  sum?  Ne  fallait-il 
donc  pas  que  vous  eussiez  aussi  pitié  de  vo- 
ire compagnon,  comme  j'avais  eu  moi-même 
piiié  de  vous  ?  Jésus-Christ  marque,  par  cette 
figure,  l'obligation  que  nous  avons  de  par- 
donner à  notre  prochain  les  offenses  que 
nous  en  avons  reçues  ,  en  conséquence  du 
pardon  que  Dieu  nous  accorde  de  nos  péchés, 
ce  qui  s'entend  de  chaqueminislre  de  1  Eglise. 
Malth.  24.  49.  Si  cœperit  perculere  conservas 
cjus  •  Si  ce  serviteur  (que  son  maître  avait 
établi  sur  ses  autres  serviteurs)  est  si  mé- 
chant que  de  se  mettre  à  battre  ses  compa- 
gnons au  lieu  de  leur  distribuer  leur  nour- 
riture. Voy.  v.  45.  Ainsi  ,  Coloss.  1.  7.  c.  4. 
7.  Apoc.  6.  11.  Donec  complenntur  conservi 
eorum  :  Il  lut  dit  aux  martyrs,  qui  deman- 
daient la  vengeance  do  leur  mori ,  qu'ils  at- 
tendissent en  repos  jusqu'à  ce  que  le  nombre 
iût  accompli  do  ceux  qui,  étant  serviteurs  de 
Dieu  comme  eux  ,  devaieni  soulfrir  la  niort 


aussi  bien  qu'eux.  Voy.  v.9. 10.  c.  19. 10.  Vide 
nefeceris;  conservus  ^uti.s  sum  ;  Gardez- vous 
bien  de  faire  une  si  grande  faute  que  celle  de 
m'adorer;  je  suis  serviteur  de  Dieu  comme 
vous,  dit  l'ange  à  saint  Jean.  c.  22.  9. 

CONSIDERARE,  (r/û7r£tv,-/'.«T«o'xo7rs(v,xaTavo£tv. 

Ce  mot  vient  de  sidéra  ,  et  se  dit  proprement 
de  la  contemplation  des  astres  : 

1°  Considérer  des  yeux,  regarder  attentive- 
ment. Exod.  2.  4.  Sorore  ejus  considérante 
eventum  rei  :  La  sœur  de  Moïse  se  tint  loin 
du  bord  du  Nil,  par  l'ordre  de  sa  mère,  pour 
voir  ce  qui  arriverait  de  lui;  il  avait  été  ex- 
posé sur  le  Nil  parmi  des  roseaux,  d'où  la 
fille  de  Pharaon  le  fit  tirer.  Levit.  13.  17. 
Considerabit  eum  sacerdos  :  Le  prêtre  consi- 
dérera ce  lépreux  pour  juger  s'il  est  lépreux 
(o7rT£cr9«t).  Jac.  1.  V.  23.  24.  Consideravit  se 
et  abiit  :  Il  jette  les  yeux  sur  son  visage  na- 
turel qu'il  voit  dans  un  miroir,  et  s'en  va,  et 
oublie  à  l'heure  même  quel  il  était  ;  la  parole 
de  Dieu  s'évanouit  de  même  dans  celui  qui  se 
contente  de  l'écouter  sans  l'observer.  Levit. 
25.  50.  Ps.  93.  9.  Ps.  141.  5.  Ad.  7.  31.  etc. 

2°  Considérer  quelque  chose  avec  atten- 
tion, y  faire  réflexion  (xaravoerv).  Luc.  12. 
24.  Considerate  corvos  quia  non  scminant 
neqiie  metunt ,  et  Deus  pascit  illos...  v.  27, 
Considerate  lilia  quomodo  crescunt  ,  non 
laborant  neque  nent  :  Jésus-Christ,  pour  fairei 
juger  aux  hommes  de  la  providence  que 
Dieu  a  de  pourvoir  à  tous  leurs  besoins  ,  les 
exhorte  à  considérer  comme  elle  s'étend  sur 
tous  les  corbeaux  mêmes  ,  qui  trouvent  de 
quoi  se  nourrir  sans  semer  ni  moissonner, 
et  sur  les  lis,  revêtus  d'une  si  grande  beauté 
sans  aucun  travail.  Hebr.  3.  1.  Considerate 
apostolum  et  pontificem  confessionis  nostrœ 
Jesum  :  L'Apôtre  fait  considérer  quel  est 
Jésus-Christ,  afin  qu'après  l'avoir  comparé 
avec  Moïse,  on  juge  qu'il  est  autant  au-des- 
sus de  lui  que  l'est  un  fils  de  famille  au-des- 
sus d'un  serviteur.  Deut.  32.  20.  Considerabo 
novissima  eorum  (  Sîtzvyvat  )  :  Je  considérerai 
la  fin  malheureuse  des  pécheurs  ,  dit  Dieu. 
Isa.  5.  12.  Rom.  4.  9.  i 

3°  Considérer  avec  joie,  voir  avec  plaisir. 
Ps.  90.  8.  Oculis  tuis  considerabis  {retributio- 
nem  peccatorum)...  :  Vous  verrez  avec  plaisir 
la  punition  des  pécheurs. 

4°  Examiner,  penser  sérieusement  à  quel- 
que chose  (auvioïtv).  Act.  12.  12.  Considérons^ 
que  venit  ad  domum  Mariœ  matris  Joannis  : 
Saint  Pierre,  ayant  pensé  à  ce  qu'il  ferait,  vint 
en  la  maison  de  Marie,  mère  desaint  Jean,  sur- 
nommé Marc;  ce  fut  après  que  l'ange  qui  ve- 
nait de  le  tirer  de  la  prison,  l'eut  quitté.  Gai 
6.  1.  Considerans  te  ipsum  ,  ne  et  lu  lenteris  , 
Que  chacun  de  vous  fasse  réflexion  sur  soi- 
même  et  craigne  d'être  tenté  aussi  bien  que 
celui  qui  aurait  pu  tomber  par  surprise  en 
quelque  péché.  Ps.  118.  l^.  Considerabo  vias 
tuas  :  Je  considérerai  vos  voies;  se.  vos  com- 
mandements et  vos  lois.  Job.  11.  11.  Prov. 
IV.  15. 

5  Regarder  avec  mépris  {filénta).  Cant.  1. 
5.  Nolitc  me  considcrare  quod  fusca  sim  :  Ne 
considérez  pas  que  je  suis  devenue  brune. 
La  l^aulé  de  l'Eglise  ne  consiste  que  dang 


su 


WCTION.NAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


8»8 


l'intérieur,  où  elle  est  pleine  de  charité  et  de 
l'amour  de  Dieu,  et  de  toutes  les  autres  ver- 
tus surnaturelles,  et  non  dans  l'extérieur,  où 
elle  paraît  toute  déûgurée  dans  cette  vie  par 
les  persécutions  de  ses  ennemis.  Voyez  Ps. 
4i.  15. 

6*  Observer,  épier  (ç/jU-Tew) .  Job.  13.  27. 
Vestigia  pedum  meorum  considerasti  :  Vous 
avez  observé  toutes  mes  démarches.  Prov. 
10.  32.  Labia  justi  considérant  placita  :  Les 
justes  prennent  bien  garde  de  rien  dire  qui 
ne  soit  agréable  à  Dieu  et  au  prochain  ;  Gr. 
distillent  les  grâces  [x-otzùUu,  distillare). 

Façons  de  parler. 

Considerare  invicem.  Veiller  les  uns  sur 
les  autres,  prendre  garde  réciproquement 
les  uns  sur  les  autres,  pour  s'avertir  chari- 
tablement. Hebr.  10.  li.  Consideremus  invi- 
cem in  provocatione  charitatis  :  Prenons 
garde  les  uns  sur  les  autres,  afin  de  nous 
eulr'exciter  à  la  charité,  etc. 

Phrase  tirée  de  ce  verbe. 

Considerare  personam.  Voy.  persona. 

GONSIGNARE  ,  v.u.-v.'j^ùv.yicjvj  ,  cacheter  , 
apposer  le  sceau.  Sap.  2.  5.  Non  est  rêver- 
sio  finis  nostriquoniatnconsignata  est:  Après 
lu  mort  il  n'y  a  plus  de  retour,  le  sceau  est 
posé. 

GONSILIARI  ,  de  consiliare.  Ce  verbe  est 
déponent,  et  signifie  dans  l'Ecriture  : 

1"  Délibérer,  consulter,  résoudre  {Soulexten- 
fiztj.Ps. 30.  V^,Accipereanimammeamconsiliati 
sunt  :  Mes  ennemis  ont  tenu  conseil  pour 
in"ôter  la  vie.  Eccl.  37.  7.  Aoli  consiliari 
cum  eo  qui  tibi  insidiatur  :  Ne  prenez  point 
conseil  de  celui  qui  vous  dresse  un  piège  ; 
Gr.  qui  vous  regarde  de  mauvais  œil.  c.  51. 
2i.  Consiliatus  sum  ut  facerem  illam  :  Je  me 
suis  résolu  à  faire  ce  que  la  sagesse  me  pres- 
crit. Isa.  io.  21.  Veniteet  consiliamini  simul: 
Venez  et  prenez  conseil  tous  ensemble.  Le 
prophète  exhorte  tous  les  hommes  à  voir 
ensemble  comment  ils  se  pourront  conduire 
les  uns  les  autres  à  la  communion  de  l'E- 
glise. 

2"  Aléditer, s'entretenir  seuI(ot5<vo£rT55<t).Ec- 
cli.  39.  10.  In  absconditis  suis  consiliabitur  : 
Le  sage  méditera  les  secrets  de  Dieu.  v.  16. 
38. 

CONSILIARIUS,  II,  cr-juSovloç.  — !•  Qui  con- 
seille et  donne  avis  de  faire,  ou  de  quelle 
manière  on  doit  faire  quelque  chose  ;  con- 
seiller, 1  d'un  homme  particulier.  Eccli.  6. 
C.  Consiliarius  sit  tibi  unus  de  mille  :  Choi- 
sissez pour  conseil  un  homme  entre  mille- 
Prov.  îo.  22.  Eccli.  37.  v.  8.  9.  Isa.  3.  3.  2" 
dun  roi,  d'un  prince,  d'une  ville  ou  même 
d'une  république.  1.  Par.  27.  32.  Jonathan 
autem  patruus  David  consiliarius  :  Jonathan, 
«ncle  de  David,  était  un  des  conseillers  de 
David.  Job.  12.  17.  Adducit  consiliarios  {àryj. 
u-j-r.ç)  in  slultumfinem:  Dieu  fait  tomber  ceux 
qui  donnent  conseil  aux  autres  en  des  pen- 
sées extravagantes,  se.  en  permettant  qu'ils  y 
tombont.  Ilpermetque  ceux  qui  méprisent  ses 
lumières,  et  qui  veulent  suivre  leur  propre 
sagesse,  tombent  dans  des  extravagances 
qui  les  conduisent  à   leur  perte.  2.  Reg.  17. 


IV.  Job.  19.  19.  Abominati  sunt  me  quondam 
consiliarii  mei  {sloizî;  us]  :  Ceux  du  conseil  de 
qui  je  me  servais  autrefois,  m'ont  eu  en  exé- 
cration :  Job  qui  parleétait  autrefois  ou  prin- 
ce ou  grand  seigneur.  Voy.  c.  29.  v.  li.  21. 
Ainsi,  2.  Reg.  15.  12.  1.  Par.  27.  33.  2.  Par. 
22.  4.  c.  25.  16.  Esth.  13.  3.  Isa.  19.  11.  3^ 
Conseiller  de  Dieu,  en  parlant  d'un  homme. 
Isa.  iO.  13.  Rom.  11.  3+.  Quis  consiliarius 
ejus  fuit  ?  Qui  a  donné  conseil  à  Dieu,  et 
qui  a  été  son  conseiller  ?  se.  pour  lui  remon- 
trer de  faire  ce  qu'il  pût  ignorer,  ou  pour  lui 
conseiller  qui  des  hommes ,  et  comment  il 
devait  les  sauver.  Isa.  9.  0.  Admirabilis  , 
Consiliarius  ,  Deus.  Ce  petit  enfant  sera  ap- 
pelé l'Admirable,  le  Conseiller,  Dieu  :  Jésus- 
Christ  est  appelé  conseiller  par  sa  doctrine. 

2"  Magistrat,  juge  d'une  ville,  ou  l'un  de 
ses  conseillers,  et  de  ceux  qui  tiennent  un 
des  premiers  rangs  dans  l'Etat.  Isa.  1.  26. 
Restituam consiliarios  tuossicut  antiquitus:  Je 
rétablirai  vos  juges  et  vos  conseillers  com- 
me ils  étaient  autrefois.  Le  rétablissement 
florissant  de  Jérusalem,  que  Dieu  promet  ici, 
est  la  figure  du  rétablissement  de  l'Eglise,  c. 
3.  3.  Aufert  consiliarium:  Le  Seigneur  va  ôler 
de  Jérusalem  ceux  qui  peuvent  donner  con- 
seil, en  punition  des  péchés.  Mich.  4.  9. 

3°  Associé,  et  qui  est  entré  dans  le  même 
dessein,  complice  {^'jjoo-Ao;,  conservus  ).  1. 
Esdr.  4.  V.  7.  9.  23.  Exemplum  edicti  Arta- 
xerxis  régis  lectum  est  coram  Reum,  Beelteem 
et  Samsai  scriba  et  consiliariis  eorum  :  La  co- 
pie de  l'édit  qui  ordonnait  d'empêcher  les 
Juifs  de  rebâtir  Jérusalem  ,  porté  par  Arta- 
xerxès,  fut  lue  devant  Reun.,Béeltéem,  Sam- 
saï,  secrétaire  et  leurs  conseillers. 

CONSILIATOR  ,  ris  ,  cz^aÇov/of ,  —  1°  Qui 
donne  conseil,  qui  donne  avis  de  faire  quelque 
chose.  l.Esdr.  4.5.  Conduxerunt  adversus  eos 
consiliatores  (LXX,  So-j/«î  hu.uy(,jyo\/'.r:o),ut  de- 
struerent  consilium  eorum:  Le  peuple  ,  qui 
était  venu  habiter  le  pays  de  Judée,  gagna  par 
argent  des  ministres  du  roi,  pour  ruiner  le 
dessein  que  Zorobabelet  ses  associés  avaient 
de  rebâtir  Jérusalem  ,  en  les  engageant  à 
donner  avis  au  roi  d'empêcher  l'exécution  de 
ce  dessein. 

2"  Conseiller  d'un  prince.  1.  Esdr.  7.  v.  14, 
15.  28.  A  facie  régis  et  septem  consiliatorum 
ejus  missus  es  ;  Vous  êtes  envoyé  par  le  roi 
et  par  ses  sept  conseillers  ,  dit  le  roi  dans  sa 
lettre  qu'il  donna  à  Esdras,  pour  l'autoriser 
dans  le  pouvoir  qu'il  lui  donnait  d'aller  ré- 
tablir le  culte  de  Dieu  à  Jérusalem,  v.  8.  29. 

CONSILIUM  ,  II,  jSoj)./i.  Ce  nom  vient  du 
verbe  consulere,  et  signifie  : 

l'' Conseil,  opposé  au  précepte.  1.  Cor.  7. 
25.  De  virginibus  consilium  do  :  Pour  ce  qui 
regarde  les  vierges  (  je  n'ai  point  reçu  de 
commandement  du  Seigneur,  mais  ),  voici  le 
conseil  que  je  vous  donne:  saint  Paul  le  rap- 
porte dans  la  suite.  Voyez  saint  Augustin, 
Serm.  61.  de  Tempore.  Ainsi  ,  conseil,  avis. 
Prov.  13.  10.  Qui  omnia  agunt  consilio  ,  re- 
gunlur  sapienlia  f  yvw_!/r,  )  :  Ceux  qui  font 
tout  avec  conseil  sont  conduits  par  la  sages- 
se. Ps.  1.  1.  Beatus  vir  qui  non  abiit  in  con- 
si'io   impiorum  :   Heureux  l'homme  qui  ne 


889 


CON 


CON 


89C 


s'est  point  laissé  aller  à  suivre  le  conseil  des 
impies.  Ps.  iiS.  2ï.  Consilium  meum  justifi- 
caliones  tuœ  :  La  justice  de  vos  ordonnan- 
ces me  tenait  lieu  de  conseil.  Num.  2ï.  li. 
Jerem.  23.  v.  18.  22.  c.  i9.  30.  Act.  27.  v.  12. 
kl. 

2"  Conseil  ,  intelligence  sage  et  éclairée  , 
qui  sait  ce  qu'il  faut  faire  dans  les  occasions. 
Prov.  8.  ik.  Meum  est  consilium  :  C'est  de  la 
sagesse  que  vient  le  conseil.  Ainsi,  v.  12. 
Ego  sapientia  habito  in  consilio  :  Moi ,  qui 
suis  la  sagesse,  j'habite  dans  le  conseil;  c'est- 
à-dire  que  c'est  moi  qui  inspire  aux  hommes 
tous  les  conseils  sages  et  justes  qu'ils  pren- 
nent. Jerem.  18.  18.  Non  peribit  consilium  a 
sapiente  :  Quand  nous  nous  serons  défaits  de 
Jérémie,  nous  ne  laisserons  pas  de  trouver 
sans  lui  des  sages  qui  nous  feront  part  de 
leurs  conseils  ,  disent  ses  ennemis,  ne  le  re- 
gardant point  comme  un  vrai  prophète.  Isa. 
28.  29.  Jerem.  32.  19.  Ezech.  7.  26.  A  quoi  se 
peut  rapporter,  Prov.  31.  13.  Operata  est 
consilio  manuum  suarum  :  La  femme  forte  a 
travaillé  avec  des  mains  sages  et  ingénieuses; 
se.  ses  mains  ont  su  faire  les  ouvrages  de  fil 
et  de  laine  ,  que  sa  sagesse  et  sa  prudence 
ont  jugés  nécessaires  pour  les  besoins  de  sa 
famille.  Chaque  ouvrage  extérieur  se  conduit 
par  des  règles  et  des  idées  intérieures  ,  qui 
sont  comme  le  conseil  des  mains  ;  mais  afin 
que  l'ouvrage  réussisse  ,  il  faut  que  le  con- 
seil n'abandonne  pas  les  mains,  que  es  mains 
suivent  la  règle,  et  que  l'esprit,  qui  règle  les 
mains,  ne  la  perde  pas  de  vue.  On  peut  tra- 
duire selon  l'Hébreu  :  Operata  est  in  volun- 
tate  manibus  suis  :  Elle  a  travaillé  de  ses 
mains  volontiers  et  avec  plaisir;  Gr.  fecit 
quod  utile  est  (e-jx^w^tov). 

3"  Pensée  secrète.  1.  Cor.  h.  5.  Manifesta- 
bit  consiiia  cordium  :  Le  Seigneur  décou- 
vrira les  plus  secrètes  pensées  des  cœurs. 
Prov.  20.  5.  Sicut  aqua  profunda,  sic  consi- 
lium in  corde  viri  :  Le  conseil  est  dans  le  cœur 
de  l'homme  sage  comme  une  eau  profonde  ; 
se.  par  l'abondance  des  bons  avis  qu'il  est 
toujours  en  état  de  donner.  Prov.  15.  22. 

4"  Dessein  ,  entreprise  ,  soit  bonne  ,  soit 
mauvaise.  Ps.  19.  3.  Omne  consilium  tuwn 
confirmet  :  Que  le  Seigneur  accomplisse  tous 
vos  desseins,  i.  e.  les  fasse  réussir.  Ps.9.23. 
Comprehendunturincoji^siliis  quibus  cogitant: 
Les  impies  sont  trompés  dans  les  pensées 
dont  leur  esprit  est  occupé. 

o  Attachement  opiniâtre  à  sa  mauvaise 
volonté,  désobéissance  («T£':=ta).  Prov.  1. 
31.  Consiliis  suis  saiurabuntur  :  Les  pécheurs 
seront  rassasiés  de  leurs  conseils  ;  se.  seront 
comblés  de  malheurs,  pour  s'être  attachés  à 
vivre  selon  leur  mauvaise  volonté.  Ps.  105. 
US.  Ipsi  autem  exacerbaverunt  eum  in  consi- 
lio suo  :  Les  Israélites  irritèrent  de  nouveau, 
par  l'impiété  de  leurs  desseins,  le  Seigneur  (jui 
les  avait  souvent  délivrés  de   leurs  ennemis. 

6°  Senlimenl ,  avis,  opinion.  Job.  29.  21. 
Intenti  tacebnnt  ad  consilium  yneum  :  lis  rc- 
crvaieat  mon  avis  avec  un  silence  plein  de 
respect.  1.  Cor.  7.  v.  25.  '*0. 

7"  Jugement ,  prudence  pour  résoudre  les 
choses  douteuses  et  embarrassées.  Isa.  11.  2. 


Requiescet  super  eum  spiritus  consilii  :  L'es- 
prit de  conseil  se  reposera  sur  lui  ;  se.  sur 
le  Messie,  qui  est  Jésus-Christ.  Deut.  .32.  28. 
8°  Recherche  inquiète  et  chagrine  des 
moyens  pour  éviter  le  mal  dont  on  est  af- 
fligé, ou  pour  jouir  du  bien  qu'on  n'a  pas. 
Ps.  12,  2.  Quamdiu  ponam  consiiia  in  anima 
mea?  Jusqu'à  quand  remplirai-je  mon  âme 
de  l'inquiétude  de  tant  de  desseinsdifférents? 
se.  pour  trouver  le  moyen  d'échapper  à  mes 
ennemis.  Isa.  47.  13.  Defecisti  in  mullitu- 
dine  consiliorum  tuorum  :  Cette  multitude  de 
conseillers  n'a  fait  que  vous  fatiguer.  Les 
augures  et  les  enchanteurs  des  Babyloniens 
leur  devaient  être  inutiles  au  temps  de  la 
ruine  de  Babylone.  Ps.  32.  10.  Reprobatcon- 
silia  principum  ;  Le  Seigneur  renverse  les 
conseils  des  princes. 

9"  Résolution,  dessein  arrêté,  décret.  Isa. 
46.  10.  Consilium  meum  slabit  :  Toutes  mes 
résolutions  seront  immuables,  dit  Dieu.Voy. 
Ps.  32.  11.  Hebr.  6.  17.  etc.  Ainsi  ,  Prov.  21. 
30.  Non  est  consilium  contra  Dominum  :  Il 
n'y  a  point  de  conseil  contre  le  Seigneur. 
Act.  2.  23.  Isa.  5.  19.  c.  4.  28.  c.  5.  38.  2. 
Par.  25.  16.  Ephes.  4. 11.  Hebr.  G.  17.  Ainsi, 
Ps.  13.  10.  Consilium  inopis  confudistis  : 
Vous  avez  voulu  confondre  le  pauvre  dans 
le  dessein  qu'il  a  pris;  se.  de  n'espérer 
qu'en  Dieu  et  de  ne  dépendre  que  de  lui.  1, 
Mach.  14.  22.  Scripsimus  quœ  ab  eis  eranl 
dicta  in  consiliis  populi  :  Nous  avons  écrit 
en  ces  termes  dans  les  registres  publics  ; 
Gr.  in  actis  pnblicis. 

10°  Ordonnance,  commandement.  1.  Esdr. 
10.  8.  Qui  non  venerit  juxta  consilium  prin- 
cipum et  seniorum  :  On  publia  dans  toute  la 
Judée  que  quiconque  ne  se  trouverait  pas  à 
Jérusalem  dans  trois  jours,  selon  l'ordre  des 
princes  et  des  anciens  ,  perdrait  tout  son 
bien. 

11"  Dessein,  moyen  pour  parvenir  à  quel- 
que fin  pour  exécuter  quelque  chose.  Job.  42. 
3.  Quisest  isle  qui  celât  consilium  absque  scien- 
tia  ?  Qui  est  celui-là  qui ,  par  un  effet  de  son 
ignorance,  prétend  dérober  à  Dieu  les  moyens 
dont  sa  sagesse  se  sert?  Ps.  105.  13.  Nonsus- 
tinuerunt  consilium  ejus :  Les  Israélites  n'at- 
tendirent pas  avec  patience  (et  sans  mur- 
mure) que  Dieu  accomplît  les  desseins  qu'il 
avait  sur  eux  de  les  faire  entrer  dans  la 
terre  promise. Voy.  Exod.  15.  24.  et  c.  17.  2. 
Ainsi,  Ps.  65.5.  Ps.  105.  13.  Ps.  106.  11.  Luc. 
7.  30.  Act.  20.  27. 

12"  Volonté  libre,  ou  libre  arbitre  (5ic<Çov- 
lit'j).  Eccli.  15.  14.  Deus  ab  inilio  reliquil  il- 
lum  in  manu  consilii  sui  :  Dieu,  dès  le  com- 
mencement, a  laissé  l'homme  dans  la  main 
de  son  conseil  ;  ce  qui  s'entend  clairement  du 
premier  homme,  à  la  volonté  duquel  Dieu 
soumit  l'usage  de  toutes  choses,  et  la  grâce 
même  dont  il  avait  orné  son  âme,  afin  qu'il 
pût  se  porter,  avec  une  égale  facilité,  ou  au 
bien  ou  au  mal;  mais  on  pont  l'entendre 
aussi  des  autres  honunes  qui,  ayant  reçu  la 
loi  naturelle  ou  la  loi  écrite,  et  d'ailleurs,  re- 
cevant des  grâces  intérieures  pour  accomplir 
la  U>i  que  Dieu  leur  donne,  pèchent  par  une 
désobéissance  voluulaire. 


891 


DICTFONNAIRC  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


jf)â 


13'  Assemblée.  Ps.88.8.  Deus  quiglorifica- 
turin  consilio  sanctorum  :  Dieu,  qui  est  rem- 
j)li  de  gloire  au  milieu  des  saints.  Ps.  110.  1. 
Jerem.  6.  11.  Ezech=  13.  9.  De  là  vient  : 

Consilium  facere,  (Tvu^jovliov  ),a^a6âvetv,  Tenir 
conseil.  Matth.1-2.  14.  Pharisœi  consilium  fa- 
ciebant  adversus  eum  :  Les  Pharisiens  tinrent 
conseil  ensemble  contre  Jésus-Christ.  Marc. 
3.  6. 

Consilium  accipere,  arvuSo-ùlio-j  locuSûvetv.  Dé- 
libérer sur  quelque  chose.  Matth.  28.  12. 
Consilio  nccepto  :  Les  princes  des  prêtres 
avec  les  sénateurs  délibérèrent  ensemble  , 
sur  ce  que  quelques  gardes  du  tombeau  de 
Jésus-Chrisi  leur  vinrent  dire  ce  qui  s'était 
passé  à  la  résurrection. 

Consilium  inire  oucogitare;  SovltvstjOxt ^ov- 
ïrrj,  <7y/:xeou),£ij£<76«t.  Résoudre,  former  des  des- 
seins. Isa.  7.  5.  Jnite  consilium  :  Formez  des 
dessoins,  et  ils  seront  dissipés.  Le  Prophète 
parle  des  desseins  inutiles  que  feront  les 
Juifs  contre  le  roi  d'Assyrie  c.  8.  10  c.  ik. 
26.  Hoc  consilium  quod  cogilavi  :  C'est  là  le 
dessein  que  j'ai  formé.  Matth.  12.  14.  c.  22. 
15.  C.26.  4. 

CONSIMILIS,  is,  6>io?.  Pareil,  semblable. 
Gen.  41.39.  Numquid  sapiendorem  et  consi- 
milem  tui  (toioûtoc)  invenire potero?  Où  pour- 
rais-je  trouver  quelqu'un  plus  sage  que 
vous,  ou  semblable  à  vous?  répond  Pharaon 
à  Joseph,  sur  ce  qu'il  lui  avait  dit  de  choisir 
un  homme  sage  pour  pourvoir  à  la  famine 
que  figurait  son  songe.  3.  Reg.  7.  37.  2. 
Mach.  4.  16. 

CONSISTERE,(tyvt<TTa(T9«t,tTT«(79«t,  avoir  une 
consistance  solide,  subsister  solidement,  avoir 
toutes  ses  parties  ;  dans  l'Ecriture  : 

1"  S'arrêter,  être  quelque  part,  se  trouver 
présent.  Ps.  38.  2.  Posui  orimeo  custodiam 
cum  consisteret  peccator  adversum  me  :  J'ai 
mis  une  garde  à  ma  bouche  dans  le  temps 
que  le  pécheur  s'élevait  contre  moi  :  Le  Pro- 
phète parle  entr'aulres  de  Séméï.  Voy.  2. 
Reg.  16.  v.  8.  11.  Ainsi  Job.  33.  5.  Adversus 
faciem  meam  consiste  ;  Présentez-vous  devant 
mui  pour  me  répondre.  Gen.  47. 1.  Jos.  3.  13. 

1 .  Reg.  23.  3.  2.  Par.  20.  2.  Prov.  7.  21.  Eccli. 
14.  23.  c.  23.  18. 

2' Consister,  dépendre  {y.uTiTxvsrj,  valere), 

2.  Par.  25.  8.  Siputas  inrobore  exercitus  bcl- 
la  consistcre  :  Si  vous  vous  imaginez  que  le 
succès  de  la  guerre  dépond  de  la  force  de 
l'armée,  Dieu  fera  que  vous  serez  vaincu  par 
vos  ennemis ,  dit  l'homme  de  Dieu  à  Ama- 
sias. 

3"  Etre  rangé  en  ordre  de  bataille  {nupuzà<T- 
(T£<ie«t).Ps.26.  3.  Si  consistant  adversum  meca- 
sfra; Quand  les  armées  seraient  campées  con- 
tre moi  et  prêtes  à  combattre  (lo  Seigneur  me 
iléfendanti,  je  n'en  serai  point  effrayé.  Jerem. 
50.  29. 

4"  Etre  fondé  ,  être  affermi  (ISoâÇeTOat). 
Prov.  8.  5.  Necdum  montes  gravi  mole  con~ 
sliterant  :  La  pesante  masse  des  montagnes 
n'était  pas  encore  formée. 

5'  S'asseoir  avec  d'autres  (o-uvgS/sEyêiv).  Eccli. 
11.9.  Injudicio  pcccantium  ne  consistas  :  Ne 
vous  arrêtez  point  avec  les  méchants  pour 
juger  des  actions  d'autrui. 


6'  Demeurer  ferme,  tenir  bon  (  y.xTiTrâ.-jxi). 
2.  Mach.  12.  27.  Robusti  juvenes  pro  mûris 
consisténtes  .-  Les  murailles  de  la  ville  d'E- 
phron  étaient  bordées  de  jeunes  hommes  fort 
vaillants,  qui  étaient  pour  les  défendre  vi- 
goureusement; se.  lorsque  Judas  y  alla  pour 
la  prendre. 

'7°  Subsister  solidement ,  avoir  toutes  ses 
parties  bien  liées.  2.  Pelr.  3.  5.  Terra  de  aqiia 
et  per  aquam  consistens  Dei  verbo  :  La  terre 
sortit  du  sein  de  l'eau,  et  elle  ne  subsiste  que 
par  l'eau  depuis  la  création  du  monde.  - 

CONSISTORIUM,  ii.  En  français,  consis- 
toire, le  conseil  du  pape  ;  dans  l'Ecriture  : 

Un  lieu  retiré  où  l'on  s'entretient  en  secret. 
Es  th.  5.  1.  Jlle  sedebat  super  solium  suum  in 
consistorio  palatii  :  Heb.  in  domo  regia  :  As- 
suérus  était  assis  sur  son  trône  dans  l'alcôve 
de  sa  chambre  ;  i.  e.  dans  le  lieu  le  plus  re- 
tiré de  son  palais;  ce  fut  lorsque Eslher  alla 
se  présenter  devant  lui  sans  y  être  appelée. 

GONSORRINUS.  Ce  mot  vient  de  soror  et 
signifie  proprement  :  cousin  germain,  du 
côté  des  deux  sœurs ,  dont  les  enfants  sont 
consobrini ,  comme  les  enfants  des  deux  frè- 
res sont  patrueles. 

1°  Cousin  germ:iin  [Bvyx'crip  toO  à.hl'.f'ov  rô( 
ixr)-pôç).  Gen.  29.  10.  Cum  Jacob  sciret  conso- 
brinam  suam  .Jacob  sachant  que  Rachel  était 
sa  cousine  germaine;  les  pasteurs  lui  venaient 
de  dire  qu'elle  était  fille  de  Laban.  Coloss.  4. 
10.  Marcus  consobrinus  Barnabœ  :  Marc  cou- 
sin de  saint  Rarnabé. 

2° Parent,  cousin.  Tob.  11.  20.  Veneruntque 
Achior  et  Nabath  consobrini  Tobiœ  gaudentes 
ad  Tobiam  :  Achior  et  Nabath  ,  cousins  de 
Tobie;  on  croit  que  cet  Achior  est  le  même 
que  le  Grec  appelle  Achiacarus ,  neveu  de 
Tobie. 

CONSOCIARE.  Joindre  une  chose  avec  une 
autre.  Judic.  '»-.  21.  Soporemmorti  consocians 
defecit,  etmortuus  est  :  Sisara,  joignant  à  son 
souimeil  celui  de  la  mort ,  fut  tué  par  Jahel, 
laquelle  lui  perça  la  tête  d'un  clou,  lorsqu'il 
reposait. 

CONSOLARI,  TTupxy.oàshj.  Ce  verbe  est  pris 
en  signification  ou  active  ou  passive  : 

Consolari,  en  signification  active:  —  1°  Con- 
soler et  soulager  les  maux  ou  les  afflictions 
des  autres.  2.  Cor.  1.  4.  Consolatur  nos  in 
omni  tribulatione  nostrfi,  ut  possimus  et  ipsi 
consolari  eos  qui  in  pressura  sunt  :  Réni  soit 
Dieu  qui  nous  console  dans  tous  nos  maux  , 
afin  que  nous  puissions  aussi  consoler  les 
autres  ,  etc.;  par  celte  consolation,  il  semble 
que  l'Apôtre  entende  parler  de  celle  que  Dieu 
lui  a  donnée  du  bon  fruit  qu'avait  fait  sa 
lettre  précédente  adressée  aux  Corinthiens. 
Ps.  22.  5.  Virga  tua  et  baculus  tuus,  ipsnme 
consolala  sunt  :  Votre  soin  pastoral  et  votre 
protection  (Seigneur)  m'ont  consolé. 

2°  Donner  du  repos,  faire  cesser  la  peine 
(StKVKTraùnv).  Gcu.  5.  29.  Jste  consolabitur 
nos  ab  operibus  et  laboribus  manuum  nostra- 
rum  :  Colui-ci,  nous  soulageant  parmi  nos 
travaux  et  les  œuvres  de  nos  mains,  nous 
consolera  dans  la  terre  que  le  Seigneur  a 
maudite;  Lamcch  marque  ici  la  raison  pour- 
quoi il  donne  à  son  (ils  le  nom  de  Noé  ;  et 


893 


CON 


CON 


894 


i  Plie  prédiction  fat  accomplie  en  ce  qu'outre 
les  aulres  biens  que  Noé  a  faits  aux  hommes, 
il  a  inventé  les  instruments  qui  servent  à  la- 
bourer la  terre  et  commença  de  se  servir  des 
animaux  pour  la  cultiver;  bien  plus,  il  a 
sauvé  le  monde  du  déluge  et  a  été  la  figure 
de  Jésus-Christ.  Job.  7.  13. 

3*  Fortifier,  maintenir.  Ephes.  6.  22.  Quem 
misi  ad  vos  ut  cognoscatis  quœ  circa  nos  sunt, 
et  consoletur  corda  vestra:  i'al  envoyéTychi- 
que  vers  vous,  afin  qu'il  console  vos  cœurs 
en  vous  apprenant  ce  qui  se  passe  à  notre 
égard  ;  saint  Paul,  entr'aulres  choses,  entend 
peut-être  bien  parler  de  la  liberté  qui  fut 
donnée  à  saint  Paul  étant  à  Rome;  marquée 
Act.  28.  16.  Ainsi,  Coloss.  2.  2.  c.  4.  8.  1. 
Thess.  5.  U. 

i°  Marquer  delà  tendresse  pour  quelqu'un, 
prendre  soin  de  lui  avec  une  affection  parti- 
culière. Isa.  C6.  13.  Quomodo  si  cui  mater 
blandiatur,  ita  ego  consolabor  vos  :  Comme 
une  mère  caresse  son  petit  enfant ,  ainsi  je 
vous  consolerai ,  dit  Dieu  aux  Israélites. 

5°  Rétablir,  remettre  en  bon  étal.  Isa.  51. 
5.  Consolabitur  omnes  ruinas  ejus  :  Le  Sei- 
gneur rétablira  les  lieux  ruinés  par  tout  le 
pays;  ceci  figure  la  vocation  des  Gentils  en 
la  place  des  Juifs  qui  devaient  être  incrédu- 
les à  la  parole  de  Dieu. 

6°  Exhorter,  encourager.  Heb.  10.  25.  Non 
deserentes  colteclionem  nostram,  sed  conso- 
lantes :  Ne  nous  retirant  point  de  nos  assem- 
blées, mais  nous  exhortant  les  uns  les  au- 
lres; le  verbe  7r«/5c</a)>=fv  signifie  exhorter  et 
consoler  ;  ainsi ,  en  plusieurs  endroits  oii  est 
le  mot  latin  consolari,  on  le  peut  rendre  par 
exhortari.  Ephes.  G.  22.  Coloss.  2.  2.  c.  k.  8. 
1.  Thess.  5.  14.  comme  il  faut  rendre  quel- 
quefois exhortari  par  celui  de  consolai  i.  Voy. 

EXHORTABI. 

Consoluri,  en  signification  passive,  77«/5«-/.«- 
>£ic^ô«t  :  —  1°  se  tenir  assuré  et  en  paix  eu 
quelque  chose.  Isa.  66. 13.  In  Jérusalem  con- 
solabimini  :  Vous  trouverez  votre  paix  dans 
Jérusalem;  i.  e.  dans  l'assemblée  des  fidèles, 
c.  i)7.  5.  Qui  consolamini  in  diis  :  Vous  qui 
cherchez  votre  consolation  dans  vos  faux 
dieux. 

2"  Se  consoler  de  quelque  affliction  ou 
malheur,  en  être  consolé.  2.  Reg.  13.  39.  Ces- 
savit  rex  David  persequi  Absidom  ,  eo  quod 
consolatus  esset  super  Amnon  interilu  :  Le 
roi  David  cessa  de  poursuivre  Absalom  , 
parce  iju'il  s'était  enfin  consolé  de  la  mort 
d'Amnon.  Ps.  76.  3.  Ps.  118.  b2.  Ainsi,  Eccli. 
35.  21.  Doncc  propinquct,  non  consolabitur  : 
\]\\  homme  (jui  s'humilie,  étant  dans  la 
prière,  ne  se  consolera  point  (juc  sa  prière 
n'ait  été  jusqu'à  Dieu.  Ps.  125.  1.  Facti  su- 
Tiius  sicut  cunsolali  :  Nous  avons  été  comnie 
(les  personnes  remplies  di-  consolation,  llebr. 
Ut  somniantes  :  Noire  délivrance;  nous  parut 
un  songe;  non  pas  qu'ils  ne  fussent  très-as- 
surés de  cette  délivrance,  mais  parce  (ju'ellc 
était  si  admirable  et  qu'elle  paraissait  si  dif- 
ficile à   obtrnir  qu'elle  semblait  impossible. 

3'  Se  consoler  par  la  joie  el  la  satisfaction 
(pjc  l'on  reçoit  de  se  voir  vengé  de  ses  cntïc- 
Mîis.  Ezech.  5,  l.'{.  Complebo  furorem  iueum, 


el  requiescere  faciam  indignationem  meam  in 
eis ,  et  conso/o6or  ;  Je  contenterai  ma  fureur, 
je  satisferai  mon  indignation  dans  leurs  maux^ 
et  je  me  consolerai.  2.  Mach.  7.  6.  Consola- 
bitur in  nobis  :  Le  Seigneur  Dieu  sera  con- 
solé en  nous ,  se.  en  nous  vengeant  de  nos 
ennemis  ;  les  six  Machabées,avec  leur  mère, 
disent  ceci  comme  un  accomplissement  de  ce 
qu'avait  dit  Mo'ïse.  Deut.  32.  36.  In  servis 
suis  consolabitur  :  Le  Seigneur  tirera  ven- 
geance de  ses  ennemis  en  faveur  de  ses  ser- 
viteurs ;  notre  Vulgate  ,  Deut.  32.  36.  d'oii  ce 
dernier  passage  est  tiré,  porte  :  miserebitur 
au  lieu  de  consolabitur.  L'Ecriture  se  sert 
souvent  du  mol  TZKp(/./.rAzï<7BrxL,  consolari;  lors- 
qu'elle marque  que  Dieu  se  rend  de  nouveau 
propice  à  son  peuple,  après  l'avoir  châtié  à 
cause  de  ses  péchés.  Ps.  13i.  Isa.  1.  2i.  Con- 
solabor super  hostibus  meis  (  tzouu  -/.pîTi-j,  fa- 
cerejudicium)  :  Je  me  consolerai  dans  la  perte 
de  mes  ennemis;  ce  qui  se  dit  de  Dieu  par 
comparaison  de  ce  que  font  les  hommes. Voy. 

COMPLERE. 

i°Goûter  une  joie  spirituelledans  les  afdic- 
tions.soil  dans  celle  vie.  Rom.  1.12.  Desidero 
simul  consolari  in  vobispeream  quœ  ininvicem 
est,fidem  vestram  atque  meam  :  Je  désiré  de  me 
voir  en  état  que  nous  nous  consolions  mu- 
tuellement dans  la  foi  que  nous  professons 
vous  et  moi;  soit  dans  l'autre  vie,  où  la  joie 
sera  accomplie.  Matlh.  5.  Bcati  qui  lugcnt 
quoniam  ipsi  consolabunlur  :  Bienheureux 
ceux  qui  pleurent,  parce  qu'ils  seront  con- 
solés. Luc.  16.  25. 

CONSOLATIO,  Nis,  Trupûytlnm:.  —1°  Con- 
solation. Ose.  13.  ik.  Consolatio  nbscondita 
est  ab  ocuiis  meis  :  Je  ne  vois  rien  mainte- 
nant qui  me  console  de  votre  endurcissement 
dans  le  péché,  dit  Dieu  en  parlant  des  Israé- 
lites. On  peut  donner  ce  sens  au  verset  en- 
tier :  S'ils  avaient  eu  recours  à  moi ,  je  les 
aurais  délivrés  de  la  mort  et  de  tous  les  efforts 
de  leurs  ennemis  ,  et  je  leur  aurais  donné 
part  à  la  victoire  que  je  dois  un  jour  rem- 
porter sur  la  mort;  mais  leur  endurcisse- 
ment me  rend  inconsolable  et  je  ne  puis  que 
plaindre  leur  malheur,  Ps.  93.  19.  Consola- 
tiones  luœ  lœtifîcaverunt  animam  meam  :  Vos 
consolations  ont  rempli  de  joie  mon  âme,  en 
calmant  mes  inquiétudes  et  en  apaisant  mes 
troubles.  Isa.  66.  11.  Ut  sugaiis  et  repleamini 
ah  ubere  consolationis  ejus  :  Afin  que  vous 
suciez  et  que  vous  tiriez  des  mammellos  do 
Jérusalem  le  lait  de  ses  consolations;  Jéru- 
salem est  la  figure  de  l'Eglise  ,  dans  le  sein 
de  laquelle  ses  enfants  goûtent  les  consola- 
tions de  la  parole  et  de  rEs[)rit  de  Dieu,  qui 
ne  se  trouvent  point  hors  d'elle. 

2'  Secours  ,  défense.  Judith.  8.20.  Exspec- 
temus  humiles  consolationem  ejus  :  Attendons 
avec  une  humble  soumission  les  consolations 
de  Dieu,  et  il  nous  vengera. 

3'  La  joie  cl  le  conlentement  que  l'on  re- 
çoit (le  se  voir  vengé  de  ses  ennemis  (y.uipbç). 
Thren.  1.  21.  Addnxisti  dirm  consolationis  , 
et  fient  similes  mei  :  Quand  le  jour  sera  ar- 
rivé au(|uel  vous  devez  me  consoler,  mes  en- 
nemis deviendront  semblables  à  moi;  .se.  les 


995  DICTIONNAIRE  DE  PUILOLOGIE  SACREE. 

Babyloniens  qui  devaient  être  réduits  et  dé- 
solés par  Cyrus.  Voy.  Isa.  i6.  11. 

4."  Les  biens  de  la  terre ,  dans  lesquels  les 
impies  mettent  leur  consolation.  Luc.  6.  2i. 
Habetis  consolationem  vestram  :  Les  riches 
qui  se  plaisent  uniquement  dans  leurs  biens 
n'en  doivent  point  attendre  d'aulres. 

5"  Le  bonheur  et  la  jouissance  des  biens 
de  l'autre  vie.  2.  Cor.  1.  7.  Sicut  socii  pas- 
sionum  estis,  sic  eritis  et  consolalionis  :  Si 
vous  avez  part  à  nos  maux,  vous  aurez  part 
aussi  à  notre  consolation.  2.  Thess.  2.  15. 

6^  Exhortation  consolante.  Heb.  12.  5.  Et 
ohliti  estis  consolalionis  quœ  vobis  tnmquani 
filiis  loquitur?  Avez-vous  oublié  cette  parole 
de  consolation  que  Dieu  vous  adresse  dans 
l'Ecriture,  comme  à  ses  enfants  ?  se.  que  Dieu 
ne  chàiiant  que  ceux  qu'il  aime,  on  ne  se 
doit  pas  décourager  lorsqu'il  nous  reprend. 

Façon  de  parler. 

Consolatio  Israël.  Jésus-Christ  est  appelé 
ainsi  parce  que ,  dans  son  premier  avène- 
ment, il  est  venu  combler  de  ses  grâces  son 
peuple,  ou  plutôt  son  Eglise,  représentée 
parce  peuple.  Luc.  2.  25.  Homo  iste  justus 
ettimoratus  exspectans  consalotionem  Israël  : 
Siméon,  homme  juste  et  craignant  Dieu  ,  vi- 
vait dans  l'attente  de  la  consolation  d'Israël. 

Filius  consolationis.  Saint  Barnabe  appelé 
de  ce  nom.  Act.  i.  36.  Voy.  Barnabas. 

CONSOLATOR,  is ,  7T«/;!zy.>.r;rw6  ,  consola- 
teur, qui  console.  Job.  10.  2.  Consolatores 
onerosi  vos  estis  :  Vous  êtes  tous  des  conso- 
lateurs importuns,  c.  29.  25.  Eram  tamen 
mœrentium  consolator  :  i'élàis  le  consolateur 
des  affligés. 

CONSOLATORIUS,  a  ,  um,  -«6s<x),r;Tt/.o,-  , 
qui  sert  de  consolation,  qui  est  bien  capable 
de  consoler.  Zach.  1.  13.  Respondit  Dominus 
Angeto  quiloquebatur  in  me  verba  bona,  verba 
consolatoria  :  Ces  paroles  de  consolation 
étaient  le  rétablissement  de  Jérusalem  et  du 
Temple,  figure  de  l'Eglise.  Voy.  v.  IG.  17. 

CONSOLIDARE  ,  zartax^^v,  —  1° Affermir, 
rendre  ferme  et  stable.  Isa.  oï.  2.  Clavos  tuos 
consolida  :  Rendez  les  pieux  de  vos  tentes 
bien  affermis  :  ce  discours  figuré  est  pour 
marquer  que  l'Eglise  doit  subsister  toujours 
la  même  et  sans  changer  jusqu'à  la  On  du 
monde.  Act.  3.  7. 

2'ForliGer,  rétablir  (£vt!7x:E(v).Ezech.34..  v. 
!*■.  16.  Quod  infirmum  fuit  non  consolidastis: 
Pasteurs,  vous  n'avez  point  travaillé  à  for- 
tifier les  brebis  qui  étaient  faibles  ,  savoir  : 
en  préparant  les  peuples  et  les  affermissant 
par  la  parole  de  Dieu  contre  tous  les  maux 
de  ce  monde. 

CONSOXUS ,  A ,  UM  ,  qui  s'accorde  avec, 
en  parlant  de  la  voix,  du  son,  etc.  accordant, 
du  même  ton.  2.  Par.  20.  21.  Statuit  canto- 
res  Domini  ut  laudarent  Deum  ac  voce  con- 
sonu  dicerent  :  Josaphat  établit  des  chantres 
pour  louer  le  Seigneur  et  pour  ne  faire  tous 
qu'un  concert  en  chantant  ce  cantique;  se. 
le  Ps.  1.^5. 

CONSOPIRE.— 1°  Assoupir,  ou  endormir 
quehiu'un,  le  frapper  d'assoupissemont.  H.i- 
bac.  2.  IG.  ISibe  tuqiioqueet  consopirc  [oiyG-y.- 


896 

),£wfaO«i)  :  Buvez  aussi  vous-même  (de  la  coupe 
du  vin  de  la  colère  de  Dieu),  et  soyez  frappé 
d'assoupissement  ;  Hebr.  et  qu'on  voie  votre 
nudité;  il  semble  que  le  Prophète  fasse  allu- 
sion à  ce  qui  arriva  à  Noé  et  qui  est  marqué 
Gen.  9.  v.  21.  22.  Le  Prophète  menace  le  roi 
de  Babylone  d'une  ruine  entière.  Voy.  Jerem. 
25.  26.  c.  51.  57.  Voy.  Gircumdare. 

2°  Etre  transporté  de  furie,  comme  des 
gens  ivres  (6oojo£tT6i««) .  Nahum.  2.  3.  Et  agi- 
tatores  consopiti  sunt  :  Ceux  qui  conduisent 
les  chariots  de  celui  qui  vous  doit  détruire, 
sont  furieux  comme  des  gens  ivres;  Hebr. 
leurs  sapins;  i.  e.  leurs  dards  faits  de  sapin, 
sont  empoisonnés  :  le  Prophète  parle  des  Ba- 
byloniens qui  devaient  venir  détruire  Ni- 
nive. 

CONSORS  ,  Tis ,  xotvcovo,-  ,  f^îTo/or ,  parti- 
cipant ,  qui  a  part  à  quelque  chose.  Esth.  16. 
13.  Consortem  regni  nostri  Esther  cum  omni 
gente  sua  expelivit  in  mortem  :  Aman  avait 
fait  dessein  de  perdre  Esther,  la  compagne 
de  votre  royaume,  avec  tout  son  peuple,  dit 
Assuérus.  2.  Petr.  1.  i.  Pretiosa  nobis  pro- 
tnissa  donavit  ;  ut  per  hœc  efficiamini  divinœ 
consortes  naturœ  :  Dieu  nous  a  communiqué 
"par  Jésus-Christ  les  précieuses  grâces  qu'il 
avait  promises ,  pour  vous  rendre  par  ces 
grâces  participants  de  la  nature  divine,  en 
devenant  semblables  à  Jésus-Christ  et  deve- 
nant ses  cohéritiers.  Ps.  ii.  8.  Unxit  te 
Deus,  Deustuus,  oleo  lœiitiœ prœ  consortibus 
tuis  :  Votre  Dieu  vous  a  oint  d'une  huile  de 
joie,  d'une  manière  plus  excellente  que  tous 
ceux  qui  ont  part  avec  vous.  Si  ce  passage 
s'entend  de  Salomon,  comme  figure  de  Jésus- 
Christ,  par  le  mot  consortes,  on  entendra  ses 
frères,  qui  étaient  ses  aînés,  auxquels  il  a 
été  préféré,  ou  les  autres  rois  d'Israël  qui 
l'avaient  précédé  ou  qui  devaient  régner 
après  lui  ;  ou,  si  on  l'entend  de  Jésus-Christ, 
comme  saint  Paul,  Heb.  1.  9,  le  mot  consor- 
tes signifie  ceux  qui  auront  part  à  sa  gloire 
et  au  même  héritage  céleste,  sur  lesquels  il 
a  été  établi  roi  et  a  reçu  une  puissance  sou- 
veraine au  ciel  et  sur  la  terre. 

CONSORTIUM,  H.  Compagnie,  associa- 
lion,  communauté  de  gens  qui  ont  part  aux 
mêmes  avantages  ;  dans  lEcrilure  : 

1°  Participation,  compagnie,  société.  Tob. 
1.  5.  Hic  solus  fugiebat  consortia  omnium  : 
Tobie  fuyait  seul  la  compagnie  de  tous  les 
autres,  qui  idolâtraient.  Jos.  22.  19.  Isa.  IV. 
20. 

2  Entretien  ,  conversation  1  tô  IxUîv  ). 
Exod.  3ï.  29.  hjnorabat  quod  cornuta  esset 
faciès  sua  ex  consortio  sermonis  Domini  : 
Moïse  ne  savait  pas  que  de  l'entretien  qu'il 
avait  eu  sur  la  montagne  avec  le  Seigneur, 
il  était  resté  des  rayons  de  lumière  sur  son 
visage  ;  letlr.  Cornuta,  cornu,  pour  radius. 

CONSPECTOR,  is*.  Qui  voit,  qui  regarde 
Eccli.  36.  19.  Tu  es  Deus  conspector  sœculo- 
rum  :  Vous  êtes  le  Dieu  qui  voyez  tous 
les  siècles  devant  vous  ;  Gr.  le  Dieu  des 
siècles. 

COxNSPECTUS,  us.  ;t66tw-o..  —  1°  Vue, 
présence.  Eccli.  6.  23.  ' Permanes  usque  ad 
cunspeclum  Dei  :  La  vraie  siigCjse  dans  ceux. 


897 


CON 


CON 


898 


à  qui  elle  est  connue,  demeure  ferme  jusqu'à 
ce  qu'elle  les  conduise  à  la  vue  de  Dieu  ; 
celle  proposilion  ne  peut  s'entendre  absolu- 
ment que  des  élus  et  des  prédestinés;  car  il 
V  en  a  qui  ont  goûté  le  don  du  ciel,  et  qui 
ont  été  rendus  participants  du  Saint-Esprit, 
qui  ne  laissent  pas  de  tomber  ensuite.  Dcut. 
28.  32.  Oculis  tuis  deficientibus  ad  conspeclum 
eorum  tota  die  :  Vos  yeux  seront  dans  l'at- 
tente et  le  désir  continuel  de  revoir  vos  en- 
fants délivrés  d'un  peuple  étranger. 

2°  Face,  visage  et  présence  particulière.  Ps. 
16.  16.  Apparebo  conspectui  tuo  ;i.  e.  libi  :  Je 
me  présenterai  devant  votre  visage;  Hebr. 
Videbo  faciem;  David  espérait  que  Dieu  lui 
ferait  la  grâce  de  revoir  l'arche,  qui  était 
la  figure  de  la  claire  vue  de  Dieu  ,  dont 
jouissent  les  bienheureux.  Voy.  2.  Reg.  15. 
25. 

3"  Vision,  révélation  {opu^nç  ).  Eccli.  49. 
10.  Ezechiel  qui  vidit  conspeclum  gloriœ  quam 
ostendit  illi  in  curru  Cherubim  :  Qu'Ezéchiel 
soit  béni,  lui  qui  a  vu  cette  vision  de  gloire 
que  le  Seigneur  lui  présenta  dans  le  char 
des  chérubins  :  cette  vision  est  rapportée 
Ezech.  1.  depuis  v.  ^. 

4°  Ce  mot,  en  beaucoup  d'endroits ,  est  mis 
pour  la  personne  même.  Act.  3.  20.  Ctim  ve- 
nerint  temporarefrigerii  a  conspectu  Domini; 
i.e.  a  Domino  data  .-Quand  les  temps  du  rafraî* 
chissement  que  le  Seigneur  doit  donner  par 
sa  présence  seront  venus.  Act.  5.  41.  Ibant 
gaudentes  a  conspectu  concilii;  i.  e.  a  conci- 
lio  :  Les  apôtres  sortirent  du  conseil  tout 
remplis  de  joie  d'avoir  eu  l'honneur  de 
souffrir  pour  Jésus-Christ.  Levit.  18.  24. 
Génies  ejiciam  ante  conspeclum  vestrum  :  Je 
chasserai  devant  vous  les  peuples  qui  se 
sont  souillés  :  ces  peuples  sont  les  habitants 
de  la  terre  promise.  Ps.  16.  16.  Apparebo 
conspectui  tuo;  i.  e.  tibi.  Voyez  ci-dessus  2". 
et  souvent  dans  les  endroits  où  il  y  a  m  con- 
spectu. Gen.  24.  .33.  Appositus  est  in  con- 
spectu ejus  punis;  i.  e.  ei  :  On  servit  à  man- 
ger au  serviteur  d'Abraham  :  ce  fut  chez  Na- 
chor,  après  aue  le  frère  de  Rebecca  l'eut  fait 
entrer. 

Plirase  tirée  de  ce  verbe. 

Conspectus  mutuos  sibi  prœbere  ;  oTTreo-ÔKi  «),- 
>Yi)oy?.  Se  mettre  en  présence  les  uns  des  autres, 
en  parlantde  deux  armées  qui  s'avancent  l'une 
devant  l'autre  pour  en  venir  aux  mains  et 
donner  la  bataille.  2.  Par.  25.  21.  Mutuos 
sibi  prœbuere  conspectus  :  L'armée  d'Ama- 
sias  et  celle  de  Joas  se  mirent  en  présence. 

FaçoQ  de  parler. 

A  conspectu,  oude  conspectu  ;  «ttô  TrjOOTWTroy. 
Cette  façon  de  parler  signifie  :  —  1"  de  !a 
part.  Acl.  3.  20.  Cum  venerint  temporn  rcfri- 
gerii  a  conspectu  Domini.  Voyez  ci-dessus  4  . 
—  2"  Hors  de  la  présence.  Exod.  2.  15.  Qui 
fugiens  de  conspectu  ejus  :  Moïse  s'enfuit  et 
ne  parut  plus  devant  Pharaon,  depuis  qu'il 
sut  que  Pharaon  avait  été  averti  qu'il  avait 
tué  un  Egyptien.  Voy.  v.  11.  12.  Ainsi,  c.  10. 
Levit.  10.  4.  A  quoi  se  rapporte,  dans  le  sens 
métaphorique,  3.  Reg.  9.  7.  Templum  quod 


sanclificavi  nomini  meo  projiciam  a  conspectu 
meo  :  Je  rejetterai  loin  de  moi  ce  temple  que 
j'ai  consacré  à  mon  nom,  dit  Dieu,  si  Salo- 
mon  transgresse  ses  commandements.  Cette 
expression  marque  une  grande  indignation. 

4.  Reg.  17.  18.  Jon.  2.  5.  —  3^  En  présence, 
et  est  mis  comme  pour  ad  aspectum.  Ps.  97. 
9.  Montes  exultabunt  a  conspectu  Domini  : 
Les  montagnes  tressailliront  de  joie  :  ce  qui 
se  peut  entendre  des  rois  et  des  princes,  qui 
ont  eu  part  à  l'avènement  de  Jésus-Christ, 
en  embrassant  l'Evangile. 

IN  CONSPECTU,  èv«vTiov,  Èv^-tov.  1°  A  la  vue, 
en  présence.  2.  Reg.  12.  12.  Ego  autem  faciam 
verbum  istud  in  conspectu  omnis  Israël  :  Pour 
moi,  le  mal  que  je  ferai  contre  vous  en  pu- 
nition du  crime  que  vous  avez  fait  secrète- 
ment, je  le  ferai  à  la  vue  de  tout  Lsraël. 
Voyez  celte  punition  exécutée  contre  David, 
c.  16.  22.,  ce  qui  est  très-commun  dans  l'E- 
criture, Ps.  68.  21.  In  conspectu  tuo  sunt 
omnes  qui  Iribulant  me  :  Tous  ceux  qui  me 
persécutent  sont  exposés  à  vos  yeux. 

2^  Cette  façon  de  parler  est  quelquefois  un 
pléonasme,  qui  n'ajoute  rien  à  la  significa- 
tion ;  mais  tient  lieu  du  cas  du  verbe.  Ps.  21. 
30.  Adorabunt  in  conspectu  ejus;  i.  e.  eum  : 
Tous  les  peuples  différents  adoreront  le  Sei- 
gneur. V.  2.  In  conspectu  ejus  cadenl  omnes 
qui  descendunl  in  terram;  i.  e.  ipsi  procident  : 
Tous  ceux  qui  descendent  dans  la  terre  tom- 
beront en  sa  présence  ;  i.  e.  adoreront  le 
Seigneur.  Ps.  51.  11.  Bonum  est  in  conspectu 
sanctorum  tuorum;  i.  e.  sanctis  tuis  :  Il  est 
avantageux  pour  vos  saints  ;  se.  que  j'at- 
tende les  effets  de  votre  assistance.  Ps.  115. 

5.  Ps.  18.  14.  Act.  10.  v.  4.  31.  Voyez  ci-des- 
sus 4°.  Ainsi  Ps.  9.  20.  Judicentur  génies  in 
conspectu  tuo  :  Que  les  nations  soient  jugées 
devant  vous.  Jerem.  18.  23. 

3"  Cette  façon  de  parler  sert  pour  exprimer 
différentes  choses.  1°  Le  pouvoir  et  la  liberté 
que  l'on  reçoit  d'user  et  de  jouir  de  quelque 
chose.  Gen.  47.  6.  Terra  Mgypti  in  conspectu 
tuo  est  :  Vous  pouvez  choisir  dans  toute  l'E- 
gypte, dit  Pharaon  à  Joseph,  touchant  la  de- 
meure qu'il  accorde  à  la  famille  de  Jacob. 
Jerem.  40.  4.  Deut.  7.  23.  Isa.  41.  2.  2°  Elle 
marque  l'entretien  et  la  méditation  d'une 
chose.  2.  Reg.  22.  23.  Omnia  judicia  ejus  in 
conspectu  meo  (xktcvkv-îov)  :  J'ai  eu  toutes  les 
ordonnances  du  Seigneur  devant  mes  yeux. 
Ps.  17.  23.  Voy.  Rom.  3.  8.  3°  Elle  marque  la 
faveur  et  l'approbation  de  quelqu'un.  Job. 
13.  16.  Non  veniet  in  conspectu  ejus  omnis  hy- 
pocrita  :  L'hypocrite  ne  sera  point  agréable 
à  Dieu.  Ps.  5.  9.  Ps.  115.  5.  Ps.  78.  11.  4  Le 
jugement  exact  ,  l'opinion  ,  le  sentiment. 
Ps.  142.  2.  Non  justificabilur  in  conspectu 
tuo  omnis  vivcns  :  Nul  homme  vivant  ne  sera 
trouvé  juslc  devant  vous,  en  ce  qu'étant  pé- 
cheur, il  a  besoin  de  la  miséricorde  de  l)i^u. 
1.  Cor.  1.  2!).  I.  Petr.  3.  4.  5'  La  connais- 
sance exacte  (jue  l'on  a  de  quelque  chose,  et 
par  le  détail.  Ps.  55.  9.  Posuisti  lacrijmas 
meas  in  conspectu  tuo  :  Vous  avez  vu  mes 
larmes.  Ps.  49.  8. 

In  conspectu  Dei,  Domini.  Dans  la  présence 
du  Seigneur  marque  : 


899 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


900 


1'  La  présence  de  î'Arche  ou  du  taberna- 
cle, d'où  Dieu  donnait  des  marques  particu- 
lières de  sa  présence  divine.  Ps.  67.  v.  3.  5. 
Justi  exultent  in  conspectuDei  :  Que  les  jus- 
tes se  réjouissent  en  la  présence  de  Dieu. 
Mais  Ps.  llo.  S.  marque  Dieu  même.  Pre- 
tiosa  in  conspeclu  Domini  mors  sanctorum 
ejus  :  C'est  une  chose  précieuse  devant  le  Sei- 
gneur que  la  mort  de  ses  saints. 

2"  Il  marque  l'impiété  des  grands  pécheurs, 
que  la  crainte  de  Dieu,  qui  voit  tout,  ne  re- 
tient nullement  (ivav-t)-  Gen.  38.  7.  Fuit 
lier  nequam  in  conspectu  Dei  :  Her,  fils  aîné 
de  Juda,  fut  un  très-méchanl  homme.  Ps.  35. 
2.  Dolose  egit  in  conspectu  ejus  :  L'injuste  a 
agi  avec  tromperie  en  la  présence  de  Dieu; 
ce  qui  se  trouve  en  beaucoup  d'endroits  des 
Rois  et  des  Paralipomènes,  où  il  est  dit  de 
plusieurs,  qu'ils  ont  fait  le  mal  en  présence 
de  Dieu;  parce  qu'ils  n'ont  point  craint  sa 
Tue  et  sa  présence  pour  le  commettre. 

CONSPERGERE  ,  T^ûfc-w,  yycâv.  —  1°  Arro- 
ser, parsemer,  couvrir  en  répandant  dessus. 
Dan.  i.  20.  Rore  cœli  conspergalur  :  Que  cet 
arbre  soit  mouillé  par  la  rosée  du  ciel  :  Gr. 
£v  Tri  S^cÔTw  u-jU7Br,(7c7ULi:In  rore  cœli  commora- 
6i7u'r.' Cette  vision  prophétique  fut  accom- 
plie dans  Nabuchodonosor.  Voy.  v.  30.  1. 
Reg.  i.  12.  Conspersus  pulvere  capiit  :  Celui 
qui  vint  annoncer  au  peuple  et  à  Héli  la 
déroute  de  l'armée,  la  mort  des  deux  fils 
d'Héli  et  la  prise  de  l'Arche  par  les  Philis- 
tins avait  la  télé  couverte  de  poudre.  2.  Reg. 
20.  12.  Amasa  autem  conspersus  sanguine  : 
Amasa,  que  Joab  venait  de  tuer,  était  tout 
couvert  de  son  sang.  Jerem.  6.  26.  Thren.  2. 
10.Ezech.27.30.Mich.  1.10.2.  Mach.  U.lo. 
2°  Mêler,  détremper.  Levit.  2,  7.  Simila 
oleo  conspergetur  (rrour^ôat)  :  La  fleur  de  farine 
sera  mêlée  avec  de  l'huile  ;  L'Ecrilure  parle 
d'un  sacrifice  de  farine  cuite  dans  la  poêle. 
V.  k.  Exod.  29.  iO.  Num.  7.  13.  Ce  qui  est  ré- 
pété souvent  dans  le  Lévitique  et  les  Nom- 
bres dans  cette  même  signification. 

3°  Pétrir.  Exod.  12.  v.  39.  Tulit  popu- 
lus  conspersam  farinam  antequam  fermenta- 
retur  :  Le  peuple  prit  la  farine  qu'il  avait  pé- 
trie, sans  qu'il  y  eût  de  levain,  lorsqu'ils  sor- 
tirent d'Egypte,  c.  29.  v.  2.  Toiles  crus- 
tulam  absque  fermento  quœ  conspersa  sit 
(  f^jpv.fjhv.t  )  oleo  :  Prenez  des  gâteaux  sans 
levain  ,  péiris  ou  arrosés  d'huile.  Jerem. 
7.  18.  Mulieres  conspergunt  adipem  :  Les  fem- 
mes mêlent  de  la  graisse  avec  la  farine  pour 
servir  à  l'idolâtrie.  îsum.  G.  15. 
I  CONSPERSIO,  Ms,  o06a,:z«,  de  conspergere, 
et  signifie  proprement  arrosement  ;  dans 
l'Ecriture  : 

Pâte.  1.  Cor.  5.  7.  Expurgate  velus  fermen- 
tum,  ut  sitis  nova  conspersio  :  Purifiez-vous 
du  vieux  levain,  afin  que  vous  soyez  une 
pâte  nouvelle  :  L'Apôtre  exhorte  à  se  puri- 
fier des  péchés  de  sa  vie  passée,  pour  mener 
une  vie  toute  pure  et  nouvelle  :  L'Apôtre 
fait  allusion  à  la  coutume  des  Juifs ,  doter 
toul  le  pain  levé  de  leurs  maisons,  et  de  faire 
une  nouvelle  pâte  sans  le\ain,  pour  faire  la 
l>à(iue  avec  des  pains  azymes.  V^oy.  Mâssa 
Ç".  Voy.  Rom.  9.  21. 


CONSPICERE.  Du  simple  inusité  specere. 
1°  Voir,  regarder,  soit  des  yeux  du  corps, 
soit  de  l'esprit  (ô&âv).  Job.  19.  27.  Quem  vi- 
surus  sum  ego  ipse,  et  oculi  mei  conspecturi 
sunt  :  Je  verrai  Dieu  moi-même,  et  je  le  con- 
templerai de  mes  propres  yeux,  dit  Job,  parlant; 
de  l'espérance  de  la  béatitude.  Gen.  13. 15.  Om' 
nem  terram  quam  conspicis,  tibi  dabo  :  Toute 
cette  terre  que  vous  voyez,  je  vous  la  donnerai 
à  vous  et  à  votre  postérité...  Exod.  2.  13.  Ec- 
cli.  16.  19.  Ainsi,  Ps.  9i.  5.  Altitudines  mon- 
tium  ipse  conspicit  :  Selon  le  Psautier  ro- 
main :  Le  Seigneur  regarde  les  hautes  mon- 
tagnes. Et  altitudines  montium  ipsius  sunt; 
selon  la  Vulgale,  le  Grec  et  l'Hébreu  :  Les 
hautes  montagnes  lui  appartiennent. 

2°  Arrêter  sa  vue  ou  ses  regards  sur  quel- 
que objet  (/.«TKfAKvOâvEtv).  Eccli.  9.  5.  Virgi- 
nem  ne  conspicias  :  N'arrêtez  point  vos  re- 
gards sur  une  fille. 

3°  Veiller  et  être  attentif  à  quelque  chose 
{-pofji'/ju).  Ps.  21.  20.  Ad  defensionem  meam 
conspice  :  Appliquez-vous,  Seigneur,  à  me 
défendre. 

§  1.  —  Jeter  ses  regards  de  tous  côtés  ,  en 
parlant  du  soleil  qui,  parcourant  le  ciel,  darde 
partout  ses  rayons.  Eccli.  17.  31.  Virlutem 
altitudinis  cœli  ipse  conspicit  [zTzi'yy.iTTrsaBcK.i)  :Le 
soleil  contemple  ce  qu'il  y  a  de  plus  élevé  au 
haut  des  cieux  ;  et  étant  placé  parmi  les  astres 
comme  leur  prince  ,  en  fait  comme  la  revue. 
§  2,  —  V^oir  ou  connaître  (/y.Çiocâv).  Rom. 
1.  20.  Invisibilia  ipsius  a  créât ura  tnundi 
per  ea  guœ  facta  sunt  intellecta  conspi- 
ciuntur  :  Les  grandeurs  invisibles  de  Diea 
deviennent  comme  visibles  par  la  vue  des 
créatures. 

§3.— Juger,  estimer  à  la  vue.  Sap.  15.  19. 
Sed  nec  aspectu  aliquis  ex  his  animalibus  bona 
potest  conspicere  :  Nul  ne  peut  même,  en 
voyant  les  animaux  que  les  idolâtres  ado- 
rent, les  regarder  comme  bons  et  aimables, 
tant  ils  sont  vils  et  méprisables. 
Phrase  Urée  de  ce  mot. 
Conspicere  ignominiam  alicujus  :  Voir  en 
quelqu'un  ce  que  la  pudeur  veut  être  caché, 
c'est  connaître  charnellement  une  personne. 
Levit.  20.  17.  Voy.  Ignomima. 

CONSPIRARE,  conspirer  contre  quelqu'un 
pour  le  perdre,  convenir,  résoudre  plusieurs 
ensemble  de  faire  quelque  chose  (c-JvriO.-îzÇKt). 
Joan.  9.  22.  Conspir avérant  Judœiut  si  quis 
eum  confiteretur  esse  Christum,  extra  synago- 
gam  fieret  :  Les  Juifs  avaient  conspiré  et  ré- 
solu ensemble  que  quiconque  reconnaîtrait 
Jésus  pour  être  le  Christ,  serait  chassé  de  la 
synagogue. 

CONSPUERE  ,  è^TTTÛstv ,  cracher  sur  ou 
contre  par  mépris;  ce  qui  est  un  traitement 
Irèi-ignominieux.  Isa.  50.  6.  Facieni  meam 
non  averti  à  conspuentibus  in  me  :  Je  n'ai 
point  détourné  mon  visage  de  ceux  qui  me 
couvraient  d'injures  et  de  crachats  :  c'est 
une  prophétie  qui  regarde  Jésus- Christ, 
dont  l'accomplissemeni  est  Malth.  27.  30. 
-Mire.  10.  3V.  c.  i\.  65.  c.  15.  19.  Ainsi,  Fa- 
ciein  alicujus  conspuere  :  C'est  insulter  quel- 
qu'un avec  le  dernier  mépris.  Job.  30.  10. 
Faeiem  meam  conspuere  non  verenlur  :  Ils  ne 


901 


CON 


CON 


mi 


crnignent  pas  de  me  cracher  au  visage,  c'est- 
à-dire  de  rap  Imiter  avec  ignominie. 

CONSTABILIRE.  Etablir  sur,  affermir, 
fonder  sur  («vTi7T»î/>tÇctv)  ;  dans  le  sens  figuré. 
Isa.  48.  2.  Super  Beiim  Israël  conslabiliti 
sunt  ;  Les  Israélites  s'appuient  au  moins  en 
apparence  sur  le  Dieu  d'Israël. 

C0NSTAN9,  Tis.  Qui  a  de  la  constance  et 
rie  la  fermeté  d'esprit ,  ferme  dans  sa  résolu- 
tion ,  qui  dure  et  se  fait  constamment  et  tou- 
jours de  la  même  manière;  dans  l'Ecriture  : 

l°Brave,  résolu  à  bien  combattre  {c\iyc<p(7oç). 
2.  Mach.  8.  21.  His  rerbis  constantes  effecli 
sunt  :  Les  paroles  que  dit  Machnbée  à  ses 
gens,  pour  les  animer  à  combattre  Nicanor, 
les  remplirent  de  courage.  1.  Mach.  9.  li. 

2°  Qui  se  rassure,  qui  prend  courage.  Act. 
23.  11.  Constans  esto  ;  ôâûTet,  Paul,  ayez  bon 
courage  ,  dit  Notre  Seigneur  à  saint  Paul , 
lui  apparaissant,  la  nuit,  dans  la  forteresse 
de  Jérusalem. 

CONSTANTER.  —  1°  Avec  constance  , 
fermeté  ,  résolution.  1.  Mach.  2.  16.  Matha- 
thias  et  filii  ejus  constanter  steterunt  :  Malha- 
thias  et  ses  fils  demeurèrent  fermes  à  résister 
et  à  ne  pas  obéir  à  ceux  qu'Anliochus  avait 
envoyés  pour  forcer  les  Juifs  de  sacrifier  et 
d'abandonner  la  loi.  2.  Mach.  7.  10. 

2"  Avec  confiance  et  liberté  (-K&p'/^c-tKÇôusvc?). 
Act.  26.  26.  Scit  de  his  liex,  ad  quem  et  con- 
stanter loquor  :  Le  roi  est  bien  informé  de 
tout  ce  que  je  dis,  et  je  parle  devant  lui  avec 
bien  de  liberté.  Saint  Paul  se  défend  devant 
Agrippa,  Festus  et  Bérénice. 

3°  Avec  force,  véhémence  et  chaleur  (sOtô- 
vwr).  Luc.  23.  10.  Stabant  constanter  accu- 
santes eum  :  Les  princes  des  prêtres  et  les 
scribes  accusaient  Jésus-Christ  avec  une 
grande  opiniâtreté  devant  Hérode. 

CONSTANTIA,  MfTzuppnrricf.. — Inconstance, 
fermeté,  résolution.  Judith.  16.12.  Uorruerunt 
Persœ  constantiam  ejus  :  Les  Perses  ont  été 
épouvantés  de  sa  constance.  Voy.  Persa.  — 
2  Confiance,  assurance,  liberlé  de  parler. 
Act.  4.  13.  Videntes  Pelri  constantiam  :  Les 
chefs  du  peuple  ,  les  sénateurs  et  les  autres 
qui  étaient  assemblés  virent  la  constance  de 
saint  Pierre  et  de  saint  Jean  ,  en  la  manière 
dont  ils  rendirent  raison  de  la  guérison  de 
l'homme  perclus  de  ses  jambes.  Sap.  5.  1. 
Tune  stabunt  Justi  in  magna  constantia  ad- 
versus  eos  qui  se  angustiaverunt  :  Après  la 
mort  et  au  jour  du  jugement  les  justes  s'é- 
lèveront avec  une  grande  hardiesse  contre 
ceux  qui  les  auront  accablés  d'aflliclion. 

CONSTAUE,  îTTKjat. —  1'  Demeurer,  être 
toujours  dans  le  même  état.  Sap.  10.  7.  Qui- 
bus  fumigabunda  constat  (Gr.  x«(/c7T«-/.ev)  dé- 
serta terra:  La  terre  de  Sodomc  fume  encore, 
depuis  que  les  quatre  villes  furent  brûlées. 
1.  Mach.  13.  38.  Quœcumque  constituimus 
vobis  constant  :  Tout  ce  que  nous  avons 
ordonné  en  votre  faveur  ;  se  avant  la  guerre 
(le  Tryphon  ,  demeurera  ferme  cl  constant; 
Déuiélrius  écrit  à  Simon  cl  aux  Juifs. 

2  Subsister,  êlre  conservé  (7vvi7Ty.70«t).Go- 
loss.  1.  17.  Omnia  in  ipso  constant  :  Toutes 
choses  subsistent  en  Jésus-Cliril  et  par  lui , 
cl  eu  dépendent 


3"  Coûter,  valoir.  Levil.  2o.  16.  Quanto 
minus  temporis  numeruveris,  tanto  minoris  et 
emptio  constabit  :  Plus  on  approchait  du  Ju- 
bilé, moins  les  choses  coûtaient. 

CONSTARE,  impersonnel.  Etre  certain  et 
indubitable.  Judilh.  11.  8.  Constat  Deum  pec- 
catis  off'ensum  :  Il  est  certain  que  notre  Dieu 
est  irrité  par  les  péchés  de  son  peuple,  dit 
Judith.  ^ 

CONSTERNARE.  Ce  verbe  vient  de  la 
même  racine  que  sternere,  et  signifie  : 

Consterner,  mettre  dans  le  trouble  et  l'é- 
pouvante. IL  Par.  12.  6.  Conslernatique 
{y.i'7y;jvz(jB7.î)  principes  Israël  et  rex  dixerunt  : 
Justus  est  Dominus  :  Les  princes  d'Israël  et 
le  roi,  apprenant  de  la  part  de  Dieu  qu'il 
les  avait  abandonnés  au  pouvoir  de  Sesac, 
furent  fort  consternés,  et  dirent  :  Le  Sei- 
gneur est  juste,  Hebr.  Humiliali  sunt ,  re- 
connurent humblement  leurs  fautes.  Luc. 
2V.  4.  Dum  mente  consternatœ  essent  de  isto  : 
Ces  femmes  furent  dans  une  grande  conster- 
nation ,  de  ne  point  trouver  le  corps  de  Je- 
sls-Christ,  etc.  Gr.  furent  dans  l'incerti- 
tude de  ce  qu'elles  devaient  faire.  Gen.  27. 
34.  etc. 

CONSTERNERE.  Etendre  par  terre,  cou- 
vrir ;  dans  l'Ecriture  : 

Embellir,  orner.  Cant.  3.  10.  Media  chari- 
tate  constravit  :  Salomon  a  orné  le  milieu  de 
la  litière  qu'il  s'est  faite,  de  tout  ce  qu'il  y  a 
de  plus  précieux.  Voy.  Charitas. 

CONSTIPARE.  De  stipare  ,  qui  vient  de 
czv'i>ia,  OU  de!77ctoctv,  et  signifie,  serrer,  pres- 
ser, amasser  ensemble  ;  dans  l'Ecriture  : 

Presser  ,  serrer  ,  en  parlant  d'une  multi- 
tude de  personnes.  1  Mach.  6.  38.  Residuùni 
equitatum  hinc  et  indestatuit  in  duas  partes... 
perurgere  conslipatosin  legionibus  ejus  :  An- 
liochus  Eupator  rangea  le  reste  de  la  cavale- 
rie sur  les  deux  ailes  pour  animer  son  in- 
fanterie serrée  dans  ses  bataillons  ,  l'autre 
partie  de  la  cavalerie  accompagnait  les 
trente-deux  éléphants. 

CONSTITUERE  ,  //.9.,7Tiv«t,  raT^cu.  —  1* 
Etablir.  Gen.  17.7.  Patrem  multarnm  gen- 
tium  constitui  te  :  Je  vous  ai  établi  pour  être 
le  père  d'une  multitude  de  nations  ,  dit  Dieu 
à  Abraham.  Hebr.  1.  2-  Quem  constituit  he- 
rœdem  univcrsorum  :  Dieu  a  établi  Jésus- 
Christ  son  Fils  héritier  de  toutes  choses.  Isa. 
62.  6.  Luc.  12.  v.  14.  42.  44.  Gen.  9.  17.  19. 
etc.  Ainsi,  2  Par.  19.  8.  Jn  Jérusalem  quoque 
constituit  Levitas  et  Sacerdotes  ,  et  Principes 
familiarum  ut  jiidicium  et  caiisam  Domini  ju- 
dicarent  :  Josàphat  élablil  aussi  dans  Jéru- 
salem des  lévites,  des  prêtres  et  des  chefs  des 
familles  d'Israël  ,  afin  qu'ils  y  rendissent  la 
justice  dans  les  affaires  qui  regardaient  lo 
Seigneur  ,  el  dans  celles  qui  regardaient  les 
particuliers  ;  Hebr.  Ad  judicium  Domini  et 
ad  litem  :  Josàphat  établit,  ou  plutôt  il 
rétablit,  l'autorité  du  conseil,  qu'ils  appe- 
l,ii(  ni  Sanhédrin  ,  qui  avait  été  fort  Irounlée 
sous  le  règne  des  mauvais  rois.  Ce  n'est  pas 
que  les  fonctions  sacerdotales  dépendissent 
alors  de  l'autorité  royale  ;  el  s'il  établit  des 
prêtres  et  des  lévites  ,  ce  fut  par  le  ministère 
du  souverain  pontife  Am.irias;  d'ailleurs,  les 


905 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


904 


deux  puissances  sont  clairement  distinguées 
au  V.  II.  du  même  eh.  19. 

2°  Commander,  ordonner.  Malth.  27.  10. 
Sicut  conslituit  mihi  Dominus  :  Comme  le 
Seigneur  me  l'a  ordonné.  Cet  ordre  du  Sei- 
gneur, qui  est  marque  Zach.  11.  13.  tombe 
sur  l'action  par  laquelle  Judas  reporta  les 
trente  pièces  d'argent  qu'il  avait  reçues  pour 
avoir  livré  Jésus-Christ.  Matth.  26.  19.  1. 
Mach.  15.  41. 

3°  Ordonner,  résoudre,  arrêter  («vio-TÔvai). 

2.  Reg.  23.  1.  Vir  cui  constitutum  est  de 
Christo  Dei  Jacob  :  David ,  cet  homme  en 
faveur  de  qui  il  a  été  résolu  qu'il  serait  roi 
de  la  part  du  Dieu  de  Jacob  ;  ou  que  le  Christ 
du  Dieu  de  Jacob,  le  Messie,  naîtrait  de  lui. 
Ps.  40.  9.  Verhum  iniquum  constituerunt  acl- 
versum  me  (x«T«Tt9£v«t)  :  Mes  ennemis  ont  ar- 
rêté une  chose  très-injuste  contre  moi  ;  se. 
de  m'ôter  la  vie.  3.  Reg.  2.  15.  c.  4.  28.  1. 
Par.  16.  17.  Baruch.  1.  2  ).  c.  5.  7.  Dan.  5. 11. 
Ainsi ,  Exod.  29.  42.  Ad  ostium  tabernaculi 
testimonii  coram  Domino,  uhi  constitutum  ut 
loquar  ad  te  :  A  l'entrée  du  tabernacle  du 
témoignage  devant  le  Seigneur,  où  j'ai  ré- 
solu de  parler  à  vous ,  Hebr.  où  je  me  dois 
trouver  avec  vous.  Il  y  avait  deux  lieux  d'où 
le  Seigneur  déclarait  sa  volonté  à  son  peu- 
ple :  le  propitiatoire,  au-dessus  de  l'Arche, 
et  l'entrée  du  tabernacle  où  était  l'autel  des 
holocaustes. 

4°  Mettre,  poser,  placer  («vaÇigâÇc-iv).  Deut. 
32.  13.  Constituit  eum  super  eœcelsam  ter- 
ram  :  Le  Seigneur  a  établi  son  peuple  dans 
un  excellent  pays.  Baruch.  6.  16.  Tob.  4. 18. 
Panem  tuuni  et  vinum  tuum  super  sepulturam 
iusti  constitue  :  Mettez  votre  pain  et  votre 
vin  sur  le  tombeau  du  juste.  Ce  qui  marque 
les  festins  de  charité  où  on  invitait  les  pau- 
vres ,  et  c'était  une  œuvre  de  miséricorde 
même  pour  le  repos  des  âmes  de  ceux  qui 
étaient  morts  dans  la  justice  et  la  crainte  de 
Dieu.  Baruch.  6.  16. 

5"  Marquer,  régler,  flxer  (  «yo/iîÇêtv,  sepa- 
rare).  Exod.  19.  12.  Constituesque  tenninos 
populorum  per  circuitum  :  Vous  marquerez 
tout  autour  de  la  montagne  les  limites  que 
le  peuple  ne  passera  point,  dit  Dieu  à  Moïse. 
1.  Deut.  32.  8.  Job.  14.  5.  Dan.  17.  12. 

6°   Assigner,  déterminer  (Starâo-o-^iv).  Luc. 

3.  13.  Nihil  amplius  quam  quod  constitutum, 
est  vobis,  faciatis  :  N'exigez  rien  au  delà  de 
ce  qui  vous  a  été  ordonné.  Ce  qui  se  dit  aussi, 
soit  d'un  lieu  où  est  le  rendez-vous,  Matth. 
28.  16.  Abierunt  in  montem,  ubi  constituerai 
illis  Jésus  :  Les  onze  disciples  s'en  allèrent 
en  Galilée  sur  la  montagne  où  Jésus-Christ 
leur  avait  commandé  de  se  trouver.  Exod. 
21.  13.  Jos.  20.  9.  Soit  du  temps.  Act.  28.  23. 
Cum  constituissent  illi  diem  :  Les  Juifs  de 
Rome  ayant  pris  jour  avec  saint  Paul,  ils 
vinrent  en  grand  nombre  chez  lui.  Exod.  8, 
9.  c.  9.  2.  2.  Reg.  20.  v.  5.  9.  2.  Esdr.  2.  6. 
Judit.  8.  13.  Job.  14.  13.  Soit  le  prix  oùla  ré- 
compenso.Matlh.26.15.  ConslitueruntiUitri- 
ginta  argentées {'irrTK^tuL)  :  Les  princes  des  prê- 
tres assignèrent  à  J  udas  trente  pièces  d'argent, 
ou  convinrent  de  lui  donner  trente  pièces 
d'argent;  ce  qui  convient  avec  saint  Luc.  22. 


5.  D'autres  expliquent  le  mol  êo-Tavat  en  une 
autre  signifiation,  pour  peser;  Ils  lui  payè- 
rent ou  comptèrent  trente  pièces  d'argent 
Gen.  30.  28.  Levit.  27.  14.  3.  Reg.  11.  18.  4. 
Reg.  25.30.  Dan.  1.  v,  5.  10.  etc. 

1"  Ordonner,  ranger,  placer.  Matth.  8.  9. 
Ego  homo  sum  sub  potestate  constitutus  :  Je 
ne  suis  qu'un  homme  soumis  àd'autres.Luc. 
7.  8.  1.  Reg.  11.  11.  Judith.  7.  10. 

8°  Faire,  rendre  tel  (o-uveo-TâvaO-  Gai.  2. 18. 
Prœvoricatorem  me  constitue  :  Si  je  rétablis- 
sais de  nouveau  ce  que  j'ai  détruit,  je  me 
ferais  voir  un  prévaricateur  ;  si,  en  quittant 
la  loi  de  Moïse,  je  m'abandonnais  au  péché, 
comme  n'ayant  plus  de  loi  qui  le  défendrait, 
je  serais  prévaricateur,  en  commettant  ce 
que  j'ai  condamné  par  ma  prédication.  Jac. 
4.  4.  Inimicus  Dei  constituitur  :  Quiconque 
voudra  être  ami  de  ce  monde,  se  rend  enne- 
mi de  Dieu. 

9°  Rendre  présent,  faire  comparaître  {nipiv 
zxvui).  2.  Cor.  4. 14.  Nos  cum  Jesu  suscitabit 
et  constituet  vobiscum  :  Celui  qui  a  ressuscité 
Jésus,  nous  ressuscitera  avec  Jésus,  el  nous 
mettra  dans  sa  gloire  avec  vous.  Jud.  29. 
Potens  est  vos  conservare  sine  peccato  et  con- 
stituere  ante  conspectum  gloriœ  suœ  immacu- 
latos  :  Celui  qui  est  puissant  pour  vous  con- 
server sans  péché,  et  pour  vous  faire  com- 
paraître devant  le  trône  de  sa  gloire  purs  et 
sans  tache.  Exod.  29.  42.  Ubi  Constituam  me 
ut  loquar  ad  te  :  Je  me  trouverai  à  l'entrée 
du  tabernacle  pour  parler  à  vous,  dit  Dieu  à 
Moïse. 

10"  Créer,  produire  (-/tîÇjw).  Ps.  88.  48. 
Numquid  enim  varie  constituisti  omnes  fiiios 
hominum  :  Est-ce  en  vain  que  vous  avez 
créé  tous  les  enfants  des  hommes?  se,  pour 
les  retirer  du  monde  dès  qu'ils  y  sont  entrés, 
Sap.  11.  25.  Née  enim  odiens  aliquid  consti- 
tuisti: Si  vous  aviez  haï  quelqu'une  des  cho- 
ses que  vous  avez  faites,  vous  ne  l'auriez 
pas  créée,  c.  13.  3.  Eccli.  15.  14.  Dan.  12. 
21. 

11°  Préparer,  entreprendre,  machiner  (ffa- 
û«T«c7(T£o-e«i).Ps.  129.  3.Tota  die  constituebant 
prœlia  :  Ils  ne  songeaient  qu'à  me  livrer 
tous  les  jours  des  combats.  1  Mach.  1.  2. 
Constituit  prœlia  multa  :  Alexandre,  roi  de 
Macédoine,  donna  plusieurs  batailles,  c.  2. 
32.  Eccli.  8.  2.  Ne  forte  contra  te  constituât 
litem  tibi  («vTto-râjKt  okv.ii-j)  :  Ne  disputez  point 
avec  un  riche,  de  peur  qu'il  ne  forme  un 
procès  contre  vous  ;  Gr.  de  peur  que  se  met- 
tant contre  vous  dans  la  balance,  il  ne  vous 
emporte  par  son  poids. 

12"  Presser,  obliger.  Eccli.  38.  30.  In  opéra 
constitue  illum  :  Obligez  votre  esclave  à  tra- 
vailler (èyLëâïXeiv). 

13"  Mettre,  placer.  Joan.  5.  13.  Jésus...  de- 
clinavit  a  turba  constituta  in  loco  :  Jésus 
s'était  retiré  de  la  foule  du  peuple  qui  était 
là.  Jac.  3.  5.  Lingun  constituitur  in  membris 
nostris  et  maculât  totum  corpus  :  La  langue 
n'étant  qu'un  de  nos  membres,  elle  infecte 
tout  le  corps.  Eccli.  46.  10.  Atque  hi  duo 
consliluti,  Gr.  ôvo  ovref,  n'étant  que  deux. 
Dan.  2.  22. 

Ordonner,  consacrer  par  l'imposition  des 


m 


CON 


CON 


990 


Eiains  (x««/50Tovsrv  xaei7TKv«i).  Act,  14.  22.  Cum 
constituissent  illis  per  singidas  ccclesias  près- 
byteros  :  Les  saints  Paul  et  Barnabe  ordonnè- 
rent des  prêtres  en  chaque  église  :  à  Lystre, 
à  Icône  et  à  Antioche.  Tit.  1.  5.  et  dans  l'an- 
cienne loi.  Exod.  29.  30.  2.  Par.  35.  2.  etc. 
ce  qui  se  faisait  par  l'imposition  des  mains. 
Voy.  1.  Tim.  4.  14.  c.  5.  22.  2.  Tim.  1.  6.  2. 
Cor.  8.  19. 

Façon  de  parler. 

Constitulre  super.  Relerer  au-dessus,  don- 
ner pouvoir  sur.  Ps.  8.  7.  Conslituisti  eum 
super  opéra  manuum  tuarum  :  Seigneur, 
vous  avez  établi  l'homme  sur  les  ouvrages 
de  vos  mains.  Ps.  44, 17,  Constitues  eos  prin- 
cipes super  omnem  terram  .-Vous  les  établirez 
princes  sur  toute  la  terre  :  ce  qui  s'entend 
des  chrétiens  qui,  après  avoir  élé  ûdèles,  au- 
ront part  au  règne  spirituel  de  Jésus-Christ. 
Esth.  8.  2.  Esther  constituit  Mardochœum 
super  domum  suam  :  Esther  £t  aussi  Mardo- 
chée  intendant  de  sa  maison  ;  Hebr.  de  la 
maison  d'Aman  ;  Cfiatd.  des  biens  ;  Gr.  de 
tout  ce  qui  avait  appartenu  à  Aman.  Voy, 
Luc.  22.  30. 

CONSTITUTIO,  Nis.  Affermissement,  éta- 
blissement. Eccli.  40.  25.  Aurum  et  argenlum 
est  conslitutio  pedum  {iTzuTzrtTO'j'yi  tzook)  :  L'or 
et  l'argent  affermissent  l'élat  de  l'homme  ;  i. 
e.  met  les  gens  sur  les  pieds  et  les  empêche 
de  tomber  dans  la  misère  ;  mais  un  conseil 
sage  passe  l'un  et  l'autre. 

Création,  d'où  vient  Constitutio  mundi  :  La 
création  du  monde.  Matth.  25.  34.  Possidete 
paratiim  vobis  regnum  a  constitulione  mundi 
(xKTaÇoÀrj)  :  Venez  ,  possédez  le  royaume  qui 
vous- a  été  préparé  dès  le  commencement  du 
inonde,  dira  Jésus-Christ  à  ceux  qu'il  aura 
placés  à  sa  droite,  c.  13.  35.  Luc.  11.  51. 
Joan.  17.  24.  Ephes.  1.  4.  1.  Petr.  1.  20.  Dans 
le  même  sens  se  trouve  InstitutiOy  Hebr.  4. 
3.  et  Origo,  c.  9.  26.  Apoc.  13.  8. 

CONSTITUTUM,  i.  1°  Ordonnance,  règle- 
ment (voao5£Ti«).  2.  Mach.  6.  23.  Seeundum 
sanctœ  et  a  Deo  conditœ  legis  constituta,  re- 
spondit  cito  :  Eléazar  répondit  aussitôt  se- 
lon les  ordonnances  de  la  loi  sainte  établie 
de  Dieu  :  c'est  le  refus  qu'il  fait  de  consen- 
tir a  ce  qu'on  lui  propose,  v.  21. 

2'  Traité,  convention,  accord  (^racrt,-).  1. 
Mach.  7.  18.  Transgressi  sunt  constitutum  : 
Ils  ont  violé  la  parole  qu  ils  avaient  donnée, 
dit  tout  le  peuple  du  perfide  Alcime  et  de 
B,icthides.  Voy.  v.  15.  16.  ±  Mach.  12.  25. 
Ainsi,  1.  Mac.  8.  7.  Statuerunl  :  ut  daret  ab- 
sides et  constitutum  :  Ils  avaient  obligé  An- 
tiochus  de  donner  des  otages,  et  tout  ce  dont 
ils  étaient  convenus  ;  Gr.  Swnrj^r.j,  divisio- 
nem,  c'est-à-dire  une  partie  de  son  royaume; 
savoir  :  celle  qui  était  à  l'égard  des  Romains 
au  delà  du  mont  Taurus. 

CONSTRI>GEKE,  ^y/nv.  — 1-  Serrer,  lier, 
brider.  Ps.  31.  9.  Jn  camo  et  frœno  maxillas 
eorum  conslringe  :  Resserrez  leur  bouche 
avec  le  mors  et  le  frein.  Exod.  29.  5.  —  2" 
Durcir,  glacer.  Job.  38.  30.  Superficies  ahyssi 
constringitur  :  La  surface  des  eaux  profon- 
des et  de  la  mer  même  devient  solide. 

Diction?!,  db  philol.  sacrée.  1. 


§  1.— Obliger,  engager,  lier;  soit  par  ser- 
ment. Num.  30.  3.  Si  guis  se  constrinxerit 
juramento  :  Si  un  homme  se  lie  par  serment. 
V.  4.  11.  14.  Soit  par  vœu.  Num.  30.  11. 
Uxor  in  domo  viri  cum  se  voto  constrinxerit 
et  juramento  :  Si  une  femme  étant  dans  la 
maison  de  son  mari  se  lie  par  vœu  et  par 
serment;  soit  par  les  chaînes  de  ses  péchés. 
Prov.  5.  22.  Funibus  peccatorum  suorum 
constringitur  :  Le  méchant  est  lié  par  les 
chaînes  de  ses  péchés   ff'vi77£79Kt).2.Par.6.22. 

§  2. —  Presser  et  pousser  à  bout  par  de 
fortes  raisons.  Job.  34.  37.  Inter  nos  intérim^ 
constringatur  ;  Que  Job  soit  cependant  pressô 
de  nouveau  par  nos  raisons. 

Phrase  de  ce  verbe  dans  le  sens  figuré. 

Constringere  vincula  alicujus.  Resserrer 
encore  les  chaînes  de  quelqu'un  davantage; 
c'est  rendre  sa  captivité  plus  dure  •  iT/jJtfj). 
Isa.  28.  22.  Nolite  illudere,  ne  forte  constrin- 
gantur  vincula  vestra  :  Cessez  de  vous  mo- 
quer, de  peur  que  vos  chaînes  ne  se  resser- 
rent encore  davantage.  Le  prophète  parle  de 
la  captivité  de  Babylone  qui  se  pouvait  adou- 
cir par  le  repentir  de  leurs  péchés. 

CONSTRUERE.  Bâtir,  édifier,  construire 
(xaraiTxsua^Etv).  Num.  21.  27.  Construalur  ci- 
vitas  S ehon:  Que  la  ville  de  Sehon  s'élève  et 
se  bâtisse. 

1°  Mettre,  poser.  Tob.  4.  2.  Verba  mea  in 
corde  tuo  quasi  fundamentum  construe:  niel- 
lez mes  paroles  dans  votre  cœur  comme  le 
fondement  sur  lequel  vous  établirez  votre 
conduite.  Ceci  est  une  allusion  du  fonde- 
ment sur  lequel  on  pose  tout  un  édifice. 

2"  Liei  et  unir  avec  une  juste  proportiou 
de  toutes  les  parties  ((7Jv5<(;u.o).o'/£fv).  Ephes.  2. 
21.  Jn  quo  omnis  œdificalio  constructa  creS' 
cit  in  Templum  sanctum  in  Domino  :  C'est 
sur  Jésus-Christ  que  tout  l'édifice  (de  lE- 
glise  )  étant  posé,  s'accroît  avec  proportion 
et  symétrie,  pour  être  un  saint  Temple  con- 
sacré au  Seigneur.  Coloss.  2.  19.  Ephes.  4. 
16. 

CONSTUPRARE.  Corrompre  une  femme 
ou  une  fille,  en  abuser;  ce  qui  se  dit  figuré- 
ment  des  peuples  que  l'on  porte  à  l'idolâtrie 
(xKTx-airitv)  Jerem.  2.  16.  Filii  Mempheos  et 
Taphnes  constupraverunt  te  usque  ad  verli- 
cem  :  Les  Egyptiens  vous  ont  tellement  cor- 
rompue par  leur  idolâtrie,  qu'ils  n'ont  laissé 
aucune  partie  de  vous-même  qu'ils  n'aient 
louillée. 

CONSUERE.  Coudre  l'un  avec  l'autre, 
joindre  ensemble  (/>«7rT£tv).  Gen.  3.  7.  Con- 
suerunt  folia  ficus:  Adam  et  Eve  ayant  re- 
connu qu'ils  étaient  nus,  entrelacèrent  de» 
feuilles  de  figuier  pour  s'en  couvrir.  Job.  16. 
16.  Snccum  consui  super  cutem  meam  :  J'ai 
étendu  un  sac  pour  m'en  couvrir,  au  lieu 
des  habits  éclatants  qu'avait  eus  Job  ;  ce  qui 
marque  le  grand  changement  de  son  état. 
Eccli.  3.  7.  Jempus  scindendi  et  tempus  con- 
suendi  ;  Il  y  a  un  temps  de  déchirer  et  un 
temps  de  rejoindre.  Ezech.  16.  16.  Fccisti 
tibi  excelsa  hinc  inde  consutn  :  Vous  avez 
cousu  de  vos  vêlements  l'un  à  l'autre  pour 
en  faire  les  ornements  de  vos  hauts  lieux , 

23 


907 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


ooa 


c'est-à-dire  y  tous  tous  êtes  plongée  dans  la 
fornication.  Le  Prophète  compare  le  peuple 
idolâtre  à  une  courtisane  qui  se  prépare  des 
lits  sur  des  lieux,  élevés  pour  recevoir  ses 
auiants. 
Phrase  tirée  de  cette  signification  dans  le  sens  figure. 

Consuere  pulvillos  sub  cuhito.  Coudre  des 
coussins  sous  les  coudes,  c'est-à-dire  flatter 
les  pécheurs  (ayôpa-Tstv).  Ezech.  13.  18.  Vœ 
quœ  consuunt  pulvillos  sub  onini  cuhito  ma- 
nus  :  Malheur  à  celles  qui  préparent  des 
coussinets  pour  les  mettre  sous  les  coudes. 
Le  Prophète  parle  de  certaines  propliétesses 
qui  ne  prédisaient  que  la  paix  et  du  bonheur 
à  ceux  qui  les  consultaient  ;  soit  que  ce  soit 
une  manière  de  parler  Ogurée  ;  soit  qu'en 
effet  elles  leur  cousissent  des  coussins  sous 
les  coudes,  pour  marquer  le  repos  de  leurs 
consciences;  car  les  prophètes  prédisaient 
aussi  bien  par  les  actions  que  par  les  paro- 
les. Quelques-uns  croient  que  le  féminin  est 
mis  pour  Prophetœ  molles  et  rffeminali. 

CONSUESCERE,  dOzty,  Avoir  coutume,  être 
accoutumé.  Matih.  27.  15.  Per  diem  solem- 
nem  consucverat  prœses  populo  dimillere 
vinclum  unu7n  quem  voluissent  :  Le  gouver- 
neur avait  accoutumé  à  toutes  les  fêtes  de 
Pâque  de  délivrer  celui  des  prisonniers  que 
le  peuple  lui  demandait.  Esth,  14.  2.  Omnia 
loca  in  qiiibus  antea  lœtari  consueveral ,  cri- 
nium  laceratione  complevit  : 'Eslher  remplit 
de  ses  cheveux  qu'elle  s'était  arrachés  les 
mêmes  endroits  où  elle  avait  accoutumé  de 
se  réjouir  auparavant,  etc.  D'où  vient  : 

CONSUETUS,  A,  oi.  Usité,  accoutumé, 
ordinaire. Num.  16.  29.  Si  consueta  hominum 
morte  interierint  :  Si  Coré  et  sa  suite  qui 
m'accusent  meurent  dune  mort  ordinaire 
aux  hommes,  le  Seigneur  ne  m'a  point  en- 
voyé. Voy.  leur  mort  ,  versets  suivants. 
Ainsi  Exod.  5.  18.  2.  Mach.  \k.  .30. 

CONSUETUDO,  ieo?,  —  l°  Habitude,  usage, 
longue  pratique  (Ici?).  Hebr.  5.  14.  Est  soli- 
dus  cibus  eorum  qui  pro  consuetudine  exer- 
citatos  habent  sensus  ad  discret ionem  boni 
ac  mali  :  La  nourriture  solide  est  pour  ceux 
dont  l'esprit  s'est  accoutumé  par  l'exercice  à 
discerner  le  bien  et  le  mal.  Judic.  3.  2.  1, 
Reg.  17.  39. 

2°  Ce  qui  arrive  à  tous  selon  le  cours  na- 
turel et  ordinaire  (èOiTiJib;).  Gen,  31  35,  Juxta 
consueludinem  feminnrum  nunc  accidit  milii: 
Le  mal  qui  est  ordinaire  aux  femmes  me 
vient  de  prendre,  dit  Rachel  à  Laban,  pour 
excuse  de  ce  qu'elle  ne  se  levait  pas  devant 
lui. 

3°  Coutume,  lor,  manière  d'agir  que  l'on 
suit,  soit  dans  la  religion.  Luc,  1,  9,  Secun- 
dum  consueludinem  Sacerdolii  :  Selon  ce  qui 
s'observe  entre  les  prêtres,  de  tirer  au  sort 
les  fonctions  qu'ils  devaient  faire,  c.  2.  v. 
27.  42.  Soit  dans  les  affaires  civiles.  Act.  25. 
16.  Non  est  Romanis  consuetudo  :  Ce  n'est 
point  la  coutume  des  Romains  de  condam- 
ner tiii  hoin  .  e  a^an!  de  lui  donner  la  liberté 
de  se  juslifier.  Voy.  Abluere. 

4°  Culte,  forme  de  religion  établie  et  pre- 
scrite: soit  en  l'honneur  des  faux  dieux,  4. 


Reg.  17,  33.  Diis  quoque  serviebant  juxta 
consuetudinem  gentium  :  Les  peuples  qui 
éUiienl  venus  d'Assyrie  pour  habiter  la  Sa- 
marie,  servaienten  même  temps  leurs  dieux, 
selon  la  coutume  des  nations,  en  adorant 
aussi  le  Seigneur,  v.  40.  Soit  en  l'honneur  du 
vrai  Dieu,  et  conformément  aux  cérémonies 
de  la  loi,  Act.  21.  21.  Dicens  non  dcbere  eos 
circumcidere  filiossuos,  neque  secundum  con- 
sueludinem  ingredi  :  Les  Juifs  de  Jérusalem 
ont  ouï  dire  que  vous  enseignez  aux  Juifs 
qui  sont  parmi  les  nations,  qu'ifs  ne  doivent 
pas  circoncire  leurs  enfants,  ni  vivre  selon 
les  coutumes  reçues  parmi  les  Juifs, 

CONSUL,  is,  vt:kxoç.  Ce  mot  vient  du  verbe 
consulere  ;  ou  parce  que  consules  consule- 
bant  Reip.  ou  parce  que  consulebant  sena^ 
tum  :  dans  lEcrilure,  —  1°  Magistrat  des  Ro- 
mains, 1,  Mac,  15.  16,  Lucius  consul  Roma- 
norum  Pli.lomœo  régi,  salulem  :  Lucius  con- 
sul des  Romains  au  roi  Ptolémée,  salut.  — 
2°  Grand  seigneur,  des  premiers  d'un  Etat 
dont  le  conseil  sert  au  gouvernement  du 
royaume  (j3ou).£UTri?),  Job.  3.  14.  Requiescerem 
cum  regibus  et  cunsuUbus  lerrœ  :  Je  me  repo- 
serais avec  les  rois  et  les  consuls  de  la  terre. 
Job  aurait  préféré  la  mort  à  l'état  déplora- 
ble où  il  était, 

CONSULERE,  Ce  verbe  vient  ou  de  salir^^ 
quand  plusieurs  s'assemblent  pour  dire  leur 
avis,  ou  de  considère,  parce  qu'on  délibère 
étant  assis. 

1°  Consulter,  demander  conseil  (z>3Teïv).2, 
Par,  18,  4.  Consule  obsecro,  imprœsentiarum 
sermonem  Domini  :  Consultez,  je  vous  prie, 
aujourd'hui  la  volonté  du  Seigneur,  dit  Josa- 
phat  à  Achab.  1,  Mac,  8,  15,  A  quoi  se  peut 
rapporter,  Ezecli.  21.  21.  Exla  consuluic  . 
Le  roi  de  Babjlone  a  consulté  les  entrailles 
des  bêles  mortes,  pour  connaître  le  succès 
de  sou  entreprise. 

2° Pourvoir,  veiller,  avoir  égard  ('f^ovxiÇstv). 
2,  Mach.  11.  15.  In  omnibus  utililati  consu- 
lens  :  Machabée  se  rendant  aux  prières  de 
Lysias  ,  n'avait  pour  but  en  toutes  choses 
que  l'intérêt  public,  c.  4.  21.  c.  14,  8. 

CONSUMERE  ,  àva),t(7X£iv.  —  1°  Consumer  , 
détruire  ,  user,  perdre,  ruiner  (-/aT«yÔ£i/5£tv), 
Exod,  18.  18,  Stulto  labore  consumeris  :  C'est 
à  vous  une  imprudence  de  vous  consumer 
inutilement  vous  et  le  peuple  ;  de  juger  seul, 
et  que  tout  le  peuple  eût  à  attendre  le  juge- 
ment de  vous  seul  dans  tous  leurs  diffé- 
rends. Heb.  12.  29.  Deus  noster  ignis  consu- 
mens  est  :  Notre  Dieu  est  un  feu  dévorant. 
Voy.  Ignis.  Deut.  4.  24.  c.  9.  3.  Levit.  26. 
16.  Visitabo  vos  in  ardore  qui  consumât  ani- 
mas vestras  :  Je  vous  punirai  bientôt  par  une 
ardeur  qui  vous  consutnera  {è-.troy.ny).  Je- 
rem.  24.  10.  Ainsi  l'on  dit  :  Consumere  famé, 
mœrore,  gladio,  etc.  A  quoi  se  rapporte  dans 
le  sens  métapliori(jue  ,  Gai.  5.  15.  Videte  ne 
ab  invicem  consumamini  :  Prenez  garde  que 
vous  ne  vous  consumiez  les  uns  les  autres; 
que  par  vos  disputes,  votre  foi  ne  s'affai- 
blisse, (t  que  vous  ne  ruiniez  le  repos,  la 
paix  et  la  prospérité  de  toute  l'Eglise. 

2''V;iincre,  défaire.  2.  Reg.  22.  38  (ffuv«- 
y.eîv].  Non  cunvertar  donec  consumam  eos  :  Je 


309 


CON 


CON 


010 


ne  retournerai  point  que  je  n'aie  défait  naes 
ennemis,  v.  39.  4.  Reg.  13.  17.  Dan.  2.  U. 

3°  Affliger,  faire  souffrir,  soit  de  douleurs 
et  de  peines  (iTToiÀvc'.v).  Job.  9.   22.  Innocen- 
tem  et  impiiim  ipse  consumic  :  Dieu  alflige  le 
juste  comme  l'impie,  en  celte  vie,  soit  de  la 
mort   même.  2.  Maeli.  7.   il.  Post  filios  et 
mater  consumpta  est  ;  La  mère  des  Macha- 
bées  souil'rit  aussi  la  mort  après  ses  enfants. 
k"  Finir,  faire  cesser  (TuvrE/civ).  Ps.  7.  10. 
Consumelur  nequilia  peccaiorum  :  La  malice 
des  pécheurs  finira  à  mon  égard,  dii  David. 
Ce  verbe  est  mis  ici   pour  consummetur ,  et 
marque  que  la  malice  des  méchants  cessera; 
qu'elle  cesse,  et  qu'elle  vienne  à  son  com- 
ble.   Ainsi  que,  2.   iMach.  1.  30.    Psallebant 
hymnos,  usquequo  consumptum  {  pour  con- 
summntu77i^    essct  sacrificium  :  Les  prêtres 
chantaient  des  hymnes  ju>qu'à  ce  que  le  sa- 
crifice  fût  achevé,  c.  2.  10.   Eccli.  i5.   17. 
Job.  7.   6.  Dies  met   consiimpli  sunt  absguc 
nlla  spe  :  Mes  jours  se  sont  écoulés  sans  me 
laisser  aucune  espérance  (  de  retour  )  = 

5"  Réduire  à  l'indigente  et  à  la  misère 
{iTZM'/j\»-i-j).  Prov.  23.  21.  Vacantes  potibus,  et 
dantes  symbola  consumentur  ;  Passant  le 
temps  à  boire  et  à  se  traiter  ainsi,  ils  seront 
consumés. 

6°  Paître,  manger.  Isa.  27,  10.  Vitulus  con- 
stimet  suynmilates  ejus  :  Les  jeunes  bœufs 
mangeront  les  herbes  qui  seront  crues  dans 
Jérusalem.  1.  Mach.  6.  53.  Gen.  i3.  2. 

CONSUMMARE,  cruvrî/c-rv,  tA^oOv,  T£)£rv.  Ce 
verbe  vient  de  l'adjectif  summus,  a,  um,  et 
signifie  : 

1*  Finir,  achever,  mettre  fin  à  quelque 
chose.  Dan.  9.  2i.  Ut  consummetur  prœtari- 
catio  :  Afin  que  les  prévarications  du  peuple 
soient  abolies.  Isa.  33.  1.  Cum  consummave- 
ris  deprœdalionem  :  Lorsque  vous  aurez 
achevé  de  dépouiller  les  autres.  Matlh.  7. 
28.  Cum  consumjnassel  verba  hœc  :  Jésus 
ayant  achevé  tous  ces  discours.  Luc.  i.  13. 
Consummata  o)7mi  tentalione  diabolus  reces- 
sit  ab  illo  :  Le  diable  ayant  achevé  toutes  ces 
tentations  se  retira  de  lui  pour  un  temps. 
Sap.  h.  16.  Juventuscelerius  consummata  lon- 
gam  vitam  injusli  condemnat  :  La  jeunesse 
du  juste  sitôt  finie  est  la  condamnation  de 
la  longue  vie  de  l'injuste.  Joan.  17.  i.  Act. 

20.  2!^.  2.  Tim.  k.  7.  Isa.  32.  10.  Ainsi,  Luc.  2. 

21.  Postquam  consummali  sunt  dies  oclo  ut 
circumcideretur  puer  {■K'/.rfiînhoLi)  :Le  huitième 
jour  que  l'enfant  Jésus  devait  être  circoncis 
élant  arrivé  ;  or,  il  est  à  remarquer  que  dans 
l'Ecriture,  selon  la  phrase  hébraïque,  il  est 
souvent  dit  que  le  temps  est  achevé  et  fini, 
lorsque  sa  fin  commence  d'arriver;  air)si 
l'on  dit  que  huit  jours  sont  achevés  lorsquo» 
le.  huitième  jour,  qui  en  est  la  fin,  arrive  et 
commence.  Mais  quelquefois  aussi  ce  verbe 
marque  que  le  temps  est  entièrement  fini. 
V.  '»3.  Consummalisque  diebus  :  Après  que  les 
jours  que  dure  la  fête  de  Paque  furent  pas- 
sés. V^oy.  CoMPLEiiE.  V'oy.  Post. 

2°  Consommer,  achever,  rendre  parfait 
(ixT€>e«v)  ;  soit  en  parlant  do  la  perleclioa 
des  ouvrages,  ou  de  Dieu.  Eccli.  3V.  8.  Sine 
mendacio   consummabitur  verbum  leyis  :  La 


parole  de  la  loi  est  parfaite,  car. venant  de 
Dieu,  elle  ne  peut  être   taxée  de  mensonge  ; 
autr.  s'accomplira  entièrement.   Eccli.  38.7. 
Non  consummabuntur  opéra   ejus  :  Dieu   a 
donné  aux   plantes  tant  de  vertus  secrètes 
pour  guérir  les  maladies  du  corps,  qu'on  en 
peut  diversifier  les  compositions  à  l'infini; 
owen  parlant  des  ouvrages  de  l'art.  Luc.  14. 
30.  Ccepit  œdi/îcare,   et  non  poluit   consum- 
jnare  :  Cet  homme  avait  commencé  à  bâtir, 
mais  il  n'a  pu  achever;  ce  qui  s'entend  dans 
le  sens  figuré  de  la  perfection  de  rouvra"-e 
du  salul.  Jac.  2.  22.  Soit  en  parlant  delà 
perfection  qui  vient  des  qualités  naturelles  , 
des  habiludes  ou  des  vertus  morales.  Sap.  9. 
6.  Etsi  qui  s  eril  consummatus  inter  filios  ho~ 
mjnum,    si  ab  illo  abfuerit  sapientia  tua,  in 
nihilum   computahilnr  :  Encore    que    quel- 
qu'un paraisse  consommé  parmi  les  enfants 
des   hommes,  il  sera   néanmoins    considéré 
comme  rien,  si  votre  sagesse  n'est  point  en 
lui.  c.  15.  3.  Nosse  te,  consummata  justltia 
est.-Yous  connaître  est  la  parfaite   justice. 
c.  16.  16.  c.  12.  17.  Soit  en  parlant  de  la  per- 
fection qui  vient  de  la  sainteté.  Hebr.  10.  li. 
Una  oblatione  consummavit  in  sempiternum 
sanctificatos  :  3 ésus-Chr\s{  a  rendu  parfaiis 
pour   toute  l'éternité,  par  une  seule  obia- 
lion,  ceux  qu'il  a  sanctifiés.  Joan.  17.  23. 
Ut   sint   consummati  in   unum  :  Afin    qu'ils 
soient  consommés  en  l'unité  ;  par  la  foi  jointe 
aux.  bonnes  œuvres  qui  sanctifie.  Soit  de  la 
perfection  ijui  vienne  des  œuvres  auxquelles 
la  foi  est  jointe.  Jac.  2.  22.  Ex  operibus  fides 
consummata   est  :  Les  œuvres    ne  font   pas 
seulement  connaître  la  foi,  mais  encore  el- 
les l'aygmentent  et  la  rendent  plus  parfaite. 
Soit   que  cette  perfection   vienne  des  céré- 
monies de  la  loi.  Gai.  3.  3.  Sic  stulti  estis,  ut 
cum  spiritu  cceperitis.  nunc  carne  consum- 
memini{  èTTi-zùtï-j  )  ?  Etes-vous   si   insensé-^, 
qu'après  avoir  commencé  par  l'esprit,  vous 
finissiez  maintenant  par  la  chiir?  i.  e.  vous 
attendiez  votre  perfection  de  l'observance  do 
la  loi,  comme  de  celle  de  la  circoncision? 
D'autres  expliquent  ici  le  mot  consummari, 
{)ar  finir,  être  conduit  à  sa  fin.  Soit  en  par- 
l.iut  delà  perfection  qui  conduit  à  la  gloire 
des    bienheureux  ,    ou    qui    vient    di;    cette 
gloire.  Hebr.  2.   10.  Decebat  eum  qui  multos 
filios  in  gloriam  adduxeraV,  auctorem  salutis 
eorum   per  pussionem  consummare  :  Il    était 
convenable  que  le   Père  Eternel,  qui  avait 
élevé  plusieurs  enfants  à  la  gloire,  perfec- 
lionnàl  par   les  souffrances  l'auteur  de  leur 
salut;  AC.  Jésus-Christ,  c.  5.  9.  Ainsi,  c.  11. 
iO.   Ut  non  sine  nobis  consummarentur  :  En 
sorte  qu'ils    ne   reçussent    point  sans  nous 
l'accomplissement  de  leur  bonheur  :  L'Ecri- 
ture parle  des  saints,  morts  avant  la  venue 
de  Jésus-Christ,  qui  n'ont  point  joui  du  bon- 
heur éternel  avant  que  Jésus-Christ  ait  sa- 
tisfait pour  les  péchés  ;  mais  qu'il  a  cmme- 
n«s  avec  lui  dans  le  ciel  au  jour  de  son  as- 
cension. Voy.  Ephes.  i.  v.  8.  9.  Ps.  67.  19. 

3  Achever,  cesser  de,  avec  un  infinitif; 
soit  qu'il  soit  sous-entendu.  Malth.  10.  23. 
Non  congummnbitis  civitates  Israël  donec  re- 
niât filius  honiinis;  sous-entendanl  ad  fidem 


«n 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


91Î 


ti  Evangelium  adducere  :  Vous  n'aurez  pas 
a'chavé  d'instruire  toutes  les  villes  d'Israël, 
avant  que  le  Fils  de  l'Homme  vienne  ;  à  la  fin 
du  monde;  autr.  pour  punir  les  Juifs,  c.  13. 
53.  Cum  consummasset  Jésus  pnrabotas  istas, 
(suppl.  eloqiii)  :  Lorsque  Jésus  eut  achevé  ces 
paraboles;  comme  aussi,  c.  7.28.  c.  19.  1. 
c.  26.  1.  Eccli.  18.  6.  Cum  consummaverit 
homo  (suppl.  quœrere)  :  Lorsque  l'homme  sera 
à  la  fin  de  celte  recherche  des  merveilles 
de  Dieu.  1.  Esdr.  10.  17.  Consummati  sunt 
omîtes  viri  (suppl.  recenseri)  :  Le  dénombre- 
ment de  ceux  qui  avaient  épousé  des  fem- 
mes étrangères,  fut  achevé  ;  soit  que  l'inU- 
nilil  soit  exprimé.  Mallh.  11.  1.  Cum  com- 
summassct  Jésus  prœcipiens  duodecim  disci- 
pulis  suis  ,  où  prœcipiens ,  est  ,  selon  la 
phrase  grecque,  pour  prœcipere.  Amos  7.  2. 
Cum  consummasset  comedere  herbam  terrœ  • 
Lorsque  la  sauterelle  achevait  de  manger 
l'herbe  de  la  terre. 

4°  Accomplir,  exécuter  ce  qui  a  été  prédit 
dans  les  Ecritures.  Joan.  19.  28.  Sciens  Jé- 
sus quia  omnia  consummata  sunt,  ut  con- 
summaretur  Scriptura^  dixit  :  Sitio.  Ps.  68. 
22  :  Jésus  sachant  que  toutes  choses  étaient 
accomplies,  afin  qu'une  parole  de  l'Ecriture 
s'accomplît  encore,  il  dit  :  J'ai  soif.  v.  30. 
Cum  accepisset  Jésus  acetum,  dixit  :  Con- 
summatum  est  :  iésus  ayant  pris  le  vinaigre, 
dit  :  Tout  est  accompli;  se.  tout  ce  qu'il  fal- 
lait faire  pour  mériter  le  salut  et  la  rédemp- 
tion du  genre  humain.  Apoc.  10.  7.  Consum- 
mabitur  mysterium  Dei  :  Le  mystère  de  Dieu 
8'accomplira.  Ce  mystère  est  la  délivrance 
et  la  glorification  de  l'Eglise,  c.  17.  17.  Marc. 
13.  i».  Luc.  18.31.  Act.  13.  29.  ♦ 

5°  Accomplir,  pratiquer,  exécuter,  exer- 
cer. Rom.  2.  27.  Legem  consummans  :  Celui 
qui  garde  et  pratique  la  loi,  c.  9.  28.  Verbum 
consummans  et  abbrevians  in  œquitate  :  Dieu 
exécutera  par  un  juste  jugement  la  résolu- 
tion qu'il  a  prise  de  relcancher  son  peuple. 
c.  15.  8.  Hebr.  9.  6.  1.  Pelr.  k.  3.  Eccli. 
34.8. 

6'  Perdre,  ruiner,  anéantir,  faire  prendre 
fin,  soit  en  parlant  des  personnes.  Ps.  118. 
87.  Paulo  minus  consummaverunt  me  in  terra: 
peu  s'en  est  fallu  que  ceux  qui  me  persécu- 
tent ne  m'aient  fait  périr  sur  la  terre.  Luc. 
13.  32.  Sanitates  perficio  hodie  et  cras,  et  ter- 
tia  die  consummor  :  ya\  encore  à  rendre  la 
santé  aux  malades  aujourd'hui  et  demain, 
et  le  troisième  jour  je  serai  consommé  par 
ma  mort,  dit  Jé>us-Christ,  Prov.  28.  2.  Isa. 
16.  4.  c.  29.  20.  Soit  en  pariant  des  choses, 
Luc.  15.  14.  Postquam  omnia  consummasset 
Le  plus  jeune  des  deux  enfants, 


summabitur  {TTxvefr^Ki,  quiescere)  indignutio 
et  furor  meus  super  scelus  eorum  :  Je  m'en 
vais  punir  leurs  crimes  dans  toute  l'étendue 
de  mon  indignation  et  do  ma  fureur;  se.  les 
crimes  des  Assyriens.  Apoc.  15.  1. 

Consummaré  maliliam.  Faire  outrage,  mal- 
traiter. 2.  Mach.  3.  32.  Considerans  ne  forte 
rex  suspicaretur  malitiam  aliquam  ex  Judœis 
circa  Heliodorum  consummatam  :  Le  grand- 
prêtre  considérant  que  le  roi  pourrait  peut- 
être  soupçonner  les  Juifs  d'avoir  commis 
quelque  attentat  contre  Héliodore. 

Consummaré  testamentum.  Faire  un  traité 
ou  une  alliance.  Heb.  8.  8.  Consummabo  su- 
per domum  Israël,  et  super  domum  Juda^ 
testamentum  novum  :  Je  ferai  une  alliance 
avec  la  maison  d'Israël  et  la  maison  de  Juda  : 
Ceci  est  lire  de  Jérém.  31.  31. 

CONSUMMATIO,  nis,  auvrasta.  Perfection, 
en  parlant  de  quelque  art  :  dans  l'Ecriture  : 

1"  Achèvement,  consommation  (  èÇoStov  ). 
Ps.  28.  1.  In  consummatione  tabernaculi  ; 
David  chanta  ce  psaume  quand  il  eut  achevé 
le  tabernacle,  et  qu'il  y  mit  l'arche;  selon  le 
Grec,  In  exitti  tabernaculi  :  les  derniers  mots 
de  ce  titre  du  tabernacle,  ne  se  trouvent  point 
dans  l'Hébreu  :  quelques  auteurs  croient 
que  David  l'a  composé  à  l'occasion  de  quel- 
que grande  tempête  qui  arriva  de  son  temps. 
2.  Cor.  13.  9.  Oramus  veslram  consumma- 
tionem  (xxTâpTtat?)  :  Nous  demandons  à  Dieu 
dans  nos  prières  qu'il  vous  rende  parfaits. 
Eccli.  37.  14.  c.  38.  31. 

2°  Fin  (t£).o?)  ;  soit  en  parlant  de  l'issue 
et  du  succès  de  quelque  chose.  Sap.  3.  19. 
Nationis  iniquœ  dirœ  sunt  consummationes  : 
Les  méchants  auront  une  fin  funeste.  Eccli. 
21.  10.  Soit  en  parlant  de  la  consommation, 
par  laquelle  quelque  chose  finit  et  cesse 
d'être.  Heb.  6.  8.  Cujus  consummatio  in  com- 
bustîonem  :  A  la  fin  un  maître  met  le  feu  à 
une  terre  qu'il  a,  qui  ne  cesse  de  ne  produire 
que  des  ronces  et  des  épines  :  ce  qui  est  une 
figure  des  méchants  que  Dieu  précipite  dans 
le  feu  éternel,  pour  n'avoir  fait  aucunes  bon- 
nes œuvres.  Sap.  7.  18.  Ce  mot  dans  ce  sens 
s'entend,  l"de  la  mort.  Eccli.  1. 19.  In  diebus 
consummationis  illius  benedicetur  :  Celui  qui 
craint  le  Seigneur,  sera  béni  au  jour  de  sa 
mort  ;  2°  il  se  dit  aussi  du  dernier  jour,  ou 
de  la  fin  des  siècles.  Eccli.  16.  22.  Interro- 
gatio  omnium  in  consummatione  est  :  Dieu 
remet  à  examiner  toutes  choses  au  dernier 
jour;  i.  e.  à  la  niort  et  au  dernier  jugement, 
c.  18.  24.  c.  33.  24.  de  là  vient  : 

Consummatio  sœculi.  —  1°  Le  temps  de  la 
fin  du  monde.  Matlh.  13.  39.  .Sic  erit  in  con-- 
sumrnatione  sœculi  :  A  la  fin  du  monde,  les 


auxquels  leur  père  avait  fait  le  partage  de    «Anges  sépareront  les  méchants  du  milieu  des 


son  bien,  ayant  tout  dépensé 

7"  Faire,  entreprendre  [tnireltîi))  Heb.  8. 
5.  Cum  consummaret  tabernaculum  :  Lorsque 
Moïse  faisait,  ou,  selon  le  Grec,  lorsqu'il  de- 
vait faire  et  dresser  le  tabernacle.  Gen.  6. 
15.  Voy.  Cubitus. 

Phrases  tirées  de  ce  verbe. 

Consummaré  furorem,indignationem,  iram. 
Punir  rigoureusement  et  dans  toute  l'élendue 
de  la  colère  et  de  su  fureur  Isa.  10.2.'>.  Con- 


justes ,  de  même  qu'un  pêcheur  jetterait 
hors  de  son  filet  tous  les  méchants  poissons 
pour  mettre  ensemble  tous  les  bons  dans  des 
vaisseaux,  v.  40.  49.  c.  24.  3.  c.  28.  20. 

Consummatio  sœculorum  :  —  2"  Le  temps 
qui  a  commencé  depuis  l'avènement  du 
Àlessie,  et  qui  durera  jusqu'à  la  fin  du 
monde,  le  dernier  âge  du  monde.  Heb.  9. 
26.  Semel  in  consummatione  sœculorum  ad 
deslitudonem  peccati,  per  hostiam  suam  ap^ 


913 


CON 


CON 


DU 


paruit  :  Jesus-cnrist  n'a  parlé  qu'une  fois  à 
la  fin  des  siècles,  pour  détruire  le  péché,  en 
s'offrant  lui-même  pour  victime  :  ce  temps  est 
appelé  le  dernier  âge  du  monde,  ou  la  fin 
des  siècles;  parce  que  depuis  la  venue  du 
Messie,  il  n'y  a  plus  à  attendre  que  le  juge- 
ment dernier:  et  pour  le  distinguer  de  l'âge, 
auquel  a  duré  la  loi  de  nature,  et  de  celui 
de  la  loi  écrite. 

3°  Perfeciion,  avancement  dans  la  voie  de 
Dieu;  soit  celle  qui  se  fait  par  la  rémission 
des  péchés  et  la  juslifîcation  [zù.iiuviç).  Hebr. 
7.  11.  Si  consummatio  per  sacerdotium  Le- 
viticum  erat  :  Si  c'était  par  le  sacerdoce  de 
Lévi,  que  les  hommes  pouvaient  être  rendus 
parfaits,  qu'était-il  besoin  qu'il  vînt  un  autre 
prêtre  selon  l'ordre  de  Melchisédech  :  saint 
Paul  témoigne  que  l'attente  où  étaient  les 
Juifs  du  Messie,  prouvait  que  la  loi  de  Moïse 
n'avait  point  la  force  de  mener  à  la  dernière 
perfection,  qui  est  celle  de  la  justification, 
ou  celle  qui  se  fait  par  la  continuation  des 
grâces  que  Dieu  donne  à  un  chacun  pour  le 
Tendre  parfait.  2.  Cor.  13.  9.  Voy.  ci-dessus 
1.  Ephes.  4.  12.  Ad  consummationem  sancto^ 
rum  'Les  dons  du  Saint-Esprit  ne  se  donnent 
que  pour  la  perfection  des  fidèles  (x«Ta|5Tto-- 

Pôf). Cette  perfeciion  est  tirée  d'un  édifice  que 
on  achève.  Eccli.  21  13.  Consummatio  ti~ 
moris  Dei^  sapientia  et  sensus  :  La  parfaite 
crainte  de  Dieu  fait  la  vraie  sagesse. 

i"  Le  plus  haut  point  où  quelque  chose 
peut  aller.  Eccli.  h^S.  v.  7.  8.  Luna  minuitur 
in  consummalione  :  La  lune  diminue  tou- 
jours après  sa  plénitude.  Crescens  mirabi~ 
iiter  in  consummalione  :  Et  croît  toujours 
jusqu'à  sa  plénitude. 

5*  Chose  parfaite,  précieuse  et  exquise. 
P«.  118. 96.  Omnis  consummationis  vidi  finem  : 
J'ai  vu  finir  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  beau 
au  monde;  il  n'y  a  que  votre  loi,  Seigneur, 
qui  subsiste.  Voy.  LàTUs. 

6°  Multitude  consommée  et  entière  ;  ou, 
selon  d'autres,  consumée  et  ruinée.  Isa.  10. 
22.  Consummatio  abbreviata  inundabit  justi- 
tiam  .'Le  peuple  Juif  réduit  à  un  petit  nombre, 
recevra  une  justice  abondante.  Voy.  Inun- 

DARE. 

T  Perle,  ruine.  Ps.  58.  14.  De  exsecratione 
et  mendacio  annunliabuntur  in  consumma- 
lione :  L'on  publiera  contre  mes  ennemis 
l'exécration  et  le  mensonge  dont  ils  sont 
coupables  au  temps  de  leur  ruine.  In  ira 
consummationis  :  Et  la  vengeance  de  Dieu 
les  consumera,  non  pas  entièrement;  mais 
ils  ne  subsisteront  plus  comme  auparavant, 
ne  formant  plus  un  peuple  particulier,  mais 
se  trouvant  dispersés  parmi  tous  les  peuples. 
1.  Esdr.  9.  U.  Eccli.  39.  3i.  c.  iO.  1'+. 

Phrase  Urée  de  ceUe  signilication. 

Consummationem  facere,  in  consummatio- 
nem facere.  Ruiner  de  fond  en  comble.  Jerem. 
4.  27.  Déserta  eril  omnis  terra,  sed  tamen 
consummationem  non  faciam  :  Toute  In  terre 
sera  déserte,  et  néanmoins  je  ne  la  perdrai 
pas  entièrement,  c.  5.  10.  Ainsi,  v.  18.  Non 
faciam  vos  in  consummationem  :  Je  ne  vous 
exterminerai  oas  entièrement.  Nahum.  1-  8. 


.. n  aiîucio prœtereunte consummationem  faciet 
loci  ejiis  :  Le  Seigneur  détruira  Ninive  par 
l'inondation  d'un  déluge  qui  passera  ;  les 
grandes  afflictions  sont  marquées  par  les 
inondations  et  le  débordement  des  eaar, 
Voy.  DiLuviDM.  Soph.  1.  18. 

8'  Sommaire,  abrégé  (tAoî),  Eccli.  43.  29. 
Consummatio  sermonum  ipse  est  in  omnibus  : 
Tout  ce  qu'on  peut  dire  de  Dieu,  c'est  qu'il 
est  l'âme  de  tout. 

Façons  de  parler. 

Consummatio  virtutis.  L'éclat  et  l'orne- 
ment de  quelque  charge  ou  dignité.  Eccli. 
50.  11.  In  accipiendo  ipsum  stotam  gloriœ  et 
vestiri  eum  in  consummationem  virtutis  : 
Lorsque  Simon  fils  d'Onias,  grand  prêtre,  a 
pris  sa  robe  de  gloire,  et  qu'il  s'est  revêtu  de 
tous  les  ornements  de  sa  dignité.  Voy.  Vir- 

TUS. 

CONSUMMATOR,  is  ;  teXsiwt^,-.  Qui  achève, 
qui  perfectionne  et  met  la  dernière  main  à 
un  ouvrage.  Heb.  12.  2.  Aspicientes  in  aucto 
rem  fidei  et  consummatorem  Jesum  :  Jésus-. 
Christ  est  appelé  l'auteur  et  le  consomma-, 
leur  de  la  foi;  parce  qu'il  l'a  commencée  eu 
nous,  et  l'a  perfectionnée;  et  comme  il  noui 
dispose  à  commencer  la  course  de  notre  sa^ 
lut,  v.  1,  il  nous  donne  aussi  la  force  d'aller 
jusqu'au  bout.  Ce  mot  se  peut  prendre  ici 
absolument  et  sans  le  rapporter  à  fidei^  et 
alors  il  signifie  que  Jésus-Christ,  par  le  sa- 
crifice de  la  croix  nous  a  non-seulement  jus- 
tifiés, mais  encore  conduits  à  une  béatitude 
consotnniée. 

CONSUMMATUS,  a,  um.  Achevé,  parfait, 
consommé.  Sap.  12.  il.Virtutem  ostendis  tu, 

?ui  non  crederis  esse  in  virtute  consummatus 
h  âuvâ/zEWf  TzliioTn-zt)  :  Vous  faites  voir  votre 
puissance,  lorsqu'on  ne  vous  croit  pas  souve- 
rainement puissant.  Voy.  4.  Reg.  7.  v.  1.  2. 
16.  Ainsi  c.  6.  16.  c.  9.6.  c.  15.  3. 

CONSUMPTIO,  Nis.  L'action  de  consumer, 
de  détruire  cl  d'anéantir  :  dans  l'Ecr.  : 

1"  Perte,  ruine.  '*.  Reg  13.  19. Percussisses 
Syriam  usque  ad  consumptionem  ((jyvTsieta)  : 
Si  vous  eussiez  frappé  la  terre  cinq  ou  six, 
ou  sept  fois,  vous  eussiez  battu  la  Syrie, 
jusqu'à  l'exterminer  entièrement,  dit  Elisée 
à  Joas.  Isa.  il.  12.  Erunt  quasi  non  sint  (wf 
ojy('6-jriç),et  veluti  consumptio,  homines  bel- 
lantes  adversum  te  :  Ceux  qui  vous  combat- 
tront deviendront  comme  rien. 

2°  Corruption  ,  biens  corruptibles  et  péris- 
sables [StafQopà).  Eccli.  31.  6.  Qui  insequitiir 
consumptionem,  replebitur  ex  ea  :  Celui  qui 
recherche  la  corruption  en  sera  renipli  ; 
l'amour  des  richesses  ne  peut  apporter  que 
du  mnlheur.  t 

CONSURGERE,     iviffratrÔat,    èÇavÎTTCtaOat.    — 

l-'Se  lever  de  quelque  place.  Judic.  19.  7.  Ille 
consurgens  cœpit  velle  proficisci  :  Le  lévite  se 
levant,  voulut  s'en  aller  de  chez  son  beau- 
père,  chez  qui  il  élait  allé  pour  ramener 
sa  femme.  Tob.  11.  10.  Eslh.  8.  '*.  Baruch.  6. 
26. 

2°  Se  lever  par  honneur  et  pour  faire  civi- 
lilé.  Levit.  19.  -32.  Coram  cano  capite  con^ 
sunje  :  Levez-vous  devaul  ceux  qui  ont  les 


^M5 


DICTIONNAIRE  DE 


cheveax  olancs:  saluez-les,  portez-leur  hon- 
neur et  respect.  Isa.  40.  7. 

3°  Se  lever  du  lit.  Luc.  5.  25.  Consiirgens 
coram  illis,  tulit  leclnm  in  quo  jacebat  :  Le  pa- 
ralytique se  leva  en  la  présence  des  docteurs 
(ie  la  loi  et  des  pharisiens  au  commandement 
que  lui  fit  Jésus-Christ  en  le  guérissant.  Gen. 
19.  27.  Abraham  consurgens  mane  :  Abraham 
s'élant  levé  le  matin,  vint  au  lieu  où  il  avait 
élé  auparavant  avec  le  Seigneur  :  ce  lieu 
était  celui  où  Abraham  avait  demandé  à  Dieu 
grâce  pour  Sodome.  Voy.  c.  18.  c.  20.  8.  c. 
22.  3.  c.  31.  55.  d'où  viennent  ces  deux  ter- 
mes opposés  :  Dormicns  ai  que  consurgens  : 
La  nuit  et  le  jour.  Deut.  6.  7.  Vous  méditerez 
les  ordonnances  du  Seigneur,  la  nuit  dans 
les  intervalles  du  sommeil,  cl  le  matin  à  vo- 
tre réveil.  Ainsi,  Judic.  Ik.  5.  De  nocte  con- 
surgens. Voy.  Nox. 

4' Se  dresser,  se  relever  et  se  tenir  droit. 
Gen.  37.  7.  Putabam  quasi  consurgere  mani- 
pulum  meum  et  stare  :  11  me  semblait  que  ma 
gerbe  se  levait  et  se  tenait  debout,  dit  Joseph 
à  ses  frères,  qui  interprètent  ce  songe  de  son 
élévation.  Voy.  vers.  8.  Job.  30.  28.  2.  Esdr. 
9.3. 

5'  S'élever  pour  faire  violence.  Num.  23. 
2i.  Ecce  populus  ut  leœna  consurget  :  Ce  peu- 
ple s'élèvera  comme  une  lionne;  ce  que  dit 
Balaam  du  peuple  d'Israël.  Dan.  12.  1. 
Ainsi  : 

Consurgere  in  ,  super,  ou  adversus  aliquem. 
—  1°  Attaquer,  maltraiter,  tâcher  de  perdre. 
Gen.  4.  8.  Consurrexit  Cain  adversus  fratrem 
suum  Abel .  Caïn  se  jeta  sur  son  frère  Abel  et 
le  tua.  Dout.  22.  26.  c.  33.  11.  1.  Par.  21.  1. 
Marc.  3.  20.  c.  13.  12.  —  2°  Faire  la  guerre  à 
quelqu'un  KJ-ystpefTÔat).  Matth.  24.  7.  Consur- 
get gens  in  gentem  :  On  verra  se  soulever  peu- 
ple contre  peuple.  Deut.  28.  7.  Abd.  v.  1. 
Surgile  et  consurgamus  adversus  eum  in  prœ- 
lium  :  Allons,  disent-elles,  conspirons  toutes 
ensemble  contre  Edom  pour  le  combattre.  Le 
Prophète  représente  les  nations,  surtout  les 
Assyriens,  qui  s'animent  à  marcher  contre 
les  Iduméens,  y  étant  suscités  par  un  ange 
de  la  part  de  Dieu.  —  3°  Se  soulever,  se  ré- 
volter (£7ravt(TTaarO«t).  2.  Rpg.  14.  7.  EcCe 
consurgens  universa  cognatio  adversum  an- 
cillam  tuam  :  Tous  les  parents  se  soulèvent 
contre  votre  servante,  dit  à  David  la  femme 
de  Thécua,  envoyée  par  Joab.  Mich.  2.  8, 
Populus  uteus  in  adversarium  consurrexit  ■ 
Mon  peuple  s'est  révolté  contre  moi.  1.  Reg. 
22.  13. 

§  1.  —  Naître,  sortir,  croître.  Num.  24.  17. 
Consurget  virga  de  Israël:  Un  rejeton  s'élèvera 
d'Israël  :  cette  prophétie  de  Balaam  s'entend 
de  Jésus-Christ.  Dan.  8.  22.  Prov.  24,  22. 

§  2.  —  S'élever  et  paraître,  soit  avec  éclat 
et  avec  gloire  (  «varAActv  ).  Job.  11.  17. 
meridianus  fulgor  consurget  tibi  ad  vespe- 
ram  :  Lorsque  votre  vie  semblait  être  dans 
son  couctianî,  vous  paraîtrez  comme  le  so- 
leil dans  l'éclat  de  son  midi.  c.  38.  32.  Gant. 
6.  x).  Prov.  24.  22.  Ecd.  4.  15.  Dan.  2.  39. 
etc.  Soit  avec  une  nouvelle  vigueur  pour 
quelque  entreprise.  Isa.  33.  ÎO.  Nunc  consur- 
ih^m,  dicii  Dominus  :  Je  me  lèverai  mainle- 


PHILOLOGIE  SACRÉE.  'J!« 

nant,  dit  le  Seigneur,  o.  51.  9.  Zach.  2.  13. 
Soit  en  reprenant  courage.  Isa.  51.  17.  Con- 
surge,  Jérusalem.  Levez-vous,  Jérusalem  : 
Dieu  exhorte  le  peuple  qui  était  accablé  de 
la  servitude  ,  à  prendre  courage ,  c.  52. 
V.  1.  2. 

§  3.  — Subsister,  se  maintenir,  se  relever 
(T(7ra(T9«i)-  1-  Beg.  13.  14.  Nequaquam  regnum 
tuum  ultra  consurget  :  Votre  règne  ne  sub- 
sistera point  à  l'avenir,  dit  Samuel  à  Saul, 
après  que  Saùl  eut  offert  l'holocauste.  Deut. 
33.  11.  Qui  oderunt  eum,  non  consurgant  ; 
Que  ceux  qui  le  haïssent  tombent  sans  pou- 
voir se  relever,  dit  Moïse,  bénissant  la  tribu 
de  Lévi.  2.  Reg.  22.  39.  Job.  8.  15.  Isa.  14. 
21.  Jerem.51.  39.  Mich.  7.  8. 

§  4.  — Commencer, se  disposer  à  faire  quel- 
que chose,  aller  et  partir  pour  le  faire.  Deut. 
31.  16.  Populus  iste  consurgens  fornicabitur 
post  deos  aliénas  :  Ce  peuple  s'abandonnera  à 
l'idolâtrie  après  votre  mort,  dit  Dieu  à  Moïse. 
Gen.  27.  42.  1.  Par.  22. 19.  1.  Reg.  9.  3.  c. 
25.  1.  41.  2.  Reg.  17.  1.  2.  Par.  6.  41.  Ainsi, 
Jos.  8.  1.  Consurgens  ascende  in  oppidum  Hai; 
Marchez  contre  la  ville  d'Haï.  3.  Reg.  14.  4. 
Consurgens  abiit  m  Silo  :  La  femme  de  Jéro- 
boam partit  pour  aller  à  Silo.  c.  19.  21.  Jos. 
8.  7.  Consurgelis  de  insidiis  :  Vous  sortirez  de 
votre  embuscade,  se.  pour  aller  détruire  la 
ville  d'Haï,  dii  Josué  à  ses  gens. 

§  5.  — Ressusciter  avec  quelqu'un  à  une 
vie  nouvelle  {avvEysipstjQxi).  Coloss.  3.  ï.  Si 
consurrexistis  eum  Christo  .  Si  vous  êtes  res- 
suscites avec  Jésus-Christ,  recherchez  ce  qui 
est  dans  le  ciel  et  ce  qui  y  conduit  :  cette 
résurrection  se  fait  en  mourant  au  péché 
pour  vivre  par  la  grâce  de  Jésus-Christ  d'une 
vie  toute  nouvelle,  comme  il  est  mort  pour 
vivre  d'une  vie  glorieuse. 

§  6.  —  S'allumer,  s'échauffer,  s'exciter.  2. 
Par.  16.  9.  Ex  prœsenti  tempore  adversum  te 
bella  consurgent  (eîvai)  :  Des  guerres  vont 
s'élever  dès  à  présent  contre  vous,  dit  le  pro- 
phète Hanani  à  Asa,  qui  avait  imploré  le  se- 
cours de  Bénadad  contre  Basa,  plutôt  que  le 
secours  de  Dieu.  Exod.  13.  17.  Ose.  10. 
14. 

§  7.  —  Etre,  se  trouver, arriver  et  survenir, 
en  parlant  de  quelque  malheur.  Nahum.l.  9. 
Non  consurget  duplex  iribulatio  :  Dieu  vous 
perdra  tout  d'un  coup,  il  n'en  fera  pointa 
deux  fois.  Prov.  24.  22. 

Phrases  de  ce  verbe. 

Consurgere  alictti  adversus  aliquem  :  Por- 
ter, donner  secours  à  quelqu'un.  Ps.  93.  1(>. 
Quis  consurget  mihi  adversus  mnlignantes  ? 
Qui  est-ce  autre  que  Dieu  qui  m'assistera 
contre  mes  ennemis  ? 

Consurgere  mane  diluculo.  -^1"  Se  lever  au 
Uialin,  Deut.  16.  7.  Maneque  consurgens , 
vades  in  tabernacula  tua  :  Vous  levant  lo 
malin,  vous  retournerez  dans  vos  maisons. 
Le  matin  dont  il  est  parlé  ici  se  doit  enten-- 
dre  du  jour  d'après  toute  la  solennité,  qui 
durait  sept  jours.  2.  Par.  30.  21.  c.  35.  17.  — 
2'  Faire  quelque  chose  avec  soin,  avec  affec- 
tion. Jerem.  7.  13.  Locutus  sum  ad  vos  mane 
,  consurgens  :  Je  vous  ai  parlé  avec  toute  sorte 


91Î 


CON 


d'application.  Voy.  Mane,  c.  7.  23.  Per  diem 
eonsurgens  diluculo  et  mittens  :  Je  me  suis 
hâté  d'envoyer  aux  Israélites  mes  serviteurs 
cl  mes  prophètes,  dit  Dieu.  2.  Par.  36.  15. 
Jer.  11.  7.  c.  33.  11.  etc. 

CONTABESCERE  ,  TÂ/so-Qat,  Èvr^/.Eo-Oat.  — 
1°  Devenir  sec  ou  \dng[i\ssiM\i,inviduitate  per- 
manere.  2.Reg.l3.20.  Monsit...Thamarconta- 
bescens  (y^npiveiv)  in  domo  Absalom  frad'is  sui  : 
Tham.ir  demeura  dans  la  maison  d'Absalora 
son  frère,  séchant  d'ennui  et  de  douleur, 
Hebr.  s.ins  voir  personne.  Ezoch.  k.  17.  Ut 
conlabescanlin  iniquitalibus  suis:  Afin  qu'ils 
sèchfnl  de  famine  dans  leur  iniquité.  Zach. 
14.  12.  —  2°  Se  fondre,  devenir  liquide  (Sst- 
XytKv).  Isa.  13.  7.  Omne  cor  hominis  conla- 
bescet  :  Tous  les  cœurs  des  Babyloniens  se 
fondront  comme  la  cire  de  crainte  et  de 
frayeur.  —  3°  Se  pourrir,  tomber  en  pièces. 
Isa.  46.  2.  Contabuerimt  et  contrita  sunt  si- 
mul  :  Les  idoles  des  Babyloniens  ont  été  bri- 
sées et  mises  en  pièces,  Gr.  t/lvEGBu.i. 

CONTAGIO,  Nis.  Ce  mot  vient  de  cumet  de 
tangere. 

Communication  ou  conjonction  qui  est  en- 
tre des  choses  qui  se  touchent,  comme  entre 
l'âme  et  le  corps;  cont;iji;ion,  en  parlant  des 
maladies  du  corps  qui  se  communiquent,  et 
se  dit  Bgurément  de  la  participation  dé 
quelque  crime,  vice  ou  malheur  :  dans  l'E- 
crilure: 

Attouchement  de  quelque  chose  impur. 
Num.  19.  18.  Asperget  ex  eo  homines  hujus- 
cemodi  contagione  pollutos  :  Un  homme  pur 
fora  les  aspersions  sur  toutes  les  personnes 
qui  auront  été  souillées  par  cet  attouche- 
ment. Voy.  V.  16.  La  cendre  de  la  vache  brû- 
lée mêlée  avec  l'eau,  purifiait  les  impuretés 
légales  par  l'aspersion. 

CONTAMINARE,  [xmi-jsl-,.   Souiller,  gâter, 
de  l'Hébreu,  tame,  Jmmundus,  pollutus  fuit. 
Souiller,  salir,  parlant  figurément  de  quel- 
que crime  ;  dans  l'Ecr.  : 

1°  Souiller,  rendre  impur  d'une  impureté 
légale.  Joan.  18.  28.  Non  inlroierunt  in  prœ^ 
torium,  ut  non  contaminarentur  :  Ceux  qui 
menèrent  Jésus  de  la  maison  de  Caïphe  au 
palais  du  gouverneur,  n'entrèreni  point  dans 
le  palais,  afin  de  ne  se  pas  souiller  :  les  Juifs 
croyaient  être  souillés  d'entrer  dans  le  logis 
d'un  gentil.  Levit.  11.  26.  Qui  tetigrrit  illud 
contaminabitur  ;  Quiconque  touchera  de  Ces 
sortes  d'animaux  sera  impur  {ày.àOxfiToç).  v. 
43.  Nolile  contaminare  (|35£).).0(7«tciv)  animas  ve- 
slras,  i.  e.  vos  ipsos  :  Ne  souillez  point  vos 
âmes  en  touchant  quelqu'une  de  toutes  ces 
choses,  c. 7.  18.  Levit. 22.  2.  Loquereut  cnveant 
ah  his  quœ  consecrota  sunt,  filiorum  Israël,  et 
non  contaminent  notnen  sanctipcatorum  mihi 
(/5£€»î>o3v)  :  Parlez  à  Aaron  et  à  ses  enfants  , 
afin  qu'ils  prennent  bien  garde  à  la  manière 
dont  ils  useront  des  oblalions  sacrées  dos 
enfants  d'Israël  ,  pour  ne  pas  souiller  ce 
qu'ils  m'offrent,  v.  15.  Num.  5.  3.  c.  6.  7. 
Deul.  2t.  23.  Tob.  1.  12.  Ezech.  44.  25.  Dan. 
1.  8.  Agg.  2.  14.  etc. 

2"  Déclarer  impur  d'une  impureté  légale  ; 
ce  qui  était  une  fonction  sacerdotale.  Lovit. 
13.   11.    Cuntaminabil  itaquc  cum  mcerdos; 


CON  9ii 

Quand  le  grand  prêtre  avait  trouvé  les  mar- 
ques de  la  lèpre  dans  un  homme,  il  le  décla- 
rait immonde,  v.  20.  27.  30.  59. 

3'  Souiller  par  des  crimes.  Levit.  18.  ^4. 
Nepolluamini  in  omnibus  his,  quibus  contami- 
naiœ  sunt  universœ  génies  :  Vous  ne  vous 
souillerez  point  par  toutes  ces  infamies  dont 
se  sont  souillés  tous  les  peuples  que  je  chas- 
serai devant  vous  :  ainsi,  il  est  dit  que  la 
terre  même  en  est  souillée.  Levit.  19.  29.  Ne 
prostituas  fUiarii  tuam  ,ne  conlaminetur  terra 
{ey.-op-jzvii.-j,  stupro  inquino)  :  Ne  prostituez 
point  votro  fille,  de  pour  que  la  terre  ne  soit 
souillée,  autr.  afin  que  ceux  du  pays  ne  se 
souillent  point.  Ps.  105.  39.  J(M'em.  2.  7. 
Ezoch.  7.  21.  Osée.  5.  3.  c.  6.  11.  Agg.  2  15. 
Malach.  2.  11.  etc. 

4°  Souiller  et  profaner,  i.  e.  mettre  au  rang 
des  choses  profanes  et  souillées.  4.  lleg.  25- 
8.  Conlaminavit  excelsa  :  en  les  décl.irant 
profanes  par  des  usages  communs  et  vils,  et 
en  y  faisant  porter  des  ossements  de  corjjs 
morts.  Isa.  43.  28.  Contaminavi  principes 
sanctos  :  J'ai  fait  voir  l'impureté  des  princes 
du  sanctuaire,  se.  de  Mo'ïse  et  d'Aaron,  qui 
ne  sont  point  entrés  dans  la  terre  sainte,  c. 
30.  22.  Ainsi,  c.  47.  6.  Contaminavi  hœredi- 
tatem  meam  :  J'ai  profané  mon  hérit.ige,  i.  e. 
j'ai  souffert  que  mon  peuple  lut  traité  comme 
une  chose  profane  ,  et  l'ai  fait  transférer 
dans  un  pays  didolâlres  et  profanes.  Ezech. 
7.  21.  c.  9.  7. 

5°  Déshonorer,  mépriser,  faire  affront 
{càiiryîf.)).  Malach.  1.  12.  Mensa  Domini 
conlaminata  est  :  La  table  du  Seigneur  est 
méprisée,  disaient  les  sacrificateurs  de  l'an- 
cienne loi,  parlant  du  second  autel  qui  avait 
été  érigé  au  lieu  du  premier  que  les  Chal- 
déens  avaient  détruit,  afin  qu'en  donnant  par 
là  du  mépris  de  cet  autel,  ils  se  fissent  un 
droit  de  prendre  toutes  les  offrandes  qui 
leur  seraient  offertes,  soit  pures  ou  impures. 
Voy.  Mensa.  Eccli.  31.  16. 

Phrases  tirées  de  ce  verbe. 

Contaminare  sanctunrium,templum,  sancii' 
ficalionem.  —  1°  Profaner  la  sainteté  du  tem- 
ple et  du  sanctuaire  par  des  meurtres  et  au- 
tres abominalions  (pio^ûvgtv).  1.  Mach.  1.  39. 
Effuderunt  sanguinetn  innocentem  et  contami- 
naverunl  sanctificationem  :  Ils  répandirent  le 
sang  innocent  devant  le  Dieu  saint,  et  ils 
souillèrent  le  sanctuaire,  c.  3.  51.  c.  4.  v. 
45.  54.  et  souvent  dans  les  autres  endroits 
des  Machabées. 

2°  Profaner  le  temple,  en  y  faisant  des 
fonctions  contre  la  bienséance  et  l'ordre  de 
la  loi  {8senlov-j).  Lev.  21.  23.  Contaminare 
non  débet  sanctuarium  meum  :  Celui  de  la 
race  d'Aaron  qui  avait  quehiue  défaut  do 
corps  apparent,  ne  pouvait  point  faire  les 
fonctions  dans  le  temple. 

3'  Faire  quelque  sacrifice  autre  part  que 
dans  le  temple  ;  c'est  le  profaner  par  le  mé- 
pris qu'on  en  fait.  Levit.  20.  3.  Ponam  facictn 
menm  contra  eum,  eo  quod  conlaminaverit 
aancluarium  meum  :  J'arrêterai  l'œil  de  mat 
colère  contre  celui  qui  aura  sacrifié  de  S6i 
enfants  ù  Moloch,  parce  qu'il  a  profané  ftidlt 


Mtt 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 


9«iv 


sanctuaire,  ea  fabaat  ce  sacriGce  abomina- 
ble et  ailleurs  que  dans  le  lemple.  Voy.  Mo- 

LOCH. 

Contaminare  testamentum.  Violer  le  traUé 
de  l'alliance  qu'on  a  faite.  Ps.  5i.  20.  Conta- 
tninaverunt  testamentum  ejus  :  Les  Israélites 
ont  violé  l'alliance  faite  avec  Dieu,  en  trans- 
gressant se<i  lois  et  ses  coaim;indements. 

CONÏAMINATIO,  nis.  L'aclion  par  la- 
quelle on  souille  ;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Profanation,  violemenl  de  Ihonneur  dû 
à  Dieu  par  des  actions  d'iddlâlrie  [àaéSeta). 
Ezech.  IV.  6.  Hecedile  ab  idolis  et  ab  univer' 
sis  conlaminationibus  vestris  avertite  faciès 
vestras  :  Quittez  vos  idoles ,  et  détournez  vos 
Tisnges  de  toutes  vos  abominations. 

2°  Viande  immolée  aux  idoles  {àô.iaynjxu). 
Act.  15.  '20.  Abstineanl  se  a  contaminationibus 
simulacrorum  :  Qu'ils  s'abstiennent  des  souil- 
lures des  idoles  ,  i.  e.  de  l'usage  des  viandes 
immolées  aux  idoles,  que  saint  Jacques  ap- 
pelle souillures,  parce  qu'elles  souillent  ceux 
•jui  en  mangent  pour  honorer  l'idole.  Le  ver- 
set 29  porte  :  Ab  immolatis  simulacrorum  : 
€e  fut  un  des  chefs  qui  furent  ordonnés 
par  les  apôtres  aux  gentils  convertis  à  la  foi 
(etSw>66v7ov].  De  là  vient  : 

Lapides  contaminationis;  ILBoi  ixiaffucxt.  Les 
pierres  d'un  autel  profané  par  des  sacriGces 
profanes.  1.  Mach.  4.  i3.  Tulerunt  lapides 
contaminationis  in  locum  immundum  :  Judas 
et  ses  frères  emportèrent  en  un  lieu  impur 
les  pierres  profanées  ;  se.  depuis  trois  ans , 
qui  est  le  temps  que  dura  la  désolation  du 
sanctuaire  sous  Antiochus. 

CONTEGERE.  Couvrir,  cacher  en  mettant 
quelque  chose  dessus  ou  devant  (Tre/jtêàXietv). 
Lcvil.  13.  '*o.  Habebit  os  veste  contectum  : 
Le  lépreux ,  qui  aura  été  séparé  comme  tel , 
aura  le  visage  couvert  de  son  vêtement. 

Abattre  ,  opprimer.  Ps.  5V.  5.  Contexerunt 
(y.u/.vTTzeiy)  me  tenebrœ  :  Les  afflictions  m'ont 
environné  de  toutes  parts,  j'en  suis  accablé; 
comme  la  joie  fait  qu'on  se  produit ,  la  tris- 
tesse fait  aussi  qu'on  se  cache  ;  autr.  J'ai  été 
tout  couvert  de  ténèbres  ;  je  ne  savais  quel 
conseil  prendre  ,  ni  m'enfuir. 

Phrase  de  ce  verbe. 

Contegere  corpus.  Ensevelir  le  corps  de 
quelque  mort  {ntptczûlEi^).  Eccli.  38.  16.  Se- 
cundum  judicium  contege  corpus  illius  :  En- 
sevelissez le  corps  d'un  mort  selon  la  cou- 
tume ;  Gr.  selon  qu'il  l'a  désiré. 

CONTEMNERE,  xaraypoverv.  —  1°  Mépriser, 
ne  point  faire  cas.  Matth.  18.  10.  Videte  ne 
contemnatis  unum  ex  his  pu5i7/ù;  Prenez  bien 

farde  de  ne  mépriser  aucun  de  ces  petits, dit 
ésus-Christ ,  parlant  des  petits  enfants  qui 
lui  étaient  présentés.  TiU  2.  15.  Nemo  le 
contemnat:\\vez  de  telle  sorte  que  personne 
ne  vous  méprise.  1.  Cor.  11.  22.  1.  Tim.  k. 
12. 

2°  Négliger,  ne  se  pas  soucier  de  quelque 
chose,  n'y  avoir  aucun  égard  (Trepiypovetv). 
Rom.  2.  I^.  An  divitias  bonilatis  ejus,  et  lon- 
ganimitatis  con/er/mts?  Est-ce  ainsi  que  vous 
juéprisez  les  richesses  de  la  bonté  et  de  la 
longue  tolérance  de  Dieu  ?  se.  en  commet- 


tant les  mêmes  crimes  que  vous  coudamnez 
dans  les  autres.  2.  Petr.  2.  10.  Qui  domina- 
tionem  comtemnunt  :  Ceux  qui  méprisent  les 
puissances  sont  du  nombre  de  ces  pécheurs 
que  Dieu  réserve  à  punir  au  jour  du  juge- 
ment. Matth.  6.  2V.  Luc.  16  13.  Levit.  6.  2. 
c.  26.  15.  Eccl.  9.  16.  Sap.  U.  30. 

3°  Désobéir,  être  rebelle  («Treiôetv).  Exod. 
23.  21.  Audi  vocem  ejus,  nec  cuntemnendum 
putes:  Ecoutez  la  voix  de  l'ange  que  je  vais 
vous  envoyer,  et  gardez-vous  de  le  mépriser: 
Cet  ange  est  celui  que  Dieu  donna  aux  Israé- 
lites pour  aller  dans  la  terre  promise. 

CONTEMPLARI,  ay.oTî<ttiy,<TxoTTiîv.  Ce  verbe 
vient  de  templum,  qui  signifie  originaire- 
ment un  lieu  découvert ,  que  les  augures 
choisissaient  pour  voir  et  considérer  de  tous 
côtés  :  ainsi  il  pourrait  venir  de  (hmuoli^ 
specto. 

1°  Contempler  ,  regarder  attentivement 
(xKTa/AKvÔKveiv).  Job.  35.  5.  Contemplare  œthera 
quod  altior  te  sit  :  Contemplez  combien  les 
cieux  sont  plus  hauts  que  volis  ;  autr.  l'air  : 
ce  qui  se  dit  de  Dieu  même.  Prov.  15.  3.  In 
ornni  loco  oculi  Domini  contemplantur  bonos 
et  malos  :  Les  yeux  du  Seigneur  contemplent 
en  tout  lieu  les  bons  et  les  méchants  ,  etc. 

2°  Considérer  et  prévoir  par  l'Esprit.  Isa. 
52.  15.  Qui  non  audierunt,  contemplati  sunt  : 
Les  Gentils  ,  qui  n'avaient  point  entendu 
parler  du  Messie,  de  Jésus-Christ,  l'ont  connu 
par  la  foi.  C'est  ainsi  que  l'explique  saint 
Paul  ,  Rom.  15.  21.  Intelligent;  ils  enten- 
dront sa  doctrine ,  2.  Cor.  *.  18.  Xon  con- 
templantibus  nobis  quœ  videntur,  sed  quœ  non 
vïden/ur; Nous  ne  considérons  point  les  cho- 
ses visibles,  parce  qu'elles  sont  temporelles  ; 
mais  les  invisibles  ,  parce  i|u'elles  sont  éter- 
nelles. 

3°  Veiller,  prendre  garde  [ïmtno-ntTiî) .  Heb. 
12.  ih.C ontemplantes  ne  guis  desit  graliœDei: 
Prenez  garde  qu'il  ne  se  trouve  quelqu'un 
parmi  vous,  qui,  manquant  de  répondre  à 
la  grâce  de  Dieu  ,  en  demeure  privé.  Jereni. 
9. 17.  Contemplamini,  et  vocale  lamentatrices  : 
Ayez  soin  de  faire  venir  des  pleureuses. 

CONTEMPLATIO  ,  nis.  Contemplation  , 
considération  attentive  :  dans  l'Ecriture  : 

Vue,  regard.  Gen.  30.  i2.  Ponebat  Jacob 
virgas  in  cayialibus  uquarum  ante  oculos  arie- 
tum  et  ovium,  ut  in  earum  contemplalione 
conciperent  :  Au  temps  du  printemps  que 
les  brebis  devaient  concevoir,  Jacob  mettait 
les  branches  dans  les  canaux  devant  les  yeux 
des  béliers  et  des  brebis  ,  afin  qu'elles  con- 
çussent en  les  regardant. 

CONTEMPTIBILIS  ,  is  ,  e  ,  tvrùvi,  1°  Vil, 
méprisable  ,  de  peu  de  valeur,  peu  consi- 
déré. Sap.  10.  k.  Per  contempiibite  lignum  , 
justum  gubernans  :  Au  déluge,  la  sages^e 
sauva  le  monde,  ayant  gouverné  le  Juste  sur 
les  eaux  par  un  bois  ;  se.  l'Arche  qui  parais- 
sait méprisable.  1.  Cor.  6.  h.  Contemptibiles 
qui  sunt  in  Ecclesia,  illos  constituite  ad  judi- 
can(ium(Éçoveev»3fx£vof):  Prenez  plutôt  pour  ju- 
ges, dans  vos  dilTérends  touchant  les  choses 
séculières,  les  personnes  de  l'Eglise  les  moins 
considérables.  L'Apôtre  exhorte  les  fidèles  à 
prendre  pour  arbitres  de  leurs  différends  l«i 


•m 


CON 


CON 


yvi 


moindre»  de  l'Hglise  ,  qui  seraient  capables 
d'en  jugor,  plutôt  que  des  juges  païens  :  ce 
qui  n'est  point  opposé  à  ce  qui  est  dil,Exod. 
18  21.  où  il  est  ordonné  de  choisir  les  plus 
sages,  c.  1.  28.  Malach.  1.  12.  c.  2.  9. 

2°  Méprisé  ,  soit  qu'on  mérite  ce  mépris 
{tvy.arufpôvv-coç)  :  Jcr.  k9.  15.  Dedi  le  con- 
temptimlem  inter  ho  mines  :  Je  vous  ai  rendu 
méprisable  entre  les  hommes:  Dieu  parle  de 
Bosra,  capitale  de  l'Idumée,  prise  pour  tout 
le  pays.  Abd.  2.  Soit  qu'on  ne  soit  pas  mé- 
prisable. Isa.  49.  7.  Hœc  dicit  Dominus  ad 
contemptibilem  animam  (yauiiÇwv  ^^jx^n^)  '  Voici 
ce  que  dit  le  Seigneur  à  celui  qui  a  été  dans 
le  iernier  mépris  :  ce  que  saint  Jérôme  a  en- 
tendu de  Jésus-Christ. 

CONTEMPTIO,  Nis,  ÈÇovSévwTt?.  Honte,  in- 
famie ,  confusion.  Ps.  106.  40.  Effusa  est 
contemptio  super  principes  :  Les  princes  sont 
tombés  dans  le  dernier  mépris  ;  se.  lorsque 
Dieu  les  a  voulu  punir. 

CONTEMPTOR,  is  ,xaTay/sov»jTr3f,  De  con~ 
temnere,  et  signiGe  proprement  qui  méprise  : 
dans  l'Ecr.  : 

Qui  méprise  une  chose ,  d'elle-même  esti- 
mable ,  telle  qu'est  la  vérité  ,  la  parole  de 
Dieu.  Prov.  13.  15.  In  itinere  conCemptorum 
vorago  :  La  voie  des  moqueurs  mène  au 
précipice.  Âct.  13.  41.  Videte  contemptores 
et  admiramini  :  Voyez  ,  vous  qui  méprisez 
(ma  parole).  Saint  Paul  rapporte  ici  la  pro- 
phétie d'Mabacuc  ,  1.  5.  exhortant  le  peuple 
d'éviter  qu'elle  ne  s'accomplisse  en  eux. 

CONTEMPTUS  ,  us,  i^ovBhc^cnç,  —  1° Mé- 
pris. Prov.  12.  8.  Qui  vanus  et  excors  est  pa- 
tebit  contemptui :  (u.wxT>?/3îÇe(reai).  Celui  qui  est 
vain  et  n'a  point  de  sens  ,  tombera  dans  le 
mépris.  Gen.  29.  33.  Eslh.  16.  2*.  2.  Mach. 
3.  18. 

2°  Le  mépris  qu'on  fait  de  Dieu ,  en  vio- 
lant sa  loi  et  ses  commandements  («TrÔTTaerc;). 
2.  Par.  33.  19.  Oratio  quoque  ejus  et  exau- 
ditio ,  et  cuncta  peccata  atque  contemptus 
scripta  sunt  in  sermonibus  Hosai  :  La  prière 
que  Manassé  fil  à  Dieu  ,  la  manière  dont 
Dieu  l'exauça  ,  tous  les  crimes  qu'il  commit, 
et  le  mépris  qu'il  fit  de  Dieu,  sont  écrits  dans 
les  (ivres  d'Hosaï  :  ce  livre  est  perdu  ,  c.  28. 
19.  Eccl.  9.  3. 

3"  Fierté  ,  insolence.  Judith.  13.  28.  Qui  in 
contemptu  superbiœ  suœ,Det(m  Israël  contem- 
psit:  Voici  la  tête  d'Holopherne  ,  qui,  dans 
l'insolence  de  son  orgueil ,  méprisait  le  Dieu 
d'Israël  ,  dit  Judith. 

k'  Affront,  ignominie.  Ps.  118.22.  Aufer 
a  me  opprobrium  et  contempttim  :  Délivrez- 
moi  de  l'opprobre  et  du  mépris  dont  les  su- 
perbes me  chargent. 

CONTENDERE,  yJoTtucfdeat.  De  tendere,  et 
signifie  : 

1"  Tâcher,  faire  effort.  Luc.  13.  2V.  Con- 
tendite  intrare  per  augustam  portam  :  Faites 
effort  pour  entrer  par  la  porte  étroite:  ce  qui 
marque  la  violence  qu'il  faut  se  faire  pour 
vaincre  ses  passions  ,  afin  d'entrer  dans  le 
ciel.  2.  Cor.  5.  9.  Contendimus  plncere  illi  : 
Nous  nous  efforçons  d'élrc  agréables  à  Dieu. 
2  Mach.  3.  k. 
a*  CoQlester.  disputer  (J.oîCciv).  Matlh.  12. 


19.  Non  coutendet,  neque  clamabit  :  Mon  ser- 
viteur ne  disputera  point,  il  ne  criera  point  : 
Saint  Matthieu  marque  le  caractère  de  l'hu- 
milité et  de  la  douceur  de  Jésus-Christ,  qu'l- 
saïe  représente,  c.  42.  2.  Ainsi  Gen.  26.  22. 
3.  Reg  3.  22.  Job.  9.  3.  c.  33.  13.  c.  39,  32. 
Prov.  29.  9.  Eccli.  8.  2.  2.  Tim.  2.  14. 

3'  Faire  procès  à  quelqu'un  ,  plaider  con- 
tre lui  {fù.î'/^ep-t-j).  Prov.  3.  30.  Ne  contendas 
ndversus  hominem  frustra  :  Ne  faites  point  de 
procès  à  un  homme  sans  sujet  ;  et ,  en  plu- 
sifurs  endroits  ,  Judicio  conlender e.  }>l;\ilh. 
5.  40.  Ei  qui  vult  tecum  judicio  contendere, 
et  tunicam  tuam  tollere,  dimitte  ei  et  pallium 
{'/^pi'js<TOa.i)  :  Si  quelqu'un  veut  plaider  contre 
vous  pour  vous  prendre  votre  robe,  quittez- 
lui  encore  votre  manteau  ,  dit  Jésus-Christ , 
1.  Cor.  6.  6. 

4°  Combattre,  soit  par  raisons  {tTzépx,s(TBct.i). 
Job.  23.  6.  Nolo  multa  fortitudine  contendat. 
Si  j'allais  me  présenter  à  Dieu  pour  lui  re- 
présenter les  preuves  de  mon  innocence  ,  je 
ne  voudrais  point  qu'il  me  combattit  de  toute 
sa  force,  dit  Job;  i.  e.  selon  la  rigueur  de  sa 
justice  ;  soit  par  les  armes  ,  2.  Mach.  8.  30. 
Ex  fus  qui  erant  contra  se  contendentes  super 
figinti  millia  interfecerunt  [axtvtoeiSnv,  con~ 
junctim  obniti)  :  Les  gens  de  Machabée  ,  ou- 
tre plus  de  neuf  mille  hommes  qu'ils  tuèrent 
de  l'armée  de  Nicanor,  ils  tuèrent  encore , 
dans  la  suite ,  plus  de  vingt  mille  hommes 
des  gens  de  Timothée  et  de  Bacchides  ,  qui 
combattaient  contre  eux  ,  v.  16.  soit  en  dis- 
putant à  qui  aura  le  prix.  1.  Cor.  9.  25.  Om- 
nis  qui  in  agone  contendit  ab  omnibus  se  abs~ 
tinet  (à'/wvtÇsaOat)  :  Les  Athlètes  gardent  en 
toutes  choses  une  exacte  tempérance  :  L  A- 
pôlre  se  sert  de  cette  comparaison  comme 
une  preuve  de  la  nécessité  qu'ont  les  Chré- 
tiens de  l'exacte  tempérance  qu'ils  doivent 
garder  aussi  pour  remporter  le  prix  de  la 
gloire  éternelle.  Jerem.  12.  5.  Si  cum  pediti- 
bus  currens  laborasti  ;  quomodo  contendere 
poteris  cum  equis  (Tra^oaaxeuciÇetv)  :  Si  vous  avez 
eu  tant  de  peine  à  suivre  à  la  course  ceux 
qui  étaient  à  pied  ,  comment  pourrez-vous 
courir  contre  ceux  qui  sont  à  cheval?  Dieu 
témoigne  au  Prophète,  que  s'il  n'a  pu  résis- 
ter aux  citoyens  d'Analholli ,  figurés  par  les 
gens  de  pied,  il  pourrait  bien  moins  résister 
aux  habitants  de  Jérusalem ,  figurés  par  des 
gens  de  cheval,  en  comparaison  des  autres. 
5°  Se  révolter. Dent.  9.  T.Semper  adversum 
Vominum  conlendisti  (Ta^ooÇOvav  Ttvdt)  :  Vous 
avez  toujours  été  rebelles  au  Seigneur  (de- 
puis votre  sortie  d'Egypte,  jusqu'à  votre  ar- 
rivée au  lieu  oiî  nous  sommes), dit  Moïse  aux 
Israélites. 

6  Etre  piqué  de  jalousie  et  d'indignation 
(Ç>3).oOv).  Prov.  24.  19.  Ne  contendas  cum 
pessimis  :  Ne  vous  indignez  point  contre  la 
prospérité  des  méchants.  Ce  sont  les  mêmes 
termes  ,  en  hébreu  ,  que  ceux  du  Ps.  36.  1. 
NoH  (Pmulnri  in  malignantibus. 

CONTENEBRARE  ,  (7xoTiǣtv.  Ce  verbe , 
inusité  ,  qui  vient  du  mot  tenebrœ,  signifie  , 
dans  l'Ecr.  : 

r  Obscurcir,  couvrir  de  ténèbres;  dans  le 
sens  propre  et  littéral .  Marc.  13.  24.  In  illi' 


923 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


m 


diehiis  sov  contenebrabitur  :  Après  les  afflic- 
lions  qui  arriveront  au  dernier  jugomenl,  le 
soleil  s'obscurcira.  3.  Reg.  18.  45.  Thren.  5. 


17.  ConteneOrali  sunt  oculi  nostri 


(7X0T«ÇîtV) 


se.  a. 


Nos  yeux  ont  été  couverts  de  ténèbres 
cause  de  nos  pleurs. 

2"  Aveugler  par  la  passion  et  l'opiniâlreté. 
Num.  14-.  44.  Confeneôra/?  (5tKeiarr«jac-voi)  ascen- 
derunt  in  verlicem  montis  :  Les  Isr.iéliles  , 
étant  frappés  d'aveuglement,  monièrent  sur 
la  montagne;  ;yc.  pour  couibatlre  les  Amalé- 
cites  elles  Chananéens contre  l'ordrede  Dieu. 
Voy,  V.  41. 

CONTENEBRESCERE  ,  au^r.orà^siv.  Faire 
obscur,  faire  nuit;  cl  marque  ,  dans  le  sons 
frguré  ,  le  temps  auquel  on  est  accablé  de 
misères  et  d'afflictions.  Jerem.  13.  16.  Date 
Domino  Deo  vestro  gloriam  antequam  conle- 
nebrescat  [sol]  :  Rendez  gloire  au  Seigneur 
votre  Dieu,  avant  que  les  ténèbres  vous  sur- 
prennent; i.  e.  avant  que  l'aflliclion  arrive. 

CONTENTIO,  Nis.  —  1°  Dispute,  contesta- 
tion, différend,  querelle  (yt),'5V£i/.t«).  Luc.  22. 
24.  Facta  est  autem  et  conlcnlio  inter  eos  :  11 
s'excita,  parmi  les  apôtres,  une  contesta- 
tion ;  se.  lequel  d'entre  eux  devait  être  es- 
timé le  plus  grand.  Judic.  5.  v.  15.  IG.  Diviso 
contra  se  Ruben,  magnanimorum  reperta  est 
contentio  («-/oiga^rj^ô,-,  accxirata  examinatio): 
Au  temps  de  la  guerre  et  du  combat  contre 
Sisara  ,  Ruben  était  divisé  contre  lui-même, 
et  les  plus  vaillants  de  cette  tribu  n'ont  fait 
autre  chose  que  disputer.  Ceux  do  cette 
tribu  ne  se  trouvèrent  point  à  celte  bataille, 
parce  qu'ils  eurent  quelques  différends  entre 
eux.  Isa.  58.  4.  Rom.  1.  29.  c.  13.  13.  1.  Cor; 
1.  11.  c.  3.3.  2.  Cor.  12.  20. 

2°  Opiniâtreté  ,  entêtement  à  ne  vouloir 
point  céder  ou  obéir  (£/D£9£(r;^ôî).Deut.  31.  27. 
Scio  contentionem  tuam ,  et  cervicem  tuam 
durissimam  :  Je  sais  quelle  est  votre  opiniâ- 
treté ;  et  plus  bas  :  Semper  contenliose  egis- 
tis.  Vous  avez  toujours  résisté  au  Seigneur. 
Rom.  2.  8.  Qui  sunt  ex  contenlione  (s^tôeta), 
et  qui  non  acquieseunt  veritati  :  Les  es- 
prits opiniâtres  et  contentieux  qui  n'acquies- 
cent point  à  la  vérité.  2.  Esd.  9.  17. 

3°  Pique  ,  jalousie  [ic^ii^dy).  Philipp.  1. 
17.  Quidam  autem  ex  conlentione  Christum 
annuntiant,  non  sincère:  Les  uns  prêchent 
Jésus-Christ  par  amour,  les  autres  annon- 
cent Jésus-Christ  par  jalousie  ,  et  sans  sinr- 
cérilé:Ceite  jalousie  était  dans  les  ambitieux, 
qui  voulaient  s'attirer  de  l'honneur  en  prê- 
chant aussi  bien  que  saint  Paul.  Jac.  3.  14. 
16. 

4"  Emulation  ,  effort  que  l'on  fait  pour 
imiter  les  autres.  Eccli.  18.  33.  Ne  fueris  me- 
diocris  in  conlentione  ex  fenore  (auaeo/o/.onwv 
£z  (îzvct(7fxoûj  :  Ne  vous  réduisez  point  à  la  pau- 
vreté, en  empruntant  à  usure  pour  contri- 
buer autant  que  les  autres  à  faire  des  festins. 

5'  Malheur,  accident,  affliction  {-KipLazuTiÇy 
inforiunium).  2.  Mach.  4.  16.  Quorum  gratià 
periculosa  eos  contentio  habebat  :  11  s'excitait 
une  d.mgereuse  émulation  entre  les  prêtres  ; 
Gr.  Quorum  gratia  occupavit  eos  gravis  ccda- 
wu<«s;  C'est  ce  qui  leur  attirait  de  grands 
uiaux. 


CONTENTIOSE.  Avec  querelle  et  dispute  : 
dans  l'Ecr.  :  Opiniâtrement  ,  avec  rébellion 
et  désobéissance.  Deut.  31.  27.  Semper  con- 
tenliose egistis  contra  Dominum  (■Kcp'xnfxpui' 
v£iv)  :  Vous  avez  toujours  résisté  au  Seigneur, 
dit  Moïse. 

CONTENTIOSUS,  a,  dm,  — l°Contenlieux, 
qui  aime  à  disputer  {(où.i-.io'.oç).  1.  Cor.  11. 
16.  Si  quis  autem  videtur  conlenliosus  esse  : 
Si  quelqu'un  veut  contester.  —  2"=  Effronté, 
opiniâtre  (àvut^riç).  Jerem.  8.  5,  Qwire.... 
aversus  est  populus  iste  in  Jérusalem  acersione 
conlentiosa?  Pourquoi  ce  peuple  de  Jéi  u- 
salems'esl-il  délournéde  moi  avec  une  aver- 
sion si  opiniâtre? 

CONTKNTUS,  a,  um.  Quand  ce  mot  vient 
de  contendere,  il  est  participe,  et  signifie 
tendu,  bandé;  mais  quand  il  signifie  content, 
satisfait  de  quelque  chose ,  il  est  nom  et  non 
point  participe.  Dans  l'Ecriture  : 

1°  Content ,  satisfait,  qui  s'en  tient  à  quel- 
que chose  («py.sîuèxt,  contentum  esse).  Luc  3, 
14.  Contenti  eslole  stipendiis  vestris:  Con- 
tentez-vous de  votre  paye,  dit  saint  Jean  aux 
soldats,  comme  un  des  moyens  de  se  sauver. 
1.  Tim.  6.8.  Habenles  alimenta  et  quibuis  le- 
gamur,  lus  contenti  simus  :  Ayant  de  quoi 
nous  nourrir  et  de  quoi  nous  couvrir,  nous 
devons  en  être  contents.  Hebr.  13.  5.  Sint 
mores  sine  avaritia,  contenti  prœsentibus  : 
Que  votre  vie  soit  exempte  d'avariqp;  soyez 
contents  de  ce  que  vous  avez. 

2°  Prêt,  disposé  à  quelque  chose.  2.  Mac. 
14.  38.  Animam  trauere  contentus  :  Rasias 
était  prêt  à  abandonner  son  corps  et  sa  vie 
pour  persévérer  jusqu'à  la  fia  dans  le  ju- 
daïsme. 

CONTERERE,  auvr^i^Ew,  — Briser, écraser, 
rompre.  Exod.  32.  20.  Vitulum....  contrivit 
usque  ad  pulverem  :  Moïse  réduisit  le  veau 
d'or  en  poudre.  23.  3.  Reg.  19.  11.  Spirilus 
grandis  et  fortis  conterens  petras  ante  Do- 
minum :  On  entendit  devant  le  Seigneur  un 
vent  violent  et  impétueux,  capable  de  briser 
les  rochers.  Ce  vent  si  impétueux  marquait 
la  présence  redoutable  de  Dieu.  Jerem.  23. 
29.  Numquid  non  verba  mea  sunt  quasi  ignis 
et  quasi  malleus  conterens  petram  (zÔ7rT£tv)? 
Comme  le  feu  vieni  à  bout  de  tout  et  qu'un 
marteau  de  fer  peut  briser  les  choses  les 
plus  dures  ,  ainsi  la  parole  de  Dieu  est  si 
forte,  qu'il  n'y  a  rien  qui  en  puisse  empêcher 
l'effet.  Exod.  32.  20.  Judic.  8.  v.  7.  16.  4. 
Reg.  11.  18.  c.  18.  4.  c.  23.  14.  1.  Par.  20. 
3.  etc. 

1"  Opprimer,  maltraiter,  affliger  (àrtf/âÇsiv). 
Prov.  22. 22.  Neque  conteres  egenum  in  porta: 
N'opprimez  point  dans  le  jugement  celui  qui 
n'a  rien.  Isa.  53.  7.  Dominus  voluit  conterere 
eum  in  infirmitate  (x«6«ptÇ£tv,  expiare)  :  Le 
Seigneur  l'a  voulu  briser  dans  son  inflrmité  ; 
Ce  qui  s'entend  du  Fils  de  Dieu  incarné,  qui 
a  souffert  toutes  sortes  d'afflictions  ,  parce 
qu'il  s  était  chargé  de  nos  crimes.  Dan.  7. 
25.  Sanctos  Allissimi  conteret  (TrÀavâv,  sedu- 
cere)  :  il  foulera  aux  pieds  les  saints  du  Très- 
Haut  ;  ce  qu'a  fait  Antiochus  l'illustre  eî  ce 
que  fera  l'Antéchrist  à  la  Gn  du  monde  Jop. 
9.  17.  Mich.  5.  13.  c.  16.  12.  Amos  8.  4.  D'OU 


9âS 


CON 


CON 


9è5 


Tient,  conterere  super  pidverem  terrœ  capita 
pauperum.  Amos  2.  7.  Briser  contre  terre  la 
têle  des  pauvres ,  ou,  jeter  les  pauvres  dans 
la  poussière  et  leur  marcher  sur  la  tête,  pour 
marquer  la  violence  par  laquelle  les  riches 
accablent  les  pauvres. 

Phrases  tirées  de  cette  signification. 

Conterere  hostes,  inimicos,  etc.  Défaire  l'en- 
nemi. 1.  M.ich.  13.51.  Contrilus  est  inimicus 
magnufi  ex  Israël  :  Un  iirand  ennemi  a  été 
extcriiiiiié  d'Israël.  Cet  ennemi  était  la  gar- 
nison de  soldats  ennemis  que  Simon  chassa 
de  la  forteresse  de  Jérusalem,  c.  3G.  etc. 

Conterere  nrcum,  bellum,  i.  e.  potentiam 
bellicnm.  Défaire  et  ruiner  les  ennemis.  Ps. 
ko.  10.  Arcmn  conteret  :  Le  Soigneur  brisera 
l'arc  dos  ennemis.  Judith.  9.  10.  Conteris 
6«//a  .'Seigneur,  vous  terrassez  les  armées 
les  plus  redoutables.  Ose.  2.  18.  c.  1.  5.  Con- 
lerarn  arcum  Israël  in  valle  Jezraet  :  Je  brise- 
rai lare  d'Israël  dans  la  vallée  de  Jezraël  ; 
j'anéantirai  la  puissance  et  le  courage  des 
dix  tribus  dans  la  vallée  de  Jezraël ,  où  les 
Israélites  seront  taillés  en  pièces,  ou  par  les 
Assyriens,  selon  saint  Jérôme,  parManahera 
dans  les  guerres  civiles,  selon  quelques 
autres. 

Conterere  virgam,  jugum.  Briser  le  joug  , 
délivrer  de  la  servitude,  mettre  de  force  en 
liberté.  Jerem.  28.  2.  Contrivi  jugum  régis 
Babylonis  :  J'ai  brisé  le  joug  du  roi  de  Byby- 
lone,  V.  i.  Conteram  jugum  :  Je  vous  relireiai 
de  la  captivité  où  vous  tient  le  roi  de  Baby- 
lone,  dit  le  Seigneur,  Ps.  106,  16.  Ëzech.  Sk. 
27.  Nahum.  1.  13. 

Conterere  sub  pecUbus.  Fouler  aux  pieds; 
c'est  non  seulement  traiter  avec  rigueur  et 
ignominie,  mais  encore  dompter  et  assujettir. 
Rom.  16.  20.  Deus pacis  conterai  Satanain  sub 
pedibus  vestris  velociter  ;  Grec,  conteret: 
Saint  Paul  espérait  que  Dieu  assujettirait 
bientôt  à  l'Eglise  le  démon  et  ses  uiinistres  , 
ennemis  de  l'Evangile.  Judith,  li.  5.  Thren. 
3.  3i. 

Conterere  in  porta.  Fouler  ou  écraser  aux 
pieds  à  la  porte  de  la  ville  (xo).aGpiÇctv)  ;  c'est 
faire  succomber  quelqu'un  en  jugement,  et 
faire  qu'il  y  soit  regardé  comme  indigne  do 
participer  au  droit  commun.  Job.  5.  k.  Con~ 
terentur  (xo).aÇ|Otae£i/!<7«v)  in  porta  :  Les  enCants 
de  l'insensé  seront  foulés  aux  pieds  à  la 
porte  :  Celait  à  la  porte  de  la  ville  que  se 
rendaient  les  jugements.  Prov.  22.  22. 

2"  Perdre,  ruiner,  exterminer  (mpiifTy.sii)  . 
Job.  6.  0.  Qui  cœpit ,  ipse  me  cnnierat  :  Plaise 
au  Seigneur  qu'ayant  commeiiré  à  me  ré- 
duire en  poudre,  il  achève,  r.  \0.  7.  Confère 
impios  in  loco  suo  :  Foulez  aux  pieds  1(!8 
impics  dans  le  lieu  même  où  ils  s'élèvent. 
Deut.  3.<.  27.  Matth.  21.  k\.  Suprr  quem  ver'o 
ceciderit,  conteret  cum  (/t/.uâv)  :  Cotte  pierre 
écrasera  celui  sur  qui  elle  tombera.  Jésus- 
Christ,  qui  est  cette  pierre,  viendra  perdre 
s.'iMS  ressource  au  dornicr  jugement  ceux  qui 
n'auront  point  voulu  croire  en  lui.  Deut.  \). 
20.  Voluit  eum  conterere  :  Dieu  voulut  perdre 
Aaion;  mais  Moïse  l'apaisa  en  priant  pour 
lui.  Celle  jrrando  colère  du  Seigneur  contre 


Aaron ,  et  l'effet  de  la  prière  de  Moïse  en  sa 
faveur,  ne  sont  point  marquées  dans  l'Exode. 
C'est  ainsi  que  plusieurs  particularités  omi- 
ses en  leur  lieu,  sont  rapportées  en  d'autres 
endroits  de  l'Ecriture.  Voy  Comminuere, 
C^DERE.  Habac.  3.  6.  Ps.  kl.  8.  Eccli.  27. 
3.  etc. 

Phrases  tirées  de  cette  signification. 

Conterere  caput,  brachia,  dentés,  molas^ 
ossa,  cornua.  baculum,  virgam.  Ruiner,  abat- 
tre le  pouvoir  de  quelqu'un  (rîtpstv).  Gen.  3. 
15.  Ipsa  conteret  capul  tuiim ;Gr\'c,  Ipse: 
Hebr.  ,  Ipsum;  se.  Semen  mu/«em  .-'jésus- 
Christ  qui  a  voulu  naître  de  la  sainte  Vierge, 
pour  ruiner  la  puissance  du  démon  et  dé- 
truire sa  tyrannie.  Ps.  36.  17.  Brachia  pec- 
catorum  conterentur  :  Les  bras  des  pécheurs 
seront  brisés.  Ps.  3.  8.  Ps.  33.  21.  Isa.  14 
20.  c.  45.  2.  Ps.  100.  16. 

Conter&e  spirilum.  Briser  l'esprit  ;  c'est 
l'abattre,  l'aigrir,  le  troubler,  le  faire  sortir 
de  sa  bonne  disposition.  Prov.  15.  4.  Lingua 
quœ  immoderala  est ,  conteret  spiritum  :  La 
langue  qui  se  laisse  aller  aux  excès  de  pa- 
roles ou  d'emportement,  tr<)uble  l'esprit  et 
de  celui  qui  parle  et  de  celui  qui  écoute. 

Phrase  tirée  de  la  sigiiificalion  propre,  dans  le  sens  figuré, 

Conterere  baculum ,  firmamentum,  virgam 
panis.  Oter  la  force  du  pain,  c'est  lui  ôter  la 
force  qu'il  a  de  sustenter  et  nourrir.  Ps. 
104.  16.  Ezech.  5.  16.  Voy.  Bacdlus. 

CONïERNANS.Tis.  Ce  participe  inusité  ,• 
qui  vicMUde  conternare ,  verbe  formé  de  cum 
et  de  très,  trois,  signifie  : 

Qui  est  de  trois  ans  (rpuz-n;).  Isa.  15.  5. 
Vectes  ejus  usque  ad  Segor,  vilulam  conter-^ 
nantem  :  Les  plus  v<)illanls  de  Moab  fuient 
jusqu'à  Ségor,  qui  tremble  comme  une  gé- 
nisse de  trois  ans.  VHebr.  comme  le  Gr. 
rapporte  ces  derniers  mots  aux  Moabites, 
qui  étnionl  vigoureux  et  florissants  ,  conmie 
une  génisse  de  trois  ans;  ils  se  prennent  dans 
le  même  sens  Jerem.  48.  34. 

CONTERRERE.  Epouvanter.  Isa.  33.  14. 
Conterriti  sunt  in  Sion  peccatores  («yto-rao-eaj, 
expavescere)  :  Lvs  méchants  ont  été  épou- 
vantés en  Son.  Le  prophète  parle  de  la 
frayeur  qu'auraient  les  Juifs  à  l'arrivée  des 
Assyriens.  1.  Maoh.  7.  30.  2.  Mach.  14.  17. 
Luc.  24.  37.  Dan.  2.  1.  Conterritus  est  spiri- 
tus  cjiis  :  L'esprit  de  Nabuchodonosor  fut 
cxirêmement  effrayé,  se.  lorsqu'il  eut  le 
songe  rapporté  v.  31.  et  suiv.(£?t(7Ta70«t,  exfra 
se  esse). 

CONTESTARI,  ^lutxyprxjpsffOui,  [ixpTÎ)pE(TOKt. — 

1*  Déclarer  à  quelqu'un,  en  présence  vie 
témoins,  qu'il  ait  à  faire  quoique  chose, 
sommer,  faire  sa  protestation  comme  en 
j)résence  do  témoins.  Exode.  21.  29.  Si  ho.f 
cornuprta  fucrit  et  contestati  sunt  dominnm 
ejus,  nec  rectuserit  c»m;  S'il  y  a  quehjuo 
temps  (ju'un  bœuf  frappait  de  la  corne,  et 
que  le  niaîtro  ne  l'ait  point  renferme  a|rrès 
en  avoir  été  averti  :  colle  protestation  se 
faisait  môme  devant  le  juge  4.  Reg.  17.  1">, 
•1.  I^sdr.  13.  v.  i:i.  21.  Ainsi  Exod.  19.  21,' 
Descende,  et  cvntestare  popnlum  .  Descende?.; 


M7 


WCriONiNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACHÉE. 


titi 


et  déclarez  ma  volonté  au  peuple.  Act.  20. 
26.  Contestor  vos  hodierna  die  ,  quia  mundus 
sum  a  sanguine  omnium  :  Je  vous  déclare 
aujourd'hui  que  je  suis  pur  et  innocent  du 
sang  de  vous  tous,  dit  saint  Paul  aux  prêtres 
d'Ephèse,  étant  à  Milet.  Ps.  80.  10.  Contesta^ 
bor  te  :  Ecoutez  mon  peuple,  et  je  vous 
attesterai  ma  volonté.  Amos  3.  13.  Apoc. 
22.  18.  —  2°  Prendre  à  témoin  quelqu'un  ou 
quelque  chose,  en  faisant  déclaration.  Judith 

1.  17.  Contestamur  hodie  cœlum  et  terram  : 
Nous  prenons  aujourd'hui  à  témoin  le  riel 
et  la  terre  y  disent  tous  les  Juifs  à  Ozias  ,  le 
priant  de  rendre  la  ville  à  Holopherne. 

3°Témoigner,  rendre  témoignage  («ruveTrifia/s- 
i-jpzaBuL],  Heb.  2.  4.  Contestante  Dec  signis  et 
porlentis  et  variis  virtutibus  :  Dieu  a  con- 
firmé par  plusieurs  miracles  la  foi  des  pre- 
miers Chrétiens  (Voy.  Marc  16.  30).   Ainsi, 

2.  .Mach.  12.  30.  1.  Pet.  5.  12. 

4*  Faire  voir,  faire  paraître,  faire  voir  des 
preuves  sensibles  de  quelque  chose  fsvSetxvu- 
cÔKt).  2.  Mach.  9.  8.  Manifestam  Dei  virtutem 
in  semetipso  contestans  :  Antiochus  attestait 
publiquement  la  toute-puissance  de  Dieu, 
qui  éclatait  en  sa  propre  personne. 

Contestari  passif,  (j.xp-:vpù(7Q«i,  être  déclaré, 
être  attesié.  Heb.  7.  8.  Et  hic  quidem  décimas 
morientes  homines  accipiunt ,  ibi  autem  con- 
testatur  quia  vivit;  i.  e.  testimonium  ei  per- 
hibetur  :  Les  prêtres  de  l'ancienne  loi  qui 
recevaient  la  dtme,  mouraient  et  avaient  des 
successeurs;  mais  celui  dont  on  rend  ici  té- 
moignage n'est  représenté  que  comme  vivant; 
on  n'y  parle  ni  de  sa  mort  ni  de  sa  succes- 
sion; en  quoi  Melchisédech  était  la  figure  de 
Jésus-Christ. 

CONTEXERE,  Oyaîvetv  :  1°  Faire  un  tissu 
de  deux  ou  plusieurs  choses  ensemble.  Dent. 
22. 11.  IS'on  indueris  vestimento  quod  ex  lana, 
linoque  contextum  est  :  Cette  défense  d'user 
d'un  habillement  tissu  de  laine  et  de  lin, 
marquait  qu'il  n'est  point  permis  de  mêler 
ce  que  le  bon  ordre  nous  apprend  devoir  être 
séparé;  comme  faire  profession  d'être  chré- 
tien ,  et  vivre  en  même  temps  dans  la  mol- 
lesse et  faire  une  union  incompatible  de  deux 
étals  tout  opposés.  Aug.  cont.  Faust.  1.  6.  c. 
9.  Joan.  19.  23.  Erat  autem  tunica  inconsu- 
tilis  desuper  contexta  per  totum  :  La  tunique 
de  Jésus-Christ  était  sans  couture  et  d'un 
seul  tissu,  depuis  le  haut  jusqu'en  bas.Exod. 
26.31 

2°  Entrelacer.  3.  Reg.  7.  17.  Quasi  in  mo- 
dum  relis  et  catenarum  sibi  invicem  miro 
opère  conlextarum  ;  Sur  les  chapiteaux  des 
colonnes,  il  y  avait  une  espèce  de  rets  et  de 
ch.iînes  entrelacées  l'une  dans  l'autre. 

CONTICERE  ou  C0NTlCESCERE,7y«Û£ae««, 
se  taire  tout  court,  demeurer  sans  dire  mot. 
Dans  l'Ecriture  : 

1'  Cesser  de  se  faire  entendre.  Isa.  2V.  8. 
Conticuil  dulcedo  cilharœ  •  On  n'entendra 
plus  les  doux   accords  de   la   harpe.  Voy. 

SiLERE. 

Etre  défait  et  ruiné,  comme  si  l'on  n'était 
plus  (Tzinruv).  Daus  Ce  scns,  les  poètes  appel- 
lent les  morts  Silenles.  Jerem.  49.  26.  Viri 
prœlii  conticescent  :  Tous    ces   hommes  de 


gnerre  seront  dans  un  profond  silence,  c.  25. 
37.  Conticuerunt  arva  pacis  :  Les  champs  si 
fertiles  durant  la  paix  ,  ou  dans  lesquels  les 
troupeaux  paissaient  paisiblement,  sont  dans 
la  désolation.  Par  ces  champs  s'entendent 
les  provinces,  et  par  ces  troupeaux  les  peu- 
ples. 1.  Reg.  2.  9.  In  tenebris  conticescent  : 
Les  impies  seront  réduits  au  silence  dans 
leurs  ténèbres.  Ose.  k.  6.  * 

2"  Etre  dans  l'époy  vanle  et  l'effroi  {ùnopinTS' 
(tBoci).  Abd.  5.  Si  fures  introissenl  ad  te,  quo~ 
modo  conticuisses?  Si  des  voleurs  étaient  en- 
trés chez  vous,  n'auriez-vous  pas  crié,  dans 
l'effroi  et  le  trouble  où  ils  vous  auraient 
mis?  autr.  Heb.  Sont-ce  des  voleurs  qui  sont 
entrés  chez  vous?  ils  ne  vous  auraient  pas 
réduits  à  une  si  extrême  misère. 

3"  Etre  dans  le  deuil  et  l'affliction  {atanâv). 
Thren.  2.  10.  Conticuerunt  senes  filiœSiôn: 
Les  vieillards  de  la  fille  de  Sion,  t.  e.  de  Jé- 
rusalem, demeurent  dans  le  silence. 

CONTIGNATIO.  nis;  S6xwTtf.  Voy.  Tig- 
NUM.  Charpente,  élage  dans  une  maison.  2. 
Par.  34.  11.  Illi  dederunt  eam  artificibus  ut 
emerent  ligna  ad  conlignalionem  domorum  : 
Ils  donnèrent  cet  argent  à  des  ouvriers,  afin 
qu'ils  en  achetassent  du  bois  pour  la  char- 
pente des  maisons  que  les  rois  de  Juda 
avaient  détruites.  Eccl.  10.  18.  In  pigriliis 
humiliabitur  contignatio  :  La  charpente  du 
toit  se  gâtera  peu  à  peu  par  la  paresse;  t 
e.  les  maisons  et  les  familles  vont  peu  à  peu 
en  ruine  et  en  décadence. 

CONTINENS  ,  èy^parriç.  _  1»  Qui  a  en  soi^ 
même,  qui  possède  quelque  chose;  soit  la 
vertu.  Eccli.  15.  1.  Qui  continens  est  justi' 
tiœ  :  Celui  qui  a  acquis  la  justice,  et  qui  la 
pratique,  possédera  la  sagesse;  Gr.  Celui 
qui  a  une  parfaite  connaissance  de  la  loi. 
c.  6,  28.  Soit  les  vices  ,  c.  27.  33.  Vir  pecca^ 
tor  continens  erit  illorum  :  Le  pécheur  en- 
tretiendra toujours  dans  lui-même  la  colère 
et  la  fureur,  il  en  sera  possédé. 

2"  Qui  est  chaste,  qui  garde  la  continence. 
Tob.  6.  18.  Per  très  aies  continens  esto  :  Vi- 
vez en  continence  avec  Sara  pendant  trois 
jours,  dit  l'ange  Raphaël  au  jeune  Tobie. 
Sa  p.  8,  21.  Scivi  quoniam  aliter  non  possem 
esse  continens,  nisi  Deus  det  :  Je  savais  que 
je  ne  pouvais  avoir  la  continence,  si  Dieu  ne 
me  la  donnait  :  d'autres  ,  suivant  le  sens  du 
Grec,  l'entendent  plutôt  de  la  retenue  pour 
toute  sorte  de  vices;  et  le  vrai  sens  du  Grec 
est  de  le  rapporter  à  la  première  significa- 
tion, et  de  l'entendre  dans  le  même  sens  que 
les  passages  de  l'Ecclésiastique  ,  c.  6.  28. 
c.  15.  1.  Je  savais  que  je  ne  pouvais  possé- 
der ou  acquérir  la  sagesse  si  Dieu  ne  me  la 
donnait,  Eccli.  26.  20.  Omnis  ponderatio  non 
est  digna  continentis  animœ  :  Tout  le  prix  de 
l'or  n'est  rien  ,  au  prix  d'une  âme  vraiment 
chaste. 

3"  Tempérant,  qui  s'abstient  de  toute  sorte 
de  vices;  mais  surtout  de  l'impureté  et  de  la 
gourmandise.  Tit.  1.  8.  Oportet  episcopuin 
esse  sobrium,  justum,  sanctum,  conlinentem  : 
Il  faut  que  l'évêque  soit  un  homme  sobre, 
juste,  saint,  et  gardant  la  continence. 

CONTINENTIA,  m.  éyxpinta,—  1-  Conti- 


929 


CON 


CON 


930 


iieiice,  vertu  q.ai  règle  les  plaisirs  ,  et  dé- 
tourne de  cenx  qui  sont  défendus,  et  de  ceux 
particulièrement  qui  regardent  l'impnrelé  et 
la  gourmandise.  Gai.  5.  23.  Frticlns  Spirilus 
est  charitas...  conlinentia,  castitas  •  Les  œu- 
vres que  produit  l'Esprit  de  Dieu  dans  un 
chrétien,  sont  la  charité...  la  conlinence,  la 
chasteté.  —  2"  Fermeté  et  persévérance  dans 
la  pratique  du  bien.  2  Mach.  J4.  38.  Hic  mul- 
tis  temporibus  continentiœ  propositum  lenuit 
in  Jtidaismo  :  Rasias  vivait  depuis  longtemps 
dans  le  judaïsme,  d'une  vie  très-pure,  et  éloi- 
gnée de  toutes  les  souillures  du  paganisme  : 
c'est  le  sens  que  tous  les  interprètes  ont 
donné  à  cet  endroit. 

CONTINERE;  Gr.  auvÉ^siv.  —  1"  Retenir, 
arrêter,  réprimer.  2.  Reg.  24.  16.  Nunc  con- 
tine  manum  tuam  :  Retenez  votre  main,  dit 
Dieu  à  l'ange,  qui  étendait  sa  main,  et  se 
préparait  à  ravager  Jérusalem.  Job.  12.  15. 
5»  continuent  aquas ,  omnia  siccabuntur  :  Si 
Dieu  relient  les  eaux  ,  tout  deviendra  sec. 
Voy.  3.  Reg.  17.  v.  1.  7.  Ainsi ,  Ps.  76.  10. 
Aut  continebit  in  ira  suoy  misericordias  suas? 
La  colère  de  Dieu  reliendra-t-elle  ses  misé- 
ricordes? Exod.  26.  20.  Prov.  30.  4.  Eccli. 
48.3. 

2°  Retenir,  tenir  secret  [^tpxrtïv)  Marc.  9.  9. 
Verbum  continueriint  apud  se  :  Saint  Pierre , 
saint  Jacques  et  saint  Jean  tinrent  la  chose 
secrète  ;  i.  e.  la  TransGguralion  de  Jésus- 
Christ ,  selon  l'ordre  qu'il  leur  en  donne, 
V.  8. 

3°  Contenir,  comprendre  en  soi,  renfermer 
(rr£|3icx£tv).  Sap.  1.  7.  Hoc  (TTvsOpia,  fiic  Sfiri- 
tus)  quod  conlinet  omnia,  scientiam  habet  vo- 
cis  :  L'esprit  du  Seigneur  contient  ef  con- 
serve tout;  parce  que  tout  subsiste  en  lui  et 
par  lui;  il  connaît  tout  ce  qui  se  dit,  et  ce 
«lui  se  fait.  Esth.  13.  10.  Quidquid  cœlt  am- 
bitu  conlinetur  :  Toutes  les  créatures  qui  sont 
sous  le  ciel.  1.  Petr.  2.  6.  Continet  Scriptura: 
Il  est  dit  dans  l'Ecr.  Gr.  Conlinetur  in  Scri- 
ptura.  Sap.  18.  14.  etc. 

4°  Régler,  gouverner,  tenir  dans  le  devoir 
(xpuTù-j).  Sap.  6.  3.  Qui  continetis  multitudi- 
nes  :  Vous  qui  gouvernez  les  peuples.  1.  Cor. 
7.  9.  Quod  si  non  se  continent  ;  que  ceux  qui 
ne  peuvent  garder  la  conlinence  se  marient: 
c'est  un  don  particulier  de  Dieu  que  de  gar^» 
der  la  continence.  Voy.  Sap.  8.  21.  Ainsi 
c.  10.  2. 

5°  Tenir  comme  par  la  main,  soutenir,  em- 
pêcher de  tomber  [èné/jiv  .Ecdi.  15.  4.  Conti- 
nebit illum  et  non  confundetur  :  La  Sagesse 
tiendra  de  sa  main  celui  qui  est  affermi  dans 
la  justice. 

6°  Posséder  et  avoir  une  parfaite  connais- 
sance de  quelque  chose (xaraz/oaTerv).  Eccli. 21. 
12.  Qui  custodit  juslitiam  continebit  sensum 
ejus  :  Celui  qui  garde  la  justice  {Gr.  la  Loi), 
en  pénétrera  l'esprit. 

7°  Avoir  et  conserver  en  soi  [Inéxti-^)-  Phi- 
lip. 2.  16.  Verbum  vit œ  continentes  ;  poriez  en 
vous  la  parole  de  vie  :  d'autres  expliquent, 
porter  et  soutenir  comme  un  flambeau  pour 
éclairer  les  autres. 

8"  Porterv  supporter  en  soi  avec  peine  danf 
son  cœur  [''mixers).  Ps.  88.  51.  Memor  esto, 


Domine,  opprobrii  servorum  tuorum,  quod 
continui  in  sinu  meo  ,  multarum  gentium  : 
Souvenez-vous,  Seigneur,  de  l'opprobre  que 
vos  serviteurs  ont  souffert  delà  part  de  plu- 
sieurs nations,  et  que  j'ai  tenu  comme  ren- 
fermé dans  mon  sein;  t.  e.  que  j'ai  caché  et 
dissimulé  dans  mon  cœur  avec  peine. 

9°  Occuper,  donner  de  l'occupation  et  de 
l'emploi.  S;ip.  17.  19.  Omnis  orbis  terrarum 
non  impeditis  operibus  continebalur  :  Tout  le 
reste  du  monde  s'occupait  à  son  travail  sans 
aucun  empêchement;  se.  hors  les  Egyptiens, 
qui  étaient  tous  liés  par  les  ténèbres.  Voy. 
V.  17. 

10°  Soumettre,  obliger  et  engager.  Gai.  5. 
1.  State,  et  nolite  iterum  jugo  servitutis  con- 
tineri  {èvéxttrdxt)  :  Demeurez  fermes  dans  la 
foi  (de  l'Evangile)  et  ne  vous  laissez  point 
engager  de  nouveau  sous  le  joug  de  la  servi- 
tude :  un  juif  qui  ayant  été  converti,  se  fai- 
sait encore  circoncire,  se  soumettait  à  garder 
toute  la  loi  de  Moïse  :  c'est  pourquoi  l'Apôtre 
le  défend  ;  on  l'entend  ordinairement  des  Ga- 
lates,  qui  étaient  Gentils.  Voy.  Iterum. 

Phrases  de  ce  verbe, 

Continere  aures.  Se  boucher  les  oreilles, 
en  retenir  l'usage.  Act.  7.  56.  Continuerunt 
aures  suas  :  les  Juifs  se  bouchèrent  les 
oreilles;  se.  pour  ne  pas  entendre  ce  que 
disait  saint  Etienne.  Voy.  v.  55, 

Continere  os  suum.  N'oser  ouvrir  la  bouche, 
se  tenir  dans  le  silence;  ce  qui  est  une  mar- 
que de  respect.  Isa.  52.  15.  Super  ipsum  con- 
tinebunt  reges  os  suum  :  Les  princes  et  les 
rois  étonnés  des  merveilles  qu'ils  appren- 
dront du  Messie,  n'oseront  ouvrir  la  bouche, 
parle  grand  respect  qu'ils  auront  pour  lui, 
jusqu'à  se  soumettre  humblement  à  lui.  Voy. 
Job.  29.  9.  c.  39.  35.  ou  c'est  un  effet  et  une 
marque  d'étonnement  et  d'admiralion.  Voy. 
Job.  21.  5. 

Continere  se,  eyy.poi.-z ev s a^on,  «Tzé^eaOat.  1"  Se 
modérer,  se  retenir,  ne  plus  continuer;  soit 
ses  mauvais  désirs,  et  le  dérèglement  de  ses 
passions.  1.  Cor.  7.  9.  Quod  si  non  se  conti- 
nent,nubant  :Voyi'z  ci-dessus  4°.  Eccli.  30.  24. 
Cantine  (suppl.  te)  :  Retenez  vos  mauvais  dé- 
sirs; selon  le  Grec,  il  s'entend  du  soin  qu'on 
doit  avoir  de  ne  point  s'abandonner  à  la  tris- 
tesse. Eccli.  3.  4.  A  quoi  l'on  peul  ajouter  ce 
que  dit  David  au  grand  prêtre  Achimélech, 
1.  Reg.  21.  5.  Si  de  mulieribus  agitur,  conti- 
nuimus  nos  ab  hcri  et  nudiusterlius  :  Pour  ce 
qui  regarde  les  femmes,  depuis  hier  et  avant- 
hier  que  nous  sommes  partis  ,  nous  ne  nous 
en  sommes  point  approchés  ;  soit  en  arrêtant 
ses  larmes.  Gen.  43,  31.  Lota  facie  egressus 
continuit  se  :  Joseph  ayant  lavé  son  visage 
revint  ensuite,  se  faisant  violence;  se.  pour 
s'empêcher  de  pleurer;  soit  en  arrêtant  les 
effets  de  sa  bonté  et  de  sa  miséricorde  ou  de 
sa  vengeance.  Isa.  64.  12.  Numquid  super  his 
continebis  te  (àvs;t£(TÔ«t)?  Après  toutes  ces  af- 
flictions, Seigneur,  vous  retiendrez-vous  en- 
core? se.  de  nous  faire  miséricorde  et  de 
nous  venger  de  nos  ennemis,  c.  63.  15. 

2"  Se  tenir  arrêté,  se  renfermer  (àrroxsx'won- 
irwr).2.Mach.4.'W.7/),ïr  inhco  (uto  fe  cofitinen$ 


l^ 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


Ô5« 


Antiocniœ  secus  Daphnem  :  Onias  reprochait 
à  Ménélaûs  le  vol  «lu'il  avait  fait  des  vases 
du  temple,  et  l'emploi  injuste  qu'il  en  avait 
fait  se  tenant  cependant  à  Anlioche  dans  un 
lieu  sûr  près  de  Daphné. 

3°  Tenir,  être  arrêté  et  appuyé  sur  quel- 
que chose,  Ezech.  il.  6.  Ut  continerent  ^  et 
non  attingerenl  parietem  templi  :  Le&  arcs- 
boulants  servaient  d'appui  à  la  charpenterie 
des  chambres  qui  étaient  bâties  autour  du 
temple,  sans  qu'elles  louchassent  à  la  mu- 
raille du  temple. 

CONTINGERE,  â-îzr'.aeM.  —  i°  Toucher,  Le- 
vit.  11.  8.  Nec  cadavera  contingetis  ;  A^'ous  ne 
loucherez  point  au  corps  des  hêles  marquées 
dans  les  versets  précédents,  parce  que  vous 
les  tiendrez  comme  impurs.  Jos.  6.  18.  3. 
Reg.  6.  27.  2.  Par.  3.  12.  Judith.  11.  12. 

2"  Atteindre  en  louchant.  2.  Mach.  9.  10. 
Paulo  ante  sidéra  coeli  contiiujere  se  arbilra- 
halur  :  Antiochus  s'imaginait  (avant  que  Dieu 
l'humiliât  par  sa  chute,  dont  il  eut  les  mem- 
bres tout  meurlris)  qu'il  pourrait  alleindre 
jusqu'aux  étoiles  du  ciel.  Dan.  k.  8. 

3"  Toucher  à  quelqu'un  ol  lui  nuire,  le 
maltraiter.  Jos.  9.19.  Jdcirco  non  possimus 
eos  conlingere  :  Puisque  nous  avons  juré 
lalliance  au  nom  du  Seigneur  ,  avec  les  Ga- 
baoïiiles,  nous  ne  leur  pouvons  faire  aucun 
mal.  Chald.  Nocere. 

k"  Toucher  à  quelque  chose  pour  la  sous- 
traire, et  la  prendre  pour  soi.  Tob.  2.  21. 
Non  licet  nobis,  aut  edere  ex  furlo  aliquidy 
(lia  conlingere  :  Il  no  nous  est  pas  permis  de 
manger  ou  de  toucher  à  quelque  chose  qui 
ait  éie  dérobé.  Eslh.  9.  16. 

5°  Toucher  quelque  chose  consacrée  à 
Dieu,  l'employer  à  un  usage  commun  et  pro- 
fane. Judilh.  il.  la.  Sancla  Domini  Dei  sui, 
guœprœcepit  Deus  non  contingi,  in  frumenio^ 
vino  et  oleo,  hœc...  volunl  consumere  quœ  nec 
munibus  dcberenl  conlingere  :  Les  Juifs  ayant 
du  froment,  du  vin  et  de  l'huile,  qui  sont 
consacrés  au  Seigneur  leur  Dieu,  et  aux- 
quels Dieu  leur  a  défendu  de  loucher,  ils 
veulent  les  consumer  ,  quoiqu'il  ne  leur  soit 
pas  même  permis  d'y  loucher  des  mains. 

6"  Toucher  du  palais,  goûter,  discerner  au 
goùl  (yEiic^ôat).  Eccli.  3(j.  21.  Fauces  contin- 
gunt  cibum  ferœ  :  Le  palais  discerne  au  goût 
la  venaison. 

7"  Appartenir,  revenir  de  droit  à  quel- 
qu'un (£7tig«),).Eiv).  Luc.  15.  12.  Da  mihi  por- 
tionem  substantiœ  quœ  me  conlingil  :  Don- 
nez-moi ce  qui  me  doit  revenir  de  votre 
bien  ,  dit  l'enfant  prodigue  à  son  père.  1. 
Mii^h.  10.  W. 

Conlingere,  impersonnel.  Arriver  {yéve<7Qixt). 
Rom.  il.  25.  Cœcitas  ex  parte  contigit  in 
Israël  :  Une  parlie  des  Juifs  est  tombé<;  dans 
l'avcuglemenl  (  iTUfxo«ivEiv).  1.  Cor.  10.  11. 
Uœc  omnia  in  figuris  conlingebant  illis  :  Tou- 
tes ces  choses  qui  arrivaient  aux  Israélite* 
étaient  dos  figures;  i.  e.  des  images  gros- 
sières des  affliclions  qui  devaient  arriver  aux 
chrétiens  qui  tomberaient   dans  ces  crimes. 

CONTINUO;    Ttapcex^pruia,    eùOiWî,    exjOù;.    De 

l'adjectif  coniinuus. 

i*  Aussitôt,  à  l'instant  tuônie.  Mallh.  21. 


19.  Arefacta  est  continua  fîculnea  :  Le  figuier 
sécha  aussitôt  que  Jésus-Christ  y  eut  donné 
sa  malédiction.  Marc.  1.  31.  Continua  dimi- 
sit  eam  febris;  au  même  instant  que  Jésus- 
Christ  eut  fait  lever  la  belle-mère  de  saint 
Pierre,  en  la  prenant  par  la  main,  la  fièvre 
la  quitta.  Gai.  1.  16.  Continua  non  acquievi 
cnrni  et  sanguini  :  J'ai  obéi  aussitôt,  sans  en 
conférer  avec  qui  que  ce  soit.  Sap.  5.  13. 
Nos  nati  continuo  desivimus  esse  :  Nous  ne 
sommes  pas  plutôt  nés  que  nous  avons  cessé 
d'être,  diront  les  méchants. 

2°  Bientôt,  dans  peu.  Joan.  13.  32  Conti- 
nuo clarificabit  eum  :  Dieu  glorifiera  bientôt 
Jésus-Christ,  en  faisant  voir  dans  sa  mort 
même  qu'il  est  le  Fils  de  Dieu. 

CONTINUUS,  A,  UM.  Du  verbe  continere. 
1°  Continuel,  qui  n'est  point  interrompu 
(àSiKÀît-To?).  Rom.  9.  2.  Tristitia  mihi  magna 
est,  et  coniinuus  dolor  cordi  tneo  :  Je  suis 
saisi  d'une  grande  tristesse,  et  mon  cœur  est 
dans  une  douleur  continuelle.  2.  Mach.  10. 
37.  G.  13.  12. 

2°  Fort  et  persévérant  (èxtevvîç).  1.  Pelr. 
4.  8.  Ante  omnia  autem  mutuam  in  vobismet- 
ipsis  charitalem  continuam  habentes  :  Sur- 
tout ayez  une  charité  forte  et  persévérante 
les  uns  pour  les  autres. 

CONTORQDERE.  Tourner,  ou  faire  tour- 
ner quelque  chose  :  dans  l'Ecr.  : 

Courber,  baisser  (xKfZTTTsiv).  Isa.  58.  5. 
Numquid  taie  est  jejunium,  hominem  contor- 
quere  quasi  circulum  caput  suum  :  Le  jeûne 
que  j'ai  choisi  consisle-t-il  à  faire  qu'un 
homme  fasse  comme  un  cercle  de  sa  tête,  eu 
baissant  le  cou  avec  un  air  mortifié ,  ce 
qu'on  appelle  torti  colli?  Hebr.  Quasi  jun- 
cum.  Le  jonc  représente  assez  bien  celle 
posture  :  sa  tige  étant  trop  faible  pour  en 
soutenir  la  tête,  elle  penche,  et  fait  courber 
le  jonc  en  forme  de  cercle. 

CONTRA.  Ce  mot  vient  de  cum  et  de  la 
particule  Ira,  ajoutée,  comme  on  fait  d'm, 
intra,  et  d'ea;,  extra. 

Contra,  pré[)Osilion,  xarà,  avec  le  génilif. 
—  1°  Contre,  à  l'encontre.  Prov.  21.  30.  Non 
est  consilium  contra  Dominum  :  Il  n'y  a  point 
de  conseil  contre  le  Seigneur;  i.  e.  qui  puisse 
s'opposer  à  lui.  Matlh.  12.  30.  Luc.  11.  23. 
Qui  non  est  mecum,  contra  me  est  :  Celui  qui 
n'est  point  avic  moi,  s'oppose  à  moi.  Rom. 
8.  31.  Si  Deus  pro  nobis,  quis  contra  nos?  Si 
Dieu  est  pour  nous,  qui  sera  contre  nous,  et 
qui  pourra  nous  nuire?  Eccli.  35.  15.  Ps.  i9. 
21.  etc. 

Phrase  lirée  de  cette  signiticalion. 
Ambulare,  vadere  contra.  S'opposer.  Prov. 
li.  7.  Vark  contra  viriim  stultum  :  Opposoz- 
vous  à  l'homme  insensé;  Hebr.  éloignez- 
vous  de  l'homme  insensé.  Voy.  Ambulare. 
2°  Vis-à-vis,  à  l'opposile  («vTi7r£|oav).  Luc. 
8.  26.  Navig  ver  uni  ad  regionem  Geraseno- 
runi,  quœ  est  contra  6ra/i/ceflw  ;  Ils  abordè- 
rent au  pays  des  Géraséniens,  qui  est  sur  le 
bord  opposé  à  la  Galilée.  Gen.  15.  10.  Utras- 
que  parles  contra  sealtrinsecus  posuit  {«-j-t-fôi' 
(TMTzcf  u)X/ilrji;)  :  Abraliau)  mit  les  deux  parties 
de  ces  animaux  qu'il  avait  coupées  vis-à-vis 
l'une  de  l'autre  et  dans  leur  ordre  naturel; 


hS5 


CON 


CON 


93£ 


ec.  le  cAlé  droii  de  chaque  animal  vis-à-vis 
du  côté  gauche,  et  en  laissant  un  espace 
pour  passer  entre  deux,  selon  l'ancienne 
manière  de  jurer  une  alliance.  Voy.  v.  17. 
Ainsi,  c.  49.  30  c.  50.  13.  Deut.  11.  30.  Dan. 
10.  16.  Marc.  12.  kl.  c.  13.  3.  etc. 

3°  Vers,  du  côté  (z«t«,  avec  Vaccusaiif). 
Act.  8.  26.  Yade  contra  meridianum  :  Allez 
vers  le  midi,  dit  l'ange  à  saint  Philippe:Dieu 
l'y  envoyait  pour  instruire  l'eunuque  de  la 
reine  Candace,  qui  s'en  retournait  dans  son 
pays,  de  Jérusalem  d'où  il  venait  d'adorer 
Dieu.  Ps.  76.  3.  Deum  exquisivi,  manibus 
meis  nocte  contra  eiim  (èya.vzio-j)  :  J'ai  cher- 
ché Dieu  au  jour  de  mon  affliction,  j'ai  tendu 
mes  mains  vers  lui  durant  la  nuit.  Gen.  2. 14. 
c.  12.  8.  c.  18.  16.  c.  31.  21.  3.  Reg.  22.  35. 
c.  8.  v.  44.  48.  Voy.  Via.  Ainsi,  Num.  19.  4. 
Asperget  contra  fores  Tabernaculi  :  11  en  fera 
sept  fois  les  aspersions  vers  la  porte  du  ta- 
bernacle, c'est-à-dire  en  se  tournant  seule- 
ment vers  la  porte  du  tabernacle,  quoiqu'il 
en  fût  éloigné. 

4"  Devant,  en  présence  («TrivavTt).  Matth. 
21.  2.  Marc  W.^.  Ite  in  casteUum,quod  con- 
tra vos  est  :  Allez  à  ce  village  qui  est  devant 
vous,  dit  Jésus-Christ  à  deux  de  ses  disciples. 
Num.  25.  4.   Suspende  eos   contra  solem    in 

iialibulis  (  xarÉvavTt  )  :  Pendez  les  princes  des 
Israélites  à  des  potences  en  présence  du  soleil, 
c'est-à-dire  en  plein  jour  :  Ce  fut  lorsqu'ils 
étaient  à  Sétim,  à  cause  de  la  fornication 
qu'ils  commirent  avec  les  filles  des  Moabiles, 
et  à  cause  de  leur  idolâtrie,  c.  11.  Va.  Eccli. 
6.  1.  c.  47.  11.  Jerem.  31.  7.  Soit  que  l'objet 
présent  touche  et  fasse  impression.  Ps.  50.  5. 
Peccatum  tneum  contra  me  est  semper  {è-jùmov, 
coraiii)  :  J'ai  toujours  mon  péché  devant  les 
yeux,  i.  e.  devant  l'esprit,  et  en  ressens  con- 
tinuellement les  remords.  Ps.  43.  16.  Tola 
die  verecundia  mea  contra  me  est  (xaTÊvavTtovj  : 
J'ai  devant  les  yeux  ma  confusion  durant 
tout  le  jour,  i.  e.  j'ai  sujet  d'avoir  de  la  con- 
fusion de  mon  péché.  Ps.  49.  21.  Arguam  te 
et  slatuamcontra  faciem  tuam  (zK-à)  ;  Je  vous 
reprendrai  sévèrement,  et  je  vous  exposerai 
vous-même  devant  voire  face,  dit  Dieu  yu 
pécheur,  Ps:43.  16.  Ps.  108. 15.^ 

5°  Près,  auprès,  proche  (  ùtisiix-jti  ).  Exod. 
30.  6.  Ponesque  altare  contra  vélum  :  V^ous 
mettrez  l'autel  des  parfums  auprès  du  voile 
qui  est  suspendu  devant  l'arche,  c.  40,  24. 
Posuit  et  altare....  contra  vélum  :  Muïse  mit 
l'autel  d'or  sous  la  lente  du  témoignage  près 
du  voile,  ou  devant  et  vis-à-vis  le  voile  qui 
pendait  devant  l'arche.  Cet  autel  était,  à  la 
vérité,  hors  du  sanctuaire,  mais  il  n'y  avait 
que  le  voile  qui  le  séparât  de  l'arche  qui 
était  au-dedans.  Num.  26.  3.  In  campestribus 
Moab  super  J or danem  contra  Jéricho  (-/«xà)  : 
Moïse  et  Eléazar,  grand  prêtre,  étant  dans 
la  plaine  dcMuab  le  loug  du  Jourdain,  près 
ou  vis-à-vis  de  Jéricho,  parlèrent  aux  Israé- 
lite» capables  de  porter  les  armes,  se.  pour 
les  disposer  à  aller  combattre  les  Madianiles. 
V.  63.  c.  31.  12.  c.  33.  48.  c.  34.  15.  c.  36.  13. 

G"  Au-dessous  (O-o).  Kxod.  37.  14.  Fudit 
et  quatuor  circulos  aureos,  quos  posait  in 
quatuor  angulis  per  sinyulos  pede$  mensœ 


contra  coronam  :  Beseiéel  Ct  fondre  quatre 
anneaux  d'or  qu'il  mit  aux  quatre  coins  de 
la  table,  un  à  chaque  pied,  au-dessous  de  la 
couronne.  Cette  signification  de  contra  est 
tirée  du  ch.  25.  v.  27, 

7°  D'un  côté,  d'un  parti  opposé  à  l'autre  en 
parlant  de  personnes  (xa6w?  oiàSùfoi).  l.Par. 
24.31.  Miseruntque  et  ipsi  sortes  contra  fratres 
suos  filios  Aaron  :  Ceux-ci  jetèrent  aussi  au 
sort  avec  leurs  frères,  enfants  d'Aaron  ;  se 
mettant  autant  de  lévites  d'un  côté  qu'il  y 
avait  de  prêtres  de  l'autre  :  l'Ecriture  parle 
de  la  distribution  des  offices  qui  se  faisait  au 
sort  entre  les  familles  sacerdotales  et  lévi- 
tiques. 

Contra  pour  ad  (èni).  Jer.  31.  7,  Voy.  Cà- 

PUT. 

Contra  pour  de  ou  super  (èv).  Jer.  47,  2. 
Non  est  ultra  exsultatio  in  Moab  contra  Hese^ 
bon  :  Moab  ne  se  glorifiera  plus  d'Hesebon. 

Contra  pour  super,  sur,  dessus  (èTri).  1. 
Mach.  1.  62.  Sacrificabant  super  aram  quœ 
erat  contra  altare  :  Ils  sacrifiaient  le  vingt- 
cinq  du  mois  sur  l'autel  qui  était  sur  l'au- 
tel de  Dieu  :  L'autel  des  holocaustes  étant 
fort  grand,  ils  en  avaient  mis  dessus  un  autre 
plus  petit,  pour  offrir  des  sacrifices  à  l'idole 
de  Jupiter.  3.  Reg.  7.  20.  Contra  retiacula  : 
Au-dessus  des  rets. 

CONTRA,  adverbe.  1°  Vis-à-vis  {Knévuvrt), 
Gen.  21.16.  Sedensque  contra,  levavit  vocem: 
Agar  se  tenant  vis-à-vis  son  fils  Ismaèl,  se 
mit  à  crier  ct  à  pleurer,  parce  qu'il  était  sur 
le  point  de  mourir  faute  d'eau  à  boire  qui 
avait  manqué  à  Agar.  v.  15.  Jos.  13.25.  Usque 
ad  Aroer  quœ  est  contra  Rubba.  Rabba  était 
proche  du  torrent  Jaboc  vers  le  Nord,  et 
Aroër  sur  le  torrent  d'Arnon  vers  le  Midi. 

2"  Au  d.  là,  de  l'autre  côté,  de  l'autre  bord 
(  nipxv).  Marc.  4.  35.  Transeamus  contra  : 
Passons  fie  l'autre  côté  de  l'eau,  au  pays  des 
Gérasénions. 

CONTRADICERE,  àvriléyeu.  —  1°  appo- 
ser, contredire.  Luc.  2.  34.  Ecce  positus  est 
hic  iu  signum  cui  contradicetur  :  Cet  enfant 
(dit  saint  Siméon)  est  pour  être  en  bulle  à  la 
contradiction  des  hommes  :  Jésus-Christ  s'est 
exposé  aux  injures  de  tous  les  hommes, 
comme  un  but  l'est  à  toutes  les  flèches  qu'on 
y  veut  lirer.  Isa.  45.  9.  Vœ  qui  contradicit 
{ôcnoy.pbeaOKi)  fictori  sua  :  Malheur  à  l'homme 
qui  dispute  contre  celui  qui  l'a  créé.  Act. 
21.  21.  Rom.  10.  21.  lit.  1.  9.  c.  2.  9.  etc. 

2°  Résister,  répliquer  [àvzdTveu).  Luc.  21. 
15.  Non  poteru7\t  resistere  et  contradicere 
omncs  adversarii  vestri  :  Vos  ennemis  ne 
pourront  résister  ni  contredire  à  la  sagesse 
que  je  vous  donnerai,  dit  Jésus-Christ  a  ses 
disciples,  leur  enjoignant  de  ne  point  pré- 
méditer ce  qu'on  aurait  à  répondre  aux  en- 
nemis de   la   foi,  devant  les  rois.  >'oy.  Rii- 

SiSTEUE. 

CONTRADICTIO,  nis.  «.Tt).ovi«,  — 1  Con- 
tradiction, opposition  de  paroles  ou  d'actions. 
Jud.  V.  11.  In  contradiclione  Cor  e  p  crier  unt  : 
Ces  sortes  de  personnes,  imitant  la  rébellion 
dtj  Coié  [se.  en  se  soulevant  contre  la  puis- 
sance des  apôtres)  périront  comme  lui  :  Ceci 
a  rapport  à  ce  qui  est  dit  Num.  16.  32.  Ainsi, 


«dS 


DICTIONNAIKE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


ose 


2.  Reff.  22.  H.  Salvabis  me  a  contradictioni- 
bus  populi  mei  ((/«/.à.  aL  //i/«toa  )  :  Vous 
me  délivrerez  des  contradictions  de  mon 
peuple  :  David  parle  des  persécutions  où  il 
s'était  vu  au  temps  de  Saiil,  d'Isboseth,  d'Ab- 
salon,  etc.  Hebr.  12.  3.  Recogitate  eum  qui 
taletn  sustinuit  a  peccatoribus  adversus  se- 
metipsum  contradictionem  :  Cette  contradiction 
a  été  non-seulement  les  railleries  et  les  ca- 
lomnies, mais  encore  les  coups  et  les  bles- 
sures que  Jésus-Christ  a  soufferts  jusqu'à 
la  mort  de  la  croix  de  la  part  de  ceux  qui 
s'opposaient  à  sa  doctrine.  De  là  vient  : 

Contradictio  linguarum.  La  contradiction 
des  langues  signifie  les  médisances  et  les  ca- 
lomnies. Ps.  30.  21.  Abscondes  eos  a  contra- 
dictione  linguarum  :  Vous  cachez  ceux  qui 
espèrent  en  vous  dans  le  secret  de  votre 
face,  afin  qu'ils  soient  à  couvert  de  tout  trou- 
ble du  côté  des  hommes. 

2°  Différend,  contestation,  dispute,  mur- 
mure. Prov.  18.  18.  Contradictiones  compri- 
mit  sors  :  Le  sort  apaise  les  différends  : 
C'était  par  le  sort  que  se  partageaient  les 
successions,  et  que  se  vidaient  ces  sortes  de 
différends  indécis. Ps.  54.  iO.  Vidiiniquitalem 
et  contradictionem  in  civitate.Je  n'ai  vu  dans 
la  ville  que  des  injustices  et  des  dissensions. 
Hab.  1.  3.  Factum  est  judicium  et  contradic- 
tio potenlior  :  Si  l'ou  juge  d'une  affaire,  c'est 
la  passion  qui  la  décide;  autr.  si  l'on  veut 
juger  selon  la  justice,  ceux  qui  combattent 
l'emportent  :  ce  qui  revient  assez  à  l'Hébreu  : 
il  y  a  des  procès,  mais  il  n'y  a  ooint  de 
justice. 

açoa  oe  parler. 

Aqua  contradictionis  :  l'eau  decontradic- 
iion.  Nom  de  lieu  ,  ainsi  appelé  à  cause  du 
murmure  et  de  la  dispute  opiniâtre  que  les 
Israélites  excitèrent  contre  Moïse,  lorsqu'ils 
manquèrent  d'eau  dans  leur  demeure  à  Ca- 
dès.  Num.  20.  13.  Hœc  est  aqua  contradictio» 
nis  ubijurgali  sunt  filii  Israël  contra  Domi- 
num  :  C'est  là  l'eau  de  contradiction  où  les 
enfants  d'Israël  murmurèrent  contre  le  Sei- 
gneur. Voy.  Aqua.  Voy.  Petra. 

3°  Doute,  controverse,  contredit.  Hebr.  7. 
7.  Sine  ulla  autem  contradictione  quod  minus 
est  a  meliore  benedicitur  :  Il  est  hors  de  doute 
que  le  moindre  est  béni  par  le  plus  grand. 

CONTRAHERE.  1"  Amasser,  assembler 
(ffyviyfiv).  2.  Reg.  10.  17.  David  contraxit 
omnem  Israelem  :  David  assembla  toutes  les 
troupes  d'Israël,  pour  se  préparer  contre  les 
Syriens  qui  se  disposaient  à  une  seconde 
guerre.  1.  Mach.  11.  38.  c.  ik.  1.  —  2»  Ren- 
fermer, retirer,  resserrer.  2.  Reg.  22.  *6. 
Contrahentur  (ayi^XEtv)  in  angustiis  suis  :  Les 
enfants  des  étrangers  se  renfermeront  dans 
des  lieux  étroits.  Job.  7.  5.  Cutis  mea  aruit 
et  contracta  est  :  Ma  peau  est  toute  retirée. 

Resserrer,  en  parlant  de  quelque  affec- 
tion ou  passion  de  l'âme.  Mich.  k.  9.  Quare 
mœrore  contraheris?  Pourquoi  donc  êtes-vous 
maintenant  si  affligée?  Zach.  11.  8.  Con- 
tracta  est  anima  mea  in  eis  [^apvMeaBcici)  ;  Mon 
cœur  s'est  resserré  à  leur  égard,  t.  e.  j'ai 
ii»oins  d'affection   pour  eux.  Esth.  15.  8. 


Plirases  Urées  de  la  si^jnificalion  de  ce  verbe  dans  le  seii? 
figuré. 

^  Contrahere  manum.  —  1°  Retirer  sa  main, 
c'est  cesser  de  faire  quelque  chose,  ne  la 
point  continuer  ((xyvàyetv).  1.  Reg.  14.  19. 
Contrahe  manum  tuam  :  C'est  assez,  je  n'ai 
pas  le  loisir  d'attendre  que  vous  ayez  con- 
sulté le  Seigneur  :  Relirez  rotre  main  éten- 
due pour  prier,  ou  pour  prendre  l'Ephod, 
dit  Saùl  à  Achias  ;  se.  au  bruit  confus  qui 
venait  du  camp  des  Philistins  qui  se  tuaient 
eux-mêmes.  Jos.  8.  26.  Non  contraxit  ma^ 
num  quam  in  sublime  porrexerat  (ÈTrtaTpéyeiv)  : 
Josué  tenant  son  bouclier,  ne  baissa  point 
la  main  qu'il  avait  élevée  en  haut,  jusqu'à  ce 
que  tous  les  habitants  de  Haï  fussent  tués. 
Voy.  l'ordre  qu'il  en  reçoit  de  Dieu,  v.  18. 

2'  Resserrer,  ou  fermer  la  main,  c'est  être 
chiche  ou  avare  ((njfryîy/Etv  x^tpx).Dent.  15.  7. 
Non  contrahes  manum  :  Vous  ne  serez  point 
impitoyable  envers  les  pauvres. 

Contrahere  os ,  è^^pàrrefT^Ki.  Fermer  la 
bouche,  c'est  demeurer  muet  et  confus.  Job. 
5.  16.  Iniquitas  conlrahet  suum  :  Les  mé- 
chants seront  chargés  de  confusion  et  sans 
oser  rien  dire. 

CONTRAIRE.  S'opposer,  résister,  aller  à 
rencontre  («vTtôeTov  £rv«i).Esth.  13.5.Fîrfen(cj 
unam  gentem  nustris jussiontbus  contraire: 
Nous  voyons  qu'une  seule  nation  combat  nos 
ordonnances  :  Artaxerxès  parle  des  Juifs. 

CONTRARIUS,  a,  um.  —  1»  Contraire,  op- 
posé, qui  résiste.  Eccli.  25.  30.  Mulier  sipri- 
matum  habeat^  contraria  est  viro  suo  :  Si  la 
femme  a  la  principale  autorité,  elle  s'élève 
contre  son  mari.  Matlh.  li.  2i.  Coloss.  2.  14. 
Ezech.  16.  34.  Ainsi,  Levit.  26.  28.  Et  ego 
incedam  adversus  vos  in  furore  contrario 
(V/ayiof,  obliquus)  :  Si  vous  continuez  à  mar- 
cher contre  moi,  je  marcherai  aussi  contre 
vous. 

2°  Préjudiciable,  nuisible  {Ttokipuoç).  2.  Mach. 

15.  40.  Vinum  semper  bib€re,aut  semper  aquam 
contrarium  est  :  On  a  de  l'éloignement  de 
boire  toujours  du  vin,  ou  de  boire  toujours 
de  l'eau,  et  il  parait  plus  agréable  d'user 
de  l'un  et  de  l'autre  successivement. 

3"  Celui  qui  se  trouve  devant,  qui  se  pré- 
sente contre  [■:v\ûyioç,  obliquus).  2.  Reg.  2. 

16.  Unusquisque  defixit  gladium  in  latus  con- 
frarii;  Chacun  de  ces  hommes  qui  se  présen- 
tèrent pour  combattre  l'un  contre  l'autre,  se 
passèrent  tous  l'épée  au  travers  du  corps. 

4"  Qui  est  en  butte  aux  traits  de  la  ven- 
geance (xaTîveyxTïjf).  Job.  7.20.  Quareposuisti 
me  contrarium  tibi  ?  Pourquoi  m'avez-vous 
mis  dans  un  état  contraire  à  vous?  L'homme 
étant  faible  et  coupable,  est  en  cela  opposé  à 
la  sainteté  de  Dieu. 

5°  Adversaire,  ennemi  {ivBcvmxè;).  Snp. 
2.  18.  Liberabit  eum  de  manibus  contrario- 
rum:  Il  le  délivrera  des  mains  de  ses  enne- 
mis, disent  les  Juifs, du  PèreEternel  à  l'égard 
de  Jésus-Christ.  Voy.  Matlh.  27.  43.  Ainsi, 
Eccli.  46.  7.  In  descensu  perdidit  contrarias  : 
Josué  défit  les  troupes  des  ennemis  {se.  les 
cinq  rois  Amorrhéens  qui  habitaient  les  mon 
tagnes),  à  la  descente  de  la  vallée  (de  Béiho 


937 


CON 


COiN 


938 


ron^  Voy.   Jos.  10.  v.  5.  11.   Ainsi,  Eccli. 
V7.  8. 

Cy  Qui  répond  à  quoique  chose,  qui  y  est 
pxposé  et  destiné  [ù-jTiitzpi^jcO.niivjo;).  Eccli. 
23.  15.  Est  et  alia  loquela  contraria  morli:  Il 
y  a  une  autre  parole  qui  doit  être  punie  de 
mort;  à  qui  la  mort  répond  et  est  due  ;  Gr. 
revêtue  et  enveloppée  de  la  mort  :  par  cette 
parole  s'entend  le  blasphème  que  les  Hé- 
breux n'osent  nommer. 

CONTRECTARE,  Biyçu,  ■^nlwfivj,  toucher, 
manier  (),ai:iÇ«v£iv)  2.  Mach.  5.  16.  Sancta  vasa 
contrectabat  indigne  :  L'impie  Anliochus  ma- 
niait d'une  manière  indigne  les  vases  sacrés. 
Coloss.  2.  21.  Neque  contrectaveritis  :  Ne  tou- 
chez pas  à  cela,  vous  dit-on  :  saint  Paul  dés- 
approuve les  faux  docteurs  qui  délendJiient 
de  manger  certaines  viandes.  1.  Joan.  1.  1. 
Quod  manus  nostrœ  contrectaverimt  de  verbo 
titœ  :  Nous  vous  annonçons  la  parole  de  vie 
(».  e.  Jésus-Christ),  que  nous  avons  touchée 
de  nos  mains.  Voy.  Luc.  2i. 30.  Joan.  20.  27. 

CONTREMISCERE  ,  ttto-ù-j  ,  (7a),r:£cr6«t.  — 
1"  Etre  effrayé  ,  trembler  de  peur  (f^iTaîu). 
Jac.  2. 19.  Dœmones  credunt  et  contremiscunt  : 
Les  démons  croientet  tremblent;  La  croyance 
et  la  connaissance  qu'ont  les  démons  qu'il  y 
a  un  Dieu,  les  fait  trembler  à  cause  des  sup- 
plices éternels  auxquels  Dieu  les  réserve  à 
la  fin  du  monde.  Voy.  2.  Petr.  2.  k.  Ainsi, 
Habac.  3.  16.  A  voce  contremuerunt  labia 
mea  .-Quand  j'ai  entendu  les  maux,  dont  votre 
peuple  était  menacé,  j'ai  tremblé  de  frayeur; 
aiitr.  mes  lèvres  au  bruit  de  voire  voix  ont 
tremblé  :  Dieu  les  avait  révélés  au  Prophète. 
Deut.  2.  25.  4.  Reg.  19.  26.  Isa.  37.  27. 

2°  Etre  ébranlé.  Job.  20.  11.  Columnœ  cœli 
contremiscunt  (  StaTr£T:T«'76«i  )  .•  Les  colonnes 
du  ciel  tremblent  devant  Dieu.  Ceci  convient 
assez  avec,  Luc.  21.  26.  Plusieurs  l'entendent 
des  anges  qui  tremblent  devant  la  majesté 
de  Dieu  ,  selon  l'esprit  de  l'Eglise,  comme  il 
parait  dans  la  préface  de  la  messe,  Tremunt 
Potestates  :  Ainsi,  2.  Reg.  22.  8.  Ps.  17.  8. 
Ps.  76.  19.  Isa.  34-.  10.  Joël  2. 10.  Nahum.  1. 
5.  A  quoi  se  rapporte  dans  le  sens  figuré, 
Jerem.  23.  9.  Contremuerunt  omnia  ossa  mea: 
Tous  mes  os  ont  été  ébranlés  ;  pour  mar- 
quer la  douleur  sensible  dont  le  Prophète 
était  pénétré. 

CONTRIRULARE ,  ^v-i-pi^.u-j.  —  1"  Rriser, 
casser  ,  mettre  dans  la  dernière  désolation  ; 
d'où  vient  : 

Contribulare  dorsum.  Rriser  les  reins  ;  c'est 
affliger  et  accabler  de  maux.  Eccli.  35.  22. 
Fortissimus  non  habebit  in  illis  palienliam, 
ut  coniribulet  dorsum  ipsorum:  Le  Très-Fort 
n'usera  plus  à  l'égard  des  justes,  de  sa  longue 
patience  ;  mais  il  accablera  de  maux  ceux 
qui  les  ont  opprimés. 

Contribulare  sceplra,  contribulare  capita. 
Détruire  la  puissance.  Eccli.  35.23.  Gt'Mf/6u5 
reddet  vindictam  ,  donec  sccptra  iniquorum 
'  coniribulet  :  Dieu  se  vengera  des  nations, 
jusqu'à  ce  qu'il  brise  les  sceptres  des  inju- 
stes. Ps.  73.  13.  Contribulasli  capita  draco- 
num  in  aquis  :  C'est  vous  ,  mon  Dieu ,  qui 
avez  brisé  les  têtes  des  dragons  dans  le  fond 

DiCTIONN.    DE    rUILUL.    SACRÉE.    I. 


des  eaux  ;  i.  e.  vous  avez  fait  périr  Pharaon, 
ses  officiers  et  toute  son  armée. 

2"  Affliger,  mettre  dans  la  peine  et  la  dou- 
leur («iÇnvj,  soit  à  cause  de  la  nécessité  et 
de  la  pauvreté.  Eccli.  i.  4.  Rogationem  con- 
tribulati  ne  abjicias  :  Ne  rejetez  point  la  de- 
mande de  l'aftligé  ,  et  de  celui  qui  est  dans 
la  pauvreté  ;  soit  à  cause  des  péchés  et  du 
repentir  vif  et  sensible  que  l'on  en  a.  Ps.  50. 

13.  Sacrificium  Deo  ,  spiritus  contribulatus  . 
Un  esprit  brisé  de  douleur,  est  un  sacrifice 
digne  de  Dieu. 

CONTRIRULIS,  IS,  ouôfvlo;^  rj\>^'f^Aixnç ^  de 

Tribus,  et  signifie  : 

1°  Qui  est  de  la  même  tribu.  1.  Reg.  20.  6. 
Quia  victimœ  solemnes  ibi  sunt  universis  cou- 
tribulibus  suis:  Parce  qu'il  y  a  à  Rethlécm 
un  sacrifice  solennel  pour  tous  ceux  de  sa 
tribu.  C'est  la  raison  que  David  dit  à  Jona- 
thas  de  rendre  à  Saiil,  si  Saùl  demande  pour- 
quoi il  ne  se  trouve  pas  au  repas  du  sacri- 
fice qui  se  devait  faire  le  lendemain.  Voy. 
V.  5. 

2'  Qui  est  de  la  même  nation  ou  du  même 
pays.  2.  Alach.  4.  10.  Statim  ad  Gentilem  ri- 
tum  contribules  suos  con ferre  cœpit  :  Jason, 
frère  d'Onias.  n'eut  pas  plutôt  obtenu  la  sou- 
veraine .sacrificature,  qu'il  commença  à  faire 
prendre  à  ceux  de  son  pays  les  mœurs  et  les 
coutumes  des  Gentils,  c.  15.31.  1.  Thess.  2. 

14.  Eadem  passi  estis  et  vos  a  conlribulibus 
vestris,  sicut  et  ipsi  a  Judœis  :  Vous  avez 
souffert  les  mêmes  persécutions  de  la  part  de 
vos  concitoyens,  que  les  Eglises  qui  ont  em- 
brassé la  foi  de  Jésus-Christ  dans  la  Judée. 
Térencc  se  sert  de  tribulis,  pour  civis. 

3"  Le  prochain  ,  celui  à  qui  nous  avons  af- 
faire (ô  7:)./3^iov).  Levit.  25.  17.  Nolite  affligere 
contribules  vestros  :  N'affligez  point  ceux  qui 
vous  sont  unis  par  une  même  tribu  ;  i.  e.  ne 
vous  faites  point  tort  les  uns  aux  autres. 

CONTRISTARE,  Ivttùv.  —  1°  Attrister,  fâ- 
cher, causer  du  chagrin,  affliger.  2. Cor. 2. 2. 
Si  ego  contristo  vos  :  Si  je  vous  avais  attri- 
stés ,  qui  me  pourrait  réjouir?  Eccli.  30.9. 
Lude  cum  eo ,  et  contristabit  te  :  Jouez  avec 
votre  fils  ,  et  il  vous  attristera.  Ephes.  4.  30. 
Nolite  contristare  Spiritum  sanctum  .-  On 
fâche  et  on  attriste  le  Saint-Esprit,  quand, 
par  les  scandales  et  les  mauvais  discours, 
on  le  chasse  honleuscment  parle  péché,  des 
cœurs  de  ceux  qui  l'avaient  reçu  par  le 
baptême.  Voy.  Isa.  03.  10.  etc. 

2°  Refuser,  rejeter  («ôcTerv).  Marc  0.  20. 
Noluit  eam  contristare  :  Hérode  ne  voulut  pas 
refuser  la  fille  d'Hérodiade  qui  lui  demandait 
la  tête  de  saint  Jean-Raptisle.  Le  même  mol 
grec  est  en  ce  bens  ,  Luc.  7.  30.  c.  10.  16. 
Joan.  12.  48.  De  contristare,  vient: 

CONTRISTARI.  Se  fâcher  en  murmurant, 
s'indigner.  Tob.  2.  13.  Non  est  conlristatus 
contra  Deum  :  Tobie  ne  s'attrista  et  ne  mur- 
mura point  contre  Dieu  de  ce  qu'il  l'avait 
frappé  par  celte  plaie  de  l'aveuglement. 

èontristari  super  aliquo,  oualiqucm.  Avoir 
compassion  de  quelqu'un,  être  affligé  de  son 
mal.  Isa.  51.  19.  Quis  contristabitur  super 
le  ?  Qui  compatira  à  votre  douleur  ?  Ezech. 
31.  15.  Marc.  3.  5. 

30 


93D 

CONTRISTATUS,  a,  um.  Qui  est  dans  le 
deuil  et  l'affliction  (g-/tj5,ow7:«Çmv).  Ps.  3i.  14. 
Quasi  Ivgens  et  contristatus  :  Je  m'abaissais 
comme  étant  louché  d'une  vraie  douleur  qui 
me  portait  à  gémir  pour  mes  ennemis  ;  Heb. 
atratus.  Voy.  Humiliare.  Ps.  37.  7.  Ps.  41. 
10.  Ps.  42.  2.  Jerem.  8.  21.  Ezech.  31.  lo. 

CONTRITIO,    NIS  ,    (Tvyrpiii^x  ,    fjVjzpijjLiJ.ôç  , 

avvzpt^v. — 1*  Brisement,  rupture.  Isa.  30.  14. 
Sicut  conterilur  lagena  figuli  contritione  per- 
valida  :  Comme  un  vase  de  terre  qu'on  casse 
avec  effort  en  mille  morceaux,  v.  13. 

2°  Grand  mal,  grande  affliction.  2.  Reg. 
22.  5.  Circumdederunt  me  conlritiones  mor- 
tis  :  Les  douleurs  de  la  mort  m'ont  assiégée. 
Ce  qui  revient  au  sons  du  Ps.  59.  3.  Ainsi, 
Ps.  146.  3.  Alligat  conlritiones  eorum  :  C'est 
le  Seigneur  qui  bande  les  plaies  des  Israélites. 
Isa.  65. 14.  Jerem.  10.  19.  Vœmihi  super  con- 
tritione mea  !  Hélas!  malheureuse  que  je  suis, 
dira  alors  Sion,je  me  sens  toute  brisée,  c.  30. 
13.  Osée.  14.  5.  Thren.  2.  13. 

3°  Perte,  ruine  ,  désolation.  Prov.  16.  18. 
Contritionem  prœcedit  supcrbia  :  L'orgueil 
précède  la  ruine  des  superbes,  soit  qu'elle 
arrive  par  les  afflictions  ,  soit  qu'elle  arrive 
par  les  péchés  qui  font  la  ruine  de  l'âme. 
Prov.  18.7.  Os  stulti,  contritio  ejus  :  La 
bouche  de  l'insensé  le  brise  lui-même.  Eccii. 
40.  9.  Isa.  51.  19.  Ainsi  ,  Contritio  :  La  dé- 
solation et  les  ruines  du  pays.  Isa.  24.  19. 
contritione  conteretur  terra  :  La  terre  souf- 
frira des  renversements  qui  la  briseront;  la 
terre  sera  entièrement  ruinée.  Jerem.  4.  20. 
Contritio  super  contritionem  ,  et  vastata  est 
omnis  terra  :  On  a  vu  venir  malheur  sur  mal- 
heur, et  toute  la  terre  a  été  détruite.  Thren. 
2.  13. 

4'  Les  maux  que  l'on  fait  souffrir  aux  au- 
tres. Ps.  13.  3.  Contritio  et  infelicitns  in  viis 
eorum  :  Toutes  les  voies  des  hommes  pé- 
cheurs ne  tendent  qu'à  affliger  et  qu'à  op- 
primer les  autres.  Jerem.  17.  18.  Duplici 
contritione  contere  eos  :  Brisez  par  divers 
maux  dont  vous  frapperez  ceux  qui  me  per- 
sécutent. 

5"  Carnage,  grande  défaite  d'ennemis.  So- 
phon.  1.  10.  Erit  in  die  illa  contritio  magna 
a  collihus  :  Au  temps  que  les  Chaldéens  dé- 
soleront Jérusalem,  le  bruit  d'un  grand  car- 
nage retentira  du  haut  des  montagnes  ;  i.  e- 
du  côté  de  Jérusalem  située  sur  des  monta- 
gnes. Jerem.  30.  22.  1.  Mach.  4.  32.  Osée. 
13.  13.  Non  stabit  in  contritione  filiorum  :  Il 
sera  exterminé  parmi  le  carnage  de  tout  son 
peuple  ;  Hebr.  In  parturilione  filiorum  :  Il 
ne  pourra  subsister  ,  lorsque  ses  crimes  au- 
ront enfanté  la  peine  qui  leur  est  due. 

CONTRITUS,  A,   CM,   (rvvT£-r>it/.p£vo,-.  —    1° 

Affligé  ,  qui  est  dans  la  douleur  ((rxoTtÇecOKt, 
obtenebrari).  Jerem.  8.  21.  Super  contritione 
populi  mei,  contritus  sum  et  contristaltis  :  Je 
suis  fort  affligé  des  maux  de  Jérusalem,  c.  14. 
17.  —  2"  Blessé  et  malade  ;  soit  de  maladie 
corporelle  ou  spirituelle.  Zach.  11.  16.  Ecce 
ego  suscitabo  Pastorem  qui  conlritum  non  sa' 
nabil  :  Je  m'en  vais  susciler  un  pasteur  qui 
ne  guérira  point  les  brebis  malades.  Ces 
sortes  de  pasteurs  pouvaient  être  ceux  qui, 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 


910 


après  ce  prophète,  s'emparèrent  de  la  grande 
sacrificature  et  du  gouvernement  ;  tels  furent 
Jason  et  Ménélaiis  ,  et  autres.  Voy.  2.  Mach. 

3.  etc.  4.  etc. 

Façon  de  parler, 

Contritus  corde ,  spiritu ,  cor  contritum. 
Celui  qui  est  affligé  et  humilié  par  le  senti- 
ment de  sa  misère  ,  dont  il  est  pénétré.  Ps. 
146.  3.  Qui  sanat  contritos  corde  ;  C'est  le 
Seigneur  qui  guérit  ceux  dont  le  cœur  est 
brisé  d'affliction.  Si  cela  s'entend  de  ceux  qui 
étaient  dans  la  captivité  de  Babylone,  Dieu 
les  a  guéris  en  plusieurs  manières  ;  mais  ce 
mot  s'entend  principalement  de  ceux  qui 
étant  vivement  touchés  de  leur  misère  et  des 
péchés  qui  en  sont  la  cause,  ont  le  cœur  con- 
trit el  brisé  de  douleur  et  de  repentir.  Ps.  30. 
19.  Cor  contritum  et  humiliatum,  Deus,  non 
despicies  :  Vous  ne  mépriserez  point,  mon 
Dieu,  un  cœur  contrit  et  humilié  ;  et  ce  sont 
là  ceux  pour  qui  Jésus-Christ  a  été  envoyé, 
selon  Isa.  61.  1.  Misit  me  Bominus  ut  mede- 
rer  contritis  corde  :  Le  Seigneur  m'a  envoyé 
pour  guérir  ceux  qui  ont  le  cœur  brisé.  Luc. 

4.  18.  Isa.  C6.  2.  c.  57.  13. 
CONTROVERSIA,  as.,  à-j-àoyla.  Ce  nom  vient 

de  contra,  el  de  vertere,  et  signifie  : 

Différend,  dispute  ,  contestation.  Hebr.  6. 
16.  Omnis  controversiœ  eorum  finis  ad  confir- 
malionem,  est  jurumentum  :  Le  serment  as- 
sure les  hommes,  et  il  leraîine  tous  leurs 
différends.  Ezech.  44.  2V. 

CONTCBERNIUM.  Ce  mot  vient  de  cum, 
el  du  nom  taberna  ,  loge  faite  d'ais  el  de  so- 
lives, et  signifie  proprement  pavillon,  sous 
lequel  logeaient  ensemble  dix  soldats  à  la 
guerre  ;  société  de  personnes  qui  logent  dans 
une  même  chambre  ou  maison  ;  dans  l'Ecr.  : 

1"  Conversytion  ,  et  union  étroite  et  fami- 
lière qu'on  a  avec  quelqu'un  (ay/i/or^fri;).  Sap. 
8.  3.  Generositalcm  iUius  glorifient  contuber- 
nium  habens  Dei  :  La  sagesse  fait  voir  la  gloire 
de  son  origine,  en  ce  qu'elle  est  étroitement 
unie  à  Dieu. 

2"  Troupe  de  gens  qui  mangent  ensemble 
{(7-ju-oGLo-y).  Marc.  6.  39.  Prœcepit  illis  ut  ac~ 
cumbere  facerent  omnes  secundum  contuber- 
nia  :  Jésus-Christ  commanda  à  ses  disciples 
de  faire  asseoir  loule  celte  grande  multitude 
de  peuple  en  diverses  troupes.  Ce  fut  lors- 
que Jésus-Christ  multiplia  les  cinq  pains  et 
les  deux  poissons.  Voy.  Discipulus. 

CONTUMAX,  GIS,  èjoseto-rnf, du  verbe  ^Ujnerc, 
être  enflé  d'orgueil. 

1°  Opiniâtre,  rebelVe.  Deut.  21.  v.  18.  20. 
Filius  noster  iste  protervus  et  contumax  est 
Voici  noire  fils  qui  est  un  enfant  opiniâtre  et 
rebelle.  C'est  ce  que  devaient  dire  un  père  cl 
une  mère  en  piésentant  aux  anciens  de  la 
ville  leur  enfant  qui  ne  s'était  point  voulu 
corriger  de  sa  rébellion  et  de  son  opiniâ- 
treté. Prov.  29.  21.  Postea  sentiet  ewn  conlu- 
macem  [oSvjû(jOai,dolere):  Un  maître  verra  son 
serviteur  révolté  contre  lui,  après  qu'il  l'aura 
nourri  délicatement  dès  son  enfance. 

2'ElTronté  et  outrageanl(je/oio-Tfl,-}.  l-M-ich. 
3.  20.  /psi  vetnunt  ad  nos  in  multiliuliue  coU" 
(umaci  :  Les  troupes  de  Syrie  marchent  con- 


911 


CON 


CON 


941 


tre  nous  avec  une  multitude  de  gens  superbes 
et  insolents  pour  nous  outrager, dit  Jonalhas 
encourageant  son  armée. 

CONTUMELIA,  x,  vCpiç.  Ce  nom  vient  du 
même  verbe  tumere,  être  enflé  d'orgueil. 

1"  Outrage  de  fait  ou  de  parole,  affront. 
Hebr.  10.  29.  Quant o  magis  putatis  détériora 
mereri  supplicia  qui  sppitui  gratiœ  contume- 
liam  fecerit  :  Combien  pensez -vous  que  celui 
qui  aura  fait  outrage  à  l'esprit  de  la  grâce, 
se.  en  abandonnant  la  foi ,  ou  en  le  chas- 
sant de  son  cœur  par  de  nouveaux  péchés 
commis  après  le  baptême,  sera  .jugé  digne 
d'un  plus  grand  supplicQ.  Prov.  10. 18.  2. 
Cor.  12.  10. 

2°  Honte  ,  déshonneur,  opprobre,  infamie 
(«Ttf;iî«  ).  Prov.  12.  11.  Qui  suavis  est  in  vini 
demorationibus ,  in  suis  munitionibus  relin- 
quit  contumeliam  :  Celui  qui  passe  le  temps 
à  boire  du  vin  avec  plaisir,  laissera  des  mar- 
ques de  sa  honte  dans  ses  places  fortes.  Prov. 
10.  2.  Ubi  fuerit  superbia,  ibi  erit  et  contu- 
melia  :  Où  sera  lorgucil ,  là  sera  la  confu- 
sion. L'orgueil  attire  le  mépris  des  hommes, 
et  conduit  dans  des  maux  qui  ont  souvent  de 
honteuses  suites.  Sap.  4.  19.  c.  17.  7.  Eccli. 
3.11.  Jcrem.  14.21.  Acl.  5.  41.  Rom.  1.  24. 
c.  9.  21.  2.  Tim.  2.  20.  etc. 

CONTUMELIOSUS,  a,  um,  ûgptarrî?.  —  r 
Ouirageux,  injurieux.  Eccli.  8.  14.  Ne  con- 
tra faciem  stes  contumeliosi  :  Ne  résistez  point 
en  face  à  un  homme  insolent  et  capable  d'ou- 
trager, c.  19.  28.  Rom.  1.  30.  —  2^  Violent, 
outrageux  en  toute  manière.  1  Tim.  1.  13. 
Qui  prius  blasphemus  fui ,  et  persecutor,  et 
contumeliosus  :  J'étais  auparavant  un  blas- 
phémateur. Saint  Paul  parle  du  temps  qui 
a  précédé  sa  conversion. 

GONTUNDERE.  Piler,  broyer  quelque  chose 
dans  un  mortier  ou  au  tremc*nt(p«iTT£7oûv). Prov. 
27.22.  Si  contuderis  stullum  in  pila  quasi 
ptisanas  feriente  desuper  pilo.  non  auferetur 
(ib  €0  stultitia  ejus  :  Quand  vous  pileriez  l'im- 
prudent dans  un  mortier  comme  on  bat  du 
grain  en  frappant  dessus  avec  un  pilon,  vovs 
ne  lui  ôlcriez  pas  son  imprudence.  Exod. 
27.  20.  c.  .30.  3G. 

CONTURRARK,    Ta^aTTîtv  ,    cr'JVTa|S«TOTiv.  — 

1"  Troubler,  agiter  ;  soit  dans  le  sens  propre 
et  des  choses  sensibles.  Ps.  64.  8.  Qui  con- 
turbas  profundum  maris  :  C'est  vous,  ô  mon 
Dieu  ,  qui  troublez  la  mer  jusque  dans  son 
fond;  Hebr.  Compescis :  Vous  calmez.  Isa. 
51.  15.  Ego  qui  conturbo  mare  :  C'est  moi 
qui  fais  soulever  les  flots  de  la  mer,  dit  Dieu. 
Ézech.  32.  v.  2.  13.  Soit  dans  le  sens  figuré, 
en  parlant  de  l'âme  capable  du  trouble  de 
ses  passions.  Ps.  38.  v.  7.  12.  Vane  contiir- 
batur  omnishomo  :  Ccs,i  bien  en  vainque  tous 
les  hommes  se  troublent  et  s'inquièlent.  Ps. 
41.  V.  6.  12.  Ps.  42.  5.  Ps.  54.  v.  3.  5.  Voy. 
ci-dessous  9". 

2"  Exciter  quelque  tumulte  et  émotion,  re- 
muer les  esprits  par  quelque  trouble.  Act. 
20.  fJi  homines  conturbant  civilatem  nostram 
cum  sinlJ  udœi  {iy.ic/.fjÛTT-.Lj):  Ces  hommes  trou- 
blent toute  noire  ville,  car  ce  sont  des  .luifs, 
disent  les  maîtres  de  la  servante  dont  saint 
Paul  ch.'ssa  un  esprit  de  Python,  présent;int 


et  accusant  saint  Paul  et  Silas  devant  ceux 
qui  commandaient  dans  la  ville  de  Philippes. 
Ps.  45.  7.  Conturbatœ  sunt  génies  :  Les  na- 
tions ont  été  remplies  de  trouble.  David  peut 
bien  entendre  parler  du  secours  que  Dieu  a 
souvent  procuré  aux  Juifs.  \oy.  2.  Par.  14 
12.  c.  20.  23.  Ainsi.  Gai.  1.  7.  c.  5.  10.  3. 
Reg.  18.  17.  Nahum.  1.  4.  1.  Mach.  3.  5.  e(c. 
3  Etonner,  jeter  dans  la  frayeur  et  la  cons- 
ternation Ps.  6.  11.  Erubescont  et  contur- 
bentur  omncs  inimici  mei  :  Que  tous  mes 
ennemis  rougissent  et  soient  remplis  de 
trouble.  4.  Reg.  6.  lî.  Contiirbatum  est  cor 
régis  Syriœ  pro  hac  re  (Èy.y.i-j-TOxi)  :  Le  cœur 
du  roi  de  Syrie  fut  troublé  de  cet  accident; 
se.  de  ce  que  le  roi  d'Israël  évitait  toujours 
les  embuscades  qu'il  se  proposait  de  lui  dres- 
ser. Ps.  45.  Q.  Conturbatœ  sunt  gentes  :  Les 
nations  ont  été  remplies  de  trouble  :  les  na- 
tions qui  s'opposaient  à  l'établissement  de 
l'Eglise  ont  été  remplies  de  trouble,  humi- 
liées et  toutes  changées,  lorsque  le  Verbe 
incarné,  et  après  lui  les  apôtres  ont  fait  en- 
tendre la  voix  de  son  Evangile.  Ce  trouble, 
dans  le  sens  littéral,  regarde  quelques  peu- 
ples ennemis  des  Juifs  que  Dieu  a  affligés. 
Ps.  29.  8.  Ps.  47.  6.  Ps.  56.  5.  Ps.  82.  18.  Job. 
23.  16.  Marc.  6.  15.  Luc  24.  37,  1.  Peir.  3. 
14. 

4°  Agiter  par  de  violentes  convulsions. 
Marc.  9.  i9.  Spiritus  conturbavit  illum  {uku- 
pccTTîrj ,  ruptura  discerpere  )  :  L'esprit  muet 
commença  à  agiter  le  jeune  homme  avec 
violence  :  ce  que  Jésus-Christ  permit  pour 
faire  voir  aux  hommes  la  haine  et  la  cruauté 
du  démon. 

3°  Affliger,  tourmenter.  Ps.  41.  7.  Ad  me 
ipsum  anima  mea  conturbata  est  :  Mon  âme  a 
été  toute  troublée,  v.  6.  4.  Reg.  8.  11.  2.  Par. 
13.  G.  Isa.  32.  v.  10.  11. 

G°  Ruiner,  perdre,  dissiper.  Prov.  11.  29. 
Qui  conturbat  domum  suam,  possidebit  ven- 
tos  :  Celui  qui  met  le  trouble  dans  sa  maison, 
«cendissipant  son  bien,  n'aura  rien  de  reste. 
c.  15.  27.  Jos.  10.  10.  Ps.  2.  5.  Ps.  20.  10 
Ps.  143.  6. 

7"  Ebranler,  donner  des  secousses.  Ps.  17, 
8.  Fundamenta  montium  conturbata  sunt  ci 
commota  sunt  :  Les  fondements  des  monta- 
gnes ont  été  secoués  :  David,  par  ses  expres- 
sions figurées,  marque  que  Dieu  l'a  délivré 
de  ses  ennemis  d'une  manière  lout  ex- 
traordinaire et  surnaturelle.  Ps.  43.  4.  Isa. 
3.  25.  Jerem.  4.  24. 

8  Affaiblir,  rendre  faible  ou  languissant. 
Ps.  -JO.  10.  Conlurbatus  est  in  ira  ocuhis  meris, 
anima  mea  et  venter  meus  :  Mon  œil,  mon 
âme,  mes  entrailles  et  toute  ma  force  est 
devenue  faible  et  languissante,  v.  12.  Ossa 
mea  conturbata  sunt  .-Je  suis  dans  le  trouble 
jusque  dans  mes  os;  licbr.  mes  os  se  sont 
desséchés. Ps. 6.  3.Ps.  .37. 10.  Eccl.  7.8.  Ezcch. 
7.27. 

9"  Toucher,  émouvoir  par  quelque  affec- 
tion ou  quelque  passion.  Jerem.  31.20.  Con» 
turbata  sunl  visccra  mea  super  eum  :  Mes  en* 
traillcs  sont  émues  d(^  l'état  où  est  le  peu|)le 
d'Israël  :  ce  qui  marque  la  tendresse  et  l'af- 
fecUoii  de  Dieu  comme  d'une  mère  [)our  sou 


945 

enfant.  Eccli.  51.  29.  Venter  meus  contur- 
hntus  est .  Mes  entrailles  ont  été  émues;  se. 
de  soin  et  d'empressement  en  cherchant  la 
sagesse.  Thren.  1.  20.  Conlurbatus  est  venter 
meus  :  Mes  entrailles  sont  émues,  se.  de  pei- 
nes, d'afflictions  et  de  chagrin,  de  la  désola- 
tion de  Jérusalem,  c.  2.  11.  Osée  11.  8.  Con- 
turbata  est  pœnitudo  mea:  Mon  cœurest  agité 
de  trouble  et  de  repentir  :  Dieu  témoigne 
qu'il  a  changé  le  sentiment  d'exterminer 
les  Israélites.  Hab.  .3.  IG.  Conturbatus  est 
venter  meus  :  Mes  entrailles  ont  été  émues  de 
trouble,  de  frayeur  et  d'épouvante;  se.  des 
maux  dont  Dieu  menace  le  peuple  d'Israël. 
Voy.  ci-dessus  1°. 

tromper,  séduire  («7r«T«v,  dccipere).  Isa. 
.S6.  18.  Nec  contîirbct  vos  Ezechias  ;  JJebr. 
hic,  et  4.  Reg.  18.  29.  decipîal  :  Qu'Ezéchias 
ne  vous  trompe  point,  dit  Rabsacès  au  peu- 
ple qui  était  sur  les  murailles  de  Jérusalem. 
Mich.  7.  3.  Magnus  locutns  est  desiderium 
animœ  suce  ,  et  conturbaverunt  enm  {inxlpEtv, 
efferre)  :  Un  grand  fait  éclater  dans  ses  pa- 
roles la  passion  de  son  cœur,  et  ceux  qui 
l'approchent  troublent  son  âme  en  flattant 
sa  passion. 

Phrase  tirée  de  la  troisième  signification. 


Conturbare  terram.  Jeter  le  trouble  et  l'é- 
pouvante parmi  les  habitants  de  la  terre 
(Trapo^ijvstv).  Isa.  ih.  \Q>.  Numquid  iste  est  vir 
qui  conturbavit  teri  am  ?  Est-ce  là  cet  homme 
qui  a  épouvanté  la  terre?  dira-t-on  du  roi  de 
Babylone  après  sa  ruine  et  sa  défaite.  Ainsi, 
1.  Reg.  U.  15.  Isa.  9.  19.  Voy.  Terra. 

CONTURBATIO,  nis  ,  rupaxà-  —  1"  Tem- 
pête, orage,  bouleversement.  Eslh.  11.  5. 
Apparuerunt  terrœ  motus,  et  conturbatio  su- 
per terram  :  Il  sembla  à  Mardochée  (se.  en 
songe)  qu'il  entendait  un  tonnerre,  et  que 
la  terre  tremblait  et  était  agitée  d'un  grand 
trouble.  —  2'  Trouble,  renversement,  mau- 
vaise fortune.  Prov.  15.  6.  In  fructihus  im- 
pii,  conturbatio  :  Dans  tous  les  desseins  et 
toutes  les  actions  de  l'impie,  ce  n'est  que 
trouble  et  inquiétude.  Isa.  65.  2.3.  Non  ge- 
nerabunt  in  conturbatione  (e«V  xàTO-rav)  :  Mes 
élus  n'engendreront  point  d'enfants  qui  leur 
causent  delà  peine.  —  .3°  Menaces,  injures, 
insultes  («vrAoyia).  Ps.  30.  21.  Abscondes  eos 
in  abscondito  faciei  tuœ  a  conturbatione  ho- 
minum  :  Vous  cacherez  ceux  qui  vous  crai- 
gnent dans  le  secret  de  votre  visage  conire 
les  violences  des  hommes.  —  k"  Affliction  , 
misère,  Ezech.7.  26.  Conturbatio  super  con- 
turbationem  veniet  :  Les  malheurs  se  succé- 
deront les  uns  aux  autres,  c.  12.  18.  —  5° 
Frayeur,  épouvante.  Ezech.  21.  15.  In  om- 
nibus partis  eorum  dedi  conturbationem 
(o-yâytov)  gladH  a  cuti  :  Je  jetterai  l'épouvante 
à  toutes  les  portes  de  Jérusalem  devant  cette 
épée  perçante;  [se.  des  Babyloniens)  c.  12. 
19. 

CONTUS,  I.  xovTÔ;.  Ce  mot  vient  de  xfvTsiv  , 


DICTIONNAmE  DE  PHILOLOGIE  SAClîEE.  04* 

contis  (oTr>ov)  ;  Hebr.  hamis  :  On  vous  enlè- 
vera avec  des  crocs;  autrem.  Hebr,  :  Ils  vous 
enlèveront  comme  des  poissons  avec  des  ha- 
meçons, et  vos  enfants  dans  des  bar(iues  de 
pêcheurs;  pour  marquer  que  ceux  qui  au- 
ront opprimé  les  pauvres,  tomberont  dans 
une  dure  captivité,  et-seront  accablés  de  tou- 
tes sortes  de  maux. 

2°  Bâton  aiguisé  par  1»  bout  et  armé  de  fer  ; 
soit  une  pique.  Ezech .  39.  9.  Comburent  arma, 
clypeum,  sngittas,  bnculos  manuum  et  contos  : 
Ils  brûleront  les  armes,  les  boucliers,  les  lan- 
ces, les  arcs  et  les  flèches,  les  bâtons  qu'ils 
porlaiontà  la  main  et  les  piques  ;  soit  un  dard 
ou  un  javelot.  Judith.  9.  9.  Qui  confidunt  in 
multitudine  sua,  et  in  curribus  suis  et  in  con- 
tis  gloriantur  :  Que  nos  ennemis  qui  s'ap- 
puient sur  leur  grande  multitude,  et  qui  se 
glorifient  dans  leurs  charriots  et  dans  leurs 
dards,  périssent. 

CONTUTARI.  Mettre  en  lieusûr  (x«Taay«>i- 
Çetv).  2.  Mach.  1.  19.  In  eo  contutati  sitnt 
eum  :  Au  temps  que  les  Juifs  furent  emme- 
nés captifs  en  Perse,  ceux  d'entre  les  prêtres 
qui  craignaient  Dieu,  mirent  secrètement 
dans  un  puits  profond  et  sec  qui  était  dans 
une  vallée,  le  feu  qui  était  sur  l'autel  pour 
y  être  gardé  sûrement. 

CONVALERE  ou  CONVALESCERE  ;  èv5u- 
v«//oOiT0ai.  —  1°  Se  remettre,  et  revenir  peu  à 
peu  en  santé,  reprendre  ses  forces,  être  guéri 
{ùviaTudOui).  Isa.  39.  1.  Audierat  enim  quod 
œgrotasset  et  convaluisset  :  MévoàacU  Bala- 
dan  envoya  des  lettres  et  des  présents  à  Eze- 
chias, parce  qu'il  avait  appris  qu'ayant  été 
fort  malade,  il  avait  été  guéri,  c  38.  9.  Ainsi, 
Heb.  11.  3i.  Per  fidejn  convaluerunt  de  in- 
firmitate  :  C'est  par  la  foi  qu'ils  ont  été  gué- 
ris de  leurs  maladies.  Ainsi,  1.  Reg.  28.  21. 
Dan.  10.  19. 

2"  Se  fortiGer,  devenir  plus  fort,  croître  en 
forces  (  x«Tt(TxÙ£tv  ).  Jos.  17.  13.  Postquayn 
convaluerunt  filii  Israël  .-Après  que  les  en- 
fants d'Israël  se  furent  fortifiés,  ils  s'assu- 
jettirent les  Chananéens.  Sap.  ik.  16.  1. 
Mach.  1.  36.  Act.  9.22. 

Façon  de  parler. 

Convalescere  animis.  S'encourager,  pren- 

èmppMvvv(jOot.L 


drc  une  forte  résolution  {  ènippMvvvaOïxi).  2. 
Mach.  11.  9.  Convaluerunt  animis  :  Les  trou- 
pes de  Machabée  s'animèrent  d'un  grand 
courage  ;  se.  à  la  vue  de  l'homme  qui  leur 
parut  à  cheval  marcher  devant  eux  à  leur 
sortie  de  Jérusalem. 

CONVALLIS,  LIS,  y.oùÀ;,  §oç.—  1°  Plaine 
entourée  de  montagnes  ou  de  collines,  val- 
lée. Jos.  19.  9.  Ascendit  per  convallem  filii 
Ennon  :  Le  pays  de  la  tribu  de  Juda  moule 
par  la  vallée  du  fils  d'Ennon.  Jerem.  2.  23. 
Vide  vias  tuas  in  convalle  (  Tze\w.vBpov  )  : 
Voyez  les  traces  de  vos  pas  ;  ».  e.  les  marques 
de  votre  idolâtrie  qui  sont  encore  dans  la 
vallée.  Cette  vallée  s'entend  ou  en  général 
punqere,  et  signifie  proprement,  une  longue  de  toutes  celles  où  les  Juifs  idolâtraient,  qui 
perche  avec  quoi  l'on  conduit  un  h^leau  :  étaient  souvent  sur  le  bord  des  torrents,  ou 
dans  l'Ecriture  •  de  la  vallée  d'Ennon  qui  était  proche  de  Je- 

'  1°  Croc,  perche  armée  d'un  crochet  de  fer     rusalem,  selon  Jos.  19.  9.  et  dont  il  est  parl^ 
par  le  bout.    Amos.  h.  2.    Levohvnt  vos  in      '••  ï^*^6-  23.  10. 


045  CON 

Façon  de  parler  de  cfc  mot, 

Convallis  illustris  ;  Sn/ù?  -j-^lh  :  la  Vallée 
Illustre;  nom  de  lieu,  qui  selon  l'Hébreu 
pourrait  signifier  chêne  ou  chênaie,  parce 
que  peut-être  y  avail-il  beaucoup  de  ces  sor- 
tes d'arbres.  Mais  d'autres  croient  que  le 
mot  hébreu  qui  a  été  traduit  par  illustre, 
est  le  nom  propre  ou  de  la  vallée  ou  de  celui 
à  qui  elle  appartenait.  Cette  vallée  s'étendait 
le  long  du  Jourdain,  depuis  la  mer  de  Gali- 
lée jusqu'à  la  mer  Morte,  et  est  selon  quel- 
ques-uns, le  même  lieu  qui  est  appelé  Mam- 
bré.  Gen.  12.  6.  Pertransivit  Ahram  terrom 
usque  ad  convallem  iUustrem:  Ahram  passa 
au  travers  du  pays  de  Chanaan  jusqu'à  la 
Vallée  Illustre  :  il  sortait  de  Haran,  d'où 
Dieu  l'avait  fait  sortir. 

Mons  convallis.  Voy.  Mons.  Jos.  13.  19. 

2"  Un  pays,  une  contrée;  d'où  vient, 

Convallis  tab'ernaculoriim.  La  vallée  des 
tabernacles,  qui  est  le  pays  de  Socolh,  qui 
signifie  en  grec  tnhernacula  ,  où  Isboselh 
régna  après  la  mort  de  Saul  son  père.  Ps. 
59.  8 .  Convallem  tabernaculorwn  metibor  : 
Je  prendrai  les  mesures  de  la  vallée  des  ten- 
tes ;  i.  e.  je  m'en  rendrai  le  maître.  Ps. 
107  8. 

CONVENIRE;  G^-Apyj^^<^i.  —  1°  Venir  en- 
semble, s'assembler.  1.  Cor.  11.  17.  In  dete- 
riiis  convenitis  :  Vos  assemblées  vous  sont 
préjudiciables.  Ps.  101.  23.  In  conveniendo 
populos  in  unum  et  reges  (  értTvvâysT^at  )  : 
Lorsque  les  peuples  et  les  rois  s'assembleront 
pour  servir  le  Seigneur;  phrase  Grecque 
pour ,  Dum  convenirent  in  unum  populi  et 
reges. 

2"  Ce  verbe  s'emploie  pour  marquer  l'u- 
sage du  mariage.  Mallh.  1.  18.  Antequam 
convenirent,  inventa  est  in  utero  habens  de 
Spiritu  sancto  .La  sainte  Vierge  fut  recon- 
nue grosse,  ayant  conçu  par  l'opération  du 
Sainl-Esprit,  avant  qu'ils  eussent  été  en- 
semble :  la  sainte  Vierge  et  saint  Joseph 
habitaient  et  vivaient  ensemble,  mais  sans 
user  du  mariage.  Voy.  Antequam.  V^oy.  la 
signification  de  c-yv»!).5£?v ,  convenire  ,  et  sa 
différence  d'avec  cvjoty.ztv  ,  simul  habitare , 
dans  Josèphe,  1.  i.  c-  8. 

3"  S'accorder,  traiter  ensemble,  être  de 
concert  pour  faire  quelque  chose  (ajuywvEîv). 
Act.  o.  9.  Quid  utique  convenit  vobis  tenture 
Spiritum  sanctum  Domini?  Comment  vous 
êtes-vous  ainsi  accordés  ensemble,  pour  ten- 
ter l'Esprit  du  Seigneur?  dit  saint  Pierre  à 
Sapphire,  femme  d'Ananie.  Amos.  3.  3.  2. 
Mach.  U.  28.  Mallh.  20.  13.  Act.  23.  20. 

W"  Convenir,  être  jusle,  convenable,  sor- 
table  et  proportionné  (TJa'^wva'v).  Luc  5.  36. 
Ycteri  non  convenit  commissura  a  novo  :  Une 
.pièce  ('e  drap  neuf  ne  convient  point  à  un 
vieux  vêlement  :  Jésus-Christ  témoigne  par 
cette  expression  figurée,  que  la  trop  grande 
sévérité  fait  perdre  courage  aux  imparfaits. 
Gen.  i8.  IS.  Non  ila  convenit,  pater  :  Vos 
njains  ne  sont  pasbien,  mon  père, dit  Joseph  à 
Jacob,  sur  cequ'il  avait  missaraaindroitesur 
la  tête  d'Ephraïmqui  élaitleplus  jeune.  Rom. 
1.  28.  Tradidit  illos  Deus  in  reprobum  scn- 
swHf  ul  facianl  ea  quœ  non  conveniunt  ;  (i.  e. 


94Ô 
rationi)  :  Dieu  les  a  abandonnés  â  un  sens 
réprouvé;  en  sorte  qu'ils  ont  commis  des 
actions  contre  la  raison  (  x«9?3X£tv  ).  Exod. 
29.  18.  Sap.  7.  2. 

5°  Aller  au-devant  l'un  de  l'autre  pouf 
s'aider  mutuellement  et  s'eutre-secourir(à77av- 
Tâv).  Eccii.  i.  23.  Amiens  et  sodalis  in  teni' 
pore  convenientes  :  L'ami  aide  son  ami  dans 
l'occasion  ;  de  là  vient  : 

CONVENIENS,  xis.  —  1°  Qui  s'accorde, 
qui  se  rapporte  l'un  avec  l'autre  {hoç,  par). 
Marc.  14.  56.  Concenientia  testimonia  non 
erant  :  Les  dépositions  de  ceux  qui  dépo- 
saient faussement  contre  Jésus-Chrisl,  ne 
s'accordaient  pas.  —  2°  Qui  concourt,  qui  se 
rencontre  avec  (  7yv-/9wv).  Sap.  7.  2.  Belec- 
tamento  soinni  conveniente.  J'ai  été  formé  de 
de  la  substance  de  l'homme,  dans  le  repos 
du  sommeil;  somni,  i.  e.  concubitus 

CONVENTICULUM ,  i.  ^^vay^yii ,  petite 
assemblée  :  dans  l'Ecr.  : 

Assemblée.  Ps.  15.  4.  Non  congregabo 
convenlicula  eorum  de  sanguinibus  :  Je  ne 
veux  point  que  l'on  fasse  d'assemblées  oùTon 
fasse  des  sacrifices  sanglants,  tels  qu'étaient 
ceux  des  Juifs  et  des  Gentils;  parce  que  je 
ne  forn  erai  plus  qu'une  assemblée  générale 
de  tous  les  peuples  de  la  terre  :  qui  renonçant 
aux  sacrifices  sanglants,  se  réuniront  tous 
ensemble  pour  ne  plus  offrir  que  le  seul  sa- 
crifice non  sanglant  de  l'Agneau  sans  tache. 
Voy.  Heb.9.  v.  11.  12.  c.  10.  v.  5.  9.  10. 

CONVENTIO  ,  MS  ;  c-ja^wvvîctr.  —  1°  Ac- 
cord, convention,  composition.  Matt.  20.  2. 
Conventione  autem  facta  cwn  operariis  ex  de- 
nario  diurno  :  Le  maître  de  la  vigne  étant 
convenu  avec  les  ouvriers  d'un  denier  pour 
leur  journée,  il  les  envoya  à  sa  vigne.  Sap. 
12.  21.  2.  Mach.  13.  25.  c.  14.  v.  26.  27.  — 

2°  Accord,  consentement,  union,  intelli- 
gence. 2.  Cor.  6.  15.  Quœ  conventio  Christt 
ad  Belial  ?  Quel  accord  entre  Jésus-Christ  et 
Bélial? 

CONVENTUS,  u-,;  (TJvay^yÀ.  —  1°  Assem- 
blée de  personnes  en  un  lieu.  Jac.  2.  2.  Si 
inlroierit  in  conventum  vestrum  vir  aureum 
aîinulum  habens  :  S'il  entre  dans  votre  as- 
semblée un  homme  qui  ail  un  anneau  d'or. 
Ps.  63.  S.Protexisti  me  a  conventu  malignan- 
tium  (<7u<7Zf,ofr))  :  A^ous  m'avez  protégé  con- 
tre l'assemblée  des  méchants. 

2  Troupe  de  gens,  multitude.  1.  Mach.  3. 
kk.  Congregatus  est  conventus  ut  essent  pa- 
rati  in  prœlium  :  Judas  et  ses  frères  s'assem- 
blèrent pour  se  préparer  à  comballro;  se. 
contre  Plolémée,  Nicanor  et  Gorgias.  Mach. 
2.  14.  15. 

Façon  de  parler. 

Conventus  forenses ,  àyoaïoi  ,  audience  de 
juge  où  l'on  plaide  les  causes.  Act.  19.  38. 
Conventus  forenses  aguntur  :  On  lient  l'au- 
dience, dit  le  greffier  de  la  ville  d'Ephèsc, 
au  peuple  qui  était  dans  un  tumulle  extraor- 
dinaire. 

CONVERSARI ,  ù-mTrpifza^M.  —  1°  sc  Con- 
duire,  vivre  dételle  ou  telle  manière  (rro>i- 
TîO-aOai  ).  Philipp.  1.  27.  Digne  Evanqejio 
Christi  conversamini .  Vivez  d'une  manière 


M 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


948 


digne  de  TEvangilo  de  Jésus-Christ.  1.  Petr. 
1.  17.  In  timoré  incolatus  vestri  tempore  con- 
versamini.  Ayez  soin  de  vivre  dans  la  crainte, 
durant  le  temps  que  vous  demeurerez  comme 
étrangers  sur  la  terre.  1.  Tim.  3.  15.  Hebr. 
10.  33.  c.  13.  18.  etc. 

2"  Converser,  fréquenter,  vivre  familiè- 
rement. Baruch.  3.  38.  In  terris  visus  est,  et 
cum hominibus  conversatus  est  :  Dieu  qui  est 
celui  qui  a  donné  la  loi  aux  Israélites,  a 
voulu  vivre  avec  les  hommes.  Tous  les  Pères 
expliquent  ce  verset  de  l'Incarnation  du  Fils 
de  Dieu;  toutefois  quelques  auteurs  ont  cru 
que,  selon  le  sens  littéral,  on  pouvait  en- 
tendre par  là  ce  qui  se  voit  dans  l'Exode, 
c.  24.  9.  Qu'après  que  Dieu  eut  donné  la  loi 
sur  la  montagne  de  Sina ,  Moïse,  Aaron, 
Nadab,  Abiu  et  les  seplanle  Anciens  d'Israël, 
virent  Dieu  sur  un  marche-pied  ,  qui  parais- 
sait un  ouvrage  fait  de  saphir,  et  sem- 
blable au  ciel ,  lorsqu'il  paraît  le  plus  serein. 
Estius.  1.  Reg.  25.  15.  Judith.  C.  18.  Osée , 
4.  U.  Eccli.  41.  8. 

3°  S'occuper  ,  s'entretenir  de  quelque 
chose,  s'y  appliquer.  Eccli.  8.  9.  Inproverbiis 
eorum  conversare  :  Entretenez-vous  des  para- 
boles des  sages  vieillards,  c.  38.  26.  c.  39.  3. 

4°  Etre  en  quelque  lieu  ,  y  demeurer  (zy.- 
zoiy.sï'j).  Dan.  4.  9.  In  ramis  ejus  conversa- 
hantur  volucres  cœli ,  v.  18.  porte  :  aves  com- 
morantes  :  Les  oiseaux  du  ciel  demeuraient 
dans  les  branches  du  grand  arbre,  que  vit 
en  songe  Nabuchodonosor.  Voy.  l'explica- 
tion, v.  19.  Malth.  17.  22.  Act.  11.  26. 

CONVERSATIO,    ONIS  ,     àvacrrpo^yj.    —     1° 

Bonne  vie,  conduite  réglée.  Eccli.  18.  21. 
In  tempore  infirmitatis  ostende  conter sa- 
tîonem  tuam  :  Faites  voir  le  règlement  de 
votre  conduite  au  temps  de  la  maladie;  Gr. 
èitKjzpofrrj ,  conversionem  :  Quand  vous  aurez 
péché,  donnez  des  preuves  de  votre  conver- 
sion. Voy.  iNFiRMiTAs.  C  38.  14.  Ipsi  vero 
Dominum  deprecabuntur  ut  dirigat  requiem 
eorum  et  sanitalcm  propter  conversationem 
illorum  (s/xêtwcnc)  :  Les  médecins  prieront 
eux-mêmes  le  Seigneur,  afin  qu'il  les  con- 
duise ,  à  cause  de  leur  bonne  vie,  dans  le 
soulagement  et  la  santé  qu'ils  veulent  pro- 
curer aux  malades  :  par  les  médecins  se 
peuvent  bien  entendre  aussi  ceux  de  l'âme  ; 
se.  les  prêtres,  c.  50.  5.  Hebr.  13.  7.  Quorum 
inluentes  exitum  conversationis  ,  imitamini 
fidem  :  Considérant  quelle  a  été  la  fin  de  la 
sainteté  de  vie  de  vos  pasteurs  ,  imitez  leur 
foi.  1.  Petr.  3.  1.  Per  mulierum  conversa- 
tionem sine  verho  lucrifinnt  :  Que  s'il  y  a  des 
femmes  dont  les  maris  ne  croient  pas  à  la 
parole  de  Dieu,  qu'ils  y  soient  engagés  par 
la  bonne  vie  cl  la  soumission  de  leurs  fem- 
mes, sans  le  secours  de  la  parole.  Deut.  1.  13. 
2°  Etat,  société  eivile  (-o/i-sîaj.  Ephes.  2. 
12.  Eratis  ilio  in  tempore  sine  Christo ,  alie- 
nati  a  conversa tione  Israël  :  Dans  le  temps 
que  vous  étiez  Gentils,  vous  étiez  sans  la 
connaissance  de  Jésus-Christ,  exclus  de  la  so- 
ciété du  peuple  d'Israël.  Philipp.  3.  20.  Nostra 
autem  conversatio  in  cœlis  est  {■KoV.Tzyjij.'y.)  : 
Pour  nous  ,  notre  conversation  est  dans  les 
cieux;  î.  e.  nous  y  vivons,  nous  en  aouimes 


citoyens;  c'est  notre  piilric  et  notre  répu- 
blique; Gr.  TTo/tTî^yf^a,  civilitus. 

3°  Conversation  ,  familiarité  (Tuvavotur/ioyïj). 
Sap.  8.  16.  Non  habet  amariludinem  conver- 
satio illius  :  La  conversation  de  la  sagesse 
n"a  rien  de  désagréable.  Dan.  2.  11. 

4°  Usage,  service  (vTrjjcîaia'.  Sap.  13.11. 
Dilicjenter  fabricat  vas  utile  in  conversatione 
vilœ  :  Un  ouvrier  habile  se  servant  de  son 
art,  fait  d'un  arbre  bien  droit  quelque  meuble 
utile  pour  l'usage  de  la  vie. 

Façons  de  parler. 

Conversatio  vitœ;  ^ioç,  vita.  Le  cours  de  la 
vie,  ou  la  vie  même.  Sap.  15.  12.  Jistima- 
vcrtint  esse  conversationem  vitœ  compositam 
ad  lucrum  :  Ils  se  sont  i.maginés  que  notre 
vie  n'est  qu'un  trafic  pour  amasser  de  l'ar- 
gent ;  Grec,  Dfundinas  quœstuosas. 

Conversatio  faciei  ;  Gr.  ùnoG-pofri.  La  con- 
duite de  la  vie,  juste  ou  injuste.  Eccli.  18. 
24.  Mémento  tempus  retributionis  in  conver- 
satione faciei  :  Souvenez-vous  du  temps  au- 
quel Dieu  rendra  à  chacun  selon  qu'il  aura 
vécu  ;  Grec,  aversionis ,  du  temps  de  la  ven- 
geance auquel  Dieu  détournera  son  visage 
de  vous. 

CONVERSIO  ,  OMS  ,  è-fJTpoff),  L'action 
par  laquelle  on  se  retourne  vers  quelqu'un, 
ou  par  laquelle  on  revient  en  un  lieu  que 
l'on  avait  quitté  :  dans  lEcr.:  —  1^  Retour 
(è-«vo5o;,  regressus).  Eccli.  38.  22.  Neque 
enim  est  conversio  :  N'oubliez  pas  votre  der- 
nière fin ,  car  après  cela  il  n'y  a  point  de 
retour  ;  se.  naturellement  de  la  mort  à  la 
vie. —  2"  Conversion,  en  parlant  de  ceux 
qui  embrassent  la  foi.  Act.  15.  3.  Narrantes 
conversionem  gentium  :  Saint  Paul  et  saint 
Barnabe  partant  d'Icône  ,  traversèrent  la 
Phénicie  et  la  Samarie,  racontant  la  con- 
version des  Gentils  :  celte  conversion  est 
comme  un  retour  et  une  réconciliation  avec 
Dieu.  —  3°  Affection  ,  amour  réciproque. 
Cant.  7.  10.  Ego  dilecto  meo ,  et  ad  me  con- 
versio ejus  :  Je  suis  à  mon  bien-aimé,  et  son 
cœur  se  tourne  vers  moi  ;  il  m'aime  unique- 
ment :  A  quoi  se  rapporte,  Gen.  3.  16.  Siib 
viri  potestate  eris;  Hebr.  Ad  virtim  conversio 
fua  ;  Votre  affection  vous  attachera  à  votre 
mari. 

Façon  de  parler,  dans  le  sens  figuré. 

Conversio  populi.  Les  captifs  qui  revien- 
nent de  la  captivité.  Jer.  30.  3.  Convertam 
conversionem  («Trotzia)  populi  mei  Israël  et  Ju- 
da  :  Je  ferai  revenir  les  Israélites  qui  sont  en 
captivité  :  quoique  les  dix  tribus  ne  soient 
pas  revenues,  il  en  revint  néanmoins  plu- 
sieurs parmi  les  tribus  de  Juda  et  de  Ben- 
jamin :  le  Prophète  entend  principalement 
ceci  dans  un  sens  figuré ,  du  retour  des  vrais 
Israélites  dans  le  sein  de  l'Eglise,  v.  18.  Con- 
vertam conversionem  tabernaculorum  Jacob  : 
Je  ferai  revenir  les  captifs  qui  habitaient 
dans  les  maisons  que  les  Israélites  avaient 
bâties  comme  des  tentes  parmi  les  Chaldéens 
pour  n'y  demeurer  qu'un  temps,  c.  33.  v.  7. 
11.  26.  Ainsi,  Ezech.  16.  53.  Convertam  res^ 
titucns  eas  conversione  Sodomorum  cum  yî- 
(irbua  suis  et  conversione  Samariœ  et /iliuru^ 


949 


CON 


CON 


950 


ejus  ■  Je  ferai  revenir  les  captifs  de  la  Pen- 
lapole  et  du  pays  de  Saniarie. 
'  CONVERTERE,  èrzi^zd^iu,  a-pé^eu.  La  si- 
gnification de  ce  verbe  doit  se  tirer  du  mot 
hébreu  TUr  que  les  Septante  ont  rendu  par 
èTriT-f.é'fzrj ,  et  l'interprète  latin  par  conver- 
îerei  qui  a  les  significations  de  l'Hébreu. 

Retourner,  revenir,  et  en  hiphil,  faire 
retourner,  corriger,  changer,  détourner, 
faire  revenir,  rétablir  :  Ainsi,  ce  verbe  si- 
gnifie : 

1°  Tourner  [ù-uix^v-fn-j).  3.  Reg.  8.  li.  Con- 
vertitque  rex  faciem  suam  et  henedixit...  Le 
roi  Salomon  tournant  le  visage  souhaita  les 
bénédictions  du  ciel  à  toute  l'assemblée  d'I- 
sraël, étant  dans  le  temple  au  tenips  que 
l'Arche  y  fut  transportée,  i.  Reg.  20.  2.  Con- 
vertit  faciem  suam  ad  parietem  :  Ezechias 
tourna  son  visage  vers  la  muraille  :  ce  fut  pour 
demander  à  Dieu  la  santé.  Matth.  9.  22.  Jésus 
conversas  :  Jésus  se  retournant,  c.  T.  G.  et  se 
trouve  souvent  dans  ce  sens  au  passif  dans 
le  nouveau  Testament.  Gen.  47.  31.  Voy. 
Caput.  Ps.  31.  i.  Conversus  sum  in  œriimna 
mea  :  Je  me  suis  tourné  vers  vous  dans  mon 
affliction;  autr.  je  me  suis  tourné  de  tous 
côtés  ;  se.  comme  un  malade  qui  souffre  de 
grandes  douleurs.  Jer.  21.  i.  Ècce  ego  con- 
vei'tam  vasa  belli  quœ  in  manibus  vestris  sunl  : 
Je  ferai  retourner  contre  vous  vos  armes. 
Cojivertere  manum.  V.  Manu>. 

2°  Changer,  transformer,  faire  passer  d'un 
état  à  un  autre  {'j.t-.'x'j-oi'^-vj).  Exod.  7.  13. 
Conversa  est  in  draconem  :  La  verge  de  Moïse 
fut  changée  en  serpent.  Voy.  v.  10.  12.  Ps. 
77.  4i.  Convertit  in  sanguinem  flumina  eo- 
rum  :  Moïse  changea  en  sang  les  fleuves  d'E- 
gypte. Voy.  Exod.  7.  17.  Ps.  63.  6.  Qui  con- 
vertit mare  in  aridam  (  itîT:c/.arpi^tvv)  :  C'est 
Dieu  qui  a  changé  la  mer  en  une  terre  sèche. 
Voy.  Exod.  li.  21.  Ps.  29.  12.  Convertisli 
planctum  meum  in  gaudium  niihi  :  Vous  avez 
changé  mes  gémissements  en  réjouissance; 
se.  en  me  délivrant  de  mes  ennemis.  Ps.  lOi. 
29.  Ps.  113.  8.  Jac.  V.  9.  Converiere  in  absin- 
thium  judicium  :  Changer  les  jugements  en 
absinthe.  Amos ,  5.  7.  Les  pauvres  trouvent 
une  grande  amertume  dans  les  jugements  in- 
justes ou  négligés.  Voy.  AbjInthilm. 

3'  Convertir,  faire  revenir  à  Dieu,  récon- 
cilier à  lui.  Jerem.  31.  18.  Couverte  me,  et  con- 
uer/ar  ;  Changez-moi  le  cœur,  et  me  faites 
revenir  par  votre  sainte  grâce,  et  je  serai 
converti,  v.  19.  Postquam  enim  converlisti 
me,  egi  pœnitentian  :  Car  après  que  vous 
lu'avez  converti ,  j'ai  fait  pénitence.  Ps.  8\.  5. 
Converlenns,  Deus,  salutaris  noster  :Con\'cr~ 
lissez-nous,  ô  Dieu ,  noire  Sauveur;  Chai. 
Converiere  ad  nos  ;  te  qui  n'est  point  con- 
traire à  ce  que  disent  Zach.  1.  3.  Converti- 
mini  ad  me  ,  et  convertar  ad  vos  :  Rctouniez- 
vous  vers  moi ,  se.  par  la  pénitence,  et  je  me 
retournerai  vers  vous,  se.  par  ma  miséri- 
corde et  mes  bienfaits,  et  Isa.  31.  0.  Conver- 
timini  sieut  in  profundum  reeesseralis  :  Con- 
vertissez-vous à  Dieu  dans  le  fond  du  cœur, 
selon  que  vous  étiez  éloignés  de  Dieu.  c.  V3. 
22.  Jcrcm.  3.  v.  i\.  22.  Car  quoiqu'il  soit 
vrai  que  nous  nous  convertissons  à  Dieu 


par  un  mouvement  volontaire  de  notre  li- 
berté, nous  ne  le  faisons  néanmoins  que 
quand  nous  sommes  prévenus  |)ar  la  grâce  , 
qui  coopère  avec  noire  libre  arbitre.  Ps.  lOi. 
25.  Convertit  cor  eorum  ut  odirent  populum 
ejus  [ut-wjzçi'Jtvj]  :  Dieu  permit  que  les  Egyp- 
tiens changeassent  leur  affection  en  haine 
contre  son  peuple.  Luc  22  32.  Tu  aliquando 
conversus\eonfirma  frati  es  /uo5;  Lorsque  après 
m'avoir  renié,  vous  serez  converti  et  revenu 
de  votre  égarement,  dit  Jésus-Christ  à  saint 
Pierre,  c.  1.  17.  c.  17.  i.  Act.  28.  6.  Viden- 
tibus  illis  nihil  malt  in  eo  fieri ,  convertentes 
se  (y.îT«oâ)./.cG-Oai:  diccbant  eum  esse  Dexim  :  Les 
Barbares  voyant  qu'il  n'arrivait  aucun  mal 
à  saint  Paul  (de  la  morsure  de  la  vipère),  ils 
changèrent  de  sentiment,  et  dirent  que  c'é- 
tait un  Dieu  :  ils  le  prenaient  auparavant 
pour  un  scélérat.  Ps.  7.  13.  Malach.  4.  6. 
Mallh.  13.  13.  c.  18.  3.  Ce  qui  se  dit  aussi 
figurément  de  Dieu  à  notre  égard.  Ps.  6.  3. 
Convertere ,  Domine  :  Seigneur,  qui  vous 
étiez  détourné  de  moi,  tournez-vous  vers 
moi  ;  se.  en  me  soulageant  par  votre  bien- 
veillance. Ps.  70.  15.  Ps.  89.  13.  Job.  42.  10. 
Joël,  2.  14.  Voy.  Post. 

4"  Changer  de  lieu,  faire  passer  de  l'un  à 
l'autre  (  ôiTroTToéotu  ).  Gen.  18.  22.  Converle- 
runtque  se  inde  :  Deux  de  ces  hommes  parti- 
rent de  là  et  s'en  allèrent  à  Sodome.  Il  n'y 
en  eut  que  deux  qui  allèrent  à  Sodome  ;  le 
troisième  ange  demeura  avec  Abraham  et  lui 
parla  toujours  en  la  personne  de  Dieu.  Ps.  9. 
iS.Convertantur peccutores  in  infernumiQue 
les  pécheurs  soient  précipités  dans  l'enfer  ; 
autr.  dans  le  sépulcre.  Act,  13.  46.  Ecce  con- 
vertimur  ad  gentes:^ous  nous  eti  allons  pré- 
sentement vers  les  Gentils,  dit  saint  Paul 
aux  Juifs  d'Antioche  de  Pysidie,  sur  le  refus 
qu'ils  faisaient  de  recevoir  la  parole  de  Dieu  ; 
et  marque  ceci  comme  l'accomplissement  de 
la  prophétie  dTsaïe  49,  6.  Ainsi,  Deut.  3.  1. 
Prov.  26.  lo.  Laborat  si  ad  os  suum  eam  con- 
verterit  [iTifépîL-j)  :  Le  paresseux  a  peine  de 
porter  sa  main  jusqu'à  sa  bouche.  1.  Reg. 
14.  27. 

3"  Remettre  en  son  lieu  (xKOiivai).  1.  Par. 
21.  27.  Convertit  gladium  suum  in  vagi- 
nam  :  L'ange  remit  son  épéedans  le  fourreau. 
Matth.  26.  32. 

6°.  Faire  retourner  en  arrière,  chasser, 
mettre  en  fuite,  faire  retirer.  Ps.  9.  4.  In  con- 
vcrtendo  inimieum  meum  retrorstim  :En  don- 
nant la  fuite  à  mes  ennemis;  autr.  Postquam 
converteris ;  après  que  vous  aurez  donné  la 
fuite  à  mes  ennemis.  Ps.  39.  13.  Ps.  53.  10. 
Ps.  39.  2.  Ps.  88.  2V.  Ps.  113.  v.  3.  3.  Ps.  128. 
5.  Ps.  67.  23.  Kx  Basan  convertam ,  conver- 
tam  in  profundum  maris  :  Je  chasserai,  ou 
j'ai  chassé  (ucs  ennemis  de  Basau  ;  je  les  pré- 
cipiterai dans  la  mer,  comme  autrefois  j'ai 
fait  les  Egyptiens;  autr.  selon  l'Hébreu,  je 
vous  retirerai  d'entre  les  mains  du  roi  de  Ba- 
san, et  je  vous  retirerai  du  fond  de  la  mer. 
Voy.  Retrorsum. 

7'  Détourner  ,  retourner,  tourner  le  dos. 
Act.  7.  42.  Convertit  autem  Deus  (suppl.  se) 
Dieu  se  détourna  des  Israélites;  se.  lors- 
qu'ils sacrifièrent  au  veau  d'or.  Ps.  17.  38. 


1)51 


DICTIONiNAlIlE  DE  PHILOLOGIE  SACHEE. 


m 


Non  converlar,  donec  deficiant  :  Je  ne  m'en 
retournerai  point  que  mes  ennemis  ne  soient 
entièrement  défaits.  Ps.  77.  9.  Jos.  24.  20. 

8'  Faire  revenir,  rappeler,  rétablir,  re- 
mettre en  son  premier  état.  Ps.  22.  3.  Ani- 
mam  meam  convertit  :  Dieu  a  fait  revenir 
mon  âme  ;  il  m'a  retiré  de  la  misère  où  j'é- 
tais ;  autr.  a  fait  revivre  mon  âme  ,  m'a  re- 
donné la  vie.  Thren.  1.  iQ.  Longe  factus  est  a 
me  consolator,  convertens  ammamtneam;\.e. 
quasi  abeuntem  revocans .-Dieu  qui  me  devait 
consoler  en  me  redonnant  la  vie  ,  s'est  retiré 
loin  de  moi,  dit  Jérusalem.  Ps.  3i.  i3.0ratio 
mea  insinu  meo  couvert etur  {xizocrzpéfstv)  :  (Lors- 
que  mes  ennemis  m'accablaient)  je  répan- 
dais ma  prière  dans  le  secret  de  mon  sein  ; 
Hébraïsme  ,  le  futur  pour  le  prétérit.  An- 
ciennement ,  ceux  qui  étaient  dans  l'afflic- 
tion priaient  étant  courbés  ,  et  ayant  la  tête 
dans  le  sein;  autrem. ma  prière  retournera  à 
mon  avantage  ,  elle  ne  sera  pas  inutile  ;  ou, 
selon  d'autres,  je  la  répéterai  souvent  en 
secret.  Ps.  125.  v.  1.  k.  In  convertendo  Do- 
minus  captivitatem  Sion  ;  i.  e.  cum  Dominus 
converteret,  ou,  reduceret  captivos  :  Lorsque 
le  Seigneur  a  fait  revenir  ceux  de  Sion  qui 
étaient  captifs.  Ps.  52.  7.  Ps.  70.  20.  Ps.  79. 
V.  4.  8.  20.  Ps.  8i.  7.  Ps.  118.  59.  Ezech.  16. 
53. 

9°.  Détourner  du  droit  chemin  et  de  son 
devoir.  Ps.  72.  10.  Convertetur  popuîus  meus 
hic  :  Mon  peuple  se  détournera,  se.  en  ju- 
geant mal  de  la  connaissance  de  Dieu  sur  les 
méchants.  Ps.  77.  41.  Et  conversi  sunt  et  ten- 
taverunt  Deum,  sœpius  tentaverunt;  Hebr. 
pour  rursum  tentaverunt  Deum:Les  Israélites 
recommencèrent  sans  cesse  à  tenter  Dieu.  v. 
57,  Conversi  sunt  in  arcum  pravum  (pi£7«- 
o-T/^Éystv:  Les  Juifs  devinrent  comme  un  arc  ren- 
versé, dont  on  tire  de  travers  ;  i.  e.  qui  tire 
ailleurs  qu'il  ne  doit.  Voyez  Argus,  i.  Tim.  1. 

6.  Conversi  sunt  in  vaniloquium  :  Quelques- 
uns  se  sont  égarés  en  do  vains  discours,  c.  5. 
15.  2.  Tim.  4.  4. 

10"  Réduire  en  acte,  exécuter.  Ps.  93.  15. 
Quoadusque  justitia  convertatur  injudicium  : 
(Le  Seigneur  ne  rejettera  point  son  peuple) 
jusqu'à  ce  que  la  divine  justice  fasse  éclater 
son  jugement. 

11"  Renverser,  abolir  (/^eTaffTpéyetv).  Gal.l. 

7.  Volunt  convertere  Evangelium  Christi  :  Il 
y  a  quelques  personnes  qui  veulent  renver- 
ser l'Evangile  de  Jésus-Christ.  Osée  11.  8. 
Conversum  est  in  me  cor  meum  :  Mon  cœur  est 
tout  ému  et  troublé  en  moi-même;  se.  par 
l'excès  d'affection  que  je  porte  à  mon  peuple. 

Ce  verbe,  en  tant  qu'il  tient  de  la  signitica- 
tion  du  mot  redire,  marque  proprement  un 
retour  et  signifie  qu'une  chose  se  fait  un  se- 
conde fois.  Ps.  84.  7.  Deus,  tu  conversus  vivi- 
ficabis  nos  :  O  mon  Dieu,  vous  vous  tourne- 
rez de  nouveau  vers  nous,  et  vous  nous  don- 
nerez la  vie.  Ps.  77.  41.  Et  conversi  sunt  et 
tent/tverunl  Deum  :  Ils  recommençaient  sans 
cesse  à  tenter  Dieu,  en  éprouvant  sa  pa- 
tience, ou  sa  puissance  en  lui  donnant  des 
bornes.  Ps.  103.  9.  Neque  convertentur  ope- 
rire  terram  :  Les  eaux  ne  reviendront  point 
couvrir  la  terre;  se.  depuis  que  Dieu  les  a 


bornées.  Ps.  70  v.-  20.  21.  Ce  que  les  Sep- 
tante expriment  par  le  mo'  Trâ^iv,  rursus  ou 
vicissim;  quelques-uns  même  expliciuent 
dans  ce  sens.  Luc.  22.  32.  Tu  aliquando  con- 
versus, i.  e.  vicissim.  Ainsi,  4.  Reg.  21.  3. 
Conversusque  est,  et  œdificavit,  i.  e.  iterum 
œdificavit  :  Manassès  rebâtit  les  hauts  lieux 
que  son  père  avait  détruits.  1.  Esdr.  9.  13. 
Ps.  77.  41.  Isa.  6.  13.  Jerem.  8.  f> 

Phrase  tirée  de  ce  verbe. 

Convertere  se,  ou  converti,  ou  même  con~ 
vertere  aliquem,  pour  convertere  se  ad  ali~ 
quem.  Changer  de  sentiment,  de  disposition 
envers  quelqu'un,  devenir  autre,  être  chan- 
gé {uB-(jc?ûX).e<jBa.t,  mutari).  Act.  28.  6.  (Con- 
vertentes  se,  i.  e.,  mutati)  dicebant  eum  esse 
Deum.  Voyez  ci-dessous  3°  Jos.  24.  20.  Domi- 
nus convertet  se ,  et  offliget  vos  ,  Si  vous 
abandonnez  le  Seigneur,  il  se  tournera  con- 
tre vous  et  vous  affligera.  Jerem.  2.  21.  Quo' 
modo  conversa  es  tnihi  in  pravum  vinea  alié- 
na? Comment  êtes-vous  devenus  pour  moi 
un  plant  bâtard, ô  vigne  étrangère?  Dieu  parle 
contre  les  Juifs,  qui  étaient  devenus  mé- 
chants. Osée  11.  9.  Amos.  1.  3.  Super  tribus 
sceleribus  Vamasci,  et  super  quatuor,  non  con- 
verlam  eum.  Après  les  crimes  que  Damas  a 
commis  trois  et  quatre  fois,  je  le  punirai 
sans  miséricorde.  Non  convertam  eum,  pour 
non  convertam  me  ad  eum.  Voyez  Quatuor. 
V.  6.  9.  11.  13.  c.  2.  V.  2.  4,  etc. 

Convertere  cor  ad  aliquem.  Réunir,  récon- 
cilier (&c-ox«6t(7T«vat).  Malach.  4.  6.  Convertet 
cor  patrum  ad  filios,  et  cor  filiorum  ad  patres 
eorum  :  Elie  réunira  le  cœur  des  pères  avec 
leurs  enfants,  et  le  cœur  des  enfants  avec 
leurs  pères;  Elie,  au  second  avènement  de 
Jésus-Christ,  fera  revivre  dans  le  cœur  des 
Juifs,  la  piété  de  leurs  pères,  ou  les  réconci- 
liera et  les  réunira  tous  par  le  lien  d'une  mê- 
me foi  et  d'une  même  charité.  Ce  que  l'ange 
Gabriel  a  aussi  prédit  à  Zacharie  de  saint 
Jean-Baptiste,  à  qui  il  a  appliqué  ce  passage; 
il  a,  en  effet,  réuni  les  esprits  et  les  cœurs 
des  Juifs  pour  recevoir  le  Messie  à  son  pre- 
mier avènement,  et  les  a  comme  réconciliés 
avec  leurs  pères,  qui  étaient  fâchés  contre 
eux  à  cause  de  leur  incrédulité.  Voyez  Luc. 
1.  17.  De  l'actif  vient  : 

Cofiverti,  passif,  èirtirrpéffstvt  ou  Convertere 
se.  Ce  verbe  passif,  qui  vient  de  l'actif,  a  deux 
significations  particulières;  dans  l'Ecriture  : 

1'^  Se  porter  et  se  tourner  à  quelque  chose. 
Levit.  19.  4.  Nolite  converti  ad  idola  {^naxo- 
hjOiu)  :  Ne  vous  tournez  point  vers  les  ido- 
les, se.  pour  les  adorer.  Ps.  72.  10.  Converte- 
tur populus  meus  hic  :  Mon  peuple  se  portera 
à  considérer  ces  choses.  Ps.  84.  9.  Qui  con- 
vertuntur  ad  cor  :  Qui  retournent  dans  eux- 
mêmes;  Gr.  Qui  convertunt  cor  ad  ipsum,  '• 
e.  Deum.  Prov.  1.  23.  Gai.  4.  9.  1.  Thcs.  1.  0. 

2"  Retourner,  revenir.  Ps.  58.  v.  7.  l-î- 
Convertentur  ad  vesperam  :  Ils  reviennent  sur 
le  soir  pour  me  chercher;  d'autres  cxi  li- 
quent  :  Ils  tournent  de  tous  côtés.  Ps.  7.  7. 
Ps.  114.  7.  Convertere,  anima  mea,  in  requiem 
tiiam  :  Retourne,  ô  mon  âme,  dans  ton  repos. 
4.  Reg.  23.  10.  Conversus  Josias  :  Josias  re- 


»53  CON 

lourna  en  ce  lieu.  Ps.  118.  79.  Prov.  16.  7. 
Isa.  21.  12.  Ainsi,  1.  Mach.  1.  21.  Et  Conver- 
tit se  :  Antiochus  revint. 

Phrase  de  ce  verbe. 

Converti  ad  aliquem.  S'adressera  quelqu'un 
Job.  5.  1.  Ad  aliquem  sanctorum  convertere 
[oTzzeaOui]  :  Aciressez-vous  à  quelqu'un  des 
saints  ou  des  anges.  Quelques-uns  lisent  ce 
passage  par  interrogation  :  A  qui  des  saints 
aurez-vous  recours?  Ose.  8.  13.  Ipsi  in  Mgy- 
p/umconuer/en^ar;  Ils  ont  tournéleurs  pensées 
vers  l'Egypte;  lorsque  Samarie  fut  prise, 
ceux  qui  purent  s'échapper  des  mains  des 
Assyriens  se  réfugièrent  en  Egypte,  comme 
il  est  marqué,  c.  9.  6. 

CONVESCI  ;  (ryvx).t?£a-9«t,  convesci,  seu  con- 
gregari.  Manger  ensemble.  Act.  1.  li.  Con~ 
vescensy  prœcepit  eis  ah  Jerosolymis  ne  disce- 
derent  .Jésus-Christ  mangeant  avec  ses  apô- 
tres, leur  commanda  de  ne  point  partir  de 
Jérusalem  ;  ceci  a  rapport  à  ce  qui  est  dit 
Luc.  24.  49.  Le  mot  grec  signifie  aussi  se 
trouver  ensemble,  être  assemblés. 

CONVINCERE  ,  f/.éy/ji^.  —  1"  convaincre. 
Dan.  13.  61.  Convicerat  eos  Daniel  ex  are  siio 
falsum  dixisse  testimonium  :  Daniel  avait  con- 
vaincu les  deux  vieillards  par  leur  propre 
bouche  d'avoir  porté  faux  témoignage  con- 
tre Susanne.  Exod.  21.  16.  Convictus  noxœ, 
morte  moriatur  :  Un  homme  étant  convaincu 
de  ce  crime  sera  puni  de  mort. 

2°  Piquer,  toucher  quelqu'un  vivement,  lui 
donner  occasion  de  reconnaître  ses  fautes. 
1.  Cor.  14.  24.  Convincitur  ah  omnibus  :  Tous 
ceux  qui  expliquent  les  difficultés  de  la  foi, 
et  s'instruisent  par  la  doctrine  de  l'Ecriture, 
font  connaître  aux  infidèles  qui  entrent  dans 
leurs  assemblées  leur  erreur,  et  les  convain- 
quent de  leur  égarement. 

3°  Accuser,  faire  avouer.  Levit.  6.  4.  Con- 
victa  delicti  reddet  omnia  :  Ayant  été  con- 
vaincu de  son  péché,  il  rendra  tout.  Ce  cha- 
pitre comprend  le  tort  que  l'on  faisait  au 
prochain  en  secret,  dont  on  ne  pouvait  être 
convaincu;  ainsi,  Convicta  rfe/tc^t  signifie  : 
avouant  sa  faute,  en  étant  convaincu  par  le 
remords  de  sa  conscience,  et  non  pas  par  des 
témoins  en  justice. 

CONVICTUS  ,  us,  <ru^€Î6o?riî,  conversation, 
entretien,  compagnie  ordinaire.  Sap.  8.  16. 
Nec  tœdium  habet  convictus  illius  :  La  com- 
pagnie de  la  sagesse  n'a  rien  d'ennuyeux. 

CONVITIARI  ,  ^vEtoiÇciv,  dire  des  injures, 
outrager  de  paroles.  Eccli.  22.  25.  Qui  con- 
vilialur  amico  dissolvit  amiciliam  :  Celui  qui 
dit  des  injures  à  son  anu  rompra  l'amitié,  c. 
8.  22.  Marc.  15.  32.  JEt  qui  cum  eo  crucifixi 
erunt  conviliabantur  ei  :  Les  deux  voleurs 
(jui  avaient  été  crucifiés  avec  Jésus-Christ 
l'outrageaient  aussi  de  paroles;  soit  qu'au 
commencement  tous  deux  l'outrageassent  de 
paroles,  et  que  l'un  d'eux  ait  ensuite  recon- 
nu sa  faute;  soit  que  le  pluriel  soit  mis  pour 
le  singulier,  comme  si  on  disait  :  Les  voleurs 
même  qui  étaient  crucifiés  avec  lui  lui  di- 
saient des  injures. 

CONVICIUM,  II,  ôvîtStj/iôf,  du  mot  viens, 


CON 


954 


place  publi.|ue,  parce  que  c'est  un  outrage 
fait  en  public. 

Injure,  outrage  de  paroles.  Eccli.  6.  9.  Est 
amicus  qui  odium  et  iram,  et  convicia  denuda- 
bit  :  Cet  ami  qui  devient  ennemi  découvre  les 
injures  que  vous  avez  faites,  soit  celles  que 
vous  lui  avez  déclarées  en  secret,  soit  celles 
par  lesquelles  vous  avez  rompu  amitié  avec 
lui.  c.  22.  27.  c.  29.  9. 

CONVIVA,  ^,  (jXi'jBsin-joç ,  qui  mange  à  un 
festin,  y  ayant  été  convié;  dans  l'Ecriture  : 

Qui  mange  avec  un  autre,  qui  mange  à  la 
table  de  quelqu'un.  Prov.  9.  18.  Ignoravit 
quod  in  profundis  inferni  convivœ  ejus  :  Ceux 
qui  mangent  à  la  table  de  la  femme  débau- 
chée sont  dans  le  plus  profond  des  enfers;  i. 
e.  ils  sont  dans  la  compagnie  des  démons  et 
sont  déjà  d,ins  l'enfer.  Eccli.  9.  22.  Viri  jusd 
sint  tibi  convivœ  :  Invitez  à  votre  table  des 
hommes  justes.  Dan.  14.  1.  2.  Reg.  19.  28. 

CONVIVARI,  cruvE-jw/EÎT^at,  être  en  festin, 
manger  dans  un  festin,  faire  bonne  chère 
avec  d'autres.  Jud.  v.  12.  Convivantes  sine  ti' 
more  :  Ces  personnes  déréglées  mangent  sans 
aucune  retenue  dans  vos  festins  de  charité. 

CONVIVERE,  Gr.  ^uÇâv.  —  i"  vivre  en- 
semble ou  avec  quelqu'un,  faire  société  avec 
lui.  Sap.  8.  9.  Proposui  liane  adducere  mi/jî 
ad  convivendum  :  J'ai  résolu  de  prendre  la 
sagesse  avec  moi  pour  être  la  compagne  de 
ma  vie.  2.  Cor.  7.  3.  In  cordibus  nostris  estia 
ad  eommoriendum  et  ad  convivendum  :  Vous 
êtes  dans  mon  cœur  à  la  mort  et  à  la  vie.  — 
2"  Faire  bonne  chère,  être  en  festin  (dyi/Stoûv). 
Eccli.  13.  6.  Si  habes  ,  convivet  tecum  : 
Si  vous  avez  du  i)ien,  le  riche  fera  bonne 
chère  avec  vous,  et  il  vous  épuisera. 

Vivre  spirituellement  et  de  la  vie  de  l'âme 
avec  Jésus-Christ.  2.  Tim.  2.  11.  Si  commor- 
tui  sumus,  et  convivemus  :  Si  nous  mourons 
avec  Jésus-Christ,  nous  vivrons  aussi  avec 
lui. 

CONVIVIFIGARE,  ajÇwoTroterv,  composé  de 
cum,  de  vivKS  et  de  facere. 

Faire  revivre,  rendre  la  vie;  ce  qui  s'en- 
tend, dans  le  sens  figuré,  de  la  vie  de  l'âme. 
Coloss.  2.  13.  Fos  cum  mortui  cssetis  in  deli- 
ctis,  convivificavit  cum  illo  :  Lorsque  vous 
étiez  morts  dans  vos  péchés,  Jésus-Christ 
vous  a  fait  revivre  avec  lui.  Ephes.  2.  5. 

CONVIVIUM,  II.  —  1"  Banquet,  festin,  re- 
pas magnifique  (So^'i)-  Luc.  14.  13.  Ciim  facis 
convivium,  voca  pauperes  :  Lorsque  vous  fai- 
tes un  festin,  conviez-y  les  pauvres,  etc.  2. 
Par.  9.  20.  Vasa  convivii  régis  erant  aurea  : 
Les  vases  de  la  table  du  roi  Salomon  étaient 
d'or.  Ose.  4.  18.  Separatum  est  convivium 
eorum  :  Les  festins  idolâtres  d'Ephraïm  sont 
bien  différents  des  vôtres,  ô  Judal  —  2"  Fes- 
tin de  charilé  des  |)remiers  chrétiens  (àTrâr»}, 
pour  K'/û-rri).  2.  Petr.  2.  13.  In  conviviis  suis 
luxuriantes  :  Ces  faux  docleurs  s'abandon- 
nent â  des  excès  de  bouche  dans  les  ferlins 
de  charité  qu'ils  font  avec  vous.  >'oy.  Epul«. 

§  1.  —  Grande  joie  marquée  par  le  festin 
[nôroç).  Eccl.  7.  .3.  Melius  est  ire  ad  domum 
luctus,  quam  ad  domum  convivii  :  11  vaut 
mieux  aller  à  une  maison  de  deuil  qu  à  une 
maison  de  festin.  Mais,  Prov.  15.  15.  il  signi- 


955 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE, 


9o6 


fie  grande  salisfaclion,  grand  contentement. 
Secura  mens  quasi  juge  convivinm  :  L'âme 
tranquille  est  comme  un  festin  continuel. 

§  2.  —  Salle  du  banquet  (o-uaTrocrtov).  l.Ma- 
chab.  16.  16.  Inlraverunt  convivium  :  Ptolé- 
niée  el  ses  geiis  entrèrent  dans  la  salle  du 
festin  et  tuèrent  Simon,  elc. 

§3. —  Une  compagnie  ou  uncerlainnombre 
de  personnes  placées  par  ordre,  pour  faire 
séparément  et  par  troupes  leur  repas  {yIitm, 
(liscubitus).  Luc.  9.  14.  Facite  Ulos  discum- 
bere  per  convivia  quinquagenos  :  Faites  as- 
seoir ce  peuple  par  diverses  troupes,  cin- 
quante à  cinquante.  Marc.  6.  39.  porte  :  5e- 
cundum  contubernia  :  En  diverses  troupes; 
Gr.  cvuTvotjLx,  (j'j^ji-ôcncf. ,  convivia,  convivia  , 
i.  e.per  convivia.  Les  Hébreux  ont  coutume 
de  répéler  le  même  mot  pour  exprimer  la 
distribution  qui  se  fait  des  choses  que  l'on 
dislingue  par  parties  avec  ordre,  v.  40.  -puciçti, 
T:p«7ixi,  areolœ,  areolœ,  i.  e.  perareolas,  en 
plusieurs  rangs. 

§  4. —  Les  biens  spirituels  et  les  grâces  que 
Dieu  fait  aux  hommes  qui  sont  marqués  par 
des  feslins  (-oto?).  Isa.  2o.  6.  Et  faciet  do- 
minus  exercitinim  omnibus populis  in  monte 
hoc,  convivium  pinguium,  convivium  vinde- 
miœ  :  Cette  montagne  est  l'Eglise  sur  laquelle 
Dieu  répand  ses  grâces,  et  les  fidèles  parti- 
cipent à  ce  banquet  spirituel,  dans  lequel 
Jésus-Christ  se  fait  lui-même  notre  nourri- 
ture. Voy.  c.  00.   1.  2.  Prov.  9.  v.  1.  2.  3.  4. 

5.  Xatlh.  22.  Luc.  14.  16.  Apoc.  19.  9. 
CONVOGARE  ,  (7uy/.ciàeïv.  —  1"  Convoquer, 

assembler,  appeler  plusieurs  ensemble.  Marc. 
13.  16.  Milites  convocant  totam  cohorlcm  : 
Les  soldats  assemblèrent  toute  la  compagnie. 
1.  Mach.  14.  44.  Consenserunt  ne  liceat  con- 
vocare  conventum  sine  ipso  (ÈTrto-jfTT/oi'yctv);  Les 
Juifs  et  les  prêtres  avaient  consenti  qu'il 
ne  fût  permis  à  aucun  de  convoquer  aucune 
assemblée  dans  la  province,  sans  Tautorité 
de  Simon.  —  2"  Susciter,  faire  naître  (xkXîîv). 
Ezech.  38.  21.  Convocabo  adversus  eum  in 
cunctis  montibus  meis  gladium  :  J'appellerai 
contre  Gog  l'épée  sur  toutes  mes  mon- 
tagnes. 

(^.ONVOLARE,  (Tvjska.\fiis(7(ioi.i.  Voler  ensem- 
ble; dans  l'Ecriture  : 

Aller  promptement,  au  plus  vite.  2.  Mach. 

6.  5.  Civibus  ad  murum  convolantibus  :  Les 
citoyens  accouraient  de  tous  côtés  aux  mu- 
railles de  Jérusalem;  se.  pour  la  défendre 
contre  .lason. 

CONV  OLVERE  ,  au/xTrXéxEtv.  —  1°  Rouler, 
envelopper.  Thren.  1.  14.  Vigilavit  jugum 
iniquiiatiim  mearum,  in  manu  ejus  convolulœ 
sunt,  et  imposilœ  colla  meo  :  Dieu  a  comme 
enveloppé  et  comme  lié  en  un  faisceau 
toutes  mes  iniquités  (ou  la  peine  de  mes  pé- 
chés), pour  me  les  mettre  sur  les  épaules  et 
m'en  accabler.  Voy.  Ose.  13.  12.  De  là  vient  : 

CONVOLVI,  passif.  —  1°  Cesser,  finir,  se 
lorminor,  se  retirer,  se  séparer.  Isa.  38.  12. 
Oencratio  tnea  ablata  est  et  convoluta  est  a 
me,  quasi  tabernaculum  pastorum  :  Ma  vie  et 
n»a  demeure  sur  la  terre  est  finie,  comme  la 
deuicure  d'un  berger  qui  plie  sa  tente  pour 
aller  d'un  lieu  en  un  autre  ,  dit  Ezéchias, 


Voy.  Generatio. — 2"  Se  dissiper,  s'évanouir. 
Isa.  9.  18.  Convolvetur  (/«î-T^at)  suferbia 
fumi ;  i.  e.  ut  elevatio  fumi  {y.avOniTsrat  m;  Tzvp  -à 
ù'JoiMLx)  :  L'impiété  se  dissipera  comme  un 
tourbillon  de  fumée  poussée  en  haut. 

CONVULNERARE.  Rîesser,  affliger.  Job. 
16. 14.  Convulneravit  (pàn^v  zk)  lumbosmeos: 
Dieu  m'a  percé  les  reins  de  ses  flèches  :  Job 
exprime  par  ces  termes  si  pathétiques  la  ma- 
nière excessive  dont  Dieu  l'affligeait. 

CONVULSUS,  A  ,  UM.  Arraché  :  dans  l'E- 
criture : 

1° Aboli, ruiné,  exterminé,  détruit.  2.  Mach. 
8.17.  Ânte  oculos  habentes  veterum  instituta 
convulsa  [Ttolvzdy.?  -/.urùlvcTu)  :  Machabée  dit  à 
ses  gens  d'avoir  devant  les  yeux  le  viole- 
ment  et  l'anéantissement  des  ordonnances 
des  anciens.  Isa.  18.  2.  Ite,  angeli  veloces,  ad 
gentem  convulsam  et  dilaceratam  :  Ces  anges 
prompts  et  légers  sont  les  Assyriens  qui  de- 
vaient venir  fondre  sur  l'Egypte,  qui  promet- 
tait aux  Juifs  du  secours  contre  eux.  Le  mot 
hébreu  mimesech  peut  signifier  ce  qui  est 
étendu  en  long  comme  est  l'Egypte  ,  gens 
tracfa. 

2"  Rattu,  tourmenté,  agité  (  àxa-âs-TOTo?  ). 
Isa.  54.  11.  Paupercula  paupertate  convulsa, 
absque  idla  consolatione  :  C'était  là  l'état  où 
était  l'Eglise  avant  Jésus-Christ,  pauvre,  dé- 
solée et  battue  par  la  tempête  des  afflictions, 
comme  un  arbre  battu  par  des  vents  furieux 
jusqu'au  point  d'être  presque  arraché. 

COOPERARI,  (7uvep/£fv.  —  1^  Travailler 
avec  d'autres  ,  aider  en  quelque  entreprise. 
1.  Cor.  16.  16.  Subdiii  sitis  omni  cooperanti, 
et  laboranti:  Soyez  soumis  à  tous  ceux  qui 
coopèrent  et  travaillent  avec  nous  à  l'œuvre 
de  Dieu. 

Il  est  dit  aussi  que  Dieu  coopère  avec  ses 
ministres  à  la  conversion  des  âmes;  mais 
c'est  comme  cause  principale  qu'il  agit  avec 
eux,  puisqu'ils  n'agissent  dignement  dans 
leurs  fonctions,  comme  dit  saint  Pierre  ,  1. 
Epit.  4.  11,  que  par  la  vertu  que  Dieu  leur 
donne  :  Ex  virtute  quam  administrât  Deus. 
Marc.  16.20.  7)omînocoo/)era7tfe;  Le  Seigneur 
coopérant  avec  eux. 

La  foi  coopère  aussi,  et  agit  efficacement 
dans  les  bonnes  œuvres  des  fidèles,  parce 
qu'en  les  conduisant,  elle  les  fortifie,  les  aug- 
mente et  les  perfectionne.  Jac.  2.  22.  Yides 
quoniam  fides  cooperabatur  operibus  illias  ? 
Ne  voyez-vous  pas  que  la  foi  d'Abraham  était 
jointe  à  ses  œuvres?  Ce  fut  sa  foi  qui  le  porta 
à  offrir  son  fils,  et  à  faire  les  autres  bonnes 
œuvres  agréables  à  Dieu. 

2"  Contribuer  au  bien  de  quelqu'un,  réus- 
sir à  son  avantage.  Rom.  8.  28.  Diligentibus 
Dcum  omnia  cooperantur  in  bonum  :  Toutes 
choses  contribuent  au  bien  de  ceux  qui  ai- 
ment Dieu  ;  et  non-seulement  les  afflictions 
et  les  persécutions,  mais  encore  les  chutes  et 
les  péchés  contribuent  au  salut  des  élus,  en 
les  rendant  plus  humbles  et  plus  avisés. 

COOPERATOR  ,  ^wtpyô;.  —  1°  Qui  tra- 
vaille avec  un  autre,  qui  aide  de  son  travail 
et  de  sa  peine  à  l'avancement  de  quelque 
œuvre.  Philipp.  2.  25.  Necessarium  cxisii- 
mavi  Epaplirodilum  frairem  et  cooperatorem 


957 


COP 


COP 


058 


meum  miltere  ad  vos  :  J'ai  cru  qu'il  était  né- 
cessaire de  vous  renvoyer  mon  frère  Epa- 
phrodite,  qui  est  mon  aide  dans  mon  minis- 
tère. 

2^  Qui  conlribue  en  quelque  chose  à  l'a- 
vancement d'une  œuvre.  3.  Joan.  8.  Nos  ergo 
dehemiis  suscipere  hujusviodi  ut  cooperalores 
simus  veritalis  :  Nous  sommes  obligés  de  trai- 
ter favorablement  les  fidèles  étrangers  qui 
voyagent  pour  prêcher  la  foi ,  afin  de  contri- 
buer quelque  chose  à  la  publication  de  la  vé- 
rité; Gr.  veritati. 

COOPERIRÊ  ,  /aVi^Trrav.  —  1°  Couvrir,  ca- 
cher, mettre  quelque  chose  dessus.  Hab.  2. 
19.  Isle  coopertiis  est  auro  et  argento  :  Celle 
idole  de  bois  ou  de  pierre  est  couverte  au  de- 
hors d'or  et  d'argent.  Eccii.  23.  26.  Pnrieles 
cooperiunt  me  :  Los  murailles  me  couvrent , 
dit  celui  qui  commet  secrèlemeul  le  péché. 
Ainsi,  couvrir,  1"  de  vêtement,  vêtir.  Matlh. 
25.  38.  Quando  te  vidimus  niuhim,  et  coope- 
ruimus  te  [-ipityXiiL'j)!  Quand  est-ce  que 
nous  vous  avons  vu  nu.  et  que  nous  vous 
avons  revêtu  ?  diront  les  justes  à  Jésus-Christ 
au  jour  du  jugement  dernier,  c.  6.  29.  Dan. 
13.  32.  lUi  jusserunt  ut  discooperiretur,  erat 
enim  cooperta  (y.c/-c/.-/.a.hjTzrti-j)  :  Les  deux  vieil- 
lards commandèrent  qu'on  ôlât  à  Susanne  le 
voile  dont  son  visage  était  couvert.  Marc.  IG. 
5.  Apoc.  19.  8.  3.  Reg.  11.  30.  2"  Couvrir  et 
être  dessus  ou  au  -  dessus.  Exod.  IG.  13. 
Ascendit  coturnix,  cooperuit  castra  :  Il  vint 
un  grand  nombre  de  cailles  qui  rouvrit  tout 
le  camp.  Judith.  2.  11.  Cooperuerunt  faciem 
terrœ,  sicut  /ocus/gp  .-Toutes  les  troupes  et  les 
gens  qui  accompagnaient  Holopherne  cou- 
vrirent toute  la  face  de  la  terre,  comme  des 
nuées  de  sauterelles,  c.  16.  o. 

2°  Envelopper,  environner  (  7rî&iÇ«/).ïtv  . 
Sap.  19.  16.  Cum  suhitaneis  cooperti  essent 
tenehris,  unusquisque  transilum  ostii  sui  quœ- 
rebat  :  Les  Egyptiens  ayant  été  couverts  tout 
d'un  coup  d'épaisses  ténèbres,  ils  ne  pou- 
vaient plus  trouver  la  porte  de  leurs  maisons  : 
Ceci  a  rapport  à  ce  qui  est  marqué,  Exod. 
10.  depuis  v.  21.  jusqu'à  v.  21.  Ainsi,  Judith. 
5.  13.  Ita  uquis  coopertus  est,  ut  non  renia- 
neret  tel  unus  :  Toute  l'armée  des  Egyptiens 
fut  tellement  ensevelie  dans  les  eaux,  qu'il 
n'en  demeura  pas  un  seul,  etc. 

§  1.  — Couvrir,  charger.  Ps.  'i3.  16.  Con~ 
fusio  faciei  meœ  cooperuit  me:  La  confusion 
qui  paraît  sur  mon  visage  me  couvre  entiè- 
remenl  :  La  honte  fait  que  nous  n'osons  lever 
les  yeux. 

§  2.  —  Charger,  accabler,  perdre.  Ps.  V3. 
20.  Cooperuit  nos  umhra  mortis  :  L'ombre  do 
la  mort  nous  a  tous  cou\crls  ;  pour  dire,  ^ous 
sommes  accablés  d'aflliclions.  Voy.  Umuka. 
Eccli.  37.  3.  0  prœsumplio  nequissima,  unde 
crcata  es  cooperire  aridam  maiitia  1  Que  c'est 
une  chose  commune  de  voir  un  ami  se  chan- 
ger en  ennemi  I  La  terre  est  tout  infectée,  et, 
pour  ainsi  dire  ,  cou\erte  de  ce  mal  détes- 
table (x«a77-îiv,  inflcctcre).  c.  38.  19.  Tristi- 
tia  cooperit  virtutcm  :  La  trist(  sse  accable 
toute  la  vigueur  de  l'esprit  v.[  du  corps.  Voy. 

ViRTLS. 

COPIIINUS,  I  ;  Gr.  /ô,//vo,-.  Panier  d'osier, 


corbeille.  Ps.  80.  7.  Manus  ejus  in  cophino 
servierunt  :  Dieu  a  délivré  son  peuple  de  ce 
travail  pénible  ,  où  leurs  mains  étaient  em- 
ployées à  porter  dans  des  paniers  de  la  boue, 
de  la  paille  et  de  la  tuile.  Maîth.  U.  20.  Tu- 
lerunt  reliquias  duodecim  cophinos  fraqmen- 
toruni  plenos  :  On  emporia  douze  paniers 
plein.s  des  morceaux  qui  étaient  restés;  se. 
des  cinq  pains  et  des  deux  poissons. 

COPIA,  JE.  Ce  nom  vient  du  vieux  adjectif 
cops  ou  copis,  pour  coopis,  quasi,  cum  ope^ 
riche,  opulent. 

'  1  Abonda-lice  de  quelque  chose,  grande 
quantité.  Gen.  41.  49.  Tenta  erat  abundanlia 
tritici  ut...  copia  mensuram  excederet  :  Il  y 
eut  dans  l'Egypte  une  si  grande  quantité  de 
froment,  qu'il  ne  pouvait  pas  même  se  me- 
surer ;  se.  au  temps  de  Joseph.  1.  Par.  12. 
40.  Afferebant  farinam,  boves,  arietes,  ad  om- 
nem  copiam  {Trlribo;,  multitudo)  :  Ces  trois 
tribus  apportaient  de  îa  farine,  et  amenaient 
des  bœufs  et  des  moutons,  afin  qu'ils  eussent 
toutes  choses  en  abondance.  C'était  pour  la 
subsistance  des  troupes  qui  étaient  venues 
pour  établir  David  roi.  1.  Par.  26.  16.  2.  Par. 

9.  27,  etc. 

2°  Richesses  {x[yoi>.uTv).  2.  Mach.3.  6.  Nun- 
tiavit  communes  copias  immensas esse  :  Simon, 
garde  du  temple,  déclara  à  A[)ollonius  qu'il 
y  avait  dans  Jérusalem  des  sommes  immen- 
ses, et  qui  étaient  destinées  pour  les  affaires 
publiques. 

3"  Entretien,  subsistance  (Uv'x).  i.  Mach. 

10.  36.  Dabuntur  illis  copiœ  .  Les  Juifs  qui 
entreront  dans  les  troupes  du  roi  seront  en- 
tretenues, comme  le  doivent  être  les  troupes 
des  armées  du  roi. 

4"  Permission,  liberté.  Judith.  12.  5.  Petiit 
ut  darelur  ei  copia  nocte  et  unie  lucem  egre- 
diendi  foras  ad  o7-fl^/onem  ;  Judith  demanda 
qu'on  lui  permît  de  sortir  la  nuit  et  avant  le 
jour  pour  aller  faire  sa  prière. 

COPIOSE.  Abondamment ,  autant  et  plus 
qu'il  ne  faut.  Judith.  2.  8.  Omnem  expcditio- 
neni  suam  fecit  prœire  cum  his  quœ  exerciti- 
bus  sufficerent  copiose  :  Holopherne  fit  mar- 
cher devant  lui  tout  son  bagage  avec  toutes 
les  provisions  dont  l'armée  pouvait  avoir  be- 
soin. 

COPIOSUS,  A,  iM.  Copieux,  ample,  riche, 
abondant  {iroh'jç).  Ps.  129.  7.  Copiosa  apnd 
cum  redcmptio  :  Dieu  nous  fait  de  grands 
biens,  et  nous  délivre  souvent  de  nos  uvaux. 
Eccli.  .SI.  36.  Copiosum  aurum  possidelc  in 
eu  :  En  possédant  la  sagesse  ,  vous  posséde- 
rez une  grande  abondance  d'or.  Act.  22 
6.  etc. 

COPULA,  M.  Ce  mol  vient  du  Grec  ir^oxà, 
par  transposition,  ou  de  l'Hébreu  Ssj,  capal, 
duplicare,  et  .signifie  lien,  attache  :  dans  l'E- 
criture : 

Le  devoir  du  mariage.  Gen.  29.  27.  Impie 
hcbdomadam  dicrum  luijus  copnlœ  :  Passez  la 
semaine  avec  celle-ci,  se.  avec  Lia  que  Lahan 
avait  donnée  à  Jacob  au  lieu  de  Rachel. 

COPULARE,  c-uvKTr-etv.  —  1  Joindre,  assen:- 
bler,  lier,  unir  des  choses.  Isa.  5.  S.  JVr  qui 
(igrum  agro   coy?a/«/{s  ;  Malheur  à  vous  qui 


ÔS9  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 

ajoutez  les  terres  aux  terres,  se.  par  des  voies 
injustes.  Ëxod.  26.  49. 

2°  Unir,  attacher  des  personnes,  soit  parle 
lien  de  l'amitié,  ou  d'un  amour  honnête  (yt- 
ItaÇetv).  Eccli.  37.  1.  Et  ego  amicitiam  copu- 
/av»;J'aifait  aussi  amitié  avec  cet  homme. 
Jos.  23.  12.  Gen.  29.  34.  Soit  par  le  lien  d'un 
amour  violent  et  passionné.  S.^Reg.  11.  2. 
His  copulatus  est  Salomon  ardentissimo  amo- 
re  (-/oX^âaeat)  :  Salomon  s'attacha  à  plusieurs 
femmes  étrangères  avec  une  passion  très- 
ardente  ;  soit  par  le  lien  de  quelque  ligue  ou 
alliance.  Judic.  3.  13.  Copulavit  ei  filios  Am- 
mon  et  Amalec  (o-uvâystv  irpôç).  Dieu  joignit  à 
Eglon  les  enfants  d'Ammon  et  d'Amalec,  se. 
contre  les  Israélites,  à  cause  de  leurs  péchés; 
soit  en6n  par  celui  de  la  religion.  Esth.  9. 
27.  Susceperunt  Judœi  super  se  et  super  cun- 
ctos  qui  religioni  eoriim  voluerunt  copulari 
((7'jv«7££v)  :  Les  Juifs  s'obligèrent  eux  et 
leurs  enfants  et  tous  ceux  qui  se  voudraient 
joindre  à  leur  religion  ;  se.  de  faire  une  fête 
solennelle  du  quatorzième  et  du  quinzième 
jour  du  mois  d'adar,  pour  la  raison  marquée 


COPULATIO  ,  Nis.  Conjonction,  liaison, 
union;  dans  l'Ecriture  : 

Participation,  société.  Tob.  6.  20.  In  copu- 
latione  sanctorum  patriarcharum  admitteris  : 
La  seconde  nuit  vous  serez  associé  aux  saints 
patriarches  ;  se.  vous  aurez  part  à  leurs  mé- 
rites et  à  leur  sainteté  ,  pour  pouvoir  vivre 
chastement  avec  Sara,  ainsi  qu'ils  ont  vécu 
avec  leurs  femmes. 

COGTIO,  Nis,  l^nuct.  La  coction  des  vian- 
des dans  l'estomac  ;  dans  l'Ecriture  :  —  1° 
Mets  cuits.  Gen.  25.  30.  Da  milii  de  coetione 
hae  rufa:  Donnez-moi ,  je  vous  prie  ,  de  ce 
mets  tout  roux,  dit  Esaii  à  Jacob  :  C'était  un 
plat  de  lentilles.  Voy.  v.  34.  Ainsi,  4.  Reg,  4. 
*0.  —  2°  L'eau  même  dans  laquelle  on  f;iit 
cuire  quelque  chose.  Ezech.  24.  5.  Efferbuit 
cocfîo  ;Heb.  bulliie  fae  .-Faites  bouillir  la 
chair  de  ces  bêtes  à  gros  bouillons  :  Ce  qui 
figurait  les  maux  et  les  afflictions  que  Dieu 
devait  envoyer  sur  les  Juifs. 

COQUERE  ,  é^sïv.  Ce  verbe  vient  ou  de 
xôx,oç,  humor  copiosus,  ou  de  coaquo ,  cum 
aqua  coquo. 

Cuire,  faire  cuire  ,  ou  rôtir.  Exod.  23.  19. 
c.  34.  26.  Deut.  14.  21.  Non  coques  hœdiim  in 
lacté  matris  suœ  :  Vous  ne  ferez  point  cuire 
le  chevreau  avec  le  lait  de  sa  mère  ;  se.  parce 
que  ce  serait  une  espèce  de  cruauté  de  pren- 
dre ce  qui  sert  de  nourriture  à  un  animal 
pour  l'assaisonner  après  sa  mort.  D'autres 
expliquent  :  Vous  ne  ferez  point  cuire  le  che- 
vreau lorsqu'il  tettc  encore  le  lait  de  sa  mère; 
on  ne  l'offrait  point  en  cet  état  :  d'autres  en- 
fin interprvMenl  ce  passage  de  la  sorte  :  Vous 
ne  ferez  point  cuire  le  chevreau  avec  sa  mère 
lorsqu'il  la  tctte  encore.  Voy.  Lac.  Gen.  11. 
3.  Faciamus  lateres  et  coquamus  :  Faisons 
des  briques,  et  cuisons-les  au  feu  {omciv). 
Thron.  4.  10.  De  là  vient, 

COQUENS,  Tis.  Ce  participe,  qui  vient  de 
coquere,  est  pris  dans  l'Ecriture  [tour  pistor. 

Qui  fait  cuire  le  pain.  Ose,  7.  4.  Quasi  cli- 
banus  sHccensus  u  coQuente  :  Les  Israélites 


des  dix  tribus  se  portaient  à  l'adultère  spi- 
rituel, et  en  étaient  embrasés  avec  la  même 
ardeur  que  se  trouve  un  feu  allumé,  v.  0. 
Tôt  a  noete  dormivit  eoquens  :  Jéhu,  qui  favo- 
risait l'idolâtrie,  les  voyant  enflammés  pour 
le  culte  des  idoles,  se  tint  en  repos,  souffrant 
avec  complaisance  qu'ils  s'y  abandonnassent 
tous,  comme  un  boulanger  qui  se  repose 
jusqu'à  ce  que  son  pain  soit  cuit. 

COR  ,  coRDis ,  Gr.  -/«/jSia.  Ce  mot  vient  de 
y.t>Çf  de  l'Hébreu  kereb  3"ip  ,  médium,  et  si- 
gnifie : 

1°  Le  cœur,  l'une  des  principales  et  des 
plus  nobles  parties  du  corps  de  l'animal.  2. 
Reg.  18.  14.  Jnfiœit  eas  in  corde  Absalom  ; 
Joab  perça  de  trois  dards  le  cœur  d'Absalom. 
4.  Reg.  9.  24,  etc. 

2°  La  poitrine.  Cant.  8.  6.  Pane  me  ut  si- 
gnaculum  super  corluum  :  Mettez -moi  comme 
un  sceau  sur  votre  cœur  :  Jésus-Christ  veut 
que  le  caractère  de  son  image  soit  empreint 
sur  le  cœur  et  sur  le  bras  de  son  Epouse  :  l'E- 
criture fait  ici  allusion  aux  noms  des  douze 
tribus  gravées  sur  le  pectoral  du  grand-prê- 
tre. Voy.  Exod.  28.  29. 

3°  Le  corps  même.  Ps.  103.  15.  Vinum  lœ- 
tificet  cor  homims,  et  panis  cor  hominis  con~ 
firmet  :  Vous  faites  sortir  le  pain  de  la  terre 
et  le  vin  qui  réjouit  le  cœur  de  l'homme.  Gen. 
18.  o.  1.  Reg.  25.  37.  Act.  14.  16.  Jac.  5.  5. 

4"  Toiit  l'homme  ,  l'homme  entier.  Ps.  36. 
15.  Gladius  eorum  intret  in  corda  ip^orum  ; 
Que  l'épée  des  pécheurs  leur  perce  le  cœur. 
Ps.  101.  6.  Aî'uit  cor  weum  :  Dans  le  même 
sens  que  le  porte,  v.  12.  Sicut  fœnum  arui  ; 
Je  suis  devenu  sec  comme  l'herbe,  se.  de 
tristesse.  Ezcch.  28. 2.  Dédis ti  cor  luum  quasi 
cor  Dei  :  Vous  vous  êtes  élevé  comme  si  vous 
étiez  un  Dieu;  ceci  s'adresse  au  roi  de  Tyr. 
Estius,  in  Rom.  1.  21. 

Parce  que  le  cœur,  selon  les  Hébreux ,  est 
le  propre  et  le  principal  siège  de  l'âme,  et  la 
source  de  toutes  les  affections  et  de  tous  les 
désirs;  le  cœur  se  prend  en  général  dans 
l'Ecriture  pour  toutes  les  pensées,  les  déli- 
bérations ,  les  desseins  ,  les  entreprises,  les 
vœux,  les  passions;  et  enfin  pour  toute  la 
nature  et  l'esprit  de  l'homme,  et  pour  tout 
ce  qui  est  caché  dans  son  esprit  et  dans  ses 
affections.  Ainsi  ce  mol  signifie, 

§  1.  — L'âme  de  l'homme.  1.  Petr.  3.  4. 
Qui  abscondilus  est  cordis  homo  :  L'homme 
invisible  caché  dans  le  cœur.  Luc.  8.  15.  et 
dans  les  autres  endroits  où  il  est  parlé  de  la 
circoncision  du  cœuretde  son  incirconcision, 
de  sa  purification,  etc. 

§2. — L'esprit,  qui  est  le  principe  des 
pensées  et  des  affections.  Ps.  13.  1.  Dixit  in- 
sipiens  in  corde  suo,  id  est,  in  mente  :  L'in- 
sensé a  dit  dans  son  cœur,  id  est,  en  lui 
môme,  Il  n'y  a  point  de  Dieu.  Luc.  24.  38. 
Quid cogitationes ascendunt  in  corda  vestra'i 
Pourquoi  s'élève- t-il  tant  de  pensées  dans 
vos  cœurs?  dit  Jésus-Christ.  3.  Reg.  4.  29. 
Dédit  Deus  Salomoni  latitudincm  cordis  :Dieu 
donna  à  Salomon  une  étendue  de  cœur,  id 
est,  d'esprit,  et  il  est  pris  en  ce  sens  dans 
tous  les  endroits  où  il  est  dit  que  le  cœur  est 
docile,  sage,  éclairé,  insensé,  aveugle.  Exod. 


961 


COR 


COR 


9G2 


31.  6.  c.  36.  8.  Prov.  16.  9.  c.  6  32.  Eccli.  1. 
16.  Is.  6.  10.  Osée  4.  11.  Malth.  13.  li.  Joan. 
12.  40.  Marc.  4.  15.  Rom.  2.  15.  2.  Cor.  4. 
6.  Hebr.  10.  16.  Ainsi  ,  Jer.  24.  7.  Dabo  eis 
cor  ut  sciant  me  :  Je  leur  donnerai  un  cœur 
docile,  afln  qu'ils  me  connaissent. 

§  3.  —  Prudence,  sagesse  ,  bon  sens.  Job. 
12.  3.  Et  mihi  est  cor ,  sicut  et  vobis  :  J'ai  du 
sens  aussi  bien  que  vous.  De  ce  mot  en  ce 
sens  vient,  excors,  vecors^  insensé;  cordatus, 
bien  sensé. 

§  4.  —La  volonté.  Ps.  94.  8.  Nolite  obdu- 
rare  corda  vestra  :  G^ràez-\ous  bien  d'endur- 
cir vos  cœurs.  Exod.  14.  5.  Immutatumque 
est  cor  Pharaonis  :  Le  cœur  de  Pharaon  et  de 
tous  ses  serviteurs  fut  changé  à  l'égard  du 
peuple;  se.  en  ce  que  Pharaon  poursuivit  le 
peuple,  qu'il  avait  peu  auparavant  laissé 
aller.  Act.  4.  32.  Multitudinis  credentium 
erat  cor  unum  et  anima  una  :  Toute  la  mul- 
titude de  ceux  qui  croyaient  n'avait  qu'un 
cœur  et  qu'une  âme.  c.  16.  14.  1.  Par.  12.38. 
c.  29.  18.  Jerem.  32.  39.  Ezech.  11.  19.  et 
souvent  ailleurs,  et  partout  où  lEcriturc 
appelle  le  cœur  droit,  déréglé,  tendre,  dur, 
net ,  impur  ,  et  semblables;  et  quand  le  mot 
renés  est  ajouté  à  ce  mot,  l'Ecriture  marque 
ce  qui  est  de  plus  caché  et  de  plus  secret 
dans  l'homme.  Ps.  7.  10.  Scrutans  corda,  et 
renés  Deus  :  O  Dieu,  c'est  vous  qui  sondez 
les  cœurs  et  les  reins.  Apoc.  2.  23.  A  cette 
signification  se  peut  rapporter,  Judic.  16.  18o 
Nunc  mihi  aperuit  cor  suum  :  Samson  m'a 
maintenant  ouvert  son  cœur,  id  est,  le  secret 
de  son  cœur,  dit  Dalila  aux  Philistins. 

§  5.  —  La  mémoire.  Deut.  8.  9.  JS'e  excidant 
de  corde  tuo  :  Que  les  grandes  merveilles 
que  vos  yeux  ont  vues,  ne  s'effacent  point  de 
votre  cœur  et  de  votre  esprit;  id  est,  de  votre 
mémoire,  en  sorte  que  vous  les  oubliiez.  Ps. 
30. 13. Oblivioni  dalussum  tamquam  mortuus, 
a  corde,  id  est,  e  memoria  :  J'ai  été  mis  en 
oubli  et  effacé  de  leur  cœur,  comme  si  j'eusse 
été  mort.  Deut.  6.  6.  Isa.  31.  7.  Luc.  2.  51. 
Philipp.  1.  7. 

§6. —  La  conscience.  l.Reg.  24.  6.  Posthœc 
percussit  cor  suum  :  David  se  repentit  en  lui- 
même,  se.  d'avoir  coupé  le  bord  de  la  casa- 
que de  Saùl.  1.  Joan.  3.  v.  20.  21.  Si  noire 
cœur  nous  condamne,  1.  Reg.  c.  25.  31,  2. 
Reg.  24.  10.  Ezech.  14.  5.  Ainsi,  Redire  ad 
cor  :  Rentrer  en  soi-même.  Isa.  40.  8.  Redite 
pravaricatores  ad  cor  :  Rentrez  dans  votre 
cœur,  violateurs  de  la  loi;  Hebr.  agissez 
avec  courage. 

§  7.  —  Les  affections  et  les  passions,  parce 
que  le  cœur  en  est  le  siège.  Matlh.  15.  v.  18. 
19.  Quœ...  procedunt  de  ore,  de  corde  exeuvt: 
Ce  qui  sort  de  la  bouche  ,  part  du  cœur  ;  .lé- 
sus-Christ  oppose  les  paroles  que  l'on  profère 
aux  choses  qui  se  mangent.  D.in.  7.  4.  Cor 
hominis  datum  est  ei  :  Il  lui  fut  doimé  un 
cœur  d'homme,  se.  à  Nabuchodonosor,  qui 
après  avoir  été  défait  par  Cyrus,  eut  le  cœur 
de  lion  changé  en  cœur  d'hoinme  faible, 
abattu  et  terrassé.  Dan.  4.  13.  c.  5.  21.  De  là 
vient  rCorrfc  tabesccre  :¥Arc  abattu  et  affligé. 
Ezech.  21.  v.  7.  17.  Tabesccl  omnc  coj  ;  Tt.us 
les  cœurs  sécheront  de  crainte,  sf.  à  la  venue 


de  l'ennemi;  et  souvent  ailleurs  où  quelque 
passion  est  marquée.  Marc.  7.  v.  21.  22.  A 
quoi  se  rapporte  ce  passage  suivant  de  saint 
Paul,  qui  marque  l'appétit  sensitif.  Rom.  1. 
24.  Tradidit  illos  Deus  in  desideria  cordis 
eorum  .Dieu  a  abandonné  aux  désirs  de  leurs 
cœurs  les  sages  du  monde. 

§  8.  —  La  vigueur,  le  courage  ;  d'où  vien- 
nent souvent  ces  façons  de  parler  :  Cor  lan- 
guidum,  dissolulum ,  tabescens,  liquefactum , 
pour  marquer  un  courage  abattu  et  dans  la 
frayeur.  Jos.  2.  11.  Elanguit  cor  nostrum,  id 
est.  ûdmodum  fcrr«f(' sumus; Hebr,  La  frayeur 
nous  a  saisis  jus(iu'au  fond  de  l'âme,  c.  5. 
1.  etc.  Voy.  Elanguere.  A  quoi  se  rapporte 
celte  phrase  :  Invenire  cor.  Voy.  ci-dessous. 

§  9.  Inclination,  affection,  en  parlant,  soit 
de  Dieu,  soit  des  hommes.  3.  Reg.  v.  9.  3. 
Erunt  oculi  mei  et  cor  meum  ibi  cunctis  die- 
bus  ;  id  est ,  eril  cara  mihi  :  Mes  yeux  et 
mon  cœur  s'appliqueront  toujours  à  cette 
maison,  dit  Dieu  à  Salomon.  2.  Par.  7.  16. 
Matlh.  o.  v.  6.  21.  Luc.  12.  34.  Ubi  thésaurus 
tester  est,  ibi  et  eorvestrum  erit  :  Où  est  voire 
trésor,  là  sera  aussi  votre  cœur.  1.  Reg.  13. 
14.  2.  Reg.  14.  1.  c.  15.  13.  Act.  13.  22. 

§  10.  Ce  mot  par  un  Hébra'ïsme,  parce 
qu'il  vient  de  kereb,  médium,  signifie  souvent 
le  dedans  ou  le  fond  dequelquechose.Matth. 
12.  4.  Erit  filius  hominis  in  corde  terrœ 
tribus  diebus  et  tribus  noctibus  :  Le  Fils  de 
l'homme  sera  trois  jours  et  trois  nuits  dans 
le  cœur  de  la  terre.  Ps.  ko.  3.  Cor  maris  : 
Le  fond  de  la  mer.  Ezech.  27.  27.  Jon.  2.  4. 
Le  milieu  de  la  mer.  Ezech.  27.  v.  4.  25.  26. 
c.  28   8. 

§  11.  Quand  ce  mot  est  répété,  il  marque 
un  esprit  double  et  dissimulé.  Ps.  11.  3.  La- 
bia  dolosa  in  corde,  et  corde  loculi  sunt  :  Les 
lèvres  des  enfants  des  hommes  sont  pleines 
de  tromperie,  et  ils  parlent  avec  un  cœur 
double  ;  ils  ont  autre  chose  dans  la  bouche , 
et  autre  chose  dans  l'esprit  ;  ce  qui  est  le 
même  sens  que  cor  duplex,  marqué  1.  Par. 
12.  33.  Non  in  corde  duplici  :  Tous  ces  gens 
allaient  au  service  de  David  sans  aucune  du- 
plicité de  cœur;  et  alors  il  est  opposé  au 
cœur  sincère  .  appelé  cor  verum  ,  cor  perfec- 
lum.  Hebr.  10.  22.  1.  Par.  12.  38.  Mais  cor 
duplex,  Eccli.  1.  36.  signifie  celui  qui  hésite 
entre  la  foi  et  la  défiance. 

Façons  de  parler. 

In,  de,  ex  corde,  corde  perfecto,  in  loto 
corde.  Sincèrement,  de  bon  cœur,  avec  affec- 
tion. Ose.  7.  14.  Et  non  clnmaverunt  ad  me  in 
corde  suo  .  Ils  n'ont  point  crié  à  moi  du  fond 
de  leurs  cœurs.  Ephes.  5.  19.  Coloss.  3.  16. 
Malth.  18.  35.  Si  non  remiseritis  unusquisque 
frnlri  suo  de  cordibus  vestris:  Si  chacun  do 
vous  ne  pardonne  du  fond  de  son  cœur  à  son 
frère  qui  l'a  offensé.  Rom.  6.  M.Ohedislis  ex 
corde  :  Vous  avez  embrassé  du  fond  du  cœur 
la  doctrine  de  l'Evangile.  2.  Par.  15.  15.  Je- 
rem. 31.  41.  Ainsi ,  3.  Reg.  2.  4.  Si  filii  lui 
ambulavcrint  coram  me  in  veritnte,  in  omni 
corde  suo  :  Si  vos  enfants  marchent  devant 
moi  dans  la  vérité  ,  et  de  toute  leur  âme,  se. 
en  pratiquant  ma  loi.  c.  8.  23.  V.  Reg.  10, 


90: 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE, 


1;64 


30.  1.  Var.  29.  9.  Mais  quand  Dieu  nous  coni- 
iiiande  de  l'aimer  et  le  servir  de  tout  notre 
cœur,  cela  s'entend  non-seulement  tout  de 
bon,  avec  affection  et  sans  hypocrisie,  mais 
encore  sans  partage,  on  sorte  que  nous  l'ai- 
mions par-dessus  tout  et  tout  pour  lui  ;  comme 
s"entend  ,  Matlh.  22.  o7.  Dilifjes  Dominum 
Deutn  tuutn  ex  tolo  corde  luo.  Marc.  12.  30. 
Luc.  10.  27.  Deul.  G.  o.  c.  10.  12.  Voy.  ci- 
dessous  Phrases. 

Il  est  dit  des  choses  que  nous  aimons, 
qu'elles  sont  dans  notre  cœur.  Deut.  6.  6. 
Ps.  86.  31.  Lex  Dei  ejus  in  corde  ipsius  :L:i 
loi  de  Dieu  est  dans  le  cœur  du  juste.  Ps.  3L). 
9.  2.  Cor.  7.3.  c.  3.  2.  Philij^p.  1-  7. 

Jiixta,  ou  secundum  cor.  Ce  qui  plaît,  que 
l'on  aime  et  que  l'on  approuve.  1.  Reg.  13. 
lï.  Qaœsivit  Dominm  vini/n  jaxta  cor  suum: 
Le  Seigneur  s'est  cherché  un  homme  selon 
son  cœur,  dit  Samuel  à  Saùl,  parlant  de  Da- 
vid. 1.  Par.  17.  19.  Act.  13.22. 

Phrases  tirées  de  ce  mol. 

De,  ou  ex  rorde  aliquid  facere.  Faire  quelque 
chose  de  son  mouvement,  sans  ordre  et  sans 
vocation.  Num.  IG.  î8.  Scictis  quod  non  ex 
proprio  ea  corde  protulerim  :  Vous  reconnaî- 
trez à  ceci  que  c'est  le  Seigneur  qui  m'a  en- 
voyé pour  faire  ce  que  je  fais,  et  que  ce  n'est 
point  moi  qui  l'ai  inventé  de  ma  tète,  dit 
Moïse,  c.  2i.  13.  Ezceh.  13.  v.  2.  17.  Ainsi, 
Thren.  3.  33.  Non  enim  humiliavit  ex  corde 
sHo,  et  ahjecit  filios  hominum  :  Car  il  n'a  pas 
humilié  volontairement  et  de  bon  cœur  les 
enfants  des  hommes,  les  Israélites. 

Dicere  in  corde.  Penser  en  soi-même.  Ps. 
13.  1.  Dixit  insipiens  in  corde  suo  .-L'insensé 
a  dit  dans  son  cœur  :  Il  n'y  a  point  de  Dieu. 
Ps.  3i.  25.  Isa.  i7.  v.  8. 10.  c.  i9.21.  Baruch. 

6.  5.  Apoc.  18.  7.  Quelques-uns  expliquent 
tous  ces  passages  de  l'affection  du  cœur. 
Dans  ce  sens,  Ps.  13.  1.  marque  que  l'impie 
souhaiterait  qu'il  n'y  eût  point  de  Dieu  pour 
punir  ses  crimes;  mais  il  faut  excepter,  1. 
Mach.  6.  11.  qui  ne  se  peut  entendre  que 
dans  le  premier  sens.  Dixi  in  corde  meo  .-J'ai 
dit  au  fond  de  mon  cœur  ;  se.  j'ai  fait  réflexion 
à  quelle  affliction  je  suis  réduit,  dit  Antio- 
chus. 

Habere  aliqnem  in  corde.  Avoir,  [)orier 
queUju'un  dans  son  cœur;  c'est  se  souvenir 
toujours  dos  marques  de  bonté  et  d'affection 
(]u'on  a  reçues  de  lui.  Phiiipp.  l.l.  Eo  quod 
liubeam  vos  in  corde  :  Parce  que  je  vous  porte 
uans  mon  cœur. 

Inicnire  cor  suum.  Trouver  son  cœur  pour 
faire  quelque  chose;  c'est  se  trouver  disposé 
à  faire  quelque  chose  avec  confiance.  2.  Reg. 

7.  27.  Invenil  servns  luus  cor  suum  ut  oraret 
te:  Voire  serviteur  a  trouvé  son  cœur  pour 
vous  adresser  cette  prière.  Voy.  1.  Par. 17.25. 
D'autres  expliquent  :  J'ai  jugé  à  propos  de 
vous  adresser  cette  prière. 

Lfvare  cor.  Voy.  Le\  are. 

Loqni  ad  cor.  Parler  au  cœur;  c'est  dire  à 
quoiqu'un  d(>s  choses  agréables,  et  le  con- 
solei .  Isa.  '«0.  2.  Loquimini  ad  cor  Jcrus(dem: 
Parlez  au  cœur  de  Jérusalem.  Voy.  Loqli. 

Âlilterc  in  cor.  Faire  entrer  dans  le  cœur. 


persuader.  Joan.  13.  2.  Cton  diabodis  jam  mi' 
sisset  in  cor  :  Le  diable  ayant  déjà  mis  dans 
le  cœur  de  Judas  le  dessein  de  trahir  Jésus- 
Christ. 

Ponere  in  corde.  Voy.  Ponere. 

Possidere  ,  ou  habere  cor.  Posséder  son 
cœur;  c'est  être  sage  et  bien  sensé,  Ecdi. 
51.  28.  Possedi  cum  ipsa  cor  ab  inilio  :  J'ai 
dès  le  commencement  possédé  mon  cœur 
avec  la  sagesse.  Prov.  15.  32.  Jerem.  5.  2. 
Popule  slulte,  qui  non  habes  cor  :  Peuple  in- 
sensé, qui  êtes  sans  entendement  et  sans  es- 
prit. Voy.  PossEssoR. 

CORAM  ,     èvKvTtov,    EvavTt,    evwTTtov.    Gc    mot 

vient  ou  de  -/.oço,  oculi  pupilla;  en  sorte  qu'il 
signifie  proprement,  ce  qui  est  devant  les 
yeux;  ou  de  l'Hébreu  goram,  nudus  nuditas ; 
comme  si  on  disait  à  nu,  ouvertement. 

1°  En  présence,  à  la  vue  ,  devant.  Ps.  31. 
1.  David,  cum  immulavit  vultum  suum  coram 
Abimelech  :  A  David,  lorsqu'il  changea  son 
visage  en  présence  d'Abimelech.  Ps.  77.  12. 
Coram  patribus  eorum  fecit  mirabilia  ;  Dieu 
a  fait  devant  les  yeux  de  leurs  pères  des  œu- 
vres vraiement  merveilleuses  dans  la  terre 
de  l'Egypte.  Exod.  30.  8.  Matlh.  5.  IG.  1. 
Tim.  6.  12.  Ce  qui  se  dit  aussi  à  l'égard  des 
autres  sens.  Gen.  19.  13.  Eo  quod  increverit 
clamor  eorum  coram  Domino  ;  id  est,  audienle 
Domino  :  'Sous  allons  détruire  ce  lieu;  parce 
que  le  cri  des  abominations  de  ces  personnes 
s'est  élevé  de  plus  en  plus  devant  le  Seigneur. 

2'  Celte  préposition,  avec  son  cas,  souvent 
ne  signifie  autre  chose  que  le  datif.  Ps.  55. 
13.  Ut  placeam  coram  Deo  :  Afin  que  je  puisse 
me  rendre  agréable  devant  Dieu.  Eccli.  25. 
1.  Probata  coram  Deo  et  hominibus  :  Choses 
qui  sont  approuvées  de  Dieu  et  des  hommes. 
Apoc.  3.  8.  Dedi  coram  te  ostium  aperturn 
quod,  elc.  Je  vous  ai  ouvert  une  porte  que 
personne  ne  peut  fermer.  1.  Tim.  2.  3.  c.  â. 

4.  Hebr.  13.  21.  1,  Joan.  3.  22.  Ainsi,  Ps.  84. 

5.  Adorabunt  coram  te,  Domine  ;  i.  c.  adoVa- 
bunt  te  :  Toutes  les  nations  viendront  se 
prosterner  devant  vous  ,  Seigneur,  et  vous 
adorer.  Luc.  4.  7.  Le  verbe  grec  gouverne  le 
datif;  quoique  cette  préposition  se  mette  pour 
le  cas  du  verbe  quel  qu'il  soit.  4.  Keg.  14.  12. 
Percussusque  est  Juda  coram  Israël  {ÙT:h  tt^&oo-w- 
-ov)  :  L'armée  de  Juda  fut  taillée  en  pièces 
par  celle  d'Israël;  se.  sous  Amasias,  roi  de 
Jud.î,  et  sous  Jons,  roi  d'Israël.  Ainsi,  fugere^ 
et  cadere  coram  hostibus  ;  i.  e.  ab  hoslibus. 

3'  Du  vivant  de  quelqu'un,  de  son  temps. 
Num.  3.  4.  Functique  ^unt  sacerdotio  Elea^ 
zur  et  Ithainar^  coram  Aaron  pâtre  suo  (  aerà)/ 
Eleazar  et  Ithamar  exercèrent  les  fonctions 
du  sacerdoce,  du  vivant  de  leur  père  Aaron  ; 
Gr.  avec  leur  père.  Voy.  Ante,  in  oculis;  cum. 
Gen.  li.28.  1.  Par.  24.  2.  Luc.  4.21.  Isa.  G5. 
23.  Ps.  71.  V.  5.  17.  Ps.  78.  10.  Ps.  117.  22. 
Luc.  7.  16.  Ainsi,  Gen.  25.  18.  Coram  cun-, 
ctis  fratribus  suis  obiit  :  Il  mourut,  laissaiU 
après  lui  ses  frères  vivants;  selon  d'autres» 
il  mourut  au  mili(>u  de  tous  ses  frères  ;  parce 
que  sa  demeure  élait  entre  celle  d'isaac,  et 
celle  des  enfanis  de  Célura. 

4"  Par  l'ordre  et  la  volonté.  Isa.  53.  2.  A$' 
cendel   sic  ut    virijultam    coram    en  :  Jésus- 


963 


COR 


COR 


966 


Chrlsl  naîtra,  comme  une  planle,  d'une  terre 
}ui  ne  sera  point  arrosée;  se.  delà  sainte 
ricrge,  par  Tordre  et  la  providence  de  Dieu. 
Gen.  6. 13.  Finis  universœ  caniis  venit  coram 
me  ;  J'ai  résolu  de  faire  périr  tous  les  hom- 
mes, dit  Dieu  à  Noé.  Num.  32.  20.  Si  facitis 
qxiod  promittilis,  expediti  pergile  coram  Do- 
mino ,  ad  pugnam  :  Si  vous  faites  ce  que 
vous  promettez  ,  marchez  lievant  le  Sei- 
fjneur  tout  prêts  à  combattre:  v.  29.  32.  Gen. 
17.  1. 

o^  Selon  1  avis  et  iC  jugement.  Act.  8.  21. 
Cor  tuum  non  est  rectum  coram  Do^ixino  : 
Votre  cœur  n'est  pas  droit  duv.int  Dieu,  lloni. 
3.  20.  c.  li.  22.  Luc.  16.  lo.  Les  phrases 
suivantes  s'entendent  en  la  même  signifie  i- 
tion.  Quod  bonum,  rectum,  ou  quod  mcdum 
est  coram  aliquo  :  Au  jugement  de  quelqu'un. 
3.  Reg.  11.  38.  etc.  c.  i'ô.  7.  etc. 

6"  Ce  mot  marque  l'étal  d'un  serviteur  tou- 
jours prêt  à  obéir.  1.  Reg.  16.  16.  Servi  tui 
qui  coram  le  sim?  .•  V^os  serviteurs  qui  sont 
auprès  de  votre  personne  ;  ce  sont  les  offi- 
ciers doSaùl.  c.  3.  1.  Puer  Samuel  minislra- 
bnt  Domino  coram  Heli  :  Le  jeune  Samuel 
servait  le  Seigneur  en  la  présence  d'Héli  ; 
i.  e.  sous  la  conduite  et  la  charge  d'Héli. 

1"  Le  mot  coram  marque  la  faveur  et  les 
bonnes  grâces  de  quelqu'un.  Gen.  17.  18. 
Utinam  Ismael  vivat  coram  fe;  Faites-moi 
seulement  la  grâce  qu'îsmaë!  vive  sur  la 
terre.  Num.  32.  22.  Ainsi  ,  Manducare  et  li- 
bère coram  aliquo  :  Boire  et  manger  à  la  table 
de  quelqu'un.  Luc.  13.  26.  Manducavimus 
coram  te ,  et  bibimus  :  Nous  avons  mangé  et 
bu  en  votre  présence ,  diront  inutilement 
ceux  qui  seront  dehors,  après  que  le  père 
de  famille  sera  entré.  3.  Reg.  1.  2i.  Jerem. 
o2.  .33. 

8  Ce  mot  sert  encore  pour  marquer  qu'une 
(  hose  plaît  et  qu'on  l'approuve.  Luc.  24.  19. 
Fuit  poteus  in  opère  et  sermone  coram  Deo  et 
omni  populo  :  Jésus-Christ  a  été  un  prophète 
puissant  en  œuvres  et  en  paroles,  devant 
Dieu  et  devant  tout  le  peuple.  Apoc.  8.  i. 
Ascendil  fumus  coram  Deo,  i.  e.  Deo  gralus  : 
La  fumée  des  parfums,  composée  des  prières 
des  sainis,  monta  devant  Dieu.  1.  Reg.  16.  6. 
1.  Tim.  2.  3.  c.  o.  k.  etc. 

Cette  préposition  est  souvent  mise  pour 
d'autres  prépositions.  —  1°  Pour  apud,  au- 
près. 2.  Reg.  16.  i.  Oro  ut  inveniam  graliam 
coram  te  (iv  oyO«>.piorç)  :  Ce  que  je  sou- 
haite, c'est  d'avoir  (juelque  part  à  vos  bonnes 
grâres.  dit  Siba  à  David,  Gen.  19.  19.  c.  3i. 
11.3.  Reg.  11.  19. 

2'  Pour  contra,  conlje.  Luc.  lo.  v.  18.  21. 
Pater,  peccavi  in  cœlum,  et  coram  te  :  Mon 
père ,  j'ai  péché  conlre  le  ciel  et  contre 
vous. 

3'  Pour  prœter,  hormis  {nlr,v).  Exod. 
20.  3.  Non  habebis  deos  aliénas  coram  tue  : 
Vous  n'aurez  |)oinl  d'autres  dieux  que  moi. 
k"  Pour  propter,  à  cause,  par  respecl  ou 
par  crainte  de  quelqu'un  (-^o  -ootoj-oj  .  Ma- 
lach.  3.  li.  Ambuluvimus  tristes  coram  Do- 
mino :  Nous  avons  marché  avec  un  visage 
abattu  devant  le  Seigneur. 
5°  Pour  pcncs ,  au  pouvoir,  eu  la  disposi- 


tion, au  choix  de  quelqu'un.  Gen.  13.  9.  Uni- 
versa  terra  coram  le  est  :  Vous  voyez  devant 
vous  toute  la  terre,  dit  Abraham  à  Lolh,  lui 
donnant  le  choix  de  la  droite  ou  de  la  gau- 
che, c.  20.  lo.  Terra  coram  vobis  est  :  Vous 
voyez  devant  vous  toute  cette  terre,  dit  Abi- 
raélech  à  Abraham,  lui  permettant  de  de- 
meurer où  il  lui  plairait  dans  son  royaume, 
c.  24.  ol.  c.  iO.  10.  c.  62.  11. 

Façon  de  parler. 
Coram  Deo,  i-jû-ir,v,  èvKvrrjv.  —  1°  En  pré- 
sence do  Dieu  ,  marque  que  Dieu  est  témoin 
de  quelque  chose,  qu'il  la  voit,  qu'il  la  sait 
et  qu'il  en  est  le  juge.  2.  Cor.  12.  19.  Coram 
Deo  in  Christo  l oquimur  :  ^ous  parlons  de- 
vant Dieu  en  Jésus-Christ,  c.  i.  2.  1  Re^r 
11.  1.5.  c.  12.  3.  c.  23.  18.  2.  Reg.  5.  3.  Os?". 
7.  2.  Ainsi,  celte  phrase  sert  pour  attester 
quelque  chose  par  jurement.  Gai.  1.  20.  Quœ 
autem  scribo  vobis,  ecce  coram  Deo,  quia  non 
mentior  :  Dieu  m'est  témoin  que  je  ne  ments 
point  en  ce  que  je  vous  écris  ;  quelques-uns 
cnlendenl  dans  ce  même  sens  2.  Cor.  7.  12. 
et  sert  aussi  pour  conjurer  quelqu'un  de  faire 
quelque  chose,  et  afin  de  toucher  davantage, 
en  faisant  ressouvenir  que  Dieu  est  prése'nt! 
1.  Tim.  0.  21.  Testor  coram  Deo,  et  Christo 
Jesu  :  Je  vous  conjure  devant  Dieu  et  devant 
Jésus-Christ,  etc.  c.  6.  13.  2.  Tim. -^  li 
c.  i.  1. 

2°  Celte    façon  de  parler  marque  qu'une 
chose  est  vraim.ent  telle  ,  comme  l'étant  au 
jugement  de  Dieu,   qui  ne  se  peut  tromper. 
Luc.  1.  lo.  Erit  enim  magnus  coram  Domino; 
i.  e.  valde  magnus  :  Le  fils  qu'Elisabeth  vous 
enfantera  sera   grand   devant   le  Seigneur. 
Celte   façon  de  parler  marque  la  vérité ,  la 
perfection  et  l'excellence  de  quelque  chose  ; 
car,  comme  les  Hébreux  ajoutent  le  génitif 
du  nom  de  Dieu,  pour  marquer  l'excellence 
de  cette  même  chose  ;  CedrlDei,  montes  Dei; 
ainsi,   ils  ajoutent  à  certains  noms  adjectifs 
le  datif  Deo,  pour  Hgnifier  la  vérilé ,  la  per- 
feclion   et  l'excellence  de  la  chose  marquée 
par  ces  adjectifs  ,   comme   Justum  esse  Deo 
robuslum  esse  Deo  :  Etre    vraiment  juste  et 
fort.  Les  inlerprètes  lalins  ont  rendu  ce  datif 
hébreu    par    coram    Deo  ,    Domino  ;    apud 
Deum,  etc.  Gen.  7.  1.  c.  10.  9.  Et  erat  Nem- 
rod  robustus  venator  coram  Domino  :  Nem- 
rod  fut  chasseur,    et  le  plus  violent  qui  fût 
sous  le  ciel  ;  d'autres  expliquent  coram  Don  , 
au  mépris  de  Dieu,  et  comme  en  sa  présence; 
car  coram  Deo,  en  présence  de  Dieu  ,   se  dit 
des  choses  qui  lui  plaisent  et  qui  lui  déplai- 
sent,  couime  étant   faites  en  sa   présence. 
Gen.  7.  1.   Te  vidi  justum  coram  me  :  Je  n'ai 
reconnu  que  vous  qui  fût  juste  devant  moi , 
dit    Dieu  à  Noé,  c.  6.  11.  Corrupla  est  autem 
terra  coram   Dca  :  La  terre  ctail  corrompue 
devant  Dieu.  Luc.  1.  7.ï.  Ut  serviamus  illi  in 
sunctitate  et  justilia  coram  ipso  :  Afin  do  ser- 
vir Dieu  dans  la  sainlelé  et  dans  la  juslice  , 
nous  tenant  en  sa  présence.  Ad.  8.  21.  Voy. 
paragraphe  I,  l'r.  Ainsi,   les  impies  en  plu- 
sieurs  endroits  de  I  Ecriture  font  le  mal  en 
présence  de  Dieu,  par(e  (ju'ils  le  font  sans 
aucun   respect  pour  lui ,  quoiqu'ils  sachent 


967 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRLE 
ce  qui   marque  une  malice 


%8 


Dieu  ;  soit  devant  la 

marque   de  la   pré- 

,    16.  9.  Accedite  co- 


qu'il  les  voit; 

consommée. 

3'  En  présence  de 
colonne  ,  qui  était  la 
sence  de  Dieu.  Exod, 
ram  Domino  :  Approchez-vous  devant  le 
Seigneur,  c.  18.  12.  etc.  Soit  devant  l'arche  , 
qui  était  encore  une  marque  de  la  présence 
de  Dieu,  ou  dans  le  tabernacle  ou  dans  le 
temple.  Exod.  16.  33.  c.  18.  12.  c.  23.  17.  c 
28.  12.  29.  30.  Deut.  16.  11.  etc. 

k°  Sincèrement  et  sans  hypocrisie  ;  comme 
en  la  présence  de  celui  qui  sonde  les  cœurs. 
Gen.  17.  1.  Ambula  coram  me  :  Marchez  de- 
vant moi,  et  soyez  parfait,  dit  Dieu  à  Abra- 
ham. 3.  Esdr.  1.6.  Luc.  1.  75.  2.  Cor.  7. 13. 
Coloss.  1.  22. 

CORBAN.  Gr.  zo^êàv.  Donum  Dei.  Ce  mot, 
qui  signifle  proprement ,  offrande ,  vient 
de  karab,  appropinquare,  ou  plutôt  de  hikrib, 
appropinquare  facere,  ou  offerre  ;  ainsi  il 
signifie  : 

Don,  ou  présent  consacré  à  Dieu.  Marc. 
7.  11.  Si  dixerit  homo  palri  aut  malri:  Cor- 
ban  [quod  est  donum)  quodcumque  ex  me,  libi 
profuerit  ;  Gr.  Quocumque  ex  mejuvari  pos- 
ses,  suppl.  est  :  Si  un  homme  dit  à  son  père 
ou  à  sa  mère  :  Le  bien  dont  je  pouvais  vous 
assister  est  un  don  consacré  à  Dieu  ,  il  sa- 
tisfait à  la  loi.  Les  Pharisiens,  qui  étaient 
avares,  enseignaient  aux  enfants  à  faire  à 
Dieu  des  présents  dont  ils  eussent  dû  as- 
sister leurs  parents ,  et  leur  persuadaient 
que  leurs  parents  en  recevaient  aussi  bien 
qu'eux  un  grand  avantage  spirituel  ;  or  ce 
don  que  l'on  appelait  corban  ,  était  comme 
un  vœu  que  l'on  faisait  à  Dieu.  Voy.  Matlh. 
15,  5.  Ce  mot  corban  est  en  Hébreu.  Levil.  1. 
2.  Num.  31.  50.  Ezech.  40.  i3.  C'était  même 
une  espèce  de  jurement,  dont  il  est  parlé  , 
Matlh.  23.  18.  Voy.  Munus. 

CORBONA ,  Gr.  xocÇovâv.  Ce  mot  est  sy- 
riaque, formé  de  l'Heb.  corban,  et  signifie; 

La  trésorerie  ,  le  trésor  sacré,  le  lieu  où 
l'on  mettait  les  présents  consacrés  à  Dieu. 
Matlh.  27.  6.  Non  licet  eos  mittere  in  corbo- 
nam:  Il  ne  nous  est  pas  permis  de  mettre  ces 
pièces  d'argent  dans  le  trésor,  parce  que 
c'est  le  prix  du  sang,  disent  les  princes  des 
prêtres.  Le  mot  corban,  qui  signifie  présent 
fait  à  Dieu  ,  en  syriaque  corbanan,  signifie 
par  métonymie  ,  le  lieu  où  l'on  mettait  ces 
présents.  Luc. 21.  k.Miseruntin  munera  Dei, 
i.  e.  in  corban,  Marc.  12.  ki.  porte  gazophy- 
lacium,  le  tronc. 

CORDATUS,  A,  UM.  De  cor,  sage,  prudent, 
qui  a  le  bon  sens,  Job.  3i.  10.  Yiri  cordati, 
audite  me  :  Vous  qui  avez  du  sens  et  de  la 
sagesse,  écoutez-moi. 

CORÉ,  Heb.  Corahh  ,  Calvities.  —  1»  Fils 
d'Esaù  et  d'Oolibama.  Gen.  36.  v.  5.  14.  18. 
Oolibama  genuit  Jehus,  et  llielon  et  Core.  — 
2"  Fils  d'Eliphaz,  aîné  d'Esaù.  Gen.  36.  16. 
DuxCore,  il  succéda  au  royaume  didumée  à 
Cenez,  et  Gathan»  à  Coré.  —  3  Fils  d'isaar 
et  petit-fils  de  Caath ,  fils  de  Lcvi.  Exod.  6. 
22.  Filii  Isaar,  Core,  Nephos  et  Zechri  :  Ce 
Coré  est  celui  qui  fut  le  principal  auteur  de 
la  sédition  qui  se  fil  coi4re  Moïse  dans  le 


désert,  et  qui  fut  consumé  par  le  feu  avec 
deux  cent  cinquante  autres  lévites.  Num. 
16.  V.  1.  2.  etc.  Ses  enfants  ne  furent  point 
enveloppés  dans  sa  punition  ,  parce  qu'ils 
n'avaient  pas  consenti  à  sa  rébellion.  Num. 
26.  V.  10.  11.  Faclnmest  grande  miraculum  ut 
Core  pereunte  filii  ejns  non  périrent  :  Quand 
la  terre  s'enlr'ouvrit,  Coré  périt  avec  Da- 
Ihan  et  Abiron  et  toutes  leurs  familles,  selon 
la  Vulgate  latine;  mais,  selon  l'Hébreu,  il 
périt  avec  les  deux  cent  cinquante  autres  par 
le  feu,  V.  10.  Aperiens  terra  os  suum  devoravit 
Core (Hebr.  devoravit  eos ;deindeCore{periit); 
Gr.  Kaririev  «litov?  zat  Xo/oi ,  devoravit  eos  et 
Core),  morienliUus  plurimis quando  combussit 
ignis  ducentosquinquagintavir  os:EiCorépér'\l 
avec  plusieurs,  qui  moururent  avec  lui,  lors- 
que le  feu  brûla  deux  cent  cinquante  hom- 
mes. Il  est  parlé  dis  enfants  de  Coré,  1.  Par. 
9.  19.  et  c.  26.  y.  1.  19.  et  souvent  au  com- 
mencement des  Psaumes,  comme  étant  de 
ceux  qui  devaient  les  chanter.  —  k°  Fils  de 
Sellum,  descendant  du  vieux  Coré.  1.  Par.  9. 
19. — 0°  Fils  d'Hébron,  descendant  de  Ca- 
leb.  1.  Par.  2.  43.  —  6"  Fils  de  Jemna  ,  Lé- 
vile.  2.  Par.  31.  14. 

CORIANDRUM,  i,  /optov,  du  Grec  -/.opia-rjov, 
de  -M^v  ,  pupilla  oculi,  parce  que  c'est  une 
graine  ronde  qui  ressemble  à  la  prunelle  de 
l'œil. 

Coriandre,  herbe  dont  la  graine  est  noire, 
et  on  la  couvre  de  sucre  ;  la  manne  qui  était 
de  petites  graines  blanches,  ressemblait  au 
coriandre  pour  le  goût  et  pour  la  figure , 
mais  non  pour  la  couleur.  Exod.  16.  31. 
Erat  quasi  scmen  coriandri  album:  La  manne 
ressemblait  à  la  graine  de  coriandre,  elle 
élait  blanche.  Num.  11.  7. 

CORIARIUS,  II,  Gr.  /Byoaeù?.  Corroyeur, 
qui  prépare  les  peaux.  Act,  9.  43.  c.  10.  v. 
32.  Petrus  hospitatur  in  domo  Simonis  co- 
riarii  :  Simon,  surnommé  Pierre,  est  logé  m 
la  maison  de  Simon,  corroyeur,  dit  l'ange  à 
Corneille. 

CORINTHUS,  I  ;  Gr.  KioivQo,-,  dex6/;of,  satie- 
/as.Corinthe,  ville  célèbre  d'Achaïe  sur  la  mer; 
Saint  Paul  y  a  enseigné  la  parole  de  Dieu 
un  an  et  demi.  Act.  18.  1.  Ab  Athenis  venit 
Corinthum:  Saint  Paul  étant  parti  d'Alhènes, 
vint  à  Corinthe.  Cotte  ville  devint  la  maî- 
tresse de  toute  la  Grèce,  et  ses  richesses  la 
rendirent  si  orgueilleuse,  qu'elle  avait  peine 
à  céder  à  Rome. 

CORINTHIUS,  xo/iivGtoî.  Corinthien  ,  qui 
est  de  Corinthe  Act.  18.  8.  Multi  Corinthio- 
rum  :  Plusieurs  des  Corinthiens.  2.  Cor.  6. 
11.  Saint  Paul  a  écrit  doux  Epîtrcs  aux  Co- 
rinthiens ;  quelques-uns  croient  qu'il  leur 
en  a  écrit  encore  une  aulre  ijui  est  perdue, 
fondés  sur  ce  que  dit  cet  apôlre,  1.  Cor.  5. 9. 
Scripsi  vobis"  in  epistola  :  Je  vous  ai  écril 
dans  une  lettre. 

CORlTyE,  ARUM,  Les  descendants  de  Coré, 
fils  d'isaar.  Exod.  6.  24.  Hœ  sunt  cogna- 
tiones  coritarum  :  1  Par.  9.  v.  19.  31.  c. 
26.  1. 

CORIUM,  II,  ôéçu«.  Ce  mot  vient  de  l'Hé- 
breu gour  qui  signifie  la  même  chose. 

Cuir,   peau  des  animaux     Exod.  29.  14. 


069 


COR 


COR 


970 


Carnes  vituli  et  corium  et  fimum  combures  fo- 
ris  :  Vous  brûlerez  dehors,  et  hors  du  camp, 
toute  la  chair  du  veau,  sa  peau  et  ses  excré- 
ments. 

CORNELIUS,  II,  Gr.  Kopvfihoç.  Ce  nom  est 
romain,  el  est  formé  de  cornu. 

Corneille,  qui  demeurait  dans  la  ville  de 
Césarée,  était  centenier  dans  une  cohorte  de 
la  légion  appelée  Italienne.  Act.  10.  v.  1.  3. 
17.  22.  etc.  Cornélius  centurio,  vir  justiis  ac 
timens  Deum  :  Corneille,  centenier,  homme 
juste  et  craignant  Dieu.Ç'a  été  le  premier  des 
Gentils  converti  à  la  foi  ;  ce  qui  s'est  fait  par 
le  ministère  de  saint  Pierre  ;  il  avait  déjà  un 
commencement  de  foi  en  un  seul  Dieu  dans 
l'attente  du  Messie,  ce  qui  était  conforme  à 
la  créance  des  Juifs.  Et  quoiqu'il  n'eût  point 
encore  été  baptisé,  et  que  l'Evangile  ne  lui 
eût  point  encore  été  annoncé,  on  ne  peut 
douter  qu'il  ne  fût  dès  lors  justifié  devant 
Dieu,  par  un  effet  extraordinaire  de  la  grâce, 
et  en  vertu  des  mérites  de  Jésus-Christ,  qui 
devaient  lui  être  appliquées  |)lus  particu- 
lièrement dans  le  baptême.  S.  Thom.  2.  2. 
qu.  10.  art.  k.  ad  3. 

CORNEUS,  A,  UM,  Kspâriwçj  Qui  est  fait  de 
corne.  Ps.  97.  6.  Psaliite  Domino  in  tubis 
ductilibus  et  voce  tubœ  corneœ  :  Chantez  des 
cantiques  au  Seigneur ,  au  son  des  trom- 
pettes battues  au  marteau,  et  de  celle  qui  est 
faite  avec  la  corne.  Dans  les  premiers  temps 
il  y  avait  des  trompettes  faites  de  cornes 
d'animaux  recourbées. 

CORNICULA,  M.  Diminutif  de  cornix  ,  du 
Gr.  y.opôiVYi,  et  signifie  proprement  petite  cor- 
neille ;  dans  lEcriture  : 

Corneille,  oiseau.  Baruch  6. 33.  Nihil  pos- 
sunt  sicut  corniculœ  inter  médium  cœli  et 
terrœ  :  Les  idoles  et  tous  les  faux  dieux  n'a- 
vaient pas  plus  de  pouvoir  de  faire  du  bien 
aux  hommes  qu'en  ont  les  corneilles  qui 
volent  en  l'air. 

CORNU,  Gr.  y.épKç.  Ce  nom  neutre,  qui 
est  indéclinable  au  singulier  et  se  décline 
au  pluriel,  vient  de  l'Hébreu  keren. 

Corne  d'un  bœuf,  d'un  bélier  et  des  autres 
animaux.  Gen.  22.  18.  Viditque  post  ter- 
(jum  arietem  inter  vêpres  hœrenlem  cornibus  : 
Abraham  aperçut  derrière  lui  un  bélier  qui 
s'était  embarrassé  les  cornes  dans  un  buisson  ; 
il  l'offrit  à  Dieu  au  lieu  d'Isaac.  Exod.  21.  28. 

1°  Les  choses  faites  à  la  ressemblance  des 
cornes  d'un  animal  sont  appelées  de  ce  nom, 
comme  : 

Les  cornes  des  autels.  Exod.  27.  2.  Cornua 
antem  per  quatuor  angiilos  ex  ipso  erunt  : 
Quatre  cornes  s'élèveront  des  quatre  coins 
de  l'aulel  (fait  de  bois  de  selim).  c.  29.  12.  3. 
Reg.  22.  11.  2.  Par.  18.  10.  etc.  Zach.  9.  15. 
Replebuntur  ul  phialœ  ,  et  quasi  cornua  alta- 
ris  :  Us  seront  remplis  du  sang  de  leurs  en- 
nemis ;  comme  les  coupes  des  sacrifices  et 
comme  les  cornes  de  l'autel,  qui  sont  rem- 
plies du  sang  des  victimes  :  on  versait  le 
sang  des  victimes  aux  coins  des  autels. 
Dieu  avait  fait  attacher  des  cornes  à  son 
autel  pour  le  rendre  plus  majestueux  c'  plus 
vénérable  :  c'étaient  des  ornemenls  qui 
étaient  aux  quatre  coins  de  l'autel.  Ainsi, 

DiCTIONN.    DE   PhILOL.   SACnÉE.  I 


Jer.  17.  1.  Peccatum  Juda  scnptum  est...  in 
cornibus  ararum  eorum  :  Le  péché  de  Juda 
est  écrit...  sur  les  coins  de  leurs  autels  ;  les 
Juifs  y  écrivaient  les  noms  des  faux  dieux, 
à  qui  ils  offraient  des  sacrifices  et  faisaient 
trophée  de  leur  infidélité. 

2°  Pelit  vase  fait  de  corne.  1.  Reg.  16.  v.  L 
13.  Impie  cornu  tuum  oleo  :  Emplissez 
d'huile  la  corne  que  vous  avez  ,  dit  Dieu  à 
Samuel  ,  l'envoyant  pour  consacrer  David  : 
c'était  ou  un  vase  de  corne  plein  d'huile  ou 
une  corne  qui  servait  de  vase. 

3°  Une  éminence  ou  colline,  lieu  élevé  à  la 
ressemblance  des  cornes  d'un  animal.  Isa.  5. 
1.  Vinea  facta  est  dilecto  meOf  in  cornu  filio 
olei  :  Mon  bien-aimé  avait  une  vigne  sur  un 
lieu  élevé ,  gras  et  fertile.  Voy.  Fiuus  et 
Oleum.  Co  lieu  élevé  marque  le  pays  deCha- 
naan,  montagneux  et  fertile. 

k°  Bataillon  rangé  en  pointe,  aile  d'une 
armée.  1.  Mach.  9.  12.  Bacchides  erat  in 
dextro  cornu  :  Bacchide  était  à  l'aile  droite. 

5°  Force,  puissance;  parce  que  la  force 
des  animaux  cornus  est  dans  leurs  cornes. 
Deut.  33.  17.  Cornua  rhinoeerotis  cornua  il- 
lins  :  La  force  de  Joseph,  i.  e.  d'Ephraïm  et 
de  Manassé,  ses  descendants,  est  entre  les 
autres  tribus,  ce  qu'est  celle  du  rhinocéros 
parmi  les  autres  animaux  :  d'où  vient  £x- 
tollercy  levare  cornu.  Voy.  Extollere  et  Le- 
VARE.  Asswnere  sibi  cornua  (e/etv  -/.spara.)  :  Se 
rendre  redoutable  par  sa  force.  Amos.  6.  ik. 
Assumpsimus  nobis  cornua.  Voy.  Assumere. 
Mich.  4.  13.  Cornu  tuum  ponam  ferreum  :  Je 
vous  donnerai  une  corne  de  fer.  Les  anciens 
faisaient  fouler  le  blé  par  des  bœufs  qui  le 
brisaient  avec  la  corne  de  leurs  pieds.  Voy. 
Ungulà.  Dare  cornu  :  Donner  pouvoir,  per- 
mettre. 1.  Mac.  2.  48.  Et  non  dederunt  cornu 
peccatori  :  Ils  ne  permirent  point  au  pé- 
cheur d'abuser  impunément  de  son  pouvoir. 
Mathathias  et  ceux  qui  l'accompagnaient  ne 
permirent  pas  qu'Aiitiochus  se  fortifiât  et 
s'élevât  davantage.  Hab.  3.  4.  Cornua  in  ma- 
nibus  ejus  :  La  force  du  saint,  i.  e.  du  Mes- 
sie, est  dans  ses  mains  ;  i.  e.  son  bras  est 
tout-puissant.  Ainsi,  Cornu  salulis,  est  une 
forte  protection  et  une  puissance  invincible 
pour  sauver.  Ps.  17.  3.  2.  Reg.  22.  3.  Deus 
cornu  salulis  meœ  :  Dieu  est  la  force  de  la- 
quelle dépend  mon  salut.  Ce  nom  csi  donné 
au  Messie  par  Zacharie.  Luc.  1.  69.  Erexit 
cornu  salulis  nobis  :  Dieu  nous  a  suscité  un 
puissant  Sauveur  :  cette  puissance  toute  di- 
vine est  marquée  par  les  sept  cornes  attri- 
buées à  l'agneau.  Apoc.  5,  G.  et  par  les  deux 
qui  lui  sont  atribuées,  c.  13.  11.  Il  est  dans 
celte  signification  souvent  dans  les  Psaumes, 
dans  Daniel  et  dans  l'Apoc.  etc. 

6'  Gloire,  éclat  de  lumière.  Hab.  3.  4.  Cor- 
7iua  in  munibus  ejus.  Il  paraît  devant  Dieu 
un  grand  éclat  de  lumière,  ou  des  éclairs; 
d'autres  l'expliquent  de  la  lumière  qui  envi- 
ronnait range  qui  donnait  la  loi  ,  et  qui  re- 
jaillit sur  le  visage  de  Moïse  ;  Heb.  Cornua  a 
manu  ejus  ci.  Voy.  ci-dessus,  3°. 

7"  Gloire-,  prospérité.  21.  Reg.  1,  Exalia^ 
tum  est  cornu  meum  :  Mon  Dieu  m'a  comblé 
de  gloire,  v.    10.  Sublimabit   cornu  Chri&t 

31 


071 


DlCTlONiNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


972 


sui  :  Le  Seigneur  comblera  de  gloire  le  rè- 
gne de  son  Chrisl,  dil  Anne,  présentant  au 
Seigneur  son  Ois  Samuel.  Ezech.  29.  21.  Ju- 
dith. 9.  11. 

8°  Dignité,  puissance  royale.  Ps.  131.  17. 
Jlluc  producam  cornu  David  :  C'est  en  Sion 
que  je  ferai  paraîlre  le  règne  de  David,  ouy 
je  susciterai  une  puissance  royale  à  la  gloire 
de  David  :  ce  qui  a  été  accompli  dans  Noire- 
Seigneur.  Voy.  Luc.  1.  69.  Voyez  ci-dessus, 
5°. Celle  expression  vient  de  ce  qu'on  se  ser- 
vait d'un  vase  de  corne  pour  oindre  d'huile 
sacrée  ceux  qu'on  sacrait  rois.  Zach.  1.  v. 
18.  19,  21.  Apoc.  13.  1.  c.n.  V.  3.  4. ou  plutôt 
parce  qu'anciennement  les  cornes  étaient 
une  marque  d'excellence  ,  de  dignité  ou  de 
puissance  ;  c'est  pourquoi  les  païens  repré- 
sentaient leurs  dieux  et  leurs  rois  avec  des 
cornes,  comme  il  se  voit  dans  Jupiler-Am- 
mon  ,  Bacchus,  Isis  et  d'aulres.  Dan.  7.  7. 
Habebut  cornua  decem  :  Cette  quatrième  bête 
avait  dix  cornes;  ces  dix  cornes  marquaient 
dix  rois ,  tant  de  Syrie  que  de  l'Egypte  ,  qui 
ont  beaucoup  affligé  le  peuple  de  Dieu  avant 
la  venue  de  Jésus-Christ.  Ainsi,  les  dix  cor- 
nes dont  il  est  fait  mention,  Apoc.  13.  3.  et 
c.  17.  3.  sont  les  princes  qui  ont  ruiné  Rome 
et  qui  ont  démembré  l'empire  romain.  Mais 
celte  petite  corne  qui  sortait  du  milieu  des 
autres,  V.  8.  flgurait  assez  clairement  An'io- 
chus  Epiphanes,  qui  était  le  plus  petit  de 
tons  ses  frères,  à  qui  le  royaume  n'apparte- 
nait pas  de  droit  et  qui  s'était  rendu  fort 
méprisable  par  S'^s  mœurs  fanatiques  qui  le 
firent  appeler  Epimanès,  c'est-à-dire  l'In- 
sensé. Ce  prince  a  persécuté  outrageuse- 
ment le  peuple  Juif  et  a  été  la  figure  de  l'An- 
téchrist, Ces  trois  cornes  qui  furent  arra- 
chées de  devant  celte  bêle,  sont  trois  rois 
du  nombre  des  dix,  et  qui  furent  détruits  par 
Antiochus.  Dan.  8.  v.  3.  4.  Ecce  aries  unus 
stabat  habens  cornua  excelsa ,  et  iinum  excel- 
sius  altero  :  Je  vis  un  bélier  qui  avait  les 
cornes  élevées,  et  l'une  l'était  plus  que  l'au- 
tre. Ce  bélier  signifie  l'empire  des  Perses  et 
des  Mèdes,  marqué  par  les  deux  cornes  : 
celle  qui  était  plus  grande  que  l'autre,  c'é- 
tait Cyrus,  roi  de  Perse,  qui  augmenta  beau- 
coup ses  Etats  par  les  conquêtes  qu'il  Qt  en 
différents  temps,  v.  5.  Hircus  habebat  cornu 
insigne  :  Ce  bouc  avait  une  corne  fort 
grande  :  cette  corne  désignait  Alexandre  le 
Grand,  par  les  armes  duquel  le  royaume  des 
Grecs  a  triomphé  de  celui  des  Perses,  v.  8. 
Fractum  est  cornu  magnum  et  orta  sunt  qua- 
tuor cornua  subter  illud,  per  quatuor  ventos 
cœli  :  Sa  grande  corne  se  rompit ,  et  il  se 
forma  quatre  cornes  au-dessous,  vers  les 
quatre  vents  du  ciel.  Alexandre  mourut  dans 
la  fleur  de  son  âge;  et  dans  le  cours  si  ra- 
pide de  ses  victoires,  son  empire  fui  divisé 
en  quatre  royaumes,  que  quatre  ofQciers  de 
son  armée  partagèrent,  et  qui  étaient  tour- 
nés vers  les  quatre  parties  du  monde  :  celui 
de  lîabylone  à  l'orient,  celui  d'Asie  au  sep- 
tentrion ,  celui  de  Grèce  à  l'occident,  celui 
de  l'Egypte  au  midi.  v.  9.  De  ufio  autem  ex 
eis  egressiim  est  cornu  unum  modicum  ,  et 
factum  rat  gronde  :  Mais  de  l'une  de  ces  qua- 


tre cornes  il  en  sortit  une  petite  qui  s'a- 
grandit si  fort.  De  l'un  de  ces  royaumes, 
c'est-à-dire  de  celui  des  Seleucides  qui  ont 
régné  en  Asie  et  en  Babylone,  sortit  le  roi 
Antiochus  Epiphanes  ,  qui  s'empara  do  l'E- 
gypte, poussa  ses  conquêtes  dans  la  Perse 
et  maltraita  étrangement  le  peuple  juif.  Voy. 
FoRTiTUDO.  Ainsi,  les  quatre  cornes  que 
vit  Zacharie,  c.  1.  18.  sont  les  princes  et  les 
peuples  qui  avaient  jusqu'alors  assujetti  et 
opprimé  le  peuple  juif.  Extollere  cornu,  ven- 
tilare  cornu  ou  cornibus.  Voy.  Extollere  , 

EXALTARE,  VeNTILARE. 

9°  Victoire,  avantage  glorieux.  1.  Mach. 
2.  48.  Non  dederunt  cornu  pcccatori  :  Ma- 
thathias  et  ses  amis  ne  permirent  point  à  ce 
prince  impie  (Antiochus)  d'abuser  impuné- 
ment de  son  pouvoir. 

CORNUPETA,  JE-,  w/3aT£(7T>3?,  Ce  nom  est 
comme  qui  dirait  :  Qui  petit  cornu;  et  si- 
gnifie : 

Qui  attaque  ou  frappe  avec  la  corne. 
Exod.  21.  29.  Si  bos  cornupeta  fuerit  ab  heri 
et  nudiustertius  :  S'il  y  a  quelque  temps  que 
le  bœuf  frappait  de  la  corne,  v.  38. 

CORNUSÏIBII  ;  Gr.  àfz«>9aî«j  r.épuç ,  Amal- 
thœœ  cornu.  Cornusiibie,  nom  de  la  troi- 
sième fille  que  Job  eut  après  que  Dieu  l'eut 
retiré  de  ses  souffrances.  Job.  42.  14.  Nomen 
tertiœ  Cornu  stibii :  stibium,  antimoine,  mar- 
que le  fard  dont  se  servaient  les  femmes  pour 
se  rendre  plus  belles  ;  ainsi  ce  nom  signifie- 
rait abondance  de  beauté.  Voy.  Stibidm-  Le 
Grec  l'appelle  corne  d'abondance  pour  mar- 
quer que  Job,  de  pauvre  qu'il  était  aupara- 
vant, devint  fort  riche.  Voy.  Cassia,  Dies. 

CORNUTUS,  A.  UM.  Qui  a  des  cornes,  en 
parlant  d'un  animal  {y.ipa;  i'/j^^].  Dan.  3.  6. 
Venit  usque  ad  arietem  illum  cornulum  :  Ce 
bouc  vint  jusqu'à  ce  bélier  qui  avait  des 
cornes  :  ce  bélier  à  deux  cornes  figurait 
l'empire  des  Mèdes  et  des  Perses  dans  lequel 
est  venu  Alexandre,  figuré  par  le  jeune  bouc. 

Qui  est  brillant,  qui  jette  des  rayons  de 
lumière,  Exod.  34.  33.  Moyses  ignorabat  quod 
cornuta  esset  faciès  sua  ex  colloquio  divino; 
Gr.  SsSô^KaOcct  :  Moïse  ne  savait  pas  que  de 
l'entretien  qu'il  avait  eu  avec  le  Seigneur, 
il  était  resté  des  rayons  de  lumière  sur  son 
visage.  Le  mot  Hebr.  keren  signifie  corne  et 
éclat  de  lumière;  il  se  peut  faire  que  ses 
rayons  paraissaient  sortir  en  manière  de 
cornes.  Voy,  2.  Cor.  3,  7, 

CORONA,  JE.  Gr.  «rréyavof.  Du  mot  grec  xo- 
pûvï],  proprement  un  bouquet  de  fleurs  en- 
trelacées. 

1°  Tout  ce  qui  se  fait  en  rond,  ou  de  Ogure 
ronde ,  de  quelque  matière  ou  manière 
qu'elle  se  fasse,  pourvu  qu'elle  serve  à  envi- 
ronner quelque  chose.  1.  Reg.  23.  26.  Saul 
et  viri  ejus  in  modum  coronœ  cingebant  Da- 
vid et  viros  ejus  •  Saiil  et  ses  gens  environ- 
naient David  et  ceux  qui  étaient  avec  lui  en 
forme  de  couronne;  se.  pour  les  prendre. 
Judith.  3.  10.  Excipientes  eum  cum  coronis 
et  lampadibus  :  Les  princes  et  les  plus  con- 
sidérables avec  tous  les  peuples  recevaient 
Holopherne  avec  des  couronnes  et  des  lam- 
pes. Eccli.  32.  3.  Jerem.  S2.  22. 


973 


COR 


COR 


974 


2°  Couronne,  diadème,  orueniciit  rojal. 
Ps.  20.  i.  Posuisti  in  capite  ejus  coronom  de 
lapide  pretioso  .-L'humilité  de  David  le  fait 
ressouvenir  d'où  Dieu  l'avait  tiré  pour  le 
faire  roi  de  son  peuple;  ou,  peut-être  fait-il 
allusion  à  ce  qui  est  dit,  2.  Reg.  12.  30. 
qu'après  la  déf.iile  des  Ammonites  el  la 
prise  de  Rabbalh,  leur  ville  capitale,  il  prit 
la  couronne  de  leur  roi  ,  enrichie  de  pierres 
précieuses,  et  sf  la  mit  sur  la  télé,  1.  Par. 
20.  2.  Jer.  13.  18.  Ezech.  21.  23.  Esth.  8.  15. 
On  donna  à  Jésus-Christ  une  couronne  d'é- 
pines pour  se  moquer  de  sa  royauté.  Voyez 
Matih.  27.  29.  Marc.  15.  17.  Joan.  17.  2.  La 
couronne  périssable  destinée  au\  victorieux 
des  jeux  protanes  est  opposée  à  la  couronne 
de  Jésus-Christ  et  des  bienheureux.  Voy.  1. 
Cor.  9.  25.  Illi  quidem  ut  corruptibilem  co- 
ronam  accipianl ,  nos  auteni  incorruptam  : 
Les  alhlètps  s'abstiennent  de  tout  ce  qui  les 
peut  affaiblir  pour  gagner  une  couronne  pé- 
rissable, au  lieu  que  nous  en  espérons  une 
incorruptible.  Apoc.  6.  2.  c.  14.  li.  On  don- 
nait aux  époux  une  couronne  le  jour  de  leurs 
noces,  aussi  bion  qu'aux  épouses.  Gant.  3. 
11.  Isa.  61.  10.  Ezech.  16.  12.  Dedi  coronam 
decoris  in  capile  tua  ;  i.  e.  pxdcherrimam  :  0 
Jérusalem  ,  je  vous  ai  donné  une  couronne 
éclatante  sur  votre  tête. 

§  1.  —  Royaume,  royauté ,, dignité  royale 
ou  sacerdotale,  Isa.  28.  v.  1.  3.  Vœ  coronœ 
superbiœ  :  Malheur  au  royaume  orgm^illeux 
et  insolent  des  dix  tribus!  Pedibus  conculca- 
bitur  corona  superbiœ  ebrionim  Ephraim  :  La 
couronne  d'orgueil  des  ivrognes  d'Ephraïm 
sera  foulée  aux  pieds.  Ezech.  47.  7.  Jcrem. 
13.  18.  Zich.  6.  11.  Faciès  coronas  et  pones 
in  capite  Jesu  .-Vous  ferez  des  couronnes  que 
vous  njeltrez  sur  la  tête  du  grand  prêtre  Jé- 
sus, fils  de  Josedec.  Ce  Jésus,  comme  il  pa- 
raît par  la  suite,  était  la  figure  de  Jésus- 
Christ,  qui  devait  être  roi  et  prêtre  tout  en- 
semble. Thren.  5.  16.  Cecidit  corona  capitis 
noslri  :  La  couronne  est  tombée  de  notre 
têle  :  la  royauté  el  le  sacerdoce,  qui  faisaient 
tout  l'honneur  de  notre  nation.  Ezech.  21. 
26.  Toile  coronam. 

§  2.  —  La  vie  élernelle  et  la  gloire  céleste 
promise  aux  fidèles  qui  remporteront  la  vic- 
toire, en  s'acquittant  de  leur  devoir.  2.  Tim. 
k.  8.  Reposita  est  mihi  corona  justitiœ  :  Dieu 
me  réserve  la  CKiaronne  de  justice,  la  récom- 
pense qui  est  justement  due  à  ceux  qui  coni- 
ballent  selon  les  règles  ,  cette  récompense 
est  appelée  couronne  de  justice,  puisqu'elle 
est  due  au  mérite  du  travail  et  du  combat, 
en  vertu  de  la  promesse  de  Dieu  ;  mais  c'est 
aussi  une  couronne  de  grâce  el  de  miséri- 
corde, parce  que  c'est  la  grâce  qui  lait  les  mé- 
riles,  et  la  miséricorde  i\\i'\  pardonne  les  dé- 
mérites. Jac.  1.  12.  A<  cipict  coronnm  vit  ce  : 
Lorsque  la  vertu  de  celui  qui  souffre  pa- 
tiemment les  maux  aura  été  éprouvée,  il 
recevra  la  couronne  de  vie.  1.  Pelr.  5.  k. 
Prov.27.  2^.  Apoc.  2.  10.  c.  3.  il.  c.  4.  v.  4. 
îO.  Ainsi,  c.  12.  1.  Corona  slellarum  duodr- 
cim  :  L'Eglise  est  conduite  à  la  vie  éternelle 
par  la  doctrine  des  douze  apôtres. 

i 'i   — Ornennent   glori(u\,  gOire,  hon- 


neur. Eccli.  1.  11.  Timor  Domini  corona 
exultationis  :  La  crainte  du  Seigneur  est  une 
couronne  d'allégresse,  i.  e.  qui  donne  de  la 
joie.  V.  22.  Corona  sapientiœ  :  C'est  un  or- 
nement dont  la  sagesse  honore  les  siens. 
Apoc.  9.  7.  Prov.  4.  9.  Corona  inclyta  prote- 
(jet  te  :  La  Sagesse  vous  couvrira  d'une  écla- 
tante couronne;  se.  après  que  vous  l'aurez 
acquise,  et  elle  vous  protégera  et  vous  af- 
franchira des  mauvais  desseins  de  vos  en- 
nemis  par  la  gloire  et  la  réputation  qu'elle 
vous  donnera,  qui  seronf  comme  une  cou- 
ronne éclatante  dont  elle  C(iijvrira  votre 
tête  :  David  parle  à  Salomon.  Ainsi,  Eccli.  6. 
32.Voy.  Gratdlatio.  Job.  31.  36.  Ut  circum- 
dem  illum  quasi  coronam  mihi  :  Job  assure 
qu'il  tirerait  un  avantage  glorieux  d'un  li- 
vre  où  Dieu  aurait  bien  voulu  écrire  toutes 
les  raisons  qu'il  avait  alléguées  contre  ses 
amis.  Prov.  14.  24.  c.  16.  31.  ha.  .^8.  5.  c.  6 
2.  Thren.  o.  16,  Ezech.  16.  12.  Philipp.  4.  l! 
1.  Thess.  2.  19.  etc.  Ainsi ,  Apoc.  12.  1.  In 
capite  ejus  corona  stellarum  duodecim  :  La 
doctrine  des  apôtres  est  la  gloire  de  l'Eglise. 
Voy.  supra  2°. 

§  4.— L'Etablissement,  les  richesses, les  en- 
fants. Job.  19.  9.  Abstulit  coronam  de  capite: 
Dieu  m'a  ôié  la  couronne  de  dessus  la  tête. 

§0.  —  Toute  sorte  de  cordon  qui  avance, 
et  toute  autre  cho>e  qui  environne,  est  ap- 
pelée couronne,  quoiqu'il  soit  carré  ou 
d'autre  figure  (xuai-rtov).  Exod.  25.  11.  Fa~ 
ciesque  supra,  coronam  aureamper  circuitum: 
Vous  f^rez  sur  l'arche  une  couronne  d'or 
qui  régnera  tout  autour  :  L'arche  étant  car- 
rée, le  cordon  par  conséquent  qui  régnait 
autour  l'était  aussi,  v.  25.  27.  c.  30.  3.  c. 
37.  2.  Ainsi,  Eccli.  45.  14.  Corona  aurea 
super  mitram  ejus:  Aaron  avait  une  cou- 
ronne d'or  sur  sa  mitre.  Cette  couronne  d'or 
sur  la  mitre  du  grand  prêtre,  était  la  lame 
d'or  qui  ne  faisait  qu'un  demi-cercle  dont  il 
est   parlé  Exod.  28.  36. 

§  6.  —  Un  tribut  qui  se  donnait  au  prince 
pour  faire  sa  couronne,  ou  une  couronne 
d'or  due  au  prince.  1.  Mach.  10.  29.  Coronas 
remitto  :  Je  vous  remets  et  à  tous  les  Juifs 
les  couronnes  d'or  que  vous  étiez  obligés  de 
me  présenter  tous  les  ans,  comme  à  tous  mes 
prédécesseurs  :  ce  qu'écrit  Démétrius  à  Jo- 
nathas  et  au  peuple  Juif,  ce  tribut  s'appelle 
aurum  coronnrium.  Les  provinces  offraient 
quelquefois  gratuitement  el  de  leur  propre 
mouvement  aux  princes  de  l'or,  comme  pour 
faire  une  couronne  ;  mais  ensuite  on  l'exi- 
geait comme  une  dette. 

§  7.  —  Cercle,  révolution  de  temps.  Ps. 
64.  12.  Bencdices  coronœ  anni  benignitatis 
tuœ  :Vou3  couronnerez  l'année  de  toute  sorte 
de  biens  ;  corona  anni,  est  ujis  pour  circulas 
onni.  Annus  in  se  ipsum  redicns  :  Vous  nous 
comblerez  de  biens  pendant  tout  le  cours  de 
l'année. 

§  8.  —  Assemblée  de  gens  pour  accompa- 
gner quelqu'un.  Eccli.  50.  U.  Circn  illum 
corona  fratrujn  :  Quand  le  g;rand  prêtre  Si- 
mon, fils  J'Onias,  servait  à  F'autel,  il  était 
environné  des  autres  prêtres,  conime  l'est  un 
grand  cèdre  d'autres  plus  p«tits. 


075 


DICT10NN..V1KE  [»E  PilILOLUGIE  SACRÉE. 


97« 


§  9.  _  Nom  de  lieu  exprimé,  parce  qu'il 
signifie,  en  hébreu,  les  nabitants  mêmes  de 
ce  lieu,  qui  est  un  petit  canton  sur  les  fron- 
tières des  tribus  d'Ephraïm,  de  Juda  et  de 
benjamin.  1  Par. 2.  3i.  Coronœ  domus  Joab  : 
Les  couronnes  de  la  famille  de  Joab  ;  Heb. 
et  Gr.  Atarolhji.  e.  Atarothani.  L'Interprète 
latin  a  traduit  ce  mot  hébreu  par  coronœ, 
qui  est  la  significaiion  propre,  an  lieu  de 
traduire  Atarothani,  ceux  d'Ataroth,  dont  il 
est  fait  mention,  Jos.  10.  v.  2.  5.  7.  Ils  étaient 
de  la  fanille  de  Joab. 

CORONARE,  <7-£Gavoûv,  Couronner,  mettre 
une  couronne  sur  la  tête.  Gant.  3.  11.  Yidele 
rerjem  Salomonem  in  diademate  quo  coronavit 
iliiim  mater  sua  :  Filles  de  Sion,  venez  voir  le 
roi  Salomon  av(  c  le  diadème  dont  sa  mère 
l'a  couronné  :  Ceci  peut  s'entendre  seule- 
ment de  ce  que  Bethsabée  procura  le  royaume 
à  Solomon  (Voy.  3.  Reg.  1.  v.  16.  17.  29. 
30.  )  ;  quoiqu'elle  pût  bien  aussi  lui  mettre 
ia  couronne  sur  la  tête,  selon  le  sentiment  de 
quelques-uns,  qui  disent  que  la  fonction  de 
couronner  les  époux  appartenait  à  leurs  mè- 
res; Salomon  était  la  figure  de  Jésus-Christ. 
Voy.  DiàDEMA.  Isa.  61.  10.  Sap.  2.  8.  Coro- 
ncmus  nosrosis , antequammarcescant  [crifît'j): 
Les  païens  se  couronnaient  de  fleurs  dans 
les  festins  et  dans  les  fêles  de  leurs  dieux; 
mais  cette  coutume  n'a  point  passé  aux  Is- 
raélites. (  Voy.  TertuU.  de  Cor  tnilit.  Clem. 
Alex.  /.  2.  Pœdagog.  c.  8  ).  2.  Mach.  6.  7. 
Ainsi,  Cant.  i.  8.  Veni,  coronaberis  :  Venez, 
vous  serez  couronnée  ;  Hebr.  spectabis  me. 

<:^i:^  1°  Orner,  revêtir  de  quelque  orne- 
ment précieux.  Eccli.  Vo.  9.  Coronavit  [<jrz- 
pto'j'j)  eum  in  vasis  virtiitis  :  Dieu  a  revêtu 
Aaron  d'un  appareil  plein  de  majesté.  Voy. 
ViRTUs.  —  2°  Couronner,  donner  la  couronne 
de  l'immorlalité.  2.  Tim.  2.  5.  Quicertat  in 
agone,  noncoronatur  nisi  légitime  certaverii: 
Celui  qui  combat  dans  les  jeux  publics 
n'est  couronné  qu'après  avoir  combattu , 
selon  la  loi  de  ces  combats  :  ce  qui  est  la 
figure  des  chrétiens  qui  combattent  pour 
avoir  la  couronne  do  la  gloire  du  ciel.  Tob. 
3.  21.  Sap.  k.  2.  Cant.  k.  8.  —  3"  Protéger, 
défendre  de  toutes  parts  en  comblant  de 
biens.  Ps.  5. 13.  Ut  scuto  bonœ  voluntatis  tuœ 
coronasti  nos  :  Seigneur,  votre  bienveillance 
nous  sert  d'une  puissante  protection  ;  Hebr. 
scuto  ,  bona  voluntate.  —  4°  Enyironner , 
charger,  combler  ;  soit  de  gloire  et  d'hon- 
neur. Ps.  8.  6.  Gloria  et  honore  coronasti  eum  : 
(Seigneur),  vous  avez  couronné  l'honime  de 
gloire  et  d'honneur,  Hebr.  2.  v.  7.  9.  Soit  de 
biens  et  de  richesses.  Isa.  23.  8.  Quis  cogita- 
vit  hoc  super  Tyrum  quondam  coronatam  ? 
Qui  a  prononcécet  arrêt  contre  Tyr,  autrefois 
la  reine  des  villes  ?  Ps.  102.  k.  Qui  coronat  te 
in  misericordiu  et  miserationibus:Ces\\u\  qui 
vous  environne  de  sa  miséricorde  et  de  ses 
i?rAces  :  Dieu  avait  (lélivré  David  plusieurs 
fois  des  périls  évidents  de  la  mort,  et  l'avait 
enfin  élevé  sur  le  trône,  le  comblant  des 
efîetsde  sa  miséricorde.  Si)it  même  des  maux 
dont  on  est  accablé  et  eiivironné.  Isa.  22. 
18.  CoroHans  coronabit  te  Iribulatione  :  Le 
Sei.Bneurvous  couronnera  d'une  couronne  de 


maux  ;  Heb.  Circumligabit  te  fascia  :    Subna 
devait  être  lié  pour  être  mené  en  captivité. 

CORONULA,  JE.  1"  Petite  couronne.  Exod. 
39.  26.  Fecerunt  mitras  eum  coronulis  :  lis 
firent  pour  Aaron  et  pour  ses  enfants  des 
mitres  de  fin  lin,  avec  leurs  petites  couron- 
nes. 2"  Couronne,  ceinture, cordon,  3.  Reg.  7 
29.  Inler  coronulaset  plectas,leones,  et  boves: 
Sur  les  socles  dairain,  il  y  avait  des  lions  et 
des  bœuls  gravés  entre  les  couronnes  et  les 
entrelas. 

COROZAIN,  Heb.  Hoc  mysterium  meum  ; 
Gr./o,6K?àiv,Chorazin.  Ville  de  la  tribu  de  Ma- 
nassé,  delà  le  Jourdain,  sur  la  merde  Gali- 
lée. Madh.  11.  21.  Luc.  10.  13.  Vœ  tibi,  Co- 
rozain  :  Malheur  à  loi  ,  Corozaïn  :  Jésus- 
Christ  menace  les  habitants  de  cette  ville 
d'un  châtiment  plus  rigoureux  que  ne  devait 
être  celui  de  Tyr  et  de  Sidon,  pour  n'avoir 
pas  profilé  de  ses  instructions. 

CORPORALIS,  is,  n.  e.  (rw^arixô,'.  1°  Cor- 
porel, qui  regarde  et  concerne  le  corps.  1. 
Tim.  k.  8.  Corporalis  exercilatio  ad  modi- 
eum  utilis  est  :  Les  exercices  corporels,  tels 
que  sont  ceux  de  la  lutte  ou  de  la  course, 
servent  à  peu  de  chose,  se.  à  la  conservation 
de  la  santé  et  à  l'augmentation  des  forces 
du  corps  :  L'Apôtre  oppose  à  cet  exercice, 
l'exercice  de  la  piélé  comme  très-nécessaire. 
—  2°  Qui  a  un  corps,  qui  en  a  les  qualités 
qui  tombent  sbus  les  sens.  Luc.  3.  22.  Des- 
cendit Spiritus  sanctus  corporali  specie,  sicut 
columba,  in  ipsum  :  Le  Saint-Esprit  descen- 
dit sur  Jésus-Christ  en  forme  corporelle, 
comme  une  colombe  :  Il  ne  semble  pas  que 
ce  fût  une  vraie  colombe,  puisqu'elle  ne  pa- 
rut que  pour  marquer  que  Jésus-Christ  était 
rempli  du  Saint-Esprit.  Voy.  Joan.  33.  1. 

CORPORALITER,  Gr.  t7«/zaT£xwç:.  A  la  façon 
d'un  corps  ;  dans  l'Ecriture  : 

Substantiellement,  et  personnellement,  et 
non  en  figure.  Coloss.  2.  9.  In  ipso  habitat 
omnis  plenitudo  Divinitatis  corporaliter  : 
Ce  n'est  point  seulement  par  la  grâce 
que  la  plénitude  de  la  Divinité  habite  en  Jé- 
sus-Christ ;  mais  elle  y  habite  hypostatique- 
ment,  en  sorte  que  l'humanité  de  Jésus- 
Christ  était  vraiment  l'humanité  de  Dieu. 
Voy.  ci-dessous  Corpus  Christi  2". 

CORPULENTIOR,  us,  oris.  Qui  a  plus  de 
corps,  qui  est  plus  charnu,  plus  gras,  qui 
est  dans  un  embonpoint  meilleur  [i<yy^\)prj;  rxïi 
erapii-j).  Dau.  1. 13.  Apparueruut  vultus  eorum 
meliores  et  corpulentiores  :  Dix  jours  après 
que  Daniel  et  ses  compagnons  eurent  vécu 
de  légumes  et  d'eau  à  boire,  leur  visage  pa- 
rut meilleur  et  en  un  embonpoint  meilleur 
que  tous  les  jeunes  hommes  qui  mangeaient 
des  viandes  du  roi  :  La  bonne  santé  cl  l'em- 
bonpoint s'entretiennent  par  la  tempérance 
et  la  frugalité,  et  se  perdent  par  la  bonne 
chère. 

CORPUS,  ORis,  Gr.  (rûpia.  On  fait  venir  ce 

mot  du  génitif  de  xpwfx/="'^°>' 

1"  Toute  substance  matérielle;  soit  qu'elle 
soit  animée  ou  non.  Job.  il.  6.  Jac.  3.  3. 
Omne  corpus  illorum  cireumferimus  :  Nous 
faisons  tourner  tout  le  corps  des  chevaux  où 
nous  voulons,  se.  parle  moyen  des  mors.  t. 


977 


COR 


COR 


978 


Cor.  15.  40.  Et  corpora  cœlestia,  et  corpora 
terrestria  :  Il  y  a  des  corps  célestes,  il  y  a 
des  corps  lerreslres.  v.  37.  38.  clc.  Gen.  41. 
h.  Heb.  13.  11. 

2°  Corps  qui  est  animé  d'une  âme  raison- 
nable. Sap.  9.  15.  Corpus  quod  corrumpilur 
aggravât  animam  :  Le  corps  qui  se  corrompt 
appesantit  l'âme.  Eccli.  31.  25.  Non  adduces 
corpori  tuo  infirmitatem  :  Vous  n'attirerez 
point  une  maladie  à  votre  corps,  c.  2.  3. 
Matlh.  10.  28.  Rom.  8.  23. 

3°  Corps  mort,  corps  d'homme  mort  (TTTwfxa). 
Matlh.  10.  28.  Luc.  17.  37.  Ubicumque  fuerit 
corpus^  o(â^(A,  illic  congregabuntur  et  aquilœ: 
Jésus-Christ,  qui  paraîtra  au  dernier  juge- 
ment avec  ses  sacrées  plaies,  se  compare  à 
un  cadavre  que  les  aigles  sentent  de  loin, 
pour  exprimer  avec  quelle  vitesse  les  justes 
se  réuniront  à  lui.  Nahum.  3.  3.  Corruent  in 
corporibus  suis  ;  i.  e.  inter  suorum  cadavera  : 
Des  monceaux  de  corps  tomberont  les  uns 
sur  les  autres  :  Le  Piophèle  parle  des  peu- 
ples de  Ninive  défaits  par  les  Chaldéens. 
Malth.  14.  12.  Joan.  19.  31.  Act.  9.  40.  Jud. 
v.  9.  Eccli.  44.  14. 

4°  Corps  d'animal  tué,  soit  homme,  soit 
bête.  Dan.  14.  31.  Dabantur  eis  duo  corpora 
guotidie^  et  duœ  oves  :  On  donnaitchaque  jour 
aux  lions  qui  étaient  dans  la  fosse  de  Baby- 
lone  deux  corps,  se.  deuxanimaux  tués,  avec 
deux  brebis  vivantes  :  Le  lion  aime  une  proie 
vivante  qu'il  puisse  déchirer  avec  les  ongles. 

§  1. — Les  parties  du  corps  qui  servent  à  la 
génération.  1.  Cor.  7.  4.  Mulier  corporis  sut 
polestatem  non  habet,  sed  vir  ;  similiter  et  vir 
corporis  sui  polestatem  nonhabet,  sed  mulier: 
Le  corps  de  la  femme  n'est  point  en  sa  puis- 
sance, mais  en  celle  du  mari  ;  de  même  le 
corps  du  mari  n'est  point  en  sa  puissance  , 
mais  en  celle  de  la  femme.  Vov.    S.   Aug. 

1.  5.  c.  4.  contra  Julianum.  Membra  corporis 
quibus  concubitus  peragitur,  honeste  corpus 
vocat. 

§  2  —  Le  dos  de  l'homme.  3.  Reg.  14.  9. 
Me  autemprojecislipost  corpu  stuuui  [ôizlau)  aw- 
/xarof  o-ou.  Postte)  ;  Vous  m'avczrcjetédcrrière 
vous,  vous  m'avez  méprisé.  Ezech.  23.  35. 

§  3.  —  La  personne  même.  2.  Cor.  5.  10. 
Ut  referai  unusquisque  propria  corporis  , 
prout  gessit,  sive  bonum,  sive  maZum .-Chacun 
recevra  (  au  tribunal  de  Jésus-Christ  )  ce  qui 
est  dû  au  bien  ou  au  mal  qu'il  aura  fait  pen- 
dant qu'il  était  revêtu  de  son  corps.  Gen.  47. 
18.  Nec  clam  te  est  quod,  absque  corporibus  et 
terra,  niliil  kabeamus  :  Vous  n'igtïorcz  pas 
que,  excepté  notre  corps  et  la  terre,  nous 
n'avons  rien,  disent  les  Egyptiens  à  Joseph. 

2.  Esdr.  9.  37.  Ainsi,  l'homme  tout  entier. 
Jac.  3.  G.  Maculât  tolum  corpus  :  La  langue 
infecte  tout  le  corps,  i.  e.  l'homme  tout  entier, 
si  on  ne  la  retient,  cl  si  on  ne  la  règle. 
Eslh.  14.  2.  c.  15.  G.  Eccli.  51.  3.  Sap.  1.  4. 
Tous  ces  passages  s'entendent  dans  le  même 
sens  que  Jon.  4.  3.  Mallli.  28.  G.  Acl.  8.  2. 
où  la  personne  est  exprimée. 

§  4.  —  Le  vieil  homme,  le  corps  du  péché. 
Coloss.  2.  11.  Circumcisi  eslis  circumcisione 
non  manu  fada  in  exspolialionc  corporis 
LGv.  neccalorwn)  carnis:  Vous  avez  é'é  cir- 


concis d'une  circoncision  qui  n'est  pas  f;iite 
par  la  main  des  hommes  ;  mais  qui  consiste 
dans  le  dépouillement  du  vieil  homme,  ou  du 
corps  des  péchés  que  produit  la  concupis- 
cence. Selon  la  Vulgate  latine,  exspoliatio 
corporis  s'entendrait  de  la  circoncision 
extérieure,  à  cause  de  sed  in  circumcisione 
Christi  ;  mais  il  est  à  remarquer  que  sed 
n'est  point  dans  le  Grec,  mais  qu'il  est  né- 
cessaire dans  le  Latin  où  il  n'y  a  point  le  mot 
peccatorum.  Rom.  6.  6.  Vêtus  fiomo  noster 
simul  crucifixus  est  ut  deslruatur  corpus  peC" 
cati  :  Notre  vieil  homme  a  été  crucifié  avec 
Jésus-Christ,  afin  que  le  corps  du  péché  soit 
détruit,  c.  7.24,  1.  Cor.  9.  27. 

§  5.  —  L'assemblée  de  deux  ou  plusieurs 
choses  qui,  étant  unies  ensemble  par  un  lien 
très-étroit,  ne  font  qu'un  corps.  Rom.  12.  5. 
Multi  imum  corpus  sumus  in  Christo  :  Nous 
ne  sommes  tous  qu'un  seul  corps  en  Jésus- 
Christ.  1.  Cor.  6.  12.  c.  10.  17.  c.  12.  13.  Co- 
loss. 3.  15.  Ephes.  2.  16. 

§  6.  —  Toutes  les  actions  de  la  vie.  Jac.  3. 
2.  Potest  etiam  freno  circumducere  totum 
corpus  :  Si  quelqu'un  ne  fait  point  de  faute 
en  parlant,  il  peut  régler  toutes  les  actions 
de  sa  vie.  D'autres  l'entendent  du  corps 
même,  dont  on  est  capable  de  régler  toutes 
les  parties,  si  on  est  maître  de  sa  langue. 
Matlh.  G.  V.  22.  23.  Luc.  11.  v.  34.  36.  Si 
oculus  tuus  fuerit  simplex,  tolum  corpus  tuum 
lucidum  erit  :  On  fait  ordinairement  bien  les 
choses  dont  onjuge  sainement.  Voy.LucEUNA. 

§  7. — La  chasteté,  la  pureté  du  corps. Eccli. 
7.  26.  Filiœ  tibi  sunt?  serva  corpus  illarum  ; 
Avcz-vous  des  filles?  conservez  la  pureté  de 
leurs  corps. 

Phrase  tirée  de  ce  mot. 

Corpus  Christi. — 1°  Le  corps  de  Jésus- 
Christ  s'entend  en  quatre  manières  d;ins  l'E- 
criture. 1°  Le  corps  vivant  et  naturel  de  Jé- 
sus-Christ qui  a  été  formé  dans  le  sein  de  la 
bienheureuse  Vierge  ,  par  l'opération  du 
Saint-Esprit.  Hebr.  10.  5.  Corpus  autem  ap~ 
tasti  miki  ;  Vous  m'avez  formé  un  corps,  dit 
Jésus-Christ  à  son  Père  éternel,  v.  10.  Matlh. 
2G.  12.  Joan.  2.  21.  Rom,  7.  4.  Coloss.  1.  23. 
2'  Ce  même  corps  mort  et  enseveli.  Matlh. 
27.  V.  58.  59.  Peliit  corpus  Jesu  ,  tune  Pila- 
lus  jussil  reddi  corpus  /Joseph  d'Arimathie 
ayant  demandé  à  Pilate  le  corps  de  Jésus,  Pi- 
lale  commanda  qu'on  le  lui  donnât.  3°  Ce 
même  corps  glorieux  ,  après  la  résurrection 
de  Jésus-Christ.  Philipp.  3.  ^1\.  lieformnbit 
corpus  liumililalis  noslrœ,  cônfxguralum  cor- 
pori clarilalis  suœ  :  Josus-Chrisl  changera 
notre  corps  tout  vil  et  corruptible  qu'il  est , 
en  un  corps  glorieux  et  conforme  à  la  clarté 
du  sien.  4'  Le  corps  do  Jésus-Christ  qui  se 
trouve  réellement  et  substantiellement,  apiès 
la  consécration,  sous  les  apparences  du  pain 
et  (lu  via.  M;itlh.  2().  2G.  Hoc  est  corpus 
menm  :  Ceci  est  mon  corps,  dit  Jésus-Christ. 
l.Cor.  11.  27.  Rcus  erit  corporis  et  sanguinis 
JJomini  :  Quiconque  miuigera  ce  pain  indi- 
gnement, il  sera  coupable  de  la  profanation 
du  corps  et  du  sang  du  Seigneur,  v.  24.  ^1^. 
c.  10.  IG.  Marc.  14.  22.  Luc.  22.  19. 


079 


DiCTIO.NNAlP.E  DE  PliiLOLOGiE  bACHÉE. 


m\ 


2»  Ln  vérité  des  ombres  et  des  Ogures  de 
l'ancienne  loi,  qui  sont  accomplies  en  Jésus- 
Christ  ,  sont  appelées  le  corps  de  Jésus- 
Clirist  ,  ou  plutôt  corps  en  Jésus-Christ. 
Colos.  2.  17.  Quœ  sunt  umbra  fiUurorum, 
corpus  autem  Christi,  pour  corpus  Christus 
est  :  Toutes  ces  choses  {se.  qui  s'observaient 
dans  l'ancienne  loi  )  n'ont  été  que  l'ombre 
de  celles  qui  devaient  arriver,  et  Jésus- 
Christ  on  est  le  corps  et  la  vérité.  Ainsi  la 
Yulîîale,  qui  porte  corporalilcr,  marque  que 
la  Divinité  habile  en  Jésus-Christ  substan- 
tiellement ,  et  non  en  figure  ,  ni  seulement 
par  une  inhabitation  de  grâce.  Voy.  Corpo- 

RALITER. 

3°  Le  corps  mystique  de  Jésus-Chsist,  qui 
est  l'Eglise.  1.  Cor.  12.  27.  Vos  autem  estis 
corpus  Christi:  Vous  êtes  le  corps  de  Jésus- 
Chrisl.  Colos.  1.  2i.  Adimpleo  ea  quœ  desunf 
passionum  Christi  in  carne  mea  pro  corpore 
ejus,  quod  est  Ecclesia  :  J'accomplis  dans  ma 
ch.iir  ci'Qui  manque  aux  souffrances  de  Jé- 
sus-Christ, pour  son  corps  ,  qui  est  l'Eglise. 


23. 


4.  v.  h.  12. 


V.  18.  c.  2.  19.  Ephes.  1. 
16.  c.  5.  V.  23.  30. 

CORRECTIO.  —  V  Correction,  réforma- 
tion {^LÔp^MGLç).  Heb.  9.  10.  Usqiiead  tempus 
correctionis  :  Les  cérémonies  de  la  loi  n'ont 
^•é  imposées  que  jusqu'au  temps  qu'elle  a 
eîé  réformée  ou  perfectionnée  par  la  nou- 
velle loi.  c.  6.  16. 

2'  Fondement,  établissement  (zaTÔp9wcrt?  ). 
Ps.  96.  9..  Justitia  et  judicium  correctio  sedis 
ejus  :  La  justice  et  l'é(jni[é  sont  les  bases  et 
le  soutien  du  trône  du  Seigneur.  Saint  Jé- 
rôme ,  Firmamenlum  throni  ejus.  Voy,  Cor- 

RI6ERE,  4°. 

CORREPTÎO,  Nis,  l'X:7zo?.  —  Incorrec- 
tion, réprimande,  reproche.  Prov.  27.5. 
Melior  est  manifesta  correptio  quam  amor 
abscondilus  •  La  correclion  manifeste  vaut 
mieux  quun  amour  secret.  Le  S;ige  parle 
d'une  correction  qui  se  fait  non  piibiiqu.  - 
ment,  mais  en  p<irliculier  à  un  ami,  fran- 
chement et  sans  dissimuler  sa  faute,  par  un 
amour  véritable  ,  non  feint  et  dissimulé,  tel 
qu'est  l'amour  de  celui  qui  n'ose  reprendre 
son  ami  de  ses  défauts ,  de  peur  de  le  cho- 
quer. Manifesta  correptio  :  Correction  mani- 
feste. Sap.  17.  7.  Sapientiœ  gloriœ  correptio 
cum  conlximelia  ;  i.  e.  redargutio  contiime- 
liosa  gloriationis  de  sua  sapientia  :  La  sa- 
gesse dont  les  Egyptiens  faisuienl  gloire,  fut 
déshonorée  honleusemenl;  se.  dans  le  temps 
des  ténèbres  palpables  où  ils  furent.  Eceli. 
29.  35.  Correptio  dumus,  et  improperium  fe- 
neratoris  (  ETrtTtpt/îo-t;  )  :  Les  reproclies  de  ce- 
lui qui  nous  a  logés  chez  lui  ,  et  les  insuites 
d'un  créancier,  sont  deux  choses  pénibles  à 
un  homme  qui  a  du  sens.  c.  19.  v.  5.  28. 
Job.  13.6. 

2"  Remontrance,  avertissement  (vovO-aix). 
Prov.  1.  23.  Convertimini  ad  correptionem 
meam  ;  Faites  attention  aux  instructions  que 
je  vous  donne,  v.  30.  Sap.  16.  6.  1.  Cor.  7. 
V.  10.  11.  Ephes.  6.4.  Til.3.  10. 

3°  Correction,  châtiment,  punition.  Prov. 
29.  15.  Virga  atqiie  correptio  tribuit  sapien^ 
tiam  :  La  verge  et  la  correction  donnent  la 


sagesse.  Eccli.  20.  31.  Avertit  correptiones 
eorum  :  Les  présents  et  les  dons  empêchent 
les  juges  de  châtier  les  coupables.   Sap.  1. 

9.  c.  3.  10. 

k°  Correction,  amendement.  Prov.  29.  20. 
Stultilia  magis  speranda  est  qwim  illius  cor- 
reptio :  Pour  un  homme  qui  est  prompt  à 
parler  ,  attendez  plutôt  de  lui  des  folies  que 
non  pas  qu'il  se  corrige  ;  autr.  il  y  a  plus  à 
espérer  d'un  fou  que  de  lui. 

CORRIDERE ,  cvyy-Aàv.  Rire  avec  quel- 
qu'un ,    s'amuser  à  rire  avec  lui.   Eccli.  3  ) 

10.  Non  corrideasilli ,  ne  doleas  :  Un  enfant 
avec  qui  le  père  rit,  perd  le  respect  et  se  fa- 
miliarise trop. 

Se  réjouir  avec  quelqu'un,  le  congratuler 
du  bien  qui  lui  est  arrivé.  Gen.21.  6.  Risum 
fecit  mihi  Deus ,  quisquis  audieril  corridehit 
mihi;  Gr.  (Tvyy^c.pEha.l  pot ,  congaudebit  mihi  : 
Le  Siigneur  m'a  donné  un  sujet  de  ris  et  de 
joie;  se.  en  la  naissance  dlsaac,  quicon 
que  l'apprendra, s'en  conjouira  avec  moi,  dit 
Sara. 

CORRIGERE,  y.x~opOov-j .  SiopBovv,  de  regere. 
—  1°  Corriger,  redresser,  rectifier,  changer 
de  mal  en  bien.  Eslh.  8.  5.  Novis  epistolis 
veteres  Aman  litlerœ  corriganlur  :  Je  vous 
conjure  de  vouloir  ordonner  que  la  pre- 
mière lettre  d'Aman,  ennemi  des  Juifs,  soit 
cassée  par  une  nouvelle  lettre  du  roi,  (îit  Es- 
ther  à  Assuérus.  Sap.  9.  18.  — 2°  Réformer 
les  mœurs  et  la  conduite.  Eccle.  1.  15. 
Perversi  difficile  corriguntur  (sTrr/oo-fierv);  Les 
âmes  perverses  se  corrigent  difficilement,  c. 
7.  14.  Considéra  opéra  Dei  quod  nemo  possit 
corrigerez  quem  ille  despeocerit  :  La  correc- 
tion du  cœur  est  l'ouvrage  de  Dieu.  Ps.  17. 
36.  Ps.  118.  9.  Sap.  9.  18. 

§  1.  —  Ordonner,  régler  (  iTrtJ^opOoûv  ). 
Tit.  1.  5.  Reliqui  te  Cretœ,  ut  ea  quœ  desunt, 
corrigas  ;  Je  vous  ai  laissé  en  Crète,  afin  que 
VOLS  y  régliez  tout  ce  qui  reste  à  y  régler. 
Ac(.  2'i-.  2.  Cwn  multa  eorrigantur  per  tuam 
providentiam:  Comme  plusieurs  ordres,  très- 
salutaires  à  ce  peuple  ,  ont  été  établis  par 
votre  sage  prévoyance,  dit  l'orateur  Tertulle 
au  président  Félix. 

§  2.  —  Aiguiser  ce  qui  est  émoussé.  1. 
Reg.  13.21.  Usque  ad  slimulum  corrigendum 
{/^cdy.evei'i)  :  11  fallait  aller  chezjes  Philistins 
pour  faire  aiguiser  tout,  jusqu'à  la  pointe 
d'un  aiguillon.  Voy.  la  raison,  v.  19. 

§  3.  —  Affermir,  établir.  Ps.  95.  iO.Cor- 
rexit  orbem  terrœ  qui  non  commovebitur  : 
Dieu  a  affermi  toute  la  terre  [se.  au  temps 
de  sa  création),  sans  qu'elle  puisse  être 
ébranlée  ;  c'est  le  même  mol  en  Hébreu 
qu'au  Ps.  92.  2.  Firmavit  orbem  terrœ  :  car 
les  Septante  rendi  nt  le  mot  Hébreu  koum, 
tantôt  par  l-rotptaÇetv,  corrigerez  tantôt  par 
xuTopOoïiv,  parare,  et  tantôt  paro-Te/jeoùv,  firma- 
re  ;  ce  dernier  est  la  signification  de  corri- 
gerez en  plusieurs  endroits. 

C0RR1GL4 ,  M\  t>«s- ,  «To?;  du  mot  co- 
rium. 

Courroie,  cordon  de  souliers.  Isa.  5.  â"?, 
Nec  rumpelur  corrigia  calceamenti  ejus  :  Un 
seul  cordon  de  ses  souliers  ne  se  rompra 
dans   sa    marche.    Le  Prophète    parle   des 


981 


COR 


COU 


r8: 


Chaldéens,  qui  venaient  contre  Jérusalem, 
forts  et  vigoureux  ;  d'autres  expliquent  : 
Ils  seront  toujours  sous  les  armes,  et  ne  se 
déchausseront  point  pour  reposer,  Marc.  1. 
7.  Non  sum  dignus  sulvere  corrigiam  calcea- 
mentorum  ejus  :  Je  ne  suis  pas  digne  de  dé- 
lier les  cordons  de  ses  souliers,  en  me  pro- 
sternant devant  lui;t.  e.  de  lui  rendre  les 
services  les  plus  bas  :  ce  que  saint  Jean  dit  à 
l'égard  de  Jésus  -  Christ.  Luc.  3.  16.  Joan. 
1.  27. 

Chose  très-vile  et  de  peu  de  conséquence. 
Gen,  lï.  23.  A  filo  sublegminis  usque  ad 
corrigiam  (afvpurvp)  caligœ  ,  non  accipicim  ex 
omnibus  quœ  tua  sunt  :  Je  ne  recevrai  rien 
de  tout  Cl»  qui  est  à  vous  ,  depuis  le  moindre 
fil  jusqu'à  un  cordon  de  soulier,  dit  Abraham 
au  roi  de  Sodome. 

CORRIPERE  ;  TratSsûstv,  èléy/jtv  ,  de  ra- 
pere. 

1°  Prendre,  saisir.  Act.  10.  4-.  Timoré  cor- 
reptus  :  Saisi  de  crainte. 

2°  Reprendre ,  réprimander.  Ps ,  140.  5. 
Corripiet  mejustus  in  misericordia  :  Le  juste 
me  reprendra  par  charité.  Eccli.  7.  6.  Me- 
lius  est  a  snpiente  corripi  ,  quam  stultorum 
adulatione  decipi  (l-i-î/xïjo-tç)  :  li  vaut  mieux 
être  repris  par  un  homme  sage,  que  d'être 
séduit  par  les  fl;illeries  des  insensés.  Malth. 
18.  15.  Luc.  3.  19.  Voy.  infra ,  sienif.  figu- 
rée 3\ 

3"  Châtier,  punir.  1.  Reg.  3.  1^,  £o  quod 
noverit  indigne  agere  filios  suos,  et  non  corri- 
puerit{vovQzTù-j)  eos  .-Parce que  le  grand  prêtre 
Heli  sachant  que  ses  fils  se  conduisaient 
d'une  manière  indigne,  il  ne  les  a  point  pu- 
nis, je  punirai  pour  jamais  sa  maison  de  son 
iniquité.  Lev.  26.  28.  Corrîpiam  vos  septem 
ptagis  ;  i.  e.  multis  :  Si  vous  ne  voulez  point 
vous  corriger,  après  vous  avoir  tant  châtié, 
je  vous  châtierai  de  sept  plaies,  à  cause  de 
tôs  péchés.  Mich.  k.  3.  Corripiet  gentes  for- 
tes (è^Bléyyjt^j):  Dieu  châtiera  des  nations  puis- 
santes. Le  Prophète  prédit  la  conversion  des 
nations  qui  ne  pouvaient  pas  embrasser 
In  foi  de  Jésus-Christ,  qu'elles  ne  fussent 
domptées  et  humiliées  sous  le  joug  de  ses 
préceptes.  Job.  5. 17.  Bealus  homo  qui  corri- 
pitur  a  Deo  :  Heureux  est  l'homme  que  Dieu 
corrige  lui-même.  Ps.  6.  1.  Neque  in  ira  tua 
corripias  me  :  Ne  me  punissez  pas  dans 
votre  colère  ,  Seigneur.  Judith  8.  27.  Ps. 
37.  2. 

§  1.  —  Convaincre.  Sap.  1.  3.  Probata  au- 
tem  virtus  corripit  insipienles  :  Lorsque  les 
hommes  veulent  tenter  la  puissance  de  Dieu, 
elle  les  convainc  de  folie. 

§  2.  —  Chasser  ,  faire  retirer.  Sap.  1.  5. 
Corripieiur  a  superveniente  iniquitate:  L'ini- 
quité survenant  bannit  de  l'âme  le  Saint- 
Esprit  ;  selon  le  Gr(  c,  rebuté  et  confus,  et 
comme  contraint  de  se  retirer. 

§  3.  —  Avertir,  laire  des  remonirances 
(vouOetïïv,  monere).  Col.  1.  2S.('orripientPs  om- 
nem  liominem  :  Nous  prêchons  Jésus-Christ, 
avertissant  tous  les  hommes  de  leurs  dérè- 
glements. Les  Apôtres  ont  trouvé  le  genre 
humain  dans  l'ignorance  de  Dieu,  et  dans 


l'abandon  à  leurs  passions.  Le  mot  grec  peut 
aussi  signifier  reprendre,  réprimande^: 

§  4.  —  Corriger,  réformer  [iTraiiôpQMtnç,  cor- 
rectio).  2.  Tim.  3.  16.  Omnis  scriptura  divi- 
nitus  inspirata  utilis  est  ad  corripiendum  : 
Toute  écriture  qui  est  inspirée  de  Dieu  ,  est 
utile  pour  corriger  les  mœurs. 

§  5.  —  Avertir,  rapporter  queique  chose  à 
quelqu'un.  Eccli.  19. v.  13.14.  l^.Corripeami- 
cum  :  Reprenez  votre  ami,  représentez-lui 
le  mal  qu'on  dit  de  lui. 

CORROBORARE,  {y.uziax<>uv).  1»  Fortifier, 
donner  des  forces,  encourager.  Dont.  3.  28. 
Corrobora  eum  alque  conforta  :  Affermissez 
Josué,  et  fortifiez-le,  dit  Dieu  à  Moïse.  Ephes. 
3.  16.  Flecto  genua  mea  ut  det  vobis  virtute 
corroborari  (-/jsaT«tw9«v«t)  per  Spiritum  ejus  in 
interiorem  hominem  : 3e  fléchis  les  genoux  de- 
vant le  Père  de  Noire-Seigneur  Jésus-Christ, 
afin  qu'il  vous  fortifie  dans  l'homme  inté- 
rieur par  son  Saint-Esprit. 

2°  Affermir  ,  augmenter.  Ps.  102.  11.  5e- 
cundum  altitudinem  cceli  a  terra,  corrobora- 
vit  misericordiam  suam  super  timentes  se  : 
Autant  que  le  ciel  est  élevé  au-dessus  de  la 
terre,  autant  le  Seigneur  a  affermi  la  gran- 
deur de  sa  miséricorde  sur  ceux  qui  le  crai- 
gnent. Eccli.  4-9.  7.  Ainsi,  Eccli,  49.  12.  Cor- 
roboraverunt  Jacob  {-y.pv.y.KXdv)  :  Les  prophè- 
tes ont  soutenu  par  leurs  prophéties  et  fait 
revenir  de  ses  impiétés  le  peuple  de  Dieu 
descendant  de  Jacob,  et  l'ont  consolé  dans  ses 
afflictions. 

CORRODERE,xaTéSecreat,ronger.Exod.l0.5. 
Corrodet  omnia  ligna  quœ  genninant  in  agris  : 
Si  vous  ne  voulez  pas  laisser  aller  le  peuple, 
les  sauterelles  rongeront  tous  les  arbre^  qui 
poussent  dans  les  champs,  disent  Moïse  et 
Aaron  à  Pharaon. 

CORROGATIO,  nis.  Pnère  faite  à  quelques 
personnes  de  faire  quelque  chose  ,  ou  ,  de- 
mande qu'on  fait  à  plusieurs  personnes, 
comme  en  mendiant  ;  dans  l'Ecriture  : 

Assemblée  de  gens  qui  contribuent  chacun 
du  leur.  Eccli.  32.  3.  Ut  dignationem  conse- 
guaris  corrogationis  :  Afin  que  vous  receviez 
de  la  louange  de  la  part  de  tous  ceux  qui  sont 
à  table,  à  cause  de  l'ordre  que  vous  aurez 
établi  ;  ou,  afin  qu'ils  vous  fassent  honneur, 
en  contribuant  chacun  leur  plat  pour  en  faire 
comme  un  tribut  qu'ils  vous  offrent  comme 
à  leur  Roi. 

CORRUERE  ,  TTtTTTciv,  tomber  par  terre  , 
choir  en  ruine,  périr.  Heb.  11.  30.  Fide 
mûri  Jéricho  corruerunt  :  C'est  par  la  foi  que 
les  murs  de  Jéricho  tombèrent.  Voy.  Jos.  20. 
31.  Ps.  144.  14.  AUevat  Dominus  omnes  qui 
corruunt  :  Le  Seigneur  soutient  tous  ceux 
qui  sont  près  de  tomber.  Il  soutient  tous  ceux 
qui  ne  tombent  point  durant  la  tentation,  et 
tous  ceux  qui  se  relèvent  de  leur  chute,  s'en 
relèvent  ,  parce  que  Dieu  les  relève.  Prov. 
11.28.  Qui  cnnfxdil  in  diviliis  suis  corrucl  : 
Celui  qui  se  fiera  en  ses  richesses  tombera. 
Isa.  59.  14.  Corruit  in  platea  vcritas  :  La  vé- 
rité a  été  rcnverséedaus  les  places  publiques  ;  '^ 
se.  où  l'on  rendait  la  justice,  v.  5.  14.  c.  29.  ' 
25.  Levit.  26.  37.  Jos.  6.  v.  5.  20.  ç.  7.  5. 

1  '  Se  prosterner  par  terre.  Gen.  44. 14.  Om* 


983 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


984 


nés  ante  eum  pnriter  in  tn-ram  corruerunt  : 
Les  frères  de  Joseph  se  prosternèrent  «ous 
ensemble  devant  lui.  Num.  20.  6.  2.  Reg  9. 
C.  etc.  A  quoi  se  peut  rapporter,  Eslh.  7.  8. 
Reperit Aman  super  lectiinicoiTîiisse{£iinimeiv): 
Assuérus  trouva  qu'Aman  s'était  jeté  sur  le 
lit  où  était  Esther  ;  il  s'y  était  jeté  pour  la 
conjurer  de  lui  sauver  la  vie.  Voy.  v.  7. 

2"  Succomber,  être  vaincu  et  défait.  Levit. 
26.  17.  Corriietis  coram  hostibiis  vestris  : 
Vous  tomberez  devant  vos  ennemis;  se.  si 
vous  n'observez  mes  lois.  v.  7.  Num.  14.22. 
43.  Deut.  28.  7.  26. 

3°  Etre  saisi  de  crainte  et  de  douleur.  Isa. 
21.  3.  Corrui  cum  audirem  ;  ce  que  j'entends 
m'effraie,  dit  le  Prophète  parlant  de  la  ruine 
des  Babyloniens,  dont  il  prévoyait  la  désola- 
tion par  les  Perses  et  les  Mèdes.  1  Mach.  6. 16. 
'  4"  Tomber  dans  un  état  misérable  (ào-ôs-verv). 
Ose.  14.  2.  Corruistiin  iniquitate  tua  :  C'est 
votre  iniquité  qui  vous  a  fait  tomber  en  de 
si  grands  maux.  Prov  30.  10.  Ne  forte  cor- 
mas  (àyaviÇeaSat)  :  De  peur  que  vous  ne  tom- 
Jbi.^2  dans  la  malédiction  de  Dieu  ou  dans  le 
péché,  n'accusez  point  légèrement  le  servi- 
teur devant  son  maître.  Jer.  14.  9.  Hab.l.  11. 

CORROMPERE,  Si«9)9£Î/3£iv,  yOjîpEtv.  Corrom- 
pre, gâter.  Prov.  25.  26.  Vena  corrupta:  Une 
source  corrompue.  Ps.  37.  6.  Putruerunt  et 
corruptœ  sunt  cicatrices  meœ  (uïixstv)  :  Mes 
plaies  ont  été  remplies  de  corruption  et  de 
pourriture  ,  à  cause  de  mon  extrême  folie. 
Mich.  2.  10.  Deut.  28.  22.  3.  Reg.  8.  37.  Sap. 
9.  15.  Nahum.  2.  2. 

1°  Ruiner  ,  ravager,  détruire  (è^oloOpBveiv). 
Exod.  8.  '2k-.Corruptaque  est  terra  ab  hujusce- 
modi  muscis  :  La  terre  d'Egypte  fut  corrom- 
pue de  cette  multitude  de  mouches.  Jer.  51. 
25.  Ose.  2.  12.  1.  Mach.  15.  4. 

2*  Perdre,  exterminer  ,  faire  périr.  2  Cor. 
4.  10.  Licet  is,  qui  foris  est,  noster  homo  cor- 
rumpatur  :  Encore  que  dans  nous  l'homme 
extérieur  se  détruise,  néanmoins  l'homme 
intérieur  se  renouvelle  de  jour  en  jour.  Voy. 
Homo.  Luc.  12.  33.  Facile  vobis  thesaurum 
non  deficientem  in  ccelis  ;  quo  far  non  appro- 
piat,  neque  tinea  corrumpit  :  Amassez-vous 
dans  le  ciel  un  trésor  qui  ne  périsse  jamais  ; 
d'où  les  voleurs  n'approchent  point,  et  que 
les  vers  ne  peuvent  corrompre  :  ce  trésor  se 
fait  par  l'ausiiône.  Ps.  74.  1.  Ne  corrumpas  : 
Ne  nous  détruisez  pas  :  c'est  le  titre  de  ce 
psaume,  Eccli.  47.  24.  Mal.  3.  11.  Dan.  7.  14. 

3*  Corrompre  les  mœurs  ou  l'esprit,  rendre 
plus  méchant.  Apoc.  19.  2.  Judiravit  de  me- 
retrice  magna  quœ  corrupit  terram  inprostitu- 
tione  sua  :  Cette  prostituée  que  Dieu  a  con- 
damnée, est  la  Rome  païenne,  qui  a  corrom- 
pu toute  la  terre  par  son  idolâtrie  et  ses  au- 
tres crimes.  1  Cor.  15.  33.  Corrumpunt  bcnos 
rnores  colloquia  prava  :  Les  mauvais  entre- 
tiens gâtent  les  bonnes  mœurs.  2  Cor.  7.  2. 
Nemincm  corrupimus  :  Nous  n'avons  cor- 
rompu personne  ,  soit  par  le  mauvais  exem- 
ple, soit  par  la  fausseté  de  la  doctrine.  Cant. 
8.  5.  Jbi  cornipla  est  mater  tua  :  C'est  sous 
un  arbre  qu'Eve  a  été  corrompue  parles  ar- 
tifices du  démon  (wSûvnv,  parère). 


4°  Souiller,  profaner,  rendre  impur.  Levit. 
22.  25.  Corrupta  et  maculala  sunt  omnin  ; 
On  n'offrait  point  à  Dieu  les  présents  des 
païens,  parce  qu'ils  étaient  souillés  par  leur 
idolâtrie ,  et  qu'ils  étaient  estimés  profanes 
au  regard  des  Juifs. 

5"  Donner  du  goût,  aigrir  (Çup^Ov,  fermen- 
tare).  1  Cor.  5.  6.  Gai.  5.  9.  Modicum  fermen- 
tum  totam  massam  corrumpit  :  Quoique  cette 
aigreur  que  le  levain  donne  à  la  pâte  soit 
bonne  et  utile  en  soi-même  ;  néanmoins,  dans 
l'application ,  elle  marque  la  corruption  qui 
se  fait  d'une  compagnie  ,  par  la  méchanceté 
d'un  seul  ou  d'un  petit  nombre. 

CORRUPTIBILIS,  is  ;  y6«0TÔç,  Corruptible, 
sujet  à  la  corruption.  Eccli.  14.  20.  Omne 
opus  corruptibile  in  fine  dcficiet  :  Tout  ce  qui 
est  corruptible  sera  détruit  enfin.  1  Cor.  15. 
53.  Oportet  enim  corruptibile  hoc  induere  cor- 
ruptionem  :  Il  faut  que  ce  corps  corruptible 
soit  revêtu  de  l'incorruptibilité. 

CORRUPTIO,  Nis,  <j>Oof>à,  BiufOopû,  Corrup- 
tion, perte,  dégât.  1.  Cor. 15.  42.  Seminatur  in 
corruptione  ;  Le  corps  de  l'homme  se  cor- 
rompt en  terre  comme  les  graines  que  l'on 
sème  :  Ainsi,  Videre  corruplionem ,  signifie, 
ressentir,  éprouver  la  corruption  dans  le 
tombeau.  Ps.  15.  10.  Nec  dabis  Sanctum 
tuum  videre  corruplionem  :  Vous  ne  souffri- 
rez point  que  voire  Saint  soit  sujet  à  la  cor- 
ruption :  ce  qui  ne  peut  s'entendre  de  David, 
mais  de  Jésus-Christ  seulement,  comme  saint 
Pierre  le  prouve  ,  Act.  2.  v.  27.  29.  31.  et 
saint  Paul,  Act.  13.  v.  34.  35.  36.  David  ap- 
positus  est  ad  patres  suos  ,  et  vidit  corriiptio- 
nem:  David  a  été  mis  avec  ses  pères  ,  et  il  a 
éprouvé  la  corruption,  v.  37.  Quemvero  Dcus 
suscitavit  a  mortuis,  non  vidit  corruplionem  : 
Mais  celui  que  Dieu  a  ressuscité  n'a  point 
éprouvé  la  corruption. 

1°  Le  Sépulcre.  Act.  13.  34.  Suscitavit  eum 
a  mortuis  ,  amplius  jam  non  reversurum  in 
corruptionem  :  Dieu  a  ressuscité  Jésus-Christ 
d'entre  les  morts  pour  ne  plus  retourner  au 
sépulcre.  Ce  mot  corruptio  est  mis  pour  le 
sépulcre,  parce  que  les  corps  y  sont  corrom- 
pus ,  ce  qui  ne  se  peut  dire  de  Jésus-Christ. 

2°  La  mort  (eàvaro;);  soit  temporelle, 
celle  du  corps,  qui  est  suivie  de  la  corruption 
du  corps.  Jon.  2.  7.  Job.  33.  18.  Erucns  ani- 
mani  ejus  a  corruptione  :  Dieu  tire  l'âme  de 
l'homme  de  la  corruption  ;  ou  ,  de  sa  perte  , 
V.  30.  Ainsi ,  Bescendere  in  corruptionem  : 
C'est  mourir,  v.  24.  Libéra  eum  ,  ttt  non  de- 
scendal  in  corruptionem  :  Délivrez  l'homme  , 
afin  qu'il  ne  descende  point  dans  la  corrup- 
tion. Ps.  29,  10.  Soit  la  mort  éternelle  de 
l'âme.  Gai.  6.  8.  Qui  seminat  in  carne  (Gr 
in  carnem  )  de  carne  et  melet  corruptionem  : 
Celui  qui  sème  dans  sa  chair  recueillera  de 
la  chair  la  corruption  et  la  mort. 

3'  Dégât  ,  dommage.  Dan.  3.  91.  IVihil  in- 
corrupltonis  in  eis  est  :  Le  feu  ne  les  a  point 
incommodés  ni  endommagés  ,  dit  Nabucho- 
donosor,  des  enfants  jetés  dans  la  fournaise. 

4"  Dérèglement  d'esprit  et  de  mœurs.  S.ip. 
14.  12,  Inventio  illorum  corruptio  vitœ  est  : 
L'établissement  des  idoles  a  été  la  corruption 
de  la  vie  humaine.  Ainsi  il  signifie  aussi,  in- 


985 


COR 


COR 


983 


famies,  ordures  ,  saletés,  impuretés.  2  Potr. 
2.  19.  Cum  ipsi  servi  sint  corruptionis  :  11«; 
sont  esclaves  de  la  corruption  :  Saint  Pierre 
parle  des  Gnostiques.  disciples  de  Simon  . 
qui  se  vnulraionl  dans  toute  sorte  d  inipure- 
los.  V.  \'2.  c.  l.  i.  Daulres  entendent  ces 
passages  de  la  concupiscence  et  du  péché  , 
coinnre  le  passage  suivant,  1.  Cor.  15.  oO.-Vc- 
que  corruptio  incorruptclam  possidibit  :  La 
corruption  ne  possèd  ra  point  l'incorrupti- 
bilité. On  entend  aussi  cet  endroit  de  la  cor- 
ruplibilité  des  choses  qui  changeront  de  qua- 
lité après  la  résurrection  générale. 

5°  Abus ,  et  mauvais  usage  que  l'on  peut 
faire  des  créatures.  Roui.  8.  -21.  Ipfa  crea- 
tura  liberabitur  a  servitutc  corrupdonis  :  Les 
créatures  gémissent  d'être  soumises  à  l'abus 
que  t'ont  d'elles  les  hommes  et  le  démon  niè- 
iiie  .  jusqu'à  ce  qu'elles  en  soient  délivrées 
aussi  bien  que  des  altérations  qui  les  cor- 
rompent. 

6^  Fraude  ,  tromperie  ,  supercherie.  Sap. 
11-.  25.  Omnia  commixia  sunt,  sanguis .  hotni- 
cidium,  furt un  et  fictio,  corntplio  et  infidcli- 
tas  :  Tout  est  dans  la  confusion,  le  sang,  le 
meurtre,  le  vol,  la  tromperie,  la  corruption, 
l'infidélité.  Eccli.  i'2.  5.  A^e  cotifundarit:  de 
corruplione  emptionis  et  uegotiatorum  :  Ne 
rougissez  point  de  faire  justice  des  corrup- 
tions qui  arrivent  entre  les  \endeurs  et  les 
acheteurs  ;  autr.  ne  rougissez  point  de  re- 
prendre ou  il'eviler  les  corruptions  qui  arri- 
vent, etc.  C'est  ainsi  qu'on  est  obligé  do  sup- 
pléer quelque  chose  de  semblable  si  on  lit 
corruptio:  car  l'auteur  en  ce  chapitre  ne 
parle  que  de  bonnes  choses,  dont  il  ne  faut 
pas  avdir  honte.  Le  Grec  porte  -îci  kotx-.zzTj, 
De  indifferenti  vetuHlione  :  N'ayez  point  de 
honto  de  vendre  autant  aux  uus  qu'aux  au- 
tres ,  aux  grands  qu'aux  petits  :  d'autres  li- 
sent §ix%6ioM,  di/f\rculi:  il  y  a  apparence  que 
l'Interprète  a  lu  5tx»6o_soy,  corruptione. 

CORTEX,    ICIS  ,    ïi~iTUiX  ,    /i-Tjco,-,    çf.Qiôç  ; 

Decoriuoi,  parce  que  c  est  la  peau  des  ar- 
bres. 

Ecorce  («\ui6v).  Job.  30.  i.  Mandebcnt  fur- 
bas  et  arborum  cortices  :  Job  témoigne  qu'il 
se  voit  me[irisé  de  ceux  qui  s'et. lient  vus  ré- 
duits dans  la  dernière  pauvreté  ,  jusqu'à 
manger  l'herbe  et  les  écorces  des  arbres. 
Gen.\'10.  37.  Canl.  6.  G.  Sap.  13.  11. 

CORflNA,  JE,  de  cors,  ou  cartes,  cortis,  à 
cause  de  sa  rondeur  ;  ou  de  l'Hébreu  cour, 
catituis,  fornax  :  mais  quand  cortina  est  une 
tapisserie,  il  vient  tiocorium,  cuir. 

Ce  mot  signifie  chaudière,  marmite  ou  ta- 
pisserie :  dans  l'Eeril.  : 

Voile,  tente  (  «OÀaix  \  Exod  -26.  i.  Deccin 
cornitasde  btjsso  retorta  faciès  :  Il  y  aura  au 
tabernacle  dix  rideaux  de  tin  lin  vet  ms  ,  se. 
pour  le  couvrir,  v.  2.  .'?.  V.  etc.  Judith,  li. 
13.  Stelit  aille  coniitnm  :  ^'agao,  étant  outré 
dans  la  chambre  d'Holophernc,  se  tint  devant 
son  pa\illon.  v.  ik. 

CORUS,  I.  De  rnébrcu  kor.  frigus,  y/:,^;, 

Vont  d'aval,  nord-ouest  ou  couch.inl  d'ete. 

Act    27.  12.  Si  quomodo  posscni,  deveuicntcs 


Phœntcem,  hiemare.  portum  Cretœ  respicien- 
tem  ad  Afncum  et  ad  Coram  :  La  plupart  fu- 
rent d'avis  de  se  remettre  en  mer,  pour  ta- 
cher de  gagner  Phénice ,  qui  est  un  port  de 
Crète  .  qui  regarde  les  vents  du  couchant 
d'hi\er  et  d'ete,  afin  d'y  passer  l'hiver. 

CORUS  ,  1,  Koco;;  du  Grec  x6i:,- ,  de  l'Hé- 
breu cor. 

Une  mesure  de»  Hébreux,  pour  les  choses 
sèches,  contenait  huit  cents  li\  res  de  l'ancien 
poids  romain,  ou  ,  près  de  deux  setiers,  me- 
sure de  Paris  :  et  pour  les  choses  liquides, 
elle  contenait  environ  deux  cent  quatre- 
vingts  pintes,  qui  font  presque  un  muid,  me- 
sure de  Paris.  Luc,  16.  7.  Quantum  dcbcsf 
Centum  coros  tritici.  Combien  devez-vous  ? 
(dit  l'économe  de  l'homme  riche.)  Le  servi- 
teur repondit  :  Cent  mesures  de  froment. 
Ezoch.  40  Vi.Balus  olei  décima  pars  Cori  est  ; 
Le  batus  d'huile  est  la  dixième  partie  du  Co- 
rus. 

CORUSCABE  ;  x^rzi-m-.,  hxrrpx-ru-..  De 
y.iyjç  .  galea  ;  comme  si  ce  verbe  se  disait 
proprement  de  l'éclat  d'un  casque  :  ou  de 
karan,  splendere. 

Eclater,  briller,  étinceler.  Exod.  iO.  33. 
Majestaie  Domini  coru<canle  :  La  majesté  du 
Seigneur  éclatait  de  toutes  parts  ;  5c.  dans  le 
tabernacle,  lorsque  Moïse  l'eut  achevé.  Sap. 
IG.  22.  Ignii  in  grandine  et  pluvia  coruscans  : 
Un  feu  éiincelait  au  milieu  de  la  grêle  et  de 
la  pluie  :  se.  dans  l'Egypte,  ^^  Voy.  Exod.  9. 
v.  23.  2i.  )  Ainsi  ,  Ezech.  1.  1+.  Luc. 
17.  '1\. 

CORUSCATIO,  Ms;  «rrcaT^i.  Eclair.  Eccli. 
32.  1  +  .  Ante  grandinem  (Gr.  tonitruum  prœ~ 
ibil  coruscatio  :  On  voit  l'edair  avant  que 
d'entendre  le  tonnerre.  Ps.  l43.  G.  Ps.  7G.  19. 
Eccli.  V3.  i\. 

CORVINUS  .  A  ,  UM  ;  xô^aH,  qui  appartient 
au  corbeau.  Levit.  11.  15.  beut.  1+.  1  +  .  Omne 
corvini  generis  in  similitudinem  suam  :  Le 
corbeau  et  tout  ce  qui  est  de  la  même  espèce. 

CORVUS,  1  ;  xiûxi,  ce  nom  vient  de  xôzxi. 

Corbeau,  oiseau.  Luc.  12.  2V.  Conside'rate 
corvos  :  Jesus-Christ  donne  pour  exemple  et 
pour  preuve  de  la  providence  particulière 
qu'il  a  de  nourrir  ses  fidèles  serviteurs,  qui 
s'appuient  sur  sa  divine  providence  ,  celle 
par  laquelle  il  nourrit  les  corbeaux,  qui  ne 
sèment  ni  ne  moissonnent.  Prov.  30.  17. 
(Oculum)  effodiant  eum  corri  de  torrentibus  : 
Que  l'œil  de  celui  qui  insulte  à  son  père, 
soit  arraché  par  les  corbeaux  qui  sont  dans 
les  torrents  ;  ».  e.  que  celui-là  soit  pendu,  ot 
que  les  corbeaux  le  de\oront.  Ps.  liG,  9. 
Gen.  8.  7.  Dimisit  corvum  gui  egrtdiebatur  et 
non  revertebatur  :  Noe  laissa  aller  le  corbeau 
qui,  étant  sorii.  ne  re>inl  plus.  Heb.  Jigres- 
sus  est  egredicndo  et  revertendo  :  Il  y  a  appa- 
rence (lue.  tiuand  Noé  ont  laissé  aller  le  cor- 
beau .  il  s'attachait  à  des  charognes  ,  et  qu'il 
volait  ensuite  sur  le  toit  de  l'arche  pour  s'y 
reposer  ,  et  qu'il  retournait  encore  sur  les 
charognes  sans  rentrer  dans  l'ar»  lie.  C'est 
dans  ce  sens  (ju'on  peut  accorder  la  contra- 
diction apparente  qui  se  trouve  entre  la  Vul- 
gate  cl  les  Sept.inte  d'avec  I  Hébreu.  3  Reg 
17.  V.  'i.  G.  Corvisprœcepi  ut  pascant  te  :  J'a 


ai 


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DICTIONNAIRE  DF.  PHILOLOGIE  SACREE. 


'jn 


eommauûeaux  corboaux  de  vous  nourrir: 
En  effet,  les  corbeaux  portaient,  le  soir  et  le 
matin  ,  du  pain  et  de  la  viande  à  Elie.  Job. 
38.  41.  Qf^fs  prœparat  corvo  escam  suam, 
quando  pulli  ejiis  clamant  ad  Deum  :  Qui  pré- 
pare au  corbeau  sa  nourriture  lorsque  ses 
petits  crient  à  Dieu,  parce  qu'ils  n'ont  rien 
à  manger.  Les  auteurs  remarquent  que  les 
corbeaux  ,  soit  par  un  effet  de  leur  cruauté 
naturelle,  soit  parce  qu'ils  voient  leurs  petits 
d'autre  couleur  que  de  la  leur,  les  abandon- 
nent lorsqu'ils  sont  encore  dans  le  nid  ;  ainsi, 
ces  petits  s'adressent  à  Dieu,  qui  les  nourrit 
de  mouches  et  de  vermisseaux  ,  qui  se  trou- 
vent proche  d'eux  ,  jusqu'à  ce  qu'ils  soient 
devenus  plus  forts  et  capables  de  voler  pour 
chercher  leur  nourriture  :  c'est  ce  que  dit 
aussi  David,  Ps.  146,  10  :  Qui  dut  escam... 
nulUs  corvorum  invocantibus  eum  :  Dieu 
nourrit  les  petits  des  corbeaux  qui  invoquent 
son  secours. 

COS  ,  Heb.  Spina.  Père  d'Anob  et  de  So- 
boba.  1.  Par.  k.  8 

COSAN  ,  Heb.  Divinans.  Un  parent  de  Je- 
f us-Christ,  fils  d'Elmadan  ,  et  père  d'Addi. 
Luc.  3.  28. 

COSTA,  M,  du  Grec,  oTTc-ov,  Hébreu  Gerem, 
os,  assis  ;  comme  caula  se  fait  d'aù).ïi. 

Côte  d'un  homme  ou  d'un  animal.  Job.  18. 
12.  Inedia...  invadai  costas  illius  :  Que  la 
faim  décharné  les  côtes  de  l'impie  ;  i.  e.  que 
son  estomac,  faute  de  nourriture,  devienne 
tout  faible. 

COTURNIX,  icis,  d'oûTJvo,-,  gen.  d'oprvï. 
Caille,  oiseau.  Ps.  iOï.kO.  Pelienmt,  et  venit 
coturnix  :  Les  Israélites  deniandèrent  à 
manger  ,  et  Dieu  fit  venir  des  cailles.  Exod. 
16.  l:^  Num.  11.  v.  31.  32. 

COOS,  ou  COS,  ou  COUS,  Vertex,  summi- 
tas  :  Ile  de  Cos  ou  Co  ,  vis-à-vis  d'Halicar- 
nasse  dans  l'Archipel  ,  pays  d'Hippocrate  et 
d'Appellès.  Act.  21.  1.  Recto  cursu  venimus 
Coum  :  Nous  vînmes  droit  à  Cos.  1  Mach.  lo. 
23.  [Hœc  eadem  scriptasunl)  et  in  omnes  re- 
giones  et  Lyciam  ,  et  in  Halicarnassum[,  et  in 
Coo  ,  pour  in  Con  :  Les  Romains  écrivirent 
ces  mêmes  choses  en  faveur  des  Juifs  dans 
tous  les  pajs...  en  Lycie,  à  Halicarnasse,  à 
Cos,  etc. 

COUTI;  avyxi^âTeat,  Avoir  commerce  avec 
quelqu'un,  le  hanter  et  converser  familière- 
ment. Jo;in.  i.  9.  Non  coiLtnnlur  Judœi  Sa- 
maritanis  :  Les  Juifs  et  les  Samaritains  pou- 
vaient bien  entretenir  quelque  commerce  par 
nécessité  ;  mais  ils  ne  mangeaient  point  en- 
semble, et  avaient  de  l'aversion  les  uns  pour 
les  autres. 

COZBI,  Hebr.  Mendax,  fille  de  Sur,  prince 
des  Madiani(cs,qui  fut  tuée  avec  Zambrijjar 
Pbiiiées.  d'un  seul  coup  dépée.  Num.  25.  5. 

CRABRO,  OMS.  Ce  mot  vient  de  l'Hébreu 
g.irob.  Colluvies  muscardm.  Exod.  8.  24. 

Frelon  ,  sorte  de  grosse  mouche  (o-yvî/ia). 
Jos.  24.  12.  Misi  anle  vos  crabrunes  :  .l'ai  en- 
vové  devant  vous  des  mouches  piquantes,  dit 
Dieu  au  peuple.  Evod.  23.  28.  Deul.  7.  20. 
Voy.  Vespa.  Sap.  12.  8. 

CKAPCLA,  je,  du  grec  x,o«trâA»3. 
Intempérance,  excès  de  boire  cl  de  manger. 


Luc.  21.  34.  Attendtte  a  vobis  ne  forte  çra- 
ventur  corda  vestra  in  crapula  et  ehrie^ 
tate  :  Prenez  bien  garde  à  vous,  de  peur  que 
vos  cœurs  ne  s'appesantissent  par  l'excès  des 
viandes  et  du  vin.  Eccli.  37.  34.  Propler  cra- 
pulam  muUi  obierunt  {xnlrKjriy.)  :  L'intempé- 
rance en  a  tué  plusieurs.  Zach.  12.  2.  Voy. 

SUPERLBIINARE. 

CRAPULATUS,    a,    UM  ,   y.ty.py.inylTjyMç  ,    qni 

s'est  enivré,  qui  a  bu  du  vin  par  excès.  Ps. 
77.  65.  Tanu/uampotens  crap  lotus  a  vino  :  Le 
Prophète  représente  Dieu  comme  venant  au 
secours  de  sou  peuple  comme  un  puissant 
guerrier  ,  qui  tire  de  son  ivresse  même  de 
nouvelles  forces  pour  terrasser  ses  ennemis. 

CRAS,  «jptov,  du  mot  hébreu  acher,  qui  si- 
gnifie alter,  comme  si  c'était  altéra  die. 

Demain,  le  jour  suivant.  Exod.  8. 10.  Cras  : 
Demain  ,  priez  le  Seigneur  qu'il  me  délivre, 
moi  et  mon  peuple  ,  cie  ces  grenouilles  ,  dit 
Pharaon  à  Moïse,  c.  9.  5.  Jos.  11.  6.  1.  Reg. 
20.  18.  4.  Reg.  7.  1.  18.  etc. 

1°  A  l'avenir,  dorénavant  {èizocipio'))) .  Gen. 
30.  33.  Respondebitque  mihi  cras  justifia  mea^ 
quando  placiti  tempus  advenerit  coram  te  : 
Quand  le  temps  sera  venu  de  faire  cette  sé- 
paration selon  notre  accord  ,  mon  innocence 
me  rendra  témoignage  devant  vous,  ilit  Jacob 
à  Laban.  Exod.  13.  14.  Deut.  6.  20.  Jos.  4. 
v.  6.  21.  1.  Reg.  28.  19.  Ainsi ,  Prov.  3.  28. 
Cras  dabo  tibi  :  Ne  dites  point  à  votre  ami  : 
Je  vous  donnerai  demain,  lorsque  vous  pou- 
vez lui  donner  à  l'heure  même.  1.  Reg.  28. 
19.  Cras  tu  et  filii  tui  mecum  eriiis  :  Vous  se- 
rez dans  peu  avec  moi,  vous  et  vos  fils. 

2"  Bientôt,  incontinent,  au  temps  qu'on  y 
pensera  le  moins.  Isa.  22.  13.  Cras  morie~ 
mur  :  Mangeons  et  buvons,  direz-vous,  nous 
mourrons  demain.  1.  Cor.  15.  32.  Jos.  22.  18. 

Phrase  tirée  de  ce  mot. 

Hodie  et  cras  ,  aujourd'hui  et  demain  ,  si- 
gnifie un  peu  de  temps ,  pendant  un  temps 
fort  court.  Luc.  13.  32.  Ecce  sanitates  perfî- 
cio  hodie  et  cras  :  J'ai  encore  à  rendre  la 
santé  aux  malades  aujourd'hui  et  demain,  v. 
33;  ce  qui  est  dit  dans  le  même  sens  que  post 
duos  dies,  qui  se  trouve.  Ose.   6.  3.    V^oyez 

HODlE. 

CRASSITUDO,  iNis,  7r«;;^o,-,  grosseur,  épais- 
seur. Ps.  140.  7.  Sicut  crassitudo  terrœ  erupta 
est  super  terram  :  Comme  les  molles  d'une 
terre  grasse  sont  dispersées  çà  ei  là  par  le  la- 
boureur; ainsi  nos  ennemis  nous  ont  telle- 
ment affligés  et  abattus,  qu'ils  nous  ont  pres- 
que réduits  au  tombeau. 

1"  Graisse,  embonpoint  {(jricf.p).  Job.  15.  17. 
Operuit  faciem  ejus  crassitudo  :  La  f.'ce  de 
l'impie  regorge  de  graisse;  ce  qui  figure  son 
orgueil,  dans  le  même  sens  que  s'enieml  in- 
crassatus.  Deut.  32.  15.  et  Ps.  72.  7.  Voyez 
Adeps. 

2°  La  santé  et  l'embonpoint  de  l'âme  («7«(3«, 
bona).  Isa.  55.  2.  Delectabilur  in  crassitu- 
dine  anima  vestra  :  Votre  âme,  étant  comme 
engraissée  de  la  bonne  nourriture  que  je  vous 
donne,  sera  dans  la  joie;  celte  nourriture  est 
la  parole  de  Dieu. 

CRASSOS,  A,  uM,77«/y»-;  de  X5£«;,  caro,  ceux 


qui  mangent  beaucoup  de  chair  deviennent 
gros. 

1"  Gros  et  gras.  Ps.  143.  IV.  Bovps  eorum 
crassœ: Les \aches  des  étrangers  sont  grasses 
ei  puissantes.  Gen.  M.  2.  Deut.  31.  26.  Judic. 
3.  17.  Ezech.3i.  3. 

2°  Epais  ,  bourbeux.  2.  M;ich.  1.  20.  Non 
invenerunt  ignem  ,  sed  aquain  crassnm  :  Les 
petils-Gls  des  prêtres  f'qui  avaieiil  caché  le 
ieu  qui  était  sur  l'aute!)  no  trouvèrent  point 
ce  feu,  mais  seulement  une  eau  épaisse.  Le 
prêtre  Néhéniias  ayant  fait  des  aspersions  de 
celte  eau  épaisse  sur  les  sacrifices  et  sur  îe 
bois  ,  le  feu  s'y  alluma  ,  ce  qui  causa  une 
grande  admiration. 

CKASTINUS,  A,  UM,  le  jour  de  demain,  le 
jour  suivant,  lé  lendemain.  1.  Reg.  20.  5. 
Ecce  calendœ  sunt  crastino  die,  K-J^tov':  C'est 
demain  le  premier  jour  du  mois,  dit  David  à 
Jonathas.  v.  12.  c.  11.  11.  Joan.  1.  43.  Acl. 
'20.  7.  etc. 

Quelque  temps  à  venir  que  ce  soit.  Prov. 
27.  1.  Ne  glorieris  in  craflinum  .-Ne  vous  glo- 
rifiez point  pour  l'avenir.  Jac.  4.  13.  Hodie 
oui  crastino  in  illam  civilalem  :  Nous  irons 
aujourd'hui  ou  demain  en  une  telle  ville, 
dit-on  communément,  v.  14.  Qui  ignoratis 
quid  erit  in  crastino  :  El  vous  ne  savez  pas 
même  ce  qui  arrivera  demain  ;  c'est  d*^  quoi 
avertit  l'Apôtre  sur  les  desseins  de  l'avenir. 
Matlh.  6.  34.  Noliie  soUiciti  esse  in  craslinum, 
craslinus  enim  dies  sollicitus  erit  sibi  ipsi  : 
Ne  soyez  point  en  inquiétude  pour  !e  lende- 
main, car  le  lendemain  aura  soin  de  lui-même. 
Ces  passages  se  peuvent  bien  aussi  entendre 
précisément  du  lendemain  ,  in  craslinum 
pour  oh  craslinum.  Voy.  In. 
CHATER,  is,  CRATERA,  m.ytpc^Tip,  du  grec 

y.pv.T-ôçi ,  de  Y.ipù(ù, 

Coupe,  tasse.  Exod.  24.  6.  Num.  4.  7.  Po- 
nent  cum  ea  thuribula,  et  mortariola,  cyathos 
et  crateras  .  Aaron  et  ses  fils  mettront  avec 
la  table  des  pains  exposes  devant  Dieu,  les 
encensoirs,  les  petits  mortiers,  les  vases  et 
les  coupes;  se.  pour  les  emporler  lors  du 
décampement.  1.  Esdr.  8.  25.  Cant.  7.  2.  Isa. 
22.  24. 

CRATICULA,  M,  de  craies,  et  signifie  : 

1"  Gril  qui  sert  à  rôtir  les  viandes.  Levit.  2. 
7.  5m  outem  de  crativiila  iè^xàpa.)  fuerit  :  Si 
le  sacrifice  se  fait  d'une  chose  cuite  sur  le 
gril.  c.  7.  9. 

2°  Grille  d'airain  qui  était  sur  l'autel  des 
holocaustes,  sur  laquelle  on  mettait  le>  vic- 
times pour  les  brûler.  Exod.  27.  v.  4.  5.  Crn- 
ticulanique  in  modum  refis  œneam  (façies)  : 
Vous  ferez  aussi  une  grille  d'airain  en  forme 
de  rêls.  Voyez  sa  foroie,  Exod.  27.  4.  et  suiv. 
Ainsi,  la  grille  ou  la  table  de  l'autel  des  par- 
fums éiait  percée  à  jour  comme  une  cLaie. 
Exod.  30.  3.  Yestiesquc  illud  auro  purissimo, 
tnm  craliculam  ejns  quam  paricles  per  cirçui- 
tum  et  cornua  :  Vous  couvrirez  d'un  or  Irès- 
pur  la  table  de  cet  autel,  et  les  quatre  côtés 
avec  ses  cornes. 

CREAGRA,  .E,  ^pEàypa,  des  mots  x&£«f  , 
caw,  et  (i'àypcu.  capere. 

Fourchette.  2.  Par.  4.  11.  Fecil  aulem  Ili- 
ram  lebeles  et  çreayras  :  Hiram  fit  aussi  des 


CRE  990 

chaudières  et  des  fourchettes,  etc.  v.  16.  Jer. 
52.  18. 

CREARE  ,  xTîÇciv,  de  1  ancien  verbe  cereo, 
ou  de  l'Hébreu  gores  ,  produire  ,  mettre  de- 
hors, en  parlant  des  fruits  de  la  terre. 

l°Créer,  produire  son  effet,  sansaideelsans 
dépendance,  par  une  puissance  absolue,  soit 
en  produisant  de  rien  et  tirant  purement  du 
néant,  ce  qui  est  propre  à  Dieu.  Gen.  1.  1.  In 
principin  crenvit  Deus  cœlum  et  terram  :  Dieu 
a  créé  l'univers,  compris  dans  le  ciel  et  la 
terre;  soit  en  se  servant  de  quelque  matière. 
V.  21.  Ti.  Creavit  Deus  hominem  ad  imn  inem 
suam  :  Dieu  créa  l'homme  à  son  imaf^e*  la 
terre  dont  l'homme  fut  créé,  n'étant  pas  pro- 
pre pour  cet  effet  ,  doit  êire  comptée  pour 
rien.  Eccli.  17.  1.  On  en  pi^ut  dire  de  même 
des  animaux  et  des  autres  choses  qui  furent 
créées  au  commencement  du  numde  ,  ce  qui 
est  exprime  parle  moty«T«c^:y«Çr[v,  fabricnre. 
Hebr.  3.  4.  Qui  antem  omnia  creavit,  Deus 
est  :  C'est  Dieu  qui  est  l'architecte  et  le  créa- 
teur de  toutes  choses;  c'est  lui  qui  leur  a 
donné  l'être;  car,  quoique  l'action  par  la- 
quelle les  animaux  produisent  leurs  sembla- 
bles soit  une  vraie  génération  ,  l'action  jiar 
laquelle  Dieu  les  produit  est  une  création 
aussi  véritable  que  celle  par  laquelle  il  a  fait, 
au  commencement  du  monde,  la  matière  de 
laquelle  il  les  forme  tous  les  jours.  Ainsi, 
créer  n'est  pas  seulement  nioiuire  de  rien, 
mais  encore  produire  sans  dépendre  de  rien, 
par  une  puissance  absolue.  Eccli.  18.  1. 

2°  Produire  de  quelque  façon  que  ce  soit. 
1.  Tim.  4.  3.  Abstinere  a  cibis  quos  Deus  créa- 
rit  ad  percipiendum  cum  graliarum  aclionc  : 
S'abstenir  des  viandes  que  Dieu  a  créées  pour 
être  prises  avec  action  de  grâc^'s  par  les  fi- 
dèles. Gen.  1.21.  Creavit  Leus  cete  grandia 
'Tzoïzîi/)  :  Dieu  créa  les  grands  poissons;   ou 
peut  dire  que  les  animaux  et  les  autres  cho- 
ses matérielles  et  terrestres  ne  sont  pas  pro- 
prement créées,  mais  formées  de   cet  amas 
confus  d'êtres  sans  forme  que  Dieu  créa  d'a- 
bord, comme  les  semences  et  les  éléments  do 
toutes  les  choses  qu'il  démêla  ensuite  :  ainsi 
il  créa  l'homme  du  limon  de  la  terre.  Gen.  1. 
27.  c.  2.  7.  Formavit  Deus  hominciu  de  limo 
terrœ.  A  moins  qu'on  ne  veuille  dire  (luune 
chose  est  créée  quand  elle  reçoit  un  être  nou- 
veau ,   soit  qu'elle  le  lire  d  une  matière  ou 
non;   dans  ce  sens,  les  hommes   sont  créés 
quand  ils   sont   conçus  et  produits  selon  !e 
cours  naturel.   Ps.  1Ô3.  30.  Emittrs  spirilum 
tuum  et  creabuntur  :  Vous  enverrez  l'esprit 
de  vie,  qui  fera  naître  d'autres  animaux  eu 
la  place  de  ceux  qui  sont  morts. 

S"  Changer  de  di>;position ,  et  donner  do 
nouveili  s  (jualités,  qui  rendent  une  chose 
autre  (lu'elle  n'était.  Isa.  03.  19.  h'rce  egr) 
creo  cœlos  notas  :  Je  m'en  vais  créer  de  nou- 
veaux rioiix  et  une  terre  nouvelle.  Voy.  No- 
vus.  Vs.  10.  12.  Cor  mundum  crcainme,  Deus: 
Purifiez  mon  c(L'ur,  (|ui  est  souille,  ô  mou 
Dieu.  \o\.  Ezech.  .%.  26. 

4°  Faire,  produire  généraleinent  quoi  que 
ce  soit.  Isa.  57.  19.  Créai i  fructun)  labiorum 
parem  :  J'ai  produit  la  paix,  qui  «si  le  fruit 
de  mes   paroles.  Ecril.    17.  6    Creatyit  Uli9 


991 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


y«2 


scientiam  spirilus;  i.  c.  scientiam  rerum  spi- 
ritualium  :  Dieu  a  créé  dans  l'hommo  et  la 
femme  la  science  de  l'esprit;  ce  verbe  se  dit 
aussi  des  choses  qui  n'ont  point  d'être  réel. 
Isa.  45.  7.  Creans  tenebras  ,  creans  malum  : 
C'est  Dieu  qui  forme  les  ténèbres ,  qui  crée 
les  maux  ;  tels  que  sont  la  guerre,  la  peste, 
la  famine,  mais  non  le  péché.  Eccli.  37.  3. 
Unde  creata  es;  Gr.  «yr/.uAh^r,;,  devoluta  es. 

5°  Ordonner,  destiner,  établir.  Eccli.  7.  16. 
Non  oderis  laboriosa  opéra  et  riisticationem 
çrcatam  ab  Altissimo  :  Ne  fuyez  point  les  ou- 
vrages laborieux  ni  le  travail  de  la  campagne, 
qui  a  été  créé  par  le  Très-Haut  ;  i.  e.  destiné 
et  établi.  Eccli.  10.  22.  Non  est  creata  hoiyii- 
nibus  superbia  :  L'orgueil  n'a  point  été  créé 
avec  l'homme  comme  une  chose  qui  lui  fût 
naturelle  et  convenable. 

6°  Former  un  dessein,  une  résolution.  Isa. 
46. 11.  Creavi  et  faciam  ilhid  :  J'ai  formé  ce  des- 
sein, et  je  l'accomplirai,  c.  48.7.  Ntinc  creata 
simt  et  non  ex  txmc  :  Ce  sont  des  résolutions 
que  je  fais  présentement,  et  non  d'autrefois. 

7'  Créer ,  donner  un  être  spirituel ,  faire 
enfants  de  Dieu  pour  former  un  corps  mysti- 
que, qui  est  lEglise.  Ps.  101.  19.  Populus  qui 
creabilur  laudabit  Dominum  :  Le  peuple  qui 
sera  créé  ,  louera  le  Seigneur.  Ephes.  2.  10. 
Creati  in  Christo  Jesii  :  Créés  en  Jésus-Christ, 
c.  4.  24.  Isa.  43.  v.  1.  7. 

8°  Créer  se  prend  improprement  et  par 
abus  pjour  donner  l'être  de  toute  éternité. 
Eccli.  1.  4.  Prier  omnium  creata  est  Sapien- 
tia  :  La  Sagesse  a  été  créée  et  a  subsisté  avant 
toutes  choses,  v.  9.  c.  24.  v.  12.  14.  Ab  initia 
et  ante  sœcula  creata  sum  :  La  Sagesse  incréée 
est  engendrée  de  toute  éternité;  lEcriture 
se  sort  souvent ,  pour  exprimer  les  choses 
divines,  d'expressions  basses  et  tirées  de  cho- 
ses imparf;iites  dont  il  ne  faut  prendre  que 
ce  qui  sert  au  sujet.  Ainsi,  creata  sum  ;  i.  e. 
fui,  substiti.  La  production  du  Verbe  est  quel- 
quefois appelée  création  ,  pour  nous  faire 
concevoir  que  le  Fils  n'est  pas  formé  d'une 
portion  de  la  substance  du  Père  ,  et  que  la 
naissance  du  Fils  n'ôte  rien  au  Père.  Quel- 
ques-uns de  ces  passages  se  peuvent  enten- 
dre de  la  Sagesse  incarnée.  Le  Verbe,  comme 
Dieu,  a  créé  son  humanité  sainte,  comme  les 
Pères  ont  expliqué  cet  endroit,  Prov.  8.  22. 
selon  le  Grec  h.-zl'jy.xo  ,  Doininus  possedit  me 
in  initia  viarum  suarum  :  Le  Seigneur  m'a 
possédée  au  commencement  de  ses  voies.  70. 
Creavit  me,  h-l'ju-o.  D'ailleurs  le  mot  hébreu 
kana,  acquirere,  possidere ,  signifie  aussi  gi- 
gnere,  comme  il  paraît,  Gen.  4.  1.  Voy.  Pos- 
siDERE.  D'ailleurs  Hesychius  mot  pour  syno- 
nymes xTïjTo/sc?,  et  xTi7Tai,  possesseurs  et  créa- 
teurs, diction. 

CREATIO,  NiSjZTifTtf,  création  ;  dans  l'Ecri- 
lure, 

Structure,  composition.  Hebr.  9.  12.  .4m- 
plius  et  perfectius  tabernaculum  non  manu- 
factum;  i.  e.  non  hujus  creationis  :  S;iinl  Paul 
dit  ((uc  le  corps  naturel  de  Jésus-Christ  n'a 
point  été  louvrage  de  l'homme  ,  comme  fut 
l'ancien  tabernacle  de  Moïse,  puisqu'il  a  été 
cou(;u  et  formé  par  l'opération,  du  Saint- 
Esprit  dans  le  sein  dune   Vieryie;   d'autres 


prennent  ce  tabernacle  pour  l'Eglise  mili- 
tante, par  laquelle  Jésus-Christ  a  passé  pour 
entrer  dans  la  triomphante,  dont  le  Saint  des 
saints  était  la  figure. 

CREATOR,  is,  y-î(7T>j?,  créateur,  qui  donne 
un  être  nouveau.  Eccli.  12. 1.  Mémento  Crea- 
toris  tui  in  diebus  juventutis  tuœ  :  Souvenez- 
vous  de  votre  Créateur  pendant  les  jours 
de  votre  jeunesse. Rom.  1.25. 1.  Petr.4. 19.etc. 

Qui  donne  un  être  spirituel  ou  surnaturel 
(xûiswv).  Deut.  32.  18.  Oblitus  es  Creatoris 
tui  :  Vous  avez  oublié  celui  qui  vous  a  fait 
ses  enfants  et  son  peuple. 

CREATURA,  m.  y.zhiç,  Créature,  chose 
créée.  1.  Tim.  4.  4.  Omnis  creatura  Dei  bona 
est  :  Toute  créature  de  Dieu  est  bonne.  Rom. 
8.  22.  Omnis  creatura  ingemiscit  :  Toutes  les 
créatures  gémissent,  v.  19.  20.  21.  39.  Eccli. 
24.  0.  Coloss.  1.  15.  Primogenitus  omnis 
creaturœ  :  Le  Fils  de  Dieu  est  né  avant  toutes 
les  créatures  et  de  toute  éternité.  Hob.  4.  13. 
Marc.  13.  19.  Ainsi  ,  Apoc.  8.  9.  Tertia  pars 
creaturœ  eorum,  quœ  habebant  animas  in  mari  ; 
i.  e.  piscium  .-  La  troisième  partie  des  créa- 
tures qui  étaient  dans  la  mer.  Tob.  8.  7.  Voy. 

PrINCIPIC3I. 

1°  La  création  du  monde.  Marc.  10.  6.  Ab 
initio  autem  creaturœ,  masculum  et  feminatn 
fecit  eos  :  Dès  le  commencement  que  le  monde 
fut  créé.  Dieu  forma  un  homme  et  une  femme. 
Rom.  1.  20.  A  creatura  mundi  :  Depuis  la 
création  du  monde  :  d'autres  expliquent  par 
les  créatures,  qui  sont  le  monde  même.  Eccli. 
36.  17.  2.  Petr.  3.  4. 

2"  L'état  et  le  maintien  des  choses  créées 
(zTt<7a«).  Eccli.  38.  39.  Creaturam  œvi  con- 
firmabunt  :  Les  ouvrier.s  sont  occupés  à  en- 
tretenir parleurs  ouvrages  l'état  des  choses 
du  monde. 

3^  Los  hommes  ouïe  genre  humain.  Marc. 
16.  15.  Prœdicate  Evangelium  omni  creaturœ: 
Prêchez  l'Evangile  à  toutes  les  créatures;  t. 
e  à  toute  sorte  de  personnes,  tant  Juifs  que 
Gentils.  Ce  mot  en  ce  sens  était  en  usage  du 
temps  de  Jésus-Christ.  Jac.  1.  18.  Ut  simus 
initium  aliquod  creaturœ  ejus  (z-iTuaTa)  :  Le 
Père  des  lumières  nous  a  engendrés  par  la 
parole  de  la  vérité  ,  afin  que  nous  fussions 
comme  les  prémices  de  ses  créatures,  ou  les 
premiers  parmi  les  hommes  qui  lui  soient 
offerts.  Eccli.  16.  17.  Coloss.  1.  23 

4°  Enfants,  descendants,  postérité  (ysvsatf). 
Sap.  5.  13.  Maledicta  creatura  eorum  :  La 
postérité  de  ceux  qui  rejettent  la  sagesse  est 
maudite.  Eccli.  4.  17. 

5°  Genre,  espèce,  race  (  yé-jsat;  ).  Sap.  19. 
11.  Viderunt  novain  creaturam  avium  :  Les 
cailles  que  Dieu  envoya  aux  Israélites  étaient 
une  nouvelle  espèce  d'oiseaux  ,  au  moins 
dans  ia  manière  de  les  avoir.  Voyez  celte 
m;niière  extraordinaire,  Num.  11.  31. 

6  Oidre,  règlement,  police.  1.  Petr.  2.  13. 
Subjccti  estotc  omni  hamanœ  creaturœ  propter 
JJeum  :  L'Apôtre  veut  que  les  fidèles  soient 
soumis  à  tous  ceux  que  Dieu  a  établis  sur 
eux  pour  les  gouverner,  et  aux  ordonnances 
qu'ils  font  pour  le  règlement  de  l'état  et  du 
public. 

7*  L'homme  régénéré  par  le  baptême ,  et 


995 


CRE 


reformé  par  la  grâce  de  Dieu.  2.  Cor.  5.  17. 
Si  qua  ergo  in  Cliristo  nova  creatiua  :  Si  donc 
quelqu'un  est  devenu  une  nouvelle  créature 
en  Jésus-Christ;  ou  plutôt  selon  le  Grec  : 
Si  quelqu'un  esta  Jésus-Christ,  il  est  devenu 
une  nouvelle  créature.  Gai.  5.  15. 

CREBliR,  A,  UM.  Ce  mot  vient  ou  de  cresco^ 
comme  faber  de  facio,  ou  plutôt  de  kebiry 
hébreu  ,  creber,  copiosus. 

Fréquent,  réitéié.  2.  Par.  26.  8.  Divulga- 
tum  est  nomen  ejus  usquead  introitum Mgypli 
propter  crebras  victorias  :  La  réputation 
d'Osias  se  répandit  jusqu'à  l'Egypte,  à  cause 
de  ses  fréquentes  victoires. 

CREBRIUS.  Du  simple  crebro. 

Souvent,  beaucoup  de  fois.  k.  Reg.  21.  13. 
Ducam  crebrius  stylum  super  faciem  ejus  :  Je 
passerai  et  repasserai  souvent  la  plume  de 
fer  par-dessus.  Dieu  parle  de  Jérusalem, 
qu'il  menace  de  raser ,  comme  on  efface 
l'écriture  de  dessus  des  tablettes.  Esth.  3.  4. 

CREBRO,  TTo^^âzff ,  7r>s£7Tâx£f .  SouvcHt,  fré- 
quemment [Tz^yy.-n,  pugno).  Marc.  7.  3.  Nisi 
crebro  laverint  manus,  non  manducant  :  Les 
Pharisiens  et  tous  If  s  Juifs  ne  mangent  point 
sans  avoir  souvent  lavé  leurs  mains.  Matlh. 
17.  14.  Eccl.7.  23 

CREDERE,7rt<7T£Û€tv.Ce  verbe,  qui  vient  de 
^pri^iii),  mutuum  dare ,  signiGe  quelquefois  : 
Etre  persuadé  d'une  chose  et  y  donner  son 
consentement;  et  quelquefois  :  Se  confier  en 
quelqu'un  ou  en  quelque  chose  ;  ou  enfin  : 
Confier  quelque  chose  à  quelqu'un.  Il  signifie 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Croire,  penser,  estimer.  Tob.  5.  27.' 
Credo  quod  Angélus  Dei  bonus  comitetiir  et  : 
Je  crois  que  le  bon  Ange  de  Dieu  accompagne 
notre  fils,  dit  Tobie,  consolant  sa  femme  du 
long  retardement  de  leur  fils.  Job.  29.  24.  Si 
quando  ridebam  ad  eos,  non  credebant  :  Si  je 
riais  quelquefois  avec  ceux  qui  m'écoutaient, 
ils  ne  pouvaient  pas  le  croire;  parce  qu'ils 
croyaient  qu'il  y  avait  quelque  chose  de  sé- 
rieux dans  mon  ris  même,  tant  ils  avaient  de 
respect  pour  moi.  Gen.  21.  7.  Deut.  2.  21. 
Job.  io.  22.  Act.  9.26. 

2°  Croire,  reconnaître  pour  vrai  et  assuré. 
Joan.  17.  21.  Ut  credat  mundus  quia  tu  me 
niisisli  :  Afin  que  le  monde  croie  que  vous 
m'avez  envoyé,  c.  13.  19.  c.  16.  27.  c.  17.  8. 
Jac.  2.  19.  Dœmones  creduni ,  et  conlrcmis- 
cunt  :  Les  démons  croient  qu'il  n'y  qu'un 
Dieu,  et  jusqu'à  en  trembler.  Rom.  14.  2. 

.3°  Croire  quelqu'un  ,  lui  ajouter  foi ,  se 
fier  à  lui.  Luc.  22.  67.  Si  vobis  dixero  ,  non 
credelis  mihi  :  Si  je  vous  dis  que  je  suis  le 
Christ,  vous  no  me  croirez  point,  dit  Jésus- 
Christ  à  l'assemblée  des  sénateurs,  des  prê- 
tres et  des  scribes.  Joan.  5.  46.  Si  crederclis 
Moysi,  crederelis  forsitnn  et  tnihi  :  Si  vous 
croyiez  Moïse,  vous  me  croiriez  aussi,  v.47. 
Luc.  24.  v.  11.  42.  Matth.  24.  v.  23.  26.  1. 
Joan.  4. 1.  Ainsi,  Eccli.  2.  6.  Crcdc  Dca  :  Ayez 
confiance  en  Dieu  ;  aulr.  Fiez-vous  en  Dieu, 
et  il  vous  retirera  de  tous  ces  maux.  v.  8. 
Crédite  illi  :  Vous  qui  craignez  le  Seigneur, 
croyez  en  lui-,  aulr.  fiez-vous  à  lui.  1.  Cor. 
13.  7.  Omnia  crédit  (supl.  JJeo)  :  La  charité 
croit  tout,  se.  quand  Dieu  parle.  Ainsi,  Ps^ 


CRE  9j4 

115.  1.  Credidi  propter  quod  locutus  sum  : 
J'ai  cru  avec  une  égale  fermeté  aux  promes- 
ses du  Seigneur;  c'est  ce  qui  m'oblige  de 
publier  sans  cesse  ses  louanges.  Saint  Paul 
cite  ce  passage,  2.  Cor.  4.  13.  pour  témoi- 
gner qu'encore  qu'ils  fussent  exposés  à  tous 
les  périls  et  à  toutes  les  souffrances  de  la 
mort ,  i!.s  ne  laissaient  pas  de  prêcher  l'Evan- 
gile avec  toute  sorte  de  liberté;  parce  qu'ils 
étaient  remplis  de  ce  même  esprit  de  foi  dont 
le  prophète  David  était  animé,  et  qui  le  faisait 
parler  avec  hardiesse  au  milieu  de  ses  plus 
grands  périls  et  de  ses  plus  violentes  persé- 
cutions. 

4°  Confier  quelque  chose  a  quelqu'un  , 
l'en  charger.  Rom.  3.  2.  Crédita  sunt  illis 
eloquia  Dei  :  Les  oracles  de  Dieu  ont  été 
confiés  aux  Juifs.  1.  Cor.  9.  17.  Dispensalio 
mihi  crédita  est  :  La  charge  (  de  prêcher 
l'Evangile)  m'a  été  imposée.  Gai.  2.  7.  2. 
Thess.  1.  4.  2.  Mac.  3.  12.  Voy.  Deci- 
PERE ,  etc. 

5*  Croire,  s'attacher  à  Dieu  par  la  foi 
de  Jésus-Christ.  Heb.  11.  6.  Credere  oportet 
accedentem  ad  Deum  :  11  faut  croire  qu'il  y  a 
un  Dieu.  Act.  5.  14.  Augebalur  credentium  in 
Domino  mullitudo  :  Le  nombre  de  ceux  qui 
croyaient  au  Soigneur  se  multipliait  de  [jIus 
en  plus.  c.  16.  3+.  c.  18.  8.  Tit.  3.  8.  Act.  11. 
17.  c.  14.  22.  Marc.  1.  15.  Crédite  Evangelio  : 
Croyez  à  l'Evangile.  Isa.  28.  16.  Marc.  5.  36. 
Joan.  14.  1.  Crédit is  in  Deum  ,  et  in  me  cré- 
dite :  Vous  croyez  en  Dieu,  croyez  aussi  en 
moi ,  dit  Jésus-Christ,  etc. 

6*  Ce  mot  se  dit  quelquefois  pour  croire  de 
plus  en  plus,  en  parlant  de  l'augmentation 
de  la  foi.  Joan.  2.  11.  Et  manifestavil  gloriam 
suam,  et  crediderunt  in  eum  Discipuli  ejus  : 
Jésus-Christ  fit  connaître  sa  gloire  (par  le 
miracle  du  changement  de  l'eau  en  vin  ),  et 
ses  disciples  crurent  en  lui  ;  i.  e.  leur  foi  en 
fut  affermie,  c.  11.  15.  Gaudco  propter  vos  ut 
credalis,  quoniam  non  eram  ibi  :  Je  me  réjouis 
pour  vous  autres  de  ce  que  je  n'étais  p  is  là 
(au  lieu  où  Lazare  est  mort),  afin  que  vous 
croyiez  davantage,  voyant  que  je  le  ressus- 
citerai, c.  12.  19.  c.  14.  29.  1.  Joan.  5.  13. 
et  renferme  souvent  tout  ce  qu'il  faut  pour 
être  à  Dieu.  Marc.  16.  16.  Qui  crediderit  et 
baptizatus  fuerit  :  Celui  qui  croira  et  sera 
baptisé,  sera  sauvé.  Il  paraît  par  ces  ])assa- 
ges  que,  credere  alicui ,  in  aliquo  ,  ou  in  ali- 
quem,  c'est  la  même  chose;  car  ce  que  les 
Latins  disent  credere  alicui,  se  dit  en  hébreu 
par  credere  in  aliquo ,  ou  in  aliquem  :  ce  que 
l'interprète  de  notre  Vulgale  latine  a  suivi 
indifféremment,  comme  1.  Joan.  5.  10.  Qui 
crédit  in  Filium  Dei,  habct  testimonium  Dei 
in  se  ;  qui  non  crédit  Filio  ,  mendaccm  facit 
eum  y  quia  non  crédit  in  tcstimovium  quod 
teslijicalus  est  Deus  de  Filio  suo  :  Celui  qui 
croit  au  Fils  de  Dieu  ,  a  dans  soi  le  témoi- 
gnage de  Dieu  ;  celui  qui  n'y  croit  pas,  fait 
Dieu  menteur,  parce  (pi'il  ne  croit  pas  au 
témoignage  que  Dieu  a  rendu  de  son  Fils. 
V.  13.  Rom.  4.  V.  3.  5.  et  dans  quantité  d'au- 
tres expressions  semblables  ,  où  credere  se 
prend  en  môme  sens,  pour  marquer  la  sou- 
mission et  le  respect  qu'on  doit  rendre  à 


995 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


9;IC 


Dieu  et  à  sa  parole.  Cela  n'empêche  pas  que 
les  théologiens,  après  saint  Augustin,  n'aient 
bien  pu  dis'inafuer  credere  Deum,  credere  Deo, 
et  credere  in  Deum.  Dans  ce  sens,  Credere 
Deum  ,  c'est  croire  seulement  qu'il  y  a  un 
Dieu  ;  Credere  Deo,  croire  que  ce  que  Dieu  a 
révélé  est  véritable  :  ce  qui  peut  se  faire  sans 
la  charité;  Credere  in  Deum,  c'est  avoir  une 
créance  animée  de  la  charité,  et  mettre  toute 
son  espérance  en  Dieu  ;  ce  qui  n'est  pas 
toujours  selon  le  stylo  de  l'Ecriture  ,  comme 
il  a  déjà  été  remarqué  sur  Joan.  12.  42.  Ex 
prîncipibus  multi  crediderunt  in  eum  :  Plu- 
sieurs des  sénateurs  mêmes  crurent  en  Jésus- 
Christ.  Ceux-ci  n'avaient  point  la  charité  , 
coTnme  il  paraît  par  la  suite,  et  par  v.  43. 
Dilexerunt  enim  gloriam  hominum  magis 
quum  gloriam  Dei  :  lis  ont  plus  aimé  la  gloire 
des  hommes  ,  i.  e.  leur  propre  gloire  que 
Celle  de  Dieu;  au  contraire,  credere  Deo,  se 
dit  quelquefois  de  ceux  qui  ont  une  foi  par- 
faite, c.  5.  24.  (>uî  verbum  meum  audit,  et 
crédit  ei  qui  misit  me  ,  habet  vitam  œternam  : 
Celui  qui  entend  ma  parole  ,  et  qui  croit  à 
celui  qui  m'a  envoyé,  a  la  vie  éternelle,  dit 
Jésus-Christ;  mais  puisque  ces  idées  sont 
distinguées  entre  elles,  il  a  été  bon,  pour 
une  plus  grande  netlelé,  de  les  attachera  ces 
différents  régimes  du  mol  de  croire.  On  en 
peut  dire  de  même  des  articles  du  Credo  : 
l'usage  veut  qu'on  ne  mette  point  la  préposi- 
tion in  quand  il  ne  s'agit  point  de  la  Divinité, 
mais  seulement  quand  il  s'agit  des  créatures 
et  des  mystères  ,  comme  Credo...  Sanctam 
Ecclesiam,  remissionern  peccalorum,  vitam 
œternam  ;  cependant  les  Pères  en  ont  usé 
indifféremment.  Voyez  S.  Cypr.  contra  De- 
metrianum ,  et  ailleurs;  S.  Jérom.  Comment. 
in  Ephes.  4.  S.  Epiph.  S.  Iren.  llbr.  5.  12.  V. 
Drusium,  Observai.  li\r.  3.  c.  1. 

7"  Obéir,  acquiescer,  s'attacher  d'affection 
(neLQs^Bc/.t).  Rum.  2.  8.  Non  acquiesçant  veri- 
tati ,  credunt  autem  iniquitati  :  Ces  esprits 
contentieux  qui  n'acquiescent  point  à  la 
vérité,  mais  s'abandonnent  à  l'injuslice.  Ps. 
118.  66.  Quia  mandatis  tuis  credidi  :  J'ai  cru 
à  vos  commandements  ;  je  les  ai  observés 
avec  attachement  et  avec  affection. 

8"  Ce  verbe,  joint  avec  le  datif,  signifie  : 
Espérer  beaucoup  de  quelque  chose  ,  s'y 
appuyer.  Deut.  28.  66.  Non  credcs  vitœ  tuœ  : 
Votre  vie  sera  toujours  exposée  aux  dangers 
dont  vous  désespérerez  de  pouvoir  échapper  : 
ce  qui  est  la  punition  de  l'inobservanee  de 
la  loi.  E<cli.  16.  2.  Job.  24.  22. 

CKEDENS,  Tis.  Qui  croit  en  Jésus-Christ. 
Rom.  1.  16.  Virtus...  Dn  est  in  salutem  omni 
credenti  :  L'Evangile  est  la  vertu  de  Dieu 
pour  sauver  tous  ceux  qui  croient  :  c'est  le 
moyen  dont  Dieu  veut  se  servir,  c.  10.  4.  1. 
Cor.  1.  21.  Gai.  3.  22.  D'où  vient  : 

Non  credens,  ànsiOûv.  Infidèle,  qui  n'a  point 
la  foi  en  Jésus-Christ.  Ps.67. 19.  Etenim  non 
credenles  (  accepisti  )  ,  inhabitare  Dominum 
Deum  :  Vous  avez  reçu  aussi  sous  votre 
obéissance  les  incrédules  et  les  rebelles,  afin 
que  Dieu  habite  même  dans  ceux  qui  ne 
croy.Ticnl  pas  en  vous. 

CREDIBILIS.  15.  1"  Croyable,  vrai»embla- 


ble.  2.  Par.  6.  18.  Ergone  credibile  est  ut  hn~ 
bitet  Deus  cum  hominibus  super  terram?  Est- 
il  donc  croyable  que  Dieu  habite  avec  les 
hommes  sur  la  terre? 

2°  Certain  ,  ferme,  assuré.  Ps.  92.  5.  Testi- 
monia  tua  credibilia  facta  sunl  nimis  ;  Grec: 
îTTio-Twevîo-av.  On  a  reconnu  la  vérité  de  tos 
oracles.  Les  paroles  de  l'Ecriture  sont  les 
lémoignases  de  Dieu  même. 

CRÈDITOR,  is.  Créancier,  celui  qui  a 
prêté  de  l'argent.  Prov.  29.  13.  Pauper  et 
creditor  {^psMfsàér-nç)  obviaverunt  sibi  :  Il  se 
rencontre  toujours  des  gens  qui  prêtent,  et 
d'autres  qui  empruntent.  Isa.  50.  1.  Quis  est 
creditor  meus  {v-nôxpzM;)  ,  cui  vendidi  vos  f 
Dieu  témoigne  que  si  les  Juifs  sont  réduits 
en  servitude  ,  ce  n'est  point  qu'il  les  ait 
vendus  à  son  créancier,  comme  les  pères 
(parmi  les  Juifs)  livraient  leurs  enfants  pour 
s'acquitter  de  leurs  dettes  ;  mais  qu'ils  étaient 
en  esclavage  à  cause  de  leurs  crimes.  4.  Reg. 
4.  V.  1.  7. 

CREDITUS,  A,  UM.  Fidèle,  ferme,  con- 
stant. Ps.  77.  8.  Non  est  credilus,  Gr.  oOz  èTria- 
Twô/j,  cum  Deo  spiritus  ejus  .-L'esprit  du  peu- 
ple juif  n'a  point  été  fidèle  à  Dieu. 

CllEDULUS  ,  A,  UM.  Crédule,  qui  croit 
aisément.  Gen.  39.  19.  Nimium  credulus 
verbis  confugis  :  Putiphar  crut  trop  légère- 
ment sa  femue  contre  Joseph. 

CREMARE ,  yMrx/.v.Ui-j,  du  grec  «zpsjawv,  ou 
^piyi.(ù-^  ,  ramus  grandior,  une  grande  bran- 
che propre  à  brûler;  ou  de  camar,  qui  signifie 
aussi  : 

Brûler,  faire  brûler.  Hebr.  13.  11.  Horum 
corpora  cremantur  extra  castra  :  Les  corps 
des  animaux,  dont  le  sang  est  porté  par  le 
grand  pontife  dans  le  sanctuaire  pour  lex- 
pialion  du  péché,  sont  brûlés  hors  le  camp. 
Levit.  4.  12.  c.  6.  9.  Cr'>.mabitur  in  altari 
tota  nocte  usque  mane  :  11  parle  de  l'holo- 
causte qui  s'offrait  tous  les  soirs.  On  ne 
brûlait  la  victime  que  par  parties ,  afin 
qu'elle  pût  durer  toute  la  nuit  ;  et  c'est 
pour  cela  que  le  prêtre  était  obligé  de  veiller, 
priant  et  offrant  ainsi  sans  cesse  pour  le 
peuple. 

CIŒMIUM,  11,  fpTjyuvov,  de  cremare. 

Matière  aisée  à  brûler,  telle  que  de  menu 
bois,  qui  sèche  aisément  et  qui  est  propre  à 
allumer  le  feu.  Ps.  101.  4.  Ossa  mca  sicut  cre- 
mium  aruerunt  :  Je  suis  devenu  comme  du 
bois  sec  par  l'excès  de  la  tristesse;  ce  peut 
être  une  description  de  l'extrémité  où  se 
trouvait  réduit  le  peuple  d'Israël  lorsqu'il 
était  captif  en  Babylone  ;  mais  c'est  aussi  la 
peinture  de  l'état  d'une  âme  abattue  sous  le 
poids  de  la  colère  de  Dieu  que  ses  péchés  lui 
ont  attirée. 

CREPARE.  Ce  verbe  est  formé  du  bruit  qu'il 
marque  par  sa  prononciation,  ou  de  l'Hébreu 
karal),  prœliari. 

Faire  bruit,  comme  quand  on  ouvre  une 
porte,  etc.;  dans  l'Ecriture, 

Crever,  se  crever  (^âo-zeiv).  Act.  1. 18.  5m«- 
pensus  crepuit  médius  :  Judas  s'est  pendu  et 
a  crevé  par  le  milieu  du  ventre;  Gr.  Prœceps 
factus  est  :  Judas  s'élanl  pendu,  la  corde  so 
rompit,  et  tomba  le  ventre  sur  quelciue  chosa 


997 


CRE 


cm 


9'J» 


qui  le  fit  crever  ;  ou,  selon  d'autres,  son  ven- 
tre s'enfla  et  se  creva  ;  mais  quelques  autres 
croient  que  sainl  Luc  par  ces  paroles  a  voulu 
marquer  ce  qui  était  arrivé  A  son  cadavre  de- 
puis sa  mort ,  qu'ayant  élé  jeté  à  la  voirie,  il 
y  avait  des  pointes  de  rochers  qui  faisaient 
crever  les  corps  que  l'on  y  précipitait.  .2. 
Par.  25. 12.  Prœcipilaveruntque  eos  de  summo 
in  prœceps,  quiuniversi  crepuerunt  [Siap^^yw- 
<r0at,  disrumpi). 

CREPIDO ,  iNis.  Du  Grec  -/^«ttî?,  base,  fon- 
dement. 

11  signifie  proprement  quai,  muraille  qu'on 
élève  au  bord  de  l'eau  pour  empêcher  qu'elle 
n'emporte  la  terre;  le  bord  de  l'eau  même; 
dans  TEcrilure  : 

1°  Le  bord  d'une  rivière.  Exod.  2.  5  Gra- 
diehantur  per  crepidinem  ulvei  :  Les  filles  sui- 
vantes de  la  fille  de  Pharaon  allaient  le  long 
du  bord  de  l'eau. 

2°  Le  bord  de  quelque  chose  (pâo-tf).  Le- 
vit.  1.  15.  Decurrere  faciel  sangiiinem  super 
crepidinem  oltaris  :  Le  prêtre  fera  couler  le 
sang  de  la  plaie  sur  le  bord  de  l'autel.  Judith. 
7.  3.  Ce  mot  s'entend  des  limites  ou  frontiè- 
res d'un  pays.  Juilic.  7.  23.  Fugientes  usque 
adBelhsetta,et  crepidinem  AbelmeliulainTeb- 
hulh  [yjilo;  labiutn)  :  Ceux  des  Madianites 
qui  élaieiil  échappés  de  ce  carnage,  s'enfui- 
rtnl  jusqu'à  Belhsetla  et  jus(ju'au  bord 
d'Abeimehula  en  Tebbath  ;  l'Ecriture  parle 
des  restes  des  Madianites  qui  se  défirent  eux- 
mêmes  du  temps  de  Gédéon. 

CRIiPUSCULUM,  I.  De  creperus,  qui  signi- 
fie douieux  et  marque  le  faux  jour  qui  pa- 
raît ou  avant  le  lever  du  sob  il,  ou  à  lentrée 
de  la  nuit,  et  s'appelle  l'entre  chien  et  loup; 
dans  lEcriture  : 

Le  point  du  jour.  2.  Reg.  2.  32.  Jn  ipso 
crepusculopervenerunl  in  Hebron  :  Joab.avcc 
ses  gens  qui  élaientavec  lui,  arrivaàHebron 
au  point  du  jour. 

CKESCENS  ,  Kpri<7Y.-nç  ,  Crescent  ,  nom 
d'hon)me,  disciple  de  saint  Paul.  2.  Tim.  k. 
10  [Abiit  Crescens  in  Galuliam  :  Crescent 
s'en  est  allé  en  Galatie,  se.  du  consentement 
do  sainl  Paul. 

CRESCERE,  «ù^avscreat,  de  l'Hébreu  gères. 
ou,  selon  d'autres,  du  nom  grec  x^éaç,  caro, 
d'où  vient  chez  les  iEoliens  y.fJticr/M,  et  chez 
les  Latins  cresco. 

1°  Croître,  s'augmenter,  devenir  grand. 
Gen.  21.8.  Crefi7  igiiur  puer  et  abluctatus  est  : 
(Isaac),  enfant  (d'Abraham  et  de  Sara),  crût 
et  on  le  sevra,  y.  20.  c.  38.  v.  11.  14.  Exod. 
2.  11.  Postquam  crevcrat  Moyses,  cgressus  est 
tni  fralres  suos  :  Lorsque  Moïse  lut  devenu 
grand,  il  sortit  pour  aller  voir  ses  frères. 
Malth.  6.  28.  c.  13.  7.  etc. 

ii"  Croître,  1"  en  nombre,  se  multiplier. 
Gen.  1.  V.  22.  28.  Crcscite  et  multijilicamini: 
Groisse2  el  multipliez  ,  dit  Die.i;  H'br.  fruc- 
tificate.  Ces  paroles  :  Croissez,  ne  sont  point 
un  précepte,  ou  ce  n'en  pouvait  être  un  tout 
9u  plus  que  pour  le  lenips  de  la  Loi  écrite; 
«îucore  ce  précepte  n'était-il  [)as  indispensa- 
ble, puisque  quelques  saints,  dans  l'Ancien 
Testament,  ont  véiudans  le  célibat,  c.  8.  17. 
c  9.  7.  c.  n.  6.  c.  V9  k  Non  crescas  :  Puis- 


siez-vous  ne  point  croître,  dit  Jacob  à  Ru- 
ben ,  etc.  Act.  6.  1.  Voy.  Abundare.  2°  Croî- 
tre, s'étendre,  se  fortifier.  Gen.  41.  56.  Cres- 
ccbat  auleni  quotidie  famés  in  omni  terra  :  La 
famine  rroissait  tous  les  jours  dans  toute  l'E- 
gypte. 1.  Esdr.  4.  22.  c.  9.  6.  Dan.  8.  23  2. 
Mach.  4.  50. 

§  1. —  S'avancer  d'un  lieu  en  un  autre.  4. 
Reg.  20.  10.  Facile  est  umbram  crescere  (x)it- 
v£tv)  ;  li  est  aisé  que  l'ombre  s'avance  de  10 
lignes,  ditEzechias  au  prophète  Isaïe  ;  ces 
lignes  marquaient  les  heures,  comme  il  se 
fait  dans  les  montres  au  soleil, 

§  2.— Croître,  devenir  plus  grand,  s'éten- 
dre. Job.  31.  18.  Crevit  mecum  miseratio  :  La 
compassion  est  crue  avec  moi.  Eccli.  2.  3. 
Susline,  ut  crescat  in  novissimo  vita  tua  :  Ne 
vous  lassez  point  d'attendre,  afin  que  votre 
vie  soit  à  la  fin  plus  abondante.  Rien  ne  fait 
tant  croître  la  vertu  que  la  souffrance:  elle 
passe,  et  la  récompense  qu'on  en  reçoit  à  la 
fin  de  la  vie,  demeure  éternellement.  Esth.  9. 
4.Prov.4.18,Act.9.6o.Act.6.7.c.l2.24.c.l9.20. 

§  3.— Devenir  plus  puissant,  plus  heureux, 
plus  florissant.  Joan.  3.  30.  Illum  uportet 
crescere,  mr  autem  minui  :  11  faut  qu'il  croisse 
et  que  je  diminue,  dit  saint  Jean  parlant  de 
Jésus-Christ  et  de  lui-même.  Gen.  26.  22. 1. 
Par.  11.  4.  2.  Par.  17.  12.  Eccli.  2.  3. 

§  4.— Croître,  avancer  dans  la  piété  et 
dans  la  connaissance  de  Di.  u.  Ephes.  4.  15. 
Crescamus  in  illo  per  omnia,  :  Croissons  en 
toutes  choses  dans  Jésus-Christ,  se.  par  une 
vraie  charité,  c.  2.  21.  In  quo  07nnis  œdifica- 
lia  constructa  crescit  [rxùl^àvsrj)  in  templum  san- 
ctum  in  Domino  :  C'est  sur  Jésus-Christ  que 
tout  l'édifice  (de  l'Eglise)  étant  posé  s'élève 
et  s'accroît  pour  être  un  temple  consacré  au 
Seigneur.  Coloss.  1.  10.  l.Petr.  2.2.  2.  Pelr. 
3.18. 

CRES ,  ETis  ,  Kpriç,  De  Creta,  l'île  de  Crète. 

Cretois,  Candiot.  Act.  2.  11.  Crêtes  et  Ara- 
bes :  Cretois  et  Arabes. 

CRETA,  M,  Gr.  Carnea,  ou  carnalis,Kprnn, 
Crète  ou  Candie. 

L  île  de  Candie.  Tit.  1.  5.  JIujus  reigralia 
reliqui  teCretœ  :  Le  sujet  pourquoi  je  vous 
ai  laissé  en  Crète,  est  atin  que  vous  y  régliez 
tout  ce  qui  reste  à  y  régler  ;  celte  île  est  si- 
tuée à  l'entrée  de  l'Archipel  et  à  la  vue  de 
l'Europe,  de  l'Asie  et  de  l'Afrique. 

CRETENSIS,  is,  Kpriç  ,  Cretois,  Candiot. 
Tit.  1.  12.  Cretenses  semper  mendaces  :  Les 
Cretois  sont  toujours  menteurs;  sainl  Paul 
cite  ceci  d'un  vers  d'Epiménide,  l'un  de  leurs 
poètes. 

CRIBRARE.  1°  Cribler,  passer  quelque 
chose  par  le  crible.  Dan.  14.  13.  Cinercm... 
crihravil  per  lolum  templum  coram  Reije  :  Da- 
niel répandit  par  tout  le  temple  de  Bel  de  la 
cendre  devant  le  roi ,  la  faisant  passer  par 
un  crible.  A  quoi  se  rapporte,  dans  le  sens 
figuré,  2.  Reg.  22.  31.  Cribrans  aquas  de  nu- 
bibus  :  Dieu  a  fait  distiller  les  eaux  des  nuées 
du  civl. 

2"  Agiter  et  ébranler  de  diverses  et  fréquen- 
tes tentations  pour  faire  succomber  (awiàÇuv). 
Luc.  22.  31.  EcceSatanas  expelivit  vo.i  ut  cri- 
brarel  sicul  triticum  :  Satan  vous  a  demandé 


90S> 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


lOOO 


pour  vous  cribler  comme  on  crible  le  fro 
tuent,  dit  Jésus-Christ  à  saint  Pierre. 

CRIBRUM,  I,  I17.U.ÔÇ.  De  l'Hébreu  kebara, 
qui  signifie  la  même  chose,  ou  du  verbe  cer~ 
nere ,  sasser,  bluter,  tamiser,  qui  vient  de 

Crible.  Amos.  9.  9.Sicut  concutitur  triti- 
cum  :  Je  ferai  que  la  maison  disiaël  sera 
agitée  parmi  toutes  les  nations ,  comme  le 
blé  est  remué  dans  le  crible.  E(  cli.  27.  2. 

CRIMEN,  iNis.  De  y.fi^u,  judicium ,  parce 
que  c'est  pour  des  crimes  qu'un  homme  est 
jugé  et  condamné. 

Crime,  grand  péché.  Tit.  1.  7.  Oportet 
episcopum  sine  crimine  (  àysyAnzov  )  esse  :  Il 
faut  que  l'évêque  soit  un  homme  irréprocha- 
ble. V.  6.  1.  Cor.  8.  Matih.  12.5. 

Tache,  reproche,  déshonneur  (««Tt«).  1. 
Mach.  9.  10.  Non  inferamus  crimen  gloriœ 
nosirœ  :  Ne  souillons  point  notre  gloire  par 
aucune  tache,  dit  Judas  à  ses  gens. 

CRIMINATIO,  Nis,  StK^oXri ,  accusation, 
action  d'accuser  ou  de  blâmer  quelqu'un  de 
quelquelque  chose;  dans  l'Ecriture  : 

Fausse  accusation,  calomnie.  2.  Mach,  14. 
27.  Pessimis  hujus  criminationibus  irritatus: 
Le  roi  (Démétrius)  fut  tout  à  fait  irrité  par 
les  calomnies  détestables  du  méchant  Alcime. 

CRIMINATOR,  is,  Stâêo/oç,  calomniateur. 
Levit.  19.  16.  Non  eris  criminator  :  Vous  ne 
serez  point  un  inventeur  de  crimes.  2.  Tim. 
3.3. 

CRIMINATRIX ,  icis ,  StàeoUç,  médisante, 
qui  calomnie.  Tit.  2.  3.  Anus  [sint)  non  cri- 
minatrices  :  Apprenez  aux  femmes  âgées... 
à  n'être  point  médisantes. 

CRINIS,  is,  Qpi^y  de  xEtjsstv,  tondere,  ou  de 
y.pi-jEiv,  discernere. 

Cheveu,  les  cheveux  (xôiru^goî,  nodus  ca- 
piUorum).  1.  Tim.  2.  9.  Mulieres...  non  in 
toî'lis  crinibus,  èv  nléyiiuenv  :  Je  veux  que  les 
femmes  ne  se  parent  point  avec  des  cheveux 
frisés.  Judith.  10.  3.  etc.  Ainsi  ,  Isa.  3.  17. 
Crinem  earum  nudabit  :  Le  Seigneur  arra- 
chera tous  les  cheveux  des  filles  de  Sion  ; 
Hebr.  pubem,  ignominiam.  Voy.  Nudare. 

Tresse  de  cheveux.  Cant.  4.  9.  Vutnera- 
sti  cor  meum  in  uno  crine  {evO-z[x.a)  colli  tut: 
Vous  avez  blessé  mon  cœur  par  un  cheveu 
de  voire  cou;  Hebr.  torque^  parle  collier. 
Judic.  16.  19.  Rasit  septetn  crines  ejiisi^ôarp^- 
X,oç)  :  Dalila  fit  raser  à  Samson  les  sept  touf- 
fes de  ses  cheveux  ;  i,  e.  toute  la  tête.  Voy. 
le  V.  13.  et  17. 

CRISPANS,  Tis.  Qui  est  frisé.  Isa.  3.  24. 
Erit  pro  crispanti  crine  calvitiiim  :  Les  che- 
veux frisés  des  filles  de  Sion  seront  changés 
en  une  tête  nue  et  sans  cheveux. 

CRlSPUS,i,xjoto-7roç,  De  carpas,  Héb.fin  lin; 
de  là  vient  l'adjectif  crispus ,  a,  itm,  crêpe, 
crépon  ;  dans  l'Ecr.  : 

Crispe,  chef  d'une  synagogue.  Act.  18.  8. 
Crispus  autem  Archisynagogus  credidit  Do- 
mino :  Crispe,  chef  d'une  synagogue,  crut 
aussi  au  Seigneur  avec  toute  sa  famille,  se, 
à  la  prédication  de  saint  Paul,  à  Gorinthe.  1. 
Cor.  1.  14. 

CROCEUS ,  K  ,  UM.  De  couleur  de  safran  , 
ou  de  pourpre  ,  riche  ,   précieux. 


Thren.  4.  5.  Qui  nulriebantur  in  cToceis 
(xôzxoç),  amplexati  siint  stcrcora  :  Ceux  des 
Juifsqui  avaienlété  élevés  dans  la  pourpre  et 
revêtus  d'habits  précieux,  ont  recherché  des 
ordures  pour  se  nourrir  ;  Hebr.  in  coccino* 

CROCODILUS,  1,  y.poy,6Biàoç ,  Crocum  me— 
tuens.  Crocodile,  espèce  de  grand  lézard 
aquatique  et  immonde,  ainsi  appelé  de  ce 
qu'il  abhorre  le  safran.  Levit.  11.29. 

CROCUS,  1.  De  xpôxof. 

Safran.  Cant.  4.  14.  Nardus  et  crocus  :  Le 
nard  et  le  safran.  Celte  plante  jette  une  fleur 
bleue  où  il  se  trouve  des  filaments  de  très- 
bonne  odeur. 

CRUCIARE,  Gr.  oSuvâv.  Tourmenter,  af- 
fliger, punir.  Luc.  16.  v.  24.  25.  Crucior  in 
hac  flamma  :  Je  souffre  d'extrêmes  tourments 
dans  cette  flamme,  dit  le  mauvais  riche.  Eccl. 
4.  19.  Cruciabit  illuni  in  Iribulatione  doctrinœ 
suœ  :  La  sagesse  tourmentera  par  les  peines 
dont  ses  instructions  sont  accompagnées  ce- 
lui qui  l'écoute,  jusqu'à  ce  qu'elle  se  soit  as- 
surée du  fond  de  son  âme.  2.  Petr.  2.v.  4.  9. 
Joël.  2.  6. 

Inquiéter,  faire  delà  peine,  chagriner  (p«- 
cravtÇstv).  2.  Petr.  2.8.  Animam  justaminiquis 
opcribus  cruciabant  :  Le ']usle  Loth  était  tour- 
menté dans  son  âme  par  les  actions  détesta- 
bles des  habitants  de  Sodome  etde  Gomorrhe. 
Eccl.  2.  22. 

CRUCIATIO  ,  Nis.  Peine,  supplice.  Sap. 
6.  9.  Fortioribus  fortior  instat  cruciatio 
{epîvvcn)  :  Les  plus  grands  sont  menacés  des 
plus  grands  supplices. 

CRUCIATUS,  ûs.  Peine,  tourment,  sup- 
plice. («AyvîSwv).  2.  Mac.  7.  1.  Ita  ut  rex  , 
et  qui  cum  ipso  erant,  mirarentur  adolescen- 
tis  animum,  quod  tamquam  niliilum  duceret 
cruciatus  :  Le  roi  Antiochus  et  ceux  qui  l'ac- 
compagnaient admirèrent  le  courage  de  ce 
jeune  Machabée,  qui  considérait  comme  rien 
les  plus  grands  tourments,  c.  9.  6.  Apoc. 
9.  6. 

CRUCIFIGERE,  crrc^vpovv.  t  Crucifier,  attfi- 
cher  à  une  croix.  Joan.  19.  15.  Toile,  toile ^ 
crucijige  eumî  Otez-le,  ôiez-le  du  monde; 
crucifiez-le!  disent  les  Juifs  à  Pilale,  touchant 
Jésus-Christ. 

2"  Pendre ,  suspendre  [£ï»3>t«Çetv,  Soli  ex- 
ponere  ;  Heb.  Nakagh  ,  suspendo).  2.  Reg.  21. 
V.  6.  9.  Dentur  nobis  septem  viri  de  filiis  ejus, 
ut  criicifigamuseos  Domino:  Qu'on  nous  donne 
au  moins  sept  des  entants  de  Saùl,afin  que  nous 
les  pendions  pour  satisfaire  le  Seigneur  ;  le 
crucifiement  n'était  point  en  usagechez  les  Hé- 
breux. 

Crucifigere  aliquem  alicui.  Crucifier  quel- 
qu'un pour  satisfaire  et  apaiser  la  colère 
de  quelqu'un,  2.  Reg  21.  6.  Dentur  nobis 
septem  viri  de  filiis  ejus  ,  ut  crucifigamus  eos 
Domino  :  Qu'on  nous  donne  au  moins  sept 
des  enfants  de  Saùl ,  afin  que  nous  les  met- 
tions en  croix  pour  satisfaire  le  Seigneur. 
Matth.  20.  19.  etc. 

—  Crucifier,  mortifier,  faire  mourir.  Rom. 
6.  6.  Vêtus  homo  nosicr  simul  crucifixus  est  : 
Notre  vieil  homme  a  été  crucifié  avec  Jésus- 
Christ,  se.  parle  baptême;  soit  parce  qu'il 
représente  la  mort  de  Jésus-Christ,  soit  parce 


tooi 


CRU 


cr.L' 


imf 


(|u'en  effet  les  péchés  y  sont  flT.tcés  par  la 
vertu  de  su  croix.  Gai.  6.  li.  Mihi  înundus 
crucifixus  est  et  ego  mundo  :  Le  monde  esl 
à  mon  égard  comme  un  morl  ou  un  pendu  , 
et  me  hnil  de  môme  que  je  le  hais.  c.  o.  '2'*. 
Hcbr.  6.  6.  Rursum  crucifigentes  sibimelipsis 
Filium  Dei  :  Celui  qui  pèche  grièvement  après 
son  baptême,  cruciûe  de  nouveau  le  Fils 
de  Dieu  autant  qu'il  esl  en  lui,  parce  qu'il 
commit  ce  qui  a  été  la  cause  et  le  sujet  de  . 
la  mort  de  Jésus-Christ,  ou,  selon  d'autres, 
il  méprise  autant  Jésus-Chiist  que  les  Juifs 
qui  Pont  rruciflé. 

CRUDELIS,  is,  E,  àv£>£ïi_i/«v.  De  ladjectif 
t-rudus,  a  ,  um.  Cruel ,  inhumain  ,  barbare. 
Job.  30,  21.  Mutatus  es  mihi  in  crudelem  : 
Vous  êtes  changé  et  devenu  cruel  envers  moi. 
Prov.  5.  9.  Ne  des  annos  tiius  crudeli  :  Ne 
prostituez  point  vos  années  à  un  cruel;  Gr. 
crudelibus,  Hebr.  crudeli  au  féminin.  Le  Sage 
appelle  cruelle  une  femme  de  mauvaise  vie, 
parce  qu'elle  esl  cause  de  la  perle  des  biens, 
de  la  santé  el  de  l'âme  de  ceux  qui  en  appro- 
chent; d'autres  l'entendent  du  mari,  ou  du 
démon. 

CRUDELITAS,  tis.  Cruauté,  inhumanité. 
2.  Par.  28  9.  Jta  ut  incœlum  pertingat  vestra 
crudelitas  :  V'olre  cruaulé  est  montée  jus- 
qu'au ciel ,  dil  le  prophète  Oded,  se  présen- 
tant à  L'armée  d'Israël,  qui  emmenait  deux 
cent  niille  captifs  du  royaume  de  Jud.i.  1. 
Mach.  7.  k2.  De  nimiis  crudelitatibus  satis 
dictum  est  :  Nous  avons  assez  parlé  des  ex- 
cessives cruautés  d'Anliochus. 

CHUDËLITER.  Cruellement,  avec  cruaulé 
el  inhumanité.  Isa.  li.  6.  Contrivit  Domimts 
bnculum  impioruin  persequentem  crudeliler  : 
Le  Seigneur  a  brisé  le  bâton  des  impies  qui 
persécutaient  les  nations  cruellement. 

CRUDELIUS.  Plus  cruellement  {/jifjiazu;] . 
^.Mnvh.l  .3^.  Jnhunc  super  omnes  cr'udelius  de- 
sœvit  [yji^irj-zùi;  àirr,yzn<rs)  :  Antiochus  fil  éprou- 
ver sa  cruaulé  au  plus  jeunt;  dis  sept  Macha- 
bées  ,  encore  plus  qu'à  tous  les  autres. 

CRUDUS ,  A,  UM,  ôj[jlôç  ;  de  cruor,  ou  de 
l'hébrru  kor,  frigus. 

1"  Cru  ,  qui  n'est  point  cuit.  Exod.  12.  9. 
Non  comcdelis  ex  eo  crudum  quid  :  Vous  ne 
mangerez  rien  de  l'agneau  qui  soit  cru.  1. 
Rcg.  2.  15. 

2°  Cru,  rude,  qui  n'est  point  apprêté. 
Eccli.  49.  4.  .46  eo  qui  portât  coronam  usque 
ad  eum  qui  operilur  lino  crudo  :  Depuis  celui 
qui  porte  la  couronne,  jusqu'à  celui  qui  n'est 
couvert  que  de  toile  crue,  i.  e.  qui  n'est 
point  préparée.  Celte  toile  semble  être  plutôt 
de  chanvre  que  de  lin. 

CRUOR,  is,  alu/a.  De  x^iOo,-,  frigus,  parc' 
que  c'esl  le  sang  répandu  el  refroidi  ;  au 
lieu  que  sanguis  esl  le  sang  chaud  dans  les 
veines. 

Sang  hors  des  veines  el  répandu.  V.  Reg. 
24.  4.  Imptevit  Jérusalem  cruore  innocen- 
lium  :  Manassé  a  rempli  Jérusalem  du  car- 
n.ige  des  innocents.  3.  Reg.  2.  '6.  Posuii  crun- 
rcmprœlii  in  balteo  suo  :  Joab  a  rnsanglanié 
son  baudrier  du  sang  d'Abncr  el  d'Ainasa, 
pendant  la  paix  ,  comme  il  aurait  fait  iliir.nii 
DlCTi(i>>.  i)i;  l'nii.oi..  Sac  r.i'.i..   1. 


la  guerr.\  dit  David  à  Salomon  en  mourant 
Dcùl.  32.  42.  Voy.  Captivitas. 

CRUS,  URis,  (Txaoî.  De   l'hébreu   caragb , 
d'où  vient  karagnatm ,  crura. 

La  cuisse,  la  janihp.  Joan.  19.  33.  Non  fre- 
gcrunt  ejus  crura  :  Les  soldats  ne  rompirent 
point  les  jambes  de  Jésus-Christ.  Isa.  47.  2. 
Révéla  crura  :  Levez  vos  vêlements  (ô  Raby- 
lone) ,  se,  pour  passer  les  rivières,  Heb.  avec 
les  pieds  nus.  CanL  5.  15.  Crura  illius  co~ 
lumnœ  tnannoreœ  quœ  fundalœ  sunt  super 
bases  aureas  :  Ses  janibcs  sont  comme  des 
colonnes  de  marbre,  posées  sur  des  bases 
d'or.  L'humanité  de  Jésus-Christ  peut  être 
figurée  par  ces  jambes ,  aussi  fermes  que  des 
colonnes  de  marbre;  et  ces  bases  d'or,  sur  les- 
quelles elles  sont  posées,  nous  figurent  lu 
divinité  et  la  personne  du  Verbe  ,  qui  était  l« 
fondement  et  le  principal  soutien  de  la  na- 
ture humaine  dans  Jésus-Christ. 

CRUSTULA,  JE.  Ce  mot,  au  féminin,  sn 
fait  de  crusla,  qui  signifie  croûte  de  quelque 
corps  matériel,  comme  de  pierre,  de  bois, 
de  pain,el  d'autres  choses  semblables;  mais 
crustula,  neutre  pluriel,  vient  de  crustulum 
et  de  crustum  ,  un  gâteau  croquant,  un  cro- 
quet de  pain  d'épice  ou  d'oublié. 

pueris  daiU  crusiula  biaiidi 

Doctorcs  eiemei»ia  velinl  ut  discere  p^in^a. 

Mais  crusiula  ne  se  trouve  qu'au  féminiu 
dans  l'Ecriture,  pour  signifier  : 

Gâteau,  tourteau  (y.o>.>,vptov).  3.  Reg.  14,  3. 
Toile  in  manu  tua  dccem  p  mes  el  crustulam  : 
Prenez  en  votre  main  dix  pains  et  un  tour- 
teau, etc.,  dil  Jéroboam  à  sa  femme,  l'en- 
voyant consulter  le  prophète  Ahias.Exod.29. 
v.  2.  23. 

CRUX,  cis,  (TT«jpoj,  de  l'Hébreu  cara,  fouir, 
creuser;  ou  de  kor,  lignum  ,  trabs. 

Croix  ,  gibet.  Gen.  40.  19.  Suspendet  te  in 
cruce:  Pharaon,  après  vous  avoir  fait  couper 
la  tête,  vous  fera  ensuite  attacher  à  une 
croix.  Voyez  l'accomplissement  de  cette  pro- 
phétie de  Joseph  au  grand  panelier  de  Pha- 
raon. V.  22.  Ainsi  ,  c.  41.  13.  etc. 

La  croix  de  Jésus-Christ,  c'est  le  bois  de 
la  croix  à  laquelle  il  a  élé  attaché.  Mallh.  27. 
32.  Jlunc  angariaverunt  ut  tolleret  crucem 
ejus  :  Les  soldats  du  gouverneur  contrai- 
gnireiil  S;moM  le  Cyrénéen  do  porter  la  croix 
de  Jésus  -  Christ.  Les  criminels  portaient 
leur  croix  jusqu'au  lieu  du  supplice  ,  et 
Jé^us- Christ  l'avait  porléo  juscpTà  ce  lieu, 
où  ils  renconirèrcnl  Sim<)n  ;  niais  Jé>us- 
t^hrist  élant  trop  épuisé  de  forces,  les  soldais 
contraignirent  Simon  de  continuer  à  la  por- 
ter jusqu'au  lieu  du  supplice  de  Jésus-Christ. 
Philipp.  2.  8.  Foetus  obediens  usque  ad  mor- 
tem,  mortem  uutrm  crucis  :  Jésus-Chrisl  s'est 
rendu  obéissant  jusqu'à  la  morl,  et  jusqu'à 
la  mort  de  la  croix.  La  loi  ordonnait  que 
celui  qui  serait  morl  allché  en  croix,  en 
fût  ôté  avant  le  soleil  'ouihé.  Deuî.  21.  23. 
Non  permancbit  cadnvcr  ejwi  in  liijno,  srd 
radem  die  scprtirlur,  quia  mnleilictus  a  Dm 
est  qui  pendvl  in  tii/no  :  Celui  (]ui  esl  pcnrlu 
au  bois  esl  maudil  de  Dieu,  c'esl-à-dire,  en 
exécration  devant  Dieu,  à  cause  du  peclic 
qui  avait  mérité  un  tel  supplice  ;  ainsi  il  tàl- 

32 


toes 


niCTIONNMRF,  DK  PIIIf.OLOr.lE  SACIIEF. 


100« 


jail  le  retirer  au  plus  l<M  do  la  vuedes  liommos, 
romine  un  ah\el  infâme  et  horrible  à  voir. 
Jésus -Christ,  qui  s'est  chargé  des  péchés 
do  tous  les  hoiiiines,  pour  les  expier  par  sa 
cioix,  .1  Ition  voulu  passer  pour  maudit  :Cum 
•iceleratisrrpHtalus  rsl.  Joan.  19.  Voy.  Male- 
DicTUM.  Marc.  15.  '21.  Luc.  23.  2G. 

Accipere ,  bajulore  ,  tollere  cnicem  sunm. 
Celle  façon  de  parler  vicnl  de  la  coutume  des 
criminels  de  porter  leur  croix  jusqu'au  lieu 
du  supplice,  et  sigHifie  : 

Porter  sa  croix  ;  c'est  souffrir  couragcu- 
sciiuMit  pour  Jésus-ChrisI  toutes  sortes  de 
tourments,  d'alfliclions,  d'ignominies  ,  et  la 
mort  même.  Luc.  9.  23.  Tollat  crucem  suam 
tpiotidie  :  Si  quelqu'un  veut  venir  avec  moi, 
(ju'il  renonce  à  soi-inème,  et  qu'il  porte  sa 
croix  tous  les  jours,  dit  Jésus-Christ,  c.  H. 
27.  Matlh.  10.  38.  c.  10.  2'k  Marc.  8.  3i. 

§  1.  — La  mort  et  la  passion  de  la  croix. 
Hebr.  12.  2.  Proposito  sibi  gaiidio  iuslinuit 
crucem  :  Jésus  -  Christ ,  dans  la  vue  de  la 
joie  (jui  lui  était  préparée,  a  souffert  la 
croix.  Gr.  ,  au  lieu  de  la  joie  qu'il  pouvait 
choisir  sur  la  terre,  a  souffert  la  croix.  Phi- 
lipp.  3.  18. 

§  2.  —  Le  mérite  de  la  mort  et  passion  que 
Jésus-  Chi  ist  a  soufferle  sur  la  croix.  I.  Cor. 

1.  17.  Ut  non  evacuetur  cnix  Cfiristi  :  Le 
mérite  de  la  croix  de  Jésus -Christ  serait 
inutile,  si  c'était  l'éloquence  des  prédicateurs 
qui  persuadât  la  Foi.  v.  18.  Gai.  6.  ik-  Kphes. 

2.  IG.  Philipp.  3.  18. 

§  3.  —  La  prédication  de  l'Lvaugiie.  Gai. 5. 
11.  Ergo  cvacualum  est  scandalum  crucis  : 
Les  Juifs  se  choquaient  principalement  de 
ce  que  l'on  prêchait  qu'il  fallait  chercher 
son  salut  dans  le  mérite  de  la  croix ,  et  non 
p.is  dans  la  pratique  de  la  loi.  c.  6.  12.  1. 
Cor.  1.  18. 

CKYP  TA,  JE.  Du  verbe  xpvTrTctv,  abscondere. 

Lieu  sous  terre,  caverne-  Jerem.  43.  9. 
Abscondas  eos  in  crypta  {TvpoQvpo-j)  :  Hebr. 
Mullha  :  Vous  cacherez  ces  pierres  dans  la 
voûte.  C'éiai!  une  caverne  d'oiî  on  tirait  du 
bitume,  ou  une  terre  grasse  pour  faire  de 
la  tuile. 

CRYSTALLUS,  i  ,-/pv(7Ta/).o?.  Cristal,  pierre 
claire  et  transparente,  qui  se  forme  par  la 
gelée  la  plus  forte  (qui  est  appelée  horrible 
dans  Ezech.  1.  22).  Apoc.  h.  6.  Mare  vilreum 
simile  crystallo :\h-ài-\'\s  du  trône,  il  y  avait 
une  mer  transparente  comme  le  verre. 

Glace  ou  verglas.  P.  147.  6.  Miltit  cry- 
stallum  suam  sicut  buccellas  :  Dieu  envoie  sa 
glace,  divisée  en  une  infinité  de  parties  Le 
mot  grec /p^dfaV/o?,  signifie  glace,  parce  que 
le  crjstal  se  forme  comme  de  la  glace.  Eccli. 
k3.  22.  Gtiavit  crystallus  ab  uqua  :  Lorsque 
Dieu  fait  souiller  le  vent  froid  de  l'aquilon  , 
l'eau  se  glace  aussitôt  comme  du  cristal  ;  car 
le  vrai  cristal  est  une  espèce  de  pierre  trans- 
parente, (jue  le  grand  froid  glace  et  endurcit 
sous  terre  et  parmi  les  rochers  ;  c'est  pour- 
quoi on  l'appelle  cristal  de  roche,  qui  n'est 
point  une  eau  glacée,  autrement  elle  fondrait 
au  soleil.  L'interprète  de  la  Vulgale  fait  ce 
mol   masculin  ,  v.  24.  Aug.   qu.  49.  i:i   lib. 


Jmlic.  Solet  Scriptura  masculinum  gennt  pro 
(luolibet  sexu  ponere. 

CUBARE  ,  zotuav,  de  y-v-K-m-*,  Jncurtnri ,  se 
conrber. 

Elje  courbe,  elre  au  lit,  se  reposer.  2.  Reg, 
13.  5.  Cuba  suner  lectum  laum  :  Couch-z- 
vous  sur  votre  lit  ,  et  faites  semblant  d'être 
malade,  dit  Jon-idab  à  Amnoii  ,  lui  conseil- 
lant un  moyen  d'abuser  de  Thamar,  Gen.  19. 
4.  Deul.  28.V.  54.  53.  Job.  m.  40,  etc. 

riirase  tirée  de  ceUe signification. 

Cnhare  eum  muliere.  Se  coucher  a^cc  une 
femme;  c'est  abuser  d'une  femme  ou  d'une 
fille.  2.  Reg.  13.  v  11.  14.  Prœvnlens  viribus 
oppressit  cam,  et  cubavit  cum  ea  :  Amuon 
étant  plus  fort  que  Thamar,  il  lui  fil  violenct; 
et  abusa  d'elle.  Ainsi,  cubai  e  in  sinu  ,  être 
couché  auprès.  Deut.  28.  54.  Quœ  cubât  in 
sinu  suo  ;  suo  pour  ejus.  Voy.  Sinus. 

1°  Vivre  en  repus,  eu  grande  sécurité. 
Ezech.  19.  2.  Mater  lun  leœna  inter  leones  cu- 
bavit {yéiiB(70ui}  :  La  ville  de  Jérusalem  vivait 
autrefois  parmi  les  rois  des  nations,  sans 
rien  craindre. 

2°  Faire  reposer  (xotràÇitv).  Cant.  1.  6. 
Jndica  mihi  ubi  cubes  in  meridie?  Dites-moi 
où  vous  faites  reposer  votre  troupeau  ,  du- 
rant la  grande  chaleur? 

CUBICULARIUS ,  ii.  Valet  ,  homme  do 
chambre.  Judith.  12.  6.  Prœcepit  cubilariii 
suis.  Holopherne  ordonna  aux  huissiers  de 
sa  chambre  de  laisser  entrer  et  sortir  Judith, 
c.  14.  16. 

CUBICULUM,  I,  TKpetov  ;  de  cubare,  et  si- 
gnifie, 

1°  Chambre.  Gen.  43.  30.  Jntroiens  cubi 
culum  flevit  :  Joseph  passant  dans  une  autre 
chanibre,  il  pleura  de  tendresse  qu'il  res- 
sentit à  la  vue  de  Benjamin.  Ad.  12.  20.  Qui 
erat  super  cubiculum  régis  (  xoitwv)  :  Blaste 
qui  était  chambellan  du  roi  (Hérode).  De  là 
vient  : 

Cubiculum  lectorum.  La  chambre  où  est  le 
lit  [.our  n)anger.  2.  Par.  22.  11.  Àbscondit 
cUm  cum  nutrice  sua  in  cubiculo  lectorum  : 
Ji'sabeih  cacha  Joas  et  sa  nourrice  dans  la 
chambre  des  lits.  Voy.  Triclimum.  D'autres 
entendent  ce  passage  des  salles  où  étaient 
logés  les  prêtres  (lui  faisaient  leurs  fonctions, 
et  couchaient  tous  en  un  même  lieu. 

2»  Cabinet,  chambre  secrète,  où  l'on  serre 
ce  que  l'on  a  de  plus  précieux.  Matth.  G.  G. 
Jnlra  in  cubiculum  tuum,  i.  e.  in  conclave  : 
Lors(jiie  vous  voudrez  prier,  «mtrez  dans 
votre  chambre,  dit  Jésus-Christ.  3.  Reg.  20. 
30.  Benadad  fugiens  ingressus  est  civilalem  in 
cubiculum,  i.  e.  in  locum  intimum  et  abdi- 
lissimum  .  Benadad, s'enfuyant,  entra  dans  la 
ville  d'Aphec,  et  se  relira  dans  le  lieu  le 
plus  secret  d'une  chambre  ,  se.  après  une 
défaite  de  cent  mille  hommes  de  son  armée, 
c.  22.  25. 

CUBiLE,  is,  xotTjj;  de  cubare. 

1°  Lit  (/oiTwv).  Joël.  2.  16.  Egrediatut 
sponsus  de  cubili  suo  :  Que  l'époux  sorte  do 
sa  couche,  se.  pour  honorer  son  jeûne  par 
'a  continence.  Ps.  35.5.  Jniquitalem  medita- 
tus  est  in  cubili  suo     L'injuste  a  médité  l'mi- 


I0J5 


CIB 


«juité  dans  le  srcicJ  «ic  son  lit,  /.  *-.  les 
innuvais  desseins  (lu'il  doil  t'xéculer  le  len- 
demain. Ainsi ,  Midi.  2.  1.  Vœ  qui  operamini 
malum  in  cubilibus  vestris  :  Malheur  à  vous 
.  qui  prenez  dans  voire  lit  des  résolutions  cri- 
minelles ,  in  tuce  mcUutina  faciunt  illud  ,  que 
vous  exécutez  dès  le  point  du  jour. 

2"  La  retraite  des  bêles,  étable,  tanière, 
caverne.  Isn.  &o.  10.  Vallis  Achior  in  cubile 
(«v«7rK-uCT<,-)  armenlorum  :  La  vallée  d  Achior 
servira  de  retraite  aux  bœufs  de  mon  peuple, 
de  ceux  qui  m'auront  reciienhé.  Ps.  103.  22. 
Jn  cubilibus  suis  coUocabuntur  :  Toutes  les 
bêtes  se  vont  coucher  dans  leurs  retraites 
(fXKvrîpo:) ,  5C  au  lever  du  soleil.  Gant,  k.  8. 
De  là  vient  : 

Facere ,  dure  in  cubile  pecorum.  Rendre  un 
pays,  une  ville,  la  retraite  des  hêtes  ;  c'est  la 
ruiner  entièrement.  Ezech.  25.  5.  Dnbo  filios 
Ammon  in  cubile  pecorum  :  J'abandonnerai 
ie  pays  dis  enfants  d'Ammon  ,  pour  être  lu 
retraite  des  bêtes  (vof/r;).  Soph.  2.  15. 

§  1.  — Repos, lieude  repos,  et  oùl'on  est  en 
grande  sécurité.  Ps.  H9.  5.  Lcelabuniur  in 
cubilibus  suis  :  Les  Juifs,  après  leur  capti- 
vité, ont  joui  d'un  grand  repos.  Ainsi,  les 
justes  reposent  dans  leur  tombeau  avec  con- 
fiance. Isa. 57.  2.  Requiescat  in  cubili  suo  qui 
ombulavit  in  directione  sua  (  zu^-à  ,  sepul- 
crum  )  :  Que  celui  qui  a  marché  «lans  un 
cœur  droit,  se  repose  dans  son  lit.  On  l'en- 
tend de  Josias. 

§  2.  —  Impudicités,  plaisiis  désllonnêt^s, 
marqués  par  le  mot  cubile.  Rom.  13.  13.  Non 
in  cubilibus  et  impudicidis  :  Ne  vous  laissez 
point  aller  aux  im[)udicités  et  aux  dissolu- 
tions. Ainsi,  Gen.  49.  k.  Ascetidisti  cubile  pa- 
tris  (ui  :  Vous  avez  souillé  le  lit  de  votre 
père;  se,  en  commettant  un  inceste  avec 
votre  belle-mère. 

De  là  vient  cette  façon  de  parler  :  Dilalure 
cubile  :  Agrandir  son  lit.  C'est  avoir  un  désir 
insatiable  de  se  prostituer.  Isa.  57.  8.  Dilu- 
tasli  cubile  tuum  :  Vous  avez  agrandi  votre 
lit.  Ceci  s'entend  de  l'inclination  à  l'idolâtrie 
marquée  par  la  prostitution,  v.  7.  Super 
montem  excelsum  posuisli  cubile  luum  :  vous 
avez  mis  votre  lit  sur  une  haute  montagne 
et  élevée.  Les  idolâtres  faisaient  leurs  sacri- 
fices sur  des  lieux  élevés,  lî/ecli.  23.  17.  Cu- 
bile mammarum;  Hebr.,  amorum;  i.  e.,  ania- 
torum  :  Couche  de  prostitution.  Ce  sont  les 
temples  où  les  Juifs  sacrifiaient  aux  idoles 
avec  les  Chaldéens. 

§  3.  —  Le  tombeau  où  le  corps  repose. 
Ezech.  32.  25.  Posuerunt  cubile  ejus  in  uni- 
versis  populis  rjus  :  Ils  ont  mis  son  lit  parmi 
tous  ses  peuples.  La  mort  égale  tous  les 
hommes  :  les  rois  et  leurs  sujets. 

CUBITUS,  I,  Tr^/wj,  ÙK' ciiburc,  parce  que 
les  anciens  étaient  sur  des  lits  à  table,  de 
manière  qu'ils  étaient  appuyés  sur  le  coude. 

1°  Le  coude,  la  jointure  du  bras  sur  quoi 
on  s'appuie.  KccJi.  î).  12.  Non  (tccuiubns  cuiii 
ca  super  cubituin  :  Ne  \ous  apjniyez  poinl, 
avec  la  femme  élrangère,  sur  le  coude  pour 
manger.  Ezech.  13.  18.  Vœ  quœ  consuunt  pul- 
villos  sub  oiuni  cubilo  uinnus  iy/Mv).  Voy. 
CoNSiERE.  Jcrem.  3S,  12. 


(  ri;  fooc 

2' Coudée,  mesure  et  hauteur  du  coucfe. 
Matih.  t).  27.  Luc.  12.  25.  Quis  vestruin  cui/i- 
tando  potest  adjicere  ad  slaturam  suant  cubi- 
tuin uiium?  Qui  est  celui  d'entre  vous  (|iii 
puisse,  avec  tous  ses  soins,  ajouter  à  sa  taiJe 
la  hauteur  d'une  coudée?  Geti.  (5,  v.  15.  16. 
l'recentorum  cubiiorum  erit  longitudo  nrcœ... 
in  cubito  cunsumuiabis  summilàlPin  ejus  :  La 
longueur  de  l'arche  de  Noé  était  de  trois 
cents  ( ondées;  ss  largeur,  de  cin(|uanle;  sa 
hauteur,  de  (rente;  le  comble  qui  la  couvrait 
était  haut  d'une  (oudée,  et  descendait  en 
pente  pour  faire  c^^ouler  les  eaux. 

Il  est  à  remarquer  que  la  coudée  ancienne 
avait  vingt  quatre  doigis  ;  ei  que  l'autre, 
moius  ancienne,  n'en  avait  que  vint^t-  les 
Hébreux  s'en  servirent  durant  leur  captivité. 
La  coudée  hébra'ique  était  de  trois  pouces 
plus  grande  que  la  grecque  ou  la  romaine  : 
celle-ci  était  de  dix-huit  pouces,  et  l'autre  de 
vingt-un.  La  coudée  se  prend  depuis  le  bout 
du  coude  jusqu'à  l'extrémité  du  doigt  le  plus 
long  de  la  main  étendue. 

3"  Cubitus  est  mis  pour  cnlamus,  coudée 
pour  canne.  Ezech.  i3.  20.  Mensus  est  murum 
ejus  undique  per  circuiluni  ,  lonqiiudinem 
quingentorum  cubitorwn,el  ialitudinem  quin- 
genlorum  cubiiorum  :  J/ange  mesura  la  mu- 
raille de  tout<s  parts,  en  tournant  tout  au- 
tour, et  il  trouva  qu'elle  avait  cinq  cents 
coudées  de  longueur  et  autant  de  largeur. 
Saint  Jérôme  et  plusieurs  autres  interprètes 
croient  qu'il  faut  mettre  cannes  au  lieu  de 
coudées;  comme  en  effet  dans  l'Hébreu  il  y  a 
seulement  «/«nir/en/oru»},  où  l'on  doit  sup- 
pléer calamorum,  exprimé  (|uatre  fois  aupa- 
ravant. La  coudée  commune  est  un  pied  et 
demi;  la  coudée  des  Hébreux  était  un  pied 
trois  quarts.  Jos.  3.  k.  Sil  inter  vos  et  arcam 
spntium  cubitorum  duum  i?iillium  :  Qu'il  y  ait 
entre  vous  et  l'arche  un  espace  de  deux 
mille  coudées  ou  cinq  stades,  revenant  à  six 
cent  vingt-cinq  pas  géométriques.  Cet  espace 
était  nécessaire,  parce  qu'ils  n'eussent  pu 
voir  l'arche,  à  cause  de  leur  nombre  prodi- 
gieux, s'ils  en  eussent  approché.  3.  Reg.  6- 
2.  Voy.  Trigi.nta. 

CUCUMIS  ou  CUCUMER;  de  aixvo?  ,  qui 
vient  de  l'hébreu  kasa  ou  kisa,  qui  signifie  la 
mêoie  chose. 

Concombre.  Num.  5.  In  mentem  nobis  ve- 
viunt  cucumeres  :  Les  concombres  nous  rc- 
vienîient  dans  l'esprit.  Les  Hébreux  et  les 
Egyptiens  en  usaient  beaucoup. 

CUCUMERARIUM ,  ii;  Tiy.vnpv.To-j,  champ 
de  concombres,  ou  jardin  dans  lequel  sont 
des  melons  et  des  concombres.  Isa.  1.  8.  Si- 
cut  tuf/urium  in  cucumerario  :  La  Judée  de- 
v.iil  être  comme  une  cabane  dans  un  champ 
de  concombres,  après  (ju'on  les  a  cueillis; 
j.  r.,  déserte  et  désolée.  Raruch.  (j.  69. 

CUDERK,  de  l'hébreu  cat/iat,  lundere,  atlc- 
rcre. 

Ratire  du  marteau  ,  forger.  Isa.  k\.  7. 
Con/orlavil  fnber  œrarius  perculiens  {D.«vvitvj 
innllco,  cum  qui  cudchat  lune  lemporis  :  L'on 
vrierqui  frappait  du  marteau,  pour  former 
son  idole,  exhortait  celui  (|ui  travaillait  alorf 
avec  lui. 


{007 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACUEF. 


im^ 


Ce  nom  indéclina- 
de  quis  cl  du  génilif 


CUJUSMODI;  £.-,/>,  0 
ble,  composé  du  génilil 
de  modus,  signifie  :  ^.    ^    ,r 

De  quelle  sorte.  1.  Reg.  21.  2.  Nemo  sciai 
ciijusmodi  prœci'pta  tibi  dederim  :  Que  per- 
sonne no  sache  ce  (juc  je  vous  ai  commandé. 
David  dit  à  Achimélech  que  Saiil  lui  avait 
parlé  en  ces  lerines. 

11  est  à  remarquer  que  le  dalif  cui  ou  le 
génitif  t'u/M5  est  quehiuefois  un  pléonasme 
hébreu;  se,  quand  l'antécédent  est  exprimé, 
comme  Rom.  16.  27.  Soli  sapieiid  Deo,  per 
Jesinn  Christum,  cui  lionor  et  gioria  in  sœcula 
sœculornm  :  Honneur  et  gloire  soit  à  Dieu, 
qui  est  le  seul  sage,  par  Jésus-Christ,  dans 
tous  les  siècles  des  siècles. 

CULEX,  icis  ;  de  y^vm^. 

Moucheron,  cousin.  Matlh.  23.  2i.  Exco- 
tantes  culicem  :  Vous  qui  avez  grand  soin  de 
passer  ce  que  vous  buvez,  de  peur  d'avaler 
un  moucheron.  Jésus-Christ  représente  aux 
scribes  et  aux  pharisiens   leur  avenglemenl. 

CULINA,  .e;  iJ.uysipuo-j,  de  colère,  a  co- 
lendo  igné,  dit  Varron,  ou  plutôt  de  l'hébreu 
kala,  cuire,  rôlir. 

Cuisine,  lieu  dans  une  maison  où  l'on  ap- 
prête les  viandes.  Ezech.  46.  v.  23. 24.  Culinœ 
fdhricatœ  erant  subter  porticus  per  gyrum  : 
L'on  voyait  les  cuisines  bâties  sous  les  por- 
tiques, tout  autour. 

CULMEN,  is,  de  columen  ,  qui  vient  du 
grec  y.ylif.iMf}  ,  calamus  ou  culmus  (xsya^À), 
parce  que,  anciennement,  les  toits  des  mai- 
sons se  couvraient  de  chaume.  Or,  le  mol 
culmen  se  dit  principalement  du  toit  des  mai- 
sons, le  faîte,  le  comble,  le  haut  d'un  édifice, 
et  signifie  aussi  : 

Le  sommet,  le  haut  de  quelque  chose. 
Gen.  11.  k.  Faciamus  nobis  civitatem  et  turrim 
cujus  culmen  pertingat  ad  cœlum  :  Faisons- 
nous  une  ville  et  une  tour  qui  soit  élevée 
jusqu'au  ciel.  C'est  de  la  ville  et  de  la  tour  de 
Babel  dont  il  est  parlé  ici,  2.  Reg.  18.  26. 
Vociferuns  in  culmine  :  La  sentinelle,  voyant 
un  second  courrier,  cria  d'eu  haut.  i.  e..  de 
la  muraille  au  haut  de  la  porte  de  la  ville.  Ce 
courrier  qu'il  voyait  était  Chusi. 

Un  logement,  une  maison  (  Sozoî  ).  Gen. 
19.  8.  Ingressi  sunt  sub  timbra  cidminis  mei  : 
Ces  hommes  sont  entrés  dans  ma  maison 
comme  dans  un  lieu  de  sûreté,  dit  Loth  aux 
habitants  de  Sodome. 

CULMUS,  1,  de  colmus  ou  colomiis,  pour 
calamus. 

Le  tuyau  du  blé,  qui  porte  l'épi,  le  chaume 
(Truôp^v).  Gen.  41.  5.  Septem  spicœ  pullu- 
labunt  in  culmo  iino  plenœ  atquœ  fonnosœ  : 
Voyeï  l'explication  que  Joseph  donne  à  Pha- 
raon de  ce  second  songe  qu'il  eut  de  ces 
sept  épis  pleins  de  grains  et  si  beaux,  qui 
sortaient  d'une  même  tige.  v.  26.  Ainsi, Osée 
8.  7. 

CULPA  ,  ^ ,  de  y.oUr.zctv,  châtier,  ou  de 
l'hébreu  clialapli,  percuKuit. 

Faute,  offense,  blâme.  Prov.  6.  30.  Non 
grandis  est  culpa,  cum  guis  furatus  fucrit,  fu- 
ratnr  enim  ut  esurientcm  impleat  animam  :  Ce 
n'est  pas  une  grande  faute  qu'un  hoinme  dé- 
robe pour  avoir  de  quoi  manger,  U»rs<iu'il  est 


pressé  par  la  faim;  Hebr.  On  ne  méprise 
point  un  larron.  Ici  ce  genre  de  larron  est 
mis  en  parrallèle  avec  l'adiillère,  qui  est 
beaucoup  plus  coupable.  Gen.  31.  .'i6. 

Défaut,  imperfection.  Heb.  8.  7.  5i  illud 
culpa  vacassft  (Gr.  a/zefiTrTov  sTvat);  non  utique 
secundi  locus  inquireretur  :  Si  la  loi  ancienne 
avait  été  assez  parfaite  pour  sanctifier  et 
donner  la  grâce,  on  n'aurait  pas  eu  besoin 
du  nouveau  Testament. 

CULPARE;  ^é^feaOa.L  ,  blâmer,  repren- 
dre. 2.  Maoh.  2.  7.  Jeremias  culpans  illus 
dixit  quod  ignotus  erit  locus  ;  Jérémie  blâma 
ceux  qui  s'étaient  approchés  pour  remar- 
quer la  caverne  où  il  avait  mis  le  taberna- 
cle, l'arche  et  l'autel  des  encensoirs. 

CULÏER,  TRI;  y.ùyia.ipa,  de  l'hébreu  catil, 
occidit,  ou  bien  a  cultu  terrœ,  parce  que  te 
mot  a  signifié  d'abord  le  contre  d'une  char- 
rue, et  depuis  il  signifie  aussi  : 

1°  Couteau.  Jos.  5.  2.  Fac  tibi  cultros  lapi- 
dées :  Faites-vous  des  couteaux  de  pierre, 
dit  Dieu  à  Jo>ué,  lui  ordonnant  d^  circoncire 
les  Israélites  nés  dans  le  désert,  qui  ne  l'a- 
vaient point  été,  à  cause  îles  décampements 
fréquents.  Voy.  v.  7.  8.  Ainsi  Prov.  23.  2. 
Statue  cultrum  in  gutture  tuo  :  Metlez  un 
couteau  à  votre  gorge.  Le  Sage,  par  cetle 
expression  parabolique  ,  avertit  ceux  qui 
sont  invités  à  la  table  des  grands,  de  garder 
une  graiide  retenue,  soit  pour  parler,  soit 
pour  manger,  comme  si  on  avait  un  couteau 
à  l.r  gorge  qui  arrêtât  l'intempérance. 

2"  Instrunjent  de  fer  propre  à  tailler  et 
polir  les  pierres.  Exod.  20.  25.  Si  levaveris 
cultrum  {èyyjipiSiov)  super  eu,  polluetur  :  Si 
vous  employez  le  ciseau  à  tailler  les  pierres 
pour  bâtir  à  Dieu  un. autel  de  pierres,  cet 
autel  sera  souillé. 

Façon  de  parler  Urée  de  ceUe  significalion. 

Levare  cultrum  :  Se  servir  d'un  instrument 
qu'on  lève  en  haut  pour  en  travailler.  Exod. 
2.  25.  Voy.  supra  2°. 

CULTIÔR,  ûs,  plus  propre,  plus  précieox. 
Ruth.  3.  3.  Jnduere  cultio7'ibus  vestimentis  : 
Prenez  vos  plus  beaux  habits,  dit  Noémi  à 
Ruth. 

CULTOR,  is,  ytùipyoç;  de  colère. 

i"  Habitant  d'un  pays,  qui  cullive  les  ter- 
res ou  les  vignes,  laboureur  ou  vigneron. 
Gen.  34.  21.  Quœ  spatiosa  et  lata  cultoribus 
indiget  :  Celte  terre,  étant  spacieuse  el  éten- 
due comme  elle  est,  a  besoin  de  gens  qui  la- 
bourent, disent  Hemor  et  Sichem,  son  fils, 
proposant  à  leurs  sujets  de  s'allier  avec  les 
Juifs,  c.  47. 14.  Luc. 20.  10.  Misit  ad  cultores 
servum  :  Le  maître  de  la  vigne  [ùuTTslovpyôç, 
tinitor)  envoya  un  de  ses  serviteurs  vers  ses 
vignerons,  afin  qu'ils  lui  en  donnassent  du 
fruit.  Ces  vignerons  figuraient  les  Juifs,  aux- 
quels Dieu  a  envoyé  inutilement  ses  pro- 
I  hèles,  c.  13.  7.  Num.  13.  29.  1.  Par.  27.  27. 
Isa.  24.  6. 

2"  Adorateur,  qui  rend  un  culte  ^)arlicu- 
lier,  soit  à  Dieu,  soit  à  quelque  fausse  divi- 
nité (>«T|Dsûwv).  Hebr.  10.  2.  Nullam  haberenl 
ultra  conscieritiam  peccati ,  cultores  semel 
inundati   :   Les   ministres  de   l'ancienne   loi 


1009 


CI  L 


(IM 


1010 


I 


trauraient  plus  senli  leur  conscience  char- 
gée de  péché,  en  ayant  été  une  fois  purifiés. 
Saint  Paul  fait  Vi>ir  que  h-s  sacrifices  de  l'an- 
cienne loi  n'cfFaçaieiil  point  les  péchés,  parce; 
qu'il  les  fallait  réilérer  lous  les  ans,  avec  la 
confession  des  mêmes  péchés.  Deut.  k.  3. 
Oculi  vestri  viderunt  quomodo  contriverit 
omnes  cnltores  ejus  de  inedio  vestri  :  Vos 
yeux  ont  vu  de  quelle  sorte  le  Seigneur  a 
oxlerminé  lous  les  adorateurs  de  Beelphégor 
du  milieu  de  vous.  i.  Reg.  10.  v.  19.  23.  2. 
Mach.l.  19.  Joan.9.  31. 

3°  Qui  entrelieni,  maintient  et  défend  quel- 
que cijose.  Job.  13.  i.  Cultores  perversorum 
({ogmatum  :  Défenseurs  d'une  doctrine  cor- 
roiii[)u<'. 

CULTRIX,  icis,  de  colère,  et  signifie  pro- 
prement celle  qui  cultive,  soit  la  terre,  la 
vigne,  etc.;  dans  lEcriture  : 

Celle  qui  adore  une  divinité.  Act.  19.  35. 
Q  lis  est  hominum  qui  nesciat  Ephesiorum  ci- 
vitutem  cultricein  esse  magnœ  Dianœ  (vîw/ô- 
(50V  j  :  Y  a-l-il  quelqu'un  qui  ne  sache  pas 
que  la  ville  d'Ephèse  rend  un  culte  particu- 
lier â  la  grande  Diane  ?  dit  le  greffier  de  la 
ville  aux  Ephésiens. 

CULTURA,  M,  \y-f.zl<x',  de  colère,  et  signi- 
fie proprement  culture,  l'action  ou  l'art  de 
cultiver  la  terre,  les  vignes,  etc.;  dans  l'Ecri- 
ture : 

Culte,  service,  honneur  que  l'on  rend  à 
quelque  divinité.  1.  Cor.  10.  li.  Fugite  ab 
idolorum  cultura  :  Fuyez  lidolâlrit'.  Eccli. 
1.  32.  Execratio  peccatori,  cultura  Dei  :  Le 
culte  de  Dieu  est  en  exécration  au  pécheur; 
Gr.  ôîOTiocts:,  la  piété,  la  religion.  Hebr.  9. 
1.  Hubuit  justificationes  culturœ  :  La  pre- 
mière alliance  a  eu  des  règlements  louchant 
le  culte  d.-  D  eu.  2.  Par.  31.  21,  etc. 

CULTUS.  us.  —  1°  Culte,  respect,  honneur 
que  Ion  rend  à  Dieu  ou  aux  idoles.  Exod 
10.  20.  Necessaria  sunt  in  cuitum  Domini  Dei 
noslri  .  Nous  avons  nécessairement  besoin 
de  lous  nos  lroupe;iux  pour  h;  culte  du  Sei- 
gneur notre  Dieu.  Moïse  rend  raison  à  Pha- 
raon pourquoi  il  fallait  que  les  Israélites  ks 
emmenassent  avec  eux,  allant  offrir  des  sa- 
crifices à  Dieu.  Jos.  22.  10. 

2'  Cérémonie,  règlement  du  culte  de  Dieu 
{ yôuiu'-j-j).  E\o<l.  12.  li.  Celebrabitis  eam 
solemnem  Domino  cultu  sempilerno  :  \'ous 
célébrerez  de  race  en  race  la  félc  de  Pâquo 
avec  un  culte  perpétuel,  comme  une  fêle  so- 
lennelle au  Seigneur,  c.  13.  10.  c.  27,  21.  Lc- 
vit.  2i.  3.  Num.  3.  7. 

S'  Fonction,  rninislèrequi  regarde  le  ser- 
vicede  Dieu.  Num.  3.  10.  ^l^iron  aulem  et  filios 
ejus  constitues  super  cuitum  sncerdolii  :  Vous 
établirez  Aaron  et  ses  enfants  pour  les  fonc- 
lions  du  sacerdoce,  v.  31).  c.  h.  v.  28.  30.  c.  7. 
8.  c.  1!J.  9.  1.  Par.  23.  28.  2.  Par.  29.  Xu 

k"  Prali<|ue,  observation  (eV/'^»  opéra).  Isa. 
32.  17.  Erit  cultus  juslilicCySilenlium  .  L'ob- 
."^ervaliDn  de  la  justice  apportera  la  paix  et 
la  tranquillité. 

5°  Ornement,  entretien.  Exod.  25.  9.  Juxia 
omncm  simililudinem  omnium  vnsorum  in 
c  iltum  ejus  :  Les  Israélites  iiic  dresseront  un 
sanctuaire  selon  la  forme  du  t.ibomaele  que 


je  vous  montrerai,  et  de  lous  les  vases  qui  y 
serviront,  c.  35.  21.  Num.  i.  16. 

6°  Ornement,  propreté,  habits  précieux 
xô(7f*o,-).  1.  Petr.  3.  3.  Quorum  non  Sît  indu- 
menti  vestimentorum  cul  tus:  Que  les  femmes 
ne  mettent  point  leur  ornement  à  se  parer 
par  la  beauté  des  habits.  Exod.  33.  i.  2.  Reg, 

1.  2't.  3.  Reg.  22.  10.  Eslh.2.  v.  12.  15. 
CUM,  <7vv,  y-î-v.,   préposition.  Avec,  1°  soit 

pour  marquer  la  présence.  Rom.  i'IAo.Gaur 
deie  cum  gaudendbus,  fjete  cum  flentibus  : 
Soyez  dans  la  joie  avec  ceux  qui  sont  dans 
la  joie,  pleurez  avec  ceux  qui  pleurent 

2°  Soit  pour  marquer  qu'on  est  familier, 
ou  dans  la  compagnie  de  quelqu'un.  Joan. 
15.  27.  Qui  i  ab  initio  mecum  estis  ;  Vous  ren- 
drez témoignage  de  moi  (aussi  bien  que  le 
Sainl-Esprit),  parce  que  vous  êtes  dès  le 
commencement  avec  moi.  c.  17.  12.  Act.  V. 
13.  c.  9.  28.  c.  2i.  1.  etc.  Ce  qui  marque 
aussi  quelquefois  une  compagnie  et  un  atta- 
chement inséparable.  Rom.  7.  3.  Si  fucrit 
cum  alio  viro  :  Si  une  femme  épouse  un  au- 
tre homme  durant  la  vie  de  son  mari,  el'e 
est  appelée  adultère.  Ps.  138.  18.  Exurrexi, 
ctadhuc  sum  tecum;  i.  e.  persista:  Quand  je 
me  lève,  je  me  trouve  encore  au  même  étal 
devant  vous. 

3'  Soit  pour  marquer  l'aide,  le  secours  ei 
la  protection,  la  faveur.  Luc.  1.  2S.  Dominas 
tecum  ;'\.e.  libiadest  :  Le  Se\^nenr  est  avec 
vous;  i.e.vous  assiste  et  vous  favorise  de 
ses  grâces,  dit  l'ange  à  la  sainte  Vierge  Ruth. 

2.  4.  Dominus  vobiscum  :  Qua  fe  Seigneur 
vous  assiste  de  ses  grâces,  dit  Booz  à  ses 
muissonneurs,  arrivant  de  Bethléem  :  l'Eglise 
e:iiprunte  cette  salutation  dans  l'office  divin, 
à  laquelle  on  répond,  fi  cum  spiritii  tuo; 
i.  e.  tecum  sil,  ou  libi  ndsit;  ce  qui  est  em- 
prunté de  saint  Paul,  Gil.  G.  18.  Gralia  Do- 
mini noslri  Je  su  Chris  ti  cum  spiritu  vestro: 
La  grâce  de  Noirc-Seigneur  Jésus-Chri>t 
demeure  avec  \otie  esprit:  le  mot  anima  et 
spirilus.  est  souvent  pris  pour  la  personne. 
i.  Cov.  io.  iO.  Abuvdanlius  illis  omnibus  la- 
borati;  non  ego  auttm,  sed  gralia  Dei  me- 
cum :  J'ai  travaillé  plus  que  tous  les  autres 
[se.  à  la  prédication  de  lEvangile),  non  pas 
moi  toutefois,  mais  la  grâce  de  l)ieu  avec, 
moi;  Gr.  Quœ  mecum  est.  Judic.  16.  15.  Mais 
Esse  cum  aliguo^  signifie  parliculièremenl  lo 
secours  el  la  protection  dont  Dieu  soutient 
ses  ministres  dans  leurs  fonctions.  Matth.  28. 
20.  Ecce  ego  lobiscumsum:  Jesus-Christ  pro- 
met à  ses  apôtres,  et  dans  leurs  personnes  à 
son  Eglise  el  à  ses  ministres,  une  assistance, 
continuelle.  Joan.  8.  29.  Qui  me  misit  mecum 
est  ;  Celui  qui  ma  envoyé  est  avec  moi,  et  ne, 
m'a  point  laissé  seul:  Jesus-Christ  parle  du 
Père  élernel.  Exod.  3.  12.  c.  18.  29.  olc. 
Jud:c.  0.  IG.  Ps.54.  19. 

4"  Soit  pour  marquer  qu'on  suit  cl  qu'il» 
prend  le  parii  de  (juelquuii  et  qu'on  lui  est 
altaché.  V.  Reg.  (i.  IG.  Plures  nobiscum  sunt 
(juam  cum  illis  :  Il  y  a  plus  d(;  giMis  armés 
avec  nous,  qu'il  n'y  en  a  avec  les  gens  du  roi 
de  Syrie, dit  le  prophète  Eliséeà  son  serviteur 
surpris  de  s;.'  >oir  assiège  de  tant  de  gens 
de  guerre.  \oy.   le  v.  17.  Ainsi,  Luc  11.  23. 


iOil 


DICTIONNAIRE  DE  PHIL  >LOGIE  SACREE. 


1011 


Qui  non  est  mecum,  contra  me  rst  :  C«'lui  qui 
n'e>it  point  avec  moi  rsl  eonire  moi,  dit  Jé- 
sus-Clirisi.  M;iUh.  12.  20.  1.  Reg.  14.21.  Act. 
14.  4.  c.  19.  38. 

Celte  préposilion  est  mise  pour  plusieurs  aatres. 

1°  Pour  yEr/t<«  ac,  Comme,  de  même  que, 
aussi  bien,  également,  de  mémo  f.içon,  en 
inéme  élal.Ps.  lUo.  6.  Peccavimus  ciunpilri- 
fjusnostris  :  Nous  avons  péché  ans«ji  bien  (|ue 
no>;  pères.  Ps.  12.  o.  Cum  hoininibus  nov  fja- 
(/ellnbunlui'  :Lrs  méchants  n'éprouvent  poinl 
i  s  né.iux  auxquels  les  autres  hommes  sont 
o\f)o-és.  Ps.  87  5.  jEslimatus  sitin  cum  de- 
>crndenl ibus in  locîim : i'iïi  clé  regardé  comme 
éijinl  du  nombre  de  ceu\  qui  descendent 
dans  la  fosse.  Eccli.  40.  8.  Cum  omni  carne  ; 
(]es  fantômes  qui  S€  voieit  dans  le  som- 
meil, et  de  semblables  accidents,  sont  com- 
muns à  toutes  les  bêles,  tomme  aux  hom- 
tncs.  1.  Reg.  28.  19,  Crasaulem  lu  et  filii  tut 
mecum  eritis  :  Demain  vous  serez  morts  et 
bois  du  monde  comme  moi,  dit  Samuel  à 
S.ùl.  4.  R"-,  -24.  6.  P&  119.  4.  Job.  40.  10. 
l.i.  es.  2:V  .Ifrem.  6.  il.  Ezecli.  IG.  26.  Ma- 
lach.  1.  12.2.  Cor.  4.  14.  H.b.ll.  9. 

2°  P<iur  Qttnnditi,  Aul.iiit  de  temps  que. 
Ps.  71. .'S.  Perm  inebil  cum  sole  :  Il  demeurera 
autant  que  le  soleil  :  le  Prophète  parle  de 
Jésus  Chris!,  figuré  par  Salomon.  Isa.  6o. 
1l\).  Nepolcs  cum  eis;  i.  e.  ipsis  viventibus  :  Les 
élu«i  verront  une  grande  [)OSléi"ilé. 

.'i"  Pour  Contra.  Contre,  à  l'enconlrc.  Ps. 
;)4.  19.  Inler  multos  erant  mecum;  i.  e.  contra 
»/»e  .•  Ceux  (|ui  s  approchent  de  moi  pour  me 
perdre,  étaient  en  grand  nombre  contre  moi. 
Malth.  12.  V.  41.  42. Luc.  ll.v.  m  ;:2.  Apoc 
2.  IG. 

4°Pour7n/er,  Parmi.  Marc.  10.  30.  Cum 
persccutionibus  :  Au  milieu  ménie  des  persé- 
eulions. 

'6"  Pour  Fer,  P.ir  le  moyen,  parle  minis- 
*ère.  Acl.  14.  2">.  Belulernnt  quania  fecisset 
Deus  cum  illia;  i.  e.  per  illos:  Saint  Rarnabé 
et  saint  Paul  racontèrent  (à  l'Egiise  d'Antio- 
<be  assemblée  1  combien  Dieu  avait  fait  de 
grandes  choses  avec  eux;»,  e.  par  leur  minis- 
Fère.  c.  lo,  4, 

G'  Pour  In,  Dins^  en. ioh.l.  ii.Confobula- 
horcum  amoritudine  animœ  meœ:ie  m'cntre- 
liendr.ii  d.ins  l'iimertumede  mon  ânv*.  ou  de 
mes  maux  :  c'e-t  le  même  sens  que  in.  c.  7. 
11.  c.lO.  1. 

7'  Pour  Penea,  lin  la  puissance,  en  la  dis- 
position. P.>.49.  11.  Pulehritudo  aijri  mecum 
est  :  Toute  la  beauté  de  la  campagne  m'est 
présente,  je  puis  eu  (lis|ioser.  1.  Reg.  2).  25. 
Secundum  nomensuum  stullus  est,  et  stullitia 
est  cum  eo;  i.  v.  st  dlissimus  csf.'Nabal  est 
insensé,  et  son  nom  même  marque  sa  folie. 
Voy.  Nabal.  Ap;)C.  22.  12.  Merces  mca  me- 
cum est  :  ,]' ni  ma  récompense  avec  moi;  .sr. 
pour  rendre  à  chacun  selon  ses  œuvres.  P'. 
'ill.  \\.  Lumen  oculorum  meormn  ipsum  non 
est  mecum:  Ma  vue  m'a  abandonné.  Jerem. 
8.8.  Lex  Ùomini  nobiscum  est  :  Nous  sommes 
»nslruils  dans  la  loi.  Isa.  49.  4.  c.  40.  10.  c. 
«2.1t. 

^  VoMv  Coram  ou  contra,  m  pr«'>sciice,  à  la 


vue.  Isa.  59.  12.  ScCxera  noslra  nooiscum  : 
Nos  crimes  nous  sont  présents  :dans  le  même 
sens  qu'e«it  pris  contra.  Ps.  50.  5.  Ainsi,  Ps. 
15.  i\.  Cum  vullu  n/o.En  voire  présence. 
Ps.  139.  14.  Ai  t.  2.  28.  Elle  est  quelqupfois 
sous-entendue,  1.  Par.  26.  23.  Amratnili.^ 
Jsanritis;  i.  e.  cu??i  Amrnmilis;  etc.  conune 
en  Grec,  Apec.  8.  3.  Ut  daret  de  orationibu^ 
sanctorum.  de  pour  cum:  Afin  qu'il  en  ac- 
comoagnât  les  prières  de  tous  les  saints.  Voy. 
De.  ■ 

Cum  ou  quum,  conjonction  ;  ôtt,  crav.  Ce  qui  s'exprimt 
souvent  par  un  participe. 

1°  Quand,  lorsque.  Til.  3.  4.  Cum  hcnigni- 
tas,  cl  humanitas  apparaît  Solvaloris  .  Lors- 
que, ou  depuis  que  la  bonté  de  Dieu  noln; 
Sauveur,  et  son  amour  pour  les  hommes  a 
paru  dans  le  monde.  Malth.  15.  2.  Non  la- 
vant manus  suas  cum  panem  manducant  :  Vos 
disciples  ne  lavent  point  leurs  mains  lors- 
qu'ils prennent  leurs  repas,  disent  les  Scri- 
bes et  li-s  Phaiisiens  à  Jésiis-Clnist.  c.  2.  4. 
Luc  9.42. 

2"  Vu  que,  puisque.  Heb.  5.  12.  ('um  debe- 
relis  magistri  esse:Yn  que  depuis  le  temps 
qu"on  vous  instruit,  vous  devriez  déjà  êtr<» 
maîtres.  1.  Cor.  3.  3.  Cum  sit  inler  vos 
zelus;  Puisqu'il  y  a  parmi  vous  des  jalousies, 
etc. 

3"  Cette  conjonction  est  quelquef  tis  sous- 
cnlendiie.  Isa.  12.  1.  Confttebor  tibi  (/uoniam 
iralus  es  mihi;  i.  e.quoniam  cum  iratus  fueris, 
conversus  est  fnror  tuus  :  Je  vous  rends  grâ- 
ces. Seigneur,  de  ce  qu'après  vou>  cire  mis 
en  colère,  votre  fureur  s'est  apaisée.  Rom. 
6.  17.  Gratins  Deo  quod  fuistis  servi  peccati, 
obedisti^  autem  excordei'x.  o.  quod  cum  fue- 
l'itix  :  Dieu  soU  louéde  ce  qu'ayant  été  aupa- 
ravani  esc'aves  du  péché,  vous  avez  embras- 
sé ilu  fond  du  cœur  la  doctrine  de  l'Evan- 
gile. 1.  P>  tr.  4.  6.  Ut  judiccntur...  vivant 
autem;  i.  e.  ut  cum  judicati  fuerint  :  L'Evan- 
gile a  été  prêché  aux  morts,  afin  qu'ayant 
été  punis  devant  les  hommes,  selon  la 
chair,  ils  reçoivent  devant  Dieu  la  vie  de  l'es- 
prit. 

CUMI;  Hebr.  Surge.  Ce  mol  est  Hébreu; 
c'est  l'impératif  du  verbe  Coum,  surgerc. 
Mire.  5.40.  Talitha,  cumi;  quod  est  interpre- 
tatum  :  puella  [tibi  dico)  surge  ;  Jésus-Christ 
dit  à  la  (iliedn  rhefdc  la  Synagogue,  Taliiho, 
cumi;  i.  e.  Ma  fille,  levez-vous.  Voyez  TalI' 

THA. 

CUMULA  RE.  Combler,  augmenter.  2.  Par. 

28.  13.  Quare  vul'tis  veslra  cumulare  delictn? 
Ponr(|uoi  voulez-vous  mettre  le  cotnble  à 
vos  anciens  crimes?  dirent  les  principaux 
officiers  dEphraïin  à  l'armée  d'Israël,  leur 
persuadant  de  renvoyer  ks  deux  cent  mille 
captifs  qu'ils  avaient  faits  sur  le  royaume  de 
Juda. 

CUMULUS,  1,  rTMf.ô:.  Du  mot  inusité  cumus, 
qui  vient  de  cmju,  pour  marquer  un  amas  de 
quehiue  chose. 

Tas,  monceau,  ce  qu'on  donne  par-dessus 
la  mesure;  dans  l'Ecriture, 

Poussière  (/oO^  pulti.s).  Eceli.  44.  22.  Jure 
jtirando  dcdil' illi  crescere  illum  quasi  terrœ 
runuilum  :  Le  Seigneur  a  juré  à  Abrab.im  d»» 


1013 


C(JN 


CLP 


10U 


f.iirc  croître  sa  postcrilé  comme  la  poussière 
de  In  terre,  V«>y.  Geii.  22.  17. 

CUNCTARI;  or.vsrv.  De  cimclus,  lout,  lout 
ensemble,  il  faut  «lu  temps  pour  lout  parcou- 
rir: Ainsi,  il  sigtiifu;  : 

1"  DilTérer,  user  de  remises,  temporiser. 
Nnm.  22.  16.  Ne  cuncteris  venire  ad  me: 
Ne  liiiïérez  plus  à  veoir  vers  moi,  ditBalacà 
Bal.iam. 

2°  Elre  paresseux  de  f.iire,  faire  quelque 
chose  à  regret,  et  chercher  des  préiexies 
pour  s'en  défendre.  Eccli.  10.  29.  Noli 
cunctari  in  tempore  anyustiœ  :  Ne  refusez 
point  de  travailler  quand  vous  clés  dans  le 
besoin;  ne  croyez  point  que  cela  soit  indigne 
de  voire  naissance  :  Gr.  p-ïj  5o;«Çoy,  Ne  soyez 
point  glorieux. 

CUNCTATIO,  Nis.  Hésilallon,  délai,  retar- 
dement. Est  h.  4.  11.  Oinnes  norunt  quod  sive 
vir,  sive  millier,  non  vocalns  inlerius  atrium 
régis  inlraveril,  absque  nlla  ciinclalione  sta- 
tim  inlerficiatur,  nisi,  etc.  Tous  savent  que 
qui  que  ce  soit,  homme  ou  femme,  qui 
entre  dans  !a  salle  intérieure  du  roi  sans  y 
avoir  été  appelé  par  son  ordre, est  mis  à  mort 
infailliblemenl  à  la  mémo  heure,  à  moins 
que,  etc. 

CUNCTUS  ,  A,  um;  rrâ,-.  De  coujunctus  , 
par  conlraclion  ,  pour  mar(]uer  un  tout 
assemblé,  Ascon.  €iincli  simul  omnes  quasi 
C07ijunc!i. 

1°  Tout  ensemble.  Eccl.  1.  8.  Cunctœ  rcs 
difficiles  :  Toutes  les  choses  du  monde  sont 
dillicilcs  à  connaître,  et  l'on  ne  peul  sa- 
voir les  arts  et  les  sciences  exactement  sans 
beaucoup  de  peine. Gen.  1.  v.30.  31.  etc.  Voy. 

OiMMS. 

2"  Quelque,  quoique  ce  soit,  aucun.  3. 
Reg.  8.  38.  Cuncta  devolalio,  et  imprecalio 
quœ acciderit  omni  homitii;  i.  e.  quœvis  siip- 
plicalio,  etc.  Quelques  prières  et  vœux  que 
fasse  un  homme. 

CUNEUS,  I.  De  l'Hébreu  koun,  être  droit 
et  ferme,  et  signifie  proprement. 

Coin,  soit  de  bois  ou  de  fer,  avec  quoi 
l'on  frnil  du  bois;  e(  de  là,  un  escadron  de 
Soldats  joinis  en  forme  de  coin;  dans  l'Ecr.  ; 

Bataillon  en  forme  de  coin  ,  bandes  de 
gens  de  guerre,  troupes  de  gens.  Num.  1. 
52.  Metabuntur  castra  filii  Israël  un  isqids- 
quc  per  turmas  [rr/ ■  it-rynx)  et  cuneos  ;  Hebr. 
vexilla:  Les  enfants  dlsraël  camperont  par 
diverses  bandes,  chacun  dans  sa  compagnie. 
1.  lU'g.  10.  10.  Ecce  cuneus  Proplietarum  ob- 
viiis  ei  (/,ooô;,  cœlus)  :  Saiil  fut  rencontré  par 
iino  troupe  de  prophètes:  le  v.  5.  porte,  Grcx 
Proplietarum. 

CUNICULUS,  I.  Ce  mol  vient  de  cuneus,  et 
signifie  : 

Un  trou  en  terre,  semblable  à  ceux  que  les 
coins  foiil  au  bois;  le  lapin  même  qui  l'ait  ces 
trous  pour  s'y  cacher  :  c'est  aussi  ce  qui  a 
fait  donner  ce  nom  aux  mines  qu'on  l'ait  en 
terre  pour  prendre  les  villes.  D'autres  tirent 
cuniculus,  conil  ou  lapin,  de  /.'>»»,  ulerum  (jes- 
to;  parce  qu'il  [)Oite  plus  et  plus  souvent  (|iic 
les  autres  animaux:  d.ins  l'Ecriture  : 

Artifice,  fourbe.  Estli.  10.  .">.  In  lantam 
vesaniœ  proruprrant,  ut  eos...  qui  ila  c  mcla 


agiint  ut  omntum  ^aude  digni  sint,  mendacio- 
rum  cuviculis  conentur  subvertere  :  La  pré- 
somption de  plusieurs  courtisans  passe 
quelquefois  dans  un  tel  excès,  que  s'élevant 
contre  ci'ux  qui  se  conduisent  d'une  lelle 
sorte,  qu'ils  méritent  d'élre  loués  de  lout  le 
monde,  ils  lâchent  de  les  perdre  par  leurs 
mensonges  et  leurs  artifices. 

CUPEIIE.  è-iijv[jLîî'j.  De  l'Hébreu  chaphels, 
désirer,  aimer. 

Désirer,  souhaiter  [Béluv,  velle).  Prov.  1. 
21.  Usquequo  stulti  ea  quœsibi  surit  noxia  eu- 
pient?  Jusqu'à  quand  les  insensés  désireront- 
ils  ce  qui  les  perd  ?  Luc.  23.  8.  Erat  cupicns 
ex  multos  tempore  videre  eum  :  Héroile, 
eut  une  grande  joie  de  voir  Jésus  :  car  il  y 
avail  longtemps  qu'il  souhaitait  de  le  voir. 
Phil.  1,  23. 

1°  Aimer  quelqu'un  affectueusement,  lui 
vouloir  du  bien  {è-nzrjOîï-j).  Philipp.  1.8.  Testis 
mihi  est  Deus,  quomodo  cupiam  omnes  vos  in 
visceribus  Christi  :  Dieu  m'est  témoin  com- 
bien je  vous  chéris  dans  les  entrailles  de  Jé- 
sus-Christ. 

2°  Tâcher  de  faire  quelque  chose,  en  cher- 
cher l'occasion  (Çyj-srv).  Eslh.6.  2.  RegemAs- 
suerum  jugulare  cupientium  :  Mardoehée 
avail  donné  avis  de  la  conspiration  des  deux 
eunuques  qui  avaient  voulu  assassiner  le 
roi  Assuérus. 

CUPIDE.  Avec  inclinalion  et  affection.  1. 
Thcss.2.  8.  Cupide  volebamus  [vj^o-mvhiv)  tra- 
derc  etiam  animas  nostras  :  Nous  aurions 
souhaité  de  vous  donner  même  notre  vie. 

CUPIDITAS,  ATis.  1"  Convoitise,  désir, 
passion  {opt'it;).  Sap.  14.  2.  Illud  cupidiius 
acquirendi  excogituvit  :  Le  désir  de  gagner  a 
inventé  la  structure  de  ce  bois;  /.  e.  des  ido- 
les. Esih.  13.  12.  Rom.  15.  23. 

2"  Avarice  (  yj).Koyupt«  ).  1.  Tim.  6.  10. 
Radix  omnium  malorum  cupiditas:  La  pas- 
sion pour  le  bien  e,>t  la  racine  de  tous  les 
maux.  2.  Mach.  10.  20. 

CUPIDO,  iNis.  Convoitise,  désir,  amour. 
2.  Par.  19.  7.  Non  est  apud  Dominum  cupida 
munerum:  Il  n'y  a  aucun  désir  de  présents 
dans  le  Seigneur.  Ezech.  23.  6.  Insanirit  in 
juvenes  cupidinis  ;  i.  e.  cupitos  ,  amabilcs: 
Oolla,  qui  est  Samarie,  a  aimé  d'un  amour 
furieux  les  Assyriens,  jeunes  et  propres  à 
allumer  sa  passion  ;  aulr.  aimables,  char- 
niants,  agréables;  Gr.  s77t),£XTot. 

CUPIDUS,  A,  UM.  1°  Désireux  ,  passionné 
pour  quelque  chose.  Gai.  o.  2().  Non  efficia- 
mur  inanis  gloriœ  cupidi  (Gr.  xcvôooçot)  ;  Nu 
désirons  point  la  vaine  gloire.  Tit.  i.  7. 

2°  Avare  (fù.ùoyvpo:).  1.  Tim.  3.  3.  Oporlet 
episcopnm  esse  non  liligiosum,  non  cupidum  : 
Il  faut  «ju'un  évè(iue  ne  soit  [loinl  plaideur 
ni  avare,  mais  au  contraire.désinléressé.  2. 
Tin). 3.  2.  Eccli.  \\.  v.  3.  9. 

CUPITUS,  A,  UiM.  Snuhailé,  désiré.  Prov. 
7.  18.  Fraamur  cnpilis  amplcxibiu  donec 
illucescat  dies  :  Jouissons  de  ce  (|ue  nous 
avons  désiré,  jusqu'à  ce  qu'il   fisse  j\)ur. 

CUK,  hu  Ti,  de  cure,  (|ui  se  fiit  de  cui  rei , 
et  est  le  même  (|ue  qwire,  et  signifie  : 

1'  Pourquoi  (r'.);).  Prov.  li.  \'l.  Cur  detes- 
l(ttu<sum  discipliH'im  ?  Pouripioi  ai-je  délesté 


lois  DiCriONNAIlJE  DF.  P 

la  discipline  ?  Gen.  24.  31.  Jor.  49.  1.  Ad.  5. 
3.  vie.  Voy.  QuARE. 

2°  Aiid'oment,  et  est  pris  pour  olioqui.  2. 
P.ir.  25.  19.  Sede  in  domo  tua,  cw  mnlum 
ndversum  le  provocas;  i.  e.  alioqui provocabis  : 
Demeurez  chez  vous  en  paix,  autrement  vous 
vous  attirerez  voire  malheur  et  voire  perle, 
répond  Joas  à  Amasias.  Ainsi,  Prov.  22.  27. 

LURA  ,  lE  ;  y^cvrt,-,  ar.ov^n,  de  z/jo,  Cor , 
Avoir  soin  de  quelque  chose,  et  l'avoir  à 
cœur,  est  la  même  chose. 

1°  Diligence,  soin  que  l'on  prend  de  quel- 
que chose,  application.  1.  Petr.  5.  7.  Ipsi 
cura  est  de  vobis;  Gr.  «i)rw  pt.élet  :  Dieu  a  soin 
de  ceux  qui  jettent  dans  son  sein  leurs  in- 
quiétudes. S-ip.  5.  8.  Mqualiler  cura  est  illi 
de  omnibtcs  :  Il  a  également  soin  de  tous:  il 
n'y  a  en  Dieu  aucune  acception  de  personnes 
dans  la  distribution  qu'il  fait  des  récom- 
penses ou  des  supplices,  selon  les  décrets  de 
s»  providence,  et  le  mérite  d'un  chacun. 
Luc.  10.35.  Curam  illius  habe;  l-mu-lni^rirt, 
Ayez  bien  soin  de  cet  homme,  dit  lé  Sama- 
ritain à  l'hôte  chez  qui  il  avait  amené,  le 
jour  précédent,  l'homme  mallrailé  par  les 
voleurs.  2.  Petr.  1.  5.  Sap.  6.  18.  Rom.  13. 
li.  Garnis  curam  {-po-joix)  ne  fecerilis  in  de- 
sideriis  •  Que  le  soin  de  votre  chair  ne  se 
porte  point  à  satisfaire  ses  désirs  déréglés. 

2°  Ch.igrin,  inquiétude  (uzpi^-jy).  Luc  21. 
34.  iVc  forte  (jraventur  corda  veslra  in  curis 
liiijus  vitœ:  Pr(>nez  bien  garde  que  vos  cœurs 
ne  s^appesanlissent  par  les  inquiétudes  de 
ei'Ue  vie.  I^.  54.  23.  Jacta  super  Dominnm 
curam  luam  :  Abandonnez  au  Seigneur  le 
soin  de  tout  ce  <|ui   vous  regarde. 

3*  Cure,  guérison  (^ççy-six).  Luc.  9.  11. 
Eos  qui  cura  indigehant  sanabat  :  Jésus- 
Christ  guérissait  ceux  qui  avaient  besoin 
d'être  guéris. 

CURARE.  1°  Soigner,  prendre  soin  de 
quelque  chose  ou  de  quelqu'un  (yoov-riÇîtv). 
Eccii.  50.  4.  Curacit  gentem  suam:è\tnou,  {ils 
d'Onias,  a  eu  un  soin  particulier  de  son 
peuple.  Act.  8.  2.  Curaverunt  Slephanum 
{TM'f/.r,u.i%tirj)  :  Quelques  homnics  qui  cra:- 
pnaitMil  Dieu,  piirent  soin  d'ensevelir  saint 
Etienne. 

2"  Avoir  éganl,  se  soucier  (p-sÀsiv).  Marc. 
12. 14.  Non  curas  quemquam  :  Nous  savons 
que  vous  n'avez  égard  à  (jui  que  ce  soit,  di- 
sent à  Jésus-Christ  quelques-uns  des  Phari- 
siens et  desHérodieiis.  2.  Reg.  1.  3.  Dan.  C. 
13.  c.  11.  .37. 

3°  Guérir  ,  soit  en  parlant  des  maladies 
corporelles  (tiiv).  Deut.  28.  27.  Jta  ut  curari 
nequeas  :  Vous  ne  pourrez  être  guéris  ;  .se.  de 
galle  et  dune  démangeaison.  Matih.10.8.  In- 
firmos  curate{0-pa-'cv,L-j)  :  Rendez  la  santé  aux 
malades,  dilJéiais-Christ  aux  douze  apôtres. 
Lue.  4.  23.  Soit  dans  le  sens  métaphorique, 
en  pariant  des  maladies  d('  l'âme,  ee  qui  est 
le  péché.  Job.  14.  17.  Curasti  iniquilatem 
tncam  :  Vous  avez  guéri  mau  iniquité  {'jfpuyi- 
Çeiv  siqnare).  Isa.  1,  G.  Ose.  6.   2. 

4°  Réparer,  rétablir.  3.  Heg.  18.  30.  Cura- 
^it  altare  qund  desiructum  fuerat  :  Elfe  réta- 
blit l'autel  du  Seigneur  qui  avait  élé  détruit. 
iiUe  .igii  ici  p,-ir  une  dis[)ense  part'eulière  de 


niLOIOGIK  SACRf.e.  lOîB 

la  loi  générale,  (jui  défendait  à  ceux  qui  n'é- 
taient pas  prêtres  d'offi  ir  le  sacrifice.  Levil. 
16.5.  Mais  quand  celui  qui  a  donné  la  loi 
commande  de  faire  une  chose  que  la  loi  dé- 
fend, ce  commandement  lient  lieu  de  loi , 
puisqu'il  est  le  maître  de  la  loi  qu'il  a  éta- 
blie. Auq.  in  Levit.quœst.  56. 

5"  Consoler  en  fl  itl.-ait ,  tâcher  d'adoucir 
(  iv.'yù'j.L  ).  Jer.  6.  14.  Curabant  contritionem 
filice  populi  mei:  Les  faux  prophètes  tâ- 
chaient de  consoler  mon  peuple  du  mal  qui 
leur  devait  arriver,  et  leur  persuadaient 
qu'il  ne  leur  arriverait  rien  de  fâcheux.  Voy. 
c.  8.   14. 

CURAÏIO,  Nis  ;  ?//« ,  Luaiç,  Guérison  dos 
malades.  1.  Cor.  12.  v.  28.  30.  Numquid  om- 
nes  gratiam  habent  curationum  :  Tous  oet-ils 
la  grâce  de  faire  des  guérisons? 

Remède  et  guérison  ;  soit  pour  pardonner 
les  péchés.  Eccli.  10.  4.  Curatio  faciit  ces- 
sare  peecata  maxitna  :  Les  remèdes  (ju'on  vous 
appliciuera  vous  guériront  des  plus  grands 
péchés.  Selon  l'Hébreu  :  La  douceur  ou  In 
retenue,  et  la  fermeté  de  l'esprit  vous  fera 
éviter  de  grands  péchés.  2.  Par.  36.  16.  Soit 
pour  adoucir  l'esprit.  Eccli.  36.25.  Linguu 
curationis  :  Langue  qui  peut  guérir  les  maux  ; 
soif  pour  délivrer  de  grands  »naux.  Jerem. 
14.  19.  Expectavimus  tempus  curationis,  et 
ecce  turbutio  :  Nous  espérions  la  guérison  , 
et  nous  voici  dans  le  trouble,  c.  30.13.  Cura- 
lionem  iililitas  non  est  tibi:  Les  remèdes 
qu'on  emploie  pour  vous  guérir  sont  inu- 
t.Ies. 

CURL\,  m;  pow-ewr/i^tov,  de  cura  et  signifie: 
Cour,  où  on  traite  des  affaires  publiques  : 
dans  l'Ecriture  : 

La  Cour,  le  sénat  romain.  1.  Mach.  8.  15. 
Quia  curiam  fecerunt  .s('6i.- Judas  sut  que  les 
Romains  avaient  établi  un  sénat  parmi  eux. 
v.  19.  c.  12.  3. 

CURIOSE,  CURIOSIUS.  I"  Curieusement, 
avec  curiosité.  2.  Tliess.  3.  11.  Curiose  agen- 
tes  ;  TTîpt-çyy.'çôu. -joi,  (ii  ns  qui  se  mêlent  de 
tout  par  curiosité;  des  choses  même  qui  ne 
les  regardent  point. 

2"  Avec  soin,  avec  diligence.  Eccl.  9.  1. 
Ut  curiose  intelligerem  :  Je  me  suis  mis  en 
peine  de  trouver  i  intelligence  de  toutes  ces 
choses.  Reg.  23.  22.  Dan.  6.  11.  2.  Mach. 
2.  31. 

CURIOSlfAS  ,  ATis.  Curiosité  ,  envie  do 
voir  ou  de  savoir  les  choses.  Num.  4.  2. 
Alii  nulla  curiositate  videant  quœ  sunt  in 
sanctuario  :  Que  les  aulres  n'aient  point  de 
curiosité  pour  voir  ce  qui  est  dans  le  sanc- 
tuaire, avant  qu'il  soit  enveloppé. 

CUUIOSUS,  A,  UM,  TTspic'.'/ov,  de  cura.  Cu- 
rieux, liccli.  3.  22. /n  ;;/(j/j6us  operibus  ejus 
ne  fiicris  curiosus:  N'ayez  point  la  curiosité 
d'examiner  la  plupart  des  ouvrages  de  Dieu. 
Ael.  19.  19.  Qui  fueiunt  curiosa  seclali  :  La 
plupart  de  ceux  (jui  avaient  exercé  les  ar!s 
curieux  :  ce  que  l'on  entend  de  la  magie.  1. 
Tim.  5.    3. 

CURREUE;  Tôi^fv,  de  l'Hébreu  Aara,  cvj- 
nif,  obvenit,  occ.irsit, 

1'  Courir  ,  avancer  vite  ,  promplemenf. 
.loan.  V.   2.  V.    Cwrcbant   duo   simu(  ;  Saint 


iOI7 


CLR 


CLR 


luis 


Pierre,  el  le  «lisciple  que  Jésus  aiiuait,  cou- 
raioiill'un  et  l'au'rc  eiisetnlilc.  Ps.  18.  6. 

Ce  qui  se  dit  dune  manière  figurée  de  dif- 
férentes choses.  3.  Rejî.  18.  35.  Ciirrebant 
iqnœ:  Los  eaux  couraienl  autour  lie  r.iutel; 
se.  tant  on  on  av.iil  jeté  i)ar  trois  lois  sur  le 
bœuf  qu  Elio  avait  prép.iré  pour  élre  oITort  à 
Dieu.  Ps.  H7.  5.  Velociler  cnnil  senno  ejns: 
La  parole  de  Dieu  est  [lorléo  partout  avec 
une  exlrémo  vitesse  :  ce  qui!  ordonne  s'exé- 
cute aussitôt.  Jerom.  1-2.  5. 

2°  Courir  d.iiis  la  iiie,  disputer  le  prix  à 
la  course.  1.  Cor.  0.  '2'*.  Omnes  qniclem  cur- 
runt,  xed  anus  accipil  bruviiun  :  Tons  courent, 
mais  un  seul  emporte  lo  prix. 

§  1. —  Se  répandre  tôt,  avoir  un  cours 
heureux.  2.  Tliess.  3.  i.  Orate  pro  ni)ljis,-ut 
sermo  I)ei  curral  :  Priez  pour  nous,  afin  que 
la  parole  du  Soigneur  se  répande  de  plus  en 
plus. 

§  2.  —  Se  porter  à  quelque  chose  avec  ar- 
deur; soit  au  mal.  Prov.  1.  11).  Pedes  ilioram 
ad  }7ialum  curr uni:  Les  pieds  des  péi  heurs 
courent  au  mal.  Jorein.  23.  21.  Voy.  Venire, 
Ps.  49.  18.  Soit  au  bien  et  à  l'affaire  de  son 
salut.  1.  Cor.  9  'l't^.  Sic  currile  ut  compreheri' 
datif:  Courez  de  telle  manière,  que  vous 
remportiez  le  prix  (du  salut).  Gai.  5.  7.  Cur^ 
rebâtis  bene;  V^ous  couriez  si  bien  dans  la 
voie  de  Diou.  De  là  vient,  Currere  cutn  Deo  : 
Courir  dans  la  voie  de  Diou,  se  porter  à  le 
suivre  avec  ardeur.  Job.  33.  9.  Rou).  9,16. 
Jf/iliirnon  volenlis,  ner/te  currcntis,  ted  mi- 
screnlis  est  Dci:  Ct;  {\u\  peut  s'entendre  à  la 
lettre  d'Esaii,  (jiii  se  porta  avec  beaucoup 
d'ardeur  et  d  empressement  pour  recouvrer 
son  droit  d'aînesse  sur  Jacob,  et  la  bénédic- 
tion disaac,  son  père,  qui  néanmoins  fut 
donnée  à  Jacob,  qui  ne  la  demanda  qu'avec 
répugnance.  ^Liis  >ie  ce  qne  Dieu  a  dit  à 
Moïse,  qu'il  lora  miséricorde  à  qui  il  lui  plai- 
ra, l'xVpôtre  conclut  (|ue  le  saiul  ne  dépend, 
par  conséquent,  ni  de  celui  qui  veut,  ni  de 
celui  qui  court;  mais  de  Diou  qui  fait  misé- 
ricorde. Velle,  marque  l'action  delà  volonié; 
rt  currere,  l'action  extérieure.  Voy.  A'elle. 
Prov.  k.  12.  Ce  qui  se  dii  au  si  des  fonctions 
dti  ministère  sacré.  Philipp.  2.  10.  Non  in 
rucaum  cncurri:  Je  n'ai  pas  couru  ni  tra- 
vaillé en  vain;  se.  à  prêcher  l'Evangile, 
(r.il.  2.  2.  A  iiiioi  se  peut  rapporter,  Jerem. 
23.  21.  Non  nnltebnm  Proplietas,  et  ipsi  cur- 
rebunt  :  ic  n'envoyais  point  ces  pro[)hètos,  et 
ils  couraient  d'eux-mêmes:  La  métaphore 
est  tirée  des  im  ssagers  (jui  font  diligonco, 
ou  de  ceux  (ini  courent  dans  la  carrière. 
(1.  Cor.  9.  2f).)Canl.  1.  3.  Voy.  Unglentim. 

§  3.  —  Avoir  recours  promplemonl  à 
quel(|u'un,  Ps.  (il.o.  Cuc  (rri  in  siii:  Lors- 
que mes  ennemis  conspiraient  ma  perte,  j'ai 
ou  promplemont  recours  à  vous  :  mais  le 
Grec,  ciinforménienl  à  l'Hébreu,  n»et  une 
troisième  personne  du  pluriel:  Cucurrentnl  ; 
ils  ont  couru  avec  ardeur  j)Our  me  perdre 

Currere  in  pétris:  Courir  au  lraver.s  des 
rochers,  pour  marquer  une  chose  impos- 
sible [oM/.zTOc/.t).  Amos  0.  13.  Nuinr/uid  cur- 
rrrc  (/itrunl  in  prtris  ri/ifi,  mit  arari  patent 
VI  Oubaiis  :  Les  chevaux  peuvent  ils  courir 


au  travers  des  rochers,  ou  y  peul-on  labou- 
rer avec  des  bœufs  sauvages?  Le  Prophète 
fait  voir,  par  ce  langage  figuié,  que  ce  peuple 
rebellée  son  Dieu  ne  pourrait  espérer  d'en 
recevoir  aucun  secours  dans  ses  malheurs, 
tant  (|u'il  \ivrait  dans  1  impiété  et  dans  s. t 
rébellion. 

CUKKENS,  Tis.  Coureur,  po-tillon,  cour- 
rier (ot'Jjzojv).  Jore.il.  '6i.  SI.  Currens  obviant 
currenli  veniet  :  Les  courriers  se  rencontre- 
ront les  uns  les  autres,  se.  pour  aller  dire  au 
roi  de  Babylone  que  si  ville  a  été  prise  d'un 
bout  à  l'autre. 

CUIUULIS,  is.  de  eurrus. 

Qui  sert  ou  appartient  à  un  chariot.  3. 
Rcg.  i.  26.  Ilabebat  Salomon  quadraginta 
millia prœsepia equorum  currilium.  Voy.  Prje- 
SEPE.  Salomon  avait  quarante  mille  chevaux 
dans  ses  écuries  pour  les  chariots  ;  Gr.  ej; 
âpiiurv..  li  avait  quatre  mille  écuries,  dix  che- 
vaux en  chacune.  2.  Par.  9.  25. 

CLRUUS,  us  ;  ko,w.'>;,  de  currere,  ou  de  kara. 

1°  Chariot,  Gen.  41.  43.  Fecit  cmn  ascen- 
dere  super  curruni  suum  secundum:  Pharaon 
Ol  monter  Joseph  sur  le  char  qui  suivait  lu 
sien-;  se.  pour  le  faii  e  reconnaître  comman- 
dant de  l'Egypte,  c.  46.  29.  c.  oO.  9.  etc. 

2'  Chariot  de  guerre,  (lui  mar(iue  la  force 
et  la  puissance  des  ennemis.  Ps.  19.  8.  Hi  in 
curribus  et  hi  in  equis  :  Des  ennemis  du 
peuple  de  Diou,  les  uns  se  confient  dans  leurs 
chariots,  et  les  autres  dans  leurs  chevaux. 
4.  Reg.  2.  12.  c.  13.  14.  Voy.  Auriga.  Jerem. 
51.21.  Exod.  15.  4.4.  R  g.  18.  24. 

§1.  —  Chevaux  attelés  aux  chariots.  2. 
Reg.  8.  4.  Dereliquit  autem  ex  eis  centum 
eurrus:  De  dix-sept  cents  chevaux  que  Da- 
vid prit  en  guerre  à  Adarezer,  il  ne  réserva 
que  ce  qu'il  en  fallait  pour  cent  chariots; 
{se.  sans  couper  les  nerfs  dos  jambes  à  tous 
les  chevaux  des  chariots)  i.  e.  quatre  cents 
chevaux.  (Voy.  1.  P.»r.  18.4.)  Ainsi,  Jiingere 
currum,  i.  c.  Jungere  equos  ad  currum:  At- 
teler les  chevaux  au  chariot  pour  y  monter. 
Gen.  46  29.  Exod.  14.  0.  etc.  Voy.  Jungere. 

§  i.  —  Gens  de  guerre  qui  combattent  de 
dessus  les  chariots.  2.  Reg.  10.  18.  Oceidit 
David  de  Syris  septingentos  eurrus  et  quadra- 
ginta millia  equitum-  Daviti  tailla  en  pièces 
sept  cents  chariots  des  troupes  des  Syriens, 
et  quarante  mille  chevaux  :  ce  qui  semble 
opposé  à  1.  Par.  19.  18.  Jnterfccit  de  Si/ris 
sepienx  millia  curruum  et  quadraginta  inillia 
pedilum:  David  tailla  en  pièces  sept  mille 
houmios  dos  chariots,  et  quarante  mille 
hommes  de  pied.  Pour  acc<»rder  ces  deux, 
passiges,  on  peut  dire  :  1"  (Ju'il  faut  lire  dans 
ce  dernier  passage,  sept  cents  au  lieu  de  sept 
mille;  2"  Qu'il  y  avait  sept  cents  chariots, 
sur  chacun  desquels  combattaient  div  h»)m- 
mes  ;  ce  qui  fait  sept  mille  hommes;  cl 
qu'outre  ceux-là  il  défit  encore  (luaranto 
mille  hommes  d'infanterie,  et  ({uarante  mille 
de  cavalerie.  Exod.  14.9. 

§  3.  —  Los  troupes  ol  les  armées  des  anges 
sont  exprimées  [)ar  les  chariots  de  Dieu.  Ps. 
(»7.  18.  ('urrus  Itei  decem  millibus  multiplex  : 
Ce  grand  nombre  do  «  hariots  sont  les  anges 
tncra  s  qui  scrrcnî  à  Dieu  «onujie  de   tliar» 


1019 

pour  .«lier  en  diliçonce  punir  les  moilinnls, 
ou  délivrer  les  jusles.  Jerem.  *.  13.  hcce 
auafi  t-mpeslas  cunus  ejus  :  Ses  chariols 
seronl  p!us  rapides  que  la  tempête:  ces  tli  i- 
rittis  sont  de  feu.  i.  Kc?;.  6.  17.  Voy.  Isa.  66. 
15.  H  ih  ic.  3.  8.  Vuv.  Chéri  BiN. 

CUKSIM.  En  courant  fort  vile.  Isa.  20.  29. 
Transierunt  cursim:  ils  pisseront  comme  un 
éclair  ;  $f .  les  Assyriens  venant  a  Jéru- 
salem. 

CURSOR ,  is;  055ii£:,-.  Coureur,  courrier,  pos- 
tillon. Job.  9.  25.  Dies  mei  vclociorts  fuerunt 
cursore  :  Les  jours  de  ma  ne  oui  passé  plus 
vitequun  honmie  qui  court  à  perte  d'haleine. 
Prov.  2i.  oi.  Jer.  2.  2J.  Curior  leris  :  Vous 
êtes  comme  un  chevreuil  qui  court  legèrc- 
nienl  :  C'est  le  sens  du  mol  hébreu  bichrah, 
dromrdaria  ;  Gr.  s-j-wi,  Aqu,  et  Sjmm.  Sijaiî,-. 

CCRSL'S,  es;  Sidao,-. Cours,  course.  Judic. 
5.  20.  Stellœ  minèn'ics  in  ordine  et  cursu  suo  : 
Les  eloile?,demeuranidans  l«ur  rang  et  dans 
leur  cours  ordinaire,  ou\.  comballu  conlre 
Sisara  :  Les  veiiis  el  l.i  lempéie  par  latjuelie 
Dieu  épouvanta  Sisara,  sont  attribues  aux 
inQuences  de*  eioilcs  ;  ou  aux  ancres,  qui 
étant  des  esprits  célestes,  sont  a[)prles  eto^lts. 
2.  Rtg.  18.  zl.  etc.  1'  Le  prix  de  la  course. 
Eccl.9.  11.  Vidi  nec  velocium  esse  cursam  : 
J"ai  TU  que  le  prix  de  la  course  n'e>l  point 
pour  cl'ux  qui  sont  les  plus  ^i-e*. 

2°  La  conduite  et  les  actions  de  la  vie 
(Tis/ià^.Prov.i.  27.  Reclos  faciel  cnsits  tuos  ; 
Ce  Sera  Uieu  lui-même  qui  redresser.»  \olre 
eonr^e;  t.  e.  la  conduite  de  votre  \ie.  Jerem. 
8.  6.  Omties  conrersi  sunt  ad  cursum  suum  : 
Ils  courent  tous  où  leur  passion  les  emporte  : 
ils  rctourn-jnl  tous  à  la  conduile  deregiée 
qu'ils  ont  coutume  de  tenir,  c.  22.  7.  c. 
23.  10. 

3"  Course ,  exercice  des  fonctions  de  l'a- 
postolat el  du  sacerdoce.  2.  Tim.  i.  7.  Cur- 
sum coyifummati :yai  acheté  ma  cours;-  : 
LWpôire  f.iit  allusion  à  ceux  qui  couraient 
dans  la  carrière.  Aci.  13.  25.  c.  20.  2i. 

CCRVARE  ;  ràa—îiv.  Courber,  ployer.  Ju- 
dic. 7.  v.  5.  6.  Q  li  ciirvatis  genibus  bi'ierinl, 
in  allera  parle  eranl  :  Dieu  ordonne  à  Cedéon 
de  séparer  ceux  qui  auront  mis  1-s  genoux 
en  terre  pour  boire  de  l'eau  :  c'élaieni  ceux 
dont  Dieu  ne  voulait  point  se  servir  pour  li- 
\riT  les  M  idianites  j'iilre  les  uiiins  de  Ge- 
iléon.  Eccli.  38.  33.  Anle  pcdes  siios  curvabit 
tirtiiiein  $uam  :  Le  poiiir  courbera  >on  corps 
sur  II  terre  qu'il  prépare  a\ec  les  jiicds  ;  oiï, 
ki  l'on  prend  sumn  pour  eJus,  il  la  pelrira,  el 
la  rendra  flexible  avec  les  pieds.  Voy.  Vm- 

TDS. 

Façon  de  parler  de  celle  sigai&caUoo. 

Bene  curratus,  a,um;  Grec.  rjzv3t}.<>r,  6fnc 
ro<un(/u5. Courbe,  bandé  avec  force.Sap.5.22. 
Tanquam  a  bene  ciirvalo  arcu  nubiuin  exler- 
mina^Mii/iir:  Les  foudres  seront  lancés  des 
nuées  [se.  sur  les  ennemis  de  Dieu  ,  comme 
Ks  flèches  d  un  arc  bandé  avec  force. 

1*"  Humilier,  dompter,  soumettre,  assujel- 
iir.  Eccli.  7.  2o.  Curva  illos  a  pueriiia  illo- 
rum  :  Acronljimrr  vos  fils  au  joug  dès  Irur 
cufance.  c.  Z3.  30.  En  ce  sens  se  dii  :  Oir- 


DICTIO.NNAIRE  DE  PHII-OIOGIE  SACREE.  lOiO 

rare  certictm,  collum.  Eccli.  30.  12.  Jerem. 
27.  18. 

2"  Courber,  abaisser,  humilier:  soit  par  la 
misère  el  laffl  clion.  Ps.  37.  7.  Miser  factus 
sum  et  curvnlus  sum  .-Je  suis  devenu  miséra- 
ble et  tout  co'irbé. 

Soit  qu'on  s'abaisse  et  qu'on  se  prosterne 
par  resprcl.  Job.  9. 13.  Sub  quo  curvantur  qui 
parlant  orbem  :  Ceux  qui  gouvernent  lo 
monde  fléchissent  sous  Dieu.  Kxod.  34.  8. 
Curtare  genua,  signifie  la  même  chose.  Isa. 
4-5.  23.  Milii  curvatiilur  omne  genu  :  Tout  ge- 
nou   fléchira    devant   moi  ,  eic  Voy.   Flk- 

CTERE. 

CURVUS,  A,  dm;  tx^'aiô,-,  Derjprù;,  Police 
xjioo,-,  il  où  se  fait  curvus. 

Courbe,  lorlu.  Sap.  13.  13.  Lignum  cur- 
rnm  :  Un  bois  tortu. 

Courbé,  humilié  :  soit  par  un  Tif  regret  de 
ses  finies  : xj-tô,-)  Baruch.  2.  18.  Anima  qux 
incedii  ca/"i<i  .-L'âme  triste  qui  marche  toute 
courbée  et  loule  aballue.  se.  de  ia  grandeur 
de  son  pèche,  rendra  gloire  à  Dieu  ;  soit 
qu'on  s'abaisse  et  qu'on  se  proslerne  devant 
quelqu'un.  Isa.  60.  1*.  Ventent  ad  le  curri : 
Les  enfant',  de  ceux  qui  vous  avaient  humi- 
liée, ô  Jerusjlem,  viendront  se  prosterner 
devant  vous:  ce  qui  marque  la  conversion 
des  Genii.s  à  la  foi.  Eccli.  12.  il.  Elsi  humi- 
liutiis  tadat  curvus  :  Quoiqu'il  s'humilie  el 
qu'il  aille  loul  courbé,  ne  vous  fiez  point  à 
lui.  Lecclesi  islique  parle  d'un  ennemi  ré- 
concilié ;  Cet  avis  ne  tend  pas  à  ne  point  par- 
donner à  noire  ennemi,  ou  à  ne  nous  point 
réconcilier  avec  lui  ;  mais  il  nous  avertit  seu- 
lement de  nous  donner  de  garde  d'un  homme 
qui  ne  déguise  sa  haine  que  pour  nous  trom- 
per. 

CCSTODIA,  e;  ov/.«oai.  1°  Gardi!  ,  veille, 
observation,  soin  de  garder.  Prov.  i.  23. 
Omni  custodia  serta  cor  tuum  :  Appliquez- 
vous  avec  tout  le  soin  possible  à  la  garde  de 
votre  coBu.'-.  Sap.  6.  V6.  Dilectio  ,  cuslodia  le- 
gum  illius  est  rx.pr.^iç).  L'amour  est  l'obser- 
\ation  des  loix  de  la  sag'sse.  Exod.  22.  7. 
Lent.  8.  35.  Num.  1.53.  Hab.  1.  i. 

2°  Emploi,  fonction.  Num.  8.  23.  Sic  dit - 
pones  Levilis  in  cuslodiis  suis  .C'e^l  ainsi 
que  »ous  réglerez  les  Léviies  Louchant  l<-s 
fonctions  de  leurs  charges. 

3"  Garde,  seniinelle,  gens  qui  veillent  à  la 
gar ;'e  di-  quelque  chose  ou  de  quelqu'un. 
Jerem.  51.  12.  Augele  cuslodiam:  Augmenlez 
la  garde  de  Babylone.  Acl.  12,  10.  1.  Par.  26. 
16.  Cuslodia  conlra  ru.«/odfam;  Ces  corps-de- 
garde  se  repondaient  l'un  à  l'auire  :  il  y  avait 
un  corps-de-garde  à  la  porle  du  temple,  et 
l'autre  à  celle  du  vestibule,  tant  à  cause  qu^ 
celte  pariic  du  temple  était  la  plus  rii  he  par 
le  ded  in«i,  que  parce  que  le  sanc  uaire  y 
était.  Maith.  27. 6o.  H  abêtis  cuslodiam:  Vous 
avez  des  gardes,  dit  Pilate  aux  princes  des 
préIres  et  aux  Pharisiens  (tojttwÔi*  .Voy.  Co- 

HORS. 

i  Frein,  bride,  muselière.  Ps.  38.  2.  Posai 
ori  meo  cuslodiam  :  J'ai  mis  une  garde  à  ma 
bouclic  ;  Heb.  Clausura,  capistrum  :  Le  soia 
el  la  vigilancu*  que  l'on  a  de  re/riai  r  sa  lan- 
gue, est  co'utne  U  briJe  qa?  l'o»  met  a  la 


^il^l 


CL'S 


dis 


iv.U 


h'Miche  des  animaux  pour  les  retenir.  Ps. 
liO.  Eccli.  2'i.  33. 

5*  Ijou  où  l'on  ^nrdc,  prison,  c.icliot.  Luc. 
21.  12.  Tradenirx  in  Si/nagoi/ns  et  cuslodias  : 
Les  rmwmis  de  i'Ev.ingilc  vous  cnlraîneront 
il;ins  ï<s  synagogues  el  dans  les  prisons,  dit 
Jésiis-Chnsi.  Act.  4.  3.  Gen.  S9.  22.  c.  40.  4. 
c.  42.  17.  De  là  vienl  : 

6'  Le  corps  huinain  regarda  comme  une 
prison  à  l'égard  de  l'âioe.  Ps.  141.  8.  Ediic  de 
custodiu  animam  menm  :  Tirez  mon  âme  de  la 
|)risi)n  où  elle  est;  plus  lillcraiemeiil,  déli- 
iivrez-moi  de  ce  grand  péril  où  je  suis  de 
perdre  la  vie,  élanl  assiégé  <'t  resserré  dans 
telle  caverne  comme  dans  une  prison. 

7'  Prisonnier  (jue  l'on  gardi?  (Sjo-fiwTrjj). 
Ad.  27.  42.  Mitituin  consilium  fuit  ut  custo- 
dias  occidcrent  :  Les  soldais  éiaienl  d'avis  de 
luer  les  prisonniers,  v.  1. 

S-'Lieu  élevé,  d'où  on  peut  regarder  et 
observer  de  loin  ce  qui  se  passe,  poste,  lieu 
assigné.  Hah.  2.  1.  Super  custodiam  meam 
stnbo  :  Je  me  tiendrai  en  sentinelle  au  lieu  où 
j'ai  été  mis.  Isa.  21.  8.  Ainsi,  Baruch.  3.  34. 
Stellœ...  dederuiit  lumen  in  cuslodiis  suis  : 
Les  étoiles  onl  répandu  leur  lumière  chacune 
en  SI  place  ;  i.  e.  dans  le  poste  qui  leur  a  élé 
assigne 

9'  Durée  d'une  veille  qui  était  de  trois 
heures.  Ps.8  ).  ï.Tamquam  custodia  in  nocle  : 
Miil.'  ans  devant  les  yeux.de  Dieu  soni comme 
une  veil  c  de  la  nuil.  Ps.  129.  6.  A  cusiodia 
vxniutina  usqite  ad  noctem  :  QuTsr.'ël  espère 
au  Si'igneur  depuis  la  veille  du  milin  jiis;|u'à 
la  i.uit;  i.  e.  depuis  la  |)reniière  veille  du 
jour,  depuis  le  point  du  jour  réelle  veille  du 
malin  finis^ail  au  point  du  jour.  Voy,  Ma- 

TUTINU-. 

10°  Réceptacle,  lieu  de  retraite.  .Apec.  18. 
2.  Biln/lon  fucta  est  custodia  omnis  spiritus 
immundi,  et  omnis  volucris  immundœ  :  Baby- 
lont;  est  devenue  la  retraite  des  jsprils  im- 
purs, et  des  oiseaux  impurs  ;  Les  hiboux  el 
li'S  démous  aiment  habiter  les  lieux  déserts 
el  abandonnés  :  ce  (jue  les  prophètes  disent 
des  villej  ruinées.  Isa.  i3.  v.  21.  22.  etc 

Façons  de  parler. 

Custodia  pomorum  ;  ônMpofylùy.tov.  Loge  , 
lieu  pour  garder  des  fruits.  Ps.78.  1.  Posue- 
runt  Jérusalem  in  pomorum  custodiam  :  Les 
nalions  onl  réduit  Jérusalem  en  un  lieu  dé- 
sert el  abandonné;  les  loges  et  les  cabanes 
«pii  seivaieni  pour  garder  les  fruits,  étaient 
abandonnés  après  quoi  les  avait  cueillis; 
Hehr.  In  acercos. 

Custodia  Domini.  Commandement  de  Dieu 
[T.phç)  3.  Reg.  2.  3.  Observa  custodias  Do- 
mini :  Observez  toul  ce  que  le  Seigneur  vous 
commande.  Zach.  S.l.  tt^ot-cc/u^a. 

CUSTODIRE;  Gr.  'fyUzru^.  1"  Garder,  con- 
server, proléger,  défendre.  Joan.  17.  12. 
Quos  dedisli  milii.  cuA/o<^/tii  ;  J'ai  conservé 
Ceux  que  vous  m'avez  donnés,  dit  Jésus- 
Clirisl  :  Ainsi,  garder  avec  loul  le  soin  pos- 
sible coujme  une  chose  très-chère  :  Custodire 
ut  pupilUun  oc«/t  ;  Garder  <(»mtne  la  pru- 
nelle de  l'œil.  Ps.  16.  8.  Voy.  Pupilla.  Ca- 
ftodire  inyrc.ssum  el  ftjressinnahciijnf  .-G  irder 


quelqu'un,  tant  dans  se«  aiïaires  <1omesti(|ue3 
qu'étrangères.  Ps.  120.  8.  Pedem  alicuju$' 
Prendre  garde  qu'il  ne  soit  surpris  dans  le 
piège.  Prov.  3.  2U.  Omnia  ossaalicujus:  Con- 
server  ses  os.  Ps.  33.  £0.  di  *\u'\  se  dit  prin- 
cipalement par  rapport  à  la  ré>urrectioa 
générale ,  parliculiéremenl  des  corps  des 
saints,  que  Dieu  promet  de  conserver,  n)ême 
dans  cette  vie  jusciu'à  leurs  cheveux.  Voy. 
Lue.  21.  18.  Voy.  Ossa.  Ainsi,  Apoc.  16.  15. 
BenCus  q  i  vigitat  el  cuslodi:  veslimenta  sui, 
ne  vudus  ambtdet  (Tïjpsîv).  Heureux  celui 
(;ui  veille  el  (|ui  gardai  Iden  ses  vêtements, 
afin  qu'il  ne  marche  pas  nu  :  ces  vét-ments 
sont  la  sainteté  el  les  bonnes  mœurs  :  Saint 
Jean  fiit  allusion  à  la  coutume  des  anciens, 
(|ui,  pour  obliger  ceux  qu'on  niellait  en 
garde  de  veiller  cxaciemcnt,  mettaient  le 
l'eu  à  leurs  habits  quand  on  les  surprenait 
dans  le  sommeil. 

2'  Garder  et  réserver  comme  un  trésor 
(5/3T«u^iÇstv),  mcltie  en  lieu  sûr.  Prov.  2.  7. 
C'(st')di(t  rectoram  salatem  ;  Gr.  tUesauriza- 
iii  redis  saluleoi  :  Le  Seigneur  réserve  le  sa- 
lul  comme  un  Irésor  pour  ceux  (|ui  onl  le 
cœur  droit.  Voy.  Salus.  Le  mot  hébreu  si- 
gnifie plus  ordinairement  la  sagesse  :  Ainsi, 
cela  veut  dire  (jue  Dieu  garde  sa  grâce  el  sa 
sagesse  comme  un  trésor ,  pour  en  assister 
tous  les  gens  de  bien  dans  le  besoin. 

3'  Garder,  s'assurer  d'une  chose  en  y  met- 
tani  garnison  (fpovpEïv).  2.  Cor.  11.  32.  Cu- 
slodiebat  civitatem  Damascenorum  :  Elanl  à 
Damas,  celui  qui  gouvernait  la  province  de 
Damas  pour  le  roi  Arétas,  faisait  faire  garde 
dans  la  ville  pour  me  prendre.  A  (juoi  se 
rapporte  dans  le  sens  métaphorique,  Phi- 
lipp.  4.  I.Pax  Dei  cuslodiat  ordn  vestra: 
Que  la  paix  de  Dieu  garde  fidèlement  vos 
cœurs.  1.  Petr.  1.  5. 

4°  Garder,  arrêter,  retenir  {fpovpsiv).  GaL 
3.  23.  Sub  lege  custodiebamur  concluxi  :  Avant 
que  la  foi  lût  venue,  nous  étions  sous  la 
garde  de  la  loi.  Ezech.  33.  8.  5e  cuslodiat 
impius  a  via  sua  :  Que  l'impie  se  retire  de  sa 
méchante  voie.  Sip.  1.  11.  2.  Reg.  22.  24. 
Isa.  56.  2.  Ainsi  Nahum.  2.  1.  Ascendii  qui 
cuslodiat  obsidionem  :  Voici  celui  qui  doit 
vous  assiéger  de  toutes  parts,  ô  Ninive. 

5°  Observer,  veiller  sur  quelque  chose,, 
par  devoir  et  obligation.  Ps.  38.  1.  Custodiam- 
vias  meas  :  J'observerai  avec  soin  mes  voies,, 
je  veillerai  sur  ma  con  luiUî.  Prov.  4.  4.  Cus- 
todi  prœcepla  mei:  Gardez  mes  préceptes  el 
vous  vivrez,  dit  Sibonon.  l's.  18.  12.  Jerem. 
8.  7.  Ps.  16.  4.  Ainsi  Prov.  22.  12.  Oculi  Do- 
mini cuslodiunl  scienti un  :  Les  yeux  du  Sei- 
gneur gardent  h  science;  il  considère  el 
conserve  la  connaissance  des  vérités  de  sa 
religion,  et  protège  ceux  qui  en  instruisent 
d'autres;  Ilebr.  le  savant,  le  vigilant.  Ps.  70. 
11.  Qui  cuslodiebunt  animam  meam  :  Ceux 
({ui  veillaient  auparavant  pour  me  conser- 
ver la  vie,  onl  tenu  conseil  pour  me  perdre; 
au/r.  Qui  moUservaientet  m'épiaient  à  mau- 
vais dessein. 

Custodire  os  siium.  Garder  sa  bouche;  c'est 
être  circonspect  dans  ses  paroles.  Prov.  \>\. 
3.    Qui   citstodil  os  sHum,  custodit  nnimain 


10Z3 


PlCnONNVIRF.    DE  Pllll.OI.Or.lK  SACKEK. 


It'ÎJ 


tuam  :  Celui  qui  r.'ille  sur  ces  paroles,  pré- 
serva* son  âme  de  beaucoup  de  maux.  c. 
21.  2i. 

6°  Respecter,  honorer  (  ^vjrrips?^  ).  Marc. 
6.  20.  Herodes  meluebnt  Joannem,  et  cuxlo- 
diebal  eum  :  Hérodc  craignait  saint  Jeau-B  ip- 
tislf,  ei  avait  du  rcspi-ct  pour  lui.  Ose.  4. 
10.  Domitiuin  dei'eli(/uerunt  in  non  custodien- 
do  :  Ils  ont  abandonné  le  Seigneur  sans  lui 
ronde  le  respect  cl  l'honneur  (jui  lui  est  dû. 
Ainsi  Zach.  11.  11.  Qui  ciislodiut^t  mihi,  pour 
me;  Hebr.  qui  me  obseivant  :  Ce  respect  à 
l'égard  de  Dieu,  paraît  dans  la  pratique  de 
ses  commandements  :  Gr.ri  -po^jx-za.  fAx!7G-6u.:yix 
jixot,  oves  quœ  cu^lodiuntur  mihi. 

7"  Aimer  quelque  (  hose,  s'y  appliquer,  s'y 
altacber.  Jo:i.  2.  8.  Qui  custodiunt  vanitatem 
frustra  :  Ceux  qni  s'atlaciienl  à  la  vanité  ou 
aux  idoles.  Voy.  Observahe. 

8°  Happ'»rler  à  quelqu'un  quelque  chose, 
lui  en  cojiserver  le  mérite.  Ps.  o8.  10.  Forti- 
ludinein  rneain  ad  le  custodiam  :  Je  remettrai 
entre  vos  m  lins  loute  ma  force. 

CUSTODITIO,  Nis.  Observation  exacte, 
pratique  (  -po^o'/j,  ).  Sap.  6.  19.  Custoditio 
legum  consummaiio  incorruptionis  esf  :  L'at- 
tention à  observer  les  lois  de  la  sagesse,  est 
raffermisseiiicnl  de  la  parfaite  pureté  de 
l'âme. 

CUSTOS,  dis;  ç!J),a;.  De  cum  et  d'asto;  Etre 
cTvec  ou  auprès. 

1"  Garde,  gardien,  qui  conserve  et  défend. 
Gen.  4.  9.  Numquid  custos  fralris  mei  sum 
ego  ?  Suis-je  le  gardien  de  mon  frère?  répond 
Caïn  à  Dieu.  c.  28.  15.  Prov.27.  18.  Qui  cu- 
stos est  Domini  sui  glorificabitar  :  Celui  qui 
garde  son  Seigneur  sera  élevé  en  gloire;  i.  e. 
celui  qui  l'honore  et  gagne  son  amitié  par 
ses  services,  etc.,  d'où  vient  :  Turris  cuslo- 
dum.  Voy.  Tlrris. 

2*  Garde,  sentinelle, soldatqui  garde  {■:r,pû-j]. 
Matlh.  28.  i.  Exterrili  sunl  custodes  :  Les 
gardes  furent  saisis  de  frayeur;  se.  au  trem- 
blement de  terre  et  à  la  vue  de  l'ange  qui  était 
descendu  pour  renverser  la  pierre  du  sépul- 
cre. V.  il,  c.  27.  66.  Judic.  7.  19.  Canl.  5.  7, 
Jerem.  51.  12.  Ainsi,  Isa.  21.  v.  11.12.  Custos, 
quid  de  nocte?  Sentinelle,  qu'avez- vous  vu 
cette  nuit?  Les  idumécns,  dont  Dunia  était  la 
capitale ,  demandant  à  leur  sentinelle  ce 
quelle  avait  aperçu  ,  si  elle  découvrait  les 
ennemis;  la  sentinelle  répondit  qu'ils  avaient 
beau  l'interroger  le  matin  et  le  soir,  aller  et 
venir,  qu'ils  perdaient  leur  peine,  et  que  c'é- 
tait fait  d'eux. 

3"  Soldai,  gendarme,  homme  d'armée.  Jer. 
k.  16.  Auditum  est  in  Jérusalem  custodes  ve- 
nire  de  terra  longinqua  :  On  a  fait  entendre  à 
Jérusalem  qu'il  vient  des  gens  d'armes  d'une 
terre  éloignée;!,  e.  de  Babylone;  Gr.  c-ycroop/i, 
caler  va. 

k^  Qui  garde  et  entretient  une  chose  qu'il  a 
prise  à  louage  [zr.pw).  Canl.  8.  11.  Tradidit 
cum  custodibus  :  Le  pacifique  a  donné  sa  vigne 
à  des  gens  pour  la  garder.  Voyez  Pacifi- 
cv<. 

Chefs  ,  princes.  Cant.  o.  7.  Jnvenerunt  me 
custodes...  percusserunt  me  :  Les  gardes  m'ont 
rencontrée,  ils  m'ont  frappée  et  blessée;  on 


l'entend  des  gouverneurs  et  des  princes  qui 
se  sont  élevés  contre  l'Kglise  par  les  cruelles 
persécutions  qu'ils  lui  ont  suscitées.  Jerem. 
31.  6.  Erit  dics  in  qua  chvnabiint  custodes  in 
monte  Ephrnim  :  Il  vi<'ndra  un  jour  (jue  ii^s 
gardes  crieront  sur  la  montagne  d'Kphra'im  ; 
ces  gardes  sont  les  chefs  des  dix  tribus,  qui 
les  exhortèrent  à  s'unir  avec  les  deux  autres 
tribus  dans  le  service  du  Seigneur,  et  à  l'aller 
adorer  dans  le  temple  de  Jérusalem;  ouïes 
apôtres  et  les  hommes  apostoliques  inviteront 
les  peuples  à  entrer  dans  l'Eglise.  Nahum  3. 
17.  Custodes  lui  quasi  locustœ  :  Vos  gardes 
so:)l  conmie  des  sauterelles  ;  d'autres  l'enten- 
dent des  soldats  et  des  gardes.  Jerem.  4.  10. 
Job.  7.  20.  0  custos  hominum;  selon  quelques- 
uns,  ô  Dieu,  non-seulement  sauveur  et  pro- 
t  ■(leur,  m.iis  aussi  qui  observe  le  mal  que 
font  les  hommes  pour  les  punir;  ÏTr^erràuEvo^voûv, 
scicns  cogitationem.  Aïmi ,  custos  animœ  suce  : 
Celui  qui  veille  sur  ses  actions  et  qui  a  soin 
de  lenir  son  âme  pure  et  exemple  de  péché. 
Prov.  10.  17.  Custos  animœ  suce  serval  viam 
swnn  :  Celui  qui  a  soin  de  garder  son  âme. 
l'ait  atlenlion  sur  sa  conduite,  c.  22.  5. 

Custodes  domus,  gardes  de  la  maison.  Ecci. 
12.  3.  Quando  commovebuntur  custodes  do- 
mus :  Lorsque  les  gardes  do  la  maison  com- 
menceront à  trembler;  il  semble  qu'on  doit 
entendre  par  là  les  bras  et  les  jambes,  qui 
tremblent  dans  les  vieillards  ;  d'autres  l'en- 
lendent  des  côtes,  qui  enferment  les  entrail- 
les. 

CUTHA,  M,  xo'j&à,  pays  de  Perse.  4.  Keg. 
17.  24.  C'est  de  là  que  sont  nommés  Culhéens 
les  peuples  qui  furent  envoyés  par  le  roi 
d'Assyrie  pour  habiter  la  Samarie.  4.  Reg.  17. 
30. 

CUTIS,  is,  Gr.  Séoaa;  do  c-x:toj,  pellis,  co- 
r'xum. 

Peau.  Job.  7.  5.  Cutis  mea  aruit  :  Ma  peau 
est  loute  sèche.  Thren.  4.  8.  Adhœsit  cutis 
eoriim  ossibus  :  La  peau  des  Nazaréens  de  Jé- 
rusalem est  collée  sur  leurs  os.  Levit.  13.  2. 
3.  etc. 

CYATHUS,  I,  de  xûaSo?, 

Coupe,  tasse,  gobelet.  Exod.  25.  29.  Parabis 
thuribula  et  cyathos  :  Vous  ferez,  d'un  or  très- 
pur,  des  encensoirs  et  des  lassos,  c.  37.  16. 
Nom.  4.  7.  Jerem.  52.  19.  Celaient  les  vases 
où  l'on  me(,lait  le  vin  que  l'on  offrait  avec  les 
pains  exposés.  Un  cyaiho  ou  un  verre  tenait 
la  douzième  partie  d'un  sotier  ;  il  pèse  uno 
once  et  deux  liers. 

CYGNUS,  I,  de  xv/vo?. 

Cygne,  oiseau  immonde.  Levit.  11.  18.  Cy- 
gnum  et  onocrotalum  :  Le  cygne  et  le  buU>r. 
Deut.  14.  16.  Cet  oiseau,  qui  est  atiuali(|ue, 
a  le  cou  fort  long, est  agréable  à  voir  à  cause 
do  sa  blancheur. 

CYMBALUM,  i,  de  x-J;^^.y.)o-j. 

Cymbale,  inslrumenl  d'airain  sur  lequel  on 
chantait  les  luuang  s  de  Dieu.  1.  Cor.  13.  !• 
Fartas  sum  vrliit  cymb:dum  tinniens  :  Sans  la 
charité,  (juoiqu'nn  parle  éhxjueminent ,  on 
n'est  (jue  comme  une  cymbale  retentissante. 
1.  Par.  16.  5.  c.  13.  8.  c.  15.  v.  16.  19.  28.  de. 
Cet  instrument  était  comme  un  bassin  creux, 


i(»25 


C\\{ 


CYR 


1UJ6 


qui  renaail  un  son  harmonieux  f  n  le  frappant 
avpc  un  autre.  Voy.  Aug.  Ps.  150 

CYMINUM,  I,  de  yO^tvov, 

Cumin  ou  anis  aigre,  herbe  de  peu  ne  con- 
séquence. Matlh.  23.  23.  Décimal is  ci/minum  : 
Vous  payez  la  dîme  du  cumin.  Isa.  28,  v.  25. 
27.  l'aile  ressemble  au  fenouil  pour  les  feuilles. 

CYPRESSINUS,  A,  UM,  qui  .si  fait  de  cy- 
près. Gant.  1.  10.  Laquearia  nustrci  cypres- 
sina  :  Les  lambris  de  nos  maisons  «i>ni  de 
cyprès.  Les  icmplcs  et  les  palais  magnifiques 
él;iient  actn'fois  bâiis  de  cyprès. 

CYPR1"-SSUS,  I,  ''U  grec  /.vTràstrco,-, 

Cyprès  Eccii,  2i,  17.  Quasi  ci/presxus  in 
monte  Sion  :  La  SJigessc  sest  éievée  i  omme 
le  cvprès  de  la  in(»nlagn,e  de  Sion.  c.  50,  11, 

CYPRIARCHES  ,  de  zO-^o,- ,  et  û'ùp-/_r,  , 
imperium. 

Gouverneur  de  Chypre.  2.  Mach,  12.  2.  A'i- 
canor  Cyiiriarclies. 

•CYPRIUS,  II,  xO-oio,-,  de  l'île  de  Chypre. 
Ad.  4.  3o.  Barnabas...  lévites  ,  cyprins  génè- 
re :  Barnabe,  lévile  et  originaire  de  Chypre, 

CYPRUS ,  1  ,  xÛTrpç,  de  y.ûizf.oç  ,  pulchra 
ou  pulcliritudo. 

i"  L  île  de  Chypre,  la  plus  grande  de  tou- 
tes celles  de  la  mer  Méditerranée.  Act.  13. 
•'»•.  Inde  natiguverunt  Cyprum  :  Saiil  ol  Bar- 
nabe, de  Sélcucie,  s'embarquèrent  pour  pas- 
ser en  Chypre,  c.  U.  19.  c.  15.  39.  c,  21.  3. 
c.  27.  i.  1.  Mcich.  15,  23.  2.  Mach.  10.  13. 
niaiiitenatil  appelée  Cypro. 

2°  Cypre,  plante  odoriférante.  Canl.  1.  13. 
Botruscypridileclusmeusmi/u :yion  bien-aimé 
ist  pour  moi  connue  une  grappe  de  raisin  de 
Chypre;  les  raisins  qui  croissaient  parmi  ces 
sortes  d'arbrisseaux,  en  liraient  un  goût  ad- 
mirable. Quelques-uns  néanmoins  prennent 
hotrus  pour  le  fruit  de  celle  même  plante,  c. 
k.  13,  Le  cypre  est  une  espèce  d'arbre  d'où 
on  lire  une  huile  qui  échauffe.  Théodor. 

CYUENE,  paries,  dey.-jon-^r,  : 

1°  Cyrène,  pays  de  la  Lybie  penlapolitaine, 
où  il  y  avail  une  grande  quaiitiié  de  Juifs. 
Alt.  2.  10.  Partes  Lyhiœ ,  qiiœ  est  circa  Cyrc- 
nem  :  Celte  partie  de  la  Lybie,  qui  est  proche 
d  ;  Cyrcne.  1.  Mach.  15,  23.  maintenant  Co~ 
rena  ou  Carueniia. 

2'  Pays  d'Assyrie  ou  de  la  haute  Médie.  k. 
Reg,  16,  9.  Transtulit  habitatores  ejus  Cyre- 
nem  :  Le  roi  des  Assyriens  transféra  les  iia- 
bilants  de  Damas  à  Cyrène,  Amos.  1.  5.  c.9.7, 

CYKEN.'EUS,  à,  LM,  y.-jorrjv.i'jç,  qui  est  de 
Gyrène.  Marc.  15.  21.  Anjariaicrunl  Simo- 
nemCyrenœum  :  Lc^  soldais  contraignirent  uu 
certain  homme  de  Gyrène,  nommé  S;mou,  de 
porter  la  croix  de  Jéus-Chrisl.  Malth.  27. 
32.  Ad.  11.20.  2.  Mach.  2.  24. 

GYRENENSIS,  is,  y.j;o/ivtor,  qui  est  de  Gy- 
rène. Luc.  23.  26.  Appreliendeninl  Simonem 
quçmdamCyrenensetn  :  Comme  les  soldais  me- 
«aienl  Jésus-Christ  à  la  mort,  ils  prirent  un 
homn)e de  Gyrène,  appelé  Simon,  Ad.  6,  9. 
c.  13.  1. 

GYRINUS,  xv/>rivto,-,  Cyrenius,  Cyrinus  ou 
Quirinus,  gouverneur  de  Syrie.  Lue-,  2,  2. 
IJœc  (Irscriptio  priiiut  fada  est  a  prœside  Sy- 
riœ  Cyrino  :  Ce  lui  Ij  jMcmier  dénombrement 
qui  se  fil  par  C)rinus,  (jou\erneur  df  Syrie. 


Voy.  Dkscriptio. 

CYRUS,  I,  Gr,  zvso,-,  de  entres,  qui  signi- 
fie le  soleil,  en  langue  persane. 

Cyrus,  roi  des  Pers*  s,  que  Dieu  perla  à  dé- 
livrer les  Israélites,  Isa.  44,  28,  Qui  dico 
Cyro  :  Paslor  meus  es  :  C'est  moi  qui  dis  «à  Cy- 
rus :  vous  êtes  le  pasteur  de  mon  troupeau, 
parce  qu'il  a  ramené  le  peuple  de  Dieu.  2. 
Par.  .36.  22.  1.  E<iir.  1.  1.  Aïino  primo  Cyri 
rfgis  Persarum  :  Ce  lut  dans  la  première  an- 
née de  Cyrus,  roi  des  Perses  ;  se.  la  première 
année  qu'il  régna  à  Babylone,  qu'il  ordonna 
de  rebâlir  le  temple  de  Jérusalem  ,  et  de 
fournir  aux  Juifs  qui  retournaienl  en  Judée, 
toutes  les  choses  nécessaires  pour  ce  sujei. 
Zorobabel  et  les  autres  chefs  de  famille  qui 
étaient  revenus  avec  lui,  se  mirent  en  étal  di; 
relever  les  fondements  du  temple;  mais  h's 
ennemis  du  peuple  de  Dieu  traversèrent  co 
dessein  et  en  en»pêchèrenl  l'exécution  pen- 
dant tout  le  règne  de  Cyrus  et  jusqu'au  règne 
de  Darius,  fils  d  Hystaspes.  Ce  prince,  étant 
informé  de  l'ordre  que  Cyrus  avait  donné  de 
rebâtir  le  temple  de  Jérusalem,  fit  un  nouvel 
édit.  |)ar  lequel  il  ordonna  expressément  que 
l'on  tonliiiuâl  de  travailler  au  rét  iblissement 
de  ce  temple.  Or,  il  paraît,  par  les  prophéties 
d'Aggée,querouvragedu  temple  deJérusalem 
ayant  été  interrompu  par  la  violence  el  par  les 
in irigues des  peuples  voisin s,les  Juifs, plus  alla- 
chésà  leurs  propres  intérêts  (|u'à  ceux  de  Dieu, 
ne  songèrent  plus  qu'à  se  bâtir  des  maisons  el 
qu'à  les  orner,  et  négligèrent  insensiblement 
son  temple  ,  qu'ils  laissaient  désert  pendant 
qu'ils  se  faisaient  à  (  ux-mémes  des  bâtiments 
magnifiques.  C'est  la  raison  pour  laquelle  Dieu 
leurenvoya  deux  prophètes,  qui  élaient  Aggée 
et  Zachane,  qui,  leur  ayant  parlé  avec  beau- 
coup de  force  de  la  part  de  Dieu,  les  excitè- 
rent à  continuer  l'ouvrage  qui  avait  été  inlcr- 
rompu  pendant  quinze  ans.  Ainsi,  Zorobabel 
et  le  grand  prêtre  Josué  recommencèrent  à 
bâtir  le  temple  de  Jérusalem  ,  et  les  saints 
prophètes  ,  qui  leur  avaient  inspiré  celte 
généreuse  résolution,  les  aidèrent  dans  l'exé- 
cution d'une  si  sainte  œuvre  ,  soit  par  leurs 
sages  conseils,  soit  par  la  force  des  exhorta- 
lions  qu'ils  employèrent  pour  les  soutenir 
contre  tous  leurs  ennemis,  Cyrus  avait  donc 
été  destiné  de  Dieu  pour  délivrer  le  peuple 
juif  de  sa  captivité,  en  ayant  été  informe  par 
les  Juifs;  c'est  pour  cela  qu'il  lui  donna  le 
royaume  de  Babylone  :  il  était  roi  des  Mèdes, 
et  ensuiie  des  Perses  ,  ayant  lais>é  la  .Medic 
à  Darius  ,  son  oncle.  Ce  prince ,  aorès  avoir 
subjugué  en  trente  ans  toute  1'  \>ie  ,  porta 
la  guerre  chez  les  Scythes,  gagn'.i  une  grande 
bataille  contre  le  jeune  roi  .  qui  )  fut  lue  ; 
mais  ,  Thomyris  ,  sa  mère  ,  s'étant  mise  à  la 
lélc  de  ses  troupes,  attira  (>yrus  dans  un  dé- 
troit où  elle  tailla  en  pièces  loule  son  armée. 
Cyrus  fut  au  nombre  des  morts.  On  lui 
coupa  la  tête ,  que  la  piince>se  victo- 
rieuse plongea  dans  un  tonneau  de  sang  hu- 
main, en  proléranl  ces  jiaroles  :  Assouvis-loi 
maintenant  du  sang  dont  tu  as  toujours  été  si 
altère.  Si  inorl  arriva  lan  3523,  cinq  ma 
après  le  letour  du  peuple  dans  la  Judée  ;  Sou 
(ils  Camhysp  lui  succéda.  \  oy. 


10'i7 


niciiuNNAïKE  UL  inm.oLocit;  sackle. 


1058 


D 


DABEREIH,  Hebr.  Veibum,  tes.  Y Wla  ûq 
rt'fuj^e  donnée  aux  Lévilvs  dans  la  Iribii  d'is- 
sachar,  .irrosée  par  le  torrenl  de  Cison.  Isa. 
19.  V.  l'i.  2  >.  c.  21.  28.  1.  Par.  6.  72. 

DAblH,  Hehr.  Oratorium,  verbum,  subje- 
ctif). l°Roi  d'Kglon.  Jos.  10.  3.  Gr.  Dabir,  roi 
d'Odollain;  mais  il  se  trouve  toujours  beau- 
coup de  diversilé  dans  les  noms  propres. 

2"  Ville  royale,  qui  d'abord  a  élé  dans  la 
tribu  de  Juda  ,  ensuite  à  celle  de  Siméon. 
Jos.  10.  38.  c.  12. 13.  Ville  de  refuge,  c.  21. 
15. ,  donnée  aux  Lévites.  1.  Par.  G.  58.  Elle 
était  aussi  nommée  Cariatsepber ,  Civitas 
litterarum.  Jos.  15.  15.  Jud.  1.  11.  et  Cariatb- 
senna.  Jos.  15.  49. 

3°  Une  ville  dans  la  tribu  de  Gad,  sur  le 
Jourdain.  Jos.  13.  26. 

DABRI,  Hebr.  Verbnm  meum.  Père  de  Sa- 
lumith,  de  la  tribu  de  Dan.  Levit.  2i.  11. 

DADAN.  Voy.  Dedan. 

DtEMON,  is,  Saijoiwv,  nom  grec,  qui  signi- 
fie savant;  c'est  le  nom  que  les  païens  don- 
naient à  leurs  dieux;  mais  dans  l'Ecriture, 
il  signifie  toujours  : 

Esprit  malin,  diable  (Satfzôvtov).  Jac.  2.  19. 
Dœmones  credunt  et  c.ontremiscunl  :  Ceux  qui 
ont  la  foi  sans  la  cbarité,  accompagnée  des 
bonnes  œuvres,  sont  comme  les  dé  nous  qui 
croient  qu'il  y  a  un  Dieu  jus(iu'à  en  treuibler. 
Lcvit.  17.  7.  .Matl.  8.  31.  etc. 

DiEMONIUM,  M,  ÔKtuovtov,  du  Grec  Saî/zwv. 

1"  Divinité,  Dieu.  Ad.  17.  18.  Novorum 
aœmoniorum  anniintialor  :  Qui  prêcbe  de 
nouveaux  dieux.  Mais  il  semble  qu'il  se 
pn  nd  ici  pour  une  fausse  divinité,  et  en 
mauvaise  part,  parce  que  ce  sont  les  Gentils 
qui  parlent;  ainsi,  l'on  peut  dire  qu'il  ne  se 
prend  qu'en  mauvaise  part  dans  l'Ecriture. 
V'oy.  Apoc.  de  M.  de  Meaux,  dans  l'averlis- 
semcnt,  pag.  637. 

2"  Démon,  esprit  malin,  diable.  P».  95.  5. 
Omncs  dii  genlium,  dœmonia  :  Tous  les  dieux 
des  nations  sont  des  démons.  Ps.  90.  6.  Non 
timcbis  a  dœnionio  vieridiano  :  Vous  ne  crain- 
drez point  les  attaques  du  démon  du  midi , 
ni  d'aucun  ennemi  (jui  vous  attaque  «rnver- 
Icment.  Voy.  Mf.riuianus.  Luc.  8.  27.  Vir 
qui  hiibebat  dœinonium  ;  Gr.  dœmonia  :  Un 
J)omme  qui  depuis  iongleu)ps  était  posséJô 
du  démon  :  il  en  avait  une  légion.  Voy.  v. 
30.  Joan.  7.  20.  Bœinoniuin  habes  :  N'ous  êtes 
possédé  du  démon  ,  ou  bien,  vous  êtes  l'on, 
c.  8.  ^8.  etc.  Les  esprits  impurs  <|ui  étaient 
adorés  comme  des  dieux  par  les  païens,  sont 
appelés  de  ce  nom,  savants  et  sages,  à  cause 
des  oracles  qu'ils  rendaient. 

3*  Spectre,  lutin,  sous  l'apparence  d(!  quel- 
que monstre,  l^a.3'*.  li.  Occurrenl  dœiitonia 
ouocentauris  :  Les  déaions  il  les  onocen- 
taures  se  rencontreront  dans  » ctte  ville  rui- 
née. Bar.  k.  3().  Ces  sortes  de  spectres  se 
trouvent  volontiers  dans  les  villes  désolées 
et  abaDdontices. 


D.\GON,  Sa'/wv,  ce  mot  vient  de  l'Hébicu 
Bagaii;  l.ilin  frumenlum ,  parce  que  les  Phé- 
niciens lui  attribuaient  linveniiun  du  blé. 
Euseb.  lib.  1.  Prœpar.  EvnngeL,  pàg.  2i. 
D'autres  le  font  venir  de  Dag,  piscis,  et  pré- 
tendent qu'il  était  moitié  homme  et  moitié 
poisson.  11  signifie  : 

Dagon  ,  idole  des  Philistins,  en  l'honneur 
de  laquelle  ils  avaient  fait  b.âlir  un  temple  à 
Azot.  Judic.  16.  23.  Convenerunl  ut  innnola- 
retit  hostias  magnificas  Dagon  deo  suo  :  Les 
princes  des  Philistins  firent  une  grande  as- 
semblée pour  immoler  des  hosties  solem- 
neltes  à  leur  dieu  Dagon.  1.  Rt'g.  5.  5.  Dagon 
soins  remanserat  in  toco  suo  :  Le  tronc  seul 
de  Dagon  était  demeuré  en  sa  place,  dans 
son  sanctuaire  ,  mais  par  terre  devant 
l'arche. 

DALAIÂ  on  DA  LAI  AS,  Hebr.  Pauper  Do- 
mini.  1"  Fils  d'Eliœnaï,  descendant  de  Zoro- 
bab.'l.  1.  Par.  3.  2'*. 

2°  Fils  de  Seméïas.  Jerem.  33.  v.  12.25. 

DALAIAU,  Hi'hr.  Pauper  Domini.  Un  des 
cliefs  des  familles  sacerdotales.  1.  Par.  24. 
18.  Vigesima  tertia  Dulaiau  :  Le  rang  de  cette 
famille  fut  le  vingt-troisième  échu  par  sort. 

DALILA  ,  Hebr.  Paupertas.  Dalila,  femme 
philistine,  ainicede  Samson.  Judic.  16.  4. 
Vocabatur  Dalila  :  La  fenmie  que  Samson 
aima  s'appelait  Dalila.  v.  10.  etc. 

DALMANUTHA,  Gr  5a/y.«vov6«,  H.  br.  Ma- 
ries. Contrée  de  la  tribu  d'issachar,  ou,  selon 
d'autres,  de.Man  issé,  de  là  le  Jourdain,  pro- 
che le  l.ic  de  Génésarelb.  Marc.  8.  10.  Venit 
in  partes  Dalmanutha  :  Jésus-Christ  vint 
dans  le  |)ays  de  Dalmanutha.  Voy.  Magedan. 

DALMA'l'lA,  Hebr.  Lampas  frustratoria  , 
\vlii'jizic/.  ,  Dalmatie  ,  province  de  l'UIyrie, 
maintenant  Sclav<)nie.  2.  Tim.  4.  10.  Abiit 
Titus  in  Dalmatiam  :  Tite  s'en  est  allé  en 
Dalmatie. 

DAMARIS,  Gr.  Uxorcula,  parva  uxor.  De 
Sàuv.p  OU  Bc(^cpç  TOf,  uxor. 

Une  femme  ijui  crut  et  embrassa  la  foi  de 
Jésus-Christ,  avec  quelques  autres,  entre 
lesquels  fut  Denys,  sénateur  de  l'Aréopage, 
lors(|ue  saint  Paul  y  fit  cet  excellent  discours 
rapporté  Act.  17.  22.  Quebiues  pères  ont  cru 
(juc  Damaris,  ou,  selon  d'autres,  Danialis, 
était  ffmme  de  S.  Denis,  aréopagiie,  mais 
sans  fondement;  elle  était  appare^nment  une 
dattie  athénienne  de  grande  considération. 

DAMASCENUS,  a,  um.  De  Damascus,  et 
signifie  : 

Qui  est  de  Damas  ,  qui  en  est  habitant. 
Ezech.  27.  18.  Damascenus  negotiator  :  Mar- 
chand de  Damas.  2.  Cor.  11.  32.  1.  Par. 
18.5. 

DAMASCUS  ,  I.  Hebr.  Sangtiinis  saccus , 
Aap«(Txô?,  Damas ,  viile  capitale  de  Syrie. 
Gai.  1.  17.  lieversus  sum  Dumascurn  :  D'Ara- 
bie je  retournai  à  Damas.  2.  Cor.  11.  3.  Act. 
9.  2.  etc.,  ce  qui  se  prend  pour  tout  le  pays. 


iO-2D 


DAM 


DAN 


1050 


V.  R«g.  5.  12.  Flnvii  Dawasci :  Les  fleuves 
(le  Daiii.is.  Ainos.  5.  27.  Migrare  vos  fadam 
trans  Damasciim: -ie  \ous  ferai  Iransporler 
au  delà  de  Damas,  jusque  dans  l'Assyrie 
«'l  l'Arménie,  comme  l'on  voil  par  saint  Luc, 
(|ui,  en  citant  cet  endroit,  dit  au  delà  de  Ba- 
byloiic.  Act.  7.  43.  Citle  ville  a  élé  longtemps 
la  capitale  de  la  Syrie  et  de  la  Phénicio,  jus- 
qu'à ce  que  Seleucus  Nicanor  fit  bâiir  Aniio- 
chc,  et  y  transféra  le  siège  impérial.  Elle 
avait  été  îribulaire  aux  Juifs  jusqu'après  la 
mort  de  S;ilomon,  et  s'est  vue  souniise  en  d(  s 
temps  diffèrcnls  à  plusieurs  maîtres.  Les  rois 
d'Assyrie  y  ont  fait  d'étranges  désordres. 
Theglalphalasar,  le  grand  Nabuchodonosor, 
ot  ensuite  Alexandre,  l'ont  prise  et  ruinée 
chacun  dans  leur  temps;  les  Ron)ains  ont 
voulu  à  leur  tour  être  maîtres  de  Damas  ,  et 
en  ont  fait  une  province  soumise  à  leur  em- 
pire. Tamerlan  ,  dans  ers  derniers  siècles  , 
environ  l'an  1396,  irrité  des  perles  qu'il  avait 
souffertes  en  l'assiégeant  contre  lesSarrasins, 
la  désola  toute  et  en  fil  un  cimetière.  Selim, 
empereur  des  Turcs,  la  prit  sur  les  Egyp- 
tiens, l'an  1517,  et  ses  successeurs  l'ont  gar- 
dée jusqu'à  présent. 

DAMNA,  Hebr.  Sterquilinium ,  cruenlalio, 
similitudo.  Ville  de  la  Inbu  de  Zabulon,  don- 
née aux  Lévites.  Jos.  21.  35. 

DAMNARIi,Gr.  zjstvEtv,  xaTKzptvetv,  de  5a|:/v«w, 
qui  vient  de  l'Hébreu  dama,  perdre,  dé- 
truire. 

Condamner.  1.  Cor.  11.  32.  Corripimur,  ut 
non  cum  hoc  mundo  damnemur  :  Le  Seigneur 
nous  cliâlie,  afin  que  nous  ne  soyons  pas 
condamnés  avec  le  monde.  Rom.  8.  3.  De 
peccato  damnavit  peccalum  in  carne  :  Dieu  a 
condamné  le  péché  dans  la  chair  de  Jésus- 
Chrisl,  à  cause  du  péché  des  hoirimes.  Voy. 
Peccatum.  c.  li.  23.  etc.  Anios.  2.  8.  Ainsi , 
Malth.  27.  3.  Videns  Judas  quia  dnmnatus 
esset  :  Judas  voyant  que  Jésus-Christ  était 
livré  pour  être  condamné.  Act.  25.  16.  Non 
est  Jtomanis  consuetudo  damnare  aliquem, 
etc.  Ce  n'est  point  la  couturiie  chez  les  Ro- 
mains d'abandonner  un  homme  à  ses  enne- 
mis pour  le   faire  mourir.   Voy.   Abluere  , 

ACCUSARE. 

DAMNAT10,  y.ptiMCi,  condamnation,  juge- 
ment. Rom.  3.  8.  Quorum  damnatio  justa  est  : 
Ceux-là  seront  juslernertt  condamnés.  2.(^or. 
3.  9.  Si  minislialio  damnalionis  gluria  est  : 
La  loi  est  appelée  condamnation  ,  parce 
qu'elle  a  été  cause  de  la  perle  des  Juifs,  par 
occasion  et  par  leur  faute.  A(l.  2j.  15.,  d'où 
vient  llabere  dnmnationem  :  Etre  eng;igé  dans 
la  condamnation.  1.  Tim.  5.  12. 

DAMNUM,  1.  Zrjfiia,  du  Grec  fî«,avâj. 

Perte,  dommage,  tort,  injure.  Prov.  12. 
26  Qui  negligit  danmum  propier  aviicuni, 
justus  est  :  Celui  (jui  pour  son  ami  néglige 
une  perte,  est  juste.  Hel».  Le  juste  est  plus 
dans  l'abondance  (|uc  son  prochain  ,  se.  qui 
n'est  pas  juste  comnnî  lui    c.  17.  26. 

DAMULA,  M,  5o/>zàf  ;  de  Ssîpta,  viclus^  ou 
de  xs/xfià;-,  chez  les  Siciliens  -aiiuà;,  dama. 

Daim.  Prov.  6.  5.  Iiruere  quasi  damulu  de 
manu  :  Sauvez-vous  conmio  un  daim  qui 
ecliappe  de  la  main.  Isi.  13.  U. 


DAN,  Hebr.  Judicans.  !•  Le  cinquième 
fils  de  Jacob  qu'il  eut  de  Bala,  servante  de 
Rach.-I.  Gen.  30.  5.  c.  35.  25.  etc. 

2°  La  postérité  ou  les  desccnd.ints  de  Dan. 
Geu.  49.  16.  Dan  judicahit  poputum  suum  : 
Dan  jugera  son  peuple.  Jacoh  fait  allusion  à 
la  signification  de  Dan  ;  d  ailleurs  il  y  a  eu 
des  joges  de  celte  tribu.  Deut.  33.  22.  Oan 
quoque  'lit;  Dan  calulus  leonis  :  Moïse  dit  à 
Dan  :  Pan  est  comme  un  jeune  Mot».  MoiSe 
marciue  ici  la  force  de  celle  tribu;  Samson  , 
qui  en  était,  a  paru  comme  un  lion  au  milieu 
des  Philistins.  Jiid.  5.  17.  Dan  vacabat  navi- 
bus  :  Dan  s'occupait  à  ses  vaisseaux.  Débora 
marque  ceux  {|ni  ne  se  sont  point  trouvés 
au  combil  contre  Sisara.  Il  n'est  point  f.iii 
mention  de  celle  tribu,  1.  Par.  7.  et  Apoc.  7. 
Soit  parce  qu'il  ne  restait  presque  plus  per- 
sonne dès  le  temps  d'Ksilras,  on,  selon  d  au- 
tres, parce  qu'elle  avait  abandonné  le  culte 
de  Dieu,  comme  il  paraît,  Judic.  18.,  ou 
enfin  (comme  l'ont  cru  la  plupirt  des  pètes 
et  des  interprètes)  parce  que  l'antochrisl 
dev.iit  naître  de  sa  race  ;  et  c'est  en  ce  sens 
qu'ils  expliquent  le  passage  du  chap.  W.  17. 
de  la  Genèse,  et  celui  du  chap.  8.  16.  do 
Jérémie. 

3°  Une  ville  do  ce  nom  qui  s'appelait  Lais, 
du  temps  d'Abraham;  et  c'est  par  anticipa- 
tion qu'elle  est  nommée  Dan,  Gen.  li.  14. 
Et  persecntus  est  eos  usque  />nn  :  Abraham 
poursuivit  les  ennemis  jusqu'à  Dan.  Le  nom 
de  Dan  fut  donné  à  celte  ville  par  occasion  ; 
le  partage  qui  était  échu  à  ceux  de  cette 
tribu,  uf  pouvant  pas  leur  suflire,  à  caustî 
que  les  Chananéens  en  possédaient  une  très- 
grande  partie,  six  cents  hommes  en  sortirent 
pour  aller  attaquer  la  ville  de  Laïs  ;  et  s'en 
étant  rendus  maitres,  ils  s'y  établirent  com- 
me il  est  rapporté  plus  au  long  dans  le  cha- 
pitre 18  des  Juges;  elle  était  à  l'exlré/niié 
de  la  terre  promise  dans  la  tribu  de  Nepli- 
Ihali  ,  du  côté  du  Nord  :  il  est  souvent  fait 
mention,  sous  le  nom  de  Dan,  pour  marquer 
les  deux  extrémités  de  la  Terrc-Sainle.  A 
Dan  usque  Bersabee.  Amos  8.  14.  Elle  a  été 
appelée  Pancade,  par  les  Grecs,  cl  Diospulis; 
ensuite  Césarée  de  Philippe.  Voy.  C^>area; 
et  enfin  Néroniade,  parce  qu'Agrippa  l'a  fait 
rétablir  en  l'honneur  de  Néron. 

DANIEL,  is;Heb»  J«(/jcjit;/»Z>fi.  Gr.  a«v£«>, 
1-  Un  fils  <le  Davul.  1.  Par.  3.  1.  Il  c>t  ap- 
pelé Cheleab.  2.  Rcg.  3.  3.  2°  {]n  des  des- 
cendants d'Iihamar,  1.  Esiir.  8.  2.,  qui  sem- 
ble être  le  morne  que  celui  du  2.  E»dr.  10.  0. 

DANIEL  ;  Heb.  Judicitnn  Dd.  —  Prin-ce  du 
sang  des  rois  de  Juda  et  <  ousin  du  roi  Joa- 
chim;  il  fut  enmiené  tout  jeune  <'n  capli\iié 
à  Babylone,  lorsque  Joai  him  fut  livré  entre 
lis  mains  de  Nabuchodonosor,  <|ui  assiégeait 
Jérusalem;  il  lut  choisi  avec  quelques  auires 
do  son  âge  et  de  son  rang  pour  leur  appren- 
dre la  langue  du  pays,  et  pour  les  instruire 
dans  la  science  des  Chaldéens,  afin  (|n'ils  se 
rendissent  capabl.s  des  emplois  auxquels 
on  les  destinait  :  Dieu  avait  rempli  ce  jeune 
prince  de  ses  grâces,  et  même  du  don  de 
prophétie,  qu'il  fil  paraître  dans  le  jugement 
SI  fameux  qu'il  rendit  en  faveur  de  la  ctiakl«i 


10SI 


DICTIONNAIRE  DL  PHILOLOGIE  5ACKEK. 


io:î 


Susanne,  lorsqu'il  u'av.iit  eiuore  que  douze 
ans  ,  (oiiime  l'a  cru  saint  Ignace  ,  marlyr,  el 
plusieurs  autres.  C'est  col  e>pril  de  prophé- 
tie tjui  le  rendit  si  célèbre,  et  le  fil  considérer, 
tant  par  Nahuchodonosor  que  par  les  autres 
rois  des  Mèdcs  et  des  Perses,  au-dessus  de 
lous  les  mages  et  de  Ions  les  sages  de  10- 
rirnl ,  ayant  découvert  à  Nabuchodonosor  et 
à  Ballhasar  ce  que  nul  homme  sur  la  terre 
n'aurait  pu  leur  ré\éler;  de  sorle  que  Nabu- 
chodonosor sécria  tout  effrayé  :  Le  Dieu  de 
Daniel  est  .véritablement  le  Dieu  des  dieux  et 
le  Seigneur  des  rois,  qui  peut  révéler  les  my- 
stères les  plus  cachés.  Miws  ce  qui  a  rendu  le 
saint  prophèlc  Daniel  Ircs-recommandable, 
c'est  ce  qu'il  a  prédit  louchant  la  venue  du 
Christ;  car  il  n'a  pas  seuleu»eni  écrit,  dit 
saint  Jérôme ,  que  le  Christ  devait  venir  dans 
le  monde,  ce  qui  lui  élait  commun  av(  c  les 
autres  prophètes,  il  a  encore  marqué  le 
lemps  précis  auquel  il  devait  venir;  la  suite 
des  rois  qui  précéderaient  sa  venue  ;  le  nom- 
bre exact  des  années,  et  les  signes  Irès- 
évidents  par  lesquels  on  le  pourrait  recon- 
naître. Ou  peut  voir  dans  toute  la  suite  de 
son  Livre  quelle  a  élé  la  sainteté  dt^  la  con- 
duite de  sa  vie,  et  lous  les  différents  événe- 
ments qui  I  ont  signalée.  Ce  prophète  mourut 
âgé  de  cent  dix  ans,  selon  Torniel  et  Salien  , 
l'an  de  la  création  3535.  On  ne  sait  ni  le  lieu 
où  il  est  mort ,  ni  de  quelle  façon.  Il  a  écrit 
son  Livre,  partie  Chaldaïque,  depuis  le 't. 
verset  du  2.  diap.  jusqu'au  8.  ;  le  reste  est 
en  Hébreu,  jusqu'aux  deux  derniers  chapi- 
tres qui  sont  en  Grec,  et  depuis  le  24.  verset 
du  3.  chapitre  jusqu'au  90. 

DANNA,  Hebr.  Judicium.  Ville  de  la  tribu 
de  Juila.  Jos.  15.  i9. 

DAPHCA,  Hebr.  Palsatio.  Un  des  campe- 
ments des  Israélites  dans  le  désert  de  Sin. 
Nu  m.  33.  v.  1-2.  13. 

DAPHNE,  es;  Gr.  Laurus.  Faubourg  près 
d'Antioclie.  où  élait  un  fameux  temple  d'A- 
pollon. 2.  Mac.  k.  33. 

DAPHNIS,  is;  Gr.  Laurus.  Nom  d'une  fon- 
taine près  de  Rebla,  Num.  3'*.  11.  Ce  nw)t 
n'est  ni  dans  le  Grec  ni  dans  l'Hébreu;  Gr. 
i-ni  -v'/ol;,  od  fonte^. 

DAllA,  Hebr.  Gcneratio.  Ce  dernier  fils  de 
Zara,  et  frère  d'Eman.Ethan  et  Chalcol.  1. 
Par.  2.  G.  • 

DARCON;  Hebr.  Generalionispossessio.\j\\ 
chef  des  Nalhinéens.  1.  Esdr.  2.  56. 

DAllK,  Gr.  Stôûv'yt.  Du  Grec  5cw,  d'où  se  fait 

ôtôôvc((> 

1"  Doifner,  communiquer,  accorder,  four- 
nir, mellrc  entre  ces  mains.  Prov.  28.  ^I.Qui 
dut  pauperi  non  indi(jebit:  Celui  qui  donne 
au  [lauvre  n'aura  besoin  de  rien.  Act.  20. 
35.  Mail.  5.  k2.  Qui  petit  a  le,  da  ei  :  Donnez 
à  celui  qui  vous  demande;  se.  ce  qui  lui  con- 
vient, même  une  réprimande;  s'il  en  a  be- 
soin. Job.  21.  etc.  ce  qui  se  dil  aussi  du  mal, 
Apoc.  iS.I.Tanlum  date  illi  tormentum  el 
luctum  .-Multipliez  les  tourments  et  les  dou- 
l'urs  de  Habyione,  à  proportion  de  ce  qu'elle 
s'est  élevée  dans  son  orgueil,  et  de  ce 
<|u'elle  s'est  plongée  dans  ses  délices.  Apo.-. 
2.  23. 


2'  Donner  par  piél,  prêter.  Mallh.  25.  8. 
Date  nobis  de  oleo  vesfro  :  Donnez-nous  de 
votre  huile,  disent  les  vierges  folles  aux 
sages.  Ltie.  11.  v.  7.  8.  Non  possum  surgere 
et  dare  tibi :  ie  ne  puis  me  lever  pour  vous 
donner  trois  pains  que  vous  me  demandez  à 
emprunter.  Voy.  v.  5. 

3°  Laisser  avoir,  permetire  que  l'on  ail, 
qu'une  cho^e  arrive.  Eccli.  23.  5.  Exlollen- 
tiom  oculorum  meorum  ne  dederis  mi/ii  :  Ne 
permettez  pas  j'aie  un  cœur  élevé  qui  se  fait 
paraître  par  des  yeux  ailiers.  Ps.  5i.  23. 
Non  dabit  in  œternum  fluctuationem  juslo  : 
Le  Seigneur  ne  laissera  point  le  jusie  dans 
une  éternelle  agitation.  Ps.  120.  3.  Non  del 
in  commotionem  pedem  tuum'.  Que  le  Sei- 
gneur ne  permette  point  que  votre  pied  soit 
ébranlé  :  c'est  à  lui-même  que  le  Prophète 
parle.  Act.  2.  27. 

k"  Produire,  faire  paraître,  envoyer.  Matih. 
2i.  2i  Dabunt  signa  magna  :  De  faux  pro- 
phètes ftront  de  grands  prodiges.  Marc.  13. 
2.  Act.  21.  9.  Jnél.  2.  30.  1.  Reg.  12.  v.  17. 
18.  Le  verbe  hébreu,  Nathan,  se  met  quel- 
quefois en  ce  sens.  Ainsi,  dare.  faire  naître, 
faire  croître.  Isa.  kl.  19.  Dabo  in  soUludi- 
nem  cedrum  et  spinam  :  Je  ferai  naître  dans 
le  désert  le  cèdre,  et  le  bois  de  sétiin,  etc. 
Voy.  In.  Joël.  2.  22.  Ficus  et  vinea  dederunt 
virtulem  suam:  Les  figuiers  et  les  vignes 
pousseront  avec  vigueur. 

5°  Livrer,  abandonner,  exposer.  Job.  31. 
30.  Non  dedi  ad  peccandum  guttur  meum  :  Je 
n'ai  point  abandonné  ma  langue  au  péché. 
Ps.  15.  10.  Ps.  120.  3.  Apoc.  6.  v.  4.  8.  c.  7. 
2.  c.  9.  V.  3.  3.  Mallh.  7.  6.  Nolite  dare  san- 
ctum  canibus  ;  Gardez-vous  bien  de  donner 
les  choses  saintes  aux  chiens.  Jerem.  20.  k. 
Dnbo  te  in  pavorem:  Je  vous  remplirai  de 
frayeur  vous  et  vos  amis,  dit  Jcrémie  à  Phas- 
surde  la  part  de  Dieu.  Isa.  53.  9.  Dabit  im- 
pios  pro  sepullura  •  Le  Seigneur  donnera 
les  impies  pour  le  prix  de  sa  sépulture.  Chald. 
Tradet  in  gehennam.c.SQ.  15.  Jos.l.2.Mich. 
5.  3.  Voy.  Parère. 

6°  Confier,  donner  en  garde,  mettre  en  dé- 
pôt. Luc.  19.  V.  13.  15.  Dédit  eis  decem 
minas:  Cet  homme  de  grande  naissance 
donna  dix  mines  d'argent  à  dix  de  ses  servi- 
teurs, se.  pour  les  faire  profiler,  Luc.  20.  16. 
Dabit  vineam  aliis  :  Le  maître  donnera  sa 
vigne  à  d'autres  serviteurs. 

7°  Donner  en  mariage.  1.  Rog.  17,  25.  Ft- 
/tV;?7i  suam  dabit  ei  ;  Le  roi  Saùl  donnera  sa 
fille  en  mariage  à  celui  qui  pourra  tuer 
Goliath.  Gen.  -i9.  19.  Deut.  7.  3.  v.  Esdr.  9. 
12.  etc. 

8"  Etablir,  ordonner.  Ephes.  1.  22.  Ipsum 
dédit  caput  supra  omnem  Ecclesiam:  Dieu  le 
Père  a  établi  Jésus-Christ  chef  de  toute  l'E- 
glise, c.  4.  ii.  iJedit  quosdam  quidem  Apo- 
stolos  :  Jésus-Christ  a  donné  à  son  Eglise, 
les  uns  pour  être  apôtres.  Act.  4.  12.  Lxod. 
1G.29.  Num.  18.  6.  1.  Reg.  12.  13.  3.  Reg. 
U.7.2.  Par.  34.  16.  Jerem.  1.  5.  Isa.  46.13. 
c.  49.  8.  elr.  A  quoi  se  peut  rapporter,  Date 
caput.  2.  Esd.  9.  17.  Dederunt  caput,  ut  con- 
verlerenturad  servitulem  suam:  Par  un  esprit 
de  révolte  ils  se   sont  opiniAirés    à    vouloir 


1035 


DAR 


DAR 


1051 


retournera  leur  première  servitude;  /feftr. 
Nalh.'n  rosch  :  D are  ou  ponere  capiit ,  ou 
principem  :  Ce  que  le  Grec  exprime  plus  clai- 
rement ,  î'Swxav  àû/jr^,  Dederuut  principem, 
eler/erunt  ducetn;  Y aiRh.lh  se  sont  donné  un 
ch(f  pour  retourner  en  Egypte. 

9°  Employer,  appliquer.  Ose.  5.  k.  Non 
dabiint  cogitationes  suas  ut  revertnntur  ad 
Deinn  suuin  :  Ils  n'appliqueront  point  leurs 
pensées  à  revenir  à  leur  Dieu.  Ezech.  21. 
29. 

10°  Mettre,  faire  devenir,  rendre,  réduire. 
Ps.  105.  46.  Dédit  eos  in  misericordias  :  Dieu 
fit  éclater  sa  miséricorde  envers  les  Israéli- 
tes. Ezech.  3.  8.  Ecce  dedi  faciem  tuam  va- 
lentiorem  faciebus  eoriim  :  J'ai  rendu  votre 
visage  plus  ferme  que  le  visage  de  loute  la 
maison  d'Israël.  Jerem.  1.  18.  Dedi  te  inmu' 
rum  œreum  :  Je  ferai  que  vous  soyez  à  leur 
égard  comme  un  mur  d'airain.  Voy.  Murus. 
Isa.  40.  23.  Qui  dat  secretoram  scrutatores 
quasi  non  sint  .-C'est  Dieu  qui  anéantit  et  ré- 
duit à  rien  ceux  qui  recherchent  avec  tant  de 
soin  les  secrets  de  la  nature.  A  quoi  peut 
se  rapporter  ,  Ose.  11.  8.  Quomodo  dabo 
te,  Ephruim;  Comment  vous  traiterai-je,  ô 
Ephraïm  ! 

11"  Rendre.  Gen.  30.  18.  Dédit  Deus  mer- 
cedem  milii  :  Dieu  m'a  récompensée.  2. 
Par.  8.  2.  Voyez  3.  Reg.  9.  v.  11.  12.  13. 

12"  Rejeter,  faire  tomber.  Ezech.  23.  49. 
Dabunt  sceliis  vestrum  super  vos  :  Ils  feront 
retomber  vos  crimes  sur  vos  têtes. 

13°  Attribuer  quelque  chose  à  quelqu'un. 

1.  Reg.  18.  8.  Dederunt  David  decem  millia, 
et  mihi  mille  dederunt  :  Ils  ont  donné,  dit 
Saiii,  dix  mille  hommes  à  David,  et  à  moi 
mille.  Suùl  est  irrité  de  ce  que  les  femmes 
chantaient  plus  à  la  gloire  de  David  qu'à  la 
gloire  de  Saùl.  Voy.  Eccli.  47.  7. 

14"  Placer,  mettre.  1.  Thess.  4.8.  Dédit 
Spiritum  suum  sanctum  in  nobis  :  Dieu 
nous  a  donné  son  Saint-Esprit.  Ezech.  26. 
20.  c.  32.  29. 

15"  Proposer.  Jerera.  9.  13.  Dereliqucrunt 
legem  meam  quam  dedi  eis  :  Ils  ont  abandonné 
la  loi  que  je  leur  ai  donnée,  c.  21.  8.  c.  26. 
4.C.  44.  10. 

16"  Faire  passer  ,  laisser  par  tradition. 
Joan.  17.  v.  8.  14.  Dedi  eis  sermoncm  tuum  ; 
i.  e.  tradidi  :  Je  leur  ai  donné  votre  parole  : 
Jésus-Christ  parle  à  son  Père  louchant 
ses  apôtres  et  ses  disciples  qu'il  avait  ensei- 
gnés. 

Plirases  et  façons  Je  parler. 

Dure  animam  suam.  Donner,  livrer  son 
âme;  signifie  1°  Exposer  sa  vie.  Voy.  Anima. 
2' Donner  son  bien  et  sa  liberté.  Eccli.  29. 
20. 

Dare  in  henediclionem.  Voy.  Benedictio. 

Dare  certamen.  Vroposcr  un  combat,  enga- 
ger à  combattre.  Sap.  10.  12.  Certamen  for- 
te dédit  illi  ut  vincerct  :  La  sagesse  a  engagé 
Jacob  dans  un  rude  comb.it,  afin  qu'il  denieu- 
râl  victorieux.  Voy.  ce  combat  de  l'Ange 
avec  Jacob.  Gen.  32.  v.  24.  28. 

Dare  cor  suum.  Se  portera  quelque  chose. 

2.  Par.  liAG.\Quicumque  dederunt  cor  suum 

DiCTIONN.  DE  PUILOL.    SaCRÉE.  I. 


ut  quœrerent  Dominum  :  Tous  ceux  qui  dans 
toutes  les  tribus  s'étaient  appliqués  de  tout 
leur  cœur  à  chercher  le  Seigneur.  Eccli.  38. 
v.  27.  28.  31.  34.  etc.  Eccli.  1.  17.  c.  8.  9.  A 
quoi  se  rapporte, 

Dare  in  cor.  Mettre  dans  le  cœur,  exciter 
et  porter  à  faire  quelque  chose.  Apoc.  17.  17. 
Deus  dédit  in  corda  eorum  ut  faciant  quod 
ptacitum  est  illi:  Dieu  leur  a  mis  dans  le 
cœur  dexécuter  ce  quil  lui  plaît. 

Dare  in  nomen.  Voy.  Nomex. 

Dare  alicui  aliquem  dorsum.  Faire  tourner 
le  dos,  mettre  en  fuite.  Ps  17.  41.  Inimicos 
dedisti  mihi  dorsum  :  Vous  avez  fait  tourner 
le  dos  à  mes  ennemis.  Hebr.  Inimicorum 
meorum  dabitur  mihi  tergam. 

Dare  manum.  Donner  la  main  ,  ou  les 
mains  en  les  mettant  les  unes  dans  celles  des 
autres,  se  dit;  1"  Pour  marquer  la  soumis- 
sion et  l'assujettissement. Thren. 5.  6.  jEgyp' 
ta  dedimus  manum:  Nous  avons  tendu  la 
main  à  l'Egypte;  se.  ou  en  faisant  alliance 
avec  eux,  ou  en  leur  demandant  du  pain; 
2=  Pour  mat  quer  son  consentement.  1.  Èsdr. 
10.  19.  Dederunt  tnanus  suas  ut  ejicerent  uxo' 
res  suas  :  Les  enfants  des  prêtres  consenti- 
rent à  chasser  leurs  femmes  étrangères; 
3°Pourfairo  un  traitéet  une  alliance.  Ezech. 
17.  18.  Ecce  dédit  manum  suam  :  Sédécias 
s'est  allié  à  l'Egypte.  Voy.  Manus. 

Dare  oblivioni  ;  ÈTràscv^âvâtv,  oblivisci.  Met- 
tre en  oubli.  Ps.  30.  13.  Oblivioni  dalus 
sum  tamquam  ynortuus  a  corde  :  J'ai  été  mis 
en  oubli  et  effacé  de  leur  cœur,  comme  si 
j'eusse  été  mort.  Ps.  136.  5.  Oblivioni  detur 
dextera  mea.Que  ma  main  qui  me  sert  à  tou- 
cher les  instruments,  soit  mise  en  oubli;  et 
selon  l'Hébreu  ,  s'oublie  elle-même,  soit 
comme  engourdie  et  desséchée. 

Dare  operam,  9t)c/Tta£î75«j.  S'appliquer  à, 
avoir  soin  de  faire  quelque  chose.  1.  Thess. 
4. 11.  Operam  delis  ut  quieti  sitis  '  Etudiez- 
vous  à  vivre  en  repos. 

Dare  parvulum.  Rendre  petit;  c'est  abattre, 
humilier.  Jcrem.  49.  Ï6.  Ecce  parvulum  dedi 
te  in  gentibus  '.  Je  vous  rendrai  petit  entre 
les  peuples:  Le  Prophète  parle  contre  Bosra 
capitale  de  l'Idumée.  Abd.  2. 

Dare  pœnas.  oiy.rr^  zUi-j.  Etre  puni,  souffrir 
la  peine.  2.  Thess.  1.  9.  Pœnas  dabunt  in 
interilu  œlernas  :  Ils  souffriront  la  peine 
d'une  éternelle  damnation. 

Dare  semetipsum  alicui.  S'accommoder  à 
la  volonté  de  quelqu  un,  faire  tout  ce  qui  lui 
est  agréable.  2.  Cor.  8.  5.  Semetipsos  dede- 
runt, primum  Domino,  deinde  nobis:  Les 
fidèles  de  lEglisc  de  Macédoine  se  sont  don- 
nés eux-mêmes  premièrement  au  Soigneur, 
et  à  nous  ensuite. 

Dare  sortes.  Tirer  au  sort.  Act.  1.  26.  Dc- 
derunt  sortes  :  Ils  tirèrent  Joseph  appelé 
liarsabas,  surnomme  le  Juste,  etMalliias,  au 
sort,  et  le  sort  tomba  sur  Mathias. 

Dare  /e/j/a.  Tourner  Icdos, s'enfuir.  Judic. 
20.  37.  Voy.  Teugim. 

Dare  vindictas.  Venger  quelcjuun,  donner 
le  pouvoir  de  se  venger.  2.  Reg.  22.  48.  Ps. 
17.  48.  Deus,  qui  das  vindictas  mihi  :  C'est 
vous,  Seigneur,  qui  prenez  soin  de  ma  vea- 

04 


1035 


DICTIONNAIRE  DE 


eer  de  mes  ennemis  :  David  parle  au  sujet  de 
fa  mort  de  Saûl.  Ezech.  23.  17.  2.  Thess.  1.  8. 

DARIUS,  II ;  Gr.  Aapsïo?.  Heb.  Jnquirens. 
Ce  nom  signiGe  : 

1"  Darius Medus,appeléCyaxares(l), oncle 
de  Cyrus,  et  fils  d'Astyages.  Ce  Darius-ci  et 
Cyrus  ont  régné  conjointement  à  Babylone. 
Dan.  3.  31.  Darius  Medus  successit  in  regnum 
annos  natiis  sexaginta  duos  :  Darius,  qui  était 
de  Mède,  succéda  à  Balthasar  au  royaume 
lies  Chaldéens,  étant  âgé  de  62  ans.  c.  6.  v. 
6.9.  25.  28.  c.  9.  1.  c.  11.  1. 

2  Darius,  fils  d'Hystaspes,  choisi  roi  par  les 
grands  seigneurs  persîins.  1.  Esdr.  k.  3.  et 
dans  tous  les  autres  endroits  de  ce  même 
Livre.  Agg.  1.  1.  c.  2.  v.  4.  11.  Zach.  1.  v.  1. 
7.C.  7.  1.  On  croit  que  c'est  l'Assuérus,  mari 
dEsther.  Ce  prince  ayant  vu  l'éditque  Cyrus 
donna  pour  le  bâtiment  du  Temple  ,  en  fit 
un  nouveau  pour  le  confirmer,  et  ordonna 
que  l'on  prît  du  trésor  royal  tout  ce  qui  était 
nécessaire  pour  les  frais  de  cet  édifice,  1. 
Esd.  6.  Il  est  nommé  le  grand  roi  Arlaxerxès, 
Eslh.  11.  2.  parce  que  ce  nom  était  le  nom 
ordinaire  des  rois  de  Perse,  comme  celui 
d'Assuérus  le  nom  des  rois  des  Mèdes  ;  et 
comme  il  était  l'un  et  l'autre,  il  est  nommé 
tantôt  Assuérus  et  tantôt  Artaxerxès.  Il  avait 
subjugué  presque  loutrOrieiit,qui  comprend 
plusieurs  grandes  provinces,  depuis  les  Indes 
jusqu'en  Ethiopie.  Eslh.  13.  1. 

3°  Darius  Nothus  ,  auparavant  appelé 
Ochus,  2.  Esdr.  12.  22.  fils  du  roi  Artaxerxès 
Longuemain. 

k°  Darius  Codomannus,  qui  fut  vaincu  par 
Alexandre.  1.  Mach.  1.  1.  Postquam  percus- 
sit  Alexander  Darium  regem  Persarum  :  Après 
qu'Alexandre,  roi  de  Macédoine,  eut  vaincu 
Darius,  roi  des  Perses. 

DATHAN,  Heb.  Ritus  ,  Lex.  Fils  d'Eliab  , 
un  des  chefs  de  la  conspiration  qui  se  fit 
contre  Moïse,  rapportée  dans  le  Livre  des 
Nombres,  chap.  10.  Deut.  11.  6.  Ps.  103.  17. 
Et  deglutivit  Datlian  :  La  terre  s'entr'ouvrit, 
et  engloutit  Dathan.  Eccli.  43.  22.  etc.  Voy. 

CORE. 

DATHEMAN,  Heb.  Legis  prœparatio.  Une 
forteresse  dans  le  pays  de  (ialaad,  et  dans  la 
tribu  de  Gad,  où  se  retirèrent  les  Israélites , 

I.  Mac.  3.  9. 

DATIO,  Nis,  5Ô7U-.  i"  Don,  bienfait.  Eccli. 

II.  17,  Datio  Dei  permanet  justis  :  Le  don 
de  Dieu  demeure  ferme  dans  les  justes.  — 
2"  Distribution,  partage.  Eccli.  42.  3.  De  da- 
tione  hœreditatis  amicorum  :  Ne  rougissez 
point  de  garder  l'égalité  dans  le  partage 
d'un  héritage  où  vos  amis  sont  intéressés. 

DATOR,  is,  SoTYiç,  donnour,  (fui  donne.  2. 
Cor.  9.  7.  Hilarem  datorem  diligit  Deus  : 
Dieu  aime  celui  qui  donne  avec  joie.  Num. 
21.  18.  Jn  datore  Legis  :  Sous  la  conduite  de 
Moïse  qui  a  donné  la  loi. 

DATUM,  I,  BojjLCi.  1"  Don,  grâce,  bienfait 
(oôtTiç).  Jac.   1.  17.  Omne  datum  optimum  : 

(1)  Darius  le  Mède  n'éiail  point  Cyaxare.  Il  rsl  hion 
prouvé  m;iiiUenani  que  ce  Cyaxare  ,  présenté  par  Xéno- 

Phon,  dans  sa  Cyro|iédie,  n'est  qu'un  être  fabuleux.  Fot/fT 
addition  que  M.  l'abbé  James  a  laite,  d'a|  rès  M.  (Juatrt'- 
itièrfï  et  M.  l'aul  Mazio,  à  ['article  de  Darius  le  Mède,  dans 
le  Diclionnaire  de  la  bible. 


PHILOLOGIE  SACREE.  1036 

Toute  grâce  excellente  et  tout  don  parfait 
vient  d'en  haut;  Gr.  datio   bona,  et  donatio 
perfecta.  On  croit  que  ce  n'est  qu'une  répé- 
tition de  la  même  chose.  Matth.  1.11.  Philin 
4,  17.  Eccli.  7.  37.  etc.  ' 

17  ^"v  ^^"in^"'  convient  à  chacun  (Sôc-^-l. 
liccli.  1.  10.  Secundum  datum  suum  ;  i.  c 
La  sagesse  est  répandue  sur  tous  les  ou- 
vrages de  Dieu  selon  le  partage  qu'il  en  a 
fait;  i.  e.  selon  ce  qui  convient  à  chaque 
chose.  ^ 

3°  Offrande  failc  à  Dieu.  Eccli.  7.  3i.  f)a~ 
tnm  brachionim  tuorum....  offeres  Domino  • 
Offrez  au  Si-igneur  les  épaules  des  victimes', 
voy,  Brachium. 

Façons  de  parler. 

Datum  et  acceptum,  SÔ(tiç  xaiX^i^t,-,  la  dé- 
pense et  la  recette  d'un  compte.  Eecli.  42.  7. 
Datum  et  acceptum  omne  describe  :  Ne  man- 
quez point  d  écrire  tout  ce  que  vous  aurez 
donné  et  reçu.  c.  41.  24.  Philipp.  4.  13. 
Voy.  Acceptum. 

DAVID,  Aaeiâ,  Rcb.  Dileclus.  1°  Le  plus 
jeune  des  fils  d'Isai',  ou  Jessé  selon  les  Sep- 
tante, naquit  l'an  du  monde  2930.  Il  fut  oc- 
cupé dans  ses  premières  années  à  garder  les 
troupeaux  de  son  père  ;  mais  Dieu  qui  le 
destinait  à  de  grandes  chose?,  le  tira  de  cette 
occupation  pour  le  faire  roi  de  son  peuple, 
et  la  tige  de  la  postérité  de  laquelle  devait 
naître  le  Snuveur  du  monde  :  c'est  pourquoi 
il  ordonna  au  prophète  Samuel  d'aller  dans 
la  maison  de  son  père  à  Bethléem,  pour  le 
sacrer  roi  en  la  place  de  Saùl  qui  vivait  en- 
core. Isa'i,  son  père,  l'ayant  envoyé  vers  ses 
•  frères  qui  étaient  dans  l'armée  des  Israélites 
rangée  en  bataille  contre  celle  des  Philistins  ; 
David  indigné  de  voir  qu'un  géant  philistin 
insultait  les  Israélites,  en  défiant  au  combat 
quelqu'un  d'entre  eux,  il  s'offrit  de  répondre 
à  ce  défi  ;  et  quelque  instance  qu'on  lui  fît 
pour  l'en  détourner,  il  se  présenta  au  combat 
contre  Goliath,  et  le  renversa  par  terre  d'un 
coup  de  pierre  qu'il  lui  tira  dans  le  front, 
et  lui  coupa  la  têle  avec  son  épée.  Cette  vic- 
toire remportée  sur  un  ennemi  si  redoutable, 
donna  à  David  tant  de  réputation,  qu'on 
lui  fit  ouvertement  plus  d'applaudissements 
qu'au  roi  même.  Saùl  fut  si  choqué  de  cette 
préférence,  qu'il  ne  chercha  plus  que  les 
moyens  de  le  perdre.  Saùl  étant  mort,  David 
fut  sacré  roi  à  Hébron  sur  la  tribu  de  Juda  ; 
et  après  la  mort  d'Isboseth,  il  fut  reconnu 
par  toutes  les  tribus.  Après  avoir  gagné 
plusieurs  belles  victoires  contre  les  ennemis 
du  peuple  de  Dieu,  ayant  souffert  de  grandes 
afflictions  dans  sa  famille,  pour  expier  l'a- 
dultère qu'il  avait  commis  avec  Bethsabée, 
et  le  meurtre  d'Urie,  il  mourut  en  paix  l'an 
du  monde  3020.  Le  détail  de  sa  vie  est  rap- 
porté dans  le  premier  et  le  second  Livre  des 
Rois.  Son  zèle  pour  faire  célébrer  les  louan- 
ges de  Dieu  par  les  lévites,  et  la  composition 
de  ses  psaumes  ,  l'ont  rendu  (rès-considé- 
rable  dans  l'Eglise  de  Dieu  en  qualité  de 
prophète. 

2°  La  postérité,  les  descendants  de  David. 
3.  Reg    12.  16.  Quœ  nobis  pars  in  David? 


1037 


DAV 


DA.V 


1038 


Qu'avons-nous  de  commun  ayec  David?  dit 
le  peuple  d'Israël  quiUant  Roboam.  2.  Par. 
10.16.  Ainsi  Roboam,  fils  de  David,  est  mar- 
qué par  le  nom  de  David,  son  père.  3.  Reg. 
12.  16.  Vide  domum  luam,  David  :  David, 
pourvoyez  maintenant  à  votre  maison.  2. 
Par.  10.  19. 

3°  Le  Messie,  Notre-Seiçfneur  Jésus-Christ, 
ainsi  appelé,  parce  qu'il  est  né  de  sa  race, 
et  que  David  en  était  la  figure.  Jerem.  30. 
9.  Servient  Domino  Deo  suo,  et  David  régi 
suo  quem  suscitabo  eis  :  Ceux  qui  seront  alors 
serviront  le  Seigneur  leur  Dieu  et  David 
leur  roi  que  je  leur  susciterai.  Ezech.  3i. 
v.  23.  2't.  c.  37.  V  24.  25.  Ose.  3.  5.  A  quoi 
on  peut  rapporter  ces  endroits,  Ps.  131.  10. 
Isa.  37.  35.  c.  55.  3.  Amos.  9.  il.  Act.  13. 
34.  c.  15.  16. 

k"  Le  Livre  des  Psaumes  de  David.  Hebr. 
k.  7.  Hodie  in  David  dicendo  :  Aujourd'hui 
en  disant  dans  les  Ps.  94.  8.  de  David.  D'au- 
tres expliquent,  en  disant  par  David. 

DE,  préposition,  è-/.;  Hebr.  Min.  Cette 
préposition  vient  de  Siù ,  autrefois  di,  ou 
dis,  comme  il  se  trouve  en  plusieurs  verbes  ; 
et  signifie,  de,  des,  pour,  à  cause,  touchant  : 
dans  l'Ecriture  : 

1"  Cette  préposition  marque  la  séparation 
qui  se  fait  d'une  chose  ;  soit  en  la  tirant  de 
quelque  nombre.  Joan.  17.  6.  Quos  dedisli 
mihi  de  mundo  :  Les  hommes  que  vous  m'a- 
vez donnés  en  les  séparant  du  monde  :  Jésus- 
Christ  parle  à  son  Père  éternel  de  ses  élus. 

2.  Reg.  7.  8.  Ps.  77.  7.  Soit  que  l'Ecriture 
marque  l'origine  d'où  sort  quelque  chose, 
ou  la  matière  dont  elle  est  composée.  2.  Cor. 
4.  6.  Qui  dixii  de  tenehris  lucem  splen- 
descere  :  Dieu  qui  commanda  que  la  lumière 
sortît  des  ténèbres.  1.  Cor.  11.  12.  Mulier  de 
viro  :  La  femme  a  été  tirée  de  l'homme  ;  se. 
Eve  d'Adam.  Joan.  3.  31.  Qui  est  de  terra, 
de  terra  est  :  Celui  qui  tire  son  origine  de  la 
terre,  est  de  la  terre  ;  i.  e.  terrestre.  Gen.  15. 
4.  Ps.  21.  10.  Ainsi  pour  marquer  d'où  l'on 
tire  la  connaissance  de  quelque  chose.  1. 
Joan.  3.  24.  Scimus  quoniam  manet  in  nobis 
de  Spiritu  {sancto):  C'est  parle  Saint-Esprit 
que  nous  connaissons  que  Dieu  demeure  en 
nous. 

2"  Cette  préposition  marque  souvent  une 
distribution,  ou  partition,  pour  marquer 
une  partie  de  quelque  chose  («ttô).  1.  Par.  9. 

3.  Commorali  sunl  in  Jérusalem  de  fîliis  Juda: 
Entre  les  Israélites,  il  s'en  établit  plusieurs 
à  Jérusalem  de  la  tribu  de  Juda.  c.  12.  19. 
c.  20.  4.  1.  Esdr.  10.  1.  2.  Joan.  v.  4. 

3"  Elle  marque  la  privation  ou  l'éloigne- 
ment  d'une  chose.  Jerem.  48.  2.  Ps.  82.  5. 
Venile,  et  disperdamus  eos  de  qente  :  Exter- 
minons-les du  milieu  des  peuples  ,  disent  les 
ennemis  du  peuple  de  Dieu  ;  i.  e.  ruinons-les 
tellement  qu'ils  ne  soient  plus  un  peuple  ou 
'Une  nation.  Prov.  25.  5.  Aufer  impietatem  de 
vultu  reyis  :  Otoz  l'impiclé  de  devant  le  roi  : 
ce  qui  se  met  par  min  en  Hébreu  ,  et  se  rend 
par  ne  en  Latin.  1.  Reg.  15.  v.  24.  20.  Ne  sis 
rex ,  Heb.  mimclech,  a  Rcye. 

4"  Dès,  ou  depuis  («-tô).  Gen.  22.  3.  De 
nocte  consurgens  :  Abraham  se  lova  dès  lors, 


lorsqu'il  faisait  encore  nuit,  et  avant  le  jour; 
se.  pour  aller  offrir  Isaac.  Ps.  21.  11.  De 
ventre  matris  meœ  :  Dès  le  temps  de  ma  nais- 
sance. 

5"  Cette  préposition  jointe  avec  son  ablatif 
est  mise  quelquefois  ,  1°  pour  le  génitif.  Ps. 
15.  4.  Non  congregabo  conventicula  eorum  de 
sanguinibus  ;  i.  e.  conventicula  sanguinum  : 
Je  ne  prendrai  point  de  part  à  leurs  assem- 
blées sanguinaires.  Ps.  118.  8.  Considerabo 
mirabilia  de  Lege  tua;  i.  e.  Legis  tuœ :  Je 
considérerai  les  merveilles  qui  sont  enfer- 
mées dans  votre  loi.  Sap.  6.  8.  Deut.  32.  42. 
Voy.  A,  ou  Ab.  2'  Pour  l'accusatif.  Ps.  93. 
12.  Beatus  homo  quem  tu  erudieris,  Domine, 
et  de  Lege  tua  docueris  eum;  i.  e.  Legem  tuam: 
Heureux  est  l'homme  à  qui  vous  avez  en- 
seigné votre  loi.  1,  Joan.  1.  1.  De  verbo  vitœ; 
i.  e.  quod  fuit  ab  initio  verbum  vitœ  :  La  pa- 
role qui  était  dès  le  commencement.  Act.  2. 
17.  3°  Pour  le  seul  ablatif.  Isa.  33.  4.  Velut 
eum  fossœ  plenœ  fuerint  de  eo  (supl.  brucho)  : 
comme  on  remplit  des  fosses  de  hannetons. 
2.  Mach.  15.  17. 

Cette  préposition  est  souvent  mise  pour  d'autres  pré- 
positions. 

1"  Pour  a,ab,  e,  ex.  Ps.  118.  110.  De  man^ 
datis  luis  non  erravi  :  Je  ne  me  suis  point 
écarté  de  vos  commandements.  Prov.  23.  14. 
Animam  ejus  de  inferno  liberabis  :  En  frap- 
pant votre  enfant  avec  la  verge,  vous  déli- 
vrerez son  âme  de  l'enfer.  Eccli.  24.  41. 
Sicut  aquœductus  exivi  de  paradiso  :  La  sa- 
gesse est  sortie  du  ciel  comme  le  canal  qui 
conduit  ses  eaux.  A  quoi  se  rapporte,  2. 
Mach.  18.  22.  Congregabit  de  sub  cœlo  in 
locum  sanctum  :  Nous  espérons  que  Dieu 
nous  rassemblera  dans  son  saint  lieu  de  tous 
les  pays  qui  sont  sous  le  ciel.  1.  Thcss.  2.  3. 
Exhortatio  noslra  non  de  errore  ;  i.  e.  non 
ex  fallacia:  Nous  ne  vous  avons  point  prêché 
une  doctrine  d'erreur.  Ps.  113.  1. 

2'  Pour  propler,  à  cause.  Ps.  58.  13.  De 
execratione  et  mendacio  annuntiabuntur  : 
L'on  publiera  contre  les  orgueilleux  l'exé- 
cration et  le  mensonge  dont  ils  sont  coupa- 
bles ;  i.  e.  ils  seront  diffamés  à  cause  de 
leurs  blasphèmes  et  do  leurs  mensonges. 
Deut.  32.  42.  Gladius  meus  devorabit  carnes 
de  cruore  occisorum  et  de  caplivilate  {ktto)  ; 
i.  e.  pr opter  sanguinem  Israelitarum  occiso- 
rum et  propter  caplivitalem  eorum  :  A  cause 
du  sang  répandu  des  Israélites,  et  de  la  cap- 
tivité où  leurs  ennemis  les  ont  réduits. 

3"  Pour  pro,  pour,  en  faveur  (tte/jî).  Ps.  71. 
15.  Adorabunl  de  ipso  semper  :  On  priera 
sans  cesse  pour  lui.  Joan.  1().  26.  Non  dico 
vobis  quia  ego  rogabo  palrcm  de  vobis  :  Je  no 
vous  dis  point  (jue  je  prierai  mon  Père  pour 
vous  ;  car  il  vous  aime.  Eccli.  36.  19.  c.  28. 
4.  c.  21.  l.  La  raison  de  (elle  signification 
est  que  itepi  signifie  aussi  bien  pour,  comme 
de. 

4°  Pour  contra,  contre  Ps.  42.  1.  Discerna 
causaux  meam  de  génie  non  sancta  :  Faites  lo 
discernement  de  ma  cause  en  me  dcfendanj 
contre  une  nation  qui  n'est  pas  sainte.  Ezech. 
25.  2.  c.  29.  2.  c.  34.  2.  c.  38.  2.  1.  Esdr, 
4.  8 


1039 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


i040 


5°  Pour  ciim,  avec.  Eccli.  22.  2.  De  stercore 
honm  lapidatus  est  piger  :  Le  paresseux  est 
lapidé  avec  la  fienie  des  bœufs.  Apoc.  8.  v. 
3.  k.  Ut  darel  de  orationibus  sanctorum  om- 
nium :  On  donna  à  cot  ange  une  grande 
quantité  de  parfums,  afin  qu'il  en  offrît  avec 
les  prières  de  tous  les  saints  ;  on  sous-entend 
(7ÙV,  cum. 

&  Pour  post,  après.  Isa.  53.  8.  De  angustia 

et  de  jlldicio  SublatUS  est  (iv  zn  ru-neL-jûryît  v  y.piai; 
oÙToO  ïîùOri)  :  Il  a  été  mis  à  morl,  ou  en  croix  après 
ses  souffrances  et  sa  condamnation  :  Le  Pro- 
phète parle  du  Messie,  de  Jésus-Christ. 

7°  Pour  in,  dans,  pour  marquer  le  lieu, 
ou  l'état  où  on  est.  Ps.  117.  5.  De  tribulalione 
invocaci  Dominum  :  J'ai  invoqué  le  Seigneur 
du  milieu  de  l'affliclion  qui  me  tenait  comme 
resserré.  Marc.  15.  46.  Quod  erat  excisum  de 
pelra  :  Le  sépulcre  de  Jésus-Christ  était 
taillé  dans  le  roc.  Sap.  19.  7.  Campus  germi- 
nnns  de  profundo  nimis  :  Un  champ  couvert 
d'herbes  parut  au  plus  profond  des  abîmes 
des  eaux.  Et  quelquefois  avec  mouvement. 
Deut.  33.  2.  De  Sinat  venit  ;  i.  e.  in  Sinaï  ;  et 
marque  aussi  le  lieu  de  la  demeure.  Ps.  148. 
1.  Laudate  Dominum  de  cœlis  ;  i.  e.  qui  estis 
in  cœlis  :  Louez  le  Seigneur,  ô  vous  qui  êtes 
dans  les  cieux.  v.  7.  De  terra  :  et  vous,  qui 
êtes  sur  la  terre.  Ps.  71.  10.  Florebunt  de 
civitate  ;  i.  e.  cives  :  Les  habitants  de  la 
ville.  Ainsi,  117.  15.  Benediximus  vobis  de 
domo  Domini  :  Nous  vous  bénissons,  vous 
qui  êtes  de  la  maison  du  Seigneur. 

8°  Pour  per,  par.  Ps.  118.  29.  De  Lege  tua 
miserere  mei  ;  Gr.  tw  vôuw.  Ayez  pitié  de  moi 
en  me  faisant  marcher  par  voire  loi.  Prov. 
12.  14.  c.  13.  2.  De  fruclu  oris  sui  lœtabitur 
bonis  :  L'homme  sera  rassasié  de  biens  par 
les  fruits  de  sa  bouche.  Isa.  53.  8.  De  angustia 
et  judicio  siiblatus  est  ;  i.  e.  per  angustiam  et 
judicium  :  Il  a  été  mis  à  mort,  parce  qu'il  a 
été  affligé  et  jugé  :  Le  a  mem  en  Hébreu,  se 
met  pour  la  préposition  per. 

9°  Pour  ce  qui  est,  au  sujet,  en  ce  qui  re- 
garde. Ps.  61.  10.  Ut  decipiant  ipsi  de  vani- 
tate  in  idipsum  :  Si  l'on  mettait  tous  les 
hommes  ensemble  dans  une  balance,  et  la 
vanité  ou  le  néant  dans  l'autre,  on  les  trou- 
vera plus  légers  que  le  néant  même  ;  letir. 
en  sorte  qu'ils  trompent  en  ce  qui  regarde  la 
vanité.  Voy.  Decipere. 

DEA,  0cà,  de  Deiis ,  du  Grec  Qzô? , 

Déesse,  divinité  des  Païens  {^SD.viJ.yK,  abo- 
minatio).  3.  Rcg.  11.  v.  5.  33.  Colebat  Saîo- 
tnon  Astarthen  deum  Sidoniorum  :  Salomon 
adorait  Aslarthe,  déesse  des  Sidoniens.  Act. 
19.  .37. 

DEALBARE  ,  Izv/.Kivziv ,  blanchir  ,  faire 
blanc  (xovtâv).  Mallh.  23.  27.  Similes  estis 
seputcris  dealbalis  :  Vous  êtes  semblables  à 
des  sépulcres  blanchis  ;  vous  Scribes  et  Pha- 
risiens. Act.  23.  3.  Percutiet  te  Detis ,  paries 
dealbate  :  Dieu  vous  frappera  vous-même,  ô 
muraille  blanchie,  dii  saint  Paul  à  Ananie, 
ne  sachant  pas  qu'il  fût  grand  prêtre,  i.  e. 
hypocrite  :  Les  murailles  et  les  autres  choses 
qu'on  blanchit  par  dehors  n'en  sont  pas 
meilleures,  ni  plus  belles  au  dedans.  Oa 
croit  que  c'était  une  prophétie  de  ce  qui  ar- 


riva bientôt  après  à  ce  souverain  pontife, 
qui,  après  avoir  contribué  à  avancer  la  ruine 
de  son  p^ays,  par  une  faction  puissante  qu'il 
y  forma',  fut  tué  lui-même  par  des  Juifs 
d'une  autre  faction ,  dont  son  propre  fils 
était  chef.  Josèphe  l.  2.  de  la  Guerre  des  Juifs. 

1°  Purger,  purifier.  Ps.  50.  9.  Super  nivem 
dealbabor  :  Je  deviendrai  plus  blanc  que  la 
Heige,  après  que  vous  m'aurez  lavé,  ô  mon 
Dieu  1  Isa.  1.  18.  Apoc.  7.  14.  Dealbaverunt 
stolas  suas  in  sanguine  Agni:  Ceux-ci  se  sont 
purifiés  et  sanctifiés  par  le  sang  et  les  mé- 
rites de  Jésus-Christ.  Dan.  11.  35.  c.  12.  10. 
Eligenlur  et  dealbabuntur  :  Plusieurs  seront 
élus  et  seront  purifiés  par  les  afflictions. 

2°  Rendre  heureux  ,  combler  de  joie  et  de 
prospérité.  Ps.  67.  15.  Nive  dealbabuntur  in 
Selmon  :  Les  habitants  de  la  terre  promise 
deviendront  blancs  comme  la  neige  qui  est 
sur  la  montagne  de  Selmon  :  La  blancheur 
marque  la  gloire,  la  prospérité  et  le  bon- 
heur. Nive  dealbabuntur  ;  Hebr.  et  Gr.  nive- 
scent  ;  i.  e.  candescent  ut  nix,  comme  v.  34. 
Probati  sunt  argento  ;  i.  e.  ut  argenlum. 

DEAMBULARE  ,  izepiTzcursii)  ,  marcher ,  se 
promener (StaTropsyeaÔKij.  Gen.24.  ()2.Deambu- 
labat  Isaac  per  viam  :  Isaac  se  promenait 
dans  le  chemin.  Job.  38.  16.  Numquid  in  no- 
tissimis  abyssi  deambulasti  ?  Avez-vous  péné- 
tré les  extrémités  de  l'abîme  pour  les  con- 
naître? Estli.  2.  11.  etc. 

DEAMBULACRUM.  galerie  (<TTÎ/,of)  3.  Reg. 
7.  2.  Quatuor  deambulacra  inter  columnas 
cedrinas  :  Salomon  fît  faire  quatre  galeries 
entre  des  colonnes  de  bois  de  cèdre  ;  il  y  en 
avait  deux  entre  les  colonnes  mêmes  ,  et 
deux  entre  les  colonnes  et  la  muraille. 

DEAMBULATIO,  nis,  T^i^iTtu-oç,  allée,  ga- 
lerie. Ezech.  42.  4.  Ante  gazophylacia  deam- 
bulalio  :  Devant  les  chambres  du  trésor  il  y 
avait  une  allée  de  dix  coudées  de  large. 

DEARGENTATUS,  Trsptïjpyy^wpsvoj, argenté, 
couvert  d'argent  ou  de  couleur  d'argent.  Ps. 
67.  IV,  Pcnnœ  columbœ  deargentalœ  :  Vous 
serez  comme  des  colombes  dont  les  plumes 
sont  argentées  :  cette  blancheur  d'argent 
marque  la  prospérité  du  peuple  d'Israël. 
Voy.  Clerus. 

DEAURARE,  -/«T«;^pjaouv,  xpvcjov'j,  couvrir, 
garnir  d'or.  Exod.  25. 11.  Deaurabis  entyi  atiro 
mundissimu  :  Vous  couvrirez  l'arche  d'un  or 
très-pur  dedans  et  dehors.  Ps.  44.  10.  In 
veslitu  draurato  (Sii/puo-oî)  :  Qui  a  un  habit 
enrichi  d'or  ou  tout  dur.  Apoc.  18.  16.  etc. 

DEBBASETH,  heb.  Melliflua.  Un  lieu  près 
de  la  mer  dans  la  tribu  de  Zabulon.  Jos.19.11. 

DEBELAIM,  heb.  Palalhœ  scu  caricœ.  Père 
de  Gomer,  femme  du  prophète  Osée.  c.  1.  2. 

DEBELLARE  ,  Tro/sasrv,  vaincre,  surmon- 
ter, défaire,  se  rendre  maître.  Isa.  63. 10.  Et 
ipse  debellavit  eos  :  L'ange  les  a  lui-même 
détruits  (ceci  peut  avoir  rapport  à,  Luc.  19. 
27.  l'entendant  des  Juifs),  c.  7.  1.  Non  po~ 
tuerunt  dcbellare  eam  :  Rasin  et  Phacce  ne  pu 
renl  prendre  Jérusalem.  Jerem.  50.  14.  elc 

DliEELLATOK  ,  is  ,  77o)>c|:>t£crT«î,  vainquent 
qui  a  remporté  la  victoire,  gagné  une  ba- 
taille; dans  l'Ecriture  : 

Extcrminuleur,  qui    ruine ,   qui  ravage, 


iOH 


DEB 


DEB 


iOi'i 


Sap.  18.  13.  Sermo  tuus..,  durus  debcUnlor  in 
mediam  exterminii  terram  prosilirit  :  L'ordre 
de  Dieu  vint  fonire  sur  celle  terre  dEgyple 
destinée  à  la  perdition,  comme  un  extermi- 
nateur impitoyable. 

DKBERA,  hch.Verbum,  res.  Ville  de  la  tribu 
éç  Benjamin,  dans  la  vallée  d'Achor.  Jos. 
\6.  7. 

DEBERE  ,  o'j-iÀrr;,  de  la  préposition  de,  et 
du  verbe  hubere,  quasi  de  alio  hobere. 

1°  Devoir  pour  marquer  ce  qu'il  faut  et  ce 
qui  est  à  propos.  1.  Cor.  9.  10.  De-bet  ?n  spe 
gui  arat  arnre  :  Celui  qui  laboure  doit  labou- 
rer avec  espérance,  c.  11.  10.  Mallh.  3.  IV. 
Ego  a  te  debeo  baplizari  {xpsim  i'/jt-j)  :  C'est 
moi  qui  dois  être  baptisé  par  vous,  dit  saint 
Jean  à  Jésus-Ghrisl.  Hebr.  2.  17.  Levit.  11. 
2.  Hœc  siint  animalia  quœ  comedere  debelis  : 
Ce  sont  ici  les  animaux  dont  il  vous  est  per- 
mis de  mcinger. 

2"  Devoir,  par  obligation,  être  obligé  ;  soit 
à  faire  quelque  chose.  Luc.  17.  10.  Quod  de- 
buimus  facere,  fecimus  :  Nous  sommes  des 
serviteurs  inutiles,  nous  n'avons  fait  que  ce 
que  nous  étions  obligés  de  faire  :  c'est  ce  que 
doivent  dire  tous  les  fidèles  après  avoir  ac- 
compli tous  les  commandements  de  Dieu. 
Rom.  lo.  V.  1.  27.  Ephes.  o.  28.  Viri  debent 
dilifjere  uxores  suas  :  Les  maris  doivent  aimer 
liMirs  femmes ,  etc.  Sait  à  payer  ce  que  l'on 
doit.  Matlh.  18.  v.  2i.  28.  Redde  quod  debes  : 
Rends  -  moi  ce  que  tu  me  dois.  Joan.  19. 
7.  etc. 

DEBILIS.  is,  E.  De  la  même  préposition  de, 
et  (Vhabilis,  qui  n'est  pas  bien  dispos. 

1' Faible,  languissant,  malade  o'.£ï.Oyoy.£vo?). 
Malach.  1.  li.  Maledictus  dolosus,  qui  mascu- 
luni  immolât  débile  Domino  :  Malheur  à 
l'homme  trompeur,  qui  ayant  dans  son  trou- 
peau une  béte  saine,  en  sacrifie  au  Seigneur 
une  malade. 

2°  Manchot,  estropié  (  y^yxô;  ).  Mallh.  15. 
30.  c.  18.  8.  Bonum  tibi  est  ad  vitam  ingredi 
debilem...  quom  duas  mamis  habcntem  tnidi  in 
ignem  œternum  :  Il  vaut  bien  mieux  pour 
vous  que  vous  entriez  dans  la  vie  n'ayant 
«lu'un  pied  ou  qu'une  main,  que  d'en  avoir 
deux  ,  et  d  être  précipité  dans  le  feu  éternel. 
—  Oui  n'a  point  de  courage  ,  qui  a  l'esprit 
abattu  {TTvç,(/lil-jui-jo;).  Isa.  35.  3.  Genua  de- 
bilia  roborale  :  Soutenez  les  genoux  trem- 
blants. Eccli.  2o.  32. 

DEBILITARE,  ^v-jzpi^-cj.  l'Affaiblir,  rendre 
languissant.  2.  Esdi*.  i.  10.  Debilitnla  est  for- 
titudo  porlantis  ■  Ceux  qui  sont  occupés  à 
porter  sont  fatigués. 

2"  Blesser,  estropier,  tuer  (  àv/rEi'^ctv  ).  2. 
Mach.  12.  22.  Jla  ut  gladiorum  suonim  icti- 
bus  debililarentur  :  Les  gens  de  Timolhée 
étaient  percés  plutôt  par  leurs  propres  épées 
que  par  celles  des  troupes  de  Judas.  Exod. 
22.  V.  10.  n.  Judith,  l  ).  '^.  Dcbilitabnnt  om- 
nés  quos  invenire  pnluisscnt  :  Les  Juifs  tuaient 
ou  blessaient  lous  ceux  de  larméc  d  Holo- 
pherne  qu'ils  pouvaient  rencontrer. 

DEBITOK,  is,  o'^îùizm.  1"  Un  débitenrqui 
doit  ,  soit  en  parlant  d'une  dette,  soil  par 
devoir  ou  reconnaissance.  Isa.  oH.  3.  Omnes 
debitores  vestros  rrpctitis  :  Vous  redemandez 


tout  ce  qu'on  vous  doit.  Rom.  1.  li.  Sapien- 
tibits  et  insipicntibus  debilor  sum  :  Saint  Paul 
témoigne  qu'il  se  sent  obligé,  en  conséquence 
de  sa  vocation,  à  prêcher  l'Evangile  à  toute 
sorte  de  peuples  de  quelque  nation  et  condi- 
tion qu'ils  soient.  Voy.  Barbarus.  Rom.  15. 
27.  Debilores  sunt  eorum  :  Saint  Paul  prouve 
ici  comment  les  Eglises  de  Macédoine,  comme 
toutes  les  autres  des  Gentils  convertis,  sont 
redevables  aux  Eglises  de  Jérusalem.  Rom. 
8.  12. 

2°  Pécheur,  qui  s'est  engagé  à  quelque 
peine  par  ses  péchés.  Luc.  13.  \.  Putatis  quia 
et  ipsi  debitores  fuerint  prœter  omnes?  etc. 
Croyez-vous  que  ces  dix-huit  hommes  sur 
lesquels  la  tour  de  Siloé  est  tombée...  fussent 
plus  redevables  à  la  justice  de  Dieu  que  tous 
les  habitants  de  Jérusalem?  Le  v.  2.  porte 
Peccatores.  Mallh.  6.  12.  Sicut  et  nos  dimitti- 
mus  debitoribns  nostris  :  Remettez-nous  nos 
dettes,  comme  nous  les  remettons  à  ceux  qui 
nous  doivent  :  Les  Syriens  appelaient  dette 
un  péché  ,  et  débiteur  un  pécheur.  Hebr. 
Chajab.  Sgr.  Chojebim,  Debitores. 

DEBITÙM  ,  ôon).r;ux.  Dette,  ce  qui  est  dû  , 
soit  par  obligation  ,  soil  par  charité.  Mallh. 
18.  27.  Debitum  dimisit  ci  foiv^tov  :  Le  maî- 
tre du  serviteur  lui  remit  sa  dette,  v.  30.  32. 
Si. Voy.  à  quelles  conditions,  v.  32.  33.  Prov. 
22.  26.  Eccli.  4.  8.  Redde  debilum  tuum  :  Ac- 
quittez-vous de  ce  que  vous  devez  ;  se.  de 
l'aumône  et  de  l'affabilité  envers  les  pauvres. 
Rom.  13.  7.  1.  Mach.  15.  8. 

1^  Péché,  offense.  Mallh.  6. 12,  Dimitte  no- 
bis  débita  nostra  :  Remettez-nous  nos  dettes. 
Voy.  Luc.  11.  i.  peccata  nostra;  ce  qui  vient 
de  l'idiome  Syriaque  :  d'ailleurs  celui  qui 
pèche  doit  à  Dieu  la  peine  et  la  satisfaction 
au  péché. 

2"  Devoir  du  mariage.  1.  Cor.  7.3.  Uxori  vir 
debitum  (xrrj  oysàriv,  al.  ijrfiù.riiihri-j  vj-joiol-j)  red- 
dut,  similiter  anlemet  uxorviro :Qae  le  mari 
rende  à  sa  femme  ce  qu'il  lui  doit, et  la  femme 
à  son  mari. 

3°  Dépôt,  chose  confiée  /sÉor).  Sap.  15.  8. 
Bepelilus  animœ  debitum  quam  hnbebat  :  On 
redemandera  au  potier  qui  fail  des  idoles  , 
l'âme  (juil  avait  reçue  en  dépôt. 

DEBLATHA  ,  H»'b.  Palatha  ou  DEBLA- 
THAIM,  Pnlalhœ.  Ville  de  la  tribu  de  Ruben, 
dans  un  désert  du  pays  des  Moabiles.  Jer. 
W.  22.  Quelques-uns  croient  que  c'est  plu- 
tôt Rtbiatha  :  le  Daleth  et  le  Resrh  se  pren- 
nent aisément  l'un  pour  l'autre.  Ezech.  0.  14.. 
Fnciam  terrnm  desolatam  a  deserlo  Deblatha  : 
Je  rendrai  la  terre  désolée,  depuis  le  désert 
de  Deblalha;  Hebr.  et  Gr.  depuis  le  désert 
jusqu'à  Dtbialha.  Quelques-uns  expliquent 
cela  comme  s'il  y  avait  :  Je  rendrai  la  terre 
aussi  désolée  cl  abandonnée  qu'est  le  désert 
de  Deblalha;  et  ils  entendent  parce  désert, 
celui  dont  Moïse  fait  menlion.  Deut.  8.  25. 

DEBORA,  Heb.  Apis  ou  Verbum.  Nourrice 
de  Rcbecca.  (ien.  35.  8.  Debora  nittrix  Re~ 
beccœ. 

DEBHORA,  Heb.  le  même.  Debbora  femme 
de  Lapidolh,  prophélesse  et  juge  d'Israël,  qui 
défit  Sisara.  Judic.  V.  \.  Erat  autem  Debbora 
prophetissa.  v.  9.  10.  \\.  etc.  Elle  chaula  un 


1045 


DICTIO.NNAIRE  DF  PHILOLOGIE  SACREE. 


1044 


excellent  cantique  en  aclion  de  grâces.  Ju- 
die.  5.  et  mourut  l'an  2721. 

DECACHORDUM,o£zàx°i'^°-^»  de  Biy.u,  decem 
et  de  z^f'h,  chorda. 

Instrument  à  dix  cordes  ,  que  l'on  croit 
être  le  même  que  le  psalterion  qui  avait  aussi 
dix  cordes,  comme  il  paraît  par  le  Ps.  32.  2. 
Jn  psalterio  decem  chordarum  psallite  illi  : 
Chantez  la  louange  du  Seigneur  sur  l'instru- 
ment à  dix  cordes  ;  et  dans  les  autres  en- 
droits, Ps.  91.  4.  Jn  decachordo  psalterio  : 
Chantez  sur  l'instrument  à  dix  cordes.  Ps. 
143.  9.  In  psalterio  decachordo  ,  quoiqu'il  y 
ait,  Ps.  91.  4.  dans  l'Hébreu,  In  decachordo 
et  psalterio;  mais  ce  vau,  qui  signiûe  et,  peut 
signifier  id  est. 

DECALVARE,  Çu^âv.  1°  Rendre  chauve. 
Isa.  3.  17.  Decalvohit  (T«7rctvo-:v)  Dominus  ver- 
ticem  filiorum  Sio7i  :  Dieu  menace  de  rendre 
les  filles  de  Jérusalem  chauves  ,  Ilebr.  cou- 
vrir de  gale  ,  parce  qu'elles  se  plaisaient  à 
leur  chevelure.  1.  Par.  19.  4. 

2°  Rfser.  1.  Cor.  11  5.  Unum  est  ac  si  de- 
calvetur  : 

La  femme  doit  porter  un  voile  qui  est  la 
marque  de  sa  soumission  à  son  mari  ;  car  de 
paraître  dévoilée  ou  rasée,  c'est  la  même 
chose.  2.  Esdr.  13.  25.  G^r.  ^ao^poùv. 

3°  Arracher  les  cheveux  ,  mettre  dans  le 
deuil  et  lafQiction.  Mich.  1.  16.  Decalvare  et 
tondere  super  fili os  deliciarum  tuarum  :  Arra- 
chez-vous les  cheveux,  et  coupez-les  entiè- 
rement pour  pleurer  vos  enfants  qui  étaient 
toutes  vos  délices.  Gomme  la  loi  défendait  de 
s'arracher  les  cheveux  à  la  mort  de  leurs 
proches  ,  le  Prophète  veut  seulement  mar- 
quer par  ces  paroles  que  leur  douleur  sera  si 
excessive,  qu'ils  ne  pourront  trouver  de  mar- 
ques de  deuil  assez  vives  pour  en  exprimer 
la  violence.  Ezech.  29.  18.  Oinne  caput  decal- 
vatum  (  ya),âx/swptK  ,  calvitium  )  :  Toutes  les 
léles  des  soldats  de  Nabuchodonosor  ont 
perdu  les  cheveux  au  siège  deTyr;  i.  e.  y 
ont  beaucoup  souffert  par  les  coups  qu'ils 
ont  reçus  sur  la  tête. 

DECANTARE ,  ûpc-îv.  Chanter,  célébrer  la 
louange  de  quelqu'un.  Isa.  54.1.  Décanta  lau- 
dem  (f/V/yvÛEiv,  erumpere)  :  Chantez  des  canti- 
ques de  louange.Dput.31.19.Sap.l0.20.c.l8. 
0,  Tzpoa\i(xuil-ziM,  prœcinere. 

DECANUS,  Sey.àoctpxoç,  dérivé  de  decem. 

Qui  commande  à  dix  hommes.  Exod.  18. 
21.  Constitue  ex  eis  quinquagenarios,  et  deçà- 
nos  :  Donnez  la  charge  aux  uns  de  comman- 
der mille  hommes,  aux  autres  cent,  aux  au- 
tres cinquante  et  aux  autres  dix  :  c'est  ce 
que  conseille  Jéthro  à  Moïse.  Deut.  1.  13. 

DEGAPOLIS,  Eos.  De  Bi/.cnfdecem,  et  de  ttôIlç, 
tirbs. 

Il  y  avait  dans  la  Palestine  du  temps  di'  Jé- 
sus-Christ, un  canton  qu'on  appelait  Deçà- 
pôle,  ainsi  nommé  du  nom  des  principales 
villes  qui  le  composaient.  On  le  met  ordinai- 
rement aux  environs  du  lac  de  iTibériade  à 
droite  et  à  gauche  ;  mais  il  y  a  des  auteurs 
qui  pensent  que  ces  dix  villes  étaient  toutes 
au  delà  de  ce  lac.  On  convient  qu'elles  étaient 
habitées  par  des  Gentils,  quoiqu'on  ne  s'ac- 
corde pas  sur  les  villes  qui  formaient  ce  can- 


ton. Matth.  4.  25.  Secutœ  sunt  eum  turbœ  de 
Galilœa  et  Decapoli  :  Une  grande  multitude 
de  peuple  suivit  Jésus-Christ  de  Galilée  et  de 
Décapolis.  c.  7.  31.  Marc.  o.  20. 

DECEDERE.  S'en  aller,  partir  de  quelque 
lieu  {ixzzuTaccxtsu  :  dans  l'Ecr.,  mourir;  l'E- 
criture ajoute  l'ablatif  viia  2.  Mach.  6.  31. 
Hoc  modo  vita  decessit  :  Eléazar  mourut  en 
disant  ces  paroles. 

DECEM,  oéxx.  —  1°  Dix,  considéré  comme 
nombre  fixe  et  parfait.  Gen.  18.  32.  Non  de- 
lebo  pr opter  decem  :  Je  ne  perdrai  point  So- 
dome  ,  s'il  y  a  dans  cette  ville  dix  justes,  ré- 
pond Dieu  à  Abraham.  Deut.  4.  13.  Ostendit 
vobis  decem  verba  quœ  scripsit  in  duabus  ta- 
bulis  lapideis  :  Moïse  fait  souvenir  les  Israé- 
lites que  le  Seigneur  leur  fit  entendre  les  dix 
Commandements  qu'il  écrivit  sur  les  deux 
tables  de  pierre,  c.   10.  4.  Sap.  7.  4.  Voy. 

FlGURARE. 

2"  Dix,  considéré  comme  nombre  indéfini  ; 
soit  pour  marquer  un  petit  nombre  comparé 
à  un  plus  grand.  Amos.  5.  3.  Le  qua  eqredie- 
bantur  centum,  relinquentur  in  ea  decem  in 
domo  Israël  :  S'il  se  trouvait  cent  hommes 
dans  la  maison  d'Israël,  il  n'y  en  restera  plus 
que  dix.  Agg.  2.  17.  Ponite  corda  vestra  cum 
accederetis  ad  acervum  viginti  modiorum,  et 
fièrent  decem  :  Rappelez  dans  votre  esprit  le 
temps  auquel  vous  veniez  à  un  tas  de  blé  , 
vingt  boisseaux  se  réduisaient  à  dix  ;  se. 
avant  la  construction  du  temple  ;  soit  pour 
marquer  un  grand  nombre,  ou  plusieurs  fois 
et  souvent,  parce  que  le  nombre  de  dix  est 
l'accomplissement  de  tous  les  nombres  ,  et 
que  toutes  les  unités  s'y  réduisent.  Levit.  26. 
26.  lia  ut  decem  mulieres  in  uno  clibano  co- 
quant  panes  :  La  disette  sera  si  grande  qu'un 
four  suffira  à  plusieurs  familles.  Num.  14. 
22.  Tentaverunt  me  jam  pcr  decem  vices  :  Ceux 
qui  m'ont  déjà  tenté  plusieurs  fois  différen- 
tes; se.  dans  le  désert,  ne  verront  et  n'entre- 
ront point  dans  la  terre  promise.  2.  Esdr.  4. 
12.  Gen.  31.  41.  Immutasii  quoque  mercedem 
meam  decem  vicibus,  y.  7.  vous  avez  changé 
par  dix  fois;  /.  e.  plusieurs  fois,  ce  que  j; 
devais  avoir  pour  récompense.  Voy.  Ecoii. 
7.  23.  1.  Reg.  1.  8.  Isa.  5.  10.  Zach.  8.  23. 
Matth.  25.  1.  A  quoi  se  rapporte: 

Decem  millia^  f^-ypioi.  —  1"  Dix  mille,  nom- 
bre fini.  Matth.  18.  24.  Oblatus  est  ci  tinus  ^ 
qui  debebat  ei  decem  milliu  talenla  :  On  lui 
présenta  un  de  ses  serviteurs  qui  lui  devait 
dix  mille  talents  ;  plus  de  (luarante  millions 
de  livres  de  notre  monnaie.  Esth.  5.  11. 

2"  Pour  marquer  un  grand  nombre  re- 
gardé comme  infini  (piu^siot).  Ps.r)7.18.  Currus 
Deideccm  millibus  multiplex  :  Le  char  de  Dieu 
est  environné  de  plus  de  dix  mille;  Hebr. 
bis  decem  millia  ;  \.  c.  innumerabilis  tnulti- 
tudo.  V.  CuuRus  Multiplex. 

DECERE,  TToi-nv.  Du  verbe  Grec  sœu  ,  qui 
est  le  même  que  decet. 

Elre  juste,  bienséant,  convenable,  uvtxféperj. 
Prov.  19.10.  Non  décent  stutlum  deliciœ  . 
Les  délices  siéent  mal  à  l'insensé.  Les  plai- 
sirs ne  lui  sont  pas  dus;  mais  plutôt  les  pei- 
nes et  les  châtiments;  mais  ils  conviennent 
aux  sages  à  qui  ils  sont  nécessaires  pour  dé-. 


104" 


DEC 


DEC 


1046 


lasser  leurs  esprits,  après  les  fatigues  des  oc- 
cupations sérieuses  auxquelles  ils  se  sont 
appliqués.  Ps.  32.  1.  Rectos  decet  collauda- 
tio  :  C'est  à  ceux  qui  ont  le  cœur  droil  qu'il 
appartient  de  donner  des  louanges  à  Dieu. 
Ps.  fii.  2.  Ps.  92.  o.  Ephes.  o.  3.  etc. 

DEGERNERE.  1°  Juger,  ordonner  [ypà.rf-u-j). 
Prov.  8.  lo.  Per  me  lerjum  conditores  justa  dt- 
cernunf  :  C'est  par  la  sagesse  que  les  légis- 
lateurs ordonnent  ce  qui  est  juste.  V.  16.  c. 
31.  9.  1.  Esdr.  6.  o.Cyrus  rex  decrevil  (rtOivat 
yAiurrj ,  ponere  sententiam)  :  Le  roi  Cyrus  a 
ordonné,  se.  que  le  temple  de  Jérusalem  fût 
rebâti.  Voy.  v.  12.  Ainsi,  prononcer,  décla- 
rer et  décider.  Levit.  13.  17.  Mundiim  esse 
decernet  (  zKÔx^tiÇuv  )  ;  Le  prêtre  déclarera 
qu'il  est  pur,  se.  de  la  lèpre. 

2' Ordonner  ,  résoudre,  former  un  des- 
sein. Eslh.  13.  9.  Si  decreveris  salvare  Is- 
rael  :  Si  vous  avez  résolu  de  sauver  Israël, 
nul  ne  peut  résister  à  voire  volonté,  dit  Ju- 
dith à  Dieu.  Job.  22.  28.  Décernes  rem,  et  vé- 
niel tibi  :  Si  vous  retournez  à  Dieu,  vous  for- 
merez des  desseins,  et  ils  vous  réussiront.  1. 
Mach.  G.  23.  Ainsi,  Act.  i.  28,  Quem  unxisti 
facere  quœ  manus  tua  et  consilium  tuum  de- 
creverunt  fieri  (Tr/joojctÇ^iv)  ;  Vous  avez  con- 
sacré votre  Fils  Jésus-Christ  pour  faire  tout 
cequevotrepuissanceetvolre  conseil  avaient 
ordonné  devoir  être  fait. 

3'  Destiner  à  quelque  chose,  l'appliqueret 
la  consacrer  par  quelque  cérémonie  (StafrrsÀ- 
ïti-j).  Jos.  20.  7.  Decreveruntque  Cèdes  in  Ga- 
lilœa  :  Ils  ordonnèrent  pour  ces  villes  de  re- 
fuge Cédés  en  Galilée  sur  la  montagne  de 
Nephtali  ;  Hebr.  Kiddesch,  sanctificare,  seu 
conseernre.  D'où  vient  Vies  decreli:  Les  fê- 
tes instituées.  l.Mac.  10.  3i.  Les  fêtes  d'une 
institution  particulière,  qui  n'étaient  point 
de  l'ordonnance  de  la  loi. 

i°  Donner  des  préceptes,  imposer  des  lois 
(  âoy/xKTtÇew  ).  Coloss.  2.  20.  Quid  adituc  tam- 
(juam  viventes  in  mundo  decernitis  ?  Com- 
ment recevez- vous  ces  premières  et  plus 
grossières  instructions  du  monde?  se.  si 
vous  êtes  morts  à  Jésus  Christ  ;  Gr.  Quid 
adhuc  deereiis  tenemini?  Pourquoi  vous  lais- 
sez-vous imposer  ces  sort»  s  de  lois? 

DECERPERE.  Tirer,  prendre  quelque  par- 
tie. Baruch.  6.  27.  Mulieres  eorum  decer pen- 
tes :  Les  femmes  des  prêtres  idolâtres  profi- 
lant des  viclinies  offertes  aux  idoles  ,  en 
avaient  souvent  plus  qu'elles  n'en  pouvaient 
manger.  Et,  selon  le  Grec,  elles  les  salaient 
pour  les  vendre  sans  en  donner  aux  pau- 
vres,  T'y.fiiyîvoJ'jUi. 

DECliRTARE.  Combattre,  entrer  en  com- 
bat pour  la  défense  de  quel(}u'un.  Joan.  18. 
3G,  Minisiri  nui  ulique  decertarent  :  Si  mon 
royaume  était  de  ce  monde,  mes  gens  au- 
raient combattu,  dit  Jésus-Christ. 

DECIDERE  ,  ÙTTo-iTzzîi-j,  TzinxcLv.  Tomber, 
choir.  Levit.  19.  10.  IS'eque  in  vinea  tua  ra- 
ccmos  et  grana  decidentia  conqreqabis  :  Vous 
ne  rerueilleroz  point  dans  vos  vignes  les 
grappes  qui  restent  ou  les  grains  (jui  tom- 
bent. Ad,  2.i.  7.  c.  26.  IV.  Sap.  7.  8.  1.  Pelr. 
1.  2V.  Judith,  li.  '*.  Ainsi,  Jac.  5.  12.  Utnon 
sub  judicio  decidalis,  pour  in  judicium  :  Con- 


tentez-vous de  dire  :  cela  est,  ou  cela  n'est 
pas,  afin  que  vous  ne  soyez  point  condam- 
nés. 

1°  Tomber,  périr,  mourir.  Ps.  .36.  2.  Tam- 
quam  olera  herbarum  cito  décident  .-Ceux  qui 
commettent  l'iniquité  se  faneront  aussi  vite 
que  les  herbes  et  les  légumes.  Ps.  89.  6.  Fe- 
spere  décidât  :  L'homme  ressemble  à  l'herbe 
cpii  tombe  et  se  sèche;  Hebr.  il  est  coupé, 
se.  par  la  mort.  Sap.  4.  19. 

2^  Tomber  dans  la  disette,  devenir  pau- 
vre. Eccli.  19.  1.  .Qui  spernit  modica,  paula- 
tim  decidet  :  L'ouvrier  qui  néglige  les  petits 
gains  qu'il  pourrait  faire,  tombera  peu  à  peu 
dans  une  grande  indigence.  Ce  passage,  pris 
dans  un  sens  plus  général,  se  peut  appliquer 
à  ceux  qui,  négligeant  d'éviter  de  petites 
fautes,  tombent  dans  de  grands  désordres. 
Voy.  Luc.  16.  10. 

3  Déchoir,  être  frustré.  Ps.  5.  11.  Déci- 
dant a  coyilationibus  suis  :  Faites  déchoir 
mes  ennemis  de  leurs  pensées  et  de  leurs 
prétentions,  et  que  leurs  desseins  soient  sans 
effet. 

i°  Succomber,  être  vaincu.  Ps.  7.  5.  Deei- 
dam  merito  ab  inimicis  meis  inanis  :  Je  con- 
sens de  succomber  sous  mes  ennemis,  si  j'ai 
rendu  mal  pour  mal. 

Façons  de  parler. 

Decidere  in  leclum.  Tomber  malade,  tom- 
ber dans  la  langueur.  1.  Mach.  6.  8.  Decidit 
î'/i /ecfum.- Anliochus  tomba  dans  la  langueur, 
c.  1.  6. 

DECIES.  De  decem. 

1°  Dix  fois  ;  soit  pour  marquer  un  nombre 
fini  et  déterminé.  2.  Par.  ik.  9.  Egressus  est 
contra  eos  Zara  Mlhiops  eum  exercitu  suo 
deeies  centena  7niUia;  Gr.  h yjliy.t; yjh.ûm,  Zara. 
roi  d'Ethiopie  vint  attaquer  Asa  et  ses  ar- 
mées, avec  une  armée  d'un  million  d'hom- 
mes ;  dix  fois  cent  mille.  Soit  en  parlant 
d'un  nombre  infini  ou  indéfini.  Dan.  7.  10. 
Deeies  millies  centena  millia  assislebant  ci: 
Mille  millions  assistaient  devant  l'ancien  des 
jours,  i.  e.  devant  celui  qui  est  avant  tout. 
Bar.  i.  28.  Sic  ut  fuit  sensus  rester  ut  erraretis 
a  Deo  ;  deeies  tantum  itcrum  çonverlentes  re- 
quirelis  cum  (§£za77),«7t«Ç-:iv,  deeies  tantum  fa- 
cere ^  :  Voire  esprit  vous  a  portés  à  vous 
égarer  en  vous  détournant  de  Dieu;  mais  en 
retournant  à  lui  de  nouveau,  vous  vous  por- 
terez avec  dix  fois  plus  d'ardeur  à  le  recher- 
cher. On  entend  ceci  ou  d'un  précepte  que 
Dieu  donnait  à  son  peuple  de  faire  paraître 
datis  leur  conversion  dix  fois  plus  d'ardeur 
qu'ils  n'en  avaient  témoigné  dans  leur  éga- 
rement ;  ou  plutôt  d'une  prédiction  de  ce 
qui  devait  arriver  par  rapport  aux  Juifs  qui 
se  convertirent  à  la  mort  de  Jésus-Christ,  ei 
qui  par  leur  ferveur  ont  servi  d'un  excellent 
modèle  aux  chrétiens  de  tous  les  siècles. 

DECIMA,  JE,  oî/ÙTï),  eVtSixKTov  ;  de  decem 

Les  décimes  ou  les  dîmes. 

Tous  les  peuples,  même  les  nations  bar- 
bares, par  une  équité  naturelle,  ont  donné  à 
leurs  rois  la  dixième  partie  do  leurs  biens, 
comme  il  parait  par  l'histoire  de  Melchisé- 
dech,  Gen.  \k.  29.  et  par  le  discours  que  fait 


1047 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


)048 


Samuel  au  peuple,  1.  Refj.  8.  v.  15. 17.  Voy. 
Addecimahe.  La  loi  que  Dieu  on  a  faite  n'a 
point  dû  paraître  onéreuse  aux  Hébreux. 
Dans  l'Ecriture  : 

Les  décimes  ou  les  dîmes  étaient  la  dixième 
partie  des  fruits  et  du  bétail  que  l'on  offrait 
aDieu.  Gen.  28.  22.  Cunctorum  qnœ  dederis 
mihi,  décimas  offeram  tibi.  Malach.  3.  v.  8. 
10.  In  quo  configimus  te  ?  in  decimis,  et  inpri' 
7niliis  :  En  quoi,  dites-vous,  vous  avons- 
nous  outragé?  en  ne  payant  pas  les  dîmes  et 
les  prémices  qui  me  sonl  dues.  Jnferte  omnem 
decimam  in  horreiim  ?  Apportez  toutes  mes 
dîmes  dans  mes  greniers;  et  probate  si  non 
aperuero  vobis  cataractas  cœli  :  et  considé- 
rez si  je  ne  vous  ouvrirai  pas  toutes  les 
sources  du  ciel.  La  disette  et  la  famine  vien- 
nent, selon  le  sens  de  ce  passage,  de  ce  que 
l'on  ne  pnie  pas  les  dîmes.  (  Voy.  Masium, 
in  Jos.  c.  1.3.  li.(  Abraham  et  les  autres  les 
ont  offertes  dans  la  loi  naturelle,  comme  on 
le  voit,  Gen.  li.  19.  etc.  1.  Reg.  15.  17.  mais 
elles  ont  été  commandées  dans  la  loi  écrite. 
Il  y  en  avait  de  quatre  sortes. 

1"  Les  dîmes  qac  le  peuple  donnait  aux 
lévites.  Num.  18.  '21.  Filiis  Levi  dedi  omnes 
décimas  Jsraelis  in  possessionem  :  Pour  ce  qui 
regarde  les  enfants  de  Lévi,  je  leur  ai  donné 
on  possession  toutes  les  dîmes  d'Israël.  2. 
Esdr.  10,  37.  c.  13.  12.  Hebr.  7.  5.  tant  à 
cause  de  leur  ministère  qu'à  cause  qu'ils  n'a- 
vaient point  d'autres  possessions. 

2*  Les  décimes  que  les  lévites  donnaient 
aux  prêtres  ;  car  les  lévites  leur  donnaient  la 
dixième  partie  de  celles  qu'ils  recevaient  du 
peuple.  Num.  18.  26.  Primitias  eorum  offerte 
Domino;  i.  e.  decimam  partent  decimœ  :  Of- 
frez au  Seigneur  les  prémices  des  dîmes  que 
vous  aurez  reçues  d'Israël  ;  i.  c.  la  dixième 
partie  de  la  dîme.  2.  Esdr.  10.  38. 

3°  Les  dîmes  que  chacun  du  peuple  sépa- 
rait tous  les  ans,  et  réservait  dans  ses  gre- 
niers pour  faire  un  festin  dans  te  temple 
avec  les  prêtres  et  les  lévites,  les  orphelins 
et  les  veuves.  Deut.  li.  22.  Decimam  pnrtem 
separabis  de  cunctis  fructibus  tuis,  ei  comedcs 
in  conspectu  Domini  Dei  lui  :  Vous  mettrez 
à  part  chaque  année  le  dixième  de  tous  vos 
fruits,  et  vous  mangerez  en  la  présence  du 
Seigneur  votre  Dieu  dans  le  lieu  qu'il  aura 
choisi,  afin  que  son  nom  y  soit  invoqué,  c. 
12.  V.  11.  12.  17.  Comme  toutes  ces  choses 
appartenaient  au  Seigneur,  ils  ne  pouvaient 
en  fuanger  que  ce  qu'on  leur  en  donnait  près 
du  tabernacle  où  ces  choses  mêmes  étaient 
offertes.  Theod.  qu.  10. 

k"  Les  dîmes  qui  se  gardaient  tous  les  trois 
ans  pour  la  subsistance  des  pauvres,  des 
veuves  et  des  orphelins  et  des  lévites.  Deut. 
14.  28.  Anno  tertio  separabis  aliam  decimam 
ex  omnibus  qnœ  nascuntur  tibi  :  De  trois  ans 
en  trois  ans,  vous  séparerez  encore  une  au- 
tre dime  de  lous  les  bi.'Mis  (jui  vous  seront 
venus  en  ce  temps-là  (Voy.  v.  29.).  c.  2G.12. 

5"  Les  décimes,,  depuis  lo  retour  de  la  cap- 
tivité, se  portaient  au  trésor  dans  le  temple. 
2.  Esdr.  10.  V.  37.  38.  Il  semble  que  ce  soit 
de  ces  dîmes  que  Judith  entend  parler,  c. 
11.12. 


DECIMARE.  En  terme  de  guerre,  déci- 
mer ;  c'est  lorsque  dans  un  régiment  ou  dans 
une  compagnie  qui  a  commis  quelque  faute, 
on  prend  de  dix  soldats  un  pour  le  punir; 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Payer  la  dîme,  ou  la  dixième  parti?  de  ' 
tout  ce  qu'  on  recueille  (àTToSEzaroûv),  Luc.  ' 
11.  41.  Quin  decimatis  mentham  et  rutam,  et 
omne  oins  :  Malheur  à  vous,  pharisiens,  qui 
payez  la  dîme  de  la  menthe,  de  la  rue  et  de 
toutes  les  herbes,  et  qui  négligez  la  justice. 
Les  pharisiens,  pour  paraître  plus  religieux, 
payaient  la  dîme  des  moindres  choses  qui 
n'élaientpoint commandées  parla  loi.Matth. 
23.  23. 

2*  Exiger,  faire  payer  la  dîme  (5«x«toûv). 
Hebr.  7.  9.  Per  Abraham  et  Levi,  qui  décimas 
accepit,  decimatus  est  :  La  tribu  de  Lévi  qui 
recevait  la  dîme  des  autres,  l'a  payée  elle- 
même  en  la  personne  d'Abraham,  qui  était 
son  premier  aïeul,  qui  la  paya  à  Melchisé- 
dech.  Gen.  IV.  19. 

DECIMATIO,  Nis,  ÈrtSÉxaTov.  —  1"  Décima- 
lion,  quand  de  dix  on  en  prend  un,  ou,  il 
n'en  reste  qu'un.  Isa.  6.  13.  Adhuc  in  ea  de- 
cimatio  :  Dieu  la  décimera  encore;  i.  e.  de 
dix  hommes,  à  peine  lui  en  reslera-t-il  un. 
Le  prophète  marque  quelque  grande  défaite 
des  Israélites. 

2"  Dîme,  ou  dixième  partie  des  fruits  (oc- 
-/ir/i).  Toi).  1.  7.  Ita  ut  in  tertio  anno  prose- 
lytis  et  advenis  minisiraret  omnem  decima- 
tionem  :  ha.  troisième  année,  Tobie  dislri- 
buait  aux  prosélytes  et  aux  étrangers  toute 
sa  dîme.  Voy.  ci-dessus  Decimœ  h-". 

DECIMUS,  a,um;  Ss/aro,-.— Dixième,  nom- 
bre certain.  Exod.  16.  36,  Gomor  décima 
pars  est  ephi  :  Le  gomor  est  la  dixième  par- 
tie de  réphi  ;  et  souvent  le  substantif  pars 
est  sous-entendu.  Levil.  li,  10.  Assumet  1res 
décimas  similœ  in  sacrificium  :  H  prendra 
trois  dîmes  de  fleur  do  farine,  Num.  28.  13, 
Offerelis  decimam  decimœ  sijnilœ  :  Vous  of- 
frirez la  dixième  partie  d'un  dixième  de  fleur 
de  farine,  qui  est  la  dixième  partie  dune 
autre  mesure  nommée  corus;  Heb.  decimam, 
decimam.  i.  c,  singulas  décimas,  V,  Levil. 
23.  13.  17.  etc.  Voy.  Gomor, 

DEGIPERE,  du   verbe  capere,  «tt'/tkv,  ~/k-     . 

•JCf-J. 

1"  Tromper;  soit  qu'il  signifie  séduire, 
abuser.  Gen,  3,  33.  Serpens  decepit  me:  Le 
serpent  ma  trompée  ,  répond  Eve  à  Dieu. 
Isa.  3.  12.  Qui  te  bralam  dicunt,  ipsi  te  deci- 
piunt  :  Ceux  qui  vous  disent  bienheureux, 
ô  mon  peuple,  vous  séduisent,  Job.  12.  16. 
Ps.  14.  4,  Ainsi,  Eccli.  13.  26.  Dicili  deceplo 
i'j'Y'yleiç,  evro,-)  multi  recuperatores:  Lorsque  le 
pauvre  commence  à  tomber,  ses  amis  même 
contribuent  à  sa  chute;  si  le  riche  au  con- 
traire a  été  trompé,  plusieurs  l'assistent. 
Soit  qu'il  signifie  jeter  dans  l'erreur  par  de 
faux  raisonnements.  Coloss.  2.  8.  Videte  ne 
quis  vos  decipiat  per  philosophiam  et  inanem 
fallaciam  (  c-v^xyoyîtv,  deprœdari  )  :  Prenez 
garde  que  personne  ne  vous  trompe  par 
la  philosophie  cl  par  de  faux  et  de  vains  rai- 
sonnements. V.  4.  Prov.  5.  23.  7^  multitu- 
dine  slultiliœ  suœ  decij)ietitr  :  Il  sera  trompé 


I04r) 


dî:c 


DEC 


W60 


par  l'excès  de  sa  folie.  Il  s'était  imaginé,  ou 
qu'il  pouvait  cacher  ses  crimes  aux  yeux  de 
Dieu,  ou  qu'il  ne  les  punirait  point  avec  la 
rigueur  prédite  par  la  loi  et  les  prophètes. 
Prov.  12.  26.  Iter  impiorum  decipiet  eos  :  La 
voie  des  méchants  les  séduira.  Ceux  qui  ne 
songent  qu'à  leurs  propres  intérêts,  seront 
trompés  lorsque,  tombant  dans  le  besoin,  il 
n'y  aura  personne  qui  les  secoure. 

2°  Laisser  tromper,  permettre  qu'on  soit 
séduit.  Ezech.  12.  9.  Ego  Dominus  decepi  pro- 
phetam  illum  :  Dieu  permet  que  les  prophè- 
tes intéressés  se  trompent  et  séduisent  les 
autres,  pour  punir  l'hypocrisie  de  ceux  qui 
ne  s'adressent  pas  à  lui  avec  sincérilé.  Job. 
12.  2i.  Decepit  eos  qui  frustra  incedunt  per 
invium  :  Dieu  ne  peut  tromper  personne; 
mais  il  permet  que  ceux  qui  s'éloignent  de 
sa  lumière  et  de  sa  vérité  tombent  dans  l'é- 
garemenl. 

3"Tromper.étre  en  effet  tout  autre  que  l'on 
ne  nous  croit  (àJt/ïtv).  Ps.Oi.lO.  Mendaces  in 
s(ateris,ut  decipi'int  {-.oît  Uoiy.'niy.i}  ipsidc  vani- 
tate  in  idipsum  id  est  quoad  vnnitalem  :  Si  l'on 
metlait  tous  les  hommes  ensemble  dans  une 
balance,  et  la  vanité  ou  le  néantdans  l'autre, 
on  les  trouvera  plus  légers  que  le  néant 
même  ;  c'est  le  sens  de  IHébreu. 

k"  Tromper,  faire  tort  (àSt/sîv  ,  offîcere  in- 
juria). 2.  Mach.  3.  12.  Decipi  vero  eos  qui 
credidissent  loco  et  templo  quod  per  univer- 
suin  mundum  honoratur,  omnino  impossibile 
esse  •  Onias  représenta  à  Heliodore  qu'on  ne 
pouvait,  sans  injustice,  ravir  le  bien  de  ceux 
(|ui  l'avaient  mis  en  dépôt  dans  un  temple 
qui  était  en  vénération  à  toute  la  terre. 

DECEPÏIO  ,  Nis  ,  Ù7TÛ7n.  —  1°  Tromperie  . 
illusion,  fourbe.  Marc.  V.  19.  Mrumnœ  sccuH 
et  deceprio  divitiurum  suffocant  verbum  :  Les 
sollicitudes  de  ce  siècle  ,  et  l'illusion  des  ri- 
chesses étouffent  la  parole  de  Dieu  dans  les 
esprits,  se.  sans  rapporter  aucun  fruit.  Sap. 
IV.  21.  Dan.  2.  9.  Mich.  1.  li.  2.  Petr.  3.3. 
— 2'Crimeénormo,lel  que  la  trahison  «O^ai/:), 
1.  Mach.  16.  17.  Fecit  deceptionem  ma- 
gnam  in  Israël  :  Ptoléméc  commit  ,  dans  Is- 
raël, une  grande  perfidie  ,  se.  en  luant  Si- 
mon ,  ses  deux  fils ,  et  quebiues-uns  de  ses 
serviteurs,  après  leur  avoir  fait  un  grand 
festin. 

DECIPULA  ,  JE  ,  7T«vJ;,  5o,'.  Piège  ,  trébu- 
cbet ,  lacet ,  Jer.  o.  27.  Sicul  decipula  plena 
avibus  ,  sic  domus  eorum  plenœ  dolo  :  Les 
maisons  de  quelques  impies,  qui  sont  parmi 
mon  peuple  ,  sont  pleines  des  fruits  de  leurs 
tromperies  ,  comme  un  trébuchct  est  plein 
des  oiseaux  qu'on  y  a  pris.  Job.  18.  10. 

DEGLA  ,  Heb.  Comminulio  ejus.  Fils  de 
Jcctan.  Gon.  10.  27.  1.  Par.  1,  21.  Il  s'est 
é'abli  dans  l'Arabie-Hcureuse ,  près  de  la 
mer  Rouge,  au  pays  que  l'on  appelle  des 
Minions.  Celle  contrée  est  feriile  en  pal- 
miers, ce  qui  semble  lui  avoir  donné  ce  nom; 
car  Dicla  ,  eu  syriaque  ,  signifie  uu  palmier, 
ou  un  lieu  plnnlé  de  palmiers.  Jiucli.  L  2.  c 
23. 

DECLARAHE  ,  ô/j/oOv.  De  clams. 
Déclarer,  montrer,  faiie  connaître.  1    Cor. 
3.   13.   Dics  Domini  dcclnrabit  :  Le  jour  du 


Seigneur  déclarera  quel  est  l'ouvrage  de 
chacun.  Hebr.  12.  27.  1.  Mach.  k.  20.  etc. 

DECLARATIO,  ms  ,  5»j)«7i?.  Déclaration  , 
nianifeslalion,  explication.  Ps.  118.  130.  Dé- 
clara tio  sermonum  tuorum  illuminât  :  L'ex- 
plication de  vos  paroles  éclaire  les  âmes. 

DECLINARE,  iy.yj.uzu.  De  l'ancien  verbe 
clino,  dont  il  ne  reste  que  les  composés,  qui 
sont  neutres  et  actifs. 

1°  Se  détourner,  se  retirer.  Num.  22.  33. 
Nisi  usina  declinasset  de  via  :  Si  l'ânesse  ne 
se  fût  retirée  du  chemin  ,  je  vous  eusse  tué  , 
et  elle  serait  demeurée  en  vie  ;  dit  l'ange  à 
Balaam.  Cant.  5.  6.  At  ille  declinaverat  :  L'é- 
poux s'en  était  déjà  allé  :  Dieu  retire  quel- 
quefois ses  grâces  ,  pour  se  faire  chercher 
avec  plus  d'empressement,  c.  5.  v.  20.  21). 
Ps.  138.  19.  Prov,  li.  27.  etc.  Ainsi  ,  fuir, 
éviter.  Prov.  16.  11 . Semita jiistorum  déclinât 
mala:Le  sentier  des  justes  s'écarte  des  maux. 
A  quoi  se  peut  rapporter  cet  hébraïsme.  2. 
Reg.  19.  3.  Dcclinavit  populus  ingredi  civila- 
tem:  Les  troupes  entrèrent  dans  la  ville  sans 
bruit  ;  i.  e.  Declinando  clam  et  furtim  ingres' 
sus  est,  un  verbe  pour  un  adverbe  ;  Gr.  ou-/.- 

lé--zro. 

2°  S'égarer,  s'écarter  du  droit  chemin  ,  vi- 
vre dansledéréglement(Tr«5ot7ro£ïv,re^e//are). 
Ps.  13.  3.  Omnes  declinaverunt:  Tousse  sont 
détournés  de  la  vraie  voie  ;  Hebr.  rccesse- 
runt  ;sonl  tombés  dans  la  corruption:  ce  mot 
se  dit  proprement  du  vin  qui  se  passe.  Rom. 
3.  12.  Ose.  i.  16.  Sicut  vacca  lasciviens  de- 
clinavit  Israël  :  Israël  s'est  détourné  du  Sei- 
gneur comme  une  génisse  qui  ne  peut  souf- 
frir le  joug  ;  auir.  échappée.  A  quoi  se  peut 
rapporter  : 

Declinare  post  ;  x).îv£iv  otitm.  Se  retirer  du 
parti  de  quelqu'un  ,  pour  prendre  celui  d'un 
autre.  3.  Reg.  2.  28.  Quod  Joab  declinasset 
post  Adoninm,  et  post  Salomonem  non  decli- 
nasset, fugit  ergo  :  Joab,  qui  avait  suivi  le 
parti  d'Acionias  ,  et  non  c<lui  de  Salomon  , 
s'enfuit  dans  !c  tabernacle  ;  se.  à  la  nouvelle 
de  l'exil  d'Abiathar  par  Salomon.  1.  Reg.  12. 
21. 

3°  Se  détourner,  se  retirer,  s'éloigner.  Ps. 
138.  18.  Si  occideris,  Deus,  pccca tores,  viri 
sanguinum  déclina  te  a  me  :  Si  vous  tuez  ,  ô 
Dieu  ,  les  pécheurs  ,  hommes  de  sang  ,  éloi- 
gnez-vous de  moi.  Le  Prophète  témoigne  , 
que  si  Dieu  considère  les  justes  comme  ses 
amis  ,  et  menace  de  détrirc  les  impics  ,  il  ne 
vetitavoir  rien  de  commun  avec  ces  derniers, 
qui  se  révoltent  contre  Dieu  même. 

4°  Détourner,  faire  pencher,  baisser.  Ps. 
5V.  k.  Declinavcrunt  in  me  iniquitates  :  Mes 
ennemis  m'ont  chargé  de  crimes  ,  et  oui  lait 
tomber  sur  moi  plusieurs  ini(iuités  ,  i.  c.  des 
calomnies.  Amos.  2.  7.  Viam  liumilium  décli- 
nant ;  i.  c.  declinare  faciunt  :  Ils  obligent  les 
faibles  à  changer  de  mesures  ;  ils  traversent 
toutes  leurs  entreprises.  Isa.  30.  10.  Ose.  o. 
2.  Luc.2V.  ;i.  Cum  dedinarenl  vultum  in  tcr^ 
ram  (  /."/.ivîtv  )  :  Les  femmes  qui  étaient  ve- 
nues au  sépulcre  ,  tenaient  les  yeux  baissés 
contre  terre,  se.  de  frayeur  qu'elles  eurent 
des  deux  hommes  qui  parurent  avec  des  ro- 
bes brillantes.  l*s.  16.  11.  Oculos  suos  statue^ 


!03! 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


lOoîi 


rnnt  declinare  in  terram  :  Mes  ennemis  ont 
résolu  de  tenir  leurs  yeux  baissés  vers  la 
Jcrro  ;  soit  pour  observer  mes  démarches  et 
me  faire  tomber;  soit  par  dureté  pour  ne  pas 
voir  ma  misère.  Dan.  9.  11.  c.  13.  9. 

5°  Baisser,  pencher,  s'abaisser  (x),tv£tv)  ; 
soit  en  parlant  dû  temps  ,  du  jour  el  de  la 
lumière.  Luc.  9,  12.  Bies  cœperat  declinare: 
Le  jour  commençait  à  baisser.  Jerem.  6.  4. 
A  quoi  se  peut  rapporter, dans  le  sens  figuré, 
déchoir,  tomber  peu  à  peu  de  son  premier 
état.  Eccli.  12.  14.  Si  autem  declinaveris  : 
Que  si  le  méchant,  avec  qui  vous  vous  serez 
uni  ,  vous  voit  pencher  tant  soit  peu  ,  il  ne 
pourra  plus  durer  avec  vous  ,  si  la  fortune 
se  change  à  votre  égard.  Soit  en  parlant  d'un 
supérieur  qui  s'abaisse  en  faveur  de  son  in- 
férieur. Ose.  11.  4.  Declinavi  ad  eum  ut  ves- 
ceretur  :  J'ai  présenté  aux  Israélites  de  quoi 
manger;  autr.  je  me  suis  abaissé  vers  eux 
pour  leur  donner  à  manger:  c'est  Dieu  qui 
parle.  Voy.  Vesci. 

6°  Laisser  pencher,  permettre  qu'on  se 
porte  à  quelque  chose.  Ps.  140.  4.  ^on  décli- 
nes cor  meum  in  verba  malitiœ  :  Ne  souffrez 
point  que  mon  cœur  se  laisse  aller  à  des  pa- 
roles de  malice. 

7°  Faire,  écarter,  détourner.  Ps.  43.  Vè.Et 
(non)  declinasti  semitas  nostras  a  via  tua: 
Vous  n'avez  point  permis  que  nos  pas  se 
soient  écartés  de  vos  sentiers.  Voy.  Semita. 
Il  est  difficile  d'entendre  ceci  des  Israélites 
emmenés  captifs  en  Assyrie  ;  mais  on  l'ex- 
plique des  saints  Machabéos,  ou,  avec  saint 
Augustin  ,  des  saints  martyrs  et  des  confes- 
seurs de  Jésus-Christ.  Jer.  5.  25.  Iniquitates 
vestrœ  declinaverunt  hœc  :  Vos  iniquités  ont 
détourné  mes  grâces.  Ose.  5.  2.  Victimas 
declinastis  :  Yous  avez  détourné  les  hosties 
de  Dieu  en  les  transférant  aux  idoles, 

DECOLLARE  ,  de  collum  ,  à7roxeûa).iÇ£iv.  — 
1"  Décoller,  décapiter, trancher  la  tête.Matih. 
14.  10.  Decoltavit  Joannem  in  carccre  :  Hé- 
rode  envoya  couper  la  tête  à  saint  Jean  dans 
la  prison.  Marc.  6.  v.  16.  27.  Luc.  9.  9. 
Judich.  15.  1. 

2"  Tuer,  faire  mourir  pour  Jésus-Christ , 
martyriser  (7r£>£xiÇ£iv).  Apoc.  20.  4.  Vidi  ani' 
inns  decollatornm  :  Saint  Jean  vit  tous  les 
saints  ,  et  entre  autres  les  Martyrs  dont  la 
plupart  ont  été  décollés. 

DECOLORAllE.  De  color. 

Ternir,  faire  perdre  la  couleur  el  l'éclat 
(7r«p«g),£Tr£iv)  .Gant.  1.  5.  Decoloravit  me  sol: 
C'est  le  soleil  qui  m'a  ôté  ma  couleur. 

DECOR  ,  oRis  ,  ôo^a,  wlloç  ,  du  verbe  de- 
cet. 

1°  Beauté  ,  bonne  grâce  ,  agrément ,  or- 
nement. Judith.  10.  4.  Ut  incomparabili  dé- 
core omnium  oculis  appareret  :  Dieu  aug- 
menta la  beauté  de  Judith  ,  afin  delà  faire 
paraître  aux  yeux  de  tous  dans  une  beauté 
incomparable.  Exod.  28.  v.  2.  40.  2.  Par.  3. 
0.  Eccli.  9.  5.  Isa,  53.  2.  etc.  Ainsi ,  Ezoch. 
16.  12.  Dedi  coronam  decoris  {xuvyjnaiç,  fjlu- 
rialio)  ;  i.  e.  pulcherrimam  in  capile  tuo  : 
J'ai  mis  une  couronne  éclatante  sur  votre 
tcic.  L'Ecriture,  parlant  de  l'honneur  que 
Jérusalem  avait  reçue  de  Dieu  ,  fait  allusion 


à  la  coutume  qui  se  pratiquait,  de  couron- 
ner les  filles  qui  se  mariaient. 

2°  Beauté  d'une  campagne,  sa  fertilité,  en 
quoi  consiste  sa  beauté.  Isa.  35.  2.  Décor 
(riy-o)  Carmeli  et  Saron  :  La  beauté  du  Car- 
mel  et  de  Saron  sera  donnée  à  la  terre  dé- 
serte Parcelle  terre,  s'entendent  les  Gen- 
tils, qui  devaient  être  participants  des  grâces 
de  Dieu. 

3'  Gloire,  magnificence,  état  florissant 
(-/3£7T£t«).  Ps.  92.  1.  Dominus  regnavit,  deco- 
rem  indutus  est  :  Le  Seigneur  a  régné,  el  a 
éié  revêtu  de  gloire  el  de  majesté  ,  comme 
l'est  un  roi  d'habits  magnifiques.  Psal.  20.  G. 
Job,  40.  5.  Ps.  23.  8.  Ps.  49.  2.  Ps.  103.  1. 
etc.  Ainsi  ,  Ps.  29.  8.  Prœslitisti  decori  meo 
virtutemiVous  avez  affermi  mon  éclat  et  ma 
grandeur. 

4°  Honêtelé  ,  beauté  intérieure,  ornement 
spirituel  de  vertu.  Ps.  44.  12.  Concupiscet 
rex  decorem  tuum.  Par  cette  beauté  s'enten- 
dent les  vertus  de  l'Eglise  pour  lesquelles 
Dieu  devait  concevoir  de  l'amour  :  ce  qui  se 
pourrait  entendre  à  la  lettre  de  la  beauté  in- 
térieure et  extérieure  de  la  fille  de  Pharaon. 
Jerem.  50.  7.  Peccaverunt  Domino  decori  ju- 
stitiœ[w[i.n,  habitaculum)  :  Les  Juifs  avaient 
offensé  le  Seigneur,  qui  est  la  beauté  de  la 
justice  :  Dieu  est  ainsi  appelé  ,  parce  qu'il 
récompensait  son  peuple  avant  qu'il  eût  pé- 
ché. 

§  1.  Beauté  spirituelle  ,  éclat  de  vertu. 
Eccli.  4.  28.  Non  abscondas  sapientiam  in  dé- 
core SMo.'Ne  cachez  point  votre  sagesse  dans 
sa  beauté;  oM^r.  lorsqu'il  est  temps  de  la  dé- 
couvrir; lorsqu'elle  est  parfaite  et  en  état  de 
servir  aux  autres  ;ott,  lorsqu'il  est  temps  de 
la  produire  pour  la  gloire  de  Dieu  ,  et  1  édi- 
fication du  prochain.  Ezech.  10.  25. 

§  2.  Le  temple  de  Jérusalem,  qui  faisait 
la  beauté  et  le  plus  bel  ornement  du  peuple 
d'Israël.  Jerem.  25.  30.  Riigiet  super  decorem 
sunm  :  Dieu  se  servira  des  Chaldéens  pour 
venir  fondre  avec  fureur  sur  son  temple.  1. 
Par.  16.  29. 

§  3.  Le  nom  d'une  verge  ou  houlette,  que 
Zacharie  dit  qu'il  prit  et  appela  de  ce  nom 
pour  marquer  les  grâces  et  les  faveurs  dont 
Dieu  avait  comblé  ,  et  voulait  encore  com- 
bler les  Juifs  ,  pour  leur  rendre  son  gouver- 
nement doux  el  aimable.  Zach.  11.  v.  7.  10. 
Unam  vocavi  decorem  :  Des  deux  houlettes 
que  je  pris  ,  j'en  appela  une  ,  la  beauté  :  le 
mot  hébreu  noam,  signifie  aussi  douceur. 
Voy.  FuNiGULUs.  Le  Prophète  représente  la 
conduite  que  Dieu  avait  tenue  jusiju'alors 
sur  son  peuple  ,  et  celle  qu'il  voulait  tenir 
sur  l'Eglise  par  Jésus-Christ ,  son  véritable 
Pasteur. 

DEGORARE  ,  xoff/xetv.  ^-  1"  Orner,  embel- 
lir, parer  (/KTK/oir/iEîv).  Jos.  Gl.  10.  Circum- 
dedit  me,  quasi  sponsum  decoratuin  corona: 
Le  Seigneur  m'a  parée  des  ornements  de  la 
justice  j  comme  un  époux  qui  a  la  couronne 
sur  la  tête.  Le  prophète  parle  des  grâces 
que  Jésus-Christ  a  données  à  son  Eglise  , 
qu'il  compare  à  un  époux  et  à  une  épouse 
parée  de  ses  habits  de  iioces.  Judic.  8.  21. 
Esth.  l.  5.  Jerem.  10.  4.  Hab.  2.  4. 


10o3 


DEC 


DEC 


1054 


2"  Honorer,  gratifier.  Eccli.  48.  11.  Beati 
iunt  qui  in  amicitia  tua  decorati  sunt  :  Heu- 
reux sonl  ceux  qui  ont  été  honorés  de  votre 
amitié.  L'Ecriture  parle  de  l'amillé  du  pro- 
phète Elie. 

3"  Faire  éclater.  Eccli.  42.  21.  Magnalia 
sapientiœ  tuœ  decoravit  :  Le  Seigneur  a  fait 
éclater  la  beauté  des  merveilles  de  sa  sa- 
gesse. 

DEGORTIGARE ,  de  cortex  ,  Iz-i^tu.  — 
Oter  l'écorce.  Gen.  30.  37.  Ex  parte  décor ti- 
cavit  eas:  Jacob  ôla  une  partie  de  l'écorce  de 
ces  branches  d'arbres.  Joël.  1.  7.  Ficum 
meam  decorticavil  :  Ce  peuple  .  fort  et  in- 
nombrable ,  arrachera  l'écorce  de  mes  fi- 
guiers. On  croit  que  cela  s'entend  des  saute- 
relles qui  devaient  ronger  l'écorce  des  ar- 
bres, ensuite  de  quoi  les  feuilles  et  les  fruits 
tombent  :  d'antres  1  entendent  du  ravage  que 
les  Chaldéens  devaient  faire  dans  la  Judée. 

DECORUS  ,  àpy.ioç.  —  1°  Beau  ,  bien  fait , 
qui  a  bonne  grâce.  Gant.  1.  13.  Tu  pulcher 
es,  dilectemi,et  decorus :Q[ie  vous  êtes  beau, 
mon  bien-aimé  ;  que  vous  avez  de  grâces  et 
de  charmes  1  Gen.  49. .22.  Judith.  10.  18. etc. 

2°  Bien  fait  d'esprit ,  belle  âme.  2.  Reg.  1. 
23.  Amahiles  et,  decori  in  vita  swa  :  Saûl  et 
Jonalhas,  ces  princes  si  dignes  d'être  aimés, 
et  d'une  majesté  si  haute. 

3"  Bienséant  ,  juste,  convenable.  Ps.  146. 
1.  Jucunda  decoraque  laudatio  :  Offrons  à 
Dieu  des  louanges  qui  lui  soient  agréables 
et  dignes  de  lui  ;  qui  naissent  d'un  cœur  pé- 
nétré d'amour,  et  qui  soient  un  fruit  de  la 
foi  qui  agit  par  la  charité.  Zach.11.13.  Pro- 
jice  illud  ad  statuarium,  décorum  prelium 
que  appreciatus  sum  ab  cis  :A\\ez  jeter  à  l'ou- 
vrier en  argile  cet  argent,  celte  belle  somme 
qu'ils  ont  cru  que  je  valais  lorsqu'ils  ont 
voulu  me  mettre  à  prix  :  ce  qui  se  dit  par 
ironie.  Voy.  Appretiare. 

4°  Illustre, remarquab!eixTpt77»i,-).  2.  Mach. 
3.  26.  Alii  etiam  apparuerunt  duo  juvenes 
virlute  decori  :  Deux  autres  jeunes  hommes 
parurent  en  même  temps  pleins  de  force  et 
de  beauté;  ils  fouetèrent  Héliodore  chacun 
de  leur  côté.  c.  15.  12. 

5°  Beau.ott  le  Beau,  nom  propre  d'homme, 
dont  le  nom  hébreu, /s-c/jorf,  a  été  ainsi  tra- 
duit {d(Tov§)  :  Ce  fut  un  des  fils  de  Molechet, 
sœur  de  Gaiaad.  1.  Par.  7.  18.  Soror  ejus  re- 
gina  peperit  virum  décorum  :  La  sœur  de  Ga- 
iaad ,  qui  s'appelait  Reine  ;  Hehr.  Moleclu  t, 
eut  un  fils  nommé  le  Beau  ;  Uchr.  Is-chod. 

DECREPITUS,  I.  De  Creperus,  dubius,  cu- 
jus  crêpera  est  vita  :  Dont  la  vie  est  sur  son 
déclin  ;  ou,  selon  Scaliger,  le  mol  décrépit 
vient  du  bruit  que  fait  une  lampe  en  s'élci- 
gnant  ;  du  verbi;  crepare. 

Décrépit,  vieillard  fort  âgé.  2.  Par.  36.  17. 
Non  est  misertus  senis  nec  decrepili  qnidem  : 
Dieu  n'eut  point  pitié  des  personnes  âgées, 
ni  même  de  ceux  qui  étaient  dans  la  dernière 
vieillesse  ;  il  les  livra  tons  entre  les  mains 
du  roi  des  Chaldéens  (Voy.  Deut.  28,  50). 

DECRESCERK,du  verbecresccre. Décroître, 
diminuer,  aller  en  diminuant  {i'i'/~7<j-jzi'jOv.i). 
Gen.  8.  5.  Aquœ  ibant  et  decrescebanl  :  Dc- 
puis  le  septième  jour  du  septième  mois  ,  les 


eaux  allaient  toujours  en  diminuant  jusqu'au 
dixième  mois  ;  se.  au  temps  du  déluge. 

S'affaiblir,  déchoir  {î^-tOz-j-î-j).  2.  Reg.  3.  1. 
Domus  autem  Saul  dccrescens  quotidie  :  La 
maison  de  Saûl  s'affaiblissait  de  jour  en 
jour  ;  5c.  au  temps  (jue  David  ^e  fortifiait  de 
plus  en  plus  pendant  la  guerre  qui  était  en- 
tre ces  deux  maisons. 
DECRETUM  ,  i,>oôyj:/a;  de  decernere. 
1"  Arrêt,  ordonnance.  Dan.  3.  10.  Tu,rex, 
posuisti  decretiim  :  Vous  avez  fait  une  or- 
donnance, ô  roi,  disent  les  Chaldéens  à  Na- 
buchodonosor,  accusant  Daniel  devant  lui 
d'avoir  violé  son  ordonnance  marquée,  v.  o. 
Aussi,  v.  12.  16.  Deut.  17.  12. 

2°  Lois,  préceptes  (Tr/sod-ayuy.).  3.  Reg.  8. 
61.  Vt  ambulemus  m  decretis  ejus  :  Afin  que 
nous  marchions  selon  les  préceptes  de  Dieu. 
3°  Coutume,  façon  de  faire  accoutumée. 
1.  Reg.  27.  11.  Hoc  erat  decrelum  {oiy.y.i',iiJ.ci) 
illi;  Ruhr,  judicium  :  Ce  que  David  avait  cou- 
tume de  faire. 

4°  Doctrine  de  l'Evangile,  dogme  évangéli- 
que:  Ephes.  2.  15.  Legem  mandatorum  decre- 
tis évacuons  :  Jésus-Christ,  par  sa  doctrine,  a 
aboli  la  loi  chargée  de  tant  de  préceptes.  Co- 
loss.  2.  14.  Delens  quod  adversus  nos  erat  chi- 
rographum  decreti;  le  Grec  porte  âoy^a^tv  :  Jé- 
sus-Christ a  effacé  par  sa  doctrine,  i.  e.  par 
l'Evangile,  la  sentence  qui  nous  était  con- 
traire; la  loi  de  Moïse  qui  nous  condamnait 
à  la  mort.  Ainsi  les  chrétiens  ne  sont  plus  su- 
jets à  la  loi  écrite. 

DECUMBERE  ,  -/aTax£t<r6«t,  du  simple  eu- 
hare,  ou  de  l'inusité  cumbere. 

Etre  couché,  être  au  lit.  Marc.  1.  30.  De- 
cumbebat  autem  socrus  Simonis  febricitans  : 
La  belle-mère  de  Simon  était  au  lit,  ayant  la 
fièvre. 

DECDPLUM,  i;  Szy.uTrluTioi-j,  de  decem. 
Dix  fois  autant,  dix  fois  plus  ;  ce  qui  est 
pris  pour  un  nombre  indéfini  ;  beaucoup  plus. 
Dan.  1.  20.  Rex  invenit  in  eis  deaiplnm  super 
cunctos  ariolos  :  N;ibu('hodoiio-or  trouva  en 
Daniel,  Ananias,  Misaël  cl  Azarias,  dix  fois 
davantage  de  lumière  qu'il  n'en  avait  trouvé 
dans  les  devins,  etc. 

DECURIO,  Ms.  De  decem,  comme  cenlurio 
de  centum. 

i'  Sénateur  : ^o-Az-jzr.ç)  ,  conseiller  dans 
une  petite  ville,  .ippelé  décurion  ;  parce  (jue 
quand  on  menait  (juelque  part  une  colonie, 
on  choisissait  entre  ceux  que  l'on  y  menait, 
de  dix  un  pour  en  composer  le  conseil  pu- 
blic. Marc.  15.  43.  Joseph  ab  Arimathœa,  no- 
bilis  decurio  :  Joseph  d'Arim;ithie,  qui  était 
un  homme  de  considération  el  sénateur;  se. 
de  la  ville  de  Jérusalem,  et  non  pas  du  grand 
Sanhédrin.  Luc.  23.  50. 

2°  Un  décurion  (  ^ih.upyjj;  )  ,  officier  qui 
commandiit  à  dix  hommes.  1.  Mach.  3,  55. 
Constituit  Judas  pcntacunlarchos  et  decurij^ 
nés:  Judas  élal.lit  des  officiers  de  cinciuanle 
hommes  el  de  dix,  el  d'autres  pour  combailre 
Plolemée,  Nicanor  etGorgias.  Voy.  Decanus. 

DE(]UllRlsRK,du  verbe  currere,  AUTy.zrA/jij. 
1  •  Courir.  Acl.  21.  32.  Decurrit  ad  illos  :  Lo 
tribun  de  la  cohorte,  qui  gardait  le  temple  do 


1055 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


1056 


Jérusalem,  courut  à  ceux  qui  tenaient  saint 

PauL  ,      ,^  ^  T.     -^ 

2°  Couler,  s'écouler  (o{a-oorj£75«t).  Ps.  o7. 
8  Ad  niliilum  devenienl  (amquam  aqua  decur- 
rens  :  Les  pécheurs  seront  réduits  à  rien, 
comme  une  eau  qui  passe.  Levit.  1.  lo.  Jos. 
3.  13.  1.  Esdr.  8.  15.  Sap.  17.  17.  Mich.  i.  i. 
Luc.  22.  U. 

3=  Etre  poussé  (vro-oî/îtv),  en  parlant  de 
gens,  qui  étant  dans  un  vaisseau,  sont  pous- 
sés par  le  vent  avec  le  vaisseau  vers  quelque 
lieu.  Act.  27.  16.  In  insulam  axiiem  quamdam 
decurremes  .•^'ous  fûmes  poussés  au-dessous 
d'une  petite  île,  appelée  Caude.  A'oy.  Cauda. 
,•  DECURSUS,  us;  ôti;o5o,-,  le  cours,  le  cou- 
rant. Ps.1.3.  Lignum qiiod planlalum est  secus 
decursusaqiianim  :\^n  arbre  qui  est  planté  pro- 
che le  courant  des  eaux  ;Hebr.  super  rfàisîone^, 
i  e.  rivos  ;  sur  le  bord  des  ruisseaux  qui  se 
partagent  de  côlé  et  d'autre.  Voy.  Divisio. 

DEÇUS,  Decoris;  £V7r,ci-£ia.  Voy.  Décor. 
De  decct. 

1  Gloire,  honneur.  Jerem.  18.  7.  Tuumcst 
enim  decus  :  La  gloire  vous  appartient,  Sei- 
gneur;  Gr.    5-Ot  -fi-TTÎl. 

2°  OrnemenI,  nouvel  éclat.  Eccli.  i7.  12. 
Dédit  in  celebrationibus  decus  :  David  a  rendu 
les  fétcs  plus  céièbres. 

3"  Beauté  d'un  pays,  ce  qui  en  fait  la  beau- 
té, ce  qu'il  y  a  de  plus  beau  et  de  plus  agréa- 
ble. Jerem.  10.  25.  Decus  ejus  diasipnverunt  : 
Les  nations  ont  détruit  tout  ce  qu'il  y  avait 
de  beau  dans  Jacob;  i.  e.  dans  la  Judée  :  ce 
qui  est  exprimé  par  ces  mots  du  ps.  78.  6. 
Et  locum  ejus  desolaverunt  :  Ils  ont  désolé  le 
lieu  de  sa  demeure. 

i'  C'est  le  nom  que  le  prophète  Zacharie 
donna  à  une  houlette,  c.  11.  10.  Et  tuli  vir- 
gam  meum  quœ  vocabatur  Decus  (zx/v;).  Voy. 
Décor. 

DEDAN,  ou  DADAN,  Heb.  p,  Mamilla, 
palruus. 

i  Fils  de  Regma,  Gen.  10.  7.  1.  Par.  1.  9. 
de  qui  sont  venus  les  peuples  qui  habitent  le 
pays  et  la  ville  qui  s'appelle  Dadan.  Ezech. 
27.  V.  15.  20.  Filii  Dedan  neqoliatores  tiii  : 
Les  enfants  de  Dedan  ont  trafiqué  avec  vous, 
c.  38.  13.  Les  Grecs  lisent  Filii  Rlwdiorum, 
p;ir  le  changement  qui  s'est  fait  du  Dalelh  en 
Kesch. 

2'  Fils  de  Jecsan.  Gen.  25.  3.  1.  Par.  1.  32. 
cl  pelit-fils  d'Abraham  et  de  Célura,  du(]uel 
.sont  venus  les  habit.ints  d'un  pays  dans  l'I- 
dumée,  dont  parle  Jerem.  25.  23.  Ll  Dedan 
et  Tlirma,  f.  i9.  8.  Ezech.  25.  13. 

DEDANIM,  Heb.  muinilhe.  Les  mêmes  peu- 
ples dans  l'îdumée.  Isa.  21.  13. 

DEDECUS,  ORis;  ùziuiu,  o-j-loo;,  i\c  decus, 
dans  une  sigiiificalion  contraire. 

Honte,  int'ainie.  déshonneur.  Eccli.  3.  13. 
Dcdccus  fUii,  pnter  sine  honore  :  Un  père  sans 
honneur  est  le  déshonneur  du  fils.  c.  23.  31. 
Ei'it  dedecus  omnibus  :  L'homme  qui  viole  la 
foi  du  lit  conjugal  sera  déshonoré  devant 
tout  le  monde,  v.  36.  2.  Cor.  k.  2. 

DEDICAUE,  iyy.y.aiÇîi-j.  — 1"  Dédier,  con- 
sacrer, sanclilicr.  3.  Reg.  8.  63.  Dedicaverunt 
temphan  Domini  :  Salomon,  avec  le  peuple 
d'Israël,  dédièrent    le   lemp'e   du   Seigneur. 


2.  Par.  7.  v.  5.  9.  c.  15.  8.  Non^seulemenl  la 
dédicace  du  temple  et  des  autels  se  faisait  avec 
beaucoup  de  cérémonies,  mais   aussi  celles 
des  portes  du  temple,  1.  Mach.  V.  57.  comme 
aussi  celles  des  maisons  nouvellement  bâties 
et  des  vignes  nouvellement  plantées,   avant 
qu'on   les  employât  aux  usages   ordinaires. 
Deut.  20.  V.  5.  6.  Il  paraît  néanmoins  que  la 
dédicace  que  Salomon  fit  du  temple  ne  se  fit 
que    par    l'immolation    des   victimes.    Dieu, 
suppléant  à  toutes  les  autres  cérémonies  par 
la  nuée  miraculeuse  qui,  en  remplissant  tout 
le  temple,  faisait  connaître  que  Dieu  accep- 
tait ce  lieu  pour  servir  à  son  culte.  Ainsi  se 
fit  la  dédicace  de  la  ville  de  Jérusalem  réta- 
blie, 2.  Esdr.  12.  27.  In  dedicatione  mûri  Jé- 
rusalem :  Au  temps  de  la  dédicace  des  murs 
de  Jérusalem.  Quoique  la  dédicace  ne  con- 
vînt proprement   qu'au   temple,   néanmoins 
parce  que  la  ville  de  Jérusalem  était  desti- 
née pour  la  conservation  du  culte  sacré  de  la 
religion  dans  le  temple,   qui  était  dans  son 
enceinte,  et  qu'elle  était,  à  cause  de  cela, 
nommée  la  Ville  sainte:  c'est    pourquoi  on 
crut  devoir  faire  une  dédicace  solennelle  de 
ses  murailles. 

2'  Etablir,  confirmer.  Hebr.  9.  18.  Necpri- 
inum  quidem  sine  sanguine  dedicatum  est  :  Le 
premier  testament  qui  ne  fut  point  établi  sans 
effusion  de  sang,  figurait  que  le  second  se 
devait  confirmer  par  l'effusion  du  sang  de  Jé- 
sus-Christ. 

3'  Offrir,  présenter  (féùsi-j).  Exod.  35.  29. 
Voluntaria  Domino  dedicaverunt  :  Tous  les 
Israélites  firent  leurs  offrandes  au  Seigneur 
avec  une  pleine  volonté,  se.  pour  la  con- 
structiondu  tabernacle. 

i°  Assigner , attribuer.  1. Par. 25.1.  Dedicato 
sibi  ofjicio  servientes:  Les  chantres  que  David 
avait  établis,  s'employaient,  chacun  à  leur 
tour,  à  remplir  les  offices  qui  leur  étalent 
destinés. 

DEDICATIO,  Ms;  èyyc^.L'HTaôç.  —  1°  Dédi-. 
cace,  consécration  de  quelque  chose  faite  à 
Dieu  par  des  cérémonies.  2.  Mach.  2.  v.  9. 
12.  Salotnon  veto  diebus  celebravit  dedicatio- 
nem:  Salomon  célébra,  pendant  huit  jours,  la 
dédicace  du  temple  :  c'est  de  cette  sorte  de 
dédicace  qu'il  est  fait  mention  Joan.  10.  23. 
Ps.  29.  1.  Num.  7.  v.  10.  11.  8i.  88.  Ps.  29. 
Psalmus  cantici,  in  dedicatione  domus  David  : 
On  croit  que  ce  psaume  a  été  composé  pour 
être  chanté  à  la  dédicace  solennelle  de  la 
maison  que  David  s'était  bâtie  dans  Jé- 
rusalem, en  rendant  grâces  à  Dieu  de  la 
santé  qu'il  lui  avait  rendue  après  une  grande 
maladie  :  ce  qui  fut  le  sujet  du  psaume. 

2  Dédicace  profane.  Dan.  3.  v.  2.  3.  Ut 
convenirent  ad  dedicalioncm  statitœ  :  ^ahu^ 
chodonosor  envoya  un  ordre  à  tous  les  prin- 
ces, les  magistrats,  etc.,  afin  qu'ils  se  trou- 
vassent au  jour  (ju'un  dédierait  la  statue 
qu'il  avait  dressée. 

DEDITUS,  A,  UM,  de  dalus.  Adonné,  ap- 
pliqué, attaché,  ou  sujet  à  quelque  chose 
(-ioac/«v).  j.  Tim.  3.  8.  Diaconos  non  mullo 
vino  deditos  :  Il  faut  que  les  diacres  ne  soient 
point  sujets  à  boire  beaucoup  de  vin.  2. 
Mach.  V.  l'i..  lia  ut  sitccrdolesjum  non  circa 


10S7 


DED 


DEE 


13^8 


altaris  officia  dediliessent{-poO-ju.o;.promptus): 
Les  préircs  même  ne  s'attachaient  plus  aux 
fonctions  de  l'aulel  de  Jérusalem,  lorsque 
Jason,  frère  d'Onias,  eut  fait  faire  une  aca- 
démie pour  les  jeunes  gens,  et  en  fut  venu 
jusqu'à  les  exposer  dans  des  lieux  infâmes. 
Acl.  17.  16,  2.  Parai.  2G.  10. 

DEDUCEUE,  du  verbe  ducere;  y.xzùy-.ij. 
—  1°  Conduire,  mener,  guider  (ôô/iyîîv;  d'un 
lieu  dans  un  autre.  Ps.  77.  14.  Deduxit  eos 
in  nube  diei  :  Dieu  conduisit  les  Israélites  , 
durant  le  jour,  à  l'ombre  de  la  nuée.  v.  53. 
Ps.  79.  1.  Qui  deducis  velut  ovem  ,  Joseph  : 
V'ous,  qui  conduisez  Joseph  comme  une  bre- 
bis. Ps.  lOG.  V.  7.  ;J0.  Ole.  Ainsi,  Act.  17.  15. 
Quiautem  deducebant Pauliim  ;  Gr.  constiluen- 
tes  [y.Kdifrrii'jv.i)  :  Geux  qui  conduisaient  saint 
Paui  pour  le  mettre  en  lieu  de  sûreté.  Dedu- 
cere  pour  perducere. 

2".  Reconduire ,  accompagner  par  hon- 
neur (7r/so-i/:xT7civ).  3.  Joan.  6.  Quos  benefa- 
ciens  deduces  digne  Deo  :  Vous  ferez  bien  de 
faire  conduire  les  frères,  et  particulièrement 
les  étrangers  chrétiens  en  leurs  voyages, 
dune  manière  digne  de  Dieu.  1.  Cor.  16.  11. 
Rom.  15.  24.  Act.  20.  58.  etc.  Ce  qui  se  fai- 
sait en  leur  fournissant  même  les  choses  né- 
cessaires pour  leur  voyage.  V^oy.  Pr^mit- 

TERE. 

.3°  Faire  descendre.  Rom.  10.  6.  Quis  as- 
cendet  in  coelum?  i.  e.  Christum  deducere  :  IL 
n'est  pas  nécessaire  de  monter  au  ciel  pour 
en  faire  descendre  Jésus-Christ  :  L'Apôtre 
recommande  seulement  la  foi  en  Jésus- 
Christ.  V.  8. 

k".  Faire  tomber,  réduire  à  rien,  ou  à  un 
étal  déplorable  (  x«T«7//ivoOv  ;.  Ps.  7.  6.  6r/o- 
riam  meam  in  pulverem  deducat  :  Que  mon 
ennemi  réduise  toute  ma  gloire  en  poussière, 
si  j'ai  rendu  le  mal  à  ceux  qui  m'en  avaient 
fait.  Ps.  14.  4.  Ad  nihilum  deduclus  est  è^ooj- 
Ô£vojT«i:  Le  méchant  est  comme  réduit  au  néant 
devant  Dieu;  i.  e.  méprisé  et  tenu  pour  licii. 
Ps.  58.  9.  etc.  Ainsi, 

Phrases  tirées  dé  celte  signiGcaiion. 

Deducere  ad  inferos,  ad  portas  morlis  :  Ré-, 
duire  à  la  mort  ou  au  tombeau  ;  cest  oa  ac- 
cabler de  grandes  alllictions,  ou  faire  mou- 
rir. Ps.  21.  16.  In  pulverem  mortis  deduxisii 
me  :  Vous  m'avez  conduit  jusqu'à  la  poussière 
du  tombeau.  L  Reg.  2.  6.  Gen.  42.  38.  c.  44. 
29.  etc. 

Deducere  ad  sulum  ,  in  planiliem;  hà-ihv 
TToirtv,  raser  une  ville.  2.  Mach.  9.  14.  Venie- 
bat  ut  eam  ad  solum  deducerel  :  ArUiochus, 
qui  venait  auparavant  pour  raser  Jérusalem 
jusqu'en  terre,  souhaite  la  rendre  libre,  lors- 
qu'il se  sent  frappé  de  Dieu.  c.  14.  33. 

5"  Tirer,  attirer,  faire  couler,  faire  sorHr. 
Ps.  77.  16.  Deduxit  tamquam  flumina  aquas  : 
Dieu  fit  couler  l'eau  comme  des  fleuves,  lors- 
que Moïîie  eut  frappé  la  pierre  :  d'où  vient  : 
Deducere  lacrymas  :  Tirer  les  larmes,  faire 
pleurer.  Eccli.  22.  24.  Punyens  oculum  dedu— 
cil  lacrymas  :  Celui  qui  pi(iue  ou  presse  l'œil, 
en  lire  les  larmes,  c .  35.  IS.  Ce  (jui  s'attri- 
bue aux  yeux  même  (jui  les  versent.  Jcr.  9. 
18.  Deducanl  oculi  noslri  lacrymas  :  Que  no^ 


yeux  fondent  en  pleurs,  c.  13.  17.  c.  14.  17. 
Thren.  2.  18. 

DEESSE;  vo-Tî/sstv.  1°  Manquer  à  quelqu'un. 
Luc.  22.  35.  Numquid  aliquid  défait  vobis  ? 
Avez-vous  manqué  de  quelque  chose,  quoi- 
que je  vous  aie  envoyé  sans  sac  ,  sans 
bourse,  ni  souliers,  dit  Jésus-Christ  à  ses 
apôtres?  2.  Cor.  9.  12.  c.  11.  9.  etc. 

2"  Manquer,  n'être  pas  présent,  être  ab- 
sent (£-t7/.£77T£70c<(,  desidei'ari) .  4.  Reg.  10. 19 
Quiciimque  defuerit,  non  vivet  :  Quiconque 
des  prophètes  de  Raal,  de  tous  ceux  qui  le 
servent,  et  de  tous  ses  prêtres,  ne  se  trou- 
vera pas  au  grand  sacrifice  que  je  lui  veux 
faire,  sera  puni  de  mort,  dit  Jéhu.  (Voy.  v. 
15).  Gen.  44.  30.  Si  puer  defuerit  {^r,  ^, 
non  sil)  :  Si  je  me  présente  à  mon  père,  et 
que  l'enfant  n'y  soit  pas,  il  mourra  :  Judas 
remontre  à  Joseph  la  raison  pour  laquelle  il 
le  supplie  de  le  retenir  esclave  en  la  place  de 
Benjamin.  Judic.  21.  5.  Num.  31.  44.  Ainsi, 
1.  Cor.  16.  17.  Id  quod  vobis  deerat,  ipsi  sup- 
plevcrunt  :  Stéphanas,  Fortunat  et  Achaïquo 
ont  suppléé  à  ce  qui  manquait,  à  cause  de 
votre  absence  ûii/wv  Oo-rs^ûjjaa,  Quod  vestri  dce- 
rat;  Ils  ont  suppléé  à  votre  absence;  ils  ont 
fait  en  votre  place  ce  que  vous  ne  pouviez 
faire  par  vous-mêmes  à  cause  de  votre  ab- 
sence; se.  de  me  consoler.  Philip.  2.  30.  Tru- 
dens  animam  suam  ut  impleret  id,  quod  vobis 
deerat  erga  meum  obsequium  :  Epaphrodite  a 
abandonné  sa  vie,  afin  de  suppléer  par  sou 
assistance  à  celle  que  vous  ne  pouviez  mû 
rendre  vous-mêmes. 

3"  Manquer,  n'être  plus.  2.  Reg.  2.  30. 
Defuerunt  de  pueris  David  deceni  et  novem 
viri  [i-fjy.i—i'jfjv.L^  desiderari)  :  On  ne  trouva 
de  morts,  du  côlé  de  David,  que  dix-neuf 
hommes  (sans  compter  Asaël),  se.  contre 
l'armée  de  Benjamin,  commandée  par  Abner. 
Eccli.  44.  10.  Quorum  pietates  non  defue- 
runt :  Leurs  œuvres  de  piété  subsisteront 
pour  jamais,  sans  être  mises  en  oubli;;  Gr. 
i-ÙM-/jy.-ji'7'Jui.  :  Oblivioni  tradi. 

k"  Rester,  être  de  reste.  Matth.  19.  20. 
Quid  adhuc  tnihi  deest  :  J'ai  gardé  tous  ces 
commandements  dès  ma  jeunesse;  que  me 
maiiquc-t-il  encore?  dit  le  jeune  homme  ri- 
che à  Jésus-Christ.  Col.  1.  24.  Adimpleo  ta 
quœ  desunt  passionum  Christi  :  J'accomplis 
dans  ma  chair  ce  qui  manque  aux  souf- 
frances de  Jésus-Christ  dans  son  corps  mys- 
tique. Til.  1.  5.  Marc.  10.  21.  Luc.  *18. 
22. 

5"  Manquer,  ne  pas  répondre,  ou  corres- 
pondre. Hebr.  12.  25.  Contemplantes  ne  quis 
dcsit  (jratiœ  Dei  :  Prenez  garde  qu'il  ne  se 
rencontre  quehiu'un  parmi  vous,  qui,  man- 
quant de  répondre  à  la  grâce  de  Dieu,  en 
demeure  privé  :  La  métaphore  est  tirée  de 
ceux  qui,  faute  de  courage  ou  de  force,  de- 
meurent en  chemin,  ne  pouvant  suivre  les 
autres. 

6^  Etre  exclus  ou  privé  de  quelque  chose 
par  sa  faute.  Hebr.  4.  1.  ;Ve  exislimetur  ali- 
quis  ex  vobis  dccsic  :  Craignons  qu'il  n'y  ait 
quelqu'un  d'entre  vous  qui  soit  exclus  d'en- 
trer dans  le  repos  de  Dieu;  se.  en  négligeant 
la  promesse  qui  nous  en  a  été  faite. 


iOS9  DICTIONNAIRE  DE 

DEF^CATUS,  A,  LM.  De  fœx,  cis. 
Pur,  dont  on  a  tiré  la  lie.  Isa.  25.  6.  Faciet 
Bominus  convivium  vindemiœ  defœçalœ  :  Le 
Seigneur  préparera  un  festin  d'un  vin  tout 
pur  et  sans  aucune  lie.  Ce  festin  commence 
dans  l'Eglise,  et  continue  dans  l'éternité. 

DEFATIGARI;  xo-àÇciv,  être  las,  lassé,  fa- 
tigué. 1.  Reg.  li.  31.  Defatigatiis  est  autem 
populus  nimis:Le  peuple  était  extrêmement 
las  ;  se.  après  qu'ils  eurent  battu  et  pour- 
suivi les  Philistins,  depuis  Machmas  jusqu'à 
Ajalon. 

DEFENDERE.  De  l'ancien  verbe  inusité 
fendo  ;  d'où  vient  aussi  offendere,  infensus,  etc. 

1°  Défendre,  garder,  protéger,  maintenir 
(Ù7rcoa(T7riÇ££v).  Judith.  5.  25.  Detis  eoriim  de- 
fendet  illos  :  Le  Dieu  des  Israélites  prendra 
leur  défense,  s'ils  ne  l'ont  point  offensé.  Rom. 
2.  15.  Cogilalionibus  nccusantibus,  aut  etiam 
defendentibus  {cc-oloytî'^^y.i)  :  Les  réflexions  de 
l'esprit  des  Gentils  les  accusent  (s'ils  ont 
péché)  ou  les  défendent  ;  i.  e.  lorsqu'ils  ont 
fait  naturellement  ce  que  la  loi  commande. 

2°  V'enger  (  h.Biy.îh  ;.  Rom.  12.  19.  Non 
vos  metipsos  defendentes  :  Ne  vous  vengez 
point  vous-mêmes;  c'est  à  Dieu  que  la  ven- 
geance est  réservée.  Judith.  1.  12.  c.  2.  1. 

3°  Excuser,  justifier.  Eccll.  19.  9.  Quasi 
defendens  peccotum  odiet  te  :  Cet  ami  com- 
mun, ou  cet  ennemi  faisant  semblant  d'ex- 
cuser votre  faute,  vous  haïra.  L'Ecriture 
persuade  de  ne  point  découvrir  son  péché  à 
ces  sortes  de  gens,  qui  n'ont  pas  reçu,  comme 
les  prêtres,  la  puissance  de  l'absoudre.  Act. 
25.  16.  c.  26. 

DEFENSIO.  —  1°  Défense,  protection  («v-rî- 
Xfli^ir  ).  Ps.  21.  20.  Ad  defensionetn  meam 
conspice  :  Appliquez-vous  à  me  défendre 
(Seigneur.)  Philipp.  1.  16.  In  defensioyiem 
Evangeliipositus  sum  [à-oi.oyiv.)  :  Je  suis  éta- 
bli pour  défendre  l'Evangile,  v.  7. 

2°  Vengeance,  punition  (Six^jo-t?,  ullio).  Ec- 
cli.  4-7.  31.  Usqiie  dum  pervenirei  ad  illos  de~ 
fensio  :  Les  Israélites  ont  recherché  toutes  les 
manières  de  faire  le  mal,  jusqu'à  ce  que  la 
vengeance  fût  venue  fondre  sur  eux.  c.  i8. 
7.  Judith.  9.  2.  Dedisti  illi  gladium  ad  defen- 
sionetn alieni(jenarum  :  Seigneur  ,  Dieu  de 
mon  père  Siméon,  qui  lui  avez  mis  l'épée  en- 
tre les  mains,  pour  se  venger  des  étrangers. 
Judith  ne  loue  dans  Siméon  que  le  zèle  qu'il 
avait  eu  à  venger  l'outrage  fait  à  sa  sœur 
Dina,  sans  approuver  néanmoins  ce  qu'il  y 
avait  de  criminel  dans  les  circonstances  de 
cette  action.  Voy.  Gen.  34-.  25.  etc.  et  c.  45. 
5.  etc. 

3"  Défense  ,  justification  (  ùmloylv.  ).  2. 
Tim.  k.  16.  In  prima  mea  defensione  nemo 
mihi  ad  fuit  :  La  première  fois  quo  j'ai  dé- 
fendu ma  cause,  nul  ne  m'a  assisté.  1.  Cor. 
9.  3.  2.  Cor.  7.  11.  Eccequantam  invobis  ope-- 
ralur  soUicitudinem,  scd  defensionetn  :  Les 
Corinthiens  poussés  par  cette  tristesse  selon 
Dieu,  que  leur  avait  causé  la  lettre  de  saint 
l'aul,  non-seulement  défendirent  son  procédé 
contre  l'incestueux  ;  mais  même  ils  s'excu- 
sèrent auprès  de  lui,  et  lui  firent  satisfaction 


PHILOLOGIE  SACREE. 


1060 


de  la  négligence  avec  laquelle   ils   avaient 
souffert  un  si  grand  crime. 

DEFENSOR.  Défenseur,  protecteur.  Ju- 
dith. 6.  13.  Deus  cœli  defensor  eorum  est  :  Le 
Dieu  du  ciol  est  le  défenseur  des  Israéliles. 
(Voy.  Defendere  1°)  Eccli.  30.  6.  2.  Mach. 
4.  2. 

DEFERRE;  i-ifépeiv,  i°  Porter  d'un  lieu  en 
un  aulre,  apporter.  Act.  19.  12.  Ita  ut  etiam 
super  languidos  deferrentur  a  corpore  ejus 
sudaria  :  Dieu  faisait  des  miracles  extraor- 
dinaires par  saint  Paul,  jusque-là  même  que 
les  mouchoirs  et  les  linges  qui  avaient  tou- 
ché son  corps,  étant  appliqués  aux  malades, 
ils  étaient  guéris.  Gen.  43.  v.  2.  ll.Exod.  22. 
13.  elc  Ainsi,  Ose.  10.  6.  Si  quidetti  et  ipse  in 
Assur  delalus  est ,  munus  régi  ultori  («Orôv  eU 
'A(7(7V|Oto\jç)  :  Leur  Dieu  même  a  été  porté  en 
Assyrie,  et  ils  en  ont  fait  un  présent  au  roi, 
dont  ils  voulaient  acheter  la  protection.  11 
paraît  qu'Osée,  roi  d'Israël,  avait  envoyé  pour 
présent  à  Phul,  roi  des  Assyriens,  l'idole  du 
veau  d'or  qu'il  adorait,  quoiqu'il  n'en  soit 
rien  dit  ailleurs.  Num.  11.  31.  Ventus  egre- 
diens  a  Dotnino  arreptans  trans  tnare  coturnices 
detulit  (sxTrspâv,  transtnittere)  :  Un  vent  ex- 
cité par  le  Seigneur,  emportant  des  cailles 
de  delà  la  mer,  les  amena,  et  les  fit  tomber 
dans  le  camp.  Voy.  Arreptare. 

2°  Donner,  offrir,  présenter  (yépstv).  3. 
Reg.  10.  25.  Singuli  deferebant  ei  mimera  : 
Chacun  (des  rois)  envoyait  tous  les  ans  des 
présents  à  Salomon.  Gen.  30.  14.  2.  Par. 
9.  24.  Tob.  13.  14.  Isa.  18.  7.  1.  Mach.  11. 
35. 

3°  Etendre,  avancer,  en  parlant  de  quelque 
ouvrage.  Ezech.  41  7.  Et  platea  erat  in  ro- 
tunduin  et  in  cœtiaculutti  lempli  deferebat  (  se) 
per  gyrutti  :  Il  y  avait  un  espace  et  un  degré 
fait  en  rond  qui  allait  d'ét;ige  en  étage,  mon- 
tant jusqu'à  la  chambre  la  plus  haute,  tou- 
jours en  tournant. 

4°  Respecter,  honorer,  avoir  de  la  défé- 
rence pour  quelqu'un  (Sau/i/aÇsiv  .  Deut.  28. 
50.  Adducet  Dottntms  gentein  procacissimam, 
quœ  non  déférât  seni  :  Le  Seigneur  amènera 
contre  vous  un  peuple  fier  et  insolent,  qui 
ne  sera  point  louché  de  respect  pour  les 
vieillards  ;  se.  lorsque  vous  ne  servirez  point 
Dieu.  Esth.  1.  20. 

5°  Rapporter,  apprendre,  faire  savoir.  Jos. 
22.  11.  Cum  ad  eos  certi  nuutii  detutissent  : 
Les  enfants  d'Israël  surent  par  des  nouvelles 
certaines.  Esth.  2.  22.  2.  Mach.  3.  v.  7.  11. 
etc. 

6°  Accuser,  calomnier,  reprocher.  Act.  25. 
18.  Nullatn  causain  deferebant  :  Les  accusa- 
teurs de  ce  prisonnier  ne  lui  reprochèrent 
aucun  des  crimes  dont  je  m'étais  attendu 
qu'ils  l'accuseraient,  dit  Festus  au  roi  Agrippa, 
louchant  saint  Paul. 

Plirase  de  ce  verbe. 

Déferre  negotium  ad  aliquem ,  Jtxajo^oytKv 
TToisïv,  remettre  au  jugement  de  quelqu'un 
une  affaire.  2.  Mach.  4.  44.  Ad  ipsiiin  nego- 
tium detulerunt  missi  très  viri  n  senioribus  : 
Trois  députés  envoyés  à  Tyr  par  les  ancien» 
de  la  ville  de  Jérusalem,  vinrent  perler  leurs 


1061 


DEF 


DEF 


1062 


i  plaintes  au  roi  Aniiochus  sur  cette  affaire  ; 
se.  sur  l'accusation  formée  contre  Ménélaiis, 
comme  coupable  de  tous  les  désordres  et  sa- 
crilèges commis  par  Lysias. 

Déferre  senlentiam;  y.y.-zv.oiotvj  liTïyov,  Porter 
son  suffrage,  donner  sa  voix  et  son  consen- 
tement. Act.  26.  10.  Cum  occiderentur,  detuli 
senlentiam  :  Lorsqu'on  faisait  mourir  plu- 
sieurs des  saints,  j'y  ai  dcnné  mon  consente- 
ment. Gr.    y.y.zrrj-yy.c(  -^f/yov. 

DEFERVESCtiRE  ;  zo-i^-iv ,  se  refroidir  , 
se  rallenlir,  s'apaisor.  Eslh.  2.  1.  Postquam 
régis  Assueri  indignatio  deferbuerut  :  Lorsque 
la  colère  du  roi  Assuérus  fut  adoucie,  se. 
contre  la  reine  Vaslhi. 

DEFÊCTIO ,  Ms  ;  îV.î.^iitr,  —  1"  Défaut  , 
manquement.  S:ip.  8.  18.  Honesfns  sine  defe- 
clione,  k-j-vli-n;.  Il  y  a  dans  l'amitié  de  la  Sa- 
gesse des  richesses  inépuisables,  c.  11.  o. 
Eccli.  30.  23. 

2"  Défaillance,  abaltementde  cœur  [ù'i-july). 
Ps.  118.  53.  Defeclio  tenuil  me  :  Je  suis  tombé 
en  défaillance,  se.  à  la  vue  des  pécheurs  qui 
abandonnaient  la  loi  de  Dieu.  Nahum.  2. 
10. 

3°  Sortie,  bannissement.  Baruch,  2.  22. 
Defeetionem  vestram  faciam  de  eivitatibus 
Juda  et  a  foris  Jérusalem  :  Je  vous  ferai  sor- 
tir, je  vous  chasserai  des  villes  de  la  Judée, 
et  hors  de  Jérusalem. 

DEFICERE,  iyJ.Ei-îu;  du  verbe  facere. 

1°  Dètaillir,  cesser,  manquer.  Gen.  i7.  18. 
Déficiente  pecunia,  peeora  simiil  dcfeeerunl  : 
11  ne  nous  reste  ni  troupeaux  ni  argent,  di- 
sent à  Joseph  les  Egyptiens,  lui  demandant 
de  quoi  semer  leurs  terres.  Luc.  22.  32.  Ego 
rogaii  pro  te^xUnon  deficial  fides  tua  :  i'ni 
prié  pour  vous,  alin  que  voire  foi  ne  défaille 
point,  dit  Jésus-Christ  à  saint  Pierre,  c.  12. 
33.  A  quoi  se  rapportent  les  significations 
suivantes  ;  i"  Se  terminer,  premlre  On.  Ps, 
101.  28.  Anni  tiii  non  déficient  :  Vos  années, 
Seigneur,  ne  passeront  point.  2  Etre  réduit 
à  un  petit  nombre.  Ps.  11.  1.  Defecit  sanctus: 
Il  n'y  a  plus  aucun  saint.  .3°  Disparaître,  s'é- 
vanouir. Ps.  67.  3.  Sicut  déficit  fumus,  défi- 
ci  nt  :  Que  les  ennemis  du  Seigneur  dispa- 
raissent, de  même  que  la  fumée  disparaît. 
Voy.  Perire.  Ps.  36.  20.  etc. 

2"  Succomber,  perdre  courage  (  éxzaxew  ). 
Luc.  18.  1.  Oporlet  sentper  orare,  et  non  défi- 
cere  :  Il  faut  toujours  prier,  et  ne  se  lasser 
point  de  le  faire.  Ps.  38.  12.  A  forliludinc 
manus  tuœ  ego  defeci  in  increpalionihus  :  Je 
suis  tombé  en  défaillance  sous  la  force  de 
votre  main,  lorsque  vous  m'avez  repris.  Ec- 
cli. 17.20.  Confirmavit  déficientes  suslinere  : 
II  affermit  ceux  qui  sont  tentés  de  perdre  la 
paiiencc  ;  Gr.  èx).£Î7TovT3t,-  Û77oao//iv,  deserenles 
lolerantiam  :  Jac.  1.  V.  2.  Cor.  V.  v.  1.  16. 
G:il.  6.  9.  Bonuni  facicnlrs  non  dcficiamus 
(hy.uy.îî-j) ,  tcmpore  enim  suo  mctemus  non  de- 
fieicnles  :  Ne  nous  lassons  point  de  faire  le 
bien;  car  lorsque  le  temps  sera  venu,  nous 
f.rons  la  récolle  sans  nous  lasser,  2.  Thess. 
3.  13.  Ps.  8t).  7.  A  quoi  se  peuvent  rapporter 
les  significations  suivantes  :  1°  Languir,  se 
consumer  ;  soit  dans  l'attente  de  quel(|ue 
chose  que  l'on  désire  avec  ardeur.  Ps.  118. 


81.  Defecit  in  salutare  tuum  anima  mea  :  Mon 
âme  est  tombée  en  défaillance,  dans  l'attente 
de  votre  secours  salutaire.  Tomber  dans  cette 
défaillance,  c'est  penser  uniquement  à  la 
chose  qu'on  désire,  c'est  s'y  attacher,  et  y 
faire  conmie  une  transfusion  de  soi-même. 
5.  Ambr.  Ps.  118.  v.  82.  123.  Ps.  68.  i.  Ps. 
72.  26.;  soit  de  tristesse,  d'affliction  et  de  mi- 
sère. Ps.  30.  12.  Defecit  in  dolore  vita  mea  : 
Ma  vie  se  consume  par  la  douleur.  Ps.  76. 
i.  Ps.  lil.  i.  ]n  deficiendo  ex  me  spiritum 
meum;  Hellen.  Dum  déficit  spiritus  meus  : 
Lorsque  mon  âme  est  toute  prêle  à  me  quit- 
ter. 2'  Tomber  en  défaillance,  être  abattu 
{iyj.-jîTey.L,  fnliscere).  Mallh.  1.5.  32.  Ne  défi- 
ciant  in  via  ;  Je  ne  veux  pas  renvoyer  ce 
peuple  sans  avoir  mangé,  de  peur  qu'ils  ne 
tombent  en  défaillance  sur  le  chemin.  Marc. 
8.  3.  1.  Reg.  li.  28.  etc.  De  là  vient  cette 
phrase,  Deficere  animam;  1  Avoir  le  courage 
abattu.  Ps.  106.  v.  5.  26.  Anima  eorum  in  ma- 
lis  defecit  liTà/îro,  tabuit  ;  Vâme  de  ceux  qui 
navigaienl,  tombait  en  défaillance  à  la  vue 
de  tant  de  maux  ;  se.  des  périls  où  ils  se 
voyaient  exposés.  Job.  17.  5.  Thren.  1.  v.  11. 

16.  19.  2°  Etre  épuisé -de  force.  Jerem.  lo.  9! 
Defecit  anima  ejus ;  Celle  qui  avait  eu  plu- 
sieurs enfants,  est  devenue  faihle;  i.  e.  elle 
est  devenue  incapable  de  concevoir;  Gr.  ùrt- 

y/j.y:r,'jt'j. 

3"  S'écouler,  se  passer.  Ps.  89.  9.  Omnes 
aies  noslri  defecerunt  :  Tous  nos  jours  s'é- 
coulent. 

V  Mourir,  périr,  expirer.  Luc.  16.  9.  Ut, 
cum  defecerilis,  recipiant  vos  :  Employez  vos 
richesses  à  vous  faire  des  amis  (des  pauvres) 
afin  que,  lorsque  vous  viendrez  à  manquer, 
ils  vous  reçoivent.  Gen.  25.  v.  8.  17  P«:  70 
13.  Ps.  103:  29.  Sap.  17.  18.  etc.  A  quoi  se 
rapporte  celle  signification  :  Etre  défait,  être 
exterminé.  Ps.  17.  38.  Non  convertar  donec 
deficiant  :  Je  ne  m'en  retournerai  point  que 
mes  ennemis  ne  soient  entièrement  défaits 
Ps.  103.  35. 

0°  .Manquer,  avoir  besoin  de  quelque  chose. 
Ercli.3. 15. 5/  dcfecerit{à-rA-i-,i.,)sensu,veniani 
du:  Si  l'esprit  de  voire  père  s'affaiblit,  sup- 
portez-le. c.  11.  12.  Eccli.  4.3.29.  Ezech.  i. 

17.  A  quoi  se  rapporte,  h  Avoir  moins,  être 
d  ins  un  pire  état.  1.  Cor.  8.  8.  Neque,  si  man- 
dueaienmus,  deficiemus  {fjz-zoti-y  .-  Si  nous  ne 
mangeons  pas,  nous  n'aurons  rien  moins 
devant  Dieu,  nous  ne  lui  serons  pas  moins 
agréables.  2' Manquer  à  quelqu'un.  Hebr.ll. 
32.  pefieiet  {è-ù.EÏrti-j)  me  tempus  enarranlem 
de  Gedeon.  etc.  Le  lemps  me  manquera,  si  jo 
veux  parler  encore  de  Gédéon  ,  et  des  aulres. 

6"  Se  retirer,  se  séparer  à'v((rT«G-5«i).  Eccli. 
7.  2.  Discedite  ab  iniguo,  et  déficient  inala  abs 
re;Helirez-vous  de  l'injuste  ou  de  l'injuslice, 
et  le  péehé  se  retirera  de  vous. 

7  Manquer,  ne  pouvoir  pas  atteindre,  n'a- 
voir pas  assez  de  force.  Prolog.  Eccli.  Dcfi- 
ciunt  vcrba  /Jebraica,  quando  fuerint  iran^ 
slala  adalleram  linguam  :  Les  mots  hébreux 
n'ont  plus  la  même  force,  lorsqu'ils  sont  tra- 
duits en  une  langue  étrangère;  ^V.  Les  n)ê- 
mes  choses  n'ont  plu»  la  même  force,  lors- 


<0C3 


DICTIOiNNAïKR  DE  PIIIbOLOGlE  SACRÉE. 


10G4 


qu'on  les  faii  passer  de  la  langue  hébraïque 
en  uiui  langue  élrangère. 
'  8°  Souffrir  quelque  défaillance.  Eccii  17. 
30.  Qiiid  lucidius  suie?  et  hic  deficiet  :  Qu'y 
a-l-il  de  plus  lumineux  que  le  soleil  ?  et  néan- 
moins il  souffre  des  défaillances  par  des  éclip- 
ses. 

DEFIGERE;  sur:rjyv{)2Lv.  Fichcr,  enfoncer. 
2.  llcg.  2.  16.  Defixit  gUidium  in  laliis  con- 
trarii  :  Chacun  des  douze  hommes  de  Benja- 
min du  côlé  d'Isboselh,  et  chacun  des  douze 
du  côlé  de  David,  se  passèrent  l'épée  au  tra- 
vers du  corps  les  uns  des  autres.  Judic.  h. 
21.  Eccl.  12.  11.  ïhren.  2.  9.  Defixœ  sunt  in 
terra  portœ  ejus  :  Les  portes  de  Jérusalem 
sont  enfoncées  dans  la  terre,  y  étant  comme 
ensevelies  sous  les  ruines  des  murs. 

Phrase  lii  ée  de  ce  verbe. 

befigere  manum  apud  aliquem.  S'engager 
à  quelqu'un  en  louchant  dans  sa  main  {nv.pr/- 
ïto&vKt),  ou  autrement.  Prov.  6.  1.  Si  dcfixisti 
apud  exlraneum  manum  îuam  :  Si  vous  avez 
engagé  votre  foi  et  votre  main  à  un  étranger. 
c.  22.  26.  Il  fait  allusion  à  la  manière  dont 
on  s'engageait  à  un  autre. 

Façon  de  [larler. 

Defixus  in  fœcibus.  Enfoncé  dans  ses  ordu' 
res.  Soph.   1.  12.  Voy.  F^x. 

DEFINIRE  ,  ôoi'c-uv,  déterminer,  résoudre, 
arrêter,  soit  qu'il  s'entende  des  hommes. 
1.  Mach.  1.  65.  Definierunt  apud  se,  ut  non 
manducaretit  immunda  (w;^uowev5(rav  toû  [jl-ô  y«- 
yeïv,  confirmati  sunt  ut  non  manducarent)  : 
Plusieurs  du  peuple  d'Israël  résolurent  en 
eux-mêmes  de  ne  rien  manger  de  ce  qui  serait 
impur;  se.  sous  la  persécution  d'Antiochus.l. 
Reg.  20.  33.  Soit  en  parlant  des  décrets  éter- 
nels. Luc.22.22.  Filiushominissecundum  quod 
definitum  est  vadit  :  Le  Fils  de  l'Homme  s'en 
va  selon  ce  qui  en  a  été  déterminé  de  toute 
éternité.  Acl.  2.  23.  c.  17.  26. 

DEFINITIO,  Nis.  —  1°  Décret,  décision,  dé- 
termination. Dan.  11.  36.  Perpetrata  quippe 
est  definitio  :  Dieu  a  déterminé  un  certain 
temps  pour  punir  Antiochus  ou  le  peuple.  — 
2°  Bord,  clôture,  ce  qui  borne  ysTo-o/).  Ez. 
43.  13.  Definitio  ejus  usque  ad  labimn  ejus  : 
Depuis  la  clôture  de  l'autel  jusqu'à  son  bord. 

DEFLECTERE,  iy.yliMiu. —  1°  Se  détourner. 
Eccli.  22.  16.  Déficelé  ah  illo  :  Détournez- 
vous  de  l'insensé,  c.  2.  7.  —  2°  Se  retirer 
quelque  part  [yM'oàvîu).  Eccli.  36.  28.  De- 
flectens  ubicumque  obscuraverit  :  Un  homme 
qui  va  chercher  le  couvert  partout  où  la  nuit 
le  prend?  qui  est-ce  qui  s'y  fiera? 

DEFLUERE,«7T0|ôpErv. — l"Couler  en  bas, s'é- 
couler. 2.  Mach.  IV.  ko.  Cum  sanyuis  ejus  de- 
/lueret  :  Des  ruisseaux  de  sang  coulaient  à 
Raziaside  tous  côlés,  à  cause  de  ses  grandes 
plaies.  Eccl.  51.  13.  Pro  morte  dcfluente  de- 
precalus  sum  :  Je  vous  ai  prié  de  me  délivrer 
d'un  torrent  de  mort;  Gr.  Pro  morlis  libéra- 
tione  [xjTTèp  OavKToy  ^oOte&j,)  :  La  mort  est  sem- 
blable à  un  torrent  qui  coule  et  entraîne 
avec  elle  les  hommes.  1.  Reg.  21.  13.  Jer. 
y.  18.  c.   18.  n.  etc. 

2  Tomber,  choir.  Ps.    1.  3.  Folium  ejus 


non  defluet  :  Le  juste  sera  comme  un  arbre 
planté  proche  le  courant  des  eaux  et  dont  la 
feuille  ne  tombera  point  ;  Heb.  Ne  se  flétrira 
point.  Jerem.  8.  13.  Ezech.  47.  12.  Isa.  3k. 
k.  Ainsi,  Esth.  15.  7.  Defluentia  in  humum 
indumcnla  :  Robe  qui  traîne  à  terre. 

3"  Fondre,  se  dissiper,  tomber  en  ruine, 
être  détruit  {'fOzipîuQui).  ha.  2'*.  k.  Luxil  et  de- 
fluxit  terra,  defluxit  orbis  :  La  terre  est  dans 
les  larmes,  elle  fond,  le  monde  périt,  c.  64. 
V.  1.  3.  Sap.  1.  16.  JEstimantes  iltavi  amicain, 
defluxerunt  :  La  croyant  amie,  ils  en  ont  élé 
consumés,  £t«-//j(t«v,  comme  la  cire  l'est  par 
le  feu  qui  la  fait  fondre.  Amos.  8.  8.  c.  9.  5. 
l.Mach.  9.  7. 

DEFODERK,  d'où  vient  defossus. 

Fouillé ,  creusé  ,  comme  la  terre  qu'on 
fouille. 

Enterré,  caché  en  (erre.  Job.  11.  18.  De-- 
fossus  securus  durmies  :  Vous  dormirez  en 
repos,  enfoncé  dans  votre  tente  ;  Heb.  et  fo' 
dies.  Les  Arabes  creusaient  la  terre  pour 
planter  leurs  tentes;  ce  qui  signifie  aussi  : 
Qui  est  entré  dans  le  sépulcre;  selon  la  pa- 
raphrase chaldaïque  :  Prœparabis  domum 
sepultnrœ  et  securus  dormies :Yous  vous  pré- 
parerez le  lieu  de  votre  sépulture,  et  vous  y 
dorniirez,  vous  ne  serez  plus  exposé  aux 
insultes  de  vos  ennemis. 

DEFORMARE,  tjt^oOv,  d'où  vient  déforma^ 
tus. 

1°  Formé,  transformé,  changé.  Num.17.8. 
Flores  in  amygdalas  deformali  sunt  :  Il  sortit 
des  lleurs  de  la  verge  d'Aaron,  d'où  il  se 
forma  des  amandes  toutes  mûres,  accompa- 
gnées de  leurs  feuilles. 

2°  Gravé.  2.  Cor.  3.  7.  Minislratio  morlis 
lit  1er  is  de  formata  in  lapidibus  ;  La  loi  do 
mort  (5C.  la  loi  de  Moïse),  dont  les  lettres 
étaient  gravées  sur  des  pierres. 

DEFOIIMIS;  Tzo-jvpô;,  du  substantif /br»ïà. 

1"  Difforme,  laid, contrefait,  horrible.  Gen. 
41.  19.  Ilotes  déformes  et  macilentœ  :  Dos  va- 
ches horribles  à  voir  à  cause  de  leur  mai- 
greur. Levit.  14.  37. 

2°  Défectueux,  qui  a  quelque  défaut  consi- 
dérable et  remarquable.  Deut.  15.  21.  5m 
autem  fuerit  in  aliqua  parle  déforme  :  Que  si 
le  premier  né  entre  les  mâles  qui  naissent 
parmi  vos  bœufs  ou  vos  brebis  a  quelque 
difformité,  il  ne  sera  point  immolé  au  Sei- 
gneur. 

DEFORIS  ,  l'ç«9£v.  —  l-Par  dehors.  Matlh. 
23.  25.  Mundalis  quod  deforis  est  :  Vous 
nettoyez  le  dehors  de  la  coupe  et  du  plat  ; 
Jésus-Christ  blâme  les  scribes  et  les  phari- 
siens d'affecter  d'avoir  une  justice  extérieure 
et  de  paraîUe  justes,  quoique  esclaves  de 
leurs  passions,  v.  27.  Gen.  7.  16.  Ezech.  46. 
2.  Luc.  11.  V.  3;).  40.  —  2°  De  dehors  les 
rues.  Jerem.  9.  21.  Mors  ingressa  est  domos 
noslras  disperdcre  parvulos  deforis  :  La  mort 
est  cjitrée  dans  nos  maisons  pour  en  exter- 
miner tous  nos  enfants;  de  sorte  qu'il  n'en 
reste  plus  pas  un  qui  paraisse  dans  les  rues 
comme  auparavant. 

DEFRAUDARE  ,  ÙTiofxrspsa  ;  du  substantif 
fraus,  fraudis. 

Oler,  frustrer,  priver.  Eccli.  4.  i.  Eleemo- 


1065 


DEJ 


DEl 


iCC6 


synam  pauperis  ne  defraudes  •  Ne  privez  pas 
le  pauvre  de  son  aumône,  c.  14.  3'i.  Luc.  19. 
8.  Siquid  aliquem  dcfraudavi,  reddo  quadnt- 
pliim  :  Si  j'ai  fait  tort  à  quelqu'un  en  quoi 
que  ce  soit,  je  lui  en  rendrai  quatre  fois  au- 
tant. 

DEFRICARE,  èy-rpiSErj,  frotter,  nettoyer.  Le- 
vil.  6.  28.  Si  vas  œneum  fuerit,  defricabitur  : 
Si  le  vase  dans  lequel  aura  cuit  l'hostie  pour 
le  péché  est  d'airain,  on  le  nettoiera  avec 
grand  soin. 

DEFUiNCTIO  ,  Nis,  zeI-vz-ô,  ce  mol  inusité 
signifie  dans  l'Ecriture  : 

La  mort.  Eccl.  1.  13.  Li  die  defunctionis 
siiœ  benedicetur:  Celui  qui  craint  le  Seigneur, 
sera  béni  au  jour  de  sa  mort. 

DEFUNGL  ù-odMnay.eu,  Gv/i^xeiv,  s'acquilter 
de  son  devoir-,  et  se  délivrer  de  quelque  af- 
faire'; fâcheuse;  dans  l'Ecriture  : 

Mourir,  se  dégager  des  inquiétudes  de  la 
vie.  Hebr.  11.  13.  Jiixla  fîdem  defuncti  sunt  : 
Tous  ceux-là  sont  morts  dans  la  foi  ;  l'Ecri- 
ture parle  des  justes  de  l'ancienne  loi,  morts 
dans  la  foi  du  Messie.  2.  Much.  12.  kQ.  Pro 
defunctis  exorare  :  Prier  pour  les  morts. 
Deut.  25.  5.  etc.  Voy.  Liber. 

DEGLUTIRE,  -/«TaTrîvetv,  avaler,  engloutir, 
dévorer.  Jon.  2.  1.  Et  prœparavit  Dominus 
piscem  grundem  ut  deglulii'et  Jonam  :  Aussi- 
tôt que  les  mariniers  eurent  jeté  Jonas  dans 
la  mer.  Dieu  fit  qu'un  gros  poisson  se  trouva 
là  qui  engloutit  Jonas.  Num.  IG.  v.  30.  34. 

Détruire,  faire  périr,  1.  Pelr.  3.  22.  Deglu- 
tiens  morlcin  :  C'est  Jésus-Christ  qui  a  détruit 
la  mort. 

Phrases  Urées  de  cette  signiflcalion. 

Dp.glutire  aliquem  viviim.  Dévorer  quel- 
qu"'un  tout  vivant,  c'est  le  perdre  entière- 
ment, en  sorte  qu'il  n'en  reste  plus  rien  du 
tout;  en  faisant  allusion  aux  bêtes  farou- 
ches qui  dévorent  les  petits  animaux.  Prov. 
1.  12.  Deglnliamiis  eum  sicut  infernus  viven- 
tem  :  Dévorons  l'innocent  tout  vivant  comme 
l'enfer,  disent  les  pécheurs,  Ps.  123.  2. 

DEHONESTARE  ,  ovaJiÇew  ,  déshonorer. 
Prov.  25.  8.  Ne  cum  dehoneslaveris  amicum  : 
De  peur  qu'après  avoir  ôlé  l'honneur  à 
votre  ami,  vous  ne  puissiez  plus  le  répa- 
rer. 

DEJERARE,  du  verbe  simple  jurare. 

1°  Jurer,  faire  serment.  Eccl.  9.  2.  Ut  per- 
jurus,  ita  cl  ille  qui  verum  dcjrrat  :  Dans  celle 
vie  le  parjure  est  traité  comme  celui  qui 
jure  dans  la  vérité. 

2'  Conjurer,  prier  inslammcnt  (owvûstv).  1. 
Reg.  20.  17.  Addidil  Jonalhas  dejerarc  :  Jo- 
nalhas  conjura  encore  David  de  ceci. 

DKJECTIO  ,  Nis,  y.uOor.ipE'n; ,  abattement, 
chute,  renversement,  ruine.  1.  Mach.  3.  43. 
Erigamus  dejectioncm  popuii  nosiri  :  Rele- 
vons les  ruines  de  notre  nation,  disent  Judas 
et  ses  frères,  résolus  de  combattre  l'armée 
que  Lysias  envoya  contre  la  Judée. 

DEJICERE,  x7.T«ç«>,).£iv,  du  \cvhc  jaccrc. 

1  '  Abatlrc,  faire  tomber,  renverser,  préci- 
piter, chasser,  faire  sortir  (/îtTr-ctv).  Exod.  15. 
i.  lùjuuin  et  ascensorem  dcjccil  in  marc  :  Le 

Dictionnaire  de  Puilol.  Sacrée.  I 


Seigneur  a  précipité  dans  la  mer  le  cheval  et 
et  le  cavalier,  dit  Moïse,  parlant  de  Pharaon. 
Ps.  73.  6.  Eccl.  22.  25.  c.  47.  3.  c.  48.  6.  A 
quoi  se  rapporte, 

Abattre  et  décourager.  Prov.  18.  S.Pigrum 
dejicit  timor  :  La  crainte  abat  le  paresseux, 
c.  7.  26. 

2"  Perdre,  ruiner,  vaincre,  défaire,  faire 
tomber.  Ps.  72.  18.  Dejecisli  eos  dum  alleva- 
rentur  :  Vous  avez  renversé  les  pécheurs,  ô 
mon  Dieu  ,  dans  le  temps  même  qu'ils  s'é- 
levaient. Judith. 4. 13. Pr(ecî6as  sanctis  orando 
dejicit  •  Moïse  vainquit  Amalec  avec  l'ardeur 
et  la  sainteté  de  sa  prière.  Ainsi,  dejicere  in 
ignem ;  c'est  faire  périr.  Ps.  139.  11.  In 
ignem  dejicies  eos;  vous  jetterez  les  pécheurs 
dans  le  feu. 

3°  Faire  déchoir  de  son  état  éclatant  (//o»3- 
Iio'jm).  Dan.  8.  11.  Dejecit  locum  sanctificatio' 
nis  ejiis  :  Antiochus  ne  ruina  pas  le  temple 
de  Jérusalem,  mais  il  lui  fit  perdre  l'honneur 
d'être  le  temple  de  Dieu,  en  le  profanant  et 
le  consacrant  à  Jupiter. 

4°  Jeter  dans  de  grands  dangers  qui  nous 
menacent  d'une  ruine  prochaine.  2.  Cor.  4. 
9.  Dejicimur,  sed  non  perimus :^oiis  sommes 
abattus,  mais  non  pas  perdus.  , 

Phrase  de  ce  verbe.     St  •  ••  r^ 

Dejicere  vultum.  Baisser  la  vue,  ce  qui 
marque  le  respect  et  la  crainte.  Dan.  15.  15. 
Dejeci  vultum  meum  ad  terram,  et  tacui  : 
J'avais  le  visage  baissé  contre  terre  et  je  me 
taisais. 

DEINCEPS,  £Tt,  composé  de  dein  et  de 
capio. 

1"  Désormais,  dorénavant,  dans  la  suite  du 
temps,  à  l'avenir.  Gen.9.11.  A'^e^/î^e  eril  dein- 
ceps  diluvium  dissipans  terram  ;Nul  déluge  à 
l'avenir  n'exterminera  plus  toute  la  terre. 
Jac.  4.  15  etc. 

2"  Peu  de  temps  après,  incontinent  après, 
ensuite.  Levit.  9.  23.  Et  ingressi  et  deinccps 
egressi  :  Moïse  et  Aaron  entrèrent  dans  le 
tabernacle  du  témoignage,  et  sortirent  en- 
suite pour  bénir  le  peuple.  1.  Reg.  9.  13. 

3"  Le  lendemain,  le  jour  suivant  (èc,riç). 
Luc.  7.  11.  Et  factum  est  deinceps  ibat  in  ci^ 
vilatem  :  Le  jour  suivant  celui  auquel  Jésus- 
Christ  avait  guéri  le  serviteur  du  centenier, 
Jésus-Christ  allait  dans  une  ville  appelée 
Naim\  ce  deinceps  de  la  Vulgalc  est  expliqué 
par  le  Grec,  ta  s^^j,  sequcnti  die. 

4°  Par  ordre,  de  suite  {y.uOzc-nç).  Act.  3.  24. 
Omnes  prophetœ  a  Samuel  et  deinceps  :  Tous 
les  prophètes  qui  ont  prophétisé  de  temps  en 
temps  depuis  Samuel.  Esth.  10.  13, 

5'  Encore,  derechef.  Gen.  1.11.  Ac  dciU" 
ceps;  ecce,  ait-  l'ange  dit  encore  à  Agar;  se. 
qu'elle  nommât  son  fils,  Ismaël.  Exod.  34. 
1.1.  Reg.  3.  9. 

DEINDE,  r-EiTK,  de  l'adverbe  inde. 
1"  Après,  ensuite,  on  second  lieu.  1.  Par. 
29.  20.  Adoraverunt  Dcum  ,  et  dcindc  regem  : 
Les  Israélites  assembles  se  prosternant,  ado- 
rèrent Dieu  <;l  rendirent  ensuite  leur  hom- 
mage au  roi.  Voy.  Auorare.  Joan.  20. 
27.  Ole. 
2"  Outre  cela,  de  plus.  1  Cor.  12.  28,  Po^ 

34 


i067 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE; 


i068 


suit  Beus  deinde  virtutes  :  D\eu  a  établi  en- 
suite ceux  qui  ont  le  don  des  miracles  ;  se. 
après  avoir  établi  des  apôtres,  etc.  c.  15.  7. 
Jac.3.  17.  Sap.  17.15. 

DEINTUS,  r<Tw9£v,  au  dedans.  Luc.  11.  40. 
Nonne  etiam  id  quod  deintus  esX  fecit?  Ce- 
lui qui  a  fait  le  dehors  {se.  le  corpsj,  n'a-l-il 
pas  fait  aussi  le  dedans  {se.  l'âme  ?  dit  Jé- 
sus-Christ aux  pharisiens,  v.  7.  Deintus  re~ 
spondens  :J]n  homme  qui  répond  du  dedans 
de  sa  maison,  se.  sans  ouvrir  la  porte. 

DELABI,  tomber  de  quelque  lieu  ;  dans 
l'Ecriture  : 
Belapsus,  a,  um. 

Qui  vient  d'en  haut,  qui  se  fait  entendre 
d'en  haut  {h■y^e^iç,  Hiatus).  2.  Petr.  1.  17 
Voce  delapsa  ad  eum  :  On  entendit  cette  voix 
de  la  nuée,  qui  s'adressa  à  Jésus-Christ: 
Voici  mon  Fils  bien-aimé,  etc.  Voy.  Mallh. 
17.  o. 

DELÂTIO  ,  Nis  ,  dénonciation  ,  rapport. 
Eslh.  12.  5.  Datis  ei  pro  delatione  muneri- 
bus  :  Assuérus  fit  des  présents  à  Mardochée 
pour  l'avis  qu'il  lui  avait  donné.  Voy.  cet 
avis,  v.  2. 

DÉLATOR,  is,  ÈvoeixTyjs-,  accusateur,  dénon- 
ciateur, délateur.  2.  Mach.  4.  1.  Simon  pecu- 
niarum  et  patriœ  delator  :  Simon,  qui  avait 
donné  l'avis  touchant  l'argent,  et  qui  s'était 
déclaré  contre  sa  patrie. 

DELATURA,  Gr.  §iv.eoU;  inusité,  du  verbe 
déferre;  dans  lEcriture  : 

Médisance,  reproche,  calomnie.  EccK  38. 
17.  Propter  delaturam  amare  fer  luctum  il- 
lius  :  Faites  un  grand  deuil  sur  un  mort 
(pendant  un  jour)  dans  l'amertume  de  votre 
âme,  pour  ne  pas  donner  sujet  de  mal  par- 
ler de  vous.  c.  26.  6. 

DELEAN,  Heb.  Pauper;  Ville  de  la  tribu 
de  Juda.  Jos.  15.  38. 

DELEGTABILIS,  is,  e,  agréable,  qui  plaît, 
qui  réjouit  {-àyccBô;  ).  Eccl.  11.  7.  Deleetabile 
est  oculis  videre  solem  :  L'œil  se  plaît  à 
voir  le  soleil.  Gènes.  3.  6.  Isa.  5.  7.  2.  Mach. 
15.40. 

DELECTAMENTUM,  i  ,  r.^o-,-n.  —  1°  Plai- 
sir qu'on  prend  à  quoi  que  ce  soit.  Sap.  7.  2. 
jDelectamcnto  somni  eonvenienle  :  J'ai  été  for- 
mé de  la  substance  de  l'homme  dans  le  repos 
du  sommeil. 

2°  Ce  qui  estagréable  au  goût,  et  délicieux. 
Sap.  16.  V.  2.  20.  Paratum  panetn  de  cœlo 
prœslitisli  illis,  omne  deleelamenlum  in  se  ha- 
bentem  :  Vous  avez  fait  pleuvoir  du  ciel  (aux 
Israélites)  un  pain  préparé,  qui  renfermait 
en  soi  tout  ce  qu'il  y  a  de  délicieux.  Le  Sage 
parle  de  la  manne  ;  on  croit  que  les  Israélites, 
surtout  ceux  qui  craignaient  Dieu,  y  trou- 
vaient tel  goût  qu'ils  souhaitaient. 

DELEGTARE ,  -zip-nza.  De  l'ancien  verbe 
lacère,  d'où  vient  lactare,  pour  allicere. 

i"  Réjouir,  donner  du  plaisir,  recréer.  Ec- 
cli.  1.  12.  Timor  Domini  delectabit  cor:  La 
crainte  du  Seigneur  réjouira  le  cœur.  Ps.  kk. 
9.  Prov.  13.  19.  etc. 

2"  Rendre  agréable.  Ps.  64.  9.  Exitus  ma- 
tutini  et  vespere  delectahis  :  Vous  réjouirez 
les  hommes  par  le  lever  de  l'étoile  du  malin 
et  de  colle  du  soir.  D'autres  l'expliquent  : 


Vous  réjouirez  les  peuples  d'Orient,  où  le 
soleil  se  lève,  et  ceux  dOccident,  où  la  nuit 
commence;  autr.  :  Vous  répandrez  la  joio 
jusque  dans  l'Orient  et  dans  l'Occident  parmi 
votre  peuple  dispersé  partout. 

3°  Se  jouer,  se  divertir.  Isa.  11.  8.  Dele- 
ctabiturinfunsabtibere  super  foramineaspidis: 
L'enfant  qui  sera  encore  à  la  mamelle  se 
jouera  sur  le  trou  de  l'aspic;  ce  qui  marque 
la  sécurité  qui  devait  être  sous  le  règne  de 
Jésus-Christ,  où  même  les  fidèles  devaient 
insulter  au  démon  et  mépriser  ses  forces  et 
sa  malice. 

DELEGTATIO,  nis  ,  te^t^vôt*,;.  Joie,  dé- 
lices, contentement.  Sap.  8.  18.  Ps.  15.  11. 
Delectntiones  in  dextera  tua  usque  in  finem  : 
Les  délices  dont  on  jouit  à  votre  droite  sont 
éternelles. 

DELEGARE.  Donner  une  charge,  commis- 
sion ou  gouvernement  (SoOvki).  3.  Reg.  11. 
18.  Terram  deîegavit  :  Pharaon,  roi  d'Egypte, 
donna  à  Adad  le  gouvernement  d'un  certain 
pays. 

DELERE,  è^aXetyïtv.  De  l'ancien  verbe  leo, 
/eiu",  du  Grec  ).yw. 

1°  Effacer,  abolir,  ôter  le  souvenir.  Ps.  68. 
29.  Deleanlur  de  libro  vivenlium  :  Que  mes 
ennemis  soient  effacés  du  livre  dos  vivants. 
Ceci  est  plutôt  une  prophétie  qu'un  souhait. 
V.  Liber.  Act  13. 19.  Converlimini,  ut  delean- 
tur  peccata  vestra  :  Convertissez-vous ^  afin 
que  vos  péchés  soient  effacés.  Coloss.  2.  14. 

Phrase  tirée  de  celte  signification,  dans  le  sens  figuré. 

Delere  de  libro  vivenlium.  Ne  point  écrire 
sur  le  livre  de  vie.  Ps.  68.  23.  Deleantur  de 
libro  vivenlium  :  Que  mes  ennemis  ne  soient 
point  du  nombre  des  élus.  Voy.  ci-dessus 
Delere.  Exod.  32.  v.  32.  33.  Mais  JSon  de- 
lere de  libro,  c'est  y  être  écrit.  Apoc.  3.  5. 
Non  dcleho  nomen  ejus  de  libro  vitœ  :  Je  n'ef- 
facerai point  du  livre  de  vie  le  nom  de  celui 
qui  sera  victorieux. 

I  2"  Perdre,  ruiner,  exterminer  (  «nxlsifety  ). 
Gen.  6.  7.  Delebo  hominem  :  J'exterminerai 
de  dessus  la  terre  l'homme  que  j'ai  créé  (ce 
qui  s'entend  par  le  déluge  qui  devait  arriver). 
Sap.  10.  4.  Cum  aqua  deleret  terram  :  Lors- 
que le  déluge  inonda  la  terre  (/aTKx^ûÇetv , 
demerqere).  Ps.  17.  43.  etc.,  d'où  vient  : 

Delere  de  populo,  èço>o6|0£-j£iv.  Exterminer 
quelqu'un  du  milieu  du  peuple;  s'entend 
du  retranchement  de  la  compagnie  dos 
saints,  soit  dans  cette  vie,  soit  dans  l'autre. 
Gen.  17.  14.  Delebitur  anima  illa  de  populo 
suo  :  Tout  mâle  qui  n'aura  point  été  circon- 
cis sera  exterminé  du  milieu  de  son  peuple, 
ne  sera  point  censé  Juif,  et  n'aura  point  do 
part  aux  promesses  de  Dieu  faites  à  son 
peuple. 

DELIBARE.  Goûter,  tâler  de  quelque 
chose,  effleurer;  dans  l'Ecriture  : 

Goûter  du  vin  qui  servait  d'aspersion  sur 
les  victimes  qui  devaient  être  immolées  ; 
d'où  vient  : 

Delibari,  cKévSeadui.  Etre  sur  le  point  d'ê- 
tre immolé,  près  d'être  sacrifié.  2.  Tim.  4. 
6.  Jam  dclibor  :  Je  suis  comme  une  victime 


i069 


DEL 


DEL 


1070 


qui  a  déjà  reçu  Paspersion  pour  être  immo- 
lée et  sacrifiée.  Voy.  Philipp.  2.  17. 

DELIBATIO  ,  ms,  Gr.  K-ru^yn.  Primiliœ. 
Délachement,  une  partie  que  l'on  détache 
d'une  masse.  Rom.  11.  16.  Si  delibalio  sancla 
est,  et  massa  :  Si  les  prémices  du  peuple  juif 
sont  saintes,  la  masse  l'est  aussi.  Ces  pré- 
mices sont  les  patriarches,  ou  bien  les  apô- 
tres et  les  disciples  qui  ont  embrassé  la  foi 
et  ont  eu  part  au  salut;  ainsi  le  corps  des 
Juifs,  dont  ils  ont  été  tirés,  y  peut  avoir  part 
aussi.  L'Apôtre  fait  allusion  à  la  loi,  qui  or- 
donnait au  peuple  de  détacher  de  ses  blés  ou 
de  son  vin  les  prémices  pour  les  offrir  à  Dieu, 
afin  que  le  reste  pût  être  saint. 

DELIBERARE.  De  libella,  un  niveau,  une 
balance. 

Délibérer,  résoudre.  2.  Reg.  2i.  13.  Nunc 
eryo  délibéra  :  Délibérez,  yvwôt,  sur  ces  trois 
fléaux  dont  le  Seigneur  vous  donne  le  choix, 
dit  le  prophète  Gad  à  David. 

DELIBUTUS  ,  A  ,  UM  ,  yjjio^jsvoç.  De  l'an- 
cien verbe  delibuo,  du  Grec  hi^-.c^,  irrigare^ 
d'où  vient  libo  et  libuo,  comme  on  disait  do 
et  duo. 

Oint,  parfumé.  Amos.  G.Q.  Oplimo  unguento 
delibuti  :  Coupes  parfumées  des  huiles  de 
senteur  les  plus  précieuses. 

DELICATE.  Délicatement.  Prov.  29.  21. 
Qui  délicate  a  pueritia  nulrit  servum  suum  : 
Celui  qui  nourrit  délicatement  son  serviteur 
dès  son  enfance  le  verra  ensuite  révolté  con- 
tre lui.  Délicate  nutrire,  xarao-TraxH/âv . 

DELICATUS,  A  ,  UM,  Kncàô;.  De  deliciœ , 
arum. 

1°  Tendre,  délicat.  1.  Par.  22.  5.  Puer  par- 
vulus  est  et  delicatus  :  Mon  fils  Salomon  est 
encore  jeune,  et  d'une  complexion  faible  et 
délicate.  Deut.  28.  v.  5i.  56.  Dan.  13.  31. 
Baruch.  k.  26. 

2°  Qui  vit  dans  la  mollesse,  dans  les  déli- 
ces et  l'abondance  des  biens  (rpu^e^èrj.  Isa. 
47.  8.  Audi  hœc  delicata  :  Ecoulez,  ô  Ba- 
bylone,  vous  qui  vivez  dans  les  délices  1 
Hebr.  voluptaria.  Jerem.  49.  4.  Filia  deli- 
cata :  0  ville  abîmée  dans  les  délices  1  Gr. 
impudente,  effrontée,  c.  6.  2. 

3°  Cher,  précieux,  dont  on  fait  ses  délices 
{7p\jf£pôç).  Isa.  58.  13.  Si  vocaveris  sahbalum 
delicatum  :  Si  vous  faites  vos  délices  de  l'ob- 
servation du  sabbat.  Voy.  Vocare.  Jerem. 
31.  20. 

i"  Faible,  et  peu  affermi.  2.;Reg.  3.  39. 
Ego  aute.m  adhuc  delicatus  uvyyevnç  (  cogna- 
tas),  et  unctus  rcx  :  Pour  moi,  je  ne  suis  pas 
assez  fort  pour  venger  un  aussi  grand  crime 
que  celui  de  Joab  et  Abisaï,  qui  ont  tué  Ab- 
ner,  n'étant  roi  que  par  l'onction,  et  non  par 
la  succession,  et  encore  peu  affermi.  La  mé- 
taphore est  tirée  de  la  faiblesse  des  gens  dé- 
licats. 1.  Par.  21.  5. 

DELICIiE,  ARUM,  xpvfpri.  De  l'ancien  verbe 
delicere,  qui  vient  de  lacio,  delicio. 

Proprement,  tout  ce  qui  excède  les  besoins 
que  demande  la  nature,  cl  qui  va  au  delà, 
s'appelle  délices;  dans  l'Ecrilurc  : 

1°  Délices,  plaisir.  Prov.  8.  31.  Deliciœ  mcœ 
esse  cum  filiis  liuminum  :  Mes  délices  sont 
d'être  avec  les  enlanls  des  hommes,  dit  la 


Sagesse  divine.  Elle  se  plaît  d'une  manière 
plus  particulière  dans  les  hommes,  qui  sont 
les  plus  excellents  de  ses  ouvrages,  et  qu'elle 
a  formés  à  son  image  et  à  sa  ressemblance. 
Quelques-uns  rapportent  ceci  à  l'amour  in- 
fini que  le  Fils  de  Dieu,  qui  est  la  S:igesse 
éternelle  du  Père,  a  témoigné  à  l'homme,  en 
s'incarnant  et  se  faisant  homme  pour  le  sau- 
ver et  le  racheter.  Luc.  7.  25.  Mich.  1.  16. 
Totidere  super  filios  deliciarum  tuarum,  i.  e. 
charissimos  :  Arrachez-vous  les  cheveux  en- 
tièrement pour  pleurer  vos  enfants,  qui 
étaient  toutes  vos  délices,  ô  Israël  1  Ps.  138 
i\.  Et  nox  illuminatio  mea  in  deliciis  meis; 
hebr.  circa  me  :  La  nuit  même  devient  toute 
lumineuse  pour  me  découvrir  dans  mes  plai- 
sirs. Voy.  Illuminatio.  A  quoi  peut  se  rap- 
porter : 

Joie,  satisfaction.  Job.  30.  7.  Esse  sub  sen- 
tibus  delicias  computabant  :  Je  suis  mainte- 
nant méprisé  par  des  personnes  qui  faisaient 
leurs  délices  d'être  sous  les  ronces  et  sous  les 
épines. 

2°  Amour  tendre.  Cantic.7.  6.  Charissima  in 
diliciis:  Ma  très-chère,  et  les  délices  de  mon 
cœur,  i.  e.  aimée  tendrement. 

3°  Délicatesse.  Esth.  15.  6.  Super  unam  qui- 
dem  innitebatur,  quasi  prœ  deliciis  et  nimia 
teneritudine  :  Esther  s'appuyait  sur  l'une  de 
ses  servantes,  comme  ne  pouvant  soutenir 
son  corps,  à  cause  de  son  extrême  délicatesse, 
se.  lorsqu'elle  alla  parlera  Assuérus. 

4°  Paix,  repos,  sécurité.  Mich.  2.  9.  Mulie- 
res  p'opuli  mei  ejecistis  de  domo  deliciarum 
suarum  :  Vous  avez  chassé  les  femmes  de 
mon  peuple  des  maisons  où  elles  étaient  en 
repos  et  en  grande  union  avec  leurs  maris. 

5°  Terre  ou  pays  plein  de  délices,  espèce  de 
paradis  terrestre  {Kv.pûoîiaoç).  Isa.  51.  3.  Po- 
natn  desertum  ejus  in  delicias;  hebr.  eden  :  Je 
ferai  un  paradis  terrestre  de  la  Judée,  qui  est 
maintenant  désolée  et  abandonnée. 

DELICTUM,  I,  7rcç,ÛTzzuiJ.x.    Hebr.   Ascham. 

1°  Un  péché,  proprement  d'omission,  étant 
opposé  à  peccatum.  Levit.  7.  7.  Sicut  pro 
peccato  ojfertur  hoslia,  ita  et  pro  delicto  : 
Comme  on  offre  une  hostie  pour  le  péché,  on 
l'offre  aussi  pour  la  faute.  La  raison  de  celle 
signification  est  que  delinquere  signifie  la 
même  chose  que  (/e/îcere,  manquer,  ou  laisser 
passer  ce  qu'on  ne  doit  point  omettre,  comme 
dit  Feslus,  au  lieu  ciue  peccatum,  c'est  lors- 
qu'on fait  le  contraire  de  ce  qu'on  doit  :  Dc- 
liclum  omissio  boni;  peccatum,  perpelratiu 
mali.  Voy.  Jans.  Gand.  in  Eccli.  24.  26.  De 
là  vient  que  ce  mot  signifie  : 

2°  Péché  d'ignorance  ou  de  faiblesse  {-xpà- 
T.zM^a.).  Ps.  18. 13.  Delicta  quis  intelligil'f  Qui 
est  celui  qui  connaît  ses  fautes?  Ps.  2i.  7.  Il 
y  avaitunsacrifice  particulier  pour  celle  sorte 
de  péché,  comme  il  y  en  avait  un  pour  les  pé- 
chés de  malice.  Heb.6'A«///ia/.  Levit.  7. V.7. 37. 
Ista  est  Icx  holocausti,  et  sacnficn  pro  peccalo 
atque  delicto  :  C'est  là  la  loi  de  l'holocauste 
et  du  sacrifice  pour  le  péché  et  pour  la  faute. 
Ezech.  40.  .39.  c  'i2.  13.  c.  46.20.  Néanmoins 
l'interprète  de  notre  Vulgale  confond  souvent 
delicium  et  peccatum.  Levit.  5.  v.  4.  5.  (Si) 
intellexerit  delictum  suum.  agat  pœnitentiam 


1071 


mCTlONNAIRE  DE 


pro  peccato  silo  :  Si  un  homme  se  souvient 
de  sa  faute,  qu'il  fasse  pénitence  pour  son 
péché.  V.  15.  Sipeccaverit,  offeret  pro  delicto 
suo  arfetem  :  Si  un  homme  pèche  par  igno- 
rance contre  les  cérémonies,  il  offrira  pour 
sa  faute  un  bélier  sans  tache,  v.  17.  Si  pec- 
caverit  per  ignorantiam,  et  peccati  rea  intel- 
lexerit,  etc.,  quia  per  errorem  deliquit.  v.  31. 
Ainsi  le  mot  grec  7rap«7rTwpta ,  qui  est  rendu 
par  deliclum  Ephes.  2.  1.  est  rendu  par  pec- 
calum.  V.  5.  Ce  même  mot  signifie  toules 
sortes  de  péchés.  Rom.  k.  23.  2.  Cor.  5.  19. 
3°  Grime,  faute,  péché  {Tzapànroùiiu).  Ephos. 

2.  1.  Mortui  deliclis  :  Hommes  morts  par 
leurs  dérèglements.  Prov.  10.  12.  Universa 
delicta  operit  charitas  :  La  charité  couvre 
toutes  les  fautes.  Matlh.  6. 14.  Ps.  58.  13.  De- 
lictuni  oris  eorum  (  depone  eos  ob  delictum 
cris  eorum)  :  Faites  déchoir  mes  ennemis  de 
l'état  d'élévation  ou  ils  sont,  à  cause  du  crmie 
sorti  de  leur  bouche,  du  refus  injurieux  qu'ils 
ont  fait  de  reconnaître  Jésus-Christ  ou  de  la 
voix  meurtrière  par  laquelle  ils  demandèrent 
sa  mort. 

k°  Peine  encourue  par  le  péché.  Levit.  5. 

3.  Subjacebit  delicto  :  Un  homme  reconnais- 
sant avoir  touché  quelque  chose  d'un  homme 
qui  soit  impur,  d'une  impureté  légale,  sera 
coupable  de  péché,  i.  e.  à  moins  qu'il  n'expie 
ce  péché,  il  en  portera  la  peine.  Jerem.  50.  5. 

5°  Le  péché  d'idolâtrie.  Amos.  8.  14.  Qui 
jurant  in  delicto  Samariœ  :  Ceux  qui  jurent 
par  le  péché  de  Samarie,  par  le  culte  impie 
dos  veaux  d'or  que  les  rois  d'Israël  avaient 
introduits  dans  Samarie,  où  était  leur  siège 
principal.  Le  Prophète  donne  à  ce  culte  le 
nom  de  pèche,  parce  qu'il  avait  irrité  Dieu  et 
qu'il  avait  inspiré  l'idolâtrie  à  tout  le  peuple 
des  dix  tribus. 

6"  Faute,  défaut  («tt»3/x«).  1.  Cor.  6.  T. 
Omnino  delictum  est  in  vobis.  quod  judicia 
habelis  inter  vos  ;  Il  y  a  certainement  du  dé- 
faut parmi  vous,  de  ce  que  vous  avez  des 
procès  les  uns  contre  les  autres  ;  cela  marque 
peu  de  courage,  et  que  l'on  succombe  à  ses 
passions. 

DELINIRE.  Du  simple  lenire. 

Apaiser,  flatter,  caresser,  gagner.  Gen.  34. 
3.  Tristemque  delinivit  blandiliis  :  Sichem, 
voyant  Dina  triste,  se.  de  la  violence  qu'il  lui 
avait  faite,  tâcha  de  la  gagner  par  ses  ca- 
resses. 2.  Par.  24.  17. 

DELINQUERE,  Gr.  nlnixiiûeïv.  Du  simple 
inusité  linquere.  1°  Commettre  une  faute  ou 
un  péché.  Éccli.  27.  1.  Propter  inopiam  multi 
deliquerunt  :  La  pauvreté  en  a  fait  tomber 
plusieurs  dans  le  péché. 

2°  Pécher  grièvement,  se  perdre,  périr.  Ps. 
33.22.  Qui  oderunljustutn,  delinquent  :  Ceux 
qui  ont  de  la  haine  pour  le  juste  pécheront 
contre  eux-mêmes;  hebr.  Devastabuntur,  ils 
périront  ;  Dieu  permettra  qu'ils  meurent  dans 
leurs  péchés.  Au  contraire,  v.  23.  JSon  delin- 
quent omnes  qui  spernntin  eo  :  Tous  ceux  qui 
mettent  leur  espérance  dans  le  Seigneur  ne 
pécheront  point  gricvemont,ou,  s'ils  pèchent, 
ils  se  relèveront  et  ne  mourront  point  dans 
leur  péché.  11  se  peut  prendre  dans  le  môme 


PHILOLOGIE  SACRÉE.  1072 

sens.  Tit.  3.   11.  Subversus  est,  et  delinquUf 

DELIRAMENTUM,  i.  lr,poç,  de  delirare  , 
qui  vient  de  lira,  un  sillon  bien  droit  ;  ainsi, 
delirare,  c'est  s'éloigner  de  la  droite  raison. 

Radotemont ,  rêverie.  Luc.  24.  11.  Visa 
sautante  illos,  sicut  deliramentum  verba  ista: 
Ce  que  les  femmes  qui  étaient  revenues  du  sé- 
pulcre dirent  aux  onze  apôtres,  et  à  tous  les 
autres,  leur  parut  comme  une  rêverie. 

DELONGE.  Voy.  Deprope.  Adverbe  com- 
posé de  la  préposition  de  et  de  longe.  De 
loin.  Jer.  25.  26. 

DELOS;  Gr.  Ostensa.  Ile  de  la  mer  Egée  , 
la  plus  fiimeuse  des  Cyclades,  célèbre  par 
la  naissance  d'Apollon  et  de  ses  oracles  1. 
Mach.  15.  23. 

DELPHON,  Hebr.  Stillicidium.  Le  nom  du 
second  fils  d'Aman.  Esth.  9.  7. 

DELUBRUM ,  i.  Du  verbe  deluere.  et  si- 
gnifie proprement,  un  temple,  devant  lequel 
il  y  a  quelque  fontaine,  oiî  on  se  lavait  avant 
d'y  entrer  ;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Temple  consacré  aux  idoles  {s'îBukov). 
Isa.  27.  9.  Non  stabunt  luci  et  délabra  :  Les 
bois  et  tous  les  temples  consacrés  aux  ido- 
les, seront  renversés.  Jerem.  43.  v.  12.  13. 

2"  Palais,  maison  magnifique  (ol/o?).  Isa. 
13.  22.  Sirènes  in  delubris  voluptatis  :  Les 
cruelles  sirènes  habileront  dans  les  palais  de 
délices  de  Babylone.  Le  mot  hebr.  hecal,  si- 
gnifie, palais  ou  temple. 

DELUDERE.  Amuser,  tromper,  se  moquer. 
Prov.  3.  34.  Ipse  deludet  illusores  :  Le  Sei- 
gneur se  moquera  des  moqueurs.  Gen.  31. 
35.  2.  Par.  32.  15. 

DEMAS;  Gr.  Popularis.  Demas,  compa- 
gnon de  saint  Paul.  Col.  4.  14.  Philem.  v.24. 
Demas  et  Lucas  adjutores  mei.  2.  Tim.  4.  9. 
Demas  me  reliquit  :  Demas  m'a  abandonné, 
s'étant  laissé  aller  à  l'amour  du  siècle.  Ce 
disciple  était  avec  saint  Paul  dans  sa  pre- 
mière prison,  et  l'a  abandonné,  lorsqu'il  y 
était  pour  la  seconde  fois;  ce  qui  fait  voir 
que  l'Epître  2.  à  Timothée  est  postérieure  à 
celle  à  Philémon. 

DEMENS  ;  avouf.  Du  substantif  »ien5,  et  de 
la  prépositition  de,  privative. 

Insensé,  fou,  extravagant.  2.  IMach.  15. 
33.  Manum  autem  démentis  contra  templum 
suspendi  (jussit)  :  Judas  commanda  qu'on 
suspendît  vis  à-vis  le  temple  la  main  de  ce 
furieux.  H  parle  de  Nicanor.  Voy.  c.  14.  v. 
32.  33. 

DEMENTARE;  è^iari'.mi.  Inusité  de  l'ad- 
jectif (/e?nens. 

Infatuer,.  renverser  l'esprit.  Act.  8.  11. 
Propter  quod  multo  tempore  magiis  suis  rfe- 
mentasset  eos  :  Il  y  avait  déjà  longlemps  que 
Simon  le  maj^icion  avait  renversé  l'esprit 
des  habitants  de  Samarie  par  ses  enchante- 
ments :  5c.  lorsque  saint  Philippe  y  alla  prê- 
cher l'Evangile. 

DEMENTIA,  je-,  «vota.  Folie,  extrava- 
gance ou  méchanceté.  2.  Mach.  4.  40.  Duce 
quodam  lyranno,  œtate  paritcr  et  demenlia 
provecto  :  Les  trois  mille  hommes  que  Lysi* 


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maque  arma  pour  user  de  violence  contre 
le  peuple  de  Jérusalem,  avaient  pour  chef  un 
certain  tyran  également  avancé  en  âge  et 
consommé  en  malice. 

DEMERGERE,  /axaTrovri^civ.  ~  1"  Plon- 
ger, submerger,  enfoncer.  Ps.  68.  3.  Tem- 
pestas  demersit  me  :  La  tempête  m'a  sub- 
mergé. Job.  iO.  8.  Faciès  eorum  demerge  in 
foveum  :  Jetez  les  impies  au  fond  de  la  terre; 
i.  e.  du  sépulcre.  Sap.  10.  19.  etc. 

2°  S'ab;ittre,  s'abaisser  (xaT«Àû.:jv).  Eccli. 
43. 19.  Sicut  locusta  demergens  (supl.  se)  de- 
scensus  ejus  :  La  neige  tombe  comme  une 
troupe  de  sauterelles  qui  s'abat  à  terre,  et 
qui   la  couvre  de  leur  grand  nombre. 

DEMETERE ;  ôî^iÇav,  moissonner.  Job.  2i. 
6.  Agriim  non  smim  demetunt  :  Il  y  en  a  qui 
moissonnent  le  champ  qui  n'est  point  à  eux. 
Apoc.  14-.  IG.  Demessa  est  terra  :  La  terre  fut 
moissonnée;  t.  e.  les  hommes  en  furent  en- 
levés. 

Retrancher  de  dessus  la  terre,  en  parlant 
des  liommes  3.  Reg.  16.  3.  Ego  demetam 
posteriora  Baasa  :  Je  retrancherai  de  des- 
sus la  terre  la  postérité  de  Raasa  et  de  sa 
maison,  c.  21.  21. 

DEMETRIUS,  i.  De  ^niiomp,  Cerès,  la  dé- 
esse des  blés. 

l°Démétrius  Soter,  (ils  de  Séleucus,  fils 
aîné  d'Antiochus,  avait  été  en  otage  à  Rome. 
1.  Mach.  7.  2.  Exiit  Demetrius  Seleuci  filius 
ab  urbe  Roma  :  Antiochus  le  Grand  ayant  été 
vaincu  par  les  Romains,  dans  la  bataille  que 
lui  donna  Scipion  ,  surnommé  Y  Asiatique  , 
n'eut  la  paix  qu'à  condition  qu'il  enverrait 
tous  les  ans  à  Rome  vingt  otages,  pour  assu- 
rance de  l'accord  fait  avec  eux.  Son  fils  An- 
»tiochus  Epiphanès  fut  choisi  d'abord  pour 
être  un  de  ces  otages  :  mais  dans  la  suite 
Démétrius,  fils  de  Séleucus  Philopator  son 
cousin  germain,  fut  envoyé  en  sa  place. 
Après  la  mort  d'Antiochus,  Démétrius  se 
sauva  de  Rome,  et  vint  d'abord  aborder  à 
Tripoli,  ville  maritime  de  Syrie,  où  ayant  été 
reconnu  pour  roi,  il  y  amassa  des  troupes,  et 
étant  venu  à  Antioche,  capitale  du  royaume 
de  Syrie,  il  fit  mourir  Antiochus,  surnommé 
Eupator,  fils  d'Antiochus  Epiphanès,  et  Ly- 
sias,  que  les  soldats  de  leur  propre  armée, 
ou  de  la  sienne,  avaient  arrêtés.  1.  Mach.  7. 
V.  1.  2.  3.  k.  c.  8.  31.  c.  9.  1.  c.  10.  v.  2.  3. 
22.  25.  etc.  2.  Mach.  \h.  v.  1.  2.  4.  5.  etc. 

2"  Démétrius,  fils  aîné  de  Démétrius  Soter, 
voulant  venger  la  mort  de  son  père,  et  pos- 
séder son  royaume,  vint  de  Crète  au  pays  de 
SCS  pères;  c'est-à-dire  dans  la  Cilicie,  qui 
faisait  partie  du  royame  de  ses  pères,  l'an 
du  monde  3856.  1.  Mach.  10.  17.  Venit  De- 
metrius filii  Bemetrii,  a  Crela  in  lerrnm  pa- 
trum  suoriim.  Il  fit  général  de  ses  troupes, 
Apollonius,  gouverneur  de  la  Cœlésyrie,  qui 
vint  en  Judée  pour  combattre  les  Juifs,  qui 
avaient  fait  alliance  avec  Alexandre.  Jona- 
thas  et  Simon  combattirent  plusieurs  fois 
contre  lui.  Plolémée  Philomélor  ayant  été  sa 
fille  à  Alexandre,  la  donna  à  Démétrius,  et 
se  ligua  avec  lui  pour  se  défaire  de  leur 
commun  ennemi.  Plolémée  fut  blessé  dans  le 
combat  :  Alexandre  peu  de  jours   après  fut 


tué  par  les  siens;  et  Plolémée  ayant  vu  su 
tête  mourut  trois  jours  après.  Ainsi ,  Démé- 
trius resta  seul  roi  de  Syrie,  à  cause  de  quoi 
il  fut  surnommé  iVi'canor;  c'est-à-dire  vain- 
queur. Tout  était  assez  paisible  dans  la  Ju- 
dée :  mais  Jonathas  ayant  attaqué  la  forte- 
resse de  Jérusalem,  Démétrius  le  fit  venir 
pour  lui  faire  rendre  compte  de  cette  action. 
Jonathas  ne  laissa  pas  de  continuer  le  siège, 
et  apaisa  ce  prince  par  ses  présents.  Démé- 
trius ayant  congédié  ses  vieilles  troupes, 
comme  n'en  ayant  plus  besoin,  Tryphon  en 
prit  occasion  pour  faire  roi  le  petU  Antio- 
chus, surnommé  le  Divin,  qui  était  fils  d'A- 
lexandre. Démétrius  étant  entré  dans  la 
Médie  pour  se  fortifier  contre  Tryphon  ,  fui 
pris  par  le  général  de  l'armée  du  roi  de  Perse 
et  de  Médie,  et  fut  mené  à  ce  prince,  qui  lui 
fit  épouser  sa  fille  Rodogune.  Cléopâtre,  sa 
première  femme,  outrée  de  dépit,  se  donna 
elle  et  son  armée  à  Antiochus  ,  appelé  Si- 
dé  tes  ,  frère  de  Démétrius.  Après  sa  mort, 
Démétrius  fut  remis  sur  le  trône,  qu'il  tint 
quatre  années;  ses  [sujets,  ne  pouvant  le 
supporter,  à  cause  de  son  orgueil,  deman- 
dèrent à  Plolémée  Phiscon,  roi  d'Egypte  , 
qu'il  leur  donnât  quelqu'un  de  la  famille 
des  Séleucides  pour  les  gouverner.  Alexan- 
dre dit  Zebina,  fut  choisi  par  lui;  et  venant 
en  Syrie,  tous  les  peuples  le  reconnurent 
pour  roi  ,  et  contraignirent  Démétrius  do 
prendre  la  fuite.  On  le  chassa  de  tous  les 
lieux  où  il  voulut  chercher  un  asile;  cl  enfin 
il  fut  tué  par  quelques  gens  apostés  par  ses 
ennemis,  l'an  du  monde  3880. 

3"  Démétrius  l'orfèvre,  qui  souleva  le  peu- 
ple contre  saint  Paul.  Acl.  19.  v.  24.  38. 

4°  Un  homme  de  piété.  3.  Joan.  12.  Dcme^ 
trio  testimonium  redditur  ab  omnibus  :  Tout 
le  monde  rend  un  témoignage  avantageux  à 
Démétrius. 

DEMINORATIO,  nis  ;  Gr.  èlccTz^nç,  inusité 
de  minor,  is. 

Diminution,  perte,  dommage.  Eccli.  22.  3. 
Filia  autcm  in  dcminoralione  fiet  :  Une  fille 
immodeste  sera  peu  estimée,  ou,  ne  causera 
pas  peu  de  dommage. 

DEMITTERE.  Abaisser,  envoyer,  mettre 
dedans. 

l-'Raisser,  abaisser.  Job.  32.  6.  Dcmisso 
capile  veritus  sum  vobis  indicare  mcamsenlen- 
tiam:  Je  suis  demeuré  la  tête  baissée,  sans 
oser  seulement  dire  mon  avis.  Exod.  40.  3. 
Demittes  ante  illam  vélum  ((jvtsTniÇstv,  tegêre). 
Vous  suspendrez  le  voile  au-devant  de  l'ar- 
che. 3.  Reg.  21.  27.  Isa.  49.  23. 

2'^Faire descendre,  faire  tomber  {èmSâïkuv) . 
Num.  U.  31.  Colurnicrs  delulit.  et  dcmisit  in 
castra  :  Un  vent  excité  par  le  Seigneur,  em- 
porta des  cailles  de  delà  la  mer,  les  amena, 
et  les  fil  tomber  dans  le  camp  et  autour  du 
camp  (des  Israélites  .  Jos.  2.  15.  Dcmisit 
rrgo  eos  per  funem  de  fenrslra  (x«T«;<^«),«Ç£tv)  : 
H.ihabfil  descendre  les  deux  espions  de  Jo- 
sné  par  une  corde  qu'elle  attacha  à  sa  fe- 
nêtre. 

3  ■  Enfoncer.  Job.  3H.  16.  Quis  demisit  la- 
pidem  angularcm   ejns?   Savez -vous   quia 


1075 


posé  la  pierre  angulaire  des  fondements  de  la 
terre  ? 

DEMOLIRI;  à^pavtÇttv.l"  Abattre,  renverser, 
détruire,  ravnger.  Joël.  2.8.  Per  fenestras  ca- 
dent,etnon  demoUentur  [y.a.i  o\j  ^ir,  o-wTsi-o-ôwrt): 
ils  se  glisseront  par  les  ouvertures  ,  sans 
avoir  besoin  de  rien  abattre.  l.Rog.  lo.3. 
Demolire  universa  ejus  :  Détruisez  tout  ce 
qui  est  à  Amalec,  dit  S.imuel  à  S;iùl.  2.  Reg. 
20.  20.  Prov.  15.  23.  Gant.  2.  13.  Ce  verbe 
Se  prend  passivement.  Amos  7.  9.  Demo^ 
lientur  excelsa  idoli  :  Les  hauts  lieux  con- 
sacrés à  l'idole  seront  détruits.  Heb.  Excelsa 
A«aac; Les  hauts  lieux  d'Israël  ou  des  Israéli- 
tes descendus  d'Isaac.  Ezech.  6.  6.  Joël  1.  17. 
l.Mach.  U.  i. 

2"  Perdre,  ruiner.  1.  Reg. 3.  6.  Demulitiis 
est  eos  :  Dieu  ruina  le  pays  de  ceux  d'Azot. 
Jerem.  31.28. 

3°  Gâter,  user,  ronger.  Matlh.  6.  19.  Ubi 
œrugo  et  tinea  demolilur  :  La  rouille  et  les 
vers  mangent  les  trésors  que  l'on  met  en 
terre,  v.  20. 

DEMONSTRARE;   Setxvùvai  ,    è-iCBty.-j-Jvv.i.  — 

1"  Faire  voir,  montrer  évidemment,  décla- 
rer, i.  Cor.  i^.3i.  Excellentiorem  viam  vo- 
bis  demonstro  :  Je  m'en  vais  vous  montrer 
une  voie  beaucoup  élevée  au-dessus  de  tes 
dons  surnaturels.  Saint  Paul  entend  parler 
de  la  charité.  Voy.  c.  13.  v.  1.  2.  3.  13. 
Ainsi  ,  Ps.  2i.  i.  Vins  tuas.  Domine,  de- 
monstra  mihi  (y'jfùpii^tiv)  :  Montrez-moi,  Sei- 
gneur, vos  voies.  Voy.  Via. 

2°  Montrer,  enseigner ,  faire  entendre. 
Joan.  3.  20.  Omnia  demonslrat  ei  quœ  ipse 
facit  :  Le  Père  éternel  donne  au  Verbe  éter- 
nel avec  sa  nature  divine  ,  la  connaissance 
de  tout  ce  qu'il  fait.  La  comparaison  se  tire 
d'un  maître  qui  a  un  disciple  qu'il  instruit 
en  particulier,  à  qui  il  découvre  les  secrets 
de  son  art,  ou  bien,  selon  d'autres,  le  Père 
éternel  marque  à  son  Fils,  et  lui  lait  con- 
naître ce  qu'il  veut  qu'il  fasse  en  chaque 
temps.  Voy.  c.  8.  28.  D'autres  l'expliquent 
par  la  conjugaison  hébraïque  fupliil,  le  Père 
fait  faire  au  Fi!s  tout  ce  qu'il  fuit  lui-même. 

Voy.  OSTENDERE. 

3°  Instruire,  avertir  de  quelque  chose. 
Matth.  3.  7.  Quis  demonstravit  vobis  fitgeren 
tenlura  irai  Qui  vous  a  avertis  de  fuir  la 
colère  qui  doit  tomber  sur  vous  ?  Saint  Jean 
demande  avec  admiration  aux  Pharisiens  cl 
aux  Sadducéens  s'il  est  possible  qu'ils  son- 
gent sérieusement  à  leur  salut. 

DEMOPHON;  Gr.  Popiili  interfector.  Un 
capitaine  de  l'armée  d'Anliochus  Eupator, 
qui  fit  beaucoup  de  mal  aux  Juifs.  2.  Math. 
12.  2. 

DE.MORARI;  aOÀtÇscôai,  SixzrA^.ti-j.—  i  S'ar- 
réier,  demeurer.  Eccli.  17,  26.iVon  dcmoreris 
in  errore  inipionim :  Scûcmvurcz  point  dans 
1  erreur  des  méchants.  Jo.in.  3.  22.  Illic  de- 
morabatur  cum  eis,  et  baptizubdt  :  Jésus- 
Christ  demeurait  en  Judée  avec  ses  diciples, 
et  y  baptisait.  Act.  lï.  3. 

2°  Etre,  se  trouver.  Ps.  29.  6.  Ad  vesperum 
demoraljitnr  flelus,  et  ad  matutimim  lœtilia  : 
Dieu  es",  si  bon,  tjue  si  la  tristesse  ou  les 
pleurs  se  trouvent  en  nous  et  nous  allligent 


DICIIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE.  1070 

le  soir,  il  nous  remet  le  malin  dans  la  joie. 

3^ Se  reposer  en  quelque  chose.  Ps.  2i.  13. 
Anima  ejus  in  bonis  demorabilur  :  L'âme  de 
celui  qui  craint  leSeigneur  se  reposera  dans 
l'abondance  des  biens,  et  en  jouira  avec  une 
grande  sécurité. 

i°  Continuer,  persévérer.  2.  Mach.  3.  27. 
Fœni  cibo  vescentes  demorabantur  :  Judas  de- 
meurait lui  dixième  sur  les  montagnes,  sans 
manger  autre  chose  que  l'herbe  des  champs 

3°  Tarder,  différer  (èiJiuhii^).  Eccli.  6.  22. 
Non  demorabantur  projicere  illam  :  Les  im- 
prudents ne  différeront  point  à  rejeter  la 
sagesse.  Ici  l'Ecriture  fait  allusion  à  la  cou- 
tume où  la  force  des  hommes  s'éprouvait 
en  leur  faisant  porter  de  grosses  pierres. 

DEMORATIO,  ms  ;  ot«T/îtoyî.  Demeure,  re- 
tardement, amusement.  Prov.  12.  11.  Qui 
suavis  est  in  vini  demorationibus  :  Celui  qui 
se  plaît  à  passer  le  temps  à  boire,  laissera 
des  marques  de  sa  honte,  etc. 

DEMUM.  De  o-o  et  de  muni,  ou  du  verbe  de- 
tnere,  ôter,  pour  marquer  ce  qui  reste  en 
dernier  lieu. 

Enfin,  à  la  fin.  Gen.  41.  9.  Tune  demain 
reminiscens  pincernarum  magisler  :  Alors  le 
grand  échanson  commença  à  se  souvenir  de 
Joseph.  Num.  19.7.  2.  Mach.  6.  13. 

DENABA  ;  Heb.  Judicium  ejus  in  ea.  Ville 
de  l'Iduméo,  où  a  régné  Béla.  Gen.  36.  32.  1. 
Par.  1.  43. 

DENARIUS,  II  ;  oryvà/itov.  De  denus,  a,  um  , 
qui  vient  de  decem. 

Pièce  de  monnaie  d'argent  en  usage  chez  les 
Romains,  valant  autant  que  la  drachme,  et 
qui  revient  environàseplsous  huit deniersde 
notre  monnaie;  mais  elle  a  été  de  diverses 
valeurs^  selon  les  différents  temps. Matlh.  18. 
28.  Debebat  ei  centum  denarios  :  Un  de  ses 
compagnons  lui  devait  cent  deniers,  qui  font 
un  peu  plus  de  trente-huit  livres.  Marc.  6. 
37.  etc.  Cette  pièce  est  appelée  denarius  , 
parce  qu'elle  valait  dix  livres  d'airain ,  ou 
il\xasses,  dont  chacun  revenait  à  neuf  de- 
niers de  notre  monnaie. 

DENEGARE.  1°  Dénier,  refuser  (àyatûcîv). 
Prov.  30.  7.  Ne  deneges  mihi  :  Ne  me  refusez 
pas  avant  que  je  meure  les  deux  choses  que 
je  vous  ai  demandées. 

2"  Renoncer  à  quelque  chose  (àTT-aovEtirOKi). 
Marc.  8.34.  Si  guis  vult  me  scqui ,  deneget 
semetipsum  :  Si  quelqu'un  veut  venir  après 
moi,  qu'il  renonce  à  soi-même,  dit  Jésus- 
Christ. 

DENI,  £,  A,  Sé-KCA.  De  decem.  Dix.  Exod. 
2G.  16.  Singulœ  denos  cubitos  in  longiludinem 
liabcant  :  Chacun  des  ais  pour  le  tabernacle 
aura  dix  coudées  de  haut.  Num.  7.  8'»  Apoc. 
9.  16.  Numerus  eguestris  exercilus  vicies  mil- 
lies  dena  millia  (_au|itâo£î  ^\)ùià.^ùj'i)  :  Le  nombre 
de  celle  armée  était  de  deux  cents  millions. 

DENIGRAKE  ,  ^t^atcOv  ,  du  simple  nigrare 
peu  usité.  Noircir,  rendre  noir.  Job.  30.  30. 
Ct((is  mea  denigrata  est  super  me  :  Ma  peau 
est  devenue  noire  sur  ma  chair.  Thren.  4.  8. 

DENIQUE.  Dedein  et  de  que,  m  transpo- 
sant/». Enfin.  Judic.  20.  5.  Denique  mortua 
est  ;  Enfin   ma  femme  est  morte,   se.   de  la 


4077 


DEN 


DEN 


ibU 


brulalilé  furieuse  et  incroyable  que  les  hom- 
lues  de  Gabaa  ont  exercée  sur  elle,  dit  le  Lé- 
vile  à  lous  les  Israélites.  Eslh.  9.  25. 

DENOTARE.  Marquer,  noter  d'infamie , 
déshonorer.  Eccli.  19.  5.  Qui  gaudet  iniqui- 
tale  denotabitur  :  Celui  qui  aime  l'iniquité 
sera  déshonoré,  sera  blâmé,  ou  condamné. 

DENOTATIO,  nis,  -/.K-âvvwc-i?,  marque  d'in- 
famie, reproche,  condamnation.  Eccli.  5. 
17.  Denotalio  pessima  super  bilinguem  :  La 
langue  double  s'attire  une  très-grande  con- 
damnation. 

DENS,  Tis ,  Gr.  du  Grec.  ôSoùç,  doôvTo,-. 

l°Dent.Ps.lll.lO.  Dentibus suis  [remet  .-Le 
pécheur  grincera  les  dents.  Prov.  2o.  19.  3. 
Reg.  10.  22.  Deferens  dentés  elephantorurn  : 
Entre  les  marchandises  qui  venaient  deThar- 
sis  dans  la  flotte  de  Salomon  et  du  roi  Hiram, 
étaient  des  dents  d'éléphant  dont  on  faisait 
l'ivoire.  Ezech.  27.  lo.  Dentés  eburneos  ,  des 
dents  d'ivoire  ;  d'où  vient  :  Dentem  pro  dente 
restituere  :  Rendre  dent  pour  denl.  Levit.  2i. 
20,  C'était  la  loi  du  Talion  qui  ordonnait 
de  souffrir  le  même  mal  qu'on  avait  fait  à  un 
autre. 

2''  La  force,  la  violence,  la  cruauté  des  mé- 
chants. Ps.  57.  7.  Deus  conleret  dentés  eorum 
in  ore  ipsorum  :  Dieu  brisera  les  dents  des 
pécheurs  dans  leur  bouche.  Ps.  123.  6.  Qui 
tion  dédit  nos  in  captionem  dentibus  eorum  : 
Que  le  Seigneur  soit  béni ,  lui  qui  ne  nous  a 
point  donnés  en  proie  aux  dents  des  hommes 
qui  s'élevaient  contre  nous,  etc.  La  méta- 
phore est  tirée  des  bêtes  farouches,  dont  la 
force  et  la  violence  consistent  principalement 
dans  les  dents.  Mich.  3.  5.  Qui  mordent  denti- 
bus suis  :  Voici  ce  que  dit  le  Seigneur  contre 
les  prophètes  qui  mordent  avec  les  dents. 
Voy.  MoLA.  Dan.  7.  5.  Très  ordines  eranl  in 
ore  ejus  et  in  dentibus  ejus  :  La  seconde  bêle 
qui  parut  à  Daniel  et  qui  ressemblait  à  un 
ours  ,  avait  trois  rangs  de  dents  dans  la 
gueule.  L'empire  des  Mèdes  et  des  Perses 
nous  est  flguré  par  cette  seconde  bête;  les 
trois  rangs  de  dents  pouvaient  figurer  la 
réunion  des  trois  puissances  des  Chaldéens, 
des  Perses  et  des  Mèdes,  ou  peut-être  l'a- 
vidité insatiable  de  ceux  dont  cet  oirs  était 
la  figure. 

Façon  de  parler  tirée  de  celle  signiScaiion. 

Frangere  ad  numerum  dentés.  Casser  les 
dénis  les  unes  après  les  autres;  c'est  faire 
souffrir  à  quelqu'un  de  grands  maux.  ïhren. 
3.  16.  Fregit  ad  nutnerum  dentés  :  Le  Soi- 
gneur m'a  rompu  les  dents  sans  m'en  laisser 
une  seule. 

3°  Médisance,  calomnie.  Ps.  56.  5.  Dentés 
eorum  arma  et  sagittœ  :  Les  enfants  des  hom- 
mes ont  des  dents  qui  sont  comme  des  ar- 
mes et  des  flèches.  Prov.  30.  ik. 

k"  Les  ministres  de  l'Eglise  qui  dispensent 
la  parole  de  Dieu.  Gen.  49.  12.  Dentés  ejus 
lacté  candidiores  :  Les  dents  de  Juda  sont 
plus  blanches  que  le  lait.  Voy.  Candidus. 
Gant.  i>.  2. 

DENSARE.  Grossir,  épaissir;  dans  l'E- 
criture : 


Multiplier,  fortifier.  Job.  8-.  17.  Super  acer- 
vum  petrarum  radiées  densabuntur  :  L'hypo- 
crite est  comme  une  piaule,  dont  les  racines 
se  multiplient  dans  un  tas  de  pierres. 

DENSITAS,  oi^o?.  Epaisseur.  Isa.  9.  18. 
Succendetur  in  densitate  saltus  :  L'impiété 
s'embrasera  comme  dans  l'épaisseur  d'une 
forêt,  autr.  dans  la  foule  du  peuple.  Voy. 
Saltus. 

DENSUS,  A,  UM.  De  l'adjectif  grec,  ôao-A-, 
eïK,  oa^O,  qui  signifie  la  même  chose.  —  1° 
Epais,  grossier.  Exod.  10.  21.  Sint  tenebrœ 
super  terram  JEgypti  tam  densœ  ut  palpari 
gueant  :  Qu'il  se  iorme  sur  toute  l'Egypte  des 
ténèbres  si  épaisses  qu'elles  soient  palpables, 
c.  19.  16.  Hab.  2.  6.  —  2°  Serré,  pressé, 
touffu.  Levit.  23.  40.  Sumetis  ramos  ligni 
densarum  frondium  :  Vous  prendrez  les  bran- 
ches de  l'arbre  le  plus  touffu  ;  du  myrthe. 
Hieron.  in  Zachar,  c.  li.  16.  Josèphe.  Ant, 
1.3.  c.  10. 

DENUDARE  ,  «7Tox«Xy-T£tv.  i"  Découvrir  , 
mettre  à  nu,  faire  paraître  à  découvert.  Isa, 
W.  2.  Dénuda  tiirpitudinem  tuam  :  Dévoilez 
ce  qui  vous  fait  rougir,  ô  Babylone.  Celte  fa- 
çon de  parler  marque  la  servitude  où  l'on  est 
réduit,  parce  que  les  esclaves  étaient  à  la  di- 
scrétion de  leurs  maîtres.  Judith.  9.  2.  Hab. 
3.  13,  Denudasti  fundamentum  ejus  usque  ad 
collum  (  £;r/-tr.££v  ,  suscitare  )  :  Vous  a\ez 
ruiné  la  maison  de  l'impie  de  fond  en  com- 
ble. Voy.  CoLLUM. 

2"  Dépouiller  (îzôùetv).  Ezech.  16.  39.  c. 
23.  26.  Denudabunt  te  vestimentis  tuis  :  Les 
Babyloniens  vous  dépouilleront  de  vos  vête- 
ments :  le  Prophète  parle  contre  les  Juifs. 

3°  Faire  paraître ,  faire  éclater.  Eccli.  6. 
9.  Est  amicus  qui  odium  et  rixam  et  convitia 
denudabit  :  Il  y  a  un  ami  qui  découvre  sa 
haine  et  qui  se  répand  en  des  querelles  et  en 
des  injures,  autr,  qui  découvrira  les  mésin- 
telligences et  les  disputes,  accompagnées  de 
paroles  injurieuses  qui  se  seront  passées  en- 
tre vous,  Gr.  il  y  a  un  ami  qui  devient  tel- 
lement votre  ennemi,  qu'en  vous  querel- 
lant, il  découvre  des  choses  qui  vous  sont 
honteuses. 

k"  Découvrir,  révéler.  Eccli.  19.  8.  Si  est 
libi  delictum,  noli  denudare  :  Si  vous  avez 
commis  un  péché,  ne  le  leur  découvrez  point, 
ni  à  votre  ami,  ni  à  votre  ennemi.  La  Vul- 
gale  peut  aussi  signifier  :  Et  si  vous  avez 
connaissance  de  la  faute  de  votre  prochain, 
ne  la  découvrez  pas  à  vos  amis  :  ce  qui  est 
conforme  au  Grec  :  Ne  déclarez  poinl  ni  à 
voire  ami  ni  à  voire  ennemi  les  fautes  d'au- 
trui.  Voy.  Naurare.  Gr.  Si  le  péché  ne  re- 
tombe point  sur  vous,  ne  le  découvrez  poinl  ; 
on  ne  peut  quelquefois  pas  se  justifier  d'un 
crime,  sans  en  charger  d'autres,  c.  27.  17. 
Qui  dénudât  arcana  amici,  fidem  perdit  :  Ce* 
lui  qui  découvre  les  secrets  de  son  ami, 
perd  toute  créance,  v.  19.  2'*.  elc.  Ainsi  , 
c.  6.  9. 

DENUDATIO,  nis,  àrroxaXuvt»-,  manifesta- 
tion, exposition.  Eccli.  11.  29.  In  fine  ho~ 
ininis  denudalio  opcrum  iUius  :  A  la  mort  du 
l'homme,  toutes  ses  œuvres  seront  décoa- 
verles. 


1079 


DFCTÏONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


1080 


DENUNTIARE.  — 1"  Déclarer,  faire  enten- 
dre, avertir  (Sta/zaTypsto-Sat).  Gen.  43.  v.  3. 
5.  Denuntiavil  nobis  vir  ille  :  Celui  qui  coin- 
roande  dans  le  pays  d'Egypte  nous  a  déclaré 
sa  résolution  :  Judas  témoigne  à  Jacob  que 
Joseph  leur  avait  déclaré  qu'ils  ne  le  ver- 
raient point,  s'ils  ne  lui  menaient  Benjamin. 
Num.  18.  26.  1.  Macli.  9.  63.  1.  Tim.  1.  3. 
Eccli.  16.  31.  Anima  omnis  vitalis  denuntia- 
vit  onte  facicm  ipsius  :  Tous  les  animaux, 
dont  la  surface  de  la  terre  est  couverte,  font 
connaître  que  la  terre  est  remplie  des  biens 
que  Dieu  y  a  mis  :  selon  le  Grec  ;  Tous  les 
animaux  couvrent  la  surface  de  la  terre. 
Gr.    h.akv^z.    L'interprète    a    peut  -  être   lu 

«7rS-/«ÀTJl|'£V. 

2°  Ordonner  commander  (Trapa^ysHEiv).  Act. 
h.  18.  Denuntiaverunt  ne  omnino  loquerenttir : 
Tous  ceux  de  la  race  sacerdotale  défendirent 
à  saint  Pierre  et  à  saint  Jean  de  parler  en 
quelque  manière  que  ce  fût...  de  Jésus- 
Christ,  c.  5.  40.  2.  Thess.  3.  v.  6.  10.  Voy. 
Pr^ecipere. 

DENUO  ,  Gr.  7r«>tv  ,  de  novus  quasi  de 
novo. 

1*  Derechef,  de  nouveau,  une  autre  fois. 
Joan.  3.  7.  Oportet  vos  nasci  denuo  :  11  faut 
que  vous  naissiez  encore  une  fois  ;  cette  se- 
conde naissance  est  expliquée,  v.  5.  Ainsi, 
V.  3.  Levit.  14.  48.  Marc.  14.  40. 

2°  Ce  mot  se  prend  abusivement  pour  mar- 
quer, non  pas  la  mcme  chose,  mais  quelque 
chose  de  semblable.  Gai.  4,  9.  Quomudo  con- 
vertimini  iterum  ad  infirma  et  egena  elementa, 
guihiis  denuo  servire  vultis?  Comment?  vous 
allez-vous  encore  assujettir  aux  observations 
légales,  qui  n'étaient  que  des  éléments  fai- 
bles et  pauvres?  Or,  les  Galates  n'avaient 
point  été  assujettis  aux  cérémonies  de  la 
loi. 

DEORSUM,  y.ry.ro},  de  de  et  de  vorsmn  ou 
versum. 

1°  En  bas,  de  haut  en  bas.  Matlh.  4.  6. 
Mille  le  deorsum  :  Jetez-vous  en  bas,  dit  à 
Jésus-Clirist  le  démon,  après  l'avoir  mis  sur 
le  haut  du  temple.  Luc.  4.  9.  Prov.  2o.  3. 
Cœlum  sursum,  et  terra  deorsum ,  et  cor  re- 
Qum  inscrutabile  {^yM; ,  eîk)  :  Le  ciel  dans 
sa  hauteur,  la  terre  dans  sa  profondeur,  et  le 
cœur  des  rois,  trois  choses  impénétrables. 
Act.  2.  19. 

Façon  de  parler  tirée  de  cette  signification. 

De  deorsum  esse:  Etre  d'ici  bas,  c'est  être 
engagé  dans  les  affections  terrestres.  Joan. 
8.  23.  Vos  de  deorsum  eslis  :  Vous  êtes  d'ici- 
bas,  vous  êtes  de  la  terre;  ainsi  vous  n'avez 
que  des  pensées  basses  et  terrestres. 

2°  La  partie  la  plus  basse  (  yurxyctoç  }. 
Gen.  G.  16.  Deorsum  cœnacuhi  et  Irislega 
faciès  in  ea  :  Au-dessous  du  comble  de  l'ar- 
che, vous  ferez  jusqu'à  trois  étages.  Deorsum^ 
i.  e.  quœ  deorsum  sunl,  seu  partcm  infimam, 
infima  labulaia,  cœnacula ,  i.  e.  média  tabii- 
lata;  trislega,  terlia  tabulala,  seu  suprema. 
Voy.  Tbisteg-v. 

DKOSCULARI ,  (^àsi-j.  Baiser,  embrasser 
Icndremcnt.  soit  par  amour  et  amitié  pure 
attendre,  dcn.  48.    0.  Applicilosguc  ad  se, 


deosculatus  et  circumpiexiis  eos  :  Jacob  ayant 
fait  approcher  les  enfants  de  Joseph,  il  les 
embrassa  et  les  baisa,  c.  50.  1.  Cant.  8.  1. 
Soit  impure,  Prov.  7.  13.  Apprehensumque 
deosculalur  juvenem  :  Une  courtisane  prend 
ce  jeune  homme  et  le  baise.  Soit  par  respect 
et  comme  une  marque  de  soumission.  1.  Reg. 
10.  1.  Samuel  deosculatus  est  eum  :  Samuel 
baisa  Saiil,  sav.  après  l'avoir  sacré  roi.  Prov. 
24.  26.  Labia  deosciilabilur  qui  recta  verba 
respondet  :  Celui  qui  répond  à  un  homme 
dans  la  droiture,  est  autant  chéri  de  lui 
que  s'il  lui  donnait  un  baiser.  Ainsi  , 
Vestigia  pedum  deosculari  :  Baiser  les  traces 
des  pieds,  i.  e.  donner  des  marques  de  la 
plus  grande  soumission.  Estli.  13. 13. 

DEPASCERE,  vî^stv.  Paître,  manger.  Sap. 
19.  9.  Tanquam  equi  dcpaverunt  escam  :  Les 
Israélites  se  réjouirent  comme  des  chevaux 
dans  de  gras  pâturages,  se.  après  qu'ils  eu- 
rent passé  la  mer  Rouge. 

Dévorer,  consumer  (  Trotfxatvriv  ).  Ps.  48. 
15.  Mors  depascet  eos  :  La  mort  dévorera  les 
pécheurs  ;  Hebr.  et  Gr.  La  mort  sera  le  pa- 
steur qui  les  conduira. 

DEPASCI,  xaTag6<7znv.  Paître.  Exod.  22.5 
Si  quispiam  dimiserit  jumenlmn  suum  ut  de- 
pascatur  aliéna  :  Si  un  homme  laisse  aller  sa 
bête  dans  un  champ  ou  une  vigne,  pour  man- 
ger ce  qui  n'est  pas  à  lui.  A  quoi  se  rapporte 
dans  le  sens  métaphorique  ,  Ezech.  34.  18. 
Nonne  satis  vobis  erat  pascua  bona  depasci  : 
Ne  vous  devait-il  pas  suffire,  ô  riches,  qui 
tourmentez  les  pauvres  de  mon  peuple,  de 
vous  nourrir  en  d'excellents  pâturages? 

Ravager,  détruire  (/c.Tavi/i/eiv).  Ps.  79.  14. 
Singiilaris  férus  depastas  est  eam  :  La  béte 
sauvage  a  dévoré  votre  \  igné.  Isa.  3.  14.  Voy. 

VlNEA. 

DEPELLERE,  S>Osii> ,  Ebranler,  mettre  en 
état  de  tomber.  Ps.  61.  4.  Quousqae  inlerfici^ 
tis  universi  vos  tanqiiam  parieti  inclinato  et 
maceriœ  depulsœ?  Jusqu'à  quand  vous  joi- 
gnant tous  ensemble  pour  tuer  un  homme 
seul,  le  pousserez-vous  comme  une  muraille 
qui  penche  déjà  et  une  masure  tout  ébran- 
lée ? 

DEPENDERE.  Pendre  de  quelque  lieu,  être 
suspendu.  Job.  15.  27.  De  lateribus  ejus  ar- 
vina  dependet  :  La  graisse  a  couvert  tout  son 
visage,  et  elle  lui  pend  de  tous  côtés;  /.  c. 
il  s'est  fortifié  et  comme  engraissé  dans  le 
mal. 

DEPERIRE.  —1°  Périr,  se  perdre,  en  p,ir- 
lanldes  personnes.  Eccli.  31.  7.  Omnis  im- 
prudens  deperiet  in  illo  (  àlhxîaO'xt  )  :  L'or 
fera  périr  tous  les  insensés.—  2'  Aimer  éper- 
dûment.  2.  Reg.  18.  2.  Fnctum  est  autcm  ul 
Amnon  deperirel'eamvalde :  L'amour  qu'Am- 
non  eut  pour  Thamar  fut  excessif. 

DEPILATUS,  A,  UM,  /xaSwv;  du  substantif 
pilus. 

A  qui  on  a  arraché  le  poil,  pelé,  usé. 
Ezech.  29.  18.  Omnis  humérus  depilatus  est: 
Les  gens  de  Nabuchodonosor  oui  toutes  les 
épaules  écorcliées,  se.  faute  d'habils  et  à 
force  de  porter  des  fardeaux  au  siège  de 
Tyr 


DEPINGERE 


Oiv.ypc.^ecj. 


i°    Peindre, 


1081 


I)EP 


DEP 


1082 


nprésenler.  Ezech.  8.  10.  Universa  idola 
domiis  Israël  depicta  erant  in  pariete  :  Toutes 
ces  idoles  élaient  peinles  sur  la  muraille  tout 
autour,  c.  23.  ik. 

S'"  Peindre,  teindre,  faràer  [T-i^jiCju).  k. 
Reg.  9,  30.  Depinxit  oculos  suos  sdbio  :  Jésa- 
bol,  ayant  appris  l'arrivée  de  Jehu,  se  pei- 
gnit les  yeux  avec  du  noir;  se.  d'un  fard 
fait  danlimoino,  propre  pour  cela.  Voy.  Sti- 

BIUM. 

DEPLORARE.  Déplorer  son  malheur,  ou 
celui  des  autres,  pleurer, gémir  (TTocTooOoecr^ai'. 
Sap.  19.  3.  Adhuc  déplorantes  ad  monumenta 
mortuorum  :  Lorsque  les  Egyptiens  pleu- 
raient encore  aux  tombeaux  de  leurs  enfants 
morts,  ils  poursuivirent  les  Israélites  comme 
des  fugitifs. 

DEPO>'ERE,  à-oriOhy.i.—  i'  Quitter,  mettre 
bas  {--[iivrjui'jn  -z'j.  'vj.ii-u7).  Gen.  38.  li.  Depo- 
sitis  viduitalis  vestibus  :  Thamar  quitta  ses 
habiîs  de  veuve,  à  dessein  de  surprendre 
Judas,  et  se  venger  de  lui.  Levit.  16.  23. 
Deut.  21.  13.  etc. 

Quitter,  laisser,  s'abstenir.  Ephes.  4.  23. 
Déponentes  mendacium  :  Renoncez  au  men- 
songe. Coloss.  3.  8.  1.  Petr.  2.  2.  Job.  36.  19. 

2°  Descendre  quelque  chose,  tirer  en  bas 
{y.x^xicîïj).  Marc.  13.  i6.  Deponens  eum  in- 
volvit  sindone  ■•  Joseph  descendit  Jésus  de  la 
croix,  et  l'enveloppa  dans  le  linceul,  v.  36. 
Act.  13.  9.  Jos.  8.  29.  etc. 

—  Faire  descendre,  faire  tomber,  Tob.  6. 
13.  Timeo  ne  deponam  seneclutem  illorum  ad 
inferos:  Je  ciains  que  je  ne  cause  à  mon  père 
et  à  ma  mère  une  affliction  capable  de  con- 
duire leur  vieillesse  jusqu'au  tombeau  ;  si  je 
viens  à  mourir  après  avoir  épousé  Sara  : 
C'est  le  jeune  Tobie  qui  parle. 

—  Abattre,  renverser,  perdre,  chasser 
(zarà'/îiv).  Ps.  38.  12.  Depone  eos  :  Faites 
tomber  mes  ennemis  de  cet  état  d'élévation 
où  ils  sont,  Seigneur.  Luc.  1.  32.  Deposuit 
patentes  de  sede  :  Dieu  a  arraché  les  grands 
de  leurs  trônes.  Isa. 22. 19.  Dan.  3.  20.  Exod. 
13.  7.  Thren.  1.  9.  etc. 

Abolir,  effacer,  détruire  (zKTaovvctv).  Mien. 
7.  19.  Deponet  iniquitates  nostras  :  Le  Sei- 
gneur détruira  nos  iniquités. 

3' Porter  d'un  lieu  à  un  autre  (  zaTKyîiv  ). 
3.  Reg.  3.  9.  Servi  viei  déponent  ea  de  Lihano 
ad  mare;  Mes  serviteurs  porteront  les  cèilres 
qu'ils  auront  coupés,  du  Libiin  sur  le  bord 
de  la  mer  :  Hiram  écrit  à  Salomon. 

k"  Descendre,  s'abattre,  venir  de  haut  en 
bas  {■/.7-iK-y.70y.i).  Eccli.  't^.  19.  Siciit  avis 
deponens  ad  sedendum,  aspergit  nivem  :  Dieu 
répand  la  neige  comme  une  multitude  d'oi- 
seaux qui  vient  s'asseoir  sur  la  terre. 

3'  Mellrc  en  dépôt,  donner  en  garde  (--/- 
c,'/.y.c/.-zuziBt>70y.r.).  2.  Mach.  3.  13.  Invocahanl  ut 
his  qui  deposuerant  en,  salva  custodirel  :  l^es 
prêtres  invoquaient  Dieu,  qui  avait  fait  la 
loi  louchant  les  dépôis,  le  priant  de  conser- 
ver les  dépôts  de  ceux  qui  avaient  mis  dans 
le  Temple  cet  argent  (lu'Héliodore  voulait 
enlever. 

DEPOSITIO  ,  Ms ,  xTzr/jeiTt; ,  l'action  par 
laquelle  on  quille  <|uelque  chose.  2.  Pelr.  1. 
li.  Certus  quod  vclox  est  drposHio  lahcrnucuU 


rnei  :  Je  sais  que  dans  peu  de  temps  je  dois 
quitter  celle  tente,  i.  e.  mon  corps,  c  3.  21 

DEPOSITUM  ,  77«o«9/izr;  ,  Tryp'/./y.TaOor/j  ,  dé- 
pôt, chose  donnée  en  garde.  Levit.  6.  2 
Anima  quœ  negaverit  proximo  sua  depositum: 
L'homme  qui  refuse  à  son  prochain  ce  qui 
avait  été  commis  à  sa  bonne  foi.  2.  Mach.  3. 
v.  10.  13.  De  depositis  Legem  posuit  :  Dieu  a 
fait  la  loi  touchant  les  dépôts.  Exod.  22.7. 

1.  Tim.  6.  20.  Depositum  custodi  :  Gardez  le 
dépôt  qui  vous  a  été  confié  :  Les  pasteurs 
doivent  avoir  grand  soin  de  garder  la  pureté 
de  la  doctrine.  2.  Tim.  1.  12.  Polens  est  de- 
positum meum  servare  :  Je  suis  persuadé  que 
celui  à  qui  j'ai  confié-  mon  dépôt  est  assez 
puissant  pour  me  le  garder  jusqu'à  ce  grand 
jour  :  Ce  dépôt  est  le  trésor  et  le  mérite  des 
bonnes  œuvres  que  saint  Paul  avait  faites 
par  sa  grâce. 

DEPÔPULARE.  De  populus,  et  signifie,  in 
populo  prœdas  agere  {-v.'/.v.nroipîi-j). 

Ravager,  ruiner.  Joël.  1.  10.  Depopulaln 
est  regio  :  Tout  le  pays  est  ravagé.  Ezech. 
36.  i. 

DEPOPULARI,  déponent,  oi«7T«?£tv ,  du 
même  nom. 

Piller,  ravager,  détruire.  Gen.  3i.  27.  De- 
populati  sunt  urbem  :  Les  autres  frères  de 
Dina  pillèrent  toute  la  ville  de  Sichem,  pour 
venger  l'outrage  fait  à  Dina.  Num.  31.9. 
Jerom.  i".  i.  Ezech.  i3.  8.  Ose.  10.  2. 

DEPOPULATIO,  Nis',  ^■r^-ovj.'j.h;,  pillage, 
ravage.  Amos.  3.  9.  Qui  depopulalionem  su- 
per potentem  offert  :  Celui  qui  expose  au 
pillage  les  plus  puissants,  c'est  Dieu.  Mich. 

2.  i. 

DEPOPULATOR.  Qui  pille,  qui  ravage, 
qui  désole  (  àvo^A'jjv  ).  Isa.  21.2.  Qui  depopu- 
lalor  est,  vastat  :  Celui  qui  dépeuplait  con- 
tinue encore  de  dépeupler  tout. 

DEPORTARE  ,  ivàyî'.v ,  porter,  transpor- 
ter. 1.  Par.  13.  23.  Jerunt  ad  deportandnm 
arcam  :  David  et  les  autres  s'en  allèrent  pour 
transporter  l'arche,  delà  maison d'Obédédom 
à  Jérusalem.  Num.  18.  13. 

DEPIL^EDARE,  du  substantif  prœda.  Piller, 
dépouiller  (  àO-z-ïv  ).  Isa.  33.  1.  Cum  con- 
summaveris  deprœdationeni ,  deprœdaberis  : 
Lorsque  vous  aurez  achevé  de  dépouiller  les 
autres,  vous  serez  dépouillé. 

DEPR.EDARl,  déponent.  1°  Piller,  empor- 
ter par  force  (ttûovo ai îvj.  Isa.  10.  13.  Principes 
eorum  deprœdatus  sum  :  J'ai  pillé  les  trésors 
des  princes  des  peuples,  dit  le  roi  d'Assyrie 
par  orgueil.  Ezech.  39.  10.  Dcprœdnbuntnr 
eos  :  Les  Israélites  pilleront  les  nations  dont 
ils  avaient  été  la  proie,  etc. 

2*  Epuiser,  consumer.  Thren.  3.  31.  Ocu- 
lus  meus  deprœdatus  est  [i7:rj-j'i\iÇ'.i-j)  anima. n 
meam  :  Mes  yeux,  à  force  de  pleiiroi",  m'ont 
tout  épuisé  et  desséché  :  J'ai  tant  pleuré  que; 
j'ai  fait  tort  à  ma  vie,  i".  e.  à  ma  santé. 

DEPR/EDATiO,  .ms.  Pillage,  ravage.  Ju- 
dith. 10.  12'.  Fularum  agnovi,  quod  dcntnr 
vobis  in  deprœdutionem  :  Je  m'en  suis  enfuie 
d'avec  les  Hébreux,  ayant  reconnu  t|ue  vous 
devez  prendre  et  piller  leur  ville,  dit  Judith 
aux  g. irdes  avancées  des  Assyriens.  Isa.  33.  1. 

DEPRAVAKE.  De  l'adjeclif  vravus,  a.  um. 


!083 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACIŒE. 


1081 


Corrompre,  dérégler,  pervertir  (o-t/sîQoOv). 
2.  Petr.  3.  16.  Qaœ  indocti  et  instctbiles  dé- 
pravant :  Des  hommes  ignoraiils  cl  légers 
détournent  quelques  endroits,  cîifficrles  à  en- 
tendre, des  Lettres  de  saint  Paul,  à  de  mau- 
vais sens,  pour  leur  propre  ruine,  aussi  bien 
que  les  autres  Ecritures.  Eccli.  22.  20.  Cogi- 
tatus  sensali  melu  non  depravabittir  ;  La  ré- 
solution d'un  homme  sensé  ne  s'affaiblira 
point  parla  crainte, en  quelque  temps  que  ce 
soit;  Gr.  Le  cœur  qui  s'appuie  sur  un  sage 
conseil,  est  comme  une  muraille  bien  crépie 
avec  un  enduit  de  chaux  et  de  sable,  qui  ré- 
siste à  la  pluie  et  au  mauvais  temps. 

DEPREGABILIS.  Facile,  qui  se  laisse  flé- 
chir {TcxpKxoàùTBxi).  Ps.  89.  13.  Deprecabi- 
lisesto  super  servos luos :Laissez-\ous  fléchir 
en  faveur  de  vos  serviteurs. 

DEPREGARI,  izapuy-ulûv,  détourner  quel- 
quemalparlaprière,6^e//. /.6.16;dansrEcr.: 

1'  Prier  avec  soumission,  supplier.  Prov. 
28.  27.  Qui  despicit  deprecantem,  sustinebit 
penuriam  :  Celui  qui  méprise  le  pauvre  lors- 
qu'il le  prie,  tombera  lui-même  dans  la  pau- 
vreté. Eccli.  28.  4.  etc.  Ps.  29.  9.  Ad  Deum 
meum  deprecabor  :  J'adresserai  à  Dieu  mes 
prières.  Ad  se  met  pour  marquer  celui  à  qui 
les  prièresse  doivent  adresser,  comme  on  voit 
encore  cette  préposition  mise  après  obsecra- 
tio  et  oratio,  pour  marquer  la  même  chose. 
Rom.  10.  1.  Act.  12.  5. 

2"  Exhorter  en  priant.  Philipp.4.2.5?/nfî/- 
clien  deprecor  idipsum  sapere  :  Je  conjure 
Synlyche  de  s'unir  aussi  dans  le  sentiment 
de  demeurer  ferme  dans  le  Seigneur. 

3°  Intercéder,  lâcher  d'apaiser.  Sap.18.21. 
Properans  homo  sine  querela  deprecari  {npo- 
[j-v-X^a,  propugnare)  pro  popiilis  :  Un  homme 
irrépréhensible  se  hâla  d'intercéder  pour  le 
peuple  ;  Gr.  de  combattre. 

k"  S'apaiser,  se  réconcilier,  se  laisser  flé- 
chir. Ps.  13i.  14.  In  servis  suis  deprecabilur : 
Le  Seigneur  se  laissera  fléchir  aux  prières  de 
ses  serviteurs;  Hebr.  Super  servos  suos  mise- 
rebilur.  Voy.  DeuL   32.  36.   2.  Maeh.  7.  6. 

Voy.  CONSOLARI. 

Façon  de  parler. 

Deprecari  vultum  ou  faciem.  Se  présenter 
devant  quelqu'un  par  respect  et  pour  obtenir 
sa  faveur  (XtravEÙetv).  Ps.  kk.  13.  Vultum  tuum 
deprecabuntur  omnes  divites  plebis  :  Tous  les 
riches  d'entre  le  peuple  vous  offriront  leurs 
humbles  prières  :  L'Ecriture  parle  de  Salo- 
mon,  figure  de  Jésus-Christ. 

DEPRECAÏIO,  Nis,  Sév^iç.  -  1°  Prière, 
supplication.  Jac.  5.  16.  Multum  valet  de- 
precatio  Justi  assidua  :  La  fervente  prière  du 
juste  peut  beaucoup.  Jerem.  33.  6.  Revelabo 
mis  deprecationem  pacis  et  veritatis,  i.  e.  pa- 
cem  quam  poslularunt  :  J'accorderai  aux  ha- 
bitants de  Juda  la  paix  qu'ils  m'ontdemandée 
avec  instance;  autr.  je  leur  enseignerai  à  me 
demander, comme  ils  le  doivent,  la  paix  et  la 
vérité.  Eccli.  k.  6.  Malediccntis  in  amarilu- 
dine  animœ  exaudietur  dcprccatio  illius  :  Ce- 
lui qui  vous  maudit  dans  l'amertume  de  son 
âme,  sera  exaucé  dans  son  imprécation. 
Voy.  Maledicere.  c.  21.  G.  Deprecatio  puu- 


peris  ex  ore  nsque  ad  aures  ejus  perveniet,  et 
judicimn  festinnto  adveniet  iïli  :  La  prière  du 
pauvre  s'élèvera  de  sa  bouche  jusqu'aux 
oreilles  de  Dieu,  et  il  se  hâtera  de  lui  faire 
justice;  autr.  La  prière  qui  sort  de  ia  bouche 
du  pauvre,  ne  va  que  jusqu'aux  oreilles  du 
riche  sans  toucher  son  cœur,  mais  il  en  sera 
bientôt  puni.  Ps.  21.  25.  etc. 

2°  Garde  ,  soutien  (yuWrj).  Eccli.  34.  20. 
Deprecatio  offensionis  :  Dieu  garde  et  sou- 
tient ceux  qui  le  craignent,  de  peur  qu'ils  ne 
tombent. 

DEPRECATORIUS,  a,  um.  Qui  prie,  qui 
exhorte  à  faire  quelque  chose  (nupûxlv(Tiç, 
exhorlalio).  1.  Mach.  10.  24.  Scribam  et  ego 
illis  verba  deprecatoria:  Je  veux  écrire  d'une 
manière  obligeante  à  Jonathas,  pour  lui  de- 
mander la  paix  et  son  alliance,  aussi  bien 
qu'Alexandre,  dit  Démétrius. 

DEPREHENDERE.  1°  Prendre,  surprendre, 
découvrir.  Gen.  20. 16.  Quocumque  perrexcris 
mémento  te  deprehensam  :  En  quelque  lieu 
que  vous  alliez,  souvenez-vous  que  vous  avez 
été  prise  ,  dit  Abimelech  à  Sara.  1.  Reg.  14. 
41.  Deprehensus  est  Jonathas  et  Saut  {^Infàoîi- 
(jdxt,  sorte  designari)  :  Le  sort  découvrit  que 
c'était  Jonathas  qui  était  coupable.  Joan. 
8.  V.  3.  4.  etc. 

2°  Reconnaître,  comprendre,  remarquer 
(stâtiv)  Eccl.  3.  22.  Deprehendi  nihil  esse  me- 
lius  quam  lœtari  hominem  in  opère  suo  :  J'ai 
reconnu  qu'il  n'y  a  rien  de  meilleur  à 
l'homme  que  de  se  réjouir  dans  ses  œuvres, 
i.  e.  dans  son  travail. 

DEPRIMERE  du  verbe  premere.  —  1°  Ra- 
baisser, ravaler,  humilier,  abattre  (Ppîôstv). 
Sap.  9.  15.  Terrena  inhabitatio  deprimit  sen- 
sum  milita  cogitantem  :  Celle  demeure  ter- 
restre (ce  corps),  abat  l'espril  dans  la  mul- 
tiplication des  soins  qui  l'agitent.  Eccli.  2.  3. 

2°  Opprimer,  maltraiter,  accabler  (6/i6etv). 
Ps.  88.  43.  Exaltasti  dextcram  deprimentiwn 
eum  :  Vous  avez  relevé  la  main  de  ceux  qui 
travaillaient  à  accabler  votre  Christ.  Sap. 
10.  V.  14.  15.  Isa.  58.  6.  etc. 

DEPROPE,  èyyxjç,  qui  est  voisin,  qui  est 
proche.  Jerem.  25.  26.  (Propinavi)  cuncds 
regibus  Aquilonis  de  prope  et  de  longe  :  J'ai 
lail  boire  de  la  coupe  du  Seigneur  à  tous  les 
rois  de  l'Aquilon,  soit  qu'ils  soient  plus 
proches  ou  plus  éloignés  pour  les  animer  les 
uns  contre  les  autres. 

DEPUTARE,  XoyiÇeaOat.  —  1°  Estimer, 
considérer  comme  tel,  mettre  au  même  rang. 
Eccli.  18.  8.  Centum  anni  quasi  gutta  aquœ 
maris  deputali  snnt  in  die  œvi  :  Cent  ans,  au 
prix  de  l'élernilé   ne  seront  considérés  que 

comme    une   goutte   d'eau   de    la  mer 

Luc.  22.  37.  Cum  iniquis  deputatus  est  :  Jé- 
sus-Christ a  été  mis  au  rang  des  scélérats  : 
Ce  qui  est  l'acoomplissemenl  de  la  prophétie 
disa.  53.  4.  Raruch.  3.  1.  —  2"  Attribuer, 
assigner.  Eslb.  14.  8.  Roburmanuumsuarum 
idolorum  potentiœ  députantes  :  Les  nations 
attribuent  la  force  de  leurs  bras  à  la  puis- 
sance de  leurs  idoles. Exod.  27.  14.  Num.  35. 
21).  2.  Mach.  4.  19. 

DERRE;  Heb.  Vallata.  Derbe,  ville  de  Ly- 
caonie.  Act.  14.  6.    Confugerunt  ad  civitates 


1085 


DER 


Lycaoniœ,  Lyslram  et  Dcrben  :  Saint  Paul  et 
saint  Barnabe  s'enfuirent  (d'Icône)  à  Lyslre 
et  à  Derbe,  v.  20.  c.  16,  1.  D'autres  mettent 
Ljstre  et  Derbe  dans  l'Isaurie,  qui  confine  à 
la  Lycaonie,  et  inlerpètent  ce  passage  de  la 
sorte  :  lis  s'enfuirent  dans  les  villes  de 
la  Lycaonie,  et  à  Lystre  et  à  Derbe. 

DERBEUS,  A,  UM.  Du  substantif  Derbe,  et 
k     signifie  : 

Qui  est  de  Derbe.  Act.  20,  k.  Comilalus  est 
aulem  et  Gains  Derbeus  :  Gaïus  de  Derbe  fut 
ur>  de  ceux  qui  accompagnèrent  saint  Paul 
de  Grèce  en  Syrie. 

DERELINQUERE,   xarac-ÎTr^tv,    èyAKzcàeÎTzstvr 

1°  Délaisser,  quitter.  Prov.  27.  8.  Sic  vir 
qui  derelinquit  locum  suum  (àTTo^ivoùtrôat)  ;Un 
homme  qui  abandonne  son  propre  lieu,  est 
comme  un  oiseau  qui  quitte  son  nid.  Ps.  26. 
16.  Pater  meus  et  mater mea  dereliquerunt  me: 
Mon  père  et  ma  mère  m'ont  quitté  ;  soit  qu'ils 
fussent  morts,  ou  hors  détat  de  le  secourir, 
David  étant  plutôt  lui-même  obligé  d'avoir 
soin  d'eux. 

2°  Abandonner,  ne  prendre  plus  soin.  Ps. 
21.  \  .Quare  medereliquisti?  Ponrquoï  m'avez- 
vous  abandonné?  Jésus-Christ  comme  homme 
se  plaint  que  Dieu  son  Père  l'abandonne  à 
ia  fureur  des  Juifs,  non  pas  qu'il  refuse  de 
souffrir  la  rigueur  des  tourments,  puisqu'il 
n'avait  pris  un  corps  que  pour  les  endurer  ; 
mais  c'est  pour  marquer  combien  ils  étaient 
grands  et  cruels,  et  pour  faire  voir  l'énor- 
mité  du  péché,  que  l'Homme-Dieu  pouvait 
seul  expier  par  sa  mort.  Matth.  27.  ^6.  Ps. 
36.  26.  etc.  De  là  vient  : 

Derelinquere  viam  rectam  legem  Dei,  Quit- 
ter le  droit  chemin;  c'est  s'éloigner  de  la 
piété  et  vivre  dans  le  dérèglement.  2.  Petr. 
2.  15.  Derelinquentes  rectam  viam  erraverunt  : 
Us  ont  quitté  le  droit  cbemin  et  se  sont  éga- 
rés. Jud.  V.  6.  Dereliquerunt  suum  domici- 
lium  :  Les  anges  apostats  ont  quitté  la  de- 
meure  que  Dieu   leur  avait  assignée.  Voy. 

DOMICILIUM. 

Abandonner  la  loi  de  Dieu.  Jerem.  9.  13. 
Dereliquerunt  hgem  meam  :  Ils  ont  aban- 
donné ia  loi  que  je  leur  avais  donnée,  dit  le 
Seigneur.  A  quoi  se  rapporte  cette  significa- 
tion ? 

Rejeter,  répudier.  Isa.  62.  k.  Non  vocabe- 
ris  ultra  derelicta  :  On  ne  vous  appellera  plus 
la  répudiée,  ô  Jérusalem  1 

3°  Laisser  quelqu'un  dans  l'état  où  on  l'a 
trouvé.  Ad.  2'6.  ik.  Vir  quidam  est  dereliclus 
a  Felice  vinclus  :  Il  y  a  ici  un  homme  que 
Félix  a  laissé  prisonnier,  dit  Festus  au  roi 
Agrippa. 

k"  Réserver,  conserver,  mcllrc  sous  la  pro- 
tection. 3.  Reg.  19.  18.  Derelinquani  mihi  in 
Israël  septem  millia  virorum  :  Je  me  suis  ré- 
servé sept  mille  hommes  dans  Israël  qui 
n'ont  point  fléchi  le  grnou  devant  BaaI.  v. 
10.  H.  Prophetas  tuas  occidcrunt  qladio^  dc- 
relictus  suni  eijo  soins  :  Les  enfants  d'Israël 
ont  tué  vos  prophètes  par  le  fer,  et  étant 
[  demeuré  seul,  ils  cherchent  encore  ;\  m'ôler 
la  vie.  k.  Reg.  13.  7.  IN.  9.  38.  Tibi  dercli- 
ctus  est  pauper  :  C'est  à  vous  que  le  soin  du 
pauvre  a  été  laissé. 


DES 

DEREPENTE,  £?«7riv«.  Du  simple  repen/e, 
et  signifie  : 

Vitement ,  bientôt,  promptement.  2.  Par. 
29.  36.  Derepente  hoc  fieri  ptacucrat  :  La  ré- 
solution de  rétablir  le  culte  du  Soigneur  fut 
prise  tout  d'un  coup;  se.  sous  Ezéchias. 

DERIDERE ,  èy.u\jyf:npL^stv.  Se  moquer,  se 
railler,  mépriser.  Job.  12.  h.  Deridetur  justi 
simplicitas  :  On  se  moque  de  la  sin)plicité  du 
juste.  Ps.  21.  8.  etc. 

DERISOR,  is  ;  à/oi^o-To?.  Moqueur,  impie, 
qui  se  moque  de  Dieu  et  des  maximes  de  la 
religion.  Prov.  19.  29.  Parata  stint  derisori- 
bns  judicia  :  Le  jugement  est  préparé  pour 
les  pécheurs.  Qui  erndit  derisorem  ipse  inju- 
riam  sibi  facit  :  Celui  qui  instruit  le  mo- 
queur se  fait  injure.  Il  n'est  pas  à  propos  de 
vouloir  instruire  ceux  qui  se  rient  des  cho- 
ses sacrées  et  des  bonnes  instructions  qu'on 
leur  donne,  c.  22.  10.  etc.  L'Ecriture  mar- 
que aussi  par  ce  terme  le  comble  de  l'im- 
piété,  comme  il  paraît  parle  Ps.  1.  1.  où  les 
mots  Cathedra  pestilentiœ  répondent  à  ceux 
de  l'Hébreu  Letsim  :  La  chaire  des  mo- 
queurs. Voy.  Illusor. 

DERISUS,  us;  èij.nry.iyij.0;.  —  1°  Moquerie, 
raillerie  ,  dérision.  Sap.  12.  25.  Tamquam 
pneris  insensatis  judicium  in  derisnm  dedisli  : 
Vous  vous  êtes  joué  des  idolâtres  en  les  pu- 
nissant comme  des  enfants  insensés.  Ps.  43. 
U. 

2°  Illusion  ,  prestige.  Sap.  17.  7.  Magicœ 
artis  appositi  erant  derisus  :  Toutes  les  illu- 
sions de  l'art  des  magiciens  devinrent  inu- 
tiles ;  se.  lors  des  ténèbres  et  des  objets  ef- 
froyables qui  paraissaient  dans  l'Egypte. 

DERIVARE.  Du  substantif  rrius,  et  signi- 
fie proprement  conduire  de  l'eau  d'un  lieu 
dans  un  autre  par  des  canaux,  par  des  ri- 
goles. Dans  l'Ecriture  il  est  pris  figuré - 
ment  : 

Faire  paraître  au  dehors  (  vTTzpsy.~/_\jvîL-D  ). 
Prov.  5.  16.  Deriventur  fontes  lui  foras  : 
Que  les  ruisseaux  de  votre  fontaine  coulent 
dehors  ;  i.  e.  que  vos  enfanls  nés  d'un  légi- 
time mariage  paraissent  dans  les  places  pu- 
bliques. Voy.   Aqla. 

DEROGARE.  Il  se  prend,  en  terme  de 
droit,  pour  retrancher  une  partie  de  quelque 
loi,  l'abolir  ;  dans  lEcriture  : 

Médire,  décrédiler  (ixeyoàoàfniJLoveh).  Ezoch. 
3.">.  13.  Derogastis  adversum  me  :  Vous  avez 
diminué  de  ma  gloire  par  vos   médisances. 

DES^ilVIRE.  Etre  en  fureur,  faire  rage, 
exercer  sa  cruauté  (  zarayi'/îaOat  ).  2.  Reg.  2. 

26.  IVum  usqnc  ad  intcrnccionem  tuns  mucro 
desœvict?  Votre  épce  tuera-toile  jusqu'à  co 
qu'il  n'y  ait  plus  de  sang  à  répandre  ?  s'é- 
crie Ahner  à  Joab.  2.  Mach.  7.  .19.  elc. 

DESCENDERE,  /.«raÇaiv^iv.  —  1"  Descen- 
dre. Acl.  10.  20.  Surge,  descende  :  Lcv(  z- 
vous  et  descendez,  dit  le  Sainl-Espril  à  sain! 
Pierre  qui  était  sur  le  haut  de  la  ni.iison. 
C'était  pour  aller  parler  aux  deux  doniesli- 
ques  de  Corneille  et  à  un  de  ses  soldais  (jui 
venaient  de  s.i  part  vers  saint  Pierre.  Mallh. 

27.  VO.  Descende  de  crucc  :  Si  tu  es  le  Fils  do 
Dieu,  descends  de  la  croix,  disaient  à  Jésus- 
Christ  ceux  «lui  passaient  par  le  lieu  du  Cal* 


1087 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉE. 


108S 


vaire  lors  de  la  Passion.  1.  Thess.  4.  15.  Isn. 
30.  2.  c.  31.  1-  Ps.  138.  8.  ce  qui  s'entend 
aussi  de  Dieu  d'une  manière  figurée,  dans 
ces  passages.  Gen.  11.  ii.  Descendit  Dominus 
îit  videret  civilatem  :  Le  Seigneur  descendit 
pour  voir  la  ville  et  la  tour  de  Babylone, 
quoique  Dieu  soit  partout,  Gen.  18.  21.  De- 
scendam  et  videbo  :  Je  descendrai  et  je  verrai 
si  leurs  œuvres  répondent  à  ce  cri  qui  est 
venu  jusqu'à  moi.  Dieu,  qui  connaît  parfai- 
tement toutes  choses,  parle  un  langage  hu- 
main ;  mais  il  nous  apprend  par  là  à  ne  juger 
pas  témérairement  de  nos  frères ,  puisqu'il 
dit  qu'il  descendra  du  ciel  pour  considérer 
les  abominationsde  Sodome, quoiqu'elles  fus- 
sent publiques  et  criantes.  Greg.  Mor.  1.  19. 
c.  H.  Amhros.  hic.  L'Ecriture,  qui  dit  qu'il 
habile  particulièrement  dans  le  ciel,  Isa.  66. 
1.  Act.  7.  49.  etc.  semble  marquer  aussi  que 
Dieu  en  descend,  lorsque  ,  sans  changer  de 
lieu,  il  fait  paraître  sur  la  terre  sa  puissance 
dans  la  protection  des  bons  et  la  punition  des 
méchants,  v.  7.  Descendamus  :  Descendons. 
Ce  pluriel  marque  le  mystère  de  la  sainte 
Trinité.  Joan.  6.  38.  Desccndi  de  cœlo  :  Je 
suis  descendu  du  ciel.  Jésus-Christ ,  comme 
Dieu,  est ,  pour  ainsi  dire,  descendu  du  ciel  ; 
i.  e.  la  'lature  divine  s'est  unie  hypostatique- 
ment  à  la  nature  humaine,  v.  33.  c.  3.  13. 
Malth.  3.  16.  Mich.  1.  12.  Jac.  1.  17.  c.  3. 15. 
Isa.  64. 1. 

2°  Aller  ou  venir  quelque  part,  sans  avoir 
égard  à  la  situation  des  lieux.  4.  Reg.  13.  14. 
Descenditque  adeum  Joas  :  Joas,  roi  d'Israël, 
vint  voir  Elisée  qui  était  malade,  c.  3.  12. 
Gen.  42.  2.  Exod.  11.  8.  Ainsi  ,  Joan.  4.  v. 
47.  49.  Descende  priusquam  morialur  filins 
meus  :  Seigneur,  venez  avant  que  mon  fils 
meure  ,  dit  un  officier  touchant  son  fils  qui 
était  malade  à  Capharnaura,  ville  située  sur 
une  montagne.  Judic.  5. 11.  c.  15.  11.  3.  Reg. 
18.  44.  4.  Reg.  3.  12.  Ps.  106.  23.  Qui  descen- 
dunt  mare  in  navibus  :  Ceux  qui  descendent 
sur  mer  dans  les  navires.  Isa.  42.  10.  Jcr.  22. 
1.  Judic,  5.  14.  De  Machir  principes  descen- 
derunt  :  Les  princes  sont  venus  de  la  Iribu 
de  Manassé,  dont  Machir  était  le  fils  aîné. 
Ose.  11.  12.  Judas  descendit  cum  Deo  :  Juda 
marchait  avec  Dieu.  La  tribu  de  Juda,  sous 
le  règne  d'Ezéchias ,  fit  connaître  par  ses 
actions  que  le  Seigneur  était  son  Dieu. 
Ainsi,  descendcre  in  prœlium ,  ou  ad  certa- 
men  ,  ou  ad  aliquem,  c'est  :  Venir  combattre, 
se  présenter  au  combat.  1.  Reg.  17.  8.  c.  2D. 
4.  c.  30.  2V.  2.  Reg.  23.  21.  etc. 

3°  Tomber.  Agg.  2.  23.  Descendent  equi,  et 
nscensores  eorum  :  Les  chevaux  et  les  cava- 
liers tomberont  les  uns  sur  les  autres. 

4"  Tomber  avec  précipitation,  survenir 
tout  d'un  coup  (  xKT«/5« (7 iT£ IV ).  Sap.  17.  4.  So- 
nilus  descendens  perlurbabat  illos  :  Il  s'éle- 
vait des  bruits  qui  effrayaient  les  Egyptiens; 
.se.  pendant  le  temps  de  la  plaie  des  ténè- 
bres ;  Gr.  soni  cum  impetu  decidentes. 

5"  S'abaisser,  être  bas.  Ps.  103.  8.  Ascen- 
dunt  7nonles  et  descendunl  campi  :  Les  mon- 
tagnes s'élèvent  et  les  plaines  sont  abais- 
sées. Au  commencement  du  monde  ,  quand 
Dieu  eut  fait  retirer  les  eaux  qui  couvraient 


la  terre,  on  vit  paraître  les  n)ontagnes  et  les 
vallées.  D'autres,  selon  l'Hébreu,  l'enten- 
dent des  eaux  qui  s'écoulèrent  par  les  mon- 
tagnes et  les  vallées  dans  le  lieu  que  Dieu 
leur  avait  établi. 

Tomber  dans  la  misère,  être  réduit  dans 
un  misérable  état.  Deui.  28.  43.  Tu  aulem 
descendes,  et  eris  inferior  :  S\  vous  n'écou- 
tez le  Seigneur,  vous  descendrez,  et  vous 
serez  au-dessous  de  l'étranger.  Ezech.  32. 
19.  Descende  :  Vous  descendrez  {se.  dans  le 
tombeau)  :  le  Prophète  prédit  la  ruine  des 
Egyptiens,  et  parle  à  Pharaon.  Jerem.  48. 
18.  Descende  de  gloria  :  Descends  de  ta  gloire  : 
le  Prophète  parle  contre  les  Moabites.  c.  13. 
18. 

Façons  de  parler. 

Descendere  deorsum  ,  in  infernum  ,  lucum, 
foveam,  corruptionem  ,  terram.  —  Mourir 
Ps.  27.  1.  Assimilabor  descendentibus  in  la- 
cum  :  Je  serai  semblable  à  ceux  qui  descen- 
dent dans  la  fosse;  mais,  descendere  in  infer- 
num, ad  inferos,  se  prend  diversement.  Voy. 
Inferi,  Infernus.  Descendere  in  terram.  Ps. 
21.  30.  In  conspectu  ejus  cadent  omnes  qui  de- 
scendunt  in  terram  :  Tous  les  mortels  qui  se- 
ront réduits  en  terre  ou  en  poussière  ,  l'ado- 
reront en  cette  vie,  ou  seront  éternellement 
assujettis  à  sa  justice  en  l'autre.  Descendere 
deorsum  :  Etre  réduit  en  poussière  et  s'éva- 
nouir. Eccl.  3.  21.  Quis  novit  si  spiritus  ju- 
menlorum  descendat  deorsum  ?  Qui  connaît 
si  l'âme  des  bêtes  descend  en  bas  ?  Ce  pas- 
sage semble  marquer  fju'il  y  a  peu  de  gens 
qui  connaissent  la  différence  qu'il  y  a  entre 
l'âme  de  l'homme  et  celle  de  la  bête. 

DESCENSIO,  Nis.  Chute,  ruine,  Isa.  32.  19. 
Grando  in  descensione  sallus  :  La  grêle  rui- 
nera la  forêt  ;  Hebr.  Descendente  ;  i.  e.  mente 
silva  :  Les  malheurs  figurés  par  la  guerre 
tomberont  sur  la  synagogue,  qui  est  comme 
une  forêt  stérile. 

DESCENSUS  ,  us  ;  y.uzàSu^iç.  —  1»  Action 
de  descendre.  Eccli.  43.  19.  Sicut  locusta  de- 
mergens  descensus  ejus  :  Dieu  répand  la 
neige  comme  une  troupe  de  sauterelles  qui 
descendent  en  bas. 

2"  Descente,  pente  de  colline  ou  de  monta- 
gne. Luc.  19.  37.  Cum  appropinquaret  jam 
ad  descensum  monlis  Oliveli  :  Lorsque  Jésus- 
Christ  approcha  de  la  descente  de  la  monta- 
gne des  Oliviers.  Jerem.  48.  5.  etc. 

DESGRIBERE.  —  1-  Ecrire  ,  décrire,  co- 
pier, transcrire  (7/5«yïiv).  Deut.  17.  18. />e- 
scribet  sibi  Deuteronomium  legishujus  in  vo- 
lumine  :  Après  que  celui  que  vous  aurez 
établi  pour  roi  sera  assis  sur  son  trône,  il 
fera  décrire  ce  Deutéronome  et  cette  loi  que 
je  vous  prescris,  c.  22.  20.  et  dans  le  sens 
figuré,  c.  3.  3.  Describe  in  tabulis  cordis 
tui  :  Gravez  la  miséricorde  et  la  vérité  sur 
les  tables  de  votre  cœur.  Ainsi,  Num.  33.  2. 
1.  Par.  24.  6. 

2°  Faire  un  rôle,  un  dénombrement,  te- 
nir registre  {  inoypùrfst-^)  ).  Luc.  2.  1.  Exiit 
edictum  a  Cœsare  Augusto  ut  describerelur 
unïversus  orbis  :  Auguste  ordonna  qu'on  fit 
le  dénombrement  des   habitants  de  toute  la 


1039  DES 

terre;  i.  e.  de  l'empire  romain.  1.  Par.  9. 
22. 

3°  Dessiner,  faire  le  plan  de  quelque  pays 
ou  de  quelque  lieu  (Staypâystv).  Jos.  i8.  k. 
Eligite  lernos  viros  ut  mittam  eos,  et  descri- 
bant  eamjuxta  numerum  uniiiscuj\isqiie  mul- 
titudinis  referantque  ad  me  quod  descripse- 
rint  :  Choisissez  trois  hommes  de  chaque 
tribu,  afin  que  je  les  envoie  et  qu'ils  fassent 
la  description  de  la  terre  (promise),  selon  le 
nombre  de  ceux  qui  la  doivent  posséder,  et 
qu'ils  me  la  rapportent  quand  ils  l'auront 
faite,  dit  Josué  aux  sept  tribus  des  Israélites 
qui  n'étaient  pas  encoreentrées  en  possession 
de  la  terre  promise,  y.  6.  8.  Ezech.  k.  1. 

Façon  de  parler. 

Descrihere  in  manihus.  —  C'est  se  souvenir 
toujours  de  quelque  chose,  comme  si  on  l'a- 
vait gravée  sur  ses  mains  (Çwy/jayctv).  Isa. 
49.  16.  Ecce  in  manihus  meis  descripsi  te  : 
Je  vous  porte  gravée  sur  ma  main,  ô  Sion  ! 

DESCRIPTIO ,  Nis  ;  àizoypx-fr,.  —  1"  Dé- 
nombrement, rôle.  Luc.  2.  2.  Hœc  descriplio 
prima  facta  est  a  prœside  Stjriœ  Cyrino  :  Ce 
fut  le  premier  dénombrement  qui  se  fit  par 
Cyrinus  ,  ou  Quirinus  ,  étant  gouverneur  de 
Syrie  ;  ce  dénombrement  est  appelé  le  pre- 
mier, soit  qu'on  n'en  eût  point  fait  jusqu'a- 
lors ,  soit  par  rapporta  Quirinus  qui  en  fit 
encore  un  autre  vingt  ans  depuis,  dont  Jo- 
sèphe  fait  mention  à  cause  de  la  sédition  de 
Judas  dont  il  est  parlé,  Act.  5.  37.  Ainsi,  2. 
Reg.  24.  9. 

2°  Plan,  dessin  (7r«^«5çr/.«a).  1.  Par.  28.  11. 
Ledit  David  Salomoni  descriplionem  porlicus: 
David  donna  à  son  fils  Salomon  le  dessin  du 
vestibule.  Ezech.  43.  11. 

3"  Livre,  monument.  2.  Mach.  2.  1.  Inve- 
nitur  in  descriptionibus  Jeremiœ  prophelœ  : 
On  trouve  dans  les  écrits  du  prophète  Jérémie 
qu'il,  etc.  Ce  livre  est  perdu;  Gr.  dans  les 
histoires  que  le  prophète  Jérémie  com- 
manda, etc.  v.  13. 

DESERERE.  De  sercre,  approcher,  mettre 
en  ordre. 

Quitter,  délaisser,  abandonner.  Heb.  13.  o. 
Non  te  dcseram,  ncque  derelinquam  :  Je  ne 
vous  laisserai  point  et  je  ne  vous  abandon- 
nerai point.  Saint  Paul  prouve,  par  celle  pro- 
messe que  Dieu  fait ,  l'engagement  où  l'on 
est  de  se  contenter  de  ce  que  l'on  a.  c.  10, 
25.  D'où  viennent  : 

DESERTA,  JE.  Femme  abandonnée,  qui 
n'a  point  do  m.iri  ou  d'enfants.  Isa.  5V.  1. 
Gai.  4.  27.  Mulli  filii  deserlœ,  maqis  quam 
ejus  quœ  hahel  virum  :  Celle  qui  élail  délais- 
sée a  plus  d'enfants  que  celle  qui  a  un 
mari.  Cette  femme  non  mariée  ou  stérile  est 
l'Eglise  chrétienne,  qui  était  fort  petite  au 
c.  )ininencemcnt  de  la  prédication  de  l'Evan- 
gile au   prix  de  la  synagogue.  Voy.  Deso- 

LATA. 

UESERTOR,  is  ;  «TTOCTTârrir.  Déserteur,  qui 
abandonne.  Isa.  30.  1.  Vœ,  filii  dcsertores  : 
Malheur  à  vous,  enfatits  rebelles  :  Dieu  se 
plaint  que  les  Israélites  ont  recours  au  roi 
d'Egypte,  plutôt   qu'à  lui  seul.  1.  Mach.  7. 


DES 


1090 


DESERTUM,  i;  eonaoç.  De  Deserere. 

Les  Juifs  appelaient  de  ce  nom  tous  les 
endroits  qui  n'étaient  point  cultives;  soit 
qu'ils  fussent  abandonnés,  soit  qu'ils  fussent 
stériles. 

1°.  Désert,  solitude,  lieu  vaste  qui  n'est 
point  habile.  Malth.  15.  33.  Unde  nobis  in 
deserto  panes  tantos?  Comment  pourrons- 
nous  trouver  dans  ce  lieu  désert  assez  de 
pain  pour  rassasier  tant  de  personnes  ? 
disent  les  disciples  à  Jésus-Christ  ;  Gr. /a/n 
multos.  c.  2i.  26. 

Il  y  a  plusieurs  déserts  dont  il  est  parlé 
dans  l'Ecriture.  1°  Le  désert  de  l'Arabie,  où 
les  Israélites  ont  été  40  ans.  Ps.  67.  8.  Ps 
77.  v.  19.  40.  52.  Ps.  94.  9.  etc.  Joan.  3.  W. 
2"  Le  désert  de  Ziph.  1.  Reg.  23.  15.  3°  Celui 
de  Maon.  v.  24.  4'  Celui  d'Engaddi.  1.  Reç. 
24.2.  5"  Celui  de  Pharan.  c.  25.  1.  6°  Celui 
de  Bethsaïde.  Luc.  9.  10.  Secessit  in  locum 
desertum  qui  est  Bethsaidœ  .-Jésus  se  relira 
à  l'écart  dans  un  lieu  désert  vis-à-vis  de 
Bethsaïde.  Ce  lieu  était  appelé  le  désert  de 
Belhsaide,  non  qu'il  fût  du  même  côté  que 
la  ville,  étant  au  delà  du  lac,  comme  il  pa- 
raît, Malth.  14.  22.  Marc.  0.  45,  mais  parce 
qu'il  était  vis-à-vis,  ou,  selon  d'autres,  parce 
qu'il  appartenait  à  la  ville  de  Bethsaïde, 
quoiqu'il  fût  de  l'autre  côté.  D'autres  croient 
que  ce  lieu  désert  était  près  ou  à  côlé  de 
Bethsaïde  sur  le  bord  du  lac,  mais  cela  est 
difficile  à  accorder  avec  tout  le  reste. 7°  Celui 
d'idumée,  du  côlé  du  midi ,  4.  Reg.  3.  8.  Ps. 
62.  1.  Mais  quand  on  appelle  désert  absolu- 
ment sans  rien  ajouter,  on  entend  le  désert 
de  la  Judée,  entre  le  levant  et  le  nord,  le 
long  du  Jourdain.  Malth.  4.  1.  c.  11.  7.c.  13. 
33.  Marc.  1.  v.  3.  4.  Luc.  3.  2,  à  moins  que 
le  contraire  ne  paraisse  par  les  circonstan- 
ces, comme  Joan.  3.  14,  par  lequel  on  en- 
tend le  désert  d'Arabie.  Ainsi,  Joab  fut  en- 
seveli dans  sa  maison  dans  le  désert.  3.  Reg. 
2.  34.  in  deserto.  On  peut  l'entendre  dans  un 
lieu  stérile  et  non  habité.  i 

2°  Lieu  peu  habité.  Gen.  21.  21.  Ilahitavit 
in  deserto  Pharan  :  Ismaël  demeura  dans  lo 
désert  de  Pharan.  Isa.  42.  11.  3.  Reg.  2.  .34. 
Ainsi,  le  désert  où  habitait  saint  Jean-Bap- 
liste  semble  être  le  pays  des  montagnes  où 
était  la  maison  de  Zacharie,  son  père  ,  où 
alla  la  sainte  Vierge.  Luc.  1.  80.  c.  3.  2. 
Malth.  3.  1.  ou  bien,  le  désert  de  la  Judée, 
le  long  du  Jourdain. 

3"  Lieu  sec  et  stérile.  Ps.  106.  33.  Posait 
fiamina  in  désertion  :  Le  Seigneur  a  changé 
les  neuves  en  un  désert;  i.e.  a  change  les  lieux 
arrosés  des  fleuves  qui  les  rendaient  forlih  s, 
en  des  lieux  secs  et  stériles  :  ce  qui  signifie 
aussi  mettre  la  stérilité  et  la  désolation  dans 
un  pays.  Isa.  41.  18.  c.  50.  2.  Job.  30.  6.  Jn 
dcsntis  habilabant  lorrcntiu»!  :  Cvux  qui  m? 
méprisent  habitaienl  autrefois  dans  les  dé- 
serts ;  Hebr.  in  scissuris  ;  diius  les  creux  des 
rochers  qui  se  trouvent  sur  les  torrents. 

4  I>a  campagne  el  les  prairies,  lieu  désert, 
parce  qu'on  ne  cultive  d'ordinaire  que  les 
lieux  les  plus  proches  des  villes  et  des  vil- 
lages ,  et  que  ce  n'est  que  dans  les  lieux 
les  plus  écartés  qu'on   laisse  croître  l'Iicrb* 


1091 


DICTIONNAIRE  DE 


pour  les  troupeaux.  (Voy.  Jorem.  9. 10.)  Joël. 
1.  19,  Ignis  comedit  speciosa  deserli  .-  Le  feu 
a  dévoré  ce  qu'il  y  avait  de  plus  beau  dans 
les  prairies.  Cant.  3.  6.  c.  8.  5.  Ascendit  de 
deserlo  :  L'épouse,  dans  le  sens  lilléral,  re- 
vient de  la  campagne  dans  Jérusalem.  L'é- 
pouse s'élève,  dit  saint  Grégoire,  étant  ap- 
puyée sur  son  bien-aimé  ,  c'est-à-dire  que, 
niellant  sa  confiance  on  Jésus-Christ  seul, 
elle  trouve  dans  sa  grâce  la  force  de  sortir 
de  cet  exil,  et  de  s'élever  vers  le  ciel,  qui  est 
sa  patrie.  Thren.5.  9.  Dans  l'Hebr.  le  même 
mot  signifie  pâturage  et  désert. 

§  1. — Les  bêtes  sauvages  qui  habitent  dans 
les  déserts.  Ps.  28.  8.  Vox  Domini  conculien- 
tis  desertum  :  Le  tonnerre  épouvante  les  bê- 
tes farouches  ;  autr.  ébranle  les  déserts  les 
plus  reculés. 

§  2. — Le  côté  du  midi  par  rapport  à  la  Ju- 
dée. Ps.  Ik.  7.  Neque  ab  Oriente,  neque  ab 
Occidente,  neque  a  desertis  montibus  :  Il  ne 
vous  viendra  point  de  secours  des  monta- 
gnes déseries  ;  Uebr.  des  déserts  des  monta- 
gnes ;  i.  e.  du  côté  du  midi  où  il  y  a  des  déserts 
pleins  de  montagnes.  Jos.  1.  k.  a  deserto.Ce 
désert  est  celui  de  Sin  et  Cades.  Voy.  Cades. 

Ainsi,  le  côté  de  l'Orient.  Exod.  23.  31. 
A  deserlo  usqiie  ad  fluvium  :  Depuis  l'Arabie 
déserte  jusqu'à  l'Èuphrate.  Ezeth.  22.  42. 
Veniebant  de  deserto  :  Jérusalem  suivait  les 
superstitions  non-seulement  des  Assyriens  , 
mais  encore  de  plusieurs  peuples  qui  étaient 
du  côté  du  désert;  i.  e.  de  l'Arabie. 

§  3. — Lieu  d'exil,  qui  est  un  désert  à  ceux 
qui  y  sont,  quelque  agréable  qu'il  soit  d'ail- 
leurs. Isa.  40.  3.  Vox  clamanlis  in  deserlo  : 
On  a  entendu  la  voix  de  celui  qui  crie  dans 
le  désert  par  ces  paroles  que  saint  Jean  a  ap- 
pliquées à  lui-même  (Luc. 3.  4).  Le  Prophète, 
sous  la  figure  du  retour  des  Juifs  dans  la 
Judée,  représente  l'arrivée  de  Jésus-Christ 
dans  le  monde.  Ezech.  20. 35. ^(/rfucam  vos  in 
deserlum:  Je  vous  mènerai  dans  un  désert 
écarté  :  Quelques-uns  l'entendent  en  ce 
même  sens  de  la  ville  de  Babylonc  ;  d'autres 
l'cnlendent  du  chemin  par  lequel  les  Juifs  de- 
vaient passer,  qui  était  dénué  d'habitants. 

§4. — Lieu  ou  pays;  soit  qu'il  doive  être 
ravagé  et  désolé.  Isa.  21.  1.  Onus  deserli 
maris:  Prophétie  contre  Babylone  appelée 
désert  ,  parce  qu'elle  devait  être  détruite;  et 
désert  de  la  mer,  parce  quelle  était  située  sur 
de  grandes  eaux.  Soit  que  ce  pays  soit  déjà 
ruiné  et  désolé,  c.  51.  k.  Ponet  deserlum  ejus 
quasi  delicias  .-Dieu  fera  habiter  de  nouveau 
la  Judée  qui  était  déserle,  et  en  fera  un  pa- 
radis terrestre.  Voy.  Deugi^e.  Ce  qui  s'en- 
tend à  la  lettre  du  rétablissenjent  des  Juifs, 
et  principalement  de  l'établissement  de  l'E- 
glise par  le  concours  dis  Gentils.  De  là  vient, 
Deserla  a  sœculo  ;  déserta  sœculorum  :  Lieux 
déserts  depuis  plusieurs  siècles.  Isa.  58.  12. 
c.  ()1.  k. 

DKSEKTUS,  A,  UM.  1°  Qui  n'est  point  ha- 
bité ni  cultivé.  Acl.  8.  2(j.  Hœc  est  deserla  : 
Allez  au  chemin  qui  descend  de  Jérusalem 
à  Gaze  qui  est  déserte  :  Gaze  avait  été 
ruinée  par  Alexandre,  e.  1.  20.  Ps.  G8. 
2(i.  Matth.  l'i.  v.  13.  15.  —2^  Qui  est  enliè- 


PHILOLOGIE  SACREE.  1032 

rement  ruiné  et  renversé.   Matth.  23.  38. 

Relinquelur  vobis  domus  veslra  déserta  :  Le 
lernps  s'approche  ,  6  Jérusalem,  que  votre 
maison  demeurera  déserte  :  ce  qui  s'entend 
du  temple  de  la  ville. 

DESERVIRE;  Tinpszeïv.  —  i"  Servir,  ren- 
dre service,  obéir.  Sap.  16.  24.  Creatura  libi 
faclori  deserviens  :  La  créature  vous  est  as- 
servie, à  vous  qui  en  êtes  leCréateur.  1.  Cor. 
9.  13. 

2"  Servir,  rendre  à  Dieu  un  culte  de  reli- 
gion (>aT/5swMv).  Hebr.  8.  5.  Qui  exemplari 
et  iimbrœ  dcserviunt  cœlestium:  Qui  rendent 
à  Dieu  un  culte  qui  consiste  dans  des  figures 
et  dans  l'ombre  des  choses  du  ciel.  c.  13.  10. 
Act.  24.  14.  c.  2Ô.  7.  c.  27.  32. 

3°  S'accommoder,  avoir  de  la  complai- 
sance (âouXsûjtv).  Sap.  14.  ^i.  Regibus  deser- 
vienles  :  Les  hommes  se  sont  rendus  trop  com- 
plaisants aux  rois;  se.  pour  regarder  comme 
un  dieu  le  père  de  leur  roi,  parce  qu'il  le 
leur  commandait.  Voy.  v.  15.  c.  16.  21. 

4°  Demeurer,  être  toujours  prêt  pour  le 
service  de  quelqu'un  (  ■Kpoa-mp-zspzi-i  ).  Marc. 
3.  9.  Dixit  discipulis  suis  ut  navicula  sibi 
deserviret  :  Jésus-Christ  dit  à  ses  disciples 
qu'ils  lui  tinssent  là  une  barque,  afin  qu'elle 
lui  servît. 

DESIDERABILIS,  is ,  e  ;  èniBv^nTÔç.  Sou- 
haitable, qui  mérite  d'être  désiré,  agréable, 
précieux,  aimable.  Ps.  18.  11.  Desiderabilia 
super  aurum  et  lapidem  pretiosum  :  L'obser- 
vation des  commandements  de  Dieu  est  plus 
à  désirer  que  l'or  et  les  pierres  précieuses. 
Cant.  5.  16.  Tolus  desiderabilis  :  Mon  bien- 
aimé  est  tout  aimable.  Job.  33.  20.  etc.  L'Hé- 
breu emploie  le  génitif  desiderii  ou  deside^ 
riorum,  gouverné  du  substantif  qui  le  pré- 
cède, au  lieu  de  l'adjectif  desiderabilis  dont 
l'interprète  s'est  servi  ;  comme  vasa  desi- 
derii :  terra  desiderii:  Un  vase  précieux, 
une  terre  agréable,  et  ainsi  du  reste  poi^r 
signifier  tout  cequ'on  veut  marquer,  comme 
aimable,  précieux,  agréable,  excellent.  Dan. 
10.3.  Panem  desiderabilem  non  comedi  :  ie 
ne  mangeai  d'aucun  pain  agréable  au  goût  ; 
se.  pendant  trois  semaines.  Ezech.  24.  16. 
Ecce  ego  tollo  a  te  desiderabile  oculorum 
luorum  :  Je  vais  vous  ravir  ce  qui  est  de 
plus  agréable  à  vos  yeux;  se.  votre  femme. 
Ainsi,  les  ornements  du  temple  et  tous  les 
meubles  précieux  qui  servaient  au  culte  de 
Dieu,  sont  rendus  dans  la  Vulgate  parle 
mol  desiderabilia.  Joël.  3.  5.  Desiderabilia 
mea  intulistis  :  Vous  avez  emporté  dans  vos 
temples  ce  que  j'avais  de  plus  précieux  et 
de  plus  beau.  Thren.  1.  10.  De  même  les  bâ- 
timents somptueux  du  temple  et  de  la  ville. 
Isa.  64.  il.  Oinnia  desiderabilia  nostra  versa 
sunl  in  ruinas  :  Tous  nos  bâtiments  les  plus 
somptueux  ne  sont  plus  que  des  ruines. 
Thren,  1.7.  V^oy.  Desiderium  4°. 

DESIDEKARE,  è-KfKoOù-j,  èmOviieïv.  Du  nom 
sidus,  et  répond  au  verbe  «Troxst/AciÇetv,  qui 
marque  le  temps  de  la  belle  saison  qui  se 
passe. 

1°  Désirer,  souhaiter,  soupirer  après  quel- 
que chose.  Ps.  118.  20,  Conciipivil  anima  mea 
desiderare  justificationes  tuas  :  Mon   âme  ci 


4  095 


DES 


DES 


!09l 


désiré  avec  ardeur  de  s'entretenir  de  voire 
loi.Concupivit  desiderare,  est  une  phrase  hé- 
braïque pour  rehementer  desideravit,  de  la 
même  signiûcalion  que,  Luc.  22.  15.  Deside- 
desideravi  :  J'ai   souhaité  avec  ardeur. 


no 


Ps.  il.  1.  etc.  1.  Tim.  3. 1.  Ainsi,  aimer  avec 
grande  affection,  soupirer  après  une  chose 
absente.  Philipp.  2.  26.  Quoniam  omnes  vos 
desiderabat  :  Je  vous  ai  envoyé  Epaphroditc, 
parce  qu'il  désirait  de  vous  voir  tous.  1.  Cor. 
9.  14.  D'où  vient.  Non  desiderare,  mépriser, 
rejeter.  Isa.  53.  2.  Non  erat  aspeclub-,  et  desi- 
deravimus  eiim  :  Le  bras  du  Seigneur,  se. 
Jésus-Christ,  n'avait  rien  qui  attirât  l'œil,  et 
nous  l'avons  méprisé;  /.  e.en  sorte  que  même 
il  paraissait  méprisable.  Voy.  Aspectus. 

2°  Désirer,  avoir  besoin  {yipii^^-^  é'Z'")-  1* 
Thess.  4.  11.  Operatn  detis  ut  nullius  aliquid 
deserfere^is  ;  Etudiez-vous  à  vous  mettre  en 
état  que  vous  ne  désiriez  rien  du  bien  dau- 
trui,  de  n'en  avoir  pas  besoin.  De  là  vient: 

DESIDERATUS,  a,  lm  ;  Èz/s/.Ti,-.  Qui  est 
désiré  et  souhaité.  Agg.  2.  8.  Venlet  deside- 
ratas ciinctis  gentibus  :  Le  désiré  de  toutes 
les  nations  viendra.  Ce  nom  est  un  de  ceux 
du  Messie  qui  était  l'objet  du  désir  des  na- 
tions ;  soit  à  cause  de  l'extrême  désir  qu'elles 
avaient  de  sa  venue,  .«^oil  à  cause  des  désirs 
des  élus. 

DES1DERATISSIM*jS;  è-L-6Qrao;  ,  Super- 
latif de  desideratus. 

Très-cher  et  Irès-aimé.  Philipp.  i.l.  Fra- 
très  mei  charissimi  et  desideratissimi  :  Mes 
très-chers  et  très-aimés  frères;  Gr.  JDcside- 
raii. 

DESIDERIUM,  ii;  £-tfivy.i%.—  i°  Désir,  sou- 
hait, regret.  Prov.  13.  19.  Desiderium  si  com- 
pleatur,  détectât  animam:  L'accomplissement 
du  désir  est  la  joie  de  l'âme,  c.  21.  25.  Desi- 
dcria  occidunt  pirjrum  :  Les  désirs  tuent  les 
paresseux.  Ainsi  ,  le  désir  de  revoir.  2. 
Cor.  7.  v.  7.  11.  Consolalus  est  nos  Deus  refe- 
rens  nobis  veslrum  desiderium  :  Dieu  nous  a 
consolé,  non-seulement  par  l'arrivée  de  Tito, 
jnais  encore  par  la  consolation  qu'il  a  reçue 
de  vous,  m'ayant  rapporté  le  désir  que  vous 
avez  de  me  revoir. 

2'  Dessein  .  entreprise.  Joan.  8.  VV.  Desi- 
deria  patris  vestri  vullis  facere  :  V^ous  voulez 
accomplir  les  désirs  de  votre  père  qui  est  le 
diable  :  ici  le  mot  desideria  est  rendu  par 
opéra,  studia,  adinvenliones ;  Hbr.  hhaliloth, 
ou  mnhaalilim.  A  quoi  se  rapporte  passion, 
convoitise.  2.  Tim.  3.  G.  Ducuntur  variis  de- 
sideriis  :  Ces  faux  docteurs  traînent  après 
eux,  comme  captives,  des  femmes  possédées 
de  diverses  passions,  c.  2.  22.  Ephes.  4.22. 
Corrumpitur  secundum  desideria  erroris  :  La 
vie,  selon  l'homme  intérieur,  se  corrompt 
en  suivant  l'illusion  de  ses  passions;  i.c.cu- 
pidilates  decepirices.  1.  Thess.  4.  5.  Til.3.3. 
1.  Petr.  k.  v.2.  5.  Sap.  19.  12.  Jn  alloculione 
desiderii.  Voy.  Allocutio. 

3°  Le  besoin  qu'on  a  de  quelque  chose 
(  xP^î«  /•  Philipp.  V.  19.  Deus  autem  meus 
impleat  omne  desiderium  vestrum;  i.  c.  quid- 
quid  vobis  opus  est  :  ie  souhaite  que  mon 
Dieu  remplisse  tous  vos  besoins:  ce  que  saint 
Paul  dit   comme  en    reconnaissance  de  la 


libéralité  que  les  Philippiens  avaient  exercée 
envers  lui.  (Voy.  v.  18.).  A  quoi  se  rapporte 
dans  le  sens  figuré  cette  autre  signification. 
La  chose  même  que  l'on  désire,  l'objet 
désiré.  Ps.  20.  3.  Desiderium  cordis  ejus  tri- 
buisliei:  Vous  avez  accordé  au  roi  le  désir  de 
son  cœur.  Ps.  77.29.  Desiderium  eorumaltulit 
e«s  ;  Dieu  accorda  aux  Israélites  ce  qu'ils 
désiraient,  se.  des  viandes  qui  furent  dos 
cailles  dont  ils  mangèrent.  Non  sunt  frau- 
duti  a  desiderio  suo  :  Ils  ne  furent  point  fru- 
stres de  ce  qu'ils  avaient  tant  désiré.  Ps.  111. 
10.  Ps.  10.  17.  Ezech.  2i.  25.  Tollam  ab  eis 
desiderium  oculorumeorum  .-J'ôlerai  aux  Is- 
raélites ce  qu'ils  ont  de  plus  cher  et  de  plus 
précieux;  se.  la  royauté  et  le  lemplo  saint. 
Eccli.  45.  14.  Job.  30.  15.  Ainsi,  Gcn.  49. 
26.  Desiderium  collium  œtcrnorum  [eyloyia)  ; 
Le  Messie  qui  est  l'objet  des  désirs  des  pa- 
triarches marqués  par  les  collines  qui  sont 
depuis  le  commencement  du  monde. 

4°  Desiderium  mis  au  génitif  gouverné  d'un 
substantif,  signifie  une  chose  chère,  pré- 
cieuse, agréable,  excellente.  Apoc.  18.  14. 
Poma  desiderii  animœ  tuœ  discesserunt  a  ie  : 
Les  fruits  dont  tu  faisais  tes  délices  l'ont 
quittée,  ô  Bahylone;  aulr.  le  temps  de  la 
jouissance  de  les  désirs  est  passé.  Ainsi,  vir 
desideriorum,  Dan.  9.  23.  c.  10.  v.  11.  19. 
est  un  nom  attribué  au  prophète  Daniel,  ou 
parce  qu'il  était  très-aimable  et  agréable 
à  Dieu,  ou,  parce  qu'il  était  très-recomman- 
dable  pour  sa  vertu;  ou  enfin  il  se  prend 
activement  pour  signifier  le  grand  désir  que 
ce  prophète  avait  du  salut  de  son  peuple. 

DESIGNARE,  àvaocr/vOvai.  Désigner,  nom- 
mer, choisir.  Luc.  10.  1.  Designavit  Do- 
minus  et  alios  septuaginta  duos  :  Le  Seigneur 
choisit  encore  soixante  et  douze  autres  di- 
sciples; Gr.  soixante-dix.  2.  Mach.  9.  25. 

DESILIRE.  Du  simple  salire. 

Sauter  du  haut  en  bas,  descendre  prompte- 
ment  -/aT«6xtvc£v).  Judic.  4.  15.  Jn  lunlum  ut 
Sisara,  de  curru  desiliens  ,  pedibus  fugeret  : 
Le  Seigneur  frappa  de  terreur  Sisara  et  tou- 
tes ses  troupes,  et  les  fit  passer  iva  fil  de  l'é- 
pée  aux  yeux  de  Barac,  de  sorte  que  Sisara 
sautant  de  son  chariot  en  bas,  s'enfuit  à  pied. 
4.  Reg.  5.  21. 

DESINERE;  èyld-Kzu.  1°  Cesser,  finir,  s'ar- 
rêter. Sap.  5.  13.  Nali  conlinuo  desitimus 
esse  :  Nous  ne  sommes  pas  plutôt  nés,  que 
nous  avons  cessé  d'être.  Eccli.  28.  6.  Esth.  9. 
V.  17.  18.  etc. 

Façon  de  parler  de  celle  sigiiilicalion. 

Desinere  a  re  aliqua.  Cesser  de  faire  quel- 
que chose,  s'en  abstenir  (rrc/.Jetv).  Ps.  3(').  8. 
Desine  ab  ira  :  Quittez  tous  ces  moiivemcnls 
de  colère.  1.  Pelr.  4.  1.  Job.  34.  ."{G.  Ne  desi^ 
nas  ab  liomine  iniquitulis  :  Ne  cessez  point  de 
frapper  un  homme  injusle  ;  se  pour  l'obli- 
ger de  reconnaître  la  justice  de  votre  con- 
duite; ou  si  Eliu  parle  à  Eliphas  comme  à 
son  ancien,  ces  paroles  signifient  :  Ne  cesse* 
point  de  presser  Job  par  de  fortes  raisons 
pour  le  confondre. 

2'  Cesser  d'être,  ou  de  subsister.  Eccli.  24. 
4G.  Non  desinam  in  proyenics  illorum  usque 


1095 


DlCTIOiNiNAlRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 
Je  ne  cesserai  point  d'être 


1096 


in  ÉPI  wm  sanctum 

présente  de  race,  en  race  jusqu'au  siècle 
saint,  à  ceux  qui  me  recherchent  :  C'est  la 
Sagesse  qui  parle. 

DESISTERE.  Cesser,  s'arrêter  («vacrTplyjtv). 
1 .  Reg.  23.  28.  Reversus  est  ergo  Saul  desi- 
stens  persequi  David  :  A  la  nouvelle  que  re- 
çut Saùl  que  les  Philistins  étaient  entrés  en 
grand  nombre  dans  la  Judée,  Saùl  cessa  de 
poursuivre  David;  se.  pour  marcher  contre 
les  Philistins. 

Façons  de  parier. 

Desistere  a  re  aligna.  S'abstenir  de  quelque 
chose,  cesser  de  la  faire,  ou  en  quitter  le 
dessein.  Gen.  11.  6.  Nec  désistent  a  cogita- 
tionibus  suis  :  Les  entants  d'Adam  ne  quitte- 
ront point  le  dessein  qu'ils  ont;  se.  de  bâtir 
la  ville  et  la  tour,  appelée  depuis  Babel.  Ec- 
cli.  16.  28. 

DESOLARE;  ipn^nvv,  «y«viÇav.  De  l'adj.  so- 
lus,  a,  um. 

1°  Désoler,  ravager,  ruiner.  Sophon.  3. 
6.  Desolatœ  sunt  [è^ilnzo-^]  eivitates  eorum  : 
Les  villes  des  peuples  sont  désolées.  Zach.  7. 
14-.  Terra  desolata  est  ub  eis  :  Ils  sont  cause 
que  leur  pays  est  désolé;  autr.  leur  pays  est 
demeuré  abandonné  par  leur  exil,  Gr.  Y.az6- 
Tytffôîv  a  tergo,  derrière  eux  :  ce  qui  marque 
leur  enlèvement.  Ps.  78.  7.  etc.  A  quoi  se 
rapporte  dans  le  sens  métaphorique,  Isa.  11. 
15.  Desolabit  Dominus  lingiiam  maris  Mgij- 
pti:  Le  Seigneur  desséchera  la  langue  de  la 
mer  d'Egypte  ;  i.  e.  il  desséchera  la  mer 
Rouge  voisine  de  l'Egypte,  ou  l'Isthme,  qui 
est  entre  la  Méditerranée  et  la  mer  Rouge  : 
ce  qui  figure  la  destruction  de  l'idolâtrie,  et 
l'entrée  facile  des  apôtres  dans  l'Egypte  ou 
l'Assyrie.  Le  Prophète  fait  allusion  au  pas- 
sage des  Israélites  au  travers  de  la  mer 
Rouge. 

2°  Perdre,  affliger,  persécuter,  réduire  à 
la  dernière  désolation  [yjpao-j-j).  Sap.  ^-  19« 
Usque  ad  supremum  desolabuntur  :  Le  Sei- 
gneur réduira  les  méchants  dans  la  dernière 
désolation.  Apoc.  17.  16. 

3"  Saisir  de  frayeur,  effrayer  (y/staasiv).  Je- 
rem.  I.Xîl.Portœ  ejus ,  desolamini[rtvrM')o;  zopiEs) 
vehemenler  :  Portes  du  ciel,  frémissez  d'hor- 
reur,et  brisez-vous  par  les  éclairs  et  les  fou- 
dres, pour  marquer  la  colère  de  Dieu  :  on  peut 
aussi  entendre  par  ces  portes  du  ciel,  les 
anges;  Menoch. 

k"  Laisser,  destituer,  abandonner  seul.  2. 
Reg.  17.  2.  Pereutiam  regem  désolât  um;  ijtovw- 
Ty.Tûv  ;Le  roi  se  trouvant  seul,  je  le  désolerai; 
c'est  la  proposition  et  l'offre  que  fait  Achito- 
phel  à  Absalom.  1.  Tim.  5.  5.  1.  Thess.  2.  17. 
Nos  desolali  a  vobis  ad  tempus  horœ,  aspeclu, 
non  eorde  :  Nous  avons  été  séparés  de  vous 
pour  un  peu  de  temps  ,  de  corps  ,  non  de 
cœur.  Baruch.  4.  v.  12.  16.  Ce  mot  se  dit 
particulièrement  d'une  veuve  ,  d'une  mère 
sans  enfants,  ou  d'une  ville  sans  citoyens,  1. 
Tim.  5.  5.  Quœ  vere  vidua  est,  et  desolata  spe- 
ret  in  Deum  :  Que  celle  qui  est  véritablement 
veuve  et  abandonnée,  espère  en  Dieu.  ïhren. 
1.  13.  Posuit  me  desolatam  :  Le  Soigneur  m'a 
rendu  toute  désolée  i  c'est  Jérusalem  oui  se 


plaint.  2.  Reg.  13.  20.  Mansit  Tliamar  conta^ 
beseens  in  domo  Absalom  :  Thamar  demeura 
dans  la  maison  d'Absalom,  son  frère,  séchant 
d'ennui.  Hcbr.  desolata,  sans  être  mariée,  ou, 
sans  voir  personne. 

DES0LAÏI0,N1S  ;  èjOflptwo-iç,  «yavt(7/:;tô?.  1°  Dé- 

solation,  ruine,  ravage.  Luc.  21.  20.  Scitote 
quia  appropinquavit  desolatio  ejus  :  Lorsque 
vous  verrez  une  armée  environner  Jérusa- 
lem, sachez  que  sa  désolation  est  proche, 
dit  Jésus-Christ.  Jerem.  12.  11.  Desolatione 
desolata  est  omnis  terra  :  La  terre  est  dans 
une  extrême  désolation,  c.  18.  16.  Matth.  2i. 
15.  Cum  videritis  abominationem  desolatio- 
nis ;  i.  e.  desolantem.  V.  Abominatio.  Ainsi, 
Dan.  8.  13.  Usquequo  peceatum  desolationis? 
Jusqu'à  quand  durera  le  péché  qui  causera 
cette  désolation?  D'où  vient,  Dare,  ou  ponere 
abominationem  in  desolationem  :  Causer  une 
désolation  abominable.  Dan.  11.  31.  Dabunt 
abominationem  in  desolationem  :  Cela  s'en- 
tend du  ravage  que  fit  Antiochus  Epiphanes 
dans  la  Judée  ,  et  surtout  dans  Jérusalem  et 

dans  le  temple.  Gr.po.-XOy^txKta  Àyavta/iAaTWVj.lÔO- 

minationes  hominum  desolatorum  :  Ainsi,  c. 
2.  11. 1.  Mac.  1.  ^"i .  Mdijicavit  rex  Anlioehus 
abominandum  idolnm  desolationis  super  ai- 
tare  Dei  :  Le  roi  Antiochus  dressa  l'abomi- 
nable idole  de  la  désolation  sur  l'autel  de 
Dieu;  c'était  l'idole  de  Jupiter  Olympien. 

2'  Affliction,  tristesse,  chagrin,  douleur. 
Ezech.  12.  19.  Aquam  suam  in  desolatione  bi- 
bent  :  Ceux  qui  habitent  dans  Jérusalem  boi- 
ront leur  eau  dans  l'affliction. 

DESOLATORIUS,  a,  um;  èprjuiy.ôç-Qui  con- 
sume vite.  Ps.  119.  4.  Sagittœpotentis  aeutœ, 
cum  carbonibus  desolutoriis  :]^a  langue  trom- 
peuse est  semblable  à  des  flèches  aiguës,  lan- 
cées par  un  homme  fort,  aussi  bien  qu'à  des 
charbons  ardents  qui  consument  promple- 
ment ,  et  qui  réduisent  bientôt  en  cendre; 
autr.  avec  des  charbons  dévorants  :  ce  qui 
marque  le  grand  mal  que  les  calomniateurs 
causent  par  leurs  médisances,  qui  est  incu- 
rable et  sans  remède.  L'Hébreu  porte,  des 
charbons  de  genièvre,  qui  sont  solides  et  fort 
biûlanls. 

DESPECT10,Nis  ;  èc,o-joéi/M(Ttç. —  1°  Mépris, 
dédain,  abandon.  Ps.  122.  4.  Repleti  sumus 
despectione  :  Nous  sommes  remplis  de  confu- 
sion et  dans  le  dernier  mépris. 

'1"  Sujet,  objet  de  mépris,  qui  est  méprisé. 
Ps.  122.  5.  Opprobrium  abundanlibus  et  de- 
spectio  supcrbis  :  Nous  sommes  devenus  un 
sujet  d'opprobre  à  ceux  qui  sont  dans  l'a- 
bondance, et  de  mépris  aux  superbes. 

DESPECTUS ,  us;  ù-iuix.  Mépris.  Gon. 
16.  5.  Videns  quod  conceperit ,  despcetai  me 
habet  :  Agar  voyant  qu'elle  est  devenue 
grosse,  me  méprise  :  Sara  s'en  plaint  à  Abra- 
ham. 

DESPECTUS,  A,  um;  aTipTo,-.  —  1°  Que 
l'on  méprise,  qui  est  un  ohjtt  de  mépris. 
Isa.  53.  3.  VidiïHus  cum  dcspccluni  :  Ce  bras 
du  Seigneur,  Jésus-Christ  nous  a  paru  un 
objet  de  mépris. 

2"  Infâme,  indigne  du  rang  qu'il  lient,  sçou- 
Oîv<,>0dç.  Dan.  11.21.  Stabit  in  loco  ejus  dcspe- 
clus  :  Un  homme  très -méprisable  et  indigna 


fM>7 


DES 


DES 


i0!)8 


(lu  nom  de  roi  prendra  la  place  du  roi  Selou- 
ciis;  par  ce. roi  méprisable,  s'en[end  Antio- 
chus  Epiphancs  ,  qui  n'avait  point  de  quali- 
tés royales  ,  quoiqu'il  fût  appelé  Vlllitstre; 
il  s'est  rendu  infâme  par  ses  impiétés  ,  ses 
fourberies  ,  ses  violences  et  ses  cruautés 
contre  les  Juifs.  Voy.  Fraudulentia. 

DESPERABILIS,  is,  e.  Incurable,  dont  on 
désespère.  Jerem.  15.  18.  Quare  plaga  mea 
desperabilis  [d-ctpzhç)  renuil  curari?  Pourquoi 
ma  plaie  est-elle  désespérée  et  refuse-l-elle 
de  se  guérir?  Voy.  Plaga.  n.  5. 

DESPERARE  ;  «Tr.O.TriÇstv.  Désespérer,  per- 
dre espérance.  1.  Reg.  23.  26.  David  despe- 
rabat  se  passe  evadere  :  David  désespérait  de 
pouvoir  échapper  :Gr.  Ty.zTTc/.'Cous-joç,  tecjens  se; 
Hebr.  nahhais,  festinabat  ;  David  se  bâtait  de 
sortir  de  là.  Prov.  19. 18.  Erudi  fdium  tuum, 
ne  desperes  :  Corrigez  votre  enfant  et  n'en 
désespérez  pas  ;  Hebr.  Ne  vous  arrêtez  point 
à  ses  cris.  2.  Mach.  9.  22.  Non  desperans  me- 
mel  ipsum  [xrroyi^jôifjy.sa]  .'Ce  n'est  pas  que  je  dé- 
sespère de  ma  santé,  dit  Antiochus.  Éphes. 
4.  19.  Desperanles  semetipsos  tradidernnt  im- 
pudicitiœ  (à-aXyîîv  ,  dedulere)  :  Les  Gentils 
n'ayant  point  d'espérance  se  sont  abandon- 
nés à  l'impudicité;  Gr.  à7r>3).yi7v.6T£f,  Qui  do~ 
1ère  lesierunt ;  sans  aucun  remords.  Job.  7. 
16.  Desperavi,  nequaquam  ultra  jam  vivam  : 
Il  ne  me  reste  aucune  espérance  de  vivre  da- 
vantage; Hebr.  La  vie  m'est  devenue  insup- 
portable. 

Ne  pouvoir  se  résoudre  à  faire  quelque 
cbose.  Jerem.  2.  23.  Desperavi,  nsqunquam 
faciatn  :  Je  ne  puis  me  résoudre  à  faire  ce 
que  vous  désirez  de  moi.  c.  18.  12.  de  là 
vient, 

DESPERARL  Etre  désespéré,  être  dans  un 
état  dans  lequel  on  n'espère  plus  de  guérison 
(«PfVjiTTcîv).  2.  Reg.  12.  13.  Desperatus  est  : 
L'enfant  que  la  femme  d'Urie  avait  eu  de  Da- 
vid, fut  désespéré;  Hebr.  devint  extrême- 
ment malade.  Mich.  1.  9.  Desperata  est  plaga 
ejus  :  La  plaie  de  Samarie  est  désespérée  : 
le  Prophète  parle  de  la  contagion  de  l'idolâ- 
Irie;  Gr.  -/Mzr/.pocznafj,  invaluit.  On  peut  l'en- 
tendre de  la  peine  dont  Dieu  a  puni  l'idolâ- 
trie des  dix  tribus;  Venit  usque  ad  Judam, 
teligit  portam  populi  mei  usque  ad  Jérusa- 
lem :  Elle  est  venue  jusqu'à  Juda  ,  elle  a 
gagné  jusqu'à  la  porte  do  mon  peuple,  jus- 
que dans  Jérusalem;  parce  que  les  Assy- 
riens, sous Salmanasar, ayant  ruiné  Samarie, 
vinrent  ensuite,  sous  Sennachérib,  assiéger 
même  Jérusalem. 

DESPERATIO,  nis.  Désespoir.  2.  Rog.  2. 
26.  An  ignoras  quod  periculosa  sil  dcspera- 
tio?  Ignorez-vous  qu'il  est  dangereux  de  je- 
ter son  ennemi  dans  le  désespoir?  Hebr.  Ne 
savez-vous  pas  qu'il  en  pourra  arriver  du 
malheur?  Eccli.  27.  '2k.  Uenudare  amici  my- 
sterium  dcsperatio  est  animœ  infclicis  :  H  n'y 
a  plus  d'espérance  de  rentrer  dans  l'amitié, 
quand  on  a  é!é  assez  malheureux,  pour  ré- 
véler l(;  secret  de  son  ami. 

DESPICERE.  De  l'ancien  verbe  specere. 

Mépriser,  faire  pi  u  de  cas,  négliger;  à 
{]U()\  répond  le  verbe  Grec  èçoyOvjziv,  ou,  reje- 
ter, refuser;  ce  qui  répond  au  verbe  àOizcCv. 

DlGTlOISN.  DE  PHII.OL.    SACRÉE.    F. 


1°  Mépriser,  négliger  (iïoy5cv.^?v).  Proy.  î.  7. 
Sapientiam  alque  doctrinam  stulti  despiciunt  : 
Les  insensés  méprisent  la  sagesse  et  la  doc- 
trine. Ps.  10.  1.  Ps.'21  25.  Gen.29.  v.  31.. 
33.  Mal.  1.  7.  Voy.  Mensa.  Prov.  11.  12.  Qui 
despicit  amicum  suum  indigens  corde  est  :  Ce- 
lui qui  méprise  son  ami  n'a  point  de  sens,  etc. 

2'  Blâmer  iè^ovh-^ovv) .  Cant.  8.  1.  Quis  mifii 
det  ut  jam  me  nemo  despiciat  ?  Qui  me  pro- 
curera le  bonheur  de  vous  avoir  pour  frère, 
afin  qu'à  l'avenir  personne  ne  me  méprise? 
C'est  la  Synagogue  qui  parle  et  qui  désire 
d'être  assez  heureuse  pour  posséder  en  per- 
sonne la  vérité  même,  qu'elle  ne  possédait 
encore  que  par  la  foi.  Car,  avant  Jésus- 
Christ,  elle  était  exposée  en  quelque  sorte 
au  mépris,  comme  étant  stérile,  pour  le  dire 
ainsi,  à  l'égard  de  celui  qu'elle  promettait, 

3"  Dissimuler,  laisser  passer,  faire  sem- 
blant de  ne  pas  voir  {vTzspsiSsii)).  Deut.  22.  4. 
Si  videris  asinum  [ratris  lui  aut  bovem  ceci— 
disse  in  via,  non  despicies  :  Si  vous  voyez  que 
l'âne  ou  le  bœuf  de  votre  frère  tombe  dans  le 
chemin,  vous  ne  passerez  point  sans  vous  en 
mettre  en  peine,  mais  vous  l'aiderez  à  le  re- 
lever. Act.  17.  30.  Et  tempora  quidem  hujus 
ignorantiœ  despiciens  Deus  :  Dieu  ayant  laissé 
passer  et  comme  dissimulé  ces  temps  d'igno- 
rance ;  aufr.  Dieu  ayant  regardé  avec  indi- 
gnation les  égarements  des  hommes,  qui  s'é- 
taient abandonnés  à  toutes  sortes  de  crimes. 
Eccli.  7.  14.  Considéra  opéra  Dei  quod  nemo 
possit  corrigere  quem  ille  despexerit  :  Consi- 
dérez les  œuvres  de  Dieu,  et  que  nul  ne  peut 
corriger  celui  qu'il  méprise,  qu'il  ne  touche 
point  par  sa  grâce,  et  qu'il  abandonne  par 
sa  justice.  Voy.  Gregor.  in  Job.  l.  11.  5.  Ec- 
cli. 28.  9. 

4°  Voir,  regarder  avec  assurance  (srrEtSjtv). 
Ps.  33.  9.  Super  inimicos  meos  despexit  ocu~ 
lus  meus  :  Mon  œil  a  regardé  avec  assurance 
mes  ennemis  ;  l'Hébreu  et  le  Grec  portent  : 
Mon  œil  a  vu  dans  mes  ennemis  ;  on  sous-en- 
tend  la  vengeance  qu'il  souhaitait.  Les  Hé- 
breux sous-entendent  souvent  de  pareilles 
choses.  (Voy.  Ps.  34.  21.)  Ps.  111.  8.  Ps.  117. 
7.  Ego  despiciam.  inimicos  meos  :  Je  mépri- 
serai mes  ennemis  ;  Gr.  ètxô-youm,  Je  regar- 
derai leur  châtiment.  Hebr.  Videbo  in  ho- 
stibus  meis  (supl.  optalam  ultioneni);  Voy. 
ViDERE.  Le  Prophète  forme  ces  désirs  dans 
la  seule  vue  de  la  gloire  de  Dieu,  qui  devait 
paraître  dans  la  confusion  de  ses  ennemis, 
qui  étaient  en  même  temps  les  ennemis  de 
Dieu.  Ce  verbe,  suivi  de  la  préposition  in, 
marque  une  vue  attentive  qui  émeut  les  af- 
fections de  celui  qui  regarde.  Abd.  v.  1.  2. 
13.  Non  despicies  in  die  fratris  tui ;  p)  è7zi<hç. 
Ne  vous  moquez  point  de  votre  frère  au  jour 
de  son  afllelion.  Voy.  Mich.  4.  11. 

DESPOLIARE  ;  ÈxôOïtv.  Dépouiller.  Luc.  10. 
30.  Qui  eliam  despoliaverunt  cum  :  L'homme 
qui,  descendant  de  Jérusalem  à  Jéricho,  tom- 
ba entre  les  mains  des  voleurs  ,  fut  dépouillé 
par  eux,  et  grièvement  blessé. 

DESPONDERE;y.v>,aT£0£rrO«t.l'' Fiancer,  ac- 
corder, promettre  eu  mariage.  Dent.  20.  7. 
Homo  qui  despondit  uxorem  :  Un  homme 
qui  a  été  fiancé  à  une  fille,  c.  22.  23.  Exodr 

35 


i099 

21.  9.  2.  Cor.  11 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRËE. 


1100 


2.  Bespondi  vos  xini  viro 
virginem  castam  exhibere  Christo  :  Je  vous  ai 
fiancés  à  cet  unique  époux  ,  qui  est  Jésus- 
Christ,  pour  vous  présenter  à  lui  comme  une 
vierste  chaste.  Saint  Paul  parle  de  l'Eglise 
de  Gorinthe  :  Jésus-Chiist  est  l'époux  des 
âmes,  et  il  les  a  confiées  à  ses  ministres,  qui 
sont  les  amis  de  l'époux  pour  veiller  sur 
elles  et  pour  les  lui  conserver  sans  tache 
jusqu'au  jour  des  noces  ,  auquel  elles  lui 
doivent  être  présentées. 

2°  Epouser,  prendre  en  mariage  ()y.fAo«v£tv). 
2.  Rpg.  3.  14.  Redde  uxorem  meam  Michol , 
guam  despondi  mihi  centum  prœputiis  Pliili- 
sliim  :  Rendez-moi  Michol,  ma  femme ,  que 
j'ai  épousée  pour  cent  prépuces  de  Philistins, 
dit  David  à  Isboseth.  (Voy.  1.  Reg.  18.  v.  25. 
27.  )  D'autres  prennent  encore  ce  mot  en  cet 
endroit  pour  accorder  en  mariage.  Voy.  1. 
Reg.  18.  25. 

DESPONSATIO,  nis.  Fiançailles,  promesse 
de  mariage,  mariage  (vvfy-'yrjG-t?).  C;mt.  3.  11. 
Videle  regem  Salomonem  in  diademate  quo  co- 
ronavit  illum  mater  sua  in  die  despunsationis 
iîiiiis  :  Filles  de  Sion,  venez  voir  le  roi  Salo- 
mon  avec  lediadème  dontsamèreracouronné 
le  jour  de  ses  noces.  Jerem.  2.  2.  Recordatns 
sum  tui  miserans  adolescentiam  tuam,  et  ca- 
ritatem  desponsationis  tiiœ  [rslîiutnç)  :  Je  me 
suis  souvenu  de  l'amour  que  j'eus  pour 
vous  (ô  Jérusalem!),  lorsque  je  vous  pris  pour 
mon  épouse,  quand  vous  me  suivîtes  dans  le 
désert.  Dieu  parle  du  peuple  qu'il  avait 
choisi  pour  le  servir,  comme  d'une  jeune 
fille  qu'il  aurait  prise  pour  son  épouse  ;  les 
autres  peuples  n'ont  été  consacrés  à  son  ser- 
vice qu'après  les  Juifs. 

DESPONSâTDS,  a,  um.  Du  verbe  despon- 
dere,  d'où  vient  : 

Desponsata,  je,  ijlvv(ttsvBôï(jx.  i°  Fiancée , 
accordée,  promise  en  mariage.  Exod.  22. 
16.  Si  seduxerit  guis  virginem  necdiim  des- 
ponsalam  :  Si  quelqu'un  séduit  une  vierge 
qui  n'était  point  encore  fiancée.  Deut.  22.25. 

2'  Epousée  donnée  en  mariage.  Mailh.  1. 
18.  Cum  esset  desponsata  mater  ejus  Maria 
Joseph  :  Marie,  mère  de  Jésus,  ayant  épousé 
Joseph.  Le  mot  desponsata  est  rais  en  cet  en- 
droit, parce  que  la  sainte  Vierge  vivait  avec 
saint  Joseph  comme  si  elle  n'eût  été  que 
fiancée.  (Quelques-uns  croient  que  la  sainte 
Vierge  n'était  en  effet  que  promise  à  saint 
Joseph.)  Ce  mot  signiûe  aussi  mariée.  Luc.l. 
27.C.2.5. 

DESPUMARE  ,  èTru.(^pii;u-j  ,  Ecumer ,  jeter 
de  l'écume.  Jud.  v.  \S. Fluctus  feri  inaris, 
despumantes  suas  confusiones  :  Ces  gens  sont 
comme  des  vagues  furieuses  de  la  mer,  d'où 
sortent,  comme  une  écume  sale,  leurs  or- 
dures et  leurs  infamies.  Cet  apôtre  parle  de 
quelques  infâmes  qui  déshonoraient  la  sain- 
teté du  nom  de  chrétien  par  leurs  dissolu- 
tions honteuses  ,  tels  qu'étaient  les  anciens 
hérétiques  dont  parle  saint  Irénée,  les  nico- 
laïles  et  les  gnostiques,  qui,  regorgeant  de 
passions  déshonnêtes, laissaient  partout  des 
marques  de  leurs  infamies. 

DESSAU,  Heb.  Pinguedo,  aut  cinis.  iVom 
d'un  fort  assez  près  de  Jérusalem,  i  u  rsiiM- 


nor  se  jeta  à  la  prière  de  quelques  Juifs  , 
qui  se  mirent  sous  sa  protection.  2.  Mach. 
2i.  16. 

DESTERNERE,  «TrocrâTTew.  Oîerune  housse, 
une  couverture  ,  décharger.  Gen.  24.  32. 
Jntroduxit  eum  in  hospitiiim,  ac  destrnviS 
camelos  :  Laban  fit  entrer  le  serviteur  d'A- 
braham dans  le  logis ,  et  il  déchargea  ses 
chameaux;  aiitr.  fil  décharger. 

DESTlNARE,7r|50Kto£ï(7Ô«i.  De  l'ancien  stino, 
qui  n'est  demeuré  que  dans  les  composés  ;  il 
vient  de  sto. 

Destiner,  résoudre,  déterminer,  assigner, 
députer.  Eccli.  17.  20.  Destinavit  iliis  sor- 
tem  veritatis  .-C'est  Dieu  qui  destioeàceux 
qui  sont  tombés  et  qui  se  relèvent ,  le  sort 
et  le  partage  qui  est  dû  à  leur  justice  et  t 
leurs  bonnes  œuvres,  et  non  pas  celui  qui  est 
dû  à  leur  iniquité.  2.  Cor.  9.  7. 

Destinatus,  a,  um.  1°  Destiné,  fixe,  pro- 
posé. Philipp.  3.  14-  Ad  destinatum  persequor : 
Je  cours  incessamment  vers  le  bout  de  la 
carrière;  i.  e.  je  tâche  d'atteindre  le  but  qui 
m'est  proposé.  Gr.  ■/.«-«  azo-ôv  otwxw  ,  de 
même  que  -/«TaStor/w  o-xottôv,  Scopum  perse- 
quor, versus  scopum  feror. 

2"  Prompt,  fervent,  zélé.  2.  Cor.  8.  19.  Ad 
Bomini  gloriam  et  destinatam  voluntatem 
nostram  :  Po\ir  la  gloire  de  Dieu,  et  pour 
faire  paraître  notre  zèle  dans  une  si  bonne 
œuvre.  Gr.  7:poOvj.ia.-j.  Ad  vestrampromptitu- 
dinem  :  Pour  seconder  votre  bonne  volonté. 

DESTITUERE.  Du  simple  statuere. 

1*  Délaisser,  quitter,  abandonner,  desti- 
tuer. 2.  Cor.  4.  8.  Aporiamur,  sed  non  desli- 

tllimur  {caiopo-JpiSVOL  «//'  où/.  ècxTzopo-Jy.vJoi,  llŒSl^ 

tantes,  sed  non  prorsus  hœrentes)  :  Nous  nous 
trouvons  dans  des  dilGcultés  insurmontables, 
mais  Dieu  ne  nous  abandonne  pas,  et  nous 
n'y  succombons  pas  par  sa  grâce.  Eccl.  4.  1. 
Isa.  49.  21.  Ezech.  6.  14.  2.  Mach.  4.  11. 

2"  Perdre,  ruiner,  dissiper  (èpnuoïi-j). 
Apoc.  18.  17.  Una  hora  destitutœ  sunt  tantœ 
diiitiœ  :  Comment  tant  de  richesses  se 
sont-elles  évanouies  en  un  moment?  Ezech. 
36.  35 

DESTITUTIO,  «9i-»;<7£ç.  Abandon,  action 
par  laquelle  on  abandonne  quelque  chose; 
dans  rÈcrilùre  : 

Abolition.  Hebr.  9.  26.  Nunc  aulem  semel 
ad  deslilutionem  peccati  per  hostiam  suam 
a/)/;aru«î;  Jésus-Christ  n'a  paru  qu'une  fois 
pour  détruire  le  péché,  en  s'oftranl  lui-même 
pour  victime. 

DESTRUGTiO,  oms,  xyMipzsi;.  Destruc- 
lion,  renversement.  2.  Cor.  10.  k.Arma  mililiœ 
nostrœ  potentia  Beo  ad  destructionem  muni- 
tionum  :  Les  armes  de  notre  milice  sont 
puissantes  en  Dieu  pour  détruire  et  renver- 
ser tout  ce  que  peuvent  opposer  de  plus  fort 
à  la  prédication  de  l'iùangile  les  philoso- 
phes, les  princes  païens,  le. monde  et  les  dé- 
mons. 

Obstacle,  empêchement  au  salut.  2.  Cor. 
10.  8.  Quam  dédit  nobis  Bominiis  in  œdificn- 
tionem  et  non  in  destructionem  vestram:  Dieu 
ma  donné  la  puissance  que  j'ai  pour  votre 
édifLcalicn,  et  non  pour  votre  destruction, 
c.  13.  10. 


ii'i 


ÔES 


DET 


iioâ 


DESTRUERE  ,  x«e«tpsrv.  1°  Abattre  ,  dé- 
molir, détruire.  Luc.  12.  18.  Destrumn  hor- 
rea  mea  :  J'abattrai  mes  greniers,  el  j'en  bâ- 
tirai de  plus  grands,  dit  l'homnae  riche. 
Walth.  26.61.  etc. 

Ruiner,  abolir  (xaTKisysro-Gai).  Rom.  6.  6. 
Vêtus  homo  noster  simul  crucifixus  est,  ut 
destruatur  corpus peccati:  Notre  vieil  homme 
a  été  cruciflé  avec  Jésus-Christ,  afin  que  le 
corps  du  péché  soit  détruit,  c.  ik.  30.  2. 
Tim.  1.  10.  2.  Cor.  10.  k.  Prov.  U.  1. 

2"  Perdre,  exterminer.  Ps.  27.  5.  Deslrues 
illos,  et  non  œdificabis  eos  :  Vous  perdrez  les 
pécheurs ,  sans  qu'ils  puissent  se  relever. 
Ps.  8.  3.  Ps.  51.  7.  Jerera.  i5.  4.  Thren.  2. 
17.  Ps.88.  40. 

3'  Oter,  priver,  dépouiller  (x«T«)>Û£iv)  Ps. 88. 
k^.Destruocistieumabemundalione  :  Vousavez 
dépouillé  votre  serviteur  de  ses  ornements  et 
de  son  éclat  (Hebr.  Vous  avez  fait  cesser 
son  éclat);  autr.  Vous  avez  ôlé  ce  qui  servait 
à  le  purifier,  i.  e.  tous  les  exercices  de  la  re- 
ligion. 

DESUDARE,  [loyjizht.  Faire  quelque  chose 
avec  beaucoup  de  peine  et  de  travail, 
travailler  fort.  Eccl.  2.  19.  Dominabitur  in 
labùribus  mets  quibus  desudavi  et  sollicitus  fui: 
Je  ne  sais  si  celui  qui  sera  le  maître  de  tous 
les  ouvrages  où  je  me  suis  appliqué  avec 
tant  de  peine  et  de  travail,  sera  sage  ou  in- 
sensé. 

DESUPER.  1°  Dessus,  au-dessus,  par-des- 
dessus  (ÛTTcfiav&j).  Mallh.  21.  7.  Eum  desupcr 
sedere  fecerunt  :  Les  disciples  firent  monter 
Jésus-Christ  dessus  {se.  ou  dessus  les  deux 
animaux  l'un  après  l'autre,  ou  dessus  les 
vêtements  qui  étaient  dessus  ;  co  qui  est  le 
sens  du  Grec).  Voy.  Asi^us.  Gen.22.9.  Exod. 
4.  17.  etc. 

2"  Par  en  haut,  depuis  le  haut  («vwôhv). 
Joan.  19.  23.  Desuper  contexta  per  totum  : 
La  robe  de  Jésus-Christ  était  d'un  seul  tissu, 
depuis  le  haut  jusqu'en  bas. 

3°  D'en  haut  ,  ou  du  ciel  (avwOsv).  Ps. 
77.  23.  Mandavit  nubibus  desuper  :  Dieu 
commanda  aux  nuées  qui  étaient  au-dessus 
des  Israélites.  Isa.  45.  8.  Joan.  19.  11.  ISisi 
tibi  datum  esset  desuper,  i.  e.  e  cœlo  a  Deo  : 
Vous  n'auriez  aucun  pouvoir  sur  moi  ,  s'il 
ne  vous  avait  été  donné  d'en  haut,  dit  Jésus- 
Christ  à  Pilate.  Deul.  5.  8.  Job.  36.  30. 

4°  De  plus,  encore,  outre  cela.  Num.  o.  7. 
Reddent  ipsum  caput,  quinlamque  parlem  de- 
super :  L'homme  ou  la  femme  rendront  à 
celui  contre  qui  ils  ont  péché  ,  le  juste  prix 
du  tort  qu'ils  lui  auront  fait,  en  y  ajoutant 
encore  le  cinquième. 

5°  Pour  deinceps,  tout  de  suite,  tout  en- 
semble (ÈTrâvw)  4.  Reg.  3.  21.  Convocaverunt 
omnes  qui  accincti  erunt  (Heb.  et.)  balleo 
desuper  :  Les  Moabites  assemblèrent,  tant 
ceux  qui  commençaient  à  porter  les  armes  , 
que  ceux  qui  avaient  leur  congé  ;  se.  pour 
se  défendre  contre  Joram,  Josaphat  et  le  roi 
d'Edom.  Voy.  Accingere. 

DESURSUM,  «vo.5£v.  D'en  haut,  du  ciel. 
Joan.  .'{.  31.  Qui  dcsnrsum  venit,  super  omnes 
est  :  Celui  qui  est  venu  d'en  haut  (du  ciel), 
est  au-dessus  de  tous.  Saint  Jean  parle  de 


Jésus-Christ  ;  le  même  verset  porte  de  cœlo. 
Jac.  1.  17.  c.  3.  V.  15.  17.  Ps.  49.  4. 

DETERIOR,  us,  yjipu>-^.  Du  verbe  deterere. 
user. 

1°  Pire,  plus  méchant.  1.  Tim.  5.  8.  Si  guis 
.<iuorum  et  maxime  domesticorum  curam  non 
habet  est  infideli  deterior  :  Si  quelqu'un  n'a 
pas  soin  des  siens,  et  particulièrement  de 
ceux  de  sa  maison,  il  est  pire  qu'un  infi- 
dèle; se.  en  ce  que  les  infidèles  ont  une  affec- 
tion naturelle  pour  ceux  qui  les  touchent.  2 
Pelr.  2.  20. 

2»  Qui  est  moins  bon,  moins  parfait,  au 
dessous.  Sap.  15.  18.  Insensata  comparala 
his ,  mis  sunt  détériora  ;  Les  animaux  que 
les  Egyptiens  adorent  étant  comparés  aux 
autres  bêtes  sans  raison,  sont  au-dessous 
d'elles.  Joan.  2.  10. 

3'  Pire,  plus  fâcheux,  plus  sensible,  plus 
affligeant.  Marc.  5.  26.  Nec  quidquam  profe- 
cerat ,  sed  maqis  deterius  habebat  :  Tout  le 
bien  que  la  femme  malade  d'une  perle  de 
sang  avait  dépensé  (pour  sa  guérison),  ne  lui 
avait  procuré  de  la  part  des  médecins  aucun 
soulagement;  mais  elle  s'en  était  trouvée 
toujours  plus  mal.  Gr.  [in  deterius.)  Sap.  17. 
6.  Joan.  5.  14.  Heb.  10.  29. 

4°  Plus  pernicieux,  plus  nuisible  au  salut 
(«T-uv).  1.  Cor.  11.  17.  Non  in  melius,  sed 
in  deterius  conveni'is  :  Vos  assemblées  vous 
nuisent  pliilôt  (ju'elles  ne  vous  servent. 

DETERMINARE.  Déterminer,  décider. 
Prov.  28.  10.  Judicium  déterminât  causas  : 
La  sentence  décide  les  procès  ;  Hebr.  Le  Très- 
Haut  est  l'auteur  de  toutes  choses. 

DETERRERE,  ÈxyoÇcrv  ,  Iniimid.T,  épou- 
vanter, faire  peur.  Mich.  4.  4.  Non  erit  qui 
deterreat  :  Chacun  se  reposera  sous  sa  vigne 
et  sous  son  figuier,  sans  avoir  aucun  en- 
nemi à  craindre  ;  se.  au  temps  du  Messie. 
Zach.  1.  21.  Hab.  2.  17.  1.  Esdr.  3.  3. 

DETESTAB1L1S  Détestable,  abominable. 
Gcn.  38.  10.  Jdcirco  percussit  eum  Dominusy 
quod  rem  delcslabilem  facerei  :  Le  Seifneur 
frappa  de  mort  Onan,  parce  qu'il  faisait  une 
chose  détest.ble  ;  cette  chose  est  rapportée, 
V.  9.  d'où  vient: 

DETESTABILIOR.  Plus  détestable,  plus 
inhumain  {yco.srôjzspoç).  Sap.  19.  J3.  Détesta- 
biliorem  inhospitalitatem  instituerunt  :  Les 
Egyptiens  traitèrent  les  Isrnéliles  comme 
étrangers  ,  d'une  manière  plus  inhumaine 
que  les  Sodomiles  n'avaient  fait  les  deux 
anges,  puisque  ceux-ci  ne  traitaient  pas  mal 
des  étrangers  qui  leur  fussent  connus  ;  au 
lieu  que  les  Egyptiens  réduisaient  en  servi- 
tude des  gens  qui  ne  leur  avaient  fait  que  du 
bien. 

DETESTARI,  composé  de  de  et  de  teslari^ 
prop.  rejeter  pour  témoin.  1"  Détester,  avoir 
en  horreur,  en  exécration.  Prov.  8.  13.  Os 
bilinque  detestor  :  Je  déteste  la  langue  dou- 
ble, c.  5.  12.  Cur  delestatus  sum  disciplinnm'f 
Pourquoi  ai-je  détesté  la  discipline  ?  dit  un 
homme  soupirant  de  voir  la  vigtieur  de  son 
corps  consumée  par  la  dissolution. 

2  Faire  dos  imprécations  contre  soi-même 
(xaT«vaÔ£u«Tii;£iv).Matlh.  26.74.  Cœpit  deUsian 
et  jurarc  :  Pierre  se  mil  à  faire  des  serments 


nos 


DTCTIONNAIKE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


1104 


exécrables  et  à  jurer;  se.  qu'il  n'avait  au- 
cune connaissance  de  Jésus-Christ. 

DETENTIO,  oNis.  Demeure  iy.a^oyj,).  Ec- 
cli.  2i.  16.  In plenitudine  sayictorum  detenlio 
mea  :  J'ai  établi  ma  demeure  dans  l'assem- 
blée des  saints  ;  se.  de  ceux  qui  craignent 
Dieu  et  le  servent,  dit  la  Sagesse. 

DETINERE,  du  simple  tenere  (-/«-ix£iv). 
—  1°  Retenir,  arrêter,  retarder.  ïob  10.  1. 
Putasne  quare  detcnlus  est  ibi?  Qui  peut  re- 
tenir si  longtemps  mon  fils?  dit  Tobic  de  son 
fils,  lorsquil  différait  à  revenir  à  cause  de 
ses  noces.  2.  Thess.  2.  6.  Nunc  quid  detineat 
seitis  :  Maintenant  vous  savez  ce  qui  em- 
pêche la  venue  de  l'homme  de  péché,  de 
l'Antéchrist. 

2"  Retenir  comme  dans  les  liens  et  l'escla- 
vage. Rom.  1.  18.  Qui  veritatem  Dei  in  injus- 
titia  dedncnt  :  Les  philosophes  païens  étouf- 
faient la  connaissance  de  la  vérité  qu'ils 
avaient  reçue  de  Dieu  pour  la  déclarer.  Joan. 
5.  i.Rom,'7.  6. 

3=  Retenir,  refuser  de   restituer  (y.oy.zth) . 

I.  Mach.  15.  3.3.  Neque  alienam  ierram  siimp- 
simus,  neque  aliéna  detinemus  :  Nous  n'avons 
point  usurpé  le  pays  dun  autre ,  et  nous 
ne  retenons  point  le  bien  d'aulrui,  répond 
Simon  Machabée  aux  propositions  d'An- 
tioclius. 

DETRACTIO  ,  -/aTa).«),t«  ,  Médisance  ,  ca- 
lomnie. Sap.  1.  11.  A  detractione  parcite  lin- 
(juœt'Sc  souillez  point  votre  langue  par  la 
médisance.  Eccli.  38.  18.  Fac  luctum  secun- 
dum  tneritum  ejus,  xino  die  vel  duobus,  prop- 
ier  detractiunem  :  Faites  un  deuil,  selon  le 
mérite  de  la  personne  ,  un  jour  ou  deux, 
pour  ne  point  donner  lieu  à  la  médisance  , 
de  peur  qu'on  ne  nous  croie  indifférents  , 
sans  affection  et  sans  sentiment.  2.  Cor.  12. 

20.  etc. 

DETRACTOR  ,  is  ,  x«-a«/oc.  Médisant , 
calomniateur.  Prov.  2i.  9.  Abominatio  homi- 
num  detractor  :  Le  médisant  est  l'abomina- 
tion des  hommes  :  Hebr.  Le   moqueur,  v. 

21.  Cnm  detractoribus  ne  commiscearis  ; 
N'ayez  point  de  commerce  avec  les  médi- 
sants; Hebr.  avec  les  hommes  remuants, 
qui  aspirent  à  des  nouveautés  et  à  des 
changements  dans  l'état.  Rom.  1.  30.  Ezech. 

22.  9: 

DETRAHERE.  1°  Oter  ,  arracher  ,  tirer 
dehors  (  7r|soeie«Çîtv  ).  Act.  19.33.  De  turba 
autem  delraxerunt  Alexandrum  :  Alexandre 
fut  lire  de  la  foule  :  ce  fut  lorsque  Gaïus  et" 
Aristarque  furent  entraînés  au  théâtre  par 
les  ouvriers  de  Démétrius,  orfèvre.  Isa.  8.  1. 
Yelociter  spolia  delrahe  :  Hâtez  -  vous  de 
prendre  les  dépouilles  :  c'est  un  nom  du 
Messie,  qui  devait  dépouiller  le  diable  de 
sa  puissance.  (Voy.  Luc.  11.  v.  20.  22.)  Gen. 
30.  37.  Levil.  1.  6. 

2"  Faire  tomber,  faire  périr,  précipiter.  2. 
Potr.  2.  k.  Deus  rudenlibus  inferni  delraclos  in 
lartarum  Iradidil  cruciandos  :  Dieu  a  précipiié 
les  anges  qui  ont  péché,  dans  l'abime,  où 
les  ténèbres  leur  servent  de  chaînes.  Voy. 
r.cDENs.  Job.  2V.  22.  Prov.  21.  7.  Isa.  lï.  v. 

II.  lo.  etc.  Ezech.  32.  18.  Delrahe  enm  ipsam 
uU  tcrram  ullimam  :  Précipitez-la  elle-même 


au  fond  de  la  terre  :  Le  Prophète  parle  de 
l'Egypte,  et  Dieu  lui  ordonne  de  prédire  que 
les  Egyptiens  périront  tous.  On  dit  que  les 
prophètes  font  ce  qu'ils  annoncent,  aussi 
bien  que  les  poètes  ce  qu'ils  feignent. 

3'  Médire,  parler  mal  de  quelqu'un  (xaTK- 
Joyc-Tv).  Jac.  i.  11.  Nolite  detruhere  alter- 
îilrum  :  Ne  parlez  point  mal  les  uns  des  au- 
tres. Qui  detrahit  fratri ,  delrahil  legi  :  Celui 
qui  parle  contre  son  frère,  parle  contre  la 
loi.  Exod.  22.  28.  Diis  non  detrahes,  i.  e.  judi- 
cibiis  [yMy.oloyû-j)  :  Vous  ne  parlerez  point  mal 
des  juges.  Voy.  Judex. 

k°  Mépriser,  rejeter  {u-jy-r.u'izv?.  Prov.  1. 
30.  iN'o7i  inventent  nie  eo  quod  deiraxerint 
nniversœ  correptioni  meœ  :  Les  insensés  ne 
me  trouveront  point,  parce  qu'ils  n'ont  eu 
que  du  mépris  pour  toutes  mes  remontran- 
ces. Job.  G.  25.  Quare  delraxistis  sennonibus 
veritalis  ?  Pourquoi  formez-vous  des  médi- 
sances contre  des  paroles  de  vérité?  Job  fait 
voir  à  ses  amis  qu'ils  ont  blessé  la  charité  et 
la  vérité,  en  prenant  en  mauvaise  part  ce 
qu'il  leur  disait,  pour  justifler  son  inno- 
cence. Deut.  31.  20. 

Outrager,  irriter  (  raco'ç-jvîw  ).  Num.  14. 
11.  Usquequo  detrahet  77}ifti  populus  iste  ? 
Jusqu'à  quand  ce  peuple  m'outragera-t-il 
par  ces  paroles?  v.  23. 

5°  Retrancher  du  monde,  exterminer.  Tob. 
20.  28.  Germen  domus  illius  delrahetur  in  die 
furoris  Dei  :  Les  enfants  de  la  maison  de 
l'impie  seront  retranchés  du  monde  au  jour 
de  la  fureur  de  Dieu  :  La  postérité  de  l'impie 
est  comparée  à  une  plante  qui  est  tout  à  fait 
déracinée. 

6"  Ruiner,  renverser  (TrapaWîtv).  Isa.  23. 
9.  Cogitavit  hoc,  ut  detraheret  superbinm  om- 
nis  yloriœ  :  Le  Seigneur  a  résolu  de  traiter 
Tyr  de  la  sorte,  pour  renverser  toute  la 
gloire  des  superbes. 

DETRECTARE  ,  du  simple  tractare  ;  xz-a- 
/«/c-tv.  Refuser  de  faire,  d'obéir;  dans 
l'Ecriture  : 

Parler  mal,  médire.  1.  Petr.  1.  12.  Ut  in 
eo  quod  detrectanc  de  vobis  tamqiiam  de  male- 
factoribus  :  Conduisez-vous  parmi  les  gen- 
tils d'une  manière  sainte,  afin  qu'au  lieu 
qu'ils  médisent  de  vous,  comiiie  si  vous  étiez 
des  mécbanls,  ils  rendent  gloire  à  Dieu. 

DETRIMENTUM  ,  'Cnuic/.  ,  composé  du 
verbe  deterere.  Perte,  dommage,  désavan- 
tage. Philipp.  3.  7.  Hœc  arbitralus  sum 
pr opter  Christum  detrimenta  :  Ce  que  je  re- 
gardais comme  un  avantage,  lorsque  j'étais 
zélé  pour  le  judaïsme,  m'a  paru  depuis,  en 
regardant  Jésus-Christ  ,  une  perte,  v.  8. 
Propter  quem  omnia  detrimentum  feci  :  Pour 
l'amour  de  Jésus-Christ,  je  regarde  toutes 
choses  comme  des  ordures;  Gr.  èÇnpitwÇiiV. 
Je  me  suis  privé  de  toutes  choses  ;  comme  on 
(\'\\.,jacluram  faccre ,  on  peut  dire,  detrimen- 
tum facere,  perdre,  supporter  quelque  perte. 

DETURBARE ,  ixiOt^zù-jc^t.  Renverser,  abat- 
tre, mellrc  dehors.  1  Mach.  8.  13.  Quos 
relient ,  regno  dcturbnbant  :  Les  Romains 
faisaient  perdre  le  royaume  à  ceux  qu'ils 
voulaient. 

DEÏURPARE,  xKTKt^x^m.v.  Déshonorer.  1. 


«105  DEV 

Cor.  11.  V.  i.  5.  Omnis  vir  orans  velalo  ca- 
pite  deturpat  caput  suum  :  Tout  homme  qui 
prie  ayant  la  tête  couverte,  déshonore  sa 
lête;  se.  parce  que  c'est  une  marque  de  su- 
jétion que  d'avoir  la  tète  couverte  :  or, 
l'homme  n'est  sujet  qu'à  Dieu  :  il  n'en  est 
pas  de  même  de  la  femme,  qui  doit  être  as- 
sujettie à  son  mari. 

"DEVASTARE,  Sic^fOdpea.  Gâter. 

1"  Dépeupler,  ravager,  perdre,  ruiner, 
gâter.  Jutlic.  6.  o.  Quidquid  tetigerant  dévas- 
tantes :  Les  Madianiles  et  les  Amalécites 
gâtaient  toutes  les  terres  des  Israélites  par 
où  ils  passaient.  Isa.  23,  li.  Devastata  est  for- 
titudo  vestro  :  Votre  force  est  détruite.  Joël. 
1.  10.  Devastatum  est  triticiim  :  Le  blé  est 
gâté. 

2"  Incommoder  fort,  faire  grand  tort, 
ïvuxus(7^v.i.  Act.  8.  3.  Saulus  autem  devasla- 
bat  Ecclesiam  :  Saul  ravageait  l'Eglise. 

DEVENIRE;    -/rTavràv,   du    simple  venire. 

1"  Venir,  arriver.  Act.  18.  19.  Devenitque 
Ephesum  :  saint  Paul  arriva  à  Ephèse.  c.  9. 
32.  etc. 

Ad  nifiilum  devenir e,  s;oy5E>Jova-6at,  arriver, 
tomber,  être  réduit.  Ps.  57.  8.  Ad  nihilum 
devenient  tamquam  aqua  decurrens  :  Les  pé- 
cheurs seront  réduits  à  rien  ,  comme  une 
eau  qui  passe.  1.  Mach.  6.  11.  Voy.  Dedu- 

CERE. 

2"  Se  rencontrer  ,  tomber  sur  quelque 
chose,  s'y  trouver.  1.  Cor.  10.  11.  Scripta 
sunt  ad  correptionem  nostram  ,  in  quos  fines 
seculorum  deveneriint  :  Toutes  ces  choses  qui 
arrivaient  en  figure  aux  Israélites ,  ont  été 
écrites  pour  nous  servir  d'instruction  à  nous 
autres,  qui  nous  sommes  rencontrés  dans  la 
fin  des  temps. 

3*^  Arriver,  échoir  en  héritage.  Tob.  8. 
2'*.  Fecit  scripturani  iit  pars  dimidia  quœ  su- 
pererat  post  obitum  eorum  Tobice  dominio  de- 
veniret  :  Raguel  fit  un  écrit,  afin  que  la 
moitié  du  bien  qui  lui  restait  appartînt  à 
Tobie  après  sa  mort  :  Raguel  lui  avait 
donné  déjà  une  moitié  de  son  bien  pour  le 
mariage  de  Sara  sa  fille  ,  s'étant  réservé  la 
jouissance  de  l'autre  pour  vivre. 

DEVIAKE;  èzzÀiv-iv,   du  sub'^tantif  via. 

Se  détourner.  Num.  22.  26.  Ubi  nec  ad 
dextram  nec  ad  sinistrani  poterat  deviare , 
obvius  stelit  :  L'ange  se  présenta  devant  Tâ- 
nesse  de  Balaam,  en  un  lieu  où  il  n'y  avait 
pas  moyen  de  se  détourner,  ni  à  droite  ni  à 
gauche. 

Façon  de  parler  dans  le  sens  Bguré. 

A  vero  deviare.  Se  détourner  de  la  vérité. 
Exod.  23.  2.  Nec  in  judicio  plurimoruni  ac- 
quiesces sentcntiœ,  xU  a  vero  dévies  :  Dans  le 
jugement,  vous  ne  vous  rendrez  point  à 
l'avis  du  plus  grand  nombre  pour  vous  dé- 
tourner de  la  vérité.  C'est  se  tromper,  lors- 
qu'on viole  la  justice  et  la  vérité,  d;;  se 
défendre  par  la  multitude  de  cpu\  avec  qui 
on  fait  le  mal.  August.  in  lîxod.  quœsl.  21. 

DEVIRGINARK,  du  substantif  v//y/o  ;  àrro- 
Tr«ft9£v9ùv,  ôter  l'honneur  à  une  fille.  Kccli. 
20.  3.  Concupiscentia  spadonis  devirginabit 
iuvencnlam,  sic  qui  facit  per  vim  judiciam 


DEV 


1106 


iniqiium  :  Celui  qui  viole  la  justice  par  u» 
jugement  injuste,  est  comme  l'eunuque  qui 
veut  faire  violence  à  une  jeune  vierge.  Voy. 
Spado. 

DEVITARE,  77aûa£-£r75ai.  1^  Eviter,  fuir, 
se  détourner,  rejeter.  Eccli.  2.  3.  Cogitavi 
abstrahere  a  vino  carnem  meam  ut  devitaron 
slxiltitiam  :  J'ai  pensé  en  moi-même  de  re- 
tirer ma  chair  du  vin  pour  porter  mon  es- 
prit à  la  sagesse  pour  éviter  l'imprudence. 
Eccli.  h.  23.  Devita  a  malo  ;  Gardez-vous  du 
mal.  Judic.  11.  3.  1.  Tim.  6.  20.  A  quoi  se 
rapporte  : 

Rejeter,  ne  point  écouter.  Tit.  3.  10.  He- 
reticum  hominem  post  iinam  et  secundam  cor- 
reptionem devita  :  Evitez  celui  qui  est  héré- 
tique, après  l'avoir  averti  une  ou  deux  fois. 

2'  Eviter,  se  donner  de  garde  de  quel- 
qu'un ,  se  garder  de  lui  (yv/Kcrc-îo-Oat,  obser- 
vare],  2.  ïim.  i.  15.  Quem  et  tu  devita  : 
Gardez-vous  d'Alexandre  ;  saint  Paul  en  avait 
reçu  beaucoup  de  mal.  Ainsi,  c.  3.  5.  Et  hos 
devita  aversare  :  Fuyez  ces  personnes. 

3^  Rejeter,  ne  point  admettre  au  nombre 
des  autres.  1.  Tim.  5.  11.  Adohscenlinres 
autem  viduas  devita  :  N'admettez  point  les 
jeunes  veuves  au  nombre  de  celles  que  l'E- 
giise  nourrit. 

DEVIUS,  A,  UM,  du  substantif  tm. 

Détourner,  hors  du  chemin.  Prov.  12.  28. 
Iter  devium  ducit  ad  mortem  :  Le  chemin  dé- 
tourné conduit  à  la  mort  :  soit  que  ce  chemin 
soit  détourné  à  droite  ;  se.  lorsque  Ton  ])ré- 
sume  de  ses  propres  forces  ;  soit  à  gauche  ; 
se.  lorsqu'on  se  néglige,  dit  saint  Augustin. 

DEVOLVERE  ;  à-o/v/L^ev.  1"  Rouler  de 
haut  en  bas,  avaler,  faire  tomber.  Gen.  29. 
3.  Moris  erat ,  ut  cunctis  ovibus  congregatis 
devolverent  lapidem  :  C'était  la  coutume  de 
ne  lever  la  pierre  {se.  qui  bouchait  le  puits 
auquel  les  bergers  menaiesit  boire  leurs 
troupeaux  ,  que  lorsque  tous  les  troupeaux 
étaient  assemblés.  (Ce  puits  est  celui  où  se 
trouva  Jacob,  lorsque  Rachel  y  vint  abreu- 
ver son  troupeau.) 

2°  Faire  tomber,  en  parlant  de  quelque 
mal.  Gen.  i3.  18.  Introducti  su'uus  iit  de- 
volvat  in  nos  calumniam  :  C'est  à  cause  de 
l'argent  que  nous  avons  remporté  dans  nos 
sacs  qu'il  nous  fait  entrer  'ri,  pour  fiiie 
tomber  sur  nous  ce  reproche,  disent  les  frères 
de  Joseph.  Eccli.  27.  30.  2.  Mach.  6.  15. 

Devolvi,  i)assif.  Ce  verbe  est  pris  ici  dans 
le  sens  métaphorique. 

Venir  fondre  sur  quelqu'un  pour  l'acca- 
bler. Job.  30.  IV.  Irruerunt  super  me,  et  ad 
meas  miserias  dcvoluti  sunt  :  Des  gens  de 
néant  se  sont  jetés  sur  moi,  (t  sont  venus 
m'accabier  dans  ma  misère,  luette  mé(;ipliore 
est  tirée  d»;  troupes  qui  entrent  avec  vio- 
lence par  la  brèche  ou  la  porte  ou\  crie  dune 
ville  pour  la  ravager. 

DEVOKAHE,  yzra^âyrev;  ce  vcrbc  répond 
à  l'Hébreu  acal ,  comedcrc,  et  s'attribue  à  la 
bouche,  au  feu,  et  à  l'épée. 

1"  Dévorer,  manger,  avaler.  Gen.  37.  33. 
Destin  devoravit  Joseph  :  La  bête  a  dévoré 
Joseph,  dit  Jacob,  voyant  la  robe  de  son  liis 


Ii07 


DICTIONNAIRE  DR  PHILOLOGIE  SACREE. 


1108 


trempée  dans  le  sang  d'un  chevreau,  c.  H. 
28.  Deul.28.  38.  etc. 

2"  Consumi^r,  ruiner.  2.  Cor.  11.  20.  Sus- 
tinetis  si  guis  dévorât  :  Vous  souffi  ez  qu'on 
prenne  voire  bien.  Marc.  12.  iO.  Luc.  15.  30. 
Ps.  20.  10.  Deut.  32.  22.  Num.  13.  33.  Terra 
quam  lustravimus  ^  dévorât  habitatores  suas  : 
La  lerre  que  nous  avons  été  considérer,  dé- 
vore ses  babilauls,  disent  aux  Israélites 
ceux  qui  avaient  été  considérer  avec  Galeb 
la  lerre  promise.  La  grande  intempérie  dû 
l'air  consume  et  fait  mourir  promptement  les 
peuples,  ou  la  violence  lyrannique  des  géants 
qui  y  dominent,  actable  bionlôt  ceux  qui 
sont  plus  f;jit)les  qu'eux.  Ose.  7.  7.  Devo- 
raverutU  judices  suus  :  Leur  passion  pour 
l'iiolâirie  a  consumé  leurs  juges  avec  eux. 
Tbren.  4.  11.  Voy.  Gladius.  Isa.  9.  12.  Voy. 
Os.  Num.  14.  3.  Voy.  Pams.  A  quoi  ap- 
proche ceîte  signification. 

Dépen  er,  faire  de  grandes  dépenses  {fi- 
yBcrdxt).  Eccli.  2.  23.  Quis  ita  devorabit  et 
deliciis  affluet  ut  ego?  Qui  fera  autant  de  dé- 
penses, et  qui  jouira  de  toutes  sortes  de 
délices  autant  que  moi?  dit  Salomon. 

3°  Perdre,  détruire,  exterminer,  faire 
mourir.  Levil.  10.  2.  Egressusque  ignis  a  Do- 
mino (/«foraviYeos  .-En  même  temps  queNadab 
et  Abiu  eurent  offert  devant  le  Seigneur  un 
feu  étranger,  un  feu  envoyé  par  le  Seigneur 
les  dévora.  Deut.  32.  v.  24.  42.  Ez^h.  7.  15. 
Ps.  20. 10.  Zach.  9.  4.  Hœc  igni  devorabitur  : 
ïyr  sera  consumée  par  le  feu.  Cette  pro- 
phétie fut  accomplie  environ  deux  cents  ans 
après,  lorsque  Alexandre,  s'élant  rendu 
maître  de  toute  la  Syrie  et  de  la  Phénicie, 
l'assiégea  durant  six  mois ,  s'en  rendit  maître 
avec  des  travaux  prodigieux  et  incroyables, 
ei  ût  brûler  toute  la  ville,  v.  15.  Et  devora- 
bunt  et  subjicient  lapidibus  fundœ  :  Les 
Israélites  dévoreront  leurs  ennemis  ,  et  les 
assujettiront  avec  les  pierres  de  leurs  frondes. 

4°  Maltraiter,  persécuter.  Prov.  20.  2o. 
Jtuina  est  homini  devorare  sanctos ,  et  post 
vota  retroctare  :  C'est  une  ruine  à  l'homme 
de  piller  et  persécuter  les  saints ,  et  de  penser 
ensuite  a  faire  des  vœux;  Hebr.  les  choses 
saintes,  et  convertir  à  son  usage  les  choses 
consacrées  à  Dieu.  Voy.  Retractare.  A  cette 
signification  de  l'Hébreu  revient  la  significa- 
tion du  mot  devorare,  qui  signifie  quelque- 
fois faire  quelque  chose  avec  précipitation. 
Ainsi ,  Devorare  sanctos,  ou  sancla  (zara- 
ttLvsiv).  C'est  faire  des  vœux  téméraires  ; 
comme,  c.  19.  28.  Devorare  inifjuiiatem 
(riv5tv),  c'est  commettre  l'iniquité  avec  ar- 
deur; de  même  qu'il  est  dit,  boire  l'iniquité. 
Job.  15.  16. 

§  1. — Dévorer,  prendre  avec  avidité.  Apec. 
10.  V.  9.  10.  Et  accepi  libriim  de  manu  angeli 
et  devoravi  illum  :  Je  pris  le  livre  de  la  main 
<iîe  l'ange  comme  l'iinge  me  l'avait  dit;,  et  le 
dévorai;  i.  e.  je  le  lus  ,  et  le  mis  avant  dans 
mon  esprit:  La  métaphore  rst  tiréedccequ'on 
mange  avec  appétit ,  et  qui  est  reçu  au  fond 
des  entr;tilles.  Ainsi  Caton  était  appelé  helluo 
librorum^  parce  qu'il  ne  se  pouvait  rassa- 
sier de  lire  les  livres.  Job.  20.  13.  Prov.  19. 
38.  Num.  23.  24.  Non  accububit  donec  devoret 


prœdam  (^ûyiiv)  :  Le  peuple  d'Israël  ne  se 
reposera  point  jusqu'à  ce  qu'il  dévore  sa 
proie;  {.  e.  qu'il  ait  défait  ses  ennemis  ,  dit 
Balaam.  Voy.  Comedere. 

§  2.— Absorber,  accabler. Job.37. 20. £'a'amst 
locutus  fuerit  homo ,  devorabitur  :  Que  si 
quelque  homme  entreprenait  d'en  parler,  il 
sera  accablé  par  la  grandeur  du  sujet;  se. 
des  merveilles  et  des  ouvrages  de  la  Provi- 
dence divine.  Ps.  106.  27.  D'oiî  vient  : 

Devorans,  insecte  qui  ronge  et  dévore  les 
fruits  de  la  lerre.  Malach.  3.  11.  Jncrepabo 
pro  vobis  devorantem  :  Je  ferai  entendre  mes 
ordres  en  votre  faveur  aux  insectes  qui 
mangent  les  fruits  ;  ils  ne  mangeront  point 
ceux  de  vos  terres;  se.  si  vous  payez  bien  à 
Dieu  les  dîmos  qui  lui  sont  dues. 

DEVORATIO,  Nis.— l°L'aclionde  dévorer. 
Tob.  12.  3.  Meipsum  a  devoratione  piscis  eri- 
puil  :  Ce  saint  homme  m'a  délivré  du  poisson 
qui  m'allait  dévorer;  le  jeune  Tobie  raconte 
ceci  à  son  père,  comme  l'un  des  services 
qu'il  avait  reçus  de  l'ange  Raphaël  dans  son 
voyage.  Ezech.  34,  58. 

2"  Affliction,  perte,  ruine.  Deut.  31.  17. 
Erit  in  devorationem  (za-âS/jwtAa)  :  Lorsque  ce 
peuple  aura  violé  l'alliance  que  j'avais  faite 
avec  lui,  il  sera  exposé  à  toute  sorte  de  mal- 
heurs, dit  Dieu  à  Moïse. 

DEVORATOR.  is,  <pûyo;.  —  1°  Qui  mange, 
qui  dévore.  Sap.  12.  5.  Devorafores  sangui- 
nis  (o-TTXay/viya^oçJ  :  Les  Chananéens  dévo- 
raient le  sang;  se.  des  hommes  ;  ils  étaient 
des  anthropophages  et  offraient  en  sacrifice 
leurs  propres  enfants. 

2*  Grand  mangeur,  qui  aime  à  faire  bonne 
chère.  Luc.  7.  34.  Ecce  homo  devoralor,  et 
bibens  vinum  :  C'est  un  homme  de  bonne 
chère,  et  qui  aime  à  boire  du  vin  ;  Jésus- 
Christ  se  plaint  des  Juifs  qui  faisaient  de  lui 
cette  calomnie.; 

DEVORATRIX,  cis.  Qui  dévore,  qui  perd, 
qui  consume  (za-£(76iou(7«). Ezech. 36. 13.  Dicunt 
de  vobis,  devoratrix  hominum  es,  et  suffocans 
genlem  tuam  :  On  a  dit  de  vous,  ô  Israël,  que 
vous  étiez  une  terre  qui  dévorait  les  hommes, 
qui  étouffait  son  propre  peuple;  la  compa- 
raison est  tirée  d'une  mère  qui  fait  mourir 
ses  propres  enfants.  Voy.  Necare. 

DEVOTATIO,  nom  verbal  du  verbe  inu- 
sité devotare. 

Vœu  fait  à  Dieu  pour  obtenir  quelque 
chose  {-poaevy^ri).  3.Reg.8.  3S.Cuncta  devota- 
tio  et  imprecatio  quœ  acciderit  omni  homini^ 
tu  cxaudies  ;  i.  e.  quodcumque  voium  ;  Hebr. 
omnem  orationem  et  d^precationem  exaudies  : 
Vous  exaucerez  les  vœux  et  les  prières 
qu'un  hon.me  quel  qu'il  puisse  être  de  votre 
peuple,  vous  offrira,  se.  ayant  les  disposi- 
tions nécessaires  ;  d'autres  prennent  ici  de- 
volatio  pour  une  imprécation  de  la  part  des 
ennemis. 

DEVOTIO,  Nis,  vœu  et  obligation  de  faire 
quelque  chose  à  quui  on  s'engage  par  seï- 
ment  et  par  imprécation  (  «vâOîfia).  Acl.  23. 
i'-i.  Devotione  devovimus  nos  .-Nous  avons  ^ 
fait  vœu,  avec  de  grandes  imprécations,  de 
ue  point  manger  que  nous  n'ayons  lue  Paul, 


1109 


DEU 


DEU 


lilO 


dirent  quarante  Juifs  aux  princes  des  prêtres 
et  aux  sénateurs. 

DEVOTUS,  A  UM,  affectionné,  zélé.  Exod. 
35.  V.  2t.  29.  ObluJerunt  mente  promptissima 
atque  clevota  pri7nitias  Domino:  Les  Israélites 
firent  leur  offrande  a»  Seigneur  avec  une  vo- 
lonté prompte  et  pleine  d'affection.  2.  Par. 
29.  31. 

DEVOVERE.  —  1°  Vouer,  s'obliger  par 
vœu  (s'jyjo-^cn).  Num.  6.  21.  Jux  ta  que  cl  ment  p, 
devoverat,  ita  faciei  :  Le  Nazaréen  exécutera 
ce  qu'il  avait  arrêté  dans  son  esprit,  lorsqu'il 
fit  son  voeu. 

2"  S'engager  par  vœu  avec  serment  et  im- 
précation contre  soi-même  («vaeeua-iÇstv).  Act. 
23.  v.  12.  li.  21.  Voy.  Devotio. 

DEUS,  I.  Ce  nom  vient  du  Grec  0£Ô,-, 

Et  se  prend,  ou  dans  sa  signification  pro- 
pre ou  impropre;  étant  pris  dans  sa  si- 
gnification propre,  il  signifie  l'Etre  souve- 
rain. 

SigniQcalions  propres  de  ce  mot. 

Dieu.,  qui  est  un  esprit  infiniment  parfait, 
qui  a  créé  toutes  choses,  qui  les  gouverne  et 
les  conserve,  est  pris,  ou  pour  les  trois  per- 
sonnes qui  ont  la  même  essence  et  nature 
divine ,  ou  pour  l'une  des  trois  person- 
nes. 

1°  Toute  la  Trinité.  Deut.  6.  4.  Dominus 
Deiis  nostcr,  Dominus  umis  est  ."Le  Seigneur 
nwtre  Dieu  est  le  seul  Seigneur.  Mallh.  k-. 
10.  Dominum  Deum  tiium  adorabis  :  Vous 
adorerez  le  Seigneur  votre  Dieu  ;  Jésus- 
Christ  cite  ce  passage  du  Deuter.  6.  13.  pour 
confondre  le  démon  qui  demandait  qu'on 
l'adorât,  v.  7.  Joan.  i.  2i.  Spirilus  est  Beus  : 
Dieu  est  esprit.  C'est  en  ce  sens  qu'il  est  dit 
souvent  dans  l'Ecriture  que  Dieu  est  l'auteur 
et  le  conservateur  de  toutes  choses,  qu'il  est 
sage,  juste  et  miséricordieux. 

2°  Le  nom  de  Dieu  pris  pour  les  personnes, 
signifie:  1°  Le  Père  éternel,  principalement 
lorsqu'il  est  comparé  au  Fils.  Malth.  16.  16. 
Ta  es  Chrislus  Filius  JJei  vivi  :  Yous  êtes  le 
Christ,  Fils  du  Dieu  vivant,  dit  saint  Pierre 
à  Jésus-Christ.  Joan.  1.1.  Yerhum  ernt  apud 
Deum  :  Le  Verbe  était  avec  Dieu  ;  autr.  en 
Dieu.  c.  3.  16.  c.  ik.  1.  Rom.  1.  k.  c.  8.  3. 
Ephes.l.  li.Hebr.  1.  1.  1.  Joan.i.  y.  9.  10. 
et  dans  les  commencements  des  Epîtics  de 
saint  Paul,  où  cet  apôtre  souhaite  aux  fidè- 
les la  grâce  et  la  paix.  Comme  Gai.  1.  3. 
Gratia  vobis  et  pax  a  Deo  Pâtre  :  Que  Dieu 
le  Père  et  Notrc-Seigneur  Jésus-Christ  vous 
donnent  la  grâce  el  la  paix;  le  Père  est  ap- 
pelé Dieu  par  excellence,  en  tant  qu'il  est  la 
source  de  la  divinité,  et  le  principe  el  l'ori- 
gine du  Saint-Esprit.  1.  Cor.  12.  6.  Idem  vero 
JJcus  :  C'est  le  mônie  Dieu  qui  opère  tout  en 
tous.  2.  Tim.  4-.  1.  Testificor  corain  Deo  et 
Jesii  Christo  :  Je  vous  conjure  devant  Dieu  et 
devant  Jésus-Christ;  ainsi  l'on  peut  dire  : 
Deus  de  Deo.  Voy.  Dominus.  2^  Le  Fils  de 
Dieu,  le  Verbe  éternel,  qui  est  de  n»éme  na- 
ture que  le  Père.  Joan.  1.1.  Deus  erat  Ver- 
bum  :  Le  verbe  était  Dieu.  Act.  20.  28.  Y  os 
Spirilus  sanctus  posuit  episcopos  regere  Ec- 
clesiam  Deiquam  acquisivit  sanguine  suo  :  Lo 


Saint-Esprit  vous  a  établis  évêques  pour 
gouverner  l'Eglise  de  Dieu  qu'il  a  acquise 
par  son  propre  sang,  dit  saint  Paul  aux  prê- 
tres d'Ephèse.  Tit.  2.  13.  c.  3.  4.  Rom.  9.  5. 
et,  selon  le  Grec,  1.  Tim.  3.  16,  etc.  3"  Lo 
Saint-Esprit  qui  est  de  même  nature  que  le 
Père  et  le  Fils.  Act.  o.  4.  Non  es  mentitus 
hondnibus ,  sed  Deo  :  Ce  n'est  pas  aux  hom- 
mes que  vous  avez  menti,  mais  à  Dieu  (le  v. 

3.  porte,  mentiri  Spiritui  sancto),  dit  saint 
Pierre  à  Ananie.  2.  Cor.  6. 16.  Vos  eslis  lem~ 
plum  Dei  vivi  :  Vous  êtes  le  temple  du  Dieu 
vivant  ;  c'est  la  même  chose  que  1.  Cor.  6.19. 
An  nescilis  quoniam  membra  vestra  templuni 
sunt  Spiritus  sancti?  Ne  savez  -  vous  pas 
que  vos  membres  sont  les  temples  du  Saint- 
Esprit?  Voy.  Joan.  o.  7.  etc. 

§  1. — L'arche  d'alliance  qui  était  une  mar- 
que illustre  de  .la  présence  de  Dieu.  1.  Reg. 

4.  7.  Venit  Deus  in  castra  :  Dieu  est  venu 
dans  leur  camp,  disent  les  Philistins,  c.  6. 
20.  2.  Reg.  7.  6.  1.  Par.  13.  8.  Ludebant  co- 
ram  Deo  :  David  et  tout  Israël  témoignaient 
leur  joie  devant  l'arche  ;  se.  lorsqu'ils  la  con- 
duisaient de  la  maison  d'Abinadab.  Ps.  23.  v. 
7.  8.  Ps.  41.  3.  Ps.  46.  6.  Ps.  67.  v.  8.  25.  Ps. 
131.  5.  Voy.  Num.  10.  v.  33.  36.  Ps.  67.  2. 

§  2,  —  Fausse  divinité  ou  idole,  ainsi  ap- 
pelée, parce  que  quelques-uns  la  croient 
faussement  telle.  Amos.  2.  8.  Yinum  damna- 
torum  bibebant  indomo  Dei  sui  :  Les  Israéli- 
tes ont  bu  dans  la  maison  de  leur  dieu  le  via 
de  ceux  qu'ils  avaient  confiamnés  injuste- 
ment, c.  o.  26.  Jon.  1.  5.  1.  Cor.  8.  5.  Ps.  95. 

5.  etc.  Ainsi,  Habac.  1.  11.  Hœc  est  fortitudo 
ejus  dei  sui  ;  C'est  à  quoi  se  réduira  toute  la 
puissance  de  son  dieu;  le  Prophète  parle  de 
Nabuchodonosor  qui  mettait  sa  confiance  en 
Bel  son  dieu,  ou  en  lui-même,  lui  qui 
avait  eu  l'orgueil  de  se  faire  adorer  comme 
dieu. 

§  3.  —  Le  diable  même,  ou  le  prince  des 
mauvais  anges.  2.  Cor.  k.k.  Deus  ftu/us  sœ- 
culi  excœcavit  mentes  infidelium  :  Le  dieu  de 
ce  siècle  a  aveuglé  l'esprit  des  infidèles  ;  le 
démou  est  appelé  le  dieu  et  le  prince  de  ce 
monde,  soi*  oarce  qu'il  est  l'auteur  de  toute 
la  corruption  qui  s'y  voit,  soit  parce  que  les 
gens  du  monde  vivent  selon  sa  volonté  et  lui 
obéissent  en  tout.  Voy.  Joan.  8.  44. 

§  4.  —  Tout  ce  qui  est  le  principal  objet 
de  l'affection  et  du  cœur  de  l'homme,  ce  qu'il 
aime  et  estime  le  plus,  tels  sont  le  plaisir  et 
la  bonne  chère  à  ceux  qui  les  aiment.  Phi 
lipp.  3.  19.  Quorum  Deus  venter  est  :  Ces 
gens  qui  se  conduisent  en  ennemis  de  Jésus- 
Christ,  font  leur  dieu  de  leur  ventre.  Rom. 
10.  18.  llujuscemodi  Christo  Domino  no'ilro 
non  serviunt,  sed  suo  venlri  :  Ces  sortes  de 
gens  ne  servent  point  Noire-Seigneur  Jé- 
sus-Christ, mais  sont  esclaves  de  leur  ven- 
tre. 

§  5.  —  Le  mot  Elohim  pluriel  qui  marque 
quelque  chose  de  majestueux  el  d'excellent, 
se  rend  souvent  en  latin  par  Deus  au  singu- 
lier; comme  Gen.  20.  13.  Postquam  eduxit 
me  Deus  de  domo  patris  mei  :  Depuis  que 
Dieu  m'a  fa'l  sortir  de  la  maison  de  mon 
père;  Ùrb.  tlohim quando  fecerunt  errare me. 


jlll 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREt]. 


ill^ 


c.3o.7-  Domus  Dei,  ibi  enim  apparxiit  ei  Deus 
cumfitgeret  fralrern  siium  .-Jacob  appela i?<:fl, 
la  maison  de  Dieu,  parce  que  Dieu  lui  avait 
apparu  en  ce  lieu-là,  lorsqu'il  fuyait  Esaù, 
son  frère,  B.ehr.Quiaibirevelatisunt  ad  eum 
Elohim.  .los.  2k.  19.  Deus  enim  sanctiis,  Heb. 
EloJiim  sancti  :  Le  Seigneur  est  un  Dieu 
saint.  1.  Reg.  17.  v.  26.  36.  2.  Reg.  7.  23. 
Ps.o7.  12,  Sur  quoi  il  faut  remarquer  que 
le  mot  hébreu  Elohim  comprend  tous  ceux 
qui  commandent  aux  autres  et  qui  les  gou- 
vernent,  ou  à  qui  Dieu  a  donné  pouvoir 
sur  eux  ou  sur  ce  qui  leur  appartient.Exod. 
7.  1.  Ecce  constitui  le  Deiim  Pharaonis  :  Je 
vous  ai  établi  le  dieu  de  Pharaon  ;  Dieu  rend 
ici  Moïse  le  juge  de  Pharaon,  et  comme  l'ar- 
bitre souverain  des  éléments  et  de  la  nature. 
Ainsi  les  anges  qui  gouvernent  les  hommes 
sont  appelés  dieux.  Num.  22.  8.  Venit  Deus  : 
Dieu  vint  à  Ralaam  ;  i.  c.  un  ange,  tel  que 
celui  qui  parlait  à  Moïse;  et  souvent  ail- 
leurs dans  l'Ancien  Testament.  Ps.  8.  6. 
Ps.  96.  7.Ps.  137.  1.  etc.  Mais  El  oh  i  m  slgniûd 
vrai  Dieu,  quand  il  s'attribue  absolument  à 
un  seul;  comme  Hebr.  1.  8.  ou  quand  il  est 
joint  à  un  verbe  du  nombre  singulier,  com- 
me Gen.  1.  1. 

Les  noms  de  Dieu,  chez  les  Hébreux,  sont, 
ou  essentiels  et  désignent  l'essence  de  Dieu, 
comme  le  nom  de  quatre  letlres,/e/iOffl, ou  Jff/«, 
ou  iàe,  car  les  Hébreux  ne  savent  eux-mêmes 
comment  il  le  faut  prononcer. Voy.  Dominus; 
ou  marquent  les  propriétés  de  Dieu,  comme 
El,  Elohim.,  Adoncn,  etc.  \oy. Hieron.  Epist. 
136  ad  M«rce//am. Néanmoins  plusieurs  théo- 
logiens croient  que  le  mot  Elohim  au  pluriel 
marque  la  trinité  des  personnes.  V'oy.  £"5- 
tius,  Dist.  9.,  libr,i;  mais  d'autres  croient 
que  ce  n'est  qu'une  propriété  de  la  langue  hé- 
braïque, qui  se  sert  du  pluriel  pour  expri- 
mer l'excellence  et  la  majesté  de  Dieu  ;  com- 
me Dan.  4.  v.  5.  6.  15.  c,  11.  li.  Qui  fiabet 
spiritum  Deorum  sunctorum,  in  semetipso  : 
Ballhasar  qui  a  dans  lui-même  l'esprit  des 
Dieux  saints. Parce  que  le  mot  Elohim  est  au 
pluriel,  l'interprète  a  mis  aussi  celui  de  san-^ 
ctorum,  el&er\  aussi  pour  exprime!  Je?,  créa- 
tures. 1,  Reg.  28.  13.  Deos  vidi  :  J  a.  vu  un 
homme  plein  de  majesté.  Voy.  Isa.  IdA.Tra- 
dum  JEgyptum.  in  manu  dominorum  crude- 
iium  ;  Hebr.  in  manu  dominorum  dari  :  Je  li- 
vrerai l'Egypte  entre  les  mains  d'un  maître 
cruel. V"oy.  libcllum  Elohim  Joan,  Drusii  qu. 
45,  p.  36,  où  il  cite  ce  passage  :  Nomen  Elo- 
him significalionem  judicis  habet  ;  et  lib.  Mis- 
cel.  cenl.  2  ,  qu.  53  ,p.  36  ,  où  il  est  dit  qu'il 
est  dangereux  de  dire  que  le  mot  Elohim  est 
mis  au  pluriel  pour  marquer  la  trinité  des 
personnes  en  Dieu:  parce  que  l'Ecriture  s'en 
sert  pour  signifier  les  faux  dieux  et  qu'il  se 
dit  du  veau  d'or.  Exod.  32.  4.  Hi  sunt  dii 
vcstri  :  Voici  vos  dieux,  disent  les  Israéli- 
tes, etc. 

Enfin,  il  faut  remarquer  que  le  mot  Deus 
répondant  à  l'Hébreu  Tsour,  Petra,  il  signi- 
fie asile,  force,  protection,  puissance.  Ps.l7. 
32.  Qiiis  J)cus  praier  Deum  nostrum?  Y  a- 
t-il  un  aulro  asile  que  notre  Dieu?  aussi  ce 
mot  est-il   rendu  par  fortis.  2.  Reg,  22.  32. 


Qids  fortis  prœler  Deum  nostrum?  Deut.  Ji. 
k.  iJei  perfectn  sunt  opéra  :  Les  œuvres  rie 
Dieu  sont  parfaites,  v.  18,  30.  31.  37. 

§  6. — Lesrois,  lesprinces,  les  juges,  les  ma- 
gistrats, sont  appelésdes  dieux.Exod.21.6.c. 
22.v.8,9.  Applicabilur  ad  deos  :  Le  maître  do 
la  maison  sera  obligé  de  se  présenter  devant 
les  juges,  et  jurera  qu'il  n'a  point  pris  ce 
qui  était  à  son  prochain;  l'Ecriture  parle 
d'un  homme  chez  qui  il  aurait  été  volé  quel- 
que dépôt  à  son  insu,  le  voleur  ne  se  trou- 
vant pas,  V,  28.  Diis  non  detrahes  :  Vous  ne 
parlerez  point  mal  des  juges,  Ps.  81.  v.  1.  6. 
Joan,  10.  v.  3ï.  35,  La  raison  de  cette  signi- 
fication est  que  ces  personnes  tiennent  la 
place  de  Dieu  pour  juger  et  protéger  les  hom- 
mes, et  que  Dieu  leur  fait  part  de  sa  puis- 
sance et  de  son  autoriié;  ainsi  ce  mot  se 
trouve  quelquefois  dans  ce  sens  au  singuliLT, 
comme  Levit.  2t.  15.  Homo  qui  maledixerit 
Dco  suo,  portabil  peccatum  suum  :  Celui  qui 
aura  maudit  son  Dieu,  portera  la  peine  de 
son  péché;  i,  e.magistralui  suo,  selon  quel- 
ques-uns. Ainsi,  Ps.  28.1.  Afferte  Domino  , 
filii  Dei  ;  Hebr.  Elim  ;  i  e.  fortium,  scu  prin- 
cipum  :  Enfants  des  princes  qui  s'attri- 
buent plus  aisément  la  gloire  de  ce  qu'ils 
possèdent. 

Façons  de  parler  tirées  de  la  force  du  génitif  Dei,  comme 
Moules  Dei,  Vidlus  Dei,  etc.,  pour  marquer  . 

Tout  ce  qui  est  excellent,  grand,  fort, 
abondant;  ce  qui  est  une  façon  de  parler 
propre  aux  Hébreux,  comme  les  Grecs  et 
les  Latins  se  servent  de  l'adjectif  divinus, 
pour  signifier  la  même  chose.  Ps.  35.7.  Jus- 
tifia tua  sicut  montes  Dei:  Votre  justice  est 
comme  les  montagnes  les  plus  élevées.  Ps. 
79.  11.  Ps.  6i.  10.  Gen  23.  6.  Princeps  Dei 
es  apud  nos  :  Vous  êtes  parmi  nous  comme 
un  grand  prince,  dirent  les  enfants  de  Helh 
à  Abraham,  c.  33.  10.  c.  35.  5.  Job.  1.  16. 
Act.  7.  20.  Moyses  fuit  gratus  Deo  :  Moïse 
était  agréable  à  Dieu  (Gr.  venustus  Deo,  fort 
beau);  Jon.  1.  2.  c.  3.  3.  Civitas  magnri  ; 
Hebr.  et  Gr.  Deo;  i.  e.  Mullo  muxima  :  Ni- 
nive  était  une  grande  ville.  Ruth.  2.  20.  Be- 
nedictus  sic  a  Domino;  Hebr.  Domino;  i.  e. 
Summe  benedictus  :  Que  Booz  soit  béni  du 
Seigneur;  i.  e.  qu'il  reçoive  toute  sorte  de 
béirédietions.  c.  3.  10.  1.  Reg.  li.  15.  Acci^ 
dit  quasi  miraculum  a  Deo  :  11  parut  que  c'é- 
tait Dieu  qui  avait  fait  ce  miracle.  Voy.  Mi- 
raculum. 3.  Keg.  3.  28.  l.Par.  12.  22.  l.Reg. 
26.  16.  Gen. 33. 10.  Sic  vidi  faciem  tuam  quan 
viderim  vullum  Dei  :  J'ai  vu  aujourd'hui  vo- 
tre visage,  comme  si  je  voyais  le  visage  de 
Dieu;  i.  e.  votre  visage  m'a  paru  très-beau  ; 
ce  sens  est  que,  comme  Dieu  est  plein  de 
bonté,  Jacob  compare  le  bon  accueil  ({u'il 
avait  reçu  de  son  frère  Esaù,  à  une  boulé 
toute  divine. 

DEUTERONOMIUM  ,  ii.  Ce  nom  vient  de 
os-jTzûoç ,  et  de  vo£/.o;,  Secunda  Lex,  et  signifie  : 

1''  Deuléronome  ,  le  cinquième  livre  du 
Penlaienque,  qui  signifieseconde  Loi,  ou  plu- 
tôt répélilion  de  la  même  Loi  queMoïsc  écrivit 
en  faveur  de  ceux  ou  qui  n'étaient  pas  encore 
nos,ou(jui  étaicntencoro  fort  petits  lorsqiii'  la 
LoideDioufutdonnée.Co  livre,  qui  est  un  pré- 


1115 


DEX 


DEX 


11U 


cis  de  tout  ce  qui  était  arrivé  dans  le  désert, 
ne  rapporte  que  ce  qui  s'est  passé  depuis  le 
commencement  de  l'onzième  mois  jusqu'au 
septième  jour  du  douzième  de  la  même  an- 
née, qui  est  la  quarantième  depuis  la  sortie 
de  l'Egypîe.  On  croit  que  c'est  ce  livre  qui 
fut  trouvédu  temps  de  Josias,  dont  il  est  par- 
lé ,  i.  Res:.  22.  8.  et  2.  Par.  3i.  li. 
2°  Le  Décalogue ,  ou  la  Loi  qui  est  com- 
•  prise  dans  le  Deutéronome.  Deut.  17.  18.  De- 
'  scribet  sibi  Deuteronomium  Legis  hujus  in  vo- 
lumine  :  Après  que  le  roi  se  sera  assis  sur 
son  (rône  ,  il  fera  décrire  ce  Deutéronome  , 
c\.  celte  Loi  que  je  vous  prescris.  Jos.  8.  32. 
Cette  Loi  s'appelle  Deutéronome,  parce  que 
Moïse  n"a  écrit  son  dernier  livre,  que  pour 
donnor  celte  Loi  :  d'autres  croient  que  Deu- 
téronome signiGe  double,  ou  copie  de  la  Loi  : 
d'autres  enfin  croient  que  ce  qui  est  dit  dans 
Josué,  c.  8.  32.  ne  marque  que  les  bénédic- 
tions et  les  malédictions  du  Deut.  ch.  28. 
DEXTER  ,  Dextera,  Dexterum,  ou  dex- 

TBA,  DEXTRCM  ;   ozzi'j;.  Du  GveC  o-itZcOÔ;,  UOm 

poétique,  pour  o-ziô;,  or,  osuô;  vient  ou  de 
Sziy.ît'j,  montrer,  ou  deo;;^î'755<i,recevoir  ;  parce 
que  c'est  avec  la  main  droite  qu'on  montre, 
ou  qu'on  reçoit. 

Droit,  qui  est  du  côté  droit  ;  ce  qui  se  dit 
de  la  différente  situation  des  choses  ou  des 
personnes,  Joan.  21.  6.  Mittile  in  dextram 
navigii  rete  :  Jetez  le  filet  au  côté  droit  do  la 
barque.  La  droite  du  vaisseau  se  prend  de  la 
droite  de  celui  qui  lient  le  gouvernail.  Matth. 
27.  38.  De  là  vient: 

DEXTERA,  M,  SthA,  û;.  A  cet  adjectif  est 
sous-entendu  le  substantif  ?nanu5,  et  signifie: 

1"  La  main  droite.  Malth.  27.  29.  Posue- 
runt  arundinem  in  dextera  ejus  :  Les  soldats 
du  gouverneur  mirent  un  roseau  dans  la 
main  droite  de  Jésus-Christ.  Cant.  2.  G.  c.  8. 
3.  Lœvn  ejus  sub  capile  meo,  et  dextera  illius 
amplexabitur  me:  Sa  main  gauche  est  sous 
ma  télé,  et  il  m'embrassera  de  sa  main  droite. 
Cet  embrassement  signifie  la  présence  de  Jé- 
sus-Christ, et  le  secours  qu'il  donne  à  son 
Eglise  dans  ses  besoins,  et  marque  aussi  l'u- 
nion étroite  qui  se  forme  entre  le  Verbe  di- 
vin et  l'âme  sainte,  lorsqu'elle  devient  l'é- 
pouse de  Jésus-Christ  ;  et  que,  tombant  dans 
une  espèce  de  défaillance  ,  à  la  vue  dune  si 
grande  majesté,  elle  a  besoin  d'être  soule- 
nueen  celélat  par  lapuissanceet  par  la  bonté 
do  son  époux,  figurées  par  ses  deux  mains, 
dont  l'une  sert  à  l'embrasser,  l'autre  à  la 
soutenir.  Voy.  Amplexari. 

2°  Chez  les  Hébreux,  la  droite  du  monde 
est  le  midi  ,  et  la  gauche  est  le  septentrion  , 
parce  qu'on  se  trouve  dans  celte  siluation 
(juind  on  est  tourné  du  côté  de  l'orient.  Gen. 
13.  y.  Si  ad  sinistram  ieris,  ego  dexterani  tc- 
ncbo  ;  si  lu  dexteram  elegeris  ,  ego  ad  sinis- 
tram pergam  :  Si  vous  choisissez  la  gauche, 
je  prendrai  la  droite;  si  vous  prenez  la  droite, 
je  prendrai  la  gauche,  dit  Abraham  à  Lolh  ; 
Ainsi ,  les  bénédictions  de  la  Loi  contenues , 
Deut.  c.  28.  furent  prononcées  du  rôle  du 
mont  Garizim,  qui  était  au  midi,  et  les  ma- 
lédictions du  côté  du  monlHébal,  qui  était 
au  nord.  Deut.  27.  12.  Jos.  8.  33.  Exod.  28. 


18.  1.  Reg.  23.  19.  Ps.  88.  13.  Ezoch.  16.  40. 
Soror  tua  minor  te  quœ  habitata  dextris  tuis, 
Sodoma  et  filiœ  ejus  :  Votre  sœur  puînée,  qui 
habile  à  votre  main  droite,  est  Sodome  avec 
ses  filles.  La  ville  de  Sodome  était  plus  mé- 
ridionale que  Samarie  par  rapport  à  Jéru~. 
salem,  etc. 

§  1.  —La  droite  et  la  gauche,  qui  signi- 
fient à  l'entour.  Ps.  90.  7.  Codent  a  latere  tuo 
mille  ,  et  decem  millia  a  dextris  tuis  :  Mille 
tomberont  à  votre  côté  (gauche  ,  et  dix 
mille  à  votre  droite  ;  i.  e.  une  infinité  de  gens 
périront  autour  de  vous.  3.  Reg.  22.  19.  2. 
Reg.  16.  6.  ou  marquent  quelquetois  indif- 
féremment toutes  sortes  de  situations  et  de 
lieux.  Gen.  2i.  49.  Hoc  dicito  mihi,  ut  vadam 
ad  dexteram,  sive  ad  sinistram  :  Dites-moi  si 
vous  voulez  donner  Rebecca  en  mariage  à 
Jsaac  ,  faites-le  moi  savoir,  afin  que  j'aille 
chercher  une  fille  ailleurs  ,  dit  le  serviteur 
d'Abraham  aux  parents  de  Rebecca.  Zach. 
12.  G.  Devorabunt  ad  dexleram  et  ad  sinis- 
tram omnes  populos  in  circuitu  :  Les  chefs 
de  Juda  dévoreront  à  droite  et  à  gauche  tous 
les  peuples  qui  les  environnent.  Isa.  9.  20. 
Declinabit  ad  dexteram,  et  esuriet  ;  et  comedet 
ad  sinistram,  et  non  salurabitur  :  Il  ira  à 
droite,  et  la  faim  le  tourmentera  ;  il  ira  à 
gauche,  et  ce  qu'il  aura  mangé  ne  le  rassa- 
siera point.  Num.  22.  25.  2.  Reg.  2.  21.  Isa. 
oi.  3.  Job.  23.  9.  et  quelquefois  dextera  se 
Irouve  seul  dans  ce  même  sens.  Ps.  lil.  o. 
Considerabam  ad  dexteram,  et  videbam,  et  non 
erat  qui  cognosceret  ine  :  Je  considérais 
à  ma  droite  ,  et  je  regardais,  et  il  n'y  avait 
personne  qui  me  connût. 

§2. — La  droite  et  la  gauche  se  prennent 
quelquefois  comme  deux  extrémités  vicieu- 
ses qui  s'éloignent  du  droit  chemin.  Deut. 
o.  32.  A'07i  declinabis  neque  ad  dexteram,  ne- 
que  ad  sinistram,  sed  per  viam  quam.  prœce- 
pit  Dominus  :  Vous  ne  vous  détournerez  ni 
à  droite,  ni  à  gauche,  mais  vous  marcherez 
par  la  voie  que  le  Seigneur  vou>  a  prescrite. 
c.  17.  v.  11.  20.  c.  28.  U.  etc.  Num.  20.  17. 
Prov.  4.  27.  etc. 

§  3.  La  droite  marque  quelquefois  la 
prospérité,  et  la  gauche  l'adversité.  2.  Cor. 
G.  7.  Per  arma  justiliœ  a  dextris,  et  a  sinis- 
tris  :  Nous  montrons  que  nous  sommes  fidè- 
les ministres  de  Dieu  par  les  armes  de  jus- 
lice  pour  combattre  à  droite  et  à  gauche. 
Ces  armes  sont  principalement  l'humilité  , 
pour  ne  nous  pas  élever  dans  la  prospérité, 
et  la  force  pour  ne  nous  point  laisser  abat- 
tre dans  l'adversité.  La  droite  et  la  gauche 
marquent  aussi  la  possession  et  le  pouvoir 
que  l'on  a  de  disposer  des  bi(>ns  que  l'on  a 
entre  les  mains.  Prov.  3.  IG.  Longitudo  die- 
mm  in  dextera  ejus,  et  in  sinistm  illius  di- 
vitiœ  et  gloria  :  La  sagesse  a  la  longueur  des 
jours  dans  sa  droite  ,  et  dans  sa  gauche  les 
richesses  et  la  gloire,  c'est-à-dire  la  santé 
cl  une  heureuse  vieillesse,  elles  biens  tem- 
porels dans  une  grande  prospérité.  La  droite, 
selon  saint  .Vuguslin,  in  Ps.  120.  marque  les 
biens  de  l'éternité  ;  et  la  gauche,  les  biens 
temporels.  Dieu  néanmoins  est  l'unique  dis- 
pensateur des  uns  el  des  autres. 


1115  DICTIONNAIHE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 

I  k.  —  La  droite  marque  l'alliance  et  l'u- 
nion que  l'on  fait  ordinairement,  en  se  met- 
tant la  main  droite  l'une  dans  l'autre  :  d'oii 
vient  dare  dextras  ,  présenter  la  main  pour 
marque  de  celte  union.  Gai.  2.  9.  Jacobiis 
et  Cephas,  et  Joannes  dextras  dederunt  mifii: 
Jacques,  Céphas  et  Jean  ,  ayant  reconnu  la 
grâce  que  j'avais  reçue,  nous  donnèrent  la 


HIO 


grâce 

main,  a  Barnabe  et  à  moi,  pour  marque  de 
Hotre  association.  1.  Mach.  13.  50.  c.  13.  43. 
De  même,  dextras  accipere ;  recevoir  les  con- 
ditions de  paix,  traiter  de  quelque  accord, 
accepter  lapais;  comme  dare,  l'accorder. 

1.  Mach.  11.  66.  Postulaverunt  ah  eo  dextras 
accipere  :  Ceux  qui  étaient  investis  dedans 
Belhsura  demandèrent,  après  un  longteu^ps 
à  faire  composition.  £^  dédit  illis  :  et  Simon 
le  leur  accorda,  c.  13.  50.  2.  Mach.  12. 12.  c. 
13.22.  c.  14.  19. 

§  5.  —  La  droite  marque  ce  qui  est  bon, 
juste  ,  droit  et  digne  d'être  approuvé  ;  soit 
que  cette  justice  ait  rapport  à  la  récompense 
éternelle  ou  non.  Eccl.lO.  2.  Cor  sapie^^tis 
in  dextera  ejtis,  et  cor  stulti  in  sinisira  illius: 
Le  cœur  du  sage  est  dans  sa  main  droite 
(  le  sage  ne  goûte  que  les  biens  spirituels  )  ; 
le  cœur  de  l'insensé  e^t  dans  sa  main  gau- 
che (  l'insensé  n'a  de  pensées  que  pour  la 
terre  ).  Prov.  4.  27.  Viasquœ  a  dextris  sunt 
novit  Dominas,  perversœ  vero  sunt  quœ  a  si- 
nisiris  sunt  :  Le  Seigneur  connaît  (  i.  e.  ai- 
me et  approuve  )  les  voies  qui  sont  à  droite  ; 
mais  celles  qui  sont  à  gauche  sont  des  voies 
de  perdition.  Jon.  4.  11.  Matlh.  23.  33.  Cant. 

2.  6.  c.  8.  3.  Ainsi,  la  partie  droite  a  quelque 
prérogative  sur  la  g  îuche  .  comme  il  paraît, 
Exod.  29.  V.  20.  22.  24.  25.  Levit.  8.  v.  23. 
24.  c.  14.  V.  17.  25.  28. 

§  6.  —  La  droite  marque  un  rang  d'hon- 
neur el  de  gloire.  Ps.  109.  1.  Sede  a  dextris 
meis:  Régnez  avec  moi,  jouissez  de  ma  gloire; 
ce  qui  s'entend  de  la  parole  qu'adresse  le 
Père  éternel  à  Jésus-Christ,  Voy.  Sedere. 
Matth.  22.  44.  c.  26.  64.  Marc.  16.  19.  etc. 
La  comparaison  est  prise  des  princes  qui 
font  asseoir  à  leur  droite  ceux  qu'ils  honorent 
particulièrement.  3.  Reg.  2.  19.  Ps.  44.  10 
Voy.  Sedere. 

La  même  chose  est  marquée  par  la  droite 
et  la  gauche.  Matth.  20.  v.21.  ^3. Sedere  autem 
meam  ad  dexteram  tel  sinistram,non  est  mcum 
dare  vobis  :  Pour  ce  qui  est  d'être  assis  à  ma 
droite  ou  à  ma  gauche,  il  ne  dépend  pas  de  moi 
de  vous  le  donner,  dit  Jésus-Christ  aux  deux 
enfants  de  Zébédée.  Marc.  10.  v.  37.  hO. 

§  7.  —  La  promptitude  à  faire  du  bien ,  à 
favoriser,  à  protéger,  est  marquée  par  la 
droite.  Ps.  13.  11.  Delectationes  in  dextera 
tua  usque  in  fnem  :  Dieu  est  bienfaisant  cl 
prêt  à  combler  de  plaisirs.  Ps.  47.  9.  Justitia 
plena  est  dextera  tua  :  Vous  élos  toujours 
prêt  à  faire  du  bien  à  ceux  qui  le  méritent. 
Prov.  3.  10.  Cant.  2.  6.  c.  8.  13.  Dextera  il- 
lius amplexabilur  me  :  Mon  bien-aimé  me 
comblera  de  ses  faveurs  ou  des  biens  éter- 
nels. Voy.  ci-dessus  3°. 

§  8.— La  droite  marque  la  force,  la  vigueur 
cl  la  puissance.  Job.  '0.  9.  Conjitcbor  quod 
salvare  te  possit  dextera  tua  ;  Je  confesserai 


que  votre  droite  a  le  pouvoir  de  vous  sauver. 
Ps.  88.  43.  Gen.  33.  18.  d'où  vient  :  Dextera 
Dei  :  La  force  et  la  souveraine  puissance  de 
Dieu.  Exod.  13.  6.  Dextera  tua,  Domine,  ma- 
gnificata  est  in  foriitudine  :  Yoirc  àro'xle,  Sei- 
gneur, a  fait  éclater  sa  force.  Dextera  ttta 
percussit  inimicum  :  Votre  droite  a  frappé 
(Pharaon)  ce  fier  adversaire.  Ps.  16.  9.  A  re- 
sistentibus  dexterœ  tuœ  custodi  me  :  Gardez- 
moi  de  ceux  qui  résistent  à  votre  droite,  qui 
s'opposent  à  l'autorité  souveraine,  par  la- 
quelle vous  avez  daigné  me  choisir  pour 
conduire  votre  peuple.  Ps.  47.  9.  Justitia 
plena  est  dextera  tua  :  Votre  droite  est  pleine 
de  justice;  votre  Eglise  qui  est  étendue  dans 
toute  la  terre  s'est  établie,  non  par  une  puis- 
sance injuste  et  tyrannique  ,  mais  toute 
pleine  de  justice  et  d'équité;  car  vous  ne 
faites  rien  qui  ne  soit  très-juste.  Ps.  17.  36. 
Ps.  19.  7.  etc. 

§9.  —  La  main  droite,  ou,  l'œil  droit  , 
marquent  ce  qui  est  cher  el  précieux  à 
quelqu'un,  parce  que  ces  parties  sont  très- 
nécessaires  à  l'homme.  Matth.  6.  v.  29.  30. 
Si  oculus  tuus  dexter  scandalizat  te,  crue 
eum,  et  si  dextra  manus  tua  scandalizat  te, 
abscide  eam,  etprojice  abs  te  :  Que  si  votre 
œil  droit  vous  est  un  sujet  de  scandale  et  de 
chute,  arrachez-le  et  jetez-le  loin  de  vous  ; 
et  si  votre  main  droite  vous  scandalise,  cou- 
pez-la et  jelez-la  loin  de  vous.  Gen.  35.  18. 
Pater  vero  appellavit  eum  Benjamin,  i.  e.  fî- 
lixis  dexterœ  :  Le  père  nomma  cet  enfant 
Benjamin,  c'est-à-dire  le  fils  de  ma  droite,  i. 
e.  très-cher  et  bien-aimé  :  Jacob  lui  donna 
ce  nom.  Ps.  79.  18.  Le  Messie  est  appelé  en 
ce  même  sens  :  Vir  dextrœ  Dei.  D'autres  ex- 
pliquent ces  deux  passages  de  la  force,  et 
d'autres  veulent  que  le  Messie  soit  dit  l'hom- 
me de  la  droite  de  Dieu,  parce  qu'il  a  été 
formé  par  le  Saint-Esprit  dans  le  sein  de  la 
sainte  Vierge. 

Façons  de  parler, 

A  dextris  esse  ou  stare,  ou  ad  dexteram. — 
1°  Etre  prêt  à  soulager.  Ps.  13.  8.  A  dextris 
est  mihi  ne  comtnovear  :  Le  Seigneur  est  à 
mon  côté  droit,  pour  empêcher  que  je  ne  sois 
ébranlé.  Ps.  120.  5.  Dominus  protectio  tua 
super  manum  dexteram  tuam  :  Le  Seigneur 
est  à  votre  main  droite  pour  vous  donner  sa 
protection,  comme  c'est  de  la  main  droite 
principalement  que  nous  agissons.  Le  Pro-, 
phèle  dit  que  Dieu  sera  à  notre  droite  pour 
nous  faire  agir  et  combattre,  et  qu'il  combat- 
tra lui-même  avec  nous  pour  nous  faire 
vaincre. 

2°  Etre  toujours  prêt  de  nuire.  Ps.  108.  6. 
Diiibolus  slet  a  dextris  ejus  :  Que  le  démon 
soit  toujours  à  son  côté  droit.  Celte  prophé- 
tie de  David  s'entend  ou  do  Doeg  ou  d'Achi- 
tophel,  figure  de  Juda.  Job.  30.  12.  Ad  dex- 
teram orienlis  calamilates  meœ  illico  surrexe- 
runt  :  Aussitôt  que  j'ai  commencé  à  paraître, 
mes  maux  se  sont  élevés  à  côté  de  moi.  Voy. 
Okiens. 

Nescirequidsit  inter  dexteram  et  sinistram. 
Ne  savoir  pas  discerner  la  main  droite  de  la 
main  droite  de  la  main  gauche  ;  manière  de 


4117 


DIA 


DIA 


lllU 


proverbe,  qui  marque  la  simplicité  des  per- 
sonnes. Jon.  4.  II.  Sunt  plusquam  centum  vi- 
ginli  millia  hominum  qui  nesciunt  quicl  sit  in- 
ter  dexteram  et  sinistram  suam  :  Il  y  a  dans 
Ninive  plus  de  six  vingt  mille  personnes  qui 
ne  savent  pas  discerner  leur  main  droite  d'a- 
vec leur  main  gauche  :  cela  se  peut  entendre 
aussi  des  personnes  extrêmement  simples, 
qui  n'auraient  su  faire  aucun  discernement 
entre  le  bien  et  le  mal. 

DEXTRALIA  ,  orum,  TrsptSsÇta  ,  Bracelets. 
Exod.  35.  2^2.  Viri  ciim  mulierihus  prœbue- 
runt  armillas  et  dcxtralia  :  Les  hommes  avec 
les  femmes  donnèrent  leurs  chaînes  et  leurs 
bracelets,  i.  e.  les  offrirent  au  Seigneur. Num. 
31.  50. 

DEXTRALIOLA,  orum.  Bracelets.  Judith. 
10.  3.  Assumpsitque  dextraliola  :  Entre  les 
ornements  que  prit  Judith  pour  aller  trouver 
Holopherne,  étaient  des  bracelets. 

DIABOLICUS,  A,  UM  ,  ^(/.i^o-jiûhç-  Di;ibo- 
lique,  impie,  très-méchant  (à77oo-T«T»3?).3.  Reg. 
21.  13.  un  ut  viri  diabolici:  Les  deux  hom- 
mes qui  portèrent  témoign<igo  contre  Naboth, 
étaient  comme  n'ayant  ni  foi  ni  conscience. 
Jac.  3.  15.  Sapienlia  terrena  animalis,  diabo- 
lica  :  Une  sagesse  terrestre,  animale  et  dia- 
bolique; i.  e.  une  sagesse  qui  n'aime  que  les 
biens  de  la  terre,  les  plaisirs,  les  honneurs 
et  la  gloire  comme  les  démons. 

DIABOLUS,  I.  Gr.  Stû^oloç,  calumniator. 
Ce  nom  Grec  vient  du  verbe  oix^cdhiv,  traji- 
cere,  percer;  ce  qui  se  dit  des  accusations  in- 
justes, qui  sont  comme  des  traits  dont  on 
est  percé. 

1°  Le  diable,  le  malin  esprit  et  le  mauvais 
ange.  Ephes.  4.  27.  Nolite  locum  dure  dia- 
bolo :  Ne  donnez  point  de  lieu  et  d'entrée  au 
diable;  celui  qui  retient  sa  colère,  qui  entre- 
tient dans  son  cœur  la  haine  et  la  vengeance, 
donne  entrée  au  diable  pour  régner  dans 
son  cœur.  1.  Tim.  3.  G.  Matlh.  13.  39.  Luc, 
8.  12.  Habac.  3.  5.  Egrcdietur  diabolus  ante 
pedes  ejus.  Le  mot  Hébreu  resclieph  signifie 
la  peste,  le  charbon  ,  et  tout  ce  qui  brûle  en 
volant  ,  comme  la  foudre  ,  des  flèches  do 
feu,  etc.  Gr.  sic  tteSik  ,  In  campos.  Lorsque 
Dieu  conduisait  son  peuple  dans  le  désert, 
pour  le  faire  entrer  dans  la  terre  promise, 
il  faisait  marcher  devant  lui  la  mort  et  le  dé- 
mon, comme  les  exécuteurs  de  sa  justice, 
pour  perdre,  ou  les  Israélites  incrédules  à 
sa  parole,  ou  les  Chananéens  qui  s'oppo- 
saient à  leur  passage.  Voy.  Eguedi. 

Le  diable  est  appelé  calomniateur,  soit 
parce  qu'il  calomnie  les  justes  auprès  de 
Dieu.  Job.  1.  v.  9.  10.  11.  c.  2.  5.  Apoc.  12. 
10  ;  soit  parce  qu'il  calomnie  Dieu  même  au- 
près des  hommes.  Gen.  3.  v.  1.  4.  5;  soit  en- 
fin parce  qu'il  porte  les  hommes  à  calom- 
nier et  à  médire  les  uns  des  autres.  Ce  mot 
diable  comprend  le  plus  souvent  toute  l'as- 
semblée des  mauvais  anges. 

2°  Le  prince  des  démons  et  des  mauvais  es- 
prits s'appelle  particulièrement  et  par  ex- 
cellence de  ce  nom.  Matlh.  4.  1.  Jésus  duc- 
tus  est  in  descrlum  a  Spirilu,  iit  tent'Vetur  a 
diabolo  :  Jésus  fut  conduit  par  l'Esprit  daijs 
le  désert,  pour  v  être  tenté  du  \liable.  v.  C. 


8.  il.  c.  25.  41.  Quiparatus  est  diabolo  et  an- 
gelis  ejus  :  Allez,  maudits,  au  feu  éternel  qui 
avait  été  préparé  pour  le  diable  et  pour,  ses 
anges,  dira  Jésus-Christ  à  ceux  qui  seront  à 
sa  gauche.  Luc.  4.  2.  Jud.  v.  9.  Apoc.  12.  9. 
Voy.  Malth.  9.  34.  Apoc.  12.  v.  7.  12.  etc. 

3^ Le  nom  de  diable  se  donne  quelquefois  ; 
1°  à  des  scélérats  qui  ressemblent  au  diable 
parleurs  méchancetés.  Joan^C.  71.  Ex  vo- 
his  unus  diabolus  est  :  Un  de  vous  douze  apô- 
tres que  j'ai  choisis  est  un  démon  ;  ce  diable 
était  le  perfide  Judas.  l.Mach.  1.  38.  Factum 
est  hoc  ad  insidias  sanctificalioni,  et  in  dia~ 
holummalum  in  Israël;  i.  e.  inhostem  perpe- 
tuum  ad  nocendum  paratum:  Ils  dres'-èrent 
sans  cesse  des  pièges  et  des  embûches  à  tous 
ceux  qui  venaient  se  sanctifier  dans  le  tem- 
ple, et  ils  furent  comme  le  mauvais  démon 
d'Israël;  c'est-à-dire  qu'ils  firenl  tout  le  mal 
possible,  tâchant,  par  leur  violence,  d'abo- 
lir tous  les  exercices  de  la  religion  judaïque  ; 
2°  ce  nom  se  donne  à  un  calomniateur  qui 
accuse  faussement.  Ps.  108.  6.  Diabolus  stet 
a  dextris  ejus  ;  Qu'il  soit  toujours  suivi  d'un 
calomniateur  qui  le  charge  de  crimes  devant 
un  juge  cruel.  On  peut  aussi  l'entendre  du 
démon  (o-aravâ?).  Eccli.  21.  30.  Dum  maledicit 
impius  diabolum,  maledicit  ipse  animam  suam  : 
Lorsque  l'impie  maudit  un  calomniaieur,  il 
se  maudit  lui-même  ;  parce  qu'il  est  souvent 
lui-même  aussi  calomniateur  et  médisant 
qu'est  celui  qu'il  maudit  ;  d'autres  l'enten- 
dent du  diable  même,  que  l'impie  ne  laisse 
pas  d'imiter,  quoiqu'il  le  déteste. 

DIACONUS,  i,  et  DIAGON,  is,  dans  .es  aie- 
teurs  ecclésiastiques.  Ce  mot  vient  du  Grec 
^ovéuf  festino,  curro,  servio;  Ainsi ,  Sr/xovsîv 
signifie  servir,  et  Slùy.qvoç  ,  un  serviteur; 
dans  l'Ecrilure  : 

Diacre,  premier  dans  l'ordre  des  ministres 
qui  servent  dans  l'Eglise  au-dessous  des 
évoques  et  des  prêtres.  1.  Tim.  3.  12.  l)ia- 
coni  sint  unius  uxoris  viri  :  Que  ceux  que 
l'on  fait  diacres  n'aient  été  mariés  qu'une 
fois.  V  8.  Philipp.  1.  1.  Cum  episcopis  et  dia- 
conibus  :  Avec  les  évê(iues  et  les  diacres.  On 
peut  voir  comment  et  en  quelle  occasion  les 
premiers  diacres  furent  choisis.  Act.6. 

DIADEMA,  Tis,  Stà^yîf-ta,  Du  verbe  S-w  liqo, 
d'où  vient  StaSiu,  circumligo  ;  ainsi,  dia- 
^/e»ja,  diadème;  c'était  un  bandeau  blanc  que 
les  rois  se  mettaient  autour  du  front. 

1°  Diadème,  ornement  royal.  2.  Reg.  1. 
10.  Tiiii  diadema  (  padActov  )  quod  crut  in  ca- 
pite  ejus  .-J'ai  ôté  à  Saiil  son  diadème  de  des- 
sus la  léle.  Le  jeune  homme  Amalécile  qui 
avait  tué  Saiil  marque  en  détail  à  David  sa 
mort.  c.  12.  30.  Job.  29.  14.  Vesiivi  me  sicut 
veslimenlo  et  diademate,  judicio  mco  :  L'é- 
quilé  que  j'ai  gardée  dans  mes  jugements 
m'a  servi  comme  d'un  vêtement  royal  et 
d'un  diadème.  Canl.  3.  11.  Videte  regem  Sa- 
lomonem  in  diademate  quo  coronavit  illum 
mater  sua  :  Venez  voir  \o.  roi  Salomon  avec 
le  diadème  dont  sa  mère  l'a  ronronné;  cela 
s'entend  de  I  humanité  sainte  dont  la  bien- 
heureuse Vicrg(î  a  couronné  et  revêtu  .lésu- 
Clirist,  son  Fils;  om,  selon  d'autres,  de  sa 
passion  et  de  sa  mort,  dont  la  synagogue,  dq 


1119 


DICIIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


i\m 


laquelle  il  était  sorli,  l'a  couronne,  selon 
l'expression  du  prophète  Isa.  22.  18.  Coro- 
nans  coronabit  te  tribulalione. 

2°  La  tiare  du  grand  pontife  de  l'ancienne 
loi.  Sap.  18.  2i.  Magnificentia  tua  in  diade^ 
mate  capilis  illius  sculpta  erat  :  Votre  grand 
nom  (  se.  le  nom  de  Dieu  ),  était  écrit  sur  le 
diadème  de  la  tête  du  grand  prêtre. 

Grande  gloife ,  récompense  magnifique. 
Sap.  5.  17.  Accipient  diadema  speciei  de  ma- 
nu Domini  :  Les  justes  recevront  de  la  main 
du  Seigneur  un  diadème  éclatant  de  gloire. 

DIANA,  ;e,  Kpziixiç.DeJana,  qui  signifie  la 
lune,  el  c'est  proprement  Dca  Jana,  d'où 
s'est  Mi  De  jana,  et  ensuite  Diana,  dont  la 
première  syllabe  est  longue  ou  brève,  à  cause 
de  cette  contraction. 

La  déesse  Diane.  Act.  19.  3'*.  Magna  Diana 
Ephesiorum  :  Vive  la  grande  Diane  des  Ephé- 
siens,  s'écria  toute  l'assemblée  des  Ephé- 
siens;  ce  fut  à  l'occasion  de  la  prédication 
de  saint  Paul,  qui  ruinait  insensiblement 
par  la  conversion  de  plusieurs  le  culte  qu'on 
rendait  à  Diane.  V^oy.  l'histoire,  Act.  19. 

DiBON,  Hebr.  Abundantia  intelligentiœ.— 
1°  Ville  des  Moabites  au  delà  du  Jourdain, 
prise  par  les  Israélites  sur  Sehon,  roi  dos 
Amorrhéens,  et  ensuite  donnée  à  la  tribu  de 
Ruben.  Jerem.  13.  v.  9.  17.  Num.  21.  30.  c. 
32.  3.  Isa.  15.  2.  Jer.  48.  v.  18.  22.  —  2°  une 
autre  ville  au  même  pays  bâtie  par  ceux  de 
la  tribu  de  Gad.  Num.  32.  3V.— 3"  Un  fleuve 
des  Moabites.  Isa.  15.  9.  Hebr.  Dimon,  san- 
guineus.  —k°  Une  ville  de  la  tribu  de  Juda. 
2.  Esdr.  11.25. 

DIBONGAD.  Abundantia  filii  felicis.  Le 
trente-neuvième  campement  des  Israélites. 
Num.  33.  45. 

DIGERE  ,  léysL-j,  zk-u-j.  Du  Grec  Ssix^iv  , 
déclarer,  faire  connaître.  Quand  ce  verke  se 
dit  de  Dieu,  il  signifie  ordonner,  découvrir, 
annoncer,  déclarer,  et  souvent  dire  en  Dieu, 
c'est  faire.  Voy.  ci-après.  Ce  verbe  a  tant  de 
significations  différentes  dans  l'Ecriture , 
qu'il  est  difficile  de  les  déterminer  ;  mais  on 
peut  les  connaître  par  la  suite  du  discours  ; 
on  peut  néanmoins  les  réduire  à  deux,  qui 
sont  :  dire  en  soi-même  et  parler  aux  autres. 

l'-Dire,  parler.  Matth.  8.  8.  Tantum  die 
verbo,  et  sanabitur  puer  meus  :  Dites  seule- 
ment une  parole  ,  et  mon  serviteur  sera 
gviéri  ;  ce  qui  marque  la  foi  du  centenier 
(  Voy.  60  ).  Ps.  10.  1.  Quomodo  dicitis  animœ 
meœ  {èpsï-j)?  Comment  me  dites-vous,  pas- 
sez promptement  sur  la  montagne  comme  un 
passereau?  Prov.  23.  7.  Comede  et  bibe,  di- 
cet  libi:  Buvez  et  mangez,  vous  dira  Thomme 
envieux,  lorsque  vous  serez  chez  lui  pour 
manger;  mais  son  cœur  n'est  point  avec 
vous.  Ce  verbe  se  met  souvent  avec  ad.  1. 
Reg.  17.  n.Dixit  Jsai  ad  David  filium  suum  : 
Isaï  dit  à  David  son  fils  ;  i.  e.  d'aller  à  ses 
frères  au  camp.  Marc.  16.  3.  Dicebant  ad  in- 
vicem  :  Les  femmes  qui  venaient  pour  em- 
baumer Jésus  disaient  entre  elles  :  Qui  nous 
ôiera  la  pierre  de  devant  l'entrée  du  sépul- 
cr(;?  Do  là  vient  :  Dicere  verbum  contra  ali- 
(inem  ;  Parler  contre  quelqu'un.  Matth.  12. 
32.  (Juicum<iue  dixerit  verbum  contra  filium 


hominis  ;  qui  autem  dixerit  contra  Spirilum 
sanctum  :  Quiconque  aura  parlé  contre  le 
Fils  de  l'Homme,  il  lui  sera  remis  ;  mais  si 
quelqu'un  a  parlé  contre  le  Saint-Esprit ,  il 
ne  lui  sera  point  remis. 

Ce  verbe,  par  un  pléonasme  Hébreu,  so 
met  avec  tous  les  autres  verbes,  par  lesquels 
on  exprime  sa  pensée  ou  sa  disposition  j 
soit  de  parole,  comme  interroger,  répondre, 
rapporter,  etc.,  soit  par  écrit.  Luc.  1.  63. 
Scripsit  dicens  :  Joannes  est  nomen  ejiis  ,  Za- 
charie  écrivit  sur  des  tablettes  ;  Jean  est 
le  nom  qu'il  doit  avoir  ;  Ainsi,  Job.  39.  25. 
Ubi  audierit  buccinam  dicit,  vah  :  Lorsque 
l'on  sonne  la  charge,  le  cheval  dit  :  allons  ; 
i.  e.  il  marque  par  ses  frémissements  et  ses 
autres  mouvements  l'ardeur  qu'il  a  d'entrer 
dans  le  combat  ;  soit  sans  s'exprimer  par  si- 
gnes, en  parlant  de  ceux  qui  se  parlent  en 
eux-mêmes.  Eccl.  k.  8.  Nec  recogitat  dicens  ; 
De  plus  ce  verbe  n'est  souvent  qu'une  répé- 
tition, familière  aux  Hébreux,  qui  s'exprime 
par  ces  mots  :  dicendo  dicens,  et  autres  sem- 
blables. Luc.  15.  3.  Ait  ad  illos  parabolam 
istam  dicens  ;  Jesus-Christ  proposa  aux  pha- 
risiens et  docteurs  de  la  loi,  la  parabole  d'un 
homme  qui  va  chercher  la  brebis  qu'il  a 
perdue. 

2"  Dire  vraiment,  assurer.  Prov.  20.  9. 
Qnis  potest  dicere: Mundum  est  cor  meum, pu- 
rus  sum  a  peccato  ?  Qui  peut  dire  :  Mon  cœur 
est  net  ,  je  suis  pur  de  péché?  1.  Cor.  12.  3. 
Nemo  potest  dicere,  Dominus  Jésus,  nisi  in 
Spiritu  sancto  :  Nul  ne  peut  dire  :  Jésus  est 
le  Seigneur,  que  par  le  Saint-Esprit. 

3°  Dire  la  vérité,  répondre  selon  que  la 
chose  est.  Matth.  26.  64.  Tu  dixisti  :  Vous 
l'avez  dit  :  Je  suis  le  Christ.  Mare.  14.  62. 
porte  :  Ego  sum  :  Je  le  suis;  ce  qui  est  le 
même  sens.  Matth.  27.  11.  Marc.  1,2.  Luc 
23.  3.  Joan.  18.  37.  etc.  Cette  façon  de  par- 
ler est  une  manière  honnête  et  modeste,  pour 
répondre  à  ce  qu'on  nous  demande  ;  c'est 
une  affirmation,  et  non  point  un  doute. 

4°  Envoyer  dire,  faire  savoir.  2.  Reg.  2,  5. 
Misit  David  nuntios  ad  viros  Jabes  Galaad, 
dixilque  adeos  :  Benedicli  vos  a  Domino  :J)'dy'\A. 
envoyadesgensàceuxdeJabèsen  Galaad,qui 
avaient  enseveli  Saùl,  et  il  leur  fil  dire  :  Bé- 
nis soyez-vous  du  Seigneur.  Matlh.  8.  6.  Ac' 
cessit  ad  eum  Centurio,  rogans  eum,  et  dicens: 
Un  centenier  vint  trouver  Jésus-Christ,  et 
lui  fit  cette  prière,  se.  au  sujet  de  son  servi- 
teur, qu'il  prie  de  guérir  :  Le  centenier  se 
jugea  indigne  d'aller  trouver  lui-même  Jé- 
sus-Christ ;  mais  il  envoya  vers  lui  des  séna 
teurs  des  Juifs.  {  Voy.  Luc.  7.  v.  3.  7.  )  Luc. 
22.  11. 

5°  Déclarer  son  sentiment ,  dire  son  avis. 
Joan.  8.  5.  Tu  ergo  quiddicis?  Quel  est  donc 
sur  cela  votre  sentiment,  disent  à  Jésus- 
Christ  les  scribes  et  les  pharisiens,  au  sujet 
de  la  femme  surprise  en  adulière.  Jérem.  3. 
1.  3.  Reg.  22.  20.  2.  Par.  18.  19. 

6'  Commander,  ordonner,  vouloir  qu'une 
chose  se  fasse ,  la  faire  même  en  la  disant, 
ce  qui  est  le  propre  de  Dieu  (  snet))  ).  Ps. 
148.  5.  Ps.  32.  9.  Jpse  dixit,  et  fada  sunt  :  Le 
Seigneur  a  parlé,  et  toutes  choses   ont  été 


1121 


d:c 


DIC 


li22 


I 


ailfs.  Malth.  17. 19.  3.  Reg:.  13.  13.  [2.  Cor. 
U.  C.  Deiis  qui  dixit  de  tenebris  lucem  splen- 
descere,  ipse  illuxil  in  cordihus  nostris  :  Le 
même  Dieu  qui  commanda  que  la  lumière 
sortît  des  ténèbres,  a  éclairé  nos  cœurs.  Gen. 
1.  3.  Hebr.  12.  20.  Malth.  8.  8.  Tantum  die 
verbo  :  Commandez  d'une  seule  parole  ;  ou 
bien,  parlez  seulement  (Voy.  1°).  Luc.  12. 
13.  Matth.  9.  5.  Quid  est  faciliiis  dicere  :  Di~ 
mittuntur  tibi  percuta  tua,  an  dicere  :  Siirge 
et  ambiila  ?  Lequel  est  le  plus  aisé,  ou  de 
dire  :  Vos  péchés  vous  sont  remis;  ou  de 
dire  :  Levez-vous  et  marchez  ?  Voy.  v:  6.  7. 
Ps.  109.  1.  Dixit  Dominus  Domino  meo  :  Le 
Seigneur  a  dit  à  mon  Seigneur  :  Asseyez- 
vous  à  ma  droite  :  Le  dire  du  Père  Eternel  à 
l'égard  de  son  Fils  dans  l'éternité,  dont  il  est 
parlé  ici  ;  c'est  l'engendrer  comme  sa  parole 
éternelle  ;  et  à  l'égard  de  son  humanité,  c'est 
la  glorifier,  et  la  mettre  en  possession  de 
tous  les  droits  de  sa  naissance  divine.  Gen. 

1.  V   6.  9.  Ps.  106.  25.  Jon.  2.  11.  Matth.  t. 
3.  c.  20.  21.  c.  23.  3.  Apoc.  13.  14. 

7°Prier,requérir,  demander  quelque  grâce. 
Esth.  5.  10.  Die  mane  régi  ut  appendatur  su- 
per  eam  Mardochœiis  :  Dites  au  roi  demain 
matin  qu'il  fasse  pendre  Mardochée  à  une 
potence.  Jerem.  16.  2.  Marc.  9.  17.  Dixidis- 
cipulis  tuis  ut  ejicerent  illum.-i'iù  prié  vos 
disciples  de  chasser  l'esprit  muet  de  mon 
fils,  qui  en  est  possédé.  Philem.  21.  Sciens 
quoniam  et  super  id,  quod  dico,  faciès  :  Je  sais 
que  vous  en  ferez  encore  plus  que  je  ne  vous 
dis.  Ainsi,  Exod.  18.  19.  Esto  tu  populo  ut 
referas  quœ  dicuntur  ad  e.um  :  Donnez-vous 
au  peuple  pour  ce  qui  regarde  Dieu,  pour 
rapporter  à  Dieu  les  demandes  et  les  besoins 
du  peuple,  dit  Jethro  à  Moïse.  Ainsi, 

8°  Demander,  faire  des  questions,  interro- 
ger. Joan.  9.  10.  Diccbant  ergo  ci  :  Quomodo 
aperti  sunt  tibi  oculi?  (Les  voisins  de  Tavcu- 
gler'ié  que  Jésus  avait  guéri  )  lui  deman- 
daient :  Comment  est-ce  que  vos  yeux  ont 
été  ouverts?  26.  Luc.  20.  41.  c.  12.  U.c.  22. 
11.  Act.  19.  1.  Rom.  10.  v.  18.  19.  c.  11.  1. 

9°  Penser,  dire  en  soi-même.  Luc.  17.  10. 
Dicile,  servi  inutiles  sumus  :  Dites,  lorsque 
vous  aurez  accompli  tout  ce  qui  vous  est 
commandé, nous  sommes  des  serviteurs  inu- 
tiles. Malth.  21.  37.  Jos.  7.  8.  2.  Par.  13.  8. 
c.  25.  19.  Job.  1.  5.  Isa.  47.  v.  7.  10.  Jerem. 

2.  6.  C.20.  9,  Ose.  7.  2.  Ce  qui  est  souvent 
exprimé  par  cette  phrase  :  Dicere  in  corde, 
intra  se,  upud  se.  Ps.  13.  1.  Dixit  insipims 
in  cordé  suo  :  L'insensé  a  dit  dans  son  cœur  : 
Jl  n'y  a  point  de  Dieu.  Ps.  4.  5.  Luc.  12.  19. 
Dicam  animœmeœ;  i.  c.  apud  me  ;  Je  dirai  à 
mon  âme  ;  i.  c.  en  moi-même.  c.  1.  00. 
Matth.  9,  21.  Dicebat  intra  se;  Celte  femme, 
affligée  d'une  perle  de  sang,  dis.iit  en  elle- 
même  :  Si  je  puis  seulement  toucher  son  vê- 
len)ent,  je  serai  guérie.  Rom.  10.  G. 

10°  Délibérer,  résoudre  ,  prendre  en  soi- 
même  une  résolution.  Ps.  .'58.  1.  iJixi  {e'i-rEiy), 
custodiam  vias  nicas  :  J'ai  dit  en  moi-même  : 
J'observerai  avec  soin  mes  voies;i.  c.  de  pren- 
dre garde  à  ma  conduite.  Vs.  .'51.  G.  Dixi,  con- 
iifebor  adversut)}  me  :  J'ui  dit  :  Je  confesserai 


contre  moi-même  mon  injustice.  Ps.  37.  17. 
Ps.  lOo.  23.  Luc.  18.  0. 

11°  Arrêter,  ordonner  {e'lksi-j).  Deut.  17. 
14.  Cum  dixeris  :  Conslituam.  super  me  regem: 
Si  vous  venez  à  dire  :  Je  choisirai  un  roi 
pour  me  commander.  Luc.  12.  20.  Ps.  27.  Ps. 
109.  1.  Gen.  6.  v.  3.  7.  1.  Mac.  14.  48. 

12°  Enseigner.  Matth.  13.  5.  Vos  autem  di' 
citis  :  Vous  autres  vous  dites  :  Jésus-Christ 
prouve  aux  scribes  et  aux  pharisiens  que 
leur  doctrine  est  contraire  aux  coniniande'- 
ments  de  Dieu.  c.  17.  10.  Marc.  7.  11.  cic. 

13°  Appeler,  nommer  Marc.  12.  31.  David 
dicit  eum  Dominum  :  David  appelle  lui-même 
le  Christ  son  Seigneur;  Jésus^Christ  prouve 
par  là  qu'il  est  non-seulement  descendant  de 
David  selon  la  chair,  mais  encore  son  Sei- 
gneur selon  la  divinité.  Luc.  20.  37.  Joan. 
13.  13.  1.  Cor.  12.  3.  Ainsi,  dicere  alicuit 
c'est  quelquefois  appeler  quelqu'un.  Malth. 
7.  21.  Non  omnis  qui  dicit  mihi.  Domine  ^ 
Domine,  intrabit  in  regnum  cœlorutn  :  Ceux 
qui  me  disent.  Seigneur,  Seigneur,  n'entre- 
ront pas  tous  dans  lej:'oyaume  des  cieux. 

14°  Témoigner,  marquer,  faire  entendre. 
Joan.  8.  27.  Non  cognoverunt  quia  patrem 
ejus  ;  Gr.  eis  dicebat  Deum  :  Les  Juifs  ne  com- 
prirent point  que  Jésus-Christ  disait  que 
Dieu  était  son  Père  ;  ce  qui  se  dit  aussi  de 
l'Ecriture  et  des  prophètes.  Ephes.  5.  14. 
Propter  quod  dicit  :  Surge  qui  dormis;  11  est 
dit  :  Réveillez-vous,  vous  qui  dormez;  saint 
Paul  cite  ce  passage  d'Isaïe,  c.  60.  1.  pour 
être  une  preuve  et  un  éclaircissement  de  ce 
qu'il  a  avancé.  Joan.  1.  23.  De  là  vient  cette 
autre  signification  : 

13°  S'expliquer  plus  nettement.  Gai.  3.  17. 
Hoc  autem  dico:  testamentum  confirmatum  a 
Deo  :  Ce  que  je  veux  dire  est  que  Dieu  a  con- 
tracté une  alliance  avec  Abraham,  c.  4.  1. 

1{)°  Conseiller,  donner  avis,  porler  à  quel- 
que chose.  1.  Cor.  7.  12.  Cœteris  ego  dico  , 
non  Dominus  :  Pour  ce  qui  est  des  personnes 
non  mariées,  ce  n'est  point  le  Seigneur  qui 
le  leur  ordonne,  mais  moi  qui  le  leur  con- 
seille de  demeurer  en  cet  état  s'ils  le  peu- 
vent (Voy.  V.  7.  23).  D'autres  rap|iortent  le 
sens  de  ces  paroles  avec  la  suite  et  l'expli- 
quent autrement. 

Où  il  faut  remarquer  que, dans  ce  passage, 
le  verbe  dicere,  par  rapport  à  ego  ,  signifie 
conseiller. 

17°  Ce  verbe,  par  une  circonlocution  Hé- 
braïque, signifie  :  1°  Faire  la  chose  (jue  l'on 
dit.  Ps.  34.  3.  Die  animœ  meœ  :  salus  tua  ego 
sum  :  Dites  à  mon  âme  :  c'est  moi  qui  suis 
ton  salut;  i.  e.  Servn  me  ipsum.  Maïach.  1. 
i'2.  Dicitis  ,  mensa  Domini  contamina  ta  est; 
i.  e.  contaminatis  mensam  Domini  :  Vous  avez 
déshonoré  mon  non)  en  ce  que  vous  dites,  la 
table  du  Siigneur  est  méprisée.  Isa.  8.  14. 
Non  dicalis  iconjuratio  :  Ne  dites  point  comme 
les  autres  :  Faisons  une  conspiration  tous 
ensemble;  i.  e.  Ne  conspirez  point  avec  le» 
autres.  Jocl.  3.  10.  2'  Reconnaîlre  (ju'une 
chose  est  telle  qu'elle  est  en  cITet,  ou  qu'où 
ledit.  Ps.9l).2.  Dicet  Do)nino : Susceptor  meus 
es  tu  :  Celui  (jui  demeure  sous  l'assistance 
du  Ïrès-Uaut,  dira  au  Seigneur  :  Vous  élçs 


H23  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 

mon  défenseur.  Isa.  k2.  17.  Qui  dicunt  ron- 
flaîili,  vos  dii  nostri  :  Ceux  qui  (lisent  à  des 
frps  de  fonte  :  Vous  êtes  nos 

15.  2.  Ps.  3i.  11 


i\U 


inifl^^es  de  fonte  :  Vous  êtes  nos  dieux,  seront 
couv^erts  de  confusion.  P 


etc. 

18"  Publier,  louer,  célébrer.  Ps.  39.  13. 
Yerilalem  tuam  et  salutare  tiiiim  dixi  ;  J'ai 
déclaré  voire  vérité  et  votre  miséricorde  sa- 
lutaire. Ps.  28.  9.  Isa.  o.  20.  Malth.  26.  13. 

19'  Promettre.  Joël.  2.  32.  1.  Thess.  o.  3. 
€um  dixerint  pax ,  et  securitas  :  Lorsque  les 
hommes  diront  :  Nous  sommes  en  paix  et  en 
sûreté,  ils  seront  surpris  par  une  soudaine 
ruine.  Gai.  3.  16.  Gen.  28.  15. 

20"  Prononcer,  proférer,  dire.  Ps.  4i.  1. 
Dico  opéra  mea  régi  :  Gr.  /Eyw,  C'est  au  roi 
suprême  que  j'adresse  et  que  je  chante  mes 
ouvrages.  Voy.  Ercctare. 

Enfin  ce  verbe  a  plusieurs  autres  signifi- 
cations qu'il  est  aisé  de  connaître  par  la 
suite  du  discours;  comme  interroger,  répon- 
dre ,  expliquer,  rapporter,  etc.  Il  s'attribue 
aussi  aux  morts  et  aux  choses  animées.  Job. 

28.  22.  Isa.  iï.  10.  ISum.  22.  30.  Judic.  9.  8. 

« 
e'c. 

DICT ARE. —Verbe  fréquentatif  de  dicere. 

Dicter  à  quelqu'un  quelque  chose,  afin 
qu'il  récrive,  suggérer,  enseigner;  dans 
l'Ecriture  : 

Présenter,  fournir  [xnzoypccssfj).  1.  Mach. 
8.  25.  Auxilium  feret  gens  Judœorwn  ,  prout 
tempus  dictaverit,  corde  plmo  :  Les  Juifs  as- 
sisteront les  Romains  avec  une  pleine  vo- 
lonté (contre  leurs  ennemis)  selon  que  le 
temps  le  permettra. 

DICTIO,  Ms;  Aé^t;,  exposition,  récit,  dis- 
)urs.  2.  Mach.  2.  32.  Brevitatem  dictionis 
sectari  brevianti  concedendum  est  :  On  ne  doit 
pas  trouver  mauvais  que  celui  qui  fait  un 
abrégé,  affecte  d'être  court  dans  ce  quil 
écrit. 

DIGTUM,  I.  Mot,  parole,  ordre  que  l'on 
donne;  d'où  vient,  diclo  obedire,  nsihupyjl-j  : 
Obéir  aux  ordres  et  aux  commandements  de 
quelqu'un.  Tit.  3.  1.  Admone  illos  Principi- 
ius  et  Potestatibas  subditos  esse,  diclo  obe- 
i,ire  :  Avertissez-les  d'être  soumis  aux  prin- 
(es  et  aux  magistrats,  de  leur  rendre  obéis- 
sance. 

DIDRAGHMA,  £.  Ce  mot  vient  de  Bl;,  bis, 
et  de  ôjoaxp.^,  drachma,  œ,  pièce  de  mon- 
naie qui  valait  deux  drachmes,  dont  chacune 
revenait  au  denier  romain. 

Pièce  de  monnaie  dos  Athéniens,  de  la  va- 
leur de  deux  drachmes.  2.  Mach.  i.  19.  Misit 
Jason  viros  peccatores  portantes  didrachmas 
trecentas  in  sacrificium  Herculis  :  L'impie  Ja- 
son envoya  de  Jérusalem  des  hommes  cou- 
verts de  crimes ,  portant  trois  cents  drach- 
mes d'argent  pour  le  sacrifice  d'Hercule.  Le 
Grec  porte  drachmes,  aussi  bien  que  le  ch. 
10.  20.  Vov-  Dbachma. 

DIDRAC'HMUM,  i;  Sioca^fiov,  de  oi;,  bis. 
et  de  opu/^un,  se  f  lit  diarachmum ,  i,  pour  si- 
gnifier une  pièce  de  deux  ilrachmes,  qui  va- 
lait chez  les  Hébreux  environ  5  sous  de  no- 
tre monnaie. 

Pièce  de  deux  drachmes  d'argent.  Malth. 
17.  13.  Magister  rester  non  solvit  didrachma? 


coui 


Voire  maître  ne  paie-t-il  pas  le  tribut  des 
deux  drachmes?  Gr.  rà  oiopa/pa,  ce  tribut 
se  payait  tous  les  ans  par  této  ,  pour  les  ré- 
parations du  temple  ,  selon  l'ordre  de  Dieu 
écrit.  Exod.  30.  12.  Jésus-Christ,  comme  fils 
de  Dieu  ,  par  l'ordre  duquel  ce  tribut  avait 
été  imposé,  n'y  était  point  sujet, 

DIDYMUS,  !.  Gr.  BiB-jtiô^,  Geminus.  Ce  mot 
qui  est  grec  signifie  :  Jumeau,  qui  naît  avec 
un  autre;  ce  n'est  point  le  surnom  de  saint 
Thomas  ,  mais  c'est  rinlerprétalion  du  mot 
hébreu  theomim  ou  tJiomim,  qui  signifie  ge- 
mini;  ainsi  saint  Thomas  a  élé  appelé  de  ce 
nom,  soit  qu'il  fût  né  avec  un  autre  frère  , 
soit  que  ce  fût  un  nom  de  famille.  Joan,  11. 
16.  Thomas  qui  dicilur  Didymus.  c.  20.  24. 
etc.  Voy,  Thomas. 

DIES  ,  £1 ,  rii^éou,  du  mot  dies ,  jour. 

Die,  nom  de  la  première  des  filles  que  Job 
eut  après  son  état  d'affliction,  dans  lequel 
Dieu  l'éprouva.  Job.  i2.  li.  Vocavit  nomen 
unius  Diem  ;  Job  appela  la  première  de  ses 
filles,  Die;  i.  e.  le  jour,  parce  qu'elle  était 
belle  comme  le  jour  qui  commence  à  paraî- 
tre. 

DIES,  El;  Yiuépx^  du  génitif  de  Zeiç,  Stô», 
que  les  païens  prenaient  souvent  pour  le  ciel 
et  qu'ils  nommaient  Diespiter. 

On  doit  distinguer  avec  les  meilleurs  in- 
terprètes trois  sortes  de  jours  parmi  les  Juifs. 
Le  premier  est  le  jour  naturel  de  vingt-qua- 
tre heures,  qui  dure  depuis  un  minuit  jus- 
qu'à l'autre,  qui  est  celui  dont  il  est  dit, 
Gen.  1.  5.  Factum  est  vespere  et  mane  dies 
unus  :  Du  soir  et  du  matin  se  fît  le  premier 
jour.  Le  second  est  la  durée  du  temps  que 
le  soleil  paraît  sur  l'horizon  depuis  son  le- 
ver jusqu'à  son  coucher,  qui  peut  être  dit 
jour  artificiel  et  qui  est  inégal  selon  la  diffé- 
rence des  lieux  et  des  saisons,  et  le  troisième 
jour  est  le  jour  légal ,  ou  le  jour  de  fête  qui 
se  célébrait  depuis  un  soir  jusqu'à  l'autre, 
et  c'est  touchant  cette  sorte  de  jours  que 
Moïse  a  fait  le  règlement  contenu  Levit.  23, 
V.  32.  33.  Chaque  fête  commençait  dès  le  soir, 
mais  chaque  soir  ne  commençait  pas  un  jour. 
Vov.  Analyse  de  l'Evangile ,  Dissertation  31, 
p.  o86, 

1°  Jour  naturel  de  vingt-quatre  heures  , 
qui  comprend  la  nuit  et  le  jour.  Gen.  1.  5. 
Factumque  est  vespere  et  mane  dies  iinus  :  Du 
jour  artificiel  qui  finit  au  soir  et  de  la  nuit 
suivante  jusqu  au  matin  ,  se  fit  un  jour  natu- 
rel qui  se  com|)te  ordinairement  d'un  lever 
du  soleil  à  un  autre.  Afin  de  concilier  la  Ge- 
nèse avec  les  systèmes  de  la  science  moderne, 
on  peut  aussi  supposer,  sans  blesser  la  foi, 
que  les  jours  dont  parle  Moïse  représentent 
simplement  des  périodes  de  temps  indétermi- 
nées Voy.  Ps.  138.  16  Dies  (  i.  e.  per  dies)  for- 
mabuntur,  et  nemo  in  eis:  Les  hommes  se 
forment  tous  les  jours  dans  le  sein  de  leurs 
mères  et  nul  d'eux  ne  vous  est  inconnu,  ou^ 
selon  d'autres,  les  membres  du  corps  se  for- 
ment de  jour  à  autre  dans  le  sein  de  la  mère 
et  il  n'en  manque  aucun.  Rom.  li.  5.  Alius 
judicat  diem  inler  diem ,  alius  autem  judicat 
omnem  diem  :  L'un  met  de  la  différence  enlra 
les  jours  [se.  en  ce  que  quelques  Juifs  con- 


iiîb 


DIE 


DIE 


4126 


verlis  voulaient  encore  au  commencement 
observer  le  sabbat  et  les  nouvelles  lunes), 
l'autre  considère  tous  les  jours  également. 
De  là  vient  cet  hébraïsme  contenu  ,  Marr.  2. 
1.  Post  (lies;  i.  e.  multis  post  diebus  :  Plu- 
sieurs jours  après. 

2°  Jour  artificiel  ,  distingué  de  la  nuit,  es- 
pace de  temps,  depuis  le  lever  du  soleil  jus- 
qu'au coucher.  Ps.  18.3.  Dies  diei  éructât  ver- 
hum  :  La  vicissitude  si  réglée  des  jours  qui 
se  succèdent  les  uns  aux  autres,  fait  voir  la 
puissance  de  Dieu  ;  cette  suite  de  jours  le  loue 
d'une  manière  miraculeuse.  Ps.  55.  3,  Ab  al- 
titudine  diei  timebo  :  La  hauteur  du  jour  me 
donnera  de  la  crainte;  c  est-à-dire,  le  grand 
jour,  où  il  est  moins  sûr  de  se  produire  quand 
on  a  des  ennemis;  David  persécuté  par  Saùl 
se  cachait  où  il  pouvait.  Ps.  77.  14.  Beduxit 
eos  in  nube  diei  :  Dieu  a  conduit  les  Israéli- 
tes durant  le  jour  avec  la  nuée;  diei  est  mis 
pour  die  ou  interdiu.  Ce  que  i'interprèle  la- 
lin  a  mis  en  régime  avec  nube,  est  en  grec 
au  génilif  pour  marquer  le  temps,  Sap,  10. 
17.  Fuit  mis  in  velomento  diei  ;  i.  e.  die  ;La 
sagesse  a  servi  aux  justes  d'un  couvert  pen- 
dant le  jour,  d'où  vient  die  ac  nocte,  pour 
dire  souvent,  avec  application.  Jos.  1.  8, 
Meditaberis  in  eo  diebus  ac  noctibus  :  Ayez 
soin  de  méditer  le  livre  de  la  loi  jour  et  nuit, 
dit  Dieu  à  Josué.  Ps.  1.  2.  Ainsi,  1.  Reg,  2, 
34.  In  die  uno  morientur  ambo  :  Vos  deux  flis 
Ophni  et  Phinées  mourront  tous  deux  en  un 
même  jour;  la  mort  des  deux  fils  du  grand 
prêtre  Heli ,  que  l'homme  envoyé  de  Dieu 
lui  prédisait,  devait  être  la  marque  assurée 
que  toutes  les  punitions  qu'il  lui  annonçait 
lui  arriveraient.  Deut.  2i.  15.  Jos.  10.  v.  12. 
13.14.  Non  fuit  antea  nec  postea  tam  longa 
dies  :  Jamais  jour,  ni  devant  ni  après,  ne  fut 
si  long  que  celui-là;  le  jour  qui  devait  durer 
douze  heures  de  soleil  en  dura  vingt-quatre; 
un  jour  fut  aussi  long  que  deux,  Eccli.  4G. 
5.  Joan.  2.  1.  etc. 

3°  Le  jour  légal,  ou  le  jour  de  fête  qui  se 
célébrait  depuis  un  soir  jusqu'à  l'autre;  et 
c'est  touchant  celle  sorte  de  jour  que  Moïse 
a  fait  le  règlement  du  Lé\itique,c.  23.  v.  3?^. 
33.  Ecrli.  33.  7.  Quare  dies  diem  superat? 
D'où  vient  qu'un  jour  est  préféré  à  un  autre 
jour?  Le  Sage  entre,  comme  saint  Paul,  dans 
r  le  myslère  de  la  prédestination  et  il  l'expli- 
^  que  par  une  comparaison  excellente  :  Les 
jours,  dit-il,  ayanl  été  tous  égaux,  les  uns  , 
néanmoins  ,  sont  préférés  aux  autres  ;  parce 
que  Dieu  les  a  séparés  et  qu'il  a  fail  lui-même 
celte  distinction  entre  les  jours  de  fêle  et  les 
jours  profanes;  ainsi  les  hommes  ont  été  ti- 
rés de  la  même  boue  dont  Adam  a  été  formé, 
et  son  péché  a  passé  dans  tous.  Et  cependant 
Dieu  en  sanctifie  quelques-uns  et  laisse  les 
autres  dans  la  malédiction  et  la  corruption 
commune  à  toute  la  nature;  mais  ses  juge- 
ments sont  toujours  très-justes,  dit  s  lint  Au- 
gustin, quoiqu'ils  soiint  souvent  incompré- 
hensibles. 

§  1.  —  Le  temps  ,  soit  certain  et  défini. 
Joan.  7.  V,  2.  8,  10.  il. Judœi  errjo  quœrcbant 
eum  in  die  festo  :  Les  .luKs  cherchaient  Jésus- 
Christ  pendant  la  fêle  des  Juifs,  appelée  des 


Tabernacles.  Gen.  2.  4.  In  die  quo  fec'tt  Do^ 
minus  Deus  cœlurn  et  terram  :  C'est  ainsi  que 
le  ciel  et  la  terre  furent  créés  au  jour  que  le 
Seigneur  Dieu  fit  l'un  et  l'autre,  c.  21.34. 
Num.  3.  1,  c.  8.  17.  Deut,  4.  32.  1.  Reg.  27. 
7.  Dan.  8,  14.  Dies  duo  milHa  trecenti,  et 
mundabitur  sacrificiuni  :  Il  se  passera  deux 
mille  trois  cents  jours  et  le  sam  tuaire  sera 
purifié.  Antiochus  demeura  maître  de  la  ville 
de  Jérusalem  et  delà  forteresse  de  Sion , 
trois  ans  et  demi ,  pendant  lesquels  il  fil  des 
maux  infinis  aux  Juifs;  mais  la  profanation 
ayant  commencé  dès  avant  ce  temps-là  ,  il 
n'est  pas  difficile  de  trouver  plus  de  six  ans 
de  désolation.  Estius.  Voy.  1.  Mac.  1.  Ainsi, 
c.  12.  1.  A  tempore  cum  ablatum  fuerit  juf/e 
sacrificium,  et  posita  fuerit  abominatio  in  de- 
solationem  ,  dies  mille  ducenti  nonaginta  ; 
Depuis  le  temps  que  le  sacrifice  perpétuel 
aura  été  aboli  et  que  l'abomination  de  la  dé- 
solation aura  été  établie,  il  se  passera  mille 
deux  cent  quatre-vingt-dix  jours.  11  semble 
que  l'Ange  fasse  ici  particulièrement  allusion 
aux  trois  années  et  demie  que  dura  la  pro- 
fanation du  temple  sous  Antiochus  et  qui  re- 
viennent à  ce  nombre  de  1290;  mais  les  pè- 
res el  plusieurs  interprètes  ont  cru  que  cela 
marquait  principalement  le  temps  de  la  der- 
nière persécution  de  l'Antéchrist,  figurée 
par  celle  de  l'impie  Antiochus.  v.  12.  Beatus 
qui  exspectat ,  et  pervenit  usque  ad  dies  mille 
trecentos  triginta  quinque  :  Heureux  celui 
qui  attend  et  qui  arrive  jusqu'à  mille  trois 
cent  trente-cinq  jours;  c'est-à-dire,  heureux 
celui  qui  souffre  sans  se  décourager  et  qui 
attend  avec  patience  la  fin  de  la  persécution. 
II  y  a  bien  de  l'apparence  que  les  quarante- 
cinq  jours  qui  se  trouvent  ici  de  plus  qu'au 
verset  précédent  se  passèrent  depuis  la  puri- 
fication du  temple  de  Jérusalem,  jusqu'à  la 
maladie  dont  Dieu  frappa  Antiochus,  et  dont 
il  mourut  misérablement.  Alors  les  Juifs  fu- 
rent délivrés,  non-seulement  de  tous  leurs 
maux,  mais  aussi  de  la  crainte  des  maux. 
Soit  indéfini.  Malth.  3.  1.  In  diebus  autem  il- 
lis  venit  Joannes  Baptista  prœdicans ,  etc.  En 
ce  temps-là  Jean-Bapliste  vint  prêcher  au 
désert  de  Judée,  Il  y  a  près  de  trente  ans 
d'intervalle  entre  la  fin  du  chapitre  précédent 
elle  commencement  de  celui-ci,  4.  Reg.  3, 
6.  Act.  5,  36.  Hebr.  8.  10.  Post  dies  illos  : 
Après  le  temps  de  l'Ancien  Testament.  2. 
Pelr.  3.  18,  Gen.  2.  17.  Ps,  60.  6.  Dies  super, 
dies  rcgis  adjicies  :  Vous  multiplierez  les 
jours  du  roi  ;  autrement.  Vous  ajouterez  de 
nouveaux  jours  aux  jours  du  roi  ;  vous  éten- 
drez ses  années  de  race  en  rare;  David  parle 
de  lui-même  en  troisième  personne.  Deut. 
4.  42.  Ante  unum  et  alterum  diem  :  Deux  ou 
trois  jours  auparavant;  ainsi,  Exod.  13.  10. 
A  diebus  in  dies  :  Vous  observerez  le  culte 
(se.  de  la  Pâque)  lous  les  ans  ,  dans  toute  la 
suite  des  années;  et  en  plusieurs  endroits 
où  l'Hébreu  porte,  de  jour  en  jour,  saint  Jé- 
rôme l'a  exprimé  par  années.  Levit.  25.  9. 
Judie.  11.  40.  c.  17.  10,  c.  21.  19.  1.  Reg.  1. 
3.  Ascrndebat  vir  ille  de  ciritaie  sua  stalulis 
diebus  ut  adoraret ,  etc.  :  Cet  homme  (sur-» 
uutnmé  Elcana)  allait  de  sa  ville  à  Silo,  àux 


4127 


DIGTIONNAlPvE  DE  Plîil.OLOGIE  SACRËE 


1128 


jours  ordonnés  pour  adorer  le  Seigneur;  ce 
qui  est  rendu  v.  7.  par  les  mots  per  sinçjulos 
annos.  c.  2.  19.  c.  27.  7.  Faitnumei'us  dierum 
quibus  habitavit  David  in  regione  Philistino- 
rum  quatuor  mensium;  Hebr.  dies  et  quatuor 
menses  :  Ce  que  quelques-uns  expliquent 
dun  an  et  quatre  mois;  d'autres  de  quatre 
mois  et  quelques  jours;  d'autres  disent  que 
David  demeura  dans  les  terres  des  Philistins 
seulement  quatre  mois.  2,  Reg.  li.  26,  5e- 
mcl  inanno  tondebatur  :  Ahsalom  faisait  faire 
ses  cheveux  une  fois  tous  les  ans  ;  Hebr.  de 
jours  en  jours;  comme  Exod.  13.  10.  A  die- 
bus  in  dies;  i.  e.  ab  anno  in  annum,  seu  , 
quotannis  :  Tous  les  ans  ,  au  jour  ordonné. 
Ps.  88.  30  {Voy. in fra  2').  A  quoi  se  rapporte 
celte  façon  do  parler,  Altéra  die  :  Une  autre 
fois,  enun  autre  temps,  dans  une  autre  oc- 
casion. Judic.  20.  2i.  Ciimque  filii  Israël  al- 
téra die  contra  filios  Benjamin  ad  prœlium 
processissent  :  Le  lendemain  (qui  est  la  se- 
conde fois),  les  enfants  d'Israël  s'étant  pré- 
sentés encore  pour  combattre  les  enfants  de 
Benjamin,  Ainsi,  v.  30,  Tertia  vice;  Hebr. 
tertio  die  :  Les  Israélites  marchèrent  en  ba- 
taille pour  la  troisième  fois.  Ainsi,  Una  die  ; 
i.  e.  brevi .  En  peu  de  temps.  Apoc.  18.  8.  In 
nna  die  vetnent  plagœ  ejus  :  Les  plaies  de  Ba- 
bylone  viendront  fondre  sur  elle  en  un  même 
jour.  Ainsi,  Dan,  10.  iï.  Adhuc  visio  in  dies; 
i.  e.  in  multa  tempora  :  Cette  vision  ne  s'ac- 
complira qu'après  bien  du  temps. 

§  2.  —  L"âge,  ou  le  temps  de  la  vie,  la 
durée  des  choses.  Isa.  65.  20.  Non  crit  ibi 
amplius  infans  dierum,  et  senex  qui  non  im- 
pleut dies  siios  :  On  ne  verra  plus  dans  Jéru- 
salem d'enfants  qui  ne  vivent  que  peu  de 
jours,  ni  de  vieillard  qui  n'accomplisse  pas 
ie  temps  de  sa  vie  :  Ceci  marque  que  les 
chrétiens  doivent  être  hommes  parfaits. 
Hebr.  7.  3.  Prov.  10.  27.  c.  28.  16.  Zach.  8. 
k.  Gen.  9.  29.  c.  35.  29.  Appositus  est  populo 
suo  senex  et  plenus  dierum;  i.  c.  senex  decre- 
pitus  :  Jacob  étant  mort  fut  joint  à  son 
peuple,  étant  fort  vieux.  3.  Reg.  3.  11.  etc. 
Ainsi,  Processisse  in  diebus  suis  :  C'est  être 
fort  avancé  en  âge.  Luc.  1.  7.  Non  crat  illis 
filius,  60  quod  esset  Elisabeth  sterilis,  et  ambo 
processissent  in  diebus  suis  :  Zacharie  et  Elisa- 
beth n'avaient  point  de  fils,  parce  qu'Elisa- 
beth était  stérile,  et  qu'ils  étaient  déjà  tous 
deux  avancés  en  âge.  Ainsi,  Baruch.  1.  11. 
Orale  ut  sint  dies  eorum  sicut  dies  cœli  super 
terram  :  Priez  Dieu  que  les  jours  de  Nabu- 
chodonosor  et  de  son  fils  BaUh;isar  sur  la 
terre  soient  conmie  les  jours  du  ciel  ;  i.  e.  de 
longue  durée;  que  leurs  règnes  soient  longs. 
Ps.  88.  30.  Ponam  thronum  ejus  sicut  dies 
cœli  :  Je  ferai  subsister  le  trône  de  David 
autant  que  les  cieux. 

§  3.  —  Jour  de  fête,  jour  solennel.  Ose. 
7.  5.  Dies  régis  noslri  :  C'est  ici,  disaient-ils^ 
c'est  ici  le  jour  de  notre  roi,  le  jour  qu'il  a 
consacré  aux  idoles. 

§  k'.  —  Choses  mémorables  mar(iuées  par 
le  temps  où  elles  ont  élé  faites.  Deut.  32.  7. 
Mémento  dierum  anliquorum  :  Consoliez  les 
siècles  les  plus  recules,  voyez  ce  qui  s'y  est 
passé.  Act.  3.  2a.  Oittnes  prophelœ  a  Samuel, 


et  deinceps  annunliaverunt  dies  islos  :  Tou» 
les  prophètes  qui  ont  prophclisc  de  temps  en, 
temps  depuis  Samuel,  ont  prédit  ce  qui  est 
arrivé  en  ces  jours.  Ps.  76.  6.  Cogilavi  dies 
antiquos  :  Je  songeais  aux  jours  anciens. 
Isa.  63.  11.  Mal.  3^k.  Placebit  Domino  sucri- 
ficium  Juda  et  Jérusalem,  sicut  dies  sœcuii  et 
anni  antiqui  :  Le  sacrifice  de  Juda  et  de  Jé- 
rusalem sera  agréable  au  Seigneur,  comme 
l'ont  élé  ceux  des  siècles  passés,  ceux  des 
premiers  temps;  i.  e.  ceux  d'Abel,  de  Noé, 
de  Melchisédcch,  d'Abraham,  etc.  comme  il 
est  marqué  dans  le  canon  de  la  messe. 

§  5.  —  Une  journée  de  chemin.  Deut.  1. 
2.  Undecim  diebus  de  Horeb  per  viam  montis 
Seir  iisque  ad  Cadesbarne  ;  Il  y  avait  onze 
journées  de  chemin  depuis  la  montagne 
d'Horeb  en  venant  par  la  montagne  de  Seïr 
jusqu'à  Cadesbarne. 

§  6.  —  Temps  propre  et  commode  pour 
agir.  Joan.  9.  4.  Me  oporfet  operari...  donec 
dies  est  :  11  faut  que  je  fasse  les  œuvres  de 
celui  qui  m'a  envoyé  pendant  qu'il  est  jour  : 
parce  que  le  jour  est  destiné  à  l'action  et  au 
travail,  comme  la  nuit  au  repos,  c.  11.  9. 
Rom.  13.  13. 

§  7.— Jugement  que  l'on  fait.  l.Cor.  V.  3. 
Mihi  pro  minimo  est  ut  a  vobis  judicer,  aut 
ab  humano  die  :  Pour  moi  je  me  mets  fort 
peu  en  peine  d'être  jugé  par  vous,  ou  par 
quelque  homme  que  ce  soit  :  saint  Paul  ne 
reconnaît  pour  souverain  juge  que  Dieu 
seul.  Ce  mot  en  ce  sens  est  un  terme  Cilicien, 
ou  bien  un  idiotisme  des  Hébreux  qui  ap- 
pellent le  jugement  dernier,  le  jour  du  Sei- 
gneur :  quoique  d'ailleurs  on  appelle  en  la- 
tin du  nom  de  dies,  le  jugement  des  parties; 
Diem  dicere,  ajourner.  Ainsi  Jérémie  dit,  c. 
17.  16.  Diem  ho7ninis  non  desideravi  :  Je  n'ai 
point  recherché  les  jugements  avantageux 
des  hommes. 

§  8.  —  Lumière  et  connaissance  plus  claire 
de  la  vérité.  îlom.  13.  12.  Nox  prœcessit, 
dies  autem  appropinquavit  :  La  nuit  est  déjà 
avancée,  et  le  jour  s'approche.  1.  Thess.  5. 
V.  5.  8.  Nos  autem  qui  diei  sumus  :  Nous  qui 
sommes  enfants  du  jour  :  ce  jour  et  cette  lu- 
mière est  celle  de  l'Evangile.  2.  Petr.  1.  19. 

§  9.  —  Le  jour  de  réternité.  Prov.  i.  18. 
Justorumsemita  quasi  lux splendens  procedit, 
et  crescit  usque  ad  perfectam  diem  :  Le  che- 
min, dans  lequel  marchent  les  justes,  est 
éclairé  des  rayons  célestes  :  et  celle  lumière 
les  conduit  enfin  à  un  beau  jour  qui  n'est 
obscurci  d'aucun  nuage,  cl  qui  n'est  point 
suivi  de  la  nuit. 

Ce  jour  est  appelé  ,  Dies  œternitalis.  2. 
Petr.  3.  18.  parce  que  l'éternité  est  comme 
un  jour,  ou  plutôt  comme  un  instant  qui  de- 
meure toujours  le  même,  et  renferme  tous 
les  temps  sans  distinction  de  passé,  de  pré^ 
sent,  ni  de  futur,  sans  succession  ni  division, 
sans  aucun  rapport  aux  créatures.  A  quoi 
se  peut  rapporter  dans  le  sens  figuré,  Dies 
«rî.  Ainsi,  Eccli.  18.  8.  Sicut  calculus  arenœ, 
sic  cxigui  anni  in  die  œvi  :  Ce  peu  d'années 
de  la  vie,  au  prix  de  l'éternité,  ne  sera  consi-i 
déré  que  comme  un  grain  de  sable. 

§  10.  —  L'état  où  l'on  se  trouve  dans  U 


im 


DIE 


DIF 


«I3C 


cours  de  la  vie;  soil  heureux  et  de  prospé- 
rité :  doù  vient  cette  façon  de  parler,  Dies 
boni  :  Temps  de  festin,  de  joie  et  de  prospé- 
rité. Ps.  3:J.  13.  Eccli.  7.  15.  Eccli.  li.  li. 
JN'on  defrauderis  a  die  bono  ;  Ne  vous  privez 
pas, par  avarice, des  avantages  de  votre  pros- 
périté :  c'est  dans  ce  même  sens  que  l'on  ex- 
plique, Job.  9.  2o.  Dies  mei  :  Le  temps  de 
ma  prospérité  ;  et,  Ps.  55.  i.  Ab  allitudine  diei 
timebo.  Voy.  Altitudo.  Ainsi,  Zach.  li.  7. 
Eric  dies  una'quœ  nota  est  Domino,  non  dies, 
neque  nox  :  Il  y  aura  un  jour  connu  du  Sei- 
gneur, qui  ne  sera  ni  jour,  ni  nuit;  /.  e.  qui 
n'aura  ni  l'agrément  du  jour,  ni  le  repos  de 
la  nuit. 

§  11.  —  Le  temps  des  grâces  extraordi- 
naires de  Dieu.  Ps.  117.  23.  Hœc  est  dies 
quam  fecit  Dotninus ,  exultemus  et  lœtemur 
in  ea  :  C'est  ici  le  jour  qu'a  f;iit  le  Seigneur, 
réjouissons-nous-y  donc...  2.  Cor.  6.  2. 
Isa.  49.  8.  Ps.  il.  9.  Joan.  8.  56.  etc.  Soit 
qu'on  se  trouve  dans  le  cours  d'une  vie  rem- 
plie de  peines  et  d'afflictions  :  co  qui  est 
exprimé  par  Dies  malus,  dies  tnali  parvi. 
Ephes.  5.  16.  Redimentes  lempus,  quoniam 
dies  mali  sunt  :  Rachetez  le  temps,  parce 
que  les  jours  sont  mauvais;  i.  e.  pleins  de 
traverses.  Ephes.  6.  23.  Accipite  armaluram 
Dei,  nt  possilis  resistere  in  die  malo  :  Prenez 
les  armes  de  Dieu,  afin  que  vous  puissiez 
résister  au  jour  mauvais;  i.  e.  dans  le  temps 
que  le  démon  attaque  vivement  par  la  ten- 
tation. Ps.  i9.  5.  Car  timebo  in  die  mala? 
Quel  sujet  aurai-je  de  craindre  au  jour  mau- 
vais? Ce  joi<r  mauvais  est,  ou  le  jour  terrible 
du  jugement  dernier,  ou  le  temps  où  on  se 
trouve  exposé  à  quelque  affliction  ou  quel- 
que grand  danger,  et  surtout  celui  de  la 
mort.  Gen.  i7.  9.  Zach.  i.  10.  Quis  despexit 
dies  parvos  ?  Qui  est  celui  qui  fait  peu  d'état 
de  ce  temps  de  la  faiblesse  et  de  l'abaisse- 
ment des  Juifs?  autr.  de  ces  faibles  commen- 
cements du  Temple.  Voy.  Parvus.  Ainsi  : 

§  12.  —  Le  temps  des  alflictions,  de  la 
vengeance  ou  de  la  mort.  Isa.  2.  17.  Eleva- 
bitur  Dominus  solus  in  die  illa  :  Le  Seigneur 
seul  paraîtra  grand  en  ce  jour-là.  v.  11.  12. 
c.  7.  17.  1.  Reg.  26.  10.  Ps.  36.  13.  Ps.  118. 
8i.  Ps.  136.  7.  et  souvent  dans  les  prophètes. 
Ainsi,  Ezech.  22.  Numquid  prœvatebunt  ma- 
nus  tuœ  in  diebus  quos  ego  faciam  tibi?  Vos 
mains  prévaudront-elles  contre  moi,  dans 
le  temps  des  maux  que  je  ferai  fondre  sur 
vous  ? 

§  13.  —  II  est  à  remarquer  que  quand  le 
génitif  dierum  est  ajouté,  dans  l'Ecriture, 
aux  noms  qui  marquent  les  années  ou  les 
mois,  il  marque  que  ces  années  ou  ces 
njois  sont  entiers  et  parfaits.  Num.  11.20. 
Det  vobis  Dominus  carnes  usque  nd  mcnsem 
dierum,  pour  mense  integroel  suisdichus  con- 
stante :  Le  Seigneur  vous  donnera  de  la 
chair,  afin  que  vous  en  mangiez  pendant  un 
înois  enlier,  dit  Dieu  dans  le  désert  au 
peuple  qui  murmurait.  Jerem.  28.  v.  3.  11. 

Façons  de  parler. 

Dies  cœli.  Les  jours  du  ciel.  Bar.  1.  11. 
Orale  vro  vila  Nnbuchodonosor,  reijis  liabij- 

DlCTIONN.    DE    PHIl.OL.    8ACRKE,    i. 


lonis,  et  pro  vita  Balthasar,  filii  ejus,  ut  sint 
dies  eorum  sicut  dies  cœli  super  terram  : 
Priez  pour  la  vie  de  Nabuchodonosor  et 
pour  la  vie  de  Ballhasar,  son  fils,  afin  que 
leurs  jours  sur  la  terre  soient  comme  les 
jours   du  ciel,  t.  e.  de  longue  durée. 

Dies  Domini.  Le  jour  du  Seigneur;  c'est 
le  temps  où  Dieu  fait  éclater  sa  puissance 
par  les  châtiments  des  méchants.  Soph.  1. 
li.  Juxta  est  dies  Domini  magnus  :  Le  jour 
du  Seigneur  est  proche,  v.  15.  Dies  irœ,  dies 
illa  :  Ce  sera  un  jour  de  colère.  Jerem.  30. 
7.  Joël.  2.  11.  Amos.  5.  18.  Ainsi,  Zach.  li. 
1.  Ecce  renient  dies  Domini  ;  Les  jours  du 
Seigneur  vont  venir  :  ces  jours  dont  Dieu 
menace  les  Juifs  sont  des  jours  de  colère  et 
de  vengeance,  pendant  lesquels  ils  devaient 
être  pillés  par  les  Grecs  ;  car  ce  chapitre 
regarde  encore  les  guerres  que  leur  firent 
les  rois  do  Syrie,  du  temps  des  Machabées, 
Job.  2i.  1.  Quiautem  noverunt  eum, ignorant 
dies  illius  :  Ceux  qui  connaissent  le  Tout- 
Puissant,  ne  connaissent  point  ses  jours;  i. 
e.  ne  connaissent  point  le  temps  qu'il  s'est 
réservé  pour  faire  éclater  sa  justice  envers 
les  impies. 

Dies  Christi,  Domini.  Le  jour  do  Jésus- 
Christ,  le  jour  du  Seigneur,  signifie: 

i  La  venue  et  la  présence  de  Jésus-Christ 
dans  sa  chair.  Joan.  8.  ^6.  Abraham  exsultavit 
ut  videret  diem  meum  :  Abraham,  votre  père, 
a  désiré  avec  ardeur  de  voir  mon  jour  ;  i.  e. 
le  temps  de  mon  avènement,  dit  Jésus-Christ 
aux  Juifs.  Mal.i.  o.Miltam  vobis  Eliampro- 
phelam,  antequam  veniat  dies  Domini:  Je  vous 
enverrai  le  prophète  Elle  avant  que  le  grand 
et  l'épouvantable  jour  du  Seigneur  arrive  : 
ici,  f//es  marque  l'avènement  de  Jésus-Christ, 
si  l'on  entend  par  Elle  saint  Jean-Baptiste, 
comme  l'explique  saint  Matth.  17.  12. 

2' Le  temps  du  second  avénementde  Jésus- 
Christ  ou  du  jugement  dernier.  1.  Cor.  3. 
13.  Uniuscujusque  opus  manifestum  erit,  dies 
cnim  Domini  declarabil  :  L'ouvrage  de  cha- 
cun paraîtra  enfin,  et  le  jour  du  Seigneur 
déclarera  quel  il  est.  c.  1.  8.  Luc.  17.  v.  2V 
26.  Act.  2.  20.  Joël.  2.  31.  1.  Cor.  5.  5.  2. 
Cor.  1.  li.  Philipp.  1.  v.  6. 10.  c.  2.  16.  Ainsi, 

1.  Thess.  5.  2.  Dies  Domini,  sicut  fur  in 
nocte,  ila  veniet  :  Le  jour  du  Seigneur  vien- 
dra comme  le  larron  qui  vient  dans  la  nuit. 

2.  Thess.  2.  2.  ce  qui  est  exprimé  par  dies 
illa.  2.  Tim.  1.  v.  12.  18.  ot  c.  i.  8.  etc.  Ce 
jour  est  appelé  le  jour  du  Seigneur;  i.  c.  ce- 
lui auquel  Dieu  se  doit  venger  dans  toute 
l'étendue  de  sa  puissance  :  le  temps  de  cette 
vie  est  appelé  le  jour  de  l'homme  ;  et  celui 
qui  commence  l'éternité  est  le  jour  du  Sei- 
gneur. 

DIEVI,  Heb.  Dehavœi,  Existentcs.  Un  des 
peuples  qui  conspirèrent  contre  les  Juifs, 
pour  les  empêcher  de  rebâtir  Jérusalem.  1. 
Esdr.  i.  !). 

DIFFAMARE,  Stayjj/ziÇstv  ,  du  substantif 
fama,  et  de  la  préposition  dis,  qui  marque 
diversion. 

1  '  Divulguer  ,  faire  connaître  A  tout  le 
monde,  publier,  faire  courir  un  bruit  : 

Soit  en  mauvaise  narl-  ce  qui  signifie,  d6- 

30 


1131 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


H32 


crier  (h(jiêpsiv).  Deut.  22.  19.  Diffamavit  no- 
men  pessimum  super  virginem  Isracl  Cet 
homme  a  déshonoré  par  une  accusation  in- 
fâme une  vierge  d'IsraëL  (V^oy.  cette  accu- 
sation,  V.  13.1i.)Sap.  2.  12. 

Soit  en  bonne  part.  Matth.  9.  31.  Diffama- 
verunt  eum  in  tota  terra  illa  :  Les  doux 
aveugles  que  Jésus-Christ  venait  de  guérir  , 
s'en  étant  allés,  répandirent  sa  réputation 
dans  tout  ce  pays.  Marc.  1.  45.  1.  Thess.  1. 
8.  A  vobis...  (îiffamatiis  est  sermo  Domini  [llri- 
yziv)  :  Vous  avez  élé  cause  que  la  parole  du 
Sp'gneur  s'est  répandue  avec  éclat  dans  la 
Macédoine,  etc.  Gr.  èÇii/Jîxat ,  personuit  :  \di 
métaphore  est  tirée  du  son  d'une  trompette 
qui  se  répand  loin  avec  éclat. 

2"  Accuser,  ou  faussement,  ou  maligne- 
ment; déférer  (  StaêâW.ew).  Luc.  16.  1.  Hic 
diffamalus  est  apud  illum  :  L'économe  d'un 
homme  riche  fut  accusé  devant  lui  d'avoir 
dissipé  son  bien. 

DIFFERENS,  tis  ;  5«âyopo?,  1°  Différent, 
qui  est  dissemblable.  Rom.  12.  6.  Hahenles 
donationes  secundum  gratiam ,  quœ  data  est 
nobis,  différentes  :  Nous  avons  tous  des  dons 
différents,  selon  la  grâce  qui  nous  a  été 
donnée. 

2°  Excellent  :  d'où  vient  Differentius,  plus 
excellent.  Hebr.  1.  k.  Tanto  melior  angelis 
effectus,  quanto  differentius  prœ  iltis  nomen 
hœreditavit  :  Le  Fils  de  Dieu  est  devenu  même 
dans  son  incarnation  d'autant  plus  excellent 
que  les  anges,  que  le  nom  qu'il  a  hérité  est 
plus  relevé  que  le  leur. 

DIFFERENTIA  ,  je  ;  ^tc^^yù  ,  différence. 
Sap.  18.  2.  Utesset  differentia  (toO  Bi£i)zyi6-/)VKi) 
donum  petebant  :  Vos  saints  (les  Israélites 
au  temps  des  ténèbres  épaisses  dEgypte) 
vous  priaient  de  continuer  à  faire  cette  dif- 
férence entre  eux  et  leurs  ennemis  ;  se.  que 
les  saints  ne  souffrissent  pas  les  mêmes  cho- 
ses que  leurs  ennemis;  Gr.  (les  Egyptiens) 
leur  demandaient  pardon  d'avoir  été  leurs 
ennemis.  Voy.  Figura,  c.  7.  20.  Levit.  11. 
47.  1.  Mach.  3.  18. 

DIFFERRE,  actif;  àvûëcàhrreci,  du  simple 
ferre  ,  et  de  dis  ,  qui  marque  en  ce  mot  ou 
prolongation,  ou  diversité,  ou  diversion. 

1°  Différer,  prolonger,  remettre.  Prov.  13. 
12.  Spes  quœ  differtur  affligit  onimam  :  L'es- 
pérance différée  afflige  l'âme.  Deut.  32.  27. 
Propter  iram  inimicorum  distuli  :  J'ai  différé 
ma  vengeance  pour  ne  satisfaire  pas  la  fu- 
reur des  ennemis  de  mon  peuple.  Eccli.  7. 
20.  Act.  24.  22.  etc. 

2°  Rejeter,  éloigner  de  soi.  Ps.  77.  21.  Au- 
divit  Dominus,  et  distulit  .'Le  Seigneur,  ayant 
ouï  ces  discours  (marqués  v.  22.  24),  différa 
de  s'acquitter  de  ses  promesses.  Ps.  88.  89. 
Distulisti  Christum  tuum  :  Vous  avez  éloigné 
de  vous  celui  à  qui  vous  avez  fait  conférer 
l'onction  royale  :  L'Hébreu  porte  en  ces  deux 
endroits,  se  mettre  en  colère  •  comme  v.  59. 
Audivit  Deus  et  sprevit, 

DIFFERRE,  neutre  ;  Siufipsrj.  Différer,  être 

différent.  1.  Cor.  15.  41.  Stella  a  Stella  differt 

in  claritnte  :  Les  étoiles  sont  différentes  en 

clarté.  Gai.  4.  1.  Eccl.  2.  13 

DIFFICILE;  5u(txô>«m;.  Difflchemenc ,  avec 


peine.  Eccl.  1. 15.  Per  ver  si  difficile  corrigun^ 
tur  :  Les  âmes  perverses  se  corrigent  diifici- 
lement.  Matth.  19.  23.  Marc.  10.  23.  etc. 

DIFFICILIS,  is,  E.  —  V  Difficile,  malaisé. 
Gen.  18.  14.  Numquid  Deo  quidquam  est  dif- 
ficile? Y  a-t-il  rien  de  difficile  à  Dieu,  dit  Dieu 
à  Abraham,  sur  ee  que  Sara  avait  ri  à  la  pro- 
messe qu'il  avait  faite  qu'elle  aurait  un  fils. 
Prov.  30.  18.  Eccl.  1.8. 

2°  Rude,  âpre,  par  où  l'on  ne  peut  passer 
qu'avec  beaucoup  de  peine  (agaroî).  Sap.  5. 
7.  Amhulavimus  vias  difficiles  (Gr.  soliludines 
invias)  :  Nous  avons  marché  dans  des  che- 
mins âpres,  diront  les  damnés. 

DIFFICULTAS.  Difficulté  ,  peine  ,  empê- 
chement. Gen.  35.  17.  Ob  difficultatem  par- 
tus  periclilari  cœpit  :  Rachel  ayant  grande 
peine  à  accoucher  de  Benjamin  ,  elle  se 
trouva  en  péril  de  sa  vie,  Num.  20.  19.  etc. 

DIFFIDENS  ,  TIS  ;  «TTîtOwv.  Incrédule,  qui 
ne  croit  point.  Baruch.  1.  17.  Non  credidi- 
jnus  diffidentes  in  eum  :  Nous  n'avons  point 
cru  le  Seigneur,  et  nous  n'avons  eu  aucune 
confiance  en  lui. 

DIFFIDENTIA  ;  àmazioc.—  i"  Défiance,  ap- 
préhension de  n'avoir  pas  quelque  chose,  in- 
crédulité. Rom.  4.  20.  Jn  repromissione  etinm 
Dei  non  hœsitavit  diffidentia  :  Abraham  n'eut 
point  de  doute  ni  de  défiance  sur  la  promesse 
de  Dieu. 

2°  Incrédulité  ,  désobéissance  ,  rébellion 
(èrstOcta).  Ephes.  2.  2.  Nunc  operatur  in 
filios  diffidentiœ  :  Le  prince  des  puissances 
de  l'air  exerce  maintenant  son  pouvoir  sur 
les  enfants  d'incrédulité  :  ce  qui  s'entend  de 
ceux  qui  demeurent  opiniâtres  à  ne  vouloir 
point  recevoir  la  foi  de  Jésus-Christ,  ni  l'es- 
prit de  l'Evangile,  c.  5.  6. 

DIFFUGERE.  Fuir  çà  et  là  en  désordre; 
en  parlant  de  plusieurs  {SiuairsipstjOv.i).  Jerem. 
52.  8.  Omnis  comitatus  ejus  diffugit  ab  eo  : 
(Lorsque  Sédécias  fut  pris  par  l'armée  des 
Chaldéens),  tous  ceux  qui  l'avaient  suivi  s'en- 
fuirent et  l'abandonnèrent.  Jos.  8.  20. 1.  Reg. 
14.  16. 

DIFFUNDERE,  Siot^eiv,  è^x^ïv.  —  i"  Répan- 
dre, étendre.  Prov.  23.  32.  Sicut  regulus  ve- 
nena  diffundet  :  Le  vin  répand  son  venin 
comme  un  basilic.  2.  Mach.  8.  7.  2.  Reg.  3.  v. 
18.  22.  Act.  1.  18.  et  dans  le  sens  métapho- 
rique. Rom.  5.  5.  Charitas  Dei  diffusa  est  in 
cordibus  nostris  :  L'amour  de  Dieu  a  été  ré- 
pandu dans  nos  cœurs  par  le  Saint-Esprit. 
Ps.  44.3.  Diffusa  est  gratta  in  labiis  tuis  : 
Une  grâce  admirable  s'est  répandue  sur  vos 
lèvres  ;  i.  e.  vos  discours  sont  forts  et  per- 
suasifs :  ce  qui  s'entend  de  Jésus-Christ.  Voy. 
Luc.  4.  22. 

2°  Dissiper,  faire  disparaître  peu  à  peu. 
Sap.  2.  3.  Spiritiis  diffundetur  tamquam  mol^ 
lis  aer  :  L'esprit  se  dissipera  comme  un  air 
subtil,  disent  les  méchants,  c.  5.  15. 

DIGERERE.  Du  verbe  gerere  ,  et  signifie 
porter  çà  et  là,  distribuer,  ordonner,  dispo- 
ser, rédiger  par  écrit;  digérer  (en  terme  de 
médecine). 

1°  Distribuer  par  ordre,  ranger,  ordonner. 
2.  Mach.  5.  3.  Contigit  vider  i  cu7'sus  equorum 
per  ordines  digcstos  :  Il  arriva  que  l'on  vit 


im 


D\r, 


DIG 


im 


dans  Jérusalem  des  chevaux  rangés  par  es- 
cadrons, qui  couraient  les  uns  contre  les  au- 
tres. 

2°  Digérer,  dissiper,  consumer  (-iciai&irv). 
1.  Reg.  1.  14.  Digère  paulisper  vinum  quo 
mades  :  Laissez  un  peu  reposer  le  vin  qui 
vous  trouble,  ditHéli  à  Anne.  c.  25.  37. 

3°  Rédiger,  décrire  par  ordre  (yoKsietv).  Jos. 
8.  32.  Deuteronomium  quod  ille  digesserat 
coramfiliis  Israël:  Josué  écrivit  sur  des  pier- 
res le  Deutéronoine  de  la  loi  de  Moïse,  que 
Moïse  avait  exposé  devant  les  enfants  d'I- 
sraël; Hebr.  avait  écrit.  2.  Par.  20.  34.  Dan. 
5.  25. 

DIGITUS,  I.  ôiiy.r-jïo;.  De  oôixu-j ,  montrer, 
faire  connaître,  montrer  au  doigt,  indigitare, 
indicare. 

i°  Doigt  de  la  main.  Joan.  8.  6.  Jésus  in~ 
clinans  se  deorsum,  digiio  scrihehat  in  terra  : 
Jésus-Christ,  se  baissant,  écrivait  avec  son 
doigt  sur  la  terre,  c.  20.  27.  Infer  digitum 
tuum  hue  :  Portez  ici  votre  doigt,  dit  Jésus- 
Christ  à  saint  Thomas,  v.  25.  Marc.  7.  33.  De 
là  vient  dans  le  sens  figuré: 

Phrase.  —  Ponere  digitum  super  os  suum. 
Mettre  le  doigt  sur  sa  bouche,  c'est  se  taire , 
n'oser  parler.  Judic.  18.  19.  Tace  et  pone 
digitum  tuum  super  os  tuum  :  Taisez-vous  , 
n'ouvrez  p;is  seulement  la  bouche,  dirent  au 
prêtre  de  Michas  les  cinq  hommes  qui  em- 
portaient l'image  sacrée ,  l'éphod  ,  etc.  Job. 
21.  5.  c.  29.  9. 

Digito  loqui.  Parler  avec  les  doigts,  signi- 
fie faire  signe  avec  les  doigts,  aux  complices, 
ce  qu'il  faut  faire  pour  surprendre.  Prov.  6. 
13.  Digito  loquitur  :  L'homme  apostat  fait 
signe  des  yeux  et  des  doigts .  Ces  mouvements 
extérieurs  témoignent  ou  la  légèreté  de  sa 
conduite,  ou  l'emportement  de  sa  passion. 

Les  doigts  se  prennent  pour  la  main.  Ps. 
143.  1.  Berip.dictus  Dominus  qui  docet...  di- 
gitos  meos  ad  bellum  :  Que  le  Seigneur  mon 
Dieu  soit  béni,  qui  apprend  à  mes  doigts  à 
faire  la  guerre.  Isa.  2.  8.  c.  17.  8.  c.  59.  3. 
Ps.  8.  4.  etc. 

2°  L'action,  la  vertu  et  la  puissance;  parce 
que  les  doigts  sont  les  instruments  de  l'opé- 
ration la  plus  subtile.  Exod.  31.  18.  Deul.  9. 
10.  Deditque  Dominus  Moysi  duas  tabulas  te- 
stimonii  lapideas,  scriplas  digito  Dei  :  Le  Sei- 
gneur donna  à  Moïse  les  deux  tables  du  té- 
moignage, qui  étaient  de  pierre,  et  écrites  du 
doigt  de  Dieu.  Exod.  8.  19.  Digitus  Dei  est 
hic:  C'est  le  doigt  de  Dieu  qui  agit  ici;  i.  e. 
c'est  ici  un  pouvoir  tout  divin  ,  qui  arrête 
l'effet  de  notre  art ,  disent  les  magiciens  à 
Pharaon  :  selon  le  sens  mystique.  If  doigl  de 
Dieu  marque  le  Saint-Esprit.  Luc.  11.  20.  Si 
in  digito  Dei  ejicio  dœmonia  :  S'  c'rst  par  lo 
doigt  de  Dieu  que  je  chasse  les  démons,  il  est 
donc  visible  que  le  royaume  de  Dieu  est  venu 
jusqu'à  vous,  dit  Jésus-Christ.  Saint  M;illhiiu 
porte  ,  c.  12.  28.  Si  in  spiritu  Dei  ;  Si  je 
chasse  les  démons  par  l'Esprit  de  Dieu. 
Façon  de  parler. 

Digito  onei  a  gravia  et  imporlabilia  tangc~ 
re,  movere.  Remuer  du  bout  du  doigt  «les  fiir- 
dt  aux  pesants  et  insupporlablcs.  Luc.  11.  46. 
Mallh.  23.  'i.  Voy.  Movkri:,  Tangkrk. 


DIGNARI  ;  K^toûv ,  de  dignus  ,  et  signifie 
daigner,  condescendre  à  faire  une  chose  pour 
quelqu'un,  au-dessous  de  soi  ;  juger  et  esti- 
mer quelqu'un  digne  d'une  chose. 

1"  Daigner,  vouloir  bien.  Judith,  o.  5.  5» 
digneris  audire  ,  Domine  mi  ;  Seigneur,  s'il 
vous  plaît  de  m'écouter,  dit  Achior  à  Holo- 
phorne.  Rulh.  2.  10.  Tob.  12.  4.  etc. 

2"  Rendre  digne.  2.  Thess.  1.  11.  Oramiis 
ut  dignetur  vos  vocatione  sua  Deus  noster  : 
Nous  prions  Dieu  sans  cesse  que  notre  Dieu 
vous  rende  dignes  de  sa  vocation  ;  i.  e.  que 
Dieu  les  fasse  persévérer  dans  leur  vocation 
à  la  ff)i ,  et  qu'il  les  y  conserve. 

DIGNATIO,  Ms.  Honneur,  rang,  dignité  . 
réputation  ;  dans  l'Ecriture  : 

Honneur,  e«time.  Eccli.  32.  3.  Curam  xUo- 
rum  habe  ut  dignationem  consequaris  corro- 
gationis  :  Ayez  soin  de  ceux  sur  lesquels  vous 
avez  été  établi  pour  les  gouverner,  et  après 
cela  prenez  votre  place,  afin  que  vous  vous 
acquériez  de  la  louange  de  tous  les  conviés, 
à  cause  de  l'ordre  que  vous   y  aurez  établi. 

Yoy.  CORROGATIO. 

DIGNE;  à;îcdr.  —  1^  Dignement,  convena- 
blement, comme  il  faut.  Goloss.  1.  10.  Vt  atn- 
buletis  digne  Deo  :  Nous  demandons  à  Dieu 
qu'il  vous  remplisse  de  la  connaissance  de  sa 
volonté,  afin  que  vous  viviez  d'une  manière 
digne  de  Dieu.  Rom.  16.  2.  Ut  eam  suscipia- 
tis  in  Domino  digne  sanctis  :  Recevez  notre 
sœur  Phœbé  au  nom  du  Seigneur,  comme  on 
doit  recevoir  les  saints.  Ephes.  4,  1.  etc. 

2°  Dignement,  selon  le  mérite,  en  mauvaise 
part.  Sap.  16.  1.  Passi  sunt  digne  tormenta  ; 
Les  Egyptiens  ont  été  tourmentés  selon  qu'ils 
le  méritaient,  c.  14.  30. 

DIGNITAS.  Tis  ;  à;ta.  -  1°  Dignité  ,  état 
élevé,  charge  honorable.  Eccli.  45.  30.  Vt  sit 
illi  et  semini  ejus  sacrdotii  dignitas  in  œter^ 
nuw  Dieu  a  donné  à  Phinées  la  principauté, 
afin  qut,  lui  et  sa  race  possèdent  pour  jamai» 
la  dignité  du  sacerdoce.  Eccli.  10.  6.  etc. 

—  Magistrat,  personnage  élevé  dxi  dignité. 
Esth.  9.  3.  Procuratores  omnisque  dignitas 
çxtullebant  Judœos  timoré  Mardochœi  :  Les 
intendants  et  tous  ceux  qui  avaient  quelque 
dignité,  relevaient  la  gloire  des  Juifs,  par  la 
crainte  qu'ils  avaient  de  Mardochée. 

2'  Honneur,  gloire,  ornement.  Prov.  14. 
28.  In  mulfitudine  populi  dignitas  régis  :  Lo 
grand  nombre  des  sujets  fait  la  gloire  d'un 
prince,  r.  16.31.  Corona  dignitalis,  sencclus  : 
La  vieillesse  e^t  une  couronne  d'honneur 
{vM^'jyrt'jiç,  gloriatio).  Barucli.  3.  c.  20.  29.  Ec- 
cli. 44.  3.  Nuntinntes  in  proplietis  dignitatem 
prophetarum  :  Les  prédit  tions  que  nos  pères 
ont  annoncées,  leur  ont  acquis  la  dignité  de 
prophètes. 

Al.'jjeslé  ,  grandeur  (/.ay;^>î(rt?).  Ezech.  2i.. 
25.  Tottam  ab  cis  gnudium  dignilatis  :  J'ôterai 
la  force  et  la  joie  que  donnait  aux  habitants 
de  Jérusalem  ce  qui  faisait  leur  gloire  et 
leur  diguilé  (se.  le  temple  de  Jérusalem). 

DlGNOSCERE;  ytvwTx.-tv,  discerner,  distin- 
guer. Eccli.  'i.  29.  Jn  lingiia  sapimtia  digne- 
scitur  :  La  sagesse  se  Tait  connaître  par  la 
langue. 

DIGNUS,  A,  im;  /;"),-,  du  verbe  grec  Jim- 


MÔD 


DICTIONiNAlIŒ  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


1I5G 


trc  les  person 


montrer  avec  le  doigt,  comme  on  mon- 
i  personnes   éminentes  en  mérite  et  en 
dignité  :  Qitam  pxilchriim  est  digito  monstrari 
et  (licier,  Hic  est!  dit  un  poète. 

Digne  de  quelque  chose,  s'appelle  dans 
l'Ecriture,  ce  qui  a  une  valeur,  ou  ce  qui  a 
un  mérite  suffisant  pour  l'avoir  ou  l'acqué- 
rir. 

1°  Digne,  qui  mérite  ,  soit  la  recompense. 
Mallh.  10.  10.  Dignus  est  operorius  cibo  suo  : 
Celui  qui  travaille  mérite  qu'on  le  nourrisse. 
Luc.  10.  7.  Dignus  mercede  sua  :  La  nourri- 
ture n'est  pas  la  principale  récompense  de 
ceux  qui  travaillent  au  salut  des  âmes  ;  mais 
c'est  une  chose  qui  est  due  par  ceux  à  qui  on 
rend  service.  1.  Tim.  5.  18.  Act.  5.  ki.  Ibant 
gaudentes  a  conspectu  concilii,  quoniam  digni 
habiti  sunt  pro  nomine  Jesn  contumeliam  pâli 
(à^toO(70«t,  dignum  haberi)  :  Les  apôtres  sorli- 
rentdu  conseil  tout  remplis  dejoiede  cequ'ils 
avaient  élé  jugés  dignes,  ou  avaient  eu  cet 
honneur,  que  de  souffrir  ccl  outrage  ,  d'être 
fouettés  pour  le  nom  de  Jésus.  Apoc.  4.  11. 
c.  5.  12.  Soit  la  peine  otla  punition.  Luc.  12. 
1*8.  Qui  non  cognovit,  et  fecit  digna  plagis, 
vapulabit  paucis  :  Celui  qui  n'aura  pas  su  la 
volonté  de  son  maître  ,  et  qui  aura  fait  des 
choses  dignes  de  châtiment,  sera  moins  battu; 
se.  que  celui.qui,  l'ayant  sue,  ne  l'aura  pas 
faite. 

2'  Digne,  convenable,  proportionné,  qui  a 
du  rapport.  Matth.  3.  8.  Facile  ergo  fructum 
dignum  pœnilentiœ  :  Faites  des  actions  qui 
soient  des  marques  indubitables  d'une  vraie 
pénitence,  et  qui  soient  proportionnées  à  vos 
péchés,  dit  saint  Jean  à  plusieurs  des  phari- 
siens et  saducéens,  qui  venaient  à  son  bap- 
tême. Luc.  3.  8.  Act.  26.  20.  1  Cor.  16.  k.  2. 
Thess.  1.  3.  Job.  li.  3.  2.  Mach.  6.  2i.  etc. 

3°  Ce  qu'il  faut,  ce  qui  est  juste  et  raison- 
nable. Gen.  23.  9.  Intercedite  pro  me  apud 
Ephron  ,  tit  peciinia  digna  tradal  cam  mihi  : 
Intercédez  pour  auprès  moi  d'Ephron  ,  fils  de 
Séor,  afin  qu'il  me  cède  devant  vous  la  ca- 
verne double  qui  est  à  l'extrémité  de  son 
champ  pour  le  prix  qu'elle  vaut  :  Abraham 
avait  dessein  d'y  enterrer  Sara.  3.  Reg.  21.  2. 

h°  Digne,  ce  qui  mérite  de  l'attention  et 
qu'on  y  fasse  réflexion.  2.  Reg.  25.  21.  In- 
terfecit  tirum  œgyptium,  virum  dignum  spe- 
ctnculo  :  Banaïas  tua  un  Egyptien  digne 
d'être  regardé,  i.  e.  d'une  grandeur  extraor- 
dinaire :  il  avait  cinq  coudées  de  haut.  (Voy. 
l.Par.ll.  23.)  2.  Mach.  7.  IS.  Digna  admira- 
tione  facta  sunt  in  nobis  :  Ces  choses  éton- 
nantes, ou  les  crimes  énormes  et  les  impiétés 
que  Ice  Juifs  avaient  commis,  ou  les  fléaux 
épouvantables  qu'ils  s'étaient  attirés. 

5°  Digne,  qui  a  le  pouvoir  et  l'autorité  de 
faire  quelque  chose.  Apoc.  5.  v.  2.  9.  Quis  est 
dignus  aperire  librum?  Il  n'y  a  que  Jésus- 
Christ  qui  ait  reçu  le  pouvoir  de  découvrir 
aux  hommes  les  mystères  contenus  dans  les 
Ecritures,  comme  il  l'a  fait.  V.  Luc.  24.  45. 

DU,  DEORUM.  Voy.  DEUS;  6coi,  pluriel 
Je  Dcus;  on  disait  autrefois  indifféremment 
Dius  et  Dcus,  comme  il  paraît  par  los  mots 
a^fe  dius  fidius,  et  parce  qu'on  dit  dii  pour 


dei,  et  diis  aussi  bien  que  deis;  dans  l'Ecr.  : 
1*  Faux  dieux,  idoles  que  l'on  honorait 
comme  dieux.  Ps.  95.  5.  Omnes  dii  gentium 
dœmonia  :  C'étaient  ordinairement  les  dé- 
mons qui  se  faisaient  rendre  les  honneurs 
divins  qui  étaient  dus  à  Dieu.  Exod.  12.  12. 
Jn  cunctis  diis  Mgypli  faciam  judicia  :  Texcr- 
cerai  mes  jugements  sur  tous  les  dieux  de 
l'Egypte,  non-seulement  en  ce  que  l'ange 
tua  les  premiers-nés  de  plusieurs  animaux 
qu'ils  adoraient  comme  des  dieux,  mais  en- 
core parce  que,  selon  la  tradition  des  Hé- 
breux, toutes  les  idoles  des  Egyptiens  tom- 
bèrent alors,  et  que  leurs  temples  furent 
détruits,  soit  par  quelque  tremblement  de 
terre,  soit  par  les  foudres  du  ciel.  Num.  33.  4. 
2°  Ce  nom  Dii,  répondant  au  mot  Elohim, 
peut  signifier  Deus  aussi  bien  que  dii.  Gen^ 
3.  5.  Eritis  sicut  dii  :  Vous  serez  comme  des 
dieux,  ou  comme  Dieu.  1.  Reg.  28.  13.  Deos 
vidi  ascendentes  de  terra  :  J'ai  vu  un  dieu  qui 
sortait  de  la  terre;  c'est  ce  que  dit  la  pytho- 
nissc  à  Saùl,  en  parlant  de  Samuel.  Voyez 
Deus.  Nomb.  5. 

3'  Les  juges,  les  princes,  les  personnes 
puissantes.  Hebr.  Elohim.  Ps.  46.  10.  Quo- 
niam  dii  fortes  terrœ  vehemenler  elevati  sunt  : 
Parce  que  les  princes  des  tribus  et  des  fa- 
milles du  peuple  se  sont  rendus  recomman- 
dables  par  les  victoires  qu'ils  ont  rempor- 
tées; autr.  les  grands  seigneurs  des  nations 
se  sont  unis  avec  nous  pour  adorer  le  Dieu 
d'Abraham.  Saint  Chrysostome  et  d'autres 
l'entendent  des  apôtres,  dont  la  force  toute 
divine  a  éclaté  dans  la  conquête  de  l'univers; 
ce  qui  a  porté  les  grands  de  la  terre  à  em- 
brasser la  foi  de  Jésus-Christ.  L'Hébreu  et  le 
Grec  mettent  Dei,  au  génitif  singulier  :  Les 
grands  de  la  terre  qui  dépendent  de  Dieu» 
Eslh.  14.  12.  Voyez  Deus,  significations  im- 
propres, 6°. 

DIJUDICARE,  5(«xoîv£tv,  à-juy.pbît-j.  —  1°  Ju- 
ger, discerner,  distinguer  le  vrai  d'avec  le 
faux.  Job.  12.  11.  Nonne  auris  verba  dijudi- 
cat  ?  L'oreille  ne  juge-t-elle  pas  des  paroles? 
c.  34.  3.  1.  Cor.  11.  29.  Non  dtjudicans  cor- 
pus Domini  :  Quiconque  boit  et  mange  in- 
dignement le  corps  et  le  sang  du  Seigneur 
Jésus-Christ,  mange  et  boit  sa  propre  con- 
damnation, parce  qu'il  ne  fait  pas  le  disctîr- 
nement  qu'il  doit  du  corps  et  du  sang  de 
Jésus-Christ,  et  qu'il  le  mange  comme  si 
c'était  une  viande  commune,  sans  en  faire 
l'estime  qu'il  doit.  Mallh.  16.  4. 

2°  Discuter,  examiner.  1.  Cor.  il.^31. Qiiod 
si  nosmetipsos  dijudicaremus,  non  ntique  jn* 
dicarcmur  :  Que  si  nous  nous  jugions  nous- 
mêmes,  nous  ne  serions  pas  jugés  de  cette 
sorte.  De  là  vient  le  passif: 

Dijudicari.Eirc  examiné,  rendre  raison  de 
sa  conduite,  se  défendre  et  se  justifier  [Siî- 
liyyjaBy.t).  Mich.  6.  '2.  Ciim  Israël  dijudicabi- 
tur  :  Le  Seigneur  veut  se  justifier  devant 
Israël.  Act.  4.  9. 

.3"  Juger,  être  juge  ou  arbitre,  condamner. 
Ps.  81.  1.  In  medio  deos  dijudicat  :  Dieu  se 
trouve  au  milieu  des  juges,  et  les  juge  eux- 
mêmes.  1.  Cor.  14.  24.  Dijudicntur  nb  omni- 
bus :  Si  tous  expliquent  intelligiblement  dans 


H67 


D!L 


DIL 


HZi 


les  assemblées  les  mystères  divins,  et  qu'un 
infidèle  ou  un  ignorant  y  entre,  il  sera  con- 
vaincu de  tous  et  jugé  de  tous  ;  i.  e.  il  recon- 
naîtra ses  désordres  et  les  avouera  pour  s'en 
corriger,  v.  29.  Isa.  66.  16.  Dan.  13.  51.  Pro- 
verb.  18.  18. 

DILABI.  S'écouler,  se  glisser;  dans  lEcr., 

1°  S'écouler,  se  perdre,  se  dissiper  (/.«T«'fi- 
ps<tSv.i).  2.  Reg.  li.  li.  Quasi  aquœ  dilabimur 
in  terrain,  quœ  non  revertuntur  :  Nous  mou- 
rons tous  et  nous  nous  écoulons  tous  sur  la 
terre  comme  des  eaux  qui  ne  reviennent 
plus. 

2"  Se  retirer  {BioKnrsipeaOxi) .  1.  Reg.  13.  11. 
Vidi  quod  populus  dilaberetur  a  me  :  J'ai  vu 
que  les  Israélites  me  quittaient  l'un  après 
l'autre  :  Saiil  s'excuse  à  Samuel  de  ce  qu'il  a 
offert  l'holocauste,  v.  8. 

DILAGERARE,  Sic<cr7r«v ,  —  1°  déchirer, 
mettre  en  pièces.  Judic.  14.  6.  Dilaceravit 
leonem  quasi  hœdum  in  frusta  discerpens  : 
Samson  déchira  un  jeune  lion  furieux  et  ru- 
gi.ssanl,  comme  il  aurait  fait  un  chevreau, 
sans  avoir  rien  dans  la  main.  Jerem.  23.  1. 

2°  Ruiner,  détruire.  Nahum.  2.  10.  Dissi- 
pata  est,  et  scissa,  et  dilacerata  :  Ninive  est 
détruite,  elle  est  renversée,  elle  est  déchi- 
rée. Isa.  18.  2.  Voyez  Coptvulsus. 

DILACERATIO,  nis.  Action  de  déchirer; 
dans  l'Ecriture  il  signifie,  dans  le  sens  figuré: 

Rapine,  brigandage  («JtxîK).  Nahum.  3.  1. 
Vœ,  civitas  sanguinum,  universa  mendacii  di- 
laceratione  plena,  i.  e.  tola  mendax  et  plena 
rapto;  Hebr.  Mendacio  et  laceratione  :  Mal- 
heur à  toi,  ville  de  sang,  qui  es  toute  pleine 
de  fourberie  et  qui  te  repais  sans  cesse  de  tes 
rapines  :  le  mot  dilaceratio  marque  la  vio- 
lence du  brigandage. 

DILANIARE,  mettre  quelqu'un  en  pièces, 
déchirer,  briser  {(jvjzpioeu  ,  conterere).  Luc. 
9.  39.  Vix  discedit  dilanians  eum  :  A  peine 
l'esprit  malin  quitte-t-il  mon  fils,  après  l'a- 
voir tout  déchiré. 

DILATARE,  r/arûvEtv,  du  substantif  laius. 
Elargir,  étendre.  Exod.  3i.  24.  Cmn  dilata- 
vero  terminos  tuos  :  Lorsque  j'aurai  étendu 
les  limites  de  votre  terre.  Num.  37.  8.  Matlh. 
23.  o.  De  là  vient  cette  façon  de  parler  hé- 
bra'ique,  dilatare  alicui  (suppl.  locum).  Gen. 
9.  27.  Dilntet  Deus  Japhet,  Hebr.  Japheto 
(suppl.  locum)  :  Que  Dieu  étende  la  demeure 
de  Japhet  ;  outre  l'Europe,  il  a  eu  encore  une 
grande  partie  de  l'Asie.  Ps.  4.  1.  In  tribula- 
tione  dilatasti  mihi  (suppl.  viam,  spalium)  : 
Lorsque  j'étais  resserré  dans  l'aflliction,  vous 
m'avez  mis  au  large.  Gen.  26.  22.  Dilataiit 
nos  Dominus  et  fecit  crescere  super  lerram; 
Hobr.  nobis  :  Le  Seigneur  m'a  mis  dans  l'a- 
bondance (£,a-).aTÛv;ivj.  Prov.  18.  16.  Donum 
hominis  dilatât  viamejus;  Hebr.  dilalabit  ipsi 
(suppl.  viam).  Isa.  57.8.  Dilalasticubile  luum: 
Vous  avez  élargi  votre  lit,  se.  pour  y  rece- 
voir un  plus  grand  nombre  d'adultères;  i.  e. 
vous  avez  auginontc  votre  idolâtrie.  Mich.  1. 
16.  Dilata  cnlvitium  sicut  aquila  :  Denicurez 
sans  poil,  comme  l'aigle  se  dcpouillo  do  tou- 
tes ses  plumes.  Voy.  Calvitilm.  Ainsi,  Dila- 
tare animam  suam  :  Etendre  son  sein  cl  sa 
capacité  pour  tenir  davantage..  Isa.  ^>    tV. 


Hab.  2.  5.  Dilatavit  quasi  infernus  animam 
suam  :  Les  désirs  du  superbe  sont  vastes 
comme  l'enfer,  i.  e,  il  a  une  avidité  insatia- 
ble de  s'assujettir  les  peuples  :  le  prophète 
parle  des  rois  de  Babylone,  qui  envahissaient 
les  Etats  de  tous  les  peuples  voisins.  Il  fait 
allusion  au  tombeau,  qui  ne  se  rassasie  point 
de  morts;  ainsi  l'on  dit  dilatare  os,  ouvrir  sa 
bouche,  soit  pour  se  défendre  par  raisons,  1. 
Reg.  2.  1 .  Dilatatum  est  os  meum  super  inimi- 
cos  meos  :  Ma  bouche  s'est  ouverte  pour  ré- 
pondre à  mes  ennemis  ;  soit  pour  se  moquer 
et  insulter,  Ps.  3i.  21.  Isa.  57.  k.  Super  quem 
dilatasti  os?  Contre  qui  avez-vous  ouvert  la 
bouche?  soit  pour  demander  à  Dieu  de  gran- 
des grâces  avec  confiance,  Ps.  80.  11.  Dilata 
os  tuum,  et  implebo  illud  :  Ouvrez  et  élargis- 
sez votrfe  bouche,  et  je  la  remplirai;  c'est-à- 
dire,  je  vous  comblerai  de  biens  temporels, 
autant  que  vous  en  désirerez  et  que  vous  en 
pourrez  recevoir;  soit  enfin  pour  parler  sans 
retenue,  Prov.  20.  19.  Dilatât  labiasua  .-Qui 
ne  peut  donner  de  bornes  à  ses  paroles. 

1°  Faire  croître,  multiplier.  Gen.  28.  14. 
Dilataberis  ad  occidentem  et  orientem,  et  sep- 
tentrionem  et  meridiem  :  Vous  vous  étendrez 
de  l'orient  à  l'occident,  et  du  septentrion  au 
midi,  dit  Dieu  à  Jacob,  c.  32.  12. 

2°  Dégager,  r-endre  plus  libre,  mettre  au 
large.  Ps.  4.  2.  In  tribulatione  dilatasti  mihi 
(i.  e.  latitudinem  fecisti)  ;  Gr.  me,  Hebr.  mihi: 
Vous  m'avez  délivré  des  maux  dont  j'étais 
pressé  :  la  métaphore  est  tirée  de  ceux  qui, 
étant  renfermés  dans  un  lieu  étroit,  sont  mis 
au  large.  Voyez  ci-dessus.  Signification  pro- 
pre. Gen.  26.  22.  Dilatavit  nos  Dominus  : 
Dieu  nous  a  délivrés  de  l'oppression;  d'où 
vient  :  Dilatare  gressus  subtus  aliquem,  élar- 
gir le  chemin  sous  les  pas  de  quelqu'un; 
c'est  le  dégager  et  le  rendre  plus  libre.  2. 
Reg.  22.  37.  Ps.  17.  37.  Dilatasti  gressus  meos 
subtus  me  :  Vous  avez  élargi  le  chemin  sous 
mes  pas  :  Dieu  avait  tiré  David  de  beaucoup 
de  dangers  pressants.  Prov.  18.  16.  Ainsi, 
dilatare  cor,  élargir  le  cœur  par  la  joie,  en 
délivrant  des  maux.  2.  Cor.  6.  11.  Cor  no- 
strum  dilatatum  est  :  Mon  cœur  est  dans  la 
joie;  d'autres  croient  qu'il  faut  entendre  cet 
endroit  de  l'étendue  de  la  charité  de  l'Apô- 
pôlre.  v.  13.  Dilatamini  et  vos  :  Ayez  pour 
moi  un  amour  réciproque.  Ps.  118.  32. 
Façon  de  parler. 

Dilatare  se.  S'enorgueillir,  être  bouffi  d'or- 
gueil. Prov.  28.  25.  Qui  se  jactat  et  dilatât, 
jurgia  concitat  :  Celui  qui  se  vante  et  s'enfle 
d'orgueil  excite  des  querelles. 

DILATATIO,  Nis  ,  dilatation,  étendue. 
Ezech.31.7.  Eral  pulcherrimus  in  dilatatione 
{r:\f>ÙQç)  arbuslorum  suorum  :  Ce  cèdre  était 
beau  dans  l'étendue  de  ses  branches  :  le  roi 
des  Assyriens  est  représenté  par  ce  cèdre,  à 
qui  se  rapporte  pulcherrimus. 

Enflure,  orgueil.  Prov.  21.  4.  Exallntio 
oculnrum  est  dilatatio  cordis  :  L'enflure  du 
cœur  rend  les  yeux  alticrs.  Voy.  Exalta  no. 

DILAÏATUS,  A,  UM.  Comblé  de  biens.  Deu- 
(cr.  32.  1.').  Jmpinguatus,  dilalatus,dereliquit 
Dcum  :  Le  repos  et  l'abondance  de  ce  peuple 
l'ont  aveuglé  jusqu'à  abandonner  Dieu 


HZ9  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE 

IHLATIO,  MS,  ù-jy.Soïn.  Délai,  remise.  Gen. 
li-3.  10.  Si  non  intercessisset  dilatio  ,  jam 
vice  altéra  venissemus  :  Si  nous  n'avions 
point  tant  différé,  nous  aurions  déjà  fait  deux 
fois  le  voyage,  se.  en  Egypte  pour  y  acheter 
du  blé,  dit  Juda  à  Jacob.  2.  Reg.  17.  IG.  Act. 
26.  17. 

DILECTIO;  Nis.  Gr.  àyà-ri ,  amour,  cha- 
rité. Cet  amour  de  diicclion  s'appelle  ordi- 
n-airement  amour  de  préférence,  par  le  choix 
fjv.ron  fait  d'un  objet.  Ephes.  5.  2.  Ambulate 
m  dileclione  •  Vivez  dans  l'amour  et  la  cha- 
rité. Cant.  8.  6.  Fortis  est  ut  mors  dilectio  : 
L'amour  de  l'Epoux  e^t  plus  insurmontable 
que  toutes  les  forces  de  la  mort  et  de  l'enfer. 
Cet  amour  .«/entend  de  l'amour  de  Dieu,  soit 
de  celui  qu'il  nous  porte,  soit  de  celui  que 
nous  avons  pour  lui,  soit  de  celui  qu'il  nous 
commande  et  qu'il  fait  en  nous,  comme  Rom. 
1.3.  10.  Plenitudo  ergo  legis  est  dilectio  :  L'a- 
mour est  l'accomplissement  de  la  loi.  Ce  que 
la  mort  fait  sur  les  sens  de  notre  corps,  qui 
est  de  mettre  fin  à  tous  les  péchés,  la  charité 
le  ïai't  aussi  à  l'égard  des  passions  de  notre 
âme. 

DILECTUS,  A,  UM.    àyv-riTÔç  ,    riyunriu.iyoç. — 

1"  Cher,  bien-aimé.  1.  Tim.  1.  2.  Timotheo 
dilecto  f.lio  in  fide  :  Paul  à  Timothée,  mon 
cher  fils  dans  la  foi  ;  Gr.  yjntrioi  ,  genuino.  Tit. 
1.  k.  Tito  dilecto  fîlio  secundum  communeni 
fidem  •  Paul  à  Tite,  son  fils  bien-aimé  en  la 
foi  qui  leur  est  commune.  C'est  ici  l'adresse 
des  deux  lettres  que  saint  Paul  écrit  à  s  -s 
deux  disciples,  qui  lui  étaient  très-chers  parce 
qu'ils  l'imitaient  dans  la  pureté  de  leur  doc- 
trine et  dans  la  sincérité  de  leur  désintéres- 
sement :  ce  qui  se  dit  de  Jésus-Christ,  chéri 
et  aimé  par  excellence  et  absolument  du  Père 
éternel.  Mallh.  17.  o.  Hic  est  Filius  7neus  di- 
iectiis  :  Celui-ci  est  mon  fils  bien-aimé.  Marc. 
4.  6.  2.  Pelr.  1.  17.  Ephes.  1.  6.  Isa.  5.  1.  Ps. 
44.  Canticum  pro  dilecto  :  Cantique  pour  le 
bien-aimé,  i.  e.  à  la  gloire  de  Jésus-Christ, 
Fils  unique  du  Père  éternel,  qui  a  mis  en  lui 
son  amour,  ses  complaisances.  Cant.  5,  9. 
Qualis  est  dileclus  tuus  ex  dilecto?  Quel  est 
celui  que  vous  appelez  votre  bien-aimé  en- 
tre tous  les  bien-aimés?  Ce  sont  les  compa- 
gnes de  l'épouse  qui  lui  font  cette  demande; 
ces  compagnes,  qui  sont  appelées  Filles  de 
Jérusalem,  sont  les  Eglises  nées  de  celle  de 
Jérusalem.  V.  Ex.  n.  7.  Et  des  saints  per- 
sonnages. Ps.  67.  13.  Rex  virtutum  dilecli, 
dilecti  :  Le  roi  le  plus  fort  tombera  sous  celui 
qui  est  chéri,  et  le  bien-aimé  de  Dieu  (ce  qui 
s'entend  de  Moïse,  de  David  et  de  Jésus-Christ 
même.  V.  ci-dessous  3°  .V.  Patruelis. 

2'  Cher,  bien-aimé,  qui  mérite  d'être  aimé 
(«yar/îTÔ?).  1.  Tim.  6.  2.  Quia  fidèles  sunt  et 
dilecli  :  Les  serviteurs  ou  esclaves  convertis 
à  la  foi  doivent  servir  avec  plus  d'affection 
les  maîtres  qui  sont  aussi  chrétiens,  comme 
étant  de  même  religion  :  le  mot  dilectus  cUùl 
un  des  noms  qu'on  donnait  aux  chrétiens, 
frères,  fidèles,  bien-aimés,  on  peut  rendre  le 
mot  grec  par  diligibiles. 

3°  Le  peuple  de  Dieu.  Deut.  32.  15.  Incras- 
satus  est  dilectus,  et  recalcilravit.  Ce  peuple 
si  aimé,  qui  avait  tout  à  souhait,  est  devenu 


il4(» 

rebelle;  Hebr.  rectus.  Ps.  67.  13.  Rex  virtu- 
tum dilecti,  dilecti  :  Le  Tout-Puissant  est  le 
roi  de  son  peuple  bien-aimé  :  les  Hébreux, 
qui  n'ont  point  de  suiierlatif,  le  rendent  de  la 
sorte.  Voyez  De  regulis  sur  le  superlatif. 

4"  Tendre,  délicat.  Ps.  28.  6.  Dileclus  quem- 
admodum  filius  unicornium  :  Le  Seigneur 
brisera  les  cèdres  du  Liban  aussi  aisément 
qu'il  mettrait  en  pièces  un  faon  de  licornes 
tendre  et  délicat;  ou,  selon  d'autres,  dilectus 
est  mis  ici  parce  que  le  petit  des  licornes  est 
beau  et  bien  joli.  Vôy.  Rectus,  d'où  vient  le 
superlatif  : 

DILECTISSIMUS  ,  àya-^rôç ,  cher,  bien- 
aimé.  Jac.  1.  16.  Nolite  errare,  fralres  mei  di- 
lectissimi  :  Ne  vous  y  trompez  pas,  mes  chers 
frères.c.  2.5.  Rom.  16.8. 

DILIGENS,  Tis,  de  diligere.  On  est  diligent 
pour  les  choses  qu'on  aime. 

Diligent,  soigneux,  vigilant.  Prov.  î2.  4. 
Mulier  diUuens  («vS^cik)  corona  est  viro  suo  : 
La  femme  vigilante  et  soigneuse  foit  toute 
la  gloire  et  l'ornement  de  son  mari. 

DILIGENTER,  ày-piSûç,  ï-LiLzlôàq,  avec  soin, 
diligemment,  exactement.  Prov.  24.  27.  Diii- 
genter  exerce  agrum  taum  :  Remuez  votre 
champ  avec  grand  soin  (77a^(ic«rzjyKÇ£o-e«i*,  prœ- 
parari).  Matth.  2.  v.7.  8.  etc. 

DILIGENTIA,  je,  de  diligens.  —  1°  Dili- 
gence, soin,  exactitude  [ùcrfcùsiu).  Act.  5. 
23.  Carcerem  quidem  invenimus  clausum  cum 
omni  diligentia  :  Nous  avons  trouvé  la  prison 
bien  fermée,  disent  au  conseil  et  aux  séna- 
teurs du  peuple  les  officiers  envoyés  pour 
tirer  de  prison  les  apôtres.  Sap.  14.  18.  Arti- 
ficis  eximia  diligentia  :  Le  soin  affecté,  l'a- 
dresse étudiée  de  l'artisan  (yi/ort/^ia,  ambitio). 

2.  Par.  11.  12,  etc. 
2'  Soin,  conduite,  gouvernement.  1.  Tim. 

3.  S.  Qnomodo  Ecclesiœ  Dei  diligentiam  /m- 
bebit?  Gr.  Quomodo  Ecclesiam  Dei  curabit? 
èniiJ.ù.ri(j£TOii.  Si  quelqu'un  ne  sait  pas  gou- 
verner sa  propre  famille,  comment  pourra- 
t-ii  conduire  l'Eglise  de  Dieu? 

3°  Réserve,  retenue,  circonspection  (  ày-oi- 
€iix).  Sap.  12.  21.  Cum  quanta  diligentia  judi- 
casti  filios  tuosi  Avec  con.bien  de  circonspec- 
tion avez-vous  jugé  vos  enfants  ! 

DILIGERE,  «yaTTâv,  de  légère;  et  l'on  disait 
indifféremment  diligere  ou  deligere  :  On  aime 
ce  qu'on  choisit. 

Aimer  par  choix  et  par  préférence. 

1°  Aimer,  chérir.  Luc.  7.  47.  Remittuntur 
ei  peccata  multa,  qunniam  dilexit  multum  : 
Beaucoup  de  péchés  sont  remis  à  cette  fem- 
me, parce  qu'elle  a  beaucoup  aimé, dit  Jésus- 
Christ  à  Simon  le  pharisien.  Cet  amour  a 
été  la  cause  qui  a  disposé  à  la  rémission  des 
péchés;  et  c'est  de  cet  amour  dont  parle  le 
concile  de  Trente,  sess.  6,  par  lequel  on 
commence  d'aimer  Dieu  comme  la  source  de 
toute  justice.  Voy.  Quoniam.  1.  Joan.  3.  14. 
Qui  non  diligit,  manet  in  morte  :  Celui  qui 
n'aime  point  demeure  dans  la  mort.  Deut.  6. 
5.  Diliges  Dominum  Dcum  tuum  ex  toto  corde 
tuo,  et  ex  iota  anima  (un,  et  ex  tota  forlilu- 
dine  tua  :  Vous  aimerez  le  Seigneur  votre 
Dieu  de  tout  votre  cœur,  de  toute  voire  âme 
et  de  toutes  vos  forces.  Tout  l'homme  esl 


iH\ 


DIL 


DIL 


H42 


obligé  u  aimer  Dieu  ;  c'est-à-dire  qu'il  ne  doit 
point  y  avoir  aucune  partie,  ni  dans  l'hom- 
me, ni  dans  toute  l'étendue  de  sa  vie,  qui 
n'aime   Dieu  ,  ou  qui  aime  quelque  autre 
chose  que  ce  que  Dieu  lui  commande.  Au- 
gxist.  de  Doclr.  Chr.,  l.  i.  c.  22.  Ce  précepte 
est  très-possible  à  l'homme  avec  la  grâce  de 
Dieu,  et  il  a  été  accompli  dans  l'ancienne  loi 
par  plusieurs  personnes.  Eslius,  Deut.  10. 
12.  Matth.  22.  37.  Marc.  12.  30.  Ps.  108.  3. 
Pro  eo  ut  me  diligerent,  detrahebanl  mihi  :  Au 
lieu  qu'ils  devaient  m'aimer,  iis  me  déchi- 
raient par  leurs  médisances.  Hebr.  S.  Jerom. 
Au  lieu  de  l'amitié  que  je  leur  portais,  ils  se 
sont  déclarés  mes  ennemis.  Prov.  8.  17.  Ego 
diligentes    me  diligo  :  Dieu  aime  ceux  qui 
l'aiment;  mais  il  les  a  aimés  avant  qu'ils 
l'aimassent  et  afin  qu'ils  l'aimassent.  Sap. 
11.  24.  Diligis  omnia  quœ  sunt.  Voy.  Mise- 
RERi.  Eccli.  3.  19.  Voy.  Gloria,  c.  8.  20.  Cum 
fatuis  consilium  non  habeas,non  enim  pote- 
runt  diligere  nisi  quœ  eis  placent  :  Ne  délibé- 
rez point  de  vos  affaires  avec  des  fous;  car 
ils  ne  pourront  aimer  que  ce  qui  leur  plaît. 
Gr.  Il  ne  pourra  garder  ce  que  vous  lui  au- 
rez   confié;  aré^xi,   al.   azip^at.  EccVi.  31.29. 
Diligentes  in  vino,  i.  e.  vinum,  noli  provo- 
care  :  N'excitez  point  à  boire  ceux  qui  ai- 
ment le  vin.  Gr.  Ne  vous  piquez  point  de 
boire  beaucoup  de  vin  ;  èv  oivw  [in  «v5|oîÇou. 

2°  Donner  des  marques  d'amitié.  Marc.  10. 
21.  Jésus  autem  intuitus  eum  dilexit  eum  : 
Jésus,  jetant  la  vue  sur  cette  personne 
(qui  lui  avait  dit  qu'elle  avait  observé  tous 
les  commandements  de  Dieu  dès  sa  jeunesse), 
l'aima,  i.  e.  Jésus-Christ  fit  paraître  qu'il 
l'aimait  sans  fiction,  parce  qu'elle  observait 
les  commandements  de  Dieu,  quoique  ce  ne 
fût  peut-être  pas  de  cet  amour  dont  il  aime 
ses  élus.  Estius. 

3°  Flatter,  faire  semblant  d'aimer.  Ps.  77. 
36.  Dilexerunt  eum  in  ore  suo  :  Les  Israélites 
aimaient  Dieu  seulement  de  bouche. 

k"  Se  porter  d'inclination  à  aimer,  aimer 
avec  tendresse.  Rom.  12.  10.  Cliaritatc  fra- 
ternilatis  invicem  diligentes  :  Que  chacun  ait 
pour  son  prochain  une  tendresse  fraternelle. 
Ainsi  Ps.  114.  1.  Dilexi  :  J'ai  mis  en  Dieu 
toute  ma  confiance.  H  dit  absolument  :  J'ai 
aimé,  parce  qu'il  suppose  qu'on  ne  peut  dou- 
ter que  ce  ne  soit  Dieu  qui  est  le  souverain 
bien  et  souverainement  aimable.  Basil.  Bet- 
larm. 

5°  Désirer,  affecter,  rechercher,  être  atta- 
ché à  quelque  chose.  Luc.  11.  43.  Diligitis 
primas  cathedras  in  synagogis,  etc.  Vous  ai- 
mez à  avoir  les  premières  places  dans  les 
synagogues,  dit  Jésus-Christ  aux  pharisiens. 
Joan.  3.  19.  c.  12.  43.  2.  Tim.  4.  8.  Prov.  21. 
17.  2.  ïim.  4.  9.  Isa.  57.  8.  Dilexisti  stratum 
eorum  manu  aperta  .  Vous  avez  aimé  leur 
couche  honteuse,  sans  vous  en  cacher.  Voy. 
Stratum. 

6'  Se  porter  à  quelque  chose,  qui  en  attire 
une  autre  contre  son  dessein.  Ps.  108.  17. 
Dilexit  maledictionem,  et  véniel  et  :  Le  pé- 
cheur ayant  aimé  la  malédiction,  elle  tom- 
bera sur  lui.  Prov.  8.  30.  Qui  me  oderunt  di- 
liciimt  mortem  .  Ceux  qui  me  haïssent,  dit  la 


Sagesse,  aiment  la  mort.  i.  e.  lis  se  la  procu- 
rent en  aimant  les  choses  qui  leur  causent  la 
mort.  c.  17. 

7°  Garder,  observer,  suivre  avec  inclina- 
tion. Ps.  98.  4.  Honor  régis  judicium  diligit  : 
La  puissance  et  la  majesté  de  notre  Roi, 
quelque  grande  qu'elle  soit,  aime  et  garde 
l'équilé  et  la  justice.  Voy.  Honor.  Ps.  10.  5. 
Qui  diligit  iniquitatem,  odit  animani  suam  : 
Celui  qui  aime  l'iniquité  hait  son  âme.  Hebr.. 
Son  âme  hait  celui  qui  aime  l'iniquité;  c'est- 
à-dire  que  Dieu  le  hait  véritablement. 

DILUCESCERE,  luire;  ce  qui  se  dit  du 
jour  qui  commence  à  paraître.  1.  Reg.  29. 10. 
Cum  de  nocle  surrexeritis,  et  cœperit  diluces- 
cere,  pergite  :  Levez-vous  la  nuit,  et  quand 
le  jour  commencera  à  paraître,  allez-vous- 
en,  dit  Achis  à  David.  2.  Reg.  17.  22.  4.  Res. 
10.  9.  es 

DiLUCULO,  adv.  Tzpm,  au  matin,  au  point 
du  jour   (  £v  TT/swi).   Joan.  8.  2.  Diluculo  ite- 
rum  venit  in  templum:  Dès  la  pointe  du  jour, 
Jésus-Christ  retourna  dans  le  temple.  Act.  5 
21.  Marc.  1.  35.  Diluculo  valde  surgens  :  Jé- 
sus-Christ se  leva  de  fort  grand  matin  ;  i.  e 
longtemps  avant  le  jour.  Ps.  138.  9.  Si  sum 
psero  pennas  tneas  diluculo  :  Si  je  prends  des 
ailes  dès  le  matin;  Hebr.  Ad  Orientem,  et 
habitavero  in  extremis  maris  :  Ou  si  je  me  re- 
tire aux  extrémités  de  lOccident.  Luc.  24.  1. 

1°  D'abord,  au  commencement.  Job.  7.  18. 
Visitas  eum  diluculo,  et  subito  probas  illum  : 
D'abord  vous  traitez  l'homme  doucement, 
vous  le  remplissez  de  consolations,  et  vous 
réprouvez  aussitôt  après  par  des  tentations 
que  vous  permettez  qui  lui  arrivent.  D'au- 
tres expliquent  visitas  au  même  sens  que 
probas  :  Vous  affligez  l'homme  et  l'exercez 
dès  le  commencement  de  sa  vie. 

2°  De  bonne  heure,  promptement,  quand 
il  faut,  à  temps,  à  propos.  Ps.  45.  C.  Adjuva- 
bit  eam  Deus  mane  diluculo  :  Dieu  protégera 
la  cité  de  Dieu  dès  le  grand  matin.  Isa.  18. 
29.  Voy.  Mane. 

3"  Avec  soin,  avec  empressement.  Job.  8. 
5.  Si  diluculo  consurrexeris  ad  Dcum  :  Si 
vous  vous  empressez  d'aller  à  Dieu.  Ps.  45. 
7.  Ps.  77.  34.  Jerem.  7.  25.  c.  25.  4.  c.  32.  33. 
c.  35. 14.  Soph.  3.  7. 

4°  Tous  les  jours.  Thren.  3.  23.  Novi 
diluculo  {sic  ràç  rrpwfaf),  pour  novœ ;  Hebr. 
(suppl.) ,  miserationes  tuœ  :  Vous  me  faites 
toujours  de  nouvelles  grâces ,  ô  Seigneurl 
vous  les  répandez  toujours;  Hebr.  quolibet 
mane.  Voy.  Novus. 

DILUCULUM,  i;  opQpoç ,  de  dilucescere. 

L'aurore,  le  point  du  jour.  Ose.  6.  3.  Quasi 
diluculum  prœpnratus  est  egrcssus  efus  :  Le 
lever  du  Seigneur  sera  semblable  â  celui  de 
l'aurore.  Voy.  Egeessus.  Job.  38.  12.  Num~ 
quid  post  ortum  tuum  prœcepisti  diluculo 
[k(o(7(fopoç ,  Stella  mntutinayl  Est-ce  vous  qui, 
depuis  que  vous  éles  au  monde,  avez  dunné 
les  ordres  à  l'étoile  du  malin?  c.  41.  9.  Oculi 
ejus  ut  palpchrœ  diluculi  :  Les  yeux  <lu  lé- 
viathan  étincèlent  comme  la  lumière  |dU 
point  du  jour. 

DILUVIUM;  xaTKxXufffxôf ,  de  diluere,  dé- 
tromper, de  l'ancien  luo,  laver,  purger. 


iUH 


DICTIONNAIRE  DE  PHiLOLOGIK  SACRFJ:. 


ilU 


V  Déluge,  inondation,  débordement  d'eau. 
Gen.  9.  15-  Non  erunt  ultra  aquœ  diiuvii  :  Il 
n'y  aura  plus  de  déluge  universel,  comme 
celui  du  temps  de  Noé.  Ps.  28.  10.  Diluvium 
inhabitare  facit  :  C'est  Dieu  qui  a  fait  inonder 
la  terfe  par  le  déluge.  Hébreu,  Sedit,  i.  e. 
Prœsedit  diluvio.  Mallh.  24.  v.  38.  39,  etc. 

2'  Peines,  afflictions  marquées  par  les 
eaux.  Ps.  31.  6.  Verumtatnen  in  diluvio  aqua- 
rum  multarum  ad  eum  non  approximabunt  : 
Quoique  les  maux  viennent  à  fondre  comme 
un  déluge,  celui  qui  se  repent  de  ses  péchés 
n'en  sera  point  endommagé.  Gela  s'entend 
ou  des  maux  de  cette  vie,  ou  plutôt  des  pei- 
nes temporelles  de  l'autre.  Nahum.  1.  8. 

DIMETIRI;  BtauîTûsïv ,  mesurer,  prendre 
la  mesure.  Eccli.  1.  2.  Altitudinem  cœli,  et 
lalitudinem  terrœ,  et  profundum  abyssi  guis 
dimensus  est  (è^ix'^iociisrj)  ?  Qui  a  mesure  la 
hauteur  du  ciel,  l'étendue  de  la  terre  et  la 
profondeur  de  l'abîme? 

Posséder,  être  maître  et  disposer  de  quel- 
que chose,  en  faire  le  partage  après  s'en  être 
rendu  maître.  Ps.  107.  7.  Convallem  taberna- 
culorum  dimetiar  :  Je  partagerai  la  vallée 
des  tentes;  i.  e.  la  vallée  de  Socoth.  Voy. 

CONVALLIS. 

DIMIGARE  ,  de  micare,  ou  bien  de  5ta- 
w«/£(7e«t,  pugnare. 

Combattre,  livrer  bataille  (  o-uvs/.Troî^eprv  ). 
Deut.  20.  k.  JDominus  pro  vobis  contra  adver- 
sarios  dimicabit  :  Le  Seigneur  combattra  lui- 
même  contre  vos  ennemis.  Jos.  10.  25,  etc. 

DIMIDIAÏIE;  7V|ixt(7ïÛ£iv ,  de  médium.  1°  Re- 
trancher par  la  moitié.  Job.  21.  21.  Quid  ad 
eum  pertinet  si  numerus  mensium  ejus  dimi- 
dietur  [^MipsîcBxi)?  Qu'importerait  à  l'impie, 
quand  même  Dieu  retrancherait  par  la  moi- 
tié le  nombre  de  ses  années? 

2°  Mener,  faire  aller  jusqu'à  moitié,  en 
parlant  de  la  durée.  Ps.  5i.  ^k.  Viri  sangui- 
nu7n  et  dolosi  non  dimidiabunt  dies  suos  :  Les 
hommes  sanguinaires  et  trompeurs  n'arri- 
veront point  à  la  moitié  de  l'âge  qu'ils  eus- 
sent dû  vivre  selon  leur  complexion  natu- 
relle. Ces  paroles  ne  se  doivent  pas  prendre 
à  la  rigueur,  comme  si  ces  sortes  de  gens 
mouraient  d'une  mort  anticipée  ;  mais  le 
prophète  parle  en  particulier  de  ceux  qui 
s'étaient  révoltés  contre  lui,  dont  un  grand 
nombre  périt  par  l'épée  et  dans  la  forêt.  2 
Reg.  10.  v.  7.8. 

DIMIDIUM,  nom  propre.  Hebr.  Hatsi , 
rendu  par  sa  signification  latine.  1.  Par.  2. 
V.  52.  5i.  Voy.  Requietio. 

DIMIDIUS,  A.  UM  ;  «putry?,  £ta,  u,  de  médius, 
d'où  vient  dimidium,  ii. 

Demi,  la  moitié  de  quelque  chose.  Luc.  19. 
8.  Ecce  dimidium  bonorum  meorum,  Domine, 
do  pauperihus  :  Seigneur,  je  ni'en  vas  don- 
ner la  moitié  de  mon  bien  aux  pauvres,  dit 
Zachée  à  Jésus-Christ.  Ps.  lOl.  25.  Ne  revoces 
me  in  dimidio  dierum  meorum  :  Seigneur,  ne 
ine  retirez  pas  à  la  moitié  de  mes  jours,  au 
uiilieu  du  cours  de  ma  vie.  Marc.  6.  23,  etc. 

DIMINUERE ,  diminuer,  briser,  casser, 
faire  déchoir;  dans  l'Ecriture  : 

Diminuer,  retrancher  («yai/ssfv).  Apec.  22. 
19.  Si  Quis  diminuerit  de  verbis  libri  provhe- 


tiœ  hujus  :  Si  quelqu'un  retranche  quelque 
chose  des  paroles  du  livre  de  cette  prophé- 
tie. Ps.  11.  1.  Diminutœ  sunt  veritates  a  filiis 
hominum  (ôXt^oOaeott)  :  Les  vérités  sont  fort  di- 
minuées parmi  les  hommes.  Hebr.  Il  n'y  a 
plus  d'hommes  sincères  et  fidèles. 

DIMINUTIO,  Nis;  aàTTWfftj,  £).«<rcwpta,  dimi- 
nution, retranchement.  Eccli.  31.  4.  Labo- 
ravit  pauper  in  diminutione  victus,  et  in  fine 
inops  fit  :  Le  pauvre  travaille  en  se  retran- 
chant ce  qui  lui  est  nécessaire  pour  vivre,  et 
à  la  fin  il  tombe  dans  une  extrême  nécessité; 
Gr.  lorsqu'il  se  veut  donner  du  repos. 

2°  Perte,  dommage.  2.  Mach.  11. 13.  Secum 
ipse  reputans  factam  erga  se  diminutionem  : 
Lysias  considérant  en  lui-même  la  perte  qu'il 
avait  faite.  Voy.  cette  perte,  v.  11. 

DIMITTERE  ;  ùfiévKi,  envoyer  çà  et  là,  de 
côté  et  d'autre,  renvoyer,  congédier,  licen- 
cier, quitter,  laisser,  laisser  échapper,  bais- 
ser, abaisser;  dans  l'Ecriture  : 

1°  Laisser  aller, renvoyer, donner  la  liberté 
[ànofj-zéXksfj).  Gen.  8.  6.  Aperiensgue  fenestram 
arcœ  quam  fecerat,  dimisit  corvum  :  Noé  ou- 
vrit la  fenêtre  de  l'arche  qu'il  avait  faite,  et 
laissa  aller  le  corbeau,  v.  10.  Rursum  dimisit 
columbam  ex  arca  :  Noé  envoya  ensuite  la 
colombe  hors  de  l'arche,  sept  jours  après 
qu'il  l'eut  reprise  dans  l'arche.  Ainsi,  dans  le 
sens  figuré,  Luc.  2.  19.  Nunc  dimiltis  servum 
tuum,  Domine  [ù-roïvzl-j)  \  C'est  maintenant  que 
vous  laisserez  aller  votre  serviteur.  Siméon 
se  considérait  dans  la  vie  comme  dans  une 
prison.  Malth.  14.  15,  etc.  Ce  mot  répond  au 
grec  ccnokûsfj  et  à  l'hébreu  shalach,  et  signifie 
délier  ou  affranchir  d'un  crime,  d'une  dette 
et  des  liens,  et  répudier;  comme  se  dit  :  Di- 
mittere  uxorem.  Voy.  Aqua. 

2°  Laisser,  quitter,  renoncer.  Marc.  10.  28. 
Luc,  18.  28.  Ecce  nos  dimisimus  omnia,  et  se- 
cuti  sumus  te  :  Vous  voyez  que  nous  avons 
tout  quitté  pour  vous  suivre,  dit  saint  Pierre 
à  Jésus-Christ.  Voy.  Relinquere. 

3°  Abandonner,  i"  en  parlant  de  l'homme 
qui  abandonne  Dieu  (  èy^uxToàsinBiv  ).  Judic. 
2.  V.  12.  13.  Dimiserunt  Dominum;  les  en- 
fants d'Israël  abandonnèrent  Dieu.  2°  En 
parlant  de  Dieu  ,  qui  abandonne  l'homme  à 
la  corruption  de  son  cœur.  Ps.  80.  13.  Dimi- 
sit eos  secundum  desideria  cordis  eorum  (£ç«- 
■KotTTsXkeu).  Act.  14.  15.  Qui  in  prœteritis  gene^ 
rationibus  dimisit  omnes  génies  ingredi  vias 
suas:  Dans  les  siècles  passés  ,  Dieu  a  laissé 
vivre  à  leur  gré  toutes  les  nations;  il  les  a 
abandonnées  à  leurs  propres  ténèbres,  de- 
puis le  commencement  du  monde,  pour  punir 
leurs  crimes,  et  pour  leur  faire  désirer  le 
Libérateur  qu'il  voulait  leur  donner. 

Répudier  (à7To>y£«v).  Matlh.  5.  32.  Omnisqui 
dimiserit  uxorem  suam,  excepta  fornicationis 
causa,  facit  eam  mœchari  :  Quiconque  aura 
quitté  sa  femme,  si  ce  n'est  en  cas  d'adul- 
tère, la  fait  devenir  adultère,  v.  31.  Deut. 
24.  v.  1.  2.  Jerem.  3.  8.  i.  Cor.  7.  U 
Mal.  2.  16.  Cum  odio  habueris,  dimitte, 
dicit  Dominus  :  Vous  direz  peut-être,  Le  Sei- 
gneur a  dit  :  Lorsque  vous  aurez  conçu  de 
l'aversion   pour  votre  femme,  renvoyez-la. 

4°  Quitter  quelqu'un  ,  se  séparer  de  lui| 


114S 


WM 


DIO 


liiO 


Marc.  8.  i3.  Et  dimittens  eos.ascendit  iternm 
wau/m  .Jésus-Christ,  quilîant  les  pharisiens 
à  Dalmanutha,  remonta  dans  !a  barque.  Ainsi, 
Joan.  10.  12.  Mercenarius  videt  lupum  ve- 
nientem  ,  et  dimittit  oves  et  fugit  :  Le  merce- 
naire voyant  venir  le  loup  ,  abandonne  les 
brel)is  et  s'enfuit.  A  quoi  se  peut  encore  rap- 
porter, Matlh.  19.  5.  Dimittet  homo  patrem 
et  matrem  et  adhœrebit  uxori  suce  {y.uzvlsi-jieiv]  : 
L'homme  abandonnera  son  père  et  sa  mère, 
et  demeurera  attaché  à  sa  femme;  i.  e.  il 
quittera  la  maison  de  ses  parents  pour  pren- 
dre un  soin  particulier  de  sa  femme  et  de  sa 
famille.  Voy.  RELiNQUERE.On  peut  rapporter 
à  cette  signiûcation,  quitter  quelqu'un  en 
mourant.  Marc.  12.  19.  Si  cujus  fraler  mor- 
tuus  fuerit  et  dimiserit  uœorem,  et  filios  non 
reliquerit  :  Que  si  un  homme  en  mourant 
laisse  sa  femme  sans  enfants  ,  etc.  c'est  la 
loi  du  Deut.  25.  5.  qui  semble  avoir  pour  fin 
que  chaque  famille  pût  se  conserver  séparée 
et  distinguée,  c.  25.  v.  5.  6. 

5°  Laisser  quelque  chose  à  quelqu'un,  lui 
en  donner  la  possession.  Ps.  16.  li.  Dimise- 
runt  reliquias  suas  parvulis  suis  :  Les  enne- 
mis de  votre  droite  ont  laissé  ce  qui  leur  res- 
tait de  biens  à  leurs  petits  enfants.  Eccli.  4i. 

18.  Dimissum  est  reliquum  terrœ,  cum  factum 
est  diluvium  :  Dieu  a  laissé  quelques  hommes 
de  reste  sur  la  terre,  lorsqu'il  a  envoyé  le 
déluge,  c.  W.  25.  Voy.  Reliquum 

6.  Laisser,  permettre,  souffrir  qu'on  fasse 
ou  qu'on  dise.  Gen.  20.  6.  Non  dimisi  ut  tan- 
geres  eam;  Hebr.  non  dedi  te  :  Je  ne  vous  ai 
pas  permis  de  toucher  à  la  femme  que  vous 
avez  enlevée;  Dieu  parle  à  Abimelech  au 
sujet  de  Sara.  c.  31.  7.  Non  dimisit  eum  Deus 
ut  noceret  milii  ;  Gr.  et  Hebr.  non  dédit  :  Dieu 
n'a  pas  permis  à  votre  père  de  me  faire  tort, 
dit  Jacob  aux  deux  filles  de  Laban.  Job.  10. 
1.  Dimittamadvcrsum  me  eloquium  meum  [èKu- 
yiÉvat):  Je  m'abandonnerai  aux  plaintes  contre 
moi-même  ;  autrem.  Je  romprai  enfin  le  si- 
lence sur  ce  qui  me  regarde  :  adversum  se  prend 
quelquefois  pour  envers,  dans  le  sens  de  ces 
paroles  deCicéron  ;  Pietas  adversus  f/e»s;Job 
veut  dire  qu'il  se  plaindra  avec  une  entière 
liberté  de  la  misère  qu'il  souffre.  Matlh.  3. 
15.  c.  8.  22.  2.  Reg.  16.  v.  10.  11.  Exod.  3. 

19.  Jos.  10.  19.  Jud.  3.  28.  2.  Reg.  21.  10. 
Dans  tous  ces  endroits,  l'Hébreu  porte  dure. 
Ainsi,  Isa.  65.  13.  Dimitlelis  nomen  vestrum 
in  juramentum  electis  meis  :  Vous  rendrez 
votre  nom  à  mes  élus  un  nom  d'imprécation. 
Voy.  Juramentum. 

7°  Remettre,  pardonner,  faire  grâce.  Exod. 
23.  21.  Non  dimittet  {Woaxéllîo)  cum  pccca- 
veris  :  Mon  ange  ne  vous  pardonnera  point, 
lorsque  vous  pécherez;  Dieu  parle  de  l'ange 
qui  conduit  les  Israélites  dans  la  terre  pro- 
mise. Matth.  18.  21.  Quolies  pecc(d)il  in  me 
frater  meus,  et  dimittarn  ci  ?  Seigneur ,  par- 
donnerai-je  à  mon  frère  toutes  les  fois  qu'il 
péchera  contre  moi?  v.  27.  32.  c.  6.  v.  12. 
\h.  Luc  11.  4.  c.  17.  3.  h.  etc.  Ainsi  ,  Luc  6. 
37.  Dimittite  ,  et  dimittemini  («rroXûav)  ;  Re- 
mettez, et  il  vous  sera  remis  Or.  Ahsolvile  et 
jhsolvemini ;  i.    e.  Supportez;  les  injures   et 


les  pardonnez,  et  l'on  en  usera  de  même  en- 
vers vous.  Ainsi  : 

8°  Epargner,  donner  queique  relâche.  Job  ■ 
7.  19.  c.  10.  20.  Dimitte  ergo  me,ut  plangam 
paululum   dolorem  meum  :  Donnez-moi   un  1 
peu  de  relâche ,  afin  que  je  puisse  respirer 
dans  ma  douleur. 

9°  Omettre,  laisser,  excepter.  Hebr.  2.  8. 
In  eo  quod  omnia  ei  subjecit,  nihil  dimisiC 
non  subjectum  ei  ;  En  disant  que  Dieu  a  assu- 
jetti Jésus  à  toutes  choses  ,  il  n'a  rien  laissé 
qui  ne  lui  soit  assujetti.  Gen.  45.  20. 

10.  Ce  verbe  est  mis  pour  demittere,  des- 
cendre (xa^^âÇetv).  Act.  9.  25.  iVocfe  per  m^irum 
dimiserunt  eum  :  Les  disciples  descendirent 
saint  Paul  durant  la  nuit  par  la  muraille 
dans  une  corbeille;  ce  fut  à  Damas.  2.  Cor. 
11.  32. 

DIMONA;  Uebr.  Coacervatio.  de  Daman, 
inus,  stercoravit.  Ville  delà  tribu  de  Juda  du 
côté  du  midi,  voisine  de  l'idumée.  Jos.  15.  22. 

DINA;  Hebr.  Judicans.  De  doun ,  juges. 

Dina,  fille  de  Jacob  et  de  Lia,  naquit  l'an 
2289.  Gen.  30.  21.  Peperit  filiam  nomine  Di- 
nam  :  Lia  eut  une  fille  nommée  Dina.  c.  46. 
15.  Elle  fut  enlevée  par  Sichem.  c.  34.  v.  1. 
25.  26.  Voy.  Sichem. 

DIN^I,  Hebr.  Judices.  Dinéens,  un  peuple 
entre  ceux  qui  conspirèrent  contre  les  Juifs, 
pour  les  empêcher  de  rebâtir  Jérusalem.  1. 
Esdr.  4.9. 

DINUMERARE;  èÇaptôpErv.  —  1°  Nombrer, 
compter.  Eccli.  1.2.  Arenam  maiis  et  pluviœ 
gutlas,  et  dies  sœculi  quis  dinumeravit?  Qui  a 
compté  le  sable  de  la  mer,  les  gouttes  de  la 
pluie ,  et  les  jours  de  la  durée  du  monde  ?  v. 
9.  23.  Vidit  et  dinumeravit  eam: La  crainte 
du  Seigneur  connaît  la  sagesse  et  le  nombre 
de  ses  merveilles.  Job.  14.  16.  Tu  quidem 
gressus  nieos  dinumerasti  :  Je  sais  que  vous 
avez  compté  tous  mes  pas;  mais  pardonnez- 
moi  mes  péchés.  Ps.  21.  18.  etc. 

2"Faire  ledénombrementde  quelque  chose. 
1.  Par.  9.  1.  Universus  ergo  Israël  dinumera 
tus    est    (z«t   Tcûç  '\<7poi.riX   ô  <yS)Xoyjrry.o^   kùtwv)   : 

Voici  donc  le  dénombrement  de  tout  Israël  : 
ce  dénombrement  est  contenu  dans  les  huit 
premiers  chapitres  de  ce  livre,  et  a  été  tiré 
du  livre  des  Rois  d'Israël  et  de  Juda. 

3"  Comprendre  la  grandeur  de  quelque 
chose.  Ps.  89.  12.  Quis  novit  polestatem  irœ 
tuœ,  et  prœ  timoré  tuo  iram  tuam  dinwnerare? 
Qui  peut  comprendre  votre  colère  autant 
qu'elle  est  redoutable? 

DINUMERAÏIO,  nis.  Compte,  dénombre- 
ment {  ùptOiMÔç  ).  2.  Par.  2.  17.  Numeravit 
igitur  Sulomon  omnes  viros  prosehjlos  post 
dinumeralionem  quam  diîiumeravit  David,  pn- 
ter  ejus  :  Salomon  fit  faire  un  dénombrement 
de  tous  les  prosélytes  (qui  étaient  en  Israël) 
depuis  le  dénombrement  qu'en  avait  fait 
laire  DaviU,  son  père. 

DlONYSllJS,  II.  Gr.  AiovÛTto»,  Bacchicus. 
De  AiovuiTOf,  qui  est  un  des  noms  de  Bacchus, 
et  peut  signifier,  Divinilus  stimulalus ,  de 
oloç,  divinus;  et  de  vùao-etv,  compungere.  , 

Denys,  sénateur  de  l'Aréopage,  l'un  de 
ceux  qui,  après  le  discours  que  fit  saint  Paul 
d  tiis   l'aréopage,  embrassèrent  la  fui.  Act. 


1147 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


i!ib 


17  Sh.  Il  fut  créé  évéque  d'Athènes,  et  après 
lui  Quadratus,  au  rapport  d'Eusèbe;  et  par 
conséquent  différent  de  celui  qui  a  souffert 
ïe  martyre  à  Paris,  qui  n'a  vécu  que  sous 
l'empire  de  Dèce. 

DIORYX,  cis.  Gr.  Siwpvi,  Fossa.  Du  verbe 
oûû(7(7w,  Fodio, 

Fossé  ou  canal,  pour  conduire  l'eau  d'une 
rivière  en  quelque  lieu.  Eccli.  2i.  41.  Ego 
guasi  fluvii  dioryœ:Je  suis  comme  l'écoule- 
ment  d'une   rivière,   dit   la   Sagesse.  Voy. 

AqUiEDUCTUS. 

DIOSCORUS;  Gr.  Divina  saluritas.  Deâro?, 
divimis,  et  de  xooiw,  satio  ,  y.icoj,  satielas  ;  ou 
bien  Stô?,  Jovis ,  el  y.ôpoç ,  filins ,  ou  xoûoo,', 
nom  de  mois  des  Macédoniens  ;  Gr.  Stoo-/.o6iv- 
Bloç,  Jûvis  Corinihii  :  Quelques-uns  croient 
que  c'est  Bioscurus,  du  nom  de  Castor,  fils  de 
Jupiter,  et  que  c'est  le  seplièuie  mois,  mais 
parce  qu'il  ne  se  trouve  point  parmi  les  mois, 
on  croit,  ou  qu'il  est  intercalaire,  ou  que 
c'est  un  nom  d'un  mois  qui  a  deux  noms.  2. 
Mac.  11.21. 

DIOTREPHES;  A  Jove  nutritus.  De  Zsvç, 
Sioç,  Jupiter,  de  zpétfnv,  nutrire. 

Diotrèphe,  homme  ambitieux,  dont  saint 
Jean  se  plaint,  de  ce  qu'il  ne  le  recevait 
point.  3.  Joan.  9.  Qui  amat  primalum  gerere 
Diotrephts  non  recipit  nos  :  Ce  passage  donne 
lieu  de  croire  qu'il  pouvait  bien  être  évéque 
de  quelque  église  d'Asie,  mais  hérétique. 

DIPLOIS,  iDis,  Gr.  Staot-.  De  ât-).ooç,  St- 
r),oû»,  duplex,  quasi  pannus  duplex.  Espèce 
de  robe  double  fort  commune. 

M  inteau  double.  Ps.  108.  29.  Operiantur 
sicut  diploide  confusione  sua  :  Que  la  confu- 
sion de  ceux  qui  médisent  de  moi,  soit  comme 
une  double  robe  dont  ils  seront  revêtus.  Il 
marque  par  là  la  confusion  et  du  dedans  et 
du  dehors.  Aug.  D'autres  l'entendent  de  celle 
de  la  vie  présente  et  de  la  vie  future.  Voy. 
CoNFUsio.  Baruch.  5.  2.  Circumdabit  te  Deus 
diploide  justitiœ  :  Le  Seigneur  vous  revêtira 
de  justice  comme  d'un  double  vêlement ,  ô 
Jérusalem;  i.  e.  Justitia  sicut  diploide. 

PIPONDIUSouDIPONDIUM,ii.  «77«û£«  Sûo. 
De  àis ,  bis ,  el  àe  Pondus  ,  nom  indéclinable, 
qui  signifie  une  livre;  ainsi,  ce  mot  marque: 

Une  pièce  de  monnaie  ancienne  parmi  les 
Romains,  qui  pesait  deux  livres  ou  deux  as, 
dont  chacun  valait  environ  neuf  deniers  de 
notre  monnaie.  Luc.  12.  6.  Nonne  quinque 
passeres  veneunt  dipondio  :  N'est-il  pas  vrai 
que  cinq  passereaux  se  donnent  pour  deux 
doubles  ;  mais  le  mot  grec  «(rtrâctov,  marque 
que  c'étaient  plutôt  ces  petites  pièces  de  mon- 
naie qui  s'appelaient  Minuta,  pite  ou  obole, 
dont  les  deux  ne  faisaient  que  la  quatrième 
partie  de  Vas ,  ou  de  la  livre  d'airain.  Saint 
Matthieu,  c.  10.  29.  dit  qu'on  donne  deux 
passereaux  pour  une  de  ces  deux  petites 
rièces;  et  saint  Luc  dit  qu'on  en  donne  cinq 
pour  deux;  comme  qui  dirait  pour  deux 
doubles;  mais  les  marchands  font  meilleur 
marché  à  cenx  qui  prennent  plus  de  mar- 
chandise. 

DiPSAS,  ms;  Gr.  Bf^^xç,  Boç.  Ce  mot  vient 
de  ôî>|/a,  vç,silis,  soif;  parce  que  ce  serpent 
cause  une  soif  exlrêuic  à  ceux  qu'il  a  piqués. 


Dipsade  ,  espèce  de  vipère  ,  qui  cause  une 
soif  extraordinaire  par  sa  morsure.  Deut.  8. 
15.  Ductor  tuus  fuit  in  soïiludine  in  qna  erat 
dipsas  ;  Dieu  a  été  votre  conducteur  dans  ce 
désert  vaste  et  affreux,  où  il  y  avait  des  dip- 
sades 

DIRECTE.  Directement,  suivant  l'ordre 
naturel  des  choses  ;  dans  l'Ecriture  : 

Droit,  directement, endroite ligne  (euTo/of). 
Sa  p.  o.  22.  Ibant  directe  emissioncs  fulgu- 
rum  :  Les  foudres  iront  droit  aux  insensés. 

DIRECTIO,  Nis;  evBvrnç,  Proprement,  l'ac- 
tion de  dresser  ou  de  tirer  en  droite  ligne  , 
l'action  de  viser  droit,  et  d'aller  au  but; 
dans  le  sens  métaphorique  ,  à  la  vérité  ,  à  la 
vertu;  dans  l'Ecriture  : 

1.  Droiture,  rectitude  (svSÛTyj,').  Ps.  kï.  7. 
Tirga  directionis,  virga  regni  tui  :  Le  sceptre 
de  votre  règne  sera  un  sceptre  de  rectitude 
et  d'équité;  id  est.  Votre  gouvernement  sera 
droit  et  juste.  Ps.  118.  7.  etc 

2°  Règlement  jusle,  loi  faite  selon  la  droite 
raison.  Ps.  98.  k.  Tu parasti  directiones  :Yous 
avez  établi  des  règles  droites,  idest,  des  lois 
justes. 

DIRECTUS,  A,  um;  cOôi?,  eia,  ù.  1°  Droit, 
dressé,  aplani;  ce  qui  s'entend  plus  souvent 
dans  le  sens  métaphorique.  Luc.  3.  5.  Isa. 
40.  4.  Erunt  prava  in  directa  :  Les  chemins 
torlus  deviendront  droits;  id  est.  Ce  qui  était 
difficile,  deviendra  facile.  Ps.  25. 12.  Pes  tneus 
stetit  in  directo  :  Mon  pied  est  demeuré  ferme 
dans  la  droiture  de  la  justice.  Voy.  Pfs.  Sap. 
9.  9.  d'où  vient  :  Iter  directum;  chemin  droit 
et  aplani.  Eccli.  4.  20.  Voy.  Adducere  , 
c.  20.  19. 

2'  Directement  opposé,  qui  est  vis-à-vis. 
Ezech.  47.  20.  Plaga  maris ,  mare  magnum  a 
confinio  per  directum,  donec  ténias  Èmath  : 
Lu  région  de  la  terre  promise  du  côté  delà 
mer  sera  la  grande  mer,  à  prendre  en  droite 
ligne,  depuis  un  bout  jusqu'à  Emalh. 

3°  Haut,  élevé.  Jerem.  3.  2.  Leva  oculos 
tuos  in  directum  ;  Levez  vos  yeux  sur  les 
lieux  élevés  ;  regardez  les  collines  et  les  mon- 
tagnes, sur  lesquelles  vous  sacrifiiez  aux 
idoles.  C.  7.  20.  Sume  in  directum  planctum  : 
Faites  retentir  vos  cris  vers  le  ciel,  jusque 
sur  les  lieux  élevés. 

DIREPTIO,  Nis;  ^lap-xyr^.  Pillage,  saccage- 
ment,,  renversement.  Tt)b.  3.  4.  Ideo  traditi 
sumus  in  direptiunem  :  Seigneur,  vous  nous 
avez  abandonnés  au  pillage,  parce  que  nous 
n'avons  point  obéi  à  vos  préceptes.  Isa.  5,  5. 
Auferam  sepem  ejus  ,  et  erit  in  direptionem  : 
J'arracherai  la  haie  de  ma  vigne,  rt  elle  sera 
exposée  au  pillage,  dit  Dieu,  parlant  de  Jé- 
rusalem et  du  pays  de  Judée,  et  figurément 
de  la  synagogue,  etc. 

DIRIGERE  ,  XK-Eyôûvsev,  eùQûvttv.  De  regere, 
proprement  dresser,  pointer,  viser,  tirer 
droit,  tirer  à  la  ligne  et  au  niveau. 

1°  Conduire,  régler,  faire  marcher  droit, 
rapporter  quelque  chose  à  sa  fin,  ce  qui 
s'entend  dans  le  sens  figuré  (x«TO|oeoOv),  Jerem. 
10.  23.  Nec  viri  est  ut  ambulel  et  dirigat 
grcssus  suos  :  L'homme  ne  marche  point  et 
ne  conduit  pas  ses  pas  par  lui-même.  2. 
Thess.  3.  o.  Dominus  dirigat  corda  vestra  in 


<149 


DIR 


DIR 


115-0 


charitate  Dei,  et  patientia  Christi  :  Gr.  m  chu- 
ritatem  Dei,  et  exspectationem  Chris ti  :  Que 
le  Seigneur  conduise  et  porte  vos  cœurs  à 
l'amour  de  Dieu  et  à  l'attente  de  Jésus- 
Christ.  Ps.  24.  5.  Dirige  me  in  vcritate  tua  : 
Conduisez-moi  dans  la  voie  droite  de  votre 
vérité.  Luc.  1.  79.  Prov.  23.  19.  Ps.  58.  o. 
Sine  iniquitate  cucurri,et  direxi;  (suppl.  vias 
meas).  J'ai  couru  et  j'ai  conduit  tous  mes 
pas  sans  injustice.  Eccli.  49.  3.  Ipse  est  di~ 
rectiis  divinitus  in  pœnitentiam  gentis  ;  Josias 
a  été  destiné  divinement  pour  faire  rentrer 
le  peuple  dans  la  pénitence.  Judith.  13.  24. 

2°  Conduire  jusqu'au  bout,  faire  arriver. 
Ps.  140.  2.  Dirigatur  oratio  mea  sicut  incen- 
sutn  in  conspectu  tuo  :  Que  ma  prière  s'élève 
vers  vous  comme  la  fumée  de  l'encens. 

3°  Tourner  vers  quelque  côté,  pointer,  vi- 
ser {ÙT:o77péfîL-j).  Num.  24.  1.  Dirigens  contra 
desertutnvultum  suum  :  Balaam  tourna  le  vi- 
sage vers  le  désert ,  et  vit  Israël  campé  dans 
ses  tentes. 

4°  Rendre  heureux,  faire  réussir  heureuse- 
ment (ôhysîv).  Ps.  89.  18.  Respice  in  servos 
tuos  ,  et  in  opéra  tua,  et  dirige  filios  eorum  : 
Jetez  vos  regards  sur  vos  serviteurs  et  sur 
vos  ouvrages  ,  et  conduisez  leurs  enfants.  Il 
semble  que  les  Israélites  n'osant  espérer  par 
eux-mêmes  que  Dieu  daigne  les  regarder, 
le  supplient  de  jeter  au  moins  ses  yeux  sur 
leurs  pères,  ses  anciens  et  fidèles  serviteurs, 
et  de  se  souvenir  de  tant  d'ouvrages  miracu- 
leux qu'il  avait  faits  pour  l'établissement  de 
son  peuple.  Ps.  139.  12.  Vir  linguosus  non 
dirigetur  in  terra  :  Le  calomniateur  ne  réus- 
sira point.  Deut.  28.  29.  Non  dirigas  vias 
tuas  :  Vous  ne  réussirez  point  en  ce  que  vous 
aurez  entrepris.  Jos.  1.  8.  Ps.  100.  7.  Qui  lo- 
quitur  iniqna  (Hebr.  mendacia)  nondirexit 
(suppl.  viam  suam)  in  conspectu  oculnrum 
meorumUùo^o'jj).  Le  menteur  ne  fera  point  sa 
fortune  avec  moi.  Eccli.  29.  24.  Repromissio 
nequissima  multos  perdidit  dirigentes  :  L'en- 
gagement à  répondre  mal  à  propos  en  a  ruiné 
plusieurs  qui  réussissaient  bien  dans  leurs 
affaires,  c.  41.  2.  Voy.  Opus.  Ps.  101.  29.  1 
Mach.  3.  6.  Directa  est  salus  ,  (i.  e.  prospère 
successit)  in  manu  ejus  :  Le  bras  de  Judas  pro- 
cura le  salut  du  peuple. 

5°  Rendre  fort  et  vigoureux  (ÈvtTp^Oetv  .  O-^e. 
12.  3.  Jn  fortiludine  sua  directus  est  cum  nn- 
gelo  :  Jacub  a  été  rendu  assez  fort  pour  lut- 
ter contre  l'ange  ;  Gr.  contre  Dieu. 

Façon  de  parler. 

Dirigerecor.  l°Se  tourner  vers  quelqu'un, 
s  appliquera  lui.  Job.  34.  14.  Si  direxerit  ad 
eum  cor  suum,  spiritum  illins  et  flatum  ad  se 
trahet  :  Si  Dieu  regardait  le  monde  dans  sa 
rigueur,  il  retirerait  à  soi  dans  l'instant  l'es- 
prit qui  l'anime  ;  (  i.  e.  l'esprit  de  tout 
homme.  )  L'Hébreu  et  le  Grec  portent  :  Si 
Dieu  retirait  son  esprit,  et  s'il  cessait  de  com- 
muniquer aux  créatures  son  souffle  divin  et  sa 
vertu,  toute  chair  expirerait  dans  l'instant,  et 
Vhomme  retournerait  dans  la  poussière.  Ps.  77. 
11.  Ainsi,  Dirigi,  être  tourné,  être  porté  vers 
quelqu'un.  1  Rcg.  10.  13.  Directus  est  Spiri- 
tus  Domini  a  die  il  la  in  David  :  Depuis  te 


temps-là  l'Esprit  du  Seigneur  fui  toujours  eu 
David;  Gr.  èfrùv-o,  Insiluit  ;  Se  saisit  de  lui; 
Hebr.  agitare  cœpit. 

2"  Redresser  son  cœur  ;  c'est  s'appliquer, 
faire  attention  à  quelque  chose.  Jerem.  31. 

21.  Dirige  cor  tuum  in  viam  rectam  in  qua 
ambulasii  :  Songez  ,  ô  vierge  d  Israël  ,  à  re- 
dresser votre  cœur,  et  à  vous  remettre  dans 
la  voie  droite  dans  laquelle  vous  avez  mar- 
ché. 

Dirigere  iiianus.  Redresser  ses  mains  ; 
c'est-à-dire  régler  toutes  ses  actions  selon  la 
justice  et  l'équité.  Eccli.  38.  10.  Dirige  ma- 
nus  :  Le  Sage  exhorte  (îelui  qui  est  tombé 
dans  quelque  infirmité,  de  purifier  sa  con- 
science ,  et  se  mettre  en  bon  état  auprès  de 
Dieu,  avant  que  de  s'adresser  au  médecin. 
Les  mains  sont  les  instruments  delà  plupart 
des  actions. 

DIRIPERE  ;  SiK/sTràÇsiv,  De  rapere,  prendre, 
saccager,  ravir,  voler. 

1°  Piller,  voler,  dépouiller.  Ps.  43.  11.  Qui 
oderunt  nos,  diripiebant  sibi  .  Nous  sommes 
devenus  la  proie  de  ceux  qui  nous  haïssaient. 
Ps.  3i.  12.  Ps.  88.  42.  Marc.  3.  27.  etc. 

2°  Détruire  ,  démolir.  Is.  18.  v.  2.  7.  Ctijus 
flumina  diripuerunt  terram  ejus  :  Les  gran- 
des inondations  ruinent  un  pays. 

.3"  Déchirer,    dévorer  [i-^pirzzîu).   2  Mach. 

9.  15.  Judœos  quos  avibus  ac  feris  diripien- 
dos  traditurum,  et  cum  parvulis  extcrmi- 
naturum  dixerat  :  Antiochus  avait  dit  des 
Juifs  qu'il  exposerait  en  proie  leurs  corps 
morts  aux  oiseaux  du  ciel  et  aux  bêtes  fa- 
rouches, et  qu'il  les  exterminerait  jusqu'aux 
plus  petits  enfants. 

DIRUERE.  Abattre  ,  renverser,  jeter  par 
terre,  démolir,  détruire. 

Abattre,  ruiner,  renverser,  détruire.  Levit. 
26.  33.  Civitates  vestrœ  dirulœ ;  spriu-oc,  Tou- 
tes vos  villes  seront  ruinés.  Isa.  5.  o.  Nahuni.. 
2.  6, 

piRUMPERE;  prj'/vJEiv,  SiK/J/snyvûetv, Rompre, 
briser,  crever ,  mettre  en  pièces.  Marc.   2. 

22.  Dirumpet  vinuin  utres  .  Le  vin  nouveau 
romprait  des  vaisseaux   (vieux.)  Eccli.  19. 

10.  Baruch.  6.  42.  Voy.  Fums.  Dans  le  sens 
figuré.  Isa.  6't.  1.  Utinam  dirumperes  cœlos, 
et  descenderes  !  Oh  !  si  vous  vouliez  ouvrir 
les  cieux,  et  en  descendre  ! 

1°  Décharger,  délivrer  (5i«/0£iv).  Isa.  58. 
6.  Omne  onus  dirumpe  :  Brisez  tout  ce  qui 
vous  charge  :  brisez  les  fardeaux  des  pau- 
vres, et  délivrez-les  de  l'oppression  où  ils 
sont  ;  Ilebr.  brisez  tout  joug.  Ps.  2.  3.  Ps. 
115.  16.  etc.  Ainsi,  Dirumpere,  ou  disrumpcre 
vincula  :  Rompre  les  liens,  c'est  mettre  en  li- 
berté. 

2' Déchirer  ,  mettre  en  pièces  ,  outrager. 
Matlh.  7.  6.  Neque  mittatis  margaritas  vestras 
ante  porcos  ,  ne  forte  conculcent  cas  pcdihus 
suis,  et  conversi  dirumpant  vos  :  Ne  jetez  point 
vos  perles  devant  les  pourceaux,  de  peur 
qu'ils  ne  les  foulent  aux  pieds,  et  que,  se 
tournant  contre  vous,  ils  ne  vous  déchirent. 

3"  Faire  sortir  en  brisant  quelque  chose. 
Ps.73.  15.  Tu  diriipisli  fontes  et  torrentes  . 
Vous  avez  fait  sortir  des  fontaines  de  la 
pierre  dans  le  dcserl.  Ps.  104.  41. 


k"  Piller,  ruiner.  Jcrcm.  o'I.  7.  Disrupta  est 
civitas  :  La  ville  de  Jérusalem  fut  ravagée 
par  les  Chaldéens  qui  y  firent  irruption. 

5°  Anéantir,  faire  périr  {zuf.y.Tiîi-j).  Isa.  19. 
3,  Dinimpetur  spiritus  uEgypti  in  visceribus 
ejus  :  L'esprit  de  l'Egypte  s'anéantira  dans 
elle,  et  je  rendrai  sa  prudence  inutile. 

DIRUS,  A,  UM  ;  5££vô,-,  Du  nom  grec  Ber/o;, 
terribilis. 

Violent  ,  cruel ,  funeste  (x«>£-ôç).  Sap.  3. 
19.  Nationis  iniquœ  dirœ  sunt  consummatio- 
nes  :  La  race  injuste  aura  une  fin  funeste. 
Eccli.  38.  16. 

DIRUTUM,  I.  Ruine,  débris  {y.xzîiry.o'.ij.u.é-jy.). 
Act.  15.  16.  Diruta  ejus  reœdificabo  :  Je  re- 
viendrai de  nouveau,  et  je  réparerai  les  rui- 
nes de  la  maison  de  David  :  Saint  Jacques 
confirme  par  le  prophète  Amos  ,  c.  9.  11.  la 
vocation  des  Gentils  dans  l'Eglise  en  la  place 
des  Juifs.  (  Voy.  RE^EDincARE.  1  Matth.  9. 
62. 

DISCALCEATUS,  a,  um  ;  ù-^^jnôSsTzo,-.  De  cal- 
ceus  ,  soulier,  et  de  la  préposition  dis,  qui 
marque  souvent  la  division  ou  la  séparation 
d'une  chose  d'avec  une  autre. 

Déchaussé  ,  qui  n'a  point  de  souliers  aux 
pieds  ;  dans  l'Ecriture  : 

Déchaussé  :  C'était,  1°  un  nom  d'opprobre 
dans  celui  qui  n'avait  pas  voulu  épouser  la 
femme  de  son  frère  qui  était  mort  sans  en- 
fants. Deut.  25.  10.  Vocabitur  nomen  iUius 
in  Israël ,  domus  discalceati  :  La  maison  de 
cet  homme  sera  appelée  dans  Israël  la  mai- 
son du  déchaussé  ;  (  se.  parce  que  la  femme 
qu'il  ne  voulait  pas  épouser  lui  ôtait  son 
soulier  du  pied  et  lui  crachait  au  visage.  2" 
C'était  aussi  une  marque  de  misère  et  d'infa- 
mie tout  ensemble  dans  ceux  que  l'on  em- 
menait en  captivité.  Isa.  20.  v.  2.  3.  i.  Sicut 
ambulavit  servus  meus  Jsaias  nudus ,  et  dis- 
calceatîis,  sic  minabit  Rex  Assyriorum  capti- 
vitatem  jEgypti  et  transmigrationem  Mthio- 
piœ  ,  juvenum  et  senum  nudam  et  discalcea  ~ 
tam  :  Comme  mon  serviteur  Isaïe  a  marché 
nu  et  sans  souliers  ,  ainsi  le  roi  des  Assy- 
riens emmènera  d'Egypte  et  d'Ethiopie  une 
foule  de  captifs  et  de  prisonniers  de  guerre, 
les  jeunes  et  les  vieillards  tout  nus,  sans  ha- 
bits et  sans  souliers. 

DISCEDERE;  «-oxm5e?v.  —  1°  Se  retirer, 
partir  ,  s'en  aller.  Mailh.  7.  23.  Discedite  a 
me,  qui  operamini  iniquitatem  :  Retirez-vous 
de  moi,  vous. qui  faites  des  œuvres  d'iniquité, 
dira  Jésus-Christ  au  jour  du  jugement  à 
plusieurs  qui  lui  remontreront  qu'ils  auront 
fait  beaucoup  de  miracles  en  son  nom.  Luc. 

2.  15.  c.  i.  k-2. 

2'  Se  séparer,  se  quitter  l'un  l'autre.  Act. 
io.  .39.  Fada  est  dissensio,  ita  ut  discederent 
ah  invicem  :  Il  se  forma  entre  saint  Paul  et 
saint  Barnabe  une  contestation,  qui  fut  cause 
qu'ils  se  séparèrent  l'un  de  l'autre  :  Le  su- 
jej  est  contenu,  v.  37.  38.  1  Cor.  7.  v.  10.  11. 
15.  et  dans  le  sens  métaphorique.  Ps.  21.  12. 
Ps.  3'+.  22.  Ps.  37.  22.  Ne  discesseris  a  me  : 
Mon  Dieu,  ne  vous  retirez  pas  de  moi.  Hebr. 

3.  12.  etc. 

3*  Se  retirer  de  l'obéissance  («,>i7T«<r6«0  •  P^' 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE.  1152 

79.  19.  Non  discedimus  a  te.   Nous  ne  nous 
retirerons  point  de  votre  obéissance. 
DISCEPTARE;  5t««iv;79at.  De  capta,  et  de 


dis,  qui  répond  à  la  préposition  grecque  Stà; 
d'autres  disent  qu'il  se  fait  de  l'ancien  verbe 
scepto,  qui  vient  de  l'Hébreu  schapat,  juger, 
rendre  justice. 

1°  Disputer,  contester.  Act.  11.  2.  Discep- 
tabant  adversus  illum  qui  erant  ex  circumci- 
sione  :  Les  fidèles  circoncis  disputaient  con- 
tre saint  Pierre.  Job.  31.  13.  c.  34.  19.  Ce  mot 
se  prend  au  même  sens  dans  la  terminaison 
passive,  c.  32.  ii.  Audivi prudentiainvestram, 
donec  disceptaremini sermonibus ;  Hebr.  donec 
pervestigaretis  sermones:  J'ai  voulu  voir,  tant 
que  vous  avez  disputé  contre  Job,  quelle 
pouvait  être  votre  sagesse,  ditEliu. 

'2°  Plaider,  entrer  en  jugement,  poursuivre 
son  droit  en  jugement.  Joël.  3.  2.  Disceptabo 
cum  eis  ibi  super  populo  meo  et  hœreditate 
mea  Israël  :  Dieu,  à  son  derniei  jugement, 
reprochera  aux  infidèles  et  aux  impies  les 
maux  qu'ils  auront  faits  aux  fidèles.  Jerem. 
2.  9.  Judicio  contendam  tobiscum ,  et  cum 
filiis  vestris  disceptabo  :  J'entrerai  encore  en 
jugement  avec  vous  ,  dit  le  Seigneur  ,  et  je 
soutiendrai  la  justice  de  ma  cause  contre  vos 
enfants.  Disceptabo;  i.  e.  Jus  meum  perse- 
quar  :  J'en  userai  à  toute  rigueur;  Gr.  /.pi- 

DISCEPTATIO  ,  Nis  ;  Bià.y.pi^i; ,  Différend  , 
dispute  ,  contestation.  Rom.  li.  1.  Infirmum 
in  fide  assumite,  non  in  disceptationibus  cogi- 
tationum  :  Recevez  favorablement  celui  qui 
est  encore  faible  dans  la  foi  ,  sans  vous  em- 
porter en  des  disputes  avec  lui  sur  ses  senti- 
ments. 1  Tim.  2.  8. 

DISCERE;  pav^iveiv.  Du  Grec  Sà^xnv,  qui 
vient  de  Satîtv,  et  o«£iv,  scire. 

1°  Apprendre,  acquérir  la  connaissance  de 
quelque  chose.  Joan.  7.  15.  Quomodo  hic  lil- 
teras  scit,  cum  non  didicerit  ?  Comment  cet 
homme  sait-il  l'Ecriture,  lui  qui  ne  l'a  point 
étudiée?Matth.  11.29  Prov.  17. 16.  Ephes.  4. 
20.  Vos  autem  non  ita  didicistis  Christum  : 
Pour  vous,  ce  n'est  pas  ainsi  que  vous  avez 
été  instruits  en  Jésus-Christ  ;  i.  e.  comme  les 
Gentils  qui  vivent  dans  le  dérèglement. 
Ainsi  : 

2'  Recevoir  avec  soumission  d'esprit  et  de 
cœur  la  doctrine  de  Jésus-Christ ,  qui  con- 
siste non-seulement  dans  la  foi ,  mais  aussi 
dans  les  bonnes  œuvres.  Joan.  6.  '*o.  Omnis 
qui  audivit  a  Pâtre  ,  et  didicit,  venit  ad  me  : 
Tous  ceux  donc  qui  ont  ouï  la  voix  du  Père 
éternel,  et  ont  été  enseignés  de  lui,  viennent 
à  moi.  Coloss.  2.  7.  1  Thess.  k.  9.  Ipsi  vos  a 
Léo  didicistis,  ut  diligatis  invicem  :  Vous 
avez  appris  de  Dieu  même  à  vous  aimer  les 
uns  les  autres. 

3»  Apprendre,  connaître,  être  instruit  ;  soit 
par  expérience,  comme  par  les  châtiments  et 
les  afflictions  {TzunSrkaOc^i).  1  Tim.  1.  20.  Tra- 
didi  Satanœ,  ut  discant  non  blaspfiemare  :  J'ai 
livré  Hymenée  et  Alexandre  à  Satan  ,  pour 
leur  apprendre  à  ne  plus  blasphémer  ;  soit 
après  une  recherche  exacte  de  quelque  chose. 
Esth.  12.  2.  Cum  curas  eorum  dUigcntius  per- 


1155 


DIS 


DIS 


^iu 


vidisset ,  didicit  quod  conarenlur  in  Regem 
Artaxerxem  manus  mittere  : Mardochée  ayant 
approfondi  les  pensées  de  Bagatha  et  de 
Thara,  eunuques  du  roi,  et  reconnu  par  une 
exacte  recherche  tous  leurs  desseins  ,  il  dé- 
couvrit qu'ils  avaient  entrepris  sur  la  vie  du 
roi  Artaxerxès. 
k°  Apprendre,  ouïr  dire  (ytvwTZEiv).  Gen. 

9.  24.  Cw7i  didicisset  quœ  fecerot  ei  filius  suus 
minor,  ait  ;  Maledictus  Chanaan  :  Noé  ayant 
appris  de  quelle  sorte  l'avait  traité  son  petit- 
fils,  dit  :  Que  Chanaan  soit  maudit. 

DISGERNERE  ;  Stocy.phetv.  De  cernere  ,  et 
de  la  préposition  dis,  qui  répond  à  Bià.. 

i°  Discerner,  distinguer,  faire  de  la  diffé- 
rence. Act.  15.  9.  Nihil  discrevit  inter  nos  et 
illos  :  Dieu  n'a  point  fait  de  différence  entre 
les  Gentils  et  nous   autres  Juifs.  Levit.  10. 

10.  2Reg.  19.  35,  3  Reg.  3.  9.  1  Cor.  4.  7. 
Quis  le  discernit  ?  Qui  est-ce  qui  met  de  la 
différence  entre  vous  et  ceux  à  qui  vous 
vous  préférez  ?  C'est  Dieu  qui  est  auteur  de 
tous  les  biens  dont  vous  devez  vous  glori- 
fier. 

2°  Distribuer,  partager  {èMazéïXîtv).  Ps.  67. 
15.  Dum  discernit  Cœlestis  Reges  super  eam  : 
Lorsque  le  roi  du  ciel  distribua  ceux  qui  de- 
vaient gouverner  son  héritage  ;  autr.  pen- 
dant que  le  roi  du  ciel  exerce  son  jugement 
"  sur  les  rois  en  faveur  de  notre  terre  ;  Hebr. 
lorsque  le  Tout-Puissant  défit  et  extermina 
les  rois  de  cette  terre. 

3°  Juger  {5r/âÇetv).  Ps.  42.  1,  Discerne  eau- 
sam  meam  :  Jugez  ma  cause  :  D'autres  joi- 
gnent ces  mots  avec  les  suivants  ,  de  génie 
non  sancta,  séparez  ma  cause  d'avec  les  im- 
pies. Ps.  49.  4.  Baruch.  6.  53.  Judicium  quo- 
gue  non  discernent  ;  (  Gr.  Non  judicabunt  :  ) 
Les  idoles  ,  les  faux  dieux  ne  feront  point 
rendre  la  justice,  ne  la  rendront  point. 

DISCERPERE  ;  âta^Trâv,  De  dis  et  de  car- 
pere. 

1°  Déchirer  ,  mettre  en  pièces.  Act.  23.  10. 
Timens  Tribunus  ne  disccrperetur  Paulus  ab 
ipsis  :  Le  Tribun  ayant  peur  que  Paul  ne  fût 
mis  en  pièces ,  le  fit  mener  dans  la  forte- 
resse. Judic.  14.  6. 

2°  Agiter  par  de  violentes  convulsions. 
Marc.  1.  26.  Discerpens  eum  spiritus  immun- 
dus  (  exiit  )  :  c.  9.  25.  Jésus-Christ  perincl- 
tait  que  ce  possédé  fût  si  maltraité,  pour 
faire  voir  quelle  est  la  cruauté  et  la  rage  du 
démon  qui  tuerait  cruellement  les  hommes  , 
si  Dieu  ne  l'en  empêchait. 

DISCESSIO,  Nis;  Gr.,  iyÇ'-  1"  Départ. 
Act.  20.  29.  Inlrabunt  post  discessioncm 
meam  liipi  rapaces  in  vos  :  Je  sais  qu'après 
mon  départ,  il  entrera  parmi  vous  des  loups 
ravissants. 

2"  Renoncement,  révoile,  apostasie  («rro^ra- 
sir^j.  Act.  21.  21.  Axidierunt  de  te,  quiadisccs- 
sionem  doceas  a  Moyse  eorum:  Ces  milliers  de 
Juifs  ont  ouï  dire  que  vous  enseignez  à  tous 
les  Juifs  qui  sont  parmi  les  Gentils  de  re- 
noncer à  Moïse,  disent  à  saint  Paul  tous  les 
prêtres  assemblés  chez  saint  Jacques.  2. 
Thess.  2.  3.  Nisi  venerit  discessio  primum  : 
Le  jour  auquel  Jésus-Christ  doit  arriver,  ne 
viendra  point  que  la  révolte  et  l'apostasie  ne 


soient  arrivées  auparavant.  On  croit  proba- 
blement que  cette  révolte  qui  précédera  la 
venue  de  l'Antéchrist,  sera  l'abandonnemenl 
presque  général  de  la  véritable  religion  ca- 
tholique, apostolique  et  romaine. 

DISCINCTUS,  A,  UM.  De  cingere  et  de  dis. 

Qui  n'a  plus  de  ceinture,  à  qui  on  a  été  la 
ceinture. 3.  Reg.  20. 11 .  iVe  glorietur  occinctus 
œque  ut  discinctus  (ô  y.vpzà?  ùç  6  6p66ç]  :  Celui  qui 
se  ceint  et  se  prépare  au  combat,  ne  doit  pas 
se  vanter,  mais  celui  qui  ôte  sa  ceinture  après 
avoir  remporté  la  victoire.  Voy.  Acoinctus. 

DISCIPLINA,^;  Tzuthi^,  De  Discipulus] 
l'instruction  qu'un  disciple  reçoit  de  son 
maître;  l'éducation,  la  manière*  d'élever  la 
jeunesse  ;  la  méthode  d'instruire,  la  science 
la  doctrine  :  c'est  premièrement  la  règle  et  la 
manière  véritable  de  vivre  dans  la  vertu , 
comme  Dieu  l'a  enseigné  dans  ses  Ecritures- 
ou  bien  l'art  de  se  régler  soi-même,  et  de 
profiter  des  châtiments  de  Dieu  et  des 
hommes  {fpôvntriç). 

1°  Instruction,  règlement,  éducation  dans 
la  piété,  accompagnée  de  correction  et  de 
châtiment  s'il  est  nécessaire.  Ps.  49.  17.  Odi- 
sti  disciplinam  :  Vous  haïssez  la  discipline. 
Sap.  6.  18.  Cura  disciplinœ  dilectio  est  :  Le 
désir  de  l'instruction  est  l'amour  :  Ce  désir 
produit  et  augmente  en  nous  l'amour  de  Dieu 
et  de  la  divine  Sagesse.  Eccli.  1.  34.  Sapien- 
tia  et  disciplina,  timor  Dornini  :  La  crainte 
du  Seigneur  est  la  sagesse  et  la  science  véri- 
table; î.e.lasciencequ'onreçoit  pari'inslruc- 
tion.  c.  16.  25.  Dicam  in  œquitate  disciplinam: 
Je  vous  donnerai  des  instructions  très-exac- 
tes ;  Gr.  £v  aTxQi/.ô>,  aussi  exactes  que  ce  qui 
se  pèse  dans  la  balance.  Prov.  1.  v.  2.  29.  c 
3.  4.  c.  4.  V.  1.  13.  etc.  Jer.  7.  28.  Bœc  est 
gens  quœ  non  recepit  disciplinam  :  Voici  le 
peuple  qui  n'a  point  voulu  recevoir  les  in- 
structions de  son  Dieu. 

2°  Châtiment,  correction,  réprimande,  pei- 
ne, affliction,  qui  s'appelle  du  nom  de  disci- 
pline, parce  que  l'affliction  est  une  grande 
instruction;  7r«(5Â//c<T«,  ^«9»3_u«t«.  Isa.  53.  5. 
Disciplina  pacis  nostrœ  super  eum  :  Le  châti- 
ment qui  nous  devait  procurer  la  paix  est 
tombé  sur  lui:  (Leprophèteparledu  Messie,  de 
Jésus-Christ). Heb.  12.11.  Omnis  disciplina  in 
prœsenti  quidem  videtur  non  esse  gaudii,  sed 
mœroris:  Toute  correction  semble  sur  l'heure 
causer  de  la  tristesse,  et  non  de  la  joie.  v.5. 
7.  8.  Prov.  5.  23.  Ipsemorietur,  quia  non  ha~ 
huit  disciplinam  :  11  mourra  parce  qu'il  n'a 
pas  reçu  la  correction  ;  il  a  rejeté  la  vérité, 
lorsqu'on  lui  a  représenté  ses  désordres. 
Ainsi,  Dure  disciplinam  :  C'est  faire  souffrir 
quelque  châtiment.  Sap.  12.  22.  Levit.  26. 
23.  Deut.  11.  2.  Prov.  3.  11.  Sap.  11.  10.  c. 
12.  22.  Eccli.  33.  25.  etc.  Ainsi.  Ps.  17.  36 
Disciplina  tua  ipsa  me  docebit  ;  Gr.  ttuiSûoc, 
Heb.  ghanotecha  ;  mansuetudo  tua  ,  comme 
2.  Ueg.  22.  36.  Gr.  vTr«xovi*  placabilitns  :  le 
mot  hébreu  peut  souffrir  l'une  et  l'autre  si- 
gnificalion.  Voy.  Mansuetus,  n.  3. 

3"  La  loi  ancienne.  Eccli.  17.  9.  Addidit 
itiis  disciplinam  ,  et  lerjem  vitœ  hœreditavit 
illos  :  Dieu  a  prescrit  aux  hommes  le  règle- 
ment de  leur  conduite,  et  les  a  rendus  Ic^ 


um 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRGE. 


11 -jï) 


dépositaires  de  la  loi  divine.  Ce  règlement 
est  la  loi  que  Dieu  donna  aux  Israélites. 

it."  Sagesse,  intelligence.  Job.  17.  k.  Cor 
eoruin  longe  fecisti  a  disciplina  ;  Heb.  Intel- 
lectu  :  Vous  avez  éloigné  de  leur  cœur  l'in- 
telligence; vous  les  avez  laissés  dans  la  fausse 
persuasion  où  ils  sont,  qu'on  ne  peut  être 
affligé  sans  être  criminel,  c.  33.  16.  c.  34. 
35.  Ps.  2.  12.  Ps.  118.  66.  Sap.  7.  14.  c.  8. 
k.  etc.  Ainsi  Eccli.  1.  7.  Disciplina  sapientiœ 
cui  revelata  est  ?  A  qui  la  conduite  de  la  sa- 
gesse a-t-elle  élé  révélée? 

5°  Conduite,  manière  de  vivre,  soit  bonne 
ou  mauvaise.  Sap.  2.  12.  Diffamât  in  nos 
peccata  disciplinée  nostrœ:  Le  juste  nous 
déshonore  en  décriant  les  fautes  de  notre 
conduite.  Sap.  7.  16.  Eccli.  31.  20.  Cessa 
prior  causa  disciplinœ  :  Cessez  le  premier  de 
manger  par  modestie,  c.  10.  33.  c.  17.  9. 
Philipp.  4.  8.  Ainsi: 

6°  Art,  science  humaine.  Judith.  11.  6. 
Disciplinatua  omnibus  provinciis  prœdicatur: 
Votre  discipline  militaire  est  louée  dans  tous 
les  pays,  dit  Judith  à  Holopherne. 

DISCIPLINATUS,  a,  um.  Savant,  bien  in- 
struit {èniarriiK^-»).  Eccli.  10.  28.  Vif  prudens 
et  disciplinatus  non  murmurabit  correptiis  : 
Celui  qui  est  prudent  et  bien  instruit,  ne 
murmurera  point  étant  châtié.  Jac.  3.  13. 

DISGIPULA,  m;  y.a.%^uQL.  Celle  qui  ap- 
prend d'une  autre,  une  disciple,  une  écolière  ; 
dans  l'Ecriture  : 

Une  femme  chrétienne.  Act.  9.  36.  In  Jop- 
pe  autemfuit  quœdam  discipula  :  Il  y  avait  à 
Joppé  entre  les  disciples  une  femme  nommée 
Tabilhe. 

DISCIPULUS ,  I  ;  (ludmr,;.  Ce  mot  dans  le 
Nouveau  Testament  signifie  ordinairement 
un  disciple  de  Jésus-Christ;  et  c'est  un  des 
noms  dont  les  fidèles  étaient  designés.  Voy. 
Christianus. 

1°  Disciple,  qui  s'est  mis  sous  la  conduite 
d'un  maître  pour  en  être  instruit.  Isa.  8.  16. 
Signa  legem  in  discipulis  meis  :  Tenez  ma  loi 
scellée  et  comme  cachetée  parmi  mes  disci- 
ples :  H  n'y  a  que  les  vrais  disciples  de  Dieu 
qui  connaissent  bien  sa  loi.  Matth.  10.  24. 
Luc.  6.  40.  Non  est  discipulus  super  Magis- 
trum  :  Le  disciple  n'est  pas  plus  que  le  maî- 
tre se.  tant  qu'il  demeure  disciple. 

Outre  les  douze  disciples  qui  ont  été  éle- 
vés à  la  dignité  de  l'apostolat,  et  les  soixante- 
dix  ou  soixante-douze,  tous  les  premiers 
chrétiens  étaient  désignés  par  ce  nom.  Act. 
6.  7.  Mulliplicabalur  numerus  discipulorum 
in  Jérusalem  valde  :  Le  nombre  des  disciples 
augmentait  fort  dans  Jérusalem,  v.  1.  2.  c. 
9.  V.  10.  19.  25.  etc. 

2°  Serviteur,  ou  sujet,  prêt  à  obéir.  Mal. 
2.  12.  Disperdet  Dominus  viram  qui  fecerit 
hoc,  magistrum  et  discipulum  :  Le  Seigircur 
perdra  celui  qui  aura  commis  ce  crime,  soit 
niaitro,  ou  disciple  ;  i.  c.  Magistrat  ou  sujet  ; 
Hebr.  respondenteni.  Voy.  Respondere,  n.  4. 

DISCOLOR,  is  ;  miy.àoç,  v,  ov.  Du  nom  co- 
lor,  is,  et  de  la  préposition  dis,  qui  marque 
diversité. 

De  diverses  couleurs.  Jercm.  12.  9.  Num- 
Quid  avis  discolor  hœreditas  mea  mihi  ?  Mon 


peuple  ne  m'est-il  pas  oevenu  comme  un 
oiseau  étranger?  Les  oiseaux  étrangers  son|; 
ordinairement  battus  par  tous  les  autres  ; 
d'autres  expliquent:  Mon  peuple  m'est-il  en- 
core précieux  comme  le  sont  les  oiseaux 
étrangers?  Ezech.  16.  10.  Vestivi  te  discolo- 
ribus  :  Je  vous  ai  revêtu  de  robes  précieuses 
et  de  diverses  couleurs;  i.e.  faites  en  broderie. 

DISCOOPERIRË  ,  àno-^ulxinreiv.  —  1»  Dé- 
couvrir. Num.  5.  18.  Discooperiet  caput  ejus: 
Le  prêtre  découvrira  la  tête  à  la  femme;  se. 
dans  le  sacrifice  de  jalousie.  Isa.  47.  2.  Dis- 
cooperi  humerum  :  Découvrez  votre  épaule  ; 
(  peut-être  bien  pour  recevoir  les  coups  des 
Assyriens),  c.  57.  8.  Juxta  me  discooperuisti  : 
(suppl.  te,  ou  leclum)  :  Quoique  je  fusse  au- 
près de  vous,  vous  n'avez  pas  rougi  de  vous 
découvrir.  Ruth.  2.  v.  4.  7.  Levit.  18.  v.  7. 
Turpitudinem  patris  tui  et  turpitudinem  ma- 
tris  luœnon  discooperies  :  Vous  ne  découvri- 
rez point  la  nudité  de  votre  père  ou  de  votre 
mère  ;  c'est-à-dire,  une  fille  n'épousera  point 
son  père,  ni  un  fils  sa  mère  (  Voy.  Turpi- 
TUDO  ).  On  croit  néanmoins  que  Turpitudo 
patris  et  turpitudo  matris ,  est  la  même 
chose;  comme  Ezech,  22.  10.  Ainsi,  Exod. 
21.  10.  Pontifex  caput  suum  non  discoope- 
riet ;  Grec,  oùx  àTroxeSKpwo-ei,  Le  grand  prêtre 
n'ôtera  point  sa  tiare  de  dessus  sa  tête  ;  i.  e. 
il  n'assistera  point  aux  funérailles  de  per- 
sonne :  Les  Juifs  marquaient  leur  deuil  en 
se  découvrant  la  tête  et  en  déchirant  leurs 
habits.  Thren.  4.  22.  Discooperiet  peccata 
tua;  Dieu  fera  connaître  la  grandeur  de  vos 
péchés  par  la  rigueur  de  vos  maux.  2.  Reg. 
6.  20.  Quam  gloriosus  fuit  hodie  rex  Israël  , 
discooperiens  se  ante  ancillas  servorum  suo~ 
rum,  et  nudatus  est  :  Que  le  roi  d'Israël  a  eu 
de  gloire  aujourd'hui  en  se  découvrant  ;  ce 
prince  n'était  pas  entièrement  découvert; 
mais,  pour  faire  plus  d'honneur  à  l'arche,  il 
s'était  dépouillé  de  ses  ornements  royaux 
pour  se  revêtir  de  l'Ephod. 

2"  Découvrir,  tirer  de  l'obscurité  (x«t«(tû- 
psiv,  detrahere).  Jer.  49.  10.  Ego  discooperui 
Esaû  :  J'ai  fouillé,  et  j'ai  découvert  Esaii  ; 
c'est-à-dire,  les  Iduméens  ;  en  quelque  lieu 
qu'ils  se  soient  cachés,  je  les  découvrirai, 
pour  les  livrer  à  leurs  ennemis  ;  le  passé 
pour  le  futur. 

DISCOQUERE;  i^zî-j.  De  coquere,  et  de 
dis,  qui  marque  ici,  augmentation. 

Faire  bouillir  dans  l'eau.  Ezech.  24.  5. 
Discocta  sunt  ossa  illius  in  medio  ejus  :  Les 
os  mêmes  ont  cuit  au  milieu  de  la  chaudière: 
Le  Prophète  marque  par  ces  os  les  plus  vail- 
lants hommes  de  Jérusalem,  qui  y  devaient 
être  consumés  avec  le  peuple,  par  le  siège 
que  les  Chaldéens  y  mirent. 

DISCORDIA,  M.  De  cor,  et  de  dis,  qui 
marque  division. 

1"  Discorde,  dissension,  querelle,  division 
ilj-à/^n).  Prov.   17.  19.  Qui  meditatur  discor- 
dias,  quœrit  ruinas  :  Celui  qui  est  d'une  hu- 
mour contrariante,  aime  les  querelles,  c.  6 
9.  c.  3.  33. 

2"  Injure,  affront,  reproche,  outrage,  .Te- 
rem.  15.  10.  Vœ  milii!  mater  mea,  quare  ge^ 
nuisli  me,  viruin  rixœ,  virum  discordiœ  in 


H57 


DIS 


DIS 


1138 


universa  terra  ?  Hélas  1  ma  mère,  que  je  suis 
malheureux  !  pourquoi  m'avez-vous  mis  au 
ïîîonde,"pour  être  un  homme  de  contradic- 
tion, un  homme  de  discorde  dans  toute  la 
terre;  i.  e.  pour  êlre  en  butte  aux  reproches 
cl  aux  insultes  de  tout  le  monde;  Gr.  oixy.pi- 

DISAN.  Voy.  col.  1159,  avant  Dison. 

DISCRETIO,  Nis.  StKy.pi(7ii,  De  discernere  , 
discernement,  différence.  Hebr.  5.  li.  Est 
solidus  cibus  eorum  qui  pro  consuetudine 
exercilatos  habeiit  sensus  ad  discrelionem  boni 
et  mali  :  La  nourriture  solide  est  pour  les 
parfaits,  i.  e.  pour  ceux  dont  l'esprit  s'est 
accoutumé  par  l'exercice  à  discerner  le  bien 
et  le  rnal  :  de  là  vient  celle  façon  de   parler. 

Discretio  spirituum.  Le  don  du  discerne- 
ment des  esprits.  1.  Cor.  12.  10.  Alii  discre- 
tio spirituum:[]n  autre  reçoit  le  don  du  discer- 
nement des  esprits:  Ce  don  consistait  à  con- 
naître par  quel  esprit  les  prophètes  parlaient. 

DISCRETOR  ;  y.piny.oç.  Qui  discerne,  qui 
dislingue.  Heb.  k.  12.  Sermo  Dei  discretor 
cogilationum:  La  parole  de  Dieu  discerne 
les  pensées  et  les  mouvements  du  cœur,  et 
fait  connaître  par  quel  motif  et  dans  quelle 
intention  se  foot  toutes  les  actions. 

DISCRLMEN.  Du  même  verbe  discernere. 

Différence,  distinction,  danger,  combat  ; 
dans  lEcriture  : 

Danger,  péril.  Judic.  5.  v.  9.  15.  Quasi  in 
prœceps  ac  barathrwn  se  discrimini  dédit  : 
Barac  s'est  jelé  dans  le  péril,  comme  s'il  se 
fût  précipité  dans  un  abîme.  Esth.  11.  8. 

DISGKIMINALE,  is.  Une  aiguille  ou  poin- 
çon de  tête  pour  ajuster  les  cheveux  et  les 
séparer  :  on  peut  prendre  aussi  ce  mot  pour 
les  rubans  qui  les  séparaient. 

Ruban  qui  servait  à  lier  ou  tresser  les 
cheveux.  Isa.  3.  20.  Anferet  Dominus  discri- 
minalia  et  periscelidas  :  Un  jour  viendra  que 
le  Seigneur  ôtera  aux  fllles  de  Sion  leurs 
rubans  de  cheveux,  leurs  jarretières,  etc. 

DISCRIMINARE.  Séparer,  distinguer,  met- 
tre séparément,  tresser  (oiKT«3-(7£iv,  disponere). 
Judil.  10.  3.  Discriininavit  crinein  capilis 
sui  :  Judith  frisa  ses  cheveux  avec  i'aiguiile 
qui  sert  à  cet  usage. 

DISCUBITUS,  us.  Le  coucher,  action  de 
se  coucher;  dans  l'Ecriture: 

1°  Séance  à  table,  à  la  manière  des  anciens 
qui  se  couchaient  sur  des  lits  pour  prendre 
leurs  repas  (-pwToz/to-ta  .  Marc.  12.  39.  Cavete 
a  Scribis  qui  volunt  primas  discubitus  in  cœ- 
nis:  Gardez-vous  des  docteurs  de  la  loi,  qui 
aiment  à  avoir  les  premières  places  dans  les 
festins.  Luc.  20.  i6. 

2"  L'action  de  mettre  le  coude  sur  la  table 
dans  un  repas.  Eccli.  4.1.  2i.  Erubescite  de 
discubitu  in  panibus  :  Rougissez  de  met- 
tre le  coude  sur  la  table  ou  sur  le  j)ain;  ce 
quiest  une  grande  iucivilitéiGr.-n^t,-  àyxwvof, 
fixio  cubili. 

DISCUMBERE.  De  l'inusité  cumbere  ^  se 
couciier,  se  mettre  au  lit,  s'asseoir,  se  met- 
tre à  table  sur  des  lils  pour  manger;  dans 
l'Ecriture: 

Etre  à  table  comme  les  anciens  sur  des 
liJs.   Luc.    ik.   8.  Non  discumbas  in  primo 


loco  {y.a.xonàiv£(TBcei  )  :  Quand  vous  serez  con- 
vié à  des  noces,  ne  prenez  point  la  première 
place  :  Jésus-Christ  en  rend  la  raison  dans 
la  suite.  Ainsi,  c.  12.  37.  1.  Reg.  16.  11.  c. 
30.  16.  Voy.  AccuMBERE. 

Façons  de  parler.  ' 

Simul  discumbere.  cruvxw.y.îîçOxi..  Etre  à  table 
avec  d'autres,  être  du  nombre  des  conviés, 
Luc.  li.  V.  10.  15.  Marc.  2.  15.  c.  6.  26.  etc. 
Voy.  SiMCL. 

DISGURRERE,  omzpéyju ,  de  currere,  et  de 
dis,  qui  marque  diversion. 

Courir,  courir  ça  et  là.  Gen.  43.  22.  Joseph 
decorus  aspectu;  filiœ  discurrerunt  super  mu- 
rum  :  Le  vis&ge  de  Joseph  est  beau  et  agréa- 
ble; les  filles  (d'Egypte)  ont  cour»  sur  la 
muraille  pour  le  voir  revêtu  d'habits  royaux, 
Deut.  33.  26.  Magnificentia  ejus  discurrxint 
mibes  :  C'est  par  sa  haute  puissance  que  Dieu 
règle  le  cours  des  nuées,  ou  plutôt  des  cieux. 
Voy.  NuBEs.  Exod  9.  23.  Prov.  6.  3. 

1"  N  être  point  fixe,  paraître  et  disparaître. 
Levit.  13.  12.  Sin  autemef/loruerit  discurrens 
lepra  in  cute  :  Si  la  lèpre  paraît  comme  en 
fleur,  en   sorte  qu'elle  coure   sur  la  peau. 

Voy.  VOLATILIS. 

2°  S'étendre  (J'KteUneiv).  Zach.  i.  10.  Seplem 
isli  oculi  suiH  bomini,  qui  discurrunt  in  iini- 
versam  terratn  :  Ce  sont  là  les  sept  yeux  du 
Seigneur,  qui  s'étendent  dans  toute  la  terre. 
Ces  sept  yeux  ,  selon  quelques-uns  ,  étaient 
gravés  sur  le  plomb  de  Zorobabel  ;  mais  ils 
figuraient  les  lumières  secrètes,  par  lesquel- 
les la  providence  de  Dieu ,  à  qui  rien  n'est 
caché,  gouverne  le  inonde;  selon  d'autres, 
ce  sont  sept  anges,  exécuteurs  des  ordres  de 
Dieu.  Zach.  6.  7.  Voy.  2.  Par.  16.  9. 

DISCUS,  1.  Si7y.'j;,  du  Gr.  Sivy.o;,  de5ww,/aCîO, 
un  disque,  un  palet,  dont  usaient  ceux  qui 
disputaient  le  prix  aux  jeux  publics  ;  et  celui- 
là  gagnait  qui  jetait  le  disque  ou  plus  haut, 
ou  plus  loin,  ou  plus  près  d'un  but,  selon 
qu'ils  en  convenaient;  il  signifieaussi, un  plat. 

1°  Palet  à  jouer,  jeu  du  palet.  2.  Mach.  k. 
14.  In  cxerciliis  disci  :  Les  prêtres  se  pré- 
sentaient auxexcrcicesdu  palet  ;  se.  au  temps 
que  Jason,  usurpateur  du  nom  de  grand  prê- 
tre, fit  bâtir  un  lieu  d'exercice  public. 

2°  Plat,  bassin  (rriva?).  Malth.  14.  8  11.  Da 
milii,  inquit,  hic  in  disco  caput  Joannis  Ba- 
ptislœ  :  Donnez-moi  présentement  dans  un 
bassin  la  tête  de  Jean-Baptiste ,  dit  la  fille 
d'Hérodiade  à  Hérode.  Marc.  6.  v.  25.  27.  28. 

DISERTITUDO,  nis.  Inusité  de  diserlus. 

Eloquence  aisée,  discours  coulant;  dans 
l'Ecriture: 

Eloquence  affectée,  langage  étudié.  Isa. 
.33.  19.  Non  videbis  populum  alti  scrmonis , 
ita  ut  non  possis  inlcHigere  disertitudineni 
linquœ  ejus,  in  quo  nulln  est  sapienlia:  Vous 
ne  verrez  point  un  peuple  obscur  dans  ses 
discours,  dont  vous  ne  pourrez  enteudre  le 
langage  étudié;  Hebr  :  Le  bégaiement,  et  qui 
n'a  aucune  sagesse.  Dieu  parle  aux  Juifs 
jusl^îs,  touchant  le  langage  des  Assyriens, 
qui  était  si  obscur,  qu'on  ne  l'entendait  pas, 
ol  leur  promu  alors  qu'ils  ne  seraient  plus 
assujettis  à  ces  peuples  barbares. 


HM 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


1100 


DISERTUS,  A,  UM.  De  disserere,  discourir, 
parler  aisément,  du  verbe  serere ,  d'où  vient 
Sermo. 

Disert,  éloquent ,  oien-disant.  Sap.  7.  22. 
JUst  in  illa  spiritus  intelligentiœ  ....  disertus  : 
Il  y  a  dans  la  sagesse  un  esprit  d'inlelligence 
qui  est  disert;  parce  qu'elle  rend  éloquents 
ceux  en  qui  elle  habite,  c.  10.  21.  Voy.  In- 
fans. 

DISAN,  Hebr.  Trituratio.  Fils  de  Seïr,  Hor- 
réen.  Gen.  36.  v.  21.  26.  28.  30.  1.  Par.  1.  v. 
38.  42. 

DISON,  Hebr.  Trituratio.  —  l"  Autre  fils 
de  Scïr,  Horréen.  Gen.  36.  v.  21.  30.  1.  Par. 
1.  v.  38.  ki.  —  2°  Fils  d'Ana.  Gen.  36.  25.  1. 
Par.  1.  ko.  Cet  Ana  était  fils  de  Sebéon  ,  fils 
li p  ^ PI  T* 

DISPENDIUM,ii,  Ç»3fit«,  de  dispendere,  dé- 
penser, employer  ;  dépense  ,  perte  ,  dom- 
mage ;  dans  l'Ecriture  : 

Perle  ,  dommage.  Prov.  27.  12.  ParvuH 
transeimtes  sustinuertint  dispendium  :  Les 
imprudents  ont  passé  outre  ,  et  ils  en  ont 
souffert  la  perte.  Voy.  Parvulus. 

OISPENSATIO,  Nis.  Gr.  otV.ovo/xîa,  de  dis- 
pensare,  dispensation,  administration. 

1°  La  dispensation  ,  l'administration  de 
quelque  affaire,  de  quelque  chose;  comme 
1°  de  la  parole  de  Dieu  et  de  ses  mystères. 

1.  Cor.  9.  17.  Si  autem  invitus  ;  dispensalio 
mihi  crédita  est  :  Si  je  ne  prêche  l'Evangile 
que  par  nécessité  ,  je  m'acquitte  seulement 
de  la  charge  qui  m'a  été  imposée.  Ephes.  3. 

2.  Coloss.  1.  25.  2°  De  l'ouvrage  même  de 
l'incarnation  et  du  mystère  de  la  rédemp- 
tion. Ephes.  3.  9.  Mihi  data  est  gratia 
hœc  illuminare  omnes,  quœ  sit  dispensalio  Sa- 
cramenti  absconditi  a  sœculis  in  JDeo  (xotvwvîa, 
communio)  :  J'ai  reçu  cette  grâce  d'illuminer 
tous  les  hommes,  en  leur  découvrant  quelle 
est  l'admirable  économie  du  mystère  qui 
depuis  tous  les  siècles  a  été  caché  en  Dieu. 

2"  Préparation,  disposition,  ménagement. 
Eph.  1.  10.  Proposuit  in  eo  in  dispensatione 
plenitudinis  temporum  instaurare  omnia  in 
Chrislo  :  Dieu  a  résolu  en  lui-même  que  les 
temps  ordonnés  par  lui  étant  accomplis,  il 
rassemblerait  et  réunirait  tout  en  Jésus- 
Christ  ;  comme  Dieu  par  sa  sagesse  a  disposé 
tous  les  temps  de  toute  éternité,  Jésus-Christ 
est  venu  au  monde  quand  il  a  été  à  propos, 
et  que  le  temps  qui  avait  été  arrêté,  est  ar- 
rivé. 

DISPENSATOR,  is.  otxovôpto?.  —  1°  Eco- 
nome, intendant,  maître-d'hôlel.  Gen.  kS.  v. 
16.  19.  In  ipsis  foribus  accedentes  ad  dispen- 
satorem  domus  :  Les  frères  de  Joseph  étant  en- 
core ' 

devaient  raangei 

l'intendant  de  Joseph,  se.  pour  s'excuser  de 
l'argent  qu'ils  avaient  trouvé  dans  leurs  sacs 
au  second  voyage,  c.  H.  v.  1.  4.  3.  Reg.  18. 

3.  Luc.  14.  42. 

2»  Dispensateur,  soit  des  mystères  de  Dieu 
dans  le  ministère  sacré.  1.  Cor.  4.  v.  1.  2. 
Ilic  jani  quœritur  inter  dispensatores  ut  fide- 
lis  quis  inveniatur  :  Ce  qui  est  à  désirer  dans 
les  dispensateurs,  est  qu'ils  soient  trouvés 
fidèles.  Tit.  1.  7.  Soit  des  talents  et  des  biens 


!  à  la  porte  de  la  maison  de  Joseph,  où  ils 
lient  manger  avec  lui,  s'approchèrent  de 


que  chaque  fidèle  reçoit  de  Dieu  ,  pour  les 
employer  à  l'utilité  dû  prochain.  1.  Petr.  4. 
10.  Jn  alterutrum  illam  administrantes,  sicut 
boni  dispensatores  multiformis  gratiœ  Dei  : 
Que  chacun  de  vous  rende  service  aux  autres, 
selon  le  don  qu'il  a  reçu,  comme  étant  de 
fidèles  dispensateurs  des  différentes  grâces 
de  Dieu. 

DISPERDERE  ,  è^o^oSpevetv  ,   Siay6eto£tv.  —  1 

Perdre,  ruiner, détruire,  exterminer.  Ps.l05. 
23.  Dixit  ut  disperderet  eos  :  Dieu  avait  ré- 
solu de  perdre  les  Israélites  (si  Moïse  ne  s'y 
fût  opposé).  Ps.  82.  5.  Venite  et  disperdamus 
eos  de  gente  :  Venez  et  exterminons-les  du 
milieu  des  peuples,  disent  les  ennemis  de 
Dieu  touchant  son  peuple.  Levit.  17.  10.  1. 
Cor.  3.  17.  Ps.  56.  1.  Ne  disperdas  (îxTpt€£tv)  ; 
Ne  m'exterminez  pas  ;  Hebr.  ne  me  laissez  pas 
périr  :  C'est  l'inscription  que  mit  David  pour 
litre  de  ce  psaume,  lorsqu'il  s'enfuit  devant 
Saùl  dans  une  caverne.  Ps.  57.  1.  Ps.  58.  1. 
Do  là  vient,  Plaga  disperdens  :  Une  plaie  qui 
tue.  Exod.  12.  13.  Nec  erit  vobis  plaga  dis- 
perdens quando  percusscro  terram  Mgypli  : 
La  plaie  de  mort  ne  vous  louchera  point, 
lorsque  j'en  frapperai  toute  l'Egypte. 

Prédire  ou  annoncer  la  perle  et  la  destruc- 
tion de  quelqu'un  («TroUûetv).  Jerem.  1.  10. 
Ecce  constitui  te  hodie  super  gentes  ut  cvel- 
las,  et  destruas,  et  disperdas  :  Je  vous  établis 
aujourd'hui  sur  les  nations  pour  arracher  et 
pour  détruire,  pour  perdre  et  pour  dissiper. 
Ezech.  43.  3 

2°  Rejeter ,  négliger  {TzapeiSsiv).  Eccli.  32. 
22.  Vir  consilii  non  disperdet  intelligentiam: 
L'homme  considéré  ne  perdra  aucune  occa- 
sion de  s'éclaircir  de  ce  qu'il  doit  faire. 

3°  Abattre,  déconcerter  (àyavtÇeiv).  Act.  13. 
41.  Videte  contemptores ,  et  admiramini,  et 
disperdimini  :  Voyez  ,  vous  qui  méprisez  ma 
parole,  soyez  dans  l'élonnement  et  dans  l'a- 
battement; ce  passage  est  tiré  d'Habacuc. 
c.  1.  5.  où  l'Hébreu  porte,  Obstupescite  : 
Soyez  dans  l'élourdissement  ;  mais  l'inter- 
prète latin  a  renduleverbegrecà^avtÇic^eai.eua- 
nescere,  par  le  terme  disperdi  ;  soit  qu'il  mar- 
que ceux  qui  disparaissent,  parce  qu'ils  sont 
perdus,  ou,  parce  qu'ils  se  cachent  de  honte 
ou  de  crainte. 

DISPERGERE,  StaerxopTtîÇav,  du  simplespar- 
gère,  et  de  dis,  qui  marque  diversion. 

1°  Dissiper,  écarter,  répandre,  disperser. 
Matlh.26.31.  Percutiam  pastorem ,  et  disper- 
gentur  oves  gregis  :  Je  frapperai  le  pasteur, 
et  les  brebis  du  troupeau  seront  dispersées. 
C'est  l'accomplissement  du  prophète  Zacha- 
ric.  c.  13.  7.  Joan.  10.  12.  Luc.  11.  23.  (Voy. 
CoLLiGERE.)  cl.  51.  Dispersit  superbos  mente 
cordis  sui  :  Dieu  a  dispersé  les  Juifs  et  les  a 
dissipés,  à  cause  de  leurs  pensées  présomp- 
tueuses, ou  bien,  il  les  a  dispersés,  endés 
dorgueil  dans  leurs  pensées  présomptueuses. 
Gen.  49.  7.  Dispergam  eos  in  Israël  :  Je  les 
disperserai  dans  Israël.  Jacob  prédit  à  Levi, 
qu'en  punition  du  meurtre  des  Sichimiles, 
sa  tribu  serait  toulc  dispersée;  mais  Dieu 
changea  depuis  cette  malédiction  on  béné- 
diction ;  car  le  zèle  que  ceux  de  celle  tribu 
firent  paraître  pour  venger  l'injure  faite  à 


4161 


DIS 


DIS 


1162 


Dieu  après  l'/idoralion  du  vrau  d'or,  leur  fi( 
mcritor  la  bénédiction  de  Dieu  même  ;  et  s'ils 
furent  dispersés  dans  loutes  les  tribus,  ce  fut 
par  honneur,  pour  servir  au  culte  que  Dieu 
avait  établi.  Act.  5.  37.  Voy.  Ventilare. 
2'  Dissiper,  perdre,  détruire.  Ps.  91.  10. 
f  Disperqentur  omnes  qui  operanlur  iniquiln- 
tem  :  Tous  ceux  qui  commettent  l'iniquité, 
seront  dissipés.  Luc.  1.  51.  Dispersit  superbos 
mente  cordis  siiî  :  Le  Seigneur  a  perdu  les 
superbes  par  leurs  desseins,  ou,  il  les  a  ren- 
versés en  dissipant  leurs  desseins.  Job.  kO.  6. 
Habac.  .3.  14  Ps.  88.  11.  Jerem.  18.  17.  Isa. 
41.16.  Delà  vient,  Dispergere ossa.  Voy.  Os. 
Nahum.  2.1 .  Ascendit  qui  dispergnt  coram  te  : 
Voici  celui  qui  doit  renverser  vos  murailles 
à  vos  youx  ;  Gr.  sayuc-oiv  it;  ttoôtwttôv  tov, Insuf- 
flons in  faciem  tuant  :  Le  Prophète  parle  à 
Ninive. 

3°  Séparer,  détacher,  désunir.  Ps.  21.  15. 
Dispersa  suni  omnia  ossa  mea:  Mes  os  se  sont 
séparés  les  uns  des  autres.  Notre  Sauveur 
Jésus-Christ,  surla  croix,  avait  le  corps  aussi 
maltrailé.  que  si  ses  os  avaient  été  tout  dis- 
loqués. Voy.  Ossa. 

§1.  —  Répandre,  distribuer  largement 
f(rzo//7rîÇïiv).  Ps.  1 11 .  9.  Dispcrsit,  dédit  paiipe- 
rihus  :  Le  juste  a  répandu  ses  biens  avec  libé- 
ralité sur  les  pauvres.  2.  Cor.  9.  9.  A  quoi 
se  peut  rapporter,  Dispergere  vias  suas  :  Se 
répandre  et  s'abandonner.  Jerem.  3.  13.  Z>i5- 
persisti  vins  tuas  nlienis  :  Vous  vous  êtes  pro- 
stituée à  des  dieux  étrangers  ;  Gr.  SUxskç, 
âiffudisti. 

§  2.  —  Retirer,  ôter,  éloigner  (5t«(T«â«Ç£tv). 
Ps.  88.  31.  Misericordiam  autem  meam  non 
dispergnm  ah  eo  :  Je  ne  retirerai  point  ma 
bonté  de  dessus  David;  je  ne  rétracterai 
point  mes  promesses. 

§  3.  —  Dé(e«ter,  rejeter  avec  abomination 
(oVoeiv).  Isa.  30.  22.  Disperges  ea,  sicut  im- 
nnindidam  menstruatœ  :  Vous  rejetterez  les 
vêlements  précieux  de  vos  statues  d'or, 
comme  le  linge  le  plus  souillé. 

DISPERIRE,  èlo).oBpi<)îGOui,  de  perire,  et  de 
dis,  pour  marquer  une  augmentation. 

1°  Périr,  être  perdu,  sans  ressource,  être 
détruit  ou  défait.  Ps.  .%.  v.  22.  38.  Injusli 
disperihunt  simul  :  Les  injustes  périront  éga- 
lement. Ps.  82.  11.  etc. 

2"  Elreaboli, cesser, s'évanouir  (àTToAVjaOat). 
Num.  21.  30.  Jugum  ipsoriim  disperiil  ab 
Jlesebon  usque  Dibon  :  Lf  joug  dont  les  Moa- 
bites  opprimaient  Hésébon  a  éié  brisé  jus- 
qu'à Dibon.  Sap.  16,  29.  Voy.  Hibernalis. 

DISPERSIO  ,  Nis  ,  Biuinof.ù.  1°  Dispersion 
(5i«c-zoprto-^ô?)  ;  ce  qui  se  peut  entendre  des 
thoses  ;  mais  dans  l'Ecriture,  il  s'entend  des 
personnes  ;  ce  qui  signifie,  éloignemeiit  par 
lequel  les  personnes  sont  écartées  les  unes 
des  autres,  ou  éloiçnccs  de  leur  patrie.  Dan. 
12.7.  Usquequo  finis  horum  mirabilium?  cum 
compléta  fuerit  dispersio  manus  populi  sancti, 
complebuntur  universa  hœc  :  Quand  sera-ce 
que  l'accomplissement  de  ces  prodiges  arri- 
\era?  Toutes  ces  thoses  s'accompliront  lors- 
que la  dispersion  de  l'assemblée  du  peuple 
saint  sera  achevée  ;  t.  e.  quand  l'AnUchrist 
aura  dissipé  les  fidèles,  et  les  aura  fait  eu- 

Du.TioNV.  i)i:  rn.LOL.  sacrék.  L 


fuir  çà  et  là;  ou  bien,  la  fin  du  monde  arri- 
vera ,  lorsque  le  peuple  chrétien  aura  été 
répandu  par  toute  la  terre,  selon  l'oracle  du 
FilsdeDieu  Matth.24.14.  ou,  selon  d'autres, 
que  la  fin  de  tous  lesmaux  qu'Antiochus 
ferait  aux  Juifs  devait  arriver  ,  lorsque  l'as- 
semblée de  ce  peuple,  saint  et  consacré  au 
Seigneur,  serait  toute  dispersée  par  la  fureur 
de  ce  prince  impie,  comme  on  le  peut  voir 
dans  l'histoire  des  Machabées.  Judiih.  o.  23. 
Nuper  reversi  ad  Dominum  Deum  suum,  ex 
dispersione  ,  qua  dispersi  fuerant ,  adunati 
sunt:Les  Israélites, depuis  peu, étant  retour- 
nés vers  le  Seigneur  leur  Dieu,  ils  se  sont 
réunis  après  leur  dispersion,  dit  Achior  à 
Holopherne.  Il  semble  que  celte  dispersion 
est  celle  qui  se  fit  par  le  roi  d'Assyrie  sous 
le  règne  d'Achaz.  2  Par.  28.  5.  Jac.  1.  1.  Ja- 
cobus  duodecim  tribubus  quœ  sunt  in  disper- 
sione, salutem  :  Saint  Jacques  salue  les  dou?e 
tribus  qui  sont  dispersées  parmi  les  nation?. 
1.  Petr.  1.  1.  Voyez  Advena. 

2"  Les  captifs  dispersés.  Ps.  146.2.  ^difi- 
cans  Jérusalem  Dominus  dispersiones  Israelis 
congregabit  :  Le  Seigneur,  qui  bâtit  Jérusa- 
lem, doit  rassembler  tous  les  enfants  d'Israël 
qui  sont  dispersés.  Quand  David  prit  Jérusa- 
lem et  îafitrebâtir,  beancoup  de  Juifs  avaient 
été  emmenés  en  captivité  par  les  nations 
voisines  que  David  subjugua.  Joan.  7.  35. 
Numquid  in  dispersionem  Gentium  itunts  est, 
et  docturus  Génies  ?  Ira-l-il  vers  les  Gentils 
qui  sont  dispersés  par  tout  le  monde,  et  iii- 
struira-t-il  les  Gentils  ?  disent  entre  eux  les 
Juifs,  de  Jésus-Christ.  Ce  qui  peut  s'enten- 
dre des  Juifs  mêmes  dispersés  parmi  les  Gen- 
tils ,  ou  des  Gentils  répandus  par  tout  le 
monde  (Voyez  Maldon.  ibid.).   2.  Mach.  1. 

27.  1.  Petr.  1. 

Les  Juifs  ont  été  dispnrsés  et  emmenés 
captifs  plusieurs  fois  ,  comme  Dieu  les  eu 
avait  menacés.  Levit.  26.  33.  Dout.  \.  27.  c. 

28.  64.  etc.  Or,  il  y  a  eu  trois  dispersions  ou 
captivités  principales  avant  qu'ils  aient  été 
dispersés  sans  retour  par  les  Romains. 

La  première  est  celle  des  dix  tribus  par 
Salmanasar,  qui  les  emmena  dans  la  Médie, 
où  elles  sont  encore  ;  c'est  d'eux  qu'il  est 
parlé,  Act.  2.  9.    Partfii  et  Medi. 

La  seconde  est  celle  des  deux  tribus  sous 
Nabuchodonosor  ,  dont  une  grande  partie 
n'est  point  revenue  à  Jérusalem  :  c'est  de 
ceux-ci  qu'il  est  parlé  ,  Act.  2.  9.  Qui  habi- 
tant Mesopotamiam  :  Ceux  qui  habitent  la 
Mésopotamie. 

La  troisième  est  celle  qui  s'est  faite  sous 
Plolémée,  fils  de  Lagus,  qui  emmena  granJc 
quantité  de  Juifs  en  Egypte,  qui  ont  été  ap- 
pelés Hellénistes,  parce  qu'ils  parlaient  Grec. 
Les  Juifs,  dispersés  de  la  sorte, se  sont  répan- 
dus par  toutes  les  nations.  Ainsi  Dieu  appelle 
les  Juifs  son  peuple  dispersé.  So|)h.  3.  10. 
Inde  filii  dispersorum  meoruin  défèrent  munus 
tnihi  :  Les  enfants  de  mon  petiple  dispersé  on 
divers  lieux  m'apporteront  leurs  présents. 
Le  Prophète  a  en  vue  l'établissement  de  l'E- 
glise, dans  laquelle  i)lusieurs  d'entre  les  dis- 
persés par  loutes  les  nations  sont  entrés  en 
lecevanl  la  foi  ;  c'est  pourquoi  saint  Jacques 


!IC3 


IICTIONNAIRE  I>E  PlIILOLOCIl::  SACHEE 


adresse  son  Epîlre  aus  douze  tribus  ;  ei  saint 
Pierre  la  sienne  aux  Juifs  étrangers  dans 
l'Asie  >Jineure. 

DISPKKTIRE  ;  ory.j/;£tî5a(,5t«u.=cîÇ£iv.  De  par- 
tire,  qui  vienl  de  pars. 

V  Partager,  distribuer,  donner  en  par- 
tage. Exod.  21.  35.  Cadnver  mortui  inter  se 
ililpertient  :  Us  partageront  entre  eux  le 
bœuf  mort.  Isa.  53.  12.  Dispertiam  ei pluri- 
mos  :  Je  lui  donnerai  en  partage  une  multi- 
tude de  personnes  :  Le  Père  éternel  parle 
des  élus  qu'il  doit  donner  à  Jésus-Cbrist. 
Act.  2.  3.  De  là  vient  : 

2°Diviser,  mettre  la  division  (,iz£oiÇ=r;). Marc. 
3.  V.  25.  26.  Si  domus  super  semetipsam  dis- 
pertiutur  ,  non  potest  domus  illa  stare  :  Si 
une  ma'son  est  divisée  contre  elle-même,  il 
est  impossible  que  cette  maison  subsiste. 

DISPLICERE.  Du  simple  placere,  et  \ie  dis, 
qui  marque  division,  ou  opposition. 

Déplaire,  causer  du  déplaisir  j^t  de  la  tris- 
tesse {y.i-zi'yOM,  plonger e).Ecc\\.o. 3.  Displicet 
ei  in^dclis  et  slulta  promissio  :  La  proraosse 
infidèle  et  imprudente  faite  à  Dieu  lui  déplaît. 
Ezech.  6.  9.  Displicebunt  sibimet  super  malis 
quœ  fecerunt  in  universis  abominalionibus 
suis  :  lis  se  déplairont  à  eux-mêmes,  à  cause 
des  maux  qu'ils  auront  faits  dans  toutes  les 
abominations  où  ils  sont  tombes,  c  20.  i3. 
Jerem.  iO.  i.  etc. 

DlSPONERE,or/Tà7cru/,otKriO£7Çat;deponere, 
et  de  dis,  qui  marque  une  distribution  ou  un 
arrangement. 

1°  Disposer,  régler,  ordonner,  donner  or- 
dre (Ticc-.-tv).!.  Cor.  11.  3i.  Cœtera  autem,  cum 
i)enero,  disponam:  Pour  les  autres  choses,  je 
les  réglerai  lorsque  je  serai  venu  vous  visi- 
ter (rrourv).  Isa.  38.1.  Dispone  domui  tuœ  : 
Donnez  ordre  aux  affaires  de  votre  maison, 
dit  Isaïe  à  Ezechias  qui  était  malade  jusqu'à 
la  mort.  Voy.  Precipere.  Num.  8.  26.  Sic 
dispones  Levitis  in  cuslodiis  suis  :  C'est  ainsi 
que  vous  réglerez  les  Lévites  ,  touchant  les 
ibnclions  de  leurs  charges.  Act.  20.  13.  Tit. 
1.5.  2.  Rcg.  17.23. 

Ordonner,  commander.  Act.  7.  ii.  Sicut 
disposuit  illis  Deus ,  loquens  ad  Moysen  ,  ut 
faceret  illud  sccundum  formain  quam  viderai  : 
Nos  pères  eurent  au  désert  le  tabernacle  du 
témoignage,  comme  Dieu  parlant  à  Moïse, 
lui  avait  ordonné  de  le  faire  selon  le  modèle 
qu'il  avait  vu. 

2"  Disposer,  préparer.  Prov.  16.  9.  Cor 
hominis  disponit  viain  suam  :  Le  cœur  de 
l'homme  prépare  sa  voi?. 

3'  Assurer,  préparer,  destiner.  Luc.  22. 
29.  Et  ego  dispono  vobis  ,  sicut 
mihi  Pater  meus  regnum  :  Parce 
êtes  demeurés  fermes  avec  moi  dans  mes 
tentations,  je  vous  prépare  le 
comme  mon  Père  me  l'a  piéparé, 
Christ  à  ses  Apôtres  :  Ce  roy;iuuie  s'acquiert 
par  les  souffrantes ,  comme  Jésus-Clirisl  l'a 
iicquis.  Num.  -k.  H. 

k'  Etablir,  conliacter.  Ps.  82.  6.  Cogitave- 
runt  nnanimittr,  simul  adversum  te  testamen- 
lum  disposucrunt  ,  tubernacula  Idumœorwn 
et  Ismaclitie  :  On  a  vu  conspirer  ensemble  et 
fi'ire  alliance  contre  vous  les  lentes  des  Idu- 


disposuil 
que   vous 


royaume  , 
dit  Jésus- 


1(04 

méens  et  les  Ismaélites,  i.  .Mach.  1.  12.  Ea- 
mus,  et  disponamus  leslamentum  cum  genl\~ 
bus  quœ  circa  nos  sunt  :  Allons,  et  faisons 
alliance  avec  les  nations  qui  nous  environ- 
nent, dirent  des  enfants  d'iniquité  qui  étaient 
disraël,  au  temps  du  règne  d'Aiitiochus.  Ps. 
88.  k.  Ps.  lOi.  9.  Act.  3.  25.  Hebr.  8.  10. 
Sap.  18.  9.  etc. 

5°  Régler,  conduire,  gouverner  (Stotxsfv). 
Sap.  8.  iï.  Disponam  populos  :  Je  gouverne- 
rai les  peuples  par  la  sagesse.  Ps.  111.  6. 
Jucundus  homo  qui  disponet  sermones  suos  in 
judicio  i'ii/.rj-j'-j-j.th)  :  L'homme  qui  règle  tous 
ses  discours  avec  prudence  et  jugement  est 
vraiment  heureux;  Hebr.,  qui  règle  ses  af- 
faires avec  prudence.  Sap.  8.  1.  c.  9.  v.  3. 
12.  etc. 

Façon  de   parler. 

6°  Bene  disponere ;  îvtçy-.-irj,  faire  du  bien, 
traiter  favorablement.  Sap.  3.  5.  In  pa  cis 
vexati ,  in  77ni(lis  bene  disponentur  :  L'afflic- 
tion des  justes  a  été  légère  ,  et  leur  récom- 
pense sera  grande  :  ils  seront  comblés  de 
bienfaits,  c.  16.  2.  Pro  quibus  tormentis  bene 
disposuisti  populum  luum  :  Au  lieu  de  ces 
peines  que  souffraient  les  Egyptiens  ,  vous 
avez  traité  favorablement  votre  peuple.  Tob. 
5.  27.  Credo  quod  Angélus  Dei  bene  disponat 
omnia  :  Je  crois  que  le  bon  ange  de  Dieu  ac- 
compagne notre  fils,  et  qu'il  règle  tout  ce 
qui  le  regarde. 

7°  Résoudre,  méditer  de  faire  (îQî^stv). 
2.  Par.  7.  11.  Salomon  omnia  quœ  disposuerat 
in  Corde  suo  ut  faceret  prosperatus  est  :  S.ilo- 
mon  réussit  dans  tout  ce  qu'il  s'était  proposé 
de  faire,  c  8.  6.  Ps.  83.  6.  1.  Reg.  23.  10.  Ju- 
dith. 8.31.  etc. 

DISPOSITIO,  Ms.  1°  Disposition,  ordre, 
arrangement.  2.  Par.  8.  14.  Conslituit  juxla 
dispositionem  David  patris  sui,  officia  Sacer- 
dolum  in  ministeriis  suis  y.pi'ri;  judicium)  : 
Salomon,  suivant  l'ordre  de  David,  son  père, 
établit  les  devoirs  des  prêlres  dans  leur  mi- 
nistère, c.  23.  18.  c.  29.  25.  c.  30.  16. 

2°  Discrétion  ,  prudence  (xjoîovïîo-t;).  Prov. 
2V.  6.  Cum  disposilione  inilur  bellum  :  La 
guerre  se  conduit  par  la  prudence. 

3°  Disposition,  état  (c-Jo-Tac-u-,  constitutio). 
Sap.  7.  17.  Ipse  dédit  mihi  ut  sciam  disposi- 
tionem orbis  terrarum  et  virlutes  elemento- 
rum  :  C'est  Dieu  même  qui  m'a  fait  savoir  la 
disposition  du  monde  ,  les  vertus  des  élé- 
ments, etc.  C'est  Salomon  qui  parle,  v.  19. 
29. 

i°  Pratique,  observation,  exécution  (ttoijj- 
(Ti;).  Eccli.  19.  18.  In  omni  sapientia  dispo- 
sitio  legis  :  La  souveraine  sagesse  consiste 
toujours  à  exécuter  les  luis  de  Dieu. 

5"  Volonté,  discrétion,  plaisir,  fantaisie 
(c-ùooyiy. ,  beneplacilum).  Ercli.  33.  li.  Omnes 
viœ  ejus  secundum  dispositionem  ejus  :  Le  po- 
tier emploie  l'argile  à  tous  les  usages  qu'il 
lui  pbiît. 

6'  Ministère,  entremise  [oixruyri).  Act.  7. 
53  Qui  accepislis  legem  in  dispositione  angc^ 
lorum  :  Vous  avez  reçu  la  loi  par  le  minis- 
tère des  ancTf  s.  dit  saint  Etienne  dans  le  dis- 
cours qu'il  fit  aux  Juifs. 


iiCa 


DIS 


DIS 


if^)6 


» 


DISPUTARK  ,  5i«>£7sa5«i  ;  ae  puUire,  Gr. 
friùQav  ,  opinari ,  el  de  rfis  pour  marquer  di- 
versité. 

1°  Discourir,  raisonner,  traiter  de  quelque 
chose.  3.  Reg.  4-.  S3.  Dispittavit  super  liijitis 
a  cedro  quœ  est  in  Libano,  usqiie  ad  hyssopum 
quœ  egredilur  de  pariete  :  Salomon  Iraila  de 
tous  les  arbre?,  depuis  Je  rèdre  qui  est  sur  le 
Liban,  jusqu'à  Tliyssope  qri  sort  de  la  mu- 
raille. Éccli.  6.  10.  r('r6fj  sunt plurima ,  mul- 
tamque  in  disputando  hibenlia  vanitatem:On 
discourt  braucoup,  on  se  répand  en  beau- 
coup de  paroles  dans  la  dispule,  el  ce  n'(  st 
que  vanité;  Ilebr.  Il  y  a  beaucoup  de  choses 
qui  augmentent  la  vanilé;  el  quel  avantage 
l'homme  en  relirc-t-il?  Acl.  2i.  25. 

2°  Parler  en  public,  prêcher.  Acl.  18.  k. 
Disputabat  in  synatjoga  per  omnc  sabbatnm  ; 
S.iinl  Paul  prêchait  dans  la  synagogue  tous 
les  jours  de  sabbal  (se.  à  Corinlhe).  c.  ID. 
9.  c.  20.  V.7.  9. 

3'  S'entretenir,  r.tisonner  familièrement  , 
conférer  (),«).£«).  Job.  13.  3.  Dispufare  ciim 
Dvo  cupio  :  Je  désire  m'enlretenir  avec  Dieu  : 
Job  ne  prétendait  pas  contester  avec  Dieu  , 
mais  lui  représenti-r  la  justice  de  sa  cause. 
Act.  17.  17.  c.  18.  19.  r.  19.  8. 

4"  Disputer, contester  {rrv'ÇvTEtv,  conquirere). 
Jerern.  12.  1.  J ustus  quide.m  tu  es.  Domine,  si 
disputem  tecum  :  Seigneur,  vous  être  trop, 
juste  pour  que  j'ose  disputer  avec  vous. 
Marc.  9.  33.  Act.  6.  9.  c.  9.  29.  Disputabat 
cum  Grœcis  :  Saint  Paul  disputait  avec  les 
Juifs;  Gr.  Hellénistes.  Ces  disputes  en  fait 
de  religion  se  faisaient  par  demandes  et  ré- 
ponses. Voyez -en  un  exemple  en  Jésus- 
Christ.  Luc.  2.  v.  46.  kl.  Ainsi,  Acl.  24.  12. 
Jud.  9.  etc.  Michael  archangelus  cum  diabolo 
disputons  :  L'archange  Michel  eut  conlesla- 
lion  avec  le  diable  touchant  le  corps  de 
Moïse. 

DISPUTATIO  ,  Nis.  Discours  sur  quelque 
sujet,  dissertation;  dispule,  coniestalion  : 
dans  l'Ecrilure  : 

1°  Entrelien  familier,  conférence  {D.iyzi.:, 
redargutio).  Job.  21.  k.  Numquid  contra  liu~ 
minem  disputatio  mea  est?  Est-ce  avec  un 
homme  que  je  prétends  disputer?  Hebr.  elo- 
quium  meum  :  Job  ne  voulait  point  disputer 
avec  les  hommes  paur  sa  justification;  n).iis 
on  conférer  avec  Dieu,  qui  pouvait  seul  lui 
faire  connaître  les  raisons  de  sa  conduite. 

2"  Examen,  recherche.  Eccli.  3.  11.  Mun- 
dumtradidit  disputatioui  eorum;  Gr.  èv  y.apniv. 
aÙT&)v  ,  Dieu  a  livré  le  monde  aux  disputes 
de>  hommes;  se.  afin  qu'ils  s'élevassent  à  la 
co.itemplation  du  Créateur  par  la  recherche 
des  créatures. 

DISQUIREKE.  De  quœrere ,  el  de  dis  ,  qui 
marque  augmentation. 

ChiTcher  avec  soin,  considérer  allenlivc- 
ment  {nol^jnpuyuryjùj).  2.  Mach.  2.  31.  Curio- 
sius  partes  nngulas  qnasque  disquirere  ,  lii- 
storiœ  congruit  auclori  :  Il  est  du  devoir  «le 
celui  qui  compose  une  histoire  de  recher- 
cher avec  un  grand  soin  les  circonstances 
particulières  d»;  ce  qu'il  raconte. 

DISRUMPEHE  ;  foy/y^vj.  ,  0(«/-;p//vOeiv.  D<' 
runipcre,  et  de  dis,  (|ui  /narcjuc  cluersion. 


1°  Rompre,  crever,  casser,  briser.  Job.  32. 
19.  Venter  meus  quasi  mustum  absqm  spira- 
culo  quod  lagunculas  novas  disrumpit  :  Mon 
estomac  est  connue  un  vin  nouveau  qui  n'a 
point  d'air,  qui  rompt  les  vaisseaux  neufs  où 
l'on  le  renferme.  Num.  5.  21.  Tumens  utérus 
îuus  disrumpatiir  {np-nOi-j)  :  Que  votre  ven- 
tre" s'enfle,  el  qu'il  crève  enfin.  Ceci  esl  de 
la  malédiction  du  sacrifice  de  jalousie.  San. 
4.  19.  Ps.  106.  U.  etc. 

2"  Séparer,  diviser,  démembrer.  3.  Reg. 
11.  11.  Disrumpens  scindam  regnum  tuum  : 
Parce  que  vous  n'avez  point  gardé  mou 
alliance  ,  je  déchirerai  et  diviserai  votre 
royaume;  se,  dans  Roboam;  Hebr.  Scin- 
dendo  scindam,  où  cette  répétition  peul  bien 
en  marquer  la  cerlilude  :  Dieu  parle  à  Salo- 
mon après  qu'il  eut  |iéché. 

DISSECARE;  oiy.T:pUn.  Disséquor,  couper, 
faire  la  dissection  ou  l'anatomie  d'un  corps  : 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Couper  en  morceaux,  tailler  et  briser 
en  pièces.  1.  Par.  20.  3.  Fecit  super  eos  tri- 
tndas,  trohas,  et  ftrrata  carpenta  transire,  ild 
ut  dissecarenlur  et  conlererentur  :  David  fit 
passer  sur  les  peuples  de  la  ville  de  Rabba 
des  traîneaux,  dos  chariots  armés  de  fers  el 
de  tranchants,  pour  les  briser  el  les  metln; 
en  pièces. 

2°  Fendre,  couper  par  la  moilié.  Amos.  1. 
13.  Non  convertam  eum ,  eo  quod  dissecuerit 
prœgnnntes  Galaad  ad  dilatandum  termintun 
suu7n  (àv'/T/.iÇejv)  :  Je  ne  changerai  poinU'ar- 
réi  que  j'ai  prononcé  contre  les  enfant."» 
d'Ammon  ,  parce  qu'ils  ont  fendu  le  ventre» 
des  femmes  grosses  de  Galaad  pour  éteadr© 
les  limites  de  leur  pays. 

3"  Fâcher  quelqu'un  :  de  là  vient: 

DÏSSECARL  Crever  de  rage ,  être  .rans- 
porté  de  fureur.  Acl.  5.  .33.  Hœc  cum  audis- 
sent ,  dissecabanlur  :  Le  conseil  des  Juifs 
ayant  entendu  la  réponse  que  saint  Pierre  et 
les  Apôtres  firent  au  grand  préire,  ils  étaient 
transportés  de  rage.  c.  7.  54. 

DISSEMINARE;  ^tocnrsîpstv,  Stays&Etv,  De  5e- 
minare,  et  de  dis,  qui  marque  diversion. 

Epandre  ,  répandre  comme  une  semonce. 
Prov.  15.  7.  Lf,6m  sapienlium  disseminobunt 
scientiam  (ocOîTKtatVO/iart):  Les  lèvres  des  sages 
répandront  la  science  comme  une  semence 
Gen.  9.  19.  c.  10.  18.  Act.  13.  49.  —  Disper- 
ser, écarter,  en  parlant  dos  personnes.  Jer. 
13.  24.  Disseminnbo  eos  quasi  stipufam  quœ 
vento  raptaiur  in  dcserto  :  Je  les  disperserai 
en  divers  lieux,  comme  la  paille  que  le  vent 
emporte  dans  le  désert  ;  se.  à  cause  de  leur 
idolâtrie.  Ezech.  12.  15. 

DISSENSIO,  Nis.  1"  Dissension,  di  corde  . 
contestation  («/«T«(rT«7ΫK  1.  Cor.  14.33.  i\on 
esl  dissensionis  iJeus,  scd  pacis  :  Dieu  nesl 
pas   un   Dieu   de  confusion,  riiais  de   paix 
Rom.  16.  17.  Gai.  5.  20.  Act.  15.  39.  etc. 

2"  Division,  schisme  (a^t«rfi«).  Joan.  7. 
43.  Disscnsio  iinque  facta  esl  in  lurba  proptrr 
cum  :  Le  peuple  était  ainsi  divisé  sur  le  sujet 
de  Jésus-Christ:  les  uns  disant  qu'il  était  un 
prophète  ,  les  autres  qu'il  était  le  Christ ,  el 
les  autres  le  niant,  c.  10.  19, 

3'  Sédition  ,  tumulte  {c'Û7t;).  Act.  23".  7, 


Ciim  hœc  dixisset ,  fada  est  dissensio  inter 
Pharisœos  et  Sadducœos  :  Sur  ce  que  saint 
Paul  dit  qu'il  était  Pharisien,  il  s'émut  une 
dissension  entre  les  Pharisiens  et  les  Sadu- 
céens.  Quoique  Dieu  déteste  ceux  qui  sè- 
ment la  discorde  entre  les  l'rères  ,  Prov.  6. 
19,  il  ny  a  point  de  mal  de  mettre  la  divi- 
sion entre  ceux  qui  ne  s'accordent  que  pour 
faire  du  mal.  Act.  23.  v.  6.  7.  1.  Math.  3.  29. 

DISSENTIRE.  De  sentire  ,  et  de  dis,  qui 
marque  division. 

Etre  de  sentiment  contraire  ,  n'être  pas 
d'accord.  2.  Par.  18.  12.  Quœso  ergo  te  ut  et 
sermo  tuus  ab  eis  7ion  disseutial  :  Je  vous 
prie  que  vos  paroles  ne  soient  point  diffé- 
renles  des  paroles  de  tous  les  autres  pro- 
phètes,  qui  prédisent  tous  un  bon  succès  au 
roi,  dit  au  prophète  Michée  celui  qui  avait 
été  envoyé  par  Achnb,  pour  faire  venir  ce 
prophète  ,  afin  de  le  consulter. 

DISSERERE,  Staliyôo-ôar.de  sererc;ce  verbe, 
quand  il  vient  de  sero ,  sévi,  salum,  signifie 
semer  çà  et  là,  en  parlant  de  graines  ;  quand 
il  ïivl  serui,  sertum  ,  il  signifie  traiter  de 
quelque  chose,  s'en  entretenir,  en  discourir. 
^^)y.  Serere. 

1°  Discourir,  raisonner,  parler,  traiter  de 
quelque  chose  [luiru,  loqui).  3.  Reg.  k.  35. 
hisferuit  de  jumentis  et  volucribus,  et  repti- 
libus ,  et  piscibus  :  Salomon  traita  des  ani- 
maux de  la  terre ,  des  oiseaux ,  des  reptiles , 
et  des  poissons.  Act.  17.  2 

2°  Conférer,  s'entretenir  avec  quelqu'un 
((7yfiÇ«).).ïiv).  Act.  17.  18.  Quidam  Epicurei  et 
Sloici  Fhilosophi  disserebani  cum  eo  :  Il  y 
eut  quelques  philosophes  épicuriens  et  sloï- 
ciens  qui  conférèrent  avec  saint  Paul,  à 
Athènes. 

3°  Expliquer  clairement  {iTzà<jsrj).  Marc. 
k.  3\.  Seorsum  Discipulis  suis  differebat  om- 
nia  :  Jésus-Christ  étant  en  particulier,  ex- 
pliquait tout  à  ses  disciples;  c'est-à-dire, 
toutes  les  paraboles  dont  il  avait  usé  dans 
les  discours  qu'il  avait  faits  aux  peuples. 

DISSILIRE.  De  salire,  sauter  çà  et  là  par 
éclats  ,  parlant  d'une  chose  qui  se  rompt 
avec  violence  ;  dans  l'Ecriture  : 

Sauter,  se  jeter  dans  (i/xTrr^Sâv,  insilire).  1. 
Mach.  9.  i8.  Dissiliit  Jonalhas ,  et  qui  cum 
eo  erant ,  in  Jordanem  :  Jonathas,  (t  ceux 
qui  étaient  avec  lui,  se  jetèrent  dans  le  Jour- 
dain ;  cesl'à-dire,  ils  s'y  jetèrent  à  la  nage, 
désespérant  de  remporter  la  victoire. 

DISSIMILIS,  is ,  E.  De  similis,  et  de  dis, 
qui  marque  diversité. 

1°  Dissemblable,  différent,  opposé,  con- 
traire (àvoaotoj).  S.ip.  2.  1).  Dissimilis  est 
aiiis  lita  illius  :  La  vie  du  Juste  n'est  point 
semblable  à  celle  des  autres.  Prov.  15,  7. 
Cor  stidtorum  dissimile  erit  :  Le  cœur  des 
insensés  n'est  point  disposé  à  édifier  les 
autres  comme  celui  des  sages,  ou  bien,  le 
cœur  des  insensés  est  inégal.  Dun.  7.  v. 
7.  19. 

2°  Faible,  inconstant,  inégal,  qui  ne  se 
soutient  pasfoOx  qut'^j,-,  non  sic  .Jerem.  23. 10. 
Fortitudo  eorum  dissimilis;  i.  e.  iniquissima: 
Toute  la  puissance  des  adultères  n'a  servi 
cju'à  l'injustice.  Prov.  15.  7. 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


11" 


DlSSiMULARE.  De  simulare,  et  de  dis., 
pourmarquerquebiuc  diversité, clsignifie,  ou 
ne  pas  faire  semblant  de  voir  ou  d'entendre 
une  chose,  ou  bien,  user  de  dissimulation, 
en  déguisant,  ou  cachant  sa  pensée. 

1°  Dissimuler,  cacher  sa  pensée,  ne  faire 
pas  semblant  de  voir  ou  de  savoir.  Prov.  12. 
16.  Qui  dissimulât  injuriam,  callidus  est: 
Celui  qui  dissimule  par  une  vraie  patience  , 
et  non  pour  s'en  mieux  venger,  l'injure 
qu'on  lui  a  faite,  est  habile  homme.  1.  Reg. 
10.  27.  3.  Reg.  H.  5.  Eslh.  5.  10.  Sap.  11.  2i. 
Dissimulas  (77«/;or.âv)  peccata  hominum  propler 
pœnitcntiam  :  Vous  dissimulez  les.  péchés 
des  hommes,  afin  qu'ils  fassent  pénitence. 

2"  Tarder,  différer,  temporiser.  Gen.  19. 
16.  Dissimulante  illo,  apprehenderunt  manum 
ejus  ,  et  manum  uxoris  ac  duarum  filiarum 
ejus  :  Les  anges  voyant  que  Loth  différait 
toujours  de  sortir  de  Sodome,  ils  le  prirent 
par  la  main,  cl  prirent  de  même  sa  femmo 
et  ses  deux  filles.  1.  Reg.  23.  13. 

3°  Etre  dans  la  retenue,  se  tenir  en  paix 
{sipn-js\)iiv,  quietem  agere).  Job.  3.  26.  Nonne 
dissimulavi  ?  N'ai-je  pas  toujours  conservé 
la  retenue  et  la  patience  ;  ou  dans  le  gouver- 
nement de  mon  peuple,  ou  dans  les  maux  qui 
me  sont  arrivés  ?  Prov.  12.  16.  Sap.  11.  2i-. 

4" Négliger,  mépriser  {vn;pzi§Eiv).  Eocli.  23, 
13.» 5t  dissimulaverit ,  delinquit  dupliciter  : 
Si  celui  qui  a  promis  avec  serment  de  faire 
quelque  chose,  y  manque  par  mépris,  il 
péchera  doublement. 

DISSiPARE;  Staaxo/jTriÇetv,  de  l'ancien  yerbo 
sipare,  et  de  dis,  qui  signifie  diversion. 

1°  Dissiper,  disperser,  répandre  çà  et  là 
iSixcTKiipefj,  disperdere).  Deut,  30.  4. 5i  ad  car~ 
dines  cœli  fueris  dissipatus,  inde  te  retrahet 
Dominus  Deus  noster  :  Quand  vous  aurez  été 
dispersé  jusqu'aux  extrémités  du  monde  ; 
se.  à  cause  de  vos  péchés,  le  Seigneur  votre 
Dieu  vous  en  retirera  ;  se.  lorsque  vous  vous 
en  rrpenlirez  du  fond  de  votre  cœur.  Ezecli. 
34.  12.  Isa.  61.  4.  etc. 

2"  Ruiner,  gâter,  détruire,  exterminer 
{§iu(Ty.-Sù^jvj).  Ps.  67.  31.  Dissipa  génies  quœ 
bella  volunl  :  Dissipez  les  nations  qui  ne  re- 
spirent que  la  guerre,  v.  2.  Ps.  118. 126.  Dissi- 
paverunt  legem  tuam:  Les  superbes  ont  ren- 
versé votre  loi.  Ps.  143.  6.  Act.  5.  36.  Ainsi, 
Dissipare  ossa.  Briser  et  renverser  les  os,  c'est 
ruiner  la  force  et  la  puissance.  Dissipata  sunt 
ossa  nostra  secus  infernum  :  Nos  os  ont  été 
brisés  et  renversés,  jusqu'à  nous  voir  aux 
approches  du  sépulcre.  Ps.  52.  6. 

3°  Dissiper,  dépenser,  consumer.  Luc.  15. 
13.  16.  Dissipavit  subslantiam  suam  vivendn 
luxuriose  :  Le  plus  jeune  des  deux  enfants  à 
qui  leur  père  avait  fait  le  partage  de  son 
bien,  dissipa  tout  son  bien,  dans  un  pays 
étranger,  en  excès  et  en  débauches,  e.  16.  1. 

4°  Travailler,  agiter  par  de  grandes  con- 
vulsions ((777«/5(i(7o-ctvi.  Luc.  9.  42.  Elisit  illum 
dœmonium,  et  dissipavit:  Le  démon  jeta 
l'enlanl  par  terre,  et  l'agita  par  de  grandes 
convulsions  ;  se.  lorsque  cet  enfant  appro- 
chait de  Jésus-Christ,  v.  39. 

5^  Détendre,  plier.  Num.  9.  21.  Si  posi 
dicm  et  noclcm  recessisset,  dissioabant  lcn~ 


f 


«IC9  DIS 

(oria  :  Si  .a  nuée  se  relirait  après  un  jour 
il  une  nuil,  les  Israéliles  détendaient  aussitôt 
kurs  pavillons. 

6°  Arrêter,  empêcher  de  tourner  [èlzyz'.p-cj, 
eœcitare.  Symm.  StaXûstvj.Prov.  25.  23.  Venlus 
Aquilo  dissipât  pluvias  :  Le  vont  d'Aquilon 
empêche  la  pluie  ;  se.  en  écartant  les  nuées. 
Job.  38.  31. 

T  Troubler,  déconcerter  [èy-fASuv).  Job. 
30.  13.  Dissipaverunt  ilinera  mea  :  lis  m'ont 
rempli  de  trouble  et  de  confusion.  Voy.  Iter. 
De  là  vient  le  passif. 

DISSIPARI.  ~  1°  S'évanouir,  disparaître  , 
cesser.  Job.  6.  17.  Tempore  quo  fueriiit  (or- 
rentes  dissipati  :  Au  temps  que  les  torrents 
disparaîtront  en  s'écoulant,  ils  périront  : 
Job  assure  que  ses  amis,  qui  avaient  tant  de 
dureté  pour  lui,  périront  comme  les  torrents 
qui  se  dessèchent  lorsque  le  soleil  paraît. 
Judic.  15.  U. 

2°  Etre  de  sentiment  différent,  ne  s'ac- 

Gorderpoinl  ensemble  (5£«(T;)^i!;£C7Q«t)P»- 3^- 1^'- 
Dissipati  sunt  :  Mes  ennemis  ont  été  divisés 
et   partagés   dar»    leurs    sentiments.    Voy. 

COMPUNGERE. 

DISSIPATIO,  Nis  ;  Tr/:ovo//n  ,  perte,  ruine, 
destruction  (xpîoj,  aries).  Jerem.  25.  34^.  Com- 
pleti  sunt  dies  vestri,  ut  interficiamini ,  et 
dissipaliones  vestrœ  :  Le  temps  est  accompli 
auquel  vous  devez  être  tués,  et  auquel  vous 
serez  dispersés  ;  c  est-à-dire,  votre  ruine  est 
arrêtée  et  déterminée.  Isa.  2i.  3. 

DISSOLVERE;  5«)iv=tv ,  de  solvere,  et  de 
dis,  qui  marque  quelque  augmentation. 

1°  Délier,  détacher,  désunir,  rompre.  Eccli. 
22.  19.  Loramentum  liyneum  colUgatum  î'n 
fundamento  œdificii  non  dissolvetur  :  Comme 
le  bois  bien  lié  et  attaché  ensemble  sur  le 
fondement  d'un  édifice,  ne  se  désunit  point  : 
aiiisi  le  cœur  établi  sur  un  conseil  solide, 
d  meurera  ferme.  G-n.  i9.  24.  DissoUtta  sunt 
{è-AvzaOv.i)  vincula  bracliiorum  et  77ianuuin 
illius per  manum  pofenlis  Jacob  :  Li  s  chaînes 
des  mains  et  des  bras  de  Joseph  ont  été 
rompues  par  la  main  du  tout  puissant  Dieu 
de  Jacob.  Jerem.  10.  V.  Zach.  11.  10.  Ainsi, 
dans  le  sens  figuré,  Eccli.  22.  25.  Sic  et  qui 
conviliatur  arnica,  dissolvit  amiciliam  :  Celui 
qui  dit  des  injures  à  son  ami  rompra  l'a- 
mitié ;  ainsi  que  celui  qji  jette  une  pierre 
contre  des  oiseaux  les  fera  envoler.  Zich. 
11.  1'*.  Isa.  58.  6.  Voy.  Colligatio.  Ezcch. 
17.  15.  c.  kk.  7. 

2°  Fondre,  dissoudre,  faire  fondre,  consu- 
mer (//«patvîtv).  S.ip.  19.  20.  Nec  dissolvehnut 
illam,  quœ  facile  dissolvebatnr  sicut  glacies, 
bonam  escam  :  Les  flammes  ne  faisaient  point 
fondre  celte  viande  délicieuse,  qui  se  fon- 
dait néanmoins  aisément  comme  la  glace  :  il 
parle  de  la  manne.  Nahum.  1.  G.  Petrœ  dis- 
solutœ  sunt  ab  eo  {5ixOf,\iT!Tî'70v.i):  La  colère  de 
Dieu,  qui  se  répandra  comme  un  torrent  de 
feu,  fera  fondre  les  pierres  ;  i.  e.  brisera  ce 
qu'il  y  a  de  plus  fort  et  de  plus  ferme.  Voyez 

LiQUESCERE. 

3°  Détruire,  ruiner,  abattre  (xzra/jctvj.Marc 
14.  58.  Iifjo  dissotvam  Icmplum  hoc  manu 
fnctum  :  Je  détruirai  ce  temple  bâti  par  la 
luain  des  hommes  :  c'est  le  faux  témoigna^îc 


Dis 


ÎITO 


que  quelques-uns  portèrent  contre  Jésus- 
Christ  (la  fausseté  y  paraît  en  le  compa- 
rant avec  ce  qui  est  dit,  Joan.  2.  v.  19.20. 
21).  2.  Pelr.  3.  U.  Jerem.  51.  G4.  Ce  qui 
s'entend  dans  le  sens  métaphorique  dans  les 
passages  suivants.  2.  Cor.  5..  1.  Si  terrcstris 
domus  hujus  habitationis  dissolvatur  ■  Si  cette 
maison  de  terre  où  nous  habitons  [se.  notr'^ 
corps  fait  de  terre),  vient  à  être  détruit 
Sap.  2.  3.  Philipp.  1.  23.  Act.  5.  v.  3S.  39.  i. 
Joan.  3.  8.  La  métaphore  est  tirée  d'un  édi- 
fice qu'on  démolit. 

§  1.  —  Affaiblir,  défaire,  abattre  la  force, 
le  courage,  rendre  languissant  {-rr/.n-j,  lique- 
facere).  Habac  3.  G.  Aspexit  ,  et  dissolvii 
yenles  :  Dieu  a  jeté  les  yeux  sur  les  nations, 
(  t  il  les  a  fait  tondre  comme  la  cire.  Hebr. 
liquefecit.  JuJith.  16.  8.  1.  Mach.  9.  v.  7.  55. 
Eccli.  28.  18.  Jer.  49.  24.  D'où  vient  : 

§  2. —  Dissolvere  manus,  genua,  cor,  renés. 
Affaiblir,  abattre  la  force,  faire  perdre  le 
courage  [xvihxi,  remitlere).  Isa.  35.  3.  Con- 
fortate  manus  dissolulas  :  Fortifiez  les  mains 
languissantes.  Sophon.  2.  26.  Non  dissol- 
vantur  manus  tuœ  :  Ne  vous  affaiblissez 
point.  Jos.  5.  1.  Eccli.  2.  25.  c.  25.  32. 
Ezech.  29.  7.  etc.  Job.  12.  18.  Voy.  Balteds. 

§  3.  — Soudre,  résoudre,  interpréter,  ex- 
pliquer (o-'jyzotvstv).  Gen.  40.  16.  Vidcns  pis- 
lorum  magister  quod  prudcnter  somnium  dis- 
solvisset,  ait  :  Le  grand  panelier  voyant  que 
Joseph  avait  interprété  si  sagement  le  songe 
du  grand  échanson,  il  lui  décL-ira  aussi  sou 
songe,  afin  qu'il  le  lui  expliquât.  Dan.  5.  16. 
Voy.  LiGARE  3°,  et  Solvere  8'.  De  là  vient  : 

DISSOLVI  ,  DISSOLUTUM  ESSE.  Etre 
lâche  et  nonchalant  {àiTzo(7zpi'fî'70ui).icrcm.'S\. 
22.  Usquequo  deliciis  dissolveris,  filia  vaga? 
O  Israël,  jusqu'à  quand  vous  laisserez-vous 
abattre  par  une  molle  déliealesse?  Prov.  18. 
9.  c.  19.  15. 

DISSOLUTIO,  Nis.  Dissolution,  séparation, 
renversement,  solution  d'une  question. 

Solution  ,  éclaircissement  ,  explication 
(/•Jo-tj).  Sap.  8.  8.  Scit  dissoluliones  argu- 
mentorum  :  La  Sagesse  pénètre  ce  qu'il  y  a 
de  plus  difficile  à  démêler  dans  les  para- 
boles. 

Relâchement  ,  langueur,  abatlement  do 
courage  {Olï^iç).  Isa.  8.  22.  Ecce  dissolutio 
et  angustia  :  Ils  ne  verront  partout  qu'a- 
ballemcnt  et  que  serrement  de  cœur  ;  se 
C'_'ux  qui  consuKeront  les  magiciens.  Nahum. 
2.  10.  Dissolulio  geniculorum  {r/lvriç)  :  On 
ne  voit  dans  Ninive  que  des  hommes  dont 
les  genoux  tremblent.  2.  Mach.  3.  24. 

DISSUTUS,  A,  LiM.  Décousu,  défait  (-«/)«- 
lù'jpii'jo;).  Lcvit.  13.  45.  Ilabebit  vcslimenlu 
f/j5suf a:  Tout  homme  qui  aura  été  séparé  des 
autres  par  le  jugement  du  prêlre,  comme  in- 
fecté de  lèpre,  aura  ses  vêtemenis  décousus. 

DISTANTIA,  M.  Distance,  intervalle,  dif- 
férence, disproportion  :  dans  l'Ecriture,  il 
est  pris  dans  le  sens  figuré. 

Différence,  distinction.  Deut.  1.  17.  NuKa 
crit  distnnlia  personarum  :  Il  n'y  aura  au- 
cune diflérence  enire  ceu\  que  vous  jugerez, 
v.  39.  Filii  qui  liodir  boni  ac  tnnli  ignorant 
dislantiam  ipsi   ingrcdicnlur  :    Vos    enfants 


<1TI 


DICTIONNAIRE  DF 


qui  np  savont  pas  enc^ro  discerner  le  hioii 
et  le  luai,  seront  ceux  qui  enlreront  dans  la 
terre  promise  :  Moïse  raconte  aux  Israélites 
ce  que  Dieu  lui  avait  dit.  Eccl.  6.  5.  clc, 

DISTARE  ;  ù-iyji-j ,  de  slare,  être  éloigné, 
é're  différent. 

Etre  éloigné.  Ps.  102.  12.  Quantum  distat 
orlus  ah  occidenfe  :  Autant  que  l'orient  est 
éloigné  du  couchant,  autant  il  a  éloigné  de 
nous  nos  iniquités. 

DISTENDERE.  Tendre,  étendre,  élargir, 
enifjlir  {rvit-a-jiÇîi-j). 

1°  E'endre,  bander.  Hebr.  11.  35.  Alii  au- 
tem  distenti  sunt  :  Les  uns  ont  été  étendus 
.sur  une  roue,  ou  un  chevalet,  pour  y  êire 
cruellement  tourmentés.  Saint  Piiul  parle 
«les  saints  personnages  de  l'Ancien  Testa- 
ment. 

2"  Occuper,  exercer,  donner  de  la  peine 
{:rî/5i(T-âv).  Eccl.  3, 10.  Vidi  affUclionem  quam 
dédit  Deus  fïliis  hominum,  ut  distendantur  in 
en  :  J'ai  vu  l'occupation  que  Dieu  a  donnée 
au\  enfants  des  hommes  qui  les  travaille 
pendatil  leur  vie. 

DISTENTIO,  Nis.  Bandenaent,  contention; 
'Jaiis  le  sens  figuré: 

Occupation  d'esprit,  pénible  et  laborieuse 
{■Kîoi'jna.iu.h;).  Eccl.  8.  10.  Apposui  Cor  menm 
ut  intelliyerem  distentionem  quœ  versalur  in 
ferra;  J'ai  appliqué  mon  cœur  |)our  remar- 
quer les  soins  différents  qui  travaillent  les 
hommes  sur  la  terre. 

DISTERMINARE;  Sw/^iç^r.,  de  terminare, 
et  de  dis,  qui  marque  division. 

Borner,  séparer.  Ezech.  47.  18.  Jordanis 
dii^terminans  ad  mare  Orientale:  Le  Jourdain 
bornera  la  terre  promise,  en  tirant  vers  la 
mer  Orientale. 

DISTILLARE;  ÙTrorrà.tjfj,  arxÇîi)),  jeter  une 
liqueur  goutte  à  goutte,  distiller,  dégoutter. 
Prov.  5.  3.  Favus  distillans  labia  merelricis  : 
Los  lèvres  de  la  prostituée  sont  comme  le 
rayon  d^où  coule  le  miel.  Gant.  4.  11.  Favus 
distillans  labii  tua  :  Vos  lèvres  ,  ô  mon 
épouse,  sont  comme  un  rayon  que  distille  le 
miel  :  les  lèvres  de  l'épouse  mystique  sont 
les  saintes  Ecritures.  Ps.  67.  9.  Cœli  distilla- 
verunt  a  facie  Dei  Sinai  :  Les  cieux  ont  dé- 
goutté ou  versé  la  manne;  selon  d'autres, 
sont  fondus  en  eau  par  les  grands  orages 
qui  se  firent,  lorsque  Dieu  donna  sa  loi  à 
son  peuple  au  milieu  des  foudres  et  des 
éclairs.  Levit.  5.  9.  Judic.  5.  k.  Gant.  5.  13. 
Voy.  Stillare. 

DISTINCTE.  Clairement ,  nettement.  2. 
Esd.  8.  8.  Legerunt  in  libro  legis  Dei  dis- 
tincte :  Ils  ont  lu  dans  le  livre  de  la  loi  <ie 
Dieu  dislinclemenl  ;  le  peuple  entendait, 
étant  debout. 

DISTINCTIO,  Nis.  or/7-oAïi.  Distinction,  ilif- 
férence,  diversité. 

Distinction,  soit  de  personnes.  Rom.  10. 
12.  Non  enim  est  disliiuiio  Judœi  et  Grœci  : 
'i'ous  ceux  qui  croient  en  Jésus-Christ  ne 
.seront  point  confonlus,  tous,  sans  distinc- 
tion, tant  des  Juifs  que  des  Gentils,  c.  3.  22. 
1-  Cor.  ik.  7.  Nisi  distinctionem  soniluum 
acdennt  :  Si  les  inslrumeuts  de  mus  que  ne 


PUrLOLOGlt;  SACREE.  fr72 

forment  dos  sons  différents,  on  ne  peut  dis- 
tinguer ce  (jue  l'on  joue  dessus. 

DISTINCTUS,  A,  UM.  Distingué,  diversifié, 
orné,  embelli.  Exod.  36.  35.  Gant.  5.  14.  Ven- 
ter ejus  cburneus ,  distinctus  sapphirii  :  La 
poitrine  de  mon  bien-;iimé  est  comme  d'un 
ivoire  enrichi  de  saphirs  :  ce  qui  figure  la 
pureté  de  Jésus-Chribt,  dont  le  cœur  est  orné 
de  vertus,  comme  de  saphirs  précieux. 

DlSTJNGUERE,5ia(7rir/£tv,de  l'ancien  verbe 
inusité  stinguo,  (|ui  vient  de  stigo  ,  Gr. o-riÇu, 
pungo.  Ainsi,  distinguere ,  c'est  le  même  que 
dispungere  ,  marqueter,  tacheter,  entre- 
mé:er^  et  ensuite  distinguer,  séparer. 

{"  Distinguer.  Eccli.  16.  26.  Ab  instilutione 
ipsorum  distinxit  partes  illornm  :  Dieu  a  dis- 
tingué les  parties  du  monde  aussitôt  qu'il  les 
a  créées.  1.  Mach.  6.  40. 

2'  Prononcer  distinctement,  et  déclarer. 
P>..  65. 14.  Ps.  105.  33.  Distinxit  in  labiis  suis^ 
Dieu  déclara  ouvertement  aux  Israélites,  se. 
qu'ils  n'entreraient  point  dans  la  terre  pro- 
mise, ou,  reprit  hautement  son  peuple,  de 
ce  qu'il  n'extermina  pas  ses  ennemis  ;  mais 
si  ce  verbe  se  rapporte  à  Moïse,  cest-à~dire 
qu'il  fit  paraîlre  de  la  défiance  dans  ses  pa- 
roles ,  lors(iu'il  frappa  la  pierre. 

DISTRAHERE.  Tirer  en  diverses  parties, 
diviser,  séparer  avec  violenee,  diviser,  par- 
t  !ger,  vendre,  parce  que  les  marchands  font 
d's  lots  des  marcliandises ,  et  les  divisent. 
Dans  l'Ecriture  : 

Vendre,  en  parlant,  soit  des  biens,  soit 
des  marchandises  (7T«pK;)^wp£tv).2.  Mach.  8.11. 
Promittcns  se  nonayinta  mancipia  talento  dis- 
tracturum.  Nicanor  manda  au\  marchands- 
des  villes  maritimes  qu'il  leur  promettait  de 
leur  donner  quatre-vingt-dix  Juifs  pour  un 
talent;  se.  de  ceux  (ju'il  ferait  prisonniers, 
après  la  bataille  dont  il  se  promettait  la 
victoire. 

DISTRIBUERE,  StU-^y.t,  St^ôtSivKt.  1°  Distri- 
buer, départir,  part.iger.  Luc.  9.  16.  Distri- 
buil  discipulis  suis  :  Jésus-Christ  rompit  et 
donna  à  ses  disciples  les  cinq  pains  et  les 
deux  poissons,  se.  après  les  avoir  bénis,  et 
pour  les  distribuer  aux  cinq  mille  hon)mes 
du  peuple  qui  suivaient  Jésus-Christ.  1.  Cor. 
13.  3.  Si  distribuero  in  cibos  pauperum  omnes 
facultates  meas  (  -^ùif/iÇ-tv  )  :  Quand  j'aurais 
distribué  tout  mon  bien  pour  nourrir  les 
pauvres,  Gr.  Si  frustulatim  concisum  in  os 
ingessero.  Luc.  11.  22.  Joan.  6.  11.  Act.  13. 
19.  zaTa>:).r3poSo-cîv.  Sorte  distribuere. 

2°  Considérer  en  détail,  visiter  par  ordre. 
P.  47.  14.  DistribuiCe  {■/Mzv.ûiutpct'jOy.i  )  domos 
cjus  :  Faites  la  distribution  et  le  dénombre- 
nient  des  maisons  de  Sion ,  afin  d'en  faire  le 
récit  aux  autres  races.  D'autres  expliquent  : 
Distribuez  ses  places  pour  y  bâiir  des  mai- 
sons. 

DISTRIBUTIO,  Nis,  (i-p'.'ju^i ,  partage,  di- 
vision ,  distribution  (z),ï?f)o5o5-i2<).  Ps.  "77.  54. 
Sorte  divisit  eis  terrain  in  funiculo  distri- 
butionis  :  Dieu  distribua  aux  Israélites  ,  par 
sort,  la  terre  promise,  après  l'avoir  parta- 
gée au  cordeau  :  les  Hébreux  se  servaient  de 
cordes  pour  partager  leurs  terres.  Hebr.  2.  4. 
Cvnlcstmtc  Dco  sijnis  et  Sj)iritus  sancti  dis- 


1173 


DiV 


DiV 


llTi 


tribuliomous  spcundum  sunm  vohtntnlem  : 
Dieu  a  rendu  lémoign.ige  de  sa  vérilé  ,  par 
les  miracles  et  les  prodiges  el  par  la  distri- 
bulion  des  dons  du  Saint-Esprit,  selon  son 
bon  filaisir.  Num.  36.  4.  1.  Par.  i.  33. 

DISTRINGERE  ,  èx^-âv,  ^râv.  De  stringere 
rt  de  dis,  qui  marque  augmentation,  serrer 
fort,  occuper,  embarrasser,  frotter,  étriller; 
de  plus, 

1°  Dégainer,  tirer  hors  («r-yTaôr,  extraclio). 
2.  M.ich.  5.  3  Contigit  videri  gàleatorum  vml- 
titudinem  gladiis  districlis  :  On  vit  dans  Jé- 
rusalem une  multitude  de  gens  armés  de 
casques  et  d'épés  nues. 

2°  Abattre ,  faire  choir.  Ezech.  17.  9. 
Nonne  fruclus  ejus  ^distringet  ?  Ce  premier 
aigle  n'abattra-t-il  pas  le  fruit  de  cette  vigne? 
Le  Prophète  parle  de  Nabuchodonosor,  qui 
devait  emmener  Sedecias  captif  en  Rubylone. 

3"  Cueillir   à  la   main   ()5«aÇ«v-iv\  Ezech. 

17.  22.  De  tertice  ramorum  ejus  tenerum  dis- 
tringam  :  Je  prendrai  une  greffe  tendre  du 
plus  grand  cèdre,  et  la  planterai  sur  une 
montagne  haute  et  élevée  :  ceci  s'entend  de 
Jésus-Christ. 

DITARE  ,  7T/ovTiǣtv.  De  dis  ,  dilis  ,  riche  , 
opulent ,  le  dieu  des  richesses  ;  Gr.  rr/oJrwv. 

Enrichir.  1.  Reg.  2.  7.  Dominas  pauperem 
fucit  et  ditat  :  C'e^t  le  Seigneur  qui  fait  le 
pauvre  et  qui  fait  le  riche.  Prov.  23.  k.  Noli 
laborare  ut  dùteris.  Ne  travaillez  point  à  vous 
enrichir,  c.  28.  v.  20.  22.  etc. 

DITHALASSUS,  a,  um,  qSvIu.'j'j'j;,  Bimaris. 
De  Ô5<).âo-<7a,  mare,  et  de  Bi;,  bis. 

Qui  a  la  mer  des  deux  côtés.  Act.  27.  M. 
Cum  incidissemus  in  tocum  dithalassum  : 
Ayant  rencontré  un  isthme  ou  une  langue 
de  terre  enfermée  entre  deux  bras  de  mer  : 
c'est  où  le  vaisseau  qui  portait  saint  Paul  à 
Rome  échoua. 

DITIO  ,  Nis.  De  dis,  ditis ,  dieu  des  ri- 
chesses, les  richesses  donnent  grand  crédit 
dans  le  monde.  Eccl.  10.  19.  Pecuniœ  obe- 
diiint  omnia. 

Autorité,  empire,  domination,  puissance. 
Gen.  37.  8.  Numquid  rex  nosler  eris?  ont 
subjiciemur  ditioni  tuœ  ?  Est-ce  que  vous 
serez  notre  roi ,  et  que  nous  serons  soumis  à 
votre  puissance?  disent  les  frères  do  Joseph  , 
sur  le  songe  qu'il  leur  raconta.  3.  Reg.  i.  21. 
Salomon  autem  erat  in  dilione  {fr/xTÙtiv.)  sua 
habens  omnia  régna  a  flumine  lerrœ  Philistiim 
usque  ad  lerminum  jEgypli.  Salomon  avait 
sous  sa  domination  tous  les  royaumes ,  de- 
puis le  fleuve  d'Euphratc  jusqu'au  pays  des 
Philistins.  Eslh.  h.  11.  etc. 

DIU,  Gr.  l-i  77o).v,  ÈTri  TT/n'ov.  De  dies ,  el  se 
met  quelquefois  pourf/i'e,  diu  nocluyue,  jour 
et  nuit  ;  mais  quand  il  est  adverbe,  il  signilic 
continuation  de  temps. 

Longtemps,  pendant  un  long  temps.  Sap. 

18.  20.  Non  diu  permansit  ira  tua  :  Votre 
colère  ne  dura  que  peu  de  temps  ,  se.  contre 
les  Israélites,  lorsque  Dieu  les  frappa  dune 
plaie  dans  le  désert  (Foy.  Num.  c.  IG).  Act. 
20.  9.  c.  28.  C.  etc. 

DIVERSORlU.M.ii.  Gr.  //.ra/vv-y..  De  dticr- 
terc,  tourner  son  chemin  quelque  pai  I ,  aller 
loper. 


1'  Auberge,  hôtellerie.  Luc.  2.  7.  Rpcîi- 
navit  eum  in  prœsepio  ;  quia  no7i  erat  eis  locu» 
in  diversorio  :  La  sainte  Vierge  coucha  son 
fils  dans  une  crèche,  parce  quil  n'y  avait 
point  de  place  pour  eux  dans  l'hôtellerie. 
Gen.  i2.  27.  c.  '»3.  21.  Exod.  i.  2i. 

2^  Logis ,  ou  lieu  où  Ion  se  retire  en  pas- 
sant. Luc.  22.  11.  Ubi  est  diversorium ,  ubi 
Pascha  cum  discipulis  meis  manducem?  Où  est 
un  lieu  où  je  puisse  manger  la  pâque  avec 
mes  discipli  s  ,  disent  saint  Pierre  et  saint 
Jean  au  père  de  faniille  ,  chez  qui  Jésus- 
Christ  fit  la  pâque  avec  ses  apôtres.  Judic. 
18.  3.  Jerem.  9.  2.  Quis  dabit  me  in  solitudine 
diversorium  viatorum?  (Hebr.  remotorum.) 
Plût  à  Dieu  que  j'eusse  dans  le  désert  une 
retraite  pour  m'y  cacher  ,  afin  de  ne  point 
voir  les  crimes  de  mon  peuple    c-rzÇaôc)  ! 

DIVERSITAS.  ATis.  Diversité,  dilTérenre. 
1.  Par.  28.  v.  io.  16.  Pro  diversitate  mensa- 
rum  :  A  proportion  des  différentes  mesures 
que  devaient  avoir  les  tables,  v.  17. 

DIVERSES,  A,  UM.  De  divertere. 

1°  Différent,  divers.  Deul.  25.  13.  Non  ha- 
bebis  in  sacculo  diversa  pondéra,  innjus  et 
minus  .-Vous  n'aurez  point  dans  vos  balances 
plusieurs  poids,  l'un  plus  fort  et  l'autre  plus 
léger.  Jiidic.  20.  io.  In  diversa  tendentes , 
occiderunt  quinque  millia  virorum  :  Comme 
les  Benjamites  étaient  tous  dispersés,  l'un 
d'un  côté  el  l'autre  d'un  autre,  ceux  dlsracl 
en  tuèrent  encore  cinq  mille.  Job.  20.  2. 

2'  Contraire.  Eslh.  16.  9.  Si  diversa  jubea- 
mus,  pro  qualitale  et  necessitate  temporum  : 
Si  nous  ordonnons  des  choses  qui  paraissent 
différentes,  c'est  parce  que  la  diversité  du 
temps  el  la  nécessité  de  nos  affaires  le  de- 
mandent .  dit  A<sucrus  ,  dans  la  lettre  qu'il 
adresse  dans  tout  son  royaume  en  faveur  des 
Juifs. 

3°  Autre  qu'il  ne  faut,  contraire  à  l'état 
naturel.  1.  Reg.  1.  18.  Vultusque  illius  non 
sunt  amplius  in  diversa  mutati  :  Le  visage 
d'Anne  ne  fut  plus  abattu  par  la  tristesse,  se. 
depuis  que  Heli  lui  eut  souhaité  que  Dieu  lui 
accordât  sa  demande. 

DIVERTERE  ou  DIVERTERE  SE.  £/.)îv£iv. 
1  Se  détourner,  se  retirer.  Ps.  33.  15.  />i- 
vnle  a  malo.  et  fuc  boiium  :  Dclournez-vous 
du  mal,  el  faites  le  bien.  1.  Mach.  6.  47.  Di- 
verterunt  se  ah  eis  :  Les  Juifs  se  relirérenl  du 
combat.  Num.  20.  21.  Judith.  6.  9. 

S'échapper,  s'esquiver.  1.  xMa  h.  9.  45. 
Non  est  loeus  diieriendi  :  Il  ne  nous  reslo 
aucun  moyen  d'échapper,  dit  Jonalhas  à  ses 
gens.  1.  >Iach.  9.  47.  Divertit  ab  ro  rétro. 
Racchides  évita  le  coup  d'  Jonalhas,  en  se 
n  tirant  en  arrière. 

2"  Aller  quelque  pari,  s'y  retirer  (y.v-oCrJsi'j). 
Luc.  9.  12.  Dimille  turbns  ut  euntes  in  cas- 
tella  viltasque  quœ  circa  sunt  ,  divertanl ,  et 
inveniant  cscas  ;  Renvoyez  le  peuple  ,  afin 
qu'ils  s'en  aillent  dans  les  villages  el  dans 
l<  s  lieux  d'alentour,  pour  se  loger  et  pour  y( 
trouver  de  quoi  vivre,  disent  les  douze  apô- 
tres à  Jésus-Christ.  Ainsi, 

Aller  loger  chez  quelqu'un.  Gon.  19.  3. 
f  ompulil  illos  o))pido  ul  divcrlcrrnt  ad  eum  . 
Lolh  pressa  les  deux  anges  avec  grande  m- 


fi:5  DICTIONNAUŒ  DE  PHILOLOGIE  SACRÉ'.' 

lance  de  venir  chez  lui  {se,  à  Sodome).  c  38. 
1.  Judic.  19.  15.  c.  20.  4,  olc.  Ainsi, 

Venir,  approcher.  Ru'h.  i.  1.  Qui  divertit 
et  sedit.  Le  parent  qui  éiail  le  plus  proche 
de  Rulh  vinl  et  s'assit  [se.  à  la  porte  de  la 
ville),  d'où  Booz  l'appela.  Voy.  Declinare. 

3°  Faire  aller  ou  transporter,  amener.  2. 
Reg.  6.  10.  Noluil  divertere  ad  se  arcain  Do- 
mini  in  civitatein  David;  sed  divertit  eam  in 
domum  Obedcdom  Gethœi  :  David  ne  voulut 
pas  que  l'on  amenât  l'arche  du  Seigneur  chez 
lui ,  en  la  ville  de  David  ;  mais  il  la  fil  entrer 
dans  la  maison  d'Obededom,  de  Gelh. 

h"  Retirer,  soustraire  («ois-Tàvxt).  Ps.  80.  7. 
Divertit  ab  oneribus  deorsum  ejus  :  Dieu  a 
déchargé  le  dos  des  Israélites  des  fardeaux 
(jui  les  accablaient. 

])IV^ES  ,  iTis  ,  7r).ovTw?.  De  divus  ,  qui,  ut 
Deus ,  dit  Varron ,  nihil  indigere  viddur. 

1"  Riche,  opulent,  abondant,  à  qui  il  ne 
manque  rien  pour  les  biens  temporels.  Prov. 
H.  20.  Amici  divitum  multi  :  Les  riches  ont 
beaucoup  d'amis.  Luc.  6.  2ï.  Vœ  vobis  divi- 
tibus  !  Malheur  à  vous,  riches  1  Prov.  13.  7. 
Est  quasi  dives  cum  nihil  haheat,  et  est  quasi 
pauper  cum  in  muUis  diviliis  sit  :  Tel  paraît 
riche  qui  n'a  rien  ,  et  tel  paraît  pauvre  qui 
est  fort  riche.  Il  y  en  a  qui  veulent  paraître 
riches, quoiqu'ilssoient  très  piuvres,  etd'au- 


lilés.  Eccl.  10.  9.  Vidi  positum  stultum  in  di~ 
gnitate  sublimi,  et  divites  sedere  deorsum  ;  J'ai 
vu  l'imprudent  élevé  dans  une  dignité  su- 
blime, et  les  riches  assis  en  bas. 

Soit  pour  sa  noblesse,  son  rang  et  sa  di- 
gnité. Eccl.  10.  20.  Insecrelo  cubiculi  tui  ne 
maledixeris  diviti-Nc  médisez  point  du  riche 
dans  le  secret  de  voire  chambre.  Isa.  53.  9. 
Dabit  divilem  pro  morte  sua  :  Le  bras  du  Sei- 
gneur (Jésus-ChrisI)  donnera  les  riches  pour 
la  récompense  de  sa  mort;  i.  e.  il  perdra  les 
puissants  et  les  grands  qui  l'ont  fait  mourir. 
Apoc.6.  15.  Ps.  4i.  13. 

5"  Libéral ,  qui  donne  avec  libéralité.  Rom. 
10.  12.  Idem  Dominus  omnium,  dives  in  om- 
nes  qui  invocant  illum  :  Tous  n'ont  qu'un 
même  Seigneur  qui  répand  ses  richesses  sur 
tous  ceux  qui  l'invoquent.  Ephes.  2.  i. 

6°  Parfaitement  heureux,  qui  dispose  sou- 
verainement de  tous  les  biens.  2.  Cor.  8.  9. 
Propter  vos  egenus  factus  est,  cum  esset  dives  r 
Jésus-Christ  étant  riche,  en  tant  que  Dieu  ^ 
s'est  rendu  pauvre  'se  faisant  homme),  pour 
l'amour  de  vous. 


très  qui  paraissent  pauvres  et  qui  feignent  de 
l'être, encore  qu'ils  soientriches;oM6i>n  cela 


Façon  de  parler. 

Dives  in  Deiim.  Riche  en  Dieu,  ou  des  biens 
de  Dieu  ;  c'est  s'acquérir  ou  s'être  acqui» 
beaucoup  de  mérite  auprès  de  Dieu  par  les 
aumônes  et  les  autres  œuvres  de  charité. 
Luc.  12.  21.  Sic  est  qui  sibi  thesaurizat,  et 


veutdirequequelques-uns  manquant  dolout,     non  est  in  Deum  dives  :  C'est  ce  qui  arrive  à 


ne  laissent  pas  d'être  riches,  en  ce  qu  ils 
sont  aussi  contents  du  peu  qu'ils  ont,  que 
s'ils  possédaient  de  grandes  richesses  ;  et  que 
d'autres,  au  contraire,  tels  que  sont  les 
avares  ,  ayant  de  grands  biens  ,  agissent 
comme  s'ils  étaient  pauvres ,  parce  qu'ils  ne 
se  servent  pas  des  biens  que  Dieu  leur  a  don- 
nés. Luc  1,  53.  Divites  dimisit  inanes  .  Dieu 
a  renvoyé  vides  ceux  qui  étaient  riches  ;  ce 
qui  peut  s'entendre  des  richesses  spirituelles, 
qui  sont  les  vertus  qu'on  se  flatte  d'avoir. 
Eccli.  11,  10.  Si  dives  fueris,  non  eris  immu- 
nis a  deliclo  :  Si  vous  êies  riche,  vous  ne 
serez  pas  exempt  de  faute  ;  Gr.  èàv  Tr/riQw^,-, 
si  vous  êtes  multiplié,  c'est-à-dire  si  vous 
entreprenez  beaucoup  d'affaires.  Eccli.  kk.  6. 
c.  25.  4. 

2°  Qui  se  fie  et  se  repose  sur  ses  richesses, 
qui  y  est  attaché.  Matth.  19.  v.  23.  21.  Dives 
difficile  inirabit  in  regnum  cœlorum  :  Un  riche 
entrera  dilficilement  dans  le  royaume  des 
cieux.  Marc.  10.  v.  23.  2i.  25.  Luc.  18.  25. 
c  6.  24.  Ps.  33.  11.  Divites  eguerunt  :  Les 
riches  ont  été  dans  le  besoin  ,  Hebr.  leones; 
les  riches  sont  ordinairement  comme  des 
lions  (|ui  se  jettent  sur  ce  qui  les  accommode 
comme  sur  leur  proie. 

3°  Riche,  abondant  en  quelque  chose  que 
ce  soit.  1.  Cor.  4.  8.  Jam  divites  facti  eslis: 
Vous  êtes  dojà  ricins  (en  sagesse  et  en  biens 
spirituels)  ;  ce  que  dit  saint  Paul  par  ironie. 
2.  Cor.  8.  9.  i  t  illius  inopia  divites  esselis  : 
Jésus-Christ,  étant  riche,  s'est  rendu  pauvre 
pour  l'amour  de  \ous ,  afin  de  vous  enrichir 
par  sa  pauvn  lé.  Apoc.  2.  9.  c.  3.  17. 

4'  Personne  considérable,  soit  pour  l'ha- 
Ijilcté.  la  vertu,  le  mérite  cl  les  autres  qua- 


celui  qui  amasse  des  trésors  pour  soi-même, 
et  qui  n'est  pas  riche  en  Dieu  :  Ces  paroles 
pourraient  encore  signifier,  qui  n'est  pas  ri- 
che selon  l'ordre  et  l'esprit  de  Dieu  ;  i.  e.  qui 
met  sa  confiance  dans  ses  richesses,  et  qui 
en  fait  un  autre  usage  que  celui  que  Dieu 
veut  qu'on  en  fasse. 

Dl VIDERE  ;  0tCf.ipeÎ7Bcf.t,iJiîûi'lcfj,  StacxsOtÇsrj.  De 

la  préposition  di  ou  dis  ,  et  du  mot  toscan 
iduo  ,  qui  signifiait  diviser,  d'où  venait  Idus, 
parce  que  les  Ides  divisaient  les  mois. 
1°  Diviser,  séparer  (o£x-;^t?!£v  .  Exod.  14.  v. 

16.  21.  Divisaque  est  aqua  :  L'eau  se  divisa 
en  deux;  se.  lorsque  Muïse  étendit  sa  main 
sur  la  mer.  Dan.  11.  4.  Ps.  10.  14.  Voy. 
Pauci.  Ose.  13.  io.  Ipse  inter  frulres  divi- 
det  :  L'enfer  séparera  les  frères  les  uns  des 
autres.  Ipse,  se  peui  rapporter  à  la  mort ,  le 
tombeau  ou  l'enfer  :  tous  ces  mots  sont  de 
masculin  en  grec.  Hebr.  selon  quelques-uns, 
Ephraïm  a  porté  ses  crimes  plus  loin  que 
SCS  frères;  selon  d'autres,  (ruclificabit  ,  ou 
multiplicabiiur.  Ezech.  16.  25.  V'oy.  Pes. 

2°  Partager,  distribuer.  Prov.  11.  24.  Alii 
dividunt  propria  (o-Trjipetv)  et  diliores  fiunt  : 
Los  uns  distribuent  leur  propre  bien  ,  et  en 
deviennent  plus  riches.  Luc.  15.  12.  Jub. 
21.  17. 

3°  Partager  comme  son  héritage,  vaincre, 
S'î  rendre  maître.  Ps.  107.8.  Dividam  Siclii- 
mam  :  Je  ferai  le  partage  de  Sichem.  Job.  27. 

17.  Jos.  13.  1.  Terra  latissima  derelicla  est, 
quœ  necdum  sorte  divisa  est  ;  Hebr.  occupata 
est,  et  in  potestatemredacla  :  Il  reste  un  très- 
grand  pays  qui  n'a  point  été  divisé  par  sort, 
dit  Dieu  à  Josué  qui  était  vieux.  Ainsi ,  par- 
tager les  dépouilles  est  une  marque  de  vie- 


1177 


DfV 


DIV 


117« 


toire  cl  d'opolencf».  Exod.  15.  9.  Dividam 
spolia  :  Je  partagerai  les  dépouilles  des  Israé- 
lites, disait  Pharaon.  Gen.  i9.  27.  Prov.  16. 
19.  Voy.  SpoLii 

4  Défaire,  mettre  en  déroute  (StaxÔTrrstv). 
2.  Reg.  5.  20.  Divinl  Dominus  inimicos  meos 
coramme,  sicut  dividuntiir  agiiœ  :  Le  Soi- 
gneur a  dispersé  mos  ennemis  devant  moi, 
comme  les  eaux  qui  se  dispersent  et  qui  se 
perdent  dans  la  campagne  ;  autr.  selon  l'Hé- 
breu, a  rompu  mes  ennemis  comme  des  eaux 
qui  rompent  tout  en  se  débordant.  1.  Par. 
14.  11.  Ps.  54.  22.  Divisi  sunt  ab  ira  vulius 
ejus  :  Mes  ennemis  qui  ont  souillé  l'alliance 
de  Dieu,  ont  été  dissipés  par  la  colère  de 
son  visage.  Sap.  5.  24.  ïhren.  4.  16. 

5'  Désunir,  diviser,  commettre  ensemble 
(zaT«Stat|0ïtiT9at).  Ps.54. 10.  Divide  linguas  eo- 
rum  :  Que  mes  ennemis  soient  divisés  de 
sentiments  et  d'inclinations.  Act.  14.  4.  Isa. 
59.  2.  Ainsi: 

6°  Mettre  la  dissension  et  la  division. 
Malth.  12.  V.  25.  26.  Omne  regnum  divisum 
eontra  se  desolabitur  :  Toui  royaume  divisé 
contre  lui-même,  sera  ruiné.  Marc.  3.  24. 
Luc.  11.  v.  17.  18.  c.  12.53. 

7"  Prédire  la  dispersion  et  la  division.  Gen. 
49.  7.  Dividam  eos  in  Jacob  :  Je  les  diviserai 
dans  Jacob  :  Celte  prophétie  s'accomplit 
lorsque  la  tribu  de  Siméon  fui  dispersée  dans 
celle  de  Juda,  la  tribu  de  Lévi  n'ayant  point 
eu  aussi  de  partage  fixe,  comme  les  autres 
tribus.  Voy.  Jos.  19.  1.  Voy.  Dispergere. 

8°  Retrancher  du  milieu ,  séparer  du  nom- 
bre des  siens,  chasser.  Malth.  24.  51.  Dividet 
eum  [Sixo-coiizîv)  :  Le  maître  séparera  ce  mé- 
chant serviteur.  Luc.  12.  46.  ce  qui  peut  si- 
gnifier, tuer,  faire  mourir,  en  faisant  allu- 
sion à  ceux  que  l'on  tue  et  que  l'on  coupe 
par  morceaux  ;  ce  qui  est  exprimé  par  sein- 
dere,  ou  secare  médium.  Dan.  13.  v.  55.  59. 
Gr.  SixoTonsî-j  (Voy.  1.  Reg.  15.  33.),  ce  qui 
est  conforme  à  la  phrase  hébraïque  ,  où  di- 
videre  se  met  quelquefois  pour  tuer,  défaire, 
massacrer.  Exod.  19.  22.  Sancliftcentur,  ne 
perciiliat  eos  :  Que  les  prêtres  qui  s'appro- 
chent du  Seigneur  se  sanctifient,  de  peur 
qu'ils  ne  soient  frappés  de  mort ,  dit  Dieu  à 
Moïse  ;  llebr.  dividat  in  eis.v.  24.  ne  inlerfi- 
ciat  eos  :  c'est  le  même  mot  hébreu.  Ainsi ,  1. 
Par.  13.  11.  Conlristalusque  est  David,  eo 
quod  divisisset  Dominus  Ozam  {$ici.-/.ômzfj)  : 
David  fut  affligé  di;  ce  que  le  Seigneur  avait 
frappé  (de  mort)  Oza  :  cl  divisio  Ozœ,  qui  est 
au  même  passage,  est  mis  pour  percussio , 
inlerfeclio ,  separatio  animœ  a  corporc. 

9'  Répandre  ,  épancher  au  dehors.  Prov. 
5.16.  In  plaleis  nquas  tuas  divide  (5t'/7ro/>cu:aO&> 
T«  GÙ.  ûScTa,  aquœ  luœ  per  plateas  divagentur): 
Répandez  vos  eaux  dans  les  rues.  Voy.  Aqua. 
Job.  38.  24. 

10'  Arrêter,  empêcher  {SiKa/i^îev).  Sap 
18.  23.  Divisil  illam  qiiœ  ad  vivos  ducebat 
viam  :  Aaron  se  mettant  entre  les  morts  et 
les  vivants  ,  arrêta  le  cours  et  la  violence  du 
feu  qui  allait  consumer  ceux  dos  Israélites 
(jui  rcslaieut.  V^oy.  Via. 

Façon  de  parler. 

Pctra  dividens.  Le  rocher  de  séparation  ; 


un  nom  de  lieu  dans  le  désert  de  Maon  ,  où 
Saiil  et  ses  gens  environnant  David  et  ceux 
qui  étaient  avec  lui  en  forme  de  couronne 
pour  le  prendre,  cessèrent  de  le  poursuivre, 
à  la  nouvelle  qu'il  reçut  que  les  Philistins 
élaient  entrés  en  grand  nombre  sur  les  terres 
d'Israël.  1.  Reg.  23.28. 

Phrase. 

Dividere  vulmis.  Ouvrir  une  plaie,  bles- 
ser. Eccli.  27.  28.  Plaga  dolosa,  dolosi  divi- 
det vulnera  :  La  blessure  que  le  traître  fait, 
ouvrira  les  siennes;  le  mal  qu'il  fuit  à  son 
prochain,  le  blessera  aussi,  et  la  plaie  sera 
partagée  entr'eux.  Voy.  Plaga. 

Dividere pedes.  Voy.  Pes.  n.  5. 

DIVIDI.  —  1°  Etre  distant,  être  éloigné. 
1.  Reg.  20.  3.  Uno  tantum  {ut  ita  dicam)  , 
gradu,  ego  morsque  dividimur  :  Pour  user  de 
ce  terme,  il  n'y  a  qu'un  point  entre  ma  vie 
et  ma  mort;  lettr.  qu'un  pas  entre  la  morl 
et  moi ,  dil  David  à  Jonalhas. 

2°  Etre  agité  et  troublé  de  soins  et  d'in- 
quiétudes. 1.  Cor.  7.  33.  Et  divisus  est  :  Ce- 
lui qui  a  une  femme,  s'occupe  des  choses  du 
monde,  et  de  plaire  à  sa  femme,  de  sorte 
qu'il  est  partagé. 

3°  Se  séparer,  se  détacher,  se  désunir  (pe- 
/stÇîtv).  Ose.  10.  2.  Divisum  est  cor  eorum  : 
Leur  cœur  s'est  séparéde  Dieu.  Gen.  25.  23. 
Duo  populi  ex  ventre  tuo  dividentur  :  Deux 
peuples,  sortant  de  votre  sein,  se  diviseront 
l'un  contre  l'autre  :  les  Juifs  et  les  Iduméens, 
par  l'opposition  de  leurs  mœurs,  de  leurs 
lois,  et  de  leur  religion.  Judic.  5.  15.  Divisa 
contra  se  Ruben  :  Ruben  était  divisé  contre 
lui-même  :  les  plus  vaillants  de  celle  tribu 
s'arrêtaient  à  disputer ,  au  lieu  de  s'unira 
leurs  frères  pour  combattre  leurs  ennemis. 

DIVINARE  ;  p«vT£Û£aO«i.  Deviner,  prédire 
l'avenir,  prophétiser.  1. Reg.  28. 8. Diuàta  mi- 
hi  in  Pylhone  :  ï)éco\i\rez-moi  l'avenir,  dit 
Sdùl  à  ia  femme  magicienne  possédée  de  l'es- 
prit de  Python  ;  afin  qu'elle  lui  fît  voir  le 
prophète  Samuel.  Mich.  3.  11.  Prophetœ  ejus 
in  pecunia  divinabant  :  Les  prophètes  de  Jé- 
rusalem devinent  [)our  de  l'argent.  Ezech. 
13.  V.  6.  9.  Erit  manus  mea  super  proplielas 
qui  divinant  mendacium  :  Ma  main  s'appe- 
santira sur  les  prophètes  qui  prophétisent 
le  mensonge,  c.  21.  29.  c.  22.  28.  Act.  16. 
16. 

DIVINATIO,  Nis;  ^«vTcta  —  1"  Divinnlion, 
prédiction  de  devin  ou  de  faux  prophète. 
Num.  23.  23.  Non  est  augurium  in  Ji:cob,ncc 
divinalio  in  Israël  :  H  n'y  a  point  d'augure 
dans  Jacob,  ni  de  devins  en  Israël  ;  autr.  les 
devins  ne  peuvent  rien  contre  Israël.  Levit. 
20.  27.  4.  Reg.  17.  17.  etc. 

2"0racle,  jugement  sage  et  divin  (fxajxftov). 
Prov.  16.  10.  Divinatio  in  labiis  Régis  :  Les 
rois  bons  et  sages  rendent  comme  des  ora- 
cles :  Dieu  leur  donne  souvent  une  grande 
lumière  pour  conduire  les  peuples. 

DIVINITAS,   ATis;  Onorn;.  Divinité.  Rom. 
1.  20.  Scmpiterna  quoque  ejus  virtus  et  divi 
nitas  :  La  puissance  élernelle  et  la  divinité 
de  Dieu  sont  devenues  comme  visibles.  Co- 
loss.  2.  9.  Apoc.  C'.  12.  Dignus  est  Agnus,  qm 


n79 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACUÉE. 


IISO 


vccisus  est,  accipere  vit  lutem  et  divinitntem  : 
L'A^neiu  qui  a  été  égorgé  est  cligne  de  re- 
c(>voir  la  puissance  et  la  divinité;  Gr.  les  ri- 
chesses; ou,  selon  d'autres,  il  est  digne  de 
recevoir  la  louange  qui  lui  est  due  à  cause 
de  sa  puissance,  de  sa  divinité;  mais  ou 
croit  que  le  mol  divinitalem  s'est  glissé  pour 
divitatem,  comme  l'interprète  avait  appa- 
remment écrit  au  lieu  de  divitias,  Gr.  ttaoOtov. 

DIVINITUS.  Cet  adverbe  signifle  :  par  une 
inspiration  divine,  par  l'ordre  de  Dieu;  di- 
vinement, ou  excellemment  ;  dans  l'Ecr.  : 

Divinement,  par  la  volonté  de  Dieu.  Eccli. 
hd.  3.  Jpse  est  directus  divinilus  in  pœniten- 
tiam  gentis  :  Josias  a  été  destiné  divinement 
pour  faire  rentrer  le  peuple  dans  la  péni- 
lence.  2.  Tim.  3.  IG.  Omnis  Scriptura  divini- 
lus inspirata  (ôcôrrv£Jî7^at)  :  Toute  l'Ecriture 
est  inspirée  de  Dieu. 

DIVINUM,  i;  Oiîov.  Nom  neutre  pris  sub- 
stantivement. 

Divinité.  Act.  17.  29.  Non  deoemus  œsti' 
mare  auro  aut  argento  divinum  esse  simile  : 
Nous  ne  devons  pas  croire  que  la  divinité 
soit  semblable  à  de  l'or  ou  à  de  l'argent. 

DIVINUS,  i;  uàvTj;.Dec/ius,  a,  um:  Ce  nom 
se  donne  à  ceux  qui  se  mêlent  de  deviner, 
parce  que  les  Païens  croyaient  que  c'était 
par  l'instinct  des  dieux  qu'ils  prédisaient  ; 
c'est  pourquoi  ils  étaient  appelés  fvSeot,  pleins 
de  Dieu. 

Devin,  qui  prédit  les  cnoses  à  venir.  Deut. 
18.  11.  Nec  inveniatur  in  te  qui  Pythones  con- 
sulat, nec  divinos  :  Qu'il  ne  se  trouve  per- 
sonne parmi  vous  qui  consulte  les  devins,  v. 
U.  1.  Reg.  6.  2.  etc. 

DIVINUS,  A,  UM  ;  Bstoç.  Du  nom  adjectif  di- 
vus. 

1°  Divin,  de  Dieu,  qui  vient  de  Dieu  (Ô7(o,-). 
Eccli.  39.  17.  Obaudite  me,  divini  fructus  : 
Ecoutez-moi,  ô  germes  divins,  enfants  de 
Dieu;  c'est  ainsi  qu'il  appelle  les  Odèlos 
parmi  les  Israélites.  Les  saints  sont  da..s 
celle  vie  comme  des  germes  divins  ,  parce 
que  la  racine  de  tout  le  bien  qui  est  en  eux, 
est  l'esprit  de  Dieu.  2.  Pelr.  1.  v.  3.  i.  Ut  per 
hœcefficiamini  divinœ  consortes  naturœ:Poui^ 
vous  rendre  par  ces  grâces  participants  de  la 
nature  divine.  Rom.  11.  k.  etc. 

2"  Agréable  à  Dieu  {ô(Tuoi\t'ALa.c,  odor  suavi- 
iatis).  Eccli.  50. 17.  Effadit  in  fundamento  al- 
taris  odorem  divinum  excelso  Principi  :  Si- 
mon, fils  d'Onias  grand  pontife, a  répandu  le 
vin  au  pied  de  l'autel,  pour  monter  comme 
une  odeur  divine  devant  le  Prince  très-haut 
(Gr.  Odorem  suuvitatis)  :  Il  a  versé  l'odeur 
d'un  vin  excellent  qui  lui  est  agréable.  Vov. 
Odor. 

DJ VISIO,  Ms  ;  Siuif,BTr.ç ,  nsc,i7uo;.  —  l°  Divi- 
sion, séparation.  Ps.  135.  13.'  Divisit  mare 
liubrum  in  divisiones  :  Dieu  a  divisé  et  sé- 
paré en  deux  la  mer  Rouge,  se  une  partie 
étant  à  droite,  et  l'autre  à  gauche  des  Hé- 
breux qui  la  passaient  :  Quelques-uns 
croient  que  les  eaux  de  la  mer  furent  par- 
tagées en  douze  sentiers  ou  passages.  Dans 
le  sens  métaphorique,  Hebr.  k.  12.  Est  sermo 
Dei  pertingens  usquc  ad  diiisionem  animœ  ce 
fpiritas:La  parole  de  Dieu  pénètre  jusque 


dans  les  replis  de  la  partie  animale  et  de  la 
spirituelle. 

2°  Distribution,  partage  [Trp'jyoari,  prœda). 
.îudith.  9.  3.  Dedisti  omnem  p'rœdam  in  divi- 
sionem  servis  tuis  :  Vous  avez  donné  en  par- 
tage à  vos  serviteurs  toutes  les  dépouilles 
des  étrangers,  c.  4.    0.  Eccli.  li.  15. 

3"  Distribution,  ordre,  rang.  1.  Par.  26.  v. 

I.  19.  flœ  sunt  divisiones  janitorum  :  Voilà 
de  quelle  manière  on  partagea  les  fonctions 
des  portiers,  et  l'ordre  dans  lequel  ils  furent 
placés,  c.  27.  5.  c.  28.  v.  13.  21.  etc. 

i"  Diversité,  différence.  1.  Cor.  12.  v.  4.  5. 
6.  Divisiones  gratiarum  sunt,  idem  autem  Do- 
minus  ;  Il  y  a  diversité  de  dons  spirituels  ; 
mais  il  n'y  a  qu'un  même  esprit.  Ce  mot  se 
peut  rendre  aussi  par  distribution. 

5'  Distinction,  diPférenc  •,  avantage  sur  un 
autre  (StaaToK).  Exod.  8.  2  5.  Ponamque  divi- 
sionem  inter populum  meum  et  populum  tuum: 
Je  séparerai  «non  peuple  d'avec  votre  peu- 
ple ;  se.  en  ce  que  Dieu  devait  envoyer  con- 
tre les  Egyptiens  toutes  sorlcsde mouches,  et 
non  contre  les  Israélites. 

§  1.  —  Bornes,  limites.  Jos.  13.  24.  Cu^ 
jus  hœc  divisio  est  :  Voici  la  division  de  la 
terre  promise  que  Moïse  donna  à  la  tribu  de 
Gad. 

§  2.  —  Ruisseau  ,  appelé  selon  l'Hébreu 
divisio,  parce  qu'il  est  séparé  de  sa  s.')urc(î 
[opah.  impetus).  Prov.  21.  1.  Sicut  divisiones 
aquarum,  ita  cor  Régis  in  manu  Domini  :  Le 
cœur  du  roi  est  dans  la  main  du  Seigneur, 
comme  une  eau  courante  entre  les  mains 
d'un  habile  jardinier  qui  la  fait  couler  où  il 
veut  pour  en  arroser  tout  son  jardin.  Thren. 
3.  ko. 

§  3.  —  Chose  divisée  {StxorôtinuLix).  Gcn.  15. 

17.  Apparuit  lampas  ignis  transiens  inter  di- 
visiones nias  :  Lorsque  le  so'eil  fut  couché, 
l'on  vit  une  lampe  ardente  qui  passait  au 
travers  de  ces  bêles  qn'Abrahanj  avait  divi- 
sées. Jerem.  3V.  v.  18.  19. 

§  i.  —  Noms  de  lieux  (Sr/xor-i).  1.  Par.  13. 

II.  y^ocavit  locum  illum:  Divisio  Osœ  :  David 
appela  !e  lieu  (où  Dieu  frappa  Oza),  la  Plaie 
dOza,  ou  la  Division  d'Oza;  parce  que  Oza 
y  fut  ôté  du  nombre  des  vivants  par  la  scpa- 
ralion  de  son  âme  d'avec  son  corps.  Isa.  28. 
21.  Sicut  in  monte  divisionum  stibil  Domi- 
nus  :  Le  Seigneur  va  s'élever  contre  vous, 
comme  il  fil  sur  la  montagne  de  division  : 
Ce  même  lieu  est  appelé  SaaI-pharasim,  qui 
signifie,  plaine  de  division,  où  David  défit  les 
Philistins.  (Voy.  2.  R<g.  5.  2).  Voy.  Puara- 

SIM.) 

DIVISOR,  is;  uîotTTrj,-. Distributeur,  qui  di- 
vise, qui  partage.  Luc  12.  ik.  Homo,  quis  me 
consliluit  judicem  aut  divisorem  super  vos? 
0  homme,  qui  m'a  établi  pour  vous  juger, 
ou  pour  faire  vos  partages?  dit  Jésus-Christ. 

DIVITLE,  arum;  Gr.77),oûTo,-.Du  nom  dives, 
ilis. 

i°  Richesses,  abondance  de  biens  tempo- 
rels. Prov.  22.  1.  nielius  est  nomen  bonum, 
qunm  divitiœ  multœ  :  La  bonne  réputation 
vaut   mieux  que  les  grandes  richesses,  c.  8: 

18.  c.  17.  \(î.  Quid  prodest  stulto  habere divi- 
tias, cum  sapienliam  emcre  non  possitf  Que 


fisr 


DOC 


Doc 


ifS2 


scrl  à  1  insonsé  d'avoir  de  grands  biens,  puis- 
qu'il ne  peut  pas  en  acheter  la  sagesse?  c.  3. 
16.  De  là  vient  :  Viri  divilinrum.  Ps.  75.  5. 
Nihil  invenerunt  omnes  viri  divitiarum  in  mn- 
nibus  suis  :  Tous  ces  gens  qui  se  glorifient 
de  leurs  richesses,  ne  trouvent  rien  dans  leurs 
mains  en  mourant,  étant  destitués  de  toutes 
choses.  D'autres  l'entendent  en  particulier 
des  Assyriens,  qui,  s'élant  enrichis  des  dé- 
pouilles de  la  Judée,  furent  tous  exterminés 
par  un  ange.  4.  R^g.  19.  35.  Prov.  31.  3.  Ne 
dederis  mulieribus  substantiam  tuam,  el  divi^ 
lias  tuas  ad  détendus  reges  :  Ne  donnez  point 
votre  bien  aux  femmes,  et  n'employez  point 
vos  richesses  pour  perdre  les  rois;  Hebr.  Ne 
donnez  point  votre  affection  aux  femmes  :  ce 
qui  perd  les  plus  grands  rois.  Gen.  45.  23. 
Jos.  22.  8.  etc.  Voy.  Opes. 

2°  Grandeur,  ou  abondance  de  biens  spi- 
rituels. Rom.  2.  k.  An  divitias  bonitatis  ejus 
cuntemnis?  Est-ce  ainsi  que  vous  méprisez 
les  richesses  de  la  bonté  de  Dieu?  c.  9.  23. 
c.  11.  V.  12.  33.  0  altitudo  divitiarum  sapien- 
liœ  et  scientiœ  Dei!  { i.  e.  profunditas  abun- 
dantist  ou  magnœ  sapientiœ):  Que  la  grandeur 
de  la  sagesse  el  de  la  science  de  Dieu  est 
profonde  et  impénétrable  1  2.  Cor.  8. 2.  Ephes. 

1.  V.  7.  18.  Ps.  36.  3.  Ps.  111.  3.  etc.  Ce  mot 
e.-«t  ordinaire  et  familier  en  ce  sens  dans 
saint  Paul.  Voy.  MuLtiTUDO. 

DIURNUS,  A,  UM.  Du  mot  diu,  pour  die. 

D'un  jour,  d'une  journée.  Mallh.  20.  2. 
Convenlione  auteni  fada  cum  operariis  ex 
denario  diarno  ;  -zw  riixipu-j  :  Le  père  de  fa- 
mille étant  convenu  avec  les  ouvriers  d'un 
denier  pour  leur  journée,  il  les  envoya  à  sa 
vigne. 

DIUTIUS;  nxy.pôrtpov.  De  diu,  adverbe. 

Longtemps.  Sap.  12.  24.  In  erroris  via  diu- 
tius  erraverunt  :  Ils  s'étaient  égarés  long- 
temps dans  la  voie  de  Terreur.  2.  Mach.  12. 
36.  Ad.  24.  4. 

DIUTURNUS,  A,  UM  ;  TzokD/ji-jioç .  Du  même 
diu,  adverbe. 

Qui  dure  longtemps,  de  longue  durée.  Sap. 
k.  8.  Senectus  venerabilis  est  non  diuturna  : 
Ce  qui  rend  la  vieillesse  vénérable,  n'est  pas 
la  longueur  de  la  vie,  mais  la  prudence  el  la 
vie  sans  tache. 

DIVULGARE  ;  Sia'j-jjpiÇssv,  Sixlcdea,  publier, 
divulguer,  rendre  une  chose  publique.  Eccli. 
47. 17.  Ad  insulas  longe  divutyalum  est  nonien 
luum  :  Yowq  nom  s'est  rendu  célèbre  jus- 
qu'aux îles  les  plus  reculées ,  ô  Salomon. 
Mallh.  28.  15.  Et  divulgatutn  est  verbum  is- 
lud  opud  Judœos  iisque  iu  liodiernuni  diem  : 
El  ce  bruit  que  les  soldats  répamlircnl  {se. 
que  les  disciples  de  Jésus-Christ  étaient  ve- 
nus la  nuit  et  avaient  dérobé  son  corps  pen- 
dant qu'ils  dormaient),  dure  encore  aujour- 
d'hui parmi  les  Juifs.  Luc.  1.  65.  elc. 

DOCERiG;  Gr.Stfîàrrxeiv,  Du  Gr.  oo/etv,  (îoxà- 
Çeiv,  exislimare. 

1"  Enseigner,  apprendre,  instruire.  1.  Tim. 

2.  12.  Docere  autcm  mulieri  non  permillo  : 
Je  ne  permets  point  aux  femmes  d'enseigner 
(  publi(]ucmcnt ,  mais  bien  en  particulier.) 
Tit  2.  3.  Anus  bcnc  doccntes  ;  Gr.  zaÀoOtoaT- 
Muloijç.  Apprenez  uux  femmes  âgées  ù  donner 


de  bonnes  instructions.   Apoc.  2.  20.  elc. 

2°  Faire  pratiquer  ce  qu'on  enseigne,  ou 
rendre  capable  de  le  faire  (5/3>oOv,  ostendere). 
2.  Par.  6.  27.  Doce  eos  viam  bonam  per  quam 
ingrediantur  :  Enseignez  à  votre  peuple  une 
voie  droite  par  laquelle  ils  marchent,  dit  Sa- 
lomon à  Dieu.  Ps.  24.  5.  Dirige  me  in  veritate 
tua,  et  doce  nie  :  Seigneur ,  conduisez-moi 
dans  la  voie  droite  de  votre  vérité,  et  instrui- 
sez-moi. v.  9.  Isa.  2.  3.  Mich.  4.  2.  Joan.  14. 
2ii.  Jlle  vos  docebit  omnia  :  Le  Consolateur, 
qui  est  le  Saint-Esprit,  sera  celui  qui  vous 
enseignera  toutes  choses.  1.  Joan.  2.  27.  Un- 
clio  ejus  docet  vos  de  omnibus:  L'onction  que 
vous  avez  reçue  du  Fils  de  Dieu  vous  ensei- 
gnera toutes  choses.  Ps.  143.  1.  Ps.  118.  v. 

12.  68.  Bonitalem  et  disciplinam  et  sciendam 
doce  me.  Celle  manière  d'enseigner  est  pro- 
pre à  Dieu,  qui,  parle  mouvement  de  sa 
grâce,  fait  vouloir  et  faire  ce  qu'il  inspire. 
Voy.  OsTËNDERE.  Voy.  DOCIBILIS. 

3"  Accoutumera  quelque  chose.  Jerem.  9. 
5.  Docueriint  (|:/«veàvetv)  linguam  suam  loqui 
mendacium  :  Ils  ont  inslruil  leurs  Lingues  à 
débiter  le  mensonge,  c.  2.  23.  c.  9.  19.  c.  12. 
16.  Ose.  10.  11.  Ephraim  vitula  docta  diligere 
trituram  :  Ephraïm  est  une  génisse  qui  s'est 
accoutumée,  et  qui  se  plaît  à  fouler  le  grain, 
etc. 

4°  Avertir,  faire  savoir,  déclarer.  Marc.  8. 
31.  Cœpit  docere  eos  qaoniam  oportet  Filium 
liominis  pati  mulla  :  Jésus-Christ  commença 
à  déclarer  à  ses  disciples,  qu'il  fallait  que  le 
Fils  de  l'Homme  souffrît  beaucoup,  c.  9.  30. 
Apoc.  2.  14.  Jerem.  32.  33.  Hab.  2.  19.  Ps. 
70.  18.  1.  Cor.  11.  14. 

5°  Ordonner,  prescrire.  Jonn.  8.  28.  A  me 
ipso  facio  nihil,  sed  sicut  docuit  me  Pnter, 
hœc  loquor  :  Je  ne  fais  rien  de  moi-même; 
mais  je  dis  ce  que  mon  Père  m'a  enseigné  : 
JéNUs-Christ,  comme  Dieu  ,  a  reçu  du  Père 
é(ernel  toute  lun)ière  et  toute  connaissance, 
en  recevant  l'être  dft  toute  éternité;  et  comme 
homme,  a  obéi  à  ses  ordres.  Voy.  AuDint:. 
Ainsi,  Deut.  1.  15.  1.  Par.  28.  29.  Voy.  Ma- 

GISTER. 

6°  Reprendre,  Corriger  (TratSeÛEtv).  Eccli.  30. 

13.  Doce  filium  luum,  et  opcrare  in  illo  :  In- 
struisez votre  fils  el  travaillez  à  le  former. 
Ps.  17.  36.  Disciplina  tua  ipsa  me  docebit  . 
Votre  sainte  discipline  m'instruira  ;  3t'5«;£t, 
Hebr.   Rabab,  de  Rub,  Mugister.  Voy.  Mul- 

TIPMCAUE. 

7"  Instruire,  suggérer.  Job.  15.  5.  Docuit 
iniquilas  tua  os  tuum  :  V^olrc  iniv|uilé  a  in- 
struit votre  bouche;  vous  tlilcs  tout  ce  que 
vous  suggère  la  malignité  de  votre  esprit. 

8'  Maltraiter,  perdre,  ruiner.  Isa.  27.  10. 
Muiicrcs  tenienlcs  doccbunt  cam  :  Des  femmes 
viendront  la  désoler  ;  llcbr.  y  mellronl  le 
feu  :  Ces  femmes  marquent  les  Mèdes  qui 
vivaient  dans  la  mollesse.  \ 

DOCH,  lleb.  Commotus.  Un  petit  fort,  où 
Piolé(née  fil  tuer  Simon  par  trahison.  1.  Mac. 
16.  15. 

DOCIRILIS,  is,  E.  Cet  adjectif  est  peu  ca 
usage  en  latin  (  on  ne  le  rencontre  que  dans 
Tércncc);  il  est  mis  pour  ducHis ,  celui  tiui 


IJS3 


DiCT:oNNAmr:  df  philologie  sacrel. 


^l^4 


ppul  élrc  enseigné,  qui  peut  apprendre  :  dans 
l'Ecrilure  : 

I  1»  Qui  a  appris,  qui  a  été  instruit  et  ensei- 
gné (ôt^axTÔc).  Joan,  6.  45.  Erunt  omnes  do- 
cibiles  Dei:  Ils  seront  tous  enseignés  de  Dieu  : 
Ce  passage  est  pris  d'Isa.  S'i-.  13.  qui  porte  : 
Ponam  universos  filios  dodos  a  Domino  ;  Ce 
qui  est  une  prédiction  du  Nouveau  Testa- 
ment, où  les  fidèles  sont  enseignés  inlérieu- 
rement  par  l'Esprit  de  Dieu.  Voy.  Jerem.  31. 
34. 

2°  Capable  d'instruire  et  d'enseigner  (5t5a- 
xTiyôç).  2.  ïim.  2.  24.  Servum  Domini...  opor- 
tet  esse  docibilem  :  Il  faut  que  le  serviteur  du 
Seigneur  soit  prêt  à  enseigner.  Voy.  1.  Tim. 
3.  2.  Doctor. 

DOCILIS,  is,  E.  De  docere,  docile,  qui  ap- 
prend aisément. 

Docile,  obéissant.  3.  Reg.  3.  9.  Dabis  serv 
tua  cor  docile  :  Je  vous  supplie  de  donner  à 
votre  serviteur  un  cœur  docile;  dit  Salomon 
à  Dieu;  Gr.  et  Heb.  audiens. 

DOCTE;  EVfiKSw?.  Doctement,  en  homme 
intelligent  ;  dans  l'Ecriture  : 

Adroitement.  Sap.  13.  11.  Si  guis  hujus 
docte  eradat  omnemcorticem  :  Un  ouvrier  ha- 
bile ôte  adroitement  toute  l'écorce  de  l'arbre 
qu'il  a  coupé  dans  une  forêt  :  l'Ecriture  dé- 
crit l'origine  des  idoles. 

DOCTISSÎMUS ,  A,  UM.  1»  Très-savant  , 
très-sage.  1.  Esdr.  7.  12.  Ar taxer xes  RexRe- 
gum  Esdrœ  Sacerdoti  Scribœ  Legis  Dei  Cœli 
doctissimo ,  salutem  :  Artaxerxès,  roi  des  rois, 
à  Esdras,  prêtre  et  docteur  très-savant  dans 
la  loi  du  Dieu  du  ciel;  salut. 

2°  Très-habile,  fort  expérimenté  {SzSiSay- 
Mtvof).  C.int.  3.  8.  Omnes  ad  hella  doctissimi  ; 
Les  soixante  hommes  qui  environnent  le  lit 
de  Salomon  sont  tous  expérimentés  dans  les 
guerres. 

DOCTOR  ,  is  ;  §£5«(tz«>o?.  —  1°  Docteur  , 
maître,  qui  enseigne.  1.  Tim.  2.  7.  Posilus 
sum  ego  Doctor  gentium  in  Fide  :  J'ai  été  éta- 
bli docteur  des  nations  pour  les  instruire 
dans  la  foi.  1.  Tim.  1.  7.  Isa.  30.  20.  c.  33. 
18. 

2"  Docteur  établi  pour  enseigner  ;  soit  dans 
l'église  Judaïque,  comme  ceux  qui  étaient 
appelés  docteurs  de  la  loi.  2.  Par.  15.  3.  Luc. 
2.  46.  Invenerunt  illum  in  Templo  sedentem 
in  medio  doclorutn  ;  Le  père  et  la  mère  de 
Jésus-Christ  le  trouvèrent  dans  le  temple  (de 
Jérusalem)  assis  au  milieu  des  doctcuis,  les 
écoutant  et  les  interrogeant,  c.  5.  17.  Matlh. 
22.  35.  Voy.  Scriba,  Legisperitus. 

Soit  dans  l'Eglise  des  chrétiens.  Act.  13.  1. 
Erunt  in  Ecclesia  giiœ  erat  Antiochiœ,  Pro~ 
phclœ  et  doctores  :  Cvux  qu'on  appelait  pro- 
phètes, dans  la  loi  nouvelle,  étaient  particu- 
lièrement ceux  quelle  Seigneur  remplissait 
de  son  Esprit,  pour  expliquer  d'une  manière 
surnaturelle  ce  qu'il  y  avait  de  plus  caché 
dans  les  Ecritures  :  Les  docteurs  étaient  ceux 
qui  instruisaient  au>;si  les  fidèles ,  mais  en 
un  degré  inférieur  à  celui  des  prophètes.  I!  y 
avait  dans  l'Eglise  d'Antioche  des  prophètes 
et  des  docteurs.  1.  Cor.  12.29.  Numquid  om- 
nes doctores?  Tous  sont-ils  docteurs?  28. 
E|.hcs.  4.  11.  Joël  2.  23.  Dcdit  vohis  doclo- 


rem  justitiœ  :  Dieu  vous  a  donné  nn  maître 
qui  vous  enseignera  la  justice  ;  propr.  Dieu 
vous  a  donné  des  aliments  |)Our  la  justice, 
BpM[/.xr(x.  eiç  Sexotioaûv/jv.  Ce  qui  s'entcnd  du 
Messie. 

3°  Docte,  habile,  et  capable  d'instruire  et 
d'enseigner  (StScxTixo?).  Soit  en  ce  qui  regarde 
la  foi.  1.  Tim.  3.  2.  Oportei  episcopum  esse 
doclorem  :  11  faut  que  l'évêque  soit  capable 
d'enseigner;  Gr.  StSwzTixôv.  Soit  en  quehpie 
art  ou  science,  comme  la  musique  et  les  ins- 
truments de  musique.  1.  Par.  25.  7.  Cuncti 
doctores  (o-uvtwv,  intelligens)  :  Tous  ceux 
qui  instruisaient  les  autres  à  chanter  les 
louanges  du  Seigneur,  qui  étaient  au  nombre 
de  deux  cent  quatre -vingt  huit:  c'étaient 
des  enfants  d'Asaph. 

4"  Magistrat  établi  dans  les  villes  pour  y 
régler  la  manière  de  rendre  la  justice,  et  y 
être  consulté  par  les  juges  mêmes  {ypaixiiuro-ia- 
uyuysx/ç,  Litiuminlroductor,  Hebr.  Schoterim 
prœfecti).  Deut.  29. 10.  Vos  stalis  hodie  coram 
Domino  Deo  vestro,  Principes  vestri  et  tribus^ 
ac  majores  natu,  atque  doctores  :  Vous  êtes 
tous  ici  présents  aujourd'hui  devant  le  Sei- 
gneur votre  Dieu,  les  princes  qui  sont  parmi 
vous,  les  tribus,  les  Anciens  et  les  docteurs, 
c.  38.  28.  Ces  mêmes  magistrats  étaient  ap- 
pelés magistri.  Deut.  16.  18.  Voy.  Magister, 
Princeps. 

5"  Prince,  juge,  législateur.  Deut.  33.  21. 
Vidit  principalum  siium  qiiod  in  parle  sua 
doctor  esset  repositus  :  La  tribu  de  Gad  ayant 
prévu  que  Moïse  le  législateur  et  le  chef  d'Is- 
raël devait  être  enseveli  deçà  le  Jourdain^ 
elle  y  demanda  son  partage  (juelques  mois 
auparavant  :  d'autres  expliquent  le  mot  de 
docteur,  par  celui  qui  devait  instruire  dans 
le  partage  de  Gid.  2.  Par.  26.  11.  Fuit  exer- 
citus  bellatorum  ejns  sub  manu  Jchicl  Scribœ, 
Maasiœque  doctoris  ;  Gr.  xpîrou.  L'armée  des 
braves  de  Josias  était  commandée  par  Jehiel 
secrétaire,  par  Maasie,  docteur  de  la  Loi  ; 
Hebr.  Prœfecti. 

DOCTRINA,  je;  5£S«7x«)iî«.  —  1°  Doctrine, 
science  {yvûat;).  Prov.  8.  10.  Doclrinam  mu- 
gis quam  aurutn  eligite  :  Choisissez  plutôt  la 
science  que  l'or.  2.  Tim.  4.  3.  Erit  temphs 
cum  sanam  doctrinam  non  sustinebuni  :  Il 
viendra  un  temps  que  les  hommes  ne  pt)ur- 
ront  plus  souffrir  la  saine  doctrine.  Prov.  14. 
6.  Doctrina  prudenlium  facilis  (aiaônc-iî)  :  La 
science  se  communique  facilement  à  l'homme 
sage.  Prov.  12.  8.  etc. 

2°  Instruction ,  fonction  d'enseigner.  1. 
Tim.  4.  v.  13.  16.  Attende  libi  et  doctrinœ  : 
Veillez  sur  vous-même  et  sur  l'instruction 
des  autres.  1.  Tim.  5.  17.  Tit.2.7.  Rom.  12.  7. 

3°  Manière  d'instruire  {BiSu^-n).  Marc.  12. 
38.  Dicebat  eis  in  doctrina  sua  :  Jésus-Christ 
disait ,  en  sa  manière  d'instruire,  au  peuple 
qui  prenait  plaisir  à  l'écouter. 

4"  L'elTet  et  le  bruit  de  la  doctrine  et  de 
l'instruction  (yTrôxoos  ,  obediens  patri).  Prov. 
13.  1.  Filius  sapiens,  doctrina  Patris  :  La  sa- 
gesse du  Fils  fait  connaître  la  sagesse  du  Père  : 
d'autres  lisent  selon  l'Hébreu,  (/ocfrmam,  eu 
sous-entendant  le  verbe  audit. 

5"  Preuve  de  quelque  choso,  ce  qui  la  fai» 


1185  DOC 

connaître.  Jer.  10.  8.  Doctrina  vanltatis  co- 
rumlignum  est  :  Le»bois  qu'ils  adorent  est  la 
preuve  de  la  vanité  de  leur  culte. 

6° Correction, châtiment,  punition  {nuiSsiu). 
Isa.  26.  16.  In  (ribulatione  niiirmiiris,  doc- 
trina tua  eis  :  La  correction  salutaire  que 
vous  faites  sentir  aux  Juifs,  leur  sert  dans 
l'affliction  qui  les  presse.  Prov.  15.  10.  Doc- 
trina mala  descrenli  viam  :  Le  châtiment  et 
l'instruction  déplaît  à  celui  qui  quitte  le  droit 
chemin.  Prov.  1.  7.  Sapientiam  atqiie  doctri- 
nam  stulli  dcspiciunl  :  L(  s  insensés  méprisent 
la  sagesse  et  la  science.  Eccli.  18.  11.  Le  mot 
doctrina  est  le  même   que   disciplina ,  \.  2. 

7°  Reproche,  correction  {■Kv.ihia.).  Job.  20. 
3.  Doctrinatn  qua  me  arguis ,  audiam  :  Je  veux 
bien  écouler  les  reproches  que  vous  me 
faites. 

8"  Sagesse,  jugement,  bon  sens  («rùvîs-tj). 
Job.  12.  20.  Doctrinam  seiiiunauferens  :  C'est 
Dieu  qui  retire  la  science  des  vieillards,  c. 
20.  3.  Prov.  2'k  k.  Voy.  Cellarium. 

9"  Don  d'enseigner  les  autres  [StSxxo).  1. 
Cor.  14.  29.  Doctrinam  habet  :  Si  quelqu'un 
est  inspiré  de  Dieu  pour  instruire.  Celte 
grâce  du  Saint-Esprit  consiste  à  enseigner 
les  mystères  du  salut. 

10'  La  vraie  doctrine,  la  science  des  mystè- 
res du  salut.  1.  Tim.  6.  1.  Ne  nomen  Domini 
et  doctrina  blasphemetur  :  Aûn  qu'on  ne 
l>lasphème  point  contre  le  nom  et  la  doctrine 
du  Seigneur.  Prov.  12.  8.  Doctrina  sua  nosce- 
tur  vir  :  L'homme  sera  connu  par  la  pureté 
de  sa  doctrine;  c'est  une  marque  ordinaire 
de  la  vertu  ,  principalement  lorsqu'elle  est 
jointe  à  la  pureté  des  ii;œurs  ;  Hebr.  sera 
loué  selon  sa  prudence.  Ainsi,  Isa.  2i.  15. 
In  doctrinis  ghrificate  Dominum  :  Rendez 
gloire  au  Seigneur  par  une  doctrine  pure. 
Hebr.  □nNi(6flurim),  de  ""^Nior,  /ux),  propre- 
ment in  luce,  in  igné.  Aq.  Syin.  Théod.  le 
traduisent  par  yartî-p-oi,  illuminationes  ;  mais 
toutes  ces  significations  sont  implicilemenl  el 
éniinemment  renlermées  dans  le  mut  do- 
ctrina,  choisi  par  la  V'ulgale  ;  parce  que  la 
doctrine  est  tout  à  la  fois  une  lumière  qui 
éclaire  l'esprit  et  un  feu  qui  échauffe  le  cœur: 
voilà  pourquoi  l'Eglise  dit  des  prédicateurs 
de  la  doctrine,  qu'ils  sont  comme  des  lampes 
ardentes  et  luisantes,  lucerna  ardens  et  lu- 
cens.  Jean.  5.  35. 

Façon  de  pa.-ler. 

Doctrina  el  veritas  ;  Heb.  D'cm  DTIN  urim 
et  thummim;  Gr.  SoÏ'.jtiç  y.v.l  r,  «X/jOeia,  la  doc- 
trine et  la  vérité  marquent  la  science  el  la 
pureté  des  mœurs.  Exod.  28.  30.  Pones  in  ra- 
tionali  judicii  Doctrinam  el  Vcriiatem  :  Vous 
graverez  ces  deux  mots  sur  le  Kational  du 
jugement  :  Doctrine  et  Vérité  ;  Hebr.  illumi- 
nationes et  perfecliones.  Lcvit.  8.  8.  Ces  deux 
mots  élaienl  gravés  sur  le  Rational  que  por- 
tait le  grand  prêtre,  pour  marquer  qu'il  fal- 
lait que  le  pontife  fût  écljiré  en  science  et 
parfait  en  vertus.  Voy.  1.  Esdr.  2.  63.  Dcut. 
33.  8.  Voy.  Perfectio.  D'autres  rexpli(juent 
autrement  :  ils  penst  nt  que  ces  deux  mots 
désignaient  les  douze  pierres  précieuses  du 
l^lional.  aiiibi  nummécs  à  cause  de  leur  bril- 


roD 


fISb 


lanl  eciat  ;  c'est  par  ces  pierres  précieuses  que 
le  grand  prêtre  faisait  connaître  la  volonté  de 
Dieu,  soit  par  leur  lueur  différente,  soit  par 
quelqu'autre  manière  qui  ne  nous  est  pas 
connue.  Num.  27.  21.  1.  Reg.  28.  6.  C'est  en 
particulier  le  sentiment  de  Josèphe,  Antiq. 
3,  c.  8,  mais  le  plus  sage  est  de  reconnaître, 
avec  RR.  D.  Kimchi  et  Aben-Ezra,  qu'on  ne 
sait  posilivemenl  ce  que  ces  deux  mots  si- 
gnifiaient. 

DOGTRIX,  cis,  Gr.  uvaziç,  initiatrix ,  du 
nom  doclor. 

Maîtresse  qui  enseigne  les  mystères  el  les 
secrets  de  la  science  de  Dieu.  Sap.  8.  i.  Doc- 
trix  est  disciplinœ  Dei  :  La  Sagesse  est  la  maî- 
tresse de  la  science  de  Dieu;  celle  Sagesse  est 
Jésus-Chrisl  même. 

DOt^lUS,  A  ,  UM  ,   ôzSioa.ytMéyo;,    Si^xy.rô;,  qui 

a  été  enseigné,  à  qui  on  a  appris  ;  de  plus  : 

1°  Docle,  savant,  intelligent,  bien  instruit. 
aofoç.  Eccl.  2.  16.  Moritur  dodus,  similHer  et 
indoctus  :  L'hoinmo  savant  meurt  comme  Vi- 
çnoranl.c.9  Ai. Vidinecdoctoriim:zot;(Tjj-xoi;) 
esse  divilias  :  J'ai  vu  que  les  richesses  tem- 
porelles ne  sont  point  pour  les  plus  habiles. 

I.  Par.  25.  8.  Prov.  17.  27.  c.  2i.  5.  Dan.  1. 
k.  c.  11.33. 

2°  Savant  et  docteur  qui  enseigne  la  loi  de 
Dieu  (<Tyv£££»-,  intelligens  ).  Dan.  12.  3.  Qui 
docli  fuerint  fulgebunt  :  Ceux  qui  auront  été 
savants,  brilleront  comme  les  feux  du  firma- 
ment.  Voy.  Maldon.  m  Matth.  13.  43.  Dan. 

II.  32.  Matth.  13,  52.  Scriba  dodus  in  regno 
cœlorum;  Gr.  in  regnum  {u.oLOnzz\jQti;)  :  Doc- 
teur qui  est  bien  instruit  en  ce  qui  regarde  le 
royaume  de  Dieu  oupourprêcherles  mys'ères 
du  royaume  de  Dieu.  1  .Esdr.  2. 63.  Dixit  Atlier- 
satha,  ut  non  comederent  de  sanclo  sancloruni, 
donec  surgeret  sacerdos  dodus  atqueperfedus: 
Alhersalha  leur  dit  de  ne  point  manger  des 
viandes  sacrées  jusqu'à  ce  qu'il  s'élevât  un 
pontife  docte  el  parfait.  2.  Esdr.  7.  65.  Voy. 
Sacerdos.  Dan.  12.  10. 

3'  Habile,  adroit,  expert  en  quelque  cnose 
(  (joffjç).  Exod.  35.  25.  Mulieres  doclœ,  quce 
never:-:nt,  dederunl  :  Les  femmes  qui  étaient 
habiles  au  travail  ,  donnèrent  ce  qu'elles 
avaient  filé  d'hyacinthe,  de  pourpre,  elc;  se. 
pour  le  tabernacle  du  témoignage.  1.  Mach. 
k.  7.  c.  6.  30. 

i"  Ingénieux  ,  subtil,  fait  avec  esprit  ^o-£7o- 
fi7iJié-jo;  ,  arte  politus).]  2.  Potr.  1.  16.  Non 
dodas  fabulas  seculi  :  Ce  n'est  point  en  sui- 
vant des  fables  et  des  fictions  ingénieuses,  que 
nous  vous  avons  fait  connaître  la  puissance  el 
l'avénemenlde  Notre-Seigneur  Jésus-Chrisl.  1 . 
Cor.  2.  13.  Loquimur ,  non  in  dodis  humnnœ 
sapientiœ  verbis  :  Nous  annonçons  les  dons 
que  Dieu  nous  a  faits,  non  pas  avec  le  lan- 
gage étudié  <le  la  sagesse  humaine.  Gr.  oi- 
ôaxToï,-,  subtilement  inventés  pour  persua- 
der. 

5'  Accoutume,  fait  à  quelque  chose  (st^wf, 
sciens).  1.  Mach.  6.  30.  Elephanti  triginta  duo^ 
dodi  ad  prœliuni  :  Il  y  avait,  dans  l'arméo 
d'Antiochus  contre  Judas,  Irenle-deux  élé- 
phants dressés  au  combat.  Ose.  10.  11. 

DODAV,  Flehr.  dilcctio  rjns,  palruiui  fjus^ 
père  du  |)r»)phctc  Eliézer.  2.  Par.  20.  37. 


ns7 


LICTIONNAIRE  DE  PIIlLOiOGlE  SACRÉS. 


\\^ 


DODANÏAI.  Hebr.  dilecti ,  fils  de  Javnn. 
Geii.  10.  4.  1.  Par.  1.  7.  Gr.  poSiot ,  Rhodii ; 
les  Septante  ont  lu  Rodanim,  et  on  l'entend 
de  l'île  (le  Rhodes. 

DOEG,  Hebr.  anjius,  un  officier  de  Saiil, 
iduniéen  ,  qui  était  en  grand  crédit  auprès  de 
ce  prince.  1.  Rog.  21.  7.  c.  22.  v.  9.  18.  22. 
etc.  C'est  cet  officier  perfide  qui  a  fait  le  su- 
jet du  psaume  51  ,  et  qui  lua  ,  par  ordre  de 
S.:ù!,  sur  le  rapport  qu'il  lui  avait  fait,  le 
grand  sacrificateur  Arhiméiech,  et  quatre- 
vingt-cinq  autres  prêtres  ,  revêtus  de  leurs 
habiis  sacerdotaux  ,  l'an  du  monde  2976.  1. 
Reg.  21.7. 

DOGMA,  ATis  ,  ooyva  ;  du  verbe  oor.eh,  ^e 
fait  oioo'/fiKi,  doù  vient  ooyax, 

Dogme  ,  maxime  ou  opinion  particulière  ; 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Dogme  ,  doctrme.  Job.  13.  k.  Cullores 
perversorum  dogmatxim  :  Défenseur  d'une 
doctrine  corrompue;  Hebr.,  faux  médecins. 

2'  Edit ,  ordonnance  (  -/pty-yy-^-^-  )•  Eslh.  i.  .3. 
Jn  omnibus  provinciis  ad  quœ  cnidele  régis 
dogma  perveneral ,  planctus  ingens  eral  apud 
Judœos  :  Dans  toutes  les  provinces  (et  autres 
lieux)  où  ce  cruel  édit  du  roi  t'ivait  été  en- 
voyé, les  Juifs  faisaient  un  grand  deuil.  Act. 
16.  i.  Tradebant  eis  custodire  dogmata  quœ 
eranl  décréta  ab  apostolis  et  senioribus  qui 
erant  Jerosolymis  :  Saint  Paul  et  Timolhée 
donnaient  pour  règle  aux  fidèles,  de  garder 
les  ordonnances  qui  avaient  été  établies  par 
les  apôtres  et  par  les  prêtres  de  Jérusalem. 
Les  ordonnances  et  les  édils  des  princes  sont 
rendus  par  le  même  mot  grec  dogma.  Voyez 
Luc.  2.  1.  etc. 

DOLARE  ,  ).a:rj£tv,  de  dalal,  extenunre,  di- 
minuer ;  ce  qui  se  fait  sur  le  bois  en  le  dolant  : 

1°  Doler,  et  se  dit  proprement  du  bois 
qu'on  aplanit  et  unit  avec  la  doloire.  Ezech. 
27.    6.    Quercus    de    Basan    dolaverunt    in 

l'cmos  lUOS  (ix  ~f,;  BacaviriSoç   è—oir,(7X'J  -zàç  vm-'j.; 

cr.v)  :  Ils  ont  mis  en  œuvre  les  chênes 
de  Basan  pour  faire  vos  rames  ;  le  Prophète 
parle  de  Tyr  sous  la  figure  d'un  vai.-seau. 

2°  Tailler,  polir.  Deut.  10.  1.  Dola  tibi  duas 
tabulas  lapideas  :  Taillez-vous  deux  tables  de 
pierre,  comme  étaient  les  premières,  dit  Dieu 
a  Moïse.  V.  3.  3.  Rcg.  3.  18.  c.  6.  7.  etc. 

3°  Traiter  rudement  ,  tourmenter  (à-oGr&i- 
Çeiv,  demelere).  Ose.  6.  5.  Dolavi  in  prophelis: 
J'ai  inquiété  et  maltraité  les  Israélites  par 
mes  prophètes  ;  5C.  en  ce  qu'ils  les  ont  étour- 
dis par  des  reproches  continuels  et  les  ont 
épouvantés  par  la  terreur  des  jugements  de 
Dieu.  D'ailleurs  l'Ecriture  dit  que  les  pro- 
phètes font  ce  qu'ils  prédisent  qui  se  fera 
(Voy.  DiviDERE,  5  ,  EvELLEKE,  clc).  La  mé- 
taphore est  tirée  Je  ce  que  l'on  retranche  et 
qu'on  taille  ce  qu'on  polit. 

DOLERE,  TToverv,  «/'/ctv,  du  trême  mot  hé- 
breu dal  ou  dalal  ,  atlenuaiit  ,  parce  que  la 
douleur  abat  et  maigrit  le  corps  ;  ce  verbe  se 
dit  et  de  la  douleur  du  corps ,  et  des  peines 
d'esprit  : 

1°  Etre  fâché,  être  affligé  ou  malade.  1 .  Reg. 
22.  8.  Non  ext  qui  vicem  meam  doleat  :  11  n'y 
en  a  pas  un  d'entre  vous  qui  soit  louché  de 
mou    malheur,   dit    Saùl    à   tous   ceux    qui 


élaienl  autour  de  lui.  3.  Reg.  15.  23.  In  tem- 
père senectulis  suœ  doluit  pedes  :  Asa  eut  un 
grand  mal  de  jambes  lorsqu'il  était  déjà 
vieux.  Jerem.  k.  19.  Ventrem  meum  doleo; 
i.  e.  viscera  :  Je  suis  pénétré  de  douleur  et 
d'affliction;  le  Prophète  parle  au  nom  de  la 
ville  de  Jérusalem,  qui  pressentait  les  maux 
dont  elle  était  menacée.  Judic.  10.  16.  Doluit 
super  r.Jseriis  eorum  {iliyo^v/^gi-j,  deficcre  ani- 
mo)  :  Le  Seigneur  fut  touché  de  la  misère  que 
les  Israélites  souffraient  de  la  p  irt  des  Am- 
monites; ce  qui  se  dit  de  Dieu  improprement. 
Luc.  2.  48. 
.2°  Ressentir  son  mal,  s'en  apercevoir. 
Prov.  23.  35.  Verberaverunt  me,  sed  non  do- 
lui  :  Ils  m'ont  battu  ,  et  je  n'en  ai  rien  senti. 
Jer.  5.  3. 

3  Trembler ,  être  effrayé  (ùSivstv).  Habac.  3 
10. Viderunt  te.  et  doluerunt  montes:  Les  mon- 
tagnes vous  ont  vu,  et  elles  ont  été  saisies  de 
douleur;  Hebr.  ont  tremblé;  ces  moniagnes 
marquent  les  rois  qui  ont  été  saisis  de  frayeur 
à  l'arrivée  du  peuple  de  Dieu  dans  la  terre 
promise;  Gr.  ).aoi,  populi.  Jer.  5.  22.  A  facie 
mea  non  dolebitis?  Ne  serez-vous  point  saisis 
de  frayeur  devant  ma  face?  Gr.  vA'jf^rfih'jt'j^i-, 
Hebr.  parebilis. 

k°  Etre  transporté  de  fureur.  Eccli.  9.  20. 
Super  dolentium  arma  ambulabis;  i.  e.  hostiuin 
furentium  :  Souvenez-vous  que  vous  marchez 
au  travers  dos  armes  d'ennemis  pleins  de  co- 
lère ;  Gr.  vous  vous  promenez  sur  les  cré- 
neaux de  la  ville. 

5°  Causer  de  la  douleur  et  de  l'afnictlon. 
Isa.  17.  11.  Ablala  est  messis  in  die  hœredi- 
tatis,  et  dolebit  graviter;  i.  e.  dolere  faciet  : 
Lorsque  le  temps  de  recueillir  sera  venu, 
vous  ne  trouverez  rien  ,  et  vous  serez  percée 
de  douleur;  Hebr.  cheèb,  dans  une  conjugai- 
son active  ;  c'est  la  punition  de  l'oubli  de 
Di  u. 

DOLOR ,  is ,  oo-j-jr,  ,  de  la  même  racine 
dcdal  : 

i°  Douleur  ,  affliction  ,  mal ,  tristesse  ,  en- 
nui {l<JTzn].  Gen.3.  16.  Jn  dolore  paries  filios 
(tî/vov)  :  Vous  enfanterez  dans  la  douleur, 
dit  Dieu  à  Eve  après  son  péché.  Ainsi,  Ruben, 
l'aîné  de  Jacob,  esl  appelé  principium  dolo- 
ris.  Gen.  49.  3.  Voy.  Principium.  Act.  2.  24. 
QuemBeus  suscitavit  soluiis  doloribus  [Ivax;  zi; 
wStvaç)  inferni'.  Dieu  a  ressuscité  Jésus-CInisl 
en  arrêtant  les  douleurs  de  l'enfer;  Gr.,  de  la 
mort;i.  e.  Dieu  l'a  délivré  de  l'état  où  sont  les 
morts  ,  ce  qui  est  exprimé  par  le  mot  infer- 
nus.  Sttint  Pierre  avait  en  vue  le  Psaume  17. 
V.  5.  6.  Circumdederunt  me  dolores  morlis; 
dolores  inferni  circumdederunt  me  ;  Hfbr.,  fa- 
nes, vincula  :  Je  suis  environné  de  douleurs 
mortelles,  comme  de  chaînes  (David,  dans  le 
sens  littéral,  pari  •  des  grands  périls  où  il  s'é- 
tait vu  lorsque  Saùl  le  faisait  chercher  par- 
tout pour  le  tuer).  Saint  Augustin  explique 
ce  passage  des  âmes  que  Jésus-Christ  a  déli- 
vrées des  peines  de  l'autre  vie  ,  par  sa  des- 
cente aux  enfers.  Ainsi  ,  Mallh.  24.  8.  IJax 
autcm  omnia  initia  sunt  dotorum  :  Toutes  ces 
choses;  se.  les  guerres,  les  pestes  ,  ne  seront 
que  le  commencement  des  douleurs  qui  arri- 
\ août  ou  à  la  destruction  de  Jérusalem  ou  au 


I!S0 


1)01 


DOM 


ll!H> 


jugcmenl  dernier  ,  dont  elle  a  élé  la  figure; 
Gr.,  wôivojv,  ce  mol  signifie  le  mal  que  soutire 
une  femme  dans  l'enlantemonl.  L'Ecriture  se 
sert  souvent  de  celte  comparaison  pour  ex- 
primer les  plus  grands  maux.  Voy.  Jerem. 
22.  23.  Ose.  13.  13.  1.  Thess.  5.  3.  etc.  Ainsi» 
Jésus-Christ  est  appelé  Vir  clolorum.  Isa.  53. 
2.  cl-jOprjinoç  èv  Tzlnyô  wv  ,  un  homme  qui  est 
dans  la  souffrance,  parce  que  sa  vie  en  a  été 
remplie. 

2°  Grande  maladie.  Job.  33.  19.  Increpat 
quoque  per  dolorem  (/x«),c/.zt«)  in  lectulo  :  Dieu 
châtie  Ihomme  par  la  douleur  qu'il  souffre 
dans  son  lit. 

3°  Peine,  travail ,  sueur  (èSvvïj).  Ps.  126.  2. 
Surgite  poslquam  sederilis  ,  qui  manducatis 
panem  doloris;  i.  e.  tabore  et  œriimna  partum  : 
Levez-vous  après  que  vous  vous  serez  re- 
posé, vous  qui  mangez  d'un  pain  de  dou- 
jeur. 

k'  Frayeur ,  épouvante.  Exod.  lo.  14. 
Dolores  (wSiv)  ohlinuerunl  habitatores  Phili- 
stiim  :  Les  Philistins  ont  élé  saisis  d'une 
profonde  douleur.  L-^a.  13.  8. 

5°  Mal  que  l'on  fait  à  d'autres  [-no-jo;].  Ps. 
7.  17.  Convertetiir  doior  ejus  in  capiil  CjUS  : 
La  douleur  que  l'ennemi  a  voulu  me  causer, 
retournera  sur  lui-même.  v.  lo.  Job.  k.  8. 
c.  20.  10.  Ps.  9.  v.  2.  36. 

6°  Peine ,  châtiment,  supplice  (odûvyj;.  Isa. 
53.  4.  Dolores  nostros  ipse  portavit  :  Il  s'est 
chargé  lui-même  de  nos  douleurs;  i.  e.  des 
peines  que  nos  péchés  méritaient;  le  Pro- 
phète parle  de  Jésus-Christ.  Apoc.  16.  v.  10. 
il.  Job.  21.  7. 

7°  Peine  d'esprit,  agitation.  Dan.l:.  10. 
Non  indicaverunt  sibi  vicissim  dolorem  .siium  : 
Ils  ne  s'entrcdircnl  point  le  sujet  do  leurs 
peines. 

DOLOSE,  du  substantif  rfo/u5,  avec  finesse 
cl  tromperie,  malicieusement.  Ps.  5.  10.  Lin- 
guis  suis  dolose  agebant  (ioo).£ovc-«v)  :  M(  s  en- 
nemis se  sont  servis  de  leurs  langues  pour 
tromper.  Ps.  13.  3.  Ps.  35.  3.  Rom.  3.  13. 

DOLOSITAS,  ATis,  ùoliozr.ç,  perfidie,  infilc- 
lilé.Eccli.  S7.  3.  Unde  creata  es  cooperire  ari- 
dam  malilia  et  dolositate  illius?  O  pensée  dé- 
testable ,  d'où  as  tu  pris  ton  origine  pour 
venir  rouvrir  la  terre  de  ta  malice  et  de  la 
perfidie?  l'Ecriture  parle  d'un  ami  ,  de  nom 
seulement,  qui  se  chani^e  en  ennemi. 

DOLOSUS,  A,  UM,  ôoO.io,-,  a,  ov,  trompeur, 
malicieux,  fourbe,  traître.  Ps.  11.  'i-.  iJisper- 
dat  Dominus  universa  labia  dolosa  :  Que  le 
Seigneur  perde  entièrement  toutes  les  lèvres 
trompeuses.  Malach.  1.  14.  Maledictus  dolo^ 
«us  :  Malheur  à  l'homme  trompeur.  Prov.  11. 
1.  Ose.  7.  16.  Voy.  Aucus,  Plaga. 

T)OLUS,  I,  oo/o;,  du  Grec: 

1°  Fourbe  ,  tromperie,  finesse,  mensonge. 
Job.  15.35.  Utérus  ejus  prœpnrat  dolos{Gr.ooJ- 
vaf  ,  dolores):  Le  cœur  de  l'impie  s'occupe 
à  inventer  des  fourbes  et  des  pièges.  Ps.  3  {. 
14.  Labia  tua  ne  loquantur  dolum  :  Gardez- 
vous  que  vos  lèvres  ne  profèrent  aucune  p.i- 
'  rôle  de  tromperie.  Ps.  72.  18.  Propler  dolos 
(SoMQTvi;)  posuisti  eis  (supl.  mala)  :  A  cause 
des  tromperies  dont  les  pécheurs  ont  usé  pour 
uui.iïscr  des  richesses,  vous  les  avez  perdus. 


D'autres  expliquent  :  c'est  pour  les  surpren- 
dre que  vous  leur  avez  donné  des  biens;  ce 
qui  s'accorde  avec  l'Hébreu  :  Vous  les  avez 
mis  en  des  lieux  bien  glissants.  1.  Petr.  2. 
22. 

2"  Hypocrisie,  déguisement.  Jean.  1.  47. 
Ecce  vere  Jsraelila,  in  quo  dolus  non  est: 
Voici  un  vrai  Israéliie,  sans  déguisement  et 
sans  artifice,  dit  Jésus  Christ  touchant  Na- 
Ihanaël. 

3°  Vice,  corruption.  1.  Petr.  2.  2.  Ratio^ 
nabile  sine  doto  lac  concupiscite  :  Désirez  ar- 
demment le  lait  spirituel  et  tout  pur;  Gr. 
uorAov,  sincerum:  Ce  lait  est  la  doctrine  de 
l'Evangile.  Voy.  Lac. 

4°  Ho.r.me  fourbe  et  trompeur.  Jerem.  9. 
6.  Habilatio  tua  in  média  doli:  supl. hominum: 
Votre  demeure,  ô  Jérémie,  est  au  milieu 
d'un  peuple  tout  rempli  de  fourberie,  dit 
Oieu.  Vo) .  Isa.  6.  5. 

5"  Biens  acquis  par  fraude  et  tromperie. 
Jcr.  5.  27.  Sicut  decipula  plena  avibus,  sic 
domus  eorum  plcnœ  dolo  :  Les  maisons  des 
impies  qui  sont  parmi  mon  peuple,  sont 
pleines  des  fruits  de  leurs  tromperies,  comme 
un  trébuchel  est  plein  des  oiseaux  qu'on  y 
a  pris.  Soph.  1.  9. 

6"  Mauvais  succès,  désavantage.  Prov.  12. 
20.  Dolus  in  corde  cogitanlium  mala  :  Ceux 
qui  forment  de  mauvais  desseins  dans  leur 
cœur,  s'en  trouveront  mal ,  y  seront  trompés. 

DOMA,  ATis.  Du  verbe  Grec  Sj//w,  œdifico , 
Swpta,  To,-,  un  dôme,  dans  l'Ecriture  : 

Le  toit,  ou  le  haut  de  la  maison,  qui  chez 
les  Juifs  et  les  autres  peuples  du  Levant  était 
plat,  et  en  forme  de  terrasse,  sur  lequel  ils 
se  promenaient  et  faisaient  la  plupart  de 
leurs  affaires.  (Voy.  Jos.  2.  6.  2.  Reg.  16. 
22.  )  2  Reg.  5.  8.  Proposuerat  David  in 
die  nia  prœmium  qui  percussissel  Jebusœum, 
et  leiigisset  domatum  fistulas  (Voy.  Fistlla): 
David  prit  la  forteresse  de  Sion  ;  car  il  a\ait 
proposé  une  récompense  pour  celui  qui  bai- 
Irail  les  Jébuséens,  et  qui  pourrait  gagner 
les  gouttières  du  toit;  cesl-à-dire,  le  haut 
de  la  forteresse.  2.  Esdr.  8.  16.  FeceruntqKo 
sibi  tabernacula  icnusquisque  in  dornate  suo, 
et  in  atriis  suis:  Les  Israélites  se  firent  des 
couverts  en  forme  de  tentes,  chacun  sur  lo 
haut  de  sa  maison,  dans  leur  vestibule,  elc. 
Ce  fut  pour  célébrer  la  fêle  des  Tabernacles, 
Prov.  21.  9.  c.  25.  '2ï.  Jerem.  19.  13.  c.  :]2. 
29.  Voy.  Tectum. 

DO.MARE,  SafjLc/X-c'j.  Du  verbe  Grec  oxuà'.>, 
ou  oawiÇoj,  qui  vient  de  l'Hébreu  Domam, 
Silere  f  cere,  sedare. 

1°  Dompter,  vaincre,  subjuguer.  Marc.  5. 
k.  Ncmo  potcrat  eum  domare  :  Nul  homme 
ne  pouvait  dompter  cet  homme  possédé  de 
l'esprit  impur,  qui  faisait  sa  demeure  ordi- 
naire dans  les  sépulcres.  Jac.  3.  v.  7.  8.  Lin- 
fiiiamaulcm  nullus  hominum  domare  potest: 
La  nature  de  l'homme  a  dMmplé  tous  les  ani- 
maux; mais  nul  homme  ne  peut  dompter  la 
langue. 

2'  Rompre,  briser.  Dan.  2.  \Q.Ferrnm  corn- 
minuit  et  dumal  omnia:  Le  fcrbrise  etdompie 
toutes  choses. 

DOMKSTi'CUS,  A  UM  ;  ot/iîo,-,  «,  ov,  ot'xtaxôf. 


U9t 
de 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


Hij2 


Dovius  ;  ce  mol  se  prend  ,  ou  pour 
ce  qui  est  nourri  et  élevé  à  la  maison,  eu 
pour  ce  qui  regarde  et  qui  concerne  la  mai- 
son ou  la  famille 

l°Qui  est  de  la  maison  ou  de  la  famille, 
qui  y  demeure.  Isa.  3.  6.  Apprehendet  vir 
fratrem  suum  domesticum  patris  sui  :  Cha- 
cun prendra  son  propre  frère,  né  dans  la 
maison  de  son  père.  Matlh.  10.  36.  Inimici 
hominis  domestici  ej us  :  L'homme  aura,  pour 
ennemis  ceux  de  sa  propre  maison  :  Ce  que 
l'Evangéliste  entend  des  vrais  ûdèles,  atta- 
chés à  la  loi  de  l'Evangile,  combattue  en  lui 
par  ses  plus  proches  (  Voy.  v.  21.  35.).  Mich. 
7.  6.  1.  Tim.  5.  8.  Eccli.  6.  11.  etc. 

2°  Domestique,  serviteur,  officier.  2.  Reg. 
16.  2.  Asini  domesticis  (t«  ÙTroÇOyta  t^  oUià) 
régis  ut  sedeant  :  Les  ânes  que  j'amène, 
sont  pour  les  officiers  du  roi,  dit  Siba  à 
David.  Prov.31.v.l5.  21.Eccli.  4.35(oix£T>3ç). 
Act.  10.  7= 

Les  fidèles  sont  appelés  domestique  de 
Dieu  ou  de  la  Foi;  parce  qu'ils  vivent  tous 
dans  l'Eglise  comme  dans  une  même  maison, 
sous  la  conduite  de  Dieu,  qui  en  est  comme 
le  Père  de  famille.  Ephes.  2.  19.  Estis  cives 
Sanctorum, et  domestici  DeicYousèlesciloyens 
d'une  même  ville  avec  les  saints  et  les 
domestiques  de  Dieu.  Malth.  10.  2o.  Gai.  6. 
10. 

DOMICILIUM,  II.  Gr.  oix^TÂptov.  De  domus, 
et  de  cilium  ajouté. 

1*  Le  lieu  de  la  demeure.  Jud.  6.  Derelique- 
runt  suum  domici Hum  :  Les  anges  qui  n'ont 
pas  conservé  leur  première  dignité,  mais 
qui  ont  quitté  leur  propre  demeure,  se.  le 
ciel,  que  Dieu  leur  avait  assigné  pour  le 
louer  et  l'adorer.  Ps.  101.  7.  Factus  sum  sic- 
ul  nycticorax  in  domicilio  :  Je  suis  devenu 
comme  le  hibou  qui  se  retire  dans  les  lieux 
obscurs  des  maisons,  qui  fait  sa  retraite  dans 
une  maison  ruinée.  Gr.,  èv  oUoniSM.  Ce  tnot 
signifie  la  place  d'une  maison  ruinée.  Eccli. 
29.  29.2.  Mach.8.  33. 

2"  La  demeure  dans  quelque  lieu  {■/.a.ToUrjdi;). 
Marc.  5.  3.  Domicilium  habebat  in  monumen- 
fis  ;  Cet  homme,  possédé  :de  l'esprit  impur, 
faisait  sa  demeureordinaire  dans  des  sépul- 
cres: C'est  celui  qui  se  présenta  à  Jésas-Christ 
au  pays  des  Géraséniens. 

DOMINA,  jE\y.ypix.  i*  Dame  et  maîtresse, 
reine,  souveraine  [apy^ovax).  Isa.  W.  v.  5.  7. 
In  sempiternum  ero  Domina  :  Je  régnerai 
élernellemenl,  dit  Babylone.  Jerem,  29.  2. 
Rex  et  Domina  {parjUirriror.);  Le  roi  Jéchonias 
et  la  reine. Thren.  1. 1. 

2"  Maîtresse,  par  rapport  aux  serviteurs 
et  servantes.  Isa.  2V.  2.  Sicut  ancilla,  sic 
Domina  ejus  :  La  maîtresse  sera  comme  la 
servante;  se.  au  temps  que  Dieu  désertera 
toute  la  terre  :  ce  qui  s'entend  de  la  ruine 
générale  qui  arrivera  à  la  fin  du  monde.  Ps. 
122.  2.  etc. 

3' Femme  relevée  par  son  mérite  ou  son 
rang,  à  laquelle  on  donne  le  nom  de  Dame, 
par  honneur.  2.  Joan.  v.  1.5.  Senior  Electœ 
Uominœ  et  natis  ejus  :  Le  prêtre  à  la  dame 
Klcctc  et  à  ses  enfants  :  c'est  saint  Jean  qui 
lionne  celle  qualilé.  Voy.  Senex. 


DOMINARI,  Sîo-TrciÇîtv,  v.y^fîûeiv,  xaT«xU|Oi£y£tv; 
de  Dominas. 

1°  Dominer,  être  maître  ou  seigneur,  user 
d'une  autorité  souveraine.  Ps.  65.  7.  Qui  do- 
minaturin  virtute  sua  in  œlernum  :  Dieu  a 
par  lui-même  un  empire  souverain.  Luc.  22. 
25.  Reges  gentium  dominantur  eorum  [eorum 
se  rapporte  au  neutre  Grec  l'Gvo»-,  gens  ).  Les 
rois  des  nations  les  traitent  avec  empire. 
Dan.  4.  ik.  Joël.  2.  17.  2.  Cor.  1.  23.  1.  Petr. 
5.  3.  etc. 

2"  Exercer  une  domination  impérieuse  (x«- 
T«xy/5t£Û£tv).  Marc.  10.  42.  Hi,  qui  vident ur 
principari  gentibus,  dominantur  eis  :  Ceux 
qui  ont  l'autorité  de  commander  aux  peu- 
ples, exercent  une  domination  sur  eux.  Luc. 
22.  25. 

3* Etre  plus  fort,  l'emporter  par-dessus. 
Ps.  48. 15.  Dominabuntur  eorum  justi  in  ma- 
tutino  :  Les  justes  prendront  le  dessus  sur 
les  méchants,  se.  au  temps  de  la  résurrection 
générale.  Prov.  16.  32.  Isa.  40.  10.  Rom.  6. 
V.9,  14.  Ps.  18.14.Ps.  118.  133.  elc, 

4°  Punir  avec  rigueur,  traiter  en  maître. 
Jerem.  31.  32.  Ego  dominatus  sum  eorum 
(LXX  ùiiîha,  negligere):  J'ai  fait  sentir  mon 
pouvoir  au  Israélites;  parce  qu'ils  ont  violé 
l'alliance  que  j'avais  faite  avec  eux:  Dieu 
parle  de  ceux  qu'il  fil  périr  dans  le  désert. 
Voy.  Hebr.  8.  9. 

5°  Etre  époux,  ou  uni  d'une  pareille  union 
Isa.  54.  5.  Domtnabitur  tui  qui  fecit  te:  Ce* 
lui  qui  vous  a  créé  vous  dominera  (  Gr., 
Kvpioç  ,  le  Seigneur  )  ;  Hebr.  Sera  votre 
époux:  ce  qui  s  accorde  avec  le  mot  Baghal, 
qui  signifie.  Seigneur  ou  mari.  V^jy.  Ose.  2. 
16.  Le  Prophète  parle  de  l'Eglise. 

DOMINATIO,  Nis;  5£(T7iroT£t«,l°  Domination, 
empire  souverain.  Ps.l44.  13.  Dominalio  tiui 
in  omni  generalione  et  generationem  :  Sei- 
gneur, votre  empire  passe  de  race  en  race 
dans  toutes  les  générations. 

2°  Empire,  pays  sur  lequel  on  domine  (xu- 
psia).  1.  Mach.  8. 24.  Siinstiteril  bellum  Roma- 
nis prius,  aut  omnibus  sociis  eorujn  in  o)7mi 
dominntione  eorum,  auxilium  feret  gens  Ja- 
dœorum  :  S  il  survient  une  guerre  aux  Ro- 
mains ou  à  leurs  alliés  dans  toute  l'étendue 
de  leurs  Etats,  les  Juifs  les  assisteront  :  c'est 
le  trailéct  l'alliance  des  Romains  et  des  Juifs. 
Ps.  102.  22. 

3'  Magistrat  politique,  ou  prince  souverain 
(xujsioTïjJ.  2.  Petr.  2.  10.  Jud.  8.  Dominatio- 
nem  spernunl  :  Ces  personnes  méprisent  la 
domination:  quelques- uns  néanmoins  enten- 
dent ces  passages  de  la  puissance  souveraine 
et  de  la  providence  de  Dieu, que  les  disciples 
de  Simon  déshonoraient  par  leurs  opinions 
ridicules. 

4°  Un  des  chœurs  des  anges,  appelé  Domi- 
nation [y.\)piÔTnç).  Ephes.  1.  21.  Etconstituens 
ad  dextramsuam  in  cœleslibus  supra  omnem 
Principalum  et  Dominationem  :  Dieu  a  ressus- 
cité Jésus-Christ,  et  l'a  fait  asseoir  à  sa 
droite  dans  le  ciel,  au-dessus  de  toutes  les 
principautés  et  de  toutes  les  dominations. 
Coloss.  1. 16.  Site  Throni,  sive  Dominationesi. 
Jésus- Christ  est  infiniment  élevé  au-dessus 
de  tous    les  ordres  des  anges,  tels   (luc   les 


1195 


DOM 


DOM 


1194 


trônes  et  les  dominations  ;  puisque  ,  comme 
Fils  de  Dieu,  illes  a  créés  :  l'Ecrilure,  ni  les 
anciens  pères,  ne  nous  disent  point  si  les 
anges  ont  été  créés  dans  l'ordre  que  nous  les 
a  décrits  saint  Denis,  el  saint  Grégoire  après 
iui.Voy.  Angélus. 

DOMINATOR,  is;  y.-jpioç  .  i°  Dominateur, 
maître  souverain  ;  ce  qui  se  dit ,  ou  de  Dieu 
absolument.  Exod.  3i.6.  Dominator  Domine, 
Deus;  Dominateur  souverain,  Seigneur,  mon 
Dieu.  2.  Reg.  23.  3.  ou  des  hommes.  Isa.  52. 
5.  Do))iinatores  ejus  inique  agunt  :  Ceux  qui 
dominent  mon  peuple  le  traitent  injuste- 
ment, dit  Dieu,  Jerem.Si.  46.  ou  du  Messie, 
c.  IG.  1.  Emitte  agnum,  Domine,  dominato- 
rem  terrœ:  Seigneur,  envoyez  l'agneau,  do- 
minateur de  la  terre;  Hebr.  Envoyez  de  la 
pierre  du  désert,  ou  de  Pélra,  ville  des  Moa- 
bites,  à  la  montagne  de  la  fille  de  Sion,  le 
tribut  des  agneaux  pour  le  Seigneur  de  la 
terre  :  mais  le  Prophète  demande  plutôt  ici  le 
vrai  agneau  dominateur  de  la  terre;  c'est-à- 
dire,  le  Sauveur  Dieu  et  homme  ;  il  devait 
venir  de  la  pierre  du  désert,  parce  qu'il 
devait  descendre  de  Ruth,  étrangère  et  Moa- 
bite,  qui  ayant  épousé  Booz,  fut  mère  d'O- 
bed,  Obed  de  Jessé,  Jessé  de  David,  el  par 
lui  de  Jésus-Christ.  Voy.  Agnus. 

2*  Dominateur,  maître,  qui  possède  quel- 
que chose;  comme  les  biens,  les  esclaves 
(hirnÔTf)?)-  Jud.  k.  Solum  dominatorem  et  Do- 
minum  nostrum  Jesum  Christum  neganles:  Il 
s'est  glissé  parmi  vous  des  gens  qui  renon- 
cent Jésus-Christ,  notre  unique  maître.  Voy. 

DOMINUS. 

DOMINATRIX.  Dominatrice,  maîtresse  ab- 
solue. 

1°  Reine,  princesse.  Jerem.  13. 18.  Die  Régi 

et  Dominatrici  (LXX,  xaî  zoï;  Suvao-Teûouat  : 
humiliamini  :  Dites  au  roi  et  à  la  reine:  hu- 
miliez-vous :  cette  reine  était  ou  la  mère  de 
Jéchonias,  ou  la  femme  de  Sédécias. 

2°  Qui  peut  beaucoup  en  quelque  chose. 
Eccli.37.  21.  Vominatrix  ( -/'j/nîûoucra  )  iilo- 
rumest  assidua  langua:  La  langue  est  ordi- 
nairement cause  du  bien  et  du  mal  qui 
se  fait,  et  par  conséquent  de  la  vie  et  de  la 
mort. 

DOMINICUS,     A,     UM  ;    xuotaxôc,    -n,  ôv.    Du 

maître,  qui  appartient  au  maître,  au  Sei- 
gneur ;  dans  l'Ecriture  il  ne  se  dit  que  de 
Dieu  ou  de  Jésus-Christ  ; 

Qui  appartient  au  Seigneur.  Jerem.  23,  19. 
Ecce  turbo  Dominicœ  indignalionis  egredie- 
tiir:  Le  tourbillon  do  la  colère  du  Seigneur 
va  éclater  sur  la  tête  dos  im[)ies.  Levit.  3. 
14.  1.  Cor.  11.  20.  Jam  non  est  Dominicam 
cœnam  manducare  :  LoTS(\ue  vous  vous  as- 
semblez avec  aussi  peu  d'édification  que  vous 
f;iites,  ce  n'est  plus  manger  la  cène  du  Sei- 
gneur. Apoc.  1.  10.  Fui  in  spirilu  in  Domi- 
nica  die:  Je  me  trouvai  ravi  on  esprit  un 
jour  de  dimanche:  les  chrétiens  ont  pris  ce 
jour  en  la  place  du  sabbat,  pour  honorer 
la  résurrection  deJésus-Christ,  notre  divin 
maître. 

DOMINIUM, II. Domaine,  possession, jouis- 
sance. 1.  Mach.  11.  8.  Ptolemœus  oblinuit 
dominium  [xvpui/uv)  civitaLum  :  Le  roi  l'iolé- 

DlCTlON.    DE    PhILOL.    SaCKÉE.    l. 


mée  se  rendit  maîlredes  villes  jusqu'à  Seleu- 
cie;  se.  qui  étaient  à  Alexan«lre,  son  fondre, 
ïob.  8.2'i'.  Fecitscripturam  ut  pars  dimidia, 
quœ  supererat  post  obilum  eorum,  Tobiœ  do- 
minio  deveniret  :  Raguei  déclara,  par  un 
autre  écrit ,  que  l'autre  moitié  de  son 
bien  qui  restait,  reviendrait  à  Tobie  après  sa 
mort. 

DOMINUS,  I,  y.ùfjio;.  De  domus,  parce  que 
chacun  domine  en  sa  maison,  et  signifie  pru- 
prement  : 

Maître,  seigneur,  qui  a  pouvoir  et  autorité 
sur  quelque  personne  ou  sur  quelque  chose  ; 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Seigneur  et  souverain  maître,  qui  est 
Dieu.  Ps.  18.  9.  Timor  Domini  sanelus  :  La 
crainte  du  Seigneur,  qui  est  sainte,  subsiste 
dans  tous  les  siècles.  Ce  mot  Dominas  est  mis 
pour  D eus  dans  noire  Vulgale,  toutes  les  fois 
que  se  trouve  en  Hébreu  le  nom  ineffable 
Jeliova,  ou  le  mot  Adonnï,  qui,  au  lieu  de 
Jehova,  se  prononce  et  se  lit  parles  Hébreux, 
qui  font  scrupule  de  prononcer  et  de  lire  ce 
nom.  Les  Septante  l'ont  rondu  par  celui  de 
v.vf^ioç ,  et  les  Latins  par  Dominus.  Ps.  8.  1. 
Domine,  Dominus  noster  :  Seigneur,  notro 
souverain  maître.  Hebr.  Jehova,  Adone-nou; 
Deus,  Domine  noster;  Gr.  -/.vpLs  6  Y.vpto;  iuc>-j. 
Ce  n'est  pas  que  le  mot  Dominus  ne  réponde 
quelquefois  au  mol  Elohim,  Deus.  Exod.  G. 
2.  Locutusque  est  Dominus  (Hebr.  Elohim) 
ad  Moysen,  dicens;  ego  Dominus  ;  Hebr.  Fgo 
Jehova  :  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, 
et  lui  dit  :  Je  suis  le  Seigneur.  Ce  nom,  Je- 
hova, qui  marque  l'essence  de  Dieu,  vient  du 
verbe  hébreu  Havah,  fuit,  et  les  quatre  let- 
tres qui  le  composent  -in'  sont  telles  qu'on 
peut  y  reconnaître  à  la  fois  les  signes  distinc- 
tifs  du  présent,  du  passé  et  de  l'avenir;  ce 
qui  exprime  bien  la  triple  et  incommunica- 
ble propriété  de  celui  qui  dit  encore  à  Moïse. 
c.  3.  14:  Ego  sum  qui  sum  :  Je  suis  celui  qui 
est,  i.  e.  celui  dont  l'être  est  éternel,  et  la 
source  de  tous  les  êtres.  Jerem.  16.  21.  Scient 
quia  nomen  mihi  Dominus  :  Ils  sauront  que 
mon  nom  est  celui  qui  est,  ce  nom  sacré,  qui 
ne  doit  être  transféré  à  aucun  aulre.  Auios. 
5.  8.  Voy.  Jeqova,  Adonai,  Elohim,  Deus. 
Apoc.  19.  16.  Rex  regum,  et  Dominus  domi- 
nanlium  :  Le  Roi  des  rois,  ot  le  Seigneur  des 
seigneurs;  ce  qui  s'entend  de  Josus-Clirist 
même,  selon  son  humanité,  o.  17.  14.  1.  ïim. 
G.  15.  Ce  nom,  Z)omi'nMs,  qui  se  donne  à  Diou, 
se  donne  par  conséquent  aux  personnes  du 
la  sainte  Trinité;  soit  au  Père.  Ps.  2.  2.  Con- 
venerunt  in  unum,  adversus  Dominum  el  ad- 
versus  Christum  ejus  :  Los  princes  de  la  terre 
se  sont  assemblés  contre  le  Seigner  el  contre 
son  Christ;  Voy.  l'accomplissenient  île  relie 
prophétie.  Act.k.v .1  .Vs.^.1  .Dominus  dixit  nd 
me  :  Filins  meus  es  tu  :  Le  Seigneur  m'a  dit  : 
Vous  êtes  monFils.  Ps.l09.  1.  Dixit  Dominus 
Domino  jnco(Hobr.  Jehova  Ladoni,  Deus  Do- 
mino^ :  Le  Soigneur  a  du  à  mon  Seignour,  a 
son  Fils,  à  Jésus-Christ,  Fils  éternel  de  Dieu. 
Voy.  Digère.  Ce  non),  Dominus,  s'attribue  au 
Fils.  Jerem  23.  6.  Hoc  est  nomen,  quod  vo-^ 
Cdbunt  eum  :  Dominus  justus  noster  :  Voici  le 
nom  (luc  les  Israélites  donneront  à  ce  roi  : 

38 


1195 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACRÉ f 


im 


le  Seigneur,  qui  est  notre  juste.  Thren.  4.  20. 
Voy.  SpiRiTUS.  Malac.  i.  5.  Mitlam  vobis 
Eliam  prophetam,  antequam  venint  dies  Do- 
mini  magnus  :  Je  vous  enverrai  le  prophète 
Elie,  avant  que  le  grand  et  épouvantable  jour 
du  Seigneur  arrive;  ce  jour  s'entend  ou  du 
dernier  jour  du  jugement,  et  alors  par  Elie 
on  entend  le  prophète  de  ce  nom,  ou  du  pre- 
liiier  avènement  de  Jésus-Christ,  et  alors  par 
Elie  s'entend  saint  Jean-Baptiste.  Voy.  Matth. 
17.  V.  10.  II.  Pi.  -2.  V.  Ij.  12.  Ps.  101.  2Ô. 
Hebr.  1. 10.  (  te.  Ainsi,  Gen.  19.  2i.  Dominus 
pluit  sulphur  et  ignem  a  Domino  de  cœlo  :  Le 
Seigneur  répandit  sur  Sodome  et  Goniorrhe 
une  pluie  de  soufre  et  de  feu  qu'il  fit  descen- 
dre du  ciel.  La  plus  grande  partie  des  inter- 
prèes,  après  les  Pères,  expliquent  ces  pa- 
roles du  Pèie  élernel,  qui  fit  descendre  cette 
pluie  de  soufre  et  de  feu  par  le  Fils.  Dominus 
a  Domino,  parce  que  c'est  par  lui  que  le  Père 
agit  dans  les  choses  extérieures.  Néanmoins 
d'autres  l'expliquent  par  un  hébraïsme,  qui 
répète  le  nom  au  lieu  du  pronom,  Dominus  a 
Domino,  i.  e.  a  semetipso;  soit  au  Saint-Es- 
prit, dans  le  Nouveau  Testament.  1.  Cor.  12. 
V.  k.  5.  Divisiones  ministrationiim  sun(,  idem 
nuîem  Dominus  :  Il  y  a  diversité  de  ministè- 
res ;  mais  il  n'y  a  qu'un  même  Seigneur;  se. 
le  Saint-Esprit  (Voy.  2.  Cor.  3.  18.)  2.  Thess. 
3.  5. 

2°  Le  Messie,  Jésus-Christ,  Noire-Seigneur 
"Dicu.Ps.  109.  î.  Dixit  Dominus  Domino  meo  : 
Le  Seigneur  a  dit  à  mon  Seigneur  :  Voyez 
comme  Jésus-Christ  l'explique,  Luc.  20.  k\. 
Act.  10.  3Ô.  Annuntians  pncem  per  Jesum 
Christum,  hic  est  omnium  Dominus  :■  Dieu  a 
annoncé  aux  Lraéliles  la  paix  en  Jésus- 
Christ  ,   qui  est   le  Soigneur  de  tous.  Luc. 

1.  V.  16.    17.  i3.  7G.  c.  2.  v.  il.  38.   t.  Cor. 

2.  8.  c.  12.  3.  etc.  Ce  (jui  est  commun  dans 
le  Nouveau  Testament,  où  ce  mot  Dominus 
signifie  presque  toujours  Notre-Seigneur  Jé- 
sus-Christ, qui  a  acquis  par  son  sang  le 
nom  de  Seigneur.  Ainsi,  Isa.  40.  3.  Luc.  3. 
k.  Parole  viam  Domini  :  Préparez  la  voie  du 
Seigneur;  Hebr.  Lnjehovah,  qui  est  le  nom 
ineffable  de  Dieu.  On  peut  remarquer  en  cet 
endroit  que  depuis  que  Domitien  et  les  au- 
tres empereurs,  après  lui,  se  furent  attribué 
le  titre  de  Dominus,  h  s  chrétiens,  appre- 
nant par  rEcrilure  que  ce  nom  se  donnait 
particulièrement  à  Josus-Christ ,  ne  donnè- 
rent plus  aux  princes  que  le  titre  de  domnus, 
dom;  les  rois  mémos  n'en  prenaient  pas  d'au- 
tre ;  le  pape  se  nommait  domnus  upostoîi- 
eus. 

3°  Les  anges  sont  appelés  de  ce  nom.  Dan. 
10.  19.  Loquere,  Domine  mi  :  Parlez,  mon 
Seigneur,  dit  Daniel  à  lange  Gabriel,  v.  16. 
17.  c.  12.  8.  Ac^  10  k.  Ce  nom  so  donne  à 
l'ange  qui  représente  Dieu  dans  l'Ancien 
Testament,  quand  mènie  il  prend  le  nom  de 
Jeliova.  Ainsi,  Exod.  3.  2.  Âpparultque  ei 
Dominus  in  finmma  ignis  de  medio  ruhi  :  Le 
Seigneur  apparut  à  Mo'ïse  dans  une  (lamme 
de  feu  qui  sortait  du  milieu  d'un  buisson,  v. 
i'i  Dixil  Deus  ad  Moysen  Hi'br.  Jehova)  : 
/v/o  suin  qui  sum  :  Dieu  dit  à  iMoï,c  :  Je  suis 
cciui  qui  est.  Saiiil  Etienne,  Ad.   7.  30.  dit 


que  c'était  un  ange.  Apparuit  illï  m  deserto 
montis  Siwi  ongelus  in  igné  flammœ  rubi  : 
Et  ce  mot,  dans  cette  signification,  est  attri- 
bué à  l'ange,  parce  qu'étant  envoyé  de  Dieu, 
il  prend,  comme  ambassadeur,  la  qualité  de 
celui  qu'il  l'envoie.  Gen.  19.  2.  Jer.  1 .  9. 

h-"  Les  idoles  ont  quelquefois  été  appelées 
du  nom  ineffable  de  Dieu.  Exod.  32.  5.  Cras 
solemnitas  Do.nini  est  (Hebr.  Jehova):  De- 
main sera  la  fête  de  celui  qui  est  :  Aaron  at- 
tribue ce  nom  au  veau  d'or  que  les  Israélites 
adoraient  sous  le  nom  du  vrai  Dieu.  Voy.  Ps 
105.  20.  Sip.  14.  21.  3.  Reg.  12.  28.  Jud.  17. 
V.  3  13.  Ils  adoraient  en  même  temps  , 
comme  les  Israélites  ont  fait  depuis,  le  vrai 
Dieu  et  les  idoles. 

5'  La  gloire  ou  la  puissance  de  Dieu.  Levit. 
9.  4.  Hadie  Dominus  apparcbit  vobls  .-  Le 
Seigneur  vous  fera  paraître  aujourd'hui  sa 
puissance  par  le  feu  dont  il  consumera  visi- 
blement vos  victimes. 

6'  Le  lieu  où  Dieu  était  adoré  et  d'où  il  fai- 
sait éclater  sa  puissance.  Levit.  9.  4.  7/)!??«o- 
late  eos  coram  Domino  :  Immolez  un  bœuf  et 
un  bélier  pour  les  hosties  pacifiques  devant 
le  Soigneur;  i.  e.  le  tabernacle  sur  l'autel 
des  holocaustes,  c.  10.  2.  Egressus  ignis  a 
Domino  devoravit  eos  :  11  sortit  un  feu  du 
Seigneur;  i.  e.  du  sanctuaire  ou  de  l'aulel 
des  parfums,  qui  dévora  Nadab  et  Abiu.  Ps. 
23.  8.  Dominus  fortis  et  potens ,  Dominus 
potens  in  prœlio  :  Ce  roi  de  gloire  est  le  Sei- 
gneur fort  et  puissant,  le  Seigneur  puissant 
dans  les  combats  ;  par  le  Seigneur  s'entend 
ici  l'arche  même;  de  même,  Ps.  131.  5.  Si 
dedero  requiem  temporibus  meis ,  donec  inve- 
niam  tocum  Domino  :  J'ai  juré  au  Seigneur, 
dit  David,  que  je  ne  permettrai  pas  à  ma  tête 
de  se  reposer,  jusqu'à  ce  que  je  trouve  un 
lieu  propre  pour  le  Seigneur.  1.  Reg.  6.  20. 
2.  Reg.  7.  6.  Voy.  Arca,  Deus.  Levit.  4.  v. 
4.  16.  c.  16.  18.  2.  Reg.  6.  14.  Num.  32.  v. 
20.  32. 

7^  Les  hommes  sont  appelés  de  ce  nom  en 
plusieurs  manières  ;  comme  :  —  1°  Les  maî- 
tres à  l'égard  des  serviteurs.  Ephes.  6.  o. 
Servi ,  obedite  Dominis  carnalibus  :  Vous  , 
serviteurs,  obéissez  à  ceux  qui  sont  vos 
maîtres  selon  la  chair,  v.  1.  9.  Coloss.  3. 
22.  l.Tim.  2.  9.  etc. — 2"  Les  rois,  les  princes, 
les  magistrats.  2.  Reg.  14.  d. Domine,  mi  rex  : 
Mon  Seigneur  et  mon  roi.  La  femme  sage 
de  Thécua,  députée  par  Joab,  parle  à  Da-^ 
vid  en  faveur  d'Absalom.  c.  lo.  21.  Num. 
32.  25.  Matth.  27.  63.  Act.  25.  26.  —  3^  Les 
pasteurs  et  les  ministres  de  l'Eglise,  tels 
qu'étaient  les  prêtres  et  les  prophètes.  1. 
Reg.  1.  26.  Obsecro ,  mi  Domine:  Je  vous 
prie,  mon  Seigneur.  Anne  parle  au  pro- 
j.hète  Elie.  v.  15.  3.  Reg.  18.7.  13.  4.  Reg. 
2.  19.  c.  4.  16.  Ainsi,  Jésus-Christ  était  ap- 
pelé Seigneur  par  ceux  qui  le  reconnais- 
saient pour  prophète.  Math.  8.  8.  Domine, 
non  sum  dignus,  ut  intres  sab  tectum  meum  : 
Seigneur,  je  ne  suis  pas  digne  que  vous  en- 
triez dans  ma  maison  ,  dit  le  cenîenicr  à  Jé- 
sus-Christ. -  4"  Tous  ceux  qui  éiaient  fa- 
vorisés de  Dieu.  Gen.  23.  6.  Audi  nos,  Do~ 
mine,  princeps  Dd  es  apud  nos  ;  Seigneur, 


1197 


DOM 


DOM 


1198 


éoontcz-nous,  vous  êtes  parmi  nous  comme 
un  grand  prince  ,  disent  les  enfants  de  Helh 
à  Abraham.  Act.  16.  30.  —  5°  Les  pères  à 
l'égard  des  enfants.  Matlh.  21.  30.  Ego,  Do- 
mine :  Je  m'en  vas  travailler  à  votre  vigne, 
Seigneur,  dit  celui  qui  n'alla  pourtant  pas 
y  travailler  :  ce  ne  fut  pas  lui  qui  fit  la  vo- 
lonté de  son  père.  Voy.  v.  31.  Ps.  109.   1. 
Gcn.   31.  33. — 6°  Les   maris  à  l'égard   de 
leurs  femmes.  1.  Petr.  3.  6.  Siciit  5ara  obe- 
diebat  Abrahœ,  dominum  eum  vocans  :  Sara 
obéissait  à  Abraham  ,   l'appelant  son   Sei- 
gneur. L'Apôtre  propose  l'honneur  que  Sara 
rendait  à  Abraham,  comme  le  modèle   du 
respect  que  les  femmes  chrétiennes  doivent 
à  leurs  maris.  Gen.  18.  12.  Judic.  19.  26.  Ps. 
kk.  12.  —  7°  Les  Hébreux  marquaient   par 
le  mot  Bominus  ou  Deus  ce  qui  est  grand  , 
excellent,  extraordinaire.  1.  Par.  5.  22.  Fuit 
enim  bellum   Domini  :   La    bataille  fut   fu- 
rieuse. Voy.  Deus.  —  8'  Le  frère  aîné  à  l'é- 
gard des  puînés.  Gen.  32.  5.  Mitto  nunc  le- 
gationetn  ad  Dominum  meum ,    ut  inveninm 
(jratiam  in  conspectu  tuo  :  J'envoie  mainte- 
nant vers  mon  Seigneur,  afin  que  je  trouve 
grâce  devant  lui  :  c'est  ce  que  mande  Jacob 
à  Esaù.  V.  h.  Le  même  nom  est  encore  at- 
tribué à  tous  ceux  qui  ont  quelque  rang  ou 
quelque  degré  au-dessus  de  nous.  — 9°  En- 
fin, les  Hébreux  appelaient  du  nom  de  sei- 
gneur ou  maître ,  comme  nous  faisons  ,  tous 
ceux  qu'ils  ne  connaissaient  pas  et  les  étran- 
gers.  Joan.  4.  13.   Domine,   da   mihi  hnnc 
(tquam  ;  Seigneur,  donnez-moi  de  cette  eau 
que  vous  avez  et  qui  rejaillit  jusque  dans  la 
vie  éternlle,  dit  à  Jésus-Christ  la  femme  de 
Samarie.  Voy.  v.  9.  v.  11.  li.  c.  o.  7.  c.  9. 
V.  36.  38.  c.  12.  21.  c.  20.  15.  etc. 

Façons  de  parler. 

A   Domino.  —  1°  De  la  part  de  Dieu.  Luc. 

I.  ko.  Perficientur  ea  ,  quœ  dicta  sunt  tibi 
a  Domino  :  Ce  qui  vous  a  été  dit  de  la  part 
du  Seigneur,  sera  accompli  ,  dit  sainte  Eli- 
sabeth à  la  sainte  Vierge. 

2°  Du  ciel.  Gen.  19.  2i.  D  o  minus  pluit  su- 
per Sodomam  et  Gomorrham  sulphur  et  iqnem 
a  Domino  de  cœlo  (Voy.  Dominus,  1  ")  :  Num. 

II.  31.  Ventus  egrediens  a  Domino  :  Un  vent 
excité  par  le  Seigneur;  i.  e.  qui  s'éleva  :  (c 
qui  s'entend  dans  le  même  sens  que,  Ps.  77. 
26,  Transtulit  austrum  de  cœlo  :  Dieu  chan- 

c,   gea  dans  l'air  le  vent  du  midi. 

In  Domino  :  dans  le  Seigneur  ;  signifie  :  — 
1°  Ce  qui  regarde  Jésus-Christ.  1.  Cor.  k. 
17.  Fidelis  in  Domino  :  Timothéc  qui  est 
très-fidèle  en  Notrc-Seigneur. 

2"  Avec  piété  et  dans  la  charité  du  Sei- 
gneur. 1.  Cor.  7.  39.  Cui  vuU  vubat,  Inntum 
in  Domino  :  La  femme  dont  le  mari  est  mori, 
est  libre  de  se  marier  à  qui  elle  voudra, 
pourvu  que  ce  soit  selon  le  Seigneur  ;  i.  e.  à 
un  fidèle. 

3'  Au  nom  et  à  l'honneur  du  Seigneur,  à 
cause  de  lui.  Rom.  16.  2.  Eam  suscipiatis  in 
Domino  digne  sanctis  :  Recevez  notre  S(nnr 
Phébé  au  nom  du  Seigneur,  comme  on  doit 
recevoir  les  saints,  v.  13.  22.  etc. 

k"  Dans  la  foi  et  la  grâce  de  Dieu.  Apoc.  H. 


13.  Beati  morUii  qui  in  Domino  moriuntur  : 
Heureux  sont  les  morts  qui  meurent  dans 
le  Seigneur.  Act.  7.  59.  Cum  hoc  dixisset, 
obdorinivit  in  Domino  :  Saint  Etienne,  après 
celte  parole,  s'endormit  au  Seigneur. 

Esse  in  Domino.  Etre  fidèle  et  faire  pro- 
fession do  la  foi  de  Jésus-Christ,  Rom.  16. 
11.  Salutate  eos  qui  sunt  in  Domino  :  Saluez 
ceux  de  la  maison  do  Narcisse  qui  sont  au 
Seigneur.  Voy.  I\  Christo. 

DOMMIM,  Heb.  Sanguinei  ou  Silentes.  Un 
canton  de  la  iribu  de  Juda,  entre  Socholh  et 
Areca.  1.  Reg.  17.  1.  In  finibus  Dommim, 
Heb.  Béphes-Dammim  ,  le  même  lieu  que 
Phes-Dommim.  1.  Par.  11.  13.  où  les  Philis- 
tins étaient  campes  quand  David  tua  Go- 
liath. 

DOMUNCULA  ,  /e,  oi/i5tov.  —  1'  Petite  mai- 
son, petit  lieu  de  retraite  (  oiziov  ).  3.  Reg.  7. 
8.  Domuncula  in  qua  sedebatur  adjudicandum 
erat  in  média  porticu  :  Il  y  avait  au  milieu 
de  la  galerie  un  parquet  où  était  le  lit  do 
justice  de  Snlomon. 

2°  Tente  ou  voile  pour  couvrir,  k.  Reg.  23. 
7.  Mulieres  texerant  quasi  domunculas  luci  : 
Les  femmes  travaill;!ient  à  faire  des  tentes 
ou  des  voiles  destinés  au  culte  infâme  de 
l'idole  du  bois  sacrilège  :  les  jeunes  gens 
étaient  prostitués  dans  ce  bois. 

DOMUS;  oh.oc  ,  oi-d'A.  Du  Grec  Sô/zo? ,  de 
Sî'aw,  jEdifico. 

Ce  mol ,  en  Hébreu  Deth  ,  «e  met  en  géné- 
ral pour  signifier  tout  ce  qui  contient  quel- 
que chose.  Voy.  infra.  t'.  C'est  un  idio- 
tisme chaldéen  dont  les  Hébreux  se  sorven» 
pour  marquer  quelque  lieu  que  ce  soit  ;  Be- 
tlinnia,  Bethesda,  Belhabora,  Bethel,  etc. 

1°  Maison  ,  logis,  édifice  fait  pour  y  habi- 
ter. 1.  Cor.  11.  22.  Numquid  domos  non  habe- 
tis  ad  inanducandimi  et  bibendum  ?  N'avez- 
vous  pas  vos  maisons  pour  y  boire  et  pour  y 
manger?  Matth.  8.  ik.  Cum  venisset  Jésus  in 
domum  Pétri  :  Jésus-Christ  vint  en  la  mai- 
son de  Pierre.  On  croit  que  cette  maison  ap- 
partenait à  la  belle-mère  de  saint  Pierre. 
Hebr.  33.  Amplioris  gloriœ  isfe  prœ  Moyse 
dignus  est  habitas  ,  quanto  ampliorem  hono- 
rem  habet  domus  qui  fabricavit  illam  ;  Il  a 
été  jugé  digne  d'une  gloire  d'autant  plus 
grande  que  celle  de  Moïse  ,  que  celui  qui  a 
bâli  la  maison  est  plus  estimable  que  la  mai- 
son même.  Prov.  17.  16.  Palais,  maison  su- 
perbe. 3.  Reg.  7.  2.  jEdificrtvit  quoque  do' 
mum  saltus  Libani  :  Salomon  bâtit  le  palais 
appelé  la  maison  du  bois  du  Liban.  2.  Esdr. 
2.  8. 

2°  Nid  ,  tanière,  lieu  de  reiraile  ou  de  re- 
fuge (  oîziov  ).  Ps.  83.  k.  Passer  invenit  .<:ibi 
domum  :  Le  passereau  s'est  trouvé  une  re- 
traite pour  s'y  retirer.  Ps.  30.  3.  Esfo  mih'. 
in  domum  refugii  ;  Seigneur,  que  jt>  trouve 
en  vous  un  asile  assuré.  Matlh,  12.  ii.  Ps. 
103.  17.  etc. 

3"  Niche,  loge  où  l'on  place  queli|ue  chose. 
Isa.  h'p.  13.  Fecit  imnginem  viri  quasi  sp^- 
cinsnm  hominem  habiianlnn  in  domn  :  Le 
sculpteur  fait  l'image  d'nn  homme  (|u'il  friil 
le  plus  l)P,iu  qu'il  peut,  <•(  il  le  logo  dans  une 
niche. 


4199 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACIŒE. 


1200 


k'  Quelque  lieu  que  ce  soit  où  l'on 
renferme ,  où  se  met  quelque  chose.  4. 
Reg.  20.  13.  Ostendil  eis  aromatum  ,  et  au- 
rum  et  argentum  ,  et  domum  vasorum  suo- 
rum  :  Ezéchias  montra  ses  parfums,  son  or 
et  son  argent ,  et  tous  ses  vases  précieux 
aux  ambassadeurs  du  roi  de  Babylone.  Ps. 
kk.  9.  Myrrha  et  gutta,  et  casia  a  vestimentis 
tuis  a  domibus  eburneis  :  Il  sort  de  vos  ha- 
bits et  de  vos  maisons  d'ivoire,  une  odeur 
de  myrrhe,  d'aloës  et  de  cannelle.  1.  Esdr.  6. 
k.  Sumptus  de  dumo  régis  dabuntur  ;  i.  e. 
cerario  :  Gyrus  a  ordonné  que  l'argent  pour 
la  dépense  nécessaire  pour  bâlir  la  maison 
de  Dieu  qui  est  à  Jérusalem,  fût  fourni  de  la 
maison  du  roi ,  du  trésor  royal  ;  ceci  se 
trouva  écrit  dans  un  livre  qui  était  au  châ- 
teau d'Ecbatanes. 

5°  Une  prison,  lieu  où  l'on  est  retenu  cap- 
tif. Jerem.  37.  15.  Ingressus  est  Jeremias  in 
domum  laci ,  et  in  ergastidum  :  Jérémie  fut 
mis  dans  la  basse  fosse  et  dans  le  cachot  ;  se. 
par  l'ordre  des  grands  du  roi  Sédécias.  v.  17. 
G.  20.  2.  Deut.  5.  6.  c.  6.  13.  c.  7.  8.  etc.,  et, 
dans  le  sens  figuré,  le  corps,  parce  qu'il  est 
la  prison  ou  la  demeure  de  l'âme.  Job.  k.  19. 
Quanto  magis  lii  qui  habitant  domos  luleas  : 
Dieu  a  trouvé  du  dérèglement  jusque  dans 
ses  anges;  comment  donc  ceux  qui  habitent 
en  des  maisons  de  boue  ne  seront-ils  pas 
beaucoup  plutôt  consumés?  c.  7. 10.  Nec  re- 
vertetur  ultra  in  domum  suam  :  Son  âme  ne 
reviendra  plus  jamais  dans  sa  demeure,  qui 
est  le  corps,  pour  y  souffrir  les  mêmes  maux 
qu'il  souffrait;  ce  qui  ne  fait  rien  contre 
l'espérance  que  nous  avons  de  la  résurrec- 
tion établie  si  fortement  au  ch.  19.  2.;  car 
ici  Job  ne  parle  que  du  retour  de  l'homme 
sur  la  terre  qu'il  a  quittée,  dans  la  place 
qu'il  y  a  occupée  ;  Neque  cognoscet  eum  am- 
plius  locus  ejus ,  ibid.  En  sorte  que,  vu  le 
sens  du  second  membre  de  ce  verset ,  le  mot 
domus  pourrait  tout  aussi  bien  conserver  sa 
signification  naturelle  de  maison  ,  demeure. 
H  ne  reviendra  plus  dans  sa  demeure  ;  il  ne 
reverra  plus  les  lieux  qu'il  a  habités.  Cor.  5. 
1.  etc.  5/  terrestris  domus  nostra  hujus  habi- 
talionis  dissolvatur  ;  Si  cette  maison  de  terre 
où  nous  habitons  vient  à  se  dissoudre,  Dieu 
nous  donnera  dans  le  ciel  une  autre  mai- 
son. Eccl.  12.  3. 

e^M-Tison,  partie  d'une  famille  appelée 
Cognatio;  i.  e.  prosapin;  Jos.  7.  li.  Accedet 
per  cognationes  suas,  et  cognatio  per  domos, 
domusque  per  viros  :  De  la  tribu  sur  laquelle 
sera  tombé  le  sort,  on  passera  aux  familles 
qui  la  composent,  des  familles  aux  maisons, 
et  de  la  maison  à  chaque  particulier.  A  tri- 
bubus  ad  prosapias,  a  prosapiis  ad  familias, 
a  famiiiis  ad  singula  capita  descendebatur. 
Tribunm  duces  erant  phylarchi,  aut  tribuni^ 
prosapiarum,  seu  gentilitatum  erant  hn[i.oipx°i, 
tum  patresfamilias.  Isa.  22.  10.  Domos  Jéru- 
salem numerastis  :  Vous  ferez  le  dénombre- 
ment des  maisons  de  Jérusalem  ;  se.  ou  pour 
distribuer  également  des  vivres,  ce 'qui  con- 
vient à  cette  signification  ;  ou  pour  les  répa- 
rer, ce  qu'il  faudrait  rapporter  à  la  première 
signification. 


7"  Famille,  tous  ceux  qui  sont  de  la  maison- 
Matlh.  12.  25.  Omnis  civitas  vel  domus  divisa 
contra  se  non  stabit  :  Tonte  ville  ou  maison 
qui  est  divisée  contre  elle-même  ne  pourra 
subsister.  Philip,  i.  22.  Salulant  vos  omne» 
sancti ,  maxime  autem  qui  de  Cœsaris  domo 
sunt  :  Tous  les  saints  vous  saluent  ;  mais 
principalement  ceux  qui  sont  dans  la  maison 
de  César.  Il  y  avait  alors  plusieurs  officiers 
de  César  convertis ,  et  c'est  de  ceux-là  dont 
parle  l'Apôtre.  Ps.  111.  3.  Gloria  et  divitiœ 
in  domo  ejus  :  La  gloire  et  les  richesses  sont 
dans  la  maison  de  celui  qui  craint  le  Sei- 
gneur. Voy.  Gloria,  Divitiœ  ,  e'c.  Gen.  35. 
2.  c.  42.  19.  1.  Reg.  1.  21.  Act.  10.  2.  Ainsi  , 
Facere  alicui  domum  :  Faire  la  maison  de 
quelqu'un,  c'est  établir  sa  famille.  2.  Reg. 
7. 11.  Prœdicitque  tibi  Dominus,quod  domum 
faciat  tibi  Dominus  :  Le  Seigneur  vous  pro- 
met qu'il  fera  votre  maison,  dit  Nathan  à 
David.  Voy.  ^dificare.  De  là  vient  Habitare 
in  domo  :  Voy.  Habitare. 

8"  Les  enfants  et  ceux  qui  en  naissent  , 
la  postérité.  Exod.  1.  1.  Singuli  cum  domibus 
suis  introierunt  :  Voici  les  noms  des  enfants 
d'Israël  qui  entrèrent  en  Egypte,  chacun  avec 
sa  famille.  De  là  vient  Mdificare  domum  : 
Etablir  la  maison  de  quelqu'un  ;  c'est  aug- 
menter le  nombre  de  ses  enfants  et  de  ses 
richesses.  Exod.  1.  21.  Mdificavit  eis  domos  : 
Dieu  établit  les  maisons  des  sages-femmes 
qui  accouchèrent  les  femmes  des  Hébreux  , 
parce  qu'elles  n'avaient  pas  obéi  à  l'ordre  de 
Pharaon  ,  qui  était  de  tuer  leurs  enfants 
mâles.  Les  enfants  sont  une  bénédiction  de 
Dieu. 

9"  La  maison  ou  la  famille  d'où  nous  som- 
mes venus.  2.  Reg.  7.  v.  16.  18.  Quis  ego  swn, 
Domine  Deus,  et  quœ  domus  mea?  Qui  suis-je, 
ô  Seigneur  mon  Dieu  I  et  quelle  est  ma  mai- 
son? dit  David.  Luc  16.  27.  Rogo  ergo  te, 
pater,  ut  mittas  eum  in  domum  patris  mei  : 
Je  vous  supplie  donc,  père  Abraham,  d'en- 
voyer Lazare  dans  la  maison  de  mon  père , 
dit  le  mauvais  riche,  c.  15.  v.  17.  18.  1.  Par. 
17.  16.  Mais  quelquefois  Domus  patris  mar- 
que tous  les  parents.  Eslh.  k.  li.  Et  tu,  et 
domus  patris  tui  peribitis  :  Si  vous  demeurez 
maintenant  dans  le  silence,  Dieu  trouvera 
quelque  autre  moyen  pour  délivrer  les  Juifs, 
et  vous  périrez,  vous  et  la  maison  de  votre 
père ,  dit  Mardochée  à  Esther.  2.  Reg.  24. 17. 
Verlatur,  obsecro  ,  manus  tua  contra  me  et 
contra  domum  patris  mei  :  Que  votre  main  se 
tourne  contre  moi  et  contre  la  maison  de 
mon  père.  Jer.  12.  6. 

10'  Les  tribus  et  les  peuples  qui  viennent 
d'un  patriarche.  Abd.  18.  Erit  domus  Jacob 
ignis,  et  domus  Joseph  flamma,  et  domus  Esau 
stipula  ,  et  succendentur  in  eis  et  non  erunt 
reliquiœ  domus  Esau  :  La  maison  de  Jacob 
sera  un  feu,  la  maison  de  Joseph  unefiamme, 
et  la  maison  d  Esaii  une  paille  sèche  ;  elio 
en  sera  embrasée,  et  ils  la  dévoreront ,  sans 
qu'il  en  reste  la  moindre  chose.  Ceci  marque 
que  le  royaume  de  Juda  avec  le  peu  des  dix 
tribus  qui  se  seront  joints  à  eux ,  attaque- 
ront ridumée,  la  brûleront  et  se  l'assujelli- 
rout  ;  ce  qui  peut  bien  être  une  prophétie  dç 


1^201 


DOM 


DOM 


1202 


l'état  où  ont  élé  les  Juifs  sous  Simon  Macha- 
bée  et  Hircan,  son  fils  ;  et  cette  prospérité 
même  des  Juifs,  qui  n'était  que  passagère  ,  a 
été  la  figure  de  la  religion  chrétienne  et  des 
progrès  de  l'Evangile.  Voy.  infra  Domus 
Jacob. 

11°  La  ville  ou  le  pays  de  la  demeure. 
Mallli.  23.  38.  Ecce  relinquetur  domus  vestra 
déserta  :  Le  temps  s'approche  que  voire 
maison  demeurera  déserte.  Luc.  13.  35.  Ce 
qui  se  peut  aussi  entendre  du  temple.  Amos. 
7.  13.  In  Bethel  non  adjicies  ultra  ut  pro- 
phètes, quia  sanctifîcatio  Régis  est,  et  domus 
Regni  est  ;  i.  e.  civitas  regia  :  Qu'il  ne  vous 
arrive  plus  de  prophétiser  dans  Bélhel,  parce 
que  c'est  là  qu'est  la  religion  du  roi  et  le 
siège  de  son  état ,  dit  Amasias  au  prophète 
Amos.  Voy.  n.  8. 

12°  Les  habitants  d'une  ville  ou  d'un  pays. 
Mich.  1.  li.  Domus  mendacii  in  deceptionem 
regibus  Israël  :  Les  gens  du  roi  d'Israël  ne 
trouveront  dans  les  princes  de  Gelh  qu'une 
maison  de  mensonge  qui  les  trompera. 

13°  Une  nation  ,  un  peuple.  Ezech.  2.  v.  5. 
6.  8.  Domus  exaspérons  :  Les  Israélites  sont 
un  peuple  qui  m'irrite  sans  cesse,  c.  3.  v.  9. 
26.  27.  Ainsi,  Amos.  6.  12.  Percutiet  domum 
majorem  ruinis  ,  et  dornum  minorem  scissio- 
nibus  :  Il  ruinera  la  grande  maison  ,  et  il 
ébranlera  les  murailles  de  la  petite  ;  i.  e.  il 
ruinera  le  royaume  des  dix  tribus  par  Sal- 
manasar,  roi  des  Assyriens,  et  fera  de  grands 
ravages  par  Sennachérib,  dans  le  royaume 
de  Juda,  qui  subsistera  néanmoins,  parce 
que  Dieu  frappera  par  un  ange  l'armée  de  ce 
roi  et  conservera  Jérusalem. 

14°  Les  biens,  les  richesses.  Matth.  23.  14. 
Comeditis  domos  viduarum  :  Vous  dévorez 
les  maisons  des  veuves.  Jésus-Christ  parle 
aux  scribes  et  aux  pharisiens  hypocrites. 
Marc.  12.  40.  Luc.  20.  47.  2.  Reg.  12.  8.  Dedi 
tibi  domum  domini  tui,  et  uxores  domini  lui 
in  sinu  tuo  :  Je  vous  ai  mis  entre  les  mains 
la  maison  et  les  femmes  de  votre  seigneur,  dit 
Nathan,  delà  pari  de  Dieu,  à  David,  parlant 
de  S;iiil.  3.  Reg.  13.  8.  Eslh.  8.  v.  1.  7.  Prcv. 
11.  29.  c.  15.  27.  Ps.  35.  9.  Ps.  73.  20.  Voyez 
Obscurare. 

15°  Lo  tombeau.  Isa.  14.  18.  Omnes  Reges 
gentium  universi  dormierunt  in  gloria,  vir  in 
domo  sua  :  Tous  les  rois  des  nations  sont 
rnoris  avec  gloire,  et  chacun  d'eux  a  son 
tombeau.  Dieu  parle  au  roi  do  Babylone, 
conmie  plus  misérable  qu'eux  ,  en  ci;  qu'il 
n'aura  pas  son  tombeau.. lob.  17.  13.  c.  30.  23. 
Le  tombeau  est  appelé,  Eicl.  12.  5.  Domus 
œternitalis  :  La  maison  de  rélcrnité. 
F-içons  de  parler  lirées  de  la  première  signiflcalion  ;  snit 
dans  le  sens  projire  ou  li^'iiré. 

Domus  Auron.  La  maison  d'Aaron  signifie 
la  postérité  d'Aaron ,  cl  par  coiisé(iucnl  les 
prêtres.  Ps.  113.  10.  Domus  Aaron  speravit  in 
Domino  :  La  maison  d'Aaron  a  cs[)cré  dans 
le  Seigneur,  v.  12.  Ps.  117.  3.  Ps.  134.  19.  1. 
Reg.  2.  V.  27.  28.  30.  31.  etc. 

Domus  David.  —  l"Un  palais  que  David  fil 
bâtir  à  Jérusalem.  2.  Reg.  5.  11.  Misit  II  tram 
rex  Tyri  nuntios  ad  David,  et  ligna  rrdrina  , 
el  artifices...  et  œdifnaverunt  domum  David: 


Hiram ,  roi  de  Tyr,  envoya  des  ambassadeurs 
à  David ,  avec  du  bois  de  cèdre,  des  charpen- 
tiers et  des  tailleurs  de  pierre  ;  et  ils  bâtirent 
la  maison  de  David.  1.  Par.  14.  1.  2.  Reg.  7. 
V.  1.  2.  etc. 

2°  La  maison  de  David ,  c'est  la  famille 
royale  de  David  et  sa  postérité,  2.  Reg.  7.  19. 
Hoc  parum  visum  est  in  conspectu  tuo ,  Do- 
mine Deus,  nisi  loquereris  etiam  de  domo  servi 
tni  in  longinquum  ;  Il  vous  a  paru  peu  de 
chose  de  m'élever  à  l'état  glorieux  où  je  me 
trouve  aujourd'hui,  si  vous  n'assuriez  encore 
votre  serviteur  de  l'établissement  de  sa  mai- 
son pour  les  siècles  à  venir.  1.  Reg.  20.  16. 
Pepigit  ergo  Jonathas  fœdus  cum  domo  David  : 
Jonathas  donc  fit  alliance  avec  la  maison  de 
David.  2.  Reg.  3.  v.  1.  6.  c.  7.  v.  16.  26.  3. 
Reg.  12.  y.  16.  19.  20.  c.  13.  2.  etc. 

3°  Tous  les  Juifs  descendus  de  Jacob. 
Zach.  12.  10.  Effundam  super  domum  David 
et  super  habitatores  Jérusalem,  spiritum  gra- 
tiœ  et  precum  :  Je  répandrai  sur  la  maison 
de  David  et  sur  les  habitants  de  Jérusalem 
un  esprit  de  grâces  et  de  prières.  Le  sens 
principal  de  ces  paroles  regarde  Jésus-Christ 
et  son  Eglise.  Dieu  répandit,  le  jour  de  la 
Pentecôte  sur  son  Eglise,  qui  était  assemblée 
à  Jérusalem ,  le  Saint-Esprit  qu'il  avait  pro- 
mis à  ses  Apôtres  ;  cl  il  répandit  encore,  le 
même  jour,  sur  les  Juifs  qui  entendirenl  la 
prédication  de  saint  Pierre,  cet  espril  de 
grâces  et  de  prières  qui  toucha  leur  cœur,  et 
leur  fit  reconnaître  pour  leur  Sauveur  et 
leur  Dieu  celui  qu'ils  avaient  percé  et  attaché 
à  une  croix,  c.  13.  1.  Voy.  Fons. 

Domus  Jacob,  Domus  Israël.  La  maison  de 
Jacob  signifie  : 

1°  La  postérité  de  Jacob,  tous  les  Israélites 
qui  sont  venus  de  Jacob  par  tes  douze  pa- 
triarches. Exod.  19.  3.  Hœc  dices  domui  Ja- 
cob :  Voici  ce  que  vous  direz  à  la  maison  de 
Jacob.  Ps.  113.1.  Isa.  2.  5. 

2"  Quelquefois  les  deux  Iribus  de  Juda  et 
de  Benjamin  seulement.  Abd.  v.  17.  Posside- 
bit  domus  Jacob  eos  qui  se  possederant  :  La 
maison  do  Jacob  possédera  ceux  qui  l'avaient 
possédée  ;  autrem.  et  Ilebr.  La  maison  de 
Jacob  entrera  en  possession  de  son  héritage, 
v.  18.  Domus  Jacob  ignis  :  La  maison  de 
Jacob  sera  un  f<u,  etc. 

.3"  L'Eglise ,  parce  que  le  peuple  juif,  mar- 
qué par  celte  expression,  en  était  la  figure. 
Luc.  1.  32.  Regnabit  in  domo  Jacob  in  œter- 
num  :  Le  fils  que  vous  enfanterez,  régnera 
élernollemenl  sur  la  maison  de  Jacob;  i.  e. 
sur  toute  l'Eçlise ,  composée  de  Juifs  et  do 
Gonlils.  Isa.  46.  3.  ;j8.  1.  etc. 

4"  La  maison  d'Israël  marque  souvent 
aussi  tous  les  Israélites  descendus  de  Jacob. 
Ps.  97.  3.  Recordalus  est  verilatis  suœ  domui 
Israël  :  Le  Seigneur  s'est  souvenu  de  la  vérité; 
c'est-à-dire  de  la  fidélité  due  aux  promesse» 
qu'il  avait  f;iilcs  à  la  maison  d'Israël.  Voy. 
Isa.  52.  V.  9.  10.  Luc.  3.  6.)  Ps.  113.  v.  9.  12. 
Matlh.  10.  6.  Amos.  6.  1.  Ingredientes  pom^ 
P'idcc  domum  Israël  :  Vous  qui  entrez  avec 
une  pompe  fastueuse  dans  les  assemblée!) 
d  Israël  ;  c'cst-à-dirc;  dés  Juifs  en  Jérusalem, 
el  des  Israélites  en  Samaric  ;  car  le  Prophète 


1903 


niCTlONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE, 


1204 


s'adresse  aux  nés  et  aux  autres.  Souvent 
aussi  ce  mol  signifie  les  dix  tribus  qui  s'é- 
laient  révoltées  conire  les  rois  de  la  famille 
de  David.  3.  Reg.  20.  31.  Aiidivimus  quod 
regesdomus  Israël  clémentes  sint  :  Nous  avons 
ouï  dire  que  les  rois  de  la  maison  d'Israël 
sont  doux  et  cléments,  disent  les  officiers  de 
Benadad.  c.  12.  21.  Isa.  ^6.  3.  Jerem.  3.  v.  18. 
20.  etc.  et  quelquefois  ce  mot  signifie  seule- 
ment les  Juifs  seuls  des  tribus  de  Juda  et  de 
Benjamin.  Jerem.  5.  15.  Addncam  super  vos 
gentem  de  longinquo ,  domus  Israël  :  Maison 
d'Israël,  dit  le  Seigneur,  je  m'en  vais  faire 
venir  un  peuple  des  pays  les  plus  reculés  ;  se. 
les  Chaldéens.  c.  18.  6.  c.  23.  8.  Ezech.  3.  v, 
k.  5.  7.  etc.  Voy.  Israël. 

Domus  Juda.  La  maison  de  Juda  signifie 
la  tribu  de  Jutia.  2.  Reg.  2.  7.  Me  unxit  do- 
mus Juda  in  regem  sibi  :  La  maison  de  Juda 
m'a  consacré  pour  être  son  roi,  dit  David. 
v.  10.  11.  etc. 

Domus  Joseph.  La  maison  de  Joseph  signi- 
fie quelquefois  les  deux  tribus  d'Ephraïm  et 
de  Manassé.  Jos.  17  17.  Dixilque  Josue  ad 
domum  Joseph,  Ephraim  et  Mariasse  :  Josué 
répondit  à  la  maison  de  Joseph  ,  Ephrjiïm  et 
Manassé.  z.  18.  5.  Judic.  1.  22.  3.  Reg.  11.  28. 
Quelquefois  on  entend  les  dix  tribus  dont 
Ephraïm  était  ie  chef.  Amos.  5.  6.  Quœrite 
Loininum,  et  vivite  ,  ne  forte  comburatur  ut 
ignis  domus  Joseph  :  Cherchez  le  Seigneur, 
et  vous  vivrez,  de  peur  qu  il  ne  fonde  sur  la 
maison  de  Joseph,  comme  un  feu  qui  le  ré- 
duiseen  cendres.  Abd.  IS.Zach.  10.  6.  2.  Reg. 
19.  20.  Hudie  primus  veni  de  omni  domo 
Joseph  :  Je  suis  venu  le  premier  de  toute  la 
maison  de  Joseph,  dit  Séméï  à  David.  Quel- 
ques-uns croient  qu'on  peut  entendre  par  là 

tous  les  Israélites,  hors  ceux  de  la  tribu  de 
Juda. 

Domus  Dei,  Domini.  La  maison  de  Dieu,  la 
maison  du  Seigneur,  signifie  : 

1°  Tout  le  peuple  d'Israël  que  Dieu  con- 
duisait et  reconnaissait  comme  un  père  de 
famille.  Osée.  8.  1.  Sit  tuba  quasi  aquila  sti- 
per  domum  Domini  :  Voici  l'ennemi  qui  vient 
fondre,  comme  un  aigle,  sur  la  maison  du 
Seigneur.  D'autres  l'entendant  du  Temple  , 
l'expliquent  ainsi  :  Que  votre  voix  soit 
comme  une  trompette  ;  qu'on  l'entende 
d'aussi  loin  qu'on  entend  un  aigle  qui  croasse, 
élevé  sur  ie  sommet  du  Temple.  Num.  12.  7. 
Moyses  qui  in  omni  domo  mea  fidelissimus  est: 
Moïse  qui  est  mon  serviteur  très-fidèle  dans 
toute  ma  maison.  C'est  Dieu  qui  parle. 

2°  La  terre  deChanaan,  où  la  puissance 
et  la  sagesse  de  Dieu  ont  éclaté  en  faveur 
de  son  peuple.  Baruch.  3.  '•l'v.  0  Israël,  quam 
magna  est  domus  Dei  !  O  Israël  !  que  la  mai- 
son de  Dieu  est  grande!  (Ce  qui  peut  s'en- 
tendre aussi  de  tout  l'univers.)  Voy.  Deut. 
l-.  6.  c.  30.  15.  Ce  qui  se  peut  entendre  aussi, 
ou  de  toute  la  terre,  ou  de  tout  l'univers. 

3"  La  maison  de  Dieu  est  partout  où  il  se 
rend  présent,  comme  le  lieu  où  il  parut  à  Ja- 
cob. Gen.  28.  22.  Lapis  iste  quem  erexi  in  ti~ 
tulum^vocabilur  domus  Dei; Celte  pierre,  que 
j'ai  dressée  comme  un  monument, s'appellera 
lamaison  de  Dieu,  dit  Jacob.  V.  17.  Le  lieu  que 


Dieu  habile  est  appelé  ainsi  ;  soit  le  ciel.  Joan. 
H.  2.  In  domo  Patris  mei  mansiones  multœ 
sunt  :  Il  y  a  plusieurs  demeures  dans  la  mai- 
son de  mon  Père.  Ps.  35.  9.  De  même  le  lieu 
où  l'on  rend  à  Dieu  un  culte  public  ;  soit  le 
tabernacle.  Exod.  3i.  16.  Primitias  frngum 
terrœ  tuœ  offeres  in  domo  Domini  Dei  tui  : 
Vous  offrirez  les  prémices  de  votre  terre  dans 
la  maison  du  Seigneur  votre  Dieu.  1.  Reg.  1. 
24.  soit  le  temple  de  Jérusalem  ,  soil  l'Eglis»  , 
en  beaucoup  d'endroits  des  psaumes,  sous  la 
figure  du  temple.  Ps.  22.  7.  Ut  inhubitcm  in 
domo  Domini  in  longitudinem  dierum  :  Afin 
que  j'habite  très-longtemps  dans  la  maison 
du  Seigneur.  Ps.  26.  k.  Ps.  92.  7.  soit  enfin 
le  Saint  des  saints,  ou  le  sanctuaire  où  était 
l'arche.  3.  Reg.  8.  Oi.  Sunclificavit  rex  mé- 
dium alrii  quod  erat  in  domo  Domini  :  Le  roi 
Saloinon  consacra  le  milieu  du  parvis  qui 
était  devant  la  maison  du  Seigneur.  Le  tem- 
ple est  quelquefois  marqué  par  le  mot  do- 
mus, conmie  Ezech;  40.  v.  13.  15.  Ainsi  3. 
Reg.  7.  50.  domus  tempii  :  La  maison  du  tem- 
ple, c'est  le  lieu  saint,  qui  peut  être  appelé 
la  maison  extérieure,  par  rapport  au  Saiut 
des  saints  appelé  maison  intérieure. 

k°  Le  culte  public  que  l'on  rend  à  Dieu.  2. 
Esdr.  10.  39.  Non  dimittemus  domum  Dei  no- 
stri  :  Nous  n'abandonnerons  point  la  maison 
de  notre  Dieu.  c.  13.  v.  11.  14.  Ps.  68.  10. 
Joan.  2.  17.  Zelus  domus  tuœ  comedit  me  :  Le 
zèle  de  votre  maison  me  dévore. 

In  domo  alicujus  esse.  Etre  dans  la  maison 
de  quelqu'un,  c'est  être  sous  sa  conduite  et 
sa  puissance,  être  au  pouvoir  de  quelqu'un. 
Num.  30.  17,  Istœsunt  leges  quas  constituit 
Dominus  Moysi,  inter  patrem  et  filiam  quœ  in 
puellari  adhuc  œtate  est,  vel  quœ  tnanet  in  pa- 
rentis  domo  :  Ce  sont  là  les  lois  que  le  Sei- 
gneur a  données  à  Moïse,  pour  être  gardées 
entre  le  père  et  la  fille,  qui  est  encore  toute 
jeune,  ou  qui  demeure  en  la  maison  de  son 
père.  V.  4.  c.  30.  11,  Deut.  22.  21.  1.  Reg.  2. 
17.  Numquid  non  aperte  revelatus  sum  domui 
patris  tui,  cum  essent  in  JEgypto  in  domo 
Pharaonis  :  Ne  me  suis-je  pas  fait  connaître 
visiblement  à  la  maison  de  votre  père,  se. 
d'Aaron,  lorsqu'ils  étaient  en  Egypte,  sous  la 
domination  de  Pharaon,  se,  comme  ses  es- 
claves. 

DOMUS  SOLIS,Heb,  Selhsemes.  Hélio~polis, 
ville  de  la  Basse-Egypte,  entre  le  Nil  et  l'A- 
rabie, appelée  Bethsémès,  Domus  Solis,  et 
HéliopoHs  en  Grec,  Civitas  Solis,  parce  qu'on 
y  adorait  le  soleil.  Jerem.  43.  13.  Conteret 
statuas  domus  Solis  :  Nabuchodonosor  brisei'a 
les  statues  de  la  maison  du  Soleil,  i.  e.  de  la 
ville  d'Héliopolis.  Voy.  Hkliopolis. 

DONARE,  ^/apîÇsaOai,  StSivat.  —  1"  Donner, 
soit  comme  un  présent  gratuit  et  une  grâce.  2, 
Petr.  1.  4.  Maxima  et  preiiosa  nobispromissa 
donavit  (Gr.  SeSwpvjTat.  donata  sunt)  :  Dieu  nous 
a  communiqué  les  grandes  et  précieuses  grâ- 
cesqu'il  avait  promises.  Marc.  15.  45.  Act.27. 
24.  Donavit  tibi  Dens  omncs  qui  navigant  te- 
cum  :  Dieu  vous  a  donné  tous  ceux  qui  na- 
viguent avec  vous,  quoiqu'ils  méritassent  de 
périr,  à  cause  de  leur  désobéissance;  soit 
comme  une  récompense  due.  Philipp.  2.  9, 


1205 


DON 


DON 


Î206 


Propler  qiiod  et  Deiis  donavil  iili  nomen, 
guod  est  super  omne  nomen  :  A  cause  do  i'o- 
béissnnce  que  Jésus-Christ  a  rendue  à  Dieu, 
jusqu'à  mourir  sur  la  croix,  Dieu  lui  a  donné 
un  nom  qui  est  au-dessus  de  tout  nom.  Ainsi 
accorder,  octroyer.  Act.  3.  li.  Petislis  viriim 
liomicidam  donari  vobis  :  Vous  avez  demandé 
qu'on  vous  accordât  la  grâce  d'un  homicide? 
S  lint  Pierre  a  en  vue  ce  qui  est  dit  do  Ba- 
rahbas,  Luc.  23.  18.  Esth.  7.  3.  Dona  milii 
aniinam  meam  :  Je  vous  conjure  de  m'accor- 
(1er,  s'il  vous  plaît,  ma  propre  vie,  dit  Esther 
à  Assuérus.  2.  Ueg.  12.  22.  Eccli.  2."j,  15.  etc. 
2"  Remettre,  pardonner,  faire  grâce.  Coloss, 
3.  13.  Donantes  vobismetipsis^  si  yuis  adver- 
siis  aliquem  habet  querelam  :  Que  chacun  re- 
mette à  son  frère  tous  les  sujets  de  plainte 
qu'il  pourrait  avoir  contre  lui.  c.  2.  13.  2. 
Cor.  12.  13.  etc, 

3"  Livrer,  mettre  entre  les  mains.  Act.  25. 
11.  Si  vero  nihil  est  eorum  quœ  hi  accusant 
me,  nemo  potest  me  illis  donure  :  S'il  n'y  a 
rien  de  véritable  dans  toutes  les  accusations 
que  les  Juifs  font  contre  moi,  nul  ne  me  peut 
livrer  entre  leurs  mains,  dit  saint  Paul  à 
Festus. 

k°  Rendre,  rétablir.  Philetii.  v.  22,  Spero 
per  orationes  vestras  donari  me  vobis  :  J'espère 
que  Dieu  me  redonnera  à  vous  encore  une 
fois,  par  le  mérite  de  vos  prières. 

DONARIUM,  II,  S6u.x,  de  donare.  Ce  mot 
signifie,  dans  les  auteurs,  ou  les  offrandes 
que  l'on  faisait  aux  dieux,  ou  les  présents 
qu'on  faisait  aux  soldats  courageux  ;  dans 
lEcnture  : 

1"  Don,  présent.  1.  Mach.  3.  30.  Timuit  ne 
non  haberet  ut  semel  et  bis  in  suniptus  et  do- 
naria  :  Anliochus  eut  peur  de  n'avoir  pas  de 
quoi  fournir,  comme  auparavant,  aux  frais 
de  la  guerre  et  aux  grandes  libéralités  qu'il 
avait  coutume  de  faire  à  ses  soldats  et  à 
d'autres. 

2"  Offrande  faite;  soit  à  Dieu  (  U'^yAotiLu  ). 
Exod.  33.  29.  Omnes  viri  et  mulicrcs  mente 
devota  obtulenint  donaria,  ut  fièrent  opéra  quœ 
fusserat  Do)ninus:  Tous  les  hommes  et  toutes 
les  femmes  firent  leurs  offrandes  de  bon 
cœur,  pour  fa  i  re  les  ou  \  rages  que  le  Seigneur 
avait  ordonnés  par  Muise,  Num.  18.  29.  Deut. 
12.  C.  2.  Mach.  2.  13.  Soit  aux  idoles.  2. 
Mach.  12,  40.  Jnvcnerunl  autem  sub  tunicis 
interfectorum  de  douariis  idolorum  (  Hpcou'A  ;  : 
Judas  et  ses  gens  trouvèrent,  sous  les  tuni- 
ques de  ceux  qui  élaient  morts  au  combat 
qui  se  donna  contre  Gorgias,  des  choses  qui 
avaient  été  consacréis  aux  idoles. 

DONATIO,  Nis.  Action  de  donner;  dans 
1  Ecriture  : 

1"  Don,  présent  (  ^îôpa  ).  Eccli.  38.  2.  A 
rer/e  accipiet  donatiunem  :  La  médecine  rece- 
vra des  |)résenls  du  roi.  1.  Mach.  10.  28. 

2"  Don,  grâce  de  Dieu  (  oMfA'x  ).  Ephes.  4. 
7.  Unicuique...  noslrnm  data  est  qratin  sccun- 
dummensuram  donatiotiis  Christi  :  La  grâce 
a  été  donnée  à  ciiacun  de  nous  selon  la  me- 
sure du  don  de  Jésus-Christ.  Cette  grâce  est 
celle  du  tninislère.  Kom.  5.  17.  2.  Cor.  1.  11. 
3  Don,  talent  que  Dieu  donne  pour  le  sa- 
lul  des  autres  (  yj'-^^'^if'^-  )-  Rom.  12.  G.  //a- 


hentes  donotiones  secundum  gratiam  quœ  data 
est  nobis,  différentes,  sive  prophetiam  :  Nous 
avons  tous  des  dons  différents,  selon  la  grâce 
qui  nous  a  été  donnée;  l'un,  le  don  de  pro- 
phétie, etc. 

DONEC,    £Ws-  «V,  £co,- ,  eo)ç  0-3.  De  l'ancien 
donicum,  composé  de  dum  et  de  cum. 

Jusqu'à  ce  que,  tandis,  ou  tant  que;  dans 
lEcrilure  : 

1"  Ce  mol  marque  ce  qui  se  fait  jusqu'à  un 
certain  temps  qui  termine  cette  action,  ou 
qu'une  chose  ne  se  fera  point  jusqu'à  un  cer- 
tain terme  où  elle  doit  commencer.  Gen.  40. 
10.  Non  auferetur  sceptrum  de  Juda,  et  dux 
defemore  ejus,  donec  veniat  qui  mittetidus  e>'/  : 
Le  sceptre  ne  sera  point  ôté  de  Juda,  ni  le 
prince  de  sa  postérité,  jusqu'à  ce  que  celui 
qui  doit  être  envoyé  soil  venu.  Cette  prophétie 
fameuse  s'est  littéralement  accomplii'  dans  la 
personne  de  Jésus-Christ;  car.  à  commencer 
au  règne  d'Hérode,  pemlanl  lequel  le  Sauveur 
est  venu  au  monde,  les  Juifs  n'eurent  plus 
de  roi  ni  de  chef  souverain  de  leur  nation.  Ils 
furent  chassés  de  la  Judée  quelques  années 
après,  et  ainsi  l'autorité  de  la  maison  de  Juda 
fut  anéantie.  Matlh.  10  11.  Ibi  manete  donec 
exealis  :  En  quelque  ville  ou  en  quelque  vil- 
lage que  vous  entriez,  demeurez  chez  celiii 
qui  est  digne  de  vous  y  loger  jusqu'à  ce  que 
vous  vous  en  alliez,  c.  20,  36.  Marc.  H.  32. 
Gen.  19.  22.  c.  24.  33.  Jercm.  32.  5.  Ps.  17. 
38.  Ephes.  4. 13.  etc. 

2°  Il  marque,  selon  lusage  di's  Hébreux, 
qu'une  chose  se  fait  jusqu'à  un  certain  temps, 
après  leiiuel  il  ne  s'ensuit  pas  qu'elle  cesse, 
ou  bien  qu'une  chose  ne  se  fait  point  jusqu'à 
un  certain  temps,  après  lequel  il  ne  s'ensuit 
point  qu'elle  se  fasse.  Ps.  10';).  1.  Sede  a  dex' 
tris  meis,  donec  ponam  inimicos  tuas  scabel- 
lum  pedum  tuorum  :  Asseyez-vous  à  ma 
droite,  jusqu'à  ce  que  je  réduise  vos  ennemis 
à  vous  servir  de  marchepit>d  ;  /.  c.  régnez  avec 
moi  jusqu'à  ce  que,  etc.  11  ne  s'ensuit  pas 
que  Jésus  Christ  no  règne  point  avec  son 
Père,  après  que  tous  si;s  ennemis  auront  été 
réduits  sous  sa  puissance,  au  temps  de  la  ré- 
surrection générale;  mais  c'est  (lucce  royaume 
de  Jésus-(]hrist  ne  recevra  sa  consommation 
que  lorsqu'il  aura  réduit  sous  ses  pieds  tous 
ses  ennemis.  Matlh.  1.  25.  Non  cognoscebat 
eamdonec  peperit  Filium  suum primogcnilum: 
Saint  Josepii  n'avait  point  connu  la  sainte 
Vierge  quand  elle  enfanta  son  premier-né. 
Saint  Jose[)h  était  bien  plus  éloigné  d'user  du 
mariage  après  la  naissance  du  Fils  de  Dieu  ; 
mais  l'Ecriture  assure  seulement  ce  qui  no 
s'est  point  fait  avant  la  naissance  de  Jésus- 
Christ.  Gen.  8.  7.  3.  Reg.  22.  27.  2.  Par.  18. 
10.  Isa.  22.  14.  Ps.  71.  7.  Apoc.  20.  5.  etc. 
Voy.  UsQUE. 

3"  Tandis  que,  pendant  que.  Joan.  9.  4.  Me 
oporlel  opernri  opéra  ejus,  qui  jnisit  me,  do- 
nec dtps  est  :  Il  faut  ()ue  je  fi^se  les  œuvres 
de  celui  qui  m'a  envové,  pondant  qu'il  est 
jour.  Job.  32.  12. 

4°  Avant  que.  Matlh.  10.  23.  Non  consum- 
mabitis  civitates  Israël  donec  veniat  Filius 
hominis  :  Vous  n'aurez  pas  achevé  d'instruire 


i-207 


DICTIONNAIRE  DK  PIIILOI.OGIK  SACRKF,. 


120i 


toutes  les  villes  d'Israël  avant  que  le  Fils  de 
l'homme  vienne.  Voy.  Consdmmare. 

5°  Quelquefois  ce  mot  ne  marque  pas  tant 
lin  temps  limité  que  l'issue  d'une  chose. 
Malth.  12.  20.  Linum  fumigansnon  extinguet, 
donec  ejiciat  ad  victoriajnjudicium:  Mon  ser- 
viteur n'achèvera  point  d'éteindre  la  mèche 
qui  fume  encore,  jusqu'à  ce  qu'il  fasse  triom- 
pher la  justice  de  sa  cause,  i.  e.  jusqu'à  ce 
que  Jésus-Christ  fasse  par  sa  douceur  que  la 
justice  de  son  Evangile  l'emporte  et  demeure 
victorieuse.  On  peut  aussi  expliquer  ce  pas- 
sage du  jugement  dernier. 

6^  Ce  mot  est  quelquefois  une  simple  con- 
jonction qui  n'a  point  de  sens  particulier. 
Judith.  6.  4.  Confixus  cades  inter  vulneratos 
Israël,  et  non  respirabis  ultra,  donec  extermi- 
neris  cum  illis,  i.  e.  et  exterminaberis  :  Vous 
tomberez  percé  de  coups  parmi  les  morts  et 
les  blessés  du  peuple  d'Israël,  et  vous  n'en 
échapperez  pas,  mais  vous  périrez  avec  eux, 
dit  Holopherne  à  Achior.  1.  Reg.  2.  5.  Fame- 
lici  saturati  sunt,  donec  sterilis  peperit  plu- 
rimos  :  Ceux  qui  étaient  pressés  de  la  faim, 
ont  été  rassasiés,  et  celle  qui  était  stérile,  est 
devenue  mère  de  beaucoup  d'enfants. 

DONUM,  1,  Gr.  Sûpov,  §w/>£«.  Du  verbe  do, 
ou  de  Bûpoj. 

1"  Don,  présent.  Prov.  19.  6.  Mulli  amici 
sunt  dona  tribuentis  :  Plusieurs  sont  amis  de 
celui  qui  a  de  quoi  donner,  c.  18.  16.  Ps.  71. 
10.  Dans  ce  sens  les  biens  que  Dieu  donne, 
sont  appelés  des  présents.  Eccli.  li.  li.  Par- 
ticula  boni  doni  non  te  prœtereat  :  Ne  laissez 
pas  perdre  aucune  partie  du  bien  qi>e  Dieu 
vous  donne,  i.  e.  servez-vous-en  honnéle- 
ment.  Le  Grec  porte  smOvaicc,  l'on  doit  tra- 
duire alors  :  iYe  laissez  pas  échapper  le  plus 
petit  bon  désir  que  Dieu  vous  donne.  Voy. 
Particula. 

2"  Offrande,  don  offert  à  Dieu.  Marc.  7.  11. 
Corban  [quod  est  donum)  quodcutnque  ex  me, 
tibi  profuerit  :  Si  quelqu'un  dit  :  Tout  don 
que  je  fais  à  Dieu,  vous  soit  utile,  il  satisfait 
à  la  loi.  Voy.  Corban.  Matlh.  23. 18.  Luc.  21. 
5.  Num.  18.  6.  etc.  Offrande  distinguée  du  sa- 
criflce.  Hebr.  5.  1.  Omnis  ponlifex  constitui- 
tur  ut  offerat  dona  et  sacrificia  pro  peccatis  : 
Tout  pontife  est  établi  atin  qu'il  offre  des 
dons  et  des  sacrifices  pour  les  péchés.  Ces 
dons  offerts  à  Dieu  étaient  volontaires  et  de 
choses  inanimées.  Levit.  23.  38.  Voy.  Hebr. 
8.  3.  c.  9.  9.  Voy.  Num.  29.  39. 

3°  Don  spirituel,  grâce  que  Dieu  fait  par 
rapport  au  salut.  Joan.  h.  10,  Si  scires  donum 
Dei  :  Si  vous  connaissiez  le  don  de  Dieu,  dit 
Jésus-Christ  àla  femme  Samaritaine  [oMf,r)u.K). 
Voy.  v.  13.  14.  Ainsi  Jac.  1.  17.  Omne  donum 
perfectum  desursum  est  :  Tout  don  parfait 
vient  d'en  haut.  Sap.  3.  9.  Ephes.  2.  8.  c.  i.  k. 
S.  Rom.  5.  V.  15. 10.  2.  Cor.  9.  15.  Hebr.  G.  etc. 

V'Don  du  Saint-Esprit.  Act.  2.  38.  Bapti- 
zelur  unusquisquc  veslrum  in  nomine  Jesu 
Christi,  et  accipietis  donum  Spiritus  Sancti  : 
Que  chacun  de  vous  soit  bapiisé,  au  nom  de 
Jésus-Christ,  et  vous  recevrez  le  don  du  Saint- 
Esprit,  i.  e.  ou  le  Saint-Esprit,  ou  la  grâce 
justifiante,  ou  la  grâce  de  la  confirmation. 
.    5'  Don  extraordinaire  du  Saint-Esprit.  AcI. 


8.  20.  Quoniam  donum  Dei  existimasti  pecu- 
nia  possideri  :  Que  votre  argent  périsse  avec 
vous,  vous  qui  avez  cru  que  le  don  de  Dieu 
puisse  s'acquérir  à  prix  d'argent,  dit  saint 
Pierre  à  Simon. 

DOR,  Heb.  Generatio.  Ville  maritime  dans 
la  tribu  de  Manassé,  près  de  Césarée.  Jos. 
12.  2.  c.  12.  23.  c.  17.  11.  Jud.  1.  27.  1.  Par. 
7.  29.  Son  roi  fut  tué  par  Josué,  et  la  capitale 
avec  toute  la  province  ruinée. 

DORA.  La  même  que  Dor.  1.  Mac.  15.  v. 

11.  13.  25,  où  Antiochus  Sidétes  assiégea  le 
traître  Tryphon. 

DORCAS.  Ce  nom  signifie  un  daim,  un  che- 
vreuil, et  vient  de  Bépy.ea  ,  videre,  parce  que 
cet  animal  a  la  vue  subtile  et  voit  de  loin  ; 
dans  l'Ecriture  : 

Dorcas  ou  Tabithe,  femme  chrétienne  de 
Joppé,  célèbre  par  ses  aumônes,  et  ressus- 
citéc  par  saint  Pierre.  Act.  9.  3B.  Joppe  fuit 
qnœdamdiscipula,  nomine  Tabilha,  quœ  inler- 
pretata  dicilur  Dorcas.  Le  mol  dorcas  signifie 
chevreuil.  Ce  nom,  qui  répond  à  dama,  ca- 
prea,  et  autres  semblables,  comme  cerva,  est 
un  nom  de  mignardise. 

DORDA,  Hebr.  Generatio  scientiœ.  Fils  de 
Mahol,  célèbre  pour  sa  sagesse.  3.  Reg,  4.  31. 
Voy.  Chalcol. 

LORMIRE,  y.oiiiàfjOcii  ,  y.v.Qzvhfj.  De  l'an- 
cien verbe  dermire,  Bipux,  pellis,  parce  qu'on 
couchait  autrefois  sur  des  peaux. 

1"  Dormir.  Joan.  11.  12.  Domine,  si  dormit, 
salvus  erit  :  Seigneur,  si  Lazare  dort,  il  sera 
guéri,  disent  les  disciples  à  Jésus-Christ. 
Marc.  5.  S9.  Eccli.  22.  9.  Cant.  5.  2. 

2°  Dormir  du  sommeil  de  la  mort,  être 
mort,   se   dit  :  1°  De  tous  les  hommes.  Dan. 

12.  2.  Mulli  de  his  qui  dormiunt  {nollol  yaSeu- 
c-ovTwv)  in  terrce  pulvere,  evigilabunt .  Tou\e 
cette  multitude  de  c  ux  qui  dorment  dans  la 
poussière  de  la  terre,  se  réveilleront,  les 
uns  pour  la  vie  éternelle,  et  les  autres  pour 
un  opprobre  éternel,  2°  Il  ne  s'entend  que 
des  justes.  1.  Thess.  4.  13.  Deus  eosqiti  dor- 
mierunl  (Gr.  zoiuâTÇat)  per  Jesum,  adducet 
cum  eo  :  Dieu  amènera  avec  Jésus  ceux  qui 
se  seront  endormis  en  lui.  Eccli.  24.46  (cette 
phraseest  particulière  à  la  langue  syriaque). 
3"  Il  s'entend  des  particuliers,  soit  justes  ou 
non.  Ps.  75.  5.  Joan.  11.  11.  Lazarus  amicus 
noster  dormit  (/oiaâTOKi),  sedvado  nt  a  somno 
excitem  eum  :  Notre  ami  Lazare  dort,  mais 
je  m'en  vais  l'éveiller.  Voy.  v.l3. 14.1.  Thess. 
5.  10.3.  Reg.  1.21.Matlh.27.  52.  Act.  13.36. 
Jerem.  51.  v.  39.  57.  Dormient  (Ottvoûv  ûn^vov) 
somnum  sempiternum,  et  non  expergiscentur  : 
Les  princes  de  Babylone  dormiront  d'un  som- 
meil éternel,  dont  ils  ne  se  réveilleront  ja- 
mais. La  mort  est  exprimée  par  le  sommeil, 
non  par  rapport  aux  âmes  qui  vivent  tou- 
jours, mais  par  rapport  aux  corps  qui  soni 
dans  leurs  tombeaux,  comme  dans  leurs  lils, 
jusqu'au  jour  de  la  résurrection,  qui  seii 
comme  leur  réveil.  1.  Cor.  15.  20.  Primiliu: 
dormientium  :  Jésus-Christ  est  ressuscité  le 
premier,  pour  ne  plus  mourir.  De  là  vient  : 

Dormire  in  Chrislo.  Voy.  Mori. 

Dorwire  in  pulvere.  Voy.  PuLvrs. 

3^  Dormir  du  sommeil  de  la  coiiiemplation, 


lâog 


DOR 


Don 


121J 


cire  on  exlase.  Canl.  5.  3.  Ego  dormio,  et  cor 
me  im  vigilat  :  Je  dors,  et  mon  cœur  \eille. 

4-°Elreon  repos,  san>  peine  d'esprii  ûttvo'jvI. 
Prov.  i.  16.  Non  dorminnt  nisi  mah'fecerint  : 
Les  niérhanis  ne  peuvent  dormir  s'ils  n'ont 
fait  du  mal.  Ps.  k.  9.  Ps.  67.  U.  Ezech.  .U. 
25.  Levit.  26.  6.  Ose.  2.  18.  Ainsi ,  Num.  2V. 
9.  Accubans  dormivit  ut  ho  ;  i.  e.  secure 
quiescit  :  Quand  le  peuple  d'Israël  se  couche, 
il  dort  comme  un  lion.  Ainsi,  attendre  en 
repos.  Ose.  7.  6.  Tota  nocte  dormivit  co- 
quens  :  Le  Prophète  compare  Jéhu,  qui  f;ii- 
sait  entrer  insensiblement  son  peuple  dans  le 
culte  des  veaux  d'or,  à  un  homme  qui,  ayant 
fait  chauffer  son  four,  y  avait  mis  sa  pâte,  et 
attendait  en  repos  que  le  pain  fût  cuit. 
De  là  vient  : 

— Dormire  et  exsurgere  (ù/rv&Ov,  èlzy-îpB'jdxi, 
id  est  ùw-Tzc^ûirrexi.  Yoy.  Can.  Scrip.,  p.  218, 
n.  3).  Celle  façon  de  parler  est  une  manière 
de  proverbe  hébreu,  qui  signifie  vivre  dans 
une  grande  sécurité  et  sans  rien  craindre. 
Ps.  3.  6.  Ego  dormivi,  et  soporatiis  sum  ;  et 
exsurrexi,  quia  Dominxis  suscepit  me  :  Je  me 
suis  endormi,  dit  David,  je  me  suis  assoupi, 
et  ensuite  je  me  suis  levé;  parce  que  le  Sei- 
gneur m'a  pris  en  sa  protection  :  Le  Pro- 
phète fait  ailu^-ion  à  ceux  qui  ne  s'éveillent 
qu'après  avoir  bien  dormi  :  cela  s'entend 
bien  de  Jésus-Christ,  dans  le  sens  spirituel. 
Marc.  4.  27.  Quemadmodum  si  homo  juciat  se- 
mentem  in  terram  et  dormiat,  et  exsurgat  nocte 
et  die  :  Le  royaume  de  Dieu  est  semblable  à 
ce  qui  arrive,  lorsqu'un  homme  a  semé  de 
la  semence  en  terre;  soit  qu'il  dorme,  ou 
qu'il  se  lève  durant  la  nuit  et  durant  le  jour, 
la  semence  germe.  Ainsi,  Deul.  5.  7.  Dor- 
miens  atque  consurgens;  i.  e.noctuetinterdiu: 
Nuit  et  jour. 

5°  Cesser.  Job.  -"S.  .37.  Concenlum  cœli  quis 
dormire  faciet?  Qui  fera  cesser  toule  l'har- 
monie du  ciel? 

6'  Vivre  dans  la  paresse  et  la  négligence 
de  son  salut.  Ephes.  5.  W.  Surge  qui  dorpiis, 
et  exsurge  a  mortuis  :  Levez-vous,  vous  qui 
dormez,  sortez  d'entre  les  morts,  et  Jésus- 
Christ  vous  éclairera.  1.  Thess.  5.  6.  Non 
dormiamus,  sed  vigilemus,  et  sobrii  simis  :  Ne 
dormons  pas  con)me  les  autres;  mais  veil- 
lons, et  gardons-nous  de  l'enivrement,  v.  7. 
Qui  enim  dormiunt  y  nocte  dormiunt  :  Car 
ceux  qui  dorment,  dorment  durant  la  nuit. 
Marc.  13.  .36.  Prov.  23.  3V.  c.  6.  v.  9.  10. 
Canl.  5.  2.  Voy.  Vigilare. 

N'avoir  point  de  soin  de  ceux  dont  on  est 
chargé.  Matth.  1:5.  lô.  Cum  autem  dormirent 
homines^  venit  inimicus,  et  superscniinavil  zi- 
zania  :  Pendant  que  les  hommes  dormaient, 
l'ennemi  de  celui  qui  avait  semé  de  bon 
grain  dans  son  champ,  vint  et  sem  i  de  l'i- 
vraie. Isa.  56.  10.  Speculdlnres  ejus  dormicH' 
tes  et  amantes  somnid  (èvuTrviâ^^TOai)  :  Les  sen- 
tinelles d'Israël  sont  des  chiens...  qui  dor- 
ment, et  qui  se  plaisent  dans  leurs  songes; 
Hebr.  à  dormir.  Voy.  Dormitark. 

7".  Etre  malade  dans  son  lit.  Ps.  VO.  0. 
Numquid  quid  dormit  non  adjiciet  iil  resur- 


gnt  ?  Croyez-vous  qu'il  puisse  ro'.ever  de  cette 
maladie?  Non  adjiciet  ut  resurgat,  est  une 
phrase  hébraïque,  qui  est  pour  non  resur- 
get;  autr.  Celui  qui  dort  du  sommeil  de  la 
mort,  ne  se  Icvera-t-il  pas  encore;  se.  parla 
résurrection.  Voy.  Adjicere. 

8^  Demeurer  étendu  dans  la  langueur  et 
l'abattement.  Isa.  51.  20.  Filii  tui  projecli 
sunt,  dormierunt  in  capite  omnium  viarum  : 
Vos  enfants  sont  tombés  par  terre,  ils  sont 
demeurés  abattus  le  long  des  rues  :  l'Ecri- 
ture parle  des  Juifs  :  Ainsi,  c.  10.  11.  In  do- 
loribus  dormietis  :  Vous  languirez  dans  vos 
douleurs;  a}itr.  vous  serez  frappés  d'assou- 
pissement au  milieu  de  vos  douleurs.  Jereni. 
3.  19.  Dormiemus  in  confusione  nostm. 

9°  Dormir,  se  dit  pour  marquer  le  com- 
merce de  l'homme  avec  la  femme.  Gen.  19.32. 
Inebriemus  eum  vino  ,  dormiamusque  cum  eo, 
ut  servare  possimus  ex  pâtre  nostro  semen  : 
Donnons  du  vin  à  notre  père,  et  eni^rons- 
Ic,  et  dormons  avec  lui,  afin  que  nous  puis- 
sions conserver  de  la  race  de  notre  père  : 
c'est  ce  que  s'entredisent  les  deux  filles  de 
Loth,  après  l'embrasement  de  Sodome  et  de 
Gomorrhe.  v.  33.  3i.  35.  c.  39.  v.  7.  12.  etc. 

DORMITARE,  vucrràÇav  ;  fréquentatif  de 
dormire. 

1°  Sommeiller,  dormir  légèrement  (xa9u- 
TTvoOv).  Prov.2i  'Yè.Modicumdormitabis 'Mows 
sommeillerez  un  peu.  Le  Sage  marque  la 
fainéantise  du  paresseux,  qui  se  laisse  sou- 
vent aller  au  sommeil,  c.  6.  10.  Voy.  Conse- 

RERE. 

§  1.  —  Dormir  du  sommeil  de  la  mort,  être 
mort.  Ps.  75.  7.  Ab  incropatione  tua,  Deus 
Jacob,  dormitaverunt  qui  ascejiderunt  cquos  : 
Ça  été,  ô  Dieu  de  Jacob,  par  un  effet  de  vo- 
tre juste  sévérité,  que  ceux  qui  étaient  mon- 
tés sur  des  chevaux,  se  sont  aussi  endormis  : 
Le  Prophète  parle  de  Sennachérib  et  des  As- 
syriens qui  furent  lues  par  un  ange. 

§.  2.  —  Etre  négligent,  s'endormir,  ne 
point  veiller,  n'être  point  attentif,  soit  à  la 
sûreté  ou  au  salut  des  autres.  Nahum.  3.  18. 
Dormitaverunt  paslores  lui,  rex  Assur  :  O 
roi  d'Assur,  vos  pasteurs  et  vos  gardes  se 
sont  endormis  ;  Le  Prophète  allribuc  la  prise 
deNiniveà  la  négligence  de  ses  chefs.  Ps.  120. 
3.  Neque  dorinitet  qui  custodit  te  :  Que  celui 
qui  vous  garde  ne  s'endorme  point  :  en  ce 
sens,  dormire  se  joint  avec  dormitare.  v.  4, 
Non  dormitabit  neque  dormiet  qui  custodit 
Israël  :  Celui  qui  garde  Isr.iël  ne  s'assoupira 
et  ne  s'endormira  point  ;  soit  à  sa  propre  sû- 
reté et  à  son  saint.  Prov.  6.  h.  Ncc  dormiient 
palpebrœ  tuœ  {i-rrj7-uÇîu)  :  Si  vous  avez  ré- 
pondu [)our  votre  atni,  que  vos  paupières  ne 
s'assoupissent  point;  t.  e.  n'ayez  i)oint  de  re- 
pos que  vous  ntî  soyez  dégage;  soil  à  la  ven- 
geance cl  'a  punition  des  cmipables.  2.  Peir. 
2.  .3.  Perdilio  eorum  non  dormitut  :  La  inaiu 
qui  doil  pcnlre  ces  faux  docteurs  n'est  pas 
endormie.  Isa.  5.  27. 

.3'  S'abattre,  se  décourager.  Ps.  118.  28. 
Dormilavit  anima  m^a  prœ  tœdio  :  Mon  âme 
s'est  assoupie  d'ennui.  Hebr.  Stillavil,  lique^ 
f(,cla  est  :  s'est  écoulée,  i.  e.  affaiblie. 

V'  Ne  plus  penser  à  quelque  chose,  cesser 


12H 


niCTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


1212 


de  l'altendro.  Matih.  -25.  5.  Morom  autem  fa-      rejeté  celui  qui  était  venu  leur  enseigner  la 

" "     '   "    "        voie  du  ciel;   c'est,   selon  quelques-uns,  ce 

que  veut  dire  l'Apôtre  en  cet  endroit ,  quoi- 
que ce  même  passage  du  psaume  68.  24.  si- 
gnifie, à  la  lettre,  la  dure  servitude  et  les 
maux  dont  les  Juifs  ont  été  accablés  depuis 
la  ruine  de  Jérusalem. 

^  6"  P;irce  que  c'est  en  tournant  le  dos,  que 
l'on  se  relire  de  quelqu'un  :  Prœbere,  ou  us- 
îendere  dorsum  (ilicui,  marque  le  mépris  et 
l'abandon  que  l'on  fait  de  quelqu'un  ou  de 
quelque  chose.  Jerem.  18.  17.  Dorsum  et  non 
facietn  oslendam  eis  :  Je  tournerai  le  dos  et 
non  le  visage  aux  Israélites  au  jour  de  leur 
perte.  2.  Par.  29.  G.  Eccli.  21.  18. 

Autres  significations,  ou  figurées  ou  méta- 
phoriques. —  1"  Les  reins,  prenant  une  par- 
tie pour  l'autre  (ôcrç>:,-,  lumbi).  Ezech  9.  11. 
Qui  habebat  atramentnrium  in  dorso  suo  ;Ce 
lui  qui  avait  une  écritoirc  pendue  sur  les 
reins  ;  les  anciens  pendaient  autrefois  leur 
écriloire  à  leur  côté. 

2"  Tout  le  corps.  3.  Reg.  12.  10.  Minimus 
digitus  meus  grossior  est  dorso  (ÔTyJ,-)  patrie 
mei  :  Le  plus  petit  de  mes  doigts  est  plus 
gros  que  n'était  le  dos  de  mon  père  :  manière 
de  parler  proverbiale,  comme  si  Uoboaui  di- 
sait :  Je  vaux  mieux  de  mon  petit  doigt,  que 
mon  père  ne  valait  de  tout  son  corps.  Prov. 
10.  13.  Le  dos  est  pris  aussi  pour  le  corps 
dans  ce  passage  de  Jérémie.  48.  37.  Itrii  su- 
per  omne  dorsum  (ôt'j/v,-)  ciUcium  :  Les  Moa- 
bites  auront  le  cilice  sur  le  dos.  Amos.  8.  10. 

3'  Le  derrière  d'un  édifice.  Ezech.  41.  lo. 
Mensus  est  longitudinem  œdificii  conlrn  fa- 
ciem  ejus  quod  erat  separatum  ad  dorsum  : 
Cet  homme  mesura  la  longueur  de  l'édifire, 
vis-à-vis  de  celui  qui  en  était  séparé  par  der- 
rière. 

DORYMINUS,  Gr.  Donatus.  Dorymène, 
père  de  ce  Ptolémée,  qui  fui  envoyé  par  Ly- 
sias  contre  les  Juifs.  1.  Mac.  3.  38. 

DOS,  oTis,  'fip-jr),  du  nom  grec,  Sw,-  le  même 
que  oo(7£,-,  donum. 

1"  La  dot,  le  bien  qu'apporte  une  fille  en 
mariage.  Exod.  22.  17.  Reddet  pecuniam 
juxta  modum  dotis  ■  Celui  qui  aura  séduit 
une  vierge,  qui  n'était  point  encore  fiancée, 
donnera  au  père  autant  d'argent  qu'il  en 
faut  d'ordinaire  aux  filles  pour  se  marier. 
Cette  dot  était  relative  à  la  condition  de  la 
personne    outragée.   Il   est   vrai  que,  selon 


ciente  sponso,  dormitaverujit  omnes,  et  dor- 
mierunt  :  L'Epoux  des  dix  vierges  lardant  à 
venir,  elles  s'assoupirent  toutes  et  s'endor- 
mirent. 

DORMITATIO,  nis,  vv^rayaô?,  l'action  de 
sommeiller  ou  de  s'endormir  légèrement  ; 
dans  l'Ecriture  : 

Sommeil.  Ps.  131.  4.  Si  dedero  palpebris 
meis  dormitalionem  :  Si  je  permets  à  mes 
paupières  de  sommeiller. 

—  Paresseux,  négligent,  qui  ne  fait  que 
dormir  (  -JTrjiiBriç  ,  soynnolentus).  Prov.  23. 
21.  Vestietur  pannîs  dormi tatio  :  La  paresse 
toujours  endormie,  sera  vêtue  de  haillons: 
î.  e.  l'hoiimie  paresseux. 

DORMITIO  ,  xis,  xotî/ijG-tr  —  1°  L'action  de 
dormir  .  sommeil  naturel.  Joan  II.  13. 
ÏUi  autem  putaverunt  quia  de  dormi tione  som- 
ni  diceret  :  Les  disciples  de  Jésus-Christ  cru- 
rent qu'il  leur  parlait  du  sommeil  ordinaire; 
se.  lorsqu'il  leur  dit:  Notre  ami  Lazare  dort. 

2°  Sommeil  de  la  mort.  2.  Mach.  12.  45. 
Qui  cum  pietale  dormilionem  occeperant  :  Ju- 
das considérait  qu'une  grande  miséricorde 
était  réservée  à  ceux  qui  étaient  morts  dans 
la  piété  :  Gr.  xotawaîvoj. 

DORSUM,  I.  Gr.  vôiro,-.  Du  mot  deorsum,  on 
disait  autrefois  dossum. 

Le  dos.  Prov,  c.  10.  13.  Virga  in  dorso  ejus 
qui  indiget  corde  :  La  vorge  se  trouve  sur  le 
dos  de  celui  qui  n'a  point  de  sens.  Ps.  G7.  IV. 
Ezech.  8.  16. 

Sigiiillcalions  ,  et  façons  de  pnrier  métaphoriques,  tirées 
de  ces  siiniiScalions. 

Dare,  ponere,  vertere,  percutere  dorsum. 
i"  Mettre  en  fuite.  2.  Reg.  22.  41.  Initmcos 
meos  dedisti  mihi  dorsum  :  Vous  avez  fait 
tourner  le  dos  à  m<s  ennemis.  Ps.  17.  41. 
Ps.  20.  13.  Isa.  45.  1. 

2°  Parce  que  c'est  sur  le  dos  qu'on  porte 
les  fardeaux  :  ce  mot  marque  les  maux  et  les 
travaux  dont  on  est  accablé.  Ps.  80.  7.  Diver- 
tit ab  oneribus  dorsum  ejus  :  Dieu  déchargea 
le  dos  des  Israélites  dos  fardeaux  qui  les  ac- 
cablaient. Ps.  65.  11.  Posuisti  tribulaliones 
in  dorso  nostro  :  Vous  nous  avez  chargés 
d'afflictions.  Ps.  68.  24. 

3°  Parce  que  c'est  ordinairement  sur  le  dos 
que  l'on  frappe  ceux  qu'on  punit  :  ce  mot 
marque  les  châtiments  et  les  ;ifflictions  qu'on 
fait  souffrir.  Nahum.   1.   13.  Nunc  conteram 


rirgam  ejus  de  dorso  luo  .-Je  m'en  vais  briser  ce  qui  est  dit,  Deut.  22.  29.  celui  qui  cor- 
cette  verge,  dont  Icnnemi  vous  frappait,  rompt  une  vierge,  paraît  n'être  condamné 
Ps.  128.  3.  Eccli.  35.  22.  ^'oy.  Contribl-  qu'à  cinquante  sicles  ;  mais  le  législateur  a 
LARi.  voulu,  par  ces  deux  articles  différents,  pu- 

nir deux  différentes  injures;  l'injure  faite  au 
père  de  la  jeune  fille,  par  une  amende  de  cin- 
quante sicles;  et  l'injure  faite  à  la  fille  elle- 
même,  par  une  dot  proportionnée.  3.  Reg.  9. 
16.  Dédit  eam  in  dotcm  (  à-oarolxi,  munera  ) 
filiœ  suœ  uxori  Salomonis  :  Pharaon  avait 
donné  la  ville  de  Gazer  pour  dol  à  sa  fille, 
(jue  Salomon  avait  épousée.  2.  M.ich.  1.  14. 

2"  Le  douaire,  l'avantage  que  les  maris 
font  à  leurs  femmes.  Gen.  34. 12.  Augete  doteni, 
et  munera  postulatc  .-Faites  monter  les  droits 
de  Dina  aussi  haut  que  vous  voudrez;  de- 
mandez des  présents,  dit  Sicliem  à  Jacob  et 


4°  Ce  mol  marque  aussi  l'opiniâtreté  de 
ceux  qui  ne  se  corrigent  point  par  les  châ- 
timents. Barnch.  2.  33.  Avertent  se  a  dorso 
suo  duro ;  i.  e.  a  duritia  dorsi  :  Les  Israéli- 
tes, dans  leur  captivité,  quilleronl  cette  du- 
reté qui  les  rend  coiimie  inflexibles. 

5°  Parce  que  c'est  en  baissant  le  dos  que 
l'on  regarde  la  terre  :  ce  mot  marque  l'alta- 
chement  que  l'on  a  pour  le-  choses  terrestres 
et  périssables.  Rom.  H.  10.  Dorsum  eorum 
semper  incurva:  Faites  qu'ils  soient  toujours 
courbés  contre  terre  :  c'est  la  punition  dont 
les  Juifs  oi\t  été  justement  châtiés,  pour  avoir 


1213 


DRA 


DRA 


iMi 


aux  frèros  de  Dina,  la  leur  demandant  en 
mariage.  Voy.  Gen.  29.  v.  18.  -20.  27.  Ose. 
12.  12.  1.  Reg.  18.  25. 

3°  Don,  grâce,  bienfait  (  Sûpov).  Gen.  30. 
20.  Dotavit  me  Deus  dote  hona  :  Dieu  m'a  fait 
un  excellent  don,  dit  Lia,  accouchant  de  son 
sixième  fils  Zabuion. 

DOSITHEUS  ,  Gr.  Deo  dalus.  1°  Dn  prêtre 
de  la  race  de  Lévi.  Esth.  11.  1.  AttiUerunt 
Bositheus  et  Plolemœus,  fdias  ejus,  hanc  Epi- 
stolam  pfiurim  :  Dosilhée  et  Ptolémée,  son 
fils,  apportèrent  de  Jérusalem  en  Egypteune 
épîlre  ,  qui  renfermait  l'histoire  qui  est  rap- 
portée dans  les  derniers  chapitres  du  Livre 
dEslher.  Voy.  Josèphe  ,  /.  2.  cont.  Appion. 

2°  Un  des  chefs  qui  comb.itlaient  avec  Ju- 
das Machabée.  2.  Mac  12.  19.  Dosilhcus  et 
Sosipatcr  peremerunt  a  Timotheo  relictos  in 
prœsidio  decem  millia  i;/ro.«; Dosithéus  et  So- 
sipaler  tuèrent  dix  mille  hommes  ,  que  Ti- 
molhée  avait  laissés  pour  la  garde  d'une 
place. 

3°  Un  cavalier  qui  voulut  prendre  vif  Gor- 
gias.  2.  Mac.  12. 35.  Dositheus  quidam  de  Bci" 
cenoris  eques  vir  fortis  Gorgiam  tenebat  :  Un 
certain  cavalier,  de  ceux  de  Bacénoris  ,  qui 
était  un  vaillant  homme ,  se  saisit  de  Gor- 
gias. 

DOTARE  ,  ^î^-Àtzi. — 1^  Doter  une  femme  , 
lui  donner  sa  dot.  Exod.  22.  16.  Dotabit  eam, 
et  habebit  cam  uxorem:  Celhon\me,  qui  aura 
corrompu  celte  vierge  ,  lui  donnera  de  quoi 
se  marier,  etill'épouseralui-méme.— 2"Don- 
ner,  avantager.  Gen.  30.  20.  Dotavit  me  Deus 
dote  bona  :  Dieu  m'a  fait  un  excellent  don  , 
dit  Lia.  Voy.  Dos.  3'. 

DOTHALN  ,  Heb.  Rilus,  lex.  Ville  proche 
de  Sichem,dans  la  tribu  de  Manassé.  Gènes. 
37.  17.  Eamus  in  Dothain  :C'è[ai\[  une  plaine, 
près  de  celte  ville,  où  Joseph  trouva  ses  frè- 
res. Judith,  k.  5.  c.  7.  3. 

DOTHAN.  La  même  ville,  que  quelques- 
tins  mettent  en  la  tribu  de  Zabuion.  4.  Reg. 
6.  13. 

DRACHMA,  JE.  De  o^xy^fin,  à?,  petite  mon- 
naie des  Athéniens,  qui  valait  un  dtnier 
roDiain  ,  ou  la  huitième  partie  d'une  once  ; 
environ  trois  sous  et  demi  ;  dans  l'Ecriture  , 
où  la  monnaie  ,  selon  ks  Hébreux  ,  vaut  le 
double  ,  ce  mot  signifie  : 

Drachme,  valant  environ  sept  ou  huit  sous 
de  noire  monnaie.  Luc.  15.  v.  8.  9.  Conyra- 
lulamini  mihi,  quia  invcni  drachmam  quam 
perdiderum  :  Réjouissez-vous  avec  moi  ,  mes 
amies  ,  parce  que  j'ai  trouvé  la  drachme  <iu  • 
j'avais  perdue.  2.  Esdr.  7.  v.  70.71.  ^e  prin- 
cipibus  familiarum  dederunt  in  thesaunim 
operis,  auri  drachmas  vupiffu.'/TK,  viginti  mil- 
lia, et  aryenti  mnas  duo  millia  ducentas  : 
(Quelques  chefs  des  familles  donnèrent  au 
trésor  destiné  pour  l'ouvrage  du  lemple,  vingt 
mille  drachmes  d'or, et  deux  mille  deux  cents 
mines  d'argent.  2.  Ma'ch.  12.  43.  Voy.  Dena- 

BIUS. 

DRAGO,  Nis,  â|i«/wv  ,  TOf.  De  ôi/oxctv,  vi- 
dere  ;  parce  que  ce  serpent  a  les  yeux  per- 
çants. 

1"  Oragon  ,  espère  de  serpent  terrestre  , 
qui  dc\ient  fort  grand  et  fort  gros  en  vieil- 


lissant. Dent.  32.33.  Fel  draconum  rinum  eo- 
)um  :  Le  vin  des  idolâtres  est  un  fiel  de  dra- 
gon :  le  venin  de  dragon  est  très-mortel.  Job. 
30.  29.  Frater  fui  draconum  (LXX  (rîto^vwv)  : 
J'ai  ressemblé  aux  dragons  par  mes  hurle- 
ments. Ps.  90. 13.  Concnlcabis  leonem  et  dra- 
conem  :  Vous  foulerez  aux  pieds  le  lion  et 
le  dragon  :  Le  Prophète  marque,  par  là, 
que  tous  les  artifices  des  démons  ne  peuvent 
nuire  à  celui  qui  met  uniquement  son  espé- 
rance en  Dieu.  Le  dragon  signifie  aussi  les 
autres  bêtes  sauvages  ,  et  même  figure  les 
plus  grands  dangers.  Sap.  16.  10.  Filios  au- 
tem  tuos,nec  draconum  venenatorum  vicerunt 
dentés:  Pour  vos  enfants  ,  les  dents  mêmes 
empoisonnées  des  dragons  ne  les  ont  pu 
vaincre.  Eccli.  25.  23.  etc.  Ainsi  ,  Dan.  \k. 
22.  Erat  draco  magnus  in  illo  loco  :  Il  se 
trouva  aussi  eu  ce  lieu-là  un  grand  dragon, 
que  les  Babyloniens  adoraient.  Depuis  que 
le  démon  trompa  nos  premiers  parents,  sous 
la  forme  d'un  serpent,  il  a  encore  accoutumé 
de  se  revêtir  souvent  de  cette  figure  pour 
tromper  les  hommes.  Aug.  l.  11.  de  Gen.  ad 
Litt.  c.  28. 

2°  Serpent  (  oyi?  ).  Exod.  7.  15.  Yirgam 
qnœ  conversa  est  in  draconem  toile  in  manu 
tua  :  Vous  prendrez  en  voire  main  la  verge 
qui  a  été  changé."  <'n  serpent  (  il  est  appelé 
Coluber.  v.  9.  10.)  :  v.  12.  Versœ  sunt  in  dra- 
cones  :  Les  verges  des  sages  d'Egypte  furent 
changées  en  serpents.  C'étaient  de  véritables 
serpents,  ô«  substitués  à  la  place  des  baguet- 
tes ,  ou  formées  par  la  connais^ame  qu'a  le 
démon  des  causes  naturelles  de  la  produc- 
tion de  ces  bêles.  Aug.  gnœst.  21.  ou,  enfin  , 
parce  que  le  démon  enchatit  lil  les  yeux  de 
ceux  qui  croyaient  voir  ce  qu'ils  ne  voyaient 
pas.  Tert.  Justin.  Ambros.  Hieron. 

3'  Toute  sorte  de  serpents.  Isa.  34.  13. 
Erit  cubile  draconum  {t-io-ov^si,)  :  La  ville  d'E- 
dom,  ou  ridumce.  deviendra  la  demeure  des 
dragons,  c.  13.  21.  Jer.  9.  11.  c.  10.  22.  c. 
49.  33.  c.  50.  39.  c.  51.  37.  Malach.  1.  3. 

V"  Dragon  marin  ,  poisson  monstrueux, 
tel  que  peut  être  la  baleine.  Ps.  103.  2C 
Draco  isie  qucm  forniasti  ad  illndendum  ei  : 
Dans  la  mer,  se  voit  ce  monstre  que  vous 
avez  formé  .  Seigneur,  pour  s'y  jouer,  ou  ; 
[»our  vous  en  jouer.  Ps.  148.  7.  Laudatc  Do- 
mi  num  de  terra,  dracones  et  omnes  abyssi  : 
Louez  le  Seigneur,  vous  qui  êtes  sur  la 
terre  ,  vous  ,  diagons  ,  et  vous  tous,  abîmi>s 
d'eaux.  Tous  les  gros  poissons  sont  appelés 
du  mot  draco.  (  tiuuue  les  petits  sont  appelés 
reptiles.  Ps.  (i8.  33. 

5"  Cruels  tyrans  ,  puissants  ennemis  de 
l'Eglise.  Ps.  73.  13.  Coiitribulasti  capita 
draconum  in  aguis  :  C'est  vous  ,  6  Dieu  ,  qui 
avez  brisé  les  lèles  des  dragons  dans  le  fond 
des  eaux  :  Le  Prophète  entend  Pharaon  et  les 
Egyptiens.  Isa.  .il.  9.  Ezech.  29.  3.  c.  32.  2. 

6"  Le  diablo  ou  Satan.  Ap  jc.  12.  3.  Ecce 
draco  magnus  ruf,(s  :  Il  p.irut  ,  dans  le  ciel , 
un  grand  dragon  roux.  v.  4.  9.  13.  etc.  Il  est 
appelé  Dragon,  à  cause  de  sa  malice  et  do 
ses  artifices,  et  ruux,  à  cause  de  sa  cruauté, 
qui  ne  respiie  ([ue  le  saog  et  les  meurtres, 


1215  DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SÀCREK. 

Façons  de  parler. 
Fnns  draconis  ;  Gr.  Tznyrt  zôfj  auxwv  ,  fons  fi- 


42i6 


ciium.  La  fonUiine  du  Dragon  ,  un  lieu  près 
d'une  des  portes  de  Jérusalem  ,  dite  de  la 
Vallée.  2.  Esdr.  2.  13.  Egressiis  swn  per  por- 
tamvallis  nocte  et  an(e  fontem  draconis:  Je 
sortis  la  nuit  par  la  porte  de  la  vallée  ,  je 
vins  devant  la  fontaine  du  dragon  :  celte 
fontaine  était  ainsi  appelée ,  parce  que  des 
dragons  d'airain  jetaient  l'eau  par  la  gueule, 
ou,  parce  que  l'eau  y  coulait  en  serpentant. 

DROMEDARIUS,  ir.  De  drotnas,  dis,  ou 
dromada,  œ,  de  Bp6u.o;,  cursus. 

Dromadaire  ,  espèce  de  chameau  fort  ra- 
pide à  la  course  (  y.iciinlo:  ).  Isa.  60.  6.  Dro- 
medani  Madian  et  Epha  :  Vous  serez  innon- 
dée  parles  dromadaires  de  Madian  et  d'Epha. 
On  croit  que  ce  sont  les  poulains  des  cha- 
meaux ,  que  l'on  appelle  de  la  sorte. 

DRUSILLA  ,  lE.  Gr.  Rare  conspersa.  De 
o/jôo-o?,  ros  ;  d'où  vient  Drusus,  et  de  là  le  di- 
minutif rfru5i//a. 

Drusille  ,  fille  d'Hérode  Agrippa  ,  laquelle 
quitta  Azize  ,  roi  d'Emèse  ,  son  mari  ,  pour 
épouser  Félix  ,  gouverneur  de  Judée.  Act. 
24..  2V.  Vcniens  Félix  cum  Drusilla  uxore 
sua,  quœ  erat  Judœa,  vocaiit  Paulum  :  Félix 
étant  revenu  à  Gésarée  avec  Drusille  ,  sa 
femme  ,  qui  était  Juive  ,  fit  venir  saint  Paul. 

DUBIE.  Avec  doute,  en  doutant.  Levit.  13. 
43.  Condemnabit  eum  haud  dubie  leprœ  :  Le 
prêtren'hésiterapoint  à  juger  quecet  homme 
est  lépreux. 

DUBITARE.  De  l'ancien  dubiare,  pour  du- 
bitare,  qui  vient  de  dubium,  et  celui-ci  ,  de 
duo  ;  comme  en  Grec  Suw,  fait  S-jàÇjtv,  dubi- 
tare. 

1°  Douter,  hésiter,  ne  pas  croire  entière- 
ment,  ni  s'opposer  (  o-jxÇtu  ).  Matlh.  li.  31. 
Modicœ  fidei,  quare  dubitastiîRomme  de  peu 
de  foi,  pourquoi  avez -vous  douté?  c.  28.  17. 
Videntes  eum  adoraverunt  ;  quidam  autem 
dubitaverunt  :  Les  onze  disciplos  de  Jésus- 
Christ  le  voyant  sur  la  montagne  qui  est  en 
Galilée,  l'adorèrent;  quelques-uns,  néan- 
/noins,  furent  en  doute;  ils  ne  doutaient  pas 
de  sa  résurrection  ou  de  sa  divinité;mais  ils 
doutaient  si  c'était  lui-même  :  d'autres  rap- 
portent ce  doute  aux  autres  apparitions?  du- 
bitaverunt pour  dtibitaverant.  Tob.  7.  13. 

2'  Faire  difficulté  de  faire  quelque  chose. 
Act.  10.  20.  Vade  cum  eis,  nihil  dabitans:  Ne 
faites  point  difficulté  d'aller  avec  eux  ;  l'Es- 
prit de  Dieu  parle  à  saint  Pierre  des  trois 
hommes  que  lui  envoyait  Corneille.  On  peut 
aussi  entendre:  N  ayant  aucun  doute  sur  la 
rerité  de  leur   mission,  aoûh  oiay.çi-^uvjo;  ôrt 

DUBITATIO,  Nis.  Doute,  difficulté,  qui 
fait  de  la  peine  ,  quand  cm  ne  sait  à  quoi  se 
résoudre.  Art.  10.  29.  Sine  dubitaliune  vcni 
accersitus  :  Gr.  ci:-ju-j7iù fo7'.)ç.  Dès  que  vous 
m'avez  mandé  ,  je  n'ai  fait  aucune  difficulté 
de  venir,  dit  saint  Pierre  à  Corneille.  Rulh. 
3.  1.3. 

DUBIUS  ,  A.,  UM.    De  duo.  Voy.  Dlbitare. 

Douteux,  incertain,  de  quoi  l'on  doute.  1. 

Tina.  6.  7,  JS'ihH  intulimus  in  hune  mundum  , 


haud  dubium;  Gr.  o,'ùr,,^quod  necauferre  quid 
possumus  :  Nous  n'avons  rien  apporté  en  ce 
monde  ,  et  il  est  sans  doute  que  nous  n'en 
pouvons  aussi  rien  emporter.  Tob.  7.  li. 
Noli  dubium  gerere  quod  tibi  eam  tradam:'SQ 
douiez  point  que  je  ne  vous  donne  ma  fille, 
comme  vous  le  désirez  ,  dit  Raguel  au  jeune 
Tobie.  Exod.  10.  10. 

DUCATUS  ,  L's.  Du  substantif  ductus,  s'est 
fait  diicatus  improprement ,  comoie  s'il  ve- 
nait de  ducare. 

Charge  de  commander  dans  une  armée  ; 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Commandement,  la  charge  et  l'autorité 
de  commander  (  rr/tuo-Aa  ).  Eccli.  7.  i.  Noli 
quœrere  a  Domino  ducatum  : 'Se  demandez 
point  au  Seigneur  la  charge  de  conduire  les 
autres.  2.  Esdr.  o.  8. 

2*  Conduire ,  soin  de  conduire  et  de  servir 
de  guide.  Matth.  15.  14.  Cœcus  si  cœco  duca- 
tum prœstet  (Gr.  ôo^yr;),  a/?;6o  in  foveam  ca~ 
dunt  :  Que  si  un  aveugle  conduit  un  autre 
aveugle  ,  ils  tombent  tous  deux  dans  la 
fosse. 

DUCENTI  ,  .E  ,  A  ;  Sta/.iTtoj.  De  duo  et  de 
centum. 

1^  Deux  cents,  nombre  défini.  Act.  23.  23 
Parafe  milites  ducentos,  ut  eant  usque  Cœsa- 
ream  :  Tenez  prêts  ,  dès  la  troisième  heure 
de  la  nuit,  deux  cents  soldats  pour  aller  jus- 
qu'à Césarée  ,  dit  le  tribun  à  deux  cente- 
niers  ,  pour  y  faire  conduire  saint  Paul  au 
gouverneur  Félix.  1.  Reg.  18.  27,  c.  25.  18. 
etc. 

2' Nombre  indéfini  marqué  par  deuxcents. 
Cant.  8.  12.  Mille  tui  pacifici  et  ducenti  his 
qui  custodiunt  fr uc t us  ej us  :\ous  retirerez 
mille  pièces  d'argent  de  votre  vigne,  ô  Salo- 
mon  ;  et  ceux  qui  en  gardent  et  en  recueil- 
lent les  fruits,  en  reiireront  deux  cents.  Voy. 
Pacificls.  Joan.  6.  7. 

DUCERE,  i'/Eiv.  Quand  ce  verbe  signifie  pu- 
tare,  il  vient  de  So-mu  ;  mais  lorsqu'il  signifie, 
mener,  conduire  ,  il  \ient  de  otiy.-a,  oîtzvvjtv, 
ostcndere  :  ainsi ,  il  signifie  :  conduire  ,  gui- 
der, porter  à  une  chose  ,  tirer  en  longueur, 
mener,  passer,  estimer  ,  penser,  etc.  ;  dans 
l'Ecriture: 

1"  Conduire,  mener,  emmener.  2.  Par.  3G, 
6.  Vinctum  catenis  duxit  in  Babylonem  :  Na- 
buchodonosor  fit  enchaîner  Joachim,et  l'en- 
mena  à  Babylone  :  Nabuchodonosor  laissa 
ensuite  Joachim  à  Jérusalem  ,  où  il  régna 
onze  ans  sous  sa  domination,  v.  o.  8.  4.  Rcg. 
23.  36.  Voy.  Joachim. 

Façon  de  parler  tirée  de  celle  signification. 

Ducere,  ou  ducere  uxorem  (supl.  domum), 
Gr.  yuuLîîj.  Prendre  une  femme  en  mariage, 
la  mener  dans  sa  maison  comme  une  chose 
qui  appartient  au  mari.  Matth.  5.  32.  Qui 
dimissam  duxerit  ,  adultérât  :  Quiconque 
épouse  celle  que  son  mari  aura  quittée , 
commet  un  adultère,  parce  que,  quoi(iuo 
séparée  ,  elle  reste  toujours  sa  femme,  c.  19, 
9.  c.  22.  24.  Il  se  trouve  aussi  par  abus  dans 
l'Ecriture  :  Ducere  maritum.  Deut.  2V.  2. 
Cumque  eqressa  alterum  maritum  duxerit  (yi- 
yjî'iiiy.i  it-Àpi)  :  Si  cctte  femme  répudiée,  étant 


!2l7 


DUC 


DUL 


1218 


sortie  de  la  maison  de  son  mari ,  épouse  un 
second  mari.  Ainsi  : 

2"  Emmener  (  v-à-^iv^  )  ;  soit  en  captivité. 
Num.  21.  1.  Arad  victor  exisfens,  duxit  ex  eo 
vrœdam  :  Après  avoir  vaincu  les  Israélites, 
Arad  en  emporta  les  dépouilles  etenemmena 
des  prisonniers.  Deul.  21.  10.  c.  28.  v.  36. 
M.  etc.  Job.  12.  19.  i^uTzo^zill-i;  2.  Tim.  3.  (i. 
Ex  his  sunl  qui  captivas  ducunt  muliercidas 
oneratas  peccatis  {xi/^iixlomvitv)  :  De  ce  ntmi- 
bre,sont  ceux  qui  traînent  après  eux,  comme 
captives,  des  femmes  chargées  de  péchés  ;  soit 
au  supplice.  Act.  12.  Id.  Inquisitiotie  factade 
custodibus,jussiieosduci:liérode,  après  avoir 
fait  donner  la  question  aux  gardes  pour  sa- 
voir ce  que  saint  Pierre  était  devenu  , 
commanda  qu'ils  fussent  menés  au  supplice. 
Voy.  Gen.  38.  25.  Souvent  les  Hébreux,  en 
mettant  un  verbe,  sous-enlendenl  ce  qui  en- 
suit. Voy.  AssuMERE.Ce  verbe  se  trouve  dans 
les  auteurs  latins,  en  celte  signification :2'î7. 
Liv.  Decad.  1.  l.  6.  c.  15. 

3°  Abattre,  entraîner  (zara^ipsiv).  Act.  20. 
9.  Cum  mergeretur  somno  gravi...  ductus 
somno,  cecidit  de  tertio  cœnaculo  :  Le  jeune 
homme  Eulyque  étant  plongé  dans  un  pro- 
fond sommeil ,  tomba  du  troisième  étage 
en  bas. 

4°  Transporter,  emporter.  Luc.  4.9.  Duxit 
illum  in  Jérusalem,  et  statuit  eum  super  pin- 
namTemp/î.Le  diable  transporta  Jésus-Christ 
dans  Jérusalem  ,  et  le  mit  sur  le  haut  du 
Temple. 

5°  Tirer,  étendre,  allonger.  Exod.  26.  37. 
Quinque  columnas  deaurabis  lignorum  setim , 
ante  quas  ducetur  tentorium  :  Le  voile  fait  , 
pour  l'entrée  du  tabernacle,  sera  susjiendu 
à  cinq  colonnes  de  bois  de  sétim.  c.  40.  32.  V. 
Reg.  21. 13.  Delens  vertam,  et  ducam  crebrius 
stylum  super  faciem  ejus  :  Je  passerai  et  re- 
passerai souvent  le  stylo  par-dessus  Jérusa- 
lem ,  afin  qu'il  n'en  demeure  rien.  Ceci  fiiit 
^illusion  à  la  manière  d'écrire  et  d'effacer  des 
c;nciens.  Voy.  Stylus  ,  de  là  vient  : 

Ducere  teinpus.  Passer  le  temps,  comme  qui 
dirait  continuer,  tirer  en  long  (à-yaOûveo-eat). 
Judic.  10.  9.  Mane  apud  me  eliam  liodie,  et 
duc  lœtum  diem  :  Demeurez  encore  chez  moi 
pour  aujourd'hui  et  réjouissons-nousi.  Eslh. 
6.  1.  Job.  21.  13. 

Ducere  choros  ,  '/.of^vkiv,  danser,  parce  que 
la  danse  se  fait  avec  quelque  étendue.  Judic. 
21.  23.  Juxta  numerum  suum  rapuerunt  sibi 
de  his  quœ  ducebant  choros  :  Chacun  des  en- 
tants de  Benjamin  enleva  une  des  filles  qui 
dansaient,  pour  être  sa  femme.  Cet  enlève- 
ment étant  fait  par  l'autorité  publique  et 
pour  un  bien  public,  se.  pour  la  conserva- 
tion de  la  tribu  de  Benjamin,  ne  doit  pas 
être  regardé  comme  criminel,  v.  21.  1.  Reg. 
18.  6.  Judith.  3.  19. 

6"  Porter,  exciter,  toucher  («vâyEtv).  Matt. 
4.  1.  Jésus  ductus  est  in  desertum  a  Spiriiu  : 
Jésus  fut  conduit  par  l'esprit  dans  le  désert, 
pour  y  être  tenté  du  diable,  (^eci  marque  que 
le  Saint-Esprit  le  porta  à  présenter  au  démon 
une  occasion  de  le  tenter;  Gr.  ôvo/Jm^ab duc- 
tus est.  Deut  30  1.  Cum  ductus  pœnitudlne 
CQrdis  reversus  fueris  ad  cum:  Lorsqu'él«nl 


louché  au  fond  du  cœur  vous  reviendrez  à 
Dieu.  Judic.  21.  6.  Tob.  6.  22. 

7°  Emporter,  entraîner  èy.y.lvny).  2.  Esdr. 
13.  26.  Ipsum  ergo  duxerunt  ad  peccalum 
mulieres  alienigenœ :  Après  toutes  les  grâces 
que  reçut  Salomon,  néanmoins,  des  femmes 
élrangères  le  firent  tomber  dans  le  péché. 
(Voy.  3.  Reg.  11.  4.)  Gai.  2.  13.  2.  Tim.  3.  6. 
Mulieres  quœ  ducuntur  variis  desideriis  :  Des 
femmes  possédées  de  diverses  passions. 

8'  Estimer,  croire,  penser  (Xiyov  touî-j).  1. 
Esdr.  4.  14.  Job.  14.  3.  Dignum  ducis  super 
hujuscemodi  aperire  oculos  tuos  :  Vous  croyez. 
Seigneur,  qu'il  soit  digne  de  vous  d'ouvrir 
seulement  les  yeux  sur  l'homme.  Sap.  7.  8 
2.  Mach.  1.  18.  etc.  Hebr.  10.  29.  Qui  sangui'- 
nem  testamenti  pollutum  duxerit  {r.yBÎTBxi)  : 
Celui  qui  aura  tenu  pour  une  chose  vile  et 
profane  le  sang  de  l'alliance. 

Jugum  ducere.  Voy.  Jugum. 

DUCTILIS,  E.  èlxzôç,  de  ducere,  qu'on 
conduit,  qu'on  fait  aller  où  l'on  veut ,  mal- 
léable, c'est-à-dire, 

Qu'on  peut  étendre  à  coups  de  marteau, 
en  parlant  d'or,  de  cuivre,  etc.  Exod.  25.  31. 
Faciès  et  candelabrum  ductile  de  aura  mun- 
dissimo  :  Vous  ferez  un  chandelier  de  l'or  le 
plus  pur,  battu  au  marteau,  v.  36.  Ps.  97. 
6.  etc. 

DUCTOR  ,  is.  De  ducere. 

Chefquiconduilet  sert  de  guide  (tt^j-toOt»}.-^. 
Num.  10.  31.  Deut.  1.  30.  Dominus  Deus,  qui 
ductor  est  rester  :  Le  Seigneur  votre  d'Icu  , 
qui  est  votre  conducteur,  c.  8.  15.  etc. 

DUCTUS,  us.  L'action  de  conduire,  la  con- 
duite ou  l'administration  de  quelque  affaire 
(sxTKo-tç)  ;  dans  l'Ecriture  : 

Etendue.  Ezech.  17.  3.  Aquila  magnarum 
alarum,  longo  membrorum  ductu  :  Un  aigle 
qui  a  de  grandes  ailes  et  un  corps  très- 
long. 

DUDIA  ;  Heb.  Dilectus  meus.  Un  officier 
qui  commandait  vingt-quatre  mille  hommes 
des  armées  de  David.  1.  Par.  27.  4. 

DUDUM;  derfmet  dum. 

1°  11  y  a  déjà  longtetnps.  Ezech.  11.  3. 
Nomie  dudum  {npocTfàzr^;)  œdifîcalœ  sunt  do- 
mus?  Nos  maisons  ne  sont-elles  pas  bâties 
depuis  longtemps?  Hebr.  Non prope est  {quod 
isti  minnntur)  œdifîcandœ  sunl  domus. 

2°  Déjà,  auparavant.  Gen.  27.  33.  Quis 
igitur  ille  est  qui  dudum  cnptam  venntiotiem 
nttulit  milii?  Qui  est  donc  celui  qui  m'a  déjà 
apporté  de  ce  (ju'il  avait  pris  à  la  chasse? 
dit  Isaac  à  Esaù.  Exod.  12.  39.  Coxeruniquc 
farinam,quam  dudum  de  jEgypto  conspersam 
tulerant  :  Les  Israélites  firent  cuire  la  farine 
qu'ils  avaient  emportée,  il  y  avait  du  temps, 
toute  pétrie  ,  i.  e.  il  y  avait  plus  d'un  jour  : 
dudum  n'est  ni  dans  l'Hébreu  ni  dans  les 
Septante. 

DUEL  ,  Hebr.  Scientia  Dei.  Le  père  d'Elia- 
saph  de  la  tribu  de  Gad.  Num.  1.  14. 

DULCEDO,     I?iIS,    yl-j/.u.TiJ.ôç,     '/).\iy.«.(7^0L.    — 

1"  Douceur  (yW-i).  Judic.  14.  14.  De  forti 
egrcssu  est  dulcedo  :  La  douceur  est  sortie  du 
fort.  Ceci  est  une  partie  de  l'énigmi!  (jue 
proposa  Saiiison  aux  trente  jeunes  hommes. 
Pur  coue  clouceur  s'entendait  le  miel  (\ni  se 


12 i9  DICTIONNAIRE  DE 

trouva  dans  la  çriieul-^  du  lion.  (v.  18.)  c.  9. 
jl.  Kxod.  lo.  25.  Voy.  Lignum.  Joël.  8.  v.  3. 
18.  SiHlohunt  montes  dulcedinem  :  Lsi  dou- 
ceur du  miel  dégoûtera  des  montagnes  ;  Heb. 
Le  vin  nouveau;  ce  qui  marque  une  grande 
abondance 

2° Douceur,  contentement,  agrément,  dé- 
lices. Job.  Si.  20.  Dulcedo  illius  venues  : 
Que  los  vers  soient  la  douceur  et  les  délices 
de  Tadullère.  Celte  façon  de  parler  peut  bien 
élre  un  hébraïsme,  pour  signifier  que  l'im- 
pie sera  lui-même  la  douceur  et  les  délices 
des  vers.  Prov.  16.  24.  Isa.  24.  8.  Joël.  1.  5. 
Amos  9.  13. 

3'  Douceur,  bonté, libéralité  (xp»î=''ÔTr7?).Ps. 
20.  4.  Prœvenisti  eum  in  benedictionibus  dul- 
cedinis  :  Vou^  avez  prévenu  lo  roi  de  béné- 
dictions et  de  douceurs,  i.  e.  des  grâces  de 
votre  libéralité.  Ps.  30.  20.  Ps.  67.  11.  Sap. 
16.  21. 

DULCIS,  E ,  y)v'jxjç,  tïu,  ù.  De  l'ancien  nom 
delicis;  d'où  s'est  fait  delcis ,  et  ensuite 
dulcîs;  ou  du  Grec  oi/xo?,  pour  ylwjç,  dans 
le  dialecte  des  Eoiiens,  que  les  Latins  out 
suivi. 

l°Doux  au  goûî.Judic.  14.  iS.Quid  dulciiis 
melle?  Qu'y  a  t-il  de  plus  doux  (jue  le  miel  , 
disent  les  trente  jeunes  honnncs,  expliquant 
réiiigine  de  Samson.  Prov.  2V.  1 '3.  c.  27.  9. 

2°  Doux  et  agréable,  délicieux,  qui  plaît. 
Job  20.  12.  Cum  dulce  fiierit  (yX-j/aivic-Oat)  in 
07-e  7nalitm  ;  Lorsque  le  mal  est  doux  à  la 
bouche  de  Thypocrile,  il  le  cache  sons  sa 
L-mgue.  c.  21.  33.  Ps.  18.  11.  P=.  54.  16.  Prov. 
7.  5  etc.  Ezcch.  32.  Factum  est  in  ore  meo 
sicut  mel  dulce  :  Ce  livre  devient  doux  à  ma 
bouche  comme  le  miel.  Ce  n'est  pas  qu'Ezé- 
chicl  fût  cruel  envers  ses  frères  .  lorsqu'il 
trouvait  de  la  douceur  dans  un  livre  qui  les 
menaçait  des  châtiments,  les  plus  rigou- 
r«-ux;  mais  son  grand  amour  [our  Dieu  lui 
faisait  aimer  sa  justice,  qui  menace  et  punit 
les  pécheurs  pour  détruire  le  péché. 

3"  Bon,  bieiifaisanl,  libéral  (x^/îcttoî).  Ps. 
24.  8.  Dulcis  et  reclus  Dominas  :  Le  Seigneur 
est  plein  de  douceur  et  de  droiture.  1.  Pelr. 
2.  3. 

4"  Bon  et  profitable.  Isa.  5.20.  Vœponentes 
amnrum  in  dulce,  et  dulce  in  omarum  :  Mal- 
heur à  vous,  qui  dites  que  ce  qui  est  perni- 
cieux est  profitable,  et  (jue  ce  qui  est  salu- 
laiie  est  nuisible. 

DULCOK,  is,  yl-jy-v-Tixa..  Nom  inusité  de 
dulcis. 

Douceur.  Iiccli.  11.  3.  Iniliuw  diilcoris 
habet  fiuctus  illius  :  Le  fruit  de  l'abeille  l'em- 
porte sur  ce  qu'il  y  a  do  plus  doux. 

DUfXORAKE,de  dulcis;  ce  ^erbe  n'est 
point  en  usagi*. 

Adnucir,  récréer  réjouir,  consoler.  Prov. 
27.  9.  Bonis  amici  consiliis  ('nim''  dulcvratur: 
Les  bons  conseils  d'un  ami  sont  les  délices 
d'une  âme. 

DUM  ,  de  Siù  etouv,  adverbe  de  temps  (lui  a 
plusieurs  significations  :  Lorsque,  jusqu  à  ce 
que,  pourvu  que,  pondant  que,  tant  que  : 
dans  l'Ecriture  : 

1°  Quand,  lorsque,  pendant  que,  tandis 
que.    1.  Cor.  11.  32.  Dum  judicamur  autctn , 


PHILOLOGIE  SACREE. 


t2«i0 


a  Domino  corripimur  :  Lorsque  nous  sommes 
jugés  de  la  sorte,  c'est  le  Seigneur  qui  nous 
châtie.  Gai.  6.  10.  Dum{ô>;)  tempus  hahe- 
mus,  operemur  bonum  ad  omnes  :  Pendant 
que  nous  en  avons  le  temps,  faisons  du  bien 
à  tous.  Hebr.  9.  10. 

2"  Pourvu  que.  Philippe  1.  18.  Quid  enim  ? 
dum  (tzï-o-j)  otnni  modo  Christus  annuntietur  : 
Qu'importe ,  pourvu  que  Jésus-Christ  soit 
annoncé  en  quelque  manière  que  ce  soit? 

3°  Comment,  de  quelle  façon  (w,-.  quomodo). 
Marc  4.  27.  Et  semen  germinet ,  et  increscnt 
dum  nescit  ille  :  La  semence  qu'un  homme 
a  jetée  en  terre  germe  et  croît  sans  qu'il 
sache  comment. 

4"    Usque    dum  :  Jusqu'à    ce  que.    Voy. 

USQDE. 

Dummodo,  de  dum  et  de  modo. 

Pourvu  que  (aôvov,  tantum).  Gen.  19  8. 
Abuiimini  eis  ,  dummodo  viris  istis  nihil  mali 
facialis  :  Usez  de  mes  deux  filles  comme  il 
vous  plaira,  après  que  je  vous  les  aurai 
amenées,  pourvu  que  vous  ne  fassiez  point 
de  mal  à  ces  hommes-là,  dit  Lolh  aux  Sodo- 
mites,  au  sujet  des  deux  anges  qu'il  logeait. 
Act.  20.  24. 

Dumtaxaty  de  dum,  adverbe,  et  de  taxare, 
pour  œstimare,  comme  s'il  y  avait,  Dum 
taxetur  hoc  unum  :  En  ne  considérant  que 
cela. 

Seulement.  Levit.  25.  50.  Deut.  12.  16. 
Absque  esu  dumtaxat  sanguinis  :  Abstenez- 
vous  seulement  de  manger  du  sang.  Ce  mot 
est  joint  ordinairement  avec  ita  ut,  pour 
marquer  une  restriction  ou  une  condition 
avec  laquelle  on  doit  faire  quelque  chose. 
Levit.  14.8.  Purificotusque  ingredietur  castra, 
ita  dumtaxat  ut  maneat  extra  tabernaculum 
suum  septem  diebus  :  Cet  homme  étant  ainsi 
purifié,  entrera  dans  le  camp,  de  telle  sorte 
néanmoins  qu'il  demeurera  sept  jours  hors 
de  sa  tente,  c.  21.23. 

DUMA  ,  Hobr.  Silentium.  —  i°  Un  fils  d'Is- 
maël.  Gen.  25. 14.1.  Par.  1.30. 

2°  Peuple  d'Idumée  ,  descendu  de  Duraa, 
fils  d'Ismaël.  Isa.  21.  11.  Onus  Duma  :  Pro- 
phétie contre  Duma;  Gr.  i§ovuce.ioi.ç  Ainsi,  on 
croit  que  Duma  eslmis  par  contraction  pour 
ridumée. 

DUO,  DU7E  ,  DUO,  de  SOw,  deux.  Ce  mot 
se  prend  ou  pour  un  nombre  certain  et  dé- 
fiiii.  Gen.  7.  2 De  animantibus  vero  immundis 
duo  et  duo,  masculum  et  fœminam ;  i.  e.  bina: 
Prenez  d:  ux  mâles  et  deux  femelles  des  ani- 
maux impurs,  dit  Dieu  à  Noé.  Ceci  est  une 
phréise  hébraïque,  deux  à  deux,  deux  de 
cliaque  espèce,  un  mâle  et  une  femelle,  v.  9. 
Duo  et  duo  ingressa  sunt  cd  Noe  in  arcam  , 
masculus  et  fœminn  :  Les  animaux  purs  et 
impurs,  et  les  oiseaux,  avec  tout  ce  qui  se 
meut  sur  la  terre,  entrèrent  aussi  dans  l'ar- 
che avec  Noé,  deux  à  deux,  mâle  et  femelle. 
Malth.  8.  28.  Occurrcrunt  ei  duo  habentes  dœ~ 
jnonia  de  monumentis  cxeuntes  :  Deux  pos- 
sédés sortirent  des  sépulcres  et  vinrent  au- 
devant  de  Jésus-Christ.  Saint  Marc,  5.  1.  et 
saint  Luc,  8.  26.  ne  parlent  que  d'un;  mais 
c'était  le  plus  furieux  dos  deux.  Matlh.  19.  5. 
Marc.  10. 8.  etc.  1 .  Reg.  18.  21.  In  duabusrcbus 


ii21 


DUO 


DUP 


f222 


gcner  meus  cris  hodie  :  Vous  serez  aujour- 
d'hui mon  gendre  pour  deux  raisons  :  et 
parce  que  vous  avez  triomphé  du  géant 
Golialh,  et  parce  que  vous  avez  défait  et  !ué 
de  votre  propre  main  cent  ennemis  Phi- 
listins. Celle  interprétation  est  la  plus  géné- 
rale. Ainsi,  Ose.  10.  10.  Corripicntur  pr opter 
(luas  iniquilates  suas  :  Je  les  punirai  pour 
leur  double  iniquité,  ou  à  cause  des  deux 
veaux  d'or,  auxquels  ils  ont  bâti  des  tem- 
ples, ou  à  cause  qu'ils  sont  en  même  temps, 
et  impies  dans  leur  religion,  et  déréglés  dans 
toute  leur  vie.  Eccli.  2.  li.  Vœ....  peccatori 
lerram  ingredienti  diiabus  viis  !  Malheur  au 
pécheur  qui  marche  sur  la  terre  par  deux 
voies  1  qui  marche  selon  Dieu  en  apparence, 
cl  selon  le  monde  dans  le  fond  du  cœur.  c.  3. 
23.  Voy.  Claudicare.  Ou  ce  mot  se  prend 
pour  un  nombre  incertain  et  indéfini.  Luc  3. 
11.  Qui  habet  duas  tunieas  det  non  ftabenti  : 
Que  celui  qui  a  deux  vêlements  en  donne  à 
celui  qui  n'en  a  point  ;  /.  e.  Ceux  qui  ont  plus 
de  bien  qu'il  ne  leur  en  faut,  en  doivent  don- 
ner à  ceux  qui  en  manquent.  Matlh.  2i.  v. 
40.41.0.6.^4.  Luc  17.  36.  Ainsi,  Matth. 
18.  19.  Si  duo  ex  vobis  consenserint  super 
terram,  de  omni  re  quamcumqne  pelierint , 
fiet  illis  a  pâtre  meo  :  Que  si  deux  d'entre 
vous  s'unissent  ensemble  sur  la  terre,  quel- 
que chose  qu'ils  demandent,  elle  leur  sera 
accordée  par  mon  père,  qui  est  dans  les 
cieux.  Deut.  32.  30.  3.  Reg.  17.  12.  Malth. 
6.  24.  Ce  mot  se  prend  pour  un  petit  nombre 
ou  une  petite  quantité.  3.  Reg.  17.  12.  En 
colligo  duo  ligna  :  Je  viens  ramasser  ici 
quelques  broutilles.  Is).  7.  21.  c.  17.  6. 
Ainsi,  Unus  et  duo  Jer.  3.  14.  Assumam  vos 
unum  de  civitate,  et  duos  de  cognntione:  J'en 
choisirai  d'enlre  vous  un  d'une  ville  et  deux 
dune  famille.  Les  Juifs  regardaient  cette 
prédiction  comme  accomplie,  après  le  rotour 
de  Babylone  sous  Cyrus,  du  temps  de  Zoro- 
babel  ;  mais  l'entier  accomplissement  de  cette 
prophétie  n'est  arIi^é  que  lorsqu'un  petit 
nombre  d'Israéliles  furent  sauvés,  et  furent 
admis  dans  l'Eglise  à  l'avéncmenl  de  Jésus- 
Christ.  Eccli.  38.  8.  Ainsi  ,  Ose.  6.  3.  Vivifi- 
cabit  nos  post  duos  dies;  in  die  tertia  susci- 
labit  nos:  Il  nous  rendra  la  vie  dans  deux 
jours  (dans  peu  de  temps]  ;  le  troisième  jour 
il  nous  ressuscitera;  i.  e.  il  nous  rétablira. 
Mais  il  est  visible  que  le  Saint-Esprit  a  voulu 
uiar(|uer  dans  ce  vers  et  le  tcnips  de  la  résur- 
rection de  Jéàus-Christ  et  rétablissement 
do  son  Eglise,  figuré  par  le  rétablissement 
des  Juifs  dans  leur  pays. 

DUODECIM,  owoî/.a  ,  de  duo  et  de  decem. 
Douze,  pris  ou  pour  un  nombre  certain. 
Mallh.  10.  V.  1.  2.  o.  Nos  duodecim  viisit 
Jésus  :  Jésus  envoya  ces  douze  Apôtres. 
Apoc.  12.  1.  c.  21.  12.  Matlh.  19.  28.  c.  22. 
30.  elc.  ou  est  pris  pour  un  nonibre  indéfini. 
Malth.  20.  53.  Non  possum  rogare  palrem 
uieum,  et  exhibebil  tnilii  modo  plusquam  duo- 
decim legiones  uvgelorum?  Cvoyvz-vous  (\ae 
je  ne  puisse  pas  prier  num  Père  ,  et  qu'il  ne 
m'envoie  pas  ici  en  même  Icnips  [)ius  de 
douze  légions  d'anges?  i.  e.  un  très-grand 
nombre.  Jl  faut  remarquer  que  le  nofubre 


de  douze  est  mystérieux,  surtout  dans  l'Apo- 
calypse, à  cause  des  douze  tribus  d  Israël 
que  Dieu  a  choisies  et  des  douze  Apôires 
qu'il  a  appelés,  et  à  cause  des  choses  qui  les 
figurent,  comme  les  douze  fruits  qu»'  porte 
l'arbre  de  vie.  Apoc.  22.  2.  Les  douze  portes 
et  les  douze  fondements  de  Jérusaien»  ,  qui 
sont  les  douze  Apôtres.  Apoc.  c.  21.  v.  12. 
21.  14.  Ainsi,  Matth.  19.  28.  Voy.  Tribus. 

DUODECIMUS,  A.,  UM  ;  o'jjoiy.xzoç ,  de  duo- 
decim. 

Douzième.  Esth.  3.  7.  Exivit  mensis  duo- 
decimus,  qui  vocatur  adar  :  Le  sort  qui  fut 
jclé  devant  Aman  ,  tomba  sur  le  douzième 
mois,  appelé  adar;  se.  le  mois  auquel  on 
devait  exterminer  toute  la  nation  juive. Apoc. 
21.  20.  etc. 

DUPLEX,  icis,  de  5t-/o:?,  de  Ôtç ,  et  de 
-Vio:;  selon  d'autres,  de  duo,  et  de  plcclere  ; 
duplus,  vient  mieux  de  ttHoç. 

i"  Double,  deux  fois  autant.  Gen.  23.  v. 
9.  17.  Intercedite  pro  me  apud  Ephron,  filium 
Seor,  ut  det  tnihi  speluncam  duplicem  quam 
habet  in  ex  tréma  parte  agri  sui  •  Intercédez 
pour  moi  envers  Eplircn  ,  fils  de  Séor,  afin 
qu'il  me  donne  sa  caverne  double,  quil  a  à 
l'extrémité  de  son  champ  ,  dit  Abraham  aux 
enfants  de  Helh.  Celle  caverne,  qu'Abraham 
demande  pour  enterrer  Sara,  est  appelée 
double;  soit  qu'il  y  eût  deux  enfoncements 
l'un  dans  l'autre,  soit  qu'il  y  eût  deux  lieux 
séparés  pour  y  (uetlre  des  morts.  Exod.  16. 
V.  22.  29.  In  die  autem  sexta  collegerunt  ci- 
bos  duplices,  i.  e.  duo  gomorper  singulos/io- 
mines  :  Le  sixième  jour  de  chaque  semaine, 
les  Israélites  recueillaient  do  la  manne  d<ux 
fois  plus  qu'à  l'ordinaire;  i.  e.  deux  gomors 
(mesures)  pour  chaque  personne;  se.  à  cause 
que  le  lendemain  était  le  jour  du  sabbal,  où 
il  n'en  tombait  point.  Gen.  43.  v.  12.  15. 
Judic.  17.  10.  Dabo  tibi  per  annos  singulos 
vestem  duplicem;  Gr.  ÇeOyo?  «uartwv  :  Entre 
les  gages  que  je  vous  donnerai  chaque  an- 
né'",  vous  aurez  deux  habits,  dit  Michas  au 
jeune  homme  Lcvilc  de  Bethléem,  qui  lui 
devait  lenir  lieu  de  père  et  de  prêlre.  3.  Reg. 
6.  34.  Ulrumque  ostium  duplex  erat  :  Cha- 
cune des  portes  du  T(  mplc  était  brisée,  et 
s'ouvrait  ayant  ses  deux  parties  unies  ;  Gr. 
oOo  Tzzyyiv.i. 

2"  Double  ,  doublé,  augmenté  au  double. 
Exod.  28.  16.  Quadrangulum  erit  el  duplex  : 
Le  Rational  du  jugement  sera  carré  et  dou- 
ble; t.  e.  renforcé  pour  pouvoir  soutenir  le 
poids  des  pierres  précieuses.  4.  Reg.  2.  9. 
Obsccro  ut  fiai  in  me  duplex  spirilus  luus  :  Je 
vous  prie  que  votre  double  esprit  repose  sur 
moi  ;  ce  que  l'on  eniend  de  l'esprit  de  pro- 
phétie el  dts  miracles.  Hebr.  Fiat  in  me  men- 
sura  duorum:  (i.  Q.duarum  partium)  de  spirilu 
luu  ;  Gr.  onz'tû.  £v  T'jî-jfiaTi  toj.  Deul.  21.  17. 
Plusieurs  Pères  croient  qu  Eli.séi!  demanda 
(le  posséder  doublement  les  dons  que  possé- 
dait Elie,  son  mallrc:  ce  qui  |)araîl  hardi  et 
téméraire  mais  celait  un  prophète  qii  de- 
mandait ce  que  Dieu  même  lui  inspiriil  de 
demander  :  on  remarque  en  effet  qu'Elisée 
fil  une  fois  plus  de  miracles  qu'Eiie.  Vuy. 
l'wiMOGKNiTLs.  Ectlï.  50.    2.  AU  ipso  duplex 


Î223 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACREE. 


i22i 


tpdificatio  :  C'est  Simon,  fils  dOnias,  grand 
piélre,  qui  a  fait  le  double  bâtinienl.  L'Ecri- 
ture ne  fait  nulle  part  mention  de  ces  ou- 
vrages qu'en  cet  endroit.  Prov.  31.  21.  Bo- 
mestici  ejus  vestiti  xunt  duplicibus  :  Tous  les 
domestiques  de  la  femme  forte  ont  un  double 
vêtement  ;  autr.  des  habits  bien  doublés. 
Quelques  auteurs  traduisent  :  coccinis  de 
pourpre,  parce  que  l'Hébreu  ^;r ,  souvent 
précédé  de  nvSan,  nom  du  ver  qui  produit 
la  pourpre,  peut  s'entendre  ainsi,  même 
quand  il  est  isolé;  mais  est  -  il  naturel  de 
supposer  que,  dans  une  maison  telle  qu'est 
celle  de  la  femme  forte,  tous  les  serviteurs 
soient  revêtus  de  vêlements  de  pourpre? 
D'ailleurs,  en  remontant  à  lelymologie,  *:C' 
de  rcw,  iteravit ,  signifie  proprement,  répété, 
doublé;  ce  n'est  que  lorsqu'il  se  trouve  im- 
plicitement ou  explicitement  joint  au  nom 
des  couleurs,  qu'il  prend  le  sens  de  bis  tin- 
clum,  deux  fois  teint,  et,  par  suite,  de  celle 
couleur  ;  hors  de  ce  cas ,  il  doit  reprendre, 
et  reprend  en  effet  sa  signification  primitive. 

2°  Plus  grand,  plus  abondant,  qui  se  rend 
au  double.  Job.  42.  10.  Addidit  Bominus 
omnia  quœcumque  fuerant  Job  duplicia  :  Le 
Seigneur  rendit  au  double  à  Job  tout  ce  qu'il 
possédait  auparavant;  au  double  ,  i.  e.  en 
plus  grande  quantité  qu'auparavant;  ce  qui 
ne  se  fit  pas  tout  d'un  coup,  mais  peu  à  peu. 
Eccli.  12.  1.  Buplicia  malainvenies  in  omni- 
bus: bonis  quœ  feceris  illi  :  Vous  trouverez  un 
double  mal  dans  tout  le  bien  que  vous  lui 
ferez  ;  vous  perdez  la  récompense  que  vous 
méritiez  pour  vos  bienfaits;  et  de  plus,  cet 
ingrat,  étant  devenu  plus  puissant  que  vous, 
vous  rendra  le  mal  pour  le  bien.  Sap. 
11.  13.  c.  20.  10.  c.»26.  1.  Isa.  40.  2.  Suscepit 
de  manu  Bomini  duplicia  pro  omnibus  pecca- 
tis  suis  :  Jérusalem  a  reçu  de  la  main 
du  Seigneur  une  double  grâce  pour  lexé- 
cution  de  ses  péchés,  c.  (31.  7.  Jerem.  16. 
18.  c.  17.  18.  Zaceh.  9.  12.  1.  Tim.  o. 
17.    etc. 

3"  Ce  qui  se  fait  une  seconde  fois,  ce  qui 
se  répète.  Eccli.  7.  8.  Neque  alliges  duplicia 
peccata  :  Ne  serrez  point  deux  fois  le  nœud 
(lu  péché  ;  Gr.  N'accumulez  point  péché  sur 
réché.  Voy.   Alligare.  Nalium.    1.  9.    V'oy. 

CONSURGENS. 

k°  Double,  opposé,  qui  est  contraire  à  une 
autre  chose.  Eccli.  42.  25.  Omnia  duplicia, 
unum  contra  unum  :  Chaque  chose  a  son 
contraire  :  l'une  est  opposée  à  l'autre,  se.  ou 
dans  l'individu  ou  dans  l'espèce.  C'est  même 
cette  diversité  qui  se  trouve  dans  les  choses 
naturelles  ,  et  qui  est  un  effet  de  la  toute- 
puissance  de  Dieu  ,  qui  entrelient  l'ordre  et 
la  liaison  admirable  de  tant  de  corps  qui 
composenl  cet  univers. 

5"  Douteux,  incertain,  qui  a  l'esprit  par- 
tagé (  8i^->'/.o;  ,  bianimis).  Jac.  1.  8.  Vir  du- 
plex anima  inconslans  est  /n  omnibus  viis 
suis  :  Ceux  qui  n'ont  point  de  résolution 
fixe,  n'avancent  point,  et  n'arrivent  à  au- 
cune fin.  L'Apôlre  veut  dire  que  celui  qui 
ne  demande  pi)int  avec  une  foi  ferme,  n'ob- 
tient rien  de  Dieu  ,  c.  4.  8.  Puvijicate  corda 
duplices  qnimo  .Purifiez  vos  cœurs,   vous 


qui  avez  l'âme  double  et  partagée;  /.  c.  cjui 
balancez  entre  l'amour  de  Dieu  et  du  monde. 
Eccli.  1.  36. 

6°  Double,  qui  n'est  point  sincère,  hypo- 
crite, dissimulé.  1.  Par.  12.  33.  Venerunt  in 
auxilium  non  in  corde  duplici  :  Ceux,  de  Za- 
bulon  vinrent  au  nombre  de  cinquante  mille 
offrir  leur  service  à  David,  sans  aucune  du- 
plicité de  cœur.  Eccli.  2. 14. Fœ  dup/ici  corrfe; 
Malheur  au  cœur  double  ,  Siuo?  ,  timide. 
Voy.  TiMiDUs.  Eccli.  5.  11. 

DUPLICARE  ,  oLT:).oy-j;  du  nom  duplex, 
icis;  et  signifie  doubler,  redoubler,  augmen- 
ter au  double,  accroître  de  moitié. 

1°  Doubler,  plier  en  deux  (è77t5t77),o{iv).Exod. 
26.  9.  Ita  ut  sexlum  sagum  in  fronte  tecti  du- 
plices :  Vous  replierez  en  deux  la  sixième 
couverture  au  frontispice  du  tabernacle. 

2°  Augmenter  au  double  {-po<j nOi-jaL,  adde- 
re).  Deul.  19.  9.  Supra  dicfarum  trium  ur- 
bium  numerum  duplicabis  :  En  ajoutant  trois 
villes  de  refuge  à  ces  premières  ,  vous  en 
doublerez  ainsi  le  nombre. 

3°  Répéter,  redire  (SsjtîcoOv).  Eccli.  42.  1. 
Non  duplices  sermonem  auditus  de  revelalione 
sermonis  absconditi  :  Ne  redites  point  ce  que 
vous  avez  entendu  dire,  et  ne  révélez  point 
ce  qui  est  secret. 

4°  Recommencer,  redoubler  (  0[T)a7iKÇ-(v  ). 
Ezech.  21.  14.  Buplicelur  yladius  :  Que  cette 
épée  meurtrière  double  et  triple  sa  violence. 
Les  maux  que  les  Chaldéens  ont  faits  à  Jé- 
rusalem ont  recommencé  par  trois  fois.  Voy. 
Gladius.  Apoc.  18.  6.  Buplicale  duplicia  s"e- 
cundum  opéra  ejus  :  Rendez  au  double  à  Ba- 
bylone  toutes  ses  œuvres;  i.  e.  les  maux 
qu'elle  a  faits. 

DUPLICITER.  Doublement ,  en  deux  fa- 
çons, ou  de  deux  façons.  Eccli.  23.  13.  Si 
dissimulaverit,  delinquit  dupliciter  :  Si  celui 
qui  a  promis  quelque  chose  avec  serment, 
y  manque  par  mépris ,  il  péchera  double- 
ment. 

DUPLUM,  I,  5(-)o:v.  De  duplus,  a,  um  , 
qui  vient  de  Si?  ,  bis,  et  de  -lio;,  plenus. 

Le  double,  deux  fois  autant.  Exod.  16.  5. 
Sit  duplum,quam  colligere  solebant  per  sin- 
gulos  dies  :  Que  h  s  Israélites  recueillent  do 
la  manne  le  sixièmejour  de  la  semaine,  deux 
fois  autant  qu'en  un  autre  jour,  dit  Dieu  à 
Moïse,  c.  22.  7.  Si  invenitur  fur ,  duplum  red- 
det  :  Si  on  trouve  le  voleur,  il  rendra  le 
double.  V.  4.  9- 

Beaucoup  plus  (  5£~/,ot£&ov  ).  Malt.  23.  15. 
Cum  fuerit  factus,facitis  eum  filium  gehennœ, 
duplo  quam  vos ,  Gv.  duplicius  qiiam  vos: 
Lorsque  cet  homme,  après  lequel  vous  avez 
couru  par  mer  et  par  terre,  est  devenu  pros- 
élyte, vous  le  rendez  digne  de  l'enfer  deux 
fois  plus  que  vous.  Les  disciples,  instruits  de 
inéchanls  maîtres,  en  imitent  plutôt  les  dé- 
fauts que  les  vertus ,  et  deviennent  pires 
(ju'eux.  Apoc.  18.  6.  Miscete  illi  duplum  : 
Dans  le  mên)e  calice  où  Babylone  vous  a  fait 
boirt'.,  faites-la  boire  deux  fois  autant. 

DURA,  Rvhv.  Generatio.  Grande  pleine, 
dans  la  campagne  de  Babylone  ,  où  Nabu- 
chodonosor  fit  dresser  sa  statue.  Dans.  3.  L 


12-23 


DUR 


DUR 


<22U 


DURARE.  Endurcir  ,  rendre  dur;  de  là 
vient  . 

1°  DuRARi.  S'eniJurcir,  devenir  dur.  Job. 
38.  30.  In  similitudinem  lapidis  aquœ  durati- 
tur  :  Les  eaux  se  durcissent  comme  la  pier- 
re. Voy.CORYSTALLUS. 

2°  Etre  dur  et  insensible.  Job.  39. 16.  Duratur 
od  filios  snos{àKî(jy-J.ïip-ijys'Tà.ré/.-ja.)  quasi  non  sinl 
sui  :  L'autruche  est  dure  et  insensible  à  ses 
petits,  comme  s'ils  n'étaient  point  à  elle. 

DURE  etDURiUS;  aylripû>ç,  durement,  plus 
durement. 

1°  Durement,  rudement.  Isa.  22.  3.  Cun- 
cli  principes  lui  fugernnt  simnl ,  dureque  li- 
ijati  sunt  :  Tes  princes  tous  ensemble  ont 
pris  la  fuite,  ils  ont  été  chargés  de  rudes 
chaînes.  Le  Prophète  par'.e  de  la  défaite  des 
Juifs  par  les  Assyriens. 

2°  Aigrement,  fièrement.  Gen.  i2.7.  Quasi 
od  aliénas  {(rrlripi,  dura)  durius  loquebaïur  : 
Joseph  parla  à  ses  frères  assez  rudement , 
conime  à  des  étrangers,  v.  SO.  2.  Reg.  19.  4-3. 

3°  D'une  nianière  fâcheuse ,  offensante  , 
désobligeante  (Trovïjsà).  Gen.  31.  29.  Cave  ne 
loquaris  centra  Jacob  quidquam  c/itrius;  Pre- 
nez bien  garde  de  ne  rien  dire  d'offensant  à 
Jacob.  1.  Rog.  20.  10. 

i°  Avec  chagrin  et  déplaisir.  Gen.  21.  11. 
Dure  accepit  hoc  Abraham  pro  filio  siio  :  Ce 
discours  de  S;ira  parut  dur  à  Abraham,  à 
cause  de  son  Gis  Ismaël. 

5'  Avec  force  et  sévérité  ànoTÔixotç.  Tit.  1. 
13.  Increpa  illos  dure,  ut  sani  sint  in  fide  : 
Reprenez  fortementlesGorînthiens,afin  qu'ils 
conservent  la  pureté  de  la  foi.  2.  Cor.  13.  10. 
La  métaphore  est  tirée  des  chirurgiens  qui  , 
pour  guérir  les  ulcères,  en  coupent  la  chair 
morte. 

DURITER.—  1°  Rudement,  d'une  manière 
rude  et  qui  tient  de  la  cruauté  ,  en  parlant 
de  la  façon  dont  on  traite  quelqu'un  :  dans 
l'Ecriture  : 

2°  Avec  impétuosité,  avec  furie  («TroTÔpwç). 
Sap.  5.  23.  In  illos  flumina  concurrent  du- 
riter  :  Les  fleuves  se  déborderont  avec  furie 
conJre  les  ennemis  de  Dieu. 

DURITIA  .  JE.  Dureté  solide  et  ferme  ; 
comme  celle  du  bois,  du  fer,  du  marbre, etc.; 
dans  lEcriture  ,  il  se  prend  dans  le  sens 
figuré. 

1"  Dureté,  rigueur,  sévérité.  Job.  30.  21. 
Jn  duritia  manus  luœ  {/jtpi  y.poLzc/.ix)  adver- 
saris  mitii  -Vous  employez  la  dureté  de  votre 
main  pour  me  combattre.  L'Ecriture,  pour 
se  conformer  à  l'intelligence  de  l'esprit  hu- 
main ,  attribue  souvent  à  Dieu  ce  qui  n'est 
propre  qu'à  l'homme.  Exod.  3.  7.  Clumorein 
ejusaudivi  propter  duriliam  eorum  qui  prœ- 
sunt  operibus  :  J'ai  entendu  le  cri  que  jette 
mon  peuple  ,  à  cause  de  la  dureté  de  ceux 
qui  ont  l'intendance  des  travaux. 

2*  Opiniâtreté,  obstination  inflexible  (6.jt«, 
ossa).  Prov.25.  15.  Linqua  mollis  confringet 
duriliam  :  La  langue  douce  rompt  ce  qu'il 
y  a  de  plus  dur.  Hcb.  ossa.  Levil.  26.  19. 
Deut.  9.  27.  Rom.  2.  5.  Ce  qui  est  exprimé 
aussi  par  la  dureté  du  cœur,  laquelle  mar- 
que ou  cette  opiniâtreté  rebelle  pr()|)re  aux 
Juils.  Matt.  19.  H.  Moyncsnd  duniiam  coulis 

DlCT10N.\.    DE  rniLOL.    SACIVUE.    L 


vestn  permisit  vobis  dimillere  uxores  vestras 
{<Tiù.-npo/.upSiix)  :  C'est  à  cause  de  la  dureté  de 
votre  cœur  que  Moïse  vous  a  permis  de 
quitter  vos  femmes  (Voy.  Deut.  24, 1).  Marc. 
10.  5.  Voy.  Operire  ;  ou  l'incrédulité  des 
disciples,  qui  n'avaient  pas  voulu  ajouter 
foi  à  ceux,  qui  avaient  vu  Jésus  -  Christ  res- 
suscité. Marc.  16.  li.  Exprobravit  incredu- 
lilatem  eorum ,  et  duriliam  cordis  ,  quia  iis 
qui  videront  eum  resurrexisse  non  credi- 
derunt. 

3°  Force,  grande  quantité  [iax^i).  Isa.  47. 
9.  Universa  venerunt  super  te  propter  duri- 
liam incantatorum  tuorum  vehementem  :  Tous 
ces  malheurs  vous  accableront  à  cause  de 
l'extrême  dureté  de  vos  enchanteurs;  Hobr. 
et  Gr.  In  forlitudine,  i.  e.  m  jyiullo  robore; 
c'est-à-dire,  à  cause  du  grand  nombre. 

DURUS,  A,  L'M ;  (T-Klïipôçf  à,  ôv;  de  JoOoov, 
îignum:  d'où  vient  durateus,  ligneus.  Dur,  so- 
lide. Sap.  11.  4.  Data  estitlisrequies  sitis  de 
lapide  duro  :  Seigneur,  vous  avez  désaltéré 
la  soif  des  Israélites,  de  l'eau  que  vous  avez 
tirée  d'une  pierre  dure.  Deut.  8.  1.5.  etc. 

1°  Dur,  fâcheux,  rude,  pénible.  3.  Reg.  12. 
4.  Pater  tuus  durissimum  jugum  imposuit 
vobis  :  Votre  père  nous  avait  chargés  d'un 
joug  très-dur,  dit  Jéroboam,  avec  tout  le 
peuple,  à  Roboam.  1.  Reg.  5.  7.  Non  maneat 
arca  Dei  Israël  apud  nos  ,  quoniam  dura  est 
manus  ejus  :  Que  l'arche  du  Dieu  d  Israël  ne 
demeure  point  parmi  nous,  parce  que  sa 
main  nous  frappe,  disent  ceux  d'Azor.  Ps. 
16.  4.  Propter  verba  labiorum tuorum  ego  cu- 
stodivi  vias  duras  :  J'ai  eu  soin  ,  à  cause  des 
paroles  de  vos  lèvres,  de  garder  ex.iclemcnt 
des  voies  dures  et  pénibles.  Hebr.  Observavi 
semitas  latronis  :  Je  me  suis  donné  de  garde 
d'entrer  dans  le  sentier  des  méchants.  Ainsi, 
durus  signifie  plutôt  ici,  fâcheux  aux  an- 
tres ,  insupportable.  Exod.  1.  14.  c.  6.  9.  3. 
Reg.  14.  6.  Gen.  4j.  5.  etc. 

2"  Désagréable,  choquant,  rebutant,  in- 
supportable. Joan.  6.  61.  Durus  est  hic  scr- 
mo  ,  et  guis  polest  eum  audire  ?  Ces  paroles 
sont  bien  dures,  et  qui  peut  les  écouter?  di- 
sent plusieurs  des  disciples  de  Jésus-Christ, 
sur  ce  qu'il  disait  touchant  sa  chair  <ju'il 
fallait  manger.  AcI.  9.  5.  c.  26.  14.  Durum 
est  tibi  contra  slimulum  calcitrare  .-Il  vous 
est  dur  de  regimber  contre  l'aiguillon;  Gr. 
ay.iyip6-j  aot,  Durum  fuerit  libi  :  Il  vous  se- 
rait fâcheux  et  nuisible.  (]eci  se  dit  à  saint 
P;iul,  en  faisant  allusion  à  ce  qui  arrive  aux 
bœufs  qui ,  en  regimbant,  s'enfoncent  da- 
vantage l'aiguillon.  Voy.  Calcitrare.  3.  Ret. 
12.  13. 

3"  Opiniâtre,  rebelle,  inflexible.  Gen.  49. 
7.  Malcdictus  furor  eorum  quia  pertinux,  et 
indigtintio  eorum,  quia  dura  :  Que  la  fureur 
t\i\  Siméon  et  di;  Lévi  soil  niaudite.  parte 
qu'elle  est  opiniâtre,  et  (jue  leur  colère  soit 
en  exécration,  parce  qu'elle  est  dure  et  in- 
flexible. Act.  7.  1)1.  Dura  cervicc  {<Tx'>.T)poTp.â- 
Xrjlo»-). Télés  dures,  dit  saint  Elienne  dans  le 
conseil  aux  Juifs.  Exod.  32.  9.  Cernoquod po- 
pulus  istc  durœ  crrvicis  sii  ;  Je  vf)is  que  co 
peuple  a  la  tétc  dure,  dit  Dumi  à  Moïse  par- 
lant des  lirac)iU'S    .)ud,c  2.  19.  Lzech   3.  7. 

39 


ilil 


DICTIONNAIRE  DE  PHILOLOGIE  SACIŒE. 


12^28 


Onoiis...  (loinus  Israël  ditro  corde  (ax^iifoxifSio;)  :  Touie  h 
maison  d'Israël  a  un  cœur  eiklurci.  Ce  qui  se  tlil^jur  méla- 
phore,  futur  inorquer  que  là-ne  esl  comme  les  corps  durs 
(|iii  résisienl  à  tous  les  efibrts  que  l'on  lail  pour  les 
amollir. 

4"  l\u<\i\  brusque,  brutal.  l.Reg.  2o.  5.  Vir  ejits  dwm: 
N  ibul  mari  d'Abig;iïl  él:iil  un  homme  dur. 

5°  Rude,  violent.  2.  Reg.  2.  17.  Et  ovlwn  esl  belliim  du- 
rum  salis  in  die  illa  :  Aussitôt  que  les  douze  hommes  de 
15  Mrauiiii  du  côté  d'Isboseih,  et  les  douze  du  c-ôlé  de  Da- 
vjil  se  furent  l'assé  tous  cliJCun  rép.ie  au  travers  du  corps 
les  unsd  s  autres,  il  se  donna  un  rude  conib;il.  c.  5.  59 

6"  Fort,  puissent,  invincible.  C;inl.  8.  G.  Dura  siciil  iii- 
ferniis  œmidulio  :  Le  zèle  de  l'iimour  est  inflexible  comme 
reubT.  L'ùme  (iJèle  qui  esi  l'épouse  du  Cantique,  ne 
souffre  point  d'autre  amant  que  Dieu  qui  est  son  épou.x  ; 
mais  il  faut  remarquer,  avec  saint  Ambroise  ,  que  l'époux 
parle  d'un  amour  parfait,  qui  met  les  âmes  eu  tel  état  que 
toute  la  fureur  des  persécutions,  et  toute  la  violence  des 
l'-mpôtPS  excitées  coiilre  eux,  n'ont  point  la  force  de  les 
sénarer  de  l'anwur  de  Dieu.  Isa.  27.  1.  Sap.  18.  15.  Ezech. 
3.  8. 

7°  Qui  devient  plus  fort,  el  s'affermit  davantage.  Jerem. 
50.  V.  14.  Dtira  factn  suiitiirùrfi-j-^:)  peccata  litti.  Propler 
dura  peccala  tua  feci  liœc  libi  (S.à  twv  àjiapT.ûv  »oj  tûv  <r»Xi;fûv)  : 
r.'e^t  à  cause  de  votre  eiidurcisseiwent  dans  le  péché  que 
je  vous  :n  traitée  de  la  sorie,  dit  Dieu  à  Jérusalem. 

8°  Se. ère,  rigoureux  {izi-'Mi).  Sap.  6.  6.  Judicium 
dwissiiiiuin  liis  qui  pra'siint  fiel  :  l'.eux  (jui  commandent  les 
auires  seront  jugés  avec  une  extrême  rigueur,  c.ll.  11.  c. 
12.  9.  fsi   27.  8.  Mallh.  2"i.  2i. 

9"  Offènsmi,  injurieux.  Eccli.  19.  7.  Ne  itères  verbwn 
vequmii  et  daruiti  :  Ne  rapportez  point  une  parole  maligne 
et  iillensaiile.  Jud.  lo. 

lO"  Effronté,  qui  n'a  point  de  honte  (  <nc>.r,5oi:fiij».xo;). 
Ez,"Ch.  2.  i.  Filii  dura  fade...  ad  quosegomillo  te  :  Ceu.x 
vers  qui  je  vous  envoie  .soûl  des  entants  qui  ont  un  frout 
dur,  dit  Dieu  au  Prophète,  c.  5.  7.  Daro  corde  :  Us  ont  un 
cœur  endurci. 

DUX,  GIS  ;  45rviç,  iyjy^tni.  tj'v^v.  Du  vcrbe  ducere ,  con- 
ducteur, guide,' chef,  auteur,  capitaine  ;  dans  l'Ecriture  : 
Conducteur,  conductrice,  qui  conduit,  qui  sert  de  guide, 
.soit  dans  un  voyage,   ou  dans  quelque  affaire.  Matlh.  25. 

16.  Vœ  vobis,  duces  cœci!  Maltieur  a  vous,  conducteurs 
aveugles  !  dit  Jésus-Christ  aux  scril)es  et  aux  pharisiens. 
v.  24.  c.  îo.  14.  Rom.  2.  19.  Act.  1.  16.  A  quoi  se  peut 
rajiporler  cette  façon  de  parler  : 

Dux  puberlaih,  nu  virqinilatU  :  Celui  qui  a  épousé  une 
fit<p  viergf^,  \me  lille  eu  sa  jeunesse  {SSaMiakia) .  Prov.  2. 

17.  RelinquUdKcem  puberlalis  swi'  :  L'une  des  qualités  de 
h  femme  étrangère  esl  d'abandonner  celui  qu'elle  a 
épousé  en  sa  jeunesse,  son  premier  maii,  qui  l'a  épousée 
étant  vierge.  Ce  (jui  s'cuiend  dans  le  sens  métaphorique. 
Jerem.  5.  4.  Yocanie,  Paler  viens,  diix  virginiialis  meœ 
tu  es  (ifz-iiYo;)  :  Dii es-moi.  Vous  êlps  mon  Père,  vous  êtes 
C'dui  qui'  m'avez  candulle  lorsque  j'étais  vierge  :  Dieu  a  re- 
gardé la  Synagogue  comme  son  épouse.  Comme  on  dit 
dux  puberlalis!  on  dit  aussi  uxor  puberlalis,  pour  marquer 
une   femme  ([u'on  a  épousée  dans  sa  jeunesse.   Malach.  2. 

14.  Vny.   PCBERTAS. 

1°  Qui  PSI  au-dessus,  qui  lient  le  premier  rang  en 
quelque  chose  {T.veirfai,  duceni  esse).  Ps.  105.  17.  Herodii 
doinus  dux  eut  eo  um  :  Le  nid  de  la  cigogne  est  comme  le 
premier  el  le  chef  des  autres,  esl  incomparablement  plus 
h.iul  que  les  autres  ;  Uebr.  est  fait  dans  les  sapins.  Art. 
14.  11.  Quoniam  ipse  eral  dux  verbi.  Ceux  de  Lyslre  ap- 
pelaient saint  Paul,  Mercure,  parce  que  c'était  lui  qui  por- 
-ait  la  parole. 

2"  Auteur  de  quelque  chose.  Dan.  II.  22.  Dux  fœaeris . 
l.p  chof  de  ralli..nce  ;  Wfhr'.  Aulecessor  ;  ^:ir  ce  chef  de 
l'alliance,  quelques-uns  entcndetit  Judas  Machabée.  que 
Viuipie  Aniiochus  a  trompé  par  ses  arlilices;  d'autres  l'en- 
îeiiilent,  soit  de  Plolémée  Philométor,  qui  pou\ait  bien 
avoir  demandé  le  premier  l'alli^ince  d'.4nliochus;  ou  de 
Tryphon,  l'un  des  grands  d'Egypte,  qu'Appien  fait  le  mé- 
di::ieur  de  ci  lie  alliaoce,  cl  qu'Anlrochus  lit  ensuite 
ijiiurir. 

ô*  -Vmi,  familif  r,  qui  donne  conseil  ol  règle  par  ses  avis. 
Ps.  û4.  14.  Tu  vcro  liomn  umvmiis,  dux  meus  :  Celui  qui 


m'a  charge  de  malédictions,  el  qui  a  parlé  de  moi  avec 
ins'ib'Qce,  c'est  vous  qui  n'étiez  qu'un  cœur  avec  moi,  et 
qui  étiez  le  chef  de  mon  conseil.  Le  Prophète  parle 
d'Achilophel.  Mich.  7.  o. 

4°  Le  .Messie  ou  le  Christ,  qui  esl  le  chef  de  l'Eglise,  et 
qui  la  gouverne  par  son  Esprii-Saint.  Dan.  9.  25.  Ab  exitu 
sermouis  ut  ileruni  œdi[icetur  Jérusalem,  usque  ad  Chrislmn 
Ducem,  liebduniadcs  seplein  el  liebdotmdes  se.tayinta  duœ 
e/HHt;  Depuis  l'ordre  qui  sera  donné  pour  rebâtir  Jérusa- 
lem, jusqu'.iu  Christ  chef  démon  peuple,  il  y  aura  sept  se- 
mâmes ti  soixanie-diiu  semaines.  Maith.2.  6.  Exieexiel 
Diux  qui  reqal  populiun  tueum  Itmael  :  Ce  sera  de  loi,  Be- 
thléem, que  sortira  le  Chef  qui  conduira  mon  peuple 
d'Israël.  Les  princes  des  prêtres  et  les  scribes  du  peuple 
citent  a  Hérodc  le  passage  du  prophète  Michée,  c.  5.  2. 
(Voy.  Mille).  Isa.  53.  4.  Jerem.  30.  21. 

o"  Prince,  qui  gouverne  avec  un  pouvoir  souverain. 
Gen.  17. 20.  Duodecim  duces  (lOvr,  genl  s)  generabil  :  Douze 
princes  sortiront  d'ismaél.  (Ces  douze  princes  sont  mar- 
qués, c.  23.  13.  cl  suivants.  )  c  36.  v.  13.  16.  17.  etr  c. 
49  10.  Xon  auferelur  sceplrum  de  Juda^^et  dux  de  feniore 
ejtts,  donec  venial  qui  niillcndus  esl  :  Le  sceptre  ue  sera 
|X)inl  ôlé  de  Juda,  ni  le  prince  de  sa  fiosérité,  jusqu'à  ce 
que  celui  qui  doit  être  envoyé  soit  venu  ;  Hebr.  Legisla- 
tor.  Malach.  1.  8.  Prov.  2^5.  v.  2.  16.  Eccli.  10.  17.  Isa.  15. 
2.  Ezech.  12.  v.  10.  12.  Dan.  9.  26.  Civiinles  et  ianctua- 
rium  dissipabit  popidus  cuni  duce  veuturo  :  Un  peuple 
avec  son  chef  qui  doit  venir  détruira  la  ville  el  le  sanc- 
tuaire. Ce  prince  esl  l'empereur  'l'iie,  (|ui  prit  et  détruisit 
Jérusalem.  1.  Reg.  9.  16.  2.  Rcg.  5.  2.  3  Reg.  11.  34. 

G°  .Ministre  d'Eial,  général  d'armée,  capitaine,  officier. 
l.Petr.  2.  14.  Subdili  eslole  proptet  Deum,  sivereyi,  sive 
ducibus  :  Soyez  soumis  pour  l'amour  de  Dieu,  soit  au  roi, 
soit  aux  gouverneurs  Geu.  26.  26.  c.  41.  12.  Deut.  20.  v. 
5.  9.  etc. 

7°  Chef,  ou  premier  magistrat  chez  les  Juifs,  (ip^uv). 
Num.7.  11.  Singuli  duces  per  singulos  dies  offernnl  muuera 
m  dedicationem  aliaris  :  Que  chacun  des  chets  offre  chaque 
iours  ses  présents  pour  la  dédicace  de  l'autel,  dit  Dieu  k 
M.i>e.  v.  5.  10.  18. 

8"  Les  chefs  de  famille  (^aiAti;!.  Num.  21.  18.  Fuleus 
queni  foderunt  principes,  et  paravemnl  duces  multiludviis 
in  datore  Legis  :  C'est  le  puits  que  les  princes  ont  creuse, 
que  les  chefs  du  peuple  ont  préparé  par  l'ordre  de  celui 
qui  a  donné  la  Loi.  Ceci  est  du  cantique  que  chanta  le 
peuple  en  actionsde  grâces  pour  l'eau  q  le  Dieuleur  donna 
l'ar  Moïse.  (Voy.  c.  20.  8.)  c.  23.  14.  c.  31.  26.  Jos.  8.  33. 
judic.  10.  1.  Ps.  67.  2S.  etc.  Voy.  Pbinceps. 

9"  Grand  seigneur,  personne  considérable  par  son  mé- 
rite ou  sa  qualité.  Job.  29.  10.  Vucem  suani  colubebaitt 
duces  :  Les  grands  s'imposaient  silence  dès  que  je  parais- 
sais c  ÔL  18.  Ezech.  23.  v.  12.  13.  23. 

10"  Juge  (iT:.tr:à-.T,;).  Jcrcm.  29.  26.  Dominus  dedil  le 
sucerdolem,  pro  Jniada  sacerdole,  ut  .sis  dux  in  doino  Du- 
tnini  :  Le  Seigneur  vous  a  élabU  pontife,  couune  il  a  éia- 
bli  le  [)()nlifj  Joîada,  afin  que  vous  soyez  chef  dans  la  mai- 
son du  Seigneur.  Ce  que  Sophouie  dit  à  Maasias,  orèire, 
par  flatterie,  pour  le  porter  a  tuer  le  prophè'.e  Jéréuiie, 
comme  Jcïida  avait  tué  Maihan,  prêtre  de  baai.  Voyez  4. 
Reg.  11.  18.2.  Par.  23.  17. 

DYSCOLUS,  I.  De  iù;,  œgre,  et  de  «v.v,  cibus,  qui  est 
de  dilluile  nourriture;  celle  particule  i'^  ne  se  trouve  qno 
dans  les  composés,  et  y  marque  toujours  de  la  difficulté. 

Fâcheux,  de  mauvaise  humeur,  difficile  "a  contenter. 
1.  Petr.  2.  18.  Servi  sibdili  eitole  dominis...  uon  luntum 
bonis  el  modesiis,  sed  etiam  diiscotis  :  Serviteurs,  soyez 
vouuiis  à  vos  maîtres...  non-seùleinenl  Ji  ceux  qui  sbnl 
b.)iis  el  dou.\',  mais  même  à  ceux  qui  sont  rudes  cl  fâcheux  : 
Gr.  ffxo"/,i-.i;.  praiis;  i.  e.  aspcris  et  sa'vis  L'inUrprèie  s'est 
.servi  d'un  autre  mol  Grec  qui  signifie  k  peu  près  la  même 
chose. 

DYSENTERIA,  x;  Grec.  WtvTcfta.  De  s-,i,  œgre,  el 
d'tvTna,  entrailles  :  douleur  dans  les  inleslins. 

Dyss.  literie,  tbix  de  sa»?  avec  de  -grandes  douleurs. 
.Act."  28.  8.  Conliyit  palreni  Publii  febribus  et  dq>>sentena 
Vëxiilum  j.icere  :  Il  se  rencoulra  (pie  le  père  d.-  Pulilins 
était  malaJe  de  fièvre  et  de  dyssonlerie.  Sai.il  Paul  la 
guérit. 


FIN  DU   rr.EMlLR  VOLlMt. 


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BIBLIOTHECA 

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Université  d'Ottawa 
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UNIVERSEL 


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COU       HURE,     CHARLE 
ACC#    1318342 


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